La presse, 27 septembre 2008, P. Plus - Forum
[" Le soufre rejeté par les pétrolières est déposé sous forme liquide (rouge), puis il se cristallise (jaune), créant ainsi d'immenses pyramides.PHOTOS ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Pour un baril de pétrole produit, plusieurs barils de liquides toxiques sont rejetés dans d'immenses bassins de décantation.PETIT TRAIN VA LOIN LA CHRONIQUE DE LYSIANE GAGNON PAGE 7 DES CAROTTES POUR WALL STREET L'ÉDITORIAL D'ARIANE KROL PAGE 6 sur cyberpresse.ca DRÔLE Voyez la campagne électorale par les yeux de nos caricaturistes sur cyberpresse.ca/drole ÉDITO Lisez le blogue de nos éditorialistes sur cyberpresse.ca/edito PLUS FORUM GRANDS REPORTAGES, ANALYSES Stephen Harper ne trouve rien à redire à l'exploitation des sables bitumineux en Alberta.Jack Layton, le chef du NPD, plaide pour un moratoire, Stéphane Dion brandit son Tournant vert.La mise en valeur du pétrole de la vallée de l'Athabasca n'a finalement occupé - jusqu'ici - qu'une place modeste dans la campagne électorale.Le dossier soulève pourtant des questions fondamentales.Nos journalistes François Cardinal et Agnès Gruda et le photographe Alain Roberge reviennent de Fort Mc Murray.Leur constat: plus désolant qu'attrayant.LE PREMIER VOLET DE LEUR DOSSIER, À LIRE EN PAGES 2 À 5.L'ALBERTASAOUDITE Jack Layton, chef du NPD AU PAYS DES SABLES BITUMINEUX MON T R É AL SA M E D I 2 7 S E P T E M B RE 2 0 0 8 SÉRIE L'ALBERTA SAOUDITE > JOUR 1 FORT MCMURRAY - Toutes les couleurs du paysage semblent avoir disparu.Le ciel est gris, le sol l'est encore plus.Il n'y a aucun arbre en vue, pas plus que de cours d'eau ou de végétaux.Puis un énorme camion jaune s'approche.Il s'arrête à quelques mètres de l'excavatrice haute comme un édifice, le temps du chargement.Bien plein, lourd comme deux Boeing 747, le mastodonte quitte ensuite les lieux, apportant avec lui 400 tonnes de sables goudronneux, d'où seront extraits 200 barils de pétrole.Difficile de croire que cette mine à ciel ouvert était jadis une portion de la forêt boréale canadienne.L'odeur de pins a laissé place à une odeur plus âcre, celle des 155 000 barils de pétrole produits chaque jour ici, en Alberta, à la Muskeg River Mine, creusée par la compagnie Shell.Le sol, visqueux et spongieux, regorge de cet hydrocarbure situé non pas sous terre, mais sur terre.Visible à l'oeil nu, il entoure chaque grain de sable sous nos pieds, d'où le nom de sables bitumineux.Dans les mains, la masse soulevée ressemble à une rondelle de hockey trempée dans un épais mélange de mélasse et de minéraux - environ 10% du morceau est constitué de pétrole.Un pétrole, cependant, très sale et très coûteux à extraire.La Great Canadian Oil Sands Ltd., pionnière en la matière, a bien essayé de rentabiliser cette activité dans les années 60, mais sans grand succès.Il a fallu attendre que le prix du baril atteigne des sommets pour que l'industrie s'intéresse tout à coup à l'Alberta.Et que le Canada devienne, du jour au lendemain, une superpuissance énergétique rivalisant avec\u2026 l'Arabie Saoudite.Laquelle est en effet le seul pays au monde possédant plus de réserves pétrolières extractibles que le Canada, dont les seuls sables bitumineux recèlent 173 milliards de barils.Soit bien plus que l'Iran, l'Irak et le Koweït\u2026 Superlatifs Il faut monter une par une les 20 marches de l'escalier soudé au mastodonte, le Caterpillar 797B, pour avoir une idée de l'ampleur du travail en cours en Alberta.Tout y est plus gros, à la limite du mégalo, comme ce camion de 8 m de haut, le plus volumineux de la planète, conçu exclusivement pour l'exploitation des sables bitumineux.«Il s'agit d'un défi aux proportions épiques, qui s'apparente à la construction des pyramides ou de la Grande Muraille de Chine.Mais en plus gros encore», a déjà déclaré Stephen Harper dans une rare envolée verbale.Chacune des grandes pétrolières internationales occupe aujourd'hui son carré de sables bitumineux, d'où l'on espère tirer, d'ici 2020, près de 4 millions de barils de pétrole\u2026 par jour! Pour atteindre cet objectif, la province a déroulé le tapis rouge à l'industrie, supprimant tous les obstacles.En témoigne l'ouverture récente d'une nouvelle autoroute entre la ville de Fort Mc Murray et la plupart des sites d'exploitation.Ouverte le matin même de notre passage, elle avait précédemment été démolie\u2026 pour que Syncrude puisse extraire le pétrole qui se cachait en dessous.«Le gouvernement et l'industrie marchent main dans la main.Tout leur est facilité dans cette province, confirme Julie Hrdlicka, de l'Institut Parkland, un groupe de réflexion progressiste rattaché à l'Université de Calgary.Et ce, malgré l'énorme coût environnemental de l'exploitation des sables bitumineux.» Impacts Du haut du ciel, les mines ressemblent à d'immenses plaies béantes suintant le pétrole, découpées à même la forêt.Des opérations chirurgicales semblent avoir eu lieu un peu partout dans la région de l'Athabasca pour extraire ce qui est peut-être le pétrole le plus sale de la planète.L'effet sur la forêt boréale, fût-elle l'une des dernières forêts anciennes de la planète, semble en effet bien minime en comparaison avec tous les autres impacts de l'extraction des sables bitumineux.Une fois l'exploitation démarrée, ce sont en effet des quantités astronomiques d'eau et de gaz naturel qui sont nécessaires.Et des quantités tout aussi impressionnantes de déchets de toutes sortes sont rejetées, les gaz à effet de serre en étant certainement le meilleur exemple.Comptant 10% de la population du Canada, l'Alberta émet à elle seule 33% de tous les gaz à effet de serre du pays.C'est pour toutes ces raisons que le Prix Nobel Al Gore estime que cette aventure est «complètement folle».Que l'Alaska Fisheries Science Center a comparé cela au déversement de l'Exxon Valdez.Et que l'organisme Environmental Defence qualifie le tout de «projet le plus dommageable de la planète».«Cumulativement, on peut en effet dire qu'il s'agit du pire projet au monde», confirme Simon Dyer, de l'Institut Pembina, l'un de ses détracteurs les plus respectés en Alberta.«C'est vrai que nous sommes de gros émetteurs, reconnaît Steven Gaudet, un scientifique dont la tâche est de protéger l'environnement pour le compte de Syncrude.Mais nous avons déjà fait beaucoup pour réduire nos gaz à effet de serre et nous continuerons à en faire beaucoup.» Tout le problème des sables bitumineux est concentré dans cette dernière citation: individuellement, chaque entreprise s'efforce réellement - et nous avons pu le constater - de diminuer les émissions liées à la production de chaque baril de pétrole.Mais le nombre de barils produits augmente si vite que chaque gain en intensité est effacé par la quantité totale de gaz à effet de serre émis par l'industrie.D'ici 2020, ces émissions sont appelées à croître de 68% malgré l'existence des lois provinciales et du plan vert d'Ottawa, pourtant présenté comme «l'une des réglementations les plus sévères au monde».Elles représenteront alors 17% de l'ensemble des émissions industrielles du pays.