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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2001-02-19, Collections de BAnQ.

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[" 1LP0102A0219 Page A1/19f vrier 1LP0102A0219 ZALLCALL 67 01:05:22 02/19/01 B MONTRÉAL LUNDI 19 FÉVRIER 2001 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC > HULL-OTTAWA > 70¢ FLORIDE 1,75 $ U.S.1 17e ANNÉE > NO 1 19 > 6 8 PA G E S > 6 C A H IE R S FRAPPES CONTRE BAGDAD LES COULEURS DE DIANE DUFRESNE L'Ours d'or Le soutien de Martine à l'Irak s'amplifie Seule au milieu de la scène, devant toutes ces caméras, elle était belle comme une enfant le soir de Noël.Les yeux plein d'étincelles, le sourire timide, irrésistible.Martine Chartrand est venue à Berlin présenter Âme noire, un bijou de court métrage d'animation.Elle en repartira demain avec l'Ours d'or.L'un des deux Ours d'or décernés hier soir au terme de la 51e Berlinale, qui a consacré le premier long métrage en anglais de Patrice Chéreau, Intimacy.Martine Chartrand « Il y a beaucoup d'âme dans ce prix », a déclaré la Montréalaise à un public strass et paillettes, avant de remercier tous ceux qui l'ont aidée dans cette belle aventure amorcée il y a 8 ans.« C'est un moment magique, nous a-t-elle confié.J'étais déjà heureuse d'avoir été sélectionnée.Ce qui me touche le plus, c'est de voir qu'un jury international s'est intéressé à mon film.Âme noire a une portée universelle.Il est dans le coeur de chacun.» Comme les bonnes nouvelles viennent rarement seules, Maelström, de Denis Villeneuve, a ajouté à sa collection déjà imposante le Voir MARTINE en A2 d'après AFP et AP BAGDAD Ð Deux jours après les bombardements américano-britanniques sur Bagdad, les manifestations de soutien à l'Irak se sont amplifiées hier dans les pays arabes alors qu'Israël, menacé par le président irakien, a annoncé un exercice conjoint avec les États- Unis dès aujourd'hui, comportant le lancement de missiles antimissiles Patriot.Dans le même temps, Mohammed Saeed al-Sahhaf, le chef de la diplomatie irakienne, qui doit rencontrer le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan fin février, lui a demandé dans une lettre également adressée au Conseil de sécurité de « condamner la dangereuse agression et la hausse de la tension ».L'ONU devrait prendre « des mesures rapides pour éviter la répétition de ce genre d'attaques », ajoute la lettre, dont la teneur était rapportée par l'agence INA.Le président Saddam Hussein s'est penché hier sur le renforcement de la défense antiaérienne alors que l'un de ses adjoints rejetait la justification américaine des raids de vendredi sur les environs de Bagdad.La Voir IRAK en A2 Autres textes en A11 Photo BERNARD BRAULT, La Presse Dans le cadre du Festival Montréal en lumière, Diane Dufresne chantait hier ses Couleurs symphoniques à l'Hémicycle du Centre Molson.Pour ce spectacle réconciliant toutes les tendances et tous les publics, la grande dame de la chanson québécoise était accompagnée par l'Orchestre symphonique de Québec.Le compte rendu de Jean Beaunoyer en page C6.Le Canada accusé «d'affamer» Hollywood ROBERT RUSSO de la Presse Canadienne WASHINGTON Ð Une enquête américaine menée sur le nombre croissant de films tournés au Canada accuse Ottawa et les provinces d'avoir recours à des mesures fiscales afin de soutirer des milliards de dollars de revenus à Hollywood.Toutefois, le rapport du département américain du Commerce, réclamé par l'ancien vice-président Al Gore, rejette toute mesure de rétorsion à l'endroit du Canada.« Les lois du marché dictent aux producteurs d'aller où cela coûte le moins cher pour produire », a déclaré Cory Churches, porte-parole du département du Commerce.Selon toute vraisemblance, le document de 85 pages fera peu pour dissiper la perception prévalant à Hollywood selon laquelle le Canada prive la Californie d'emplois, et ce, sans scrupules.« Ce rapport ne fait que confirmer ce que la plupart d'entre nous savions déjà », a lancé à la suite du dépôt du document Xavier Becerra, membre du Congrès dont la « circonscription » couvre en partie Hollywood.« Les enjeux sont vraiment élevés.Si nous ne prenons pas garde, nous verrons des Hollywood pousser au Canada, en Australie, à Londres, et il sera encore plus difficile de rivaliser », a-t-il ajouté.En pleine croissance, la production cinématographique menée à Montréal, Toronto et Vancouver a valu au Canada le sobriquet d'« Hollywood Nord ».Elle a Voir CANADA en A2 Photo AP Des Palestiniens ont manifesté leur appui à Saddam Hussein hier dans la ville de Beit Hanoun, au nord de Gaza.Actuel cahierB Arts et spectacles cahier C - horaire spectacles C8 - horaire télévision C2 - cinéma maison C3 Auto D9-D13 Bandes dessinées C7 Bridge E7 Décès E6, E7 Économie cahier D Éditorial A12 Êtes-vous observateur E4 Feuilleton C7 Forum A13 Horoscope E7 Le monde A10, A11 Loteries A2, B8 Mots croisés C7, S10 Mot mystère C7 Petites annonces - immobilier E4 - marchandises E4, E5 - emplois E5 - automobile E5, E7 - affaires D5 Politique A4 Quoi faire E8 Têtes d'affiche E3 M É T É O Voir page S16 Averses de neige en après-midi Maximum -2, minimum -8 Le Shawinigangate revient hanter Chrétien G I L L E S TOUPIN OTTAWA Ð Les tribulations de Jean Chrétien en Chine n'ont pas empêché les Communes la semaine dernière de renouer avec le « Shawinigangate ».C'est même le thème qui a dominé les périodes de questions de lundi à vendredi.Le vice-premier ministre, Herb Gray, et le ministre de l'Industrie, Brian Tobin, ont tenté maintes fois sans succès, en l'absence du patron, de faire dévier les tirs, mais le chef du Parti conservateur, Joe Clark, a décidé qu'il ne lâcherait pas le morceau tant et aussi longtemps que le premier ministre Jean Chrétien ne fournirait pas les réponses aux énigmes qui subsistent dans les affaires du financement de l'Auberge Grand'Mère, de la nomination de son ancien directeur des opérations Jean Carle à la Banque de développement du Canada (BDC) et dans l'affaire des subventions plus que généreuses à son ami Claude Gauthier.Aussitôt installé dans son siège des Communes cet après-midi, le premier ministre devra encore faire face à la musique, même si cela fait deux ans que dure le feuilleton.Mais le problème, c'est que le premier ministre ne l'entend pas ainsi.Jean Chrétien a affirmé en Chine ce week-end que les Canadiens l'avaient exonéré de tout blâme en lui donnant un troisième mandat consécutif.« Ça fait des mois qu'ils (l'opposition) fouillent et qu'ils trouvent rien et, depuis, les Canadiens se sont prononcés.» Ainsi donc, dans la logique du chef du gouvernement, les élections générales du 27 novembre dernier portaient sur les allégations de corruption qui pesaient sur lui ?Première nouvelle.Le premier ministre n'a-t-il pas défendu son appel aux urnes le 22 octobre en affirmant qu'il fallait consulter les électeurs sur l'utilisation des excédents budgétaires ?M.Chrétien avait aussi tonitrué pendant la campagne électorale que l'affaire concernant les intérêts qu'il aurait eus dans un terrain adjacent à l'Auberge Grand'Mère était close puisque le commissaire à l'éthique, Howard Wilson, l'avait blanchi de toute malversation.M.Chrétien avait admis Ð après avoir écrit le contraire dans une lettre ouverte au National Post Ð qu'il avait fait des appels téléphoniques au président de la BDC pour obtenir un prêt de 615 000 $ destiné à l'Auberge Grand'Mère, propriété de son ami Yvon Duhaime.Justement, cette question du commissaire à l'éthique fait littéralement Voir CHRÉTIEN en A2 ANALYSE Trois personnes sur quatre survivent à une tentative de suicide dans le métro et restent lourdement handicapées.La maladie mentale est souvent le dénominateur commun des suicidaires du métro, comme nous le voyons aujourd'hui en page A6 dans la troisième et avant-dernière tranche de notre série sur le métro. 1LP0201A0219 Page A2/19f vrier 1LP0201A0219 ZALLCALL 67 12:02:18 02/19/01 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 9 FÉVRIER 2001 DEMAIN DANS LA PRESSE Allumée, l'architecture Depuis le 18 février, de nouveaux édifices publics de Montréal sont rehaussés de l'éclairage conçu et monté par Gilles Arpin, éclairagiste urbain de métier.Révélées à l'occasion du Festival Montréal en lumière, mais cependant permanentes, ces nouvelles illuminations de l'hôtel de ville, du marché Bonsecours et de l'ancien palais de justice, font partie d'un vaste « Plan lumière » orchestré par des architectes paysagistes, par la Ville et ses services de travaux publics.À lire demain dans le cahier Actuel.POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4816 Actuel actuel@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Auto, Mon toit, Santé Voyages aso@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Quoi faire aujourd'hui andre.cloutier@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Arts, Spectacles, Cinéma, Livres arts@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4814 Économie econo@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Sports sports@lapresse.ca Télécopieur: (514) 350-4854 Têtes d'affiche denis.lavoie@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.RENSEIGNEMENTS (514) 285-7272 PROMOTION (514) 285-7100 COMPTABILITÉ (514) 285-6892 RECOUVREMENT (514) 285-6900 PUBLICITÉ Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi : 8 h 00 à 17 h 30 Décès et remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi : 8 h 30 à 17 h 30 Détaillants : (514) 285-6931 National et Télé-Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 ABONNEMENT (514) 285-6911 abonnement@lapresse.ca Par télécopieur : (514) 285-7039 Lundi au vendredi : 6 h 30 à 17 h 30 Samedi : 7 h à midi / Dimanche : 7 h à 11 h Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650 Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 5-3-9 > À quatre chiffres : 0-7-8-2 SUITES DE LA UNE IRAK Suite de la page A1 télévision irakienne a annoncé qu'au total trois Irakiens avaient péri et 30 autres blessés dans les raids américano-britanniques de vendredi.Le chef de l'État irakien a examiné avec ses collaborateurs militaires les moyens d'« améliorer (l'efficacité) des défenses antiaériennes ».Le commandant de la défense antiaérienne, le général Chahine Yassine Mohamed, a assuré après la réunion que l'Irak continuerait « sans relâche à riposter aux avions ennemis ».Peu auparavant, l'Irak a affirmé avoir tiré des missiles contre des avions américains et britanniques survolant le sud du pays, les obligeant à « prendre la fuite ».Bagdad fait régulièrement état de tirs sur les avions survolant les zones d'exclusion aériennes décrétées par les alliées après la fin de la guerre du Golfe en 1991, sans résolution de l'ONU, dans le sud et le nord du pays.Le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a jugé « irrecevables » les justifications de Washington concernant les frappes de vendredi par ailleurs dirigées contre des objectifs en dehors de ces zones.« L'autodéfense peut se faire à Washington, New York ou Los Angeles et non à Bagdad », a-t-il dit, en réponse aux déclarations de Washington et de Londres affirmant que les raids ont visé des postes de commandement et de radars pour protéger la vie de leurs pilotes après l'augmentation de la fréquence des opérations de défense antiaérienne.À Bagdad et dans d'autres villes d'Irak, des milliers de manifestants ont défilé pour dénoncer les raids alors que la presse officielle s'en prenait au président George W.Bush, qualifié notamment de « criminel » par l'influent quotidien Babel, dirigé par Oudaï, fils aîné de Saddam Hussein.Dans les pays arabes voisins du Golfe, la presse a dénoncé les raids, estimant qu'ils étaient un message de fermeté de Washington aux pays de la région de plus en plus hostiles au maintien de l'embargo contre l'Irak.Mais le ministre d'État koweitien aux Affaires étrangères, cheikh Mohamed Al-Sabah, a estimé que l'Irak avait lui-même provoqué les raids en menaçant le Koweit et la vie des pilotes américains et britanniques.Au Caire, où des milliers d'étudiants ont manifesté contre les raids, le ministre égyptien des Affaires étrangères Amr Moussa a qualifié ces attaques d'« inacceptables ».L'opération n'a « fait que compliquer davantage la situation », a estimé le président Hosni Moubarak, dans une interview au quotidien italien La Repubblica.Les Palestiniens de Gaza sont descendus dans la rue pour protester contre ces raids alors qu'un proche conseiller du président palestinien Yasser Arafat, Nabil Abou Roudeina, a estimé, dans une déclaration à l'AFP, que « les attaques contre l'Irak ne pouvaient qu'entraîner plus de tensions ».À Amman, le premier ministre Ali Abou Ragheb s'est élevé contre « le recours injustifié à la force », dénoncé par le Parlement soudanais comme « barbare ».La Libye et la Tunisie ont dénoncé les frappes dans un communiqué conjoint à l'occasion de la tenue à Tripoli de la commission mixte de coopération.À Jérusalem, un porte-parole militaire a annoncé un exercice israélo- américain à partir d'aujourd'hui, comportant le lancement de missiles antimissiles américains Patriot, tenant toutefois à souligner qu'il était programmé depuis un an.Les Patriot déployés en Israël pendant la guerre du Golfe n'ont intercepté, selon les médias israéliens, aucun des 39 missiles SCUD tirés par l'Irak, mais les engins dont disposent aujourd'hui les États-Unis sont d'une version améliorée.Avant cette annonce, le premier ministre israélien sortant Ehud Barak a estimé que la population israélienne n'avait « aucune raison de s'inquiéter » à l'issue de consultations avec des hauts responsables militaires et des services de sécurité.La réunion a été convoquée à la suite des « déclarations de Saddam Hussein qui avait établi un lien entre les attaques américano-britanniques contre l'Irak et Israël en parlant de complot sioniste », selon un communiqué israélien.Le président irakien a annoncé samedi la formation de 21 divisions, constituées de volontaires, pour se joindre à « l'Armée de libération de Jérusalem », dont la mise sur pied a été annoncée le 7 février.Le vice-ministre de la Défense israélien Ephraim Sneh a redouté qu'une alliance ne se forme entre l'Irak, l'Iran et la Syrie, des pays qui, selon lui, constituent « un triangle (.) qui a intérêt à aggraver le conflit » au Proche-Orient.Les experts israéliens estiment que l'Irak dispose encore de plusieurs missiles de ce type, qu'il pourrait doter de têtes biologiques ou chimiques.« Selon nos informations, il (Saddam Hussein) construit des missiles à longue portée et achève la constitution de son arsenal d'armes biologiques, tout en tentant de développer des armes nucléaires », a ajouté M.Sneh.MARTINE Suite de la page A1 Prix de la critique internationale, décerné hors concours dans la section Panorama.La soirée de clôture a surtout été marquée par le controversé Intimacy, de Patrice Chéreau (La Reine Margot, Ceux qui m'aiment prendront le train).En plus de l'Ours d'or, le film a reçu l'Ange bleu du meilleur film européen et l'Ours d'argent de la meilleure actrice (l'excellente Kerry Fox).Le choix du jury a été accueilli avec étonnement Ð et sifflements Ð par les journalistes, qui voyaient déjà Traffic, de Steven Soderbergh, couronné.Intimacy, une histoire d'amour très crue entre deux Londoniens qui se rencontrent tous les mercredis pour faire l'amour, a laissé bien des critiques perplexes.Certains n'ont particulièrement pas apprécié une scène où Claire (Kerry Fox) fait une fellation à Jay (Mark Rylance).Le film de Patrice Chéreau, à notre avis, était certainement l'une des oeuvres les plus fortes de cette sélection bien décevante.« Il m'arrive toujours de belles choses le mercredi depuis ce film, a déclaré le réalisateur français, en sortant un bout de papier de sa poche.Mercredi dernier, après la projection officielle, je me suis retrouvé dans un restaurant asiatique.Dans le petit biscuit, il y avait ce mot : « Une nouvelle expérience restera pour toujours dans votre mémoire ».C'est formidable.J'aimerais remercier le jury d'avoir compris ma démarche.» Audacieux pour l'Ours d'or, le jury l'a moins été en décernant son Grand Prix à Beijing Bicycle, de Wang Xiashuai, un film plein de bons sentiments qui devrait être prescrit contre l'insomnie.Le Prix de la meilleure réalisation (au Chinois Lin Cheng-Sheng, pour Betlenut Beauty) est à notre avis tout aussi discutable.Le palmarès, dans l'ensemble équitable, a récompensé l'excellent Italiensk for begyndere, cinquième film du Dogme (Prix du jury, Prix oecuménique, Prix du public et Prix de la critique internationale).« Ce festival permet aux films de traverser les frontières, a noté la réalisatrice Danoise Lone Scherfig.Il permet aux publics et aux films de se retrouver.» Steven Soderbergh, de son côté, a failli repartir de Berlin gros Jean comme devant.Traffic n'a obtenu qu'un seul prix (interprétation masculine), décerné à l'irrésistible Benicio del Toro, qui n'était pas en ville pour recevoir son Ours d'argent.Le Prix de la meilleure cinématographie a récompensé le très beau film espagnol You're the One tandis que le Prix du meilleur premier film a été remis à l'Argentine Lucrecia Martel pour La Ciénaga.Le coloré président de la Berlinale, Moritz de Hadeln, qui dirigeait cette année son dernier festival, a eu, comme toujours, le dernier mot.« Ce n'est qu'un au revoir », a promis le Suisse, renvoyé de manière cavalière après 22 ans de service.Il a invité son épouse Erika sur scène pour saluer une dernière fois la foule, qui l'a longtemps ovationné.Martine, elle, était déjà aux anges.CANADA Suite de la page A1 également soulevé l'ire de puissants représentants du Congrès, notamment de Californie, de New York et d'autres États ayant vu s'envoler maintes productions en raison de la faiblesse du dollar canadien, de coûts de production moins élevés et des réductions fiscales accordées par les gouvernements canadiens.En plein coeur de la campagne électorale américaine, l'an dernier, ces membres du Congrès avaient incité M.Gore à réclamer du département du Commerce la production d'un rapport sur cette question.Rendue publique en douce au dernier jour de l'administration Clinton, le mois dernier, cette étude se penche sur les tournages perdus aux mains de l'Australie, de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, mais elle s'attarde davantage au Canada, dont la production cinématographique monte en flèche.Montréal et Toronto servent souvent de doublures à New York, Chicago et d'autres villes américaines.La parfaite illustration de cette tendance, selon le rapport, est le tournage au Canada du film Texas Rangers, « dont l'action se passe au Texas et traite de la fondation de cette icône texane.La valeur de la production canadienne de films, excluant celle de séries télévisées et de téléfilms, s'est élevée à plus de 3,5 milliards US en 1999, selon le document.Cela représente une hausse de 20 % par rapport à l'année précédente, et de 300 % depuis le début des années 90.Le rapport, qui s'inspire largement des études publiées par la Screen Actors Guild, estime que la multiplication des tournages au Canada et ailleurs dans le monde prive l'économie américaine chaque année de quelque 10 milliards $ US.