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Titre :
Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mainmise, 1973, Collections de BAnQ.

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^ des trips ^ Pénélope ^ des disques w de la cuisine $k descartounes ^ la gazette électrique ^ des massages érotiqu ^ toute la contre culture à rnl T Renaissance de la harpe celtique / Alan Stivell / Polydor 2424 069 / ce disque a remporté un des grands Prix de l'Académie Charles Cros.Egalement disponible au Canada.Alan Stivell / Live à l'Olympia / Polydor 2424 068 Au sein du "pop" français renaissant, Alan Stivell apporte une note exceptionnelle d'originalité et de pureté.Son talent international s'abreuve aux sources celtes et les transforme, sans les trahir, pour satisfaire les oreilles modernes les plus difficiles.1 Pôryâor Avant-propos C'est quoi le nouveau MM?On ne va pas vous faire un discours sur le nouveau MAINMISE.Puisque vous lisez ces lignes, vous l'avez entre les mains et l'on sait bien que vous allez, au moins, le feuilleter.Vous allez donc reconnaître notre style (! ) avec des modifications plus ou moins importantes.Vous allez aussi remarquer un regain d'énergie.C'est que l'on attache une grande importance à cette nouvelle expérience.On y va de notre effort et on compte bien continuer d'y aller.Décider de lancer MAINMISE en grand n'a pas été une décision facile.En fait CONTINUER a été notre seule décision et, sans doute, notre décision la plus importante depuis le jour de notre naissance.Parce que l'on a bien réfléchi et que l'on croit définitivement que le "rock n' roll is here to stay".MAINMISE est, de toute évidence, une aventure du rock n' roll.On est même dans le genre heavy avec un petit côté cochon, pas du tout BEE GEES, on s'excuse.Ce n'est pas notre faute.C'est comme ça que nous voyons le Québec qui comme le rock n' roll, lui aussi, est ici pour y rester.Avec un gros système de son, encore.On a apporté quand même des modifications.La première a consisté à agrandir notre petite équipe.Et aussi à agrandir notre champ d'action.On va donc parler de plus de choses.Par exemple, avec l'accord de Pénélope, MAINMISE entre dans le domaine du jazz et même de la musique classique.On va aussi aller faire un petit tour du côté des livres et, éventuellement du côté du cinéma.Ca ne veut pas dire que MAINMISE devient une revue art-z-et-lettres.Merci bien.On va aussi s'intéresser à toutes sortes de choses.Pour se faire on a demandé, et on va demander, à tous nos vieux freaks (aux jeunes aussi) de participer à nos pages.C'est ainsi que, dès ce numéro.Pierrot Léger, dont le livre "Embarke, mon amour, c'est pas une joke" a remporté un succès retentissant, se joint et se fixe à nous; il publiera dorénavant une chronique mensuelle.Il y en aura d'autres, beaucoup, on espère.Mais on continuera de diffuser les informations en provenance du Mouvement.Paul Alessandrini, qui collabore entre autres à ROCK n' FOLK, nous informera régulièrement de ce qui se passe chez les Français de France.Enfin, le Québec électrique tentera de développer notre façon de produire des énergies à nous.D'une façon plus générale, ceux qui croient que MAINMISE est une revue pour enfants, disons pour adolescents, si cette race existe encore, se trompent.Il est vrai que MAINMISE est lu par beaucoup de jeunes.Mais nous ne faisons pas MAINMISE pour eux, dans le but de leur plaire et pour qu'ils nous consomment.S'ils nous aiment, tant mieux.Leur lécher les bottines pour les acheter, jamais! Nous faisons MAINMISE pour tout le monde parce que c'est une façon de participer à tout ce qui donne une chance au vrai monde de reprendre un peu le volant du Vaisseau-Terre.Enfin, et c'est quand même important, MAINMISE n'appartient à personne.Le directeur "légal" actuel est Jean Basile-Bezroudnoff.Ca ne veut pas dire qu'il est le patron.Il y a sept personnes qui participent à plein temps à MAINMISE.Ce ne sont même pas eux les patrons.Chez nous, il n'y a que des travailleurs.qui prêchent, d'ailleurs, le droit de ne rien faire.Quand on a décidé que MAINMISE continuerait, on a aussi décidé que MAINMISE continuera en changeant comme changeront les temps, mais en restant toujours une revue d'informations destinées aux habitants du Village global.Cinq ans nous ont paru une bonne période de travail pour un "patron légal".Après ça, il y en aura un autre et, par conséquent un nouveau nouveau MAINMISE.Bien entendu, pour ceux qui ne l'ont pas encore compris et qui prennent ce magazine pour un ramassis de folies, on doit / rappeler que, MAINMISE oeuvre \ à tout prix pour une Société ) meilleure.Ce n'est peut-être pas ( une idéologie en trois tomes chez \ rimprimeur de la Reine, mais ce I n'est pas si mal quand même.( Venceremos.mavtvmftE MAINMISE \ Main mise/21/mars I973 Sommaire Chroniques page 3 / "Sto bout" / par Martineau page 4 / "L'Hibernation" / par Saul-Paul Sirag page 6 / "Le Nez-nombril" ou comment respirer par le ventre page 8 / "Alan Stivell et le rock celte" / par Jean Basile page 10/ "Les Freaks français" / de notre correspondant à Paris, Paul Alessandrini page 14 / "Un Plaidoyer pour une Société féminine / par Yoko Ono Articles Les Indiens parlent parfois / page 18 Une petite anthologie de discours de Chefs Indiens qui nous montrent que la Contre-culture ne date pas d'hier.Une architecture de survie / page 28 Survivre, c'est pouvoir se passer de la technologie industrielle, ce qui ne veut pas dire se passer de la technologie.De jeunes architectes travaillent sur des "éco-habitation" qui sont de petites usines à produire du gaz de chauffage et de l'électricité à partir du vent, du soleil.et de la merde.La médecine radicale / par Merrily Paskal / page 36 Les médecins, sinon la médecine, sont parmi la classe sociale la plus réactionnaire.Pas toujours cependant et des efforts individuels sont faits pour redonner à l'Art par excellence une physionomie humaine.La gazette électrique / page 43 Des Massages indous (et erotiques) / page 56 Mettez votre bonhomme sur le dos.Interdisez-lui de bouger.Suivez les conseils que vous donne cet article.Ouaou.page page 61 / Crumb Pop-Pénélope page 84 / "La Chronique de jazz" / par Richard Thérien page 89 / "La Musique classix" / par Jacques Thériault MAINMISE est un magazine mensuel publié sous l'inspiration directe de Pénélope.Le premier numéro a vu le |Our en octobre 1971.Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Directeur: Jean Basile Bezroudnoff Administration: Guy Latulippe Bérangere "Catou" Maltais Circulation et abonnements: Rolland Vallée / Robert Va de bo n coe u r / Sylvie "La Comtesse" Choquette Publicité: Jacques Latulippe Fabrication: Jim Collaborateurs réguliers: Merrily Paskal, Linda Gaboriau, Lili Lemaitre Auger, Pierre "Le Fou" Léger, Paul Alessandrini (France), Jacques Thériault (mu si qui.' classique), Pénélope (rock n' roll et jokes diverses), Richard Thérien (jazz), Michel Chevrier.Couverture dessinée par Michel Landry.Le titre de la "Gazette électrique" et "le petit oiseau porteur de pot" dessinés par Michel Pouhot.R é d .i c 11 o n , administration, circulation, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 rue St-Dems, Montréal 129, Province de Québec 843 4792.Courrier de deuxième classe, numéro 2511.Port de retour garanti par MAINMISE.La présente edition de MAINMISE, marquée du mois de mars, a été tirée à 30,000 exemplaires.Depot legal, premier trimestre 1973.I MAINMISE La nouvelle alchimie par Saul-Paul Sirag/AFS L'hibernation Tous ceux qui ont vu "2001: une Odyssée de l'espace" ne sont pas sans savoir que les astronautes passeront sans doute la plupart du temps de leur interminable voyage dans l'espace dans une sorte d'état d'hibernation.Et de fait, une petite preuve supplémentaire nous en est, d'ores et déjà, apportée par certains yogis qui peuvent, sur commande, ralentir le métabolisme de leur corps au point de "survivre" dans une sorte d'état inanimé.En bref l'hibernation consiste à réduire d'une façon considérable l'énergie de l'organisme.La température du corps est ramenée a un point proche du gel.Les battements du coeur s'atténuent et la respiration devient imperceptible.Plus radicale est l'"animation suspendue", laquelle consiste à arrêter complètement les battements du coeur ainsi que la respiration, et ce pour une période de temps assez longue.Mais il faut dire que la plupart des scientistes refusent cette théorie, prétendant que le manque d'oxygène lèse définitivement le cerveau et ce, dans les dix minutes qui suivent le manque d'oxygène.Pas tous cependant! Des savants allemands (K.A.Hossman et K.Sato) ont fait, dès 1970, des expériences sur les chats; lesquelles expériences ont montré qu'il était possible de stopper l'oxygénation de l'animal pour une heure complète, puis le ramener à la vie sans lésion du cerveau.La vérité est que l'on ne sait pas VRAIMENT si c'est le manque complet d'oxygène qui crée les lésions du cerveau.On ne connaît pas les causes possibles.La recherche continue dans ce sens et, depuis quelque temps, avec un certain optimisme.Une récente expérience, simple mais spectaculaire, ouvre, peut-être des voix nouvelles.Elle Le "cercueil à hélium" de 2001 a été menée par Harry Waitz, un étudiant en biophysique de Berkeley.Harry Waitz a plongé des salamandres dans une atmosphère composée presque exclusivement de gaz hélium.Les salamandres ont continué de respirer, leur comportement était de plus en plus calme.La température était de zéro centigrade, point de congélation de l'eau pure.Les salamandres ne gelèrent pas car l'eau contenue dans leur corps, étant salée, a un point de congélation un peu plus bas.Aussitôt que les salamandres furent extirpées de leur atmosphère froide d'hélium, elles retrouvèrent toute leur vie et se comportèrent comme si rien ne s'était passé.Les salamandres ont évidemment la vie dure, au point de pouvoir faire repousser une queue coupée, elles peuvent hiverner pour de longues périodes.Cependant, leur ensemble cellulaire est aussi complexe que celui des humains.Elles ont une colonne vertébrale, un coeur et un système nerveux relié au cerveau.L'hélium est un gaz inerte qui ne réagit que difficilement avec les autres chimiques.Selon les apparences, les salamandres par le simple fait de respirer de l'hélium furent en quelque sorte forcées d'hiberner.Bien entendu, il devait y avoir de l'oxygène en suspension dans l'organisme des salamandres puisque l'hibernation en exige.Mais à quel degré?Et combien de temps cette hibernation pouvait-elle durer?Enfin, quelle est la marge qui différencie cette hibernation à la fameuse "animation suspendue"?Waitz est en train de refaire ses expériences avec un matériel accru, dans le but de vérifier tous ces points.Il va utiliser, en particulier, un électro-encéphalogramme pour mesurer les changements possibles du tissu cérébral.Il ne s'agit pas de prétendre que l'hibernation à l'hélium est le prochain "high" ou le