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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2007-11-23, Collections de BAnQ.

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[" 3509498A Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE «Excuse-toi pas, fais attention» ! - Dieu Venez voir mon blogue ! cyberpresse.ca/laporte L-V 621 924 987 651 PASCALE BRETON Confrontés à un baby-boom, les hôpitaux montréalais sont débordés, incapables d'assurer tous les suivis de grossesse.Au point où le Centre hospitalierde l'Universitéde Montréal (CHUM) songe à imposer un quota d'accouchements.Le plan budgétaire du CHUM prévoit que le centre hospitalier doit limiter à 2500 le nombre d'accouchements cette année.Or, il faudrait en autoriser 200 à 300 de plus.Dans une lettre datée du 19 novembre, que La Presse a obtenue copie, les membres du département d'obstétrique et gynécologie s'inquiètent de la situation.En effet, comme tous les hôpitaux montréalais sont débordés, ces femmes auront de la difficulté à obtenir un suivi ailleurs.«Restreindre davantage le nombre d'accouchements au CHUM équivaudrait à restreindre l'accès à une salle des urgences, en sachant que les patients ne peuvent être dirigés vers aucun autre centre», déplore la chef du service, la Dre Marie-Josée Bédard, dans une lettre envoyée aux gestionnaires du CHUM.LES HÔPITAUX MONTRÉALAIS INCAPABLES D'ASSURER TOUS LES SUIVIS DE GROSSESSE Quota d'accouchements au CHUM >VoirQUOTA en page A12 L'INTOLÉRANCE DU REST OF CANADA Le Québec, malgré sa mauvaise réputation dans le reste du Canada, ne compte pas plus de plaintes pour discrimination fondée sur la race, la couleur ou le lieu d'origine que l'Ontario ou le Manitoba.NOTREDOSSIER PAGES A2 ET A3 PREMIER VOLET D'UNE SÉRIE DE TROIS TÉLÉVISION MINUIT, LE SOIR SUR FRANCE 2 ARTS ET SPECTACLES PAGE 1 BODY FITNESS DISCIPLINE DE FER ET TALONS HAUTS ACTUEL PAGES 1 ET 3 PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PROJET DE 1,3 MILLIARD AU TOUR DE GRIFFINTOWN D'ATTIRER LES PROMOTEURS PAGE A10 SCHREIBER ETMULRONEY DEVRONT TÉMOIGNER AUSSI LES CHRONIQUES DE VINCENTMARISSAL ETD'YVES BOISVERT PAGES A5 À A7 UNE VRAIE BÉNÉDICTION POUR LES CENTRES DE SKI Les importantes chutes de neige d'hier ont fait le bonheur des skieurs et des gestionnaires de centres de ski.«C'est la meilleure campagne publicitaire que nous pouvons avoir.L'an passé, il avait fallu attendre après Noël pour avoir la première bordée », affirme Claude Péloquin, de l'Association des stations de ski du Québec.Il est déjà possible de skier dans quelques centres, dont Saint-Bruno (notre photo), et une dizaine d'autres devraient ouvrir pour le week-end.PAGE A16 Pendant ce temps à Lake Louise, François Bourque et les skieurs canadiens ont pris part à leur première descente d'entraînement.Le Gaspésien revient de loin, lui qui a songé à la retraite, l'été dernier.SPORTS PAGES 1 ET 5 Les agents sikhs de la GRC peuvent porter le turban quand ils sont en service.Cet «accommodement » avait soulevé la controverse lors de son adoption, en 1990.PHOTO PC, ARCHIVES LA PRESSE DÉPOTOIR DE LACHENAIE QUÉBEC DONNE SONO.K., LES VERTS VOIENT ROUGE PAGE A14 DROITS DE SCOLARITÉ MANIFESTATION POUR LE GEL SOUS LE GRÉSIL PAGE A13 Brian Mulroney 124e année No 35 54 pages, 5 cahiers 70¢ taxes en sus - Édition provinciale 80¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées Montréal vendredi 23 novembre 2007 Le plus grand quotidien français d'Amérique Proportion des nouvelles relatives aux communautés ethniques qui en parlent sous l'angle de la controverse 2006 (rang) 2005 (rang) Québec 77 % (1er) 63% (9e) Alberta 76% (2e) 76% (1er) Terre-Neuve 75% (3e) 65% (5e) C.-Britannique 74% (4e) 67% (3e) Ontario 71% (5e) 65% (6e) Saskatchewan 68% (6e) 70% (2e) Manitoba 67% (7e) 65% (7e) Nouvelle-Écosse 66% (8e) 61% (10e) Nouveau-Brunswick 63% (9e) 66% (4e) Île-du-Prince-Édouard 61% (10e) 65% (8e) L'INTOLÉRANCE DU REST OF CANADA 25% QUÉBEC 25% ONTARIO 25% MANITOBA 35% TERRITOIRE DU NORD-OUEST 23% NOUVELLEÉCOSSE 20% NOUVEAUBRUNSWIICK Pourcentages par province des plaintes de discrimination fondée sur la race, la couleur, le lieu d'origine et l'ascendance.Les incidents antisémites signalés à B'nai Brith Québec Ontario Source : Étude d'Influence Communication réalisée dans les deux années précédant la controverse de Hérouxville.Des milliers de nouvelles reliées aux thèmes du multiculturalisme et des communautés ethniques canadiennes ont été analysées.Ont été retenues celles qui s'intéressaient aux immigrants à l'occasion de controverses ou de situations conflictuelles.Par exemple, lorsqu'on associe différents groupes à des mouvements terroristes, ou qu'on s'inquiète du port du voile islamique, du port du kirpan, de la question des accommodements raisonnables ou du rapatriement des Canadiens lors du conflit libano-israélien.De 2005 à 2006, c'est au Québec que le type de nouvelles consacrées aux immigrants a le plus changé.La tendance s'est accentuée en 2007 avec 83% d'article négatifs publiés dans les médias québécois.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE© Graffitis antisémites près de la 132, à Saint-Lambert Plus de gens vivent en Ontario (11,3 millions de personnes contre 7,1 millions au Québec).Y vivent aussi deux fois plus de gens de religion juive (191 000 contre 90 000 au Québec).On y signale toutefois jusqu'à trois ou quatre fois plus d'incidents antisémites.ÉMILIE CÔTÉ Ce t t e s ema i n e , à Toronto, on apprenait qu'une musulmane, Halima Muse, avait été suspendue par la compagnie Garda.L'agente de sécurité refusait de porter la jupe du nouvel uniforme fourni par son employeur.Elle la jugeait trop courte.Un peu plus à l'ouest, au Manitoba, un arbitre a empêché une fillette musulmane de participer à une compétition de judo avec son voile.Au Canada anglais, les frictions entre immigrés et citoyens «de souche» sont loin d'être rares.Depuis la commission Bouchard-Taylor, ce sont pourtant les accommodements raisonnables du Québec qui galvanisent les médias d'un bout à l'autre du pays.Dans un éditorial du National Post, John Moore écrivait il y a trois semaines : « Le Québec, dans ses spasmes actuels, semble incapable de comprendre que le « raisonnable» de l'« accommodement raisonnable» n'est pas si difficile à définir.Les mutilations génitales, les lapidations sommaires et la religiosité excessive dont les gens de Hérouxville ont tellement peur, c'est exactement ce que les nouveaux arrivants ont cherché à fuir en venant ici.» John Moore n'est quand même pas allé aussi loin que Jan Wong.L'an dernier, au lendemain de la tragédie de Dawson, la chroniqueuse du Globe and Mail établissait un lien entre les tueries survenues au Québec et la non-intégration des immigrants à la société québécoise «pure laine».Le Conseil de presse du Québec a blâmé Mme Wong l'an dernier.Mais au Canada anglais, plusieurs restent convaincus que les Québécois sont plus intolérants que les autres, et surtout, moins ouverts aux demandes des communautés ethniques.Davantage d'attaques racistes Neil Edwards, originaire des Caraïbes, a vécu neuf ans à Montréal avant de déménager à Toronto et de devenir directeur de la médiation à la Commission ontarienne des droits de la personne.L'homme - qui ne s'exprime pas au nom de la commission - est catégorique: «Après mes études à Concordia, j'ai réfléchi et j'ai conclu que le Québec, à cause de tout le racisme, présentait des possibilités trèsminces pour moi et que je devais aller voir ailleurs.Si, en tant que Noir, j'étais resté au Québec, je n'aurais pas pu progresser.Et vous savez quoi?J'ai pris la bonne décision en venant en Ontario.» Atthar Mahmood, viceprésident du Conseil suprême islamique du Canada, est du même avis.«J'ai un ami marocain qui vit à Montréal.LE QUÉBEC Les Québécois moins accommodants que les Canadiens envers les communautés ethniques ?Les chroniqueurs et les médias des autres provinces ne se gênent pas pour le dire.Et l'écrire.Pourtant, en consultant les statistiques et en dépêchant des journalistes à Toronto, Vancouver et Calgary, La Presse a constaté que si les autres provinces tenaient aussi des commissions sur les accommodements raisonnables, le débat ferait tout autant jaser.Premier volet d'un dossier qui se poursuivra sur le terrain, demain et dimanche dans le cahier Plus.Si le Canada n'est pas à l'abri de l'intolérance de citoyens «ordinaires », il n'échappe pas non plus au racisme extrême.Dans le livre Repenser le terrorisme, la criminologue Valéry Thibeault, de l'Équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme au Canada, présente une quinzaine d'organisations d'extrême droite canadiennes.Trois d'entre elles - soit une sur cinq - ont été fondées au Québec (les Fils de Vinland, le Mouvement de libération nationale du Québec et le Parti national social chrétien).Toutes les autres ont été fondées ailleurs au pays.C'est le cas du Canadian Nazi Party, du Church of the Creator, du Freedom Site, du Western Guard, de l'Aryan Nation et de l'Imperial Klan of Canada (KKK).RACISME EXTRÊME VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?nouvelles@lapresse.ca UN COMMENTAIRE SUR NOTRE JOURNAL?commentaires@lapresse.ca SOMMAIRE Amusez-vous ! SPORTS 9 Astrologie du jour ACTUEL 5 Bourses AFFAIRES 6 et 8 Décès ACTUEL 6 Forum A 20 et 21 Horaire télévision ARTS 4 Météo Nuageux en matinée, maximum -3, minimum -9.ACTUEL 5 L'INTOLÉRANCE DU REST OF CANADA 14% SAKATCHEWAN 15% ALBERTA 15% COLOMBIEBRITANNIQUE 15% YUKON 1% ÎLE-DUPRINCEÉDOUARD 2% TERRE-NEUVE Source : Commission des droits de la personne de l'Alberta et la Commission canadienne des droits de la personne 2004-2005 DEMAIN > Accommodements sauce western VOUSSAVIEZ.Que les sikhs de Vancouver peuvent rouler à moto sans casque?Que des Noirs sont refusés dans les bars de Calgary ?Que des pêcheurs chinois se font jeter à l'eau à Toronto ?Àlire dans le cahier Plus, demain et dimanche.SÉRIE INTOLÉRANCE ÉMILIE CÔTÉ Éric Cousineau travaille pour Air Canada.Il a déménagé à Vancouver il y a 15 ans, quand l'aéroport de Mirabel a fermé ses portes.Bien que Montréal lui manque, le skieur adore sa ville d'adoption, nichée entre la mer et les montagnes.Selon lui, le débat sur le multiculturalisme est le même à Vancouver qu'à Montréal.Sauf pour une chose: la langue.Mais si les Québécois tiennent au français, Éric Cousineau en a assez de se le faire remettre sur le nez par ses camarades vancouvérois.«Pendant l'histoire de Koivu qui ne parle pas français, tout le monde m'en parlait comme si j'étais concerné.Je n'étais plus capable d'en entendre parler.» Éric Cousineau a l'impression que les anglophones voient tous les Québécois comme des patriotes purs et durs, qui veulent défendre leur culture à tout prix.«Certaines personnes ici disent: les Québécoisrejettentles Canadiens anglais et voilà maintenant qu'ils critiquent les immigrés», observe de son côté Jim Frideries, professeur au département de sociologie de l'Université d'Alberta.Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, le remarque aussi dans les médias.«L'antagonisme fédéraliste/souverainiste et anglais/français s'est effrité avec le temps.On l'a remplacé par les relations avec les communautés ethniques, explique- t-il.Avant le 11 septembre, l'autre, c'était les anglophones.Depuis, ce sont les minorités non chrétiennes qui sont de plus en plus l'autre.» Jack Jedwab, directeur général de l'Association d'études canadiennes, partage ce point de vue.