La presse, 28 septembre 2006, B. Actuel
[" www.cyberpresse.ca/actuel MON T R É A L J EU D I 2 8 S E P T E M B R E 2 0 0 6 MARIE-CLAUDE LORTIE CHRONIQUE C'était il y a deux semaines.La nouvelle a fait le tour du monde.Une petite révolution ébranle le monde de la mode.Pour la première fois dans un défilé d'envergure internationale, à la Pasarela Cibeles, la Semaine de la mode de Madrid, les mannequins trop maigres sont boudés.Pire: banies.On leur interdit carrément de défiler.À quelques jours de la Semaine de la mode de Montréal, la question se pose : santé publique oblige, le Québec doit-il emboîter le pas ?À lire aussi, en pages 2 et 4, les réactions peu enthousiastes du monde de la mode en France et en Angleterre ainsi qu'une entrevue avec un mannequin «maigre» rejeté des défilés madrilènes.E LES MAIGRES ?lizabeth Hurley a déclaré en entrevue à un magazine américain en 2000, qu'elle se suiciderait si un jour elle devait devenir aussi «grosse» que Marilyn Monroe.Cela avait déclenché, à l'époque, un certain brouhaha et l'ex de Hugh Grant ne s'est pas fait beaucoup d'amis chez les promoteurs de la normalité de poids ce jour-là.Et la situation ne s'est pas améliorée en juin 2005, quand elle a déclaré au Times de Londres qu'elle en avait marre de voir toutes ces «chairs molles » dépasser des vêtements trop serrés portés par des corps imparfaits.Mme Hurley, qui est porte-parole de Lauder, était à Montréal cette semaine pour une campagne de financement contre le cancer du sein.Comme on ne m'avait promis qu'une minute pour lui parler, je me suis trouvé UNE question: que pense-t-elle de la controverse autour des mannequins trop maigres?J'étais convaincue que maintenant maman et dans la quarantaine, l'actrice-mannequin en profiterait pour nous affirmer son ouverture totale à la diversité des silhouettes, tout en s'inquiétant de la maigreur maladive des jeunes modèles.Surtout que l'entrevue - qui a finalement duré plus de 15 minutes - avait lieu avec la très sage et inspirante, Evelyn Lauder, l'âme de la campagne contre le cancer chez Estée Lauder.Mais je m'étais trompée.Mme Hurley persiste et signe:«Je ne crois pas que les mannequins encouragent les troubles alimentaires chez les jeunes femmes», a-t-elle déclaré, sans hésitation.Il reste qu'au mois d'août, une Uruguayenne de 22 ans, mannequin, est morte de défaillance cardiaque, après trois mois passés à se nourrir uniquement de verdures et de Coke Diète, pour perdre les kilos qui, lui avait-on dit, la séparaient d'une carrière internationale.Selon Mme Hurley, il est normal que ces ados en pleine croissance soient maigres.Et puis, les troubles alimentaires, c'est surtout une histoire de contrôle et de problèmes personnels, assure-t-elle.«C'est très rarement pour porter des jeans une taille plus petite.» Bref, toutes ces jeunes femmes se font vomir parce qu'elle ont des problèmes à la maison et non pour ressembler à Kate Bosworth ou Sienna Miller.L'opinion que j'aimerais maintenant connaître, c'est celle de la dame qui, mardi soir, a eu droit au traitement Hurley.L'actrice était sur une petite scène chez Holt Renfrew et voulait que quelqu'un de la salle portant un des pulls roses de la campagne anticancer vienne la retrouver.«Moi?» a demandé la dame, quand elle a vu l'actrice regarder dans sa direction.«Non», a répondu celle-ci, en montrant une fille beaucoup plus jeune et beaucoup plus mince, debout juste à côté.Mince ou épaisse?4 succursales Brossard 6845, boul.Taschereau, 450-443-9922 LaNGELIEr 7373, boul.Langelier 514-787-0077 st-dENIs 4238, rue St-Denis 514-843-4420 Les vendredi 29 et samedi 30 septembre 2006 chez Tau, à Laval Gardez la tête haute Voici le NOUVEAU greens + bone builder.Une percée dans l'univers de la nutrition pour protéger la posture, augmenter la densité osseuse, prévenir l'ostéoporose et encore d'avantage.Saveur de mûre naturelle.genuinehealth.com Pour une vie plus saine et plus dynamique, naturellement 148 g à 442 g ou 90 comprimés À partir de 2399$ 150 g 2499$ Avec l'achat d'un Green Magma 150 g, 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préconise ici la prévention à la législation (lire : la sensibilisation à l'importance de bien manger, plutôt que l'interdiction de faire défiler des filles osseuses), des discussions entre le ministère de la Santé et des Services Sociaux et le milieu de la mode sont envisageables.