La presse, 16 février 2008, Q. Plus: Chine
[" LE SÉJOUR DE VOTRE ENFANT OFFERT! 514.270.1237 30 avenue de l'Épée | Outremont | sans frais : 1 800 5.SAISON Départs de Montréal.Pour les nouvelles réservations seulement.Le prix en exemple est pour une famille de 4 (2 adultes et 2 enfants de 5 et 11 ans), pour 7 jours, dans une chambre de catégorie standard, vol inclus (Air Transat).L'offre s'applique aux enfants âgés entre 0 et 15 ans, séjournant entre le 23 février et le 27 juin 2008 (entre le 16 février et le 27 juin 2008 pour Sandpiper).Un minimum de 7 nuits est requis.Frais d'adhésion en sus.Titulaire d'un permis du Québec.Les conditions particulières de cette offre, visibles sur clubmed.ca (section Offres spéciales), et les conditions générales de la brochure s'appliquent.Le prix inclut la TPS et la TVQ mais pas les frais de contribution au fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages de 3,50$ par 1 000$.7 116 $ FAMILLE DE 4 PERSONNES Punta Cana, Rép.dominicaine / départ le 5 avril Offre disponible pour un voyage entre le 23 février et le 27 juin 2008 à Punta Cana, Rép.dominicaine - Sandpiper, Floride - Cancun Yucatan et Ixtapa Pacific, Mexique 3541984A FEMMES BELLE D'ORIENT PAGES 2 ET 3 LA GÉNÉRATION CHOCOLAT PAGES 10 ET 11 POLITIQUE LA DÉMAOCRATIE PAGES 8 ET 9 SPORTS LE RÊVE OLYMPIQUE PAGES 12 ET 13 L'USINE À CHAMPIONS PAGES 14 ET 15 ALIMENTATION UN SALON DE THÉ NOMMÉ McDO PAGES 4 ET 5 LES PRIX EN FOLIE PAGES 6 ET 7 PHOTOS ROBERT SKINNER, LA PRESSE PLUS/CHINE MON T R É AL SA M E D I 16 F É V R I ER 2 0 0 8 permis du Québec 702569 Ton rêve oriental, mon pays natal www.vacancesinorama.com Vacances inc.1088, rue Clark, bureau 108, Montréal (Québec) H2Z 1K3 Appel à tous pour la Chine Le merveilleux vous y attend! Visite : Beijing - Xi'an - Hangzhou - Wuzhen - Suzhou - Shanghai - Yichang - Fleuve Yangtzé (Trois-Gorges) - Chongqing - Guilin - Yangshuo - Guangzhou - Hong Kong La Chine aux multiples visages + fleuve Yangtzé Séance d'information sur la Chine à notre bureau Le 17 fév., 10 h 30 à 12 h 30 et 16 h à 18 h Le 24 fév., 10 h 30 à 12 h 30 et 16 h à 18 h Réservations téléphoniques : 514-866-0888 ou 1-866-810-0888 Prix par personne en occupation double incluant tous les vols et l'hôtel de 5 étoiles, 3 repas par jour, accompagnateur francophone, vol international et domestique, le coût de la contribution des clients au fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages.Prix valide en 2008.Le 9 mars 08, 3 680 $ p.p.(départ avec Air Canada) Le 30 mars 08, 3 880 $ p.p.(il reste 2 places) Le 8 avril 08, 3 980 $ p.p.(départ avec Air Canada) Le 11 mai 08, 3 980 $ p.p.(départ avec Air Canada) Le 8 juin 08, 3 880 $ p.p.(départ avec Air Canada) Le 15 juin 08, 3 880 $ p.p.(départ avec Air Canada) Extra départ: 14 sept.08,3 980 $ p.p.(départ avec Air Canada Le 19 oct.08, 3 980 $ p.p.(départ avec Air Canada Le 9 nov.08, 3 680 $ p.p.(départ avec Continental Airline) Tous les départs sont garantis en 2008 : (super croisière sur Trois-Gorges), 21 jrs (intérieur du Centre communautaire et culturel chinois de Montréal) Tél.: 514-866-0888 Téléc.: 514-866-3388 Sans frais : 1-866-810-0888 sinorama@bellnet.ca PLUS DE 30 FILMS.DES PUBS EN QUANTITÉ.UN DISQUE À VENIR.DEPUIS QU'ELLE A REMPORTÉ UN CONCOURS DE BEAUTÉ À MONTRÉAL EN 1992, LA QUÉBÉCOISE D'ORIGINE VIETNAMIENNE CHRISTY CHUNG VIT SON RÊVE AMÉRICAIN\u2026 EN CHINE.J anv ier 1998.En pleine crise du verglas, une parfaite inconnue du public montréalais accouche à l'hôpital Royal Victoria.Des paparazzis font les 100 pas dans le corridor.Des paparazzis de Hong Kong.«Il y en a une qui a cogné à ma porte, elle pleurait.Elle m'a dit que son patron ne la laisserait pas rentrer si elle n'avait pas une photo de moi et de ma fille, Yasmine», se rappelle Christy Chung.Dix ans plus tard, dans le parc Houhai de Pékin.La même Christy Chung se laisse cette fois photographier sans problème par le photojournaliste de La Presse.Elle y prend même un plaisir évident, alternant entre les poses sérieuses et mi-suggestives.Autour, des jeunes la regardent.Une femme donne un coup de coude à son copain et montre la vedette du doigt.- Vous la connaissez?lui demande-t-on.- Oui, c'est Zhong Liti (Christy Chung en mandarin).- Qu'est-ce que vous en pensez ?- Elle est belle, donne-telle pour seule réponse, les yeux embués d'admiration.La beauté.Si un mot qualifie la carrière impressionnante de la femme de Brossard, c'est bien celui-ci.Ce qui a toutes les allures d'un conte de fées commence en 1992, alors que Christy Chung a 22 ans.Étudiante en tourisme à l'UQAM, elle se fait forcer la main par l'organisatrice du concours Miss Chinese Montréal pour poser sa candidature.Le garçon manqué, qui jouait au hockey dans les rues de Brossard et qui apprécie encore la Formule 1, hésite.Mais elle finit par chausser les talons hauts.Comme dans tous les bons films à l'eau de rose, elle l'emporte et se retrouve en finale mondiale, à Hong Kong.Même si elle est d'origine vietnamienne, c'est son premier voyage en Asie.Tout le concours se passe en cantonnais, la langue du sud de la Chine, qu'elle ne comprend pas.Quand l'annonceur dévoile le nom de la gagnante, il faut que Miss Philippines lui donne un petit coup de coude pour qu'elle comprenne qu'elle vient de devenir Miss Chinese International.Le concours terminé, elle rentre à Brossard, d'où elle soupèse ses options : doit-elle ou non accepter le poste de Miss Météo que vient de lui offrir une station de Radio-Canada en Ontario?Puis, le téléphone sonne.On lui propose un rôle dans un film à Hong Kong, elle qui n'a jamais fait d'école de théâtre et qui ne parle toujours pas le cantonnais.Elle fait sa valise et se lance, avec toutes les difficultés que cela comporte.«Les gens m'expliquaient le texte.Puis je l'apprenais par coeur en y mettant les bonnes intonations», se rappelle-t-elle aujourd'hui.Les premières expériences doivent avoir été convaincantes, puisqu'elle enfile les rôles de femme fatale.Après plus de 30 films - dont Samsar qui a été présenté ici en 2004 - Christy Chung a aujourd'hui l'impression d'avoir fait le tour du jardin.«C'est pour ça que, maintenant, je fais moins de films, confie-t-elle.Tous les rôles qu'on m'a offerts, ça a toujours été comme sexe-symbole, comme femme fatale.Des rôles qui étaient beaucoup plus physiques qu'émotionnels.Moi, je cherche des rôles où je peux vraiment jouer des émotions en profondeur.» Un «beau vase de fleurs », comme elle-même décrit l'image que certains ont d'elle.Mais la potiche n'est pas vide.Elle a prouvé à bien des Chinois - et des Chinoises - qu'une mère peut continuer sa carrière et être sexy.«Avant, dans les années 90, ça ne se faisait pas d'avoir un enfant\u2026 ta carrière était finie.Mais moi, j'ai dit : Oui, je suis maman, mais je suis quand même en bonne santé.J'ai gardé mes formes, je prends soin de moi, de ma santé.Je fais du sport et je ne me suis pas laissée aller parce que j'étais devenue maman.» Elle relate une anecdote qui la réjouit particulièrement : «Mes amis me disent qu'ils entendent des femmes dans les Starbucks qui se disent: \u201cRegarde Christy Chung, elle peut avoir des enfants et poursuivre une carrière en même temps.\u201d» Le fait qu'elle ait été élevée au Québec lui a permis de prôner en Asie un style de vie occidental, où les femmes ont plus de latitude.«J'ai eu ma fille quand j'étais quand même assez jeune.J'avais encore des choses à découvrir, des rêves à vivre.Ici, habituellement, les femmes qui ont des enfants demeurent à la maison pour passer du temps avec les enfants.» Trouver sa voix En 2005, alors qu'elle ne tourne presque plus de films, une invitation change sa vie.Encore une fois.On lui demande de chanter dans le cadre d'un concert-bénéfice pour les enfants de Yinchuan, dans le nord-ouest de la Chine.«Il ne pleut jamais làbas.C'est le désert.Il faut qu'ils marchent six ou sept heures chaque jour pour aller chercher de l'eau.» Elle chante Venus, de Bananarama.Cinq petites minutes sur les planches et la voilà accro à ce contact direct avec le public.Et le public, lui?«J'ai fini la chanson, puis c'était un grand silence.J'ai commencé à m'inquiéter, à me demander si c'était parce que je n'étais pas bonne.Finalement, c'est juste que les gens étaient bouche bée.Ils étaient très surpris.» Aujourd'hui, elle habite Pékin avec son deuxième mari, Keith, réalisateur de disques américain, lui aussi d'origine asiatique.C'est lui qui a eu l'idée de former un groupe avec deux autres femmes.Le 31 décembre dernier au soir, ce trio féminin chantait sur la chaîne CCTV4, dans le cadre d'une émission spéciale de fin d'année.Et ça, même si elle est encore en train de négocier avec une maison de disques.«Je suis très chanceuse.Je pense que d'avoir fait des films avant, ça m'aide aussi.Ce n'est pas commun qu'un artiste n'ait pas encore sorti son album et qu'on lui offre déjà de faire des performances.» Comme pour les films en cantonnais au début de sa carrière, Christy Chung a un problème de langue.Elle a beau avoir appris à parler le mandarin, elle ne sait pas lire les caractères chinois.Dans le parc Houhai, quand on lui demande si l'édifice derrière elle est un temple, Christy Chung regarde les caractères sur l'affiche\u2026 et demande à son assistante de les lire pour elle.Oui, c'est bien un temple, finit-elle par répondre.Ses chansons, elle doit donc les apprendre par coeur avant d'entrer en studio.Cela comprend les fameux tons de voix, essentiels pour être compris dans la langue de Confucius.Avec sa carrière de sexesymbole, puis celle de chanteuse qui s'amorce, est-elle en train de devenir la Carla Bruni de la Chine?Christy Chung se met à rire.«Ah ben non!» lance-t-elle.«Elle, elle est peut-être plus talentueuse.Moi, je viens de commencer.Elle écrit ses propres chansons, elle joue de la guitare.Moi, je suis encore en train de tester le tout.» n PLUS/CHINE CULTURE Christy Chung a un problème de langue.Elle a beau avoir appris à parler le mandarin, elle ne sait pas lire les caractères chinois.STÉPHANE PAQUET BELLE D'ORIENT ROBERT SKINNER PHOTOGRAPHE À quelques mois des Jeux olympiques de Pékin, c'est une Chinoise travaillant à.Pékin qui est devenue Miss Monde 2007 à l'occasion de la finale du concours.Zhang Zi Lin, 23 ans, a été couronnée la plus belle femme du monde parmi 105 autres concurrentes.L'événement avait lieu le 1er décembre dernier à Sanya, dans l'île méridionale de Hainan, en Chine.Miss Angola et Miss Mexique sont respectivement arrivées deuxième et troisième.Zhang Zi Lin a étudié la gestion commerciale à l'Université des Sciences et Techniques de Pékin.Quelques jours avant la compétition finale, elle avait aussi remporté le titre de Miss Mannequin.Sources: Miss World Official Web Site, TF1, chine-informations.com MISS MONDE 2007 EST CHINOISE Still Life Still Life, un film contemplatif, impressionniste, d'une indolence langoureuse, regorge d'images saisissantes, voilées par la lumière diffuse des matins pluvieux.Lion d'or à Venise en 2006, ce regard empathique sur les bouleversements de la Chine moderne et sur la destruction de son patrimoine est le septième long métrage de fiction de Jia Zhang-ke, 37 ans, fer de lance de la nouvelle génération de cinéastes chinois.Adieu ma concubine En 1977, à l'Opéra de Pékin, on assiste aux retrouvailles d'un duo d'acteurs célèbre, Cheng Dieyi (Leslie Cheung) et Duan Xialou (Zhang Fengyi).Le premier est amoureux de son ami d'enfance, qui est en revanche épris de la prostituée la plus célèbre de Pékin, Juxian (Gong Li).