La presse, 7 décembre 2008, L. Lectures
[" LECTURES sur cyberpresse.ca DOSSIER Consultez notre dossier sur le phénomène Harry Potter sur cyberpresse.ca/harrypotter BLOGUE Chantal Guy commente le site de Jacques Languirand sur cyberpresse.ca/guy Nous les avons lus.Nous les avons aimés.Nous voulons les faire connaître un peu plus.Ce sont nos découvertes de l'automne.DOSSIER DÉCOUVERTES UN DOSSIER À LIRE EN PAGES 2 À 5 Lino Matthieu Simard Jennifer Couëlle Johanne Alice Côté Bertrand Laverdure Alice Munro Dominique Fortier Margaret Laurence Kim Doré Jean-François Poupart Catherine Lalonde Roger Des Roches PHOTOMONTAGE LA PRESSE BIOGRAPHIE CLAUDE LÉVEILLÉE PAGE 7 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE John SauL ESSAI LE CANADAMÉTIS DE JOHN SAUL PAGE 6 LECTURES DOSSIER DÉCOUVERTES MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Elle a quelque chose de poétique, une timidité délicate, une simplicité, un naturel plus désarmé que désarmant.Elle ressemble aux personnages des nouvelles de Mégot mégot petite mitaine: fragiles chercheurs d'art, faiseurs d'histoires habités par le doute et l'espoir.Inconnue au bataillon il y a un an, Johanne Alice Côté a publié trois livres en à peine un an, comme s'il y avait péril en la demeure.Elle avait la quarantaine bien entamée.Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de se consacrer à l'écriture?«Au fond, j'ai toujours écrit.J'ai toujours cherché ma forme sans le savoir.» Elle a tenté de la trouver en tenant des journaux intimes pendant des années.En se donnant à fond au théâtre, à la chanson, au conte.«Quand j'habitais dans la Beauce, raconte cette femme née dans le New Hampshire de parents exilés là pour le travail, j'ai créé des petites compagnies de théâtre.J'écrivais les textes, je jouais, je faisais la mise en scène, l'administration, la gestion.» Puis après le théâtre, il y eut la chanson.Paroles, musique, interprétation.L'école de la chanson.Les festivals.Et des contes pour son conjoint, conteur de son métier.Un jour, lasse de chercher, Johanne Alice Côté est retournée sur les bancs de l'école.Quand elle en est ressortie quelques années plus tard, ce n'est pas seulement un bac en littérature et un certificat en création littéraire qu'elle rapportait chez elle.Elle avait acquis la certitude d'être exactement là où il lui fallait être.Elle serait écrivaine.Point final.Trois livres en un an Après un premier roman passé quasi inaperçu, L'Incisure catacrote (éditions Michel Brûlé, 2007), Johanne Alice Côté publiait, presque coup sur coup, deux livres dont nous vous vantions récemment, dans ces pages, les qualités exceptionnelles.Un recueil de poésie, Mouvement d'Indienne (éditions Michel Brûlé), et ces nouvelles, Mégot mégot petite mitaine (Triptyque), qui révélaient une écriture maîtrisée, personnelle, faussement naïve, des textes pleins de petits détails chatoyants.Elle avait trouvé, dans la forme brève, le vase qui recueillerait ses trésors.Aujourd'hui, Johanne Alice Côté continue de chercher dans la vie qui l'entoure matière à nouvelles.«J'aime partir d'une situation plutôt que d'un personnage ou d'une histoire.Je raconte un moment, un paradoxe, une surprise, un éclair de lucidité.Et surtout, j'essaie d'être authentique.De contourner la langue de bois, de creuser et de tenter de voir non pas un seul point de vue mais plusieurs.De reconnaître l'impermanence de tout ce qu'on est et de tout ce qu'on produit, mais aussi tous nos efforts pour communiquer, pour ne pas trop être malheureux, pour être bien les uns avec les autres.» Son «vrai début» Inspirée par l'amérindianité depuis qu'elle s'est découvert une arrière-grand-mère abénakis, nourrie et soutenue par les mots de Flannery O'Connor et d'Annie Saumont, mais aussi de Marie Redonnet , Hubert Mingarelli, Marie Darrieussecq, Annie Dillard\u2026 Johanne Alice Côté croit, à 48 ans, qu'elle fait aujourd'hui «son vrai début.C'est ici que je commence, affirme-t-elle.Je vais certainement publier un autre recueil de nouvelles.Ensuite, peutêtre que je m'attellerai à un texte plus long ».Une chose est sûre, elle ne doutera plus de sa vocation.Mégot mégot petite mitaine Johanne Alice Côté Triptyque, 129 pages, 18$ HHHH JOHANNE ALICE CÔTÉ ÉCRIRE, COÛTE QUE COÛTE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Inconnue il n'y a pas si longtemps, Johanne Alice Côté, 48 ans, a publié trois livres en à peine un an.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE Un nouveau prix a vu le jour lors du dernier Salon du livre de Montréal.Il s'agit du bien nommé Chasse-Spleen remis avec beaucoup d'enthousiasme par plus de 75 personnes au poète Roger Des Roches.Ce sont les poètes Kim Doré, Jean-François Poupart et Catherine Lalonde qui ont concocté ce réjouissant prix Chasse-Spleen dédié à Roger Des Roches pour son recueil Douzejuilletdeuxmillequatre.«Jean- François, Catherine et moi-même étions à Lyon pour le Festival Parole Ambulante, qui offrait une vitrine pour les poètes québécois, lorsque nous avons abordé l'idée, explique Kim Doré.Nous nous retrouvions régulièrement autour d'un pot à discuter avec nos compatriotes.Tout en parlant, nous nous sommes rendu compte que l'engouement pour le livre de Roger Des Roches était généralisé.Tout le monde connaissait une voisine, un libraire, une bibliothécaire qui partageait notre enthousiasme.C'est rare qu'il y ait autant d'unanimité, c'était frappant.» Les poètes remarquent rapidement que cet engouement n'est pourtant pas représenté dans les institutions officielles qui priment les oeuvres.«Nous avons donc peaufiné l'idée dans l'avion du retour, relate-t-elle avec amusement.Il ne s'agissait pas d'utiliser Roger Des Roches pour faire un plaidoyer, mais bien de faire quelque chose pour un livre qui avait eu une résonance extraordinaire.Nous avons eu l'idée de créer un prix d'acclamation populaire par ceux qui font la poésie, la lisent et, ou, la fabriquent.» La reconnaissance des pairs Le prix Chasse-Spleen tient en fait son nom d'un vin du même nom de la région de Bordeaux.«Puisque nous avions décidé de chasser le spleen du poète oublié des circuits, nous trouvions bien entendu le nom de ce vin fabuleux, précise Kim Doré.Nous avons donc convenu que le prix s'assortirait d'une ou deux bouteilles grâce à une contribution volontaire d'un jury autoproclamé.» Or, l'idée a tellement galvanisé le petit milieu de la poésie que les bouteilles se sont multipliées.L'ampleur des réactions à la suite des envois de courriels étonna d'ailleurs les trois instigateurs, qui se retrouvèrent avec un jury de 75 personnes.«Nous savions que c'était pertinent parce que nous avions observé l'engouement, mais nous avons quand même été surpris, relate Kim Doré.Nous croyions que ce serait un petit geste marginal, mais finalement ça a pris toute une puissance symbolique.» Même si le principal intéressé avait été accidentellement mis au parfum, le poète Roger Des Roches a reçu en plein coeur la charge d'une telle manifestation spontanée de la communauté le soir de la remise.