prochain ''down'' des élites expérimentales.Il ne s'agit pas davantage de prétendre que les chambres d hibernation de "2001" étaient remplies d'hélium.Du moins, l'on peut assurer que la recherche est solidement commencée sur l'hibernation assistée qui sera celle de nos futurs voyages temps/espaces.4 MAINMISE MAINMISE 5 La machine sauvage Le nez-nombri En principe, tu respires.Enfin, je l'espère pour toi.Mais comment respires-tu?En gonflant la poitrine et en comprimant l'estomac?Si oui, lis donc cet article.Il s'adresse à toi.C'est tout de travers qu'on nous a appris à respirer."La poitrine en avant.le ventre en dedans! ", nous disait-on sur un air de marche militaire.Si cela était en accord avec les notions de beauté qu'on essayait de nous inculquer, il n'en fallait pas de même pour ce qui est de la santé.Respirer ainsi est anti-naturel.Avec un peu de volonté et d'énergie, il t'est heureusement encore possible de retrouver la vraie façon simplement en redécouvrant ton centre vital, le point d'équilibre qui régit ton corps et qui se situe deux pouces environ sous le nombril.Ce point — l'abdomen — les Japonais l'appellent le Hara.C'est le centre de gravité physique de l'homme.Il n'y en a pas d'autres.Ce ne sont, comme on nous l'a toujours appris, ni la poitrine, ni le coeur, ni la tête, ni la queue.Points du corps à partir desquels nous établissons — selon que nous sommes "énergiques", émotifs, intellectuels ou "sexuels" — toute notre ligne de conduite.Avec pour résultat la mainmise de l'ego sur le corps entier.Les Japonais en général nous semblent entourés d'une aura de calme.Ce n'est pas qu'une apparence.Cette aura est l'émanation de leur contrôle du Hara.On peut le voir dans leur vie de tous les jours.Ainsi, quand un Japonais s'asseoit, jamais il ne courbe le dos, comprimant ainsi son estomac.II se tient droit et calme, l'abdomen libre.Quand il se tient debout, il ne se dandine jamais d'un air de nonchalance comme nous pouvons le faire, tout le poids du corps sur une jambe, l'autre jambe se balançant dans le vide.Jamais non plus il ne se tient raide, les épaules "en arrière", la poitrine "en avant", comme s'il portait un corset.A se tenir de la manière dont il le fait — les épaules et les bras pendant librement, quoique droits — il nous paraît même gauche ou mal-bâti.Essaies pourtant de lui faire perdre l'équilibre.Jamais tu n'y arriveras, même en le prenant par surprise.Pourquoi?Parce qu'il est toujours en équilibre.Son centre de gravité est dans son abdomen, non dans sa poitrine.C'est ce qui lui donne le contrôle constant de tout son corps.Dans PAikido, le plus subtil des arts martiaux japonais et qui se définit comme l'art de la non-défense (ou de la non-résistance), le premier contrôle à prendre est celui du Hara.Une fois ce contrôle amorcé, même si tu te tiens debout négligemment, sans défense, il devient difficile (impossible, une fois le contrôle acquis) de te faire perdre l'équilibre.Si quelqu'un essaie de te soulever et que tu résistes, tu tends tes muscles et te concentres sur ta tête, la partie de ton corps que tu tiens le plus à garder en position droite.Si par ailleurs, dans la même situation, au lieu de les durcir, tu détends tes muscles et te concentres plutôt sur ton ventre, que se passera-t-il?Tu deviendras presque impossible à soulever.C'est que tu auras obéi à ta loi de gravité.L'homme qui contrôle son Hara n'a pas besoin de force physique au sens où nous 6 MAINMISE l'entendons (agressif le plus souvent).Sa force, il s'en sert d'une toute autre façon, s'il a à s'en servir.Car le but du contrôle du Hara n'est pas la mainmise de l'ego sur le monde mais au contraire l'unification de cet ego avec le monde.Ce n'est évidemment pas chose facile.Cela demande un effort long et conscient seulement pour en approcher.Pourtant cet état d'unification (ou de ''retour") atteint est le plus sain qu'on puisse imaginer, les conflits d'ordre émotif ou psychologique n'ayant aucune prise sur lui (toutes les névroses provenant d'un manque de contrôle, par refus ou négligence, du corps).Nous, Occidentaux, tenons notre moi pour notre plus grande richesse.Tout ce que nous entreprenons est conditionné par ce moi.D'où, très souvent, à cause de la tension engendrée entre ce moi et le monde, la peur de l'échec, l'anxiété, la division intérieure, la dispersion.C'est toujours plus ou moins, et dans notre vie sexuelle comme partout ailleurs, l'affirmation de nous-mêmes et la sécurité que nous recherchons.Finalement nous ne savons que très rarement adopter des attitudes libres et gratuites vis-à-vis des autres et des choses.Toujours le moi nous tient en haleine.En alerte.Nous croyons toujours que nous allons "perdre" (quoi, nous ne le savons pas) si nous nous abandonnons.Tant que nous ne chercherons pas à investir notre force ailleurs que dans notre moi, nos moi, nous continuerons pourtant à être divisés en nous-mêmes et entre nous.Il n'est pas à la mode aujourd'hui d'avoir un gros ventre.Les femmes en particulier sont "dressées" à comprimer les leurs, au profit d'autres formes ("Ma gaine me fait mourir" et toute la boulechite publicitaire).Les hommes, eux, ont en général la peur de "grosse bedaine", signe supposé de paresse et de déchéance.A moins évidemment qu'il ne s'agisse du "ventre de bière" dont on se glorifie.Au Japon, un ventre rond et ferme est un signe de beauté.L'homme d'apparence faible peut même se reprendre là.Il ne s'agit bien sur pas du volume du ventre comme tel mais du poids acquis-donné à son centre intérieur de gravité par quelqu'un et qui démontre chez lui une libération de l'ego.Un sens de "réalisme" aussi bien, l'homme ayant le contrôle de son Hara étant en contact parfait avec lui-même et le monde dans lequel il vit.Regardes simplement une statue du Bouddha.As-tu déjà vu un plus "beau bedon"?Il y a plus.Le contrôle du Hara est aussi bien le contrôle du corps sur la douleur physique.En général, une personne malade est retardée dans sa guérison par une tension trop grande de l'organisme.Ce qui n'arrive jamais à celui qui a le contrôle de son Hara, celui-ci lui permettant, en même temps de se libérer et de se réintégrer à volonté.Nous croyons que c'est notre précieux petit moi qui est l'élément créateur en nous.Les gens qui contrôlent leur Hara ont accès à une créativité beaucoup plus grande que la nôtre.Un exemple?Les adeptes de la pratique du Hara perçoivent les couleurs avec une intensité nouvelle.Karlfried Durckheim, l'auteur de "Hara" (Allen and Unwin, London, 1962), rapporte dans son livre l'expérience similaire racontée par Aldous Huxley dans "Les Portes de la Perception".Huxley atteignait ce degré de sensibilité de conscience, la nouvelle perception des couleurs allant de pair avec une certaine dissolution du moi dans le monde, par l'usage de la mescaline.Imagines-toi vivant un état pareil tout le temps et sans recours à des moyens artificeîs pour y arriver! C'est ce que donne pourtant le contrôle du Hara.On n'y arrive bien sûr pas du jour au lendemain.La pratique du Hara ne peut être couronnée de succès que si celui qui s'y adonne en sent le besoin profond.Celui qui n'est qu'à la recherche d'un moyen de défense ou de sensations nouvelles n'ira pas loin.Un engagement de toute la personne et une grande volonté sont nécessaires.Une grande patience aussi.Il ne s'agit pas d'un "kit à kicks", mais d'un art de vivre.Adopter la bonne position est le premier pas: épaules pendantes (naturellement), abdomen libre (relâché mais non avachi) avec une certaine force concentrée sur lui.Il s'agit de ramasser tout ce qu'il y a dans la tête, le coeur et la poitrine et de la "descendre" là.Cela demande quelques années de pratique pour y arriver avec un naturel complet.Pour nous, Occidentaux, en tout cas, qui avons toujours été puis nous sommes nous-mêmes conditionnés à nous durcir.C'est beaucoup plus vite — au bout de quelques séances seulement — que tu sentiras une nouvelle liberté physique et un changement de ta personnalité.Tu auras, à mesure que tu progresseras,, beaucoup moins d'effort de volonté à faire.Tout se fera toujours plus spontanément.Il ne s'agit que de t'asseoir aussi longtemps que tu en sens le besoin.Epaules — je répète — pendant naturellement, abdomen libre.Autre condition essentielle: les genoux doivent toujours être placés plus bas que les os iliaques (à la hauteur des fesses, disons, si tu es assis).Cela empêcherait la circulation de se faire à partir du Hara.Tu peux aussi pratiquer la position debout.Aussi enracinée que puisse être la tension de l'ego en toi, bientôt, simplement en te concentrant en quelques secondes sur ton abdomen, en t'abandonnant, tu pourras arriver à t'en libérer d'un coup.Toute tension vient, en effet, du moi, jamais du ventre.Notre grande erreur tient en ce que nous respirons mal.Nous respirons avec nos poitrines au lieu de le faire avec le diaphragme.Pour bien respirer, il suffit de remplir celui-ci de plus d'air possible et ensuite d'expirer lentement, ne gardant qu'un peu d'air en dedans.Il faut évidemment procéder par étapes.L'important n'est pas le temps qu'on y met (il vaut d'ailleurs mieux y aller doucement au début) mais la fidélité des séances.Cela demande un effort pour changer sa manière de respirer.Une fois ce changement réalisé, il est presque impossible de revenir à la façon ancienne tellement on se sent mieux.C'est une question de souffle et.de beaux bedons.MAINMISE 7 Découvrons Alan Stivell par Jean Basile Le rock celte Tout le monde sait ou devrait savoir que la Bretagne, ce n'est pas la France.Les Bretons sont celtes.Ils accusent les français de génocides.Et il est vrai que, province française, le gouvernement de Paris a depuis toujours tenté de réduire la langue bretonne à une espèce de folklore qui va de paire avec les coiffes, les "pardons" (cérémonies religieuses et rassemblements ethniques), le sous-développement économique et culturel.Enfin, tout un kit que les québécois (qui sont, au passage presque plus "français" que les Bretons) comprennent.Comme toujours, dans le "Mouvement", la musique se trouve en tête de pont.Ainsi, il y a eu sinon un "rock Festival", un Festival tout de même où les musiciens bretons ont bien montré qu'ils existaient et qu'ils comptaient participer au renouveau et de leur race, et de leur musique et de leur langue.Un tel festival s'est tenu à Moelan-sur-Mer où se sont produits des groupes bretons, comme les "tri Yann Naoned" et les "Leprechauns", etc.Mais le plus connu (il est même très à la mode) c'est évidemment Alan Stivel.Ce jeune folkloriste breton a le coeur de tous ceux qui participent au mouvement.Ses disques, inspiré du rock/folk international, mais très enracinés dans l'humus breton, n'étaient pas disponibles au Québec.Ils le sont maintenant, du moins partiellement et des freaks québécois de plus en plus nombreux apprennent à triper sur la musique du biniou (qui n'est autre que la cornemuse) et de la harpe celtique.Vient donc