La presse, 3 novembre 2007, C. Arts et spectacles
[" Grande visite du désert ! Du 6 octobre au 25 novembre.Fermé les lundis, sauf le 8 octobre.Chiens de prairie, tortues-boîtes, chuckwallas, etc.Un tunnel d\u2019observation pour les enfants.Une foule de choses à découvrir ! 514 868-3000 museumsnature.ca 3518368A ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts MARC HERVIEUX LE ROMÉO D\u2019HOCHELAGA PAGES 18 ET 19 BUCK 65 HIP-HOP CRU ET ABSTRAIT PAGE 12 Le comédien Benoît McGinnis, l\u2019auteurMichel Tremblay et le metteur en scène René Richard Cyr.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE LEMONDEDE TREMBLAY Un nouveau roman, une pièce chez Duceppe, une bio en DVD.Ces jours-ci, Michel Tremblay est partout.Marie-Christine Blais l\u2019a rencontré dans l\u2019intimité de son appartement, puis Sylvie St-Jacques a pris le relais le soir de la première du Vrai monde?, une pièce de l\u2019auteur dont elle a suivi la conception pendant tout le mois d\u2019octobre.Voyage privilégié dans l\u2019univers deMichel Tremblay, pages 2 à 5 MON T R É A L S A M E D I 3 N OV E M B R E 2 0 0 7 ARTS ET SPECTACLES SYLVIE ST-JACQUES COUPS DE THÉÂTRE Mercredi soir, 31 octobre, vers 23h30, je sirote mon deuxième verre de vin rouge.Même si c\u2019est l\u2019Halloween, j\u2019ai retiré mon «masque» de critique de théâtre pour mieux m\u2019infiltrer dans l\u2019univers des artisans de la pièce Le vrai monde?Directeur artistique, techniciens, concepteurs, comédiens et metteur en scène animent deux grandes tables du plutôt conventionnel restaurant Le Piémontais, boulevard René-Lévesque.Ne manque que l\u2019auteur de la pièce, Michel Tremblay.Tout le monde a l\u2019air détendu, serein, soulagé.L\u2019avant-première est faite.Reste maintenant la première «enfant de chienne » de vendredi.Une savoureuse expression qui manquait à ma culture et qui m\u2019a été enseignée par Michel Tremblay et René Richard Cyr, en coulisses, quelques minutes avant la pièce.«Ce soir, on est excités.Mais à la première médiatique, on est énervés.Et l\u2019on s\u2019entend qu\u2019il est plus agréable d\u2019être excité! Les soirs de première médiatique, l\u2019atmosphère est électrique, avec tous ces gens du milieu dans la salle, qui sont un peu comme des spectateurs professionnels», me confie le metteur en scène.D\u2019ailleurs, parlant de«milieu » je m\u2019imaginais qu\u2019à l\u2019instar des caricaturaux personnages dépeints par Denys Arcand dans Jésus de Montréal, les gens de théâtre festoyaient, les soirs de première, au Continental ou à l\u2019Express.Le premier a brûlé et le second, me dis-je, n\u2019a sans doute pas suffisamment de pots de cornichons en réserve pour tous les artistes de la ville.On m\u2019informe en fait que le Piémontais est une tradition indécrottable, instaurée il y a plusieurs décennies, par le regretté Jean Duceppe.Que l\u2019on ait préservé ce rituel des soirs de première m\u2019apparaît subitement d\u2019une grande cohérence.Tant par son public de fidèles abonnés que son répertoire, Duceppe est certainement le théâtre le plus «traditionnel » de la vie.Ce qui, cela dit, n\u2019a strictement rien de péjoratif.Des théâtres qui, sans prétendre réinventer le pain tranché, proposent de bons textes, mis en scène dans des décors réalistes par des metteurs chevronnés, ça en prend.Autant que de bons restaurants qui, sans s\u2019aventurer dans la gastronomie moléculaire, proposent une cuisine toujours correcte mais sans surprise.Cette question de la tradition versus l\u2019innovation, elle m\u2019a traversé l\u2019esprit pendant la représentation du Vrai monde ?On ne se déleste pas si facilement de ses réflexes de critique.Le vrai monde ?, à mon humble avis, résiste bien à l\u2019épreuve du temps.Évidemment, la façon dont on aborde le difficile affranchissement d\u2019une femme prisonnière d\u2019un mariage gangrené renvoie à une époque passée.Et le portrait de pères rustres, abusifs, inconscients, fermés, tracé par Michel Tremblay, nous paraît bien dur, en cette ère post-féministe ou le souvenir des Rémi Duval et autres Jean-Paul Belleau nous fait sourire\u2026 Or monter Le vrai monde ?en 20 07 reste d\u2019une indéniable pertinence.Parce que la quest ion du pouvoir de l\u2019écrivain de faire évoluer sa société est intemporelle.Où en sommes-nous, 20 ans après la première mouture du Vrai monde ?Comment les nouvelles générations s\u2019approprientelles le legs des Brassard et Tremblay ?Offrir aux McGinnis, Bibeau, Leclerc, Lambert, D\u2019Amour, Fortin, Deschênes l\u2019occasion de j ouer des personnages créés par les Lafontaine, Provost et autres est une belle manière de souligner cet te passat ion, si fondamentale aux yeux de René Richard Cyr.Parce que pour savoir où l\u2019on s\u2019en va, il faut d\u2019abord savoir d\u2019où on vient.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : sstjacqu@lapresse.ca Une critique dans les coulisses MARIE-CHRISTINE BLAIS Le soleil entre à pleines fenêtres et le mont Royal nous fait des tatas, au loin.Mais Michel Tremblay, qui doit éviter les rayons solaires en raison de sa santé, demande s\u2019il peut tirer les rideaux, le temps de notre entrevue.Pas de problème; cela permet de mieux voir tous les tableaux et sculptures qui habitent son appartement.Dont une très belle toile du peintre ontarien Peter Hoffer, qui évoque irrésistiblement le nouveau roman de Tremblay, La traversée du continent: ce paysage brumeux, tout à la fois mystérieux et anodin, il pourrait être celui que voit la petite Rhéauna, 10 ans, à travers les fenêtres du train qui la mène, en 1913, de la Saskatchewan au Québec.En quelques jours, trains et rêves, la fillette va faire un voyage initiatique au coeur des trois modèles féminins possibles à l\u2019époque: la vieille fille/religieuse condamnée à l\u2019extase mystique (sa grand-tante Régina de Regina), la mère extrême/amoureuse ultime (sa grand-tante Bebette de Winnipeg) ou la «guidoune» (sa cousine Ti-Lou d\u2019Ottawa).Rhéauna, c \u2019est bien Nana, Anna, la grosse femme d\u2019à côté, inspirée de la mère de Michel Tremblay?«Oui et non, réplique l\u2019auteur.Dans ma pièce Encore une fois si vous le permettez, j\u2019ai vraiment représenté ma mère.Alors que dans le roman, je vais jusqu\u2019à imaginer ce qu\u2019a pu être son enfance.Or, quand on se sert d\u2019une personne, plus celle-ci s\u2019éloigne dans le temps, plus elle devient un personnage.Nana est désormais un personnage de mon imagination, le personnage de ma mère qui n\u2019est pas ma mère.» La vraie mère du vrai Michel Tremblay a pourtant bel et bien vécu cette traversée du continent: «Elle nous avait expliqué, à mon frère et à moi, qu\u2019on était des hasards.Mais elle ajoutait toujours qu\u2019elle pouvait nous prouver que nous étions de plus grands hasards que les autres enfants «parce que, pour rencontrer votre père, j\u2019ai dû traverser le continent quatre fois!» disait-elle.Et c\u2019est vrai: elle est née à Providence, aux États-Unis, et a été envoyée chez sa grandmère en Saskatchewan; ensuite, elle est partie de Saskatchewan pour rejoindre sa mère à Montréal; ça n\u2019a pas marché, elle est donc retournée dans l\u2019Ouest jusqu\u2019à l\u2019âge de 17, 18 ans ; là, elle est revenue à Montréal et a rencontré mon père.Elle disait toujours: \u201cSi je n\u2019avais pas tant voyagé, vous ne seriez pas là aujourd\u2019hui, mes enfants.\u201d» Car La traversée est également un roman sur une période méconnue de notre histoire: la diaspora des Canadiens français au tournant du XXe siècle, forcés de quitter le Québec pour les États-Unis ou l\u2019ouest du Canada afin de survivre aux conséquences de la fameuse «révolution industrielle» \u2013 qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019actuelle mondialisation\u2026 «Ce qui m\u2019a donné le goût d\u2019écrire un jour sur le début du XXe siècle, explique Michel Tremblay, c\u2019est un roman lu il y a 10 ans: La fille de l\u2019homme au piano, de Timothy Findley.Un roman magnifique, qui m\u2019a appris des tas de choses sur Toronto au tournant du XXe siècle.Or, ici, on ne sait rien de Toronto, de Toronto au tournant du siècle et du tournant du siècle tout court! J\u2019avais trouvé fascinant ce roman, cette époque où les chevaux et les automobiles cohabitaient.Peut-on imaginer que les feux de circulation n\u2019existent que depuis 1909?» La traversée de l\u2019histoire Ce roman sera suivi d\u2019un second, La traversée de la ville, qui LE VRAI MICHEL ?ENTREVUE MICHEL TREMBLAY lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © «Pour la première fois dema vie, j\u2019ai établi une espèce de connivence entre le narrateur et le lecteur.Je donne plus d\u2019informations au lecteur qu\u2019aux personnages», ditMichel Tremblay de son nouveau roman.OÙ EST MICHEL TREMBLAY?PARTOUT, CES JOURS-CI.EN LIBRAIRIE, AVEC UN NOUVEAU ROMAN BAPTISÉ LA TRAVERSÉE DU CONTINENT.AU THÉÂTRE, AVEC LA REPRISE DE SA PIÈCE LE VRAI MONDE?CHEZ JEAN-DUCEPPE.À L\u2019ÉCRAN, GRÂCE À UN PASSIONNANT DVD QUI LUI EST CONSACRÉ.ET DANS SON APPARTEMENT, OÙ NOUS L\u2019AVONS RENCONTRÉ.Des théâtres qui, sans prétendre réinventer le pain tranché, proposent de bons textes, mis en scène dans des décors réalistes par des metteurs chevronnés, ça en prend.La chronique d\u2019Hugo Dumas sera de retour prochainement.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 ARTS ET SPECTACLES En revenant du spectacle de Martin Matte cette semaine, mon fils semblait confondu.D\u2019un air un brin inquiet, il m\u2019a demandé si Martin Matte était sérieux quand il se moquait des femmes.«Est-ce qu\u2019il le pense vraiment?» a insisté mon fils.C\u2019était une bonne question.Tellement bonne que je n\u2019ai pas su quoi répondre.Est-ce qu\u2019il est sérieux?Non, évidemment.C\u2019est un comique.Est-ce qu\u2019il pense vraiment ce qu\u2019il dit?Euh, parfois on a l\u2019impression que.oui.Le nom d\u2019Yvon Deschamps m\u2019est immédiatement venu à l\u2019esprit.«C\u2019est qui ça?» a demandé mon fils.C\u2019est le Martin Matte de l\u2019époque de ta mère.Comme Martin Matte, lui ai-je expliqué, Deschamps se payait la tête des femmes, disait que c\u2019était des incapables et des niaiseuses qui étaient juste bonnes à rester à la maison et à torcher.Mais, ai-je ajouté, quand Deschamps lançait ses énormités sexistes, quand il jouait au macho misogyne, tout le monde dans la salle savait qu\u2019il ne pensait pas un traître mot de ce qu\u2019il disait et qu\u2019il le faisait dans le seul but d\u2019exorciser les pires préjugés de la société.Martin Matte, lui?Disons que c\u2019est plus ambigu.En principe, on sait qu\u2019il use des deuxième et même troisième degrés pour tester les limites de son public et jouer avec leur seuil de tolérance.En pratique, on se demande par moments si Martin Matte n\u2019alimente pas une certaine forme d\u2019intolérance ou, du moins, s\u2019il ne la rend pas plus socialement acceptable en disant tout haut ce que nous n\u2019avons pas le droit de répéter ni même de penser sous peine d\u2019être mis au banc des accusés par les champions de la rectitude politique.Yvon Deschamps était un homme de gauche, un socialdémocrate qui provoquait son public dans le but ultime de provoquer un changement social.Martin Matte, qui n\u2019a pas de couleur politique précise, provoque.pour provoquer.Il le fait très habilement, avec un sens foudroyant du timing et un charisme indéniable, mais cela reste.de la provocation; un exercice vide et sans but, mais extraordinairement payant.J\u2019entends rugir les 125 000 détenteurs de bil lets pour Condamné à l\u2019excellence.Comment ça, vide et sans but?Martin Matte, selon eux, est un humoriste payé pour faire rire les gens, qui s\u2019acquitte brillamment de son rôle.Je suis d\u2019accord avec eux.Je suis même prête à aller plus loin.La différence entre Deschamps et Martin Matte ne tient qu\u2019à un mot : époque.Yvon Deschamps est un pur produit de la Révolution tranquille et d\u2019une époque placée sous le signe de la contestation et des grands changements sociaux.L\u2019heure était à l\u2019engagement sous toutes ses formes et touchait autant les chanteurs, les cinéastes que les humoristes.Martin Matte évolue dans un tout autre monde: celui de la consommation à outrance, de la banlieue en pleine expansion, le tout sur fond de crise identitaire et d\u2019adéquisation politique.Quand c\u2019est rendu que même Victor-Lévy Beaulieu invite le bon peuple à voter ADQ, on peut difficilement prétendre que le Québec est dans une période d\u2019avant-garde politique et de progrès social.Martin Matte s\u2019inscrit parfaitement dans ce courant.Il nous dit que c\u2019était mieux dans le temps de son père.Il nous vend des portes et fenêtres, des salons funéraires et des femmes qui s\u2019émancipent avec le Botox et la liposuccion.Martin Matte, je le répète, est un excellent comique.C\u2019est juste son époque qui est pourrie.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Bon comique, époque pourrie NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Pour le DVD primé Entre les mains de Michel Tremblay, l\u2019auteur s\u2019est lui-même remis entre les mains du réalisateur AdrianWills (à droite).se déroulera à Montréal, en août 1914, un mois avant le début de la Première Guerre mondiale.Mais revenons à La traversée du continent, qui est l\u2019occasion pour Tremblay d\u2019aborder une structure inhabituelle : «Pour la première fois de ma vie, j\u2019ai établi une espèce de connivence entre le narrateur et le lecteur.Je donne plus d\u2019informations au lecteur qu\u2019aux personnages.Rhéauna ne sait pas tout de ceux qui l\u2019entourent, mais nous, oui.Cette petite fille a de l\u2019intelligence et de l\u2019intuition, je lui ai donc donné des rêves quasi prémonitoires, mais qu\u2019elle oublie dès qu\u2019elle se réveille \u2013 c\u2019est encore le lecteur qui en profite.