«Les tensions anglophonesfrancophones sont moins fortes.» L'été dernier, il a constaté, avec un sondage commandé à Léger Marketing, que les anglophones du Québec sont plus ouverts aux accommodements raisonnables.Par exemple, 33% des répondants francophones acceptaient que des enseignantes musulmanes portent le hijab, contre 81% chez les anglophones.À l'inverse, 60%des francophones voulaient laisser les crucifix sur les murs des écoles, contre 55% chez les anglophones.Selon M.Jedwab, beaucoup de francophones voient le crucifix comme «un symbole culturel et non chrétien».Chez les anglophones, c'est le contraire.«Ils voient le kirpan et le hijab comme un choix individuel et le crucifix comme quelque chose d'imposé.» Tout s 'explique, selon le Torontois Michael Adams, auteur du livre Unlikely Utopia, the Surprising Triumph of Canadian Pluralism.«Au Québec, vous avez 70% des gens qui disent qu'ils sont pure laine.Bien sûr, ils sont inquiets pour la survie de la langue et de la culture française.C'est une position naturelle pour des gens qui ont lutté si fort depuis 50 ans pour maintenir cette culture distincte.» «Pour plusieurs Québécois ayant remis en question l'autorité religieuse, avec une telle révolution dans les années 60, voir des immigrants très religieux leur rappeler un passé qu'ils ont si profondément rejeté est inquiétant», poursuit Michael Adams.Mais la conclusion du président d' Envi ronic s Research Group est positive.«Cette grande expérience canadienne qu'est le multiculturalisme fonctionne très bien, malgré ces manchettes accrocheuses sur les juifs orthodoxes qui veulent des fenêtres givrées au YMCA ou les inquiétudes des bons conseillers de Hérouxville.» Avec la collaboration de Mario Girard et de Isabelle Hachey Après les Anglais, les immigrés Il veut venir s'installer à Calgary car il trouve que sa famille et lui sont trop ciblés.Je connais des gens qui ont du mal à se trouver un emploi au Québec et qui préfèrent venir ici parce qu'il y a moins de discrimination.» Une étude récente de Statistique Canada révèle qu'on retrouve à Montréal l'écart le plus important entre le taux de chômage des immigrés et celui des Canadiens de naissance.Par contre, les plaintes pour discrimination fondées sur la race, la couleur, le lieu d'origine ou l'ascendance ne sont pas plus fréquentes ici.Qu'on soit au Québec, en Ontario ou au Manitoba, elles représentent environ le quart de toutes les plaintes reçues par les différentes commissions des droits de la personne en 2004-2005.« Il y a une augmentation des attaques racistes partout au Canada.De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique en passant par l'Ontario et l'Alberta », observe pour sa part Ayman Al- Yassini, président de la Fondation canadienne des relations raciales.Les médias en parlent plus S e l on Je a n - F r a n ç o i s Dumas, président d'Influence Communication, il n'y a pas plus de cas de racisme ou d'intolérance au Québec.Bon an, mal an, dit-il, l'organisation B'nai Brith dénombre jusqu'à trois ou quatre fois plus d'incidents antisémites en Ontario qu'au Québec, alors que la population juive y est seulement deux fois plus importante.Par contre, quand les médias québécois parlent des communautés ethniques, c'est le plus souvent de façon négative.Et c'était le cas même avant la controverse de Hérouxville, révèle une analyse réalisée par Influence Communication.Fait surprenant: les médias ontariens parlent davantage des controverses ethniques qui éclatent au Québec que de celles qui surviennent en Ontario.«Les médias québécois servent d'amplificateurs démesurés aux médias des autres provinces», commente Jean-François Dumas.Au Québec, ajoute-t-il, «nous avons l'habitude de nous auto-flageller, c'est-à-dire de donner de la démesure à nos enjeux de société».Qu'on parle des fenêtres givrées du YMCA ou des jeunes musulmanes voilées expulsées d'un tournoi de judo, «c'est du bonbon pour les médias», explique-t-il.Pour les médias du Québec comme pour ceux du Rest of Canada (ROC).«Dans une bonne histoire, il faut un méchant, une victime et un enjeu.» Un impact certain Bien entendu, la commission Bouchard-Taylor est une tribune publique qui fait beaucoup jaser le ROC.«Ce n'est pas la commission qui choque, c'est le fait que les gens tiennent des propos gratuits », souligne Jack Jedwab, directeur général de l'Association d'études canadiennes.Daniel Béland est professeur de sociologie à l'Université de Calgary.Il est surpris que Québec ait nommé deux «pure laine» pour diriger la commission.«Il y a une minorité de gens ici qui approuvent cette commission.La fameuse pudeur anglaise fait qu'on n'oserait pas tenir une commission comme celle que vous avez.Mais si on le faisait, je suis sûr qu'on entendrait ici aussi des choses étonnantes et peu édifiantes sur les immigrants.» Avec la collaboration de Mario Girard et Isabelle Hachey PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Les accommodements raisonnables du Québec galvanisent les médias d'un bout à l'autre du pays.AMAUVAISE PRESSE « L'antagonisme fédéraliste/souverainiste et anglais/ français s'est effrité avec le temps.On l'a remplacé par les relations avec les communautés ethniques.» Les médias ontariens parlent davantage des controverses ethniques qui éclatent au Québec que de celles qui surviennent en Ontario.PHOTO STAN HONDA, AGENCE FRANCE-PRESSE Selon Jack Jedwab, directeur général de l'Association d'études canadiennes, beaucoup de francophones voient le crucifix comme «un symbole culturel et non chrétien». TAGHEUER PRESENTE LE CALIBRE RS, PREMIER MOUVEMENT MECANIQUE AVEC SYSTEME ROTATIF, INSPIRE PAR LES VOITURES GT QUI SONT TOUJOURS A LA FINE POINTE DE LA TECHNOLOGIE ACTUELLE.WWW.TAGHEUER.COM 1-877-444-0824 LE PRIX DE DETAIL SUGGERE CANADIEN EST EGAL AU PRIX DE DETAIL SUGGERE AMERICAIN 3462491A ACTUALITÉS MATHIEU PERREAULT Le cardinal Marc Ouellet n'exclut pas de s'excuser sur les torts de l'Église depuis 1960.En entrevue hier à Radio-Canada, l'archevêque de Québec a indiqué qu'il ne voulait pas discuter dès maintenant de l'Église d'après Vatican II, mais qu'il était disposé à écouter les critiques.«Je suis convaincu que la période d'après 1960 n'est pas sans faute de notre part», a dit Mgr Ouellet, en entrevue de Rome, où il participe à un consistoire.Mais il fallait d'abord régler les problèmes un peu plus anciens.Je crois qu'il faut y aller par étapes.J'ai voulu me centrer sur une période.Je ne veux pas me lancer dans la deuxième partie du débat.C'est un début, le dialogue peut aller plus loin.» Par contre, le cardinal ne veut pas rouvrir la boîte de Pandore de l'avortement, de la contraception, de l'homosexualité, de la prêtrise des femmes et du mariage des prêtres.«Je me suis déjà exprimé à ce sujet, et je n'en reparlerai pas.» Mgr Ouellet a réitéré que sa démarche s'inspire de la demande de pardon qu'a faite Jean-Paul II en 2000, durant l'Année sainte, notamment à l'égard du traitement des juifs par l'Église.Cette démarche «pénitentielle» était nécessaire pour créer un climat favorable au Congrès eucharistique qui se tiendra à Québec l'été prochain.Interrogé sur son intervention en solo pour une demande de pardon, il a répliqué en disant qu'il avait consulté plusieurs évêques dont ses évêques auxiliaires.Il s'est même dit convaincu que la plupart des évêques pensent comme lui sur le contenu de sa lettre aux Québécois.Avec La Presse Canadienne Le cardinal Ouellet n'exclut pas d'autres excuses PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Le cardinal Ouellet n'écarte pas la possibilité de solliciter le pardon des Québécois pour les erreurs commises depuis 1960.LAURA-JULIE PERREAULT Ils ont protesté ensemble quand des caricatures de Mahomet ont fait le tour de la planète.Ils se sont à nouveau serré les coudes lorsque 17 jeunes musulmans canadiens ont été appréhendés pour avoir participé à un présumé complot terroriste.Cette semaine, sentant l'urgence d'agir, 23 organismes musulmans québécois ont décidé de faire front commun à nouveau.Leurs sujets d'inquiétude?Des propos qu'ils ont entendus lors des audiences publiques de la commission Bouchard-Taylor, les normes de vie de Hérouxville et le grand débat sur les accommodements raisonnables.«Nous sommes déçus et préoccupés de l'accroissement des propos et gestes intolérants, voire discriminatoires, depuis le commencement du débat public axé sur les accommodements raisonnables déclenché à l'automne 2006», écrivent dans une déclaration commune les 23 associations, au nombre desquelles on retrouve Présence musulmane, le Comité des femmes musulmanes canadiennes, le Congrès islamique canadien, le Conseil musulman de Montréal et l'Astrolabe Québec.«Noussentonstrès fortementqu'il y a quelque chose qui déraille en ce moment.L'incompréhension est en train de gagner la bataille.Depuis des semaines, nous entendons que les musulmans n'ont pas les mêmes valeurs que les Québécois.Mais c'est absolument faux: il n'y a pas de valeurs musulmanes d'un côté et québécoises ou canadiennes de l'autre.Il y a les valeurs humaines d'égalité, de fraternité et de liberté auxquelles nous adhérons tous», a dit hier Mohamed S.Kamel, du Forum musulman canadien, une des organisations qui souscrit à la déclaration commune.Les signataires de la «déclaration citoyenne pour un vivre-ensemble harmonieux» ont notamment sur le coeur beaucoup d'arguments qu'ils ont entendus au cours des derniers mois à l'endroit du voile islamique.«Il serait préjudiciable qu'au nom de l'égalité des sexes, la tenue vestimentaire qui exprime les croyances d'une femme devienne un critère de discrimination à son endroit, à son droit de travailler, à son libre arbitre », écrivent les auteurs de la déclaration.Élaborée par consensus lors d'une réunion la semaine dernière, la déclaration se retrouve depuis peu dans internet (www.petitiononline.com/egaux/petition.html).Déjà, une poignée d'organisations non musulmanes, dont Artistes pour la paix et le Centre Saint-Pierre, ont ajouté leur voix à celles des organismes musulmans.«Nous voulons amasser le plus de signatures possible et présenter la déclaration aux présidents de la commission Bouchard- Taylor», a précisé M.Kamel.Une autre pétition intitulée «Québécois dits de souche contre l'intolérance» circule aussi dans internet depuis trois semaines.Jusqu'à maintenant, plus de 3400 personnes l'ont signée.Une coalition musulmane se ligue contre l'intolérance HUGO DE GRANDPRÉ OTTAWA \u2014 Le mea-culpa du cardinal Ouellet est imparfait, mais il pourrait bien engendrer une réaction en chaîne qui pourrait changer l'Église catholique québécoise pour le mieux.C'est du moins ce qu'espère le curé Raymond Gravel, député du Bloc québécois pour la circonscription de Repentigny.«C'est un premier pas, mais ce n'est pas suffisant, a dit M.Gravel, dans son bureau de l'édifice de la Confédération, sur la colline parlementaire d'Ottawa.Il demande pardon pour l'Église d'avant 1960.Cela veut dire qu'il ne se sent pas concerné.» Discrimination envers les femmes, les homosexuels, les divorcés : l'Église catholique d'aujourd'hui doit changer encore plusieurs choses, selon le député bloquiste.Il espère donc que d'autres prélats québécois termineront, en quelque sorte, la phrase commencée par Mgr Ouellet.