« Les pertes ont été particulièrement élevées en ce qui concerne les films et les mini-séries pour la télévision, ainsi que les productions à petit budget qui ont commencé à émigrer au Canada dans les années 80 pour sauver de l'argent.En 1998, des 308 films télé américains, 139 ont été produits à l'étranger, une augmentation considérable par rapport aux 30 produits à l'étranger en 1990 », note le rapport.Le Canada rétorque que ces statistiques sont pour la plupart gonflées.Selon une étude canadienne, seulement 3 % de tous les films sont produits au Canada.Et le porte- parole de l'ambassade canadienne à Washington, Rodney Moore, n'a pas manqué de souligner que le rapport n'accuse nullement le Canada de pratiques commerciales déloyales.« Les incitatifs fiscaux qu'offre le Canada respectent entièrement nos obligations commerciales internationales », a-til précisé.D'ailleurs, plutôt que de les contester devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le rapport américain suggère que Washington copie à son tour les mesures fiscales canadiennes.CHRÉTIEN Suite de la page A1 bondir Joe Clark (PC), Stockwell Day (AC) et Gilles Duceppe (BQ).C'est pas sérieux, disent-ils.Si votre patron, celui qui vous a engagé, celui qui vous paie et qui a le pouvoir de vous congédier, vous demandait de mener une enquête sur lui, le feriez-vous ?Auriez-vous le front de lui faire rapport et de lui dire qu'il a fait preuve de népotisme ?Cette histoire d'absolution par le conseiller à l'éthique ne tient pas debout, soutiennent-ils.Il faut nommer un conseiller indépendant qui rende des comptes au Parlement seul.Et pour lier le geste à la parole, le leader en Chambre de l'Alliance, Chuck Strahl, a mis l'adversaire à genoux cette semaine en déposant une motion votable tirée mot à mot du programme électoral de 1993 des libéraux qui promettaient la création d'un commissaire à l'éthique indépendant et redevable au Parlement.Les libéraux, majoritaires, ont défait la motion mardi dernier, reniant leur propre promesse électorale.« Tout ce qu'ils (les partis d'opposition) veulent, a clamé Herb Gray, c'est de mettre le gouvernement dans l'embarras.» Ah oui ?Et pourquoi le gouvernement serait-il dans l'embarras en votant en faveur d'un élément de son propre programme électoral ?Où est la logique ?Où est le gros bon sens ?À moins que l'embarras ne vienne d'un véritable conseiller à l'éthique indépendant qui puisse avoir les moyens de faire une véritable enquête sur les allégations de l'opposition Joe Clark a pour sa part abordé le dossier en Chambre à la manière d'un avocat sûr de lui et aguerri aux questions précises et tranchantes comme un scalpel.Dans l'affaire de la nomination de Jean Carle à la vice-présidence de la BDC, il maintient que le chef de cabinet de M.Chrétien, Jean Pelletier Ð malgré le démenti de ce dernier Ð a suggéré à François Beaudoin, l'ancien président de la banque, de passer par l'agence de recrutement montréalaise Spencer- Stuart pour embaucher Jean Carle, question de ne pas laisser croire à du favoritisme venant du cabinet du premier ministre.Si Jean Pelletier dit vrai dans sa dénégation, estime M.Clark, le bureau du premier ministre n'a qu'à déposer les documents relatifs aux agences de recrutement qui ont travaillé sur le dossier de M.Carle.Les libéraux s'y refusent.Autre question sans réponse, celle des titres de propriété du terrain adjacent à l'Auberge Grand'Mère vendu par le premier ministre.Joe Clark soulignait cette semaine qu'un élément nouveau avait attisé sa curiosité.Howard Wilson, le conseiller en éthique, avait des doutes sur le fait que ces titres fussent vraiment en fiducie sans droit de regard.Les parts de M.Chrétien, selon ce dernier, ont été vendues avant 1993 à la société Akimbo.La transaction ne s'est pas concrétisée, apprenait-on par la suite, et ce n'est seulement qu'en 1999 que le premier ministre a pu se défaire complètement de ses avoirs.Si tel est le cas, le prêt dégagé auprès de la BDC pour Yvon Duhaime aurait pu servir à faire monter le prix du terrain du premier ministre, estime Stockwell Day.Une seule chose reste à faire au premier ministre pour éclaircir la situation : rendre public les documents pertinents.Et puis, pour couronner le tout, l'Alliance canadienne révèle, preuves à l'appui, que l'homme d'affaires de Grand-Mère et ami du premier ministre, Claude Gauthier, a reçu Ð outre des subventions de 7 millions du gouvernement fédéral Ð d'autres sommes totalisant 9 millions de dollars du Fonds d'investissement des immigrants.Ces montants ont curieusement été dégagés, affirme M.Day, après une rencontre de M.Chrétien avec quelques-uns de ces investisseurs étrangers, dont un certain Gordon Fu.Les rencontres du premier ministre avec ces investisseurs n'ont rien à voir avec l'aide reçu par Claude Gauthier, jurent les libéraux.Avec toutes ces questions sans réponses, on est à se demander si la couche de téflon qui recouvre ce gouvernement depuis près de huit ans ne va pas bientôt commencer à s'écailler.Précision En raison d'une erreur technique, le texte paru samedi en page A21 sous la rubrique Forum de la langue ne portait pas la signature de son auteur.Il s'agit de Marc V.Levine, directeur du Centre d'études politiques canado-américaines de l'Université du Wisconsin, à Milwaukee.M.Levine est l'auteur de La reconquête de Montréal (VLB Éditeur, 1997), un ouvrage qui fait référence à la situation du français à Montréal.Le texte publié samedi était tiré d'une communication préparée pour la Commission des états généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec.Nos excuses. 1LP0301A0219 LUNDI - A3 1LP0301A0219 ZALLCALL 67 01:04:23 02/19/01 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 1 9 F É V R I E R 2 0 0 1 A 3 ACTUALITÉS Un second incendie détruit la dernière usine intacte du complexe Ayers RAYMOND GERVAIS LA SEULE ENTREPRISE du complexe industriel Ayers de Lachute, qui avait été épargnée lundi dernier lorsqu'un gigantesque incendie a complètement ravagé deux des trois industries qui s'y trouvaient, a été à son tour la proie des flammes hier.En toute fin de soirée samedi, une alarme de cambrioleurs a été déclenchée dans les locaux de la compagnie Orintech, 346, rue Hamford, à Lachute.Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, les flammes faisaient déjà rage à l'intérieur du bâtiment.Les pompiers de Brownsburg/Chatham, de Saint-André d'Argenteuil et de Mirabel sont venu prêter main-forte à leurs confrères de Lachute qui ont lutté durant plusieurs heures avant de circonscrire les flammes.Personne n'a été blessé, mais les pertes matérielles se chiffrent à plus de 250 000 $, selon Gilles Gaudet, porte-parole de la municipalité.Les pertes matérielles des deux entreprises incendiées la semaine dernière atteindraient entre sept et huit millions de dollars.Comme ce fut le cas la semaine dernière, une équipe du ministère de l'Environnement a déterminé qu'il n'y avait pas de risque de contamination et qu'aucune évacuation n'était nécessaire.Employant une trentaine de personnes, Orintech fabrique des alimenteurs de machinerie et des systèmes d'automatisation de procédés industriels.André, un employé de cette entreprise de haute technologie rencontré sur place hier matin, a raconté qu'il n'en croyait pas ses yeux.« Lorsque ma belle-soeur m'a téléphoné pour m'annoncer la nouvelle de l'incendie, je ne la croyais pas.Mais c'est bien vrai.C'est incroyable, deux incendies en moins d'une semaine dans le même complexe, c'est suspect », a déclaré le travailleur atterré.L'enquête a été confiée à la section des crimes contre la propriété de la Sûreté du Québec, soit aux mêmes policiers qui tentent toujours de déterminer la cause du premier sinistre.Il y a fort à parier que les enquêteurs scruteront à la loupe les ruines de la compagnie Orintech et que des expertises en laboratoire seront effectuées.« La seule certitude que nous ayons pour le moment, c'est que ce dernier incendie n'est pas lié à l'extinction de celui de la semaine dernière », a précisé M.Gaudet, reconnaissant que ce second sinistre était pour le moins curieux.Tout comme ce fut le cas pour les compagnies Recypro et Papiers Perkins, la Ville de Lachute va épauler Orientech dans la recherche d'un nouveau local qui pourrait permettre à la compagnie de renaître de ses cendres.Un comité a été formé la semaine dernière afin d'aider les entreprises à reprendre au plus vite leurs opérations.M.Gaudet a précisé que le comité était actif depuis mardi dernier notamment afin de voir si les compagnies pourraient recevoir une aide gouvernementale.Atif Ahmad Rafay Glen Sebastian Burns Requiem pour les bourreaux ANALYSE y b o i s v e r @ l a p r e s s e .c a Rendre justice, c'est parfois écrire l'histoire.Il y a de ces jugements qui sont des dates dans la vie des démocraties.Des décisions après lesquelles les choses ne peuvent plus être tout à fait les mêmes.C'est arrivé jeudi dernier, à Ottawa.Les neuf juges de la Cour suprême du Canada ont refusé que l'on envoie aux États-Unis deux jeunes Canadiens accusés d'un triple meurtre là-bas.Pas parce qu'ils sont canadiens.Mais parce qu'ils risquent la peine de mort.Or, la peine de mort n'est pas un châtiment acceptable ici.On ne devrait donc pas permettre qu'il soit infligé, même si c'est ailleurs.Notamment parce que la peine de mort est sans retour.Et parce que l'on a eu la preuve scientifique récente de plusieurs erreurs judiciaires troublantes.Aujourd'hui, sachant cela, il est contraire à notre Constitution d'envoyer aux États-Unis une personne qui risque d'être exécutée.Une décision unanime, sur un sujet explosif qui, il y a 10 ans à peine, a déchiré profondément la même Cour.Voilà qui fait un assez gros bang ! Pourquoi est-ce un jugement historique ?D'abord parce qu'il affirme, indirectement mais très clairement, que la peine de mort est, elle-même, inconstitutionnelle au Canada.Avis en soit donné à Stockwell Day ou quiconque fantasmerait de la rétablir (elle a été abolie en 1976).Deuxièmement, il est fini le temps hypocrite où le Canada pouvait, en toute légalité, envoyer des gens se faire pendre ailleurs.Tant que cela ne se faisait pas chez nous, il n'y avait apparemment rien à redire, surtout dans le cas des États-Unis, un pays au système judiciaire hautement sophistiqué Ð mais aussi, parfois, hautement injuste.Au moment où vient d'arriver à la Maison- Blanche l'homme qui a autorisé le plus d'exécutions comme gouverneur du Texas, voilà qui ne manque pas de piquant.Troisièmement, il y a aussi cette chose qu'on pourrait appeler la mondialisation des droits humains.Comme une lame de fond qui traverse les cultures juridiques.Il y a 10 ans, un dictateur comme Pinochet aurait pu aller se faire soigner en Grande-Bretagne sans jamais être inquiété.Ce n'est plus le cas.Il a fallu beaucoup de sang, mais le droit interne, dans plusieurs pays, est en train d'être réécrit.Le temps de l'isolationnisme juridique est terminé.Les États ont des obligations envers les êtres humains, pas seulement leurs ressortissants, quitte à se mêler de la justice des autres.Le jugement de jeudi concerne Glen Sebastian Burns et Atif Ahmad Rafay qui, en 1994, se seraient entendus pour aller tuer à coups de batte de baseball la soeur et les parents de Rafay dans l'État de Washington.Ils avaient 18 ans et se sont réfugiés au Canada.La police dit avoir recueilli des confessions.La justice américaine les réclame.S'ils sont reconnus coupables dans l'État de Washington, comme dans 37 autres des 50 États américains, ils risquent la peine de mort.Il existe, dans le traité d'extradition entre le Canada et les États-Unis, un article qui permet à un des deux pays d'obtenir l'assurance que l'individu livré à l'autre pays ne sera pas exécuté.Que sa peine sera commuée en peine d'emprisonnement.Ironiquement, cet article a été introduit à la demande des Américains, pendant les quelques années où la peine de mort était interdite aux États- Unis et pas encore abolie au Canada (1973-1976).Plusieurs pays occidentaux ont ce même genre de clause dans leur traité d'extradition avec les États-Unis et, à ce qu'il paraît, tous les pays européens n'hésitent pas à s'en prévaloir.Mais voilà, ils ne partagent pas avec les États-Unis la plus longue frontière du monde et une économie interdépendante.Dans le cas de Burns et Rafay, le ministre de la Justice de l'époque, Allan Rock, n'a pas demandé de garanties.La Cour suprême vient de lui dire qu'il devait le faire.Déjà, samedi, la crainte de voir le pays devenir un refuge pour les meurtriers les plus sanguinaires était agitée dans le National Post.C'est une théorie qui a déjà influencé la Cour suprême.En 1991, la Cour suprême avait permis que l'on extrade le condamné à mort Joseph Kindler.La Cour laissait entendre qu'au Canada, ce châtiment serait probablement inconstitutionnel, mais l'importance de maintenir de bonnes relations entre pays, surtout des voisins, a pris le dessus.Et puis, la Charte ne s'applique pas à l'extérieur du Canada, et ce n'est pas le gouvernement du Canada qui pend ou électrocute.Jeudi, la Cour suprême n'a pas osé effacer l'affaire Kindler.Elle a simplement dit que les 10 dernières années nous en ont beaucoup appris sur les risques d'erreur judiciaire.Au Canada, une bonne demi-douzaine de personnes condamnées pour meurtre ont été déclarées innocentes.Aux États-Unis, depuis 25 ans, 87 personnes condamnées à mort ont été déclarées innocentes, certains à quelques jours de leur exécution, après la découverte de preuves scientifiques (l'ADN en a sauvé plusieurs).Ces erreurs retentissantes ont d'ailleurs eu leur effet.L'appui à la peine de mort n'a jamais été aussi bas au Canada, selon un sondage publié par le Glode & Mail vendredi : 52 % des Canadiens y sont favorables, contre 69 % en 1995 et 73 % lors du dernier vote aux Communes sur le sujet.Le Québec est la province la plus abolitionniste : seulement 42 % des gens y sont favorables.La Cour suprême note en passant que le Canada, officiellement, lutte pour l'abolition de ce châtiment partout dans le monde.Il faudrait que cela ait des conséquences concrètes.De huit il y a 50 ans, le nombre de pays abolitionnistes est passé à 108 ; 90 pratiquent toujours ce châtiment.La Cour suprême vient de donner congé aux bourreaux canadiens pour un avenir prévisible.Et de dire au gouvernement qu'on ne peut plus faire comme s'il n'y en avait pas chez le voisin.Photo BERNARD BRAULT, La Presse Le feu a lourdement endommagé les locaux de la compagnie Orintech.Des astronautes ont subi le zèle ridicule des douaniers Agence France-Presse LONDRES Ð Les douanes américaines ont poussé le zèle en 1969 jusqu'à interroger à leur retour les premiers hommes à avoir marché sur la Lune pour savoir s'ils n'avaient pas ramené dans leurs bagages des substances illicites ou un passager clandestin, rapporte The Independent.Un document publié sur Internet et signé des astronautes Neil Armstrong, Edwin « Buzz » Aldrin et Michael Collins atteste de l'interrogatoire serré qu'ont dû subir les trois hommes quand ils sont arrivés à Honolulu le 24 juillet 1969 à leur retour de la Lune, selon le quotidien britannique.Interrogé par les douaniers sur le contenu de leurs bagages, les astronautes d'Apollo 11 ont répondu : « Des échantillons de pierres et de poussière lunaires », d'après ce document.Questionnés sur la défection d'un des leurs ou l'embarquement éventuel d'un passager clandestin, ils ont répondu par la négative.Mais interrogés sur les risques possibles « rencontrés à bord qui pourraient conduire à la diffusion d'une épidémie », les trois héros ont indiqué prudemment : « À voir.», selon l'Independent.SENTRA Financement à l'achat à partir de 4,8% sans paiement et intérêt pendant 90 jours\u2020 TOUJOURS PLUS LOIN.MOTEUR 1,8 L DE 126 CHEVAUX PNEUS TOUTES SAISONS 14 PO PARE-BOUE AVANT ET ARRIÈRE PARE-CHOCS COULEUR CARROSSERIE DOSSIER ARRIÈRE RABATTABLE 60/40 TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS AM/FM/CD CLIMATISEUR CHANGEUR DE 6 CD JANTES EN ALLIAGE AILERON EMBOUT CHROMÉ 199$ PA R M O I S , location 48 mois ET AJOUTEZ ENCORE +10$ ET AJOUTEZ +22$ «OPTION PLUS» «EDITION TOURING» par mois par mois Location de 48 mois pour la Sentra XE 2001 (C4LG51 AA00) à 199 $ par mois, la Sentra XE Option Plus (C4LG51 BK00) à 209 $ par mois et la Sentra « Edition Touring » (C4LG51 BK00 + Option Touring) à 231 $ par mois.Acompte ou échange équivalent de 1 995 $.Limite de 19 500 km par année avec 0,10 $/km extra.Premier versement et dépôt de garantie équivalent à un versement mensuel (toutes taxes incluses) requis à la livraison.Taxes, immatriculation et assurance en sus.Sur approbation du crédit.Taux de financement à partir de 4,8 % à l'achat pour les termes jusqu'à 36 mois.\u2020Cette offre n'est valable que pour les véhicules neufs ou de démonstration et lorsque le financement s'effectue par la Banque de Montréal.Cette offre prend fin le 28 février 2001.Voir votre concessionnaire participant pour tous les détails.Le modèle illustré est à titre indicatif seulement.www.nissancanada.com 1 800 387-0122 22993300115467AA Un dangereux fugitif capturé RAYMOND GERVAIS ROBERT L.WALKER, 32 ans, un dangereux criminel américain qui se terrait dans la région de Montréal depuis le 23 janvier dernier, a été arrêté vers 4 h 30 hier après-midi à Saint-Bruno-de-Montarville par la police de la Communauté urbaine de Montréal, assistée des policiers locaux.Walker n'a opposé aucune résistance lors de son arrestation et n'était pas armé.Le fugitif au lourd passé judiciaire en matière d'agression sexuelle et d'enlèvement se trouvait en compagnie d'une dame de 49 ans, une résidante de Saint-Bruno chez qui il se cachait, lors de son arrestation.L'homme avait d'abord été reconnu vers 12 h 30 par un citoyen de Saint-Bruno à l'intérieur d'une épicerie de cette municipalité.Le résidant s'est alors présenté au poste de police local avec un exemplaire d'un quotidien dans lequel la photo et la description du suspect ont été publiées hier.Les policiers de Saint-Bruno ont alors contacté leurs confrères de la CUM qui ont organisé une opération de filature après avoir été informés de l'endroit où pouvait se trouver le fugitif.Walker a été intercepté par les agents du groupe d'intervention de la CUM sur le terrain d'une station-service Petro Canada, 101, boulevard Montarville, non loin de la sortie 121 de l'autoroute 30, alors qu'il prenait place en tant que passager dans une automobile conduite par la femme.Le récidiviste a soutenu hier après-midi qu'il y avait méprise sur la personne et qu'il n'était pas le dénommé Walker en question.Toutefois, l'individu correspond en tous points à la description fournie par le Federal Bureau of Investigation et les policiers de la CUM ont retrouvé en sa possession des documents qui démontrent qu'il est bien celui qui a été vu la semaine dernière dans le centre- ville de Montréal et qu'il est lié à la voiture recherchée ayant été aperçue dans un terrain de stationnement non loin d'un hôtel du centre-ville.Walker est écroué aux cellules du centre opérationnel sud de la police de la CUM et fera face cette semaine à des procédures d'extradition vers les États-Unis. 1LP0401A0219 a4 02/19 1LP0401A0219 ZALLCALL 67 01:04:44 02/19/01 B Un cinquième candidat dans Mercier SYLVAIN LAROCQUE CE NE SERONT pas quatre, mais cinq candidats qui se feront la lutte à l'investiture péquiste du comté de Mercier.On a d'abord cru que le cinquième aspirant, Carl Boileau, 25 ans, n'avait déposé son bulletin de candidature qu'à 1 h 30 du matin hier, alors que les formulaires devaient parvenir à la secrétaire de l'organisation locale avant minuit.Or, il s'est avéré que le jeune militant s'était d'abord pointé Ð vers 22 h 30 Ð au bureau de comté, qui était fermé, avant de faire parapher sa demande par un policier.Il n'aurait pas su qu'il devait remettre son bulletin directement au domicile de la secrétaire.L'organisation nationale du PQ a convoqué M.Boileau hier et a finalement accepté sa candidature.Il a été impossible de le joindre hier.Ce candidat imprévu n'a pas semblé importuner outre mesure les candidats déjà déclarés, dont Michel Bédard, qui estime « que tout se jouera lors des discours » de l'assemblée d'investiture du 4 mars.