La presse, 24 février 2007, P. Plus - Forum
[" 3439216A 3439221 PLUS FORUM SAMEDI UNE ACCUSATION ODIEUSE L'ÉDITORIAL D'ANDRÉ PRATTE PAGE 7 LE RECUL DES LIBÉRAUX FÉDÉRAUX LYSIANE GAGNON PAGE 6 RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO UNE GUERRE OUBLIÉE UN CO N FLI T D'UNE DÉCEN NIE QUI PERDURE AUJ OUR D'H UI.DES MILLION S DE V ICT IME S.DES FEMMES VIOLÉES , DES PER SON NES MUTILÉES, DÉPLA CÉE S.DES FA MILLES DÉCIM ÉES .CO M ME TO ILE DE FON D, LA CONVOITIS E.LA RÉP UBL IQUE DÉMOCR AT IQUE DU C ONG O POS SÈD E DES MINER AIS RARES QUE TO US SE DIS PUT ENT .RÉCIT D' UNE GUERR E OUBLI ÉE.PHO TO MAR TIN TREMBLAY, LA PRESSE © Dans les mines, les creuseurs regardent constamment à l'horizon, inquiets de voir surgir des rebelles.NZIBIRA \u2014 Les enfants d'ici jouent au Play Station.Les plus vieux parlent au cellulaire et prennent leurs courriels sur leur Black Berry.Au même moment, au coeur de l'Afrique, la ruée vers le coltan - minerai qui sert à les fabriquer - enflamme l'ancien Zaïre.Pendant que la demande pour les gadgets électroniques explose en Occident, la guerre a déjà fait près de quatre millions de morts en République démocratique du Congo.Il n'y a pas que le coltan.Le pays est riche en or, en diamant, en cobalt, en cuivre et en minerais de toutes sortes.Des richesses naturelles qui ouvrent la porte à la corruption, aux potsde- vin et aux guerres de pouvoir.Elles suscitent la convoitise du gouvernement, des pays voisins, des groupes armés, des simples «creuseurs ».Mateso Mzahinda a les pieds couverts de corne à force de marcher sur les roches coupantes.Mais elle ne ressent même plus la douleur.Elle creuse fébrilement.Les deux pieds dans l'eau froide jusqu'aux chevilles, elle tamise sans relâche un petit tas de roches.Le bord de sa jupe est déchiré.Son visage est fatigué.Des cernes noirs se creusent sous ses yeux.Elle travaille depuis l'aube.L'orage gronde au loin.Les autres creuseurs quittent la mine.De lourds nuages enveloppent la montagne d'un épais brouillard.Le mercure chute brusquement.Dans quelques minutes, la pluie tombera à torrents.Mateso continue de travailler.« Je ne trouve rien de bien consistant, mais ça permet de vivre.Je n'ai pas le choix, j'ai six enfants à nourrir à la maison », lance-t-elle.Dans cette mine, on trouve surtout de la cassitérite.Un minerai qui provient de l'étain.Il sert à fabriquer des boîtes de conserve, mais surtout des cartouches d'armes à feu.Si elle est chanceuse, Mateso trouvera aussi du coltan.L'or gris, comme on l'appelle ici.Au début des années 2000, la demande en coltan a explosé.Des dizaines de milliers de villageois comme Mateso ont abandonné l'agriculture pour devenir creuseurs dans les mines artisanales.Ils espéraient une meilleure vie.Ils ont trouvé pire.Encore aujourd'hui, des groupes armés contrôlent les mines en taxant les travailleurs.Mateso jette constamment un oeil alerte à l'horizon.La peur se lit sur son visage.Elle sait que, cachés dans les hautes herbes et le brouillard de la montagne, des soldats armés attendent les creuseurs.Des armes en échange du minerai Au milieu des années 90, le Congo s'était appauvri.Après 30 ans de dictature, le climat politique était tendu.Des factions armées cherchaient à prendre le contrôle du pays.Au même moment, deux millions de réfugiés rwandais traversaient la frontière, fuyant le génocide dans leur pays.Des génocidaires se cachaient parmi eux, le gouvernement à leurs trousses.Il n'en fallait pas plus pour embraser la région.Des groupes armés ont pris le contrôle du territoire et des mines.Des pays voi- QUATRE MILLIONS DE MORTS PASCALE BRETON MARTINTREMBLAY MALGRÉ DES ACCORDS DE PAIX, LA RDCEST TOUJOURS DÉCHIRÉE.DES BANDES ARMÉES SÈMENT LA TERREUR.LA JOURNALISTE PASCALEBRETONET LE PHOTOJOURNALISTE MARTINTREMBLAY REVIENNENT D'UN SÉJOUR DANS L'EST DU PAYS.ILS RACONTENT L'HORREUR.Les enfants se regroupent à deux ou trois pour pousser les chukudus, des trottinettes en bois qui servent à transporter la marchandise.Mahu a reçu deux balles dans la jambe.Faute de soins rapides, ce père de quatre enfants a été amputé.Joël a été atteint d'un projectile alors qu'il roulait à moto.La balle s'est arrêtée à quelques millimètres de son foie.Il a frôlé la mort.! LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO EN CHIFFRES SELON LE RAPPORT DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2006 DU PNUD > Population : 56 millions, dont la moitié n'a pas 18 ans > Espérance de vie : 43 ans > Taux de mortalité : 1300 décès pour 100 000 habitants > Taux de mortalité infantile : 8862 décès pour 100 000 naissances > Enfants par famille : 6 > Population vivant dans l'extrême pauvreté : 80 % >Nombre de repas par jour : 1,8 > Population n'ayant pas accès à l'eau potable : 54 % >Alphabétisation : 34 % >Déplacés : 1,6 million de personnes PASCALE BRETON GOMA \u2014 La République démocratique du Congo est riche.L'adage dit même que c'est ici que Dieu est venu faire son dépôt.Mais la population ne fait que survivre.Les grandes infrastructures datent de l'époque coloniale belge.Sous la dictature de Mobutu Sese Seko, le président et son entourage se sont enrichis.Le peuple mourait à petit feu.Une dizaine d'années de guerre ont suivi la chute de Mobutu.Les centres de santé ont été pillés.Les médicaments sont chers ou périmés.Les gens attendent le plus longtemps possible avant de consulter un médecin.Ils se tournent vers la médecine traditionnelle, ce qui empire leur cas.Plus de 80 % de la population vit dans l'extrême pauvreté.Les gens n'ont pas de salaire.Ils construisent de petites maisons avec des morceaux de bois ou des feuilles de bananiers séchées.Ils vendent du charbon ou quelques légumes aux passants.Ils espèrent seulement gagner assez d'argent pour acheter la ration du soir.Ils nourrissent leurs enfants de haricots et de foufou, une pâte faite de farine de manioc ou de maïs.Ici, tout se monnaie.La RDC est classée au sixième rang des pays les plus corrompus au monde par Transparency International.Encore aujourd'hui, les autorités administratives exigent de l'argent en échange de laissez-passer inutiles.Généralement, une caisse de Primus - la bière du pays - suffit.Même la garde présidentielle rançonne la population.À l'aéroport de Goma, à deux pas de la MONUC, ils réclament 1000 francs (2$ US) pour un droit de passage.