La presse, 28 septembre 2008, P. Lectures
[" 3576823A LECTURES L'ALGÉRIE PERDUE DE YASMINA KHADRA PAGE 3 ENTREVUE LE RETOUR D'ARLETTE COUSTURE PAGE 5 sur cyberpresse.ca BILLET Retrouvez les chroniques de Chantal Guy sur cyberpresse.ca/guy AMOUREUX Amoureux du français ?Notre blogueur Paul Roux vous donne rendez-vous sur cyberpresse.ca/roux Après les samouraïs et les Vikings, Paul Ohl s'attaque à son premier sujet romanesque québécois: Jos.Montferrand.DANIEL LEMAY Les épaules larges de même, pas long de cou, battoirs à l'avenant: on imagine facilement qu'il pourrait encore se tailler un chemin dans la ruelle sombre, même à 68 ans.Âge respectable que Paul Ohl atteindra mardi, le 1er octobre, jour de la sortie de Montferrand - Le prix de l'honneur.Son premier roman portant sur un sujet québécois arrive 33 ans après son premier livre - Les arts martiaux - L'héritage des samouraïs (1975) - et 50 ans après que Gilles Vigneault eut fait scandale avec un vilain mot : Le cul su'l'bord du Cap Diamant/Les pieds dans l'eau du Saint-Laurent/J'ai jasé un p'tit bout de temps avec le grand Jos.Montferrand.À ces bornes historiques connues, vérifiables, s'ajoutent celles de la naissance et de la mort de Joseph Montferrand, Montréal 1802-1864.Entre ces deux dates, nous explique l'ancien para-commando du Royal 22e Régiment, se trouve «un vide qui permet tout le travail de création».En remplissant ce vide, Paul Ohl a d'abord voulu, dans ce premier tome, «donner une jeunesse à Jos.Montferrand», héros légendaire du petit peuple canadien- français du début du XIXe siècle, une époque où, au chantier ou à la taverne du quartier, tout se réglait au bout du poing.Au-delà des exploits de son héros, Ohl a voulu peindre la société canadienne- française de l'époque, une entreprise qui pourrait lui attirer les foudres de bien des «gérants d'estrade».Combler ce vide représente aussi pour Paul Ohl le franchissement d'une étape importante de sa vie de littérateur: «Mon ami Hubert Aquin me disait toujours que je cesserais d'être un auteur pour devenir écrivain lorsque je prendrais le risque de l'imaginaire.» Des samouraïs japonais (Katana) aux Vikings (Drakka) en passant par l'empire inca (Soleil noir), Paul Ohl a souvent pris le « risque» du roman historique mais jamais avec un sujet québécois.Pourquoi avoir attendu si longtemps ?«Je suis Alsacien d'origine ; je suis arrivé ici quand j'avais 10 ans et, même après m'être consacré à l'écriture, j 'ai toujours gardé cette petite gêne.Là, j'ai décidé qu'il était temps de m'en départir.» Après Louis Cyr Jos.Montferrand n'est pas le premier sujet québécois de Paul Ohl, qui a publié en 2005 un ouvrage impressionnant sur Louis Cyr, la première star internationale du Canada français.«Les deux sujets n'ont rien à voir l'un avec l'autre.J'ai écrit une biographie classique de Louis Cyr, qui s'était fait connaître par ses exploits, tous documentés, d'homme fort.Montferrand, lui, est un personnage de légende, un coeur noble, comme Lancelot du Lac, qui relevait des défis impossibles pour défendre les petites gens.» Tout le temps contre des Anglais ou leurs apparentés, comme ces 150 «shiners» (chaîneurs) irlandais que Montferrand a plantés, seul, un jour de 1829 sur le pont Union entre Hull et Ottawa que les boulés, probablement «chauds », voulaient interdire aux bûcherons canadiens- français.«En laissant libre cours aux errances du récit folklorique», Paul Ohl promet de tirer, dans le deuxième tome, une «pièce d'anthologie» de ce joyau de la tradition populaire.Et il y a la bataille de Québec, et l'échauffourée historique du Champ-de-Mars, où les autres en ont encore pris plein la gueule.Paul Ohl a lu et relu les écrits de Benjamin Sulte (L'histoire de Jos.Montferrand, l'athlète canadien) mais avoue tirer orgueil du fait qu'il «complète» la recherche qu'avait entreprise Wilfrid Laurier (1841- 1919) pour une série dont on ne lira que deux épisodes avant que ne ferme le journal l'Indépendance canadienne en 1868: «Aucun nom, écrivait alors le futur premier ministre du Canada, après celui du grand Papineau, n'a été plus popularisé partout où, sur la terre d'Amérique, se parle la langue de France.» Beau sujet - beau test aussi - pour ce que Paul Ohl appelle sa «rentrée québécoise ».MONTFERRAND\u2014 LE PRIXDEL'HONNEUR Paul Ohl Libre Expression, 370 pages, 29,95$ ENTREVUE La rentrée québécoise de Paul Ohl PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Paul Ohl a pris le «risque de l'imaginaire » en donnant une jeunesse à Jos.Montferrand dans le premier tome de son ouvrage sur cette légendaire figure d'ici.« Jos.Montferrand était un coeur noble comme Lancelot du Lac.» MATHIEU PERREAULT Cet te sema ine, Stephen Harper a annoncé un resserrement des règles pour les jeunes contrevenants.De nombreux experts ont dénoncé cette approche et souligné que la criminalité est en chute libre au Canada depuis une quinzaine d'années.En fait, elle décline régulièrement depuis près de 800 ans en Occident, affirme Robert Muchembled.L'historien français est de passage à Montréal ce week-end pour promouvoir son dernier livre, Une histoire de la violence.«À partir du XVIIe siècle en particulier, la violence a été graduellement poussée dans ses derniers retranchements», explique M.Muchembled, qui enseigne aux universités Paris-Nord et Ann Arbor, à Detroit.«On a commencé par interdire les armes, puis les bagarres dans les endroits publics.On s'est tourné vers la violence domestique.Et maintenant, avec la lutte contre les incivilités dans les villes de banlieue en France, on criminalise les actes antisociaux des jeunes qui ne parviennent pas à trouver leur place dans la société.» Pour l'historien parisien, la violence résulte avant tout de la tension entre les adultes bien installés aux commandes de la société et les jeunes hommes qui cherchent à y faire leur chemin.«Le contrat est simple: les jeunes hommes respectent la propriété, les femmes et les filles de leurs aînés, et, en échange, ils ont peu à peu accès aux avantages dont jouissent ces derniers.Mais en temps de crise, l'accès à ces avantages est bloqué, ou à tout le moins ralenti.Il y a donc rupture de contrat et des explosions de violence.Comme cette dernière est de moins en moins tolérée, elle peut de plus en plus trouver des échappatoires acceptables pour s'exprimer.» M.Muchembled donne l'exemple du hooliganisme.Selon lui, il donne lieu à des combats codifiés qui servent d'exutoire, où l'important n'est pas de blesser ou de tuer mais de dominer un adversaire.Les armes sont très peu souvent impliquées, et les hooligans s'en prennent généralement aux autres hooligans, souligne-t-il.ENTREVUE / Robert Muchembled La violence des jeunes hommes >Voir VIOLENCE en page 7 LECTURES DANIEL LEMAY ESSAIS Entre une mère pratiquante qui aurait voulu enseigner et un père, employé de Canad ia n Pac i f i c Railways - toujours prononcé «Cipiarrhes» -, qui ne pouvait lire le journal unilingue anglais de son syndicat amér icain, Jean-Marc Piotte a grandi dans l'immédiat après-guerre comme bien des Canadiens français de l'époque.Pas riche mais pas vraiment dans la misère, sa famille habitait le Faubourg à'm'lasse, entre le fleuve et la «track», près du pont Jacques-Cartier, un lieu où, comme ailleurs dans le Québec «intégriste» du temps, la notion de liberté laissait des choix d'une clarté absolue.Libre, oui, de faire ce que demandait le boss (ou le syndicat) si tu voulais garder ta job, libre aussi, toujours, de sombrer dans les mauvaises lectures, disons - vers le Mal, le choix de chemins était plus vaste - pour aller brûler, l'Éternité durant, aux côtés des autres qui avaient choisi Satan.Le jeune Piotte, un turbulent facétieux qui détestait l'école, ne s'en retrouve pas moins à l'école normale : il sera professeur, d'abord dans une polyvalente puis dans un cégep, avant d'arriver à l'UQAM.Entre-temps, il a étudié la philosophie qui l'a amené, dans la foulée de Descartes, à «soumettre au doute méthodique» tout ce qu'il avait appris: «Chaque individu doit découvrir la vérité en partant de lui-même.» Il découvre Marx et, comme d'autres jeunes du temps à la recherche d'une voie nouvelle, retrouve «dans le marxisme certaines valeurs du christianisme dont ils s'étaient trop hâtivement délestés».Avec, notamment, André Major et Paul Chamberland, il fonde bientôt (1963) la revue Parti-pris, qui représente « la gauche des gauches ».Engagé à fond dans le «syndicalisme de combat» - il sera président du syndicat des professeurs de l'UQAM -, Jean-Marc Piotte est de toutes les luttes dans le Québec bouillonnant des années 70.Aujourd'hui , à presque 70 ans , « le père du marxisme québécois» nous livre, avec Un certain espoir, un essai d'une grande sérénité où s'entrecroisent l'histoire du monde et celle du Québec, son parcours de militant et d'enseignant et ses bribes de vie remontant à sa plus tendre enfance.D'aucuns pourront y voir un bilan, bien qu'il ne s'agisse ici aucunement de mémoires, M.Piotte n'amenant ses expériences personnelles que pour mieux mettre en lumière l'évolution des choses jusqu'à leur état actuel.Qui commande toujours la révolution\u2026 Chercheur de vérité Au fil des pages, le lecteur suivra l'évolution intellectuelle d'un chercheur de vérité qui a su continuer sa quête après l'effondrement de ses plus vibrantes utopies.Ainsi, de son évolution marxiste, M.Piette raconte son difficile retour à la réalité après avoir pris conscience du caractère totalitaire du régime soviétique dans lequel «Marx