La presse, 21 janvier 2007, P. Plus
[" PLUS LA CHRONIQUE D'AGNÈS GRUDA PROCHAIN ARRÊT: TÉHÉRAN?PAGE 6 Les tablettes des pharmacies regorgent de médicaments, de sirops, de pastilles contre la grippe et le rhume.Sans compter, à la maison, les potions de grand-maman.Ça marche?Disons que ça soulage plus que ça guérit.Le temps reste le remède ultime.Pas très rassurant, alors qu'on craint l'apparition d'une nouvelle pandémie.SUITE ET FIN DE NOTRE DOSSIER, À LIRE EN PAGES 2 À 5 S'EN SORTIRA-T-ON?GRIPPE: PHOTO IVANOH DEMERS, PHOTOMONTAGE PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE© POUR VENIR À BOUT D'UNE TOUX (SÈCHE) Des produits comme Benylin promettent de soulager la toux sèche et d'apaiser la gorge.Les ingrédients agissent au niveau du cerveau et peuvent enrayer certains symptômes.Notre pharmacien souligne toutefois que la toux sèche est fort difficile à contrôler.VENIR À BOUT D'UNE TOUX GRASSE ET DU NEZ BOUCHÉ Triaminic et Robitussin visent tous deux à contrôler la toux et à décongestionner.Attention, les comprimés de Triaminic soulagent aussi la fièvre.Inutile de faire avaler du Tempra aux enfants en plus.Dimetapp, à « l'excellente saveur de raisin », très apprécié des petits, est aussi un antihistaminique, et peut donc provoquer de la somnolence.N'oubliez pas que tous les produits décongestionnants sont aussi des stimulants pouvant causer palpitations cardiaques, énervement et insomnie.FIÈVRE ET DOULEURS MUSCULAIRES Un adulte qui souhaite la dose nécessaire devrait généralement prendre deux comprimés d'Advil régulier ou de Tylenol régulier.Pour un enfant, on conseille toujours d'y aller selon son poids et son âge.MAUX DE GORGE Les produits comme Cépacol (pastilles) ou Chloraseptic (vaporisateur) contiennent des antiseptiques (qui tuent les germes) et des anesthésiques (qui engourdissent la bouche).Après usage, il est possible, momentanément, de ne plus sentir la différence entre le chaud et le froid (gare aux brûlures) ou encore de perdre sensiblement le goût.DES MÉDICAMENTS QUI NE GUÉRISSENT PAS SILVIA GALIPEAU Vous avez mal partout, des frissons, le nez complètement bouché et toussez sans cesse?Pas de doute, c'est la grippe.Une petite virée en pharmacie pour vous soulager, pensez-vous?Bonjour le mal de tête! Il existe une panoplie assez étourdissante de produits sur les rayons, promettant tantôt « chaleur et réconfort », tantôt un « vrai soulagement, vraiment rapide ».Entre les formules de jour, de nuit, sans somnolence ou avec, à boire, croquer ou avaler, comment diable choisir?Les médicaments en question, qu'il s'agisse de Tylenol, Contac C ou de simples pastilles pour la gorge, ne vous guériront pas.Par contre, ils soulageront vos symptômes.« C'est un soulagement symptomatique, confirme Vincent Roy, pharmacien propriétaire d'un Pharmaprix sur le boulevard Saint-Laurent.Cela soulage si on doit aller travailler, par exemple.Mais le plus important, c'est de se laver les mains souvent et de se reposer.» Il existe six classes de symptômes : congestion, écoulement nasal et picotement des yeux, mal de gorge, toux sèche, toux grasse, fièvre et douleurs musculaires.Malheureusement, rares sont les médicaments qui ne ciblent que l'un ou l'autre des symptômes.D'où le nombre impressionnant de produits, certains promettant le soulagement de l'ensemble des symptômes (avec « une bonne nuit » en prime).« Il est toujours préférable de vérifier avec le pharmacien pour trouver la formule adéquate », indique aussi Vincent Roy.Attention de ne pas faire de mélanges malheureux, prévient-il.