La presse, 1 juin 2008, P. Plus: lectures
[" 3561061A PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES LECTURES D'ÉTÉ NOS SUGGESTIONS D'OUVRAGES QUÉBÉCOIS POUR LES VACANCES PAGE 4 ENTREVUE NAOMI KLEIN, LA STRATÉGIE DU CHOC PAGE 5 sur cyberpresse.ca CHAPLEAU Une caricature exclusive de Chapleau à découvrir chaque jour sur cyberpresse.ca/edito BLOGUE Consultez le blogue de Mali Ilse Paquin, correspondante à Londres, sur cyberpresse.ca/paquin PHOTO BORIS YARO, LOS ANGELES TIMES Robert F.Kennedy, à Los Angeles, le 5 juin 1968, quelques minutes après avoir été abattu à l'Ambassador Hotel, peu après minuit.ROBERT F.KENNEDY LE MYSTÈRE PERSISTE Robert F.Kennedy venait de terminer un discours dans un hôtel de Los Angeles, peu après minuit, le 5 juin 1968, quand des coups de feu ont éclaté.Celui qui incarnait l'espoir du Parti démocrate et de toute une génération s'est écroulé sous les balles.Quarante ans plus tard, les Américains sont toujours hantés par l'assassinat de «Bobby» Kennedy.Et la version officielle, selon laquelle un jeune fanatique de 24ans aurait agi seul, semble moins solide que jamais.UN DOSSIER DE NICOLAS BÉRUBÉ, À LIRE EN PAGES 2 ET 3 Naomi Klein ROBERT F.KENNEDY LE MYSTÈRE PERSISTE NICOLAS BÉRUBÉ LOS ANGELES\u2014 «Je vous remercie tous, et j 'ai hâte de vous revoir à Chicago», a dit Robert F.Kennedy à la fin de son discours prononcé à Los Angeles le 5 juin 1968, tout juste après avoir gagné les primaires de la Californie.Le candidat démoc rate a adressé un immense sourire aux 1800 supporters euphoriques réunis dans la grande salle de l'hôtel Ambassador, l'un des plus chics de L.A.Il a levé deux doigts en signe de victoire.Puis il a été escorté vers les cuisines de l'hôtel, qu'il devait traverser pour aller rencontrer un groupe de journalistes.L'étoile de Kennedy n'aurait pas pu briller plus fort.À 42 ans, le sénateur de New York venait de remporter les primaires de l'État le plus riche et le plus populeux des États-Unis.Son message de mettre de côté les divisions et les vieilles rancoeurs au sein de la société américaine trouvait écho chez les électeurs.Sa plateforme anti-ségrégationniste touchait aussi une corde sensible chez les Noirs, encore sous le choc après l'assassinat de Martin Luther King Jr., tué deux mois plus tôt dans un motel du Tennessee.«Bobby Kennedy nous faisait tous rêver, explique Jaime A.Regalado, directeur de l'institut politique Edmund G.Brown à la California State University.Il défiait l'establishment du parti.Il voulait sortir les Américains du Vietnam.Il n'avait pas froid aux yeux.Sa victoire en Californie était un symbole fort qui a énergisé ses supporters.Kennedy était le jeune politicien brillant qui allait changer le pays.» Après son discours, Robert Kennedy est entré dans les cuisines de l'hôtel Ambassador.Il a serré les mains des employés qu'il croisait sur son chemin.Le candidat était précédé de Karl Uecker, maître d'hôtel, et de Bill Barry, ancien agent du FBI chargé d'assurer sa protection.Des dizaines d'amis et de partisans fermaient la marche.Après avoir traversé les cuisines, le groupe a emprunté un couloir plus étroit, entre une table et une machine à glace.Robert Kennedy s'est arrêté pour serrer la main de Juan Romero, un garçon de table qui passait par là.Alors qu'ils échangeaient quelques mots, un homme est apparu face à Kennedy et a fait feu sur lui.Le candidat s'est écroulé.Son garde du corps a immédiatement sauté sur le tireur, Sirhan Sirhan, immigrant palestinien de 24 ans, et l'a frappé au visage.L'arme est tombée par terre.Dans le chaos, le tireur a réussi à reprendre son revolver, mais les huit balles avaient déjà toutes été tirées.Plusieurs hommes se sont rués sur lui et l'ont plaqué contre une table.Stupeur et colère À bout de souffle, Bill Barry s'est penché et a mis son veston sous la tête de Robert Kennedy.«J'ai vu le trou dans la tête du sénateur, et j'ai tout de suite compris que c'était sérieux», a-t-il dit aux enquêteurs après le drame.L'employé avec qui Kennedy s'entretenait quelques secondes plus tôt le tenait dans ses bras.Un homme a traversé la foule pour placer un rosaire dans les mains du blessé.«Est-ce que tout le monde est O.K.?» a demandé Kennedy, qui perdait beaucoup de sang.«Oui, tout est O.K.Tout va être O.K.», a répondu le garçon de table.Le candidat est tombé dans le coma.Il est mort deux jours plus tard sur la table d'opération du Good Samaritan Hospital, au centre-ville de Los Angeles.Dans la grande salle de l'Ambassador, la nouvelle de la fusillade a fait passer la foule de l'euphorie à la consternation.«Les adultes présents ce soir-là avaient des comportements que je n'avais jamais vus avant, explique David Bender, qui avait 12 ans.Les gens marchaient avec un regard perdu, comme des zombies.Les gens tombaient à genoux et pleuraient.» La nouvelle de la mort de Kennedy a soulevé la stupeur et la colère aux États-Unis et ailleurs dans le monde.Selon Jaime A.Regalado, alors âgé de 23 ans, l'événement a mis un terme au courant d'optimisme qui animait les progressistes américains.