La presse, 20 janvier 2008, P. Plus: lectures
[" PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES LECTURES D.Y.BÉCHARD: GÉANTS ET NAINS D'AMÉRIQUE PAGE 6 ENTREVUE LES COLÈRES DE M.HALTER PAGE 5 LES AÎNÉS MALTRAITÉS Depuis des années, les dérapages qui ont lieu au sein des centres d'hébergement du Québec font couler des tonnes d'encre.Or, c'est avant tout dans leur propre maison que des dizaines de milliers de personnes âgées souffrent en silence.Entre 10 et 15%des Québécois âgés de 65 ans et plus vivant à domicile sont maltraités par leur entourage.Souvent, les enfants sont pleins de bonnes intentions, mais font (beaucoup) plus de mal que de bien.D'autres, moins scrupuleux, siphonnent carrément le compte en banque de leurs vieux parents.Plusieurs groupes réclament une politique gouvernementale pour lutter contre les mauvais traitements envers les personnes âgées.Mais devant l'urgence d'agir, certains aînés ont décidé de ne plus attendre pour voler au secours de leurs pairs.UN DOSSIERD' ISABELLE HACHEY EN PAGES 2 ET 3 VIEILLIR OUBLIÉ LES AÎNÉS MALTRAITÉS ISABELLE HACHEY Vu de l'extérieur, Arthur (nom fictif) aurait pu faire des jaloux.Il faisait partie de ces vieux qui peuvent compter sur un enfant pour s'occuper d'eux.Arthur habitait chez son fils, dans un joli village des Laurentides.Mais son bâton de vieillesse était pourri.Le f i ls d'A rthur, toxicomane, l'abandonnait souvent pour des virées de plusieurs jours à Montréal.« Une fois, il y a eu une panne d'électricité et le père est resté trois jours sans eau, parce que la pompe ne fonctionnait pas.Pendant trois jours, il n'a mangé qu'un peu de pain et de fromage.Il était en train de geler sur place », raconte Gilles Fournier, président de DIRA-Laval, un organisme de défense des droits des aînés.«En plus, son fils lui avait soutiré une procuration et vidait son compte de banque ! » Alors que les scandales qui éclatent dans les centres d'hébergement du Québec font toujours grand bruit, des drames comme celui d'Arthur passent la plupart du temps inaperçus.Pourtant, comme ce vieil homme, des milliers d'aînés subissent en silence des abus de toute nature, le plus souvent aux mains de leurs proches.150 000 victimes « Chaque année au Québec , 150 000 personnes âgées sont victimes d'abus psychologique, physique, financier ou sexuel.Et le phénomène prend de l'ampleur, dénonce Hélène Wavroch, directrice du Réseau québécois pour contrer les abus envers les aînés.Pourtant, personne ne veut admettre que c'est un problème sérieux.C'est une défaillance de notre société.» Une défaillance et un tabou.La plupart des victimes refusent de dénoncer leur agresseur, craignant de subir des représailles de sa part, d'être placées en centre d'hébergement ou de déclencher un conflit de famille.D'autres sont réduites au silence par une maladie comme l'Alzheimer, ce qui les rend encore plus vulnérables.Tout cela pris en considération, «on estime que de 10 à 15% des personnes âgées vivant à domicile sont maltraitées par leur entourage», dit Marie Beaulieu, responsable du Centre de recherche sur le vieillissement à l'Université de Sherbrooke.Dans huit cas sur 10, c'est un membre de la famille qui est à l'origine des mauvais traitements.«On m'a souvent dit: tu peux divorcer de ton mari, mais pas de tes enfants, raconte Sarita Israël, consultante au CLSC montréalais René-Cassin.C'est très difficile pour les personnes âgées.Elles ont honte, elles se blâment en se disant qu'elles ont mal élevé leurs enfants, qu'elles en ont fait des abuseurs.» «Les situations d'abus envers les aînés sont complexes, ajoute Thurza Dufresne, responsable de la ligne Info-Aînés.Ils ne sont pas vraiment sûrs eux-mêmes de ce qui se passe.On parle de relations qui durent parfois depuis 60 ans.De gens qui ont vécu ensemble toute leur vie.Est-ce qu'ils veulent vraiment être séparés de leurs proches ?Pas nécessairement.Ils sont vraiment dépendants les uns des autres.» Se prendre en mains Au terme de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, en novembre, la ministre Marguerite Blais et ses collègues se sont dits « abasourdis et choqués devant les témoignages dénonçant les situations de maltraitance vécues par beaucoup d'aînés ».Mme Blais, qui doit rendre son rapport au printemps, a constaté que les aînés «n'ont pas le soutien pour aller au bout des démarches », et que « les intervenants ne sont pas assez sensibilisés et formés pour les accompagner ».Gilles Fournier, 74 ans, en sait quelque chose.L'ancien vice-président de SNC-Lavalin a d'abord milité au sein de l'Association québécoise pour la défense des retraités.«Beaucoup de gens nous demandaient de l'aide.On les renvoyait à la curatelle, au CLSC, à la Régie du logement, à la police communautaire.Et ces gens nous rappelaient pour nous dire : il ne se passe rien.C'est là qu'on a compris qu'il fallait de la défense individuelle, de l'accompagnement.» C'est ainsi qu'est né DIRA-Laval, un organisme qui se targue d'avoir réglé 832 situations d'abus en cinq ans - et cela comprend l'opération de sauvetage d'Arthur.Ce n'était pas simple.« Il fallait bloquer son compte de banque, faire les changements d'adresse, transférer ses chèques de pension, s'occuper des assurances et sortir ses biens de la maison», énumère M.Fournier.Au sein de son équipe de 21 bénévoles, on compte des notaires, des ingénieurs, des courtiers, des comptables à la retraite.« Ils nous offrent leur savoir-faire, leur expertise.On a les cheveux gris, on fait partie de la gang.On parle de nos bobos, de nos problèmes, et il y a un lien très rapide qui s'établit.On se dit que nous, les aînés, on est capables de se prendre en mains.On n'a pas besoin des autres.» Quand l'enfant chéri ISABELLE HACHEY Le Tanguy du film, cet homme qui refusait de quitter le cocon familial au grand désespoir de ses parents, a fait rire les foules.La réalité est souvent beaucoup moins drôle - et parfois même dramatique.«De plus en plus, les procureurs de la Couronne constatent un nouveau phénomène, rapporte Georges Lalande, président du Conseil des aînés du Québec.Des hommes de 35 à 45 ans, en difficulté de couple, retournent chez leurs parents.Ils se servent dans le compte en banque et finissent par user de violence envers eux.La police intervient, puis le juge, qui leur interdit de retourner à la maison.» De toutes les formes d'abus commis envers les personnes âgées, l'exploitation financière est la plus répandue.Pas étonnant, selon M.Lalande.«Au fond, l'argent est très majoritairement entre les mains des personnes de 65 ans et plus.Les aînés deviennent donc des cibles intéressantes.» Pour des fraudeurs professionnels, mais aussi - et surtout - pour des enfants sans scrupules.«Quatre-vingt pour cent des cas d'exploitation financière sont le fait de la famille.» Un fléau L'exploitation de personnes âgées par leurs enfants est un fléau, à en croire Gilles Fournier, président de DIRA-Laval, un organisme de défense des droits des aînés.« On répond à un cas d'abus financier tous les deux jours.Très souvent, c'est lié à la procuration donnée par une personne malade à un enfant pour qu'il s'occupe de ses paiements.Quand un père commet l'imprudence de donner sa carte de débit, son NIP et sa carte de crédit à sa fille au chômage, il ne devrait pas être surpris de constater, à sa sortie de l'hôpital, que sur les 35 000 $ qu'il avait à la banque, il n'en reste que 3000 $ ! » Agression soft ?Selon un sondage réalisé en 2002, pas moins de 94% des gens ne croient pas que l'exploitation financière soit un motif suffisant pour justifier une dénonciation ni même une action quelconque.«Les abus financiers ont toujours l'air un peu plus soft que les abus physiques, mais ils sont de même nature, dit pourtant M.Lalande.Peut-être même sontils plus vicieux, au fond, parce qu'une personne dépossédée de ses moyens se retrouve dans des difficultés énormes.» Exploitation financière Des Tanguy pas toujours drôles PHOTO CHRISTIAN HARTMANN, REUTERS Chaque année au Québec, 150000 personnes âgées sont victimes d'abus psychologique, physique, financier ou sexuel.Leur fragilité physique les rend d'autant plus vulnérables.«On m'a souvent dit : tu peux divorcer de ton mari, mais pas de tes enfants.» VIEILLIR OUBLIÉ LES AÎNÉS MALTRAITÉS devient tyran ISABELLE HACHEY C'est l'histoire d'un avocat du quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, qui avait promis à sa vieille mère de ne jamais la parquer dans une résidence pour personnes âgées.La dame de 85 ans commençait à souffrir de pertes cognitives.L'avocat craignait qu'elle fasse une mauvaise chute ou qu'elle oublie d'éteindre un rond de poêle.Chaque matin, avant d'aller travailler, il lui préparait donc un sandwich, puis l'enfermait dans la salle de bains jusqu'au soir.Pour sa propre sécurité, croyait-il.Un jour, la dame profita d'un moment d'inattention de son fils pour lui chaparder son cellulaire.Une fois enfermée, elle composa le 911.«Elle a dit aux policiers qu'elle commençait à en avoir assez d'être enfermée dans les toilettes tous les jours, raconte Hélène Wavroch, directrice générale du Réseau québécois pour contrer les abus envers les aînés.On ne peut pas traiter une personne âgée comme un animal qu'on enferme dans une chambre pour éviter qu'il fasse des dégâts ! » Aussi effarante qu'elle soit, cette histoire serait loin d'être exceptionnelle.Louis Plamondon, juriste et sociologue à l'Université de Montréal, estime que 40% des personnes âgées maltraitées vivent en réclusion forcée.En ce moment, au Québec, des milliers de personnes seraient retenues prisonnières dans leur propre demeure.«Ce n'est certainement pas un cas d'exception», confirme Marie Beaulieu, gérontologue à l'Université de Sherbrooke, qui s'indigne: «C'est comme si la personne perdait toute sa dignité d'humain.Elle ne peut plus rien faire par elle-même.C'est effrayant!» Relations fusionnelles «Les gens installent une barrière de bébé ou verrouillent la porte parce qu'ils ont peur que leurs parents déboulent les escaliers ou fassent de l'errance.Ils sont pleins de bonnes intentions, mais ils ne réalisent pas que c'est une contention et que ça peut être très dangereux», dit Sarita Israël, consultante au CLSC montréalais René-Cassin, chef de file en prévention des abus envers les aînés.Il arrive parfois que les intentions soient mauvaises, ajoute-t-elle.