La presse, 3 décembre 2006, P. Plus
[" PLUS AGNÈS GRUDA SOUS LE REGARD DU « PACHA BLOND» PAGE 5 PHOTO JAVIER GALEANO, AP Cette résidante de La Havane quitte sa maison, qu'un employé du ministère de la Santé (à droite) vient de désinfecter par fumigation dans le cadre d'une campagne contre la fièvre dengue.Une centaine de morts en Inde, 73 en République dominicaine et au Brésil, sans parler des centaines de milliers de personnes infectées\u2026 La fièvre dengue sévit sous les tropiques.Et les voyageurs québécois ne sont pas à l'abri.La situation n'est pas dangereuse au point de se priver de soleil au mois de janvier, mais les vacanciers ont intérêt à se méfier des maringouins du coin.Une situation unique?Pas vraiment.À l'île de la Réunion, c'est le chikungunya qui a sévi, infectant plus du tiers du habitants et provoquant un exode massif des touristes.À la veille de la grande migration hivernale vers le soleil, La Presse fait le point.À LIRE EN PAGES 2, 3 ET 4 DESMOUSTIQUES SOUS LE SOLEIL CUBA MUSTAFA KEMAL ATATÜRK PLUS LE DENGUE SUR LE CONTINENT Le nombre de cas enregistrés au Brésil, en République dominicaine, au Salvador, au Paraguay et en Guyane française depuis le début de l'année a dépassé, début septembre, le total des cas enregistrés en 2005.Les dernières données de l'Organisation panaméricaine de la santé datent aussi de septembre dernier.\u203aArgentine 249 cas, aucun décès \u203aBrésil 234 068 cas, 37 décès \u203aColombie 23 361 cas, 34 décès \u203aCosta Rica 6917 cas, aucun décès \u203aEl Salvador 17 256 cas, trois décès \u203aGuadeloupe 583 cas, aucun décès \u203aGuatemala 1524 cas, aucun décès \u203aGuyane française 7700 cas, quatre décès \u203aJamaïque 39 cas, aucun décès \u203aMartinique 1130 cas, aucun décès \u203aMexique 5698 cas, aucun décès \u203aPanama 266 cas, aucun décès \u203aRépublique dominicaine 3528 cas, 36 décès \u203aVenezuela 27 118 cas, aucun décès Source:Organisation panaméricaine de la santé (www.paho.org/english/ad/dpc/cd/ Dengue.htm) JUDITH LACHAPELLE Des patients fiévreux et courbaturés au retour d'un voyage, le D r Brian Ward, chef de la division des maladies infectieuses au Centre universitaire de santé Mc Gill, en voit environ une dizaine chaque semaine à sa clinique.Et non, ses patients ne sont pas malades à l'idée de devoir retourner au bureau.Quelle mouche les a piqués ?Un moust ique du nom de Aedes aegypti, le vecteur le plus commun du virus de la fièvre dengue.La charmante bibitte aime la vie urbaine et pique pendant le jour.Ses victimes en seront quittes pour une bonne semaine au lit ou, dans le pire des cas, en seront mortellement atteintes.La fièvre dengue fait un retour en force sous le soleil.Depuis que l'épandage de l'insecticide DDT a été interdit au début des années 2000, les pays pauvres ont perdu la principale arme de lutte contre les moustiques qui propagent , entre autres maladies, la fièvre dengue et le paludisme.En Inde, plus de 150 personnes sont mortes de la fièvre dengue depuis le début de l'année.Sur le continent, le Brésil , la Colombie et la République dominicaine sont les plus touchés avec une trentaine de décès chacun.L'Agence de santé publique du Canada a récemment émis deux avis pour en informer les voyageurs qui comptent se rendre en Amérique du Sud, en Amérique centrale ou dans les Antilles.La recrudescence de la fièvre dengue est-elle une raison pour reporter un voyage au soleil cet hiver ?Pour le Dr Howard Njoo, de l'Agence de santé publique du Canada, tout dépend de la santé du voyageur et de son itinéraire.« Si on fait un voyage d'affaires, qu'on reste dans un hôtel quat re étoiles, c'est différent d'un étudiant qui veut aller dans la jungle.» Mais tous les voyageurs, insiste-t-il, devraient consulter un médecin avant de partir.Pire que n'importe quelle grippe Au chapit re de la f ièv re dengue, le Dr Brian Ward sait de quoi il parle.Quand il l'a attrapée il y a quelques années en Thaïlande, il a été surpris par la violence de l'attaque.« Je peux vous dire que ça fait mal ! raconte le médecin, qui est aussi directeur adjoint du Centre des maladies tropicales à Mc Gill.C'est pire que n'importe quel influenza.» « Le terme anglais décrit très bien ce que c'est : break bone fever », dit la Dre Dominique Tessier, directrice médicale des cl iniques santé-voyage Medisys, qui a aussi noté une augmentation des cas de fièvre dengue à son cabinet.« Les gens ont des douleurs qu'ils vont déc r i re comme si un camion leur était passé sur le corps.» Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, les symptômes se déclarent dans les jours qui suivent la piqûre et durent de trois à cinq jours.