La presse, 9 juin 2001, B. Plus
[" 6LP0101B0609 samedi 09 juin 6LP0101B0609 ZALLCALL 67 00:58:11 06/09/01 B Les formidables paysages qui s\u2019étendent de Cap-Chat à Grande-Vallée forment le décor de la MRC Denis-Riverin, la plus pauvre au Québec.Décrochage, sans-emplois: depuis des années, la Haute- Gaspésie aligne les pires statistiques de la province.Portrait d\u2019une région où la pauvreté a atteint un seuil critique.Voici le premier volet de notre série.Photos ROBERT MAILLOUX, La Presse Certains villageois de Gros-Morne, comme des autres localités environnantes, vivent dans des maisons tout droit sorties des Filles de Caleb.La Haute-Gaspésie, tiers-monde du Québec SAINTE-ANNE-DES-MONTS \u2014 Au fond de la classe, le mur est plein de trous, marqué par des dizaines de coups de poing, de coups de pied.Depuis deux générations, ce mur est l\u2019exutoire du désespoir des petits durs qui viennent de toute la Haute- Gaspésie.Il faut les comprendre.Ils ont 14 ans, sont incapables de faire une multiplication simple.À moins d\u2019un miracle, ils ne finiront pas leur cinquième secondaire.Ils savent très bien qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019avenir.En attendant, c\u2019est le mur qui encaisse.Les durs de durs de la polyvalente Gabriel- Lecourtois, à Sainte-Anne-des-Monts, sont une quarantaine.Près de 10 % des jeunes du secondaire sont en « cheminement particulier », cruellement surnommé « le trou » par les autres élèves.Isabelle Landry, frêle comme un roseau, enseigne à ces élèves.« On entend souvent ça : Je vais être comme mon père.Sur le BS », dit-elle.« Pour moi, être ici, ce n\u2019est pas une cause pédagogique, c\u2019est une cause sociale », ajoute-t-elle avec un faible sourire.Pour travailler à cette polyvalente, 300 élèves au primaire, 500 au secondaire, il faut effectivement être missionnaire.Le directeur, Jean-François Jobin, un Québécois exilé en Gaspésie, n\u2019aura duré qu\u2019un an en poste : il part en juin pour cause de découragement.En plus de voir fondre le nombre d\u2019élèves chaque année \u2014 42 % de moins en dix ans \u2014, M.Jobin est aux prises avec des problèmes de pauvreté qui dépassent l\u2019entendement et avec le pire taux de décrochage de la province.Un élève sur deux abandonne avant son diplôme.« Les conditions sont effroyables.On se croirait dans le pire quartier de Montréal », résume-t-il.La Haute-Gaspésie, c\u2019est le tiers-monde du Québec.Les formidables paysages qui s\u2019étendent entre Cap-Chat et Grande-Vallée, que le touriste pressé d\u2019arriver au parc Forillon traverse en une heure et demie, constituent le décor de la MRC la plus pauvre au Québec.La pauvreté est endémique ici : contrairement à Chandler où la crise date de trois ans, ici, on est pauvre depuis trente ans.Aucune grande industrie n\u2019a pris la relève des Mines Madeleine, qui a fermé ses portes il y a des années.On vivait de la mer, des forêts.Mais avec la crise du poisson et la forêt qui s\u2019épuise, les emplois sont devenus pratiquement inexistants.Le résultat, c\u2019est que deux adultes sur trois n\u2019ont pas d\u2019emploi.Le tiers des habitants n\u2019a même pas une neuvième année.Un habitant sur cinq vit de l\u2019aide sociale : les deux tiers d\u2019entre eux encaissent leur chèque depuis plus de dix ans.Le quart des enfants de la MRC vivent avec des parents dont le revenu n\u2019atteint même pas la moitié du seuil de pauvreté.Renaud Paquette, chef du bureau d\u2019aide sociale, en est à sa troisième génération de bénéficiaires de la sécurité du revenu.« J\u2019ai reçu le grand-père, puis le père dans mon bureau.Et maintenant, je commence à aider les enfants.» À Sainte-Anne-des-Monts, la pauvreté se cache derrière les façades des modestes petites maisons.Mais en se déplaçant vers l\u2019est, dans les petits villages où on ne compte plus les habitants qu\u2019en centaines, elle saute au visage.Encastré entre la mer et les falaises plissées par les glaciers, la petite localité de Gros-Morne respire la pauvreté.La quasi-totalité de la population vit de la sécurité du revenu.Même le maire, Raymond Goupil, est prestataire : les 306 $ mensuels de son salaire de maire sont déduits directement de son chèque d\u2019aide sociale.Alors que le Québec entre dans le XXIe siècle, certains villageois de Gros-Morne, comme des autres localités environnantes, vivent dans des maisons tout droit sorties des Filles de Caleb.Des masures de planches mal isolées, aux planchers bringuebalants, des maisons si mal entretenues qu\u2019on les croirait abandonnées.Mais non, la cheminée fume et les rideaux pendent aux fenêtres.Sous le balcon, un petit tricycle rose attend son passager.Il n\u2019y a pas grand-chose à Gros-Morne.Une minuscule épicerie, un bureau de poste et une école.Marjolaine Déry est l\u2019Émilie Bordeleau du village.En vingt-cinq ans d\u2019enseignement, elle a vu passer deux générations de villageois.En un quart de siècle, le nombre d\u2019élèves est passé de 150 à 55 : l\u2019an prochain, elle en sera réduite à héberger trois niveaux différents dans une seule classe.Des 22 élèves qu\u2019elle reçoit dans sa classe, à peine cinq ou six obtiendront leur diplôme d\u2019études secondaires.« On pensait qu\u2019en enseignant aux enfants des élèves qu\u2019on a eu, on verrait une amélioration, une valorisation de l\u2019école.Mais ce n\u2019est pas le cas », dit-elle.« Tu vas voir des choses à Gros-Morne que tu n\u2019as jamais vues ailleurs », a-t-on dit à une de ses collègues à son arrivée à l\u2019école.« Et c\u2019est vrai », témoigne- t-elle.Jean-Marie Fournier en sait quelque chose.Né à Gros-Morne, il y a presque toujours vécu.Mais, à l\u2019inverse de la plupart des habitants, il a travaillé toute sa vie.« La pauvreté, ici, cherche-la pas, tu vas t\u2019enfarger dedans », lance-t-il.Chaque semaine, M.Fournier aide l\u2019un de ses voisins mal pris, dont certains vivent dans des conditions misérables.« Un moment donné, j\u2019ai vu les deux enfants d\u2019un voisin qui jouaient tout nus dans la neige », raconte-t-il.D\u2019ailleurs, le village, qui était il y a quinze ans sous la coupe de trois clans familiaux en profonde rivalité, se referme encore comme une huître devant toute intervention des services sociaux.« On a beaucoup moins de signalement dans ces petits villages.Parce que c\u2019est la loi du silence qui règne », explique Éric St-Laurent, de la Direction de la protection de la jeunesse.« Il m\u2019a fallu des années pour apprivoiser les gens et faire mon travail », raconte un intervenant social qui a longtemps oeuvré dans ces petites localités.Mais, en Haute-Gaspésie, les gens sont fiers.Ils ont beau vivre dans une maison de planches, pas question d\u2019avouer leur pauvreté.« L\u2019an dernier, les religieuses m\u2019ont raconté l\u2019histoire d\u2019une petite fille qui est arrivée en manteau d\u2019été et en souliers en plein hiver.Les soeurs l\u2019ont habillée pour la saison.Le lendemain, elle est arrivée avec le manteau dans un petit sac.Sa mère n\u2019a jamais voulu qu\u2019elle le garde », raconte Johanne Castonguay, l\u2019adjointe du député local, Matthias Rioux, qui en voit de toutes les couleurs au bureau de comté.Les habitants de Gros-Morne illustrent à merveille cette fierté : ils refusent de laisser mourir leur village.Qui est né à Gros-Morne veut y finir ses jours, témoigne Jean-Marie Fournier.Et même si c\u2019est pour y endurer la misère.Autre texte en B2 Isabelle Landry, un enseignante frêle comme un roseau, devant un trou du mur de défoulement des élèves de l\u2019école Gabriel-Lecourtois. 6LP0201B0609 b02 samedi 09 juin 6LP0201B0609 ZALLCALL 67 00:50:16 06/09/01 B B 2 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 9 J U IN 2 0 0 1 Vous faire transplanter un foie de porc, ça vous dirait?Santé Canada veut savoir si vous pensez qu\u2019Ottawa doit donner le feu vert à des opérations de ce type, qualifiées de xénotransplantations.Un forum public sur la question a lieu aujourd\u2019hui, à Québec.Des experts affirmeront qu\u2019il s\u2019agit du moyen de remédier à la pénurie actuelle d\u2019organes, mais d\u2019autres y expliqueront que ces pratiques pourraient potentiellement être à la source d\u2019une épidémie majeure.Le vent tourne Ras-le-bol des oiseaux de malheur SAINTE-ANNE-DES-MONTS \u2014 Stéphane Boucher en a par-dessus la tête de voir débarquer chez lui des journalistes citadins venus assister à l\u2019agonie de la Gaspésie.Enragé noir contre ces oiseaux de malheur, le jeune directeur général de Centraide est le digne représentant d\u2019une jeunesse dynamique qui est prête à tout faire pour que les choses changent en Haute-Gaspésie.« Arrêtez de dire que c\u2019est la misère noire ici.C\u2019est pas pire que dans le quartier Saint-Michel à Montréal.Arrêtez de faire des papiers misérabilistes sur la Gaspésie et montrez donc l\u2019autre côté de la médaille ! » s\u2019exclame-t-il.L\u2019autre côté de la médaille, c\u2019est l\u2019énergie de Stéphane Boucher, c\u2019est le dynamisme de Simon Pelletier, le directeur de la Maison des jeunes, qui se débattent comme des diables dans l\u2019eau bénite pour sauver leur région.Il y a six mois, la région a traversé une crise.La banque alimentaire locale, Partagence, a vu les demandes grimper du quart en quelques mois.Les organismes communautaires ont lancé un SOS, repris par les autorités politiques.« Il se fomentait quelque chose qui commençait à me faire peur.Si quelqu\u2019un avait allumé un feu à ce moment- là, ça aurait été un brasier », raconte le député de Matane, Matthias Rioux.À quelque chose, malheur est bon.Alerté, le ministère de la Solidarité sociale a mis de l\u2019argent, mais a surtout nommé un mandataire, Stéphane Boucher, chargé de présenter des solutions concrètes pour la relance du coin et pour que les groupes communautaires aident mieux la population.Son implication a sonné le réveil d\u2019une série de jeunes qui ont commencé à prendre le milieu en main.Prenez Simon Pelletier.Tout le monde parle du décrochage des jeunes Gaspésiens ; lui, il a agi.Le Projet Abri, qui rassemble une poignée de jeunes de 18 à 24 ans, fait trembler les murs de sa Maison des jeunes avec une musique techno assourdissante dès neuf heures le matin.C\u2019est que ces jeunes, qui étaient pour la plupart promis à l\u2019itinérance dans les grandes villes, un sort que connaissent plusieurs jeunes Gaspésiens, montent un théâtre-forum pour parler de leurs problèmes.« Ils sont arrivés ici apathiques.Maintenant, ils ont des étoiles dans les yeux », dit Simon.« Depuis un an ou deux, on sent un dynamisme qu\u2019il n\u2019y avait pas eu ici depuis bien longtemps.Il y a une énergie nouvelle », dit-il.Depuis peu, la municipalité a engagé un dialogue avec ses jeunes.Elle leur a construit des terrains de basketball.Un projet de skate park flotte dans l\u2019air.« On n\u2019avait jamais vu ça avant », dit Simon Pelletier.Pour la première fois depuis des lunes, les habitants de Sainte-Anne-des- Monts ont même eu, l\u2019an dernier, leur premier festival d\u2019été.« Les Grandes Marées », qui mettaient en vedette des talents locaux, ont connu un succès boeuf.Mais la partie est loin d\u2019être gagnée.Car la bataille se joue surtout au plan économique : ce qui manque, ce sont les emplois.Le préfet de la MRC, Laval Lévesque, a adopté la stratégie des petits pas.Depuis quelques années, il recrute des petites entreprises qui créent 20 ou 25 emplois à la fois.« L\u2019impact est moins important si ça ferme », dit-il.Une usine de bardeaux de cèdre a ouvert ses portes l\u2019an dernier.Et puis, tout récemment, la région a réussi à aller chercher une compagnies de biotechnologies, Biotepp.Gaspésia Pharma, une autre entreprise, est à l\u2019étape de l\u2019étude de faisabilité.Trois petites victoires économiques.Mais le plus grand ennemi de la région, c\u2019est l\u2019exode de ses jeunes : un sixième d\u2019entre eux ont déjà quitté, entraînant la fermeture d\u2019une trentaine d\u2019écoles en dix ans sur la côte nord de la Gaspésie.Déjà, d\u2019éventuelles entreprises auraient de la difficulté à trouver une relève chez les gens de métier.« On commence à se chercher des peintres et des soudeurs.Il y a un seul plombier à Sainte-Anne », rapporte Laval Lévesque.Des postes de direction à 100 000 $ par an ne trouvent pas preneur faute de candidats qualifiés.« Combien de parents disent encore à leurs enfants : si tu veux réussir, va-t-en d\u2019ici.Il faut les convaincre qu\u2019il y a de la place pour eux », conclut Simon Pelletier.Photothèque La Presse Dans le film L\u2019animal, qui vient de prendre l\u2019affiche, Marvin (à gauche sur la photo) se met à se comporter comme une bête à la suite d\u2019une transplantation d\u2019organes d\u2019animaux.«Dans dix ans, si on a causé un désastre, il sera trop tard pour y penser», affirme Jean Joly, spécialiste québécois des maladies infectieuses à propos de ce type de transplantations.La transplantation d\u2019organes d\u2019animaux aux humains: tour de force ou tour de cochon?« Avant ma greffe, si on m\u2019avait suggéré de me transplanter un coeur de porc, j\u2019aurais sûrement dit oui.» Richard Lalancette, 59 ans, souffrant d\u2019une maladie cardiaque depuis sa naissance, a reçu un coeur humain il y a trois ans et demi.À l\u2019époque, les experts commençaient déjà à prédire l\u2019apparition de porcs génétiquement modifiés, prêts à offrir leurs coeurs, leurs reins et leurs foies aux humains.Depuis, les recherches en matière de xénotransplantation (la transplantation d\u2019organes, mais aussi de cellules et de tissus animaux aux humains) ont continué de progresser.C\u2019est pourquoi l\u2019Association canadienne de santé publique consulte ces jours-ci les Canadiens d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.Mandaté par Santé Canada, l\u2019organisme, qui s\u2019arrête à Québec aujourd\u2019hui, cherche à savoir si Ottawa devrait autoriser les transplantations de l\u2019animal à l\u2019humain.M.Lalancette, qui préside l\u2019Association des greffés de l\u2019Est du Québec, figure parmi les experts qui donneront leur avis sur la question.« Pour moi, un coeur, c\u2019est seulement une pompe.Il y a tellement de monde en attente, de personnes qui ont besoin d\u2019une greffe, que je crois énormément à cette aventure-là », a-t-il confié à La Presse, qui l\u2019a joint à son domicile de Charlesbourg.« Le coeur, ce n\u2019est pas le cerveau.C\u2019est un outil pour nous faire vivre, un instrument.Point.C\u2019est un peu comme une voiture.Vous changez la moitié du moteur et ça reste une voiture », a ajouté M.Lalancette.Le chef du service de néphrologie de l\u2019unité de transplantation rénale du Centre hospitalier universitaire de Québec, Réal Noël, participera également aux discussions à titre d\u2019expert.Il se dit lui aussi particulièrement préoccupé par la pénurie d\u2019organes au pays, le niveau de dons au Canada étant l\u2019un des plus bas de tous les pays industrialisés.« Jusqu\u2019aux années 90, la demande augmentait, mais l\u2019offre augmentait aussi, de sorte que le temps d\u2019attente n\u2019était pas épouvantable.Aujourd\u2019hui, il y a un fossé entre l\u2019offre et la demande qui n\u2019existait ni dans les années 70, ni dans les années 80 », a expliqué le Dr Noël.Ainsi, dans les années 80, le temps d\u2019attente pour une greffe d\u2019organe au pays était d\u2019environ 300 jours.De 1998 à 2000, en moyenne, les futurs greffés ont dû attendre plus de 900 jours, a indiqué le docteur.Si l\u2019offre n\u2019a pas suivi la demande, c\u2019est notamment parce que celle-ci a explosé grâce à l\u2019apparition de nouveaux médicaments qui permettent de greffer des organes avec beaucoup plus de succès qu\u2019autrefois.« J\u2019ai connu le temps où on ne greffait pas de reins aux personnes de plus de 50 ans.On greffe maintenant des reins à des personnes âgées de 70 ans et plus », a raconté le Dr Noël.S\u2019il n\u2019a pas affirmé catégoriquement qu\u2019il est souhaitable de donner le feu vert à la xénotransplantation, le docteur a toutefois pris soin de signaler que 225 Canadiens sont décédés, uniquement au cours de l\u2019année 1999, alors qu\u2019ils attendaient la transplantation d\u2019un organe.« Si on était assuré qu\u2019il n\u2019y a aucun danger de transmission de quelque maladie que ce soit associé au phénomène, on ne serait pas contre », a pour sa part affirmé le directeur général de Québec-Transplant, Donald Langlais, dont l\u2019organisme est responsable du prélèvement de l\u2019attribution des organes en province.