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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2007-11-11, Collections de BAnQ.

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[" ON PRÉFÈRE FAIRE LA VAISSELLE.Afin de sensibiliser tous nos employés corporatifs, Metro inc.a distribué des tasses réutilisables, évitant ainsi l'utilisation des verres de styromousse pour le café.Un petit geste qui au bout du compte fait une grande différence.3513397A PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES LE TÊTE-À-TÊTE DE RIMA ELKOURI JEAN-FRANÇOIS LISÉE: À LA RECHERCHE DU NOUS PERDU PAGE 5 SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL À LA RENCONTRE DES ÉCRIVAINS PAGES 6 ET 7 Exclu des élections, harcelé par le régime de Vladimir Poutine, l'ancienjoueurd'échecs Garry Kasparovpoursuit sa lutte contre l'autoritarisme du Kremlin.Un combatpluspopulaireen Occidentqu'en Russie, où Poutineapparaîtdéjàcommelegrandvainqueur.Assezpour s'accrocheràlaprésidenceenchangeant la Constitution à son profit?Qui sait?Voici le deuxième volet de notre reportage sur la Russie des hommes forts.À LIRE EN PAGES 2 ET 3 PHOTOMONTAGE PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE Garry Kasparov et Vladimir Poutine Bryan Perro Jean- François Lisée MON T R É AL DI M A N C HE 1 1 N OV E M B R E 2 0 0 7 SÉRIE LA RUSSIE DES HOMMES FORTS AGNÈS GRUDA ENVOYÉE SPÉCIALE MOSCOU \u2014 Il a fait la couverture du New Yorker, a publié dans le Wall Street Journal et a été ovationné lors d'une récente tournée aux États-Unis, où il faisait la promotion de son dernier livre, How Life Imitates Chess (Comment la vie imite les échecs).À l'étranger, l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov est perçu comme un héros romantique engagé dans une lutte inégale mais courageuse contre le président Vladimir Poutine.Mais chez lui, en Russie, c'est une tout autre histoire.Sa coalition, l'Autre Russie, dont l'accréditation vient d'être rejetée par la commission électorale russe, a un taux d'appui famélique: moins de 5%.Même ceux qui s'inquiètent de la tangente autoritaire qu'emprunte la Russie et qui sont sympathiques à sa cause craignent que Garry Kasparov ne se soit engagé dans un jeu dont les règles lui échappent.«Je ne crois pas qu'il ait vraiment compris à quel point le Kremlin mène la sphère politique en Russie », dit Masha Lipman, de la fondation Carnegie à Moscou.Cette analyste a récemment rencontré Garry Kasparov pour une entrevue publiée dans le dernier numéro de l'édition masculine de Vogue.Elle l'a trouvé patient, agréable, rien du joueur agressif et un brin arrogant qui a dominé le monde des échecs pendant 15 ans, de 1985 à 2000.Mais il lui a aussi semblé que l'intellectuel de 43 ans manquait de sens politique.«J'admire son courage, mais ce n'est pas un politicien très habile », dit-elle.Autrefois habitué aux feux de la rampe, Garry Kasparov est sur la liste noire de la télévision russe: il n'y apparaît tout simplement jamais.Seule la radio Ekho Mosvky, dernier bastion d'indépendance éditoriale dans les médias électroniques russes, lui ouvre encore parfois ses ondes.En mai dernier, une manifestation de l'Autre Russie a été brutalement réprimée par la police.Kasparov a été battu et jeté en prison avec une centaine d'autres manifestants.La police a fouillé ses bureaux moscovites.Son adjointe, Marina Litvinovitch, ne se déplace pas sans garde du corps depuis qu'elle a été battue par des hommes armés de battes de baseball à la sortie de ces même bureaux.Kasparov est lui-même constamment entouré de deux gardes et ne voyage jamais sur la ligne Aeroflot, de crainte d'être empoisonné.Il ne serait pas le premier : la journaliste Anna Politkovskaïa a survécu à une tentative d'empoisonnement sur les lignes nationales russes avant d'être abattue, il y a un peu plus d'un an.La femme de Garry Kasparov, mère d'une fillette de quelques mois, vit actuellement aux États- Unis, notamment pour des raisons de sécurité.Riche, célèbre, auteur à succès : « Ironiquement, mes années de succès m'ont rendu vulnérable.» Garry Kasparov PHOTO AP, PHOTOMONTAGE PHILIPPE TARDIF, LA PRESSE Kasparov a tout pour filer des jours heureux sans regarder derrière lui chaque fois qu'il s'engage dans la rue.Qu'est-ce qui le motive donc à poursuivre cette bataille qui semble perdue d'avance?Excès de confiance D'emblée, Kasparov rejette ce défaitisme.Il se dit convaincu qu'il finira tôt ou tard par marquer des point dans sa lutte pour restaurer les libertés démocratiques.«La Russie arrive à un tournant », fait-il valoir en marge de la conférence de presse au cours de laquelle il a appelé les électeurs à annuler leur bulletin de vote en y inscrivant les mots «Autre Russie », en signe de protestation.Les bras croisés sur la poitrine, l'homme dont la chevelure compte désormais plus de sel que de poivre explique les raisons de son optimisme.Selon lui, les élections législatives du 2 décembre grossiront les rangs des mécontents parce qu'elles augmenteront le nombre de voix exclues de la scène politique.Plus encore si Vladimir Poutine, malgré ses promesses, devait s'accrocher à la présidence de la Russie.«Poutine est coincé et il n'a pas de plan de match», soutient Garry Kasparov.«Ironiquement, mes années de succès m'ont rendu vulnérable », a écrit l'ancien champion dans son dernier livre, où il établit des parallèles entre la façon de gagner sur l'échiquier et celle de réussir dans la vie.Espère-t-il que Vladimir Poutine commettra la même erreur que lui et se rendra fragile par un excès de confiance?«On en est déjà là », assure Garry Kasparov.Un problème d'image Mais alors pourquoi la popularité de Vladimir Poutine se maintient- elle au-dessus des 70%?«Le pays est dans un état catastrophique, plaide Kasparov.Les prix augmentent, il y a un écart entre le peuple et ses dirigeants.Dans le fond, les Russes n'ont pas davantage besoin de Poutine qu'ils avaient besoin de Brejnev, ou que les Irakiens avaient besoin de Saddam Hussein.» Le problème avec Kasparov, souligne Masha Lipman, c'est qu'il dépeint les réalisations de Poutine tout en noir, alors que les gens constatent que leur vie, sur le plan matériel, s'est améliorée ces dernières années.Ce progrès a beau être en partie fondé sur le prix du pétrole et du gaz, il est réel.En le niant, Kasparov rame à contre-courant.L'image de l 'ancien joueur vedette a aussi du mal à passer.Kasparov est trop occidental, trop émotif, ne maîtrise pas assez ses sentiments pour l'opinion russe, juge Boris Dubin, directeur des enquêtes sociales au centre d'analyse Levada.Dans le grand public, Kasparov suscite des commentaires amusés, du genre: «Il aurait mieux fait de continuer à jouer aux échecs.» Mais cette perception est en partie due à l'artillerie lourde que le Kremlin déploie contre l'Autre Russie, malgré son poids plume dans la vie politique russe.Une jeune femme croisée l'autre jour devant l'édifice de la Douma, le parlement russe, nous a confié son désarroi devant les choix électoraux qui s'offrent à elle le 2 décembre.La suggestion de Kasparov qui demande aux gens d'annuler leur bulletin ne s'était jamais rendue jusqu'à ses oreilles.«Tiens, c'est une idée, ça», a-t-elle lancé d'un air amusé.De l'échiquier à la politique Né à Bakou, en Azerbaïdjan, qui faisait à l'époque partie de l'Union soviétique, Garry Kasparov a remporté le championnat mondial d'échecs contre Anatoly Karpov en 1985 dans un match annonciateur des bouleversements politiques à venir.Autant Karpov parlait la langue de bois du régime, autant Kasparov était jeune, fougueux, audacieux.Le temps des apparatchiks tirait à sa fin.Ayant perdu son titre de champion en 2000, Garry Kasparov a abandonné les échecs il y a deux ans pour fonder le Front civique uni, parti aujourd'hui allié avec d'autres opposants au sein de l'Autre Russie.Il jure n'en tirer aucun bénéfice personnel et agir parce qu'il ne peut faire autrement, n'ayant envie ni d'émigrer ni de se taire.Mais dans la partie qu'il joue actuellement contre le Kremlin, il se mesure à un ennemi qui domine complètement l'échiquier.Ses collaborateurs sont constamment harcelés.«Il n'y a pas une journée sans qu'un des militants de l'Autre Russie ne nous signale un problème.Ça peut être des menaces, ou quelqu'un qui se retrouve devant les tribunaux.Tous les jours nous devons appeler nos avocats », dit Marina Litvinovitch.Récemment , les autori tés moscovites ont annoncé que la Maison des journalistes devait fermer pour rénovations.C'est justement là que Kasparov a l'habitude d'organiser ses conférences de presse.Aux yeux des jeunes propagandistes du mouvement pro- Kremlin Nachi, Kasparov est le démon à abattre.À leur dernier camp d'été, ils ont accroché des photos de femmes aguichantes en remplaçant leurs visages par ceux des opposants du régime - dont Garry Kasparov.Façon de dire que celui-ci se prostitue avec l'Occident.On fait aussi courir le bruit que Kasparov a pris la nationalité américaine, ce que son bureau nie avec véhémence.Comme il nie recevoir quelque subvention que ce soit de quelque organisation américaine que ce soit - ce qu'on reproche fréquemment au leader de l'Autre Russie.Au-delà des attaques, Kasparov éprouve aussi des ennuis bien réels avec sa coalition, un assemblage idéologiquement hétéroclite qui tend à s'effriter.Quelle qu'en soit la cause, cela n'ajoute pas à sa popularité.Mais Kasparov n'en continue pas moins à se démener, envers et contre tous.Faible, l'Autre Russie?«Si nous le sommes autant que le disent les sondages, pourquoi le Kremlin a-t-il aussi peur de nous, pourquoi déploie-t-il de tels efforts pour nous faire taire?» nous demande-t-il avec défi.Bonne question.À LIRE: How Life Imitates Chess, Garry Kasparov ÉDITIONS BLOOMSBURY2007 AGNÈS GRUDA ENVOYÉE SPÉCIALE MOSCOU - Que fera le président russe à l'échéance de son deuxième et théoriquement dernier mandat, en mars?Lorsqu'il a donné son appui au parti Russie unie, en septembre, Vladimir Poutine avait généré de nouvelles spéculations.Peutêtre venait-il de trouver une ruse pour atterrir dans le siège de premier ministre et déplacer le centre du pouvoir vers cette fonction, aux dépens de la présidence?Directeur des enquêtes sociales au centre d'analyse Levada, Boris Doubin juge cette éventualité hautement improbable.Selon cet analyste indépendant, la popularité dont jouit actuellement Vladimir Poutine repose, notamment, sur le piédestal que lui fournit sa position présidentielle.«Les Russes ne croient plus à aucune institution, sauf à l'Église et à la présidence, sur lesquelles ils ont misé tous leurs espoirs», explique-t-il.Aux yeux de l'opinion publique, «Poutine se situe au-dessus du pouvoir», contrairement à la Douma et au gouvernement, qui suscitent la méfiance et le mépris.Le jour où Vladimir Poutine «descendra » dans cette arène, il risque d'être perçu comme tous les autres politiciens, ni plus, ni moins.On est loin du scénario gagnant.