La presse, 17 juin 2001, Cahier A
[" 7LP0102A0617 A1 DIMANCHE 7LP0102A0617 ZALLCALL 67 01:12:24 06/17/01 B MONTRÉAL DIMANCHE 17 JUIN 2001 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC > HULL-OTTAWA > 70¢ 1 17e ANNÉE > NO 2 34> 54P A G E S > 4CAHI E R S RICHARD HÉTU CA VA MAL! Le PQ encaisse un cinglant sondage L'antéchrist américain De passage en Suède la semaine dernière, Bianca Jagger, pasionaria des causes à la mode, a employé une formule frappante pour dire tout le mal qu'elle pensait de George W.Bush.« Il est l'antéchrist », a-t-elle confié à un journaliste américain.De passage à l'émission de Michel Drucker l'an dernier, Jack Lang, actuel ministre de l'Éducation en France, a qualifié le Texan d'« assassin légal » en raison du nombre record d'exécutions capitales sous son autorité de gouverneur.« Je ne voudrais pas avoir à lui serrer la main », a-t-il ajouté.Sur une place de Göteborg, jeudi dernier, une manifestante a baissé ses culottes.Sur ses fesses, on pouvait lire ce message à l'intention du président des États-Unis, en visite dans la deuxième ville de la Suède: Go Home! Qu'il fait bon de détester Bush.Qu'il est devenu facile de mépriser les États-Unis.Récemment, le directeur de la section française d'Amnistie internationale a énuméré les priorités de son organisation: « Les couloirs de la mort aux États-Unis, les décapitations en Arabie saoudite, les mutilations au Sierra Leone et les prisonniers politiques en Chine.» Notons l'ordre des priorités de l'organisme.Les couloirs de la mort aux États-Unis viennent avant les exactions de quelques-uns des régimes les moins démocratiques de la planète.Voir ANTÉCHRIST en A2 MARTIN PELCHAT SAINT-HYACINTHE \u2014 Bernard Landry ne s'en cache pas: dans la perspective d'élections générales l'électorat féminin boude encore dangereusement son parti.« On a un problème particulier », dit-il, en réagissant, au terme d'un conseil national du Parti québécois, à un sondage SOM-Le Soleil selon lequel le PQ accuse un retard de 16 points sur les libéraux dans les intentions de vote des femmes.C'est le double de l'avance que détiendraient les libéraux ( à 42,7 % ) sur le PQ ( 34,3 % ) \u2014 tous genres confondus \u2014 selon ce coup de sonde réalisé entre le 8 et le 13 juin auprès de 1027 personnes.Et cela au moment où Françoise David soupèse l'idée d'un parti féministe.« Marie ( Malavoy, première vice-présidente du PQ ) me dit que les périodes de changement sont en général assez mal perçues par les femmes, qui demandent des explications supplémentaires et la stabilité », avance Bernard Landry.Le premier ministre croit également que la méfiance que suscite traditionnellement la souveraineté auprès des femmes est un autre facteur pouvant expliquer ce recul.« J'ai remis la souveraineté à l'avant-scène et de façon classique, les femmes sont moins favorables », dit-il, en rappelant toutefois qu'au référendum de 1995, le OUI avait effectué une remontée chez les femmes après de premiers sondages désastreux.Après 100 jours de règne, et même s'il y voit un creux classique de mi-mandat, le premier ministre accueille les résultats de ce sondage comme un « stimulant » pour ses troupes.Voir PQ en A2 Autre texte, page A4 PHOTO REUTERS Ça va mal pour Tiger Woods.Même s'il a mieux joué hier que lors des deux premiers parcours, ramenant une carte de 69, Tiger Woods accuse un retard de neufcoups sur les meneurs de l'Omnium des États-Unis à Tulsa, en Oklahoma, Retief Goosen et Stewart Cink.« Tout peut arriver », a déclaré le champion golfeur.Goosen a disputé hier un parcours de 69, tandis que Cink, le seul joueur à avoir retranché des coups à la normale lors des trois premiers parcours, a joué 67.Ils présentent tous les deux des fiches cumulatives de 205, cinq coups sous la normale.À lire en page S5.Bush-Poutine: un premier contact chaleureux d'après AFP CHATEAU DE BRDO, Slovénie \u2014 Les présidents américain George W.Bush et russe Vladimir Poutine ont offert hier l'image d'un contact chaleureux, pour leur toute première rencontre au château de Brdo, près de Ljubljana, sans cacher leur principal désaccord, celui de la défense antimissile.Les deux dirigeants ont voulu faire la démonstration, tout au long de ce mini-sommet d'un peu plus de deux heures, de leur volonté de bâtir une relation de confiance.« Les différences de nos positions, des positions des deux pays ne sont réellement pas de nature fondamentale; il n'y a rien qui ne puisse être résolu », a déclaré Vladimir Poutine, lors de la conférence de presse finale.George W.Bush et Vladimir Poutine ont tous deux prononcé la phrase martelée par le président des États-Unis, ces jours derniers, pendant sa tournée européenne: « Les États-Unis et la Russie ne sont pas des ennemis.» « Nos pays ont des intérêts communs, et nous partageons de grandes responsabilités », a dit le président américain, parlant d'une discussion « directe » et « très fructueuse ».Arrivés en début d'après-midi à Ljubljana, les deux présidents ont tenu leur premier sommet au château de Brdo, à une trentaine de kilomètres de Ljubljana.La superbe demeure du XVIe siècle se prêtait à des échanges décontractés.Les deux hommes, souriants, ont même entrepris une brève promenade dans le parc du château, conversant sans interprète.Au total, le tête-à-tête des deux hommes s'est prolongé pendant une heure et 40 minutes, et la séance de travail élargie aux ministres des affaires étrangères des deux pays n'a duré que 15 minutes, a précisé par la suite le secrétaire d'État Colin Powell.Le principal désaccord entre les deux puissances depuis l'installation en janvier de George W.Bush à la Maison-Blanche, c'est-à-dire le projet américain de défense antimissile, ne s'est pas estompé.Le président Bush a cependant assuré que son secrétaire d'État et son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, engageraient très vite un dialogue régulier sur les questions de sécurité, avec leurs homologues russes.« J'ai dit au président Poutine que nous avions besoin d'une nouvelle approche pour une nouvelle ère, une approche qui protège à la fois nos peuples et renforce la dissuasion en explorant et développant une nouvelle attitude en matière de défense antimissile.» Voir CONTACT en A2 PHOTO AP Le président George W.Bush s'entretient avec des vétérans polonais durant une cérémonie au monument aux morts de Varsovie, lors de sa visite en Pologne hier.Arts et spectacles B6-B10 - télévision B6 À tire-d'aile C10 À votre tour A15 Bandes dessinées C5, C6 Bridge A6 Décès C9 Éditorial A14 Êtes-vous observateur?C6 Feuilleton C5 Génies en herbe B10 Horoscope C8 La presse d'ailleurs A13 Loteries A2, A6 Monde A11-A13 Mots croisés B10, C5 Mot mystère C5 Petites annonces C6 - immobilier C6 - marchandises C7 - emplois C7 - automobile C7-C9 - affaires C9 Politique A4 Sciences B12 Têtes d'affiche B11 M É T É O Voir S16 Passages nuageux Maximum 26 > minimum 14 Un coup fatal pour Paris?L'affaire n'est peut-être pas mortelle, mais elle demeure très embêtante.Et surtout elle ne pouvait pas tomber à un plus mauvais moment.À croire que les juges, comme le disait avant-hier Jean-Claude Killy, ancien champion olympique, « ont cédé à la vieille habitude nationale qui consiste à se tirer une balle dans le pied ».À un mois très précisément de la décision du Comité international olympique sur les Jeux de 2008, le président du comité de candidature de Paris, Claude Bébéar, a été mis en examen ( avec d'autres ) pour « blanchiment aggravé ».Le fondateur du groupe d'assurances Axa ( environ 60 milliards de dollars de capitalisation boursière ), aujourd'hui simple président du conseil de surveillance après avoir passé les rênes du pouvoir à Henri de Castries ( lui aussi mis en examen ), s'est donc retrouvé mercredi dernier aux prises avec la justice.En tant que président à l'époque du groupe Axa, le self-made-man français a été jugé responsable des agissements douteux d'une filiale luxembourgeoise, qui proposait à ses clients des prestations destinées à échapper au fisc.C'est ( apparemmen ) légal au Luxembourg, mais en France cela s'appelle du blanchiment.Reste à savoir si les dirigeants parisiens d'Axa \u2014 hier Bébéar, aujourd'hui de Castries \u2014 peuvent être tenus directement responsables des faits et gestes de la société d'assurances Pan-Eurolife ou s'ils étaient même informés de ce qui se passait au Luxembourg.Quoi qu'il en soit, le mal est fait sur la plan médiatique.La presse sportive internationale et les membres du CIO ont suffisamment à faire avec les dossiers des villes candidates pour 2008 ( dont Toronto ) pour ne pas se plonger dans les méandres du droit pénal français.Dans le monde de l'olympisme, où l'on parle abondamment de vertu à défaut de toujours la pratiquer, voilà que le grand représentant d'une des trois villes favorites pour les Jeux de 2008 se retrouve avec sur le dos une lourde accusation, qui porte le nom maudit de blanchiment.C'est mauvais pour l'image.Et mauvais pour le climat qui régnera dans les jours précédant la décision du 13 juillet.Voir PARIS en A2 Le premier hôpital entièrement informatisé est en gestation au Québec, où se multiplient les projets faisant appel aux nouvelles technologies de l'information.Le gouvernement met pour sa part à l'essai un système d'IBM pour implanter le dossier clinique centralisé de chaque citoyen, prélude à la diffusion de la « carte à puce » qui remplacera la carte d'assurance-maladie.Parallèlement, un super-réseau de télécommunications électroniques est déjà en marche dans la santé et est en train de s'étendre à d'autres domaines, suscitant des craintes pour la protection de la vie privée.À lire en page A8 7LP0201A0617 A2 DIMANCHE 7LP0201A0617 ZALLCALL 67 01:09:53 06/17/01 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 6-6-7 > À quatre chiffres : 5-4-7-9 LOTO 6/49 > 14-19-20-21-24-28 Compl.: 32 > Extra : 2-0-6-2-4-9 DEMAIN DANS LA PRESSE BMW dépoussière la Mini Le monde de l'automobile en est un d'évolution.Et les dirigeants de BMW en apportent une preuve supplémentaire.Dans quelques mois, ils nous serviront une Mini revue et actualisée.Un remake qui alimentera forcément les discussions.Notre collaborateur Éric Le- François a essayé la Mini et nous prévient tout de suite: « Mieux vaut ranger vos souvenirs avant que la New Mini ne prenne l'affiche le printemps prochain, car elle a peu à voir avec l'originale.» À lire demain dans le cahier AUTO.POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4816 Actuel actuel@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Auto, Mon toit, Santé Voyages aso@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6972 Quoi faire aujourd'hui quoifaire@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Arts, Spectacles, Cinéma, Livres arts@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4814 Économie econo@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Sports sports@lapresse.ca Télécopieur: (514) 350-4854 Têtes d'affiche denis.lavoie@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.RENSEIGNEMENTS (514) 285-7272 PROMOTION (514) 285-7100 COMPTABILITÉ (514) 285-6892 RECOUVREMENT (514) 285-6900 PUBLICITÉ Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi : 8 h 00 à 17 h 30 Décès et remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi : 8 h 30 à 17 h 30 Détaillants : (514) 285-6931 National et Télé-Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 ABONNEMENT (514) 285-6911 abonnement@lapresse.ca Par télécopieur : (514) 285-7039 Lundi au vendredi : 6 h 30 à 17 h 30 Samedi : 7 h à midi / Dimanche : 7 h à 11 h Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650 Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 SUITES DE LA UNE PQ Suite de la page A1 « Ce n'est pas courant d'avoir un troisième mandat, et que la population nous donne certains avertissements et nous les donne aujourd'hui, c'est une chose qui ne va pas nous rebuter.» Le PQ a accusé un retard de 20 points sur les libéraux avant sa victoire de 1998, souligne Bernard Landry, qui y voit aussi un stimulant « à expliquer nos réformes », notamment les fusions municipales, qui font très mal au PQ.« On a puisé profond dans notre réserve de courage et des fois, il faut payer un prix à court terme, dit le premier ministre.Mais à moyen et à long terme, ça devient très payant.» « Beaucoup de gens sont très très inquiets de la situation, mais je pense qu'au lendemain des élections municipales qui vont avoir lieu à l'automne, il y a beaucoup de ces inquiétudes qui ne se matérialiseront pas », pense Raymond Bréard, le directeur-général qui préside à la réorganisation du PQ.Ce dernier n'en voit pas moins dans le sondage SOM un « petit camouflet ».Ça n'a aucun sens que le PQ ait un écart comme celui-là par rapport au vote des femmes », lance pour sa part Mme Malavoy, qui a vu dans le sondage un « bon coup de fouet » qui permettra au PQ de se « réajuster ».« Les femmes, parce qu'elles sont responsables du quotidien, de la famille, souvent de ce qui va se passer pour les enfants, elles n'aiment pas trop les turbulences, les changements.Et si nous on ne comprend pas ça, on risque de les perdre petit à petit, lorsqu'on a des politiques qui leur conviennent.« Préoccupant », dit de son côté la ministre responsable de la Condition féminine, Linda Goupil.« Ça veut dire qu'il faut vraiment que nous nous mettions tous à l'écoute.» Bernard Landry et son ministre Gilles Baril, organisateur de la prochaine campagne, veulent pallier la désaffection des femmes en recrutant un nombre record de candidates d'ici les élections.« Les prochaines élections vont se jouer beaucoup sur le thème du changement; changement de garde, changement d'équipe, dit M.Baril.C'est ma responsabilité d'ouvrir la voie au changement et tout spécialement par la présence de candidatures féminines pour les prochaines élections générales.» Dans son discours devant les 500 militants réunis hier à Saint-Hyacinthe, Bernard Landry a par ailleurs revendiqué haut et fort l'étiquette de gauche qu'à certains égards le Parti libéral dispute au PQ et sur laquelle s'appuie le naissant Rassemblement pour une alternative progressiste ( RAP ).« À chaque fois que les Québécois nous ont choisis comme gouvernement, nous n'avons pas rêvé la gauche et le progrès, nous avons fait la gauche et le progrès », a-til lancé d'emblée, avant de railler la récente opposition à la hausse du salaire minimum des « camarades » du Parti libéral.Mais c'est la promesse de faire progresser « le plus rapidement possible » le dossier de la carte d'électeur qui a valu au président du PQ sa première ovation debout hier matin.Pour plusieurs militants, jamais un chef de gouvernement n'avait pris une position aussi claire sur cette carte d' électeur avec photo pourtant prévue au programme du parti.M.Landry a eu droit à une autre ovation plus tard en exprimant le souhait que le Québec participe au prochain Sommet des Amériques de Buenos Aires, en 2005, en tant que nation souveraine.Les Québécois, a-t-il dit, forment un peuple prudent qui avance à son rythme.« Mais je sais aussi que nous nous en approchons, plus rapidement qu'on ne le croit.» En assemblée, les militants péquistes ont malgré tout ouvert leurs délibérations en adoptant deux résolutions en faveur de la carte d'électeur comme outil obligatoire d'identification aux scrutins.Une résolution proposant que le gouvernement utilise les fonds publics et le réseau des institutions publiques afin de promouvoir la souveraineté a cependant été battue après que la ministre des Finances, Pauline Marois, eut fait valoir son opposition.Après de longs débats, et malgré les récentes annonces de Mme Marois, les délégués ont adopté une résolution recommandant que Loto-Québec augmente « substantiellement » la part de ses bénéfices alloués à l'aide aux joueurs pathologiques.Enfin, une recommandation du Comité national des jeunes en faveur de la tenue d'un référendum sur la ratification de la Zone de libre-échange des Amériques ( ZLEA ) a aussi été adoptée.Avec l'appui de Bernard Landry.PARIS Suite de la page A1 À Paris, en tout cas, on imagine déjà quels seront les bruits de couloirs et les tractations de dernière minute à Moscou, lorsque les comités rivaux de Toronto et Pékin tenteront d'arracher les derniers votes des membres du CIO.« Outre ses installations, dit un responsable, Paris a comme argument principal la Ville lumière, la capitale des droits de l'homme.Avec à la tête de son comité un mis en examen, ça fait désordre.» Même si, ces jours-ci, les mises en examen sont fort nombreuses dans les milieux financiers français, et qu'une mise en examen est loin d'être synonyme de culpabilité.Après le coup de théâtre judiciaire de mercredi soir, tout le monde attendait avec impatience la cérémonie de soutien prévue avanthier à Paris, et au cours de laquelle 300 intellectuels et artistes devaient apporter leur soutien à la candidature de Paris \u2014 parmi eux, Francis Ford Coppola et Mistlav Rostropovitch.Claude Bébéar annoncerait-il sa démission?Improbable.Mais surtout: quelle tête ferait-il?Celui que le Wall Street Journal avait baptisé en 1999 le Parrain \u2014 et qui passe pour un redoutable fonceur en affaires \u2014 est finalement apparu, un peu moins flamboyant que d'habitude, mais ferme et très déterminé.« Si j'avais pensé une seconde avoir quelque chose à me reprocher dans cette affaire, je ne serais pas resté à la tête du comité », a-t-il simplement dit.Son entourage, pour sa part, ne s'inquiétait pas outre mesure de la mise en examen proprement dite, mais ne cachait pas sa fureur devant la date choisie par les juges: « Ils n'auraient pas pu attendre un petit mois?» En réalité, beaucoup pensent, dans les milieux organisateurs, que ce grain de sable judiciaire achèvera d'enrayer le processus de la candidature de Paris, déjà fragile.En choisissant de demander à Bébéar de rester à la tête du comité, les responsables politiques ( maire de Paris, ministre des Sports, etc.) ont simplement choisi le moindre mal: de jeter le chef d'orchestre par-dessus bord à un mois de l'échéance équivalait à un aveu de culpabilité.Et de lui trouver un remplaçant au pied levé était mission impossible.On fait donc avec, mais la mort dans l'âme.Pour dire la vérité, cette candidature de Paris pour 2008 n'avait jusqu'à présent pas soulevé de grandes passions en France, où elle est passée presque inaperçue en dehors des milieux sportifs eux-mêmes.Cela n'est pas en soi une indication sur ses chances, car Paris est une grande capitale où les grands événements médiatiques se succèdent en permanence.Il n'en reste pas moins que, depuis longtemps, on estime que Pékin est le grand favori dans cette course \u2014 et pour des raisons principalement politiques, à cause du poids du pays, du symbole d'ouverture que cela représenterait pour la Chine elle-même.Paris, de son côté, est en quelque sorte un candidat permanent pour ce genre d'événement, d'abord à cause de son prestige unique dans le monde, ensuite en raison de la qualité de ses équipements et de son organisation, comme on a pu le vérifier lors de la Coupe du monde de soccer de 1998.Mais, candidat permanent, Paris ne part non plus jamais favori.Cette fois-ci encore, la capitale française arrive avec un excellent dossier, malgré quelques détails à finaliser, comme paraît-il le Village olympique.Elle a le très grand avantage sur Pékin ( mais pas sur Toronto ) de bénéficier d'un excellent décalage horaire vis-à-vis de l'Amérique du Nord, et donc des télévisions américaines.Reste l'obstacle majeur et a priori fatal.En 2004 les Jeux olympiques d'été auront lieu à Athènes.En 2006, la Coupe du monde de soccer aura lieu en Allemagne, aussitôt après les Jeux d'hiver, qui se seront tenus en Italie.Au nom du principe d'alternance géographique, on voit mal comment le CIO pourrait de nouveau choisir l'Europe.Mais le sentiment actuel, c'est que l'affaire Bébéar devrait achever de polariser la lutte à Moscou entre le grand favori.et l'outsider torontois.ANTÉCHRIST Suite de la page A1 Ils éclipsent même en gravité les exécutions capitales du régime chinois \u2014 autour de mille par année, soit plus que le nombre de mises à mort aux États-Unis depuis 1976.