«Dans les articles que j\u2019ai écrits pour Libération en mars dernier (le journal français invite régulièrement des écrivains à tenir une chronique intitulée Mon journal), j\u2019ai expliqué la grande difficulté que j\u2019avais de garder enfant cette enfant-là, reprend Tremblay.Je n\u2019aime pas les personnages d\u2019enfants qui sont les porte-parole de l\u2019auteur.Que Rhéauna demeure toujours une enfant a été ce sur quoi j\u2019ai le plus travaillé.Et c\u2019est ce qui m\u2019a permis, à moi, de me réfugier dans des récits en parallèle.Je pouvais raconter une histoire d\u2019adulte et écrire une histoire d\u2019enfant.» Autre première, La traversée est une histoire qui se passe ni à Montréal ni même au Québec, mais bien au Canada presque from coast to coast: «C\u2019est une autre de ces réalités que nous nions, le Canada, comme s\u2019il n\u2019existait pas, dit Tremblay.Alors que nous sommes aussi faits de la diaspora qui a lancé des francophones partout au pays.(\u2026) C\u2019est drôle, quand j\u2019ai fini le livre en mai et que je l\u2019ai fait lire à mon chum, il m\u2019a dit : «Réalises-tu que tu viens d\u2019écrire ton premier roman canadien?» La traversée des continents Dès que j \u2019ai mis les pieds chez lui, Michel Tremblay s\u2019est informé : comment étaient les suppléments ajoutés à l\u2019émission Dans les mains de Michel Tremblay, réalisée par Adrian Wills, couronnée par un prix Gémeaux et lancée sur DVD mardi?Ils sont très bien et aussi intéressants que l\u2019émission elle-même: on y suit un Tremblay convalescent (d\u2019un cancer de la gorge, dont il est en rémission, et qui succédait à une tumeur au cerveau en 1998), parlant de sa famille, images à l\u2019appui, et dont l\u2019oeuvre traverse littéralement tous les continents, de l\u2019Europe (la version écossaise des Belles-Soeurs) à l\u2019Asie (la version japonaise de Hosannah) ! Bien qu\u2019affaibli par la maladie, on voit Tremblay qui travaille coûte que coûte sur ce thème qui l\u2019obsède depuis\u2026 Le train, sa première pièce en 1964: le non-dit et ce qu\u2019il appelle «le dit à côté ».Le silence, d\u2019une part, et les cris de colère, de frustration, d\u2019autre part: «J\u2019ai écrit une pièce l\u2019an dernier, Fragments de mensonges nécessaires (actuellement mise en lecture dans un théâtre dont il veut taire le nom).Comme j\u2019aime bien jouer avec le temps, j\u2019y ai mis en scène un couple de jeunes gais de 16 ans, mais dont un vit avec sa famille en 1957 et l\u2019autre avec sa famille en 2007.C\u2019est une pièce sur le fait que plus ça change, plus c\u2019est pareil.Les parents réagissent selon leur époque, mais ce n\u2019est pas mieux dans les deux cas : les parents qui veulent trop comprendre ne sont pas plus capables de s\u2019exprimer que ceux pour qui l\u2019homosexualité n\u2019existe tout simplement pas.» La traversée du monde Ce qui nous amène à parler de la reprise du Vrai monde ?chez Jean-Duceppe.Créée il y a 20 ans, est-elle toujours d\u2019actualité?Oui, estime Tremblay, parce qu\u2019elle traite du divorce et qu\u2019elle nous parle d\u2019où nous venons.Et d\u2019où vient l\u2019écrivain lui-même.«Quand j\u2019ai assisté à l\u2019avant-dernière répétition générale, explique- t-il, j\u2019ai entendu une réplique, à la fois naïve et tellement vraie, dont je ne me souvenais plus du tout : le personnage de Claude dit qu\u2019il n\u2019est plus sûr d\u2019avoir le droit d\u2019utiliser la vie de ses proches et d\u2019être écrivain, mais, ajoute-t-il, «je pense que ce que j\u2019ai écrit est bon».Comme si c\u2019était la seule excuse de l\u2019existence d\u2019une oeuvre d\u2019art : même si je suis le vampire le plus épouvantable, j\u2019ai le droit de l\u2019être si c\u2019est bon.Cette espèce de justification ultime qu\u2019il se fait à lui-même pour s\u2019excuser d\u2019avoir fait ce qu\u2019il a fait\u2026 Je ne me souvenais pas de cette réplique-là et je l\u2019ai reçue comme un coup.» Est-ce parce que vous pensez que c\u2019est une justification légitime?«Il faut que je le pense, répond Tremblay après un silence, sinon je serais un écoeurant de la pire espèce.» Ou un des écrivains les plus importants qui soient, dont les oeuvres traverseront à la fois continents et temps\u2026 Yvon Deschamps était un homme de gauche qui provoquait son public dans le but ultime de provoquer un changement social.Martin Matte, qui n\u2019a pas de couleur politique précise, provoque.pour provoquer.«Je n\u2019aime pas les personnages d\u2019enfants qui sont les porte-parole de l\u2019auteur.Que Rhéauna demeure toujours une enfant a été ce sur quoi j\u2019ai le plus travaillé.Et c\u2019est ce qui m\u2019a permis, à moi, de me réfugier dans des récits en parallèle.Je pouvais raconter une histoire d\u2019adulte et écrire une histoire d\u2019enfant.» MICHEL TREMBLAY, La traversée du continent, Leméac/Actes Sud, en librairie depuis mardi.ADRIAN WILLS, Entre les mains de Michel Tremblay, production DVD de Ciné Qua Non Média, en magasin mardi.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Derniers préparatifs, mercredi soir, avant l\u2019avant-première du Vrai monde?.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Plus que quelques minutes avant l\u2019entrée en scène des comédiens.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Deux Madeleine (Marie-France Lambert et Josée Deschênes), deux Mariette (Émilie Bibeau et Milène Leclerc), deux Alex (Bernard Fortin et Normand D\u2019Amour) et un Claude (Benoît McGinnis).Un auteur pris entre l\u2019arbre et l\u2019écorce, entre son monde «réel» et son monde «fictif ».Vingt ans après sa création au Rideau Vert, Le vrai monde?de Michel Tremblay renaît.Cette fois-ci, sur les vastes planches de chez Duceppe, recouvertes d\u2019une moquette verte et transformées en salon d\u2019inspiration sixties.René Richard Cyr et son équipe ont aimablement accepté d\u2019être observés par La Presse, pendant la période de «gestation» de la pièce.Bienvenue dans les coulisses du Vrai monde?.SYLVIE ST-JACQUES Lundi 29 octobre, 16 h.Dans un peu plus de 48 heures, le rideau se lèvera sur la troisième mouture du Vrai monde?, de Michel Tremblay.Une oeuvre sur les silences des familles québécoises, dans les années 60.Une pièce sur le vampirisme de l\u2019écrivain, qui aborde de front l\u2019inceste, l\u2019infidélité, l\u2019affranchissement au féminin, les abus de pouvoir au masculin.René Richard Cyr et l\u2019assistante à la mise en scène Marie-Hélène Dufort sont en pleine séance d\u2019intensité de lumières avec le concepteur des éclairages, Étienne Boucher.Dans l\u2019obscurité du théâtre, Cyr me confie que la semaine qui suit «l\u2019entrée en salle» \u2013 c\u2019est-à-dire l\u2019arrivée de la production sur la scène du théâtre Jean-Duceppe \u2013 constitue le pire moment d\u2019une production.C\u2019est le moment où l\u2019angoisse est au zénith, où l\u2019équipe a l\u2019impression de repartir à zéro.Et lorsque le compte à rebours est déclenché, le metteur en scène est invariablement affligé d\u2019un sentiment de doute.«Mon copain m\u2019a rassuré en me disant que je suis toujours comme ça, le dimanche précédant la première.Sauf que j\u2019oublie chaque fois!» Quatre semaines plus tôt, j\u2019assistais aux balbutiements théâtraux de cette petite famille d\u2019acteurs choisis pour incarner celle du Vrai monde?Dans la salle de répétition de chez Duceppe, un banal local éclairé aux néon \u2013 qui n\u2019est pas sans rappeler certaines salles de cours de l\u2019UQAM \u2013 j\u2019ai vu les McGinnis, Bibeau, D\u2019Amour, Deschênes, Fortin, Leclerc et Lambert apprivoiser leurs personnages.Que de chemin parcouru, depuis cette belle soirée du début octobre où des acteurs en jeans et t-shirts disaient des ré pliques qu\u2019ils ne connaissaient alors qu\u2019à moitié\u2026 «Un show qui ne lève pas en salle de répétition ne lèvera jamais sur scène», lâche René Richard Cyr qui, entre deux commentaires à l\u2019éclairagiste, en profite pour évoquer quelques moments marquants de son parcours de metteur en scène.Pour En pièces détachées au TNM, en 1994, il avait complètement chamboulé la configuration de la scène, quelques jours après la première.Le 29 octobre, c\u2019est-à-dire deux jours avant l\u2019avant-première du Vrai monde?, il vient de décider de changer tout le début de la pièce.«J\u2019ai demandé à Michel Tremblay d\u2019assister à la générale de ce soir, pour «énerver» un peu les comédiens.Pour qu\u2019ils se sentent en représentation.» L\u2019état de grâce, cet insaisissable «C\u2019est l\u2019un des métiers où l\u2019expérience n\u2019est pas nécessairement bénéfique et où l\u2019inconscience n\u2019est pas une tare», confie René Richard Cyr.Après Bonjour là, Bonjour, Hosanna, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou et Bonbons assortis, le metteur en scène ajoute avec Le vrai monde?un nouveau chapitre à son répertoire «tremblayesque.» Une pièce qui l\u2019avait profondément ému à l\u2019époque de sa création.«Je pense que c\u2019est le show qui m\u2019a le plus fait brailler.» René Richard Cyr aime l\u2019idée de donner à une nouvelle génération d\u2019acteurs l\u2019occasion de jouer les rôles créés par Guy Provost, Michel Dumont, Patrice Coquereau, Rita Lafontaine\u2026 Même qu\u2019en relisant la pièce, il a été surpris de constater que les personnages des parents étaient à peu près de son âge.«Je m\u2019étais toujours identifié au personnage de Claude, l\u2019écrivain.» Le Claude du Vrai monde?version 2007, c\u2019est Benoît McGinnis qui lui donnera vie.Le soir de la générale, celui qui est devenu un habitué des mises en scène de Cyr se prépare dans sa loge.Vingt-quatre heures plus tôt, l\u2019équipe jouait pour la première fois Le vrai monde?dans le décor et en costumes, sur la scène de chez Duceppe.Le jeune Jean-Sébastien Laurin des Hauts et des bas de Sophie Paquin me parle de la vitamine C qu\u2019il prend avant chaque spectacle, du chocolat et des peanuts qu\u2019il garde toujours dans sa loge.En dirigeant son regard vers la penderie, où reposent deux ensembles identiques, il décrit avec amusement ces pantalons «taille haute» qu\u2019il doit porter pour ce rôle d\u2019écrivain.«En essayant mon linge, hier, je capotais.À cette époque, les jeunes avaient l\u2019air plus vieux.Je trouve que ces vêtements me donnent un air d\u2019un petit mononcle.» Pendant ce temps, le concepteur François Cyr donne des instructions à Émilie Bibeau pour maquiller ses yeux à la mode de Twiggy.Josée Deschênes et Marie-France Lambert, en peignoir, enfilent leur perruque.Je leur demande si elles éprouvent certaines appréhensions, à l\u2019idée de jouer des personnages qui ont été créées par des actrices mythiques.Marie-France Lambert s\u2019esclaffe en scandant «Rita», les bras vers le ciel\u2026 Posée et sereine, Josée Deschênes se fait quant à elle philosophe.«On y va avec ce qu\u2019on est.Il faut s\u2019approprier le rôle.Si tu penses à celles qui t\u2019ont précédée, ça peut devenir paralysant.» Un peu plus tard, comédiens, concepteurs, metteur en scène se retrouvent sur la moquette pour la traditionnelle photo de production du samedi soir.Avant de se joindre aux autres, René Richard m\u2019offre une analogie sur son métier.«Faire une mise en scène, c\u2019est un peu comme essayer d\u2019assembler un puzzle sans avoir l\u2019image sur le dessus de la boîte.» « Faire une mise en scène, c\u2019est un peu comme essayer d\u2019assembler un puzzle sans avoir l\u2019image sur le dessus de la boîte.» \u2014 René Richard Cyr D\u2019Amour et Bibeau, dans le sofa.Le metteur en scène René Richard Cyr était ravi de confier à Émilie Bibeau, Normand D\u2019Amour et leurs congénères des personnages créés en 1987 par Michel Poirier, Rita Lafontaine, Guy Provost et compagnie.PHOTOS BERNARD BRAULT, LA PRESSE LE VRAIMONDE ?lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Conciliation scène-famille Aimée, la fille de 7 ans de Marie-France Lambert, offre toujours à sa mère un dessin destiné spécialement à la loge.Celui qui est épinglé à droite du miroir de la comédienne illustre deux dames bien colorées.«Ce sont les deux Madeleine!» clame Josée Deschênes.Selon cette dernière, l\u2019arrivée des enfants change la perception du métier de comédienne.«Tout à coup, la perspective du métier change.Tu te dis que certains rituels autrefois essentiels ne sont peut-être pas si importants.» Mais la réalité de pigiste qui travaille le soir devient parfois un joli casse-tête.Puisque le conjoint de Marie-France Lambert (le comédien Marc Béland) sera lui aussi occupé au théâtre pendant qu\u2019elle joue chez Duceppe, le couple doit compter sur un solide circuit de grands-mères pour veiller sur Aimée, en soirée.«Dans ce temps-là, je pense à Andrée Lachapelle, qui en a eu quatre.» «Des fois, je me dis que le théâtre est un métier de célibataires ou d\u2019homosexuels», songe Josée Deschênes.Sa coloc de loge approuve, tout en se moquant (gentiment) de ses collègues nullipares.«Je les regarde aller: à 16h, ça commence à se cristalliser.Ça dort jusqu\u2019à 10h le matin, ça se lève quand le corps a envie de se lever.Nous, on est debout à 6h30.Alors que si on joue jusqu\u2019à 22h, on ne peut pas se coucher tout de suite après.On est encore sur l\u2019adrénaline.» «T\u2019arrives au théâtre juste après avoir préparé un souper.Et tu sens le poisson» se lamente gentiment Josée Deschênes.La comédienne avoue qu\u2019il lui arrive d\u2019envier Céline Bonnier, Anne-Marie Cadieux, Élise Guilbault.«Je les envie de pouvoir ainsi se consacrer au théâtre.» Faire sa place dans le Vrai monde?Milène Leclerc.Le nom ne vous dit rien.Normal, puisque c\u2019est la toute première expérience «professionnelle» de cette jeune comédienne qui a obtenu en mai son diplôme de l\u2019École nationale de théâtre.«C\u2019est une chance d\u2019être ici, chez Duceppe», dit cette jolie brunette au ton cristallin, pendant qu\u2019Émilie Bibeau, qui partage sa loge, se fait maquiller par François Cyr.C\u2019est lors d\u2019un exercice de finissants qu\u2019elle a fait connaissance avec René Richard Cyr.En janvier 2007, le metteur en scène l\u2019a convoquée pour une lecture avec Émilie Bibeau et Benoît McGinnis.C\u2019est à ce moment qu\u2019il lui a dit que «c\u2019était correct», qu\u2019elle était engagée pour jouer Mariette 2.Cas d\u2019exception, parmi les dizaines de finissants des écoles de théâtre, Milène Leclerc arrive à gagner sa vie avec le théâtre cet automne.Pour un nouvel arrivant dans le milieu, c\u2019est l\u2019équivalent de gagner à la loterie.Mais Leclerc espère évidemment que ce rôle la propulse.