«Il y a une telle solitude dans l'acte d'écrire qu'elle doit parfois recevoir une réponse», admet le poète qui fête cette année ses 40 ans de publication en même temps que la maison d'édition Les Herbes rouges.«Quand on m'a lu la longue liste du jury, j'ai vraiment été ému parce que ce sont mes pairs qui me parlent à travers ce prix, renchérit- il.Mon livre a été l'amorce de tout ça et ça m'a bouleversé.Ça m'a aussi bouleversé de voir tous les sourires des gens présents, des jeunes, des moins jeunes\u2026 Il y avait aussi des gens que je ne connaissais presque pas!» Doit-on souhaiter une longue vie au prix Chasse-Spleen?«C'est une idée qui est lancée et qui est à la portée de tous, répond Kim Doré.Il faut toutefois que le phénomène soit palpable pour qu'il soit reconduit, on ne peut pas déclarer n'importe quoi\u2026 surtout après l'ampleur de cette première édition!» Dixhuitjuilletdeuxmillequatre Roger Des Roches Les Herbes rouges, 55 pages, 12,95$ ROGERDES ROCHES RÉJOUISSANT CHASSE-SPLEEN! PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE «Il y a une telle solitude dans l'acte d'écrire qu'elle doit parfois recevoir une réponse», affirme le poète Roger Des Roches, récipiendaire du prix Chasse-Spleen.ELSA PÉPIN COLLABORATION SPÉCIALE Un roman surprenant fait mentir ceux qui taxent les jeunes auteurs québécois de nombrilisme.Traductrice littéraire et directrice de la collection Compacts classiques chez Boréal, Dominique Fortier a pris le beau risque de s'inspirer pour son premier roman de la dernière expédition du Britannique John Franklin, parti à la conquête du passage du Nord-Ouest en 1845.La conquête, devenue mythique au Canada anglais, demeurait inexplorée par les auteurs québécois.Qu'à cela ne tienne! Dominique Fortier voulait une bonne histoire et fut frappée par un documentaire sur le sujet, plus particulièrement par l'image des marins quittant les navires, après trois ans passés dans les glaces, tirant des chaloupes pleines d'un attirail incongru: boutons de manchette et linges pour polir l'argenterie.«Affamés, sans aucun espoir, ils traînaient quand même toute l'Angleterre sur leur dos.Ça explique à la fois leur entreprise, leur échec, leur arrogance, tout était là », souligne l'auteure.Du bon usage des étoiles prend donc son origine dans un événement historique à mille lieues de la réalité de l'auteure.«J'ai lu quelques récits d'explorateurs victoriens, mais surtout des textes scientifiques et philosophiques de l'époque pour me mettre dans la peau de ces gens-là.Je voulais voir le paysage par leurs yeux, ne pas être conditionnée par ce que nous savons», raconte Dominique Fortier, qui cerne l'esprit du XIXe siècle, avide de connaissances, mais aussi limité par une science encore expérimentale.Le débat sur la possibilité de congeler l'eaudemer paraît ridicule aujourd'hui, note-t-elle, mais la vie de centaines de personnes reposait sur cette question.«Il y a un désir de modernité chez les gens de cette époque qui croient que la science va résoudre tous leurs problèmes.C'est aussi l'époque des dernières grandes découvertes, des dernières conquêtes terrestres.» Bien documentée, l'auteure a également donné libre cours à son imagination fertile.À travers le journal fictif du commandant Francis Crozier, elle saisit la sensibilité et la psychologie de l'époque.«Ça a été difficile de me glisser dans la peau des explorateurs: ces hommes victoriens sont loin de moi», explique-t-elle.En guise de répit, elle fournit un contrepoint à l'histoire tragique de ces hommes qui vont vers la mort : la vie mondaine des femmes de marins à Londres, décrite avec une délicieuse ironie.«Quand on met deux contraires en présence l'un de l'autre, il apparaît des choses qu'on ne verrait pas si on les considérait séparément.Le choc est intéressant.» À cela s'ajoute l'opposition entre Franklin, médiocre et arrogant, et Crozier, plus profond et lucide.«Je ne voulais pas que Franklin soit mon personnage principal.J'ai été chercher son second, Crozier, qui n'est pas follement optimiste, mais plutôt dépressif et plein de doutes.En face de Crozier, Franklin apparaît encore plus déconnecté.» Artefacts Porté par une plume classique, Du bon usage des étoiles tire son originalité de sa forme fragmentée.À la narration polyphonique s'ajoutent d'amusants artefacts greffés au roman: une partition de musique, un traité sur le magnétisme, une pièce de théâtre, une recette de plum pudding.«J'ai choisi une écriture morcelée qui m'a permis d'intégrer plusieurs fragments qui donnent une consistance au roman, parce que ce sont des choses qui existent en dehors du livre.» Dominique Fortier entre dans la littérature avec un sujet éloigné de sa réalité.Pourtant, elle semble s'être trouvée auprès des aventuriers des glaces et des Anglaises dissertant autour d'une tasse de thé.Le choc des contraires provoque parfois des rencontres fécondes : l'éveil de zones insoupçonnées de l'imaginaire.Du bonusage des étoiles Dominique Fortier Alto, 356 pages, 24,95$ HHHH DOMINIQUE FORTIER ÉCRIRE LOIN DE SOI PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Dominique Fortier est traductrice littéraire et directrice de la collection Compacts classiques chez Boréal.Du bon usage des étoiles est son premier roman.Du bon usage des étoiles prend son origine dans un événement historique à mille lieues de la réalité de l'auteure. LECTURES DOSSIER DÉCOUVERTES CHANTAL GUY Une conscience aiguë de sa condi t ion d'é c r iva in ai ns i qu'une dévotion totale à la littérature expliquent la présence de Bertrand Laverdure dans nos découvertes.Il s'est donné le pari fou non de représenter, mais d'être le témoin du milieu littéraire québécois, une «communauté » qu'il veut faire exister dans ses livres.pour exister lui-même.Après un roman «d'écrivain» (Gomme de Xanthane, Triptyque, 2006), dans lequel il raconte les tourments d'un poète forcé par son éditeur de passer au roman pour être enfin reconnu (inspiré de sa propre expérience !), Bertrand Laverdure a publié cet automne Lectodôme, un roman de lecteur cette fois, son personnage principal se définissant comme tel, travaillant pour pratiquement rien dans une maison d'édition, mais étant constamment en mode « lectodôme ».Parce que lire, c'est «un rituel d'existence ».Pour le personnage comme pour Laverdure.La «machine littéraire » La «machine littéraire» est au coeur de ses préoccupations.Passage obligé, peut-être, du poète - il a publié sept recueils de poésie depuis 1994 - qui veut comprendre dans quoi il s'embarque.Lire et écrire, c'est sa vie, entre ses heures de travail.dans une librairie.Ceux qui s'intéressent de près ou de loin au «milieu» devraient lire ses deux romans.Laverdure ne fait pas plus partie des naïfs que des blasés de la littérature.«Ce que je voulais communiquer dans mes deux romans, c'est la générosité de la communauté littéraire.Sans cette communauté, qui est comme une deuxième famille pour plusieurs d'entre nous, il n'y aurait pas de littérature intéressante possible, je crois, dans la mesure où la liberté de créer, de s'exprimer, serait brimée par les contraintes du marché.» Dans Lectodôme, la moitié d'un chapitre est consacrée à une note de bas de page racontant la délirante soirée d'Oprah Winfrey dédiée à la littérature québécoise.Oprah, qu'il considère comme la Simone de Beauvoir de notre époque, par son influence sur les classes moyennes\u2026 Une orgie de name-dropping est à l'oeuvre - Laverdure n'utilise pas de pseudonymes.