La presse, 14 janvier 2001, Cahier A
[" 7LP0102A0114 A1 DIMANCHE 7LP0102A0114 ZALLCALL 67 00:51:02 01/14/01 B MONTRÉAL DIMANCHE 14 JANVIER 2001 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC > HULL-OTTAWA > 70¢ FLORIDE 1,75 $ U.S.· Bourque réanime le projet de TGV vers New York MARIE-CLAUDE GIRARD Après « une île, une ville », Pierre Bourque souhaite voir réaliser un autre vieux projet: la construction d'un train à grande vitesse entre Montréal et New York.En entrevue éditoriale à La Presse, le candidat à la mairie de la nouvelle ville a affirmé qu'il croyait que les conditions étaient peutêtre réunies pour réanimer l'idée d'un TGV.Il serait prêt à ce que Montréal participe au financement des études de faisabilité.En 1995, il jugeait que le moment n'était pas propice.« Il est trop tard maintenant.Les coffres sont vides.On le remet aux calendes grecques », avait-il alors déclaré.« Je pense que l'avenir est là.Peut-être que les conditions vont commencer à devenir réalistes », estime-t-il aujourd'hui.« Une île, une ville, ça a pris 40 ans.M.Drapeau a toujours rêvé à un TGV Montréal-New-York.Peut-être, on va le faire maintenant.» Il croit qu'un train à grande vitesse permettrait d'oxygéner à long terme l'économie montréalaise.« Et cet oxygène-là va venir de la culture de Montréal.De sa force d'attraction dans le Nord-Est du continent.» S'il veut accentuer le tourisme, améliorer la place de Montréal dans le monde, attirer des événements importants, il ne mijote pas de grands projets comme peut le faire le maire de Toronto.« Des projets comme ceux dont M.Lastman rêve, des Jeux olympiques, ou des trucs comme ça, j'en ai pas devant moi.» Au contraire, il en a soupé des grands projets sans lendemain, dit-il.Sans le nommer, il critique le caractère éphémère de certaines réalisations de Jean Drapeau.« Il faut avoir des projets de cette dimension-là ( TGV ) pour Montréal.Mais toujours des projets à moyen et long terme.Les projets à court terme, moi j'ai été trop marqué par ça.Montréal a trop souffert de ça.Je pense aux Jeux olympiques, même à l'Expo.Après l'Expo, moi j'étais là.alors je suis pas tellement chaud aux projets d'un an, six mois.Des projets récurrents qui marquent l'économie, oui.» Voir BOURQUE en A2 MARC DELBES Presse Canadienne Mélanie Turgeon a entrepris sa deuxième moitié de saison en fanfare hier en Autriche en devenant la première Canadienne à monter deux fois sur le podium le même jour sur le circuit de la Coupe du monde de ski alpin.La skieuse de Lac-Beauport s'est d'abord classée troisième dans la descente de Haus im Ennstal, annulée la veille en raison d'un brouillard persistant.Puis, trois heures et demie plus tard, elle a remporté la médaille d'argent du super-G.D'autre part, Nicolas Fontaine, de Magog, a conservé hier son titre de champion de l'épreuve des sauts au mondial de ski acrobatique présenté à Tremblant.Il a devancé les Biélorusses Dmitri Dashinski et Alexei Grichine.Pendant ce temps à Avoriaz, en France, Jasey Jay Anderson, de Val-Morin, remportait sa première victoire de la saison sur le circuit de la Coupe du monde de planche à neige.Anderson a enlevé les honneurs du cross.Cette victoire lui permet de grimper au quatrième rang du classement de la spécialité.En Autriche, Mélanie Turgeon a déclaré au cours d'un appel conférence que cette journée avait été pour elle magique.« Deux podiums la même journée et dans deux disciplines différentes, il n'y a pas beaucoup de filles qui ont réussi cet exploit.J'imagine que je ne peux pas en demander plus.» Emily Brydon, de Fernie, en Colombie-Britannique, a également fait belle figure, terminant sixième de la descente et huitième du super-G.Le programme réservé aux skieuses du grand Cirque blanc n'était pas de tout repos.Voir SKIEUSE en A2 PHOTO AP Mélanie Turgeon exulte après avoir réalisé le troisième meilleur temps dans la descente comptant pour la Coupe du monde disputée hier à Haus, en Autriche.Un violent séisme secoue l'Amérique centrale: plus de 100 morts 1 17e ANNÉE > NO 83 > 5 0 PA G E S > 4 C A H IE R S MÉLANIE TURGEON ÉPATE EN COUPE DU MONDE La skieuse de Lac-Beauport monte deux fois sur le podium Nicolas Fontaine conserve son titre de champion des sauts à Tremblant page C5 PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Nicolas Fontaine, de Magog, a conservé hier son titre de champion de l'épreuve des sauts au mondial de ski acrobatique présenté à Tremblant.À lire en page deux et trois du cahier Sports.Arts et spectacles B6-B9 - télévision B6 À votre tour A13 Bandes dessinées C10 Bridge C8 Consommation A7 Décès C9 Éditorial A12 Êtes-vous observateur?C6 Feuilleton C10 Génies en herbe B9 Horoscope C7 La presse d'ailleurs A11 Loteries A2, A5 Monde A9-A11 Mots croisés B9 et C10 Mot mystère C6 Petites annonces C6 - immobilier C6, C7 - marchandises C7 - emplois C7 - automobile C7, C8 - affaires C8 Santé C1-C4 Sciences B10 M É T É O Voir S16 Ciel variable Maximum -5 > minimum -11 Le violon de Côte Saint-Luc RICHARD HÉTU collaboration spéciale La Ma Ma E.T.C.est la Mecque du théâtre expérimental à New York depuis bientôt 40 ans.Vous ne devinerez jamais le sujet de la pièce à l'affiche de l'institution d'East Village: les juifs de Côte Saint-Luc.Peut-on être plus actuel que ça?Encore une fois, New York se surpasse.Du 4 au 28 janvier, La Ma Ma E.T.C.présente Fiddler Sub-Terrain, une comédie musicale du Montréalais Oren Safdie sur la situation politique du Québec.Agé de 35 ans, Safdie est l'un des auteurs préférés du théâtre de la 4e Rue.Pendant la saison 1998-99, il y a fait jouer une autre comédie musicale, Jews and Jesus.Il collabore présentement à un projet avec le producteur montréalais Denis Héroux.Safdie vit à New York depuis 14 ans.Il a fait ses études en architecture à l'Université Columbia, avant de tourner le dos à la profession qui a fait la renommée de son père, Moshe Safdie, à qui l'on doit Habitat 67, le Musée des beaux-arts du Canada et la Bibliothèque publique de Vancouver, entre autres.Sa passion, c'est l'écriture, le théâtre, le showbiz.Même si Fiddler Sub-Terrain a été écrit pour un auditoire canadien, Safdie espère intéresser les New- Yorkais à son histoire, servie par une distribution mixte ( canadienne et américaine ).Sa comédie musicale se veut une version satirique d'un succès universel, Un violon sur le toit.À New York, Fiddler Sub-Terrain n'a pas soulevé de vagues.Au Québec, il vaudrait sans doute à Safdie quelques tomates.« Je ne pense pas que cette pièce puisse être présentée à Montréal », a dit Safdie lors d'un entretien téléphonique.Un violon sur le toit racontait l'histoire de Tevye, un pauvre laitier vivant dans un petit village d'Ukraine au tournant du XXe siècle.Tevye est bien décidé à marier ses cinq filles selon la tradition.Mais son monde craque de toutes parts.Ses filles lui tiennent tête.Les pogroms commencent.Les révolutionnaires s'activent.Pour expliquer sa vie de juif dans la Russie tsariste, Tevye emploie une image, celle du violoneux tentant de faire de la musique en équilibre précaire sur un toit.Voir VIOLON en A2 Invisible dans la foule citadine, les jeunes des régions qui arrivent pour la première fois à Montréal, observent la ville d'un regard étranger.Dans le deuxième volet de notre série sur les « immigrants d'ici », qui se poursuit demain, ils nous parlent de rythmes urbains et de repères perdus.À lire en page A6 7LP0201A0114 A2 DIMANCHE 7LP0201A0114 ZALLCALL 67 00:49:27 01/14/01 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 DEMAIN DANS LA PRESSE En manque de passé Pour paraphraser Gilles Archambault, la société Daimler- Chrysler est-elle en manque de passé, comme d'autres sont en manque de tabac, d'alcool ou d'amour, pour poursuivre, quelque 20 ans plus tard, l'alphabet de la série 300?À croire qu'un segment important de la population avait oublié que la version originale, présentée en 1955 Ð et sur laquelle capitalise d'ailleurs Daimler Chrysler pour faire revivre le mythe Ð était un coupé dont les roues arrière motrices étaient entraînées par un puissant V8.Pardonnera-t-on à Daimler Chrysler de dénaturer une appellation aussi chargée d'histoire?se demande notre chroniqueur Éric Le François.À lire demain dans le cahier AUTO.LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 9-7-6 > À quatre chiffres : 5-7-8-3 LOTO 6/49 > 3-5-33-40-45-46 Compl.: 21 > Extra : 8-1-1-7-4-7 POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4816 Actuel actuel@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Auto, Mon toit, Santé Voyages aso@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Quoi faire aujourd'hui andre.cloutier@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Arts, Spectacles, Cinéma, Livres arts@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4814 Économie econo@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Sports sports@lapresse.ca Télécopieur: (514) 350-4854 Têtes d'affiche denis.lavoie@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.RENSEIGNEMENTS (514) 285-7272 PROMOTION (514) 285-7100 COMPTABILITÉ (514) 285-6892 RECOUVREMENT (514) 285-6900 PUBLICITÉ Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi : 8 h 00 à 17 h 30 Décès et remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi : 8 h 30 à 17 h 30 Détaillants : (514) 285-6931 National et Télé-Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 ABONNEMENT (514) 285-6911 Par télécopieur : (514) 285-7039 Lundi au vendredi : 6 h 30 à 17 h 30 Samedi : 7 h à midi / Dimanche : 7 h à 11 h Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650 Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 SUITES DE LA UNE BOURQUE Suite de la page A1 Il souhaite aussi que le futur train de la Rive- Sud qui empruntera l'estacade du pont Champlain passera par le parc des Îles, le Vieux-Port, la Cité du Multimédia.« C'est pour moi essentiel.Que ça ne soit pas qu'une navette mais un outil économique.» Il y a un an, Pierre Bourque confiait qu'il songeait à une troisième carrière internationale.L'aurait-il mis sur la glace?« Pas du tout », répond- il en souriant.« Je suis encore jeune! » En outre, la préparation de sa future carrière n'est pas incompatible avec le travail de maire.L'avenir de Montréal est dans le monde, répète- t- il.« On est capable de développer une personnalité internationale grâce à la connaissances des langues de notre population, nos universités.Les Amériques, ça va se faire bientôt.Il faut que je prenne une avance.Si ce n'est pas Montréal, ça va être Miami, Atlanta, Toronto.» « Les gens vivent de plus en plus dans les villes, construisent des mégapoles.Ils ont besoin de modèles.Alors les gouvernements supérieurs et les institutions internationales vont travailler de plus en plus avec les villes.Ce n'est pas pour rien que je travaille avec les Nations unies, la Banque Mondiale.» En mars, il accueillera les maires des Amériques.Bientôt, il doit ouvrir à Montréal un centre de formation à distance, de « e-learning », avec l'aide des gouvernements.« On va être relié à tout le réseau de la Banque Mondiale dans le monde pour former des cadres, des maires.On a déjà commencé.Ce sont des actions qui n'intéressent pas grand monde mais moi ça m'intéresse.» Au printemps, il ira aussi en Chine pour inaugurer le pavillon de Montréal.« C'est un événement très important pour Montréal même si on n'en saisit par toute la dimension.M.Bourque est à ce point convaincu du succès de la fusion qu'il prévoit déjà exporter l'expertise qu'aura développée Montréal en matière de systèmes administratifs et techniques.Cette année, le tourisme « l'inquiète un peu ».Après avoir beaucoup investi, les hôteliers doivent faire face à des hausses de taxes importantes.« C'est une année charnière.Le Palais des congrès n'est pas fini.Je négocie avec les hôteliers pour savoir comment on pourrait les aider.» Et s'il y a bel et bien récession?« Les gens de New York vont peut-être venir plus à Montréal qu'à Paris.» DEMAIN: les suites de l'entrevue avec Pierre Bourque SKIEUSE Suite de la page A1 PHOTO La Presse Jean Pellerin En l'espace de quatre heures, les spécialistes des disciplines de vitesse ont enchaîné une descente et un super-G.De plus, avec la baisse des températures, la piste constituait un véritable défi.La descente a d'ailleurs été perturbée par des chutes en cascade et des délais.Ces conditions ont fait l'affaire de Turgeon.« La neige était parfaite, a-t-elle dit.C'était glacé et rapide, exactement ce qui me convient.» C'est l'Autrichienne Renate Goetschl qui a remporté la descente, son deuxième succès de la saison dans la discipline, avec un chrono d'une minute et 44 secondes.Elle a devancé l'Italienne Isolde Kostner de cinq centièmes, qui demeure en tête du classement de la descente, et Turgeon de huit centièmes.« Mes récentes performances démontrent que tout augure bien pour les championnats du monde plus tard ce mois-ci, a déclaré Goetschl.Aujourd'hui, j'avais des skis rapides et j'ai fait une bonne descente, mais j'ai également joué de chance.» La Française Régine Cavagnoud a quant à elle remporté le super-G, sa deuxième victoire de la saison dans cette discipline.Avec un temps de 1:28,48, elle a précédé Turgeon ( 1:28,75 ) et Goetschl ( 1:29,07 ).« Je faisais vraiment partie de l'élite aujourd'hui », a convenu Turgeon, qui avait affiché ses couleurs en terminant troisième des deux descentes d'entraînement plus tôt cette semaine.Un repos salutaire Turgeon, dont le meilleur résultat cette saison avant ceux d'hier était une neuvième place dans la deuxième descente de St-Moritz à la mi-décembre, a gagné du terrain aux classements de la Coupe du monde.Elle est désormais sixième au classement de la descente, septième en super-G et 13e au général.Brydon, médaillée de bronze à St- Moritz, est huitième en descente et neuvième en super-G.« Tranquillement, je retrouve ma place.Je dois continuer à travailler dans ce sens pour garder ma place car les autres filles sont plus expérimentées que moi », a noté Turgeon, qui apprécie vraiment d'être épaulée cette saison par Brydon et Anne-Marie Lefrançois.Lefrançois s'est classée 36e lors de la descente et 40e lors du super- G.« C'est vraiment plaisant pour moi car nous formons désormais une équipe.Avant, j'étais seule.Je tire bénéfice de cette nouvelle situation.Emilie me pousse à donner le maximum à l'entraînement.L'équipe s'étoffe et c'est tant mieux.» Il va sans dire que ces deux podiums la même journée constituent la plus belle journée en carrière pour Turgeon.Elle avait connu un week-end de rêve, en février dernier, en obtenant sa première victoire en Coupe du monde et une deuxième place lors des deux super- G d'Innsbruck.« J'entretiens une relation spéciale avec l'Autriche », a-t-elle a ajouté.Elle estime par ailleurs que le repos qu'elle s'est accordée pendant la période des Fêtes lui a grandement profité.« Ce congé m'a été très bénéfique car j'ai pu me réénergiser.J'ai passé du bon temps avec ma famille et mes amis.Je me suis également beaucoup entraînée en super- G au mont Sainte-Anne.Cela a été un facteur déterminant dans mon retour en force en deuxième moitié de saison.J'étais prête à revenir en Europe après ce séjour à la maison.» Turgeon se dirigera maintenant vers l'Italie où elle disputera une descente, vendredi, et un super-G, samedi, à Cortina d'Ampezzo.« C'est le parcours que j'adore le plus sur le circuit de la Coupe du monde », a précisé Turgeon, qui ne croit pas que la pression sera désormais plus forte.Son malaise chronique au dos ne l'a pas ennuyé et cela a fait toute la différence.« Quand mon dos va bien, il m'est plus facile de me concentrer sur mon ski.Mais je dois avouer qu'avec deux épreuves la même journée, je vais en ressentir les effets demain.» Le journaliste Jean Pellerin n'est plus Le journaliste et écrivain Jean Pellerin n'est plus.Il est décédé hier à l'Hôtel-Dieu de Montréal où il avait été admis mardi à la suite de problèmes pulmonaires.Tôt hier matin, il a été victime d'un arrêt cardiaque.Il avait 83 ans.Jean Pellerin a été journaliste à La Presse de 1964 à 1982.De 1970 à sa retraite, il a occupé la fonction d'éditorialiste.Au préalable il avait été chroniqueur à la section politique internationale et avait notamment été affecté à la couverture de la guerre du Vietnam où il s'était rendu.Il avait aussi couvert en 1968 l'assassinat du pasteur Martin Luther King et avait également fait des reportages en Israël, à Washington, Memphis, Atlanta et New York.M.Pellerin a aussi travaillé au début de sa carrière à la revue ALERTE.En 1956 il a été réalisateur au service des Affaires publiques de Radio-Canada.Toujours à la société d'État il a été dialoguiste de quatre émissions de la série Le Grand Duc et de la série D'Iberville.M.Pellerin a aussi publié au fil des ans de nombreux ouvrages, dont neuf romans, dix pièces de théâtre et 20 essais dont un est présentement en cours de publication.Il a aussi été directeur de la revue Cité Libre, fondée par Gérard Pelletier et Pierre Elliot Trudeau.Il laisse dans le deuil son épouse Madeleine Beaulieu et cinq enfants, François, Grégoire, Esther, Ruth et Louis.La Presse offre ses condoléances à la famille éprouvée.La dépouille mortelle est exposée au Complexe Urgel-Bourgie, 1255, rue Beaumont.Les funérailles auront lieu mardi à 11 h à l'église St-Germain d'Outremont, à l'angle de la rue Vincent-d'Indy et du chemin de la Côte-Sainte-Catherine.VIOLON Suite de la page A1 Dans Fiddler Sub-Terrain, Tevye de vient Teddy, un vendeur de soutiens-gorge qui porte, sur un col ouvert, une chaîne en or où pend une énorme étoile de David.Plus quétaine que lui, tu chantes une chanson sur les Français qui puent, ce qu'il fait, à bien y penser, dans un numéro où il rêve à Paris.La comédie musicale de Safdie aspire à l'humour.Teddy compare la vie d'un juif de Côte Saint- Luc à celle d'un « accordéoniste dans un soussol », qui tente de survivre en déjouant l'impôt et en évitant d'offenser « la police de la langue ».Ce n'est pas facile », dit-il à l'auditoire, d'autant qu'il ne parle pas un traître mot de français.Se sentant opprimé, il partirait bien pour Toronto, mais les maisons sont tellement chères làbas.« Alors, demande Teddy, comment espéronsnous changer la situation politique dans la Belle Province, afin que les gens reviennent de New York, Toronto, Vancouver, Calgary, Los Angeles, Boston et Baie-Comeau, dans cet ordre?La réponse est: la partition! » Et Teddy de se mettre à chanter Partition, comme Tevye chantait Tradition, dans Un violon sur le toit.« Ici, à Côte Saint-Luc, nous tentons la souveraineté », entonne Teddy.Les juifs de cette ville ne veulent pas seulement se séparer du Québec, enchaîne le père de famille, « mais aussi de ces snobs de Westmount, ces rednecks de Beaconsfield et ces juifs arrogants de Hampstead ».L'auteur de Fiddler Sub-Terrain n'épargne personne.Un de ses personnages s'appelle Harry Nemiroff.Il fait penser à Howard Galganov.À son sujet, la femme de Teddy, Gilda, chante: « Une station de radio a été tellement impressionnée par ta grande gueule et ton manque d'intelligence qu'elle t'a offert ta propre émission! Un autre personnage porte le nom de William Macaloney, un ancien premier ministre du Canada ( Brian Mulroney?).Même s'il est secrètement antisémite, Macaloney marie une des filles de Teddy, souhaitant se gagner des appuis chez les juifs en vue d'un éventuel retour en politique.Peine perdue.Quand il tente de reprendre le pouvoir, il perd « par quelques votes juifs », pour reprendre son explication.Sciatica, la fille aînée de Teddy, est en amour avec Maudit Lafleur, un musicien « séparatiste » au chômage.Maudit explique à son futur beaupère qu'il veut épargner de l'argent pour s'acheter une guitare et se faire tatouer le nom de Sciatica sur l'épaule, juste au-dessus de sa croix.Au moins, ce n'est pas une croix gammée, dit Teddy.Ð No way, je l'ai fait enlever l'an dernier, répond Maudit.Et la foule de s'esclaffer.Maudit n'est pas sans sympathiser avec l'option politique de Teddy.