«La visibilité est importante.J\u2019espère être à la haute de cette distribution, de ce texte-là.C\u2019est le fun.Marie-France Lambert me donne des cues.On reçoit des notes.Je pars à zéro comme tout le monde.» Les boys Samedi soir 27 octobre, au sous-sol de chez Duceppe, Bernard Fortin et Normand D\u2019Amour jouent au ping-pong avant d\u2019enfiler leurs costumes pour la générale.« Ça vide, ça fait digérer », explique Normand D\u2019Amour.«C\u2019est purement méditatif.Après ça, la concentration est meilleure et on est plus disponible au jeu », ajoute Bernard Fortin.Avec les deux «Alex » du Vrai monde ?, je cause de la configuration parfois compliquée des horaires de comédiens.Et de l\u2019incertitude du statut de pigiste.«Ce n\u2019est pas avec le théâtre qu\u2019on devient riche, lâche Normand D\u2019Amour.Une chance que ma blonde travaille parce que depuis quelques années, je rame en estie.Il n\u2019y a pas de continuité.Par exemple, cette semaine, je fais du doublage.Je n\u2019ai pas le choix.» Qui gagne combien au théâtre?Une chose est certaine, c\u2019est que personne n\u2019y devient riche.C\u2019est à chaque agent de négocier le cachet de son poulain.Des différences salariales, il y en a donc, mais qui se calculent en termes de dizaines de dollars.Pas suffisamment pour causer de la jalousie.«Cela dépend de ton ancienneté, de si tu es le premier choix du metteur en scène\u2026 Mais on ne verra jamais un comédien faire le double du salaire des autres », dit Normand D\u2019Amour.Même s\u2019ils ne rechignent pas à faire des voix off, des téléséries, de la narration, Fortin et D\u2019Amour s\u2019entendent pour affirmer que dans un monde idéal, ce serait le théâtre qui l\u2019emporterait.«Ici, chez Duceppe, c\u2019est ma deuxième famille.C\u2019est mon 14e show ici », lance Normand D\u2019Amour.Le look sixties « En ce moment, on retrouve dans les magasins plusieurs éléments qui font très «années 60.» J\u2019ai donc déniché plusieurs accessoires chez Simons, par exemple », explique Sarah Balleux, la conceptrice des costumes.Cette dernière disposait d\u2019un budget d\u2019environ 10 000$ pour créer les « looks » vestimentaires des personnages du Vrai monde ?.Presque 80% des costumes ont été confectionnés sur mesure.«Comme ils partent en tournée, ça nécessitait des doubles.Il ne faut pas que ça paraisse, lorsqu\u2019une robe a été lavée 80 fois.» Sarah Balleux a trouvé l\u2019inspiration pour les costumes du Vrai monde ?dans des livres de mode de la bibliothèque de l\u2019École nationale de théâtre.Elle y a même trouvé un catalogue Vogue de patrons, datant de 1966.«Je pensais à la madame qui, dans les années 60, s\u2019achetait un métrage de tissu pour se faire une robe.C\u2019est cette simplicité qu\u2019on cherchait.» Le week-end précédent l\u2019avant-première est toujours une période d\u2019angoisse pour les membres d\u2019une production.«C\u2019est l\u2019un des rares métiers où l\u2019expérience n\u2019est pas nécessairement bénéfique et où l\u2019inconscience n\u2019est pas une tare », dit René Richard Cyr.Émilie Bibeau a d\u2019abord été coachée par le concepteur demaquillage François Cyr, pour exécuter le maquillage d\u2019inspiration sixties de son personnage.Chronologie du Vrai monde?\u2022 Semaine du 8 au 13 octobre / Enchaînements dans la salle de répétition du théâtre Jean-Duceppe.\u2022 Semaine du 15 au 20octobre / Enchaînements dans «l\u2019entrepôt », situé dans l\u2019est de Montréal, avec le plus d\u2019éléments de décor possible.\u2022 Semaine du 22 au 27 octobre / Retour à la salle de répétition pour les enchaînements / Création des maquillages avec François Cyr / Entrée en salle / Premier enchaînement sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe, avec décors, costumes et maquillages.\u2022 Semaine du 29 octobre au 2 novembre / Enchaînements en salle, avec quelques spectateurs / Avant-première le mercredi / Première médiatique le vendredi.\u2022 Du 31 octobre au 8 décembre / Représentations au théâtre Jean-Duceppe.\u2022 Printemps 2008 / Tournée au Québec.PHOTOS BERNARD BRAULT, LA PRESSE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 Le vrai monde?de Michel Tremblay mise en scène de René Richard Cyr www.duceppe.com DU 31 OCTOBRE AU 8 DÉCEMBRE Benoît McGinnis Émilie Bibeau Normand D\u2019Amour Josée Deschênes Bernard Fortin Marie-France Lambert Milène Leclerc décor Pierre-Étienne Locas costumes Sarah Balleux éclairages Étienne Boucher musique Alain Dauphinais accessoires Normand Blais en collaboration avec 3515743A 3515747 D\u2019 EUGÈ NE IONESCO MISE EN SCÈNE JEAN-GUYLEGAULT UNE PRÉSENTATION avec: MARC BÉLAND / ANNICK BERGERON / GENEVIÈVE BÉLISLE / LUC BOURGEOIS / ÉRIC CABANA / VINCENT CÔTÉ / MICHÈLE DESLAURIERS / BENOÎT GIRARD / DIANE LAVALLÉE / ÉVELYNE ROMPRÉ / ALAIN ZOUVI assistance à la mise en scène et régie NATHALIE GODBOUT H les concepteurs RICHARD LACROIX H MYCO ANNA H ERWANN BERNARD H YVES MORIN H JOËL MELANÇON H YVES LABELLE H VINCENT MORISSET H ALAIN JENKINS H FLORENCE CORNET H RACHEL TREMBLAY DÈS LE 20 NOVEMBRE HH WWW.TNM.QC.CA HH 514.866.8668 3519774A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Le titre évoque un jeu d\u2019enfant.Mais ne vous y fiez pas : dans Roche, papier, couteau., les enfants débarquent par conteneur dans un Nord imaginaire.Dans la nouvelle création du Théâtre I.N.K, il est question d\u2019enfance, de déracinement, mais surtout de souffrance.L\u2019auteure Marilyn Perreault, le metteur en scène Marc Dumesnil, la comédienne et codirectrice artistique Annie Ranger, vus à l\u2019oeuvre dans Les apatrides, racontent.ANABELLE NICOUD Roche, papier, couteau\u2026 raconte l\u2019arrivée dans un village du Grand Nord de cinq enfants.Clandestins, les jeunes viennent de passer un mois dans un conteneur.L\u2019un d\u2019entre eux est mort au cours du voyage.À leur arrivée, ils se comportent, selon Annie Ranger, comme des «bêtes traquées».Annie Ranger joue l\u2019un de ces enfants, Ali.Ali a 11 ans, «c\u2019est celle qui boxe », précise-t-elle.Dans la meute se trouvent aussi Iourded (Eloi Archambaudoin), Nox (David-Alexandre Després) et Lonele (Marilyn Perreault).«Il y a un traumatisme chez ces enfants, qui ont voyagé avec le corps de l\u2019enfant mort», estime Annie Ranger.À leur arrivée, une femme professeur, Mielke (Ève Gadouas), prend les enfants sous son aile, leur apprend la langue du Nord.«Mielke se rend compte rapidement que ce sont des jeunes très bizarres.Ils ont un jeu, roche, papier, couteau, mais aussi quelque chose qui va mettre la population en danger», précise Marilyn Perreault.Suspense, donc.Roche, papier, couteau\u2026 se passe sous tension, dans un lieu clos.«Je me suis obligée à mettre les cinq personnages dans une boîte», poursuit Marilyn Perreault.Au metteur en scène, Marc Dumesnil, de «dynamiser » l\u2019action.Comme dans les maisons du Nord, le plancher de la scène sera penché.Une traduction scénique du déséquilibre des personnages.«Je voulais qu\u2019on justifie le plancher incliné.Il y a un déséquilibre des personnages, mais je voulais qu\u2019il y ait plus», dit-il.«Le théâtre I.N.K travaille l\u2019image et le mouvement, et ici, les corps sont toujours déséquilibrés et tout croches », complète Marilyn Perreault.Pour perdre les repères des personnages comme des spectateurs, Marilyn Perreault a créé un français un peu dyslexique pour les ressortissants de ces pays lointains et imaginaires.Mielke, le personnage central de la pièce, reconnaît la langue de son pays, la Brusquie, dans la langue de ses enfants.Elle aurait aimé continuer à renier ses origines.C\u2019est impossible.«La pièce n\u2019est pas calquée sur les réalités du Grand Nord, expliqueAnnie Ranger.Lapièce est une impression, imaginaire.» Marilyn Perreault a séjourné dans le Grand Nord il y a plusieurs années.De ses voyages, elle a gardé des sentiments, des impressions, qui ont nourri son imaginaire, pour parler de la souffrance.«Dans le climat du Nord, il y a quelque chose d\u2019âpre, de rude.Il y a la roche, la glace.Les fleurs qui essaient de pousser sur la toundra, elles ont des pics! Elles sont hyper protégées», se souvient-elle.Dans Roche, papier, couteau\u2026 il sera question de sentiments, et d\u2019impressions.«Il y a quelque chose qui va se déposer chez le spectateur.Les gens vont être amenés à réfléchir à un sujet à la toute fin du spectacle.Ce spectacle fonctionne comme un suspense, mais j \u2019ai l\u2019impression qu\u2019on va se demander c\u2019est quoi cette tragédie-là», conclut Marilyn Perreault.Roche, papier, couteau\u2026 au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, du 6 au 24 novembre.Roche, papieR, couteau.Les états d\u2019âme nordiques PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © Roche, papier, couteau.Un jeu innocent ?La dramaturge Marilyn Perreault, le metteur en scène Marc Dumesnil et la comédienne Annie Ranger donnent vie à des personnages troublés dans la nouvelle création du Théâtre I.N.K.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 3508454A 3513020A CASSE-NOISETTE JOUR APRÈS JOUR JUSQU\u2019À PARTAGEZ LA MAGIE DE NOËL EN OFFRANT UN CHÈQUE-CADEAU 514.849.0269 COMMANDITAIRE DE SAISON DU 15 AU 30 DÉCEMBRE 2007 14H ET 19H30 PLUS DE 100 DANSEURS, 150 PERSONNAGES ET 234 COSTUMES SUR SCÈNE LECTURE DU CONTE UNE HEURE AVANT CHAQUE REPRÉSENTATION (GRATUIT) AVEC L\u2019ORCHESTRE DES GRANDS BALLETS BILLETS POUR ENFANTS À PARTIR DE 17$ GROUPES 514.849.0269 ExTRAITS VIDÉO AU www.GRANDSBALLETS.COM DE FERNAND NAULT 3518878A Dimanche 17 février 19h EN VENTE AUJOURD\u2019HUI ÀMIDI 3519945A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE DANS LA TROUPE ANABELLE NICOUD THÉÂTRE DÉCALAGE 1 Jean-Pierre Scantamburlo.« Socrate est un personnage peu conformiste.Il a une mission, et c\u2019est d\u2019offrir la vérité, et de faire parler les hommes.Il décide de vérifier ce qu\u2019est la sagesse, et il se rend compte que ceux qui sont les Sages ne sont pas les plus sages.Dans son voyage, il rencontre des êtres, du plus modeste au plus puissant.Socrate, c\u2019est un rebelle, dans toute l\u2019acception du terme.Il va poser des questions et ne pas se laisser endormir », raconte le comédien.Pour cette production, il reprend le rôle qu\u2019il a tenu en Europe.« Ce qui m\u2019a intéressé, c\u2019est de faire des pièces de l\u2019Est, du théâtre de résistance.Je me suis toujours tenu du côté des contestataires de mon temps », dit-il.2 Nicole-Sylvie Lagarde.« Xanthippe trouve que son mari parle trop.À cette époque, les femmes en supportaient beaucoup.Et si elle ne réfléchissait pas comme son mari, Xanthippe est aussi brillante, elle est dans l\u2019action, la force, l\u2019énergie.Ses valeurs sont très ancrées en elle.Ça me fait rigoler, la réputation de méchante qu\u2019on lui donne », détaille Nicole-Sylvie Lagarde.3 Peter Batakliev.Le personnage du gardien est un personnage de fiction.C\u2019est celui qui débloque toute la proposition.En tant que metteur en scène, j\u2019essaie de comprendre qui est le gardien.Comme comédien, je trouve que c\u2019est quelqu\u2019un qui a beaucoup vécu.Il a exécuté beaucoup de monde, et il est lui-même victime du système.C\u2019est quelqu\u2019un de sensible, qui écrit, qui sculpte.Toute sa vie, il s\u2019est pris lui-même pour Socrate.Ce personnage porte en lui une sagesse », estime Peter Batakliev.« C\u2019est un texte qui a été écrit dans les années 80 en Bulgarie communiste.C\u2019était révolutionnaire pour le temps.Mais il est très actuel pour nous, en Amérique du Nord.La réflexion qu\u2019il amène est nécessaire.Peut-être que ce serait bien de se poser quelques questions, notamment sur comment on exerce la démocratie.» Théâtre Décalage présente La dernière nuit de Socrate, de Stefan Tsanev, dans une mise en scène de Peter Batakliev, à la salle Fred-Barry du 6 au 24 novembre.PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Jean-Pierre Scantamburlo dans le rôle de Socrate Nicole-Sylvie Lagarde dans le rôle de Xanthippe Peter Batakliev dans le rôle de Phytias, gardien de la prison lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 RIEZENCORE.COM CONDAMNÉ À L'EXCELLENCE SUPPLÉMENTAIRES DU 10 AU 26 JUILLET 2008 SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACEDES ARTS 514 842.2112 \u20221866 842.2112 ADMISSION.COM \u2022514 790.1245 « C'EST UN PHÉNOMÈNE.J'ai rarement passé une soirée de cette qualité-là.J'ai même pas pensé à fumer! Il va falloir que j'y retourne! » Louise Cousineau, 98,5 FM « C'est un spectacle très très dense.Il y a du matériel là-dedans.Ça défoule.ÇA FAIT UN BIEN FOU.» Alexandra Diaz, TVA « C'était excellent.ON A RIT AUX LARMES.On a été émus.Il dit des énormités (\u2026) mais ça passe comme une tonne de briques.C'est tout un spectacle.» Daniel Daignault, 98,5 FM « C'est SOLIDE pas à peu près.» Patrice l'Écuyer, Rythme FM « Il a ce sens du timing.Il joue toujours sur la fine ligne de l'insupportable.C'est là la grande virtuosité de Martin Matte.Il va très très très très loin.JUSTE EXCELLENT.» Catherine Perrin, Radio-Canada « Son nouveau spectacle CONDAMNÉ À L'EXCELLENCE porte bien son nom.» Claude Deschênes, Radio-Canada « En humour, Martin Matte excelle.ON EN REDEMANDE, on applaudit, on rit.» Marie-Christine Trottier, Radio-Canada « UN SHOW À VOIR.Martin Matte, il est unique.Je trouve ça plein d'audace.» Simon Durivage, RDI MARTINMATTE.COM 3520053A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE CETTE SEMAINE Le problème avec moi, à l\u2019Espace Libre, du 6 au 24 novembre.La dernière nuit de Socrate, à la salle Fred-Barry, du 6 au 24 novembre.Roche, papier, couteau, à la salle Jean- Claude-Germain, du 6 au 24 novembre.Un simple soldat, au Théâtre Denise- Pelletier, du 6 novembre au 4 décembre.Ten Days on Earth, à la Cinquième salle de la Place des Arts, du 10 au 13 novembre et du 13 au 17 novembre.SYLVIE ST-JACQUES «La première chose qui m\u2019a fascinée chez Denis Marleau, c\u2019est son approche du langage», dit celle qui a été initiée à la création «ubuesque» avec Roberto Zucco (de Koltès) en 1993.On sait qu\u2019au fil des ans, Denis Marleau a tordu les mots de toutes les manières.«À travers son expérience du surréalisme, par exemple, il a fait livrer aux mots tout ce qu\u2019ils possédaient », rappelle Christiane Pasquier.