«Entre 2003 et 2010, près de la moitié de la croissance des gaz à effet de serre du pays proviendra des sables bitumineux, déplore Simon Dyer.Cela signifie que la politique canadienne en matière de climat se soldera par un échec, car elle est prise en otage par un seul secteur d'activité.» COURRIEL pour joindre notre journaliste francois.cardinal@lapresse.ca LA RUÉE VERS L'OR SALE, TEXTES FRANÇOIS CARDINAL PHOTOS ALAIN ROBERGE PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Dans les mains du travailleur, la masse soulevée ressemble à une rondelle de hockey trempée dans un épais mélange de mélasse et de minéraux - environ 10% du morceau est constitué de pétrole.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Haute comme un édifice, l'immense excavatrice peut ramasser d'un seul coup de pelle plus de 100 tonnes de sables bitumineux de la Muskeg River Mine, située au nord de Fort Mc Murray.Calgary ÉTATS-UNIS Sables bitumineux A L B E R T A SASKATCHEWAN TERRITOIRES DU NORD-OUEST Edmonton Fort Mc Murray C A N A D A SÉRIE L'ALBERTA SAOUDITE > jour 1 CALGARY - Lorsque des membres de Greenpeace ont pénétré dans la mine Aurora de Syncrude pour installer leurs bannières, en juillet dernier, ils ont provoqué l'ire de l'entreprise\u2026 et celle de la population albertaine, plutôt favorable à l'exploitation des sables bitumineux.Car l'opposition à ces projets a beau être grandissante au Canada et ailleurs, elle est presque inexistante dans cette province, où la manifestation des écologistes a donné lieu à de sévères remontrances dans les tribunes téléphoniques et les journaux.La méfiance à l'égard des pétrolières semble en effet moins grande qu'à l'endroit des environnementalistes et même, des journalistes.Lors de notre passage au mois d'août, une équipe de la chaîne de télévision Discovery l'a d'ailleurs appris à ses dépens lorsqu'elle s'est arrêtée en bordure de la route, à proximité de Fort Mc Murray.Les invectives de la part des automobilistes ont été nombreuses et agressives.«Il faut comprendre qu'à peu près tout le monde dans cette province est, d'une façon ou de l'autre, dépendant du pétrole, explique Julie Hrdlicka, coordonnatrice de l'Institut Parkland et ancienne candidate du NPD.Même le serveur du restaurant du coin profite indirectement du boum économique en cours.» «Certes, les Albertains sont au courant des dommages environnementaux qu'inflige l'extraction pétrolière, mais ils n'en parlent que très peu, ajoute-t-elle.Ils sont déchirés.Ils ont l'impression d'avoir à choisir entre la protection de l'environnement et le bien-être de leur famille, qu'ils doivent nourrir.» Également, la mainmise du Parti conservateur de la province sur le débat politique est très importante.Au pouvoir depuis maintenant 36 ans, les élus de cette formation, très favorables à l'exploitation des sables bitumineux, se sont habitués à diriger sans opposition.\u2014 François Cardinal ACCROS AU PÉTROLE CALGARY - Impossible de débarquer dans la capitale albertaine sans deviner que la province croule sous les pétrodollars.À l'extérieur, les boîtes à journaux exhibent la manchette du Calgary Herald, portant ce jour-là sur la visite des richissimes Bill Gates et Warren Bufett.Tout autour, les gratte-ciel arborent la signature d'une pétrolière: Place Esso, Shell Tower, Chevron Plaza, BP Center, Amoco Tower, etc.Rien d'étonnant : la province vit grâce à l'or noir la plus intense période de croissance économique qu'ait jamais connue une province canadienne.Pour illustrer la chose, la seule comparaison possible est avec\u2026 la Chine! «Avec un taux annuel moyen de croissance de 12,7% depuis 2002, l'Alberta n'a guère à envier à la Chine, qui affiche un taux de 14,8 %, soit le plus élevé à l'échelle des grandes économies du globe», selon Philip Cross et Geoff Bowlby, du groupe d'analyse de conjoncture de Statistique Canada.La croissance est cependant bien différente des deux côtés du Pacifique.La Chine a vu son économie croître en volume, tandis que l'explosion de l'Alberta est liée en grande partie au boom pétrolier, en particulier au prix à l'exportation.Depuis 1995, les États-Unis ont reçu la presque totalité (99%) des exportations pétrolières du Canada.Cela dit, cette manne financière se traduit pour l'État en d'imposants surplus (prévus cette année à quelque 8,5 milliards de dollars!) et pour les citoyens, en «chèques de prospérité » de 400 $ remis annuellement aux Albertains.\u2014François Cardinal L'ALBERTA RIVALISE AVEC LA CHINE très sale\u2026 PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Chaque jour, 1,8 milliard de litres de boues toxiques s'ajoutent aux bassins de décantation des pétrolières.Sur cette eau grise flottent des canons servant à faire fuir les oiseaux qui, autrement, meurent au contact de ces boues.PHOTOS ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Arabie Saoudite Canada Iran Irak Koweït RÉSERVES DE PÉTROLE (en milliards de barils) Source: Oil & Gas Journal, décembre 2007 SÉRIE L'ALBERTA SAOUDITE > JOUR 1 François Cardinal Fort MCMurray - Le petit aéroport de brousse est derrière nous.L'autobus file à vive allure vers les installations pétrolières.D'un côté, des conifères à perte de vue.De l'autre, un immense banc de sable se dresse, haut comme une maison, long comme deux pistes d'atterrissage.«C'était une forêt avant», reconnaît la porte-parole de Shell.Aujourd'hui, ces dunes retiennent plutôt un immense lac de boues toxiques d'une superficie de 5 km2, la moitié du parc du Mont-Royal.Après les gaz à effet de serre, ces gigantesques réservoirs d'eau polluée constituent le plus important problème environnemental lié aux sables bitumineux.L'eau étant essentielle au processus d'extraction du pétrole, des quantités impressionnantes de ce liquide sont puisées, et aussitôt rejetées.«La loi nous oblige à conserver sur le site chaque molécule d'eau ayant touché le bitume lors de la production du pétrole», explique John Rhind, grand patron d'Albian Sands, le consortium piloté par Shell en Alberta.Sachant que les sables bitumineux contiennent de l'eau et qu'entre deux et cinq barils d'eau sont nécessaires pour produire un seul baril de pétrole, on peut imaginer les quantités astronomiques de boues toxiques rejetées.«En fait, 1,8 milliard de litres de ce liquide toxique sont produits chaque jour.C'est considérable!» s'exclame Simon Dyer, de l'Institut Pembina.Contenant des centaines d'ingrédients toxiques, comme de l'arsenic, du mercure, du xylène et du benzène, ce liquide est confiné dans d'immenses bassins de décantation (appelés tailing ponds) dont la superficie totale en Alberta (130 km2) est équivalente à la moitié de l'île de Laval.Pour comprendre ce que représentent ces milliards de litres de boues, il faut fouler les dunes qui les retiennent.En 4X4 sur les pourtours de ces immenses bassins, on voit se perdre à l'horizon une étendue d'eau verdâtre.On peut apercevoir les pipelines par lesquels sont propulsés les rejets toxiques.On entend régulièrement les canons tirer à blanc pour éloigner les oiseaux de ce mélange, qui les tuerait instantanément.Plus impressionnants encore, ces immenses barrages qui, à chaque coin stratégique, retiennent les bassins.Ils rivalisent de volume avec les barrages construits dans le nord du Québec, comme l'a confirmé la visite des installations de Syncrude.On y retrouve, selon les calculs du département américain de l'Intérieur, le plus gros barrage au monde en volume.