À propos de Jack Lang, notons aussi ceci: en 1982, la vedette politique n'a eu aucune réticence en recevant à La Havane l'accolade de Fidel Castro, « responsable direct de nombreuses exécutions de prisonniers qui, eux, n'étaient pas des droit commun, mais des politiques », soulignait le magazine français Le Point l'an dernier dans un commentaire sur l'attitude de Lang vis-à-vis de Bush.On peut certainement ne pas aimer le président des États-Unis et critiquer son pays.On peut aussi s'indigner pour se donner bonne figure, pour vendre des journaux, pour marquer des points contre les Américains, leur société capitaliste, la mondialisation, et quoi encore.Prenons l'exemple des politiciens européens.Ils ont pris des airs scandalisés pour condamner la décision de Bush d'enterrer le fameux Protocole de Kyoto, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre.Saviez-vous qu'aucun Parlement de l'Union européenne n'a encore ratifié le traité de 1997, étape essentielle à l'atteinte des objectifs adoptés?Saviez-vous que huit États membres des Quinze \u2014 la France, l'Italie, l'Espagne, la Hollande, la Belgique, le Portugal, l'Irlande et la Grèce \u2014 ont excédé les niveaux d'émissions auxquels ils s'étaient engagés, certains par près de 100 %?Se peut-il que les politiciens européens s'indignent de la position de Bush pour faire oublier leur propre inaction?Bush a été critiqué à juste titre pour avoir mis en doute le consensus scientifique sur les causes du réchauffement de la planète.Mais, aux États-Unis, il n'est pas l'unique fossoyeur du traité de Kyoto, il faut bien le reconnaître.En 1997, le Sénat a rejeté l'accord par un vote de 95-0.Quant à Bill Clinton, il ne s'est jamais battu pour obtenir sa ratification par le Congrès.Et si Bush faisait preuve d'honnêteté en disant clairement que les objectifs de Kyoto ne sont que des voeux pieux?Soulever la question est quasiment sacrilège.Le plus sûr est de dénoncer Bush.N'est-il pas l'incarnation de tout ce qui est dangereux chez les Américains, leur ignorance satisfaite, leur capitalisme débridé, leur passion des armes à feu et, bien sûr, leur attachement à la peine de mort?L'exécution de Timothy Mc Veigh aura permis aux éditorialistes des grands journaux de l'Occident de moraliser à la puissance dix.Seuls les derniers des barbares peuvent approuver l'exécution d'un citoyen, aussi coupable soit- il.Cette morale ne souffre aucune contradiction, contrairement à celle qui pousse à lutter contre l'avortement, par exemple.Mais les barbares sont nombreux, et pas seulement aux États-Unis.La peine de mort fait partie des lois de 101 pays, dont des démocraties importantes comme l'Inde, le Japon et la Turquie.Elle compte aussi de nombreux partisans dans des pays comme la France et l'Italie, où la moitié de la population souhaiterait son retour.Au Royaume- Uni, deux tiers des citoyens croient que la peine capitale est parfois justifiée.On peut être contre la peine de mort et reprocher aux États-Unis de l'appliquer.Mais peut-on dire que la question « élargit l'Atlantique , comme le faisait le quotidien Libération la semaine dernière?C'est plutôt le contraire qui se produit.Même au Texas, de 1994 à aujourd'hui, l'appui à la peine de mort est passé de 86 % à 68 %.À ce train-là, les Texans auront bientôt la même position que les Français.Un rapprochement est peut-être aussi à prévoir entre les Européens et les Américains sur la question du bouclier antimissile.La semaine dernière, après les leaders de la Grande-Bretagne, d'Espagne et d'Italie, entre autres, le président et dramaturge tchèque Vaclav Havel s'est dit en faveur du projet de Bush.Bianca et Jack ne doivent plus savoir quoi penser.CONTACT Suite de la page A1 Vladimir Poutine a réaffirmé la position constante de la Russie.« Nous partons de l'idée que le traité antimissile ABM de 1972 est la pierre angulaire d'une architecture mondiale de sécurité internationale », a-t-il dit.La révision de ce traité ABM est indispensable au projet de bouclier antimissile.Le président russe n'a cependant pas fermé la porte à un dialogue russo- américain sur les « nouvelles menaces » qui, selon les Américains, justifient le développement d'un tel parapluie antimissile.Ces « menaces » proviendraient d'« États voyous », qui seraient tentés de pointer des missiles sur les États-Unis, ses alliés ou la Russie.Le président Bush s'est aussi prononcé pour une intensification de la coopération économique avec la Russie et s'est déclaré prêt à envoyer à Moscou le secrétaire au Trésor et au Commerce, Paul O'Neill, et le secrétaire au Commerce, Don Evans.L'intégration de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce ( OMC ) sera soutenue, a-t-il réaffirmé.George W.Bush a assuré qu'il avait aussi abordé, avec son homologue russe quelques sujets qui fâchent: la Tchétchénie et la liberté des médias en Russie.À l'issue de cette première rencontre, les deux présidents ont échangé des invitations amicales et réciproques.Vladimir Poutine devrait se rendre à l'automne aux États-Unis, et rendre visite à George W.Bush dans son ranch du Texas.Le président américain a aussi accepté le principe d'une visite en Russie.« Est-ce que je peux lui faire confiance?Je peux », a dit George W.Bush.« Je n'aurais pas invité dans mon ranch quelqu'un en qui je n'aurais pas confiance », a-t-il ajouté.Ljubljana était la dernière étape de la tournée européenne de George W.Bush, qui est reparti samedi soir pour Washington, tandis que Vladimir Poutine se rendait en visite à Belgrade. 7LP0301A0617 a03 actualités dim 17 ju 7LP0301A0617 ZALLCALL 67 01:09:34 06/17/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 A3 ACTUALITÉS Plus de peur que de mal La foudre frappe 11 personnes au parc Mackenzie-King KARINE TREMBLAY Plus de peur que de mal, hier, au parc Mackenzie-King de Montréal, rue Beaucourt, où la foudre a frappé 11 personnes, les brûlant auxpieds et auxmains alors que les orages se déversaient sur la région.L'accident est survenu vers 18 heures, alors qu'un match de soccer se déroulait au parc.Les personnes touchées par les éclairs sont âgées entre 15 et 40 ans, mais la plupart seraient de jeunes joueurs qui se trouvaient sur le terrain lorsque la foudre a touché le sol.Selon les informations de la police, leurs blessures étaient légères, mais elles ont toutes été conduites à l'hôpital.Une jeune fille de 16 ans de la région d'Ottawa n'a pas eu la même chance.Frappée par la foudre alors qu'elle jouait au volleyball dans un camp de jour de Chelsea avec trois autres jeunes, elle se serait effondrée sur le sol en état d'arrêt respiratoire.Des secours ont été portés pour tenter de la ranimer, mais son décès a été constaté à son arrivée au centre hospitalier Gatineau Memorial, en Outaouais.Il a été impossible, hier, d'obtenir son identité.Les causes exactes de sa mort restent à déterminer, mais le coroner a demandé une autopsie pour faire la lumière sur cette électrocution.Le triste incident est survenu vers 13 heures, au camp de jour situé sur le chemin Carmen.La foudre a également touché un autre des joueurs de volleyball, un jeune homme de 17 ans qui a été conduit à l'hôpital où il a été soigné pour des blessures mineures.Les deux autres jeunes filles qui se trouvaient sur le terrain n'ont pas été blessées.C'est le passage d'un front froid qui a engendré les violents orages qui se sont abattus sur Montréal et ailleurs au Québec.La région au sud de Mascouche a été particulièrement touchée par les cellules orageuses, puisque de gros grêlons y sont tombés et que les fortes bourrasques de vent y ont causé plusieurs dommages.Arbres déracinés, poteaux tombés et bris de fils électriques se dessinaient dans le paysage au terme de l'orage.En Montérégie, plusieurs pannes d'électriques étaient répertoriées.Aujourd'hui, après plusieurs jours de grande chaleur et les averses d'hier soir, la météo effectue un retour à la normale.Avec 25 degrés prévus au thermomètre à Montréal, la température devrait être plus supportable que celle des derniers jours.Selon les prévisions émises par Environnement Canada, soleil et passages nuageux devraient se côtoyer sur l'ensemble de la région métropolitaine, tandis que des vents d'ouest de 15 à 30 km/h devraient souffler en après-midi.Même prévision pour lundi, où un ennuagement est possible en milieu de journée.Les probabilités de précipitations sont très faibles.Hier matin, la chaleur était accablante, mais même si le mercure a grimpé au-dessus de 30 degrés, aucun record n'a été battu.L'air lourd et humide pouvait causer des ennuis de santé, entre autres sur le plan respiratoire, mais le CHUM n'a traité que deux cas de déshydratation, hier.À Urgence Santé, le nombre d'appels a été plus élevé que d'habitude, mais selon le porte- parole André Champagne, il était impossible d'établir une corrélation directe entre les conditions météorologiques et l'augmentation du nombre d'interventions puisque les cas traités étaient de toutes natures.LE 125e ANNIVERSAIRE DU MONT-ROYAL Fête champêtre peu courue KARINE TREMBLAY Peut-être la journée était-elle aussi chaude qu'hier, ce matin-là d'il y a 125 ans, sur les verts espaces de la montagne.Mais probablement que la foule y était plus dense que celle qui est venue pour la fête champêtre organisée en l'honneur du 125e anniversaire du parc du Mont-Royal, où il y avait loin de l'affluence qu'attirent les tam-tam.« On attendait plus de monde, mais il fait vraiment chaud.Probablement que ça a freiné plusieurs personnes », déplore la coordonnatrice de l'événement, Gabrielle Korn, en jetant un coup d'oeil à l'assistance clairsemée.Dommage, parce que les activités étaient nombreuses.Le site avait en effet été aménagé pour accueillir des centaines de citoyens.Plusieurs amusements d'époque étaient prévus pour les petits comme pour les grands, qu'on avait invités à se vêtir en costumes d'autrefois.Ombrelles, redingotes, robes longues et chapeaux tressés n'étaient cependant pas si nombreux, plusieurs ayant préféré le short et la camisole aux longs vêtements des belles heures victoriennes.Évelyne Bouchard, elle, avait enfilé ses quatre jupons, son corsage et son cache-corset sans rechigner.« En fait, on est plus confortable ainsi.Les vêtements sont conçus en fibres naturelles ; ils laissent passer l'air », remarque la citoyenne de Montréal, venue sur place avec son conjoint, Jean Merrette.Tous deux passionnés d'histoire, ces derniers voulaient, par leur participation, non seulement se remémorer un moment pivot dans le passé de Montréal, mais également célébrer le dernier rempart vert de l'île, qu'ils voient comme le phare de la ville.Pour colorer historiquement l'activité, les organisateurs avaient orchestré un défilé symbolique dans les rues de Montréal, en souvenir de la marche populaire qui avait marqué la création du parc, en 1876.« Depuis 125 ans, beaucoup d'efforts ont été faits pour préserver la montagne.Il faut continuer dans la même veine.Aujourd'hui, la fête veut rappeler tout ça et donner aux gens l'occasion de redécouvrir le site », indique Sylvie Guilbault, directrice générale des Amis de la Montagne, organisme chapeautant les festivités du 125e avec Héritage Montréal, le Centre de la montagne et le Service des parcs, des jardins et des espaces verts de la Ville de Montréal.S'il n'a pas fait courir les Montréalais, l'événement a quand même attiré de nouveaux visiteurs.Nicole Heiligers foulait le parc pour la première fois.Une première qu'elle se promettait bien de répéter avec Samuel, son garçon de 7 ans.Celui-ci avait un plaisir fou dans le carrousel à pédales, rafraîchissant manège dans lequel les petits occupants se faisaient gentiment arroser par Pédalou le clown.« Il est bien plus taquin que moi, celui-là ! », s'est exclamé en riant le petit Samuel avant de filer au jeu de fers.Parade de costumes, dégustation du gâteau, animations historiques, démonstration militaire et danses folkloriques ont ponctué l'aprèsmidi.D'autres activités sont prévues au cours des prochains mois pour marquer le 125e anniversaire du parc du Mont-Royal.Photo ALAIN ROBERGE, La Presse © Casquette sur la tête et chemise d'époque sur le dos, le jeune Samuel Duguay, 6 ans, semblait tout droit sorti du XIXe siècle, alors qu'il prêtait vie au personnage de Samuel Thomas, le petit garçon d'un ouvrier de l'époque, à l'occasion des fêtes du 125e anniversaire du parc du Mont-Royal.NAVIGATION DE PLAISANCE Deux morts et six blessés dans deux collisions RAYMOND GERVAIS Le premier véritable week-end de chaleur a été meurtrier sur les plans d'eau entourant la métropole.Deuxcollisions maritimes ont fait vendredi soir deuxmorts et sixblessés, dont un grave.En fin d'après-midi hier, la police a mis fin à ses recherches pour retrouver les corps de deux plaisanciers qui se sont noyés vendredi en tout début de soirée dans les eaux de la rivière des Prairies à la suite d'un abordage entre deux embarcations.Les secouristes estiment avoir fait tout en leur pouvoir pour retrouver les corps de Danielle Trudel, 44 ans, et de son compagnon, Benoît Labelle, 33 ans, de Laval.Un yacht de 7 m ayant deux hommes à son bord est entré en collision avec une chaloupe dans laquelle se trouvaient trois personnes.La petite embarcation a sombré.Un des passagers a réussi à s'agripper à des débris jusqu'à ce qu'il soit secouru par d'autres plaisanciers, tandis que les deux autres occupants ont coulé.Le rescapé, le frère d'une des victimes, Patrick Labelle, 33 ans, a été transporté à l'hôpital du Sacré- Coeur où il reposait hier dans un état grave.Il a subi des lacérations profondes sur différentes parties de son corps dont à un bras.Un des plaisanciers qui prenaient place dans l'autre embarcation, a subi un fracture à une jambe, tandis que le second s'en est tiré avec des ecchymoses.Hier matin, des plongeurs de la Sûreté du Québec se sont joints aux policiers de Laval, aux pompiers et à la Garde côtière auxiliaire afin de tenter de retrouver les corps des disparus, mais sans succès.Le fort courant qui existe dans la rivière des Prairies, entre Laval-surle- Lac et l'Île-Bizard, rend pratiquement impossible les recherches sous-marines, les plongeurs étant déportés et incapables de fouiller le lit du cours d'eau.Un hélicoptère de la SQ a survolé la rivière et des embarcations ont patrouillé le secteur, mais sans succès.Comme l'a expliqué hier l'agent Pierre Desautels de la police de Laval, le réchauffement de la température de l'eau pourrait faire remonter les corps d'ici quelques jours.Ils pourraient aussi être retrouvés au pied du barrage d'Hydro- Québec.Par ailleurs, un yacht de type « cruiser » de 26 pieds, a sombré dans le Saint-Laurent vers 23 h vendredi, en aval du pont Jacques- Cartier, à la suite d'une collision avec un autre bateau du même type qui venait en sens inverse.Trois hommes et une femme, tous âgés dans la trentaine, qui étaient à bord du yacht naufragé, ont subi des blessures aux jambes et à la tête.Ils ont été secourus par d'autres plaisanciers.Le second yacht, une embarcation de 27 pieds a été remorqué jusqu'à la rive.Ses occupants, un homme et une femme âgés dans la vingtaine, n'ont pas été blessés.Photo BERNARD BRAULT, La Presse © Des policiers de la SQ à la recherche des corps des deux victimes. 7LP0401A0617 A4 DIMANCHE 7LP0401A0617 ZALLCALL 67 01:08:52 06/17/01 B RCM: le couronnement de Prescott peu couru Les possibilités de coalition paraissent nulles Le PQ enterre l'affaire Michaud MARIE-CLAUDE GIRARD Tandis que les chances d'une coalition Tremblay-Prescott semblent nulles, chaque camp restant sur ses positions, une poignée de militants ont participé hier au congrès au programme et à la direction du Rassemblement des citoyens de Montréal confirmant la candidature de Michel Prescott à la mairie.En comparaison de l'atmosphère endiablée du congrès d'Équipe Bourque Vision Montréal qui a réuni plus de 800 personnes il y a deux semaines, ou même de l'annonce des premiers candidats de Gérald Tremblay dans une petite salle bondée, le congrès du RCM manquait sérieusement de tonus, de participants et de candidats aux élections du 4 novembre.Une soixantaine de participants se sont pointés en avant-midi, une quarantaine en milieu d'après-midi.« Ce n'est pas une chambre d'applaudissements.Pas de fanfare, de musique, de flafla.Nous sommes un parti qui réfléchit », a justifié le chef du parti, Michel Prescott.Au total, 75 personnes se sont inscrites au congrès.Quatre résidants de la banlieue y étaient, dont une conseillère indépendante de Verdun, Catherine Chauvin, qui a été nommée à l'exécutif du RCM.M.Prescott a été réélu par acclamation.De même, tous les membres de l'exécutif ont été élus sans opposition.Les délégués ont adopté des propositions visant à renforcer les arrondissements, la participation des citoyens, la transparence et la représentativité des élus.Le parti s'est engagé à favoriser la présence de femmes en politique et dans la fonction publique.Il promet aussi d'organiser un sommet socio-économique de la métropole.Le RCM compte 850 membres en règle, \u2014 plus de 1000 selon le président, Abe Limonchik.Le parti réclame toujours que le chef de la coalition soit choisi par les membres des deux partis, même si cela ne pourrait avoir lieu avant septembre.Il s'en remet à une série de propositions présentée aux chefs par le conseiller Marvin Rotrand.« Il va falloir voir clair dans les intentions de l'Union de l'île de Montréal », a prévenu M.Prescott.Or, le point de vue de Gérald Tremblay, tel qu'exprimé quelques minutes plus tard aux journalistes, est on ne peut plus clair : il ne veut d'aucune façon se lancer dans une course à la tête d'une coalition mais reste prêt à écouter une nouvelle proposition du RCM.« Si le RCM est tanné d'être dans l'opposition, s'il partage les mêmes valeurs que l'Union de l'île de Montréal, qu'il (joigne nos rangs) ! », a répété M.Tremblay, qui rencontrait hier des membres de la communauté chinoise.Le chef de l'Union se dit convaincu de ses appuis et de son leadership.S'il acceptait de tenir une assemblée élective il l'emporterait haut la main sur Michel Prescott, estime-t-il.La participation au congrès à la direction du RCM a tout pour l'en convaincre.« On a plus de monde.Il faut être réaliste.» S'il n'est pas en mesure de présenter des candidats ou d'en préciser le nombre, M.Prescott affirme que c'est en raison de l'absence de carte électorale et de la possibilité d'alliance avec l'Union ou des candidats indépendants.L'absence de carte électorale n'a toutefois pas empêché Pierre Bourque de recruter plus de 70 candidats et Gérald Tremblay d'en présenter une vingtaine cette semaine.M.Limonchik, soutient que des candidats de l'Union ont approché le RCM mais que « M.Tremblay bloque toute tentative » d'entente.Selon lui, l'Union veut surtout « intégrer » le RCM dans ses rangs.MARTIN PELCHAT SAINT-HYACINTHE \u2014 Après six mois de déchirements, le Parti québécois a enterré hier l'affaire Michaud en adoptant sans débat une résolution qui limiterait considérablement le pouvoir de l'Assemblée nationale de blâmer un citoyen.Présent comme délégué de Westmount- Saint-Louis au conseil national du PQ à Saint-Hyacinthe, Yves Michaud a parlé d'une « réconciliation », non sans souhaiter que le gouvernement traduise rapidement la résolution par des propositions d'amendements au règlement de l'Assemblée nationale.« Si la résolution est adoptée par l'Assemblée nationale, cela va ajouter un périmètre de sécurité à la liberté d'expression de tous les citoyens du Québec des générations actuelles et à venir, a-t-il dit.Si c'était le prix que je devais payer pendant les six mois pénibles, difficiles et éprouvants que j'ai vécus, je suis prêt à les avoir payés pour enrichir la liberté d'expression.» Selon Bernard Landry, la proposition émanant du Comité national des jeunes du PQ rejoint la réflexion du leader parlementaire du gouvernement, Jacques Brassard, après examen du fonctionnement d'autres parlements occidentaux.« Je crois que cela va nous amener à une modification moderne des règlements de l'Assemblée nationale du Québec », dit-il.La résolution adoptée hier recommande qu'une motion de blâme ne puisse être votée que s'il est porté atteinte à l'intégrité des membres de l'Assemblée nationale.La personne ou le groupe visé devrait par ailleurs être entendu dans un délai de 48 heures avant le vote.Une autre retombée positive de cette affaire, ajoute le premier ministre, est ce qu'il a appelé « une clarification que dans le parti de René Lévesque et depuis la fondation, la nation québécoise est une nation inclusive et basée sur la géographie et non pas sur l'origine ethnique ».« Cela nous a permis une fois de plus de la réaffirmer avec force et Michaud lui-même, dans son intervention au conseil, le réaffirme avec force », de dire M.Landry.Il précise aussi que l'adoption de la résolution ne signifie pas que le gouvernement exprime des regrets par rapport à l'adoption de la motion du 14 décembre dernier, qui blâmait M.Michaud pour des déclarations controversées sur la communauté juive.« Pas du tout.Le passé est le passé.Il est immuable.On ne revit pas l'histoire à l'envers.Cette résolution concerne l'avenir.» Yves Michaud nie encore avec véhémence avoir tenu des propos fleurant l'antisémitisme et il affirme que l'épisode d'hier ne réparera rien en ce qui le concerne personnellement.« Cette motion, j'en garderai pour le restant de mes jours une tache indélébile », dit-il.« Je n'ai qu'une seule intolérance, celle de voir la langue de mes pères affaiblie, anémiée et folklorisée par une frilosité malsaine et un laxisme dolent », a-t-il lancé devant les militants péquistes avant d'être applaudi.Ce chapitre scelle aussi sa réconciliation avec son ami Bernard Landry.