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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
X. Sauvons la planète: l'eau menacée
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2007-09-22, Collections de BAnQ.

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[" UN GRAND FLEUVE MENACÉ Au coeur des activitées sociales, économiques et politiques du nord-est américain, Le Saint-Laurent est l\u2019un des grands fleuves du monde.Son bassin représente un habitat essentiel pour un grand nombre d\u2019espèces animales et végétales et constitue la source d\u2019approvisionnement en eau potable de plus de la moitié des Québécois.L\u2019urbanisation, l\u2019industrialisation et l\u2019intensification des activités agricoles ont toutefois contribué à la détérioration de la qualité de ses eaux.Des efforts importants sont en cours pour améliorer la qualité de l\u2019eau du fleuve, mais la tâche est considérable et de nouveaux obstacles apparaissent continuellement.LE SAINT-LAURENT UNE SOUPE CHIMIQUE, LE DOSSIER DE VIOLAINE BALLIVY EN PAGES 2 ET 3 LE BASSIN DU SAINT-LAURENT, UNE INFOGRAPHIE À CONSERVER, EN PAGE CENTRALE UN CAHIER-AFFICHE GRAND FORMAT ÀCONSERVER RECHERCHE : ANDRÉ RIVEST ET VIOLAINE BALLIVY GRAPHISME ET ILLUSTRATIONS : ANDRÉ RIVEST ET PHILIPPE TARDIF llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 2 S E P T E M B RE 20 0 7 SAUVONS LAPLANÈTE L\u2019EAUMENACÉE LES ENVAHISSEURS PAGE 4 PHOTO IVANOH DEMERS, LAPRESSE© Deux cargos, à la hauteur des Îles de Boucherville, naviguent dans la Voie maritime du Saint-Laurent en direction deMontréal. VIOLAINE BALLIVY V ous venez de vous lever et vous avez probablement déjà pollué le Saint- Laurent.À votre insu.En urinant.Banalement.La preuve a été établie scientifiquement qu\u2019une douzaine de médicaments comme l\u2019ibuprofène (Advil), des antibactériens, des analgésiques et au moins six des antibiotiques les plus couramment prescrits s\u2019y retrouvent.«La moitié des médicaments que l\u2019on consomme sont rejetés dans l\u2019urine, ce qui est normal puisque ces composés ne sont pas faits pour s\u2019accumuler dans notre organisme», explique Christian Gagnon, chercheur à Environnement Canada.L\u2019ennui, c\u2019est que les usines de traitement des eaux usées ne sont pas toutes outillées pour les intercepter.À Montréal, où sont traités 2,5 millions m3 d\u2019eau par jour, le taux d\u2019enlèvement des médicaments ne dépasserait pas les 20%.Pire: les concentrations d\u2019antibiotiques relevées par une équipe de chercheurs de l\u2019Université de Montréal en amont de l\u2019usine d\u2019épuration se sont avérées presque identiques à celles relevées en aval.L\u2019usine serait pour ainsi dire incapable de les arrêter.Alors que plusieurs bilans gouvernementaux font état d\u2019une amélioration significative de la qualité des eaux du fleuve, certaines études semblent donc pointer dans la direction opposée.«Personne ne peut prétendre sérieusement que le fleuve Saint- Laurent est en bonne santé aujourd\u2019hui.Pas quand on fait le bilan de tous les nouveaux contaminants qu\u2019on y retrouve et que l\u2019on regarde ce qui se passe avec la vie aquatique », dit un chercheur qui a requis l\u2019anonymat, car «la ligne officielle des gestionnaires, c\u2019est que la situation s\u2019améliore ».Les mâles d\u2019espèces de poissons particulièrement sensibles à la pollution - le mené «Queue à tache noire» - sont en voie de féminisation dans des proportions atteignant à certains endroits plus de 30%, voire jusqu\u2019à 50% dans le fleuve Saint-Laurent.À l\u2019île Verte ainsi qu\u2019à l\u2019île Beauregard, respectivement situées devant Longueuil et Repentigny, on a noté la présence d\u2019ovaires en formation dans le sexe des poissons mâles dans des proportions de 32% et de 27%.À la sortie du rejet des eaux usées de Montréal, deux moules sur trois sont de sexe féminin.C\u2019est presque deux fois plus que la normale.Ces modi f ications sont induites par les hormones rejetées dans l\u2019urine des femmes - à plus fortes doses si elles prennent des anovulants - et certains produits chimiques, dont les surfactants, capables d\u2019affecter le système endocrinien des organismes vivants.La santé des Québécois en sera-t-elle affectée ?La question n\u2019est pas tranchée et fait débat.Selon Christian Gagnon, les résidus de médicaments et d\u2019antibiotiques n\u2019auraient aucun impact sur les humains, mais pourraient affecter l\u2019écosystème fluvial alors que le vieillissement de la population annonce une hausse de la consommation de ces produits.«C\u2019est une source de stress additionnelle pour les organismes qui en subissent déjà plusieurs», résumet- il, estimant que «certains seront plus susceptibles de disparaître».Daniel Cyr, chercheur à l \u2019INRS institut Armand- Frappier est toutefois plus alarmiste.Il a observé une baisse de la production de spermatozoïdes chez les rats mâles nourris de ménés, ce qui laisse craindre que les perturbateurs endocriniens ne sont pas éliminés naturellement UNE SOUPE CHIMIQUE Le fleuve Saint-Laurent n\u2019est plus ce qu\u2019il était.Il est, aupremier coup d\u2019oeil, en bien meilleure santé qu\u2019il y a 50 ans.Mais voilà qu\u2019il est menacé par de nouveaux agentspolluantsdontonconnaîtmal les effets sur lavie aquatique et même sur les humains.Les poissons se féminisent.Pataugent dans une soupe d\u2019antibiotiques, d\u2019hormones et demédicaments.Et manquent d\u2019air.