Mainmise, 1 janvier 1973, octobre
Mainmise présente Comix No.3 ft .0 BR£TÊ£MER MANrjKVKA Abonnez-vous! Ca vous économise de l'argent et ca nous rend service.Marci ben.Bulletin d'abonnement (A découper et à nous renvoyer) NOM.ADRESSE.VILLE.ZONE.?Je m'abonne pour 1 an ($7.00) D Je m'abonne pour 2 ans ($12.00) PROVINCE. Avant-propos Il n'y a vraiment plus moyen de lâcher: Il y a des mois où on sent que le ciel pourrait nous tomber sur la tête sans que cela nous affecte le moins du monde (on est celtes aussi!).Des mois où "tout" est correct".Où on vit des courants d'énergie assez puissants pour transporter les montagnes, pour remodeler la structure même de son être et pour reconstruire le tissu de la vie collective.C'est à peu près ce qui nous est arrivé à Mainmise.A u cours des dernières semaines, on s'est littéralement senti soulevés, emportés, inspirés par un Souffle venu de tous les horizons du Kébec.Il y a eu des trips de tous les côtés.D'abord les lettres.VOS lettres, qui nous ont renvoyé un feed-back d'une densité encore plus marquée qu'à l'habitude; comme si vous aussi vous aviez senti ce qui se passait, comme si maintenant, "pour le vrai ", Mainmise devenait votre journal, toutes les lettres que nous avons reçues nous laissent déjà voir que la plupart des divergences "idéologiques" se sont estompées au profit d'une recherche commune de la solution qui nous permettra de sortir du fourrage général qui nous entoure.Et encore une fois, comme dans le MM 27, on pourrait presque penser que la chronique "Lettres d'amour et autres petites joies" a été rédigé en même temps que tous les articles du numéro! Comme si ça ne suffisait pas, il nous est arrivé un paquet de choses.Après la "lettre dessinée" qu'il nous faisait parvenir au numéro 27 (et où son nom a d'ailleurs sauté à l'imprimerie) Raoul Duguay a décidé de se joindre à l'équipe de Mainmise; il en a profité pour amener Lison Vison qui nous donne sa version calendrier-mandala du mois de novembre.Comme on a pensé à vous autres, on a placé tout ça au beau milieu du numéro pour que vous puissiez le détacher sans problème, il y a aussi Reynold Lortie qui nous est arrivé avec une chronique sur l'Indien et Serge de Sermedia qui commence une description de tous les éléments nécessaires à la construction de votre "moog synthetiser-maison".C'est pas tout, tout de suite après le départ de Pénélope, un ange nous est tombé du ciel avec une chronique de disque.(Ouf!) Sans compter Pierrot (ledger) et sa céramiste-potière qui, aux dernières nouvelles, se sont mis à voler; sans compter la Mère Michel qui n'a toujours pas perdu son chat; sans compter le retour de'Intermedia et la venue d'une nouvelle chronique de science-fiction.De quoi se mettre à (éviter ou presque! Ce presque raz-de-marée ne pouvait manquer d'influencer un peu toul-monde.Charles Gosselin s'est presque senti des ailes en continuant ses Carnets de Noé; délaissant pour le moment la construction physique du village pi.il s'est plutôt attaché à décrire la cosmogonie à partir de laquelle et dans laquelle le village pourra vraiment être la réalisation concrète des énergies de tous ses habitants.Cette deuxième tranche des Carnets est une sorte de manuel pratique pour les mutants de TUTOPIE à construire.Michel Bélair a lui aussi rencontré des mutants ou plutôt des dessins de mutants que l'on peut encore voir rue St-Denis et Ste-Catherine.En s'inspirant quelque peu des techniques d'analyse que Spengler décrit dans le Déclin de l'Occident, il en profite pour montrer à quel point déjà, même dans des dessins d'enfants de douze ans.une nouvelle conception de l'univers est en train de s'imposer à petit pas.Comme tout juste là semblait se raccrocher au même rythme, au même souffle, Michel Chevrier nous est arrivé avec la traduction de "Neurologique' (première tranche) de Leary; il était difficile de souhaiter mieux.Ce