La presse, 3 décembre 2007, C. Arts et spectacles
[" SERGE BRUYÈRE LE GRAND MAÎTRE DE LA CUISINE RENAÎT PARMI CES CHEFS : JEAN SOULARD, DANIEL VÉZINA ET MARIE-CHANTAL LEPAGE Offert en librairie et sur librairie.cyberpresse.ca LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS \u2014 «Est-ce que tout le monde me connaît dans la salle?Non?Levez la main ceux qui ne m'ont jamais vu en spectacle.» Dans la salle du Bataclan pleine à craquer - cela doit faire un millier de spectateurs -, une petite centaine de mains se lèvent.«Parfait, se réjouit Robert Charlebois.Si tout le monde me connaissait, je ne serais pas ici.Je chanterais en anglais à Las Végus.» Notre joyeux rocker sexagénaire aime bien, sans malice, faire des blagues sur les collègues et les copains.«Je vous propose un événement extraordinaire, ditil un peu plus tard: une soirée sans une chanson de Plamondon.» Promesse non tenue, bien entendu, car il y aura un texte de Plamondon en rappel.Charlebois ne résiste pas à l'envie d'un bon mot, même si c'est pour se contredire 10 minutes plus tard.On retiendra en tout cas une chose : sur les mille spectateurs venus pour ce concert unique de Charlebois au Bataclan samedi soir, il y en a 900 qui non seulement le connaissent, mais ont l'air de savoir par coeur ses principaux succès.Les applaudissements fusent dès les premières notes de J't'aime comme un fou, Concepción, Je reviendrai à Montréal, Ordinaire, Lindbergh, Les ailes d'un ange et quelques autres.Il faut dire que pour cette tournée de Tout écartillé, spectacle légèrement adapté pour le public français, il n'a pas présumé de ses forces.«Bien sûr, disait-il la veille dans un entretien téléphonique, depuis la voiture qui le conduisait dans un petit bled de Bretagne, bien sûr mon spectacle est un best of.Je glisse une chanson de Doux sauvage, et c'est tout.» Conclusion de cette mini-tournée qui l'a mené dans 16 villes françaises et suisses depuis un mois, le spectacle du Bataclan, avant-hier soir, était coulé dans le même moule.Mis à part une chanson nouvelle consacrée à «ma blonde, qui est ma femme», il a prévenu: «Ce sera la seule chanson du XXIe siècle.Toutes les autres datent du siècle dernier.» Et en effet, après un début un peu trop gentil (Cartier, Vivre en ce pays), notre Charlie Wood (que son copain David Mc Neil était là pour applaudir) se lance dans un joyeux défilé de chansons plutôt rock des débuts qui ont fait sa gloire : Tout écartillé, Dolorès, Mon pays.Des numéros qu'il exécute avec une énergie et une souplesse étonnante, mais à la manière de joyeuses parodies de spectacles de rock des années 70, comme s'il était toujours sur le point de casser sa guitare par terre ou de la balancer sur les spectateurs.Avec alternance de morceaux interprétés au piano: Avril sur Mars, l'une de ses plus belles chansons et, bien sûr, Ordinaire.Cela fait combien d'années que, pour l'essentiel, Charlebois promène sur d'innombrables scènes son répertoire des années 60 et 70?Cela ne le dérange en aucune manière.«Ce que je préfère désormais, et de loin, ce n'est pas tellement d'écrire de nouvelles chansons, encore moins d'aller faire de la promotion à la télé sur de la musique enregistrée.Ce que j'aime, c'est de chanter devant un vrai public.» Il y a pas mal de chanteurs pour qui les spectacles et les tournées sont une corvée - pas si payante de surcroît, mais indispensable pour assurer la vente du dernier album.Charlebois, lui, aime vraiment se produire sur scène.«Des télés en France, je n'en fais presque plus, dit-il.On doit se déguiser, faire le pitre, bouger les lèvres sur de la musique.Je préfère éviter.En France, je me concentre sur des petits bleds obscurs.Le Trégueux près de Saint-Brieuc, Vauvert à côté de Nîmes.De jolies salles de 600 places qu'on n'a pas besoin de réserver deux ans à l'avance, contrairement à Lyon ou à Toulouse.Ce sont des tournées où je remplis les salles, mais ça ne fait pas parler dans les grands médias nationaux.Alors les gens croient que je suis disparu! Et c'est parfait comme ça.» Ainsi, par exemple, pour le 31 décembre, il quittera en douce sa chère retraite guadeloupéenne pour venir chanter et célébrer la nouvelle année à Nantes, devant 40 000 personnes.Et après ?«Après, je ne sais pas, j 'ai passé le cap des 60 ans.J'adore donner des spectacles, mais cela dépend de l'état de ma voix.Cela dépend aussi des envies du public.Ça fait longtemps que je chante.Et parfois des gens me disent: on aimerait bien voir apparaître un nouveau Cha rleboi s.Quelqu'un qui casse la baraque et me démode vraiment, comme j 'ai démodé la chanson d'auteur à l'époque.Je trouve ça flatteur qu'on me cherche un remplaçant.En attendant, je me demande si je dois me retirer sur la pointe des pieds.Ou alors frapper encore un grand coup.» Un grand coup, ce pourrait être «une très grande salle à Montréal, puis à Québec, en avril, un show avec vingt musiciens.Pas vraiment un spectacle d'adieux, car ça dépend du public, mais enfin.» Robert Charlebois conclut sa mini-tournée en France L'envie de frapper un grand coup Robert Charlebois est en tournée permanente pour trois ans : au Québec, mais aussi en France, qu'il n'a jamais quittée.«Ce que je préfère aujourd'hui, c'est de chanter en public tant que le public en aura envie, bien sûr.Je serais très flatté de voir apparaître un nouveau Charlebois, qui casserait la baraque et me démoderait pour de bon.» PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE Robert Charlebois aime vraiment se produire sur scène.«En France, je me concentre sur des petits bleds obscurs.De jolies salles de 600 places qu'on n'a pas besoin de réserver deux ans à l'avance.Ce sont des tournées où je remplis les salles, mais ça ne fait pas parler dans les grands médias nationaux.Alors les gens croient que je suis disparu! Et c'est parfait comme ça.» Ci-dessus, le rocker sexagénaire en spectacle au Centre Bell, en novembre 2006.«Ce que je préfère désormais, et de loin, ce n'est pas tellement d'écrire de nouvelles chansons, encore moins d'aller faire de la promotion à la télé sur de la musique enregistrée.Ce que j'aime, c'est de chanter devant un vrai public.» ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts OPÉRA 19 CHANTEURS ET 2800 SPECTATEURS POUR UN GALA PAGE 2 THÉÂTRE SALE TEMPS POUR LES LUCIDES PAGE 6 AGENDA CLASSIQUE NAGANO POUR DEUX SOIRS Kent Nagano fait un bref retour à l'Orchestre Symphonique de Montréal ce soir et demain, salle Wilfrid-Pelletier de la PdA, avec la célébrissime Cinquième de Beethoven.En début de concert : la première Symphonie de chambre de Schoenberg.Rien à craindre : il s'agit d'une des dernières partitions tonales (nous sommes en mi majeur!) du «père de l'atonalisme».Hilary Hahn, la petite «déesse du violon», jouera ensuite le Concerto K.216 de Mozart.- Claude Gingras CE SOIR ET DEMAIN, 20H, SALLE WILFRID-PELLETIER.ARTS ET SPECTACLES TRIO THE GOLDEN COMPASS NICOLE KIDMAN DEVIENTMLLECOULTER Veuve d'une quarantaine d'année, Marisa Coulter est une femme d'une immense beauté, une scientifique qui dirige le Conseil général d'oblation.Son apparence et son esprit séduisent l'héroïne de la saga, Lyra, qui va la suivre hors des murs du Collège Jordan.Pour le meilleur d'abord et, très vite, pour le pire.Quand Philip Pullman a confié sa trilogie À la croisée des mondes à Chris Weitz, il avait une actrice en tête pour le rôle de la brune Mrs.Coulter: la blonde Nicole Kidman.L'invitation a été faite à la comédienne.N'étant pas une grande fan de fantasy, elle n'a pas réagi immédiatement.Jusqu'à ce que la complexité du personnage lui apparaisse.