«Quand des animaux nous disent qu\u2019il y a un problème dans un écosystème, penser que les humains ne seront pas affectés, c\u2019est de la folie.» LE FLEUVE SAINT-LAURENT PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE© t Deux aspects du fleuve Saint-Laurent: un cargo passe devant l\u2019usine QIT, Fer et Titane du Québec, à Sorel.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 2 S E P T E M B RE 20 0 7 2 SAUVONS LAPLANÈTE L\u2019EAUMENACÉE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE© par les poissons.Au contraire, ils s\u2019accumuleraient dans leur organisme pour migrer vers le haut de la chaîne alimentaire.Potentiellement jusqu\u2019aux pêcheurs.Peut-être même jusqu\u2019aux buveurs.«Beaucoup de questions restent sans réponse.On ne sait pas si ces produits sont bien éliminés dans l\u2019eau potable, et personne ne fait de recherches sur le sujet, faute de financement.Pourtant, ce devrait être une priorité.Quand des animaux nous disent qu\u2019il y a un problème dans un écosystème, penser que les humains ne seront pas affectés, c\u2019est de la folie.» PBDE et nanotechnologies Or, la liste des nouvelles menaces du f leuve Saint- Laurent ne s\u2019arrête pas là.Elle s\u2019enrichit d\u2019une gamme de polluants, semblables aux terribles BPC bannis depuis les années 70 en raison de leur potentiel cancérigène: les PBDE.Leurs taux ont doublé dans les sédiments superficiels du lac Saint-Pierre depuis 1996 et quintuplé dans les matières en suspension près de Québec.C\u2019était à prévoir : les PBDE sont des substances chimiques ignifuges utilisées dans une variété étonnante d\u2019objets que presque tous les Québécois possèdent (textiles, plastiques, ordinateurs, matériaux de construction, voitures et même tapis).Leur niveau de toxicité est encore peu connu, mais des travaux réalisés en Europe et aux États-Unis suggèrent qu\u2019ils affectent le foie, la glande thyroïde et le système nerveux.Le Canada a déposé à l\u2019hiver un projet de loi pour en interdire la fabrication, alors que les concentrations de PPDE chez les bélugas de l\u2019estuaire du Saint-Laurent ont été multipliées par 1000 depuis 1980.La population de ce mammifère emblématique stagne depuis 20 ans en dépit des efforts de préservation.Puis, la liste des dangers s\u2019allonge avec la science surnommée «la plus prometteuse de l\u2019avenir », les nanotechnologies.Les nanoparticules seraient si petites qu\u2019elles pourraient pénétrer dans les cellules organismes aquatiques pour en affecter le code génétique.Autre hypothèse - la plus plausible selon Christian Gagnon -, ces particules miniatures pourraient réagir entre elles après leur dissolution dans le fleuve pour créer de nouveaux composés trop gros pour franchir la membrane cellulaire des organismes.Mais cette bonne nouvelle en cache peut-être une mauvaise: ces réactions pourraient engendrer la synthèse d\u2019autres polluants.La question est à l\u2019étude puisque des nanoparticules sont rejetées en quantités de plus en plus importantes dans le fleuve chaque jour.«Il y en a partout, même dans les crèmes solaires, souligne M.Gagnon.Et plus elles sont utilisées, plus on en retrouvera dans l\u2019eau.» «On a réalisé un travail impressionnant et je crois sincèrement que le fleuve va beaucoup mieux que ne le pense généralement la population», observe Isabelle Saulnier, responsable du suivi environnemental du Saint-Laurent à Environnement Canada.Par exemple, près de 600 usines de traitement des eaux usées ont été construites ces 20 dernières années, ce qui a permis de réduire de façon drastique les rejets de matière organique (72%) et de phosphore ( 56%) par les municipalités.Les défis à venir s\u2019annoncent toutefois plus complexes que ceux passés.S\u2019attaquer à des rejets industriels clairement délimités est une chose.S\u2019attaquer à de nouveaux contaminants, disséminés dans unemultitude de produits utilisés par des milliers d\u2019êtres humains en est une autre.«Il ne faut surtout pas s\u2019asseoir sur nos lauriers.La situation est précaire: la technologie se développe si vite que l\u2019on est condamnés, pour le moment, à réagir aux problèmes plutôt qu\u2019à les devancer.» La liste des nouvelles menaces du fleuve Saint-Laurent s\u2019enrichit d\u2019une gamme de polluants semblables aux terribles BPC.Quelques centaines de mètres plus loin, un plaisancier s\u2019en va à la pêche devant un chalet sur pilotis des îles de Sorel.D epuis les années 30, les concentrations d\u2019oxygène ont chuté de moitié dans les profondeurs (300 mètres) de l\u2019estuaire du Saint-Laurent, au large de Rimouski.Aujourd\u2019hui, la zone dite époxyque\u2014c\u2019est-à-dire à faible teneur enoxygène \u2014 couvre un territoire de 1300 km2.La situation n\u2019est pas encore critique au point de parler de «zones mortes» où le précieux gaz devient si rare que les poissonsmeurent massivement et subitement.Mais déjà, les populations de morue sont affectées et elles ont déserté certains territoires où le taux d\u2019oxygène est si faible (21%) que lamoitié des poissons n\u2019y survivent pas plus de quatre jours.Les populations benthiques, ces petits organismes terrés dans les sédiments, sont profondément bouleversées: certains ont pratiquement disparu de ces zones, remplacés par d\u2019autres qui seraient moins affectés par les concentrations d\u2019oxygène.Bref, la biodiversité est malmenée.