«Lectodôme parle de la réalité de la littérature générale au Québec.J'ai senti à tous les échelons du milieu cette honte diffuse de dire qu'on aime la littérature québécoise, qu'on la suit.C'est un peu contre ça que je lutte, contre certains préjugés, une indifférence banale qui est de mise, dans le grand public aussi bien que dans le public cultivé.» L'édition au Québec Fasciné par «l'humus» de cet univers qui accueille toutes les oeuvres, il veut recréer la même pertinence, le même archivage que dans La Princesse de Clèves lorsque tout un monde est nommé.Il ne comprend et n'accepte pas certains purgatoires, comme celui que vit Gilbert Larocque ou Jean Basile, abondamment cité dans Lectodôme.S'insurge contre la mainmise des éditeurs assis sur leurs gros catalogues, sans possibilité d'être renversés comme un gouvernement.«On n'a pas le choix de faire éclore d'autres maisons d'édition pour faire éclore d'autres esthétiques.On s'assoit beaucoup sur nos lauriers dans l'édition au Québec, peutêtre parce que c'est un milieu où l'intérêt monétaire n'est pas très grand, si bien que l'arbitraire et l'autorité de certains éditeurs portent encore.» D'où tout un roman sur la tyrannie.du roman, comme forme littéraire obligée pour être lu.Alors que l'époque est si «fragmentée», avide du «narratif », selon lui.«Nous sommes plus près du baroque, de Cyrano de Bergerac que de Camus », croit-il.Et cela se reflète dans son écriture, où il joue sans cesse avec la forme.Abondance de références, romans dans le roman, intermède, jeux dans les marges.«J'ai toujours l'impression que le romancier doit être un relais, une courroie de transmission de son époque.Je me suis amusé à le dire, on n'est plus dans une société du spectacle, mais dans une société post-pornographique, c'est-à-dire que tout ce qu'on peut voir, on peut le voir et encore plus.Sachant l'abondance de livres publiés aujourd'hui, je trouve comme une traîtrise d'en faire abstraction.J'aime faire des romans libres, où le tissu narratif est comme une espèce de puzzle, et j'amène le puzzle de mon esprit avec ça.Je considère que c'est une forme d'authenticité.» Alors, êtes-vous prêts à entrer dans le Lectodôme?Lectodôme Bertrand Laverdure Le Quartanier, 315 pages, 22,95$ HHHH BERTRAND LAVERDURE LA MALADIE DE LA LITTÉRATURE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Avec Lectodôme, Bertrand Laverdure s'est donné le pari fou d'être le témoin du milieu littéraire québécois.JADE BéRUBé COLLABORATION SPÉCIALE L'artiste Lino, connu du grand public grâce à ses illustrations pour l'Opéra de Montréal ou le Théâtre de Quat'Sous, clôt aux Éditions 400 coups une magnifique trilogie picturale et philosophique.Ce sont de véritables oeuvres d'art que ces livres graphiques de l'artiste Lino, qui allie les mots aux couleurs.Ce qui était au départ un carnet intime et personnel pour l'artiste - l'éditeur a d'ailleurs conservé les ratures - s'est mué en fascinante trilogie dont la conclusion, préfacée par un Dany Laferrière admiratif, a été lancée cet automne sous le titre La chambre de l'oubli.«Mon parcours étant en art visuel, c'est par la pratique plastique que les mots ont surgi», explique Lino, dont l'émergence de phrases au sein de ces imageries à la Basquiat a magnifié le travail.«Ce projet a réveillé en moi un désir d'écriture que j'avais mis de côté.» Le triptyque, qui compte également le titre La saveur du vide et L'ombre du doute, explore les possibles invisibles du corps humain.Lino fore la chair, espérant qu'en jaillisse une essence inconnue et impalpable.«Le corps est l'enveloppe visible.Il est l'unique point de convergence de tous ces aspects qui m'intéressent, l'esprit, l'âme\u2026 affirme l'artiste.Il est aussi un incontournable aujourd'hui, dans une ère où l'on s'en sert pour refléter un produit.Or, j'ai tenté de l'investir d'une autre façon, plus intérieure.» Éminemment philosophiques, chargés de la quête existentielle de l'auteur, les trois livres graphiques brossent également un tableau général d'une société en perte de spiritualité.Les hommes de science y sont d'ailleurs de terrifiants prophètes.«Ce sont les hommes de science qui, aujourd'hui, donnent un sens à l'univers ou à l'existence, soutient Lino.On marginalise d'ailleurs beaucoup les artistes parce que ce sont des êtres irrationnels.Alors que pour moi, la science réduit l'être humain à une valeur logique qui me terrifie.» Au bout de la nuit Cette incursion dans les peurs collectives se révèle un contrepoids frappant de notre société qui privilégie le rire et la légèreté.«Le sombre, l'échec, est beaucoup rejeté aujourd'hui, souligne l'artiste.C'est l'idéologie lumière qui prévaut.Normalement, il devrait y avoir une juste balance entre les deux, ce qui m'apparaît plus rassurant.Je trouve que vivre constamment dans un monde lumineux est potentiellement plus dangereux que de savoir marcher dans des forêts sombres, parce que le jour où les gens devront entrer dans la forêt, ils seront complètement démunis.» Malgré son écho ténébreux, cette trilogie de Lino attire pourtant l'oeil autant que l'esprit curieux.Un fait qui ravit l'artiste.«Je n'aime pas l'art qui ne s'adresse qu'aux initiés, confiet- il.L'art a la qualité de pouvoir être universel.C'est important pour moi qu'un adolescent puisse ouvrir les albums et s'y retrouver tout comme un adulte ou une personne âgée.Et ce qui me fascine encore plus, c'est qu'ils n'y lisent pas la même chose.» L'artiste, satisfait de cette nouvelle voie, affirme vouloir continuer l'expérience de la littérature qui lui a permis, ici, d'explorer plus en profondeur certaines idées.«À force de déconstruire le monde qu'on nous présente, je me sens de plus en plus vivant, admet-il.En me créant un monde à l'extérieur du monde, je me façonne un espace où je peux respirer.» Car Lino continue de refuser - corps et âme - la vision de surface qu'on nous propose.«Il est impossible que toute l'histoire de la pensée ne nous ait amenés qu'à travailler comme des bêtes sans réfléchir.» La chambre de l'oubli Textes et illustrations de Lino Les 400 Coups, 140 pages, 34,95$ Suite de La saveur du vide et L'ombre du doute chez le même éditeur HHHH LINO SOUS LES TÉNÈBRES PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE L'artiste Lino signe, avec La chambre de l'oubli, une magnifique trilogie picturale et philosophique.JADE BéRUBé COLLABORATION SPÉCIALE Comparée à Gaston Miron mais aussi à Josée Yvon, la poète Catherine Lalonde s'est taillé une place de choix dans le cercle des poètes québécois.L'auteure, qui lançait cet automne un troisième titre poétique, Corps Étranger, chez Québec Amérique, a de qui tenir.Fille d'éditeurs (Loup de gouttière), Catherine Lalonde baigne dans la littérature depuis toujours.