« Les symptômes les plus sévères rentrent dans l'ordre tout seuls, sans traitement, dit la Dre Tessier.Mais certaines personnes vont se plaindre d'une fatigue chronique pendant plusieurs semaines après que l'infection soit guérie.» La maladie est encore mal connue, si bien que beaucoup de médecins sont perplexes devant ces patients qui se retrouvent aux urgences en revenant de voyage.Il n'y a qu'un test qui permette de diagnostiquer formellement la fièvre dengue et le résultat n'est connu qu'un mois après les prises de sang.« On peut avoir l'impression que ça ne donnera plus rien parce que les symptômes auront disparu, dit la Dre Tessier.Mais le résultat sera important en vue d'un prochain voyage.» Car si le voyageur pensait avoir vécu un calvaire avec son infection, gare à lui s'il se fait piquer une autre fois\u2026 Il risque de contracter la forme hémorragique : mêmes symptômes, mais avec en plus des saignements internes ou externes.Le Dr Ward n'a encore rien vu de tel dans sa clinique, mais il s'attend à en voir un jour ou l'autre.La f ièvre dengue est t rès rarement mortelle dans le cas d'une première infection.Elle l'est plus avec la forme hémorragique.Il n'existe pas encore LA FIÈVRE DU SUD JUDITH LACHAPELLE Quelques appels dans des agences de voyages offrant des séjours au soleil permettent de constater que les agents connaissent mal la situation de la fièvre dengue sous les tropiques.Certains agents conseillent à tous leurs clients, peu importe la destination, de consulter une clinique de santé-voyage.D'autres ne le font que lorsque le voyageur sort des sentiers battus.Le code de déontologie des membres de l'Association canadienne des agents de voyages (ACTA), à laquelle adhèrent 75 % des agences québécoises, commande aux agents d'informer leurs clients sur les « conditions ou risques connus liés à la santé pour le voyage à entreprendre » et de leur conseiller de visiter une clinique santé-voyage « si cela s'avère approprié ».Tous les membres de l'ACTA reçoivent également un bulletin avec la dernière information pertinente à donner à leurs clients, dit Christine Théberge, porteparole de l'association.Un avis sur l'activité de la fièvre dengue a été transmis cet automne aux agents, ajoute-t-elle : « Ils sont au courant et ils avertissent leurs clients.» Mais la communication de l'information n'est pas partout la même.« Peu importe la destination, que ce soit le Mexique ou la République dominicaine, on recommande à nos clients d'appeler la clinique des voyageurs parce que la situation varie beaucoup, peu importe la saison », dit Line Babin, de l'agence Cinquième saison, à Montréal.Selon elle, c'est au client et à son médecin d'évaluer le risque de prendre ou non des médicaments pour prévenir le paludisme, par exemple.« C'est comme avec l'hépatite A et B.Que ce soit en Floride ou au Mexique, on recommande le vaccin partout.» conseillère aux Voyages Yvon Dupuis, insiste surtout auprès de ses clients qui partent pour l'Afrique, l'Amérique du Sud ou l'Inde, par exemple.« Pour aller à Cancun, on n'en parle pas, ditelle.Si le client pose des questions, c'est sûr qu'on répond.Mais sinon, on ne leur dira pas d'aller voir un médecin.» Elle sait que la fièvre dengue sévit actuellement en Inde, mais elle ne connaît pas la situation pour l'Amérique centrale.« Il y a une différence entre les gens qui restent à l'hôtel, et ceux qui partent sac au dos dormir chez le paysan.» Marc-Auror Nadeau, du Club Voyage Tourbec à Québec, n'a pas non plus eu d'échos de ses clients sur la fièvre dengue.« Le voyageur et le vacancier, c'est deux mondes différents.Le voyageur doit vérifier avec la clinique, et nous on doit le lui rappeler.Le vacancier est mieux d'apporter des médicaments pour son foie pour prévoir les abus d'alcool ! Mais il faut faire attention quand même.Il faut être prévoyant, peu importe où on va.» Line Rose, de Voyages Bergeron à Mont réal , soul igne qu'il n'est nul besoin d'aller dans le Sud pour attraper un virus ou une bactérie.« À mon avis, tout le monde devrait avoir une protection contre le tétanos et l'hépatite A et B, même ici , pas seulement quand on voyage.» Gustavo Aguilar, de l'agence de voyages Andes, a entendu parler de la f ièvre dengue.« On informe nos clients, on leur demande par exemple s 'i ls vont en Amazonie ou dans des endroits isolés.On leur parle des vaccins, mais les gens sont responsables d'eux-mêmes.» Peu connue, la recrudescence de l'activité de fièvre dengue n'a donc pas eu, jusqu'ici, de répercussion sur l'industrie du tourisme, indique l'ACTA.Un virus méconnu des agences de voyage PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE © Presque inconnue des voyageurs qui passent leurs vacances dans le Sud l'hiver, la recrudescence de la fièvre dengue n'a pas eu jusqu'ici de répercussion sur l'industrie touristique.