«On a déjà trouvé une femme de 80 ans attachée à une table.Son nouvel ami, un homme beaucoup plus jeune qu'elle, affirmait que c'était pour l'empêcher de tomber.On a appelé la police.» La plupart des histoires d'abus ne sont pas aussi simples à trancher.Souvent, l'homme qui habite chez sa vieille mère dépend autant d'elle que l'inverse.Entre eux se développe une sorte de symbiose, une «relation fusionnelle étrange », explique M.Plamondon.Dans ce contexte, séparer la victime de son abuseur s'avère extrêmement délicat.«L'aîné a besoin d'être aimé, dit Mme Israël.Ce n'est pas évident.Il va protéger son abuseur parce que c'est souvent la seule personne dans son entourage.On ne peut pas remplacer des liens affectifs comme ça.» « Il y a souvent une interdépendance économique, ajoute M.Plamondon.La mère qui habite chez son fils contribue financièrement.Même une personne âgée au revenu minimum est rentable si tu la mets dans la cave.Elle rapporte 1000$ par mois.» Pour Mme Wavroch, l'avocat de Notre-Dame-de-Grâce a commis deux fautes : «D'abord, il ne s'est pas informé des ressources disponibles.Mais surtout, il n'a pas parlé à sa mère.C'est l'une des plus grosses erreurs qu'on fait lorsqu'il s'agit des personnes âgées.On pense qu'on sait ce qui est bon pour elles.C'est une forme d'âgisme; on présume qu'elles ne savent plus parce qu'elles sont trop vieilles, que leur pensée est plus lente.Pas du tout!» De maigres ressources Aujourd'hui, la mère de l'avocat fréquente un centre de jour, trois fois par semaine.Mais les ressources offertes aux familles sont maigres, déplore la Curatrice publique, Diane Lavallée.«Si les gens quittent les milieux hospitaliers pour retourner à la maison, il faut que le soutien suive, sinon on sera confronté à beaucoup de situations de ce genre, prévient-elle.Les gens essayeront de s'en sortir par leurs propres moyens, ils se sentiront coupables de le faire, comme ils se sentent coupables de placer leurs parents.» Pour le moment, l'État couvre à peine 10% des besoins en soins à domicile.Les proches sont souvent à bout de nerfs.«Il n'est pas rare d'entendre des témoignages où les personnes aidantes parlent de leur impatience, de leurs sautes d'humeur et même parfois de leur violence de plus en plus difficile à contenir (à l'égard du malade) », lit-on dans le mémoire du Regroupement des aidants naturels, un véritable cri du coeur lancé cet automne lors des consultations sur les conditions de vie des aînés.«Si au moins on avait droit aux services à domicile requis, ce serait une bonne façon de réduire la maltraitance, croit M.Plamondon.Les gens seraient moins dépendants, moins épuisés.L'aîné fragilisé est peut-être obligé d'endurer des sévices parce qu'il n'y a personne d'autre pour lui prodiguer des soins.Le grand problème, c'est que la société ne veut pas payer pour les personnes âgées.C'est indigne, la façon dont on les traite.Nous sommes des enfants indignes.» Un enfer pavé de bonnes intentions Aînés sont victimes d'abus chaque année au Québec Sont exploités financièrement Subissent de la violence psychologique Sont assujettis à la violence physique Sont violentés sexuellement 80% Des cas d'abus ne seraient jamais signalés PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Gilles Fournier et son équipe de bénévoles de DIRA-Laval, un groupe de défense des droits des aînés, photographiés dans les locaux de l'organisme.De gauche à droite:M.Fournier, Paul-André Savoie, Jean Cooke, Line Gilbert et Monique Ringuet.PHOTO CHRISTIAN HARTMANN, REUTERS La codépendance et les liens affectifs entre la personne âgée maltraitée et son agresseur -qui est souvent un proche- compliquent la dénonciation des mauvais traitements.Source : Réseau québécois pour contrer les abus envers les aînés «Même une personne âgée au revenu minimum est rentable si tu la mets dans la cave.Elle rapporte 1000$ par mois.» VIEILLIR OUBLIÉ LES AÎNÉS MALTRAITÉS CHAQUE ANNÉE, DES MILLIERS DE PERSONNES ÂGÉES SONT MALTRAITÉES AU QUÉBEC.PLUSIEURS GROUPES D'AÎNÉS RÉCLAMENT D'URGENCE UNE POLITIQUE GOUVERNEMENTALE, SEMBLABLE À CELLE QUI A PERMIS DE MIEUX LUTTER CONTRE LA VIOLENCE CONJUGALE, IL Y A 20 ANS.MAIS PAS QUESTION D'ADOPTER UNE LOI SUR LA PROTECTION DE LA VIEILLESSE: LA DERNIÈRE CHOSE QUE VEULENT LES AÎNÉS, C'EST SE FAIRE TRAITER COMME DES ENFANTS.ISABELLE HACHEY «Il y a quelques semaines, une journaliste m'a appelé parce qu'une dame s'était jetée du troisième étage d'une résidence de personnes âgées.Elle m'a demandé si on avait pensé à rendre obligatoires les barreaux aux fenêtres ! s'indigne Georges Lalande, président du Conseil des aînés du Québec.La journaliste s'est vite rendu compte que sa question n'avait pas de bon sens, mais trop souvent, c'est le réflexe que nous avons.Il faut arrêter de vouloir surprotéger les aînés!» Au moment où la ministre Marguerite Blais et son équipe s'apprêtent à faire rapport sur les conditions de vie des aînés au Québec, M.Lalande lance un avertissement : il faut éviter de sombrer dans la «procédurite» et, surtout, éviter d'infantiliser les personnes âgées au nom de leur protection.«Je ne crois pas qu'en mettant un policier derrière chaque arbre, on va finir par trouver des abus, parce que ce n'est pas la réalité des aînés», dit-il.Il reste que, chaque année, des milliers de personnes âgées sont victimes d'exploitation financière ou de mauvais traitements.La plupart subissent leur sort en silence.Afin de lutter contre ce « fléau », plusieurs groupes d'ainés réclament d'urgence une politique gouvernementale musclée, semblable à celle qui a permis de freiner la violence conjugale, il y a une vingtaine d'années.«En ce moment, il se fait des choses, mais ce n'est pas coordonné et les gens ignorent par quelle filière passer en cas d'abus ou de maltraitance.Il n'y a rien de structuré », explique Luc Vallerand, directeur de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP).Son groupe exige une mobilisation de tous les acteurs, en plus d'une campagne de sensibilisation de l'ampleur de celles consacrées à la violence conjugale ou à l'alcool au volant.«La question de la violence conjugale a longtemps été taboue, c'était un déshonneur, les victimes se sentaient coupables, rappelle la Curatrice publique du Québec, Diane Lavallée.Ce n'est plus le cas aujourd'hui.C'est dénoncé à la télé, par les corps policiers, le gouvernement, les groupes de femmes.La violence envers les aînés mérite la même attention.On doit envoyer un message très clair à la société que ces gestes-là sont inacceptables, qu'on va les condamner.» Une loi sur la protection de la vieillesse ?Dans un mémoire présenté à la ministre Blais, l'AQRP va plus loin en suggérant la création d'un Office de protection des aînés chargé de recevoir des signalements de mauvais traitements envers les personnes âgées.L'organisme propose aussi l'adoption d'une Loi sur la protection des aînés rendant le signalement obligatoire.Légiférer, c'est justement ce que le Québec doit éviter à tout prix, prévient Marie Beaulieu, gérontologue de l'Université de Sherbrooke.«On risque trop de donner de très grands pouvoirs à l'État, comme si les personnes de 65 ans et plus n'étaient plus des adultes à part entière.Il ne faudrait surtout pas calquer la Loi sur la protection de la jeunesse pour faire une loi sur la protection des aînés.Ça serait une gaffe.» Des études montrent qu'i l existe des relations de codépendance très complexes entre les personnes âgées et leurs agresseurs, souvent des proches aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie.Cela n'a rien à voir avec la dépendance absolue de jeunes enfants envers leurs parents abuseurs, souligne Donald Poirier, professeur de droit à l'Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick - la première province à avoir adopté la solution législative pour protéger ses aînés, en 1980.«Pourtant, nombre d'intervenants sociaux continuent à véhiculer le mythe de la dépendance des personnes âgées victimes de mauvais traitements.» La controverse n'est pas nouvelle.En 1985, l'ancien premier ministre Robert Bourassa avait promis de créer un Office de protection des aînés.Dix ans plus tard, une loi avait été déposée à l'Assemblée nationale.Mais la vive opposition soulevée par ce projet en avait finalement eu raison.«Sur 1,1 million de Québécois de 65 ans et plus, à peine 200 000 sont fragilisés.Les autres sont tout à fait autonomes, souligne M.Lalande.Rajouter des lois ou des organismes pour tout contrôler, les aînés ne le souhaitent pas.Ils ne veulent pas entreprendre de procédures contre leurs enfants ni permettre qu'on vérifie leurs comptes de banque.Ils préfèrent s'accommoder.» Protéger sans infantiliser ISABELLE HACHEY Quand Rose a été placée sous curatelle publique, elle pensait avoir l'argent qui lui assurerait une fin de vie confortable.La curatelle a fait l'inventaire de ses biens ; Rose n'avait pas un sou.«Elle nous a dit: c'est impossible, je viens de vendre mon immeuble à mon beau-frère », raconte la Curatrice publique, Diane Lavallée.«On a contacté le notaire; il y avait effectivement eu une transaction, mais c'était un don que la dame avait fait.Elle était convaincue que c'était une vente!» Des histoires comme celle-ci, Mme Lavallée en a trop entendu.«Quand on prend la responsabilité d'une personne jugée inapte, on a l'obligation de faire l'inventaire de son patrimoine.C'est là qu'on constate que, dans les derniers mois, son argent a été dilapidé.Son compte de banque a été vidé par des proches sans que l'institution ne fasse le moindre geste pour empêcher cela.» Mme Lavallée réclame la levée du secret professionnel afin de permettre aux notaires, avocats, banquiers et professionnels de la santé de dénoncer les cas de mauvais trairements et d'exploitation financière.Pour le moment, ces témoins de première ligne sont trop souvent réduits au silence, puisqu'ils ne peuvent signaler les mauvais traitements subis par leurs clients sans obtenir leur consentement préalable.