« Si vous prenez des Contac C, il ne faut pas prendre d'acétaminophène en plus, parce que le produit en contient déjà.» Pour vous aider à vous y retrouver, nous avons choisi quelques produits populaires, avec leurs effets bénéfiques et leurs contreindications.Et n'oubliez pas les mouchoirs et le bon savon à mains avant de passer à la caisse.Entre les formules de jour, de nuit, sans somnolence ou avec, à boire, croquer ou avaler, comment diable choisir ?SÉRIE LES MYSTÈRES DE LA GRIPPE PHOTOS : IVANOH DEMERS, ALAIN ROBERGE, PATRICK SANFAÇON, ANDRÉ TREMBLAY.GRAPHISME ET PHOTOMONTAGE PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE© SÉRIE LES MYSTÈRES DE LA GRIPPE SILVIA GALIPEAU Nos grands-mères avaient peutêtre raison.Le bon vieux bouillon de poulet maison serait un remède de choix pour soulager la grippe.Une étude publiée en 2000 dans la revue scientifique Chest a déjà démontré que le bouillon de poulet possédait une foule de propriétés anti-inflammatoires, atténuant les maux de gorge et ralentissant l'accumulation de mucus dans les voies respiratoires.« Des études ont démontré que le bouillon de poulet pourrait agir contre la grippe, mais on a été incapable d'identifier quel ingrédient agissait exactement », explique Hélène Baribeau, nutritionniste de la boutique Les aliments de santé Laurier, à Québec.L'étude en question n'a en effet pas été en mesure de démontrer si l'effet était dû au liquide chaud, aux mélanges d'épices ou aux légumes choisis.Chose certaine, c'est du vrai bouillon de poulet qu'il s'agit ici, et non des mélanges « poulet et nouilles » tout faits.« Ça n'est pas du bouillon! C'est du sel, du sucre et de la saveur de poulet », met en garde la nutritionniste, que l'on peut aussi lire sur le portail de santé Passeport Santé (www.passeportsante.net).D'autres professionnels de la santé sont moins convaincus.« C'est le liquide comme tel qui est bon, parce qu'il liquéfie le mucus.On ne peut pas dire que le bouillon de poulet soit meilleur que le thé pour faire ça », commente Francine Lemire, directrice principale des affaires professionnelles du Collège des médecins de famille du Canada.Ce sur quoi tous s'entendent \u2014 et là aussi, nos grands-mères semblent avoir eu la bonne intuition \u2014, c'est que pour soigner une grippe, il n'y a pas 36 solutions : il faut surtout bien s'hydrater (pour liquéfier le mucus et parce que la fièvre peut déshydrater) et dormir.LES PRODUITS TOUT-EN-UN Les produits tels Tylenol Grippe, Buckley's, Anti-rhume Duo Pack de Life, ou Contac C Complete, contiennent tous plus ou moins le même cocktail d'ingrédients.« Ils sont souvent recommandés pour quelqu'un qui ne veut qu'un seul produit », indique le pharmacien.N'oubliez pas de bien lire la liste d'ingrédients, beaucoup de ces produits contenant de l'acétaminophène.Un produit comme Neo- Citran DM agit en 15 à 30 minutes, et est efficace six heures.Comme il agit aussi contre l'écoulement nasal, il tend à endormir.VENIR À BOUT DU NEZ BOUCHÉ Ce produit de Sudafed ne vise qu'une chose : le soulagement de la congestion des sinus.Attention, sa formule, comme tous les décongestionnants, peut provoquer palpitations cardiaques, énervement et insomnie.Le vaporisateur nasal Otrivin est reconnu pour son efficacité.Mais celle-ci a un prix : « Si on l'utilise sur une base régulière, on devient dépendant.» Les pharmaciens ne recommandent pas d'utiliser le médicament plus de trois jours.Pour vous assurer de ne pas avoir le moindre effet secondaire, rabattez-vous sur des produits tels Salinex (vaporisateurs souvent recommandés par les pédiatres), qui nettoient les narines en profondeur.LES VERTUS DU BOUILLON DE POULET «Des études ont démontré que le bouillon de poulet pourrait agir contre la grippe, mais on a été incapable d'identifier quel ingrédient agissait exactement.» Trois médicaments, en vente sur ordonnance seulement et devant être pris dans les heures suivant l'apparition des premiers symptômes, s'attaquent directement à la grippe.Mais pas de miracle ici : ils ne réduiront la durée de la maladie que d'une à deux journées, au maximum.Le Tamiflu (à base d'oseltamivir), conçu en prévision d'une éventuelle pandémie de grippe aviaire, doit être pris dans les 24 à 48 heures après l'apparition des symptômes de la grippe.En sirop ou en gélules, le médicament inhibe la multiplication du virus au niveau des voies respiratoires.Il peut parfois entraîner nausées, vomissements, diarrhées et douleurs abdominales.Des patients grippés au Japon, où le médicament a été prescrit à plus de 