« 35 à 40 ans d'amitié cela peut difficilement être jeté par-dessus bord et envoyé à la poubelle », note M.Michaud.Et s'ils devaient à nouveau croiser le fer, cela risque d'être sur un court de tennis.« Moi je me sens en pleine forme », dit un Bernard Landry prêt à relever le défi.Photo Alain Roberge, La Presse © « Nous sommes un parti qui réfléchit », a résumé hier le président réélu du RCM, Michel Prescott.Ne touchez pas aux faons RAYMOND GERVAIS MÊME S'ILS SONT adorables avec leurs petites taches blanches et leurs bandes noires sur le dos, il ne faut pas toucher aux petits cerfs de Virginie.Le fait de les caresser pourrait entraîner leur mort, précise la Société de la faune et des parcs du Québec.En cette période de l'année, il est fréquent, particulièrement dans les Cantons-de-l'Est, d'apercevoir dans un bosquet un faon qui semble avoir été abandonné par sa mère.Lui toucher, le déplacer ou le garder en captivité pourrait menacer sa vie.Depuis quelques jours, les agents de protection de la faune des bureaux locaux de la Société reçoivent de nombreux appels de citoyens bien intentionnés désireux de venir en aide à des faons qu'ils considèrent abandonnés.Les cerfs des Virginie donnent naissance à leurs faons au printemps et pendant une dizaine de jours, la mère laisse son faon sur place, va se nourrir et revient fréquemment auprès de lui.Grâce à sa fourrure tachetée et à l'absence d'odeur corporelle, le petit cervidé demeure à l'abri des prédateurs.Lorsque le faon aura pris suffisamment de force et se sera nourri du lait maternel, il se lèvera et suivra sa mère.Les agents de protection recommandent de ne pas toucher aux faons afin de ne pas lui transmettre l'odeur humaine, ce qui pourrait provoquer son rejet par la mère.Il est d'ailleurs interdit de garder en captivité un animal sauvage trouvé en forêt.La Société demande toutefois à toute personne qui trouverait une femelle cerf morte sur la route ou ailleurs avec un faon à ses côtés, de communiquer avec S.O.S.Braconnage au 1 800 463-2191.Photo AFP L'oeuvre d'Earl Bowser illustre la couverture d'un livre que l'on croit écrit par Saddam Hussein.On voit ici le dictateur iraquien, à Bagdad, rencontrant des familles démunies, en mars l'an dernier.L'oeuvre d'un artiste canadien sur un livre de Saddam Presse Canadienne CHARLOTTETOWN \u2014 Un artiste de l'Ile-du-Prince-Édouard dont une oeuvre s'est retrouvée sur la couverture d'un livre présumément écrit par Saddam Hussein soutient qu'il a été inondé d'offres d'avocats américains.« L'un d'eux a écrit à trois reprises pour me dire qu'il y avait beaucoup d'argent à faire avec ça, et il m'a demandé de communiquer avec lui si jamais je changeais d'idée », a déclaré Jonathon Earl Bowser, de Charlottetown.La toile de M.Bowser, intitulée « The Awakening », représente une femme semblable à une déesse, entourée de papillons.Elle s'est retrouvée récemment sur la couverture d'un livre que l'on croit avoir été écrit par le dictateur iraquien.Le printemps dernier, l'artiste a été étonné d'apprendre l'utilisation qui avait été faite de son oeuvre.Il affirme qu'il n'a jamais autorisé Saddam Hussein à utiliser cette image, et croit qu'elle a été subtilisée sur son site Internet.Il dit aussi avoir appris d'un journaliste de la BBC qui a vu le livre que trois autres de ses illustrations avaient été utilisées.L'Agence centrale de renseignement des États-Unis (CIA) a indiqué qu'elle allait examiner le livre afin de tenter de mieux comprendre l'homme qui a été à l'origine de la guerre du golfe Persique, en 1991.Pour sa part, M.Bowser dit qu'il préfère continuer à peindre plutôt que d'intenter des poursuites contre le dictateur iraquien.Il a déjà commencé à travailler sur son prochain tableau, qui représente un homme à l'expression malveillante qui n'est pas sans évoquer Saddam Hussein.« C'est sans espoir.Il me semble inconcevable qu'il accepte de payer un seul dinar », pense l'artiste.En Irak, le livre se vend 1500 dinars, soit environ 1 $.En plus des offres des avocats, M.Bowser a aussi reçu des courriels qui l'accusaient de collaborer avec « le boucher des femmes et des enfants ».Il dit qu'il n'accorde pas tellement d'importance à ces messages et qu'il n'a pas communiqué avec la police.En route vers l'Afrique du Sud À deux mois de la Conférence contre le racisme, des organismes montréalais préparent leurs arguments LAURA-JULIE PERREAULT LE COMPTE à rebours de la Conférence mondiale de l'ONU contre le racisme est commencé et la fébrilité se fait sentir jusqu'à Montréal où de nombreux organismes s'intéressent à ce grand forum international qui traitera de discrimination, de xénophobie et d'intolérance.Deux événements se déroulaient à Montréal hier, en vue de la grande rencontre qui aura lieu à Durban, en Afrique du Sud du 31 août au 7 septembre.Rue Sherbrooke, des représentants d'organismes non-gouvernementaux discutaient des questions qui touchent les jeunes en matière de racisme.Dans le quartier Centre-Sud, le colloque du Centre de recherche-action sur les relations raciales se terminait au centre Saint-Pierre.Loin du consensus Aux deux événements, un même invité figurait à l'ordre du jour.Alain Jean-Bart, un des membres canadiens du comité préparatoire de la conférence, a parlé des négociations internationales en cours, plus difficiles que prévues, selon lui.Les délégations des pays participants se sont déjà rencontrées deux fois à Genève dans l'espoir de trouver une ébauche de consensus avant l'ouverture de la grande conférence de Durban.Mais constatant l'impasse dans laquelle ont sombré les pourparlers, les organisateurs du sommet ont convoqué une troisième session de travail du 30 juillet au 10 août Les enjeux ne sont pas minces, expliquait hier à La Presse Alain Jean-Bart.Au coeur du litige se trouve le désir exprimé par de nombreux pays de classer le sionisme dans la catégorie des idéologies racistes.« C'est évident qu'Israël, les États-Unis et le Canada ne peuvent pas souscrire à cela », notait M.Jean-Bart, pour illustrer la teneur des discussions auxquelles il a pris part.À quand le dédommagement ?Un autre dossier chaud, relié au racisme, met aussi un frein aux avancées internationales en la matière.Plusieurs pays de l'Afrique, des Caraïbes ainsi que les communautés noires des États-Unis et du Canada demandent des indemnisations pour les torts perpétrés par les régimes colonialistes.La traite négrière et l'esclavage sont aussi mis en cause.« Il est question des dédommagements à offrir à ceux qui ont été victimes ou à leurs descendants », exposait M.Jean-Bart.Le Canada n'a pas encore élaboré son plan d'action en entier, mais exerce un leadership dans certains dossiers.« Le racisme peut avoir des effets cumulatifs.Si quelqu'un est Noir et qu'il est gai, par exemple, il peut être victime de maintes discriminations.Nous appelons ça l'intersectionalité.Le Canada est en avance sur ce plan puisque l'orientation sexuelle est protégée par la Charte des droits et libertés.Mais de nombreux pays membres n'accordent aucune reconnaissance à l'homosexualité ».M.Jean-Bart participe aux forums organisés par la société civile dans le but de recueillir les opinions exprimées par ceux qui travaillent quotidiennement auprès des groupes touchés par le racisme et la discrimination 7LP0501A0617 a5 slapo dim 17 juin 7LP0501A0617 ZALLCALL 67 01:04:30 06/17/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 7 J U IN 2 0 0 1 A 5 La place de mon père collaboration spéciale J'ai toujours su où était mon père.Il était assis au bout du divan vert.Dans le salon.C'était sa place.Il arrivait du bureau.Vers 6 heures.Il enlevait son veston.Mais gardait sa cravate.Il déposait son paquet de cigarettes sur la table.Et s'assoyait sur le divan vert.Pour regarder les nouvelles.Puis il se levait.Pour aller souper.Il faisait la vaisselle.Et retournait passer la soirée sur le divan vert.Autour de 8 heures, il enlevait ses souliers.Et s'allongeait sur le dos.C'était pas long, après ça, qu'il se mettait à ronfler ! Et ma mère commençait à lui dire : va te coucher !» Au bout d'une couple d'heures, il finissait par l'écouter.Il se levait et disparaissait dans sa chambre.Bonsoir la famille.Papa n'aimait pas sortir.Aller au restaurant.Au cinéma.Voyager.Il aimait être chez lui.Dans sa maison.Dans son salon.Quand on était petit, parfois, le samedi, il nous emmenait chez nos cousins à Anjou.On partait vers midi.On revenait vers 4 heures.Aussitôt qu'il remettait les pieds dans la demeure, mon père disait : « On esttu bien chez nous !».L'air soulagé.Ça venait du fond du coeur ! Puis il s'allongeait sur son divan vert.Pour la soirée.Nous, on ne le comprenait pas.On le trouvait plate.On lui disait de faire quelque chose.De bouger un peu.De vivre.Il fallait le forcer pour aller une semaine en vacances à Kennebunk durant l'été.Toutes nos activités, nos sorties, nos jeux, on les faisait avec ma mère.Mon père allait nous reconduire.Et allait nous chercher.Entre temps, il retournait s'asseoir sur le divan vert.Puis, un jour, je suis arrivé chez mes parents, et mon père n'était plus dans le salon.Il était dans mon ancienne chambre.Au fond de la maison.À cause de son emphysème, il s'était installé là.Dans mon ancien lit.Devant une petite télé.C'est là qu'il passait ses journées.C'est là qu'on allait lui dire bonjour.Lui demander : « Comment ça va ?» .Il répondait : « Pas si pire ».C'est encore là que j'irai le voir aujourd'hui.En ce dimanche de la fête des Pères.Je vais sûrement lui parler.Mais il ne me répondra pas.Ses cendres sont dans une urne.Sur une bibliothèque de mon ancienne chambre.Pourtant ça fait plus d'un an qu'il est parti.Le 20 janvier 2000.Ma mère avait dit qu'on enterrerait ses cendres au printemps.Le printemps est passé.Puis l'été, l'automne et l'hiver.Et mon père est toujours dans la maison.Je n'ai pas demandé à ma mère pourquoi l'enterrement des cendres n'avait pas encore eu lieu.Ma soeur m'a dit que ma mère n'était pas pressée.Que souvent, elle allait dans la chambre se recueillir.Et parler à papa.C'est fou.Pendant des années, on a achalé Papa pour qu'il sorte de la maison.Pour qu'il vienne avec nous.Chez ma tante.Chez Gibby's.Au spectacle d'Yvon Deschamps .Voir Star Wars.À Paris.N'importe quoi.C'était toujours non.« Allez-y, je vais vous attendre ici.» Y'avait juste le récital de ballet de ma soeur pour le faire sortir.Et les shows d'André-Philippe Gagnon.Mais ça, c'était à cause de son gars.Pour tout le reste, il ne voulait rien savoir.Au point, où ça nous choquait.Et maintenant qu'il est parti, plus loin que nous ne sommes jamais allés, c'est nous qui le retenons.En gardant ses cendres au fond de la maison.C'est comme si nous réalisions, enfin, la chance qu'on avait qu'il soit toujours là.Peu importe, ce que je faisais, où j'allais.Que j'aie 5 ans, 10 ans, 20 ans, 30 ans, je savais que mon père était chez nous.Et qu'il m'y attendait.Tout le temps.Même si je vivais ailleurs.Même si je n'y allais plus souvent.Mon père était là.Pour moi.Il y a des gens qui sont des bateaux.Il y en a d'autres qui sont des ancres.Mon père était une ancre.Bien accroché dans sa maison.Il n'avait pas besoin d'aller plus loin.Toute sa vie était là.Sa femme, sa fille et ses deux garçons.Des fois, je me dis que c'est lui qui avait peut-être raison.On passe sa vie à courir la planète.À vouloir tout voir.Tout essayer.Sans jamais trouver rien de comparable à la douceur d'un foyer.D'un chez soi.Je ne sais pas quand ma mère décidera d'enterrer ses cendres.Mais je sais que ça ne changera rien.Que mon père restera toujours dans cette maison.Qu'à chaque fois que j'irai, je le verrai sur le divan vert.Ou dans la chambre du fond.Aussi silencieux qu'avant.Aussi présent.Dans mon coeur.J'ai toujours su où était mon père.Maintenant, je sais seulement qu'une partie de lui est encore ici.Dans sa maison.Dans moi.Mais l'autre partie.Où est-elle ?Je ne sais pas.Je sais juste, que s'il y a un ciel, il doit être assis à côté de la porte.À nous attendre.Et lorsque j'irai le rejoindre, il m'accueillera en me disant ce qu'il me disait quand j'entrais tard : « Oussé que t'étais ?» Pour une fois, je ne lui répondrai pas : « Laisse-moi tranquille ! » Comme je lui répondais quand j'étais ado.Pour une fois, je lui répondrai : « Oussé que t'étais toimême ! » En me jetant dans ses bras.Et en le serrant très fort.Pour tous ceux et celles qui ont encore la chance de pouvoir serrer et embrasser leur père aujourd'hui.Dans la vraie vie.Dépêchez-vous à aller le faire.Vous ne savez pas la chance que vous avez qu'il soit là.Toujours là.Et souhaitez-lui bonne fête de ma part ! \u0001 \u0001 \u0001 Voici quelques chansons du prochain album de Jean Lapointe : Vote- la ta motion, Si on dormait ensemble, et C'est dans les pensions.\u0001 \u0001 \u0001 Le PQ a remplacé le sergent d'armes à l'Assemblée nationale par un policier de la SQ armé.Pas une mauvaise idée.Surtout s'il peut faire souffler dans la balloune tous les députés.Et les ministres, bien sûr ! JOURNAL DE BORD Nouveauté Sears! 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J'en garde un mauvais souvenir.Des vents de face de 25-30 noeuds.Les bottes trempées à chaque manoeuvre sur le pont.Le froid glacial la nuit.J'ai souvent confié la barre au pilote NKE pour me réchauffer à l'intérieur.Ensuite, j'ai filé vent de travers au large des côtes anglaises jusqu'au Cap Lizard.Le paysage est d'un vert « pétant », tout en falaises et en lumière.J'ai hésité avant de passer entre les îles Scilly et Lands End, un autre rail pour les cargos qui entrent ou sortent de la mer d'Irlande et où les courants sont très forts.On annonçait une alerte météo pour le coin, mais faire le tour des îles me rallongeait d'une vingtaine de milles.Finalement, le vent est resté stable et le courant favorable m'a permis de passer en vitesse.Le lendemain, le vent faiblit.Je devrais être content, c'est mieux qu'une tempête.Pourtant, je ne me sens pas très bien.Il y a une sorte de pesanteur au-dessus de la mer d'Irlande.Tous ceux à qui j'en parlerai par la suite ont ressenti le même malaise.On n'a qu'une idée en tête : se tirer de là au plus vite.Le sondeur indique 40, 70 mètres, un peu comme sur les Bancs de Terre-Neuve et on s'imagine très bien quel genre de mer dangereuse peut lever un coup de vent.\u0001 \u0001 \u0001 Il y a maintenant une semaine que je suis en mer.Depuis deux jours, j'ai retrouvé les copains, Pappy Speedy et Pussy Cat.Ils m'ont rattrapé vis à vis le Plateau de Rochebonne.Je m'étais recalé au large car la météo annonçait un sud-ouest qui n'est jamais venu.Maintenant, nous naviguons côte à côte.On discute et déconne à la VHF, question de garder le moral.C'est super et j'ai décidé de ralentir ma vitesse pour rester avec eux.Aujourd'hui, il fait grand soleil et nous prenons du bon temps au large des Glénans.Le nord-ouest forcit d'un seul coup.En moins de 30 minutes, je prends un ris, puis deux, puis trois dans ma grand-voile.Une mer de malade se lève aussitôt.Nous sommes dans un sale coin à la limite du plateau continental où les fonds remontent brusquement.Le jour tombe et je prépare Dingo pour la nuit.Je mange une première vague en pleine tronche.Le sel me brûle les yeux, surtout à cause de mes verres de contact.J'aperçois au loin des feux de navigation.Deux bateaux de pêche viennent vers moi.Je garde le même cap.Il est encore trop tôt pour voir si nos routes vont se croiser.Le temps s'écoule.Les feux se rapprochent.Je n'ai pas envie de virer de bord.J'ai la quille pendulée à fond, le bas étai installé à l'avant.Ça doit passer.J'éclaire mes voiles avec une lampe pour être vu.Aucune réaction à bord des bateaux qui seront sur moi dans moins d'une minute.Je mets Dingo face au vent pour le ralentir.Tout va trop vite.Ça ne va pas.J'abats alors un grand coup pour m'écarter du bateau le plus proche et me penche sous la grand-voile pour mieux voir.L'étrave est juste là, à moins de 10 mètres.« T'es con, Damien, ils vont te rentrer dedans.» (à suivre) 7LP0601A0617 A 6 dimanche 7LP0601A0617 ZALLCALL 67 01:10:40 06/17/01 B A 6 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 7 J U IN 2 0 0 1 Un père et son fils Air Canada: trop près Presse Canadienne WINNIPEG \u2014 Le ministère fédéral des Transports a confirmé que deux Boeing 737 d'Air Canada avaient dû effectuer un virage serré après avoir volé trop près l'un de l'autre au-dessus de la Saskatchewan, vendredi, un incident qui a fait des blessés légers.Le vol 3696 d'Air Canada assurait la liaison Calgary-Winnipeg, et le vol 3627 d'Air Canada avait décollé de Winnipeg pour se rendre à Vancouver.« Les appareils étaient plus rapprochés qu'ils n'auraient dû l'être », a déclaré Susan Mc Lennan, directrice régionale des communications pour Transports Canada.« Ils ne se sont pas rapprochés de plus de 7,2 kilomètres, alors qu'ils étaient dans un secteur où ils n'étaient pas censés être à moins de huit kilomètres l'un de l'autre », a indiqué Jim Harris, du Bureau de la sécurité des transports du Canada, au cours d'une entrevue depuis Ottawa.La porte-parole d'Air Canada, Renée Smith-Valade, a indiqué que les deux pilotes, qui étaient aux commandes de Boeing 737 transportant chacun 100 passagers, ont effectué une manoeuvre d'évitement adéquate lorsque les systèmes de sécurité à bord des appareils les ont prévenus qu'ils volaient trop près l'un de l'autre.RAYMOND GERVAIS LA FÊTE DES PÈRES n'aura jamais la notoriété de la fête des Mères, mais un père demeure un maillon essentiel à la famille et aujourd'hui tous les enfants du monde, en particulier les garçons, fêtent celui qui a été leur idole dans leur jeune âge et sur lequel ils peuvent toujours compter pour les conseiller dans la vie.Fadi, 4 ans, est encore trop jeune pour comprendre la signification de la fête des Pères, mais hier avec son papa, Arnel Nemours, il était heureux d'aller faire des courses au marché Jean-Talon.Un sondage réalisé par la maison Ipsos-Reid entre le 23 mai et le 27 mai derniers en prévision de la fête des Pères, révèle que sept Canadiens sur 10 croient qu'ils se divertissent plus que leurs parents à leur âge, tandis que près de 56 % d'entre eux admettent qu'ils ne sont pas aussi matures que leurs parents l'étaient au même âge.Les résidants de la Colombie- Britannique sont plus susceptibles (74 %) que les Ontariens (64 %) d'être en accord à la question qu'ils se divertissent davantage que leurs parents.Les deux tiers des Albertains (68 %) croient qu'ils ne sont pas aussi matures que leurs parents, tandis qu'en Saskatchewan et au Manitoba, le pourcentage chute à 43 %.À la question « j'ai cessé de faire quelque chose parce que j'ai réalisé que j'agissais comme mes parents), 38 % des Canadiens répondent oui.C'est au Québec avec 26 % que la proportion est la plus faible au pays et c'est en Alberta que le pourcentage est le plus élevé avec 46 % des répondants qui disent oui.Incroyable, mais vrai ! ANDRÉ TRUDELLE LE BRIDGE a t r u d e l l e @ l a p r e s s e .c a La main, rapportée par le Norvégien Knut Kjaernsrod, aurait été jouée en son pays, lors d'un match par équipes de quatre.À une table, le camp Nord-Sud, vulnérable, joue 5 Co, contré et surcontré.À l'autre table, Nord- Sud laisse jouer 4 Pi, par Est.À quelle équipe préféreriez-vous appartenir ?Ouest entame d'un petit Pi qui va à la Dame de la main fermée.Petit K vers le mort et l'As gagne.Petit K que le Valet du mort prend.Le déclarant défausse un petit Tr.Le Roi de K est joué.Est et Sud défaussent tous deux un petit Tr.Petit K coupé par la main fermée et Tr.Ouest prend de l'As et rejoue Tr.Le Valet est joué du mort, Est coupe du 3 de Co et Sud surcoupe.Petit Pi que le mort coupe.Est surcoupe du Roi de Co et rejoue.Pi.Le directeur est appelé qui pénalise la défense de deux levées.Le contrat de 5 Co, contré et surcontré réussit, plus 1200 points.