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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus: samedi
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-03-08, Collections de BAnQ.

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[" PLUS SAMEDI GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, FORUM UN FOSSÉ INQUIÉTANT LA CHRONIQUE DE LYSIANE GAGNON PAGE 4 LISEZ LE RAPPORT L'ÉDITORIAL D'ANDRÉ PRATTE PAGE 5 PHOTOMONTAGE, LA PRESSE Les autoroutes Métropolitaine, Décarie et Ville-Marie sont toujours congestionnées ou tombent en ruine.Le privé saurait-il mieux entretenir ses routes que les gouvernements ?Aux États- Unis, plusieurs villes et États croient que oui.Au point de laisser à des entreprises le soin d'enrayer bouchons et nids-de-poule.Toronto tente l'expérience avec succès depuis neuf ans.Portrait d'une tendance qui pourrait s'implanter au Québec, notamment avec l'autoroute 25.UNDOSSIER À LIRE EN PAGES 2 ET 3 CARICATURE L'ACTUALITÉ VUE PAR SERGE CHAPLEAU PAGE 5 ROUTES À LOUER MON T R É AL SA M E D I 8 M A R S 2 0 0 8 PLUS Les autoroutes Métropolitaine, Décarie et Ville-Marie sont toujours congestionnées ou tombent en ruine.Le privé saurait-il mieux entretenir ses routes que les gouvernements ?Aux États-Unis, plusieurs villes et États croient que oui.Au point de laisser à des entreprises le soin d'enrayer bouchons et nids-de-poule.Portrait d'une tendance qui pourrait s'implanter au Québec, notamment avec l'autoroute 25.MATHIEU PERREAULT TORONTOETCHICAGO\u2014 Il est 8h du matin.La vitesse de la circulation sur l'autoroute 401, au nord du centre- ville de Toronto, fluctue entre 40 et 80 km/h quand on se dirige vers l'ouest, au gré des embranchements qui amènent les voies de desserte sur l'autoroute.Heureusement que des réfections de 10 millions de dollars viennent tout juste d'en améliorer la fluidité.Sinon, on subirait le sort de la direction est, beaucoup plus congestionnée; entre la banlieue occidentale et l'autoroute 427, qui mène à l'aéroport, c'est parechocs à pare-chocs, probablement depuis une heure.Une dizaine de kilomètres plus au nord, c'est le jour et la nuit: l'autoroute 407, qui suit un trajet parallèle, a une vitesse minimale de 100km/h, et de plus de 120km/h sur la voie de gauche.En pleine heure de pointe.Si on part de l'ouest de Mississauga, on arrive deux fois plus vite au centre de la Ville reine.Mais la vitesse a un coût: 4,20$ pour parcourir les 21 kilomètres séparant les autoroutes Don Valley, à la limite orientale du centre-ville, et 427.Grâce au péage, l'autoroute 407 n'est jamais congestionnée.Les tarifs ont quadruplé en neuf ans, depuis que la 407 a été louée pour 99 ans à un consortium international qui regroupe SNC-Lavalin, la banque australienne Macquarie (la même qui s'occupera de l'autoroute 25 à Montréal) et l'entreprise de génie espagnole Cintra.Des caméras photographient les plaques d'immatriculation de tous les usagers et ceux-ci reçoivent leur facture par la poste.Ce type de location à très long terme est de plus en plus populaire en Amérique du Nord.Il est utilisé pour construire de nouvelles autoroutes (par exemple la 407, le pont de la Confédération dans les Maritimes, un pont sur le Fraser à Vancouver), ou pour financer l'entretien d'autoroutes existantes.Presque partout, le secteur privé a donné un électrochoc aux autoroutes sur lesquelles il a mis la main.Les automobilistes qui sont en panne d'essence sur l'accotement de la 407 reçoivent gratuitement un bidon de carburant.Les victimes de pneus crevés et ceux qui manquent de lave-glace voient aussi les patrouilleurs arriver à la rescousse.«Nous voulons éviter toute entrave à la circulation », explique Dale Albers, de 407ETR.Autre récompense: les Torontois qui utilisent le plus fréquemment l'autoroute reçoivent du kilométrage gratuit - utilisable seulement la fin de semaine - et des bons d'essence permettant d'épargner de deux à neuf cents le litre aux stations de Petro-Canada (ce qui représente de 120 à 150 litres par mois).Par contre, les usagers qui tardent trop à payer leur facture risquent de se voir refuser le renouvellement de leurs plaques et de leur permis de conduire par le gouvernement.Aux États-Unis, le changement est aussi radical.À Chicago, en moins de trois ans, le Skyway est passé d'une à cinq voies réservées au péage électronique.Un agrandissement prévu de l'Indiana Toll Road a été réalisé sans fermeture de voie, comme le prévoyait le ministère des Transports avant la privatisation, parce que la société privée a exigé que les entreprises de construction travaillent à l'étroit.«Notre but, c'est que ça roule, dit Matt Pierce, porte-parole de la société qui gère le Skyway et l'Indiana Toll Road.Quand il y a des bouchons, nous perdons de l'argent.» Des ratés Comme l'approche en est à ses balbutiements sur notre continent, il y a par contre des ratés.À Toronto, par exemple, le consortium privé 407ETR et le gouvernement ontarien ont croisé le fer à deux reprises déjà.Une poursuite a été engagée par des automobilistes frappés par des pénalités de retard de paiement de leur facture, qualifiées d'«usurières».Dans un règlement à l'amiable, la firme a remis 10 millions de dollars aux plaignants.L'Ontario a pour sa part contesté les augmentations de tarifs, surfant sur la vague populaire.407ETR a affirmé qu'elles étaient nécessaires pour éviter la congestion, mais a accepté de remettre 40 millions, chaque année, aux usagers les plus fréquents.C'est environ 10% des revenus des péages.Jim Robb, environnementaliste torontois, déplore pour sa part que le gouvernement ontarien ait allégé les évaluations environnementales pour faciliter la construction de la deuxième moitié de la 407.À Chicago, les critiques sont moins nombreuses de la part des usagers du Skyway, qui habitent majoritairement l'État voisin, l'Indiana.Les syndicats sonnent toutefois l'alarme (voir autre texte).Pour les gouvernements, le problème principal des routes publiques est qu'elles entrent en concurrence avec d'autres priorités comme la santé ou l'éducation.Aussi, ont-ils peu de raisons de les rendre plus sécuritaires et moins congestionnées.