«Il est rare d'avoir à porter à l'écran des personnages aussi sombres et dramatiques.» JAMAIS UN\u2026 SANS TROIS «J'ai 40 ans et on m'offre des rôles fabuleux, a indiqué Nicole Kidman en parlant de Mlle Coulter.J'espère vraiment que nous allons tourner les deux autres films de la trilogie pour pouvoir explorer toutes les facettes de ce personnage.» Qui se révèle en effet de livre en livre.«Elle est complexe, moralement ambiguë mais on sent en elle une force qui la pousse à faire des choses, qui palpite en elle.J'aimerai explorer cela», poursuit celle qui a lu la trilogie de Philip Pullman avec grande attention: « J'en ai surligné bien des passages.C'est formidable quand on peut trouver autant de choses sur un personnage dans le livre.» L'ESPRIT CHATON «Je suis heureuse que, pour La boussole d'or, j'aie pu jouer avec des gens et pas seulement en compagnie d'effets spéciaux!» rigole la comédienne qui, à l'école d'art dramatique, n'était jamais très assidue au cours de visualisation (mind class).«Et pourtant, c'est une des choses qui me sert le plus dans ma carrière!» poursuit celle qui s'est retrouvée à jouer avec rien ou presque dans Dogville de Lars Von Trier.Dans le film de Chris Weitz, elle est continuellement «accompagnée» du dæmon de Mlle Coulter, un singe au pelage doré pas plus sympathique qu'il faut\u2026 et totalement virtuel.Mais si nous vivions dans un univers où, comme dans celui de Lyra, l'âme des humains se trouve à l'extérieur du corps et possède l'apparence d'un animal, Nicole Kidman, elle, se verrait plutôt avec un chaton: «Ils sont paresseux, ronronnent tout le temps et aiment le lait\u2026comme moi.Mais aujourd'hui (note: jour de la première mondiale du film, à Londres), ce serait un tigre.» Elle n'a pas élaboré.(Les frais de voyage de ce reportage ont été payés par Alliance Vivafilms) PHOTO AFP Nicole Kidman QUOI FAIRE Maisons de la culture, conférences, cours et ateliers, plein air: retrouvez en un clic toutes ces informations sur cyberpresse.ca/arts PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE La jeune Hilary Hahn.CLAUDE GINGRAS CRITIQUE L'Orchestre symphonique de Mc Gill avait la partie presque facile vendredi soir, face au programme exceptionnellement long et chargé que Jean-François Rivest avait imposé le lendemain soir à l'Orchestre de l'Université de Montréal.À Mc Gill, on a surtout eu la révélation d'un autre petit génie du violon.Aaron Schwebel, 19 ans, jouant de mémoire, a maintenu pendant les 25 minutes du Concerto de Barber l'assurance, la concentration, la pleine sonorité et la parfaite justesse d'un professionnel et le plus bel équilibre de tendre lyrisme et de folle virtuosité.Alexis Hauser et ses jeunes ont brillamment ouvert le concert avec un rare Schoenberg, tonal bien que datant de 1943 : Thème et variations op.43b, orchestration d'une pièce composée aux États-Unis pour une fanfare d'étudiants.Suivant la mode actuel le, Hauser proposait sa propre suite du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev en puisant directement dans la partition intégrale et non dans les trois suites existantes.Il y a surcharge dans le volume sonore produit par les 99 musiciens entassés sur la scène de Pollack, mais le déroulement dramatique est efficace et l'orchestre sonne bien, avec violons au suraigu et cuivres funèbres accompagnant la mort de Juliette.Un prodige de synchronisation Samedi soir, spectacle très impressionnant du balcon de la salle Claude-Champagne: les 86 musiciens de l'OUM, tout en bas, sont regroupés différemment par blocs selon les oeuvres au programme.La réorganisation exige d'interminables déménagements d'instruments qui, s'ajoutant à plusieurs interventions au micro et aux 10 minutes sacrifiées à une «création» sans intérêt, font que le concert annoncé pour 19h30 commence à 19h50 et se termine à 22h15.Très difficile pour les jeunes et même pour les auditeurs, ce programme.J'ose le dire : Rivest n'est pas raisonnable.Bartok occupe ici la vedette.Le Concerto pour deux pianos, percussions et orchestre (orchestration moins familière de la Sonate bien connue) est un prodige de synchronisation que Rivest augmente d'un très fort élément dramatique.Les cordes commencent à montrer de la fatigue dans le Concerto pour clarinette de Copland, remarquablement joué par Dominic Desautels, et compromettent finalement l'absolue précision souhaitée par Bartok dans sa Musique pour cordes, percussions et célesta.Julien Compagne au xylophone et Corinne René aux timbales y sont pourtant irréprochables.ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE McGILL.Chef d'orchestre : Alexis Hauser.Vendredi soir, Pollack Hall.ORCHESTRE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL.Chef d'orchestre : Jean-François Rivest.Samedi soir, salle Claude-Champagne.MUSIQUE CLASSIQUE Deux orchestres d'étudiants CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Le Gala-bénéfice de l'Opéra de Montréal ressemble toujours à celui de l'année précédente : répertoire sensiblement le même, défilé de mode chez les chanteuses et, en finale, le White Christmas chanté par tous, y compris la foule qui remplit Wilfrid-Pelletier, pendant que les confettis tombent du plafond.En même temps, chaque année, quelques nouvelles voix sont à signaler.L'OdM avait annoncé que ce 12e Gala durerait jusqu'à 17h45.Commencé à 14h, il s'est terminé à 17h45.On sait compter à l'OdM - les heures, en tout cas.On avait annoncé 20 participants : il en est venu 19, dont 12 dans leurs débuts à l'OdM.Du total de 19, 10 étaient des États-Unis, sept du Canada, les deux autres du Mexique et d'Australie.Deux chanteurs se démarquent nettement de l'ensemble : la Canadienne Othalie Graham et l'Américain Philip Skinner, tous deux à leurs débuts ici.Curieusement, c'est dans Wagner, compositeur habituellement absent du Gala, qu'ils se sont distingués.Grand soprano dramatique en puissance, la solide Graham fera, avec un peu plus d'aigu, une vraie Brünnhilde.Une vraie Turandot aussi : sa voix possède cette dureté.Mais il faut surveiller l'intonation.Aucune réserve sur le baryton Skinner.Le sombre et très long monologue du Hollandais découvre déjà un professionnel, avec le physique de l'emploi, une voix pleine et timbrée, un allemand parfait, de la classe et de la présence.Plus porté vers l'opéra italien, l'auditoire l'a chaleureusement ovationné.Mon troisième choix est, avec réserves, Adina Aaron.Il y a là les éléments d'un beau soprano dramatique verdien, y compris un aigu très aisé, mais aussi des défauts de phrasé, de justesse et de prononciation italienne.On a retrouvé avec plaisir le mezzo puissant et expressif de Robynne Redmon et le baryton large et sonore de Grant Youngblood dans l'air de Valentin de Faust assorti d'une petite cadence à la fin.Des sept barytons au programme, on retiendra, outre Skinner et Youngblood , le Canadien Brian Mc I ntosh , inconnu ici et pourtant à la voix imposante.Dinyar