À travers l'histoire (et le désespoir) de ce triangle amoureux atypique, le grand Chen Kaige trace le portrait de 50 ans de la Chine moderne.Palme d'or du Festival de Cannes en 1993.Hero Hero, épopée somptueuse de Zhang Yimou tranchant avec son oeuvre plus intimiste (Épouses et concubines, Vivre !), fait la part belle aux combats d'épée et aux arts martiaux.Une distribution de rêve - Sans nom (Jet Li), Lame brisée (Tony Leung), Lune (Zhang Ziyi) et Flocon de neige (Maggie Cheung) - et un esthétisme à couper le souffle.En programme double suggéré avec le superbe Tigre et dragon d'Ang Lee.Lust, Caution Sur fond d'occupation japonaise de la Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale, Lust, Caution (Lion d'or du Festival de Venise en 2007), suave et élégant thriller d'Ang Lee, évoque le potentiel dangereux du rapport sexuel.Elle (Wei Tang) couche avec lui pour le trahir, il (Tony Leung) couche avec elle pour la dominer.Vrai comme le climat trouble de la tension sexuelle.In the Mood for Love Quinze mois de tournage, vingt-huit changements de robe, une copie inachevée, livrée quelques heures à peine avant sa présentation en compétition officielle, au Festival de Cannes en 2000.Il n'y a pas plus énigmatique que le chef-d'oeuvre de Wong Kar-waï.Cette histoire d'un amour inaccessible entre une femme (Maggie Cheung) et son voisin (Tony Leung), confrontés à l'infidélité commune de leurs époux respectifs dans le Hong Kong des années 60, est un véritable casse-tête et une magistrale leçon de cinéma.Une sélection de MARC CASSIVI, chroniqueur aux arts et spectacles CINQ FILMS POUR DÉCOUVRIR LE CINÉMA CHINOIS TROIS «STARS» DU CINÉMA CHINOIS PHOTO AFP ZHANG ZIYI Née en 1979 à Pékin, lle a été élue en 2001 plus belle femme du monde par le magazine People.À voir dans : Tigre et dragon PHOTO GETTY MAGGIE CHEUNG Née en 1964 à Hong Kong, élevée en Angleterre, elle mène une grande carrière internationale.À voir dans : In the Mood for Love GONG LI Née en 1965, épouse du réalisateur Zhang Yimou, elle a été l'égérie du cinéma contestataire chinois.À voir dans : La Cité interdite PHOTO AFP PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Christy Chung, originaire de Brossard, a été élue la femme la plus sexy d'Asie en 2000 par les lecteurs du magazine masculin FHM. LESMcDOET AUTRES STARBUCKS ONT INVESTI L'EMPIRE DU MILIEU.L'OBÉSITÉ AUSSI, CONSÉ- QUENCE DU CHANGEMENT DES COMPORTEMENTS ALIMENTAIRES.ON DITQUE LA CUISINE CHINOISE, AVEC SES PLATSMILLÉNAIRES, EST L'UNE DES MEILLEURES AU MONDE, MAIS SURVIVRA- T-ELLE AUX ASSAUTS DE L'OCCIDENTALISATION?I l fait sous zéro à l'extérieur, mais le mercure dépasse aisément les 20 degrés à l'intérieur.Plus une place n'est disponible dans le restaurant, au coeur de l'après-midi.Tous les clients, au moins 200, sont des Chinois.La plupart dans la vingtaine et plutôt branchés.«Les Mc Donald's ont remplacé les salons de thé chinois», croit l'étudiant en médecine Jiao Hong Guan, qui fait dos à l'immense écran plat où l'on présente un match de foot européen.«En Chine, à l'époque, les maisons de thé étaient des points de rencontre, explique-t-il.Les gens y restaient tout l'après-midi pour discuter.Ce genre d'endroit n'existe plus.» La multinationale américaine l'a bien saisi : en Chine, si on veut attirer les jeunes, on ne doit pas que leur vendre des hamburgers: on doit leur donner du temps.Ce qui explique que la plupart des clients chinois restent très longtemps à siroter tranquillement leur thé ou leur café.Ils dépassent largement les 11 minutes que consacrent en moyenne les clients nord-américains à leur repas dans les Mc Do.Selon l'anthropologue Jun Jing, ce qui surprend des multinationales qui convergent présentement en Chine est leur capacité à devenir « glocales », à la fois locales et globales, écrit-il en introduction de son livre Feeding China's Little Emperors (Nourrir les petits empereurs de Chine).Ce livre, comme d'autres essais du genre, s'intéresse à l'occidentalisation de l'assiette chinoise.Un phénomène qui inquiète.«La cuisine chinoise s'américanise et c'est préoccupant, mais je ne crois pas qu'elle soit menacée.Les Chinois ont aussi leur comfort food, leur cuisine réconfort, et ils y reviennent toujours », nuance Adlyn Adam-Teoh.La jeune femme en sait quelque chose: elle a monté sa petite entreprise, Hias Gourmet, autour de la bouffe chinoise.Elle a conçu un service pour les voyageurs qui veulent découvrir la cuisine authentique: elle leur déniche le boui-boui le plus obscur, ou alors un marché qui n'existe pas sur les cartes touristiques.Ni sur aucune carte.À sa grande surprise, la majorité de ses clients sont\u2026Chinois! Ils sont installés à l'étranger et veulent effectuer un retour à leurs racines gastronomiques.«C'est vrai qu'il y a plus d'huile et de viande maintenant, dit-elle.Mais ce pays en a tellement manqué.Aujourd'hui, dans la tête des Chinois, plus il y a d'huile et de viande sur la table, plus c'est synonyme de bonne fortune.» Plus riches, plus gros Synonyme de bonne fortune, peut-être, mais certainement synonyme d'obésité.Il y a également de plus en plus de cancers en Chine.Selon le quotidien China Daily, les cancers du sein ont augmenté de 31% depuis 10 ans à Shanghai.Le diabète est aussi plus répandu.Et les cas de malformations congénitales se multiplient.«Le style de vie mauvais pour la santé est responsable de cette hausse fulgurante», analysait le professeur Qiao Youlin, de l'Institut du cancer de l'Académie chinoise des sciences médicales, l'année dernière.Cette hypothèse a été largement répandue dans les médias chinois.L'occidentalisation des styles de vie serait donc responsable de l'augmentation de certains types de maladies.«Je ne crois pas que ça soit lié à la consommation de produits américains », dit Jiao Hong Guan, qui fréquente le Mc Do près de sa faculté de médecine.Il a aussi délaissé le thé pour le café.«Depuis plusieurs années, poursuit-il, le pays s'enrichit et on mange beaucoup plus d'huile, plus de sel, plus de sucre.Rien de cela n'aide la bonne santé.Je ne crois pas qu'il y ait vraiment plus de cancers qu'avant : je crois qu'il y a plus de statistiques.» Occidentalisation ou richesse ?La révolution dans l'alimentation des Chinois n'est pas survenue avec l'arrivée du premier Poulet Frit Kentucky autour de la place Tiananmen, il y a 20 ans.Après la mort de Mao, le parti a lancé des réformes de l'agriculture qui ont ultimement mené à des changements dans l'assiette.Plus de variété dans les céréales, plus de volaille, d'oeufs, de fruits de mer.Que de bonnes nouvelles, jusque-là.Or la richesse est en train de changer fondamentalement les habitudes alimentaires des Chinois.Comme elle l'a fait pour d'autres pays, incluant le Canada, note la professeure de nutrition Georgia S.Guldan, de l'Université chinoise de Hong Kong.«Historiquement, quand les pays se \u201cdéveloppent \u201d, leur industrie alimentaire se développe aussi, ditelle.Plus de revenus veut aussi dire plus de viande sur la table et plus d'obésité et de maladies qui y sont liées.C'est arrivé aux Canadiens durant les 50 ou même les 100 dernières années ; ça arrive aux Chinois maintenant.» La professeure Guldan note aussi que la nourriture industrielle ne dénature pas nécessairement l'assiette traditionnelle chinoise.Mais la multiplication de jus et thés sucrés, de raviolis congelés et de nouilles frites modifie la qualité de la nourriture consommée en Chine.Tous ces produits industriels achetés au supermarché contiennent plus de sucre ou de gras que les originaux faits à la maison, note la nutritionniste.Un bon café américain.«C'est si facile de blâmer Mc Donald's pour la montée de l'obésité, lance le professeur de l'Université Harvard James L.Watson.C'est une cible parfaite.» Ce qui est particulièrement ironique, selon lui, c'est qu'en Chine, c'est plutôt Mc Donald's qui est devenu chinois ! La multinationale a misé sur le décor pour sortir les jeunes de leur petit appartement.D'énormes lampes surplombent les tables.Les banquettes rouges sont invitantes.Pas d'arches jaunes dans la salle à manger : le traditionnel logo a été remplacé par le nom de la firme inscrit dans des photographies surdimensionnées.Ce qui en fait un objet plus près de l'art que de la simple publicité.Phénomène comparable chez Starbucks.«Les Chinois ne connaissent rien au café », prévient Pan Lixin, qui sirote son café filtre sans grand intérêt.Selon la jeune femme de 30 ans, c'est plutôt l'ambiance qui attire les Chinois chez Starbucks.Elle-même avoue qu'elle choisit toujours le café «américain» parce qu'elle ne comprend rien au menu affiché.Le professeur Watson est spécialiste de la société chinoise et auteur du livre Golden Arches East: Mc Donald's in East Asia.Selon lui, si on veut sérieusement discuter de l'occidentalisation des moeurs alimentaires chinoises, il faut oublier le fast-food américain et remonter à la colonisation.Les Russes à Shanghai, les Britanniques à Hong Kong et les Portugais à Macau.«Ce qui se produit présentement dans l'assiette chinoise ressemble davantage à une globalisation, dit-il C'est ce qui fait qu'un petit Chinois mange aujourd'hui comme un enfant de Munich, de Boston ou de Québec.Ou même de Tokyo.Et ça, c'est préoccupant.» n UN SALON DE THÉ NOMMÉ McDO STÉPHANIE BÉRUBÉ Yogourt aux fèves rouges, lait aux fruits, au thé vert, au maïs.Le marché des produits laitiers est en pleine explosion en Chine.Les ventes de boissons de lait, de desserts laitiers et de yogourts augmentent de 25% par année, selon une étude de la firme de recherche Mc Kinsey, qui estime aussi que l'industrie laitière va doubler d'ici la fin de la décennie.Les Chinois découvrent vite les plaisirs des plats gratinés ou d'un bon camembert au souper.Ce qui a contribué à la hausse des prix des fromages européens l'année dernière partout dans le monde, les fromagers ne parvenant plus à contenter ce marché glouton.LA FAUTE AUX CHINOIS! STÉPHANIE BÉRUBÉ PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE En Amérique du Nord, les clients prennent en moyenne 11 minutes pour avaler leurs trios Mc Do.En Chine, le rythme est nettement plus lent sous les arches.On peut y passer des heures à siroter un thé, entre amis.PLUS/CHINE ALIMENTATION Élégance centenaire aux saveurs de Chine À l'avant-plandesdernièrestendances, Kalaë vous offre unmobilier asiatique authentique, sobre et varié.Nous parcourons plusieurs fois par année les recoins de l'Empire du Milieu afin de trouver pour vous les trésors les mieux cachés ! Donnez à votre espace son calme asiatique! STÉPHANIE BÉRUBÉ Le petit restaurant de Songshuang, village-repère des artistes de l'avant-garde chinoise, est tellement enfumé qu'à la fin de la soirée, on peine à voir ce qui se passe à la table voisine.Heureusement, on l'entend très bien.Entre deux bouchées, les Chinois discutent du réchauffement planétaire qui fait que le mercure ne descend plus qu'à 20 au-dessous de zéro dans le nord de la Chine.Ils s'insurgent contre la censure que le gouvernement a pratiqué dans le dernier film d'Ang Lee.Ils jouent à l'équivalent de roche-papier-ciseaux ou s'obstinent sur ce qui s'est vraiment passé durant la Révolution culturelle.Mais ils sont unanimes sur un point : les restaurants occidentaux peuvent se multiplier à Pékin, la culture chinoise n'est pas menacée.