«C'est quand même mieux qu'à l'époque de Mobutu.Les soldats nous auraient tabassés en plus», lance Bahati, résidant de Goma.Les adolescents d'aujourd'hui n'ont connu que la guerre et la violence.L'école coûte cher.Beaucoup d'enfants ne savent ni lire ni écrire.Dans les classes, il n'y a pas de manuels scolaires.Les enfants sont assis sur le sol.Les plus chanceux se serrent à quatre ou cinq sur un petit banc.Au lieu de fréquenter l'école, beaucoup d'enfants des villages passent leurs journées à charroyer du bois, du charbon, de la canne à sucre ou des litres d'eau puisés à la rivière.Chaussés de sandales de plastique, ils se mettent à deux ou trois pour pousser les chukudus.Ces trottinettes en bois, construites à la main, sont utilisées pour transporter des kilos de marchandises d'un village à l'autre.Plus de 2000 kilomètres de forêt tropicale séparent la capitale, Kinshasa, de l'est du pays.Il n'y a pas de routes fiables pour franchir la distance.Entourés de montagnes volcaniques et de plantations de bananiers, les habitants des Kivus sont plus près du Rwanda que du gouvernement congolais.Les jeeps roulent difficilement sur les quelques routes.Jadis goudronnées, elles sont défoncées, remplies de crevasses.Seules des pistes de brousse permettent d'atteindre les villages.Pendant la saison des pluies, elles se transforment en gadoue.Les véhicules s'y enlisent.Il n'y a plus de banques dans l'Est.On change les billets américains contre les francs congolais le long de la route.Des grappes d'hommes s'y tiennent debout toute la journée, croisant les mains sous leurs aisselles pour cacher les liasses d'argent.La poste ne fonctionne à peu près plus.Les Congolais se font livrer leur courrier au Rwanda.Et pourtant, ils se lèvent tous les matins, à l'aube.Ils se rendent travailler dans la bonne humeur.La tête haute.Le regard fier et chaleureux.Ils survivent d'espoir en attendant des jours meilleurs.UNE POPULATION PAUVRE DANS UN PAYS RICHE sins leur fournissaient des armes et des munitions.En échange, ils profitaient de la manne des richesses naturelles du pays.L'Organisation des Nations unies a publié trois rapports sur la question.Chaque fois, elle établit clairement le lien entre l'exploitation des ressources naturelles, le flot des armes et la guerre.Elle accuse certains pays, comme le Rwanda, de s'être enrichis au détriment de la RDC.Des entreprises internationales, dont plusieurs canadiennes, ont été impliquées dans ce «scandale géologique».Malgré les enquêtes et les accords de paix, l'exode des richesses continue.Encore aujourd'hui, des avions-cargos remplis de minerais déchirent le ciel de Goma, dans le Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda.Les creuseurs vivent toujours dans la peur et la misère.Les éboulements surviennent régulièrement.Des travailleurs meurent, ensevelis sous les tas de roches.Quand le jour tombe, les creuseurs vannés remontent péniblement le sentier escarpé et glissant tracé dans la montagne.Certains portent jusqu'à 25 kg de minerais sur leur dos.Ils regagnent leur village.Une dizaine de huttes en paille, avec des toits en feuilles de bananiers séchées, construites au milieu de nulle part.Les mines se trouvent dans des régions éloignées.Celles qui ont été le plus affectées par la guerre.Dans le Sud-Kivu, il faut rouler plus de trois heures sur une piste de brousse pour atteindre le territoire de Walungu.Les véhicules s'enlisent à cause des fortes pluies.Il y a quelques mois à peine, la région était inaccessible.«Les rebelles se cachaient dans la plantation de thé pour attaquer les gens qui revenaient du marché.Plusieurs sont morts ici», montre Cyprien Birhinginwa, du Centre national d'appui au développement et à la participation populaire (CENADEP), organisation impliquée auprès des creuseurs.Les groupes rebelles ne font pas seulement régner la terreur dans les mines.Ils attaquent aussi des villages.Du début du mois de décembre, ils ont enlevé et violé 12 femmes dans un petit village au nord de Walungu.Ils réclamaient 1200$ pour la libération de ces femmes.Les villageois se sont cotisés.Mais lors de notre passage, ils n'avaient trouvé que la moitié de la rançon demandée.Les femmes étaient toujours prisonnières.1 NORD-KIVU 2 SUD-KIVU POUR DU MINERAI UNE GUERRE OUBLIÉE Un reportagemultimédia exceptionnel à voir, lire et entendre sur www.cyberpresse.ca/rdc 1960 > Le Congo s'affranchit de la Belgique et déclare son indépendance.Patrice Lumumba est nommé premier ministre.Il sera assassiné l'année suivante.1965 > Coup d'État.Le chef de l'armée, Mobutu Sese Seko, prend le pouvoir.Sa dictature va durer 32 ans.1971 > Le Congo est renommé Zaïre.1994 > Génocide du Rwanda.Près de deux millions de Rwandais se réfugient au Zaïre.Des génocidaires et des soldats du Front de libération du Rwanda (FDLR) s'y cachent aussi.1996 > Première guerre.Appuyé par des pays alliés, dont le Rwanda et l'Ouganda, Laurent Désiré Kabila marche vers la capitale, Kinshasa.1997 > Kabila renverse le régime de Mobutu et se proclame président.Le Zaïre change encore de nom et devient la République démocratique du Congo.1998 > Deuxième guerre.Le président Kabila cherche à réduire l'influence des pays alliés.Ils se rebellent et financent des groupes armés pour tirer profit des richesses naturelles du pays.Le contrôle du pays est divisé.Le Rwanda, l'Ouganda, le Burundi, l'Angola, la Namibie, le Zimbabwe et le Tchad, dans une moindre mesure, sont impliqués.1999 > Premier contingent de la MONUC, la mission de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies en RDC.Cessez-le-feu signé à Lusaka (Zambie) qui ne sera jamais appliqué.2001 > Laurent Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa par un de ses gardes du corps.Son fils, Joseph Kabila, devient président.2002 > Accords de paix signés en Afrique du Sud.L'est de la RDC est toujours contrôlé par des bandes armées.2003 > Un gouvernement de transition est mis en place, dirigé par Joseph Kabila.2005 > Les premières élections démocratiques du pays sont repoussées d'un an.2006 > Élections sous la supervision de la communauté internationale.Le président Joseph Kabila est élu.Il devance son principal adversaire, Jean-Claude Bemba, qui a dirigé le Mouvement de libération pour le Congo.Ce groupe armé, financé par l'Ouganda, a contrôlé une partie du pays pendant la guerre.2007 > Dans l'Est, des combats continuent entre l'armée et des rebelles.UNE HISTOIRE MOUVEMENTÉE @ # PHOTOS MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© PASCALE BRETON SAKÉ \u2014 Des centaines de personnes sont assises dans les hautes herbes, le long de la route.Elles ont les traits tirés.La peur se lit sur leurs visages.Elles ne savent plus où aller.Saké, le village où elles habitent, a été assiégé par un groupe de rebelles dirigés par Laurent Nkunda.Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont répliqué.La mission de paix des Nations unies, la MONUC, les a aidées en bombardant les rebelles.Un cessez-le-feu est en vigueur, mais les déplacés ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.