«La situation est déjà dramatique pour certaines espèces», ditDenis Gilbert, chercheur à l\u2019InstitutMaurice Lamontagne.L\u2019apport massif de nitrates et de matière organique déversée dans le fleuve par l\u2019érosion de ses berges, le lessivage des terres agricoles, les rejets d\u2019eaux usées industrielles et municipales non traitées est l\u2019une des causes principales de cette détérioration de l\u2019écosystème fluvial.Or, selon M.Gilbert, le Canada ne s\u2019attaque pas avec assez de vigueur au problème.«Le gouvernement le connaît, mais il ne le juge pas assez prioritaire pour que des actions soient prises afin de réduire les rejets de nitrates.On est en train de répéter les erreurs commises avec les rejets de phosphore dans les cours d\u2019eau douce duQuébec.C\u2019était écrit dans le ciel que nous aurions un problème de prolifération des algues bleu-vert, mais rien n\u2019a été fait pour le prévenir.Nous avons attendu que la crise éclate pour réagir», déplore le chercheur.Il craint que la stabilisation des concentrations de nitrates, observée ces dernières années, ne cède la place à une croissance à la suite de la levée du moratoire sur la production porcine au Québec.Les concentrations d\u2019oxygène pourraient alors chuter de nouveau.Le Saint-Laurent manque d\u2019air IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 2 S E P T E M B RE 20 0 7 SAUVONS LAPLANÈTE L\u2019EAUMENACÉE 3 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE© LES ENVAHISSEURS LA MYRIOPHYLLE À ÉPI (Myriophyllum spicatum) Importé au XIXe siècle, elle s\u2019est propagé des côtes américaines jusqu\u2019au Saint-Laurent où elle a été aperçue pour la première fois dans les années 60.L\u2019HYDROCHARIDEGRENOUILLETTE (Hydrocharis morsus-ranae) Originaire d\u2019Europe et d\u2019Asie, introduite intentionnellement en 1932 dans un étang d\u2019Ottawa, elle s\u2019est depuis propagée dans le canal Rideau, l\u2019Outaouais et le Saint-Laurent.On l\u2019amême vu dans l\u2019État de NewYork.LE PHALARIS ROSEAU (Phalaris arundinacea) Variété européenne du roseau commun présent au Québec depuis 3000 ans, le Phallaris a été importé accidentellement au milieu du XXe siècle et s\u2019est rapidement répandu.LA SALICAIRE POURPRE (Lythrum salicaria) Originaire d\u2019Europe et d\u2019Asie, importée accidentellement dans les eaux de lest des navires au début du XIXe siècle, elle est maintenant si répandue que son éradication semble impossible.LA RENOUÉE JAPONAISE (Reynoutria japonica) Introduite à la fin du XIXe siècle aux États-Unis comme plante ornementale, elle a été observée pour la première fois auQuébec en 1918 dans la région de Dunham.PHOTOS ENVIRONNEMENT CANADA LE GOBIEÀ TACHES NOIRES (Neogobius melanostomus) Découvert dans la rivière Sainte- Claire en 1990, le gobie à taches noires, un poisson de fond, a rapidement colonisé les Grands Lacs et s\u2019est répandu dans le fleuve Saint-Laurent.L\u2019espèce peut supplanter les poissons indigènes, en mangeant leurs oeufs et leurs jeunes, en s\u2019appropriant les meilleurs habitats, en frayant plusieurs fois au cours de l\u2019été de façon à survivre dans des eaux de mauvaise qualité.LAMOULEZÉBRÉE (Dreissena polymorpha) Originaire d\u2019Europe, ce petit mollusque d\u2019eau douce a été introduit accidentellement (par la vidange des eaux de ballast) dans les Grands Lacs en 1986 où il atteint les 300000 individus par mètre carré par endroit ! Trois ans plus tard, sa présence est confirmée dans le couloir fluvial du Saint-Laurent.Les problèmes que la moule engendre sont sérieux: colmatage des canalisations (prises d\u2019eau, pipelines, tunnels), corrosion des coques de navires, recouvrement d\u2019épaves, pertes d\u2019habitats et modifications profondes de la structure et du fonctionnement des écosystèmes.LE CRABECHINOIS ÀMITAINE (Eriocheir sinensis) Observé pour la première fois dans les Grands Lacs en 1965, soit cinq ans après l\u2019ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent (il a sûrement été introduit par les eaux de lest des navires), le crabe chinois à mitaine a été découvert dans le Saint-Laurent le 2 septembre 2004 par un pêcheur commercial.Très envahissant, le crabe représente un risque d\u2019établissement dans le Saint-Laurent puisqu\u2019il peut se reproduire dans les eaux salées du golfe et se développer dans les eaux douces du fleuve.