« Même si je suis séparatiste, je crois aussi à la partition.Je veux dire, regarde tous les problèmes que les Israéliens ont avec les Arabes.C'est soit la partition.ou nous vous bulldozons dans le fleuve Saint-Laurent! Le consulat général du Canada et la délégation du Québec à New York ont apporté un soutien financier à Fiddler Sub-Terrain.Cependant, lors de la première de la pièce, au moins un membre de la délégation québécoise est parti à l'entracte.Il en avait vu et entendu assez.Il a donc raté le dernier numéro du spectacle, dans lequel Sciatica et les autres membres de la distribution chantent: « Saskatchewan, Alberta, Manitoba ou Québec, ils présentent tous les mêmes films à succès dans les cinéplexes à 12 écrans.» La ligne bleue du métro paralysée durant six heures LAURA-JULIE PERREAULT CEUX QUI comptent sur la ligne bleue du métro pour se déplacer en ville ont dû prendre leur mal en patience, hier.Une étrange histoire a entraîné la fermeture de toutes les stations de la ligne 5 pendant plus de six heures : un record, aux dires de la Société des transports de la Communauté urbaine de Montréal.Tout a commencé quand des employés de la STCUM ont trouvé un corps calciné entre les stations Jean-Talon et Fabre, vers 10 h 30 hier.Les trains ont dès lors été immobilisés et les stations de métro, entre Snowdon et Saint-Michel, ont été évacuées, selon la procédure normale.Les agents du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM), les ambulanciers, les pompiers et la morgue sont alors intervenus.Mais un employé de la morgue a sonné l'alerte rouge en déclarant que la victime montrait des signes de tuberculose.« Il n'y a rien de prouvé.L'employé qui a dit ça n'était pas un spécialiste », affirmait la chef des affaires publiques de la STCUM, Odile Paradis, hier soir.Les intervenants qui sont entrés en contact de près ou de loin avec le cadavre ont néanmoins été rappelés à la station Jean-Talon pour une décontamination.« Ça a créé un vent de panique parce que personne ne savait ce que ça impliquait.Environ 30 ou 40 personnes ont été décontaminées », a témoigné Jacques Turcotte, le président de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STCUM, qui a dû lui-même participer à cette inhabituelle opération.Après une longue enquête, les agents du SPCUM ont conclu à un suicide.Des ambulanciers, vêtus d'un survêtement spécial, ont pu évacuer le cadavre.La ligne bleue a été rouverte vers 17 h 30.De 11 h à 17 h 30, un service d'autobus a pris la relève du métro. 7LP0302A0114 a3 dimanche 7LP0302A0114 ZALLCALL 67 00:51:12 01/14/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 · A3 ACTUALITÉS LETTRE D'YVES MICHAUD À BOUCHARD Robert Libman se défend d'être partitionniste Les supporters du Robin des banques lui restent fidèles LAURA-JULIE PERREAULT ROBERT LIBMAN, le président du B'nai Brith au Québec, était loin de sourire en lisant la lettre qu'Yves Michaud a fait parvenir au premier ministre, Lucien Bouchard, la veille du Nouvel An.Principale cible de M.Michaud, il veut rectifier les faits.Certaines phrases de la lettre publiée dans nos pages hier lui étaient directement adressées.« M.Libman est en outre un prosélyte virulent et acharné de la partition du territoire québécois dans l'éventualité de l'accession du Québec à la souveraineté », a écrit Yves Michaud.Le principal intéressé réfute cette affirmation.« M.Michaud m'accuse d'être partitionniste.Demandez à mes 124 collègues députés de l'Assemblée nationale.En cinq ans, quand j'étais député, je n'ai jamais dit une seule fois le mot partition ! » tenait-il à préciser hier, déplorant encore une fois d'être le bouc-émissaire de M.Michaud.« C'est un homme désespéré, alors il frappe partout où il peut », a ajouté le maire de Côte Saint-Luc et ancien chef du Parti Égalité.Il désire aussi protéger la réputation du B'Nai Brith, contre les propos incendiaires de M.Michaud qui avait qualifié l'organisme de groupe « extrémiste antiquébécois et antisouverainiste ».« Nous avons décidé d'ignorer ces attaques bizarres et de ne pas descendre dans la rue.Nous espérons que les Québécois savent que ce n'est pas vrai.Depuis 125 ans, le B'nai Brith défend les droits de l'homme et tente de contrer l'antisémitisme et l'intolérance », ajoutait M.Libman lors d'une entrevue téléphonique.S'il s'est senti blessé par la longue lettre destinée au premier ministre, Robert Libman était enchanté d'apprendre dans La Presse que M.Michaud ne compte pas se présenter à l'investiture du Parti québécois dans le comté de Mercier.« C'est très intéressant de voir qu'il abandonne avant que le Parti ne lui barre la route », s'enthousiasme- t-il Contenu périmé Le Parti québécois a préféré ne pas commenter le contenu de la missive du militant péquiste parue hier.« En quelque sorte, pour nous, le contenu est périmé.Nous allons formuler des commentaires lorsque M.Michaud dira officiellement ce qu'il compte faire », notait hier Michel Léveillé, directeur des communications du PQ.Le syndicaliste Fernand Daoust, qui assumait les fonctions de médiateur pour le compte de M.Michaud depuis le 23 décembre dernier, s'est lui aussi fait discret hier.Il a néanmoins admis que son mandat a pris fin dans les derniers jours.« M.Michaud annoncera luimême ses intentions », soulignaitil, en ajoutant quelques minutes plus tard que la décision du militant de ne pas se présenter dans le comté de Mercier « était un des éléments de la solution au conflit qui vient de connaître son dénouement ».Les supporters toujours là Ceux qui ont dénoncé la motion de blâme de l'Assemblée nationale à l'endroit du septuagénaire et que La Presse a réussi à joindre hier, n'ont pas changé d'opinion malgré l'évolution des événements.Mais ils refusaient pour la plupart de commenter le contenu du message de M.Michaud.« Je ne veux pas entrer dans le débat sur l'interprétation.Ce que je trouve inacceptable, c'est que l'Assemblée nationale bâillonne un citoyen.Que l'événement Michaud suscite un vrai débat est très sain », avançait le poète Bruno Roy hier.Comme lui, les auteurs Yves Beauchemin , Fernand Ouellet et Jean- Claude Germain, pour ne nommer que ceux-là, avaient décrié le geste du Parlement dans une missive signée par une trentaine de personnalités publiques.Paul-André Quintin, président du comité des relations internationales au Parti québécois, qui était aussi du compte, persistait lui aussi hier.« Les propos que j'ai entendus ne méritaient pas d'être blâmés à l'Assemblée nationale ! ».Il ne cachait pas néanmoins que son comité devra recoller les pots cassés au niveau de l'image internationale du projet souverainiste.« Mais ce n'est rien de très nouveau.Ça fait 30 ans que c'est clair dans le programme que le nationalisme du PQ est un nationalisme civique et non pas ethnique, mais il y a toujours des pelures de bananes qui font que nous devons expliquer la même chose », affirmait M.Quintin.MÉTÉO L'an 2000, le 7e plus chaud depuis 1948 RAYMOND GERVAIS L'ANNÉE 2000 est passée à l'histoire de la météo comme ayant été la septième plus chaude au Canada depuis 1948.C'est ce qui ressort du Bulletin des tendances et des variations climatiques pour le Canada, publié par Environnement Canada.Cette publication décrit les températures et les précipitations dans toutes les régions du pays et les compare aux données climatiques des 53 dernières années.On y note que les températures au Canada en 2000 ont dépassé la normale de 0,9 % la moyenne de saison.C'est l'année 1998 qui a été la plus chaude, avec des températures moyenne de 2,5 degrés au-dessus de la normale, ce qui est énorme selon les météorologues.L'année la plus froide a été celle de 1972, avec des températures moyennes de 1,8 degrés sous la normale.Au cours de la dernière décennie, l'année 1992 a été la dernière où les températures ont été sous la moyenne de saison.Le document précise de plus que les températures ont été supérieures à la normale durant les 14 dernières saisons, soit de l'été 1997 à l'automne 2000.Le Nord de la Colombie-Britannique et le Yukon sont les deux régions où les températures ont grimpé le plus, tandis que c'est dans le sud de la Colombie- Britannique qu'elles ont le plus descendu.Au chapitre des précipitations, l'année 2000 se rapproche des normales.Elle est la 22e plus sèche des annales ou la 32e plus humide avec des précipitations dépassant 0,4 % la normale.L'année la plus humide est celle de 1996 avec 10,2 % au-dessus de la normale, tandis que la plus sèche est 1956 avec 7,3 % au-dessous de la normale.Le Québec, le nord de l'Ontario, l'Alberta et la Colombie- Britannique ont reçu des précipitations inférieures à la normale en 2000, alors que le sud du Manitoba, le sud de l'Ontario et Terre-Neuve recevaient des précipitations supérieures à la normale.Finalement, les régions de la côte du Pacifique et des montagnes du sud de la Colombie-Britannique ont connu en l'an 2000 leur année la plus sèche des annales, respectivement à 26,3 % et à 21,7 % sous la normale.La région du nord de la Colombie-Britannique et le Yukon ont connu leur 10e année la plus humide des annales, les précipitations y ayant dépassé la normale de 10,2 %.Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Nick Beletsiotis appuie le projet du ministre Chevrette d'imposer la « tolérance zéro » en matière d'alcool au volant pour les chauffeurs de taxi.« Le public compte sur nous pour se rendre à destination », explique-t-il.ALCOOL AU VOLANT Les chauffeurs de taxi sont pour la tolérance zéro SYLVAIN LAROCQUE S'IL VA de l'avant avec son projet de « tolérance zéro » en matière d'alcool au volant pour les chauffeurs de taxi, le ministre Guy Chevrette trouvera bien peu d'opposition sur son chemin.Voilà ce qui ressort d'un sondage informel effectué hier après-midi par La Presse.« C'est une très bonne mesure, mais je ne bois pas de toute façon », lançait Christian Laguerre, alors qu'il attendait les clients à l'angle de la rue Jean-Brillant et du chemin de la Côte-des-Neiges.« Si je bois, je reste chez moi.» Il s'est dit préoccupé par l'alcool au volant, qui est selon lui à l'origine de bien des accidents.« C'est correct, a renchéri Rachid Hamdi.On doit assumer nos responsabilités.Après tout, on transporte des gens.» Comme M.Laguerre, il dit ne pas connaître de chauffeurs qui prennent le volant avec un verre dans le nez.S'ils existent, ces chauffeurs sont rares, avançait Nick Beletsiotis.« C'est tout simplement logique de ne pas boire quand tu travailles, tu risques de perdre ton emploi.» Il a expliqué que sa compagnie de taxi ne rappelle pas vraiment aux chauffeurs l'importance de ne pas conduire après avoir bu, mais qu'entre collègues le message se passait, particulièrement pendant la période des fêtes.George Kouzoukas se demandait si la proposition n'allait pas trop loin, même s'il est d'accord avec le principe.« Je ne bois pas, mais j'ai déjà vu des chauffeurs prendre une bière avant d'aller travailler.» Il ne croit pas qu'une seule consommation puisse avoir un effet sur la conduite.« S'ils ont un accident, ce ne sera sûrement pas à cause de la bière.» Une opinion que partageaient Nicolas Dulac et Julien Martineau, qui descendaient d'un taxi.« Je ne sais pas vraiment si (la mesure) changera quoi que ce soit.(Les chauffeurs de taxi) vont rester les maîtres de la route, a ironisé M.Martineau.Mais c'est une question d'image, quand tu sens l'alcool.» Tous les conducteurs ne devraient-ils pas être soumis aux mêmes règles ?M.Laguerre le pense, mais pas Pierre-Louis Dieubon.« Je ne crois pas que c'est injuste (pour les chauffeurs de taxi), a-t-il dit.Nous avons une responsabilité supplémentaire : nous transportons des passagers, et puis il y a les piétons.» Le ministre des Transports entend déposer prochainement un projet de loi qui ferait passer le taux d'alcoolémie toléré chez les conducteurs québécois de 0,08 à 0,05 et qui imposerait la « tolérance zéro » pour les conducteurs professionnels (taxis, autobus, camions lourds) dans l'exercice de leurs fonctions, entre autres mesures.SAINT-GABRIEL-DE-BRANDON Maire séquestré RAYMOND GERVAIS LE MAIRE de Saint-Gabriel-de-Brandon, Robert Desrosiers, 63 ans, a eu la peur de sa vie avant-hier soir lorsqu'il a été momentanément enlevé par un couple qui venait de commetre un vol à l'étage au marché d'alimentation Métro de Saint-Gabriel-de-Brandon.Vers 19 h 45, un homme âgé de 30 ans, de Pointe- Calumet et une femme de 34 ans, de Saint-Eustache, se sont présentés au marché d'alimentation où ils ont dérobé une bouteille de vin.Constatant le vol, la gérante de l'établissement qui avait déjà appelé la Sûreté du Québec, trouvant les allures du couple louches, a tenté de les stopper, mais sans succès.Les deux voleurs ont alors pris la fuite et tenté de pénétrer dans un premier véhicule conduit par une femme, mais la conductrice a accéléré et a réussi à leur échapper.Le duo s'est alors approché d'un autre véhicule conduit par le maire Desrosiers.Ils ont forcé ce dernier s'asseoir sur la banquette arrière de son véhicule.Le couple a alors pris la direction de Berthierville avec leur otage.Quelques instants plus tard une voiture de la Sûreté du Québec est arrivée sur les lieux.Les policiers, prévenus de l'enlèvement par des témoins de l'incident, ont pris le véhicule en chasse et, après une courte poursuite, procédé à l'arrestation du couple.Le maire Desrosiers s'en est tiré avec des ecchymoses et une blessure à un oeil.Des accusations de vol à l'étalage, de vol de véhicule, de voies de fait, de séquestration, d'enlèvement et de conduite d'un véhicule avec facultés affaiblies pourraient être portées.EN BREF Accidents de motoneige TROIS PERSONNES ont perdu la vie depuis avant-hier au Québec dans des accidents de motoneiges.Simon Godbout, 35 ans, de Saint-Gervais, est mort après avoir heurté un arbre en bordure d'un sentier à Armagh.À Lennoxville, un homme de 75 ans a perdu la vie lorsque son engin a heurté le côté d'un pont avant de tomber dans une rivière.Près de Rimouski, une collision entre une automobile et une motoneige a fait une victime.Près de Mont-Laurier, un motoneigiste a été blessé dans une collision avec un camion.Onze motoneigistes sont morts depuis le début de la saison.Collision mortelle UN ONTARIEN de 43 ans, Wade James Brian, de Bancroft, a perdu la vie sur la route 148 à l'Ile-aux-Allumettes, en Outaouais, lorsque la camionnette qu'il conduisait est entrée en collision latérale avec un camion-remorque qui reculait dans une entrée de cour.L'impact a été très violent et les secouristes ont dû utiliser les pinces de désincarcération pour sortir le corps du malheureux.Écrasement à Mascouche UN MOTOMOTEUR de type Cherokee Piper qui décollait de l'aéroport de Mascouche hier midi avec deux personnes à son bord, n'a pu prendre son envol et s'est écrasé de l'autre côté de l'autoroute 640.Le pilote et son passager n'ont pas été blessés.Une défectuosité mécanique serait à l'origine de l'accident. 7LP0401A0114 a4 dimanche 7LP0401A0114 ZALLCALL 67 00:46:51 01/14/01 B A 4 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 4 J ANV I E R 2 0 0 1 JOURNAL DE BORD Camping sur les quais Àpeine débarqué, ma première tuile ! Une dame un peu coincée m'annonce avec le sourire que les services de manutentions, facturés par le port du Havre, vont frôler les 5000 francs.Je lui réponds aussitôt qu'il doit y avoir une erreur.Je viens de payer 3000 $ pour faire traverser l'Atlantique à mon bateau, impossible que ça me coûte 1000 $ pour qu'une grue le soulève du conteneur et le pose sur le camion qui nous conduira à Brest.Une opération d'une demi-heure maximum ! Bref, je négocie d'arrache-pied et obtiens finalement une réduction de moitié.La facture est encore trop salée à mon goût, mais au moins il me reste quelques francs.que s'empresse d'empocher le courtier à la douane.Cette fois, c'est ma faute.J'aurais du refuser son offre et remplir les papiers moi-même.Une économie de 150 $.Enfin, nous sommes maintenant en admission temporaire en France, Dingo et moi, pour les six prochains mois.Je devrai faire une demande d'extension afin de prolonger notre séjour jusqu'au départ de la Mini- Transat en septembre prochain.Crevé après cette journée difficile, j'enfourche quand même mon vélo pour aller téléphoner à ma famille et chercher de quoi casser la croûte.Camembert et baguette dans mon sac à dos, je roule en direction de la mer.Une bonne brise souffle sur Le Havre et mes deux épaisseurs de polar ne suffisent pas à me garder au chaud.Je me réfugie derrière le mur d'une marina située à côté du centre-ville.L'atmosphère est plus agréable ici, près de tous ces voiliers, qu'au milieu des conteneurs du port commercial.À voir le nombre impressionnant de bateaux en cale sèche, chaînés au sol en prévision des tempêtes, je me demande si j'ai eu raison de venir m'entraîner en Bretagne durant l'hiver.La marina est presque déserte, et ce soir je me sens plutôt seul.Allez, Damien ! me dis-je, pense plutôt à l'énorme chance que t'as d'être ici avec ton petit bolide.Plus tard sur les quais, allongé dans la couchette à bâbord, je m'apprête à m'endormir pour la première fois à l'intérieur de Dingo.Un peu inquiet.Nous sommes encore sur le bord du quai, sous les énormes grues et bien exposé aux regards ou aux visites nocturnes.Des membres de l'équipage du Canmar Pride me racontaient qu'ils ont parfois dû repousser des réfugiés qui tentaient de grimper à bord par les grosses amarres.Pourtant, cette nuit, personne ne viendra me déranger.Seules les nombreuses averses précédées de bonnes bourrasques se chargeront de me tenir en alerte.Si tout va bien, demain le transporteur sera là vers midi et nous arriverons à Brest en soirée, une distance de 480 km.n n n Il n'y en aura donc jamais une de facile ! Ce vendredi matin, je me suis réveillé de bonne humeur à l'idée de quitter cet endroit.J'ai coincé mes bagages à l'intérieur du bateau, tout bien attaché en vue du transport.J'étais prêt à l'heure convenue quand quelqu'un m'a crié par une fenêtre de venir au téléphone.Au bout du fil, le patron de Transboat m'annonce.« Monsieur Damien, le camion ne pourra pas être là aujourd'hui.Il est immobilisé au Salon Nautique de Paris.On ne peut rien avant mardi prochain.Si au moins il avait ajouté : « Je suis désolé ».Mais rien.La colère monte.Où pense-t-il que je vais loger durant ces quatre jours ?À l'hôtel ?Je ne peux pas laisser mon bateau seul plus de quelques heures et encore, je risque de me faire dévaliser durant mes absences.Il fait un temps pourri.Du vent fort, des gros grains.Les nuits, je dors mal sous les rafales de pluie qui mitraillent la coque.Heureusement, dans cette atmosphère un peu lugubre, il y a tout près les copains frigoristes dans leur petite cabane.Ils me laissent la clef lorsqu'ils ne sont pas là.Je peux m'installer pour écrire ou téléphoner.L'un d'eux, Damien, a commencé par me prêter une échelle pour grimper à bord de Dingo et m'a ensuite proposé de venir me réchauffer en prenant un bon café.Je dois souvent me battre avec lui pour qu'il ne m'apporte pas tout le contenu de son garde-manger.Il travaille pour le port autonome du Havre depuis déjà 10 ans.Ce matin, il m'a présenté son frère Philippe, un mordu de voile.Après quelques minutes, ce dernier, qui avait entendu parler du long voyage que j'ai fait plus jeune, m'a demandé des précisions.J'ai dû répéter des centaines de fois mon histoire, mais là, j'étais loin d'anticiper sa réaction.Ah, la V'limeuse, je connais ! Comme le monde est petit.Imaginez- vous un peu, je me retrouve seul sur les quais du Havre, un autre Damien tombe du ciel pour me donner un coup de main et en plus il a un frère qui a lu les deux tomes de la V'limeuse autour du monde.Il m'invite aussitôt.Il veut organiser un petit souper avec tous ses amis voileux demain soir.Certains, ditil, auront peut-être de bons contacts pour moi à Brest.n n n La grue dépose enfin Dingo sur la plate-forme du camion.Ce sera son dernier long voyage par la route, je l'espère bien.Partis à 10 h 30 du Havre nous arrivons à Brest, au chantier naval Latitude 48 degrés 24', à 18 h, juste à temps pour l'apéro ! Les quelques personnes présentes, dont le jeune patron Ollivier Bordeau, nous réservent un accueil chaleureux.Moins d'une heure plus tard, je me retrouve assis au bar avec la troupe des mini-transateux brestois, comme on nomme ici ceux qui ont déjà fait une Mini-Transat.Il y a entre autre l'architecte de mon bateau, Pierre Rolland.Je suis content d'être parmi ces passionnés de la course au large.Ils blaguent, rigolent de mon accent.Plusieurs sont étonnés du sérieux que j'apporte à ma préparation.Car si je veux être du départ en septembre prochain, je dois m'entraîner intensivement.Soit dit en passant, c'est ici qu'ont été fabriquées puis envoyées au Québec plusieurs pièces de mon bateau dont ce chantier avait les moules : voile de quille, dérives, safrans, bout-dehors, bôme et barres de flèche pour le mât, le tout en carbone.Il est presque normal que nous nous retrouvions là, pour les dernières mises au point.Je retrouve la poussière, les odeurs de résine, le bruit des ponceuses.Mais je sens bien qu'une autre étape importante a été franchie.Je me suis rapproché de la mer et de ceux qui y naviguent quotidiennement.Le chantier est situé dans le port commercial.Tout près, c'est la magnifique rade de Brest où, dans quelques semaines, je pourrai enfin tirer mes premiers bords à voile.Si tout va bien.