«J'ai toujours été entourée de livres dans une famille où la lecture et l'intelligence du texte sont très valorisées, confirmet- elle.Une intelligence qui est, oui, différente de l'intelligence académique.» La poète avoue d'ailleurs avoir peiné sur Corps Étranger, oeuvre qui se lit comme une fascinante partition de piaffements obstinés.La préface, signée par Nancy Huston, en souligne d'ailleurs la sourde violence.«Je suis surprise par la dureté de mes écrits, confie Lalonde, et ça me déroute parce que ce n'est pas ça que j'aurais envie de léguer.Mais je n'y peux rien, c'est ce qui sort de moi.» Il suffit de parcourir ses mots mâchés à pleines dents pour se convaincre que l'auteure, qui a une formation en danse, a un talent frappeur.De ceux qui nous laissent K.O.«Je me suis lancée dans la littérature à 16 ans avec une désinvolture incroyable, avoue Lalonde, qui cumule dès ses premiers écrits de jeunesse moult prix.Ça m'apparaissait si facile et j'écrivais avec tant de candeur\u2026 Je peux me permettre de le dire parce qu'aujourd'hui, ça ne marche plus! lance-t-elle en riant.En voulant maintenant suivre quelque chose qui me ressemble, en prenant une voie moins facile, j'écris par le fait même des choses moins accessibles.» Le mot est lancé.La poésie n'est pas accessible aux yeux de beaucoup de lecteurs, qui n'hésitent pourtant pas à plonger dans de denses romans.Qu'en penser?«C'est une grosse question, souffle Lalonde.Tout d'abord, je remarque que les poètes semblent devenir \"accessibles\" dans la tête des gens lorsqu'ils deviennent célèbres.Par exemple, personne n'oserait dire que les poèmes de Nelligan ne sont pas accessibles.C'est aussi le cas de Miron, dont le grandpublic connaît mieux les textes aujourd'hui grâce aux chansons de Chloé Sainte- Marie.Pourtant, ces poèmes ne sont pas moins exigeants.Seulement, les gens ont moins peur de ces auteurs-là, ils ne les considèrent pas comme d'étranges bibittes.» L'oralité La poète participe régulièrement à des événements performati fs , comme le Festival Voix d'Amériques, puisque l'oralité reste pour elle une façon de rejoindre les gens.«Il est rare qu'un poète sache habiter une scène, déplore-t-elle.Plusieurs poètes considèrent d'ailleurs l'oralité comme un défaut parce qu'à leurs yeux, ça devient un travail de recherche de moindre importance.Le slam n'a peut-être pas aidé parce qu'il est rarement poétique, quoique je croie au travail du slameur.La poésie, comme la danse contemporaine, est un art de recherche qui englobe très large et qui n'est justement peutêtre pas assez subdivisé.» Le passage obligé pour aborder la poésie serait donc de prendre le risque d'être déçu?«Exactement, répond Lalonde avec aplomb.Ce qui m'attriste, c'est que nous avons perdu la curiosité face aux objets plus difficiles d'accès.Nous sommes fortement intoxiqués par l'esprit de la télévision qui nous permet de zapper dès le moment où on s'emmerde.Bien sûr, rien ne nous empêche de fermer un livre de poésie après trois pages d'ennui mais il faut en ouvrir un autre! Parce qu'il est certain qu'il y en aura un qui va nous parler.Nous avons des devoirs de citoyen mais aussi des devoirs de curiosité, des devoirs d'intelligence\u2026» Corps étranger Catherine Lalonde Québec Amérique, 125 pages, 18,95$ HHHH CATHERINE LALONDE À CORPS PERDU PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE «J'ai toujours été entourée de livres dans une famille où la lecture et l'intelligence du texte sont très valorisées », dit la poète Catherine Lalonde.«On marginalise beaucoup les artistes parce que ce sont des êtres irrationnels.Alors que pour moi, la science réduit l'être humain à une valeur logique qui me terrifie.» «Nous avons des devoirs de citoyen mais aussi des devoirs de curiosité, des devoirs d'intelligence\u2026 » LECTURES DOSSIER DÉCOUVERTES ROBERT LÉVESQUE COLLABORATION SPÉCIALE Mes «découvertes» littéraires de l'année, j'en aurais presque honte puisque ce sont de grands écrivains, je les ai en effet faites avec des «vieux», romanciers établis, reconnus, respectés, gavés de prix nationaux.Ne comptez pas sur moi pour découvrir ici le «neuf» dans le monde de la littérature (allez voir ailleurs, chez mes collègues), mais attention! Demandonsnous : qu'est-ce que c'est que le «neuf»?Au vin nouveau, je préfère le scotch d'âge, les liqueurs macérées, portos, vermouths, curaçaos, tout ce que je ne bois pas dans les bars, ni chez moi, mais que je déguste dans mes lectures\u2026 L'attrait du vieux?Oh que non, je ne suis pas un lecteur gérontophile ou nécrophile, mais ces vieilles plumes-là, quand je les découvre, me rassurent sur la jeunesse pérenne à toute aventure littéraire.Ils sont trois, mes vioques de 2008.L'une, Ézéchiel ait son âme, est morte il y a 21 ans, suicidée en déjouant un cancer, la grande Margaret Laurence, Manitobaine.Deux maisons-soeurs de Québec, Alto et Nota Bene, rééditent, en réajustant les traductions de Gallimard, son «cycle de Manawaka ».L'autre est septuagénaire, Ontarienne, se cache habilement des médias, c'est la merveilleuse nouvelliste Alice Munro.Enfin, sexagénaire, le plus jeune, Dag Solstad, qui croule sous les prix en Norvège mais dont on vient de traduire en français (merci aux Allusifs) un de ses 20 romans.Vous avez là des lectures au plaisir assuré.Avec Laurence et Munro, des portraits de femmes exceptionnels (les portraits, car les femmes, elles, sont saisies dans leur vie ordinaire, ce qui en fait la force, l'ordinaire des ménages et des ravages, toutes nuances de l'ordinaire\u2026) livrés avec un art supérieur de la fabrication des histoires.Laurence, une Gabrielle Roy anglo-saxonne, Munro, un Tchékhov ontarien (me vient à l'esprit la déclaration de l'ex-« lionne de Bourget» sur l'absence de culture en Ontario!).Le vieux Dag, depuis sa Norvège, est un petit-fils d'Ibsen qui a lu Thomas Bernhard.Honte et dignité est un voyage au bout de la honte, dans lequel la dignité d'un homme se brûle à vif.Écoeurement général, point de non-retour.Un professeur s'acharnait à faire connaître à des écoliers qui n'en ont rien à foutre les tréfonds secrets du Canard sauvage.Sa vie basculera.Ce n'est pas joli, c'est sauvage.La descente est menée avec une vigueur d'écriture que les jeunes n'ont pas toujours, loin de là ! L'ange de pierre et Une divine plaisanterie Margaret Laurence, Alto et Nota bene, 439 pages et 326 pages Fugitives Alice Munro Boréal, 354 pages Honte et dignité Dag Solstad Les Allusifs, 184 pages GRANDS CRUS 2008 PHOTO ARCHIVES PC Grande dame de la littérature en Ontario, Alice Munro a remporté le prix Giller en 2004 pour Runaway, traduit en français par Fugitives.Des livres à offrir.et à s'offrir.Cuisiner, ça s'apprend ! Marie Breton et Isabelle Emond, triple lauréates du prix Or de Cuisine Canada, proposent des rudiments de techniques culinaires et 100 recettes attrayantes et variées.Ce sont surtout nos possessions qui nous attirent des ennuis.Se délester des possessions superflues, c'est aussi se délester des problèmes.Par l'auteur de L'Art de la simplicité.Immenses succès populaires, À ladi Stasio et PASTA ET CETERA sont offerts avec un carnet souvenirs d'Espagne, TAPAS, qui comprend 7 recettes d'amuse-bouches.50 photos de personnalités et les astuces