texte fondamental, auquel toulmonde devra maintenant référer lorsqu'il sera question du système nerveux, est une sorte de trip d'acide établissant la synthèse de tout ce qui a été dit sur le sujet.Leary montre que le phénomène du "mental" se réduit à la profondeur des impressions (au sens d'imprimé) du conditionnement culturel extérieur et que l'on peut arriver à changer ta structure globale de notre perception du monde.En prenant conscience de l'ampleur de ces conditionnements et en travaillant à remodelehles circuits nerveux avec lesquels nous percevons/concevons l'univers, il est possible de faire naître un homme nouveau.Ce Mainmise 28 est donc en fait dédié aux niutants.De la page couverture à la dernière page de texte, on peut y lire la même affirmation de la Vie Consciente à la portée de tous ceux qui voudront bien la saisir.Il ne s'agit pas de recettes; plutôt d'une sorte de plan de travail qu'il suffit de traduire en actes.Mainmise/manuel pratique axé sur la survie; c'est la preuve que de plus en plus, ce n'est surtout pas le moment de lâcher.MAINMISE MAINMISE 1 ENCEINTES ACOUSTIQUES MEIANGEURS AUDIO iE^DEDiA 721-6695 SHAMPOOINGS AUX HERBES ORGANIQUES NATURELLES ET LOTIONS DE RINÇAGE CONDITIONNANTES maintenant en vente dans tous les magasins d aliments natures au québec distribues au quebec par nutri sante terrebonne pq TÉLÉPHONE (5141 666 9844 centRe ôïnfoRrmtion & ôecefeRence pouR femmes 3595 St.URBAin montReAl 131 842-4781 NOUS POUVONS VOUS INFORMER A PROPOS .TRAVAIL: Où vendre votre Art & Arti sanat Salaire minimum, congés - regulations Regulations pour Assurance chômage Main d'oeuvre & autres cours chez MERES ( & PERES) AVEC DES JEUNES ENFANTS: Aidez - vous Garderies, nurseries, gardiennes Centre de Rencontres FEMINISTES: Groupes d'artistes Feminist Communication Collective (Journalisme, radio, video) Groupes de conscience Femmes divorcées & separiés, veuves Journaux & magazines Musique (Groupe de Femmes) Centre de Femme ETC.ENFANTS: Camps d'été Cliniques Vêtements gratuits ou à bas prix Garderies 2 MAINMISE p MAINMISE/Octobre 1973 SOMMAIRE CHRONIQUES: Lettres d'amour et autres petites joies .p.4 Embarge.avec Pierrot Léger; «Chère chair Michelle, avec deux ailes, les oiseaux volent».p.13 Les plantes: «Faites l'amour dans les champs, ça excite les plantes» .p.16 L'Indien: «Les Indiens parlent».p.73 La mère Michel .p.75 Intermédia.p.78 Musique.p.91 ARTICLES Les carnets de Noé; «Un manuel pratique pour les anges cosmonautes».p.18 Les dessins de la rue St-Denis; «Les mutants sont là!».p.41 Raoul Duguay et LizonVizon; «L'homme-enfant et le calendrier-mandala».p.47 Neurologique; «Le dernier texte de Leary» .p.57 Moog; «Comment construire un synthétiseur chez soi».!.p.83 1589 rue Si Denis Monneai .29 MAINMISE est un magazine mensuel publié sous l'inspiration directe de Pénélope.Le premier numéro a vu le jour en octobre 1971.Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Directeurs Rolland Vallée Georges Khal et Michel Bélair Collaborateurs réguliers: Pierre "Le Fou" Léger, Michel Chevrier FFlANCE: "La Marge", Ed.des Egraz, a/s Colette Bouquet, 38 rue des Trois-Frères, Paris 18e.Tél.: 606-17-81 Prix abonnement: 1 an (12 no.): 50F Dessins: Raymond Lavallée Couverture: Dessin de Maryse et maquette de Michel Landry.Distribution exclusive pour l'Amérique du Nord: Distributions Éclair 8320, Place De Lorraine Anjou 437 Québec, Tél.: 353-6060 Dépôt 1973 légal, troisième trimestre Courrier de deuxième classe, numéro 2511.Port de retour garanti par MAINMISE.Rédaction, administration, circulation, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 rue St-Denis, Montréal 129, Province de Québec.843-4792.