À 22 ans, Damien De Pas se lance en ce début d'année dans une aventure unique : participer, sur le voilier qu'il a construit de ses mains, à une course océanique de longue durée, la Mini-Transat, dont le départ sera donné en France en septembre 2001.Au cours des prochaines semaines, les lecteurs de La Presse pourront suivre son aventure grâce à des extraits de son journal de bord publié tous les dimanches.Lexique Grai : vent violent, soudain et bref, accompagné de précipitations (pluie, neige, grêle) Proto : abréviation pour prototype, bateau dessiné pour la compétition et construit à très peu d'exemplaires Safrans : sur Dingo, deux safrans arrières forment le système de gouvernail Bout-dehors : sur Dingo, cet espar horizontal mobile, qui prolonge l'avant du bateau, permet de porter le point d'amure de certaines voiles 3,50 mètres plus loin et d'obtenir ainsi une surface de voilure beaucoup plus grande.Voile de quille : partie effilée de la quille, terminée par le bulbe en plomb NP0130801 Copyright 2001.Sears Canada Inc.PRIX DES PNEUS MONTRÉS EN VIGUEUR JUSQU'AU DIMANCHE 21 JANVIER 2001, DANS LA LIMITE DES STOCKS PASSEZ À VOTRE CENTRE DE L'AUTO SEARS PNEUS GOODYEARMD WEATHERHANDLERMD LS P155/80R13 Rég.Sears 79,99.Après les soldes: 69,99.62,99 chacun.Série n° 65000.Avec garantie contre les avaries routières.Weather Handler est une marque de commere de Sears: pneus fabriqués exclusivement pour Sears par Goodyear PNEUS MICHELIN WEATHERWISEMC 155R12 Rég.Sears 89,99.Après les soldes: 69,99.63,99 chacun.Série n° 58000.Avec changement de pneu sur place 24 heures sur 24 et garantie contre les avaries routières.Pneus WeatherwiseMC fabriqués pour Sears par Michelin PNEUS RESPONSE RST TOURING \u20182000' P175/70R13 Rég.Sears 108,99.Après les soldes: 74,99.66,99 chacun.Série n° 59000.Avec garantie contre les avaries routières.PNEUS SPORT KING P205/75R14 Rég.Sears 98,99.79,99 chacun.Série n° 67000.Avec garantie contre les avaries routières.Pneus Silverguard Touring Rég.Après le Dimensions Sears 21 janv.Chac.P195/75R14 115,99 104,99 93,99 P205/75R14 119,99 107,99 96,99 P195/70R14 123,99 103,99 92,99 P205/70R15 133,99 119,99 107,99 P185/65R14 117,99 103,99 92,99 P205/65R15 141,99 119,99 107,99 Autres formats aussi en solde Pneus Michelin Weatherwise Rég.Après le Dimensions Sears 21 janv.Chac.P155/80R13 113,99 73,99 67,99 P195/75R14 161,99 106,99 98,99 P205/70R15 184,99 120,99 111,99 P185/65R14 157,99 106,99 99,99 195/60R14 164,99 109,99 102,99 195/60R15 174,99 120,99 111,99 Autres formats aussi en solde Pneus Response RST Touring \u20182000' Rég.Après le Dimensions Sears 21 janv.Chac.P185/70R14 121,99 83,99 74,99 P195/70R14 126,99 86,99 77,99 P205/70R15 139,99 95,99 85,99 P185/65R14 124,99 92,99 82,99 P195/65R15 138,99 97,99 87,99 P205/65R15 143,99 99,99 89,99 Autres formats aussi en solde GARANTIE DE 120 000km CONTRE L'USURE GARANTIE DE 120 000km CONTRE L'USURE Pneus Sport King Rég.Dimensions Sears Chac.P205/75R15 104,99 86,99 P225/75R15 119,99 96,99 P235/75R15XL 124,99 99,99 LT235/75R15 138,99 109,99 LT245/75R16 178,99 142,99 LT235/85R16 168,99 133,99 Autres formats aussi en solde GARANTIE DE 120 000km CONTRE L'USURE Détails complets chez Sears NOUVEAUX BAS PRIX TOUS LES PNEUS DE TOURISME ET DE CAMIONS ANJOU 353-7770 BROSSARD 465-1000 LASALLE 364-7310 LAVAL 682-1200 ST-BRUNO 441-6603 ST-LAURENT 335-7770 COMPOSEZ LE POSTE 228 AVANT AVRIL 2001 pour tous les services et produits automobiles de plus de 200 $ PAS DE PAIEMENT 2922470A 7LP0501A0114 a5 dimanche 7LP0501A0114 ZALLCALL 67 00:49:13 01/14/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 4 J ANV I E R 2 0 0 1 A 5 Cachez ce faux sein.collaboration spéciale Mesdames et mesdemoiselles, il faut que l'on se parle.Dans les yeux.Parce que ça n'a plus de bon sens.Vous êtes en train de perdre la boule.Ou plutôt, le contraire.Vous voulez vous faire poser des implants mammaires.C'est plus qu'une mode.C'est vital.Une question de santé mentale.Une femme, en 2001, ne peut pas être heureuse si elle en a pas.Le bonheur est dans les gros seins ! Tout le monde court chez le docteur ! Je voudrais voir mammaire ! C'est le festival de Seins-Tits.Une nouvelle religion à la gloire des lolos.Notre paire qui êtes aux cieux ! Avant lorsqu'une employée voulait une augmentation, elle allait voir son patron.Maintenant, elle va voir son plasticien.C'est à lui qu'elle dit : « Augmentez-moi ! Augmentez- moi ! » Après ça, elle va voir son boss.Et son boss voit ses bosses.Ce n'est plus le système D.C'est le système DD.Poitrines Power ! Raging Boules ! Minute bébé papillon ! Ça va faire ! Bien sûr, belles dames, vous avez le droit de faire ce que vous voulez avec votre corps.Ce n'est pas de nos affaires.Mais si vous faites ça, à cause de nous, les hommes, alors là, permettez- moi de dire wô ! Franchement ! Pour qui nous prenez-vous ?Vous croyez vraiment que nous sommes si obsédés par les seins ?Que nous perdons tous nos moyens devant un chandail bien étiré ?Que la simple vue d'un décolleté plongeant nous donne le vertige ?Que nous tombons sous hypnose devant toutes formes voluptueuses ?Que le nichon nous rend cornichons ?Voyons donc.Voyons donc.Voyons donc.Bon, d'accord ! C'est vrai.C'est tout vrai ! On a un petit faible pour les seins.Même un gros faible.On en perd notre latin.C'est pas de notre faute.C'est comme ça.C'est inné.Moi, j'avais 5 ans.J'étais innocent.Pis j'ai vu Jinny à la télé.Dans son petit costume des mille et une nuits.Et ça m'a fait un effet.Je ne sais pas pourquoi mais je regardais moins Jinny dans les yeux que Fanfreluche.J'avais juste 5 ans et ma vue baissait déjà ! Qu'est-ce que vous voulez ! ?C'est beau.C'est joli.C'est doux.C'est rond.C'est comme un fruit.De la passion.Et puis c'est juste devant votre coeur.Comment ne pas vouloir y toucher, au moins du regard ?Mais c'est à vous qu'on veut toucher ! Pas à Rob-o-cop ! Pas à des prothèses de la NASA.Vous ne comprenez pas.Oui, nous les hommes, on aime les seins, mais on aime les seins comme les amateurs d'art aiment les tableaux.On n'aime pas les faux.On aime les vrais.Et chacun a sa beauté.Et chacun a sa valeur.Les plus petits totons seront toujours plus mignons que les melons en silicone de Pamela Anderson.C'est sûr que dans les bars, les boys vont toujours se retourner plus vite devant une paire plus présente.Qu'elle soit réelle ou virtuelle.Que voulez-vous, vous le savez maintenant, notre vue commence à baisser à cinq ans.Alors, quand ils sont plus volumineux, ça nous aide.On les voit mieux.Mais ça ne veut pas dire qu'on les préfère.Au contraire.Surtout s'ils ont l'air durs comme un casque de football.Surtout s'ils n'ont plus la texture de votre peau.Vous, vous aimez les fleurs.Mais si, à la Saint Valentin, votre chum vous envoyait des fleurs en plastique, seriez-vous contente ?Je suis sûr que vous préférez un petit bouquet de fleurs naturelles à un gros bouquet de fleurs de clowns ! C'est la même chose, pour nous.Alors cachez ce faux sein, que je ne saurai voir.Et gardez vos seins comme ils sont.Dévoilez- les un peu, si ça vous chante.Mais pas trop.À peine.Car, si on les vénère tellement, c'est d'abord et avant tout, parce qu'on sait que pour les voir totalement, il faut être spécial à vos yeux.Il faut avoir une place dans ce qu'il y a en dessous.Dans votre coeur.Bien sûr, le jour où les Québécoises feront comme les filles de St-Tropez, et se promèneront en poitrine toute la journée, le côté mythique des seins disparaîtra.Ce ne seront plus des boules à mythe.Mais à moins trente avec le facteur vent, ce n'est pas demain la veille, que les seins perdront, ici, leur statut de fruits défendus, de doux privilèges.J'espère que je me suis bien fait comprendre.C'est un sujet tellement délicat.Je suis tout rouge pendant que j'écris.Vous faites ce que vous voulez, bien sûr.Mais je veux juste vous dire, mesdames et mesdemoiselles, qu'on vous aime comme vous êtes.Ne touchez à rien.Laissez-nous le faire ! Vous avez tort d'essayer de vous servir de vos seins comme appât.Car en faisant cela, vous ne pêcherez que des maquereaux.Que vous ayez des gros seins, des petits seins, des moyens seins, ce n'est pas avec ça que vous attirerez le gars.Le bon.Le vrai.Celui qui vous aimera.Non, c'est plutôt avec la petite étincelle que vous avez au fond des yeux.Et cette petite étincelle là, aucun chirurgien plastique ne peut la grossir.Ne peut la rendre plus apparente.Il n'y a que l'amour qui sait faire ça.Je vous embrasse.Sur la joue.n n n Cet été, on va pouvoir regarder les Expos au Réseau des Sports.L'été suivant, ils seront au Canal Évasion ! n n n Ce ne sont pas les humoristes qui vont être déçus du départ de Lucien Bouchard.Il paraissait bien.Il s'exprimait bien.Il disait des choses sensées.Il n'y avait vraiment rien à faire avec lui ! Les femmes enceintes devraient éviter de manger certains poissons Stockwell Day critiqué par ses propres troupes Presse Canadienne EDMONTON Ð Le dirigeant de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, fait l'objet de sévères critiques de la part de ses propres troupes, une association de comté de Calgary ayant fait circuler une lettre dans laquelle elle impute à son « manque de leadership » les mauvais résultats du parti lors de la dernière élection fédérale, en novembre.À l'approche d'une importante réunion de l'exécutif de l'Alliance, cette semaine, M.Day se voit accusé de ne pas demeurer concentré sur le message véhiculé par sa formation, de faire « de la politique improvisée », sans vision claire, et de ne pas être « suffisamment capable d'éviter les pièges ».« Le dirigeant n'a jamais gagné la confiance des Canadiens », affirme- t-on dans la lettre, transmise par l'association de la circonscription de Calgary-Nose Hill à l'exécutif de l'Alliance, dont les membres doivent se réunir le week-end prochain à Calgary même.La députée Diane Ablonczy, représentant Calgary-Nose Hill, a pris part à l'une des réunions ayant produit cette lettre.Elle a néanmoins nié que celle-ci se veuille un reproche à l'endroit de M.Day.« Il ne s'agit pas de blâmer qui que ce soit, mais seulement d'identifier ce qui doit être fait, a-t-elle indiqué jeudi.Tous les leaders sont surveillés.Nous avons pensé qu'il aurait pu faire mieux, et c'est de cela dont il est question ici », a-telle indiqué.Le 27 novembre, l'Alliance a légèrement augmenté le nombre de ses sièges aux Communes.Le parti n'a toutefois pas été en mesure d'effectuer une percée en Ontario, alors que les libéraux ont remporté leur troisième majorité de suite.Il n'existe cependant aucun mouvement en faveur d'un rejet de M.Day, a assuré Gerie van Iepren, première vice-présidente de l'association de Calgary-Nose Hill.« Nous affirmons vouloir aller de l'avant de façon réfléchie, et ne pas prendre d'initiatives rapides qui ne donneront aucun résultat.» Il a été impossible de joindre M.Day, en vacances.Morten Paulsen, porte-parole de l'Alliance, a de son côté affirmé que son chef ne voyait pas d'inconvénient à ce que les membres du parti le critiquent, en autant que cela se fasse de façon constructive.Dans sa lettre, l'association de comté précise la nature de ce qu'elle a perçu comme des problèmes, lors de la dernière campagne électorale.« Nous estimons que la campagne nationale a souffert de l'absence de planification stratégique et de travail d'équipe, d'un manque de leadership et de gestion, et d'une incapacité à communiquer de façon efficace avec les électeurs et les membres de l'Alliance canadienne », peut-on y lire.Associated Press WASHINGTON Ð Les femmes enceintes ou susceptibles de le devenir devraient éviter de manger du requin, de l'espadon, du maquereau et du poisson-tuile, qui peuvent présenter une concentration en mercure suffisante pour causer des dommages au cerveau du foetus, a mis en garde avant-hier le gouvernement des États-Unis.La Food and Drug Administration (FDA) refuse toutefois d'ajouter à cette liste le thon, affirmant qu'il comporte moins de mercure que les quatre autres variétés mises en cause.Les femmes ayant consommé de l'espadon hier soir ne devraient toutefois pas céder à la panique, a assuré le responsable de l'alimention au sein de la FDA, Joseph Levitt.Les risques découlent d'une absorption croissante de mercure, et non pas d'un seul repas.« Ce n'est pas un problème d'une dose.Elles devraient simplement cesser d'en manger à partir de maintenant », a-t-il déclaré.« Nous souhaitons permettre aux femmes de protéger la santé de leur foetus, et la meilleure façon pour elles d'y arriver est d'éviter de manger ces quatre types de poisson.» Les femmes enceintes peuvent sans problème manger jusqu'à 340 grammes de tout autre poisson, cuit, par semaine, a indiqué la FDA.Il leur est toutefois recommandé de ne pas s'en tenir à une seule variété.De plus, si elles ne consomment pas plus de 340 g d'un certain poisson par semaine sur une base régulière, la quantité de mercure absorbée ne devrait pas causer de problème, selon l'agence américaine.Lorsqu'il est absorbé pendant la grossesse, le mercure peut causer des dommages au système nerveux, le bébé étant aux prises avec un développement cognitif plus lent.Certains observateurs estiment à 60 000 le nombre des enfants affectés annuellement par ce problème.Selon la FDA, un poisson est sûr s'il présente une concentration inférieure à une partie par million de chlorure de mercure, la forme s'accumulant chez les poissons.Plus le poisson est gros, plus est importante la quantité de chlorure de mercure, provenant de l'eau ou des plus petits poissons constituant son alimentation.Les défenseurs des consommateurs pressaient la FDA de mettre en garde les femmes enceintes contre les dangers du mercure depuis le début des années 1990.Le National Fisheries Institute, lobby de l'industrie de la pêche, se demande quant à lui si la concentration de mercure dans l'espadon et les trois autres types de poisson est suffisamment importante pour présenter un risque.Il a fait savoir qu'il se pencherait sur les documents de la FDA afin de déterminer si la mise en garde est justifiée.M.Levitt a refusé de préciser la quantité de mercure décelée par la FDA dans le thon en conserve.Il a toutefois indiqué que celle observée chez le requin, l'espadon, le maquereau et le poisson-tuile était de trois fois supérieure à celle du thon frais.Même les critiques reconnaissent que le thon présente une concentration de mercure moins élevée.Néanmoins, les normes déterminées par la FDA en ce qui a trait au mercure sont contestées.L'été dernier, les auteurs d'un important rapport scientifique estimaient ainsi que l'agence américaine devrait respecter les normes de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), quatre fois plus sévères.La FDA est d'ailleurs en train d'évaluer si elle devrait adopter de nouvelles normes.Les Français fantasment plus que les Françaises L'émission d'obligations du Québec, «un franc succès » Associated Press EN FRANCE, les hommes fantasment davantage que les femmes en matière de sexualité : 72 % des Français le reconnaissent, contre 47 % des Françaises, selon un sondage de l'Ifop réalisé pour les éditions Harlequin à l'occasion de la Saint-Valentin (14 février).La moitié des femmes interrogées (contre seulement un tiers des hommes) disent fantasmer sur leur partenaire, mais pour les deux catégories le fantasme numéro un est le même : faire l'amour avec un(e) inconnu( e), pour 50 % des hommes et 32 % des femmes.Viennent ensuite faire l'amour dans un lieu public (22 % chez les hommes, 23 % chez les femmes) ; avoir plusieurs partenaires simultanément (17 % des hommes, mais seulement 5 % des femmes) ; regarder d'autres personnes faire l'amour (11 % des hommes comme des femmes) ; ou être regardé (9 % des hommes, 13 % des femmes).Interrogés sur les parties du corps du sexe opposé qui font le plus fantasmer, les hommes répondent dans l'ordre les yeux (31 %), les seins (31 %) et les fesses (20 %), les femmes choisissent les yeux (46 %), les fesses (19 %) et les mains (12 %).Presse Canadienne LE GOUVERNEMENT du Québec a réalisé avant-hier l'émission mondiale d'obligations de 1 milliard $ US qu'il avait retardée mercredi à cause des rumeurs de démission du premier ministre Lucien Bouchard.Les obligations, à échéance de 10 ans et portant intérêt de 6,125 %, ont été émises simultanément sur tous les marchés à travers le monde.L'opération a été « un franc succès », a indiqué dès avant-hier le ministre d'État à l'Économie et aux Finances, Bernard Landry, par voie de communiqué.« La demande pour les titres a été forte, particulièrement aux États-Unis, où la plus grande partie de l'émission a été écoulée.Le reste a été vendu au Canada et en Europe », écrit-on au ministère des Finances.« Le succès de cet emprunt reflète la grande confiance des investisseurs financiers envers le Québec », a indiqué M.Landry.« Le gouvernement a décidé de retarder l'émission par souci de transparence et pour permettre aux investisseurs de prendre en compte les nouveaux éléments d'information.« Les investisseurs ont bien compris qu'il n'y a rien de changé quant à la politique du gouvernement en matière économique et de gestion des finances publiques, et c'est pourquoi ils ont démontré leur confiance envers le Québec en faisant de cette émission un succès », conclut M.Landry.Baisse «échelonnée » de la production de pétrole Félicitations à Jean-Michel pour l'obtention de son baccalauréat en psychologie à l'UQAM, ainsi que pour son travail en recherche au Laboratoire de psychophysiologie sociale.Bonne chance dans tes « voyages et aventures » académiques à venir.La famille Béchard Pour plus de renseignements 285-6999 OU 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO: 811747 NUMÉRO: 864850 Ventes totales: 13 654 542 $ Prochain gros lot (approx.): 10 000 000 $ Tirage du 2001-01-13 Tirage du 2001-01-13 Tirage du 16 17 18 20 21 2001-01-13 Tirage du 2001-01-13 Tirage du 2001-01-12 Tirage du 2001-01-13 Tirage du 2001-01-12 GAGNANTS LOTS 7/7 0 7 500 000,00 $ 6/7+ 2 125 579,40 $ 6/7 75 2 930,20 $ 5/7 5 340 146,90 $ 4/7 112 869 10,00 $ 3/7+ 102 632 10,00 $ 3/7 944 499 participation gratuite Numéro complémentaire: 21 Numéro complémentaire: 13 Numéro complémentaire: 37 Le jeu doit rester un jeu Agence France-Presse VIENNE Ð L'OPEP décidera cette semaine d'une réduction de sa production de brut de 1,5 à 2 millions de barils par jour, qui pourrait être échelonnée, a déclaré hier le président du cartel Chakib Khelil.La réduction que doivent décider les ministres du Pétrole des onze membres de l'OPEP sera « très probablement (de) 1,5 mbj, comme minimum », a déclaré le ministre algérien du Pétrole.« Est ce que ce sera à partir du 1er février, ou à partir d'une date ultérieure, est ce que ça se fera d'un seul coup ou en plusieurs étapes, tout ça c'est à discuter (lors de la réunion qui s'ouvre le 17 janvier à Vienne) », a-t-il ajouté.Le ministre algérien, qui a assumé la présidence de l'OPEP au début du mois, a estimé que la réduction ne dépasserait pas 2 mbj, étant donné les positions des uns et des autres.