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 2 S E P T E M B RE 20 0 7 4 SAUVONS LAPLANÈTE L\u2019EAUMENACÉE Le Saint-Laurent est un hôte bien accueillant : au moins 80 espèces animales et végétales y ont été introduites de façon accidentelle ou délibérée depuis 200 ans et, changements climatiques obligent, Environnement Canada estime qu\u2019un nouvel envahisseur y sera découvert chaque année.Des ravages considérables sont à craindre, aussi bien sur les plans écologique qu\u2019économique.Des plantes dites «non indigènes» recouvrent désormais 43% des terres humides situées entre le lac Saint-Louis et Contrecoeur, tandis que l\u2019on estime à plus de 5 milliards les dépenses reliées à l\u2019introduction de lamoule zébrée, il y a 12 ans.Aujourd\u2019hui, le sujet de préoccupation numéro un est la découverte de huit spécimens de crabe chinois à mitaine, un intrus à la fois très fécond et fort bien adapté aux conditions laurentiennes.Sa prolifération pourrait aggraver les problèmes d\u2019érosion des berges et bloquer les prises d\u2019eau de riverains et de municipalités.Un peu plus du tiers des navires qui circulent sur le fleuve proviennent de pays où ce crabe est établi.Ottawa a adopté en 2006 un règlement resserrant la gestion du rejet des eaux de ballast par les bateaux, principales responsables de l\u2019introduction des intrus.VIOLAINE BALLIV Y PHOTOS ENVIRONNEMENT CANADA ILLUSTRATIONS, RECHERCHE ET GRAPHISME ANDRÉ RIVEST Berthierville Baie-du-Febvre Nicolet Louiseville Pointe-du-Lac Trois-Rivières Lac Saint-Pierre 0 5 10km Tracy Sorel Québec Rimouski Tadoussac Chicoutimi Baie-Comeau Sept-Îles Gaspé Percé Sources: Environnement Canada, Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent, Développement durable, Environnement et Parcs Québec, Agriculture, Pêcheries et Alimentation Québec, Ressources naturelles et Faune Québec, Pêches et Océans Canada, Radio-Canada, Eau Secours, Environmental Protection Agency Panache des effluents des eaux usées de la ville de Montréal Sortie de l\u2019usine de traitement des eaux usées de la ville de Montréal Île Sainte-Thérèse Île aux Vaches Lac Saint-Jean Détroit de Jacques-Cartier Détroit d\u2019Hoquendo Fle uve Saint-Laure nt En 2000, le lac Saint-Pierre a été déclaré Réserve mondiale de la biosphère par l'UNESCO.Cet écosystème unique se caractérise par une diversité biologique remarquable.Des 116 espèces de poissons d'eau douce présentes au Québec, 79 (68 %) se retrouvent dans les eaux du lac.De même, parmi 400 espèces d'oiseaux observées auQuébec, 288 espèces (72 %) ont été vues au lac Saint-Pierre et 167 y nichent.Sur une des îles de l'archipel, on retrouve la plus importante héronnière d'Amérique du Nord avec plus de 1300 nids dénombrés; elle est aujourd'hui reconnue comme refuge faunique.Elle se situe dans une région rurale où les activités agricoles menacent continuellement son intégrité écologique.Le lac Saint-Pierre Le lac Saint-Pierre est en même temps un fleuve et un lac.Un chenal navigable dragué de 11m de profondeur le traverse.Ce chenal profond est parcouru par un écoulement caractéristique des fleuves, avec de forts courants.Le lac est caractérisé par des zones d'eau peu profonde (moins de 3 m) et un courant plus faible.Source: The Institute of Science in Society UN ÉCOSYSTÈME EN PÉRIL, DES ESPÈCES MENACÉES Le bassin du Saint-Laurent est évidemment riche en espèces animales, mais l\u2019évolution de la qualité de l\u2019eau a eu depuis quelques décennies un impact direct sur cette richesse.Voici quelques-unes des espèces les plus menacées.32 000 C\u2019est le nombre d\u2019entreprises agricoles au Québec, et leur concentration au sud du Saint-Laurent est à l\u2019origine d\u2019une situation fort problématique.LES PESTICIDES De façon générale, la pollution d\u2019origine agricole affecte plus fortement les rièvires et ruisseaux tributaires que le fleuve lui-même.Les activités agricoles sont, en effet, beaucoup plus importantes à l\u2019intérieur des terres, qui sont drainées vers les rivières, que le long des rives du fleuve.De plus, étant donné le débit élevé du Saint-Laurent, les différents contaminants qui le rejoignent par les tributaires y subissent une dilution importante.Les impacts des activités agricoles se font donc surtout sentir à l\u2019embouchure des rivières et dans leur zone d\u2019influence.Afin de lutter contre les insectes indésirables, les mauvaises herbes ou toute maladie s'attaquant aux cultures, les agriculteurs ont recours aux pesticides.Le taux moyen annuel d'utilisation de pesticides dans le bassin de la rivière Yamaska s'élève à 1,83kg d'ingrédients actifs par hectare cultivé, alors que la moyenne québécoise se chiffre à 1,3.La rivière Yamaska présente donc des dépassements de critères de qualité pour la protection de la vie aquatique en ce qui a trait à plusieurs pesticides, tout comme la rivière Saint-François.Les concentrations maximales de pesticides mesurées dans le milieu aquatique surviennent généralement dans le mois qui suit l\u2019application du produit et lors de fortes précipitations (10 mm et plus).Les eaux du fleuve Saint-Laurent, notamment celles du lac Saint-Pierre, sont vulnérables à la contamination par les pesticides puisque plusieurs tributaires drainant des régions agricoles s\u2019y déversent.C\u2019est le cas notamment des bassins versants des rivières Nicolet, Saint-François et Yamaska, situés au sud du lac Saint-Pierre, qui possèdent des superficies utilisées pour la production agricole relativement importantes.C\u2019est le bassin de la rivière Yamaska qui présente la plus forte proportion de territoire utilisé à des fins agricoles, soit 52 % de sa superficie.C\u2019est d\u2019ailleurs à l\u2019embouchure de la rivière Yamaska que l\u2019on a détecté 19 pesticides différents, soit le plus grand nombre parmi les sites échantillonnés.Au total, ce sont 58 pesticides qui ont été analysés en collaboration avec le Centre d'expertise environnementale