«Denis Marleau, qui est fasciné par la question du double, a imaginé Iago et Othello comme l\u2019ombre et la lumière.En choisissant cette voie, il entre dans la corrélation entre la parole, le langage et la psychanalyse.On se construit par la parole.Sans la langue, il n\u2019y a rien.» Sur la vaste scène de l\u2019Usine C, les Ruddy Sylaire (Othello), Pierre Lebeau (Iago), Éliane Préfontaine (Desdémone) et Christiane Pasquier (Émilia) revisiteront la tragédie d\u2019Othello, traduite par Normand Chaurette.Pour cette pièce écrite en 1604, Marleau a mis à profit cette épuration du texte.Façon de revenir à la base du drame de Iago, anéanti par la trahison d\u2019Othello, le chef des armes de Venise, aux secrètes manigances de Desdémone et Othello, aux renversements des rôles\u2026 Le but, toujours le même : rendre le personnage immédiatement accessible au spectateur, en évitant le plus possible la « contamination» par le système de références de l\u2019acteur.«Nous sommes des porteurs de textes, non pas des commentateurs », souligne Christiane Pasquier.Othello, poursuit la comédienne, est une pièce sur la contamination par la pensée.Sur la façon dont un personnage agit sur un autre par ses seules paroles.«On se fait une idée de l\u2019époque élisabéthaine, avec des films comme Shakespeare in Love.Mais en lisant Shakespeare, on a l\u2019impression de pénétrer dans les terres, dans la noirceur, on n\u2019imagine pas le Soleil.Même si le texte et le jeu sont épurés, cette ambiance demeure.On conserve l\u2019essentiel de Shakespeare.» Pour Pasquier, cette «purge absolue» du langage s\u2019est avérée une révélation.Une approche qu\u2019elle tente de transmettre à ses étudiants des classes de théâtre, qu\u2019elle a retrouvée avec bonheur dans Othello.«Le spectacle va loin, dans le dénuement.Si bien qu\u2019il n\u2019y a plus de frontière entre la représentation et la répétition, entre la coulisse et la scène.» Shakespeare a été revu, relu, revisité des milliers de fois.Mais prendre la voie du langage, du respect des mots, du rythme de la phrase, est peut-être la façon de toucher à l\u2019essence de l\u2019immortelle tragédie shakespearienne.Othello, deWilliam Shakespeare, traduction de Normand Chaurette, mise en scène et scénographie de Denis Marleau, jusqu\u2019au 24 novembre à l\u2019Usine C.OTHELLO Shakespeare unplugged Peut-on réinventer Othello?Il semble que oui.Si on s\u2019appelle Denis Marleau, les mots de Shakespeare ont bien meilleur goût lorsqu\u2019ils sont mis à nu.Christiane Pasquier, comédienne qui depuis longtemps pratique le directeur d\u2019Ubu, nous parle de cette plongée au fond de la langue shakespearienne.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © «Le spectacle va loin, dans le dénuement.Si bien qu\u2019il n\u2019y a plus de frontière entre la représentation et la répétition, entre la coulisse et la scène », explique Christiane Pasquier, qui campera Émilia dans la tragédie Othello.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 B i l l e t t eri e : 514-490-9613 # 101 www.admission.com ALBUMDISPONIBLE Daniel Lavo ie 21, 22 et 23 NOVEMBRE 07 À20H ESPACEDELL\u2019ARTE 40,RUE JEAN-TA LONEST Collaboration artistique : Néry Conception lumière et scénographie : Pyer Desrochers 3519214A 3519039A VENDREDI 16 NOVEMBRE \u2022 20 h SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA THE FRONTIERS WORLD TOUR BILLETS BILLETTERIE CENTRALE DU FESTIVAL MÉTROPOLIS 59, rue Sainte-Catherine Est HÔTEL OFFICIEL Automne 2007 CORAL EGAN ET SOPHIE MILMAN COOK JESSE AVEC LA PARTICIPATION SPÉCIALE DE De bons billets encore disponibles.3518869A TRIO ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE 1 2 3 DES PARTS DU QUAT\u2019SOUS Dans quelques semaines, les murs de l\u2019actuel Quat\u2019Sous tomberont sous le pic des démolisseurs.Avant d\u2019être réduit en poussières et rebâti à neuf, le théâtre de l\u2019avenue des Pins en profite pour liquider quelques objects et souvenirs.Les 10 et 11 novembre, le public est donc invité à un Encan/Grande vente de débarras où seront vendus au plus offrant des lustres, portes en vitraux, sièges de théâtre, lustres et autres menus objets.De 12h à 17h, au 100, avenue des Pins Est.UNE LOGEPOUR ANDERSEN SUR EBAY Vous étiez résigné à louper le retour sur la scène du TNM du Projet Andersen de Robert Lepage, avec Yves Jacques en solo?Il vous reste peut-être une ultime chance d\u2019assister à ce spectacle qui joue à guichets fermés.Le TNM a mis sur les enchères de eBay une loge VIP pour quatre personnes, pour la dernière représentation de la pièce, le 10 novembre.Les profits seront versés à la Fondation du TNM.THÉÂTRE ÉCOLO Parler des impacts de la pollution industrielle et de la consommation responsable aux ados, voilà une mission qui est juste et bonne.Trop tard\u2026, du Théâtre Ébouriffé, entend sortir de la didactique habituelle pour sensibiliser le jeune public de 13 ans et plus.Mis en scène par Reynald Robinson, ce texte d\u2019Anne-Marie Olivier fera ses débuts le 12 novembre à la Biosphère d\u2019Environnement Canada avant de partir en tournée dans les écoles du Québec.SYLVIE ST-JACQUES Yves Jacques lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 VERSION FRANÇAISE NOUVELLE PRODUCTION LE CAPITOLE DE QUÉBEC présente Une comédie musicale d\u2019ALAIN BOUBLIL et de CLAUDE-MICHEL SCHÖNBERG D\u2019après l\u2019oeuvre de VICTOR HUGO EN VENTE LU NDI 9HEURES EN EXCLUSIVITÉ AU THÉÂTRE CAPITOLE DÈS LE 27 JUIN 2008 1 800 261-9903 \u2022 www.admission.com MUSIQUE CLAUDE-MICHEL SCHÖNBERG \u2022 PAROLES HERBERT KRETZMER \u2022 TEXTES FRANÇAIS ORIGINAUX ALAIN BOUBLIL et JEAN-MARC NATEL \u2022 TEXTES ADDITIONNELS JAMES FENTON ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE ORIGINALE TREVOR NUNN et JOHN CAIRD \u2022 ORCHESTRATIONS JOHN CAMERON \u2022 UNE PRODUCTION ORIGINALE LONDONIENNE DE CAMERON MACKINTOSH et THE ROYAL SHAKESPEARE COMPAGNY 3519067A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SUR LES PLANCHES MUM, ce soir au National.THE CLICKS, ce soir auGymnase.TRAINZ, lundi au ClubSoda.EL MOTOR, lundi au Cabaret Juste Pour Rire.DROP DEAD&GORGEOUS, mardi au National.URBAIN DESBOIS, mardi au Lion d\u2019or.LE HUSKY ET CHOCOLAT, mercredi au Cabaret Juste Pour Rire.BAND OF HORSES, jeudi à LaTulipe.PLUME LATRAVERSE, jeudi ClubSoda.DEE, vendredi à LaTulipe.Le Husky ALEXANDRE VIGNEAULT HAUT-PARLEURS C\u2019était en 1993.On avait 20 ans et pas grandchose de québécois à se mettre dans les oreilles.On s\u2019apprêtait à découvrir Les Colocs, on écoutait encore L\u2019amour est sans pitié, paru trois ans auparavant, et on en avait marre de Vilain Pingouin.Déjà accro de la chanson Your Friend, on attendait avec fébrilité le premier disque de Me, Mom & Morgentaler.Et quand il est arrivé\u2026 on est parti en orbite.Shiva Space Machine, qui vient tout juste d\u2019être réédité, occupe une place spéciale dans mon parcours de chroniqueur musical : c\u2019est le premier lancement de disque que j\u2019ai couvert.Ma deuxième entrevue à vie.Gus Coriandoli m\u2019avait accordé quelques minutes, dans la pénombre des Foufs.J\u2019étais impressionné.Tout ce dont je me rappelle, c\u2019est qu\u2019il m\u2019avait expliqué avoir choisi le réalisateur Glen Robinson, plutôt associé au métal, parce qu\u2019il fallait un gars capable d\u2019effrayer les neuf membres du groupe pour les forcer à jouer en même temps\u2026 Réentendre Shiva Space Machine presque 15 ans plus tard, c\u2019est bien sûr se rappeler une période de morosité extrême où la musique d\u2019ici commençait à peine à se relever.Surtout, c\u2019est se rappeler le symbole qu\u2019a été Me, Mom & Morgentaler : un défricheur pour la scène underground et un délirant laboratoire linguistique et culturel.Ses membres venaient de partout, s\u2019exprimaient principalement en anglais, mais chantaient aussi en espagnol et en français.Sans y être contraints par la loi.E t p u i s, Me , Mom & Morgentaler, c\u2019était la fête à tout coup.Les trash mémorables aux Foufs, au Clandestin et, lors du tout dernier concert, dans un Métropolis survolté.C\u2019était notre cirque ska-punk à nous.Qu\u2019en reste-t-il ?Des chansons qui, dans l\u2019ensemble, me semblent avoir bien vieilli, comme Your Friend, Pepita La Pistolera et Oh Well.Pas sûr, par contre, que Everybody\u2019s Got AIDS trouvera un écho dans notre société de moins en moins effrayée par le sida.Gus, Kim, Bix, John, Matt, Sid, Noah et JB remontent sur scène les 14, 15, et 16 novembre au Club Soda.C\u2019est là qu\u2019on saura si ça passe ou ça casse.Personnellement, je crains un peu de me retrouver dans un party de vieux de mon âge.Kim et Matt se produisent demain au Verre Bouteille où, après avoir interprété leurs nouvelles chansons respectives, ils doivent reprendre quelques succès de Me, Mom.J\u2019irai peut-être faire un tour.Histoire de me préparer au choc.Malajube à emporter On vous a déjà parlé de Concerts à emporter.Après Arcade Fire dans un monte-charge de l\u2019Olympia, voilà que la caméra de ce site français croque Malajube dans les rues et dans le métro de Paris.Trois clips et quatre chansons au total: Montréal \u2013 40, La monogamie, Étienne d\u2019août et Ton plat favori.Le début est plutôt brouillon.Peu à peu, le groupe se laisse prendre au jeu.En particulier Julien Mineau qui, en quittant la place de la République, se met à fredonner du Joe Dassin\u2026 Figurants parfaits, les Parisiens font mine, dans tous les clips, de ne pas voir les musiciens.«Un passage de Malajube dans le métro de Montréal ne laisserait personne indifférent», commente d\u2019ailleurs un internaute.Un Québécois, sans doute.Non, en effet.Pourquoi pas un petit Montréal \u2013 40 au métro Berri-UQAM au mois de janvier?COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : avigneau@lapresse.ca Me, Mom et Moi Me, Mom&Morgentaler a été un défricheur pour la scène underground et un délirant laboratoire linguistique et culturel.PAUL JOURNET «Vivre sans temps mort et jouir sans entrave.» C\u2019était un des credo des bizarroïdes situationnistes.C\u2019est aussi celui que reprend Richard Terfry, alias Buck 65, dans son nouveau disque, Situation.Le Néo-Écossais a passé les deux dernières années à Paris.De là vient l\u2019inspiration du disque.Tout a commencé par sa rencontre avec une certaine Claire.Sa future copine, et l\u2019arrière-petite-fille du peintre Francis Picabia, un des fondateurs du dadaïsme.«Elle m\u2019a fait découvrir ses peintures et ses sculptures, raconte Terfry.J\u2019ai ensuite découvert le situationnisme, un mouvement qui a émergé du dadaïsme en 1957.Une de leurs principales idées, c\u2019est que l\u2019ennui doit être combattu à tout prix.N\u2019est-ce pas la pire des choses, l\u2019impression de perdre son temps?» Cette crainte traverse Situation.Car Buck 65 s\u2019ennuie un peu en 2007.«Pour être bien honnête, je trouve notre époque monotone.On est bombardés par tellement de stimuli qu\u2019on est devenus insensibles.Le mystère manque.Plus rien ne réussit à nous ébranler.À Pop Montréal le mois dernier, un conférencier m\u2019expliquait que d\u2019ici quelques années, nos ordinateurs personnels pourraient contenir toute l\u2019histoire de la musique.Tout risque de se perdre dans cet immense bruit culturel.» Terfry préfère 1957.Les 15 chansons de Situation nous ramènent à l\u2019instabilité de cette époque.Le rock\u2019n\u2019roll qui explose avec Buddy Holly et Elvis Presley.L\u2019émergence de la beat generation.L\u2019ascension puis la chute dans l\u2019oubli de Bettie Page.Le choc de Spoutnik et la course à l\u2019espace, et d\u2019autres événements qui éclatent sur fond du conservatisme d\u2019après-guerre.Tous ces événements se retrouvent dans les nouveaux textes de Terfry.Mais il ne se borne pas à les raconter non plus.«J\u2019écris plutôt sur ce que m\u2019inspirent ces événements, explique Terfry.Sur l\u2019idée ambiante de cette époque où tout était possible, où le changement semblait nécessaire.» Par exemple, la chanson Ho-Boys transpose les hoboes \u2013 vagabonds d\u2019alors \u2013 dans le monde hip-hop d\u2019aujourd\u2019hui.Hip-hop au « il » Musicalement, Situation est son disque le plus hip-hop.Et aussi celui avec les textes les plus abstraits et impersonnels.Une coïncidence?«Je ne sais pas, répond-il.En fait, deux raisons l\u2019expliquent.La première, c\u2019est ma nouvelle collaboration avec le DJ montréalais Skratch Bastid (Paul Murphy).Dans mes derniers disques, j\u2019expérimentais avec des cordes et différentes textures pour ajouter plus d\u2019émotion.Cette fois, les beats de Bastid me ramènent à une musique plus sobre et axée sur les échantillonnages.» L\u2019autre raison se trouve dans les plaies non cicatrisées de ses deux derniers disques.« Secret House Against The World et Talkin\u2019 Honky Blues étaient très émotifs et sombres.Encore aujourd\u2019hui, c\u2019est difficile pour moi de les écouter.Il y a trop de douleur là-dedans.Situation marque une rupture.C\u2019est mon disque le moins personnel.Peut être était-ce nécessaire.Grâce à ce recul, j\u2019ai recommencé il y a quelques semaines à écrire mes textes les plus introspectifs à vie.» Probablement qu\u2019ils contiennent le même thème qui revient dans Situation et dans tous ses autres disques : le baseball.Sa véritable passion.Quand il avait 16 ans, des dépisteurs des Yankees l\u2019avaient remarqué.L\u2019arrêt-court espérait se rendre dans les ligues majeures.Mais une blessure au genou gauche et une autre à l\u2019épaule droite ont mis fin à ses rêves.«Le baseball a beaucoup influencé ma façon de voir les choses, et par conséquent ma musique, raconte-t-il.L\u2019écrivain John Donne disait qu\u2019aucun homme n\u2019est une île.C\u2019est faux au baseball.Le lanceur sur son monticule, le frappeur au marbre ou le voltigeur au champ sont tous isolés.