« J'ai vu le trou dans la tête du sénateur, et j'ai tout de suite compris que c'était sérieux.» QUI A VRAIMENT Robert et Ethel Kennedy en un jour plus heureux: on les voit ici qui arrivent à une réception donnée pour les membres du clan Kennedy.Robert Kennedy avait de la graine de sportif, assez pour grimper jusqu'au sommet du mont Kennedy.DATES CLÉS DE LA VIE DE RFK JANVIER 1961 > Robert Kennedy est nommé procureur général des États-Unis par son frère, le président John F.Kennedy.SEPTEMBRE 1964 > Kennedy abandonne son poste pour faire campagne afin de devenir sénateur de New York.JANVIER 1965 > Kennedy devient sénateur de l'État de New York.1968 > Kennedy entre dans la course pour la direction du Parti démocrate.AVRIL 1968 > Assassinat de Martin Luther King Jr.dans un hôtel de Memphis, au Tennessee.5 JUIN 1968 > Robert Kennedy est assassiné à l'hôtel Ambassador de Los Angeles, quelques minutes après avoir remporté les primaires de la Californie.PHOTOS ARCHIVES LA PRESSE Quelques minutes avant sa mort, Robert Francis Kennedy s'adressait à ses partisans réunis à l'hôtel Ambassador. ROBERT F.KENNEDY LE MYSTÈRE PERSISTE «Les gens ont vu tout ce que Bobby Kennedy aurait pu faire pour le pays, et tout ça s'est dissipé du jour au lendemain.C'était une période sombre pour les démocrates, une période d'impuissance.» L'assassinat du frère de John F.Kennedy a fait naître une foule de théories de complots.Des théories qui sont toutes basées sur un fait indéniable: l'explication officielle de l'assassinat de Robert Kennedy est pleine de trous, et aussi crédible qu'un conte de fées.Meurtrier sous hypnose?Le rapport d'autopsie du coroner de Los Angeles indique que trois balles ont atteint Kennedy.Une derrière l'oreille, une sur l'omoplate et une autre sous le bras, derrière l'aisselle.Or, selon plusieurs personnes présentes, Sirhan Sirhan se trouvait à plusieurs mètres devant le candidat quand il a ouvert le feu.Dans un documentaire réalisé l'an dernier par la BBC, son avocat, Lawrence Teeter, explique que son client n'était pas en position de tirer dans le dos de Kennedy.«Les deux étaient face à face.De plus, l'autopsie montre que la distance entre l'arme et le corps de Robert Kennedy variait entre le contact direct et sept centimètres.Mon client se tenait à deux mètres de la victime.En fait, le rapport d'autopsie absout Sirhan Sirhan de toute responsabilité dans la mort de M.Kennedy.» Durant son procès, l'accusé a affirmé avoir tué Robert Kennedy à cause de son appui à la guerre des Six Jours, qui avait eu lieu un an plus tôt en Israël.Or, le meurtrier a toujours dit n'avoir aucun souvenir du soir de l'assassinat.Certains ont émis l'hypothèse qu'il était sous l'influence d'un lavage de cerveau par hypnose.De plus, plusieurs témoins ont affirmé avoir vu Sirhan Sirhan arriver à l'hôtel avec un couple, qui était introuvable après le meurtre.La police n'a jamais fouillé cette piste.L'homme purge actuellement une peine à vie dans un pénitencier de Corcoran, en Californie.Sans succès, il a demandé 13 fois une libération conditionnelle, dont la dernière fois l'an dernier.Une interprétation contestée Le documentaire de la BBC a été réalisé par le journaliste d'enquête anglais Shane O'Sullivan, qui a consacré trois années de travail à son sujet.En examinant les bandes vidéo filmées durant la soirée à l'hôtel Ambassador, le reporter a découvert que trois agents de la CIA se trouvaient dans la foule.David Sanchez Morales, Gordon Campbell et George Joannides ont été identifiés par d'anciens collègues de travail.En 1963, ces hommes ont travaillé dans un centre de la CIA à Miami dont l'objectif était de combattre le régime castriste à Cuba.Il était de notoriété publique que la CIA avait une dent contre les Kennedy au sujet de leur «trahison» dans le dossier de la baie des Cochons.«J'ai aujourd'hui la certitude que ces agents de la CIA étaient présents le soir du meurtre, dit M.O'Sullivan.Qu'ont-ils fait ?Difficile à dire.Mais je ne crois pas que leur présence lors de cette soirée soit une coïncidence.» Son interprétation des événements ne fait pas l'unanimité.Plusieurs commentateurs ont noté que les hommes en question apparaissent sur plusieurs clichés pris par des photographes de presse ce soir-là.Or, la règle numéro un des agents secrets n'est-elle pas de rester loin des flashs des photographes?Bande audio révélatrice Le mystère entourant la mort de Robert Kennedy s'est complexifié l'an dernier, quand de nouvelles analyses poussées d'une bande audio du meurtre ont donné des résultats insoupçonnés.Philip Van Praag, expert en analyse légale des documents audio basé à Tucson, en Arizona, a analysé la seule bande sonore enregistrée durant le meurtre.Il s'agit de la bande magnétique d'un journaliste indépendant, Stanislaw Pruszynski, qui suivait Kennedy dans la cuisine de l'hôtel.Le magnétophone roulait par erreur: le journaliste avait oublié de l'éteindre à la fin du discours.La bande sonore est de mauvaise qualité.On y entend des cris, des gens paniqués, des conversations saccadées.Beaucoup de bruit de fond.En analysant la bande audio avec des logiciels éliminant les bruits ambiants, M.Van Praag a trouvé que ce qu'il entendait ne correspondait pas à la version officielle.«On peut entendre 13 coups de feu sur cet enregistrement, a-t-il expliqué récemment en entrevue à CNN.Puis les cris des témoins deviennent si forts et chaotiques qu'on ne distingue plus rien.» La seconde découverte faite par M.Van Praag est que deux des coups de feu surviennent dans un intervalle si court qu'il est impossible qu'ils aient été tirés par la même arme.L'expert note que le troisième et le quatrième coups, ainsi que le septième et le huitième, ne sont espacés respectivement que de 122 millisecondes et 149 millisecondes.Or un test effectué par un expert des armes à feu avec le même modèle de revolver a démontré qu'il faut au moins 366 millisecondes pour tirer deux coups.