«C'est LE problème auquel il faut trouver une solution, reconnaît John Rhind.Nous utilisons beaucoup d'eau et nous devons trouver une façon de la retourner dans l'environnement.L'épuration va probablement nous permettre de le faire éventuellement.» l'avenir de l'athabasca La carte topographique est fixée au mur d'un anonyme bâtiment de la Muskeg River Mine.On y aperçoit, en jaune, les contours du territoire loué au consortium Albian Sands, l'impressionnante mine à ciel ouvert et, tout en bas, l'immense bassin de décantation.Mais ce qui attire surtout le regard, c'est la proximité de la rivière Athabasca, ce majestueux cours d'eau situé à quelque 700m à l'ouest des installations pétrolières.C'est là que l'industrie extrait chaque année en eau l'équivalent de la consommation d'une ville de deux millions de personnes.Et c'est là, selon autochtones et environnementalistes, que s'échappent certaines des boues toxiques à l'origine de cancers et de leucémies dans les communautés avoisinantes, ce que les pétrolières démentent avec vigueur.«Les bassins sont complètement étanches, rien ne s'en écoule », assure Janet Annesley, de Shell Canada.«La seule chose qui est renvoyée dans la rivière, ce sont les eaux provenant du système d'épuration, comme dans n'importe quelle ville», renchérit Steven Gaudet, de Syncrude.Mais le ton a beau être sans appel, rien n'y fait.Les détracteurs s'inquiètent du niveau de pollution de la rivière, impropre à la pêche.Ils s'inquiètent de l'impact sur les communautés avoisinantes.Ils s'inquiètent aussi de l'avenir de la faune aquatique.La mort des canards fortement médiatisée dans le monde entier en avril dernier n'a fait qu'empirer les choses.Selon les informations obtenues par La Presse directement d'une des personnes ayant repêché les oiseaux sans vie, ce ne sont pas 500 mais 1000 volatiles de toutes sortes qui sont ainsi morts une nuit où les canons de propane ont cessé de fonctionner.«Plusieurs rapports ont confirmé nos craintes, précise Mike Hudema, de Greenpeace.On a fait état de mutations au sein de la faune aquatique, d'oiseaux tués chaque année par centaines.Certains ont même vu de leurs yeux des orignaux boire directement dans les bassins, avec la conséquence que l'on devine.» À la pollution de cet important cours d'eau de la province s'ajoute un autre problème de taille, le pompage massif de l'Athabasca.Surtout depuis qu'un réputé professeur de biologie aquatique de l'Université Calgary a sonné l'alarme: «L'exploitation en cours des sables bitumineux a possiblement déjà hypothéqué l'avenir de cette rivière», a-t-il dit, précisant que son débit a été lourdement affecté par les changements climatiques ces dernières années.Des rapports du gouvernement provincial et de l'Office national de l'énergie ont beau avoir soulevé des questions se rapprochant des propos du Dr Schindler dans le passé, l'industrie pétrolière nie tout.«Nous n'avons aucun impact sur l'Athabasca, rétorque Janet Annesley.Non seulement l'industrie ne puise-t-elle que 2,5% du débit de la rivière Athabasca, 5% en hiver, mais l'eau extraite est également recyclée plusieurs fois dans le processus d'extraction du bitume.» L'ALBERTA, NOYÉE DANS LES BOUES TOXIQUES PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Confinés dans d'immenses bassins de décantation, les rejets des pétrolières contiennent des centaines d'ingrédients toxiques, comme de l'arsenic, du mercure et du xylène.la superficie totale de ces bassins est équivalente à la moitié de l'île de laval.la re Cette\u2026 UN BARIL DE PÉTROLENÉCESSITE : > 2 tonnes de sables bitumineux > De 2 à 5 barils d'eau > De 650 à 1500 pi3 de gaz naturel UN BARIL DE PÉTROLEREJETTE : > 948 litres d'eau > 80 kg de gaz à effet de serre ÇA IMPRESSIONNE ET ÇA FAIT PEURÀ LAFOIS.SURTOUT VU DU HAUT DES AIRS.UN IMMENSE LAC DE BOUES TOXIQUES, DES OISEAUX QUI MEURENT JUSTE EN Y TOUCHANT.EN FOND DE SCÈNE, UN PAYSAGE QU'IL FAUT RECRÉER ARTIFICIELLEMENT POUR RETROUVER UN SEMBLANT DE NORMALITÉ.ET À QUELQUES CENTAINES DE MÈTRES DE LÀ, LA RIVIÈRE ATHABASCA QUI COULE VERS LE NORD.TOUT À FAIT PROPRE, DIT L'INDUSTRIE.LES AUTOCHTONES N'EN CROIENT RIEN.prévision de la produ Ction (en milliers de barils par jour) SÉRIE L'ALBERTA SAOUDITE > JOUR 1 FORT MCMURRAY - Une forêt de trembles ici, une colline verdoyante làbas, un milieu humide, un étang, des bisons qui se roulent dans la boue.La scène semble banale.Jusqu'à ce que l'on précise que tout dans ce paysage, absolument tout, a été dessiné puis façonné par l'homme.Ayant l'obligation de remettre les terres exploitées dans leur état initial, les pétrolières doivent en effet se prendre pour Dieu lorsqu'elles ont terminé leur travail d'extraction.Les mines à ciel ouvert et les bassins de décantation doivent ainsi retrouver leur aspect bucolique\u2026 ou quelque chose qui s'y apparente.«Nous ne pourrons faire exactement comme Dame nature, mais nous allons remettre le territoire sur la trajectoire de Dame Nature», nous assure Steven Gaudet, de Syncrude.Appelée Gateway Hill, cette terre que nous foulons est de petite dimension (4 km2).C'est la seule de toute la province qui jouit d'un certificat de restauration.Pour les pétrolières, il s'agit d'une réussite prouvant leur capacité à effacer leurs traces.Tandis que pour les écolos, il s'agit d'un coup de marketing, une esbroufe qui ne prouve absolument rien.«C'est comme si on rasait le Vieux- Montréal, puis qu'on remplaçait le tout par d'énormes centres commerciaux de banlieue, ironise Matt Price, d'Environmental Defence.L'écosystème est perdu à jamais.» L'écologiste donne pour exemple la qualité des arbres, de nouvelles espèces qui doivent être tolérantes au sel, et la qualité de l'humus, beaucoup plus pauvre, sec et compact que celui qu'il remplace.On en veut aussi aux pétrolières de prendre ce petit bout de terrain pour en faire un modèle, car il ne s'agit nullement d'une ancienne mine ou d'un bassin de boues toxiques.Il s'agit plutôt du lieu où avaient été déposés la terre, les arbres et la tourbière de graminées arrachés en vue de l'extraction.«Il n'y a qu'un certificat après 40 ans d'exploitation.Et il a été accordé pour le terrain le plus facile à verdir!» s'exclame Mike Hudema, de Greenpeace.Mais les pétrolières n'en démordent pas : «Quinze ans après avoir exploité un site, on commence à replanter, explique Janet Annesley, de Shell.Il faut environ 30 ans pour que le tout redevienne comme c'était avant.D'ailleurs, nous sommes en discussion pour faire certifier d'autres terrains.» \u2014 François Cardinal PAYSAGES MANUFACTURÉS FORT CHIPEWYAN - Au nord de Fort Mc Murray, la rivière Athabasca traverse plus de 200 km de forêt inhabitée.Puis elle débouche sur une vaste étendue d'eau douce : le lac Athabasca.C'est dans un village amérindien logé à l'extrémité de ce lac, Fort Chipewyan, que des enfants ont trouvé le mois dernier un poisson difforme dont la photo a fait le tour de la planète: une laquaiche à deux bouches.Une aubaine pour les groupes écologistes qui tenaient justement une conférence sur la contamination de l'eau dans ce village propret de 12 000 habitants.