« Trois membres de ma famille ont été tués dans l'attaque.Nous avons fui.Maintenant, nous ne pouvons plus rentrer.Il y a du pillage partout », explique Paluka.Entouré de ses proches, il vient de recevoir de la farine et de l'huile.Le Programme alimentaire mondial et les humanitaires de la région ont organisé une distribution alimentaire en catastrophe pour aider les déplacés.Au même moment, des soldats de la FARDC, censés protéger la population, pillent les maisons abandonnées dans le village de Saké.D'autres déambulent dans les rues, soûls, en pointant leur kalachnikov chargée.C'est le problème de la République démocratique du Congo.Tous les soldats ont les mains tachées de sang.Ils ont pillé des maisons, tué des familles, violé des femmes, mutilé la population.Une réorganisation majeure est en cours.L'objectif est d'intégrer au sein d'une même armée les différents groupes qui ont semé la terreur au cours des 10 dernières années, surtout dans l'Est.Mais certains résistent encore.Une armée sans ressources Dans les jours précédant l'attaque de Saké, des brigades de l'armée ont été déployées en renfort.Sur les routes, des dizaines de militaires marchaient à la queue leu leu d'un pas lent.Les uns portaient une valise sur leur tête, contenant leurs seuls biens.D'autres étaient accompagnés de leur femme et de leurs enfants.Pendant que les groupes rebelles disposent d'armes sophistiquées, financées par les pays voisins, les FARDC font figure de laissés pour compte.De rares véhicules militaires roulent sur les routes.Dans l'est du pays, les soldats voyagent gratuitement à bord des camions de marchandises, assis sur des paquets de bananes vertes.La population n'a pas le choix.Sous la menace, elle offre transport et nourriture aux militaires.Les armes sont désuètes.Les soldats ont tous une kalachnikov à l'épaule, mais elle sert davantage à décapsuler les bouteilles de coca qu'à pourchasser l'ennemi.Les choses sont en train de changer.La Banque mondiale finance le paiement des soldats des FARDC.L'Union européenne s'assure qu'ils reçoivent leur solde.Des conteneurs remplis d'équipement désuets et de vieux uniformes arrivent par bateau de l'Occident.Depuis quelques semaines, des jeeps Bombardier, qui appartenaient à l'armée belge, roulent sur les routes défoncées de la RDC.Les soldats reçoivent près de 30 $ par mois, au lieu des maigres 8 $ d'antan.Ils vivent dans la misère, mais considèrent que c'est encore mieux que pour l'ensemble de la population.À l'état-major de la 11e brigade, à Goma, 5000 personnes s'entassent dans un village improvisé.Les familles des soldats vivent dans des bicoques faites de toiles en plastique et de morceaux de bois, sans eau et sans électricité.Les soldats sont désoeuvrés.Ils passent la journée à attendre le repas que les femmes préparent.Plusieurs sont analphabètes.Rares sont ceux qui ont une formation militaire.Intégrer les anciennes milices au sein de la nouvelle armée représente un défi majeur.Le processus risque d'être long.Il faut changer les mentalités.Le pillage de Saké le montre bien.DES SOLDATS AUXMAINS TACHÉES DE SANG PASCALE BRETON BUKAVU\u2014 Une cacophonie de klaxons se fait entendre.Des dizaines de jeunes passent en courant dans la rue.C'est l'euphorie dans l'est du pays.La population célèbre l'élection du président Joseph Kabila.« C'est la joie pour moi.Nous avons enfin un président qui va mettre fin à la barbarie.Nous, les femmes, nous avons été violées dans les villages.Nous avons souffert.Tout va changer », lance Jeanne Badezire, qui hurle sa joie dans la rue.À deux pas, des militaires pakistanais arborant un casque bleu assistent à la scène, imperturbables.La main sur le canon d'une mitrailleuse, ils sont assis dans la boîte de leur jeep à l'effigie de la MONUC.Cette mission des Nations unies en République démocratique du Congo est la plus importante mission de maintien de la paix de l'histoire.Elle dispose d'un budget de près d'un milliard de dollars, seulement cette année.Pendant les élections, les membres de la MONUC et les observateurs étrangers se sont assurés du bon déroulement du vote.À elles seules, ces élections ont coûté plus de 450 millions d'euros (688 millions canadiens) à la communauté internationale.La MONUC doit ramener une paix définitive dans le pays.L'erreur n'est pas permise.Le premier contingent a débarqué en 1999.Il a été renforcé en 2004, avec la fin de la guerre.Aujourd'hui, plus de 17 000 personnes, dont 15 000 soldats, y travaillent.Les interventions de la MONUC ne sont pas sans tache.Quelque 150 cas de sévices sexuels commis par du personnel des Nations unies ont été recensés.Depuis, la politique de l'organisation a été revue pour éviter ce genre de bévue.Dans le Sud-Kivu, la population de Bukavu reproche encore à la MONUC de ne pas être intervenue quand les troupes de Laurent Nkunda - un général rebelle - ont débarqué dans la ville, en 2004.Elles ont semé la terreur, brûlé le marché public et laissé des centaines de cadavres sur leur route.Dans un rapport publié en juin 2005, Global Witness faisait écho à la population de Bukavu en dénonçant l'inaction de l'organisation.Le mois suivant, Human Rights Watch affirmait que « la MONUC a répondu trop lentement pour sauver des vies ou, dans certains cas, n'a pas répondu du tout aux attaques contre les civils ».Aujourd'hui, la MONUC est plus prompte à réagir.« Elle a le devoir de protéger la sécurité de la population.Ce qui inclut de prendre les armes si c'est nécessaire », explique Jacqueline Chénard, porte-parole de l'organisation.À la fin novembre, lorsque les troupes de Laurent Nkunda ont envahi le village de Saké, au Nord-Kivu, la MONUC est venue prêter main-forte à l'armée du pays.Ses hélicoptères de combat ont bombardé les rebelles en les pourchassant dans les montagnes.La mission de laMONUC est renouvelée tous les six mois.Nul ne sait quand une paix définitive régnera dans le pays, ni combien elle aura coûté.LA PLUS IMPORTANTE MISSION DE PAIX DE L'HISTOIRE DE L'ONU Ils ont pillé des maisons, tué des familles, violé des femmes, mutilé la population.Des rebelles retenaient en otage la population d'un village, près de Saké.Une femme et son enfant profitent d'une trêve pour s'enfuir.PHOTOS MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© PASCALE BRETON GOMA \u2014 À 15 ans, il ne compte plus les hommes qu'il a tués, ni les villages qu'il a pillés.Il n'avait pas le choix.Désobéir aux ordres aurait signé son arrêt de mort.Vêtu d'un t-shirt rouge à l'effigie de Mickey Mouse, Emmanuel ressemble aux adolescents de son âge.Seul son regard fuyant et triste le trahit.C'est un enfant soldat.« On devait piller les maisons et les véhicules des commerçants.Si on refusait, on recevait des coups de bâton.J'ai vu deux enfants mourir à côté de moi.Ils ont été tués à coups de bâton parce qu'ils refusaient de participer au pillage », murmure-t-il en triturant le bord de son t-shirt.Emmanuel baisse la tête.Assis sur un banc de bois avec quatre autres enfants soldats, il vient d'être démobilisé.Il a passé trois ans avec le Front de libération du Rwanda.Un groupe armé particulièrement violent qui sème la terreur dans l'est de la RDC.« Je n'ai jamais choisi d'être soldat.J'ai été enlevé.Je me débattais, mais les hommes armés étaient plus forts et ils m'ont amené.J'ai été enrôlé dans leur armée », ajoute Emmanuel.À ses côtés, un gamin au crâne rasé jette un regard innocent, un brin naïf.Anzu a 10 ans.Il a passé les deux dernières années aux côtés des Maï Maï.Des rebelles congolais qui défendent leur territoire contre les Rwandais et les Ougandais.Lui aussi a été enlevé.« Tout ce que je veux, c'est de revoir ma maman.Ça fait deux ans que je ne l'ai pas vue », dit doucement Anzu lorsqu'on le questionne sur son avenir.Mais de quel avenir peut rêver un enfant qui a appris à manier la kalachnikov plutôt que d'apprendre à lire et écrire?Même les organismes qui leur viennent en aide se posent parfois la question.Emmanuel et Anzu se trouvent dans un centre de transition de Goma, au Nord-Kivu.La cour clôturée et les murs sales couverts de graffitis donnent plutôt l'image d'une prison.Il n'y a plus de carreaux aux fenêtres.Les enfants se sont rebellés quelque temps avant notre passage.Ils ont tout cassé.