«En théorie, les électeurs peuvent voter contre un gouvernement qui gère mal les routes, dit Gabriel Roth, un économiste retraité de la Banque mondiale, qui a récemment supervisé un ouvrage collectif sur les péages et la gestion privée des routes, Street Smart.Mais quelle personne sensée va baser son vote sur les routes, alors qu'il y a tant d'autres choses plus importantes?Concrètement, le gouvernement est rarement puni quand il fait des erreurs en matière de transports.Le secteur privé peut être beaucoup mieux encadré.» Financièrement, l'option est souvent tentante.Peu après la location du Skyway pour 99 ans, en échange l'agence Moody a relevé la cote de crédit de Chicago à son plus haut niveau depuis 1978.«Les agences ont reconnu que notre situation financière s'est améliorée, dit Lisa Schrader, directrice adjointe des finances à la Ville.Pas seulement parce que nous avons réduit notre dette, mais aussi parce que nous nous sommes retirés de domaines où nous ne sommes pas efficaces.» À noter, avant l'offre du Skyway, la Ville de Chicago pensait en obtenir moins d'un milliard.Les économistes critiques des contrats comme la 407 et le Skyway se concentrent d'ailleurs sur la valeur et les termes du contrat.«Les contrats du Skyway et de l'Indiana Toll Road ne contiennent pas assez de limites aux augmentations de péages, et les sommes versées aux propriétaires publics seront dépensées bien avant que ne vienne à échéance le contrat de 99 ans, dit John Foote, un économiste de Harvard.Cela dit, il semble y avoir une amélioration graduelle.Ce que l'on doit retenir de tout ça, c'est que lorsqu'on importe un modèle déjà existant ailleurs, il faut apprendre des erreurs passées plutôt que de tenter de réinventer la roue.» CES AUTOROUTES SUR LA MATHIEU PERREAULT Quand l'autoroute Skyway a été privatisée à Chicago en 2004, la Ville a offert des postes ailleurs dans la fonction publique municipale à la centaine d'employés affectés.Ils ont presque tous accepté l'offre.La Fédération du travail de Chicago a estimé que le dossier était clos, puisque tout le monde était content.Quatre ans plus tard, les syndicalistes admettent leur erreur.«Avant la privatisation, les employés du Skyway étaient syndiqués et gagnaient bien leur vie, avec un salaire d'au moins 30000$ par année, explique le président de la Fédération, Dennis Gannon.Maintenant, ce sont des emplois sous-payés occupés par des gens que nous ne pouvons plus protéger.Il aurait fallu se préoccuper du monde du travail dans son ensemble.Et plus globalement, de la sécurité des automobilistes.Car, si on réduit les salaires sans fin, on ne pourra pas attirer des gens compétents pour gérer les routes.» «La chute du salaire moyen s'explique simplement par le fait que ce sont tous de nouveaux employés», se défend Matt Pierce, porte-parole local du consortium international qui gère le Skyway et l'Indiana Toll Road.Quoi qu'il en soit, la leçon du Skyway a porté.Quand l'Indiana voisin a décidé de privatiser l'Indiana Toll Road, les syndicats locaux ont exigé que des conditions de travail équivalentes à celles du secteur public soient garanties.Les conditions de travail des employés sont au coeur des revendications de l'opposition à la location à long terme des autoroutes publiques.Souvent, le péage électronique fait carrément perdre des emplois puisque les percepteurs sont remplacés par des machines.Et quoi qu'en disent les entreprises, ils sont trop nombreux pour être tous recasés au service à la clientèle.La volonté de préserver les emplois des percepteurs est d'ailleurs la raison fondamentale pour laquelle le péage électronique est peu populaire en Europe, selon Martin Capper, le patron de Mark IV, la société torontoise qui fabrique les transpondeurs pour le Skyway et la 407.«L'Europe est plus socialiste, alors les percepteurs de péage ont plus de facilité à rejeter le péage électronique pour conserver leurs emplois.» Emplois précaires aux péages « Si on réduit les salaires sans fin, on ne pourra pas attirer des gens compétents pour gérer les routes.» PHOTO LA PRESSE CANADIENNE Le matin, la vitesse de la circulation sur l'autoroute 401, au nord du centre-ville de Toronto, fluctue entre 40 et 80 km/h quand on se dirige vers l'ouest.Heureusement que des réfections de 10 millions de dollars viennent tout juste d'en améliorer la fluidité.Sinon, on subirait le sort de la direction est, beaucoup plus congestionnée. PLUS VOIE DE LA PRIVATISATION PRIORITÉ AUXVOITURES DE LUXE ET AUXAUTOBUS L'une des critiques les plus fréquemment entendues à propos de l'autoroute 407 à Toronto est qu'elle n'est empruntée que par les riches avec leurs voitures de luxe.Lors de notre passage, nous avons effectivement été dépassées par un bien plus grand nombre de BMW, Audi, Mercedes, Lexus Volvo et Infiniti sur la 407 que sur la 404.Mais puisque le trafic était beaucoup plus dense sur la 404, la comparaison reste imparfaite.Il faut aussi noter que plus de 15 000 passagers par jour montent dans les autobus municipaux empruntant la 407 (qui s'arrêtent notamment à l'Université York), selon Go Transit, la société de transport torontoise.Les trajets d'autobus qui empruntent l'autoroute à péage sont parmi ceux dont la clientèle progresse le plus rapidement, de 13% à 14% par année.Bref, ils rapportent, même si Go Transit dépense 1,3 million en péage chaque année.D'après l'Association ontarienne des camionneurs, ses membres préfèrent au contraire éviter la 407, entre autres parce que les péages les obligent à hausser leurs tarifs de plus du quart.CEUX QUI NE PAIENTPAS Les gestionnaires de l'autoroute 407 à Toronto ne font pas payer tout le monde.Environ un véhicule sur 30 y roule gratuitement.La plupart sont des véhicules d'urgence.D'autres s'en tirent quand les conditions météorologiques (neige, pluie, brume) empêchent de lire les plaques.Les futés qui salissent leurs plaques intentionnellement risquent toutefois de se faire prendre: un logiciel fait une analyse pour vérifier si une automobile d'un modèle et d'une couleur particulière fait souvent le même trajet aux mêmes heures, et les données sont transmises à la police, menant à quelques arrestations chaque année.Enfin, les visiteurs ont droit à un traitement de faveur: seulement trois provinces, le Québec, l'Ontario et la Nouvelle-Écosse, sont touchées par le service de facturation (en plus de certains États américains).Comme il n'y a pas assez d'usagers des autres provinces ou États, le gestionnaire préfère s'abstenir de faire des réclamations.LES RICHES PERDENT PLUS D'ARGENT DANS LES BOUCHONS Selon une analyse d'un économiste de l'Université du Minnesota, Herbert Mohring, installer des péages sur toutes les voies rapides d'une grande ville augmente de 100% les coûts de transport des plus démunis.En comparaison, pour le quart le plus riche de la population, les coûts n'augmentent que de 25%.