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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
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P. Plus: lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-02-10, Collections de BAnQ.

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[" PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES LE MOIS DE L'HISTOIRE DES NOIRS ENTREVUES AVEC SERGE BILÉ ET RODNEY ST-ÉLOI PAGES 6 ET 7 LE SUICIDE SANS ARTIFICE LE TÊTE-À-TÊTE DE RIMA ELKOURI PAGE 5 CESRESCAPÉS QU'ONPÈSE EN GRAMMES LA NATURE A JOUÉ UN BIEN VILAIN TOUR AUX POUPONS NÉS AVANT TERME.ILS ARRIVENT À L'HÔPITAL PRÉMATURÉS, MALADES, MINUSCULES.POURTANT BEAUCOUP S'EN SORTIRONT.À FORCE DE BONS SOINS, D'INTERVENTIONS POINTUES, DE VIGILANCE DE TOUS LES INSTANTS.ET D'ÉNORMÉMENT D'AMOUR.DE LA PART DES PARENTS, CERTES, MAIS AUSSI DU PERSONNEL HOSPITALIER.SUITE ET FIN DE NOTRE DOSSIER, EN PAGES 2 ET 3 PHOTO VINCENT LAFORET, NEW YORK TIMES PLUS PASCALE BRETON À sa naissance, Alexandre Milette pesait seulement 495 grammes.À peine plus qu'une livre de beurre.Il est né prématurément, à 25 semaines de grossesse.Dès lors, le pronostic des médecins était pessimiste.Les parents ont fait face à un dilemme.Les médecins pouvaient provoquer la naissance, ce qui risquait d'entraîner la mort du bébé.Ou ils laissaient la nature suivre son cours encore quelques jours.Mais le bébé allait mourir et il y avait un danger pour la mère.Les médecins ont finalement opté pour une césarienne d'urgence.«On nous avait prévenus que lorsque le bébé allait sortir, il ne bougerait pas, que son coeur ne battrait pas, qu'il ne respirerait pas, qu'il ne crierait pas.Il n'y aurait rien», se souvient le père d'Alexandre, Jean-Pierre Milette.Le nouveau-né a déjoué les prédictions.Il n'a pas eu besoin d'être réanimé, même s'il était encore plus petit que ce que les médecins croyaient.Greffée du rein il y a une douzaine d'années, la mère d'Alexandre, Manon Deshaies, savait que, dans son cas, toute grossesse comportait certains risques.Sitôt enceinte, elle a été suivie à l'hôpital Royal-Victoria.Le risque de prééclampsie - une complication due à une hypertension artérielle - était plus élevé pour elle que pour une autre femme enceinte.Mais rien ne laissait présager un accouchement prématuré.Au coeur de l'été, à la suite d'une visite de routine chez son médecin, tout bascule.Sa tension est beaucoup trop élevée.Mme Deshaies est hospitalisée d'urgence.La mère et le bébé sont en danger.«Je n'avais pourtant aucun symptôme.Je n'ai rien senti venir», raconte Mme Deshaies.Pendant quelques jours, l'équipe médicale a réussi à stabiliser sa pression.Mais à 25 semaines de grossesse, il a fallu prendre une décision.Et vite.«Deux néonatalogistes sont venus nous expliquer ce qu'on ferait si on ne le gardait pas ou ce qui allait arriver si on le gardait.Nous étions sous le choc», se souvient Manon Deshaies.Les parents ont discuté.Des risques que leur bébé meure.Qu'il garde des séquelles majeures.Qu'il soit handicapé.Ils n'ont donné qu'une consigne aux médecins.«On ne voulait pas entreprendre de mesures extraordinaires.On se disait, s'il veut vivre, aidez-le et s'il ne veut pas vivre, on ne se bat pas.Nous étions prêts à vivre avec les conséquences», relate le père.Trois jours après la naissance d'Alexandre, les choses se compliquent.Les petits poumons ne fonctionnent plus.Le nouveau-né est branché à un ventilateur à haute fréquence.Il subit une échographie du cerveau.S'il y a des saignements, les médecins sont d'avis de le laisser aller.Les séquelles seraient trop importantes.Pour le couple, c'est le début des montagnes russes.Un état qu'il va apprendre à connaître au cours des mois suivants.Fausse alarme.Le bébé va bien.C'est le tube introduit dans le petit corps d'Alexandre qui s'était déplacé.Dans les semaines suivantes, les parents connaîtront d'autres alertes du genre.À trois reprises, leur fils est transféré d'urgence aux soins intensifs de l'Hôpital de Montréal pour enfants.Pour une chirurgie aux poumons.Pour une complication à la suite d'une hernie.Pour soigner une pneumonie sévère.Chaque fois, c'est l'incertitude.«Par quatre fois, on nous a dit qu'il ne passera pas.Mais autant il tombe vite, autant il remonte vite la côte.C'est un petit chat.Il est rendu à quatre vies\u2026 c'est assez», dit doucement M.Milette.Ces montagnes russes sont épuisantes.«Les hauts et les bas, c'est ce que je trouve le plus dur à vivre.Au début, on est prévenu qu'il va y en avoir, mais avant de les vivre, on ne sait pas à quoi s'attendre», confie sa conjointe.Peu à peu, Alexandre prend du mieux.Il pèse maintenant huit livres.Son visage a pris des rondeurs.Il sourit à ses parents qui lui enfilent un pyjama propre.Il suit des yeux le mobile coloré suspendu à son petit lit.Il boit goulûment le lait de son biberon.Chaque jour, ses parents font le trajet depuis Trois-Rivières, où ils habitent, pour venir prendre soin de lui à l'hôpital.«C'est important d'être là pour un petit bébé.On ne peut le laisser à l'hôpital cinq mois et le ramener comme ça à la maison.Il faut qu'il nous connaisse», explique la jeune maman.Dans quelques semaines, peutêtre, Alexandre sera enfin avec eux.Il aura besoin d'oxygène, le temps que ses poumons se régénèrent.Mais ses parents sont confiants.Tous les espoirs sont permis.Les quatre vies d'Alexandre CHAQUE JOUR, SES PARENTS FONT LE TRAJET DEPUIS TROIS-RIVIÈRES POUR VENIR PRENDRE SOIN DE LUI À L'HÔPITAL.1- Alexandre Milette est né prématurément.Il était si petit qu'il a dû recevoir des soins très spécialisés.Le voici, âgé de quelques jours à peine.Il ne pèse que 495 grammes.PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE 2- Alexandre Milette dans les bras de sa mère, Manon Deshaies.À cinq mois, il pèse maintenant huit livres.C'est le poids d'un bébé né à terme.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE PLUS La journée débute à peine, mais la fébrilité se fait sentir à l'étage des soins intensifs en néonatalogie.L'équipe de transport arrive avec un bébé gravement malade.Il faut lui trouver un lit.Néà29semaines à l'Hôpital général juif, le prématuré en a maintenant 35.Son ventre est anormalement gonflé.Les médecins soupçonnent un problème aux intestins.Il faut procéder à une investigation.Chaque année, près de 400 nouveau-nés sont transférés à l'Hôpital de Montréal pour enfants.La quasi-totalité en fait, puisqu'il ne se fait pas d'accouchements sur place.Les bébés doivent être transférés parce que le centre hospitalier où ils se trouvent n'est pas en mesure de donner les soins ultraspécialisés dont ils ont besoin.Chaque fois, les minutes comptent.Le transport est difficile pour le bébé.Son état peut se détériorer rapidement.«Quand le téléphone sonne, on sent immédiatement la fébrilité sur l'étage.Parfois, c'est le médecin ou le personnel d'un autre hôpital qui appelle.Un peu en panique, parce qu'un bébé âgé d'une heure fait des convulsions.Il faut aller le chercher, et vite», relate Diane Lalonde, infirmière éducatrice au transport, responsable du programme de soutien aux intervenants en néonatalogie.La majorité des poupons passent moins d'un mois à l'Hôpital de Montréal pour enfants.Après, ils retournent à la maison ou à l'hôpital d'où ils proviennent, pour terminer leur convalescence.Mais certains vont rester bien plus longtemps.RECRÉER LE NATUREL Une relation privilégiée se développe entre la famille et le personnel soignant.Les infirmières s'attachent aux enfants.Elles apprennent à deviner leurs mimiques.Comme plusieurs de ses collègues, Monica Chabot a choisi de travailler en néonatalogie pour les nombreux défis qui se présentent.Elle a l'impression que son travail compte.«Je suis super contente quand je vois que le bébé dont je m'occupe va mieux.Quand son état se détériore, ce n'est pas facile.Avec les parents non plus.Ils voudraient tant qu'on leur dise que tout est correct, que ça va bien aller, mais ce n'est pas possible », raconte cette infirmière fraîchement diplômée.Car tout n'est pas rose aux soins intensifs.Le personnel infirmier et médical passe lui aussi par toute la gamme des émotions.Il arrive qu'un bébé ne puisse être sauvé.Des moments pénibles.Pourtant, on ne sent pas de tristesse dans ce service.C'est plutôt une bonne humeur contagieuse qui règne.Avec tendresse et humanisme, le personnel s'efforce de recréer un quotidien le plus naturel possible pour les bébés.JOURNÉESCHARGÉES La journée débute par une réunion des infirmières.Elles passent en revue l'état de santé de chacun des bébés et discutent de la journée qui s'annonce.L'un des petits patients sera opéré ce matin.Un autre doit subir des analyses sanguines.Ce dernier a passé une nuit difficile.Plus tard, le médecin fera sa tournée, accompagné de tous les intervenants - infirmier, infirmier praticien, résident, nutritionniste - pour revoir plus en détail leur état de santé.Toute la journée, l'infirmière est au chevet des bébés dont elle a la charge.Elle prodigue les soins avec douceur.Elle s'assure que tous les signes vitaux sont normaux.Elle parle constamment aux petits.Quand elle a quelques minutes de répit, elle prend le temps de les bercer en leur donnant le biberon.Les infirmiers praticiens sont également très présents, attentifs au moindre problème.Mais ne travaille pas qui veut aux soins intensifs.