À leurs yeux, c'était une preuve supplémentaire des séquelles que le boom pétrolier inflige aux lacs et rivières situés en aval des usines.Des villageois rencontrés quelques jours après cette conférence n'avaient pas besoin du poisson mutant pour se convaincre que leur environnement est de moins en moins inoffensif.Depuis quelques années, des maladies graves frappent leur communauté, à une fréquence qui étonne les médecins.Hyperthyroïdie, cancers rares, lupus : personne ne peut affirmer avec certitude que ces maladies sont causées par les rejets toxiques des pétrolières.Mais tous sont inquiets.Prenez le cas de Grant Courtoreille, un grand gaillard de 28 ans qui a été terrassé, en janvier, par un cancer foudroyant.«Je ne suis pas sûr que Grant soit mort à cause du pétrole, mais je sais qu'il y a des maladies dans ma communauté et que le gouvernement s'en fout», dit son oncle, Steve Courtoreille.C'est le docteur John O'Connor qui, le premier, a donné l'alarme après avoir constaté une hausse inhabituelle de certaines maladies dans le village.Ce médecin qui suit le village depuis huit ans a diagnostiqué son premier cas de cholangiocarcinome en 2003, puis un second, et un troisième.Habituellement, ce cancer qui s'attaque aux voies biliaires frappe environ une personne sur 1 .Puis, il y a eu une étonnante série de cas d'hyperthyroïdie.« Ces maladies sont-elles attribuables au hasard ?À des problèmes génétiques ?Ou à des causes environnementales ?Je l'ignore, mais ça prendrait une étude poussée pour le découvrir», dit le médecin, selon qui cette investigation n'a jamais eu lieu.Les organismes qui surveillent la qualité de l'eau de l'Athabasca rejettent le lien entre les maladies et l'activité pétrolière effrénée qui se déroule 200 km en amont.Mais les groupes écologistes et les habitants de Fort Chipewyan croient que ces organismes penchent en faveur de l'industrie pétrolière.La présidente d'un de ces organismes, Regional Aquatic Monitoring Program (RAMP), Janice Lineham, travaille pour Petro-Canada.Jointe par La Presse, elle assure que le niveau de contaminants dans la rivière Athabasca «se situe à l'intérieur d'un niveau de variation naturel ».Tout comme le poisson mutant.Les résultats de deux autres études indiquant que l'eau et les sédiments de l'Athabasca sont loin d'être au-dessus de tout soupçon ont été écartés par le gouvernement albertain.L'une de ces études évoquait un niveau élevé de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), une substance connue pour ses propriétés cancérigènes.Pendant que les experts jouent au ping-pong, les habitants se sentent laissés à eux-mêmes.«Nous sommes la cuvette de Fort Mc Murray !» s'indigne une femme atteinte de lupus.Le conducteur de taxi qui nous fait visiter le village a sa manière à lui de voir les choses.«Si la rivière pouvait couler en sens inverse, je suis sûr que le gouvernement prendrait ces maladies au sérieux !» UN VILLAGE MALADE DU PÉTROLE ?AGNÈS GRUDA PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Steve Courtoreille pense que la mauvaise qualité de l'eau «potable» de l'Athabasca pourrait avoir donné le cancer à son neveu, mort en janvier dernier.On voit ici M.Courtoreille assis sur les rives de ce grand lac du nord de l'Alberta.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Ces adolescents de Fort Chipewyan sautent sans crainte dans le lac Athabasca.Selon des responsables locaux, cette eau serait pourtant hautement contaminée par les rejets des compagnies pétrolières.MULTIMÉDIA Notre photographe Alain Roberge a ramené des images uniques de son séjour au pays de l'or très noir.Voyez son reportage multimédia sur cyberpresse.ca/alberta DEMAIN On gagne beaucoup à exploiter les sables bitumineux en Alberta.Mais à quel prix?La journaliste Agnès Gruda et le photographe Alain Roberge nous montrent les dessous de «Fort Mc Money».La suite de notre dossier, à lire demain dans La Presse. André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef FORUM ÉDITORIAUX FORUM@LAPRESSE.CA serge.chapleau@lapresse.ca Droi Ts r Éserv És En lisant La Presse du 24 septembre, j'ai été renversé par la lettre ouverte du président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur.Moi-même policier depuis 22 ans et quelques mois, tout comme mon président, je trouve inacceptable que ce dernier se serve de son titre pour donner son opinion sur la récente décision du gouvernement fédéral en matière de peines d'emprisonnements pour les jeunes contrevenants.M.Francoeur, vous êtes en désaccord avec le gouvernement à ce qu'on emprisonne des jeunes de 14 ans pour des crimes graves.C'est votre opinion et je la respecte.Cependant, vous n'avez pas le droit de vous servir de votre position pour attirer l'attention.Je suis membre de la même fraternité que vous présidez et je n'ai pas été consulté sur cette question.De plus, vous avez été mal informé sur ce sujet car ce que le premier ministre Harper a mentionné, c'est qu'il voulait donner plus de pouvoirs aux magistrats afin de rendre les peines plus sévères, le cas échéant.À mon avis, le gouvernement a pris la bonne décision.Il y a plusieurs jeunes voyous qui ne méritent que la prison.Jean-Luc Barrette, Boucherville Harper a raison PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE il y a de jeunes voyous qui ne méritent que la prison, estime Jean-Luc Barrette, policier depuis 22 ans.Qui est le plus à craindre ?Gilles Duceppe affirme que nous ne connaissons pas le vrai Harper.Mais connaissons-nous le vrai Duceppe, celui qui veut foutre le bordel une fois de plus à Ottawa en salivant et en encourageant la perspective d'un gouvernement minoritaire ?Combien de temps pourrons-nous survivre à jouer aux élections quand, tout près de nous, la plus grande économie mondiale vacille au point de s'effondrer?Si le pays en vient à mal se porter, surveillez bien les prédateurs souverainistes se jeter sur la proie blessée.Plus le pays se portera mal, plus il sera facile de faire passer la séparation comme remède de cheval pour nous sortir des griffes de ces «méchants fédéralistes ».Yves Deslauriers Prévost Donnons à Harper ce qu'il veut Malgré la rhétorique des partis, les savantes analyses de nos chroniqueurs politiques, la seule question qui subsiste après tous ces jours de campagne électorale est la suivante : le gouvernement Harper sera-t-il majoritaire ou minoritaire?Il est curieux de constater que le seul qui dit croire à un gouvernement conservateur minoritaire, c'est Harper lui-même.Pour une fois, acquiesçons à son désir et votons stratégique pour qu'il obtienne ce gouvernement minoritaire qu'il semble souhaiter.Faisons-lui plaisir, en nous faisant plaisir.Jean Archambault Montréal et on les croit encore\u2026 Ce qui me surprend à la suite de la crise financière aux États-Unis, c'est que l'on continue de prendre pour des augures les écomonistes et autres analystes financiers dont aucun pourtant n'a été capable de prévoir la dégringolade et la déconfiture des Fannie Mae, Freddie Mac, Lehman Brothers et autres AIG.