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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2007-09-09, Collections de BAnQ.

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[" PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES ON THE ROAD 50 ANS PLUS TARD, LES LEÇONS DE JACK KÉROUAC PAGES 6 ET 7 AU FRONT AVEC FRANCIS DUPUIS-DÉRI LA NOUVELLE CHRONIQUE TÊTE-À-TÊTE DE RIMA ELKOURI PAGE 4 LA PATROUILLE DU DÉSERT PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Inspection des postes frontaliers, visites sporadiques de villages, rencontres avec les dirigeants locaux, soins médicaux, sans compter les continuelles réparations de véhicules maltraités par les routes afghanes: les Québécois stationnés au poste avancé de Spin Boldak n'ont pas le temps de se faire bronzer.Depuis leur arrivée, les envoyés spéciaux de La Presse ont avalé des kilomètres de poussière à bord des blindés canadiens qui patrouillent cette région du sud du pays.DÉCOUVREZ EN PAGES 2 ET 3 LE COMPTE RENDU D'UNE JOURNÉE PARMI TANT D'AUTRES.Spin Boldak, Afghanistan.Le 12e régiment blindé du Canada (12 RBC) patrouille le désert du Régistan, frontalier avec le Pakistan.Le village d'Ashazo Kali est visité pour la première fois depuis deux ans.Le caporal François Girard monte la garde. PLUS HUGO MEUNIER ENVOYÉS SPÉCIAUX SPIN BOLDAK Cinq heures du matin au poste avancé de l'armée canadienne dans la région de Spin Boldak, à la lisière de la frontière pakistanaise.Les membres d'une patrouille s'extirpent des lits de camp alignés dans une tente.Les yeux encore petits, le capitaine Carl Chevalier, la technicienne médicale Julie Alain, le lieutenant Scott Fowler, les caporaux François Girard et Jean- François Bédard, le soldat Francis Binette et les autres se regroupent autour d'une table à l'extérieur, sous un piège à mouches bien rempli.Les membres de la patrouille du 12e Régiment blindé de Valcartier griffonnent en silence les directives du jour dans un calepin.Ils iront inspecter quatre des 16 postes frontaliers du district de Spin Boldak, qui relèvent de la police frontalière afghane.Un soleil rouge commence à poindre derrière les hautes montagnes lorsque les trois véhicules blindés légers, dans lesquels s'entassent une quinzaine de soldats et deux interprètes, quittent la base.Quelques kilomètres de poussière plus tard, la patrouille gare ses blindés devant un premier poste frontière.La plupart des soldats restent à bord, aux aguets, tandis qu'une délégation menée par le lieutenant Fowler va rencontrer les Afghans.C'est l'officier de liaison, le capitaine Carl Chevalier, 29 ans, qui dirige la plupart des conversations avec les Afghans.Il collecte des renseignements, note les besoins et donne des conseils.La bouille sympathique, le rire franc, le sens de la répartie aiguisée, ce verbomoteur est le vrai négociateur.Il est aussi le premier à tendre la main à Nkabaah en arrivant.Le policier afghan est en compagnie de sept hommes, presque tous en shalwar kameez, la tenue traditionnelle afghane.AK-47 en bandoulière, l'un d'eux semble avoir 13 ans.Après les salutations d'usage, le capitaine Chevalier tend des cigarettes à ses hôtes.« Il y a deux choses qui vont vous tuer en Afghanistan: la cigarette et les talibans», lance le militaire originaire de Bedford, suscitant les fous rires chez les Afghans.Ceux-ci se partagent deux baraques en pisé, une cuisine, un petit potager, une cache d'armes, une citerne d'eau en métal et un camion avec gyrophare.Sans oublier un chien, des pigeons et deux vieux lits installés dehors, sur le petit terrain ovale couvert de déchets.Un des policiers, Abdul Sabeer, a la main entourée d'un bandage.Sans trop savoir pourquoi, il a des irritations cutanées et un gros bouton infecté.Pour tenter de calmer la douleur, il a enduit la plaie d'une pommade à base d'opium, qui n'a fait qu'aggraver les choses.Le lieutenant Scott Fowler décide d'appeler la technicienne médicale, Julie Alain, restée dans son blindé.Elle désinfecte et panse la plaie, après avoir crevé l'abcès.«C'est mineur, mais les bobos qu'ils se font s'infectent souvent à cause de l'insalubrité», résume la jeune femme.De l'argent pour se marier Devant le deuxième poste frontalier, quelques kilomètres plus loin, le sable est couvert de traces de serpents et de lézards.Au loin, un policier en uniforme agite la main.La patrouille escalade le monticule rocheux où les Afghans ont établi leurs quartiers.«On les visite régulièrement pour tisser un lien de confiance», explique le caporal François Girard, une armoire à glace de Saint-Jérôme.C'est Athaulla, 24 ans, qui dirige le poste en l'absence de son commandant.Il engage la conversation.Les Afghans aiment discuter.Il explique qu'il gagne un bon salaire dans la police, l'équivalent de 160$US par mois.«Je vais donner l'argent à mon beau-père et il me donnera la main de sa fille.Il est très fier que je sois policier!» lance le jeune homme.Selon lui, l'avenir de son pays passe par l'éducation.«J'aimerais que mes enfants aillent à l'université », précise Athaulla.Des 12 hommes qui t ravaillent au poste, quatre savent lire et écrire.Parmi eux, il y a Mohammed Azim, 28 ans, qui en paraît 10 de plus.Il est professeur, mais il n'enseigne plus, de peur d'être tué par les talibans.«C'est difficile, le travail de policier, mais j'ai besoin d'argent pour ma famille», explique ce spécialiste en littérature pachtoune.Coutume oblige, les Afghans invitent les soldats à prendre le thé dans une baraque en pisé.Tout le monde prend place sur un vieux tapis.«On est ici pour vous aider, mais les seules personnes qui peuvent aider l'Afghanistan sont les Afghans », leur explique le capitaine Chevalier.Ici, les soldats de Valcartier semblent appréciés.Du moins, de l'avis des policiers interrogés.Réponse honnêt e ou motivée par la présence de trois blindés dans leur cour?«Ils sont venus aider l'Afghanistan et instaurer la sécurité.Je suis sûr qu'ils ne sont pas des infidèles comme les Russes », croit Athaulla.La guerre de l'eau Le convoi se dirige ensuite vers un village des environs, Ashazo Kali, bâti si près de la frontière qu'on aperçoit les maisons du côté pakistanais.«On n'y est jamais allés, alors on ne sait pas quelle réception on va avoir », prévient le capitaine Chevalier.UNE JOURNÉE SANS PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Au coeur du village d'Ashazo Kali, les soldats canadiens ont l'air d'extraterrestres.Les villageois les fixent.D'autres, craintifs, se réfugient dans leurs bicoques.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Pour survivre, les villageois d'Ashazo Kali s'abreuvent dans un petit étang d'eau stagnante.«Ce n'est pas propre, nos animaux y boivent», se plaint Dad Mohammed, un des chefs du village, pendant qu'un bambin boit l'eau verte.En patrouille à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan avec «On est ici pour vous aider, mais les seules personnes qui peuvent aider l'Afghanistan sont les Afghans », explique aux Afghans le capitaine Carl Chevalier.MARTIN TREMBLAY PLUS PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Coutume oblige, les Afghans invitent les soldats à prendre le thé dans une baraque en pisé.Tout le monde s'assied sur un vieux tapis.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Pendant la visite des postes frontière, la plupart des soldats restent à bord des blindés, aux aguets, tandis qu'une délégation menée par le lieutenant Scott Fowler va rencontrer les Afghans.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Ici, les soldats de Valcartier semblent appréciés.Du moins, de l'avis des policiers interrogés.Au premier plan, Murthuza, 19 ans, qui travaille depuis trois ans dans la police afghane.HISTOIRE Deux hommes fument des cigarettes artisanales à l'entrée de ce petit hameau de maisons en terre séchée et en brique.Mohammed, un des chefs du village, décrit le fléau qui frappe les siens: «On a besoin d'eau, notre puits est à sec, notre rivière aussi.Il y a 20 jours, le Pakistan a décidé de nous interdire d'aller y chercher de l'eau», déplore le vieil homme à la longue barbe blanche.En retrait, deux hommes, énervés, gesticulent et parlent en même temps.La situation a l'air grave.Pour empêcher que les Afghans ne se procurent de l'eau sur son territoire, le village pakistanais voisin a fait installer des barbelés autour de ses étangs et de ses puits.«Le Pakistan a dit que notre problème d'eau n'était pas sa responsabil ité », rugit Dad Mohammed.«On ne peut rien promettre, mais je m'engage à faire mon possible pour vous », jure Carl Chevalier.Environ 150 personnes habitent les 18 maisons de cette bourgade.Les enfants grouillent partout.«Il y en a trop», confesse le chef de village.«Mais ils travaillent, ils élèvent des moutons », précise-t-il.Ici, il n'y a pas d'école et personne ne sait lire ni écrire.Au coeur du village, les soldats ont l'air d'extraterrestres.Les villageois les fixent, accroupis et immobiles.D'autres, craintifs, se réfugient dans leurs bicoques.Les femmes sont invisibles.Plusieurs enfants ont le visage couvert de boue.Pour survivre, les villageois s'abreuvent dans un petit étang d'eau stagnante, verdâtre et nauséabond.