«Avec le vieillissement de la population, on voit croître le nombre de personnes souffrant d'inaptitude et de maladies dégénératives.Ces gens deviennent très vulnérables aux abus de toutes sortes.Il faut que les professionnels qui gravitent autour puissent être capables de faire des signalements », dit Mme Lavallée, qui représente 15 000 aînés jugés inaptes au Québec.Signalement obligatoire ailleurs Plusieurs provinces canadiennes, dont l'Ontario, l'Alberta et le Manitoba, permettent déjà la levée du secret professionnel pour dénoncer une situation d'exploitation.Dans certain cas, le signalement est même obligatoire, souligne la Curatrice.«À partir du moment où il y a un abus ou une présomption d'abus, il faut qu'un processus s'enclenche pour qu'on puisse y mettre un terme, dit-elle.Il faut sécuriser la personne s'il y a des abus physiques, et geler le compte en banque si on voit des sorties d'argent régulières anormales.» Le problème avec la levée du secret, c'est «le risque de verser dans une forme d'État hyperpaternaliste », prévient toutefois Marie Beaulieu, du Centre de recherche sur le vieillissement de l'Université de Sherbrooke.«On pourrait se mettre à décider à la place des personnes âgées et faire passer au premier plan, non plus leur capacité d'autodétermination, mais leur sécurité, même contre leur gré.» De son côté, Louis Plamondon, juriste et sociologue à l'Université de Montréal, se dit en faveur d'un signalement obligatoire - d'autant plus que 80% des mauvais traitements ne sont jamais dénoncés.«Les personnes âgées ne se plaignent pas, dit-il.Elles sont souvent victimes de gens qu'elles connaissent, ou sous l'emprise totale de leurs abuseurs.Elles ne se rendent pas compte de la gravité de leur situation.» Depuis 2001, au Québec, les professionnels peuvent briser le silence s'il existe un motif raisonnable de croire qu'un danger imminent de mort ou de blessures graves menace une personne.Pour M.Plamondon, c'est encore loin d'être suffisant.« L'intervenant social ne dit rien sous prétexte qu'il n'y pas de danger imminent.Pourtant, sans être en danger de mort, la personne a besoin d'aide.Si on attend la mort, il sera trop tard.» La Curatrice réclame la levée du secret professionnel PHOTO CHRISTIAN HARTMANN, REUTERS Des experts mettent en garde le gouvernement québécois contre le piège d'infantiliser les personnes âgées au nom de leur protection.« Il ne faudrait surtout pas calquer la Loi sur la protection de la jeunesse pour faire une loi sur la protection des aînés.Ça serait une gaffe », prévient une gérontologue. DESOH! ET DES BAH! Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbah@lapresse.ca Avec l'AFP, Associated Press, Reuters, BBC et Libération.CYBERPRESSE Voyez les dessins parus, jour après jour, dans La Presse, Le Soleil, Le Droit, La Tribune et Le Nouvelliste, sur www.cyberpresse.ca CARICATURESDE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.LE NOUVELLISTE LE SOLEIL PLUS LECTURES Daniel lemay Enfant d'émigrés juifs établis dans le lointain Ouzbékistan, il dit avoir été choisi un jour pour présenter des fleurs à Staline.Rendu à Paris, 20 ans plus tard, il a appris le pantomime - et le français - auprès du grand Marcel Marceau et, apatride sans-papiers, ne doit son éventuelle citoyenneté française qu'à l'intervention personnelle de la ministre Simone Veil, future présidente du Conseil de l'Europe.Golda Meir, la «grand-mère» qu'il n'a jamais connue, l'appelait la nuit, avant qu'il n'aille faire l'accolade à Yasser Arafat, chef de l'Organisation de libération de la Palestine et ennemi juré d'Israël.Depuis 40 ans, Marek Halter, le rescapé du ghetto de Varsovie, parle au président pendant que le pape attend sur l'autre ligne\u2026 Entre une ambassade à Damas et une assemblée du comité pour la libération d'Ingrid Betancourt dont il est aussi le parrain, M.Halter a fait un saut en Amérique pour la promotion de son dernier livre, Je me suis réveillé en colère.Se promenant place des Vosges, un matin à Paris, l'auteur s'était fait interpeller par un vieux Juif hassidique qui lui a lancé, perspicace: «Vous avez l'air en colère, monsieur Halter\u2026» Et nous voilà partis pour 21 jours, 21 rencontres au cours desquelles l'auteur se délivre d'autant de colères: du terrorisme, «jouissance des imbéciles», à la démocratie qui «ne s'édicte pas», du «chantage des écolos» aux «comportements et préjugés caduques» des altermondialistes, successeurs des communistes sur les barricades anticapital.Les grands penseurs, anciens et modernes, s'entassent à deux par page, coude-à-coude avec les nombreux «amis» de Marek Halter qui y reprend les éléments fondateurs de sa mythologie personnelle, déjà étayés par ailleurs dans ses mémoires Un homme, un cri (1991) et d'autres écrits à teneur autobiographique: son père imprimeur, sa mère «poétesse yiddish» qu'il admirait, «comme beaucoup d'autres hommes, malheureusement », la fuite rocambolesque de Varsovie en 1941, l'enfance avec les sans-loi de Kokand, sur la frontière afghane, le retour en Pologne, l'arrivée en France\u2026 «J'adore raconter des histoires », nous dira Marek Halter, rencontré cette semaine dans les bureaux montréalais des éditions Robert Laffont.«Comme Schéhérazade dans les Mille et une nuits, je veux séduire, mais je veux aussi que les gens apprennent et comprennent des choses sur les cultures, les valeurs, la morale.Je me place dans la tradition des conteurs bibliques.» Par-delà la Bible et les autres grands Livres, la religion est omniprésente dans ce livre, qui arrive d'ailleurs à la suite de sa trilogie La Bible au féminin (Sarah, Tsippora et Lilah).Pourtant, Marek Halter s'affirme non-croyant\u2026 «La religion joue un rôle essentiel aujourd'hui dans le monde.Parce que les idéologies laïques ont échoué : socialisme, communisme, libéralisme, nous n'avons pas su les mettre en valeur.Et les gens se réfugient à l'ombre de l'éternel\u2026» - Quelle est votre colère la plus urgente?- C'est ma colère contre ceux qui se donnent le droit d'apporter la mort, qui se font sauter à la dynamite, au milieu d'innocents, au nom de Dieu.Quel dieu leur a demandé de faire ça?Aucun\u2026 - Le conflit Israël-Palestine détermine votre action depuis 40 ans ; où trouvez-vous l'espoir ?- Dans l'Histoire, 40 ans, ce n'est rien\u2026 Toute guerre débouche forcément sur la paix.De façon plus immédiate, toutefois, Marek Halter, 71 ans, regarde vers la Syrie, «le seul pays laïque du monde arabe».«Je suis allé à Damas l'été dernier et je vais y retourner (1).Entre-temps, je fais paraître dans tous les grands journaux du monde un article qui s'intitule La paix passe par Damas ! C'était dans Libération ce matin (2).Paraît que ça a un peu énervé mon président\u2026» Qu'à cela ne tienne.Jeudi, Marek Halter est parti pour New York, où i l devait régler les derniers détails de la traduction anglaise de son livre Marie, mère de Jésus.Il espérait aussi y rencontrer Hillary Clinton ou Barack Obama.Un matin, Marek Halter s'est réveillé avec cette colère contre l'antiaméricanisme «primaire» des Français.«En Europe, on dénonce l'Amérique comme fondamentaliste et arriérée, mais voilà aujourd'hui l'Amérique devant le choix entre une femme et un homme de couleur, fils d'un musulman du Kenya.C'est merveilleux!» JEMESUISRÉVEILLÉ ENCOLÈRE Marek Halter, éd.Robert Laffont, 194 pages.(1) en juillet, marek Halter avait dit à la presse française qu'il n'avait pu rencontrer le président syrien Bachar al-assad; lundi, il nous affirmait le contraire.Pour d'autres incongruités factuelles du même genre, voir l'excellent dossier de recherche de marieandrée lamontagne sur le site contacttv.net.(2) www.liberation.fr/rebonds (lundi 14 jan 08) enTReVUe / marek Halter les colères de m.Halter PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE la plus grande colère de marek Halter est dirigée contre ceux «qui se donnent le droit d'apporter la mort ».«Quel dieu leur demande faire ça?aucun.» Il y a 40 ans, il fondait le Mouvement pour une paix négociée au Proche-Orient ; aujourd'hui, il parraine Ni putes ni soumises, le regroupement populaire de filles et de femmes des cités françaises.Marek Halter est de tous les combats.et il adore les commenter lui-même.Daniel Lemay a rencontré ce grand conteur.«Comme Schéhérazade dans les Mille et une nuits, je veux séduire, mais je veux aussi que les gens apprennent et comprennent des choses sur les cultures, les valeurs, la morale.Je me place dans la tradition des conteurs bibliques.» la chronique ironique qui voit et entend tout\u2026 à sa façon DeS CHiFFReS QUi Pa RlenT 100 en euros, le prix demandé pour un crâne humain dans un marché aux puces de Belgrade.le vendeur affirme l'avoir découvert dans une armoire reçue en cadeau.23 le nombre d'experts de l'OnU qui ont interrogé une délégation de Riyad au sujet de la discrimination subie par les femmes en arabie saoudite.il n'y en a pas, a dit la délégation.Surprise.151 000 le nombre d'irakiens morts de façon violente entre mars 2003 et juin 2006.Trente-six pour cent de la population affiche des symptômes importants de détresse psychologique, selon une étude de l'Organisationmondiale de la santé.iCi eT ailleURS Bel GiQUe Cherchez la bague La variété des champs de recherche scientifique n'a décidément pas de limites.Un communiqué acheminé aux médias cette semaine révèle que lorsqu'un amoureux timide offre à sa dulcinée une bague de fiançailles plongée au fond d'un verre de champagne, en guise de demande de mariage, 20%de femmes avalent le bijou avec les bulles.Nous sommes d'accord : c'est l'information la plus futile de l'année.Va Ti Can Dure semaine pour Benoît XVi Il devait donner une conférence cette semaine à l'Université La Sapienza, à Rome.Mais une soixantaine de professeurs ont réclamé l'annulation de son discours qui, selon eux, constituerait un affront à la science et au caractère laïque de l'instituion, en raison des