du Québec.LES ENGRAIS DE FERME L'élevage de porcs et de bovins laitiers occupe une place importante dans le bassin du Saint-Laurent, avec respectivement 58% et 21% du cheptel recensé.Les activités d'élevage se concentrent surtout dans le sous-bassin de la rivière Yamaska, dont la production porcine compte à elle seule 143 345 unités animales.Le bassin de la rivière Yamaska souffre donc d'une très forte production de fertilisants d'origine animale.Les volumes de fumier et de lisier qui y sont générés annuellement représentent pas moins de 23 000 tonnes d'azote et de 6700 tonnes de phosphore.Parce qu'il regroupe 46%des unités animales de tout le bassin, il ne faut pas s'étonner que le sous-bassin de la rivière Yamaska présente le plus haut taux de production annuelle de fertilisants.Malgré l'énorme volume d'engrais naturels disponible, les producteurs agricoles achètent d'importantes quantités d'engrais minéraux pour combler les recommandations théoriques de fertilisation.L'utilisation de ces engrais prédomine dans les sous-bassins Pot-au-Beurre, David, Yamaska Sud-Est et Salvail.L'emploi de fertilisants d'origine animale et minérale (il se dépense presque 25 millions de dollars en fertilisants minéraux par année dans le bassin, soit une source supplémentaire d'éléments nutritifs équivalant à plus de 13 200 tonnes d'azote et de 3800 tonnes de phosphore) cause des pressions environnementales majeures dans le bassin de la rivière Yamaska, en particulier dans les sous-bassins des rivières Yamaska Nord, Noire, Yamaska et Salvail.De fortes concentrations d'azote et de phosphore dans l'eau entraînent souvent un accroissement rapide des plantes aquatiques et des algues.Ce phénomène, appelé eutrophisation, nuit à la vie aquatique, aux activités récréatives et au traitement de l'eau potable.ET LES PLANTES GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉES?De plus en plus de plantes, comme le maïs, sont modifiées génétiquement de façon à tolérer de nouveaux herbicides et pesticides plus efficaces.Des recherches soulèvent d\u2019ailleurs des inquiétudes quant à la sécurité d\u2019un herbicide largement utilisé (le «Roundup»), dont la matière active est le glyphosate.Or, il est maintenant démontré que le glyphosate est toxique pour les cellules placentaires humaines, tuant une grande proportion de celles-ci après 18 heures d'exposition à des concentrations inférieures à celles qui sont employées en agriculture.Un gros débat en perspective.UNGRAVEPROBLÈMEDEPOLLUTION AGRICOLE Au Canada, nous faisons usage de plus de 60 pesticides interdits en Europe ou aux États-Unis.LE BÉLUGA Avant 1885, on en dénombrait jusqu\u2019à 50 000 dans le bassin du Saint-Laurent, mais de nos jours, on évalue leur population à près de 500.Parmi les facteurs en cause, les niveaux de pollution, le dragage, les bateaux, les activités industrielles et la contamination environnementale, qui ont provoqué un déclin de la qualité de l\u2019habitat et la contamination de leur nourriture.Les niveaux élevés du trafic \u2014commercial et récréatif \u2014 sur la voie navigable se sont traduits par de plus fréquentes collisions avec des navires et une exposition accrue aux déversements de pétrole.LA MORUE FRANCHE Pendant plusieurs années, la morue a été le poisson de fond le plus important de la région atlantique du Canada.Cependant, la population nord-laurentienne de morue franche a diminué de 80%au cours des 30 dernières années.Les changements naturels et les changements provoqués par l\u2019écosystème et par la pêche représentent les menaces actuelles à la population de morue franche.LE CHEVALIER CUIVRÉ Le chevalier cuivré, un poisson aspirateur, est le seul poisson exclusivement natif du Québec (il n\u2019a jamais été trouvé ailleurs).Sa répartition se limite à quelques rivières des plaines du sud-ouest du Québec, une région regroupant une forte densité de population humaine.Depuis le milieu des années 80, sa population n\u2019a cessé de diminuer en raison de la pollution et des changements dans la qualité de l\u2019eau.Il n\u2019existe tout au plus, aujourd\u2019hui, que quelques milliers de chevaliers cuivrés.L\u2019ANGUILLE D\u2019AMÉRIQUE L'anguille d'Amérique, Anguilla rostrata, jadis l\u2019une des espèces de poisson les plus abondantes du Saint-Laurent, connaît une baisse inquiétante de sa population depuis les années 80.Sa valeur commerciale importante (près de 4000 $ la tonne en 2001, alors que la valeur moyenne des espèces de poissons pélagiques était de 300 $ la tonne) est à la fois un atout et un handicap.Avec plus de 1000 couples nicheurs, la héronnière située sur la Grande-Île, près de Berthier, serait présentement la plus grosse colonie du grand héron au monde.LE RORQUAL BLEU Le rorqual bleu est le plus gros animal de la planète et le plus gros à avoir jamais existé.Chassé sans relâche depuis des siècles, l\u2019espèce demeure en péril de nos jours, bien qu\u2019il y ait un moratoire international sur la chasse au rorqual bleu.Avant 1960, on a capturé au moins 11 000 rorquals bleus dans l\u2019Atlantique Nord, dont environ 1500 ont été pris dans les eaux canadiennes de l\u2019Est.Depuis la fin de la chasse commerciale, les rorquals bleus demeurent une espèce menacée par l\u2019activité humaine.Les collisions avec des navires, la prise