À part une position extrême, a-t-il poursuivi, toutes les positions « tournent autour de 1,5 à 2 millions de barils par jour ».L'Irak a demandé hier une baisse de production de 3 mbj.M.Khelil a indiqué que le secrétaire américain à l'Énergie Bill Richardson, qu'il a rencontré avant-hier à Paris, avait conseillé à l'OPEP de ne réduire sa production que d'1 mbj, en deux étapes, 500 000 mbj le 17 janvier, 500 000 autres un mois plus tard. 7LP0601A0114 a6 dimanche 14 janvier 7LP0601A0114 ZALLCALL 67 00:44:22 01/14/01 B A6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 Photo ROBERT MAILLOUX, La Presse Est ?Ouest ?Un vrai casse-tête pour Karine Blouin, 25 ans, de Québec.« Je m'arrêtais au coin de la rue et je devais réfléchir ! » Marcher au rythme de la métropole Invisibles dans la foule citadine, les jeunes des régions qui débarquent pour la première fois à Montréal observent la ville d'un regard étranger.Dans le deuxième volet de notre série, ils nous parlent de rythmes urbains et de repères perdus.«Ils sont fous, ces Montréalais ! » s'est dit Karine Blouin, la première fois qu'elle a vu les gens courir dans le métro.Pourquoi tout le monde se précipite-t-il dès qu'on entend rugir dans le fin fond du tunnel ?« Vraiment, je ne comprenais pas.Je pensais qu'il s'était passé quelque chose.À Québec, si je manque mon autobus, ça prend une heure ! Mais, ici, il y a des métros à toutes les cinq minutes.Ils sont fous, non, les gens, pour cinq minutes ?» Pendant plusieurs semaines, prendre le métro apparaissait aux yeux de Karine comme une aventure fascinante, à la limite du surréel.« C'est vraiment étrange, dit l'étudiante qui termine une maîtrise en littérature à l'UQAM.Ç'a pris un mois avant que j'arrête de me sentir dans un film.« Dans le métro, j'avais un sentiment d'irréalité, poursuit-elle.Parce qu'avant ça, je n'avais vu Montréal qu'à la télé.Tout le monde a le même air morose, tout le monde sort en courant.Au début, t'es pas encore dans le beat, tu sors lentement.T'as vraiment l'impression d'être dans une séquence de film au ralenti.» Bien des jeunes qui découvrent Montréal évoquent les mêmes sentiments.« Ils trouvent que tout va trop vite, qu'ils ne suivent pas le même rythme que les Montréalais.En soi, ça peut créer un malaise.Mais c'est plus ou moins conscient », observe l'anthropologue Danielle Desmarais, de l'Université du Québec à Montréal, qui a mené une recherche sur l'intégration des jeunes adultes migrant en milieu urbain.Certains s'y font, d'autres sentent qu'ils traînent toujours la patte.Après avoir usé ses semelles pendant plus d'un an à Montréal, Karine dit en avoir adopté le rythme.« Maintenant, je cours aussi », dit-elle.Katia Cool, jeune enseignante de Trois-Rivières, qui vit ici depuis le mois de mars, se sent encore déphasée.« J'ai l'impression d'avoir une attitude nonchalante par rapport aux gens de Montréal », confie- t-elle.Dans le cadre de sa recherche, la professeure Danielle Desmarais a remarqué à quel point la question du transport en commun est cruciale pour les nouveaux arrivants des régions.« Quand on vient d'une petite ville, ou d'une ville intermédiaire, on ne connaît pas le réseau très complexe d'autobus ou le métro, qui en inquiète plusieurs », remarque-t-elle.Plus que tout, le condensé d'éclectisme urbain du métro étonne.Fascinant pour les uns, source de craintes pour les autres.« Au début, je n'arrivais pas à me concentrer, se rappelle Gwenaël Bélanger, 25 ans, de Rimouski.J'observais.Je me demandais si, un jour, j'allais être tanné d'observer les gens.Tout le monde a l'air blasé.Et il y a toutes sortes de monde.» Pour Katia Cool, il y a toujours quelque chose d'étrange dans le métro.« On dirait que les gens n'ont pas la même attitude.Ils sont comme caricaturés.On dirait qu'il se passe toujours de quoi.» Le métro, Éric Boily, de Jonquière, n'aime pas trop.Certaines stations, pas du tout.« Le métro Longueuil, je n'y vais pas.On m'a dit de l'éviter », dit l'étudiant de 29 ans qui vit à Montréal depuis trois ans.Pourquoi celui de Longueuil et pas un autre ?« Je ne sais pas, dit Éric, en haussant les épaules.On m'a dit de l'éviter.» L'anonymat dans les transports en commun exaspère aussi Éric.« Dans le métro, tu peux voir la même personne tous les jours.Tu la reconnais, mais elle ne va jamais te parler ! C'est déplorable », dit-il.En voiture, Éric n'est guère plus heureux.« La circulation automobile à Montréal, c'est épouvantable.Mais maintenant, j'ai un truc.Tu regardes pas les autos et tu te dis que les gens ont des freins et des assurances », dit le jeune homme qui rêve de retrouver la tranquillité du Saguenay dès qu'il aura décroché, en avril, son diplôme à l'École de technologie supérieure.En règle générale, les craintes s'estompent avec le temps, à mesure que les jeunes se familiarisent avec la ville.Mais il arrive aussi que la peur de tout ce qui semble étranger ne disparaisse pas.« Certains conservent des craintes face à l'anonymat de la ville ou dans les transports en commun, note Danielle Desmarais.Craintes, aussi, face aux minorités visibles, face à tout ce qui est différent de soi, au niveau apparent, bien sûr.» Apprivoiser l'espace urbain Adopter la cadence montréalaise, c'est une chose.Apprivoiser l'espace urbain, c'en est une autre.« Ce qui m'a le plus déboussolée, c'est la configuration de la ville est/ouest », dit Karine Blouin.Durant ses premiers mois à Montréal, Karine se promenait avec une carte et ne cessait de demander des indications aux passants.« On me disait toujours : C'est à l'est de telle chose.Quoi ?Ça m'a pris beaucoup de temps avant de savoir repérer l'Est et l'Ouest ! Je m'arrêtais au coin de la rue et je devais réfléchir ! » Puis, Karine Ð qui habite l'avenue Laurier-Est Ð, s'est rendue compte que l'Est et l'Ouest ne sont pas que des repères géographiques à Montréal, mais aussi sociaux.« L'Est francophone, l'Ouest anglophone ; l'Est pauvre, l'Ouest riche », observe-t-elle.Petit à petit, l'étudiante explore la ville.Elle aime bien les églises des différentes communautés culturelles, les ruelles, les petites épiceries italiennes, les restos qui nous font faire le tour du monde et certaines rues du centre-ville où on se sent tout petit.« Dans le coin de Mc Gill.C'est comme un fjord urbain, avec des gratte-ciel qui forment les parois », dit-elle.Katia Cool se rappelle à quel point se déplacer à Montréal constituait un réel casse-tête à son arrivée.Elle est atterrie dans la métropole un dimanche soir du mois de mars.Le lundi matin, c'était la panique.Pour la sécuriser, le seul petit être familier à ses côtés, c'était son chat Contente, pur poil trifluvien.« Je devais me rendre de Parc- Extension à l'école où je travaillais dans le Plateau, raconte Katia.Ça prend tout au plus 20 minutes.Mais j'ai pas pris de chance, je suis partie deux heures avant ! » « Au début, ma mère était inquiète pour moi.Elle appelait de Trois-Rivières et me demandait : Ça va ?T'as réussi à te rendre de telle place à telle place ?» À son arrivée à Montréal, Gwenaël Bélanger se rappelle avoir senti sa propre ville rétrécir dans sa mémoire.« Rimouski a beau être la plus grande ville à l'est de Québec, reste qu'il y a autant d'étudiants à l'UQAM que d'habitants dans ma ville natale (40 000) ! remarque le jeune artiste.Ça me faisait tripper.Mais c'était un peu épeurant en même temps.» Pour les jeunes qui arrivent, il est plus sécurisant de conserver intactes les vieilles habitudes que de se créer de nouveaux repères montréalais.« Une jeune de Drummondville disait que pendant les premiers six mois où elle habitait la grande ville, elle était retournée tous les week-ends pour avoir recours aux services qui lui étaient familiers.Pharmacie, coiffeur, garagiste, nettoyeur.Tout, tout, tout.Elle n'utilisait pas les services de la grande ville », rapporte l'anthropologue Danielle Desmarais.« Moi, je n'ai pas encore adopté les lavoirs », dit Katia, qui préfère retourner faire son lavage chez sa maman, à Trois-Rivières, le weekend.Quand elle a besoin d'acheter quelque chose, Karine retourne parfois magasiner à Québec.« Le magasin Simons à Montréal me rassure.Tous les ex de Québec sont tellement contents depuis qu'il est là ! » Cyberadaptation ?RIMA ELKOURI EST-CE QUE la possibilité de rencontrer, par l'entremise d'Internet, des amis au bout du monde facilite aujourd'hui l'intégration de jeunes en milieu urbain ?Voilà une question que dicte la postmodernité, avec ses rapports accélérés au temps et à l'espace, souligne l'anthropologue Danielle Desmarais, de l'UQAM.« On établit des rapports avec des gens qui sont à l'autre bout du monde, dans un temps annihilé, en quelque sorte, via Internet, via le clavardage.C'est une réalité que vivent beaucoup les jeunes.Mais est-ce que ça change quelque chose dans l'intégration ?» demande la chercheuse.L'idée selon laquelle il existerait maintenant une forme de cyberadaptation, permettant aux jeunes d'apprendre la différence devant l'écran de leur ordinateur, est sans aucun doute intéressante.Mais Danielle Desmarais n'est pas sûre qu'elle tienne la route.« Je pense que le rapport physique à la ville, à l'espace urbain est incontournable dans le processus d'intégration.» Un rapport vécu de façon similaire chez le migrant et l'immigrant, qui souffrent, à des degrés divers, d'un choc culturel à Montréal, souligne-t-elle.On aura beau naviguer sur Internet tant qu'on voudra, quand les différences se trouvent au coin de la rue, c'est autre chose.Certains jeunes qui connaissaient peu Montréal avant d'y vivre se sont dit fascinés, par exemple, par la présence des juifs hassidiques.À un point tel qu'une promenade dans les rues d'Outremont, juste pour observer furtivement les silhouettes noires et austères, figurait parmi les activités favorites du week-end.« Ce qui me frappait le plus, c'était de me retrouver dans un endroit où on n'entend pas parler français, mais toutes sortes de langues, se rappelle Gwenaël Bélanger.Je trouve ça l'fun.» Car à Rimouski, à part une poignée d'étudiants africains qui étudient en océanographie, il n'y a pas beaucoup d'étrangers, déplore-t-il.Hormis la multiethnicité, la pauvreté reste une des réalités qui frappent le plus les jeunes qui arpentent pour la première fois la métropole.« La pauvreté est plus voyante à Montréal qu'à Québec, note Karine Blouin.Au début, au centre-ville, je donnais de l'argent à tout le monde.Les histoires qu'on me racontait avaient toujours l'air crédible.Le gars à qui il manque 1,14 $ pour faire telle chose.Maintenant, j'en donne moins, même si je ne veux pas devenir insensible.DEMAIN : Être ou ne pas être Montréalais Photo DENIS COURVILLE, La Presse Gwenaël Bélanger 7LP0701A0114 a07 consom dim 14 janvie 7LP0701A0114 ZALLCALL 67 00:47:03 01/14/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 4 J ANV I E R 2 0 0 1 A 7 CONSOMMATION Difficile d'y voir clair Trouver la bonne paire de lunettes requiert beaucoup de patience et de.magasinage MARYSE GUÉNETTE collaboration spéciale C'est le temps d'acheter une nouvelle paire de lunettes.Vous les voulez jolies, confortables, de bonne qualité et, surtout, bien ajustées à votre vue ; après tout, c'est cela l'essentiel ! Mais voilà, vous ne voudriez pas payer trop cher.En tout cas, pas plus cher que nécessaire.Sachez-le ! Pour trouver ce qui vous convient au meilleur prix, il faudra vous armer de patience et magasiner dans plusieurs lunetteries.Vous devrez aussi multiplier les questions et procéder à certaines vérifications.Malgré cela, vous n'aurez finalement d'autre choix que de faire une confiance aveugle à votre professionnel de la vision.Histoire de vous aider, Option consommateurs a magasiné pour vous.Les consommateurs sont-ils bien renseignés lorsqu'ils partent à la recherche d'une paire de lunettes ?Combien leur demande-t-on pour un produit que l'on affirme leur convenir ?Afin de le savoir, notre enquêteur a communiqué par téléphone avec 13 lunetteries.Chaque fois, il affirmait être détenteur d'une ordonnance et vouloir changer les verres de ses lunettes (celles- ci étaient dotées d'une monture relativement petite en métal).Il notait ce qu'on lui conseillait, puis il posait des questions Ð quel matériau choisir ?fallait-il des verres amincis ?des traitements ?lesquels ?pourquoi ?, etc.Enfin, il optait pour des verres en plastique aminci et, lorsque cela était possible (ce fut le cas dans huit lunetteries), dotés d'un traitement Crizal d'Essilor, puis en notait le prix.À chaque appel, nous avions pour ainsi dire une surprise.Dans un bureau d'opticien d'ordonnance, on a carrément refusé de nous répondre.« Si vous voulez de l'information, vous viendrez nous voir », nous a-t-on dit.Ailleurs, on était plus coopératif.Mais les attitudes étaient on ne peu plus variables.À certains endroits, on ne nous conseillait tout simplement pas Ð « tout dépend de ce que vous voulez ; à vous de choisir », disait-on après avoir simplement énuméré les différents produits.À d'autres, on était très directif : « C'est tel prix ; je vous ai mis un aminci avec un antireflet et un antiégratignure.» Merci pour les explications Selon Mme Diane Pilotte, présidente de l'Ordre des opticiens d'ordonnance, une telle disparité est due au fait que nous n'avons pas toujours parlé à un opticien d'ordonnance.Nous avons pourtant commencé chacun de nos appels en disant que nous voulions des informations.Si notre interlocuteur était incapable de nous renseigner, il aurait dû nous le dire.La plupart du temps, c'est le manque d'initiative des conseillers qui nous a surpris.On ne posait aucune question à l'enquêteur Ð il aurait pourtant fallu le faire pour connaître ses besoins et lui suggérer le produit adéquat Ð, on se contentait de répondre aux siennes.Par exemple, on demandait à notre enquêteur s'il voulait des verres amincis.Pour savoir si de tels verres étaient utiles dans son cas, il fallait que l'enquêteur pose la question.Ce n'est qu'une fois cela fait qu'il apprenait que ses lunettes seraient alors plus légères et plus confortables.Rares sont ceux qui lui ont alors demandé la grandeur de ses lentilles ou le matériau qui composait sa monture ; les réponses obtenues auraient pourtant aidé à donner une suggestion adéquate.En ce qui concerne les traitements, les choses se sont généralement présentées de la même manière.Il fallait que notre enquêteur demande si un traitement donné (un traitement antireflet, par exemple) était utile dans son cas pour qu'on lui pose les questions d'usage (travaillez-vous à l'ordinateur ?conduisez-vous le soir ?).Sans les réponses à ces questions, comment pouvait-on savoir si notre enquêteur avait ou non besoin de ce traitement ?Les suggestions et les prix varient Autre constatation : les suggestions divergeaient énormément d'un endroit à un autre.Par exemple, après qu'on eut fait mention de l'ordonnance (elle était de -4 pour chaque oeil), certains ont affirmé qu'un aminci n'était pas nécessaire.D'autres on dit qu'il fallait ce qu'il y avait de plus aminci.De quoi en perdre son latin ! Lorsque notre enquêteur affirmait avoir fait son choix, et qu'il s'informait de ce qu'il aurait à débourser, nous avions une autre surprise : pour le même produit, le prix variait entre 165 $ et 279 $, soit une différence de plus de 100 $.Selon Diane Pilotte, la teneur de l'aminci pourrait faire une différence de taille.La marge de profit que se garde chaque opticien aussi.D'où l'importance de magasiner.Tout cela est quelque peu décourageant ?Voici tout de même quelques conseils susceptibles de vous aider dans la recherche de la paire de lunettes idéale.> Magasinez, magasinez et.magasinez ! Dans la mesure du possible, insistez pour parler à un professionnel de la vision Ð opticien d'ordonnance ou optométriste.Et soyez attentif à son attitude.> N'hésitez pas à poser des questions et insistez pour obtenir des réponses.Si ces dernières ne sont pas satisfaisantes, allez voir ailleurs.> Comparez les traitements qui vous sont offerts ainsi que les prix.> Demandez une facture détaillée (faites-y inscrire la marque de votre monture, la description de vos lentilles, les traitements, la durée et le contenu des garanties, etc.).Évidemment, même en prenant toutes ces précautions, on peut se faire avoir.Car, dans le domaine de l'optique, comment être certain que ce que l'on a entre les mains est bel et bien ce pourquoi l'on a payé ?« Il faut que les consommateurs fassent confiance aux professionnels de la vision, dit Mme Diane Pilotte.Ils sont sérieux et font tout ce qu'ils peuvent pour satisfaire leurs clients.Par exemple, si un laboratoire leur fournit des verres ou des traitements de mauvaise qualité, ils s'en rendront compte et cesseront de faire affaire avec lui.» Question de « feeling ».Photo BERNARD BRAULT © Folles ou sages, le choix de lunettes n'est pas une mince affaire.Ci-dessus, un spectateur mexicain admire le coucher de soleil du haut d'une colline près du parc olympique de Sydney.Ça commence bien l'année! Photos à titre indicatif seulement.Paiements de location basés sur un contrat de 48 mois pour la SONATA GL 2001 à partir de 229 $/mois.L'obligation totale du consommateur pour 48 mois est de 10 992 $.1 995 $ comptant, dépôt de sécurité requis, transport, préparation, taxes et immatriculation en sus.Financement au détail disponible à un taux de 0 % jusqu'à 36 mois.En sus, frais administratifs de 350 $ reliés au contrat de location pour les modèles 2001.Kilométrage annuel de 20 000 km, 10 ¢ par kilomètre additionnel.Option d'achat au terme de la location.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.Sujet à l'approbation du crédit.Voir votre concessionnaire participant pour tous les détails.Véhicules en inventaire seulement.Offre d'une durée limitée avec livraison d'ici au 31 janvier 2001.UN ESSAI VOUS CONVAINCRA GARANTIE 5 ANS L'UNE DES MEILLEURES GARANTIES DE L'INDUSTRIE : 5 ANS / 100 000 km (éléments importants) ASSISTANCE ROUTIÈRE 24 HEURES (3 ans / 60 000 km standard) Incluant : 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vol.On recommande notamment de se remuer en étirant et repliant les jambes, de faire un repas léger, de boire régulièrement, et d'éviter l'alcool et les vêtements serrés.À Melbourne, en Australie, un cabinet d'avocats a été chargé par les familles de 36 personnes mortes après des vols long-courriers d'engager des poursuites contre les principales compagnes aériennes internationales, parmi lesquelles Air France, British Airways, Air Canada ou Japan Airlines.Le danger du long trajet vient de la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins des jambes Ð la phlébite, ou phlébothrombose, qui peut être mortelle si le caillot se fragmente et remonte dans les poumons, provoquant une embolie pulmonaire.On ignore quel est le lien réel avec les vols en avion ou au bout de combien de temps d'immobilité le passager risque des problèmes.Les chercheurs, qui soulignent que les causes sont multiples, n'ont pas non plus montré une proportion plus importante de ces incidents sur les transports aériens.En outre, la thrombose embolique n'est pas le privilège des passagers de la classe économique, coincés dans des espaces restreints, puisque des cas ont également été relevés en classe affaires ou en première classe, mais aussi chez des gens restés très longtemps assis : en car, en voiture, au théâtre ou au bureau.Le docteur Robert Mc Bane, spécialiste de ce phénomène, estime qu'il est légitime d'évoquer, comme on le fait depuis quelques années une « thrombophilie », c'est-à-dire une propension génétiquement déterminée du sang à coaguler et former des caillots.Trois à cinq pour cent de la population en seraient atteints. 7LP0801A0114 a08 salon dim 14 janvier 7LP0801A0114 ZALLCALL 67 00:46:28 01/14/01 B A8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 ACTUALITÉS LE SALON AUTOMOBILE DE DETROIT Le gris métallique prime d'après USA Today La haute technologie a pris le volant, tandis que « le pur et le propre » ont été relégués à la banquette arrière.Le gris métallique domine en effet le palmarès des couleurs de voiture neuve pour l'an 2000, ayant délogé le blanc de sa première place habituelle, selon le sondage annuel de Du Pont Automotive.« Le look gris métallique incarne la haute technologie sans pour autant perturber l'harmonie avec la nature », déclare Terry Cressy, porte- parole de Du Pont, le plus grand fournisseur mondial de peintures et de revêtements pour voitures.