de paraître (et on le trouve ici) un disque "technique" qui se nomme, un peu sèchement, "Renaissance de la harpe celtique".Est-ce côté ethnologique qui lui a fait attribuer un "Grand prix du disque",, suprême récompense française (! ) dans le domaine de l'enregistrement.Peut-être mais il ne faudrait pas se laisser prendre.L'intérêt d'Alan Stivel, c'est que tout en étant un authentique "musicien pop", c'est-à-dire un musicien moderne et engagé, il reste un remarquable chercheur.Il connaît la richesse et de la poésie et de la musique bretonne, il la ressort sans jamais la trahir mais en lui donnant un cachet qui nous la rende immédiatement accessible.Ce disque en est un exemple.Alan Stivel joue de la harpe celtique (dans sa version bretonne dont on retrouve, historiquement, des exemples graphiques dès le début du premier millénaire) en utilisant parfois les méthodes modernes de la guitare électrique (comme le "Picking").Il s'entoure, à dose égale, soit d'instruments ''traditionnels", soit d'instruments "modernes".Il improvise aussi, comme il se doit."Renaissance de la harpe celtique" est un disque qui 8 MAINMISE s'écoute avec enchantement.C'est très certainement aussi un disque des plus important dans la "musique pop" française, un peu au même titre qu'est important les apports du violonneux dans une composition de Charlebois.Distribué également au Québec, "Alan Stivel, Live" donnera l'autre image du jeune folkloriste.Il s'agit d'un concert enregistré en public au théâtre de l'Olympia à Paris.Non content de jouer de sa harpe, Alan Stivel y chante aussi, ce qu'il ne fait absolument pas dans le disque précédent.C'est sans doute un Alan Stivel moins rigoureux que l'on retrouve sur ce disque mais c'est aussi un chanteur-instrumentiste plus divers qiie l'on retrouvera.Ici, plus de longs instrumentaux mais une série de chansons assez courtes, la plupart inspirées du folklore traditionnel avec, ici et là, une courte intervention à la guitare électrique ou encore, beaucoup plus charmant, un petit duo guitare-cornemuse, ce dernier instrument en passe de devenir (parions-le) une autre vedette du rock.Les deux disques valent d'ailleurs, en attendant les autres, qu'on les achète.C'est sans doute assez éloigné de tout ce que l'on connaît, même des groupes anglais typiquement folkloriques comme "Incredible String band".C'est aussi un peu plus "pur" que ce que l'on aime ici et l'on serait en droit d'attendre quelque chose d'un peu plus adapté à notre oreille.Il reste incontestable que ces deux disques sont en très bonne santé.La santé musicale d'un peuple correspond toujours à la santé de son moi intérieur le plus profond.Peut-être qu'un jour on parlera plus du pot de Morlaix que des fraises de Plouaret.Ce sera sans doute le jour où les groupies de tous poils se mettront à regarder avec intérêt "A la canadienne" où fusent les plaisanteries solides sur le Saint-Tit Gold, au lieu de s'endormir sur les niaiseries de Donald Lautrec, de "Jeunesse d'aujourd'hui" (d'aujourd'hui?) tout en s'administrant du Coke, l'autre.en concert Gerçtle Giapt et nécessité A Montréal billets en vente à l'Alternatif et Galaxy MAINMISE 9 Les Freaks français par Paul Alessandrini Un premier trip De notre correspondant à Paris / Il serait difficile de vouloir situer les différentes activités marginales en France, sans effectuer un retour sur la genèse d'un mouvement qui s'impose chaque jour comme plus important.S'il y a toujours existé, sur le plan social ou littéraire, des mouvements en rupture, rarement l'érosion du système en place ne s'est faite de cette façon à la fois diffuse et profonde.C'est bien entendu la mini-révolution existentielle de mai '68 qui a servi de révélateur.Nous vivons en ce moment les retombées de cet accès de fièvre qui secoua les institutions bourgeoises.Certes ces institutions se sont remises en place, mais l'équilibre n'est qu'apparent.Dans les lycées, les facs, à Paris, en province, rien n'est plus tout à fait pareil.L'imagination n'a pas totalement pris le pouvoir, mais alimente des actions de guérilla qui, dans des circonstances toujours renouvelées, remettent en cause l'ordre moral, artistique ou littéraire établi.Chacune de ces actions amène la bourgeoisie à lâcher du lest; pas assez pourtant pour pouvoir de nouveau s'assoupir dans sa bonne conscience.Les réveils sont toujours brutaux et inattendus.L'"underground" au sens large, en France, est alimenté par toutes les idéologies, théories, des mouvements artistiques passés (mouvement dada, surréalisme, existentialisme, situationnisme) et leur rencontre avec les philosophies politiques dérivées du marxisme (trotskisme, maoïsme).A cela vient s'ajouter l'influence des activités marginales aux Etats-Unis, dont la presse s'est fait l'écho.Une chose est certaine: jamais, et cela depuis CRUMB foi LE PARAPLUIE KBfflW mai '68, le détournement de la lutte politique rigide au profit d'actions incessantes pour une libération totale des moeurs, du travail, etc., donc de la vie dans son ensemble, n'a été aussi important; mouvement écologique, de libération des femmes, des homosexuels, révolution sexuelle, écoles parallèles, principes communautaires, etc., sont autant de formes que prend le vaste mouvement qui secoue la France, vieux pays qui n'arrive pas à assumer sa technologie et fait appel constamment à son vieil ordre rationnel, culturel et moral, pour endiguer le flot constant qui vient le submerger.On peut réellement parler de panique pour qualifier l'état dans lequel se trouve la bourgeoisie: si la répression est constante, l'escalade dans la lutte est, elle aussi, continue.A partir de ces données générales, il est possible de passer en revue chacun des aspects que prend le mouvement de r a d i c a 1 i s a t i o n ou de détournement souterrain.Il existe maintenant par exemple des équivalents français du Women's Lib ou du Gay Power.Le mouvement de Libération des Femmes, dont le journal "menstruel" (comme il se désigne lui-même) s'intitule "le torchon brûle", a multiplié depuis quelques mois ses actions: meetings, manifestations, sur des terrains précis comme la liberté de l'avortement.Se sont ralliées à sa cause, donnant ainsi un maximum de publicité et d'impact à leur mouvement, des écrivains célèbres comme Simone de Beauvoir, des comédiennes comme Delphine Seyrig ou Françoise Fabian.Le MLF essaie, tout comme le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, d'articuler sa lutte de libération avec une action plus globalement politique de remise en cause de la société bourgeoise.C'est essentiellement la sacro-sainte famille que l'un comme l'autre attaquent en premier.Dans "le fléau social", journal du FHAR, s'établit un dialogue: témoignages, 10 MAINMISE MAINMISE 11 réflexions, mais aussi analyses et modes d'action.Une fraction dissidente a créé son journal: l'"Antinorme" (sous-titre: "Prolétaires de tous les pays, caressez-vous.") De la base opérationnelle que fut un temps l'école des Beaux Arts, et depuis le numéro spécial que lui consacrait le journal maintenant disparu "Tout", le mouvement s'est largement étendu.De la même manière, on ne compte plus les publications marginales qui luttent pour la protection de la nature et sur tous les aspects particuliers de l'écologie: lutte contre les centrales atomiques, la pollution des eaux, de la nature, etc.Celui qui fut un peu le chef de file du mouvement et lui donna l'audience qu'il a maintenant est sans aucun doute le dessinateur Fournier.A partir de sa chronique hebdomadaire dans Charlie Hebdo, il a su servir de moteur de l'action, en même temps que de courroie de transmission de l'information.Ainsi la marche contre la centrale atomique de Bugey devait attirer plus de vingt mille personnes.Depuis quelques mois, Fournier a créé, avec d'autres membres du mouvement écologique, un mensuel de synthèse et d'information, "la gueule ouverte" qui connaît un énorme succès.Pour la première fois aussi en France, l'underground ose s'attaquer à l'armée: plusieurs dizaines d'objecteurs de conscience ont refusé de porter l'uniforme, soutenus par toute la presse souterraine, et une partie de la presse officielle.De la même manière, toute une série de manifestations se sont succédées pour s'opposer au projet du ministre des armées qui veut transformer plusieurs milliers d'hectares d'une des plus belles régions de Frarrce, le Larzac, en un vaste terrain militaire d'entraînement et d'expérimentation.Groupés dans cette même lutte sur un terrain précis, on retrouve à la fois les gauchistes et les militants écologistes.La remise en cause de l'ordre officiel se fait aussi au niveau médical, dans le domaine psychiatrique, où les théories de l'antipsychiatrie (Laing, Cooper) trouvent de plus en plus de partisans.Un médecin, le docteur Carpentier, en écrivant un tract, "Apprenons à faire l'amour, apprenons à faire la fête", et en le faisant distributer aux portes des lycées a été à la base d'un affrontement violent entre les partisans d'une liberté sexuelle totale et les tenants de la morale traditionnelle (les parents).Mais la bombe a éclaté et les lycées sont une fois de plus le théâtre de la contestation.Une multitude de feuilles underground apparaissent dans chaque coin de France, chaque lycée, répandant les idées, les théories, les principes de vie expérimentés par tous les marginaux.Il serait très difficile de donner les noms de toutes ces publications, les unes consacrées plus précisément à l'écologie, d'autres à la bande dessinée, d'autres aux principes communautaires, etc.Citons toutefois "le Parapluie" qui regroupe dans son contenu toutes les préoccupations de la contre-culture: recettes macrobiotiques, dope, musique, poésie, sexe, etc.Zinc, lui, est entièrement consacré à la bande dessinée: de nouveaux noms de dessinateurs sont apparus (Guitton, Besnainou, Nicoulaud), qui s'opposent ouvertement, à la manière des dessinateurs de comix américains, aux lois régissant l'univers des "petits mickeys".Suivant leur exemple, trois dessinateurs de la presse officielle (en l'occurence l'hebdomadaire Pilote) ont décidé de produire eux-mêmes ce qui apparaît comme le premier comix français: "L'écho des Savanes".Deux numéros sont pour le moment parus (le second a d'ailleurs connu des menaces de saisie).Pour la première fois donc, des dessinateurs aussi célèbres que Mandryka et surtout Gottlib ont décidé de passer outre aux interdictions qui frappent les publications pour la jeunesse (on pense aux histoires et contes de l'enfance, comme Le 12 MAINMISE petit Chaperon rouge, Blanche Neige, etc., revus et corrigés par Gottlib).Charlie Hebdo, créé par l'équipe d'"Hara Kiri" reste bien qu'officiellement diffusé, le modèle pour toute une génération de dessinateurs.Reiser, Cabu, Wilhem, Wolinski, ont fait des adeptes et resteront comme les caricaturistes les plus violents de notre époque.Gébé, une autre des fortes personnalités de la bande dessinée française a même été à la base d'une expérience étonnante.Depuis plusieurs mois, et cela à chaque numéro, il a envisagé, dans Charlie Hebdo, un modèle de société l'An 01.Un principe simple: on arrête tout et on réfléchit.Dans les campagnes, les villes, les usines, partout on stoppe et on réapprend à jouir du temps qui passe.De là est venue l'idée d'un film tourné grâce et avec les lecteurs, un film dont Gébé, dans ses bandes, avait écrit le scénario mais aussi le découpage.Participèrent au tournage de ce film "L'An 01", réalisé avec peu d'argent, la plupart des freaks qui forment l'underground français (dessinateurs, musiciens, gens de théâtre, etc.).Le mensuel 1'" Actuel" même s'il est réalisé avec des moyens importants a joué et joue un rôle important dans la diffusion des idées, des théories et notamment celles qui se trouvent dans les publications américaines: journaux, livres.De plus "Actuel" sert de trait d'union entre les Freaks de France (à la manière et complémentaire à Charlie Hebdo): petites annonces, conseils pour la fabrication d'un journal, etc.Aussi douteuse que puisse être par ailleurs l'entreprise (rentabiliser l'underground — se créer une spécificité par rapport à l'ensemble de la presse), Actuel joue un rôle non négligeable.Quelques dizaines de milliers de lecteurs font chaque mois connaissance avec la bande dessinée underground (américaine et française) apprennent l'existence d'une alternative: expériences communautaires, architectures différentes, etc.Le mouvement de rupture a touché de plus tous les domaines de la création: cinéma, théâtre, musique, etc.