À la source du prochain sida ?Les experts ne sont toutefois pas tous enthousiastes.Dans un document de travail publié en mars dernier par le comité consultatif qui organise la consultation publique, on relevait déjà certains risques potentiellement associés à la xénotransplantation.« Le pire scénario serait le déclenchement d\u2019une nouvelle épidémie majeure », écrivaient alors les spécialistes.« C\u2019est possible, a déclaré le directeur du Laboratoire de santé publique du Québec, Jean Joly, invité à commenter ce scénario catastrophe.C\u2019est imprévisible.» Spécialiste des maladies infectieuses, le Dr Joly préconise la plus grande prudence lorsqu\u2019il aborde le sujet de la xénotransplantation.« C\u2019est maintenant connu que le virus du sida (VIH) vient probablement du singe, a-til poursuivi.Imaginez qu\u2019on puisse trouver un virus d\u2019origine animale chez l\u2019humain qui a les mêmes conséquences que le VIH à la suite d\u2019une xénotransplantation.» Le Dr Joly a tenu à souligner qu\u2019il lui est plus aisé de se montrer perplexe face aux développements de la xénotransplantation puisqu\u2019il n\u2019est pas, lui-même, en attente d\u2019une greffe.« Mais ce que je vous dis, c\u2019est soyons prudents.Il y a des risques, et dans dix ans, si on a causé un désastre, il sera trop tard pour y penser », a-t-il affirmé.Il n\u2019y a pas que les risques d\u2019infections qui inquiètent les experts qui se sont penchés sur la question.Certains se demandent si la pratique est acceptable sur le plan éthique, en tenant compte du bien-être des animaux.D\u2019autres rappellent que l\u2019impact psychologique de la greffe d\u2019un organe animal à un humain demeure inconnu.« Certaines études démontrent, par exemple, qu\u2019un homme peut sentir sa virilité menacée s\u2019il reçoit un coeur de jeune fille.Que certaines personnes donnent un sens au fait de recevoir un organe d\u2019une autre personne comme modifiant leur propre perception de ce qu\u2019ils sont.Alors, dans quelle mesure cette symbolique pourra jouer dans les transplantations d\u2019animaux aux humains ?» s\u2019interroge la professeure d\u2019éthique et de bioéthique à la faculté des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal, Jocelyne St- Arnaud.Distribution d\u2019organes à deux vitesses ?Professeur adjoint à la faculté de droit de l\u2019Université McGill et notamment membre du comité d\u2019éthique de la recherche de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal, l\u2019avocat Pierre Deschamps sera lui aussi à Québec aujourd\u2019hui pour participer aux discussions publiques.Il affirmera être en faveur du développement de la xénotransplantation au pays, « mais avec des conditions très strictes ».« Il va falloir exiger que l\u2019information la plus complète possible soit donnée aux patients (qui auront droit aux xénogreffes) avec non seulement les inconnues et les risques que ça représente, mais aussi le fait qu\u2019il est possible que ça ne fonctionne pas », a-t-il déclaré, précisant que Santé Canada devra également augmenter la protection des « sujets de recherche » soumis à des essais cliniques.Il faudra aussi se méfier de la compétition entre les centres qui seraient intéressés à faire la recherche dans ce domaine, puisque cela pourrait pousser certains à prendre des risques « qu\u2019on ne devrait pas prendre », a ajouté Me Deschamps.Mme St-Arnaud, qui a mené des recherches sur les transplantations d\u2019organes au cours des dernières années, a pour sa part l\u2019impression qu\u2019en ouvrant la porte aux xénotransplantations, on suscitera l\u2019apparition d\u2019un système à deux vitesses.C\u2019est que les organes d\u2019animaux seront vraisemblablement vendus aux patients.En outre, elle se demande carrément jusqu\u2019à quel point on peut se permettre, au pays, d\u2019investir en matière de xénotransplantation.« Notre système de santé actuel est inadéquat : certains traitements doivent être faits aux États-Unis, les services à domicile sont nettement insuffisants.L\u2019argent qui sera placé dans le développement et la pratique de techniques comme la xénotransplantation sera enlevé dans d\u2019autres secteurs, a soutenu Mme St-Arnaud.Avons-nous les moyens de nous offrir ce genre de technologie ?» L\u2019Association canadienne de santé publique recueille également les avis du public sur la question sur un site web où l\u2019on retrouve de nombreux renseignements sur les enjeux de la xénotransplantation.Il est situé au : www.xeno.cpha.ca 6LP0301B0609 b03 samedi 09 juin 6LP0301B0609 ZALLCALL 67 00:49:43 06/09/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 9 J U IN 2 0 0 1 P L U S B 3 L\u2019exode des cerveaux et la course aux subventions ont transformé les universités en chasseurs de gros noms et d\u2019étoiles montantes du monde du savoir, comme celle que l\u2019Université de Montréal vient de ravir à l\u2019Université de Toronto.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse Joseph Heath a étudié la philo à McGill; aujourd\u2019hui, c\u2019est à l\u2019Université de Montréal qu\u2019il poursuit sa carrière.Joseph Heath, recrue prometteuse de l\u2019Université de Montréal Joseph Heath est né et a grandi en Saskatchewan, à Saskatoon, la ville du néo-démocrate Roy Romanow, un ami de la famille Heath.Son père lui disait toujours qu\u2019il irait un jour à l\u2019Université McGill, dont la réputation avait depuis longtemps traversé les Prairies.Après son école en immersion française à Saskatoon, le jeune prodige de 17 ans s\u2019inscrit donc en philosophie à McGill, où il côtoie Charles Taylor et se passionne pour les écrits de Jürgen Habermas, deux géants de la philosophie, qui font le pont entre les traditions européennes et américaines, entre l\u2019individu et la communauté.C\u2019est auprès du professeur Thomas McCarthy, le grand expert sur Habermas, que le jeune philosophe fait sa maîtrise et son doctorat \u2014 La moralité et l\u2019action sociale avait-il intitulé sa thèse \u2014 à l\u2019Université Northwestern de Chicago.« Chaque année nous recevons autour de 150 demandes et nous ne retenons que les six meilleurs candidats.En 15 ans, je dirais que Joseph Heath figure parmi mes deux ou trois meilleurs étudiants.Unique dans sa capacité d\u2019allier connaissance technique et nouvelles idées, il se distinguait par l\u2019étendue de son savoir et la rapidité de son fonctionnement », nous dit le professeur McCarthy.Cet exceptionnel étudiant allait devenir un excellent professeur, selon le témoignage de Jacqueline Brunning, directrice du département de philosophie au Collège Erindale, une composante de l\u2019Université de Toronto, où le professeur Heath a fait ses débuts dans l\u2019enseignement.« Même pour des cours habituellement peu populaires, comme l\u2019éthique des affaires, il attirait plus de 100 étudiants.Dans l\u2019évaluation des étudiants \u2014 la note ne dépasse pas 7 et un 5,8 est considéré très bon \u2014 le professeur Heath recevait autour de 6,5.L\u2019étendue de ses connaissances n\u2019a d\u2019égal que sa capacité de rendre accessible la matière la plus difficile », nous dit la professeure Brunning.Un collègue à Toronto, Donald Ainslie, insiste sur la pertinence de l\u2019expertise de Heath sur les liens entre le marché et l\u2019État, en ces temps de troisième voie à la Tony Blair.« C\u2019est une grave erreur, ajoute-t-il, de l\u2019avoir laissé partir, car il était un fantastique professeur, mais l\u2019Université de Montréal lui a fait le genre d\u2019offre qu\u2019on ne refuse pas.» Une chaire en éthique Le malheur de Toronto fait donc le bonheur de Montréal, où le professeur Heath occupera, à compter du 1er juillet, une chaire en éthique et économie politique, partie du réseau de chaires créées pour attirer les étoiles montantes de l\u2019univers du savoir.« Avec son expertise en économie politique, le professeur Heath vient contribuer à notre projet d\u2019ériger un centre interdisciplinaire en éthique, un centre de valeurs humaines, d\u2019encadrement normatif et moral.Il se joint en effet à Bartha Maria Knoppers, experte en bioéthique », souligne le professeur Daniel Weinstock, lui-même détenteur d\u2019une chaire en éthique juridique.Finalement, Joseph Heath enseigne-t-il la philosophie ou l\u2019éthique ?« La philosophie n\u2019a pas vraiment de champ exclusif.Chaque fois qu\u2019on est aux prises avec une question abstraite, on fait appel à nous.C\u2019est à nous qu\u2019on demande une théorie de l\u2019action, la base de la légitimité de l\u2019État ou le fondement de l\u2019égalité.Nous sommes les seuls à nous intéresser à l\u2019éthique.« Un centre interdisciplinaire en éthique.C\u2019est le paradis pour moi, surtout à Montréal où je voulais revenir », nous dit le professeur Heath, dans un français d\u2019une étonnante qualité pour quelqu\u2019un dont les études universitaires et l\u2019enseignement \u2014 quatre années à Toronto et une à Yale au Connecticut \u2014 se sont entièrement déroulés en anglais.Pourquoi venir à Montréal, décrit dans les médias de Toronto comme l\u2019enfer de l\u2019intolérance ethnique et linguistique ?« Parce que j\u2019aime l\u2019action politique au Québec \u2014 moins cependant ses impôts \u2014 et que je crois que les autres Canadiens ne comprennent pas l\u2019inquiétude des Québécois, qui se demandent si leurs petits-enfants leur parleront toujours en français.Ma femme, d\u2019origine chinoise, a déjà de la difficulté à communiquer avec sa grand-mère mais ce genre de préoccupation ne fait pas partie de la perspective d\u2019un Canadien anglais.» Un livre déroutant On insiste beaucoup sur la double capacité de Joseph Heath : maîtrise des difficiles questions abstraites et communication accessible au commun des mortels.La meilleure preuve de cette polyvalence se trouve dans ses activités d\u2019écrivain.Il a déjà écrit un sérieux traité \u2014 Communicative Action and Rational Choice \u2014 et MIT Press publiera bientôt son étude sur le philosophe allemand Habermas.Mais il vient aussi de signer un ouvrage bien particulier \u2014 The Efficient Society \u2014 sur les relations entre l\u2019État et le marché, sur la nécessaire situation sociale de l\u2019action individuelle.Étonnant par la façon de procéder de notre philosophe qui part toujours de situations bien concrètes, souvent personnelles : les problèmes de partage des tâches des colocataires, les bouchons de circulation de Toronto, les amendes pour le blocage des intersections à Manhattan, le génie informatique de Wal-Mart, la genèse fiscale d\u2019IKEA, le cul-de-sac de Nike à Seattle, le dernier film ou roman en vogue, le défilé de la Saint- Jean-Baptiste, la location d\u2019un vidéo à T\u2019ai Pei.le tout enrobé d\u2019enseignement d\u2019Aristote, de Saint-Mathieu, de Kwakiutl, Churchill et Castro, Henry Ford et Jürgen Habermas, Wilt Chamberlain et Michael Jordan.Souvent étourdissant, mais jamais endormant ! Toutes ces petites histoires, de longueur et d\u2019allure d\u2019une chronique de journal, tournent autour d\u2019un même thème : la société efficace ou efficiente.Nous avons ici un problème de langue, car notre auteur distingue entre « efficacy » \u2014 efficacité au sens d\u2019une affaire qui marche \u2014 et « efficiency » \u2014 efficacité pour tous, amélioration du sort des uns sans détérioration de celui des autres.Cette distinction entre efficacité et efficience ne tient pas en français.Peu importe, nous sommes ici au coeur des préoccupations de Joseph Heath, un social- démocrate de la Saskatchewan, plus près des coopératives que des gros syndicats, qui, comme le Britanno-Colombien John Richards ou le Québécois Pierre Fortin, essaie de concilier les lois du marché et les nécessaires corrections de l\u2019État-providence, le « marché socialiste » selon son expression.Nous reprenons ci-dessous deux extraits du dernier livre du professeur Heath, dont nous entendrons sans doute souvent parler au cours des prochaines années.L\u2019ignorance: le pire ennemi de l\u2019État-providence Le meilleur pays du monde « COMMENT LE Canada se rapproche du meilleur des mondes.» Ce sous-titre du dernier livre de Joseph Heath \u2014 The efficient society \u2014 en a fait rire certains et donné à d\u2019autres l\u2019impression qu\u2019il convoitait un siège de sénateur libéral.Il faut cependant laisser la chance au coureur.Voici son argumentation.«Pourquoi le Canada se classe-t-il premier dans la liste des meilleurs pays du monde de l\u2019ONU ?Les Américains sont plus riches, les Russes aussi bien pourvus en ressources naturelles et les Européens plus efficaces dans la redistribution des richesses.«Pourquoi donc ?Parce que le Canada est une société efficace, une société qui obtient le meilleur rendement avec le minimum d\u2019effort et de perte.«Les Canadiens ont de la difficulté à accepter cela car ils ne se sentent pas particulièrement efficaces.Les Japonais semblent mieux organisés que nous, les Américains nous devancent dans le monde des affaires et les Allemands \u2014 même pas nécessaire d\u2019aborder le sujet de leur efficacité.» Pourtant, les Américains préfèrent la liberté à l\u2019efficacité au point de dépenser beaucoup plus pour les soins de santé pour ne pas s\u2019en remettre à l\u2019État ; les Japonais préfèrent la loyauté au point de maintenir artificiellement des entreprises méritant de disparaître et les Allemands tiennent la solidarité en si haute estime qu\u2019ils sont prêts à endurer un taux élevé de chômage.« L\u2019efficacité est une valeur.Qu\u2019on le réalise ou non, c\u2019est la principale valeur de la société canadienne, celle qui a remplacé la religion, l\u2019ethnicité et la langue comme source de loyauté.Cette évolution représente un grand progrès car l\u2019efficacité n\u2019est pas une froide vertu ni un masque pour l\u2019égoïsme.Elle est plutôt une noble vertu humaniste reliée à plusieurs valeurs qui nous sont chères, comme la diversité culturelle, le respect de l\u2019individu et le soulagement des souffrances.« Au lieu de chercher à cacher notre engagement envers l\u2019efficacité, nous devrions l\u2019arborer comme un insigne à la boutonnière.» Why Canada Is As Close To Utopia As It Gets\u2014 The efficient society, Joseph Heath, Penguin Books, Toronto, 2001, 339 pages.« IL EST ENTIÈREMENT faux de prétendre que l\u2019État-providence agonise.La gauche a tendance à sous-estimer la robustesse de l\u2019État, à le croire plus fragile qu\u2019il ne l\u2019est.Tout cela vient de la croyance que le rôle fondamental de l\u2019État-providence est la promotion d\u2019une plus grande égalité.Si c\u2019était le cas et que des gens dépourvus de sens d\u2019égalité étaient élus, il n\u2019y aurait rien pour les empêcher de le démanteler.« La réalité est toute autre.L\u2019État-providence existe d\u2019abord et avant tout à cause de son efficacité.Si on le démolit, tout le monde en souffrira.Couper les fonds au transport en commun se traduit par une congestion de la circulation automobile dont tout le monde souffre.Réduire la protection de l\u2019environnement contamine l\u2019air que tout le monde respire.« On trouve raisonnable de donner 30 % de ses revenus en versements hypothécaires.« Curieusement, on trouve déraisonnable de verser le même montant pour la chirurgie cardiaque dont aura éventuellement besoin \u2014 une telle opération coûte aussi cher qu\u2019une maison.« Le principal danger guettant l\u2019État-providence ne vient pas de la malice ou de l\u2019indifférence de ses détracteurs, mais de ceux qui pourraient le démanteler par ignorance.Si nous n\u2019arrivons pas à saisir la contribution de l\u2019État à notre qualité de vie, nous détruirons, par mégarde, ce que nous avons construit.» Tout au long de son livre, le professeur Heath, soutient que l\u2019État sait, mieux que l\u2019entreprise privé, s\u2019occuper de santé, d\u2019éducation et de sécurité.Une société efficace confie donc ces champs d\u2019action au secteur public, selon notre philosophe. 