«Le plan de Poutine, la victoire de la Russie », clament d'immenses panneaux accrochés ça et là dans les rues de la capitale.Mais quel est au juste ce plan?Fautil croire, comme l'avance Garry Kasparov, que le président n'arrive pas lui-même à se brancher?Qu'il n'arrive pas à trouver comment rester au pouvoir sans perdre sa légitimité constitutionnelle ?Faux, affirme l'hebdomadaire Novoïe Vremia dans un article qui détaille, point par point, le plan que Vladimir Poutine a trouvé pour résoudre la quadrature du cercle.Depuis la mi-octobre, des manifestations appelant Poutine à rester au-delà du second mandat s'organisent, de manière prétendument spontanée, dans différentes villes du pays, souligne de magazine.Ils étaient 5500 à Kamtchatka, 30 000 en Tchétchénie pour supplier leur président de ne pas quitter son poste.Des artistes, dont le cinéaste Nikita Mikhalkov, ont aussi signé une pétition en ce sens.De façon habile, le Kremlin est en train de transformer les législatives du 2 décembre en plébiscite, écrit Novoïe Vremia.Plus la victoire de Russie unie sera déterminante, plus il lui sera facile de modifier la Constitution après le scrutin - en réponse, bien sûr, à la demande savamment orchestrée du peuple.Selon l'hebdomadaire, ces changements toucheraient le nombre et la durée des mandats présidentiels.Le cas échéant, il y a peu de chances que ce scénario astucieux provoque la révolte.Vladimir Poutine jouit d'un appui fabuleux: quelque 80% des Russes le jugent positivement.Parmi eux, il y a Vladimir, jeune vingtaine, francophile, étudiant en histoire et musicien à ses heures.Le jeune homme n'achète pas Poutine en bloc, loin de là.«Mais c'est la première fois de ma vie que je n'ai pas honte de mon président », confie-t-il.Ses réalisations sur la scène étrangère, le fait qu'il ait redonné une fierté à la Russie, c'est l'un des socles sur lesquels repose la popularité du président Poutine, dit Masha Lipman, de la fondation Carnegie à Moscou.Il y a aussi l'augmentation réelle du niveau de vie des Russes.Et enfin, l'absence de critique et d'opposition dans les grands médias.Vladimir Poutine a placé ses pions.Prochain match: le 2 décembre.Pas de plan?Nemisez pas trop là-dessus.À LIREDEMAIN: LES ENFANTS DE POUTINE Vladimir Poutine PLUS LECTURES DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE Pour Whitman, l'écrivain se trouve derrière son livre, mais en lisant on le fait apparaître devant soi.Et quand il est là, on replace le livre dans la bibliothèque, on prépare le thé, et on revient s'asseoir calmement pour converser avec cet esprit qui a traversé parfois les siècles pour nous retrouver ici.Enfant, je croyais que les livres poussaient sur les arbres.J'avais entendu dire que c'est avec des arbres qu'on faisait les livres, et je prenais l'image à la lettre.J'ai su plus tard qu'il y a toujours quelqu'un derrière un livre.C'est l'écrivain.Comment s'y prendt- il?Il s'enferme quelque part pour mieux plonger en lui-même.En ayant pris soin, auparavant, de rassembler les ingrédients qui vont le servir pour apprêter son roman.Il lui faut d'abord ralentir le rythme, car le roman est un art de longue cuisson.Puis les épices, qui donnent toute sa saveur à l'histoire, et qu'en littérature on appelle le style.Après il doit baisser le feu, et laisser le tout se reposer pendant un bon mois.Il reprendra le travail prudemment, car tout est si délicat encore, et il suffit de peu pour que le livre vous échappe.Il conforte la charpente de l'ouvrage pour éviter que de trop longues digressions ne le déséquilibrent.C'est différent de ce qu'on imaginait, mais il continue, tête baissée, malgré la déception momentanée, à espérer une surprise au bout du tunnel.En effet, il est le premier étonné par cette chose trop palpitante de vie pour être un simple objet.C'est le sang (et non l'encre) de l'écrivain qui l'irrigue.De cet écrivain, qui doit disparaître pour permettre au livre d'atteindre son lecteur.Bien sûr, on le voit de plus en plus à la télé, dans les journaux ou à la radio, mais ce n'est pas tout à fait lui.Pour le croiser réellement, il faudrait le surprendre quand il a ce regard hagard vers la fin de l'aprèsmidi.Et là, il a vraiment une sale gueule.Celui qu'on voit à la télé n'est qu'un usurpateur.Mistral Il m'a téléphoné, un soir.Il voulait que je le rejoigne quelque part.Une voix haut perchée, dans un corps d'adolescent qui a grandi trop vite.À l'époque, il était dans sa période bukowskienne.L'écrivain qui fait corps avec son oeuvre était, pour ceux de la génération d'après-guerre, Louis-Ferdinand Céline.Pour les jeunes écrivains des années 90, ce fut Bukowski.Alors, j'ai retrouvé Mistral dans un bar miteux où il buvait ferme.Je l'avais déjà aperçu, avec son chapeau mou et sa moue de starlette ennuyée, dans les hebdomadaires gratuits.Il a voulu qu'on se rende chez lui, pas trop loin.On a pris la rue Sherbrooke.Il faisait déjà noir quand un type en fauteuil roulant a foncé sous les roues de la voiture.J'ai freiné à temps.Pendant tout le trajet, et des années plus tard, c'est cette histoire qui s'est logée dans la tête de Mistral.Il riait en tapant des mains sur le tableau de bord.Et il revenait sur l'incident durant toute la soirée, le racontant à chaque nouveau venu.C'était la même faune bigarrée qu'on voit dans son dernier roman (Léon, Coco et Mulligan, Boréal, 2007).Ce qui semblait l'intéresser, c'est le fait que le parcours humain soit si imprévisible.Si cet accident avait eu lieu, on se demande quelle influence cela aurait eu sur son écriture, sur sa manière de voir le monde.Mistral donne l'impression d'attendre toujours fébrilement un accident.On n'a qu'à ouvrir son roman pour sentir cette terrible attente qui empoisonne la vie de ses personnages.Pour Mistral, l'inacceptable c'est qu'il n'arrive rien.Mieux vaut se faire casser la gueule, comme Edie, par le premier venu.Dantzig Je l'ai croisé à Dublin.Il était, comme moi, invité à parler de Joyce chez Joyce pour le 100e anniversaire de naissance de l'auteur d'Ulysse.Des spécialistes de Joyce, venant du monde entier, prenaient place autour de la table.Que peut-on dire dans un pareil cas?J'ai simplement admis que je n'avais jamais lu Joyce.Charles Dantzig prenait part à la discussion.Il semblait complètement désarçonné par mes propos, car mon ignorance ne m'a pas empêché de discourir sur Joyce.Moins on sait, plus on est libre.À mon retour à Montréal, j'ai trouvé un mot de lui, me disant qu'il est éditeur chez Grasset et qu'il aimerait me publier.On s'est retrouvés, dans un café, toujours le même, à chacun de mes passages à Paris.Comme ses livres, Dantzig est snob sans être mondain, léger sans être bête, sérieux sans être ennuyeux.Il a publié cet étonnant Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset, 2005) qui a fait de lui le nouveau Bernard Frank en ville.Il semble écrire sans prêter trop attention à l'histoire qu'il raconte.Une manière devenue si rare qu'elle semble inédite dans un monde où on veut tellement que l'autre sache qu'on a sué.Dans son brillant dernier roman (Je m'appelle François, Grasset, 2007), il joue avec les multiples masques d'un homme qui n'a peur que de la solitude.Dois-je rappeler que le contraire de la solitude n'est pas forcément la multitude.On reste fasciné par une telle agitation identitaire tout en se demandant ce qui peut bien motiver quelqu'un à courir ainsi.C'est en lisant ce roman que j'ai compris l'étonnement de Dantzig à Dublin.François, son personnage, prend toutes les identités, et moi, j'ai abattu mes cartes avant même que la partie ne commence.À ses yeux, c'est la même chose.Ce qui est plus intéressant, c'est que j'ai retrouvé dans le roman la respiration rapide, les gestes secs et le long regard panoramique de Dantzig.Mabanckou La première fois que j'ai rencontré Alain Mabanckou, il était un jeune écrivain furieux de devoir attendre son lectorat.On était assis au Salon du livre de Paris, et il regardait passer ses futurs lecteurs sans que ceuxci ne le repèrent.De temps en temps, il laissait éclater un grand rire pour calmer son angoisse.Le problème, c'est qu'il était le seul à savoir qu'il portait en lui ces romans qui allaient le rendre célèbre.Il était beau, il s'habillait bien, il avait déjà écrit de bons livres, mais ce n'était pas suffisant.Pour devenir connu à Paris, il faut aussi un éditeur connu.Mabanckou rongeait son frein.Il regardait les autres le doubler sur la droite.Je ne sais pas à quel moment, il s'est refugié quelque part pour oublier toute cette mondanité, et il a écrit le livre qui germait dans son ventre depuis si longtemps (Verre cassé, Seuil, 2005).Il nous racontait ses autres livres, jamais celui-là.Un écrivain sait toujours quand il porte en lui quelque chose de plus grand que lui.Je le revois encore, à Djaména, le regard lointain et nostalgique.Aujourd'hui, on l'invite partout.Et ses lecteurs font la queue pour le voir.Il a sorti, de son ventre, un autre livre : Mémoire du porc-épic (Seuil, 2006).Ce fut le gros lot du Renaudot.Et là, il veut simplement se faire plaisir avec cet essai sur l'un des plus importants écrivains américains de la fin du XXe siècle : James Baldwin.La Lettre à Jimmy (Fayard, 2007), c'est à Los Angeles, où il enseigne, qu'il l'a écrite.Il restitue avec une grande tendresse le parcours de ce jeune Noir de Harlem, maigrichon et homosexuel, qui n'a de cesse d'ouvrir grand ses yeux globuleux sur un monde en feu.Baldwin n'avait pour affronter son époque que ce style (des phrases sifflantes et étourdissantes) qui lui venait des discours apocalyptiques des pasteurs de Harlem.Mabanckou fait monter James Baldwin sur le podium, à côté de lui.Ce même Baldwin qui lui a tenu la main quand il était encore dans la glaciale solitude de l'écriture.Benyahia Il y a quelques années, j'ai reçu, à Miami, un paquet de nouvelles intrigantes d'une certaine Sonia Benyahia.Vous ne la connaissez pas encore?Cela ne saurait tarder, car elle vient d'écrire un joli bouquin avec un titre saignant (Les couteaux à pain trouent les seins comme rien, Leméac, 2007).Laissez tomber les couteaux et les seins qui ne font jamais bon ménage, et prenez le pain.C'est du bon pain, je vous le garantis.Pendant que j'y pense, il y a des boulangers qui s'amusent à faire du pain en forme de sein.Comme ces derniers travaillent la nuit, il faut les imaginer en train de fantasmer pendant que les braves gens dorment.C'est écrit au couteau.Un mince bouquin, mais on a l'impression que de nouvelles histoires s'ajoutent au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture.Cela prend un temps avant de comprendre qu'elles viennent de nous.Il y a des trous dans le livre et on les remplit à la place de l'auteur.C'est une astuce, et Benyahia sait écrire si elle danse ainsi avec son lecteur.Si j'étais vous, je laisserais tomber beaucoup de ces gros livres qui tentent de nous en mettre plein la vue pour me précipiter sur ce mince bouquin drôle et désenchanté.Derrière les livres Un écrivain sait toujours quand il porte en lui quelque chose de plus grand que lui.DESOH! ET DES BAH! La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS ALLEMAGNE La mort au petit écran Les Allemands auront bientôt droit une chaîne de télévision consacrée au deuil et aux funérailles.On y diffusera notamment de courts films sur les cimetières et des avis de décès.