Ça les laisse seuls avec leurs pensées et leurs stratégies.Pour anticiper le jeu, chacun doit développer son empathie \u2013 la capacité d\u2019entrer dans la tête d\u2019un autre pour comprendre ce qu\u2019il pense et ce qu\u2019il ressent.C\u2019est un peu mon travail d\u2019artiste.» DU BASEBALL AU DADAÏSME PHOTO FOURNIE PAR WARNER MUSIC «Secret House Against The World et Talkin\u2019 Honky Blues étaient très émotifs et sombres.Encore aujourd\u2019hui, c\u2019est difficile pour moi de les écouter.Il y a trop de douleur là-dedans.Situation marque une rupture.C\u2019est mon disque le moins personnel », dit Richard Terfry, alias Buck 65.ENTREVUE BUCK 65 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Après la finesse et l\u2019introspection déchirante de Secret House Against The World, Buck 65 revient à un hip-hop plus cru et abstrait avec Situation.Un nouveau disque qui se passe en 1957.Discussion sur le dadaïsme, le baseball et l\u2019impression d\u2019être né à la mauvaise époque.« Pour être bien honnête, je trouve notre époque monotone.On est bombardés par tellement de stimuli qu\u2019on est devenus insensibles.» HIP-HOP BUCK 65 Situation Warner Music lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 3519217A 3520054A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE RADIOGRAPHIE D\u2019UN GROUPE ALEXANDRE VIGNEAULT ÉLÉPHANTINE 1 Maxime Desbiens-Tremblay.Connu pour ses rôles à la télé (Ramdam) et au cinéma (À vos marques.Party !), il a commencé à jouer de la guitare à 11 ans.«Vers 14-15 ans, je me suis mis à jouer du blues, dit-il.Après, j\u2019ai eu envie de faire mes tounes pour triper.Ça fait environ un an que le band est formé.» Éléphantine est complété par André Pelletier (guitare solo), Marc-André Pételle (batterie), Pierre-Alexis Gourde- Bouthillier (piano-électro) et, un nouveau venu, Julien Simard (basse).2 Éléphant volant.«Oui, c\u2019est vrai qu\u2019on a une approche plus esthétique, même si en show ça peut être plus rock.Là, il y a les nouveaux Radiohead et Cinematic Orchestra qui sont sortis, et ça nous fait vraiment beaucoup triper.On a quand même tous un background grunge, mais c\u2019est sûr que les gens viendront pas trasher à notre show, c\u2019est plus ambiant.» Maxime cite également l\u2019influence d\u2019Air, de Notwist et de Jérôme Minière.3 De l\u2019écrit imagé.«On n\u2019est pas très engagés, plutôt imagés.Daniel Bélanger, c\u2019est une de nos grosses influences.Ses tounes marchent dès la première écoute, mais quand tu lis les paroles, tu comprends des choses que tu n\u2019avais pas comprises, dit-il.On aime ça s\u2019amuser avec les mots, on commence à trouver notre formule et on tripe de plus en plus à écrire en français.Parce qu\u2019on aime faire des tounes instrumentales aussi.» 4 Concert à l\u2019Esco.«On a une heure.Pendant la première partie du show, c\u2019est plus l\u2019autre guitariste et moi qui allons faire des tounes en formule acoustique.Ensuite, le band électrique va embarquer.» Éléphantine prévoit enregistrer son premier minialbum cet hiver et le lancer au printemps.Éléphantine, mardi 21h, à l\u2019Esco, avec Esker Mika.Maxime Desbiens-Tremblay Chanteur André Pelletier Guitare Julien Simard Basse Pierre-Alexis Bouthillier Piano-électro Marc-André Pételle Batterie PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll C L A S S IQUE CHAPELLE HISTORIQUE DU BON.PASTEUR Marianne Lambert, soprano.Grieg, Debussy, Poulenc, Schubert, Verdi : 20 h.POLLACK HALL .Université McGill) Orchestre symphonique de McGill.Dir.Alexis Hauser.Graham Lord, clarinettiste.Symphonies d\u2019instruments à vent (Stravinsky), Concerto pour clarinette (Copland), Symphonie no 3 (Eroica) (Beethoven) : 20 h.REDPATH HALL .Université McGill) Orchestre baroque Arion.Dir.Gary Cooper.Anna-Maria Panzarella, soprano.Handel, Porpora, Vinci : 20 h.SALLE WILFRID.PELLETIER .Place des Arts) RoméoetJuliette (Gounod).Opéra deMontréal.MarcHervieux,ténor, MaureenO\u2019Flynn,soprano.Miseenscène:MichaelCavanagh.Choeur de l\u2019OdMetOrchestreMétropolitain.Dir.Jean-YvesOssonce: 20h.DA N S E AgORA DE LA DANSE Lost Action : 20 h.TANgENTE Génération bigarrée : 19h30.THéâTRE mAISONNEUvE .Place des Arts) Cendrillon : 20 h.VA R I É T É S CABARET DU CASINO DE mONTRéAL Bruno Pelletier : 20h30.CABARET DU mUSéE jUSTE POUR RIRE Daran, Louis et le voyageur : 20h30.CENTRE CULTUREL DE jOLIETTE Les 3 ténors de l\u2019humour : 20 h.KOLA NOTE Spectacle costumé : 20 h.LE NATIONAL Mum + Hauschka + tom Brosseau : 21 h.LION D\u2019OR Cabaret de la saison : 20h30.L\u2019OLymPIA DE mONTRéAL Boogie Wonder Band.CINQUIèmE SALLE .Place des Arts) Pleine Lune : 20 h.SALLE ANDRé.PRévOST Richard Séguin : 20 h.SALLE PAULINE.jULIEN Claire Pelletier : 20 h.STUDIO.THéâTRE .Place des Arts) Martine Francke : 20 h.THéâTRE DE LA vILLE .Salle Pratt & Whitney) Zachary Richard : 20 h.THéâTRE LIONEL.gROULx Marie-Élaine Thibert : 20 h.THéâTRE SAINT.DENIS MartinMatte, salle 1 : 20 h, Jean-François Mercier, salle 2 : 20 h.TOHU .LA CITé DES ARTS DU CIRQUE Amélie Lefebvre : 20 h.SPECTACLES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 3518227A 3518228 3520107A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ENTRACTE entracte@lapresse.ca EN HAUSSE.EN BAISSE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le jeune bagarreur et le jeune plongeur.Ils ne viennent peut-être pas du même milieu, mais les deux se sont retrouvés assez tôt sous les projecteurs.À 14 ans, Maxime Desjardins-Tremblay, découvert récemment dans le film Le ring, est aussi un redoutable boxeur pour son âge.Quant à Alexandre Despatie, on connaît déjà ses prouesses au plongeon et ses incursions au cinéma.Étonnante, la ressemblance des coupes de cheveux, des nez et des sourires.Merci à André Ouellet pour la suggestion.Maxime Desjardins-Tremblay BRIGITTE HAENTJENS Lundi dernier, la metteure en scène a reçu la plus haute récompense en théâtre canadien: le prix Siminovitch, doté d\u2019une bourse de 100 000$.La semaine précédente, laMontréalaise gagnait aussi le prix Gascon-Thomas de l\u2019École nationale de théâtre.Elle est notamment connue pour son travail dans Mademoiselle Julie etQuartett, pièces maintes fois primées au gala des Masques, respectivement en 2001 et en 1996.Elle travaille présentement avec Jean-Marc Dalpé sur Anéantis, une adaptation de Blasted, qui mettra en vedette Paul Ahmarani, Céline Bonnier et Roy Dupuis au printemps 2008.Alexandre Despatie (15 ans) TQS Noire semaine pour le Mouton de la télé.La chaîne a supprimé 40postes sur 645, la plupart dans ses bureaux deMontréal et de Québec.L\u2019annonce arrive le lendemain de l\u2019assemblée annuelle de Cogeco, qui détient 60% des actions de la chaîne.TQS, qui est déficitaire, assure que ces suppressions n\u2019auraient toutefois rien à voir avec sa possible mise en vente par Cogeco et CTVglobemedia.Son bureau de Québec perd une quinzaine d\u2019employés sur les 75 qu\u2019il compte présentement.Résultat, l\u2019émission matinale Caféine ne présentera plus de capsules venant de Québec ou des régions duQuébec.Toutes les nouvelles proviendront deMontréal.ALEXANDRE VIGNEAULT Tremolo, ça sonne une cloche?Fin août 1999, ce groupe à peu près inconnu étonnait avec un album de pop onirique intitulé Faites l\u2019amour aux fleurs.L\u2019aventure n\u2019a toutefois pas duré : trois ans plus tard, après la parution de Romantisme hermétique et l\u2019arrivée du bassiste Guillaume Devins-Duclos, le groupe éteignait ses amplis.De ses cendres bien froides émerge aujourd\u2019hui El Motor \u2013 une anagramme de Tremolo.La remise au point aura duré six ans.«Juste le temps que Guillaume apprenne à jouer de la basse», blague Pierre-Alexandre Bouchard, chanteur et guitariste.En vérité, El Motor a pris tout son temps pour déterminer la voie qu\u2019il voulait emprunter.Fred Filo, autre ancien de Tremolo, tient la guitare et parfois les claviers.Derrière la batterie, un nouveau venu: Pascal Gingras.Dernière pièce du moteur, Alexis Dufresne avait été engagé comme réalisateur, mais a fini par s\u2019installer aux claviers.et s\u2019y trouve encore.El Motor n\u2019a de latin que le nom.Il embrasse volontiers 30 ans de rock, s\u2019autorisant autant des virées psychédéliques que des vagues de pop mélancolique et rêveuse.Le désir de concocter un rock esthétique l\u2019emporte d\u2019ailleurs clairement sur celui de brasser la cage.«On a des tounes qui cassent la baraque, mais elles ne sont pas sur l\u2019album, dit Alexis Dufresne, qui joue également de la guitare.Elles étaient trop rock.» «On voulait faire l\u2019album le plus beau possible », expose Pierre-Alexandre Bouchard.OK Computer de Radiohead est cité en exemple.On imagine facilement que ces gars aient pu tripper sur Radiohead, groupe avec lequel ils partagent cette propension à multiplier les changements de direction.Avec moins de brusquerie, cependant.«Il y en a qui diront, à tort, qu\u2019on sonne progressif, prédit le chanteur, mais c\u2019est vrai qu\u2019on n\u2019est pas très linéaire.C\u2019est un beau défi de faire sourire, puis de faire sentir tout croche et de faire pleurer sur le même disque.» Les préoccupations esthétiques ne priment toutefois pas l\u2019émotion.La voix haut perchée et le chant maniéré de Pierre-Alexandre Bouchard y est pour quelque chose, bien sûr.Les mélodies, les arrangements étoffés (on y entend même du clavecin !) et aérés aussi.Pascal Gingras dit qu\u2019il aime avoir l\u2019impression qu\u2019un album possède une aura.Force est d\u2019admettre que celui d\u2019El Motor est, lui aussi, bien plus que la somme de ses parties.Pierre-Alexandre Bouchard, qui n\u2019a pas envie de regarder le quotidien comme peut le faire un Vincent Vallières, pousse les chansons du groupe vers l\u2019onirisme.Après l\u2019avoir entendu évoquer des colonies de singes (Alinéa) ou comparer son «sexe dressé» à une île (Panorama), on ne s\u2019étonne pas tellement que le point de départ de ses textes soit souvent.un dessin.Il griffonne et griffonne jusqu\u2019à ce que les images deviennent des mots.Il tient à ce que la parole soit au service de la musique.«Mon défi premier, depuis que j\u2019écris des chansons, c\u2019est que les phonèmes fonctionnent avec la musique, dit-il.Mono Manon, j\u2019ai dû la récrire 58 fois pour y arriver.Les 57 premières versions étaient pourries.» De son acharnement émerge une poésie qui, il faut le dire, est un sacré carburant pour l\u2019imagination.El Motor, lundi, 20h, au Cabaret Juste pour rire.Album éponyme à paraître mardi.COUP DE COEUR FRANCOPHONE / El Motor Carburant pour l\u2019imagination Du rock latin au Coup de coeur ?El Motor n\u2019a d\u2019espagnol que le nom.Il fait plutôt planer la langue française sur un rock aérien et riche en couleurs.Paré pour le décollage?PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © El Motor n\u2019a de latin que le nom.Il embrasse volontiers 30 ans de rock.Cidessus, ses membres Alexis Dufresne, Pascal Gingras, Guillaume Devins- Duclos et Pierre-Alexandre Bouchard (debout).Absent de la photo: Fred Filo.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 «Festival in the Desert » avec TINARIWEN et MAMADOU DIABATE L\u2019envoutement de l\u2019âme touareg de Amassakoul et du nouvelalbaum Aman Iman Emilie-Claire Barlow MARDI 27 NOVEMBRE \u2014 20 H VEN 23 NOVEMBRE \u2014 20 H Colin James LITTLE BIGBAND CHRISTMAS CLUB SODA CLUB SODA VEN 30 NOVEMBRE \u2014 20 H THÉÂTRE OUTREMONT VEN 7DÉCEMBRE \u2014 20 H SALLE WILFRID-PELLETIER,PDA LE PIANISTE PRODIGE DU BOOGIE-WOOGIE Winter avec la participation spéciale de Wonderland un concert de noël avec Nikki Yanofsky Michael Kaeshammer Tinariwen (codiffusion avec LesProductionsRubin Fogel) HÔTEL OFFICIEL PLACE DES ARTS 514 842-2112 \u2022 pda.qc.ca 514 790-1245 \u2022 admission.com BILLETTERIE MÉTROPOLIS 514 908-9090 \u2022 ticketpro.ca THÉÂTRE ST-DENIS 514 790-1111 theatrestdenis.com 3518864A 3518528A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ENTRACTE entracte@lapresse.ca ILS, ELLES ONT DIT lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll «C\u2019est vraiment un bon.comédien.» - Ariane Moffatt au Gala de l\u2019ADISQ, qui doute poliment des talents de « jazzman» du charmeur Frédérick De Grandpré, lauréat du Félix Interprétation jazz.«Je pense qu\u2019on va inviter Alain Lefèvre à faire notre première partie.» - Simon Proulx, chanteur des Trois Accords, qui propose à la blague de laisser le pianiste réchauffer la salle pour eux, comme au Gala de l\u2019ADISQ.«On veut éviter les longueurs parce que ce soir, on est contre \u201cOccupation double\u201d.Et eux, y\u2019a jamais de longueurs.C\u2019est toujours comme.pertinent et efficace.» - Louis-José Houde au Gala de l\u2019ADISQ, envieux de la légendaire verve des stars du Double logis.«Ce qui est bien de l\u2019Halloween, c\u2019est que les gens bizarres ont l\u2019air normaux.» - France Paradis à C\u2019est bien meilleur le matin sur la Première chaîne de Radio-Canada.«Moi, je pense que le sport peut procurer du bonheur.Toi, est-ce que la boxe te procure du bonheur?» - Chantal Lacroix, théoricienne incontestée du bonheur, au boxeur Joachim Alcine à TQS.«Si c\u2019était de la vraie or, je l\u2019aurais déjà amenée au \u201cpawn shop\u201d.» - Le boxeur et champion du monde Joachim Alcine à 90 minutes de bonheur à TQS, qui répond à la question de Lise Dion: « (Ta ceinture) est-tu en or pour de vrai ?» Louis-José Houde PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE MARIE-CHRISTINE BLAIS C\u2019était lors du dernier concours des Francouvertes.Je suis membre du jury des préliminaires et Biz, de Loco Locass, aussi.Lorsque Émilie Proulx, un brin dissimulée derrière ses lunettes et sa guitare (quoique accompagnée par quatre excellents musiciens), se met à chanter sa première chanson, Biz s\u2019exclame: «Oh, c\u2019est pas mal triste, ça.» À la deuxième chanson?«Est-ce que c\u2019est la même chanson?» À la troisième chanson?«Wow, c\u2019est donc ben beau, ce qu\u2019elle fait, cette fille-là.» C\u2019est là le secret étrange des chansons d\u2019Émilie Proulx : des morceaux qui s\u2019enchaînent les uns aux autres pour mieux creuser la peine, sonder la douleur, avec des mots et des musiques atmosphériques, des mélopées en volutes sombres, interprétées par une fille aux allures discrètes, l\u2019antithèse vivante du glamour.C\u2019est un peu Cat Power, mais avec les cheveux blonds et dans la langue de Tremblay.Bref, c\u2019est Émilie Proulx.