6LP0401B0609 b04 samedi 09 juin 6LP0401B0609 ZALLCALL 67 00:49:56 06/09/01 B B 4 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 9 J U IN 2 0 0 1 Qui sont ces Talibans qui interdisent aux femmes d\u2019étudier et aux hommes de se raser, qui détruisent des statues du Bouddha, et qui étiquètent la minorité hindoue en public ?Des créatures du « monde libre », formées et armées par les États-Unis avec le concours de l\u2019Arabie saoudite et du Pakistan pour remplacer les Moudjahidine \u2014 devenus indociles après la défaite soviétique en Afghanistan.L\u2019ouragan souffledans lebon sens Les Talibans, ces orphelins des États-Unis « La cabine de pilotage de l\u2019Asie centrale ».Cette description de l\u2019Afghanistan reste de mise même après la décolonisation et la guerre froide : les Taliban dérangent les États-Unis par leurs pratiques obscurantistes et inhumaines, mais ils servent bien les intérêts américains depuis le Caucase jusqu\u2019au Xinjiang.En Tchétchénie, c\u2019est le « ventre mou » de la Russie que pilonnent les combattants séparatistes menés par des « vétérans afghans » et des « wahhabites » pro-saoudiens : les États-Unis veulent accéder au pétrole de la mer Caspienne et l\u2019OTAN veut s\u2019implanter dans le Caucase du sud (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan).En Asie centrale, les États-Unis veulent intégrer le Kazakhstan, mais surtout le Turkménistan, l\u2019Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan dans leur « marché mondialisé ».Là aussi, l\u2019école des Taliban et autres Moudjahidine fournit les forces qui harcèlent les régimes ex-communistes virés nationalistes.Moscou, qui créa dès 1991 la Confédération des États indépendants avec 11 des 14 autres ex-républiques soviétiques, a contré cette semaine en lançant une « communauté économique eurasienne » avec le Bélarus, le Kazakhstan, la Tadjikistan et le Kirghizstan.La Russie est déjà membre du « Groupe de Shanghai », avec la Chine, et ces trois derniers pays d\u2019Asie centrale.Là aussi, le pétrole et le gaz sont en jeu.La crise de l\u2019énergie que George W.Bush affronte va accentuer la poussée américaine dans cette région.L\u2019Afghanistan et le Pakistan sont les voies privilégiées pour les oléoducs \u2014 afin de contourner la Russie et l\u2019Iran.Tenue en échec par l\u2019Irak à l\u2019ouest (la guerre de 1980-1988 financée par les pétro-émirats du Golfe), la République islamique d\u2019Iran, à dominante chiite, se heurte depuis 1992 à l\u2019islamisme sunnite des Afghans.Téhéran soutient l\u2019opposition anti-talibane.À l\u2019est, les Taliban alimentent le réveil des musulmans ouïgours du Xinjiang, en Chine, réveil articulé depuis Washington où siège l\u2019Association ouïgoure américaine fondée en 1998.La persécution religieuse et les droits des minorités sont les thèmes évoqués, et l\u2019association a ses entrées au Congrès américain.Au sud-est, les Moudjahidine afghans, et les Talibans, ont été décisifs dès la fin des années 1980 dans la militarisation de l\u2019indépendantisme au Cachemire indien : le Pakistan mène ainsi, par Afghans interposés, la guerre sur deux fronts.Le premier ministre hindouiste de l\u2019Inde, Atal Bihari Vajpayee, vient d\u2019inviter le général Parvez Musharraf, l\u2019homme fort du Pakistan, à discuter du Cachemire.Washington a applaudi.« Cette initiative vise à amener Musharraf à bloquer l\u2019appui des Talibans aux Cachemiris, et à miner les relations entre le Pakistan et la Chine », écrit le webzine pakistanais InfoTimes, à Washington.Beaucoup de Pakistanais craignent désormais que leur pays ne se « talibanise » \u2014 alors que le rêve des généraux d\u2019Islamabad était de faire de l\u2019Afghanistan un satellite du Pakistan.JOONEED KHAN Une semaine avant le verdict de New York contre les quatre agents d\u2019Ossama bin Laden jugés coupables des attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, le New York Times publiait une série d\u2019articles élogieux sur les Talibans pour l\u2019éradication du pavot.« Les premiers experts américains en narcotiques à avoir visité l\u2019Afghanistan des Talibans indiquent que ce mouvement semble avoir éradiqué la culture du pavot en moins d\u2019un an », écrit le journal.« Leur conclusion rejoint celle de l\u2019ONU, qui estime que les Talibans ont éliminé le pavot en une seule saison », ajoute-t-il.Conclusion capitale au milieu de dépêches sur la destruction des Bouddhas de Bamiyan et l\u2019identification de la minorité hindoue par les mêmes Talibans.Pas seulement parce que l\u2019ONU peut ce que Washington veut.Mais aussi parce que l\u2019Afghanistan produisait l\u2019an dernier 75 % de l\u2019opium mondial \u2014 et ses sous-produits comme l\u2019héroïne et la morphine.Si bien que le secrétaire d\u2019État Colin Powell annonçait une aide de 43 millions de dollars américains aux fermiers afghans \u2014 alors même que les Talibans juraient de ne jamais livrer Ossama bin Laden aux États- Unis.Et que le New York Times du 26 mai rapportait que « l\u2019ONU s\u2019inquiète de l\u2019exportation du terrorisme par les Afghans ».« Nous allons chercher les moyens d\u2019accroître l\u2019aide aux Afghans, dont les fermiers qui ont subi l\u2019impact de l\u2019interdiction de la culture du pavot, une décision des Talibans que nous accueillons », déclarait Powell dans un communiqué.Cette ambiguïté de Washington face aux Talibans (contrastant avec l\u2019intransigeance américaine envers les « États voyous ») s\u2019explique par le fait que les Talibans, comme avant eux les Moudjahidine afghans, ont été, et restent, des créations, et des instruments, de la stratégie géopolitique des États-Unis en Eurasie.Dans son dernier bilan du terrorisme mondial, Washington rappelle la résolution 1333 de l\u2019ONU imposant des sanctions contre Kaboul pour le forcer à extrader bin Laden.Mais l\u2019Afghanistan ne figure pas sur la liste des « États voyous » : l\u2019Iran, l\u2019Irak, la Libye, la Syrie, le Soudan, Cuba et la Corée du Nord.L\u2019intérêt occidental pour la région afghane remonte à l\u2019Empire britannique des Indes.Pour bloquer l\u2019accès des Russes aux mers chaudes, les Britanniques enclavèrent l\u2019Afghanistan en s\u2019emparant du Baloutchistan, qu\u2019ils annexèrent au Pakistan à la partition de l\u2019Inde en 1947.Cette rivalité anglo-russe dans la région s\u2019appelait « le Grand Jeu ».Avec le retrait britannique, les Américains prirent le relais.Le coup d\u2019État communiste de 1978 à Kaboul vit apparaître la même année les Moudjahidine, adeptes du Djihad, la guerre sainte islamique, contre les marxistes athées.C\u2019est au début de 1979 que les islamistes de Khomeiny prennent le pouvoir en Iran et à la fin de 1979 que l\u2019armée de l\u2019URSS envahit l\u2019Afghanistan.Mais, écrit l\u2019analyste indien A.K.Ray, les Moudjahidine afghans sont à l\u2019oeuvre dès 1973.Formés au Pakistan avec le concours du tout-puissant ISI (Inter-Services Intelligence) et de groupes islamiques \u2014 et avec l\u2019aide financière et militaire de la CIA \u2014-, ils combattaient le régime de Mohammad Daoud, qui avait aboli la monarchie et initié l\u2019émancipation des femmes, et qui collaborait avec l\u2019URSS.L\u2019armée pakistanaise et les États-Unis refusaient toujours la perte du Pakistan oriental (devenu Bangladesh) en 1971 face à une Inde alliée à l\u2019URSS, poursuit son collègue Uma Singh, sur le même site web : www.kashmir-information.com.Le glissement de l\u2019Afghanistan vers Moscou devenait inacceptable pour eux.D\u2019où, dit Singh, l\u2019élimination de Zulficar Ali Bhutto en 1977 par le général Zia \u2014 qui misa tout sur les Moudjahidine, profitant de l\u2019invasion soviétique de 1979 pour proclamer le Pakistan comme « avant-poste du monde libre ».La guerre soviéto-afghane prit fin en 1989, avec la défaite de l\u2019Armée rouge et la chute de l\u2019Empire soviétique.Le Pakistan reçut plus de 7,2 milliards des États-Unis entre 1979 et 1989 pour former et armer les Moudjahidine.Mais deux millions d\u2019Afghans furent tués, six millions d\u2019autres chassés.Deux millions croupissent encore dans des camps au Pakistan, où leur nombre s\u2019accroît à cause de la guerre civile.Le financement des Moudjahidine vint aussi du narco-trafic, et des pétro-émirats du Golfe alliés aux États-Unis.Ce fut le rôle d\u2019Ossama bin Laden, fils d\u2019une richissime famille saoudienne ayant fait ses preuves contre les communistes au Sud-Yémen, de recueillir ces fonds pour le compte de la CIA et d\u2019alimenter le Djihad contre l\u2019Armée rouge en Afghanistan.Le problème, c\u2019est que les Moudjahidine, arrivés au pouvoir à Kaboul en 1992, refusèrent l\u2019emprise du Pakistan \u2014 et des États- Unis.Le général Zia était tué en 1988, mais l\u2019ISI du Pakistan répliqua avec les Talibans : littéralement des « étudiants d\u2019écoles coraniques », recrutés jeunes dans les camps de réfugiés, armés et endoctrinés pour combattre les Moudjahidine.Ils le firent avec brio en s\u2019emparant de Kaboul en 1996 et en refoulant les gains de droits civils obtenus par les hommes et les femmes afghans depuis l\u2019époque de Daoud.Le contraire eut étonné : on ne militarise pas une société féodale, tribale et machiste sans inexorablement renforcer la position du « guerrier » mâle aux dépens de la femme ; et on ne l\u2019islamise pas à l\u2019absurde, de Moudjahidine en Taliban, sans que la laïcité même ne devienne un crime.L\u2019autre problème, c\u2019est que Ossama bin Laden se retournait lui aussi contre les États- Unis \u2014 comme Noriega avant lui.Et il trouvait refuge chez les Taliban, ayant même fait sa sixième épouse d\u2019une soeur du mollah Omar, le maître de Kaboul.Qu\u2019à cela ne tienne, les États-Unis, qui veulent la peau de bin Laden, ménagent les Talibans \u2014 dont le régime est reconnu par seulement trois alliés des États-Unis : le Pakistan, l\u2019Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.Washington a plusieurs fois tenté un rapprochement avec Kaboul, mais a reculé devant les obstacles.Un « Livre blanc » publié en 1999 par la Afghanistan Foundation avec l\u2019aide d\u2019élus des deux partis au Congrès admet que l\u2019opinion américaine est opposée aux Talibans.Il propose donc que Washington « travaille » l\u2019opinion, en soulignant « les sacrifices afghans dans la défaite des Soviétiques ».Dernier os : la guerre froide gagnée, les États-Unis lâchent le Pakistan et se rapprochent de l\u2019Inde \u2014 de plus en plus « hindouisée », mais plus « pro-américaine ».L\u2019enjeu : contrer la Chine.Réplique du Pakistan : la bombe nucléaire, construite en bonne partie avec l\u2019argent de la guerre afghane.Et, depuis octobre 1999, c\u2019est le général Parvez Musharraf qui dirige à Islamabad \u2014 le même Musharraf, alors jeune militaire très dévot, qui noua des liens étroits avec les narcotrafiquants et Ossama bin Laden lors de la guerre afghane.Photothèque La Presse Des miliciens talibans montent la garde devant un champ de pavots.Les grandes dates de l\u2019histoire afghane >50 000-20 000 Av.J-C: indices de technologie de l\u2019âge de pierre, d\u2019agriculture et d\u2019animaux domestiques aux pieds de l\u2019Hindou Kouch.>2000-1500 Av.J-C: tribus aryennes dans l\u2019Aryana, indices du Rig Veda et de technologie du fer.Fondation de Kaboul.>500 Av.J-C: Darius le Grand étend l\u2019Empire perse à l\u2019Afghanistan.>329-323 Av.J-C: conquête grecque sous Alexandre le Grand.>Ier au IVe siècles AD: sommet de la culture gréco-bouddhique de Gandhara.>652 AD: les Arabes introduisent l\u2019islam.>1370 - 1404: règne de Tamerlan et résistance afghane.>1504-1519: Babar s\u2019empare de Kaboul avant de conquérir Delhi et de fonder, en Inde, la dynastie mogole.>1520-1708: résistance afghane aux Mogols.>1725-1747: remontée perse, avec la conquête de Kandahar par Nadir Shah.>1747: Nadir Shah est assassiné; les Afghans reprennent Kandahar et Ahmad Shah Abdali (Dourrani) fonde l\u2019Afghanistan moderne, qui rayonne depuis le Cachemire jusqu\u2019à la mer d\u2019Oman.>1773-1793: constants soulèvements tribaux; la capitale est transférée de Kandahar à Kaboul.>1793-1834: les soulèvements tribaux continuent à l\u2019intérieur, les Perses avancent à l\u2019ouest et les Sikhs à l\u2019est.>1836: Les Britanniques envahissent l\u2019Afghanistan.>1839-1842: première guerre anglo-afghane; les troupes britanniques sont anéanties par Akbar Khan.>1859: les Britanniques prennent le Baloutchistan, enclavant l\u2019Afghanistan.>1863-1866: les Russes, au nord, prennent Bokhara, Tachkent et Samarkand.>1878: deuxième guerre anglo-afghane; les Britanniques se retirent en 1880 en se réservant le contrôle des relations extérieures de l\u2019Afghanistan.>1893: les Britanniques tracent la ligne Durand, divisant des tribus afghanes e t fixant la front i è r e e n t r e l\u2019Afghanistan et leur Empire des Indes.>1907: Russes et Britanniques signent la conv e n t i o n d e S a i n t - P é - tersbourg, déclarant l\u2019Afghanistan «zone neutre»; timides efforts de modernisation.>1921: troisième guerre anglo-afghane; nouvelle défaite des Britanniques et l\u2019Afghanistan recouvre sa souveraineté diplomatique.>1934: les États-Unis reconnaissent l\u2019Afghanistan.>1940: Zahir Shah proclame la neutralité afghane durant la Seconde Guerre mondiale.>1947: les Britanniques abandonnent l\u2019Inde; le Pakistan est créé à partir de territoires indiens et afghans.>1949: l\u2019Afghanistan dénonce la ligne Durand.>1953-1977: le prince Mohammad Daoud devient premier ministre; après le refus d\u2019une aide militaire américaine, il se tourne vers l\u2019URSS, qui accepte; les femmes entrent à l\u2019université, au gouvernement et sur le marché du travail; le Parti communiste est formé en secret; Daoud abolit la monarchie et proclame la République en 1973.>1978: coup d\u2019État communiste; Daoud Khan est assassiné; en juin naît le mouvement de guérilla des Moudjahidine.>1979: Babrak Karmal prend le pouvoir ; l\u2019Armée soviétique envahit le pays en décembre.>1979-1988: les Moudjahidine se renforcent à partir du Pakistan et font la guerre à l\u2019Armée rouge avec l\u2019aide massive des États- Unis.>1989: l\u2019URSS, défaite avec la perte de 50.000 hommes, signe les Accords de Genève et se retire.>1992: les Moudjahidine prennent Kaboul et forment un État islamique.>1994: le mouvement des Taliban naît dans les camps de réfugiés au Pakistan; il prend Kaboul en 1996, abolit les droits acquis des femmes et impose aux hommes de strictes mesures «islamistes».>1996: les factions moudjahidine occupent le nord du pays, qui est toujours en guerre. 6LP0501B0609 b05 samedi 09 juin 6LP0501B0609 ZALLCALL 67 00:47:46 06/09/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 9 J U IN 2 0 0 1 P L U S B 5 Un jeune aux commandes À 42 ans, Jean Saint-Gelais occupe le poste de premier fonctionnaire QUÉBEC \u2014 Le cliché est connu : un mandarin est un vieux fonctionnaire, digne ou roublard, c\u2019est selon, mais toujours doté d\u2019une longue feuille de route, de cheveux blancs et de complets croisés.Depuis l\u2019arrivée au pouvoir de Bernard Landry, la réalité est différente.Le premier fonctionnaire a 42 ans ; jusqu\u2019ici, jamais un secrétaire général n\u2019avait été recruté parmi la génération « perdue », sortie des cégeps.La nomination de Jean Saint-Gelais, comme « secrétaire général du Conseil exécutif » \u2014 en fait le sous-ministre du premier ministre \u2014 a eu l\u2019effet d\u2019une secousse sismique rue Grande-Allée, en mars.Pour bien des sous-ministres en titre qui depuis des années attendaient ce poste, il était le jeune surdoué des Finances, promis à un brillant avenir.Or l\u2019avenir a parfois de ces raccourcis.Venu de Jonquière, « d\u2019Arvida » précise-til \u2014 son père était entrepreneur-peintre pour l\u2019Alcan \u2014, Saint-Gelais ne détient pas le record de jeunesse pour ce poste.Louis Bernard avait 40 ans en 1976 quand René Lévesque l\u2019avait choisi.Arrivant au pouvoir avec bien des collaborateurs de longue date, Bernard Landry a choisi de projeter une image de renouvellement en choisissant ce jeune fonctionnaire de carrière qui s\u2019était démarqué au ministère des Finances.Quand on devient, si jeune, le patron de tous les sous-ministres, à 167 000 $ par année, le doute ne nous habite plus guère.Or, en dépit des responsabilités, hormis des cheveux grisonnants, rien ne paraît avoir changé chez ce jeune-vieux au visage curieusement enfantin.À la porte du bunker où se trouve son étroit bureau, il salue chaque matin, vers 7 h, le gardien de sécurité.Il saluera son remplaçant 12 heures plus tard.« C\u2019est un futé, mais surtout un gars modeste et réservé, doté d\u2019une placidité surnaturelle », se souvient Pierre Fortin, son ancien professeur d\u2019économie à l\u2019Université Laval.Timide en entrevue, il ne hausse jamais le ton.Visiblement, il tenait surtout à faire, longuement, l\u2019apologie de l\u2019équipe du ministère des Finances où il a passé 15 ans \u2014 un club privé qui, à Québec, a toujours été jaloux de son autorité et de son prestige.Il ne donne pas dans les idées reçues.