«Nos bébés ne parlent pas.Il faut être leurs yeux, leur bouche, être à l'écoute des signes subtils.Il faut un sens de l'observation très aiguisé.La technologie qui entoure l'enfant est là pour nous assister, mais jamais elle ne va remplacer notre observation clinique de l'enfant», explique Andréane Pharand, infirmière en chef de l'unité.Vers la fin de l'avant-midi, les mères commencent à arriver.Bien souvent, les pères sont passés plus tôt, aux aurores, question d'embrasser leur poupon avant de se rendre au travail.Les parents sont mis à contribution dans les soins donnés à leur bébé.«Ce que les parents ressentent le plus est leur manque de pouvoir, leur incapacité à faire quelque chose pour leur enfant.Ils se sentent démunis.Dès qu'ils ont l'occasion de faire quelque chose pour l'enfant, ils se sentent davantage parents », explique la chef de service, la Dre Thérèse Perreault.Changer la couche du bébé, lui lire une histoire, lui fredonner une berceuse.Des gestes qui prennent un sens particulier quand son enfant est hospitalisé.Pour celles qui le désirent, l'allaitement est fortement encouragé.Dans une petite pièce aménagée à l'abri des regards indiscrets, deux tire-lait sont mis à la disposition des mères.Dans le réfrigérateur, chacune possède un panier à son nom, où elle empile les sacs de lait.L'exercice est éprouvant.«Ça prend une motivation énorme pour tirer son lait sept fois par jour.Mais pour les mères, cette manière de fournir le lait à leur enfant est leur contribution», explique Mireille Laforce, infirmière clinicienne, responsable du programme d'allaitement.Après un certain temps, elles voient leurs efforts récompensés.Quand leur bébé n'a plus besoin d'être nourri par un tube nasogastrique et qu'elles peuvent enfin le prendre dans leurs bras pour lui donner un biberon.Les plus chanceuses réussiront même à allaiter leur enfant.De petits malades traités aux petits oignons Malgré les hauts et les bas qu'ils vivent depuis leur naissance, les poupons hospitalisés aux soins intensifs s'accrochent.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE PASCALE BRETON 1- Comme plusieurs prématurés, ce bébé né à 25 semaines de grossesse doit être nourri par un sac d'alimentation parentérale qui lui fournit les protéines, lipides, glucides et vitamines dont il a besoin pour grandir.2- À peine cinq mois (sur cette photo) et déjà, Alexandre Milette a subi plusieurs épreuves.Mais il prend du mieux chaque jour et fait des sourires à ses parents et au personnel de l'hôpital.PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE PLUS DESOH! ET DES BAH! Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbah@lapresse.ca Avec l'AFP, Associated Press, Reuters, BBC et Libération.STÉPHANE AMAR COLLABORATION SPÉCIALE SDEROT, Israël \u2014 Volets baissés, jardins envahis par les mauvaises herbes: les villas abandonnées se comptent par dizaines à Sderot, qui prend par endroits des allures de ville fantôme.Depuis deux ans, depuis que les tirs de roquettes en provenance de Gaza se sont intensifiés, un quart des habitants auraient déserté cette ville campée dans le Sud désertique d'Israël pour se réfugier plus au nord.«Les roquettes ne font pas beaucoup de morts mais elles créent un climat de terreur difficilement supportable », déplore Amihaï Cohen, 21 ans, habitant de Sderot.«Les adultes font des dépressions nerveuses, des enfants de 8 ans recommencent à faire pipi au lit.Et puis les gens se sentent abandonnés de tous.Ils voient bien que leur sort n'intéresse ni l'État ni même le reste de la population.» Amihaï Cohen n'est pas originaire de cette cité déshéritée, peuplée majoritairement d'Israéliens venus du Maroc, de Russie ou d'Éthiopie.Lui a grandi à Jérusalem mais immédiatement après son mariage, il y a deux ans, il s'est installé ici avec son épouse, Dina.Ce ne sont pas des perspectives d'emploi alléchantes ou les prix dérisoires de l'immobilier qui ont attiré le jeune couple à Sderot.Ce sont les roquettes, précisément.«Nous sommes venus ici pour soutenir notre peuple, pour transmettre aux gens l'énergie que nous donne la Torah», indique Amihaï.Car le jeune homme, comme un millier d'autres résidants fraîchement installés à Sderot, se réclame du sionisme religieux, un courant du judaïsme prônant l'établissement du grand Israël, de la mer Méditerranée jusqu'au Jourdain.Une petite kippa tricotée sur la tête, Amihaï étudie les textes bibliques plusieurs heures par jour dans l'académie talmudique de Sderot.Autour de lui, dans l'immense salle de cours, plus de 300 hommes venus des quatre coins du pays sont absorbés dans l'étude des saintes Écritures.Le rabbin Fandel, le directeur de l'académie talmudique, se félicite de cet afflux d'étudiants défiant les roquettes du Hamas.Pour lui, l'affrontement entre Israël et le mouvement islamiste palestinien relève purement et simplement d'une guerre de religion.«Tout au long de l'Histoire, les nations du monde ont voulu empêcher les enfants d'Israël de retourner sur la terre d'Israël », affirme le rabbin.«Aujourd'hui, les Arabes veulent nous chasser d'ici.Pourtant, Sderot se situe du côté israélien établi par la ligne verte de 1967, mais cela ne leur suffit pas.Ils veulent tout notre pays.Notre réponse consiste à construire sans cesse.Cet établissement va s'agrandir et des centaines de familles religieuses vont s'installer à Sderot.» Des hauteurs de Sderot, on aperçoit nettement les faubourgs de Gaza, situés à moins de cinq kilomètres.Les deux villes, qui entretenaient autrefois d'intenses relations commerciales, sont aujourd'hui séparées par une infranchissable barrière de sécurité.Seules les roquettes artisanales palestiniennes se jouent de cette frontière ultrasophistiquée.Plusieurs fois par jour retentit dans les rues de Sderot cette désormais fameuse «alerte rouge», qui signale la chute imminente d'une roquette.Elle a notamment retenti à plusieurs reprises vendredi quand le Hamas a lancé 17 roquettes contre le Sud d'Israël.Chez les Charor, quand cette sirène se fait entendre, toute la famille se précipite dans la chambre blindée de l'appartement.Le père, Haïm, récite alors des psaumes pour rassurer ses cinq enfants.Avant d'habiter Sderot, les Charor vivaient à Névé Dékalim, une colonie juive de la bande de Gaza évacuée en 2005.Leur installation dans cette ville sous les roquettes relève d'un choix idéologique assumé.«En nous imposant cette épreuve, Dieu veut tester notre attachement à la terre d'Israël », estime Hadas Charor, institutrice.«Il attend de nous que nous restions y vivre malgré les difficultés.Les gens d'ici doivent comprendre que nous sommes chez nous à Sderot, tout comme nous sommes chez nous à Jérusalem ou à Hébron (en Cisjordanie).Toute la terre d'Israël nous appartient.C'est ce que j'explique à mes élèves».L'objectif est clairement énoncé: en plus d'apporter une aide sociale et un soutien moral aux habitants de Sderot, les familles religieuses s'efforcent de diffuser la parole divine.«Je ne suis pas religieux mais je dois reconnaître que ces gens font un travail remarquable à Sdérot », confie Noam Badine, journaliste dans la presse locale.«La population y est très sensible.Les gens disent que tout le monde les abandonne et que seuls les religieux viennent vers eux.» Vivre sous les roquettes, pour la cause de Dieu UNE GUERRE DE RELIGION ?Vainqueur des élections législatives palestiniennes de janvier 2006, le Hamas prône dans sa charte la destruction de l'État d'Israël.«Face à l'usurpation de la Palestine par les Juifs, il faut brandir l'étendard du jihad », disent les fondateurs du mouvement islamique qui considèrent que «sortir du cercle du conflit avec le sionisme constitue une haute trahison».Violemment antisémite, le Hamas affirme qu'Israël, par sa judéité et ses Juifs, constitue un défi pour l'islam et les musulmans ».Récemment, certains dirigeants du Hamas ont toutefois émis l'hypothèse d'une trêve de 10 ans avec Israël en échange d'un retour aux frontières de 1967.De son côté, Israël considère le Hamas comme une «organisation terroriste», à l'instar de la plupart des pays occidentaux dont le Canada.En septembre dernier, à la suite de l'intensification des tirs de roquettes, la bande de Gaza a été déclarée «entité hostile» par Israël et soumise à un blocus partiel.Dans la déclaration d'indépendance du 14 mai 1948, Israël se définit comme un «État juif » établi dans le «pays d'Israël » décrit comme le berceau du peuple juif.Le document affirme « le droit naturel du peuple juif d'être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre État souverain ».Cependant, les frontières de l'État n'ont jamais été définitivement fixées et le gouvernement israélien se dit favorable à la création d'un État palestinien dans la bande de Gaza et dans une partie de la Cisjordanie.Hormis le parti sioniste religieux, les partis politiques israéliens ne se réfèrent pas à la Bible dans le conflit avec les Palestiniens.