« Personne au monde n'est capable de tirer deux coups aussi vite.Il fallait donc qu'il y ait deux armes », conclut M.Van Praag, coauteur de An Open and Shut Case, un livre sur l'assassinat de Robert Kennedy, publié l'an dernier.Hôtel en disgrâce Selon Jaime A.Regalado, le mystère de la mort de Kennedy ne sera sans doute jamais élucidé.La police de Los Angeles, dit l'universitaire, n' a pas fait son travail correctement le soir du meurtre, ce qui explique que le mystère persiste, 40 ans plus tard.«La police avait un tueur et un cadavre, et voilà, le problème était résolu.Seulement, une foule de détails ont été omis des rapports officiels, et la scène du crime a été mal protégée.L'enquête aurait sans doute été beaucoup plus concluante si le travail avait été mieux fait au départ.» À Los Angeles, les mystères survivent aux lieux.Après l'assassinat de Kennedy, l'Ambassador, un haut lieu du jet-set de Hollywood, est tombé en disgrâce.L'immense bâtiment a été abandonné.Des membres de gangs et des junkies l'ont squatté pendant des années.L'hôtel est tombé sous les pics des démolisseurs en 2005.Une école primaire est aujourd'hui en chantier.L'architecture du pavillon principal a été pensée pour évoquer la façade de l'hôtel.Une plaque sera installée bientôt devant les grands terrains gazonnés à la mémoire de Robert F.Kennedy.TUÉ BOBBY KENNEDY?Le drame vient de se produire.Ethel Kennedy hurle aux badauds de reculer pour permettre à son mari, grièvement blessé, de respirer.Robert Kennedy vient d'être touché.Il trouvera la force de demander si tout le monde est O.K.PHOTOS ARCHIVES LA PRESSE La Presse, 6 juin 1968.Sirhan Bishara Sirhan, l'assassin présumé de Robert F.Kennedy. PLUS LECTURES JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE HISTORIQUE Beauharnois, 1838.Le village se prépare à un conflit armé entre les anglophones et les francophones.Le château de Beauharnois, d ' Yvon Thibau l t, ra c on t e l'amour tourmenté de Jacques Pitre, jeune Canadien français, et Caroline Brown, issue d'une riche famille d'origine écossaise, sur fond de rébellion des Patriotes.VLB Éditeur, 576 p.29,95$ Laura, le premier tome de la nouvelle série de Louise Tremblay d'Essiambre, Mémoires d'un quartier, s'ouvre sur l'amitié de deux fillettes montréalaises, Laura Lacaille et Francine Gariépy.Or, l'arrivée en 1954 d'un oncle mystérieux aura des conséquences sur la famille de la première et par le fait même, sur tout son entourage.Guy Saint-Jean Éditeur, 342 p.24,95$ Le petit Louis Ruest rêve, en cette année 1340, de devenir l'un des meilleurs boulangers de France en dépit de la violence de son père.Or, les débuts de la guerre de Cent Ans et la peste noire entraîneront plutôt le jeune garçon dans un monastère, où il oscillera entre la foi vertueuse et un désir de vengeance filiale.Le Jardin d'Adélie est le premier tome de la trilogie Le maître des peines de Marie Bourassa, JCL, 544 p.25,95$ L'auteur Hans-Jürgen Grei f (L'autre Pandore) signe Le jugement, un formidable roman sur les années charnières de la vie du peintre Niklaus Manuel qui, fortement marqué par les idées de Luther, n'hésitera pas à mettre en scène dans ses tableaux son point de vue sur l'Église et sur sa société.Une incursion fascinante dans la vie politique et artistique de l'Europe de la fin du XVe siècle.L'Instant même, 246 p.25$ L'auteure et commentatrice sportive Claudine Douville nous transporte dans le monde des pirates avec La louve des mers, un roman relatant les péripéties de Marie Galligan, une femme déchirée entre son désir d'affronter le corsaire du roi et son amour pour le capitaine de la marine royale.Libre Expression, 608 p.34,95$ SUSPENSE ET POLAR Polar à la Da Vinci Code, alors que le milieu interlope fraie avec l'Église, 921 Queen Mary Road, de Robert Brisebois, revisite l'histoire de la construction de l'oratoire Saint-Joseph au début du 20e siècle.Mystérieux.Hurtubise HMH, 356 p.26,95$ Lorsqu'un joueur de golf est décapité par une balle explosive signée par Jean Chrétien, la panique gagne le green.Meurtre politique?Vengeance d'un lobbyiste ?L'homme qui détestait le golf de Sylvain Meunier, aux Éditions de la Courte Échelle, collection pour adulte.144p.19,95$ Onésime Gagnon est un détective à la retraite qui coule ses journées dans une maison pour personnes âgées.Lorsqu'une des résidantes est retrouvée étranglée dans son lit, le retraité commence malgré lui l'enquête.jusqu'au deuxième meurtre.La dernière enquête, de Monique Le Maner, aux Éditions Tryptique, 175 p.19$ Jacques Côté propose une nouvelle aventure du lieutenant de la SQ Daniel Duval qui constate, au retour de vacances, la disparition de Gilles Hébert et de ses deux petits-fils de 6 et 13 ans.Ils étaient partis quelques jours plus tôt en camping.Le chemin des brumes aux Éditions Alire, 368 p.14,95$ Clara Onyx est à l'origine d'un style musical qui ravit les foules.Or, le star system étant une grenade qui peut exploser à tout moment, la musicienne est assassinée.Serait-ce la fin d'une époque?La deuxième vie de Clara Onyx de Sinclair Dumontais, aux éditions du Septentrion, 186 p.17,95$ Éva, jeune architecte montréalaise dans la vingtaine, devra fuir un ennemi mystérieux jusqu'en Nouvelle-Angleterre où elle découvrira avec effroi son sosie dans le portrait d'une suffragette française.Serait-ce l'explication du cauchemar?Tara, un premier roman de Johanne Chasle, éditions Michel Brûlé inc.304 p.19,95$ Lorsque Véronique, victime d'un étrange accident, demande à sa soeur Anne-Marie de la remplacer sur la scène d'un bar de danseuses, celle-ci hésite.