« Les fonctionnaires qui disent qu\u2019ils doubleraient leurs salaires dans le privé ?Pourquoi n\u2019y vont-ils pas ! Parce que parfois cela durerait deux ans et après ce serait l\u2019inconnu », réplique Jean Saint-Gelais.Les hauts fonctionnaires ne sont pas mal payés, « si on considère l\u2019ensemble, la sécurité d\u2019emploi, les bénéfices, la retraite, les perspectives de carrière, on a un traitement correct ».Place aux jeunes Propulsé dans le siège du premier fonctionnaire, Jean Saint-Gelais ne fait pas dans la fausse modestie toutefois.Bien de ses collègues avaient une feuille de route plus longue.« Je ne veux pas me prendre pour un autre, mais travailler au budget où on retrouve plus de 200 mesures fiscales, avec tout ce que cela suppose comme préparation, c\u2019est pas rien non plus.» Son poste de grand manitou de la fiscalité aux Finances était un mirador qui lui donnait une vue d\u2019ensemble de l\u2019appareil public, tout comme son mandat de secrétaire de la commission d\u2019Alban D\u2019amours, sur la fiscalité, en 1996.« C\u2019est une encyclopédie.Il connaît toutes les politiques et tous les détails de ces politiques, bien au-delà de sa spécialité des finances ; je n\u2019ai pas la moindre idée de la façon dont il peut emmagasiner tout cela », observe Claude H.Roy, le chef de cabinet de Bernard Landry.Une chose lui tient à coeur : faire davantage de place aux idées neuves et aux jeunes dans l\u2019appareil public.« Je ne vois pas pourquoi le secteur public ne laisserait pas une chance plus grande aux jeunes, comme on le voit dans le privé.Ils disent : les portes nous sont barrées, et, dans bien des cas, c\u2019est vrai.Par contre, ils devront faire la preuve qu\u2019ils sont prêts à se relever les manches.J\u2019en ai passé des fins de semaine à travailler au ministère des Finances », de lancer Jean Saint- Gelais.Un instinct politique « Jean.tu m\u2019arranges ça.» C\u2019était un peu une formule consacrée pour Bernard Landry dès son arrivée aux Finances en 1996, se souvient André Montminy, cadre du ministère, désormais à la retraite.Et « Jean » arrangeait ça.La première fois, « ça » c\u2019était la façon d\u2019attirer UbiSoft au Québec.Le promoteur Sylvain Vaugeois, un copain de Bernard Landry, voulait un coup de pouce pour une compagnie française.Saint-Gelais proposa une solution, mais pour tout ce secteur de pointe.Saint-Gelais fut aussi derrière la Cité du multimédia et celle, plus récente, du E-Commerce.Pas question de fermer le robinet pour ces entreprises de pointe, « je pense qu\u2019il faut prendre le dossier par les cornes et foncer là-dedans », dit-il en dépit des problèmes récents de ce secteur.Son coup le plus fumant : attirer NASDAQ au Québec, après la gifle de la fermeture de la Bourse de Montréal.Le défi était de taille : contrer le lobby torontois qui avait ameuté les Américains.La présentation de Saint-Gelais fut à l\u2019avenant : « Toronto va vous dire que le Québec parle français, il fait froid l\u2019hiver, le gouvernement taxe comme un malade et veut se séparer.maintenant parlons affaires ! » Après quelques semaines de négociations ultra secrètes, la Bourse des hautes technologies choisit Montréal comme point de chute au Canada.« Il comprend ce dont les politiciens ont besoin, ce qu\u2019ils veulent, et trouve vite des solutions, politiquement acceptables mais irréprochables sur le fond, sur le plan technique », observe Raymond Bréard, ancien chef de cabinet de Bernard Landry, devenu le directeur général du PQ.« Il règle les problèmes, c\u2019est un créatif qui trouve des solutions, il connaît bien toutes les ficelles », ajoute l\u2019ancien bras droit de Lucien Bouchard, Hubert Thibault, vice-président de Desjardins.« Ce n\u2019est pas faire de la politique, mais il s\u2019agit de se dire que le gouvernement veut aller là.on y va.», résume le jeune mandarin.Politiquement, « je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019être d\u2019une orientation plus qu\u2019une autre.Je veux aider le Québec », laisse-t-il tomber.Il ne se fait pas d\u2019illusions toutefois « si un nouveau gouvernement était élu, ils prendraient quelqu\u2019un qui n\u2019a pas des liens aussi serrés avec la précédente administration, c\u2019est normal.» Le boulot d\u2019un secrétaire général ?« D\u2019abord dire ce qu\u2019il pense », réplique spontanément Saint-Gelais.Aussi, le grand mandarin doit s\u2019assurer que les réunions hebdomadaires du Conseil des ministres se déroulent sans anicroches.On évite de laisser un ministre arriver avec un mémoire contentieux, les nombreux comités sectoriels et le comité des priorités sont autant de tamis, d\u2019antichambres utiles pour éviter les conflits.« Décider » aussi.« Si tu ne décides pas quelque chose, quelqu\u2019un va le décider », lance Saint-Gelais, pour qui c\u2019est avec les bonnes décisions, et non son pouvoir, qu\u2019un mandarin assure son autorité.« C\u2019est un gars très brillant, ça il y en a beaucoup dans la fonction publique.Lui c\u2019est un brillant qui décide.C\u2019est plus rare », dit André Dicaire, mandarin grande pointure lui-même.« Je ne pense pas que c\u2019est utile de se confronter avec M.Landry, surtout quand il y a du monde autour.Comme je ne le fais pas souvent, quand cela arrive, je pense qu\u2019il écoute », dit M.Saint-Gelais.« On ne dit pas assez souvent que bien des succès du secteur privé sont redevables à un secteur public de qualité.Nos standards d\u2019éducation, de santé, de relations de travail sont élevés.Si c\u2019était différent, on aurait de la misère à attirer des investissements », ajoute-t-il.Sa préoccupation de la perception du secteur public est omniprésente, « il y a eu plusieurs années où si t\u2019étais au secteur public tu n\u2019étais pas bon.Trop de déficits, de fonctionnaires.» laisse-t-il tomber, confiant que cette période est révolue.Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE, collaboration spéciale Jean Saint-Gelais, le mandarin des mandarins.Le Bloc québécoisa 10 ans S\u2019il y a échec, soutient Gilles Duceppe, c\u2019est celui du fédéralisme OTTAWA \u2014 Non, les dix années de présence du Bloc québécois à Ottawa ne sont pas un échec, martèle Gilles Duceppe dans son bureau de l\u2019édifice du centre au parlement fédéral.Ceux qui le prétendent, estime-t-il, ne se sont pas donné la peine de faire une analyse très rigoureuse du phénomène que représente le Bloc sur la scène fédérale.« La démocratie, confie-t-il à La Presse, ce n\u2019est jamais un échec.C\u2019est un fait tout à fait exceptionnel et unique en démocratie que de voir un parti qui par trois fois dit aux gens qu\u2019on ne prendra pas le pouvoir et qui finit premier au Québec lors des trois dernières élections.On n\u2019a jamais vu ça.» Le Bloc québécois se réunit en conseil général aujourd\u2019hui à Sorel-Tracy.Gilles Duceppe discutera et adoptera avec les délégués un plan d\u2019action pour l\u2019an 2001-2002.Le premier ministre Bernard Landry prendra la parole et l\u2019on « soulignera » en soirée le dixième anniversaire du parti.Alors que tout le monde se souvient que la formation dirigée au début par Lucien Bouchard ne devait faire qu\u2019un court passage à Ottawa, ne voilà-t-il pas que les années ont passé, que plusieurs des députés du Bloc sont restés suffisamment longtemps aux Communes pour toucher une pension à leur retraite et que la souveraineté du Québec n\u2019est pas encore réalisée.Gilles Duceppe, qui en parlant contemple les fleurs de lys sculptées au plafond de son bureau \u2014 un bureau naguère occupé par Preston Manning \u2014 reconnaît « tout à fait » que le Bloc est là depuis plus longtemps qu\u2019il ne l\u2019aurait souhaité.Mais il soutient que la formation souverainiste a encore un rôle majeur à jouer dans la défense des intérêts du Québec à Ottawa.« L\u2019échec, dira-t-il, c\u2019est l\u2019échec du fédéralisme.Si les autres partis politiques répondaient vraiment à la volonté des Québécois et des Québécoises, nous ne serions pas encore là.S\u2019il y a 40%au Québec des gens qui nous ont donné leur appui à la dernière élection, ça signifie toujours bien quelque chose.Aurait-il été sain en démocratie que 40 % des Québécois ne trouvent pas de porte-parole pour les représenter ?» « Dix ans dans la vie d\u2019un homme ou d\u2019une femme, enchaîne M.Duceppe, c\u2019est beaucoup.Mais dix ans dans la vie d\u2019un peuple, c\u2019est peu.» Le bilan de sa formation en Chambre est là pour démontrer l\u2019utilité du Bloc à Ottawa, soutient l\u2019ancien dirigeant syndicaliste.Il rappelle, en guise d\u2019exemple, l\u2019épisode récent de la loi sur les jeunes contrevenants.« Sans le Bloc, dit-il, qui aurait parlé pour le Québec ?S\u2019il y a un consensus qui a été reflété ici à Ottawa sur cette question, ça a été par le Bloc québécois.Trente-six députés libéraux se sont mis à plat ventre pour les intérêts de leur parti ; ils n\u2019ont pas défendu les intérêts du Québec.Ils ont défendu les intérêts du parti libéral qui veut aller chercher des votes dans l\u2019Ouest.» « Il n\u2019y aurait pas eu de changements non plus sur l\u2019assurance-emploi, ajoute le chef bloquiste, si nous n\u2019avions pas été là, pas de rapatriement de la main-d\u2019oeuvre.Il n\u2019y aurait pas eu de changement sur le crime organisé ou sur les coûts du référendum.» Et qui a forcé le gouvernement libéral à faire preuve de plus de transparence et à démocratiser davantage le processus du Sommet des Amériques, demande Gille Duceppe ?Qui a alimenté les débats au Parlement sur la citoyenneté, l\u2019assurance-emploi, les jeunes contrevenants ?Qui a lancé le débat sur l\u2019union monétaire ?« C\u2019est le Bloc, affirme M.Duceppe.Au départ, on nous traitait d\u2019hurluberlus.Je me suis fait traiter de tous les noms.Depuis ce temps, les débats se font.» Alors ce soir, ce n\u2019est pas tant une célébration qui se déroulera à Sorel-Tracy qu\u2019une manière de marquer le coup.« Nous soulignons.dit Duceppe.Nous avons fait un bon travail.Imaginons que nous ne soulignions pas cet anniversaire, tout le monde nous courrait après pour nous demander pourquoi nous ne parlons pas de nos dix ans.» Bien sûr, même s\u2019il recueille l\u2019appui de 40 % des Québécois \u2014 des chiffres qu\u2019envient les Joe Clark, Stockwell Day et Alexa McDonough \u2014, rappelle Gilles Duceppe, le Bloc est passé de 44 à 38 députés lors des élections de novembre dernier.« C\u2019est le jeu électoral, explique M.Duceppe.Il aurait suffi de 2 % d\u2019électeurs de plus aux urnes pour que l\u2019on obtienne six députés de plus qu\u2019en 1997.Puis il y a eu le contexte, le dossier des fusions municipales notamment.J\u2019ai fait une bonne campagne mais j\u2019avais beau dire n\u2019importe quoi les dix derniers jours, la première question portait toujours sur les fusions.En 1997, j\u2019ai fait une mauvaise campagne et j\u2019ai eu 44 députés.La politique c\u2019est parfois difficile à expliquer, surtout lorsqu\u2019un récent sondage nous dit que 68 % des gens pensent au Québec que c\u2019est le Bloc qui représente le mieux leurs intérêts à Ottawa.» Alors, quel sera le plan de match pour l\u2019année qui vient ?Tout en continuant à faire la démonstration, d\u2019expliquer le chef, de la nécessité d\u2019un Québec souverain, le Bloc entend mettre une bonne partie de ses oeufs dans la renégociation qui se prépare de l\u2019union sociale.Les provinces sont mécontentes du dernier accord et souhaitent qu\u2019Ottawa leur donne davantage de pouvoirs.Même un front commun des quatre provinces riches pourraient voir le jour.Le Bloc entend participer à ce genre d\u2019ententes ponctuelles.Le chef du Bloc québécois se dit aussi consterné par le vide législatif engendré par le gouvernement Chrétien depuis les élections de novembre 2000.Gilles Duceppe annonce aussi que son parti fera la lutte aux côtés du Parti québécois lors des prochaines élections provinciales.Et le référendum dans tout cela ?« Il faut s\u2019y préparer », conclut le chef. 6LT0601B0609 b06-b07 samedi 09 juin 6LT0601B0609 ZALLCALL 67 00:51:33 06/09/01 B Le président réformateur de l\u2019Iran, Mohammed Khatami, a tout un défi à relever.Il doit jongler avec un pays en plein réveil dans lequel la voix de la droite religieuse, qui tient toujours les rênes du pouvoir, est graduellement étouffée par les cris de la génération montante qui demande de plus en plus de liberté.Printemps explosif au royaume de l\u2019islam politique, a constaté sur place Laura-Julie Perreault, lauréate de la bourse Nord-Sud, octroyée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.BANG ! BANG ! Coups de feu qui glacent le sang.Kazem, un habitant d\u2019Abadan, ville du sud de l\u2019Iran, regarde sa montre.Vingt-trois heures et des poussières.L\u2019heure où les soldats iraniens et les Moudjahidin, principaux opposants organisés du régime des ayatollahs, se souhaitent un morbide bonsoir.Les premiers sont du côté iranien, sur les rives de la rivière Arvand.Les autres sont en Irak et contemplent les mille manières de traverser le Chatt-al-Arab pour prendre possession d\u2019Abadan et de la province du Khuzistan, zone pétrolière d\u2019importance capitale.Ils ne sont en fait qu\u2019à des dizaines de mètres les uns des autres, se disputant au-dessus du cours d\u2019eau qui fut à l\u2019origine de la guerre Iran-Irak.Ce conflit de huit ans a emporté dans son sillage meurtrier plus de 300 000 Iraniens et tout autant d\u2019Irakiens.Des milliers étaient originaires d\u2019Abadan, se rappelle Kazem.Aujourd\u2019hui, leurs photos sont alignées dans les cimetières qui sont réservés aux victimes de la guerre.Cette guerre, finie il y a un plus de 10 ans, est encore présente partout sur les murs d\u2019Abadan, une ville assassinée deux fois et qui n\u2019en finit plus depuis de rendre l\u2019âme.Aujourd\u2019hui, avec ses 300 000 habitants, elle ne compte plus que la moitié de sa population d\u2019avant-guerre.L\u2019hiver, avant la révolution, se rappelle l\u2019oncle de Kazem, la population de la ville atteignait facilement le million puisque le gel s\u2019abat sur tout l\u2019Iran, mais jamais sur Abadan.Le coeur d\u2019Abadan a été atteint pour la première fois en 1978.À l\u2019époque, elle était la ville la plus gaie de l\u2019Iran entière.Même si elle était sous le joug des Anglais qui y contrôlaient le pétrole, on y fêtait le bon vin, la musique et l\u2019art, comme dans les poèmes d\u2019Omar Khayyam.Des milliers d\u2019Arabes et d\u2019Indiens y travaillaient.Les samosas de Bombay et les chélo-kebab à l\u2019iranienne y cohabitaient.Puis, un jour, en août 1978, alors que des centaines de personnes regardaient un film dans un des nombreux cinémas de la ville, un incendie a éclaté.Les gens affolés ont vite réalisé qu\u2019ils étaient enfermés dans le cinéma Rex.Bilan : 400 morts.« Abadan est un peu morte ce jour-là.Je me rappelle, c\u2019était la folie.Moi, je n\u2019étais qu\u2019un enfant, mais ça m\u2019a fait mal », raconte Kazem.Les Abadanais, à qui l\u2019on avait laissé entendre que l\u2019incendie meurtrier était l\u2019oeuvre du chah, ont vite joint le mouvement national de la révolution.Les groupes de gauche y étaient particulièrement forts.Mais ils ont vite compris que le vent n\u2019allait pas tourner du bon côté.Des centaines de jeunes idéalistes, comme Mandana, âgée aujourd\u2019hui de 40 ans, ont passé quelques années en prison pour avoir participé aux activités de groupes de résistance.C\u2019est son association aux Moudjahidin qui a valu à Mandana son emprisonnement de quatre ans, dans un pénitencier bondé d\u2019enfants et de mères exaspérées.Elle révèle ses souvenirs comme on égrène un chapelet, un après l\u2019autre, pensivement.« Je ne m\u2019associerais plus jamais avec les Mojahedins.Leurs idées sont trop radicales, ils sont détestés partout en Iran et surtout dans le Sud où ils ont tué des gens de leur propre nationalité », raconte celle qui est devenue traductrice depuis sa libération.Même la population non politisée d\u2019Abadan a goûté à la médecine des nouveaux dirigeants.« Quand l\u2019ayatollah est arrivé au pouvoir, il a voulu mettre à sa main Abadan la rebelle.Il a fermé les cinémas, les théâtres, les restaurants.Les étrangers sont partis, c\u2019était terrible », termine-t-elle.Mais rien ne pouvait se comparer en horreur à ce qui allait se produire par la suite, quand la première attaque irakienne a surpris Khorramchahr, la bourgade voisine, la rasant presque entièrement.Abadan a été la cible suivante.Rapidement, les habitants de la région ont compris que ça allait durer et ils sont partis pour d\u2019autres villes.Chiraz, en particulier est devenue leur deuxième logis, alors que des hommes et des adolescents improvisés soldats mouraient au milieu d\u2019Abadan en menant la « guerre imposée ».Les plus croyants étaient certains d\u2019aller au paradis.Les autres serraient les dents et espéraient survivre.