La presse, 17 décembre 2006, B. Actuel: Santé
[" SANTÉ À TIRE-D'AILE NOËL AUX OISEAUX PAGE 10 THE NEW YORK TIMES Cela se produit dans des cafésbars.Cela se produit dans des fromageries.Mais la plupart du temps, ça arrive dans des bars et des restaurants.Les femmes enceintes constituent des cibles pour les étrangers qui jugent ce qu'elles mangent et en particulier ce qu'elles boivent.« Rien ne rend les gens plus mal à l 'aise qu'une femme enceinte assise à un bar », explique Brianna Walker, une barmaid de Los Angeles.« Les autres clients ne la quittent pas des yeux », ajoute-t-elle.Boire durant la grossesse est rapidement devenu tabou aux États-Unis après 1981 lorsque le directeur du Service de santé publique a commencé à avertir les femmes des dangers de l'alcool.Ces avertissements sont survenus après que des chercheurs de l'Université de Washington eurent identifié, en 1973, le syndrome d'alcoolisation foetale, soit un groupe d'anomalies congénitales physiques et mentales causé par la consommation d'alcool.Dans ses recommandations, le gouvernement américain ne fait pas de distinctions entre la consommation abusive d'alcool et une bière à l'occasion.Tout alcool pose un risque inacceptable, dit-il.Alors, celles qui parmi nous boivent, même occasionnellement, au cours d'une grossesse font face à des questions auxquelles il n'y a pas de réponse : pourquoi une femme mettrait-elle la santé d'un enfant en péril pour un plaisir passager comme une bière ?« Je n'y crois absolument pas », tranche Holly Masur, mère de deux enfants de Deerfield, en Illinois, qui a souvent bu un demi-verre de vin lors de ses grossesses, suivant en cela les avis de sa mère et de son obstétricien.Comment quelques gorgées de vin pourraient-elles être dangereuses quand les femmes avaient l'habitude de boire des martinis et de fumer pendant toute leur grossesse ?» De nombreux obstétriciens américains qui nourrissent des doutes quant à la nécessité d'une abstinence totale indiquent en douce à leurs patientes qu'une bière de temps en temps ou un verre de vin (mais pas de spiritueux), c'est correct.« Si une patiente me dit qu'elle boit deux ou trois verres de vin par semaine, je me sens à l'aise avec ça durant le premier trimestre », explique le Dr Austin Chen, un obstétricien de New York.Mais en principe, je me mouille en disant cela.» La relation compliquée des Américains avec l'alimentation et la boisson (tout ce qui est désirable est aussi potentiellement dangereux) devient magnifiée lors d'une grossesse.Lorsque j'ai été enceinte de mon premier enfant en 2001, il y avait tellement d'informations contradictoires en circulation que le doute devint comme un réflexe.Pourquoi le thé était-il permis et pas le café ?Comment tous les fromages à pâte molle pouvaient-ils être interdits alors que le fromage à la crème était recommandé?Y avait-il des risques réels à boire un verre de vin à mon anniversaire ?On dit aux femmes enceintes qu'il y a du danger partout : la listéria dans les fromages à pâte molle, le mercure dans le thon en boîte, la salmonelle dans le jus d'oranges fraîchement pressées.Notre responsabilité pour réduire les risques grâce à un comportement parfait ne semble pas avoir de limites.Un jour, plutôt que de suivre aveuglément chaque règle, j'ai commencé à me mettre en quête de preuves.Il semble que les preuves soient difficiles à trouver lorsque l'on parle de boire de « façon modérée » ou « occasionnelle » au cours d'une grossesse.Les définitions standard, les essais cliniques et les études de long terme n'existent tout simplement pas.« Sur le plan clinique, il n'y a rien sur la consommation modérée d'alcool au cours de la grossesse, soutient le Dr Ernest L.Abel, professeur au Wayne State University Medical School, à Detroit, qui a dirigé de nombreuses recherches sur la grossesse et l'alcool.Les études ne portent que sur la consommation abusive, définie par le National Institutes of Health comme étant cinq boissons ou plus par jour, ou sur l'absence de consommation.» BOIRE POUR DEUX PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Boire ou ne pas boire durant une grossesse.?Le dilemme en embarrasse plus d'une.