Étudiante en médecine, la jeune femme pensait bien demeurer à tout jamais loin de ce milieu.Mais souvent, le passé refuse d'être effacé aussi simplement.Nues, de Valérie Banville (Canons), aux éditions La Courte Échelle, collection pour adultes.136 p.18,95$ VOYAGE, FINDES CLASSES ET ÂME PERDUE.Après avoir perdu sa place dans un groupe rock, Mathilde, 25 ans, se retrouve enseignante suppléante en musique au primaire, une tâche qui lui demandera.quelques adaptations ! La suppléante, un premier roman d'Anne Bonhomme aux Éditions Stanké, 264 p.19,95$ L'auteur Alain Olivier propose l'étonnant récit de son voyage de 100 jours au Viêtnam par la voix de son fils Daniel, qui l'y a accompagné, prenant la forme de lettres où souvenirs de jeunesse et impressions se côtoient.Voyage au Viêtnam avec un voyou, XYZ éditeur, 222 p.24$ L'amour, toujours l'amour chevauche les nouvelles de Françoise de Luca (Pascale), comme un vent d'été pour chasser les annonces de pluie.À donner envie de chanter la pomme durant les pique-niques.Vingt-quatre mille baisers, aux éditions Marchands de feuilles, 102 p.15,95$ Désirant renouer avec ses racines cries, Victoria entame un long périple sur les rives de la baie James où l'âme de son grandoncle chasseur, disparu en forêt depuis plus de 20 ans, semble flotter autour d'elle.Un livre de la peintre et poétesse Virginia Pésémapéo Bordeleau (De rouge et de blanc).Ourse bleue, aux Éditions de la Pleine Lune, 204 p.22,95$ QUOI LIRE CET ÉTÉ?L'été arrive et voilà qu'il faut trouver LE livre à lire avec une limonade bien fraîche, à l'ombre du cerisier.Voici quelques suggestions de lectures québécoises qui devraient sustenter vos diverses envies estivales.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE 6-8 ANS Premier roman?Arthur décide cet été de se lancer dans le commerce des vers de terre avec l'aide de son grand-père et son ami canard.Un roman facile, plein d'odeurs de campagne et d'humour.Arthur et les vers de terre, de Johanne Mercier, aux Éditions Dominique et Cie.Dès 6 ans.Cet été, la fée Bidule décide de prendre des petites vacances au Camp des superhéros.Or, voilà que l'endroit regorge d'enfants intrépides qui voudraient bien un coup de main.À l'eau les superhéros de Marie-Hélène Vézina, Éditions Foulire, dès 7 ans.La mère de Julien avait tout préparé.Mais une fois perdus dans la forêt sans fond, effrayés, les membres de la famille de Julien voient leur escapade tourner en cauchemar.Ah! les sorties en famille.Pas de chance c'est dimanche ! de Danielle Simard, Éditions Soulières, dès 7 ans.Nouvelle mission pour Alex et sa petite soeur Élisabeth: garder le poisson rouge d'un voisin pendant que celui-ci est en vacances.Facile ?Pas si sûr.Mission Poisson, un nouveau roman d'Alain M.Bergeron (Mission Papillon), aux éditions La Courte Échelle, pour les 7 ans et +.Entre les Pumas de la ruelle Bureau et les Invincibles de la ruelle Fleury, c'est la guerre.Or, cet été, des jeux olympiques de ruelle s'organisent.Nicolas et ses amis ont-ils des chances de gagner quelques médailles contre les affreux Invincibles ?Les jeux olympiques de la ruelle d'Aline Apostolska, chez Québec Amérique, pour les 7 ans et +.Luc croyait avoir tout planifié, mais les vacances ne s'annoncent pas du tout comme prévu.Pourra-t-il arranger les choses pour le mieux?Le roman contient un glossaire pour les mots compliqués.Drôle d'été, de Myriam Fontaine, aux Éditions Boomerang, dès 7 ans.En voyage, François et ses amis se retrouvent prisonniers dans la jungle noire et terrifiante de la forêt tropicale.Quel est ce bruit?Courage, il faut sortir de cet enfer vert ! L'Enfer vert, de Laurent Chabin, Éditions Michel Quintin, 8 ans et +.Dépitée, Gabriel le apprend qu'elle doit aller passer les grandes vacances au Mexique, car ici sa mère doit être hospitalisée.Sur place, elle découvre qu'un oiseau magique a peut-être le pouvoir de la guérir.Gabrielle en vacances au Mexique, d'Anne-Michèle Lévesque, aux Éditions Z'ailées, 8 ans et +.9-12 ANS Twister, le chien détecteur, est à la retraite.Sa maîtresse Joséphine ne pensait pas qu'en lui payant des vacances dans le Sud, elle le reconduirait sur la piste d'un crime! Que découvrira Twister cette fois-ci?Haut les pattes, Twister ! de Sylviane Thibault, aux Éditions Pierre Tisseyre, dès 9 ans.Pourquoi Ophélia, la belle gitane, fait-elle des cauchemars?Quel secret cache-t-elle dans son livre rouge?Est-elle en danger ?La prophétie d'Ophélia est le premier tome d'une nouvelle série intitulée L'or des gitans, d'Élaine Arsenault, aux Éditions Dominique et Cie.Dès 10 ans.Amateurs de polars?Gabriel doit passer une semaine avec sa mère bibliothécaire.