« La violence est profondément ancrée en eux », lance le directeur du centre en faisant visiter les lieux.Financé par l'UNICEF, ce centre travaille à la réinsertion des enfants et aux retrouvailles avec les familles.Les jeunes participent à des sports d'équipe ou à des ateliers de création artistique.D'autres aident la cuisinière à préparer le foufou, une boule de pâte faite avec de la farine de manioc.L'objectif est de leur offrir un avenir sans armes.Une tâche colossale.Environ 35 000 enfants ont été enrôlés en RDC.À ce jour, près de 20 000 ont été retirés des griffes des groupes armés.La démobilisation a commencé en 2003, après les accords de paix.L'exercice est compliqué.Les chefs armés ne veulent pas laisser partir des jeunes malléables, qui tuent sans sourciller.Des jeunes au service des soldats, à qui ils font la lessive, les repas.Plusieurs enfants ne veulent pas quitter l'armée.Ils y ont trouvé une famille.Quand les représentants de l'UNICEF veulent les identifier, les adolescents mentent sur leur âge.Ils essaient de se faire passer pour des adultes.À 16 ans, Bahati est déjà un vétéran.Il a passé quatre ans comme soldat.Il refuse de se départir de son uniforme trop grand pour lui.« Je me suis battu au front.On combattait l'armée du gouvernement.Je ne partirai pas », dit-il sans sourciller, tenant sa kalachnikov serrée contre lui.Dans le lot, on voit très peu de filles.« C'est encore plus difficile de retirer les filles des groupes armés.Les soldats en ont fait leurs femmes.Elles ont des enfants », soupire Pernille Ironside, chargée de la protection de l'enfance à l'UNICEF.Ces filles comptent pour la moitié des enfants soldats en RDC.À peine quelques centaines ont été démobilisées.DES KALACHNIKOVS POUR JOUETS À gauche, les hommes armés sont omniprésents en RDC Malgré les combats, ces trois hommes refusent de quitter leur commerce.Il risquerait d'être pillé par des rebelles.Près de 35 000 enfants soldats se sont battus en RDC.Les deux tiers ont été retirés des griffes des bandes armées.DEMAIN > Les violences sexuelles PHOTOS MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef FORUM MARTIN LÉPINE L'auteur est un Montréalais.Pour la deuxième fois en moins de six mois, j'ai reçu par la poste cette semaine une lettre de l'UNICEF m'invitant à soutenir financièrement l'organisme.Chose étonnante, cette publicité était accompagnée, encore une fois, d'une véritable pièce de 5¢ avec la mention suivante : « Cette pièce de 5¢ pourrait sauver la vie d'un enfant ! » Dans la lettre jointe à l'envoi, qui explique en long et en large cette campagne de publicité, nous apprenons que le fameux 5¢ permet d'acheter une capsule de forte dose de vitamine A, supplément nécessaire pour sauver la vie d'un enfant.En post-scriptum, la directrice générale d'UNICEF Québec, Mme Evelyne Guindon, ose même ajouter : « Chaque pièce de 5¢ compte dans notre lutte pour sauver des vies innocentes.» Enfin, en épilogue, nous lisons la finale dramatique, évidemment : « Pendant que vous lisiez cette lettre, des douzaines de jeunes enfants sont décédés de morts douloureuses et évitables.» Pendant que je lisais cette lettre, madame Guindon, je ne pensais pas aux vies perdues, mais bien à des questions laissées sans réponses : sont-ce des pièces de monnaie ramassées à l'Halloween par des enfants que l'UNICEF nous refile dans cette publicité ?Quelle est la somme d'argent qu'a dû investir l'organisme dans une telle campagne ?Quel pourcentage des dons recueillis par l'UNICEF sont véritablement utilisés pour sauver des vies d'enfants ?Finalement, pourquoi ne gardez-vous pas les 5¢ s'ils sont si indispensables ?J'ose espérer ne plus jamais recevoir ce genre de publicité de la part d'un organisme qui veut le bien des démunis et non son propre bien.En attendant, il me fait plaisir de retourner à l'UNICEF, dans l'enveloppe-retour prépayée, les fameux 5¢.UNICEF : des sous en trop?JOCELYN T.PERREAULT L'auteur est titulaire d'un baccalauréat en commerce et d'un baccalauréat en droit de l'université Mc Gill.Il est présentement étudiant à l'École du Barreau du Québec, candidat à la profession CMA et chargé de cours à l'université Mc Gill.Dans le débat sur le dégel des droits de scolarité, il est nécessaire d'accepter la prémisse de base que les universités québécoises sont sous-financées par rapport aux universités du reste du Canada, et que ce sous-financement est néfaste pour la société québécoise.La première question est : « Qui doit payer pour combler ce sous-financement des universités québécoises ?» La réponse généralement donnée est que ça devrait être - du moins en partie - les bénéficiaires directs de notre système universitaire, soit les étudiants.D'où la proposition de mettre fin au gel des droits de scolarité.Toutefois, un questionnement plus profond devrait nous amener à poser une deuxième question : « À quel moment les étudiants devraient-ils payer pour les services reçus lors de leur formation universitaire ?» À cette question, la réponse devrait être : quand ils en auront les moyens.Pour une grande proportion des étudiants , une augmentation des droits de scolarité de 30 % serait significative sur leurs finances actuelles.Toutefois, ces étudiants auront beaucoup plus de moyens de payer dans le futur.C'est donc à ce moment qu'ils devraient avoir à rembourser les frais de leur formation universitaire.Modèle proposé Le modèle proposé est une forme de « contrat social.» Dans ce contrat, le gouvernement, de concert avec l'université, s'engage à financer une portion des frais de scolarité de l'étudiant (soit la portion qui serait augmentée advenant un dégel).En contrepartie, l'étudiant s'engage à rembourser ces frais avec ses revenus futurs.Par exemple, l'étudiant pourrait s'engager à remettre 1 % de tous ses revenus au-dessus de 50 000 $ après qu'il aura complété ses études universitaires (jusqu'à une certaine limite).Les sommes recueillies pourraient être divisées, par exemple dans une proportion de 50 % chacune, entre l'université et un fonds qui serait géré pour l'ensemble des universités.Le raisonnement de ce « contrat social » est que l'individu qui gagne un revenu significatif à la suite d'études universitaires le doit en partie au financement qu'il a reçu alors qu'il était étudiant Ce modèle, que l'on peut qualifier de « payer au suivant » (ou « pay it forward »), signifierait que certains étudiants rembourseraient plus que d'autres.Les étudiants qui obtiennent plus - d'un point de vue monétaire - en retour du financement de leurs études universitaires par le gouvernement, devraient rembourser plus.Ce modèle permettrait également à certains étudiants de rembourser le financement de leurs études universitaires d'une autre façon que monétaire, par exemple en travaillant dans un domaine qui rapporte moins d'avantages monétaires ou pour un organisme à but non lucratif Le modèle de « payer au suivant » règlerait le problème de sous-financement des universités québécoises, tout en ne créant pas les problèmes que le dégel des frais de scolarité causerait.Certains diront que le dégel des frais de scolarité, jumelé à une bonification