«Qu'est-ce qu'il veut nous dire à travers cette lettre-là ?Est-il est vraiment sincère dans sa demande de pardon?Est-il est prêt à faire des démarches auprès de Rome pour que l'Église du Québec ait sa particularité et sa couleur?Pas sûr.» « Les évêques vont se sentir interpellés, croit-il.Il y a une volonté de faire des changements au Québec, et les évêques sont assez ouverts.» Comme nouveau politicien, le député de Repentigny se dit prêt à faire sa part.Il souligne d'ailleurs que c'est lui qui a demandé que soit ajoutée, au mémoire récemment présenté par son parti à la commission Bouchard-Taylor, une proposition voulant que les nouveaux cours d'éthique et de culture religieuse au Québec soulignent «de façon particulière l 'impor tance his torique et culturelle du catholicisme et du protestantisme».«Ça va être bon que le petit témoin de Jéhovah sache qu'au Québec, il y a eu des catholiques longtemps, et l'influence de l'Église catholique au Québec.Mais l'école n'est pas là pour former des petits chrétiens.Elle est là pour enseigner aux enfants», tranche-t-il.Le curé Gravel s'attend à plus «C'est un premier pas, mais ce n'est pas suffisant » MATHIEU PERREAULT Le 18 décembre prochain, en commençant leur journée de classe, les élèves de l'école Horizon-du- Lac, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, iront à l'église voisine pour une messe de Noël.Des enseignants les accompagneront, et les élèves dont les parents s'opposent à la sortie resteront à l'école, où des activités seront organisées.«Les enseignants ont proposé la messe de Noël parce que ça s'était fait par le passé dans d'autres écoles de la région», explique la directrice de l'école, Lise Lebel.«Nous avons soumis le projet au conseil d'établissement, qui a été d'accord.Nous avons contacté monsieur le curé.Comme pour toutes les activités, nous envoyons une lettre aux parents et demandons une signature d'autorisation.» La messe compor tera une communion, dit le curé Donald Tremblay, et peut-être une saynète de Noël concoctée par les jeunes de la paroisse.Que se passera-t-il pour les enfants qui n'ont pas reçu leur première communion?«Nous ferons comme aux messes familiales, dit l'abbé Tremblay.Nous dirons aux jeunes de maternelle et de première année de se mettre les mains en croix pour que les gens qui distribuent la communion sachent qu'ils doivent plutôt faire une bénédiction.» Ce genre d'activités est au coeur du débat actuel sur la religion à l'école.Au ministère de l'Éducation, la porte-parole Stéphanie Tremblay précise que ce genre de sorties est parfaitement légal, puisque la dérogation permettant l'enseignement confessionnel est encore en vigueur jusqu'en juin prochain.Et pour Noël 2008?«Peut-être qu'il faudra que ça se fasse en dehors des heures de classe», dit Mme Tremblay.Par contre, la présence d'un prêtre dans une école qui demanderait sa présence, en période parascolaire, comme le demande le cardinal Marc Ouellet, «n'a rien d'illégal» et sera toujours permise après juin 2008, selon Mme Tremblay.Dans les milieux de l'éducation, les réactions vont de l'indifférence à l'indignation.À la Centrale des syndicats du Québec, le président, Réjean Parent, estime que ces deux cas de figure «vont à l'encontre de l'esprit même des transformations des écoles publiques depuis 10 ans».«On est parti d'une école religieuse pour tendre vers une école laïque.C'est ce qu'on souhaite, c'est le consensus social.Une messe de Noël sur le temps de classe, ou la présence d'un prêtre en parascolaire, c'est un pas dans la mauvaise direction, c'est ne pas être de son temps.Il y a la messe de minuit pour ceux qui sont encore farouches.» PourM.Parent, vouloir la présence d'un prêtre en parascolaire, c'est «une forme d'intégrisme».La Fédération des commissions scolaires préfère ne pas prendre position, notamment pour ne pas miner l'autonomie de chaque commission scolaire.Même chose du côté de la Fédération des comités de parents, qui veut préserver l'autonomie des écoles.À la Commission scolaire de Montréal, la présidente, Diane De Courcy, estime que ces deux activités ne sont pas souhaitables à Montréal à cause de la multitude de religions.«Ça transformerait la CSDM en tour de Babel.» Elle note toutefois que les écoles peuvent disposer de certains locaux, notamment les classes, comme elles l'entendent.Le responsable de l'éducation au diocèse de Montréal, Robert Sauvageau, note toutefois que des prêtres sont parfois invités dans les écoles, pour distribuer des Nouveaux Testaments ou pour des cérémonies spéciales quand survient un drame comme le décès d'un enseignant.Desmesses de Noël ou de fin d'année sont aussi organisées dans certains collèges privés, comme le collège Sainte-Anne à Lachine, selonM.Sauvageau.«Tout dépend des relations entre les écoles et les paroisses», explique le président de l'Assemblée des évêques du Québec, Martin Veillette, de Trois-Rivières.«Si elles sont bonnes, les prêtres sont souvent invités, il y a des messes pour des occasions comme Noël.Selon ce que je comprends, les agents d'animation spirituelle ont la possibilité d'inviter des prêtres ou d'autres ministres du culte à l'école, et l'auront encore après la fin de la dérogation.Le problème, c'est que leur mandat a parfois été interprété de façon trop restrictive.» RELIGION À L'ÉCOLE Les messes de Noël en péril « Une messe de Noël sur le temps de classe, ou la présence d'un prêtre en parascolaire, c'est un pas dans la mauvaise direction, c'est ne pas être de son temps.» QUÉBEC PLACE STE-FOY, GALERIES DE LA CAPITALE, VIEUX-QUÉBEC MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO, CARREFOUR LAVAL SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE LA CHEMISE TOUCHER SUÈDE 39.95 Une favorite à Noël, à rabais de 32%.Microfibre brossée.Choix de carreaux et coloris unis en tons de bleu, chameau, écru.P.m.g.tg.ttg.Rég.59.00 LE PULL JACQUARD ORIGNAL 39.95 Un cadeau exclusif de notre collection pure laine shetland.Col montant boutonné.Tons de choco ou blanc cassé.P.m.g.tg.ttg.LA CHEMISE RAYURES VIVES 49.95 Une exclusivité de notre collection classe affaires.Pur coton.Rose sur marine.14 1/2 à 17 manches régulières, 15 1/2 à 18 longues.Rég.68.00 ACTUALITÉS Ça y est, c'était couru, les députés d'Ottawa ont déc idé de fa i r e leur numéro.Ils veulent convoquer Brian Mulroney et Karlheinz Schreiber dès la semaine prochaine devant le comité de l'éthique.Ce zèle de justiciers est aussi tardif que suspect.N'attendons rien d'autre qu'un piètre spectacle politique sous couvert de recherche de la vérité.Les faits essentiels (les versements de 300 000$, les dénégations de M.Mulroney) sont connus depuis quatre ans.Pourquoi les députés sont-ils intéressés soudainement, sinon pour voir un peu de sang bleu couler?Un forum aussi lourdement partisan est très mal choisi.Dans l'affaire des commandites, on a vu avec quelle ineptie on a interrogé les témoins principaux devant un comité parlementaire.C'était décousu, plein de rhétorique et, finalement, totalement inutile.Pire: quand certains témoins, comme Chuck Guité, se sont contredits devant la commission Gomery, les parlementaires se sont battus avec l'énergie du désespoir pour interdire qu'on utilise les témoignages parlementaires devant la commission.Vive la vérité.Ce sera la même chose pour la forme et pour le fond.L'excuse du comité?Schreiber pourrait être extradé la semaine prochaine, alors il faut faire vite, dit-on.Garder Schreiber Cela nous mène à la délicate question de savoir quoi faire avec Schreiber.Mon collègue André Pratte, comme bien des gens d'ailleurs, veut qu'on l'envoie au plus vite en Allemagne.Je ne suis pas d'accord.Que Karlheinz Schreiber soit une fripouille, je veux bien.Qu'il utilise tous les moyens pour rester au Canada, c'est indéniable.Mais le fait est que le premier ministre du Canada a a n noncé une c ommi s s i o n d'enquête autour des relations entre Brian Mulroney et Karlheinz Schreiber.Alors, au prix exorbitant qu'on va payer, prendrons-nous le risque de renvoyer en Allemagne un des témoins-clés ?Ce serait totalement contreproductif.Il y a plein de bonnes raisons de ne pas aimer les commissions d'enquête.Mais il y en aura une.Norma lement , i l pourra it témoigner d'ici six mois, sans doute en 2008 en tout cas .Depuis le temps (huit ans) qu'il bloque son extradition par des manoeuvres de diversion, ce ne sont pas six ou douze mois de plus qui changeront quoi que ce soit.Cela n'a rien à voir avec la moralité du témoin.Que ça nous plaise ou non, on a besoin de son témoignage.Si les commissions d'enquête devaient se passer des témoins de mauvaise réputation, elles ne serviraient pas à grand-chose.Qu'aurait été la commission Gomery sans Jean Brault?En voilà pourtant un qui a fraudé joyeusement le public et qui a transporté des enveloppes pleines de billets.Ça ne l'a pas empêché d'exposer brillamment le système frauduleux mis en place au PLC.Seuls les magouilleurs peuvent témoigner directement des magouilles.C'est immoral, mais c'est comme ça.L'incroyable Luc Lavoie En 1999, Luc Lavoie disait que Brian Mulroney n'avait jamais reçu un cent de Karlheinz Schreiber.«Et la raison pour laquelle il ne l'a pas fait, c'est que ce serait trop stupide de faire une chose semblable.Il est trop intelligent pour faire ça!» disait M.Lavoie à Harvey Cashore, de CBC.Il ajoutait que M.Mulroney «l'a dit lui-même sous serment.Ce serait un parjure majeur, n'est-ce pas?Et un ancien premier ministre d'un pays comme le Canada ne va pas sous serment aller dire quelque chose comme ça et mentir là-dessus».Il ajoutait que si jamais un compte en banque suisse portait un nom de code relié à Brian Mulroney, c'est que Schreiber s'en était servi pour aller chercher de l'argent pour lui-même, à l'insu de M.Mulroney.Parce que Schreiber, disait-il, est le «biggest fucking liar the world has ever seen» (traduction maison, avec mes excuses: le pire crisse de menteur que la terre ait porté).M.Schreiber, en entendant ça, s'est senti trahi.Et il a commencé à parler.Un esprit simple, comme le mien, verrait là une série de maladresses spectaculaires de la part d'un spécialiste aguerri des relations publiques comme M.Lavoie.Qu'importe, M.Lavoie est encore le porte-parole de M.Mulroney, tout en étant aussi VP chez Quebecor, ce qui prouve que je ne comprends rien aux relations publiques - entre autres.Il est fort.Il est incroyable, même.M.Lavoie raconte une autre histoire aujourd'hui.Oui, M.Mulroney a reçu 300 000$ en espèces dans des chambres d'hôtel, en trois tranches, en 1993 et 1994.Il venait de quitter la politique et il était sans le sou, vu son train de vie imposant, d'expliquer M.Lavoie à un journaliste de Can West.Une erreur « colossale », reconnaît-il.Il explique que M.Mulroney, en plus de retourner chez Ogilvy Renault comme avocat, mettait sur pied une firme de consultat ion (l 'a rgent ne va donc pas dans le compte en fiducie de l'avocat, comprend-on).Il n'en parle nullement dans sa poursuite de 1995 contre le gouvernement fédéral , mais qu'importe.Cette firme devait accepter des contrats et des avances.Et justement, Schreiber lui offrait 100 000$ par année pour faire avancer des dossiers internationaux.Schreiber, à la première rencontre, en août 1993, a sorti une enveloppe.