«Nous sommes ouverts à une réflexion plus large avec, pourquoi pas, des intervenants de l'industrie de la mode», indique Isabelle Merizzi, l'attachée de presse du ministre Philippe Couillard.Beaucoup d'intervenants interrogés croient aussi qu'il est grand temps, socialement, de s'interroger sur les modèles de maigreur véhiculés, à la fois dans la mode, mais aussi dans les médias et la publicité.Certes, un bout de chemin a déjà été fait ici.Dove nous vend désormais ses savons avec des «vraies filles », Coup de pouce présente régulièrement des femmes plus rondes dans ses pages, et Châtelaine ne retouche plus les photos publiées.Mais après?Les femmes maigres, parfois cadavériques, demeurent.Il n'y a qu'à feuilleter les pages mode des magazines en kiosque, jeter un coup d'oeil aux publicités de jeans en ville, pour voir les os toujours à l'honneur.D'après le Réseau éducation-médias, ce règne de la maigreur va aussi en s'accentuant.S'il y a 20 ans, les mannequins pesaient 8% de moins que la moyenne.De nos jours, elles en sont à 23% de moins.Résultat ?D'après la Société canadienne de pédiatrie, plus de la moitié des filles de 8 à 10 ans, et 21% des petites de 5 ans se disent insatisfaites de leur poids.Au Québec, on estime aussi que près de 100 000 femmes risquent de développer un jour un trouble de l'alimentation, anorexique ou boulimique.«Il faut se questionner sur les modèles que l'on propose à nos jeunes, comme société », croit aussi Lise Goulet, responsable du projet « Image corporelle » au Réseau québécois d'action pour la santé des femmes.«La protection de l'enfance est une responsabilité collective.» Même son de cloche de la part de la comédienne Anne Létourneau, porteparole de l'Association québécoise d'aide aux personnes souf frant d'anorexie nerveuse et de boulimie, Aneb Québec.«Chacun doit se demander si son influence est positive pour la société.» Même les designers ?«Oui, les créateurs sont responsables de ce qu'ils projettent », croit-elle.Bien sûr, ils ne préviendront pas à eux seuls les problèmes d'anorexie dont souffrent de plus en plus de jeunes filles.«Mais ce serait un pas dans la bonne direction.» Aller encore plus loin Il faut dire que l'anorexie est un problème complexe qui, bien souvent, ne tire pas ses origines dans la mode ou la pression sociale de la minceur.«C'est une problématique d'identité.Moi, je vois le trouble alimentaire comme une impasse dans le développement, une incapacité d'accepter la puberté, d'accepter qui je suis », explique Jean Wilkins, pédiatre et médecin de l'adolescence.Responsable de la clinique des troubles alimentaires à l'hôpital Sainte-Justine, il voit passer des dizaines de patients (à 99% des jeunes filles) par semaine (dont une petite de 8 ans dernièrement), pour un total de 125 nouveaux cas d'anorexie par année.Selon lui, pour être efficace auprès des patients aux prises avec de tels troubles, le message envoyé à Madrid devrait aller encore plus loin.Ce «nous n'accepterons plus les filles trop maigres », il faudrait aussi l'appliquer dans les cours de gymnastique à l'école, croit-il.« J'ai certaines patientes qui y sont citées en exemple, déplore-t-il.Il y a une fascination devant la minceur, dans le contexte actuel de lutte contre l'obésité.Attention de ne pas confondre la minceur naturelle et pathologique! » Il croit aussi que des experts, capables de poser des diagnostics, devraient interdire l'entrée des salles de musculation aux personnes souffrant d'anorexie.«C'est le lieu de refuge de mes patientes, enchaînet- il.Cette semaine, j'ai dû en retirer deux.Je leur ai dit : tu ne peux plus continuer comme ça, tu es en train de tomber à terre ! » Certes, cela pourrait être un brin discriminatoire, concède-t-il.