« Les symptômes les plus sévères rentrent dans l'ordre tout seuls, sans traitement.Mais certaines personnes vont se plaindre d'une fatigue chronique pendant plusieurs semaines après que l'infection est guérie.» PLUS PRÉCAUTIONS À PRENDRE \u203aQui ?Le moustique Aedes aegypti est le plus commun vecteur de la fièvre dengue.\u203aQuand?Il pique le jour, en zone urbaine.\u203aQuoi faire ?Il n'existe pas de médicament ou de vaccin préventif.\u203aComment limiter les risques ?\u2014 Rester dans des locaux munis de moustiquaires ou climatisés.\u2014 Porter un pantalon long et une chemise à manches longues de couleur pâle.\u2014 Appliquer un insectifuge à base de DEET sur la peau exposée.de vaccin ni de médicament préventif.Ne restent que les manches longues, la moustiquaire et le chasse-moustiques.« On voit surtout des cas chez des jeunes en bonne santé qui se sont moins bien protégés en croyant qu'il y avait moins de risques pour eux », dit la Dre Tessier.Le cas de Cuba L'i n format ion en prove - nance des pays infectés estelle fiable ?« C'est une bonne question, convient le Dr Njoo.On respecte toujours les rens e ignement s qu'on re ç o i t officiellement des pays.Mais on sait que pour plusieurs raisons, parfois à cause des infrastructures du réseau de santé publique, les systèmes de surveillance des maladies infectieuses ne sont pas égaux partout.» Le cas de Cuba est particulier.« Les éclosions de fièvre dengue sont maintenant confirmées à Cuba dans quatre des 14 provinces du pays, indique l'Agence de santé publique du Canada dans un avis émis le 2 novembre.L'information sur le nombre de cas et leur répartition géographique n'est pas disponible pour l'instant.Les autorités cubaines de la santé publique ont pris des mesures de lutte intensive contre les insectes, notamment la fumigation des moustiques et le dépistage actif des cas.» La bel le - famil le de Jean Dumas est cubaine et habite La Havane.Le frère et la mère de sa conjointe ont été atteints par la fièvre dengue ; cette dernière a même souffert de la forme hémorragique.« Je vais à Cuba une semaine par mois et à chaque voyage, je connais de nouvelles personnes atteintes », dit M.Dumas, qui, pour éviter les ennuis avec les autorités cubaines, a contacté La Presse sous un pseudonyme.Jean Dumas a aussi vu les avions et les camions répandre les insecticides pour tuer les moustiques.« Le gouvernement a placé des affiches par tout af in d'éliminer les réservoirs d'eau où le moustique se reproduit.» Mal g ré l e da nger , Jea n Dumas ne s'empêchera pas de retourner dans le Sud cet hiver.Ni le Dr Ward, d'ailleurs, même s'il risque désormais d'attraper la forme hémorragique.« Je suis allé au Pérou l'an dernier, et l'infection à la fièvre dengue était ma première préoccupation, précise-t-il.La plupart du temps, je ne change pas ma vie pour un risque théorique.Mais ça, c'est jusqu'au moment où je tombe malade ! » Site de l'Agence de santé publique du Canada : www.phac-aspc.gc.ca COURRIEL Pour joindre notre journaliste : judith.lachapelle@lapresse.ca JUDITH LACHAPELLE Il n'y a pas de solution facile pour lutter contre le paludisme (malaria) ou la f ièvre dengue, tous deux transmis par des moustiques.Les autorités essaient d'éliminer les moustiques porteurs de ces maladies potentiellement mortelles avec des moyens mécaniques, mais aucune arme n'est aussi efficace que ne l'était le DDT.Interdit en Occident depuis 1972, le pesticide a été mis sur la liste des polluants organiques persistants (POP) en 1992, et son utilisation a été fortement restreinte en 2001.Depuis ce jour, déplorent plusieurs observateurs, les pays tropicaux ont perdu leur principale arme contre les moustiques.La décision d'éliminer le DDT est encore controversée.Le Dr Brian Ward est de ceux qui croient que la décision a été prise trop vite.« La plupart des scientifiques et médecins qui travaillent dans le tiers-monde considèrent qu'il était très inapproprié d'éliminer le DDT, surtout avec nos usines qui polluent en Occident.C'est hypocrite de notre part de leur dire qu'ils n'ont pas le droit d'utiliser le DDT parce qu'ils empoisonnent la planète.» « Ça aurait été plus logique de dépenser plusieurs milliards pour trouver une solution de remplacement au DDT, avant de l'éliminer, poursuit le Dr Ward.Il y a un coût dans les deux décisions.Les gens des pays riches ont décidé que c'était une pollution que la Terre ne pouvait supporter.» Mais depuis l'élimination du pesticide, le paludisme fait de plus en plus de victimes.Selon l'Organisation mondiale de la santé, le paludisme tue un enfant africain toutes les 30 secondes.Quelque 300 millions de personnes sont touchées par le paludisme chaque année ; et la fièvre dengue touche 50 millions de personnes par année.Fallait-il éliminer le DDT?