« Cette couleur gagne en popularité depuis deux ans, mais a monté en flèche au cours en l'an 2000.» Les manufacturiers choisissent déjà les couleurs des modèles 2003 et 2004, a indiqué Cressy.Du Pont Automotive, une des plus grosses divisions de la Du Pont Co.à Wilmington, fournit aux constructeurs d'autos plus de cent différentes familles de produits y inclus des peintures, des matières plastiques et des fibres.Les ventes de cette division s'élèvent à six milliards de dollars.En Amérique du Nord, 17,6 % des voitures produites en l'an 2000 ont été peintes en gris métallique (17,2 % en blanc, 11,3 % en noir).Le doré s'est faufilé parmi les dix premières, après avoir été associé pendant plusieurs années aux voitures de luxe.En Europe, le gris métallique s'est aussi classé premier, détrônant le bleu.L'Asie, où le blanc domine d'ordinaire, a aussi emboîté le pas.« La planète rétrécit rapidement, et il ne faut plus compter un an pour le trajet New York-Paris-retour des modes couleur », déclare Bob Daily, gérant de la commercialisation et de la conception des couleurs chez Du Pont Automotive.Alors, que nous révèle le présent engouement mondial pour le gris métallique sur les gens ?Les experts de la couleur estiment qu'il s'agit là d'une question très délicate.Un champ de recherches tout entier tente d'établir les liens entre les choix de couleurs et la personnalité.Une préférence pour le rouge suggère la passion et l'intensité.Le jaune, la joie et l'entrain.D'autres estiment que le choix de la couleur, surtout pour un bien de grande valeur telle une voiture, reflète davantage la mode et l'environnement que la personnalité.« En matière de couleurs, peutêtre 90 % de la population est conservatrice ; son comportement est prévisible », indique Margaret Walsh, directrice de la Color Association of the United States, organisme new-yorkais voué à la mode et au commerce du textile.« Environ 10 % de la population est imprévisible et d'humeur changeante.Ce sont ces 10 % qui alimentent les nouvelles tendances.» Les experts de la peinture et de la mode estiment que la mode des couleurs de voitures reflète souvent les tendances observées dans d'autres domaines, comme par exemple le vêtement ou la décoration d'intérieur.« Le gris métallique se voit aussi dans le mobilier de maison, où le chrome et l'acier brossé sont des teintes populaires », explique Regina Whelan, directrice de la commercialisation des couleurs chez le fabricant de peintures Benjamin Moore & Co.« La force du gris métallique (pour les voitures) ne me surprend pas du tout.» Au cours des prochaines années, Du Pont prévoit que les acheteurs de voitures choisiront des couleurs plus voyantes telles le jaune, les rouges plus vifs et le bleu pâle.D'autres croient que l'argent et l'humeur des acheteurs détermineront les nouvelles tendances.« Lorsque l'économie est florissante et que les gens dépensent beaucoup, les couleurs dégagent l'optimisme », dit Whelan.« Lorsque ça va moins bien, les couleurs sont plus douces.» Photo ASOCIATED PRESS La nostalgie Ð le maître mot de ce salon Ð prend tout son sens notamment avec la Microbus de Volkswagen, ci-dessus, qui propose une lecture moderniste de son ancêtre du même nom, avec d'irrésistibles clins d'oeil à l'époque Flower Power et Peace and love.Place à la nostalgie collaboration spéciale DETROIT - Depuis qu'il s'est donné des dimensions internationales, le Salon automobile de Detroit est devenu le North American International Auto Show, premier grand rendez-vous automobile de l'année et dont la 94e édition s'est ouverte hier matin.Derrière les portes du Cobo Hall Center Ð décoré au coût de 40 millions de dollars américains Ð plus de 750 véhicules prennent la pose, parmi lesquels une trentaine de nouveautés et de prototypes, seuls rayons de soleil sur un salon automobile autrement bien triste.Même si les consommateurs américains ont acheté plus de 17,4 millions de véhicules neufs l'an dernier, les dirigeants de l'industrie ne sont pas sans savoir que ce sommet a été atteint grâce à un premier semestre particulièrement musclé.Depuis le mois d'octobre dernier, les ventes connaissent des ratés au sud de nos frontières en raison notamment de la hausse du prix de l'essence et des taux d'intérêt.Dans ce contexte, on craint le pire pour 2001.On croyait la mode éphémère, mais la nostalgie apparaît finalement comme un courant durable.Et le salon automobile de Detroit regorge de nouveaux exemples de ce courant postmoderne.Après la New Beetle et la PT Cruiser, au tour de la Mini et de la Thunderbird de renaître de leurs cendres.Deux véhicules cultes qui feront assurément l'objet de surenchères avant même de poser leurs roues sur le parterre des salles d'exposition.Mais la vague passéiste risque de porter encore longtemps si l'on en juge les autres véhicules concept présentés à Detroit.De la Forty- Nine, réminiscence de la première Ford d'après-guerre à la Microbus de Volkswagen qui propose une lecture moderniste de son ancêtre du même nom, avec d'irrésistibles clins d'oeil à l'époque « Flower Power » et « Peace and love », la nostalgie est Ð encore Ð le maître mot de ce salon.Il faut chercher les BMW X Coupé et Infiniti FX4 pour se convaincre que nous sommes bien entrés dans un nouveau millénaire.Quoi qu'il en soit, toutes ces études de style pourraient connaître les joies de la grande série si les quelque 800 000 visiteurs attendus à cette grande fête de l'automobile manifestent suffisamment d'intérêt à les voir prendre la route.Même si elles ne reprennent pas le style de leurs ancêtres, les Nissan Z et Mazda RX8 tentent, d'ici à ce qu'elles soient commercialisées dans leur forme définitive, de rappeler à notre bon souvenir l'époque des Datsun Z et autres RX-7, deux voitures sport disparues dans les années 90.Vous connaissez les OGM (organismes génétiquement modifiés) ?Alors, l'industrie de l'automobile nous invite maintenant à faire connaissance avec les VGM (véhicule génétiquement modifiés).Ces crossovers, comme les appellent nos voisins, sont le résultat d'un métissage entre la minifourgonnette, l'utilitaire, la berline et parfois même la camionnette.Des mutants dont l'objectif est de réunir sous un même toit les qualités de tous et chacun et s'assurer du même coup de plaire à la plus vaste clientèle possible.Les Vibe (Pontiac) et Matrix (Toyota) sont les deux plus récentes (et intéressantes) additions à ce créneau en pleine agitation.Deux véhicules, mais une seule plate- forme mécanique (celle de la future Toyota Corolla) pour ces VGM qui pointeront leur calandre au cours du premier trimestre de 2002.Avec l'Escalade EXP, une camionnette de luxe qui entreprendra une carrière dans les salles d'exposition à l'automne, Cadillac se lance aussi dans le créneau des VGM qui, selon certains analystes, devrait représenter 15 % du marché automobile d'ici les quatre prochaines années.Le retour de la familiale Ce salon automobile marque également la résurrection de la familiale, un genre qu'on disait condamné depuis l'avènement de la minifourgonnette dans les années 80.La direction de Mercedes à Stuttgart nous proposera dans les prochains mois une version familiale de sa Classe C (jusqu'ici réservée au marché européen) alors que son voisin de Wolfsburg, Volkswagen, programmera la sortie d'une Jetta familiale à l'automne.Le coréen Kia et le japonais Mazda feront de même en déclinant des versions familiales de leur Rio et Protegé.Même Lexus n'a pas su résister à la tentation avec la IS300 Sport Cross dotée d'un rouage intégral (quatre roues motrices).Mais la familiale n'est pas le seul genre automobile à refaire surface.Quelques modèles dotés d'un hayon (hatchback) fleuriront au cours des prochains mois.À commencer par la Mercedes C Sport Coupe et la Hyundai Elantra.Enfin, à l'exception de Ford et de General Motors, les constructeurs ont observé le mutisme le plus complet sur les questions énergétiques (réduction de la consommation de carburant et des émissions polluantes) et sur leurs projets futurs quant à la commercialisation de véhicules à propulsion hybride.À croire que le prix de l'essence est encore trop bas et le taux de pollution de nos villes pas assez inquiétant pour que l'industrie appuie avec plus de fermeté sur l'accélérateur du changement.L'an prochain peut-être ?Photo REUTERS Les VGM (véhicules génétiquement modifiés), Ð ces crossovers, comme les appellent nos voisins Ð sont le résultat d'un métissage entre la minifourgonnette, l'utilitaire, la berline et parfois même la camionnette.La Vibe (Pontiac) ci-dessus est une des plus intéressantes additions à ce créneau en pleine agitation.Deux autres voitures qui donnent au Salon son petit air vieillot, la Mini-Cooper à gauche, et la Ford Forty- Nine Ð la Ford 49 Ð à droite.Photos ASSOCIATED PRESS 7LP0901A0114 A09, dimanche, MONDE 7LP0901A0114 ZALLCALL 67 00:48:49 01/14/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 A9 MONDE Elvis Clinton quitte la scène « Il avait le potentiel pour devenir un grand président », estime une ex-collaboratrice collaboration spéciale NEW YORK Ð Bill Clinton s'est payé un voyage nostalgique cette semaine, retournant sur les lieux importants de sa campagne électorale de 1992, celle qui lui a permis d'accéder à la Maison-Blanche et de transformer la présidence américaine, pour le meilleur et pour le pire.On aurait dit Elvis quittant la scène.Mardi, à 12 jours de la fin de son dernier mandat, Clinton a effectué un premier arrêt sur le campus de l'Université de l'État du Michigan, scène de son dernier débat présidentiel contre George Bush père.Ce soir-là, à une électrice qui lui parlait de ses problèmes, il avait dit : « I feel your pain », je partage votre douleur, une phrase résumant son style politique.Huit ans plus tard, au même endroit, le 42e président a récolté les vivats d'une foule enthousiaste de 12 000 étudiants.« Quand je suis venu ici, il y a presque neuf ans, notre économie était dans un état inquiétant et notre société était divisée.Pensez au chemin que nous avons parcouru en huit ans », a déclaré Clinton à la foule, avant d'enfiler les données économiques qui seront à jamais associées à sa présidence : le taux de chômage le plus bas en 30 ans.le plus faible taux d'inflation depuis les années 1960.22 millions de nouveaux emplois.le plus gros excédent budgétaire de l'histoire.Jeudi, poursuivant son dernier tour de piste, Clinton est retourné à Dover, au New Hampshire, où il semblait foutu, en février 1992, à la veille des premières primaires de la campagne présidentielle.C'était au temps des révélations gênantes sur Jennifer Flowers, des questions persistantes sur la guerre du Vietnam.Dans les médias, personne ne croyait plus aux chances du gouverneur de l'Arkansas.Mais Clinton n'avait pas dit son dernier mot.Un soir, dans un hangar surchauffé, il a fait un pacte avec les électeurs de Dover, où la récession frappait encore plus fort qu'ailleurs.Utilisant une vieille expression du Sud, il leur a dit : « Si vous ne m'abandonnez pas, je promets de me battre pour vous jusqu'à ce que le dernier chien meure.» Une popularité record On connaît la suite.Malgré tous les scandales, les Américains ont toujours fait confiance à Clinton, qui ne s'est jamais laissé abattre.Et ils le quittent aujourd'hui en lui accordant une note record : 65 % d'entre eux se disent satisfaits de son travail à la Maison-Blanche, selon un sondage USA Today / CNN.Depuis qu'une telle mesure est prise, aucun président sortant n'a fait mieux, pas même Ronald Reagan (63 %).Mais ce succès est accompagné d'un échec douloureux.Et Clinton n'a pas caché sa frustration au cours de son dernier tour de piste.Malgré la performance économique de son administration, son dauphin, Al Gore, s'est fait battre par George W.Bush, un candidat qu'il a déjà qualifié de « fils à papa ».À Chicago, mardi soir, il a ni plus ni moins accusé les républicains d'avoir volé la présidence.« À la fin du scrutin, notre candidat avait gagné le vote populaire, et la seule façon qu'ils pouvaient remporter l'élection était d'arrêter le vote en Floride », a déclaré Clinton au cours d'un discours improvisé.Il a ajouté : « Un tribunal a dû arrêter le vote afin de changer le résultat.À Chicago, les déclarations de Clinton ont été accueillies par une foule en liesse.À Washington, le camp républicain les a beaucoup moins appréciées.Ari Fleischer, le prochain porte-parole de la Maison- Blanche, a rappelé la tradition voulant que les présidents sortants ne parlent pas en mal de leurs successeurs.« Je suis certain que le président Clinton voudra poursuivre cette tradition », a déclaré Fleischer aux journalistes.Mais le premier baby-boomer à la Maison-Blanche n'a pas fini de se justifier.À 54 ans, il a encore devant lui plusieurs années pour continuer son combat contre les républicains, qui ont entaché sa présidence en le mettant en accusation pour son rôle dans l'affaire Monica Lewinsky.Avant lui, un seul autre président américain avait connu le déshonneur d'une procédure en impeachment.Un bilan mitigé Soucieux de sa place dans l'histoire, Clinton est inquiet, et avec raison.À la veille de son départ de la Maison-Blanche, les journalistes et les historiens multiplient les commentaires, les bilans, les classements.C'est loin d'être unanimement positif.De l'avis général, Clinton a transformé l'image de la présidence en utilisant à fond tous les artifices du showbiz.Pour se faire élire, il a porté des verres fumés et joué du sax à la télévision.Pour se faire comprendre, il a emprunté le style d'Oprah Winfrey, mordant sa lèvre inférieure pour montrer son empathie.Pour toucher les jeunes, il a parlé de sa préférence en matière de sous-vêtements.L'Elvis de la politique, c'était lui.Il n'en est quand même pas resté là.À peu près tout le monde s'accorde pour dire qu'il a pris les bonnes décisions économiques au début de son premier mandat, faisant de la lutte au déficit sa priorité, luttant pour l'adoption du traité de libre- échange en Amérique du Nord.Plusieurs ont également souligné sa souplesse politique, qui lui a permis de recentrer le Parti démocrate et de survivre aux attaques de ses ennemis républicains, majoritaires au Congrès de Washington depuis les élections législatives de 1994.Mais cela fait-il de lui un grand président ?Le réseau de télévison CSPAN a posé la question à plusieurs historiens.Ceux-ci ont classé Clinton parmi les présidents moyens, où se trouvent plusieurs de ses prédécesseurs récents.Certes, au chapitre économique, ils lui ont donné une très bonne note, le classant au cinquième rang, derrière des présidents illustres comme Franklin D.Roosevelt, George Washington, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt.Au chapitre de l'autorité morale, cependant, les historiens ont recalé le p'tit gars de Hot Springs, le classant au dernier rang.Plusieurs commentateurs ont fait le lien entre les scandales de l'administration Clinton et la défaite de Gore.À leur avis, celui-ci a payé pour les fautes de son patron.Un talent gaspillé L'affaire Lewinsky aura paralysé l'administration Clinton pendant deux ans.Heureusement pour les Américains, l'économie n'avait pas besoin du président.Alan Greenspan et Robert Rubin, respectivement président de la Réserve fédérale et secrétaire au Trésor, veillaient au grain.Mais le scandale sexuel aura empêché Clinton de léguer à la postérité une réforme majeure.Pendant son premier mandat, il a tenté d'assurer aux Américains une couverture médicale universelle.Confié à sa femme, le projet a lamentablement échoué, menant à l'élection de Newt Gingrich, un conservateur pur et dur, à la tête de la Chambre des représentants.À la fin de son premier mandat, Clinton a apposé sa signature au bas d'une loi républicaine réformant l'aide sociale.Il s'en vante aujourd'hui, mais il ne peut en revendiquer la paternité.Réélu en 1996, Clinton ne manquait pas de défis.Il aurait pu s'attaquer au problème pressant du régime de pension fédéral, qui risque de faire faillite avec l'arrivée des baby-boomers à la retraite.Il aurait pu proposer une réforme de l'assurance- maladie des personnes âgées, qui est également en crise.Mais le président était occupé à répondre aux questions à propos de sa liaison avec une fille deux fois plus jeune que lui.Même sa politique étrangère s'en est ressentie.Quand il a décidé de bombarder l'Irak et les installations du terroriste Oussama Ben Laden, ses critiques l'ont accusé de vouloir manipuler le public comme dans le film Wag the Dog.Sur le plan de la politique étrangère, Clinton a décroché un succès en forçant Slobodan Milosevic à se retirer du Kosovo.Mais son départ de la Maison-Blanche laisse à plusieurs une impression d'inachevé.Les plus déçus se retrouvent souvent parmi les plus proches conseillers du président sortant.« Je ne pense pas qu'on reverra un politicien comme lui avant longtemps », dit la première porteparole de Clinton, Dee Dee Myers, dans The Clinton Years, un documentaire présenté cette semaine par l'émission Nightline, du réseau ABC.« Je pense qu'il avait le potentiel pour devenir un grand président.Je ressens beaucoup de tristesse en voyant comment ça finit pour lui.» Des Anglais tentés par le lynchage La libération de deux ex-enfants tueurs d'enfant fait des vagues, qu'une presse pop alimente VERA MURRAY collaboration spéciale LONDRES Ð La société devraitelle protéger deux jeunes qui ont commis le crime le plus horrible, le plus inimaginable : d'avoir torturé à mort un enfant de deux ans ?Jon Venables et Robert Thompson n'avaient que dix ans, en 1993, lorsqu'ils ont tué James Bulger.Ils l'ont pris gentiment par la main Ð l'enregistrement d'une caméra vidéo devait le montrer Ð au milieu de la foule, dans un centre commercial du nord de l'Angleterre.Avant même que sa mère ne puisse s'en apercevoir, ils étaient partis avec l'enfant.Ils l'ont emmené sur un terrain vague où ils l'ont torturé pendant quatre heures.À la fin, ils lui ont brisé le crâne et déposé le cadavre sur des rails de chemin de fer.Jamais, on n'a tant décrit et analysé un assassinat, jamais un procès n'a tant obsédé un pays.Jamais, non plus, on n'a assisté à tant d'hystérie collective.Maintenant, après avoir passé huit années dans un centre pour jeunes délinquants, Jon Venables et Robert Thompson vont non seulement retrouver leur liberté, mais vont recevoir une nouvelle identité pour les protéger contre toute vengeance : de nouveaux noms, de nouveaux certificats de naissance, de nouveaux numéros d'assurance sociale et de nouveaux passeports.Même si elle arrivait à les retrouver, la presse n'aura le droit de révéler aucun renseignement à leur sujet.La discrétion totale Elle ne pourra publier aucune photo prise d'eux depuis huit ans.À moins qu'ils ne commettent un autre crime, le public n'apprendra plus jamais rien sur leurs vies.Pour leur part, les deux jeunes devront garder le silence total sur leur véritable identité.S'ils se marient, même leurs femmes ne pourront être mises au courant de leur passé.La première décision judiciaire concernant Venables et Thompson a été prise il y a quelques mois et a causé tout un émoi : les deux tueurs, âgés maintenant de 18 ans, n'allaient pas être transférés dans une prison, car ils n'avaient aucune chance d'y survivre.Leur rééducation avait été un tel succès qu'ils allaient être relâchés.La deuxième décision, sans précédent dans le système judiciaire britannique, a été rendue cette semaine : l'État allait garantir leur anonymat pour le reste de leurs jours.Pourquoi la justice britannique fait tant pour protéger la vie de deux adolescents qui ont commis un crime aussi abominable ?D'abord, parce que la menace qui pèse sur leur vie est réelle.Ralph Bulger, le père de la petite victime, a crié sur tous les toits qu'il était déterminé à venger son fils.La colère et le chagrin du père sont faciles à comprendre.Mais plus que le discours du père, c'est le comportement des tabloïds anglais qui a clairement influencé la décision du juge.Le plus manipulateur de tous les canards anglais, The News of the World, fait régulièrement preuve de sa capacité de monter l'hystérie collective.