« Je prépare un discours flamboyant qui sera très différent de ce que les autres candidats proposent », lance M.Bédard, qui s'est déjà présenté à la mairie de Montréal sous la bannière du parti Éléphant blanc (une sorte de parti Rhinocéros municipal), puis plus sérieusement sous celle du parti Montréal 2000.« Je serai le député qu'on entendra le plus au Québec », renchérit M.Bédard.Son cheval de bataille ?Les conditions de vie des résidants du Plateau Mont-Royal.Gaëtan Dostie, un militant de longue date qui a travaillé auprès de Gérald Godin, fait quant à lui campagne sur l'importance du « développement de la culture ».Le Plateau, qui représente la plus grande partie de la circonscription de Mercier, regorge d'artistes qu'il faut mieux appuyer, croit M.Dostie.« Investir dans la culture, c'est ce qu'il y a de plus rentable », affirme- t-il.Pierre Tadros, qui fait campagne depuis l'automne, propose un programme en trois points.« Nous voulons d'abord redonner la parole aux citoyens, pour qu'ils puissent avoir prise sur les choses qui les concernent, explique-t-il.Il faut que le député soit vraiment imputable.» M.Tadros veut également donner la priorité à une « approche sociale solidaire », qui inclut la nationalisation.de l'eau.Il souhaite enfin s'occuper des enjeux locaux, comme celui des impôts fonciers, « qui pénalisent plusieurs personnes âgées ».Le candidat favori, Claudel Toussaint, s'est défendu de ne pas être du comté.« J'ai déménagé dans la circonscription il y a quelques semaines », soutient-il.Il s'est aussi justifié d'avoir obtenu l'appui de ministres comme Bernard Landry.« Quand j'ai été candidat dans Bourassa, des ministres étaient déjà venus m'appuyer », dit-il.« Je rencontre non seulement des membres en règle du parti, mais aussi des forces vives du comté, et l'accueil est très bon », poursuit M.Toussaint.Les électeurs de la circonscription de Mercier seront convoqués à une élection partielle d'ici la miavril, question de remplacer Robert Perreault, qui a démissionné en septembre.Photothèque La Presse © Selon Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA, la mort du Pacte de l'automobile menace l'industrie canadienne de l'automobile, et tout particulièrement l'usine de Boisbriand.Les TCA au Sommet des Amériques STÉPHANIE MORIN LES TRAVAILLEURS canadiens de l'automobile iront gonfler les rangs des manifestants au Sommet des Amériques.Les syndiqués du monde de l'automobile veulent profiter de l'événement, qui se tiendra en avril à Québec, pour dénoncer l'ingérence de l'Organisation mondiale du commerce dans les politiques commerciales canadiennes et demander une plus grande démocratie.On se souviendra que l'OMC a décrété en octobre dernier que le Pacte de l'automobile entre le Canada et les États-Unis contrevenait aux règles du commerce international en favorisant certains pays au détriment d'autres.C'est hier que prenait définitivement fin ce pacte entré en vigueur en 1965.Il permettait à des entreprises américaines, soit Ford, Daimler Chrysler et General Motors, d'importer des véhicules et des pièces au Canada sans avoir à payer de droits de douane.En contrepartie, une partie de la production de ces trois géants devait être fabriquée au Canada.Selon Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA, la mort du Pacte de l'automobile menace l'industrie canadienne de l'automobile.« Le Pacte obligeait la création d'emplois et amenait des investissements au Canada, indique-t-il.Aujourd'hui, la porte est ouverte à ceux qui voudront produire les automobiles à moindre coût, dans les maquiladoras (usines de sous-traitance) mexicaines par exemple.» « La situation est particulièrement alarmante au Québec, croit-il.Notre seule usine, celle de Boisbriand, est fragile sans nouveau produit pour la relancer.» Selon M.Desnoyers, la fin de l'accord canado-américain ne devrait pas avoir de répercussions pour les consommateurs, mais « simplement augmenter encore davantage les profits des grands de l'automobile ».« Nous irons à Québec pour manifester notre opposition à la mise en place de la zone de libreéchange des Amériques, qui enlève toutes barrières face aux invasions extérieures, ajoute-t-il.» Andrée Boucher briguera la mairie à Québec Radisson Hôtel Québec Centre Radisson Hôtel Québec Centre 690, boulevard René-Lévesque Est Québec (Québec) G1R 5A8 Téléphone : (418) 647-1717 Télécopieur : (418) 647-2146 www.radisson.com/quebeccityca 1-800-333-3333 ou communiquez avec votre agence de voyage CENTRE-VILLE DE QUÉBEC 2 séjours = 1 nuit gratuite Selon disponibilité, en vigueur jusqu'au 31 mars 2001.Recevez 10 000 points Gold Rewards par séjour.Informez-vous pour connaître les détails de la promotion.Le Radisson Hôtel Gouverneur Québec devient le Radisson Hôtel Québec Centre.Redécouvrez ce grand hôtel fraîchement rénové.Nouveau décor, nouveau nom, confort amélioré.Faites des affaires d'or à Québec avec notre promotion spéciale de 10 000 «Gold Points».Après deux séjours, vos points sont échangeables pour : une nuitée gratuite, 5000 milles Aéroplan, ou plus encore.Adhérez au programme Gold Rewards.Nuitées gratuites.Des primes en or.2927759A Presse Canadienne QUÉBEC Ð Courtisée depuis novembre, la mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher, a accepté d'unir sa destinée à celle du Progrès civique.Le mariage sera célébré jeudi en présence de nombreux témoins de la banlieue.« Une alliance capitale », s'est exclamée Mme Boucher.Après que le PC eut fait consensus en avant-midi sur sa candidature, Mme Boucher ne pouvait que confirmer l'évidence lors d'un entretien téléphonique avec Le Soleil.Ces derniers temps, Mme Boucher était arrivée à la conclusion qu'une alliance était « indispensable ».Et ce ne pouvait être avec une autre formation que le PC, liée à l'histoire de Québec, qui complète « notre connaissance intime de la banlieue ».Comme elle ne tenait pas à arriver « comme un cheveu sur la soupe » dans sa nouvelle famille, Mme Boucher a pris bien soin de ne pas brusquer les choses, ni de faire du lobbying d'aucune façon.« Il leur appartenait d'attacher le fil », a-t-elle dit.LIQUIDATION 50% À 70% COSTUMES BRIONI 1 495$ PANTALONS BRIONI 185$ CHEMISES BRIONI 185$ PANTALONS VALENTIN I95$ COSTUMES 425$ MANTEAUX 425$ CHANDAILS CASHMERE 185$ PYJAMAS 85$ 1472, RUE SHERBROOKE OUEST (ANGLE RUE MACKAY) Tél.: (514) 937-7456 Lundi au vendredi : 10 h - 18 h; samedi 9 h - 17 h à partir de ANGLAIS COURS AXÉS SUR LA CONVERSATION Petits groupes : 3 à 7 personnes ; admission continue COURS INTENSIFS de jour, 25 h/semaine à temps partiel et semi-intensifs matin, après-midi, soir, samedi 135 $ à 145 $ /semaine 1 à 7 fois/sem.I 195 $/30 h Mat riel p dagogique inclus, pas de taxes, d ductible d imp t, frais d inscription : 40 $ Formation en entreprise adaptée à vos besoins Cours privés : toutes les langues école de langues postmoderne accréditée par Emploi-Québec 1160, boul.St-Joseph Est, 3e étage, Mtl Laurier (514) 278-5309 www.converlang.com 1LP0501A0219 LUNDI - 19 F VRIER 1LP0501A0219 ZALLCALL 67 00:58:11 02/19/01 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 1 9 F É V R I E R 2 0 0 1 A 5 Le feu et la glace RENCONTRE PATRICE BRISEBOIS n p e t r o w s @ l a p r e s s e .c a La rutilante Audi All-Road noire et argent livrée la veille avec moteur V-6 double turbo, 250 chevaux, roulait lentement sur René-Lévesque.Son conducteur, Patrice Brisebois, le numéro 43 du Canadien, essayait de faire mentir sa réputation de « Roadrunner ».« Ça fait cinq ans que j'ai pas eu un ticket de vitesse », annonça-t-il fièrement.« T'as tant d'amis que ça dans la police ?» fisje à la blague.« Pas vraiment, rétorqua- t-il.Disons que les plus vieux sont plus compréhensifs et me donnent une chance.Quant aux plus jeunes, il se disent que j'ai les moyens de payer alors ils ne me font pas de faveurs.» Plus élégant au volant d'une auto que sur la glace, Brisebois portait ce jour-là un amalgame noir et anthracite d'Hugo Boss et des lunettes noires Oakley, mais avec la désinvolture d'un homme qui n'est pas obsédé par son apparence.La vraie obsession de Patrice Brisebois est ailleurs.Dans ce qu'il dit, pas dans ce qu'il porte.« J'aimerais bien te dire la vérité, mais si je le fais, on va me traiter soit de fou soit de frustré ; alors j'ai pas le choix, il faut que je mente tout le temps.» Ses amis Alain Choquette et Robert Marien affirment qu'il est la simplicité incarnée.Ils ont raison.Même s'il roule en Audi en hiver et en Porsche 94 l'été, s'il vit à Mont- Royal et gagne trois millions canadiens par année, Patrice Brisebois est encore émerveillé d'être où il est et étonné de gagner autant d'argent.Il ne le dit pas avec une lueur excitée ou avide dans les yeux, mais plutôt comme s'il avait encore de la difficulté à rentrer l'énormité des chiffres dans son ordinateur intime.Ce n'est pas que Patrice Brisebois ignore la valeur des choses et de l'argent.Plutôt le contraire.Il en a une conscience aiguë et douloureuse.Lorsqu'il perd 50 dollars aux cartes, il est furieux pour la soirée, raconte Alain Choquette.Tout dernièrement, un de ses copains qui gagne 100 000 $ par année, lui a confié qu'il n'aimait pas son métier et qu'il songeait à le quitter.Brisebois l'a engueulé comme du poisson pourri.« Je lui ai dit : t'es malade, man.Tu vas pas renoncer à un salaire de 100 000 $ comme ça.Cent mille dollars de nos jours, ça court pas les rues.» Ce n'est que plus tard que je me suis rendu compte que le copain gagnait en un an ce que le numéro 43 gagnait pratiquement en une semaine ! Malgré cela, Patrice Brisebois l'avait semoncé comme si dans son esprit, la référence ultime en terme de réussite sociale était encore 100 000 $.Par moments, Patrice Brisebois ressemble encore au ti-cul de Saint- Michel qui a grandi dans un cinq et demi avec sa soeur et ses deux frères, passant 11 mois par année sur la glace à patiner et le douzième à faire du hockey sur l'asphalte.La patinoire a grossi, les joujoux sont plus luxueux, mais le ti-cul a toujours autant envie d'aller jouer dehors et de se défoncer sur la patinoire.Le 27 janvier dernier, le « ticul » a eu 30 ans.Il aurait dû normalement fêter en grande pompe.Et d'autant plus que sa femme Michelle Gaul, qui est née dans le même quartier que lui, a été baptisée à la même église, a fréquenté la même école avant de devenir sa blonde à 15 ans, a franchi le même cap, deux semaines avant.Mais le jour de ses 30 ans, Brisebois travaillait.Le lendemain, il était bourré d'antibiotiques pour soigner un mal de dos persistant.La fête de ses 30 ans fut reportée à l'été.Ainsi va la vie de joueur de hockey.Brisebois ne s'en plaint pas, mais le mot « sacrifices » surgit au détour d'un soupir.Sa liste de sacrifices semble tout droit sortie de la Misère des riches.N'empêche.Cela fait 10 ans que Brisebois n'a pas passé le jour de l'An avec sa blonde ou sa famille.Il n'a jamais pu suivre ses amis dans le Sud l'hiver ni sur les pentes de ski, le ski étant interdit aux joueurs.Il travaille toutes les fins de semaine et, à l'exception du mois de vacances l'été, où il ne fait strictement rien, le reste du temps, il doit s'entraîner trois heures par jour, six jours par semaine, qu'il ait envie ou non.Ajoutez à cela les milliers d'heures consacrées au hockey quand il était enfant, les aller et retour Rosemont- Laval en bicyclette à l'adolescence, l'énorme pression de la foule montréalaise qu'il doit gérer et l'hostilité du camp ennemi qui ne le traite plus de « fucking frog » depuis qu'il a porté plainte et vous comprendrez que sa vie n'est pas toujours une partie de plaisir.« Je ne me plains pas, répète-t-il.J'aime mon métier, j'en suis fier, mais je voudrais juste que les gens comprennent que ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air.» Pour ce qui est de l'amour du métier, personne n'en doute.Ceux qui le regardent évoluer avec le Canadien depuis son repêchage en 89 sont unanimes : Brisebois se donne à fond sur la glace.Il ne ménage jamais son énergie et n'hésite pas à prendre des risques.Que pour sa peine il soit souvent copieusement hué est pure injustice, clament ses défenseurs.Jack Todd, le chroniqueur de The Gazette, comprend pourquoi : « L'ennui avec Patrice, c'est que lorsqu'il fait une gaffe, c'est en général une grosse gaffe comme s'il avait laissé son cerveau au vestiaire ou que l'émotion l'aveuglait.C'est un type intelligent, expérimenté que j'aime bien, mais sur la glace, je le trouve souvent frustrant.Jack Todd n'est pas le seul.À bien des égards, Patrice Brisebois est le bouc émissaire préféré des partisans.Montréalais pur béton, n'ayant jamais vécu ailleurs ni joué pour un autre club que le Canadien, les partisans en sont venus à confondre le joueur et son club.Ceux qui prennent les déboires du Canadien pour un échec personnel semblent le tenir personnellement responsable des calamités qui n'en finissent plus de s'abattre sur le Canadien.Selon Réjean Tremblay, qui a promis de lui offrir une figuration dans le nouveau « Lance et compte », Brisebois n'est pas tant un gaffeur qu'un joueur créatif, non conservateur, qui prend énormément de risques et qui en paie le prix.Jack Todd est moins tendre, même s'il reconnaît ses qualités non conservatrices.À ses yeux, certaines gaffes n'ont rien de créatif.Elles sont pure connerie.Longtemps affecté par les huées et les critiques, Brisebois tente aujourd'hui de les ignorer.« Avant, j'essayais de plaire à tout le monde.Je ne refusais rien : les tournois de golf, les collectes de fonds, les signatures d'autographes.Résultat, certains ont ambitionné et d'autres ont continué à m'haïr pareil.Aujourd'hui, je me contente de faire ce que j'ai à faire.Tant pis si ça déplaît.» Un peu comme l'écrit Yvon Rivard dans le livre Une enfance bleu blanc rouge, Patrice Brisebois ne se souvient pas précisément du jour où il a découvert la glace, « celle sur laquelle on saute, avec un léger pincement au coeur comme si on aller marcher sur les eaux, voler quelques instants au-dessus des arbres ou déshabiller une femme ».Patrice Brisebois ne se souvient pas de l'ivresse, de l'indifférence ou de l'inquiétude qui se sont emparées de lui à quatre ans lorsque pour la première fois de sa vie il a sauté sur la patinoire de Montréal- Nord.Il ne se souvient pas non plus de la date exacte de son premier camp de repêchage au Minnesota.Ni de l'émotion qui a monté en lui quand l'entraîneur du Canadien a annoncé son nom.« Je sais que c'était en 89, que j'avais 17 ans et que j'étais soulagé », se contente-t-il d'affirmer.En revanche, Patrice Brisebois se souvient encore du bâton de hockey qu'à 12 ans il a payé de son argent après avoir livré un hebdo local pendant trois semaines.Sa mère Pierrette le trouvait trop jeune pour travailler ; en même temps, elle savait déjà que lorsque son fils cadet avait une idée en tête, il ne l'avait pas ailleurs.Au bout de trois semaines, Brisebois sauta sur la glace tout fier de son bâton de hockey neuf.Très vite pourtant, il se rendit compte que le bâton ne marchait pas aussi bien que prévu.Il s'échina dessus pendant des heures.Peine perdue.Ce soir-là après le souper, il décida de régler la question une fois pour toutes tout seul sur la glace.Sa mère le laissa partir en le mettant en garde contre les slap-shots.« Tu sais ce qui va arriver si tu fais un slap-shot », le prévint-elle.Brisebesois le savait.Il jura qu'il serait prudent, mais c'était plus fort que lui.Dans le feu de l'action, il donna un immense coup, un craquement se fit entendre et la palette s'envola dans les airs comme un boomerang.Patrice Brisebois suivit son arc de cercle et puis fondit en larmes.Ça il s'en souvient encore.C'est écrit dans sa mémoire en lettres de feu.Tout comme il se souvient de sa première partie de hockey au Forum de Montréal.Son frère Jean-Pierre avait déniché deux billets gratuits dans les rouges au-dessus des buts.Le Canadien jouait contre Buffalo et ce soirlà, Guy Lafleur, son idole, marqua deux buts.Ce fut une des plus belles soirées de sa vie.La luminosité de la glace, la vitesse folle du jeu, les cris assourdissants de la foule, l'ambiance fiévreuse ; ébloui est le seul mot qui lui vient à la bouche en y repensant.Ébloui comme dans émerveillement, ravissement, extase.Dix-sept ans plus tard, Patrice Brisebois est moins sujet aux éblouissements.Marié depuis quatre ans, père d'une petite fille de 13 mois, il vient d'acheter sa première vraie grosse maison après avoir longtemps vécu en condo dans le Vieux et à Outremont.Il ne sort plus prendre une bière dans les bars comme avant.Ses amis sont des artistes comme Choquette, Marien, Patrick Goyette et Jean-Michel Anctil.Y'a aussi Jacques Villeneuve qu'il a rencontré du temps qu'il était chez Williams dans un brunch de RDS.Leur passion commune pour les bolides et le fait que Brisebois a un copain qui travaille chez Ferrari les rapprochèrent immédiatement.Depuis, ils se voient l'été ou alors sur les circuits de Formule 1.Brisebois est allé voir Villeneuve courir en Hongrie, à Monaco et Montréal.Il y a deux ans, Villeneuve est venu se mesurer sur la glace avec lui.Au bout de 30 minutes de patinage intense, Villeneuve était mort.Brisebois lui, commençait à peine à se réchauffer.L'anecdote lui arrache un sourire gamin.De tous les membres de sa famille, son père, chauffeur de camion à la retraite, sa soeur Lyne, secrétaire, son frère Jean-Pierre, employé d'une aluminerie, son autre frère Stéphane qui est au chômage, il est celui qui a le mieux réussi.Sa réussite est singulière dans la mesure où elle n'est pas le fruit d'un grand rêve familial ou d'un fantasme paternel.Son père, souvent parti sur la route, l'a rarement accompagné aux parties quand il était petit.Quant à sa mère, dès que son fils montrait le moindre signe de lassitude à l'endroit du hockey, elle lui disait qu'il n'avait qu'à abandonner.Que ce n'était pas plus grave que cela.Mais à chaque fois qu'il était sur le point d'abandonner, le fils de Pierrette entendait l'appel de la glace lisse et éblouissante.J'imagine que c'est encore le cas aujourd'hui.Quand Brisebois a mal au dos, que la perspective de se faire huer pour une connerie lui pèse, qu'il a envie de rester au chaud à la maison avec la petite Alexandra ou de sauter dans sa Porsche et de filer avec U2 à plein volume sur l'autoroute, la glace se glisse dans ses pensées.Si le Canadien ne l'avait pas repêché à 17 ans, Brisebois serait devenu pompier.