«M.Mulroney a dit: «qu'est-ce que c'est?» Et il a répondu: «eh bien, je veux vous payer comptant ».Alors M.Mulroney a posé quelques questions : «pourquoi vous faites ça en comptant?» Et tout ça.» Lavoie conti nue: «E t i l (Schreiber) a dit: «bien, je suis un homme d'affaires international et c'est comme ça que je fais des affaires.Je le fais toujours en comptant.» » Et M.Lavoie de conclure qu'en effet, il n'aurait jamais dû accepter de comptant.Mais cette erreur colossale devenait encore plus grosse lorsqu'il a accepté un deuxième versement, en décembre 1993, non?Et quand, en décembre 1994, à New York, il en a accepté un troisième, je suis d'avis qu'il y avait un réel danger de quitter le domaine de «l'erreur colossale» pour tomber ou bien dans la bêtise pure, ou bien dans l'aveuglement volontaire.Soyons positifs En attendant la suite, inspirons- nous de Mgr Ouellet et tentons de tirer un enseignement positif de cette ténébreuse histoire.Si c'est arrivé à un homme d'expérience comme M.Mulroney, ça peut nous arriver à tous ! Alors je dis : les enfants, soyez prudents, surtout avec les hommes d'affaires allemands.En haut de 75 000$, dans une chambre d'hôtel, jamais en comptant.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur yves.boisvert@lapresse.ca Méfiez-vous du comptant dans les hôtels YVES BOISVERT CHRONIQUE Que ça nous plaise ou non, on a besoin du témoignage de Karlheinz Schreiber.Si les commissions d'enquête devaient se passer des témoins de mauvaise réputation, elles ne serviraient pas à grand-chose.GILLES FISETTE LA TRIBUNE SHERBROOKE \u2014 «Pourquoi ic i , en Estrie, il n'y a pas de problèmes avec les accommodements?» a demandé Gérard Bouchard, l'un des deux coprésidents de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles.« Parce qu'ici, en Estrie, la grande majorité des gens sont des gens de bien, des gens accueillants qui facilitent la vie des immigrants », a répondu Elmostafa Habboub qui, en compagnie de Walid Dridi, présentait hier en début d'après-midi le mémoire des associations oeuvrant auprès de la communauté musulmane de l'Estrie.Le dialogue qui s'est entamé entre les deux porte-parole et M.Bouchard a sans doute été le moment le plus rafraîchissant de cette première journée d'audition des mémoires et des témoignages de la commission Bouchard-Taylor, qui est à Sherbrooke depuis mercredi soir.Hier, M.Bouchard et son collègue Charles M.Taylor ont entendu 15 mémoires et quatre témoignages.Poursuivant leurs explications, MM.Habboub et Dridi ont souligné que les musulmans de l'Estrie sont en général des gens instruits qui connaissent bien leur religion.Ces gens, ont-ils expliqué, savent qu'ils doivent faire leur demande d'accommodement avec le sourire et qu'ils doivent accepter les refus également avec le sourire.«Tout individu a le droit de faire une demande d'accommodement, mais il doit savoir que sa religion lui dit qu'il ne doit pas se battre en cas de refus.Son devoir de musulman est fait.Il doit s'arrêter là et accepter la réponse avec sérénité.On ne peut pas être plus catholique que le pape », ont-ils poursuivi.Selon M.Habboub, «il y a toujours des solutions.Quand j'ai travaillé comme professeur au cégep, il y avait quelques collègues distants, mais tous les autres étaient des anges prêts à m'aider».Dans son mémoire, le regroupement d'associations a proposé la création et la promotion de structures consultatives, aux niveaux communautaire, régional et national.Ces structures consultatives seraient chargées de «garder ouvert le dialogue avec les différents groupes religieux, principalement sur les sujets délicats et les dossiers susceptibles».Cette proposition rejoint celle formulée par le regroupement de cinq communautés religieuses de la région, que représentait l'abbé André Castonguay.Pour ce groupe formé de gens issus de l'Église catholique romaine, de l'Église anglicane, de l'Église unie, de l'Église syrienne orthodoxe et de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, il serait pertinent de former un conseil consultatif qui servirait de lieu «pour s'interpeller mutuellement et pour permettre à l'État de valider les paramètres de ses interventions qui concernent les religions».COMMISSION BOUCHARD-TAYLOR La solution est-elle en Estrie?PHOTO JESSICA GARNEAU, LA TRIBUNE Le maire de Sherbrooke, Jean Perreault, devant les coprésidents de la commission.« Ici, en Estrie, la grande majorité des gens sont des gens de bien, des gens accueillants qui facilitent la vie des immigrants.» Avis aux consommateurs Après le 31 août 2011, tous les téléviseurs classiques (analogiques) devront être munis d'un convertisseur afin de recevoir les signaux transmis en direct au Canada au moyen d'une antenne.Tous les signaux de diffusion transmis en direct au Canada seront alors uniquement en format numérique.Les Canadiens qui utilisent des services par satellite ou par câble ne devraient voir aucune différence.Les stations de télévision des États-Unis qui transmettent en direct des émissions au Canada apporteront ce changement dès février 2009.Pour obtenir plus d'information, veuillez visiter www.Infoconsommation.ca 3524091A Noël un rendez-vous à ne pas manquer samedi dans Ce soir, gros lot c'est de l'argent ! lotoquebec.com 20millions$ 3523579A POLITIQUE GILLES TOUPIN OTTAWA \u2014 Karlheinz Schreiber et Brian Mulroney devront se présenter dans quelques jours devant un comité des Communes afin de faire la lumière sur leurs relations d'affaires du début des années 90.Ainsi en ont décidé les partis de l'opposition, qui forment la majorité au Comité permanent des Communesdel'accèsàl'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, malgré le désaccord des conservateurs.Karlheinz Schreiber comparaîtra donc dès mardi et jeudi prochains, les 27 et 29 novembre, alors que M.Mulroney devra se présenter à son tour devant ce comité le mardi 4 et le jeudi 6 décembre.L'homme d'affaires allemand, qui a joué à l'époque un rôle important dans la vente à Air Canada d'appareils de la compagnie Airbus, devra donc dès mardi prochain expliquer aux membres de ce comité les raisons et les circonstances pour lesquelles il a versé à l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney 300 000 dollars en espèces.Dans une déclaration récente sous serment en cour, M.Schreiber a soutenu que l'un de ces trois versements de 100 000$ à M.Mulroney, en août 1993, a été fait alors que l'ancien premier ministre était encore député.Karlheinz Schreiber, emprisonné à Toronto, est un citoyen canadien qui se bat depuis des années devant les tribunaux pour éviter une extradition en Allemagne, son pays natal, où la justice a déposé contre lui des accusations de fraudes fiscales et de corruption.Hier, M.Schreiber a porté en appel à la Cour suprême une décision récente de la Cour d'appel de l'Ontario de ne pas reconsidérer son extradition ordonnée en 2004.Sans ce recours et sans une intervention du ministre de la Justice, Karlheinz Schreiber aurait dû être renvoyé en Allemagne le 1er décembre.Selon des informations transmises hier par le député néo-démocrate Pat Martin, M.Schreiber serait disposé à témoigner la semaine prochaine.Si d'aventure il refusait de le faire, le président de la Chambre pourrait lancer un mandat qui l'obligerait à se présenter au parlement la semaine prochaine.Cette procédure n'a jamais été utilisée depuis 1913.Les audiences décidées hier par le Comité de l'éthique, où les partis de l'opposition détiennent la majorité, examineront également les circonstances qui ont entouré le versement de 2,1 millions de dollars àM.Mulroney par le gouvernement libéral de Jean Chrétien en 1997.M.Mulroney avait été lié, dans une lettre de la GRC à la Suisse, à l'affaire Airbus et il avait intenté une poursuite en diffamation de 50 millions contre le gouvernement du Canada.Ottawa avait réglé le différend à l'amiable en versant à l'ancien premier ministre ce 2,1 millions en guise de réparation après lui avoir présenté des excuses.Aujourd'hui, cet arrangement est remis en question par les partis de l'opposition à la lumière des récentes révélations de M.Schreiber.Pourquoi, demanderont- ils à l'ancien premier ministre, avait-il caché lors de l'affaire Airbus les versements en argent comptant de 300 000$ que lui avait faits Karlheinz Schreiber pour du travail de consultant?Les partis de l'opposition tenaient à ce qu'un comité des Communes se penche sur toute cette affaire, malgré l'annonce par le premier ministre Stephen Harper d'une enquête publique.Les libéraux, les néo-démocrates et le Bloc québécois craignaient que la future commission d'enquête n'ait pas le mandat de se pencher aussi sur la correspondance récente de M.Schreiber au premier ministre Stephen Harper.Ils veulent savoir en somme si M.Harper n'a pas tenté de protéger M.Mulroney.Les conservateurs ont estimé hier que ce coup de force de l'opposition était essentiellement politique et qu'il allait vite dégénérer.«Il ne faut pas que ça devienne un cirque ou une chasse aux sorcières, a rétorqué le chef libéral Stéphane Dion.Mais il faut que nous sachions la vérité sur quelque chose qui met en cause l'intégrité du premier ministre, qui est quand même une institution importante dans notre démocratie.» Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, estime que l'enquête du comité des Communes ne fera pas double emploi avec celle ordonnée par le gouvernement.Selon lui, elle permettra d'obtenir des réponses rapides sur «des questions très précises», d'autant plus que M.Schreiber pourrait ne plus être au Canada lorsque l'enquête publique commencera ses travaux dans plusieurs mois.«Nous ne prenons pas de chance », a-t-il dit.COMITÉ DES COMMUNES Mulroney et Schreiber devront comparaître LA PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Le Canada n'est plus un pays «cool» comme à l'époque où il le dirigeait, constate l'ancien premierministre Jean Chrétien, qui reproche à l'actuel gouvernement conservateur de vouloir changer en catimini la position du Canada sur la peine de mort.Il a beau répéter qu'il ne veut pas jouer à la belle-mère et commenter la scène politique, le «p'tit gars de Shawinigan» ne peut s'empêcher de jeter de temps en temps un pavé dans la mare.Cette fois, le pavé éclabousse le gouvernement de Stephen Harper et sa décision de ne pas intervenir, comme l'ont fait les gouvernements précédents, pour demander la clémence pour un citoyen canadien condamné à mort au Montana.«S'ils veulent réintroduire la peine de mort, ils devraient le faire sans se cacher», a déclaré M.Chrétien.La peine de mort a été abolie au Canada au milieu des années 70.Au cours des années, le pays est même devenu un membre actif au sein des pays abolitionnistes.«C'est la loi du pays», a souligné l'ancien premier ministre.L'homme de 73 ans est en pleine promotion de ses mémoires, Passion politique.La politique coule encore dans ses veines et le quadruple pontage coronarien qu'il a subi il y a deux mois n'a rien changé.Ainsi, il ne peut se retenir de comparer le Canada qu'il a laissé, en 2003 après 10 ans à sa direction, au Canada actuel, presque deux ans après l'arrivée des conservateurs au pouvoir.Pays «cool», comme le qualifiait l'hebdomadaire britannique de référence Economist, le Canada l'est maintenant moins, dit l'ex-premier ministre.«L'humeur est maintenant différente au Canada, ça ne fait pas de doute», lâche-t-il.Dans un article publié en 2003, à quelques mois de sa retraite, le magazine louait le Canada pour le redressement de ses finances, les projets de loi pour légaliser le mariage gai et décriminaliser la marijuana, l'accalmie du sentiment nationaliste au Québec et son accueil face aux immigrants.Pour M.Chrétien, cette image d'un orignal portant des lunettes fumées sur la couverture d'un magazine demeure une preuve de ses politiques progressistes qui ont marqué son dernier mandat comme premier ministre.