«On dirait que la mélancolie, on l\u2019accepte plus facilement dans un roman ou un recueil de poésie, mais moins dans les chansons, en tout cas en français », dit la jeune chanteuse avec un joli sourire un peu inquiet.C\u2019est peut-être pour cela \u2013 et aussi parce que ce n\u2019est pas exactement une extravertie\u2026 \u2013 qu\u2019Émilie s\u2019est mise à composer, écrire, arranger et réaliser toute seule.D\u2019abord étudiante en «basse jazz» au cégep de Drummondville, elle décide de changer d\u2019orientation parce qu\u2019elle ne sent pas prête et étudie en horticulture.Elle travaille un peu dans ce domaine, donne aussi des cours d\u2019informatique, travaille dans un grand magasin de disques.Et continue à écrire pour elle-même, chez elle, avec deux micros, un pré-ampli, un ordinateur, ses guitares et sa basse.«Je travaille souvent la musique et les paroles pendant même que j\u2019enregistre, explique-t-elle.Ce n\u2019est pas des mélodies ou des textes que je fais, ce sont des chansons\u2026» Un jour, dans sa cour, elle bavarde avec son voisin du dessus, réalise que le gars est lui aussi musicien, aime les mêmes artistes qu\u2019elle.Bref, Carl-Éric Hudon, lui aussi jeune auteur-compositeur et guitariste, devient copain avec sa voisine Émilie.D\u2019autres amis musiciens se greffent ainsi peu à peu à son monde et collaboreront au mini-album.«C\u2019est encore assez contradictoire pour moi, d\u2019écrire et composer dans la plus stricte intimité et de me produire sur scène, avec des gens et en public\u2026» ajoute celle qui donnera son 19e spectacle à vie lundi, le dernier de l\u2019année avant qu\u2019elle ne s\u2019attelle à la production de son premier «vrai» disque, prévu pour janvier ou février prochain.«Je fais des disques parfaits pour la fin de l\u2019hiver, reconnaît-elle avec humour, pas vraiment pour juillet ou Noël!» Sur scène, Émilie sera accompagnée évidemment de ses musiciens.Et de sa fidèle amie la mélancolie\u2026 Émilie Proulx, au Lion d\u2019or, le 5 novembre, à 20h30, en doublé avec le groupe européen Moriarty.COUP DE COEUR FRANCOPHONE / Émilie Proulx Bonjour, tristesse Émilie Proulx écrit des chansons magnifiquement sombres.Si ses admirateurs \u2013 en nombre grandissant \u2013 en connaissent déjà cinq grâce à un mini-album (Dans une ville, endormie) lancé à la fin de l\u2019hiver dernier, ils pourront en découvrir de nouvelles lundi soir, alors que la blonde jeune femme aux chansons mélancoliques se produira dans le cadre de Coup de coeur francophone.Bonjour, tristesse\u2026 PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © «On dirait que la mélancolie, on l\u2019accepte plus facilement dans un roman ou un recueil de poésie, mais moins dans les chansons, en tout cas en français », constate Émilie Proulx.TENDANCES Tous les jours dans lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 3517091A ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LOUISE COUSINEAU CHRONIQUE J\u2019ai reçu cette semaine plein de courriels de profs qui se sont sentis insultés par une toute petite phrase dans ma chronique de samedi dernier où je me demandais si les élèves actuels faisaient encore des dissertations.J\u2019en doutais, pensant que cela demandait trop d\u2019efforts aux élèves et encore plus aux profs qui doivent corriger les travaux.Wow! Vous avez grogné mais vous avez été polis en général et vos textes, sauf un, étaient sans fautes.Je sais bien qu\u2019il y a encore bien des profs passionnés qui veulent que leurs élèves réussissent.Mes correspondants sont de ceux-là et je les félicite.Mais vous m\u2019accusez de parler à tort et à travers.Que voulez-vous! Moi, je suis la bataille des bulletins chiffrés, qui semble vouloir s\u2019éterniser comme celle de la couleur de la margarine.Pourquoi tant de résistance du milieu scolaire envers les notes qui donnent précisément le niveau de réussite des enfants?Parce qu\u2019on a peur d\u2019être comparés ?Regardez les cris de mort des institutions scolaires quand L\u2019actualité sort son palmarès.Cette année, on a gardé le silence.Encore une fois, on conspue cette maudite manie des journalistes de donner des rangs.Est-ce notre vieux fond CSN qui nous pousse à penser que tout le monde est égal?Et puis, il y a ces rapports alarmants qui affirment que des élèves arrivent au secondaire sans savoir lire, que des étudiants en pédagogie échouent aux examens de français.Il y a tous ces articles qui nous racontent que des enseignants parlent mal et ne s\u2019en rendent même pas compte.Je suis sûre que Foglia n\u2019a rien inventé.Il a souvent des opinions chiantes, mais il est un journaliste honnête.Alors, je vous félicite de travailler fort et de corriger les dissertations que vos élèves font encore.Finalement, une nouvelle qui me conforte : 41 640 élèves de 4e et 5e secondaire venant de 197 écoles du Québec sont inscrits à la Dictée des Amériques.Bravo aux profs qui les ont préparés.M.Charest, qui prêche pour la dictée, devrait leur envoyer une prime de performance.En forme pour des gars assis On le sait : Bernard Derome fait tous les étés un périple à vélo qui le mène en Nouvelle-Angleterre.L\u2019autre soir, j\u2019ai rencontré Pierre Bruneau qui m\u2019a annoncé qu\u2019il s\u2019en allait gravir le Kilimandjaro en Tanzanie avec sa femme Ginette.Je suis admirative en diable, surtout qu\u2019avant l\u2019ère moderne, on ne voyait jamais les chefs d\u2019antenne debout et que j \u2019en étais venue à me demander s\u2019ils avaient des jambes.Ou alors s\u2019ils portaient un pantalon.D\u2019autant plus admirative que Pierre Bruneau, que j\u2019ai vu en shorts dans le désert de Jordanie lors du tournage des Forges du désert, a une longue cicatrice \u2013 un zipper comme on dit \u2013 qui part de la cuisse et finit à la cheville sur chaque jambe.Et il part faire de l\u2019alpinisme! Faut dire qu\u2019il le fait pour sa Fondation Charles Bruneau.Mais quelle forme quand même! Lecteurs 1, Christiane 0 J\u2019ai écrit une sottise la semaine dernière, mais c\u2019est la faute à Christiane Charette.Lorsqu\u2019elle a reçu Anne-Marie Cadieux, cette dernière a raconté qu\u2019elle avait été la colocataire de Dan Golden.Le son caverneux de Cabine C, du côté de l\u2019intervieweuse, est responsable en premier de mon erreur.Le nom de la photographe, se sont hâtés deme diremes lecteurs branchés, est Nan Goldin.Tout le monde n\u2019a pas une culture universelle.Quand Mme Charette nous présente un nom peu connu, le moins serait qu\u2019elle nous dise de qui il s\u2019agit et pourquoi elle semblait si surprise.Un petit super imprimé à l\u2019écran au montage en aurait déniaisé plusieurs, moi la première.Mais on le sait, Christiane ne fera pas de compromis.Pas d\u2019illustrations, pas de noms à l\u2019écran.Rien pour briser la magie de l\u2019entrevue révolutionnée.Elle est enrageante, ma Christiane.Mais ses entrevues de cet te sema ine étaient intéressantes.Et je pense avoir tout compris.Une de mes lectrices me souligne que Dan Golden est une compagnie de tapis et que je l\u2019agace quand je fais des erreurs.Sachez ma bonne dame que la première agacée, c\u2019est moi.Bravo les filles! Vous souvenez-vous de l\u2019extraordinaire reportage d\u2019Enjeux l\u2019année dernière intitulé «La leçon de discrimination »?Après avoir reçu un prix Gémeaux chez nous, voilà que l\u2019oeuvre de Pascale Turbide et Lucie Payeur a décroché le Grand prix de la télévision du Japon.Le reportage a été choisi parmi 262 productions soumises par 150 organismes de 56 pays.«La leçon de discrimination» racontait une expérience menée en 3e année par l\u2019enseignante Annie Leblanc à Saint-Valérien deMilton dans la région de Saint-Hyacinthe.Elle avait séparé ses élèves en deux groupes, les petits et les grands, et avait annoncé que les petits étaient plus intelligents.Avant même le premier midi, les préjugés étaient nés.Puis elle avait inversé le processus.Ces élèves ont appris rapidement comment les comportements discriminatoires naissent.Patiner dans le commercial On a beau éviter les publicités tant qu\u2019on peut, les noms d\u2019entreprises nous sautent dessus.Ce weekend, Radio-Canada présente le tournoi de patinage Homesense au Colisée Pepsi.Eh que je m\u2019ennuie du Forum tout court ! COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : lcousine@lapresse.ca Que les bons profs m\u2019excusent SAMEDI 3 NOVEMBRE 5 sur 5 / Chorégraphie; donner son corps à la science; tableau Russie Le Téléjournal Pendant ce temps, devant la télé La Fureur / Bruno Pelletier, Dick Rivers, Ima Le moment de vérité Dre Grey, leçons d'anatomie / Derek invite Burke à un voyage de pêche.Le Téléjournal LE PACTE DES LOUPS (4) (23:45) LE PARC JURASSIQUE (3) avec Sam Neill, Laura Dern (15:30) Le TVA 18 heures MAÎTRE À BORD: DE L'AUTRE CÔTÉ DU MONDE (3) Avec Russell Crowe, Paul Bettany et Max Pirkis.\\ En 1805, durant les guerres napoléoniennes, la vie à bord d'un navire anglais qui pourchasse un vaisseau français dans les mers du sud.KUNG FU HUSTLE (3) Avec Stephen Chow, Yuen Wah et Yuen Qiu.\\ Des as du kung-fu se font les protecteurs d'un quartier populaire.(21:15) CLANCHES! (4) (23:45) Qu'est-ce qui mijote Le Journal Drôle, Drôle, Drôle Loft Story TROUVE TA VOIX (5) Avec Hilary Duff, Oliver James et Jason Ritter.\\ Une adolescente rêvant de devenir chanteuse doit mentir à son père pour participer à un camp musical organisé par un prestigieux conservatoire de Los Angeles.TUER BILL - VOL.1 (3) Avec Uma Thurman, Lucy Liu .\\ Laissée pour morte à son mariage par les membres d'une organisation criminelle, une ex-tueuse professionnelle exerce sur eux une terrible vengeance.Le Journal Loft Story Atomes et Neurones / Pistés par nos gènes Macaroni tout garni Le Rallye Müvmédia Les Francs-tireurs / Victor-Lévy Beaulieu Planète bleue / La main à la patte ou l'art du dressage Belle et Bum / Thomas Hellman, Urbain Desbois, Patricia Paquin, Nicola Ciccone ROIS ET REINE (3) Une galeriste dont le père agonise apprend que son ex-conjoint est interné contre son gré dans un institut psychiatrique Football (15:00) Sat.Report Hockey.Hockey / Maple Leafs - Canadiens Hockey / Canucks - Avalanche Sue Thomas: F.B.Eye CTV News Sportsnight W-Five CSI: Miami Whistler Law & Order: SVU CTV News CTV News .(16:00) National House, Home Room to.Andromeda / Deux épisodes Blue Murder Global Currents JR Digs Sat.Night College Football / UCLA - Arizona (15:30) Will & Grace / Deux épisodes College Football / Florida State - Boston College Sexe and the City College Football / LSU - Florida CSI: Miami CSI: Crime Scene Investigation 48 Hours Mystery News Late Night College Football (14:30) News NBC News Stargate: SG-1 Bionic Woman Chuck Law & Order: SVU Sat.Night Smart Travels e2 BBC News Art Express Mountain Lake .Antiques Antiques Roadshow Keeping up.As Time goes by Waiting, God BBC News Austin City.Antiques Roadshow The Lawrence Welk Show As Time goes Keeping up.Are.Served?Vicar of.Queen and Country Austin City Limits / Wilco Wired Science Intervention Intervention Dallas SWAT / Deux émissions Moi et l'autre Quelle famille Alys Robi / (1/4) Pour l'amour du country Viens voir./ Isabelle Blais Toute une soirée à Las Vegas Kà Extrême Toute une soirée à Las Vegas MURDOCH.(16:00) Arts & Minds Bravo! Videos Musical.Notturna, les vents historiques Three Super Stars Live in Berlin Dirt Histoires de crimes Une attend.Fou! Fou! Fou! 100 Farces Cabaret de.Drôle de monde Arnaqueurs Parco.Les Rescapés Webdreams IVANHOÉ (16:00) L'EXTASE ET L'AGONIE (17:45) WYATT EARP .(23:15) Mayday How it's Made The Greatest Ever / Bombers Dirty Jobs / Hot Tar Roofer Extreme Machines Criss Angel: Mindfreak MythBusters / Exploding Lighter Pêche (16:30) Planète en furie Hakuna Matata Soif de voyage .Casino Soleil tout inclus / Riviera Maya Grands Aventuriers / Galapagos Inspiration / Yves Lambert Pilot Guides / Afrique du Sud Kim.(17:12) .(17:39) Sadie (18:06) Flight 29.so Raven Zoey (19:22) Zack (20:12) .(20:36) SNOW DOGS (5) avec Cuba Gooding Jr.(22:38) SIMON BIRCH (5) (22:54) Friends / Deux épisodes That '70s Show / Deux épisodes Two and a Half Men Cops America's most Wanted Family Guy / Deux épisodes Mad TV Docu-fiction / Percée difficile Docu-fiction / Affrontement.Sept merveilles.industriel Soldats The Unit: commando d'élite DONNIE BRASCO (4) avec Johnny Depp, Al Pacino Lost Worlds / The Real Dracula Re-Inventors Ancestors.CSI: New York Trapped / .World Came Down FACE/OFF (3) avec John Travolta, Nicolas Cage Présentation / Brit.(16:00) Max Week-end En chute libre Liaison.La Prochaine Top modèle.Hey Paula! Style de star Hollywood extrême M.Net Pimp mon char Voxpop Pop! Présentation spéciale / Sum 41 Présentation / Simple Plan Coup de foudre L'Heure Rencontre Mes15 minutes Matche-moi.Danger Style Star La Caravane From Egypt.THS .afromonde Parsvision Lui E Lei Foco Latino In the Zone Teleritmo Le Téléjournal La Facture La Semaine verte Journal RDI .arctiques Une heure sur terre Le Téléjournal Enquête / Loto secrète La Facture Le Téléjournal .arctiques Les Experts New York 911 Porté disparu Whistler L.A.Enquêtes prioritaires Bones L'Escouade DÉJÀ VU (16:00) GARFIELD: PACHA ROYAL (18:10) LE MARIAGE DE MA FEMME (19:25) LE DERNIER ROI D'ÉCOSSE (21:05) LA MALÉDICTION DES.(23:10) Footballers Wives Hotel Babylon SCREAMERS (5) avec Peter Weller, Jennifer Rubin G-Spot Billable Hours Deadwood EYESWIDE SHUT (2) (23:12) Cinémission Alice, attaque .Choux .Princesse Panorama Presserebelle.Planète Country / S.Monette LE BLEU DES VILLES (4) avec Florence Vignon, Mathilde Seigner Jazz Flip that House / Quatre émissions Little People, Big World Property Ladder Flip that House / Deux émissions Trading Spaces Property Ladder SCOOBY-DOO ET LE FANTÔME DE LA SORCIÈRE (5) Kappa Mikey Billy & Mandy 6TEEN / Deux émissions Les Simpson Henri pis.Les Boondocks South Park Les Simpson Les Décalés.Vivre la lenteur .