d'une grande photographe.Véritable «bible du vin », cet ouvrage présente le monde du vin et de la vigne (histoire, climat, cépages, fabrication, conservation, dégustation\u2026) ainsi que les régions viticoles dumonde.A LECTURES DOSSIER DÉCOUVERTES JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE Les mots de Jennifer Couëlle Nous avons fait de jolies découvertes en littérature jeunesse cette année, dont les deux charmants recueils de poésie pour tout-petits de l'auteure Jennifer Couëlle aux Éditions Planète rebelle, dans la nouvelle collection Petits poèmes pour rêver le jour.Cette collection vise à rejoindre les enfants de 3 ans et plus afin de les familiariser avec la poésie.Les livrets s'accompagnent d'ailleurs d'un CD qui permet aux enfants d'apprécier le souffle des textes tout comme un environnement sonore stimulant.Jennifer Couëlle allie avec un plaisir évident une cabriole de mots à des thématiques susceptibles d'intéresser les poussinots.Ainsi, un éléphant triste verse tant de larmes qu'il crée l'Éléphanterrannée tandis qu'un serpent honteux d'être édenté passe du rouge au blanc subrepticement.L'auteure parvient à joyeusement osciller entre ludique et poétique.Je vous laisse apprécier par vous-même: «J'aimerais être un olivier/Je ferais des fruits/Pour toute la vie/J'aurais un tronc/Avec mille plis/Et je serais/Heureux/D'être vieux.» La poésie de Couëlle reste à l'image de ce texte choisi : simple et toute en tendresse.Il faut dire que l'équipe qui entoure l'auteure contribue également à l'enchantement général.Les illustrations de Stéphanie Béliveau, créées à partir de techniques mixtes (parfois collage, parfois dessin), accompagnent joliment les textes sans en réduire la portée poétique.Le support sonore permet aux enfants d'entendre les allitérations et les assonances grâce à la narration habile de la conteuse Renée Robitaille (également auteure chez Planète rebelle) et l'environnement sonore, cumulant les coup de gazou, sonnettes de vélo, rires d'accordéon et autres guimbardes, est assuré par Alexis Loranger (habituel comparse des albums de Robitaille).Jennifer Couëlle, née à Milan mais installée à Montréal depuis longtemps, ne signe pas ici ses premiers livres jeunesse.Elle est également l'auteure de deux albums publiés aux Éditions Pour penser à l'endroit, Le coeur dans la tête et La souris qui vit plus loin que le bout de son nez.Avec Ballons au ciel, son plus récent recueil chez Planète Rebelle, Couëlle livre une fois de plus de courts textes où l'émotion filtre à travers les jeux de langue comme dans cette magnifique ode à la famille en forme de poupée russe, alors qu'arrière-grandmère, grand-mère et mère bercent fillette dans un même mouvement.À découvrir absolument.Le saut de Matthieu Simard Certains d'entre vous connaissent sûrement déjà Matthieu Simard pour ses écrits destinés aux adultes (Échecs amoureux et autres niaiseries, Llouis qui tombe tout seul).Le voilà qui s'intéresse aujourd'hui à une forme nouvelle : le feuilleton littéraire.Nageant dans les mêmes eaux que dans ses écrits pour adultes - le désarroi contemporain des jeunes hommes -, Simard s'adresse cette fois aux ados, replongeant dans les affres du secondaire où la loi du plus fort écrase la justice, où l'amour tranche comme un couteau à steak et où la personne qui vous semble la plus imbécile vous ressemble comme deux gouttes d'eau.Certes, Simard ne fait pas dans la dentelle.Le premier épisode de Pavel (il y en aura 13 en tout d'environ une quarantaine de pages et publiés aux deux semaines) ouvre sur un ton sans équivoque: «Le problème avec la vie, c'est qu'elle nous oblige à être vivant.» Le narrateur, Martin, âgé de 16 ans, compose avec le marasme ambiant du collège grâce à une lucidité crue.L'univers de Simard y est sombre et poisseux comme l'est adolescence.On attend déjà le quatrième épisode de cette nouvelle série qui porte un regard intelligent et émouvant sur toute une génération dont le corps hésite entre hypersexualisation et sentiment.À offrir et s'offrir.Ballons au ciel Jennifer Couëlle Planète rebelle, 44 pages, 21,95$.Dès 3 ans Pavel Épisode 1, Plus vivant que toutes les pornstars réunies Matthieu Simard La Courte Échelle, 56 pages, 7,95$ Dès 14 ans POÉSIE POUR POUSSINOTS ET FEUILLETON POUR ADOS La passion de Louis-François Marcotte, c'est la cuisine.Et un peu la pêche, les rencontres à la terrasse d'un café, les marchés exotiques, les mijotés de son enfance, les soirées à regarder la télé.Son livre, c'est un peu tout cela.Ne manquez pas, le dimanche 14 décembre, une autre suggestion de plat convivial tirée du livre.Photos de Christian Tremblay Propos de Robert Beauchemin Toutes les recettes sont illustrées de photos couleur.Dans un caquelon à fondue, frottez la gousse d'ail contre les parois, ajoutez ensuite le cidre et le piment et allumez le brûleur à fondue.Attendez que le liquide frémisse ( il ne doit pas bouillir ).À ce moment, vous pouvez retirer le piment.zÀ l'aide d'une cuillère en bois, incorporez peu à peu les fromages en commençant par la Comtomme et la tomme.Il est très important de contrôler la chaleur pour réussir une fondue; elle ne doit jamais bouillir.Assurez-vous toujours que le fromage soit bien fondu avant d'en rajouter un autre.Remuez, et lorsque les deux premiers fromages sont complètement incorporés, ajoutez le Kénogami.zDélayez la fécule de maïs dans un peu de cidre froid et incorporez aux fromages fondus.Saupoudrez la muscade, poivrez selon votre goût et remuez.z Au moment de servir, vous pouvez parsemer de lanières de viande des Grisons.Servez avec des morceaux de baguettes croustillantes.Pour moi, ce plat convient bien au retour d'un sport d'hiver.Tous les gens que j'aime sont réunis autour de la table avec un bon verre de vin rouge.4-6 personnes LECTURES MATHIEU PERREAULT À son arrivée au Québec, Samuel de Champlain a mis en place une politique de mariages mixtes avec les Autochtones.«Nos garçons se marieront à vos filles et nous ne formerons plus qu'un peuple», a-t-il affirmé à ses alliés amérindiens.Un s iè c le plus ta rd , le s Britanniques ont appuyé leur conquête de l'Acadie française en donnant des primes aux soldats qui mariaient des Autochtones, parce que cela facilitait les alliances contre les Français.Plus tard, la Compagnie de la baie d'Hudson a suivi la même stratégie pour s'implanter dans le Grand Nord.