« Les traditions chinoises sont si fortes.Nous avons 5000 ans d'histoire », affirme le galeriste Liang Kenang, sirotant un thé au jasmin.« La Chine ne se perdra jamais.C'est très grand ici.» En cuisine, les Chinois reconnaissent les différences d'une région à l'autre.Plus sucré, plus piquant.Les Chinois du Nord mangent des nouilles, ceux du Sud, du riz.«L'esprit de la cuisine chinoise, c'est le temps », dit Liang Kenang, qui vante les mérites des plats mijotés et des aliments fermentés qu'on ne retrouve certainement pas dans les menus américains « Je crois que l'un n'empêche pas l'autre : on peut s'ouvrir aux cultures étrangères et embrasser la diversité, sans perdre ses propres traditions.» LES INTELLECTUELS À LADÉFENSE DE L'ASSIETTE CHINOISE Il y a 10 ans, une jeune musicienne ouvrait une nouvelle maison de thé à Pékin, le Green T House.Alors que la mode était aux restos occidentaux, Jin R, elle, retournait aux sources.Depuis 1997, le Green T House a gagné une reconnaissance internationale et fait des petits.Un jumeau à Hong Kong et ce surprenant pavillon de thé situé dans une banlieue très occidentalisée de Pékin, dans lequel elle a reçu La Presse.«Je n'ai jamais compris pourquoi les Chinois voulaient devenir plus occidentaux : c'est impossible.Et l'alimentation est un reflet de la culture.Je ne vois pas l'alimentation comme un besoin, mais comme une expression de beauté, de créativité et de sensualité.Les repas racontent des histoires.Il faut les écouter.Ils nous disent beaucoup sur une civilisation.Lorsque nous avons conçu le menu pour le Green T living, le chef ne comprenait pas pourquoi je tenais à ce qu'il y ait des plats de tofu.Le tofu en Chine est vu comme la nourriture des pauvres et il croyait qu'un endroit comme le nôtre ne devait pas en servir.Je lui ai dit : pourquoi ne pas mettre des truffes avec le tofu?J'en ai fait une sorte de fromage.C'est très important d'utiliser des produits locaux, authentiques.Il ne faut pas répudier les cuisines nationales.Nous avons eu une discussion semblable à propos du vinaigre.Il voulait utiliser un balsamique d'Italie.Mais il y a en Chine, dans la province du Shanxi, un excellent vinaigre qui est fait avec des vieilles figues noires.Je sais que certaines personnes ne comprennent pas très bien pourquoi j'y accorde autant d'importance.Souvent, les gens me disent que j'ai une façon de faire très japonaise.Pourquoi ?Parce que la présentation est soignée, ça ne peut pas être chinois ?Est-ce que ça veut dire que la nourriture chinoise doit nécessairement être grasse et sans raffinement ?Pas du tout ! On peut très bien faire des plats très sophistiqués qui respectent complètement la tradition.Et on peut aussi pousser plus loin la tradition.Je pense que ce désir de faire comme les Occidentaux, c'est une phase, une transition pour la Chine.Les artistes ont la mission de représenter la nouvelle Chine.Pour moi, ça passera par la cuisine, la musique, le thé.» \u2014Stéphanie Bérubé LES REPAS RACONTENT UNE HISTOIRE.VOICI CELLE DE JIN R PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Les comptoirs américains peuvent se multiplier à Pékin, les Chinois retourneront toujours à leur cuisine traditionnelle.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE La cuisine chinoise doit être bonifiée par les nouveaux ingrédients venus de l'Occident, croit l'artiste Jin R, qui a imaginé un plat de tofu aux truffes pour ses maisons de thé. UNE BONNE PARTIE DU SALAIRE DE L'OUVRIER CHINOIS VAAU PANIER D'ÉPICERIE, D'AUTANT PLUS QUE LES PRIX ONT BEAUCOUP AUGMENTÉ DEPUIS QUELQUE TEMPS.MAIS AU MOINS, ILYADES ALIMENTS SUR LES TABLETTES! SOUVENIRS DE FAMINE PHOTOS ROBERT SKINNER, LA PRESSE Le prix des aliments a monté en flèche durant la dernière année en Chine.À Pékin, les mères de famille ne s'en plaignent pas trop.En public, du moins.PLUS/CHINE ALIMENTATION STÉPHANIE BÉRUBÉ L a boucherie hallal d'un quartier voisin de la Cité interdite de Pékin fait environ trois mètres sur cinq.Un tout petit commerce dans lequel pendent des carcasses d'agneaux.Une partie des découpes est déposée par terre sous les bêtes, qui s'amaigrissent à mesure que la journée avance.À en croire certains analystes, des commerces comme celui-là devraient être déserts tant le prix des aliments a augmenté en Chine depuis 18 mois.Le prix du porc a pratiquement doublé en 2007 qui, ironiquement, était l'année du cochon.La hausse est significative: le porc est partout dans la cuisine chinoise, la moitié de toute la viande de porc disponible sur la planète est consommée en Chine.La hausse des prix alimentaires passe presque inaperçue au Québec, où les familles dépensent environ 10% de leurs revenus pour le panier d'épicerie.En Chine, dans les villes, c'est en moyenne 37% qui y passent.En campagne, c'est la moitié du budget familial qui est consacré au marché.La flambée des prix bouleverse la classe ouvrière.L'automne dernier, trois personnes ont perdu la vie dans la ville de Chongqing, au supermarché: un solde d'huile végétale a provoqué une ruée mortelle dans les allées de l'épicerie.Le prix de l'huile a aussi flambé l'an dernier : plus de 75% d'augmentation.Le prix du poivre, des légumes et des oeufs a également augmenté, entraînant à la hausse tous les aliments qui en contiennent.Sortir au restaurant coûte plus cher aussi.Pourtant, à la sortie de la boucherie hallal, on s'en préoccupe peu.Un gros problème C'est avec un sac bien garni que Mme Wang quittait le commerce ce jour-là, un frisquet vendredi matin de décembre.C'est elle qui cuisine pour la maisonnée: son mari, son fils et sa belle-fille.«Si le gouvernement augmente le prix des aliments, c'est qu'il a ses raisons, dit-elle.Le pays se développe et nous devons l'appuyer.» He Yi Jun tient un discours, à quelques mots près, identique.«Si c'est bon pour le pays, j'ai confiance en notre gouvernement », dit cette ingénieure à la retraite qui donne maintenant des cours de cuisine aux étrangers.«Mais que vouliez-vous qu'elles vous disent?» lance Jiao Hong Guan, exchirurgien devenu orthopédiste.S'il n'a jamais mis le pied à l'extérieur de la Chine, l'homme de 30 ans est très branché sur l'Occident.«Les Chinois veulent donner une bonne image de leur pays, surtout avec les Jeux olympiques qui arrivent.La vérité, c'est que l'augmentation des prix des aliments est un gros problème.Ce n'est pas un luxe, personne ne peut s'en passer.Et avec l'inflation, certaines personnes ont de la difficulté à arriver.» Contenir le brasier Le gouvernement chinois prend la situation très au sérieux.Le premier ministre Wen Jiabao a visité des quartiers pauvres de Pékin à l'automne, pour montrer que le Parti était conscient du problème.Le gouvernement a demandé aux universités de ne pas augmenter les prix dans leurs cafétérias durant cette année scolaire.En Chine, les universités sont des brasiers révolutionnaires qui ne demandent qu'à être ravivés.Et le prix de la nourriture commence à être un sujet hautement explosif dans une certaine classe de la société.«Les gens discutent beaucoup de nourriture, confirme l'ethnologue Judith Farquhar, spécialiste de la Chine post-socialiste.Dans la rue, une femme qui porte un sac de légumes peut se faire apostropher par une pure étrangère qui lui demandera combien elle les a payés et où elle les a achetés.Les gens font tout ce qu'ils peuvent pour avoir de la qualité, le moins cher possible.» Souvenirs de famine Mme He trouve néanmoins que la hausse des prix des aliments n'est rien comparée à autrefois, où tout ce qu'il y avait à manger, c'était du chou et des carottes.La dame est dans la cinquantaine.Elle était enfant au moment du Grand Bond en avant, ce que l'on appelle désormais «les trois années difficiles», de 1958 à 1961.Elle est de la génération des tickets de rationnement, alors que la quantité de céréales fournies à la famille dépendait du travail de l'homme de la maison.Les intellectuels recevaient de moins grosses rations de riz, maïs et blé.Les ouvriers, ayant besoin de 50 MILLIONS de tonnes de viande de porc sont consommées par année en Chine, de loin le plus grand consommateur de porc dans le monde.Les Chinois mangent aussi beaucoup plus de boeuf qu'avant, ce qui risque de poser un sérieux problème environnemental au cours des prochaines années.\u2014 Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture calories par jour de riz.Dans le tableau des calories quotidiennes, le porc arrive troisième, après le blé et le riz et juste avant le maïs.Ce qui confirme que, dans l'ensemble, les Chinois ont encore une alimentation traditionnelle, faite de céréales et de viande de porc.Le lait, en augmentation, ne compte que pour 26 calories, soit moins de trois cuillères à soupe de lait entier.Les Canadiens en consomment, statistiquement, 10 fois plus.\u2014 Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture C'est en moyenne le prix en yuans d'un trio Mc Do, soit environ trois dollars.Le numéro 2 du menu comprend un hamburger à la sauce épicée et aux concombres frais, des frites et un thé.La dame au comptoir suggère celui au gingembre sucré, parce qu'il facilite la digestion\u2026 La moitié de toute la viande de porc disponible sur la planète est consommée en Chine. L'odeur précède les vendeurs de patates douces de Pékin.Un vent sucré de caramel se fait sentir plusieurs mètres avant qu'on aperçoive un «monsieur patate».Les nouveaux gratte-ciel audacieux de la capitale n'ont pas chassé les vendeurs itinérants qui sillonnent les rues.Pour moins d'un dollar, on peut acheter une tasse de douzhi, ce jus de soya non sucré et servi chaud au petit-déjeuner.Pour le même prix, on l'accompagne du traditionnel youtiao, pain frit long et étroit, servi tout chaud et dégoulinant d'huile.Et à toute heure, dans tous les quartiers, les vendeurs de patates sillonnent les rues.Dans le fond de leurs barils, les patates cuisent longtemps et très lentement sur la braise, ce qui transforme leur chair en compote jaune.DÎNER SUR DEUX ROUES PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Un vendeur de pommes de terre sucrées et sa petite fille.LA VILLE AUX 60 000 RESTOS STÉPHANIE BÉRUBÉ «C'est la folie en ce moment», lance Billy Kawaja, jeune chef natif des Maritimes aujourd'hui établi en Chine.«Environ sept nouveaux restaurants ouvrent chaque semaine à Pékin.» Il y a 60 000 restaurants officiels dans la capitale chinoise.«Ce sont ceux qui ont un permis et reçoivent la visite d'un inspecteur qui les classe selon la salubrité», précise Adlyn Adam-Teoh.Et c'est sans compter les nombreux petits stands mobiles où l'on vend de la patate douce braisée, des noix rôties ou des brochettes d'agneau.Selon la fondatrice du service touristique Hias Gourmet, il ne faut pas croire pour autant que les Chinois passent leur vie au restaurant : avec une population de 15 millions d'habitants, si chaque foyer s'offre une sortie de temps en temps, c'est assez pour remplir les restaurants pékinois.