accidentelle dans des engins de pêche et les effets de la pollution ont tous le potentiel de nuire à ces créatures géantes.LE BROCHET ET LE MERCURE Les poissons comme le brochet, qui sont en fin de chaîne alimentaire (ils mangent les autres poissons.), ingèrent tous les toxiques présents dans leurs proies et sont donc davantage contaminés, notamment au méthyl-mercure, une substance qui présente un danger pour la santé humaine.Les grands brochets présentent les taux de contamination les plus importants et leur consommation est sujette à d\u2019importantes restrictions.PHOTO CHRISTIANE HUDON, ENVIRONNEMENT CANADA Rivière Ya maska Rivière Richelieu Riv.Saint-F ran çois Riv.N icolet Riv.Ya machiche Rivière Maskinongé Rivière d u L oup Rivière B ayo nne UNE ÉROSION SANS FIN Le Saint-Laurent s\u2019étend sur plus de 1400 kilomètres et ses rives sont soumises sur presque toute cette longueur à un grave phénomène d\u2019érosion.Aussi bien les rives agricoles du lac Saint-Pierre que les vastes étendues sauvages de la haute Côte-Nord sont littéralement dévorées par les mouvements des eaux.Les experts tentent maintenant de mieux comprendre les phénomènes en cours et de mettre au point des stratégies pour contrer l\u2019érosion.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Les terres cultivées sont souvent à proximité immédiates des rivières et ruisseaux tributaires du Saint-Laurent, multipliant les risques de contamination par les pesticides, herbicides et autres produits toxiques.DES ERREURS DU PASSÉ À CELLES D\u2019AUJOURD\u2019HUI La gestion des eaux du Saint-Laurent n\u2019a pas toujours été respectueuse de l\u2019environnement.Il suffit de rappeler quelques épisodes peu glorieux de l\u2019histoire récente.DDT EN VRAC À l\u2019occasion de l\u2019Expo 67, les organisateurs s\u2019inquiétaient de l\u2019arrivée annuelle des éphémères (mannes), vers les mois de mai et juin.Après une série d\u2019études menées par les experts des gouvernements, les responsables décidèrent de répandre sur le Saint-Laurent, à quatre reprises, plusieurs tonnes d\u2019un insecticide appelé DDT.Par la suite, ce produit fut interdit en raison de ses effets nocifs sur l\u2019environnement.Source: Centre d\u2019histoire de Montréal LA QUESTIONDU MERCURE La partie sud du lac Saint-Louis a été fortement contaminée par le mercure provenant d\u2019une usine de chlore et de soude caustique, qui a déversé durant plus de 40 ans (1949-1990) d\u2019importantes quantités de mercure.On trouve encore aujourd\u2019hui à l\u2019embouchure de la rivière des concentrations de mercure quatre fois plus élevées que dans l\u2019ensemble du fleuve.Source: Environnement Canada LES RISQUES D\u2019INONDATION Le 6 août dernier, alors qu'une pluie abondante de 45 mm menaçait de noyer son usine d\u2019assainissement des eaux usées, la Ville de Montréal a rejeté pendant trois heures tous les égouts de l\u2019île directement dans le fleuve Saint-Laurent.Des substances aussi nocives que les produits pharmaceutiques, les perturbateurs endocriniens, les solvants organiques, les bactéries pathogènes, les virus et autres micro-organismes provenant des institutions hospitalières se sont ainsi retrouvées dans le fleuve.Source: Eau Secours LES DÉFIS DU FUTUR LA PROLIFÉRATION DES ALGUES BLEUES Tout comme de nombreux lacs du Québec, les experts d\u2019Environnement Canada ont confirmé récemment que le fleuve Saint-Laurent était aussi affecté par les algues bleues.Des cyanobactéries ont été observées dans les lacs Saint-Louis et Saint-Pierre, démontrant que les fameuses algues bleues pouvaient se coller aux fonds marins du fleuve, surtout dans les lacs où l\u2019eau est plus calme.La chercheuse Christiane Hudon précise que les endroits contaminés coïncident avec les endroits où le fleuve est le plus riche en phosphore, un nutriment qui favorise le développement des cyanobactéries.LES NOUVEAUX CONTAMINANTS Les PBDE, connus sous le nom de polybromodiphényléthers, sont abondamment utilisés en industrie pour leurs propriétés ignifugeantes.Bien qu\u2019elles soient utiles, ces nouvelles substances, au nombre d\u2019environ 175, s\u2019accumulent dans l\u2019environnement, notamment dans le Saint-Laurent, et on s\u2019interroge sur leurs effets potentiels.Bien que le niveau de toxicité des PBDE soit encore peu connu, la présence de ces produits dans l\u2019environnement est préoccupante.Certaines recherches suggèrent que les PBDE seraient nocifs pour la santé.On sait déjà que les concentrations de certains PBDE ont presque quintuplé dans les matières en suspension près de Québec et doublé dans les sédiments des lacs fluviaux depuis 10 ans.L\u2019augmentation des concentrations de PBDE observée dans le Saint-Laurent se mesure également chez la faune aquatique.Il n\u2019existe pour l\u2019instant aucun règlement sur les PBDE au Canada.Depuis les années 80, les concentrations de PBDE ont augmenté de: \u2022 10 fois chez les mammifères de l\u2019Arctique \u2022 10 à 100 fois chez les oiseaux aquatiques \u2022 100 à 1000 fois chez les Touladis des Grands Lacs \u2022 1000 fois chez les bélugas de l\u2019estuaire du Saint-Laurent Au Québec, environ 45%de la population puise son eau potable dans le fleuve.On trouve 36 prises d\u2019eau dans le corridor fluvial entre le lac Saint-François et l\u2019île