«Grâce à cette chaîne, les gens auront la possibilité de s'informer de façon anonyme, discrète et sérieuse» sur les modalités d'enterrement, a expliqué, enthousiaste, l'Association des entrepreneurs de pompes funèbres.L'EXPRESSION DE LA SEMAINE «Manger mou» C'est ce que la ministre québécoise responsable des Aînés, Marguerite Blais, promet de faire disparaître du menu des centres d'hébergement du Québec.Pas de quoi rire : des aînés dégoûtés par la purée se laisseraient mourir de faim.La guerre au «manger mou» est commencée.ILS, ELLES ONT DIT Ambitieux «Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique.» \u2014 Le président français NICOLAS SARKOZY, de passage à Washington cette semaine.Explicatif «Le souci de Sarkozy, c'est de toujours vouloir faire la preuve de son existence.» \u2014 JEAN-PIERRE WINTER, psychanalyste, interrogé sur « l'hyperactivité» du président français.EN HAUSSE, EN BAISSE MARIO DUMONT Il se dit prêt à renverser le gouvernement pour dénoncer sa défense des commissions scolaires.Et on apprend que l'ADQ demeure le parti d'un seul homme dans les médias.Dure semaine.PERVEZ MUSHARRAF Il proclame l'état d'urgence et suspend la Constitution.Sous la pression, il a néanmoins promis des législatives «avant le 15 février » prochain.Survivra-t-il, politiquement, jusqu'à cette date?LE DOLLAR Il a traversé la barre des 110 cents US cette semaine.Malgré tout, l'économie canadienne demeure «solide comme le Bouclier canadien», affirme Stephen Harper.Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbahlapresse.ca Avec La Presse, la Presse canadienne, l'AFP, Reuters, le New York Times, Libération.66 Le nombre de milliardaires en Chine cette année selon Forbes Magazine.Hausse spectaculaire puisqu'il n'y en avait que 15 l'an dernier.Dans combien de temps la Chine rattrapera-t-elle les États-Unis, qui en ont 415?Impossible de connaître le prix des cadeaux offerts par le Canada \u2014 dont une bouteille de vin \u2014 à la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice en février dernier.La Presse a appris cette semaine que cela pourrait «porter préjudice à la conduite des affaires internationales du Canada» ! PHOTODE LA SEMAINE PHOTO ARIF ALI, AFP De nombreuses manifestations violentes se sont produites toute la semaine au Pakistan, à la suite de la déclaration de l'état d'urgence et de la suspension de la Constitution par le président Musharraf.PHOTO PC PHOTO AP PHOTO ARCHIVES, LAPRESSE PHOTO LARRY DOWNING, REUTERS PLUS LECTURES CYBERPRESSE Voyez les dessins parus, jour après jour, dans La Presse, Le Soleil, Le Droit, La Tribune et Le Nouvelliste, sur www.cyberpresse.ca CARICATURESDE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.LE DROIT LE NOUVELLISTE LE SOLEIL L'essai s'appelle NOUS, en lettres majuscules.En regardant le titre inscrit en bleu sous le nom de l'exconseiller de Jacques Parizeau, je n'ai pu m'empêcher de penser à ce soir de novembre 1995 où le chef du PQ, amer, a laissé de côté le discours rédigé par Jean-François Lisée pour en improviser un autre.Réhabiliter le Nous 12 ans après le fâcheux «nous» de Parizeau qui a fait reculer la cause souverainiste, n'est-ce pas malhabile?ai-je demandé à Jean-François Lisée.«Il y a le Nous de Parizeau et il y a celui de Jean Lesage avec son «Maître chez nous».Un chef politique qui l'a beaucoup utilisé, c'est René Lévesque, que j'aime beaucoup.Même Robert Bourassa a utilisé le Nous », commence par dire le journaliste, rencontré dans son bureau du CÉRIUM - le Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal -, dont il est le directeur général.À ceux qui disent «pourquoi Nous?» Lisée répond: «Pourquoi pas?» «M.Parizeau a donné énormément au Québec, contrairement à Pierre Trudeau, qui a mis 500 étudiants en prison en octobre 1970 et a imposé une Constitution sans référendum.Ce n'est pas parce qu'il a vécu une tragédie pour lui et pour nous qu'il faut oblitérer le fait que, sans le Nous majoritaire, le Québec n'est pas distinct, le Québec n'est pas une nation.Il faut surmonter ça.Il faut revenir au Nous de Jean Lesage et de René Lévesque, au Nous réel.La réalité sociologique du Québec, c'est qu'il y a un Nous au coeur de la nation.Un Nous qui aujourd'hui vit un malaise réel.» Après avoir chanté pendant 20 ans la tolérance, après avoir défendu les droits des minorités, il faut désormais, croit Lisée, rasseoir le Nous de la majorité.Il faut passer du moment minoritaire au moment majoritaire.«Au Québec plus qu'ailleurs, pour des raisons politiques liées à la question nationale, le Nous majoritaire a été presque honteux de s'affirmer», explique-til.«Maintenant, la majorité dit: et si, au centre du débat, il y avait la majorité pour un moment?Parce qu'on sent qu'on perd un peu nos repères.» Selon Lisée, il y a deux façons malsaines de répondre au malaise majoritaire.La première, c'est le déni.C'est de dire - comme il m'arrive de le dire - que la crise identitaire est une création médiatique.C'est de dire aussi que le malaise n'existe pas ou qu'il est injustifié.La seconde façon malsaine d'y répondre, c'est le repli.C'est la «réponse populiste ou d'extrême droite qui s'appuie sur le déni élitiste pour mieux proposer une autre voie, en sens inverse».C'est la voie choisie par Mario Dumont, qui, sans être d'extrême droite, est certainement populiste.Entre le déni et le repli, il y a quoi?Il y a Jean-François Lisée, ou du moins la voie qu'il propose à sa famille souverainiste - même si plusieurs membres de la famille trouvent qu'il s'est égaré en chemin.Que dit donc Lisée?Il dit qu'il faut rétablir un nouvel équilibre.Et c'est à la majorité qu'incombe cette tâche.«Le fait que le Nous majoritaire manque d'estime de soi le porte à culpabiliser l'autre, dit-il.Mais ce n'est pas l'autre qui est responsable.C'est toujours la majorité qui est responsable de bien établir la norme.» Comment rétablir les repères?Lisée propose étrangement de ramener l'enseignement religieux à l'écolepour«accommoder»lamajorité de parents dont c'est le souhait.Il propose aussi de fusionner les cégeps francophones et anglophones pour créer un point de passage commun.Il propose d'accueillir un nombre plus important de jeunes immigrants auxquels on offrirait une formation postsecondaire.Il propose une nouvelle approche un peu militaire à l'égard des droits de scolarité, jugeant que le système actuel n'est pas «de gauche», mais juste «bête».Il propose de faire du Québec un paradis des familles (avec la semaine de quatre jours pour les parents de jeunes enfants, qui ne s'en plaindront pas).Lisée propose aussi, on le sait, d'introduire une citoyenneté québécoise liée au droit de vote.Une citoyenneté interne, accordée uniquement au nouvel arrivant qui démonterait qu'il comprend le français et qu'il a des connaissances de base de l'histoire et de la culture québécoise.Une idée critiquée de toutes parts, tant par les adversaires du PQ que par ses alliés.D'un point de vue souverainiste, cette citoyenneté est vue comme un gadget, un plan B à défaut de souveraineté.D'un point de vue fédéraliste, c'est un sujet de raillerie.Alors qui est gagnant?«Le Québec est gagnant, dit Lisée.Parce que si on nie qu'il y a une crise identitaire, il n'est pas nécessaire de faire quoi que ce soit.Mais si on admet qu'il y a une crise identitaire et que les salles sont bondées à Drummondville, à Trois-Rivières, au Saguenay et en Gaspésie pour dire qu'il y a un problème.Ces gens-là ne sont pas payés pour sortir le soir et dire à un philosophe et à un sociologue qu'il y a un problème.Si on admet qu'il y a un problème, il faut dire aux gens qu'on a une solution.» Mais quel rapport entre la solution apportée et le problème?Quand on écoute les audiences de la commission Bouchard-Taylor, ne voit-on pas que le malaise a très peu à voir avec la survie de la langue?Pourquoi dire aux gens: «On va protéger la langue française» alors que ce qui les inquiète, c'est la montée de l'islamisme?«On parle beaucoup de langue française à la Commission, dit Lisée.Ça revient très souvent, y compris de la part d'immigrés.Mais effectivement on parle des valeurs.Quelles sont les valeurs?Qu'est-ce qu'on doit fixer comme valeurs?Qu'estce qu'on doit dire aux nouveaux arrivants?» La prédominance du français, croit Lisée, doit être inscrite parmi nos valeurs communes dans la Constitution, aux côtés de l'égalité hommes-femmes, du respect du patrimoine historique du Québec et de la laïcité des institutions.«Et on prête serment à ça quand on devient citoyen», dit-il.Le but?«Codifier les valeurs, dire à nos législateurs: vous ne pouvez pas voter de lois qui contredisent ces valeurs.Dire aux juges: s'il vous paît, les prochains accommodements raisonnables, vous devez les juger à travers cette lunette nouvelle.On la met aussi dans la Charte des droits pour dire aux nouveaux arrivants : si vous voulez devenir citoyens, vous devez prêter serment à ces valeurs.Si vous êtes de l'islam radical, vous ne pourrez pas prêter serment à ça.L'égalité des hommes et des femmes, la laïcité des institutions, si vous avez un problème avec ça, nous, on a un problème avec ça.C'est clair.» Jean-François Lisée a-t-il été incommodé par les critiques virulentes visant son projet?Pas du tout, dit-il, heureux de rappeler que l'idée d'une loi 101 était à ses débuts encore plus impopulaire que son projet de loi sur l'identité.«J'avance des idées.Certaines sont peut-être bonnes, certaines sont peut-être mauvaises.Les décideurs verront ce qu'ils feront avec.Moi, au moins, je sais que je contribue à la discussion publique.C'est tout.» À la recherche du Nous perdu PHOTO RÉMI LEMÉE, LAPRESSE © Jean-François Lisée, journaliste, conseiller politique et directeur général du CÉRIUM, lanceramardi un essai intitulé Nous (Boréal), où il se penche sur les rapports entre lamajorité québécoise et lesminorités.RIMA ELKOURI TÊTE-À-TÊTE Avec un nouvel essai intitulé Nous, Jean-François Lisée, artisan du controversé projet de loi sur l'identité de Pauline Marois, persiste et signe.Il propose de réhabiliter le «nous» majoritaire, de renforcer les repères identitaires, d'accommoder les Québécois incommodés.Rencontre avec un lanceur d'idées qui a déjà vu venter.«C'est toujours la majorité qui est responsable de bien établir la norme.» PLUS LECTURES SIGNET Salon du livre demontréal SÉANCESDE SIGNATURE - Du mercredi 14novembre au lundi 19novembre En 1978, environ 40 000 personnes ont visité le premier Salon du livre de Montréal (SLM).L'année dernière, ce chiffre a dépassé les 123 000.Une croissance qui contraste avec la stagnation du nombre de lecteurs québécois.Regard sur le phénomène.LECTEURS RECHERCHÉS, TOUJOURS ET ENCORE DOSSIER 30e SALONDU LIVRE DE MONTRÉAL PAUL JOURNET «Le but premier du Salon n'est pas de vendre des livres sur place.C'est de promouvoir la lecture, de donner goût aux gens de visiter ensuite les bibliothèques et les librairies », explique Francine Bois, directrice générale du SLM, un organisme sans but lucratif.Cet objectif n'a pas perdu sa pertinence.Et ce, malgré le chemin parcouru depuis les débuts du SLM.Retour en 1978.Le Québec est en effervescence.Une littérature nat iona le s'e s t bât i e et continue de croître.L'Union nationale des é c r iva i ns québé c o i s (UNEQ) vient d'être fondée, en mars 1977, sous l'impulsion de Jacques Godbout.Les ma isons d'édi - tion, elles, deviennent plus nombreuses et mieux gérées.Le réseau des librairies québécoises suivra.Notamment grâce à la loi 51, instituée en 1980, qui permettra au réseau de librairies et de bibliothèques publiques de se développer jusque dans les régions auparavant mal desservies.