«C'était une bonne période, cette période où nous étions (au pouvoir)», se vantet- il aujourd'hui, rappelant aussi sa décision de ne pas se joindre à la guerre en Irak et la ratification du protocole de Kyoto.Il avoue avoir été quelque peu « inquiet» de la tournure du débat sur les accommodements raisonnables au Québec.Il dit avoir entendu des «choses un peu troublantes» au cours des assemblées de la commission Bouchard- Taylor sur le sujet, mais ces commentaires plus extrêmes sont «marginaux».Malgré tout, son sang n'a parfois fait qu'un tour à certains propos, et il regrette que tout cela donne une mauvaise image du pays à l'étranger.Il est tout aussi catégorique sur la question du vote à visage dévoilé et de la réaction des partis politiques face au tollé suscité.«Ce quime renverse, c'est que vous pouvez voter à partir de la Floride.Par la poste, vous n'avez pas besoin de montrer votre visage», résume M.Chrétien, qui estime que les politiciens ont voulu agir trop rapidement face à la controverse.Le Canada est moins «cool », dit Chrétien PHOTOS LA PRESSE ET REUTERS Brian Mulroney et Karlheinz Schreiber devront se présenter dans quelques jours devant un comité des Communes. 3519951A Le souper aura lieu le 7 décembre 2007.Les règlements sont disponibles à La Presse et sur cyberpresse.ca.Les fac-similés sont refusés.Le tirage aura lieu le 28 novembre 2007.Valeur approximative des prix : 1200 $.Pour participer, rendez-vous sur concours.cyberpresse.ca ou retournez ce coupon dûment rempli à : CONCOURS « MISSION ANTARCTIQUE » La Presse, C.P.11052, Succ.Centre-ville, Montréal, Québec, H3C 4Y8 Prénom: Nom: ___ Adresse App: Ville: Code postal: Tél.(rés.) : ( ) Tél.(trav.) : ( ) _ Courriel: Âge: Question d'habileté mathématique : [ (30 + 16 - 4) ÷ 2 ] x 14 = Cochez si vous désirez être informé des offres promotionnelles des membres du groupe Gesca.L e s Édi t i o n s OU de gagner l'un des 25 l IvRES AUTOgRAph IéS VIVEZ UNE EXPÉRIENCE UNIQUE! Courez la chance de vous laisser raconter le récit d'une incroyable épopée de 430 jours lors d'un souper pour 2 personnes au restaurant Au Pied de Cochon en compagnie du propriétaire Martin Picard.Partagez la table avec JEAN LEMIRE, biologiste, auteur, cinéaste, le chef de Mission Antarctique.3522099A POLITIQUE Difficile de dire ce que cherchait exactement Brian Mu l roney en expliquant cette semaine qu'il avait accepté de l'argent comptant de Karlheinz Schreiber parce qu'il manquait d'argent pour faire vivre sa famille, mais s'il cherchait la pitié du public, c'est raté.Depuis mercredi matin, tous les courriels des lecteurs peuvent se résumer par le premier d'entre eux, arrivé dans ma boîte de messages avant même le premier café de la journée: M.Mulroney nous prend-il pour des valises?Même si M.Mulroney admet aujourd'hui, par la bouche de son fidèle porte-parole, Luc Lavoie, avoir commis une erreur «colossale » en empochant 300 000 $ comptant en trois versements distincts de 100 000$, personne ne semble accepter la défense du bon père de famille inquiet de l'avenir financier de sa famille.Pas en sachant que ce même père de famille a acheté une superbe maison dans Westmount-en-haut-dela- montagne de 1,6 million à la même époque.Si M.Mulroney était aussi «cassé» que le dit M.Lavoie, au point de commettre la grave imprudence de prendre les enveloppes de M.Schreiber, comment pouvait-il se payer une telle maison?demande un autre lecteur.Bonne question.Vrai, M.Mulroney avait devant lui de belles perspectives d'emploi, mais les banques ne font pas dans la charité avec leurs prêts hypothécaires.Même pour les anciens premiers ministres promis à une belle carrière dans le privé.Vrai, les premiers ministres ne gagnent pas des fortunes (encore moins à l'époque de M.Mulroney), mais d'affirmer qu'il était fauché à ce point, c'est un peu fort.Chose certaine, si la réaction des lecteurs de La Presse est représentative de l'impression générale au sein de la population, M.Mulroney n'a ému personne en jouant les repentants.Quiconque a suivi cette affaire se souvient que l'ancien premier ministre a nié sous serment avoir fait affaire avec le controversé homme d'affaires germano-canadien.On se souvient aussi des déclarations de Luc Lavoie, qui affirmait avec assurance que Karlheinz Schreiber était le plus grand menteur que la Terre ait jamais porté.Le plus grand menteur n'avait pas tort, en tout cas, quand il disait avoir versé de lucratives commissions à son ancien ami.M.Mulroney parle aujourd'hui d'une erreur «colossale» (on l 'entend presque prononcer COLOSSALE avec sa voix de stentor).La question est de savoir pourquoi avoir répété cette erreur colossale trois fois ?Une fois, soit, admettons que c'est une erreur.Deux fois, c'est une rechute.Mais trois fois, ça devient une habitude.Trois erreurs magistrales, donc, auxquels s'ajoute une autre erreur, encore pire celle-là : avoir nié toute l'affaire sous serment.Dans sa nouvelle version, Luc Lavoie dit (en anglais) que M.Mulroney a posé «quelques questions »àM.Schreiber quand celuici a sorti la première enveloppe de sa poche.«Mr.Mulroney asked a few questions, explique M.Lavoie.Why would you do this in cash?, and all that?» Justement, c'est le « all that» qui nous intéresse.En faisant acte de contrition maintenant, Brian Mulroney a surtout rappelé ces petits détails à ceux qui ont suivi l'affaire.Aux autres, il vient de dire qu'il a vraiment empoché 300 000$ comptant d'un personnage douteux.En cette ère gomeriesque, le commun des mortels retiendra davantage les enveloppes pleines de cash que les remords de l'ex-premier ministre.On peut donc se demander : quel est le but recherché par M.Mulroney avec une telle stratégie de communication?Coincé par un Ka rlheinz Schreiber prêt à tout pour faire couler ses anciens associés avec lui, M.Mulroney cherche peutêtre à désamorcer maintenant des bombes qui sauteraient autrement en pleine commission d'enquête.L'abcès est crevé.M.Mulroney admet son erreur et s'en repent.Fin de l'histoire, on passe à un autre appel.Les procureurs de la commission reviendront sans doute làdessus, mais ce sera alors de la «vieille nouvelle », comme on dit dans le jargon journalistique.Brian Mu l roney cherche peut-être aussi à déstabiliser M.Schreiber en sortant préventivement tout ce que celui-ci pourrait dire à son sujet devant la commission d'enquête: j'ai pris l'argent, c'était une erreur, mais ce n'est pas illégal, je n'étais plus premier ministre, ça n'avait rien à voir avec l'achat des Airbus et j'ai même payé mes impôts sur ces 300 000$.D'autres questions, maître?Une autre théorie, qui court cellelà dans les rangs libéraux, veut que M.Mulroney vide son sac morceau par morceau avant la commission pour rendre celle-ci inutile et peutêtre même la court-circuiter.Théorie boiteuse, mais avant d'en arriver là, nous aurons droit au premier actedugrandcirque Schreiber- Mulroney au Parlement, devant le comité de l'accès à l'information et de l'éthique.Karlheinz Schreiber y est attendu devant les députés mardi prochain et Brian Mulroney les 4, 6 et 11 décembre.Si l'exercice est aussi loufoque que l'avaient été les comparutions des acteurs des commandites devant le comité des comptes publics, ça promet\u2026 On comprend mal pourquoi le Bloc, les libéraux et le NPD, après avoir réclamé et obtenu une commission d'enquête, n'attendent pas tout simplement que celleci fasse son travail.Encore une fois, il est ici question bien plus d'opportunisme politique que de recherche de la vérité.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur vincent.marissal@lapresse.ca Pour la pitié, faudra repasser VINCENT MARISSAL CHRONIQUE KARINE FORTIN LA PRESSE CANADIENNE Ottawa s'oppose au projet des autorités américaines qui veulent obtenir à l'avance des informations personnelles sur les passagers de tous les avions survolant leur territoire, même s'ils n'y font pas escale.Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, s'est dit préoccupé par les «implications» de cette demande du département de la Sécurité intérieure des États- Unis sur la vie privée des voyageurs en partance ou en direction du Canada.Ce projet a été dénoncé par les agences de voyage et les transporteurs aériens canadiens, qui soutiennent qu'ils seraient forcés de colliger, à court terme, une multitude de données avant les départs.Sensible à leurs arguments, Lawrence Cannon tentera de convaincre le gouvernement américain d'accorder une exemption à tous les appareils de transporteurs canadiens.Vols au-dessus des États-Unis Ottawa s'oppose aux listes de passagers Si la réaction des lecteurs de La Presse est représentative de l'impression générale au sein de la population, M.Mulroney n'a ému personne en jouant les repentants.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SUE BAILEY ET JIM BRONSKILL LA PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Le comi té des Communes sur la sécurité publique lance sa propre enquête au sujet des événements entourant la mort du Polonais Robert Dziekanski.Il s'agit de la septième enquête au Canada sur ce décès ou sur l'utilisation du pistolet à décharges électriques Taser depuis le mois dernier.Les membres du comité ont voté unanimement en faveur d'une enquête sur la mort de M.Dziekanski, qui s'est produite le mois dernier après qu'il a reçu au moins une décharge du pistolet électrique lors d'une intervention d'agents de la Gendarmerie royale du Canada à l'aéroport de Vancouver.Les Communes enquêtent sur le pistolet Taser 0%@B9A2A@ 56@ A8?276@ 5B 0%@B9A2A@ 56@ A8?276@ 5B \"5%4 La mesure est symbolique, mais efficace.Elle a fait ses preuves contre l'Afrique du Sud, expulsée en 1961 comme République.La vraie raison était l'opposition des pays membres, dont le Canada, à l'apartheid.> L'Afrique du Sud a été réadmise en 1994, après l'abandon de l'apartheid et l'avènement au pouvoir de la majorité noire.> Le Pakistan lui-même s'est retiré en 1972 pour protester contre l'entrée du Bangladesh, sa province orientale sécessionniste.> Il est revenu en 1989, mais a été suspendu en 1999 après le coup d'État du général Pervez Musharraf.Il a été réadmis en 2004 sur la promesse de Musharraf, président, de quitter la tête des forces armées, promesse qu'il n'a toujours pas tenue.> Avec cette nouvelle suspension, le Pakistan rejoindra le Zimbabwe, suspendu en 2002 pour des élections jugées illégitimes, et Fidji, suspendu l'an dernier à la suite d'un coup d'État.Fidji a déjà été suspendu de 1987 à 1997, et de 2000 à 2001, pour cause de coup d'État.