É L Lettres d'amour et autres petites joies.Trip et place On est peut-être pas dans le même trip mais je pense qu'on veut aller à la même place.J'espère bien en tout cas qu'un jour on s'y rencontrera.Car même si la masse vous ignore, il y a tout un petit monde bizarre qui vous consulte régulièrement, pour la simple raison que vous êtes pour eux une source de renseignements très utiles pour un monde meilleur.OUFF Aliments Que c'est triste, que c'est doné triste que vous soyez dans le trou.Y'a ben du monde qui le sont mais lorsqu'un aliment essentiel à notre vie risque de mourir, ben là, c'est grave.Je suis également dans le trou (moins profond que le vôtre) mais tout de même assez profond pour que je ne puisse pas vous aider financièrement.Mais j'espère que vous pourrez avoir assez d'argent pour mâcher une énorme gomme balounne afin de remonter MM dans les airs.Faut pas que vous creviez! Y'a tellement de choses à montrer au monde et c'est par vous qu'ils peuvent l'apprendre.En tous cas je vous souhaite la plus longue éternité pi j'envoie toutes mes bonnes vibrations vers vous tous, la vibration unifiée.Joanne Mort et Vie "Qui sait la vie n'est pas la mort et la mort n'est pas la vie", disait un poussiéreux philosophe grec.De toute façon, nous savons que "pour naître il faut mourir".N'oublions pas ces vérités cosmiques et quoiqu'il advienne, c'est la victoire de la vie puisque l'Arbre a déjà ses fruits.Daniel 4 Centrale On est content que vous duriez.Toffez encore longtemps.Surtout lâchez pas.Car vous êtes une maudite bonne centrale d'énergie.On regrette un peu le départ de Jean Basile, mais là où il va, on pourra toujours le lire.On a cru un instant qu'il allait se volatiliser dans l'air.Pas question; il continue sous une autre forme et on est bien content.Allez tourner tout le Québec et que ça capote.Jacques .ommage pour ce qui arrive avant que tout cnavlre je t envole ma contribution pour que continue la publication ae cette petite merveille qui a le don au réveil pour celai qui veut bien car aeae ave£ un joint si 1 asprit(»Bt enaoraie point.Vingt-six numéros Tout au long des 26 numéros de MM, j'ai toujours senti votre présence même si on ne s'est jamais rencontré.Celle présence est d'ailleurs beaucoup plus facile à sentir avec MM qu'avec toutes les autres publications que je lis régulièrement.Ne fusse que pour cette raison, la disparition de votre, de mon magazine, de celui des abonnés et de "celui de Pie.rrot Léger" (y'é ben correct), sa disparition donc, serail une perte pénible pour Montréal et le Québec.Cette disparition serait d'autant plus difficile à accepter vu que c'est une histoire de sous.Un abonné de la première heure.Adrien Le prophète Tombez pas."Vous avez chanté pour moi dans ma solitude et moi, de vos aspirations, j'ai bâti une tour dans le ciel." Khalil Gibran, Le prophète.Lâchez pas, on lient le coup.André L'amour et les étoiles Dieu du Christ que votre n° 26 était terrible.Terrible en ce sens que celle mise au point s'avérait nécessaire el qu'elle a atteint son but.Oui, Georges Khal, tu as bien raison de dire que c'est l'amour qui fait bouger les étoiles et les planètes.Quelle merveilleuse poésie (NDLR: c'est de Dante) et d'ailleurs nous le sommes tous poètes, nous qui voulons une vie meilleure.Nous tenons tous du plus grand poète; Dieu.Et à sa manière, nous devons nous offrir la joie de vivre, retrouver ce secret oublié à nos coeurs froids et stériles.Ce numéro spécial m'a ouvert un peu plus les yeux.Merci de votre aide.C'est à chaque instant où cela est possible que l'on doit vivre les valeurs qui sont nôtres, les voyageurs cosmiques.El quoiqu'on veuille bien en dire, c'est par l'effort et, le travail qu'on y arrivera, pas par la lâcheté et la facilité trompeuse des marchands.A nous l'Univers qui nous attend.Si le ton de celle lettre vous semble un peu exalté, c'est que vous avez raison.Car qu'est-il de plus exaltant que le réveil à la vie, aux sens, à une vision de ce que pourrait être ici.Chacun à sa manière, mais dans le respect des primautés qui sont les fondements de l'Univers: l'Amour, la quiétude et tout ce qui fait que, malgré tout, nous sommes encore un peu humains.