> Le virus de la dengue est en recrudescence > Le continent américain n'y échappe pas PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © La Dre Dominique Tessier insiste pour dire qu'un test de dépistage est utile même une fois les symptômes disparus.Il est important en vue d'un prochain voyage.CRACK PALINGGI, REUTERS Depuis que l'épandage du DTT, un pesticide, est interdit dans le monde, les pays en voie de développement ont vu la fièvre dengue regagner du terrain de façon spectaculaire.Les enfants, comme ce petit Indonésien, sont au premier rang des malades et parfois des victimes.En Afrique, le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes.« Je vais à Cuba une semaine par mois et à chaque voyage, je connais de nouvelles personnes atteintes.» PLUS PHILIPPE MERCURE Ma r s 2 0 0 5 .Apr è s avoir frappé l'archipel des Comores, dans l 'Océan Indien , le virus chikungunya débarque en territoire français.L'île de La Réunion est secouée par une épidémie d'une rare violence.Plus du tiers des 750 000 habitants de l'île, en grande majorité des citoyens français, seront infectés.Les quelque 400 000 touristes qui visitent La Réunion chaque année, pour escalader son volcan, se reposer sur ses plages ou explorer ses fonds marins, désertent les lieux.L'économie périclite.La grogne monte.Le monde occidental vient de goûter à la médecine chikungunya.Les Africains et les Asiatiques, eux, la connaissent pourtant depuis des décennies.Chikungunya signifie « homme qui marche courbé » en swahili, une langue est-africaine.La maladie accable ses victimes de fièvre et de fortes douleurs articulaires \u2014 des manifestations souvent accompagnées de maux de tête et de douleurs musculaires, parfois de saignements et d'éruptions cutanées.Les symptômes disparaissent habituellement au bout de quelques semaines.Sauf qu'à La Réunion, des dizaines de décès sont survenus en période d'infection aiguë.I l y a deux semaines, La Réunion a célébré sa première semaine où aucun cas de chikungunya n'a été signalé.Les Français ont accusé leurs autorités de ne pas être intervenues à temps, permettant à la crise d'atteindre des proportions difficiles à gérer.Frank Kunst est chercheur à l'institut Pasteur de Paris, l'un des centres mobilisés par l'État français pour lutter contre le chikungunya.Il avoue qu'il y a eu du retard dans la réponse française.« Pour différentes raisons qui ne paraissent pas très claires, on n'a pas commencé à travailler tout de suite », dit-il.L'autre retard L'État français a fini par sortir l'arsenal contre le chikungunya.Devant la grogne populaire, le premier ministre Dominique de Villepin a débloqué plus d'une trentaine de millions d'euros l'hiver et le printemps derniers, dont le tiers consacrés à la recherche.Grâce à ces fonds, les chercheurs du prestigieux institut Pasteur sont parvenus à séquencer le génome du virus.Il leur a fallu 10 jours.« L'équipe a travaillé 24 heures sur 24 », souligne M.Kunst.N'est-ce pas ironique lorsqu'on sait que la première épidémie de chikungunya a été décrite en Tanzanie en 1952, et que les populations de toute l'Afrique subsaharienne et de l'Asie du Sud-Est encaissent ses affronts dans l'indifférence depuis des décennies ?Les chercheurs l'admettent d'emblée : le retard dénoncé par les Français n'est pas le seul dans cette histoire.« La France a mis de gros moyens là-dessus, et c'est certain qu'elle s'est sentie beaucoup plus sensibilisée du fait qu'un département français ait été touché, admet Bruno Baron, responsable des relations de presse de l'institut Pasteur de Paris.Quand ça a frappé l'île de La Réunion, les atteintes économiques ont été très importantes.Le tourisme a été complètement sinistré.Et l'impact médiatique a été beaucoup plus fort.» « Cette maladie était un peu négligée, avoue aussi le chercheur Frank Kunst.D'abord parce qu'on se disait qu'elle n'était pas très grave.Et puis \u2014 un peu plus cyniquement, on pourrait dire \u2014 parce que c'était une maladie d'Afrique.» L'énigme scientifique L'indifférence envers les pays en développement, cependant, n'explique pas tout.C'est que dans les livres de médecine, le Chikungunya est décrit comme un virus assez inoffensif, « invalidant mais non mortel ».Or, tout indique qu'il a tué à La Réunion.« On cherche encore à déterminer avec certitude, statistiquement, si l'augmentation de mortalité est une cause directe du chikungunya, dit M.Baron.Mais les dernières informations qui filtrent semblent montrer qu'on s'oriente vers une mortalité plus directement liée au virus.» Le séquençage de six souches du virus réalisé par l'institut Pasteur a révélé que les souches qui ont terrassé l'île de La Réunion sont apparentées à celles isolées en Afrique.Les chercheurs ont toutefois observé des mutations.Faut-il leur attribuer la virulence de l'épidémie de La Réunion ?Ou des événements semblables ont-ils eu lieu par le passé en Afrique et en Asie sans qu'on s'en aperçoive ?