«Ce n'est pas propre, nos animaux y boivent », se plaint Dad Mohammed, pendant qu'un bambin en haillons s'abreuve directement dans l'eau verte.Les villageois invitent ensuite la patrouille à discuter autour d'un thé, dont l'eau est puisée dans le même bassin.Le capitaine Chevalier réitère son engagement de faire de son mieux pour aider les villageois.«Si vous ne travaillez pas pour l'Afghanistan, nous n'avons pas besoin de vous», avertit en retour le chef du village.Au moment de partir, personne n'avait touché son thé.Coup de chaleur Après la visite, la patrouille se gare plus loin pour manger.Exposé aux violents rayons du soleil, le soldat Francis Binette s'écroule, victime d'un coup de chaleur.La caporale Julie Alain l'installe à l'ombre d'un blindé et lui donne de l'eau.Les camarades du soldat se paient un peu sa tête.La patrouille reprend ensuite sa route pour visiter deux autres postes frontaliers.Les blindés tanguent sur les dunes.Il faut se cramponner fermement.Pour contrer le sable et la poussière qui s'infiltrent à l'intérieur, le port du foulard et des lunettes est de rigueur.Le pire, c'est lorsqu'un tourbillon de sable parfois haut de 200 pieds s'élève soudain et frappe le convoi.Vers 17 h, les véhicules rentrent au bercail.La patrouille ira voir ce que le cuistot a préparé.Ce soir, des crevettes et du homard.Ensuite, les soldats rompent les rangs.Sous les tentes, les films et les jeux sur ordinateur portable ont remplacé les cartes.Dans un coin, une poignée de soldats sont réunis autour d'une guitare.Ça rigole ferme en écoutant les paroles des compositions de Gaétan et Rémi, mettant en vedette Spin Boldak, les talibans et la caporale Julie Alain.Rien de déplacé, rassurez-vous.les soldats du 12e Régiment blindé de Valcartier Des 12 hommes qui travaillent au poste de police, quatre savent lire et écrire.Parmi eux, il y a Mohammed Azim, 28 ans.Il est professeur de littérature pachtoune, mais il n'enseigne plus, de peur d'être tué par les talibans.«C'est difficile, le travail de policier, mais j'ai besoin d'argent pour ma famille.» PLUS LECTURES DESOH! ET DES BAH! Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbahlapresse.ca Avec l'AFP, Associated Press, Reuters, BBC et Libération.Dany Laferrière CHr OniQUe Qu'est-ce que j'ai fait cet été?Oh, je l'ai passé à écrire.Je tentais plutôt de réécrire un vieux bouquin que j'avais publié en 87.Cela fait exactement 20 ans.À l'époque, je ne pensais qu'à partir, pas parce que je n'aimais pas ma vie ici, non, simplement parce que je n'avais pas encore perdu le goût de l'aventure.Je pensais partir, mais je ne bougeais toujours pas.En fait, je ne me voyais nulle part ailleurs qu'à Montréal où je m'étais fait des amis.J'avais aussi mes habitudes.Et Reagan était au pouvoir.C'était lui le danger.Tous les gens que je connaissais étaient d'accord là-dessus.Nos contestations se résumaient à rigoler chaque fois qu'un de nous prononçait son nom.Il n'y a que les Américains pour élire à leur tête un acteur de western.Un cowboy.Et il avait une certaine allure.Mais plus sa présence semblait puissante, plus je sentais ce vide intérieur.Sa façon carrée de voir les choses, cette absence d'angoisse, tout cela me paniquait.Et s'il croyait vraiment dans le personnage qu'il tentait de nous imposer?Je parle de Ronald Reagan, et on a l'impression que je parle d'un temps préhistorique, et de choses qui n'ont plus rien à voir avec notre vie d'aujourd'hui.Pas sûr, car Bush n'est qu'un avatar de Reagan.D'une certaine façon, c'est encore Reagan qui nous dirige.Mais à l'époque, c'était bien reposant de savoir que tous les gens qu'on connaissait détestaient Reagan.Et comme on ne pouvait rien faire d'autre, on s'occupait un peu plus de nos vies personnelles.Je remarque que quand le pouvoir est puissant, la vie intime prend une place plus forte.C'est parce que dans leur vieille expérience, les peuples savent à quel moment il faut laisser passer la tempête.Si c'est un individu qui nous embête, on n'a qu'à laisser faire le temps qui finira bien par le cueillir.On sait cela, mais parfois on s'énerve, on veut faire bouger les choses.L'obsession À chaque époque, il y a un événement qui ramasse tout sur son passage et nous donne l'impression que la vie ne se résume qu'à ça.On n'arrive plus à respirer.Aucune possibilité d'en sortir jusqu'à ce que chaque citoyen ait donné son avis au moins trois fois sur la question.Partout où l'on passe, on ne parle que de cela.On en discute ad nauseam.On ouvre la radio et c'est de ça qu'il s'agit.On ouvre la télé pour tomber en pleine discussion sur le sujet.Au téléphone, un ami nous en parle malgré nos multiples tentatives pour changer de conversation.Vous êtes invités à une petite soirée, on s'assoit, et cinq minutes après c'était reparti.Comme si on n'avait aucune prise sur la «chose».On se dit, finalement, qu'il s'agit d'un virus, et que cette situation est d'ordre médical.Ce n'est pas qu'on soit pour ou contre, c'est qu'on aimerait simplement changer de sujet.Le peuton?À chaque fois que cela arrive, je me rappelle de l'époque, dans les années 70, où on ne parlait que du cholestérol.À la télé, dans les journaux, à la radio, il n'y en avait que pour le cholestérol.Vous en souvenez-vous?C'était «les années cholestérol» jusqu'à ce que le sida le déloge.Je ne sais pas comment cela se concocte.Est-ce qu'il y a une liste de sujets qui attendent de passer de tempête à cyclone ?Y a-t-il des gens qui poussent, dans l'ombre, leur obsession?On connaît tous quelqu'un habité par ce feu qui le travaille nuit et jour.Souvent c'est une injustice, parfois une invention.La première fois, on est ébloui par une telle force de conviction.Nous, on change de projet à chaque mois.Depuis combien de temps vous intéressez-vous à la question?Oh, facilement 25 ans, monsieur.Est-ce possible que ce soit cette énergie qui, finalement, fait surface?Sommes-nous pris dans un monde où les monomaniaques sont devenus la majorité?Le feu Bon, comme on n'arrive pas à savoir comment naissent ces grands tourbillons chauds qui semblent emporter les esprits comme des fétus de paille, on va tenter de déterminer au moins leur nature.D'abord, ce n'est pas obligatoire que ce soit politique.Bien sûr quand c'est un sujet politique (le référendum, le féminisme, le racisme), ça «prend» plus vite.Mais il peut arriver que ce soit d'ordre médical (le cholestérol), sportif (Les Nordiques/Le Canadien), moral (les commandites), social (la cigarette) ou même alimentaire (la sanglante bataille des années 80 contre les végétariens).On ne sait pas d'où viendra l'explosion, car n'importe quoi peut déclencher ce débordement collectif.Ce qu'on remarque, et qui rend difficile toute analyse de la chose, c'est qu'il suffit parfois d'une banalité pour mettre le feu à la plaine.Et on fait fausse route si on croit qu'il s'agit simplement de prouver la banalité de la chose pour qu'elle disparaisse.On n'arrête pas aisément un incendie où parfois les pompiers jouent aux pyromanes.Il prend de la force chaque fois qu'on tente de l'éteindre.Et se nourrit de notre flamme.La logique ne tient pas face à la passion.Les gens passent leur temps à bien faire, à faire ce qu'on leur demande, à surtout faire attention à ne pas piétiner l'autre.Les notions de justice et de charité les font vibrer encore.Mais pour un moment, ils aimeraient réagir en dehors des règles qu'ils ont établies eux-mêmes.Cela a un parfum d'aventure.Car en agissant ainsi, ils savent bien qu'ils mettent, ne serait-ce que légèrement, en péril leur propre système.Ils semblent vouloir rappeler que la passion peut remplacer, à tout moment, la loi.Et que c'est la passion qui est à l'origine de la loi, et non le contraire.Le triomphe de l'émotion.Dans certains cas, la seule façon d'arrêter un feu, c'est de le contrer par un nouveau feu.Kerouac L'autre soir, je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé à Jack Kerouac et à l'interview qu'il avait accordée à Fernand Seguin le 7 mars 1967 (cela fait déjà 40 ans), et que je n'avais jamais vue.Je l'ai retrouvée facilement sur Internet.Kerouac était là, costaud, fragile en même temps, face à un Seguin légèrement en retrait.J'ai compris plus tard, par son rire, que Seguin était impressionné.Pas moyen de ne pas l'être.Kerouac avait changé notre manière de voir l'Amérique avec les 17 bouquins qu'il avait déjà publiés au moment de la rencontre.Kerouac a relié la ville à la campagne par la vitesse (une nouvelle énergie).Avec lui, la bagnole était devenue l'araignée besogneuse qui tisse la Toile américaine.Le public, dans la salle, riait parfois sans raison.Et Kerouac s'affolait.Je me suis demandé pourquoi avant de comprendre qu'il avait peur qu'on se moque de son accent, de son français hésitant d'une époque révolue.C'est étrange parce que les gens qui étaient présents riaient, me semble- t-il, parce qu'ils étaient submergés par l'émotion.Kerouac, ayant gardé son français contre vents et marées, cela