à la bibliothèque! Or, voilà qu'il y fait la connaissance de Rathson, un rat détective sur la piste de deux évadés de la prison de Rathchester.Détective Inc, de Véronique Dubois, aux Éditions Boomerang, dès 10 ans.Grands lecteurs?Il faut alors profiter de l'été pour parcourir le pays de Montnoir grâce à la formidable trilogie de Christiane Duchesne, où l'on suit les aventures du jeune Pierre Moulin.Énigmes mathématiques, scientifiques, clins d'oeil littéraires, bref, une oeuvre foisonnante, essentielle pour l'amateur d'épopées.Voyage au pays de Montnoir, tomes 1, 2 et 3 aux Éditions Boréal, dès 10 ans.Ambiances insolites au menu?Lueurs dans la nuit promet huit courtes histoires, où réel et fiction se confondent, et huit dénouements surprenants.Brr.Lueurs dans la nuit, de Michel Leboeuf, Éditions Michel Quintin, 11 ans et +.Lorsque Tom s'envole pour le Grand Nord, où son père est maintenant installé, il ne se doute pas des dangers qui l'attendent.Mais il semble exister un chien de légende, Patte Bleue, dans le froid du Nord.Un roman émouvant sur les relations père-fils.Les trois lieues, de Sylvie Desrosiers, à la Courte Échelle.Dès 12 ans.Premier titre de la série Pirates, L'île de la Licorne raconte l'étrange aventure de François qui, après avoir reçu un coup sur la tête, se retrouve dans une contrée inconnue où il doit combattre les Caribes cannibales, affronter un ouragan et se méfier d'un mystérieux oncle qui semble avoir juré sa perte.L'île de la Licorne, de Camil le Boucha rd, chez Hurtubise HMH, dès 12 ans.PETITS LECTEURS DANS LA FAMILLE?LE SIGNET DE CHANTAL GUY SERA DE RETOUR LA SEMAINE PROCHAINE.Voici quelques suggestions de lectures québécoises pour enfants de 6 à 12 ans, à dévorer en même temps qu'une crème glacée. LIVRES JEUNESSE VENTE DE FIN DE SAISON! Jeudi 50% 5 Juin Vendredi 6 Juin 8h à 20h Albums ; romans ; bandes ; dessinées ; activités ; informatif.Sélection de plusieurs éditeurs.1812 rue Onésime-Gagnon Lachine QC H8T 3M6 Pour respecter la réglementation de la sécurité sur les lieux de travail, les enfants ne seront pas autorisés.3556054A 3553867A PLUS LECTURES MARC THIBODEAU PARIS \u2014 Le régime d'Augusto Pinochet laisse, dans la mémoire collective, le sinistre souvenir d'exécutions par milliers, de torture, d'incarcérations arbitraires.Autant d'abus qui relèguent loin dans l'ombre ses pratiques économiques.Au dire de la journaliste et militante Naomi Klein, auteure d'un nouvel ouvrage intitulé La stratégie du choc, cette occultation est lourde de conséquences puisque le Chili est devenu, en 1973, au moment du coup d'État, un laboratoire de première importance pour des idéologues américains qui exercent encore aujourd'hui une influence déterminante à l'échelle de la planète.Des spécialistes formés à «l'école de Chicago» - chapeautée par l'économiste ultralibéral Milton Friedman - prennent alors une place importante au sein du gouvernement du dictateur et entreprennent d'imposer au pays une transformation radicale.Réductions massives de dépenses sociales, privatisation tous azimuts des sociétés d'État, déréglementation, ouverture sans réserve des frontières aux investissements étrangers entraînent des mises à pied massives.M.Friedman lui-même, envisite au Chili, pressera Pinochet d'aller encore plus loin en soulignant qu'il déplore «toute ingérence du gouvernement dans l'économie », écartant comme une «sotte question » les interrogations sur le coût social des mesures.La répression deviendra dans ce contexte autant une façon de faire accepter les mesures économiques que d'asseoir l'autorité du régime, affirmera quelques années plus tard un opposant du dictateur, Orlando Letelier, en accusant Milton Friedman de porter une partie de la responsabilité des crimes commis.Le pays, au dire de Mme Klein, n'échappera à l'effondrement économique au début des années 80 qu'en nationalisant plusieurs entreprises sur lesquelles des fonds étrangers avaient fait main basse.La première aventure des «Chicago Boys», estime l'auteure, aurait dû permettre de conclure que leurs idées étaient «dangereuses» et que la promotion, au nom de la liberté individuelle, d'une forme de capitalisme sans contrainte favorisait non pas le bien commun mais plutôt l'enrichissement d'une élite restreinte et corrompue.«C'est un résultat entièrement prévisible quand on construit une société où l'on encourage et fétichise l'avidité.Faites ça et vous obtenez une avidité débridée», commentet- elle en entrevue à La Presse.Dans son ouvrage de plus de 600 pages, la journaliste analyse comment les tenants des «dogmes» défendus par Milton Friedman reprendront ensuite la même expérience dans plusieurs pays d'Amérique latine, mais aussi en Russie, en Asie et ailleurs.En utilisant les chocs-militaires, économiques ou naturels - et l'état de désorganisation qu'ils engendrent comme porte d'entrée pour imposer des transformations radicales et impopulaires.Elle évoque, parmi plusieurs exemples, le fait que Milton Friedman a préconisé, en réaction à la dévastation causée par l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, le remplacement du système scolaire public par des écoles à charte privées.Une suggestion endossée par le gouvernement de George W.Bush.L'offensive américaine en Irak constitue une nouvelle illustration, par l'extrême, de l'application des enseignements de l'école de Chicago, souligne l'auteure.Profitant du traumatisme