>Voir BOIRE en page 3 Chardonneret jaune Offert en librairie Vous êtes abonné à La Presse?OBTENEZ DE 10% À 30% de rabais sur l'achat en ligne de ce livre.Livraison à domicile gratuite.C'est facile : www.cyberpresse.ca/ privileges Une méthode antirégime et prominceur mise au point et éprouvée en clinique Pour en finir avec les régimes.www.mangez.ca L'avantage d'une protection accrue.De plus en plus d'études indiquent que les vitamines et les minéraux jouent un rôle important dans la prévention des maladies.www.centrum.ca Un article publié dans le Journal of the American Medical Association a confirmé ce que la plupart d'entre nous savent déjà : le régime alimentaire à lui seul ne procure presque jamais les éléments nutritifs nécessaires et un faible apport vitaminique peut être un facteur de risque de maladies chroniques.1 Mais ce que de récentes études ont également confirmé est le fait que des éléments nutritifs spécifiques semblent être liés à la prévention de certaines maladies - en particulier la maladie cardiovasculaire, le cancer, l'ostéoporose et même les maladies des yeux comme la dégénérescence maculaire et les cataractes.La prévention de la maladie cardiovasculaire Bien que l'exercice régulier et un régime alimentaire équilibré jouent un rôle important dans le maintien de la santé cardiaque, des éléments nutritifs spécifiques ont été identifiés comme les anges gardiens du coeur, comme le lycopène, les vitamines B6 et B12 et l'acide folique.La maladie cardiovasculaire est la principale cause de décès au Canada.Mais certaines études ont montré que le lycopène, un antioxydant puissant qui neutralise les effets nocifs des radicaux libres dans notre organisme, peut aider à réduire le risque cardiaque.2 Les chercheurs ont également observé que les vitamines B6 et B12 et l'acide folique réduisent les niveaux sanguins élevés d'homocystéine, une substance que l'on pense être un facteur de risque de maladies cardiovasculaires.3 Et, dernier élément appuyant le bien-fondé de la prise quotidienne de multivitamines, une récente étude suédoise a démontré qu'elles réduisent les crises cardiaques de 21 % chez les hommes et de 34 % chez les femmes.4 La lutte contre le cancer Au Canada, les types de cancer les plus habituels sont le cancer colorectal, le cancer de la prostate et le cancer du sein.Le cancer colorectal représente la deuxième cause de décès au Canada; un homme sur 14 et une femme sur 16 en seront atteints au cours de leur vie.5 Le cancer de la prostate atteint jusqu'à un homme sur sept au cours de sa vie et, de plus, le taux d'incidence augmente chaque année.5 Une femme sur neuf développera un cancer du sein au cours de sa vie et une sur 27 en mourra.5 Étant donné la prévalence élevée de ces cancers, il est bon de savoir que certains éléments nutritifs aident à les combattre.Les chercheurs pensent tout spécialement qu'un apport suffisant de vitamine D, d'acide folique, de lycopène et de sélénium est important dans la prévention du cancer.Un apport suffisant de vitamine D a été associé à une réduction de 50 % du risque de cancer colorectal.6 On a également montré que le sélénium et le lycopène réduisent le risque de cancer de la prostate, de quelque 63 % dans le cas du sélénium.7,8 Et l'acide folique est lié à une réduction de l'incidence du cancer du côlon et du cancer du sein.6,9 La prévention de l'ostéoporose Quand on parle de la santé des os, la plupart des gens savent l'importance d'un apport suffisant en calcium.Mais la vitamine D joue également un rôle dans le maintien de la solidité des os et dans la prévention de l'ostéoporose, une maladie caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une tendance aux fractures.10 La vitamine D aide l'organisme à absorber et à utiliser le calcium, et est essentielle au maintien de la densité osseuse.Malheureusement, la plupart des Canadiens et Canadiennes présentent une carence en vitamine D.En effet, l'exposition au soleil aide notre corps à former cette importante vitamine, mais comme il y a moins de soleil pendant les mois d'hiver, nous produisons moins de vitamine D.Le maintien de la santé des yeux Les scientifiques ont découvert que certains