positions «antiscientifiques » adoptées par l'Église catholique sous le règne de Benoît XVI.Et dire qu'il pourrait aller se consoler aux 400e de Québec.L'âme du pape est décidément insondable.ilS, elleSOnT DiT Rassurant «L'État russe moderne a 16 à 17 ans, mais on nous reproche de ne pas être assez mûrs.Pourtant, nous sommes déjà passés de la démocratie de meetings à la démocratie parlementaire où tous les mécanismes fonctionnent bien.» \u2014 DMITRI MEDVEDEV, dauphin du président russe Vladimir Poutine.Nous voici rassurés.Tranchant «Il vaut mieux se taire et avoir l'air niaiseux que parler et prouver qu'on l'est.» \u2014 Le député adéquiste HUBERT BENOÎT expliquant le silence de ses 40 collègues à l'Assemblée nationale.Dire qu'il aurait pu se taire lui aussi et nous priver ainsi de cette brillante déclaration.insultant «C'est vrai que nous sommes des leaders, mais chez Citroën la révolution ne s'arrête jamais.» \u2014 TEXTE D'UNE ANNONCE du fabricant d'autos qui montrait l'image de Mao Zedong faisant la grimace au-dessus d'une voiture d'une autre marque.L'annonce a paru dans le quotidien espagnol El Pais, qui a dû la retirer, à cause des hauts cris de la Chine qui la jugeait irrévérencieuse.en HaUSSe, en BaiSSe le PRé Si DenT FRançaiS niCOlaS Sa Rk Ozy Bon, c'est vrai, les sondages ne sont pas très bons.Mais il est si mignon sur ses photos avec Carla.le SeCRé Tai Re amé Ri Cainà la Dé Fen Se ROBeRTGa TeS D'abord, il dit que les troupes de l'OTAN sont nulles en Afghanistan.Après, il dit le contraire.Branchez-vous, M.Gates\u2026 leS COlS BleUS.Cheap, cheap, le coup de la Fête des neiges\u2026 PLUS LECTURES SIGNET Denys, bibliographie PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE Il aura fallu huit ans à Deni Yvan Béchard pour écrire ce premier roman foisonnant sur les mouvements des francophones de l'Amérique du Nord.Né d'un père gaspésien et d'une mère américaine, l'auteur ne cache pas que si son livre a été écrit en anglais, sa langue usuelle, l'inspiration a été québécoise.D.Y.Béchard signe Vandal Love ou perdus en Amérique, un magnifique récit multigénérationnel reposant sur la quête identitaire des francophones en Amérique.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE On l'a comparé à Joyce mais aussi à Kerouac et à Rushdie.L'auteur canadien Deni Yvan Béchard a conquis tout le Commonwealth, qui a d'ailleurs choisi de lui décerner son prix du meilleur premier roman pour Vandal Love ou perdus en Amérique, publié ces jours-ci en français chez Québec Amérique.Il a fallu huit ans à D.Y.Béchard pour écrire ce premier roman foisonnant sur les mouvements des francophones de l'Amérique du Nord, choisissant d'ancrer son récit dans un réalisme magique à la Garcia Marquez.Si la lignée du patriarche gaspésien Hervé Hervé n'engendre que des géants ou des nains, c'est que ceux-ci ne savent se définir que selon les légendes.Une habile métaphore pour parler d'un peuple qui ne trouve sa place nulle part, malgré un exode aux États-Unis.« J'ai voulu parler d'appartenance, explique l'auteur né d'un père gaspésien et d'une mère américaine.Les gens qui cherchent à entrer dans un monde qui ne semble pas fait à leur mesure deviennent effectivement grotesques.Ils finissent par se convaincre qu'ils n'appartiennent à aucune norme et qu'ils sont, par le fait même, anormaux.» Béchard se réjouit de l'accueil réservé à ce roman qu'il a réécrit plus d'une dizaine de fois avant d'en être réellement satisfait.«J'ai été particulièrement ému d'entendre un juge jamaïcain me dire que c'était la première fois de sa vie qu'il lisait un roman dans lequel c'est un peuple blanc qui ne trouve pas sa place.Et non un peuple noir.» Il faut dire que la quête initiatique de la lignée des Hervé n'est pas sans assise dans la vie de l'auteur, qui a fait tout son parcours scolaire en français malgré un départ de Vancouver pour les États-Unis à l'âge de 10 ans.«Mon père a quitté la Gaspésie avant la Révolution tranquille; alors pour lui, être québécois, c'était être pauvre sur une terre difficile.Les histoires qu'il me racontait sur le Québec quand j'avais 6 ou 7 ans étaient remplies de géants qui se battaient entre eux, relate-t-il en riant.À cet âge, on ne connaît pas son histoire, on est jeune et impressionnable.J'ai donc grandi avec ces récits de chantier à la dure où il n'y a que les anglophones qui mangent du saumon alors que les francophones n'ont droit qu'à la morue.Dans mon imagination, le Québec est devenu un pays de monstres.» Une lignée de Titans L'oeuvre de Béchard se construit en deux temps.Le premier livre relate les pérégrinations des géants, ces êtres marqués par la terre gaspésienne et la froidure, alors que le deuxième nous présente la destinée des nains, êtres fragiles en quête d'un sentiment d'appartenance dans un monde spirituel.Le récit se déroule sur près de 60 ans et se clôt sur la rencontre improbable des deux lignées.«Il y a effectivement plusieurs personnages dans ce roman, mais c'est une même histoire qui les traverse, précise-t-il.Dans le livre des géants, la grande Isabelle réussit à exprimer ce que Jude, son colosse de grand-père, n'a jamais réussi à exprimer.C'est un peu la même chose pour les avortons.» Histoires qui se répètent, destinées semblables de génération en génération, les Hervé deviennent Harvey, mais le fil ne se coupe pas ou ne semble pas vouloir se couper.C'est que Béchard a aussi porté son nom en bandoulière, patrie inconnue dans ses bagages, ce qui le poussera à chercher des traces de la francophonie aux États-Unis.«Écrire ou parler anglais pour moi ne veut pas dire que cette histoire ne m'appartient pas, soutient-il.Aussi, je me suis intéressé à l'assimilation des francophones et l'influence que ceux-ci ont eue sur le visage politique des États-Unis.À leur arrivée là-bas, c'était les Irlandais qui contrôlaient l'Église et le Parti démocrate.Ils militaient donc pour des syndicats alors que les immigrants francophones arrivaient pour casser leurs grèves.Le Parti républicain y a vu son intérêt et a transformé les francophones en véritables Américains.Il les a aidés à changer leur nom, les a convertis au protestantisme.Et les républicains et démocrates se disputent encore férocement le New Hampshire à cause de ça.» L'auteur, établi à Boston où il enseigne la littérature, ne cache pas que si son livre a été écrit en anglais, sa langue usuelle, l'inspiration a été québécoise, ce qui rend hors de tout doute l'objet encore plus intéressant.«J'ai voulu parler de ces gens qui ont tenté d'annuler une identité qui ne fonctionne pas pour entrer dans un autre monde où l'on n'a pas voulu d'eux.» Que reste-t-il ?Une lignée, perdue en Amérique\u2026 VANDALLOVE OUPERDUSENAMÉRIQUE D.Y.Béchard, Québec Amérique, 352 pages, 24,95$ ENTREVUE / D.Y.Béchard Grandeurs et petitesses des francophones en Amérique « J'ai été particulièrement ému d'entendre un juge jamaïcain me dire que c'était la première fois de sa vie qu'il lisait un roman dans lequel c'est un peuple blanc qui ne trouve pas sa place.Et non un peuple noir.» CHANTAL GUY Comme plusieurs milliers d'autres Québécois, je suis allée voir L'âge des ténèbres de Denys Arcand pendant le congé des Fêtes.Dans une scène, Jean-Marc (Marc Labrèche) veille, impuissant, au chevet de sa mère malade, un livre entre les mains.Je me suis redressée sur mon siège pour voir le titre, comme je m'étire souvent le cou dans le métro pour savoir ce que mon voisin de wagon se tape comme bouquin.Parce que chaque fois qu'un personnage dans un film lit un livre, il faut savoir lequel, c'est toujours un message du réalisateur.Jean-Marc lit Le livre de l'intranquillité, chef-d'oeuvre de Fernando Pessoa.Lecture étonnante pour un type qui a des fantasmes aussi ridicules, mais son spleen d'employé de bureau et d'homme désespérément ordinaire n'est pas sans lien avec le narrateur de Pessoa, c'est certain.Extrait : «J'ai connu de grandes ambitions, des rêves démesurés - mais tout cela, le garçon de course ou la cousette l'ont connu aussi, parce que tout le monde fait des rêves : ce qui nous distingue, c'est la force de les réaliser, ou la chance de les voir se réaliser pour nous.» Dieu sait que Jean-Marc rêve, mais ni lui ni son époque, on le comprend, ne sont à la hauteur de grandes aspirations.Tout croule sous la bêtise et l'absurdité.J'ai parfois l'impression que Denys Arcand est devenu cinéaste par accident et qu'il aurait préféré écrire des essais - les titres pompeux de ses films (il le reconnaît) auraient fière allure dans une librairie.Il ne peut s'empêcher de montrer sa bibliographie à l'écran.Cela n'a jamais été plus flagrant que dans Les invasions barbares lorsque Marie-Josée Croze, pourtant correctrice aux Éditions du Boréal, semble découvrir pour la première fois les noms de Primo Levi, Emil Cioran, Alexandre Soljenitsyne et Samuel Pepys dans la bibliothèque léguée par Rémy.Je dois ici remercier Denys Arcand pour la découverte du Journal de Samuel Pepys, un vrai bonheur de lecture.Piquée au vif par son portrait méprisant de la jeunesse (évidemment inculte), j'ai vécu comme une victoire personnelle le fait d'avoir lu, en totalité ou en partie, trois titres sur quatre de la bibliothèque de Rémy - on gagne les petites batailles que l'on peut.Mais personne ne m'avait jamais parlé de Pepys et ça m'énervait.J'ai donc acheté son journal.J'ai compris que c'était Rémy.Pepys est un fonctionnaire sans ambition particulière, plutôt épicurien, dont le journal a été écrit dans un code qui a été long à déchiffrer pour les exégètes.Il n'était pas destiné à la publication.Pepys voulait simplement consigner les détails de sa vie quotidienne - sa pinte de bière matinale, ses chicanes avec sa femme, ses tentations lubriques qu'il tente d'excuser en donnant de l'argent aux pauvres, ses sorties au théâtre où un certain Shakespeare l'indiffère.Or, il s'avère que ce journal est le témoignage le plus vivant du XVIIe siècle anglais pour les historiens.Quelle est la conclusion du cinéaste en nous pointant ces quatre auteurs dans la bibliothèque de Rémy?Le choix des titres n'est pas innocent : Histoire et Utopie (Cioran), L'archipel du goulag (Soljenitsyne), Si c'est un homme (Lévi) et Pepys.Tous des livres qui montrent les dangers des idéologies ou qui s'attardent sur l'expérience individuelle, humaine.C'est ce qui reste de valable pour une génération qui, après avoir rejeté la religion, a traversé tous les «ismes », comme des transcendances de rechange: nationalisme, communisme, marxisme, maoïsme, féminisme.Rémy et ses amis en font le compte en riant.Ils sont revenus de tout, sauf du plaisir.Aucune de ces utopies ou de ces systèmes n'a tenu la route pour eux, aucune n'aide Rémy aux portes de la mort.Rémy n'était\u2026 qu'un hédoniste, finalement.Le type le moins résigné au grand saut, le plus vulnérable face à l'idée de sa fin.Ce n'est pas étonnant qu'il choisisse l'euthanasie.Déclin (vieillissement, pertes des illusions), Invasions (maladie) et Ténèbres (mort): c'est vraiment un triptyque de boomer, cette génération qu'on dit lyrique\u2026 Pour joindre notre journaliste : cguy@lapresse.ca 3531395A PLUS LECTURES BEYROUTH: ANNULÉ Déjà reporté d'octobre 2007 à février 2008, le Salon du livre francophone de Beyrouth est finalement annulé.