20 millions de reprises, ont rapporté avoir aussi connu délires, hallucinations et troubles psychiatriques, certains ayant même attenté à leurs jours.Santé Canada invite donc à la vigilance.Le Relenza (à base de zanamivir) se prend par inhalation.Il agit comme le Tamiflu, et, en plus d'irriter la gorge, peut lui aussi causer nausées, vomissements, diarrhées et douleurs abdominales.Le Symmetrel (à base d'amantadine) est un médicament sur le marché depuis plusieurs années déjà, essentiellement prescrit aux personnes les plus vulnérables, telles les personnes âgées, les malades chroniques, etc.En sirop ou en gélules, il peut causer tremblements, insomnie, cauchemars, et, plus rarement, des hallucinations.Aucun de ces médicaments n'est indiqué pour les enfants de moins d'un an, ni pour les femmes enceintes ou qui allaitent.SUR ORDONNANCE SEULEMENT MATHIEU PERREAULT En 2004, moins de 1 % des volailles vendues dans les marchés de la Chine méridionale étaient infectées par le virus de la grippe aviaire.L'an dernier, cette proportion avait triplé à 2,4 %.Ces chiffres de l'Université de Hong Kong, dévoilés en novembre, ont secoué les autorités de santé publique.Et ils ont renforcé les craintes sur la manie du secret des autorités chinoises.En 2003, l'épidémie de SRAS a frappé de plein fouet plusieurs pays d'Asie, en partie parce que la Chine a caché l'existence du virus pendant plusieurs mois.« Nous avons plus d'informations sur la Chine, notamment parce que davantage d'Occidentaux sont sur place », estime Jean- Pierre Vaillancourt, professeur à l'École vétérinaire de l'Université de Montréal.« Les scientifiques de Hong Kong jouent aussi un rôle important.Ils viennent de démontrer la présence du virus dans un petit oiseau, le capucin damier, et que le commerce de ces oiseaux est sûrement responsable de sa transmission.Mais encore tout récemment, en 2004 ou 2005, il y avait beaucoup de secrets.Nous pouvons encore avoir des surprises en Chine.» L'empire du Milieu est d'autant plus inquiétant qu'il rassemble tous les ingrédients pour un cocktail viral explosif.Ses villes sont densément peuplées, et les animaux d'élevage sont disséminés dans la population.La Chine abrite la moitié de la population mondiale de volailles et de porcs, deux espèces cruciales pour la transmission de la grippe de l'animal à l'homme.Et surtout, plus des deux tiers des oiseaux migrateurs du monde s'y arrêtent, ce qui en fait un maillon essentiel de la courroie de transmission de la grippe.Déjà, une nouvelle forme de la grippe aviaire, appelée « soustype Fujian », est apparue en Chine en 2005.Depuis, le pays a connu ses premiers cas humains de grippe aviaire, ce qui laisse penser que la grippe Fujian est plus facilement transmissible à l'homme.Et le virus séjourne de plus en plus longtemps dans les poulaillers : en 2004, il n'était présent dans la volaille que quatre mois par année, contre 11 mois actuellement.Malgré tout, certains experts avancent que l'épidémie actuelle de grippe aviaire ne se transformera pas en pandémie humaine.Leur théorie est la suivante : le virus actuel, appelé H5N1, aurait déjà acquis une forme humaine si cela avait vraiment eu à se faire.« Si on est pessimiste, on dit que c'est sur le point d'arriver, dit le Dr Vaillancourt.Si on est optimiste, on dit que c'est incroyable tout ce que ça prend pour y arriver.Il n'est pas impossible que H5N1 ait déjà subi les mutations qui lui permettaient de se transmettre chez les humains, mais que ces nouvelles souches se sont retrouvées dans un culde- sac.Il y a 18 mois, il y a eu un cas de transmission fille-mère où on n'avait aucune raison de croire qu'elles avaient attrapé le virus de la même source.La mère a probablement été contaminée par sa fille.Il y a eu deux gros soupçons similaires.