Économistes et analystes financiers dont la compétence en finances n'est pas sans me rappeler celle de nos gérants d'estrade au hockey, ou la compétence de la célèbre grenouille du non moins célèbre bocal pour les prévisions météorologiques.François Gros d'Aillon Rosemère Capitalisme et cyclisme Les actionnaires et les directions des banques américaines ont voulu augmenter leurs affaires rapidement pour faire plus d'argent.Pour ça, il fallait prêter leurs fonds rapidement sans trop se questionner sur la capacité des emprunteurs à rembourser.Ce qui a fait exploser la demande d'achats de maisons neuves et usagées, dont les coûts ont augmenté de 100% en cinq ans.Très bon pour les vendeurs de maisons, les propriétaires de terrains et les constructeurs, mais quand les emprunteurs ont cessé de rembourser le capital et les intérêts, ils ont remis leurs maisons dévaluées aux banques qui doivent les vendre à rabais, ce qui les fait pédaler à l'envers, au bord de la faillite.Le capitalisme est basé sur la consommation, comme une bicyclette est basée sur la rotation.Quand la consommation ou la rotation arrête, ça ne tient plus debout du tout.Et si les Américains commencent vraiment à moins consommer, ce sera la crise économique pour eux.et pour nous aussi, qui leur vendons une bonne partie de notre production.Gilles Bousquet Saint-Hyacinthe apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE La criminalité violente chez les jeunes est un problème à la fois grave et délicat.C'est pourquoi il est si triste de voir Stephen Harper et Gilles Duceppe en débattre de façon simpliste et partisane.En promettant des sentences plus sévères allant jusqu'à la détention à vie (pour un enfant de 14 ans!), le premier ministre fait croire à la population que les jeunes contrevenants s'en tirent facilement même s'ils commettent des crimes très graves.C'est faux.La loi actuelle prévoit que le procureur de la Couronne peut demander au juge d'imposer une sentence applicable aux adultes.La loi statue même que dans les cas des crimes les plus violents, une peine d'adulte est automatiquement prononcée sauf si le jeune condamné peut démontrer qu'une sentence moins lourde serait suffisante (ce renversement du fardeau de la preuve vient toutefois d'être invalidé par la Cour suprême).Les peines plus sévères qu'évoque le chef conservateur sont donc déjà disponibles lorsque la Couronne et les tribunaux les croient nécessaires.L'an dernier, les rares adolescents condamnés pour homicides ont été soumis en moyenne à trois ans de mise sous garde; on ne peut certainement pas parler de «sentences bonbons».M.Harper estime que si les jeunes gens violents étaient soumis à des peines plus lourdes, la criminalité juvénile diminuerait.Les sondages montrent que cette approche est très populaire au Canada anglais, mais cela ne la rend pas mieux fondée.Il est carrément irresponsable d'exploiter ainsi l'insécurité des Canadiens en proposant une solution dont l'inefficacité et les risques sont démontrés.En réagissant à la promesse de son adversaire conservateur, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est allé aussi loin que lui dans la déformation de la réalité.D'abord, il fait fi de l'exception prévue pour le Québec: ici, les changements proposés par les conservateurs ne toucheraient pas les jeunes de 14 et de 15 ans.Le Bloc, qui ne cesse d'exiger un traitement particulier pour le Québec, ne devrait-il pas se réjouir que M.Harper tienne compte dans ce cas-ci de la différence québécoise?M.Duceppe trompe les gens quand il parle de la «jeune chair» qui se retrouverait dans des prisons pour adultes.M.Harper n'a jamais dit que les jeunes condamnés seraient envoyés dans des pénitenciers.Contrairement à ce qu'a laissé entendre jeudi M.Duceppe, la loi actuelle prévoit qu'un jeune à qui on impose une sentence d'adulte sera gardé dans un établissement spécialisé, pas dans une prison.Enfin, le chef du Bloc fait comme si, à l'heure actuelle, les jeunes délinquants n'étaient jamais soumis à des peines de détention prolongée.Or, comme on l'a vu, ce n'est pas le cas.En invalidant cette année une partie de la Loi sur le système pénal pour les adolescents, la Cour suprême a d'ailleurs souligné: «Cela ne signifie pas qu'un adolescent ne peut pas être assujetti à une peine applicable aux adultes.Il se peut que la gravité de l'infraction et la situation de l'adolescent qui l'a commise justifient que celui-ci le soit malgré son âge.» Gilles Duceppe aime dire que la prison, c'est l'«université du crime».Si l'on en juge par les propos que lui-même et M.Harper ont tenus à ce sujet cette semaine, la politique est l'université de la démagogie.L'université de la démagogie akrol@lapresse.ca ARIANE KROL En quelques semaines , Washington a troqué sa philosophie économique du «laissez-faire» contre un interventionnisme musclé de type «laissez-moi faire».Les salaires des patrons de la finance ne sortiront pas indemnes de cette remise en question.Pour une fois, l'homme de la rue a parlé plus fort que Wall Street.Pas question de laisser le gouvernement piger 700 milliards dans ses poches pour signer un chèque en blanc secteur financier.Même le secrétaire au Trésor, un ancien de Goldman Sachs, n'a pas réussi à protéger ses anciens confrères.Pour faire adopter son plan de sauvetage, Henry Paulson n'avait pas le choix de lâcher du lest.Il ne faut cependant pas s'attendre à des miracles.L'histoire récente nous a appris à quel point il est difficile de réglementer la paye des patrons.Le meilleur exemple est celui de Bill Clinton, qui a limité le montant qu'une entreprise peut déduire pour le salaire d'un haut dirigeant à 1 million de dollars.Pour un travailleur moyen, c'est une somme mirobolante, mais pour retenir une grosse pointure comme le président de JP Morgan, la firme qui vient de repêcher Bear Stearns et Washington Mutual, il faut mettre pas mal plus sur la table - 28 millions l'an dernier.Le plafond n'a eu aucun effet sur l'enrichissement des dirigeants.Forcées de mettre la pédale douce sur les salaires, les entreprises se sont tout simplement rattrapées avec les primes et les options.Et quand votre rémunération dépend autant des sursauts de la Bourse, les décisions à court terme, même mauvaises, deviennent très tentantes.Dans les cas extrêmes, cela engendre des monstres comme Enron, où le maquillage des chiffres tenait lieu de bons résultats.En suggérant d'imposer un plafond salarial de 400 000$ aux firmes rescapées par Washington, le candidat républicain John Mc Cain a encore une fois démontré sa grande ignorance des enjeux économiques.Les financiers américains ont empoché des primes indécentes au cours des dernières années.On peut bien rêver de les punir à grands coups de bâton, mais ce n'est pas ainsi qu'on réglera le problème.Ce qu'il faut, c'est développer des variétés de carottes qui joueront vraiment leur rôle: inciter les PDG à avancer dans la bonne direction.Les comités de rémunération devront revoir leurs stratégies.Pour éviter la répétition de tels désastres, il faudra récompenser la croissance soutenue à moyen et long terme plutôt que les résultats spectaculaires à la petite semaine.Pour les conseils d'administration, à qui on a souvent reproché de manquer de fermeté, c'est un gros mandat.Les pressions des petits actionnaires ne suffiront pas.Aux États-Unis, les gestionnaires de fonds et de caisses de retraite détiennent 60% du marché.S'ils ne se font pas entendre, rien ne changera.Cela dit, les banquiers euxmêmes commencent à chercher des moyens de lier plus étroitement la rémunération de leurs employés à leur performance.