«Nous sommes venus ici pour soutenir notre peuple, pour transmettre aux gens l'énergie que nous donne la Torah.» PHOTO JACK GUEZ, AFP Les roquettes font tous les jours d'importants dégâts à Sderot.PHOTO AMIR COHEN, REUTERS Plusieurs fois par jour retentit dans les rues de Sderot cette désormais fameuse «alerte rouge», qui signale la chute imminente d'une roquette.Ci-dessus, deux femmes vont trouver refuge dans un abri.La chronique ironique qui voit et entend tout.à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT.DE VIDANGES À TORONTO 190$ Le prix que devront année les Torontois al l ergiques au compostage et au recyclage s'ils veulent disposer de leurs déchets dans une poubelle de grande taille.10$ La petite récompense que recevront annuellement les enthousiastes de la récupération dans la même ville.54millions Le montant que la ville de Toronto compte amasser grâce à cette mesure.Si on fait le calcul, il semble y avoir plus de Torontois dans la catégorie des récalcitrants que dans celle des enthousiastes.ILS ET ELLESONT DIT ACCOMMODANT L'utilisation de la loi islamique, la charia, devant les tribunaux anglais est « inévitable », a dit cette semaine le chef de l'Église anglicane, Rowan Williams.Faisant à sa manière écho au débat sur les tribunaux islamiques qui a secoué l'Ontario il y a deux ans, l'archevêque de Canterbury a avancé que les musulmans de Grande-Bretagne ne devraient pas avoir à choisir entre leur religion, leur culture et l'État anglais.C'EST PAS MOI, C'EST LUI Le président russe, Vladimir Poutine, dans un discours prononcé vendredi, a mis le monde en garde contre une nouvelle course à l'armement, dans laquelle, a-t-il précisé, la Russie s'est déjà engagée.«Mais ce n'est pas de notre faute, nous n'avons pas commencé.» BONNET BLANC, BLANC BONNET Plusieurs organisations juives ont dénoncé une prière catholique, contenue dans la messe en latin du Vendredi saint, dans laquelle les croyants demandent à Dieu de convertir les juifs, de retirer « le voile de leur coeur » et de les délivrer de l'obscurité.Bon prince, Benoît XVI a admis qu'il y avait un problème.Mais il n'a pas voulu retirer la prière.Il l'a modifiée.Dans sa version, le pape supprime la référence à l'obscurité et incite à prier pour les juifs afin que Dieu « illumine leur coeur ».CALCUL COMPLIQUÉ Marcel Bourassa, grand patron de la firme québécoise Savaria, a expliqué pourquoi, malgré les hausses de salaires en Chine, son entreprise continue d'y fabriquer des sièges pour personnes à mobilité réduite.«Les salaires ont augmenté cette année de 20% en Chine.Vingt pour cent d'une piastre, c'est 20 cents de plus de l'heure.Tandis qu'ici, ma moyenne est d'à peu près 17$ ou 20$ de l'heure.Là-bas, c'est 1,20$ à 1,50$ de l'heure.Alors, ça en prend des 20% pour atteindre les salaires d'ici.» EN HAUSSE, EN BAISSE KEN LIVINGSTONE Le maire de Londres, qui, après avoir imposé avec succès une taxe de congestion au centre-ville de la capitale anglaise, veut maintenant bannir les camions les plus polluants de la ville.MAXIME BERNIER Le ministre de la Francophonie et des Affaires étrangères, qui a prononcé un discours en anglais seulement devant le Conseil du commerce canado-arabe, qui compte dans ses rangs des anglophones et des francophones.Interrogé en Chambre, il a refusé de s'excuser.Une diversion pour faire oublier les Jos Louis qu'il a distribués aux soldats canadiens à Kandahar ?\u2014 avec l'AFP, la BBC, Reuters, CTV.ca, la Presse canadienne PHOTO BLOOMBERGNEWS PHOTO PC PHOTO AFP PHOTO REUTERS PLUS CYBERPRESSE Voyez les dessins parus, jour après jour, dans La Presse, Le Soleil, Le Droit, La Tribune et Le Nouvelliste, sur www.cyberpresse.ca CARICATURESDE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.LE NOUVELLISTE LE SOLEIL LA TRIBUNE Pour son premier fi lm, Yves-Christian Fournier a choisi d'aborder la question du suicide.Sujet lourd, complexe, tragique.Sujet qui le touchait de près, quatre de ses amis ayant mis fin à leurs jours - «deux pendus, deux gazés dans une voiture », comme il le dit crûment.Pourquoi avoir choisi d'en parler?Parce que l'on en parle trop peu justement, en dehors de ces «trucs officiels» comme la Semaine de prévention du suicide qui vient de se terminer.Parce qu'il est anormal qu'un problème qui se règle par la communication soit tabou.«Beaucoup de spécialistes pensent que dès qu'on parle du suicide, on est dangereux.C'est faux! Ça dépend comment on en parle», dit, avec une certaine fébrilité, le réalisateur de 34 ans, rencontré la semaine dernière, à la veille de son départ pour le Festival international de Berlin, où Tout est parfait était présenté en première mondiale.Tout est parfait, scénarisé par l'écrivain Guillaume Vigneault, nous fait suivre la quête de Josh, un adolescent dont quatre amis se sont enlevé la vie dans ce qui semble être un pacte de suicide.Sans tomber dans la fable morale, le réalisateur a pris soin de consulter des spécialistes pour s'assurer que son oeuvre ne donne à personne l'envie de se suicider.«Il n'était absolument pas question que j'aie la moindre goutte de sang sur les mains», dit-il.À mille lieues de la vision romantique ou poétique du suicide, le réalisateur a choisi de filmer les suicides de manière hyperréaliste, sans artifices.On comprendra qu'Yves-Christian Fournier n'est pas de ceux qui croient que le silence respecté dans les médias à propos des suicides dans le métro, par exemple, soit justifié.«Si on disait la vérité, ça aurait plus de portée.N'importe qui voyant dans quel état se trouve une personne qui vient de sauter devant le métro y penserait à deux fois avant d'y aller.» Il faut distinguer le moyen de la cause, dit-il.«Je trouve que les gens mêlent tout ça.Il y a une mauvaise foi très québécoise dans la manière d'aborder les choses des fois.On tire des drôles de conclusions.J'essaie de ne pas embarquer là-dedans.Je suis un amoureux de la vérité.Je trouve qu'on reste souvent en superficie pour se protéger de je-ne-saisquoi.Mais on ne se protège de rien du tout.» Pour éviter de rendre romantique le tragique, Yves-Christian Fournier a aussi choisi sciemment de montrer la peine incommensurable des parents endeuillés.«Beaucoup de gens qui songent à se suicider pensent qu'ils vont vraiment juste faire du bien au monde en s'en allant, observe-t-il.Ce qui n'est vraiment pas le cas.» Pour Yves-Christian Fournier, ce premier long métrage, c'est un rêve qui se réalise.Un troisième, en fait.Le premier rêve de ce petit gars de Québec, grand fan des Cités d'or et des Grands Explorateurs où l'emmenait son papa fonctionnaire, c'était de faire la Course destination monde.Le deuxième, c'était d'avoir des enfants - il en a deux.Et le troisième, de réaliser un long métrage.Tout est parfait.Ou presque.«Si j'avais un dernier rêve, ce serait d'être à une époque d'or que les gens vont reconnaître», dit-il, en faisant allusion à la génération montante de jeunes cinéastes québécois.Avant de tomber dans la marmite du cinéma, Yves-Christian Fournier s'imaginait devenir avocat.Il a été admis en droit en même temps qu'en cinéma et communication à l'UQAM.Les deux lettres d'acceptation en main, il a fermé les yeux.«Ça n'a pas pris une seconde, le coeur a choisi.» Il n'avait jamais touché à une caméra.Il n'avait jamais écouté de films.Et voilà qu'il se retrouvait dans la même pièce que Jean-Claude Lauzon et Pierre Bourgault, sans même savoir qui ils étaient.«En quelques années, j'ai consommé tellement de films que je me suis rattrapé.Mais à l'époque, je me défendais stupidement en disant que je gardais mon style épuré pour trouver la réelle expression personnelle sans corruption.Ce qui était juste un moyen de défense pour expliquer ce que je foutais là!» raconte-t-il en riant.Après son baccalauréat, Yves- Christian Fournier a fait la Course destination monde.Une expérience qui a changé sa vie du tout au tout et lui a donné le goût du documentaire.«Je n'avais jamais voyagé avant de faire la Course.Il s'est passé un déclic hallucinant.Après une semaine, je me suis fait mettre en prison en Tanzanie.Je suis devenu vraiment habile en logistique de voyage pour avoir des permissions de tourner dans des léproseries ou d'autres endroits déments.» Son expérience comme réserviste dans l'armée pendant quatre ans lui a alors servi, dit-il.L'armée, vraiment ?«Oui, oui.Je me faisais renvoyer de toutes les écoles secondaires où j'allais et j'avais besoin de bien gérer mon rapport à l'autorité.C'était ça ou le centre d'accueil.J'ai pris ça pour me protéger de moi.Mais c'était pire que le centre d'accueil ! » Il n'est pas revenu tout à fait indemne de la Course destination monde.Aller en zones de guerre, voir des cadavres, être aux premières loges de l'horreur, disons que ça marque.«J'ai tenu la main d'un enfant de quatre mois qui mourait du sida.Ces choses-là te transforment, te fortifient aussi.» Une école de vie, la Course?