- Jooneed Khan MINI Brossard 8500, boul.Taschereau Ouest Brossard (Québec) 450 445-MINI (6464) www.minibrossard.com CONCESSIONNAIRES MINI MINI Laval 2450, boul.Chomedey Laval (Québec) 514 773-MINI (6464) www.minilaval.ca MINI Mont Royal 4070, rue Jean-Talon Ouest Montréal (Québec) 514 289-MINI (6464) www.minimontroyal.ca Taux d'intérêt offert par Services financiers MINI pour une COOPER 2007 avec ensemble Premium, sur approbation du crédit seulement.Le prix de détail suggéré pour une Cooper est de 25900$.L'ensemble Premium est une option de 1900$.Taux d'intérêt de 5,9% pour un terme de location de 39 mois.Pour établir les paiements mensuels de location d'une Cooper (incluant l'ensemble Premium) à 379$ pour 39 mois, un montant de 1437$ est exigé à la signature du contrat de location.Ce montant inclut le versement initial de 1000$, le paiement du 1er mois de location, les frais de transport et préparation, le dépôt de sécurité de 0$ et l'enregistrement d'une hypothèque mobilière, mais exclut les frais d'administration du concessionnaire, les assurances, l'immatriculation du véhicule, l'équipement optionnel et toutes les taxes applicables.Valeur résiduelle du véhicule à l'échéance du terme : 17236$ + taxes.Les paiements mensuels peuvent varier selon le montant du versement initial ou la valeur nette de l'échange.Le kilométrage alloué pour la durée du contrat est de 65000 km; des frais de 0,15$ par km excédentaire seront exigés.Des frais peuvent être exigés pour usure excessive.Offre d'une durée limitée et assujettie à la disponibilité.Sous réserve de modifications.Le véhicule doit être livré au plus tard le 31 décembre 2007.La photo est utilisée à titre indicatif seulement et peut inclure certaines options pouvant différer du modèle offert.Consultez votre concessionnaire ou MINI.ca pour plus de renseignements.Les véhicules en stock peuvent différer dumodèle décrit dans l'offre.Offre valide chez les concessionnaires participants seulement.La MINI Cooper à transmission manuelle est admissible à un remboursement de 1000$ par le gouvernement fédéral en vertu du programme écoAUTO.Détails sur http : www.ecoaction.gc.ca/ecoauto.MINI.CA LA MINI COOPER AVEC L'ENSEMBLE PREMIUM LA PREUVE QUE LES ANGLAISES NE SONT PAS COINCÉES.379$ Transport et préparation inclus PAR MOIS 1000$ Versement initial 1000$ Remboursable dans le cadre du programme écoAUTO 39 Location mois 3515977A COLLECTION DE PERLES TAHITIENNES DE BIRKS COLLIER DE PERLES TAHITIENNES AVEC FERMOIR EN OR BLANC 18 CARATS 1700$; PENDANTS D'OREILLES ASSORTIS 595$ BIRKS.COM 1.800.682.2622 3502671A MONDE AGNÈS GRUDA Lorsque la proportion d'enfants sous-alimentés dans un coin de la planète dépasse 15 %, les organismes alimentaires se mettent en mode d'alerte : c'est le seuil au-dessus duquel on entre dans une zone d'urgence alimentaire.Ce seuil a été dépassé dans plusieurs régions du Darfour, où l'année 2008 risque d'être terriblement difficile, malgré le déploiement imminent d'une nouvelle force internationale.Ce diagnostic est posé par le chef de mission pour Médecins sans frontières, Jean-Sébastien Matte, qui vient de réaliser sa troisième mission au Darfour.Et qui en est revenu plus inquiet que jamais.«Les statistiques de malnutrition ont triplé», a raconté cette semaine ce logisticien originaire de Montréal qui était de passage au Québec cette semaine.À l'origine de cette situation, il y a des raisons climatiques : la saison des pluies est arrivée plus tôt que prévu, ce qui a affecté les récoltes.Mais l 'exacerbat ion de la violence y est pour beaucoup dans les problèmes alimentaires dont souffrent de plus en plus de Darfouris, a pu constater M.Matte.De plus en plus confuse, la situation ne cesse de se dégrader sur le terrain, où l'ancienne fracture qui opposait rebelles du Darfour aux milices du gouvernement soudanais a cédé la place à des affrontements entre une multitude de groupes - attirés plus souvent qu'autrement par l'appât du gain.De nombreuses routes du Darfour sont devenues imprat icables en ra ison du simple ba nd it isme , t émoigne Jean-Sébastien Matte.Il devient plus difficile d'évacuer les malades, mais aussi d'acheminer l'aide alimentaire.Plus que ça : les attaques sur les routes et les combats entre factions dans les camps de réfugiés font sans cesse grossir les rangs des déplacés.Au cours des derniers mois, ce sont quelque 60 000 personnes qui se sont retrouvées sur les routes.Ces nouveaux déplacés arrivent dans des communautés qui, déjà, manquent de nourriture.Les gens partagent le peu qu'ils ont.Résultat : tout le monde a faim.« Les taux de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans atteignent entre 15 et 30%, la situation est accablante et risque de s'aggraver en 2008 », prévoit Jean-Sébastien Matte.En janvier, quelque 26 000 soldats de l'ONU se joindront aux 7000 militaires de l'Union a f r ica ine déjà présents au Darfour.L'Europe doit aussi envoyer des soldats pour pacifier les camps de réfugiés.Mais ce déploiement a peu de chances de ramener la paix au Darfour, craint Jean-Sébastien Matte, pour qui le problème réside dans un accord de paix bancal, conclu il y a deux ans, et qui laisse de côté d'importants acteurs du conflit.L'urgence alimentaire guette le Darfour NICOLAS BÉRUBÉ LOS ANGELES \u2014 Cela devait être un outil pour prévenir le terrorisme.Cela s'est plutôt transformé en une affaire embarrassante pour la police de Los Angeles après que les médias locaux eurent rendu publics les détails du projet.Tout a commencé avec une primeur du L .A.Times.Le journal a révélé la semaine dernière que l'unité de contreterrorisme de la police de Los Angeles (LAPD) cherchait à utiliser les banques de données du recensement pour identifier les quartiers abritant une forte population musulmane.Cette mesure était nécessaire pour repérer « les individus violents mot ivés pa r des idéologies extrémistes», selon le LAPD.Pour y parvenir, le LAPD s'était entendu avec un département de l'Université du sud de la Californie (USC) afin que des chercheurs créent un logiciel de cartographie destiné à déterminer les zones à forte densité de musulmans.La police souhaitait ensuite accroître sa présence dans ces quartiers, et y installer des points de services sociaux ouverts à la population.Le commandant de l'unité de contre-terrorisme du LAPD, Michael P.Downing, a expliqué que cette mesure était nécessaire afin de prévenir les actes terroristes et la radicalisation des jeunes désaffectés.« Nous n'avons pas ici les mêmes problèmes que la France, l'Angleterre ou l'Allemagne.Cela dit, l'expérience des pays européens peut nous servir de point de départ afin d'identifier les signes avant-coureurs d'une radicalisation », a-t-il dit, ajoutant que l'objectif des policiers était d'être vus comme des amis de la communauté musulmane, et non comme une menace.«Au sein de la communauté, il y a des éléments, des djihadistes politiques, qui cherchent à créer la division, à créer les conditions pour lancer un processus de radicalisation et soutenir des causes internationales.Ce sont ces éléments qui nous intéressent.» Une avalanche de critiques Sitôt dévoilé, le projet du LAPD a été décrié par divers groupes religieux, ainsi que par des associations de défense des libertés individuelles à Los Angeles.«Cette approche se base sur la fausse prémisse que les musulmans sont plus susceptibles que les personnes d'autres religions de commettre des crimes », explique Ranjana Natarajan, avocate pour l'American Civil Liberties Union (ACLU) à Los Angeles.«Ce que la police veut faire, ça s'appelle du profilage racial, et c'est illégal de faire cela aux États-Unis », dit-elle.Appelé à se prononcer sur le projet, le maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, a exprimé ses réserves.«Bien que l'effort du département me semble bien intentionné, la proposition a créé un niveau de peur et d'appréhension qui l'a rendue contreproductive », a-t-il déclaré.Après le dévoilement des détails du projet, la direction de l'USC a affirmé qu'aucune entente n'avait été conclue et qu'elle examinait présentement le bien-fondé du projet.Quelques jours après la révélation du Times, qui a suscité l'intérêt des médias nationaux, le chef du LAPD, Wi l l iam Bratton, a déclaré que l'idée serait abandonnée.«Nous l'avons envoyée aux oubliettes, a-t-il dit.La communauté musulmane a été claire, et nous a fait savoir qu'elle s'opposait au projet, qu'elle trouvait que c'était inopportun.Ensemble, nous avons décidé de tourner la page.» Une porte-parole du LAPD, Mary Grady, a indiqué que c'est le terme «cartographie » (mapping) qui a soulevé la colère de la population.«Nous voulions nous rapprocher de la communauté musulmane, et le verbe « cartographier» donnait l'impression que nous voulions faire du profilage racial, ce qui n'était pas le cas.» Des critiques ont aussi noté que le projet du LAPD semblait reposer sur les méthodes des corps policiers d'Europe, où la population musulmane est souvent concentrée dans des quartiers facilement identifiables.Par opposition, les musulmans de Los Angeles ne résident pas dans des secteurs précis.Comme bien d'autres groupes, ils sont dispersés dans la ville en fonction de leur situation socioéconomique - les plus riches résidant dans les beaux quartiers, les plus pauvres dans les endroits où les logements sont abordables.LOS ANGELES La police renonce à «cartographier» la population musulmane PHOTO STUART PRICE, AGENCE FRANCE-PRESSE La malnutrition, qui touche de 15 à 30% des enfants de moins de 5 ans du Darfour, risque de s'aggraver en 2008, selon Jean-Sébastien Matte, chef de mission pour Médecins sans frontières.Ci-dessus, un jeune réfugié joue avec une arme en plastique dans le camp Al-Salaam, dans le nord du Darfour.«Ce que la police veut faire, ça s'appelle du profilage racial, et c'est illégal de faire cela aux États-Unis.» André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef FORUM ÉDITORIAUX D'UN CANADA À L'AUTRE André-Philippe Côté, Le Soleil DROITS RÉSERVÉS akrol@lapresse.ca ARIANE KROL Le reportage de L'épicerie sur les cafétérias d'hôpital, diffusé mercredi soir à la télévision de Radio-Canada, tombait à pic.Il est grand temps d'ouvrir le débat sur la nourriture offerte dans les établissements de soins de santé québécois.Notez qu'il s'agit ici des aliments en vente libre destinés aux employés et aux visiteurs, et non des repas servis aux patients, qui sont soumis à des contraintes biens particulières.Les constats sont aussi prévisibles que déprimants.Dans chacun des 10 hôpitaux visités par l'émission, on trouve aussi bien de la malbouffe que des distributrices de boissons gazeuses.Et dans la moitié des bâtiments, ces distributrices et les casse-croûte qui vendent des frites ou des beignes sont plus faciles à trouver que la cafétéria où l'on vend des aliments santé.Consternant.Nous avons déjà souligné dans ces pages l'importance de sortir la malbouffe des cafétérias scolaires.L'objectif n'est pas tant d'empêcher les jeunes de manger de la poutine ou des bonbons - ils peuvent aisément s'en procurer ailleurs - que de projeter une image cohérente.Un établissement d'enseignement n'a pas à encourager, ni même à cautionner la consommation de calories vides qui ne contribuent en rien à la formation d'un esprit sain dans un corps sain.Un réflexe semblable doit se développer dans le secteur de la santé.Les hôpitaux ne sont pas des ateliers de mécanique où l'on amène sa carcasse à réparer sans égard à l'usage qu'on en a fait.Ils contribuent aussi à la prévention de maladies chroniques, comme l'hypertension ou le diabète de type B.Mais à quoi bon faire de la sensibilisation si l'établissement lui-même affaiblit son propre message en favorisant la présence de malbouffe?