À cause de l'instabilité politique qui règne au Liban depuis la fin du mandat présidentiel d'Émile Lahoud, en novembre, lisait-on vendredi sur livreshebdo.fr.Organisé par l'ambassade de France, le salon de Beyrouth est le troisième en importance dans l'espace francophone, après ceux de Paris et Montréal.DEUXMOTS Des éditeurs espagnol et italien ont acquis les droits de traduction de L'art de refuser un roman, le « roman épistolaire» de l'Acadien Camilien Roy, publié l'automne dernier chez Stanké.Mathieu Barbe, libraire chez Raffin de la rue de la Commune, nous a confirmé la fermeture, fin janvier, de cette succursale, la seule librairie généraliste du Vieux-Montréal, sauf erreur.AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY VLAN! DANS LES DENTS! «On ne peut pas résumer l'art par le marché de l'art, la qualité d'une oeuvre par la consommation culturelle.» Sous la plume d'Olivier Poivre-d'Arvor, la France «culturelle» réplique au magazine américain Time qui, en couverture de son édition européenne du 21 novembre 2007, titrait «La mort de la culture française», poussant la note jusqu'à demander à ses lecteurs : «Connaissez- vous un artiste français vivant ?» Pour vous mettre dans le ton: «Il y aura toujours des coquins, écrit OPDA, pour dire que la différence entre nos deux pays tient au fait que neuf Français sur 10 savaient qui était Marcel Marceau, alors que seulement un Américain sur 10 avait entendu parler de Norman Mailer.» Dossier complet sur culturesfrance.com (Le Mag).De la belle, belle lecture.Marcel Marceau PHOTO AP Sébastien Chabot établit, dans son troisième roman intitulé Le chant des mouches, une allégorie grinçante du Québec actuel.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE On pense au dernier Venise en Québec du dramaturge Olivier Choinière.C'est que Sébastien Chabot, à qui l'on doit Ma mère est une marmotte et L'angoisse des poulets sans plumes (prix Jovette-Bernier 2006), livre le dernier volet de son triptyque des animaux avec un humour qui rappelle celui de l'enfant terrible du théâtre.Les mouches bourdonnent dans le comté de Mata lik, région inspirée de la vallée de la Matapédia natale de l'auteur.« Le monde que j'ai inventé commençait à se définir de plus en plus, indique Sébastien Chabot, qui campe sa troisième histoire dans le même décor que ses précédents livres.«Je me suis finalement rendu compte, en écrivant Le chant des mouches, que le comté de Matalik pouvait devenir une transposition de la société québécoise, comme s'il s'ouvrait sur quelque chose de plus général qu'un simple portrait de terroir.Il devient, à sa façon, une allégorie du Québec moderne.» Le lec teur fa it cet te fois connaissance avec les habitants de Sainte-Souffrance, un village scindé en deux par un immense trou nauséabond, ce qui oblige les villageois à choisir leur camp.Mais alors que les deux parties se disputent le mythe fondateur du trou, un étrange ministère omniscient les maintient dans la fange, offrant même, par l'intermédiaire de fonctionnaires, un service de suicide assisté.Humour noir, dites-vous ?Il semble que l'âge des ténèbres soit également parvenu dans l'imaginaire littéraire.« Le gouve r nement nous envoie des slogans totalement infantilisants, et ce, partout dans la province, témoigne Chabot.Ce n'est pas qu'un phénomène de région.La problématique du suicide, elle aussi, est à la grandeur du Québec.Je n'ai donc pas l'impression d'avoir illustré le désespoir d'un Québec rural profond mais bien celui de toute une société.» Problème d'identité Dans le village de Sainte- Souffrance, l'identité repose donc sur la scission des villageois.On se dit Torpilleur ou Flotteur, selon son allégeance.Et le moindre élan de réconciliation est automatiquement perçu comme une traîtrise.Une habile métaphore de notre manichéisme national.« Il y a beaucoup de guerres de clochers au Québec, déplore Sébastien Chabot.D'ailleurs, les polémiques y naissent très vite.Même en littérature il se forme des clans! Et bien sûr, notre société entière repose sur une friction, celle des souverainistes et des fédéralistes.» L'auteur s'en est d'ailleurs inspiré pour les slogans des différents maires qui ont tenté de diriger Sainte-Souffrance, l'un prônant le «vivre avec eux pour être mieux» tandis que l'autre choisit de «vivre entre nous pour ne pas être à genoux».Chabot a alors choisi de mettre l'accent sur la descendance d'un couple formé d'une Flotteuse et d'un Torpilleur.Les deux jumeaux, s'entretuant dans le ventre maternel et séparés avec force à la naissance, tenteront dans un ultime effort de réconcilier l'irréconciliable avant de fuir en silence.« Ce n'est évidemment pas gratuit que ce soit un curé et un artiste et que les deux se poussent de ce village, confirme Chabot.Commencer quelque chose au Québec, c'est automatiquement s'attirer des ennuis.Il se forme un clan adverse dès que quelqu'un entreprend quelque chose.Alors c'est forcément étouffant.» Chabot s'est également amusé à peindre l 'actuel discours lénifiant sous la forme d'un regroupement de gens s'autoproclamant les Zeureux.«J'ai voulu illustrer la mentalité des baby-boomers, cette génération contente d'être contente.J'avais en tête tous ces gens heureux de partager une recette de béchamel à la télévision, poursuit Chabot en riant.Mais on peut y voir aussi l'attrait actuel de toute notre société pour l'humour alors que tout va plus mal que jamais.» Celui qui a répondu au célèbre coup de gueule de Victor-Lévy Beaulieu en 2004 par le manuscrit de L'angoisse des poulets sans plume s - manusc r i t que Beaulieu s'est empressé de publier aux Éditions Trois Pistoles - a encore une fois truffé son roman de références littéraires, de Gaétan Soucy à Göran Tunström.Mais l'esprit ludique de Chabot culmine probablement dans l'emprunt à Arthur Buies.«J'adore les écrits de Buies, son esprit contestataire et critique face aux discours sociaux, reconnaît Chabot.Je traînais depuis longtemps cette idée d'un roman traversé de discours sociaux dans lequel on le retrouverait.» Un clin d'oeil effectivement jouissif dans une oeuvre qui l'est tout autant\u2026 LECHANTDESMOUCHES Sébastien Chabot, Alto, 170 pages, 22,95 Le retour des mouches PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © «Commencer quelque chose au Québec, c'est automatiquement s'attirer des ennuis.Il se forme un clan adverse dès que quelqu'un entreprend quelque chose.Alors c'est forcément étouffant », déplore Sébastien Chabot, auteur du roman Le chant des mouches.ENTREVUE SÉBASTIENCHABOT « Le gouvernement nous envoie des slogans totalement infantilisants, et ce, partout dans la province.Ce n'est pas qu'un phénomène de région.(.) Je n'ai donc pas l'impression d'avoir illustré le désespoir d'un Québec rural profond mais bien celui de toute une société.» NORBERT SPEHNER POLARS COLLABORATION SPÉCIALE L'histoire du roman policier commence par un paradoxe.En effet, dans les récits de « ratiocination » de Poe, qui inaugurent le genre, la police a plutôt le mauvais rôle.Son héros, le chevalier Dupin, est un fin limier dont les qualités d'enquêteur contrastent avec la nullité et l'incompétence des forces de police.Il en va de même avec Sherlock Holmes et autres détectives pleins de talent des débuts du genre.Mal organisés ou peu intelligents, les flics de l'époque font piètre figure ! Ils se font damer le pion par les maîtres de la déduction, sont tenus en échec par des criminels sinistres comme Fantômas ou sont ridiculisés par Arsène Lupin et cie.Aux États-Unis, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des flics de polar sont des êtres brutaux, racistes, ignorants et corrompus.En 1945, Lawrence Treat publie V comme Victime, un premier récit dit de « procédure policière», qui raconte au quotidien le travail d'une équipe de policiers aux prises avec la criminalité.