Ça se discute chez Credit Suisse, UBS et à la Deutsche Bank, rapporte le Financial Times.Évidemment, personne ne veut courir le risque de voir ses meilleurs joueurs filer chez un concurrent plus généreux.Mais avec les licenciements massifs auxquels on assiste ces jours-ci, le climat n'a jamais été aussi propice à un changement de culture.Des carottes pour Wall Street On peut rêver de punir les banquiers, mais ça ne règlera pas le problème. FORUM LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca PAUL DANIEL MULLER L'auteur est économiste.«La pr e - mière victime d'une gue r r e, c'e s t l a vé r i t é » , é c r i v i t Rudyard Kipling.Et c'est ce que l'on observe encore ces jours-ci dans la guerre livrée par les artistes et les fonctionnaires de la culture contre les coupes du gouvernement conservateur.La vidéo Culture en péril (vue 500 000 fois sur You Tube) traite du sujet sur le registre de l'humour mais se termine sur un plan prétendument factuel.Une voix hors champ nous renseigne : «Chaque dollar investi dans les industries culturelles rapporte 11 fois plus en bénéfices directs ou indirects.» L'affirmation est attribuée au Conference Board qui, en août, a publié une étude sur le secteur culturel canadien.Cette étude a été largement récupérée par les critiques des coupes.Or, l'affirmation citée par la vidéo ne s'y trouve nulle part.Qui plus est, l'étude identifie sept «moteurs de l'économie créative ».Parmi ceux-ci, aucun n'a trait au soutien public aux arts.Voilà déjà un silence éloquent.Pour en arriver à leur affirmation, les auteurs de la vidéo manipulent frauduleusement les chiffres de l'étude.Impacts directs, indirects et induits L'étude note que les différents ordres de gouvernement au Canada ont dépensé pour 7,9 milliards dans le secteur culturel en 2007.Elle calcule par ailleurs que ce secteur pèse pour 84,6 milliards$ dans le PIB si l'on compte ses impacts directs, indirects et induits.Pour illustrer, l'effet direct, c'est le revenu des créateurs.L'effet indirect, c'est une part du salaire de l'imprimeur qui imprime les affiches du spectacle, ainsi qu'une part du salaire du papetier qui en fabrique le papier.Enfin, l'ef fet induit, c'est une part du salaire de l'épicier chez qui le créateur, l'imprimeur et le papetier font leurs courses, de même qu'une part du salaire du coiffeur chez qui cet épicier se fait tondre, et ainsi de suite.En additionnant tous les revenus provenant des multiples cycles de production et de consommation, on arrive à 84,6 milliards.En divisant cette somme par la dépense publique, on trouve un rapport de 11 pour un.Le Conference Board ne fait pas ce calcul erroné.Mais cela n'empêche nullement les auteurs de Culture en péril d'affirmer que l'investissement public «rapporte» 11 fois sa mise à l'économie.L'UDA, entre autres, en a tiré une conclusion semblable.La principale faille dans ce raisonnement, c'est que toute dépense publique est forcément financée par un prélèvement ailleurs dans l'économie.Si les 7,9 milliards $ étaient restés dans le poches des contribuables, ceux-ci les auraient dépensés autrement.L'imprimeur, le papetier, l'épicier et son coiffeur auraient quand même travaillé, mais pour d'autres clients.Quant aux créateurs et aux entrepreneurs culturels, ceux-ci auraient produit moins d'oeuvres, mais ils auraient sans doute quand même travaillé ailleurs dans l'économie.Les gouvernements auraient récolté les mêmes taxes et impôts (ou presque) sans avoir eu à «investir» un cent.(\u2026) Défendre le soutien public au secteur culturel par l'argument des retombées, c'est travestir l'analyse économique.Et c'est aussi lâcher la proie pour l'ombre : car si les Canadiens choisissent de maintenir le soutien public à la culture, ce devrait être au nom de la valeur artistique des oeuvres, et non pour protéger le bacon des uns et des autres.La vérité en péril Il faut «manipuler frauduleusement » les chiffres pour affirmer que la culture rapporte 11 fois les sommes investies Si les Canadiens choisissent de maintenir le soutien public à la culture, ce devrait être au nom de la valeur artistique des oeuvres, et non pour protéger le bacon des uns et des autres.LISEZ LE BLOGUE DE L'ÉDITO www.cyberpresse.ca/edito VINCENT DELISLE L'auteur est stratège financier chez Scotia Capitaux.La récente déroute des icônes de la f inance amér icaine a semé un effroi sans précédent dans la population.Si bien que des deux côtés de la frontière, les enjeux électoraux sont désormais dictés par les aléas quotidiens des places financières.Aux États-Unis, le candidat présidentiel républicain, John Mc Cain, tente de remonter dans les sondages en cherchant à s'établir comme un des principaux acteurs des efforts de sauvetage.Au Canada, les belles années de croissance sont terminées et le prochain gouvernement aura à négocier avec une économie en sérieuse perte de vitesse et un surplus qui risque de disparaître momentanément.L'importance des sommes libérées par les banques centrales et le Trésor américain depuis quelques semaines ajoute au surréalisme de la situation.Les faillites et les sauvetages des Lehman Brothers et autres Freddie Mac (combien avaient entendu parler de ces institutions avant ?) alimentent certes les pires appréhensions.Mais l'ampleur des conséquences de la saignée à Wall Street dépendra de la rapidité avec laquelle la confiance se rétablira.L'augmentation des coûts du crédit sera LA conséquence économique directe de l'ouragan qui souffle sur Wall Street.Et comme le coût de financement des institutions financières a bondi et qu'elles doivent renflouer leur capital, les conditions de crédit offertes aux consommateurs et aux entreprises se sont resserrées considérablement.En bref, il y a moins de crédit disponible, ce qui implique qu'il y aura moins de consommation.Un repli des dépenses de consommation est habituellement l'élément déclencheur d'une récession.Tant que le fonctionnement des marchés monétaires reste aussi chaotique, on risque une détérioration encore plus marquée du marché du crédit.Un tel scénario aurait des impacts plus pernicieux et il risquerait de prolonger la récession qui pointe à l'horizon.On voit déjà venir la vague, mais on peut encore éviter le tsunami ! La plus sévère depuis la Grande Dépression La crise qui sévit actuellement chez nos voisins du sud est la plus sévère depuis les années 30, mais l'ampleur des conséquences tangibles sur le quotidien des ménages reste encore difficile à déterminer.Jusqu'à maintenant, nous assistons à l'éradication du modèle de Wall Street, alors que le secteur financier américain traverse une profonde remise en question.Wall Street vit SA «dépression» et l'économie est au bord de la récession.Depuis deux semaines, les investisseurs retiennent leur souffle en espérant voir revenir une certaine normalité dans le marché du crédit; voilà l'enjeu réel de cette crise financière.Les carences du système financier américain ont également mis en valeur les qualités du système canadien.Depuis la mi-juillet, nous assistons à un changement de leadership majeur sur les marchés boursiers mondiaux, qui traduit l'inconfort économique des investisseurs.Plus précisément, ce revirement reflète l'évolution des craintes des investisseurs qui