du programme des prêts et bourses, est déjà une forme de modèle de « payer au suivant.» Toutefois, il y a quelques problèmes avec la proposition d'un dégel et d'une augmentation des prêts et bourses.Milieu modeste Premièrement, plusieurs jeunes - en particulier ceux qui proviennent d'un milieu plus modeste - ont une certaine « peur » de s'endetter et ne perçoivent pas nécessairement l'investissement à long terme que constituent leurs droits de scolarité.Ces jeunes pourraient donc choisir de ne pas s'endetter, et ainsi de ne pas faire des études universitaires.Deuxièmement, l'endettement est beaucoup plus significatif pour des étudiants dans certains programmes d'études, ou avec certaines ambitions différentes de d'autres.Par exemple, le remboursement d'un prêt représente un fardeau plus important pour un étudiant dans un programme d'enseignement au primaire que pour un étudiant en génie où les perspectives de revenus sont plus élevées.De même, un étudiant en droit qui a contracté un prêt étudiant significatif durant ses études sera certainement plus réticent à travailler comme avocat à l'aide juridique ou pour des associations à but non lucratif.Troisièmement, ce ne sont pas tous les étudiants qui ont accès au programme de prêts et bourses.Le dégel des droit s de scolarité résulterait en une réduction de l'accessibilité aux études supérieures, et ce, même si le dégel est jumelé à une bonification du programme de prêts et bourses.Pour rebuter l'hypothèse que le dégel des droits de scolarité affecterait l'accessibilité à l'université, certains citeront des études qui démontrent que les contraintes financières ne sont pas le principal facteur pour expliquer l'écart entre la proportion de fréquentation de l'université des jeunes de milieux favorisés par rapport aux jeunes de milieux défavorisés.Toutefois, tous s'entendent pour dire qu'il s'agit d'un des facteurs, ce qui est inacceptable pour une société qui prône l'égalité des chances pour tous ! De plus, ce facteur ne pourra que grandir en importance en élevant les frais de scolarité.En conclusion, le modèle de « payer au suivant » règlerait le sous-financement des universités québécoises, sans créer les problèmes associés avec le dégel des droits de scolarité.Ce modèle est donc à la fois « lucide » et « solidaire ».Payez plus tard! Il existe une formule, une sorte de « contrat social » qui permettrait d'éviter le dégel des droits de scolarité PHOTO RAHMAT GUL, AP Une capsule de vitamine A coûte 5¢ et peut sauver une vie, dit la publicité de l'UNICEF.Pourquoi alors envoyer de véritables pièces de 5¢ dans cette campagne postale ?PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE© Les étudiants qui obtiennent plus d'argent pour le financement de leurs études universitaires par le gouvernement, devraient rembourser plus.Il est nécessaire d'accepter la prémisse de base que les universités québécoises sont sous-financées par rapport aux universités du reste du Canada, et que ce sous-financement est néfaste pour la société québécoise.La remontée des libéraux fédéraux aura été éphémère, probablement due essentiellement au brouhaha médiatique qui a entouré le congrès au leadership de novembre dernier.Non seulement les conservateurs de Harper ont-ils repris du poil de la bête, mais la cote de Stéphane Dion a glissé à peu près à la hauteur de celle de Jack Layton, ce qui est bien le comble.Que le chef de l'opposition officielle n'arrive pas à devancer le chef d'un tiers parti n'a vraiment rien de glorieux.Si les choses continuent sur cette lancée, les conservateurs auront des chances de former un gouvernement majoritaire\u2026 et les libéraux devront repasser bientôt par l'éprouvant exercice d'une autre course au leadership.Selon un sondage du Strategic Counsel, le PC a remonté de trois points en un mois, à 34 %, tandis que le PLC baissait de six points pour tomber à 29 %.La dégringolade libérale est particulièrement corsée quand il s'agit de l'image des chefs.Sur toutes les questions qui caractérisent le leadership - la détermination, la vision, l'aptitude à diriger, M.Harper recueille deux fois plus d'appuis que M.Dion, qui traîne loin derrière en compagnie de M.Layton.Au chapitre du charisme, qui n'est pourtant pas le point fort de M.Harper, M.Dion se fait carrément supplanter par MM.Harper et Layton.Au Québec, évidemment, la donne change à cause de la présence du Bloc - dont la popularité, selon un sondage de CROP, a légèrement remonté mais reste en deçà de son score aux élections de 2006.Le PLC, ici aussi, a légèrement baissé, mais reste en deuxième place, devançant le PC, qui maintient son emprise dans la région de Québec (39 % des intentions de vote contre 31 pour le Bloc) mais n'a pas réussi à élargir son bassin d'appuis.Manifestement, Stéphane Dion n'a pas encore conquis le Canada « at large », même si les commentateurs anglophones avaient salué son élection avec des trémolos dans la voix.« Les gens ne le connaissent pas », dit charitablement le sondeur Allan Gregg.Mais quand même, le chef de l'opposition officielle apparaît tous les jours à la télévision ! Le côté un peu rigide du personnage n'aide pas, de même que son anglais déficient.L'anglais relâché de Jean Chrétien passait mieux, parce qu'il faisait des phrases courtes, ne maniait jamais de concepts compliqués et que sa langue rude correspondait à son image populiste.Sous la houlette de M.Dion, le PLC est en train de traverser une période houleuse.Les positions tranchées du chef sur l'Afghanistan et le renouvellement des mesures antiterroristes ne font pas du tout l'unanimité dans le caucus.Sur l'Afghanistan, Michael Ignatieff doit ronger son frein (mais en silence), tandis que des libéraux aussi éminents que les anciens ministres John Manley et Anne Mc Lellan estiment que les dispositions antiterroristes que le gouvernement veut reconduire sont nécessaires à la sécurité de la population.Même la critique de la Justice du caucus libéral a failli s'élever contre son chef, avant de se ranger prudemment.En fait, sur plusieurs questions, dont justement l'Afghanistan, la loi antiterroriste et l'environnement, M.Dion est en train d'ancrer le parti à la gauche de ce qu'il était sous les gouvernements Chrétien et Martin, avec le risque de laisser l'espace du centre aux conservateurs.Comme s'il n'avait pas suffisamment d'embêtements, M.Dion doit maintenant composer avec le dilemme que pose l'arrivée de Justin Trudeau dans la circonscription de Papineau.Il a d'ailleurs tout fait pour éviter cette candidature.Mon collègue Vincent Marissal racontait hier que l'entourage du chef aurait voulu l'envoyer dans la circonscription à peu près imprenable de Maka Kotto, voire dans la circonscription absolument imprenable de Gilles Duceppe ! C'est peu de dire que M.Trudeau n'était pas bienvenu dans le cénacle, M.Dion craignant sans doute que l'opposition du fils Trudeau au compromis sur la « nation » ne lui fasse perdre des voix au Québec et ne ramène sur le tapis la question nationale dans laquelle le nouveau chef libéral ne veut surtout pas s'enferrer.Par ailleurs, M.Trudeau est idolâtré par nombre de Canadiens anglais qui rêvent de voir naître une « dynastie Trudeau ».Au dernier congrès libéral, le jeune homme faisait figure de prince héritier et les caméras s'allumaient dès qu'il apparaissait\u2026 M.Dion doit donc « faire avec », sous peine de s'aliéner les nostalgiques de l'ère Trudeau\u2026 Le recul des libéraux fédéraux LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca M.Dion est en train d'ancrer le parti à la gauche de ce qu'il était sous les gouvernements Chrétien et Martin, avec le risque de laisser l'espace du centre aux conservateurs. FORUM ÉDITORIAUX sergechapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS LA BOÎTE AUX LETTRES Pour nous écrire : forum@lapresse.ca mroy@lapresse.ca MARIO ROY De tous les citoyens canadiens, ce sont les Albertains qui dépensent le plus pour la culture : 971 dollars chacun, soit 265 dollars de plus que les Québécois, dont le manque d'enthousiasme n'est surpassé que par celui des Terre-Neuviens.Parmi les urbains vivant dans les 15 plus grandes agglomérations du pays, les Montréalais arrivent en quatorzième place quant à leur intérêt pour les « biens et services culturels », tout juste devant les résidants de\u2026 Québec; les gens d'Ottawa et de Calgary sont premiers de classe.Ces chiffres proviennent d'une étude complétée par Hill Strategies Research à partir des données de Statistique Canada.Ils détruisent quelques mythes.Et l'histoire d'amour présumée exceptionnelle entre les Québécois et la culture n'est que l'un d'eux.Ainsi, on constatera que la culture n'est pas le poste négligé du budget familial, comme on serait porté à le croire.En 2005, les Canadiens ont consacré 25,1 milliards aux dépenses culturelles, davantage que pour l'achat combiné de meubles, d'appareils ménagers et d'outils.C'est également trois fois plus que ce que tous les niveaux de gouvernement réunis consacrent à la culture (7,7 milliards).En outre, presque autant que les événements sportifs, on aura fréquenté les musées (540 contre 510 millions).Et bien davantage qu'aux sports professionnels, on se sera consacré aux livres - autres que scolaires - ainsi qu'aux arts de la scène (1,4 et 1,2 milliard respectivement).C'est Kovalev mis en échec par Zinoviev et Prokofiev, pour ainsi dire\u2026 Sérieusement, l'étude donne au moins deux informations fort utiles.La première est que le niveau de fréquentation de la culture est directement lié à la richesse d'une société.Trois des quatre provinces (Alberta, Ontario, Saskatchewan) se situant au-dessus de la moyenne canadienne en termes de dépenses culturelles sont aussi les plus choyées au point de vue du revenu par habitant.Ce n'est pas étonnant, mais il s'agit certainement d'un plaidoyer pour une économie vigoureuse.La seconde est que, de plus en plus, la culture se consomme et se pratique au foyer.Les postes budgétaires qui ont le plus augmenté entre 1997 et 2005 sont notamment l'achat d'objets d'art et d'artisanat (131 %), de livres (55 %) et d'instruments de musique (49 %) -bien que la fréquentation des musées et des arts de la scène ait progressé aussi.Aujourd'hui, si on additionne l'investissement dans les appareils et le matériel (disques et autres) de divertissement maison, les imprimés, les instruments de musique, les biens reliés à la photographie ainsi que le matériel d'art ou d'artisanat, on explique plus de 80% des dépenses en biens et services culturels.Dans les faits, on se trouve souvent assez loin de Zinaviev et de Prokofiev.Mais on voit bel et bien s'installer une souplesse croissante dans les modes de fréquentation de la culture et se maintenir un intérêt important pour les pratiques artistiques.Ce qui égratigne un autremythe : celui de la multiplication des patates de canapé sombrant lentement dans l'illettrisme, l'inculture\u2026 et l'obésité.De Kovalev à Prokofiev\u2026 Ça y est, les pancartes électorales seront installées sur nos poteaux pendant un gros mois.Chaque candidat peut en avoir autant qu'il le désire et que sa caisse électorale le lui permet.Ces pancartes coûtent à notre gouvernement 75 % de retours d'impôt pour les « généreux » donateurs aux caisses électorales plus 50 % de remboursements de dépenses d'élection des candidats.Ça fait 125 % du coût du matériel, de l'installation et de l'enlèvement de ces pancartes que les contribuables paient et qui finissent, en grand nombre, dans un lieu d'enfouissement où elles se décomposent sur plus de 100 ans.« Pas trop bon pour l'environnement ça » même de ceux qui se réclament d'être VERTS.Les dépenses électorales autorisées à plus de 50 000 $ par candidat, par comté, c'est trop élevé.Ça décourage les candidats moins fortunés qui ne désirent pas trop être redevables aux « généreux donateurs » pour se présenter sur le même pied financier que ses concurrents.Quel gouvernement aura le courage de voter la baisse de cette limite d'au moins 30 %?Il n'y a pas de trop petites économies.Moins de dépenses électorales = moins de tentations et d'occasions qui peuvent mener aux scandales du genre des commandites.On peut se dire que, plus un candidat a de pancartes et plus elles sont grandes, plus il nous coûte cher.Gilles Bousquet Saint-Hyacinthe Le bal des pancartes PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© Place aux pancartes électorales ! Et revoilà le vide politique érigé en spectacle à travers nos différents médias.Débats télévisés où la démagogie est reine, panneaux publicitaires envahissants, faux sourires et belles cravates à la une de tous les journaux, etc.Le tout emballé par les journalistes pour un bon divertissement avec des statistiques et des prévisions, des analyses poussées et des commentaires éclairés sur les futurs gagnants et perdants de cette bataille de « chefs ».Cette opération marketing qui se prétend les prémices du SEUL geste permettant l'exercice de la démocratie ne viserait-elle pas, en fait, que la recherche du pouvoir?Avec cette foire, on compte plus sur les qualités de consommateurs d'un peuple obsédé par le divertissement que sur ses réelles capacités de participer à la démocratie.Alors, par respect des citoyens, il faut cesser de polariser le débat de gauche à droite et d'un parti à l'autre.Il faudrait de plus en plus voter pour des IDÉES tous partis et allégeances confondus.Les référendums pourraient servir en continu les intérêts politiques d'un peuple plutôt que de nourrir cette mécanique manichéenne qui nous oblige, en définitive, à voter pour « une gang ».Marc Boucher Une utopie ?Est-il trop utopiste de penser à une campagne électorale basée sur le respect, la bienséance et le tact ?Les candidats, sans exception, à notrre image hélas, se comparent, s'accusent, se déchirent au nom de la démocratie et RIEN ne prend forme.Quel exemple pour les jeunes qui observent.Cela nous mène où?Vivement la venue de candidats bienveillants ayant le but de construire.Encore fautil qu'ils apparaissent au même moment ! Ginette Labelle Le retour du crêpage de chignon Voilà le retour du crêpage de chignon.À chaque élection le même souvenir me revient.On tirait la couette de l'un, on essayait de décoiffer l'autre.