causé par l'invasion militaire «Choc et stupeur», l'administration de Paul Bremer a lancé une vaste transformation économique qui a mis à la rue des dizaines de milliers d'Irakiens, autant de recrues potentielles pour les insurgés.En plus de déréglementer tous azimuts dans le pays, les États- Unis ont sous-contracté à des grandes entreprises américaines proches du pouvoir plusieurs fonctions essentielles normalement prises en charge par l'armée ou d'autres services étatiques.Le bourbier résultant, souligne ironiquement Naomi Klein, «mérite d'être revendiqué comme l'incarnation la plus pure de l'idéologie qui lui a donné naissance».L'administration Bush a cyniquement utilisé les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis pour aller de l'avant avec ses projets économiques, souligne la journaliste, qui rejette sans ambiguïté les thèses «complotionnistes » en circulation relativement à cet événement.Point besoinde complot, dit-elle, pour soutenir le développement du «capitalisme du désastre» puisque la déréglementation absolue est une «machine à produire des chocs».Les thèses de Mme Klein sont mal reçues dans les cercles néoconservateurs américains, qui ont fait de l'activiste une cible depuis la parution de sonouvrage No Logo sur les pratiques des multinationales.Un analyste du Cato Institute, l'un des principaux groupes de réflexion du mouvement, affirme que son nouveau livre est «désespérément déficient à presque tous les niveaux».Et qu'il déforme les enseignements de Milton Friedman, un «défenseur de la paix, de la démocratie et des droits individuels» qui préconisait des transformations économiques graduelles plutôt que rapides.L'attaque laisse froide la journaliste, qui s'amuse de voir les «disciples de Friedman retourner vers les textes sacrés».«Il y a une profonde crise intellectuelle parmi les personnes qui défendent ses politiques.La réalité n'a pas été très bonne pour eux récemment», souligne-t-elle.L'auteure s'amuse aussi des critiques d'un journaliste du quotidien Le Monde qui lui reproche de ne pas avoir relevé que le capitalisme a des «qualités».«Je n'ai pas l'impression que le capitalisme souffre d'un manque de compliments», déclare-telle en riant.Son livre, qui met aussi en relief les succès de pays ayant favorisé une économie mixte, doit être vu, dit-elle, comme une mise en garde contre l'idéologie «extrémiste » des membres de l'école de Chicago, assimilés à des «trotskystes de droite».«Beaucoup des néoconservateurs sont d'anciens trotskystes, ce qui n'est pas si étonnant.Ils ont une façon de voir le monde en noir et blanc», conclut Mme Klein.ENTREVUE / Naomi Klein Le monde selon Milton PHOTO BLOOMBERG NEWS Dans La stratégie du choc, ouvrage de plus de 600 pages, la journaliste Naomi Klein analyse comment les «dogmes» défendus par Milton Friedman ont été L'auteure s'amuse des critiques d'un journaliste du appliqués en Amérique latine, mais aussi en Russie, en Asie et ailleurs.quotidien Le Monde qui lui reproche de ne pas avoir relevé que le capitalisme a des « qualités ».« Je n'ai pas l'impression que le capitalisme souffre d'un manque de compliments », dit-elle.AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY AUJOURD'HUI À14H! Jacques Lacoursière, qui vient de lancer au Septentrion le tome 5 de son Histoire populaire du Québec, est le conférencier invité, aujourd'hui à 14 h, de la librairie Monet (2752 de Salaberry, métro H.-Bourassa).Le sujet : la Révolution tranquille, une étape importante de l'histoire du Québec.dans laquelle l'historien pratique l'émondage systématique des idées reçues; par exemple : la R.T.a commencé avec la mort de Maurice Le Noblet Duplessis, le 7 septembre 1959 à Chefferville\u2026 PLACEÀ LA POÉSIE Le 9e Marché de la poésie de Montréal se termine aujourd'hui à la place Gérald- Godin (métro Mont-Royal).À 13 h 30, Normand Baillargeon anime une séance de lecture qui regroupera Pierre-Yves Soucy (Québec-Irlande), Stéphanie Ferrat (France), Barthélemy Bolivar (Colombie-Britannique), Marie-Hélène Montpetit et Alexandre Faustino (Québec).DEUXMOTS\u2026 À l'instar de plusieurs pays d'Europe dont la France, l'Espagne et l'Allemagne, le Mexique vient d'adopter la loi sur le prix unique du livre dans ses quelque 1000 points de vente\u2026 Cadeau de la France, Le grand livre de voyages de Samuel de Champlain (300 kg) est arrivé à Québec et est exposé dans la redoute du cap Diamant.Jacques Lacoursière PHOTO PIERRE MCCANN, LA PRESSE Tous les jours dans BRANLE-BAS DE COMBAT ! Tous les samedis dans TOUS LES SCÉNARIOS\u2026 O f f e r t e n librairie e t s u r librairie.cyberpresse.ca Des suggestions de sauces et d'accompagnements du chef Jerôme Ferrer pour tous les plats, en plus des classiques et des sauces de dernière minute Plus de 300 rec ettes de sauc es Poulet ce soir?3563029A PLUS LECTURES BIBLIO JE HURLE À LA LUNE COMME UN CHIEN SAUVAGE FRÉDÉRICK DURAND ÉDITIONS COUPS DE TÊTE 88 PAGES 10,95$ Frissons garantis Septième parution aux Éditions Coups de tête - cette maison d'édition qui propose des oeuvres courtes, mordantes et explosives- Je hurle à la lune comme un chien sauvage s'acquitte aisément du mandat.Rythme infernal, univers « trash » à souhait, le récit de Frédérick Durand nous entraîne ici dans le monde joyeusement pervers des gens de la haute, pastichant un peu l'imagerie