À partir de ce moment-là, ce type de récit plus réaliste va faire de nombreux émules pour devenir le noyau dur de la littérature policière.En voici deux bons exemples parus récemment.Le coup au coeur, de Peter Robinson, raconte la 14e enquête du déte c t ive angla i s Alan Banks.L'intrigue est complexe car elle se déroule sur deux périodes.En 1969, à la fin d'un festival rock dans le Yorkshire, on retrouve le corps poignardé d'une jeune fille.Dans la mire des enquêteurs : un groupe rock, Les Chapeliers fous, que fréquentait la victime.Stanley Chadwick, un flic teigneux et obstiné, est responsable de l'enquête.Il finit par trouver un coupable dans l'entourage hippie de la victime.Trente-six ans plus tard, un journaliste est sauvagement assassiné dans la même région.Banks comprend très vite que ce meurtre est lié à l'article que préparait la victime, article qui devait porter sur un des membres des Chapeliers fous et son implication dans le meurtre de la jeune femme en 1969.L'intrigue navigue allégrement entre le passé et le présent, ce qui permet au lecteur de mesurer le fossé entre les méthodes policières un peu frustes des années sexe, drogue et rock'n'roll et celles plus «correctes » d'aujourdhui.Avec ce récit plein de suspense, Peter Robinson confirme une fois de plus son grand talent de conteur.Il est l'un des meilleurs auteurs de polar canadiens du moment.Par ailleurs, ce roman de procédure policière, qui fait la part belle aux force de l'ordre, est aussi le genre favori de plusieurs auteurs scandinaves.On pense bien sûr à Henning Mankell, mais il y a aussi Ake Edwardson, Hakan Nesser, Anne Holt, Mari Jungstedt et surtout, mon favori du moment, le norvégien Jo Nesbo, dont le cinquième roman, Le sauveur, mettant en vedette l'inspecteur Harry Hole, est paru récemment.L'action se passeà Oslo, pendant les Fêtes de fin d'année.L'Armée du Salut a organisé un concertbénéfice pour venir en aide aux démunis.Le soir du spectacle, un inconnu tire dans la foule et abat un dénommé Robert Karlsen, fils du grand patron de l'organisation.Bloqué à l'aéroport par une tempête de neige, le tueur à gages apprend qu'il a commis une erreur: il a abattu le frère jumeau de la cible désignée.Bien décidé à exécuter son contrat, il retourne en ville pour retrouver la bonne personne.C'est alors qu'intervient un Harry Hole mal en point, déprimé, la tête noyée dans le Jim Beam, mais toujours aussi déterminé à résoudre l'affaire.Dans ce récit bien mené, plein de fausses pistes, de rebondissements, le lecteur découvre l'univers complexe de l'Armée du Salut, toile de fond de l'intrigue policière.Quant au personnage fascinant du «sauveur» - surnom donné au mystérieux tueur à gages -, il nous permet de comprendre à quel point le démantèlement de l'ex-Yougoslavie et la guerre en Bosnie ont affecté les pays scandinaves, de plus en plus gangrenés par les mafias des pays de l'Est (prostitution, trafic de drogue et d'armes, blanchiment d'argent, etc.).Le sauveur est la preuve incontestable du grand talent de Jo Nesbo, un écrivain au sommet de son art.LECOUPAUCOEUR Peter Robinson Albin Michel, 29,95$ LE SAUVEUR Jo Nesbo Série Noire, 34,95$ COURRIEL Pour joindre notre collaborateur : nspehner@sympatico.ca PLUS LECTURES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Comment des politiques devenus politiciens ont-ils pu devenir riches malgré leurs salaires relativement modestes?Pourquoi s'enfuit-on du lieu d'un accident dans lequel on est impliqué, laissant les victimes crever sur le pavé?Pire encore, comment a-t-on pu, parfois pour des motifs vénaux, dénoncer sous l'Occupation ses compatriotes juifs, gitans ou homosexuels?On se croit au-dessus de telles bassesses, l'occasion n'ayant pas fait le larron.Quand le mal ne se présente pas, dans ses vilains atours, il est facile d'avoir bonne conscience.Le petit roman au long titre du lauréat du plus récent prix Robert-Cliche, Balade en train assis sur les genoux du dictateur, soulève des questions graves.Son auteur, Stéphane Achille, a choisi le ton de la dérision, non par cynisme certainement, plutôt pour faire ressortir les aspects les plus sombres de la condition humaine, si souvent inhumains.Tout commence par un disque autoproduit, dans lequel un jeune musicien parisien a investi le talent qu'il a, peut-être pas très grand, et toutes ses ressources financières.Son aventure et ses mésaventures sont l'une des dimensions, la moins intéressante, de ce roman à deux dimensions.On en apprend tout de même un bout sur le commerce de la musique populaire.Lavé et vidé, le chanteur et compositeur pop va s'installer à New York, aux frais de son frère qui brasse de grosses affaires sur les cinq continents.Il est remarqué, on se demande pourquoi tellement il est banal, par un dictateur de passage, venu dans la capitale économique du monde intéresser des financiers à l'industrialisation de son pays latinoaméricain.Le narrateur raconte en parallèle son échec artistique et l'étonnant périple de son personnage et du dictateur, dans un train qui circule sans cesse et ne va nulle part.Cette image illustre avec puissance l'imposture du dictateur et l'impasse dans laquelle il se trouve.Il sait en effet qu'il sera assassiné, comme son prédécesseur, le père qu'il a luimême éliminé.C'est beau, la famille.La culture a son charme peut-être, surtout chez les monstres.M.le Président a étudié en Europe, il a lu des livres, il sait converser.Son hôte est le déversoir de l'étrange sagesse acquise au long d'une carrière qui l'a amené à tuer sans états d'âme des innocents qui se trouvent en sa présence, pour dissuader les dissidents réels ou possibles ou pour le plaisir d'affirmer sa puissance.Le pauvre musicien, materné par le sinistre personnage, est traversé de sentiments divers qui vont de l'ébahissement à la peur, en passant par l'ennui.Le pire survient quand le dictateur offre au musicien une jeune fille innocente dont celuici a la faiblesse d'abuser.La suite est à l'avenant.Il faut maintenant tuer des hommes, ou alors être tué.Notre pitoyable héros n'a pas le choix.Ou l'a-t-il ?Le roman ne résout pas ce grave dilemme philosophique, mais il va bien au delà de la simple pirouette littéraire.\u2014 Réginald Martel BALADE EN TRAINSUR LESGENOUXDUDICTATEUR Stéphane Achille VLB éditeur, 172 pages, 21,95$ Comment on devient assassin JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Afin d'être fidèle à notre vieille amitié (en épisodes courts), je ne vous parlerai guère de l'auteur, Roger Grenier, dont on vous a entretenu ici même bien des fois, mais de son dernier livre intitulé Instantanés, qui commence ainsi: «L'instantané est le contraire de la pose.» J'ai passé les vacances à le dévorer, et l'ai trouvé trop court.Naturellement.La discrétion de Grenier.Il s'agit donc de brèves rencontres d'écrivains et d'artistes.Pas tous célèbres, il y en a que l'on n'attendait pas.Exemple : notre seule chance de connaître un inconnu remarquable, François Erval, l'homme de la rue de la Sorbonne, 1945, le journaliste et l'éditeur qui perdait les manuscrits (!), l'homme maigre qui devint énorme et vous saluait ainsi: «Alors, mon gros, tu prospères ?» Petite rencontre drôle de trois pages, bien dans le style net du parfait nouvelliste.Pour d'autres, Hemingway, Cor ta za r, Camus, Ionesco, Romain Gary, Jacques Prévert, sur lesquels vous avez l'impression que tout a été écrit, chacune de ces rencontres devient une nouveauté, une découverte.Miracle de l'instantané, un peu sépia.Voyez le texte sur Camus, aux débuts de Combat (1944- 45.), la bonne époque de ce journal mythique que, paraît-il, de Gaulle voulait financer pour qu'il ne disparaisse pas (!).On y montre un Camus et un Pascal Pia plus vrais que nature, comme il est dit dans les gazettes.(Clic ! Photo !) Portraits que l'on regarde avec émotion, anciennes photographies un peu sépia que l'on avait oubliées, ou pas prises, portraits du coeur, portraits du sentiment, portraits d'amour.Voyez le texte sur Dos Passos, devenu un renégat de sa jeunesse.«Le seul écrivain de la génération perdue, dit Grenier, qui ait refusé de dire \"Je\" est celui qui a lancé à la tête de son temps la protestation la plus violente et la plus personnelle, la plus désespérée aussi.Un refus en fin de compte plus métaphysique que social.» Devenu bourgeois, propriétaire terrien en Virginie.Le saviez-vous ?Mais pas ainsi.Il fallait aller au bord du Potomac avec une équipe de télévision, pour faire l'interview.Les autres instantanés?Avec Blondin, le merveilleux ivrogne d'Un singe en hiver, avec Panaït Istrati, avec T.E.Lawrence, avec Marmori.et les autres déjà nommés.C'est superbe.Avec Gaston Gal l imard aussi , ce «personnage secret à force d'être discret », celui qui sut prévoir avant tous les autres quel serait le succès d'Autant en emporte le vent.Avec Dominique Aury, Raymond Queneau et sa chienne tibétaine, avec.avec.Allons, l'année 2008 commence bien pour ceux que l'art et la littérature enthousiasment encore.INSTANTANÉS Roger Grenier Gallimard, 200 pages, 27,50$ LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE «Le contraire de la pose » AGENCE FRANCE-PRESSE PARIS \u2014 Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême fête son 35e anniversaire du 24 au 27 janvier, avec une présentation 2008 resserrée dans le centre-ville et une programmation qui fait la part belle à la création.Libéré des travaux qui avaient contraint les organisateurs à délocaliser en 2007 une partie de la manifestation à la périphérie de la ville, le festival réinvestit cette année le centre, avec une superficie réduite d'environ 30%.Le festival 2008 peut en revanche compter sur le dynamisme du secteur, avec plus de 4300 titres publiés en 2007 en France et dans l'espace francophone européen, et un engouement intact du public pour le plus grand rassemblement européen autour de la BD, qui attire environ 2 visiteurs chaque année.Files d'attente en perspective autour des stands d'éditeurs pour une dédicace des stars annoncées: Zep, Blutch, Jean Giraud, Tronchet, François Boucq, Chabouté, Régis Loisel ou les Italiens Tanino Liberatore et Milo Manara.Les organisateurs misent cette année sur l'aspect festif.«Nous voulons qu'Angoulême ne soit pas seulement un lieu de promotion de la BD, mais aussi de création», souligne le directeur artistique du FIBD, Benoît Mouchard.Quatre spectacles sont ainsi programmés pour donner aux auteurs une autre fenêtre pour s'exprimer.Le dessinateur Joann Sfar (Le chat du rabbin) illustrera un spectacle du chanteur Thomas Fersen et des concerts de dessins et autres matchs d'improvisation initieront le public à la magie du trait en direct sur écran géant.Lauréat du Grand prix 2007 de la Ville d'Angoulême, l'Argentin José Munoz (Alack Sinner) présidera le jury et présentera une rétrospective exceptionnelle de 70 ans de BD argentine, l'une des expositions phare du festival.Mais d'autres expositions sont prévues, comme Science-fiction: villes du futur ou 35 ans de Grands prix à Angoulême.Parmi les innovations cette année, l 'édi f ice Manga est dédié à la BD asiatique, qui a représenté en 2007 43% des nouveautés publiées en France et qui compte sur un (jeune) public fidèle.Une exposition présentera le travail du collectif de dessinatrices et scénaristes japonaises Clamp.