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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2001-04-24, Collections de BAnQ.

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[" 2LP0102A0424 pAGE a1/24AVRIL 2LP0102A0424 ZALLCALL 67 00:56:56 04/24/01 B MONTRÉAL MARDI 24 AVRIL 2001 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC > HULL-OTTAWA > 70¢ FLORIDE 1,75 $ U.S.1 17e ANNÉE > NO 1 81 > 7 6 PA G E S > 6 C A H IE R S La taxe scolaire majorée de 9% à Montréal FAILLE DANS LE FUTUR TRAITÉ DE LA ZLEA L'opposition dénonce la «volte-face » de Chrétien ÉRIC TROTTIER LES RÉSIDANTS de l'île de Montréal doivent s'attendre à recevoir un avis d'imposition scolaire en hausse de près de 9 %, au mois de juillet prochain.Le conseil scolaire de l'île de Montréal (CSIM), qui recueille les taxes pour les cinq commissions scolaires de l'île, étudie en effet la possibilité de porter le taux de taxation à 0,35 $ par 100 $ d'évaluation, contre 0,32 $ l'an dernier.Selon la porte-parole du CSIM, Mylène Boisclair, le nouveau taux sera adopté à l'assemblée du conseil, le 21 juin prochain.Pour François Ouimet, ancien président de la CECM et critique libéral aux affaires municipales, cette hausse est inacceptable : « Le gouvernement a complètement perdu le contrôle des taxes dans l'île de Montréal, dit-il.C'est très inquiétant, parce qu'en plus de la hausse de l'impôt foncier, le comité de transition (chargé d'implanter la fusion des 28 villes de l'île) veut faire sauter le plafonnement des hausses de taxes municipales qui était fixé à 5 %.Cela veut dire que les contribuables montréalais vont se faire frapper très durement par la taxation au cours des 12 prochains mois.» Il manque 30 millions La directrice des services financiers au CSIM, Sylvie Dorion, a expliqué que l'organisme fait face à un manque à gagner de 30 millions, résultat des dernières hausses salariales accordées au Voir TAXE en A2 G I L L E S TOUPIN OTTAWA Ð L'opposition a dénoncé hier ce qu'elle a qualifié de « volte-face » du gouvernement Chrétien dans l'application, à même le futur accord sur la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), du fameux chapitre 11 de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) signé entre le Canada, le Mexique et les États-Unis.La confusion et les ambiguïtés étaient en effet grandes hier chez les libéraux fédéraux, au lendemain du Sommet des Amériques.L'opposition a reproché au premier ministre Chrétien de vouloir « enchaîner » son gouvernement et les futurs gouvernements du Canada aux fameuses dispositions du chapitre 11 de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) Ð ce qui est contraire à ce qu'ont toujours dit les libéraux avant le Sommet.L'opposition accuse Jean Chrétien Voir VOLTE-FACE en A2 Autres textes, pages A6 à A8 De Montréal à Orsainville Les membres du groupe Germinal recherchaient la notoriété MARTIN PELCHAT QUÉBEC Ð C'est pour y lire à haute voix un manifeste et être reconnus mondialement que des membres du groupuscule montréalais Germinal complotaient depuis un an afin de pénétrer par la force dans le périmètre de sécurité du Sommet des Amériques.C'est ce qu'a soutenu hier au palais de justice de Québec un enquêteur de la Sûreté du Québec, Vincent Santori, qui a aussi décrit avec quelle facilité la police avait réussi l'hiver dernier à infiltrer le groupe au moyen de deux agents doubles.Arrêtés quelques jours Voir ORSAINVILLE en A2 Photo DENIS COURVILLE, La Presse Un effet de l'embargo.Après deux mois d'embargo sur les produits agricoles européens en raison de l'épizootie de fièvre aphteuse, ce ne sont pas les fromages au lait cru français qui manquent dans les assiettes, mais bien plutôt les petites côtes levées danoises.Les rôtisseries Saint-Hubert ont dû supprimer cette spécialité de leur menu et cherchent des fournisseurs de porc québécois capables de les approvisionner.Pas de pénurie cependant dans les restaurants La Cage aux sports qui servent, eux, des côtes de flanc, plus grosses et produites au Québec.Parlez-en à Audrey, qui s'en pourlèche les babines, sous le regard attendri du jeune serveur Martin, à la Cage aux sports sise au 1437, boulevard René-Lévesque Ouest.À lire en page A3.Redéfinir le sport « Bâtir le Canada par le sport » : voilà de quoi discuteront les quelque 300 délégués au sommet national du sport, le week-end prochain à Ottawa.La Presse y sera, mais aujourd'hui, entre-temps, dans le premier de trois blocs d'articles sur le sport au Canada, nous vous présentons le projet de politique fédérale de Denis Coderre, secrétaire d'État au Sport amateur, de même qu'une entrevue exclusive avec Richard Legendre, le ministre québécois délégué au Sport.qui participera peut-être à la conférence fédérale-provinciale de jeudi.Demain, nous analyserons la position de l'Association olympique canadienne que l'échec de Sydney a résolument alignée sur le modèle australien, dont nous parle par ailleurs le directeur de l'Australian Institute of Sports.Jeudi, autre entrevue exclusive, avec cette fois Denis Coderre.M.Coderre nous parle de santé, de bienêtre mais aussi de médailles.et d'un projet de loi pour l'automne.Voir nos informations en A9 Actuel cahier B Arts cahier C - horaire spectacles C4 - horaire télévision C2 - Louise Cousineau C2 - Nathalie Petrowski C3 Bandes dessinées C6 Bridge E8 Décès E6 Économie cahier D Éditorial A16 Êtes-vous observateur E4 Feuilleton C6 Forum A17 Horoscope E7 Le monde A14, A15 Loteries A2, A12 Montréal Plus cahier E Mots croisés C6, S10 Mot mystère C6 Petites annonces - immobilier E4, E5 - marchandises E5 - emplois E5 - automobile E7, E8 - affaires D2 Politique A5 M É T É O Voir page S16 Quelques averses Maximum 17, minimum 0 Trudeau a menacé de rompre les relations diplomatiques avec la France BRUCE CHEADLE de la Presse Canadienne OTTAWA Ð Pierre Trudeau aurait menacé de rompre les relations diplomatiques avec la France en raison de l'ingérence de cette dernière dans des questions politiques canadiennes, en 1970, lors des négociations devant mener à l'Organisation internationale de la francophonie.L'ancien premier ministre canadien s'y serait d'ailleurs pris d'une façon peu orthodoxe pour faire connaître son irritation, révèlent des documents ministériels rendus publics hier.Il aurait en effet appelé son ministre des Affaires étrangères, alors en déplacement à Paris, mais en utilisant une ligne qu'il présumait avoir été mise sur écoute par les services français.Les procès-verbaux de l'année 1970, rendus publics après les scellés obligatoires de 30 ans, montrent que le gouvernement canadien était particulièrement suspicieux à l'endroit du gouvernement français.Le « Vive le Québec libre ! » prononcé par Charles de Gaulle, en 1967, à Montréal, avait en effet jeté un certain froid sur les relations canado- françaises.Une association des pays d'expression francophone était en formation, à l'époque, et l'approbation formelle de ses structures était prévue dans le cadre de la conférence de Niamey, au Niger, à compter du 16 mars 1970.Le 13 mars, M.Trudeau aurait annoncé à son cabinet qu'il avait joint à Paris le secrétaire d'État aux Affaires extérieures, Mitchell Sharp, et lui avait « dit que le gouvernement ne voulait pas d'ingérence de la France dans les affaires internes du Canada et que le gouvernement canadien est sérieux ».« Si les Français continuent avec leur ingérence, il pourrait être nécessaire de rompre nos relations avec la France », aurait ajouté M.Trudeau, cité dans le procès-verbal.L'ancien premier ministre aurait précisé qu'il avait agi de la sorte sur le conseil du ministère des Voir TRUDEAU en A4 Autre texte en A4 ARRÊTEZ DE CHERCHER.La Civic à seulement 15 800 $.P.D.S.F.de la berline Civic DX 2001 (modèle ES1521PX) et du coupé Civic DX 2001 (modèle EM2111P) neufs.Transport et préparation (850 $), ainsi que taxes, immatriculation et assurance en sus.Les concessionnaires peuvent vendre à prix moindre.Photos à titre indicatif.Tous les détails chez votre concessionnaire Honda.www.honda.ca Vos concessionnaires Honda du Québec 2919087A 2LP0201A0424 pAGE A2/24AVRIL 2LP0201A0424 ZALLCALL 67 00:55:50 04/24/01 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 24 AVRIL 2001 DEMAIN DANS LA PRESSE Avoir le toupet d'en parler Elton John, c'est connu, a redonné de l'entrain à son toupet grâce à une greffe capillaire.Le magicien Alain Choquette a aussi fait apparaître quelques greffons au sommet de son crâne.Tout comme le comédien Alain Zouvi, qui est allé jusqu'à commenter, en direct, une greffe de cheveux à l'émission Flash.La liste des vedettes greffées est, en fait, très longue.Normal : les artistes se soucient toujours de leur apparence.Mais dorénavant, ce ne sont pas que les stars qui chouchoutent leur crinière.Votre voisin, beau-frère, patron ou amoureux s'est peut-être fait transplanter des cheveux.La greffe capillaire est de plus en plus populaire.et de moins en moins cachée.Portrait d'un phénomène qui n'est pas tiré par les cheveux.À lire demain dans le cahier Actuel.POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4816 Actuel actuel@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Auto, Mon toit, Santé Voyages aso@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6972 Quoi faire aujourd'hui quoifaire@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Arts, Spectacles, Cinéma, Livres arts@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4814 Économie econo@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Sports sports@lapresse.ca Télécopieur: (514) 350-4854 Têtes d'affiche denis.lavoie@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.RENSEIGNEMENTS (514) 285-7272 PROMOTION (514) 285-7100 COMPTABILITÉ (514) 285-6892 RECOUVREMENT (514) 285-6900 PUBLICITÉ Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi : 8 h 00 à 17 h 30 Décès et remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi : 8 h 30 à 17 h 30 Détaillants : (514) 285-6931 National et Télé-Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 ABONNEMENT (514) 285-6911 abonnement@lapresse.ca Par télécopieur : (514) 285-7039 Lundi au vendredi : 6 h 30 à 17 h 30 Samedi : 7 h à midi / Dimanche : 7 h à 11 h Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650 Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 1-6-3 > À quatre chiffres : 5-8-4-6 SUITES DE LA UNE TAXE Suite de la page A1 VOLTE-FACE Suite de la page A1 personnel non enseignant dans les commissions scolaires, à l'augmentation des coûts de chauffage des écoles (mazout et gaz) et à l'adoption du nouveau rôle d'évaluation de la CUM, qui se traduira par une perte de six millions pour le CSIM.Pour boucler son budget, le conseil scolaire aura besoin de 307 millions, a dit Mme Dorion, comparativement aux 298 millions de l'an dernier.Or, l'an dernier, les recettes fiscales n'avaient rapporté que 283,7 millions : le reste est venu du ministre de l'Éducation, François Legault.Le CSIM s'était en effet retrouvé devant un problème similaire, et le ministre avait fini par allonger ce qui manquait pour éviter une hausse de la taxe scolaire.« Il s'agissait d'une mesure exceptionnelle, qui ne sera pas répétée cette année », a toutefois déclaré le ministre, hier, par la voix de son attachée de presse, Renée-Claude Boivin.Celui qui détient la majorité à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Robert Cadotte, se plie à la décision annoncée par Québec.Selon M.Cadotte, « presque toutes les commissions scolaires, à part Montréal, affichent déjà un taux de 0,35 $ par 100 $ d'évaluation ».Ce taux est le maximum autorisé par Québec, et les commissions scolaires qui l'ont atteint peuvent participer au programme de péréquation du gouvernement, ce qui, ultimement, favorise les commissions scolaires aux prises avec des clientèles défavorisées comme la CSDM, fait valoir M.Cadotte, qui représente la CSDM au conseil du CSIM.La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, compte pour sa part s'opposer à la hausse : « Je vais m'opposer parce que ce n'est pas justifié, a-t-elle expliqué.Bien sûr, notre commission scolaire a de grands besoins, mais je pense qu'on devrait mener une bataille pour que le gouvernement recommence à investir dans nos écoles.Et pour qu'il reconnaisse notre situation particulière liée à la pauvreté.Mais Mme De Courcy est minoritaire à la CSDM et elle n'a pas grand pouvoir au conseil scolaire.Quoi qu'il en soit, François Ouimet met en garde ceux qui espèrent que la fusion des villes de l'île permettra à la nouvelle Ville de Montréal d'économiser : « J'ai assisté, il y a quelques années, au regroupement des commissions scolaires, et regardez ce qui se passe : les taxes n'arrêtent pas d'augmenter.» En 1990, le taux de la taxe scolaire était à 0,15 $ ; il est passé à 0,21 $ en 1996, et à 0,31 $ l'année suivante.Si la hausse est adoptée comme prévu à l'assemblée du 21 juin, les propriétaires d'une résidence évaluée à 150 000 $ recevront un avis d'imposition scolaire de 525 $.d'avoir cédé, à Québec, sur cette question aux pressions du président américain George W.Bush et à celles des grandes multinationales.« Nous avons maintenant un premier ministre qui pavoise à propos de la clause démocratique, a notamment lancé aux Communes Alexa Mc Donough, chef du NPD, alors qu'il enchaîne son gouvernement et les futurs gouvernements aux menaces de poursuites par les grandes entreprises parce que l'État aura voulu défendre les intérêts des citoyens.» Le chapitre 11 de l'ALENA permet à de grandes entreprises transnationales de poursuivre un État si elles estiment que les lois et les réglementations de cet État les empêchent de faire des profits.Avant le Sommet des Amériques, le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, a toujours dit qu'il ne signerait pas un accord sur la ZLEA si l'accord contenait des dispositions similaires au chapitre 11 de l'ALENA.« Nous n'allons entrer dans ce genre de mécanisme de disputes entre les investisseurs et les États dans aucun autre accord commercial, avait affirmé Pierre Pettigrew l'année dernière, et nous allons tenter de trouver une façon d'éjecter ce chapitre particulier de l'ALENA.» Même le site Internet du ministère du Commerce international mentionne cette position du gouvernement : « Le Canada ne veut pas que l'on reprenne, dans la ZLEA, les règlements régissant les différends opposant un investisseur et un État, prévus par l'ALENA.» Mais voilà que dimanche à Québec, lors de sa dernière conférence de presse, le premier ministre Jean Chrétien a contredit Pierre Pettigrew sur cette question.« Je pense que cette clause fonctionne raisonnablement bien au sein de l'ALENA, a dit M.Chrétien aux journalistes.Certains ne l'aiment pas.Moi, je pense que c'est une clause qui a raisonnablement bien fonctionné.» Pierre Paquette, député de Joliette et porte-parole du Bloc québécois en matière de commerce, a rappelé hier que déjà 17 poursuites ont été déposées contre le Canada par des multinationales dans le cadre de ce chapitre 11.Le Bloc québécois interpelle donc le gouvernement pour qu'il ne prenne pas le chapitre 11 de l'ALENA comme base de négociation pour la ZLEA.M.Paquette s'est cependant dit d'accord pour que les investisseurs aient certains droits afin qu'ils ne soient pas victimes de pratiques arbitraires de la part de gouvernements étrangers.Selon le député de Joliette, « il y a un déséquilibre actuellement dans le chapitre 11 entre la défense des droits des investissements et la défense de la capacité des États à défendre la santé publique et les volontés démocratiques de développement économique et social ».« Il est clair, a ajouté Mme Mc Donough, que le ministre du Commerce aujourd'hui a renié sa position précédente.» « Le premier ministre et moi sommes sur la même longueur d'onde, a soutenu pour sa part Pierre Pettigrew.J'ai toujours dit que le chapitre 11, nous l'avions signé et qu'il était impératif d'avoir une protection des investissements à travers les hémisphères.Et nous avons dit qu'il y avait certaines clarifications qui étaient nécessaires parce qu'il y avait eu des interprétations qui avaient été faites de ce chapitre 11 qui, à mon avis, ne reflétaient pas les intentions des rédacteurs de l'ALENA.J'ai dit que lorsque nous arriverons à la Zone de libre-échange des Amériques, nous allons tenir compte de ce que nous avons appris dans l'ALENA.Et je crois que le chapitre 11 fonctionne bien et nous avons besoins de clarifications de certaines interprétations qui ont pu être faites.» ORSAINVILLE Suite de la page A1 avant le Sommet, quatre membres de ce groupe, incluant son présumé leader, Alex Boissonneault, un exmilitaire de 22 ans congédié par l'armée l'an dernier, se sont vu refuser hier leur remise en liberté.Le juge Yvon Mercier, de la Cour du Québec, a conclu qu'ils étaient des « individus dangereux ».« Je crois que le public perdrait confiance en la justice si je vous remettais en liberté », a ajouté le juge, alors qu'éclataient en sanglots la mère d'un des accusés et une amie.« Procureur fasciste ! » a crié un jeune supporter des accusés lorsque le procureur de la Couronne, Me Sabin Ouellet, est sorti de la salle d'audience.La Sûreté du Québec a commencé à s'intéresser l'automne dernier à Germinal Ð inspiré d'un roman d'Émile Zola racontant la révolte de mineurs français Ð quand une « source » a rapporté qu'Alex Boissonneault, alors étudiant en sciences politiques à l'UQAM, projetait d'ouvrir une brèche dans le périmètre de sécurité en faisant éventuellement usage d'armes militaires, grâce à ses contacts dans l'armée.La SQ a formé en novembre une escouade des crimes majeurs pour le Sommet des Amériques, qui comptait dix policiers, puis une trentaine depuis deux semaines.M.Santori en faisait partie quand, au début du mois de décembre, on lui a donné la responsabilité de l'enquête sur Germinal.Selon lui, la filature a démontré qu'Alex Boissonneault avait des contacts fréquents avec un militaire de la Force de réserve de l'armée, Serge Vallée, ainsi qu'avec un autre réserviste qui n'a pas été accusé.Les enquêteurs ont ciblé un autre des contacts de M.Boissonneault.Le sachant sans emploi, ils l'ont leurré en distribuant dans son quartier une offre de travail à laquelle il a répondu.Il s'agissait de conduire des voitures entre Montréal et Québec pour une compagnie fictive de location.La police a manoeuvré pour lui imposer un compagnon de voyage, le premier agent double, qui a réussi à se faire présenter à M.Boissonneault.Sachant que les suspects étaient attirés par la stratégie militaire, l'agent double a ensuite prétendu avoir gagné des billets pour un jeu de guerre avec des balles de peinture.C'est ainsi qu'il a pu rencontrer les autres.et leur présenter un second agent double plus jeune.Le soir même, ce dernier se faisait offrir d'entrer dans Germinal, avec le grade de « sergent ».Car la police a découvert que le groupe avait une branche structurée de façon militaire, qui préparait l'attaque contre le mur du Sommet le soir de l'ouverture, vendredi.Certains membres avaient prévu, selon M.Santori, fabriquer des cocktails Molotov à Québec le matin.Mais ces armes dangereuses divisaient le groupe ; plusieurs n'en voulaient pas.Si Alex Boissonneault était le présumé leader de la branche militaire, il commandait à trois sergents qui dirigeaient chacun un « peloton » de sept ou huit membres.Selon la police, un autre membre de cette branche était Roman Pokorski, que M.Santori a décrit comme associé aux anarchistes violents du Black Bloc.L'autre branche de Germinal, « non militarisée », veillait surtout à la logistique et au recrutement.Le groupe planifiait un « camp d'entraînement » pour une trentaine de personnes le week-end du 31 mars dans la région de Victoriaville.Elles devaient y recevoir une formation sur les masques à gaz, l'usage des bombes fumigènes et des simulateurs de grenades, des rudiments de karaté et de relations publiques, et des notions de droit sur l'arrestation.Des désistements la veille auraient eu raison de cet exercice.La police a frappé le mardi précédent le Sommet.Comme Roman Pokorski et Victor Quentin n'avaient pas de voiture pour s'y rendre, un agent double leur a offert la sienne.On les a interceptés en direction de Québec : la police a saisi des bâtons de baseball, des lance-pierres, des billes de métal, et quelques simulateurs de grenades et bombes fumigènes.La police a ensuite perquisitionné chez les autres.Les accusés n'ont pas résisté à leur arrestation.L'avocat des accusés, Me Yannick Sévigny, a fait témoigner hier Johanne Paquin, une étudiante en sciences politiques qui appartenait à la branche non militaire de Germinal.Elle a soutenu que jamais les accusés n'avaient eu l'intention de blesser des manifestants ou des policiers.Tout comme les fumigènes, les simulateurs de grenades Ð qui font surtout du bruit, mais qui, selon la police, peuvent arracher une main en explosant Ð devaient faire « diversion », dit-elle, le temps que les activistes ouvrent une brèche dans le mur.Les cocktails Molotov ?