« J\u2019ai échappé à la guerre parce que j\u2019avais un problème d\u2019oreille.J\u2019ai fait mes études à Chiraz, j\u2019y ai trouvé un emploi, mais après la guerre, j\u2019ai voulu revenir pour la rebâtir.C\u2019était une erreur ! Le gouvernement sait que même maintenant, Abadan ne partage pas ses opinions, alors il refuse d\u2019investir pour la reconstruire.Il ne reste que la raffinerie, qui fait travailler la moitié de la ville », expose Kazem.Paysage d\u2019après-guerre Un tour d\u2019Abadan suffit pour illustrer les propos de l\u2019homme de 35 ans.Abadan semble être sortie de la guerre hier matin avec ses maisons en ruines, des rues pleines de crevasses, des trous de projectiles dans tous les murs, son centre-ville animé seulement par le bazar.L\u2019air sent la poussière et le pétrole.Il n\u2019y a plus d\u2019étrangers et très peu d\u2019Iraniens.La minorité arabe, pauvre, qui habite depuis longtemps la région et qui n\u2019avait nulle part où fuir, elle, est restée.Ces paysans, qui vivaient jadis en périphérie, ont transformé les anciennes villas des riches Perses, bombardées par les intégristes iraniens eux-mêmes, en demeures de fortune.Les femmes y élèvent du bétail pendant que les hommes vont pêcher dans le golfe Persique.« Pour nous, il n\u2019y a plus grand-chose à faire.Abadan est une ville fantôme », continue la femme de Kazem, Fereshte, qui travaille en tchador tous les jours à la raffinerie, même quand le mercure grimpe jusqu\u2019à 45 degrés.Heureusement, pour eux, il y a la famille, la très grande famille, qui les tient occupés et l\u2019idée d\u2019une Abadan resplendissante qui pourrait renaître.En attendant, à 23 h, tous les soirs, Fereshte et Kazem regardent leurs montres.Ils maudissent les Moudjahidin qui tirent aujourd\u2019hui sur les soldats iraniens, pour la plupart des jeunes au début de la vingtaine qui subissent contre leur gré leur service militaire.« Si c\u2019est ce genre de groupe-là qui vient nous sauver des mollahs, je ne suis pas sûre que je veux changer de leader », conclut la jeune femme de 31 ans, en servant sur la nappe du salon une assiette de poisson tirée du Chatt-al-Arab.Pardon ! De la rivière Arvand.« Les mollahs sont des chiens ! » Les mots retentissent dans la petite Renault qui tente de se frayer un passage dans le capharnaüm des rues de la capitale iranienne.Mohammed vient tout juste de voir un homme du clergé chi\u2019ite en turban sur une motocyclette.Il devient tout à coup deux fois plus agressif derrière le volant.Il se met à zigzaguer d\u2019un côté et de l\u2019autre du prêtre, disant à voix haute que ce serait fantastique de le happer « juste un peu ».Propos qui surprennent mais qui démontrent d\u2019entrée de jeu qu\u2019en Iran, pays où la liberté est toujours surveillée, le ras-le-bol commence à s\u2019exprimer jusque dans la rue.« Les chiens comme lui ont pris en otage mon pays, l\u2019avenir de mon fils.Avant la révolution, j\u2019étais musulman.Maintenant, je ne peux plus voir une mosquée sans avoir un haut le coeur », explique l\u2019ingénieur qui fait mille et un boulots pour joindre les deux bouts aujourd\u2019hui, croisant les doigts pour que tout cela change le plus vite possible.Pour qui a-t-il donc voté hier, alors que tous les Iraniens, âgés de plus de 15 ans, étaient invités à faire un choix entre neuf candidats à la présidence du pays ?Pour un mollah ! En fait, avant même les élections, les résultats étaient plutôt prévisibles : Mohammed Khatami, homme de religion réformateur qui avait récolté 70 % des suffrages en 1997, l\u2019a largement emporté.« Khatami sera toujours un mollah ! Il nous dit qu\u2019il est du bord de la population, mais il est aussi du bord du clergé conservateur.Il fait des compromis avec eux, sans arrêt.Il n\u2019a peut-être pas le choix.Il est un peu tout seul.Il a pris sous sa gouverne le pouvoir législatif et exécutif, mais le pouvoir judiciaire et l\u2019armée, les deux bras les plus musclés de l\u2019État iranien, lui échappent », explique Nader, un ancien fonctionnaire au chômage, en sirotant un verre de vodka allemande, qu\u2019il s\u2019est procurée sur le marché noir.Depuis l\u2019arrivée de Khatami au pouvoir, des dizaines de petits plaisirs, auparavant refusés, sont maintenant tolérés.C\u2019est dans l\u2019Iran de Khatami que La Presse est allée se promener au début du printemps, alors que les roses et les bourgeons des arbres étaient prêts à éclore.Plutôt qu\u2019un pays voilé, muet et soumis aux ordres d\u2019une minorité.l\u2019Iran est une casserole d\u2019idées en ébullition, de gens prêts à l\u2019action, mais qui attendent le bon moment pour déborder dans les rues comme ils l\u2019ont fait en 1979, alors qu\u2019ils voulaient se débarrasser du chah sans trop savoir ce qui leur pendait au bout du nez.L\u2019Iran entière est donc une société en plein printemps, avec ce que cela comporte de jours de pluie.Car même si depuis 1997, certains Iraniens se promènent dans les grands parcs urbains main dans la main, s\u2019ils sortent jusqu\u2019à tard dans la nuit dans les restaurants et les cafés du nord de Téhéran, si les familles regardent sur leurs lecteurs de cassettes des films venus de l\u2019Inde, des États-Unis et des pays arabes, on craint et on surveille toujours au-dessus de son épaule l\u2019arrivée d\u2019une voiture verte remplie de membres du Komité, zélés intégristes responsables de faire respecter les lois islamiques.Un des artistes les plus aimés a été arrêté brutalement en février parce qu\u2019il participait à une fête que les autorités ont jugée décadente.Des dizaines d\u2019intellectuels sont en attente de procès parce qu\u2019ils ont signé des articles dans des journaux contestataires de l\u2019ayatollah Khamenei et de ses proches collaborateurs.Le régime des mollahs fait encore couler beaucoup de sang.Des intellectuels ont été pendus sur la place publique.Une actrice de films porno tournés en Iran a été exécutée en mai.La lapidation publique est souvent le moyen choisi pour ce genre de sordide besogne.Les Iraniens marchent donc sur la corde raide, essayant de suivre le fil des réformes et des libertés nouvelles, sans pour autant mettre leur vie en péril.Il y a dans ce tango répression-liberté un air de changement qui rappelle le printemps de Prague ou encore la perestroïka soviétique.Khatami, ce leader réformateur soutient assez bien les comparaisons avec Mikhaïl Gorbatchev, aussi issu des rangs du pouvoir établi avant d\u2019entamer des réformes qui devaient transformer de l\u2019intérieur le régime communiste, mais qui a subi les conséquences connues aujourd\u2019hui.Beaucoup d\u2019Iraniens reconnaissent cette ressemblance.La plupart espèrent en silence, cependant, que les efforts de l\u2019aile réformiste iranienne n\u2019ouvriront pas la voie à un éclatement encore plus grave de leur économie déjà fragile et de leur complexe tissu social.Foroogh, brunette de 16 ans, se lève tous les matins à 4 h 30, les yeux embués de son étude terminée à 1 h.Les examens qui décideront de son sort et de celui de millions d\u2019autres jeunes de son âge ne sont pourtant que dans un an et demi.Le blitz de dernière minute à la veille des tests n\u2019existe pas en Iran.L\u2019étude intensive, qui dure déjà depuis plus d\u2019un an, est pour la jeune femme un vrai mode de vie.Elle a quitté sa maison d\u2019Abadan, où elle était un peu à l\u2019étroit avec ses cinq frères et soeurs, pour s\u2019installer à Chiraz.Les écoles préparatoires y sont meilleures, dit-elle.Foroogh ne rêve que d\u2019une chose : décrocher une place à l\u2019université.Mais ce ne sera pas facile.Deux millions d\u2019appelés chaque année pour 30 000 retenus.La joute est dure, très dure, pour espérer décrocher ensuite un emploi dans un pays où le chômage frôle les 30 %.Bon an, mal an, les autorités rapportent des dizaines de suicides après les examens.La plupart sont des jeunes femmes.« Pour nous, les études, c\u2019est le début de notre indépendance », confie Pegah, de deux ans l\u2019aînée de Foroogh, étudiante en médecine à l\u2019Université d\u2019Ispahan.« Si tu n\u2019étudies pas, si tu n\u2019as pas d\u2019emploi, tu restes à la maison et tu es la servante de ton mari », rit-elle, en brossant ses interminables cheveux noirs qu\u2019elle garde cachés toute la journée par le marnahé, un foulard qui tient seul sur la tête, tout en couvrant le cou, et que les étudiantes ont l\u2019obligation de porter.Elle enfile aussi un long manteau brun qui lui flatte les chevilles.En dessous ?Un t-shirt coloré, des jeans serrés, des bottines à talons hauts.« Et par rébellion, je pousse le marnahé le plus loin possible.Ça me permet de montrer mes cheveux à l\u2019avant.Ça fait enrager mes professeurs », raconte la jeune femme, dans la maison de sa famille, en banlieue d\u2019Ispahan, où elle peut faire ce que bon lui semble.Beaucoup de choses causent des maux de tête au personnel enseignant, car les étudiants, qu\u2019ils soient à Ispahan, à Chiraz, à Téhéran ou à Yazd en ont assez de voir leurs gestes épiés et se permettent de le dire à voix haute.« Les profs s\u2019arrachent les cheveux sur la tête quand nous nous lançons dans de grandes discussions politiques.Nous sommes pour la séparation de l\u2019État et de la religion.Ils essaient de nous convaincre du contraire.Ça donne lieu à de véritables batailles verbales », commente Reza, étudiant à la maîtrise à Chiraz.Le mouvement étudiant a défrayé la manchette à maintes reprises dans les deux dernières années, car les jeunes, organisés en une myriade d\u2019associations, ont manifesté à visage découvert contre la machine de terreur du pouvoir central.« Après les manifestations, mes collègues sont revenus à l\u2019école, les yeux noircis, avec des jambes et des bras cassés.Ils en sont encore fiers.La prochaine fois, je serai là, moi aussi ! Ou je serai au Canada pour dire aux gens ce qui se passe ici » s\u2019exclame Pegah.Les troupes dissidentes grossiront sûrement à vue d\u2019oeil, puisque plus de 60 % de la population du pays a moins de 25 ans.Le poids démographique de cette génération née après la révolution inquiète le régime intégriste.Plusieurs soupçonnent même que la montée de Khatami à la présidence a été ni plus ni moins un moyen de contenir les ardeurs de ces jeunes.Malgré cela, la rareté de plus en plus alarmante des emplois et la difficulté grandissante de faire des études supérieures n\u2019aideront certes pas à calmer les esprits.M.T.Oloumi, un psychologue de Yazd, remarque que cette génération a bien d\u2019autres problèmes.Les jeunes au chômage et laisséspour- compte d\u2019un système qui n\u2019a pas planifié l\u2019arrivée massive des bébés de la révolution, sont les passeurs prédestinés des marchands de drogue.L\u2019héroïne, qui vient d\u2019Afghanistan et du Pakistan, court dans le pays.Une dose se vendait tout juste 3 $ dans le bazar de Téhéran lors de notre visite.À Montréal, la même dose se vend entre 40 à 50 $.Le gouvernement est inquiet de cette situation et tente tant bien que mal de faire de la prévention sur de grands panneaux installés en bordure des autoroutes.Peine perdue, les héroïnomanes se comptent par millions en Iran.Un autre phénomène cause des cauchemars au régime intégriste : les jeunes ne se marient plus.Le coût trop élevé du mariage traditionnel en convainc plusieurs de rester le plus longtemps possible chez leurs parents.Lors de l\u2019union, la famille du jeune homme doit fournir une maison, une automobile et le minimum vital.La famille de la jeune femme achète les meubles.Puisque 53 % des Iraniens vivent sous le seuil de la pauvreté, il n\u2019est pas surprenant que cette célébration ne soit plus à l\u2019ordre du jour.Soucieux de voir les jeunes ménages se former, le gouvernement a organisé en mars une célébration commune de quelques milliers d\u2019unions conjugales dans un stade.Les disciples du révérend Moon sont sans doute enchantés d\u2019apprendre cela.Si la majorité des jeunes rencontrés en avaient assez de la charia (loi islamique) et de devoir surveiller leurs moindres comportements de manière à ne pas attirer l\u2019attention de la police, d\u2019autres participent activement à la survie du régime des ayatollahs.Ils ont un nom : les basiges.Ils sont les paniers percés qui dénoncent leurs voisins qui organisent des fêtes un peu trop arrosées ou qui possèdent une antenne parabolique.La majorité des Iraniens les comparent à des parasites.Mais la tâche ingrate des basiges est fort bien payée.Qui dit basige, dit entrée garantie à l\u2019université sans examens traumatisants.Les voix d\u2019Allah sont pénétrables pour eux.Ces dénonciateurs se font discrets la plupart du temps.Ils sortent fièrement dans la rue lors des fêtes religieuses et les fêtes nationales reliées à la révolution, dont le 22 Barhman, journée commémorative de l\u2019arrivée de l\u2019ayatollah Khomeyni au pouvoir.Autour du cou, ils portent le foulard noir et blanc que portaient aussi les soldats iraniens morts à la guerre pour la gloire d\u2019Allah.Cette année, ils étaient 300 000 à se pointer le nez pour la grande fête de la révolution.Les femmes étaient drapées dans leur tchador noir, les hommes intégristes portaient la barbe.Mais les observateurs avertis ne se sont pas laissés impressionner par ce bain de foule : il y a 10 ans, ils étaient 3 millions à participer à la manifestation.B6 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 9 JUIN 2001 B7 Coups de feu sur fond de ruines La guerre Iran-Irak fait encore des ravages Unprin temps iranien Photos LAURA-JULIE PERREAULT, La Presse À Chiraz, des milliers de personnes travaillent dans le bazar, centre névralgique de l\u2019économie iranienne, mais aussi endroit de rencontres des jeunes chômeurs, de plus en plus nombreux.La jeunesse, une bombe à retardement Le mollah des amours La seule prononciation du mot « mollah » fait frémir la plupart des Iraniens.Ces grands manitous de l\u2019islam, garants du pouvoir depuis la révolution de 1979, ont encore moins la cote parmi la jeune génération.Pourtant, à Chiraz, si vous dites le nom de mollah Sadra, vous verrez des milliers de sourires de connivence apparaître sur les visages des 14-20 ans.Et ce n\u2019est pas parce que l\u2019homme de mosquée est mort depuis bien longtemps, laissant derrière lui un impressionnant ensemble de livres à teneur philosophique, plutôt que religieuse.Mais bien parce que la rue la plus achalandée de Chiraz porte le nom du défunt savant de l\u2019ancienne Perse et que c\u2019est dans cette rue que garçons et filles font connaissance.Le coup d\u2019oeil est assez impressionnant dans ce pays qui s\u2019évertue à compliquer les rapports et les rencontres entre les sexes.Les autobus sont divisés en deux.Il est interdit pour une jeune femme non mariée de se déplacer seule avec un homme qui n\u2019est pas de sa famille.Dans cette rue bordée de magasins d\u2019électronique, de cafés Internet et de librairies, les jeunes déambulent.Les garçons ont enfilé leur plus beau veston ou leur manteau de sport Nike, dont ils sont plus que fiers.Les filles ont pris le soin de se maquiller.Quelques mèches de cheveux dépassent de leur foulard, parfois même une tresse en entier, comble de la libéralisation.Elles complètent leur tenue avec leur plus beau manteau, qu\u2019elles doivent porter pour respecter le hejab \u2014 habillement modeste obligatoire en Iran aussi bien pour les Iraniennes que pour les journalistes étrangères.Tous ces beaux jeunes défilent donc, en mouvements de va-et-vient interminables, dans cette rue bondée.Les garçons lancent des commentaires à haute voix pour attirer l\u2019attention des filles.Celles-ci leur sourient parfois.Ils échangeront une heure plus tard des regards chargés.Ce flirt ambulant prendra fin lorsqu\u2019un numéro de téléphone parviendra à la jeune fille.Parfois, ils rentreront en contact ; la demoiselle faisant la plupart du temps le premier appel.Ils se reverront avec des amis, dans une fête, où ils feront plus ample connaissance.Il y aura de la musique occidentale, du bandari, une musique du Sud qui fait danser à peu près tous les Iraniens.Il y aura peut-être un peu d\u2019alcool : du vin, de la bière ou de la vodka.Si leurs familles respectives ont l\u2019esprit ouvert, les jeunes amoureux pourront se fréquenter, se promener dans les jardins de Chiraz ensemble, le plus discrètement du monde.Ils s\u2019embrasseront sûrement, en cachette.Et seul Allah sait si un jour, ils uniront leur destinée, devant Dieu, l\u2019ayatollah Khameiny et la république islamique d\u2019Iran.Tout cela grâce à mollah Sadra.Bassijs et fier de l\u2019être.Ce jeune homme arbore fièrement le foulard des supporters du régime intégriste de l\u2019Iran.Rêveur, un pêcheur d\u2019Abadan regarde de l\u2019autre côté de la rivière Arvand, la côte de l\u2019Irak. 6LP0801B0609 B8 9 juin 6LP0801B0609 ZALLCALL 67 00:55:00 06/09/01 B B 8 A C T U A L I T É S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 9 J U IN 2 0 0 1 Diffusion publique des photos de la jeune Katerine Son père espère ainsi retracer ses agresseurs KARINE TREMBLAY ESPÉRANT donner un nouveau souffle à l\u2019enquête policière et ainsi retracer la ou les personnes qui ont agressé sa fille cadette, le père de la jeune Katerine, 17 ans, retrouvée inconsciente dans le stationnement de la compagnie Sitel Canada, à Montréal le 12 mai dernier, a accepté de diffuser publiquement une photo de sa fille.