«Je ne sais pas.Je suis revenu de là, j'étais fucké en tabarouette!» Après la Course, Yves-Christian Fournier a fait du court métrage et travaillé sur un documentaire réalisé par Martin Fournier avec Robert Lepage, qu'il a accompagné à Venise et à Toronto.Une rencontre exceptionnelle et inspirante, dit-il.Sa carrière de publicitaire a démarré par la suite.Six années de pur bonheur, où il a eu la chance de beaucoup voyager.Rejetant les «préjugés très faciles » sur la publicité, il n'est pas de ceux qui croient qu'on ne peut pas faire à la fois des pubs de bière et du cinéma.La pub est une «belle école », dont il ne nie pas l'influence sur son oeuvre.«Pour moi, le plaisir en publicité, c'est l'exploration de mon art.Il ne faut pas se leurrer.N'importe quel réalisateur fait de la publicité, à moins que la publicité ne l'ait pas désiré ou l'ait rejeté.» Condescendant, Yves-Christian Fournier ?La dernière chose qu'il souhaite, c'est de passer pour tel.«Les gens pensent à tort que je suis au-dessus de mes affaires parce que je suis juste confiant, mais ça n'a rien à voir!» Et puis, la confiance n'exclut pas le doute, toujours essentiel, observe-t-il.«Si ce que l'on fait ne nous fait pas peur, ça ne vaut pas la peine de le faire.Ça me rassure d'avoir des doutes quand je fais quelque chose.» Que le dout e lui donne confiance ou que la confiance le fasse douter, peu importe.Après avoir vu Tout est parfait, on n'a aucun doute sur son immense talent.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : rima.elkouri@lapresse.ca Le suicide sans artifices La question du suicide en est une taboue.Pas normal, dit le cinéaste Yves-Christian Fournier.Son premier long métrage coup-de-poing, Tout est parfait, nous plonge, avec intelligence et humanité, au coeur du sujet.Rencontre avec un réalisateur qui a soif de vérité.RIMA ELKOURI TÊTE-À-TÊTE PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE «Si on disait la vérité, ça aurait plus de portée.N'importe qui voyant dans quel état se trouve une personne qui vient de sauter devant le métro y penserait à deux fois avant d'y aller», dit Yves-Christian Fournier, réalisateur de Tout est parfait, film d'ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, à l'affiche dès le 15 février.«Beaucoup de spécialistes pensent que dès qu'on parle du suicide, on est dangereux.C'est faux! Ça dépend comment on en parle.» Améliorez votre santé financière en 2008 et lisez.Une méthode simple pour devenir un investisseur efficace et avisé offerts en librairie et sur librairie.cyberpresse.ca Des conseils pour réussir rapidement dans l'immobilier avec un minimum d'effort PLUS LECTURES DANIEL LEMAY «Nos enfants doivent cesser de s'entendre dire qu'ils sont les descendants d'esclaves et de colonisés.» Ivoirien d'origine, journaliste formé en France, Martiniquais d'adoption, Serge Bilé connaît plusieurs facettes de la diaspora africaine.Et de la relation des Noirs avec leur histoire, une histoire écrite par d'autres, des Blancs pour la plupart.«Parfois avec honnêteté, parfois avec subjectivité », nous disait cette semaine M.Bilé, de passage à Montréal pour la promotion de son dernier livre, une plaquette dont le titre annonce d'emblée la couleur des 120 petites pages qui le suivent : Quand les Noirs avaient des esclaves blancs.«Les chaînes de l'esclavage et l'abomination de la colonisation sont des réalités que l'on ne peut ignorer», poursuit celui qui conjugue sa mission d'historien à son travail de présentateur du Journal télévisé de Réseau France Outre-mer-Martinique.«Avant ces périodes sombres, toutefois, l'Afrique avait connu de grands empires, à l'égal de ceux qui existaient à l'époque sur d'autres continents.Il faut que nos enfants aient conscience qu'ils descendent de grandes civilisations.» Ainsi, le lecteur apprendra que trois grands empires se sont succédé dans la partie ouest de l'Afrique, qui comprend aujourd'hui la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et le Mali.Déjà au Xe siècle, le Kaya Maga, «roi des Noirs» et souverain de l'empire de Ghana, comptait sur une immense armée incluant une cavalerie, une infanterie et des chars transportant des archers.On est loin des lanciers lippus de Tintin au Congo.Des pays conquis, le Kaya Maga ramenait des prisonniers dont il faisait ses esclaves; certains étaient noirs, d'autres blancs, arabes ou berbères dont «la couleur de la peau n'avait pas encore été altérée par le métissage que produiront, par la suite, des siècles de concubinage avec les captives africaines ».Une vision non européenne de l'histoire Ces (nouvelles) histoires d'empires noirs et d'esclaves blancs créeront des remous, à n'en pas douter.D'abord, dans la caste des historiens européens, assure Serge Bilé, qui s'est abreuvé à des sources peu conventionnelles, comme ces deux auteurs soudanais du XVe siècle qui écrivaient en arabe.«Quand il s'agit d'histoire, les Européens sont un peu nombrilistes.Tout ce qui ne porte pas leur signature et ne s'appuie pas sur leurs sources est considéré comme douteux.Nous, on écrit ce qu'on a à écrire et on ne s'occupe pas d'eux.» Mais il se trouve aussi que certains Noirs ont accepté «l'idée de domination» à un point tel qu'«ils ont fini par croire qu'une histoire doit avoir une caution européenne pour être vraie».Sur le sujet même du livre, d'autres questionnements émanent de la communauté noire où, explique encore Serge Bilé, «certains craignent que la seule évocation d'esclaves blancs soumis à des Noirs ne vienne minimiser la traite négrière.Mais non.» Et l'auteur de rappeler brièvement ses démêlés judiciaires avec certaines organisations juives qui l'avaient poursuivi après la publication de son best-seller Noirs dans les camps nazis (Serpents à plumes, 2005).sous prétexte que le rappel de cette étape réelle mais méconnue de l'histoire récente minimisait l'impact de l'extermination de millions de Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale (M.Bilé a gagné le procès).Comme les Juifs dans le ghetto de Varsovie, les Arabes - ils n'étaient pas tous des esclaves - furent plus tard consignés au «quartier des Blancs», à Koumbi-Saleh, capitale du royaume de Ghana.« Cet habitat séparé, lit-on, s'expliquait par la méfiance que le Kaya Maga éprouvait pour l'islam.» Deux siècles plus tard, l'empire de Mali - qui avait en Tombouctou sa grande cité universitaire - sera fortement islamisé mais les femmes refuseront le voile.Un pas, déjà, vers un « islam modéré » qui, selon l'auteur, se pratique encore aujourd'hui dans la plupart des pays d'Afrique.« Les premiers grands ennemis des Noirs africains ont été les Arabes qui ont institué le commerce des esclaves noirs (centré au Caire) et les premières colonisations.» Au XVIe siècle, l'empire Songhai, la dernière grande puissance africaine - ses rois frappaient monnaie et édictaient des règles d'hygiène -, connut un effondrement des moeurs qui précipita sa fin.En 1591, les troupes du sultan El-Mansour du Maroc, très inférieures en nombre mais équipées du mousquet, s'emparèrent du Songhai et commencèrent à y régner sous un nouveau nom: les pachas.« Cette victoire, lit-on, fut ressentie dans le monde arabe comme un triomphe de la race blanche sur la race noire.» Ce même siècle amènera d'autres conquérants, de la lointaine Europe ceux-là, plus blancs encore et plus puissants.Et les vaisseaux négriers se mettront à traverser l'Atlantique pour satisfaire à la nouvelle demande blanche.Pendant cinq siècles - paradoxalement, la Mauritanie sera le dernier pays du monde à abolir l'esclavage (en 1980) - le couple maître blanc/esclave noir sera la norme.Serge Bilé, souvent sous les sarcasmes des Noirs, se consacre à jeter de la lumière sur « avant » pour accélérer l'avènement de l'« après ».« L'important est que les jeunes Noirs se réapproprient leur histoire et, par là, leur identité.» QUANDLES NOIRS AVAIENT DESESCLAVESBLANCS Serge Bilé, Pascal Galodé éditeur, 120 pages, 24,95 $ LE MOIS DE L'HISTOIRE DES NOIRS Nègres blancs d'Afrique La notion d'esclavage, en général, renvoie au couple maître blanc/ esclave noir.Pour aider les jeunes Noirs dans la quête de leur identité, le journaliste ivoirien Serge Bilé a entrepris de leur faire découvrir une époque de l'histoire africaine où la norme inverse avait cours.