« Il y avait beaucoup de gens qui n'étaient pas d'accord, dit-elle.On avait dit que ce n'était pas certain qu'on allait utiliser ça parce qu'on ne voulait pas blesser les gens.» Quant aux billes d'acier, elles n'étaient là que parce qu'elles étaient fournies avec les lance-pierres et qu'on n'avait pas eu le temps d'ouvrir l'emballage, dit l'étudiante, selon qui ce sont des balles de peinture qui étaient prévues.« Toutes les stratégies étaient faites dans un but d'autodéfense », affirme Mme Paquin.Mariette Trois-Fontaines, mère d'un des accusés, Mario Bertoncini, étudiant à l'UQAM, a pour sa part expliqué que son fils lui avait appris l'an dernier l'existence de Germinal et le but de l'opération.C'est elle qui devait loger le groupe à Québec.« Il (Mario) m'a juré qu'il ne voulait faire mal à personne », a-t-elle témoigné.La défense a plaidé que les accusés Ð Boissonneault, Pokorski, Bertoncini et Serge Vallée Ð n'avaient aucun antécédent et qu'il n'y avait pas de risque à les relâcher, compte tenu que leur action alléguée était dirigée contre un événement terminé.Deux d'entre eux doivent passer bientôt des examens à l'université, a noté Me Sévigny, ajoutant qu'il s'agissait de premiers de classe.La Couronne a de son côté soumis qu'on ne pouvait penser que leur action anticapitaliste allait s'arrêter avec le Sommet et qu'un groupe structuré comme le leur pose un risque plus grand.Des arguments qui ont convaincu le juge de les laisser en prison jusqu'au 22 mai, pour l'étape de la divulgation de la preuve.Un cinquième accusé, Victor Quentin, demeurera lui aussi en prison.La Couronne ne s'est cependant pas opposée à la mise en liberté sous conditions de Pierre David Habel et Jonathan Vachon, qui ont dû signer un engagement de 5000 $. 2LP0302A0424 A3MARDI 2LP0302A0424 ZALLCALL 67 00:56:09 04/24/01 B LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 24 AVRIL 2001 · A3 ACTUALITÉS Le corps du pilote toujours entre ciel et terre Presse Canadienne NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL Ð Hier matin, plus de 48 heures après la tragédie, les autorités ont commencé à s'exprimer sur la méthode à prendre pour rapatrier le corps de Gilbert Paquette, ce pilote de 38 ans qui a perdu la vie après que l'avion qu'il pilotait soit entré en collision avec une tour de communication à Notre-Dame-du-Mont- Carmel, dimanche matin.Depuis ce temps, le corps de l'homme et une partie de la carlingue sont toujours suspendus à la tour, à plus de 290 mètres (environ 950 pieds) du sol.Hier, les autorités policières, le coroner Raynald Gauthier et un enquêteur du Bureau de la sécurité des transports du Canada ont tenu une conférence de presse afin de faire le point sur la situation.À ce moment, personne ne pouvait s'avancer sur la façon de dégager le corps de la victime puisque tous attendaient les recommandations de la compagnie propriétaire de la tour, Wes Tower, qui a consulté des experts pour obtenir conseil.« Nous attendons les recommandations de Pascal Texier, vice-président régional de Wes Tower.La compagnie qu'il représente devait entrer en contact avec une firme américaine qui a déjà eu à faire ce genre de récupération.Par la suite, nous verrons quelles dispositions la compagnie entend prendre », commentait le capitaine Yvon Saint-Pierre de la Police régionale de Shawinigan.La tâche s'annonce ardue puisque plusieurs éléments techniques sont à considérer.« Notre objectif premier est de récupérer le corps le plus rapidement possible.Mais nous devons nous assurer de le faire de façon sécuritaire », ajoutait M.Saint-Pierre.Plusieurs moyens ont été envisagés.D'abord celui d'utiliser des secouristes héliportés jusqu'à la tour afin de dégager le corps.Or, en raison de la présence des haubans, il serait impossible de s'approcher très près de la tour.De plus, les secouristes se retrouveraient suspendus pendant de longues minutes pour effectuer un travail hautement technique.Enfin, la présence de bourrasques de vent pourraient mettre en danger la vie des secouristes.D'autre part, depuis dimanche, quatre hommes-araignées de la compagnie Chorus de Cap-de-la- Madeleine sont sur place et sont prêts à intervenir.Cependant, un ingénieur de Wes Tower a interdit toute ascension avant que la tour ne soit sécurisée.Il faut dire qu'elle a été rudement mise à l'épreuve lors de la collision.Au point d'impact, la structure a été endommagée.Malgré toute la bonne volonté, les hommes-araignées ne peuvent intervenir.Le coroner au dossier, Raynald Gauthier, a confirmé hier que les indices préliminaires qu'il détenait laissaient croire que Gilbert Paquette est mort sur le coup où dans les secondes suivant la collision.M.Gauthier a fait ses constatations en volant à une cinquantaine de mètres de la tour en hélicoptère.Selon le coroner, M.Paquette, qui par ailleurs n'a pas été identifié formellement au sens de la loi, présentait des « lésions évidentes incompatibles avec la vie ».Photo PC Une partie de la carlingue et le corps du pilote demeurent toujours prisonniers dans la tour, plus de 48 heures après l'accident.Télé-Québec sans antenne pour une période indéterminée Presse Canadienne NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL Ð Depuis dimanche, Télé- Québec ne peut plus diffuser à partir de son antenne et de ses émetteurs logés dans la tour de télécommunications de Notre-Dame-du- Mont-Carmel.La tour a été endommagée par la collision d'un petit avion avec la tour, dimanche matin.Le réseau de télévision, comme la plupart des autres médias locataires de la tour, attend de voir quelles seront les conclusions à propos de la structure afin d'envisager une remise en service des antennes.L'avion de Gilbert Paquette s'est écrasé dans la portion de la tour où se trouvent les installations de Télé- Québec.L'antenne régionale de la chaîne a été mise hors service immédiatement.« Il semble qu'on pourrait remettre en service nos équipements au quart de leur puissance une fois que Wes Tower pourra s'assurer de la solidité de la structure », précisait hier Daniel Bienvenue, directeur général de la production et des technologies pour Télé-Québec.Ce dernier a ajouté que seuls les abonnés d'un réseau de câblodistribution fournissant environ les deux tiers des foyers de la région pouvaient capter Télé-Québec.Ceux qui ne sont munis que d'une antenne devront patienter.Le hic, c'est qu'on ne sait pas encore pour combien de temps.Télé-Québec n'est pas le seul locataire de la tour à attendre les conclusions de Wes Tower, la firme spécialisée en tours de communications, qui a son siège social à Surrey, en Colombie-Britannique.La tour de Notre-Dame-du-Mont-Carmel est également utilisée par les stations locales CKTM et CFKM (affiliées respectivement à Radio- Canada et à Télévision Quatre Saisons), par Radio-Canada (pour son réseau anglais et pour deux chaînes de radio MF), par Télé-Québec, de même que par CIGB.L'accident survenu dimanche serait le premier du genre au Québec, peut-être même au Canada.« On a déjà eu des problèmes avec la glace, lors de tempêtes de verglas, ou avec un tremblement de terre.Mais qu'un avion entre en collision avec la tour, c'est la première fois », explique Marcel St-Arneault, de Cogeco Télévision.La tour de 328 m avait été érigée en 1969, puis reconstruite en 1972 en raison d'un bris dû au verglas.Photo ROBERT MAILLOUX, La Presse © L'avion est tombé dans un camping à proximité de la tour.Côtes levées recherchées JUDITH LACHAPELLE Après deux mois de crise de fièvre aphteuse, ce ne sont plus les fromages au lait cru français qui manquent dans les assiettes, mais plutôt les côtes levées danoises.Celles-ci ont disparu du menu de la plupart des rôtisseries Saint-Hubert, qui cherchent actuellement des fournisseurs québécois capables de les approvisionner.Ce n'est pas qu'il manque de côtes levées dans les frigos des producteurs d'ici, ou que le géant du poulet rôti lève le nez sur leur qualité.Mais Saint-Hubert sert à ses clients des « petites côtes de dos », ou « baby back ribs », une spécialité danoise qui n'est que très peu produite au Québec.Saint-Hubert a reçu ses dernières livraisons de côtes levées congelées importées du Danemark vers la fin décembre, soit bien avant que n'éclosent les premiers cas de fièvre aphteuse chez les porcs britanniques le 21 février.Depuis, les autorités de la chaîne ont recommandé à leurs franchisés de retirer les côtes levées du menu de leurs restaurants pour ne pas inquiéter leurs clients même si, admet la porte-parole Solange Heiss, ils n'ont rien à craindre pour leur santé en consommant cette viande.La fièvre aphteuse ne se transmet que très rarement aux humains, et de toute façon, la viande importée pour les rôtisseries Saint- Hubert est arrivée avant que ne se déclare le premier cas en février.Un seul franchisé de la chaîne, Sylvain Bernier, offre à ses clients des côtes de dos de porcs québécois dans ses cinq restaurants de la Montérégie.Saint-Hubert mentionne que si la situation est préoccupante, elle n'est pas catastrophique puisque les restaurants servent surtout du poulet à leurs clients.La pénurie qui sévit chez Saint-Hubert n'affecte pas tous les cuisiniers de côtes levées.Les restaurants La Cage aux sports, par exemple, servent les côtes de flanc, plus grosses et produites au Québec.« Des côtes levées, on en produit en quantité, rappelle Richard Davies, vice-président aux exportations chez Olymel-Flamingo.Nous avons de bonnes relations avec Saint- Hubert, nous les approvisionnons en poulet.Mais ils ont choisi le porc danois pour ses caractéristiques, ou encore pour le prix.» Pour un peu des deux, explique Solange Heiss.Les producteurs de côtes de dos québécois ne peuvent pas approvisionner les 90 restaurants de la chaîne.Et le porc qui est produit ici ne serait pas nécessairement meilleur marché, selon la porte-parole.« Les gens sont étonnés quand je leur dis ça, mais c'est vrai, dit-elle.Une quantité incroyable est achetée par les Japonais.C'est la loi de l'offre et de la demande.» À cause de l'embargo sur les produits européens, le Danemark est éliminé du marché pour le moment.Le Québec, seconde grande puissance de la production de porc, voit sa viande grandement sollicitée sur les marchés mondiaux.Les prix, qui avaient connu une hausse lors de la mise en place du blocus européen, continuent de se maintenir.« Mais des rumeurs veulent que certains pays comme le Japon, l'Europe de l'Est et la Russie autorisent bientôt les importations du Danemark, dit Richard Davies.Ça va enlever un peu de pression sur le marché.» Pour en savoir plus sur l'épizootie de fièvre aphteuse, tapez www.cyberpresse.ca/fievre 2LP0402A0424 A-4 MARDI actualit.s 2LP0402A0424 ZALLCALL 67 00:55:41 04/24/01 B TRUDEAU Suite de la page A1 Ottawa craignait l'effondrement du gouvernement québécois en octobre 1970 Affaires extérieures et qu'il avait téléphoné à M.Sharp en utilisant « une ligne téléphonique non protégée en présumant que les Français seraient à l'écoute ».Or, si tel était le cas, les Français n'ont pas fait grand-chose des menaces de Pierre Trudeau.À la conférence de Niamey, la France a demandé que chaque gouvernement Ð soit tous les pays souverains représentés, plus le Québec Ð se voient accorder le statut de membre à part entière à l'OIF.Quand cette demande a été rejetée, la France a proposé que les gouvernements des provinces et cantons puissent jouir de ce statut, avec l'approbation de leur gouvernement central.Le Canada a également rejeté cette proposition.Mais au moment où il tenait la ligne dure contre l'ingérence française, le cabinet Trudeau négociait plus sereinement avec le gouvernement unioniste du premier ministre québécois Jean-Jacques Bertrand.Le cabinet avait en effet entre les mains une position de compromis et une position « ligne dure » par rapport aux demandes du Québec dans le cadre de la francophonie Ð et c'est finalement la position du compromis qui a été retenue.M.Bertrand venait alors de déclencher des élections et la dispute avec Ottawa au sujet de la conférence de Niamey serait probablement devenue un enjeu électoral.« La réaction de la province de Québec, particulièrement en période d'élections, constitue de toute évidence un facteur essentiel », dévoile une note ministérielle datée du 11 mars.En octobre 1971, Ottawa et le nouveau gouvernement libéral de Robert Bourassa s'étaient finalement entendus sur la place du Québec dans l'OIF.L'accord satisfaisait à la plupart des demandes formulées par le gouvernement Bertrand.Le Québec et le Nouveau- Brunswick sont répertoriés comme « gouvernements participants » au sein de l'OIF, après cinq « membres associés » et 39 pays membres.JOHN WARD Presse Canadienne OTTAWA Ð Au cours des heures qui ont précédé la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre, en octobre 1970, le gouvernement fédéral craignait que le gouvernement québécois ne soit sur le point de s'effondrer sous la pression du Front de libération du Québec (FLQ).Des documents ministériels rendus publics hier révèlent que les préoccupations étaient vives Ð et qu'on aurait même évoqué la possibilité d'une « guerre civile » Ð autour de la table de réunion du cabinet fédéral, alors que Pierre Trudeau et ses ministres discutaient des troubles sociaux qui secouaient le Québec.Le tout nouveau gouvernement libéral de Robert Bourassa, élu en avril 1970, était perçu comme chambranlant sous la tension du moment, peut-on comprendre à la lecture des procès-verbaux ministériels, dévoilés après 30 ans de scellés obligatoires.M.Bourassa aurait affirmé à Ottawa qu'il entendait faire adopter une loi sur la santé, puis ajourner la session parlementaire de l'Assemblée nationale avant que la Loi sur les mesures de guerre ne prenne force.Il aurait en effet craint que son gouvernement ne s'effondre si la législature devait se poursuivre.« M.Bourassa ne voulait pas que ses députés d'arrière-ban siègent trop longtemps, indiquent les documents fédéraux, parce qu'ils se désolidarisaient rapidement.» « Le premier ministre (M.Trudeau) a indiqué qu'il avait essayé de convaincre M.Bourassa de conserver la tribune dont il disposait, l'Assemblée nationale, en session parlementaire et de s'en servir pour expliquer et contrôler la situation.« Mais M.Bourassa avait l'impression qu'il ne serait pas en mesure de préserver la solidarité de la Chambre et de son cabinet si une action n'était pas rapidement entreprise.M.Bourassa a ajouté qu'il pourrait fort bien se retrouver avec des démissions très rapidement.» Le cabinet fédéral examinait deux possibilités, soit celle de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerres Ð permettant les arrestations sans mandat et la suspension des libertés individuelles Ð ou celle d'amendements au Code criminel, qui rendraient possible l'arrestation de membres présumés du FLQ.M.Trudeau aurait affirmé ne pas s'être commis dans l'un ou l'autre sens lors de son entretien, mais qu'à son avis, « M.Bourassa s'est jusqu'à maintenant montré courageux et inébranlable, (mais) il a désespérément besoin d'aide ».Le député montréalais Bryce Mackasey, ministre du Travail de l'époque, aurait alors indiqué que le gouvernement québécois devait être soutenu.« Le ministre du Travail a affirmé que si nous devions détruire le gouvernement du Québec en ne lui portant pas secours, une guerre civile pourrait s'ensuivre.Il a fait valoir qu'il y avait bien plus en jeu que les vies de MM.(Richard) Cross et (Pierre) Laporte (retenus en otage par le FLQ).» D'autres ministres étaient cependant moins enclins à recourir aux mesures de guerre.John Turner, à l'époque ministre de la Justice, aurait ainsi conseillé la prudence.« M.Turner a ajouté qu'en suspendant les libertés civiles et en admettant qu'une insurrection est appréhendée, le gouvernement pouvait le danger (et que) s'il n'avait pas le support du Parlement et de la population derrière lui, tout cela pouvait se retourner contre lui.« Il a souligné qu'il était préoccupé par une action policière prématurée.Jean Chrétien, le ministre du Nord et des Affaires indiennes, a quant à lui fait valoir que si la menace était sérieuse, le gouvernement devrait « agir d'abord et expliquer ensuite ».Le gouvernement fédéral a finalement agi, en proclamant la Loi sur les mesures de guerre.Des centaines de personnes ont été emprisonnées sans mandat et sans que des accusations soient finalement portées.Peu après, l'otage Pierre Laporte était assassiné par le FLQ.Archives PRESSE CANADIENNE Un soldat du 22e régiment monte la garde devant l'hôtel de ville de Montréal, à l'angle de la rue Notre-Dame et de l'ancien viaduc de la rue Gosford au lendemain de la proclamation de la Loi des mesures de guerre par le gouvernement fédéral, en octobre 1970. 2LP0501A0424 A5 24 AVRIL 2LP0501A0424 ZALLCALL 67 00:55:12 04/24/01 B L A P R E S S E MONT R É A L MA R D I 2 4 A V R I L 2 0 0 1 A 5 CANADA NOUVEAU-BRUNSWICK Des députés veulent des avertissements sur les bouteilles d'alcool Une forteresse libérale tombe DENNIS BUECKERT Presse Canadienne OTTAWA Ð Les Canadiens pourraient bientôt retrouver des messages d'avertissement bien visibles sur les bouteilles d'alcool, si le gouvernement fédéral adopte une législation demandée par des députés soucieux de prévenir les dangers du syndrome de l'alcoolisme foetal.Des députés de l'opposition et certains membres du caucus libéral ont uni leurs voix, hier, en supportant une proposition de la néo-démocrate Judy Wasylycia-Leis, qui propose des messages d'avertissement.Des étiquettes comportant des photographies semblables à celles que l'on retrouve sur les paquets de cigarettes Ð mais qui montreraient des cerveaux hypotrophiés plutôt que des poumons cancéreux Ð sont l'une des possibilités envisagées, a indiqué le groupe de parlementaires lors d'une conférence de presse.La Chambre des communes a adopté la motion hier soir, par un vote de 217-11.Catherine Lappe, porte-parole du ministre de la Santé, Allan Rock, a affirmé que ce dernier avait dit aux députés libéraux de voter selon leur conscience.Mais il n'est pas certain que le gouvernement passera à l'action si la proposition est adoptée.« Cette question transcende les lignes partisanes, a fait valoir Mme Wasylycia-Leis.Le syndrome de l'alcoolisme foetal est une menace majeure pour l'enfance.C'est une question sérieuse, puisque le problème va grandissant.Mais, bien que ce soit une maladie dont les conséquences sont irréversibles, il est tout à fait possible de l'éviter.« Le syndrome de l'alcoolisme foetal est la première cause de malformations congénitales et de troubles du développement chez l'enfant.Les symptômes en sont une croissance déficiente, des dommages au système nerveux central et des malformations au visage.Les dommages au système nerveux central peuvent être à la source de « retards dans le développement, de déficit intellectuel, de problèmes d'apprentissage, d'hyperactivité et de troubles de mémoire ou de la capacité de concentration », d'après le ministère fédéral de la Santé.« La consommation d'alcool par la mère durant la grossesse est la première cause de retard mental au Canada », a affirmé le libéral Paul Szabo, qui a écrit un livre intitulé « Syndrome de l'alcoolisme foetal : le véritable exode des cerveaux ».La Comité permanent de la santé de la Chambre des communes avait proposé des messages d'avertissement sur les bouteilles d'alcool en 1992, mais rien n'a été fait depuis.Les États-Unis mettent de l'avant ce type d'avertissement depuis quelque dix ans, mais l'incidence du syndrome de l'alcoolisme foetal n'en a pas moins continué à augmenter.La députée bloquiste Diane Bourgeois a déclaré qu'elle s'était à prime abord montrée sceptique, mais qu'après avoir pris connaissance des documents scientifiques qu'on lui avait présenté, elle s'était convaincue de la nécessité de messages d'avertissement sur les étiquettes.« Je suis une ancienne enseignante, et je me suis souvent demandé pourquoi il y avait tant d'enfants qui souffraient de problèmes d'apprentissage, a-t-elle commenté.Après avoir vu ces études, j'ai réalisé que le syndrome de l'alcoolisme foetal pouvait fort bien être en cause.» ANDRÉ PÉPIN MONCTON, N.-B.