les a touchés au plus haut point.Le fils de Gabrielle-Ange Lévesque de Saint-Pacôme (on ne peut pas être plus catholique) était revenu à eux intact.C'est le retour de l'immigrant qu'ils fêtaient, même si ce dernier est né à Lowell, dans le Massachusetts, et qu'il mourra en Floride.Par sa timidité agressive, ses tics du visage, et cette façon de se tenir de biais avant de se tourner brusquement vers l'interlocuteur, Jack Kerouac m'a rappelé tant de gens au Québec dont Gaston Miron.Kerouac a abondamment parlé de sa jeunesse, de ses parents, du quartier français de Lowell.Il semblait modeste, comme un fils talentueux dans une réunion de famille.Il paraissait si heureux aussi de parler français à Montréal.Il ne s'agissait pas d'une langue, mais de la mémoire d'un peuple.Je regrette qu'on ait obéi à la règle et que cette conversation fut coupée par le fait stupide qu'il fallait passer à autre chose, à une chose dont on ne se souvient plus aujourd'hui.Le désespoir Vous aurez du mal à croire que la plus profonde réflexion sur cette question qui nous taraude depuis un moment déjà vient d'un jeune Haïtien de 22 ans, et qu'il l'a écrite le 16 septembre 1929.Le jeune Jacques Roumain, qui publiera plus tard ce roman emblématique Gouverneurs de la rosée, tenait, à l'époque, une chronique quotidienne dans un journal de Port-au-Prince qui s'appelait La Presse.Je vous en cite un extrait et vous jugerez.«Il n'est pas de pire défaut que l'intolérance : c'est un manque d'intelligence.Naturellement ne l'allez point confondre avec le fanatisme auquel elle ressemble.Le fanatisme est une exaltation et l'intolérance une insupportable exagération.Mais de toutes les intolérances, la plus repoussante est certainement celle qui pousse les hommes à s'entredéchirer pour une idée religieuse.Je trouve parfaitement absurde qu'on arrive au meurtre pour sa religion et tout spécialement sot qu'on meure pour elle.Le but de toutes les religions n'est-il pas le bonheur?Le désir du bonheur est désespéré et tout désespoir atteint un sommet qui ne peut être ni plus ni moins élevé par rapport à un autre.Le désespoir est la seule marque d'égalité entre les hommes.» Voilà un mot dont je n'avais pas entendu l'écho depuis un moment: égalité.La passion et le désespoir La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026 à sa façon Des CHiffres QUi par Lent 0,50 C'est le prix de vente, en euros, d'un club de football bulgare.son ex-propriétaire n'a pas apprécié le climat dans lequel s'est déroulé un récent match.Cet affrontement entre le Beroe et le Lokomotiv de plovdiv s'était achevé sur fond d'insultes viriles des supporters, genre « pédale » et « pas de pute à Beroe».propriétaire du Beroe, nikolaï Banev est aussi l'homme le plus riche de Bulgarie.il a préféré se débarrasser du club plutôt que de laisser ces injures déteindre sur l'image de marque de son consortium industriel.L'image n'a pas de prix.C'est le montant, en dollars, extorqué par un habi tant du rhode island à sa propre mère.L'homme de 47 ans a menacé de kidnapper le chat de sa maman.il faut dire qu'il avait de bonnes raisons : la dame de 78 ans l'avait mis à la porte l'an dernier pour cause de mauvais traitements.pliant sous la menace, elle a fait plusieurs chèques post-datés pour son sympathique fiston.La vieille dame aimait beaucoup son chat.et l'amour non plus n'a pas de prix.iCi et aiLLe Urs Otta Wa Grosse faim La loi électorale fédérale interdit strictement de manger un bulletin de vote, précise une indication postée sur le site web d'Élections Canada.Si, si, c'est écrit noir sur blanc.Le texte ne précise pas si l'interdiction s'applique aux femmes qui votent en niqab, mais si elles sont prises d'une petite fringale, elles courraient de toute évidence moins de risques de se faire prendre.Pourquoi les femmes en niqab auraient-elles la chance de manger leurs bulletins de vote, elles, et pas nous?On vous le demande.VarsOVie Coup double Fou de jalousie, l'écrivain polonais Krystian Bala a fait séquestrer, torturer puis noyer l'amant de sa femme par des tueurs à gages que la police n'a jamais réussi à retracer.Non content de s'en tirer à si bon compte, il a tenu à raconter l'histoire dans un roman noir publié tout juste trois ans après le crime.Cette fois, la police a fait deux plus deux.Le roman intitulé Amok a permis d'étayer la preuve contre M.Bala, qui vient d'écoper 25 ans de prison.La police a aussi découvert que l'écrivain avait vendu sur internet le téléphone ayant appartenu à la victime.Il n'y a pas de petits profits\u2026 iLs, eLLes Ont Dit Complexe «Le \u2018Nous', ce sont tous les Québécois et toutes les Québécoises, peu importe leur langue.(\u2026) Des gens se joignent à notre Histoire, en font partie, la modifient.Un Canadien, c'est quelqu'un qui habite au Canada.Un Québécois, c'est quelqu'un qui habite au Québec, et le Québec a une histoire, comme les Américains ont une histoire.Il y a des Américains qui se souviennent du Boston Tea Party, et puis\u2026.qui sont venus de Chine.Et le lien entre le Boston Tea Party et la Chine, c'est le thé ! ! ! » Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, tentant de définir un pronom personnel qui fait beaucoup jaser ces jours-ci.amer «J'ai fait une erreur et j'aurais dû le congédier ».L'ancien premier ministre Brian Mulroney au sujet de son ancien ami Lucien Bouchard, lors d'une entrevue sur CTV.en Ha Usse, en Baisse Le DrapeaUCana Dien Piqué sur une limousine d'un faux cortège canadien, il a permis à un faux Oussama ben Laden de s'approcher de l'hôtel Intercontinental de Sydney, en Australie, où logeait déjà le - vrai - président George W.Bush, invité de marque au sommet de l'APEC.Les De Ux sOLitUDes La journaliste vedette du Globe and Mail Christie Blatchford a admis cette semaine n'avoir jamais, mais jamais entendu parler de Bernard Derome, même si elle est née au Québec.Le présentateur du Téléjournal a un visage «gaulois» (a gallic face), a-t-elle constaté.À quoi ressemble un visage gaulois au juste?Nous cherchons toujours.Les p Onts et ViaDUCs DU QUé BeC Trois autres viennent d'être interdits à la circulation.PHOTO RADIO-CANADA Bernard Derome Gilles Duceppe PHOTO REUTERS PHOTO LA PRESSE© PHOTODE LA SEMAINE PHOTO AP, DAN REST Luciano pavarotti, ci-dessus au sommet de sa gloire, en 1984, dans une performance à l'Opéra de Chicago, est décédé jeudi à l'âge de 71 ans des suites d'un cancer du pancréas. PLUS LECTURES CYBERPRESSE Voyez les dessins parus, jour après jour, dans La Presse, Le Soleil, Le Droit, La Tribune et Le Nouvelliste, sur www.cyberpresse.ca CARICATURESDE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.RIMA ELKOURI TÊTE-À-TÊTE En juin, peu de temps avant le départ des soldats de Valcartier pour l'Afghanistan, Francis Dupuis-Déri écrivait une lettre publique à sa soeur militaire qui s'apprêtait à aller au front.Sans mâcher ses mots, il lui expliquait pourquoi il était contre sa présence en Afghanistan.«On vous aura dit que vous partez pour aider à consolider la paix (en faisant la guerre?) et protéger le peuple afghan (en occupant et en bombardant le territoire?) contre des combattants venus de l'étranger (et vous, d'où venez-vous?).Combien d'entre vous reviendront dans des cercueils ou avec des blessures et des handicaps physiques et psychologiques?Combien d'entre vous seront devenus des assassins?» demandait-il.Quelques jours plus tard, sa soeur, Catherine Déri, lui répondait, dans une lettre empreinte de candeur et de respect.Un grand frère, une petite soeur.Lui, intellectuel de gauche, pacifiste, antimilitariste.Elle, militaire convaincue, idéaliste.Un échange épistolaire qui mettait en parallèle deux façons de rêver lamême paix, deux univers irréconciliables, liés malgré tout par un amour fraternel.Une manière forte de poser les bases d'un débat sur la mission canadienne en Afghanistan en naviguant du personnel vers le politique.Deux mois et demi plus tard, c'est un Francis Dupuis-Déri un peu dépassé par cette affaire que je rencontre au café L'Apothicaire de la rue Beaubien.D'abord, il ne s'attendait pas à ce que sa soeur lui réponde.Ensuite, il ne s'attendait pas à ce que ça fasse autant de vagues dans les médias.Quand je lui dis qu'au-delà du human interest, sa façon de poser le débat a suscité une réflexion intéressante, un long silence embêté s'ensuit.