À l'automne dernier, il a lancé une « name-and-shame campaign » contre les pédophiles libérés de prison : il a incité la populace à prendre la justice en main et à s'attaquer aux pédophiles vivant en liberté.Pour commencer, certains citoyens enragés et mal informés ne voyaient pas tout à fait la différence entre « pédophiles » et « pédiatres « ; il y a eu plusieurs attaques contre les cabinets de médecins.Le tabloïd a par la suite publié des listes entières de noms et d'adresses de personnes qui avaient déjà purgé des peines de prison pour crimes sexuels contre des mineurs.Cette fois, plusieurs domiciles de pédophiles ont été attaqués avec des bombes incendiaires.La plupart des personnes nommées ont dû déménager sous protection policière.Albert Kirby était, il y a huit ans, en charge de l'enquête sur le meurtre du petit James Bulger.Depuis qu'il a quitté la police, il a dit ouvertement que la justice avait été, selon lui, trop clémente à l'égard des deux tueurs.Mais cette semaine, il a appuyé la décision du juge de permettre à Venables et à Thompson de garder leur anonymat.Sans cette protection, disait-il, il serait impossible de les relâcher : le lynchage public ne saurait tarder.Une vendetta des médias La presse londonienne, quant à elle, est complètement divisée.Les tabloïds, bien sûr, sont livides et promettent de contester la décision du juge devant les tribunaux.Les journaux sérieux, mais de droite, tels que le Daily Telegraph, estiment que « la décision du juge crée un très dangereux précédent : ceux qui ont commis les crimes les plus horrifiants auraient, en sortant de prison, droit à plus de protection que ceux qui ont commis des crimes moindres ».La presse de gauche fait tout pour garder l'esprit ouvert.Dixit The Independent : « Ce n'est pas parce que la justice montre de la pitié à l'égard de Thompson et de Venables qu'elle leur pardonne leur horrible crime.Plutôt, elle fait tout pour s'assurer qu'ils ne commettront plus jamais un autre crime.Notre société est trop brutale pour que quelqu'un qui a commis un tel crime puisse réintégrer la vie après avoir purgé sa peine.Et c'est peut-être cette brutalité qui avait nourri la bestialité dont fut victime James Bulger.» Pour le Guardian, « il s'agit de la contradiction entre deux principesclés de la démocratie : la liberté d'expression et le droit à la vie privée ».« Dans la plupart des pays européens, des enfants de dix ans n'auraient pas été jugés et condamnés », rappelle son éditorialiste, « un pays civilisé doit donner une seconde chance à des meurtriers de dix ans.« Selon les renseignements fournis à la presse, les huit années passées en détention juvénile ont complètement changé les deux adolescents, qui ne se sont pas revus depuis le procès.Leur « rééducation » aurait déjà coûté plus de 3 millions de livres, presque 7 millions de dollars, à l'État britannique.« Ils ont mis deux ans avant de comprendre l'énormité de leur crime et d'éprouver un sentiment de culpabilité », a expliqué une psychiatre qui a travaillé avec eux.Les deux enfants issus de familles éclatées avaient eu d'énormes problèmes à l'école.Ils seraient aujourd'hui des élèves-modèles avec de très bonnes notes.Robert Thompson aurait un talent artistique.Jon Venables a passé son bac et aimerait aller à l'université. 7LP1002A0114 A10, dimanche, MONDE 7LP1002A0114 ZALLCALL 67 00:51:32 01/14/01 B A 1 0 MOND E · L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 4 J ANV I E R 2 0 0 1 Retrouvailles (tardives ?) Arafat / Peres pour préserver les chances d'un futur accord JEAN-LUC RENAUDIE Agence France-Presse JÉRUSALEM «Ð La rencontre hier à Gaza entre les deux Prix Nobel de la paix, l'ancien Premier ministre israélien Shimon Peres et le président palestinien Yasser Arafat, s'est achevée sans percée, mais les deux parties sont convenues de continuer à se parler.« Les délégations se retrouveront aujourd'hui ou demain », a déclaré à des journalistes l'un des négociateurs palestiniens, Saëb Erakat.Un porte-parole de la présidence du Conseil israélienne a annoncé pour sa part qu'une « nouvelle rencontre aurait lieu dans les prochains jours » et que la date en serait fixée aujourd'hui.Le ministre palestinien de l'Information Yasser Abed Rabbo a indiqué que les délégations avaient « discuté de différentes questions et du statut final, sans aboutir au moindre progrès ».« L'initiative (du président américain Bill) Clinton n'est pas une base pour le processus de paix », at- il affirmé.M.Erakat a confirmé qu'il « restait des divergences très importantes » entre les deux parties.Selon la présidence du Conseil israélienne, l'objectif de ces discussions était de « consolider la baisse de la violence », et de « parvenir à une conclusion positive avant la fin du mandat de Bill Clinton », le 20 janvier.Durant cette réunion qui a duré deux heures et demie, MM.Peres et Arafat se sont rencontrés en présence des délégations, et en tête à tête durant un peu moins d'une heure, a indiqué le porte-parole.Ont participé à ces pourparlers, côté palestinien, les négociateurs Ahmad Qoreï et Saëb Erakat, M.Abed Rabbo, et le chef de la sécurité préventive dans la bande de Gaza, Mohammad Dahlane.La délégation israélienne était composée du ministre des Transports et ancien chef d'état-major Amnon Lipkin-Shahak, du ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben Ami et du chef de cabinet du Premier ministre Ehud Barak, Gilad Sher.La rencontre était destinée à trouver les moyens de préserver les acquis du plan américain et à stabiliser la situation lors de la période de transition entre la fin du mandat de M.Clinton et l'élection au poste de premier ministre en Israël, le 6 février, avait expliqué M.Peres.« L'objectif de cette rencontre est d'assurer que durant cette période de transition, il n'y aura pas de vague de terrorisme », avait-il déclaré dans une interview à la télévision israélienne.« Et, également, de voir comment mener des négociations durant cette période pour que ce qui a été obtenu ne soit pas réduit à néant », avait-il ajouté.« Avant que nous nous attachions à dépasser les divergences qui nous opposent, nous voulons empêcher de détruire cette base importante », avait-il indiqué, en référence au plan américain, accepté par le gouvernement israélien comme « base de négociations » mais rejeté par les Palestiniens.Le plan Clinton prévoit le transfert au futur État palestinien de 100 % de la bande de Gaza et 95 % de la Cisjordanie, ainsi que des quartiers arabes de Jérusalem- Est, dont l'Esplanade des mosquées, lieu saint pour le judaïsme comme pour l'islam, au prix d'une renonciation du droit au retour des quelque 3,7 millions de réfugiés de 1948.Par ailleurs, des délégations israélienne et palestinienne doivent se rencontrer aujourd'hui pour faire le point des mesures prises en vue de réduire le niveau de la violence.Les deux parties ont décidé le 10 janvier de reprendre dans les prochains jours leurs patrouilles mixtes, suspendues peu après le début de l'Intifada (soulèvement palestinien) le 28 septembre.Sur le terrain, seuls quelques affrontements sporadiques entre manifestants palestiniens et soldats israéliens ont été signalés à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.Deux Palestiniens, condamnés à mort pour collaboration avec Israël dans l'assassinat de membres du Fatah, le mouvement de M.Arafat, et du Hamas islamiste, ont été fusillés en public, l'un à Gaza et l'autre à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.À Bethléem, deux autres Palestiniens ont été condamnés à mort pour des motifs similaires.Dans le cadre de sa répression de l'Intifada, Israël a éliminé physiquement depuis début novembre une vingtaine de responsables de différents mouvements palestiniens.Peres l'infatigable : un rêveur incorrigible?Agence France-Presse JÉRUSALEM Ð L'ancien premier ministre israélien Shimon Peres, Prix Nobel de la paix 1994, infatigable artisan de la paix au Proche- Orient, est revenu à 77 ans sur le devant de la scène, en rencontrant hier soir le président palestinien Yasser Arafat.Depuis qu'il a été relégué par le Premier ministre Ehud Barak au poste symbolique de ministre de la Coopération régionale, M.Peres n'a été véritablement sollicité qu'une fois par M.Barak, pour rencontrer M.Arafat à Gaza en novembre, dans une tentative d'endiguer la vague de violence.Mais les derniers sondages d'intention de vote à l'élection au poste de premier ministre le 6 février, qui donnent M.Peres gagnant contre le candidat de droite Ariel Sharon, ont changé la donne.M.Barak, qui serait lui largement battu, selon les sondages, l'a compris et a décidé d'associer M.Peres à sa campagne, affirmant que s'il était réélu, le Prix Nobel de la paix aurait une place de choix dans son gouvernement.Déjà en décembre, il lui avait promis un rôle de tout premier plan dans les négociations avec les Palestiniens, en échange de son retrait de la course au poste de premier ministre.L'ancien premier ministre apparaît aujourd'hui comme un des derniers recours pour relancer un processus de paix moribond.Sa carrière politique commence à 25 ans le jour où, en faisant de l'auto- stop, il rencontre le « vieux lion » David Ben Gourion qui devient aussitôt son mentor et lui confie les achats secrets d'armes à l'étranger.Intellectuel brillant, faucon dans sa jeunesse, reconverti plus tard en colombe, il a été l'artisan de la force militaire d'Israël, particulièrement dans le domaine nucléaire, puis l'architecte des accords d'Oslo avec les Palestiniens en 1993.Ces accords lui ont valu en 1994 le Prix Nobel de la paix, décerné également au premier ministre assassiné Yitzhak Rabin et à M.Arafat.Né à Vishneva (Pologne) en 1923, Shimon Peres est arrivé en Palestine à l'âge de 11 ans.Après la création de l'État d'Israël en 1948, il devient à 29 ans directeur général du ministère de la Défense.En 1984, il prend la tête d'un gouvernement d'union nationale avec le Likoud (droite), dont il devient en 1986 vice-premier ministre jusqu'en 1990.En 1992, il redevient chef de la diplomatie du premier ministre Yitzhak Rabin, auquel il succède par intérim après son assassinat par un extrémiste juif le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv.M.Peres perd d'extrême justesse les élections en mai 1996 face au candidat du Likoud Benjamin Netanyahu.L'année suivante, il est évincé de la direction du parti travailliste par M.Barak, qui crée tout spécialement pour lui, après son élection en mai 1999, le poste de ministre de la Coopération régionale, sans aucun poids politique.Il s'attache depuis lors à promouvoir sa vision d'un « nouveau Proche-Orient » centré sur la coopération économique entre Israël et ses voisins arabes.Cela lui a valu d'être qualifié d'incorrigible rêveur et même d'être accusé de vouloir faire perdre à Israël son identité juive.Photo AP© Purification de masse sur le Gange Des centaines de personnes marchaient hier sur des quais à l'occasion du Kumbh Mela, à Allahabad, dans le nord de l'Inde.Ce pèlerinage hindou de 42 jours rassemble quelque 70 millions de fidèles venus se baigner dans les eaux sacrées du Gange, histoire de se purifier.Les États-Unis ont envisagé détruire les sites nucléaires chinois en 1961 d'après AFP WASHINGTON Ð Les États-Unis et Taïwan ont envisagé dans les années soixante des frappes militaires contre des installations nucléaires en Chine, cherchant à éviter que la Chine ne devienne une puissance nuéclaires, selon deux chercheurs américains hier.« Une grande variétés d'options a été considérée, allant de raids menés par des commandos à des frappes aériennes », a indiqué à l'AFP Jeffrey Richelson, un chercheur de l'institut des archives nationales sur la sécurité.« Certains opérations devaient se faire en association avec Taïwan », a affirmé cet historien.Ces faits ressortent de l'examen de douzaines de documents issus de la Maison Blanche, de la CIA et du Département d'Etat et qui ont été déclassifiés.Les deux chercheurs ont publié leurs travaux dans la dernière livraison de la revue de l'université d'Harvard, International Security.La perspective d'une Chine dotée d'armes nucléaires est apparue comme une menace dangereuse pouvant mettre à mal les intérêts américains en Asie aux yeux du président John F.Kennedy.Il y voyait une source d'instabilité dans la région, particulièrement en Inde où les ambitions nucléaires de la Chine inquiétaient.Des préparations militaires préliminaires ont même commencé en 1961, affirment les historiens.Reagan hospitalisé Des expatriés serbes poursuivront Ottawa Associatd Press SANTA MONICA, Californie Ð Ronald Reagan a été opéré hier à une hanche qu'il s'était fracturée à la suite d'une chute à son domicile de Bel Air en Californie.Il avait été transporté avant-hier (vendredi) en ambulance au centre médical Saint John de Santa Monica, en compagnie de son épouse Nancy.L'ancien président américain devrait rester hospitalisé pendant sept à dix jours, a déclaré le Dr Kevin Ehrhart lors d'une conférence de presse qui a suivi l'opération.« Son état est resté stable pendant l'opération et il se trouve toujours dans un état stable actuellement dans sa chambre d'hôpital », a-t-il précisé.Il a ajouté que Ronald Reagan pourrait terminer sa convalescence chez lui.« Tout va bien », a déclaré pour sa part Joanne Drake, la secrétaire de Ronald Reagan, à l'issue de l'opération qui a duré une heure et s'est déroulée sous anesthésie générale.L'ancien président américain, atteint de la maladie d'Alzheimer, doit fêter ses 90 ans le 6 février prochain.Agence France-Presse TORONTO Ð Un tribunal canadien a autorisé un groupe d'expatriés serbes à poursuivre en justice le gouvernement canadien pour son rôle dans les bombardements de leur village par les troupes de l'OTAN, révélait hier le National Post.Un juge d'un tribunal de l'Ontario a refusé en début de semaine une demande d'avocats du gouvernement de rejeter cette plainte.C'est la première fois qu'un tribunal décide une action en justice contre le gouvernement canadien pour des faits qui se déroulés dans un pays étranger, selon Emilio Binavince, l'avocat qui représente quelque 50 plaignants serbes et serbo- canadiens.Le gouvernement va décider dans les semaines à venir s'il appellera de cette décision, selon ses avocats.Vicente Fox demande aux zapatistes de désarmer Agence France-Presse MEXICO Ð Le président mexicain Vicente Fox a déclaré hier que son gouvernement était disposé à accepter les conditions imposées par la guérilla zapatiste pour reprendre les négociations de paix, « si (la guérilla) déposait les armes » et si « nous parvenons à des accords ».Dans une émission de radio, le président a rappelé que le chef de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le sous-commandant Marcos, avait affirmé avant-hier « qu'il n'y aurait pas de paix si le gouvernement de Vicente Fox ne remplissait pas (ces conditions) ».« Je le prends au mot », a déclaré M.Fox, mais « si la guérilla dépose les armes, si nous parvenons à des accords, certainement que de notre côté nous remplierons intégralement les trois conditions ».Marcos a en effet exigé la fermeture de sept camps militaires, la libération de tous les prisonniers zapatistes, estimés à une centaine, et l'adoption par le parlement d'une loi en faveur des communautés indiennes du Chiapas, l'État le plus pauvre du Mexique.Répondant à ces exigences, le président Fox a déjà ordonné la fermeture de trois camps militaires, la libération de 17 prisonniers zapatistes et présenté au parlement un projet de loi identique à celui que Marcos souhaite voir adopté.Dans un communiqué parvenu à l'AFP, le sous-commandant Marcos a fixé à ces trois demandes la condition pour reprendre les négociations de paix interrompues en septembre 1996.Marcos n'a pas évoqué la possibilité de déposer les armes et de signer un accord de paix en échange de ces trois conditions, mais simplement la poursuite du dialogue.Avant-hier, il s'est interrogé sur la réelle volonté du gouvernement de Vicente Fox de négocier le retour de la paix dans l'État du Chiapas (sud du Mexique). 7LP1101A0114 A11, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0114 ZALLCALL 67 00:47:16 01/14/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 A 1 1 Une sacrée patate chaude pour Bush Le Plan Colombie, contre la cocaïne, risque d'enliser les États-Unis dans un nouveau Vietnam C'est parti : depuis le 22 décembre, de lourds hélicoptères fournis à la Colombie par les États-Unis protègent de petits avions qui arrosent d'Agent Vert Ð évocateur du tristement célèbre Agent Orange du Vietnam Ð des petites fermes de la province de Putumayo jouxtant, au sud du pays, l'Équateur et le Pérou.L'objectif du Plan Colombie (1,3 milliard $) mis au point par l'administration Clinton est l'éradication de la coca dans cette région de l'Amérique latine qui se révèle le principal fournisseur de cocaïne sur le marché nord-américain.Les arrosages rencontrent de l'opposition dans les populations visées, chez les Européens en général, chez des scientifiques et virtuellement au sein du nouveau Congrès des États-Unis.Nombre d'observateurs sont d'avis qu'avec la question du bouclier antimissiles et le Proche-Orient, le Plan Colombie est le dossier international le plus chaud qu'aura à traiter le président Bush à compter du 20 janvier.Arrosages controversés Il est probable que le scepticisme entourant le Plan Colombie n'est pas étranger au fait que les arrosages de fermes dans la province de Putumayo aient débuté discrètement trois jours avant Noël, une période où les médias consomment beaucoup moins d'informations étrangères.Un reporter du Washington Post s'y trouvait pourtant et rendait compte dimanche dernier de ce qu'il a vu.Pourquoi avoir commencé l'opération dans la province de Putumayo ?C'est qu'elle produit à elle seule environ la moitié de la coca colombienne, la Colombie dans son ensemble alimentant entre 80 et 90 % du marché de la cocaïne aux États-Unis.Les autorités colombiennes ont déjà, avec l'assistance technique américaine, arrosé par le passé de vastes exploitations de coca ailleurs, dans des espaces à faible population, mais cette fois, on s'attaque à une région populeuse de petites fermes, certaines faisant pousser de la coca au travers de champs de maïs ou de plantations de bananiers, d'autres s'abstenant de produire de la coca.Mais du haut des airs, ces distinctions ne sont pas évidentes.Le reporter du Post a constaté que des petites fermes non porteuses de coca sont ainsi détruites comme les autres, à l'ahurissement général des petits fermiers.L'arrosage ne fait pas de quartier : on a lâché l'herbicide jusqu'ici sur des centaines d'acres de cultures alimentaires, sur des troupeaux, des bords de rivière et même sur des villages.Cet herbicide, produit par le géant Monsanto, est « totalement sécuritaire », estime Barry Mc Caffrey, directeur du service de contrôle des drogues à Washington.Aux États-Unis mêmes pourtant, on est contraint de le vendre avec une étiquette recommandant de « ne pas utiliser ce produit dans des conditions où il peut affecter des ouvriers ou d'autres personnes ».L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) de son côté observe que l'un des produits utilisés, Roundup, peut provoquer des nausées, une pneumonie, de la confusion mentale, endomager les tissus et gonfler les poumons.De fait des petits fermiers entourant la ville de La Hormiga victimes des arrosages se plaignent d'accès de fièvre, mais on ne signale à ce jour qu'un seul cas d'hospitalisation pour empoisonnement.Par contre, l'hebdomadaire britannique The Observer est beaucoup plus sévère dans son appréciation de ces herbicides.Il rappelle que l'Agence de protection de l'environnement de la Floride a stoppé un programme d'épandage sur des champs de cannabis en raison des effets latents de ces produits sur l'agriculture.De fait, des milliers de familles péruviennes n'ont pu reprendre l'agriculture après des opérations d'épandage contre la coca, à la fin des années quatrevingt.Difficiles mutations Mais le reporter du Washington Post note que ce n'est pas d'abord l'environnement qui préoccupe les petits fermiers de la province de Putumayo à ce moment-ci.La destruction des récoltes alimentaires