antioxydants jouent un rôle essentiel dans la prévention des maladies des yeux, notamment des cataractes et de la dégénérescence maculaire chez le sujet âgé, une maladie associée au vieillissement qui réduit progressivement la vision centrale nette.La dégénérescence maculaire affecte environ 2,1 millions de Canadiens et Canadiennes et est à l'origine de la plupart des cas de diminution sévère de l'acuité visuelle chez les gens de plus de 50 ans.11 Les études ont montré que l'antioxydant lutéine réduit le risque de dégénérescence maculaire et de cataractes chez le sujet âgé.12,13,14 Cet antioxydant existe normalement dans nos yeux, mais ne peut pas être fabriqué par le corps.De plus, le risque de cataractes en cinq ans était 60 % plus faible chez les personnes qui avaient pris des suppléments de vitamine C et de vitamine E pendant 10 ans ou plus.15 La vérité sur les vitamines Les résultats des recherches sur les éléments nutritifs et leurs effets sur notre santé à long terme suggèrent que pratiquement tout le monde devrait envisager sérieusement de prendre une multivitamine chaque jour dans le cadre d'un programme général de maintien de la santé.Demandez à votre médecin si la nouvelle multivitamine CENTRUM Avantage vous convient.Par comparaison aux multivitamines ordinaires, la nouvelle multivitamine CENTRUM Avantage procure des niveaux plus élevés de vitamines et de minéraux essentiels associés à une protection accrue contre certaines maladies graves.Des niveaux plus élevés d'éléments nutritifs se traduisent par une protection accrue contre certaines maladies graves : Références : 1.Fletcher RH, et al.Vitamins for Chronic Disease Prevention in Adults.JAMA.2002;287:3127-3129.2.Sesso HD, et al.Plasma lycopene, other carotenoids and retinol and the risk of CVD in women.Am J Clin Nutr.2004;79:47-53.3.Fairfield KM, et al.Vitamins for Chronic Disease Prevention in Adults: Scientific Review.JAMA.2002 Jun 19;287(23):3116-3126.4.Stjärne M, et al.Socioeconomic context in area of living and risk of myocardial infarction: results from the Stockholm Heart Epidemiology Program (SHEP).J Epidemiol Community Health.2002;56:29-35.5.Société canadienne du cancer.Statistiques canadiennes sur le cancer - 2006.À consulter à : http://www.cancer.ca/ccs/internet/standard/0,3182,3172_14279_371283_lang Id-fr,00.html.Consulté le 24 novembre 2006.6.Gorham ED, et al.Vitamin D and Prevention of Colorectal Cancer.J Steroid Biochem Mol Biol.2005;97:179-194.7.Giovannucci E, et al.Intake of carotenoids and retinol in relation to risk of prostate cancer.J Natl Cancer Inst.1995;87(23):1767- 1776.8.Clark LC, et al.Effects of cancer prevention in patients with carcinoma of the skin.A randomized controlled trial.Nutritional Prevention of Cancer Study Group.JAMA.1996;267:1957-1963.9.Zhang SM, et al.Plasma folate, vitamin B6, vitamin B12, homocysteine, 28 novembre 2006.11.Institut national canadien pour les aveugles.La DMLA et l'oeil.À consulter à : http://www.cnib.ca/vision-health/amd/index.htm.Consulté le 28 novembre 2006.12.Seddon JM, et al.Dietary carotenoids, vitamin A, C and E and advanced AMD.JAMA.1994;272(18):1412-1420.13.Brown L, et al.A prospective study of carotenoid and vitamin A intakes and risk of cataract extraction in U.S.women.Am J Clin Nutr.1999;70:509-516.14.Brown L, et al.A prospective study of carotenoid and vitamin A intakes and risk of cataract extraction in U.S.men.Am J Clin Nutr.1999;70:517-524.15.Mares-Perlman JA, et al.Vitamin supplement use and incident cataracts in a population-based study.Arch Ophthalmol.2000;118:1556-63.Sans une bonne santé, où seriez-vous?