Évidemment, on peut toujours faire valoir qu'aucun aliment ne peut être tenu seul responsable d'une maladie.C'est vrai.Mais on ne peut pas non plus ignorer que plusieurs contiennent surtout des calories vides et ne contribuent en rien à la santé.Ceux-là n'ont rien à faire dans un hôpital.Heureusement, certains établissements, dont Maisonneuve- Rosemont, commencent à réaliser l'absurdité de la situation.Ils font des efforts notables pour proposer des menus à la fois sains et appétissants.Mais à part l'hôpital pour enfants Sainte-Justine, où l'on a décidé de prendre un virage santé, tous les centres interrogés par L'épicerie trouvent normal de s'associer aussi avec des concessionnaires qui vendent de la friture et des sodas.La notion de libre choix, surtout pour les employés, continue à prévaloir sur les questions d'image.Mais cette vision ne prévaudra pas éternellement.Jusqu'au milieu des années 80, le centre Maisonneuve-Rosemont, comme beaucoup d'autres, permettait la vente de cigarettes dans ses murs.Répondre aux besoins des fumeurs semblait alors plus important que de renforcer le message anti-tabac.Et pourtant, on était bien placé pour observer les ravages de cette substance\u2026 En 1985, l'établissement a décidé que ce commerce ne cadrait plus avec sa mission.Il est temps que les hôpitaux revoient leur offre alimentaire en fonction de ce critère.La bouffe d'hôpital Les hôpitaux ne sont pas des ateliers de mécanique où l'on amène sa carcasse à réparer sans égard à l'usage qu'on en a fait.mroy@lapresse.ca MARIO ROY Lorsque, par la voix de son avocat, l'homme a plaidé que ses droits n'étaient pas respectés, la foule présente dans le tribunal de Phnom Penh a pouffé de rire, rapporte le New York Times.L'homme, c'est Kaing Guek Eav, 66 ans.Sous le régime des Khmers rouges, il a dirigé la prison de Tuoi Sleng, la célèbre S- 21.Entre 16 000 et 20 000 personnes y sont passées et y ont subi la torture.À la fin, on y a trouvé sept survivants\u2026 Emprisonné depuis 1999, l'ancien enseignant (comme la majorité des cadres de Pol Pot, lui-même décédé en 1998) comparaissait donc, lundi, afin d'obtenir sa libération provisoire.L'audience annonce en quelque sorte les procès de cinq dirigeants Khmers prévus pour 2008, maintenant qu'on a appréhendé, lundi, le dernier qui était recherché et encore libre, Khieu Samphan, 76 ans, ex-président du Cambodge.Les Khmers rouges ont occupé le pouvoir de 1975 à 1979.Ils ont fait entre un et deux millions de victimes, sur une population de 7,5millions de citoyens.On périssait par la famine imposée, l'épuisement dû au travail forcé (59% de la population fut réquisitionnée) ou l'exécution pure et simple.Aujourd'hui, l'ONU supervise ces procédures judiciaires dans un pays où l'on n'est pas toujours très sûr de vouloir exhumer cette période du passé.L'épisode ultra-communiste qu'a vécu le Cambodge constitue en effet un phénomène unique dans l'histoire, unique comme l'a été l'Holocauste pour d'autres raisons.Alors que celle-ci a été une entreprise inédite de génocide perpétré sur le mode industriel, l'auto-génocide cambodgien, lui, fut le résultat d'un gigantesque travail d'ingénierie sociale qui n'a pas d'équivalent.Les maîtres mots sont: jeunesse et pureté.D'abord, comme tous les régimes totalitaires - nazi, fasciste, soviétique, maoïste -, celui de Pol Pot instaura un véritable culte de la jeunesse\u2026 non dépourvu d'un côté pratique.Les adolescents étaient en effet les plus aptes à agir comme bourreaux.Embrigadés «dès l'âge de 12 ans (\u2026), ils constituaient un matériel humain particulièrement facile à initier à l'usage de la violence laplus extrême», écrit Marek Sliwinski dans Le Génocide Khmer rouge/une analyse démographique.Ensuite et surtout, le régime khmer boulonna pendant de brèves années une société qui atteignit un niveau de pureté communiste jamais égalé, ni auparavant ni depuis, se déclinant en outre en pureté nationale, morale, économique.Et même pastorale puisque, comme on le sait, la première initiative du régime consista à vider les villes de leurs habitants (de 61 à 67% de la population a été déportée).Kaing Guek Eav n'a apparemment pas abandonné cette quête de pureté, qu'il trouve aujourd'hui dans sa communion avec le dieu des chrétiens.Mais c'est un idéal toujours difficile à atteindre.Et, lorsqu'on l'interroge sur sa responsabilité dans le massacre à grande échelle perpétré par les Khmers rouges, il répond, comme tous les bourreaux, qu'il obéissait aux ordres, simplement.Les procès de Phnom Penh L'épisode ultracommuniste qu'a vécu le Cambodge constitue un phénomène unique dans l'histoire.DANIEL LAPRÈS L'auteur est rédacteurpigiste.A pr ès « l e - Québec-estune- nation », voi ci que l e « no u s » e s t devenu le mantra de l'heure au Québec.Paraît même que si tous nos problèmes ne sont pas encore réglés, ce serait parce que nous ne serions pas encore assez conscients que nous sommes «nous ».Au fond, une vérité aussi sublime n'aurait pu rester encore bien longtemps cachée sous le boisseau tellement, à en croire ses inspirés propagateurs, elle serait censée relever de l'évidence des choses de la vie.Fallait juste prendre la peine d'y songer.Mais un effort aussi harassant d'analyse et de réflexion nous a été épargné : nos bien-pensants nationalistes y ont, eux, pensé pour nous - c'est-à-dire à notre place.C'est donc ainsi que notre nation québécoise serait sauvée, que dis-je ! qu'elle pourrait enfin assumer la plénitude de la vocation qui lui est spécialement destinée depuis la genèse de l'humanité.Mais à la stricte condition toutefois que chaque Québécois obéisse aux préceptes édictés par ceux qui se sont octroyé le droit de penser à sa place.Ce qui nous reste désormais à faire, c'est d'adopter le nouveau mot d'ordre de nos guides nationaux: parlons de nous, scrutons-nous, célébrons-nous, extasions-nous dans la contemplation de nous-mêmes, et notre nation pourra enfin jouir d'une béatitude qui sera, n'en doutons pas, à la mesure de sa grandiose destinée.Tant qu'à y être, faudrait aussi nationaliser l'hymne ouvrier L'Internationale en le rebaptisant La Nationale, pour ensuite chanter tous en choeur : «Nous ne sommes rien, soyons nous ! » En 1996, le regretté philosophe québécois Laurent-Michel Vacher livrait dans Dialogues en ruine (éditions Liber) ce propos de son collègue et ami Jean Papineau, qui venait juste de mourir : «Derrière le leurre psychanalytique du nationalisme, il n'y a jamais eu l'ombre du commencement du début d'une idée.Seulement un bavardage vide et satisfait , générateur d'une bonne conscience hypoc ri te , imbéc i le et démesurée : blabla Québécois, blabla Souveraineté, blabla Ottawa (chou !), blabla Pays - blabla blabla : Qué-bec ! » Une décennie plus tard, le blabla continue de plus belle, avec nos guides nationaux qui nous exhortent à nous vautrer dans le narcissisme collectif tout en entonnant leur perpétuel ref rain d'une sacro-sainte «différence » qu'il faudrait à tout prix préserver tel quel, quitte à en figer notre société pour l'éternité.Du « nous » au « eux » Mais qui met l'emphase sur le «nous » la met aussi nécessairement sur le «eux ».Et alors, comme l'histoire humaine l'a souvent montré, les choses peuvent se dégrader.C'est d'ailleurs bien parti chez nous : « eux », c'est l'anglophone et l'immigrant, perpétuellement montrés du doigt comme menaçant notre «identité ».Et ça ne date pas d'hier.Suffit de lire Lionel Groulx et les nationalistes réactionnaires de son temps pour constater combien tout ça est profondément ancré dans notre psyché collective.Ou encore, comme on l'a vu lors du récent congrès des jeunes de l'ADQ, « eux» ce sont les assistés sociaux, boucs-émissaires bien commodes pour le défoulement de nos frustrations collectives.Selon les jeunes de l'ADQ, l'aide sociale, ce serait la vie de grand luxe.Que des jeunes profèrent des inepties aussi réactionnaires laisse pantois, mais notons que ce genre de propos a aussi été tenu récemment par l'une des figures les plus en vue de notre «nous » national, l'ancien patron d'Hydro- Québe c And ré Ca i l lé .Et pour ça, il a été plus applaudi qu'autre chose\u2026 L'exacerbationdu«nous», ça risque de nous mener vers une société où il sera de bon ton de frapper sur les plus démunis et sur ceux qu'on maintient dans l'exclusion, socialement ou ethniquement.Le côté sombre de l'être humain, dont se nourrissent les démagogues, peut alors se manifester sans entraves.Mais aussi, c'est la haine de l'individualité : quand le «nous » doit prédominer, le «je» doit se tasser, sinon s'écraser.Pourtant, les libertés se vivent au «je », essentiellement, et on risque de les voir s'éroder, si on n'y prend pas garde.Mais chez nos élites bien-pensantes, où on aime se gargariser du «Québec libre » - mais où aussi on parle rarement de la liberté des individus Québécois, il n'y a pas grand monde pour s'en inquiéter\u2026 Le mantra de l'heure Quand le «nous» doit prédominer, le «je» doit se tasser, sinon s'écraser; pourtant, les libertés se vivent au «je» L'exacerbation du « nous », ça risque de nous mener vers une société où il sera de bon ton de frapper sur les plus démunis et sur ceux qu'on maintient dans l'exclusion, socialement ou ethniquement.PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE En mettant l'emphase sur le «nous », nos bien-pensants nationalistes, dont Pauline Marois du Parti québécois, mettent aussi, nécessairement, l'emphase sur le «eux ». FORUM VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 ALAIN DUBUC adubuc@lapresse.ca COLLABORATION SPÉCIALE YVON BÉLAIR L'auteur est Grand chevalier du conseil 2383 des Chevaliers de Colomb de Magog.En septembre 2008, les cours de religion catholique ne seront plus donnés dans les écoles.On offrira à la place des cours sur les principales religions.Ce changement ne plaît guère à une majorité de parents.Beaucoup de croyants, même non pratiquants, tiennent à ce que leurs enfants reçoivent des cours qui leur permettront d'approfondir leur religion.Les parents montrent à leurs enfants à parler en français à la maison, mais ils tiennent à ce que leurs enfants apprennent à mieux maîtriser leur langue et à bien l'écrire.Les parents catholiques apprennent les rudiments de la foi à leurs enfants, mais ils tiennent à ce que cette première connaissance soit complétée par des personnes compétentes.Pour tous ces parents, la foi est importante et ils veulent que leurs enfants connaissent bien les données principales de la foi.L'école a joué et doit continuer de jouer un rôle important dans la connaissance qu'un enfant doit avoir de sa foi.On parle beaucoup d'identité québécoise de ce temps-ci.La religion catholique fait partiede cette identité.Les valeurs que la religion catholique enseigne sont des valeurs d'amour, de respect de l'autre, de partage et de maîtrise de soi.Pour ceux qui ne partagent pas ces valeurs de la majorité québécoise, un cour de morale peut être donné, comme cela se fait depuis plusieurs années.L'enseignement de toutes les principales religions ne saurait remplacer l'enseignement de la foi catholique sans conduire à une confusion totale dans l'esprit de l'enfant.Les parents québécois donnent à leurs enfants ce qu'ils jugent le meilleur: la langue française et la foi catholique.Si, plus tard, l'enfant juge qu'il préfère une autre langue ou une autre foi, il pourra faire le choix qu'il voudra, mais il est normal qu'on lui ait donné des valeurs de base qui lui permettront de faire son chemin dans la vie.On parle beaucoup de démocratie de nos jours.La vraie démocratie tient compte des désirs et des demandes de ceux qui sont les principaux concernés et non pas seulement de technocrates qui veulent à tout prix que leurs manières de voir, prévalent sur les demandes d'une bonne partie de la population québécoise.Les Chevaliers de Colomb comptent plus de 100 000 membres au Québec et ils tiennent à ce que nous prenions en compte leurs demandes.Un réveil brutal nous attend La disparition des cours de religion catholique, en septembre 2008, ne plaît pas à une grande majorité de parents GUY LAFOREST Professeur de science politique à l'Université Laval, l'auteur est un ancien président de l'ADQ.Il a aussi candidat de ce parti à l'élection de 2003.Quarante ans après que Gérard Pelletier - un ancien de La Presse - eut aidé Pierre Trudeau à publier Le fédéralisme et la société