Vania, ténor clair et léger, a lancé les neuf contre-do (ou contre-ut, ou «high C», c'est la même chose) de La Fille du régiment presque à la perfection.Autre belle voix du même type: Edgar Ramirez.Ailyn Pérez, d'abord très maniérée, s'est ressaisie dans un grandguignolesque duo de l'église de Faust joué devant nous, par terre, avec le Diable assez menaçant de Daniel Okulitch.Les quatre Montréalais participant au Gala ont tous été à la hauteur.Marc Hervieux a hurlé le désespoir du pauvre Canio tout en demeurant très correct vocalement.Aline Kutan continue d'étonner par sa virtuosité et la précision de son suraigu.Marianne Fiset a tiré quelque chose d'un air presque insignifiant au départ (celui de Mimi au premier acte de La Bohème).Alain Coulombe a fait un Sarastro parfaitement solennel.Il y eut quelques prestations moins heureuses, mais personne n'a été mauvais, comme ce fut déjà le cas.Le nouveau directeur artistique Michel Beaulac est un homme de goût.Sauf pour des violoncelles parfois bien faux, bon accompagnement de l'Or ches t re Métropolitain.Paul Nadler, chef à l'autre «Met» (celui de New York), a secoué le choeur dans le «Guerra, guerra!» de Norma.La personnalité intronisée cette année au Panthéon canadien de l'Art lyrique était la réputée pianiste et coach vocale Janine Lachance.Mme Lachance a parlé au micro.On a aussi entendu un enregistrement où elle chante en s'accompagnant elle-même au piano.12e GALA DE L'OPÉRA DE MONTRÉAL.Hier après-midi, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.OPÉRA DE MONTRÉAL Un 12e Gala et quelques grandes voix PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Chantant avec la foule le White Christmas qui termine par tradition le Gala-bénéfice de l'Opéra de Montréal : de g.à d., Aline Kutan, Marc Hervieux, Michel Beaulac, directeur artistique de l'OdM et organisateur du Gala, et Ailyn Pérez.SPECTACLES C L A S S IQUE ÉGLISE SAINT.JEAN.BAPTISTE Orchestre du Conservatoire de Montréal et Orchestre de la Faculté de musique de l'Université de Toronto.Dir.Raffi Armenian.Trois Pièces op.6 (Berg), Alborada del gracioso (Ravel), Ein Heldenleben (Strauss): 19h30.- Chapelle Saint-Louis : Margaret Little, gambiste.Le 3 décembre, à 7 h 30.Concerts du matin.ÉGLISE SAINT.LÉON .Westmount) Festival Bach.Theater of Early Music.Dir.Daniel Taylor, hautecontre.Schmelzer, Schütz, Bach, Bruhns: 20h.POLLACK HALL .Université Mc Gill) Ensemble de musique contemporaine de Mc Gill.Dir.Denys Bouliane.Ligeti, Holliger: 20h.VA R I É T É S LION d'Or Show Accès-cible: 20h.LA SALA rOSSA Mecca Awards: 19h.SONIA SARFATI - LONDRES ARTS ET SPECTACLES TÉLÉSCOPE ÉMISSION TÉLÉ HEURE SPECTATEURS À RETENIR DIMANCHE OCCUPATION DOUBLE TVA 20 h 11 2 011 000 Il y avait foule dimanche devant le petit écran pour voir avec qui, de Stéphanie ou d'Alex, Gabriel souhaitait partager quelque 500 000$ en prix.Sans surprise, c'est Stéphanie qui emménagera dans le manoir de Rivière-des-Prairies.Le suspense terminé, reste à savoir si Tout le monde en parle, qui a dû se «contenter» de 1 262 000 téléspectateurs dimanche dernier, verra son auditoire augmenter.LUNDI RUMEURS SRC 19 h 30 806 000 L'aventure de Rumeurs prendra fin ce printemps, a-t-on appris le semaine dernière.Rien à voir avec les cotes d'écoute, ont insisté tant le diffuseur que le producteur.C'est l'épuisement de l'auteure, Isabelle Langlois, qui est responsable du sort d'Hélène, Michèle, Frank et cie.Fatigue ou pas, les téléspectateurs sont fidèles à la série, qui a enregistré, une fois de plus, une cote dépassant les 800 000 auditeurs cette saison.LES BOYS SRC 21 h 1 345 000 La popularité des Boys semblait peu à peu s'étioler ces dernières semaines.Mais grâce à la garnotte de Serge Lamothe, les téléspectateurs qui avaient tourné le dos aux gars de Stan ont de nouveau rempli les gradins la semaine dernière.Juste à temps pour le party de Noël de cette semaine ?MERCREDI MATCH DES ÉTOILES SRC 20 h 695 000 L'Afro-jazz de Bruny Surin a eu raison de la spéciale consacrée aux 20 ans de carrière de Lise Dion à TVA.De peu (695 000 contre 683 000), mais tout de même.Bruny Surin sera de retour cette semaine pour la première demi-finale, aux côtés de Nathalie Simard (en présence de son nouvel amoureux ?) et de Karine Vanasse.JEUDI CONTACT Télé-Québec 21 h 9000 On ne veut surtout pas avoir l'air d'insister, mais quand même des cotes d'écoute aussi basses pour une émission qui, sans être parfaite, mérite un meilleur sort nous surprennent toujours.Neuf mille auditeurs: à peu près n'importe quelle émission sur n'importe quelle chaîne, même en reprise, même tard dans la nuit, peut espérer faire mieux.L'invité de Stéphan Bureau la semaine dernière, le bédéiste Enki Bilal, a pourtant sans doute plus de 9000 fans au Québec, où ses albums se sont plutôt bien vendus.Enfin.ISABELLE MASSÉ CRITIQUE C'est devenu une tradition.Comme le Bye-Bye réhabilité à Radio-Canada, le Théâtre du Rideau Vert concocte depuis 2005 une revue de la présente année offerte à la bonne franquette, juste avant la dinde farcie du temps des Fêtes.En deux heures, et en compagnie de six comédiens, on revoit en humour, en sketchs et en chansons tout ce qui s'est tramé ces derniers mois.Accommodements raisonnables, présence de soldats québécois en Afghanistan, succès des Têtes à claques, déboires de Myriam Bédard et de son Nima Mazhari, richesse camouflée de Pauline Marois, descente aux enfers de Vincent Lacroix, de la lieutenantgouverneur Lise Thibault\u2026 tout est, encore une fois, passé sous la loupede labande d'auteurs (Michel Duchesne, Daniel Langlois, Daniel Leblanc, Natalie Lecompte, Nicolas Lemay et Luc Michaud).L'équipe de comédiens qui donnent de la chair à leurs textes prend de nouvelles couleurs d'une année à l'autre.Véronic Di Caire et Patrice Bélanger ont cédé leur place, cette année, à Suzanne Champagne et Daniel Leblanc.De belles acquisitions, surtout dans le cas de Leblanc qui a une facilité à imiter des femmes; Dominique Michel, la première.Car c'est d'abord ça, 2007 revue et corrigée: une série d'imitations balancées à toute vitesse (une trentaine de sketchs composent la revue !) et avec justesse (la performance sans faille de Benoit Paquette est à noter ici).La formule est éprouvée, mais fait encore son effet : la majorité des populaires émissions de Radio-Canada et TVA servent de contenants pour accueillir des personnalités qui ont fait des fous d'eux dans la dernière année.Personne n'est épargné, pas même les représentants de l'empire Quebecor, commanditaire principal de l'événement.Évidemment, on ne pouvait passer à côté des accommodements raisonnables qui occupent une place de choix dans ce spectacle (encore une foismis en scène par Joël Legendre).La soirée débute d'ailleurs avec une parodie de la chanson Dégénération de Mes Aïeux interprétée par un juif hassidique, un musulman, un sikh, une femme sous une burqa et une Québécoise de souche (« mon arrière-arrièregrand- père, c't'un raciste du Lac- Saint-Jean\u2026») qui expriment à coup de rimes leur fermeture d'esprit.Il faut entendre, plus tard, les gags de party arrosé racontés par les commissionnaires Bouchard et Taylor dans un sketch fort réussi ! Aux bons coups succèdent parfois des numéros qui tombent à plat.On note toutefois que leur contenu devient de plus en plus grinçant, d'une année à l'autre ; qu'on est moins gentil avec Julie Snyder ou les produits de la famille Péladeau, par exemple.Soulignons, par ailleurs, le travail des six comédiens (Véronique Claveau, Amélie Grenier, Marc St-Germain.) qui multiplient imitations, refrains et chorégraphies.