Éléments nutritifs essentiels: Aident à protéger : B6, B12, acide folique, lycopène, sélénium Système cardiovasculaire Lutéine, vitamine C, vitamineE Yeux Vitamine D, acide folique Seins Sélénium, lycopène, vitamineE Prostate Vitamine D, acide folique, sélénium Côlon Calcium, vitamineD Os 3448201A ACTUEL SANTÉ PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Visiblement enceinte et en train de boire dans un bar ?Vous pouvez être certaine que vous allez vous faire regarder ! MATHIEU PERREAULT Depuis une dizaine d'années, Éduc'alcool publie un dépliant sur la grossesse et l'alcool, en collaboration avec le Collège des médecins.On y lit que « ne pas consommer d'alcool est le choix le plus sûr ».Mais aussi que « personne ne devrait culpabiliser une femme enceinte qui choisirait de prendre un verre à l'occasion ».Cette position, qui a notamment été approuvée par des médecins de l'hôpital Saint- Justine et de l'Institut national de santé publique, tranche avec celles des associations médicales américaines et canadiennes.Par exemple, les lignes directrices de la Société canadienne de pédiatrie se limitent à recommander que les femmes cessent complètement de boire durant la grossesse.« Le Canada anglais a une approche terriblement culpabilisante », explique le président d'Éduc'alcool, Hubert Sacy.Tout de même pas jusqu'à l'avortement « La première version de notre dépliant était beaucoup plus dure.Après, nous avons entendu parler de cas de femmes ayant subi un avortement parce qu'elles avaient pris un ou deux verres à quelques occasions, avant de découvrir qu'elles étaient enceintes.C'est pour cela que nous avons ajouté la phrase sur la culpabilisation.» Le dépliant d'Éduc'alcool a été attaqué à cause des liens de l'organisme avec la Société des alcools du Québec.Le Collège des médecins a approuvé la sixième version du dépliant, parue l'an dernier.Cas de conscience pour la femme enceinte La publication de l'article du New York Times sur la consommation d'alcool pendant la grossesse a suscité un grand nombre de réactions chez les lecteurs du quotidien.En voici quelques unes.Choisir d'éviter les risques Les risques de consommer de l'alcool durant une grossesse sont semblables à ce qui se passe lorsque l'on boit et que l'on conduit.Des gens très ivres réussissent à se rendre chez eux; une autre personne, qui a consommé un peu d'alcool et qui conduit lors de conditions imprévisibles, aura peut-être un accident.Les femmes sont libres de leurs propres décisions.Mais il est manifeste que si elles boivent, elles imposent à leur foetus un certain risque qu'elles pourraient aussi choisir d'éviter.\u2014 Douglas M.Bowden, médecin, Seattle Traditions et coutumes L'alcool est un tératogène, une neurotoxine susceptible de causer des déficiences de croissance subtiles et même de graves dommages au cerveau.Pourquoi est-ce plus important de ne pas heurter les sensibilités des femmes qui souhaitent avoir une boisson alcoolique avec leur repas favori ou lors d'une fête que de disséminer les faits évoqués dans l'avis du directeur du Service de santé publique ?Cela exerce une influence dévastatrice sur les femmes aux prises avec un problème d'alcool croissant ou chronique.Que le vin ou la bière soient considérés OK parce qu'ils sont peut-être plus socialement acceptables que les spiritueux démontre que la résistance ne tient peut-être pas aux faits, mais en ce que cela vient à l'encontre des traditions et des coutumes touchant la consommation d'alcool en société.\u2014 Tom Donaldson, Washington L'auteur est président de la National Organization on Fetal Alcohol Syndrome (États-Unis).Trop loin Sans vouloir nier que la consommation d'alcool puisse être risquée pour les femmes enceintes, je crois que l'establishment médical est allé trop loin.Il faut un certain équilibre.Les scientifiques doivent prêter l'oreille aux femmes de ma génération, qui ont eu des bébés dans les années 60.Toutes les femmes que j'ai connues buvaient, pas énormément, mais la consommation de vin n'était pas encore répandue.Nombre d'entre elles fumaient.Durant les premiers mois de ma grossesse, je n'ai ni bu ni fumé, parce que je me serais sentie mal à l'aise de le faire, mais j'ai continué à fumer et à boire avec modération après.Nous avons toutes eu des bébés en parfaite santé, des personnes dans la quarantaine maintenant et encore en santé.Avons-nous été tout simplement chanceuses ou bien les avertissements actuels sont-ils une façon de culpabiliser les femmes qui prennent plaisir à ces activités?