«On commençait à parler d'industrie culturelle, se souvient Jacques Michon, professeur à l'Université de Sherbrooke et titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire du livre et de l'édition.De nouveaux éditeurs arrivaient avec une structure d'affaires mieux pensée, et ils commençaient à recevoir des subventions d'Ottawa et de Québec.C'est dans ce contexte que sont apparus Stanké, Libre Expression et Québec Amérique.» Bref, plus de maisons d'édition, plus d'auteurs et plus de livres.Et donc plus de lecteurs à trouver.Des salons du livre se déroulaient déjà en région, comme ceux de Chicoutimi et de Rimouski, inaugurés respectivement en 1964 et 1965.Mais pas à Montréal.L'ancêtre du Salon, lancé en 1950 à la Place Windsor, n'existait plus.«Une foire commerciale lui avait succédé vers 1975, explique Francine Bois.Mais elle était destinée aux commerçants, et en plus elle ne donnait pas les résultats escomptés.Le Salon l'a donc remplacée en 1978.» Plus de livres, un peu moins de lecteurs Encore pertinent après 30 ans, le mandat du SLM?Oui et même encore plus, à en juger par les données de l'Observatoire du livre.Car les auteurs québécois peinent aujourd'hui à trouver des lecteurs.En 1972, les éditeurs québécois ont proposé 1889 titres.Ce chiffre est passé à 6000 en 1994.Il est resté relativement stable depuis.Ce qui a changé, c'est le tirage de ces livres.Ils sont imprimés à beaucoup moins d'exemplaires.Deux fois moins qu'en 1994.De 20 millions d'exemplaires en 1994, le nombre est descendu à 10 294 000 en 2002.Il semble manquer de lecteurs pour acheter ces nouveaux titres.Car les lecteurs, eux, n'augmentent pas.Au contraire.Entre le premier SLM et le 25e en 2002, la proportion de lecteurs a légèrement diminué, de deux points.Et celle des grands lecteurs (plus de 50 livres par année) a baissé depuis 1989.«Certains disent qu'il se publie trop de livres au Québec par rapport au nombre de lecteurs, remarque Stanley Péan, président de l'UNEQ.Je trouve que c'est une mauvaise façon de concevoir le problème.On ne va quand même pas demander aux créateurs de se taire.Ce qu'il faut, c'est de mieux promouvoir notre littérature.» Tendance contraire Au SLM, c'est la tendance contraire.Le nombre de lecteurs-visiteurs n'a jamais cessé de croître.Même chose pour les 11 autres membres de l'Association des salons québécois du livre.Leurs revenus, générés par la billetterie et la location de stands, continuent d'augmenter.Le SLM prépare aussi la relève, avec des activités jeunesses et un programme pour les jeunes défavorisés, «La lecture en cadeau».Augmenter le lecto - rat est une partie de la solution.L'autre est de le diriger vers la littérature québécoise, indique Jacques Michon.« Les éditeurs qué - bécois ont repris des parts de marché de leurs concurrents étrangers.En littérature, ils occupent environ 40% du marché.Dans les années 60, c'était environ 15%.C'est quand même une amélioration significative.» C'est mieux, mais pas encore assez, croit Stanley Péan.«C'est un travail qu'on doit commencer à l'école et poursuivre ensuite en ramenant le livre à l'agora.Des efforts restent à faire.Quand on se compare aux États-Unis ou à la France, je ne trouve pas qu'on lit beaucoup notre littérature.» Encore nécessaire après 30 ans, le mandat du Salon du livre ?Oui et même encore plus, à en juger par les données de l'Observatoire du livre.Car les auteurs québécois peinent aujourd'hui à trouver des lecteurs.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Si le bassin de lecteurs est en baisse au Québec, la tendance est à l'inverse au Salon du livre de Montréal : le nombre de lecteurs-visiteurs n'a jamais cessé de croître.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Chloé Sainte-Marie PHOTO MAXIMILIEN LAMY, AFP Bernard Werber PHOTO RICHARD BATO Philippe Claudel CHANTAL GUY Je n'ai aucun souvenir d'enfance lié au Salon du livre de Montréal.J'aurais adoré.Mais chez nous, on n'allait pas au Salon, on allait au parc Belmont.Le livre était une découverte personnelle, solitaire et silencieuse - elle m'était d'autant plus précieuse.C'est donc avec un regard neuf et sans nostalgie que j 'arpente les allées de la Place Bonaventure depuis quelques années.Chaque fois avec ce sentiment d'étouffement propre à l'agoraphobe qui n'a jamais associé «foule» et «livre» dans une même pensée - même si j'ai souvent cherché mes semblables, que j'espérais pourtant nombreux.«Jouir de la foule est un art», écrivait Baudelaire dans le Spleen de Paris\u2026 Ne vous méprenez pas: j'y serai encore cette année.Je persévère mais j'en arrache.Nausées, sueurs froides, vision trouble, panique.Je ne comprends pas cet inconfort alors que bouquiner est une façon naturelle de me calmer.Un plaisir parfait qui me fait oublier les heures, tandis qu'au Salon je compte les minutes en repérant les sorties de secours.Et puis, il y a la culpabilité.Pourquoi est-ce-que je m'énerve comme ça?Come on, fille, tu crois au livre, tu le défends, force-toi! Suis-je misanthrope?Je me sens mal, où sont les toilettes?J'essaie de me mettre dans l'ambiance, je vous jure.Mais je n'y arrive pas.Quand on bouquine toutes les semaines depuis toujours, on a ses habitudes.J'ai mes adresses préférées, une sorte de tournée des grands ducs les dimanches.Je connais mes librairies dans leurs moindres détails et la bouille des libraires dévoués qui se fendent en quatre pour me trouver l'introuvable.Au Salon du livre, je suis perdue.Je me sens dans un entrepôt, cernée par les bouquins, et cela me rappelle un cauchemar récurrent: un Grand Livre m'attend dans un amoncellement, mais la boutique va fermer dans cinq minutes.Ou alors j'ai les bras chargés de livres rares, mais je n'ai pas assez d'argent ni de sac pour les contenir.D'accord, j'ai peut-être une araignée au plafond.Mais cela n'est sûrement rien comparé à l'angoisse des écrivains au Salon du livre.Dans le roman Valium de Christian Mistral, on peut lire un chapitre hilarant sur cette expérience.Le personnage principal, abandonné par son ami, doit affronter seul à son stand ses futurs clients.«Je lui en voulais un peu de m'avoir laissé en plan tout fin seul devant mon étal comme la poissonnière du village d'Astérix, car enfin, mon produit était frais, mais sait-on jamais?J'imaginais une bagarre épique et bon enfant avec le marchand d'en face, un psy au teint terreux auteur d'une méthode de croissance personnelle (Combattre le mal par le mal), une rixe à grands coups de briques en papier sur la gueule qui mobiliserait bientôt toute la population du Salon en une foire d'empoigne gauloise de BD, un panache de poussière surmonté d'un phylactère f lottant: REDIS-LE ! REDIS-LE QU'IL PUE MON LIVRE!» Nous, lecteurs, n'avons pas à subir le stress de la compétition, au moins\u2026 Le Salon du livre m'apparaît comme la re-création de la librairie ordinaire, avec ceci de plus - et c'est là le principal intérêt - qu'il rassemble en chair et en os les fantômes de l'univers du livre que le lecteur ne voit habituellement pas.En premier, l'écrivain.L'image la plus forte du Salon du livre, à mon avis, n'est pas le livre, qu'on peut se procurer partout, mais cet écrivain derrière sa table, offert à son lecteur.Ça m'émeut chaque fois.On se croirait en effet au marché, devant l'artisan proposant aux clients le fruit de son labeur.Ce que tout lecteur peut constater à sa librairie, il le voit tout à coup en représentation.On ne fonctionne plus à la verticale comme dans une bibliothèque mais à l'horizontale, sur une vaste étendue; ceux qui vendent le plus ont plus d'espace, les meilleures places et le prestige des files d'attente.D'autres, dans un coin, espèrent accorder au moins une signature, peut-être leur première.Soyons curieux, lisons-les, allons les voir, échangeons - et soyez sans crainte, je vais m'en sortir, comme d'habitude.Bon Salon à tous ! Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Confessions d'une lectrice agoraphobe Beaudoin, Louise et Frulla, Liza Stand 202 - Amitié interdite L.Beaudoin: Vendredi, de 19 h à 20h30 Samedi, de 13h à 14h30 et de 16h à 17h30 L.Frulla : Vendredi, de 19 h à 20h30 Samedi, de 13h à 14h30 et de 16h à 17h30 Darrieussecq, Marie Stand 468 - Tom est mort Vendredi, de 18 h à 19 h Samedi, de 16h à 17h Dimanche, de 12h30 à 13h30 Demers, Dominique Stand 259 - Le secret de Petit Poilu Samedi, de 12h à 13h Dimanche, de 15 h à 16h Stand 141 - La fabuleuse entraîneuse Samedi, de 14h30 à 15h30 Dimanche, de 12h30 à 14h di Stasio, Josée Stand 502 - Pasta et cetera à la di Stasio Vendredi, de 16h à 18 h Samedi, de 15 h à 17h Dimanche, de 15 h à 17h Germain, Georges-Hébert Stand 116 - L'homme au déficient manteau Jeudi, de 19 h à 20h30 Vendredi, de 19 h à 20h30 Samedi, de 14h à 16h Dimanche, de 14h à 15 h Higgins Clark, Carol Stand 102 - For Ever Samedi, de 15 h à 17h Dimanche, de 13h à 15 h Higgins Clark, Mary Stand 102 - Cette chanson que je n'oublierai jamais Samedi, de 15 h à 17h Dimanche, de 13h à 15 h Houde, Louis-José Stand 301 - Mets-le au 3 Samedi, de 13h30 à 16h Laberge, Marie (Coupon requis, distribués au stand le jour même) Stand 431 - Sans rien ni personne Jeudi, de 18 h à 20h Vendredi, de 16h30 à 19 h Samedi, de 12h à 14h et de 16h30 à 18h30 Dimanche, de 11h30 à 13h30 et de 16h à 18 h Lemire, Jean Stand 316 - Mission Antarctique Samedi, de 14h à 15h30 Dimanche, de 15h30 à 17h Levy, Marc Stand 108 - Les enfants de la liberté Samedi, de 15 h à 16h et de 18h30 à 19 h30 Dimanche, de 14h à 16h PLUS LECTURES Michel, Dominique Stand 546 - Y'a des moments si merveilleux.Vendredi, de 18 h à 19 h Samedi, de 18 h à 19 h Dimanche, de 13h à 14h Mulroney, Brian Stand 216 - Mémoires Samedi, de 14h à 16h Dimanche, de 14h à 16h Perro, Bryan Stand 117 - En mer Bagnole Vendredi, de 10h à 11h30 Stand 369 - Amos Daragon Mercredi, de 10h à 11h30 et de 13h30 à 15 h Jeudi, de 10h à 11h30 et de 13h30 à 15 h Vendredi, de 13h à 14h30 et de 19 h à 20h Samedi, de 11 h à 12h30 et de 19 h à 20h Lundi, de 10h30 à 12h Stand 116- Créatures fantastiques du Québec Samedi, de 14h à 15h30 Dimanche, de 14h à 15h30 Pivot, Bernard Stand 100 - Dictionnaire amoureux du vin Vendredi, de 15 h à 17h Samedi, de 13h à 15 h Reichs, Kathy Stand 108 - Entre deux os Vendredi, de 18 h à 19h30 Samedi, de 14h à 16h et de 18h30 à 19 h30 Robillard, Anne Stand 370 - A.N.G.E - Perfidia Vendredi, de 15h30 à 17h30 et de 19 h à 21h Dimanche, de 18 h à 19 h Stand 260 - Les Chevaliers d'Émeraude Jeudi, de 18 h30 à 20h30 Vendredi, de 10h à 12h Samedi, de 19 h à 20h Suzuki, David Stand 431 - L'équilibre sacré, redécouvrir sa place dans la nature Vendredi, de 18 h à 19h30 Samedi, de 16h à 17h30 Tremblay, Michel Stand 522 - La traversée du continent Jeudi, de 14 h à 18 h et de 19 h à 21h Vendredi, de 15 h à 18 h et de 19 h à 21h Samedi, de 13h à 18 h et de 19 h à 21h Dimanche, de 13h à 19 h Werber, Bernard Stand 102 - Le mystère des Dieux Jeudi, de 16h à 17h et de 19 h à 20h Vendredi, de 16h à 17h et de 19 h à 20h Samedi, de 13h à 15 h Dimanche, de 15 h à 17h LIVRES DES JOURNALISTES DE LA PRESSE Beaunoyer, Jean Stand 202 - Juste pour rire, la biographie Vendredi, de 15 h à 16h30 Dimanche, de 12h à 13h Benoit, Jacques Stand 202 - Bouquets et arômes Samedi, de 15 h à 16h Dimanche, de 14h à 15h30 Brunet, Mathias Stand 202 - Robert Bédard Samedi, de 10h30 à 11h30 Cardinal, François Stand 202 - Le mythe du Québec vert Samedi, de 14h30 à 15h30 Dimanche, de 13h à 14h30 Chapleau, Serge Stand 431 - L'année Chapleau 2007 Samedi, de 13h30 à 15 h Dimanche, de 13h30 à 15 h Dubuc, Alain Stand 202 - Éloge de la richesse Samedi, de 12h à 13h Dimanche, de 12h à 13h Lessard, Denis Stand 202 - L'instinct Dumont Jeudi, de 19 h à 20h30 Vendredi, de 15 h à 16h30 Samedi, de 13h à 14h Dimanche, de 12h à 13h Pratte, André Stand 202 - Reconquérir le Canada -un nouveau projet pour la nation québécoise Jeudi, de 19 h à 20h30 Vendredi, de 19 h à 20h Samedi, de 13h à 14h Dimanche, de 12h à 13h PAUL JOURNET Pour son 30e anniversaire, le Salon du livre de Montréal (SLM) propose de prolonger le plaisir à la Place Bonaventure.Il commence une journée plus tôt, soit mercredi prochain, pour se terminer le lundi suivant.Une journée de plus pour assister aux séances de signatures, confidences d'écrivains, tables rondes , conférences , contes pour jeunes, spectacles de musique et de poésie et plusieurs autres activités visant à promouvoir le livre.Cette année, quelques vedettes prennent l'avion pour assister au SLM.Parmi eux, Bernard Pivot, Mary Higgins Clark et sa fille Carol, Marc Lévy et Bernard Werber.Ils participeront aux séances de signature, tout comme Marie Laberge, Michel Tremblay, Dominique Demers, Bryan Perro et plusieurs autres auteurs (voir liste).