Ça veut dire que le virus est devenu pandémique, mais que les circonstances n'étaient pas favorables : il a tué ses deux premiers hôtes sans pouvoir contaminer une population.Si ça avait eu lieu dans une ville au lieu d'un village, par exemple à Hong Kong au moment d'un congrès international, on pourrait déjà être en pandémie.Il faut dire que, depuis deux ans, beaucoup de gens s'assurent de se laver les mains.Ces précautions ont peutêtre évité une pandémie.» L'an dernier, le Dr Vaillancourt s'attendait à ce que la pandémie de grippe humaine ait lieu d'ici les prochaines années.Maintenant, il n'en est plus si sûr.« Techniquement, statistiquement, cela devrait se produire, dit le Dr Vaillancourt.Mais ça ne veut pas dire que ça sera H5N1.Il y a eu tellement d'occasions depuis trois ans, et la mutation fatidique ne s'est pas imposée.En moyenne, il y a deux à trois pandémies par siècle.Mais en fait, on n'a des données fiables que depuis 150 ans.Alors je commence à penser que je pourrais prendre ma retraite d'ici 10 ou 15 ans sans l'avoir vue.» Le Dr Vaillancourt a tout de même réussi l'une de ses prédictions, l'an dernier.« Je pensais qu'on ne retrouverait pas de H5N1 dans la sauvagine au Canada à l'automne, à moins d'un effort spectaculaire d'échantillonnage.C'est effectivement ce qui s'est passé, même s'il était arrivé en Afrique et en Europe dès le printemps.Le virus se propage un peu moins rapidement qu'on pensait.» Les efforts actuels ne sont pas perdus pour autant.« Dans l'industrie avicole, tout ce qu'on fait comme préparatifs peut servir à autre chose, dit le Dr Vaillancourt.La maladie de Newcastle, qui touche les poulets, pourrait fort bien se déclarer.Le fédéral entrerait là-dedans, ça prendrait le même genre de mesures que pour la grippe aviaire.» LE MYSTÈRE CHINOIS Déjà, une nouvelle forme de la grippe aviaire, appelée « sous-type Fujian », est apparue en Chine en 2005.Ce volatile semble pétant de santé dans sa cage, à Hong Kong, totalement indifférent au virus H5N1.Mais les experts, eux, ne cessent de mettre le monde en garde contre une éventuelle pandémie de grippe aviaire consécutive à une transmission du virus de l'animal à l'humain.PHOTO SAMANTHA SIN, AFP LE COÛT D'UNE PANDÉMIE MATHIEU PERREAULT Une pandémie de grippe grave aurait un impact similaire à une récession sur l'économie nord-américaine, selon un récent rapport du Congrès américain.Le PNB diminuerait probablement d'un peu plus de 4 %, ce qui serait supérieur à toutes les récessions depuis la Deuxième Guerre mondiale, à l'exception de celle de 1981.Par contre, si la pandémie était modérée, l'impact sur l'économie serait négligeable.Hippocrate, le père de la médecine, décrit pour la première fois une maladie semblable à la grippe à partir d'observations à Périnthe, dans le nord de la Grèce.Peu après, Diodore décrit une maladie similaire, qui ravage l'armée athénienne en Sicile.XIVe siècle Le terme « influenza » apparaît en Italie.Les médecins croyaient alors que la grippe était due à l'influence des astres.La « maladie de la sueur » ravage Londres et frappe des centaines de milliers de personnes en Angleterre.Le maire de Londres en meurt, la Marine doit annuler ses opérations navales contre l'invasion française, qui appuie la candidature d'Henry Tudor pour le trône.Première pandémie mondiale de grippe à être bien décrite.Dans les Amériques, 90 % de la population en souffre.XVIIIe siècle Pandémies en 1729-30, 1732-33 et 1781-82.Hippocrate avant Jésus-Christ NOMBRE DE CAS HUMAINS DE GRIPPE AVIAIRE EN 2006 PAYS CAS MORTS AZERBAÏDJAN 8 5 CAMBODGE 2 2 CHINE 12 8 DJIBOUTI 1 0 ÉGYPTE 18 10 INDONÉSIE 55 45 IRAK 3 2 THAÏLANDE 3 3 TURQUIE 12 4 Source : OMS SÉRIE LES MYSTÈRES DE LA GRIPPE SÉRIE LES MYSTÈRES DE LA GRIPPE SILVIA GALIPEAU 1 Il ne faut jamais sortir dehors avec les cheveux mouillés, sinon, c'est la grippe assurée.> FAUX C'est pourtant un mythe tenace.« Ce n'est pas comme ça qu'on attrape la grippe.On attrape la grippe par contact avec le virus.Si on sort dehors avec les cheveux mouillés et qu'on sert la main de quelqu'un qui a la grippe, peut-être.», explique Francine Lemire, directrice exécutive des affaires professionnelles du Collège des médecins de famille du Canada.2 Se laver les mains protège de la grippe.