« Pour le travail d'équipe, l'horaire et aussi pour sauver des vies », explique-t-il.Dans cet étrange tirage au sort entre le feu et la glace qui s'est joué dans sa vie, c'est la glace qui a gagné.Le feu ne s'est pas éteint pour autant.Photo RÉMI LEMÉE, La Presse © Même s'il roule en Audi en hiver et en Porsche 94 l'été, s'il vit à Mont-Royal et gagne trois millions par année, Patrice Brisebois est encore émerveillé d'être où il est et étonné de gagner autant d'argent.La patinoire a grossi, les joujoux sont plus luxueux, mais le ti-cul a toujours autant envie d'aller jouer dehors et de se défoncer sur la patinoire. 1LP0601A0219 a6 lundi 1LP0601A0219 ZALLCALL 67 00:58:26 02/19/01 B A6 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 9 FÉVRIER 2001 Trois personnes sur quatre survivent à une tentative de suicide dans le métro et restent lourdement handicapées.La maladie mentale est souvent le dénominateur commun des suicidaires du métro, comme nous le voyons aujourd'hui dans la troisième et avant-dernière tranche de notre série sur le métro.Photos BERNARD BRAULT Plusieurs désespérés du métro ont des antécédents en maladie mentale ou ont déjà fait une tentative de suicide dans le métro, a observé le psychologue Brian Mishara.« Il manque de suivi », tranche-t-il.Quant aux opérateurs de métro, ils sont souvent victimes de stress posttraumatique après avoir assisté, impuissants, à un suicide.Métier: opérateur de métro APRÈS vingt-cinq ans passés derrière le volant d'un autobus de la STCUM, Roger Huppé avait besoin de changement.Depuis mars, il effectue l'un des métiers les plus difficiles du métro : opérateur de train.Seul aux commandes dans sa bulle de verre, son premier souci concerne la sécurité des passagers.« J'ai 275 000 livres dans mon dos ! » lance- t-il en souriant.Deuxio, il s'assure d'éviter tout retard : 32 trains circulent en même temps dans le réseau, plus du double pendant les heures de pointe.Il arpente presque toujours la ligne orange, d'Henri-Bourassa à Côte-Vertu, de Côte-Vertu à Henri-Bourassa.Le pilotage automatique sur cette ligne limite les risques d'erreurs, mais à toutes les stations, il doit s'assurer de ne pas refermer les portes sur l'orteil d'un Montréalais.Enfer et damnation, ce sont parfois eux qui lui font le coup.Histoire de rigoler ou par simple courtoisie pour un quidam qui dévale l'escalier, quelqu'un met le pied dans la porte.Parfois, elle ne se referme pas.Le train ne repart pas.« Le matin, c'est terrible.Aux heures de pointe, les trains sont rapprochés.Ce sont les usagers de toute la ligne qui souffriront d'un geste anodin comme ça ! » Les gens sortent la tête du wagon et jettent un oeil courroucé dans sa direction.Roger Huppé prend une grande respiration avant d'empoigner le micro pour demander qu'on laisse la porte en paix.Niet.Elle ne se referme pas.Le train ne repart pas.C'est manuellement qu'il devra régler le problème.Il sort de sa cabine et se dirige vers LA porte.Mais pour la décoincer, il a besoin d'un outil qui se trouve sous le banc d'un passager.Cette fois, c'est la croix et la bannière.« Souvent, les gens ne veulent pas sortir du wagon pour me laisser passer ! Je peux vous dire qu'ils ne sont pas très polis à l'heure de pointe.» Le choc traumatique, ou l'autre versant du suicide Mais il y a pire qu'un pied dans une porte.Il y a les suicides.En près d'un an à parcourir les tunnels, Roger Huppé n'a jamais assisté à un suicide.Mais souvent, quand il aperçoit de loin les silhouettes se profilant le long du quai, il retient son souffle.« Regarde celui-là, il est de ce côté-ci du pointillé ! Il est si proche.» Son frère a eu moins de chance : cinq fois, une personne s'est jetée sous son train.Il travaille toujours comme opérateur mais se restreint désormais à la ligne bleue.Plus tranquille.Au fil des ans, une grande partie des opérateurs ébranlés par un suicide sont passés dans le bureau du psychologue Pierre Belzile, de la Clinique Cherrier.Après avoir actionné le frein d'urgence, les opérateurs vivent l'horreur, dit-il.« Cela entraîne des conséquences dramatiques pour l'opérateur, dont le cours de la vie changera pendant plusieurs jours, semaines, mois ou années.Le stress post-traumatique peut engendrer plusieurs types de séquelles : dépression, phobie, paranoïa ou toxicomanie, explique M.Belzile.Si des opérateurs arrivent à « colmater » le choc, d'autres frôlent l'enfer.« Plus l'opérateur va consulter rapidement, meilleures sont ses chances de retrouver une vie normale et de retourner vite au travail.» Si le suicide est un véritable drame pour l'opérateur, il l'est tout autant pour les témoins qui ont assisté à la scène depuis le quai, affirme Pierre Belzile.« Mais comme le suicide n'est pas un acte criminel, ceux qui y assistent ne sont pas couverts par l'indemnisation aux victimes d'actes criminels (IVAC).Si on devient craintif ou anxieux après avoir assisté à un hold-up, la psychothérapie peut être remboursée.Le même principe pourrait s'appliquer au métro.» Le dernier métro Station Berri-UQAM, 18 h et des poussières.Un homme d'une quarantaine d'années décroche le combiné d'un téléphone public.Son visage blême est familier au policier du métro Jean-Guy Sabourin, qui ne le quitte pas des yeux.Quatre minutes plus tard, un appel d'urgence entre sur la radio.La centrale informe les agents qu'un homme appelle le 9-1-1 à partir de Berri-UQAM et menace de se jeter devant un train.C'est le branle-bas de combat.Le désespéré n'a pas eu le temps de raccrocher que les policiers le soulèvent par le bras.Il se laisse docilement emmener au centre de surveillance, où il restera jusqu'à l'arrivée de l'ambulance.Des scènes comme celle-là, Jean-Guy Sabourin ne les compte plus.Ce même malheureux, raconte-t-il, a menacé de se suicider des dizaines de fois.Il fait parfois mine de se jeter devant une rame, quand il ne descend pas carrément sur la voie.Ce soir-là, c'est par téléphone qu'il a lancé un énième S.O.S.Parler du suicide dans le métro, c'est aborder un sujet tabou.Craignant l'effet d'entraînement, la STCUM entoure depuis longtemps ces drames du plus grand secret.Mais elle lève peu à peu le voile sur le phénomène.Il y a quelques années, elle commandait au psychologue Brian Mishara, du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie ( C R I S E ) d e l'UQAM, une étude détaillée sur les suicides dans le métro.Récemment, elle ouvrait les portes du métro à la Fondation québécoise de la maladie mentale et s'associait à sa campagne sur la dépression.Elle collabore aussi avec Suicide-Action et a sensibilisé ses employés à l'importance de détecter les signes de détresse psychologique.Une tentative sur quatre est fatale Selon des chiffres fournis par le bureau du coroner, il y a eu 22 décès par suicide dans le métro en 1995, 11 en 1996, 9 en 1997, 12 en 1998.Jusqu'ici, 16 tentatives de suicide ont eu lieu dans le réseau souterrain en 2000, ajoute la STCUM.Ces tentatives ne sont pas toujours fatales : trois personnes sur quatre y survivent, apprend-on dans l'étude de Brian Mishara.C'est donc dire que trois personnes sur quatre restent souvent blessées, handicapées, mutilées.« Même ceux qui finissent par en mourir subissent parfois d'atroces souffrances pendant des jours, voire des semaines à l'hôpital, indique M.Mishara.Vraiment, ce n'est pas comme dans les films.» Le chercheur a passé au peigne fin 129 décès par suicide survenus dans le métro montréalais entre 1986 et 1996.Autre constat troublant : une personne sur 10 morte dans le métro avait déjà fait une précédente tentative de suicide.également dans le métro.Qui se tue dans le métro de Montréal ?s'est demandé Brian Mishara.Principalement des hommes (61 %), mais aussi beaucoup de femmes.L'âge des défunts dont il a fouillé le passé variait de 15 à 79 ans et les deux tiers avaient moins de 40 ans.Majoritairement célibataires, 45 % des personnes vivaient seules et un nombre « très élevé » (27 %) vivaient en institution psychiatrique au moment du décès.C'est souvent le milieu de la journée, entre 10 h et 14 h, que ces personnes ont choisi pour accomplir leur geste suicidaire.De fil en aiguille, M.Mishara a réalisé que plusieurs suicidés partageaient un point commun : la maladie mentale.Près de 90 % des dossiers qu'il a analysés avaient déjà eu un diagnostic de dépression, schizophrénie, maniaco-dépression, etc.« Les personnes atteintes de maladies mentales forment en général un groupe à risque élevé, remarque le psychologue.Le problème, c'est le suivi.Ces personnes ont souvent menacé de se tuer la journée même.Mais comme elles font souvent ces menaces, elles ne sont pas prises au sérieux.Une tentative de suicide survient dans le métro ?Vivement l'ambulance.Quelques heures plus tard, le médecin signera le congé de l'urgence en fixant un rendezvous en clinique externe.« Mais la moitié « des suicidaires » ne se présenteront pas au rendez-vous ! déplore M.Mishara.Il n'y a pas de liens entre les organismes communautaires et le système de santé.» La STCUM a quant à elle multiplié les efforts pour inciter son personnel à porter secours à une personne en détresse.Depuis un an, les employés sont intervenus près de 120 fois auprès de suicidaires, soit deux fois plus qu'en 1999.« Avant l'étude de Brian Mishara, on comprenait mal le phénomène, expose Carl Desrosiers, chef de l'exploitation du réseau du métro.Maintenant, le nombre de personnes qu'on empêche de se suicider augmente de plus en plus.» Quelques heures après sa rencontre avec La Presse, le grand manitou du métro montréalais s'envolait pour Paris, où il se rendait notamment admirer la nouvelle ligne 14 du métro parisien.Ses stations sont désormais équipées de portes palières isolant le quai de la voie.Une technologie qu'examine d'ailleurs la STCUM afin de prévenir les suicides dans le métro, explique un des adjoints de Carl Desrosiers, Serge Dupont.« La technologie des portes palières est l'une des plus efficaces.Le hic, c'est qu'elle est chère.Si aujourd'hui, on concevait le métro, on l'intégrerait.Mais modifier le réseau existant s'avère très coûteux.D'autres moyens de lutte au suicide, telle la détection par faisceaux sur la voie ou la réduction de la vitesse des trains lors de l'entrée en gare, se sont révélés peu efficaces ailleurs.« Mais on regarde ce qu'on pourrait faire », assure M.Dupont.Héros malgré lui IL YA UN AN, Julien Perron-Gagné attendait distraitement son métro à Lionel- Groulx quand il a remarqué un attroupement sur le quai.Horreur : une dame était couchée sur la voie et comme dans un cauchemar, on entendait le train venir au loin.Il a sauté sans réfléchir et a tenté de hisser la femme sur le quai sous le regard hébété des quidams.À la dernière minute, un d'entre eux est sorti de sa torpeur pour faire signe à l'opérateur qui entrait en station d'arrêter son train.La malheureuse a été transportée à l'hôpital.Julien Perron-Gagné a pris le prochain métro sans demander son reste.Le jeune homme de 19 ans n'a jamais revu la dame, une itinérante.Personne ne s'est plus occupé de son sort à elle.mais les médias ont propulsé l'inconnu du métro au statut de héros.« Tous les journalistes qui m'appelaient voulaient que je conte mon histoire.J'étais fier mais en même temps, j'ai réalisé qu'on n'allait pas à la racine des choses.Jamais on n'a parlé de la détresse de la dame, c'était une pauvre itinérante, point final.Mon acte héroïque prenait toute la place.» L'organisme Jeunesse au Soleil avait offert une récompense pour retrouver le mystérieux bienfaiteur de l'itinérante.Belle occasion pour offrir cette aide aux démunis, a pensé l'étudiant.« J'ai voulu mobiliser du monde, faire une collecte de fonds pour les gens de la rue.Ça n'a jamais marché.» 1LP0701A0219 a7 02/19 1LP0701A0219 ZALLCALL 67 01:01:55 02/19/01 B Vivre un siècle En France et au Japon, l'espérance de vie pourrait atteindre 85 ans avant 2050 MATHIEU PERREAULT SAN FRANCISCO Ð L'Ancien Testament ne donne pas beaucoup de détails sur Mathusalem.On sait tout juste qu'il est un lointain descendant d'Adam et Ève, et le grand-père de Noé.Néanmoins, son nom a survécu à l'usure du temps : « vieux comme Mathusalem », dit le proverbe.Mort à 969 ans, Mathusalem détient le record de longévité.Son nom est récemment revenu dans l'actualité.Des recherches sur le clonage et le vieillissement cellulaire, ainsi que des craintes concernant l'avenir des régimes de pensions, poussent démographes et médecins à se pencher sur la limite biologique de la longévité, et l'accroissement futur de l'espérance de vie.Après avoir été bloquée pendant des dizaines de millénaires à 30 ans, l'espérance de vie a soudainement bondi à 70 ans au cours du XXe siècle.Le Japon détient actuellement la palme, avec 74 ans et demi selon l'Organisation mondiale de la santé, contre 72 ans au Canada.L'allongement de la vie continuera-t-il au même rythme ?La retraite en arrivera-t-elle à durer autant que la carrière ?Repoussera- t-on la limite biologique de 125 ans ?Un symposium de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS), hier aprèsmidi, a suscité un débat vigoureux sur ces questions.« Depuis des siècles, nous cherchons à repousser la mort le plus loin possible, a constaté le démographe Jay Olshansky de l'Université de Chicago.Ce n'est pas la bonne question.Le corps n'est tout simplement plus sous garantie passé la période reproductive.Il faut augmenter la qualité de la vieillesse avant de songer à repousser la mort.» Un médecin danois de l'Université du Danemark du Sud, Kaare Christensen, s'est déclaré beaucoup moins pessimiste.« La vie d'une personne de 70 ans est bien meilleure aujourd'hui qu'elle ne l'était en 1950.L'état de santé des personnes âgée s'est beaucoup amélioré.De plus, en épluchant les registres suédois des 200 dernières années, nous avons constaté que le record de longévité est régulièrement battu, même dans les dernières décennies.Les experts américains du symposium étaient nettement moins enthousiastes que leur collègue danois.Il faut dire que les États-Unis traînent la patte en terme d'espérance de vie : elle n'est que de 70 ans et augmente à pas de tortue, 0,4 % par année, contre 3 % au Japon et dans des pays européens comme la France.Le démographe Olshansky a même calculé que le seuil des 100 ans d'espérance de vie surviendra quatre siècles plus tard aux États-Unis qu'au Japon, au XXVIe siècle plutôt qu'au XXIIe.« Si la tendance se maintient, l'espérance de vie atteindra 85 ans avant 2050 en France et au Japon, mais seulement vers la fin du XXIIe siècle aux États-Unis », dit M.Olshansky.Dans un symposium sur le stress et la santé, un épidémiologiste de Harvard, Ichiwo Kawachi, a suggéré que les inégalités sociales freinent la progression de l'espérance de vie aux États-Unis.« La redistribution du revenu semble accélérer la progression de l'espérance de vie », a dit M.Kawachi.Sous-estimation Mauvaise nouvelle pour les régimes publics de pensions, les projections démographiques ne cessent de sous-estimer cette progression, selon le démographe Ronald Lee, de l'Université de Californie.Pour des prévisions sur 30 ans, l'erreur des modèles traditionnels dépasse deux ans.Un nouveau modèle, proposé par M.Lee et adopté par le gouvernement américain, propose de baser les prévisions sur le passé, plutôt que sur l'évaluation des obstacles à venir.« Les prévisions sont pessimistes parce que les démographes se basent sur la médecine d'aujourd'hui pour régler les problèmes de santé de demain », a dit M.Lee.Autre complication pour les démographes, la diminution de la probabilité de mourir devient de plus en plus égale pour tous les âges.Dans la première moitié du XXe siècle, l'accroissement de l'espérance de vie est surtout venu de la diminution de la mortalité à la naissance et en bas âge.Depuis 1950 en France, le risque de mourir à 80 ans diminue de 2 % par année, contre 1,5 % à 20 ans (au Canada, ces chiffres sont de 1,5 % et de 1,3 %).« Dernièrement en Scandinavie, la mortalité à 80 ans diminue de moitié à chaque décennie, s'est réjoui le Dr Christensen.Et la tendance semble se maintenir.» NOKIA 5165i ROGERS AT&T Soirs et week-ends illimités 0$ (après remise postale) en prime : 3 mois de temps d'antenne local illimité 100 minutes de jour 35$ par mois Rendez-vous chez nos distributeurs participants, visitez le www.rogers.com/sans-fil ou composez le 1 800 IMAGINE.Offre applicable à toute nouvelle entente de deux ans seulement, pour les forfaits tout faits de 35 $ ou plus par mois.Faites parvenir une preuve d'achat et vous recevrez un crédit sur la facture correspondant à un rabais de 75 $, avec tout contrat de deux ans.Des frais d'accès au système s'appliqueront.Taxes applicables, interurbains et frais de déplacement en sus.Demandez tous les détails à votre représentant.Offre applicable jusqu'au 30 avril 2001.Appeleznous au 1 866 228-8145 pour connaître les offres spéciales à nos abonnés.MCRogers Communications inc.Utilisé sous licence.MDAT&T Corp.Utilisé sous licence.MONTRÉAL 3573, boul.St-Laurent (514) 288-0600 732, rue Ste-Catherine O.(514) 877-0090 Centre Eaton (514) 844-6242 2360, rue Notre-Dame O.(514) 983-1666 1, Place Ville-Marie, bur.11108 (514) 394-0000 8984, boul.de l'Acadie (514) 387-9999 1201, av.Greene (514) 933-8000 5150, rue Jean-Talon O.(514) 341-2221 5954, boul.Métropolitain E.(514) 257-8826 6224 A, rue St-Jacques O.(514) 369-4000 Place Alexis-Nihon (514) 865-9949 Place Versailles (514) 355-0003 Les Galeries d'Anjou (514) 356-0356 BOUCHERVILLE Promenades Montarville (450) 449-4998 BROSSARD 7005, boul.Taschereau, bur.150 (450) 926-3111 Mail Champlain (450) 671-3300 Place Portobello (450) 671-4744 CHÂTEAUGUAY 129, boul.St-Jean-Baptiste (450) 692-2201 DOLLARD-DES-ORMEAUX 3339L, boul.des Sources (514) 683-3333 DRUMMONDVILLE 1565, boul.Lemire (819) 478-0851 GATINEAU 360, boul.Maloney O., bur.1 (819) 663-8580 Promenades de l'Outaouais (819) 561-3031 GRANBY 575, boul.Boivin (450) 777-6612 ÎLE-PERROT 15, boul.Don Quichotte Bureau 103A (514) 425-5505 JOLIETTE 517, rue St-Charles-Borromée N.(450) 755-5000 KIRKLAND 2758, boul.St-Charles (514) 428-9000 LAVAL 1696, boul.des Laurentides (450) 629-6060 379, boul.Curé-Labelle (450) 622-0303 Centre Laval (450) 978-1081 3364, boul.St-Martin O.