Ð Les conservateurs de Bernard Lord ont fait tomber hier une vieille forteresse libér circonscription de Kent-Sud, au Nouveau-Brunswick, libérée par la récente démission du chef libéral Camille Thériault.Cette circonscription paraissait imprenable pour les conservateurs.C'est le comté de Louis J.Robichaud, Allison Dysard et Camille Thériault, tous d'anciens premiers ministres libéraux.Les libéraux n'ont plus que sept députés, contre 47 conservateurs et une néo-démocrate.Bernard Lord est en train de répéter l'exploit de son prédécesseur libéral Frank Mc Kenna qui détenait en 1986 tous les sièges de l'Assemblée législative.Il remporte toutes les partielles.La tradition au Nouveau-Brunswick, contrairement au Québec, c'est que les électeurs votent généralement du côté du pouvoir, lors d'élections partielles.Récemment, Bernard Lord a fait tomber les comtés de Caraquet et Campbellton, au hasard de deux partielles.« Notre message passe bien.Nous investissons dans la santé, dans l'éducation et dans tous les principaux domaines économiques.Bien entendu, il nous reste beaucoup à faire, mais nous sommes en bonne position pour conquérir les marchés », a indiqué le premier ministre Lord.Cette partielle lui a donné un nouveau député, Claude Williams, un spécialiste des affaires municipales.Le premier ministre martèle que le bilinguisme est une force motrice pour sa province et il entend bien mettre sur pied des cours de formation en espagnol pour permettre à sa province de mieux se positionner dans le cadre des négociations sur la formation de la ZLEA.« Nous favorisons la politique du libre-échange et nous allons nous positionner », a-t-il dit, en conférence téléphonique, hier soir.Le premier ministre conservateur est par ailleurs aux prises avec un problème de concentration de l'activité dans le sud de la province, soit à Saint-Jean, Moncton et Fredericton.Le nord de la province doit composer avec des taux de chômage inquiétants.« il faut investir dans la formation, dans la diversification de l'économie », admet- il, faisant allusion au travail saisonnier, dans les industries du bois et des pêches.Dur retour à la réalité pour Jean Chrétien G I L L E S TOUPIN OTTAWA Ð Dur retour à la réalité pour Jean Chrétien au lendemain de son succès au Sommet des Amériques à Québec, l'opposition a en effet déterré à nouveau la hache de guerre dans le dossier de l'Auberge Grand-Mère et le quotidien The Globe and Mail demandait, dans son éditorial d'hier, le départ du chef du gouvernement au profit de son ministre des Finances, Paul Martin.Pour le quotidien torontois, les manoeuvres de M.Chrétien pour empêcher Paul Martin de lui succéder, notamment le rappel de Brian Tobin au cabinet, sont dignes de « jeux de cour d'école ».« M.Martin a été un bon soldat, écrit le Globe et il mérite mieux.Le pays aussi.Le Canada serait mieux servi si M.Chrétien cessait de jouer des jeux de cour d'école et préparait le terrain pour son départ ordonné et rapide.» M.Chrétien a réussi la semaine dernière à convaincre le conseil exécutif national du Parti libéral de reporter la date de son prochain congrès biennal en février 2003, ce qui a été annoncé vendredi dernier.On ne s'attend pas à ce que le premier ministre tire sa révérence avant cette date, si telle est son intention.Il avait affirmé, après sa victoire de novembre 2000, qu'il avait bel et bien l'intention d'accomplir la totalité de son mandat.Quant au dossier de l'Auberge Grand-Mère, il a été à nouveau soulevé aux Communes hier par les conservateurs et l'Alliance canadienne qui affirment qu'Yvon Duhaime, le propriétaire de l'Auberge Grand-Mère, devait 23 000 $ à Jean Chrétien lorsque ce dernier est intervenu personnellement auprès de la Banque de développement du Canada (BDC) pour dégager un prêt de 615 000 $ en faveur de l'établissement de son ami.Ces affirmations s'appuient sur un document daté d'août 1997 et qui circule depuis quelques jours à Ottawa.Ce document obtenu à l'origine par le National Post, et dont La Presse possède une copie, est une « Autorisation de prêt » de la BDC en faveur d'Yvon Duhaime.Il y est précisé dans une note que M.Duhaime doit à JAC Consultant, la compagnie de Jean Chrétien, 23 040 dollars.En l'absence du premier ministre hier aux Communes, le vice-premier ministre, Herb Gray, a affirmé, en réponse à une question du député bloquiste Michel Guimond, que M.Duhaime ne devait pas cet argent à M.Chrétien.Le ministre de l'Industrie, Brian Tobin, a pour sa part réitéré en Chambre que le document en question était contrefait.« Ces documents de la BDC étaient contrefaits, a dit M.Tobin, des fausses informations y ont été ajoutées et on a tenté de distribuer ces documents.Lorsque cette information a été portée à l'attention de la BDC, la BDC a téléphoné à la GRC.La GRC s'occupe maintenant de cette affaire.Photo Presse Canadienne En l'absence du premier ministre hier aux Communes, le vice-premier ministre, Herb Gray, s'est porté à la défense de Jean Chrétien.Pierre Foglia fait relâche aujourd'hui.Sa chronique reviendra jeudi.Repas incluant une soupe du jour ou une salade, moules et frites à volonté.2953800A QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC MONTRÉAL 977 RUE STE-CATHERINE O.SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE LE BALCONNET BANDEAU OXFORD ET FILET 19.99 Nouvelle association du tricot texture oxford et du filet rayé ton sur ton, nouvelle forme sexy et enveloppante à la fois d'un balconnet mousse, superbe en bleu ou blanc.34-36 A, B et C.Rég.31.00 Bikini filet rayé coordonné 9.79 2941613A 2LP0601A0424 A-6 MARDI sommet 2LP0601A0424 ZALLCALL 67 00:48:15 04/24/01 B A6 LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 24 AVRIL 2001 Photo ASSOCIATED PRESS Hier à Québec, des ouvriers s'employaient à rouler le grillage de la fameuse clôture du périmètre de sécurité.YVES BOISVERT y b o i s v e @ l a p r e s s e .c a Jamais plus, dit L'Allier KATIA GAGNON QUÉBEC Ð Après avoir observé toute la fin de semaine les affrontements entre policiers et manifestants autour du périmètre de sécurité qui entourait le Vieux-Québec, le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, tire un constat clair : Québec ne veut plus accueillir d'événements qui nécessitent un tel déploiement de mesures de sécurité.Jamais plus, tranche-t-il.« Chaque fois que la tenue d'une rencontre exigera un tel déploiement de sécurité et fera que, pour se réaliser, Québec ne sera plus Québec, il faudra dire non », lance-t-il.« Si on ne peut plus visiter le Vieux-Québec, on va chercher à héberger des rencontres plus douces.Si on ne peut plus circuler, on va s'abstenir », ajoute-t-il, relevant les images « désolantes » de Québec qui ont circulé dans les médias du monde entier.Mais, somme toute, le maire estime que « dans les circonstances, l'événement s'est assez bien passé ».Avec ce sommet, Québec a « fait la preuve qu'on est capables de recevoir 34 chefs d'État dans des conditions de qualité.À aucun moment, la sécurité des leaders n'a été mise en danger ou les contraintes ont été telles que le Sommet a été mis en danger », commente M.L'Allier, qui dit d'ailleurs avoir reçu des félicitations du président américain, George W.Bush, pour le sangfroid des policiers présents en ville.Contrairement à Seattle, où on n'avait pas érigé de périmètre de sécurité et qui a écopé de dommages de près de deux millions, les dommages globaux sont minimes à Québec.Le coût le plus important sera la réparation d'un véhicule de la Ville, vandalisé par les manifestants.Coût : 10 000 $.Une centaine de foyers d'incendies ont été allumés, quelques pavés arrachés, des graffitis dessinés, mais les manifestants auront somme toute causé des dégâts très mineurs.Tout compris, la facture qui sera transmise au fédéral pour l'ensemble des services assurés par la municipalité durant le Sommet s'élève à 2,5 millions.Le maire de Québec remercie d'ailleurs les jeunes groupes de militants, qui ont « passé le mot » pour que la Ville de Québec ne soit pas la cible des vandales.« De façon très générale, les groupes n'ont pas attaqué la ville.Ils ont respecté la ville.Du vandalisme, du vol, il n'y en a pas eu », se félicite M.L'Allier, qui remercie les jeunes manifestants qui ont pris la peine de faire une corvée de nettoyage avant de quitter Québec.Au cours de la fin de semaine, près de 1800 citoyens ont placé un appel à la ligne sans frais que Québec a mise sur pied pour répondre aux interrogations des citoyens.La majorité se questionnaient sur l'accès au périmètre, mais près de 160 d'entre eux voulaient se plaindre de l'envahissement des gaz lacrymogènes dans leur domicile.« C'est sûr que c'est extrêmement incommodant.Moi-même j'en ai sérieusement souffert », raconte le maire, qui dit avoir été « gazé » au cours d'une de ses nombreuses tournées dans la ville.Les commerçants qui ont connu certains dommages Ð on pense à plusieurs vitrines brisées dans le quartier Saint- Roch Ð pourront compter sur l'aide de la Ville pour présenter des réclamations.Quant à ceux qui disent avoir subi des pertes de revenus, Jean-Paul L'Allier est moins catégorique.« Le restaurant Les Frères de la Côte (rue Saint-Jean) n'a pas été placardé et est resté ouvert.Il y avait du monde jusqu'à 4 h du matin.À côté, le Portofino se plaint d'avoir eu des annulations, mais il avait placardé ses vitrines.Qui voudrait manger dans une boîte ?» lance-t-il.Les textes complets de la déclaration finale du Sommet, des propositions gouvernementales ainsi qu'une sélection d'hyperliens pertinents sont disponibles à l'adresse www.cyberpresse.ca/sommet Mur, police et démocratie Ça ne fait pas très chic, un grillage de trois mètres de haut qui ceinture une ville, les hommes casqués, les gaz, tout le bazar policier.Télévisuellement parlant, ça ne fait pas tellement « démocratie ».Ça ne fait pas « liberté d'expression ».Même Jean-Bertrand Aristide ne voit plus de différence entre Haïti et le Canada après le spectacle de la fin de semaine.C'est vous dire s'il y a eu de la fumée.Mais soyons concret.Je n'ai encore rencontré personne qui m'ait dit : hourra, une clôture ! La question à se poser est : la liberté d'expression eût-elle été mieux servie si les casseurs avaient eu un accès direct au Centre des congrès ?Est-ce une mesure « de droite » que de protéger le lieu d'une rencontre au sommet ?Est-ce une mesure « progressiste » que d'empêcher, par un succédané d'émeute, la tenue d'une négociation entre dirigeants politiques ?Ces mesures étaient en place pour la tenue du sommet.Et le sommet lui-même, ou du moins le projet de ZLEA, est une mauvaise chose aux yeux de plusieurs.Tout ce qui a contribué à sa réalisation serait donc condamnable.Et l'a été, autant par les pacifistes que par les moins pacifistes.En défendant le droit pour les représentants des pays de négocier, on n'a pourtant rien dit sur la politique, sur le libre-échange, sur l'inégalité sociale ou même la démocratie.Ou plutôt, oui, on est à la base du principe démocratique : la sécurité publique la plus élémentaire.Il faut bien admettre, sans joie, qu'il n'est pas possible ces années-ci de tenir une rencontre de dirigeants politiques sur des questions économiques sans qu'il y ait de la casse.Ce n'est pas insignifiant socialement et politiquement.Mais ce n'est pas une raison pour cesser toute rencontre.La stratégie initiale du huis clos total, du secret, a largement miné la crédibilité du sommet.Et rendu plus nécessaires les mesures de sécurité.Mais cessons de déconner deux minutes.Les casseurs avaient rendez-vous, avec ou sans textes, avec ou sans référendum à la clé.La petite Internationale du pavé n'allait pas manquer ça.Bien entendu, comparée à un symposium sur le scoutisme, toute opération policière a des airs de brutalité.Le travail policier est indissociable de la contrainte, de l'usage de la force, en un mot de la violence.Mais c'est avec la police qu'il faut comparer la police.Et comparée aux stratégies utilisées ailleurs récemment, la police, à Québec, s'est bien tirée d'affaire.Voyez-vous le portrait sans « mur de la honte » ?À 500, 1000 peut-être, bien décidés à faire du grabuge, bien équipés, avec pour seule crainte celle de se faire arrêter, on peut virer un quartier à l'envers.Bien sûr, on peut abolir les rencontres de chefs d'État.Mais s'il doit y en avoir, comment penser que celle-là aurait pu avoir lieu à l'air libre ?Personnellement, je n'ai pas de solution sécuritaire toute faite.La police à Québec fut-elle plus vertueuse ?Elle est surtout plus surveillée.Et doit l'être constamment.Parce que, précisément, ce pouvoir d'utiliser la force au nom de l'ordre la mène facilement à l'abus.Y a-t-il eu « trop de gaz » ?Facile à dire.Le gaz n'a, aux dernières nouvelles, entraîné aucune hospitalisation.Il a été utilisé pour éviter des affrontements directs.Et seulement quand les choses se mettaient à dégénérer.Trop de balles de plastique ?Un manifestant a eu la mâchoire fracturée.Plusieurs ont été blessés par ces projectiles qui, ailleurs, ont déjà tué.On n'est pas du tout convaincu, jusqu'à maintenant, qu'elles ont été utilisées « en dernier recours », comme l'avait promis la police.C'est inquiétant.Des conditions idéales pour l'expression des idées, donc ?Non, évidemment.Mais l'angélisme ne sera d'aucun secours pour trouver mieux.SalAMI aussi aura beaucoup appris Des bleus aux fesses.et à l'âme MARIE-CLAUDE LORTIE PHILIPPE DUHAMEL, coordonnateur d'Opération SalAMI, était plutôt fatigué hier.Voilà deux ans que ce militant travaille à préparer des activités de désobéissance civile contre la ZLEA.Hier, il avait « envie de rentrer chez lui et de regarder ses ongles d'orteil pousser ».En général, M.Duhamel a passé un bon week-end.Il était satisfait de l'action directe organisée jeudi soir par les femmes de SalAMI, qui sont allées les premières près du mur, accrocher très pacifiquement des banderoles, dont quelques soutiens-gorge, sur la clôture.Duhamel était content de savoir que même Foglia, dans un article, a dit qu'il avait été ému.SalAMI a fait cette action sans savoir ce que cela donnerait.Comment la police réagirait.À Windsor, l'an dernier, lors d'une rencontre de l'Organisation des États américains, la police ne laissait même pas les manifestants accrocher des affiches sur le mur de protection du périmètre, dit M.Duhamel.Mais l'organisateur de SalAMI avait aussi pas mal d'idées de choses qui auraient pu être faites pour aller plus loin.Il trouve qu'avec de la bonne organisation, les manifestants prêts à la désobéissance civile auraient pu aller plus loin.Avec le célèbre José Bové, il s'est dit qu'ils auraient pu organiser des actions systématiques pour couper la clôture.« Imagine si, il y a six mois, on avait dit à la population de venir avec des pinces.Si les gens étaient arrivés par groupes de 100 avec des cisailles pour couper chacun un bout de clôture », dit-il.M.Duhamel se dit que ça aurait peut-être aussi été une bonne idée de faire des actions de résistance quand la clôture a été installée.Le militant croit que les jeunes manifestants du « mouvement » de la nouvelle gauche sont repartis de Québec avec une certaine tristesse qui est en contraste avec le bonheur qui a suivi Seattle.L'exercice aura donc été moins énergisant, peut-être.« Cette foisci, on ne repart pas avec une victoire claire et nette.» Mais cet anti-ZLEA aux cheveux qui commencent à grisonner a constaté que les jeunes militants ont beaucoup de front, sont courageux et prêts à faire des choses avec l'énergie des « sports extrêmes ».« Il y aura moyen de se servir de cette énergie-là », dit-il.La prochaine fois, continue M.Duhamel, « on fera encore plus ».Et entre-temps, promet-il, SalAMI sera là pour mettre son réseau de résistance et son savoirfaire au service des causes des groupes avec lesquels il a tissé des liens à Québec.« Prenez les infirmières, par exemple.Elles ne seront plus jamais isolées comme elles l'ont été durant leur grève à l'été 1999.Maintenant, il y aura beaucoup plus d'alliances entre les causes.» MARIE-CLAUDE LORTIE QUAND RICHARD Savignac, membre du Parti vert, est revenu au travail à Montréal hier matin, après avoir passé le week-end à Québec, ses collègues ont bien rigolé.« Hé, on a vu tes fesses à la télé ! » lui ont-ils dit.M.Savignac a effectivement montré une fesse à la télé.Une fesse avec un immense bleu, causé par une balle de plastique tirée par un agent de la GRC samedi soir.M.Savignac est « encore un peu en maudit », d'ailleurs, de toute cette affaire.Il dit qu'il n'avait strictement rien fait de mal, qu'il était dans la rue Saint-Jean, dans le calme, avec trois autres personnes et qu'ils avaient l'air de tout, avec leurs polars vert ou bleu, sauf de gars qui se préparent à former un Black Bloc.Après l'épisode, avoue-t-il, là il a crié des bêtises aux policiers, des vraies.Bref, M.Savignac revient à Montréal heureux de son week-end, mais quand même un tout petit peu amer à cause de cet épisode.David Marquis, manifestant de 24 ans qui veut qu'on le définisse d'abord et avant tout comme un citoyen, se préparait à revenir à Montréal quand La Presse l'a joint hier après-midi et lui aussi était un peu ébranlé par les expériences de son week-end.M.Marquis allait manifester à Québec avec la CLAC (Convergence des luttes anticapitalistes), qui a commencé à manifester dès jeudi, pacifiquement.« Quand je suis allé à la première marche, la marche aux flambeaux, j'ai trouvé ça tellement beau, j'étais tellement heureux, lancet- il.Je n'en revenais pas de voir tant de gens manifester ouvertement contre le capitalisme.» Le week-end s'annonçait extraordinaire.Puis, vendredi, la journée a été plus difficile, à cause de tout le gaz lacrymogène qu'il a respiré devant le Grand Théâtre.Et samedi soir, tout a basculé, dit-il.À la sortie d'un restaurant, hors périmètre, dans une zone d'un calme total, trois des amis avec lesquels il venait de manger se sont fait arrêter par des policiers en civil sortis d'une voiture.« Ça nous a complètement traumatisés.On s'est sentis comme dans un État policier.Ce sont des émotions assez terrifiantes.On est allés à l'appartement d'un ami et on en a parlé toute la soirée.On avait peur.La paranoïa s'est imposée.Le pouvoir l'a emporté.» 2LP0701A0424 A-7 MARDI sommet 2LP0701A0424 ZALLCALL 67 00:49:02 04/24/01 B HHH HHH HHH Los Angeles 249$ 1 VOL/JOUR Thunder Bay 164$ Ottawa 79$ Moncton 139$ St-John's, TN 179$ 1 VOL/JOUR 2 VOLS/JOUR 1 VOL/JOUR 1 VOL/JOUR Winnipeg 186$ 1 VOL/JOUR Saskatoon 233$ Vancouver 229$ Calgary 219$ Edmonton 219$ Regina 233$ 3 VOLS/JOUR 3 VOLS/JOUR 2 VOLS/JOUR 1 VOL/JOUR 1 VOL/JOUR SOLDE DU PRINTEMPS ! Plus de vols.Pour beaucoup moins cher.Les prix indiqués peuvent varier selon les dates de départs, sont des tarifs aller simple et sont soumis à l'attribution des sièges.Taxes, NAV Canada et surcharge de carburant en sus.Aucune réservation d'avance ou séjour minimum requis.Places limitées et nouvelles réservations seulement.Les réservations peuvent être modifiées moyennant une surcharge mais ne sont pas remboursables.Les fréquences des vols annoncées sont du lundi au vendredi.Prix valides sur les vols effectués entre le 1er mai et le 21 juin 2001.À partir du 28 mai 2001.d'un océan à l'autre Toronto 99$ Halifax 89$ 11 VOLS/JOUR 2 VOLS/JOUR canada3000.com 1 8 8 8 8 2 8 - 9 7 9 7 ou communiquez avec votre agent de voyages 2950605A Photo PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Landry et la ministre des Relations internationales Louise Beaudoin ont dressé un bilan somme toute positif du Sommet, hier à Québec.«Un puissant instrument pédagogique », croit Landry DENIS LESSARD QUÉBEC Ð Le Sommet des Amériques sera « un puissant instrument pédagogique » pour les souverainistes, estime Bernard Landry.Les Québécois verront davantage l'importance pour le Québec d'être présent à de telles réunions internationales.C'était l'heure du bilan sur le Sommet des Amériques pour Bernard Landry à qui Ottawa a refusé le droit d'adresser un message de bienvenue aux 34 chefs d'État et de gouvernement réunis en fin de semaine dernière.« Le prix de la non-souveraineté du Québec est de voir le pouvoir démocratique s'éloigner des citoyens, de notre Assemblée nationale.On le voit, des choses sont décidées par une organisation supranationale à laquelle on ne participe pas », d'observer M.Landry.Il y a 40 ans, les souverainistes parlaient du droit des peuples à se gouverner.« S'ajoute un argument puissant et moderne.S'ils ne veulent pas perdre le contrôle d'une grande partie de leur vie démocratique, les peuples doivent être souverains et présents aux tables internationales », a affirmé M.Landry.Il n'a pas manqué de fustiger le gouvernement Chrétien qui lui a refusé le droit d'adresser un mot de bienvenue aux chefs d'État.« Le gouvernement du Canada n'a pas été correct, équitable vis-à-vis de la population québécoise.Il n'a même pas été poli », a souligné M.Landry.