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Le journaliste ivoirien Serge Bilé risque de créer des remous avec ses (nouvelles) histoires d'empires noirs et d'esclaves blancs.SIGNET Léo, Léa et La Fontaine CHANTAL GUY Elle s'appelait Renée Pageau.Petit bout de femme baraquée comme un tonneau, imperturbable, monolithique.C'était notre prof de français en première année, celle qui allait nous initier au grand monde de la lecture et de l'écriture.On devinait que des générations et des générations étaient passées entre ses mains.Elle n'était d'aucune mode et d'aucun temps, dans l'habillement comme dans l'enseignement et, pour tout dire, à première vue, nous ne la trouvions pas très séduisante.Elle ne ressemblait pas à nos parents qui portaient jeans et cheveux longs\u2026 La pensée magique du Flower Power commençait à s'infiltrer dans l'éducation, mais ça ne lui faisait pas un pli (en tout cas, pas un de plus dans ce visage sévère déjà bien plissé).Des semaines à recopier les lettres de l'alphabet\u2026 comme nous semblait loin la maternelle où nous passions des jours entiers les doigts dans la gouache! Jusqu'à ce qu'un jour, je revienne à la maison en trombe, fracasse la porte d'entrée dans le mur et hurle: «JE SAIS LIRE!» J'ai étalémon cahier de lecture sur le divan du salon sous les regards incrédules de mes parents et je l'ai prouvé: «Lé-o et Lé-a\u2026 Lé-a et Lé-o\u2026» Ils ont failli éclater de rire, mais je disais la vérité.Ce jour-là, je ne sais pas ce qui s'est passé, deux neurones se sont touchés peut-être, mais en détachant les syllabes dans ma tête, je ne faisais pas que reconnaître une sorte de dessin fait de lettres en répétant comment onme l'avait nommé; ce jour-là, j'ai compris à quoi les lettres servaient et comment elles fonctionnaient entre elles.Mon souvenir est intact, et je n'en démordrai jamais: c'était le début de ma vie de lectrice.Vous avez lu comme moi dans ce journal l'excellente série de mes collègues sur l'enseignement du français dans nos écoles.Des décennies d'engueulades sur les méthodes et les réformes, et nous ne sommes toujours pas satisfaits des résultats, toujours incertains de l'avenir.Toute la semaine, j'ai pensé à Renée Pageau.Au-delà de ces inquiétudes légitimes, j'avais envie de me rappeler cet étonnant miracle, cette immense révolution intelligente qui fait qu'un jour, un enfant intègre en quelques semaines ou quelques mois les fondements du système complexe du langage écrit.Ce «Léo et Léa» qui mènera plus tard à des mots, des phrases et des univers bien plus foisonnants.De fait, à la fin de l'année, je lisais et récitais La cigale et la fourmi de La Fontaine, que Renée Pageau, faisant fi de la mode jusque dans ses choix littéraires, m'avait forcée à apprendre.Encore aujourd'hui, je peux réciter par coeur cette fable sans me tromper.La cigale ayant chanté tout l'été Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue : Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau.Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine\u2026 Vous connaissez le reste, la fourmi n'est pas prêteuse (et pas mal bitch), elle dit à la cigale qu'il ne lui reste plus maintenant qu'à danser.J'ai emmerdé mes parents pendant des jours.C'est quoi la «bise»?C'est quoi un «vermisseau»?Pourquoi la fourmi est-elle si cheap?Elle est cool, la cigale, moi je trouve\u2026 Est-ce qu'elle va mourir de faim?Vous voyez : vocabulaire, poésie, morale, questionnement philosophique, angoisse existentielle.Je dois tout à Renée Pageau, que je salue ici bien bas.Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca NOUS SEULS Roman · 232 pages · 19,95 $ Un premier roman qui sait dire les intermittences du coeur aussi bien que la passion meurtrière.Emmanuel KATTAN © Lauren Silberman 3541343A 3532383A PLUS LECTURES Rassemblement des cultures et des paroles migrantes, la maison d'édition Mémoire d'encrier dirigée par Rodney St-Éloi crée des ponts entre les imaginaires.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE En mars, cela fera cinq ans que Rodney St-Éloi a ouvert sa maison d'édition Mémoire d'encrier, maison qui a entre autres contribué à faire connaître l'écrivain Gary Victor et le poète Davertige.« Mémoire d'encrier, ce n'est pas simplement une affaire de nègres, affirme Rodney St-Éloi en lançant son rire en cascades.C'est au contraire un mouvement qui rassemble toutes les cultures.Les imaginaires s'y rencontrent pour éviter l'accommodement facile.» À son arrivée au Québec, l'auteur et éditeur constate rapidement l'absence de littérature issue des immigrés et enfants d'immigrés.« Je me suis rendu compte qu'il y avait ici une demande de lecture qui n'était pas satisfaite.Je voyais beaucoup de minorités visibles, et ces minorités, je ne les retrouvais pas dans les bibliothèques, dans les librairies.Il fallait créer une maison d'édition qui puisse répondre à ce besoin de faire circuler cette diversité de signes et d'imaginaires.» Le mandat se transforme rapidement en une quête de la vérité dans l'embrouillamini des préjugés.« Quand les gens sont en train de lire un auteur africain que je publie, je pense qu'ils ont un regard beaucoup plus vrai de l'Afrique, évitant les clichés, évitant le folklore, insiste-til.J'ai beaucoup travaillé avec Mémoire d'encrier à reproblématiser la question d'altérité.C'est-à-dire comment regarder l'autre et, surtout, comment se projeter dans l'autre?» Lorsque j'aborde le Mois de l'histoire des Noirs, l'auteur s'exclame sur un ton cabotin : « Il faut donner à mon peuple l'année entière! » avant d'ajouter plus sérieusement.« Il faut leur dire que cette ville leur appartient.et pas seulement pendant un mois ! Je crois en fait que le Mois de l'histoire des Noirs est un raccourci.Il cherche à démontrer que l'identité noire existe et qu'on n'a pas besoin d'avoir peur d'eux, que ce ne sont pas des violeurs et des bandits, qu'ils ont une âme, etc.Mais pour moi, l'existence de ce mois indique surtout un problème, le problème d'intégration.» « Nous sommes toujours dans ce processus très ancien de monstration, poursuit St-Éloi.Le Mois des Noirs tente de montrer qu'il y a une identité noire qui circule dans la ville.Mais c'est un principe qui part d'un racisme primaire.Les Noirs n'ont pas besoin d'être fêtés.Imaginez, il faudrait le mois des Indiens aussi, le mois des Chinois, le mois des hispaniques! Ce qu'il faut, c'est une relation décomplexée à l'autre.» Activisme littéraire Certains qualifient Rodney St-Éloi d'activiste littéraire, une expression qui plaît à l'auteur et éditeur.« Je pense en effet qu'il faut résister, qu'il ne faut pas se rendre, acquiesce l'homme de lettres.Il y a des problèmes dans ce monde, on ne peut pas l'abandonner à l'extrême droite, on ne peut l'abandonner à la guerre, à Bush, à Mario Dumont, on ne peut pas l'abandonner à l'intolérance qui se déploie.On vit dans un monde qui piétine tous les rêves humains, toutes les utopies.L'idée de brandir les utopies, c'est brandir les mythes.Et la littérature est là pour ça.La littérature et l'art en général ont pour devoir de réussir là où les politiciens ont échoué.» Outre la poésie, la fiction et les essais, on retrouve une collection jeunesse chez Mémoire d'encrier, collection née du même besoin criant de diversité.« J'ai constaté que dans les écoles montréalaises qui sont de véritables carrefours culturels, il y a paradoxalement très peu de littérature venant d'autres cultures, témoigne St Éloi.D'ailleurs, à son arrivée de Port-au-Prince, ma fille répétait toujours qu'elle voulait rencontrer un Québécois jusqu'à ce que je comprenne que dans sa classe, il n'y avait pas de Québécois ! Pourtant, la bibliothèque de son école démontrait le contraire.Sa classe était le monde mais sa bibliothèque, un village.Or, dans ce mécanisme d'altérité, il faut commencer dès le plus jeune âge à présenter l'autre dans sa forme la plus diversifiée.» Depuis sa fondation, Mémoire d'encr ier a publ ié de nombreux livres d'auteurs africains, antillais mais aussi franco-ontariens, belges, maghrébins, tous aujourd'hui distribués dans plusieurs pays.« Nous avons quelque peu atteint notre objectif qui était de faire en sorte que la périphérie puisse parler au monde.Je suis très content quand je vois que des auteurs alors inconnus jusqu'ici circulent maintenant sans aucune forme de préjugés.La question de la biblio-diversité est au coeur de l'édition contemporaine.Les gens doivent pouvoir lire autre chose, car ils ont besoin de respirer.Et avec nous, les lecteurs voyagent.» LE MOIS DE L'HISTOIRE DES NOIRS Les cinq ans de Mémoire d'encrier Tous les jours dans À CHACUN SON CHOIX PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE Rodney St-Éloi, directeur de la maison d'édition Mémoire d'encrier: « La littérature et l'art en général ont pour devoir de réussir là où les politiciens ont échoué.» « Les Noirs n'ont pas besoin d'être fêtés.Ce qu'il faut, c'est une relation décomplexée à l'autre.» QUELQUES TITRESÀ LIRE CHEZMÉMOIRED'ENCRIER Treize nouvelles vaudou Gary Victor, préface d'Alain Mabanckou, 160 pages, 15$ Le testament des solitudes Emmelie Prophète, 120 pages, 15$ Une journée haïtienne Thomas Spear, 246 pages, 20$ Anthologie secrète Ida Faubert, 222 pages, 20$ PLUS LECTURES BIBLIO UN ALLIGATOR NOMMÉ ROSA MARIE-CÉLIE AGNANT ÉDITIONS DU REMUE-MÉNAGE 240 PAGES 22,95$ La justice, c'est bien connu, n'est pas toujours juste.Le poison insidieux de la vengeance habite Antoine depuis ce jour où sa famille entière a flambé dans un triste bal de cendres dans les rues de Port-au-Prince.Quarante ans plus tard, les cheveux grisonnants, l'homme se retrouve devant la porte de la maison de Rosa, cruelle fillette-lalo (Tonton Macoute de sexe féminin) de son enfance.Celle-ci, tout à son naufrage de la vieillesse, sera le témoin silencieux de la soif de sa victime d'hier, lui refusant avec obstination le baume d'un remords.«La malveillance des uns finit-elle par s'imprimer, encre indélébile\u2026 parvient-elle à s'inscrire dans les cellules des autres?» Le combat qui prend forme n'est pas celui que l'on attendait.Antoine attendra une confession de son bourreau jusqu'à la folie, lorgnant les couteaux de cuisine, se débattant avec force contre des assauts de violence qui le laissent épuisé, perdu.