(450) 682-2640 241C, boul.Samson (450) 969-1771 Carrefour Laval (450) 687-5386 LASALLE 8457, boul.Newman (514) 368-4000 Carrefour Angrignon (514) 368-4230 L'ASSOMPTION 814, boul.de l'Ange-Gardien N.(450) 589-1411 LONGUEUIL 1490, chemin Chambly (450) 442-1566 POINTE-CLAIRE Fairview Pointe-Claire (514) 695-1554 REPENTIGNY 110, boul.Industriel (450) 581-4666 Les Galeries Rive-Nord (450) 581-7756 ROSEMÈRE 209, boul.Curé-Labelle (514) 971-0707 Place Rosemère (450) 971-2000 SAINTE-AGATHE 221, rue Principale E.(819) 321-3331 SAINT-BRUNO Promenades St-Bruno (450) 653-7472 SAINT-EUSTACHE 360 E, rue Arthur-Sauvé (450) 974-9299 SAINT-HUBERT 3399, boul.Taschereau (450) 676-3963 SAINT-HYACINTHE Les Galeries St-Hyacinthe (450) 261-9991 SAINT-JEAN Carrefour Richelieu (450) 359-4941 SAINT-JÉRÔME 108, boul.du Carrefour (450) 431-2355 SAINT-LAURENT 438, rue Isabey, bur.108 (514) 340-0334 Place Vertu (514) 745-0745 2100, boul.Marcel-Laurin (514) 856-1884 SAINT-LÉONARD 4282, boul.Métropolitain E.(514) 593-7333 SHERBROOKE 2980, rue King O.(819) 566-5555 Carrefour de l'Estrie (819) 822-4650 SOREL 2605, chemin St-Roch (450) 742-9600 TERREBONNE 1270, boul.Moody, bur.10 (450) 964-1964 Les Galeries de Terrebonne (450) 964-8403 TROIS-RIVIÈRES 5335, boul.des Forges (819) 372-5000 5635, boul.Jean-XXIII (819) 372-5005 VICTORIAVILLE 495, boul.des Bois-Francs Sud (819) 758-8840 Parle, parle.jase, jase.parle, parle.jase, jase.parle, parle.jase, jase.parle, parle.jase, jase.parle, parle.jase, jase.parle, parle.jase, jase.parle, parle.jase, jase.2934322A 1LP0801A0219 a08 actus lun 19 f vrier 1LP0801A0219 ZALLCALL 67 01:02:43 02/19/01 B ONTARIO L'ONU présente son rapport sur le réchauffement aujourd'hui L'enquête sur la mort d'un bébé élargie par le coroner Presse Canadienne TORONTO Ð L'enquête du coroner sur le décès, il y a deux semaines à Toronto, d'un bébé de 18 mois que les ambulanciers avaient refusé de transporter à l'hôpital, portera aussi sur les soins administrés Ð ou non Ð au service des urgences les jours précédents, et au caractère éventuellement « raciste » de l'affaire.Le coroner en chef adjoint de l'Ontario, Jim Cairns, a indiqué hier que son bureau allait enquêter sur des allégations selon lesquelles des médecins de l'hôpital général de Scarborough n'auraient pas évalué correctement l'état de santé du bébé, avant de lui donner son congé de l'hôpital.Jusqu'à hier, le docteur Cairns ignorait que l'enfant avait été vu deux fois à l'hôpital, les 30 et 31 janvier, avant de mourir d'une méningite le 4 février.Le coroner demandera aujourd'hui le dossier médical du bébé ; l'hôpital a promis de « coopérer entièrement » dans l'enquête.Selon la mère du petit, Mme Jeyarani Vijayaratnam, un médecin de l'hôpital a prescrit des antibiotiques le 30 janvier, puis a dit aux parents de ne pas revenir aux urgences.« Il nous a dit : « il y a beaucoup de monde ici, vous devriez appeler votre médecin de famille ».Le lendemain, lorsque la fièvre du bébé a atteint 40,2, un autre médecin n'a procédé qu'à un examen sommaire, soutient la mère.« Il a regardé dans ses oreilles seulement, sans prendre un échantillon de sang », a indiqué Mme Vijayaratnam, qui a été infirmière au Sri Lanka.Le second médecin leur a aussi dit de consulter le médecin de famille et de ne plus revenir aux urgences, a-t-elle soutenu hier.Selon les Vijayaratnam, une première équipe d'ambulanciers, arrivée vers 21 h le 3 février, n'a pas expliqué aux parents la teneur d'une décharge dans laquelle ils disaient comprendre l'état de santé de leur enfant, et acceptaient qu'on ne le transporte pas à l'hôpital.Une deuxième équipe d'ambulanciers, arrivée vers 1 h 30 cette nuit-là, n'a même pas examiné l'enfant, qui montrait pourtant tous les signes d'une maladie sérieuse.Devant l'insistance des parents, les ambulanciers ont finalement accepté, en grognant, de transporter le bébé à l'Hôpital pour enfants, où il est mort quelques heures plus tard.À la lumière des nouvelles allégations, le coroner Cairns veut maintenant ajouter à son enquête l'élément « culturel ».Les Services médicaux d'urgence de Toronto, responsables du transport ambulancier, mènent aussi leur enquête.CLARE NULLIS Associated Press GENÈVE Ð L'ONU mettait la dernière main hier à un nouveau et vaste rapport sur les conséquences du réchauffement climatique pour les différentes régions de la planète.Ce document, qui dresse le bilan des recherches menées par quelque 700 scientifiques, doit être rendu public aujourd'hui par la Commission intergouvernementale sur les changements climatiques.Mais, vu la sensibilité politique du dossier, le texte a fait l'objet, au cours de la fin de semaine, d'un examen minutieux de la part des représentants des gouvernements.Selon l'avant-projet, dont l'Associated Press a obtenu une copie, les pays pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine seront les plus douloureusement touchés, et parmi eux surtout les petits États insulaires.Sans parler des régions polaires, où la fonte des calottes glaciaires risque de se poursuivre pendant des siècles.Et si le texte définitif risque de subir de légères modifications dans ses termes, les conclusions générales restent les mêmes.Ce rapport est le second volume de la série consacrée au sujet.Le mois dernier, le premier, rendu public en Chine, prédisait que les températures globales pourraient gagner jusqu'à 10 degrés centigrades au cours du siècle à venir, un réchauffement plus important que prévu, à mettre au compte de la pollution industrielle.Le troisième et dernier volume sera rendu public en mars, et dressera des pistes pour des solutions.Selon le rapport, l'Afrique est encore plus menacée par le manque d'eau et la désertification, notamment dans le sud, le nord et l'ouest du continent.Les régions côtières du Nigeria, du Sénégal, de Gambie et d'Égypte, notamment, seront frappées par la montée des eaux de la mer et l'érosion côtière.Ce qui attend l'Asie, ce sont des températures en hausse, l'alternance de sécheresse et d'inondations, d'où une dégradation des sols qui diminuera la sécurité alimentaire.Les cyclones, de plus en plus puissants, risqueront de faire des dizaines de millions de déplacés dans les zones tempérées et tropicales.En Europe, touchée par de violentes vagues de chaleur, le sud souffrira plus de la sécheresse, et la moitié des glaciers des Alpes risquent d'avoir fondu d'ici la fin du XXIe siècle.Inondations et sécheresse se feront également plus fréquentes en Amérique latine, augmentant les maladies comme la malaria ou le choléra.En Amérique du Nord, les régions des grandes plaines pourraient pâtir d'un réchauffement plus modeste, et la Floride et les côtes atlantiques être frappées par de violentes tempêtes.Les zones polaires risquent d'être les plus touchées, et les effets du réchauffement se feront sentir bien après la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre, avec des conséquences irréversibles sur les calottes glaciaires et les océans en général.Les petits États insulaires souffriront également des conséquences d'une hausse du niveau des océans, estimée à cinq millimètres par an pendant les cent prochaines années : perte de terres, érosion côtière, destruction des récifs de corail et des réserves pélagiques, dislocation des populations.Un projet de loi sur les renseignements personnels contesté en Ontario LOUISE E L L I O T T Presse Canadienne TORONTO Ð La Loi sur la confidentialité des renseignements personnels sur la santé que compte adopter l'Ontario priverait les patients de leur droit à ce que toute information fausse, et possiblement préjudiciable, soit retirée de leur dossier médical.Cette perspective préoccupe au plus haut point l'avocat d'un homme tentant de mettre les choses au clair.La législation, qui sera débattue lors d'audiences publiques devant débuter aujourd'hui, comporte une clause qui permettrait au gouvernement ontarien de conserver des renseignements sur la santé d'un patient même s'il était prouvé que ces données étaient fausses, a indiqué vendredi David Baker, qui représente Ian Murray, un agriculteur d'Amherst Island, près de Kingston, âgé de 57 ans.En mai dernier, le médecin de M.Murray, Alexander Scott, a reconnu avoir fraudé l'Assurancesanté de l'Ontario de 586 925 $.Au nom de son patient, le Dr Scott a envoyé au régime provincial des factures pour 29 traitements contre l'alcoolisme, deux autres contre une tumeur au cerveau, et cinq contre l'anxiété, l'hystérie et la fatigue nerveuse, bien que M.Murray n'ait rien réclamé ou reçu de tout cela.Les dossiers médicaux d'au moins deux autres insulaires font état de traitements psychiatriques n'ayant jamais été demandés ou administrés, a indiqué l'avocat.M.Murray souhaite que les renseignements erronés soient retirés de son dossier médical.Mais bien qu'il ait formulé une requête à cet effet en avril dernier, le ministère de la Santé ne lui a toujours pas donné satisfaction, sous prétexte de problèmes techniques et de comptabilité.Cette affaire a été portée à l'attention d'Anne Cavoukian, commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Ontario, qui prononcera un verdict avant que le projet de loi ne soit à nouveau soumis à la législature, a indiqué un porte-parole.L'article 50 (« Rectification d'un dossier« ) du projet de loi comporte une clause privant les patients du droit de demander à ce que leur dossier soit modifié, et ce, même si le gouvernement reconnaît qu'il comporte des renseignements inexacts, a affirmé M.Baker.Au lieu de cela, une lettre du patient dans laquelle il fait part de son désaccord avec le contenu du dossier sera ajoutée à celui-ci.Tél.: (514) 324-9100 Boul.Métropolitain Boul.Henri-Bourassa Rue Lajeunesse Boul.Louis H.Lafontaine Boul.Lacordaire MD www.concordiaauto.com 6464, boul.Henri-Bourassa Est, Montréal-Nord Dodge CARAVAN 2001 Moteur 6 cylindres de 3.3 litres Automatique 7 passagers Climatiseur Portes et vitres électriques Régulateur de vitesse 349$ ØComptant Location 48 mois, 20400 km par année, Transport 940$ et taxes en sus.La photo est à titre indicatif seulement.Garantie 2934948A 1LP0901A0219 a9 02/19 1LP0901A0219 ZALLCALL 67 01:03:21 02/19/01 B Des milliers de mutins et d'otages au Brésil SAO PAULO (Brésil) Ð Des milliers de détenus se sont mutinés hier dans 19 prisons de l'État brésilien de Sao Paulo, prenant en otages des centaines, voire des milliers d'otages, et au moins deux détenus ont été tués.Les mutins ont mis à profit le jour hebdomadaire des visites pour lancer leurs actions, qui ont apparemment été déclenchées dans toutes les prisons au même moment, à 12h, et ont été coordonnées, selon les autorités.Le principal établissement touché par la rébellion était le centre pénitentiaire de Carandiru à Sao Paulo, considéré comme le plus grand d'Amérique latine, dont quelque 8000 détenus ont pris le contrôle.Un porte-parole du secrétariat régional à la sécurité a déclaré à l'AFP que le nombre des otages retenus dans le centre de Carandiru était de plusieurs centaines.Mais des sources policières, sur la base du décompte des personnes entrées dans la prison, estimaient qu'il pourrait y avoir jusqu'à 7000 personnes retenues, parmi lesquelles des femmes et des enfants.Des scènes de forte tension et de panique se sont produites cinq heures après le début de la mutinerie parmi les proches qui attendaient à l'extérieur de la prison, lorsqu'un bataillon de choc de la police militaire est entré dans l'établissement.Des images prises depuis un hélicoptère montraient le groupe de bâtiments avec plusieurs pavillons en feu, des barricades et des traces de sang, et des coups de feu ont été entendus, mais on ignorait ce qui se passait précisément dans l'établissement.« Assassins », criaient certains proches de détenus massés à l'extérieur.Les prisonniers ont peint en lettres blanches sur le terrain de football de la prison le slogan « Paix, justice et liberté ».Au moins deux détenus ont été tués par d'autres détenus dans la prison de Belen, dans l'est de la ville de Sao Paulo, a déclaré le commandant de la police militaire, Rui Cesar Mello.Des mutineries avaient lieu dans 19 centres pénitentiaires : Carandiru, une deuxième prison dans la ville de Sao Paulo, deux autres situées dans la périphérie, et 15 dans le reste de l'État de Sao Paulo.Les mutineries sont attribuées à une organisation de détenus, le Primero Comando de la Capital (PCC), dont les leaders avaient été transférés vendredi de Carandiru vers d'autres centres.Avant ce transfert, au moins trois détenus avaient été assassinés la semaine dernière, apparemment sur ordre du PCC.Hier, après que la nouvelle de la mutinerie se soit répandue, des affiches avec le sigle PCC sont apparues à plusieurs fenêtres de la prison.La prison de Carandiru est connue pour le plus grave « massacre » de l'histoire pénitentiaire brésilienne.En 1992 après une bagarre entre détenus, 111 prisonniers avaient été tués en une demi-heure par les troupes anti-émeutes de la police, armées de fusils, mitraillettes et de revolvers.La solidarité s'organise pour les réfugiés kurdes THIERRY BOINET Associated Press FREJUS, France Ð Varois et Kurdes apportant vêtements, chaussures et jouets ont défilé hier devant le camp militaire de Fréjus, gardé par les CRS, où sont installés les quelque 900 réfugiés irakiens dont le bateau s'est échoué volontairement à Saint-Raphael dans la nuit de vendredi à samedi.Pendant ce temps, l'enquête de police se poursuit, exposant les rouages d'un réseau mafieux international d'immigration clandestine.Les 250 hommes, 180 femmes et 480 enfants arrivés samedi matin à bord du « cargo de la honte » ont passé leur première nuit en France dans une vaste annexe militaire, une ancienne boulangerie industrielle équipée à la hâte par l'armée et la Croix-Rouge.Là, entourés par environ 150 membres de l'organisation humanitaire, ils ont pu se reposer de leur éprouvante traversée de sept à huit jours à fond de cale du East Sea qui, le flanc déchiré par les rochers lors de son échouage volontaire, a coulé au sud des îles de Lerens pendant son remorquage vers La Seyne-sur- Mer, dans la rade de Toulon.Certains de ces réfugiés ont même reçu de la visite.Ali Taqui, un Kurde d'une cinquantaine d'années venu de Francfort, a ainsi retrouvé 14 proches, partis de Mossoul.Il a pu s'entretenir avec un cousin malgré les barrières.« Ils vont bien », a-t-il dit à l'Associated Press dans un allemand approximatif.« Ils ont bien supporté le voyage, sauf un petit cousin de quatre ans qui n'arrête pas de vomir depuis deux jours et qui a la diarrhée.Ils devaient nous rejoindre en Allemagne, je pense que d'ici une semaine ou deux, on pourra venir les chercher.De toute façon les Français ne peuvent pas les renvoyer en Irak ».Démunis de papiers d'identité, les réfugiés ont tous demandé l'asile politique.Les entretiens individuels se sont achevés hier, « la phase administrative est prête à fonctionner », selon le préfet du Var.Daniel Canepa a souhaité que la présidente du tribunal de grande instance de Draguignan prévoie une « procédure foraine », c'est-àdire groupée, afin de respecter le délai légal de 20 jours maximum pour constituer les dossiers.Le comité français du Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré qu'il veillerait à ce que tous ceux qui « ont besoin de la protection du statut de réfugié, parce qu'ils se sentent menacés dans leur pays, l'obtiennent ».En butte à une violente répression en Irak, de nombreux Kurdes fuient leur pays, malgré l'instauration en 1991 dans le nord de l'Irak d'une zone d'exclusion aérienne destinée à les protéger.Ceux de du East Seaont ainsi payé 3200 à 4200 $ US pour passer en Europe.« Plutôt mourir que rentrer », a déclaré Ismail, 30 ans, venu avec sa femme et leurs trois enfants.Le voyage a été organisé par « une filière mafieuse irakienne et turque », a expliqué Daniel Chaze, directeur de la Police de l'air et des frontières (PAF) du Var.La filière irakienne a ainsi recruté les candidats à l'immigration dans le nord de l'Irak, près des frontières turque et syrienne.Elle les a ensuite conduits dans des fermes isolées, où ils ont attendu un bateau pendant dix à quinze jours, selon M.Chaze.Ils ont enfin embarqué sur l'East Sea, repéré en Turquie le 17 janvier, à Izmir.Les réfugiés « sont étonnés d'arriver en France.On leur avait dit l'Europe, mais ils pensaient a priori arriver en Italie », selon M.Chaze.Soupçonné de faire du trafic de clandestins, le bâtiment battant pavillon cambodgien était surveillé depuis plusieurs mois mais des contrôles en Syrie (9 février) et au Liban n'avaient rien donné.Le parquet de Draguignan a ouvert une procédure en flagrant délit.La PAF et Interpol recherchent le commandant et l'armateur du cargo, dont les identités, connues, n'ont pas été révélées.Ils se sont enfuis après l'échouage, comme l'équipage, dont les passagers n'ont jamais vu les visages qu'ils gardaient toujours dissimulés.Les responsables du East Sea parlaient irakien et turc mais ils se contentaient de quelques ordres : « viens », « dedans », « assis », « couché ».Le sort des réfugiés, dont la plupart étaient surtout épuisés et qui risquent pour certains d'être refoulés du sol français, a provoqué une forte émotion en France tout au long du week-end.« Profondément écoeuré », Michel Vauzelle, président socialiste de la région PACA (Provence, Alpes, Côte d'Azur) a appelé les États de la Méditerranée à organiser « mieux le respect de la personne humaine et des droits de l'Homme » dans la région.« Nous n'allons pas nous mettre au niveau des négriers en renvoyant tout ce petit monde à Saddam Hussein », s'est exclamé le candidat de droite à la mairie de Paris Philippe Séguin.Mais le numéro un du PS, François Hollande, a estimé qu'il ne fallait « pas donner (aux réfugiés du East Sea) l'illusion et l'espoir d'une intégration dans notre pays ».En attendant, la solidarité s'organise autour du camp, sur la zone industrielle de Fréjus.Les CRS gardant l'enceinte barbelée ont dû répéter toute la journée hierà ceux, habitants de la région ou Kurdes venus déposer des dons, de les apporter en ville devant le local de la Croix-Rouge, où une pile de sacs plastiques et de cartons s'élevait déjà.Mario Rossi, un routier d'origine italienne arrivé en France il y a 20 ans, est ainsi venu avec des vêtements et des jouets : « J'ai vécu ça, moi aussi », expliquait-il.Photo Agence France-Presse Les réfugiés kurdes ont passé leur première nuit en France sur une base militaire, où ils ont pu se reposer de leur éprouvante traversée de sept à huit jours à fond de cale du East Sea.FONDS INTERNATIONAL D'ÉDUCATION ROYAL FONDS D'ACTIONS AMÉRICAINES ROYAL FONDS D'ACTIONS INTERNATIONALES ROYAL FONDS DE CROISSANCE EUROPÉEN ROYAL FONDS D'ACTIONS JAPONAISES ROYAL FONDS DE CROISSANCE AMÉRICAIN O'SHAUGHNESSY FONDS DE SCIENCES BIOLOGIQUES ET DE TECHNOLOGIE ROYAL FONDS DE COMMERCE ÉLECTRONIQUE ROYAL FONDS D'OBLIGATIONS ÉTRANGÈRES ROYAL FONDS MONDIAL TITANS ROYAL FONDS SECTORIELS MONDIAUX ROYAL Les fonds communs de placement Royal sont offerts par la société Fonds d'investissement Royal Inc., membre du Groupe Financier Banque Royale.Les placements en fonds communs peuvent entraîner des commissions, des frais administratifs et des frais et dépenses de gestion.Veuillez lire le prospectus avant d'investir.Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leurs rendements antérieurs ne sont pas nécessairement répétés.Fonds d'investissement Royal Inc.est une société de services financiers agréée au Québec.® Marque déposée de la Banque Royale du Canada.Fonds d'investissement Royal Inc., licenciée de cette marque.mc Marque de commerce de la Banque Royale du Canada.Profitez de notre gamme complète de placements mondiaux.Vous voulez tirer le maximum du contenu étranger de votre REER?Vous avez besoin de conseils pour diversifier votre portefeuille?Nous vous proposerons un monde d'occasions et une série de fonds mondiaux qui pourraient vous surprendre.Visitez notre site, à www.banqueroyale.com/fir Consultez l'un de nos spécialistes en placement dès aujourd'hui.Appelez Télé-Placements Royal au 1-800-ROYAL 63, ou passez à la succursale la plus près de chez vous.Donnez une saveur mondiale à vos rêves.MC 2920170A AFFAIRE MARC RICH Clinton se défend Associated Press NEW YORK Ð Il est « totalement faux » d'affirmer que le milliardaire en fuite Marc Rich a été grâcié en échange de dons financiers à la bibliothèque Clinton, souligne l'ancien président Bill Clinton dans une tribune publiée dimanche par le « New York Times ».Accusé de grave négligence dans son propre camp, M.Clinton précise qu'il a grâcié à Marc Rich - accusé notamment d'avoir fraudé le fisc américain à hauteur de 48 millions de dollars - pour diverses raisons et seulement après être arrivé à la conclusion que l'affaire judiciaire le concernant relevait de tribunaux civils et non criminels.« L'idée que j'ai pu accorder ma grâce parce que l'ex-épouse de M.Rich, Denise, a fait des contributions politiques est totalement fausse », écrit l'ancien chef de la Maison-Blanche.Il ajoute qu'il a formulé sa grâce de sorte que le financier puisse être poursuivi au civil pour d'éventuels délits.« Il n'y avait absolument aucun quiproquo.En effet, d'autres amis et contributeurs ont sollicité ma grâce.Mais j'ai estimé, après examen approfondi sur la base des informations dont je disposais, que je ne pouvais la leur accorder », poursuit Bill Clinton.Il relève que l'octroi des grâces a été « supervisé et approuvé » par l'ancien avocat de la Maison-Blanche Jack Quinn et trois juristes républicains, dont Leonard Garment, ancien conseiller du président Richard Nixon.Les trois républicains ont démenti cette version des faits.« Il est absolument faux de dire que j'ai été informé et que j'ai approuvé l'idée de cette grâce », écrit Leonard Garment dans un autre article du Times. 1LP1002A0219 A10, dimanche, MONDE 1LP1002A0219 ZALLCALL 67 01:05:51 02/19/01 B A 1 0 MOND E · L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 1 9 F É V R I E R 2 0 0 1 Photo AP Enfants salvadoriens sans abri à Guadalupe, à 75 kilomètres au sud de la capitale.Ils se nourrissent de ce que l'aide internationale réussit à leur procurer.Les séismes ont fait 1,3 million de réfugiés dans un pays déjà aux prises avec de graves problèmes de subsistance.Une capitale en sursis San Salvador est bâtie sur une terre qui bouge et qui tue sans crier gare SAN SALVADOR Ð À San Salvador, capitale moderne, les citadins traversent l'immense centre commercial Metro Centro en hâtant le pas et retenant leur souffle.Certains jettent des coups d'oeil inquiets aux étages supérieurs.Du lèche-vitrines ?Certainement pas aux deux niveaux souterrains, où l'on se sent enfermé dans le ventre de cette terre qui bouge.Qui bouge et qui tue sans crier gare.Depuis samedi, la capitale de 2,5 millions d'habitants sait qu'elle n'est pas à l'abri du désastre, malgré ses constructions récentes.En plein après-midi de magasinage, vers 2 h 30, un troisième séisme né en pleine ville a fait vibrer gratteciel et voies rapides pendant quatre secondes : 5,3 sur l'échelle de Richter, suivi de trois répliques tout à fait imprévisibles.De quoi semer la panique et alimenter une infinité de rumeurs.Comme le reste de la ville, le Metro Centro a tenu le coup, mais des pans de mezzanine se sont fracassés sur les dalles.« Tous nos souliers sont tombé en bas des tablettes et les systèmes d'alarme se sont mis à hurler », rapporte une jeune vendeuse dans tous ses états, les nerfs déjà à vif depuis un mois et une semaine, sachant très bien comment des kilomètres carrés de son pays sont déjà réduits en un tapis de pierres.Excédés, des citadins commencent à imiter les campagnards et banlieusards, campant sur le trottoir en plein centre-ville, dans le trafic infernal d'une cuvette de pollution.« Quand ils restent dans les maisons, les gens font des quarts de veille.Chacun dort tour à tour pour être prêt à tout.», rapporte la religieuse costaricaine Rosa Elenea Quesada.En cas de séisme, les journaux conseillent aux gens de se jeter sous une table et de se placer les bras sur la tête.Dans le quartier résidentiel et chic de Pinar de Suiza (Pins de Suisse), les avocats, dentistes et autres professionnels préfèrent déserter pour de bon leurs rangées de maisons blanches.Les vitres des ces 1000 demeures toute neuves ont beau briller au soleil, c'est le vide derrière, puisqu'elles brillent sous une montagne de sable menaçante.À Las Colinas voisine, la pente a recouvert des centaines de maisons semblables aux leurs.« Il y avait tellement de terre qu'on ne savait plus où étaient les maisons et où était la rue.On n'apercevait même plus les toits », raconte le prêtre américain Peter Danaher.« Quand on a sorti les corps, ils avaient la tête fendue ou étaient coupés en deux.» « Pinar de Suiza n'a pas été abîmé du tout, mais imaginez l'insécurité et la peur pour ses habitants ! Imaginez si la terre se remettait à glisser ! Ça ne vaut plus rien toutes ces constructions.» Désormais, seule la vie vaut cher, constate le prêtre à la barbe grise.Car la vie peut s'arrêter à tout moment.Samedi, des dizaines de commerces affichaient cerrado (fermé) tandis que des usines bien solides se retrouvaient aussi vides qu'un jour de fête.« Quand ça tremble, il faut fermer les bureaux par précaution.Les gens sont trop nerveux pour s'intéresser au travail.Ils courent dans la rue, ils veulent aller vérifier si leur maison est toujours là, savoir ce qui est arrivé à leur famille », explique Rosa Elena Quesada, une religieuse du Costa Rica venue s'occuper des enfants traumatisés du quartier Las Delicias et du bidonville de Guadalupe.La terre est si imprévisible Ð les sismologues du pays peinent à expliquer ce qui se passe Ð, que la ministre de l'Éducation Evelyn Jacir a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays pour une période « indéterminée ».« Une maîtresse ne peut pas sauver 30, 40 enfants en cas de désastre, explique Rosa Quesada.De toute façon, les parents ne veulent plus laisser partir leurs petits.Et ces derniers non plus ne veulent pas quitter les adultes : à chaque secousse, leur papa et leur maman les agrippent ; ils sentent la peur.» Au luxueux hôtel Inter Continental, supposément à l'épreuve des secousses sismiques, un homme d'affaires n'est pas plus rassuré depuis qu'il a senti les murs de sa chambre vibrer comme la carcasse d'un avion qui décolle.« Mon lit tressautait ! s'exclame-til.Une autre fois, je conduisais et tous les piétons autour de moi perdaient pied dans la rue.» « Toutes ces secousses vont nous rendre fous ! » conclut la travailleuse d'usine Merida del Carmen Reyes, elle qui en a pourtant vu d'autres dans sa maison de Florencia de San Marco.Sur le site Internet du journal El Diario de Hoy, la liste des séismes salvadoriens survenus depuis 1575 fait 12 pages.Et Merida n'en peut plus de remplir chaque nuit la treizième.Guadelupe, 318 taudis de carton et de tôle, n'avait vraiment pas besoin de ça ! MARIE-CLAUDE MALBOEUF SAN SALVADOR Ð Guadelupe, c'est 318 taudis de carton et de tôle exposés au vent sur une colline de sable.Une « zone à haut risque » où des grands-mères voûtées continuent de balayer les détritus au bord du chemin en surveillant les enfants qui jouent dans les rigoles.Le 13 janvier, la montagne a pourtant glissé jusqu'au pas de leur porte.Tout l'autre côté de la rue, tous les voisins d'en face ont été engloutis.Au printemps, lors de la saison des pluies, la boue pourra entrer à flots dans leur demeure.À moins que la terre ne poursuive son avancée sans attendre, en se remettant à trembler comme elle n'arrête pas de le faire.Reconstruire ?« Ils s'y croient obligés, ils n'ont aucun autre endroit où aller », se désole le prêtre du petit bidonville, Peter Danahan.« Mais ce serait criminel de laisser faire ça ! Les gens ont reconstruit ici après l'ouragan Mitch et regardez ce qui arrive.» « Il faut que le gouvernement s'en mêle », poursuit-il en pointant des milliers d'autres unités, serrées les unes contre les autres directement au pied du volcan San Salvador.« Les gens sont attachés à leur lopin de terre dans ce pays.Mais à l'avenir, il faudra s'en tenir aux terrains sûrs et se résigner à construire en hauteur.Il faut établir des contrôles.La religieuse Rosa Quesada prévoit devoir se battre pour faire entendre raison aux paroissiens du bidonville et de Las Delicias (une autre zone dangereuse, mais plus riche, du quartier Santa Tecla).Depuis un mois, nouvelles secousses ou pas, ils nettoient sans relâche leurs demeures en ruines.« Quand on leur parle d'évacuation, ça les perturbe beaucoup.Ils ne veulent pas laisser leur coin.Mais je crois qu'il y a une faille dangereuse sous les maisons les plus détruites.Ils vont devoir se décider.» En attendant, les gens tentent de faire comme si de rien n'était.Hier matin, 150 personnes ont écouté la messe à l'ombre de leur église qui semble avoir été éventrée par une bombe.Faute de prie-Dieu, des vieillards tremblotants s'agenouillaient sur l'asphalte.« Après deux désastres, le Salvador demande beaucoup d'aide, mais en même temps, ça ne prend pas grand-chose.Avec 1000 $ US, je serais capable de nourrir 1500 familles pendant quatre mois », a plaidé le père Danahan.« C'est absurde de dire qu'on va créer une dépendance.D'abord, il y a eu le tremblement de terre de 1986, ensuite la guerre civile.Et maintenant, ça.Les gens sont fatigués de se battre.» Photo AP © Des survivants du séisme, de tout âge, vont cueillir leur nourriture dans une banque alimentaire de Guadalupe.1,3 million de sans-abri attendent Agence France-Presse SAN SALVADOR Ð L'archevêque de San Salvador, Mgr Fernando Saenz, a lancé hier un appel pressant à la communauté internationale pour qu'elle vienne en aide aux quelque 1,3 million de sinistrés des suites des séismes des 13 janvier et 13 février derniers.« Toutes les ressources prévues pour venir en aide aux sinistrés sont épuisées », a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse dans une salle de la cathédrale de San Salvador après la messe dominicale.Les sinistrés ont besoin, en plus d'aliments, d'une assistance médicale et de logements, notamment dans les départements de la côte Pacifique (La Libertad, La Paz et Usulutan) et dans les départements du centre (La Paz, San Vicente et Cuscatlan).Les populations touchées par le séisme du 13 février, d'une magnitude de 6,1 sur l'échelle ouverte de Richter, ont besoin d'urgence d'eau et de ravitaillement.« Je lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle nous envoie une aide urgente et abondante dans tous les domaines : des aliments, des vêtements et de l'argent pour la construction de logements provisoires », a déclaré l'archevêque.Les deux séismes ont fait au moins 1132 morts, 1,3 million de sans-abri et des dégâts estimés par les milieux d'affaires salvadoriens à trois milliards de dollars.« Nous devons surtout organiser la reconstruction, malgré son coût élevé.Nous avons besoin de l'effort de tous pour que ce soit une véritable reconstruction qui assure à toutes les familles touchées par la catastrophe un logement digne », a ajouté l'archevêque, qui a souligné que « la misère d'avant le séisme était aussi un véritable séisme ».Selon les estimations officielles, à la veille du séisme, 48 % des 6,2 millions de Salvadoriens vivaient dans la pauvreté.Photo AP © Un femme se couvre la bouche afin de ne pas respirer la poussière en provenance des ruines, dans les rues de Guadalupe. 1LP1101A0219 A11, dimanche, MONDE 1LP1101A0219 ZALLCALL 67 01:02:20 02/19/01 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 9 FÉVRIER 2001 A 1 1 MONDE La mort de trois policiers serbes exaspère la région L'attentat de vendredi a attisé les tensions ; branle-bas de consultation à Belgrade SUZANA POPOVIC Associated Press LUCANE, Yougoslavie Ð Trois policiers serbes dont le véhicule a sauté sur des mines sont morts hier dans la zone-tampon en bordure du Kosovo.L'accident risque d'attiser les tensions entre Serbes et albanophones, déjà très vives après les sept morts dans l'attentat de vendredi contre un car transportant des Serbes du Kosovo.À Belgrade, les plus hauts responsables yougoslaves et serbes, dont le président Vojislav Kostunica, se sont réunis en urgence hier soir pour examiner la situation, rapporte l'Agence France-Presse.On a convenu d'un certain nombre de mesures « antiterroristes », dont la teneur n'a pas été divulguée.Les trois officiers ont apparemment sauté sur deux mines antichar, selon un policier.L'accident s'est produit vers 9 h 30 locales près du village de Lucane, à 270 km au sud-ouest de Belgrade et à 60 km au sud-est de Pristina, chef-lieu de la province serbe.Le commandant des troupes britanniques dans la région, le général de brigade Rob Fry, a laissé entendre que l'attentat contre l'autobus montrait que les militants albanophones ne voulaient pas négocier avec le gouvernement serbe ni avec personne d'autre sur un plan de paix soumis à l'OTAN en début de semaine par le vice-premier ministre serbe Nebojsa Covic.« Il est clair que la présentation du plan de paix de Covic à Bruxelles signifie que le moment est venu pour des évolutions politiques importantes.Je pense que les terroristes tentaient l'autre jour d'envoyer un message aux différentes parties », a-t-il estimé.Un haut fonctionnaire du ministère de la Défense yougoslave, Milovan Coguric, a déploré « un acte monstueux des terroristes albanophones ».« Nous voulons résoudre le conflit pacifiquement, mais, évidemment, d'horribles tragédies se déroulent », a-t-il ajouté, évoquant l'attentat contre l'autobus.« L'attentat (d'hier) montre que la police et l'armée ne peuvent même pas contrôler le secteur longeant la zone-tampon », a déploré M.Coguric.L'accident s'est produit à 200 mètres à l'extérieur de cette zone.Des rebelles albanais du Kosovo se sont infiltrés depuis novembre 2000 dans la zone-tampon d'environ 5 km qui longe la frontière administrative du Kosovo.Ils s'attaquent aux policiers serbes et aux militaires yougoslaves qui n'ont droit de porter que des armes légères dans ce secteur.Les soldats américains et britanniques de la force de maintien de la paix de l'OTAN tentent d'intercepter les livraisons d'armes.À Lucane, la police serbe et les rebelles albanais ne sont séparés que par une rivière, les Serbes étant sur la rive nord-ouest.Des mines seraient plantées par les deux parties sur les deux berges.La population a quasiment déserté les 500 maisons du village.Des affrontements éclatent sporadiquement dans ce secteur.Au Kosovo, la KFOR tentait d'identifier hier les restes humains retrouvés sur le lieu de l'attentat, dont le bilan pourrait être revu à la hausse.Au moins six des personnes à bord du car, dont les deux chauffeurs et des enfants, sont portées disparues, selon l'agence de presse officielle yougoslave Tanjug.La KFOR a promis une sécurité maximum aux familles serbes pour venir identifier les cadavres.Vingt-et-une personnes étaient toujours hospitalisées hier.Belgrade a décrété une journée de deuil.Une manifestation serbe était prévue à GRacanica, enclave serbe au Kosovo, ainsi qu'à Mitrovica, ville du nord du Kosovo coupée en deux entre Serbes et albanophones.La veille, le rassemblement d'un millier de Serbes n'y a pas provoqué d'incidents.Irak et Liban interpellent Israël CLAIRE SNEGAROFF Agence France-Presse JÉRUSALEM Ð Israël a opté hier pour la retenue mais aussi pour la vigilance face au Liban et à l'Irak, deux jours après une attaque du Hezbollah libanais contre ses soldats et les raids américano-britanniques sur les environs de Bagdad.Ces événements, ainsi que la poursuite des affrontements dans les territoires palestiniens, surviennent alors que, sur le plan intérieur, la formation d'un gouvernement d'union nationale piétinait.Le premier ministre sortant Ehud Barak, également ministre de la Défense, a déclaré qu'Israël suivait « avec la plus grande attention les événements en Irak », tout en soulignant que des mesures particulières ne s'imposaient pas pour l'instant.Une position réitérée par le chef d'étatmajor, le général Shaul Mofaz, qui a déclaré qu'il n'y « a pas de raison de changer quoi que ce soit à nos habitudes ».Dans la soirée, M.Barak devait néanmoins réunir le général Mofaz, ainsi que de hauts responsables de la sécurité et des renseignements pour évoquer les questions de sécurité en relation avec les développements en Irak.Plus tôt, le vice-ministre de la Défense Ephraïm Sneh avait estimé que le président irakien « Saddam (Hussein) ne représente par un danger immédiat mais qu'il faut prendre ses menaces aux sérieux ».Durant la guerre du Golfe en 1991, l'Irak avait tiré sur Israël 39 missiles SCUD à ogive conventionnelle qui avaient fait deux tués et des centaines de blessés.Concernant le Liban, M.Barak a déclaré qu'Israël réagirait « au moment voulu et de la manière qu'il se doit », tout en désignant la Syrie, le Liban et le Hezbollah chiite comme responsables de la sécurité à la frontière.Mais pour l'instant, Israël n'a pas prévu de riposte massive à l'attaque du Hezbollah qui avait tué vendredi un soldat israélien et blessé deux autres.Israël ne veut pas « ouvrir un nouveau front en plus de ceux auxquels nous avons déjà à nous occuper à Gaza, en Cisjordanie, et en Israël même », a indiqué M.Sneh.Le sud de la bande de Gaza a été le théâtre d'un affrontement armé de plusieurs heures.Trois Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens à l'arme lourde sur le camp de réfugiés palestiniens de Khan Younès, selon des témoins palestiniens et des sources hospitalières.L'armée a indiqué avoir riposté à des tirs sur la zone industrielle de la colonie de Neve Dekalim, près de Khan Younès.Au sud de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, deux charges ont explosé au passage d'une patrouille militaire sans faire de blessé, selon l'armée.Le ministre palestinien de l'Information Yasser Abed Rabbo a averti, dans un communiqué, que le bouclage total des territoires palestiniens « peut avoir des effets sérieux sur la situation politique et sécuritaire, et sur l'avenir du processus de paix ».Par ailleurs, un Palestinien, blessé vendredi par des tirs de soldats israéliens lors de heurts à Hébron, a succombé hier à ses blessures.Ce décès porte à 415 le nombre de tués depuis le déclenchement des violences israélo- palestiniennes, le 28 septembre : 340 Palestiniens, 61 Israéliens, 13 Arabes israéliens, et un Allemand.Ces incidents armés ont eu lieu au moment où la formation du gouvernement israélien d'union nationale, que tente de mettre sur pied le premier ministre élu de droit, Ariel Sharon, piétinait malgré les progrès de ces derniers jours.Photo AFP Dure la réforme en Iran Fariba Davoudi-Mohadjer, 35 ans, journaliste favorable à une libéralisation des institutions en Iran, est en prison, sur ordre d'un tribunal révolutionnaire.Son mari a expliqué que Mme Davoudi-Mohadjer est le troisième journaliste réformiste à avoir été arrêté en moins d'une semaine en Iran.Dans l'intervalle, l'intellectuel réformiste iranien Javad Konarehtchi, dit « Azar », a été retrouvé mort assassiné dans son appartement de Hambourg (nord) début février, a-t-on appris hier auprès de la police allemande.Le corps a été découvert le 4 février dans son appartement en feu après que des voisins eurent donné l'alerte.Londres jure que Saddam ne s'en tirera pas d'après AP LONDRES Ð Le ministre des Affaires étrangères britannique Robin Cook a juré hier de maintenir la pression sur Saddam Hussein, en dépit des vives critiques internationales suscitées par le bombardement américano-britannique lancé vendredi sur des cibles irakiennes.Tant que les zones d'exclusion aérienne protégeant les Kurdes dans le nord et les Chiites dans le sud ne sont pas garanties, il existe un danger que le chef de l'État irakien ne lance une attaque aérienne sur son propre peuple, a déclaré M.Cook à la BBC.