«Je sais que j'ai joué cette carte-là, mais ce n'était pas vraiment conscient, dit-il.Je n'avais pas mon équipe de marketing avec moi qui m'a dit: on va jouer la carte du human interest.Et là, je suis pris à gérer ça.Un, ce n'est pas à ça que je veux jouer nécessairement, parce que je veux davantage débattre au niveau des idées.Deux, je ne veux pas parler au nom de ma soeur ou au nom de mes parents.» Francis Dupuis-Déri, verbomoteur militant de 41 ans, a plusieurs cordes à son arc.Professeur de science politique à l'UQAM, il est aussi écrivain, cofondateur des Zapartistes (groupe d'humoristes engagés), collaborateur au journal satirique Le Couac, ex-membre de la coalition Guerre à la guerre, membre de l'Institut de recherches et d'études féministes, militant contre la répression policière.Son scepticisme devant les discours militaristes est né bien avant le départ de sa soeur en Afghanistan.Le 12 septembre 2001, au lendemain des attentats du World Trade Center, il devait se rendre aux États-Unis.Il roulait vers la Californie en écoutant les tribunes téléphoniques américaines.Sa méfiance face à la riposte est née là, dans la voiture, en entendant les réactions de colère et de vengeance de «la plus grande puissance du monde qui se faisait avoir par des exactos».Francis Dupuis-Déri aime qu'onappelle un chat un chat et une guerre une guerre.Quand Jean Charest parle des soldats de Valcartier comme du «bras agissant du pacifisme québécois » ou que le ministre Michael Fortier lui lance au Point que la mission en Afghanistan «n'est pas une guerre», il sourit et s'énerve en même temps.Ben voyons! «L'armée, ce n'est pas un club de philatélie, dit-il.Ils ne s'en vont pas à la chasse aux papillons.» Le discours de légitimisation de la guerre en Afghanistan est tissé de mensonges, observe le politologue, qui termine un essai sur le sujet.L'un d'entre eux consiste à dire que le Canada n'est pas là pour faire plaisir aux États-Unis.«Un truc qu'on nous dit beaucoup en ce moment, c'est que c'est différent de l'Irak et que le Canada est autonome là-dedans.C'est faux! Le 8 octobre 2001, Jean Chrétien fait des déclarations.Tout de suite, 2000 soldats sur navire sont déployés dans le golfe Persique pour aider l'opération militaire américaine en Afghanistan et, en début 2002, environ 800 soldats canadiens sont envoyés dans le sud en Afghanistan.Plus le temps passe, plus il y a un malaise\u2026 On met le parapluie de légitimité qui est l'OTAN.Les Canadiens sont toujours là, mais changent de commandement.On ne va pas me faire croire qu'on n'est pas dans le même sillon.» Le volet humanitaire de la mission, souvent brandi pour mieux la vendre, Francis Dupuis-Déri le qualifie d'arnaque.«Ça cache le fait qu'une somme minime est consacrée à l'aide au développement par rapport au gaspillage phénoménal de milliards pour l'armement.» La guerre pour sauver les femmes, il n'y croit pas davantage.«Si la Maison-Blanche, par un effet de sorcellerie incroyable, avait décidé de réviser son protocole d'intervention militaire dans le monde et de maintenant faire la guerre pour sauver les femmes - ce serait une première dans l'histoire de l'humanité -, il faudrait qu'elle explique à la population pourquoi elle vient d'accorder 20 milliards de dollars en armement à l'Arabie Saoudite, par exemple, où les droits des femmes sont aussi mal en point qu'en Afghanistan.Il faudrait aussi bombarder l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït\u2026» Ce serait quoi une guerre légitime aux yeux de Francis Dupuis-Déri?Un long silence précède une première réponse.«La guerre pour battre Sauron dans le Seigneur des Anneaux?» Sur un ton plus sérieux, le politologue se dit conscient que la politique ne peut pas se faire sans rapports de force.«Je ne suis pas un pacifiste dans ce senslà.Dans ma perspective des mouvements sociaux, je vais rarement condamner l'action directe ou la perturbation, parce que je considère que beaucoup de nos droits sociaux n'ont pas été gagnés en faisant des vigiles aux chandelles ou en signant des pétitions, mais parce que des gens ont fait de la perturbation.Sans cela, il ne se passe rien.Au niveau des relations internationales, c'est la même chose\u2026Le problème, c'est que selon mes principes plus libertaires ou égalitaires, je me méfie de l'État et des institutions hiérarchiques.» L'État, dans ce cas comme dans bien d'autres, a ici des intérêts qui n'ont rien à voir avec les beaux principes qu'il prétend défendre, explique-t-il.«Aucun chef d'État ne va dire: nous, on va faire une guerre sale, on va juste massacrer du monde, on va juste prendre des richesses du monde, puis on va dire à nos soldats de violer les femmes, parce que c'est ça qu'on veut faire.(\u2026) Tous les politiciens vont présenter leur guerre comme une défense de la nation ou de la civilisation, du droit, de la justice et de l'honneur.» Francis Dupuis-Déri espère que la lettre à sa soeur pourra inciter d'autres membres de familles de soldats canadiens à soulever des questions par rapport à la mission.«Elles sont où les blondes de militaires ou les mères ou les pères ou les frères qui disent: moi, j'espère que ce membre-là dema famille ne va pas mourir, mais je considère qu'il n'est pas là pour les bonnes raisons?Ce qu'on entend, c'est l'inverse: c'est l'honneur, la fierté, la démocratie qu'on construit.\"Il est mort en aimant ce qu'il faisait\".Sur les 2500, ils sont tous convaincus que c'est ce qu'ils font en ce moment?» Sont-ils convaincus ou sentent-ils qu'ils n'ont d'autre choix que de se convaincre?La question est demeurée sans réponse.Dans les haut-parleurs du café, Jean Leloup chantait: «Allez hop! Un peu de sincérité.Le monde est à pleurer\u2026» PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE© Au front avec Francis Dupuis-Déri «Elles sont où les blondes de militaires ou les mères ou les pères ou les frères qui disent : moi, j'espère que ce membre-là de ma famille ne va pas mourir, mais je considère qu'il n'est pas là pour les bonnes raisons?» demande le politologue Francis Dupuis-Déri, dont la soeur militaire est en Afghanistan.Voici le premier d'une série d'entretiens réalisés par notre chroniqueuse Rima Elkouri.Ses tête-à-tête seront publiés tous les dimanches, dans le cahier Plus Lectures.« L'armée, ce n'est pas un club de philatélie.Ils ne s'en vont pas à la chasse aux papillons.» PLUS LECTURES SIGNET DOSSIER CHANTAL GUY Àchaque rentrée, je n'y peux rien, j'ai la chanson Les jardins du Luxembourg de Joe Dassin en tête.Il y a des étudiants qui rêvent qu'ils ont fini leurs études et des professeurs qui rêvent qu'ils les commencent\u2026 Puis, les violons partent, dans une sorte de spleen gluant qui rend fou: encore un jour sans amour\u2026 Insupportable.Dassin en écho pendant que je fais le tri dans mes tiroirs remplis de livres.Il faut bien faire de la place pour les nouveaux arrivages.J'ai une pensée pour tous ces auteurs dont nous n'avons pas parlé et dont nous ne parlerons pas.C'est incroyable tout ce qui se publie, ils sont plus nombreux chaque année.Pas le choix de faire des choix.Et il faut vraiment avoir la foi pour envoyer aux médias, en pleine rentrée littéraire où les éditeurs alignent leurs gros canons, un livre intitulé (disons) Rions avec le Parkinson.Cet été, un étudiant d'origine congolaise a déposé à Bruxelles une plainte contre l'album Tintin au Congo de Hergé, qu'il qualifie de raciste et de xénophobe, et qu'il souhaite retirer de la circulation.En Angleterre, la chaîne de librairies Borders a décidé de ranger cette bédé dans la section «adulte», tandis que les distributeurs britanniques ont fait ajouter une banderole rouge avec cet avis: «Certains préjugés de l'époque peuvent choquer les lecteurs d'aujourd'hui.» Je n'ai jamais vraiment beaucoup aimé les Tintin, parce qu'il n'y avait pas de fille dans l'histoire, sauf la grosse Castafiore.J'y pense : en tant que femme, est-ce que je pourrais exiger le retrait d'un tas d'écrivains sexistes et misogynes des librairies?Oui mais\u2026 Pour être conséquente, il faudrait que je me dépouille d'au moins la moitié de ma propre bibliothèque.Peut-être la moitié que je préfère.Une tante.Une cousine.Une amie.Ce sont toujours des femmes.Sur un ton empreint de mystère et de joie, elles me promettent une révélation qui m'apportera la fortune.Je leur réponds que les organisations pyramidales, ce n'est pas mon truc, et puis c'est interdit par la loi.Mais non, aucun rapport, c'est bien plus grand que ça, une espèce de bonheur absolu, tous les rêves sont permis, de la piscine hors terre à la guérison du cancer ! Ah.Le secret de Rhonda Byrne.Le succès de l'été, toujours au sommet des palmarès.Je l'ai lu pour savoir de quoi il retourne.En gros, il y aurait une loi de l'attraction; plus vous êtes positif, plus vous attirez les bonnes choses, comme un aimant.Mais pour cela, il faut éliminer les interférences: si vous voulez maigrir, évitez les gros; si vous voulez être en santé, évitez les malades; si vous voulez être riche, évitez les pauvres; si vous voulez être heureux, fermez la télé, n'ouvrez plus les journaux et ne vous souciez pas du sort du monde.Excusez-moi, mesdames, mais mon fond chrétien est encore trop fort pour embarquer là-dedans et je n'ai pas envie de me défaire de mes amis gros, modestes ou dépressifs.Sans eux, le monde serait tellement plate que j'aurais envie de me flinguer.Tous les matins à heure fixe, pendant que je lis, les enfants de la garderie de mon quartier passent devant ma fenêtre.D'habitude, ils gazouillent, ils babillent, mais cette semaine j'ai cru pendant un instant qu'on égorgeait des chats.Deux ou trois hurlaient leur mécontentement.Absorbée par un bon roman, j'avais presque oublié: la rentrée.Pour eux, cette fatalité est nouvelle.J'ai failli leur chanter : Encore un jour sans amour\u2026 Mais il ne faut pas en rajouter, quand même.COURRIEL Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Souvenirs d'un été qui s'achève.NICOLAS BERUBÉ SAN FRANCISCO \u2014 Trois semaines, du café et de longs rouleaux de papier collés ensemble: c'est ce qu'il a fallu à Jack Kerouac, en 1951, pour taper On the Road, le livre qui l'a rendu célèbre, et qui a depuis trouvé sa place sur les étagères de milliers de jeunes à l'esprit aventurier.Pour plusieurs, tourner les pages de On the Road a été un rite de passage.Un moment où tout semble s'envoler et tomber en place à la fois.Bob Dylan a un jour écrit que le livre de Kerouac a été pour lui «une bible».Le claviériste des Doors, Ray Manzarek, attribue à On the Road l'existence même du groupe, né à Venice, en Californie, huit ans après la sortie du livre.Or, On the Road n'est pas qu'une ode à la route et à la liberté, croit John Leland, journaliste au New York Times et auteur de Why Kerouac Matters : The Lessons of \u2018On the Road' (They're Not What You Think) , qui vient de paraître chez Viking Press.Comme bien d'autres, M.Leland a lu On the Road pour la première fois quand il avait 19 ans.