d\u2019Orléans: 30 entre Cornwall et Trois-Rivières; six entre Bécancour et Québec.Il y a 334 municipalités riveraines au Saint-Laurent.Au total, un peu plus de 4 millions d\u2019habitants vivent le long de ses rives.Tous y rejettent leurs eaux usées.6% 103 municipalités ne sont pas raccordées à un réseau d\u2019égouts de la population, soit 94% 231 municipalités sont raccordées en tout ou en partie à un réseau d\u2019égouts de la population, soit 83% 17% de la population des municipalités raccordées en tout ou en partie à un réseau d\u2019égouts sont desservies en tout ou en partie par une station d\u2019épuration (142 municipalités) de la population de ces municipalités ne sont pas desservies par une station d\u2019épuration Statistiques de 1996 (89 municipalités) Le problème des eaux usées Montréal Laval Sortie des rejets de l\u2019usine d\u2019épuration de Montréal Bonne Satisfaisante Douteuse Mauvaise Très mauvaise Repentigny Contrecoeur Sorel Lavaltrie Qualité de l\u2019eau Montréal Laval Trois-Rivières Lac Saint-Fr ançois Outaouais des Riviè re LE BASSIN DU SAINT-LAURENT La source inquiète \" Contamination de l\u2019eau douce par les toxiques Nitrates, phosphates, bactéries et matières fécales dans l\u2019eau douce* Estuaire et golfe (processus océanographique) Salubrité des sites potentiels de baignade Salubrité des zones de cueillette des mollusques Évolution des niveaux et débits** Contamination des sédiments par les toxiques (lac Saint-François) Milieux humides et plantes exotiques envahissantes Communautés de poissons d\u2019eau douce Contamination des poissons d\u2019eau douce par les toxiques Contamination par les toxiques dans l\u2019estuaire et le golfe Population de grands hérons Population d\u2019oiseaux de mer Population de fous de Bassan Population de bélugas EAU SÉDIMENTS FAUNE ET FLORE Mauvaise Bonne TENDANCE STABLE DÉTERIORATION STABLE STABLE STABLE INCONNUE AMÉLIORATION STABLE STABLE AMÉLIORATION AMÉLIORATION STABLE STABLE STABLE STABLE ?* Paramètres physico-chimiques et bactériologiques.** Une étude est présentement en cours.Lac Supérieur Lac Michigan Lac Huron Lac Ontario Lac Érié 20% 16% 80% de l\u2019eau douce à la surface de la Terre des lacs et des cours d\u2019eau de l\u2019Amérique du Nord Toutefois, moins de 1% de l\u2019eau des Grands Lacs est renouvelée chaque année par les précipitations.La région est le lieu de résidence de 42 millions de personnes, de 30% des Canadiens et de 10% des Américains.Le bassin des Grands Lacs, y compris les terres et les cours d\u2019eau qui se déversent dans les lacs, couvre 766000 kilomètres carrés, soit une superficie plus grande que celle de l\u2019État du Texas ou de l\u2019une ou l\u2019autre des trois provinces des Prairies canadiennes.Les Grands Lacs sont responsables de 90% de la contamination du Saint-Laurent par les pesticides sauf dans les périodes d\u2019épandage intensif.Les eaux vertes des Grands Lacs contribuent en moyenne à 80% du débit du fleuve à la hauteur de Sorel.Contamination Au cours des 30 dernières années, la concentration de certains produits chimiques a considérablement diminué.Présence importante de mercure dans l\u2019eau à proximité des villes.Plages La présence de la bactérie E.coli, la mauvaise qualité de l\u2019eau et l\u2019abondance d\u2019algues ont fait en sorte que le quart des plages surveillées ont affiché des avis sanitaires ou de fermeture.Espèces envahissantes Situation alarmante.Un volume de transport maritime élevé a permis l\u2019introduction d\u2019espèces exotiques (spécialement par l\u2019eau de ballast des navires) dans des écosystèmes indigènes déjà vulnérables.La moule zébrée atteint par endroit la densité de 300 000 au mètre cube.Réchauffement climatique On prévoit une diminution de la durée et de l\u2019étendue de la couverture de glace des Grands Lacs qui devrait entraîner une baisse des niveaux des lacs en raison de l\u2019évaporation hivernale.La diminution du niveau affectera le transport maritime.L\u2019invasion des espèces aquatiques d\u2019eau chaude devrait s\u2019accroître, augmentant la pression sur les espèces indigènes.Faune aquatique Le réseau tropique est gravement endommagé dans les Grands Lacs, à l\u2019exception du lac Supérieur.Les populations de zooplanctons et de diporeia (petit invertébré) ont considérablement diminué.Ils sont une source de nourriture essentielle pour de nombreuses autres espèces.Cela a des répercussions directes sur la totalité de l\u2019écosystème.Leur dépérissement coïncide avec l\u2019introduction de la moule zébrée et la moule quagga.Diporeia BON PASSABLE MÉDIOCRE INDÉTERMINÉ TENDANCE: AMÉLIORATION DÉTÉRIORATION INDÉTERMINÉ RIVIÈRE DES OUTAOUAIS du débit du fleuve à la hauteur de Sorel.Mais, au moment des crues printanières, ses eaux brunes peuvent constituer jusqu\u2019à 50%du débit.LE SYSTÈME HYDRIQUE DU FLEUVE SAINT-LAURENT EST L\u2019UN DES PLUS IMPORTANTS DE LA PLANÈTE.COULANT DES GRANDS LACS À L\u2019OCÉAN ATLANTIQUE, SES EAUX SONT SOUMISES À UN ENSEMBLE DE CONDITIONS NATURELLES ET CHIMIQUES QUI NE SONT PAS SANS CONSÉQUENCE SUR SON ÉCOSYSTÈME.Les experts d\u2019Environnement Canada surveillent attentivement l\u2019état de santé du fleuve Saint-Laurent.Des dizaines de chercheurs mesurent des milliers de paramètres et les résultats sont compilés