« Té nono, mon père est plus fort que le tien, nanana! » « J'ai plus de billes que toi ! » « Les miennes sont plus grosses klé tiennes ! » « Les enfants, arrêtez de vous chicaner sinon \u2026! » « On se chicane pas maman, on joue aux élections ! » Heureusement qu'aucun de nous n'est devenu politicien! Normand Roussel Trois-Rivières Des promesses et des insultes Encore une campagne électorale avec son cortège de promesses et d'insultes à l'intelligence du peuple.Je suis tanné de ces politiciens qui s'évertuent à cacher la vérité dans le seul but de se faire élire ou pire encore, réélire.Faut-il être assez effrontés pour regarder en face ceux-là même que nous avons floués une première fois et oser leur faire d'autres promesses sinon les mêmes en affichant le même sourire suffisant que la fois précédente et en sachant fort bien qu'encore une fois ce ne sont que des voeux pieux.Qui donc osera se lever pour dire les vraies affaires ?La vérité c'est que le Québec est à ce point endetté, que personne ne peut nier qu'il faut mettre un terme immédiatement à la gratuité totale des frais de santé et d'enseignement et surtout cesser de subventionner les écoles privées pour nous attaquer au remboursement de la dette.La vérité c'est que nous devons nous résoudre à payer plus cher pour l'électricité et remettre à l'ordre du jour les autoroutes et les ponts à péage.La vérité c'est que l'État doit cesser d'offrir aux riches des avantages qui devraient être réservés exclusivement aux plus démunis.La vérité c'est que l'appareil de l'État doit subir un dégraissage à tous les niveaux et réduire à sa plus simple expression son interventionnisme.Je ne sais pas si ces idées émanent de la gauche, du centre ou de la droite, mais chose certaine, elles procèdent toutes de ce qu'on nomme le gros bon sens.Gilles Bertrand Laval Un grand cynisme apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a fait porter au gouvernement Charest la responsabilité de l'épidémie de C.difficile qui a fait des milliers de malades et de nombreux morts au cours des dernières années.M.Boisclair a beau s'en défendre, il a bel et bien accusé les libéraux d'avoir des décès sur la conscience.« Il aura fallu 4838 cas de C.difficile en 2004 pour que le gouvernement Charest adopte enfin un plan d'action en juin 2006.Ce délai a été tragique pour des milliers de personnes qui sont décédées », peut-on lire dans son communiqué.Cette accusation est tout simplement odieuse.Il est vrai que le ministère de la Santé du Québec, à l'instar des responsables de la santé publique dans le reste du pays et aux États- Unis, a mis du temps à réaliser que les hôpitaux faisaient face à une véritable épidémie.Il a fallu une crise, en 2004, pour que Québec réagisse.Cependant, il est injuste de faire porter cette responsabilité sur les seuls élus : presque tous les acteurs du système, sauf quelques spécialistes, ont commis la même erreur.Il y avait tout simplement d'autres dossiers brûlants, la situation dans les urgences par exemple.Dans la mesure où il y a eu négligence au niveau politique, le précédent gouvernement en est tout aussi coupable.En 2005, un comité d'experts chargé d'étudier le problème des maladies nosocomiales au Québec soulignait : « Pendant une dizaine d'années, l'Association des médecins microbiologistes et infectiologues du Québec a fait des pressions auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux pour qu'il accorde priorité aux infections nosocomiales mais, jusqu'à récemment, sans trop de succès.» Pour la plus grosse partie de cette « dizaine d'années », c'est le Parti québécois qui était au pouvoir.Le même comité rappelait : « Au Québec, les mesures successives de compressions budgétaires ont amené les établissements à réduire les ressources non reliées aux soins directs aux usagers.On a parfois réduit le nombre de professionnels de prévention et contrôle des infections, déjà insuffisant, et on a souvent sabré dans les services d'entretien sanitaire, ce qui a eu des répercussions sur la prévention et le contrôle des infections nosocomiales.» Est-il nécessaire de rappeler qui était au gouvernement lorsque ces compressions ont été imposées?Le PQ presse Québec de faire du C.difficile une maladie à déclaration obligatoire, « tel qu'il est recommandé par le Groupe de travail national sur les maladies à déclaration obligatoire de l'Agence de santé publique du Canada ».Or, le représentant du Québec sur ce groupe de travail pancanadien s'est dissocié de sa recommandation, le ministère de la Santé du Québec considérant que son système de surveillance était plus efficace.Voilà qui est assez ironique : le Parti québécois voudrait que le gouvernement du Québec se plie aux directives d'une agence fédérale plutôt que de suivre les conseils de ses propres experts! Les libéraux se sont évidemment indignés des propos de M.Boisclair.Ils sont toutefois mal placés pour parler, n'ayant jamais hésité, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, à blâmer les ministres péquistes de la Santé pour tout ce qui ne tournait pas rond dans chaque recoin de chaque hôpital de la province.Une accusation odieuse M.Boisclair a beau s'en défendre, il a bel et bien accusé les libéraux d'avoir des décès sur la conscience. À VOTRE TOUR JEAN-PAUL LANOUETTE L'auteur demeure à Longueuil.Voici une adaptation « full libre » d'un fait trop souvent vécu\u2026 Quand, pour quelque raison nébuleuse ou, au contraire, trop évidente et\u2026 inavouable, oui, quand un organisme « conduit » par des cadres soi-pensant dynamiques, mais hélas fort mal éclairés, décide de négocier sur les chapeaux de roues le fameux virage jeunesse, réputé très serré, c'est l'éjection assurée pour les « vieux » passagers arrière, même ceux qui se croient le plus solidement arrimés sur leur siège! Et ils n'auront rien vu venir, les pauvres ! Le croiriezvous, pareil « accident » vient de se produire\u2026 tout près de chez moi ! Le plus ironique de l'affaire, c'est que, dans ce genre de manoeuvre effectuée à la vitesse grand V, le « chauffard », lui, s'en tire généralement sans la moindre égratignure, ayant même droit, en prime, aux félicitations d'usage de la part des très hautes instances (genre conseil d'administration, par exemple) qui ont commandé ou cautionné ce « nettoyage de banquette arrière », opération aux forts relents d'âgisme ! En passant - et en guise d'explication possible -, les très hautes instances en question le sont à ce point, « hautes », qu'elles s'en trouvent souvent tout à fait déconnectées de la p'tite réalité terre-à-terre des « salariés ordinaires ».Y'a pas à dire : beau coup de théâtre\u2026 et de balai ! En provoquant cette sortie en masse des vieux acteurs par les côtés cour et jardin à la fois, on dégage la scène subito presto et, surtout, on rajeunit la troupe, ce qui, tiens donc ! permet d'aplatir au max l'enveloppe des cachets à verser, si minces soient-ils déjà pour les seconds rôles, toujours les premiers sacrifiés pourtant.Et tant pis si la qualité de la « performance » générale risque d'en pâtir ! Opération « âge d'or dehors » réussie : aux yeux des gestionnaires d'opérette, c'est tout ce qui semble compter dans l'immédiat ! « Cure de jouvence extrême » Aujourd'hui, Jean qui rit est totalement éclipsé par Jean qui pleure\u2026 Justement, y'a des gens qui pleurent, et j'en