À l'autre table, Nord-Sud laissent jouer leurs adversaires à 4 Pi.La défense encaisse deux As mineures et deux atouts, moins un.Résultat de la main : plus 1150 points ou 15 IMPs.Dure côte à remonter ! Photo BERNARD BRAULT, La Presse © Fadi, 4 ans, hier avec son papa, Arnel Nemours, au marché Jean-Talon.Célébrités.FÉLICITATIONS ANTOINE BOULANGER Pour ta réussite bien méritée et ton diplôme d'études collégiales du Collège La Salle en Gestion Hôtelière.Nous sommes très fiers de toi Antoine, nous t'aimons beaucoup et nous te souhaitons une bonne continuité à l'UQAM en Administration des affaires.De ta mère Christine Hamel et ton beau-père Ronald Brunet, ton père Jean Boulanger et ta soeur Marie-Christine Brunet qui adore et admire son grand-frère.AVIS DE NAISSANCE Le très désiré Daniel Edwin Shriqui est né à Québec le 1er juin 2001 à 14 h 46 de Carol Ann Martz et Christian Lazare Shriqui.Les heureux parents remercient leur amie et accompagnante Laurence Weil et expriment leur gratitude à l'extraordinaire équipe de soins de l'hôpital Saint-Sacrement, tout particulièrement au Dr Jean-Pierre Verreault.Ses fiers grands-parents sont Marguerite et feu Joseph Shriqui de Montréal et Fraidie et Sam Martz de Vancouver; tantes et oncles Claude, Martine, Arlette, Yvonne, Lise, Julie, Lisa, Maurice, Paul, Bernhard, Brian, Ivan, Stephen, Tim; de nombreux cousins et amis.Nous vous remercions pour tout votre amour et soutien.Le 16 juin 1951, le mariage célébré en la Paroisse St-Vital de Montréal-Nord, unissait Mlle Suzanne Quenneville et M.Jean-Louis Duchesne.FÉLICITATIONS POUR CE CINQUANTIÈME ANNIVERSAIRE ! ANNE-MARIE GIRARD ET ADRIANO REBELO 40e ANNIVERSAIRE DE MARIAGE C'est le 17 juin 1961 qu'Anne-Marie Girard de Charlevoix (Québec) et Adriano Rebelo des Açores, Portugal, unissaient leur destinée en la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde à Montréal.Leurs quatre enfants, Lucie, Denis, François et Michel, et leurs deux petits- enfants, William et Carolane, tiennent à les féliciter et à leur exprimer toute leur gratitude et leur affection.Beaucoup de santé et de bonheur pour encore longtemps.On vous aime tendrement.GABRIELLE LESSARD ET GRÉGOIRE JOLICOEUR 1936-2001 Félicitations chers parents à l'occasion de votre 65e anniversaire de mariage.Votre fille Diane Pour plus de renseignements 285-6999 ou 285-7274 Célébrités.Appels interrurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 G É N I E S EN HERBE #941 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., genies@fqjr.qc.ca A- BATMAN 1 Arkham.2 Le Commissaire Gordon.3 Le rouge-gorge.4 Mr Freeze.5 New York E- FARINE 1 On le trompe.2 Maïs.3 Un ver à farine.4 Meunerie.5 Manioc B- HISTOIRE DU SIÈCLE DERNIER 1 Les Koulaks.2 Gouverneur de l'Arkansas.3 L'Albanie.4 Taïwan.5 Irlande F- TROIS NOMS MÊME MÉTIER 1 Auteur de manga.2 Journaliste.3 Chef cuisinier.4 Psychanaliste.5 Terroriste international.C- MUSIQUE PUNK POUR LES NULS 1 Cambodia.2 WD-40.3 Zabriskie Point.4 Les Saints.5 Les Ramones.G- PARLONS CADIEN 1 Une poupée.2 Un tintamare, fête populaire extérieure 3 Alligator.4 Un bon gars! 5 La Sagouine.D- COMMENÇANT PAR LA LETTRE K 1 Kermesse.2 Kino.3 Kératine.4 Ketch.5 Kacha.H- IDENTIFICATION L'eau de javel.T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Le jeu doit rester un jeu Seules les sélections participant au Lotto 6/49 et au Québec 49 sur le même billet sont admissibles à la promotion.Ventes totales: 11 057 504 $ Prochain gros lot (approx.): 7 500 000 $ Tirage du 2001-06-16 Tirage du 2001-06-16 Tirage du 2001-06-16 Tirage du 04 05 13 14 15 2001-06-16 Tirage du 2001-06-16 Tirage du 2001-06-15 Tirage du 2001-06-16 Tirage du 2001-06-15 GAGNANTS LOTS 7/7 0 5 000 000,00 $ 6/7+ 1 207 054,80 $ 6/7 57 3 178,40 $ 5/7 4 234 152,80 $ 4/7 88 466 10,00 $ 3/7+ 83 757 10,00 $ 3/7 739 402 participation gratuite Numéro complémentaire: 32 Numéro complémentaire: 07 Numéro complémentaire: 13 NUMÉRO: 206249 NUMÉRO: 992518 7LP0702A0617 A7 DIMANCHE 7LP0702A0617 ZALLCALL 67 01:12:49 06/17/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 7 J U IN 2 0 0 1 A 7 EN BREF Roth promet que Nortel sera rentable avant 2002 Chocolats allergènes L'AGENCE canadienne d'inspection des aliments ( ACIA ) avise les consommateurs allergiques aux arachides de ne pas consommer certains chocolats de marque Cadbury Wedel, importés de Pologne, et de marque Svitoch, produits en Ukraine.Ces produits peuvent contenir des arachides alors que l'étiquette ne le mentionne pas.L'alerte vise tous les numéros de lot et formats des produits dont l'étiquette ne mentionne pas la présence d'arachides.Il s'agit des tablettes Czekolada Gorzka (lot CUP 5 901588 016214), de même que celles de marque Slodkie serduszka (CUP 5 901588 086095), importées de Pologne.Par ailleurs, tous les chocolats portant la marque Svitoch sont visés par cette alerte.Les noms de marques et de produits ne figurent qu'en ukrainien sur les étiquettes.Un avion immobilisé pour cause de menaces UN AVION d'Egypt Air en provenance de Montréal a été cloué au sol pendant 10 heures à l'aéroport Kennedy, de New York, dans la nuit d'hier, après que les autorités eurent reçu des « menaces ».Le vol 989 d'Egypt Air, à destination du Caire, avait fait escale à l'aéroport Kennedy vers 21 h, vendredi, a indiqué M.Pasquale Di Fulco, porteparole de la Société portuaire de New York et du New Jersey.L'appareil devait repartir pour Le Caire à 23 h, mais a été retardé à cause de problèmes qui n'ont rien à voir avec les menaces, a indiqué M.Di- Fulco.Une fois les passagers embarqués, vers 23 h 30, la police aéroportuaire a reçu un appel des autorités d'Egypt Air l'informant d'une « menace » contre l'appareil, a poursuivi M.Di Fulco.Les 475 passagers et les 20 membres d'équipage ont quitté l'avion et la marchandise a été déchargée de la soute.Obsèques parisiennes pour la fille du Chah PRÈS DE 3000 personnes ont assisté dans un cimetière parisien aux obsèques de Leila Pahlavi, la fille cadette du défunt Chah d'Iran, retrouvée morte dimanche dernier à Londres.Outre la famille de Leila Pahlavi, dont sa mère Farah Diba et son frère aîné Reza Pahlavi, les funérailles, célébrées au cimetière de Passy (16e arrondissement de Paris) rempli de fleurs, se sont déroulées en présence de nombreux représentants de la communauté iranienne de Paris.Au nombre des personnalités figuraient aussi le prince d'Orléans et son frère, des représentants du gouvernement monégasque mais aussi Frédéric Mitterrand.Leila Pahlavi, la plus jeune des cinq enfants du Chah d'Iran et la quatrième de sa troisième épouse, Farah, a été retrouvée morte dans un hôtel de l'ouest de Londres.La cause du décès de la princesse, âgée de 31 ans, qui partageait sa vie entre les États-Unis et l'Europe, n'a pas pu être déterminée par une autopsie.Le décès de Leila Pahlavi est classé parmi les morts inexpliquées, selon Scotland Yard.Garde retirée LA MÈRE de la petite Kaya, qui avait survécu en 1999, à l'âge de 18 mois, à une chute de 46 mètres d'un pont suspendu de Vancouver s'est vu retirer la garde de ses deux enfants.Un juge aux affaires familiales a décidé de confier Kaya et son frère à leur père, Kjeld Werbes.Celui-ci avait accusé son ex-femme d'avoir voulu se débarrasser de la fillette, née trisomique.La mère, Nadia Hama, avait expliqué aux enquêteurs qu'elle qu'elle s'était tordu la cheville alors qu'elle traversait le pont Capilano avec son bébé dans les bras.À l'en croire, l'enfant avait alors giclé, passant au-dessus de la rembarde.Par miracle, Kaya s'en était sortie avec seulement quelques bleus et blessures légères.Des branchages avaient amorti sa chute.Skinhead entre la vie et la mort UN SKINHEAD de 21 ans a été agressé par un groupe de jeunes dans la nuit de vendredi à hier à Siegburg, près de Bonn, et se trouvait dans un état critique hier soir, a indiqué la police locale.Le jeune homme a essuyé de nombreux coups de poing et pied et a été frappé à la tête avec un bâton alors qu'il gisait par terre, a précisé un porte-parole de la police, qui recherche les auteurs de l'agression.La victime se trouvait en compagnie de deux autres skinheads lorsqu'un groupe de jeunes les a traités « d'Allemands nazis » et les a agressés.Deux skinheads ont pu s'enfuir mais le troisième a été roué de coups, a précisé le porte-parole de la police.Presse Canadienne TORONTO \u2014 Nortel Networks réduit ses coûts et tente de se restructurer le plus rapidement possible afin d'aligner ses activités sur les niveaux de dépenses les moins élevés de l'industrie \u2014 des niveaux qui pourraient devenir permanents, a déclaré le président et chef de la direction de l'entreprise, John Roth.Le président a promis que Nortel serait rentable avant son départ, prévu en avril 2002.Le niveau de dépenses atteint depuis plusieurs années par l'entreprise de télécommunications ne pouvait être maintenu et n'était probablement pas souhaitable, a déclaré M.Roth au cours d'une entrevue.Cela a créé des attentes, alors que les dépenses dans le marché mondial des télécommunications triplaient entre 1998 et 2000, pour atteindre 715 milliards $ US l'an dernier.« C'était bien mais avec le recul, ça n'aurait pas dû être considéré comme un niveau viable », a déclaré M.Roth.Nortel, dit le président, a identifié diverses façons de réduire ses dépenses annuelles d'environ 3,5 milliards, mais « nous devons faire plus ».L'entreprise devra éliminer des coûts additionnels de 700 millions par trimestre avant de pouvoir espérer atteindre le seuil de rentabilité.Le président de Nortel défend ses acquisitions \u2014 au coût de plusieurs milliards de dollars \u2014 d'entreprises telles que Xros et Qtera.« Je les ai utilisées pour faire progresser Nortel, pour améliorer l'organisation », dit-il.Nortel « a pris les bonnes décisions au bon moment ».M.Roth devait quitter son poste mais est resté lorsque celui qui devait lui succéder a remis sa démission.Photo AFP Tatoo compris Isobel Varley, 70 ans, de Grande-Bretagne, exhibe ses nombreux tatouages à l'occasion d'une exposition annuelle d'inscriptions ou de dessins indélébiles qui vient d'avoir lieu en Espagne.La publicité au creux de la vague Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 Le ralentissement de l'économie américaine et la baisse de la consommation des ménages provoquent cette année une contraction des budgets publicitaires et un manque à gagner pour les médias.Alors qu'elles avaient progressé de 9,6 % en 2000, les dépenses publicitaires ne devraient progresser que de 2,5 % cette année, la croissance la plus faible depuis 10 ans, anticipe Robert Coen, directeur des prévisions de l'institut de recherches Universal Mc Cann.D'autres sont même moins optimistes.Jack Myers, chef économiste du bureau d'études Myers Report parle de « récession » et table sur un recul de 1,5 %.De telles comparaisons d'une année sur l'autre sont parfois un peu faussées, tant l'année 2000 fut un cru exceptionnel pour le secteur.Avec le passage à l'an 2000, les Jeux olympiques ou encore les élections américaines, les annonceurs ont multiplié les messages publicitaires et les dépenses ont atteint des records.Mais plus largement, ce ralentissement qui frappe le secteur depuis le début de l'année s'explique par la mauvaise santé de l'économie, et par « la faiblesse persistante des dépenses de consommation », souligne Ellen Oppenheim, vice-présidente de l'association Magazine Publishers of America.Les budgets publicitaires, explique- t-elle, sont généralement les premiers réduits par les entreprises, qui « préfèrent garder leur argent en attendant de voir une amélioration de leur activité et de l'économie en général ».La radio et la télévision hertzienne figurent parmi les plus touchés.Photos à titre indicatif seulement.Paiements de location basés sur un contrat de 48 mois pour la SONATA GL 2001 à partir de 229 $/mois.L'obligation totale du consommateur pour 48 mois est de 10 992 $.1 995 $ comptant, dépôt de sécurité requis, transport, préparation, taxes et immatriculation en sus.Financement au détail disponible à un taux de 0 % jusqu'à 36 mois/SONATA GL V6 48 mois.Paiements de location basés sur un contrat de 48 mois pour la XG300 2001 à partir de 365 $/mois.L'obligation totale du consommateur pour 48 mois est de 17 520 $.4 495 $ comptant, dépôt de sécurité requis, transport, préparation, taxes et immatriculation en sus.Financement au détail disponible à un taux de 2,8 % jusqu'à 48 mois.En sus, frais administratifs de 350 $ reliés au contrat de location pour les modèles 2001.Kilométrage annuel de 20 000 km, 10 ¢ par kilomètre additionnel.Option d'achat au terme de la location.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.Sujet à l'approbation du crédit.Voir votre concessionnaire participant pour tous les détails.Véhicules en inventaire seulement.Offre d'une durée limitée avec livraison d'ici au 29 juin 2001.GARANTIE 5 ANS L'UNE DES MEILLEURES GARANTIES DE L'INDUSTRIE : 5 ANS / 100 000 km (éléments importants) ASSISTANCE ROUTIÈRE 24 HEURES (3 ans / 60 000 km standard) Incluant : livraison d'essence changement de roue en cas de crevaison déverrouillage remorquage SONATA GL 229$ PAR MOIS / 48 MOIS PDSF 20 495$ À PARTIR DE PAR MOIS / 48 MOIS PDSF 31 995$ 365$ XG300 365$ À PARTIR DE DE SÉRIE : MOTEUR V6 DE 3 LITRES TRANSMISSION AUTOMATIQUE À 5 RAPPORTS AVEC MODE SHIFTRONIC FREINS ANTIBLOCAGE ABS ANTIPATINAGE DEUX COUSSINS GONFLABLES FRONTAUX ET LATÉRAUX (PUISSANCE DE DÉPLOIEMENT RÉDUITE) SELLERIE EN CUIR TOIT OUVRANT ÉLECTRIQUE RADIO STÉRÉO AM/FM/CD ET 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hôpital « digital » québécois.La pieuvre électronique et Big Brother ON LE DÉCRIT comme le premier en son genre dans le monde : un superréseau de télécommunications capable de transformer le Québec en un immense hôpital sans murs.Le Réseau de télécommunications sociosanitaire du Québec, communément appelé le RTSS, relie entre eux 1700 sites appartenant à 500 établissements de santé.Il constitue l'épine dorsale du projet québécois de santé branchée, permettant la transmission et la réception électronique d'informations destinées à l'éventuel dossier médical unique de chaque citoyen.Dédié spécifiquement au réseau de la santé et des services sociaux, et mis en place par Bell Canada et Telus-Québectel, le RTSS est fonctionnel depuis le début de l'an dernier et fait l'envie de l'étranger, dont le Chili qui voudrait le copier pour ses hôpitaux militaires, dit fièrement Roch Beauchemin, directeur des technologies de l'information au ministère de la Santé.De la médecine à distance aux services de paie des établissements, en passant par la téléformation, la consultation d'images de radiologie et le courrier électronique des employés de la santé, le RTSS est polyvalent et peut supporter une foule d'applications à haute vitesse, explique M.Beauchemin.L'État assume ses frais d'exploitation de 20 millions de dollars par année.Cette espèce de pieuvre électronique a déjà commencé à étendre ses tentacules en établissant un lien via Internet avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), qui indemnise les accidentés du travail et les victimes de maladies professionnelles, et avec le Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ), un organisme d'éducation et de recherche.D'autres Roch Beauchemin liens vont bientôt être établis avec la Société de l'assurance automobile du Québec, qui aura accès à des donneés cliniques sur les accidentés de la route, et avec le Registre de l'état civil, chargé entre autres d'enregistrer les naissances et les décès.À compter de cet été, des cliniques médicales privées vont aussi joindre le RTSS, dans le cadre de la mise en place des Groupes de médecine familiale, qui doivent dispenser les soins dans les communautés locales.À terme, ce sont 25 000 médecins qui seront branchés au RTSS, via Internet.S'y ajouteront les dentistes.Les pharmaciens, qui administrent le régime public d'assurance médicaments, sont déjà reliés électroniquement au ministère de la Santé.Lorsque la nouvelle « carte santé » ou à puce sera introduite, c'est le RTSS qui assurera le lien avec la banque centrale de données devant contenir le fameux « dossier patient partageable », ce dossier médical unique pour chaque Québécois.Cette banque de données sera gérée par la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ), responsable de payer le coût des soins.Big Brother Le fait que le gouvernement entende confier à la RAMQ le dossier clinique électronique des patients inquiète les défenseurs de la protection de la vie privée.La Commission d'accès à l'information, qui protège les renseignements personnels, a déjà indiqué que la RAMQ risque de se retrouver en conflit d'intérêts en tant que payeur de soins et, en même temps, gestionnaire des données cliniques sur les patients.Des professionnels de la santé ont exigé que la banque centrale de données soit confiée à un organisme tiers, qui ne se placera pas en conflit d'intérêts.Et d'autres se demandent ce qui empêcherait les compagnies d'assurances privées, les firmes pharmaceutiques et même les employeurs d'avoir accès à des données cliniques individuelles en se branchant à leur tour sur le RTSS, où se promèneront déjà, selon les estimations de Québec, 100 000 intervenants de la santé lorsque la carte à puce sera créée dans deux ans.Encore une fois, pointe à l'horizon la grande crainte du Big Brother qui surveille tout le monde.Cette crainte est résumée de manière caricaturale par Roger Leclerc, de la Coalition des organismes communautaires de lutte contre le sida : la caissière d'un magasin pourrait refuser de vendre à un client une boîte de chocolat qu'il voudrait payer avec sa carte de crédit parce que, de lien électronique en lien électronique, un message laisserait voir que ce client souffre de diabète ! Science-fiction, paranoïa ?Peut-être.En tout cas, la caricature, comme l'a qualifiée son auteur, est dérangeante.« Tout le monde admet que le virage informatique est incontournable, mais il faudrait au moins qu'il y ait un débat public sur la façon de le faire et de protéger les renseignements personnels », dit Pierrot Péladeau, du Centre de bioéthique de l'Institut de recherches cliniques de Montréal.Au ministère de la Santé, les hauts fonctionnaires affirment que la sécurité de l'accès au RTSS est une grande priorité.Le réseau est muni d'une zone de sécurité nommée DMZ, appellation empruntée au langage militaire : « demilitarize zone ».Les requêtes passant par l'Internet seront toutes filtrées dans cette zone, assure-t-on.Réseau de télécommunications sociosanitaire http : www.msss.gouv.qc.ca/rtss Ministère de la Santé et des Services sociaux (technologies de l'information) http : www.msss.gouv.qc.ca/f/sujets/index.htm Photo ARMAND TROTTIER, La Presse Le docteur Guy Bisson, de Sherbrooke, montre les possibilités virtuelles des informations cliniques informatisées.Hôpital numérique en gestation Le dossier médical, qui contient le portrait de santé de chaque citoyen, est de moins en moins couché sur le papier et se retrouve désormais, dans la civilisation de l'ordinateur, sous forme numérique.Ce dossier informatisé, accessible en tout temps à partir d'une banque de données répertoriant tous les patients, est au coeur de l'hôpital du XXIe siècle.Et comme les patients se promènent de plus en plus d'un professionnel à l'autre et d'un établissement à l'autre, selon les maladies et les spécialités médicales, leurs dossiers vont devenir « partageables ».Le dossier informatisé partageable signifie, pour un hôpital, que tous ses services deviennent également informatisés, de l'admission du patient aux soins cliniques, en passant par les laboratoires, la radiologie, la pharmacie, etc.De surcroît, ce dossier doit pouvoir être enrichi des nouveaux diagnostics et résultats d'examens au fur et à mesure de leur production.Il s'agit d'une révolution en profondeur pour le système de santé, où on retrouve, éparpillés, autant de dossiers sur le même patient qu'il y a de professionnels qui l'ont vu.Cette révolution est en train de commencer au Québec, à la faveur de l'expansion rapide des nouvelles technologies de l'information.Déjà, l'hôpital de Saint-Eustache, au nord de Montréal, a éliminé le papier de ses archives médicales.Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, quatrième plus gros hôpital du Québec, a créé un dossier clinique informatisé pour 300 000 patients et a numérisé les archives d'un million et demi de personnes ayant fréquenté l'un ou l'autre des quatre hôpitaux de la région sherbrookoise qui ont fusionné il y a six ans.Le centre hospitalier Anna-Laberge, à Chateauguay, fait partie des pionniers dans l'installation d'ordinateurs au chevet des patients.L'Hôpital général de juif de Montréal vient d'entreprendre la création d'un « entrepôt de données » réunissant les informations sur les patients provenant de services majeurs comme les laboratoires, la pharmacie, la radiologie et les urgences, un pas essentiel vers la mise en place éventuelle du dossier patient tout informatisé.L'hôpital Charles- Lemoyne, de Longueuil, étudie l'adoption d'une technologie américaine intégrant l'information numérique sur les soins cliniques avec les contrôles administratifs.Ailleurs, de Hull à Québec et de l'Abitibi à la Gaspésie, d'autres hôpitaux se lancent aussi dans l'aventure informatique.Les Centres locaux de services communautaires (CLSC) ainsi que les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) élaborent également des programmes faisant appel aux nouvelles technologies de l'information.Les entreprises privées sont aux côtés des établissements de santé dans tous les projets.Des firmes comme Oracle, Kreg Corporation, IBM, Per-Sé Technologies ainsi que des compagnies québécoises telles Electromed, Horizon MDT ou Logibec développent des « solutions électroniques » avec nombre d'établissements.Ce sont autant d'embryons différents pour donner naissance au premier hôpital « digital » ou numérique québécois, avant même l'érection des deux mégahôpitaux prévus à Montréal au coût d'un milliard de dollars chacun.De son côté, le ministère de la Santé mise sur un projet utilisant un logiciel d'IBM, le HDN (« Health Data Network), en service depuis peu dans un hôpital de Saint Louis, au Missouri, et au Toronto's Hospital for Sick Children.D'un coût de 28 millions de dollars, le projet-pilote est financé à moitié par le gouvernement et à moitié par IBM qui s'ouvre ainsi une « vitrine commerciale » sur l'ensemble du réseau public québécois de santé.Encore deux ans.Ce projet est réalisé à l'hôpital Sainte-Justine, spécialisé en obstétrique et en pédiatrie, avec la participation de la Cité de la Santé de Laval et de l'hôpital de Saint-Eustache.Il est décrit par les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé comme le « vaisseau amiral » devant mener à bon port le grand projet du gouvernement de créer, au coût initial de 150 millions de dollars plus 34 millions en frais annuels, un index national de tous les patients, un dossier patient partageable à l'échelle de tout le territoire et une « carte santé » électronique pour remplacer la carte d'assurance-maladie des citoyens couverts par la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ).Le projet HDN vient tout juste de démarrer et doit être complété à l'été 2003, à temps pour le déploiement de la nouvelle « carte santé » l'automne suivant.Il va créer un dossier patient partageable entre Sainte-Justine et les services de pédiatrie et d'obstétrique de Laval et de Saint-Eustache.