«Pour les Chinois, la sortie au restaurant est encore considérée comme une gâterie», dit Mme Adam-Teoh.Un pari tentant Le dimanche matin, au café Saint-Laurent de Billy Kawaja, ils sont nombreux à se gâter.Les brunchs sont courus.«Les Chinois ont de l'argent et ils veulent le dépenser, souligne le chef canadien.Ensuite, ils sont très curieux face à l'Occident et, donc, à la nourriture occidentale.» Pour un jeune chef, le pari de la restauration en Chine est tentant.Les coûts de la maind'oeuvre et des ingrédients sont encore incomparables à ce qu'ils sont ici, alors que souvent les prix sur les menus, eux, le sont.Les employés réguliers du café Saint-Laurent gagnent environ 150Y par mois, un peu plus de 20$.Le chef a droit à 50Y de plus.Une prime qui, ironiquement, ne lui paierait pas un petit-déjeuner dans le café où il travaille.Kawaja offre un menu classique, haut de gamme.Il fume lui-même son saumon, achète du fromage français et utilise du boeuf wafu pour son classique «steak & eggs».Et dire qu'il n'y a pas si longtemps, l'alimentation reposait essentiellement sur le riz et le chou.«L'assiette des Chinois a beaucoup changé ces dernières années.Nous avons maintenant des fruits et des légumes de saison qui viennent du sud de la Chine», indique Adlyn Adam-Teoh.Et des chefs qui importent leur savoir-faire.Des clients sélectifs «Les Chinois sont dans une phase de découverte culinaire», estime Benjamin Devos, qui prétend tenir la seule «vraie» pâtisserie française de Pékin.Il faut le croire sur parole, parce qu'après le Japon et la Corée du Sud, c'est au tour de la Chine de succomber aux pâtisseries.On en trouve partout à Pékin.Elles offrent plusieurs spécialités locales, telles que le petit pain aux fèves rouges, la viande séchée et de nombreuses créations faites avec du jambon cuit chinois, qui ressemble au saucisson de Bologne du Québec.Devos, lui, sert d'authentiques macarons, cannelés, brioches, croissants et autres baguettes dans ses trois Comptoirs de France.Au départ, ses clients étaient essentiellement des étrangers.Mais les Chinois se découvrent tranquillement un intérêt pour du pain qui a une croûte.Selon Billy Kawaja, les goûts se raffinent.«Maintenant, ici, les clients chinois posent des questions.Ils veulent savoir quelle sorte de chocolat il y a dans la brioche.Il y a de la vraie gastronomie à Pékin, alors qu'il y a 15 ans, les étrangers qui ont ouvert des restaurants ici s'ennuyaient de leurs burgers ou de leurs chopines de bière.Ce n'était pas des gens de cuisine, c'était des gens d'affaires.Les Chinois ne connaissaient rien à la cuisine étrangère et on pouvait leur passer n'importe quoi.Ce n'est plus le cas maintenant.» n PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Le soir, sur Dongzhimen, le gourmand a le choix: les restaurants traditionnels s'alignent et se distinguent par leurs menus régionaux.plus de calories, en recevaient davantage.«Avant, même avec de l'argent, on ne pouvait rien acheter.Aujourd'hui, même si on a moins d'argent on arrive à acheter de la bonne nourriture», ditelle en pétrissant la pâte qui deviendra des raviolis farcis de carottes et boeuf, parfumés au gingembre, aux cinq-épices et à l'ail.Si le prix de la viande est à la hausse, certaines cuisinières mangent plus de poulet, ajoute-t-elle.Le tofu est encore vendu à tout petit prix - environ 20 sous pour un paquet - et les légumes s'achètent toujours à bon prix dans les marchés de la rue ou chez les vendeurs itinérants.Les gens ont gardé d'amers souvenirs de la période où ils ont eu faim.«J'ai commencé à pouvoir manger un bol de riz par jour quand j'avais 10 ans, raconte Yunhai, dans la trentaine aujourd'hui.Avant, nous n'avions que du maïs.Ma grand-mère en faisait de la farine, de la soupe.Aujourd'hui, je ne suis plus capable de manger de maïs.D'ailleurs, c'est pour ça que les épis sont si chers aujourd'hui en Chine.Plus personne n'en fait pousser parce que nous en avons tellement mangé.» n Chanceuse, l'année olympique?Pas pour le garde-manger chinois, qui en a pris pour son rhume le mois dernier.Les chutes de neige inhabituelles qui sont tombées sur le sud du pays ont fait très mal aux récoltes de céréales, de fruits et de légumes.Résultat: on s'attend à ce que les prix des denrées continuent de flamber en 2008.MAUVAISES PRÉVISIONS PHOTOS ROBERT SKINNER, LA PRESSE La Chine se met à la viande.En plus d'en avoir toujours d'avantage, les comptoirs de boucherie ressemblent de plus en plus à ceux que l'on retrouve ici. STÉPHANE PAQUET PRÈS DE 20 ANS APRÈS LES CONTESTATIONS ÉTUDIANTES DE LA PLACE TIANANMEN, IL EST BIENDIFFICILE DE TROUVER DANS LAMASSE DES JEUNES GENS PRÊTS À BRANDIR DES PANCARTES POUR RÉCLAMER DE NOUVEAUXDROITS ENCHINE.LES DÉMOCRATIES À L'OCCIDENTALE, DISENT-ILS ENCHOEUR, C'EST BON\u2026POUR L'OCCIDENT! LA DÉMAOCRATIE D é-mo-cra-tie: le journaliste doit parfois expliquer le concept à ses interlocuteurs chinois.La barrière n'est pas linguistique, elle est culturelle.Sun Lijun, 21 ans, et Wang Nannan, 23 ans, toutes deux étudiantes à l'Université de Pékin, réfléchissent un peu.C'est l'aînée qui parle la première.«Ça m'indiffère», dit-elle.Puis sa collègue ajoute : «Si le gouvernement rend les gens heureux, ça ne me dérange pas vraiment.Tant que le pays s'améliore\u2026» Sun Lijun, qui étudie l'intelligence artificielle, vient de résumer ce que de nombreux jeunes adultes ont dit et répété à La Presse : tant que la croissance sera au rendez-vous, pourquoi changer le modèle?Avec un taux de croissance qui dépasse les 10% depuis cinq ans, les jeunes sentent que leurs conditions s'améliorent.«Quand j'étais petite, on ne se nourrissait pas très bien.Il n'y avait pas assez de poisson ou de viande », raconte Sun Lijun, une fan de la chanteuse Avril Lavigne.Son amie parle plutôt des livres qu'elle peut maintenant s'offrir en quantité et, tout aussi important pour elle, des vêtements «plus jolis qu'avant ».Lu Zhennan est attablé au-dessus d'un plat de nouilles à une cafétéria de l'Université de Pékin quand on l'interrompt pour parler de l'avenir de la Chine.À 18 ans, son anglais est déjà très bon.Il apprend donc l'hindi.La démocratie, lui, il connaît.Ses enseignants lui en ont déjà parlé.Il cite d'abord son enseignant du primaire, qui disait que «la situation de la démocratie en Chine n'était pas trop bonne».Il ajoute que les choses se sont toutefois améliorées depuis l'arrivée au pouvoir de Hu Jintao.«Il est plus préoccupé par les choses pratiques.C'est un bon président.» Lu Zhennan a déjà voté à des élections locales à Shenzhen, dans le sud du pays, à la frontière avec Hong Kong.Dans un article scientifique paru dans Foreign Affairs de janvier-février, John L.Thornton explique que ces «expériences électorales» sont surtout pratiquées dans les comtés et les villages.Est-ce que Lu Zhennan aimerait pouvoir aussi voter à des niveaux plus élevés, comme la présidence du pays?«Oui, j'aimerais ça.Mais un de mes enseignants au secondaire disait que la situation en Chine est particulière parce que nous avons 1,3 milliard de personnes.Donc, que la démocratie n'est pas possible.» Et pourquoi?«Ça coûterait cher.Et la Chine a beaucoup de paysans.Ils sont occupés à simplement survivre et gagner de l'argent.Je ne crois pas qu'ils s'intéressent à la politique.» Lu Zhennan et son enseignant ne sont pas les seuls à penser ainsi.Un autre exemple, celui de Feng Sha, étudiante à la maîtrise en anthropologie à l'Université des minorités, à Pékin: «En Chine, je ne pense pas que tout le monde puisse choisir le président, explique-t-elle, parce qu'une majorité de Chinois sont des paysans.» Ce discours selon lequel les paysans illettrés seraient incapables de choisir des élus, La Presse l'a entendu à plusieurs reprises.Ces résidants des régions rurales, qui constituent la majorité de la population, sont loin d'avoir autant profité de la croissance que ceux des villes, proches de la côte du Pacifique.Tiananmen Les jeunes rencontrés n'étaient pas très vieux lors des manifestations étudiantes de 1989, réprimées par le régime.Ils savent aujourd'hui que ce sujet demeure délicat, même si tous en ont déjà entendu parler.«C'était quelque chose à propos des étudiants », avance prudemment Wang Nannan.«En juin», précise son amie.«En fait, poursuit la première, on ne sait pas exactement ce qui s'est passé.Et on n'aime pas ça en parler.» «C'est de l'histoire ancienne, poursuit Sun Lijun.Il ne faut pas s'en faire.» Zhao Wanzhi, étudiant à la maîtrise, est plus chanceux.Il est allé étudier le français à l'étranger.«J'ai appris la vérité en France, dit-il.Avant, je savais seulement qu'il s'agissait d'un mouvement étudiant.» Et sa collègue Feng Sha d'ajouter: «C'est une chose normale.Pendant le mouvement étudiant de 1968, en France, le gouvernement a fait la même chose (réprimer les manifestants).» À l'entrée de la place Tiananmen en ce début décembre, des policiers fouillent les sacs de ceux qui vont s'y promener.L'un d'eux explique qu'on cherche des explosifs, sans en dire plus.Des visiteurs se font prendre en photo avec des statues communistes de valeureux travailleurs chinois à l'arrière-plan.D'autres optent pour l'immense peinture de Mao à l'entrée de la Cité interdite, de l'autre côté de la rue.C'est là que se promène Juan Ziliu, 22 ans, venue à Pékin chercher un emploi.Son père est fermier et, à ce titre, elle a pu aller à l'école secondaire gratuitement.Et l'université, en Mongolie intérieure, ne coûte pas très cher, ditelle.«Je pense que notre parti communiste a de bonnes politiques pour les fermiers.» n STÉPHANE PAQUET Je blogue, tu blogues, ils sont des millions de Chinois à bloguer\u2026 et le pouvoir chinois bogue.L'internet est populaire en Chine.Tellement que le pays comptera cette année plus d'internautes que les États-Unis.À la fin de 2007, il y en avait 210 millions, soit à peine cinq millions de moins que les Américains.Une virée sur les campus chinois vous apprendra qu'ils sont nombreux à ne pas seulement naviguer sur le Net, mais aussi à y ajouter leur grain de sel sur leur blogue personnel.L'organisme Reporters sans frontières (RSF), qui se bat pour la liberté de la presse, estime qu'un internaute sur quatre possède son propre blogue en Chine.Habitué à contrôler les médias traditionnels, le pouvoir chinois ne laisse pas ces blogueurs s'exprimer sans surveillance.«Cette surveillance de la Toile s'exerce grâce à un savant mélange de technologie de filtrage, de surveillance par la cyberpolice et de propagande, pour lesquelles la Chine investit massivement », écrit Reporters sans frontières dans un rapport particulièrement critique publié l'automne dernier.Le Québécois Matthieu Desruisseaux travaille à Pékin pour Internews, un organisme américain qui prône la libre circulation de l'information.