> VRAI Outre le vaccin, c'est aussi le meilleur moyen de se protéger, affirment tous les spécialistes interrogés.Encore faut-il être discipliné, se les laver régulièrement, après chaque éternuement, poignée de main, ou contact potentiel avec le virus.« Le virus se transmet par les objets, comme les jouets, ou par les mains, explique Maryse Guay, médecin conseil à l'Institut national de santé publique, spécialisée en immunisation.Pour attraper la grippe, il faut attraper le microbe.Si on se lave les mains souvent, on a moins de risques d'attraper le virus.» 3 Si un membre de la famille a la grippe, toute la famille finit par l'attraper.> Techniquement FAUX, mais pratiquement souvent VRAI Il y a ici beaucoup de facteurs en jeu.Les autres membres de la famille sont-ils vaccinés?Quel est leur degré de résistance immunitaire?Se lavent-ils les mains régulièrement?Ont-ils souvent des contacts physiques ?« Le risque est élevé, évidemment, mais pas garanti », affirme Francine Lemire.4 Quand on a des enfants à la garderie, c'est inévitable, on passe deux hivers malades.> Plutôt VRAI Les médecins notent beaucoup plus de maladies infectieuses chez les enfants des garderies.« Il n'y a pas de doute que d'être à l'intérieur avec d'autres enfants qui portent peut-être le virus, d'échanger des jouets, tout ça augmente les risques », reconnaît Francine Lemire.Mince consolation : chez les enfants qui ne vont pas en garderie, ce sont les premières années à l'école qui sont les plus dures sur le système immunitaire.5 Quand on commence à moucher, c'est signe que notre grippe n'est plus contagieuse.> FAUX Dès l'apparition des premiers symptômes (maux de tête, éternuements ou autres) le grippé est contagieux.Un adulte est contagieux quelques jours (trois ou quatre), un enfant une semaine.Peu importe s'il mouche depuis le début ou pas.Les symptômes en eux-mêmes n'ont donc rien à voir avec le degré de contagion, c'est plutôt le nombre de jours depuis le début de leur apparition qui compte.6 Un rhume peut être aussi long qu'une grippe.> VRAI Tout dépend du rhume, certains étant suivis d'une foule de complications (sinusites ou autres).Un rhume « classique », toutefois, ne dure que trois à quatre jours, alors qu'une grippe « classique » s'étend sur une semaine.7 Si on est en forme, qu'on mange bien et qu'on dort suffisamment, on n'attrapera jamais la grippe.> FAUX « On est tous à risque », rétorque Francine Lemire.« Cela peut toujours arriver qu'on soit en contact avec un virus jamais attrapé, et qu'on l'attrape », enchaîne Maryse Guay.Seul avantage (et non le moindre) à être en forme, en santé et reposé : on sera mieux à même de lutter.La grippe sera moins longue, et nous fera rater moins de journées de travail qu'à un collègue moins en forme.8 On attrape tous au moins une grippe par année.> FAUX On attrape en général un à deux rhumes par année, mais les grippes sont moins fréquentes.« Tout dépend du nombre de cas dans notre communauté, du degré de virulence du virus et de notre résistance », précise Francine Lemire.Peut-on attraper deux grippes dans une saison?Si c'est techniquement possible, puisqu'il existe deux types d'influenza (A et B), les experts interrogés n'ont jamais vu de tels cas.« Mais il y a des malchanceux partout », glisse Maryse Guay.9 Inutile d'aller voir un médecin, la grippe va passer toute seule.> VRAI et FAUX Généralement, les symptômes disparaissent d'eux-mêmes au bout d'une semaine.S'ils persistent, toutefois, il ne faut pas hésiter à consulter.Ainsi, si la fièvre ne tombe pas au bout de trois à cinq jours (malgré la prise d'acétaminophène ou autres), si la respiration est difficile, si on délire, bref, si l'état général ne s'améliore pas, il faut aller consulter au plus vite.10 C'est connu, la grippe est plus sévère chez les hommes.> FAUX et encore FAUX C'est une croyance populaire qui fait partie du « folklore », commente avec amusement Maryse Guay.Elle s'interroge sur les fondements de cette soi-disant « vraie grippe d'homme ».