« C'est la grande question scientifique : est-ce que l'atteinte à La Réunion est exceptionnelle?» indiqueM.Baron, qui admet qu'il est « très possible qu'il y ait eu de fortes atteintes de chikungunya dans d'autres régions ».« La cartographie des pathologies est souvent liée à l'implantation des laboratoires spécialisés capables de les détecter, souligne à ce propos Anna-Bella Failloux, entomologiste médicale à l'institut Pasteur.Dans les endroits où il n'y a aucun laboratoire, les habitants sont indemnes de tout », lance-t-elle ironiquement.En plus de tout cela, la dengue - celle là même qui inquiète aujourd'hui à Cuba - est venue brouiller les cartes.D'abord parce que cette maladie qui fauche 20 000 vies dans le monde chaque année a monopolisé les fonds de recherche.« Du moment qu'on a 100 $ à mettre en recherche, on en met forcément 90 $ sur la maladie la plus urgente et la plus invalidante », dit M.Baron, de l'institut Pasteur.Ensuite parce que dans les pays en développement peu médicalisés, il y a aussi fort à parier que les deux maladies ont été confondues.Cont ribuant à retarder, encore, les connaissances sur le chikungunya.Le voyage nécessaire à la réalisation de ce reportage a été payé en partie par l'Association des communicateurs scientifiques.Chikungunya, le négligé Quand une maladie tropicale frappe un haut lieu du tourisme PHILIPPE MERCURE Le virus Chikungunya, comme celui de la dengue, se transmet par les moustiques.Et ce ne sont pas les moustiques qui manquent à l'institut Pasteur.En plein coeur de Paris, l'institution possède un centre d'élevage qui en produit environ 10 000 par semaine.Une autre preuve que lorsque vient le temps d'enrayer une épidémie, les pays occidentaux disposent de moyens dont ne peuvent même pas rêver les pays en voie de développement.On pénètre dans la ferme de moustiques en poussant\u2026 des moustiquaires.Il y fait chaud et humide.Les scientifiques cherchent ici à reproduire des infections naturelles pour en comprendre chaque étape.Sur les tables trônent des bacs d'eau recouverts de filets où baignent des oeufs, des larves et des nymphes.Devenus adultes, les insectes quittent l'eau et s'envolent.« On les récolte avec l'aspirateur à mouches », explique Catherine Bourgouin, responsable du centre, en pointant un aspirateur modifié pour ne pas réduire les moustiques en charpie.Ici, une bonne vieille tapette à mouche permet de mater les fuyards.Ceux-ci ne sèment aucune panique : ils ne sont pas encore infectés par les parasites.Les spécimens dangereux sont confinés dans des laboratoires hautement sécurisés.Les chercheurs qui désirent faire leurs expériences commandent leurs moustiques\u2026 par Internet.Seules les femelles les intéressent : ce sont elles qui, en prenant leur repas de sang, infectent les mammifères en leur refilant les parasites.On trie les moustiques en les attirant avec des bassins d'eaumaintenus à la température du corps humain : les femelles s'y précipitent, on les aspire.Dans un coin, une cage au sol maculé de sang témoigne d'un de leurs repas.Le sang est celui du lapin anesthésié qui leur a été livré en pâture.Par pitié, on lui applique ensuite une pommade pour éviter les démangeaisons dues aux piqûres.Comme deuxième preuve du bon traitement que réserve le centre à ses pensionnaires, Mme Bourgouin montre un bac rempli de jus sucré où s'abreuvent de nombreux moustiques : les mâles.Puisqu'ils ne se nourrissent pas de sang, ils ne transmettent pas de maladies et ne sont donc d'aucun intérêt scientifique.« Mais ils ont tout de même le droit de se nourrir », lance Mme Bourgouin.La flambée de fièvre dengue à Cuba rappelle que les maladies infectieuses sont le lot des pays en voie de développement.Or, l'an dernier, un virus tropical a frappé de plein fouet l'île de La Réunion, un territoire français qui vit du tourisme.Rappel d'une crise qui illustre comment économie, science et politique s'entremêlent lorsqu'il est question de santé publique.