« Il aurait été si facile de permettre aux élus québécois de souhaiter la bienvenue aux nations, d'être présent à des choses aussi conviviales qu'un service religieux », observe M.Landry.Il est rassuré par un sondage montrant que près de 70 % des Québécois souhaitaient que M.Landry puisse prendre la parole.M.Landry a salué le travail des policiers, en dépit « d'une petite difficulté en fin de processus à la prison d'Orsainville ».Les « casseurs » ont un comportement « antisocial, ne sont pas de petits saints et ne méritent aucune sympathie ».Il n'a pas voulu faire échos aux propos du maire Jean- Paul L'Allier, qui promettait de ne plus laisser une barricade défigurer la ville.Devant la force des attaques des manifestants, il faut se demander ce qui serait survenu sans ce mur, a commenté M.Landry.Selon lui, l'image internationale de Québec ne sera absolument pas ternie par les affrontements du week-end.« Prague était l'une des plus belles villes au monde, elle l'était avant son sommet, comme après », a dit M.Landry.(De violentes émeutes ont entaché en septembre 2000 le sommet du Fond monétaire international (FMI) dans la capitale tchèque.) Il applaudit au fait que les discussions du Sommet de Québec ont largement débordé le commerce.« Il y a une clause démocratique, il fut aussi question de santé, de travail, de diversité culturelle, toutes choses qui débordent la simple circulation des biens et services », observe M.Landry.Pour lui, les leaders des pays des Amériques ont bien compris l'importance de la transparence, « ils ont manqué de vigilance quant à l'information de la population, à la transparence, après Québec cela ne se reproduira plus », prédit-il.Le gouvernement du Québec, à ce chapitre, peut montrer patte blanche : il a donné accès aux textes de négociations de la ZLEA à ses parlementaires, tenu une commission parlementaire et un débat à l'Assemblée nationale sur cette question.Selon Bernard Landry, le Sommet des peuples, en dépit de certains excès de langage, aura contribué à informer la population quant aux enjeux de la libéralisation du commerce, même si Québec, farouchement libreéchangiste, n'est pas d'accord avec toutes ses conclusions.Les médias québécois, de relever aussi M.Landry, « ont fait leur travail de fond, pas seulement l'événementiel.Presque tous les médias se sont livrés à des analyses, des cahiers spéciaux, des envoyés spéciaux qui favorisaient la connaissance des pays.On a appris beaucoup du grand Brésil et du petit Paraguay, cela a accru l'information de la population par rapport aux Amériques, ce qui est une excellente chose », a commenté M.Landry.La ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, a relevé que les dispositions sur la diversité culturelle, le Plan d'action attaché à la Déclaration de Québec, « étaient bien timides ».On prévoit « encourager la convocation d'une réunion ministérielle » sur les industries culturelles, une autre rencontre sur l'éducation doit avoir lieu en novembre, et le Québec tiendra à y participer, prévient Mme Beaudoin.« Ce sont nos secteurs de compétence, les ministres québécois font partie des délégations canadiennes depuis deux ans à l'UNESCO et ailleurs, et on voudra encore en être.» Un policier de Seattle donne un A+ aux forces québécoises DENIS LESSARD QUÉBEC Ð L'escouade antiémeute n'a pas abusé des balles de plastique durant les manifestations de la fin de semaine, estime un policier américain qui, venu de Seattle, était au Sommet des Amériques pour observer les opérations entourant la sécurité.« Nous utilisons l'Arwen 37 (l'arme qui lance les balles de plastique controversées) plus fréquemment et plus rapidement.Placés dans le contexte de cette fin de semaine, on l'aurait utilisé davantage », d'expliquer le capitaine Michael Sanford, un policier de Seattle.En décembre 1999, les 500 policiers de Seattle avaient été littéralement débordés par les manifestants qui avaient entravé la tenue d'une réunion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).La Ligue des droits et libertés soulignait hier que ces balles de plastique étaient dangereuses.Dans les opérations de contrôle de foule, ces armes n'avaient été utilisés qu'en Irlande et en Palestine où elles avaient causé des décès.Selon le policier américain, à Québec, l'escouade antiémeute n'a pas non plus abusé des gaz lacrymogènes, en dépit de bien des critiques.« Beaucoup de manifestants utilisaient des masques à gaz, je ne pense pas que c'était excessif », résume-t-il.Le fait que la clôture du périmètre de sécurité ait pu être facilement renversée dans les premières heures des manifestations, vendredi, ne l'a pas inquiété outre mesure.« Dans les séances d'information qu'on nous avait données, ils savaient bien que cette barrière pouvait être renversée, ils étaient préparés dans ce cas à envoyer tout de suite un contingent de policiers qui aurait rapidement des renforts.Ils avaient visiblement bien planifié car cela a bien marché », observe le policier américain.Pour le capitaine Sanford, les policiers québécois « ont fait un très bon travail ».À la différence de Seattle, l'escouade antiémeute a changé de stratégie chaque jour.« Les manifestants, on l'a appris depuis Seattle, changent de stratégie, s'adaptent aux réponses des policiers.Or ici, la stratégie policière a changé chaque jour », relève-t-il.Plus de violence à Québec En fin de semaine, les manifestants « furent beaucoup plus violents à l'endroit des policiers qu'à Seattle », observe le capitaine Sanford.« Les gens lançaient des billes avec des frondes, des pierres.À Seattle, on n'a presque pas eu de cocktails Molotov et on en a vu plusieurs ici », observe l'Américain.Dans la ville américaine, les dommages à la propriété privée furent beaucoup plus importants en revanche, des fenêtres brisées ou des édifices incendiés.Après les événements, on a évalué que les pertes de revenus des commerces et les dégâts atteignaient 11 millions US Ð beaucoup plus que les 50 000 $ de dommages évalués à Québec.La sécurité « était bien planifiée à Québec.Les quatre corps policiers (SQ-GRC-Québec et Sainte-Foy) étaient bien coordonnés », résume le capitaine Sanford. 2LP0801A0424 A-8 MARDI sommet 2LP0801A0424 ZALLCALL 67 00:54:54 04/24/01 B L'opposition à Ottawa critique l'action du gouvernement et de la police La Ligue des droits dénonce le précédent «dangereux » des balles de plastique HUGUETTE YOUNG Presse Canadienne OTTAWA Ð Les partis d'opposition n'étaient pas d'humeur à lancer des fleurs au gouvernement de Jean Chrétien au lendemain du Sommet de Québec.Pendant que le Bloc québécois accusait le gouvernement de volte-face dans le dossier de la Zone de libre-échange des Amériques, la leader du Nouveau Parti démocratique, Alexa Mc Donough, réclamait la tenue d'une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur la répression policière à Québec.Son collègue, Svend Robinson, a décrit jusque dans les moindres détails comment il avait reçu une balle de plastique dans la jambe alors qu'il se tenait près d'un groupe de 200 manifestants qui chantaient à l'extérieur du périmètre de sécurité.Une manifestante a également été atteinte à la gorge par une balle de plastique, a-t-il raconté à la presse.Selon le député Robinson, après un avertissement, la foule a été aspergée de gaz lacrymogènes.Certains ont été la cible de balles de plastique.« J'ai vu que mon pantalon était déchiré, et qu'il y avait du sang.C'était incroyable, une attaque contre des gens pacifistes qui n'étaient pas du tout menaçants », a relaté M.Robinson.Dressant un bilan plutôt positif du déroulement des négociations à Québec, M.Chrétien a félicité les policiers pour leur retenue face aux nombreux manifestants.Quelques manifestations ont dégénéré en violence, entraînant quelque 400 arrestations.« Il y a des manifestations partout et il faut vivre avec cela, at- il dit au président du Costa Rica, Miguel Angel Rodriguez, lors d'une conférence de presse commune.Certains vont dire qu'ils représentent le pouvoir légitime, mais ils ne le sont pas.Voyons donc.Faites-vous élire, c'est facile, cela coûte quelque 200 $, vous pouvez vous présenter dans une circonscription et avec beaucoup de patience, 30 ans plus tard, vous deviendrez premier ministre.« À ses côtés, le président costaricain a acquiescé d'un coup de tête.Aux Communes, l'opposition a fait ses choux gras des rebondissements du Sommet de Québec.Le chef de l'opposition officielle, Stockwell Day, a félicité à son tour les policiers et les organisateurs du Sommet.Par contre, le peu de progrès dans le dossier du bois d'oeuvre le laisse sur son appétit.Le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, a précisé qu'il avait mis au rancart l'idée de nommer des émissaires dans ce dossier.Il croit que l'administration américaine se laissera facilement convaincre d'ouvrir une enquête sur les pratiques de l'industrie canadienne du bois d'oeuvre.Convaincu que le Sommet de Québec n'a rien fait pour dissiper « le mur de méfiance face au processus de négociation », le Bloc proposera une motion pour demander la publication des textes de négociation et exiger un vote aux Communes avant la signature du traité.Le ministre Pierre Pettigrew a répliqué qu'Ottawa avait arraché un compromis à ses partenaires en promettant de rendre publics les textes de négociation.« Nous avons obtenu le sommet le plus transparent qui ait jamais été tenu au plan international, s'est-il réjoui.En effet, une partie du sommet a même été télédiffusée.L'opposition s'est aussi scandalisée des propos contradictoires du premier ministre Chrétien et de son ministre Pettigrew au sujet du chapitre 11 de l'Aléna, l'entente de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.Certaines clauses sur l'investissement permettent aux grandes entreprises de poursuivre les gouvernements pour perte de profits.Depuis deux jours, M.Chrétien indique que le chapitre 11 « fonctionne bien ».M.Pettigrew avait toujours dit jusqu'ici qu'il ne voulait pas retrouver les dispositions du chapitre 11 dans un traité sur la ZLEA.Interpellé à ce sujet, M.Pettigrew a répété qu'il n'était pas question de « renégocier » le chapitre 11 mais qu'Ottawa cherchait des éclaircissements quant à sa portée.« Je crois que le chapitre 11 fonctionne bien mais nous avons besoin de clarifier certaines interprétations qui auraient pu être faites.» MARTIN PELCHAT QUÉBEC Ð Le Sommet des Amériques aura conduit à un « glissement qui augure mal » dans la stratégie des forces policières, soit l'utilisation pour le contrôle des foules des balles de plastique, comme dans les sociétés plongées dans des guerres civiles.C'est le jugement sévère prononcé hier par André Paradis au nom de la Ligue des droits et libertés, au terme d'une mission de surveillance civile que s'était donnée la Ligue par l'entremise d'une trentaine d'observateurs sur le terrain.La Ligue juge que le bulletin étincelant décerné aux policiers dimanche par le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, mérite d'être sérieusement nuancé.Là où le ministre voit par exemple une faiblesse Ð le traitement des détenus à la prison d'Orsainville Ð, André Paradis voit un « désastre ».L'utilisation massive de gaz lacrymogènes alors que la grande majorité des manifestants ne se livraient à aucun acte de violence est injustifiable, ajoute M.Paradis.« On a vu des tirs directement sur des groupes assis par terre et faisant des signes de paix.» Quant aux balles de plastique, qui ne devaient être utilisées que comme arme de « dernier recours », avant l'utilisation de l'arme mortelle, elles ont fusé à partir de la fin de l'après-midi de samedi, selon la Ligue, qui parle de « centaines et de centaines » de projectiles visant des manifestants, violents ou pacifiques.« On a créé un précédent dangereux, dénonce M.Paradis.C'était la première fois au Canada qu'on utilisait des balles de plastique dans des situations semblables.On est en train d'introduire ici des méthodes policières utilisées en Palestine, en Israël et en Irlande du Nord, dans des situations de guerre civile.» Des députés du NPD ont confié à la Ligue qu'ils espéraient rallier d'autres parlementaires fédéraux à l'idée d'une enquête à ce sujet.Les observations rapportées à la Ligue tendent en outre à démontrer que la GRC était plus « agressive » que la SQ, a noté M.Paradis.« La GRC a un passif à cet égard », ajoute-t-il, rappelant les exemples du sommet de l'APEC de Vancouver et une intervention condamnée dans un village acadien du Nouveau- Brunswick.Du côté d'Orsainville Du côté d'Orsainville, Jean-Claude Bernheim a admis après une visite matinale au nom de la Ligue que les choses s'étaient améliorées depuis hier.Il n'y a plus qu'un détenu par cellule, comme l'avait promis le ministre Ménard dimanche.Quant aux entorses à la règle de la comparution dans les 24 heures, elles devaient avoir disparu hier, promettaient les autorités.M.Bernheim ne comprend cependant toujours pas pourquoi on a assisté à un tel chaos à Orsainville malgré des mois de préparation et 600 places disponibles.Le plan s'appuyait sur la prévision que la police effectuerait 400 arrestations par jour, note-t-il.Il y en a eu 463 au total.M.Bernheim se demande même si ces ratés n'étaient pas « planifiées ».Photo PRESSE CANADIENNE Le député néo-démocrate Svend Robinson, qui dit avoir été atteint à la jambe par une balle de plastique, a exhibé hier à Ottawa divers projectiles en compagnie de son chef Alexa Mc Donough. 2LP0901A0424 a9 24 avril 2LP0901A0424 ZALLCALL 67 00:50:58 04/24/01 B Depuis un an, le secrétariat d'État au Sport amateur a tenu six grandes consultations dans autant de régions du Canada.Résultat: un document de travail de 50 pages dont on espère qu'il débouchera sur un projet de loi à l'automne.En voici les grandes lignes.Un plan de match ambitieux «Bâtir le Canada par le sport », rien de moins ! voilà le titre du document de travail que proposera le secrétaire d'État au Sport amateur, Denis Coderre, lors du Sommet national sur le sport qui se tiendra le week-end prochain à Ottawa.Le Sommet, présidé par le premier ministre Jean Chrétien, réunira les principaux artisans du système sportif canadien.Ces quelque 300 délégués ont été choisis par le gouvernement du Canada, en étroite collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux.Athlètes, officiels, dirigeants de fédération ou de service de loisirs, ils représentent tout ce qu'il y a de sport au pays.Ils auront pour tâche, vendredi et samedi, de réagir à deux documents totalisant une cinquantaine de pages.Le premier, intitulé Vers une politique canadienne du sport, fait un peu la somme des propos exprimés par le milieu depuis un an dans le cadre de six conférences régionales.S'inspirant de cette vision canadienne du sport, le deuxième document, le Plan d'action, jette les bases d'un futur projet de loi.Il sera soumis aux ministres du Sport au cours de la conférence fédéraleprovinciale d'août prochain.À l'automne, c'est le souhait de M.Coderre, il remplacera la présente loi sur la Condition physique et le Sport amateur, une loi déjà vieille de 29 ans qui « sent beaucoup la tarte aux pommes » selon le secrétaire d'État.La Presse vous livre ci-après les principaux extraits du Plan d'action qui sera présenté à Ottawa.Les plus impatients trouveront sans doute que l'avant-projet de loi flaire aussi beaucoup la tarte aux pommes.Après la gifle des Jeux de Sydney (Australie : 58 médailles dont 16 d'or ; Canada : 14 médailles, dont trois d'or ) et maintenant que le gouvernement peut recommencer à investir dans le système sportif, un système qu'il étouffe financièrement depuis une quinzaine d'années, on aurait espéré un plan d'action plus terre-à-terre.Il faut comprendre que le mot « sport » a été défini dans son sens le plus large lors des consultations régionales.S'il a été question de médailles olympiques, le milieu a surtout traité d'activité physique, voire d'éducation physique dans les écoles (compétence provinciale) et de pratique sportive de masse.Le sport ainsi défini a reçu l'aval de tous les Canadiens.Fort de cet appui, M.Coderre a effectué des percées au sein du ministère du Patrimoine et au Conseil des ministres.Des sous ont été débloqués, certaines mesures adoptées.D'autres seront annoncées cette fin de semaine dans le cadre du Sommet.Puis d'autres encore.aussi longtemps que l'enthousiasme se maintiendra.Plan d'action Le gouvernement du Canada s'engage à bâtir le Canada par le sport et à veiller à ce que tous les Canadiens et Canadiennes aient une meilleure qualité de vie.Il propose que la politique canadienne du sport se fonde sur les trois volets suivants : la participation, l'excellence et l'optimisation des ressources dans le sport.Il appuie en outre la vision, les valeurs et principes de base et les buts stratégiques du projet de politique canadienne du sport qui sont énoncés dans le document de travail.Voici un plan d'action qu'il pourrait adopter, en tant que chef de file et partenaire de la mise en oeuvre du projet de politique canadienne du sport (.) Il faudrait également resserrer les liens avec les partenairesclés du système sportif afin de s'assurer de prendre des mesures concertées.Par exemple, le gouvernement fédéral travaillera étroitement avec les organismes nationaux de sport pour que leurs rôles et leurs responsabilités s'inscrivent dans le projet de politique canadienne du sport.Le partenariat entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux est l'un de ceux pouvant influer le plus sur le système sportif du Canada.Les consultations ont confirmé la nécessité d'une collaboration renouvelée entre les gouvernements afin d'assurer un système sportif harmonisé et efficace au Canada (.) La participation Le gouvernement fédéral, en collaboration avec les principaux partenaires et intervenants, entreprendrait des initiatives pour accroître, à tous les échelons, la participation des Canadiens au sport en fonction de leurs besoins, intérêts et capacités.Afin de maximiser les bienfaits du sport, entre autres la santé et le bien-être des citoyens ainsi que la formation d'athlètes de haut niveau, on rendrait le sport accessible au plus grand nombre possible de Canadiens.grâce à une approche de marketing social axée sur des thèmes particuliers concernant les groupes sous-représentés, l'éthique, les bienfaits du sport et d'autres objectifs fédéraux (.) L'excellence Afin d'inspirer un sentiment de fierté à l'égard des réalisations canadiennes et de promouvoir l'identité canadienne au pays et à l'étranger, le gouvernement fédéral accroîtrait son appui au développement de l'excellence dans les sports de haut niveau.Pour réaliser les buts stratégiques relatifs à l'excellence, le gouvernement fédéral : > travaillerait en partenariat avec la communauté sportive pour évaluer la situation actuelle du système de haut niveau et instaurer un mécanisme conjoint permettant de fixer des objectifs élevés mais réalistes en matière d'excellence sur la scène internationale ; > financerait des programmes pour le développement d'athlètes de calibre mondial ainsi que la formation et le perfectionnement d'entraîneurs et d'officiels de niveau international, dans un milieu sportif où les valeurs et l'éthique sont primordiales ; > appuierait des programmes d'entraînement et de compétition et des services de soutien, offerts par les organismes nationaux de sport, pour les jeunes ainsi que les athlètes et les équipes de niveau junior ; > créerait des possibilités d'envergure internationale grâce auxquelles la prochaine génération d'athlètes de haut niveau connaîtra du succès et s'illustrera.L'optimisation des ressources Les deux objectifs stratégiques de participation et d'excellence ne peuvent être atteints qu'en renforçant les habiletés des personnes et des organismes qui forment le système sportif canadien, en particulier le secteur de l'action bénévole.Le gouvernement fédéral propose d'accroître son appui à l'égard de l'optimisation des ressources dans le système sportif canadien.Pour réaliser les buts stratégiques relatifs à l'optimisation des ressources, le gouvernement fédéral : > collaborerait avec la communauté sportive pour combler les lacunes et favoriser un système intégré de développement des athlètes ; > appuierait des programmes de formation et de perfectionnement des officiels, des moniteurs et d'autres dirigeants ; > accroîtrait l'aide à l'encadrement et aux entraîneurs, travaillerait avec l'Association canadienne des entraîneurs (ACE) pour modifier sa gouvernance, y compris le rôle des divers partenaires dans la formation des entraîneurs, notamment en établissant des liens officiels avec les établissements d'enseignement afin d'améliorer l'offre de programmes de formation à l'intention des entraîneurs, et favoriserait la création d'un organisme inclusif et démocratique qui représenterait tous les entraîneurs au Canada ; > établirait, de concert avec la communauté sportive, des normes et des principes