(nous y reviendrons le mois prochain) mais ce qui manque le plus ce sont les structures d'acceuil car c'est là que la bourgeoisie exerce le mieux sa censure.Il est très difficile de trouver des salles pour les concerts, les manifestations théâtrales, les happenings, les nuits de cinéma; de trouver des locaux pour répéter, pour monter les films, etc.C'est une des raisons pour lesquelles l'underground en France rejoint sans cesse le combat politique.Seules quelques librairies largement ouvertes aux productions alternatives se sont ouvertes: elles sont le carrefour où se rencontrent les Freaks mais aussi les "vedettes de l'underground".Citons la librairie l'Actualité, devenue rapidement célèbre (les freaks viennent du monde entier) parce qu'on y trouve toute la presse parallèle française, mais aussi des livres rares, les comix américains, tous les fanzines, toute la science-fiction, des livres sur les philosophies hindous, etc.et bien sûr les ouvrages sur le surréalisme, les mouvements dadas ou le situationisme.L'endroit idéal pour être branché.Citons aussi la Librairie Parallèle dans les Halles.L'Open Market, un des autres lieux importants à Paris, se consacre exclusivement à la musique (disques pirates et rares), la presse underground (anglo-saxonne), les song-Books pirates.En Province, il existe de la même manière, des librairies marginales comme la "Librairie-Bazaar" à Strasbourg, créée par un collectif sur l'initiative d'un journal underground de la ville "Vroutsch".Des labels souterrains se sont créés pour le disque, quelques lieux se sont ouverts pour la diffusion d'un cinéma marginal.Nous en parlerons donc le mois prochain.MAINMISE 13 Yoko Ono revient de loin.Parce qu'on a fait d'elle une sorte d'hystérique enfermée dans un sac de patates et parce qu'elle est la femme de John Lennon, la plupart d'entre nous ont refusé de la prendre au sérieux.Pourtant son rôle de leader se dessine de plus en plus dans la contre-culture.En tout cas, elle a été avec son mari, John et le groupe ELEPHANT'S MEMORY (quel nom magnifique! non, nous n'oublierons pas, messieurs de l'Etablissement) l'un des quelques points vraiment dignes d'intérêt dans la culture rock de 1972.En publiant son premier disque presque seule (" Approximative^ Infinite Universe" cf l'article de Pénélope), elle fait un acte de courage dont on serait vraiment cynique de rire.Bien entendu, Yoko Ono n'est pas une "artisss" dans le sens traditionnel du mot.Son acte de courage est double, puisqu'elle s'y affirme comme l'un des meilleurs chantres de la "féminité", tâche entreprise (et avec quel succès) avec "Woman is the Nigger of the World".Toutes les paroles des chansons, ou presque, sont destinées à définir la "condition féminine" ainsi qu'à en chercher les issues possibles.Sorte de résumé de ces "chansons", qui, parions-le, ne plairont pas aux "féministes" pognés, dont la race est si nombreuse, le disque contient une sorte de "Déclaration de la Les 4 super-mâles québécois Votre travail de classe: décrivez en 2 pages la' société québécoise, advenant la venue au pouvoir, de ces 4 super-mâles en même temps.femme" dont voici la traduction française.Un Univers approximativement infini par Yoko Ono i Le fait de réclame* avec force plus d'emplois dans la société qui existe n'est certes pas une fin en soi des Mouvements féministes.Bien que nous pensons que cela fait partie de la lutte.Mais il reste nécessaire de lutter jusqu'à la liberation finale de la race féminine.Que pouvons-nous faire?Cette société est, en effet, celle-là même qui a tué la liberté de la femme; celle-là même qui vit sur l'esclavage de la femme.Si nous tentons d'accéder à notre liberté dans les cadres de cette société, imaginée par des hommes qui la gèrent, nous continuerons à recevoir des petites compensations, lesquelles consistent uniquement à nous abandonner une petite place dans cette société qui leur appartient.Alors, quelques-unes d'entre nous finiront par accéder à des postes élevés et deviendront dès lors une sorte d'élite.D'autres seront destinées à produire des bébés.D'autres en arriveront à penser que se joindre aux perversions et aux folies masculines, c'est un peu comme se joindre à l'armée, ou se joindre au trip sexiste, etc.Le seul changement majeur dans le mouvement révolutionnaire féminin a été la "sortie" officielle du lesbianisme.Pour beaucoup, le lesbianisme n'est qu'une façon d'exprimer un sentiment de rebellion contre la Un plaidoyer pour 14 MAINMISE société masculine existante, par le biais de la liberté sexuelle.Cela aida les femmes à mieux comprendre qu'elles n'avaient pas vraiment besoin des hommes.Cela leur donna aussi une sorte d'alternative au fait de devoir passer 90 pour cent de leur temps à attendre un homme, ou à trouver un homme, à moins que ce ne soit tout simplement de vivre pour lui.Pourtant cette alternative consiste souvent à remplacer un homme par une femme, de telle sorte que cela n'est pas réellement libérateur.Bien entendu, quelques soeurs apprirent à aimer plus profondément une femme que le simple lesbianisme de plaisir.On doit admettre cependant que d'autres soeurs se mirent tout simplement à chasser la femme comme le font exactement les hommes.Le but final de la libération de la femme n'est pas seulement une échappatoire à la domination de l'homme.Que dire de la propre libération de notre esprit de toutes ces histoires que sont l'ignorance, l'avarice, le masochisme, la peur de Dieu et les tabous sociaux?Il est très difficile d'oublier l'influence du paternalisme dans notre société.S'il nous faut confronter la réalité, il n'y a guère de choix que d'accepter la présence de l'homme dans notre village global, d'accepter la co-existence, de telle sorte que nous devons trouver une façon de l'assumer.et de l'assumer bien.Par exemple, nous avons besoin immédiatement d'une participation plus positive de l'homme aux soins de l'enfant.Mais comment faire?James Baldwin a déjà parlé de ce problème."Je ne peux pas, dit-il, donner un spectacle toute la journée à mon bureau, pour revenir en donner un autre dès que je rentre chez moi." Comment pouvons-nous demander aux hommes de s'occuper davantage des enfants dans les conditions sociales présentes, qui font qu'ils doivent donner un "spectacle" à leur travail et qui font encore que prendre soin des enfants soit un autre "spectacle"?Les hommes contemporains doivent accepter un changement radical dans leur manière de penser avant de se porter volontaire pour le soin des enfants, avant même de penser a prendre soin de ces enfants.Leur travail doit cesser d'être un "spectacle" et alors ils pourront penser à un autre mot que "spectacle" quand il s'agit de prendre soin des enfants! Prendre soin des enfants, la plus importante des tâches si nous voulons organiser notre futur, n'est plus un plaisir pour la majorité des hommes, ni même pour la majorité des femmes dans notre société.Une des principales raisons en est que la société entière est conçue pour vivre selon l'image crée par Hollywood et Madison Avenue, une sorte de vie pour les hommes et pour les femmes qui n'a rien à voir avec le soin des enfants.En fait, nous faisons face à une sérieuse crise d'identité.Une vitesse et une force dignes de neuropathes, accélérées encore par l'avarice, sont le moteur de notre société, ainsi que la frustration qui naît de l'impossibilité où nous sommes de ne pas pouvoir accéder aux standards imposés par l'image, cette image créée par les hommes et les femmes et qui pourtant n'a rien à voir avec la réalité.Comment pouvons-nous être des éternels James Bond et des éternelles Twiggy (faux cils et l'air de "je n'ai jamais eu un enfant" et de "je n'ai jamais pris un repas complet de ma vie"), en prenant soin tout en même temps de trois enfants?Dans cette image inventée de toutes pièces par notre culture, comment la réalité d'un enfant peut-elle prendre place?La réalité d'un enfant devient une menace directe à notre existence fausse.une Société féminine MAINMISE 15 V • * • ¦ r t 2000 ans d'efforts En quelques 200U les hommes ont montré" l'échec de leurs % méthodes.Le seul jeu que nous jouons avec nos enfants est celui de chasser les étoiles.Mais pas les vrais étoiles, hélas.Les "Etoiles", ceux et celles dont nous croyons qu'ils ont atteint les standards de l'image de rêve que nous avons imposée à la race des humains.Nous ne pouvons même plus nous faire confiance nous-mêmes, parce que nous savons que nous sommes dans le fond, eh! oui.trop réels.Nous en sommes à nous excuser toujours de ce qui est réel en nous.Nous nous excusons de tomber, nous nous excusons de faire l'amour ou de sourire comme les êtres humains que nous sommes, au lieu d'être cette image de prince et de princesse sans odeur, en plastique, que nous projetons comme sur un écran devant nous.La plupart d'entre nous, les femmes, nous croyons qu'il nous sera possible d'accéder à la liberté dans le contexte social existant, pensant (après tout) qu'il doit bien y avoir Un moyen-terme où les hommes et les femmes peuvent partager liberté et responsabilité.Mais si nous prenons le temps de bien observer le fonctionnement de notre société (l'appât au gain, la frustration), on s'apercevra bien vite qu'il n'y a pas d'heureux moyen-terme.Nous pouvons, bien sûr, finir par jouer ce même jeu que les hommes jouent depuis des siècles et, pas à pas, prendre possession