« Cette maladie était un peu négligée, avoue Frank Kunst, de l'institut Pasteur.D'abord parce qu'on se disait qu'elle n'était pas très grave.Et puis - un peu plus cyniquement, on pourrait dire - parce que c'était une maladie d'Afrique.» Un élevage de moustiques en plein coeur de Paris PHOTO MEHDI FEDOUACH, AGENCE FRANCE-PRESSE Virus longtemps négligé, le chikungunya a fait son apparition dans l'île de La Réunion au début de l'année 2005.Comme en témoigne cette photo, un an après, les autorités et la population étaient toujours sur un pied d'alerte.Ce n'est que tout récemment qu'aucun cas n'a été signalé dans ce département français d'outre-mer. PLUS AGNÈS GRUDA DES NOUVELLES DU MONDE ISTANBUL \u2014 Il y a une dizaine de jours, le professeur Attila Yayla participait à une conférence savante à Izmir, ville de la côte de la mer Égée.Cheveux blancs, lunettes à monture fine, Attila Yayla enseigne l'économie politique à l'Université Gazi, à Ankara.Dans la quarantaine, il n'a en apparence rien d'un révolutionnaire prêt à monter aux barricades.Son exposé portait sur la théorie de la « civilisation commune.» Encore là, rien pour faire descendre des gens dans la rue.C'était oublier le culte que la Turquie voue à Mustafa Kemal Atatürk, l'homme qui, après la fin de la Première Guerre mondiale, a fait naître un État moderne sur les cendres de l'Empire ottoman.À certains égards, durant les premières décennies de « kémalisme », la Turquie a régressé, a dit le professeur Yayla dans sa conférence.Puis il a noté que les images d'Atatürk étaient omniprésentes en Turquie.Et qu'un Européen déambulant dans les rues d'Istanbul ou d'Ankara ne pourrait que se demander pourquoi les photos et statues de « cet homme » sont partout.Le lendemain, un journal d'Izmir publiait sa photo en première page, sous un titre comptant un seul mot : « Traître ! » L'affaire a vite pris des proportions nationales.Ce qui a beaucoup outré les crit iques, c'est la référence à « cet homme » pour parler du fondateur de la république.Irrévérencieux, ont-ils jugé.Le sort d'Attila Yayla était scellé.Le recteur de l'Université Gazi, Kadri Yamac, l'a suspendu de ses fonctions.Sa faute ?Avoir enfreint le Code de l'enseignement supérieur turc, qui interdit aux enseignants de critiquer Mustafa Kemal et la doctrine à laquelle il a donné naissance.Lorsque je l'ai joint au téléphone cette semaine, Attila Yayla se reposait chez lui, abasourdi par les conséquences de son discours.« Si, aux États-Unis, un professeur critiquait les idées d'un des pères fondateurs de la fédération américaine, est-ce qu'il serait mis à la porte d'une université ?» se demandait-il.Les médias occidentaux ont ignoré cette affaire - une histoire d'atteinte à la liberté d'expression en Turquie, comme il y en a tant ces temps-ci.Mais en Turquie, les propos d'Attila Yayla continuent à faire des vagues.Lundi, l'Association des jeunesses turques l'a accusé de travailler à la solde des États-Unis et de l'Europe et a réclamé son congédiement.La veille, des étudiants lui avaient au contraire manifesté leur appui.Dans les nombreux et très colorés journaux turcs, les opinions varient.Certains chroniqueurs affirment que sa suspension est une « honte », d'autres soutiennent qu'il est allé beaucoup trop loin.Il faut savoir que peu de gens, en Turquie, remettent en question l'héritage du « père de la nation ».Et pas seulement parce qu'ils n'en ont pas le droit.« Pour notre génération, Atatürk est un héros », dit sans hésiter Oguz, éclairagiste dans la jeune trentaine.Pendant que nous mangeons nos sandwiches aux intestins de mouton (délicieux, vraiment !), Oguz explique pourquoi il est désenchanté de la politique.Rien ne change, les politiciens sont tous pareils, ils s'en mettent plein les poches.Le j eune homme semble dépassé par l'ampleur des problèmes auxquels fait face la Turquie d'aujourd'hui.Les revendications des Kurdes.Les tensions avec les Arméniens.Et l'incapacité des politiciens, divisés en une multitude de factions, à les résoudre.Quand il pense à Atatürk, tout est beaucoup plus clair.Mustafa Kemal a fondé une république indépendante et moderne, résistante aux délires religieux qui se sont abattus sur les pays voisins, comme l'Irak et l'Iran.C'est beaucoup grâce à lui si Oguz et ses copains vivent presque à l'occidentale, peuvent aller prendre une bière avec leurs blondes, sont même capables d'habiter avec elles sans se marier - impensable n'importe où ailleurs dans le monde musulman.Alors, ils ne trouvent que normal que le visage digne de Mustafa Kemal Atatürk soit un peu partout : sur les murs des bureaux, les affiches et les monuments.Mais il y avait un prix à payer pour cette modernité : l'autoritarisme.Atatürk, qui a donné aux Turcs leur alphabet latin et des lois inspirées des législations européennes, a créé une sorte de démocratie autoritaire où l'armée pèse lourd.L'histoire du professeur Yayla montre à quel point l'image du « pacha blond » au regard bleu perçant ne souffre pas la moindre écorchure en Turquie, près de 70 ans après sa mort.Mais par le déluge d'opinions qu'elle a engendré, elle montre aussi, paradoxalement, que le débat sur la liberté d'expression est bel et bien engagé au pays d'Atatürk.Sous le regard du « pacha blond » « Si, aux États-Unis, un professeur critiquait les idées d'un des pères fondateurs de la fédération américaine, serait-il mis à la porte d'une université ?» LES CARICATURES DE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.LA TRIBUNE LE SOLEIL LE DROIT DES OH! ET DES BAH! La chronique ironique qui voit et entend tout.