ne se serait pas reconnu».Et comment, ici, dans sa volonté radicale d'assurer aux travailleurs un mieux-être collectif, il avait minimisé « le saut qu'exige le passage de la lutte syndicale à la lutte politique proprement dite ».Il faut lire les pages sur l'évolution du syndicalisme québécois qui, de force vive du mouvement nationaliste, se retrouve, 30 ans plus tard, «exsangue et déboussolé », devant une certaine apathie de ses membres dont bien des acquis se trouvent pourtant mis à risque par la mondialisation.En face, la bourgeoisie possédante prône le statu quo, bien en contrôle de «l'État de droits oligarchiques» qui, produit historique de la démocratie représentative, «constitue actuellement le meilleur type d'État possible ».Au sein duquel le peuple doit toutefois renforcer son «contrepouvoir » en «investissant directement le champ politique».Pour réaliser l'indépendance du Québec?Non, écrit M.Piotte, qui invite la gauche québécoise, Québec solidaire pour l'heure, à «se libérer du fantasme souverainiste » parce que «le peuple ne tient pas mordicus à l'indépendance car il se sent relativement autonome sur son territoire et guère opprimé par le patriarche fédéral».Quant à la souveraineté culturelle, l'auteur met en garde ceux qui voient dans la sauvegarde de la langue française le seul rempart contre «la culture Disneyland».Le géant états-unien, écritil encore, n'aura de cesse de contourner l'exception culturelle des accords de libre-échange que quand ladite exception aura été totalement battue en brèche.Entre ces analyses de problématiques particulières au Québec moderne où, en bon professeur, M.Piotte évite de «grimper sur le piédestal de celui qui sait », il se penche sur des considérations plus universelles, telles le difficile équilibre entre la liberté et l'égalité, « fondements de la modernité » dont l'école reste l'enjeu majeur.Tous les Québécois ont accès à l'école, oui, mais il faut voir laquelle?Et sur la vie elle-même qui, tient-i l , «n'est sacrée que dans sa dignité».Plus qu'un manifeste de gauche Un certain espoir, le titre ne ment pas, dépasse largement le manifeste de gauche ou tout autre pamphlet qu'on voudrait y voir.Voici une réflexion éclairée et savante sur l'homme moderne qui, comme citoyen, travailleur ou parent, doit faire le meilleur usage de sa liberté, «entre une naissance non choisie et une mort inévitable ».HHHH UN CERTAIN ESPOIR Jean-Marc Piotte Éditions Logiques, 184 pages, 22,95$ De l'espoir du combattant Un certain espoir, le titre ne ment pas, dépasse largement le manifeste de gauche ou tout autre pamphlet qu'on voudrait y voir.MARIE-CLAUDE FORTIN CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE C'est une histoire de fantômes.Une histoire de victimes des chambres à gaz d'Auschwitz revenues hanter les vivants 20, 30 ans plus tard, jusqu'à Bay City, au Michigan.C'est un roman radical, à contre-courant de tout ce qui s'écrit.Un objet de métal hurlant, brûlant, coupant, que l'on ne peut s'empêcher, pourtant, de tourner et retourner entre nos doigts.De quel bois se chauffe cette auteure qui, depuis 10 ans, s'amuse à lancer des pavés dans la mare?Des titres provocants ou glauques - Deuils cannibales et mélancoliques (2000) ; Fleurs de crachat (2005) ; Ventriloquies (avec Martine Delvaux, 2003).Des romans parodiques où elle s'en prend aux intouchables de la littérature québécoise - Ducharme, Aquin.Il n'y a pas à dire, Catherine Mavrikakis, cette prof de littérature de l'Université de Montréal, née à Boston en 1961, est une auteure qui a de la gueule, du mordant, de l'audace.Par où commencer?La narratrice du Ciel de Bay City habite une maison bleu métallique d'une petite ville du Michigan qui s'étale sous un ciel mauve toxique.Dans ce bungalow de tôle, elle grandit auprès de sa mère et de sa tante, deux soeurs qui ont échappé à l'Holocauste grâce à un couple de Normandie qui les a adoptées et qui leur a donné sa langue et son nom.La mère a marié un Italo-Grec new-yorkais qui ne veut pas d'elle.Elle a renié son passé juif, mais aussi sa fille, celle qui nous raconte son histoire.Toutes deux vivent chez la tante, laquelle a épousé un Brésilien et la religion catholique.Au soussol de cette maison que la tante astique et fait reluire à coeur de jour, un petit cagibi abrite deux morts vivants, les grandsparents morts dans les camps de concentration.Contraste Quel contraste entre la Vieille Europe et l'Amérique clinquante que nous dépeint Mavrikakis.Cette Amérique qui a conçu la bombe atomique, qui se délecte de poulet frit à la Kentucky.L'Amérique de Roswell , des Navajos, du Kmart où travaille la narratrice, et où l'on retrouve aussi bien des munitions que des vê tement s pou r bébé.L'Amérique, enfin, d'A l ice Cooper (né à Detroit), idole de la narratrice, dont le visage d'ange déchu, et les chansons, hantent les pages.Lire ce roman de Catherine Mavrikakis tout en écoutant Only Women Bleed ou Caught In A Dream, ou encore Welcome to My Nightmare, est une expérience marquante.Un grand maelström Tout au long de ce roman dont l'héroïne, ici commedans Ça va aller, rappelle la Bérénice de L'avalée des avalés, on est pris, avalés par cette écriture qui emporte tout comme dans un grand maelström.«Nous sommes condamnés au ciel dans lequel nous avons la folle et risible prétention de ne pas croire.» Perchés bien haut dans la cabane d'Amy, aménagée dans un grand sapin, écrasés sous les ciels mauve de Bay City, noir d'Auschwitz, rouge de l'Inde, on est pris de vertige.L'espoir, le coin de ciel bleu, dans toute cette tragédie, nous viendra de la fille d'Amy, Heaven, toute de bonté, de confiance en l'avenir.Alors que sa mère, elle, est condamnée à porter la douleur des générations qui l'ont précédée.Ce roma n de Cat he r i ne Mavrikakis, plein de fureur, est un feu d'artifice dans un ciel noir.Une bombe.Sa forme étrange - le « flash-forward» effréné des premières pages qui balaie les années 60 et les années 70, puis le récit détaillé de quelques jours cruciaux dans la vie de la narratrice -, son odeur d'essence, sa langue provocante, en font une oeuvre fascinante dont on sort secoué, courbaturé, épuisé, mais franchement ébloui.HHHH LE CIEL DE BAY CITY Catherine Mavrikakis Éditions Héliotrope, 291 pages, 24,95$ LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Bienvenue dans mon cauchemar Écrasés sous les ciels mauve de Bay City, noir d'Auschwitz, rouge de l'Inde, on est pris de vertige.L'écrit, l'écran Le nouveau f ilm de Philippe Falardeau (La moitié gauche du frigo, Congorama) a pris l'affiche au Québec vendredi.C'est pas moi, je le jure !, mettant en vedette Suzanne Clément, Daniel Brière et Antoine L'écuyer, est inspiré de deux romans de Bruno Hébert, Alice court avec René et C'est pas moi, je le jure !, ce dernier, premier roman de l'auteur, s'étant mérité le Prix des libraires et le prix France-Québec en 1998.Boréal les réunit en coffret dans sa collection Compact pour la sortie du film, au coût de 25,90 $ .L'occas ion pour les cinéphiles de découvrir sur papier l'univers assez-fucké-merci de Léon Doré, garçon aux prises avec une famille déjantée, une cour d'école minée, et un premier amour naissant.Notre collègue Marie-Claude Fortin écrivait à la sortie d'Alice court avec René : « Bruno Hébert y a mis une sensibilité vraiment très fine, un humour tendre, une pointe de tristesse, et une profonde compréhension de la réalité de ces enfants qu'on appellerait, aujourd'hui, des rejects.» \u2014 Chantal Guy SIGNET CHANTAL GUY En lisant les commentaires qui ont été écrits sur la réaction des artistes contre les coupes du gouvernement Harper en culture, un seul a retenu mon attention.Je ne me souviens plus de l'auteur, mais il disait en gros ceci: « Je n'ai pas envie qu'une partie de mes impôts finance quelqu'un qui a une vie plus intéressante que la mienne.» Sérieux, je ne sais quoi répliquer devant tant de franchise.C'est un artiste, ce que je ne suis pas, qui devrait répondre.On a beau râler, l'idée romantique de l'artiste libre, sans contrainte, qui ne connaît pas la lente dépossession de soi par un travail abrutissant, est un mythe tenace.Aussi porteur d'espoir pour ceux qui chérissent le fantasme d'avoir une telle vie qu'il sert aux détracteurs des artistes, ces sangsues qui se payent du bon temps à la sueur des travailleurs.Leur vie est plus intéressante que la nôtre.Si on leur apprend, comme on l'a appris cette semaine, que Lucy Maud Montgomery, auteure d'Anne.la maison aux pignons verts, s'est suicidée, cela peut-il changer quoi que soit à leur perception?Nah.Préférons-nous nos artistes dans la dèche ou dans le confort?Quelle importance accordonsnous à leurs réflexions selon qu'elles soient nées de la nécessité ou de l'abondance?L'écrivain a-t-il plus de profondeur lorsqu'il touche les bas-fonds ou lorsqu'il a la possibilité de s'élever au-dessus des contraintes du commun?Ça tombe mal comme question: la pire crise économique depuis 1929 nous pend au bout du nez.Mes amis et moi, de temps à autre, jouons à un jeu cruel, qui consiste à penser contre soi.Juste pour voir ce que cela nous fait.«Dans le fond, il est temps de faire le ménage dans cette bande de quêteux, et de les ramener à la loi fondamentale de l'espèce: la survie.- Au bout du compte, les seuls qui continueront à créer sont ceux qui y croient vraiment.Cela nous épargnera un tas de mauvais bouquins.- Cela ne peut leur faire que du bien d'en arracher : ils vont finir par comprendre que l'art, comme la guerre, exige un sacrifice.