«Je sais que ça peut choquer, mais le temps des riches vaut davantage que celui des pauvres, dit M.Mohring en entrevue téléphonique.Quand il n'y a pas de péage pour mettre un prix sur la congestion et la réduire, les riches perdent cinq fois plus d'argent par trajet en voiture que les pauvres à cause de la congestion.» En 2005, le Congrès américain a rejeté de justesse une loi qui aurait permis aux pauvres de payer moins cher sur certains types de routes à péage.Mais M.Mohring a une autre proposition: donner des coupons aux automobilistes à faible revenu.«Ils pourraient choisir de les utiliser pour réduire les coûts des péages, ou alors les vendre pour en tirer de l'argent.» LES VOIES LEXUS On les appelle les «voies Lexus».Elles soulèvent la controverse mais permettent de régler en partie le problème de la congestion routière sans élargir les autoroutes.Le principe est simple: ouvrir les voies réservées au covoiturage aux automobilistes voyageant seuls moyennant paiement d'un péage.Cette solution est très sensée sur le plan économique, parce que les voies de covoiturage sont très rarement congestionnées: il s'agit donc d'une ressource sous-utilisée.Les voies «HOT» - High Occupancy Toll - s'implantent lentement: seulement 300 des 6000 kilomètres de voies de covoiturage ont été convertis depuis le début du concept à San Diego en 1996 (à partir d'une suggestion de deux économistes, trois ans plus tôt).Certaines ont des tarifs dépassant deux dollars par kilomètre, 10 à 20 fois plus que les péages ordinaires.Les critiques estiment qu'il s'agit d'une solution inacceptable, parce que les riches peuvent ainsi se soustraire à la fois à l'obligation du covoiturage et au fléau de la congestion.«La richesse extrême confère tant d'avantages que beaucoup trouvent du réconfort à la vue d'une Land Rover dans la voie d'à côté, qui est elle aussi prise dans un bouchon», a expliqué récemment un chroniqueur du magazine d'affaires Fast Money (pourtant loin d'être de gauche) pour expliquer son opposition aux voies HOT.Mais John Foote, économiste de Harvard, affirme que les voies HOT ne sont pas fréquentées que par les riches.«À San Diego, sur la 15, on voit beaucoup de petits entrepreneurs, des plombiers par exemple, pour qui le temps est compté.Ou alors, des mères dont le salaire ne permet pas d'arriver en retard à la garderie et de payer les frais de retard.Les voies Lexus, c'est un mythe.» - Mathieu Perreault Routes de riches, routes de pauvres PHOTO LA PRESSE CANADIENNE Grâce au péage, l'autoroute 407 à Toronto n'est jamais congestionnée.Mais les tarifs ont quadruplé en neuf ans, depuis que la 407 a été louée pour 99 ans à un consortium international. FORUM VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE D'aucuns se sont demandé ces derniers jours si le film Borderline, dont on voit trois des comédiennes sur notre photo (Isabelle Blais, Sylvie Drapeau et Angèle Coutu), aurait été admissible aux programmes de financement d'Ottawa si le projet de loi C-10avait été en vigueur.PATRICE GARANT L'auteur est professeur de droit public à l'Université Laval.L'actuelle Loi de l 'impôt, que vise à modifier le proj e t de loi C-10 à l'étude au Sénat, oblige actuellement le ministre à délivrer un «certificat de production cinématographique ou magnétoscopique canadienne» à toute personne qui en fait la demande afin de bénéficier d'un crédit d'impôt, c'est-àdire d'une subvention gouvernementale, au moins indirecte.Cela veut dire que l'État se trouve à subventionner toute production canadienne, quelqu'en soit son contenu, même si ce contenu est en violation f lagrante du Code criminel ou s'il est contraire aux valeurs considérées comme «d'ordre public» dans la société.Cela place le ministre dans un curieux dilemme.La liberté d'expression garantie par la Charte canadienne n'est pas absolue.De nombreuses limitations sont prévues au Code criminel et dans d'autres législations et elle ont été jugées légitimes par les tribunaux au sens de l'art.1 de cette même Charte.C'est le cas, par exemple, des publications obscènes qui ne servent pas «le bien public » ; c'est le cas des représentations de pornographie juvénile; c'est le cas de la propagande haineuse ou incitation publique à la haine, de l'encouragement au génocide, etc.Des oeuvres qui enfreindraient le Code criminel et donneraient lieu à des poursuites et condamnations auraient néanmoins été subventionnées par l'État! D'autres oeuvres pourraient, sans être directement contraires au Code criminel, véhiculer un contenu qui offense les valeurs dominantes de notre société; songeons par exemple à des oeuvres qui feraient l'apologie du terrorisme, du racisme, de la prostitution, de l'eugénisme, du tabagisme, de la violence, des sports extrêmes, du suicide etc\u2026 La liberté d'expression constitutionnalisée par la Charte confère le droit de transmettre tout message non violent qui n'est pas contraire au Code criminel, mais elle ne confère pas le droit d'être subventionné par l'État pour produire et livrer ce message.La jurisprudence canadienne a consacré surtout une conception négative de cette liberté, référant à d'autres dispositions l'imposition à l'État d'obligations positives, comme la facilitation du droit de vote ou de l'expression électorale, la protection des minorités de langues officielles\u2026 (\u2026) Il nous paraît évident que le fait de ne pas subventionner une oeuvre n'a rien à voir avec la censure.L'auteur est entièrement libre de produire son oeuvre et de faire face aux