« Est-ce que les hommes se plaignent plus ?Est-ce qu'ils acceptent moins d'être malades ?Quand on a 40 de fièvre, il faut rester couché.Peut-être que les femmes acceptent davantage leur sort.Peut-être que les femmes sont davantage habituées à s'occuper de leur corps », suggère- t-elle.Chose certaine, s'il y a une population chez qui la grippe est plus sévère, ça n'est pas tant les hommes que les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes aux prises avec des maladies chroniques.MATHIEU PERREAULT «Une étrange forme d'une maladie de caractère épidémique est apparue à Madrid.L'épidémie a une nature modérée, aucun décès n'ayant été rapporté.» Telle était la première mention de la grippe espagnole, au printemps 1918, dans un câble envoyé par l'agence espagnole Fabre à Reuters.Les mots rassurants ont toutefois laissé place à une terrible réalité.Avant la fin de l'été, huit millions d'Espagnols, près de la moitié de la population du pays, étaient terrassés par le virus, qui s'était propagé de l'Asie vers l'Europe.La grippe a été appelée «espagnole» parce que ses premières descriptions ont été publiées en Espagne, l'un des seuls pays qui n'était pas en guerre, et dont la presse n'était pas muselée par la censure militaire.Les premiers pas de la grippe espagnole La grippe espagnole a fait des millions de morts à travers le monde.Le Québec n'a pas été épargné, tant dans les villes que dans les campagnes.Nous sommes en 1918, et ces soeurs du Bon-Pasteur n'ont visiblement guère d'autres protections que ce foulard devant la bouche pour se protéger de la contagion pendant qu'elles soignent les malades.VRAIOUFAUX?XIXe siècle Pandémies en 1830-31, 1833-34 et 1889-90.Seule la dernière, appelée « grippe russe », atteint l'Amérique du Nord; elle aurait fait un million de morts dans le monde.XXe siècle 1918-19 La grippe espagnole tue 40 millions de personnes dans le monde.La moitié de la population mondiale, un milliard de personnes, est touchée.Au Canada, 50 000 personnes en meurent.Première épidémie de grippe aviaire hautement pathogène en Amérique du Nord.Elle ne touche pas les humains.1957-58 La « grippe asiatique » frappe tous les pays du monde, mais fait beaucoup moins de morts que la grippe espagnole : un million, dont moins de 10 000 au Canada.1968-69 La « grippe de Hong Kong » fait moins d'un million de morts, dont 3000 à 4000 au Canada.Le faible intervalle entre les deux pandémies a eu un effet protecteur.Alerte à la « grippe porcine » aux États-Unis, après l'hospitalisation de 230 soldats dans une base du New Jersey.Un quart de la population nord-américaine est vaccinée, mais les autorités sanitaires se rendent finalement compte que la grippe porcine ne se transmet pas facilement.En 1918, des hôpitaux d'urgence sont ouverts pour recevoir les malades de la grippe espagnole, comme ici à Fort Riley, au Kansas.PHOTO AP À Londres, des employés désinfectent les lieux publics.Sources : Milvax, Archives nationales du Canada, Global Security ET SI LE PIRE ARRIVAIT\u2026 La pandémie de grippe ferait entre 3700 et 8500 morts au Québec, et toucherait entre 15 et 35 % de la population, selon les estimations du ministère de la Santé.Si le virus avait une virulence « catastrophique », on devrait alors prévoir 50 000 décès et 300 000 hospitalisations.Selon l'OMS, la pandémie de grippe ferait entre 2 et 7,4 millions de morts dans le monde si elle était modérée, et entre 50 et 100 millions si le virus était aussi virulent que celui de la grippe espagnole, qui avait fait 40 millions de morts.REMÈDES Quels sont vos remèdes contre la grippe ?Livrez vos secrets sur www.cyberpresse.ca/remedes P L U S PLUS LES CARICATURES DE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.DES OH! ET DES BAH! Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbahlapresse.ca Collaboration : Charles Côté, Katia Gagnon, Agnès Gruda, Alexandre Pratt, AFP, BBC Prochain arrêt : Téhéran ?La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026 à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS MONTRÉAL Évacuateur de quoi ?Thierry Vandal, président-directeur général d'Hydro-Québec, a voulu parler d'un évacuateur de crue lorsqu'il a présenté le projet Eastmain 1A / Dérivation Rupert, il y a 10 jours.Mais des témoins ont entendu un curieux glissement de sens\u2026 « Pour réaliser la dérivation partielle de la rivière Rupert vers le nord, a-t-il dit, Hydro-Québec va réaliser quatre barrages importants, 72 digues et un évacuateur de cri\u2026ue.» Évacuateur de Cris, peut-être ?Il ne croyait pas si bien dire\u2026 MONTRÉAL Vive le dialogue ! L'ancien premier ministre Lucien Bouchard a prononcé une conférence à l'Université de Montréal la semaine dernière.Le thème de son exposé : « Convaincre par le dialogue ».Mais attention, pas n'importe quel dialogue : d'emblée, M.Bouchard a averti les médias qu'il refuserait de discuter de productivité, de la fermeture d'Olymel et, vous avez bien deviné, de racisme.Le titre de sa prochaine conférence : L'art de dialoguer tout seul sur les sujets de son choix\u2026 RUSSIE Drôle d'hiver L'hiver est si doux en Russie que les ours et hérissons n'arrivent pas à hiberner tranquilles.Au zoo de Saint-Pétersbourg, deux des cinq ours se sont déjà réveillés de leur hibernation, des semaines avant l'heure.Les hérissons sont devenus insomniaques eux aussi.Une petite conférence sur l'art du dialogue pour les faire rentrer dans leurs tanières ?ILS, ELLES ONT DIT Modeste « Ma propre estimation est que cela durera probablement aussi longtemps que la guerre froide.» \u2014 JOHN REID, ministre britannique de l'Intérieur, au sujet de la durée prévisible de la guerre contre Al-Qaeda Émotive « J'aime chacun d'entre eux.» \u2014 CONDOLEEZZA RICE, la secrétaire d'État américaine, au sujet des correspondants du réseau de télévision Fox News.Condescendant « Ce que vous portez est très bien, c'est même très élégant.» \u2014 BERNARD LANDRY, ancien premier ministre, commentant le turban de l'imam montréalais Omar Koné lors d'un débat à Radio-Canada, mercredi dernier.Durant le même débat, ce grand souverainiste a défendu avec véhémence l'uniforme\u2026 de la GRC.On aura tout vu.EN HAUSSE, EN BAISSE LE CRUCIFIX Mario Dumont veut le garder.André Boisclair n'en veut pas.Y a longtemps que ce symbole chrétien n'avait pas fait autant jaser.MARIO DUMONT Pour avoir introduit le concept du « vieux réflexe minoritaire » des Québécois dans un débat sur l'accommodement raisonnable.Le Bas-du- Fleuve est-il menacé par une épidémie de mosquées ?4L e nombre de fois où l'expression « accommodement raisonnable » a été recensée dans la presse francophone québécoise durant les trois premières semaines de 2006.60 Le nombre de fois où les médias écrits ont évoqué ce terme, au Québec, durant les trois premières semaines de 2007.50 Le nombre de fois où la phrase « Les Québécois sont racistes » revient dans les mêmes médias cette semaine.Et alors ?Alors rien.Ou plutôt si : profitez donc du week-end pour aller jouer dehors et respirer un peu d'air frais\u2026 15 Le nombre d'heures qu'une f emme a passé dans une urgence montréalaise avant de faire une fausse couche.Franchement déraisonnable.Et si Seymour Hersh avait eu raison?Il y a exactement un an, ce journaliste américain réputé pour ses enquêtes percutantes a signé un article dans le New Yorker affirmant, en gros, que l'Iran constituerait la prochaine cible militaire des États-Unis.Cet article a été accueilli par une salve de dénégations.Déjà embourbée en Irak, l'armée américaine aurait-elle l'énergie de se lancer sur un nouveau front?Le simple bon sens faisait paraître cette hypothèse hautement improbable.Douze mois plus tard, la violence en Irak a explosé à la puissance mille, et l'armée américaine s'apprête à s'y embourber davantage.Et pourtant, les signaux d'ouverture d'un nouveau « front iranien » ne cessent de se multiplier.En voici quelques exemples : Dans le discours à la nation annonçant sa nouvelle politique irakienne, le président Bush a tenu des propos très durs à l'égard de l'Iran, reprochant à ce pays de soutenir les insurgés chiites en Irak.Plusieurs ont interprété ce discours comme une mise en garde militaire à Téhéran.La Maison-Blanche s'est empressée de corriger cette interprétation.Mais jeudi, une dizaine d'élus de la Chambre des représentants ont présenté une résolution pour obliger le président à demander l'autorisation du Congrès avant d'attaquer l'Iran.C'est dire si la menace est prise au sérieux.Les États-Unis continuent à privilégier « l'action diplomatique » face à l'Iran, mais ils doivent en même temps se préparer « à toute éventualité », a dit James Jeffrey, sous-secrétaire américaine pour le Proche-Orient, au Figaro.