connais ! L'urgence, le besoin de dire quelque chose, je le ressens en songeant à tous ces boss - depuis les plus grands jusqu'à ceux dits « de bécosses » - qui, en vertu de leur sacro-saint et combien commode « droit de gérance », risquent à tout moment de s'estimer parfaitement fondés à procéder à une restructuration aux allures de grand ménage, style « cure de jouvence extrême ».Or, à l'aube de leur « sexagénat » (60 ans), nombre de travailleurs n'ont tout simplement pas envie, et encore moins les moyens, de se voir « retraiter » de la sorte par des coupeurs de tête « professionnels » qui, eux, malgré cette terrible carence de fonds dont ils vous martèlent les oreilles à satiété, touchent un traitement faramineux, et qui, quelque empathiques qu'ils aient le toupet de se prétendre à votre égard, restent intraitables dans l'exécution de leur sale boulot : faire tourner la machine À TOUT PRIX, quitte à faire rouler les têtes, de préférence les grises ! « Regrettable ! » qu'ils disent\u2026 Essayez plutôt « indécent ! » L'auteur de la lettre primée, M.Lanouette, recevra une copie laminée de cette page.Dehors, les dinosaures ! VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Les cadres font souvent le sacrifice de l'expérience en croyant instaurer une gestion dynamique dans leurs organisation, déplore Jean-Paul Lanouette.BERNARD VIAU L'auteur réside à Rivière-du-Loup.Récemment, un ami colombien me parlait de ces 10 000 cadavres sans nom que l'on venait de découvrir dans des fosses communes au nord de son pays natal.Notre conversation fut alors interrompue par le téléjournal qui annonçait qu'une nouvelle lamelle de verre de la Bibliothèque nationale du Québec venait de tomber menaçant « la vie des Montréalais ».Nous en avons bien ri ! Vous savez, les immigrants ont bien raison, les Québécois sont trop tolérants et trop mous.La vérité est que notre société a complètement perdu le sens des valeurs pour ne pas dire le gros bon sens tout court.La saga des lamelles de verre de la Bibliothèque nationale aura bientôt coûté 1 million de dollars aux contribuables.« Nous recherchons le risque zéro.La base, c'est la sécurité du public.» déclarait sérieusement le directeur des affaires publiques de la ville.Dix lamelles sur plus de 6000 sont tombées et des experts ont scientifiquement calculé que, dans les prochaines années, il en tomberait entre quatre et six autres.Horrible ! Je ne veux pas minimiser l'importance de la chose et je reconnais le danger potentiel des chutes de verre mais n'en faisons pas un drame.Si c'est le risque zéro que nous voulons pour les citoyens, alors attaquons-nous sérieusement au problème des gangs de rue.Recentrer nos valeurs Les immigrants peuvent vous parler des vrais drames de la vie.Que des villageois soient massacrés à la tronçonneuse par les paramilitaires et que cette horreur reste impunie, que des gosses de riches s'amusent à tirer de la carabine sur les formes endormies dans les ruelles la nuit, voilà des drames vraiment horribles.Plusieurs Colombiens ont fui cette intolérance meurtrière et demeurent maintenant ici au Québec.Récemment, on leur demandait par sondage, si les Québécois étaient trop tolérants.Ce n'est pas la bonne question à poser.J'ai vécu et travaillé en Colombie.Je regarde la vie avec les yeux d'un immigrant plus souvent qu'à mon tour.Notre société moderne a complètement perdu l'équilibre des valeurs humaines et ce sont justement les immigrants raisonnables qui pourront, je l'espère, nous faire retrouver le gros bon sens.À quand une émission de télévision où les immigrants nous parleraient de leurs histoires et de leurs rêves ?En tant que « pure laine » et parce que je connais bien la réalité des immigrants, je demande donc à ces nouveaux Québécois d'être tolérants avec les manques de jugement, parfois flagrants, de notre société de cristal et de nous aider à retrouver le gros bon sens.Les « vrais » drames MARIE-JOSÉE PARADIS L'auteure est Montréalaise.Suis-je la seule à m'indigner tout haut de toutes ces hausses de taxes, de permis et de stationnement à Montréal ?Ce matin, je suis sortie à 6 h 30 pour déplacer mon véhicule à cause du déneigement.Je constate qu'ici aussi les tarifs des parcomètres ont été augmentés.Ça doit s'être passé cette nuit.Ici aussi, les parcomètres doivent maintenant être alimentés sept jours sur sept.Si les horaires des parcomètres suivent l'horaire d'ouverture des commerces, alors, du lundi au mercredi, je ne devrais pas avoir à payer jusqu'à 21 h alors que les commerces ferment à 18 h.Mais non.On nous prend pour des imbéciles.Tout le monde est outré, mais personne ne prend le temps de faire connaître son indignation.J'habite sur le boulevard Saint- Laurent , dans un immeuble converti il y a trois ans.Je n'ai pas de stationnement ou de garage, il n'y en a pas à louer dans mon quartier à distance sécuritaire de chez moi.Pour me garer près de ma porte, je dois payer des parcomètres.Je suis frustrée.Vous comprendrez que, lorsque j'ai acheté mon appartement, je ne croyais pas que le problème de stationnement serait si aigu.Entre autres, faire mon épicerie constitue un problème.Jusqu'à récemment, j'avais réglé la question en choisissant de faire mon épicerie le dimanche.Mais voilà que la Ville de Montréal a encore la main dans ma poche\u2026 et réclame de payer des parcomètres même le dimanche.Mon quartier fait l'objet d'une revitalisation.Beaucoup d'immeubles commerciaux ont été convertis en immeubles semirésidentiels.Voilà une excellente source de revenus pour la ville de Montréal mais, comment se fait-il que nous soyons traités comme si la section du boulevard Saint-Laurent où j'habite était surtout commerciale?Il y a dans le coin de plus en plus d'édifices résidentiels à densité de population assez élevée.Par ceci, je veux dire, pas des duplex ou triplex, mais des 10 à 15 logements.La Ville n'est-elle pas supposée s'assurer qu'il y a assez de stationnements pour les nouvelles résidences ?Autre sujet de mécontentement.Récemment, j'ai reçu un avis de renouvellement de licence pour mes chiens (tous deux sont de taille « jouet »).La médaille est passée de 30 $ à 35 $ par animal.Or, dans mon quartier, il n'y a pas de parc pour les chiens de petite taille\u2026 à moins que l'on désire les offrir en pâture aux chiens plus gros et plus agressifs.De plus, la ville retire les poubelles des rues à partir de la mi-novembre.Alors, si on sort nos petits toutous, on a le plaisir de rentrer à la maison avec le sac à crotte car, en propriétaire de chien responsable, on aura pris le soin de ramasser les excréments de notre animal.Les 70 $ que je donne à la Ville, ils m'apportent quoi au juste ?En conclusion, j'aimerais bien savoir ce que la Ville a fait pour moi ces dernières années car, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve pas\u2026 Vivre à Montréal, quelle déception ! PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Marie-Josée Paradis, sur le boulevard Saint-Laurent, en compagnie de ses deux chiens « format jouet ».Montréal a encore la main dans ma poche\u2026 et fait payer des parcomètres même le dimanche.LETTRE DE LA SEMAINE "]
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