conduit directement à la famine.Le maire de La Hormiga redoute que des milliers de familles soient contraintes d'abandonner leurs fermes et de s'expatrier.Il supplie le gouvernement colombien de cesser les arrosages, en échange d'une promesse de remplacer « sur une base volontaire » la culture de la coca par une production alimentaire.Le hic : qui va acheter cette production alimentaire ?Un chroniqueur du Miami Herald, journal qui suit attentivement les affaires d'Amérique latine, fait observer que tant les États-Unis que l'Union européenne sont éminemment protectionnistes dans le commerce de l'alimentation et qu'ils aident massivement leurs agriculteurs.Les subsides à l'agriculture sous l'administration Clinton sont passés de 8 à 28 milliards de dollars US par année, tandis que les subsides européens atteignent les 150 milliards.Dans l'intervalle, les petits fermiers de la province du Putumayo sont coincés : le gouvernement les incite à abandonner la culture de la coca en échange d'avantages monétaires, mais la pression contraire est forte, venant de sources diverses, y compris des FARC, les guérilleros de gauche, la plus puissante organisation clandestine du pays qui se finance à même la coca.De fait de larges pans de ce pays sont enferrés dans une véritable guerre civile et quand les États-Unis apportent un soutien militaire à l'éradication de la coca, c'est par la force des choses à un encadrement de guerre civile qu'il souscrit.Une guerre civile latente depuis 1948 et qui a fait plus de 30 000 morts ces dix dernières années.D'où le spectre d'une « vietnamisation » en Colombie.Vietnamisation ?Qui disait Vietnam à l'époque disait aussi Cambodge.De la même manière, les opérations en cours dans la province de Putumayo se déroulent à la frontière de l'Équateur, qui panique à l'idée que le pays puisse de retrouver au coeur du conflit.De fait, des centaines de fermiers du Putumayo ont déjà trouvé refuge en Équateur, note Business Week.L'Équateur, mais aussi le Panama, le Brésil et le Pérou sont en voie de renforcer leur sécurité aux frontières bordant la Colombie.Dans ce contexte, l'argument selon lequel le Plan Colombie vise essentiellement l'éradication de la coca laisse les observateurs de plus en plus sceptiques.D'autant plus, note le New York Times, que même si l'on extirpe la coca d'une région, elle reprend ailleurs.Avant la Colombie, c'est le Pérou et la Bolivie qui assuraient cette culture.Après Putumayo, ça poussera où ?Toute cette affaire dans l'intervalle fait oublier une autre dimension du problème : si la production de coca reste forte en Colombie, c'est parce que la demande de cocaïne reste forte aux États-Unis.De cocaïne mais aussi de cannabis et, de plus en plus, d'héroine.Dans une entrevue à The Observer, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Jose Vicente Rangel, se bidonne : les Américains veulent tuer la production de coca en Colombie mais « comment Washington peut-il expliquer que quatre milliards de dollars US de marijuana par année poussent aux États-Unis ?» Le message est évident : et si les Américains commençaient par nettoyer leurs propres écuries ?C'est que la demande américaine reste forte même si l'administration Clinton a doublé (à 20 milliards par année) les budgets consacrés à la lutte antidrogues et que villes et États ont fait la même chose, note le New York Times.Et elle reste forte même si le resserrement des lois a conduit en prison 400 000 personnes trouvées coupables de délits divers liés à la drogue.Le Plan Colombie, avec ses arrosages de fermes dans le Putumayo commencés un mois avant la passation des pouvoirs à la Maison- Blanche, c'est la patate chaude placée dans les mains de son prochain occupant, George W.Bush.Le correspondant à New York du Times, de Londres, croit savoir que M.Bush se donnera trois mois pour réexaminer le dossier.D'instinct, des républicains conservateurs appellent déjà le prochain président à en rajouter au Plan Colombie.Mais le prochain secrétaire d'État Colin Powell, lui, reste fidèle à une préoccupation de base : il refuse que des Américains se fassent tuer au combat.Ce à quoi une vietnamisation de la Colombie conduirait inévitablement.Infographie La Presse Dévolution Investigation Reproduction Contestation ÇA NE DÉFRAYE pas les manchettes, mais c'est remarqué aux États-Unis : un gouvernement Bush sera enclin à renvoyer aux États et aux municipalités des responsabilités assumées jusqu'ici par le gouvernement fédéral.Le New York Times écrivait à la une dimanche dernier que villes et États auront plus d'autonomie dans la gestion de fonds fédéraux liés aux services de santé, à la sécurité sociale, à l'éducation, au transport et à la protection de l'environnement.« Les Texans sont capables d'administrer le Texas », aime dire son gouverneur sortant, George W.Bush, et c'est ce slogan qu'il compte appliquer à l'ensemble des États, une fois devenu président des États-Unis dans six jours.L'homme fait plus naturellement confiance que son prédécesseur aux gestionnaires locaux, estime un proche.Un des privilèges du président des États-Unis est celui de désigner les grands patrons des agences fédérales Ð sécurité sociale et grands travaux publics entre autres Ð et M.Bush y a déjà nommé plein de gens ayant une expérience de gestion locale.En matière de santé, beaucoup d'États tentent de compléter les programmes de base par des initiatives de leur cru mais plusieurs ont essuyé un refus de Washington.De plus en plus d'États s'intéressent aux affaires sociales.C'EST UNE PREMIÈRE et un formidable projet : des scientifiques s'apprêtent à bâtir une carte globale de la vie océanique de la planète, du moins de ses grandes espèces comme ces phoques appelés éléphants de mer, les requins blancs, certaines espèces de tortues, les albatros, sans oublier les baleines bleues qui sont actuellement les plus grands animaux existants, pouvant atteindre 25 mètres et peser 130 tonnes.D'autres espèces s'ajouteront en cours de route.Il s'agit d'un programme de 10 ans qu'assume un organisme américain, le Consortium for Oceanographic Research and Education.L'essentiel de l'opération consiste dans un premier temps à greffer au corps de ces animaux, un peu partout sur la planète, un bidule électronique renvoyant à un centre de contrôle, par satellite, une foule d'informations de diverses natures.On en est venu à miniaturiser ces appareils au point d'en réduire le poids à cinq grammes.Ces bidules permettront bien sûr de suivre les déplacements de ces animaux mais offriront aussi de l'information sur la température et la salinité des mers en eau profonde, rapporte le Telegraph.On pense ainsi en arriver à une mesure exacte des dangers de disparition menaçant certaines espèces, comme la baleine bleue.IL EXISTE UNE FAÇON assez expéditive de mettre fin à l'étalement urbain : mettre le feu aux nouvelles constructions en banlieue.C'est l'activité à laquelle s'adonne un mouvement écologiste américain radical, le Front de libération de la Terre (ELF, pour Earth Liberation Front).ELF, rapporte Newsweek, a frappé notamment dans Long Island, la presqu'île new-yorkaise que plusieurs considèrent comme le berceau historique de la banlieue en Amérique.L'Association des constructeurs d'habitations de Long Island offre 10 000 $ contre toute information conduisant à l'arrestation de ces incendiaires.Dans un rayon de 32 kilomètres de la rive nord de Long Island, trois incendies signés ELF ont détruit des bâtiments fraîchement construits en décembre.Des graffiti l'annoncent : « Si vous le construisez, nous le brûlerons.» ELF a revendiqué deux douzaines d'actes délictuels de ce genre Ð vandalisme, incendiat, sabotage Ð depuis trois ans, le plus spectaculaire étant la destruction d'un chalet-restaurant et d'un remonte-pente (12 millions de dégats) à Vail, au Colorado, en 1998.Le vase déborde et c'est le FBI désormais qui prend l'enquête en main.ELF, excroissance du mouvement écologiste Earth First, s'apparente dans ses tactiques au Front de libération des animaux (ALF), qui, lui, détruit des salaisons ou des laboratoires qui ont recours aux animaux.CINÉMA AIDANT, le naufrage du Titanic, au début du siècle dernier, continue de hanter l'imagination populaire, au point où on s'apprête a construire, à Belfast, en Irlande du Nord, une réplique du célèbre paquebot, au coût de près de 800 millions de dollarsCAN.Le navire, selon The Observer, comprendrait un certain nombre d'artefacts récupérés de l'épave du Titanic-I.Un entrepreneur d'Irlande et un autre d'Afrique du Sud s'associent au projet, mais l'un des cinq survivants de la tragédie s'y oppose.Millvina Dean n'avait que neuf semaines quand elle fut rescapée du naufrage où elle a perdu son père.À 88 ans, cette dame de Southampton, en Grande-Bretagne, est vexée de ce qu'« on veuille faire de l'argent de cette tragédie ».Elle promet quant à elle de ne jamais mettre les pieds sur ce paquebot.Quant aux artefacts, elle préférerait qu'on les laisse tranquillement dormir au fond de la mer.L'entrepreneur irlandais, Mark Blackburne, lui, n'est pas d'accord.Il estime utile pour la mémoire de l'humanité de reconstituer ce navire qui fut en son temps un chef-d'oeuvre d'architecture et de génie.Sa reconstitution se veut un honneur fait à ses concepteurs.Que le projet naisse ou non, c'est la Bourse qui le dira.Inscription en mars. 7LP1201A0114 a12 dimanche 7LP1201A0114 ZALLCALL 67 00:43:21 01/14/01 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 p g r a v e l @ l a p r e s s e .c a La démission, jeudi, du premier ministre Lucien Bouchard a évidemment donné lieu à toute une série d'analyses quant au pourquoi et au comment de cette nouvelle crise au sein de son parti et à propos de son impact prévisible sur notre avenir collectif.Mais, comme c'est souvent le cas quand le rideau tombe sur une carrière politique, son départ aura aussi attiré l'attention sur la dimension humaine de ces personnages qui occupent l'avant-scène.Il aura plus précisément mis en relief le caractère souvent ingrat et frustrant de la vie publique et le coût élevé qu'elle représente généralement pour celui ou celle qui s'y lance.Et pour ses proches.À plusieurs points de vue.Il serait trop facile et dangereux de hausser les épaules en se disant Ð même si c'est indiscutable Ð que personne n'a forcé quelqu'un à se faire élire.Et qu'au contraire, c'est le plus souvent au terme d'un long et fastidieux parcours que ces personnes ont finalement réalisé leur rêve d'accéder à de hautes responsabilités.Elles n'ont donc nulle raison de se plaindre et n'ont qu'à s'en prendre à elles-mêmes si le fardeau devient trop lourd à porter.Trop facile parce que cette réaction cynique, en se concentrant sur la responsabilité initiale du principal intéressé, tend à minimiser la gravité objective du problème soulevé.Dangereux aussi parce que, en refusant de s'attaquer sérieusement aux racines de ce mal, on ne fait pas que le laisser se perpétuer.On risque aussi d'en aggraver les conséquences pour tout le monde.S'il est, en effet, indéniable que ceux qui nous dirigent ont sollicité notre confiance, il est non moins vrai que nos attentes et nos exigences à leur endroit sont de plus en plus lourdes.On demande à ces derniers le règlement de questions sans cesse plus complexes ; on leur impose, avec raison, des normes d'excellence et de transparence toujours un peu plus élevées et on s'étonne toujours un peu quand on les entend parler de congés, de vie de famille ou de détente comme pour n'importe quel autre citoyen.Sans même éprouver de malaise en s'attendant à ce qu'ils soient toujours disponibles pour faire face à une crise ou plus simplement pour prendre part à des activités sociales qui n'ont souvent rien à voir avec les responsabilités qu'on leur a confiées.Tout ça pour un salaire souvent largement inférieur à ce que rapporterait, avec bien moins de problèmes, la pratique de leur profession.Et, pour leurs proches, un prix parfois fort élevé à payer Ð en termes d'isolement, d'éloignement, de notoriété, etc.Ð pour un rôle qu'ils n'ont pas toujours aspiré à jouer.Avec, en prime, les échos pas toujours flatteurs de ceux qui succombent spontanément aux propos les plus démagogiques sur la politique et les politiciens.L'exercice du pouvoir et la satisfaction d'être en position d'influencer le cours des événements pour toute une collectivité sont sans doute des gratifications précieuses.Mais, au rythme où se développe le cynisme à leur endroit, on s'expose peut-être à n'avoir plus bientôt que les politiciens qu'on mérite.Et ça, ce n'est guère rassurant.La démission de Bouchard a fait la une m a r i e - c l a u d e .l o r t i e @ l a p r e s s e .c a «Un rêve qui ne s'est pas réalisé », The Gazette.« Mes efforts ont été vains », Le Globe and Mail et le National Post.Comme les francophones, les quotidiens anglophones ont annoncé dès jeudi matin que Lucien Bouchard était sur le point de démissionner.The Gazette avait même déjà un éditorial sur la question dans ce numéro, avant que la nouvelle ne soit confirmée.(voir autre texte) Le lendemain, la nouvelle a été étalée partout.À la une, dans les pages intérieures.Avec beaucoup de photos, de caricatures (dans The Gazette, Aislin a même ressorti les meilleures de Bouchard).Règle générale, la première réaction en fut une de respect.La prise de position catégorique de M.Bouchard dans le dossier Michaud lui a valu de l'admiration des commentateurs anglophones.The Gazette l'a salué.Le Post.Le Globe.« M.Bouchard pratiquait un nationalisme pragmatique et cherchait activement à élargir son public, notamment chez les Québecois plus jeunes et plus cosmopolites.Alors qu'on lui demandait récemment de faire des changements draconiens aux lois linguistiques, M.Bouchard, dit-on, a répondu : « Comment vais-je expliquer ça à Boston ?» Cette réponse en dit long.Elle montre qu'il n'était pas prêt à défendre un ordre du jour étroit et anglophobe qui dénigrerait la réputation de la province et mettrait en danger ses chances économiques », pouvait-on lire dans le Post, vendredi.« Plusieurs ont été surpris en décembre de voir la force avec laquelle M.Bouchard a dénoncé la catégorisation des groupes ethniques qui n'appuient pas la souveraineté.Plusieurs autres ont été surpris par l'empathie qu'il a exprimée pour la souffrance des Juifs et son admiration pour leurs réalisations, à travers l'Histoire.Son discours de démission montre clairement que, tout simplement, il n'était pas prêt à vivre avec des affirmations qu'il considérait comme intolérantes et antisémites et qu'il était très bouleversé par les dommages causés à l'image internationale du Québec, par les propos de Michaud », a écrit le commentateur Norman Spector, dans le Globe.Soulagement chez les fédéralistes Cela dit, la seconde vague de réactions, exprimées dans les journaux vendredi, en fut une de soulagement fédéraliste.Sans attendre, les commentateurs ont en effet conclu que le départ de M.Bouchard allait mettre les séparatistes dans le pétrin.Ce départ est comme une blague sur le modèle « j'ai une mauvaise et une bonne nouvelle », a écrit le Globe en éditorial.La mauvaise nouvelle, c'est que Bouchard était plus réaliste que zélé, une qualité que son successeur n'aura peut-être pas.Mais « la bonne nouvelle, c'est que le mouvement indépendantiste perd un des ses leaders les plus charismatiques depuis René Lévesque », a écrit le Globe.« La cause séparatiste est en veilleuse.Si le séparatisme patient avec un visage respectable n'a pas marché avec M.Bouchard pourquoi est-ce que ça réussirait avec la personnalité moins charismatique qui le remplacera ?» demandait de son côté le Post.De plus, écrit l'éditorialiste du journal de Conrad Black, si quelqu'un d'aussi nationaliste que M.Bouchard n'a pas été capable d'accepter les propos de M.Michaud et si on se fie aux réactions populaires aux déclarations de Jacques Parizeau en 1995 sur les votes ethniques, il y a tout lieu de croire que le Parti québécois ne réussira pas non plus à aller chercher plus de votes pro-indépendance auprès du public avec un personnage radical à sa tête.« Si M.Bouchard, probablement le meilleur et le plus charismatique des communicateurs du mouvement souverainiste, n'est pas capable de livrer la marchandise, alors il y a quelque chose qui ne va pas avec le produit.Le problème n'est pas de trouver un meilleur vendeur.Il faut trouver quelque chose d'autre à vendre », a écrit de son côté The Gazette en éditorial.Mais le journal avertit les fédéralistes de ne pas célébrer trop vite.« M.Charest et M.Chrétien doivent être vigilants.Le départ de M.Bouchard rend peut-être heureux les fédéralistes, mais le Québec pourrait entrer dans une période d'incertitude voire d'instabilité.Si l'aile radicale du PQ réussit à gagner le contrôle du parti et gouverne sans mandat durant les deux prochaines années, plusieurs Québécois qui sont actuellement heureux de voir M.Bouchard partir pourrait finir par s'ennuyer de lui.» Note discordante : Don Macpherson, chroniqueur au quotidien anglophone montréalais, avec une chronique intitulée : « Le Déserteur s'en va.S'apitoyant sur son sort, Bouchard quitte au lieu de faire ce pour quoi il avait été élu.» Selon M.Macpherson, le chef péquiste, qu'il appelle « The Quitter » tout au long de l'article Ð c'est un mot qui décrit quelqu'un qui abandonne les choses en chemin, qui se dégonfle Ð est parti parce qu'il n'avait plus le courage de se battre.« Quel était le problème de M.Bouchard ?Bien, apparemment, il ne supportait pas l'idée d'avoir à faire face à un conseil national difficile le mois prochain », écrit le journaliste.Macpherson a des doutes sur l'importance réelle des raisons familiales qui ont poussé M.Bouchard à partir.Selon le journaliste, si ces raisons sont si importantes, elles auraient dû l'encourager à partir il y a deux ans, aux élections de 1998.En fait, ce qu'il a dit au parti jeudi, affirme le chroniqueur, c'est « si vous n'êtes pas contents de mon travail alors trouvez vous quelqu'un qui peut faire mieux.Il avait l'air d'un petit garçon qui part de chez lui en disant que personne ne l'aime.(.) Dommage que durant le temps des Fêtes, personne n'était là pour dire à Bouchard d'arrêter de s'apitoyer sur son sort et de retourner au travail faire ce pour quoi il a été élu.Dommage pour le PQ, dommage pour le Québec.» PHOTOTHÈQUE, La Presse Lucien Bouchard Si, comme il semble de plus en plus certain, le premier ministre Bouchard annonce son départ de la vie publique aujourd'hui, il mettra fin à sa carrière politique sur une bonne note.On dit que la décision soudaine et surprenante de M.Bouchard, rapportée d'abord hier soir dans les médias, est motivée surtout par des raisons familiales.Mais il est aussi évident que la brèche grandissante au sein du Parti québécois, causée par l'affaire Yves Michaud, est la goutte qui a fait déborder le vase.La prise de position de principe de M.Bouchard contre les partisans de la ligne dure au sein du parti (ceux qui défendent une approche nationaliste ethnocentrique à l'ancienne) l'honorent.Il a exprimé fortement son désaccord avec le point de vue inacceptable de Michaud concernant les Juifs et les électeurs d'origines ethniques différentes de la sienne.Même si une majorité de Québécois rejette toujours l'objectif de M.Bouchard de faire du Québec un pays souverain, ils peuvent au moins s'identifier avec la vision du Québec qu'il a articulée ces jours derniers : un vision ouverte, tolérante et pluraliste.Il n'en n'a pas toujours été ainsi avec M.Bouchard.Durant la campagne référendaire de 1995, on avait plutôt l'impression qu'il était partisan d'un nationalisme à l'ancienne, de l'école des purs et durs.Mais ses années à la tête du Québec lui ont permis d'approfondir sa compréhension de la diversité de la province.On doit reconnaître qu'il a utilisé le temps passé à son poste, depuis l'élection de 1998, pour veiller aux intérêts de tous les Québécois, non pas pour faire avancer un ordre du jour séparatiste étroit.Il ne s'est pas fait élire en 1998 avec le mandat de faire l'indépendance et M.Bouchard a scrupuleusement respecté cela.Son départ, évidemment, laissera un énorme trou au PQ et déclenchera des débats existentiels déchirants sur l'avenir du parti.M.Bouchard a un talent extraordinaire et est un politicien populaire.Il n'y a simplement personne de sa stature dans les coulisses du parti, prêt à prendre la relève.Peut-être que ceci sera l'occasion pour l'émergence de nouveaux visages au sein du Parti québécois, plus jeunes et plus pragmatiques, qui viennent incarner un nationalisme québécois redéfini.Il partira en laissant derrière lui un bilan mitigé.On ne se rappellera pas du gouvernement Bouchard autant pour son souverainisme que pour ses faiblesses administratives.Des réformes désastreuses en santé, en éducation et dans le domaine municipal ont été effectuées de façon presque improvisée, malgré une vive opposition du public.Les compressions budgétaires ont endommagé la qualité des services publics.L'économie a longtemps traîné la patte derrière tout le reste de l'Amérique du Nord.On se rappellera de M.Bouchard l'orateur brillant, le politicien habile, le rêveur, l'idéaliste.L'Histoire prendra du temps à livrer son verdict final sur les années Bouchard.Pour le moment, on a l'impression que le Québec est sur le point de tourner la page et de passer à une nouvelle ère politique.FORUM Les politiciens qu'on mérite.Pascal Élie, collaboration spéciale Droits réservés DANS LA PRESSE ANGLOPHONE Le premier ministre part dans l'honneur Éditorial de The Gazette paru le jeudi 11 janvier 2001, avant que le départ de Lucien Bouchard soit confirmé. 