à sa façon.DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS IRAK On ne fraternise pas avec un procureur Si on ne badine pas avec la loi, on ne fraternise pas non plus avec un procureur.Du moins en Irak.L'avocat d'un des six coaccusés de Saddam Hussein, Badie Aref, a été arrêté mercredi en pleine audience pour insulte au tribunal et violation du code de conduite professionnel.Le juge a ordonné son arrestation et son expulsion pour 24 heures, pour s'être adressé au procureur général en l'appelant.confrère.Guy Bertrand aurait-il fait des émules ?NOUVELLE-ZÉLANDE Cachez cette affiche.Une société néo-zélandaise demande le retrait d'une large affiche publicitaire située sous ses fenêtres et qui présente une plantureuse blonde en bikini à la poitrine avantageuse, accusée de distraire personnel et clients.J.Everett, responsable d'une entreprise d'Auckland, a déposé une plainte formelle aux autorités de réglementation de la publicité.« Vendredi, nous avions une réunion très importante et les clients étaient clairement distraits par le contenu de l'affiche.Je crois que le résultat de la réunion n'a pas été aussi bon que ce qu'il aurait pu être », a-t-il écrit dans sa plainte.Les autorités ont jusqu'à présent refusé de retirer l'affiche.On se demande pourquoi.ALLEMAGNE Recrutés au berceau Tous les moyens sont bons pour recruter des supporters et des stars d'aprèsdemain.Le club de soccer du Hertha Berlin fait du dépistage jusque dans les couffins.Il offre en présent un pyjama frappé du logo du club ainsi que l'inscription au Club enfants du Hertha à chaque bébé né dans une maternité de la capitale allemande.Certains clubs de la LNH devraient peut-être s'inspirer de cette campagne.ILS, ELLES ONT DIT Loi « Dans ma maison, ce ne sont pas mes amis qui commandent, c'est moi.» \u2014 RAFAEL CORREA, le nouveau président équatorien, précisant qu'il n'est pas un vassal d'Hugo Chavez.Émoi « L'Angleterre est politiquement analphabète.» \u2014 ANTHONY GIDDENS, sociologue britannique inspirateur de Tony Blair, stigmatisant le manque de culture politique et les carences intellectuelles de son pays dans ce domaine.Foi « Être mairesse de Québec, c'est la plus belle job au monde.» \u2014 ANDRÉE BOUCHER, débordant d'enthousiasme lors du dévoilement du programme des festivités du 400e anniversaire de Québec.EN HAUSSE.EN BAISSE ANDRÉE BOUCHER Pour un peu, elle aurait presque volé la vedette, à Québec, au Rouge et Or ou au débat sur la reconnaissance de la nation québécoise.Extrait de son discours au dévoilement du programme du 400e de Québec : « Quand je me lève le matin et que je vois une caricature, c'est encore la robe ! Je me mets alors à penser que si le caricaturiste avait fouillé dans son garde-robe, il aurait pu nous faire rire pendant 20 ans avec ce qu'il a dans son garde-robe.» STM La CAM passera à 65 $ par mois le 1er janvier.Un bel encouragement à utiliser les transports en commun.Un geste fort de sensibilisation aux effets néfastes de la voiture sur l'environnement.13,6 C'est, en milliards de dollars, la dette colossale d'Eurotunnel, l'exploitant du tunnel sous la Manche.65 Une action d'Eurotunnel ne valait pas plus de 65 cents (44 centimes d'euro) à la suspension de la cotation en Bourse du titre en mai dernier.800 En milliers, c'est le nombre de petits épargnants d'Eurotunnel qui ont été floués dans ce qui a été l'un des plus grands scandales de gestion des fonds publics.Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbah@lapresse.ca Avec l'AFP, AP, Le Devoir, Libération, The Guardian PHOTO LE SOLEIL PHOTO RODRIGO BUENDIA, AFP PHOTO LA PRESSE© Ce n'est pas rien d'aborder et de mettre pied à terre après 430 jours de navigation! Pour les marins, cinéastes et scientifiques à bord du Sedna IV, tous embarqués dans l'audacieuse Mission Antarctique, le pôle Sud, « l'endroit le plus réchauffé de la planète », a été depuis un an leur terre, leur mer, leur glacier.Et leur microcosme.Aujourd'hui, en compagnie du biologiste et cinéaste Jean Lemire, instigateur du projet, il leur faut jeter l'ancre et retrouver la vie normale, l'horizon raccourci des murs de briques, la rumeur des humains agités, l'inconscience de l'existence et de la fragilité de la nature.Jean Lemire Si j'ai un souhait, c'est que, dans le monde, au lieu d'un service militaire