de Eyes Wide Shut de Kubrick mais proposant un regard original sur le phénomène.C'est ici non pas à travers les yeux fascinés d'un participant que l'on entre dans le sanctuaire privé mais bien aux côtés des employés sexuels, escortes chics, prostitués cherchant à garnir leur compte d'épargne et danseuses qui en ont vu d'autres.Ceux-ci jettent un regard presque blasé sur les comportements surprenants de leurs employeurs, alors que le lecteur va de surprise en surprise.Or, la situation dérape de façon imprévue, provoquant une prise de conscience dans le petit groupe qui ne cherche plus qu'une façon de fuir le climat de violence qui s'installe à grande vitesse.En moins de 100 pages, Frédérick Durand construit une trame narrative redoutablement efficace, tenant en haleine un lecteur oscillant entre le dégoût et la curiosité, happé par le récit et pourtant terrifié à l'idée d'en apprendre davantage.L'auteur parvient également à traiter non sans humour des écarts entre les classes, ajoutant une touche d'horreur au passage.Frissons garantis.Jade Bérubé, collaboration spéciale L'OSSTIDCHO OU LE DÉSORDRE LIBÉRATEUR BRUNO ROY COLLECTION DOCUMENTS, XYZ, ÉDITEUR.HHH L'Osstidcho, le livre « Mon sujet, c'est le spectacle avant, pendant et après », explique l'écrivain Bruno Roy, dans la présentation de son essai L'Osstidcho ou Le désordre libérateur, lancé le mercredi 28 mai, exactement 40 ans après la première du spectacle qui allait marquer notre histoire de la musique.La première partie de l'ouvrage, qui porte sur le Québec d'avant 1968, la genèse de l'événement, la vie quotidienne du quatuor d'artistes et la description assez détaillée du spectacle proprement dit, est vraiment intéressante et fouillée - en grande partie à cause des nombreuses entrevues menées auprès des principaux intéressés.Toutefois, la deuxième partie et surtout la troisième s'adressent plutôt aux fervents des études et analyses universitaires sur la musique, et le style est alors celui de la thèse de doctorat.Quant à la conclusion, qui établit notamment des liens entre L'Osstidcho et Arcade Fire, disons qu'elle est un brin tirée par les cheveux.C'est donc vraiment la première partie, qui occupe la moitié des 200 pages de l'ouvrage, de même que la chronologie de L'Osstidcho, publiée à la toute fin de l'essai, qui intéresseront l'amateur de rock et de chanson comme celui d'histoire, ainsi que le curieux qui veut simplement en savoir plus sur le mythique spectacle.Et pour vraiment saisir ce que L'Osstidcho a provoqué chez les spectateurs de l'époque, on se reportera au court texte du poète et nouvelliste Jean-Marc Desgent, qui figure en prologue du livre de Roy : c'est là, dans ces cinq pages touchantes, prenantes, qu'on saisit le mieux l'ébranlement, le véritable «désordre libérateur» que fut L'Osstidcho il y a 40 ans.Marie-Christine Blais LUCIEN RIVARD, LE CAÏD AU COEUR DU SCANDALE BENOÎT GIGNAC VOIX PARALLÈLES 195 PAGES HH1/2 Le caïd au coeur du scandale Quand le bouquin sort en même temps que le film, c'est toujours suspect.Ça sent, sinon la commande, du moins l'opportunisme.C'est encore plus évident quand la préface est écrite par les auteurs dudit film, film dont on trouve par ailleurs des photos glacées en couleur au milieu du bouquin.Bon.Cela fait-il pour autant de Lucien Rivard, le caïd au coeur du scandale, un mauvais livre ?Disons plutôt que c'est un drôle de livre, qui oscille entre la biographie, la plogue, la réflexion et les souvenirs personnels.Les 155 pages sur la vie et les exploits du gangster Lucien Rivard sont instructives, même si, en surface, Benoît Gignac raconte les faits à partir de témoignages et d'articles déjà publiés.Et si certains passages sont éclairants (la commission Dorion, la démission du ministre Guy Favreau) son personnage principal - pourtant truculent - demeure par trop unidimensionnel.Lucien Rivard était un gangster, un héros populaire, une vedette médiatique.Oui, mais encore?Qui était l'homme derrière l'image ?La postface de notre collègue Yves Bosivert, sur l'utilité des commissions d'enquête, ne répond pas à cette question.Pas plus que cet étrange chapitre, où l'auteur - fils de Fernand Gignac - évoque ses propres trempettes (involontaires) dans le monde interlope.En d'autres mots, ça se lit bien, ça se lit vite, mais on en aurait pris un peu plus.Jean-Christophe Laurence GÉRALD LEBLANC Alphonse Allais soutenait que l'important n'est pas que les choses soient vraies, mais qu'elles soient claires.L'impayable philosophe français aimerait bien le dernier livre d'Alain Dubuc dont le message est clair, cru et même brutal.Le journaliste invite les souverainistes, «ses amis », à rendre les armes, à reconnaître que le rêve est tellement improbable qu'il faut conclure à l'impossibilité de le réaliser, tourner la page et entrer dans l'ère post-souverainiste.C'est le prix à payer, selon lui, pour sortir de l'ornière nationaliste, souverainisme contre fédéralisme renouvelé, dans laquelle s'enlise le Québec depuis 40 ans.C'est une condition essentielle pour relever le défi économique auquel le Québec fait face.Un défi dont l'urgence ne fait aucun doute à moins de vouloir nous camper pour de bon en queue du peloton nord-américain.