« J\u2019espère ainsi qu\u2019on pourra épingler les responsables.Ils sont toujours en liberté, ils peuvent recommencer n\u2019importe quand », a commenté le père de Katerine, Robert, d\u2019une voix posée mais l\u2019oeil triste.Il a préféré taire son nom de famille.Le commandant Mario Plante, chef de la section des enquêtes criminelles au centre opérationnel sud du SPCUM, souhaite qu\u2019à la suite de la diffusion de la photo de Katerine, de nouvelles informations fournies par le public permettront de faire progresser l\u2019enquête.« Depuis le début de cette affaire, on a reçu une dizaine d\u2019appels qui nous ont permis d\u2019avancer un peu, mais nous sommes au point où il nous faut en savoir davantage pour continuer.La victime n\u2019est pas en mesure de nous dire quoi que ce soit et nous n\u2019avons pas de témoins de ce qui s\u2019est passé », a indiqué le commandant Plante, refusant d\u2019émettre toute hypothèse et de révéler tout détail pouvant compromettre le travail des enquêteurs.Il a par ailleurs refusé de dire si la jeune Katerine avait été ou non agressée sexuellement.Celle-ci est toujours hospitalisée et se trouve dans un coma vigile.« C\u2019est-à-dire qu\u2019elle respire par elle-même, elle a les yeux ouverts, mais elle n\u2019est pas là, explique son père.Elle ne semble pas nous voir, elle ne réagit pas à ce qu\u2019on lui dit et son côté droit est un peu plus touché.Parfois, elle semble souffrir, elle fait des grimaces ou des gestes de défense, mais on ne sait pas ce qu\u2019elle vit exactement.C\u2019est difficile de voir son enfant comme ça ; c\u2019était une fille enjouée.Mais sa récupération est normale, selon les neurologues.Ils disent que plus elle parlera rapidement, moins elle gardera de séquelles.» Le père de l\u2019adolescente s\u2019explique mal ce qui a pu arriver à sa fille.« J\u2019ai vu Katerine la veille de sa disparition.Sa grand-mère venait de mourir.Nous avons pleuré ensemble, dans les bras l\u2019un de l\u2019autre.Rien ne pouvait me laisser prévoir ce qui allait se passer.À l\u2019adolescence, on a eu un peu plus de difficulté avec elle qu\u2019avec nos deux autres enfants, mais, depuis un an, ça allait très bien », racontet- il.Trouvée inerte et gravement blessée le 12 mai dernier dans le stationnement de Sitel, boulevard de Maisonneuve Ouest, la jeune Katerine avait été portée disparue par sa famille le 28 avril.Elle n\u2019habitait plus le domicile parental situé dans la région des Cantons-del\u2019Est.Ce n\u2019est que lorsque les médias ont diffusé des photos de ses tatouages et de ses vêtements que le lien s\u2019est tissé entre la jeune fille disparue et celle retrouvée non loin de la station de métro Vendôme.Le père de Katerine ne sait pas encore s\u2019il portera plainte en justice contre l\u2019employé de la compagnie Sitel qui a attendu trois heures avant d\u2019informer les policiers qu\u2019une femme inconsciente gisait dans le stationnement de l\u2019entreprise.« Quand j\u2019ai appris ça, je ne l\u2019ai d\u2019abord pas cru.Ça me dépasse.On ne ferait même pas ça à un animal ! J\u2019ai peine à comprendre qu\u2019une personne ait attendu si longtemps avant de simplement composer le 911 sur son téléphone.Mais pour l\u2019instant, ce n\u2019est pas ma priorité de m\u2019occuper de ça.J\u2019espère juste qu\u2019on va arrêter le ou les coupables.Et j\u2019ai hâte que ma fille aille mieux », indique-t-il.Il précise par ailleurs que les nombreuses lettres d\u2019appui reçues et la sollicitude de l\u2019organisme Jeunesse au soleil, qui apporte son soutien à la famille, mettent un peu de baume sur la souffrance que lui et les siens vivent.Toute information concernant Katerine et pouvant aider à faire la lumière sur l\u2019agression dont elle a été victime, peut être transmise au (514) 280-2495.Un donateur anonyme a par ailleurs remis 5000 $ à Jeunesse au soleil, somme qui pourrait éventuellement servir à dédommager toute personne qui fournirait des informations conduisant à l\u2019arrestation du ou des suspects.Photo ALAIN ROBERGE, La Presse© Le père de la jeune Katerine, Robert, souhaite que la diffusion de la photo de sa fille aidera les enquêteurs à faire la lumière sur l\u2019agression dont elle a été victime.Un parc-école pour les élèves de Charles-LeMoyne KARINE TREMBLAY L\u2019ANNÉE SCOLAIRE n\u2019est pas encore terminée que, déjà, les élèves de l\u2019école Charles- LeMoyne rêvent au mois de septembre.C\u2019est que, pour la rentrée scolaire, on leur a annoncé l\u2019inauguration d\u2019un parc-école.Banal ?Pas pour les 600 jeunes écoliers qui, jusque- là, passaient leurs récréations dans la « fosse », une minuscule enceinte bétonnée de 300 pieds, cerclée d\u2019une grise muraille de 11 pieds.« Avant, on était comme dans une cour de prison.Maintenant, enfin, on peut courir ! », témoignait hier la jeune Laetitia, neuf ans, appuyée par plusieurs de ses camarades tout aussi ébahis qu\u2019elle de pouvoir enfin profiter d\u2019un plus grand espace de jeu.S\u2019il n\u2019est pas encore aménagé, le parcécole se laisse deviner par les écoliers, puisque le tronçon de la rue Mullins qui se trouve face à l\u2019école est depuis hier fermé à la circulation.Les enfants peuvent désormais y jouer lors de la récréation.« Après 20 ans d\u2019efforts, c\u2019est un premier pas vers un parc-école et c\u2019est ce qu\u2019on souligne aujourd\u2019hui », indique la commissaire de Pointe-Saint-Charles, Jacqueline Montpetit.Éventuellement, la rue sera gazonnée, tout comme le terrain qui se trouve juste en face de l\u2019école, acquis par la commission scolaire en 1998.Auparavant, le terrain vacant doit être décontaminé, puisque des réservoirs d\u2019huile et des matières résiduelles s\u2019y trouvent encore.Des infrastructures d\u2019amusement seront finalement installées.Partenaires dans ce projet, la Ville de Montréal et la Commission scolaire de Montréal (CSDM) embarquent maintenant dans la deuxième phase de réalisation, phase pour laquelle il leur faut trouver 150 000 $ additionnels à la somme de 400 000 $ qu\u2019ils ont déjà réunie.« Des démarches pour obtenir une subvention du ministère de la Métropole sont entreprises à cet égard.Nous sommes confiants », indique Mme Montpetit.Présidant le comité de la cour d\u2019école Charles-LeMoyne, Sylvain Larose se montre lui aussi optimiste en disant qu\u2019il y a une ferme volonté, à la mairie comme à la commission scolaire, de doter l\u2019école d\u2019un parc digne de ce nom.Citoyen du quartier Pointe-Saint-Charles, M.Larose mène bataille depuis maintenant sept ans avec l\u2019appui d\u2019autres parents.Et même si ses enfants ne fréquentent plus l\u2019établissement scolaire de la rue Mullins, il a l\u2019intention de se battre jusqu\u2019au bout.« C\u2019est trop important.On a vaincu un tas d\u2019obstacles au fil des ans.J\u2019espère que tout sera terminé en septembre.Tant que le parcécole ne sera pas aménagé, je ne lâcherai pas », souligne-t-il.Tous ne sont cependant pas si optimistes.Mère de deux enfants fréquentant l\u2019école Charles-LeMoyne, Johanne Beaulé a ellemême étudié dans cet établissement lorsqu\u2019elle était jeune.Elle garde un mauvais souvenir de la « fosse ».« Je suis contente que ça bouge enfin ; j\u2019espère juste qu\u2019il ne faudra pas attendre un autre 20 ans avant de voir naître le parc une fois pour toutes.C\u2019est une nécessité pour les enfants de pouvoir s\u2019amuser et se dégourdir », soutient Mme Beaulé.Autour, les jeunes lui donnent raison.« C\u2019est notre rêve.Lorsque j\u2019étais en maternelle, on nous avait dit que notre cour d\u2019école allait changer.Aujourd\u2019hui, je suis en quatrième année et ça arrive enfin », déclare Ariane, dix ans.Les nouvelles infrastructures, du reste, profiteront à l\u2019ensemble de la collectivité.« Il ne faut pas se le cacher, Pointe-Saint- Charles est un quartier défavorisé.La mise en place d\u2019un parc-école va profiter à tous les citoyens du coin, au centre de la petite enfance et aux organismes communautaires qui se trouvent autour.Je pense que ça peut donner un bon élan pour revitaliser le secteur », souligne la présidente de la CSDM, Diane De Courcy.Rober Skinner, La Presse© Fermée à la circulation, la rue Mullins est désormais le terrain de jeu des 600 élèves de l\u2019école Charles-LeMoyne, qui ont hier goûté leur toute première récréation hors des murs bétonnés de la « fosse ».AGRESSION DU JEUNE LIVERNOCHE Mathieu voulait taxer Bastien dit avoir cédé les dénominations anglaises à ses pulsions sexuelles RAYMOND GERVAIS UNE TAXE spéciale pour les commerces dont la raison sociale est unilingue anglaise.Telle est la suggestion faite par Rhéal Mathieu, 54 ans, à la Société Saint-Jean-Baptiste- de-Montréal le 12 octobre dernier.Mathieu fait présentement face à une kyrielle d\u2019accusations à la suite d\u2019attentats à la bombe incendiaire et de méfaits contre des commerces au nom de la Brigade d\u2019autodéfense du français (BAF).Hier matin, la Couronne, représentée par Me Jacques Dagenais, a fait entendre un enregistrement provenant d\u2019une surveillance par écoute électronique.La police de la Communauté urbaine de Montréal avait obtenu un mandat de la Cour pour placer sous écoute la ligne téléphonique terrestre et cellulaire de Mathieu.Ce dernier faisait d\u2019ailleurs l\u2019objet d\u2019une filature permanente de la police.Dans l\u2019enregistrement, Mathieu téléphone à la SSJB et demande de parler à son président, Guy Bouthillier.M.Bouthillier est toutefois absent et Mathieu raconte finalement son histoire à une employée de la SSJB affectée aux communications.Mathieu suggère que la SSJB fasse pression sur Québec pour la création d\u2019une taxe spéciale qui serait imposée uniquement aux commerces dont la raison sociale est unilingue anglaise.Plus tôt dans l\u2019avant-midi, deux agents de la section filature du SPCUM sont venus préciser à la cour qu\u2019ils avaient vu Mathieu à l\u2019intérieur du café Internet La Tribune.Un des agents a précisé l\u2019avoir vu devant un ordinateur, tandis qu\u2019un autre a affirmé l\u2019avoir suivi à l\u2019intérieur d\u2019un pavillon de l\u2019Université du Québec à Montréal, jusqu\u2019au bar JM-100.Le procès de Mathieu s\u2019est poursuivi dans l\u2019après-midi en l\u2019absence du jury, les avocats devant discuter de points de droit avec le juge Pierre Tessier de la Cour supérieure.MARCEL LAROCHE DES FANTASMES sexuels avec de jeunes garçons, marqués par des images où il joue le rôle du « boss » pour satisfaire ses pulsions perverses avec ses victimes semblent monnaie courante dans l\u2019esprit de Mario Bastien.C\u2019est du moins l\u2019essentiel du témoignage rendu hier par cet individu accusé du meurtre prémédité du petit Alexandre Livernoche, 13 ans, survenu dans une sablière de Sorel-Tracy.Même s\u2019il admet avoir un problème de pédophilie depuis l\u2019âge de 18 ans, Mario Bastien affirme qu\u2019il a toujours réussi à résister à ses pulsions sexuelles.Du moins jusqu\u2019au soir du 4 août 2000, où il a attiré le jeune Livernoche dans une remorque garée près de la voie ferrée pour l\u2019agresser sexuellement, avant de le frapper de 14 coups de couteau et de l\u2019enterrer vivant.Pressé de questions par Me Denys Noël, du ministère public, qui l\u2019interrogeait sur ses fantasmes sexuels, Bastien a avoué avec réticence avoir cédé à ses pulsions en s\u2019attaquant au jeune Livernoche.« C\u2019est arrivé dans le pit de sable et non dans la van, je l\u2019ai touché et je l\u2019ai masturbé, mais je l\u2019ai jamais traîné avec une corde au cou comme un chien », de répéter à maintes reprises l\u2019accusé de 29 ans.À ce moment, le procureur de la Couronne l\u2019a confronté avec sa confession sur vidéo faite à la police le 9 août 2000, soit exactement cinq jours après l\u2019assassinat d\u2019Alexandre Livernoche, dans laquelle il raconte en pleurant avoir utilisé une corde pour traîner le garçonnet jusqu\u2019à la sablière.Après avoir nié la véracité des conversations téléphoniques qu\u2019il a eues avec Denis Alarie et Claudette Champagne quelques jours après son arrestation l\u2019an dernier, Mario Bastien a cependant avoué être très attaché au jeune fils de ce couple d\u2019amis, un petit garçon de 4 ans qu\u2019il avait l\u2019habitude de garder.Enfin, la poursuite a terminé le contre-interrogatoire de Bastien en lui faisant dire qu\u2019il avait souvent menti dans cette sordide affaire de meurtre, même au juge Réjean Paul qui préside le procès devant jury, au palais de justice de Longueuil.Le procès se poursuit lundi matin avec le témoignage du docteur Édouard Beltrami qui a procédé à l\u2019évaluation psychiatrique de Mario Bastien. 6LP0902B0609 B9 9 juin 6LP0902B0609 ZALLCALL 67 01:02:18 06/09/01 B LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 9 JUIN 2001 \u2022 B9 Quand le soleil devrait s\u2019arrimer au calendrier scolaire.Quand le thermomètre s\u2019est emballé au début mai, la frénésie s\u2019est également emparée des champs.Des asperges du Québec, par exemple, ont tout à coup apparu en quantité sur les tablettes pour disparaître sitôt le temps frais revenu.Les producteurs de fraises ont aussi craint de les voir arriver à maturité au début juin.Eux, par contre, ne sont pas pressés de voir le mercure grimper.Il y a deux semaines, les asperges ont tout à coup envahi les étals des épiciers.À la faveur du beau temps, les asperges du Québec sont arrivées en même temps que celles en provenance des États-Unis.Pour s\u2019assurer que les producteurs d\u2019ici ne restent pas pris avec leurs stocks, l\u2019Association des jardiniers maraîchers a passé quelques coups de fil aux grands distributeurs de la province pour « nettoyer le marché » et faire la promotion des asperges du Québec, indique André Turenne.Mais depuis que le ciel s\u2019est couvert et que le vent fait frissonner ceux qui se baladent en sandales, les asperges ne poussent plus.« Les asperges poussent la nuit et se reposent le jour.Par temps chaud, elles peuvent pousser d\u2019une dizaine de centimètres en une nuit », explique un producteur du marché Jean-Talon, contraint d\u2019écouler les dernières têtes de violon du Nouveau-Brunswick en attendant sa prochaine récolte d\u2019asperges.« On les paie maintenant 2 $ la livre », confie un épicier, rappelant qu\u2019il les vendait à 0,99 $ tout de suite après la période de beau temps.Mais dès que le soleil reviendra, promet-il, les asperges suivront, tout comme les radis, les courgettes et les oignons verts.À l\u2019opposé, les producteurs de fraises ne sont pas plus pressés qu\u2019il le faut de voir le temps chaud revenir.Des fraises en avance, ça fait plaisir aux gourmets, mais ça cause un casse-tête aux producteurs pour une raison très simple : qui ramassera les fraises si les élèves sont toujours à l\u2019école ?« En fait, ce n\u2019est pas juste un problème de main-d\u2019oeuvre, c\u2019est aussi un problème de transport », dit Daniel Goyer, du centre régional des Laurentides- Outaouais de l\u2019Union des producteurs agricoles.Où trouverait- il ses 45 autobus en cette période de l\u2019année où les écoles multiplient les sorties ?« Il y a deux ans, les fraises étaient prêtes le 8 juin.On n\u2019a pas pu répondre à la demande avant le 21 ou 22 juin.» S\u2019il avait continué à faire beau, les fraises du Québec seraient déjà arrivées sur le marché.Les premières récoltes devraient maintenant débuter la semaine prochaine, ce qui ne règle pas le problème de la main-d\u2019oeuvre étudiante qu\u2019il faudra compenser.La pénurie de travailleurs agricoles est cependant un problème qui touche, chaque année, bien plus que les producteurs de fraises.