« Il y a beaucoup plus de blogues qui ont été fermés autour du 17e Congrès du Parti communiste, l'automne dernier, raconte-t-il.Les sites étrangers étaient aussi beaucoup plus lents, ce qui en a fait sacrer plusieurs ici.» M.Desruisseaux constate une nouvelle tendance chez ceux qui se battent pour que leur blogue soit rouvert : ils poursuivent pour rupture de contrat le fournisseur qui l'héberge.DES BLOGUES SOUS SURVEILLANCE PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE « Il y a beaucoup de blogues qui ont été fermés autour du 17e Congrès du Parti communiste », note le Québécois Matthieu Desruisseaux.PLUS/CHINE POLITIQUE En 2005, les policiers chinois ont enregistré 87 000 «dossiers criminels» liés aux «troubles à l'ordre public».Selon les données du ministère de la Sécurité publique, il s'agissait d'une augmentation de 6,6% par rapport à 2004.On attend encore les données pour les années subséquentes. LES TROIS «T» TABOUS Pour un Occidental, la sculpture est plutôt comique: un Mao monochrome, arborant une bonne paire de seins et un nez allongé.C'est Miss Mao, créée par les frères Gao.Mais pour le pouvoir chinois, cette forme d'art n'a rien de drôle.Tellement que, après sa création, ses auteurs ont vu débarquer deux policiers à leur galerie.Sur ordre de la police, raconte Gao Qiang, les statues maudites ont dû être remisées.À notre passage, un an et demi plus tard, elles étaient encore cachées derrière des rideaux au fond de la galerie.«Quand j'étais petit, pendant la Révolution culturelle, explique Gao Qiang, on nous disait que Mao était la mère de la nation.C'est pourquoi je lui ai mis des seins.Et le nez, c'est comme Pinocchio», explique-til, dans sa galerie de Dashanzi, à Pékin, un immense complexe industriel transformé en quartier des arts visuels.En fait, sa galerie n'est plus une galerie.Elle est devenue un «studio privé», comme le stipule une affiche collée sur la porte.Question d'attirer le moins de visiteurs possible et d'acheter la paix avec les autorités, explique encore Gao Qiang.L'oeuvre n'avait pas encore été présentée en Chine qu'elle causait déjà des soucis à ses créateurs.À l'été 2006, une version argentée de la statue est exposée à Londres.L'exposition avait un site internet, où on spécifiait que l'oeuvre serait sous peu montrée en Chine.C'est là que les policiers ont débarqué.Encore aujourd'hui, Qiang se défend d'avoir fait une oeuvre politique.Miss Mao, dit-il, est d'abord une oeuvre artistique.«C'est une oeuvre qui représente tous les Chinois qui ont été influencés par Mao.» N'empêche qu'il a sa petite idée sur Mao et sa Révolution culturelle, une lubie qui a provoqué la mort de millions de Chinois de 1966 à 1976.Son père s'est «suicidé» à cette époque, selon le rapport officiel de sa mort.Une version que l'artiste n'a jamais crue.Les frères Gao n'en sont pas à leurs premiers démêlés avec les autorités.En 1989, année où les chars d'assaut roulaient sur la place Tiananmen, ils ont eu le malheur de signer une pétition demandant la libération du dissident Wei Jingsheng.Résultat : il leur a été impossible, deux ans plus tard, d'obtenir un passeport, même s'ils venaient d'être invités à participer à la Biennale de Venise.C'est seulement en 2003, après l'arrivée au pouvoir de Hu Jintao, qu'ils ont réussi à l'obtenir.Depuis, ils ont présenté leurs oeuvres à New York, San Francisco, Berlin, Paris et Londres.A-t-il peur que les autorités saisissent certaines de ses oeuvres controversées?«Je ne veux pas avoir ce genre de problème, dit-il, je suis seulement un artiste.Je ne veux pas être un héros.» \u2014 Stéphane Paquet UN MAO AU FÉMININ FAIT SOURCILLER LE POUVOIR PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE La Révolution culturelle, de 1966 à 1976, a marqué toute une génération de Chinois.Ici, au parc entourant le Temple du ciel, un homme raconte son expérience.TAIWAN Quand Mao a pris le pouvoir en 1949, les leaders du Kuomintang se sont réfugiés dans l'île.Depuis, Pékin y revendique sa souveraineté, ce qui crée parfois de fortes tensions dans le détroit.Taiwan ne siège pas à l'ONU, mais le président taiwanais, Chen Shui-bian, prévoit organiser un référendum sur la question cette année.L'oeuvre n'avait pas encore été présentée en Chine qu'elle causait déjà des soucis à ses créateurs.PHOTO ROBERT SKINNER, A PRESSE Cachez ces seins que le pouvoir chinois ne saurait voir\u2026 Gao Qiang pose, dans son arrière-boutique, avec ses Miss Mao.TIBET «La clique du dalaï-lama parle toujours de la culture tibétaine et de l'environnement mis à mal, mais en réalité, la société tibétaine, l'économie et la culture ont progressé et les Tibétains sont plus heureux chaque jour.» C'est le genre de commentaire, pas toujours diplomatique, qu'utilise le ministère des Affaires étrangères chinois quand il est question du chef spirituel tibétain.Les troupes chinoises ont envahi le Tibet en 1950.TIANANMEN Le 4 juin 1989, après des mois de manifestations dans le pays, l'armée chinoise ouvre le feu sur les étudiants réunis place Tiananmen, faisant plusieurs centaines de morts.En même temps, Pékin lance une vague de répression qui se solde par plusieurs milliers d'arrestations. IL Y ENAQUI PILLENT LES BOUTIQUES ET RÊVENT DE DEVENIR MANNEQUINS OU CHANTEUSES.D'AUTRES ONT UNE CARRIÈRE ENVIABLE, MAIS FONT PEUR AUX PRÉTENDANTS ET RESTENTDÉSESPÉRÉMENT SEULES.BIEN DES PORTES S'OUVRENT AUJOURD'HUI AUX JEUNES CHINOISES, MAIS LORSQU'ELLES LES ONT FRANCHIES, ELLES NE TROUVENT PARFOIS QUE LE VIDE ET LA RÉPROBATION DES PARENTS.LA GÉNÉRATION CHOCOLAT VALA PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE PHOTOS ROBERT SKINNER, LA PRESSE En Chine, les jeunes urbaines qui ont de l'argent passent un temps fou à faire du magasinage dans les grands magasins.Sous des allures de consumérisme effréné se cache un grand besoin: ne pas avoir l'air d'une fille de la campagne.STÉPHANIE BÉRUBÉ E lles ont 25 ans.Elles n'ont ni frère ni soeur.On les croise souvent au centre commercial, car elles adorent faire du magasinage, entre copines.«Au moins une fois par semaine », précise fièrement la jeune Wang Wan-Jin, avant un sprint dans les boutiques.Car son magasinage, à elle, est sportif.C'est une course entre les rangées immaculées.Le but n'est manifestement pas de faire des achats, mais de passer le temps.La Chine appartient aux jeunes femmes.Elles sont le fruit de la politique de l'enfant unique, et appartiennent à la première génération de jeunes qui n'ont pas connu l'ère Mao.Leurs parents ont fait du fric et ne les en ont pas privées.Eux qui ont grandi en mangeant du pain de maïs ont élevé leurs enfants dans le chocolat.«Gâtées pourries ?Non!» rétorque vivement Wang Wan-Jin, un peu choquée que l'on décrive ainsi sa génération.«Mais égocentriques, certainement », précise-t-elle, après une courte réflexion.La jeune femme a 24 ans.Elle habite encore chez ses parents, qu'elle adore, mais elle voudrait bien se marier avec son copain, un agent d'immeuble.Ce serait la clé de la liberté : un petit appartement en ville.Pour ce qui est des enfants, non merci.Comme ses copines, Wan- Jin voit dans la maternité un obstacle à une vie professionnelle et sociale bien remplie.«Ces jeunes sont très égocentriques, confirme Maire O'Brien, directrice du programme de Gestion chinoise de l'Université York.Et la Chine va en payer le prix.Elle va se retrouver avec une génération de consommateurs sans enfant.» Exit, le look paysan Wan-Jin a fait son cours universitaire en économie.Ironiquement, cette accro du magasinage a décroché un travail au service à la clientèle\u2026 d'un centre commercial! «En attendant de trouver mieux», dit-elle.Il faut comprendre cette frénésie du magasinage au-delà de ce qu'elle semble être au premier coup d'oeil, estime l'anthropologue Sandra Teresa Hyde.Sous leur apparente coquetterie et leur consommation exagérée, il y a pour les filles de la ville le désir d'être\u2026 une fille de la ville ! «Dans les années 80, il y avait peu de différences entre les classes riches et pauvres de la société chinoise, explique la professeure de l'Université Mc Gill.Maintenant la différence est énorme.» Ceux qui se trouvent en haut de l'échelle veulent l'afficher, ce qui polarise d'autant plus la société chinoise.« Il y a en Chine une obsession d'être au top », explique la sinologue.«Et quand on a un enfant, dit-elle, on ne veut surtout pas qu'il ait l'air d'un paysan.Ça devient presque un investissement.» Conflits de générations Dans un paradoxe comme il n'en existe qu'en Chine, ces parents qui n'ont interdit aucune sucrerie à leurs enfants trouvent que l'arrière-goût laissé par tous ces changements est particulièrement amer.«Autrefois, à la télévision, on s'intéressait à la politique.On regardait les parades militaires.Maintenant les jeunes regardent les émissions et les films américains.Ils lisent des magazines américains », dit Yang Baozhen, qui s'inquiète de cette occidentalisation de la société chinoise.Voir des jeunes qui cohabitent avant le mariage et qui exposent leurs nombrils dans la rue ne plaît pas beaucoup à cette quinquagénaire.«Dans notre temps, dit-elle, c'était un seul homme et un seul travail pour la vie.Aujourd'hui, les jeunes changent.Les filles rêvent de devenir mannequins ou chanteuses.Elles veulent toutes maigrir.C'est absurde : avant, quand une jeune fille était un peu ronde, on comprenait que sa famille avait de l'argent.C'était bien vu.» Pourtant, s'il y a bien quelqu'un qui connaît la vie à l'occidentale, c'est Yang Baozhen.La dame est devenue professeure de français à Pékin après avoir étudié à l'école des langues étrangères dans les années 70.Cela l'a menée jusqu'en Belgique, où elle a travaillé pour le ministère des Affaires étrangères.Assise à la table d'un restaurant belge de la capitale, elle constate: le Pékin de son enfance n'existe plus.Les Chinois ont changé.Il y a beaucoup de conflits de générations, confie-t-elle.Les jeunes ne veulent plus vivre avec leurs parents.Ils veulent plus de liberté, pouvoir faire la fête jusqu'au petit matin et faire la grasse matinée.Les traditions se perdent.Au Nouvel An chinois, la belle-fille de la maison devait se lever tôt pour faire les raviolis chinois.«Aujourd'hui, elle va les acheter au supermarché et elle reste couchée», dit cette femme de carrière dans un français exemplaire.Jake, Jessie et Lina «Je pense que nos parents sont trop inquiets, dit plutôt la jolie Jessie Hao.Pour moi, conservateur et traditionnel sont des concepts très différents.Les valeurs chinoises sont très valables et importantes.» La preuve?Après une éreintante journée de magasinage pour trouver le cadeau d'anniversaire idéal pour son amie Lina, Jessie se retrouve dans un restaurant chinois très traditionnel.Les meilleurs, dit-elle.Lina a 25 ans.Elle célèbre avec ses amis.Presque tout le groupe a étudié à l'étranger.Tous les jeunes parlent couramment anglais.Ils n'utilisent plus leurs noms chinois, ils ont préféré se choisir de nouveaux noms « internationaux».Ils consomment de la culture occidentale en masse via l'internet.Mais ils sont tous rentrés au bercail, leurs diplômes en poche.«C'est ici que ça se passe maintenant », lance Jake, qui revient de Vancouver avec un sens de l'humour et de la drague tout à fait nord-américain.Les conflits de générations ?Oui, c'est vrai, avoue Jake.C'est vrai que les parents ne comprennent pas que les choses changent.Lui-même rêve de liberté.«Mais ils sont encore pires avec les filles, lance-t-il.Très protecteurs.» Selon Maire O'Brien, les temps sont durs pour les parents chinois qui ont toujours vu leurs enfants comme leur bâton de vieillesse.Mais ce n'est plus ce qui se produit.