des meilleurs emplois pour finir par créer une sorte de classe sociale étalon-esclave qui grouillera et murmurera sous nous.Ce rêve est parfait quelques minutes et même réjouissant mais, à la longue, ce sera encore d'autres tracas.Les femmes en sont à la phase initiale de la révolution.Exactement là où les Noirs étaient il y a quelques années.Nous en sommes maintenant au palier où nous pouvons nous mettre en compétition avec les hommes, et à tous les niveaux.Il est probable que les femmes vont accéder maintenant à un autre palier, atteint déjà par les Noirs, celui où l'on s'aperçoit que la compétition est futile, et futile le fait d'essayer de ressembler aux hommes.Les femmes doivent se réaliser pour ce qu'elles sont et non pas comme des êtres comparables aux hommes, ni comme une sorte de "réponse" à ce que sont les hommes.En bref, la révolution féminine peut devenir quelque chose de plus positif que cela dans le cadre de notre société.Par exemple, en offrant à la société une direction féminine.En quelques deux mille ans d'efforts, les hommes ont démontré l'échec de leurs méthodes pour faire marcher le monde.Mieux que de tomber dans les mêmes trappes, les femmes peuvent offrir à la société quelque chose qu'elle n'a jamais eu avant, à cause de la domination des hommes.C'est cela une direction du monde par les femmes.Ce que nous pouvons faire, c'est, prendre la société, qui elle-même contient des éléments féminins et masculins, pour en faire ressortir les éléments féminins plutôt que les éléments masculins, lesquels sont devenus des éléments négatifs.Nous devons faire un usage plus positif des tendances féminines de notre société, lesquelles, jusqu'à ce jour, ont toujours été supprimées ou diminuées comme quelque chose de dangereux, de peu pratique et, finalement de honteux.Je propose la féminisation de la société.Je propose l'usage des tendances féminines comme une force positive qui peut changer le monde.Avec l'intelligence et la conscience féminine, nous pouvons changer le monde en une société organique, non-compétitive, laquelle a ses racines dans l'amour et non pas dans le raisonnement.Le résultat en sera l'équilibre, la paix et le contentement.Nous pouvons choisir l'évolution face à la révolution; nous pouvons le faire ensemble plutôt que de crier à l'indépendance individuelle.Nous pouvons ressentir plutôt que raisonner.Il y a des qualités proprement féminines et que les hommes dénient aux femmes.Mais les hommes ont-ils 16 MAINMISE tellement réussi à faire ce qu'ils voulaient faire, en évitant de développer ces mêmes caractéristiques en eux-mêmes?Déjà, au seuil de notre nouveau monde, regardez la sagesse féminine oeuvrant comme une force positive.Je parle de cette sagesse féminine, de cette conscience féminine basée sur la réalité, sur l'intuition, sur l'empirisme plutôt que sur la logique et les idéologies.Toute la génération des jeunes: leur parler et leur rêve va dans la direction féminine.Le domaine le plus avancé en matière de communication, la télépathie, est un phénomène qui ne peut se produire que dans un climat hautement féminin.Le vrai problème est que toutes ces tendances féminines n'ont jamais eu la chance de pouvoir s'épanouir dans une société où les tendances masculines sont prônées, au point de complètement cacher les tendances féminines.Ce que la société appelle la "pensée raisonnable" n'est qu'un instrument limité qui nous autorise une perception de deux à quatre dimensions, au mieux.Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de la patience et de la sagesse d'une femme enceinte.Ce dont nous avons besoin, c'est de sa conscience et de son acceptation des grandes ressources de la nature.Ne nous leurrons pas en pensant que nous sommes une vieille civilisation adulte.Nous ne sommes adultes d'aucune façon.Mais cela est parfait et cela est merveilleux.Apprenons à diminuer notre rythme afin de vivre plus organiquement et plus naturellement, ainsi que le fait un enfant nouveau-né.Ce que réclame la révolution féminine doit être une révolution totale, éventuellement une révolution qui touchera le monde entier.Comme mères de notre tribu humaine, nous partageons la faute commise par les chauvinistes mâles et notre visage est leur miroir.Il est bon de commencer maintenant car il n'est jamais trop tard pour commencer au commencement.yogourt Oui! Il est possible de faire son yogourt soi-même, même si l'on ne possède pas les appareils électriques de luxe.Le matériel nécessaire est des plus simple.Il vous faut deux grosses boîtes de conserve, un fil électrique avec une douille à un bout et une prise à l'autre.Une ampoule électrique de 75 watts suffit généralement.Montez votre nouvel appareil comme l'indique le dessin.Trouvez ensuite un bocal de verre qui doit s'embofter dans la boîte de conserve supérieure en laissant toutefois assez de place pour qu'elle puisse tremper dans de l'eau.Utilisez pour faire le yogourt du lait en poudre reconstitué (pas "instant", svp) auquel vous ajouterez une boîte de lait condensé ordinaire.Mélangez à ce lait de deux à quatre cuillères à table de yogourt commercial, le plus "naturel" que vous pourrez trouver.Remplissez la boîte de conserve supérieure d'eau chaude (100-120 degrés).Placez le bocal de verre à l'intérieur, en veillant à ce que le niveau d'eau ne déborde pas dans le bocal qui contient le futur yogourt.Mais attention, ne remplissez pas trop le bocal car le niveau du lait doit être sous le niveau de l'eau chaude.Allumez la lampe, après avoir recouvert l'appareil d'un linge propre.Grâce à la lampe, la température requise doit se maintenir égale.La première fois que vous utilisez votre appareil, vérifiez la température de l'eau avec un thermomètre et, si le besoin s'en fait sentir, changez le wattage de la lampe, en plus ou en moins.Le lait se transformera en yogourt environ dans les 4 heures et demies.Quand il est pris, enlevez le bocal de l'appareil et placez-le dans le réfrigérateur.Fermez la lampe! Attention, si vous laissez votre yogourt incuber trop longtemps, il deviendra sûr.Quelques essais sont parfois nécessaire pour connaître le fonctionnement de votre appareil.N'oubliez pas de prélever quelques cuillères de votre yogourt pour mettre dans la prochaine fournée.thermomètre 110-120 MAINMISE Adhahtsi-Ahush Mahpia- Luta faites.Les missionnaires qui ont tenté de convertir les Indiens au christianisme se sont tous plaints de cette difficulté comme l'une de leurs plus grandes.En effet, les Indiens, s'ils les écoutent d'abord avec patience et attention et vont même jusqu'à donner leur assentiment ne le font que par politesse.Vous croyez les avoir convertis.Il n'en est rien.Un ministre suédois ayant assemblé les chefs de la tribu Susquehannah, leur fit ainsi un sermon où il leur révélait les principaux faits historiques sur lesquels est fondée notre religion, comme la chute originelle de nos premiers parents ou encore la venue du Christ sur terre, sa mort et sa résurrection.Son sermon achevé, il se rassit.Un orateur indien se leva pour le remercier en ces termes: "Tout ce que vous nous avez raconté est très beau.Il est certes mauvais de manger des pommes.Il est bien mieux d'en faire du cidre.Nous vous remercions de la bonté que vous avez eue de venir nous enseigner une chose que nos mères nous enseignent depuis longtemps.En retour, je vais vous conter une histoire.Au commencement, nos pères ne vivaient encore que de la chair des animaux pris.Quand leur chasse était infructueuse, ils connaissaient donc la faim.Un jour, deux jeunes chasseurs préparaient un feu pour faire rôtir le chevreuil qu'ils venaient de tuer.Comme ils allaient le manger, quelle ne fut pas leur surprise de voir apparaître descendant du ciel une jeune femme.Ils se dirent l'un à l'autre que c'était peut-être un esprit qui avait humé l'odeur de leur viande et voulait en manger avec eux.Ils décidèrent de lui offrir de leur chasse.Ils lui présentèrent donc de leur viande.La femme fut charmée par son goût tant qu'elle leur dit: "Votre bonté à mon endroit sera récompensée.Revenez ici à la treizième lune et vous trouverez de quoi ne plus jamais avoir faim, vous et vos enfants, pour toutes les générations à venir.Ce qu'ils firent.Pour trouver, à leur plus grande surprise, des plantes qu'ils n'avaient encore jamais vues et qui sont depuis cultivées par nous, à notre plus rand avantage.Où la main droite de la femme avait touché le sol, il avait poussé du mais; où sa main gauche s'était posée, des haricots, où elle s'était assise, du tabac".Le missionnaire, choqué, répondit: "Ce sont des vérités sacrées que je suis venu vous apporter et vous ne trouvez à me répondre que par des fables et des légendes".L'Indien, piqué au vif, rétorqua: "Mon frère, il me semble que ceux qui étaient chargés de ton éducation, se sont mal acquittés de leur tâche.Car ils ne t'ont pas enseigné les lois de la civilité.Tu as vu que nous, qui comprenons et pratiquons ces lois, avons cru à tes histoires.Pourquoi alors refuses-tu de croire aux nôtres?" - Benjamin Franklin 1.Premier discours: Tatanka Yotanka, Sitting Bull, 1834-1890.Devenu chef unique de toutes les tribus Sioux, Sitting Bull conduit son peuple dans une longue et acharnée résistance aux envahisseurs blancs.Refusant de quitter le pays du buffle dont on veut le chasser, il mène la guerre contre les troupes fédérales américaines.Il est responsable, avec Cheval-Fou, de la défaite et du massacre des hommes du Général Custer.En 1877, il se réfugie au Canada avec son peuple.Après quatre ans de mal du pays, de famine et de MAINMISE rejet de la part du gouvernement canadien, il revient aux Etats-Unis et se rend.Confiné dans une réserve, en 1890, il est assassiné sur l'ordre du gouvernement américain convaincu de sa responsabilité dans le renouveau religieux indien des années 90.Le discours reproduit ici fut prononcé en 1877: "Frères, voyez.Le printemps est revenu.Le soleil a embrassé la terre.Bientôt nous verrons les enfants de cet amour.Toutes les graines et tous les animaux sont animés d'un souffle nouveau.C'est de cette même force que nous tirons nos vies.C'est pourquoi nous donnons à nos pareils, et même aux bêtes, le droit que nous avons de vivre sur cette terre.Mais écoutez-moi.Il nous faut vivre maintenant avec une autre race.Quand nos grands-pères l'ont rencontrée pour la première fois, elle était faible et peu nombreuse.Elle est aujourd'hui nombreuse et puissante.Et c'est une chose étrange que les gens de cette race cherchent à dominer la terre, car la cupidité est entre eux comme une maladie.Ils ont ainsi fait des lois que les riches peuvent briser, mais pas les pauvres.Ils vont même jusqu'à prendre l'argent des pauvres et des faibles pour enrichir encore les riches et les puissants.Ils prétendent que notre Mère la Terre est à eux.Ils la divisent pour en chasser ceux qui y sont déjà.De leur buildings, dans leur aveuglement, ils mutilent notre Mère.Ils sont comme la rivière en crue qui déborde de son lit au printemps pour tout ravager sur son passage.Nous ne pouvons vivre, eux et nous, côte à côte.Il y a sept ans, nous avons passé avec cette race un traité qui nous promettait la possession du pays du buffle pour toujours.Maintenant, infidèles à leur parole, ils veulent nous la prendre.Leur cèderons-nous?Ou leur dirons-nous: "Vous devez me tuer avant de prendre possession de la terre qui est la mienne?" 