d'éthique reconnus s'appliquant à tous les athlètes, à tous les participants et aux dirigeants sportifs et approuvés par ceux-ci et inviterait le milieu du sport professionnel à promouvoir l'éthique ; > améliorerait le programme et les initiatives antidopage au Canada et assurerait un rôle de premier plan à l'échelle mondiale par le truchement de l'Agence mondiale antidopage et d'autres mécanismes ; > mettrait sur pied un mécanisme national de règlement extrajudiciaire des différends ; > collaborerait avec les principaux intervenants afin d'établir une approche stratégique pour l'accueil d'événements sportifs internationaux au Canada ; > élaborerait une stratégie générale de recherche sur le sport et s'associerait avec les universités et les instituts de recherche par l'intermédiaire des organismes de financement de la recherche, dont Statistique Canada, pour appuyer la recherche liée au sport et le développement des connaissances ; > dresserait des répertoires des installations sportives existantes et chercherait des occasions de bâtir de nouvelles infrastructures sportives, en particulier sous forme de legs d'événements sportifs nationaux et internationaux ; > collaborerait avec le Conseil des Jeux du Canada et les provinces et territoires afin de rehausser la promotion et le marketing des Jeux du Canada ; > rehausserait le soutien et l'accessibilité aux championnats nationaux > augmenterait le nombre de sports qu'il finance ; > renforcerait les mécanismes de responsabilité imposés aux organismes nationaux de sport (unisport et multisports) afin d'assurer une meilleure coordination entre les organismes de sport nationaux, provinciaux, territoriaux et locaux et d'accroître leur contribution à l'égard des buts stratégiques de participation, d'excellence et d'optimisation des ressources ; > adopterait une stratégie internationale visant à accroître le leadership canadien au sein de la communauté sportive internationale et à promouvoir les valeurs et les intérêts du Canada ; > veillerait à ce que des mesures efficaces soient en place au niveau national pour offrir des services dans les deux langues officielles ; > resserrerait la collaboration avec le sport professionnel et les athlètes professionnels ; > chercherait à attirer d'autres sources de financement du secteur privé ; > élaborerait une approche globale en matière de politique d'investissement, en prévoyant notamment des incitatifs gouvernementaux afin d'amener le secteur privé à contribuer davantage au sport.Renforcement de la collaboration Le gouvernement fédéral considère qu'une meilleure collaborat territoriale constitue un élément fondamental du plan d'action fédéral.Une proposition visant à resserrer cette collaboration, et qui serait discutée avec les provinces et les territoires, est formulée ci-après : > améliorer le mécanisme de collaboration fédérale-provinciale/ territoriale de manière à tenir compte du besoin d'entretenir un dialogue plus permanent et de prendre des mesures concertées ; > chercher à collaborer davantage à l'égard du projet de politique canadienne du sport, y compris l'élaboration de principes, d'objectifs et d'un cadre d'intervention commun > élaborer des stratégies et des initiatives fédérales-provinciales/ territoriales axées sur des questions prioritaires telles qu'un cadre de l'éthique dans le sport, les Jeux du Canada, la promotion de la participation au sport, les initiatives sportives pour les jeunes, le développement des athlètes ainsi que d'autres initiatives d'optimisation des ressources > encourager les provinces à envisager des façons d'accroître l'éducation physique et la pratique du sport dans les écoles ; > explorer la faisabilité de tenir des rencontres annuelles des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux ; > conclure des accords bilatéraux avec les provinces et territoires désirant traiter de domaines d'intérêt mutuel ; > conclure, selon le cas, des accords multilatéraux de collaboration fédérale- provinciale/territoriale dans certains domaines.Photo BERNARD BRAULT, La Presse © « Bâtir le Canada par le sport », par tous les sports, autant celui de l'élite, décrié depuis l'échec de Sydney, que celui de la masse comme la grande réunion du Tour de l'île.Richard Legendre veut être de la partie SIMON DROUIN S'il n'en tenait qu'à Richard Legendre, le Québec serait représenté lors de la rencontre fédérale-provinciale des ministres responsables du sport, de la condition physique et des loisirs qui se tiendra à Ottawa jeudi, la veille du Sommet national sur le sport.Le nouveau ministre délégué au Tourisme, au Loisir et au Sport doit toutefois attendre de recevoir l'aval du Conseil des ministres, demain.« Par respect pour mes collègues, on va quand même attendre d'avoir leur opinion.Moi, j'arrive et je suis rempli de bonnes intentions.(.) Je veux surtout me préoccuper du milieu, des athlètes, des entraîneurs, des organismes.Alors, je pense qu'on a avantage à être présent, surtout au début comme ça », a confié M.Legendre hier, lors d'une entrevue à ses bureaux du centre-ville.Pourtant, en janvier dernier, le prédécesseur de M.Legendre, Gilles Baril, avait refusé de participer à une conférence régionale sur le sport amateur qui se déroulait à Magog.Organisée par le secrétaire d'État au Sport amateur, Denis Coderre, la conférence s'inscrivait dans le processus de consultation pancanadienne des divers intervenants du milieu sportif.Les commentaires recueillis lors des six conférences régionales ont servi de base au document qui sera discuté vendredi et samedi prochains au Sommet national sur le sport (voir texte ci-haut).M.Legendre ne souhaite pas épiloguer sur les raisons qui ont poussé M.Baril à boycotter la conférence régionale, mais il dira tout de même ceci : « (Le fédéral) consultait sur l'ensemble alors que dans le passé, ce qui était convenu, c'était de venir consulter sur certains sujets qui sont traditionnellement plus de compétence fédérale.Mais là, c'était vraiment du A à Z et on n'était pas à l'aise avec ça.» M.Legendre aurait pu ajouter que le tout se déroulait au moment où Bernard Landry, alors vice-premier ministre, avait contribué à un climat de forte tension fédéraleprovinciale avec ses déclarations controversées à propos du « chiffon rouge ».Quoi qu'il en soit, Richard Legendre se réjouit d'entreprendre son nouveau mandat avec une certaine marge de manoeuvre.En effet, lors du dernier budget, le gouvernement québécois a annoncé un ajout de 10,3 millions à l'enveloppe destinée au loisir et au sport, soit une majoration de 17 %.« C'est une bonne nouvelle d'avoir des ressources financières avant d'arriver avec un plan d'action.C'est ordinairement le contraire qui se produit », fait remarquer le ministre.Avant d'annoncer où cet argent frais sera investi, M.Legendre dit vouloir consulter le milieu du loisir et du sport.À cet effet, il amorçait hier une tournée de huit semaines qui le mènera un peu partout au Québec.« On n'attendra pas deux mois avant de révéler comment on entend utiliser ce budget supplémentaire », a-t-il toutefois prévenu, conscient que le milieu sportif québécois n'a pas été épargné par les compressions budgétaires au cours des dernières années.Certes, l'aide aux athlètes et aux entraîneurs constitue la priorité du ministre.À cet égard, M.Legendre n'a que du bien à dire du crédit d'impôt remboursable de 1000 $ à 4000 $ dont bénéficient dès cette année les quelque 2400 athlètes classés « relève », « élite » et « excellence ».Il songe même à instaurer un programme semblable pour les entraîneurs.« Évidemment, il faut voir si c'est acceptable globalement pour la société québécoise et le gouvernement », précise-t-il.Donc, oui à de l'aide aux athlètes et entraîneurs, mais sans oublier pour autant les organisations qui les chapeautent, les fédérations provinciales de sport, au nombre de 53.« Il ne faut pas voir ces organismes comme de grosses administrations ».« Ah ! les sous ne vont pas sur le terrain, ils vont dans l'administration », a souvent entendu le ministre.« Il y a plein de fédérations, défend-il, où la même personne occupe le poste de directeur général, de directeur technique et de directeur du développement de l'excellence.», Par contre, pas question de saupoudrer les fonds supplémentaires également à chacun des organismes.« Il faut être juste et équitable, mais on devra avoir des priorités.Autrement, on va seulement arroser à gauche et à droite.» Les demandes étant « énormes », le ministre aimerait que l'entreprise privée contribue davantage au développement du sport.À l'époque où il était directeur des Internationaux de tennis du Canada, M.Legendre s'en était d'ailleurs fait une spécialité.Photo PIERRE CÔTÉ, La Presse © Richard Legendre a troqué la BMW des Internationaux de tennis du Canada pour la camionnette du ministère québécois du Tourisme, du Loisir et du Sport, qui le mènera peut-être à Ottawa jeudi. 2LP1001A0424 A10MARDI 2LP1001A0424 ZALLCALL 67 00:48:53 04/24/01 B Hausse des loyers en CHSLD: «C'est aberrant », dit la Fadoq VILLE ST-LAURENT 612, boul.Ste-Croix (514) 747-6072 POINTE-AUX-TREMBLES 12510, Sherbrooke Est (514) 645-1291 DOLLARD-DES-ORMEAUX 3597, boul.St-Jean (514) 626-7235 GREENFIELD-PARK 3261, boul.Taschereau (450) 926-0660 MONTRÉAL 5916, rue Papineau (514) 274-4429 LAVAL (Méga centre) 4440, aut.Laval (440) (450) 681-8440 Heures d'ouverture : MÉGA MAGASIN LAVAL: lundi au mercredi de 9h00 à 18h00, jeudi et vendredi de 9h00 à 21h00, samedi de 9h00 à 17h00 et dimanche de 11h00 à 17h00.Les autres magasins : lundi au mercredi de 9h30 à 18h00, jeudi et vendredi de 9h30 à 21h00, samedi de 9h00 à 17h00 et dimanche de 11h00 à 17h00.Certains modèles, grandeurs ou couleurs peuvent manquer dans certains magasins.Ces prix soldés sont pour la marchandises en magasin et sont en vigueur jusqu'au 30 avril 2001.ULTRA WHEELS SQ9 BIOFIT HOMME ET FEMME Bottine BIOFIT ave laçage QUICKFIT Chassis ALUMINIUM ULTRA HIGH-LOW Roues avant 76mm et arrière 80mm Roulement à billes ABEC-7 MISSION PROTO-SI Chassis ALUMINIUM VIOLATOR HI-LO MISSION Roues LABEDA SHOOTER 80mm arrière 72mm avant Roulements à billes ABEC-3 RÉG.:229.99 RÉG.:169.99 ULTRA WHEELS UTAH HOMME ET FEMME Bottine \"SOFT-BOOT design\" Roues 76mm x 82A Roulements à billes ABEC-5 Chassis COMPOSITE RÉG.:269.99 19999 LAVAL (Méga centre) CURÉ LABELLE CHOMEDEY AUTOROUTE 13 AUTOROUTE DES LAURENTIDES CLÉROUX AUTOROUTE 440 2949695A ALEXANDRE S I R O I S LA SECONDE hausse de loyer prévue en l'espace de quatre mois pour près de la moitié des résidants des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) a été vigoureusement dénoncée hier par la Fédération de l'âge d'or du Québec.L'organisme estime que cette nouvelle hausse, qui touchera un peu plus de 20 000 des quelque 45 000 résidants, est inappropriée.Il s'est empressé de demander des explications au ministre de la Santé.« On croit que cette annonce aurait dû s'accompagner officiellement d'explications.On veut connaître les raisons qui motivent cette augmentation », a indiqué une porte- parole de la Fadoq, Louise Aubert.La semaine dernière, le Conseil pour la protection des malades révélait que Québec s'apprête, dès le 1er mai, à augmenter le loyer des personnes hébergées en CHSLD ayant conservé certaines économies.La hausse prévue se chiffre à 4,5 % et viendra s'ajouter à l'augmentation de 2,5 % qui est entrée en vigueur le 1er janvier, pour une hausse globale de 7 %.Cette modification touchera les aînés qui possèdent soit une maison de plus de 80 000 $, une automobile, ou une somme de plus de 2500 $ en banque.Le prix d'une chambre privée en CHSLD, pour ces personnes âgées, grimpera à 1400 $ en mai, a estimé le Conseil pour la protection des malades.Ce tarif était de 1307 $ en décembre dernier.« C'est aberrant.La Régie du logement n'accorderait jamais à qui que ce soit, sans raison valable, une augmentation de loyer de 7 % comme ça, du jour au lendemain.Le 1er mai, c'est la semaine prochaine.Où est-ce que les gens vont prendre 1200 $ annuellement pour couvrir cette nouvelle dépense ?» a lancé Mme Aubert.La porte-parole de la Fédération a de plus affirmé que les conjoints des résidants en CHSLD, qui ne sont pas en perte d'autonomie et doivent encore subvenir à leurs besoins, tireront encore plus le diable par la queue.La Fédération soutient par ailleurs que la hausse est d'autant plus déplorable que les services et les soins offerts dans les CHSLD, dont on déplore déjà l'insuffisance, n'augmenteront pas en contrepartie.« Si au moins on avait plus qu'un bain par semaine, si on n'avait pas quatre minutes pour avaler notre repas, et si quelqu'un pouvait nous mettre de la crème sur les mains quand elles craquent.Mais là, c'est cher 1400 $ par mois pour être considéré un peu comme de la marchandise », a déclaré Mme Aubert.Au ministère, on semble considérer l'augmentation annoncée comme un mal nécessaire.« L'objectif (.) est de rattraper un retard que tous reconnaissent entre le coût chargé et le coût réel du volet hôtellerie dans un CHSLD.Même avec cette hausse, cet écart important n'est pas comblé », a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé, Éric Gamache.« C'est sûr qu'idéalement on aurait voulu annoncer une baisse et rendre ça moins dispendieux, a poursuivi M.Gamache.Mais on fait face aux coûts importants d'hébergement.Et des gens ont plus de capacité de payer que d'autres.C'est une question d'équité.» Union libre des Amériques CE SOIR 20h Cette semaine, Francine Ruel et ses chroniqueurs découvrent les Amériques avec France Castel.Réalisation : Michel Drapeau CANADA Christopher Hall ÉTATS-UNIS Don Campbell MEXIQUE Yael Guazo VENEZUELA Patricia Pérez BRÉSIL Gilda Salomone HAÏTI Fayolle Jean 2953254A Le prix des cigarettes dissuade les ados de fumer Agence France-Presse WASHINGTON Ð Le prix élevé des cigarettes, s'il n'empêche pas les adolescents de goûter au tabac, peut en revanche les dissuader de devenir des fumeurs réguliers, selon les conclusions d'une étude rendue publique hier.Une hausse de 10 % du prix des cigarettes diminue de 3 à 10 % la probabilité qu'un adolescent devienne un fumeur quotidien, selon cette enquête de chercheurs de l'Université de l'Illinois à Chicago (UIC), réalisée auprès de 4000 adolescents âgés de 13 ans et 15 ans.Ces résultats « montrent à l'évidence que le prix des cigarettes a un effet important sur le nombre d'enfants qui commencent à fumer », affirme l'auteur principal de cette étude, John Tauras, économiste à l'UIC.« Étant donné que 90 % des fumeurs commencent avant l'âge de 18 ans, une hausse des taxes sur les cigarettes semble une mesure efficace pour les empêcher de s'y adonner », ajoute-t-il.Au plan national, 34,8 % des élèves d'école secondaire fument.Quelque 3000 adolescents par jour aux États-Unis deviennent des fumeurs réguliers et environ un tiers d'entre eux mourront de maladies causées par le tabac, selon l'organisation antitabac The Campaign for Tobacco Free Kids. 2LP1101A0424 A-11 MARDI actualit.s 2LP1101A0424 ZALLCALL 67 00:49:17 04/24/01 B STATION SPATIALE INTERNATIONALE Le Canada et l'Italie ajoutent leur pièce à l'édifice GUY CLAVEL Agence France-Presse HOUSTON (États-Unis) Ð Le Canada et l'Italie auront en deux jours marqué de leur empreinte la Station spatiale internationale, avec la présence de leurs astronautes à bord, l'installation du bras-robot Canadarm2 et l'arrimage du module logistique italien Raffaello sur la SSI.Le Canadien Chris Hadfield, l'Italien Umberto Guidoni et les cinq autres astronautes de la navette Endeavour sont entrés pour la première fois hier dans la SSI, où ils ont retrouvé les trois membres de l'équipage du grand laboratoire de l'espace.La journée devait ensuite être aux couleurs de leurs deux pays.Après de brèves accolades, Hadfield et l'Américaine Susan Helms ont d'abord recommencé les essais sur le bras canadien, installé la veille à l'extérieur de l'ISS à l'occasion d'une sortie dans l'espace de plus de sept heures.Les deux astronautes, utilisant la console de commande située dans le laboratoire Destiny, ont d'abord fait fonctionner toutes les articulations de ce membre mécanique de 17,6 mètres de long.Puis ils ont saisi, avec son extrémité libre, un point d'attache situé à environ 8 mètres de l'endroit où le Canadarm2 avait été accroché dimanche.La manoeuvre s'est parfaitement déroulée et le responsable des communications au centre Johnson à Houston (Texas) a pu annoncer aux astronautes : « Félicitations.Vous avez ajouté un nouvel élément à la Station.» « Tout a fonctionné de façon merveilleuse », a souligné pour sa part au cours d'une conférence de presse au centre Johnson un responsable de l'agence spatiale canadienne, Benoit Marcotte.Il s'est notamment réjoui de la bonne marche des sept articulations du bras.De son côté, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, Hadfield s'est déclaré « extrêmement heureux de la façon dont les choses se sont passées » pendant sa sortie dans l'espace.L'attention s'est ensuite portée sur le module logistique Raffaello, qui réalise son vol inaugural avec cette mission.En mars, un conteneur similaire, Leonardo, avait déjà permis d'apporter à la SSI des tonnes de matériel.L'astronaute américain Jeff Ashby, aidé par Umberto Guidoni et l'américain Scott Parazynski, a extrait Raffaello de la soute d'Endeavour à l'aide du bras mécanique de la navette, lui aussi construit par le Canada.Après l'avoir lentement élevé, il l'a arrimé au module de connexion Unity de la SSI.Raffaello fait partie d'une série de trois modules logistiques construits par l'Italie, avec Leonardo et Donatello.Un quatrième, transformé pour servir de quartier d'habitation pour trois ou quatre astronautes, pourrait être réalisé à la suite de l'accord préliminaire conclu la semaine dernière entre la NASA et l'Agence spatiale italienne (ASI).Au cours des prochains jours, les deux équipages déchargeront quelque deux tonnes de matériels Ð équipements, vêtements, nourriture Ð et expériences scientifiques apportés à bord du conteneur italien.Ils y embarqueront ensuite des instruments usagés et des détritus à remporter.Parmi les neuf expériences scientifiques destinées au laboratoire Destiny figurent notamment des recherches sur la pousse des végétaux en apesanteur et sur les radiations dans l'espace.La mise en place de Raffaello concluait les gros travaux des deux équipages pour la journée d'hier.Il ne restait plus, pour Hadfield et Parazynski, qu'à préparer leur seconde sortie dans l'espace prévue aujourd'hui pour terminer la connexion des câbles du Canadarm2.Les détails techniques de la mission d'Endeavour et des notes biographiques sur l'astronaute Chris Hadfield peuvent être consultés à www.cyberpresse.ca/endeavour Photo AP Sur cette image télévisée reçue par la NASA, on reconnaît l'astronaute canadien Chris Hadfield franchissant le passage connectant la Station spatiale internationale à la navette spatiale, hier.La meilleure formation du programme spatial?JUDITH LACHAPELLE À L'AGENCE spatiale internationale de Saint-Hubert hier, une équipe de jeunes formateurs éclatait de fierté.Après avoir brillamment déballé et dégourdi le Canadarm2, les astronautes Chris Hadfield et James Voss ont fait l'éloge de la formation qu'ils avaient reçue lors de leur séjour à Saint-Hubert.L'une des meilleures du programme d'entraînement, ont-ils déclaré.De quoi porter ombrage à la puissante NASA américaine L'équipe d'une trentaine de personnes, qui suit avidement les travaux de la mission STS-100 en orbite depuis jeudi, a poussé un soupir de soulagement.Tecsult Eduplus travaille sur le programme de formation au Système d'entretien mobile canadien depuis 1996.Et 18 astronautes et cosmonautes, ainsi que 28 contrôleurs de mission ont reçu jusqu'ici la certification qui atteste de leur habileté à manipuler les drôles d'engins que le Canada fournit à la Station spatiale internationale.Le Canadarm2, première de trois pièces à être envoyées sur Alpha, s'est déployé dimanche et les premiers exercices qui ont été tentés hier ont été concluants, selon Alain Dubeau, de l'Agence spatiale.Les fleurs lancées par les astronautes Hadfield et Voss ont été joyeusement accueillies, mais la compagnie montréalaise spécialisée dans la formation ne peut pas encore crier « mission accomplie ».La formation sur le Canadarm2 a déjà été largement dispensée et maintes fois ajustée, mais il faut maintenant y inclure la formation sur la manipulation de la Base mobile et du Manipulateur agile.