«Oui, mais ça pourrait aussi aider des filles très malades ! » Pas de pèse-personne à Montréal OUT, LES MAIGRES?SILVIA GALIPEAU Qu'on se le dise : les mannequins seront toujours plus minces que la moyenne.Et si on complexe déjà à les regarder déambuler ici, sachez qu'elles sont encore plus maigres de l'autre côté de l'Atlantique.Disons que cela fait un peu partie de la description de la tâche.Un mannequin se doit d'être mince, nous ont expliqué les designers interrogés.Pour que le tissu tombe bien.Pour que le vêtement soit bien mis en valeur.«Quand on fait du vêtement, c'est sûr que c'est bon d'avoir des filles d'une certaine taille », indique Renata Morales.«Un défilé, c'est un show, on fait ce qu'on veut dans un show», ajoute Nadya Toto.Est-ce normal qu'elles soient si maigres ?«Moi, ici, je vois des belles filles minces en santé.Pas de la maigreur », rétorque Jean-François Daviau, vice-président chez Sensation mode, qui organise une foule d'événements mode en ville.« Il ne faut pas que les filles fassent rachitiques, ajoute Jean-François Leroux, directeur de l'agence Giovanni.On veut une certaine musculature.Qu'elles demeurent minces, mais avec de la viande quand même.» Fait à noter, les agences ne connaissent pas le poids de leurs mannequins.Seulement leurs mensurations : tour de poitrine, taille, hanches.La règle ?« Pas plus que 36 de hanches.Cela correspond au tour de hanches de Marilyn Monroe.Elle n'était tout de même pas rachitique ! » dit Jean-François Leroux.Les mannequins québécois qui veulent faire le saut en Europe doivent d'ailleurs tous perdre du poids, nous dit-on.À qui la faute ?Aux designers influents de haute couture qui dessinent des échantillons en taille 0 ou 2, croit pour sa part Corinne Poracchia, présidente de l'agence Folio Montréal.« J'ai déjà entendu dire que c'était pour faire une économie de tissus, dit-elle.Est-ce que c'est une question d'esthétique ?Ou est-ce que ces mêmes designers, qui se sont eux-mêmes soumis à des régimes très stricts, comme Karl Lagerfeld qui a énormément aminci, font l'apologie de la minceur et l'impose aux autres ?À force de vivre en incubateur, on perd un peu la notion des choses.» Pire en Europe PHOTO KIRSTY WIGGLESWORTH, CP/AP La décision de la Semaine de mode de Madrid de bannir les mannequins trop maigres, voire malades, ne semble pas avoir eu d'impact lors de la Semaine de la mode de Londres, la semaine dernière.Ci-haut, des modèles tirés de la collection printemps-été 2007 de Christopher Kane.Après le gouvernement espagnol, qui a banni il y a deux semaines les mannequins jugés trop maigres de la Semaine de la mode de Madrid, le gouvernement du Québec doit-il imposer aux designers de faire défiler des femmes qui respirent la santé ?Plus concrètement, faut-il se mettre à calculer l'indice de masse corporelle (le poids, divisé par la taille au carré) de chaque mannequin, afin de s'assurer, comme à Madrid, qu'il ne tombe pas sous la barre des 18 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les médias anglais - déjà obsédés par le poids des célébrités, celui de Victoria Beckham en tête - a été soulevée par la ministre de la Culture britannique, Tessa Jowell.Trois jours avant le coup d'envoi de l'événement, elle a désapprouvé le choix de mannequins trop minces et invité les designers à revoir leur conception de la féminité.«Le gouvernement n'a clairement pas à légiférer sur la question, a-telle dit.Mais la promotion que fait l'industrie de la mode d'une beauté synonyme de maigreur extrême est dangereuse pour la santé et l'image qu'ont les jeunes filles d'ellesmêmes.» La ministre a aussi pressé les organisateurs d'imiter leurs collègues madrilènes en interdisant les modèles trop maigres.L'appel a toutefois été immédiatement rejeté par le Conseil de la mode britannique.Ce dernier a soutenu qu'il n'avait pas à s'impliquer dans la «démarche artistique» des designers.Le directeur général de Marks & Spencer, important bailleur de fonds pour les défilés londoniens, a quant à lui qualifié la demande de «réaction inconsidérée».Mais cette fin de non-recevoir n'a pas endigué la controverse.