«C'est souvent le moment préféré des auteurs, explique la directrice générale du SLM, Francine Bois.Ils peuvent enfin rencontrer leurs lecteurs.» Certains auteurs attendent longtemps la visite.D'autres, comme Marie Laberge, sont accueillis par une longue file de lecteurs enthousiastes.Cette année encore, il faudra d'ailleurs prendre un coupon - gratuit - avant de se mettre en ligne pour rencontrer l'auteure du nouveau polar Sans rien ni personne.L es con f idence s d 'é c r i - vains reviennent aussi.Gilles Archambault s'entretiendra avec plusieurs auteurs, dont Michel Tremblay et les neuf invités d'honneur : Stanley Péan, Marie Darrieussecq (en nomination pour le Goncourt et le Femina), Pierre Bottero, Alain M.Bergeron, Maxime-Olivier Moutier, Nadine Monfils, Anna Enquist, Michel Lessard et Michel Rabagliati.L'essayiste Laurent Laplante fait partie de ceux qui animeront des tables rondes.Les sujets sont vastes: notamment l'engagement social et individuel des écrivains, les valeurs à transmettre aux jeunes par la littérature, l'âme du Québec et la place de la religion dans la société.Des conférences seront aussi organisées, dont une de David Suzuki, intitulée L'équilibre sacré ou comment redécouvrir sa place dans la nature (vendredi 16 novembre à 17h30), et une autre de Liza Frulla et Louise Beaudoin sur la culture, la question nationale et d'autres enjeux qui ont marqué leur carrière politique et leur amitié (samedi 17 novembre à 12h30).Jeunesse et musique Les activités jeunesse ont toujours occupé une portion importante du SLM.Cette année ne fait pas exception.L'heure du conte revient, avec des lectures proposés notamment par Franck Sylvestre, Danielle Vaillancourt, Robert Maltais (Perlin dans Passe-Partout) et Dominique Demers.Les plus jeunes pourront aussi participer à des activités interactives, notamment la confection d'un Savais-tu?avec l'auteur jeunesse Alain M.Bergeron.Enfin, plusieurs événements mettront la poésie en musique.Chloé Sainte-Marie chantera les poètes pour le lancement des 100 plus beaux poèmes québécois (16 novembre à 18h).Et la soirée Veiller au Salon revient cette année, encore une fois animée par Fredric Gary Comeau, avec notamment Philippe Claudel (Le rapport de Brodeck), Édith Fournier, Steve Laflamme, Nadine Monfils et Joujou Turenne.Pour la programmation complète: salondulivredemontreal.com Le 30e Salon du livre de Montréal, du mercredi 14 au lundi 19 novembre à la Place Bonaventure.À la rencontre des écrivains PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Dominique Demers PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © David Suzuki PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Michel Tremblay PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Bernard Pivot Marie Laberge PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Bryan Perro PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Dominique Demers Photo: Martine Doyon La Fabu Leuse entraîneuse La nouveLLe Maîtresse Livre-Disque La célèbre Mademoiselle Charlotte est de retour! Prêt pour une partie de soccer remplie de rebondissements ?retrouvez aussi Charlotte dans une nouvelle version de La Nouvelle Maîtresse, un livre-disque sur lequel on trouve cette histoire adorée des jeunes, racontée par l'auteure elle-même.illustrations : tony ross / 66 minutes de paroles et de musique.venez rencontrer l'auteure au salon du livre de Montréal au stand québec amérique samedi 17 novembre 14 h 30 à 15 h 30 Dimanche 18 novembre animation scène Grande Place 12 h à 12 h 25 Dimanche 18 novembre 12 h 30 à 14 h 3520887A 3518493A 3516879A PLUS LECTURES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE La couverture est rigolote.Cette fille a bien raison de se cacher.Bienvenue dans l'enfer intérieur d'une «subordonnée», Simone Beaubien, employée modèle dans une firme de crédit, qui, malgré son épuisement, n'a pas perdu le sens de l'observation.Il est particulièrement acéré lorsqu'il s'agit d'analyser l'aliénation dont elle est victime - et plus elle en est consciente, plus elle en souffre.Le drame de ceux dont on n'a pas encore tout à fait lavé le cerveau.Simone Beaubien, ancienne première de classe, ne supporte pas l'impersonnalité qu'on lui impose dans une entreprise où les employés ne sont que des numéros - employées au féminin, car ce sont rarement les femmes qui ont les postes de direction, qu'on leur fait miroiter juste pour augmenter leur productivité.«Il y aura toujours des carottes, peut-on lire, elles seront toujours mangées, et rarement par ceux qui auront couru après le plus longtemps.» Bref, le genre de boulot qui mène à l'anorexie existentielle, où l'on ne calcule pas les calories mais les minutes de grâce, car tout est compté dans l'entreprise: les temps de la pause-pipi, du dîner, des discussions entre collègues; on compte aussi le nombre d'appels et leur durée, le nombre de crayons utilisés.Et le pire dans tout ça (outre la paye décevante) est que, de retour à la maison, Simone ne compte pour rien dans les yeux de son homme\u2026 Notre héroïne tente en vain de rester humaine, de suivre le rythme: «Comment rattraper le retard d'une vie?J'aurai toujours moins lu que ceux qui ont toujours lu.Sans compter que le peu de livres que j'ai dévorés - des classiques, qu'ils disaient - ne semblent pas les bons, car ils ne sont jamais ceux dont on me parle.» Ça se détraque lorsque Simone dispose des échantillons de parfums sur le bureau d'une collègue supposément allergique parce que celle-ci a porté plainte contre sa fragrance, rare plaisir que Simone se permet.Comme punition, on oblige Simone à voir un psy, qui lui accordera trois mois de congé, pourvu qu'elle fasse au moins semblant de prendre des antidépresseurs\u2026 Malgré un style répétitif - qui respecte, au fond, l'obsession de la narratrice, coincée dans son existence comme un hamster dans sa roue - Isabelle Gaumont (qui est aussi comédienne et auteure de deux spectacles solo) réussit avec son deuxième roman à nous communiquer la détresse pure de son personnage et de toute une tranche de travailleurs.Le récit de quelqu'un à qui on a enlevé, à petit feu, jusqu'à la capacité de rébellion, réduite ici à une incartade - les échantillons de parfums - qui ne la sauvera pas.Ce roman est présenté comme une réponse à Lucien Bouchard, qui a reproché aux Québécois de ne pas assez travailler.C'est effectivement une réplique cinglante, terrible, pleine d'humour - mais ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle\u2026 En fait, ça donne froid dans le dos.\u2014 Chantal Guy Subordonnée Isabelle Gaumont Hurtubise/HMH 235 pages, 22,95$ Métro, boulot, bobo GÉRALD LEBLANC Mario Dumont n'a que 37 ans.Ce qui ne l'empêche pas de tutoyer le septuagénaire que sera bientôt Lucien Bouchard.Étonnantes, l'intimité et l'intensité de la relation entre ces deux vedettes du showbiz politique québécois.«On a passé un mois ensemble et on a viré le Québec à l'envers », se souvient Lucien Bouchard en évoquant leur campagne référendaire de 1995.Quand il a remplacé Parizeau comme premier ministre du Québec, Bouchard voulait que Dumont quitte l 'ADQ et se joigne à son cabinet.Le jeune prodige a retourné l'ascenseur en offrant à son mentor de venir prendre la tête de l'ADQ alors qu'il songeait à créer un nouveau parti, après avoir claqué les portes du PQ.On apprend bien des choses dans la biographie de Mario Dumont que vient de signer Denis Lessard, qui aime mieux rapporter ce qu'il a vu et entendu que dire ce qu'il en pense.C'est comme s'il avait fait une vingtaine de reportages sur la vie du nerd de Rivière-du-Loup: son enfance à Cacouna, ses années de Génies en herbe, son excitant passage chez les jeunes libéraux, la cassure d'après Meech, la fondation de l'ADQ, l'élection comme député de Rivière-du- Loup, la longue attente solitaire, la cruelle déception des élections de 2003 et l'éclatante percée de mars 2007.En refaisant le parcours hors du commun de Dumont, en y ajoutant les petits détails de coulisses, ceux que les journalistes ne peuvent raconter, en les étayant de longues entrevues avec les acteurs qui ont entouré Dumont depuis 20 ans, à commencer par ses parents et sa femme, Denis Lessard nous permet de relier ce qui nous avait été raconté en pièces détachées, souvent décousues et parfois contradictoires.On est étonné d'y retrouver, contrairement à ce qu'on prétend souvent, la constance et la consistance des clous sur lesquels Dumont aime frapper: la sécurité, le libre choix des parents, le partenariat privé-public et le partenariat Québec-Canada.Bref les grands thèmes du courant néolibéral, tels qu'on les a retrouvés ailleurs au Canada.On saisit mieux les qualités de cette bête politique, comme le qualifient même ses adversaires, tel l'organisateur libéral Pierre Bibeau.Tous reconnaissent son flair, son instinct - le titre de la biographie : L'instinct Dumont -, son sens de la réplique et des «clips» qui feront la manchette, son langage que tous comprennent et sa capacité de saisir au vol les points qui dérangent les gens : les accommodements raisonnables, les commissions scolaires, les bulletins chiffrés, la garde des enfants à la maison.On comprend aussi qu'i l faut nuancer les envolées des commentateurs, forcés comme Dumont d'exagérer et de simplifier pour attirer l'attention des lecteurs.L'ADQ était à peine créée qu'on suggérait déjà les mots de son épitaphe ; on a comparé Dumont à Camil Samson et on a enterré son parti au moins une dizaine de fois, on s'est demandé ce que Dumont faisait dans ce navire sans avenir ; on a même prédit qu'il serait grand-père - sa plus vieille a maintenant 10 ans - avant de se retrouver à la tête d'une aile parlementaire adéquiste florissante ; on l'a même caricaturé en sansabri mendiant avec sa bouteille de gros gin.Disons donc que les sceptiques ont été confondus.La biographie démontre finalement que, plus encore que son talent et sa détermination, son endurance et sa ténacité font qu'il est aujourd'hui