7LP1301A0114 a13 dimanche 7LP1301A0114 ZALLCALL 67 00:43:33 01/14/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 A13 À VOTRE TOUR Le survivant d'une période révolue Les animaux, un bien de consommation ?FRANÇOISE PORTELANCE L'auteur habite Saint-Hubert.Je vous écris pour vous exprimer tout mon mécontentement au sujet des soins apportés aux animaux au refuge Berger Blanc pour animaux.Récemment, je m'y suis présentée pour y adopter un chat.J'en suis ressortie avec deux petits chattons.Un pour moi, et l'autre, que j'allais offrir en cadeau à un ami.Malgré quelques éternuements occasionnels, les deux petits chats semblaient en bonne santé ; réveillés et enjoués commes tous les petits chats de leur âge.Malheureusement, les deux chatons ont montré des signes évidents de congestion nasale et de fièvre dès le lendemain et leur état de santé s'est vite détérioré.Lors d'un appel téléphonique au Berger Blanc, un employé nous a expliqué qu'il était normal qu'un chat si jeune s'enrhume avec le stress que constitue l'adoption et le transport vers une nouvelle résidence.À ce moment, on nous a recommandé de ne pas trop nous inquiéter, que tout allait se replacer et d'utiliser du sirop Benilyn pour enfant si la congestion devenait trop importante.Lors de cette conversation, on nous a aussi rappelé que les animaux vendus par le Berger Blanc sont couverts par une « Garantie de Santé » de quinze jours et que nous pouvions ramener les chats pour y être traités si leur état le justifiait.Un des deux chatons a été traité par son nouveau propriétaire qui en a assumé les coûts de vétérinaire.Le deuxième animal a été rapporté au Berger Blanc dans l'espoir qu'il y reçoive des soins appropriés et qu'il survive à ce « rhume » qui ne cessait d'empirer.La petite chatonne est restée plusieurs jours dans une cage avant d'être finalement évaluée par un vétérinaire, le jour même de son décès.Lors de son séjour de « soins » il a toujours été difficile pour nous d'avoir des nouvelles de cette petite chatte qui, pourtant, représentait beaucoup pour nous.On nous a d'abord dit qu'on ignorait à qui était la petite malade.On nous a ensuite dit que le vétérinaire allait nous rappeler dès qu'il aurait fait son évaluation.Nous avons attendu en vain, le seul appel a été pour nous annoncer son décès.Si nous avions su, le deuxième chat aurait été traité par un vétérinaire privé comme le premier dans l'espoir qu'il survive.Il a plutôt dépéri sans soins dans une cage du Berger Blanc, du samedi matin au lundi après-midi.Il s'agit de deux précieuses journées dans le combat d'une petite chatte pour sa survie, de deux longues journées d'attente pour ses propriétaires et de deux journées de souffrances inutiles dans la vie d'un animal qui devait pourtant être soigné et respecté.Nous comprenons les limites financières du Berger Blanc et nous savons qu'un animal ne peut pas toujours survivre lors d'une maladie.Cependant, nous sommes très peinés devant cette façon de faire et qui semble considérer un animal comme un bien de consommation remplaçable, sans égard pour sa vie et pour l'amour que lui portent les gens qui avaient choisi de l'adopter.Bref, si vous n'êtes pas capable de recontrer le contrat de garantie, alors il ne faut pas l'offrir et ainsi causer de la peine à des gens qui veulent du bien aux animaux.LETTRE DE LA SEMAINE JEAN TABIN L'auteur habite en Suisse.À80 ans, je me considère comme un survivant.En effet, je suis né à une époque où la pilule n'existait pas, et je n'ai jamais connu la douceur des Pampers.Or depuis, je n'ai pas cessé de devoir m'adapter.Jugez-en plutôt : J'ai vu arriver la photographie en couleurs, la télévision, la vidéo, le plastique, les verres de contact, les produits surgelés, les planches à roulettes et les boîtes de nourriture pour chats.J'étais là avant la bombe atomique, la climatisation, avant que l'homme ne marche sur la Lune, et avant les chemises sans repassage.J'ai du m'habituer aux stylos à bille, aux paiements par carte de crédit, au téléphone portable, au lave- vaisselle, au congélateur, aux voitures automatiques, aux autoroutes et aux radars sur les autoroutes.Nous nous sommes mariés avant de vivre ensemble.Le concubinage était une suite de vilains mois et la vie en communauté se passait au couvent.Il n'y avait pas de mari au foyer, ni de congé parental et une street parade s'appelait une procession.Je n'avais jamais entendu parler de modulation de fréquence, de sono, de coeur artificiel, de brebis clonée et seul les Appenzellois portaient une boucle d'oreille.Pour moi, un Big Mac était un grand manteau de pluie, un ordinateur quelqu'un qui conférait un ordre ecclésiastique, une puce, quelque chose qui sautait et qui piquait, et une souris, de la subsistance pour les chats.Les paraboles se trouvaient dans la Bible et pas sur les toits, un site était un point de vue panoramique, une cassette servait à ranger les bijoux, un CDRom me faisait penser à une boisson jamaïcaine.Un joint empêchait un robinet de goutter et l'herbe était pour les vaches qui n'étaient pas encore folles Un téléphone cellulaire aurait été installé dans un pénitencier, le rock était une matière géologique, une rave-party un morceau de légume, l'orange un fruit exotique, et un gav quelqu'un qui faisait rire.Eh bien, vous voyez, j'ai quand même survécu, et je peux vous dire qu'aujourd'hui l'avenir me paraît beaucoup plus facile.En effet, j'assiste avec l'arrivée de la dernière « nouveauté » au retour en force du premier véhicule que j'ai conduit : LA TROTTINETTE.À titre d'auteur de la lettre primée de la semaine, M.Tabin recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Les Meilleures photos des photographes de La Presse et The Gazette.PHOTOTHÈQUE, La Presse Le ministre canadien de l'Environnement, David Anderson, a-t-il voulu donner l'exemple en empruntant un moyen de locomotion des plus écologiques Une « vieille » qui en a ras le bol L I L I A N E BOULANGER L'auteure est une Montréalaise.J'en ai ras le bol ! Eh oui ! J'en ai le ras bol d'entendre parler des « vieux » (dont je suis), de leur nombre, des coûts socioéconomiques qu'ils représentent, de leur inscription au bilan négatif de la société, du système de santé, etc.Serions-nous nés spontanément à la fin du millénaire ?Qui étions-nous avant d'être vieux ?Qu'avons-nous fait et où étions-nous avant qu'on ne se surprenne de notre nombre toujours croissant ?Où seriez-vous, messieurs les analystes de tout acabit, si nous n'avions pas existé avant vous ?Les statisticiens auraient-ils failli à leur tâche ?Nos spécialistes des décomptes humains auraient-ils oublié que devenir vieux s'inscrit dans la vie de tout être vivant et que chacun naît pour vieillir et mourir ?À la fin du 20e siècle, y aurait-il eu une génération spontanée de vieux ?Et les actuaires, « applicateurs » des statistiques, auraient- ils erré en prévision du poids économique que représente l'évolution normale, nommée vieillissement ?Comment corriger le poids financier actuel dont nous sommes la cause ?Que faire, sinon élaborer un plan pour nous faire disparaître dès le moment où nous cessons d'être productifs et où commencent les problèmes de santé.Quelle valeur nous reste-il dans la société actuelle, sinon celle du bulletin de vote « quadriennal » qu'on nous sollicite au nom d'une mansuétude qui s'éclipse, les élections terminées Assez, c'est assez ! C'est alors que les citoyens voient qu'il faut s'en occuper et s'en préoccuper, et non plus attendre de les retrouver morts à la porte d'un dispensaire d'hôpital (1996) ou dans la rue, comme l'a montré le dernier événement tragique, concernant cette dame nonagénaire ; événement trop largement médiatisé et fort inquiétant pour les conséquences qui peuvent s'ensuivre : les vieux, soupçonnés d'être riches, devenant la cible d'agresseurs de tout acabit, dont certains groupes de jeunes, particulièrement cruels envers « les vieux chenoques », bourrés aux as, ratatinés, fragiles et faibles, faciles à « knockbouter », et qui ne servent à rien, comme ils disent.Comment expliquer que la société dont nous avons été et dont nous sommes toujours, nous reprocherait presque d'exister, la vieillesse venue ?Est-ce qu'en prenant de l'âge, nous devenons tarés ?Nos yeux torves, nos mains tavelées, nos cheveux blanchis, nous font-ils perdre toute capacité de penser, d'agir, de participer activement à la communauté, de collaborer aux prises de décisions qui nous concernent.Si nous sommes au coeur du problème, pourquoi ne pas faire partie de la solution ?Qui, mieux qu'un vieux, connaît les difficultés des vieux ?Nous avons géré, et souvent dans de pénibles conditions, notre vie professionnelle et personnelle ; pourquoi serions-nous inaptes, aujourd'hui, à gérer ce qu'il en reste ?En rognant sur les économies difficilement accumulées, jouissant d'une santé parfois précaire, nous ne demandons qu'à mener une vie la plus normale possible, à jouer un rôle actif dans cette société qui semble nous reprocher d'être encore là.En regardant mourir ma vie et en tentant de me définir, je pense à ce qu'écrivait Honoré de Balzac : « Le vieillard est un homme qui a dîné et qui regarde les autres manger » ; et François Mauriac qui avouait : « C'est merveilleux la vieillesse, dommage que ça finisse si mal » Ð surtout lorsqu'on loge dans certains centres d'hébergement.Qui nous conviera à la table « sociale » pour le pousse-café ?Comment expliquer que la société nous reprocherait presque d'exister, la vieillesse venue ?Le droit de terminer sa vie dans la dignité M I R E I L L E ROBERT L'auteur est une résidante de Rock-Forest.Madame Pauline Marois, Dernièrement, j'ai participé à la campagne de sensibilisation « Je veux », lancée par les CLSC.Enfin quelque chose de positif pour mettre la population et le gouvernement au courant des graves problèmes que vivent les aidants naturels et les résidants des CHSLD.À qui la faute ?Certains vous diront que les libéraux ont trop dépensé, d'autres que les péquistes ont trop compressé.Certains ne blâmeront que le gouvernement fédéral.Si on cessait de se lancer des accusations pour se concerter et trouver une solution à cet épineux problème.Le véritable rôle d'un bon gouvernement est de défendre les droits de la population.Il est inacceptable qu'on fasse subir de tels traitements à nos vieillards.Je pense qu'un peuple responsable doit se soucier des intérêts et du bien-être de sa population vieillissante et ne doit jamais permettre de telles injustices.Mon père souffre de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé.Il réside à la résidence de l'Estrie, le centre d'hébergement le plus désuet de la province.Il est suffisamment difficile pour le malade et sa famille de vivre cette maladie sans avoir à se soucier de la sécurité et du bien-être du malade.Tout a été dit sur les problèmes que vivent les personnes qui résident ou travaillent dans ce centre et je n'y reviendrai pas.La lenteur avec laquelle votre gouvernement traite ce dossier me révolte.Heureusement, le personnel est dévoué et fait tout son possible pour aider mon père et lui rendre la vie plus facile.Les employés doivent composer avec les moyens du bord : manque de personnel, vieux bâtiment non fonctionnel, compressions budgétaires.Voyez-vous, madame la ministre, je voudrais que mon père et les autres résidants terminent leur vie dans le respect et la dignité.Est-ce trop demander ?Je voudrais qu'on ait le temps de les écouter et de les rassurer, qu'on leur donne la tendresse qu'on est en droit de recevoir quand on est faible et confus.Dernièrement , vous avez déclaré : « Ne pas prendre de bain ne veut pas dire ne pas être lavé.» Ces propos m'ont scandalisée.Il s'agit d'une question de respect et de dignité.Le minimum d'un bain par semaine pour des personnes malades, parfois confuses et incontinentes, est un besoin essentiel qu'on ne devrait pas avoir à justifier.Après tout, prendre un bain apaise.On parle aujourd'hui avec regret des enfants de Duplessis.Devra-ton attendre qu'on parle des vieillards du gouvernement Bouchard pour que vous agissiez ?Malheureusement pour vous, c'est au gouvernement au pouvoir que revient l'odieux de corriger la situation.Comme les finances du gouvernement se portent mieux, il serait peut-être temps de penser à un nouveau CHSLD pour Sherbrooke.Ces enfants d'ici.CÉLINE TESSIER L'auteure est une Trifluvienne.Arlette Cousture a écrit une oeuvre magnifique sur les Enfants d'ailleurs, ces petits Polonais dont la saga nous a touché intensément.Une saga au fil de l'émotion, tissée par une auteure prolifique et extraordinaire.Au Labrador, nous avons les enfants d'ici, des êtres anesthésiés par des vapeurs d'essence.Une étonnante réalité, il va sans dire.Récemment, à l'actualité télévisée, des images nous ont été présentées, d'une infinie détresse.Nous étions témoins de leurs pleurs et de leurs cris de douleur.Ces êtres à peine sortis de l'enfance veulent oublier jusqu'à en mourir.Certains d'entre eux désirent rejoindre ce frère ou cette soeur mort d'avoir inhalé cette essence et dont ils ne peuvent plus vivre séparé.Fuir une pauvreté insoutenable, des parents toxicomanes, fuir tout simplement pour ne plus s'éveiller dans cet abîme dont se compose leur quotidien et où leur avenir est de plus en plus sombre.Ce n'est pas à l'autre bout du monde.Ce n'est pas le Kosovo, ni le Pérou.Le gouvernement fédéral s'est penché sur la question et a réagi avec diligence et efficacité.Un centre de désintoxication sera créé et pourra accueillir ces enfants d'ici ainsi que leurs parents démunis dont le mal de l'âme a atteint un paroxysme de tolérance.Un programme d'aide sera élaboré afin de contrer cette démesure.On reproche souvent au gouvernement de délier les cordons de la bourse aux mauvais endroits, mais sûrement pas dans ce dossier.Je dis merci aux dirigeants de mon pays pour ce geste d'amour et je souhaite une douce lueur d'espoir à ces enfants en détresse pour qu'ils connaissent une joie de vivre et un avenir meilleur. 7LP1401A0114 7LP1401A0114 ZALLCALL 67 00:43:44 01/14/01 B A14 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 4 JANVIER 2001 MARIE-ÈVE DROLET JEAN-PAUL SOULIÉ L'année dernière, au mois de janvier, Marie-Ève Drolet remportait à Budapest, en Hongrie, le championnat du monde junior de patinage de vitesse sur courte piste.Une grande victoire pour cette Saguenéenne qui avait alors 17 ans et 11 années d'entraînement derrière elle.Elle vient de rééditer son exploit et même de l'améliorer aux championnats du monde qui viennent de se dérouler, en fin de semaine dernière à Varsovie, en Pologne.Alors qu'elle se considérait comme plus forte au 1500 m que sur les autres distances, le 1000 m et le 500 m, elle a remporté la première et s'est offert le luxe de battre le record du monde du 500 m, qu'elle considérait comme son point faible.C'est cependant dans le 1000 m que Marie-Ève s'est assuré de la conquête de son titre de championne du monde junior au classement cumulatif, en obtenant la deuxième place, face à la féroce compétition de trois Coréennes bien décidées à la « laisser derrière ».« Je me suis organisée pour faire autrement, a commenté avec simplicité la jeune championne.» La Presse salue l'éclatante performance de celle qui suit les traces des grandes championnes canadiennes qu'ont été Sylvie Daigle et Nathalie Lambert et nomme, pour la deuxième fois en deux ans, Marie- Ève Drolet la Personnalité de la semaine.Dans une semaine, Marie-Ève Drolet va repartir en Europe où elle disputera des épreuves de la Coupe du monde, individuelles et par équipe, en Autriche puis en Slovénie.Mais elle fera alors partie des seniors : elle va avoir 19 ans le 3 février.Ensuite elle participera aux essais canadiens de qualification avant d'aller disputer les championnats du monde individuels en Corée, et ceux par équipe au Japon, une semaine plus tard.Ni sa vie de globe-trotter ni les médailles et titres qu'elle accumule depuis 13 années Ð elle a commencé à patiner sur courte piste à six ans Ð ne semblent bousculer Marie-Ève, qui sait garder la tête froide.L'an dernier, sa surprise avait été de gagner le championnat au total des points : elle n'avait pas fait le calcul, concentrée qu'elle était sur chacune des courses.Cette année, c'est son temps au 500 m, un beau record du monde, qui l'a surprise.Et quand elle rentre au Saguenay, chez elle, à Laterrière, c'est son monde qu'elle retrouve.Une entrevue téléphonique ?« Oui, mais à midi, je vais être chez ma grand-mère Lucette.» Et après chaque victoire, de l'autre bout du monde, elle téléphone à ses parents, Jacynthe Couture, qui est secrétaire de dentiste, et Denis Drolet, son père, un entrepreneur électricien qui travaille avec Maurice, le frère aîné de Marie-Ève.Au Saguenay, le talent de Marie Ève Drolet reçoit bien des appuis.Elle fait toujours partie du club de ses débuts, les Comètes de Chicoutimi, et elle a le même entraîneur, Bernard Boucher.Il l'accompagne dans ses voyages lointains, mais pour ça il faut de l'argent.« J'ai des sponsors dans la région, Étoile Dodge Chrysler, qui me fournit une auto neuve, et Air Alma, pour les billets d'avion.Il y a aussi Chlorophylle, un fabricant de vêtements.Et puis il y a un comité qui a été mis sur pied au cégep de Chicoutimi, et avec des hommes d'affaires, un fiscaliste, etc.Au Saguenay, organisation et entraide, on connaît ça.Marie-Ève s'entraîne six jours par semaine.En tout, 15 heures.L'été, elle fait beaucoup de vélo de route, à la fois pour le plaisir et pour l'entraînement.Au cégep de Chicoutimi, où elle étudie en sciences humaines, elle veille à équilibrer charge de cours et temps de glace.« Je veux aller à l'université en psychologie, dit-elle ».À l'UQAC ou à Montréal, elle ne sait pas encore.Elle suit aussi des cours privés d'anglais.Pas pour discuter avec ses grandes adversaires, les Coréennes : « Elles ne parlent que leur langue, et elles sont très froides, très peu sociables, et ne nous considèrent que comme des adversaires.Heureusement j'ai des amies dans l'équipe, comme Amélie Goulet- Nadon, et d'autres.» Compétitions, voyages, études, Marie-Ève a une vie bien remplie.Et elle a aussi un petit ami, Paul- David Martin.« Il fait du patin, lui aussi, et au niveau national.Aux essais canadiens, à Calgary, il va être avec moi.Bien sûr, il est plus fort que moi, mais c'est la différence entre garçons et filles.» Marie-Ève Drolet, championne mondiale junior du patinage de vitesse sur courte piste.B0P01PROMO Not Found Not Found Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO 2920540 Not Found B0P01PROMO80 10X054.00 PROMOTION.PERSONNALI Not Found 292054080 10X060 00 PERSONNALITE DE LA S LA PRESSE LTEE 14600 LLP "]
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