obligatoire, on fasse un service obligatoire en nature.Les jeunes en reviendraient transformés, et bien des problèmes environnementaux seraient réglés.LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © ANNE RICHER La dimension pédagogique réussie de cette mission est déjà en soi un gage d'espérance.Des milliers d'enfants, de très jeunes écoliers, plus de 700 000 visiteurs sur le site Web de l'expédition, apportent un réconfort inestimable à ces aventuriers des temps modernes, qui souhaitent toucher la tête et le coeur de tous.Une sensibilisation qui mènera à l'action, espère Jean Lemire - une action concrète pour sauver le monde.Et même s'il tient à ce que toute l'équipe soit élue, La Presse et Radio-Canada lui accordent le titre de Personnalité de la semaine.Une folle aventure Il leur a fallu deux ans de préparation et huit millions de dollars avant d'appareiller.Et le travail à bord n'a pas manqué.Jean Lemire estime à 600 le nombre d'heures d'images en haute définition qui pourront être communiquées aux adultes et aux enfants du monde.Les films à venir témoigneront des changements climatiques indéniables et apparemment significatifs.Pour le biologiste, la mission a pris sa vraie dimension en devenant les « yeux et les oreilles du public, le chaînon manquant entre le public et les scientifiques ».Voilà ce qui explique en partie l'intérêt des jeunes à devenir marins virtuels, à suivre jour après jour sur Internet les péripéties de leurs héros du bout du monde.Jean Lemire raconte avec émotion : « Des enfants d'une école primaire ont exigé qu'il y ait de la vraie vaisselle à la cafétéria plutôt que du plastique.D'autres jeunes se sont renseignés sur le nombre de sacs à ordures jetés chaque semaine par leur école.De 60, ils ont fait baisser ce nombre à 20.Un autre groupe s'est rendu compte que les lumières de sa classe restaient allumées à cause d'un système automatisé ; il a convaincu la direction d'installer des interrupteurs et ainsi économiser l'énergie.» L'équipage du Sedna IV apprenait chaque jour, aussi loin qu'il était, qu'il pouvait compter sur cette génération montante.« Je ne peux pas être pessimiste devant l'avenir de la planète, dit Jean Lemire avec un sourire très doux.Il y a un espoir d'engagement, un changement de mentalité, même si ces changements se font à un rythme accéléré.Car l'environnement devra unir le monde au lieu d'être un sujet d'affrontement.» La simplicité Des mots simples pour faire comprendre.Des mots qui vont au coeur.Décoder le langage scientifique.Jean Lemire se donne cette autre mission.Il sait comment lui-même a réagi la première fois qu'il a croisé le regard d'une baleine.Ce coup de foudre s'est mué en amour durable, absolu, pour toute la nature.« On en fait partie, même si à l'intérieur des villes on a tendance à l'oublier.Si j'ai un souhait, c'est que, dans le monde, au lieu d'un service militaire obligatoire, on fasse un service obligatoire en nature.Les jeunes en reviendraient transformés, et bien des problèmes environnementaux seraient réglés.» D'où lui vient donc cette passion?Il est né à Drummondville le 9 mai 1962, cadet d'une famille de quatre enfants.Il tient à dire qu'on peut rêver et que les rêves sont réalisables même si on vient d'un milieu modeste.À 19 ans, il découvre les baleines sur la Côte-Nord à l'occasion d'une expédition en mer.La biologie l'entraîne là, mais il découvre petit à petit, grâce aux équipes de cameramen qu'il transporte en bateau, les possibilités d'exploiter à la fois la science et sa créativité.Il fonde Les Productions Ciné-Bio en 1987.Son premier film, Mission mammifères marins, remporte le prix de la meilleure production scientifique de l'année.Tous ses autres films et documentaires ont été des succès montrés dans le monde entier.Jean Lemire a une vision du monde qui tient à la fois du scientifique et du poète.Il témoigne de la force que l'on porte en soi.« Cette force intérieure qui nous donne la capacité de relever des défis ensemble.La solidarité a sans doute été l'une des grandes leçons de la dernière expédition.» Il en revient transformé.« J'ai touché quelque chose que je ne voudrais pas perdre.Le piège est de retourner à sa vie d'avant.À 44 ans, je suis à l'heure des choix.Je dois jeter l'ancre.» AUJOURD´HUI Avec Louis Lemieux VENDREDI, SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 6h ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 9h40 DEMAIN MATIN C'EST BIEN MEILLEUR LE MATIN Avec René Homier-Roy DU LUNDI AU VENDREDI 5h À 9h ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 A RADIO-CANADA RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA www.radio-canada.ca 3428913A "]
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