bien près du poste que certains ont toujours prédit qu'il occuperait un jour.I l était temps d'avoir une biographie fiable de cette étoile pol itique.Cel le de Lessard deviendra vite incontournable, surtout si «Super Mario» - rare sont les leaders interpellés par leur surnom comme le Ti-Poil de Lévesque - franchit la dernière marche de son ascension.L'INSTINCT DUMONT Denis Lessard Les Éditions Voix Parallèles, Montréal, 463 pages, 32,95$ BIOGRAPHIE / L'instinct Dumont Les dessous de la fulgurante ascension de Super Mario À la lecture de ce livre, on saisit mieux les qualités de cette bête politique, comme le qualifient même ses adversaires.Tous les jours dans BRANLE-BAS DE COMBAT ! Marie Laberge Sans rien ni personne © Jean-François Bérubé Un polar signé Marie Laberge : irrésistible ! Venez rencontrer Marie Laberge au Salon du livre de Montréal Stand Boréal no 431 Jeudi 15 novembre, 18 h à 20 h Vendredi 16 novembre, 16 h 30 à 19 h Samedi 17 novembre, 12 h à 14 h et 16 h 30 à 18 h 30 Dimanche 18 novembre, 11 h 30 à 13 h 30 et 16 h à 18 h Roman 440 pages · 26,95 $ Coupon requis.Disponible à la caisse du stand Boréal n0 43 Un coupon par personne.3518992A 3451142A GRAND PRIX DU LIVRE DE MONTRÉAL Félicitations aux finalistes Paul CHANEL MALENFANT Rue Daubenton (poésie et prose) L'Hexagone Esther CROFT Le reste du temps (nouvelles) XYZ éditeur Georges LEROUX Partita pour Glenn Gould (essai) Les Presses de l'Université de Montréal Heather O'NEILL Lullabies for Little Criminals (roman) Harper Collins Publishers Sherry SIMON Translating Montreal Episodes in the Life of a Divided City (essai) Mc Gill-Queen's University Press Le nom du lauréat sera dévoilé lors d'une cérémonie qui se tiendra à l'hôtel de ville de Montréal 275, rue Notre-Dame Est le mercredi 14 novembre à 1l h 3520808A PLUS LECTURES LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE C'est un roman français.Le plus français qui soit.Je vous cite, en vrac, quelques-uns des personnages principaux-on soupçonne très vite qu'ils pourraient être des avatars, criticables, de l'auteur lui-même: Laurent Dahl s'est trouvé grâce à des «manipulations délictueuses» à la tête d'une fortune boursière aussi improbable qu'inattendue.C'était un «cadre moyen» passionné de littérature, le voilà vendeur de vent, c'est-à-dire boursier\u2026 Thierry Trockel est géologue.Passionné d'érotisme, le voilà qui joue à l'ordinateur et cherche, photos de sa femme à l'appui, un couple qui voudrait se joindre au «party» \u2026 Patrick Neftel a perdu son père qui, à table, s'est suicidé à coups de fourchette.Il déteste sa maman, non, il la hait, lui rend la vie impossible, et rêve de devenir un tueur \u2026 Il y en a trop, j'oublie les femmes, dont certaines, pourtant, valent le voyage.Ce sont des personnages que l'on pourrait appeler des «grotesques» suivant la terminologie italienne de la Renaissance, des figures fantastiques et fantasques, burlesques, extravagantes et ridicules auxquelles il est difficile de croire un instant - sinon qu'elles vont aider le lecteur à pénétrer profondément le milieu dans lequel elles évoluent, c'est-à-dire le merveilleux monde d'aujourd'hui, véritable sujet principal de ce roman.Elles vont permettre à leur créateur, l'excellent écrivain qui les a inventées et qui les fait vivre, de les utiliser comme prétextes à commenter la société.La société dans tous ses états.Rien ni personne n'échappera aux réflexions critiques de toutes sortes, sur la mode, l'amour des célébrités, les cancans de la radio et de la télévision, la vie dans les cités de banlieue, la gauche bien-pensante et la droite la plus stupide du monde, les frustrés du sexe et des partouzes, les multinationales et la mondialisation, la discrimination, bref: tout, absolument tout, sur tout, Donc, ce roman est essentiellement français, par ces sujets critiques qui passionnent les Français actuels.Toujours prêts à critiquer, à écouter des interviews et des émissions dites littéraires, avant d'aller prendre le frais dans leur villa de la Côte-machère ou leur riad marocain et, le dimanche, d'aller voter (Royal ou Sarkozy) pour que cela dure.Vu d'ici, d'Amérique, c'est plutôt rigolo.C'est la critique des ridicules considérée comme l'un des beaux-arts.Magistral.Un livre qui est le «roman du monde» en quelque sorte, ce qui explique la grosseur, près de 600pages serrées.Un roman où l'on ne s'ennuiera jamais, par une écriture sautillante de personnages en situations, d'aventures en réflexions parfois brutales, souvent pointues et souvent drôles.L'auteur intervient et se met en scène, en nous régalant de son journal intime - voilà encore qui est très français de la classe moyenne.dont le grotesque est encore une fois évident, et à laquelle l'auteur porte un intérêt vengeur.Jubilatoire.\u2014Jacques Folch-Ribas, collaboration spéciale CENDRILLON Eric Reinhardt Stock, Paris, 578pages 39,95$ Le roman d'une société grotesque CHANTAL GUY En 1957, le sémiologue Roland Barthes, qui continue d'influencer des générations d'universitaires au-delà de la tombe, publiait Mythologies, un recueil d'une cinquantaine de chroniques fascinantes, et qui, assemblées ainsi, prouvaient une chose : la sémiologie est une connaissance pouvant s'appliquer à la vie de tous les jours.Pour ceux que le mot intimide, expliquons qu'il prend racine dans la médecine et que votre doc, lorsqu'il écoute les détails de vos divers maux en tentant d'y trouver un sens (une maladie), est lui aussi un sémiologue.Bref, en 1957, Barthes nous disait que les images, les objets, les moindres choses, mêmes les plus insignifiantes en apparence, nous parlent, nous disent bien plus que ce qu'elles veulent dire.Ce professeur a écrit des lignes étonnantes sur la perception du steak-frites et du génie d'Einstein.Contemporain de Warhol, il tentait de comprendre ce que l'artiste cherchait à exposer\u2026 Un grand sens de la formule Cinquanteansaprès Mythologies, un collectif d'intellectuels de divers horizons, sous la direction de Jérôme Garcin, lui rend hommage avec ces Nouvelles mythologies, en «ouvrant le bazar des années 2000 ».Avec un grand sens de la formule (plus que de l'observation, parfois), les auteurs s'emparent de ce qui saute le plus aux yeux à notre époque - la table des matières est en soi révélatrice des transformations de nos obsessions en un demi-siècle, et la liste des auteurs qui signent les articles ne l'est pas moins.Nelly Arcan ouvre le bal en analysant le speed-dating, «une façon très courue d'aborder l'autre sexe \"en gros \"».Pierre Assouline massacre Michel Houellebecq dont il dit qu'il est un «symptôme à lui tout seul ».Patrick Besson croit que les journaux gratuits correspondent à «cette vieille obsession soixante-huitarde de vivre pour zéro centime » en rappelant toutefois que, «quand on vous donne une chose pour rien, c'est qu'elle ne vaut rien».Boris Cyrulnik, en s'attardant sur le patch de nicotine qui nous « isole» alors qu'on fumait autrefois pour entrer dans le monde, conclut que « le tabac racontait un discours de fière appartenance, alors que le timbre de nicotine murmure un triste désir de santé ».Angie David souligne que cet i Pod si patiné, indispensable, est «une chose sacrée - mythologique - même si son contenu est profane».Et le téléphone portable, rajoute Philippe Delerm, « invente à la fois notre angoisse et le pouvoir de la dissiper ».Le Botox ?« C'est quelque chose qui attire l'attention sur l'âge.C'est l'aveu de la terreur », dit Sophie Fontanel.Encore plus intéressant, le fameux voile qui fait tant jaser, selon Patrick Grainville, « théâtralise le corps de la femme en le cachant.Il désigne, signale ce qui vaut d'être vu.» Bref, près d'une soixantaine de sujets analysés en deux ou trois pages, par les noms les plus réputés du petit cercle parisien - et à ce sujet, le lecteur québécois sautera les mythologies vraiment trop franco-françaises pour être universelles (comme « le 20-Heures », « la capsule Nespresso», «Arcelor et Mittal », ou « le 21 avril 2002 »).Mais cela donne envie de répéter au Québec le même exercice, peutêtre pas pour rendre hommage à Roland Barthes en particulier mais aux anthropologues Serge Bouchard et à Bernard Arcand, qui , avec la publications de leurs Lieux communs, ont contribué bien avant ces Nouvelles mythologies à poursuivre le jeu (pas du tout innocent) amorcé par Barthes.NOUVELLESMYTHOLOGIES Sous la direction de Jérôme Garcin Seuil, 187 pages, 27,95$ ESSAIS Le bazar des années 2000 PLUS LECTURES MICHÈLE BOISVERT Conrad Black n'a pas besoin de présentation.Celui qui fut l'un des magnats de la presse les plus puissants de la planète a défrayé la chronique plus souvent qu'à son tour.Ses démêlés avec la justice américaine, son procès devant un tribunal de Chicago et sa condamnation pour fraude et entrave à la justice ont contribué à amplifier une notoriété déjà bien établie.Alors que la sentence de celui qu'on appelle aussi Lord Black de Crossharbour est sur le point d'être rendue, un livre qui retrace la vie de ce personnage haut en couleurs vient d'être lancé sur le marché.Sous le titre Le baron Black, cette biographie non autorisée nous brosse un portrait sans complaisance de cet homme au cheminement hors de l'ordinaire.L'auteur, le journaliste montréalais George Tombs, a pris six ans pour écrire cet ouvrage et réalisé plus de 200 entrevues avec des gens comme Henry Kissinger, Kenneth Thomson, Izzy Asper et bien sûr le baron Black luimême.Est-ce parce qu'il s'agit de la deuxième tentative de George Tombs de publier une biographie de l'homme d'affaires torontois?Toujours est-il que Le baron Black se lit comme un véritable roman.De toute évidence, George Tombs maîtrise bien son sujet et a trouvé le moyen de retracer le parcours inusité de Conrad Black sans s'empêtrer dans les détails techniques.Il nous raconte une histoire fascinante, celle d'un homme aveuglé par la quête de pouvoir qui a fini par se saboter lui-même.Le premier chapitre s'amorce en décembre 2006.L'auteur a rendez-vous avec Lord Black à sa résidence de Toronto.L'homme d'affaires est alors en attente de son procès.Celui dont l'orgueil n'a d'égal que son avidité ne peut pas imaginer qu'il sera condamné.«Je ne peux pas concevoir le fait que je pourrais perdre.Je ne veux même pas y penser.Nous allons gagner ce procès», déclare-t-il au journaliste.Ce premier chapitre campe bien le personnage et met en place les différents éléments qui permettront au lecteur de suivre les péripéties qui jalonneront la vie de Conrad Black.La grande force de cette biographie réside sans doute dans le fait que l'auteur est historien en plus d'être journaliste.George Tombs ne se limite pas à décrire fidèlement le cheminement de Conrad Black, de sa petite enfance dans une famille aisée, en passant par son ascension dans le monde des affaires, jusqu'à sa chute.Il se sert de sa formation d'historien pour décrire et expliquer avec finesse le contexte de l'époque, les courants politiques et les principaux personnages qui ont eu une influence sur le cours de son existence.L'ouvrage accorde également une large place à la fascination qu'avait Black pour les journaux.Cet homme, qui avait pour modèle le magnat américain de la presse Randolph Hearst, a été propriétaire de journaux prestigieux, tels que le Daily Telegraph de Londres, le Jerusalem Post, le Chicago Sun-Times et le National Post de Toronto.Un empire de presse dont il se servait abondamment pour tenter d'influencer le cours des événements et de convertir les lecteurs à sa doctrine conservatrice.La biographie se termine sur la condamnation de Conrad Black.C'est la descente aux enfers d'un homme qui s'est cru au-dessus des lois.