À les voir suer sur scène, on conclut que la fin de l'année pour eux représente plus un moment de dur labeur qu'un moment de bonheur.2007 revue et corrigée, jusqu'au 12 janvier, au Théâtre du Rideau Vert.HUMOUR / 2007 Revue et corrigée Une revue accommodante Ce soir, dernier épisode d'une deuxième saison plus dramatique et moins anecdotique.ISABELLE MASSÉ On n 'a cc u s e r a pas Lou i s Morissette d'avoir été chiche en émotions, en scènes touchantes, en petits drames quotidiens, cette saison, dans C.A.De ne pas avoir ouvert son coeur et laissé le gars macho derrière lui quand il a couché sur papier les intrigues, dialogues et blagues des épisodes de sa deuxième cuvée.Malgré certaines scènes clichées, en début de saison, son conseil d'administration a été riche en sursauts émotifs, en remous affectifs et en remises en question.Depuis septembre, plusieurs actes posés dans un épisode ont retenti dans les suivants, contrairement à ceux de l'an 1.«Parce que ça ne se fait pas », Jean- Michel (Morissette) a laissé traîner une relation vouée à l'échec avec une fille qui ne l'émoustillait plus\u2026 mais devenue paraplégique à la suite d'un accident.Les p'tites vites de Maude (Sophie Bourgeois) avec son voisin barbu (Pierre-Luc Brillant) ont valu à la belle une grossesse.Sarah (Isabelle Blais) a pleuré l'infidélité de son chum de toujours une bonne partie de la saison, dans son château de banlieue.Ce qui a ouvert une porte à Yannick (Antoine Gratton) qui s'imagine depuis toujours vivre en couple avec son amie d'université.Mais Sarah sortirait-elle avec son gros copain qui multiplie les séances vidéo XXX, une boîte de mouchoirs à ses côtés?Jusqu'à la semaine dernière, les 825 000 inconditionnels (BBM majorés) de la série se sont demandés si Yannick allait dévoiler son amour à la néocélibataire de ses rêves.C'est maintenant chose faite.Je t'aime Sarah, et toi ?La réponse est rapidement arrivée, en conclusion d'épisode: «Non!» Et vlan dans le coeur! Qu'estce qui attend maintenant les téléspectateurs, en ce soir d'ultime épisode (à 21h30)?Il est difficile de battre en émotions le récit de la semaine dernière qui nous a également montré une Maude vulnérable, la main pleine de sang, tout juste après avoir fait une fausse couche.Humil ié, Yannick sent ira désormais le besoin de se pousser.Maude reviendra à la case départ.Courtisée, Sarah finira dans les bras de\u2026 La plus grande surprise viendra du côté de Jean-Michel.L'agent sportif, qui n'a jamais trouvé si belle chaussure à son pied avec Lucie (Marie Turgeon), paiera pour toutes celles qu'il a joyeusement balancées dans l'oubli.Si la fesse est plus molle à 40 ans qu'à 20, la confiance en soi peut toutefois être à son maximum.Lucie est indépendante, mais surtout a le verbe dur quand vient le temps de mettre les pendules à l'heure côté couchette.On vous épargne les détails de sa conversation avec Jean-Michou, mais disons que le Don Juan apprendra que sa technique n'est pas tout à fait au point dans un lit.Une deuxième saison réussie Si l'épisode de ce soir est moins touchant que celui de la semaine dernière, il boucle avec classe une saison bien écrite, jouée, réalisée et dans laquelle la phrase drôlement assassine était encore maîtresse.En début d'année télévisuelle, Louis Morissette tardait à amorcer l'écriture d'une troisième brochette d'épisodes.Les critiques positives (ou plutôt l'absence de commentaires négatifs), cette saison, lui font maintenant espérer un O.K.de Radio- Ca n ad a pou r pou r s u i v r e les aventures de sa gang à l'automne 2008.La SRC attend toutefois des nouvelles du Fonds canadien de télévision avant d'accepter de faire battre encore les coeurs dans C.A.Jean-Michel n'aura peut-être plus la chance de se faire plaisir dans un lit, dans une douche, sur un comptoir de cuisine\u2026 TÉLÉVISION / C.A.Jean-Michel est mauvais au lit PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA Sarah (Isabelle Blais), Maude (Sophie Bourgeois), Jean-Michel (Louis Morissette) et Yannick (Antoine Gratton) ont vécu une saison riche en sursauts émotifs et en remises en question.Gabriel et Stéphanie d'Occupation double Geneviève Brouillette de Rumeurs PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE © Cette année, la comédienne Suzanne Champagne s'est jointe à l'équipe de 2007 revue et corrigée. ARTS ET SPECTACLES VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION LUNDI 3 DÉCEMBRE Kif-kif L'union fait la force Le Téléjournal Virginie / Monique se convertit.Rumeurs / Michèle a une crise d'angine.L'Auberge du chien noir / Laurent a une proposition à faire à Vanessa.Les Boys / .être Père Noël.C.A./ Martin s'intéresse à Sarah.Le Téléjournal La Zone Le TVA 17 heures Le TVA 18 heures Le Cercle Les Gags Le coeur./ Criquette donne un bal.MAMAN LAST CALL (5) Avec Sophie Lorain, Patrick Huard et Anne-Marie Cadieux.\\ Une journaliste de 37 ans, ardente féministe, voit sa vie bouleversée en apprenant qu'elle est enceinte.Le TVA 22 heures Denis Lévesque Le Grand Journal (16:30) Flash / Nicola Ciccone, Louison Danis Rire et Délire Loft Story CSI: NY Noël avec Frédérick De Grandpré / Gérard Darmon, Annie Dufresne Le Journal du soir 110% (22:45) Loft Story Cornemuse Toc Toc Toc Kaboum Ramdam Méchant Contraste! Ça manque à ma culture / A.Lamontagne Atomes et Neurones / Le cycle de la vie - Se nourrir tout au long de la vie Questions de société / Bhopal, le procès qui n'a pas eu lieu Bazzo.TV / Denise Robert, Christian Dufour Ça manque à ma culture / A.Lamontagne Histoire de famille / La Crise (4/5) The Simpsons Arrested.CBC News at Six Coronation.Fashion File Dragons' Den Intelligence The National The Hour Dr.Phil CTV News Access H.e Talk Shrek the Halls Samantha Who?CSI: Miami CTV News CTV News .(16:30) National News House, Home ET Canada E.T.House Heroes Journeyman ET Canada Open Homes Family Feud .Millionaire .Crosswords ABC News .Raymond Will & Grace A Charlie Brown Christmas Samantha Who?Notes from.October Road Sex and the City Nightline Dr.Phil News CBS News E.T.Met.Mother The Big Bang 2 1/2 Men Rules of.CSI: Miami News Late.(23:35) First at Five 5:30 Now News NBC News Jeopardy Wheel of.Chuck Heroes Life Tonight (23:35) Caillou Homework.BBC News Bus.Report The Newshour Barry Manilow: Songs from the Seventies Bowfire World News Charlie Rose Maya, Miguel .Old House The Newshour World News Profile Ski Sentinel / Nat.Ski Patrol Barns / Legacy of Wood & Stone Bus.Report CSI: Miami / Trois émissions Intervention The First 48 / Deux émissions Anne.la maison aux pignons.Moi et l'autre Moi et l'autre C'est juste de la TV Grands Spectacles / Symphonicité Grands Spectacles: Tosca (21:45) ARTIFICIAL LIES (6) (16:00) Street Legal What a Circus Hot Dance Ballet Girls TOP BANANA (6) avec Phil Silvers, Rose Marie Law & Order Alerte aux virus / Chambre 911 100 farces Fou! Fou!.Biographies / S.Gendron Docu-d / Tsunami Alerte aux virus 72 heures chrono Vidéo Patrouille LES QUATRE FILLES DU DOCTEUR MARCH (16:25) UNMARIAGE DE CONVENANCE (18:20) CONRACK ANYWEDNESDAY (21:50) How it's Made Earthshocks: Hyper Hurricanes Daily Planet Myth Busters / Deadly Straw Dirty Jobs / Creepiest Critters Canada's worst Driver Daily Planet Sensations Floride .