conséquences qui s'en suivront.Par ailleurs, on peut même se demander si en facilitant, par des subventions, la production d'oeuvres qui véhiculent un contenu contraire à l'ordre public, l'État n'est pas en pleine contradiction avec lui-même.Certains pourraient même soutenir qu'il a un devoir moral de ne pas subventionner de telles oeuvres.Véritable débat Le véritable débat n'est pas une affaire de droit constitutionnel ou de liberté d'expression, mais une question de droit administratif relative au bien-fondé du pouvoir discrétionnaire du ministre, à l'encadrement de ce pouvoir, à l'équité procédurale.Le fait d'accorder à une autorité publique un certain pouvoir discrétionnaire en matière de subvention ou d'aide publique n'est pas inusité et peut se justifier.Ce qui est alors souhaitable c'est que des normes ou critères suffisamment précis soient prévus afin d'assurer une transparence ou une motivation satisfaisantes.Dans le projet de loi C-10, il est prévu que le ministre «publie des lignes directrices sur les circonstances dans lesquelles les conditions énoncées aux alinéas a) et b) de la définition de «certificat de production cinématographique ou magnétoscopique canadienne» au paragraphe (1) sont remplies.Il est entendu que ces lignes directrices ne sont pas des textes réglementaires au sens de la Loi sur les textes réglementaires ».Cela est cer tes un bon début .Normalement, c'est par ces directives que les citoyens apprend ront comment se conformer aux exigences de « l'ordre public ».Et c'est au regard de ces directives que la décision sera motivée et pourra être contestée.Quant aux exigences de l'équité procédurale, elles ne sont généralement pas très explicites en matière de subventions ou d'aide financière publique.Au surplus, il s'agit aussi ici d'une décision qui a un aspect fiscal (refus d'un crédit d'impôt), mais prise par une autorité autre que Revenu Canada.Pour les décisions à caractère fiscal, la Loi de l'impôt prévoit un mécanisme de révision ou d'opposition à une cotisation éventuelle et le droit de faire appel à la Cour canadienne de l'impôt.Cependant, il serait préférable que face à un refus de certificat du ministre de Patrimoine Canada, la Loi prévoie un mécanisme de révision et un droit d'appel devant un Tribunal administratif, comme par exemple le CRTC , ou encore la Cour fédérale.Il y a toujours un risque que les décisions administratives soient arbitraires ou ne respectent pas les principes et règles du droit administratif, mais ce risque est inhérent à tous les contextes administratifs.Voilà pourquoi il faut prévoir des mécanismes de révision et des recours au chapitre de ce qu'on appelle la justice administrative.Pas de censure Le fait de ne pas subventionner une oeuvre n'est pas une atteinte à la liberté d'expression On peut même se demander si en facilitant, par des subventions, la production d'oeuvres qui véhiculent un contenu contraire à l'ordre public, l'État n'est pas en pleine contradiction avec lui-même.La langue dont on parle Avec tous ces débats, polémiques, statistiques et querelles linguistiques, il est à se demander si le français est devenu une langue dont on parle plutôt qu'une langue qu'on parle à Montréal.Hugo Lamoureux Montréal Tout le Québec Le français parlé est en déclinà Montréal.Une des raisons de ce déclin peut sans doute venir du fait que les gens écrivent de moins enmoins bien leur langue.Donc, ils n'ont pas assez d'amour pour cette langue pour lui donner toute l'attention qu'elle mérite.Si c'est le cas, ce n'est plus simplement Montréal qui est concerné par le déclin du français mais toute la province de Québec.Denis Plante Laval Pour l'amour des enfants En général, ce sont les enfants de familles défavorisées qui ont le plus besoin des services de garde.Or, à Montréal, les places en garderie leur font gravement défaut (La Presse, 29 février).Pourtant, ces enfants devraient être les premiers à en bénéficier.La solution: modifier le droit pour donner priorité d'accès à ces enfants au moyen d'une discrimination positive basée sur le revenu familial.Agissons humainement : les enfants défavorisés d'abord ! Michel Filion Lévis Dialogue de sourds?«Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément» (Boileau).Dans ce sens, le concept de «Conversation nationale » mis de l'avant par le Conseil exécutif national du Parti québécois devrait être remplacé par celui de «dialogue national ».On a un bel exemple de ce type de dialogue avec le récent livre de Joseph Facal et d'André Pratte.Mais peut-être le Parti québécois craint-il que l'opération ne se révèle un dialogue de sourds ?Jacques Gagnon Sherbrooke «Monologue national » Pour qu'il y ait conversation, il faut qu'il y ait échange de propos.Depuis 1968 (40 ans), il y a eu un monologue continuel de ceux qui sont favorables à l'indépendance et qui monopolisent toutes les tribunes.Ils savent tout, comprennent tout et sont de «vrais» Québécois, de «vrais» patriotes et aiment le Québec plus que tout le monde.C'est ce qu'ils nous disent et ce qu'ils proclament.Ceux qui sont opposés à leurs idées sont classés anti-québécois, obscurantistes et ne comprennent strictement rien.Voilà ce que certains séparatistes affirment avec suffisance.Alors, oublions la «conversation nationale».Elle n'aura pas lieu.On va plutôt à nouveau assister à un «monologue national» répété par les bonzes de la vérité séparatiste, du dogme souverainiste.Marie-France Legault FORUM@LAPRESSE.CA LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca Quand il est question des Juifs au Québec, le fossé entre la réalité et les préjugés est incroyable sinon inquiétant.Comment peut-on, dans une société instruite et développée, confondre les Juifs en général avec les hassidim, cette communauté ultra-orthodoxe et marginale qui a autant de points communs avec les juifs que la secte des Apôtres de l'Amour infini en a avec les catholiques?C'est pourtant ce qui ressort d'un sondage pancanadien mené à l'initiative de l'Association des études canadiennes et dont La Presse a publié la semaine dernière les grandes lignes.Les résultats sont accablants.Ainsi, 74%des Canadiens hors Québec\u2026 mais deux fois moins de