\u2014 Carol Delaney, Providence, Rhode Island Ambiguïté et simplicité Je suis d'accord avec Julia Moskin pour dire qu'il existe une certaine ambiguïté touchant le niveau toxique de l'exposition à l'alcool durant la grossesse.Ce ne sont pas toutes les mères alcooliques qui donnent naissance à des bébés atteints du syndrome d'alcoolisation foetale.Le problème tient au fait qu'en l'absence d'anomalies évidentes dans le comportement ou la performance de l'enfant, les mères soutiendront toujours que leurs enfants sont sains et normaux malgré leur consommation d'alcool.Malheureusement, ces mères passent à côté du fait que leurs enfants auraient peut-être un sort meilleur s'ils n'avaient pas été exposés à l'alcool.Je pose une simple question: pourquoi ingérer à dessein une substance reconnue pour réduire, en moyenne, le potentiel de l'enfant?Je ne suis pas encore mère, mais je sais qu'il existe une foule de facteurs qui affectent le développement, les réalisations et l'intelligence.Je vais certainement éliminer ceux qui sont sous mon contrôle.\u2014 Jillian Susan Yarnall, New York Traditions alimentaires Tout article sur la consommation d'alcool au cours de la grossesse qui omet de mentionner la génétique au nombre des facteurs rend un mauvais service, en particulier s'il donne un coup de chapeau aux traditions alimentaires européennes.La plupart des gens ne sont pas Européens et de nombreux membres de groupes très à risque quant au syndrome d'alcoolisation foetale ne sont pas de descendance européenne.La raison pour laquelle l'exposition foetale à faible dose produit des résultats si différents tient partiellement aux différences génétiques significatives entre les individus.Tout comme des souches de souris de laboratoire présentent des résultats radicalement différents à la suite d'une exposition à l'éthanol à faible dose, il en va de même chez les humains.Mes étudiants présents dans les villages inuit de l'Alaska et des réserves amérindiennes ont observé ce fait de première main à la fois chez les souris de laboratoire et, hélas, dans nos collectivités.\u2014 Steven Jacquier, Anchorage, Alaska L'auteur est candidat au doctorat à l'Université de l'Alaska, à Fairbanks, où il étudie l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale.Une question controversée Lors de sondages, la plupart des femmes enceintes aux États-Unis déclarent qu'elles ne boivent pas du tout, bien qu'il soit possible que leurs réponses ne soient pas tout à fait exactes.Mais d'autres font le choix conscient de ne pas renoncer totalement à l'alcool.En ce qui me concerne, le désir de boire est associé au rituel de la table, s'asseoir dans un restaurant, lire le menu, croquer ce premier morceau de pain tartiné de beurre.C'était la seule occasion, ai-je fini par découvrir, où de l'eau gazeuse ou une bière sans alcool ne faisaient pas l'affaire.Alors, après avoir soumis les recherches disponibles et ma conscience à examen, j'ai conclu qu'un verre au dîner constituait un risque acceptable.Il faut avouer que cela rend mon mari mal à l'aise.Mais il reconnaît qu'il ne peut en aucune manière se mettre à ma place ou savoir ce qu'il ferait dans les mêmes circonstances.Si boire un verre à l'occasion n'est pas une décision que je prends à la légère, c'est aussi une décision que je ne suis pas la seule à prendre.Lisa Felter Mc Kenney, une enseignante de Chicago dont le premier enfant doit naître en janvier, dit qu'elle se sent à l'aise quant à ses trois verres par semaine, après avoir reçu le feu vert, à contrecoeur, de son obstétricien.« Le fait de pouvoir rêver d'une bière avec mon mari le soir venu m'aide vraiment à affronter les aspects horribles de la grossesse, dit-elle.Ça me donne l'impression d'être moi-même : pas l'alcool, mais le rituel.En général, je bois juste quelques gorgées.» Ana Sortun, une chef de Cambridge, au Massachusetts, qui a accouché l'an dernier, explique qu'elle-même et l'infirmière praticienne qui l'a fait accoucher ont toutes les deux bu du vin durant leur grossesse.« Je ne l'ai pas fait tous les jours, mais souvent quand même, raconte-t-elle.Au bout du compte, je me suis fiée à mon instinct et à celui de mon médecin plus qu'à toute autre chose.De plus, je crois vraiment à tout ce que l'on dit à propos de la tradition européenne.» Légendes européennes Ainsi, pour justifier leurs propres choix, de nombreuses femmes qui ont choisi de consommer de l'alcool au cours de leur grossesse évoquent les habitudes des Européennes qui, ainsi que le veut la légende, boivent du vin, mangent des fromages au lait cru et engloutissent des Guinness pour améliorer leur production de lait.Bien sûr, ces pays possèdent leurs propres tabous.