É MAINMISE Un jour, je faisais du pouce le long d'une route à un carrefour.Devant moi, de l'autre bord de la route, s'étendait un grand champ où poussait du foin.Le soleil était haut et beau.Nul bruit d'automobile ne venait troubler cette quiétude où l'âme et le corps puisent des énergies nouvelles.C'est à ce moment que je compris qu'il y avait autre chose que les cartes de crédit, les magasins à chaîne et les présidents américains.Il y a trois ans de cela.Durant ces trois années, je n'ai pas arrêté de me poser des questions.Mais maintenant, le temps de passer à l'action est venu pour moi.Mainmise (surtout le 26) m'a aidé grandement.Encore une fois je vous remercie.Lâchons pas.Pierre Homme kébékois Ci-joint le salaire d'une journée de travail.Vous valez plus que çà, mais le travail est abrutissant, je suis paresseux et j'aime écouter des disques (c'est cher).Je peux aussi vous en promettre plus, - - si je gagne à la Loto.À quoi en effet pourrait servir cet argent si ce n'est à l'avènement de l'HOMME KÉBÉKOIS, à la poursuite de la contre-culture et à l'établissement ferme de la contre-société kébécoise et ultimement universelle.En attendant la réalisation inévitable de l'U.T.O.P.l.E., je lis et surtout je fais lire Mainmise qui a été une des causes de mon adhésion au mouvement mondial sans titre de la nouvelle ouverture à la vie.Mainmise saura sans doute aussi m'aider .à participer de façon plus active en me motivant plus profondément.C'est là son rôle envers moi (et beaucoup d'autres).J'ai acheté les anciens numéros de MM, y compris la Dope, je prends mon abonnement, pis je vas sans doute planter mes graines et pis je monte avec des amis la PATANTÉ, un super festival-expo-show basé sur l'art et la Vie.On s'en reparlera.Pis si y faut y aller d'un ultime effort monétaire, j'travaillerai une journée de plus pour vous (gelé ben raide pour que ca passe plus vite).Gérald MAINMISE Conservons-nous Je suis lecteur de MM et je serais vraiment choqué que celui-ci disparaisse.Pour le moment je suis cassé comme un clou, c'est pourquoi je ne puis m'abonner.Mais je crois avoir fait ma part en répondant à votre appel.De plus, j'ai contacté Gilles Bolduc du poste de radio CFLS dans le but de passer le message suivant: "les habitués de MM doivent se procurer le 26 dans le but de les aider à conserver cette entreprise québécoise qui est aussi distribué en France.Pour une fois qu'on a du québécois qui va à l'étranger, conservons-le".Si mon message a été entendu, j'espère qu'il sera efficace.J'espère ben gros que ça lâchera pas.Gaétan ~ranl>j Août 1973 Salut,je t'écris ce bout de paragraphe, pour te demander s'il te serait possible de pouvoir publier cette p'tite histoire qui s'intitule"Vetite Graine deviendra Grande", duns un da vos prochains numéros de Mainciae.Cette rtl6tcire'a été inarince par Ueniee Gélineau de liranby.J'ai pense que c'était assez bt-n comme idée,que^e t'ai fait parvenir le te*te.C'est A toi d'en juger ri oui ou i.oo .a vaut 1 ¦> ¦ •?r.r d'etre publi ' danc.le Vvluae !ainmiae.t.key Lorraine."FKTXW GKAlKE DEVIENDRA GfUNCE" Je viens d'ia fleur d'une longue tige qu'on nonne Cannabis estiva.Ou m'j a arraché.tuie après tn'ov.i* fait bêchée,une jeune fille o.'a déposée dans une cigarette aux extrémités tournées.Mallieur! J ' ni lais être brûlée vive ainsi qu'un peu u* feuilles de la plante, ¦ut mère.Kaie ra^idercent,aoa couteau propriété! i* ris aoin de ne tetirer de ion enclos.(.UFlLa vie L.tuve.^uelle chance de tomber sur u« bon tjpe.Comnt récompense d'avoir Len.se de ae sortir, je gerauii deux jours après qu'on n'aie mis en terre.nu début ,il ne -* fournir*, it pa-' as tz dr lumière et decl-aleur.Je l'ai dompter vite,cor au premier manqua, je cuis devenue toute ,âle et un peu jnuna-tre.,uie j'ui donné naissance a de jolies i ni toi 1 ¦.1 ) : e dentcléoa et pointues, dans lrcquellea,je Inioaait circuler libre* ni non venin magiqui.heque jour,on c'ap,ortait ar-.i-s ii* eau : ojr que jt.BU&lM surviv e.»u ut-ut d« .ut'lqtiot.r.ois j'étais a UatOÀ son corn ai, ,il ri n a>}aru lai fleurs,qui el «« seraient donné uais^auce.