«Kerouac parlait des filles, des beuveries, des voyages à travers le pays.Tout ça, toute cette énergie, c'est très attirant quand vous avez 19 ans», dit-il, en entrevue avec La Presse.En relisant le livre 20 ans plus tard, M.Leland y a vu un ouvrage beaucoup plus profond.«J'ai vu qu'il y avait plusieurs niveaux de lecture.Il n'y a pas seulement l'aspect rockn'roll amené par Dean Moriarty, mais aussi l'histoire de Sal (NDLR: Jack Kerouac).Sal est attiré par la liberté, oui, mais c'est d'abord quelqu'un qui se cherche, un jeune qui veut devenir un homme.Pour moi, c'est ça On the Road : un passage à l'âge adulte.» Quête de sens On the Road a 50 ans ce mois-ci.Un peu partout aux États-Unis, des journalistes, des auteurs et des commentateurs font des pieds et des mains pour expliquer en quoi le livre a changé la littérature américaine.À San Francisco, la librairie où les poètes beat se rencontraient, City Lights Bookstore, tient ce mois-ci des lectures publiques et des soirées ayant pour thème l'oeuvre de Kerouac.La présence des poètes de la «Beat Generation» est facile à imaginer dans les rues étroites de North Beach, le quartier italien de San Francisco, où est située la librairie City Lights.Les immeubles centenaires n'ont pratiquement pas changé depuis l'époque où Jack Kerouac, William Burroughs, Allen Ginsberg et d'autres poètes et écrivains «Beat» y louaient des chambres, à la fin des années 50 et au début des années 60.Aujourd'hui, la ruelle qui jouxte le City Lights Bookstore est officiellement nommée «ruelle Jack Kerouac».Dans les pavés sont gravés certains vers du poète, accompagnés de leur transcription en mandarin - la ruelle traverse le quartier chinois.Au coin de la rue, le Musée Beat, ouvert en janvier 2006, propose une rétrospective de l'oeuvre de Kerouac.Plusieurs objets ayants appartenu à l'auteur sont exposés, dont des lettres manuscrites et différentes éditions originales des livres de Kerouac.Pour le fondateur du musée, Jerry Cimino, «l'influence de Kerouac est difficile à décrire tellement elle est grande».«Grâce au musée et à la boutique, nous avons la chance de rencontrer des visiteurs de partout dans le monde.C'est impressionnant de voir à quel point les gens ont été marqués par Onthe Road.Tous les auteurs rêvent d'écrire une oeuvre aussi universelle», ajoute-t-il.Éviter la nostalgie La vie bohémienne et nomade, voire hédoniste, associée au mouvement de la «Beat Generation» ne résiste pas à l'examen des faits, croit John Leland, qui sera à San Francisco cette fin de semaine pour participer à une discussion sur On the Road.«Jack Kerouac était un auteur travailleur, pas un vagabond qui passait sa vie à fêter.Kerouac écrivait tout le temps.Il ne faisait que ça.Et il était beaucoupplus conservateur que les gens se l'imaginent.Il vient d'une famille de cols bleus, il a été dans la marine de guerre, dans la marine marchande\u2026 On voyait chez lui un amour patriotique du pays, cet amour particulier qu'ont les immigrés pour leur pays d'adoption.» Aujourd'hui, dit-il, cela ne servirait plus à rien d'essayer de refaire le voyage de Kerouac, en stop et en autocar, de New York à San Francisco.«Ce serait de la nostalgie, explique M.Leland.Mais ce n'est pas ce que Kerouac nous invite à faire.Pour lui, la route est un moyen de faire des découvertes sur luimême.Il fait une recherche spirituelle, il ne sait pas quel type d'homme il veut être.C'est en cela que le livre est important.La route lui permet de faire une quête.Mais la route n'est pas une fin en soi.» COURRIEL pour joindre notre journaliste nicolas.berube@lapresse.ca LES 50 ANS DE ON THE ROAD LES LEÇONS DE KEROUAC PHOTO SOCIÉTÉ RADIO-CANADA Selon John Leland, journaliste au New York Times et auteur de Why Kerouac Matters: The Lessons of On the Road, Jack Kerouac était «un auteur travailleur, pas un vagabond qui passait sa vie à fêter.Il écrivait tout le temps.Il ne faisait que ça ».À son avis, son chef-d'oeuvre est bien plus qu'une ode à la route et à la liberté: c'est une quête, un passage à l'âge adulte.PHOTO AP Jack Kerouac en 1962. PLUS LECTURES AU PIED DE LA LETTRE ALEKSI K.LEPAGE, COLLABORATION SPÉCIALE ÇA ROULEPOURLABAGNOLE Voici un projet intéressant qui, promet-on, attirera la curiosité à la fois des professeurs, de leurs élèves et des jeunes en général.Les éditions de la Bagnole, dont le comédien Martin Laroque est éditeur, propose une nouvelle collection (après les collections Klaxon, Taxi, Bazou et Parking) très justement intitulée Gazoline: quatre « romans de genre » par quatre auteurs qui s'y connaissent.Les écrivains sont libérés de toute contrainte hormis celle de respecter les codes spécifiques du genre qu'ils approchent.Patrick Senécal offre Sept comme SETTEUR (y sera-t-il question du fameux Bonhomme?) ; Bryan Perro propose En mer ; Sonia Marmen l'intriguant Guillaume Renaud, et Benoît Bouthillette La nébuleuse du chat.Pour en apprendre un peu plus sur cette machine, visitez le site www.leseditionsdelabagnole.com ET LESGAGNANTS SERONT\u2026 L'illustre Académie des lettres du Québec remettra bientôt ses prix annuels, et sa fameuse médaille dont on sait déjà qu'elle ira à Jacques Godbout pour l'ensemble de sa carrière.L'événement, animé par Jacques Allard, aura lieu à l'auditorium de la Grande Bibliothèque le mercredi 19 septembre dès 17h, et accueillera les finalistes, chacun dans sa catégorie.Y seront les poètes François Charron, Guy Cloutier, France Mongeau, Jean-François Poupart et Diane-Ischa Ross.Chez les romanciers, on retrouvera Andrée Laberge, Jacques Marchand, Andrée A.Michaud, Jocelyne Saucier et France Théorêt.Enfin, parmi les essayistes, Éric Gagnon, Charlotte Melançon et Yvon Rivard.MIDI LITTÉRAIRE AVEC MICHEL TREMBLAY Michel Tremblay sera le premier écrivain à participer aux entrevues des Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, entretiens offerts en accès libre à tous les curieux le 13 septembre de midi 30 à 14 h à l'auditorium de la bibliothèque.Dans les semaines et les mois qui suivront, d'autres auteurs se prêteront à l'exercice: Naïm Kat tan le 10 oc tobre ; Marie-Sissi Labrèche le 8 novembre; Neil Bissoondath le 6 décembre.Ces Midis sont animés par l'écrivaine et journaliste Aline Apostolska.Info : 514-873-1100 PHOTOMARTINCHAMBERLAND, LA PRESSE © On the Road en 2007: une oeuvre vivante D'APRÈS LA PRESSE CANADIENNE ET L'AFP Mercredi, une soixantaine de lecteurs ont participé à un marathon de lecture dans la ville natale de Kerouac, à Lowell, au Massachusetts, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.Pendant 12 heures, des poètes, des politiciens et des admirateurs ont lu à tour de rôle des passages de On the Road, pour souligner le 50e anniversaire de ce livre mythique.Quand on pense que cette lecture aurait pu se faire en français.Car cette semaine, on apprenait que Jack Kerouac, dont on ne manque jamais chez nous de souligner les origines canadiennes- françaises, avait commencé à rédiger son roman-culte dans sa langue maternelle.Dans un fond d'archives à New York, on trouve une première version, en français, du chef-d'oeuvre de Kerouac, un manuscrit d'une dizaine de pages qui aurait été rédigé en janvier 1951, quelques mois avant qu'il n'attaque la version anglaise.Dans un autre manuscrit intitulé Les travaux de Michel Bretagne, aussi daté de 1951, Kerouac évoque son rapport au français: «J'suis Canadien français, mis au monde à New England.Quand j'fâché j'sacre souvent en français.Quand j'rêve, j'rêve souvent en français.Quand je braille, j'braille toujours en français.» Un autre texte écrit en français, La nuit est ma femme, avait déjà été publié en juin 1996 dans La Nouvelle Revue Française.On the Road en français ?NICOLAS BÉRUBÉ SAN FRANCISCO\u2014 Il a fallu six ans à Kerouac pour trouver un éditeur intéressé à publier On the Road.La version qui a été mise sous presse en 1957 a été considérément modifiée: les jurons et les passages osés ont été retirés pour ménager les susceptibilités de l'époque (et éviter les poursuites).Pour souligner le 50e anniversaire de la publication du livre, Viking publie donc la version intégrale de On the Road.Le nouveau récit est plus coloré, et les changements aident à lui donner un aspect plus contemporain.Dans la nouvelle version, les amis de Jack sont nommés par leur vrai nom -Allen Ginsberg, William Burroughs, Neal Cassady - au lieu des pseudonymes utilisés depuis 1957.Après un demi-siècle d'existence, le livre phare de l'oeuvre de Kerouac est plus que jamais d'actualité.Francis Ford Coppola travaille à produire une adaptation cinématographique de On the Road , qui sera réalisée par Walter Salles.M.Salles est connu pour avoir porté à l'écran un autre voyage célèbre : The Motorcycle Diaries, le récit de Che Guevara sur les routes d'Amérique du Sud.JACK KEROUAC Nom complet: Jean-Louis Lebris de Kerouac Naissance: 1922, à Lowell, au Massachusetts Décès: 1969 à St.Petersburg, en Floride Les parents de Kerouac étaient des immigrés canadiens-français.Kerouac lui-même n'a appris l'anglais qu'à partir de l'âge de 6 ans.Pour écouter une entrevue en français donnée par Jack Kerouac à Fernand Séguin en 1967, tapez « Seguin rencontre Kerouac » dans le moteur de recherche du PHOTO AP ADAM HUNGER site Radio-Canada.ca.Parmi les nombreuses manifestations entourant le 50e anniversaire de la publication de On the Road se tenait mercredi dernier une lecture ininterrompue du roman à Lowell, au Massachusetts, la ville natale de l'écrivain.PHOTO AP PHOTO AFP Le manuscrit original du roman, fait de longs rouleaux de papier collés ensemble, a été acheté en 2001 par un particulier pour la coquette somme de 2,4 millions.Le public pourra le voir à New York en novembre 2007 à l'exposition Beatific Souls: Jack Kerouac's On the Road.Cette version, qui a été censurée à l'époque, est enfin publiée intégralement chez Viking Press. Nom : Âge : Adresse : App.: Ville : Code postal : Tél.: (jour) (soir): .Courriel : Répondez à la question suivante : Dans quel océan se situe le pôle Nord ?Soyez aux premières loges pour découvrir une des régions les plus inexplorées de la planète.Un voyage unique à la rencontre de l'histoire, de l'exploration et de la culture millénaire des Inuits.Autres prix offerts : 25 gagnants recevront un exemplaire du livre Perdre le Nord?publié en coédition par les Éditions du Boréal et Névé éditions.En librairie le 25 septembre 2007 Le voyage comprend une croisière de neuf (9) jours pour deux (2) personnes dans l'Arctique, ainsi que le transport aérien allerretour de Montréal en septembre 2008.Ce voyage est offert par Cruise North Expeditions et First Air.Règlements complets à La Presse et sur cyberpresse.ca.Les fac-similés sont refusés.Le tirage aura lieu le vendredi 28 septembre 2007 à La Presse.Valeur totale approximative des prix offerts 10 000 $.Retournez ce coupon dûment rempli à : Concours Découvrir l'Arctique et Perdre le Nord ! C.P.11051, succ.Centre-Ville, Montréal (Québec) H3C 4Y7 ou remplissez le formulaire d'inscription au concours sur cyberpresse.ca/nordouest.Gagnez une croisière pour deux personnes CONCOURS DÉCOUVRIR L'ARCTIQUE ET PERDRE LE NORD ! jusqu'au légendaire passage du Nord-Ouest dans l'Arctique.www.croisieresnord.com www.firstair.ca 3501331A PLUS LECTURES ROMAN QUÉBÉCOIS C'est un homme-enfant, il en a le charme et l'égocentrisme naturel, même qu'il parle tout seul sans s'en rendre compte, perdu dans ses pensées.Un petit garçon dans la quarantaine, qui a grandi dans un univers de femmes - ses soeurs, sa mère - le père ayant disparu trop tôt.Dans une perpétuelle langueur, une interminable sensualité, qui ont toujours été récompensées.Il constate: «S'il s'est fait tout seul, il ne s'est jamais terminé.» Les femmes succombent, il s'offre sans résistance, puis les laisse tomber sans méchanceté, par inattention.Pour lui, cela va de soi : tout lui est dû.Ainsi, c'est sa compagne Marie qui comprend, avant lui, qu'il ne l'aime plus.Elle le laisse partir, et l'amante devenue mère l'aide même à s'installer dans cette maison qu'il s'achète dans le quartier de son enfance.Il y découvre des photographies du chérubin qu'il a été (et qu'il se croit toujours) ainsi que des enfants qu'il a fréquentés, prises par l'ancien propriétaire des lieux.Cela fait remonter quelques souvenirs un peu flous, voire nébuleux.On dirait bien que tout ce qu'il a retenu du passé, ce sont les jeux de docteur et le plaisir d'avoir été le centre de l'attention.Il n'existe que dans le regard de l'autre, sans être vraiment de la race des quémandeurs, puisqu'il est, de toute façon convaincu que tout le monde n'a d'yeux que pour lui.Mais cette maison est-elle vraiment la sienne?Il ne sait pas l'habiter.Marie la décore pour lui.Et la notaire qui la lui a vendue, devenue facilement (trop facilement) sa maîtresse, la meuble de sa présence, quand elle daigne passer.Sinon, il ne fait rien d'autre qu'attendre de vivre, sans souffrir, on dirait.Sauf qu'il est de moins en moins évident, au fur et à mesure qu'on lit ce court roman, que la notaire le visite par plaisir, encore moins par amour.Il ne devine pas à quel point cette femme est la moins dupe de toutes.Il est aussi de plus en plus évident à la lecture de La notaire que Patrick Nicol (Les années confuses, Paul Martin est un homme mort) livre ici l'un des romans forts de la rentrée, qu'on n'est pas près d'oublier.C'est un petit bijou de concision, malgré la mémoire défaillante et la mollesse du personnage principal; Nicolmaîtrise parfaitement l'art de l'ellipse.On se laisse porter d'une psyché à l'autre, en douceur, sans aucune impression de rupture; on se laisse prendre par ce récit comme se laisse prendre cet homme, pour au bout du compte l'abandonner à ses illusions quand arrive la notaire, qui amène un suspense dans l'histoire.Peut-être parce qu'elle a un but, ce qu'il n'a jamais eu.\u2014 Chantal Guy LANOTAIRE Patrick Nicol, Leméac, 133 pages Douce dérive Pour son Bourgault, première biographie du leader indépendantiste québécois disparu en 2003, Jean-François Nadeau a pris le chemin classique des historiens : «J'ai essayé de trouver les moments forts de la trajectoire de l'homme .» Celle de Pierre Bourgault - comédien raté, penseur politique, flambeur, tribun d'exception, homosexuel, journaliste et professeur - n'en manquait pas.ENTREVUE / Jean-François Nadeau Bourgault, l'«homme-événement » DANIEL LEMAY Aux Fêtes, à la fin de 2003, Jean-François Nadeau a relu ses 100 pages et il s'est dit : «On a affaire à une biographie.»Pierre Bourgault était mort en juin et Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir, est parti en vacances avec, dans son portable, les textes du cahier spécial que son journal avait consacré à l'illustre défunt.Une base vite augmentée par ses propres recherches, documentaires et autres.Beaucoup de choses reliaient Nadeau à l'a ncien chef du Ral l iement pour l'indépendance nationale (RIN).D'abord, les deux hommes viennent de Cookshire, dans les Cantons de l'est, information qui est livrée au lecteur dans le tout premier paragraphe de Bourgault, lancé jeudi chez Lux Éditeur et présenté d'emblée comme le «livre-événement » de la rentrée.Les deux hommes s'étaient par ai l leur s rencontrés en 1999 quand VLB Éditeur avait demandé à Nadeau de «faire le ménage» dans les chroniques que Pierre Bourgault signait alors au Journal de Montréal - il y restera jusqu'à sa mort - et qu'il avait données à l'éditeur pour rembourser une avance pour un livre dont il n'avait jamais écrit une ligne.Historien et politologue de formation, Jean-François Nadeau se retrouvait donc devant un sujet inédit - toujours une belle qualité - où pouvaient se fondre ses deux passions\u2026 et bien d'autres encore.«Dans Bourgault, il me semblait qu'il y avait plus que Bourgault en soi ; à travers lui, on avait l'évolution de toute la société.C'était un homme qui marquait sa société mais qui l'exprimait aussi.Particulièrement dans les années 60, où il est l'expression d'un changement profond de son peuple.À tous égards: politique, social, urbain.» À son tour, le biographe - ou l'historien: il s'agit d'«un seul et même homme» - fait face au défi d'exprimer la réalité plurielle d'un homme où alternent triomphes et déboires, le coup de gueule cachant souvent l'indicible.«Chaque homme a ses zones d'ombre\u2026» Pour Jean-François Nadeau, la biographie peut être de deux types.