À lire en priorité Pour ses 35 ans, le festival entend donner plus de visibilité à sa sélection officielle, dont les organisateurs souhaitent faire une sorte de liste de titres à lire en priorité, en devançant autant que possible les goûts des lecteurs pour leur faire découvrir de nouveaux territoires de la BD.Cinquante ouvrages ont ainsi été sélectionnés pour le Prix du meilleur album, de la BD grand public aux mangas en passant par d'autres romans graphiques.Angoulême célèbre la bande dessinée Histoires de flics Avec ce récit plein de suspense, Peter Robinson confirme une fois de plus son grand talent de conteur. FRANÇOIS CARDINAL Bien difficile de voir la vie en vert par les temps qui courent.Les rapports climatiques se suivent et nous confirment tous qu'aucune embellie ne point à l'horizon, bien au contraire.Heureusement, certaines lectures nous permettent d'envisager demain avec un certain espoir.C'est le cas de trois livres publiés récemment: C'est vert et ça marche (Jean- Marie Pelt), Enfin de bonnes nouvelles (David Suzuki et Holly Dressel) et le collectif Changer le monde: un guide pour le citoyen du XXIe siècle.Tous ont le mérite de délaisser le problème au profit des solutions, chose qui semble cruellement manquer lorsqu'on constate l'échec de la lutte contre les changements climatiques dans le monde: malgré le protocole de Kyoto, les émissions de gaz à effet de serre des pays riches atteignent aujourd'hui un sommet historique.Parmi les t rois ouvrages , Changer le monde est certainement celui qui se démarque le plus, par son originalité et sa vision tous azimuts.Véritable guide de voyage pour un monde meilleur, cette brique de 600 pages aurait également pu s'intituler Sortie de secours, tant elle ressemble à une encyclopédie de solutions au service des citoyens, des entreprises et des dirigeants.«Cet ouvrage est une somme de solut ions , cer taines peu connues mais éprouvées, d'autres innovantes, d'autres encore audacieuses mais plus incertaines », note en préface le gourou de l'environnement Al Gore.Basé sur les billets signés par des gens de tous horizons sur le site web par ticipati f World Changing.com, ce livre a non seulement pour objectif d'inciter tous et chacun à agir, mais aussi à contribuer à l'établissement d'un nouveau modèle de développement, rien de moins.«Nous en sommes là, croit l'éditeur, Alex Steffen.Il nous faut faire, dans les 25 prochaines années, ce qui n'a jamais été fait.Nous devons repenser volontairement le fondement matériel de notre civilisation.» Des solutions audacieuses Tout y passe donc: du logement aux affaires en passant par la politique, l'aménagement des villes et le traitement des ordures.Les solutions sont parfois utopiques, mais plus souvent pragmatiques et audacieuses.On relate les bonnes pratiques (Vancouver et la place congrue accordée à l'auto); on fait état des initiatives originales (les potagers à l'école) ; on tente de voir ce que nous réserve l'avenir (l'automobile à l'hydrogène); on ose poser des questions habituellement tabous dans le mouvement écolo (doit-on recycler, étant donné la quantité d'énergie que cela nécessite ?), etc.Encore plus intéressante est la prémisse de base de ce livre: plutôt que de se faire oiseau de malheur, on choisit l'optimisme, une attitude quasi subversive en cette époque où l'on parle de l'éventuelle fin du monde lors de soupers entre amis.«Le désespoir est un piège, peut-on lire.Aucun des problèmes auxquels nous faisons face n'est irrémédiable.Il n'y a pas de raison de croire que les huit milliards d'humains qui seront là en 2050 ne pourraient pas vivre sur cette planète dans de bonnes conditions.» Un message d'espoir Tel est également le message des livres évoqués plus tôt, de Jean-Marie Pelt et de David Suzuki.Dans Enfin de bonnes nouvelles, ce dernier explique qu'il n'est pas nécessaire de se priver de tout pour sauver la planète.S'excusant même d'avoir laissé entendre une telle chose dans le passé, l'écologiste canadien soutient maintenant qu'il est possible de voir l'avenir avec espoir et nous montre comment.Pour sa part, le président de l'Institut d'écologie européen nous entraîne dans un voyage à travers les bonnes initiatives glanées aux quatre coins du monde.Moins porté à la réflexion que Suzuki, moins axé sur l'action individuelle que Changer le monde, M.Pelt nous permet néanmoins d'entrevoir la possibilité d'un avenir plus vert, ce qui est déjà un exploit.CHANGERLEMONDE: UNGUIDEPOURLECITOYEN DUXXIe SIÈCLE Collectif dirigé par Alex Steffen Éditions de la Martinière, 596 pages, 59,95$ ENFINDEBONNES NOUVELLES David Suzuki et Holly Dressel Boréal, 558 pages, 27,95$ C'ESTVERTETÇAMARCHE Jean-Marie Pelt Fayard, 304 pages, 29,95$ PLUS LECTURES ESSAIS Climat : y a-t-il une sortie de secours ?LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Il y a, dans Badenheim 1939 d'Aharon Appelfeld, quelque chose du Roi de coeur, ce film de Philippe de Broca où, durant la Première Guerre mondiale, les pensionnaires d'un asile d'aliénés se répandaient dans une ville de province évacuée, vivant dans l'insouciance totale, la folie pure.Il s'agit cependant, dans ce roman réédité 27 ans après sa parution, de la Seconde Guerre mondiale qui commence et les personnages - une bourgeoisie juive en villégiature dans une station thermale autrichienne - ne sont pas échappés d'une clinique mais vont bientôt (ils ne le savent pas) être expédiés vers les camps d'extermination.Ce roman porte sur l'innocence de l'être humain face au pire (l'inimaginable solution finale), il tire sa puissance (sa magie, légèreté burlesque) d'une poétique du regard.Appelfeld, qui a connu la déportation à 8 ans, s'est attaché à imaginer au détail les détails, faits et gestes de la vie quotidienne d'estivants, l'insouciance, l'originalité, tics et trucs d'une société qui va aux eaux à Baden où le festival de musique bat de l'aile (Appelfeld ne l'indique pas, c'est à Baden que Beethoven termina en 1823 sa Missa solemnis).Appelfeld (né en 1932, vivant en Israël) ne convoque pas l'histoire avec ou sans grand H, ni grandes orgues ni envolées, mais il orchestre la ronde, le défilé, la reprise à laquelle se livre cette société rococo toute à ses affaires entre pâtisseries et concerts, cerisiers et rumeurs.L'été 39, alors que l'orchestre sèche les répétitions, quelque chose agace: un avis placardé convie les Juifs à se faire recenser au service sanitaire.Ils iront, inquiets, surpris, reprendront les promenades, parties de cartes, somnolences dans des fauteuils, performances dans les salons.Peu à peu, le service sanitaire fera fermer la Poste, coupera le téléphone, videra la piscine.Une peur lointaine s'installe dans le regard des musiciens qui troquent les polkas contre de vieilles mélodies juives\u2026 Papenheim, l'imprésario, est découragé pour son festival mais joyeux (c'est sa nature).Mme Zauberblit s'est échappée d'une clinique pour ne pas rater la saison.Un divorcé et une veuve font des travaux d'approche.Mme Milboïm, duchesse, comtesse, qui sait, patronne des jumeaux qui font des lectures publiques.Les prostituées, vieillies avec le festival, ne font plus recettes.Le professeur Fussholt corrige les épreuves de son livre, sa maîtresse s'ennuie, etc.L'été 39 s'achèvera.Il semble acquis qu'il va falloir aller vivre en Pologne.Un matin, le signal est donné.Les estivants se rendent à la gare.«Montez!» Il y a quatre wagons à bestiaux.Papenheim dit: «Si les wagons sont aussi sales, c'est signe que nous n'irons pas loin.» \u2014 Robert Lévesque, collaboration spéciale Badenheim1939 Aharon Appelfeld traduit de l'hébreu par Arlette Pierrot L'Olivier, 166 pages, 29,95$ Cerisiers roses et wagons sales « Le désespoir est un piège.Aucun des problèmes auxquels nous faisons face n'est irrémédiable.» LA GRILLE BLANCHE SOLUTION DU DERNIERNUMÉRO HORIZONTALEMENT 1 Atchoum! - Révéler ce qui était secret.2 Crier comme un poussin - Accumulé - Courroie fixée au mors.3 Vêtements usés qui ont conservé un reste de splendeur - Question d'un test - Petits loirs.4 Substance éliminée par les reins - Sélectionner - Grand moustique - Gloussé.5 Sélénium - In naturalibus - Changent de peau - Épicés.6 Coquilles des mollusques - Monnaie nippone - Ouvre une fenêtre - Corfou en est une.7 Avachi - Opposé au couchant - L'Arabie Saoudite en fait partie - On y circule.8 Est utile pendant la déglutition - Type - Inchangés.9 Petite corde - Rend service aux végétariens - Qui provoque de grosses dépenses.10 Dans la béchamel - Situation très pénible - Change chaque année - Sert à encourager le toréador.11 Marque la manière - Nous vient de Chine - Avance comme une carpe - Prélever un liquide.12 Forme du persan parlée en Afghanistan - Pas admis - Devenu livide.13 Chez qui prédomine le raisonnement, - Flairée - Cancres.14 Petite plante lacustre - Unité de titre des fibres textiles - Ensemble des recettes et des dépenses d'une famille.15 Nappe d'eau - On y lit les grands titres - D'une locution signifiant volontairement - Dirigée - Rad.16 De vive voix - Imprécis - Érato Calliope et Uranie - Partie molle du pain.17 Strontium - Premier son de bébé - Couvert de vapeur d'eau - Arrangé grossièrement.18 Vendre au rabais - Appréhension - Peu fréquents.19 Asa-foetida - Progrès de quelque chose - Circonstances.20 Appât artificiel - Délicates - Groupement religieux.VERTICALEMENT 1 Stupéfié - Très grand.2 Cachée - Aliment tiré des muscles des animaux - Mouille.3 Est à l'affût - Tracas - Ville du nord du Chili - A cours à Bucarest.4 Déplacent latéralement - Dans un alphabet - Soigne les pur-sang.5 Venue au monde - Livre d'usage courant - Rapace nocturne - Crier comme un cerf.6 Sel de l'acide urique - Fut chef des armées sudistes - Décontenancé par la surprise.7 Patrie d'Abraham selon la Bible - Sa capitale est Sanaa - Outil de jardinier.8 Formule brève énonçant une règle de morale - Pas costaud - Autour du cou.9 Titre ecclésiastique - Grand serpent - Première personne - Conflit armé.10 Note égale au quart de la ronde - Décoré - Se met sur certaines voyelles.11 Explosif puissant - Originaire - Qui nie l'existence de Dieu - Vent froid.12 Adjectif démonstratif - Nébuleux - Pourvoir de ce qui est utile.13 Grand verre de bière - Éructation - Épouse d'Ouranos - Surveille.14 Se dit à Madrid - Accommode - Poupons - Trompés.15 Poilue - Protection médiévale - Brailler.16 Qui procède par sous-entendus - Inhabités.17 Imaginaire - Étain - Vaut mille mots - Tache de la cornée.18 Prénom de Ferré - On le fixe sur l'hameçon - Matière colorante rouge - Pays du Maghreb.19 Indique un intervalle - Fait comme la chouette - Tuent à l'arme blanche.20 Tient le coup - Rongeur d'Afrique voisin de l'écureuil - Héra en est une.La prochaine grille blanche paraîtra le dimanche 17 février.La SOLUTION de cette grille blanche sera publiée le dimanche 17 février Michel Hannequart www.hannequart.com AMUSEZ-VOUS! La griLLe thématique So Lution du dernier numéro Horizonta Lement 1 Prénom d'une héroïne de la comtesse de Ségur - Prénom d'une héroïne de Colette.2 Prénom féminin - Prénom de la muse de Louis Aragon - Titre abrégé.3 Marie-Antoinette - Nom de la fée qui a élevé Lancelot du lac.4 Personnage biblique - Petit ongulé à l'allure de marmotte - Prénom de la camériste de la Castafiore.5 Marie Tudor y a régné - Souricière.6 Est culotté - Petit homme - La Corse.7 Gadolinium - Regarde avec mépris - Petit cloporte.8 Grimace - Feuille de fer - Implacable.9 3e personne du féminin - Petit faucon.10 Dans le sac d'une golfeuse - Les traditions d'un pays - Cérium - Étendue très aride.11 Prénom de la première femme titulaire d'une chaire à la Sorbonne - Pronom personnel - Ils ne boivent plus.12 Commander - Assommé par un choc violent - Prénom féminin.13 Prénom féminin - Prénom de l'héroïne des Filles de Caleb - Jamais.14 Donc, une future mère - Ornement architectural - Démonstratif.15 Pièce d'une charrue - Fer - Prénom de l'interprète de Joe le taxi.Vertica Lement 1 Prénom d'une actrice française à la voix d'or - Prénom d'une actrice suédoise surnommée la Divine - Prénom de l'héroïne de la Bicyclette bleue de Régine Desforges.2 Monnaies de Suède - Patronne de l'Alsace - On y reçoit des coups.3 Courbées - Prénom d'une grande humoriste québécoise.4 Prénom d'une favorite d'Henri IV - Vieille.5 Allez, en latin - Indique un choix - Hurlement - Conifère à baies rouges.6 Héros de Spielberg - Prénom de la réalisatrice de Emporte-moi - Impératrice d'Orient.7 C'était le prénom de l'épouse du président argentin Juan Peron - Forte carte - Change de voix - Le début et la fin d'un mandat.8 Paroles d'incroyant - Golda Meir y est née.9 Est utilisé pour produire une fermentation - Il est jaune brillant - Monnaie du Pérou.10Prénom féminin - Héroïne d'un conte de Lewis Carroll - Groupe d'atomes.11 Pays d'origine de Julia Roberts - Prénom féminin - Met plus haut.12 Prénom féminin - Ville de Champagne - En matière de.13 Fin de verbe - Pays de rêve!.14 Venu au monde - À moi - Est personnifiée pas Séléné - Empire qui s'écroula en 1532.15 Prénom de Madame Bovary - Animal allongé - Prénom d'une actrice américaine, épouse de Rainier III.Solution au prochain numéro michel hannequart www.hannequart.com Prénoms féminins Génies en herbe solution Gé Ant 1 Irlande du Nord 2 James Dean 3 General Mills 4 Beau Dommage 5 257 cm Mé Moi Re 1 Amnésie 2 Random Access Memory 3 Les Montres molles 4 Cats 5 Simone de Beauvoir DAns lA Cuisine 1 Mandoline 2 4 3 Blanchir 4 Menthe 5 Inde Asso Ci Ations 1 e 2 c 3 a 4 b 5 d sloGAn 1 Nike 2 Cri de clan, cri de guerre 3 « Oui, et ça devient possible » 4 The Sex Pistols 5 Les événements de Mai 1968, en France.lett Re « B » 1 Balsamique 2 Bêtisier 3 Buste 4 Beauséjour 5 Bilbao Bou Quet 1 Wasabi 2 Bouquet garni 3 Son parfum, ses arômes 4 Lapin 5 Olympia iDenti FiCAtion Ivoire Gé Ant 1 Dans quelle partie du Royaume-Uni pourrezvous visiter la Chaussée des Géants, formation composée de centaines de colonnes de basalte ?2 Cette figure du cinéma américain est la vedette du film Giant, sorti en 1956, soit plus d'un an après sa mort.3 À quelle multinationale de l'agroalimentaire appartient la marque du Géant Vert ?4 À quel groupe québécois doit-on la chanson Le géant Beaupré, parue en 1974?5 L'homme le plus grand encore vivant est un vétérinaire ukrainien nommé Léonid Stadnik.À 5 centimètres près, combien mesure-t-il ?Mé Moi Re 1 Quel terme médical désigne une perte ou une altération de la mémoire?2 En informatique, la mémoire vive est souvent désignée par l'acronyme RAM.Que signifient ces trois lettres ?3 Sous quel autre nom est mieux connue la toile de Salvador Dali, peinte en 1931, intitulée La Persistance de la mémoire ?4 De quelle comédie musicale animalière, composée par Andrew Lloyd Weber, est tirée la chanson Memory, popularisée entre autres par Barbra Streisand?5 Quelle féministe, née il y a 100 ans, a intitulé son autobiographie Mémoires d'une jeune fille rangée ?DAns lA Cuisine 1 Quel ustensile de cuisine, portant également le nom d'un instrument de musique, sert à tailler les légumes en tranches plus ou moins épaisses ou en différentes coupes ?2 À combien de cuillères à soupe correspondent 60 millilitres ?3 Quel verbe utilisé en cuisine signifie cuire brièvement dans l'eau bouillante puis refroidir rapidement?4 Quelle plante aromatise le thé servi traditionnellement dans les pays d'Afrique du Nord?5 De la cuisine de quel pays provient le pain naan?Asso Ci Ations Associez le Prix du Québec au domaine récompensé.1 Prix Athanase-David a- Inventions, innovation scientifique et technologique 2 Prix Georges-Émile-Lapalme b- Cinéma 3 Prix Lionel-Boulet c- Qualité et rayonnement de la langue française 4 Prix Albert-Tessier d- Sciences humaines 5 Prix Léon-Gérin e- Littérature sloGAn 1 Quelle compagnie, qui porte le nom de la déesse grecque de la victoire, a comme slogan « Just Do It » ?2 Selon ses racines écossaises, que signifiait le mot slogan ?3 Quel était le slogan du camp du « oui » lors du référendum sur la souveraineté de 1995?4 Quel groupe britannique a popularisé le slogan « Get pissed, destroy » avec la chanson Anarchy in the UK, en 1976?5 Lors de quelle série d'événements les slogans « Ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres » et « Tout pouvoir abuse.Le pouvoir absolu abuse absolument » ont-ils été entendus ?Mots CoMMenÇAnt PAR « B » 1 Qui a l'odeur d'un baume, tel un vinaigre fort apprécié en provenance d'Italie.2 Montage de séquences embarrassantes, mais comiques, que l'on appelle souvent des « bloopers ».3 Sculpture représentant la tête et le haut du tronc de la personne représentée.4 Circonscription électorale du Nouveau- Brunswick où Jean Chrétien est élu lors de l'élection complémentaire du 10 décembre 1990.5 Ville d'Espagne où il est possible de se déplacer dans un métro conçu par Norman Foster et de visiter le musée Guggenheim imaginé par Frank Gehry.Bou Quet 1 Dans quel film de 2001, se déroulant au Japon et mettant en vedette Jean Reno, Carole Bouquet joue-t-elle le rôle de Sofia ?2 Quel nom est donné à une petite botte d'herbes aromatiques, souvent formée de persil, de thym et de laurier, qui sert à parfumer un plat ?3 À quoi réfère-t-on lorsque l'on parle du bouquet d'un vin?4 Le bouquet peut désigner le mâle de quelle espèce de rongeur ?5 Réalisée en 1863, quelle toile d'Édouard Manet montre une femme nue accompagnée de sa servante soutenant un bouquet de fleurs ?iDenti FiCAtion PAR in Di Ce 1 Cette substance est au coeur de l'univers d'une personne passionnée d'éboriphilie.2 Ce mot désigne la couche intermédiaire de la dent, entre l'émail et la pulpe.3 Sa Côte à pour capitale Yamoussoukro.4 Son commerce a mené à la quasi-disparition des éléphants.no1286 en collaboration avec Génies en herbe Pantologie inc.lapresse@mpghp.ca mots croisés solution du dernier numéro www.hannequart.com Du lundi au dimanche Horizontalement 1 Premier homme à marcher sur la Lune - Centilitre.2 Épiderme - Aidée.3 Alternative - Ce qu'on possède.4 Brille - Est caractérisé par une hyperglycémie.5 Plante voisine du nénuphar.6 Ornement architectural - Du Pacifique à l'Atlantique - Emplacement.7 Fait partie de la famille - Dans le whisky.8 Vieille armée - Galère du roi.9 Retranchée - Ouvrage de poésie - Fraction de terrain.10Concomitance.11 Chef musulman - Dilettante.12 Se dit d'une fleur sans pédoncule - Partie d'un pichet.Verticalement 1 Homme d'une grande beauté - Audacieux.2 Qui a le ventre plein - Proie.3 Depuis le point du jour jusqu'à midi - Énoncé.4 Appartement luxueux - Parties centrales.5 Consultées.6 Arrivés à destination - Complet.7 Abréviation musicale - Chef religieux - Pièce d'un jeu.8 Personnage opulent - On y patine.9 Jambe - Lettre grecque.10Général sudiste - Langue de Mussolini.11 Courant politique - Plante aquatique.12 Frustré - Canal du corps humain.Êtes-vous observateur Ces deux dessins sont en apparence identiques.En réalité, il y a entre eux HUIT petites différences.solution 1 Talon de l'homme plus long.2 Un motif en moins sur le caleçon.3 Tuba incomplet sous la main de l'homme.4 Feuille de musique plus large.5 Veste plus large sous la manche droite.6 Le dessus de la chaise incomplet.7 Plinthe sur le coin du mur de droite.8 A travers la fenêtre, nuage plus bas.Citation secrète Placez les lettres de chaque colonne dans la case appropriée de manière à former une phrase complète.Les mots sont séparés par une case noire.Solution du dernier numéro On pardonne aisément à ceux qu'on n'a pas le pouvoir de punir.thème : Citation de Paul Auster Et SS t D SSS o l ED Raa tE tEE mot mystère Solution du dernier numéro | HERAClES hab Itat Ion | Un mot de 9 lettres ABAQUE ABRI AFFERMER AILE ANNEXE ANTE ATRE BAHUT BAZAR BERGERE BOUGE BRIQUE BUFFET CAGNA CITE CLE CORN DATCHA DEMEURE DIVAN ENTREE ERMITAGE ESCALIER ETAGE ETRES EVIER FAITE FUMOIR GRILLE HEURTOIR HLM HUCHE IGLOO IMMEUBLE JOUEE LIT MEMBRON MUR NID NOUE NOULET OFFICE OPE RAMPE REDUIT RELOUER RURALE SEUIL TAPIS TAUDIS TOITURE TOUR VITRE VOLTAIRE VOUTE "]
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