à table Soif de voyage Bouffe en cavale Cap sur la Catalogne Ni Hao.Chine! Hôtels de France.sur la mer Beauté du monde Zack (17:08) .(17:34) Zoey 101 .Sadie .so Raven Smart Guy Zack Life with Derek H.Montana Phil.Future .Survival Cory.Zack, Cody Life with Derek Friends / Deux épisodes King of the Hill The Simpsons Two and a Half Men House K-Ville News TMZ Family Guy Seinfeld La petite maison dans la prairie Journal de.Kaamelott Rome / Tiberius Gracchus Chasseur de mystères The Unit: commando d'élite Docu-fiction / Krakatoa, la plus grande éruption volcanique.JAG Disasters of the Century CSI: New York Sinking a Destroyer Sinking an Aircraft Carrier CSI: New York Crime Stories / .Strangler Max 80 French.Style de star Max Musique Top5.anglo Top5.franco L'Index.Le Temple.Révolution Les 101 stars à leurs débuts Info Max Max Musique Plus sur commande Top5.anglo Top5.franco Presque top5.M.Net Info Plus Pop! .des clips Rock De Babu Pimp mon char Lutte et.Danger SPAM Tempesta d'amore Sino Montreal Ni Hao La Bella Vita Will & Grace 101 Countdown My Crazy Life Child Star.K-Ville E! News Late.(23:35) Le Téléjournal RDI en direct Dominique Poirier en direct Le Cardinal Marc Ouellet Le Téléjournal D.Poirier Le National Le Téléjournal Le destin de Lisa Les Experts Sue Thomas, l'oeil du FBI Secrets d'héritage Justice à Boston C.S.I.: Miami Le destin de Lisa SAMAJESTÉ LA REINE (16:45) PLAISIRS MEURTRIERS BIG LOVE JOHN FROM CINCINNATI TOURISTES .(23:40) Lexx Andromeda Doc Regenesis Trailer Park.Billable Hours Saving Grace CSI: Crime Scene Investigation Tékitoi La Quête Les Wonder.Écoute.Panorama L'envers des grands magazines GARÇON (3) avec Yves Montand, Nicole Garcia Planète Country Moving up Flip that House / Deux émissions Little People, Big World / Deux émissions Jon & Kate Plus 8 Quint-Essential Little People, Big World Le Spin (16:00) Les Simpson Naruto Chaotic Bakugan 6TEEN .Père Noël Les Simpson Henri pis.Les Décalés.South Park La Clique Star ou Boucher .monde veut prendre sa place Questions.Journal FR2 Toute une histoire Immersion totale / À l'hôpital Sainte-Anne / Maisons.(21:45) La Croisée.Partir.idées Le Journal Tenue de.Délivrez-moi de mes kilos Manon.Le défi santé Interventions miracles Le voyage se poursuit Bosse.noces Des idées.Décore ta vie Airoldi.la cigogne Le défi santé Académie.Pirouettes Parents Avis Vert tendre Le Guide de l'auto Avant gala Boxe Rock Gala de boxe de Drummondville .le trouble R-Force Smallville Une grenade?Frank vs Girard .le trouble 70 Charmed Presserebelle.Degrassi.le trouble R-Force La porte d'Atlantis La porte des étoiles La Revanche .c'est fait Eureka Jericho La porte des étoiles Monstres mécaniques Boxe (15:30) .forts Sports 30 Académie.Hockey / Coyotes - Penguins Sports 30 Arts martiaux professionnels Poker (16:30) .Connected Prime Time Sports Basketball / Bobcats - Raptors Sportsnet Connected Best Damn.NFL.(16:30) Pardon the.Off.Record Sportscentre That's Hockey Monday Night Countdown Football / Patriots - Ravens Sportscentre La fosse aux lionnes (23:45) Corner Gas 2 1/2 Men 556 \u2014 67 180 \u2014 201 137 \u2014 \u2014 \u2014 9 9 17 h00 17 h 30 18 h00 18 h 30 19h00 19h 30 20 h00 20 h 30 21h00 21h30 22h00 22h 30 23h00 23h 30 BEV VD VDO 17 h00 17 h 30 18 h00 18 h 30 19h00 19h 30 20 h00 20 h 30 21h00 21h30 22h00 22h 30 23h00 23h 30 BEV VD VDO CBC CTV-M GBL-Q ABC CBS NBC PBS-P PBS-B A & E ARTV BRAV CD CinéPOP DISC EV FC FOX HI HIST MMAX MP E! MTL RDI S+ SE SHOW TFO TLC TTF TV5 VIE VOX VRAK RDS SPN TSN SRC TVA TQS TQc ALAIN BRUNET CYBERCULTURE Quels seront les résultats obtenus par ce nouveau cycle de répression et de filtrage des contenus non autorisés sur l'internet ?Plutôt minces, si l'objectif est de faire croître l'offre légale en ligne.À court terme, cependant, le vent demeure favorable aux promoteurs de mesures de contrôle accrues sur l'internet.Depuis cet automne, nous avons effectivement assisté à un regain de la lutte des industries de contenus culturels contre les internautes déviants et contre les sites P2P non autorisés.Même chez nous, l'industrie québécoise du disque a entrepris (non sans heurts) une lutte à finir avec le traqueur Québec Torrents, qui s'est soldée la semaine dernière par le refus d'une injonction interlocutoire dont l'objet était la fermeture immédiate du site.Ce n'est que partie remise: à l'ADISQ, nous a-t-on clairement laissé entendre, on compte reprendre les hostilités dans un avenir proche.Aux États-Unis, la vague de poursuites s'est intensifiée ces derniers mois, surtout du côté de la clientèle étudiante, c'est-à-dire au-delà du cas exemplaire de la mère de famille monoparentale Jammie Thomas, condamnée à rembourser 222 000$ pour ses téléchargements illégaux.La Recording Industry Association of America, qui représente les multinationales de la musique, n'a donc pas rajusté son tir, au risque de ternir son image\u2026 passablement ternie.Sa petite soeur du Nord, la Canadian Recording Industry Association, a réussi à fermer le fameux traqueur Demonoid (dont le serveur était à Laval après avoir quitté la Hollande), mais vient de perdre l'appui financier de sa partenaire EMI qui ne fournirait plus à sa caisse parce que désormais favorable à l'abolition des DRM - un pas que le lobby canadien n'a pas encore franchi.En France, la semaine dernière, les secteurs de la musique et de l'audiovisuel, les fournisseurs d'accès internet et les pouvoirs publics ont conclu un accord interprofessionnel sans précédent : l'entente prévoit la mise en place d'une autorité publique qui exercera une répression graduée sur tous les acteurs du trafic P2P illégal.En Angleterre, les sites anglais TV Links et Oink.cd, qui faisaient l'objet d'un véritable culte parmi les internautes déviants, ont été fermés et poursuivis en justice.De plus en plus, les fournisseurs d'accès internet nord-américains tendent à limiter le trafic des fichiers non autorisés, surtout parce qu'ils occupent une large part de la bande passante.Et peut-être parce que la clientèle encline au piratage est moins rentable qu'elle ne l'a déjà été\u2026 Une étude récente de l'institut allemand de recherches Ipoque démontre que le trafic P2P peut représenter jusqu'à 70% de la bande passante.Or, seuls 20% des utilisateurs des réseaux seraient responsables de ce trafic, précise l'étude.Cette tendance semble se confirmer chez nous, le cas de Vidéotron est éloquent en ce sens: sur 42 000 clients du service «internet extrême», seuls 4000 consomment 250 gigaoctets par mois.Alors que les abonnés internet de Vidéotron (toutes vitesses confondues) ne consomment que 9 gigaoctets en moyenne.On se plaît donc à croire que le partage libre et facile de fichiers audiovisuels tirerait à sa fin\u2026 Vraiment?