«Très libre», la biographie «à la française» est une oeuvre d'intellectuel où le propos de l'auteur prime souvent sur la réalité propre de son personnage.Dans la bio «à l'américaine», par ailleurs, la «volonté exhaustive de couvrir tous les aspects du personnage donne lieu à des débordements», poussant l'essentiel à s'égarer dans la futilité du détail.Et Nadeau de citer en exemple ce Jean Cocteau de Claude Arnaud, publié l'an dernier chez Gallimard.Par le détail - Nadeau a réalisé 140 entrevues ! -, son Bourgault serait plus de facture américaine s'il ne faisait intervenir une forme plus ancienne, encore populaire en France et au Québec, nous dit-il, et dans laquelle, parfois avec des éléments romancés - absents ici - l'auteur présente «un personnage dans son univers ».Comme Maurice Duplessis et son temps de l'historien francoquébécois Robert Rumilly (1897- 1983) à qui Nadeau a consacré sa thèse de doctorat.Dans Bourgault, dira l'auteur, «on a l'histoire du Québec à travers un seul homme et on a un personnage plus grand que nature.C'est un livre destiné à un large public ».Les plus vieux lecteurs de La Presse se rappelleront peut-être le Pierre Bourgault journaliste qui, au début des années 60, écrivait dans le supplément couleur du samedi (l'ancêtre de Perspectives, disparu au début des années 80).« Tous ses textes parlaient de politique sans en parler.Il allait faire un truc sur la boxe et revenait avec une entrevue de Reggie Chartrand!» (NDLR: le leader des Chevaliers de l'indépendance, une faction «musclée» du mouvement indépendantiste).«Il est indéniable, souligne Nadeau avec force (sourires), que la montée des idées du RIN est due en bonne partie à La Presse.» Des surprises ?« Oui.Le Bourgault que je présente n'est pas du tout l'homme que j'avais imaginé au départ.Il est moins déraisonnable mais plus complexe; Bourgault s'est fait connaître par la politique en descendant dans la rue mais il voulait avant tout être comédien.Il a d'ailleurs fréquenté des artistes toute sa vie: il aimait s'entourer de gens connus.Il a écrit des chansons, pour Charlebois - Ent'deux joints, c'est lui - pour Steve Fiset aussi.J'ai aussi été surpris par le fait que sa vie était très compartimentée: il était la zone-tampon de plusieurs univers qui ne se rencontraient pas.» Par contre, entre René Lévesque, «politicien formé au Parti libéral », et Pierre Bourgault, «animal politique dans le sens grec », pas de tampon: le face-à-face était continuel et certains épisodes documentés par Nadeau surprennent par leur cynisme.«Bourgault a toujours diminué les différends et la détestation mutuelle qui existaient entre eux.» Au final, Jean-François Nadeau considère l'apport global de son personnage au Québec «beaucoup plus vaste» que celui que, même dans les pires moments, Pierre Bourgault a toujours appelé «Monsieur Lévesque».LIRE LA CRITIQUE EN PAGE 10 PHOTO LA PRESSE ARCHIVES © «Le Bourgault que je présente n'est pas du tout l'homme que j'avais imaginé au départ.Il est moins déraisonnable mais plus complexe», affirme Jean-François Nadeau. 3506219A 3501129A En librairie 9,95 $ www.les-mordus.com UN NOUVEAU LIVRE «CREUSE-MÉNINGES» PAR FABIEN SAVARY 3490212A PLUS LECTURES ROMAN ÉTRANGER Une histoire invraisemblable, et pourtant.Qui n'est pas mythomane?Qui n'a jamais rêvé d'être un autre?Et alors on joue à l'imposture, à être quelqu'un qui n'a rien de commun avec soi, petit garçon banal.M.Dantzig exploite cette idée assez enfantine, à laquelle il va donner une existence.Plusieurs existences.Dantzig a une imagination frétillante.Comme il le dit, «je m'appelle François est peut-être la seule phrase où je n'aie jamais menti dans ma vie».Tous les personnages de ce roman vont en effet s'appeler François.Le nom de famille suivra, et l'on vous assure que ce ne sera pas triste.Ah ça, Dantzig nous surprend! Il passe sans prévenir d'un François à un autre.Il se procure (on ne sait trop comment) une identité nouvelle, l'automobile qui va avec, et vogue la galère.Il écrit, dit-il, un guide des endroits les plus désagréables de Paris.Il apprend un accent nouveau, un accent parisien tout neuf (lui qui vient de Tarbes, dans les Pyrénées) \u2026 Un autre soir, le voilà étudiant en droit, producteur sur France Musique, ou encore il est un «nez» pour une multinationale alimentaire qui cherche à rendre ses yaourts sexy ( !) ou encore assistant d'un metteur en scène de cinéma\u2026 Ainsi de suite.Il y a des dizaines d'identités nouvelles, toutes très branchées, qu'il endosse sans sourciller et qu'il réussit à faire croire avec une facilité incroyable.Même à ses conquêtes féminines, auxquelles il ne fera jamais connaître son véritable nom.Il a tellement de talent.Il est beau, intelligent.Surtout, il a compris que le plus gros mensonge, s'il est bien amené, est le plus crédible.L'existence médiocre qui l'attendait, il la refuse et s'en invente de nouvelles.Le plus fort, c'est que sa machinerie fonctionne à merveille.Les fortunes qu'il se prête vont accourir à lui, dociles.Les ennuis aussi.Mais cela, ce n'est rien.Il suffira de disparaître, de renaître un peu plus loin, avec un autre nom.Il suffit d'acheter aux puces des photographies anciennes et de les faire encadrer d'argent avant de les poser sur la cheminée en marbre du studio qu'il vient de louer, dans un quartier où il ne connaît personne.Ce roman est une petite merveille de critique de notre actuelle société où tout est factice, même les identités.Le lecteur un peu abasourdi passe d'un François au suivant, aux suivants, en France et en Amérique, et se délecte de la naïveté publique, que l'on ose appeler sottise.Un monde de bouffons, de clowns.On n'osera pas, cependant, vous dire comment cela finira.\u2014 Jacques Folch-Ribas, collaboration spéciale JEM'APPELLE FRANÇOIS Charles Dantzig, Grasset, Paris, 316 pages Un mythomane de génie Jade Bé Ru Bé COLLABORATION SPÉCIALE Publié au éditions du Boréal, Dawson Kid, de Simon Girard, nous atteint comme un coup de poing bien placé, sans possibilité d'esquive.Par la voix de Rose Bourassa, 20 ans, danseuse au Gold devenue insensible à la suite d'une avalanche de désillusions, l'auteur livre un premier récit audacieux s'inspirant du phénomène des fusillades.QOn dit que vous avez écrit plusieurs livres, mais Dawson Kid est votre premier publié.Pourquoi ?Qui est donc Simon Girard ?R Je suis un garçon de 28 ans qui sort de sa grotte.Il y a cinq ans, je me suis volontairement isolé dans le but d'écrire, en autodidacte car je n'ai fait que deux trimestres d'université.Et puis une promesse de contrat d'édition pour un des mes écrits est un jour tombée à l'eau.J'ai paniqué.J'ai alors écrit comme une machine, compulsivement, pour réparer.J'ai écrit environ six romans jusqu'à ce que Dawson Kid arrive.Q Bien que la fusillade de dawson ne soit qu'un des ressorts dramatiques, elle semble avoir été un moteur important de votre écriture\u2026 R Oui, c'était un défi.Je ne voulais pas prendre le tueur comme protagoniste parce que ça aurait été trop facile.J'ai préféré une fille qui a le bagage émotif pour passer à l'acte mais qui est finalement prise de vitesse.Et je voulais qu'elle suscite notre empathie.Pour elle, la fusillade n'est qu'un révélateur qui finalement lui fait prendre un autre chemin.Un meilleur chemin que le tueur ?Je ne sais pas.La beauté et l'horreur sont toujours dans la même pièce\u2026 L'autre défi était d'écrire une histoire complexe, précise, fine et en même temps accessible.Q N'était-ce pas risqué que de se servir de cet événement jusque dans le titre ?R Oui.Et je ne suis pas une seconde gêné car je sais que c'est une bonne histoire.Je tenais à dénoncer le réflexe de la langue de bois que l'on retrouve après les tueries.Comme si on devenait tous des politiciens quand on en parle.Tout le monde dit la même chose convenue sur ces événements.Ma liberté de créateur a été piquée à vif.On a le droit d'avoir une version des faits différente.Q Pourquoi avoir choisi de prendre la voix d'une jeune femme?et comment être arrivé à une telle justesse ?R On m'a un jour fait réaliser qu'à travers l'autofiction, je n'écrivais toujours que la même histoire.Ça ma fouetté.J'ai alors cherché à m'éloigner à tout prix de ma vie personnelle tout en continuant de raconter des choses qui me touchaient.Le personnage de Rose est né après avoir lu dans le journal un reportage sur les filles de gang.Pour la justesse, je crois que si on ne connaît pas bien le sujet, on est d'autant plus habile pour inventer ce qui peut remplir les trous.Quand tout est ancré dans la réalité, le fait de raconter l'histoire sur papier perd de sa fonction.Q Votre personnage principal, Rose, s'inquiète de son insensibilité.Faites-vous le même constat ?R En quelque sorte oui.Je parle d'insensibilité comme je pourrais aussi parler «d'habitude ».Quand on s'habitue, on réagit de moins en moins.Soudainement, on réalise qu'on est moins sur le mode de la découverte, de la sensation.La surexposition médiatique génère aussi cet état.C'est une façon de survivre mais c'est aussi une façon de dire: je vois ce qui se passe, je suis témoin, mais ça ne me regarde pas.Cette notion fait effectivement partie de l'aspect éditorial que j'ai voulu donner de l'événement de Dawson.SIMON GIRa Rd / Dawson Kid Chaos et K.