«On croit à la justice comme on croit en Dieu ou à l'amour.C'est un espoir insensé.» Antoine se frappera également à l'asthénie de Laura, fille adoptive de Rosa.Laura, engluée dans sa capitulation, nourrissant des sentiments contradictoires pour celle qui a massacré ses parents et qu'Antoine appelle l'alligator\u2026 La relation des deux rescapés de l'horreur se complexifie dans le non-dit, donnant au roman une gronde à la Harold Pinter.Outre une incursion dans l'univers méconnu des Reine-Choches, ces tortionnaires implacables tirant les ficelles des escadrons de la mort sous le régime Duvalier, Marie-Célie Agnant dresse un sombre portrait de ce qui distingue l'homme de l'animal.Diablement efficace.\u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale PRISON DE POUPÉES EDOUARD H.BOND COUPS DE TÊTE 122 PAGES 9,95$ À condition de ne pas être un puriste ni une âme sensible, le lecteur trouvera un charme à la langue joualisante de Prison de poupées, récit trash à propos d'une prison pour femmes où se déroulent les pires sévices.Dans son premier livre, Édouard H.Bond, collaborateur et chroniqueur des publications Urbania et Bang Bang, auteur de nouvelles dans divers fanzines, dépeint des scènes où l'ultraviolence se mélange à une sexualité extrême.On en a un aperçu dès les premières pages, dans lesquelles un cambriolage dégénère en orgie et en bain de sang: «Gelés comme des balles, la réalité ultra altérée, ils se sont mis à utiliser le couple comme jouets sexuels.Bruno a violé Johanne quatre fois plutôt qu'une, dans face à Sylvain (\u2026).Véronique a transposé sa jalousie sur Sylvain en s'en servant comme punching bag.Martine, way out, préférait orgarder la tv, un reportage sur la capture d'une serial killer redoutable.» Le ton est donné et on le comprend aussitôt, ce livre s'adresse à un public adulte et averti, celui des 18 ans et plus.Prison de poupées rappelle les films Natural Born Killers ou Cannibal Holocaust.Plus qu'une histoire, l'oeuvre est un cocktail de sensations fortes.C'est un poème destroy, animé par une vision désespérée de l'humanité.Une beauté étrange émerge de cet enfer, et il faut reconnaître à l'auteur du souffle dans le mal.Pour notre part, nous préférons encore les oeuvres plus chastes et plus subtiles.\u2014 Jean-François Cloutier, collaboration spéciale TREIZE CONTES RASSURANTS MARC PROVENCHER 96 PAGES LEMÉAC 11,95$.Le morbide et l'inquiétant sont l'ossature des textes « rassurants » de Marc Provencher.Il y manque la chair.«Le tour du bloc» est le mieux achevé.Un enfant va jouer à la guerre, un camarade le ramène à sa mère, on sait dans quel état quand viennent les derniers mots: « Pour refermer la poubelle, elle dut forcer un peu.Patrice avait bien grandi ces derniers temps.» D'autres nouvelles sont aussi enveloppées d'un noir assez intense, mais aucune n'a un tel impact dramatique.L'inspiration serait-elle trop sage, trop convenue ?Il faudrait un détail incongru, une chute inattendue ou mieux, une fin laissée à la fantaisie du lecteur pour que ces nouvelles aient un relief assez saisissant pour laisser des traces.Le recueil est desservi par une narration terne, parfois même poussive, qui sied mal à des textes courts, censés résumer la totalité d'une comédie ou d'un drame.D'une nouvelle à l'autre - le temps qu'exige un déplacement en métro entre deux stations rapprochées -, on espère en vain que les personnages et les situations dans lesquelles ils se débattent s'imposeront comme suffisants et nécessaires.Les aficionados de fantastique apprécieront tout de même la dernière histoire, « L'arrivée des camions », sorte de fin du monde qui se délite habilement sur une page blanche.Pour le reste, il y a tellement de mou dans la direction qu'on regrette d'avoir traversé pour une ou deux petites oasis un si vaste désert.\u2014 Réginald Martel ROBERT LÉVESQUE COLLABORATION SPÉCIALE Mademoiselle Canavaggia, qui avait du sang corse par son père, a vécu dans l'intimité épistolaire et créatrice du grand écrivain.Aujourd'hui, on peut lire les lettres que Céline lui postait, dont, les plus nombreuses, celles envoyées depuis son exil danois (prison, hôpital, chalet) qui donnent du «monstre» une image certes frénétique, mais moins cabotine, moins glapissante, plus accommodante.Car c'est Céline saisi au boulot, à l'usine des phrases, au moteur du style et au rythme de l'émotif qui file sur rails, Céline qui, dès son premier jour de travail avec «mademoiselle Marie» en avril 1936, lui lança : «La moindre virgule me passionne!» De 1936 à 1960, elle fut l'indispensable associée du misanthrope, faisant tout pour lui, confidente, fournisseur (de livres, de papiers, de patates durant la guerre), collectionneuse d'a rticles de presse, entremetteuse, négociatrice et sans réel salaire (de 1944 à 1951, Céline l'exilé est cassé comme un clou, considéré comme un fou).Ces Lettres à Marie Canavaggia sont la seule correspondance de l'auteur de Mort à crédit où le destinataire n'est jamais engueulé, seulement moqué, étrillé, parfois.«Vous êtes ma secrétaire éternelle », lui écrit-il de Klarskovgaard en février 1951, «Secrétaire de mon coeur », renchérit-il.Céline gentil, séducteur ?Aristocrate provinciale Un rare ami de Céline, Pierre Monnier, donne dans Ferdinand f u r i e u x ( L'Â ge d 'homme , Lausanne 1979) un portrait de Marie Canavaggia : «C'était un personnage typé d'aristocrate provinciale un peu dame au chapeau vert brûlante et réservée.Il n'y a pas un exégète, pas un critique qui ait connu comme elle, qui ait ressenti comme elle, avec autant d'intelligence et de sensibilité, le rythme et le poids de la phrase célinienne.» Et Monnier d'imaginer cette fille pudique et distinguée, penchée sur le texte, attentive à la moindre virgule, et qui interroge l'auteur: «Après \"On se croit enculé d'un petit centimètre, on en a déjà plusieurs mètres.\" Est-ce un point\u2026 ou des points de suspension?.» Ange gardien Alors, la Canavaggia, cet ange gardien, peut-on la voir, l'imaginer ?Un peu Alice Tissot, un peu Marguerite Moreno, ces actrices contemporaines de Céline qui, en 1937, jouèrent Ces dames au chapeau vert, le film de Maurice Cloche ?De Marie Canavaggia, les photos sont rarissimes (je n'en ai jamais vu, moi célinien).Dans une lettre à son avocat français Tixier- Vignancourt (celui qui obtiendra son amnistie en 51), Céline la surnomme « le Secret en personne ».Y avait-il entre eux un «plus si affinités»?Chose certaine, dans leur correspondance, i l n'est jamais question de Lucette Almanzor, la femme de Céline, sauf une fois, en février 1950, où l'écrivain laisse passer : «Ma femme que vous n'aimez pas mais qui est un esprit simple trouve que c'est le Bon dieu qui en a marre des hommes et de leur méchanceté.» Frédéric Vitoux, dans sa biographie de l'écrivain, parle de « l'affection parfois possessive» de la Canavaggia.Un an avant sa mort, Céline avait écrit à Roger Nimier, son factotum chez Gallimard: «Canavaggia, je la pratique depuis 25 ans ! .attention ! Je la connais dans tous les coins, en tout bien tout honneur ! La gazelle est très dangereuse et pas du tout la scrupuleuse vieille fille qu'elle a l'air ! » L'amie sûre Chapeau vert , vieille fille ou gazelle, la Canavaggia était d'abord et avant tout lettrée, compé tent e, per t inente et patiente (ce que reconnaît volontiers Céline).Il était rare pour une fille de passer son bac avant la guerre de 1914, et Canavaggia avait voyagé, l'Angleterre, l' Italie, c'était une autodidacte de l'étude des langues.Avant de rencontrer Céline, que Jeanne Carayon, la première secrétaire, celle qui fut au boulot pour le manuscrit du Voyage, lui avait présenté en 1936, elle traduisait Hawthorne, Henry James, John Cowper Powys pour le plaisir, le goût du texte, avant de penser à trouver un éditeur.Chez elle, l'amour de la littérature primait tout.Un duo solide Ainsi, lisant ces lettres nombreuses (508) que lui envoya Céline, on voit à l'oeuvre une professionnelle de l'établissement du texte célinien; elle corrige une métaphore, ramenant une référence à Vulcain au monde souterrain quand Céline l'avait associé à des hippopotames de mer, elle corrige le genre d'un mot (« opprobre est masculin »).On ne sent jamais qu'elle se lasse d'être au service du «monstre» qui, par ailleurs, se sert d'elle à satiété pour gueuler son innocence, ses haines jalouses envers ceux qui, tel Montherlant, ont collaboré et se promènent en liberté à Paris.Ces coups de gueule assouvis, c'est aux textes, aux manuscrits, ses «ours », que le duo se reforme, solide, travailleur, constant, fidèle.Discrète de nature, tenue dans l'anonymat par Céline qui voulait lui éviter tout ennui durant ses années de disgrâce et d'exil, elle va tout de même, en décembre 1945, lorsque l'écrivain est arrêté à Copenhague et jeté en prison, écrire au ministre des Affaires étrangères Georges Bidault: «J'ai travaillé pendant des années avec le docteur Destouches et lui suis attachée comme une soeur».La Canavaggia est morte en 1976, célibataire, secrétaire, l'amie sûre\u2026 LETTRES À MARIE CANAVAGGIA 1936-1960 Céline Les Cahiers de la NRF, Gallimard, 578 pages, 74$ Confidente et secrétaire éternelle de Céline « Mademoiselle Marie », ange gardien PHOTO ARCHIVES LA PRESSE À travers ses lettres à sa secrétaire, on découvre non seulement Louis- Ferdinand Céline mais aussi cette femme qui fut aussi sa confidente et son ange gardien.Célibataire et secrétaire, certes, mais Marie Canavaggia fut tellement plus pour l'irascible épouvantail littéraire du XXe siècle, le docteur Destouches, autrement dit Louis-Ferdinand Céline, le romancier humaniste de Voyage au bout de la nuit, le pamphlétaire antisémite de Bagatelles pour un massacre, atypique génie de la littérature française moderne, l'après Proust, le trou noir de la littérature.