- Veux-tu ben me dire à quoi servent les chaises à Goulet si on ne peut pas s'asseoir dessus?- Vas te faire couper les cheveux, le pouilleux!» Qu'est-ce que ça fait?C'est simple: ça fait du bien.L'exercice est très délassant pour l'esprit.Action, réaction.Problème, solution.Nous prenons congé de la complexité et des « oui, mais.» propres à la gogauche.Quitte à entendre le mot culture, sortons notre revolver.J'en oublie ceux qui ont sombré dans l'abîme du rêve.« La bohème, ce désespoir couleur café-crème », écrivait Louis-Ferdinand Céline, alias Docteur Destouches, qui retapait ses malades tout en écrivant l'une des grandes oeuvres de son siècle.Bukowski, qui l'admirait, se farcissait des boulots pénibles et se vengeait le soir en tapant sur sa machine à écrire.«Garde le désespoir embouteillé, écrit-il à Jim Roman en 1965.Nous finirons tous sous une poignée de fleurs séchées.» Sur sa tombe, cette mise en garde: Don't Try.«La bohème n'est pas un chemin mais un cul-de-sac», écrivait Henry Murger, qui lui a donné ses lettres de noblesse, avant de mourir du purpura dans d'atroces souffrances.«Vivez d'expédients», conseillait Cioran, qui mangeait dans les cafétérias des universités.Combien d'écrivains le sont devenus pour conjurer la fatalité?Ne faisons-nous pas de même en les lisant?Je me souviens qu'à l'époque étriquée de mes études, il me suffisait d'ouvrir un livre pour oublier que j'étais pauvre.Entourée de livres, je me suis toujours sentie riche, même si j'en ai vendu plusieurs à L'Échange pour boucler des fins de mois difficiles.Cela ressemblait aux Combustibles de Nothomb, je ne gardais que les écrivains qui étaient pour moi aussi vitaux que le pain.Quand on parle de l'importance de la culture, en ce qui me concerne, ce n'est pas pour faire joli dans les conversations.C'est que parfois, on en a vraiment besoin.Dans ces moments extrêmes où nous ne savons plus trop qui de l'artiste ou de son public aide l'autre, mais où il est clair que nous ne pourrions supporter l'existence tout seuls.La bohème .Coup de coeur Nouvelle entree R Quebecois PALMARES DES VENTES 15 au 21 septembre 2008 Cette semaine, nous avons vendu 21 280 titres differents.Un reseau de 24 librairies Service aux entreprises et aux institutions : 1 800 667-3628 renaud-bray.com 1 LES CHEVALIERS D'EMERAUDE, t.12 .Irianeth A.Robillard R Science-fiction Ed.de Mortagne 2 AQUI FERAIS-JE DE LA PEINE SI J'ETAIS MOI-MEME J.Salome Psychologie Ed.de l'Homme 3 MILLENIUM, t.1 ., 2 ., 3 .S.Larsson Polar Actes Sud 4 LESPETITES BOUCHESANOURRIR S.Demeules R Cuisine Quebecor 5 LA GUERISON INTERIEURE.Par l'acceptation et le.C.Portelance Psychologie Ed.du CRAM 6 CE QUE LE JOURDOITALANUIT .Y.Khadra Roman Julliard 7 LE GUIDE DE L'AUTO 2009 Collectif Guide Trecarre 8 MANGE, PRIE, AIME .E.Gilbert Biographie Calmann-Levy 9 CHERE LAURETTE, t.1.Des reves plein la tete M.David R Roman Hurtubise HMH 10 BOITESALUNCH SANTE G.O'Gleman R Cuisine La Semaine 11 ELEGIE POUR UN AMERICAIN .S.Hustvedt Roman Lemeac 12 LE FAIT DU PRINCE A.Nothomb Roman Albin Michel 13 LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT .E.Tolle Esoterisme Ariane 14 QUE FUIS-JE?OUCOURS-TU?AQUOI SERVONS-NOUS ?T.D'Ansembourg Psychologie Ed.de l'Homme 15 GIN TONIC ET CONCOMBRE .R.Germain R Roman Libre Expression 16 M.ETMME JEAN-BAPTISTE ROUET D.Monette R Roman Ed.Logiques 17 NOUVELLE TERRE .E.Tolle Esoterisme Ariane 18 ENVOYE SPECIAL M.Jean R Biographie Ed.Stanke 19 SOUTIEN-GORGE ROSE ET VESTON NOIR .R.Germain R Roman Libre Expression 20 LESREVES DE MON PERE .B.Obama Biographie Presses de la Cite 21 TOUTES CESCHOSES QU'ON NE S'EST PAS DITES M.Levy Roman Laffont 22 MISERERE J.-C.Grange Polar Albin Michel 23 JE N'AURAI PAS LE TEMPS .H.Reeves R Sciences Ed.du Seuil 24 MULTIDICTIONNAIREDE LALANGUE FR.39,95 $ M.-E.De Villers Dictionnaire Quebec Amerique 25 PRENDS-MOI DANS TES BRAS .M.Petrowski Biographie VLB Editeur 26 LE SECRET .R.Byrne Psychologie Un monde different 27 LA PRINCESSEDES GLACES C.Lackberg Polar Actes Sud 28 VOTRE GROSSESSE AU JOUR LE JOUR .L.Regan Maternite Hurtubise HMH 29 UN LIEU INCERTAIN .F.Vargas Polar Viviane Hamy 30 S'ORGANISER POUR REUSSIR D.Allen Economie Transcontinental 31 LA NOUVELLE GRAMMAIRE EN., 4e edition 12,95 $ M.-E.De Villers Dictionnaire Quebec Amerique 32 2009 : LAGRANDE TRANSFORMATION Collectif Esoterisme Ariane 33 L'ELEGANCE DU HERISSON .M.Barbery Roman Gallimard 34 LES TUNIQUES BLEUES, t.52 .Des bleus dans le brouillard R.Cauvin et W.Lambil Bande dessinee Dupuis 35 LA BIBLE DES CONSERVES L.Rivard R Cuisine Modus Vivendi 36 QUE S'EST-IL VRAIMENT PASSE ?Collectif Histoire Sel.du Reader's Digest 37 UNE DIVINE PLAISANTERIE .M.Laurence R Roman Alto 38 L'ANGE DE PIERRE M.Laurence R Roman Alto 39 SANSRIEN NI PERSONNE .M.Laberge R Roman Boreal 40 CESSEZ D'ETRE GENTIL, SOYEZ VRAI .T.D'Ansembourg Psychologie Ed.de l'Homme 41 LE MINI VISUEL .14,95 $ J.-C.Corbeil R Dictionnaire Quebec Amerique 42 DEPUIS LAFENETRE DE MES CINQ ANS A.Cousture R Roman Libre Expression 43 LESSECRETS DES SAUCES .J.Ferrer Cuisine La Presse 44 CUISINER AVEC LES ALIMENTS CONTRE LE CANCER .Beliveau / Gingras R Cuisine Trecarre 45 ZERO LIMITES J.Vitale Psychologie Ed.Le Dauphin Blanc 3587673A Jean-Paul Dubois Un roman triste, tendre et tres drole a la fois.Tele-Quebec, Bazzo.TV Raconteur d'histoires au talent eprouve, Jean- Paul Dubois fait mouche avec ce roman puissant.Tout sonne juste, jamais un mot de trop.Les personnages sont palpables tant ils sont vrais.Du grand art.Le Figaro Une cinglante reussite.Le Point c Lee Dongsub 272 pages 29,95 $ 3587261A Le nouveau Amelie Nothomb Albin Michel Une rentree d'ecrivains Je est enfin un autre.3586942A LECTURES LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPECIALE PARIS .Dans le langage familier des medias, Mohammed Moulessehoul est ce qu'on appelle un client imprevisible.D'une amabilite parfaite, tout juste teintee d'ironie, il est capable de vous piquer une belle colere si une question ne lui convient pas.Ainsi, pourquoi ce romancier a tres grand succes, traduit dans 35 pays, comme il le rappelle lui-meme, est-il devenu le directeur du Centre culturel algerien a Paris, une fonction officielle qui oblige pour le moins a quelque prudence diplomatique?Certainement pas pour l'argent, bondit-il, car cela me coute de l'argent d'accepter ce travail.Pour le prestige?Mais vous savez a qui vous parlez?Je suis l'un des ecrivains les plus celebres au monde.Je suis plus connu que l'Algerie! Je suis alle en Italie en visite officielle avec le president algerien: je suis passe a la tele, pas lui! Si jai accepte ce poste il y a 18 mois, c'est parce que j'aime mon pays.Parce que ce centre culturel n'est pas au service du regime, mais de l'Algerie.Et parce que je ne fais pas partie de ces Algeriens de Paris qui croient que, pour exister, il faut cracher sur l'Algerie! On l'aura devine au titre de cet article: sous le vrai nom de Mohammed Moulessehoul .une famille de seigneurs du desert dont l'arbre genealogique remonte sur huit siecles! .se cache le celebre romancier algerien Yasmina Khadra, dont les romans sont des best-sellers internationaux depuis une dizaine d'annees.L'attentat, paru en 2005, est en cours d'adaptation a Hollywood, et Les sirenes de Bagdad (2006), en France.Devenu un romancier a plein temps, il a conserve ce pseudonyme feminin constitue de deux prenoms de sa femme, et qu'il avait adopte a une epoque ou il etait encore un officier de haut rang de l'armee algerienne.Au depart, il y avait de quoi etre discret dans la publication de ces romans, car Yasmina Khadra a le plus souvent traite de sujets explosifs : le conflit israelo-palestinien, ou il donne la parole aux protagonistes des deux bords.Et l'islamisme radical, qu'il condamne bien entendu.Dans Ce que le jour doit a la nuit, il s'attaque a un autre sujet delicat: l'Algerie .coloniale ou multiculturelle, comme on voudra.des annees 30 et 40.De cette epoque ou un million de Pieds-Noirs, Francais, Juifs, Espagnols ou Grecs, cohabitaient avec sept ou huit millions d'indigenes, comme on appelait alors les Arabes d'Algerie: Attention, previent l'auteur, je n'ai surtout pas voulu ecrire l'histoire du nationalisme algerien, ou de la colonisation, ou de l'independance.Ce que j'ai ecrit, c'est une histoire d'amour, qui concerne un jeune Arabe algerien \"integre\", Younes, et deux jeunes Francaises, qu'on retrouvera apres 1962 rapatriees dans le sud de la France.Comme tous les Pieds-Noirs, forces de quitter ce pays ou souvent leur famille s'etait installee plus d'un siecle plus tot.En effet, le roman de Khadra, meme s'il court des annees 30 au debut du XXIe siecle, ne se confond nullement avec l'histoire politique de l'Algerie.Qui constitue simplement la toile de fond pour des destins personnels: celui de Younes (Jonas), rejeton d'une famille noble et ruinee, eleve par un oncle bourgeois, lui-meme marie a une Francaise.Cela se passe dans la petite ville de Rio Salado, ou ce Jonas aux yeux bleus a des amis de son age, d'origine francaise, ou espagnole, ou juive.Ce que j'ai voulu mettre en scene, dit le romancier, c'est l'Algerie perdue de la diversite culturelle.Une Algerie que les autres auteurs n'ont pas vue, a cause de leurs rancoeurs ou de leur chauvinisme.C'etait un pays pluriel, genereux, douloureux et extatique.Bien sur, les ecarts etaient enormes entre les deux communautes.Il y avait des colons qui avaient tous les droits, qui pouvaient fouetter les gens, parfois les tuer.Il y avait a tout casser deux ou trois