-O.PHOTO FOURNIE PAR DIMÉDIA PLUS LECTURES ESSAIS MOTS CODÉS MOTS BULLES SUDOKU SAMOURAÏ ADDITIONS CROISÉES MOTS FLÉCHÉS MOTS CROISÉS ALPHA-CROISÉ MOTS EN LISTE CARRÉ MAGIQUE > 1 > 2 > 3 > 4 E C O L E P A L O T A N E T H R O U T E S E M E R C E G E P I D O L E V I R I L E T E T E T E T E R R E G L E E C R I T P A U M E O R M E T S T E R E E L E V E C O L I N H U E N T E P I E R C E S S E 1 2 C 3 4 O 5 6 7 8 D I T V N A R E S P L G U M GRAVES VEINES NECTAR TÉMOIN OIGNON NEUVES JAGUAR UNIFIÉ FÉROCE OEDÈME ÉLARGI RENDUE BELUGA UTERIN RENDRE DÉCADE ANIMAL MÉCÈNE ARABLE BARBET BÉCANE AUDACE ALEVIN VÉLOCE AVATAR TANTRA TENACE ASSIDU IRRÉEL ÉCOULE SOLUTIONSDES JEUX DU 2 SEPTEMBRE E C A D E F C REVIENNENT À LA RENTRÉE SALLE DE COURS TOUTE PERSONNE QUI RÉFLÉCHIT ATTACHER UN ANIMAL INDIUM GLISSE SUR LE SOL A LA FIN VENTILÉ NOCEUSE PLI PLANNING ON L'AIME BIEN GRAND OUVERT PLANTE DES MARAIS CONCERT POUR FERMER UNE PORTE ELLE BAT LE VALET PLANTE GRIMPANTE LIVRE D'USAGE COURANT TRAITÉ D'ALLIANCE GROS REQUIN VA BON TRAIN TEMPS DES VACANCES ESPACEDE TEMPS COURBE UN PASSETEMPS PLAIES DE TRONC INDIQUE LE LIEU MENTIONNER IL N'Y NEIGE PAS BRÛLE À L'ÉGLISE PRIX ATTACHÉ À QUELQUE POMME INUTILE MATIÈRE TEXTILE CINQUANTE ET UN INDIQUE LE LIEU MASSE COMPACTE PARTIE D'ÉGLISE ACOURS EN SUÈDE MÛR AVANT LE TEMPS XÉNON IRIDACÉE BULBEUSE IGNOBLES ZIGOUILLER SÉDUCTEUR PERVERS CERCLE PIGMENTÉ EMPLOI DU TEMPS COLLE PERD L'ÉQUILIBRE SORBET RIGOUREUX PATRON DE L'ANGLETERRE ASTATE 50 ÉTATS ET PLUS AGAVEDU MEXIQUE PAUSE FAIT COULER ÉVALUE HAUTEUR GRECQUE QUELQUES TOITS DIRIGÉ PLUS TARD GRANDE INVENTION PAS AMATEUR OBTENUE MORCEAU D'ÉTOFFE ÉCHELLE DE GYMNASTIQUE NOTRESEIGNEUR PRIVATION DE RÉCRÉ ÉTUDIE AVEC APPLICATION VOILIERÀ UN SEUL MÂT CÉLÉBRÉES CITATION SECRÈTE Solution No 1 : Heureux l'élève qui comme la rivière arrive à suivre son cours tout en restant dans son lit.Solution No 2 : Les profs nous aident à résoudre des problèmes que l'on aurait jamais eu sans eux.www.hannequart.com DANIEL LEMAY Jean-François Nadeau a écrit un livre important, comme la place qu'a occupée Pierre Bourgault dans la cité à titre de leader politique - il a rendu plausible l'idée de l'indépendance du Québec -, de polémiste, de chroniqueur et de professeur.Les grandes lignes de sa vie publique étaient déjà connues de ceux qui ont suivi l'évolution politique du Québec moderne ou la carrière médiatique de l'homme, personne, dans les journaux, à la télé ou à la radio, n'ayant parlé autant de Pierre Bourgault que Pierre Bourgault lui-même.L'apport de Nadeau consiste d'abord à avoir remonté le tout en séquences cohérentes, exercice qui a fait ressortir certains faits peu ou mal connus; les pages les plus intéressantes du livre portent sur les relations explosives qu'entretenaient Bourgault et René Lévesque, un «grand démocrate » qui a tout fait pour fermer les portes du Parti québécois et de l'appareil gouvernemental à l'ancien chef du RIN Ainsi, après l'accession du PQ au pouvoir en 1976, Bourgault, qui s'attendait à une quelconque nomination de conseiller politique, s'est retrouvé au conseil d'administration du Musée des beaux-arts! Les aspect s nouveaux se trouvent toutefois du côté de la vie privée de «l'empereur du Plateau», moins bien organisée, on le constate vite, que sa pensée politique.Jean-François Nadeau est le premier à documenter l'enfance et la jeunesse de Pierre Bourgault, qui n'a jamais beaucoup parlé de ces périodeslà; «je suis né vieux», disait-il.Ainsi, on apprend que, après son départ hâtif du collège jésuite de Brébeuf, il a tâté du théâtre mais s'est vite buté à son incapacité de transcender son propre personnage, rôle dans lequel il passera le reste de sa vie.On se surprendra de voir que Pierre Bourgault, jeune, ne s'intéressait pas particulièrement à la politique.Il arrivera au RIN par hasard et y verra tout de suite la chance de s'y faire «un trou»\u2026 et de gueuler plus fort que les voix intérieures qui l'assaillent.Dans la vingtaine, Pierre Bourgault a des blondes en même temps qu'il vit «des expér iences au masculin ».Quand elles se transformeront plus tard en aventures au quotidien, il n'y trouvera que tristesse et désarroi, souvent après avoir «mangé sa volée» aux mains des « petits bums» dont il faisait ses stars d'un soir.Ces passages sont traités avec toute la décence que commande leur nature.Parfois Nadeau garde ses distances avec le sujet Bourgault - «un réformiste qui aimait se faire passer pour un révolutionnaire» -, parfois cette distance disparaît ; sur la question nationale, notamment, l'historien est tellement bien aligné avec son personnage que l'on n'en voit plus qu'un: on pourra le lui reprocher.La grande faiblesse de cet ouvrage se trouve toutefois dans la langue, défaut grave pour un livre sur Pierre Bourgault, un des plus fervents promoteurs de la qualité linguistique.Le manuscrit de Jean-François Nadeau n'a pas profité des bienfaits d'une révision compétente, sans complaisance, qui aurait élagué ce texte trop long, alourdi encore par les clichés, les redites et les formules superlatives auxquelles l'auteur montre une nette propension.Le succès de Bourgault laisse présager une réédition?Parfait, fallait justement réécrire l'histoire\u2026 BOURGAULT Jean-François Nadeau, Lux Éditeur, 606 p.Important, imparfait BIBLIO UN PASSÉ ENVAHI D'OMBRES DAVIDBERGEN ALBIN MICHEL Le romancier David Bergen, qui vit à Winnipeg, a choisi comme sujet la guerre du Viêtnam, plus de 30 ans après sa fin.Il faut croire que le Canada anglais a apprécié ses efforts, car en 2005, il a gagné le Giller Prize, une récompense importante.Le personnage central d'Un passé envahi d'ombres, Charles Boatman, est un ancien soldat américain, qui a ensuite déménagé en Colombie-Britannique, à la recherche de l'oubli.Mais il n'a rien oublié, de toute évidence.Un beau jour, il entreprend un voyage à Da Nang, le lieu où il a connu les pires combats.Ensuite, il y disparaît, poussant deux de ses enfants, Ada et Jon, à partir à sa recherche.Le ton est celui du mélodrame.Lorsqu'Ada et Jon arrivent à leur tour à Da Nang pour tenter de trouver leur père, ils croisent toutes sortes de personnages louches et divertissants : un policier qui en sait trop, un peintre dissident, des Américains qui cherchent à fonder une nouvelle église, mais qui ne sentent pas la sainteté.Que Jon soit homosexuel ajoute un brin d'interdit à l'histoire.Ada et Jon vont venir à bout du secret de la disparition de leur père.Mais ils auront plus de difficulté à vivre avec leur perte, et comprendre le sens de son geste.Ce roman raconte une famille déchirée par le passé, mais sans rien ajouter à la volumineuse littérature sur la guerre du Viêtnam.\u2014David Homel, collaboration spéciale C'EST QUAND LE BONHEUR?MARTINE DELVAUX HÉLIOTROPE Au début, on se dit: mais pourquoi ces banalités?Tout le monde a son lot d'anecdotes entre amis.L'exercice pourrait n'être qu'un étalage de souvenirs intimes - ces fameux « insides » que personne d'autre ne comprend - et cela en a la forme, qui se transforme pourtant, à la lecture, en une espèce d'universalité de cet amour irremplaçable: l'amitié.D'ailleurs, la narratrice de C'est quand le bonheur ?ne mentionne à peu près pas le conjoint, comme si « l'ami » auquel elle rend hommage ici, par sa fidélité et sa durée, était bien plus l'homme de sa vie que le géniteur de sa fille.Elle est sa «Cendrillon », il est sa «pantoufle de verre ».«Ensemble, nous réinventons l'enfance des pactes de sang et des grandes tragédies.Seuls au monde, parfois incompris, nous sommes de pauvres petits romantiques.Une petite heure par ci, quelques minutes par là, nous sommes heureux, c'est déjà ça de pris.» Cette petite heure et ces quelques minutes répondent à la question du titre.On se surprend à jalouser une si belle relation - qui n'est pas sans jalousie, puisque l'amitié entre un homme et une femme naît bien souvent sur les cendres d'un amour physique plus moins consommé, dont on a surmonté le deuil.Martine Delvaux nous raconte peut-être ce qu'il reste de l'amour à une époque de relations éphémères.Une curiosité, un texte parfois trop possessif, comme l'amitié\u2026 \u2014 Chantal Guy NOUVELLES HISTOIRES DU WYOMING ANNIE PROULX GRASSET Annie Proulx est possédée par le Wyoming.Ses textes passent par les tripes et par le coeur avant d'être « traités» par sa tête.Comment, autrement, expliquer qu'elle puisse en parler avec autant de pertinence et de justesse.Jusque dans les infimes détails, dont elle fait de grandes choses.Il en allait ainsi dans Les pieds dans la boue (le recueil de nouvelles dans lequel se trouvait entre autres Brokeback Moutain) ou dans Un as dans la manche (où, avec ce même talent, elle dépeignait le Texas).Il en va encore ainsi dans le lucide, terrible, âpre et magnifique Nouvelles histoires du Wyoming.En tout, 11 histoires.Certaines commencent de manière bucolique.Ça ne dure pas.Jamais.Parce que, pour la plupart, elles se penchent sur le destin de ces gens qui partent perdants dans la vie.Ils sont garde-chasse et ont une manière bien à eux de s'occuper des braconniers.Ils organisent des concours inusités pour tenter de faire passer l'hiver plus vite.Quant aux couples, ils ne sont pas le long fleuve tranquille qu'ils paraissent.Jamais.Une plongée dans un Ouest américain qui porte le stetson mais a tombé la chemise (à carreaux) face aux clichés.\u2014 Sonia Sarfati "]
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