«Les enfants adultes ne veulent plus habiter avec leurs parents, dit la sociologue.Et ni l'État ni la société chinoise ne sont prêts pour ça.» n Elle a 33 ans et se dit déjà vieille.Dans l'inconfort et la solitude de son petit appartement, elle crée des bijoux qui portent des noms trop crus pour être reproduits dans ce journal.Voici Vala, audacieuse designer qui représente une partie des Chinoises de sa génération, les non-conformistes.«J'ai étudié la sculpture à l'université, ici, en Chine.J'ai ensuite fait mille et un petits boulots, mais depuis le mois de mai, j'ai lancé ma propre collection de bijoux et je sais maintenant que c'est ce que je veux faire.Je ne cherche pas à devenir célèbre, je veux juste gagner assez d'argent pour survivre.«Pour l'instant, les affaires vont bien.Ça vient par vagues.Quand je suis occupée, je suis débordée.Sinon, c'est le vide.Je dors, je bois et je me cherche un amoureux.D'ailleurs j'essaie de perdre un peu de poids pour ça.J'ai eu trois amoureux dans ma vie.Le dernier était un Allemand psychotique.Avant il y a eu un Irlandais que j'ai dû laisser parce qu'il buvait tout le temps.Vous savez comment sont les Irlandais.L'autre, c'était un Américain d'origine chinoise.Ici on dit une banane.Vous savez, une banane?Jaune à l'extérieur, mais blanc à l'intérieur.Maintenant je veux quelqu'un de bien dans ma vie.Pas facile de trouver un bon gars qui a bon coeur.Et aussi de l'argent.Comprenez-moi bien: je ne cours pas après l'argent.Mais je n'ai plus 20 ans.J'ai un bout de chemin de fait dans la vie et je n'ai plus envie de me faire chier avec un homme qui n'a pas un sou dans ses poches.Je n'ai pas de temps à perdre avec ça.Ici, en Chine, c'est très différent d'en Occident.Les hommes savent comment traiter les femmes.Un Chinois est prêt à dépenser des tonnes d'argent pour une femme.«Ma mère est très traditionnelle.Elle aurait bien voulu que je me marie et que je fonde une famille, comme les autres membres de ma famille.Depuis que j'ai 19 ans qu'elle me présente des hommes.Mais je suis différente.J'adore les enfants, mais je ne suis pas prête à en avoir maintenant.Peut-être plus tard.J'attends de voir, je fais confiance au destin.Les Chinois croient qu'il ne faut jamais provoquer les choses.» \u2014Stéphanie Bérubé PLUS/CHINE SOCIÉTÉ Comme ses copines, Wan-Jin voit dans la maternité un obstacle à une vie professionnelle et sociale bien remplie. Stéphanie Béru Bé «Plus d'hommes que de femmes?Qui vous a dit ça?Les statistiques ?» L'affirmation fait bondir Pan Lixin, qui se fait plutôt appeler Karen, plus facile au travail.Karen, donc, travaille pour GE dans la capitale chinoise.Un bon boulot et un salaire correct, dit-elle.Assez, en tout cas, pour s'être payé son propre appartement de 100 mètres carrés il y a trois ans.Elle vit seule et se demande bien où sont tous ces hommes désespérés de se trouver une femme.En tout cas, ils ne travaillent pas chez GE, où il y a toute une cohorte de femmes dans la trentaine, «et même la quarantaine », qui sont toujours célibataires malgré elles.Un sondage de Sina.com, le plus important portail chinois, révélait en 2006 que plus de la moitié des Chinoises célibataires urbaines possédaient leur propre appartement.Si elles étaient toujours célibataires, c'est que 60% d'entre elles n'avaient pas trouvé «l'homme idéal ».L'anthropologue Sandra Teresa Hyde rappelle qu'environ 95% des gens se marient encore en Chine.«Dès qu'une femme de plus de 25 ans n'est pas mariée, ditelle, elle devient du riz cuit.Dans cette société patriarcale, après 25 ans, on est cuit.» Karen a 30 ans.Elle a un frère, puisqu'elle est née avant l'instauration de la politique de l'enfant unique.Selon elle, c'est un bon moment pour les femmes en Chine.Elles peuvent avoir une carrière, elles sont plus indépendantes.Mais, parallèlement, les hommes ont de la difficulté à s'adapter à cette nouvelle situation.Ce qui a créé une classe de femmes brillantes, belles, mais seules.«Je pense qu'être une femme de carrière peut devenir un désavantage si on veut trouver un partenaire », estime Karen, avec tristesse.Sandra Teresa Hyde croit aussi que les femmes de carrière dans une Chine post-socialiste hypersexualisée ne l'auront pas facile.«Je ne suis pas d'accord avec ceux qui prétendent que, durant le socialisme, les hommes et les femmes étaient égaux, dit-elle.Oui, il y avait cette idée que les femmes pouvaient tout faire.Sur le marché du travail, elles pouvaient occuper les mêmes emplois que les hommes, mais il y avait quand même de la discrimination.» Il y en a encore plus aujourd'hui, selon elle.À l'intérieur et à l'extérieur du bureau.Le monde des affaires à la chinoise se développe un peu sur le modèle japonais, où la journée de travail ne finit pas avec le travail.Où les hommes vont boire beaucoup et longtemps après le bureau.«En Chine, les hommes d'affaires voudraient leur femme à la maison et leur call-girl au bout du fil, explique Sandra Teresa Hyde.Les femmes qui ont une carrière rejettent ce modèle.Et elles restent seules.» n QUAND LE RIZ EST CUIT PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE aujourd'hui, la désexualisation maoïste est relayée au musée.Les filles aiment les talons hauts et les chandails courts.PHOTOS ROBERT SKINNER, LA PRESSE elles ont changé leurs noms.elles s'appellent Jessie, Lina, Karen\u2026 elles consomment en masse la culture occidentale, mais assurent qu'elles restent très attachées aux valeurs traditionnelles chinoises.1979, c'est l'année où Pékin a décrété la politique de l'enfant unique.En 1984, le gouvernement a permis aux couples des campagnes d'avoir un deuxième enfant si le premier était une fille.Aujourd'hui, si deux enfants uniques ont des enfants ensemble, ils peuvent en avoir deux.Donc oui, 1+1=2.1+1=2 En Chine, 119 garçons naissent pour 100 filles.La «normale internationale » est de 106 garçons pour 100 filles.L'avortement sélectif favorise l'héritier du nom et les bras pour le travail à la campagne.Ce qui fait qu'en 2020, il manquera 40 millions de femmes en Chine.C'est plus que la population canadienne et c'est assez inquiétant pour que le président Hu Jintao concède qu'il y a à moyen terme «une menace sociale ».Autre conséquence, la Chine est le seul pays où les femmes se suicident plus que les hommes.Selon l'Organisation mondiale de la santé, 1,5 million de femmes tentent de se suicider chaque année.Une sur 10 y arrivera.Le phénomène est essentiellement rural, dit l'anthropologue Sandra Teresa Hyde, qui a longuement observé la campagne chinoise.Les femmes utilisent les pesticides comme poison mortel.«Les hommes partent pour la ville tenter leur chance, raconte la spécialiste.Les femmes qui restent derrière voient la vie urbaine à la télévision et jugent la leur misérable.» MILLIONS PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE La Chine appartient aux jeunes femmes.Leurs parents ont gâté ces filles uniques, qui arpentent aujourd'hui les boutiques au moindre temps mort de leur vie sociale très chargée. DEPUIS 1996, LA CHINE N'A CESSÉ DE PROGRESSER AUX JEUX OLYMPIQUES, PASSANT DE 16 MÉDAILLES D'OR À ATLANTA À 32 À ATHÈNES EN 2004.À QUATRE MÉDAILLES SEULEMENT DES ÉTATS-UNIS.À PÉKIN L'ÉTÉ PROCHAIN, LES ATHLÈTES CHINOIS NE VISERONT QU'UNE PLACE: LA PREMIÈRE! LES CONQUÉRANTS DE L'IMPOSSIBLE LU BIN AUTOPORTRAIT D'UN GYMNASTE Gymnaste.27 ans.Gagnant de quatre médailles d'or à la compétition internationale de Pékin, en décembre.Espère participer à ses premiers Jeux olympiques.«Mon oncle m'a initié à la gymnastique quand j'avais 5 ans.Au début, je n'aimais pas tellement ça.Les exercices de flexibilité étaient une torture.Mais mes parents - un ingénieur et une ouvrière d'usine - ont insisté pour que je continue.Ils trouvaient que c'était une façon de s'assurer que leur enfant soit en bonne santé.«Je m'entraînais deux à trois heures par jour, surtout pour m'amuser.C'est devenu plus sérieux avec les compétitions provinciales, vers l'âge de 8 ans.À 10 ans, j'ai été admis dans l'équipe du Jiangxi, ma province.J'étudiais le matin et je passais ensuite quatre à cinq heures au gymnase.C'était difficile de concilier les deux, car c'est un âge où l'on aime aussi s'amuser ! «Le cheval d'arçons est rapidement devenu mon épreuve préférée.Je visais un top 8 dans une compétition nationale.J'y suis arrivé à 18 ans et j'ai été admis dans l'équipe nationale.Les athlètes d'élite comme moi touchent un salaire mensuel de 1000$.Nous recevons aussi une prime lorsque nous gagnons l'or aux Jeux nationaux, en Coupe du monde, au championnat du monde ou aux Jeux olympiques.«Je m'entraîne pendant trois heures le lundi, le mercredi et JEAN-FRANÇOIS BÉGIN I ls s'appellent Hu Jia, Sui Feifei, Zheng Zhi.Fin novembre, leurs portraits géants sont apparus le long de la rue Wangfujing, coeur commercial aux 1000 néons de Pékin.Leurs noms ne vous diront rien.Mais dans un pays de 1,3 milliard d'habitants, chacun d'eux est 10 fois plus célèbre que Sidney Crosby, 100 fois plus connu qu'Alexandre Despatie, 1000 fois plus populaire que n'importe quelle vedette du Canadien.Hu Jia est plongeur.Sui Feifei est basketteuse.Et Zheng Zhi joue au soccer.Trois olympiens chinois, choisis par le manufacturier sportif Adidas pour illustrer son slogan: «Impossible is nothing» - «L'impossible n'est rien».Ce slogan pourrait bien s'avérer prémonitoire.Les Jeux olympiques de Pékin seront cet été le théâtre d'une quête moins impossible qu'elle n'en a l'air : celle d'une domination sportive chinoise.Depuis 1996, la Chine n'a cessé de progresser : 16 médailles d'or aux Jeux olympiques d'Atlanta, 28 à Sydney en 2000, 32 - seulement quatre de moins que les États-Unis - à Athènes quatre ans plus tard.Au classement, elle est passée de la quatrième à la troisième, puis à la deuxième position.Vous avez dit tendance ?Dans l'euphorie des Jeux grecs, les dirigeants du sport chinois ont laissé parler leurs coeurs.«Je ne vois pas pourquoi nous devrions douter de notre capacité de dépasser les Américains en 2008, disait Wei Jizhong, ancien secrétaire général du Comité olympique chinois.Le pays hôte profite habituellement d'un avantage d'environ 30% et je ne pense pas que l'écart entre les États-Unis et nous soit si grand, actuellement.» Adidas a bien compris l'effet dopant dont profite l'hôte des Jeux.Sur les immenses affiches publicitaires qui s'offrent au regard des promeneurs dans Wangfujing, Hu Jia, Sui Feifei et Zheng Zhi flottent littéralement sur une mer de compatriotes enthousiastes.Montrer la Chine La symbolique est limpide: avec 1,3 milliard de supporteurs derrière soi, l'«impossible n'est rien».Surtout quand on voit ce que les athlètes chinois peuvent accomplir devant à peine 6000 spectateurs - la taille de la foule qui assistait à la compétition internationale de gymnastique visant à roder le nouveau Palais omnisports de Pékin, début décembre.Les gymnastes chinois ont gagné neuf des 12 médailles d'or à l'enjeu.Le vétéran Lu Bin en a raflé quatre à lui seul.«Ce stade semble me porter bonheur », dit le gymnaste de 27 ans, qui devra gagner sa place cet hiver, dans le cadre d'un processus de sélection rigoureux.