« Il n'y a pas un exégète, pas un critique qui ait connu comme elle, qui ait ressenti comme elle, avec autant d'intelligence et de sensibilité, le rythme et le poids de la phrase célinienne.» www.editionsfides.com UNE CRITIQUE UNANIME [Le roman de la rentree] qui m'a le plus seduit, le plus enchante.Didier Fessou, Le Soleil La perte en heritage est un grand roman.Caroline Montpetit, Le Devoir vraiment, vraiment magnifiquement evoquee Rene Homier-Roy, Radio-Canada 3 e tirage 3539011A LECTURES 3 LEMOZARTNOIR Dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, la librairie Olivieri (5219 Cote-des-Neiges) presente une exposition de livres d'auteurs du monde noir et une serie de causeries, les mercredis soirs.Cette semaine, l'historien Oumar Dioum fera decouvrir au public Philippe de Bourgogne (1745-1799), aussi connu sous le nom de chevalier de Saint-Georges.Ce personnage fascinant, originaire de la Guadeloupe, a ete compositeur, violoniste et chef d'orchestre, virtuose du fleuret et chef de brigade.Leo Kopi Vero assurera la partie musicale de la soiree.A L'AFFICHE Les Poetes de l'Amerique francaise (.org) recoivent Dyane Leger (prononcer Legere) mardi 20h a la Maison de la Culture du Plateau-Mont- Royal, ou l'on peut se procurer des laissez-passer.La poete acadienne partagera la scene avec le tenor Richard Duguay et le claveciniste Pierre Bouchard.Le Salon du livre jeunesse de Longueuil s'ouvre mercredi au Theatre de la Ville (180 rue de Gentilly Est).Sources: UdeM, Olivieri, Ville de Montreal.AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY GROSSE JOURNEE Pour souligner le 400e anniversaire de la fondation de Quebec, l'Universite de Montreal presentera sa Troisieme Journee quebecoise des dictionnaires dans la Vieille Capitale, le vendredi 4 avril sur le theme: Les dictionnaires de la langue francaise .De la Nouvelle- France au Quebec contemporain.A cette occasion, l'UdeM remettra sa medaille du merite a Mme Helene Carrere d'Encausse, secretaire perpetuelle de l'Academie francaise, et un doctorat honoris causa au lexicographe Alain Rey, maitre d'oeuvre des dictionnaires Le Robert.Voir le programme complet sur le site www.fas.umontreal.ca/dictionnaires.Helene Carrere d'Encausse PHOTO AFP C'est Patrick Modiano, auteur de la preface de ce document d'outre-tombe et pourtant si vivant, qui a raison: Il faut se taire maintenant, ecouter la voix d'Helene et marcher a ses cotes.Mais avant que de nous taire, il nous faut vous convaincre d'une chose : lire le journal d'Helene Berr, temoignage exceptionnel de la vie a Paris pendant l'Occupation, inconnu du public pendant plus de 60 ans.CHANTAL GUY Une jeune juive francaise, qui se considere bien plus francaise que juive, nous raconte ce qu'est la vie sous Vichy, qui lui rappellera cruellement sa difference.Au debut de la vingtaine, elle ecrit son journal intime, dans lequel elle consigne des choses bien de son age; ses amours, ses etudes, ses aspirations, ses meditations.Des le premier jour, on sait a qui on a affaire.Une jeune fille loin de la neurasthenie, ouverte a toutes les beautes de ce monde.En recevant un livre dedicace de Paul Valery, elle ecrit, le 7 avril 1942: Et la joie m'a inondee, une joie qui venait confirmer ma confiance, qui s'harmonisait avec le joyeux soleil et le ciel bleu tout lave au-dessus des nuages ouates.Je suis rentree a pied, avec un petit sentiment de triomphe a la pensee de ce que les parents diraient, et l'impression qu'au fond l'extraordinaire etait le reel.Ce reel va changer.Brutalement.De facon extraordinaire, mais en basculant du cote du cauchemar.Et jamais, jusqu'a la fin (du moins de ce journal), Helene Berr ne detournera son regard face a l'horreur qui la cerne de toutes parts, horreur qui la menera a Auschwitz, avec ses parents, ou elle mourra a Bergen-Belsen en avril 1945, peu de temps avant la liberation, en ayant survecu plus d'un an a sa captivite.Et voila le tragique incommensurable de ce destin, quand on decouvre qu'elle ecrivait le 15 fevrier 1944, juste avant son arrestation, et ce qui donne une bonne idee de l'etoffe dont elle etait faite, amesure que l'ineluctable lui apparaissait : Quelle impression eprouverai-je lorsque je sentirai que je suis bouclee pour de bon, et que toute une partie de ma vie est close a jamais, qui sait, peutetre toute ma vie quoique j'aie la volonte de vivre meme la-bas.La-bas, ce sont les camps, dont on entendait des histoires hallucinantes, que personne n'osait croire, et qui pourtant etaient reelles.Qu'elle n'ait pas survecu, elle qui ne voulait rien oublier de cette infamie, qui estimait que cela devait se savoir, c'est une injustice terrible, mais, pour nous consoler (ou nous affliger davantage), il y a au moins ce journal, qui est reste comme un douloureux secret de famille pendant une soixantaine d'annees avant d'etre publie chez Tallandier.Beaucoup de gens se rendrontils compte de ce que cela aura ete que d'avoir 20 ans dans cette effroyable tourmente, l'age ou l'on est pret a accueillir la beaute de la vie, ou l'on est pret a donner sa confiance aux hommes?Non, nous ne saurons jamais ce que c'etait, mais Helene Berr nous en donne une bonne idee.Cela commence avec le port de l'etoile jaune, qu'elle refuse au debut, par orgueil, et qu'elle accepte ensuite, par solidarite envers ceux qui la portent.L'arrestation de son pere, deporte a Drancy, qu'ils reussissent a ramener.On se demande pourquoi la famille Berr ne fuit pas, au fur et a mesure des ordonnances allemandes qui reduisent comme peau de chagrin les droits des juifs, etrangers enpremier, francais ensuite.Le fosse se creuse non pas entre Helene et l'occupant, mais entre Helene et ses compatriotes, qui continuent de mener leur vie comme si de rien n'etait.Ainsi, un soir, sur le pont Mirabeau, une connaissance lui demande si cela ne lui manque pas trop de ne pouvoir sortir le soir.Elle se dit Mon dieu! Il croit que nous en sommes qu'a ce stade-la! Il y a bien longtemps que je l'ai laisse derriere moi.Je n'ai meme jamais pense a m'y arreter, peut-etre parce que je n'ai jamais ete mondaine, mais surtout parce que je savais qu'il y avait des choses plus affreuses.Plus que les insultes dont Helene est victime, elle et ses proches, c'est justement de cette ignorance des autres, ceux qui sont de l'autre cote de sa realite, dont elle souffre.Et qui creuse un abime infini entre eux et elle, trop consciente, terriblement consciente de ce qui est en train de se passer.Chaque heure de la journee se repete la douloureuse experience qui consiste a s'apercevoir que les autres ne savent pas, qu'il n'imaginent meme pas les souffrances d'autres hommes, et le mal que certains infligent a d'autres.Et toujours j'essaie de faire ce penible effort de raconter.Parce que c'est un devoir, c'est peut-etre le seul que je puisse remplir.Il y a des hommes qui savent et qui se ferment les yeux, ceux-la, je n'arriverai pas a les convaincre, parce qu'ils sont durs et egoistes, et je n'ai pas d'autorite.Mais les autres, ceux qui ne savent pas, et qui ont peut-etre assez de coeur pour comprendre, ceux-la, je dois agir sur eux.Elle etait jeune, elle etait belle, elle etait amoureuse, elle etudiait la litterature anglaise.Une vie fauchee comme des millions d'autres a la meme epoque.On a parle aussi des gaz asphyxiants par lesquels on aurait passe les convois a la frontiere polonaise.Il doit y avoir une origine vraie a ce bruit.Et penser que chaque personne nouvelle qui est arretee, hier, aujourd'hui, a cette heure meme, est sans doute destinee a subir ce sort terrible.Penser que ce n'est pas fini, que cela continue tout le temps avec une regularite diabolique.Penser que si je suis arretee ce soir (ce que j'envisage depuis longtemps), je serai dans huit jours en Haute-Silesie, peut-etre morte, que toute ma vie s'eteindra brusquement, avec tout l'infini que je sens en moi.Le 15 fevrier 1944, l'ultime entree du journal se termine sur une citation de Conrad: Horror ! Horror! Horror ! Helene Berr entre dans la derniere etape de son calvaire.Et nous, lecteurs, resterons longtemps hantes par cette voix dans les tenebres.JOURNAL Helene Berr Tallandier, 290 pages, 26,95$ LE JOURNAL D'HELENE BERR Au coeur des tenebres PHOTO FRANCOIS MORI, ASSOCIATED PRESS Mariette Job, la niece d'Helene Berr, tient une copie du journal de sa