petits Algeriens dans des classes de 30.Mais en meme temps, dans les villes, il y avait une forme de cohabitation.Il y avait un embryon de classe moyenne arabe: enseignants, avocats, medecins.C'etait un pays qui appartenait a toutes ces communautes.Et les Pieds-Noirs ont ete, comme les autres, victimes d'une guerre atroce qui n'a fait que des vaincus.Aujourd'hui les Algeriens sont libres, mais ils sont mutiles.Ils sont orphelins de tous ceux qui ont du fuir en 1962.Aujourd'hui encore, a Alger, a Oran, a Rio Salado, il reste les traces de ces Francais, de ces Espagnols, de ces Juifs.J'ai ecrit ce roman pour ces fantomes qui hantent l'Algerie.Mais, contrairement aux auteurs qui etaient d'un cote ou de l'autre, je l'ai egalement ecrit pour tous les Algeriens.Sans me preoccuper de tenir la balance entre les deux camps.Aujourd'hui encore, le directeur du Centre culturel algerien .qui dans son bureau a des propos etonnamment durs sur le fleau generalise de la corruption a tous les niveaux, sur cet Etat dement-crate qui ne fait pas son travail .caresse le reve d'une grande reconciliation, ou les Algeriens qui le souhaitent recevraient la nationalite francaise, et ou les anciens Pieds-Noirs pourraient redevenir algeriens.On peut toujours rever.Et en tout cas rever d'une Histoire qui se serait deroulee autrement : Jusqu'en 1957, soutient Yasmina Khadra, une issue pacifique au conflit etait encore possible.Il y avait dans les grandes villes des manifestations pour reclamer l'independance au profit de tous les Algeriens.Mais il y a eu la betise humaine, l'arrogance parisienne et, apres 1957, l'irreparable avait ete commis.Avant cette date, les gens auraient pu dire: bien sur, ce colonialisme ne peut pas durer.Nous avons si longtemps exploite l'ignorance, la misere, le sousdeveloppement des autres, mais une nouvelle conscience planetaire s'eveille.Il faut savoir se retirer en seigneurs, ne serait-ce que pour faire oublier nos atrocites.Mais non, il y a eu cette coalition entre une armee demoralisee par Dien Bien Phu et les colons.Et ils ont dit : \"Comment ca se fait qu'ils exigent l'independance, ces bougnoules, ces ratons, ces bicots?On va les ecraser!\" Et ce sont les bicots qui les ont ecrases.Mais a la fin, c'est tout le monde qui a perdu l'Algerie Ce que le jour doit a la nuit, Ed.Julliard, 413 pages.29,95$ ENTREVUE / Yasmina khadra Les fantomes de l'Algerie perdue Je ne fais pas partie de ces Algeriens de Paris qui croient que, pour exister, il faut cracher sur l'Algerie ! PHOTO FOURNIE PAR LES EDITIONS JULLIARD Dans le langage familier des medias, Mohammed Moulessehoul est ce qu'on appelle un client imprevisible.D'une amabilite parfaite, tout juste teintee d'ironie, il est capable de vous piquer une belle colere si une question ne lui convient pas. Rares sont les femmes qui ne se reconnaîtront pas dans l'ouvrage de Danielle Pouliot, Mûres pour l'aventure\u2026 ART GLOBAL 144 pages 24,95 $ 3585391A LECTURES NICOLAS BÉRUBÉ LOS ANGELES \u2014 Cette année est la bonne.C'est maintenant que ça se passe.Peu importe l'issue des élections américaines, le 4 novembre, l'année 2008 est la dernière que George W.Bush passe à la Maison-Blanche.C'est sûr.Coulé dans le béton.Officiel à 100%.Et Michael Moore trépigne d'impatience.Le célèbre documentariste et polémiste attend ce moment depuis huit ans.Au plus haut de la popularité de Bush, Michael Moore le traitait de menteur sur la place publique.Aujourd'hui, son rêve de voir le président républicain quitter la Maison- Blanche la tête basse est à portée de main.Moore n'est cependant pas d'humeur à célébrer.Maintenant que plus personne ne porte attention aux déclarations du président , Michael Moore a décidé de se dévouer à la cause des élections.Les démocrates ont beau avoir tout pour remporter le scrutin, dit-il, rien n'est dans la poche.Tout peut arriver.D'une cer t a i ne façon , le règne de Bush a été profitable à Michael Moore.L'incompétence du président et la corruption du Parti républicain lui ont permis de s'imposer comme polémiste incontournable sur la scène nationale et internationale.Détesté par la droite, adulé par la gauche, Moore a produit des oeuvres remarquables et uniques.Bowling for Columbine et Fahrenheit 9/11 ont attiré les foules et inspiré une génération de documentaristes décidés à mettre en contexte les événements d'actualité.Critiquer Bush a longtemps été un crime de lèse-majesté aux États-Unis.En février 2003, à la cérémonie des Oscars, Michael Moore avait fait scandale en osant dénoncer les discours va-t-enguerre du président, qui voulait vendre «une guerre fictive pour des raisons fictives ».Très peu de commentateurs progressistes ont démontré ce type de courage à l'époque.Moore avait raison au sujet de Bush.Le problème, c'est que cette «victoire» semble lui être montée à la tête.Le Moore de 2008 n'a plus le temps de s'empêtrer dans des explications compliquées.Il a raison, point final.Tout ce qui est dans son chemin mérite d'être balancé dans le fossé.Son nouveau livre, Mike's Election Guide 2008 est moins captivant que ses documentaires, ou que son bouquin précédent, Dude, Where's my Country?, paru en 2004.Moore y prend plaisir à ridiculiser les démocrates, qu'il considère comme une bande d'incompétents sur le point de «perdre l'élection la plus facilement acquise de l'histoire des États-Unis ».Sur la quatrième de couverture, on trouve d'ailleurs une photo d'un troupeau de moutons.Moore peut être juste et incisif.Il fait mouche quand il critique la dérive des grands médias et leur propension naïve à toujours présumer que le gouvernement dit la vérité.«Ils n'ont pas tiré de leçon de la guerre en Irak, écrit Moore.Résultat : la supposée menace nucléaire de l'Iran, je n'y crois pas.Désolé.Je devrai voir leur bombe de mes propres yeux pour y croire.C'est l'un des legs de George W.Bush.» Toutefois, à force de tirer sur tout ce qui bouge, Moore finit par ressembler à un «troll» qui diffuse des commentaires enflammés sur l'internet.Ça déraille complètement quand, il fait mine de répondre à des «questions des lecteurs » au sujet des élections.On se lasse vite de sa prose frénétique entrecoupée de passages écrits en majuscules.Aussi agréable à lire qu'un échange de courriels avec un oncle particulièrement fier de ses opinions politiques.Michael Moore ava it raison au sujet de Bush.Et il a eu le courage de se lever quand tout le monde était assis.Maintenant que le pays est debout, Moore crie pour se faire entendre.Souhaitons que le résultat des élections lui donne l'occasion de décompresser un peu.Et d'éviter la touche «Caps Lock» sur son clavier d'ordinateur.HH1/2 MIKE'S ELECTIONGUIDE Michael Moore Grand Central Publishing, 260 pages, 15,50$ EN ANGLAIS Un Moore de trop MATHIEU PERREAULT Depuis quelques années, l'Organisation de coopération et de développement économiques fait régulièrement les manchettes avec son étude PISA, qui compare les niveaux scolaires d'enfants d'une soixantaine de pays.Le Québec fait généralement bonne figure - cinquième en sciences, quatrième en maths et en lecture l'an dernier.Mais un changement en apparence anodin de PISA fait des vagues.À partir de l'an prochain, une nouvelle catégorie de lecture sera ajoutée: des textes sur l'internet.Pour plusieurs commentateurs, il s'agit d'une pente glissante qui légitime l'idée que les livres sont superflus.Ces craintes sont exagérées, est imai t récemment Roger Chartier, historien de la lecture français qui enseigne au Collège de France et à l'Université de Pennsylvanie, lors d'un passage à Montréal.«Il y a toujours eu différents niveaux de lecture et d'écriture », estime, en entrevue dans un lobby d'hôtel de la rue Sherbrooke, M.Chartier, qui a notamment publié Pratiques de la lecture, Le livre en révolutions et Histoire de la lecture dans le monde occidental.«On n'a qu'à penser aux éditions populaires ou pour enfants, ou au langage des télégrammes.» M.Chartier était à Montréal parce qu'il fait partie du jury du nouveau prix Cundill, remis au meilleur ouvrage historique écrit en français ou en anglais publié dans le monde.Spécialiste de l'histoire de la lecture aux XVIIe et XVIIIe siècles, il en a profité pour faire une conférence sur une pièce de Shakespeare aujourd'hui disparue, Cardenio, elle-même inspirée d'un passage du Don Quichotte de Cervantès.C'est son recul historique qui rend l'historien français moins alarmiste que d'autres spécialistes du livre.«Je suis confiant qu'éventuellement , une hiérarchie de l'internet apparaîtra.On sait maintenant quelles sont les maisons d'édition les plus fiables, mais ça n'a pas toujours été le cas.Pendant plusieurs siècles, en fait jusqu'au XXe siècle, on ne pouvait pas nécessairement considérer que ce qui était imprimé était vrai.Et pourtant, les gens en général considéraient que ce qu'ils lisaient dans un journal, quel qu'il soit, était digne de foi.» Même le phénomène des blogues n'est pas nouveau.«Dans les milieux urbains existe entre le XVIe et le XVIIIe siècle tout un autre ensemble de rapports aux textes qui passent par des lectures collectives, des lectures qui manipulent le texte, déchiffré par les uns pour les autres », écritil dans Pratiques de la lecture.On pense immédiatement aux références incluses dans les blogues et aux commentaires qui en sont une partie intégrante.Même l'aspect graphique de la lecture sur l'internet, souvent décrié par les puristes, n'est pas en soi une innovation.M.Chartier énumère les manières dont les éditeurs de livres peuvent orienter la lecture, de la majuscule aux guillemets, en passant par les italiques.Quiconque a tenté de déchiffrer un texte en allemand sait que les majuscules qui ornent chaque nom, même commun, compliquent la lecture pour un francophone.De toute façon, conclut M.Chartier, la lecture est toujours «créative».