«J'espère que ça continuera ainsi pour moi et pour l'équipe de Chine, l'été prochain.» Dans les gradins, les spectateurs écoutent leur hymne national en regardant le drapeau chinois être hissé une fois de plus dans les hauteurs de l'amphithéâtre.Eux aussi rêvent aux Jeux.«Ce sera l'occasion de montrer ce que sont la Chine et Pékin aujourd'hui, de faire connaître notre culture, notre peuple et notre sport », dit Ke Siyu, 21 ans, étudiant en comptabilité à l'Université du Peuple.Le mot-clé, c'est «aujourd'hui ».Les images délicates de la Chine traditionnelle qui ont tant impressionné les Occidentaux lors de la clôture des Jeux d'Athènes, en 2004, ont laissé les Chinois indifférents, quand elles ne leur ont pas carrément déplu.Trop passéistes.«Il existe en Occident une fascination pour la culture chinoise traditionnelle, explique Dong Jinxia, sociologue du sport à l'Université de Pékin.Les gens ont tendance à imaginer la Chine comme un pays arriéré, où les hommes portent encore la natte et les femmes ont les pieds bandés.Même s'ils sont fiers de leur histoire, les Chinois n'aiment pas ça.» La Chine des empereurs et des mandarins n'est plus.Celle de Mao non plus, d'ailleurs.Avec une croissance de plus de 11% par année, une classe moyenne en pleine émergence et des usines qui tournent 24 heures sur 24 pour alimenter le monde en i Pod et en chaussures de sport, la Chine - celle des villes, du moins - est entrée de plain-pied dans la modernité.C'est cette image de dynamisme et d'efficacité que la Chine entend projeter aux milliards de téléspectateurs des Jeux.Un exemple ?En 2004, la peinture sur les murs du Stade olympique d'Athènes n'était pas encore sèche à l'ouverture des Jeux.À Pékin, la construction du Stade national - joliment surnommé «Nid d'oiseau» en raison de son enchevêtrement de poutres d'acier aux allures de brindilles surdimensionnées - a été ralentie à la demande du Comité international olympique.Le CIO craignait que la pièce de résistance du complexe olympique bâti dans le nord de la ville soit prêt «trop tôt».Il sera finalement livré en mars, quatre mois avant les Jeux et un mois après l'inauguration de la seule autre construction olympique encore incomplète au début de 2008: le «Cube d'eau», cette piscine futuriste où Alexandre Despatie se mesurera à l'élite chinoise du plongeon lors d'une épreuve de la Coupe du monde, la semaine prochaine.En finir avec l'«homme malade» Mais au-delà de leurs prouesses architecturales et organisationnelles, les Chinois souhaitent surtout marquer l'histoire olympique grâce aux performances de leurs athlètes.«Pour les Chinois, les JO sont une façon de faire oublier l'étiquette insultante d' «homme malade de l'Asie«», dit l'anthropologue américaine Susan Brownell, auteure de Beijing Games: What the Olympics Mean to China.Certes, depuis Athènes, les autorités chinoises se sont appliquées à modérer les attentes.«La Chine est toujours dominante en tennis de table, en badminton, en plongeon, en tir - une demi-douzaine de sports au total.Mais en natation et en athlétisme, les deux sports où le plus de médailles sont distribuées, nous ne sommes pas très bons», dit l'ancienne championne olympique de tennis de table Deng Yaping, exprimant une idée qui semble faire consensus dans le milieu sportif chinois.Une façade, assure le Français Christian Bauer, embauché pour superviser l'équipe chinoise de sabre.«Leur objectif demeure de finir devant les États-Unis, même s'ils ne l'avouent pas», dit Bauer, l'un des 70 entraîneurs étrangers appelés en renfort pour améliorer les chances des athlètes chinois de conquérir les podiums.Le contrat de Bauer stipule noir sur blanc que ses sabreurs doivent rapporter au moins une médaille d'or.Une commande qui repose en bonne partie sur les épaules de Tang Xue, médaillée d'argent à Athènes.«La pression est réelle, mais elle existe toujours, pas seulement lorsque la compétition a lieu dans son pays natal, souligne Tang, 23 ans.Il faut juste se concentrer sur chaque jour d'entraînement.» N'empêche, nombreux sont les Chinois qui croient leur pays prêt à finalement combler le vide athlétique laissé par l'éclatement de l'Union soviétique, il y a 15 ans.«Si la Chine finit première, ce sera bon pour le monde entier», dit Ke Siyu, étudiant en comptabilité.«Dans le sport ou en économie, il n'est pas bon qu'un pays domine trop les autres, comme les États-Unis l'ont fait depuis les années 90.Pour que le monde progresse, il faut que la compétition existe.» n Les Jeux olympiques de Pékin seront cet été le théâtre d'une quête moins impossible qu'elle n'en a l'air : celle d'une domination sportive chinoise.PLUS/CHINE SPORT PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Lu Bin en action sur son appareil favori, le cheval d'arçons. JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Le podium olympique compte trois marches, mais en Chine, seule la plus haute compte.«Il n'y a que la médaille d'or qui importe.L'argent ou le bronze, c'est un peu un échec», reconnaît Lu Bin, de l'équipe nationale de gymnastique.La victoire du sprinter Liu Xiang au 110 mètres haies lors des Jeux olympiques d'Athènes a marqué l'imaginaire chinois.Qu'un athlète asiatique domine une telle épreuve, chasse gardée américaine, est pour les Chinois un exploit épique.Mais Liu ne serait pas la moitié du héros national qu'il est devenu s'il s'était contenté de la médaille d'argent.«Lors d'une compétition, que ce soit les championnats du monde, les Jeux olympiques ou les Jeux nationaux, les gens ne prêtent attention qu'au numéro un, pas au finaliste ou à celui qui a fini juste derrière », explique Dong Jinxia, sociologue du sport à l'Université de Pékin.Si c'est vrai pour l'athlétisme, où la Chine n'a connu que des succès épisodiques, ça l'est encore plus dans les disciplines où le pays a des airs de superpuissance, comme le tennis de table, le badminton ou le plongeon.«Aux prochains Jeux, on va essayer de gagner les quatre médailles d'or, dit l'actuel numéro deux mondial en ping-pong, Ma Lin.Parce qu'en tennis de table, l'argent, c'est l'échec.» LA MÉDAILLE D'OR OU RIEN C'est le chiffre des Jeux olympiques de Pékin.Ils débuteront officiellement à 8 heures 8 minutes et 8 secondes, le soir du 8e jour du 8e mois de l'année 2008.Ce n'est évidemment pas un hasard.En Chine, le chiffre 8 est un porte-bonheur : il se prononce «ba » en mandarin, à peu près comme le mot signifiant «prospérité».le vendredi, et cinq heures le mardi, le jeudi et le samedi.Je dois toujours concilier le sport avec mes études, car je fais une maîtrise en management sportif.C'est encore plus ardu que lorsque j'étais plus jeune.Il y a plus de pression et les cours sont plus difficiles.En Chine, on ne donne pas de diplômes à rabais pour les sportifs ! Mais les athlètes ont la chance d'obtenir une meilleure éducation que le peuple ordinaire.«Le succès des gymnastes chinois s'explique en partie par leur morphologie particulièrement adaptée, mais dépend aussi de l'excellente collaboration entre athlètes et entraîneurs.Les entraîneurs de l'équipe nationale ont une relation beaucoup plus amicale avec les athlètes que les entraîneurs des niveaux inférieurs.Quand les athlètes sont jeunes, l'entraîneur doit être plus exigeant, afin d'établir son autorité.«Mon rêve est de participer aux JO dans mon pays natal.Je pense avoir une chance sur deux d'être choisi.Ce serait un honneur de faire partie de l'équipe, le tournant de mon existence, surtout que je vais probablement prendre ma retraite après les Jeux.» \u2014 Jean-François Bégin PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Les athlètes chinois risquent d'être transportés par leur public lors des Jeux olympiques de Pékin, l'été prochain.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE La gymnastique attire de belles foules en Chine, comme lors de cette compétition internationale tenue à Pékin, en décembre.Depuis son retour dans le giron olympique au début des années 80, la Chine a remporté 286 médailles : 112 d'or, 96 d'argent et 78 de bronze.Le retour de l'Union soviétique et de l'Allemagne de l'Est, qui avaient boycotté les JO de Los Angeles, explique l'échec chinois à Séoul, en 1988.Mais, depuis, la progression est remarquable.Voir tableau ci-dessous.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE L'objectif des sabreuses chinoises est de remporter au moins une médaille d'or lors des Jeux olympiques.LES MÉDAILLES DE LA CHINE Or Argent Bronze Total 1984 Los Angeles 15 8 9 32 1988 Séoul 5 11 12 28 1992 Barcelone 16 22 16 54 1996 Atlanta 16 22 12 50 2000 Sydney 28 16 15 59 2004 Athènes 32 17 14 63 GRAND TOTAL 112 96 78 286 Les olympiens de demain s'entraînent dans les établissements comme l'école de sport Shi Cha Hai, non loin de la Cité interdite.JEAN-FRANÇOIS BÉGIN L a révolu t ion de 1949 a bouleversé la Chine, pour le meilleur et souvent pour le pire.Mais elle a laissé dans son sillage une avancée extraordinaire : cel le de l'égal ité ent re hommes et femmes.Même qu'en matière de sport, les femmes sont aujourd'hui un peu «plus égales» que les hommes.Les chiffres ne mentent pas : des 109 médailles d'or remportées par la Chine aux Jeux olympiques depuis la toute première, en 1984, 63 ont été gagnées par des femmes, contre 46 par des hommes.De toute évidence, Mao sous-estimait la réalité quand il a dit que les femmes «soutiennent la moitié du ciel ».Plusieurs facteurs expliquent les succès féminins de la Chine aux Jeux olympiques, note la sociologue du sport Dong Jinxia, qui a consacré un livre () à la place des femmes dans le système sportif chinois.«La première raison, c'est que dans le monde, le sport féminin a une histoire beaucoup plus courte que le sport masculin.Le niveau de compétition est beaucoup plus bas ; alors c'est plus facile de rattraper les autres pays.» Les autorités chinoises ont tiré profit de cette situation en assurant depuis toujours un encadrement égal aux deux sexes, mais aussi en faisant des investissements supplémentaires du côté féminin dans certains sports où les espoirs de médailles semblaient plus grands, comme le volleyball ou le soccer, ajoute Mme Dong.Dans certaines disciplines, tel le ping-pong, on a même utilisé des hommes comme partenaires d'entraînement des meilleures athlètes féminines, souligne l'ancienne pongiste étoile Deng Yaping.Au-delà de ces explications structurelles, il y a la dimension culturelle.«Pour réussir dans le sport, il faut écouter son entraîneur, dit Dong Jinxia.Or, les femmes chinoises sont très travailleuses et obéissantes, et se plient davantage aux demandes de leur entraîneur que les hommes.» Ce qui ne veut pas dire qu'elles ne peuvent pas se rebeller quand on dépasse les bornes.En 1993, trois filles de l'« armée de Ma», cet extraordinaire groupe de coureuses de fond issues de la campagne pauvre du Liaoning, dans le nord du pays, avaient remporté des titres (1500, 3000 et 10 000 m) aux championnats du monde d'athlétisme.Trois semaines plus tard, l'une d'elles, Wang Junxia, battait trois records du monde aux Jeux nationaux, à Pékin.PLUS QUE LAMOITIÉ DU CIEL PLUS/CHINE SPORT C'ESTLEPRINCIPE DU CHERCHEURD'OR: ON TAMISE DES TONNESDE MINERAI POURNE RÉCOLTER, PARFOIS, QU'UNE PÉPITED'OR.EN CHINE, DES COHORTES DE JEUNES SPORTIFS RÊVANT D'EXPLOITS OLYMPIQUES SONT SOUMISÀ UNE SÉVÈRE SÉLECTION QUI PASSE SOUVENT PAR UNEUSINE À CHAMPIONS COMME SHI CHAHAI. Le sport en Chine, c'est d'abord une affaire de filles ! PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE JEAN-FRANÇOIS BÉGIN L e rêve de Li Anping n'est pas différent de celui de dizaines de milliers d'athlètes chinois: elle veut remporter une médaille d'or olympique.Depuis son arrivée à l'école Shi Cha Hai, l'an dernier, la jeune fille à la coupe garçonne s'entraîne cinq heures par jour.Des heures à frapper sans relâche une petite balle blanche dans un vaste hall en sous-sol, où une trentaine de tables de ping-pong s'étalent sous les néons.