« On a fait face à un défi énorme, dit Louis Garceau, vice-président de Tecsult Eduplus.On a dû maîtriser le vocabulaire technique des ingénieurs et concevoir une formation.» Les employés de sa compagnie ne sont pas des spécialistes de la robotique mais plutôt des experts en pédagogie.La formation qu'ils donnent dure une dizaine de jours durant lesquels ils expliquent à leurs exigeants élèves comment est conçu le télémanipulateur et comment l'utiliser à l'aide de simulateurs.Dans un laboratoire, on a reproduit la section de la Station spatiale où est installé le centre de contrôle.Contrairement au bras de la navette spatiale, les astronautes ne peuvent pas voir le Canadarm2 par le hublot.Ils utilisent des caméras fixées aux joints et aux extrémités de la structure.Aujourd'hui, sixième de 12 journées de mission, Chris Hadfield effectuera sa seconde sortie dans l'espace pour terminer le câblage du second point d'ancrage du Canadarm2.L'équipage de l'Alpha s'affairera également à vider le chargement du module Raffaello. 2LP1201A0424 A12MARDI 2LP1201A0424 ZALLCALL 67 00:54:25 04/24/01 B OTS: Tabachnik explique son rôle devant le tribunal correctionnel THIERRY BOINET Associated Press GRENOBLE Ð Pour la première fois depuis l'ouverture de son procès, Michel Tabachnik a commencé hier à expliquer son rôle au sein de l'Ordre du temple solaire (OTS), devant le tribunal correctionnel de Grenoble, où un psychiatre, spécialiste des sectes, a tenté de décrypter la philosophie du mouvement.Très humble, le chef d'orchestre franco-suisse poursuivi pour « association de malfaiteurs » a reconnu avoir annoncé la fin de l'OTS dans sa conférence de septembre 1994 faite aux adeptes.« C'était l'annonce qu'un nouveau cycle s'ouvrait mais cela n'avait rien à voir avec la mort », a-t-il précisé lors de la cinquième journée d'audience.Il a également rapidement expliqué les liens d'amitiés qu'il avait noués avec Jo Di Mambro, le gourou, « mais pas avec (Luc) Jouret (l'autre gourou), qui soutenait des thèses apocalyptiques ».« J'ai passé trois fois des moments difficiles dans ma vie, a-t-il dit.La première fois, lors d'une confrontation avec Thierry Huguenin (un adepte de l'OTS), la deuxième, devant le juge d'instruction suisse où j'ai appris des choses effrayantes sur l'OTS, et aujourd'hui », a confié Michel Tabachnik, jugé jusqu'au 30 avril.Auparavant, dans la matinée et durant plus de cinq heures, le Dr Jean-Marie Abgrall, psychiatre et spécialiste des sectes, est venu livrer son interprétation des textes et discours du prévenu.Ces écrits, justement, sont reprochés par la justice au chef d'orchestre.« Les Archets (du nom des textes de Tabachnik) sont la copie conforme mais plus diluée des textes de Jacques Brayer », a affirmé le Dr Abgrall.Selon lui, Jacques Brayer, décédé en 1995, était le véritable maître à penser de l'OTS.« J'ai relu mes textes et, personnellement, dans ce que j'ai écrit je suis à des années-lumière de la mort, de la carbonisation et de la calcination, a rétorqué Michel Tabachnik.Ce sont des mots de Brayer mais pas de moi », a-t-il ajouté.Pour le psychiatre, « Jacques Brayer était le maître caché de l'OTS, celui qui enseignait à Di Mambro, Jouret et Michel Tabachnik mais qui ne se serait jamais adressé directement aux adeptes ».Son « rôle a été dévoué à Michel Tabachnik à partir de 1990 », a souligné le Dr Abgrall, qui a apparenté le fonctionnement de l'OTS à une pyramide dont seuls trois sommets étaient en permanence visibles, Jacques Brayer étant le quatrième.Il a décrit le Temple solaire comme un ordre templier, « comme tous les ordres templiers à la recherche du Saint-Graal (.), de la connaissance suprême ».Soixante-quinze personnes au total ont péri lors de suicides collectifs présumés de membres de l'OTS, en octobre 1994 à Salvan et Cheiry en Suisse et au Québec, puis en décembre 1995 en France, et en mars 1997 à nouveau au Québec.La justice suisse a rendu un non-lieu concernant les deux suicides collectifs sur son territoire.Pour expliquer les différents drames, le Dr Abgrall s'est lancé dans une interprétation ésotérique.De son avis, « les victimes de l'OTS n'ont pas eu le temps matériel pour effectuer leur mutation spirituelle afin de passer vers une autre voie (Sirius), c'est pour cela qu'elles ont eu recours à la carbonisation, la calcination comme on dit en langage ésotérique, une méthode tout aussi sûre mais plus rapide ».Selon Jean-Marie Abgrall, de nouveaux « transits » (suicides collectifs) sont toujours aujourd'hui possibles : « Des adeptes ont été conditionnés pendant 15 ans », a-til rappelé.« Aucun adepte de l'OTS ne pouvait ignorer que le thème central de l'Ordre était la mutation par le feu.Au pire, ils le savaient, au mieux ils ne s'en rendaient pas compte.» Michel Tabachnik encourt, en vertu de l'article 450-1 du Code pénal, jusqu'à 10 ans de prison et un million de FF d'amende (220 000 $ CAN).La justice lui reproche principalement ses propos et ses textes envers les adeptes, qu'il aurait conditionnés au fils des années.Le procès se poursuit aujourd'hui avec l'audition du juge d'instruction Luc Fontaine.Au Canada, le taux d'usage du tabac chez les jeunes d'âge mineur est de 29%.C'est trop.En Californie, par exemple, il n'est que de 6,9%.Mais une nouvelle fondation, bénéficiant d'un financement annuel de 400 millions de dollars, pourrait améliorer les choses.Santé Canada - Enquête 1999 (13-19 ans) Département de la Santé, Californie, 1999 (12-17 ans) JTI-Macdonald Corp.\u0001 Le projet de loi S-15, présenté au Sénat, vise à réduire de manière significative l'usage du tabac chez les jeunes Canadiens d'âge mineur.Ce projet de loi prévoit la création de la Fondation canadienne de lutte contre le tabagisme chez les jeunes, qui bénéficierait d'un financement annuel pouvant atteindre 400 millions de dollars.Mais l'intérêt de la Fondation ne se limite pas qu'à des questions monétaires.Elle entreprendrait une revue objective des programmes existants de prévention de l'usage du tabac chez les mineurs dans d'autres juridictions, puis tenterait de mettre en oeuvre des programmes uniques, conçus pour obtenir des résultats probants ici, au Canada.Le projet de loi S-15 Une somme pouvant s'élever à 400 millions de dollars par année en financement stable serait générée pour la Fondation par le biais d'un prélèvement spécial de 1,50$ la cartouche de cigarettes.Les questions en jeu pour votre député La Fondation serait entièrement indépendante, tant du gouvernement que de l'industrie du tabac.Son mandat consisterait à commander de nouvelles recherches et à coordonner les recherches en cours portant sur les causes de l'usage du tabac chez les jeunes d'âge mineur, en plus de développer et de tester des programmes efficaces conçus pour les Canadiens, afin de faire face à ce problème.Les informations reliées aux activités de la Fondation, de même que ses dépenses, pourraient être mises à la disposition du public en tout temps.Le projet de loi S-15 ne peut avoir force de loi que s'il est adopté par la Chambre des communes.Votre député aura à faire face à des questions difficiles.Par exemple, la Californie alloue plus de 6 $ CA par personne chaque année dans des programmes de lutte contre l'usage du tabac.Le Massachussetts en dépense 16 $, le Maine 23 $, l'Ohio 32 $ et le Vermont 21 $.Au Canada, le gouvernement fédéral dépense actuellement 66 cents à cet usage et a déclaré qu'il en consacrera davantage.Mais même si l'on tient compte de l'augmentation proposée, la Californie dépensera encore trois fois plus par habitant que le Canada.Obtenir l'appui de votre député Le seul but du projet de loi S-15 est de protéger la santé des jeunes Canadiens d'âge mineur.Si vous trouvez que cela a du mérite, vous voudrez vous assurer que votre député partage votre avis lorsque viendra le temps de voter.Alors, nous vous demandons d'appeler ou d'écrire à votre député fédéral (sans frais de poste) pour lui faire connaître votre opinion.Si vous avez besoin d'assistance pour communiquer avec votre député ou désirez plus d'information concernant le projet de loi S-15, nous pouvons vous aider.Composez le 1-888-935-3222.Faites-le pour les jeunes.Faites-le aujourd'hui.Imperial Tobacco Canada Limitée et JTI-Macdonald appuient le projet de loi S-15 Imperial Tobacco Canada Limitée et JTI-Macdonald appuient le projet de loi S-15 sans réserve.Nous le croyons conforme à notre propre opinion que les jeunes d'âge mineur ne devraient pas fumer et que la décision de le faire ne peut être prise que par des adultes.Nous félicitons ceux et celles qui ont travaillé si fort pour que le projet de loi S-15 devienne réalité et nous réaffirmons notre appui tant à ce projet de loi qu'à la Fondation qu'il créerait.2948593A TCHERNOBYL 2,5 milliards pour un second sarcophage Agence France-Presse MOSCOU Ð La construction d'un nouveau sarcophage autour de la chape de béton recouvrant le réacteur accidenté de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, coûterait entre 1,5 et 2,5 milliards de dollars US, a estimé hier le responsable d'un Institut nucléaire russe, Vladimir Asmolov.La chape de béton actuelle « n'a jamais été sûre », a affirmé M.Asmolov, un expert de l'Institut Kourtchatov de Moscou, qui a participé à la construction du sarcophage en 1986, à l'agence Itar-Tass.Faute de moyens, la communauté internationale a décidé de parer au plus urgent et de renforcer dans un premier temps le sarcophage existant.À cet effet, une cinquantaine de pays ont réuni en juillet dernier 320 millions de dollars lors d'une conférence à Berlin.Ces fonds viennent s'ajouter aux 395 millions déjà récoltés depuis 1997 pour cette même entreprise, dont le coût total est estimé à 758 millions.Les travaux, dont la phase d'étude a été lancée en 1998, mobiliseront des milliers d'hommes et dureront encore au moins six ans.L'ancien directeur du service chargé de l'entretien du sarcophage, Valentin Koupny, avait récemment estimé que cette structure, construite à la va-vite au lendemain du drame, en 1986, pouvait « s'effondrer à tout instant » et provoquer une nouvelle catastrophe.« Le sarcophage est tellement poreux que chaque jour de la radioactivité s'en échappe, et nous n'avons même pas les moyens de la mesurer », avait affirmé M.Koupny à l'hebdomadaire allemand Focus.M.Asmolov a pour sa part démenti toute fuite radioactive depuis 1986 et a écarté tout risque d'une « nouvelle catastrophe globale ».Le quatrième réacteur de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986 dans la plus grave catastrophe du nucléaire civil, contaminant les trois quarts de l'Europe.Le dernier réacteur opérationnel de Tchernobyl a été définitivement fermé le 15 décembre dernier.Le jeu doit rester un jeu Tirage du 2001-04-23 Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Tirage du 2001-04-23 Tirage du 2001-04-23 NUMÉRO: 087062 MX1003 Multisports, Multilargeurs.endurance.montrealplus.ca Métro Beaubien / Stationnement disponible Spécialiste de chaussures athlétiques depuis 1985 6579, rue Saint-Denis, Montréal (514) 272-9267 2LP1301A0424 A-13 MARDI 2LP1301A0424 ZALLCALL 67 00:54:00 04/24/01 B L A P R E S S E MONT R É A L MA R D I 2 4 A V R I L 2 0 0 1 A 1 3 Un Britannique peut-être atteint de fièvre aphteuse subit des tests ÉPIZOOTIE Pourquoi pas du napalm pour éliminer les carcasses d'animaux ?demande un député Agence France-Presse LONDRES Ð Un homme, chargé de l'abattage d'animaux infectés par la fièvre aphteuse dans le comté de Cumbria (nord-ouest de l'Angleterre), la région la plus touchée du pays par l'épizootie, pourrait avoir attrapé la maladie, a annoncé hier le ministère de la Santé.Des tests sont en cours pour établir un diagnostic définitif, mais un porte-parole du ministère a reconnu que l'homme, dont l'identité n'a pas été dévoilée, présentait « tous les symptômes » de la maladie, à savoir des aphtes sur les mains, les pieds et dans la bouche, et de la fièvre comme pour les animaux.Les résultats des tests devraient être connus d'ici 48 heures.Angus Nichol, directeur des Services laboratoires de la Santé, a souligné la rareté de la contamination de l'homme.« Au départ il s'agit d'un virus animal, qui n'aime pas les hommes.Si vous exposez quelqu'un à des doses massives de virus, il pourrait en principe attraper la maladie, mais ne sera probablement pas infecté », a-t-il dit.Transmis à l'homme, la fièvre aphteuse n'est pas dangereuse et disparaît en quelques jours.Le seul autre cas connu de transmission de la fièvre aphteuse à l'homme au Royaume-Uni date de 1966, lors de la dernière épizootie de grande ampleur.Le malade n'avait subi aucune conséquence à long terme.Selon le professeur Toy Hart, expert en maladies contagieuses à l'Université de Liverpool, « la fièvre aphteuse est majoritairement une maladie animale, qui touche en de très rares occasions l'homme ».Mais il a ajouté ne connaître aucun cas d'une personne infectée par la fièvre aphteuse qui aurait transmis la maladie à une autre personne.Un porte-parole des Services laboratoires a indiqué que plusieurs cas suspects de transmission à l'homme avaient été rapportés depuis le début de l'épizootie le 19 février dernier.Mais, dans chacun des cas, les tests ont été négatifs.Agence France-Presse LONDRES Ð Un député travailliste a proposé hier l'utilisation du napalm pour se débarrasser des carcasses d'animaux abattus dans la lutte contre l'épidémie de fièvre aphteuse, alors que l'opinion publique s'interroge sur la nocivité des bûchers à ciel ouvert actuellement en place.Lors d'un débat à la Chambre des communes, Tam Dalyell a interpellé le secrétaire d'État à l'Environnement Michael Meacher en lui demandant si le gouvernement avait pris contact avec le département de l'Agriculture du Nevada ou les services vétérinaires de la Louisiane, aux Etats-Unis, qui ont déjà utilisé du napalm pour détruire des carcasses de bétail.« Le napalm permettrait d'éliminer les carcasses en 60 minutes, alors que les bûchers nécessitent trois jours.En raison de l'absence de dégagements de vapeurs de napalm, vous n'obtenez aucun effet secondaire, comme l'émission de dioxines qui peuvent être dégagées par l'incinération des traverses de train ou de vieux pneus », utilisés pour enflammer les bûchers, at- il demandé.Plusieurs associations de défense de l'environnement se sont inquiétées du dégagement dans l'atmosphère d'une quantité anormale de dioxines, cancérigènes, à cause des bûchers.Fin mars, le gouvernement britannique avait assuré ne pas envisager d'utiliser des lance-flammes au napalm pour accélérer l'incinération des carcasses d'animaux, démentant des informations du quotidien The Independent.Hier, le secrétaire d'État à l'Environnement s'est montré moins catégorique, se contentant de « prendre note de l'observation » du député.Un peu plus tard, un porte-parole du ministère de l'Environnement a affirmé que le gouvernement « a examiné l'usage d'accélérateurs d'incinération comme le napalm.Il a été jugé qu'ils ne seraient pas utiles à l'heure actuelle ».Trois hommes s'envolent pour le pôle Nord sans assistance Agence France-Presse DEUX FRANÇAIS et un Canadien ont décollé hier de Resolute Bay dans l'extrême Nord canadien à bord d'un avion dépourvu d'aide à la navigation pour tenter de rejoindre le pôle Nord sans assistance, a indiqué à l'AFP une responsable de l'aéroport du petit village inuit.S'ils réussissent, les trois hommes seraient selon eux les premiers à atteindre le pôle Nord avec pour seuls instruments une montre, un dérivomètre et deux sextants.L'équipage, dont le navigateur et député européen Gérard d'Aboville, s'est envolé à 17h en direction de la petite station météorologique d'Euréka, sur le 80e parallèle, pour faire un dernier ravitaillement.L'avion, un monomoteur de 4 places fait de toile, de bois et de tubes d'acier et muni de skis, a été conçu par le chef de l'expédition, Hubert de Chevigny.Il dispose d'une autonomie de 14 heures, soit environ le double du temps nécessaire pour relier le pôle depuis Euréka.2951873A 2952015 LA CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC PRÉSENTE LA SEMAINE DU BARREAU DE MONTRÉAL TOUT DROIT! 24 AU 27 AVRIL 2001 COMPLEXE DESJARDINS Mardi 24 avril : Journée Le Bel Âge pour les aînés Mercredi 25 avril : Journée sur le droit du travail Jeudi 26 avril : Journée jeunesse CSQ Vendredi 27 avril : Journée sur le droit familial Consultations juridiques gratuites, conférences, procès simulés, stands d'information en collaboration avec 2951566A 2LP1401A0424 A-14 MARDI MONDE 2LP1401A0424 ZALLCALL 67 00:49:26 04/24/01 B A 1 4 L A P R E S S E MONT R É A L MA R D I 2 4 A V R I L 2 0 0 1 MONDE Les Européens contre l'indépendance du Monténégro Le président Milo Djukanovic tient néanmoins à son référendum Agence France-Presse PARIS Ð La plupart des pays européens se sont prononcés hier contre l'indépendance du Monténégro et ont appelé ses dirigeants à reprendre le dialogue avec Belgrade, au lendemain de la courte victoire des indépendantistes aux élections législatives.Mais le président monténégrin Milo Djukanovic ne cache pas ses intentions.« La Yougoslavie n'existe pas.C'est une entité artificielle », a-t-il répété dans un entretien publié hier par le quotidien polonais Gazeta Wyborcza.Les élections législatives « étaient un test, avant un possible référendum », a commenté hier un porte-parole britannique.Or les résultats ne sont pas à la hauteur des espoirs du jeune président monténégrin et des partisans de l'indépendance.Les résultats officiels définitifs ne sont pas attendus avant jeudi.Mais, selon les résultats quasi définitifs publiés hier, Milo Djukanovic ne remporte qu'une très courte victoire, avec un avantage de 5000 voix seulement, sur la coalition pro-yougoslave.« L'Union européenne soutient complètement un Monténégro démocratique à l'intérieur d'une Yougoslavie démocratique.L'UE est opposée à toute démarche unilatérale qui pourrait avoir un effet contraire sur la stabilité de la région », a déclaré le haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana.Le Monténégro forme avec la Serbie la République fédérale de Yougoslavie (RFY).La coalition indépendantiste « Victoire du Monténégro » a recueilli 42,05 % des suffrages, contre 40,67 % (147 187 voix) pour la coalition « Ensemble pour la Yougoslavie », selon des résultats portant sur 98,94 % des votes.« Les discussions devront être empreintes d'esprit d'ouverture et être prêtes au compromis », a souligné la ministre autrichienne des Affaires étrangères autrichien, Benita Ferrero-Waldner.Plusieurs dirigeants politiques à Belgrade ont insisté hier sur les divisions apparues dans la population monténégrine face au projet indépendantiste et ont estimé que la Fédération pourrait survivre.Mais, affaibli par son échec, le président Djukanovic pourrait radicaliser son discours indépendantiste, sous la pression de son allié l'Alliance libérale, ont averti certains dirigeants monténégrins.Le président de la petite république yougoslave, proclamant sa victoire, a confirmé son intention d'appeler les électeurs à se prononcer sur l'indépendance du Monténégro dès l'été prochain.Vus de Belgrade, ces chiffres, très en deçà des espoirs des indépendantistes monténégrins, ont été accueillis comme un signe encourageant par les partisans du maintien de l'État fédéral.Le résultat du scrutin « permet d'espérer un avenir meilleur » pour la fédération yougoslave, a affirmé le président yougoslave Vojislav Kostunica, en appelant les dirigeants monténégrins à dialoguer avec Belgrade.Le Monténégro « est complètement divisé, il n'existe pas de base pour un référendum », a commenté de son côté le vice-premier ministre serbe, Zarko Korac.Depuis son élection fin 1997 à la tête de cette république de 650 000 habitants, Milo Djukanovic a entraîné le Monténégro sur la voie de la rupture avec Belgrade, encouragé alors par les Occidentaux qui le soutenaient dans son opposition à Slobodan Milosevic, l'ex-président de Yougoslavie.Les responsables yougoslaves, attachés à la survie de la RFY, dix ans après les indépendances de la Slovénie, de la Croatie et de la Macédoine en 1991, puis de la Bosnie en 1992, avaient néanmoins assuré qu'ils accepteraient tout verdict sorti des urnes.Le score inattendu des pro-Yougoslaves place donc Milo Djukanovic dans une position plus délicate que prévu, face à ses propres électeurs et face à Belgrade, qui, a souligné M.Batic, maintient dans l'immédiat sa plate-forme proposant une redéfinition, dans le cadre fédéral, des relations entre la Serbie et la petite république voisine.GÉNOCIDE RWANDAIS «Nous avons l'impression que le monde n'a rien compris », témoigne une rescapée EMMANUEL DEFOULOY Agence France-Presse BRUXELLES Ð Les 40 années ayant précédé le génocide rwandais ont été marquées par un apartheid anti-Tutsis qui a créé « des victimes consentantes et des bourreaux potentiels », a témoigné hier une rescapée des massacres de 1994, au procès de quatre Rwandais accusés d'y avoir participé.