À court terme, peutêtre.Dans quelques mois?Quelle forme prendra le prochain mouvement massif de contournement?Chose certaine, le modèle d'affaires de la musique en ligne tel qu'on le connaît aujourd'hui n'est pas promis à une vraie croissance, même dans un environnement numérique où règne un ordre apparent.Prenez le fichier légal qui contient la majorité des titres du nouvel album de Radiohead (In Rainbows): il n'a pas été payé par une majorité de fans.On en déduit que ceux qui les avaient d'abord payés les ont ensuite partagés, ce qui est totalement incontrôlable.Imaginez ce qui se passera lorsque la musique légale sera totalement débarrassée des DRM! C'est dire que la mise en place d'une offre légale sur l'internet au détriment d'une libre circulation des contenus ne freinera pas le déclin de la valeur de la musique enregistrée\u2026 à moins que l'on modifie profondément son modèle économique.Ou bien on admettra que la musique n'est plus qu'un produit d'appel pour la consommation des spectacles et produits dérivés d'un artiste (une solution à mon sens irréaliste, vu la fragilité de l'économie du spectacle), ou bien on se rendra à l'évidence qu'un ensemble de solutions de rétribution est maintenant essentiel à l'émancipation de la création.Licences privées, licences publiques, régime de copie privée, partage de revenus publicitaires, fonds de production, partage des revenus de tous les acteurs de la nouvelle économie assureront sa viabilité.Autrement\u2026 Pourquoi un nouveau cycle de répression?Quelle forme prendra le prochain mouvement massif de contournement ?ANDRÉ MAGNY LE DROIT La troisième présentation des prix de la musique folk canadienne, qui s'est tenue samedi au Musée canadien des civilisations de Gatineau, a couronné Mighty Popo, d'Ottawa, et son groupe dans la catégorie meilleur artiste de musique du monde pour l'album Muhazi.De son côté, l'ironique auteur et chanteur Hugo Fleury, du groupe Polemil Bazar, a obtenu le prix du meilleur auteur-compositeur francophone.Les Charbonniers de l'enfer, la formation traditionnelle québécoise à l'impressionnant parcours, ont, quant à eux, raflé le trophée du meilleur ensemble.Pendant que Les Charbonniers et Hugo Fleury brillaient par leur absence - les premiers, retenus par d'autres engagements; le second, occupé à survivre, et il semble que ce ne soit pas une blague, en vendant des sapins de Noël à New York -, le groupe trad montréalais La Part du quêteux a mis la main sur le prix du meilleur album traditionnel pour Paye la traite, coiffant au poteau Les Charbonniers de l'enfer et The Foggy Hogtown Boys de Toronto.La personne la plus surprise de la soirée fut sans doute la chanteuse, guitariste et violoniste Brigitte Saint-Aubin.Émue et ravie de recevoir le trophée réservé à l'artiste de la relève pour Être\u2026, son premier album, la Montréalaise se disait « tellement contente » de son prix que son prochain album, prévu d'ici environ un an, se redirigerait probablement « encore plus vers le folk ».Rendez-vous pancanadien Revenant à leurs premières amours de 2005, les organisateurs de l'événement avaient réservé la grande galerie du MCC, où trônent les majestueux totems de la côte ouest canadienne.En fait, il ne manquait à cette soirée qu'un joli feu de camp pour que les airs d'un Ron Haynes ou d'une Sylvia Tyson se transforment en un Canadien errant anglophone! Mais au-delà du cliché guitarebarbe- jupe paysanne, et nonobstant le fait que le français faisait, à certains moments, figure d'enfant pauvre, les prestations de quelques artistes, comme Vishten des Îles-de-la-Madeleine ou Florent Vollant, valaient amplement le déplacement.MUSIQUE FOLK Brigitte Saint-Aubin propulsée à l'avant-scène PHOTO ARCHIVES LA PRESSE La chanteuse montréalaise Brigitte Saint-Aubin, artiste de la relève, a été récompensée par l'industrie de la musique folk canadienne. Productions RCB inc.Nom : Adresse : Ville: Code postal : Pour participer, découpez le coupon ci-joint et postez-le à: DVD LA GALÈRE / LA PRESSE C.P.575, SUCCURSALE PLACE D'ARMES, MONTRÉAL, QUÉBEC, H2Y 3H8 ou participez en ligne en visitant notre site : WWW.VIVAFILM.COM/CONCOURS et inscrivez l'indice : « ENFANTS » Cette promotion est publiée dans La Presse du 3 au 8 décembre 2007.Le tirage aura lieu le 13 décembre 2007 à midi.Les gagnants recevront leur prix par la poste.Règlements de la promotion disponibles chez Alliance Vivafilm.La valeur totale des prix est de 1099.00$.© 2007 Alliance Vivafilm.Tous droits réservés.Distribué exclusivement au Canada par Alliance Vivafilm.Tous droits réservés.EN VENTE PARTOUT LE 4 DÉCEMBRE Vous offrent la chance de gagner l'un des 20 DVD 3524538A CHECK LOCAL DATES AT: www.annemurray.com | www.annemurrayduets.com \u201cDUETS\u201d NOW AVAILABLE ON CD Voulez-vous connaître les événements les plus attendus avant le grand public?Inscrivez-vous aux Nouveautés Avant-première\u2020: americanexpress.ca/nouveautes 20 avril, 2008 Théâ Tre ST-DeniS Pré Ven Te eXCLUSi Ve MAin Ten AnT en Ven Te JUSQU'À 17h Mer Cre Di UniQUe MenT POUr LeS TiTULAireS De LA CAr Te AMeriCAn eXPreSS Le Gr AnD PUBLiC POUrrA Se PrOCUrer DeS BiLLeTS À COMPTer DU SAMe Di 8 De CeMBre À 12h Call: 514 790 1111 americanexpress.ca/avant-premiere MD L'achat doit être porté intégralement à une Carte American Express.Des frais de service Avant-première de 3,50 $ s'appliquent à chaque billet en plus de tous les autres frais de service habituels.Sous réserve des disponsibilités.\u2020L'information que vous fournissez ne servira qu'à l'envoi des Nouveautés Avant-première.MD : utilisée en vertu d'une licence accordée par American Express.Copyright © : Banque Amex du Canada, 2007.3525565A ARTS ET SPECTACLES PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Simple Plan parcourt le monde pour promouvoir son prochain disque, qui paraîtra le 12 février.Mercredi dernier, Chuck, Sébastien, Pierre, David et Jeff étaient à Singapour.Moins de 48 heures plus tard, ils rencontraient les médias québécois à Montréal.Cet album éponyme tranche avec les deux premiers.Quelques-unes des 11 chansons sont garnies d'influences pop, parfois même hip-hop, grâce aux collaborations de Danja (Justin Timberlake) et de Max Martin (Britney Spears).«On devrait donner des concerts au Québec en 2008, probablement à l'été», annonçait le guitariste Sébastien Lefebvre.En attendant, le premier extrait, When I'm Gone, tourne sur les ondes des radios commerciales.Simple Plan de passage à Montréal Les Tireux d'roches débarquent demain au Studio-théâtre de la PdA.Du 4 au 29 décembre, le groupe trad y donnera sept concerts avec un conteur invité différent chaque soir, dont Antoine Bertrand, Marco Calliari et Kim Yaroshevskaya.PAUL JOURNET Le marketing n'a jamais été une préoccupation pour Les Tireux d'roches.Il y a 10 ans, le groupe trad n'avait même pas de nom officiel.À chaque concert, il empruntait celui des habitants qu'il visitait, et s'amusait à mentionner des lieux du village dans ses textes.Bonne idée pour la soirée, mais un peu moins pour qu'on retienne leur nom d'une semaine à l'autre.La bande a finalement choisi pour de bon «Les Tireux d'roches », surnom de leurs voisins de Saint-Élie-de-Caxton, toujours pris à enlever les cailloux de leurs terres.Autre exemple, leur dernier disque : Roches, papier et ciseaux était prêt en novembre 2005.Mais le groupe refusait qu'il paraisse peu avant Noël, période où les clichés du trad sont souvent galvaudés.