« Essayez seulement d'acheter du fromage non pasteurisé en Angleterre ou de manger une salade en France lorsque vous êtes enceinte », m'a écrit une amie qui vit à York, en Angleterre.(Pour leur part, de nombreux obstétriciens français avertissent leurs patientes que les légumes crus sont risqués.) Toutefois, dit-elle, un verre par jour, cela va de soi.Dans ces cultures, le vin et la bière sont apparentés aux aliments, ils font partie de la vie quotidienne; chez nous (aux États-Unis), on les traite davantage comme des drogues.Mais de plus en plus de pays européens imitent la position américaine sur l'abstinence.Cet automne, la France a adopté une loi qui oblige les producteurs à apposer des étiquettes d'avertissement, à la mode américaine, sur les bouteilles d'alcool, mesure qui doit entrer en vigueur en octobre 2007.Si les Françaises enceintes renoncent complètement au vin (on peut cependant en douter, car les effets des étiquettes d'avertissement sont loin d'être prouvés), où cela mène-t-il le reste d'entre nous?« Jamais je n'aurais pensé que cela arriverait », lance Jancis Robinson, une critique connue en matière de vins en Grande-Bretagne, l'un des rares pays où les directives gouvernementales permettent encore l'alcool aux femmes enceintes, à raison d'un ou deux verres par semaine.Madame Robinson, qui a passé trois jours à goûter des vins pour sa qualification à titre de Masters of Wine, en 1990, au moment où elle était enceinte de son deuxième enfant, explique qu'elle a examiné les recherches disponibles à cette époque, et que si elle était portée à la prudence, elle n'avait toutefois découvert aucune preuve que l'abstinence totale était la seule voie sure à suivre.Boire pour deux BOIRE suite de la page 1 ÉLAN RICHARD CHEVALIER COLLABORATION SPÉCIALE Je sais, c'est un sujet qu'on préfère mettre sous le tapis à l'approche de la période de l'année où on célèbre la grande bouffe.Mais il faut que je vous parle du bedon.À ma décharge (ouf !), je ne fais que répondre, en fait, à une demande que m'ont faite des lecteurs et des lectrices.Parlons donc du bedon.Celui-ci est apparu sans doute lorsque l'homme (avec un grand H) a mis fin à sa vie de nomade et s'est mis à cultiver des patates.Bref, depuis qu'il est devenu plus sédentaire.Le hic, c'est qu'il a tellement bien réussi son passage de la vie nomade à la vie sédentaire qu'on observe aujourd'hui une prolifération inquiétante de ventres ronds un peu partout sur la planète.Or, avoir un ventre proéminent n'est pas qu'une affaire d'esthétisme qui fait les choux gras de l'industrie du ventre plat.C'est surtout une question de santé.De plus en plus d'études confirment, en effet, que le gras le plus nuisible à la santé est le gras abdominal, plus précisément le gras intra-abdominal, c'est-à-dire le gras fixé sur les organes de la cavité abdominale.Ce type de gras, qui engorge facilement le sang par la veine porte, est associé à un risque plus élevé de développer l'hypertension artérielle, la maladie coronarienne et le diabète de type 11.C'est pour cette raison d'ailleurs que les associations médicales recommandent désormais aux médecins de mesurer le tour de taille de leurs patients lorsque ceux-ci font de l'embonpoint.Comme le montre clairement le tableau ci-contre, plus le tour de taille est grand, plus le risque pour la santé s'accroît.Vous mesurez votre tour de taille à l'aide d'un ruban gradué en centimètres ou en pouces que vous posez, sans le serrer, horizontalement autour de la taille à la hauteur du nombril.Prenez la mesure après une expiration normale.Et puis, que concluez-vous ?Une bonne nouvelle cependant : l'exercice physique utilisé comme moyen pour maigrir s'attaque d'abord au gras abdominal.Par exemple, une étude révèle qu'après 12 mois d'exercices aérobiques à raison de trois séances de 45 minutes par semaine, on a