voient désormais la récession comme principale menace plutôt que l'inflation.Au revoir la stagflation et, surtout, au revoir les scénarios de pétrole à 200$US le baril! L'impact pour l'indice boursier canadien a été fulgurant : le TSX a perdu 15% de sa valeur depuis trois mois (contre une baisse de 6% pour le S&P 500).D'autres indices à connotation ressources (Russie - 39% en trois mois, Brésil - 21%) ont aussi largement souffert.Les États-Unis sont aux premières loges de ce fiasco et leurs autorités financières ont été des plus actives, au cours des derniers mois, sur le plan fiscal et monétaire.Les autres pays du G7 devront mettre l'épaule à la roue et y aller de leurs propres initiatives de relance, notamment avec des baisses de taux d'intérêt.Vague ou tsunami?De Wall Street à Main Street, la crise financière aux États-Unis incite tout le monde à retenir son souffle AFP PHOTO/NICHOLAS ROBERTS Le plan de sauvetage de 700 milliardsUS$ proposé par l'administration Bush a suscité de vives réactions dans la population américaine.Des manifestants se sont notamment fait entendre jeudi à New York, près de la statue de George Washington.L'augmentation des coûts du crédit sera LA conséquence économique directe de l'ouragan qui souffle sur Wall Street.Jack Layton pourrait être le seul à se trouver, le 14 octobre, en meilleure pos i t ion qu' il l'é t a i t ava nt la campagne.M.Harper, en bonne partie à cause de son plan sur les jeunes criminels, risque de perdre aux mains du Bloc le gouvernement majoritaire que le Québec aurait pu lui donner.M.Duceppe, s'il réussit à conserver ses acquis, pourra toujours crier victoire pour la galerie, mais ce sera une victoire vide de sens qui n'aboutira qu'à la constitution, pour la 15e année consécutive, d'un groupe parlementaire impuissant et braillard, promis à l'opposition perpétuelle.Quant à M.Dion, ce sera la descente aux enfers.Le maximum que le NPD puisse espérer serait de déloger les libéraux de l'opposition officielle - ce qui serait une gigantesque avancée.Il reste que le NPD semble en train de se départir de ses habits étriqués de tiers parti voué à la marginalité; c'est déjà un très gros pas en avant.Le NPD partage avec les conservateurs le monopole sur la Colombie-Britannique, où le Parti libéral va perdre le peu qu'il lui restait.Il performera bien, aussi, dans les Prairies.Et en Ontario, bien des libéraux découragés pourraient glisser de son côté.Au Québec, l'opération charme a bien marché ; elle ne se traduira pas par une augmentation des sièges, mais il y aura un petit capital pour la prochaine fois.En Ontario, le NPD doit lutter contre le très mauvais souvenir qu'a laissé le règne néo-démocrate de Bob Rae\u2026 mais c'est une fatalité qui hante aussi le PLC, puisque M.Rae est passé chez les libéraux.À l'ouest, la donne est très différente, parce que le NPD a déjà formé des gouvernements relativement compétents en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Manitoba.Dans les Prairies en particulier, les administrations néo-démocrates se sont gagné la réputation de bien gérer les finances publiques.(N'oublions pas que le CCF, l'ancêtre du NPD, est né des coopératives agricoles ; or, s'il y a quelque chose que les fermiers détestent, ce sont les dettes et les déficits !).D'ailleurs, Jack Layton ne s'en cache pas : il entend réformer son parti à l'image du NPD manitobain de Gary Doer.Un parti terre à terre et modéré, bref un parti de gouvernement.Cela ne se fera pas en criant ciseau.Le NPD fédéral, parce qu'il n'a jamais eu l'expérience du pouvoir, s'est souvent distingué par ses projets fumeux, il a toujours attiré des militants fantasques et radicaux, comme sa députée Irene Mathyssen qui a accusé un collègue conservateur de consommer de la porno alors qu'il regardait, sur son portable, une photo de sa propre femme en maillot de bain.Encore il y a deux ans, les délégués au congrès du NPD, à Québec, rêvaient de nationaliser les industries primaires et d'exclure le Canada de NORAD, de l'ALENA et de l'OMC.Même aujourd'hui, le NPD a souvent le nez dans les nuages, comme lorsqu'il réclame un moratoire complet sur l'exploitation des sables bitumineux, le retrait instantané de l'Afghanistan, ou l'interdiction pour les réseaux de télévision de diffuser des émissions non-canadiennes aux heures de grande écoute.Et le NPD reste handicapé par ses liens organiques avec les syndicats du Canada anglais, dont il dépend pour son financement et son organisation.Pourta nt, il y a des changements : M.Layton a mis la pédale douce sur la rhétorique antiaméricaine, et au lieu de ne parler que des damnés de la terre, il s'est donné comme priorité la défense des « familles qui travaillent ».Et ce parti qui a toujours voulu flamber l'argent des autres fait aujourd'hui moins de promesses coûteuses que les libéraux.Sa plus coûteuse (un système de garderies modelé sur le Québec) n'a rien d'extravagant.En somme, et c'est là une grande loi de la politique, plus le NPD visera le pouvoir, serait-ce par étapes, plus il abandonnera ses oripeaux de formation marginale et radicale pour devenir un parti de centre gauche.BURN AFTER\u2026 Marre de la campagne ?De la crise bancaire américaine?Des simagrées de John Mc Cain?C'est samedi, faites-vous plaisir, allez voir Burn After Reading, le dernier-né des géniaux frères Coen.J'ai ri aux larmes du début à la fin de cette satire cynique et savoureuse servie par de très grands acteurs.(Mais de grâce, n'allez pas voir une version doublée !) Petit train va loin\u2026 Plus le NPD visera le pouvoir, plus il abandonnera ses oripeaux de formation radicale et marginale. À VOTRE TOUR VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 PETER STUART L'auteur est un résidant de la ville de Québec.J'ai trouvé choquant le clip mis en ondes sur You Tube par des artistes québécois pour s'opposer aux compressions du gouvernement Harper en matière culturelle.Le ton de ce clip est très méprisant envers les anglophones et le Canada en général.Dans le clip, on fait passer les fonctionnaires fédéraux pour une bande d'intégristes fanatiques chrétiens qui ne sont pas capables de faire la distinction entre le mot «phoque », et «f___», et finissent par remettre en question l'orientation sexuelle et les croyances spirituelles des artistes québécois qui sont venus demander une subvention pour leur festival.De plus, on se moque de la piètre maîtrise de la langue française de ces mêmes fonctionnaires fédéraux anglophones, leur faisant prononcer «suceux» au lieu de «soucieux», comme pour faire passer le message que le Canada «suce», en voulant dire que ce n'est pas un bon pays.Je peux vous dire que comme Québécois d'origine mixte (canadienne- française/i rlandaise/ écossaise), je peux témoigner de beaucoup de gestes et d'actes de tolérance et d'amour non seulement entre des anglophones et des francophones, mais aussi entre des gens de toutes origines ethnolinguistiques, et de partout au Canada.Non, le Canada, ça ne «suce» pas, M.Rivard.C'est un pays qui a été bâti par des gens qui ont travaillé fort de génération en génération et souvent en surmontant des obstacles apparemment infranchissables.Ce ne sont surtout pas des commentaires haineux, méprisants et anglophobes comme ceux-ci qui vont