«Dans le milieu, les avis étaient partagés, précise Anna Fitzpatrick.Il y avait d'un côté les gens qui trouvaient discriminatoire et ridicule d'interdire les mannequins naturellement minces et, de l'autre, ceux qui étaient d'accord avec le fait que les modèles trop minces peuvent avoir un effet sur les jeunes filles.» Ainsi, la designer Lotta Skeletrix a choisi de faire défiler des mannequins plus en chair, tandis que le designer Paul Smith a invité ses confrères à éviter de présenter des modèles squelettiques.Inversement, Armani, qui faisait un défilé exceptionnel à Londres, et Bella Freud, ont plutôt critiqué la démarche de Madrid.Du côté des mannequins, c'était l'omertà.La plupart des modèles fuyaient littéralement la presse.Rencontrée à la fin d'une présentation, Francesca Pollard - âgée seulement de 15 ans et considérée comme la prochaine Lily Cole - s'est refusée à tout commentaire sur la question.«Je ne peux pas parler de ce sujet», a-t-elle expliqué au moment où deux représentants de son agence, visiblement irrités, décidaient d'interrompre notre conversation.Récurrente depuis la célèbre campagne de Kate Moss pour Calvin Klein en 1993, la controverse sur le poids des mannequins semble donc avoir encore de beaux jours devant elle en Grande-Bretagne.À Londres, grosse controverse autour de maigres mannequins MARC THIBODEAU PARIS \u2014 Béatrice de Lambertye a connu les tourments que vivent les personnes souffrant d'obésité.Au point de souhaiter, à un certain stade de sa vie, développer un cancer pour «bénéficier» de l'effet amaigrissant d'une chimiothérapie.Aujourd'hui en paix avec ellemême, la ronde et élégante femme de 49 ans a décidé de s'investir dans la défense des personnes obèses, stigmatisées par une société où la minceur est érigée en vertu suprême et l'embonpoint considéré comme une marque de «paresse» et de «gourmandise».Les mannequins anorexiques qui défilent à Milan, à Paris ou à New York sont aussi victimes de ce système de représentation, dit en entrevue Mme de Lambertye, qui milite au sein d'un organisme baptisé Allegro Fortissimo.La décision des autorités madrilènes d'interdire des mannequins jugés trop maigres ne lui plaît guère puisque les jeunes femmes touchées se voient stigmatisées «injustement ».Elle peut cependant avoir un impact positif, juge la porteparole, si elle permet d'ouvrir la voie à des représentations publiques plus diversifiées du corps féminin.Le milieu de la mode français a réagi beaucoup plus froidement à l'initiative espagnole, se montrant même, dans certains cas, franchement hostile.Le président de la Fédération française de couture, Didier Grumbach, qui refuse d'accorder de nouvelles entrevues à ce sujet, a indiqué la semaine dernière que les couturiers doivent être libres de choisir les mannequins qui leur conviennent.«Si Jean-Paul Gaultier veut prendre des grosses dans ses défilés, on ne va pas lui interdire.Quand Galliano met sur le podium des gens qui ne sont pas très jolis, jolis, personne ne songe à le lui reprocher», a-t-il déclaré.L'introduction de mesures restrictives dans ce domaine ferait «rigoler tout le monde» en France, a ajouté M.Grumbach.Sylvie Quignon, qui préside l'agence parisienne de mannequins People international, spécialisée dans les photos publicitaires, ne voit rien de répréhensible pour sa part à l'intervention de l'État.«Pour moi, ça fait partie du rôle du gouvernement de veiller à la santé publique.On peut envisager des actions visant à éviter que des jeunes femmes en croissance soient affectées par les images véhiculées dans les médias», dit Mme Quignon.Le milieu de la mode, ajoutet- elle, est «gêné» par l'initiative madrilène parce qu'il est vrai que les créateurs réclament avec insistance des gens extrêmement minces pour présenter leurs vêtements.Au dire de Mme Quignon, il s'agit d'abord d'un choix esthétique.Pour Béatrix de Lambertye, il s'agit plutôt de la preuve que les créateurs «n'aiment pas les femmes ».Selon elle, «ils préfèrent des femmes androgynes, sans forme.Une femme avec des fesses ou des seins, c'est presque répugnant pour eux».Gérard Apfeldorfer, psychiatre parisien qui dirige un groupe d'étude sur les troubles alimentaires, déplore dans la même veine que le milieu de la mode véhicule une image de la femme «déféminisée ».Une image qui contribue aux troubles d'anorexie mais aussi aux problèmes d'obésité puisque nombre de femmes sombrent dans la boulimie en tentant en vain d'atteindre cet «idéal» de minceur, souligne le spécialiste.