«Je peux devenir championne d'ici cinq ans», dit Anping, avec la confiance insouciante de ses 13 ans.Elle s'inspire de son idole, Zhang Yining.Diplômée de la même école et double médaillée d'or en tennis de table aux Jeux olympiques d'Athènes, Zhang devrait être l'un des principaux espoirs de la Chine lors des Jeux de Pékin, l'été prochain.L'école Shi Cha Hai est un rouage important de l'usine à champions qu'est devenue la Chine moderne: six médaillés d'or olympiques et 32 champions du monde ont étudié en ses murs.Pas surprenant qu'en cette année préolympique, l'école, située en plein coeur de Pékin, soit devenue la vitrine officieuse du système sportif chinois.La Presse a visité l'établissement par un froid mercredi de décembre.Une visite individuelle, pensions- nous.C'était avant qu'un groupe de journalistes étrangers ne débarque\u2026 comme pratiquement tous les mercredis de l'année.Projection d'une vidéo promotionnelle, questions à la vice-directrice et hop! en route pour une tournée au pas de course des gymnases, où cohabitent 500 athlètes pensionnaires, 80 entraîneurs et huit sports, dont la gymnastique, le tennis de table, le badminton et le volleyball.Premier arrêt: la salle de gym, où une soixantaine de gamins de 6 à 10 ans font des cabrioles en souriant.Une enfilade de sauts périlleux sur le tapis central.Des pirouettes gracieuses à la poutre.Des équilibres parfaits aux anneaux, devant l'obligatoire drapeau rouge de la République populaire de Chine.Ils sont jeunes, mais ils sont bons.«Il leur faudra 10 ans pour atteindre leur apogée, dit l'entraîneur Zhao Geng Bo.Entre 20 et 30% seront de calibre mondial.» Et les autres?«Ils pourront se recycler en trampoline, en plongeon ou en gymnastique rythmique.» Rien ne se perd, tout se transforme\u2026 De l'abus?La bonne humeur ambiante tranche avec le portrait brossé il y a deux ans par le Britannique Matthew Pinsent.Quadruple champion olympique en aviron et ex-membre du Comité international olympique, Pinsent s'était rendu à Shi Cha Hai avec une équipe de la BBC.Dans son reportage, il déplorait les exercices douloureux imposés à de très jeunes enfants et rapportait qu'un athlète avait été battu par son entraîneur au point d'avoir des marques rouges sur le dos.«Je ne sais pas ce qui se passe dans les autres écoles, mais dans notre établissement, nous n'avons eu aucune plainte de parents.Ce genre de comportement n'existe pas ici », assure aujourd'hui la vice-directrice, Shi Feng Hua.Une version plus politiquement correcte que celle du directeur de l'école, Liu Hongbin.«Le concept de violence et d'abus est différent d'un pays et d'une culture à l'autre», disait-il, sibyllin, au USA Today, l'été dernier.Au fil des ans, de nombreux cas de sévices envers des athlètes chinois ont été mis au jour.Le légendaire entraîneur Ma Junren, qui a conduit son «armée de Ma» à de nombreuses médailles dans les épreuves de course de fond, au cours des années 90, était tristement célèbre pour le harcèlement psychologique qu'il infligeait à ses jeunes athlètes.Pinsent a toutefois choisi le mauvais sport pour illustrer les dérives du sport chinois, estime l'ex-journaliste sportive chinoise Wu Ping, qui enseigne aujourd'hui à l'Université du Bedfordshire, en Angleterre.Les exercices de flexibilité qu'exige la gymnastique causent certes une grande souffrance aux athlètes.Mais cela est aussi vrai en Occident qu'en Chine.«Je ne nie pas qu'on abuse des athlètes en Chine.C'est un grave problème.Mais la gymnastique n'est pas le bon exemple », dit Mme Wu.La fine fleur Fondée en 1958, Shi Cha Hai est l'une des plus vieilles écoles de sport chinoises.À l'époque, avant de se perdre pendant quelques années dans un Grand Bond en avant aux allures de retour en arrière, le régime communiste de Mao Zedong s'était donné pour mission de valoriser l'éducation physique et le sport, que la culture chinoise, malgré sa riche tradition d'arts martiaux, avait tendance à négliger.La plupart du temps, les athlètes sont recrutés très jeunes par des entraîneurs des écoles de sport sur la seule base de leur morphologie.S'ils connaissent du succès, ils passent ultérieurement à l'équipe de leur province, puis, pour les meilleurs, à l'équipe nationale.Ils aboutissent alors dans des centres d'entraînement comme celui de vélo et d'escrime, adossé au cinquième périphérique, dans l'ouest de Pékin.Un vaste campus consacré à ces deux sports, où l'on retrouve le vélodrome olympique, aux airs de soucoupe volante, et les parcours de vélo de montagne et de BMX qui seront utilisés lors des JO.L'escrime n'est pas en reste: elle dispose d'un bâtiment flambant neuf comprenant trois gymnases et le nec plus ultra des équipements d'entraînement, des tapis roulants au système de reprise vidéo assistée par ordinateur.«Ils mettent à disposition tout ce qu'il y a de mieux», dit le Français Christian Bauer, ex-entraîneur national de la France et de l'Italie, embauché l'été dernier pour superviser l'équipe chinoise de sabre.«En Europe, je n'ai jamais eu tout ça», dit-il.Mais tout l'appareillage hi-tech du monde ne saurait masquer une triste réalité, selon Bauer.«Ce qui manque ici, c'est la passion.Ils n'ont pas vraiment choisi l'escrime.Ils ont commencé à 14 ou 15 ans parce qu'ils ne pouvaient pas réussir dans d'autres disciplines sportives.Alors ils font de l'escrime comme un métier.» Comme les Noirs De fait, pour nombre d'athlètes chinois de haut niveau - payés, logés, nourris -, le sport est un métier, une manière d'échapper à la pauvreté.«C'est particulièrement vrai des femmes de la campagne, qui n'ont pas d'autre façon de grimper dans l'échelle sociale, dit Susan Brownell, anthropologue américaine spécialiste du sport chinois.En un sens, elles sont un peu comme les athlètes noirs issus des quartiers défavorisés des villes américaines.» Mais la réalité évolue.La Chine s'enrichit et les familles nombreuses ont disparu, conséquence de la politique de limitation des naissances en vigueur depuis plus d'un quart de siècle.Les parents ont désormais une seule bouche à nourrir et le sport d'élite, même s'il est synonyme de soutien financier de l'État, risque de ne devenir qu'une avenue parmi d'autres pour les parents qui rêvent d'un avenir meilleur pour leur progéniture.«Dans la culture chinoise, la priorité reste l'éducation, pas le sport, souligne Deng Yaping, gagnante de quatre médailles d'or en tennis de table aux JO de Barcelone et d'Atlanta.Chaque famille n'a qu'un seul enfant et les salaires sont bien meilleurs qu'autrefois.À long terme, ça pourrait menacer le sport d'élite.» n «SHI CHA HAI » L'USINE À CHAMPIONS Pourtant, l'année suivante, l'armée se disloquait : privées de leurs primes, interdites d'avoir un petit ami ou de porter du maquillage ( !), poussées à bout physiquement et psychologiquement, les soldates de l'entraîneur-dictateur Ma Junren (qui s'est déjà vanté «d'engueuler et même de battre» ses athlètes quand «elles étaient paresseuses ou désobéissantes ») l'abandonnèrent en masse.Ça n'a pas empêché Wang Junxia de gagner une médaille d'or et une d'argent aux Jeux d'Atlanta, en 1996.n Dong Jinxia, Women, Sport and Society in Modern China Frank Cass, 2003.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE L'école Shi Cha Hai est l'une des 300 écoles de haut niveau réservées à la fine fleur de la relève sportive chinoise.Quelque 46 000 élèves-athlètes les fréquentent.Un échelon plus bas, 400 000 élèves font leur apprentissage dans les 3000 écoles de sport spécialisées du pays.L'État paie l'éducation, l'entraînement et le logement des meilleurs espoirs sportifs de Shi Cha Hai - une centaine d'élèves environ.Les parents des autres athlètes doivent débourser 30 000 RMB (4000$) par an pour y placer leur enfant, une somme considérable en Chine.AU SOMMET DE LA PYRAMIDE PLUS/CHINE HISTOIRE Qubilai, petit-fils de Gengis Khan et fondateur de la dynastie Yuan, établit sa capitale à Pékin.C'est sous son règne qu'est fondé l'Opéra de Pékin et que Marco Polo séjourne en Chine.Début de la diffusion du roman Le Voyage en Occident, attribué à Wu Cheng'en, qui raconte les pérégrinations fantastiques vers l'Inde du moine Xuanzang et de son compagnon Sun Wukong, le célèbre «Roi singe».Abdication le 12 février de Puyi, 12e et dernier empereur de la dynastie Qing, alors âgé de 6 ans.Il obtint la permission de résider dans la Cité interdite jusqu'à son expulsion en 1924.Après un long exil, puis un internement en «camp de rééducation», il devint simple jardinier au Jardin botanique de Pékin et mourut en 1967.Fondation à Shanghai du Parti communiste chinois par 13 personnes, dont Mao Zedong.Proclamation par Mao Zedong de la République populaire de Chine.Début du Grand Bond en avant, pour hâter l'industrialisation du pays.Les résultats sont désastreux.Création des communes populaires et campagnes contre les intellectuels déviationnistes.La Chine procède à son premier essai nucléaire.Début de la Révolution culturelle et constitution des Gardes rouges.Mort de Mao, arrestation de la Bande des quatre, dont la veuve de Mao.Les Quatre modernisations, début de la politique d'ouverture économique et de la décollectivisation des terres.Instauration de la politique de l'enfant unique.Instauration de la loi martiale au Tibet.Manifestations place Tiananmen, suivies d'une répression policière.Lancement de la réforme agraire, marquée par la collectivisation des terres.Invasion du Tibet.Richard Nixon visite la Chine.Le Chine est choisie pour accueillir les JO de 2008.Entrée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).Début des travaux du barrage des Trois-Gorges.Retour de Hong Kong à la Chine.Jeux olympiques de Pékin, du 8 au 24 août -221 Qin Shi Huangdi unifie l'empire de Chine et fonde la dynastie Qin.Il lance la construction de la Grande Muraille et est enterré avec une armée de terre cuite comptant au moins 130 chars, 600 chevaux et 8000 soldats.-479 Mort de Confucius, philosophe et créateur du confucianisme, qui allait devenir la religion d'État pendant plus de 2000 ans.-700 000 Apparition de l'Homme de Pékin, dont les fossiles ont été découverts en 1923 lors de fouilles à Zhoukoudian, au sud de Pékin.PLUSIEURS FOIS MILLÉNAIRE, LA CIVILISATION CHINOISE EST L'UNE DES PLUS RICHES DU MONDE.PENDANT LONGTEMPS, LES CHINOIS ONT ESTIMÉ QU'ILS ÉTAIENT AU CENTRE DU MONDE, D'OÙ L'EXPRESSION «EMPIRE DU MILIEU».VOICI UNE SÉLECTION DE 20 DATES MARQUANTES DE L'HISTOIRE DE CETTE NATION.LA CHINE EN 20 DATES À LIRE SAMEDI PROCHAIN SEXE, SPORTETCONSOMMATION.LE DEUXIÈME DE NOS CAHIERS SPÉCIAUX EXCEPTIONNELS PLUS/CHINE."]
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