aider à faire «reach across the great divide», comme l'a dit Sass Jordan (une artiste canadienne qui a déjà reçu de l'aide du gouvernement canadien).Elle parlait de la division entre l'est et l'ouest de Montréal, mais ça pourrait être n'importe quel clivage.Je pense que M.Rivard et compagnie, s'ils croient vraiment être les curés de la nouvelle Église québécoise de la culture populaire de l'amour et de la tolérance, doivent des excuses aux Canadiens, et surtout aux anglophones de ce pays.Excusez-vous, M.Rivard! SACHA PELISSIER Je trouve déplorable de constater la campagne de peur à l'égard des conservateurs.Cependant, faut-il s'en étonner dans une société québécoise de gauche et très libérale! Quel les sont les va leur s conservatrices ?Plus d'insistance sur la famille, une plus grande justice, moins de gouvernements, moins d'impôt et de taxation, plus de responsabilité individuelle, plus d'insistance sur le devoir des citoyens (et non seulement les droits), la promotion des valeurs plus traditionnelles, le renforcement des Forces armées (non pour la guerre) mais pour la promotion de la paix, de la justice et de l'entraide dans le monde (Afghanistan), etc.Ces valeurs vous font peur?Ces valeurs ne sont-elles pas autant québécoises que canadiennes?I l n'a jamais été question pour les conservateurs d'ouvrir le débat sur l'avortement durant cette campagne, malgré le grand besoin de débattre de ce sujet afin de restreindre au strict minimum de telles interventions.Vous ne trouvez pas incroyable que nous soyons un des seuls pays (sinon le seul) à n'avoir aucune législation sur la question?Pour ce qui est des croyances religieuses, cela fait partie du domaine privé! N'avons-nous pas tous des croyances?Sur quelle base un athée ou un agnostique serait plus qualifié (qu'un croyant) comme politicien?Et que dire des pervers, des libertins, des échangistes?Nous en avons peutêtre comme politiciens.Où sont les gens pour les dénoncer?Espérons que la lucidité des électeurs saura se frayer un chemin à travers toute cette démagogie de gauche typiquement québécoise ! Une aile gauche québécoise démagogique Enfantillages de politiciens Je déplore les méthodes que les politiciens prennent pour mener leur campagne électorale.On se croirait à la petite école! Je pensais que les temps avaient changé, que les gens apprenaient en vieillissant et que le respect et la sagesse venaient avec l'âge, mais je me suis trompée.En suivant la campagne électorale, je me sens revivre au temps du primaire et du secondaire, où les enfants sont cruels les uns envers les autres et où les plus forts rabaissent les plus faibles pour se donner de l'importance et de la popularité.Malheureusement, à l'époque ces méthodes fonctionnaient.Les politiciens ont cependant omis que maintenant leurs spectateurs n'ont plus 10-12 ans et qu'ils sont capables de réfléchir rationnellement.Je trouve ridicule, faible, voire consternant, d'agir de la sorte.Défendez vos opinions, montrez-nous ce que vous avez comme projets, faites vos preuves, mais arrêtez de détruire les autres autour de vous.Comment pouvez-vous respecter la population si vous n'êtes même pas capables de respecter vos adversaires ?Valérie Perreault, étudiante en littérature, Joliette Le nationalisme perdant de Dion Au tout début de la campagne électorale, Stéphane Dion faisait sa première profession de foi nationaliste en affirmant qu'il était aussi nationaliste que Gilles Duceppe.J'ai sursauté, trouvant l'affirmation puérile et tactiquement malhabile.Sur le terreau du nationalisme, le chef libéral ne pourra jamais l'emporter sur le chef du Bloc ou même Stephen Harper.Dans le numéro de La Presse du 22 septembre, Stéphane Dion en remet en disant qu'il est un nationaliste québécois et qu'il aime les gens, la terre et l'hiver québécois (avis aux snowbirds.).La première erreur est donc répétée.Le chef de l'opposition devrait se concentrer sur une promotion aisément compréhensible de son plan vert et une forte et passionnée défense du fédéralisme et des valeurs canadiennes, mises à rude épreuve par le gouvernement conservateur.Ne pas s'empêtrer dans l'idéologie nationaliste québécoise où, de toute façon, il est perdant.Michel Lebel, Entrelacs Crise financière inquiétante En tant qu'électeurs dans le contexte d'une campagne électorale fédérale, nous sommes à même de nous demander ce qu'un futur gouvernement entend prendre comme initiative pour protéger ses citoyens de la crise financière qui sévit actuellement aux États-Unis.Ne soyons pas dupes, l'économie canadienne est excessivement dépendante de l'économie américaine.En observant ce qui est proposé par les conservateurs et Stephen Harper, rien n'est très rassurant.En effet, alors que l'administration Bush, la grande prêtresse du libre marché, est en train de mettre sur pied un programme de sauvegarde sans précédent des grandes institutions financières en difficulté, les conservateurs proposent encore plus de déréglementation et de politiques économiques néolibérales.Si le géant économique américain sous gouverne néo-conservatrice comprend que le marché à lui seul ne peut tout régler, nous sommes en droit de nous demander pourquoi M.Harper persévère à défendre son idéologie du laisser-faire.Olivier Dickson, Sherbroke Enlevez votre soutane libérale En refusant une coalition avec le NPD, M.Dion démontre un manque de sincérité.Même avec les meilleures idées au monde, les grands partis politiques ne sont pas crédibles.Avec toutes les idées progressistes que M.Dion a en tête, il ne devrait pas faire partie du Parti libéral, mais du Nouveau Parti démocratique.Ainsi, on sentirait davantage de volonté politique ou de sincérité dans la réalisation de ses promesses.On ne peut pas être pour la vertu et faire partie d'un groupe qui en est dénué.Voilà pourquoi son message ne passe pas.En enlevant tous ses vêtements rouges, peut-être qu'on pourrait apercevoir un petit bout de vert, mais rien ne dit que son petit bout de vert est capable de porter fruit.Il se pourrait même que les fruits soient amers.S.V.P., M.Dion, enlevez votre soutane libérale et revêtez-vous de la bure du NPD, vous ne risquerez plus d'être poignardé dans le dos et les gens vont commencer à vous prendre au sérieux.Jean Lespérance Un camion polluant ! L'ex-sénateur Michael Fortier a évidemment droit à ses opinions politiques lorsqu'il affiche le coût de la présence du Bloc à Ottawa depuis 18 ans, mais sa façon de véhiculer (c'est le cas de le dire) son message est parfaitement représentative de son parti : avec un camion polluant ! Louis-Philippe Lamy, Sainte-Thérèse LAETITIA DECONINCK, LE SOLEIL Québécois d'origine mixte (canadienne-française/irlandaise/écossaise), Peter Stuart n'a pas apprécié le jeu des Michel Rivard, Benoit Brière et Stéphane Rousseau dans le clip Culture en péril.Le ton du clip mis en ondes sur You Tube est très méprisant envers les anglophones et le Canada en général.PHOTO JONATHAN HAYWARD, PC Contrairement à ce que dit la gauche québécoise, il n'a jamais été question pour les conservateurs de Stephen Harper d'ouvrir le débat sur l'avortement durant cette campagne.ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2008 FORUM@LAPRESSE.CA "]
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