« Je vous prie de m'excuser si je vais pleurer », a prévenu Yolande Mukagasana, petite femme de 47 ans à la mise en plis impeccable qui a perdu son mari et ses trois enfants dans le génocide.« Mais je vais essayer, pour que la vérité soit dite aux yeux des êtres humains », a-t-elle lancé aux jurés.La discrimination a débuté dès l'école.« Dans la classe, Odette était très grande, très maigre.Moi j'étais petite », a-t-elle expliqué en se remémorant ses années d'école primaire.« Mais on nous mettait devant pour montrer que les Tutsies étaient des grandes, mais qu'on pouvait aussi se tromper.» Pour faire malgré cela la différence, l'enseignante expliquait alors qu'« il fallait voir la qualité des cheveux » et que la petite Yolande n'avait « pas les cheveux crépus comme les Rwandais ».« Les enfants venaient autour de nous et passaient leurs mains dans nos cheveux.Pendant la récréation, ils faisaient des cercles autour de nous et nous huaient », s'est-elle rappelé.« On était parvenu à nous faire croire qu'on était capable de rien.Que les autres étaient plus intelligents.Et c'était fini », a-t-elle ajouté.« Nous avons grandi, les uns comme des victimes consentantes, les autres comme des bourreaux potentiels.» Et Yolande Mukagasana de faire un historique de la haine contre les Tutsis, principales victimes du génocide dans lequel périrent environ 800 000 Rwandais.« Le problème (date) du jour où on a créé la carte d'identité », a-telle estimé.« Vous pouvez nous rappeler qui a créé cette carte ?», lui a demandé le président de la Cour.« C'est l'administration coloniale belge », a-t-elle répondu.Pour asseoir son pouvoir, le colonisateur a institué en 1933 des cartes d'identité ethniques aux mentions « Hutu » et « Tutsi » qui n'existaient pas auparavant, ce qui a figé des appartenances jusque-là plus fluctuantes.Après que les autorités belges et l'Église catholique, qui soutenaient la monarchie tutsie, eurent fait volte- face à la fin des années 1950 et défendu la « révolution sociale » hutue, des massacres de Tutsis ont eu lieu en 1963.Comment devient-on pour autant une « victime consentante ?» lui a demandé l'avocat général.« Quand vous voyez que tous les médias sont contre vous », a-t-elle répondu.« Vous vous dites, peutêtre que je suis un déchet de l'humanité.Si je suis tuée peut-être que l'humanité aura la paix.» « C'est le climat dans lequel j'ai grandi, et le climat dans lequel mes enfants ont été tués à la machette », a-t-elle assuré.« Et qui étaient les bourreaux ?» lui a demandé le président.« Les bourreaux étaient nos amis, nos voisins.J'ai aussi rencontré des Tutsis qui ont fait le génocide, par peur d'être tués.» Yolande Mukagasana consacre aujourd'hui sa vie à témoigner sur le génocide et à « écouter » les survivants.Elle a écrit La mort ne veut pas de moi.« Nous avons l'impression que le monde n'a rien compris, a-t-elle estimé.Reste à savoir s'il va comprendre.» Photo AFP Kamikazes indonésiens Un commando de kamikazes, partisans du président indonésien Abdurrahman Wahid, s'est étendu sous les roues d'un véhicule, hier à Banmuangi, pour montrer sa détermination.Tous les membres du groupe ont déclaré qu'ils étaient prêts à mourir pour Wahid, menacé de destitution par le Parlement en raison de son rôle dans deux scandales financiers.La 400e victime palestinienne de l'Intifada, un enfant de 11 ans tué par balle à Gaza Agence France-Presse JÉRUSALEM Ð Les violences israélo- palestiniennes, marquées par un nouvel attentat et la mort d'un enfant palestinien, ont éclipsé hier les timides efforts en vue d'une reprise des contacts de sécurité.Un attentat à l'explosif, le second en l'espace de 24 heures, a eu lieu dans la région de Tel-Aviv, alors qu'était tué dans la bande de Gaza le 400e Palestinien depuis le début de l'Intifada, un enfant de 11 ans.L'attentat à la bombe, qui a fait au moins quatre blessés légers, au marché d'Or Yehoudah, au sud-est de Tel-Aviv, a été revendiqué par un groupe se réclamant du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche).La télévision publique a fait état de 8 blessés.Dimanche, un attentat suicide à Kfar Saba, à l'ouest de Tel-Aviv, avait fait deux morts, dont l'auteur de l'attentat, et des dizaines de blessés, légers pour la plupart.Le principal mouvement islamiste palestinien, le Hamas, s'est attribué la responsabilité de l'attentat.Réagissant à l'attentat d'Or Yehoudah, le président palestinien Yasser Arafat s'est élevé contre les attaques visant des civils.« Sans aucun doute, nous sommes contre toute opération visant tout civil, palestinien ou israélien », a indiqué M.Arafat à des journalistes à Ramallah.Dans le sud de la bande de Gaza, un enfant palestinien de 11 ans a été tué d'une balle en pleine tête et 12 personnes ont été blessées à la suite de heurts entre manifestants palestiniens et militaires israéliens lors des funérailles d'un membre des la Force 17, la garde du président Arafat.Mohannad Mouhareb est le 400e Palestinien tué depuis le début de l'Intifada, le 28 septembre.Une brève réunion sécuritaire israélo- palestinienne, au niveau des officiers de liaison, qui s'est tenue hier après-midi dans le sud de la bande de Gaza s'est par ailleurs terminée sans résultat.Location de 469,11 $ par mois pendant 36 mois; taxes, immatriculation, enregistrement et inspection de prélivraison en sus.Acompte de 4 550 $ ou échange équivalent, dépôt de garantie remboursable de 520 $ et première mensualité de 469,11 $ requis.Montant dû au début du bail : 5 539,11 $.Bail fermé de 36 mois offert aux clients admissibles par Audi Finance chez les concessionnaires participants.Livraison au plus tard le 30 avril 2001.Taux calculé en fonction du PDSF de la Audi A4 quattro 1.8 T berline 2001 de 37 990 $ avec transmission manuelle à 5 vitesses et des frais de livraison de 605 $.Total des mensualités : 16 887,96 $.Contribution du concessionnaire requise pouvant modifier la transaction finale négociée.Assurances et certaines responsabilités financières éventuelles en fin de bail assumées par le locataire.Frais de 0,20 $/km pour le kilométrage supérieur à 20 000 km par an assumés par le locataire.Taux de location-bail calculé en fonction d'un taux d'intérêt annuel de 4,9 % pour 36 mois.Prix réels fixés par le concessionnaire.Demandez les détails au concessionnaire.« Audi », « quattro », « A4 » et l'emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de AUDI AG.« Front Trak » est une marque de commerce de AUDI AG.« Tiptronic » est une marque déposée de Dr.Ing.h.c.F.Porsche AG.« Avantage Audi » est une marque de service de Audi of America, Inc.© Audi Canada 2001.Pour en savoir plus sur Audi, composez le 1 800 367-AUDI ou visitez notre site Web, à l'adresse www.audi.com L'Avantage AudiMS : Services d'entretien périodique sans frais maintenant offerts pendant 4 ans ou 80 000 kilomètres.La A4 1.8 T Moteur turbocompressé de 1,8 litre et 170 ch Technologie des 5 soupapes conçue pour la piste Traction avant Front TrakMC ou légendaire traction intégrale quattroMD Transmission automatique à 5 vitesses avec système TiptronicMD en option Suspension avant à quatre bras Sentez-vous votre coeur s'emballer ?Taux de location-bail 4,9 % AUTO STRASSE INC.5905, autoroute Transcanadienne Saint-Laurent QC (514) 748-6961 AUTOMOBILES E.LAUZON 1384, boulevard Labelle Blainville QC (450) 430-1460 LES AUTOMOBILES NIQUET 1905, boulevard Sir Wilfrid Laurier Saint-Bruno QC (450) 653-1553 LES AUTOMOBILES POPULAR 5441, rue Saint-Hubert Montréal QC (514) 274-5471 PARK AVENUE VOLKSWAGEN AUDI 8805, boulevard Taschereau Brossard QC (450) 656-4811 2952328A 2LP1501A0424 A-15 MARDI MONDE 2LP1501A0424 ZALLCALL 67 00:49:10 04/24/01 B L A P R E S S E MONT R É A L MA R D I 2 4 A V R I L 2 0 0 1 MOND E A 1 5 Des pays riches, complices passifs du pillage du Congo JOONEED KHAN LE RAPPORT de l'ONU publié la semaine dernière sur « le pillage systématique et systémique » des fabuleuses richesses du Congo- Kinshasa montre aussi du doigt des pays riches ainsi que des institutions financières multiltérales.Ainsi, les compagnies belges Sabena Cargo, Cogecom et Sogem, et la banque Bruxelles Lambert, la société française SDV du groupe Bolloré, la firme allemande Starck, l'américaine Citibank, et les organisations américaines Smart Wood et Rogue Institute for Ecology and Economy, y sont épinglées comme « facilitateurs ou complices passifs ».Ces deux derniers groupes « écologistes » ont ainsi servi à un holding géant américano-germano-sino- thailandais appelé DARA à obtenir une attestation pour la coupe à blanc de forêts vierges du nord et de l'est du Congo occupés par l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.Le groupe DARA fait aussi dans l'exploitation illégale de l'or, du diamant, du coltan (le colombotantalite, minerai stratégique des nouvelles industries informatiques), ainsi que dans des activités industrielles et des services financiers et bancaires.Selon le document de l'ONU, 40 % des bois tropicaux, exportés via le Kenya et la Tanzanie, vont en Europe, 30 % en Asie de l'Est et 25 % en Amérique du Nord.« Les images satellite révèlent l'étendue de la déforestation de la Province orientale (du Congo) entre 1998 et 2000 », soulignent les auteurs du rapport.Le texte cible aussi Ramnik O.Kotecha, qui s'est présenté aux enquêteurs de l'ONU comme « consul honoraire des États-Unis à Bukavu », et qui préside le groupe de sociétés Kotecha spécialisé dans le trafic du coltan et la promotion de transactions entre des compagnies américaines et des vendeurs locaux de coltan.« Les enquêteurs ont aussi obtenu des indices de l'implication directe et indirecte de certains personnels d'ambassades et d'agences de développement de pays développés (qui) ont facilité l'achat de minerais illégaux », y lit-on.Les enquêteurs précisent que l'ambassadeur d'Allemagne à Kigali, capitale du Rwanda, a admis que l'agence de développement de son pays avait accordé un « prêt préférentiel » de 500 000 marks (environ 500 000 $ CAN) à la firme GFE de Karlheinz Albers Ð qui a formé la firme SOMIKIVU avec un partenaire local, Emmanuel Kamanzi.Le rapport souligne que la Grande- Bretagne, les États-Unis, l'Allemagne et le Danemark ont accru de 26,1 millions $ US en 1997 à 51,5 millions $ en 1999 leur appui au budget rwandais.« Ces économies réalisées par le budget du Rwanda ont-elles servi à financer la guerre au Congo ?» se demandent les enquêteurs.S'agissant de l'Ouganda, l'autre grand envahisseur-pilleur du Congo, le rapport note que la Banque mondiale n'a cesse de le féliciter pour sa performance économique, au point de proposer que sa dette soit réduite Ð de même que le Rwanda.Or, écrivent les enquêteurs, la Banque mondiale savait que l'Ouganda et le Rwanda gonflaient les données de leur performance économique grâce aux exportations d'or, de diamants et de coltan, dont ils ne sont pas producteurs.Des sanctions musclées recommandées contre les pilleurs Le nouveau compte ExemptionMC CIBC vous jettera par terre.Maintenez un solde minimum de 1000 $ et vous n'aurez aucuns frais de service à payer sur vos opérations bancaires habituelles.Peu importe la façon dont vous 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à Seattle, 603 personnes avaient été arrêtés et les dégâts évalués à plus de 2,5 millions.À Québec, donc, les corps policiers impliqués se sont vus attribuer de formidables moyens (la facture de la sécurité atteindrait 100 millions).L'encadrement conjoint de ces quatre services a apparemment fonctionné à la perfection.L'entraînement des policiers a été efficace en ce qu'il a induit une discipline et un sang-froid qui ont frappé tous les observateurs.Enfin, le mur tant décrié a prouvé son utilité, à la fois rempart et cible privilégiée de l'« action directe », ce qui a empêché le champ de bataille de se déplacer dans des zones difficilement contrôlables.Certes, les gaz ont été abondamment utilisés, à ce point qu'ils ont incommodé des manifestants pacifiques ainsi que des résidants étrangers à l'affaire.C'est déplorable, bien sûr.Mais on peut estimer qu'il s'agit d'un moindre mal, une solution en tous cas nettement moins hasardeuse que des affrontements directs, physiques, entre policiers et manifestants.Malgré cela, deux choses ont posé problème.La première est l'utilisation de projectiles de plastique, inutile et beaucoup trop dangereuse : plusieurs personnes ont été blessées, dont une manifestante victime d'une sérieuse fracture (les événements ont fait un autre blessé grave : un policier de Sainte-Foy attaqué alors qu'il s'occupait de circulation).Cette nouvelle arme dans l'arsenal des escouades anti-émeutes s'avère peu adaptée à ce genre de circonstances et ne devrait être utilisée que dans des situations extrêmes.La seconde concerne la logistique d'incarcération et de comparution, qui s'est révélée très erratique malgré les coûteux préparatifs Ð transfert des détenus hors de la prison d'Orsainville, mise en place d'un système de vidéoconférence Ð auxquels on s'était livré.Dans ces circonstances plus encore qu'en temps ordinaire, il est impératif que les droits des prévenus soient strictement respectés, leurs conditions de détention impeccables.Et aucune explication sur ce cafouillage n'est entièrement satisfaisante.Le prochain Sommet des Amériques aura lieu en Argentine, dont le président, Fernando de la Rua, prévoit qu'« il n'y aura pas besoin de barricades pour retenir les foules.Elles viendront plutôt nous applaudir ! » Certes, il fait preuve d'un bel optimisme.Mais il est certain qu'il y aura là, comme à Québec, une large foule qui s'opposera pacifiquement à la mondialisation Ð ce qui est certainement utile en tant que rappel aux chefs politiques de leurs devoirs envers la population.Et il est probable qu'il y aura aussi des casseurs.Parce qu'il existe, au coeur de l'être humain, un troublant appétit pour le pur plaisir de la destruction.Serge.Chapleau@lapresse.ca Droits réservés LA BOÎTE AUX LETTRES Livrer la marchandise AGRICULTEURS du sud-ouest, petite entreprise familiale, nous vivons au jour de la mondialisation.Nous ne disons pas oui à bras ouverts ou encore non à poings fermés .Essayons d'avoir un peu l'esprit ouvert à l'inévitable.Il y a 20 ans, nous n'aurions jamais pu envisager faire affaires directement avec des acheteurs de l'autre bout des Amériques ; c'est pourtant le cas pour notre très petite entreprise .Nous pouvons savoir la valeur de nos denrées et la capacité des marchés à absorber notre volume de production, en quelques minutes seulement.Être obligé de faire le point et devoir remettre en question la valeur de notre production, fait peur.Car ne l'oublions pas, valeur et coût de production n'iront jamais ensemble.Toutes les lois au monde et plan de contingentement ne réussiront pas à faire boire plus de lait ou à manger plus de tomates à des prix établis à l'avance et en ayant en tête une valeur artificielle pour ces même produits.« Ouch » ! Non, nous ne sommes pas prêts à marcher aux côtés de cagoulards portants des jeans griffés et des escarpins à la mode ; nous ne lancerons pas de roches, non plus .Nous allons écouter ce que les Amériques veulent et livrer la marchandise.ANDRÉ ROLLAND Howick Le Québec est sous bonne garde LE 22 MARS 99, La Presse publiait un de mes textes sous le titre suivant : « La commission Poitras ; un instant svp », dans lequel je dénonçais l'accent que l'on mettait à noircir la Sûreté du Québec, comme si le passé remarquable de ce corps policier n'avait jamais existé.Dernièrement, deux événements majeurs ont attiré notre attention, soit l'arrestation des motards Hells Angels et leurs acolytes, ainsi que le Sommet des Amériques, où justement plusieurs observateurs internationaux sont venus nous dire combien la Sûreté du Québec était efficace et que notre comportement était tout à fait remarquable.C'est ce genre de situation que j'ai eu l'honneur de vivre fréquemment dans le passé et qui font que je suis toujours énormément fier d'avoir été membre de la SQ.Rappelons-nous entre autres les Olympiques de 1976 : alors qu'en 68 et 72 des drames majeurs étaient survenus à Munich et à Mexico, ici, maître des lieux, la SQ n'a connu aucun incident.Le but de la présente est de rappeler que le Québec est sous bonne garde, et que des incidents isolés ne parviendront jamais à effacer l'efficacité de MA Sûreté du Québec.ANDRÉ BELLEVILLE ex-sergent de la SQ Parlementaires et société civile DANS SON texte sur la Zone de libre échange des Amériques intitulé « De grandes attentes » (La Presse, 21 avril 2001), Philippe Faucher se trompe doublement quand il écrit par rapport à la prise de position des parlementaires dénonçant leur exclusion du processus de négociation : « Cette saute d'humeur des parlementaires se comprend d'autant moins que ceux-ci disposent d'une tribune privilégiée, qu'ils ont accès aux chefs d'États.Il eut été plus indiqué que les parlementaires se mettent démocratiquement à l'écoute des peuples, leurs électeurs, réunis dans le Vieux-Port.» D'une part, M.Faucher semble ignorer qu'au Canada du moins, les députés à la Chambre des communes, si rien ne change, ne débattront pas et ne voteront pas sur un éventuel accord concernant la ZLEA.En effet, le 15 février dernier, j'ai présenté une motion pour que la Chambre des communes débatte et vote sur toutes ententes finales sur la ZLEA.Cette motion, qui a reçu l'appui de tous les partis d'opposition, a été défaite par les libéraux.En défaisant cette motion, le gouvernement libéral a affaibli la démocratie représentative canadienne en tenant le Parlement canadien à l'écart du processus décisionnel.D'autre part, M.Faucher semble ne pas savoir qu'au sein du Sommet des peuples, il s'est tenu un Forum sur les parlementaires.L'objectif de ce forum, qui a rassemblé près de 200 personnes dont une centaine de parlementaires, visait à clarifier les rôles respectifs des parlementaires et des organisations de la société civile.Cette rencontre a permis de conclure qu'il fallait consolider l'alliance entre les parlementaires et les sociétés civiles des Amériques.Cette jonction entre les parlementaires et les sociétés civiles des Amériques est un atout réel pour le renforcement de la démocratie à travers tout le continent, y compris pour notre propre vie démocratique.PIERRE PAQUETTE porte-parole du Bloc québécois en matière de commerce international Brouillard sur La Ronde m i c h e l e .o u i m e t @ l a p r e s s e .c a La Ville de Montréal a vendu La Ronde à une compagnie privée.Une bonne chose de faite.Mais les circonstances qui ont entouré la transaction ont soulevé de nombreuses questions auxquelles l'administration Bourque a été incapable de répondre de façon satisfaisante.Les doutes qui entourent la vente alimentent les préjugés des villes de banlieue qui croient que Montréal est gérée par des amateurs.La Ville a bien fait de vendre La Ronde qui avait sérieusement besoin d'un bon coup de balai.Depuis le milieu des années 1990, le parc d'attractions vit des heures difficiles : ses recettes stagnent, sa fréquentation baisse et les revenus provenant des concessionnaires chutent.Vieillotte, désuète, La Ronde exige des investissements d'environ 100 millions pour se refaire une beauté.Une ville n'a pas à gérer un parc d'attractions, surtout s'il bat de l'aile et nécessite une importante injection de fonds.Le dossier de la vente a naturellement été confié à la Société du parc des Îles, une paramunicipale qui gère La Ronde depuis des années.La Société a demandé à la firme Price Waterhouse de détailler l'état de santé du parc, de fixer grosso modo son prix et d'identifier des acheteurs.Jusque là, tout va bien.La sauce s'est gâtée lorsque la Ville s'est emparée du dossier et l'a retiré des mains de la Société du parc des Îles.C'est le président du comité exécutif, Jean Fortier, qui l'a pris sous son aile, même si c'est son collègue Paolo Tamburello qui en est le responsable politique.Pourquoi M.Tamburello a-t-il été écarté ?Il fait pourtant partie de l'équipe du maire Bourque et il siège au comité exécutif.Tout comme Jean Fortier.Pour vendre La Ronde, la Ville a décidé d'utiliser les services d'un intermédiaire.Pourquoi ?Elle aurait pu trouver elle-même un acheteur, surtout que la firme Price Waterhouse avait déjà sérieusement déblayé le terrain.Qui a pris cette décision ?Jean Fortier ?Trois compagnies ont été invitées à soumissionner pour devenir l'intermédiaire, dont le Groupe Millenium, la firme de Richard Bramucci, un ami personnel de Jean Fortier, qui a finalement décroché le contrat.Price Waterhouse, qui connaissait le dossier sur le bout des doigts, n'a pas été approchée.Pourquoi ?Qui a choisi les trois compagnies et à partir de quels critères ?Talonnée par l'opposition, la Ville n'a jamais donné de réponses claires à ces questions pourtant pertinentes, légitimes et