«Pour éviter d'être associés au stéréotype du party des Fêtes, on a attendu jusqu'à février 2006», raconte Denis Massé, cofondateur du groupe (chanteur, guitariste, accordéoniste et conteur).Depuis ce disque, Les Tireux d'roches ont offert quelque 150 spectacles au Québec, aux États-Unis et en Europe.Ils bouclent maintenant ce cycle avec une série de sept concerts au Studio-théâtre de la PdA.Cette fois, la formule originale devrait leur permettre d'attirer un public plus large.Chaque soir, un conteur différent ouvre le concert.Certains sont chevronnés; d'autres sont des néophytes.Demain, ce sera le pionnier Alain Lamontagne.Le lendemain, Marco Calliari proposera un récit traditionnel italien.Le comédien Antoine Bertrand ( jeudi), Renée Robitaille (vendredi), Jocelyn Bérubé (le 12), Kim Yaroshevskaya alias Fanfreluche (le 16) et un invité surprise (le 29) complètent la liste.«Le Studio-théâtre est une salle géniale, s'enthousiasme Dominik Lemieux, l'autre membre fondateur du groupe.Elle permet un raffinement impossible sur une grosse scène ou dans les festivals.Ce sera comme si on recevait les gens dans notre cuisine.Denis a d'ailleurs préparé des petits contes pour faire la transition entre les pièces.» «Chaque conte s'inscrit dans la même trame narrative, poursuit Denis Massé.Le point de départ, ce sont nos grands-mères qui élevaient des familles de 10 ou 12 enfants.Ce sont des héroïnes.Sans elles, on ne parlerait peut être plus français au Québec.» Comme ces histoires, plusieurs de leurs chansons sont des compositions originales ou des adaptations de thèmes traditionnels, ensuite soigneusement retravaillées par les six musiciens et leur riche lutherie : violoncelle inspiré par les musiques scandinaves, harmonica, clarinette, flûte traversière, saxophone et des cordes comme le banjo et le bouzouki, parfois jouées dans un style arabisant ou inspirées des balkans.Les Tireux profiteront aussi de l'ambiance intime de la salle pour jouer La fresque du colon, pièce de 10 minutes inspirée par un texte de Gaston Miron.Leur version commence par un conte sombre, puis progresse lentement pour exploser vers la fin.Tout comme la soirée, assure Denis Massé.«On a du matériel qui swingue assez pour faire lever le plafond.» Les Tireux d'roches au Studio-théâtre de la PdA, les 4-5-6-7, 12 et 29 décembre à 20h, et le 16 décembre à 13h.TRAD / Les Tireux d'roches Se tirer du temps des Fêtes PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE Le groupe trad Les Tireux d'roches: de gauche à droite, Dominik Lemieux, Luc Murphy, Francis Roberge, Pascal Veillette et Denis Massé. THÉÂTRE Avant cet automne, Sonia Vigneault ne connaissait pas la poésie de Catherine Kidd.La tigresse du spoken word anglo-montréalais, de son côté, n'avait jamais entendu parler de Providence.Grâce à un rassembleur nommé Yvan Bienvenue, les deux interprètes se rencontrent à travers l'histoire d'une femme qui, à l'approche de Noël, regarde sa solitude bien en face.Pour la première fois, les Contes urbains à La Licorne seront aussi les Urban Tales au Centaur.SYLVIE ST-JACQUES Avec sa voix très «scotch et cigarettes », sa personnalité sautillante et ses traits racés, Catherine Kidd, l'enfant chérie de la communauté littéraire montréalaise, ne passe pas inaperçue.Avant même que je ne déclenche mon magnétophone, celle qui publiait cette année son premier roman (Missing the Ark) me fait part de sa gêne de ne pas être assez à l'aise en français pour que l'entrevue se déroule entièrement dans la langue de sa nouvelle complice, Sonia Vigneault.En présence de Vigneault, Kidd relate les événements qui lui ont inspiré le texte créé pour ce spécial «bilingue» des Contes urbains, traduit par Olivier Choinière.Un triste récit d'une journée où tout fout le camp dans la vie d'une femme clouée au plancher de son appartement par un bête accident.Un concours de circonstances qui confronte cette urbaine à sa solitude, puisqu'elle est convaincue que, dehors, tous les citadins s'éclatent en entonnant Jingle Bells.«Cette femme, à l'approche des Fêtes, passe un dur moment.Sa mère l'appelle pour lui annoncer qu'elle s'apprête à se marier à Las Vegas.Elle est chassée de son appart.À un moment donné, elle aperçoit un chat qui a sauté sur l'appui de sa fenêtre et trouve qu'il a les mêmes yeux que sa meilleure amie de l'école secondaire.Et c'est là qu'elle plonge dans l'histoire la plus importante de sa vie.Tout ça est basé sur des trucs qui me sont arrivés», exprime Kidd.Noël, j'ai mal au coeur «On peut tous se sentir concernés par la solitude que plusieurs ressentent à cette période-ci de l'année», d'ajouter la comédienne Sonia Vigneault, pour qui «Noël et les impôts se situent au même niveau».Comme le veut la coutume aux Contes urbains, l'esprit des Fêtes de fin d'année n'est pas arrosé d'un sirop parfumé de bons sentiments.Même que le ton est plus «gros gin sur le trottoir à - 20 Celsius» que «egg nogg au coin du feu».Le rigolo un peu trash semble être de mise cette année, puisque l'on nous promet, entre autres, une histoire de mort par sexe oral dans le chambre à coucher d'un centre d'accueil.Il sera aussi question d'un party de Noël gâché par du mucus nasal.«À cette période, le trouble intérieur est plus fort.Si on n'a pas du fun comme dans les images que l'on voit partout, on se croit loser », observe Sonia Vigneault, qui précise que le conte de Kidd se conclut sur une note d'espoir.«Le chat fait comprendre à la femme que, dans l'instant d'un battement de coeur, elle peut décider que sa vie n'est pas si pire que ça », souligne Sonia Vigneault.Catherine Kidd, on en parle comme d'une condamnation à la morosité.« Plusieurs personnes s'occupent mieux des aut res que d'el les-mêmes », dit celle qui aime introduire dans sa poésie des personnages d'animaux.«Ce sont pour moi des métaphores qui font référence à l'enfance.On apprend la compassion en s'occupant d'une grenouille dans le jardin, d'un chat ou d'un chien.C'est excitant pour un enfant d'entrer en contact avec une chenille, par exemple, et de prendre conscience qu'il s'agit d'un autre être vivant.» Joués en même temps au Centaur et à La Licorne, ces Contes urbains bilingues comportent aussi des textes signés par Yvan Bienvenue, Claude Champagne, Justin Larramée, Michel Tremblay et Ian Ferrier.Une rencontre entre les fameuses «deux solitudes », qui ravit Catherine Kidd.