« L\u2019année dernière, on a pu combler de 75 à 80 % des demandes », dit Hélène Varvaressos, du programme Agri-job de l\u2019UPA.Ironiquement, la majorité des travailleurs agricoles se trouvent à Montréal, indique Daniel Goyer.L\u2019UPA recrute beaucoup d\u2019immigrants prêts à aller gagner quelques dollars à la ferme.Le travail est simple, ils n\u2019ont pas nécessairement besoin de parler français ou anglais et plusieurs d\u2019entre eux ont déjà une expérience dans le travail agricole, dit Daniel Goyer.Les producteurs avisent l\u2019UPA de leurs besoins en main-d\u2019oeuvre trois ou quatre jours avant la récolte.Une grosse journée de récolte peut nécessiter la mobilisation de 2500 cueilleurs, seulement sur la rive nord du Saint-Laurent.Tandis que les fraises québécoises finissent de mûrir dans les champs, celles de la Californie ont envahi les comptoirs des épiciers.Les Américains ont raffiné leurs cultures de sorte que leurs fraises ont plus de goût que les fraises d\u2019hiver.« Avant, on s\u2019en souciait très peu parce qu\u2019elles n\u2019étaient pas très appréciées des consommateurs », explique Patrick Sullivan du ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation (MAPAQ).Les amateurs attendaient le mois de juin pour faire le plein de « vraies » fraises.Les producteurs québécois sont aussi invités de plus en plus à diversifier les variétés cultivées.La traditionnelle fraise québécoise d\u2019été est une variété qu\u2019on dit sensible à la longueur des jours.Toutes les fraises mûrissent d\u2019un coup, en même temps, à la faveur des premières semaines de beau temps.Les variétés « à jour neutre » mûrissent de juillet à septembre, un peu à la fois, ce qui évite le « boom » que connaît la variété la plus commune.La variété « à jour neutre » est notamment cultivée à l\u2019Île d\u2019Orléans.La fraise standard, juteuse et molle, n\u2019est pas non plus la meilleure variété pour les pâtisseries qui réclament des fruits plus fermes.Photo PC Des fraises en avance, ça cause tout un casse-tête aux producteurs : qui donc ramassera les fruits si les élèves sont toujours à l\u2019école ?Que le vrai Michel Bougie se lève.Un faux policier fraudeur écope de deux ans de pénitencier Les employés des anciennes villes devront démissionner C H R I S T I A N E D E S J A R D I N S s\u2019ils sont élus APRÈS 29 ans et malgré tous les problèmes qu\u2019elle lui a apportés, Michel Bougie n\u2019est pas guéri de sa manie de se faire passer pour ce qu\u2019il n\u2019est pas : un policier.Hier, la juge Céline Lacerte-Lamontagne lui a imposé une peine de deux ans de pénitencier pour personnification, vol et fraude.« C\u2019est une vendetta, on veut me faire plonger.Je passe pour le pire des maniaques, mais les dix ou onze ans où j\u2019ai été tranquille, entre 1987 et 1997, et le bénévolat que j\u2019ai fait, on n\u2019en parle pas.On oublie de regarder le vrai Michel Bougie », avait sangloté l\u2019accusé de 49 ans, un peu plus tôt, en s\u2019adressant à la juge qui s\u2019apprêtait à rendre sa sentence.« Vous ne pouvez pas jouer les deux bords.C\u2019est vous-même qui vous êtes présenté aux gens comme un autre », lui avait aussitôt répondu la juge.Bougie a plaidé coupable à une kyrielle d\u2019accusations, dont celles d\u2019avoir volé ou fraudé six personnes, dont une ex-conjointe, d\u2019avoir fabriqué un faux insigne de la GRC et différents faux documents, et de s\u2019en être servi pour tromper les gens.L\u2019été dernier, à l\u2019aéroport de Dorval, il s\u2019était fait passer pour un agent de la GRC affecté au corps diplomatique et avait tenté d\u2019obtenir une voiture de police en s\u2019adressant à deux agents du SPCUM.Quelques jours plus tard, alors qu\u2019il venait d\u2019être remis en liberté par la Cour en attendant son procès dans cette affaire, il s\u2019est de nouveau fait passer pour un agent secret de la GRC auprès d\u2019une femme qu\u2019il venait de rencontrer par le biais d\u2019un courrier du coeur.Il lui a fait croire qu\u2019il partait en mission secrète en Europe et qu\u2019elle pourrait l\u2019accompagner en ne payant que son billet d\u2019avion, 800 $.Comme agent secret, il disposait aussi d\u2019un taux préférentiel sur les francs, et cette femme lui a donné 400 $ de plus pour les convertir en francs.Et puis voilà qu\u2019il devait déménager, et que son courtier ne pouvait pas vider son compte pour une sombre raison.La femme pourrait peut-être venir avec lui chez Brault et Martineau, afin de payer avec sa carte de crédit à elle les meubles qu\u2019il allait s\u2019acheter pour meubler son appartement à lui .Le remboursement se ferait dans les prochains jours, lui a-t-il assuré.Elle a acquiescé.Évidemment, la femme s\u2019est retrouvée avec une dette de plus de 7000 $ pour ces fameux meubles.Ajoutons à cela qu\u2019il a loué des voitures en se faisant passer pour un agent de la GRC.Bougie est un cas, mais pas un cas psychiatrique, ont estimé les experts qui l\u2019ont évalué.Il n\u2019a pas de trouble de la personnalité comme il le prétend, même si, depuis 1971, il s\u2019est retrouvé à de nombreuses reprises devant les tribunaux parce qu\u2019il se faisait passer pour un policier.C\u2019est tout simplement un excellent manipulateur, et un fraudeur, et les risques de récidive sont bien présents.La juge lui a imposé une peine de deux ans.Comme il est détenu depuis huit mois et que ce temps en double, la peine est réduite d\u2019autant.La juge a également ordonné à Bougie de rembourser 6700 $ à celle qui a dû payer ses meubles.L\u2019homme devra toutefois revenir devant le tribunal le 14 septembre, pour un autre dossier de vol pour lequel il ne voulait plus plaider coupable hier.MARIE-CLAUDE GIRARD LES EMPLOYÉS de l\u2019une ou l\u2019autre des municipalités de l\u2019île de Montréal qui auraient l\u2019intention de se faire élire dans un arrondissement ou au conseil de la grande ville de Montréal, devront démissionner de leur poste de fonctionnaire s\u2019ils sont élus, estime le comité de transition de Montréal.Le comité recommande au gouvernement de clarifier la loi en ce sens afin d\u2019éviter les conflits d\u2019intérêts, a indiqué hier la présidente du comité de transition, Monique Lefebvre.L\u2019ancien maire de L\u2019Île-Bizard, René Lecavalier, est candidat dans l\u2019arrondissement L\u2019Île-Bizard, S a i n t e - G e n e v i è v e / Sainte-Anne-de-Bellevue avec Équipe Bourque Vision Montréal, alors qu\u2019il occupe un emploi de pompier à Pierrefonds.S\u2019il est élu, il devrait donc quitter son poste de lieutenant-pompier.Dans son cas, la situation n\u2019est pas problématique, puisqu\u2019il a cumulé 30 années d\u2019expérience et pourrait prendre sa retraite en 2003, explique-t-il.« C\u2019est un choix que je fais.Mais avoir eu 20 ans d\u2019ancienneté, je n\u2019aurais pas accepté de briser ma carrière.» Le comité de transition a relevé également deux cas de fonctionnaires- conseillers municipaux à Verdun et à LaSalle.La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit qu\u2019à l\u2019exception des pompiers volontaires, les employés municipaux ne peuvent être élus et siéger au conseil municipal.La loi s\u2019appliquait jusqu\u2019à maintenant dans chacune des municipalités.La fusion vient brouiller les cartes.La nouvelle Ville verra officiellement le jour le 1er janvier.Les municipalités disparaîtront seulement la veille.Le comité de transition estime qu\u2019il n\u2019est pas clair si la loi empêche les fonctionnaires tentés par l\u2019action politique de conserver leur poste s\u2019ils sont élus.Les Mohawks de Kanesatake éliront leurs chefs le 14juillet Marathon pour la recherche sur les maladies infantiles RAYMOND GERVAIS C\u2019EST AUJOURD\u2019HUI que se tient à Montréal la 19e édition du Marathon Standard Life pour le soutien à la recherche sur les maladies infantiles.Près de 5000 coureurs, marcheurs et bénévoles sont attendus au parc du Mont-Royal.L\u2019objectif cette année : recueillir 275 000 $ pour la Fondation de la recherche sur les maladies infantiles.Cet argent sera distribué en totalité aux hôpitaux Sainte-Justine et de Montréal pour enfants, ainsi qu\u2019aux centres hospitaliers universitaire des universités de Québec et de Sherbrooke.Afin de réaliser leur objectif, les organisateurs comptent sur l\u2019appui des sociétés participantes et de leurs employés.Standard Life assume toutes les dépenses reliées à l\u2019organisation du marathon, permettant ainsi que la totalité de l\u2019argent amassé soit utilisé pour la recherche.Le marathon consiste en une course de 10 km et une marche de 5 km.Le départ de la course aura lieu à 9 h au parc du Mont-Royal, tandis que celui de la marche a lieu à 10 h 30.Le tout devrait prendre fin vers 13 h au parc du Mont-Royal.Les deux départs se feront sur l\u2019avenue du Parc.Les coureurs prendront la direction sud sur du Parc, des Pins en direction ouest jusqu\u2019à Cedar, Côte- des-Neiges en direction nord, Decelles vers le nord jusqu\u2019au chemin de la Côte-Sainte-Catherine pour revenir sur du Parc vers le sud jusqu\u2019à l\u2019arrivée au parc du Mont- Royal.Les marcheurs prendront le départ coin du Parc et des Pins pour se diriger ensuite sur des Pins est, puis emprunteront le chemin Serpentin et le chemin Olmsted pour revenir sur du Parc.Les automobilistes sont priés de noter que la circulation automobile sera détournée dans certaines rues entourant le parcours.Les droits d\u2019inscription sont de 25 $ pour les adultes et de 5 $ pour les moins de 18 ans.Les participants qui auront recueilli au moins 25 $ au moyen du formulaire de parrainage n\u2019auront pas de frais d\u2019inscription à payer.Il n\u2019y a pas de droits d\u2019inscription pour les marcheurs.Créé en 1983, le Marathon a permis d\u2019amasser jusqu\u2019à maintenant 4,5 millions.JEAN-PAUL CHARBONNEAU LA POPULATION autochtone de Kanesatake sera appelée à aller aux urnes le 14 juillet pour élire le grand chef et six chefs qui formeront le conseil de bande.James Gabriel se portera candidat pour un troisième mandat à la tête de cette communauté qui habite un secteur qui n\u2019est pas considéré comme une réserve indienne.Même si personne n\u2019a encore manifesté son intention de se présenter contre lui, une rumeur veut que Barry Bonspielle soit intéressé à devenir grand chef.Les mises en candidature ont commencé hier et prendront fin à 21 h le 22 juin, à la salle de théâtre de l\u2019école Mont-La- Mennais.Depuis l\u2019arrivée de James Gabriel à la tête de cette communauté en 1996 \u2014 Gabriel était alors âgé de 30 ans \u2014, plusieurs pas importants ont été franchis pour valoriser les Mohawks de ce territoire.Il a notamment mis en place un corps de police, dont les membres sont formés à l\u2019École nationale de police du Québec, qui a su ramener l\u2019ordre là où des gens semaient le trouble depuis quelques années.Il a aussi signé des ententes avec le gouvernement fédéral pour favoriser le développement des siens, principalement les plus jeunes.Pour être habilité à voter, il faut être membre de la communauté mohawk de Kanesatake avec un numéro de bande, résidant ou non, et avoir son nom inscrit sur la liste électorale.Le scrutin par anticipation aura lieu le 7 juillet, de 9 h à 18 h, à la salle de l\u2019Église Unie, située dans le secteur du village d\u2019Oka, et à l\u2019école Mont-LaMennais.2966022 Le coe ur de la biotechnologie au Québec Ne manquez pas ce cahier spécial mercredi dans 6LP1001B0609 B10 9 juin 6LP1001B0609 ZALLCALL 67 00:57:57 06/09/01 B B 1 0 A C T U A L I T É S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 9 J U IN 2 0 0 1 Chronique d\u2019entomologie Des commerces pris en flagrant délit d\u2019insalubrité Fusion de corps de police JEAN-PAUL CHARBONNEAU À COMPTER du 1er octobre, les corps de police municipaux de Le Gardeur/Charlemagne et de Repentigny ne feront qu\u2019un, ce qui fera un service de 95 policiers pour desservir une population de 80 000 habitants.En plus des 76 policiers réguliers et des 19 temporaires, ce corps de police aura 24 employés civils et 35 brigadières.Avec ce regroupement, le taux d\u2019encadrement sera de 0,949 policier par 1000 habitants, ce qui est près de la norme établie par la nouvelle Loi de police du Québec, soit un policier par 1000 habitants dans les villes ayant une population 10 000 personnes et plus.Les municipalités de Le Gardeur et de Charlemagne avaient regroupé leur service de police il y a plusieurs années.La direction du nouveau corps de police a été confiée à Serge Daoust, actuellement directeur de la police de Repentigny.Il sera secondé par Robert Desjardins, actuellement directeur de la police de Le Gardeur/Charlemagne, ainsi que par Michel Perreault, à la surveillance du territoire, Sylvain Grenier, responsable des enquêtes, et Marc Rocheleau, à l\u2019administration.Les bureaux de l\u2019état-major ainsi que le centre des appels d\u2019urgence 911 et les blocs cellulaires seront centralisés à Repentigny, alors que les bureaux des enquêtes, la prévention, la police-jeunesse, les relations communautaires et la circulation logeront à Le Gardeur.RAYMOND GERVAIS LA BOUCHERIE-épicerie Pacifique, 1546, chemin Côte-Vertu, à Saint-Laurent, a écopé en février dernier d\u2019un total de 2200 $ d\u2019amende pour avoir gardé son établissement malpropre et pour avoir eu en sa possession des aliments potentiellement dangereux pour la santé après les avoir conservés à une température inadéquate.L\u2019infraction remonte au 30 novembre 2000.Il s\u2019agissait de la troisième accusation d\u2019avoir conservé des aliments à des températures inadéquates pour cet établissement d\u2019alimentation.En avril 1992, il avait écopé une amende de 3500 $ et en novembre de la même année d\u2019une amende de 4500 $.Le restaurant Kim Chau, 1345, Fleury Est, à Montréal, a été condamné à une amende de 2000 $ pour avoir le 25 juillet dernier, gardé malpropre son établissement.Le 12 janvier 2001, le même établissement avait écopé une amende de 1600 $ à la suite d\u2019une accusation de malpropreté remontant au 28 janvier 2000.Un traiteur de Montréal, Adams Gourmet, 9800, rue Meilleur, à Montréal, a écopé une amende de 1200 $ pour avoir conservé des aliments à des températures inadéquates, soit supérieure à 4 degrés et inférieure à 60 degrés.L\u2019infraction a été commise le 8 mars 2000.L\u2019épicerie-boucherie Marché Ghanacan, 549, avenue Ogilvy, à Montréal, a été condamné à une amende de 800 $ pour avoir le 1er avril 2000, eu en sa possession des viandes ou des aliments carnés ne provenant pas d\u2019un abattoir reconnu par le gouvernement.Une autre épicerie-boucherie, le Marché Jeeveni, 534, rue Saint-Roch, à Montréal, a écopé d\u2019une amende de 800 $ pour avoir le 1er avril 2000, eu en sa possession des viandes ou des aliments carnés ne provenant pas d\u2019un abattoir reconnu par le gouvernement.Finalement, l\u2019épicerie Marché Mayls, 9910, boulevard Saint-Laurent, a été condamné à un total de 1200 $ d\u2019amende après avoir été reconnu coupable de malpropreté et pour avoir offert en vente des aliments ne portant pas une étiquette indiquant les ingrédients contenus dans l\u2019aliment.Les infractions ont été commises le 18 mai 1999.Les policiers découvrent une serre hydroponique à Batiscan Presse Canadienne BATISCAN \u2014 Une plainte pour une odeur de cannabis a conduit les policiers de la Sûreté du Québec à faire toute une découverte hier matin, à Batiscan, en Mauricie.Dans l\u2019ancien bâtiment abritant une minoterie, ils ont retrouvé une serre hydroponique de très grande valeur, dans laquelle 12 hommes étaient en train de trimer des centaines de plants de cannabis.