(17:55) Journal FR2 Le 3950 / Bruno Pelletier Tenue de soirée / Michel Leeb, Nolwenn Leroy, Etienne Daho, Lorie, Gérard Lenorman Caméra Café Le Journal .pas couché Jeux de société Debbie rénove Décore ta vie Airoldi.Bye-bye maison! Manon.On a échangé nos mères Super Nanny Dépendance maudite Le Lab Porte-bonheur Parole et Vie Vert tendre LeZarts L'Émission Prenez garde.Le 9.5 Ma 1re PDA Arshitechs Baromètre Samantha Changement Smallville Les Frères Scott Charmed Newport Beach Frank vs Girard Presserebelle.Degrassi, la nouvelle génération .c'est fait Podium.Banc d'essai Équipé.Monstres mécaniques Mélinda, entre deux mondes Surnaturel CORTEX CONTROL (7) avec Adam Baldwin, Elizabeth Berkley Boxe (16:00) La Ligue.Sports 30 Avant-match Hockey / Maple Leafs - Canadiens Chefs (21:45) Sports 30 Académie.30 Images NBA Action Overtime Hockeycentral Saturday NBA Basketball / Magic - Wizards NBA Action Fulltiltpoker.net Sportsnet Connected NASCAR Busch Series (15:00) Sportscentre Football / Eskimos - Tiger-Cats Football / Stampeders - Lions Le TVA (23:15) Zone doc / Ondes de choc LeZarts Studio La Relève JPR The First 48 / Trois émissions 206 13 13 112 4 4 115 7 7 114 5 5 138 8 8 205 11 11 55 3 3 281 22 22 282 21 21 280 18 23 284 46 24 284 43 59 615 73 39 143 31 31 620 72 34 129 20 20 185 205 205 520 37 37 134 23 51 556 \u2014 67 283 36 46 133 25 53 522 49 47 142 32 48 141 30 30 207 14 14 126 19 19 132 24 52 180 \u2014 201 616 40 40 137 \u2014 \u2014 521 39 27 139 34 45 145 15 15 135 35 44 \u2014 9 9 140 16 16 131 26 54 123 33 33 406 38 38 400 28 28 17 h00 17 h 30 18 h00 18 h 30 19h00 19h 30 20 h00 20 h 30 21h00 21h30 22h00 22h 30 23h00 23h 30 BEV VD VDO 17 h00 17 h 30 18 h00 18 h 30 19h00 19h 30 20 h00 20 h 30 21h00 21h30 22h00 22h 30 23h00 23h 30 BEV VD VDO CBC CTV-M GBL-Q ABC CBS NBC PBS-P PBS-B A & E ARTV BRAV CD CinéPOP DISC EV FC FOX HI HIST MMAX MP E! MTL RDI S+ SE SHOW TFO TLC TTF TV5 VIE VOX VRAK Z RDS SPN TSN SRC TVA TQS TQc PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © Pierre Bruneau se prépare à gravir le Kilimandjaro.Bravo aux profs qui ont préparé leurs élèves pour la Dictée des Amériques.M.Charest, qui prêche pour la dictée, devrait leur envoyer une prime de performance.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 3517128A vous n'aurez jamais rien vu d'aussi beau.En kiosquE dès maintEnant Le magazine des loisirs créatifs 3518722A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll CLAUDE GINGRAS L\u2019Opéra de Montréal a choisi un ouvrage français pour sa deuxième production de la saison : Roméo et Juliette, de Gounod, d\u2019après la tragédie de Shakespeare relatant l\u2019histoire d\u2019amour sans doute la plus célèbre de tous les temps.L\u2019OdM avait monté l\u2019oeuvre en 1986 et en 1992.La reprise, qui prend l\u2019a ffiche ce soir, 20 h, salle Wilfrid-Pelletier de la PdA, pour cinq représentations, propose non seulement une distribution entièrement nouvelle mais un cadre historique différent.Invité à signer la mise en scène, le Canadien Michael Cavanagh a déplacé l\u2019époque : depuis le XIVe siècle, à Vérone, c\u2019est dans l\u2019Italie de l\u2019après-guerre, vers 1950 et donc six siècles plus tard, que s\u2019aimeront et mourront ensemble les deux jeunes gens nés de familles ennemies.Les décors et costumes de Claude Girard, vus en 1986 et revus en 1992, seront réutilisés \u2013 mais rafraîchis et adaptés à la nouvelle mise en scène, indique l\u2019OdM, précisant que le bal masqué du début et les bâtiments n\u2019ont évidemment pas eu à subir de retouches.Notons ici le passage d\u2019un bal masqué à un autre, le spectacle d\u2019ouverture de la saison de l\u2019OdM ayant été Un Ballo in maschera, de Verdi, qui se termine au cours d\u2019une fête de ce genre.Le Montréalais Marc Hervieux sera Roméo.En Juliette, l\u2019Américaine Maureen O\u2019Flynn fera ses débuts ici dans un rôle qu\u2019elle vient de chanter au Metropolitan de New York.Denis Sedov, basse d\u2019 Israël, sera Frère Laurent, qui marie secrètement les deux jeunes amoureux.Les neuf rôles complémentaires ont été confiés à des chanteurs d\u2019ici: Alexander Dobson, Alexandre Sylvest re, Geneviève Després, Pierre-Étienne Bergeron et autres.Connu par le disque, le Français Jean-Yves Ossonce fera à cette occasion ses débuts nord-américains au pupitre de l\u2019Orchestre Métropolitain.Le Choeur de l\u2019OdM est préparé par Claude Webster.Opéra en cinq actes, Roméo et Juliette totalisera trois heures incluant deux entractes.Roméo et Juliette, de Gounod.Production: l\u2019Opéra de Montréal.Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 3, 7, 10, 12 et 15 novembre.OPÉRA / Roméo et Juliette Six siècles plus tard ALAIN BRUNET Wajdi Cherif a grandi en Tunisie.Ses parents mélomanes l\u2019ont initié aux grandes musiques orientales ainsi qu\u2019aux chanteuses cruciales que sont Oum Kalsoum et Fairuz, pour ne nommer que les plus célèbres.Il a fait des études d\u2019anglais dans sa contrée natale alors qu\u2019il était déjà devenu musicien semi professionnel \u2013 depuis l\u2019adolescence, il accompagnait des artistes de variétés tunisiennes.Lorsqu\u2019il a terminé sa maîtrise, il a choisi la musique.Des films sur Bill Evans, Thelonious Monk et Chick Corea l\u2019ont convaincu de parfaire en France sa formation de jazzman.Peu de temps après son arrivée à Paris, le pianiste enregistrait un premier disque en quartette, lancé en 2003.Trois ans plus tard, il créait l\u2019album Jasmine sur sa propre étiquette.AuThéâtreMaisonneuve, jeudi prochain, le 8 novembre, Cherif se produira avec des musiciens québécois et tunisiens: le contrebassiste Adrian Vedady, le batteur Philippe Melançon, le saxophoniste Yannick Rieu et l\u2019oudiste tunisien Sofiane Negra.« Je ne prétends pas à une connaissance profonde de la musique classique arabe, prévient Wajdi Cherif.Je vais plutôt chercher dans mon patrimoine ce qui provient de la mélodie et des rythmes.Or, lorsqu\u2019il est question de marier les mélodies orientales à des concepts harmoniques occidentaux dans un cadre jazzistique, ce n\u2019est pas évident.Il faut le faire avec délicatesse car on peut se retrouver avec la superposition artificielle de deux mondes.C\u2019est pourquoi j\u2019essaie de faire en sorte que ces deux mondes coexistent sans qu\u2019on en perde l\u2019essence.» Bassam Saba Bassam Saba vit à Long Island.Cet excellent flûtiste, multi-instrumentiste de surcroît, est originaire du nord du Liban.Avant de choisir l\u2019Amérique du Nord, il a fait des études supérieures de flûte traversière à Paris et Moscou.Saba est issu d\u2019une famille de musiciens, on l\u2019a d\u2019abord initié au violon, à l\u2019oud et au nay qu\u2019il joue magnifiquement.Hormis les flûtes, Bassam Saba joue sur scène l\u2019oud, le bouzouk et le saz.«J\u2019essaie de faire une fusion de styles ; musiques d\u2019improvisation du monde arabe, musiques de différents horizons.Il peut m\u2019arriver de faire du jazz en fonction de modes arabes ou encore d\u2019interpréter une pièce purement traditionnelle.Ainsi, j\u2019exprime le mélange de cultures que je suis moi-même devenu», soulève le musicien.En plus de diriger sa propre formation qui se produira également jeudi dans le cadre de la soirée Espace Jazz (April Centron et John Hadfield aux percussions, Massimo Biolcati à la basse), Bassam Saba travai l le dans l\u2019ensemble de l\u2019oudiste Simon Shaheen, sans compter le Silk Road Ensemble du violoncelliste YoYoMa et l\u2019Absolute Ensemble de Kristjan Jarvi.Randa Gosshoub Montréalaise d\u2019adoption, Randa Gosshoub a grandi à Beyrouth, puis a vécu à plusieurs endroits dans le monde avant de poser ses valises au Québec.Comme Wajdi Cherif, elle a fait d\u2019autres études (littérature et communication) avant de d\u2019opter définitivement pour la musique.«J\u2019étais adolescente, mon père avait ramené un enregistrement à la maison, je suis tombée en amour avec cette musique.Au fil du temps, j \u2019ai réalisé que de grands musiciens de jazz se sont intéressés aux musiques de l\u2019Orient.L\u2019inverse est beaucoup moins évident.Jusqu\u2019à une période récente, les compositeurs orientaux ne se sont pas intéressés au jazz.Maintenant, ça change.Prenons l\u2019exemple de Ziad Rahbani, le fils de Fairuz, avec qui j\u2019ai donné deux concerts il y a sept ans ; lui aime vraiment le jazz et l\u2019inclut dans son esthétique », explique la chanteuse.Ce soir à la 5e Salle de la Place des Arts, Randa Ghossoub partagera le programme avec la chanteuseMalika Zarrra, New-Yorkaise d\u2019origine marocaine.Randa se produira avec le pianiste Frédéric Brunel, le trompettiste Ivanhoe Jolicoeur, le batteur Geoffroy Doyon, le contrebassiste Mark Rief et le guitariste Hugo Larenas.À n\u2019en point douter, le vent soufflera de l\u2019est\u2026 FESTIVAL DU MONDE ARABE D\u2019est en ouest Dizzy Gillespie a composé A Night In Tunisia en 1942, Duke Ellington a créé The Far East Suite au milieu des années 60 à la suite d\u2019une tournée au Moyen-Orient.Depuis les années 50, moult jazzmen afro-américains ont embrassé l\u2019islam, dont le patrimoine culturel a forcément teinté leur musique.À l\u2019inverse ?Depuis quelques années, Anouar Brahem, Rabi Abou-Khalil, Dhaffer Youssef ou Simon Shaheen ont fait leur marque.Et le vent continue de souffler d\u2019est en ouest : Wajdi Cherif, Bassam Saba et Randa Ghossoub sont parmi les belles propositions jazzy du Festival du monde arabe (FMA).PHOTO FOURNIE PAR LE FMA «Au fil du temps, j\u2019ai réalisé que de grands musiciens de jazz se sont intéressés aux musiques de l\u2019Orient.L\u2019inverse est beaucoup moins évident », dit Randa Gosshoub, en spectacle ce soir à la 5e Salle de la Place des Arts.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 3518542 Un roman inspiré de la vie du pianiste-compositeur québécois André Mathieu.Avec ce thriller romantique, Hélène de Billy propulse la saga d\u2019André Mathieu dans le domaine de la fiction.Disponible dès maintenant en librairie au programme, deux OEuvres magistrales tchaïchovski, symphonie n°6, «pathétique » stravinski, Le Sacre du printemps Le directeur musical émérite de l\u2019OSM, Zubin Mehta retrouve l\u2019Orchestre qu\u2019il a dirigé dans les années 60 pour ce Concert-bénéfice.Les fonds amassés lors de ce concert seront versés au Fonds de dotation de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, le Fonds Pierre-Béique.Des reçus d\u2019impôt seront émis.un événement à ne pas manquer! un soir seulement! www.osm.ca 514.842.9951 présenté par l\u2019un des cheFs les plus acclamés au monde! ZubinMehta un retourattendu après 10 ans d\u2019absence jeuDi 6 décembre 19h 3519090A ARTS ET SPECTACLES OPÉRA NATHALIE PETROWSKI En gr a nd i s s a n t da n s Hochelaga-Maisonneuve dans les années 70, Marc Hervieux avait trouvé un truc pour ne pas se faire casser la gueule par les gamins du quartier.Le truc était simple: il les faisait rire.Il était, de son propre aveu, le petit gros comique, celui qui, à Noël ou à la fin de l\u2019année, montait des spectacles désopilants mettant en vedette une galerie de personnages dont sa célèbre Mémère Hervieux, avec ses robes à grosses fleurs criardes et ses chapeaux roses fouettés de tulle.« Qu a nd j e pen s e à ça aujourd\u2019hui, je trouve que j\u2019étais pas mal audacieux de m\u2019habiller en femme.Mais ce qui est clair dans ma tête, c\u2019est que très tôt dans ma vie et sans que ma famille y soit pour quelque chose, j\u2019ai développé une passion pour le spectacle.» Marc Hervieux vient me rejoindre au café Van Houtte de la Place des Arts, à un jet de pierre du local où il répète Roméo et Juliette sous la direction de Michael Cavanagh.C\u2019est la deuxième fois en carrière qu\u2019il interprète Roméo, mais cette fois, il le fera sans cape ni épée, en costume trois pièces, dans une Vérone de l\u2019après-guerre.Ceux qui imaginent Roméo comme un jeune ado de 15 ans, aussi grand et filiforme qu\u2019un danseur de ballet, devront faire preuve de souplesse.Marc Hervieux a 38 ans et sous ses beaux cheveux de jais, des rondeurs de bon vivant.Il avoue qu\u2019il y a quatre ans, lorsque l\u2019Opéra de Calgary lui a proposé le rôle, il a cru à une erreur.«J\u2019ai appelé mon agent en lui demandant si les gens de Calgary savaient de quoi j\u2019ai l\u2019air.On ne se contera pas des histoires.Je n\u2019ai pas le corps découpé au couteau.» Les gens de Calgary étaient parfaitement au courant.Et à la limite, ils s\u2019en fichaient.Pour eux, Marc Hervieux, c\u2019est non seulement une voix, mais un ténor lyrique spinto, une espèce rare chez les chanteurs francophones.Une espèce encore plus rare dans Hochelaga-Maisonneuve où Hervieux a grandi, entre un père ouvrier à la St.Lawrence Sugar et une mère couturière pour les uniformes Drolet.Quatre enfants, deux filles, deux gars dont Marc le cadet, complétaient ce tableau typique de la famille québécoise pauvre mais vaillante où l\u2019absence de livres et de grande culture n\u2019empêchait pas une certaine ouverture d\u2019esprit.«La radio chez nous était branchée en permanence sur CKVL à cause de la musique country que mon père adorait écouter.Moi aussi, j\u2019aimais ça jusqu\u2019au jour où j\u2019ai découvert Brel, Bécaud, Brassens.Je me souviens encore de l\u2019air ahuri de mon père quand je lui ai fait entendre leurs chansons.Pour lui, c\u2019était parfaitement incompréhensible que je puisse aimer ça.» Marc Hervieux raconte que sa vie de fils d\u2019ouvrier a basculé à 13 ans.Cette année-là, le futur ténor se joint à une troupe de théâtre amateur qui a ses locaux au marché Maisonneuve.Un jour, l\u2019animateur du groupe leur présente la pièce Zone de Marcel Dubé sur vidéocassette.«Quand tu viens d\u2019Hochelaga- Maisonneuve, tu te dis que les arts, le théâtre, la musique, c\u2019est pas pour toi.C\u2019est trop loin.Trop inaccessible.De voir cette pièce de Dubé sur vidéo a tout changé.Je me suis mis à croire que ce monde-là était en fin de compte accessible.» Des études en.graphisme Le monde des arts devient peut-être plus accessible, mais LE ROMÉO PORTRAIT MARC HERVIEUX Marc Hervieux a été élevé avec les chansons de Willie Lamothe et de Marcel Martel.Il aurait sans doute fait un excellent chanteur country.Il a préféré devenir chanteur d\u2019opéra.Ce soir, le p\u2019tit gars d\u2019Hochelaga, qui a chanté dans la plupart des grands opéras du monde, revient à l\u2019Opéra de Montréal incarner nul autre que Roméo dans l\u2019opéra de Gounod.Portrait d\u2019un ténor pas comme les autres.PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © «L\u2019aspect collectif est ce que j\u2019apprécie le plus à l\u2019opéra», dit le ténor Marc Hervieux.