À Sainte-Justine, qui a reçu plus de 60 000 visites aux urgences l'an dernier et a hospitalisé près de 18 000 personnes, 10 % de la clientèle provient de Laval et Saint-Eustache.Ce sont d'abord ces patients déjà « partagés » qui vont permettre d'essayer la « solution IBM ».Le projet-pilote doit notamment entraîner une réduction du temps consacré par les médecins et les autres personnels à la recherche d'informations sur les patients.Il permettra aussi de réduire le nombre de tests et d'examens réalisés souvent à répétition, sur un même patient, puisque l'information médicale suivra dorénavant le malade.Sans compter la possiblité d'une plus grande collaboration entre les soignants.La réduction des délais de toutes sortes est un des principaux avantages qu'y voit le docteur Lucie Poitras, directrice des services professionnels de l'hôpital Sainte-Justine.Mais le projet « doit être pensé pour les cliniciens », insiste le docteur Poitras.Dans le milieu de la santé, certains sont encore amers de l'échec du projet SIDOCI (Système informatisé des données cliniques intégrées), qui était mal adapté à la pratique des médecins.Ce projet avait été lancé dans le plus grand enthousiasme en 1990 par le gouvernement en vue de créer l'un des premiers systèmes de dossier médical informatisé au monde.Quatres hôpitaux et deux entreprises privées y participaient.Devant des coûts qui montaient en flèche, il a été abandonné en 1997.Le gouvernement y a engouffré plus de 65 millions de dollars et les deux entreprises, DMR et Médisolution, y ont perdu ensemble environ 50 millions.Le rappel de cet échec percutant \u2014 très peu publicisé par Québec \u2014 en incite certains à se méfier de ce que le gouvernement semble faire si tôt son nid en optant pour le système d'IBM.Québec a déjà acheté la licence d'exploitation du logiciel HDN.« C'est bien beau les projets globaux pour tout le Québec, mais il ne faut pas oublier que les patients reçoivent 95 % des soins dans leur région », dit le docteur Guy Bisson, responsable de la version de dossier clinique informatisé développée depuis 11 ans par le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).Confronté à un manque de 12 millions de dollars pour déployer à fond son logiciel appelé Ariane, le CHUS a proposé à Québec de trouver un dollar pour chaque dollar investi par le gouvernement dans son système.Dans les Cantons-de-l'Est, où le CHUS a commencé à faire l'échange de données médicales numériques avec d'autres hôpitaux, avec des CLSC et aussi avec 21 cliniques privées de Sherbrooke, le ressentiment est grand face à la bouderie apparente de Québec.Pourtant, des dizaines de médecins se sont montrés intéressés par le système Ariane de dossier informatisé et « tout le monde en veut » dans la région de Sherbrooke, dit le docteur Bisson.Photo ANDRÉ FORGET, La Presse Le docteur Lucie Poitras supervise l'essai de la technologie d'IBM à l'hôpital Sainte-Justine. La Presse 17 juin 2001 Page A9 manquante 7LP1001A0617 A 10 dimanche 7LP1001A0617 ZALLCALL 67 01:07:51 06/17/01 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 L'année 2001 marque le 125e anniversaire du parc du Mont- Royal.Afin de souligner l'événement, La Presse vous propose un reportage hebdomadaire sur l'histoire de ce remarquable espace vert au coeur de la cité.Voici la sixième tranche de cette série qui se poursuivra jusqu'au 8 juillet.Supposons que vous êtes familier avec le mont Royal, qu'on vous demande combien il y a de cimetières et qu'on vous donne même un choix de réponses entre un, deux ou quatre, que répondrez-vous ?Si vous répondez «un cimetière», vous faites partie des nombreuses personnes convaincues que le cimetière Mont-Royal et le cimetière Notre-Dame-des-Neiges ne font qu'un.Comme ils sont adossés l'un à l'autre, c'est une réponse plausible, mais elle est erronée.Si vous dites «deux cimetières», alors vous répondez comme la grande majorité des Montréalais, qui ajouteront même que l'un est surtout francophone et catholique, et que l'autre est anglophone et protestant, ce qui est vrai.Hélas ! ne triomphez pas trop vite, puisque vous êtes aussi dans l'erreur ! La réponse exacte, c'est quatre cimetières.Vous êtes surpris ?Pas autant que moi ! Je ne connaissais que deux cimetières jusqu'à ce qu'on me montre les deux autres dans le cadre de la préparation de cette page.Une belle leçon d'humilité pour quelqu'un qui pensait tout savoir concernant le mont Royal.Pourtant, il aurait suffi d'un peu d'attention pour découvrir leur existence.En effet, la carte Le mont Royal au fil des saisons publiée par le Centre de la montagne mentionne bien ces deux petits cimetières, soit le cimetière des juifs espagnols et portugais, et le cimetière Shaar Hashomaym, sis le long du chemin de la Forêt.Mais comme ils portent le même numéro que le cimetière Mont-Royal, on tient pour acquis qu'ils en font partie.Ce qui n'est pas le cas, dit Timothy Thompson, directeur des ventes et du marketing du ci-metière Mont-Royal.Le cimetière Mont-Royal Retraçons sommairement l'histoire du cimetière du Mont-Royal.Le premier cimetière réservé aux anglophones de foi protestante était situé à l'angle des rues Chenneville et Dorchester (actuel boulevard René- Levesque), là où se trouve le complexe Guy- Favreau.On le connaissait aussi bien sous le nom de cimetière Dorchester que sous celui de cimetière du Square-Dufferin ou cimetière Saint-Laurent.Ce cimetière a ouvert ses portes en 1799 et le dernier enterrement a eu lieu le 29 septembre 1854.Le cimetière St.Mary, rue Papineau, vis-à-vis la rue Logan, a existé de 1815 au 28 septembre 1854.Le cimetière Mont-Royal appartient à la Compagnie du cimetière Mont-Royal, une société à but non lucratif créée en 1847.En 1851, la société achète les terres situées sur le flanc nord de la montagne d'un professeur à la faculté de médecine de l'Université Mc Gill, le Dr Michæl Mc Culloch.Après consultation de grands spécialistes comme Andrew Jackson Downing et J.C.Sidney, les administrateurs optent pour un cimetière-jardin, comme le cimetière Mount Auburn, qui faisait fureur à Cambridge, Massachusetts, depuis 1831.On visait deux objectifs: profiter de la beauté naturelle des lieux et éviter ces lieux lugubres créés par d'interminables rangées de pierres tombales.Par rapport à son grand voisin immédiat, le cimetière Mont-Royal est relativement petit avec une superficie de 66 hectares.Son extension maximale est de 1000m du nord au sud, et de 930m de l'est à l'ouest.Une différence de 60m existe entre son point le plus bas et le sommet Outremont qui se trouve à l'intérieur de ses limites.Le cimetière Mont-Royal ouvre ses portes en 1852 avec l'inhumation, le 19 octobre, du missionnaire méthodiste Reverend William Squire, victime du choléra.Dix ans plus tard, on construit l'arche de l'entrée nord et les bâtiments avoisinants.En 1901 s'ajoute le crématorium (le premier au Canada et le seul au Québec jusqu'en 1975).Le cimetière est autre chose qu'un lieu d'inhumation.C'est d'abord un véritable arboretum qu'on découvre dans une succession de terrasses qui épousent le profil de la montagne.On y trouve plus de 500 espèces d'arbres et d'arbustes, dans lesquels nichent pas moins de 145 espèces d'oiseaux qu'on nourrit pour les garder sur place, sans oublier la tanière de renards.Les experts ont certes raison de le considérer parmi les plus beaux cimetières-jardins d'Amérique du Nord.Durant la visite de ce magnifique jardin à vocation sépulcral qu'est le cimetière Mont- Royal, en compagnie de MM.Thompson et Andy Roy, deux constatations s'imposent.Premièrement, tout ce qu'on a pu entendre au sujet de ce cimetière se vérifie sur le terrain.Deuxièmement, l'aménagement du cimetière est génial, même si les pierres tombales paraissent moins exubérantes que chez son voisin.Génial comme dans ces oeuvres d'art qui ornent le point culminant du cimetière tout en servant de colombariums.Génial dans l'idée de créer ces cercles qui permettent d'ajouter de grands arbres en leur centre.Génial dans cette façon de bien dissimuler les grandes masses de monuments.Une splendeur à visiter absolument ! Selon M.Thompson, les monuments les plus demandés sont les suivants: le monument des pompiers anglophones morts en service (William Sharpe fut le premier inhumé le 17 septembre 1867), Sir John Abbott, premier ministre du Canada, Honoré Beaugrand, maire de Montréal, Anna Leonowens, auteur de The King and I qui raconte sa propre vie, Howie Morenz (il est enterré avec des Stewart), Toe Blake, ainsi que le monument dédié à sept personnes mortes à bord du Titanic.La fin approche Au cours du dernier siècle et demi, pas moins de 200 000 personnes ont été inhumés dans ce cimetière, occupé à 85 % de sa capacité.Tout en reconnaissant que la popularité grandissante des urnes ralentit le rythme d'occupation, M.Roy prévoit que dans 20 ans tout au plus, tous les terrains auront été vendus.Et pour le moment, ajoute M.Thompson, la construction de nouveaux mausolées ne figure pas dans les plans.Créer de nouvelles zones en abattant des arbres ?La réponse de Timothy Thompson est sans équivoque: «Il n'en est pas question, il nous faut absolument préserver l'environnement.» Si seulement la direction de 1979 avait pu adopter une attitude semblable, elle qui en août de la même année faisait abattre en catimini des chênes centenaires pour créer de nouveaux espaces\u2026 G U Y P I N A R D Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges célébrera dans quatre ans le 150e anniversaire de son installation au sommet du mont Royal, mais malgré son âge fort honorable, il n'en est pas moins le cadet de son voisin immédiat, le cimetière Mont-Royal.D'obédience catholique, le cimetière contient les restes de 900 000 défunts décédés depuis la fondation de Ville- Marie le 17 mai 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve.Avant son aménagement sur le flanc ouest du mont Royal, les sépultures catholiques ont eu lieu à quatre autres endroits, comme le racontait Yoland Tremblay, directeur général du cimetière depuis cinq ans, lors d'une interview accordée à La Presse.Dans les premiers temps de la colonie (1642 à 1654), les morts sont enterrés là où se trouve le musée d'histoire et d'archéologie de Pointe-à- Callière.De 1654 à 1672, l'inhumation se fait dans la cour de l'Hôtel-Dieu, à l'angle des rues Saint-Paul et Saint- Sulpice.Puis le cimetière jouxte (1672 à 1694) la première église Notre-Dame (elle se trouvait alors dans l'axe de la rue Notre-Dame, entre le parvis de la basilique actuelle et le boulevard Saint- Laurent), avant de déménager à l'angle des rues Saint-Pierre et Saint-Paul.L'année 1799 est marquée par l'inauguration du cimetière Saint-Antoine dans un quadrilatère formé par la rue Saint-Antoine, la rue Saint-Françoisde- Sales (actuelle rue Peel, ci-devant Windsor), la rue Saint-Janvier (actuelle place du Square-Dorchester) et la rue du Cimetière (actuelle rue de la Cathédrale).Vous aurez noté que ce rectangle englobe les actuels Place du Canada et square Dorchester.Un premier déménagement a lieu en 1821 quand le cimetière Saint-Antoine reçoit 54 voyages d'ossements provenant des deux premiers cimetières.En 1829, après le parachèvement des travaux de cons-truction de l'actuelle basilique Notre-Dame, on décide d'enterrer dans la crypte certaines personnalités.Parmi les 102 personnes ainsi privilégiées jusqu'en 1840 se trouve l'architecte de la basilique, James O'Donnell.Le déménagement dans la montagne Mais comme le cimetière se trouve en plein coeur de la ville, et parce qu'on craint de vivre des problèmes sanitaires, la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal (propriétaire du cimetière) sent le besoin de trouver un endroit plus approprié pour assurer le repos éternel à ses ancêtres dans un emplacement définitif, loin du centre-ville.C'est alors que le marguillier Pierre Beaubien vend ses terres à la fabrique pour qu'elle y déménage le cimetière catholique.Le contrat de vente pour les 138 hectares de terrain est signé le 6 février 1854 et le 29 mai 1855 le cimetière accueille sa première sépulture, celle de Jane Gilroy, épouse du conseiller municipal Thomas Mc- Cready (le premier monument sera érigé par la Société Saint-Jean- Baptiste).Mais il faut attendre avril 1869 avant qu'on procède à la translation des sépultures entre le cimetière Saint- Antoine et le cimetière Notre-Damedes- Neiges.On craint que le déplacement des restes des victimes du choléra de 1832 provoque une autre épidémie.Il faudra que l'Assemblée législative du Québec adopte une loi, le 5 avril 1869, pour mettre fin à cette espèce de paranoïa collective en ordonnant la translation des dépouilles mortelles.Nouvelles moeurs, nouveaux modes de sépulture Depuis, le cimetière qui accueille plus de 350 citoyens fort illustres ne cesse d'ouvrir de nouveaux secteurs pour satisfaire la clientèle, tout en s'ajustant autant que possible aux changements des moeurs en matière de sépulture.Comme le rappelle M.Tremblay, deux grands changements sont survenus au cours du dernier quart de siècle.En 1976, l'Église catholique a donné le feu vert à la crémation, et l'incinération représente maintenant 50 % de toutes les sépultures du cimetière.Comme les urnes prennent moins de place qu'un cercueil, le cimetière servira plus longtemps.Sa capacité augmente aussi grâce aux mausolées bâtis au cours des 25 dernières années, surtout à l'instigation de nos concitoyens d'origine italienne, et à ceux qu'on bâtira d'ici 25 ans si le Plan directeur déposé récemment est accepté.Cela étant dit, le jour n'est pas loin où le cimetière manquera de place.En effet, le tiers de sa superficie, soit la plaine voisine de l'entrée principale et trois secteurs boisés ne serviront jamais aux sépultures.« Certains terrains sont trop pentus, trop sinueux ou situés dans le roc », explique M.Tremblay.Cette volonté de préserver le caractère sylvestre du cimetière honore ses dirigeants.La récupération d'espace On sait que jadis, les terrains étaient vendus « à perpétuité ».Or, depuis l'adoption du nouveau Code civil en 1995, il est interdit de faire ainsi: les terrains sont désormais loués pour une période de 99 ans, et le bail est renouvelable pour une autre période de même longueur.Et ces baux sont assortis de frais d'entretien annuels.Le prix de vente d'antan comprenait une somme pour l'entretien, mais elle était sans commune mesure avec les coûts réels.Et selon Yoland Tremblay, on a trouvé une façon d'ajouter des espaces, en récupérant les terrains occupés par des défunts qui n'ont plus de descendants ou de parenté.Tout se fera civilement, assure-t-il.Dans chaque cas, on tentera de trouver des descendants.S'il n'en existe pas, on déménagera le monument vers le futur musée lapidaire (s'il en vaut la peine) et on creusera pour voir s'il reste des os.Si oui, on les enfouira plus profondément avant de les recouvrir d'une couche de terre.Pas question de les déménager dans des fosses communes.Et pas question non plus de réclamer des frais aux signataires des contrats «à perpétuité».«Nous n'avons jamais talonné ces personnes et nous n'avons pas l'intention de le faire.Nous respectons les contrats », a-t-il dit.Pour démontrer sa bonne foi à cet égard, Yoland Tremblay mentionne le charnier de la famille Skelly.Ce remarquable monument tombait en ruines et s'avérait une menace pour la sécurité publique.La direction du cimetière a retracé deux descendants lointains de la famille, mais comme ceux-ci n'avaient pas l'argent pour payer la restauration du charnier, la direction a assumé les coûts en espérant qu'un jour la famille puisse rembourser, du moins en partie.Les secteurs ethniques et les figures populaires Comme on le sait peut-être, le cimetière comprend plusieurs secteurs ethni-ques: grec orthodoxe, chinois, vietnamiens, polonais, italiens, espagnols et portugais.Ne craint-on pas de former des ghettos ?«Au contraire, assure Yoland Tremblay, ces communautés souhaitent cette formule parce qu'elle leur assure un sentiment d'appartenance».Le rituel funéraire contribue aussi à l'hégémonie de ces secteurs.Enterre-t-on seulement des catholiques?Le cimetière accepte tous ceux qui s'inscrivent dans le courant d'oecuménisme préconisé par l'Église catholique.M.Tremblay donne l'exemple de l'épouse de foi juive d'un catholique qui peut rejoindre son mari dans le terrain familial.On est évidemment loin de l'époque où Mgr Paul Bruchési interdisait la mise en terre du célèbre typographe Joseph Guibord parce qu'il était membre de l'Institut canadien de Montréal.Décédé le 18 novembre 1869, Guibord put enfin reposer au cimetière Notre- Dame-des-Neiges en 1874 quand le Conseil privé de Londres ordonna à Mgr Bruchési d'autoriser son inhumation.Son monument est dans un piteux état, et Yoland Tremblay assure qu'il ne subirait pas les foudres des sulpiciens \u2014 ses patrons ! \u2014 s'il s'aventurait à le restaurer.Quand on demande quelles personnalités attirent le plus de visiteurs, M.Tremblay répond sans hésitation: Robert Bourassa, Maurice Richard et Jean Drapeau.Même Émile Nelligan suscite beaucoup de demandes chez les adolescents qui le découvrent sans doute à l'école.L'actualité suscite aussi des poussées de fièvre temporaire.Ainsi, quand il a parlé, lors d'une interview télévisée, de la similitude entre le monument de Camillien Houde et celui de l'empereur Napoléon, l'ancien maire a momentanément retrouvé sa grande popularité d'antan.Le monument qu'il apprécie le plus ?Celui de Robert Bourassa, «parce qu'il est prestigieux et empreint d'une grande sobriété», dit-il.Dimanche prochain: les flancs du mont Royal regorgent de bijoux architecturaux.Les cimetières du mont Royal: pour le recueillement et la beauté de la nature Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges: s'adapter à des besoins nouveaux www.cyberpresse.ca/mont-royal NOTRE DOSSIER AUTRES TEXTES SUR LE SUJET La porte cochère à l'entrée est très bien indiquée pour un cimetière-jardin.Une oeuvre d'art que ce monument de Trefflé Berthiaume, expropriétaire de La Presse.Photo PIERRE McCANN, La Presse © 7LP1102A0617 a11 ACTUSdim 17 juin 7LP1102A0617 ZALLCALL 67 01:12:39 06/17/01 B LE SALON DU BOURGET Le dirigeable effectue un retour remarqué LAURENT LEMEL Associated Press LE BOURGET, France \u2014 « Mais qu'est-ce que c'est ?Une fusée à roulettes ?»De nombreux visiteurs se le demandaient, car la maquette grandeur nature du projet de fusée russe Baïkal, munie d'un train d'atterrissage, ne passe pas inaperçue au 44e Salon de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, qui a ouvert ses portes hier aux professionnels, jusqu'au 24 juin.Plus de 270 000 visiteurs sont attendus pour cette édition 2001, à laquelle participent 1805 exposants de 43 pays.Première manifestation du genre dans le monde, le Salon du Bourget, qui se tient tous les deux ans, rassemble tous les représentants de la filière aéronautique et spatiale, des avionneurs civils et militaires aux équipementiers les plus spécialisés.