«Les lecteurs cherchent souvent l'interprétation correcte d'un texte.Mais chacun en retient ce qu'il veut bien, ce qu'il en peut, sur la base de ses expériences, de ses intérêts, de ses croyances.Un même livre est lu de façon différente, pas nécessairement contraire mais à tout le moins distincte, par deux personnes.» Penser que la lecture est «réductible à ce qui est lu », au livre lui-même, est similaire à la vision dépassée des «esprits des enfants comme une cire molle dans laquelle pouvaient s'imprimer en toute lisibilité les messages du pédagogue».Qu'il soit fragmenté ou qu'il mélange faits et opinions, l'internet ne sera pas radicalement différent du livre.ENTREVUE/Roger Chartier Lire à l'heure de l'internet Le Moore de 2008 n'a plus le temps de s'empêtrer dans des explications compliquées.PHOTO FOURNIE PAR L'UNIVERSITÉ MCGILL Roger Chartier, historien de la lecture : «Je suis confiant qu'éventuellement, une hiérarchie de l'internet apparaîtra.» Une authentique saveur d'enfance, un regard émerveillé et curieux, une soif de vivre à toute allure.Marie-Claude Fortin, Voir c'est pas moi, je le jure ! Coffret de deux romans · 25,90 $ En coffret, les deux romans de Bruno Hébert qui ont inspiré le film de Philippe Falardeau Boréal www.editionsboreal.qc.ca 3587677A LECTURES ENTREVUE Un univers simple et intime HHH DEPUIS LA FENÊTRE DE MES CINQANS Arlette Cousture, Éditions Libre Expression, 200 pages, 22,95$ L'auteure des Filles de Caleb nous livre cette fois un roman qui emmêle la fiction à l'exercice autobiographique.La petite Charlotte, 5 ans, observe de derrière sa fenêtre un monde qui s'ouvre à elle dans toute sa beauté et son horreur.Les apprentissages se succèdent , celui de la vague houleuse de ces émotions qui nous échappent, mais aussi l'apprentissage de l'injustice, de la méchanceté et de la mort.L'action s'échelonne sur une année complète, les chagrins et découvertes de l'enfant s'inscrivant dans l'éclat vif de l'été, le rouge feu de l'automne, le silence assourdi de l'hiver et l'hypocrisie du printemps.Avec le talent qu'on lui connaît pour recréer un univers tangible, avec ses sons, ses odeurs, son décor bien planté et sa galerie de personnages, Arlette Cousture choisit de nous présenter cette fois un livre intimiste, un peu court , mais dont la simpl icité reste bordée de tendresse.L'auteure s'amuse avec le langage et la vision naïve de sa petite narratrice, faisant resurgir les réflexes, pensées et vocabulaires d'autrefois.Un choix qui fera sans doute le plus grand plaisir aux nostalgiques et aux curieux d'une époque ensevelie sous des progrès discutables.- Jade Bérubé, collaboration spéciale JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE Après des années d'absence du monde littéraire, Arlette Cousture plonge dans les couleurs de son enfance avec un nouveau roman intitulé Par la fenêtre des mes cinq ans, un récit qui relate l'apprentissage parfois douloureux d'une fillette de5ans dans le Québec des années 50.Il reste difficile de ne pas confondre l'auteure avec le succès qu'a récolté la saga Les filles de Caleb.Difficile aussi de ne pas sauter sur l'occasion d'une comparaison.«La saga des Filles de Caleb n'est pas un fantôme qui plane au-dessus de moi quand j'écris, soutient pourtant Arlette Cousture lorsqu'on lui en fait la remarque.Au contraire, c'est rassurant.Je me réfugie dans Les filles de Caleb parce que ça me rappelle que je suis capable.Ce sont davantage les journalistes qui s'inquiètent de la portée d'un tel succès sur mes écrits futurs.Aussi, je fais très bien la différence entre un livre populaire, qui s'adresse à un grand public, et un livre plus littéraire.Et je sais pertinemment quel genre de livre je suis en train d'écrire, au moment où je suis en train de l'écrire.» Quatre années se sont écoulées depuis L'abandon de la mésange, la dernière publication d'Arlette Cousture.Une période durant laquelle l'auteure a peaufiné un projet d'écriture qui s'est soldé par une catastrophe informatique réduisant à néant des années de labeur.«J'écrivais sur les travailleurs montréalais de la fin du XIXe siècle et j'ai tout perdu.C'est une sensation horrible de dépossession.Mais l'histoire de la petite Charlotte a pris le dessus.Une fillette de 5 ans a pris vie.» Charlotte, c'est l'alter ego de l'écrivaine qui, collée à sa fenêtre, observait quotidiennement la vie se tortiller dehors.«L'univers de Charlotte, c'est une réelle microsociété, avec ses zinzins, ses handicapés, ses vieux, ses anglophones, ses francophones, sa petite pauvre avec sa brouette, sa voisine riche qui possède une bicyclette à chaîne.Aussi, avoir 5 ans était déterminant dans les années 50.Il n'y avait pas de garderie, pas vraiment de maternelle.C'était la dernière année avant que le système ne nous rappelle.» Arlette Cousture fait donc revivre les tramways et les livreurs de lait à travers les yeux de cette enfant naïve et dévorée de curiosité.«Mes souvenirs de cette époque sont très vifs, explique l'auteure.Les peines d'enfant sont incommensurables.Elles sont un bon ancrage pour la mémoire.Je considère d'ailleurs que l'élément le plus important pour un écrivain, c'est la sensualité.Il faut avoir les cinq sens en éveil tout le temps.Cela permet de mieux se souvenir et mieux reproduire.» A rl e t te Cous t u re se défend pourtant d'avoir cédé à la nostalgie.«La nosta lgie, c 'est vouloi r revivre une époque.Pour ma part, j'ai détesté l'enfance.Charlotte ne voudrait certainement pas revivre cette année de malheur où elle découvre que la vie est éphémère.Ses amis s'éloignent, les vieillards qu'elle aime meurent et une tragédie la marquera pour toujours .Mon livre est en fait construit comme un long crescendo sur la mort vue par un enfant de 5 ans qui n'a pas encore les mots pour en parler.» Arlette Cousture se souvient d'ailleurs avoir habité une rue maudite, une rue où l 'on a pleuré des années.La tragédie, révélée uniquement dans les toutes dernières pages de ce roman, a d'ailleurs tant ébranlé l'auteure qu'elle a encore peine à croire qu'elle l'a enfin exorcisée.«Cette histoire me hante depuis des années, indique celle qui avait d'ailleurs déjà inséré l'anecdote dans Les filles de Caleb.Je savais qu'elle serait un jour le moteur de mon écriture.Voilà, c'est fait.» DEPUIS LA FENÊTREDEMES CINQANS Arlette Cousture, Éditions Libre Expression, 200 pages, 22,95$ Arlette Cousture LES DÉMONS DE L'ENFANCE PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Dans son plus récent roman, Arlette Cousture nous présente Charlotte, son alter ego, qui, collée à la fenêtre, observe la vie se tortiller dehors.SYLVIE ST-JACQUES PSYCHOPOP J'ai eu l'impression, cet été, que se formait, un peu partout, un clan de disciples du «moment présent », qui avaient tous le même gourou: Eckhart Tolle.On offrait ses bouquins dans les fêtes d'anniversaire et on le citait à l'emporte-pièce avec un verre de rosé à la main.Paraît que la papesse Oprah Winfrey voue un culte à l'auteur de A New Earth et The Power of Now.Son postulat (qui rejoint celui de Matthieu Ricard et autres sages personnages) : le bonheur n'est pas ailleurs que dans l'instant présent.Facile à dire, mais l'appliquer est une autre «paire de manches» pour les mortels qui vivent hors d'un ashram ou d'un monastère bouddhiste.Mais, l'important étant de participer et de faire de son mieux, ce noble projet de revenir à soi dans le moment présent est repris dans plusieurs ouvrages de croissance personnelle qui arrivent ces jours-ci en librairie.Dans La guérison intérieure par l'acceptation et le lâcher-prise, Colette Portelance parle de la nécessité d'accepter et de laisser tomber nos résistances pour ne pas «empêcher le courant naturel de la vie».Se prenant en exemple - elle combat, ou plutôt vit avec le lupus depuis plusieurs années -, cette spécialiste de la relation d'aide nous renvoie à notre «guide intérieur de sagesse» pour faire face aux écueils de l'existence.Accepter la réalité.Ne pas fuir la souffrance.Mettre des mots sur les émotions.«Tant que nous luttons contre ce que nous sommes comme êtres humains, nous restons prisonniers du mental et du monde extérieur», suggère l'auteur.Mais la guérison intérieure ne survient pas en deux ou trois sessions de méditation.Portelance évoque la nécessité d'identifier ses blessures et leurs origines, comme chemin essentiel vers la paix intérieure.Ainsi, elle décrit sept blessures psychiques: par l'abandon et le rejet, le contrôle et le pouvoir, la culpabilisation, la comparaison, la trahison, l'humiliation et la dévalorisation.