Québécois (41%) estiment que les Juifs «ont fait une contribution importante à la société».Si 72% des Canadiens hors Québec considèrent que les Juifs «veulent pleinement participer à la société», deux fois moins de Québécois (34%) pensent de même.Quelle méconnaissance de la réalité, quand on pense à l'apport considérable des Juifs à la société québécoise, que ce soit en médecine, dans le droit, les arts, l'enseignement, les affaires\u2026 Mentionnons en passant que bien avant la loi 101, nombre de Juifs avaient appris le français même s'ils avaient été scolarisés en anglais.Plus loufoque encore, 41%des Québécois pensent que les Juifs «veulent imposer leurs coutumes et leurs traditions aux autres» (c'est l'opinion de seulement 11% des autres Canadiens).La vérité est aux antipodes: les juifs, contrairement aux chrétiens qui ont produit des générations de missionnaires, ne sont absolument pas prosélytes.Il est même fort difficile de se convertir au judaïsme.Quant aux hassidim, qui de toute façon ne souhaitent pas de contact en dehors de leur communauté, il va de soi que la dernière chose qu'ils veulent, c'est de conscrire leurs voisins dans leurs synagogues! Ils veulent conserver leurs traditions dans leur petite bulle fermée aux autres, c'est tout.Bien sûr, onvoit tout de suite où loge une partie du malentendu.Montréal est la ville qui compte la plus forte proportion de hassidim au Canada.Ils sont presque tous à Outremont, alors que la vieille communauté juive ashkénaze s'est surtout concentrée dans les secteurs de l'ouest de l'île.En fait, les Hassidim sont les seuls Juifs identifiables visuellement, et en plus les seuls qui sont concentrés en milieu francophone.Ils ont été photographiés et filmés ad nauseam, et comme certains d'entre eux ont été impliqués dans des querelles locales entre voisins, et à l'origine de deux ou trois histoires d' «accommodements», ils ont eu une visibilité démesurée, ce qui pousse nombre de Québécois à les identifier comme représentant «les Juifs».C'est une vision complètement tordue.L'immense majorité des quelques 93000 Juifs montréalais n'a aucun signe distinctif - en fait, une bonne partie des Juifs est laïque, les autres allant à la synagogue aussi peu souvent que les catholiques à l'église\u2026 La judaïté, de nos jours, est principalement une culture, une fidélité à l'histoire.Pas une religion, encore moins une ethnie.Je mettrais ma main au feu que nombre de Montréalais qui disent n'avoir jamais eu de contact avec des Juifs en ont rencontré plusieurs\u2026 mais sans le savoir, parce qu'ils les confondent avec des «Anglais» ! Quant aux Juifs d'immigration récente, les sépharades qui viennent d'Afrique du Nord et sont de langue maternelle française, je parierais volontiers que bien des Québécois de souche les prendront au premier abord pour des Arabes libanais ou marocains! Le Québec est-il particulièrement antisémite?Concernant les actes, certainement pas.Ces dernières années, il y a eu beaucoup plus d'actes antisémites en Ontario qu'au Québec.Mais concernant les attitudes, c'est autre chose.Le Québec a la palme de l'ignorance et des préjugés.Cela vient en partie d'une longue histoire, qu'on ne ressassera pas ici mais qui a laissé des traces profondes.Cela vient aussi d'un manque de contacts entre les communautés.Contrairement aux autres provinces, où tous les jeunes vont à la même école publique et fréquentent les mêmes universités, l'univers scolaire du Québec est fractionné entre les réseaux publics francophone et anglophone et un secteur privé plus florissant qu'ailleurs.Le fossé n'est pas à la veille de se rétrécir\u2026 Un fossé inquiétant Le Québec est-il antisémite ?Concernant les actes, certainement pas.Mais concernant les attitudes, c'est autre chose. FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef serge.chapleau@lapresse.ca \u2014EN REPRISE \u2014 DROITS RÉSERVÉS ÉDITORIAUX akrol@lapresse.ca ARIANE KROL 2008, année du rat?Dans l'horoscope chinois, peutêtre, mais pas dans les milieux humides.Qu'il pleuve ou mouille, c'est l'année de la grenouille.Ainsi en ont décidé l'Union mondiale pour la nature et l'Association mondiale des zoos et des aquariums, alarmées par la menace qui plane sur des centaines d'espèces d'amphibiens.Cette classe de vertébrés, qui comprend aussi les salamandres et les crapauds, compte environ 6000 espèces.Leur sort est moins connu que celui des pandas ou des ours polaires, mais il est tout aussi inquiétant.Entre 30% et 50% des espèces pourraient s'éteindre de notre vivant.De ce nombre, environ 500 seraient déjà vouées à disparaître de leur milieu naturel.Au Québec, ce ne sont pas les bisous des princesses qui les menacent, mais notre conception du développement.La plus vulnérable chez nous, la reinette faux-grillon de l'Ouest, voit ses milieux humides s'évaporer à toute vitesse.En 2004, des chercheurs ont recensé 800 sites de reproduction en Montérégie.Au moment de déposer leur rapport, un an plus tard, le quart avaient été remplis! Dans d'autres régions du monde, c'est un champignon qui éradique les populations à un rythme affolant.Lorsque l'épidémie frappe une région, 50% à 80% des individus disparaissent dans l'année.Ailleurs encore, c'est la chasse excessive pour le compte des restos et des labos qui précipite leur disparition.Le plan de sauvetage est relativement simple, mais sa mise en place exigera beaucoup d'efforts et de ressources.L'Arche des amphibiens, un projet qui vise à confier les espèces les plus à risque à des zoos et des aquariums avant qu'elles ne s'éteignent, a besoin d'au moins 50 millions de dollars.Les batraciens québécois n'en sont pas rendus là, mais il est urgent de freiner le drainage et l'assèchement de leurs milieux.Les amphibiens n'ont pas l'attrait pelucheux des ours blancs ou bicolores, mais leur survie est tout aussi essentielle.Comment ne pas aimer un animal qui mange autant d'insectes?Aujourd'hui, ce sont les batraciens qui ont besoin de nous, mais un jour, ce pourrait bien être l'inverse.Des chercheurs étudient en ce moment une substance sécrétée par la peau d'une rainette australienne qui semble détruire le VIH.Plusieu rs ét a - blissements québécois