canadienne-française, des intellectuels, des experts et des acteurs politiques rassemblés autour d'André Pratte font paraître un ouvrage qui, comme celui de M.Trudeau à l'automne 1967, aura beaucoup de retentissement.Leur livre, Reconquérir le Canada: un nouveau projet pour la nation québécoise, paraît dans une période d'incertitudes politiques et d'inquiétudes identitaires.Outre le texte signé par M.Pratte sur la nécessaire réinterprétation de l'histoire du Québec, je commenterai les chapitres écrits par Marie- Bernard Meunier et Jean Leclair, lesquels forment l'ossature du projet.J'ai lu ce livre en méditant la pensée suivante: «On ne peut pas faire semblant de ne pas penser ce qu'on pense.» Depuis 10 ans, après avoir voté oui lors des référendums de 1980 et de 1995, je pense que le Québec est dans le Canada pour y rester.Je le dis sans tristesse ni allégresse, mais en acceptant de devoir être conséquent avec moi-même.Sur un point fondamental, le chapitre écrit par Marie-Bernard Meunier permet d'approfondir ce devoir de cohérence.L'auteure promeut un fédéralisme sans illusions, dépourvu de tout idéalisme messianique: les fédérations sont des mariages de raison ou d'intérêts où l'équilibre reste toujours précaire.Toutefois, même lorsque les ambitions normatives sont ainsi réduites, une fédération a besoin d'un projet commun et d'une confiance mutuelle.Elle écrit, je crois avec raison, qu'on ne peut «vouloir rester à l'intérieur du Canada et n'y rechercher que son propre intérêt» (p.134).Cette affaire est rendue complexe - et le livre sous la direction d'André Pratte ne l'explique pas -, à cause d'une atmosphère de déloyauté réciproque développée au fil des ans chez les partisans du projet national québécois et chez les défenseurs du projet national canadien.Cependant, pour emprunter le titre d'une section que l'on retrouvait en 2001 dans le document constitutionnel qui représente la genèse de la doctrine autonomiste de l'ADQ, si l'on reste dans le Canada, il faudra bien, un jour, retrouver le langage de la fraternité avec les autres Canadiens.Plaidant pour une nouvelle vision historiographique, M.Pratte règle ses comptes avec les récits déterministes et larmoyants.Il croit que l'imagination stratégique manque au Québec dans un Canada transformé depuis 1867.Pratte y va d'une formulechoc: la Colombie-Britannique et l'Alberta sont respectivement 120 fois et 47 fois plus peuplées qu'à cette époque.Il estime qu'une vraie culture politique fédérale est caractérisée par le sens du compromis et de la mesure.Il a raison, mais son argument critique à l'égard du Québec perd de la valeur quand le livre manque d'équité dans l'attribution des responsabilités.Certes, les défenseurs du projet national québécois ont tort lorsqu'ils ne reconnaissent aucune sphère de légitimité au projet national canadien sur le territoire du Québec.L'approche autonomiste, avec l'idée d'une fidélité première au Québec, évite cet écueil.Mais il faudrait admettre davantage la part de démesure des champions de la reconfiguration du projet national canadien, à commencer par celle de Pierre Trudeau.Pour ne pas trop me répéter, je vais citer Bob Rae, qui écrivait en 1998 que la démolition du nationalisme québécois fut la grande affaire de la vie de M.Trudeau, lequel devint «le prisonnier de sa propre rhétorique, un idéologue malgré lui».Parfums stylistiques du trudeauisme Le chapitre signé par Jean Leclair exhale certains des parfums stylistiques du trudeauisme.Pas toujours les plus agréables.Vouer les exagérations aux gémonies en pourfendant allègrement les «pleutres», réels ou imaginaires, parmi ses adversaires, cela ne peut faire qu'un temps.Pourtant, Leclair réfléchit mieux qu'il ne polémique.Il invoque Tocqueville, rappelant que les systèmes de partage de la souveraineté forcent les citoyens à «faire un usage journalier des lumières de leur raison» (p.58) Difficile de ne pas souscrire à une telle éthique démocratique dans le Québec de l'automne 2007! Il a aussi raison de souhaiter la rénovation des positions «traditionnelles» du Québec, l'abandon de toute conception totalisante et moniste de la culture.Une idée fera époque: le rejet de la thèse voulant qu'il y ait une différence - normative, culturelle, sociale - radicale entre le Québec et le reste du Canada.Dans sa compréhension du fédéralisme (p.63 et 78), Leclair insiste sur les équilibres entre autonomie et solidarité, entre l'éthique des droits et celle des responsabilités, tout en acceptant la pluralité des allégeances de l'être humain et les tensions inéluctables à toute vie politique digne de ce nom.Je suis assez d'accord avec cela.On parle beaucoup à l'heure actuelle de «nous» et des «autres» .Si le Québec est dans le Canada pour y rester, alors beaucoup de Québécois devront réapprendre à être aussi des Canadiens, et donc à dire «nous» avec les autres Canadiens, tout en continuant à dire «nous» avec tous les autres Québécois.Et cet «autre», avec lequel je partage une citoyenneté qui peut être plurielle, André Pratte et ses collègues voient juste là-dessus, doit être plus qu'un voisin, qu'un partenaire ou qu'un associé d'affaires.Il sera toujours un compatriote, parfoisunami, et quand cet «autre» sera le plus radicalement étranger à moi qu'il me soit possible d'imaginer, il restera mon frère ouma soeur en humanité.Tout autonomisme, tout souverainisme et tout fédéralisme qui oublie cette première sollicitude deviendra caduc moralement et tombera vite en désuétude.Faut-il reconquérir le Canada?Pour ma part, je pense qu'il faut faire table rase des politiques de conquête et de reconquête, privilégier la politique de la concorde fondée sur une éthique humaniste de la sollicitude et de la responsabilité, commencer par une politique d'affirmation et de reconnaissance nationale au Québec, puis trouver un cheminement intelligent - parmi plusieurs options partisanes - vers la réconciliation des projets nationaux québécois et canadien.Le livre sous la direction d'André Pratte permet d'espérer que ce n'est peut-être pas tout à fait impossible pour notre époque.La version intégrale du texte deM.Laforest peut être lue à : cyberpresse.ca/Laforest Reconquérir le Canada?Il faudra trouver un cheminement intelligent vers la réconciliation des projets nationaux québécois et canadien PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © Marc Garneau, André Pratte, Benoît Pelletier et Daniel Fournier lors du lancement du livre Reconquérir le Canada, le 8 novembre dernier.Si le Québec est dans le Canada pour y rester, alors beaucoup de Québécois devront réapprendre à être aussi des Canadiens, et donc à dire «nous» avec les autres Canadiens, tout en continuant à dire «nous» avec tous les autres Québécois.Les spécialistes des choses de l'au-delà ont vu un message dans l'arrivée de Marc Ouellet comme archevêque de Québec, et ensuite comme cardinal, la volonté du Saint-Siège d'imposer un homme capable de défendre sa doctrine avec ferveur.Eh bien! nous avons maintenant le résultat de l'opération.Avec son cri du coeur à la commission Bouchard-Taylor et sa lettre de repentir, le cardinal Ouellet a réussi à nous rappeler pourquoi les Québécois avaient rejeté si massivement et si brutalement leur Église au cours des années 60.Les réactions ont été très vives, parce que Mgr Ouellet, avec sa rigidité et son arrogance, nous replonge dans cette période que les plus vieux d'entre nous veulent oublier.Mgr Ouellet, je le dis en pesant mes mots, après une lecture attentive de ses sorties publiques, est un réactionnaire dans le sens le plus pur du terme, quelqu'un qui s'insurge contre l'évolution de la société qui l'entoure, veut résister au changement et défend des pratiques et des valeurs qui appartiennent au passé.C'était évident dans sa lettre de pardon.Elle reposait sur une contradiction fondamentale qui n'a échappé à personne, le fait que les dogmes et les attitudes ayant mené aux abus dont il s'excuse du bout des lèvres sont toujours présents.Une doctrine qui exclut toujours les femmes, une théologie homophobe qui contribue toujours à l'exclusion et une obsession pour l'appareil reproducteur et ses multiples usages qui maintiendrait les Québécoises dans l'esclavage si elles obéissaient encore à leurs pasteurs.Heureusement, les abus ont cessé, mais c'est aussi parce que les contacts entre les enfants et les hommes d'Église sont moins nombreux et que la baisse de libido d'un clergé vieillissant nous protège contre les égarements d'une sexualité réprimée.La rigidité du prélat est davantage visible dans son mémoire à la commission sur des accommodements raisonnables.Il y présente une vision du monde simpliste, pleine de raccourcis, où pointe la nostalgie du passé.Mon père, Carl Dubuc, a écrit au début des années 60 un petit livre humoristique, Les doléances du notaire Poupart, le pastiche des épîtres enflammées d'un notaire de campagne qui dénonçait les changements qui bouleversaient sa province.C'est le même ton vindicatif et pompier que je retrouve dans les propos du cardinal: «Des cours d'État imposés tout azimut comme dans les pays totalitaires», «colonialisme laïciste», «rhétorique anti-catholique farcie de clichés qui se retrouve trop souvent dans les médias».Il y a plus que le ton, il y a le fond, une attaque contre la Révolution tranquille qui reprend la bataille là ou ses prédécesseurs l'avaient laissée, il y a 45 ans.«Qu'on veuille ou non le reconnaître, il faudra un jour se dire toute la vérité à propos de la Révolution tranquille et avoir le courage de reconnaître que si des gains ont été réalisés au plan social et économique, un véritable fiasco en résulta sur le plan religieux et aussi sur le plan humain.» Selon le cardinal, un peuple ne peut pas si rapidement «se vider de sa substance» sans conséquence graves.«D'où le désarroi de la jeunesse, la chute vertigineuse des mariages, le taux infime de natalité et le nombre effarent d'avortements et de suicides pour ne nommer que quelques unes de ces conséquences qui s'ajoutent aux conditions précaires des aînés et de la santé publique.» Ce portrait apocalyptique gomme commodément les misères de cette époque révolue, les effets de la pauvreté et de l'ignorance.Il attribue à la Révolution tranquille un phénomène que l'on retrouve partout en Occident.Et surtout, il oublie de se demander si cet abandon brutal de la religion n'est pas dû aux manquements de l'Église plutôt qu'aux complots des artisans de la Révolution tranquille.L'Église, au lieu d'accompagner ses fidèles dans une période de changements difficiles, les a abandonnés, fière dans sa rigidité, et a ainsi failli à sa mission.D'autres Églises, porteuses des mêmes valeurs, ont choisi un autre chemin, notamment les Anglicans, notre église soeur, où les prêtres sont mariés, où on ordonne les femmes et où le mariage gai commence, difficilement, à être accepté.En fait, ce qui est le plus dommage, c'est que la sortie de Mgr Ouellet, une initiative individuelle, compromette le véritable dialogue dans lequel se sont engagés plusieurs de ses collègues.Mais il serait étonnant qu'il ait un grand impact, électoral ou autre, parce que le cardinal est en fait un personnage marginal pour les moins de 70 ans.Sauf pour nous rappeler pourquoi la séparation entre l'Église et l'État est une si bonne chose.L'homme de Rome Le cardinal Ouellet a réussi à nous rappeler pourquoi les Québécois avaient rejeté leur Église au cours des années 60. 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