d'intérêt public.En cafouillant, la Ville de Montréal a manqué une belle occasion de démontrer qu'elle était capable de mener à bien une telle transaction.Richard Bramucci a été payé 100 000 $ pour son travail.De plus, il touchera une commission payée par l'acheteur évaluée à environ un demi million.L'opposition a crié au conflit d'intérêts et accusé Jean Fortier d'avoir privilégié un ami.Une chose demeure certaine : le processus a manqué de transparence.Richard Bramucci a choisi le géant américain des parcs d'attractions Six Flags.En plus de payer 30 millions pour La Ronde, cette société injectera 90 millions.La Ville a-t-elle fait le bon choix ?Jean Fortier jure que oui, mais il faut le croire sur parole à défaut d'avoir en main les autres propositions.Le comité de transition, qui règle les détails de la fusion des 28 villes de l'Île, devrait revoir tout le processus de vente, même si cela ne fait pas partie de son mandat.La ministre des Affaires municipales, Louise Harel, n'a qu'à lui donner le pouvoir d'approuver ou de rejeter la transaction.Après tout, il s'agit d'un équipement régional et les montants impliqués sont importants.L'acte de vente ne sera pas signé avant le 30 avril, il n'est donc pas trop tard pour agir.Quelle belle leçon de démocratie ! CE QUI S'EST passé en fin de semaine n'était pas sans rappeler les beaux jours du KGB et de la Pravda.Eh oui !, l'Histoire ne nous a rien enseigné : quelques agitateurs qui noyautent un mouvement d'opposition, et une campagne de désinformation impeccable.Pourtant, 30 000 opposants à la ZLEA s'étaient rassemblées et ont défilé pacifiquement pendant cinq heures.Quel média en a parlé ou nous a montré et fait entendre ceux et celles qui ont alors pris la parole ?On nous a plutôt présenté les quelques centaines de casseurs et les bombes lacrymogènes.Passionnant.J'ai eu l'impression de voir « Métier : policier » sur tous les canaux pendant toute la fin de semaine.De quoi se poser des questions sur la concentration de la presse.Alors quoi, un beau party rave en plein air orchestré par qui, au juste ?En effet, on avait pourtant réussi à fermer nos frontières à des activistes américains.Pourquoi des pseudo-anarchistes connus des autorités policières et des services de renseignement ont-ils réussi à passer à travers les mailles du filet ?Peut-être pour attirer l'attention des médias, de façon à ce qu'ils ne couvrent pas l'énorme manifestation autrement plus sérieuse et plus revendicative.Ainsi, la véritable opposition à la ZLEA ne s'est pas fait entendre.Ce qui est navrant, c'est que les journalistes sont tombés dans le panneau.Même plus besoin de censure.Je rappelle quelques chiffres : le Sommet des Peuples pendant une semaine, 30 000 personnes qui manifestent durant plusieurs heures contre la mercantilisation du globe, pour quelques minutes de couverture au petit écran.Par contre, quelques centaines d'enragés qui tapent sur une clôture, ça c'est intéressant et ça mérite des heures et des heures de télédiffusion.Pendant ce temps-là, derrière des portes closes, nos monarques élus décidaient en grand secret de l'avenir des deux continents.Quelle belle leçon de démocratie ! À moins d'un référendum et de beaucoup plus de transparence, il faudra donner raison à Fidel Castro (le grand Satan) : le requin est venu manger les sardines.JACQUES BÉDARD Saint-Lambert Des manifestants ont pris d'assaut la barrière de protection érigée pour le Sommet de Québec, la fin de semaine dernière. 2LP1701A0424 a17 mardi 2LP1701A0424 ZALLCALL 67 00:51:52 04/24/01 B LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 24 AVRIL 2001 A17 FORUM LYSIANE GAGNON l g a g n o n @ l a p r e s s e .c a Un bon Sommet! Bon, voilà, c'est fait ! Finalement, presque tout le monde a des raisons de se réjouir de la façon dont s'est déroulé ce fameux Sommet des Amériques.À commencer par le premier ministre Jean Chrétien, qui ma foi, a fait fort bonne figure du début à la fin de l'exercice.Il avait mal commencé la semaine, mais il l'a bien finie.« En le voyant aller à la télé », me disait hier une personne qui non seulement n'aime pas M.Chrétien, mais n'a pas voté libéral depuis 20 ans, « je trouvais qu'il avait presque l'air d'un chef d'État ! Il connaissait ses dossiers sur le bout des doigts, il a été courtois avec tout le monde, il n'a pas fait de gaffe ! ».J'ai eu la même impression.La langue restait effroyablement cahoteuse (on ne le changera pas), mais il était bien informé et sûr de lui, et ses répliques fusaient dru et visaient juste.Et il a bien pris soin de traiter avec respect les dissidents, tout en précisant que le dernier mot reviendra toujours aux élus Ð une vérité que l'on ne rappellera jamais assez.Il faut dire qu'il avait un formidable collaborateur en la personne de son sherpa Marc Lortie, le brillant diplomate qui a « préparé » ce sommet pendant deux ans.Il est certes dommage que MM.Chrétien et Landry n'aient pas réussi, ni même cherché, à s'entendre sur la façon d'aménager un rôle quelconque au premier ministre du Québec, au moins au niveau de l'accueil des délégations, mais Ð mince consolation, quand même pas insignifiante Ð il reste que du côté canadien, les trois hommes clés de ce Sommet (MM.Chrétien, Lortie et le ministre Pierre Pettigrew) étaient des Québécois francophones.n n n Il était clair, durant le week-end, que les représentants canadiens avaient bien fait leur travail.Non seulement les rencontres se sont-elles déroulées sans anicroche majeure, mais il y a eu des bénéfices imprévus : notamment une clause démocratique renforcée et sans équivoque.Rien de mieux que la « carotte » de l'accès au fabuleux marché américain (lire surtout états-unien) pour calmer les ardeurs de ceux qui, au centre et au sud de l'hémisphère occidental, pourraient être tentés de retourner à la joyeuse époque des juntes militaires.Hier, les opposants chroniques en étaient réduits à ergoter sur le fait que la démocratie n'est ni totale ni parfaite dans les Amériques (on savait ça), que richesse collective n'est pas synonyme de prospérité pour tous (qui prétend le contraire ?), et que la démocratie, c'est davantage que des élections à tous les quatre ans.On savait cela aussi.Effectivement, la démocratie c'est, entre autres choses, un ensemble de droits dont le droit à la critique, à la libre expression et à la dissidence, de même que le droit de s'assembler et de manifester.Autant de droits dont on s'est joyeusement prévalu à Québec, et que Fidel Castro, le saint patron des contestataires épris du « modèle cubain », aurait eu tôt fait de réprimer, et pas avec des balles de caoutchouc.n n n Tout le monde, disais-je donc, a des raisons de se féliciter du Sommet.Les gouvernements, la police et les opposants, et même le maire de Québec.Car malgré le bilan maussade qu'en fait Jean-Paul L'Allier, sa ville n'a pas été détruite, ni même amochée.Un coup de balai, et elle retrouvera sa beauté estivale.Un certain nombre de résidants ont subi des inconvénients, c'est évident, mais enfin, rares sont les villes qui n'ont pas subi ce genre d'avanies quelques fois dans leur histoire.(S'il fallait compter les vitrines que l'hystérie politique ou sportive a brisées à Montréal.).La discipline et le sang-froid des policiers, la collaboration, sans précédent à ma connaissance, qui a régné entre quatre corps policiers aux traditions différentes, le nombre limité de bavures, le fait qu'il y ait eu si peu de blessés compte tenu des risques, tout cela est presque stupéfiant pour qui se souvient du comportement déréglé de la police lors des grandes manifs des années 60 et 70.Les chefs syndicaux et les leaders des groupes de pression qui s'imaginent représenter la « société civile » ont eux aussi leurs raisons de se réjouir.Ils ont atteint leurs objectifs : l'organisation d'un « sommet » parallèle qui leur a donné une visibilité que ne justifiait pas la cohérence de leur discours, et la production d'une gigantesque et pacifique manifestation.Si elle s'est terminée en queue de poisson, dans un terrain vague peu inspirant, c'est justement parce que les organisateurs syndicaux ont agi de façon responsable en éloignant la foule du périmètre de sécurité.Si des milliers de gens s'y étaient précipités, serait-ce en badauds, qui sait ce qui aurait pu se passer ?Les camarades du Black Bloc et les autres manifestants violents, de même que les voyous que ce genre d'« action directe » attire comme un aimant, ont eu, eux aussi, trois très belles journées.Ils ont pu s'en donner à coeur joie contre cette clôture que des esprits délirants avaient baptisée « le mur de la honte » (après pareille dérive verbale, comment faudra-t-il parler du mur de Berlin au pied duquel tant d'Européens de l'Est ont été abattus ?).Ils ont pu lancer des billes de métal et des cocktails Molotov aux policiers, ils ont pu battre à coups de barres de fer un policier en uniforme « ordinaire » qui surveillait le trafic tout seul dans son auto, et ils ont eu maintes fois l'occasion de jouer aux martyrs devant les caméras, au mépris du fait que les meneurs du party s'étaient présentés sur les lieux en tenue de combat, avec des masques à gaz et des projectiles divers.Et ils se disent anarchistes ! Un peu de lecture ne leur ferait pas de tort.Un militaire canadien lors d'une mission de paix à Sarajevo.Opérations de paix: le Canada obligé de s'adapter JOCELYN COULON L'auteur est directeur du bureau de Montréal du Centre canadien international Lester B.Pearson pour la formation en maintien de la paix, basé en Nouvelle-Écosse.Le Canada ne peut plus continuer à participer aux opérations de paix comme il le fait depuis des décennies.La réduction du nombre de militaires, la contraction du budget de défense et les changements géopolitiques sur la scène internationale frappent de plein fouet les Forces armées canadiennes.Au ministère de la Défense nationale on réfléchit sérieusement à cette dure réalité.Jocelyn Coulon Aujourd'hui, dans le cadre d'une conférence sur le maintien de la paix à Ottawa, le ministre de la Défense nationale, Art Eggleton, aura l'occasion de développer plus en profondeur les éléments d'une nouvelle stratégie d'intervention canadienne dans les opérations de paix, qu'il avait évoquée le mois dernier.Au cours d'une allocution devant le corps diplomatique, le ministre avait alors déclaré que les ressources militaires limitées du Canada l'obligeaient à revoir les paramètres de la participation canadienne aux opérations de paix.« Nous envisageons une stratégie du tôt arrivé, tôt parti, selon laquelle nos forces sont parmi les premières à se déployer et à mettre leur expertise à profit afin de stabiliser une zone d'opération », avait-il déclaré, sans plus de précisions.Cette déclaration n'a rien de surprenant et vient confirmer ce que tous les spécialistes des questions de sécurité constatent depuis une dizaine d'années : les Forces armées canadiennes sont à bout de souffle et le Canada n'a plus les moyens de ses ambitions.Un des axes majeurs de la politique étrangère canadienne Ce ne fut pas toujours le cas dans le passé.Le Canada a fait de sa participation aux opérations de paix de l'ONU et, maintenant, de l'OTAN, un des axes majeurs de sa politique étrangère et de défense depuis l'après-guerre.Jusqu'au début des années quatre-vingt-dix, le Canada occupait une place de choix dans les opérations de paix.En effet, le maintien de la paix était l'affaire d'une poignée de pays, la plupart occidentaux, qu'on pouvait qualifier de « neutres ou de non alignés ».On retrouvait dans ce club sélect le Canada, l'Australie, la Nouvelle- Zélande, l'Autriche, l'Irlande, les quatre pays scandinaves, les îles Fidji et le Népal, tous des États Ð dont certains étaient pourtant membres d'alliances militaires Ð qui n'avaient pas de passé colonial et qui étaient perçus comme d'honnêtes médiateurs, sans intérêts géopolitiques.Lorsque le Conseil de sécurité votait la création d'une opération de paix, l'ONU allait puiser dans les ressources humaines et matérielles de ces pays pour assembler une force de Casques bleus.D'autres pays s'y ajoutaient, selon les possibilités du moment.Les besoins de l'ONU n'étaient pas immenses, quatre ou cinq missions seulement étant en opération entre 1960 et 1988.Elles mobilisaient à peine 10 000 Casques bleus et très peu de matériel lourd.À cette époque, le Canada était le premier pourvoyeur de Casques bleus et détenteur du record de la participation aux treize opérations de paix alors mises sur pied.L'apport du Canada était apprécié.Ses contingents d'infanterie ou de troupes spécialisées formaient souvent la colonne vertébrale des missions.Ses soldats bilingues et très bien entraînés pouvaient être déployés partout dans le monde.Sur le plan intérieur, l'entretien au sein des opérations de paix de contingents totalisant, selon les années, 1000 à 2000 militaires par an ne posait pas de problème sérieux à des Forces canadiennes dont le personnel totalisait plus de 100 000 membres et qui bénéficiaient d'un point d'appui permanent dans ses installations en Allemagne.Le militaire moyen affecté à des missions de paix pouvait espérer n'y retourner que tous les quatre ou cinq ans.Enfin, les opérations de paix se déroulaient sous le chapitre VI de la Charte de l'ONU, et la violence sur le terrain était l'exception plutôt que la règle.En fait, tous les Livres blancs sur la défense et tous les exposés de politique étrangère avaient toujours réservé une place de choix à la participation canadienne aux opérations de paix.Le dernier Livre blanc, publié en 1994, prenait toute la mesure des changements intervenus depuis la chute du mur de Berlin et proposait un engagement plus actif sur la scène internationale.Ainsi, en cas de conflit grave, il évoquait la possibilité de déployer pour une courte période de temps, quelque 10 000 militaires.En temps normal, le Canada promettait de maintenir de façon permanente 4000 militaires dans les opérations de paix.Le projet était ambitieux et certains n'avaient pas manqué de dire qu'il était irréaliste.Les réductions de budgets et d'effectifs et les changements sur la scène internationale leur ont donné raison.Un outil militaire diminué Au Canada, depuis 1989, l'outil militaire a subi des réductions de toutes sortes.Les bases en Allemagne ont été fermées.Le nombre de militaires est passé de 90 000 à 58 000.Le budget est tombé de 12 à 11,4 milliards en 2001.Paradoxalement, jamais le Canada n'a été aussi présent militairement sur la scène internationale.Si, de 1948 à 1989, les Forces canadiennes ont participé à 25 opérations internationales (missions de paix et opérations humanitaires), depuis la chute du mur de Berlin, elles ont été déployées dans le cadre de 65 opérations.De la guerre du Golfe, en 1990-91, à celle du Kosovo, en 1999, le Canada a déployé personnel et matériel aux quatre coins de la planète.Selon le dernier rapport annuel du ministère de la Défense nationale, à n'importe quel moment de 1999, plus de 4500 hommes et femmes étaient déployés dans le cadre de 23 opérations internationales.Cette année, le nombre est de 3200.Sur la scène internationale, le Canada évolue dans un paysage géopolitique qui a complètement changé depuis une décennie.Comme on l'a vu plus haut, le nombre d'opérations de paix, mais aussi d'interventions militaires, s'est multiplié.Les conflits ont changé.Ils sont rarement entre États, mais se déroulent maintenant à l'intérieur des États.La communauté internationale est confrontée à des guerres civiles, à des mouvements de rebelles sur lesquels plus aucun grand État n'a de prise comme à l'époque de la guerre froide, à des États qui s'effondrent, etc.Pour faire face à ce nouveau chaos, la communauté internationale définit des mandats très ambitieux, qu'elle confie ensuite à des opérations de paix qui évoluent de plus en plus dans le cadre du chapitre VII de l'ONU autorisant le recours à la force.Comme on a pu le constater en Somalie, au Rwanda, en Angola, en Bosnie, à Timor et au Kosovo, l'ajustement entre l'ancienne façon de faire du maintien de la paix et les nouvelles réalités des opérations de paix a été très douloureux.Autre caractéristique, la petite poignée de pays qui participaient aux opérations de paix est devenue un grand regroupement de pays (environ 80) dont tous ne possèdent pas les ressources et l'entraînement requis pour les nouvelles opérations de paix.Comme dans bien d'autres pays, les ressources canadiennes allouées aux opérations de paix ont été touchées tant par les changements intérieurs qu'extérieurs.Sur le plan du personnel, la réduction du nombre de militaires et la multiplication des missions ont entraîné de nombreux problèmes identifiés par des rapports d'enquête, mais aussi par les autorités politiques et militaires.Ainsi, la santé et la sécurité des militaires ont été mises à rude épreuve.Du syndrome de la guerre du Golfe au syndrome de stress post-traumatique, en passant par les épreuves familiales, la fatigue et l'épuisement, la pauvreté et la multiplication des incidents, parfois criminels, enfin la dégradation de l'entraînement, les Forces canadiennes sont à la limite de ce qu'elles peuvent accepter et gérer.Le dernier rapport de la Défense nationale souligne clairement que la cadence élevée des opérations de paix a un effet sur le personnel, particulièrement sur les forces opérationnelles principales.Sur le plan matériel, le Canada dispose sur papier de l'équipement (avions, bateaux, véhicules, etc.) pour appuyer les objectifs du Livre blanc.Toutefois, une constatation s'impose : d'une part, l'option selon laquelle 10 000 militaires seraient déployés à l'étranger n'a jamais été testée alors que, d'autre part, le déploiement de 4000 militaires de façon permanente pose d'énormes problèmes aux gestionnaires de la Défense nationale, mais aussi aux hommes et aux femmes qui servent dans les Forces armées.En fait, le Canada n'est pas en mesure de remplir complètement les obligations qu'il s'est attribuées dans le Livre blanc comme l'a si bien démontré l'échec du déploiement sous commandement canadien d'une force multinationale dans la région des Grands lacs africains en 1996.Ce constat révèle le profond écart entre la rhétorique d'une politique étrangère et de défense que les politiciens veulent grandiose, et la réduction des ressources qui paralyse, sinon annule, l'action et finit par discréditer le pays.Une nouvelle approche La stratégie du « tôt arrivé, tôt parti » évoquée par le ministre est donc une première réponse à cet état des choses.Elle pourrait aussi réconcilier les partisans d'une approche traditionnelle des questions de sécurité, qui réclament le maintien d'un outil militaire robuste, et ceux qui estiment que le Canada n'a plus les moyens d'entretenir un pareil outil militaire et devrait se concentrer sur les opérations de paix de l'ONU.Essentiellement, le ministre propose de déployer des troupes pour soutenir une mission dans ses premiers mois d'opération.Ces militaires proviendraient de l'infanterie ou d'unités spécialisées.Cette stratégie est appliquée présentement dans le cadre de la mission des Nations unies entre l'Éthiopie et l'Érythrée où 500 militaires canadiens terminent dans quelques semaines un déploiement de six mois.Toutefois, si cette stratégie suggère que le Canada met une croix sur des déploiements de longue durée, elle pourrait causer des torts à l'image de marque du pays.Les Casques bleus canadiens doivent continuer à participer aux opérations de paix, mais le Canada doit faire preuve de modestie.Un savant dosage entre une participation ponctuelle et limitée, comme le préconise la nouvelle stratégie, et une participation à long terme, mais modeste, serait tout indiqué.De plus, compte tenu que les opérations de paix attirent un nombre grandissant de joueurs, le Canada a tout intérêt à les aider en faisant appel à ses capacités techniques et spécialisées et à sa matière grise.Après tout, dans ce monde en changement, l'influence ne se mesure plus seulement en termes de bataillons qu'on aligne mais aussi en termes d'information et de formation.Si le Canada veut continuer à jouer un rôle important sur la scène internationale, il doit conserver des forces armées équilibrées, polyvalentes et aptes au combat.Cela lui permettra d'oeuvrer avec ses alliés américains et de l'OTAN et de se joindre à des interventions comme les guerres du Golfe et du Kosovo tout en participant, mais de façon modeste, aux opérations de paix.La stratégie du « tôt arrivé, tôt parti » est un pas dans cette direction.Art Eggleton Les Forces armées canadiennes sont à bout de souffle et le Canada n'a plus les moyens de ses ambitions. La Presse 24 avril 2001 Page A18 manquante "]
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