« Toute éventualité » est un euphémisme qui pourrait aussi être résumé par une onomatopée : boum boum\u2026.D'autant plus que quelques commentateurs ont encouragé le président Bush à aller dans cette direction.Dans un éditorial félicitant le président Bush pour sa nouvelle fermeté face à l'Iran et à la Syrie, le Wall Street Journal affirme que des « incursions » dans l'un ou l'autre de ces pays devraient faire partie des scénarios envisagés aujourd'hui.La semaine dernière, la secrétaire d'État Condoleezza Rice a fait une tournée des grandes capitales au Moyen-Orient.Au départ, il s'agissait de relancer le processus de paix au Proche-Orient.Mais même si le premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas ont accepté de se rencontrer sous les auspices de Mme Rice, les chances de ressusciter un vrai dialogue israélo-palestinien sont proches du zéro absolu.En revanche, au cours de son périple, l'émissaire de la Maison- Blanche à convaincu huit pays arabes, dont l'Arabie saoudite, à hausser le ton face à l'Iran.Cela n'équivaut pas à un appui explicite à une intervention militaire.Mais ça rend ce scénario politiquement moins périlleux pour Washington.Ajoutons-y, enfin, les deux opérations récentes contre des Iraniens en Irak.Dont le raid contre un consulat iranien dans le nord de l'Irak.Et le maintien d'une attitude implacable du président Ahmadinejad dans le dossier nucléaire.Tous ces voyants rouges qui clignotent furieusement ne signifient pas que le Pentagone s'apprête à lancer ses bombardiers sur Téhéran.D'ailleurs, cette montée de pression sur l'Iran pourrait aussi fragiliser le régime du président Ahmadinejad - au point même de lui coûter le pouvoir.« Le régime iranien est de plus en plus fragmenté », note un expert du Washington Institute for Near East Policy, Mehdi Khalaji.Récemment, 150 des 290 députés du Parlement iranien ont signé une lettre blâmant le président pour sa mauvaise performance économique et lui reprochant ses voyages en Amérique latine.C'est un fait qui pourrait aboutir à sa destitution, selon M.Khalaji.Et puis, les experts s 'entendent pour dire qu'un scénario militaire, en Iran, serait bien différent de celui qui a conduit à la chute de Saddam Hussein.Au lieu d'une invasion tous azimuts, il y aurait plutôt des frappes « chirurgicales » contre des objectifs nucléaires.L'usine d'enrichissement d'uranium de Matanz, par exemple, ou le réacteur à l'eau lourde d'Arak.N'empêche : le scénario militaire, qui paraissait fantaisiste il y a un an, devient de plus en plus plausible.« La tension est si grande entre l'Iran et les États- Unis que tout peut arriver », note Houchang Hassan-Yari, du Collège militaire royal du Canada, à Kingston.Celui-ci se dit inquiet de l'isolement grandissant de l'Iran.Mais aussi de la débandade irakienne, qui pourrait inciter le président américain à chercher un nouveau bouc émissaire.Et à se jeter corps, âme et armée dans une nouvelle fuite en avant.AGNÈS GRUDA DES NOUVELLES DU MONDE agruda@lapresse.ca L'IRAK C'EST Un pays de 26 millions d'habitants dont environ 60%de chiites et 35%de sunnites L'IRAN C'EST Un pays de 68 millions d'habitants, dont 89%de chiites et 9%de sunnites Le scénario militaire, qui paraissait fantaisiste il y a un an, devient de plus en plus plausible Le Nouvelliste > Hillary Clinton, Le Droit > Soins à Cuba, La Tribune < Condolleezza Rice PHOTO GETTY IMAGES Mario Dumont, à gauche, et André Boisclair.PHOTO JACQUES BOISSINOT CP "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.