À chacun de repérer son «bobo» et de voir comment celui-ci influence son comportement et son rapport aux autres.Un ouvrage bien documenté - Portelance cite plusieurs auteurs d'horizons très variés, de Tolle à Jacques Salomé, en passant par Jean Monbourquette - qui a la grande qualité d'être écrit dans un style limpide et clair.Un autre plongeon intérieur Dans un autre registre (même si on y retrouve plusieurs similarités avec l'ouvrage de Portelance), À qui ferais-je de la peine si j'étais moi-même?plonge lui aussi dans l'intérieur, le présent.Le célèbre Jacques Salomé propose ici de «renoncer à nos autosaboteurs» pour aspirer à des liens plus honnêtes, plus authentiques avec les autres.Salomé, qui a truf fé son ouvrage de poèmes et de pensées, organise sa réflexion de façon plus éparse et moins systématique que Portelance.Tout comme l'auteure de La guérison intérieure par l'acceptation et le lâcher-prise, il identifie toutefois ces «autosaboteurs » qui empoisonnent nos relations et freinent l'accès au bonheur.Par exemple, «l'attirance irrésistible de l'échec», «la pratique de la pensée magique» ou bien « l'auto-accusation à répétition».Et, à l' inst ar de Colet t e Portelance, Jacques Salomé parle de sa propre expérience de la maladie et de la souffrance pour démontrer que la paix intérieure n'est possible qu'en acceptant les obstacles qui se présentent à nous.La leçon à tirer, toujours la même: faire l'examen de ses comportements, de ses réflexes, les reconnaître et les apprivoiser.C'est alors qu'on peut lâcher prise et accéder à un éveil et à une plus grande créativité.Ici, maintenant, tout de suite! HHH1/2 LA GUÉRISONINTÉRIEURE, PAR L'ACCEPTATION ET LE LÂCHER-PRISE Colette Portelance, aux Éditions du Cram, 224 pages, 24,95$.HHH À QUI FERAIS-JE DE LA PEINE SI J'ÉTAISMOI-MÊME?Jacques Salomé, aux Éditions de l'Homme, 224 pages.Ici, maintenant, tout de suite ! « Je fais très bien la différence entre un livre populaire, qui s'adresse à un grand public, et un livre plus littéraire.Et je sais pertinemment quel genre de livre je suis en train d'écrire, au moment où je suis en train de l'écrire.» 3585849A LECTURES AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY ÉCRIVAINS CINÉASTES Le Cinémathèque québécoise propose, à compter de vendredi, «un cycle tout littéraire» avec les oeuvres cinématographiques d'écrivains cinéastes tels Marcel Pagnol, André Malraux (L'espoir), Norman Mailer (Tough Guys Don't Dance) et, plus près de nous, Jacques Godbout (Alias Will James).À l'affiche : 44 titres, de Jean Cocteau (Les parents terribles) à Paul Auster, de Marguerite Duras (India Song) à Alain Robbe-Grillet (L'homme quiment, avec Jean-Louis Trintignant), qui, en mariant le Nouveau Roman à la Nouvelle Vague, a contribué doublement à la mort du récit chronologique.Qu'on me permette de suggérer ici El Topo, d'Alejandro Jodorowski, que voudront revoir les ciné-noctambules de l'Élysée de 1970\u2026 L'horaire complet sur cinematheque.qc.ca.PALESTINE Le Franco-Tunisien Hubert Haddad a remporté cette semaine le prix des Cinq Continents de la Francophonie pour Palestine (Ed.Zulma).«Une fable poétique en français, qui parle l'arabe et l'hébreu et où l'écriture lyrique se mêle au sens aigu du réel », a conclu le jury présidé par Lise Bissonnette, PDG de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Le prix sera décerné le 13 octobre à Québec, au cours du Sommet des chefs d'État et de gouvernement.DEUXMOTS\u2026 Quarante ans après la création des Belles-soeurs, Michel Tremblay passe en revue quelques-uns des (nombreux) personnages mythiques de son oeuvre.Demain 19 h à la librairie Olivieri (5219, chemin de la Côte-des-Neiges); l'entrée est libre mais on doit réserver au 514-739-3936.Animée par Gilbert David, la rencontre est organisée par le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ)\u2026 L'Hexagone et VLB éditeur, du groupe Ville-Marie Littérature de Quebecor, ont donné plus de 160 000 invendus (600 titres) au programme Cultures à partager de l'Association des parlementaires québécois, qui les distribue dans 17 pays d'Afrique et en Haïti.Mieux que le pilon\u2026 Michel Tremblay PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Jean Cocteau PHOTO MAN RAY LITTÉRATURE FRANÇAISE Revoilà Jean-Paul Dubois sur ses terres de prédilection: un narrateur masculin, entre deux âges, entre deux femmes, entre deux vies.Les accommodements raisonnables se déploient entre Toulouse - l'écrivain a toujours la Ville rose au coeur - et Hollywood, le temps d'une année.Paul Stern est scénariste.Marié à Anna, son premier amour, père de trois enfants, aujourd'hui adultes, Paul fait face à la dépression de sa femme et à la désintégration, lente mais presque inéluctable, de leur vie de couple.Appelé par les États-Unis, il devient le «script doctor » d'un film pour le compte d'un producteur doué pour les bonnes affaires.Son départ pour Hollywood coïncide avec l'internement d'Anna.Son père, pendant ce temps (mais que seraient les héros de Dubois sans leurs figures paternelles?), vit pleinement une crise d'adolescence déclenchée par le décès soudain de son «meilleur ennemi», son propre frère.Les accommodements raisonnables est le récit, mois après mois, de l'année particulière d'un homme, qui, loin de sa famille, plongé dans un milieu fantôme (Hollywood en pleine grève des scénaristes), tombe dans les bras de Selma, le sosie d'Anna 30 ans plus tôt.Et le Québec là-dedans?Contrairement à Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, rien dans Les accommodements raisonnables ne fait écho au Québec, à une célèbre commission ou à un célèbre village, farouche opposant à la lapidation des femmes.Les accommodements, ici, sont ceux que l'on fait sans le dire, un arrangement entre soi, intime, privé avec lequel les couples se débrouillent tant bien que mal.Le ton des Accommodements raisonnables ne déstabilisera pas les fidèles de Dubois.Comme dans Kennedy et moi ou Une vie française, Paul est un héros lucide sur ses défauts, parfois désabusé, mais qui ne tourne jamais tout à fait le dos à ses convictions.La plume de l'écrivain se déploie sur un terrain familier puisqu'une bonne partie du roman se déroule aux États-Unis, un pays que Jean-Paul Dubois, ancien journaliste du Nouvel Observateur, connaît dans son gigantisme comme dans ses folies les plus quotidiennes.On reste, comme dans L'Amérique m'inquiète, dans une critique raisonnée de nos fascinants voisins.Les accommodements raisonnables est un bon cru Dubois.Bon, parce que l'on s'y sent en terrain familier, et que Dubois sait toujours comment attacher son lecteur aux troubles de ses héros imparfaits.Mais il manque à ces accommodements un petit quelque chose qui le classerait dans les grands crus; un peu de profondeur à ses personnages secondaires, peut-être.- Anabelle Nicoud Les accommodements raisonnables Jean-Paul Dubois Éditions de l'Olivier, 260 pages, 29.95$ HHH Hollywood et moi LITTÉRATURE CANADIENNE Des fugitives, les femmes de ce recueil de nouvelles.Mais Alice Munro, septuagénaire et futée comme tout, sait qu'une histoire d'évasion dans laquelle l'évadée ne s'échappe qu'à moitié a bien plus de possibilités dramatiques qu'une simple histoire de libération.Dans l'univers de Munro, on ne va jamais très loin, et la liberté est toujours conditionnelle.Alice Munro a gagné à peu près tous les prix pour ses nouvelles.Dans la tradition anglosaxonne, la nouvelle met en scène un moment de révélation pendant lequel les personnages ont un éclair de conscience avant la dernière page.Ce n'est pas si simple chez Munro.Souvent, ses femmes en fuite ne font que rentrer au bercail après leurs tentatives d'aventure.Non pas qu'elles aient échoué - la liberté n'est tout simplement pas pour elles.D'où l'atmosphère un peu claustrophobe de ce recueil.La première nouvelle, «Fugitives», suit tout à fait ce scénario.Carla, une jeune femme qui s'occupe de chevaux avec son mari Clark, ne vit ni dans le bonheur ni dans le malheur.Pourtant, son amie Sylvia décide que le moment est arrivé: Carla doit quitter son mari et sa campagne ontarienne pour mener une nouvelle vie à Toronto, et Sylvia sera l'architecte de la nouvelle vie de Carla.Elle prend l'autocar, mais après quelques arrêts, elle met fin à sa propre fuite.Carla a-t-elle manqué de courage, ou a-t-elle compris que sa vie n'était pas si désagréable?Alice Munro laisse la porte ouverte.On parle du sud-ouest de l'Ontario comme du «pays d'Alice Munro».Ses nouvelles prennent souvent racine dans cette atmosphère répressive très anglo-saxonne.Les femmes de Munro ont plus de velléités de révolte qu'elles n'affichent une rébellion déclarée.On peut lire le titre de la nouvelle «Passion» comme une ironie.Grace et Maury se dirigent vers le mariage, mais il leur manque quelque chose.«C'était la chose qui n'était pas arrivée» écrit Munro.«Dans la voiture de Maury, ou dans l'herbe sous les étoiles, elle était prête à se donner.Et Maury avait envie d'elle mais ne voulait pas la prendre.Il s'estimait responsable de sa protection.» Leur relation ressemble à un dialogue de sourds.Chacun croit connaître l'autre, chacun vit dans l'ignorance, chacun est soulagé de se retrouver seul à la fin de la soirée pour préserver son idée de l'amour.On imagine le genre de mariage que fera ce couple.Parfois Munro quitte son Ontario natal pour aller sur la côte du Pacifique, comme dans la nouvelle «Silence».La jeune Penelope a trouvé refuge dans une secte, et sa mère se lance à ses trousses.Un scénario qu'on connaît, direz-vous.Sans doute, mais Alice Munro a le talent de peindre des paysages intérieurs qui vont au-delà de ses mises en scène parfois tranquilles.- David Homel, collaboration spéciale Fugitives Alice Munro traduit par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso HHH1/2 S I LA TENDANCE Des femmes en fuite SE MAINTIENT\u2026.Tous les jours dans CÉLÉBRITÉS.Cyrille et Marie-Paule Beaudoin de Jonquière Félicitations pour votre 60e anniversaire de mariage! Vos enfants.ali Ce de Sro SierS Pro VenCHer Heureux 100e anniversaire (26 septembre) De la part de tes six enfants et de leurs conjoints, de tes onze petis-enfants et de leurs conjoints et de tes 16 arrière-petits-enfants oli Vier lorrain Maîtrise en Génie industriel option ergonomie Bravo pour les efforts soutenus.Tu as toute notre admiration.Toutes nos félicitations! Tes parents.Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca Vous a Vez un é Vénement à célébrer ?tous les dimanches dans La Presse celeb_08-09-28 LECTURES L'emprisonnement est-il une solution?«Non, je ne crois pas qu'on puisse trouver des exemples historiques où ç'a été la solution à un problème de criminalité.Il faut toujours ouvrir la société.C'est probablement pour cette raison que les États-Unis ont moins de problèmes de bandes de jeunes que la France : le taux de chômage américain est assez bas pour que les jeunes puissent trouver du travail.D'un autre côté, la criminalité européenne est de six à sept fois moins élevée qu'aux États-Unis essentiellement parce qu'on y a désarmé la jeunesse.» M.Muchembled donne l'exemple deux vagues de violence pour illustrer comment l'ouverture de la société aux jeunes peut endiguer la criminalité.«Vers 1910, il y avait en France des bandes violentes appelées les Apaches.On peut penser que ce tropplein de jeunes a été effacé par la Grande Guerre.Et les bandes de Blousons noirs des années 60 sont disparues quand le tropplein de jeunes hommes issus du baby-boom a été absorbé par la croissance économique.» Les deux derniers livres de M.Muchembled, qui étudie l'histoire de la violence depuis 40 ans, portaient sur le diable et l'orgasme.Y a-t-il un lien?«On peut voir l'endiguement de la violence chez les jeunes comme une tentative d'endiguer leur désir sexuel.Et le diable, la menace de l'enfer, était un instrument important de contrôle de la population, tant au plan de la sexualité que de la violence et du respect des dirigeants et de la propriété.» La violence des jeunes hommes VIOLENCE suite de la page 1 BIBLIO LE LIVREDEL'AIR & DESOMBRES MICHAEL GRUBER LE CHERCHE MIDI 506 PAGES, 34.95$ HHHH Depuis qu'Umberto Eco a ouvert la voie en 1982 avec Le Nom de la Rose, le polar érudit s'est taillé une place de choix dans la production actuelle, avec comme thème favori la découverte d'un manuscrit mystérieux, de préférence encrypté, qui va susciter la convoitise des experts, des collectionneurs et des malfrats.Dans Le Livre de l'air&des ombres, un commis de librairie découvre des lettres anciennes dissimulées pendant plus de 400 ans dans la reliure d'un livre ancien.Ces lettres ont été écrites par un maître espion du XVe siècle, spécialiste en cryptologie.Leur valeur est inestimable parce qu'elle révèlent l'existence et la cachette d'une pièce inédite de Shakespeare.Un véritable trésor ! Ce qui n'est pas sans attiser quelques convoitises.Plongé au coeur de cette affaire extraordinaire, Jake Mishkin, avocat new-yorkais spécialisé dans la propriété intellectuelle, est chargé de conserver les précieux documents.Quand le spécialiste de Shakespeare qui lui a confié les lettres est torturé puis assassiné, le récit se transforme en thriller : il y a des gens mal intentionnés qui sont prêts à tout pour mettre la main sur cette découverte unique dans les annales.En dépit d'un début un peu chaotique, résultat de nombreuses digressions et de changements de points de vue intempestifs, ce thriller est un régal pour les amateurs de jeux intellectuels et de romans érudits.Un livre intelligent, bien écrit, solidement documenté avec un personnage principal très attachant doté d'un sens de l'humour à toute épreuve.De quoi vous donner envie de (re) lire Shakespeare ! - Norbert Spehner, collaboration spéciale DANS LA TÊTE DE SHÉHÉRAZADE STÉPHANIE JANICOT ALBIN MICHEL 312 PAGES, 29.95$ H1/2 En un peu plus de 300 pages, la vraie-fausse autobiographie de Shéhérazade entraîne le lecteur dans les dimanches en famille des immigrés, dans la cuisine du bistrot paternel, dans les lycées riches qui s'ouvrent - dans la fiction seulement - « aux jeunes issus de l'immigration ».Shéhérazade, la trentaine, les cheveux noirs de jais, est une animatrice de télévision qui se pose des questions.Un peu comme Anna Gavalda (Ensemble, c'est tout), Stéphanie Janicot en fait trop.Un peu trop de bons sentiments, un peu trop de gens tout seuls pour qui heureusement les choses finissent par s'arranger.Ce qui gêne, dans la tête de Shéhérazade, c'est aussi la description d'un monde (celui des immigrés Marocains) que manifestement l'auteur ne connaît que de très loin et dont elle ne peut rendre que ce qui ressemble à s'y méprendre à de bons vieux clichés.On s'en tient donc, dans le roman, aux incontournables du genre: les contes des 1001 nuits, la casserole de couscous, les cheveux noirs, la banlieue, l'islamisme radical aussi, les mariages forcés-arrangés et le dur labeur de l'immigré qui est toujours récompensé.N'en jetez plus ! Si l'on passe par-dessus les nombreux lieux communs par lequel s'arrête le livre, on retrouve, sous la plume de Stéphanie Janicot, un roman assez attachant, avec des personnages sympathiques (ce qui est quand même la moindre des choses étant donné la caricature), quoique dépourvus de profondeur.- Anabelle Nicoud LE MAÎTRE DU CHÂTEAU ROUGE BERTRAND GERVAIS XYZ, 200 PAGES, 24$ HHH Professeur de littérature et directeur de l'équipe de recherche sur l'imaginaire contemporain à l'UQAM, Bertrand Gervais est aussi un écrivain qui s'éclate ! Auteur de l'ambitieux thriller psychologique Les Failles de l'Amérique (2005), il s'est depuis permis un joyeux délire avec Le maître du Château rouge, la suite de L'Île des Pas perdus, des romans délurés à conscience sociale.Au carrefour de la fable allégorique et du conte philosophique, Le Maître du château rouge met en scène une jeune héroïne qui part en mission pour sauver l'île des Pas perdus, menacée de disparaître à force de rétrécissement.Caroline est accompagnée d'un professeur controversé qui a découvert l'existence de particules imaginaires envahies par les particules réelles.Aidée d'un mouvement artistique anarchique proche des dadaïstes, elle part donc à la rescousse de l'imagination en perte de vitesse dans un monde bouffé par les fonctionnaires, où «les pensées se font de plus en plus radicales», où «le manichéisme s'impose et le fascisme étend son emprise ».Brûlant d'actualité et plein de clins d'oeil loufoques au Québec actuel, le petit roman de Bertrand Gervais est un réquisitoire contre l'appauvrissement de l'imaginaire dans une société en manque de rêve et de merveilleux.L'île utopique fondant comme une peau de chagrin renvoie au triste sort du rêve d'indépendance québécois.Ludique mais aussi socialement engagé, ce conte libératoire semble être pour l'auteur un véritable terrain de jeu où il laisse voler ses fantasmes littéraires et toutes les inventions farfelues de son imagination.- Elsa Pépin, collaboration spéciale PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE L'historien français Robert Muchembled étudie l'histoire de la violence depuis 40 ans.AGENCE FRANCE-PRESSE BRUXELLES \u2014 Le Belge Raymond Macherot, figure de la bande dessinée d'après-guerre et père de célèbres séries animalières, est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à l'âge de 84 ans, ont annoncé ses éditeurs historiques, Le Lombard et Dupuis.«Il est mort dans son sommeil.On a constaté son décès ce matin (vendredi) dans la maison de repos où il vivait, dans sa région d'origine, près de Verviers (en Wallonie)», a indiqué à l'AFP un porte-parole des Éditions Dupuis.Il était surtout connu pour ses séries dont les héros étaient des animaux, notamment Chlorophylle, parue à partir de 1956 dans le Journal de Tintin, puis Sybilline, publiée dans Spirou dès 1965.«Caricaturant la société des hommes à travers le petit monde des prés et des bois, Macherot a saupoudré toute sa production d'une poésie très personnelle.Ce grand classique unanimement apprécié a réalisé quelques-unes des meilleures pages de l'histoire de la bédé belge», écrivent Le Lombard et Dupuis dans leur communiqué commun.Né à Verviers le 30 mars 1924, Raymond Macherot livre ses premières planches à l'hebdomadaire satirique PAN sous le pseudonyme de Zara avant d'entrer en 1953 au studio de dessin des Éditions du Lombard, à Bruxelles.Il se rode à la bédé par quelques récits complets dans Le Journal de Tintin des Éditions du Lombard et projette une grande série réaliste médiévale, mais l'éditeur préfère confier la conception graphique de son Chevalier Blanc à Fred Funcken.Raymond Macherot se tourne alors vers le récit animalier avec Chlorophylle, en 1956, et lance les aventures parodiques du marin Le Père La Houle, puis du détective très britannique Clifton (1959).En 1964, il quitte Tintin pour un autre hebdomadaire, son grand rival, Spirou.