2.Deuxième discours: Mahpiya-Luta, Nuage-Rouge, 1822-1909.Comme Sitting Bull et Cheval-Fou, Nuage-Rouge est, dans la première partie de sa vie, un ennemi acharné des Blancs.Vers la fin de sa vie, il tente de traiter la paix avec le gouvernement américain.Le discours qui suit fut prononcé en 1870 lors de sa Croisade pour la Paix."Frères et amis qui vous trouvez devant moi aujourd'hui.Dieu Tout-Puissant nous a tous faits et il est présent ici aujourd'hui pour entendre ce que j'ai à vous dire.Le Grand Esprit nous a faits vous et moi.Il nous a donné la Terre, il vous l'a donnée aussi.Vous êtes donc arrivés ici et nous vous avons reçu en frères.Quand le Tout-Puissant vous a faits, il vous a faits blancs et vêtus.Nous, il nous a faits rouges et pauvres.Quand vous êtes arrivés, au début, vous étiez peu nombreux, alors que nous l'étions.Savez-vous qui vient vous parler aujourd'hui?C'est un représentant de la race américaine originelle.Et nous sommes bons, pas mauvais.Tout ce qu'on vous a dit de nous est un mensonge.On nous dit voleurs et assassins.C'est un mensonge.Si nous avions plus de terre à vous donner, nous vous en donne- rions.Mais nous n'en avons pas.Nous nous trouvons même confinés aujourd'hui, dans une petite île, mon peuple et moi.C'est une raison pour laquelle nous voulons que vous nous aidiez auprès du gouvernement, vous, nos amis.Le Grand Esprit nous a faits pauvres et ignorants.Il vous a faits sages et riches, et habiles dans des choses dont nous n'avons même pas l'idée.Pour vous, la Terre est apprivoisée.Pour nous, elle est sauvage.Mais demandez à ceux qui sont passés chez nous.Ils vous diront tous que nous les avons bien traités.Vous avez des enfants, nous en avons aussi.Nous voulons les bien élever.En cela encore, nous demandons votre aide.Nous sommes allés à Washington voir le Grand-Père (nom donné au Président des Etats-Unis) pour que la paix se poursuive.N'est-ce pas là la volonté du Père qui nous a fait tous, qu'elle se poursuive?Nous aiderez-vous?En 1868, des hommes sont venus vers nous en apportant des papiers que nous avons signés.Nous ne savions les lire et ceux qui nous les apportèrent ne nous dirent pas ce qu'ils contenaient.Nous croyions que le traité qu'ils nous proposaient était de faire disparaître les forts pour que nous cessions enfin de nous battre.Quand je suis allé rencontrer le Grand-Père à Washington, celui-ci m'a expliqué quel était le traité et comment j'avais été trompé en le signant.Tout ce que je voulais était le droit et la justice.J'ai tenté de les obtenir du Grand-Père.Sans succès.C'est à vous que je viens demander aujourd'hui ces choses.Comme porte-parole de la nation Sioux, je puis affirmer que mon peuple sera fidèle à la foi prise.Je ne suis pas une Queue-Tachetée (synonyme de "visage-à-deux-faces") pour dire une chose un jour et une autre le lendemain.J'ai envoyé beaucoup de messages au Grand-Père.Ils ne sont pas parvenus jusqu'à lui.J'ai eu peur que mes autres messages subissent le même sort C'est pourquoi je suis venu vous parler en personne.Tantôt je retourne chez moi.J'aimerais que cette fois l'on nous envoie des ambassadeurs que nous connaissons et à qui nous pouvons faire confiance.Je suis heureux d'être venu vous parler.Vous êtes de l'est, moi, de l'ouest Je suis heureux que nous nous soyons rencontrés et compris.Je vous suis obligé de m'avoir écouté.J'espère que vous penserez à tout ce que je vous ai dit Je vous laisse à tous un affectueux au-revoir." 3.Troisième discours: Adhahtsi-Ahush, Tous-les-Coups, 1847-1932.Un "coup" équivalait, pour les Indiens, à un acte de bravoure dans une bataille.Au départ, un "coup" signifiait "frapper son ennemi avec un bâton", non pour le blesser, mais pour le tourner en dérision.Il y avait des coups de toutes sortes, comme de ravir son cheval ou son fusil à un ennemi.A l'âge de 26 ans, les ayant accomplit tous, Tous-les-Coups devenait chef de la tribu Apsaroke: "Le sol que nous foulons est un sol sacré.C'est le sang et la poussière même de nos ancêtres.Dans ces plaines, pour nous détruire, le Grand-Père Blanc de Washington a envoyé ses soldats armés de longs couteaux et de fusils.Beaucoup MAINMISE 21 d'entre eux dorment maintenant sur cette colline où Pahaska (le Général Custer) s'est battu bravement jusqu'à la mort.Encore quelques soleils, et nous aussi serons disparus.Notre poussière et nos os deviendront ce sol à leur tour.Je vois comme en un rêve les flammes mourantes de nos feux de conseils.Les cendres en sont blanches et froides.Je ne vois plus la fumée s'échapper de nos tentes.Je n'entends plus les chansons des femmes préparant la nourriture.L'antilope est morte.Les vallées des buffles sont vides.On entend seulement le cri des coyotes.La magie de l'homme blanc est plus puissante que la nôtre.Ses chevaux de fer suivent les pistes des buffles.Il nous parle avec son "esprit murmurant" (le télégraphe).Nous sommes comme des oiseaux aux ailes brisées.Mon coeur est glacé en moi et je me sens vieux." 4.Quatrième discours: Tashunca Uitco, Cheval-Fou, 1849-1877.• Un des plus impénétrables et solitaires des chefs indiens, Cheval-Fou était considéré comme un génie militaire.Son nom lui fut donné après un rêve qu'il fit où il se voyait conduisant un magnifique cheval caracolant et dansant, mais demeurant en même temps sur place.Il fut tué à l'âge de 28 ans, alors qu'il tentait de s'enfuir, d'un coup de bai'onnette.Les mots qui suivent sont ses derniers, recueillis par l'agent Jesse Lee, auquel Cheval-Fou s'adresse: "Mon ami, je ne te blâme pas.T'aurai-je écouté, rien ne me serait arrivé.Je n'étais pas hostile aux hommes blancs.Souvent même mes jeunes guerriers se sont attaqués aux Indiens ennemis d'eux pour leur voler leurs chevaux.Mais les Blancs nous ont trahi.Nous préférions notre manière de vivre.Nous ne coûtions rien au gouvernement.Tout ce que nous voulions, c'est vivre librement et être laissés en paix.Des soldats ont été envoyés pendant l'hiver.Ils ont brûlé nos villages.C'est alors que Cheveux-Longs (le Général Custer) s'est mis sur notre chemin.Ils prétendent que nous l'avons massacré.Mais c'est lui qui l'aurait fait si nous ne nous étions défendus.Notre première idée était de fuir avec nos femmes et nos enfants.Comment le faire alors que nous étions cernés de toutes parts?Il nous a bien fallu nous défendre.Plus tard, je suis parti avec mon peuple pour vivre en paix ailleurs.Le gouvernement nous a encore poursuivis.Finalement, j'ai voulu me rallier à l'idée de paix de Nuage-Rouge.Mais on ne m'a pas encore laissé en paix.J'étais las de me battre.Je suis venu à l'Agence à la Queue-Tachetée.J'ai demandé au chef de l'Agence de me laisser désormais vivre en paix.Il ne m'a accordé aucune chance et a voulu me faire prisonnier.J'ai voulu alors m'échapper.Un soldat m'a planté sa bai'onnette dans le corps.J'ai parlé." 5.Cinquième discours: Heraka Sapa, Elan-Noir, 1863-1950.A l'âge de neuf ans, Elan-Noir eut une vision dans laquelle des chevaux, des vents et les esprits des ancêtres lui prédisaient qu'à cause de lui, urt jour, son peuple retrouve- rait sa force et son unité.Ce n'est pas à la renaissance de son peuple mais à son extermination qu'il assiste, en 1890, à Wounded Knee.En 1931, âgé de 68 ans, il raconte à l'auteur John Neihardt ce dont il a été alors témoin: "Nous battons en retraite.J'aperçois Saule-Rouge qui s'enfuit à pied et me crie: "Cousin! mon cheval vient d'être tué! " Je saisis le cheval d'un soldat par la bride et l'amène à mon cousin.Les soldats continuent de tirer sur moi.Pour un temps, je deviens "wanekia" (invincible).Dans ce combat, Grand-Ours et un autre homme, dont j'ai oublié le nom, sont grièvement blessés.Nous les sauvons en les emmenant avec nous.Les soldats ne nous suivent pas dans 'les Badlands.A la faveur de la nuit, nous revenons alors au O-onagazhee.Il nous faudrait être plus nombreux pour continuer à combattre.Cela est rendu presque impossible à cause des dissensions qui régnent entre nous.Beaucoup ont froid et sont affamés qui veulent cesser de se battre.Nous tenons alors conseil.Sur ces entrefaits arrive Qui-a-peur de-ses-chevaux qui vient traiter la paix avec Nuage-Rouge qui est avec nous.Nous voulons continuer le combat mais Nuage-Rouge nous tient alors ce discours' "Frères, l'hiver est très dur.Les femmes et les enfants sont affamés et ont froid.Si c'était l'été, je proposerais que nous continuions de nous battre jusqu'au bout.Mais le pouvons-nous?Il faut penser à nos femmes et à nos enfants.Il nous faut donc traiter la paix.Je verrai personnellement à ce qu'aucun de nous ne soit maltraité par les soldats." Nous acceptons sa proposition, parce que ce qu'il dit est vrai.Nous retournons de O-onagazhee à Pine Ridge où nous campions auparavant.C'est là qu'armés jusqu'aux dents, les soldats nous attaquent.C'est la fin.Je ne sais pas alors tout ce qui périt.Quand je regarde aujourd'hui en arrière du haut de ma longue vie, je peux voir encore les femmes massacrées et les enfants amoncelés et dispersés dans les ravins.Je les vois comme si c'était hier.Et je peux voir autre chose dans la boueensanglantée sur laquelle tombe la neige: la fin du rêve d'un peuple.Un rêve magnifique.Moi qui eus dans mon enfance la plus belle des visions, vous ne voyez plus devant vous aujourd'hui qu'un vieil homme pitoyable et qui n'a rien fait parce que la force de son peuple a été brisée çt dispersée.Il n'y a plus de centre divin désormais.L'arbre sacré est mort." 6.Sixième discours: Ours-Ruant, 1853-?.Sous la forme du Culte de la Danse de l'Esprit, un renouveau religieux indien eut lieu vers 1888.D'après le prophète indien Wovoka, le Messie chrétien devait venir sous peu sauver le peuple indien, restaurer leurs morts et détruire la race blanche.Ours-Ruant fut envoyé par les Sioux pour rencontrer Wovoka et s'instruire du culte nouveau.Plein d'ardeur et d'enthousiasme, il revint au milieu de son peuple pour les y convertir.C'est avec frénésie que les Indiens affamés d'espoir après un siècle de défaites et de pertes, acceptèrent la nouvelle religion.Mais MAINMISE les morts ne ressuscitèrent ni cet hiver-là, ni aucun autre.Au contraire, les Blancs, voyant dans ce nouveau culte un début d'insurrection indienne, paniquèrent et, en 1890, massacrèrent des centaines de Sioux."Alors, dans le ciel entr'ouvert, nous vimes tous les pays de la terre et tous les terrains de campement de nos pères depuis le commencement.Tous s'y trouvaient, de même que les tentes, et les esprits des ancêtres, et les grands troupeaux