À la fin du XVIIIe siècle, les loyalistes qui ont fui les États- Unis indépendants pour gagner le Canada formaient une mosaïque hétérogène.Allemands, Irlandais, Écossais, Noirs et Autochtones étaient beaucoup plus nombreux que les Anglais parmi les rangs loyalistes.La plupart d'entre eux provenaient de la frontière, et étaient habitués à traiter d'égal à égal avec les Autochtones.Ces trois tableaux constituent la preuve que le Canada a toujours été un pays métis, où les notions européennes d'identité nationale et raciale ne s'appliquent pas, selon le philosophe John Saul.Son dernier livre, Mon pays métis, poursuit la réflexion entamée dans Réflexions d'un frère siamois.Oubliez les deux solitudes et même les trois peuples fondateurs : le Canada est la preuve vivante que la négociation continuelle entre plusieurs cultures - dont le nombre peut varier au gré de l'immigration - est la voie de l'avenir.Les exemples que donne M.Saul sont variés.L'assurance maladie est comparable à la banque alimentaire des communautés cries, dont chaque membre peut prendre ce dont il a besoin pour préparer ses repas.Le maintien de la paix par les Casques bleus de l'ONU est une stratégie comparable aux négociations constantes entre les peuples autochtones du début de la colonie.Un chef mohawk aurait dit à René Lévesque qu'ils avaient une conception similaire de la souveraineté.Le Canada est le seul pays au monde où les colons européens ont partagé le pouvoir avec les Autochtones au moyen de mariages mixtes.Aux origines du projet L'origine du livre remonte à plus de 30 ans, quand M.Saul travaillait avec Maurice Strong pour mettre sur pied Petro- Canada.«Quand nous visitions les communautés autochtones des Territoires-du-Nord-Ouest, j'était frappé par les chefs qui nous expliquaient qu'il y avait autre chose que les investissements, le partage des revenus et le développement économique», explique M.Saul, en entrevue dans la voiture de son attachée de presse alors qu'il se rendait à l'aéroport à la fin d'un séjour particulièrement chargé à Montréal.« J'arrivais de France, j 'étais rationnel.Ça ne cadrait pas avec ma vision du monde.» La réflexion de M.Saul jette un éclairage intéressant sur un débat soulevé récemment par certains historiens anglo-saxons, notamment Niall Ferguson, qui avancent que l'Europe est en paix depuis la Seconde Guerre mondiale à cause des déplacements de population massifs qui ont rendu les pays ethniquement homogènes (plus de 12 millions d'Allemands ont été expulsés d'Europe de l'Est, notamment).Ce raisonnement peut expliquer la guerre en Yougoslavie et la paix en Turquie, et justifier la partition de l'Irak.John Saul estime que ce type d'analyse est «typiquement européenne » et ne peut s'appliquer ailleurs dans le monde.Il établit une distinction supplémentaire entre le Canada et les États-Unis, un pays fondé par une «guerre civile anglaise» qui souffre du même problème de monolithisme culturel que l'Europe.Accommodements raisonnables Les sursauts de nationalisme culturel au Canada sont des aberrations, selon M.Saul.Par exemple, il considère que la crise des «accommodements raisonnables » a été gonflée et que la commission Bouchard- Taylor a réussi à la ramener à ses justes proportions.Le débat sur la laïcité au Québec est fait «d'arguments parisiens démodés».L'autre pôle important de Mon pays métis est la «haine de soi» qui guide les élites canadiennes, « incapables d'incarner » les valeurs de métissage.Il tire à boulets rouges sur les médias qui portent plus d'attention aux Oscars qu'aux films canadiens, et qui «ont dissuadé nos élites de débattre publiquement de l'Irak» - comme preuve, M.Saul cite le tollé qu'a suscité la parodie de Brokeback Mountain, avec Bush et Harper dans le rôle des cowboys homosexuels, à laquelle a participé André Boisclair.Le bilan environnemental et économique des politiciens canadiens est déplorable, selon le philosophe de 61 ans.Il avance que les revendications territoriales en Arctique seront jugées à l'aulne de la pollution générée par l'exploitation des sables bitumineux.Et il affirme que «quand nous visitons la plupart des autres démocraties occidentales, nous ne voyons pas une telle pauvreté.Les bouches d'aération ne sont pas décorées de citoyens».Le Canada devrait défendre ses fleurons économiques des acquisitions par des groupes étrangers, selon lui.Il cite des hommes d'affaires indiens et français, peut-être rencontrés lorsqu'il accompagnait sa femme, l'ex-gouverneure générale Adrienne Clarkson, dans ses voyages, et mentionne le cas d'Alcan, mais pas ceux des banques et des télécommunications, protégées par des lois garantissant une propriété canadienne.Il estime que le libre-échange a été beaucoup moins rentable que ne l'affirment les économistes, citant une étude qui a remporté en 2005 la première place, ex-aequo, du concours étudiant d'essais du Forum économique progressiste.L'avant-dernier essai de M.Saul annonçait la fin de l'ère de la mondialisation.La crise financière actuelle montre que le verdict était juste, selon M.Saul.«Les économistes se sont malheureusement penchés sur un débat futile sur le libre-échange et le protectionnisme.Je pense que la question fondamentale est plus profonde: la notion de marché est basée sur le concept de rareté, alors que le monde moderne est en surplus chronique.» À noter, le livre ne comporte pas d'index.John Saul explique qu'il voulait que sa thèse soit entendue dans son ensemble, plutôt qu'être consultée en morceaux.Monpaysmétis John Saul Boréal, 345 pages, 32,95$ HHH ENTREVUE Le Canada métis de John Saul PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE Selon le philosophe John Saul, le Canada a toujours été un pays métis, où les notions européennes d'identité nationale et raciale ne s'appliquent pas.J'AI LU LE MAGASIN GÉNÉRAL Tome 4, Confessions Loisel et Trip, Casterman HHHH Le printemps est bien insta l lé à Notre-Dame-des- Lacs.Les villageois festoient pour le baptême du petit dernier des pa roissiens.L'ambiance est aux réjouissances, mais les villageoises s'interrogent : Marie et Serge vont-ils off icia liser leur union maintenant qu'i ls vivent sous le même toit ?Les commères commencent à jaser.Et Marie ne sait pas quelle réponse leur faire\u2026 La solution surgira peutêtre au terme d'une soirée bien a rrosée?Pour leur quatrième album, le tandem Régis Loisel et Jean-Louis Trip optent pour un ton plus intime, plus sombre.Les personnages, jusque-là tout en truculence, montrent un visage plus tourmenté.On s'éloigne de la chronique villageoise pour explorer les recoins moins éclairés de l'âme humaine.Beaucoup de silence, donc, dans ces cases somptueuses, fruit du talent conjugué des deux bédéistes.Un album plus contemplatif, mais tout aussi réussi.\u2014 Stéphanie Morin Les sursauts de nationalisme culturel au Canada sont des aberrations, selon M.Saul.ART GLOBAL Souvenirs, anecdotes, témoignages touchants de ses amis, ses voyages, ses mariages, des événements tragiques et de nombreuses photos; depuis son retour de chez Piaf jusqu'au jour où, terrassé par un AVC, il s'écroule sur la scène en plein spectacle.Plus : une discographie illustrée complète, des documents inédits et des textes de plusieurs de ses chansons.480 pages 29,95$ Marie-Josée Michaud LÉVEILLÉE Tome II Une plongée au coeur d'une vie fascinante 3599706A 3601221A LECTURES FIDES ROMANS Le romancier Pierre Caron vient d'être nommé directeur littéraire de la section romans de Fides, une maison qui a fêté ses 70 ans l'an dernier.Avocat, notaire et journaliste, Pierre Caron a publié une quinzaine d'ouvrages dont la trilogie historique La naissance d'une nation - 1.Thérèse, 2.Marie, 3.