« Baïkal », installée en position horizontale sur un bâti, à l'entrée principale, est une des curiosités du salon \u2014 où le grand public sera admis aujourd'hui, ainsi que les samedi 23 juin et dimanche 24.Cet engin non habité de 27m de long tient à la fois du cigare volant, de la fusée et de l'avion, avec ses ailes de bonne taille \u2014 7m d'envergure \u2014, son empennage arrière et son train d'atterrissage rétractable.Il s'agit en théorie de l'étage, récupérable, de la fusée Baïkal, développé à partir du lanceur russe Angara.Munie d'un moteur fusée, Baïkal décollerait d'un cosmodrome comme un lanceur classique, pro longé d'une coiffe contenant une charge utile tel un satellite.Après le vol spatial, Baïkal reviendrait se poser, comme un avion, sur une piste d'atterrissage \u2014 à 280km/h \u2014 , un peu à la manière de la navette spatiale.Mais il ne s'agit pour le moment que d'un projet, pour lequel aucun calendrier n'est fourni.Et certains experts doutent qu'un tel engin puisse réellement voler un jour.Le dirigeable, lui, vole, et depuis longtemps.Cet aéronef dont la conception remonte à la fin du XIXe siècle, fait un retour remarqué et le constructeur allemand Zeppelin a présenté son LZ NO7, capable de transporter une douzaine de personnes sur 900km, à la vitesse de 125km/h.Ce dirigeable de 75m de long, basé actuellement à Pontoise, doit être présenté en vol tous les jours pendant le salon.Il illustre une tendance actuelle de l'industrie des transports aériens, qui réfléchit à l'utilisation de tels appareils pour le transport de charges lourdes et les emploie déjà pour la publicité ou le tourisme aérien.Le dirigeable assura durant la Première Guerre mondiale de nombreuses missions d'observation, de patrouille ou de bombardement.Mais ces lents et volumineux appareils constituaient des cibles idéales.Entre les deux guerres, « c'était le seul engin capable de transporter des passagers au-delà des mers, avec rapidité et un très grand confort à bord », explique Simon Theuveny, de Ciel, une association qui se donne pour but de promouvoir le dirigeable en France.L'histoire des dirigeables est indissociable de celle du Hindenburg.Ce mastodonte de 245m, porte-drapeau de l'Allemagne nazie, était utilisé pour la liaison transatlantique entre Berlin et New York, offrant à ses passagers \u2014 une centaine \u2014 des conditions d'accueil digne d'un paquebot ou d'un palace.Le 6 mai 1937 à Lakehurst, base aéronavale du New Jersey située près de New York, les mauvaises conditions météo avaient retardé l'atterrissage du LZ 129 Hindenburg, prévu dans la matinée.Ce n'est qu'en fin de soirée que le dirigeable put entamer les manoeuvres consistant à s'amarrer à un grand mat.Soudain, de petites flammes apparurent à l'arrière de l'appareil.En moins de 40 secondes, les quelque 200 000 mètres cubes d'hydrogène s'embrasèrent et le dirigeable fut entièrement détruit.Trente-six de ses 98 passagers périrent.Cet accident mit en lumière l'un des principaux défauts du dirigeable, l'extrême inflammabilité du gaz porteur, l'hydrogène.Une décharge d'électricité statique pouvait suffire à le détruire.Ces dangers, et les progrès de l'aviation intervenus par la suite, condamnèrent ce moyen de transport.Aujourd'hui, ces aéronefs sont gonflés avec un gaz ininflammable, l'hélium.Depuis les années 80 sont apparus des dirigeables utilisés à des fins publicitaires -notamment pour un grand fabricant de pneumatiques.Des industriels allemands songent à présent à employer le dirigeable comme grue volante, capable d'enlever, en soute, des charges de 50 à 300 tonnes : éléments de fusée, turbines d'alternateur, pièces de réacteurs nucléaires, etc.Ces dirigeables, encore dans les cartons, mesureraient jusqu'à 300m de long.Mais il reste à surmonter de nombreux handicaps.Ces machines volantes offrent une redoutable prise au vent, ce qui limite leur manoeuvrabilité en particulier lors de la délicate phase d'atterrissage.L'enveloppe contenant l'hélium n'est de surcroît jamais complètement étanche, et il faut périodiquement compléter le plein de ce gaz assez onéreux.Photo AFP L'opération de sauvetage devrait ajouter 300 ans de vie supplémentaire à la célèbre tour médiévale.La tour de Pise restituée aux autorités municipales Agence France-Presse ROME \u2014 La tour penchée de Pise, l'un des monuments les plus célèbres du monde, a été restituée hier aux autorités de la ville, après une opération de sauvetage qui a duré une dizaine d'années.La célèbre tour datant du XIIe siècle et située en Toscane avait été fermée au public en janvier 1990 en raison des risques qu'elle présentait, puisqu'elle penchait alors de 4,5 mètres par rapport à son axe vertical.Après 11 années de travaux, elle a été redressée de près de 40 centimètres.« Cela a été une entreprise fascinante », a déclaré Michele Jamiolkowski, un ingénieur d'origine polonaise mais italien d'adoption, qui a dirigé le projet destiné à réduire l'inclinaison de l'édifice et à le rendre sûr pour les touristes et les futures générations.Selon l'équipe de M.Jamiolkowski, cette opération de sauvetage devrait ajouter 300 ans de vie supplémentaire à la tour médiévale.Le monument a été rendu officiellement hier au maire de la ville, Paolo Fontanelli, au cours d'une cérémonie spécialement organisée pour l'occasion.Les travaux de restauration ont coûté 55 milliards de lires (plus de 37 millions de dollars canadiens) et nécessité pas moins de 15 décrets de loi de onze gouvernements successifs.Remplissez la grille et le coupon de participation.Retournez le tout avant 17 h, le mercredi 4 juillet 2001 à l'adresse indiquée.Un tirage au sort, parmi tout le courrier reçu, déterminera les gagnants.Ces personnes devront avoir rempli correctement la grille.Les règlements du concours sont disponibles à La Presse.La solution de la Grille Blanche sera publiée le mardi 10 juillet dans le cahier des Sports et la liste des gagnants le vendredi 13 juillet 2001 dans l'édition régulière de La Presse.Pour participer GRILLE BLANCHE LA Nom: Âge: Adresse: App.: Ville: Code postal: Tél.(rés.): Tél.(travail): Courriel : Concours « GRILLE BLANCHE 17 06 01 » La Presse, Ltée C.P.11051, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 4Y7 .01922 5gagnants mériteront un magnifique sac à dos La Presse.PM26 7LP1201A0617 A12, dimanche, MONDE 7LP1201A0617 ZALLCALL 67 01:10:26 06/17/01 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 MONDE Goeteborg: les Quinze maintiennent le cap sur l'élargissement.et sur Kyoto P H I L I P P E VALAT Agence France-Presse GOETEBORG, Suède \u2014 Les dirigeants de l'Union européenne ont voulu démontrer hier qu'ils maintenaient fermement le cap sur l'élargissement, en affirmant pour la première fois que les négociations d'adhésion pourraient s'achever dès 2002 avec les pays les plus méritants.Au lendemain de manifestations qui ont tourné à l'émeute dans le centre de Goeteborg, faisant trois blessés par balle dont un grave, les Quinze ont aussi affiché leur détermination à ne pas céder « aux groupes de criminels » qui ont réussi à perturber leurs travaux en se livrant à des violences d'un niveau jamais atteint en marge d'un sommet européen.Ils ont donc décidé de créer un groupe de travail réunissant des ministres français, suédois et belges pour réfléchir aux moyens d'assurer la protection des prochaines rencontres de ce type.Les violences dans les rues de Goeteborg ont quelque peu brouillé le message numéro un du sommet, « l'élargissement est irréversible », et la victoire du Non lors du récent référendum en Irlande sur le traité de Nice n'y changera rien.Ce traité vise à réformer les institutions européennes pour que l'UE puisse fonctionner à 27 membres, voire plus.Il doit être ratifié par les 15 États membres sans exception avant de pouvoir entrer en vigueur.Les dirigeants européens semblent désormais convaincus que le référendum irlandais n'est qu'un incident de parcours qui sera surmonté sans gros problème.La Suède, qui a fait de l'élargissement la grande affaire de sa présidence semestrielle de l'UE, a effectué à Goeteborg un véritable forcing auprès de ses partenaires pour leur arracher un « signal clair » à l'intention des pays candidats inquiets d'un possible retard dans le processus de négociations.Le premier ministre suédois Goeran Persson a pu crier victoire après avoir fait écrire, dans les conclusions finales du sommet, qu'il serait possible d'envisager de conclure les négociations « d'ici la fin de 2002 » avec les pays « qui seront prêts ».Ceux-là pourraient aussi participer en tant que membres à part entière aux élections du parlement européen de 2004.Pour M.Persson, il s'agit d'une « avancée considérable ».En revanche, la France et l'Allemagne ont insisté sur le fait qu'il ne s'agissait que d'une concession de pure forme dans la mesure où la déclaration finale renvoit toute la responsabilité aux pays candidats eux-mêmes, appelés à redoubler d'efforts pour « remplir les critères requis » avant leur adhésion.Le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le premier ministre français Lionel Jospin ont tous deux souligné que 2002 ne devait en aucun cas être considérée comme une « date-butoir ».Parmi les 12 pays candidats actuellement en négociation avec l'UE, Chypre, la Slovénie, l'Estonie, la Hongrie, et la République tchèque sont considérés comme les mieux placés.Ce sont d'ailleurs ces pays qui ont manifesté le plus d'enthousiasme à l'issue du sommet de Goeteborg, le premier ministre tchèque Milos Zeman assurant par exemple qu'il était « très, très satisfait ».Dans leur déclaration finale, les Quinze ont également confirmé leur engagement à « ratifier rapidement » le protocole de Kyoto sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre, malgré le refus américain de le mettre en application.Après les émeutes de vendredi, où la police a tiré à balles réelles sur des groupes de casseurs, plus de 10 000 manifestants antimondialisation ont manifesté dans le calme dans le centre de Goeteborg.Parmi les trois manifestants blessés vendredi, un d'entre eux, un Suédois atteint à l'abdomen, se trouvait toujours hier soir dans un état critique.SIMON BOEHM Agence France-Presse GOETEBORG, Suède \u2014 Le sommet européen de Goeteborg a marqué l'engagement de l'UE en matière d'environnement, en réaffirmant la volonté européenne de « ratifier rapidement » le protocole de Kyoto et en s'engageant dans une stratégie à long terme de développement durable.Avec cette stratégie, l'UE place désormais l'environnement sur le même plan que l'économie et le social, et entend intégrer cette nouvelle dimension dans l'ensemble de ses actions et mesures.L'objectif est d'établir un équilibre entre une croissance économique soutenue et des objectifs de respects de l'environnement et de progrès social, et de combattre ainsi les tendances négatives qui se traduisent par une dégradation des conditions de vie pour les générations futures.Cette préoccupation a été résumée d'une formule dans les conclusions du sommet : parvenir à un « découplage entre croissance économique et utilisation des ressources ».Mais les chiffres n'ont pas été précisés.Dans ce but, l'UE devrait mieux coordonner et surveiller ses différentes politiques sectorielles, et se concentrer sur des grands objectifs : changement climatique, transports, santé publique, préservation des ressources naturelles.Chaque pays de l'UE est en outre invité à préparer sa propre stratégie nationale de développement durable, et les chefs d'État et de gouvernement européens feront le point chaque année lors du sommet européen de printemps.Dans ce contexte, le changement climatique est perçu comme « le défi environnemental le plus urgent ».L'UE entend y répondre d'urgence en mettant en oeuvre le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.Elle souligne en outre que Kyoto ne représente qu'un « premier pas ».Mais, là encore, elle ne s'est pas fixée d'objectifs chiffrés pour le long terme.Prenant acte des divergences persistantes avec les États-Unis sur ce dossier, à nouveau constatées jeudi lors du sommet euro-américain à Goeteborg, l'Europe a affiché son intention d'aller de l'avant : la Commission européenne va préparer d'ici la fin de l'année un projet de ratification et, parallèlement, l'Union s'efforcera d'y rallier le maximum de pays industrialisés.Une délégation de haut niveau de l'UE va entamer prochainement une tournée mondiale pour promouvoir le protocole de Kyoto, avec des entretiens envisagés avec les responsables d'Australie, du Japon et du Canada.Cette attention portée aux questions liées à l'environnement au sommet de Goeteborg a été diversement accueillie dans les milieux écologistes.« Très positif », a résumé un porte-parole de Greenpeace, en parlant d'un « pas en avant dans la bonne direction » et d'un « message d'espoir », tout en réclamant maintenant « des pas concrets ».« Le développement durable est maintenant dans l'agenda de l'UE et va y rester », a-t-il noté.Les conclusions sur Kyoto ont également été saluées dans une réaction commune par Greenpeace, le WWF et les Amis de la Terre.Mais, du côté des parlementaires européens Verts, la « déception » était plutôt de mise face à une stratégie de développement durable qui n'a pas repris les ambitieuses propositions chiffrées de la Commission européenne.Le premier ministre suédois Goeran Persson, dont le pays avait fait de l'environnement une des priorités de sa présidence européenne, a pour sa part parlé d'une « décision énorme ».Photo AFP Révolution : le mot n'est pas neuf mais reste dur.Des manifestants de gauche l'ont ressorti hier lors d'une nouvelle manifestation \u2014 pacifique celle-là, contrairement à celle de vendredi \u2014 contre la mondialisation, à l'occasion du sommet de l'Union européenne à Goeteborg, en Suède.EXPRESS INTERNATIONAL Espagne 236 clandestins LA POLICE et les gardes-côtes espagnols ont interpellé hier 236 Africains qui tentaient d'entrer clandestinement dans le sud de l'Espagne après une traversée périlleuse du détroit de Gibraltar, a annoncé la Garde civile espagnole.Les candidats à l'immigration ont effectué cette traversée séparés en quatre groupes.Le plus important, qui comportait 133 membres, dont deux enfants et 28 femmes, a atteint la côte à Tarifa, sur la pointe sud de l'Espagne.\u2014 d'après AP Paris Appel pour les réfugiés CINQ CENT SOIXANTE DIX-SEPT réfugiés résidant en France et réunis à l'Assemblée nationale ont appelé hier les États, au premier rang desquels les riches pays occidentaux, à remplir leurs obligations vis-à-vis des réfugiés en respectant pleinement la Convention de Genève.Originaires des cinq continents et de plus de 70 pays, ces 577 réfugiés (soit autant que l'Assemblée nationale ne compte de députés), inconnus ou célèbres, ayant fui leur pays pour des raisons politiques, religieuses ou raciales, se sont installés dans l'hémicycle du Palais-Bourbon pour une « Assemblée des réfugiés » organisée à l'occasion du 50e anniversaire de la Convention de l'ONU.\u2014 d'après AFP Algérie Manifs suspendues ?LE MINISTRE algérien de l'Intérieur Yazid Zerhouni a déclaré hier à Alger qu'il « plaide pour la suspension de toutes les marches » en Algérie en raison des émeutes et des pillages qui ont suivi la marche du 14 juin à Alger en faveur de la Kabylie.« Après ce qui s'est passé lors de la marche de jeudi (14 juin), personnellement je plaide pour une suspension de toutes les marches », a affirmé M.Zerhouni lors d'une conférence de presse.\u2014 d'après AFP RFY Manif pro-Milosevic ENVIRON 5000 sympathisants de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic ont manifesté sans incident hier dans le centre de Belgrade.Les manifestants se sont d'abord réunis place de la République à l'appel du Parti socialiste (SPS, opposition), dont M.Milosevic est toujours formellement le président.On a exigé la mise en liberté de M.Milosevic, arrêté le 1er avril dans le cadre d'une enquête pour abus de pouvoir et malversations financières.On s'est aussi opposé au projet de loi yougoslave sur la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) pour crimes de guerre, qui a été adopté par le gouvernement fédéral et sera examiné jeudi par le parlement.M.Milosevic et quatre de ses alliés ont été inculpés par le TPI de crimes de guerre au Kosovo.\u2014 d'après AFP Appel des évêques américains à la lutte contre le réchauffement planétaire Du fait de leur puissance, les États-Unis ont une responsabilité particulière dans la sauvegarde de la création de Dieu Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 La Conférence des évêques américains a lancé vendredi un appel au contrôle du réchauffement de la planète et à la prise de mesures pour en « limiter les éventuels effets négatifs ».Dans un document appelant au « dialogue, à la prudence et (à la défense) du bien commun », les évêques notent que, « bien que le débat se poursuive sur l'ampleur et l'impact du réchauffement, il pourrait être très sérieux ».« Aussi, il semble prudent non seulement de continuer à effectuer des recherches sur ce phénomène et à le contrôler, mais aussi à prendre dès maintenant des mesures pour limiter les éventuels effets négatifs qu'il pourrait provoquer à l'avenir », note le document.« En tant qu'évêques catholiques, poursuit le texte, nous cherchons à présenter une perspective particulière, religieuse et éthique, vis-à-vis de ce qui est par force une discussion scientifique, économique et politique compliquée ».« Une grande partie du débat sur le réchauffement planétaire semble polarisé et partisan, (.) la science est utilisée trop souvent comme une arme et non une source de sagesse », déplorent en effet les évêques.« En raison des grâces que Dieu a accordées à notre pays et du fait de la puissance qu'il possède, les États-Unis ont une responsabilité particulière dans la sauvegarde de la création de Dieu et pour offrir des réponses pouvant profiter à toute l'humanité », estiment-ils enfin.Mardi, le président américain George W.Bush a réitéré son opposition au protocole de Kyoto sur le changement climatique, estimant qu'il est « irréaliste et n'a pas été fondé sur la science ».Avant son départ pour l'Europe, il avait annoncé une initiative modeste sur ce terrain, proposant de financer davantage de recherches les raisons et l'évolution du changement climatique.PROCHE-ORIENT Arafat se dit prêt à respecter le cessez-le-feu pourvu que les colons se tiennent tranquilles JAMIE TARABAY Associated Press RAMALLAH, Cisjordanie \u2014 Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, qui a rencontré hier à Ramallah le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est engagé à mettre tout en oeuvre pour faire respecter un cessez-le-feu et il a exhorté Israël à contenir les ardeurs des colons juifs.« Nous sommes prêts à faire appliquer tous les accords relatifs à un cessez-le feu et nous espérons que l'autre partie prendra le même engagement, particulièrement pour arrêter les crimes des colons contre nos récoltes, notre peuple et nos villages partout », a déclaré Yasser Arafat lors d'une conférence de presse commune avec Kofi Annan.Kofi Annan, qui a rencontré le chef de l'Autorité palestinienne pour promouvoir le volet politique du rapport Mitchell, s'est dit content que les deux parties aient accepté les recommandations de ce rapport, utilisé comme base pour un cessezle- feu visant à mettre fin à huit mois et demi de violences.« Heureusement, nous avons un cessezle- feu, que les deux parties ont accepté », a déclaré Kofi Annan.« Nous devons essayer de consolider le cessez-le-feu et nous assurer qu'il tient pour que nous puissions avancer vers les autres aspects essentiels et importants du rapport Mitchell ».Une commission internationale, présidée par l'ancien sénateur américain George Mitchell, a rédigé un rapport dans lequel elle formule une série de propositions pour mettre fin aux violences israélo- palestiniennes et pour relancer les négociations de paix.Alors que se poursuivaient ces efforts diplomatiques, des échanges de coups de feu se sont produits près de la frontière avec l'Égypte.Un Palestiniens de 12 ans a été tué et quatre autres ont été blessés dans cette fusillade avec une unité de Tsahal.Un responsable des services de sécurité palestiniens a ensuite annoncé que des « hommes armés qui ne respectent pas la loi » étaient activement recherchés.Ces individus auraient ouvert le feu sur les soldats israéliens.Par ailleurs, cinq Palestiniens ont été légèrement blessés hier dans la Bande de Gaza et transportés à l'hôpital de Khan Yunis.Selon l'armée israélienne, des soldats ont répondu par des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes à des jeunes qui leur lançaient des pierres près de la colonie de Neve Dekalim.Après sa rencontre avec Yasser Arafat, M.Annan a rencontré hier soir le premier ministre israélien Ariel Sharon.Dans le cadre de sa tournée au Proche- Orient, le secrétaire général de l'ONU s'est déjà rendu en Égypte, en Syrie, en Jordanie et au Liban. 