« J'ai hâte de voir la réaction des abonnés du Centaur, un public plutôt convent ionnel et habitué à des trucs comme Driving Miss Daisy.» CONTES URBAINS, mise en conte de Harry Standjofski, du 4 au 22 décembre à La Licorne; URBAN TALES (la version anglaise) sera présentée les 6, 7, 8 et les 13, 14 et 15 décembre au Centaur.Contes urbains Contes in the city SYLVIE ST-JACQUES CRITIQUE À l'origine, Lucidité passagère était destinée au petit écran.Puis, l'auteur, Martin Thibodeau, en a fait un objet théâtral niché dans la confidentielle balustrade du Monument-National.Un an et demi plus tard, bonifiée par quelques scènes et personnages, cette pièce transite par la salle Jean- Claude Germain et s'apprête à être adaptée au cinéma.Téléroman?Cinéma?Théâtre?La pièce est un hybride réussi de tout cela.Un objet sans prétention, mais néanmoins d'une grande intelligence.Osera-t-on la qualifier de moment fort de la saison qui s'achève?Absolument.Des situations typiques de la vie des trentenaires des années 2000.Un sujet tellement exploité qu'il pourrait paraître éculé.Or, Lucidité passagère démontre qu'un bon texte, des acteurs bien dirigés et un metteur en scène inspiré suffisent pour créer des merveilles.Je ne serai pas la première à dire que les objets les plus réjouissants sont souvent conçus avec deux bouts de ficelle.Volontaire ou pas, la simplicité réussit splendidement à Lucidité passagère.Des chassés-croisés, donc, entre une pléthore de personnages qui vivent de petits drames et de grandes tragédies: de la banale ITS au spleen conjugal, de l'erreur irréparable à la maladie grave.Les Marie Turgeon, Vincent Leclerc, Emmanuel Bilodeau, Ca ther ine-Anne Toupin et autres contemporains de l'auteur, Martin Thibodeau (également de la distribution), y campent avec justesse ces êtres émouvants.L'intimité de la salle Jean- Claude Germain sert bien le texte nuancé de Thibodeau, un récit plein d'humour et d'humanité, qui s'échelonne sur deux années charnières dans la vie de personnages en crise.Un texte touchant, qui transmet des émotions graves et intenses, sans jamais verser dans le mélo.Dans une chambre d'hôtel de Paris, par exemple, un homme confie son mal-être, son désir de tout lâcher pour devenir poète, à sa compagne qui, elle, aime son confort et sa sécurité.Une scène typique de l'angoisse façon bourgeois bohème.Mais la banalité humaine, entre les mains de Marie Turgeon et Martin Thibodeau, galvanise la petite salle Jean-Claude Germain.Au registre des prestations marquantes de cette courte pièce de moins d'une heure trente, mentionnons celle d'Emmanuel Bilodeau.Quasi silencieux dans les trois quarts de la pièce, il assène au public un dénouement coup de poing.Le seul bémol à la mise en scène efficace de Patrice Coquereau concerne le décor en forme de modules rotatifs, qui alourdit inutilement la scène.Mais ce léger détail est bien négligeable devant la force de l'ensemble.Vraiment, cette Lucidité passagère est une belle surprise à attraper au vol.Sinon, faudra attendre le film.LUCIDITÉ PASSAGÈRE, texte de Martin Thibodeau, dans une mise en scène de Patrice Coquereau, jusqu'au 15 décembre à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui.Lucidité passagère Très forts, ces lucides Michel Lemieux et Victor Pilon aiment réinventer leur art.Après avoir fréquenté le monde de Shakespeare (La tempête) et jonglé avec celui du Cirque du Soleil (Délirium), le tandem s'approprie l'univers de Norman Mc Laren.Un artiste avant-gardiste qui, de l'avis des deux têtes pensantes de 4D Art, a été aussi important que Walt Disney.SYLVIE ST-JACQUES Déjà plus de 20 ans que Michel Lemieux et Victor Pilon font équipe dans la conception de spectacles multimédias.Mais leur enthousiasme demeure toujours aussi communicatif.Je les rencontre au domicile de Lemieux, situé en plein coeur du Plateau-Mont-Royal.Une fois lancés, difficile d'arrêter ces deux communicateurs nés, qui extrapolent allégrement, se relancent et complètent la phrase de l'autre.Ils se sont aisément imprégnés de la vie et de l'oeuvre de Norman Mc Laren, pour ce spectacle où le danseur Peter Trotszmer partage la scène avec des projections et des hologrammes.«Nous étions tous les deux des fans de ses films», de dire Lemieux qui, dès l'âge de 5 ans, trippait sur les intermèdes d'animation diffusés pendant La Ribouldingue et Bobino.Sauf que, comme plusieurs, il a mis quelques années avant d'associer un nom à ces ballets animés.«Que ce soit en télévision ou en musique techno, une foule d'artistes ont été influencés par Mc Laren, dont l'univers est ancré dans l'inconscient collectif.» Excellent timing pour dévoiler au public montréalais ce nouveau «bébé» signé Pilon et Lemieux - qui a déjà été accueilli dans l'enthousiasme au Mexique, à Ottawa et à Toronto -, puisqu'un coffret DVD consacré à l'oeuvre de Mc Laren vient d'arriver en librairies.«Mais on s'est aperçu que les gens n'ont pas besoin de connaître Mc Laren pour apprécier le spectacle et saisir son génie créateur», assure Pilon qui, comme son acolyte, regrette que Mc Laren demeure un illustre inconnu chez les moins de 30 ans.Le frère spirituel de Cocteau Oscarisé en 1952 pour son film Neighbours, Mc Laren était attiré par la nouveauté.Formé en arts visuels (dessin et peinture), «il s'est dirigé vers le cinéma parce qu'il considérait que tout avait été dit en peinture», raconte Pilon.Ayant toujours été attiré par la danse, Mc Laren serait devenu danseur ou chorégraphe s'il avait vu le jour à Londres.Mais, dans la petite ville de Stirling de son Écosse natale, le ballet n'existait pas.En revanche, il s'est inspiré de ses premiers souvenirs de danse classique -juché dans la corbeille où il assistait à des pièces de Balanchine - pour créer les lignes et les mouvements de plusieurs films abstraits.Pour Pilon et et Lemieux, la danse contemporaine était le véhicule parfait pour Norman, le one man show portépar le danseur Peter Trotszmer, un autre admirateur de Mc Laren.Une production «intime», qui contraste avec l'imposant Délirium qui réunissait sur scène 300 artistes du Cirque du Soleil.«Le spectacle s'est créé avec Peter qui improvisait des mouvements en même temps que des films étaient projetés dans l'espace.On filmait tout et, après, on faisait l'assemblage des moments les plus forts.La chorégraphe Thea Patterson a, quant à elle, raffiné le geste et mis une signature sur le mouvement.» La facture visuelle de Norman demeure ainsi dans l'esprit du travail de Mc Laren (né en Écosse en 1914 et mort à Montréal en 1987), un cinéaste qui a donné à l'ONF un rayonnement international.Afin de documenter son travail, le duo a fouillé dans les archives de l'ONF, où il a eu accès à de nombreuses pièces d'archives.Pour Lemieux et Pilon, Mc Laren est non seulement une muse, mais aussi une sorte de «père spirituel».Au même titre que Cocteau, par ailleurs.« Il y a 25 ans, lorsqu'on demandait des subventions aux gouvernements, on se faisait dire que la multidisciplinarité était une mode qui allait être dépassée dans quelques années», évoque Lemieux, qui rappelle que, tout comme Léonard de Vinci et Cocteau, Mc Laren donnait dans la multidisciplinarité.Une approche qui n'a plus à revendiquer sa légitimité.«Après une ère de spécialisation, on sent dans la société un goût de faire disparaître les frontières entre les pays, les cultures, les hommes et les femmes.» NORMAN (HOMMAGE À NORMAN McLAREN), de Michel Lemieux, Victor Pilon et Peter Trosztmer, en collaboration avec l'Office national du film, du 5 au 15 décembre à la Cinquième salle de la Place des Arts.MULTIMÉDIA / Norman Le ballet de Norman Mc Laren PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Sonia Vigneault et Catherine Kidd, les deux visages de la solitude.PHOTO DOMINIQUE LAFOND, FOURNIE PAR LA PRODUCTION La comédienne Marie Turgeon et l'auteur Martin Thibaudeau, dans une scène de Lucidité passagère, pièce forte et intelligente présentée au Théâtre d'Aujourd'hui.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Michel Lemieux et Victor Pilon ont conçu un spectacle multimédia en hommage au cinéaste Norman Mc Laren."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.