participent à la campagne, dont le Biodôme et l'Écomuseum.Souhaitons que les visiteurs s'y rendent en grand nombre.En plus de se sensibiliser au problème, ils contribueront à financer la recherche et la conservation.Et qui sait?Leur vigilance permettra peut-être de stopper un projet qui menace un milieu humide près de chez eux.Si elle n'est pas enrayée, l'extinction des amphibiens sera la plus importante depuis celle des dinosaures.La différence, c'est qu'elle se produirait en moins d'un siècle, en grande partie à cause de l'activité humaine.Est-ce ainsi que nous voulons passer à l'histoire?Pour en savoir plus: www.amphibianark.org www.ecomuseum.ca.2008, l'année de la grenouille apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE La manière dont s'y est pris l'Office québécois de la langue française (OQLF) pour rédiger, puis publier son bilan de la situation linguistique a suscité une telle controverse qu'on a finalement consacré peu de temps au contenu du document lui-même.C'est dommage car le rapport est bien fait, complet et facile à lire pour quiconque s'intéresse à la question (www.oqlf.gouv.qc.ca).Plusieurs commentateurs ont déploré que l'Office refuse de tirer une conclusion générale de cette fournée de statistiques.Les médias auraient aimé annoncer que «le français recule» ou «le français progresse».Cela aurait aussi fait l'affaire des partis politiques, allergiques qu'ils sont à la nuance et à la complexité.La présidente de l'organisme, France Boucher, a commis bien des maladresses dans ce dossier mais elle a eu raison d'éviter de prononcer un verdict qui aurait été forcément simpliste.Le président démissionnaire du «comité de suivi» du bilan, Simon Langlois, a bien résumé l'impression qui se dégage de la lecture du rapport: «Il donne un portrait d'ensemble plutôt favorable, mais il identifie des zones d'ombre pour qui saura lire.» Certaines de ces zones d'ombre sont bien connues, notamment la baisse du pourcentage de personnes qui parlent le plus souvent français à la maison (langue d'usage) sur l'île de Montréal (54% en 2006).Plusieurs craignent qu'à mesure que le poids des francophones diminue dans l'île, l'intégration linguistique des immigrants devienne plus difficile.On remarque que l'anglais est encore beaucoup utilisé au travail par les immigrants allophones.En 2001, 33% d'entre eux travaillaient surtout en anglais.Des données toutes chaudes du Recensement de 2006 indiquent que la situation s'améliore; elle reste néanmoins préoccupante, surtout dans le commerce de détail, comme l'a révélé notre collègue Louise Leduc, dans La Presse de mercredi dernier.Autre donnée : quelque 40% des travailleurs francophones parlent anglais lorsqu'ils s'adressent à un supérieur ou un subordonné anglophone; si nous ne leur parlons qu'anglais, comment peut-on s'attendre à ce que nos concitoyens améliorent leur français?Dans le «portrait d'ensemble plutôt favorable» dont parle M.Langlois, soulignons quelques données particulièrement encourageantes.Même si onentend souvent dire que les transferts linguistiques des immigrants se font encore majoritairement vers l'anglais, les données compilées par l'OQLF démontrent le contraire.Au total, 58%des immigrants qui ont laissé tomber en partie ou complètement leur langue maternelle ont adopté le français.Plus leur arrivée ici est récente, plus les néo-Québécois ont tendance à opter pour le français.Ce faisant, ils n'adoptent pas seulement une langue, mais une culture.En 1994, 56% des Québécois allophones lisaient des quotidiens de langue française ; dix ans plus tard, cette proportion a grimpé à 63%.En 1989, seulement 27% des allophones allaient généralement voir des spectacles en français; cette part est aujourd'hui deux fois plus grande (55%).Bref, de façon générale, le français se porte de mieux en mieux au Québec.Mais il y a des zones de fragilité.Celles-ci ne se prêtent pas aux mesures muràmur comme le renforcement de la loi 101 dans des milliers de PME et la baisse de l'immigration.Le gouvernement serait mieux avisé de bien circonscrire les problèmes et d'intervenir ensuite avec détermination et doigté.Le bistouri sera plus efficace que la hache.Lisez le rapport MICHEL LEPAGE L'auteur a été responsable des sondages sur l'opinion publique auprès des premiers ministres René Lévesque, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, de 1975 à 2004.Monsieur Éric Tremblay, chef du Parti indépendantiste, Je suis un militant indépendantiste depuis près d'une quarantaine d'années.Durant 30 ans, j'ai été responsable des sondages sur l'opinion publique pour les cinq premiers ministres du Parti québécois.Depuis trois ans, je n'ai plus beaucoup de contacts avec la structure organisationnelle du PQ.Je demeurais toujours partisan de cette formation, car je croyais qu'une fois élu, un gouvernement issu du Parti québécois saurait revenir à la loi 101 originale, que le réseau collégial deviendrait couvert par cette même loi et que le processus d'anglicisation du Québec serait grandement freiné.Quant à l'indépendance nationale, je me disais que si on parvenait d'ici quelques années à franciser un peu plus le Québec, peut-être serions-nous enmesure de tenir un référendum gagnant.Je suis forcé de constater que tous ces espoirs ne se réaliseront pas avec un futur gouvernement du Parti québécois.L'immigration non francophone ne sera nullement freinée, la loi 101 continuera d'être bafouée et affaiblie, la bilinguisation du Québec ira en s'accélérant, et la tenue d'un prochain référendum reporté on ne sait pas trop quand.Le foyer national du seul peuple francophone d'Amérique subit aujourd'hui sa plus grande menace de disparition depuis la Conquête.L'heure n'est plus au compromis, il nous faut prendre dès aujourd'hui les mesures qui s'imposent pour assurer la survie de notre peuple, de notre langue et de notre culture francophones.Je n'ai jamais cru que l'indépendance était une fin en soi.