7LP1301A0617 A13, dimanche, AILLEURS 7LP1301A0617 ZALLCALL 67 01:07:24 06/17/01 B Une invasion agricole totale par les OGM?Les meilleures terres en culture du monde auront été ensemencées de 25 fois plus d'OGM en quatre ans Les partisans de l'alimentation biologique savent apprécier ses modestes succès de croissance, rêvant d'en arriver un jour à faire échec aux OGM, ces semences qu'on met en terre après les avoir génétiquement modifiées.Des OGM, ils redoutent, au mieux, l'ignorance scientifique qui s'y rattache ; au pire, ils les soupçonnent de menacer toute la chaîne alimentaire naturelle de cette planète, avec effets conséquents sur la santé des humains.L'alimentation biologique est en hausse, mais demeure fragile : > Dans son numéro du 13 mai dernier, le New York Times Magazine démontre que des grands noms de l'industrie agro-alimentaire, sensibles à la croissance constante de cette demande, ont commencé à prendre le contrôle de cette agriculture biologique, sabotant son caractère artisanal qui a constitué jusqu'ici, dans l'esprit des militants, une sorte de garantie d'authenticité.> En manchette dimanche dernier, le New York Times observe que la faveur populaire pour l'alimentation biologique, même si elle a forcé les gouvernements à prendre acte des dangers potentiels des OGM, n'a aucunement gêné l'expansion phénomènale des OGM.Plus grave : des indices donnent à entendre que les multinationales à l'origine des OGM ont tissé systématiquement sur de vastes espaces agricoles des réseaux de production d'une ampleur telle que, par effet de pollinisation ambiante principalement, ces OGM pourraient dans un avenir prévisible attaquer toutes les cultures, rendant virtuellement impossible toute agriculture biologique intégrale.> Mais les progrès des OGM ne s'arrêtent pas là : le Los Angeles Times révélait début juin qu'un fermier du Nebraska vient de mettre en terre sur exactement un acre, sous haute surveillance fédérale, des graines de maïs génétiquement modifiées qui, en maturation, constitueront de véritables usines de production d'un vaccin contre l'hépatite B.C'est que les sociétés pharmaceutiques à leur tour se passionnent pour la génétique agricole et s'apprêtent à rien moins que de faire pousser des médicaments.Et du même souffle, des produits chimiques de grande consommation.Grandes économies de coûts de production en perspective.Le maïs comme usine Dans le cas du maïs générateur de médicaments et de produits chimiques, les visées procèdent officiellement d'intentions parfaitement généreuses.L'Organisation panaméricaine de la santé signale que 1,6 million d'enfants des Amériques meurent chaque année, faute de vaccins à coûts modiques.La générosité ne s'arrête pas là : on versera éventuellement des primes aux agriculteurs qui voudront s'engager dans ce type de culture.Et tant qu'à y être, pourquoi ne pas mettre à contribution ces bons cultivateurs de feuilles de tabac, malmenés par les temps qui courent.Le Congrès des États-Unis et l'État de Virginie financent les recherches sur cette nouvelle fonction agricole qu'on a déjà baptisée « biopharming », ou biophermage si l'on veut, mot qui a le génie de fondre ferme et pharmacie.Beaucoup de problèmes néanmoins : à caractère purement pharmaceutiques bien sûr pour les consommateurs de vaccins, par exemple ; mais problème aussi d'en arriver à contenir rigoureusement ces cultures singulières aux espaces qui y sont spécifiquement consacrés, sachant comment la pollinisation et la pénétration dans les sols sont difficiles à contrôler eu égard à la protection d'un environnement plus vaste.En clair, on risque d'en venir à trouver du « vaccin » dans ses céréales préférées.Des expériences sont en cours, mais ce n'est que cet été, poursuit le Los Angeles Times, que le ministère de l'Agriculture et l'Agence de l'alimentation et des médicaments (FDA) publieront un code rigoureux de directives s'appliquant au biophermage.Expériences passées Ce qui agace certains scientifiques, dont des militants de l'agriculture biologique se font volontiers l'écho, c'est le cheminement inquiétant qu'a connu un maïs transgénique baptisé le Star Link, mis au point par la multinationale française Aventis.Ce maïs, autorisé uniquement pour l'alimentation animale, n'occupait en 1999 que 0,4 % des surfaces cultivées en maïs aux États- Unis, mais on en a retrouvé ultérieurement des traces dans 430 millions de boisseaux de maïs de consommation humaine, ce qui a eu pour effet le rappel de 300 marques de produits agro-alimentaires.C'est ce problème des contrôles des cultures génétiquement modifiées qui inquiète le plus certains scientifiques.Le reporter David Barboza, du New York Times, dit que ce milieu soupçonne les grands noms des OGM \u2014 Monsanto, Aventis, Syngenta et autres \u2014 d'avoir sciemment réparti leurs productions dans les grands espaces agricoles des Amériques de manière à ce qu'éventuellement, toute culture en vienne à porter des traces d'OGM, amenant finalement tous les partisans de l'agriculture biologique à baisser les bras.En l'an 2000, 100 millions d'acres des meilleures terres agricoles du monde ont récolté des OGM, soit 25 fois plus que quatre années auparavant.Déjà, la situation est telle, indique le professeur d'agriculture Neil E.Harl, de l'Université d'État de l'Iowa, que si l'on devait pour une raison ou pour une autre éradiquer la présence des OGM de la chaîne alimentaire, l'opération prendrait plusieurs années, sinon des décennies.Le maïs et le soja occupent le gros du marché des OGM et sont produits principalement dans les deux Amériques, mais on en exporte ou on en fait pousser dans d'autres vastes espaces comme la Chine, l'Inde, l'Australie et l'Afrique du Sud.Petit point de résistance : la Chine a fait savoir il y a 10 jours qu'elle imposait des restrictions aux cultures frappées d'OGM.L'industrie ne croit pas que ces mesures persisteront, note l'International Herald Tribune, étant donné que la Chine est confrontée à une augmentation de 47 % de sa consommation de céréales d'ici 2030.L'industrie prévoit que la Chine se contentera d'un jeu minimum de règles en matière d'OGM, à michemin entre le libéralisme à l'américaine et l'approche très restrictive de l'Union européenne.Dans l'intervalle, dit le reporter du NYT, on trouve un peu partout des traces imprévues d'OGM dans des aliments considérés comme biologiques et sur des fermes qu'on croyait de bonne foi à l'abri de ces produits.L'expansion des OGM est telle qu'une vaste majorité des habitants de la planète n'ont guère la faculté de ne pas en absorber désormais.Le rouleau compresseur L'industrie pense avoir remporté la guerre.À eux seuls, les États- Unis, l'Argentine et le Brésil contrôlent 90 % des exportations de maïs et de soja dans le monde.Le Brésil n'autorise pas les OGM, mais on y soupçonne un vaste marché noir du soja / OGM.Et si le Brésil en vient à autoriser les OGM, cela signifiera que les deux plus grands importateurs de soja au monde \u2014 l'Europe et l'Asie \u2014 ne pourront à peu près plus se procurer que du soja / OGM sur le marché mondial.Le rouleau compresseur des OGM fonctionne à plein tube, ce qui n'empêche pas les partisans américains de l'alimentation biologique d'applaudir à l'expansion que connaît cette petite industrie ces dernières années.Elle n'en est qu'à 7,7 milliards de dollars US d'un marché de 400 milliards aux États-Unis, mais c'est le secteur en plus forte croissance.Toute grande surface qui se respecte désormais offre du lait, des oeufs, des céréales, des aliments congelés et voire du « junk food » certifiés produits biologiques.Mais la grande industrie agro-alimentaire a compris le message de la nouvelle demande et s'en occupe.Elle met la main progressivement sur les industries artisanales présentes dans le décor.General Mills a réussi à nommer vice-président Gene Kahn, figure emblématique jusque-là de l'artisanat agro-alimentaire biologique, issu directement des mouvements contestataires du tournant de soixante-dix.En même temps, les géants de l'agro-alimentaire s'efforcent de ramener tranquillement les amateurs de produits biologiques simples à des formules alimentaires traditionnelles : comme un « TV-dinner » biologique.sur l'emballage duquel le reporter Michael Pollan, du New York Times Magazine a dénombré 31 produits biologiques.Ça fait, disons, des contrôles compliqués, à l'heure où les OGM donnent signe d'essaimer, par pollinisation et par imprégnation des sols.Tout ça se passe à une époque où on ignore encore la portée réelle de l'introduction de la génétique alimentaire dans le décor planétaire.Pour l'instant la foi du charbonnier est de rigueur.LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 A13 Photomontage JEAN-SÉBASTIEN MERCIER, La Presse Gonflant Insufflant Soufflant Époustouflant LES BRITANNIQUES en général aiment volontiers considérer Londres comme la Mecque des arts scéniques toutes catégories confondues.Mais lorsque le critique d'opéra Andrew Clark, du Financial Times, de Londres, est allé voir à l'Opéra Bastille, à Paris, La Damnation de Faust, de Berlioz, dont Robert Lepage a signé la présentation, il en est sorti complètement époustouflé.Saluant Lepage comme l'un des génies mondiaux de la création théâtrale, M.Clark dit de cette Damnation qu'elle est tout simplement « extraordinaire, hypnotisante, musicalement crédible et scéniquement hors de ce monde ».On croyait l'Opéra Bastille trop gros, trop lourd ?Pas pour Lepage qui a su en tirer le maximum, ce qui fait que nulle part ailleurs en Europe probablement aurait-on pu en arriver à une présentation aussi élaborée, techniquement et financièrement, d'une oeuvre qui par ailleurs supporte mal le titre d'opéra et correspond davantage à ce que Berlioz lui-même qualifiait de « légende dramatique ».La succession d'images conduit le spectateur à confondre inconsciemment mirage et musique.Tout le spectacle, absolument original dans sa conception, regorge d'audace dans son exécution, qui plonge le spectateur dans le rêve.Le critique est fasciné par l'effet d'écran manipulé par Lepage, avec ses mouvements horizontaux et verticaux qui font abstraction de la troisième dimension.LES CAMÉRAS détectrices d'excès de vitesse, dont on songe à meubler l'espace routier québécois, connaissent leur heure de gloire en Grande-Bretagne.Les 43 corps policiers du pays interceptent déjà un million de délinquants par année , ils comptent porter ce chiffre à trois millions en multipliant ces bidules, rapporte le Sunday Times, de Londres.Ils saisiront l'État de la question, lui demandant de garder par-devers eux l'argent perçu \u2014 amendes minimales de 150 $ CAN \u2014 justement pour renforcer le parc de caméras.Il existe actuellement 4500 caméras fixes dans le réseau routier britannique ; l'appétit venant en mangeant, les corps policiers ambitionnent d'en installer 9000 autres.Une caméra mobile coûte environ 24 000 $ ; une caméra fixe (avec ses liaisons à un système central) 75 000 $ de plus.C'est cher, mais ça rapporte : le corps de police d'Essex, choisi avec sept autres pour des tests d'autofinancement, a conçu un plan d'affaires l'amenant à installer 100 caméras : ils ont interpellé 70 000 contrevenants en 2000 contre.1000 en 1999.Mais on oublie la sécurité au volant : les caméras ont fait passer le nombre de morts, en un an, de 3423 à.3411.C'est cher sauver une vie.Et ça peut aussi faire se dégrader l'image de la police, dit le Royal Automobile Club.PHÉNOMÈNE de société connu dans la vie de tous les jours mais mal étudié : les grands-parents qui élèvent seuls leurs petits- enfants.Certes les ménages où cohabitent trois et même quatre générations sous un même toit existent depuis longtemps en sociétés rurales, mais on rencontre de plus en plus en vie urbaine des grands-parents faisant le pont direct \u2014 et exclusif souvent \u2014 avec leurs petits-enfants.Aux États-Unis, dit le Boston Globe, 1,5 million d'enfants sont dans cette situation.À Boston, l'imagination est venue au secours : on a conçu, avec services ad hoc, le Grand Families House, qui héberge 26 ménages de ce type, comme élément de solution au problème d'enfants qui, pour une raison ou pour une autre, en viennent à se retrouver seuls.Cinquante enfants vivent ainsi à Grand Families House, une première américaine dans ce type d'expérimentation.Leur plus petit commun dénominateur : la pauvreté.Alors que 15 % des enfants aux États-Unis n'ont pas accès à l'assurance-santé, 50 % des enfants de GFH n'y ont pas droit.De façon générale, les deux-tiers des enfants élevés par une grand-mère seule se situent sous le seuil de la pauvreté.Le problème n'est pas nouveau, mais le nombre de ces enfants élevés par des grands-parents a crû de 50 % en dix ans.ON OBSERVE ÇA au Québec depuis une bonne décennie, ça se vérifie aux États- Unis : les enfants jouent de moins en moins au baseball.Les premiers touchés par la question, ce sont les dirigeants de l'Association des manufacturiers d'équipements sportifs .Leurs chiffres sont sévères : depuis 1997, le nombre d'enfants pratiquant le baseball aux États-Unis a chuté de près de 20 %.Ce qui veut dire évidemment des ventes réduites de balles, de bâtons, de mitaines, etc.Injure suprême : en cinq ans, le baseball est passé du sixième au huitième rang comme sport le plus pratiqué par les jeunes, étant devancé aussi désormais par.la planche à roulettes et le volleyball.Il se pourrait, dit un universitaire spécialiste de la culture populaire, que des facteurs comme la rapidité des jeux vidéo aient fait apparaître le baseball comme un jeu se traînant dans la mélasse.Le coût croissant des billets pour les matches des pros a aussi éloigné les enfants du stade.Le phénomène dépasse en tout cas les jeunes joueurs : chez ceux qui regardent la Série mondiale à la télé, la proportion des moins de 18 ans a fléchi de plus de 30 % en cinq ans, selon le très sérieux Nielsen Media Research, cité par le Wall Street Journal.Il y a là comme un signe des temps.pas loin de Montréal dans son espace. 7LP1401A0617 a14 dimanche 7LP1401A0617 ZALLCALL 67 01:05:13 06/17/01 B A14 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 Les flashs de M.Bourque m i c h e l e .o u i m e t @ l a p r e s s e .c a Le maire de Montréal, Pierre Bourque, se promenait à vélo dans le parc Maisonneuve, comme il le fait tous les jours, lorsqu'il a eu un flash : pourquoi ne pas installer les hôtels de ville des futurs arrondissements dans des églises ?Ce matin-là, dès son arrivée au bureau, il a parlé de son idée à ses collaborateurs.Une semaine plus tard, le service des immeubles partait sur la trace des églises.Fonctionnaires, ingénieurs, architectes, spécialistes en aménagement se sont mis au boulot.L'archevêché et le ministère de la Culture ont trouvé l'idée séduisante.Pendant ce temps, Pierre Bourque se frottait les mains et passait pour un homme de vision.À vue de nez, l'idée de M.Bourque est effectivement intéressante.Elle permet non seulement de recycler des églises qui, autrement, pourraient être transformées en condominiums, mais elle donne aussi un certain panache aux arrondissements qui naîtront en même temps que la grande ville, le 1er janvier.Voilà pour les fleurs.Le pot maintenant.Le maire de Montréal a lancé son idée sans se poser de questions sur sa faisabilité.Il a largué le dossier aux fonctionnaires.Qu'ils s'arrangent avec les vulgaires questions d'argent et qu'ils attachent les fils.Ce n'est pas la première fois que M.Bourque bulldoze ses idées.Lorsqu'il a promu ses éco-centres, il ne s'est pas préoccupé des coûts.Que la Ville embarque, on ramassera la facture plus tard.Même chose pour les mosaïcultures, ces grosses sculptures de gazon exposées dans le Vieux-Montréal, un bébé de M.Bourque.Il n'existe aucune compilation des coûts.Mais revenons aux églises.La Ville de Montréal, qui va disparaître le 1er janvier au profit de la mégapole, n'a pas le pouvoir de dénicher des hôtels de ville d'arrondissement et encore moins d'acheter des églises.C'est au comité de transition, chargé de dessiner la future ville, de le faire.Le comité a été mis au parfum de l'idée de M.Bourque, mais sans plus.Peu importe, le maire Bourque fonce.Autre problème : l'argent.Transformer des églises en bureaux risque de coûter une petite fortune.Environ 80 % des 300 églises de la grande région de Montréal ont été bâties avant 1945 et elles ont une valeur patrimoniale.Le ministère de la Culture veut d'ailleurs mettre sur pied un comité pour les évaluer et éventuellement les classer comme biens culturels.Mettre aux normes une église classée exige une foule d'autorisations et beaucoup de paperasse.Environ une quarantaine de fonctionnaires vont travailler dans ces mairies.Il faut donc aménager des toilettes, installer la climatisation, bâtir des salles de réunion, des bureaux, prévoir du stationnement.Comment respecter le cachet des églises tout en garantissant un minimum de confort et de sécurité aux fonctionnaires ?Bref, l'idée du maire sent l'amateurisme à plein nez.M.Bourque a géré Montréal avec des flashs, mais une grande ville de 1,8 million d'habitants exige plus que des flashs.Aussi bons soient-ils.Drames et faits divers m a r i e - c l a u d e .l o r t i e @ l a p r e s s e .c a Entre la réélection de Tony Blair, l'exécution de Tim Mc Veigh et le Grand Prix de Montréal, les journaux anglophones sont revenus souvent cette semaine sur un thème qui semble tristement collé aux manchettes : les enfants victimes de tragédie.Évidemment, le quotidien anglophone The Gazette a couvert amplement l'horreur de Scotstown, en Estrie, où cinq jeunes ont péri noyé à la suite du plongeon dans un lac de la voiture qu'ils occupaient.Mais The Gazette est aussi revenue sur un fait divers survenu dans un secteur anglophone de Montréal, Notre-Dame-de-Grâce, que le journal suit très attentivement depuis ses débuts.Cette affaire est celle mettant en scène une jeune femme de 17 ans retrouvée gisant dans un parking près de la station de métro Vendôme.L'histoire a soulevé l'indignation et l'intérêt des médias de partout parce que la jeune femme est restée dans le parking, sans connaissance, pendant trois heures, sans que personne n'appelle la police, même si des employés d'une agence de télémarketing avaient effectivement remarqué sa présence.Le week-end dernier, le quotidien anglophone a publié en manchette de une la photo de la jeune victime, qui s'appelle Katerine et qui est toujours dans le coma.La photo a été donnée par son père, Robert, qui espère ainsi aider la police à reconstruire les événements qui ont mené à la tragédie.Mercredi, The Gazette a publié une lettre (voir autre texte) écrite par le superviseur de la maison de télémarketing en question et montré du doigt dans toute cette affaire.Il explique, en gros, que s'il n'a rien fait quand il a aperçu le corps de la jeune femme c'est parce qu'il ne pensait pas, en toute honnêteté, qu'elle avait été victime d'une agression.Durant le week-end, le magazine Saturday Night, l'hebdo du National Post, est aussi revenu avec un long article sur l'histoire de ce « bébé-miracle » retrouvé gelé l'hiver dernier en Alberta et qui a survécu contre toute attente.L'article nous montre un côté moins connu de toute l'histoire.On y apprend, en gros, que le retour à la vie n'était pas un retour à une vie facile pour cette petite fille d'un an, née d'une mère autrefois droguée, qui a eu le premier de ses cinq enfants (de pères différents) à 13 ans, qui n'a toujours pas de domicile fixe et qui est encore enceinte.Le Post, qui semble déterminé à parler d'enfants à la une presque tous les jours, a aussi accordé une grande importance cette semaine à un autre fait divers tragique survenu en Alberta où cette fois une mère de 23 ans a été arrêtée relativement à la mort de ses deux enfants : une petite fille de trois mois abandonnée dans une rivière et un garçon de 15 mois, dont le corps a été retrouvé dans l'appartement familial, mort depuis plusieurs jours.Et mercredi, le Post a encore repris à la une, avec grosse photo à l'appui, une histoire tragique survenue en Roumanie cette fois, où le sauvetage d'une fillette de deux ans tombée dans un puits a capturé l'attention de tout le pays.Toujours dans le fait divers, les journaux anglophones ont aussi couvert amplement toute la controverse sur la peine de mort qui a entouré l'exécution de Tim Mc Veigh.Dans le Post, on a publié deux textes de chroniqueurs offrant des arguments pour les deux côtés du débat.Dans le Globe and Mail, on a pris position fermement contre la peine de mort en éditorial.« Mc Veigh est un monstre, mais le tuer est mal » a-t-on titré.« Tuer, tuer n'importe qui est moralement inacceptable.Comme société, nous apprenons à nos enfant la valeur fondamentale que la vie est précieuse et mérite le respect le plus profond.Est-ce que les choses sont différentes quand on parle d'un monstre comme M.Mc Veigh, ou un tueur en série ou un violeur qui s'attaque à des enfants ?Si oui, alors notre croyance sur le caractère sacré de la vie a des limites et s'applique plus à certains qu'à d'autres.» « La vengeance est une réponse courte et laide.