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 LE MOIS DE LA CRÉATION TOUS LES DIMANCHES DE NOVEMBRE, DE 11H À17H, ENTRÉE LIBRE DÉVELOPPEZ VOTRE CRÉATIVITÉ EN PARTICIPANT À NOS LABORATOIRES DE CRÉATION CONÇUS POUR TOUTE LA FAMILLE.Le 4 novembre Le 18 novembre \u2022 Paysage urbain à l\u2019acrylique \u2022 Dessin mur-à-mur \u2022 Démonstration de la technique du vitrail Le 11 novembre Le 25 novembre \u2022 Portrait au pastel \u2022Dessins de modèles vivants \u2022 Art et écriture Également au programme en novembre: des films, des conférences, des colloques, des ateliers, des rencontres avec des artistes, des séances de cinéma, des visites commentées, sans oublier les traditionnels Dimanches-familles qui incluent des visites, des ateliers et un jeu de piste*.Renseignements: 514-285-2000 ou 1-800-899-MUSE www.mbam.qc.ca/gratuit CETAUTOMNE,TOUT EST GRATUITAU MUSÉE: TOUTES LES EXPOSITIONS TOUTES LES OEUVRES DE LACOLLECTION *Des droits d\u2019entrée peuvent s\u2019appliquer à certaines conférences et colloques.3504581A OPERADEMONTREAL .COM «L\u2019AMOUR PLUS FORT QUE TOUT ! » ROMéO ET JULIETTE de GOUNOD : : MARC HERVIEUX Roméo : : MAUREEN O\u2019FLYNN Juliette : : : : JEAN-YVES OSSONCE Chef : : 3.7.10.12.15 NOVEMBRE 2007 à 20H : : SALLE WILFRID-PELLETIER 3515582A DÈS CE SOIR ARTS ET SPECTACLES OPÉRA D\u2019HOCHELAGA peut-être pas au point d\u2019y envisager un avenir.Après avoir exploré aussi bien le théâtre que la comédie musicale avec sa troupe amateur, le futur ténor dont la voix impressionne déjà choisit pourtant d\u2019aller étudier en.graphisme.«Les gens de la troupe avaient beau me répéter que j\u2019avais de la voix, dans mon esprit, j\u2019avais de la voix pour Hochelaga, mais pas pour le grand monde.» En sortant du cégep Ahuntsic avec son diplôme de graphiste, Hervieux fonde à 20 ans sa propre petite entreprise.Ses premiers contrats lui viennent du Bureau des Élections de la Ville de Montréal pour lequel il produit fascicules, formulaires, cartes électorales et même bulletins de vote.L\u2019aventure dure un peu moins de cinq ans.C\u2019est que même s\u2019il est un graphiste professionnel, Hervieux chante à longueur de jour au bureau et les fins de semaine, dans les mariages et les réceptions.Bref, il a peut-être choisi le graphisme, mais la musique refuse de lâcher prise.Certains jours, il se dit que s\u2019il ne tente pas sa chance en chant, il risque de le regretter toute sa vie.Aussi à 24 ans décide-t-il de tenter le tout pour le tout en passant des auditions au théâtre Denise-Pelletier, où l\u2019on monte un spectacle d\u2019extraits de Don Giovanni.Personne ne remarque que Marc Hervieux fait semblant de lire la partition, mais tout le monde convient que le jeune homme a de la voix et qu\u2019il a un talent indéniable pour le chant.Un faux chanteur d\u2019opéra Jusqu\u2019à ce moment-là, Marc Hervieux n\u2019avait jamais vu un opéra de sa vie et n\u2019avait pas d\u2019intérêt particulier pour le genre.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs qu\u2019à sa deuxième année au Conservatoire de musique qu\u2019il assistera à son premier opéra.Mais si la musique l\u2019enchante, la lourdeur protocolaire de ce monde l\u2019ennuie.Encore aujourd\u2019hui, après avoir chanté dans des douzaines d\u2019opéras y compris au Met de New York, il se considère comme un faux chanteur d\u2019opéra.«Le foulard, les manies, le régime draconien de la diva qui couve sa voix et s\u2019empêche de vivre pour l\u2019épargner, très peu pour moi, merci.Chanter, il faut que ce soit aussi naturel que parler.Et puis, un chanteur d\u2019opéra, c\u2019est d\u2019abord quelqu\u2019un qui travaille en équipe.L\u2019aspect collectif est ce que j\u2019apprécie le plus à l\u2019opéra.» La carrière lyrique d\u2019Hervieux débute en 2002 alors qu\u2019on lui confie le rôle du chevalier des Grieux dans Manon à Malaga en Espagne.À partir de ce momentlà, il passe toutes les auditions qui s\u2019offrent à lui.C\u2019est ainsi que Zubin Metha, qui l\u2019a vu en audition deux minutes, lui demande de l\u2019attendre en coulisses.En sortant de sa loge, il lui offre la Traviata en Israël pour 12 représentations.Idem avec Valery Gergiev, le grand maestro de l\u2019Opéra Kirov.« Je l\u2019ai tout bonnement appelé sur son portable alors que nous étions tous les deux à Londres.C\u2019est lui qui a répondu.Il m\u2019a donné rendez-vous le jour même pour une audition au théâtre Barbican où il dirigeait Carmen.Il n\u2019avait aucune idée de qui j\u2019étais.Je l\u2019ai attendu quatre heures.Il est arrivé à cinq minutes du début de l\u2019opéra, m\u2019a invité dans sa loge, m\u2019a demandé de chanter pendant qu\u2019il se changeait avant de me laisser ses huit numéros de téléphone et de disparaître sur scène.» Plusieurs mois plus tard alors qu\u2019il était allé chanter à London, en Ontario cette fois, le portable de Marc Hervieux a sonné.C\u2019était Gergiev qui appelait du Japon et qui invitait le ténor à venir chanter deux semaines à Saint-Pétersbourg.Des histoires comme celles-là, Marc Hervieux n\u2019en manque pas.Chaque fois qu\u2019il les raconte, il s\u2019étonne du chemin parcouru depuis l \u2019époque de mémère Hervieux et ne cesse de répéter combien il est loin d\u2019Hochelaga.C\u2019est une expression bien sûr puisqu\u2019il retourne régulièrement dans son ancien quartier où il s\u2019est impliqué avec la troupe des Petits Bonheurs, qui organise chaque printemps un festival de théâtre pour enfants défavorisés.Mais c\u2019est aussi une expression qui indique que les stigmates de son enfance ne sont pas entièrement effacées.Les histoires de Marc Hervieux sont nombreuses et elles se terminent généralement par un avion pris in extremis pour Moscou, New York ou encore Séoul, où le ténor québécois a repris cet été le rôle de Zéro Janvier dans la version symphonique de Starmania et celui de Quasimodo dans Notre-Dame de Paris.Car il lui arrive aussi de tromper l\u2019opéra avec la comédie musicale, une infidélité qui plaît beaucoup à l\u2019ancien chanteur de rock en lui.Plus en demande en Europe que chez lui Étrangement, Marc Hervieux a longtemps été plus en demande en Europe que chez lui.Il affirme que c\u2019est le lot de bon nombre de chanteurs lyriques québécois de sa génération.Mais depuis quelques années, la situation s\u2019est corrigée.Hervieux chante de plus en plus à l\u2019opéra de Montréal comme à celui de Québec.Avec trois filles en bas âge à la maison, ce n\u2019est pas de refus.Mais ce qui l\u2019étonne le plus, c\u2019est de constater que l\u2019opéra conna ît en ce moment une renaissance et une effervescence en Europe et aux États-Unis, partout en fait sauf au Québec.Même s\u2019il trouve cela dommage, Marc Hervieux n\u2019est pas le genre à se plaindre.Au moment de notre rencontre, il n\u2019avait pas encore essayé ses costumes de Roméo ni fait un enchaînement complet des scènes.Il n\u2019avait pas non plus une idée précise du spectacle dans son ensemble.Mais il savait une chose par contre.«C\u2019est un rôle très exigeant.Surtout physiquement, puisque Roméo est pratiquement tout le temps en scène.Cette fois, je n\u2019ai pas le choix, il faut que je sois en forme et que je me mette au régime.» Au printemps 2008, Marc Her v i e u x r e t o u r n e r a a u Metropolitan Opera de New York pour jouer le rôle de Casio dans Othello.Comme la fois précédente, il fera partie de la deuxième équipe d\u2019interprétation.C\u2019est lui-même qui apporte la précision.Mais première ou deuxième équipe, Roméo, Casio ou Rodolpho, une chose demeu re : Mar c Hervieux est plus que jamais loin d\u2019Hochelaga.«Le foulard, les manies, le régime draconien de la diva qui couve sa voix et s\u2019empêche de vivre pour l\u2019épargner, très peu pour moi, merci.Chanter, il faut que ce soit aussi naturel que parler.» Le samedi dans VOUS CHERCHEZ ?VOUS TROUVEREZ ! Le dimanche dans DE LA PREMIÈRE À LA DERNIÈRE PAGE\u2026 Tous les jours dans PLONGEZ DANS L\u2019ACTION lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 En collaboration avec présenté par Kent nagano, directeur musical Les vins sont une gracieuseté d\u2019Élixirs Vins & Spiritueux en collaboration avec présenté par Jeudi 8 novembre Benoît Brière au 5 à 8 de l\u2019OSM\u2013Air France venez découvrir avec André robitaille les coups de coeur de son invité benoit brière des concerts chaque semaine! Billets : 514.842.9951\u2013www.osm.ca Mardi 6 novembre 20 h brAmwell Tovey, chef d\u2019orchestre JAmes ehnes, violoniste Tchaïkovski : La Quatrième Symphonie présenté par billets à partir de 22,50$ Tarif spécial pour les 18\u201334 ans.Mardi 13 Mercredi 14 novembre 20 h mArek JAnowski, chef d\u2019orchestre rAlph kirshbAum, violoncelliste Schubert : La Symphonie «Inachevée» 17h30 : cocktail animé 19h : concert animé JeAn-frAnçois rivesT, chef d\u2019orchestre en résidence de l\u2019OSM François Vincent LE PEINTRE ET SON DOUBLE Espace Création Loto-Québec et l\u2019École nationale de théâtre du Canada présentent: Entrée libre du mercredi au dimanche de 11h à 18h samedi et dimanche de 12h à 17h 500, rue Sherbrooke O., Montréal, Métro McGill 514 499-5087 LOTOquebec.com Une invitation à découvrir les oeuvres de François Vincent, peintre et artiste pédagogue à l\u2019École nationale de théâtre du Canada, dans une exposition mise en scène par Gabriel Tsampalieros.Un entretien avec l\u2019artiste, réalisé par le critique d\u2019art et écrivain René Viau, accompagne l\u2019exposition.du 26 septembre au 16 décembre 2007 3510890A 3510905 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS MARIO CLOUTIER Après son exposition sur l\u2019environnement l\u2019an dernier, le CCA poursuit sa participation aux grands débats de société.La présentation de 1973: désolé, plus d\u2019essence pose un regard sur la crise pétrolière de 1973, une période qui renvoie aux questions brûlantes de l\u2019heure sur l\u2019énergie et le développement durable.Il s\u2019agit de la première exposit ion pour laquelle Mirko Zardini, le directeur du CCA en poste depuis deux ans, agit en tant que commissaire, en collaboration avec la conservatrice Giovanna Borasi.«J\u2019ai un projet.C\u2019est de traiter des enjeux contemporains.Le monde change.Nous faisons face à tellement de problèmes.Comme architectes, il faut savoir comment les envisager », explique M.Zardini.Flash-back: entre octobre 1973 et janvier 1974, le prix du baril de pétrole quadruple.Résultats : files d\u2019attente aux stations service, rationnement, fermeture plus tôt des écoles et bureaux, journées sans voiture, interventions politiques.Et l\u2019Arabie Saoudite de lancer ce message précurseur: «Vous devez vous adapter, l\u2019ère de l\u2019énergie à bas prix est terminée.» L\u2019expression «dormir au gaz» vous dit quelque chose?Pourtant, les ingénieurs et les architectes avaient commencé à réfléchir à cette question, bien avant.Ils continueront de le faire pendant et après la crise.La proposition du CCA nous fait voir leur travail : des solutions énergétiques inspirées des éléments, notamment.Certains d\u2019entre eux ont même dessiné des maisons indépendantes des réseaux de distribution.À faire frémir Hydro-Québec ! Aucun remède miracle Ainsi, le nouveau projet du CCA fait réfléchir.Plusieurs réponses architecturales sont évoquées, mais, de constater les commissaires, un tel problème sociopolitique ne comporte pas de solution magique.Il exige d\u2019abord un difficile changement des mentalités.«Est-ce que les valeurs économiques sont les seules valables aujourd\u2019hui ?demande M.Zardini.Il faut commencer à penser comme si on était pauvre.On a survécu 30 ans en étirant l\u2019élastique, mais on ne peut pas durer 30 ans de plus », prévient-il.L\u2019exposition du CCA comprend plus de 350 objets \u2013 dessins d\u2019architecture, photographies, publications, extraits télévisés et artefacts \u2013 dont près d\u2019une centaine auront été acquis sur l\u2019internet: des magazines, des jeux de société au nom évocateur comme Petropolis, des centaines de photos aussi.Le Centre a également mis la main sur un des panneaux solaires installés sur le toit de la Maison-Blanche sous la présidence de Jimmy Carter, en 1979, puis retiré sous Ronald Reagan.Mauvais élèves La présentation du CCA se veut un miroir qui nous renvoie l\u2019image des mauvais élèves que nous sommes.Près de 35 ans après la première crise pétrolière, notre dépendance aux carburants fossiles est toujours aussi dévorante.Et la sous-utilisation des énergies renouvelables reste la norme.«Avec cette exposition, on a voulu démontrer qu\u2019il faut y réfléchir, souligne Mirko Zardini.On cherche non seulement à sensibiliser le public mais aussi à stimuler la recherche contemporaine dans le domaine.» En fait, les architectes réfléchissent depuis longtemps à ces questions.Le MIT a construit la première maison solaire en 1938 et plusieurs autres innovations présentées au CCA précèdent la crise de 1973.Par exemple, ils imagineront la vie sous la terre, la construction de maisons avec des matériaux inusités comme des canettes de bière ou la création de communautés visant l\u2019autosuffisance «absolue».Des solutions pour le Nord et le Sud, pour le monde rural autant que pour les villes.Un catalogue de 250 pages des plus imaginatifs complète cette proposition.En plus de photos et de textes pertinents, le CCA a eu la brillante idée de commander à l\u2019illustratrice Harriet Russell une section destinée aux enfants qui explore avec intelligence et humour les problématiques soulevées par l\u2019exposition.CCA/ 1973: désolé, plus d\u2019essence L\u2019architecte et la crise Le Centre canadien d\u2019architecture présente 1973: désolé, plus d\u2019essence, du 7 novembre 2007 au 20 avril 2008.L\u2019exposition traite de l\u2019innovation architecturale en réponse à la crise pétrolière ou comment l\u2019histoire se répète.PHOTO FOURNIE PAR LE CCA, JIMMY CARTER LIBRARY © Le président américain, Jimmy Carter, a inauguré les premiers capteurs de la Maison-Blanche en juin 1979.Son successeur, Ronald Reagan, saura convaincre la population que la crise pétrolière ne résultait que d\u2019interventions bureaucratiques.Il fera enlever les panneaux en 1986.La présentation du CCA se veut un miroir qui nous renvoie l\u2019image des mauvais élèves que nous sommes.Près de 35 ans après la première crise pétrolière, notre dépendance est toujours aussi dévorante.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 3 N O V E M B R E 2 0 0 7 "]
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