de buffles, et le pays souriant parce que riche et libre de Blancs.Celui que nous avions suivi nous montra alors ses mains et ses pieds.Ils étaient blessés.Parce que quand il était allé vers eux, les hommes blancs l'avaient crucifié.Il nous dit qu'il reviendrait sous peu sur la terre et que cette fois, c'est avec les Indiens qu'il vivrait parce qu'ils étaient son peuple élu.Nous fûmes assis sur de riches peaux d'animaux inconnus de moi devant la porte ouverte de la tente du Grand Esprit qui nous enseigna comment prier et pratiquer les danses que je suis venu vous apprendre aujourd'hui, mes frères.Puis le Grand Esprit nous a parlé disant: "Transmettez ce message à mes enfants rouges tel que je vous le donne.J'ai négligé mon peuple de nombreuses lunes mais, s'il m'obéit, bientôt je le ferai mon peuple.La terre vieillit.Pour mon peuple élu, je la ferai nouvelle.Les Indiens pourront l'habiter avec leurs ancêtres qui sont morts, et leurs pères, et leurs mères, et leurs frères, et leurs femmes, et leurs cousins.Je couvrirai la terre d'un sol nouveau de cinq fois la hauteur d'un homme et sous lui seront enterrés les Blancs.Les terres nouvelles seront couvertes d'herbe douce et de sources et d'arbres.Les troupeaux de poneys et de buffles y pulluleront, pour que mes enfants puissent de nouveau manger et boire tout leur saoul, chasser et être heureux.La mer, vers l'ouest, je l'emplirai de telle manière qu'aucun bateau ne pourra la franchir.Je ferai de même avec les autres mers.Pendant que je créerai cette nouvelle terre, tous ceux qui auront reçu mon message et y auront cru et auront dansé seront enlevés dans les airs.Après, pour avoir cru à ma parole, ils retrouveront leurs ancêtres, leurs proches et leurs amis." 7.Septième discours: 1792-1872.Parra-Wa-Samen, Dix-Ours, Il fut, au lendemain de la Guerre Civile américaine, un des plus grands chefs Comanche.Il fut toujours en faveur de la paix avec les Blancs.Néanmoins, ayant toujours été plus un poète qu'un guerrier, les jeunes guerriers Comanches commencèrent, vers la fin de sa vie, à le trouver trop conciliant avec les Blancs.Le discours qui suit fut prononcé devant le plus grand nombre de chefs et de guerriers indiens jamais réunis en assemblée: "Il y a toujours eu du trouble entre nous et vous, les Blancs.Mes jeunes guerriers ont même déterré la hache de guerre.Mais ce n'est pas nous qui avons voulu cela.Jamais nous n'avons dégainé l'arc ou le fusil les premiers.C'est vous qui avez envoyé vos soldats.Nous n'avons fait que nous défendre.MAINMISE 23 Heinmot Tooyalaket Il y a deux ans, afin que mes femmes et mes enfants aient les joues rondes et le corps chaud, suivant la piste des buffles, j'ai pris la route.Les soldats ont tiré sur nous.Depuis, un bruit comme fracas de foudre traîne dans l'air.Nous sommes partis ailleurs.Nous n'étions pas au bout de notre peine.Les soldats nous ont poursuivis.A la nuit noire, ils nous ont attaqués et ont brûlé nos campements.Ils ont tué mes guerriers.Et mes guerriers ont coupé leurs cheveux en signe de deuil.Nous sommes partis une autre fois.Pour aller au Texas, cette fois.Là encore, les soldats ont jeté le désarroi dans nos rangs.Cette fois, nous avons riposté.Nous les avons massacrés.Nous avons accroché leurs scalps dans nos tentes.Les Comanches ne sont pas faibles et aveugles comme des chiens nouveaux-nés.Ils sont forts et ont l'oeil perçant, comme les chevaux dans leur jeune force.Nous nous sommes battus.Les femmes blanches ont pleuré.Les femmes indiennes ont ri.Il y a des choses que vous m'avez dites que je n'aime pas.Elles ne sont pas comme le sucre mais comme des bâtons.Vous nous avez dit que vous vouliez nous mettre dans des réserves et nous construire des maisons.De vos maisons, nous ne voulons pas.Nous sommes nés dans la prairie où le vent souffle libre et où il n'y d rien pour arrêter la lumière du soleil dans sa course.Nous sommes nés où il n'y avait pas de barrières.C'est là que nous voulons mourir, non dans des murs.Il semble que ce soit trop tard.Les Blancs ont pris possession du pays que nous aimions.Laissez-nous être libres dans les prairies jusqu'à notre mort.C'est notre seul désir.Je n'oublierai pas les bonnes choses que vous me direz.Je les garderai dans mon coeur avec le même amour que celui que je porte à mes enfants.Elles seront dans ma bouche aussi souvent que le nom du Grand Esprit.Je ne veux pas que le sang souille l'herbe une autre fois.C'est la paix que je veux pour vous et pour mon peuple.Non la guerre." 8.Huitième discours: Satank, 1810-1871.Si le discours qu'il prononce lors du Conseil de Médecine Lodge est celui d'un vieil homme qui exprime ses espoirs pour la paix, c'est celui d'un vieil homme qui est demeuré un rude guerrier.Satank, en effet, n'a pas oublié sa colère de tout ce qui est arrivé aux Indiens.Quatre ans après le Conseil, il rompt le traité de paix passé ce jour-là en conduisant dans le Texas un raid où plusieurs Blancs sont tués.Il est plus tard arrêté et reconnu coupable.Au moment où on le conduit en prison, il blesse un gardien d'un coup de couteau.Les gardes le tuent."C'est avec joie que je vous rencontre aujourd'hui, Envoyés du Grand-Père.Sans doute êtes-vous las de tous les discours de notre peuple.Si je n'ai pas encore pris la parole, c'est, non pas que je ne me considère plus le chef de la nation Kiowa, mais parce que d'autres, plus jeunes, voulaient parler.Je leur ai laissé la place.Avant de partir maintenant, puisque telle est mon intention, je voudrais vous dire que les Kiowas et les Comanches entendent respecter la paix qu'ils viennent de conclure avec vous.Bien sûr, si cette paix nous apporte la prospérité, nous préférerons cela.Si elle 24 MAINMISE nous apporte la pauvreté et l'adversité, nous ne l'abandonnerons cependant pas.Nous serons fidèles à la parole donnée ici.Si tous y sont fidèles, nul doute, le soleil de la paix brillera à jamais.Dans le passé, nous avons combattu l'homme blanc.Ce ne fut jamais par plaisir.Aux jours anciens, il n'y avait pas de division entre nous.Cela nous donnait de la joie de partager avec l'homme blanc qui venait chez nous et dont nous étions l'hôte.La terre était alors assez grande, et pour l'homme rouge, et pour l'homme blanc.Autrefois, il venait échanger; aujourd'hui, il vient se battre.Autrefois, il avait confiance en notre amitié; aujourd'hui, il bâtit des forts armés de canons.Autrefois, il nous donnait de la poudre et des fusils.Nous l'aimions de la confiance qu'il nous accordait.Il se méfie aujourd'hui de nous et nous amène à être son ennemi.Il couvre son visage d'un nuage de colère et de jalousie et nous dit de disparaître.Il parle comme un maître offensé à son chien.Nous remercions le Grand Esprit qu'aujourd'hui toutes ces divisions soient corrigées et que la paix et l'amitié régnent de nouveau entre nous." 9.Neuvième discours: Cochise, 1812-1874.Usant des tactiques de guérilla héritées de deux siècles de combats avec les Espagnols, Cochise conduit les Chiricahuas dans des attaques contre les colons blancs et dans des escarmouches avec l'armée américaine.Peu d'hommes blancs peuvent approcher le chef pour lui parler.Le discours qui suit fut prononcé lors de pourparlers de paix engagés par Cochise lui-même avec le Général Gordon Granger.Celui-ci, malgré son grand âge et qu'il soit las de se battre, refuse toujours de voir son peuple confiné dans une réserve: "Je suivais les nuages dans leur course autour du monde, quand Dieu parla à mon esprit et me dit de venir ici faire la paix avec vous.Il me dit que le monde était pour tous.Quand j'étais jeune, je traversais ce pays d'est en ouest et ne voyais d'autre peuple que les Apaches.Plusieurs étés plus tard, en le retraversant, je trouvai qu'une autre race s'y était établie.Pourquoi aujourd'hui les Apaches n'attendent-ils plus que la mort et transportent-ils leurs vies sur le bout de leurs ongles?Ils errent sur les collines et prient que le ciel leur tombe sur la tête.Les Apaches furent un jour un grand peuple.Ils ne sont plus aujourd'hui qu'une poignée.C'est pour cela qu'ils veulent mourir et que leurs vies ne sont plus que sur le bout de leurs ongles.Beaucoup sont morts à la guerre.Aujourd'hui, vous devez parler clairement de sorte que vos paroles nous soient comme un soleil au coeur.Dites-moi, si la Vierge Marie a vraiment traversé ce pays, comment se fait-il donc qu'elle ne se soit jamais arrêtée chez nous?Comment se fait-il que nous ne l'ayons jamais vue ou entendue?Je veux vivre dans ces montagnes.Je ne veux pas aller où vous voulez nous envoyer.Là-bas, c'est trop loin.Et dans ces montagnes, les mouches mangent les yeux des chevaux.Les mauvais esprits habitent les lieux où vous voulez nous envoyer.J'ai bu des eaux d'ici.Elles m'ont rafraîchi.C'est ici que je veux vivre." 10.Dixième discours: Geronimo, 1829-1909.Au début des années 1870, le Sud-Ouest américain connut une brève période de paix.Avec l'avènement de Geronimo, ancien compagnon de Cochise, c'en fut, en 1876, la fin.Quand le gouvernement voulut déplacer les Apaches d'une réserve à une autre, Geronimo et une partie des siens s'échappèrent et reprirent la guerre de guérilla où Cochise l'avait précédemment laissée.Ce n'est que dix ans plus tard que Geronimo et son peuple devaient se rendre.A la fin de l'insurrection, cinq milles soldats pourchassaient trente-six Apaches, dont certains, des femmes et des enfants.Le discours suivant fut prononcé en 1886 devant le Général George Crook, envoyé par le gouvernement négocier la paix avec les Apaches: "J'ai souvent demandé la paix.Chaque fois, à cause des agents et des interprètes, des troubles sont survenus.Je ne veux pas que cela se produise encore.Maintenant, je vais vous dire autre chose.La Terre-Mère m'entend et j'espère que tout s'arrangera de sorte qu'à partir d'aujourd'hui, il n'y ait plus de troubles entre nous et que nous vivions en paix.Chaque fois que nous vous voyons venir à nous, nous pensons que c'est Dieu qui vient.C'est pourquoi vous devez venir avec lui.A partir d'aujourd'hui, je ne veux plus qu'on vous dise du mal de moi, même pour rire.Chaque fois que je me suis mis en colère, ce fut à cause de mauvaises paroles.A partir d'aujourd'hui, j'espère qu'on ne me dira plus que la vérité.A partir d'aujourd'hui, en effet, je veux faire ce qui est juste et je veux que vous ignoriez tout le mal qu'on pourra écrire de moi.Je veux que ce qu'on dit de moi soit la vérité, parce que je veux faire ce qui est juste, rien d'autre.Souvent on a écrit dans les journaux que je devais être pendu.Je ne veux plus qu'on écrive ce genre de choses sur moi.Quand un homme veut être juste, de telles histoires ne devraient jamais voir le jour dans les journaux.Aujourd'hui, il me reste peu de mes hommes.Certains ont fait de mauvaises choses.Je veux qu'elles soient oubliées et que nous ne parlions plus jamais d'elles.Il reste peu de nous.Nous pensons à nos frères, beaux-frères, beaux-pères qui vivent aujourd'hui dans