«J'ai suivi de près l'ascension et la chute de Conrad Black, écrit George Tombs, cherchant, tel un journaliste- témoin dans Citizen Kane, à expliquer ce magnat de presse plus grand que nature qui, au niveau personnel, semble s'être saboté lui-même par son avidité, son comportement provocateur et son exhibitionnisme.» LE BARONBLACK George Tombs, Éditions de l'Homme, 461 pages, 37,95$ BIOGRAPHIE / Le baron Black L'histoire d'un homme qui s'est saboté lui-même PRIX FRANCE-QUÉBEC Un jury de l'Association des écrivains de langue française a décerné, fin octobre, le prix littéraire France-Québec à Hélène Rioux pour son roman Mercredi soir au bout du monde, publié chez XYZ.Par ailleurs, le prix des lecteurs, attribué par l'Association France-Québec et parrainé par Patrick Poivre d'Arvor, est allé à Myriam Beaudoin pour Hadassa (Leméac), qui raconte «le voyage initiatique d'une jeune institutrice au coeur de la culture hassidique».Ce roman, le deuxième de Mme Beaudoin, était en compétition avec La logeuse d'Éric Dupont (Marchand de feuilles) et La traduction est une histoire d'amour de Jacques Poulin (Leméac/Actes Sud).Les prix seront remis à Paris en mars.DEUXMOTS Les quatre premiers titres tirés de la série Kaboum de Télé-Québec, écrits par Emmanuel Aquin et illustrés par Luc Chamberland, paraissent cette semaine à la Courte échelle.À l'occasion du 20e anniversaire de ses clubs de lecture, l'OSBL Communication-Jeunesse vient de lancer son Guide d'animation autour du livre à l'intention des 4-9 ans.Le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoise (CRILCQ) reçoit l'auteure France Théorêt (Une belle éducation), lundi soir 19h30 à la librairie Olivieri du chemin de la Côte-des-Neiges.Sources : Ville de Montréal, XYZ, Association France-Québec, La Courte Échelle, CRILCQ.AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY FINALISTES Déjà lauréat du prix de la revue Études françaises, Georges Leroux se retrouve aussi en lice pour le Grand prix du livre de Montréal avec son essai philosophique Partita pour Glenn Gould, publié aux Presses de l'Université de Montréal.Les autres finalistes de ce prix institué en 1965et ouvert à tous les genres sont Paul Chanel Malenfant pour Rue Daubenton, un recueil de prose et de poésie publié à l'Hexagone; Esther Croft pour ses nouvelles Le reste du temps (XYZ); Heather O'Neill pour son roman Lullabies for Little Criminals (Harper Collins); et Sherry Simon pour Translating Montreal - Episodes in the Life of a Divided City, une analyse dont le seul sujet semble lancer son auteure en avant du peloton.Le GP du Livre de Montréal, doté de 15 000$, sera décerné mercredi.Georges Leroux PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE RÉGINALD MARTEL André Major a choisi de préférer la littérature à la politique, la première n'excluant pourtant pas la seconde.Plus tard, il allait aussi presque abandonner la fiction, pour se consacrer à ce qui s'intitula un temps le Journal d'un collectionneur de frissons.L'âge venant, et quelque sagesse avec elle, c'est au compte-gouttes que paraît la version revue et corrigée de ces pages qui accueillent tout de l'homme et de l'écrivain.Sous l'intitulé « carnets », il y eut d'abord Le sourire d'Anton ou l'adieu au roman, pour les années 1975 à 1992 (PUM) ; voici, pour 1993 et 1994, L'esprit vagabond.Il s'agit dans les deux cas d'oeuvres majeures, qui risquent peu de vieillir parce que le propos de l'auteur n'est lié à l'actualité que de manière occasionnelle.Ma première rencontre avec André Major coïncide avec une catastrophe personnelle.En lisant Le vent du diable (Jour, 1968), récit d'un amour fou, je revivais très exactement par la lecture ce que je n'aurais su nommer ni écrire.Quelques années plus tard, j'ai eu la chance de connaître personnellement André Major, réalisateur à la radio.J'animais avec Jacques Godbout le magazine d'information littéraire Book Club, à une époque où on n'imaginait pas que la chaîne culturelle de Radio-Canada pût subir l'anéantissement que l'on sait.La fréquentation de ces écrivains était stimulante : j'avais accès, au delà de leurs oeuvres, à ce qui les avait nourries, expériences vécues et lectures décisives.Le lecteur boulimique, je le retrouve dans L'esprit vagabond.M.Major n'a pas lu tous les auteurs, grands et petits.Au fil des ans, il plutôt a choisi ceux qui, même en le décevant parfois, n'en finissent pas de l'inviter à la relecture.Ses choix ne sont pas nécessairement contagieux, ce qui importe peu.L'essentiel, c'est qu'ils le poussent à réfléchir sur le pourquoi et le comment de la littérature ou sur les avantages respectifs de la réalité et de la fiction.Plus que toute autre discipline artistique peut-être, la littérature donne à penser et, avec un peu de chance, à se penser.Bien plus que le divertissement qu'elles peuvent être aussi, les oeuvres permettent d'investir le lieu même de la vie, où ferraillent le corps et l'esprit dans une immense tentative d'appropriation du réel.Journal littéraire avant tout, le livre n'est pas muet sur ce qui, dans la vie de l'auteur, peut éclairer ses choix éthiques, esthétiques ou politiques.La vanité étant assurément le dernier défaut susceptible de polluer ces pages de journal, les références à des personnes sont minimales.À peine verra-ton cités quelques noms, celui de Claude Ryan par exemple pour cause de censure (André Major a travaillé au Devoir), quand il s'agit de dénoncer dans l'absolu ceux que l'auteur n'estime guère, tels les féministes qui exagéreraient, tels les humains qui peuvent vivre sans la présence d'un chat.Penser n'interdit pas d'avoir des opinions.Pour ce qui concerne l'inactuel, c'est-à-dire la littérature, la lucidité et l'honnêteté dans ces pages très riches ont toujours le dernier mot.L'ESPRIT VAGABOND André Major, Boréal, 328 pages, 25,95 $ ESSAIS LITTÉRAIRES / André Major Le journal décanté De toute évidence, George Tombs maîtrise bien son sujet et a trouvé le moyen de retracer le parcours inusité de Conrad Black sans s'empêtrer dans les détails techniques.AGENCE FRANCE-PRESSE PARIS \u2014 Le prix de Flore 2007, du nom du célèbre café de Saint- Germain-des-Prés à Paris, a été attribué mercredi dernier à la Belge Amélie Nothomb pour son roman Ni d'Ève ni d'Adam, a annoncé le jury.Dans son 16e roman en 16 ans, Amélie Nothomb renoue avec la veine nippone de Stupeur et tremblements (1999), son grand succès vendu à près de deux millions d'exemplaires toutes éditions confondues.Dans Ni d'Ève ni d'Adam, publié aux éditions Albin Noël, elle raconte sa liaison à 20 ans avec Rinri, jeune Japonais de bonne famille à qui elle tente d'enseigner le français.Elle en profite pour livrer une analyse des moeurs du pays, de sa mémoire ou de son système scolaire, de manière parfois hilarante.Créé en 1994 dans l'esprit de se démarquer des autres récompenses littéraires, le prix de Flore, doté de 6100 euros, avait été attribué en 2006 à Christine Angot pour Rendez-vous.Le prix de Flore à Amélie Nothomb PHOTO FOURNIE PAR ALBIN MICHEL Amélie Nothomb Tous les samedis dans CE QU'ON A VU, CE QU'ON EN PENSE. QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com AUTObiographie JAcq Ues DUv Al De Gilbert Bécaud à Enzo Ferrari le célèbre fondateur du Guide de l'auto se révèle.vous reconnaîtrez celui qui a bâti sa carrière en exprimant toujours ce qu'il pensait, au risque d'offenser les vedettes de la chanson ou de ralentir les ventes des constructeurs automobiles.et vous serez étonné de découvrir ce qu'il a à dire au sujet d'épisodes fort touchants de sa vie, comme sa victoire sur le cancer, ses deuils ou sa chirurgie esthétique\u2026 venez rencontrer l'auteur au salon du livre de Montréal au stand québec Amérique vendredi 16 novembre 15 h à 16 h 30 samedi 17 novembre 16 h à 17 h 30 Dimanche 18 novembre entrevue avec Danielle Ouimet à l'Agora 15 h 15 à 15 h 40 Dimanche 18 novembre 16 h à 17 h 30 3520950A QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Une je Une femme en g Uerre Tome I redécouvrez le Québec des années 1940 à travers le destin de Lucie, une héroïne touchante, inventive et courageuse face à l'adversité.Vivez montréal à l'heure de la Seconde guerre mondiale, époque où il était risqué de braver les usages et la religion\u2026 «C'est bien bon, très personnel, mais je crois que plusieurs personnes vont partager ce coup de foudre.[.] Un roman foisonnant, très important pour ma génération pour savoir comme ça se passait dans le Québec de notre enfance.» raymond Cloutier, SRC - Vous m'en lirez tant maL é Le Vé Le couple et la vie de chanteur rebelle revisités par Stéphane Dompierre.« [\u2026] il y a fort à parier que ceux qui l´ont aimé le suivront ici, encore une fois, les yeux fermés.Dompierre ne fait pas dans la dentelle [\u2026], mais il a du souffle, un sens de la dérision, et les mots qu´il faut pour faire le portrait d'une génération qui a grandi avec goldorak et fifi Brindacier.» marie-Claude fortin, La Presse Photo: martine Doyon nul ne sait comme françois gravel révéler l'extraordinaire du quotidien le plus ordinaire.après avoir lu le roman Vous êtes ici, vous ne verrez plus jamais un centre commercial du même oeil.«Vif, truculent, drôle et même émouvant.» réginald martel, La Presse maryse rouy VoUS ê TeS ICI Stéphane Dompierre Venez rencontrer l'auteur au Salon du livre de montréal au stand Québec amérique jeudi 15 novembre 12 h à 13 h 30 Vendredi 16 novembre 17 h à 18 h 30 Samedi 17 novembre 13 h 30 à 15 h Dimanche 18 novembre 15 h à 16 h 30 Lundi 19 novembre 10 h à 11 h 30 françois gravel Venez rencontrer l'auteure au Salon du livre de montréal au stand Québec amérique Vendredi 16 novembre 15 h à 16 h 30 Samedi 17 novembre 11 h à 12 h 30 Dimanche 18 novembre 11 h 30 à 12 h 30 Venez rencontrer l'auteur au Salon du livre de montréal au stand Québec amérique Vendredi 16 novembre 17 h à 19 h Samedi 17 novembre 14 h à 16 h Dimanche 18 novembre 15 h à 17 h Photo : martine Doyon Photo : gérald mckenzie 3520888A Bonaventure NOUVEL HORAIRE Mercredi 9h à 21h Jeudi 9h à 21h Vendredi 9h à 21h Samedi 10h à 21h Dimanche 10h à 19h Lundi 9h à 16h Matinées scolaires Mercredi, jeudi et lundi 9h à 15h Sur réservation Adultes 8 $ Aînés 5 $ Étudiants 5 $ Achat de billets via Internet 6 $ Passeport 10 $ Garderie, Halte poussette et Espace boîte à lunch sur place Programmation complète sur salondulivredemontreal.com PLACE BONAVENTURE 800, rue de la Gauchetière Ouest, Montréal 3515180A PLUS LECTURES NATHALIE COLLARD Figure emblématique du nouveau journalisme américain, Joan Didion est ni plus ni moins qu'une icône aux États-Unis.Dans les années 60-70, à l'époque où le journalisme jouissait de suffisamment d'espace pour être littéraire, on pouvait la lire dans les pages de Vogue, Life, The New York Review of Books\u2026 Auteure de romans, de nouvelles et d'essais, elle a également signé plusieurs scénarios de films avec son mari, l'écrivain John Griffin Dunne.C'est lui, le mari, le compagnon