(.) Oeil pour oeil, dent pour dent, laisse tout le monde aveugle.» Une femme écrit des slogans en face du métro Vendôme tout près de l'endroit où une jeune femme de 17 ans a été agressée.PETERSON FREDERICK Depuis un mois, on me décrit dans les médias comme le superviseur sans coeur qui a ordonné à son équipe de ne pas aider une malheureuse jeune femme qui gisait à moitié nue dans le terrain de stationnement à côté de la station de métro Vendôme.Les articles, qui me décrivent comme le gros méchant, ont été lus aux quatre coins du monde et ont eu comme résultat mon congédiement et de graves dommages à ma réputation et à ma paix d'esprit.Ma première réaction en fut une de choc et d'incrédulité devant la façon dont les médias, peut-être parce qu'ils étaient mal informés, ont tordu mon rôle dans cet incident.Malgré cela, j'ai été appuyé constamment par ma famille, mes amis et même mes professeurs.Je suis devenu tellement déprimé que j'ai angoissé dans ma chambre pendant des jours, en espérant que ce cauchemar finirait bientôt.Mais malgré cela, la frénésie des médias ne s'est pas arrêtée.Au lieu de concentrer leur attention sur les efforts faits pour arrêter l'auteur de ce crime horrible, les médias ont continué à faire de moi leur cible principale.Puis je me suis dit, c'est assez.Il est temps que je donne ma version des faits sur ce qui est réellement arrivé.Je suis un étudiant de 26 ans.Je suis né et j'ai grandi à Montréal.Pendant mes études, j'ai commencé à travailler pour une société de télémarketing.J'ai eu plusieurs promotions et en novembre j'ai été nommé directeur des opérations.J'ai rempli mes fonctions consciencieusement et avec loyauté et je n'ai jamais reçu la moindre réprimande durant toute la durée de mon emploi.Le samedi 12 mai, vers 7 h, j'ai reçu un appel de mon superviseur m'avertissant qu'il y avait une panne d'électricité au bureau.Même si je n'étais pas en fonction, j'ai immédiatement pris un taxi pour aller au bureau voir à cet urgence.À 7 h 45, quand l'électricité est revenue, j'ai commencé à rédiger mes rapports quotidiens, dont un rapport sur la panne d'électricité.Je travaillais dans mon bureau au 4e étage, qui n'a pas de fenêtre.Puis, je suis allé chercher des photocopies du bureau de contrôle de qualité, qui est adjacent à une fenêtre d'où on voit le parking.En passant devant cette fenêtre, j'ai remarqué qu'une femme partiellement habillée était étendue sur le dos et bougeait ses mains sur son corps comme des caresses.J'ai tout de suite informé les deux autres employés du bureau, à ce moment-là, de ce que je venais d'observer.Ils sont venus à la fenêtre voir eux aussi.Tous les trois, nous n'avons pas pensé que la femme étendue sur le sol était en détresse ou en danger.Nous nous sommes dit que c'était une sans-abri qui se lèverait et qui partirait quelques minutes plus tard.Vrai ou faux, ce fut notre évaluation collective de la situation.Si l'un d'entre nous avait soupçonné le moindrement qu'il y avait eu quelque chose de criminel ou des blessures graves, nous aurions immédiatement appelé la police.Mais comme nous avons jugé que la jeune femme n'était pas en détresse, nous sommes retournés travailler sans y penser davantage.Les employés ont commencé à arriver pour leur quart régulier à 10 h.Quand je suis entré dans la zone de travail, j'ai remarqué qu'environ une douzaine de personnes étaient à la fenêtre en train de regarder la jeune femme, en riant et en faisant des blagues.Je fut choqué de voir qu'elle était toujours étendue dans le parking.C'est seulement à ce moment-là que j'ai réalisé que cette femme était peut-être en détresse et qu'elle avait peut-être besoin d'aide.Parce que j'ai trouvé les remarques des employés qui la regardaient offensantes et déplacées dans les circonstances, je leur ai dit d'aller à leur poste de travail et de commencer à travailler.J'ai aussi dit qu'il faudrait appeler la police.À ce moment-là, un superviseur m'a dit que cela avait déjà été fait par un employé.Après l'arrivée de la police, j'ai passé du temps avec les trois autres gestionnaires, afin de repasser les événements et de discuter de la procédure à suivre quand de telles situations se produisent.Avec le recul, on peut dire que nous avons commis une erreur de jugement, ce qui est regrettable.Mais il était totalement injuste de la part des médias de gonfler mon implication dans cet incident et de me montrer du doigt comme si j'étais un monstre sans remords qui méritait l'ostracisation, voire la prison.Je peux dire honnêtement qu'à aucun moment je n'ai agi avec malice ou avec une indifférence totalement insensible aux difficultés d'un autre être humain.Je partage l'horreur du public au sujet de ce qui est arrivé à cette jeune femme et je sympathise avec sa famille et j'espère sincèrement qu'elle va se remettre de cette épreuve atroce.Je suis heureux de voir Montréal agir collectivement afin qu'on puisse arrêter le ou les individus qui ont commis ce crime horrible.FORUM Pascal Élie, collaboration spéciale Droits réservés DANS LA PRESSE ANGLOPHONE «Je ne suis pas un monstre» Le superviseur partage l'horreur des autres citoyens au sujet de ce qui est arrivé à la fille du métro Vendôme Le texte qui suit est une traduction d'un article paru dans The Gazette, le mercredi 13 juin. 7LP1501A0617 a15 dimanche 7LP1501A0617 ZALLCALL 67 01:05:00 06/17/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 7 JUIN 2001 A15 À VOTRE TOUR Au secours ! LETTRE DE LA SEMAINE NATASCHA NOLD Je me prénomme Natascha, j'ai 18 ans et je suis atteinte d'une maladie peu commune.Scientifiquement elle porte le nom de « Syndrome de dyskinésie ciliaire primaire », mais est aussi appelée plus communément « Syndrome de Kartagener ».Il s'agit d'une maladie dégénérative incurable, étant donné que les cils vibratiles tapissant l'intérieur des bronches, des poumons, des sinus et plusieurs autres endroits du corps ne fonctionnent pas, je produis donc beaucoup plus de sécrétions que la moyenne des gens.Les conséquences de cette maladie sont des infections telles que la pneumonie et les sinusites à répétition.Cette maladie ressemble à la fibrose kystique si ce n'est que mes cellules ne se détruisent pas d'elles-mêmes.Je prends donc des médicaments à longueur d'année afin de tenter de prévenir ces infections et ma maladie nécessite par ailleurs des traitements (clapping, pep masque) afin d'évacuer le surplus de sécrétions que j'ai.Depuis ma naissance, j'ai fait approximativement une vingtaine de pneumonies, sans parler des sinusites.J'ai su que j'étais atteinte de cette maladie à l'âge de 7 ans.Depuis ma prime enfance, je voyage d'hôpital en hôpital et j'ai été moult fois hospitalisée pour des traitements par intraveineuse, ces séjours à l'hôpital durant entre deux semaines et un mois à chaque fois.Malheureusement, malgré le fait que les médecins savent que j'ai cette maladie, il n'y a pas de recherches à ce sujet.Je suis allergique à un bon nombre d'antibiotiques.Ces allergies sont causées par une sensibilité de mon organisme ; à force de prendre trop de médications mon corps ne les tolère tout simplement plus.Vu mes allergies, il ne reste pas un grand nombre d'antibiotiques que je puisse prendre pour me soigner.Que va-t-il arriver lorsqu'il n'y en aura plus ?Je vais mourir.En sachant que l'on ne peut plus rien pour moi, en sachant aussi qu'il n'y a pas eu de recherches sur ma maladie.Le plus révoltant, c'est qu'à mes demandes de recherche, les spécialistes répondent qu'il n'y a pas assez de cas comme le mien, pas suffisamment en tout cas pour permettre de pousser des recherches.Est-ce que je dois me dire qu'en raison du fait que je suis venue au monde avec une maladie rare, je n'ai pas droit à des recherches poussées pour trouver des remèdes qui pourraient me soulager Cette situation est très difficile, autant physiquement que mentalement.Physiquement, c'est souffrant ; mentalement, il est difficile de garder le moral en côtoyant si souvent des endroits me paraissant morts, sans vie, sans rires.sans espoirs.Pourtant, il me faut continuer à lutter.Je sens que je faiblis, j'ai bien beau en parler.Je sais que la médecine est impuissante.Devrais-je continuer à me sentir mourir tranquillement sans rien dire ?N'ai-je pas droit à des recherches qui pourraient trouver des solutions, des soins adéquats pour ma maladie, pour ma santé, pour ma vie ?Il n'y a pas de fondation pour cette maladie et pour d'autres maladies qui sont rares.Pourtant, les parents de ces malades ont, eux aussi, besoin d'aide.Ceux qui n'ont pas une maladie « traditionnelle » sont oubliés trop souvent ainsi que les membres proches de la famille.Est-ce humain d'oublier les gens comme Natascha Nold ça sous un simple prétexte de rareté ?L'honnêteté Internet: il faut préserver les valeurs est malade! D .MARCOTTE Les lois gouvernementales protègent nos jeunes.Pas de cigarette ni d'alcool avant l'âge de la majorité, classement des films présentés au cinéma, interdiction d'accès aux vidéos XXX dans les boutiques de location, revues porno placées sur la plus haute tablette du dépanneur, lois contre la pédérastie, etc.Le gouvernement québécois veille d'un autre côté à ce que les jeunes soient formés aux nouvelles technologies en facilitant l'accès presque gratuit à l'Internet et en subventionnant l'achat d'ordinateurs dans les familles.Que nos jeunes sont chanceux d'être si bien protégés et si choyés par nos gouvernants ! Ce dimanche matin, j'avais un problème avec mon ordinateur et je suis allée vérifier si cela venait d'un site Internet.Je me suis alors rendue compte que ma fille avait utilisé sa matinée pour aller en mon absence visiter des sites pornographiques.Bien sûr, la loi protège encore les jeunes : Avez-vous plus de 18 ans ?Cliquez ici.Si vous n'avez pas 18 ans, quittez ce site.Chez mes élèves de 11-12 ans, j'ai observé le même phénomène qu'à la maison : quand on demande à un jeune s'il a 18 ans, il a tendance à dire oui et à aller visiter le site en question.Cependant, la sexualité qu'on y montre n'est pas la vraie vie (organes surdimensionnés, pénétrations anales, exhibitionnisme, etc.) Comment le jeune considère-t-il ensuite la sexualité, comment voit-il les adultes qui lui font face ?S'il a déjà vu à 12 ans ce que bien des adultes n'ont pas encore eu l'occasion d'observer, et si facilement que c'en est risible, que lui restera-t-il à découvrir dans l'amour ?Je sais comment vérifier sur quels sites est allée naviguer ma fille.Combien de parents le peuvent et le font ?Combien sont au courant de tout ce à quoi peut être exposé un jeune navigateur curieux ?Il est temps que le gouvernement offre aux parents une formation sur la supervision des jeunes internautes, sinon nous nous préparons une drôle de société où même les meilleurs éléments auront vécu des expériences qu'ils n'auraient pas dû connaître à l'adolescence.Brancher les familles, c'est beau.Préserver les valeurs, c'est mieux.FRANCINE ALLARD L'auteure réside à Deux-Montagnes.C'était à la mi-mai.Je me suis rendue au CLSC Jean-Olivier-Chénier de Saint-Eustache vers la fin de l'aprèsmidi pour le remplacement de la carte d'assurance-maladie de ma cadette.Photo, baptistaire, signature du formulaire.La dame m'a demandé 10 $.Je n'avais pas mon chéquier et la Caisse populaire était fermée pour un mandat-poste.Je lui ai tendu un beau 10 $ tout neuf.La préposée m'a dit : quelqu'un va vous voler votre 10 piasses ! Chaque fois que quelqu'un paye en espèces, on lui vole son argent ! Je rétorquai : vous voulez dire qu'un fonctionnaire de la RAMQ vole l'argent comptant dans les enveloppes ?J'ai fait exprès.Ma fille est en Colombie- Britannique pour l'été et j'ai le temps de régler cette affaire, sa carte d'assurance-maladie n'étant pas honorée dans cette province de toute façon.J'ai tendu mon 10 $ avec résignation.La dame a souri.Elle m'a remis un reçu.Elle a envoyé le formulaire dûment rempli à la RAMQ.Mardi, j'ai reçu une lettre de l'Assurancemaladie.Il y avait écrit : « Nous avons reçu votre demande de remplacement de carte sans le montant de 10 $ exigé.» J'ai un reçu comme quoi j'ai payé 10 $.La préposée du CLSC n'envoie jamais les formulaires SANS le 10 $ exigé.Je dois conclure que l'employé(e) qui ouvre le courrier à la RAMQ met l'argent comptant dans ses poches.Un point c'est tout ! 400 000 livres de viande PIERRE ROUSSEAU L'auteur est un écrivain montréalais.Les fesses.On en parle.On les montre même en première page du journal.« Les grandes soeurs des seins, mais plus nature », dit Verlaine qui les aime bien : « Ces fesses, chair sublime, alme peau, pulpe fine, / Galbe puissamment pur, blanc, riche, aux stries d'azur » (Femmes ; Hombres) Montrer ses fesses ne date pas d'aujourd'hui.« Baisser ses culottes » est une expression très évocatrice, même chez les enfants.« Les petites filles appréciaient qu'il soulève leurs jupes, en allant communier », écrit Marie-Claire Blais dans Une saison dans la vie d'Emmanuel.Aussi à l'adolescence, sous le perron, dans la grange : « À baissait ses culottes pour trente sous, pour dix cennes, crisse.tophe, tu t'en souviens ! » (Michel Garneau, Strauss et Pesant, et Rosa) Parfois, l'exposition des fesses est involontaire et fait la joie de l'observateur attentif.Un carrosse ayant versé à la campagne, une dame, Mlle de Marolles, se retrouva cul pardessus tête.M.Vincent Voiture, écrivain, assista à cette scène, ce qui lui inspira un poème, dont voici un extrait : « Et Narcisse, alors convaincu, / Oublia l'amour de soimême / Pour se mirer en votre cu.» (Oeuvres de Voiture : lettres et poésies) Volontaire aussi.Un jour, monsieur Badin a la curiosité de se regarder le derrière dans une glace.« Quel spectacle ! (dit-il au directeur).Un pauvre petit derrière de rien du tout, gros à peine comme les deux poings ! .Je n'ai plus de fesses, elles ont fondu ! » (Courteline, Monsieur Badin) Jovette Marchessault dit, à propos d'Henri Miller, qu'il s'aime tellement « qu'il embrasserait son propre cul ! » (Anaïs, dans la queue de la comète) On retrouve aussi les fesses dans maintes chansons populaires, telle celle-ci : « Où vas-tu, ma mignonnette ?/ \u2014 Je vais chercher mes vaches./ \u2014 Veux-tu em'ner les miennes ?/ J'te donn'rai d'la bonn' galette./ Je te dirai qui l'a faite./ C'est ma soeur, la Clarinette./ Ell' n'avait pas les mains nettes./ Ell' s'est gratté la fesse./ Et pis d'aut' chose avecque ! » (Vieilles chansons de Nouvelle-France) Et l'érotisme.« Le cul de Simone ainsi dressé me semblait, il est vrai, une puissante supplication : il était parfait, les fesses étroites et délicates, profondément fendues », écrit Georges Bataille dans Histoire de l'oeil.Pour Montaigne, les fesses sont sujet de réflexion : « Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul.» Voilà pour l'aspect culturel.Donc, 2300 personnes (« 400 000 livres de viande ») se dénudent dans les rues de Montréal.Sur demande.Pour l'art.Un troupeau nouveau genre.Ici, l'exploit ne se reconnaît que dans l'extravagance du résultat.« Les gens qui ont posé pour Tunick ont manifesté leur différence », clame Martineau (Voir), citant plus loin Hoffman qui dit « Nous sommes tous pareils.» Selon Martineau, on naît, on se reproduit, on vieillit puis on meurt.Y a rien là, même les plantes le font.Ce qui fait l'humain, plus que son vécu, c'est ce qu'il s'apprête à faire.Être violent ou pacifiste ?Condamner ou accepter ?Nuire à son prochain ou l'aider ?« Pour contempler pendant deux heures les mystères de l'existence », griffonne encore Martineau.Et les naturistes se pètent les bretelles (si je puis dire).S'cusez ! La nudité intégrale ne change pas une personne.Elle garde son nom, sa mémoire, ses défauts et ses qualités.Même race, même culture.Même intelligence ou même bêtise.Sauf qu'elle n'a plus rien pour se protéger des regards d'autrui.Plus d'intimité.Mais laissons la contemplation pour le pragmatisme.Être entièrement nu pour jouer au badminton ou faire griller une brochette au poulet ne m'inspire pas tellement.Ce n'est pas la nudité qui mène le monde (s'cusez monsieur Brando), mais le verbe.Jules César, Hitler, Lincoln, Papineau, toutes les autres grandes gueules.Imaginez ces gens monter nus sur l'estrade.Imaginez Jean-Paul II flambant nu faisant son sermon un dimanche pascal.Leurs mots n'auraient plus le même sens.La nudité gratuite fait ridicule.Imaginons quand même que, du jour au lendemain, la nudité soit pratiquée par tous, en tous lieux et en tous temps.Dans le métro, au supermarché, au stade Molson, sur la Montagne, sur la rue Crescent, etc.La normalité.La conformité.Mais, voilà qu'un jour, un hurluberlu, pour une raison quelconque, se met un cache-sexe criard.On rit de l'original.Ou on se pose des questions sur ses intentions.On se méfie.Peut-être même qu'on le met en prison.En fait, ce qu'aiment les nudistes, ce n'est pas être nus, mais se « sentir » nus.D'ailleurs, ils le font dans des endroits propices, dans une ambiance confortable, une oasis.Ils font une halte.S'ils oublient finalement qu'ils sont nus, ils n'oublient jamais de se rhabiller pour revenir à la vraie vie.Très peu de peuples près de la nature vivent entièrement nus, il y a toujours un accessoire qui particularise le chef, le plus fort, le marié, la pucelle, etc.Il y a de cela deux siècles, le peuple baissait sa culotte et exposait son cul pour montrer son mépris aux bourgeois : « et quand elle en découvrait, ne pouvant leur cracher au nez, elle leur (les bourgeois) montrait ce qui était pour elle le comble de son mépris « .» elle releva ses jupes, tendit les fesses, montra son derrière énorme, nu dans un dernier flamboiement du soleil.Il n'avait rien d'obscène, ce derrière, et ne faisait pas rire, farouche.» (Émile Zola, Germinal).Si on expose ses fesses aujourd'hui, c'est pour montrer que tout est propre et net et qu'on n'en veut à personne, pas même à soimême.Tout est bien essuyé.La salubrité va jusque-là.On ne veut plus choquer, on veut amadouer.« À bas l'habit, à bas la bobette » scandent les initiés.Moi, j'aime bien mettre mes mains dans mes poches et marcher en sifflotant.Relever le col de mon blouson quand le temps devient frisquet.Admirer les cuisses d'une jolie femme à la jupe courte.Glisser ma main sous une blouse.Dégrafer une robe.Les vêtements, une belle invention qui permet la découverte d'autrui.en temps et lieu.La souffrance.G I L L E S PARISEAU L'auteur est un résidant de Wickham.Cycliste un peu, j'aime rouler la douce mécanique de mon vieux Schwinn sur le dos des paysages bucoliques.Trente kilomètres à l'heure sur un deux-pédales c'est grisant, mais à 45 ans quand la pédale intérieure plante dans le sol d'une courbe serrée, on perd quelques secondes de sa vie.Le fracas du casque sur le bitume et l'épaule qui laboure le sol sont un réveil brutal ! Je me retrouve à plat-cul au milieu de la route 139, le trafic dans le dos, l'esprit engourdi et les pieds empêtrés dans les pédales.Je vous jure ; l'intensité du sentiment est affolant ! Quelque chose m'empèse et ça ne vas pas ! J'ai l'épaule gauche à la place du coude et le coude qui répond mal.Rompu ; je traîne mon orgueil fourbu sur le gravier de l'accotement et tente de reprendre mes sens ; soulagé d'être là après tout.Des gens me surveillent au loin, leurs yeux sont inquiets ; ma souffrance semble leur, mais je doute qu'ils sachent quoi faire.Je vérifie ma bécane : ça roule OK.Je m'appuie deux minutes pour renouer avec l'instant présent, et je traîne mes sabots vers eux : parce que par là j'allais.Ici, les non-dits prennent toute leur importance, quand un des hommes d'un coup sec bascule sa tête vers l'arrière, expose ses nasaux pour demander « Ça va ?» ; et je réponds en hochant la mienne de gauche à droite.Il dégage une compassion plénière et je lui fais signe avec la paume de la main que je n'ai pas besoin de son secours car je vais chercher l'aide ailleurs.Rasséréné je suis, de savoir si je demande assistance : il m'aidera.À travers des mâchoires serrés j'articule un « Merci beaucoup ».C'est réconfortant de savoir quelqu'un bienveillant.J'ai certainement une drôle de tête : car chez mon ami, avant que je ne puisse dire un mot ; ses yeux écarquillés il me balbutie des courtes locutions incomplètes auxquelles je réponds aussi en condensé.Et de fil en aiguille je me retrouve à l'urgence de hôpital Ste-Croix de Drummondville.Deux fractures à la clavicule, deux côtes fêlées, un casque fendu, de la ferraille égratignée et l'orgueil écorché sont le lot de mon escapade.Sur ma civière un sentiment m'envahit ; doux celui-là.la gratitude.La vie ne tient qu'à un fil : pourquoi l'éprouver ?Ne croyez pas la sagesse un fruit du bel âge : elle est l'apanage de la souffrance ! Des milliers de personnes se sont déshabillées pour le photographe Spencer Tunick. 7LP1601A0617 A 16 dimanche 7LP1601A0617 ZALLCALL 67 01:04:24 06/17/01 B A 1 6 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 7 J U IN 2 0 0 1 2955000A "]
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