Émilienne - chez VLB Éditeur (2004-05-06).Chez son nouvel employeur, il vient de publier Letendre et l'homme de rien, le premier d'une série, où le héros, un collectionneur de livres anciens un brin pantouflard, «s'embarque dans une aventure plus grande que lui ».Sous Michel Maillé, récemment nommé à la direction de la vénérable maison, Fides «souhaite accentuer sa production de romans québécois».DEUXMOTS\u2026 La Bibliothèque du Plateau Mont-Royal est à la recherche d'un auteur jeunesse pour une résidence entre septembre 2009 et février 2010, résidence rémunérée pour laquelle il faut présenter «un projet artistique de médiation culturelle » ; voir le site ville.montreal.qc.ca/plateau («À surveiller »)\u2026 Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra (Julliard), l'histoire d'un jeune Algérien déchiré entre deux cultures, a été choisi «meilleur livre de l'année » 2007 par la rédaction du magazine français Lire; ici, l'auteur avait reçu le Prix des libraires 2006 pour L'attentat\u2026 Stéphane Bourguignon, auteur de Sonde ton coeur, Laurie Rivers, clôt la saison 2008 des Midis littéraires de la Grande Bibliothèque avec une rencontre animée par Aline Apostolska, mardi de midi 30 à 14 h (entrée libre).SOURCES : Fides, SRC, PdA, Robert Laffont, BAnQ AU PIED DE LA LETTRE daniel lemay HYNDMAN LIT FOGLIA Il a un nom de secondeur de ligne mais son talent est ailleurs.James Hyndman est le lecteur de l'émission Vous m'en lirez tant (Première Chaîne de Radio-Canada, aujourd'hui à 14h), animée par Chrystine Brouillet.Et demain à la Cinquième salle de la Place des Arts (19h30), James Hyndman lira des extraits du recueil de nouvelles Les athlètes dans leur tête du Français Paul Fournel et quelques chroniques du Tour de France de notre collègue cyclophile et néanmoins ami Pierre Foglia.Dont l'autre passion, outre la pharmacologie, est la politique, qui prendra toute sa journée de demain.Rapport aux élections.James Hyndman PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE daniel lemay Ma i 6 8 , amplement évoqué au cours de l'année qui s'écoule, a laissé à l'histoire bien des mots dont cette interpellation qui servait à situer tel intervenant dans les débats, autour de la Sorbonne: «D'où parles-tu, camarade?» La question se pose d'emblée quand on s'attaque à la lecture de la biographie de Claude Léveillée, écrite par Marie-Josée Michaud et dont Art global a lancé cette semaine le deuxième tome.Quatre ans après le premier, sorti quelques mois après que l'artiste - chansonnier pour les uns, comédien pour les autres - eut été frappé par une hémorragie cérébrale qui l'a laissé à demi-paralysé.Et qui marque la fin de l'oeuvre présente.D'où l'auteure parle-t-elle ?« Je suis la mandataire légale de Claude: je suis responsable de toutes ses affaires », nous disait Mme Michaud, mercredi au lancement.Lourdes responsabilités quand on sait que M.Léveillée, 76 ans, a été déclaré inapte au début de 2005 et que son état requiert des soins constants.Et sur un plan plus personnel?«Je suis l'amie de Claude.» Amie devenue, à sa demande à lui, sa biographe\u2026 Ici, l'expression «biographie autorisée » déborde son sens traditionnel.Si, comme le dit l'auteure, M.Léveillée devait «approuver chaque mot », on ignore dans quelle mesure son état a pu affecter son jugement en la matière.D'où, on peut se dire, une plus grande liberté pour l'auteure, et la responsabilité accrue qui en découle.Quoi qu'il en soit, on se retrouve devant une biographie de facture hybride dans laquelle se côtoient deux « je».Le « je, Claude Léveillée» qui se raconte avec les mots que lui prête sa biographe.Aucun doute, ici, sur la « propriété » desdits mots\u2026 Ailleurs, le «je, Marie-Josée Michaud» autour duquel s'articulent 20 des 30 chapitres de l'ouvrage.Avec, au début de chacun, cette inscription euphémique : «Note de l'auteur» \u2026 Ce « je» parle parfois comme juge, parfois comme amie mais le plus souvent comme intervieweuse.Pour compléter sa recherche dans les volumineuses archives personnelles de Claude Léveillée - qui a «tout » gardé -, Mme Michaud a rencontré une vingtaine de personnes qui, à un titre ou à un autre, ont côtoyé Claude Léveillée depuis que, en 1960, - c'est le début du tome II -, il est revenu de Paris où il avait été compositeur «en résidence » auprès d'Édith Piaf (1915-1963).Beaucoup étaient présents mercredi.Des anciennes compagnes de vie comme la comédienne Louise Latraverse - qui se rappelle, dans le livre, les « ai rs tourmentés de poète maudi t », une image dont Claude Léveillée n'a jamais pu se défaire.Et la journalisterecherchiste Hélène Le Tendre qui était aux côtés de Claude Léveillée pour son retour, à la fin des années 80: «C'était plus qu'un re tour : c 'é t a it une résurrection », nous dira Mme Le Tendre, qui est toujours l'épouse légale (la quatrième) de celui qu'el le considère comme un grand musicien : «On parle trop de ses chansons et pas assez de sa musique.» Un grand créateur, certes, mais « incapable de bonheur ».Parmi les autres têtes couronnées présentes au lancement et dans le livre, on compte André Gagnon, qui a formé avec Claude Léveillée un prestigieux duo de pianistes.Puis Robert Charlebois et Yvon Deschamps, co-vedettes avec Lévei l lée, Gilles Vigneault et Jean-Pierre Ferland du retentissant 1 fois 5, spectacle à forte saveur nationaliste présenté sur les plaines d'Abraham et sur le mont Royal en juin 1976.Producteur: Guy Latraverse.Qui était gérant de Léveillée quand celui-ci est devenu le premier auteur-compositeurinterprète québécois à «faire» la Place des Arts, le 27 avril 1964.Léveillée, lit-on, n'était pas plus facile avec ses agents qu'avec ses blondes : «Claude, c'est un ombrageux, un brumeux (\u2026) il n'est pas positif, alors vient un temps où l'on se dit: \"Qu'est-ce que je fais là ?\" » Au-delà de la description de l'homme, de son personnage et de son entourage - on apprend, entre autres, que son fils Pascal, 20 ans, s'est enlevé la vie, en 1980 -, cette biographie a la qualité d'éclairer de grands pans de l'histoire du showbiz québécois et certains de ses acteurs principaux.Pour le reste, ça dépend des goûts\u2026 Personnellement, un seul livre m'aurait suffi pour parfaire ma connaissance de l'Émile Rousseau de Scoop.Les deux tomes font 850 pages, l'éditeur Ara Kermoyan, a-t-on appris de la bouche de Mme Michaud, s'étant plié aux suppliques de l'auteure de ne pas user du couperet.Restent donc de longues chutes du genre prose poétique, quelques calembours douteux et des passages où le menu du détail nous fait dire : woh ! too much information\u2026 D'autres fois, c'est pas assez : par exemple, qu'en est-il de cette «plaisanterie offensante » dont Claude Léveillée aurait été la victime au Bye Bye de 1992?Si on n'est pas pour l'expliquer, pourquoi l'évoquer ?Et quoi d'autre l'amie biographe aurait-elle décidé de laisser «dans la grande nébuleuse de l'oubli » ?Léveillée - tome II Marie-Josée Michaud Art Global, 478 pages, 29,95$ HHH Une biographie, deux « je» \u2026 PHOTO MICHEL GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE Un grave accident vasculaireamis fin à la carrière de Claude léveillée en 2005.«Claude, c'est un ombrageux, un brumeux (\u2026) il n'est pas positif, alors vient un temps où l'on se dit : \"Qu'est-ce que je fais là ?