« Certaines des personnes qui se demandent pourquoi nous avons agi de la sorte seraient les mêmes à demander pourquoi nous n'en faisons pas plus si nous abandonnions et que Saddam revienne faire des bombardements aériens visant son peuple », a-t-il fait valoir.La cote variable de George W.Bush.en hausse .en baisse ailleurs aux États-Unis P H I L I P P E DEBEUSSCHER Agence France-Presse CRAWFORD, Texas Ð Après avoir adressé un avertissement à Saddam Hussein en faisant bombarder des centres radars et de communication près de Bagdad, George W.Bush va devoir affiner ses options sur l'Irak.Dès l'arrivée de M.Bush à la Maison-Blanche, les principaux responsables de la nouvelle administration républicaine n'avaient pas fait mystère de leur volonté de durcir nettement le ton à l'égard de Saddam Hussein.Mais après l'ampleur des réactions immédiates provoquées dans le monde par ces frappes, la conseillère pour la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Condoleeza Rice, avait souligné qu'elles ne constituaient pas un changement de la politique suivie par les États- Unis depuis 1991.M.Bush, en week-end dans son ranch texan de Crawford, s'était lui-même efforcé vendredi au Mexique de dédramatiser la portée de sa première décision de commandant en chef en affirmant que les bombardements constituaient « une mission de routine pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne au sud de l'Irak ».L'ancien ambassadeur américain à l'ONU, Richard Holbrooke, a indiqué à CNN que les responsables de la Maison-Blanche n'entendaient d'ailleurs pas rendre publiques ces frappes, dirigées pour la première fois depuis deux ans contre des objectifs situés au nord de la zone d'exclusion aérienne.Selon M.Holbrooke, les bombardements visaient à « envoyer un important signal à Bagdad pour avertir les dirigeants irakiens qu'ils ne devraient pas profiter des premiers mois de la nouvelle administration pour tester ses réactions ».Il a souligné la nécessité pour l'administration Bush de réexaminer l'ensemble de la politique actuelle.Mais celle ci ne dispose pas de beaucoup de marge de manoeuvre pour écarter Saddam Hussein du pouvoir, un objectif poursuivi totalement en vain depuis dix ans par les États-Unis.Les nouveaux responsables américains ont manifesté il y a quelques jours leur intention d'intensifier leur soutien à l'opposition irakienne.Pour la première fois depuis cinq ans, Washington va débloquer 4 millions de dollars pour financer des opérations de l'opposition irakienne à l'intérieur même du pays.Cette décision ne fait toutefois pas l'unanimité dans le camp républicain.Si pour Richard Perle, un ancien responsable du Pentagone dans l'administration Bush père, le soutien à l'opposition irakienne est un corollaire indispensable du maintien des sanctions, le sénateur républicain John Mc Cain a estimé pour sa part « ne pas être très optimiste » quant aux résultats à en attendre.« Cela ne veut toutefois pas dire que nous ne devrions pas essayer », a-t-il ajouté.Le secrétaire d'État Colin Powell, qui avait été chef d'état-major interarmes durant la guerre du Golfe en 1990-91, s'efforcera à la fin du mois durant sa première tournée au Proche-Orient de plaider auprès des alliés de Washington pour une application plus stricte des sanctions contre le régime irakien.Mais les chances de se faire entendre apparaissent minces, à en juger par les réactions enregistrées dans le monde arabe après ces derniers raids.O L I V I E R KNOX Agence France-Presse WASHINGTON Ð Adepte du traitement d'un thème par semaine, le président George W.Bush récolte des éloges pour sa prestation depuis son arrivée il y a moins d'un mois à la Maison-Blanche, mais il va devoir batailler pour faire passer son plan de réduction des impôts, estiment les experts.« Bush a pris un départ plutôt bon », estime Eric Davis, professeur de sciences politiques à Middlebury College (Vermont), tout en prévoyant une bataille acharnée autour du principal projet de politique intérieure du nouveau président : un plan de réduction d'impôts de 1600 milliards de dollars.« Ce ne sont que des impressions floues, mais elles sont positives », a déclaré le représentant démocrate William Delahunt, rendant hommage aux efforts de Bush pour « changer la nature hystérique » du discours politique en vogue sous son prédécesseur Bill Clinton.Depuis sa prise de fonction le 20 janvier, M.Bush s'est attaché à tenir ses promesses de campagne, certaines controversées, tout en lançant ce que d'aucuns ont appelé une « offensive de charme » pour faire taire ses critiques tant aux États-Unis qu'à l'étranger.Le président s'est engagé à consulter ses alliés de l'OTAN et à discuter avec la Russie et la Chine concernant le projet controversé de bouclier antimissile (National Missile Defense, NMD), mais il a donné au projet un élan que Moscou a qualifié de « dangereux pour le monde ».En politique intérieure, promettant une approche ayant le soutien des partis démocrate et républicain, il a accueilli des dizaines de parlementaires démocrates à la Maison- Blanche, même si son porte-parole a affirmé qu'il ne « reculera pas » sur la dimension qu'il entend conférer à son plan de réduction d'impôts.Bush, qui a fait campagne sur le rétablissement de la dignité à la Maison-Blanche après les scandales des années Clinton, a bénéficié des débats sur les grâces de dernière minute accordées par le président sortant et sur les cadeaux que lui et sa femme Hillary ont acceptés dans sa dernière année de mandat.« Cela rend tout ce qu'il dit à propos du rétablissement de l'intégrité à la Maison-Blanche plus crédible », estime Eric Davis.Par ailleurs, sa stratégie d'utilisation de « plusieurs événements la même semaine pour attirer l'attention sur un sujet particulier (éducation, impôts.) fonctionne », explique- t-il.Bush semble avoir perdu peu de son capital de sympathie en nommant dans son administration quelques conservateurs expérimentés, notamment l'Attorney General (ministre de la Justice) John Ashcroft.Selon un sondage de l'hebdomadaire Newsweek publié aujourd'hui, 52 % des Américains aprouvent jusqu'à présent sa prestation, contre 51 % pour Bill Clinton à la même étape de son mandat.Ce sondage, réalisé auprès de 1000 adultes, comporte une marge d'erreur de plus ou moins trois points.Photo d'archives REUTER Le président Bush, apprécié différemment selon qu'on est aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. 1LP1201A0219 a12 lundi 1LP1201A0219 ZALLCALL 67 01:03:51 02/19/01 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 9 FÉVRIER 2001 FORUM Montréal: une démocratie à rabais m i c h e l e .o u i m e t @ l a p r e s s e .c a C'est mal parti.Encore une fois.Une poignée de maires de banlieue de l'île de Montréal ont trouvé leur sauveur qui, croient-ils, a une chance de battre Pierre Bourque et d'être élu à la tête de la nouvelle ville, soit l'ancien ministre libéral Gérald Tremblay.Les cinq ou six maires de banlieue qui ont jeté leur dévolu sur Gérald Tremblay ont tranché : il n'y aura pas de congrès au leadership.Trop compliqué, pas le temps, pas nécessaire.Belle mentalité.Comme si les Montréalais devaient se contenter d'une démocratie à rabais.Dans une semaine, Gérald Tremblay devrait annoncer officiellement qu'il se jette dans la course à la mairie.Quelques maires, comprenant Georges Bossé, de Verdun, Michel Leduc, de La Salle, Frank Zampino, de Saint-Léonard, Robert Libman, de Côte- Saint-Luc, Peter Yoemans, de Dorval, et Bill Mc Murchie, de Pointe-Claire, l'appuient.En janvier, ils ont créé un comité informel chargé de trouver un candidat capable de battre Bourque lors des élections du 4 novembre.Georges Bossé, un opposant aux fusions qui a connu une certaine notoriété en présidant l'Union des municipalités de banlieue, a tenté d'utiliser le comité pour mousser sa propre candidature.Il a d'ailleurs traité de façon cavalière Vera Danyluk, la présidente de la Communauté urbaine de Montréal qui caresse l'ambition d'être maire.Le comité l'a rencontrée à la sauvette dans une petite salle de l'hôtel de ville de Verdun et Bossé lui a fait comprendre qu'elle n'avait aucune chance.Mais le comité a tassé la candidature de l'ambitieux maire de Verdun, car ses appuis se limitaient en gros aux maires anglophones du West Island.Bossé a tenté de troquer son appui à Tremblay contre la présidence du comité exécutif.Ce marchandage, qui sent le chantage à plein nez, n'a pas fonctionné.Piteux, le bouillant Georges Bossé est rentré dans le rang et il s'est résigné à soutenir la candidature de Tremblay, faute de mieux.Bossé n'est donc plus sur les rangs, bon débarras ! Pendant ce temps, Michel Prescott, le chef du RCM, multiplie les appels du pied pour convaincre ses adversaires de l'affronter dans une course au leadership.L'opposition ne doit pas être divisée, car Pierre Bourque risque de se faufiler et d'être réélu, dit-il.Comme en 1998.Mais Prescott prêche dans le désert.Il n'a aucune chance de convaincre les maires de banlieue qui sont presque tous élus par acclamation dans leur ville depuis des années et qui n'ont aucune tradition démocratique.Ils s'en font même une gloriole.Pour eux, les partis politiques sont un embarras, des empêcheurs de gouverner en rond.Parlez-en au doyen, Yves Ryan, qui règne sur SA ville depuis près de 40 ans et qui fait une crise d'urticaire dès que le mot parti politique est prononcé.Le seul parti qui a réussi à se doter d'une structure démocratique qui recrute des membres, bâtit un programme, organise des congrès au leadership, est le RCM.Mais son penchant social-démocrate effraie les maires de banlieue et sa base électorale, qui se résume aux quatre districts du Plateau Mont- Royal, s'est dangereusement rapetissée.Le RCM est devenu un parti local qui aura fort à faire pour convaincre les gens de la banlieue de voter pour lui.Le RCM a au moins le mérite de démontrer qu'un véritable parti politique démocratique est possible à Montréal.Visiblement, cette idée n'est pas partagée par les maires de banlieue.Pourtant, la nouvelle ville, avec son 1,8 million d'habitants, ne sera pas un patelin dirigé par un maire élu par acclamation et une poignée de conseillers dociles.Bien au contraire.La mégacité aura un budget de 3,4 milliards et emploiera plus de 20 000 fonctionnaires.La démocratie est nécessaire, voire indispensable, et elle commence avec l'élection d'un maire.Pourquoi n'y aurait-il pas un congrès au leadership ?Pourquoi un homme comme Gérald Tremblay, qui a déjà été ministre dans le cabinet Bourassa, accepte-t-il de se soumettre à la volonté de cinq ou six maires de banlieue qui l'ont couronné chef sans autre forme de démocratie ?Par manque de temps ?Voyons donc, l'argument est facile et il sonne faux.Gérald Tremblay devra d'ailleurs regrouper sous une même bannière des maires ambitieux qui aiment le pouvoir et qui se voient déjà aux commandes de la future ville.Lourde tâche.Mais Tremblay a l'avantage d'être un candidat de l'extérieur qui n'a pas été impliqué dans le débat émotif entourant les fusions.Il s'est taillé une réputation de démocrate en pondant un rapport sur la consultation publique à Montréal où il a savamment varlopé le maire Bourque.Le rapport a été rendu public fin novembre, soit à peine deux mois avant qu'il annonce officiellement sa candidature à la mairie.Coïncidence ou habile calcul politique Obsédés par la recherche d'un sauveur, les maires de banlieue ont négligé un point important : le programme.Ce n'est pas tout de trouver un chef, encore faut-il qu'il ait des idées.Deux ou trois flashs écrits sur le bord de la table ne suffisent pas.Tremblay sera le candidat de la décentralisation, qui croit au maintien des cultures locales et à la transparence en matière d'urbanisme.C'est un peu mince.n n n Pierre Bourque, Gérald Tremblay, Michel Prescott.Trois candidats à la mairie.Cantonnés dans une stérile et coûteuse bataille juridique pour contester la loi sur les fusions, la plupart des maires anglophones sont absents du débat.Dommage.Reste Vera Danyluk qui a laissé entendre la semaine passée qu'elle pourrait fonder un parti politique.Alerté, Gérald Tremblay s'est empressé de la rencontrer pour la convaincre de l'appuyer.L'opération séduction fonctionnera-t-elle ?Véra Danyluk se rangera-t-elle du côté de Tremblay en échange d'un poste au comité exécutif ?Laisserat- elle tomber Michel Prescott avec qui elle songeait à conclure une alliance Gérald Tremblay craint comme la peste la division du vote de l'opposition.Et il n'est pas le seul.Traumatisés par l'élection de 1998 où Pierre Bourque a raflé la mairie avec moins de 45 % des voix, les candidats essaient de réunir leurs forces sous un seul chapeau.En 1998, trois hommes avaient affronté Pierre Bourque : l'ancien maire Jean Doré, l'ex-chef de police Jacques Duchesneau et Michel Prescott.Tous se sont cassé les dents.Jacques Duchesneau était perçu comme LE sauveur.Il s'est dégonflé pendant la campagne et son parti s'est lourdement endetté.Mais aujourd'hui, la donne est différente.L'actuelle Ville de Montréal contrôle tout juste la majorité des districts électoraux, soit 39 sur 72.Le maire Bourque a démarré sa campagne dès le retour des fêtes, mais sa tournée dans les villes de banlieue a été laborieuse.La partie risque d'être plus difficile qu'en 1998.Étroitement associé à la création de la nouvelle ville, Pierre Bourque risque de se heurter à l'hostilité d'une bonne partie des citoyens de banlieue qui n'ont pas digéré les fusions.La peur de la division du vote ne doit pas empêcher l'émergence d'autres candidats.Gérald Tremblay est vu comme un sauveur.L'expérience de Jacques Duchesneau devrait le faire réfléchir.Pascal Élie, collaboration spéciale Droits réservés LA BOÎTE AUX LETTRES Internet et les lois M.MARIO ROY tient d'intéressants propos (La Presse, 15 février) au sujet de la révolution commencée par Napster.Entre autres, que le problème ne peut être que résolu par davantage plutôt que moins de technologie.Par contre, le « codage indélébile des fichiers ou autre sorcellerie informatique » est une solution impossible.À partir du moment où de la musique peut être écoutée, elle peut aussi être enregistrée et stockée sous un format numérique, MP3 ou autre.Les compagnies de disques savent que leur façon de vendre de la musique est dépassée et, mis à part Bertelsmann qui voudrait s'associer à Napster, elles tentent de tuer Napster pour le remplacer par un projet comme Flycode, où elles seraient consultées pendant la conception plutôt qu'après.Internet est encore bien jeune et on tente présentement de l'adapter aux lois, mais il faudra bien un jour arriver à la conclusion que ce sont les lois qu'il faut adapter à Internet.Les droits d'auteur, comme ils existent présentement, ne font aucun sens dans un réseau où toute donnée numérique (film, musique, textes ou autres) est distribuée gratuitement.Les compagnies n'auront plus le choix, et c'est déjà commencé, de vendre des services et des produits bien matériels plutôt que des données.Nous vivons présentement encore dans une situation assez absurde où les artistes font plus d'argent avec des disques et des films qu'avec des concerts et des pièces de théâtre.NICOLAS FLEURY Montréal Que répondrons-nous ?QUE RÉPONDRONS-NOUS à nos petits-enfants quand ils voudront savoir pourquoi nous avons toléré le génocide en Irak ?Pourtant aujourd'hui nous savons Ð Nous savons que la guerre et les sanctions en vigueur depuis 10 ans ont fait un million et demi de morts.Ð Nous savons que 150 à 200 enfants continuent de mourir chaque jour des suites de cette guerre et des sanctions.Ð Nous savons que les enfants meurent de malnutrition, de diarrhée, d'infection, de leucémie : parce que l'eau n'est pas potable, parce qu'il n'y a ni assez de nourriture, ni assez de vaccins, ni assez d'antibiotiques ; parce que l'uranium appauvri, laissé par les bombes serait cancérigène.Ð Nous savons que la majorité des écoles sont impropres à l'enseignement et que plus d'un million d'enfants ne vont plus à l'école.Ð Nous savons que les agriculteurs n'ont plus les moyens de lutter contre les épidémies qui peuvent décimer leurs maigres troupeaux.