Élaborant dans ses oeuvres une ambiance «écolo» avant la lettre, «il habitait sur les hauteurs de Verviers et préférait le rythme des saisons dans la nature au brouhaha des cités où il n'a jamais voulu s'acclimater », soulignent ses éditeurs.BANDEDESSINÉE Décès du père de Chlorophylle hh 1/2 UNE HISTOIRE DE LA VIOLENCE Robert Muchembled Seuil, 499 pages, 39,95$ SUPERGRILLE SOLUTION DE LA DERNIÈRE SUPERGRILLE HORIZONTALEMENT 1 Situé boulevard Saint-Laurent, c'est la plus vieille salle de spectacle encore existante au Canada - Un quartier situé dans la partie nord du boulevard Saint-Laurent.2 Hôtel situé à l'intersection sudouest de la rue Sherbrooke - Cinéma fondé par Claude Chamberlan bien avant l'Ex-Centris - Oeuvre de Michel Tremblay (.de la Main).3 Négation - Renard - Conjonction - Prénom - Demande de l'entraînement - Il y en a deux dans le quartier chinois.4 Il est venu chanter au Faisan Doré - Il ne paie pas de loyer - Voie - Signe de reconnaissance - Barba.5 Pas à toute heure - Préposition - Petite pièce retirée - Orchestrer.6 Vieil artiste - Très surpris - À rendre - Infinitif - Film de Lepage - Donne des pommes.7 Mystères - Cocotte - Conte - Tapent sur les nerfs.8 Feuilleté - Assiettes - Tellement - Article - Plus joli - Personnel - Préfixe.9 Râler - Il est souvent au travail - Elle était située à l'intersection de la rue Ontario et du boulevard Saint-Laurent - Parente.10 Doit avoir une bonne mémoire - Dehors! - Course - Lien - Plein aux as - Porter plainte.11 On y met du vin - Indifférence - Terme de jazz - Institut du monde arabe - Réfléchit mais ne parle pas - Il ne parle pas mais il réfléchit.12 Romains - Mollusque - Note - Confident - Foutue - Bons poissons.13 Supplément - Possession - Ses revues Fridolinons! ont été présentées au Monument-National - Peut se dire d'un site - Éclairage.14 Aller de l'avant - Comparatif - Coupe - Champion - Multiplie par un million - Classement inverse.15 Fondateur du festival Juste pour rire - Dégringole - Troyen - Le perdre peut faire faire n'importe quoi - Code informatique.16 Fait la belle - Associée - Fait serrer les poings - Direction - Flanque - Appris.17 Faire le bon mélange - Représentations de la Vierge, dans la Petite-Italie - Quintessence - Chorégraphe qui a longtemps eu son studio dans l'édifice Cooper.18 Beaucoup moins éclatants - Morceau de boeuf - Salle de spectacle située au 4813 boulevard Saint- Laurent (Casa del .) - Fruit qui contient des alcaloïdes stimulants - Sièges - Poisson européen.19 Levées dans l'indifférence - Son court - Loupées - Maire de Montréal, il était présent à la première projection cinématographique en 1896 (.-Smith).20 Coloré - Rester malgré tout - Habillé - Procédé indirect et tortueux.21 Monnaie - Sillonnent Montréal - Terminaison - Vêtements usagés et misérables - Pris en grippe.22 Vieux - Chien - Bien attachée - Détrônent.23 A souvent besoin des plus grands - Très purs - Arrachées - Préposition - En chemin.24 Confié - Disparu depuis longtemps de la scène politique - Tissu - Insigne - Sali.25 Douleur - Niaiseux - Pilier - Célèbre bistro-librairie qui a fermé ses portes 1993 - Brille - Survolé.26 Amalgame - Visité - Dialecte - Fort (À .) - Donne des conseils.27 Un homme de lettres - Étonnement - Voisin de la daurade - Opposé - Gardiens de camps.28 Îlot - Marque l'état - Théâtre de variétés qui présentait des vaudevilles et des films yiddish - Beaucoup fréquentent le Buona Notta - Plus vivable.29 Allongé - Vendue - Endroit très branché de la Main - Suit le doctorat - Évoque un transport - Virus.30 Greffe - Mesquins - Ville allemande sur le Rhin - Peut nous faire tomber.31 Fut curé à Paris - Centilitre - Se ressent avant - Engagement - Antimoine.32 Entre l'extrémité du pouce et celle du petit doigt dans leur écart maximal - Conjugaison - Prénom féminin - Remettre en place - Esclave.33 Article - Ce qu'on ne voit pas de face - Renverser - Montée rapide et irrésistible de phénomènes interactifs - Sous la coque.34 Déterminés par le boulevard Saint- Laurent - Gloussé - Singe - Variable - Italienne qui roule.35 Combiné - Nonchalance - Sévère - Petit traîneau.36 Cri de foule - Saint-Laurent-en-bas (projet immobilier de condos de luxe) - Fait boiter - Pas insensible - Très court.37 Dévoiler - Soupir - Empeste - Nouveau - Enlever de là - C'était un cinéma de la Main (Crystal .).38 Circulent en Roumanie - Personne - Possessif - Un avion sans agent de bord - Cercle - Le gros fait rêver.39 Fourbus - Petite pièce dans les coulisses d'une salle de spectacle - Caractère de ce qui est imaginaire - Limite en vert.40 Note - Est parti sous une pluie battante - Dispensée - Sur les frites - Te trouves - Il y a souvent, avec elle, beaucoup de va-et-vient - Sorti.VERTICALEMENT 1 Réputé depuis longtemps pour ses hot dogs - Situé boulevard Saint- Laurent, il était considéré comme le premier cabaret francophone de Montréal - Quotidien yiddish fondé en 1907.2 Genre musical - Lever les pattes - D'aller - Prénom de madame Steinberg, qui a ouvert une petite épicerie boulevard Saint-Laurent - Reprend des forces - Petite pièce - Empêche de crier.3 Lettre grecque - Prénom - Clodo - Fabrique de monuments funéraires située pas très loin de chez Schwartz - Qui pousse - Indique un moment précis - Carnage.4 Manufacture - Général romain assassiné - Volées de coups - Branché - Fatigué - Porcelaine - À la mode.5 Réprimande - Au bout de peu de temps - A confiance - Tourmentée - Formidables - Divinité marine.6 Ébahi - Monnaie - Cinéma du boulevard Saint-Laurent - On y lit les grands titres - Pleine d'eau - Personnel - Facile à attraper.7 Pianiste français - Hors d'usage - Port nippon - Rivière d'Europe - Taillé dans le roc - Type - A son jour de fête - 21 petits points.8 Morose - Figure - Plantes herbacées - Répété, figure le rire - Une rue qui croise le boulevard Saint- Laurent - Rafle.9 N'a pas fini d'explorer - Juste avant la rue Rachel - Très froid - Encercle l'île - Lascif - Vieille langue - Rayons.10 Aluminium - Conçue - Il vient de se terminer - Envoyé - Il a construit un théâtre, boulevard Saint-Laurent, avec Marcel Gauthier et Michel Côté - Édifice situé un peu plus haut que celui de La Presse - Quincaillerie située entre l'avenue Mont- Royal et le boulevard Saint-Joseph.11 Symbole - Étain - Grecque - Société des arts technologiques, fondée par Monique Savoie - Écrivain français - Fait des expériences - Objectif - Petit canal - Facilité.12 Entre Munich et Berlin - Ni au nord ni à l'est - Il y en a un au parc Lafontaine - Bête à cornes - Mouche - Permet de modifier l'intensité du courant - Récipient.13 Un sacré numéro! - Établissement situé au 1230 du boulevard Saint- Laurent - Passe tout près - Pas ordinaires - Fin de verbe.14 Négation - Quartier chaud - Rejeté - Se fait dans la joie - Mauvaise humeur - Le Frolics en était un - Peut se manger dans le quartier chinois.15 Soutenue - Ne fréquentent plus les bars du boulevard Saint-Laurent - Entre deux dates - Pièce d'une charrue - Facteur Rhésus - Fête vietnamienne - Économiste indien - Démonstratif - Appartient - Interjection.16 Agit sur les sens - Ville sans métro - Final - Croissance - Bière - Reproducteur - Une rue qui part du boulevard Saint-Laurent.17 En l'air - Épicerie italienne bien connue - Une rue qui croise le boulevard Saint-Laurent - Conduit - Bourdes.18 Groupe d'immeubles - Roue - Baie orientale - Bêta - Pas ravi - Mesure calorifique - En dansant - Unique.19 Rempli à la pompe - Loyal - Symbole - Secoué - Elle a la taille fine - Cousus - Paprika - De travers.20 Annonce une suite - Il a fondé le club Balattou - Régal - Le musée Juste pour rire est situé dans cette ancienne brasserie - Piqué - A souvent lieu à la fin.21 Se nourrir - Subissent sans réagir - N'a pas peur - Surnommé - Se sert de sa main - Île - Fonde.22 Endroit désigné - Américain - Donner des responsabilités - Vient de Chine - Quantité abrégée - C'est là, le 21 mars 1979, que la pièce Broue a été jouée pour la première fois.23 Ne demande pas de cuisson - Volcan - Célèbre magasin de la Main, fondé par les Florkevitz, un couple juif polonais - Phénomène - Attrapé - Opposition - Personnel inversé - Article - Reçoit des bulletins.24 Infinitif - Commence le premier - Ver - Morceau - Ne crée pas - Sert à hausser - Elle a une voix désagréable.25 Inventé - Elle a chanté au Monument- National - Coule au Zaïre - Ils ont contribué à donner un certain cachet au boulevard Saint-Laurent - Décroché - Les Portugais ont le leur.26 Trois fois - Va prendre l'air - Très joli - Toile protectrice - Mère d'Horus - Chenal du Languedoc.27 Se fait souvent jeter par-dessus bord - C'était la spécialité des manufactures du boulevard Saint-Laurent - Pronom - Froisser - Propre à l'hiver - Dévoué - Appel.28 Instrument - Fait sourire - Redouter - N'a pas eu de mère - Elle est en soie - Salle de spectacle (.Rossa).29 Réputées entre autres pour leurs homards - Instruit d'un secret - Absolument - Rad - Lamentables - On le fait griller - Secteur.30 C'est sur le lit de cette ancienne rivière que l'édifice de La Presse a été construit - Pas très correct - Obtenu - Conseiller municipal juif, il a fait construire en 1931 un bain public - Célébrée.Les noms des gagnants seront publiés le vendredi précédant la parution de la prochaine supergrille du dimanche 26 octobre.La SOLUTION de cette supergrille sera publiée le dimanche26 octobre.Michel Hannequart www.hannequart.com POUR PARTICIPER Concours « Supergrille 28 09 2008 » La Presse, Ltée C.P.11620, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 5W7 Nom: Âge : Adresse: App : Ville : Code postal : Tél.(rés.) : Tél.(travail) : Remplissez la Supergrille et le coupon de participation.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Retournez le tout avant 17h, le mercredi 15 octobre 2008 àl'adresse indiquée.Un tirage au sort, parmi tout le courrier reçu, déterminera les gagnants.Ces personnes devront avoir rempli correctement la grille.La valeur totale approximative des prix offerts est de 997,50 $ Les règlements du concours sont disponibles à La Presse.EN s Ept EmbrE cinquante gagnants mériteront le livre «saut Er du coq à L'âNE pEtitE a Ntho LogiE d Es Expr Essio Ns a Nima Lièr Es» de georges-François rey et un t-shirt La Presse "]
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