la réserve.Comme eux, nous voulons désormais vivre en paix et bien nous conduire.Quand un homme fait du mal, on envoie des hommes le faire prisonnier ou le tuer.Je ne veux pas que ces choses nous arrivent.Je ne veux plus que nous nous tuiions les uns les autres.A partir d'aujourd'hui, moi et mon peuple voulons vivre en paix." 11.Onzième discours: Heinmot Tooyalaket, Chef Joseph, 1840-1904.Les Nez-Percés avaient toujours vécu en paix-avec les Blancs, convaincus qu'ils étaient qu'il y avait assez de territoire pour les deux races dans le Nord-Ouest.En 1877, à la suite d'une décision du gouvernement de les changer de réserve, on ordonne à la tribu du chef Joseph de changer de place.Le Général Oliver Howard est chargé de l'opération.Joseph, reconnaissant toute résistance impossible, est prêt à obéir mais une poignée de ses jeunes guerriers ripostent en attaquant les Blancs.Les Nez-Percés doivent alors fuir.Ils MAINMISE 25 sont finalement faits prisonniers et déportés au Kansas où, à cause du climat, beaucoup d'entre eux périssent.Joseph demeure prisonnier dans une réserve jusqu'à sa mort! "Je suis las de toutes ces paroles en l'air.Cela rend mon coeur triste quand je me souviens de toutes les belles paroles et de tous les serments brisés.Trop d'hommes ont parlé qui n'avaient rien à dire.Trop de fausses représentations ont été faites.Trop de malentendus se sont glissés entre les Indiens et les Blancs.Si l'homme blanc veut vivre en paix avec les Indiens, il le peut.Pourquoi des troubles?Mais il faut que tous soient tiaités également.Il faut que la loi soit la même pour tous et chacun.Il faut que tous aient la chance de prospérer et de vivre.Tous les hommes sont nés du même Grand Esprit.Tous les hommes sont frères.La Terre est la Mère de tous.Tous doivent avoii les mêmes droits sur elle.Vous devez vous attendre à voit les rivièies couler à contre courant si vous croyez pouvoir retenir un homme en l'empêchant d'aller où bon lui semble.Si vous attachez un cheval à un pieu, vous attendez-vous à le voir engraisser?Si vous enfermez un Indien dans un petit coin de terre, et le forcez à y demeurer, il ne sera pas heureux, ni ne prospérera.J'ai demandé aux chefs blancs d'où ils détenaient l'autorité pour forcer les Indiens à vivre ainsi confinés, alors que les hommes blancs peuvent aller où cela leur plaft.Ils n'ont pas pt^me répondie.Laissez-moi donc être un homme libre, libre de voyager, de m'arrêter, de travailler, d'échanger où je le veux.Libre de choisir mes maîtres, libre de pratiquei la religion de mes ancêtres, libre de penser, de parlei et d'agir à ma guise.J'obéirai alors à toutes les lois, acceptant le châtiment si j'y contreviens.Quand l'homme blanc respecteia l'indien comme il respecte l'autre homme blanc, il n'y aura plus de guéries.Nous serons tous égaux, frères du même père et de la même mère, avec le même ciel, la même tene, le même gouvernement pour tous.Alors le Giand Esprit qui, d'en-haut, fait la loi, sourira sur ce pays et envena la pluie lavei les taches sanglantes faites à la Terre par les mains de nos frères.Ce temps, les Indiens espèrent et prient qu'il arrive.Je prie que plus jamais les gémissements des hommes et des femmes blessés ne parviennent aux oreilles du Grand Esprit et que tous les peuples soient Un." 12.Le chant de Mort d'Oiseau-Rouge.Au printemps de 1827, sur la réserve de Winnebago, un jroupe de Biancs est surpris par les Indiens en train d'inciser des érables.Une querelle éclate.Des blancs sont tués.Les représailles sont immédiates.Des Indiens Winnebago sont exécutés sans procès et les Winnebago partent en raid dans la Prairie-du-Chien.On envoie des soldats Pour sauver son peuple du massacre, Oiseau-Rouge, chef des Winnebago, sachant qu'il va être tué, se livre aux soldats.Habillé d'un costume de chevreuil blanc, les épaules ornées de deux [ietits oiseaux rouges empaillés, il marche vers les troupes, chantant son chant de mort; "Je suis prê Je ne veux | Laissez-moi Je donne m ramasse une et souffle di: Ma vie s'env: Je n'en veu> C'est du veril MAINMISE as être enchaîné être libre, i vie.fers le sol.ipoignée de poussière ssus.) )le ainsi < plus.it " MAINMISE \ - Un des grands problèmes de l'architecture radicale est de réussir à construire un ensemble d'habitation complet.Deux jeunes architectes, l'un américain et l'autre anglais, ont des projets précis en ce sens.Cet article fait le point sur leurs travaux.CD ,< en plein dans le vrai boutte kétaine 1587 rue St Denis rég.$4.44 jW_ V Tél.: 845-8887 • rock n' roll / jazz / classique / québécois' ''Comment l'homme peut-il vivre, travailler et jouer en harmonie avec son Environnement", ont reçu un meilleur accueil de Moscou et de Tokyo que des géants industriels nord-américains.L'Expo écologique 1974 de Spokane se veut être un lieu de débat sur les problèmes de l'environnement face à l'homme.Les organisateurs espèrent que les nombreux exhibits, que les rencontres et discussions permetront d'apporter des solutions positives à ce problème qui pour être un peu "démodé" maintenant n'en reste pas moins grave.Au lieu de construire une fie au milieu de la rivière Spokane, les organisateurs de EXPO'74 ont préfé redessiner complètement le front de l'eau, occupé auparavant par des taudis, des voies de garages pour chemin de fer.spectacle que l'on connait trop bien à Montréal.LOISIRS POPULAIRES AHUNTSIC GRATUITEMENT POUR TOUS.Cours de guitare, flûte, yoga, macramé.Pour informations: 387-1498 après 1h.p.m.CHEZ AUDIOTRONIC GRATIS .conseils pour bâtir votre système de son .pour une meilleure sélection des équipements à utiliser .le tout de façon à vous assurer de la meilleure qualité selon votre budget.Demandez Gaston Martin Distributeur des marques Sony, Pioneer, Panasonic, Dual, Garrard, Roberts, Sansui, Dynaco, etc.368 ouest, rue Ste Catherine tél.: 861-5451 46 MAINMISE Le trip des trips "Embarke." avec Pierrot Léger A partir de ce numéro, notre ami (et l'ami de tous) Pierre "Pierrot" Léger fera part de ses humeurs "chroniques" dans le cadre de la "Gazette électrique".* Y'a plus rien qui m'dit d'koi.Pis chez toé?Tant mieux si c'est tout l'contraire.J'en ai besoin.Y faut que j'me r'fasse le métabolisme fucké par trop de toutes les sortes de dope bonnes ou mauvaises, mi-mineures ou ma-majeures.Y faut que j'me r'trouve: un beat au rythme soutenu/ une méthodologie — ayoye le mot, du comportement heavy freak/ pis une psyché "straight", au moins quelques heures par jour.* "Cet esprit qui permet encore à l'homme de jouer avec les frontières, d'inventer, de voyager, d'explorer, de découvrir, sans se perdre" (Mainmise 20 - entrevue Linda Gaboriau - Ken Kesey).Pourtant, mon double pierrot ne sera jamais de ceux qui pourront mesurer les choses délirantes de la vie à l'envers de la vie.jusqu'à la mort détestable; et séduisante (pour les idéal istes névrosés de ma crisse d'espèce) quand scintille sporadiquement la lumière du repos éternel.Et dire que le bonheur me semble être encore disponible ici sur cette contreterre Kébek.Des fois, j'su tanné d'être l'amuseur éphémère de ceux-là qui rient de m'vouère aller/ tout croche / pas toujours mais tant et tant de fois; ou be don le deuil ulcéré des autres qui me r'gardent me confondre à p'tit feu (et sans excuses, ma belle gagne de drôles) avec la mort/ une grosse MoHson) dans la main droite/ une s'ringue in the vein du bras gauche.Le juste milieu entre ces deux clans terrestres inconsciemment et subtilement complices?* Une antidote, la seule au mal de vivre, et elle a deux têtes également dispensatrices de la rage de vivre: l'amour, et sa plus fidèle amie.l'amitié où le partenaire aime l'autre comme il est et non pas comme il voudrait qu'il soit.Un lieu commun?Et pourquoi pas tabarnac quand ça inspire au freak aimé le combat avec soi-même (pour mieux s'assumer)?Je parle ainsi parce que je ne suis pas le seul des freaks en panne à entonner, bourré de bonne mescaline, par une nuit de froidures à geler déboute, entre deux steamés et une patate aux Frites Dorées de la Main street, la Chanson de Roland modarne et partie partie des affamés déçus: "Futilité futilité dans dans ta sombre vallée L'ombre des disputailles n'est donc pas effacée.'.' * J'débarke mon amour c'est une joke?Que non docteur Landry hostie! On n'a pas que des débarkes (n.d.t.: downs).Ainsi.me v'Ia l'aut' matin à la chambre 3 de la Cour municipale, déboute à la barre, accusé par la ville d'avoir i llégalement franchi un feu rouge à une intersection devant l'ancienne Hutte Suisse, et d'être responsable de m'ètre fait sérieusement blessé par le flic Gilles Goyer (matricule 1655, depuis 19 ans avec la police de Montréal) au volant de son camion-camper ben à lui.Mon ami, l'excellent avocat Serge M é nard, non seulement gagne cette cause-type, mais démontre 1 )f que je n'étais en rien dans le chemin du mec-policier; 2) que celui-ci a commis un hit and run flagrant en poursuivant sa route après m'avoir catapulté à l'hôpital avec 21 points de suture su' ma fiole de maudit yippie.que ferais-je maintenant du flic Goyer?Le poursuivre au criminel pour délit de fuite?Accentuer notre pression sur ses assureurs pour obtenir les quelques $1,000 en dommages que nous exigeons de lui?Les deux à la fois?Que feriez-vous?Nous publierons vos réponses -s'il en est au moins une, calvaire! — et la mienne via Serge Ménard dans le prochain Mainmise.On n'a pas donc que des débarkes.Mon t'chum Normand Grégoire, tu sais l'ex-base guitare de la sainte Trinité devenu le plus way out des chansonniers engagés (c't'un pléonasme! ) avec sa propre musik guitare électro acoustique-pop-et çlassik et harmonica et quoi encore, rentre chez Capitol pour son premier long-jeu quasi solo et un '45 évidemment.Le violoniste alto in stainlessteel Dominique Tremblay et le grand Plume triniterre (celui-ci à son retour du Mexique) commettront respectivement leur deuxième eux z'aut.Maudit que not' gagne fonctionne (quand a' veut ben, tout comme moé le premier des instables), et les aut' clans de la gagne avec — ça sera le thème-charnière de ma prochaine chronique: CHOM, le journal Hobo-Québec, le Vidéographe, le Gros wawaron who rides again, la Prise de la parole, ces CLANS de ta et ma gagne qui se motivent, s'engueulent et s'aiment — comme ma (nouvelle) famille saint Norbert: le chat Célestin, le comédien — régisseur ex-pompier Normand Simpson, Hélène-la-volubile saint-Pierre from Mexique itou, et Francine Kosmos et la Terre Ardeur qui m'ont fait retrouver mon amour Cri-Crie ma.Miel-de-Lune! * "J'ignore tout ce que je sais/ et ne sais rien du tout/ de tout ce que j'ignore/ Comment pourrais-je croire à la mort/ puisque je sais que tu mourras un jour" (Jacques Prévert - from Fatras).J'REMBARKE! Tu m'écris.à Mainmise, a/s de pierrot-le-fou, ou tu viens à notre bofte La Casanous (485 ouest, Sherbrooke).MAINMISE 47 r BHPOBBHGOBHBHDBP9BBBHDBDHBDHOBBOOHBBOQOOOQOOQQQC8BHQPacJl!
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