« Le Québec ne peut pas se payer le luxe de se diviser encore sur son grand débat national quand il y a tant d'autres choses à faire qui exigent l'appui de tous.Le temps est venu pour les souverainistes qui veulent bâtir le Québec de mettre de côté un combat qui ne nous mène nulle part », lit-on en exergue au début du chapitre 16, intitulé «Un grand sacrifice ».Truffé de chiffres, c'est le fort des économistes, et d'analyses des sondages aut a nt que des résultats électoraux et référendaires, le livre de Dubuc est construit comme un argumentaire visant non pas à persuader, mais à forcer l'ennemi, pardon le nouvel ami souverainiste, à changer de terrain d'act ion, à troquer le nationa l isme cont r e l'économique.Pour s 'assurer que l'a rgument porte, chacun des chapitres commence ou se termine par une série (deux, trois, quatre, cinq ou même sept) de constats : motifs, sources, effets pervers, tendances lourdes\u2026 Une sorte de petit manuel pour nouveau converti.L'auteur prétend dire tout haut ce que plusieurs souverainistes, déçus et épuisés, pensent tout bas sans oser le dire publiquement.Difficile de prétendre que ce n'est pas le cas, quand même Pauline Marois reconnaît l'impossibilité actuelle d'un référendum gagnant.Si le message est pertinent et en général bien étayé, le messager risque par contre de repousser ses nouveaux «amis souverainistes ».Il y a les irritants comme le noble détachement à l'endroit du difficile dossier de la langue: Dubuc laisse aux purs et durs du PQ l'inquiétude devant la fréquentation du cégep anglophone pa r l e s jeunes allophones, et manifeste un détachement hauta in devant bilingue.Il y a surtout le souvenir du virulent «mange-souverainistes » que fut l'éditorialiste Dubuc durant les années 90.Le fait d'écrire aujourd'hui qu'il s'était à l'époque assuré du respect de ses adversaires surprendra sans doute ses nouveaux amis.Il serait cependant malheureux que les travers du messager, réels et agaçants, empêchent les souverainistes d'entendre son message, dans l'ensemble pertinent et bien documenté.Àmes amis souverainistes Alain Dubuc, Les Éditions Voix Parallèles, 232 pages, 26,95$.ESSAIS L'empêcheur de rêver en rond Le journaliste invite les souverainistes, «ses amis», à rendre les armes, à reconnaître que le rêve est tellement improbable qu'il faut conclure à l'impossibilité de le réaliser et entrer dans l'ère post-souverainiste.JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Les Prix Nobel avec l'humour sont rares, très rares.À vrai dire, je n'en connais pas.Sauf Saramago, le Portugais.Il s'est encore bien amusé en écrivant ce court roman portant un titre pas drôle du tout, pourtant: Les intermittences de la mort.Le mot «mort» est très mauvais pour les titres, tous les éditeurs vous le diront.Alors, de quoi s'agit-il?Madame la Mort \u2014 qui signe les lettres qu'elle écrit: mort, avec une minuscule, ce qui ne manque pas de surprendre les destinataires, peu habitués à une telle modestie \u2014 la mort, donc, décide un beau matin de se mettre en grève.Cela se passe dans un pays imaginaire, avec un roi, une reinemère, un gouvernement, des ministres, et même une opposition républicaine.C'est le début de l'an neuf.À minuit pile, la mort arrête de travailler.Plus personne ne mourra.C'est le rêve merveilleux de tous les hommes, n'estce pas?La mort est en grève.Youpi.Oui, bon, mais dans les faits, les faits réels, que va-t-il se passer?Eh bien! par exemple, les mourants vont rester en l'état, comme on dit: mourants.La reine mère, au bord du trépas, sera-t-elle éternelle?Les républicains n'aiment pas trop.Plus gravement, avez-vous songé aux entreprises de pompes funèbres?Et aux cimetières?Et aux hôpitaux, et aux maisons de retraite?Faillites sur toute la ligne.Quant à l'Église, toujours prête à la réaction, il faut voir la triste mine du Cardinal, qui dit au premier ministre: «Sans mort il n'y a pas de résurrection, et sans résurrection il n'y a pas d'Église, Diable.» Il y a des scènes totalement loufoques, dans ce roman.Le gouvernement, débordé (on ose dire débordé par l'absence de la mort) s'entend avec la mafia locale pour que cette respectable organisation organise des voyages, par exemple, jusqu'aux pays voisins, puisque la frontière franchie votre cher oncle mourra enfin et vous laissera son héritage.Dont la maphia (l'auteur écrit maphia dans son livre) touchera sa part.Pas mal, non?Et ce n'était qu'un exemple, Saramago va en inventer d'autres, beaucoup d'autres qu'il nous racontera dans une langue fluide, douce, une langue superbe de drôlerie.Un beau matin, la mort s'adresse au peuple, par la voix du directeur de la télévision, qui a reçu d'elle une lettre de couleur violette.Elle déclare que la grève est finie.Vous mourrez tous, de nouveau, puisque c'est ce que vous semblez souhaiter.Mais je vous préviendrai huit jours avant votre mort, par une lettre de couleur violette.Ainsi, vous pourrez régler vos affaires.On n'est pas des sauvages, tout de même.Tout est donc rétabli, chacun reçoit sa lettre violette.Sauf que: l'une de ces lettres est retournée à la mort, sans avoir été ouverte.C'est insupportable, c'est une insulte, c'est du mépris.Que va faire Madame la Mort?Je crois bien que je vais vous laisser la surprise finale de ce livre.Les intermittences de la mort José Saramago, Seuil, 236 pages, 29,95$ La grève (illégale) de la mort "]
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