à je jolies graines.'.ielna,m.vu- nl*Qià r ciidn- fin à l'intérieur d'u.fUir»Ka\tb j'étai* Iieurcu.- v enr j'ullai.aijortLT tout le bunr.uur à no: nnî trï.i uii d*.La dernière leçon Franchement je ne puis plus continuer la lecture de ma chère revue après avoir lu la triste nouvelle de Pénélope en éditorial: je me sens tout à coup comme devant un testament à la façon de Brassens ou "La dernière leçon de français".Je vous écris pour vous avouer que MM m'est encore indispensable, comme à beaucoup d'autres d'ailleurs, j'en suis certain.Le grand mouvement (notre utopie, celle de tout le monde, comme vous diriez) est éparpillé.N'oubliez pas qu'il prend racine dans toutes les sortes différentes de mentalité que le Québec renferme (étudiants, travailleurs, à moitié embarqués, ou débarqués, gaspésiens.tout ça et tout le reste) et que c'est lentement mais sûrement que tout notre beau monde tourne.Et quand même qu'elle ne me serait plus indispensable, MM est notre revue et on l'aime bien.Je ne sais pas si vous le savez, parce qu'il faut dire que les freaks québécois sont encore timides.Claude P.S.: "Are you my Main-Man?" Argent, argent Je vous envoie $10.Je pense pas que ça soit gros mais si ça peut vous aider à survivre.Mais ce coup icitte, je veux pas vous envoyer de l'argent comme un poisson qui est pas capable de répondre non à tous ceux qui lui demandent "you got a spare dime" ou les sourds-muets avec leurs cartes à .25c.J'ai rien contre eux, mais j'ai de quoi contre moi qui refuse jamais.Ce coup icitte, je vous passe $10.00 parce que j'aime votre journal.Je lis pas "toute" votre journal pis je m'intéresse pas à "toute" ce qui est marqué.Mais vous m'embarquez dans un mood (vision des choses) différent des autres et que je désire garder, au même titre que j'aime regarder mes games d'Expos et donner mon argent à Loto-Québec, par exemple.J'en profite aussi pour vous dire que je trouve que la couverture du journal et de la publicité de J'AI LU fait trop bourgeois à mon goût.Mais çà, c'ta titre d'opinion: la mienne.Enfin j'ai un peu de regrets de vous envoyer la forme d'aide la plus cheap, c'est à dire l'argent.Mais j'vous l'envoie pareil.Jean 5 É ê Suggestions Aujourd'hui 9 août 1973 au lieu d'acheter porno gags j'ai achet MM.Bon, keuk suggestions.Excusez les fautes, j'sus pas Jean-Marie Laurence.First.: pourquoi ne pas instituer un club de correspondants?2.(illisible) baisser le prix de votre revue à .50c.3.seulement 12 annonces dans le n° de juillet, çé pas beaucoup.4.pourquoi ne faites vous pas un système d'annonces classées.5.(illisible) 6.Je réfléchis, je réfléchis.7.que votre revue change de nom.8.chargez .50I17 EMBRYONNAIRE OQ OEUF spz OVULE fig.2.schéma du développement {biogramme) d'un être vivant {onto-génie).Vaura est figurée en w, w2 w3 w4, un biogramme analogue peut être établi pour le développement d'un groupe {phylogénie) : espèce, genre, famille, embranchement (figure extraite du Champ unitaire en biologie et de Métamorphose explosive de l'humanité).MAINMISE islam -EGYPTE * «t MOYEN ORIENT Nechoo _-8O0 Fig.3.Biogramme de l'Empire romain.W.: aura de la Grèce ; W, aura de Rome.Les nuages noirs horizontaux figurent les grandes invasions (figure extraite de Métamorphose explosive de l'humanité).