«Il serait souhaitable que le milieu de la mode arrive à l'idée qu'il y a plusieurs formes de beauté et propose un peu de diversité», dit M.Apfeldorfer, qui s'oppose à l'idée que l'État intervienne dans ce domaine.Le gouvernement français n'est pas tenté pour l'heure par une approche coercitive.Il a cependant annoncé récemment la création d'un groupe sur «l'image du corps».Il aura pour mandat de rédiger une charte encourageant le recours, par les firmes publicitaires, à des «mannequins d'une corpulence ne promouvant pas la maigreur» excessive.Déjà certains magazines, comme Elle, évitent de présenter en première page les photos de mannequins trop maigres.On a aussi vu apparaître au cours des dernières années des femmes bien en chair dans des défilés parisiens importants.«Pour l'instant, ça reste anecdotique », estime la porte-parole d'Allegro fortissimo.L'initiative madrilène laisse Paris de glace PHOTO KEVIN COOMBS, REUTERS En décidant de refuser les mannequins trop maigres, les organisateurs de la Semaine de la mode de Madrid ont suscité un débat en Angleterre.On voit ici un mannequin défiler à Londres, le 17 septembre dernier.À CINQ KILOS DU PODIUM C'était prévu : Sheila M., 20 ans, devait défiler à Madrid du 18 au 22 septembre.Mais comme plusieurs autres mannequins, elle s'est fait interdire l'accès aux passerelles.« Je devais défiler, mais ils ont annulé mon contrat à cause de mon indice de masse corporelle », a-t-elle expliqué, vendredi dernier.Il manquait plus de cinq kilos à l'Espagnole d'environ 1,75 m pour paraître suffisamment en chair selon les nouveaux critères madrilènes.Résultat : Sheila M.a plutôt pris l'avion et participé à la Semaine de la mode de Londres.« Je vous en prie, a-t-elle insisté, il faut que vous écriviez que ce n'est pas parce que je suis mince que je ne suis pas en bonne santé.» - Yves Schaëffner OUT, LES MAIGRES?MONTOIT LE SAMEDI COMPAGNONS DUREBUT GLOBAL CE SAMEDI DANS de25 à 50% DE RABAIS SUR LES PRIX ORIGINAUX DE MARCHANDISES SÉLECTIONNÉES.LES QUANTITÉS SONT LIMITÉES.Le Fameux Solde de Mi-Saison de Talbots Commence Aujourd'hui dès 8 H.en RABAIS de saison.dernier cri.Centre commercial Rockland (514) 344-9295 Centre Fairview Pointe-Claire (514) 697-3310 3416944A DIRECTEMENT BRANCHÉ SUR LA NOUVELLE FAITES DE CYBERPRESSE.CA VOTRE PAGE D'ACCUEIL cyberpresse.ca/mapage 3423311A LOUISE LABRECQUE L'Amérique est enceinte ! En arpentant les rues de New York la semaine dernière, j'ai été frappée par l'incongruité de la mode.Mais que se passe-t-il donc?Les femmes, peu importe leur âge ou leur silhouette, ne semblent plus avoir de référence vestimentaire.Ou peut-être en ont-elles trop?Ballerines ou bottes western, elles mélangent tout, sans se soucier du résultat final.Elles superposent à une jupe droite et un legging une robe poche, ample et sans forme, qu'elles agrémentent d'un long foulard, de quelques colliers et parfois d'une ceinture.Et pour peu qu'elles accusent un petit ventre, on les croirait enceintes de sept mois ! C'est à n'y rien comprendre.On sait que la New-Yorkaise, au contraire de la stylisée Milanaise ou de l'élégante Parisienne, recrée les allures, parfois démesurément, des passerelles et des magazines de mode.Règle générale, son style est remarquable, voire avant-gardiste.Mais cette saison, ça ne va pas du tout.Présentement, la mode vit une transition notable.On délaisse les lignes ajustées des dernières années au profit de formes volumineuses et éloignées du corps.C'est la tendance grunge, revue et corrigée, teintée de l'esprit glamrock des années 80: un genre de Madonna habillée par le designer japonais Yohji Yamamoto! Malheureusement, cette nouvelle silhouette ne convient qu'à très peu de femmes.Pourquoi la copier ?Il faut apprendre à respecter et à balancer les proportions du corps, peu importe la mode du moment.Si on porte un vêtement ample dans le haut, on équilibre la silhouette avec un morceau ajusté au bas, comme un pantalon cigarette par exemple.Si on a une forte poitrine, on évite les hauts amples, au même titre qu'on ne coupe pas la jambe avec un legging si on mesure cinq pieds deux pouces.Tout est une question de proportions.RENCONTRE Elizabeth Hurley à Montréal Une femme sur sept sera atteinte du cancer du sein aux États-Unis au cours de sa vie.