de travail, l'alter ego, qui est au coeur de L'année de la pensée magique, un livre tout à fait bouleversant qui traite du deuil avec énormément de pudeur et d'intelligence.Un soir, après Noël, alors qu'il revient d'une visite à sa fille unique hospitalisée aux soins intensifs, John Griffin Dunne s'effondre dans le salon de son appartement new-yorkais, sous les yeux de sa femme.Les ambulanciers arrivent, on le conduit à l'hôpital, où les médecins ne peuvent que constater son décès.La mort dans toute sa violence ordinaire.Un instant l'être cher est là, puis, sans aucun avertissement, il n'y est plus.Il va sans dire que, pour Joan Didion, le choc est immense.Avec Dunne, elle formait un couple symbiotique.Inséparable au point de n'avoir amassé aucune correspondance durant plus de 30 années de mariage, car, écrit-elle, «nous n'avons jamais été séparés sauf une journée ou deux à l'occasion, et alors nous nous parlions plusieurs fois au téléphone»\u2026 Durant l'année qui suit la mort de son mari, Joan Didion demeure donc figée, détachée de son corps.Elle nous raconte cet état que seuls ceux qui ont vécu le deuil d'un être cher connaissent, un état proche du somnambulisme, où «le bruit des choses vivantes» nous parvient assourdi.C'est bien entendu par l'écriture que l'auteure émerge de cet état comateux, en nous racontant de façon obsessive la chronologie des événements qui ont mené à la mort de son mari: les derniers gestes, un passage souligné dans l'ouvrage qu'il lisait, les derniers mots qu'il a prononcés\u2026 Y a-t-il des conclusions à tirer des derniers fragments d'une vie?Aurais-je pu le sauver?s'interroge l'écrivaine.Y a-t-il eu des signes que je n'ai pas su voir ?Litanie des questions qui ne font qu'aggraver la douleur.D'une grande lucidité, sans aucun la rmoiement et sans s'apitoyer sur elle-même, Joan Didion a sans doute signé un de ses plus beaux livres.Son écriture est plus belle que jamais, sans fioriture, à la fois précise et efficace, tout en étant chargée d'émotion.On ressent véritablement la perte de l'écrivaine, qui réussit à nous faire partager l'amour et la complicité de son couple sans rien trahir de son intimité.Rare.L'année de la pensée magique, même s'il ne ressemble en rien à un hommage, est sans doute le plus beau cadeau qu'elle pouvait offrir à l'homme de sa vie.L'ANNÉE DE LA PENSÉE MAGIQUE Joan Didion, Grasset, 281 p., 29,95$ LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE La perte de l'alter ego ARTS SPECTACLES Le prix du GRAND PUBLIC Le prix du Grand public 2007 Faites votre choix Écrire en lettres majuscules Nom : Prénom : Adresse : Ville: Code postal : Téléphone (rés.): Téléphone (trav.) : Mon choix se porte sur le no : Titre : Déposez ce bulletin déjà complété au guichet du Salon du livre de Montréal et obtenez une entrée gratuite, le mercredi 14, jeudi 15 ou le vendredi 16 novembre de 9 h à 20 h à la Place Bonaventure.Les fac-similés faits à la main sont acceptés.Les règlements du concours sont disponibles au Salon du livre de Montréal.Participez au 25e concours LE PRIX DU GRAND PUBLIC - VOLET LITTÉRAIRE du Salon du livre de Montréal et La Presse et votez pour le plus apprécié des best-sellers de l'année.Vous pouvez gagner un des quatre certificats-cadeaux d'une valeur de 250 $ offerts par le Salon, en choisissant le livre d'un auteur québécois parmi les best-sellers de la dernière année, tels que recensés par l'Association des libraires du Québec.L'auteur du livre le plus populaire recevra une bourse de 2000 $ offerte par La Presse, ainsi qu'une oeuvre de l'artiste verrier Denis Gagnon, remises le lundi 19 novembre.Les noms des gagnants des certificats-cadeaux seront dévoilés à ce moment et publiés dans La Presse.Faites votre choix parmi les titres suivants.Indiquez celui-ci sur le couponréponse et échangez votre bulletin aux guichets du Salon du livre de Montréal contre une entrée gratuite les mercredi 14, jeudi 15 ou vendredi 16 novembre, de 9 h à 20 h, à la Place Bonaventure.Volet LITTÉRAIRE 1.Le Bien des miens - Janette Bertrand - Libre expression 2.Sonde ton coeur, Laurie Rivers - Stéphane Bourguignon - Québec Amérique 3.Zone grise - Chrystine Brouillet - Boréal 4.Le journal d'Aurélie Laflamme - India Desjardins - Les intouchables 5.Docteure Irma : La louve blanche - Pauline Gill - Québec Amérique 6.Espèces en voie de disparition - Robert Lalonde - Boréal 7.Arielle Queen : Société secrète alters - Michel J.Lévesque - Les intouchables 8.Amos Daragon : La fin des dieux - Bryan Perro - Les intouchables 9.Les chevaliers d'Émeraude : Représailles - Anne Robillard - Éd.de Mortagne 10.Le vide - Patrick Senécal - Alire 11.Le trou dans le mur - Michel Tremblay - Leméac/Actes sud LITTÉRAIRE 3516679A vous n'aurez jamais rien vu d'aussi beau.En kiosquE dès maint Enant Le magazine des loisirs créatifs 3518722A PLUS LECTURES BIBLIO BALISTIQUE DE L'HYPERLIEN PIERRE MARMIESSE LEMÉAC 329 PAGES 28,95$ C'est un univers éclaté et improbable que peint Pierre Marmiesse dans Balistique de l'hyperlien, paru en octobre chez Leméac.Dans ce roman sans réel point focal, une galerie de personnages plus ou moins fous s'entrecroisent plus qu'ils ne se rencontrent: artiste ratée qui finit par faire fortune en inventant une nouvelle science pour lire les bureaux comme les lignes de la main; critique d'art déchu; blogueur mythomane qui prétend faire le tour du monde depuis une salle d'entraînement; compositeur inspiré par les aléas de la ligne d'autobus 51; péagiste marocain de génie traqué par son ancien PDG.On les suit du Plateau-Mont-Royal au lac Léman, du CEPSUM à Paris, de la Maison-Blanche aux bords de l'Atlas.Un objet banal, un sac par exemple, ou un lieu lient souvent ces destinées sans point commun que nous ne faisons qu'effleurer, comme si nous les regardions derrière une vitre.Français arrivé au Québec en 2004, l'auteur a écrit un roman ludique parcouru par les grandes lignes de l'époque contemporaine: perte des repères et des dimensions, mondialisation, prédominance des affaires et de l'économie, absence de vraisemblance, règne sans égal du présent qui semble absorber en lui futur et passé.Si son jeu nous fait souvent sourire et s'il décrit admirablement le manque de sens et de cohérence qui peut se dégager de l'époque, on aurait pu aussi souhaiter qu'il s'en éloigne parfois et qu'il organise un peu le chaos.Telle qu'elle est, la légèreté aléatoire du livre est par moments presque insoutenable.\u2014 Jean-François Cloutier, collaboration spéciale LE NIDDUSERPENT PEDROJUANGUTIÉRREZ ALBIN MICHEL 287 PAGES 29,95$ «\u2026 à dix-huit ans, j'ai très bien vu que mon écriture n'aurait jamais pour but de plaire et de divertir.Elle ne ferait jamais passer un agréable moment à un public bienséant, pusillanime, blasé.Au contraire: pour ces gens-là, mes livres seraient une épreuve, parce qu'ils secoueraient leurs certitudes et leurs bonnes manières.Ils allaient me détester\u2026» Cet aveu de Pedro Juan Gutiérrez, écrivain cubain traduit en plusieurs langues mais interdit de publication dans son pays, arrive au milieu du Nid du serpent, dernier de ses ouvrages parus en français.Sans aller jusqu'à détester le romancier, disons que la centaine de pages qui précèdent cette réflexion nous trempent jusqu'au cou dans un tel étang de pourriture et d'ébats sexuels faisandés que le lecteur - ici la lectrice - lui a demandé grâce.Et la grâce est venue.Voilà un formidable écrivain qui a choisi l'excès et la folie pour exprimer la décrépitude de son pays et sa propre désolation.Certains l'ont comparé à Bukowski, d'autres parlent de Henry Miller.À cause de ses exagérations souvent drôles et toujours colorées, il peut aussi faire penser à ce qui se fait de plus «trash » ou scabreux en bande dessinée.Mais en fait, sous ses dehors burlesques, Le nid de serpent est un livre sérieux et très juste sur la littérature et la création littéraire en plus d'être, comme les précédents romans de l'auteur, une sorte de réquisitoire contre le régime politique cubain.Rien comme le sexe, semble-t-il, pour se consoler de la politique.\u2014 Jocelyne Lepage SEPT COMME SETTEUR PATRICK SENÉCAL LA BAGNOLE 102 PAGES 8,95$ Patrick Senécal possède l'art de raconter des histoires.Quiconque l'a fréquenté et connaît la littérature jeunesse sentait qu'au-delà des horreurs (voulues) qu'il écrit pour les adultes, il possédait en lui tout ce qu'il faut pour provoquer des frissons chez les enfants.On ne peut que remercier les siens, il le fait d'ailleurs en préface, de l'avoir poussé dans cette direction.Le résultat s'intitule Sept comme Setteur et est publié dans la nouvelle collection Gazoline des éditions de La Bagnole.Un véritable roman d'épouvante pour les jeunes, qui se donne dans un premier temps des airs de L'étrange Noël de monsieur Jack.mais qui va rapidement pas mal plus loin en matière de terreur.Ainsi, en ce 24 décembre, le père Noël sort de la cheminée et.horreur ! Plutôt que de laisser des cadeaux sous le sapin, il kidnappe les enfants.Chez Papa Pat et Mère Sof, Nat se retrouve au fond du sac.Sa soeur Rom remarque un médaillon en forme de 7 au cou du l'ancien meilleur ami des petits.Puis, l'homme s'enfuit.Les choses ne vont pas en rester là: la fillette part à la recherche de son frère.Sur sa route, le lapin de Pâques et la fée des dents, eux aussi au comportement inquiétant.Et M.Setteur, un bien horrible.bonhomme.Extrêmement efficace et sans concession par rapport au genre, ce roman est vraiment la lecture «obligatoire» en ces jours post-Halloween.\u2014 Sonia Sarfati Apr è s S o u s l a mena c e ( L e Masque) , Red Ho ok e st le deuxième polar de Reggie Nadelson mettant en vedette Artie Cohen, un flic américain d'origine russe dont les enquêtes sont menées dans une ville de New York post-11 septembre traumatisée, où règne un climat de peur et d'insécurité.Alors que s'ouvre la convention républicaine, dans la crainte d'un attentat à la bombe sale, Artie Cohen reçoit un appel angoissé de son ami Sid, un ancien journaliste noir qui accumulait des dossiers compromettants sur la spéculation immobilière dans le quartier de Red Hook.Artie ignore d'abord les appels de Sid mais quand ce dernier est battu à mort, il décide de coincer les responsables.Dans cette enquête pleine d'embûches et de dangers, ce sera pour lui l'occasion de redécouvrir un quartier de Brooklyn en pleine mutat ion où des individus louches investissent comme au Monopoly.Après un début un peu long, voire laborieux, dans lequel l'auteur nous renvoie souvent au roman précédent, l'histoire finit par trouver son rythme.Red Hook n'est pas un thriller, encore moins un suspense.L'intérêt de ce roman noi r réside princ ipalement dans les personnages et l'ambiance.Artie Cohen fréquente surtout des immigrés d'origine russe partis à la conquête du rêve américain dans une ville rongée par l'angoisse et la paranoïa, où tout le monde connaît des victimes de l'attentat du World Trade Center.Née à Greenwich Village, Reggie Nadelson partage son temps entre Londres et New York.Elle collabore au Vogue américain et à plusieurs quotidiens britanniques.- Norbert Spehner, collaboration spéciale REDHOOK Reggie Nadelson Le Masque, 29,95$ Polar post-11 septembre Tous les dimanches dans INFORMATION, PRÉVENTION, SOLUTION "]
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