\" » naissance de rebecca à l'ère des tourments Roman · 304 pages · 25,95 $ «C'est absolument fascinant.C'est majeur.» Robert Lévesque, Radio-Canada Marie-Claire BLAIS © Jill Glessing Boréal www.editionsboreal.qc.ca prix du gouverneur général 3587694A 24 librairies au Québec et une boutique virtuelle à RENAUD-BRAY.COM Pour voir toutes les positions et les autres palmarès, visitez renaud-bray.com TOP 5 FASCINATION STEPHENIE MEYER NOUVELLES ENTRÉES TWILIGHT STEPHENIE MEYER RÉVÉLATION STEPHENIE MEYER LES PILIERS DE LA TERRE, T.1 ET 2 KEN FOLLETT UN MONDE SANS FIN KEN FOLLETT L'APPRENTI SAGE GILLES VIGNEAULT Q HÉSITATION STEPHENIE MEYER CONFESSIONS ANIMALES : BESTIAIRE II + CD SERGE BOUCHARD Q TENTATION STEPHENIE MEYER SEXE, DIAMANTS ET PLUS SI AFFINITÉS\u2026 LAUREN WEISBERGER Q AUTEUR QUÉBÉCOIS PALMARÈS RENAUD-BRAY Du 24 au 30 novembre 2008 STÉPHAN BUREAU RENCONTRE ROBERT LEPAGE LA SÉRIE DOCUMENTAIRE CONTACT, DIFFUSÉE À TÉLÉ-QUÉBEC, PROPOSE UN RENDEZ-VOUS UNIQUE AVEC LES GRANDS CRÉATEURS DE NOTRE TEMPS.MAINTENANT EN VENTE SUR DVD 16,99 $ 3598879A LECTURES Vous êtes ici, à Montréal.Bistros huppés, rues du Plateau, cafés fréquentés par des paumés, nuits mouvementées.Tout semble réel, reconnaissable, familier.Mais quelque chose cloche.Le gars dont on s'apprête à suivre l'histoire semble différent.Attablé dans un café, en pleine nuit, reprenant son souffle après avoir fui un personnage des plus inquiétants, le voilà qui verse le contenu d'un sachet de sucre sur sa table, puis dessine un symbole magique représentant «la clarté d'esprit ».Le ton est donné.Une brêche vient de s'ouvrir.Ou plutôt, une mince fêlure au flanc du monde, par laquelle l'extraordinaire commence tout doucement à s'infiltrer.Vous êtes dans l'univers d'Éric Gauthier, conteur de son métier, Abitibien errant, informaticien défroqué, peut-on lire dans la notice qui clôt son livre.Né à Rouyn en 1975, auteur de nouvelles éparpillées dans des revues spécialisées, mais tout de même récipiendaire du Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois pour un recueil de contes, Terre des pigeons, et à deux reprises, du prix Solaris, et il se met aujourd'hui au roman au long cours, une histoire fantastique qui met en scène Malick, « magicien et voyant », pour vous servir.Bon, entendons-nous, Malick n'est pas David Copperfield.Il ne fait pas dans le spectaculaire, mais plutôt dans l'occulte.Il est amateur de symboles, de cercles magiques, de rituels superstitieux.Il ressent les énergies mauvaises comme d'autres entendent toutes les harmoniques d'une note.Il voit les esprits.Parle aux fantômes.« L'instrument du magicien, c'est le monde entier, dit-il.Le monde a sa propre musique, mais on peut en influencer la mélodie, et c'est là que la sensibilité est essentielle.» Dès les premiers chapitres, Malick se voit dans l'obligation de fuir Montréal pour sauver sa peau.Direction Saint- Nicaise, une petite ville en Abitibi où il a passé son adolescence.Là-bas, il retrouvera quelques vieilles connaissances, dont la belle Rachel et un fantôme buveur de bière.Et fera la connaissance d'une bande de jeunes cinéastes amateurs et de membres d'un groupe spirituel aux pratiques très louches.Il y a de l'orage dans l'air, à Saint-Nicaise.Malick sent venir les éclairs et le tonnerre.Il lui faudra faire appel à quelques-uns de ses pairs.Des vrais.Pas des amateurs «qui achètent des cristaux pour se penser ésotériques, ni des «wiccains du week-end », des «pratiquants sérieux ».Une fêlure au flanc du monde est un étonnant roman rempli d'humour et de magie noire, truffé de savantes références aux sciences occultes (vous apprendrez, entre autres, ce qu'est un égrégore).Et malgré ses longueurs - le bouquin compte plus de 500 pages- , on le traverse avec plaisir.- Marie-Claude Fortin, collaboration spéciale Une fêlure au flanc du monde Éric Gauthier, Alire, 2008, 525 pages, 16,95$ HHH 1/2 Une brèche dans l'univers ordinaire Ce très bel objet, autre magnifique produit des 400 coups, est une double plaisanterie : voici un compte rendu signé par un obscur Gunther de Villier, et très généreusement illustré, de ces fameux Laboratoires Crête, expériences théâtrales à la foi absurdes et pourtant riches de sens, présentées devant public il y a quelques années et menées par le «professeur », totalement improvisé, Stéphane Crête, acteur aimé du public et touche-à-tout de « l'underground ».Ces « laboratoires» auxquels se prêtaient volontiers des comédiens liés au groupe Momentum, visaient ni plus ni moins à «modifier la conscience de l'acteur alors qu'il est en représentation par des inductions choisies ».Inductions telles que la douleur physique par serrement graduel du crâne (à l'aide d'un étau à sangles), la transe, l'hypnose et autres «états propices à la manipulation » ou la prise de drogues dures ou douces.Marc Béland, Didier Lucien, Sylvie Moreau et Jacques L'Heureux figurent parmi la vingtaine de «sujets humains » qui se sont offerts corps et âme à l'exercice.Le livre est présenté sous la forme austère d'une sorte de manuel ou d'essai.Avec tous ses graphiques, ses liens avec les sciences pures, ses témoignages vibrants, on en vient à ne plus faire la part de la farce et de l'étude.En prime ce bouquin extrêmement bien fait propose un DVD à l'intention de tous ceux qui n'auraient jamais assisté, ni même eu vent, de ces Laboratoires Crête, expérience fascinante qui prouve qu'on peut mêler science et humour tout à fait sincèrement et sans tomber dans le canular total.Aleksi K.Lepage, collaboration spéciale Les laboratoires Crête Gunther de Villier, en collaboration avec Stéphane Crête, Les 400 coups, 198 pages CURIOSITÉ Théâtre de la cruauté LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Tous les jours dans À VOS MARQUES Tous les jours dans ARTS SPECTACLES MEUR CE SOIR.EN PRIMEUR CE SOIR.352 pages · 32,95 $ John SAUL Mon pays métis Êtes-vous prêt à entendre quelques vérités dérangeantes au sujet du Canada?www.editionsboreal.qc.ca Boréal www.editionsfides.com 128 pages · 24,95 $ hurtubise hmh www.hurtubisehmh.com Micheline BAIL Frontenac Tome 1 · La tourmente Le destin épique d'un gouverneur passionné, fougueux et controversé, soulevant les passions et les foules.624 pages · 32,95 $ Maryse ROUY Une jeune femme en guerre Printemps 1944 - Été 1945 Le second tome de cette série nous fait vivre avec beaucoup d'intensité le destin d'une héroïne touchante, inventive et courageuse face à l'adversité.roman · 344 pages · 24,95 $ Henriette MAJOR Patrice DUBUC Chansons des quatre saisons Enfin ! Le sixième livre-CD de la fabuleuse collection d'Henriette Major.En cadeau : une échelle de croissance et un calendrier.3591394A Offert en librairie et sur librairie.cyberpresse.ca Une baleine qui vient se gratter sur la coque d'un bateau.Une chasse au cochon fidjien en sulu.Un champion du monde Guiness perceur de noix de coco avec son doigt.La frousse autour du monde Suivez les aventures invraisemblables et rocambolesques de Bruno Blanchet dans La frousse autour du monde.L'aventure est une porte qui s'ouvre par en-dedans.3596046A "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.