tante, ecrit durant l'Occupation allemande.Mme Job a mis des annees a trouver le journal de sa tante et a le faire publier.Ceux qui ne savent pas, et qui ont peut-etre assez de coeur pour comprendre, ceux-la, je dois agir sur eux. AMUSEZ-VOUS! La griLLe thématique So Lution du dernier numéro Horizonta Lement 1 Il se sont aimés jusque dans la mort.2 Dionysos lui a été confié par Hermès pour le soustraire à la jalousie d'Héra - Lien conjugal - Hurler.3 Laisse son conjoint - Compagnon empressé et galant.4 Cachée - Fin de verbe.5 De blé ou d'orge - Frivole - Espion, espionne?6 Certains le font par amour - Ce n'est pas une réponse à faire à une demande en mariage! - Bain bouillonnant à remous - Le début et la fin d'un moment.7 Argon - Le grand amour de Donalda - Qui méprise la religion.8 Un endroit où poser un baiser - Homme amoureux de sa propre image.9 Astate - Marque une liaison - Musicien de jazz, auteur de Petite fleur.10Sert à héler - Portée par la geisha - Marque la surprise - Déesse égyptienne, modèle de l'amour conjugal.11 Prévu - Qualifie une littérature à orientation érotique - Petit baiser.12 Son épouse l'a attendu pendant de longues années - Émotion d'ordre sensuel - Radon.13 Jeune fille vierge - Spécialité japonaise.14 Fleuve au pays de Casanova - Prêtresse aimée de Zeus - Ce n'est pas un amateur.15 Immortelle des neiges - Machin Chouette.Vertica Lement 1 Prince rendu beau par l'amour.2 Siège à New York - État de chasteté parfaite - Déchiffré.3 Épouse - Jeune fille d'une grande beauté qui fut aimée d'Éros.4 Double règle - Exceptionnel - Commun.5 Scandalisé - Mère d'Apollon - Danse lente exécutée en couple.6 Exaspérées - On lui doit Quand on n'a que l'amour.7 Titane - Liquide amniotique - Sans engrais ni pesticides - Mèche de cheveux.8 Première épouse de Napoléon - Sélénium - Charpente du corps humain.9 Homogène - Chefs amérindiens.10Jeune homme - Lettre grecque - Peut être une réponse à une demande en mariage.11 Pas ailleurs - Licencieux - Se donne affectueusement.12Dialecte gaélique - Sentiment d'affection.13Passe à Rome - A la fin d'une lettre d'amour - Scénario.14On y place une balle - Oubli - Dieu à tête de faucon.15Exténuée - Saint - Hold-up.Solution au prochain numéro michel hannequart www.hannequart.com L'Amour Génies en herbe solution lA lu MiÈRe 1 Le photon 2 Auguste et Louis 3 Madonna 4 Le 18e siècle 5 Luz eMPe Reu Rs CélÈBRes 1 Auguste (ou Octave) 2 Charles Quint 3 Napoléon Bonaparte 4 Star Wars 5 Alexandre le Grand lA nei Ge 1 Une congère 2 Ernest Hemingway 3 L'inuktitut 4 Le léopard (ou la panthère) des neiges 5 « Soir d'hiver » Asso Ci Ations 1 b 2 e 3 a 4 c 5 d le BARo Que 1 Jean-Sébastien Bach 2 La Réforme protestante 3 L'Italie 4 Savinien de Cyrano de Bergerac 5 Le portugais Mots PAR « G » 1 Gerbe 2 Gargantua 3 Gueuze 4 Gravité 5 Gondole JAune 1 Jean-Pierre Ferland 2 Woodstock 3 Le vitellus 4 Bob Morane 5 Le violet in Di Ces Carla Bruni lA lu MiÈRe 1 En physique, quelle particule sans masse transporte l'énergie lumineuse ?2 Quels étaient les prénoms des frères Lumière, inventeurs du cinématographe?3 À quelle chanteuse extrêmement populaire doit-on l'album de 1998 intitulé Ray of Light ?4 Quel siècle appelle-t-on couramment le Siècle des Lumières en raison du nombre important de penseurs européens qui y ont fait évoluer les idées libérales ?5 Comment dit-on le mot « lumière » en espagnol ?les eMPe Reu Rs CélÈBRes 1 Quel petit-neveu de Jules César fut le premier empereur romain de l'histoire?2 Quel grand empereur du 16e siècle a dit : « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval »?3 Qui se fit couronner empereur des Français en 1804?4 Dans quelle saga du cinéma retrouve-t-on le sinistre personnage de l'empereur Palpatine?5 Quel fils de Philippe II de Macédoine constitua au 4e siècle avant J.-C.un empire qui se rendait presque jusqu'en Inde ?lA nei Ge 1 Quel nom porte ce que les Québécois nomment habituellement un « banc de neige »?2 Quel écrivain américain qui s'est suicidé en 1961 a écrit le recueil de nouvelles Les neiges du Kilimandjaro ?3 Quelle langue possède plus de 25 mots différents pour désigner la neige dans ses divers états ?4 Sous quel autre nom connaissons-nous l'animal des montagnes appelé « once »?5 Quel est le titre du poème de Nelligan débutant par : « Ah! comme la neige a neigé! »?Asso Ci Ations Associez les capitales africaines à leur pays.1 Maputo a) Bénin 2 Dodoma b) Mozambique 3 Porto-Novo c) Namibie 4 Windhoek d) Lesotho 5 Maseru e) Tanzanie le BARo Que 1 Quel compositeur allemand fut l'un des plus importants de la période baroque, notamment avec ses nombreuses Fugues ainsi que ses Concertos brandebourgeois ?2 Après quel grand schisme religieux du 16e siècle le courant baroque se développa-t-il en architecture afin d'impressionner les catholiques et de les ramener à l'église?3 Dans quel pays le baroque se développa-t-il d'abord en peinture avec des artistes comme Le Caravage, Annibal Carrache et Tiepolo ?4 Quel écrivain, qui fut dépeint de façon très différente de la réalité dans une célèbre pièce d'Edmond Rostand, publia en 1657 le roman baroque Histoire comique des états et empires de la Lune ?5 De quelle langue provient le mot « barroco », qui désigne une perle irrégulière ?Mots CoMMenÇAnt PAR « G » 1 Botte de céréales coupées, dans laquelle les épis sont disposés d'un même côté.2 Gros mangeur, ou célèbre géant créé par Rabelais.3 Bière belge, forte et aigre, conçue avec du malt et du froment non germé, par fermentation spontanée.4 Phénomène par lequel un corps est attiré vers le centre de la Terre.5 Barque vénitienne qui fait la joie des touristes.JAune 1 Quel chanteur québécois, à qui l'on doit les chansons « Le petit roi » et « T'es belle », fit paraître l'incontournable album Jaune en 1970?2 Comment se nomme le petit oiseau jaune qui accompagne Snoopy dans les bandes dessinées de Schultz?3 Quel autre nom porte le jaune d'oeuf ?4 Quel héros d'une série de romans avait comme ennemi un mystérieux asiatique surnommé l'Ombre jaune ?5 En peinture, quelle est la couleur complémentaire au jaune ?iDenti FiCAtion PAR in Di Ces 1 Elle est née à Turin le 23 décembre 1968, mais quitta le pays en 1973 lorsque ses parents décidèrent de fuir par peur des Brigades rouges italiennes.2 Après quelques années d'étude en architecture, elle s'oriente dans une carrière plus lucrative puis, au début des années 2000, écrit des textes de chansons pour un album de Julien Clerc.3 Mannequin très en vue durant les années 1990, elle aurait entre autres fréquenté Eric Clapton, Kevin Costner, Vincent Perez et\u2026 Donald Trump! 4 Elle a refait surface dans l'actualité de 2007 avec son second album No Promises, mais surtout grâce à sa liaison avec le président français Nicolas Sarkozy.no1289 en collaboration avec Génies en herbe Pantologie inc.lapresse@mpghp.ca mots croisés solution du dernier numéro www.hannequart.com Du lundi au dimanche Horizontalement 1 Manifestation subite de l'amour dès la première rencontre.2 Décapsule - Pièce romaine.3 Un peu sotte - Qui a une certaine fortune.4 Largeur d'une étoffe - Très fatigué.5 Usages - Séparation des cheveux - Manière d'être.6 De très courte durée - Une épreuve du pentathlon.7 Habitée par les Cariocas - Époque - Tient secret.8 Refus - En costume d'Ève.9 Mettent de l'ordre - Mercure.10Ajusté au corps - Petits et minces.11 Mentionné - Battre.12 Vénus - Arrêt de circulation.Verticalement 1 Gagner le coeur d'une femme - A remplacé le vinyle.2 Bien sûr - Voile triangulaire - Partie du monde.3 Relatif au raisin - Probe.4 Supplication - Ils ont un bon appétit.5 Petits cubes - Faire venir avec soi.6 Sous un robinet - Résiste à la fonte.7 Note - Ouvrent la porte.8 L'Italie en fait partie - Déposé.9 Liquide organique - Battent en retraite.10Pénurie de vivres - Empire disparu.11 Piaf y a chanté - Pas ici.12 Produire des ondes - Éculée.Êtes-vous observateur Ces deux dessins sont en apparence identiques.En réalité, il y a entre eux HUIT petites différences.solution 1 Pan avant de la veste plus large.2 Bas de la jambe gauche du pantalon.3 Bande blanche incomplète derrière le poteau.4 Bande blanche d'extrême gauche plus large.5 La nervure sur le capot de la voiture de droite.6 Aile gauche de cette voiture non indiquée.7 Nez du capot de la voiture du milieu.8 Poignée de portière de la voiture de gauche.Citation secrète Placez les lettres de chaque colonne dans la case appropriée de manière à former une phrase complète.Les mots sont séparés par une case noire.Solution du dernier numéro Un sondage n'est pas un substitut à la réflexion.thème : Citation du Talmud nnn P J Va mot mystère Solution du dernier numéro | m AnillE La sante | Un mot de 7 lettres ABCES AGITE AORTE APPENDICE BILE CAS CIL COL COMA CRISE DELIRE DERME DIETE DOIGT DOMAGK DOSE DROGUE ECORCE ECZEMA EFFORT ELECTIF ELIXIR ENFLE ERIGNE ERINE ETRIER EXOSTOSE FIL FRONT GEL ILEITE INDEX IRITIS KYSTE LABO LEPRE LIMACON NEZ OEIL OPERER OSSELET OXYMEL PESER PIED PRISE RADIOLOGUE RHINITE RICIN SANG SCIENCE SENE SENSIBLE SETON STERILE TAENIA TAILLE TETE UREE URINE VULVE "]
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