« Il est essentiel de poursuivre nos efforts de sensibilisation dans notre lutte contre le cancer du sein », estime Evelyn Lauder, première vice-présidente du groupe Estée Lauder et fondatrice de la Breast Cancer Research Fondation (BCRF).Cette semaine, Mme Lauder et le mannequin et porte-parole de la maison, Elizabeth Hurley, étaient de passage au magasin Holt Renfrew de Montréal pour inaugurer la campagne de sensibilisation de la BCRF, en collaboration avec le magasin.Afin d'appuyer cette cause, plusieurs marques beauté - Aveda, Bobbi Brown, Clinique, Estée Lauder, Origins, La mer, etc.- se joignent également à la campagne annuelle de sensibilisation.Durant tout le mois d'octobre, on peut s'y procurer des produits spécialement sélectionnés pour l'événement ainsi que des rubans roses et des brochures éducatives.Aussi au programme, un chandail en cachemire rose de la gamme maison Holt Renfrew, ainsi que le nouveau livre de recettes originales d'Evelyn Lauder, De bon goût : recettes fraîches et simples pour bien vivre et bien manger.«En rejoignant le plus de gens possible avec le message que le dépistage précoce peut sauver des vies, nous pouvons faire en sorte qu'un jour, le cancer du sein soit chose du passé », dit Evelyn Lauder.LOUISE LABRECQUE COLLABORATION SPÉCIALE Cet automne, le fameux legging, ce collant cher aux années 80, revient de plus belle.Il se glisse sous un long chandail, une robe ample et même une jupe.Il faut toutefois se méfier : mal agencé, ce collant aura tôt fait d'écraser la silhouette.Mode d'emploi :on évite les superpositions à n'en plus finir.Pour allonger la jambe, on privilégie les couleurs ton sur ton - soulier, legging, jupe.On vérifie également les composantes des tissus du collant et du chandail pour s'assurer qu'ils ne collent pas l'un sur l'autre.> Collant, longueur cheville, coton et spandex (28$) ou nylon (35$), offert en plusieurs couleurs, American Apparel.Dans tous ses magasins /www.americanapparel.net > Collant taille basse, longueur capri ou cheville, nylon Coolmax et lycra, offert en quatre couleurs, Mondor (13$) Dans les boutiques spécialisées/ www.mondor.com.TROUVAILLE COURRIER PHOTO AFP /STAN HONDA Marc Jacob PHOTO REUTERS Marc Jacobs PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE PHOTO PATRICK SANFAÇON / LA PRESSE L'actrice britannique Elizabeth Hurley et Evelyn Lauder (fille d'Estée) de passage à Montréal pour faire la promotion de la fondation pour le cancer du sein.Ce week-end, découvrez l'envers de la mode.Dans le cadre des Journées de la culture (du 29 septembre au 1er octobre), de nombreux artistes et artisans vous ouvrent leurs ateliers afin de partager leur passion.En voici quelques-uns situés dans la région de Montréal.Pour connaître la liste complète des 1800 activités proposées, visitez le site : www.journeesdelaculture.qc.ca ou composer le 1-866-734-4441.> Centre des textiles contemporains de Montréal (vendredi et samedi, 5800, rue Saint-Denis, bureau 501, 514- 933-3728).Ateliers et exposition d'oeuvres de tissage jacquard réalisées par 24 artistes internationaux.Aussi, démonstrations de création textile assistée par ordinateur sur le tissage LOUISE LABRECQUE, COLLABORATION SPÉCIALE jacquard, la broderie et le tricot à la machine.Vendredi, ateliers d'initiation sur le feutrage, l'ornementation brodée et le tricot à la broche, sur réservation téléphonique.Matériaux fournis et échantillon remis.> Les Brodeuses, Économusée de la broderie (dimanche, 5364, boulevard Saint-Laurent 514-276-4181).La broderie de A à Z.On y présente une exposition commentée de photos brodées, ainsi que des démonstrations de construction textile.> Création textile (5425, rue de Bordeaux, 514- 223-3520).Cette visite vous permet d'apprendre sur la fabrication de pièces textiles artisanales.Découvrez aussi les différentes étapes de production d'un vêtement en tricot et la réalisation d'une broderie et d'un tissu en feutre.
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