Ð Nous savons que nous contribuons par nos impôts à maintenir ces sanctions inhumaines : le Canada a dépensé 35,9 millions $ en 1999-2000 et le même montant est prévu pour 2000-2001, pour le maintien des sanctions contre l'Irak.Non, nous ne saurons que répondre à nos petits-enfants, parce que nous sommes tous et toutes complices.MARYSE AZZARIA Sainte-Julienne Invective facile ALORS M.CHEVRETTE.On est prêt à accuser Ottawa sur toutes les tribunes de ne pas tenir ses promesses, mais pas un mot lorsque votre bon gouvernement du Québec fait marche arrière sur ses propres promesses en matière d'éducation, de santé et de jeunesse.Il me semble que les péquistes ont l'invective facile et adorent jouer les vierges offensées lorsqu'il s'agit de personnes ou de partis politiques qui ne pensent pas tout à fait comme eux.Et n'essayez surtout pas de blâmer le fédéral pour ces pirouettes puisque vous avez bel et bien cet argent et que vous allez l'utiliser pour effectuer des baisses d'impôts avant les élections.RICHARD LÉVESQUE Saint-Jean-Iberville Les dindons de la farce, c'est nous.J'OBSERVE depuis quelques temps les prix de l'essence.On nous serine que les hausses sont liées au prix du baril de pétrole.Rien ne me semble plus faux.J'observe les prix à la pompe depuis quelques semaines.Du lundi au jeudi, ils sont beaucoup plus bas que du vendredi au dimanche.Si le prix dépendait du coût du baril, jamais nous n'observerions ce genre de fluctuations.Je crois personnellement qu'il s'agit d'une tactique des pétrolières pour désorienter l'acheteur et faire gober des hausses qui n'ont plus rien à voir avec le prix à la source.Nous sommes rendus heureux d'avoir le litre à 72,9 sous.Les prix jouent de façon similaire aux pompes des différentes compagnies.J'y vois une collusion entre elles pour neutraliser les effets de la concurrence, ce qui est, je crois, illégal.Quand verrons-nous assez clair pour faire cesser ce manège où nous sommes toujours les dindons de la farce ?JEAN BAZINET Laval La « secondarisation » du cégep LES CÉGEPS sont-ils malades d'un secondaire trop faible ?Serions- nous en voie de « secondariser » le cégep ?Il faut y voir de plus près ! Partout ailleurs en Amérique du Nord, le secondaire se termine après une douzième année d'études alors que celui du Québec prend fin après une 11e année.Le modèle québécois nécessite- t-il d'être le seul système scolaire nord-américain à avoir le pas dans le peloton ?GUY DENIS collège de Sherbrooke VOUS VOULEZ NOUS ÉCRIRE?Courrier électronique: edito@lapresse.ca Obsédés par la recherche d'un sauveur, les maires de banlieue ont négligé un point important : le programme.Michel Prescott Du RCM au RGM L'AFFRONTEMENT, les camps adverses, les amis, les ennemis, tout est maintenant clair : les banlieues contre Montréal.Et Michel Prescott choisit de combattre Montréal.S'il avait compris quelque chose, il aurait déjà changé le nom de son parti pour le RGM : le Rassemblement du Grand Montréal.S'il comprenait quelque chose, il aurait eu une très sérieuse rencontre avec Pierre Bourque pour s'offrir comme colistier, pour la défense des intérêts de Montréal.Avec Bourque, ils auraient été chercher Vera Danyluk.Imaginez le « team »: Bourque, Danyluk, Prescott.L'expérience d'une métropole, la communauté urbaine et la démocratie municipale réunies.Ce n'est pas le maire de Baie d'Urfé appuyé du maire de Montréal-Est ou de Verdun qui pourraient « accoter » ça.Mais Michel Prescott a choisi le camp des banlieues, le RCM devrait le destituer pour trahison.GILLES DUHAIME Montréal 1LP1301A0219 a13lundi 1LP1301A0219 ZALLCALL 67 00:56:09 02/19/01 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 9 FÉVRIER 2001 A13 RÉPLIQUES L'arroseur arrosé Trovafloxacine : Pfizer défend ses essais cliniques menés au Nigeria LORRAINE RICHARD e t GUY GAGNON Les auteurs sont respectivement productrice chez Cité-Amérique et président de Alliance Atlantis Vivafilm.Dans l'édition de La Presse du samedi 3 février, à la une du cahier Cinéma, le film La Beauté de Pandore était associée, dans la mise en page, au thème de votre article traitant du « détournement de citation » des critiques de cinéma, dans l'usage abusif qu'en font les publicités de films.Votre article visait à démontrer, à l'aide d'exemples, comment des propos de journalistes ont été cités hors contexte, de manière erronée ou carrément mensongère.On y lisait qu'une publicité de film a réussi à tourner un conditionnel en une affirmation.Un journaliste qui écrivait : « il y aurait certainement eu un bon thriller à tirer d'un scénario qui joue sur la notion de voyeurisme » est cité dans la publicité comme ayant dit : « .un bon thriller.» Plus loin vous montriez que le texte d'un autre confrère qui annonçait à l'occasion d'une visite sur le plateau de tournage : « Nuit de Noces sera le hit de l'été lorsqu'il sortira dans nos salles », est récupéré pour la publicité du film comme une vérité : « .le hit de l'été.» Les petits points Ð expliquez-vous fort justement Ð cachant le sens de ce qui précède et de ce qui suit.Pour ce qui est de La Beauté de Pandore, aucun écho n'en est fait dans votre article.Pourtant les allusions vedettes que la mise en page réserve au film laisse entendre, par le sujet de votre article, qu'elles sont également fausses.Or, il nous apparaît qu'aucune distorsion ni qu'aucune utilisation « détournée » n'a été faite des articles de Paul Villeneuve, de Marc Cassivi et de Francine Laurendeau que nous avons utilisés dans nos publicités.Regardons-y de plus près.Bien que, dans votre mise en page, la première citation de Paul Villeneuve soit illisible (on ne peut y lire que le mot « ému » de l'article original), précisons que la publicité avait retenu en gras : « Pour leur part, Pascale Bussières et Jean-François Casabonne ne jouent pas.Ils SONT Pandore et Vincent.On les sent si bien vibrer qu'ils font des spectateurs des voyeurs émus et des complices.» Rien donc dans cette « contraction publicitaire » qui puisse illustrer votre propos.Le ton de l'ensemble de l'article était, cela dit, élogieux et M.Villeneuve donnait une cote de 4 sur 5.Prenons la deuxième citation, celle tirée de l'article de Marc Cassivi : « Charles Binamé est un maître de l'image.» Cette citation était extraite du paragraphe (intégral) qui suit : « Charles Binamé est un maître de l'image.Un legs probable de son passé et de son présent de publicitaire.La Beauté de Pandore qui ouvrait jeudi les 18es Rendezvous du cinéma québécois, ne fait pas exception à l'esthétique léchée des autres volets de son tryptique urbain.Regards superbes de lumière et de couleurs (direction photo réussie de Pierre Gill), confluant en une ode amoureuse, caméra à l'épaule, au coeur d'une ville : Montréal.» À notre avis, il n'y a là ni déguisement ni transfiguration du propos du journaliste sur cette partie qui l'a touché du film, et dont il parle avec ferveur.Même si plus loin M.Cassivi émet des réserves quant au scénario et aux dialogues, il conclut son article de la manière suivante : « Reste Montréal qui, même en arrière-plan, avec la campagne comme issue de secours, embrasse le style Charles Binamé.Ce qui n'est pas rien.» Il est bien certain que l'on ne peut pas tout aimer d'un film, les critiques de films pas davantage que nous-mêmes, mais est-ce un « détournement publicitaire » que de mettre en valeur, en exergue même, une ou plusieurs qualités qu'un journaliste a véritablement identifiées comme appartenant au film, et dont il traite sur deux paragraphes Quant à la troisième citation, celle de Francine Laurendeau : « .Pascale Bussières au sommet de sa maîtrise.», elle a été tirée du paragraphe suivant : « La Beauté de Pandore est interprétée par une Pascale Bussières au sommet de sa maîtrise, sobre et frémissante, habitée par la souffrance et peu à peu illuminée de l'intérieur ».Ajoutons que le ton de l'article, coiffé du titre « La Beauté de Pandore : audacieusement romantique », est on ne peut plus positif : « une recherche sur l'écriture conjuguée avec le travail d'acteurs dont le résultat est peut être moins tangible mais certainement plus fondamental et qui se traduit par une constante qualité de mise en situation, d'émotion ».Où donc se trouve la perversion du sens de ce qu'a voulu dire Mme Laurendeau ?Si nous tenions à réagir, c'est qu'il est pénible et déloyal d'être associé à une pratique qui n'a jamais été la nôtre.Cela dit, il est ironique qu'en dénonçant ce que votre journal appelle un « détournement d'intention », il ait par mégarde commis la même faute.Vierges offensées?De grâce, ne jouez pas les vierges offensées.Lorsqu'on laisse entendre dans une publicité, par quelques mots, voire une phrase, qu'un journaliste a aimé un film alors que ce n'est pas le cas, on dénature sa pensée.J'ai écrit, à propos de la Beauté de Pandore, que son « scénario erratique, outrancièrement littéraire et flirtant presque avec le Nouvel Âge, ne peut être sauvé même par le plus serré des montages ».J'ai aussi écrit que cette histoire « se confond rapidement en de lassantes élucubrations oniriques qui alourdissent un scénario dont l'intrigue du départ n'est pourtant pas bête du tout ».Votre publicité ne faisait pas mention de ces importantes réserves.Nos lecteurs ont le droit de le savoir.M.C.DON SANCTON L'auteur est directeur (Affaires de l'entreprise) chez Pfizer Canada Inc.Au nom de Pfizer Inc, j'aimerais répliquer à l'article que vous avez publié dans l'édition du 4 février dernier de votre journal (La patiente 6587-0069 est morte), qui portait sur l'essai clinique que Pfizer a mené au Nigeria sur la trovafloxacine, un nouvel antibiotique.Pfizer Inc.a d'abord répondu à cet article le 17 décembre dernier, lors de sa publication dans le Washington Post, et a versé sa réponse dans son site Web (www.pfizer.com), où elle est disponible depuis.Chez Pfizer, nous sommes en profond désaccord avec cet article et d'autres articles du Washington Post sur les essais cliniques effectués par les entreprises pharmaceutiques dans les pays en voie de développement et, en particulier, avec la description erronée, par le Post, de notre essai clinique sur la trovafloxacine mené au Nigeria, en 1996.La méningite cérébrospinale épidémique n'existe pas en Amérique du Nord, mais elle sévit dans des régions pauvres comme l'Afrique de l'Ouest.Voilà pourquoi le Nigeria était un endroit approprié pour mener cet essai clinique.Chez Pfizer, nous sommes convaincus que l'essai sur la trovafloxacine mené au Nigeria a joué un rôle important dans la recherche sur cet antibiotique par voie orale et qui aurait pu constituer une percée dans le traitement de cette terrible épidémie.La société souligne le fait que les traitements existants nécessitent une injection, ce qui entraîne de graves risques pour la santé publique, comme la dissémination de l'hépatite ou de l'infection au VIH à la suite de piqûres accidentelles.Pfizer a pleinement collaboré avec le Post en lui fournissant les documents demandés.La Société a donné des réponses détaillées à plusieurs demandes de renseignements faites par le journal au cours d'une période de deux mois, a fourni des prises de position sur la recherche clinique de Pfizer en Europe, en Amérique latine et au Nigeria, et a fait en sorte que le Post ait accès aux médecins qui ont mené l'essai au Nigeria.Dès la demande initiale du Post, il a été clair pour Pfizer que l'équipe de reporters avait une idée préconçue sur les essais cliniques menés dans les pays en voie de développement et, notamment, sur l'essai de la trovafloxacine.Étant donné que, chez Pfizer, on estimait que ce point de vue déformait la position de la société, on a publié la correspondance avec le Washington Post dans le site Web (www.pfizer.com) le 17 décembre dernier.L'essai sur la trovafloxacine mené au Nigeria était une étude clinique importante, et Pfizer est fière de la manière dont il a été effectué, en pleine épidémie de méningite cérébrospinale chez les enfants nigérians.Cet essai faisait partie d'un ensemble d'études portant sur l'utilité de la trovafloxacine dans le traitement d'un grand nombre d'infections graves.Les résultats ont montré que la majorité des enfants ayant participé à l'essai ont bénéficié du traitement par la trovafloxacine.Dans cet essai, l'état des patients qui ont reçu de la trovafloxacine a été semblable à celui des patients qui ont reçu le médicament de comparaison, la ceftriaxone, considérée comme le traitement de référence pour la méningite cérébrospinale épidémique.Les taux de mortalité observés dans l'étude Ð à la fois pour la trovafloxacine et la ceftriaxone Ð ont été plus faibles que ceux obtenus dans des essais menés en Occident et dont les résultats ont été publiés récemment ; de plus, ces taux étaient inférieurs aux taux de mortalité observés actuellement pour cette épidémie.Pfizer travaille à l'amélioration des soins de santé partout en Afrique.En effet, la société donne l'équivalent de millions de dollars de l'antibiotique Zithromax pour le traitement du trachome dans cinq pays africains.En Afrique du Sud, elle a lancé un programme de partenariat avec le ministère de la Santé du pays visant à rendre disponible gratuitement l'antifongique Diflucan pour le traitement de la méningite cryptococcique et de la candidose oesophagienne chez les patients sidéens.Comme Pfizer l'a mentionné au Post, la société aurait probablement offert Trovan gratuitement aux pays en voie de développement durant les épidémies cycliques, comme elle le fait pour Diflucan et Zithromax.Pfizer participe actuellement à une importante initiative mondiale mise sur pied par tous les secteurs de la recherche biomédicale visant à étendre les essais cliniques à l'ensemble de la planète et à hausser les normes dans le domaine de la santé à l'échelle mondiale.Cet effort est essentiel pour, premièrement, aider les organismes de réglementation, les entreprises qui mettent au point les médicaments, les médecins et les autres professionnels de la santé à mieux comprendre le mode d'action des nouveaux médicaments chez des malades ayant des antécédents médicaux différents et appartenant à diverses cultures ; en second lieu, étendre la mise au point de médicaments au traitement de maladies qui n'existent qu'à l'extérieur des pays développés ; et troisièmement, permettre à la collectivité médicale du monde entier de participer pleinement à la mise au point de médicaments novateurs.Chez Pfizer, nous croyons que la mondialisation des essais cliniques est essentielle pour établir une norme d'excellence internationale en matière de recherche clinique et pour étendre l'accès aux médicaments novateurs aux patients de toute la planète.PHOTOTHÈQUE, La Presse L'essai sur la trovafloxacine mené au Nigeria était une étude clinique importante, et Pfizer est fière de la manière dont il a été effectué, en pleine épidémie de méningite cérébrospinale chez les enfants nigérians.Cet essai faisait partie d'un ensemble d'études portant sur l'utilité de la trovafloxacine dans le traitement d'un grand nombre d'infections graves, précise la compagnie.« La mondialisation des essais cliniques est essentielle pour établir une norme d'excellence internationale.» La foi inébranlable de Mario Cardinal CLAUDE SYLVESTRE Dans les propos de Mario Cardinal (La Presse, 12 février), pour expliquer les intentions des auteurs de cette série (Le Canada, une histoire populaire) de 25 millions de dollars sur l'histoire du Canada, il est facile de déceler une amertume, un agacement envers ceux qui oseraient ne pas aimer, ou ne pas assez apprécier les qualités de cette mégaproduction.Même si le journaliste de grande expérience qu'il est le porte à convenir que chacun a le droit le plus strict à ses opinions, il est peu courant, au sein de la Société Radio-Canada, de voir autant d'énergie dépensée pour défendre une produit maison.Pour Mario Cardinal, l'essentiel de la production repose sur la recherche de l'objectivité, l'exactitude des faits dans une démarche d'information, dans la forme d'un documentaire journalistique objectif et qui évite les expressions d'un point de vue personnel.Les faits peuvent être exacts mais, attention, leur choix ne peut être parfaitement objectif.L'importance que les auteurs accordent à ce choix n'est pas neutre ; on choisit selon les valeurs qu'on accorde aux événements.Il ne s'agit pas de reprocher à cette série son contenu, minutieusement analysé par des historiens reconnus et des réalisateurs spécialisés dans le traitement d'une matière historique.Il s'agit plutôt de convenir que le piédestal où l'on loge la démarche objective est trop haut et relève du trompe-l'oeil.Pour être objectif, il n'est pas nécessaire lorsqu'on invite un Juif d'inviter un nazi.La démarche journalistique objective a comme, insidieusement, appelé un style de production sans émotion, ou si peu, avec une forme répétitive sans surprise, comme des parchemins plein cadre, des acteurs qui jouent à réciter de l'information face à la caméra.Mario Cardinal a beau dire qu'il ne s'agit pas de cinéma à la Mel Gibson et que l'histoire ne se raconte pas que d'une seule manière.Mais, pour certains, celle choisie par l'équipe de cette histoire populaire est la moins intéressante, justement à cause « des qualités » que lui attribue Mario Cardinal.Les points de vue d'auteur de documentaire ont souvent atteint des qualités d'information utile à la connaissance de l'histoire, justement parce qu'il utilisait un style personnel dans une forme inspirée par leur talent.Rappelons-nous le document The Valour and the Horror diffusé sur les deux réseaux de Radio-Canada, il y a quelques années.Et que dire de Nuit et Brouillard, de Resnais, du Chagrin et la Pitié, de Ophuls, de The Bomb, de Watkin.J'ai même la faiblesse d'y ajouter la modeste série Vivre en ce Pays sur une recherche et des commentaires de Eugêne Cloutier, diffusée à Radio-Canada à l'occasion du Centenaire de la Confédération, réalisée par moi.Tout cela pour dire que oui, il y a plusieurs façons de communiquer de l'information.Mais, à mon avis, laissons l'objectivité au Téléjournal, même si, en définitive, un chef de pupitre choisit le contenu qu'il juge le plus pertinent parmi un monceau de nouvelles.Mario Cardinal, dans sa réplique, a trouvé une finale surprise comme tout bon journaliste de talent.Voir le dernier paragraphe où son ADN, nous dit-il, lui vient d'un ancêtre patriote pendu avant celui choisi par Falardeau dans le récent film de ce dernier.Enfin, du sentiment.Objectivité, mon oeil! CHRISTIAN DUFOUR Le conseiller à la rédaction de la série Le Canada, une histoire populaire, Mario Cardinal, écrit sans rire (« Ras le bol des procès d'intention ! », La Presse, 12 février) que la série n'a pas encore été prise en défaut sur le contenu, l'objectivité ayant été au coeur de la démarche de ses concepteurs.Vraiment ?Quel choix objectif que celui de ne montrer, dans le crucial épisode 4 sur la Conquête, que le côté bienveillant du pouvoir britannique à l'égard des Anciens Canadiens, une fois finies les horreurs de la guerre ! Lors d'une émission de radio à la CBC, le 4 novembre, l'historien Jean-Pierre Wallot, ancien président de la Société royale du Canada, admit qu'il n'était pas normal qu'on ne touche pas mot de la Proclamation royale de 1763 dans cet épisode sur la Conquête.Un autre historien, Donald Fyson, de l'Université Laval, écrivait le 22 novembre dans Le Devoir que la série pouvait être accusée de présenter une vision tronquée de l'histoire du Canada.Dieu soit loué ! Cette série de télévision loyaliste revampée est pire que biaisée, elle est ennuyeuse, manifestement peu écoutée en français.VOUS VOULEZ RÉAGIR AUX TEXTES PUBLIÉS DANS CES PAGES?Adresse électronique: edito@lapresse.ca Une scène de la série Le Canada, une histoire populaire. La Presse 19 février 2001 Page A14 manquante "]
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