observé une réduction de plus de 16% du gras intra-abdominal.C'est mieux qu'une liposuccion qui ne fait que diminuer le gras sous la peau.De plus, une autre étude confirme que cet effet de l'exercice se vérifie aussi chez les personnes obèses qui se mettent à faire de l'exercice.Ainsi, 30 jeunes hommes obèses ayant participé pendant quatre mois à un entraînement très vigoureux (il s'agissait d'un entraînement de type militaire) ont perdu, en moyenne, 12 kg de gras.C'est au niveau de l'abdomen que la perte de gras fut la plus impressionnante, comme l'indique la diminution marquée du tour de taille (13,7% en moyenne).Pour en savoir plus sur l'effet de l'exercice sur le poids corporel et en particulier sur le gras abdominal, je vous suggère la lecture du dernier avis scientifique de Kino-Québec, un programme gouvernemental qui vise l'adoption d'un mode de vie physiquement actif.Vous pouvez téléchargez l'avis - « L'activité physique et le poids corporel » sur le site de Kino-Québec (www.kino-quebec.qc.ca/comite.asp) ou en appelant au 1-866-794-869.Si vous combinez à l'exercice l'approche diététique délicieuse et non culpabilisante qu'on retrouve dans le livre Mangez, publié aux Éditions La Presse par Marie-Claude Lortie et Geneviève Guèvremont, vous pourrez alors faire face à la période de la grande bouffe sans craindre que votre ventre ne prenne de l'expansion.Avez-vous un tour de taille à risque ?Q J'aimerais savoir s'il est aussi efficace, pour brûler des calories après l'exercice, de faire un exercice aérobique pendant 30 minutes, tout de suite avant d'aller se coucher plutôt que le matin au réveil.L'exercice sur ma bicyclette stationnaire que je fais avant le coucher est pour moi la méthode et le moment qui me conviennent le mieux.Mais une des motivations très importantes que j'ai de faire de l'exercice est la perte de poids.Je voudrais donc adopter la façon la plus efficace possible.- Chantal, Repentigny.R En règle générale, il n'est pas recommandé de faire un exercice aérobique juste avant d'aller se coucher parce que justement vous éveillez ainsi votre métabolisme de base, ce qui risque de perturber le sommeil.Mais c'est du cas par cas et dans le vôtre, ce rituel ne semble pas vous nuire.Pour répondre maintenant à votre question, que l'exercice soit fait le matin ou le soir ne change en rien la dépense calorique postexercice : il y a, dans les deux cas, stimulation identique du métabolisme.Q J'ai 68 ans, je fais régulièrement des exercices, et ce, depuis presque 30 ans à raison d'une heure par jour, six jours semaine.Mes séances de gym se divisent comme suit : 20 minutes de vélo stationnaire; 20 minutes d'assouplissement et 20 minutes de musculation pour finir avec une « Salutation au soleil » (exercice de yoga).Mon problème, c'est que la couche de gras qui recouvre mes abdominaux me hante.malgré que j'en fais, 100 à la fois.Comment faire pour y remédier s'il vous plaît ?La gym est pour moi ce que le tabac est pour le fumeur.C'est ma « drogue » à moi, puisque je ne puis plus m'en passer, au risque d'insomnies et cela je le dois à mes 14 années de travail passées au sein de l'administration du CEPSUM.Je pèse 51 kg et mesure 1,55m.- A.Weizmann, Dollard-des-Ormeaux R Avec le poids et la grandeur que vous avez, je suis convaincu, que votre couche de gras abdominal ne doit pas être importante.Alors, pourquoi vous en faire avec ça ?L'idée du ventre plat où s'affiche une découpe très visible des abdominaux vient du culturisme ou encore du monde athlétique qui, dans un but utilitaire, oblige la femme pratiquant certains sports (les 100 mètres en athlétisme par exemple) à avoir des abdominaux puissants jumelés à un pourcentage de graisse souvent inférieur à 7%.COURRIER PHOTO JOE RAEDLE, GETTY IMAGES Avoir un ventre proéminent n'est pas qu'une affaire d'esthétisme qui fait les choux gras de l'industrie du ventre plat.C'est surtout une question de santé.QUEL EST VOTRE TOUR DE TAILLE?HOMMES FEMMES Risque de maladie Cm Pouces Cm Pouces Très élevé >120 > 47 > 110 > 43,5 Élevé 110-120 39,5-47 90-109 35,5-43 Faible 80-99 31,5-39 70-89 28,5-35 Très faible
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