dans une série de rapports portant sur différents aspects du fleuve.Une quinzaine d\u2019indicateurs précis servent à dresser un bilan qui est régulièrement mis à jour.Voici le dernier bilan de santé pour chacun des indicateurs avec une mention de la tendance par rapport aux bilans précédents.L\u2019évaluation générale de l\u2019état de santé du fleuve L\u2019état de santé des Grands Lacs n\u2019est guère plus rose que celui du fleuve lui-même.En fait, les conditions de contamination des Grands Lacs par les toxiques et les pesticides, la présence croissante d\u2019espèces envahissantes et les disparitions massives de milieux humides influencent directement la qualité de l\u2019eau dans le fleuve.UN DÉBIT TRÈS POLITIQUE Le débit du Saint-Laurent est largement déterminé par les eaux en provenance des Grands Lacs \u2013 l\u2019autre source importante étant la rivière des Outaouais.Ce débit est réglé par une série de barrages en vertu d\u2019une entente de la Commission mixte internationale (Canada\u2014États-Unis) signée en 1963.La régularisation des eaux a pour effet de réduire le débit au printemps et de l\u2019augmenter en automne et en hiver afin d\u2019éviter des variations extrêmes.LES GRANDS LACS, C\u2019EST: Le traitement des eaux usées est l\u2019une des causes importantes de pollution du Saint-Laurent.La situation est tout particulièrement grave dans la région montréalaise alors que l\u2019eau, si elle est bien traitée, n\u2019est pas désinfectée.À elles seules, les stations d\u2019épuration de Montréal (la troisième en importance dans le monde, 1,3 million de m3 par jour), Longueuil et Repentigny, qui traitent 47%des eaux usées de tout le Québec, rejettent les eaux non désinfectées de 2,2 millions de personnes.La situation est si grave qu\u2019on peut voir facilement des airs la traînée des eaux usées rejetées à l\u2019extrémité est de l\u2019agglomération montréalaise, près de l\u2019île Sainte-Thérèse.L\u2019impact est direct sur la qualité de l\u2019eau en amont et en aval de Montréal.(Voir la carte ci-contre et la photo à droite) LE REJET DES EAUX INDUSTRIELLES Depuis les années 70, diverses mesures ont été mises en oeuvre au Québec en vue d\u2019assainir les eaux usées industrielles.Au début des années 90, le Programme de réduction des rejets industriels a permis une réduction importante des rejets des industries des pâtes et papiers localisées le long du Saint-Laurent et de ses affluents.Ainsi, de 1981 à 2001, on a observé une réduction de 96 % des rejets de matière organique, de 87%des rejets de matières en suspension, alors même que la production de cette industrie augmentait de 33%.Lac Saint-Pierr e On voit sur cette carte comment les eaux rejetées de l'usine d'épuration de Montréal influencent directement la qualité de l'eau en aval et en amont de l'agglomération métropolitaine.ACCÈS À UN RÉSEAU D\u2019ÉGOUTS ACCÈS À UN RÉSEAU D\u2019ÉPURATION QUÉBEC ONTARIO ÉTATS-UNIS N.-BRUNSWICK TERRE-NEUVE Kingston Johnston Cornwall EAU DOUCE Montréal Trois-Rivières Québec Tadoussac Pointe-des-Monts L\u2019Isle-Verte Matane Sainte-Annedes- Monts Sept-Îles Île d\u2019Anticosti Îles de la Madeleine Golfe du Saint-Laurent Détroit de Belle-Isle Détroit de Cabot 1 Section des Mille-Îles 3 Tronçon fluvial Absence de marées 5 Moyen estuaire 6 Estuaire maritime Fortes marées 7 Golfe Marées de 4 à 6m 4 Estuaire fluvial Faibles marées 2 Les rapides EAU SALÉE EAU SAUMÂTRE Début de la salinité de l\u2019eau un peu à l\u2019est de l\u2019île d\u2019Orléans SEPT SECTIONS BIEN DIFFÉRENTES Le Saint-Laurent ne se limite pas au territoire québécois: il débute à Kingston, en Ontario, pour se terminer à Terre-Neuve.Il se divise en sept tronçons aux conditions très différentes par le débit, la profondeur, la salinité de l\u2019eau et les conditions d\u2019habitat qu\u2019ils offrent.0 70 140 210km Un géant fragile Le fleuve Saint-Laurent, le plus important du nord-est américain, est l\u2019un des 25 plus grands fleuves du monde.Rang Longueur Bassin versant Débit Affluent Zones traversées 1 Amazone 7000km 6 915 000km2 219 000 m3/sec Océan Atlantique Brésil, Pérou, Bolivie, Colombie, Équateur, Venezuela 2 Nil 6700km 2 870 000km2 5100 m3/sec Mer Méditerranée Soudan, Éthiopie, Égypte, Ouganda, Tanzanie, Kenya, Rwanda, Burundi, Érythrée, Congo 3 Yang tsé (Chang Jiang) 6380km 1 800 000km2 31 900 m3/sec Mer de Chine orientale Chine 11 Mackenzie - Paix \u2013 Finlay 4241km 1 790 000km2 10 300 m3/sec Mer de Beaufort Canada 25 Saint-Laurent - Grands Lacs 3058km 1 030 000km2 10 100 m3/sec Golfe du Saint-Laurent Canada (52,1%), États-Unis (47,9%) LES PLUS GRANDS FLEUVES DU MONDE 3058km 3 Longueur du bassin, du lac Supérieur jusqu\u2019au golfe 7m Plus grande amplitude des marées dans le fleuve, à Saint-François-de-l\u2019Île-d\u2019Orléans.Les marées sont perceptibles jusqu\u2019au lac Saint-Pierre.97% Des Québécois vivent à l\u2019intérieur de son bassin versant 100km Largeur maximale à la hauteur de Sept-Îles 600 Îles et archipels le long du fleuve 10 000 Voyages de navires commerciaux par année 350m Profondeur à la hauteur de Mont-Joli 350 Rivières s\u2019y déversent Grands lacs fluviaux: lac Saint-Louis, lac Saint-François et lac Saint-Pierre SAUVONS LA PLANÈTE L\u2019EAU MENACÉE "]
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