À quoi bon devenir un pays indépendant si ce n'est que pour devenir un pays bilingue avant de devenir anglophone, comme l'Irlande l'a fait au siècle dernier.L'indépendance, c'est l'outil qui permet aux peuples de vivre, de s'épanouir et de prospérer dans leur langue et dans leur culture.Je crois M.Tremblay que vous avez entièrement raison.Il nous faut revenir à ce que fut le mouvement indépendantiste d'avant 1974, c'est-à-dire avant l'étapisme référendaire.L'élection d'un gouvernement indépendantiste devra mettre en marche le processus d'accession à l'indépendance nationale.Empêcher la bilinguisation Mais, pour arriver à former un gouvernement, le Parti indépendantiste devra devenir le parti des francophones du Québec.Il devra combattre toute tentative de bilinguisation du Québec par des programmes d'immersion anglaise au niveau primaire et secondaire.Oui à l'anglais à compter de la 5e ou 6e année comme matière scolaire à l'étude, ceci pour permettre d'en avoir une bonne connaissance de base, mais pas au point de mettre en péril notre langue et notre culture par des programmes intensifs d'immersions en cette langue.Si plus tard un étudiant désire se spécialiser dans la langue anglaise ou tout autre, il pourra toujours le faire au niveau collégial ou universitaire.Je suis convaincu que les cours d'immersion en langue anglaise dans le réseau scolaire francophone du Québec ne pourront que mener à une bilinguisation de la société québécoise.Lorsque tous les francophones du Québec seront parfaitement bilingues, la langue française cessera d'être respectée au niveau commercial.À quoi bon donner des services en français si tous les Québécois comprennent parfaitement l'anglais.La porte sera ouverte à ce que le Québec devienne finalement un territoire unilingue anglais.Par la suite le réseau scolaire francophone deviendra rapidement unilingue anglais et ce qui fut le Québec français durant plus de quatre siècles ne sera plus qu'un vague souvenir dans la mémoire collective.Le bilinguisme individuel appliqué à toute une population aura finalement réussi à amener la disparition des francophones d'Amérique.Le PI devra également se poser des questions sur l'immigration massive que subit actuellement le Québec et qui ira en s'accélérant avec les années si rien n'est fait.Le Québec, société fragile de six millions d'habitants francophones en Amérique du Nord, peut-il se permettre 50 000 immigrants ou plus difficilement intégrables à chaque année, alors qu'un pays de 62 millions d'habitants nullement menacé comme la France n'en accueille que 160 000 annuellement.Je suis intéressé à adhérer et à militer pour un parti politique qui met en priorité la défense de notre langue et de notre culture si fragiles en Amérique du Nord.Je crois M.Tremblay que votre formation politique répond à ces exigences.Je désire donc adhérer à votre nouvelle formation politique qui, j'en suis persuadé, saura concrétiser le rêve que le Québec devienne un pays indépendant de langue et de culture françaises.Pourquoi j'adhère au PI Il nous faut revenir à ce que fut le mouvement indépendantiste d'avant 1974, c'est-à-dire avant l'étapisme référendaire PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE «Je suis forcé de constater que tous mes espoirs ne se réaliseront pas avec un futur gouvernement du Parti québécois.» PHOTO L'ÉCOMUSEUM La rainette versicolore, une des deux seules espèces de rainettes québécoises qui ne soient pas menacées.OPINION FORUM LETTRE DE LA SEMAINE MARIE-HÉLÈNE DUBUC L'auteure demeure à Varennes.Nous sommes au début de l 'année 2005.Je suis enceinte de quelques mois et mon suivi de grossesse est fait par un gynécologue.J'ai un médecin de famille mais, malheureusement, il pratique dans ma ville natale.Depuis mon déménagement, j'ai gardé ce médecin de famille étant donné que je ne le vois qu'une fois par année.Par contre, avec un petit bébé, je considère que deux heures de transport c'est un peu long pour aller voir son médecin! J'ai donc entrepris les recherches pour un médecin de famille pour moi et mon bébé.J 'appel le à la cl inique médicale près de chez moi.On me répond que les médecins de la clinique ne prennent plus de nouveaux patients.Je fais donc d'autres appels dans d'autres cliniques de la ville et j'obtiens toujours la même réponse.Je rappelle à la première clinique (réponse négative) et la réceptionniste me réfère au Collège des médecins pour savoir si de nouveaux diplômés se sont établis dans ma ville ou la ville voisine.Au Collège, la femme qui me répond semble surprise de ma question et me dit qu'elle ne peut pas vraiment m'aider.Je dois donc continuer mes recherches.Un peu découragée, je discute de cette situation avec ma belle-soeur.Avant son déménagement en Estrie, en 2003, mon beau-frère, ma belle-soeur et leurs trois enfants demeuraient dans notre quartier et ils avaient un médecin de famille à la clinique médicale près de chez moi.Comme ils sont déménagés, ils ont maintenant un autre médecin en Estrie.Rapidement, je me suis dit : «Eurêka ! cinq places disponibles!» Fière de ma trouvaille, je téléphone à nouveau à la clinique pour leur faire part de mon idée: remplacer ces cinq patients contre deux (mon bébé et moi).La réceptionniste me répond: «Mais voyons madame, ce n'est pas comme ça que ça marche!» Ce n'est pas comme ça que ça marche\u2026 Pourquoi?Il me semble que si cinq personnes ne font plus affaire avec un médecin, c'est tout à fait concevable de les remplacer par deux.À quand un système informatique qui pourrait gérer l'affectation des médecins de famille?C'est peutêtre simpliste, mais pourquoi ne pas avoir une liste avec le numéro d'assurance maladie et le nom du médecin à côté ?Si quelqu'un change de médecin, une place serait disponible avec l'ancien médecin.Je suis peut-être trop naïve\u2026 Heureusement, après plusieurs appels, un médecin a accepté de nous prendre comme patients.Probablement parce que c'est le médecin de mon conjoint et qu'on a eu pitié de moi\u2026 L'auteure de cette lettre, Marie- Hélène Dubuc, recevra une copie laminée de cette page.Un peu trop naïve?PHOTO FOURNIE PAR L'AUTEURE Marie-Hélène Dubuc avec son fils, Albert, et sa fille Marguerite.NORMAND CAYOUETTE L'auteur est un résidant montréalais.Dimanche après-midi.