« C\u2019est évident que le crime organisé est derrière cette serre », a indiqué l\u2019agent Pierre Robichaud, relationniste à la Sûreté du Québec.Au moment de la saisie, des individus étaient en train de couper les plants ou de les trimer pour en extraire les cocottes.Ces dernières étaient ensuite déposées dans les séchoirs conçus à cet effet.Il y avait en tout 190 livres de cocottes de marijuana, qui une fois séchées et préparées, auraient été vendues aux consommateurs.La valeur totale de la drogue serait de 1,6 million $, selon la SQ.Hier, les policiers n\u2019avaient pas encore établi l\u2019identité du ou des responsables de cette serre, ce qui devrait être fait sous peu.Ils proviennent de la Mauricie, mais aucun n\u2019est domicilié à Batiscan.Les hommes arrêtés ont tous été conduits au quartier général de la SQ à Cap-de-la-Madeleine pour y être interrogés.On présume que certains seront relâchés et que d\u2019autres comparaîtront, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières.AVIS LÉGAUX - APPELS D\u2019OFFRES - SOUMISSIONS APPEL D\u2019OFFRES Développement hôtelier 20 chambres PROPRIÉTAIRE: LE CONSEIL DE LA NATION CRIS DE MISTISSINI, 187, Main Street, LAC MISTISSINI (Québec) G0W 1C0 ARCHITECTE: ANICET TREMBLAY ET SERGE HARVEY, ARCHITECTES 400, rue Scott Ouest Alma (Québec) G8B 1R2 Téléphone: (418) 668-3384 Télécopieur: (418) 668-5999 LE CONSEIL DE LA NATION CRIS DE MISTISSINI, propriétaire, demande des soumissions pour la construction d\u2019un bâtiment hôtelier de 20 chambres, sis au LAC MISTISSINI, comté d\u2019Ungava.Les plans, devis, documents contractuels et autres renseignements pourront être obtenus au bureau des architectes à partir du mardi 12 juin 2001 contre un dépôt non remboursable de cent vingt-cinq dollars (125 $) fait à l\u2019ordre des Architectes, Anicet Tremblay et Serge Harvey, Architectes.Les soumissions (l\u2019original et deux copies) clairement identifiées seront déposées dans des enveloppes cachetées à l\u2019endroit, date et heure suivants: ENDROIT: Mistissini, Isaac Shecapio Administration Building Salle de Conférence Emmett Macleod.DATE: Mercredi 11 juillet 2001 HEURE: 14 h.Les ouvertures se feront publiquement au même endroit.Les soumissions devront être accompagnées d\u2019un chèque visé d\u2019un montant équivalent à 10% de la valeur de la soumission à l\u2019ordre du propriétaire, ou d\u2019un cautionnement de soumission, établi au même montant, valide pour une période de 45 jours de la date d\u2019ouverture des soumissions.Cette garantie de soumission devra être échangée à la signature du contrat pour une garantie d\u2019exécution et une garantie des obligations pour gages, matériaux et services, chacune correspondant à 50% du prix du contrat.Seuls sont admis à soumissionner les entrepreneurs ayant leur principale place d\u2019affaires au Québec ou, lorsqu\u2019un accord intergouvernemental est applicable au Québec ou dans une province ou un territoire visé par cet accord.Les entrepreneurs soumissionnaires sont responsables du choix des sous-traitants, tant pour leur solvabilité que pour le contenu de leur soumission et doivent les informer des conditions qu\u2019ils entendent leur imposer et s\u2019assurer qu\u2019ils détiennent les permis et licences requis.Le propriétaire ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues.2966446 FUTURE SHOP AVIS À NOTRE CLIENTÈLE Veuillez noter les erreurs suivantes dans notre circulaire du 6 au 19 juin 2001: À la page 4, la pochette de l\u2019album de Zachary Richard devrait montrer la photo de «coeur fidèle» et non celle de «l\u2019anthologie».À la page 8, le Sony subwoofer XLS1035 devrait être annoncé à 99,99 $, chacun.À la page 18, l\u2019installation professionnelle du satellite Bell Express Vu d\u2019une valeur de 99 $ n\u2019est pas incluse dans le chèque rabais de 100 $.À la page 19, la télévision Sony 61 pouces est un modèle S-Série et ne vient pas avec un protecteur d\u2019écran intégré.À la page 20 de notre circulaire française, la promotion d\u2019un lecteur DVD devrait être inscrite comme suit: Lecteur DVD gratuit à l\u2019achat de téléviseurs de 32 pouces et plus, sélectionnés! Veuillez nous excuser pour tout inconvénient que cela aurait pu causer à notre clientèle.Merci de votre compréhension.Département de publicité 2966565 2966103 Appel d\u2019offres L\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) et La Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) Fabrication et distribution des identifiants nécessaires à la mise en opération d\u2019un système pour l\u2019identification et la traçabilité des animaux d\u2019élevage (bovins et ovins) du Québec Des soumissions cachetées seront reçues par la FPBQ à la Maison de l\u2019UPA, 3e étage, 555, boul.Roland-Therrien, Longueuil (Québec) avant midi (heure locale) le 19 juin 2001.Demander Madame Noëlla Morissette.Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles jusqu\u2019au 15 juin 2001 inclusivement à la même adresse.Un dépôt non remboursable de 50 $, toutes taxes incluses, par chèque certifié, émis à l\u2019ordre de la FPBQ, est exigé pour l\u2019obtention des documents de soumission.Le soumissionnaire doit fournir, avec sa soumission, une garantie de 30 000 $ (cautionnement ou chèque certifié).L\u2019UPA et la FPBQ ne s\u2019engagent à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et ce, sans encourir aucune dépense ou obligation envers les soumissionnaires.2966563 RÉFECTION DES LANTERNEAUX - PHASE II PROJET: ÉTABLISSEMENT: CENTRE HOSPITALIER ANNA-LABERGE 200, rue Brisebois Châteauguay (Québec) J6K 4W8 Téléphone: (450) 699-2425 APPEL D\u2019OFFRES Architecture Labbé et Associés Inc.5675, chemin Chambly Bureau 201 Saint-Hubert (Québec) J3Y 3R1 Téléphone: (450) 676-3465 Télécopieur: (450) 676-4825 PROFESSIONNEL: Le Centre hospitalier Anna-Laberge, propriétaire ayant son siège au 200, rue Brisebois à Châteauguay demande des soumissions pour le projet décrit en titre.Les plans et devis pourront être obtenus au bureau du professionnel à compter de mardi, le 12 juin 2001 contre un chèque visé non remboursable de 50 $ émis à l\u2019ordre de l\u2019établissement.Il y aura une visite obligatoire des lieux, le mardi 19 juin 2001 à 11 h.Les soumissions devront être accompagnées soit d\u2019un cautionnement de soumission délivré par une institution financière et établie au montant de dix mille dollars (10 000 $) valide pour une période de quarante- cinq (45) jours de la date d\u2019ouverture des soumissions, soit d\u2019un chèque visé au montant de cinq mille dollars (5 000 $) fait à l\u2019ordre du propriétaire, soit d\u2019obligations conventionnelles au porteur émises ou garanties par les gouvernements du Québec et du Canada dont la valeur nominale est de cinq mille dollars (5 000 $).Les soumissions seront reçues au Centre Hospitalier Anna-Laberge, au bureau des Ressources techniques avant le mardi 26 juin 2001 à 16 h, heure locale en vigueur pour être ouvertes publiquement au même endroit, le même jour et à la même heure.Seuls sont admis à soumissionner les entrepreneurs détenant la licence requise en vertu de la Loi sur le bâtiment.Les entrepreneurs soumissionnaires sont responsables du choix des sous-traitants, tant pour leur solvabilité que pour le contenu de leur soumission, et doivent les informer ds conditions qu\u2019ils entendent leur imposer et s\u2019assurer qu\u2019ils détiennent les permis et licences requis.Le propriétaire ne s\u2019engage pas à accepter la plus basse ou quelque autre des soumissions reçues.Ce texte est un abrégé des textes officiels inclus aux documents de soumission.Roland Beaudoin Représentant de l\u2019établissement 2965006 APPEL D\u2019OFFRES PROJET: Agrandissement et rénovation du Théâtre Espace Libre SPÉCIALITÉ: DÉMOLITION Maître d\u2019oeuvre: Espace Libre, 1945, Fullum, Montréal (Québec) H2K 3N3 Gérant de la construction: GERPRO CONSTRUCTION INC., 136, boul.Industriel, Châteauguay (Québec) J6J 4Z2 (450) 692-1115 Architectes: Lemoyne, Lapointe, Magne Architectes, 224, place d\u2019Youville, Montréal (Québec) H2Y 2B4 (514) 849-6291 Obtention des documents: À compter du 7 juin 2001 auprès du gérant de la construction, 136, boul.Industriel Châteauguay (Québec) J6J 4Z2 (450) 692- 1115.Appeler pour confirmer la disponibilité des documents.Une visite des lieux est prévue le 12 juin à 13 h 30 Dépôt de vingt-cinq dollars (25 $), non remboursable, argent comptant ou chèque à l\u2019ordre de Gerpro Construction inc.Chèque visé ou cautionnement de soumission à l\u2019ordre du propriétaire au montant de 10% de la valeur de la soumission avant taxes, valide pour 30 jours.Soumissions: Les soumissions seront reçues chez le maître d\u2019oeuvre avant 15 h, le 20 juin 2001.Cet appel d\u2019offres est un abrégé des documents officiels remis aux soumissionnaires 2965372 Victor Proulx GERPRO CONSTRUCTION INC. La Presse 9 juin 2001 Page B11 manquante 6LP1202B0609 B12 9 juin 6LP1202B0609 ZALLCALL 67 01:02:53 06/09/01 B B12 \u2022 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 9 JUIN 2001 Entente de principe à l\u2019usine Camco Cent employés licenciés retournent au travail Des enfants catapultés dans les airs LAURA-JULIE PERREAULT QUATRE ENFANTS du service de garde de l\u2019école Le Castelet à Terrebonne ont été littéralement propulsés dans les airs hier après-midi alors qu\u2019ils s\u2019amusaient dans un jeu gonflable.Deux d\u2019entre eux ont été grièvement blessés.L\u2019histoire semble invraisemblable.Les enfants, trois filles et un garçon, prenaient part à la fête annuelle organisée par la garderie qu\u2019ils fréquentent et sautaient dans la structure en forme d\u2019éléphant, gonflée à l\u2019air comprimé, qui se trouvait dans le parc adjacent au service de garde.Vers 15 h 45, le vent a soulevé le faux pachyderme et les enfants qu\u2019il portait sur son dos.Le jeu gonflable s\u2019est d\u2019abord renversé sur lui-même, projetant trois des enfants par-dessus une clôture de cinq pieds de hauteur.Deux d\u2019entre eux ont atterri dans la rue, dont le garçon de six ans qui a subi des blessures à la rate.La fillette qui est tombée à ses côtés en a été quitte pour quelques ecchymoses et de gros maux de tête, selon le sergent Alain Caron du Service de police de Terrebonne.Une autre gamine de sept ans a été propulsée encore plus loin.Elle est tombée dans la cour d\u2019une résidence privée de l\u2019autre côté de la rue.Elle est victime d\u2019une commotion cérébrale et a dû être hospitalisée à l\u2019hôpital Sainte-Justine.La quatrième enfant a pour sa part atterri sur le sol à côté de l\u2019emplacement initial du jeu gonflable et s\u2019en est tirée avec des blessures mineures.Vol plané de 75 mètres Après s\u2019être débarrassé de ses passagers, l\u2019éléphant fou a continué sa course dans les airs et a même sauté par-dessus une maison avant de s\u2019immobiliser 75 mètres plus loin, sous les yeux ébahis des gamins présents.Jean Poirier, directeur de l\u2019école Le Castelet, situé rue Robert à Terrebonne, a dépêché un psychologue pour s\u2019occuper des enfants apeurés.« On a arrêté les festivités et on a séparé les enfants pour les calmer », expliquait-il hier.Selon Environnement Canada, un tourbillon de poussière pourrait être à l\u2019origine de cet étrange accident.L\u2019air sec, le soleil et les vents auraient comploté pour causer ce phénomène météorologique.Les policiers de Terrebonne enquêtent pour découvrir si les mesures de sécurité nécessaires ont été respectées par la compagnie qui s\u2019occupait de l\u2019installation du jeu.« Nos enquêteurs détermineront dans les prochains jours s\u2019il y a eu négligence », avançait le sergent Alain Caron.LAURA-JULIE PERREAULT DANS LA nuit de jeudi à hier, les représentants syndicaux et les patrons de l\u2019usine Camco de Montréal sont finalement parvenus à une entente de principe qui devrait mettre fin à dix semaines de grève.Les deux parties en auront l\u2019assurance lundi après-midi seulement, alors que les 850 syndiqués seront invités à se prononcer sur les dernières offres patronales lors d\u2019une assemblée générale qui aura lieu à 14 h au centre civique de Montréal-Est.Alain Leduc, président de la section 501 du Syndicat des communications, de l\u2019énergie et du papier, affilié à la FTQ, n\u2019était pas peu fier des gains réalisés par le syndicat dans ce dernier sprint de négociations nocturnes.Le régime de retraite était au coeur du bras de fer de dernière minute.Le patronat a concédé aux syndiqués de l\u2019usine de la rue Notre-Dame une bonification de 5000 $ pour les employés qui prendront leur retraite entre l\u2019âge de 60 et de 61 ans, ainsi qu\u2019une augmentation de salaire de 9,5 % en trois ans pour tous.Cette majoration sera couronnée par l\u2019octroi de deux montants forfaitaires de 250 $ cette année et l\u2019an prochain.Retour de 100 licenciés Du côté du protocole de retour au travail, le syndicat a aussi de quoi fêter.Ses 850 membres, qui ont fait la grève pendant plus de deux mois, pourront rentrer au travail sans sanction et 100 employés licenciés il y a un an retrouveront leurs emplois dès mardi.« C\u2019est là qu\u2019on a vu le vrai discours de la compagnie.Pendant la grève, ils nous ont dit qu\u2019ils perdraient des contrats, qu\u2019ils voulaient transférer les activités ailleurs au Canada.La vérité, c\u2019est qu\u2019ils doivent augmenter la production.Il n\u2019y a pas d\u2019alternatives à Montréal », s\u2019est exclamé M.Leduc.L\u2019usine de Montréal se spécialise dans la fabrication de lave-vaisselle et de sécheuses.Contrats à retrouver Les administrateurs de Camco se disaient aussi soulagés d\u2019avoir enfin trouvé un terrain d\u2019entente avec leurs employés.« Nous espérons maintenant pouvoir reprendre les contrats qui nous revenaient avant la grève », a remarqué le porte-parole de la filiale de General Electric (GE), Richard Birtz.Les leaders du syndicat ont profité de l\u2019entente de principe pour se moquer des 150 syndiqués qui ont signé une pétition demandant un vote sur les offres patronales de la semaine dernière.« Pendant qu\u2019ils faisaient avancer leur pétition, nous, on faisait avancer la négociation », raillait hier M.Leduc.Photo ROBERT SKINNER, La Presse© Le leader du FTQ, Henri Massé, s\u2019adressait aux grévistes de Camco, qui ont débrayé pendant dix semaines, lors d\u2019une manifestation du 27 avril.Mise à jour importante MC Marque de commerce de Société Hypothèques Trustco Canada.Message à l\u2019intention des clients de Canada Trust relativement à l\u2019intégration de TD Canada Trust qui se déroulera pendant la fin de semaine du 23 juin.Si vous êtes un client de Canada Trust, vous devriez avoir reçu ce qui suit : Si vous n\u2019avez pas reçu l\u2019un de ces deux éléments aux dates susmentionnées, il vous suffit de téléphoner à notre Centre de renseignements de la clientèle de TD Canada Trust au 1 888 572-8923 ou de visiter votre succursale Canada Trust.Toutes les succursales Canada Trust de votre région seront fermées du 23 au 25 juin et rouvriront leurs portes le mardi 26 juin sous la bannière TD Canada Trust.Nous vous remercions de la patience dont vous faites preuve à mesure que nous effectuons la transition vers TD Canada Trust.Ce message s\u2019adresse aux clients de Canada Trust uniquement.Si vous êtes un client de La Banque TD, vos comptes ne seront pas touchés et vous pouvez continuer d\u2019utiliser votre Carte Accès actuelle.1.Un Guide des comptes et des services personnalisé au plus tard le 4 juin.Ce guide décrit en détails tout changement qui vous touchera à la suite de notre intégration.2.Une nouvelle Carte AccèsMC TD Canada Trust au plus tard le 14 juin.Celle-ci vous donnera accès à vos comptes TD Canada Trust à compter du 23 juin.2964922A EN BREF On souffle un peu rue Bedford LA QUARANTAINE de familles vivant dans un immeuble insalubre de la rue Bedford, dont la Ville de Montréal a ordonné l\u2019éviction, auront jusqu\u2019au 30 juin pour se trouver un nouveau logement.Ainsi en a décidé hier la Cour supérieure à la suite de la demande d\u2019injonction déposée par un locataire, avec l\u2019appui de la Table du logement social de Côte-des-Neiges.Les locataires avaient six jours après réception de l\u2019avis d\u2019éviction, soit jusqu\u2019à lundi prochain, pour vider les lieux.Les organismes communautaires souhaitent réunir les différentes parties cette semaine afin que la Ville fasse elle-même les travaux.Ils souhaitent acheter le bâtiment et le transformer en logement social par le biais du programme Accès-Logis.Nouveau recteur pour l\u2019UQAM LE POLITOLOGUE Roch Denis est devenu hier le sixième recteur de l\u2019Université du Québec à Montréal.M.Denis se voit confier un mandat de cinq ans et entrera en fonction le 1er août.Présentement en poste à Paris à titre de secrétaire général du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise, M.Denis a été président de la Fédération québécoise des professeurs d\u2019université de 1993 à 1999.Il est professeur au département de science politique de l\u2019UQAM depuis 1971.Détenteur d\u2019un doctorat d\u2019État en science politique de l\u2019Institut d\u2019études politiques de Paris, Roch Denis possède une vaste expérience du milieu universitaire et est connu pour ses nombreuses contributions sur les enjeux de l\u2019enseignement supérieur en général.Vers le 28e homicide DES CITOYENS de Montréal ont eu une bien mauvaise surprise en poussant la porte du logement d\u2019un de leurs voisins, restée ouverte, hier soir.Le cadavre d\u2019un individu dans la cinquantaine gisait sur le sol d\u2019un appartement situé rue Beaudry, près de l\u2019intersection avec la rue Ontario.Hier soir, au moment de mettre sous presse, les enquêteurs investissaient la scène de ce qu\u2019ils croient être le 28e homicide de l\u2019année sur le territoire de la CUM."]
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