À la pharmacie du coin, un gros Jean Coutu comme il y en a des dizaines, l'ordinaire bat son plein.C'est qu'il est beau notre nouveau Jean Coutu.Agrandi au cours de l'été dernier, il est maintenant équipé de grandes portes à la Star Trek qui s'ouvrent toutes seules comme d'immenses portes-fenêtres spatiales qui avalent littéralement tout ce qui s'y engouffre.À l'intérieur, tout est plus grand ; les allées sont plus larges, l'abondance abonde, les parfums parfument, les produits de beauté se bousculent sur des étalages qui s'étalent sans fin.Les femmes en sarrau blanc accueillent discrètement et avec classe les consommatrices de ces produits conçus pour les soins du corps.Là, un imposant kiosque à journaux se fait plus invitant que jamais et ici, un présentoir de friandises attire l'oeil et les mains gourmandes des enfants impatients d'en finir avec le rituel de l'attente aux caisses.Vraiment, en ce dimanche de février, mon Jean Coutu est semblable à toute autre succursale de toute chaîne pharmaceutique.Et pourtant, outre les nouveaux espaces, les nouveaux présentoirs et les nouveaux affichages, on m'offrait ce jour-là, à mon Jean Coutu, un nouveau rituel de consommation.Passage obligé, opération transparence absolue, donnez l'appellation qui vous plaît à l'exercice, le résultat demeure le même ; en ce dimanche ordinaire, chez Jean Coutu, on obligeait tout le monde et sa mère, à conserver sa facture en main avant de passer au détecteur antivol récemment installé et à l'exploration manuelle et totale de vos emplettes du jour.Et voilà un tube dentifrice menthedouce que la petite femme s'empresse de tasser à gauche pour prendre en main une jolie boîte de condoms extra-vibrosensations- pas-possible, vivement refoulée au fond du sac avant de taponner rapidement une boîte de gommes à la cerise-sauvage-centre-liquide, puis, c'est au tour de ma Presse du dimanche, une brosse à dents électrique Tête-àclaques, mon antisudorifique préféré au parfum de koala\u2026 Bref, la totale ! Heureusement, j'avais caché mes trois barres de savon Dove en spécial (saveur camomille-creton) dans le capuchon de mon anorak.Imaginez si le lutteur sumo et également agent de sécurité qui accompagnait la petite femme aux doigts chercheurs avait découvert le pot aux roses! J'étais bon pour un interrogatoire au deuxième étage de mon Jean Coutu.Votre nom?m'aurait-on demandé.Et j'avoue que la tentation de répondre Jean Coutu m'aurait tiraillé les entrailles quelques instants.Mais voilà, Big Brother ne m'a pas épinglé et vous l'aurez deviné, j'avais payé mon dû pour ce savon, comme pour tout le reste également.La caissière me souriait en répétant : «Vous allez bien?» Et la grande inquisitrice aux mains baladeuses, vous savez ce qu'elle m'a demandé, elle?«Vous allez bien?» a-t-elle bêlé elle aussi.Et vous Monsieur Coutu, vous allez bien?Et des amis, vous continuez à vous en faire chaque jour de nouveaux?Mais non je ne vous en veux pas.Je comprends, aujourd'hui avec les vols à la tire qui se multiplient, faut être prudent! Et quand on agrandit, inévitablement, ça fait plus de nouveaux amis à surveiller.Je comprends\u2026 Et le Fleecy Camomille-rhubarbe, vous l'attendez pour quand?M'en mettrez deux caisses de côté, si je continue à très bien aller, je passerai les prendre mardi.Mais, simple précaution, si le dimanche on doit montrer patte blanche devant la subtile escouade anti-vol, le mardi, est-ce le jour de la fouille intégrale?Auquel cas, je pourrais avoir l'idée de vous envoyer ma voisine en lieu et place.Elle a 80 ans, et je suis certain que l'envie de voler des «paparmanes» lui passerait devant le costaud appareil de sécurité qui semble maintenant faire partie de votre nouvelle culture d'entreprise.Là où on trouve de tout\u2026 y compris Big Brother ROSE LEGAULT J'aime et respecte profondément les personnes âgées.Ce qui m'attriste, c'est de constater leur grande fragilité.C'est précisément cette fragilité qui m'intéresse.J'ai souvent eu l'occasion d'écouter leur désespoir et entendu la peur qu'elles éprouvent ; celle de ne plus être capables un jour de vivre normalement et surtout de dépendre des autres.Les personnes âgées craignent souvent de mourir dans l'oubli de leur propre famille ou de la société.Il arrive même que ce soit perçu comme étant une grande injustice ! En clair, la réflexion que j'aimerais soulever ici s'adresse particulièrement aux personnes âgées qui sont en bonne santé aujourd'hui, autant physiquement que psychologiquement.On ne peut ignorer qu'un accident cardio-vasculaire peut se produire en tout temps avec la conséquence d'une paralysie cérébrale qui a de fortes chances de priver une personne de ses capacités réactionnelles, l'obligeant ainsi à dépendre des autres pour survivre.Ceux qui visitent les établissements de santé pour personnes âgées non autonomes sont à même de constater qu'il y a des centaines voire des milliers de ces personnes qui sont vouées au silence et à la désespérance.Je les ai observées.Les plus abîmées par le temps sont installées près du poste de garde, calmes, assises sur des berceuses qui ne bercent plus, bouche entrouverte, regard éteint, elles n'attendent plus rien de la vie.Les visiteurs qui voient ces personnes savent ce dont je parle et eux-mêmes n'apprécieraient pas de finir leur vie de cette façon.Ce que je trouve essentiel de soulever, c'est l'importance de réfléchir à notre fin de vie pendant que nous sommes encore conscients et capables de prendre une décision.Vouloir mourir dignement, est-ce envisageable?Si tel est le cas, pourquoi ne pas se préparer à cette éventualité avant qu'il ne soit trop tard.Il y a donc une question à se poser : si jamais un jour je devais me retrouver dans un état de dépendance végétatif, faudrait-il continuer à survivre de cette façon ou mourir dignement avec l'aide d'un médecin ou d'une personne responsable?Geste grave s'il en est, mais conscient et respectueux.La vie est courte même si on meurt vieux.C'est pourquoi il faut en profiter pendant qu'il est encore temps.Être malade et vieux n'est intéressant pour personne.C'est peut-être dur à entendre, mais c'est aussi la réalité! Une dure réalité PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Normand Cayouette, devant le Jean Coutu coin Fleury et Chambord."]
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