à 5.Qu'est-ce que devenir dieu .Ici, puisque nous en sommes aux longues citations, un extrait d'un roman de science-Fiction d'un des meilleurs écrivains du genre, Frank Herbert, auteur de DUNE.L'extrait cité vient de son dernier roman: LES FAISEURS DE DIEUX.Au moment du récit, Orne Lewis, héros de l'histoire, vient de traverser dans de dangereuses missions galactiques certaines épreuves qui semblent lui être imposées par un groupe secret qui se spécialise dans l'entraînement de dieux.On l'envoie un jour pour mettre au clair une conspiration de ce groupe sur la planète où prend place la dernière phase des épreuves.Quoique envoyé par le service d'ordre galactique dont il fait parti, Orne Lewis sent très bien au fond de lui qu'il a été, aussi, appelé à venir sur cette planète, AMEL.La scène se passe à son arrivée sur Amel au moment où il rencontre Emolirdo, envoyé officiel et prêtre d'Ame!."Nous sommes sur le point de savoir qui vous êtes vraiment," dit Emolirdo."J'ai parcouru votre dossier.Fascinant.Êtes-vous conscient du fait que vous pouvez être un psi focus?" "Un quoi?"fît Orne.Psi focus.Je vous expliquerai dans un moment." "Vous seriez bien aimable", dit Orne qui commençait à ne pas aimer du tout les manier.s du prêtre."Vous pouvez considérer ceci comme le début de votre entraînement avancé," Emolirdo dit."C'est moi qui m'en occuperai.Si vous êtes ce que nous pensons que vous êtes.bien, c'est extrêmement rare." "Combien rare?" "Bien, les seuls autres sont perdus derrière les voiles mythologiques de l'antiquité."' "Je vois.Cette histoire de psi focus, c'est ça?" "C'est ce que nous appelons le phénomène.Si vous êtes un psi focus, alors vous êtes.bien, un dieu." Orne clignota des yeux, et s'assit comme gelé par le choc.Il sentit la roue de sa vie qui tournait, il sentit son être-un qui brûlait avec une passion terrible pour l'existence.Une conscience invincible le traversa et fît remonter comme pour un examen toutes les anciennes fonctions de vie.Il pensa: ON NE PEUT RIEN EXCLURE DE LA VIE.TOUT N'EST QU'UN."Vous ne mettez pas cela en question?" demanda Emolirdo.Orne avala et dit: "J'ai des questions, beaucoup de questions." "Posez-les"."Pourquoi pensez-vous que je sois un.psi focus?" Emolirdo inclina la tête."Vous semblez être une île d'ordre dans un univers désordonné.Quatre fois depuis que les Services d'Ordre vous ont remarqué vous avez accompli l'impossible.Chacune des situations que vous avez réglées auraient pu entraîner une guerre générale.Mais chaque fois vous avez ramené l'ordre." "Je n'ai fait que ce pour quoi j'avais été entraîné, pas plus.'" "Entraîné?Par qui?" "Par les Services d'Ordre, évidemment.Votre question est stupide." "L'est-elle?" Emolirdo trouva une chaise.Sa tête fut à égalité de celle de Orne."Progressons d'une façon ordonnée et commençons par notre articulation ou définition de la Vie." "J'articule la vie en la vivant," dit Orne."Peut-être aurais-je du dire: approchons le sujet d'un autre point de vue dans le seul but de le définir.La Vie, telle que nous la comprenons, représente un pont entre l'Ordre et le Chaos.Nous définissons le Chaos comme énergie brute, indomptée, disponible à tout ce qui peut l'apprivoiser et la transformer en une forme d'Ordre.En ce sens, la Vie devient du Chaos emmagasiné.Est-ce aue vous me suivez?" "J'entends tous vos mots." dit Orne."Ahhh." Emolirdo avala." En résumé, la Vie se nourrit du Chaos mais doit exister à l'intérieur de l'Ordre.Le Chaos représente l'arrière-fond sur lequel la Vie se connaît elle-même.Ce qui nous amène à un autre arrière-fond, la condition appelée STASIS.On peut la comparer à un aimant.Une Stasis attire vers elle-même de l'énergie libre jusqu'à ce que les pressions du non-mouvement, de la non-adaptation, deviennent trop grandes, et alors une explosion a lieu.En explosant, les formes de la Stasis retournent au Chaos, au non-Ordre.Inévitablement, la Stasis mène toujours au Chaos."C'est chouette." dit Orne.Emolirdo fronça les sourcils et dit: "Cette règle demeure vraie même au niveau chimique-inanimé et au niveau chimique-animé.La glace, qui est la stasis de l'eau, explose lorsqu'on l'expose abruptement à une chaleur extrême.Une société gelée explose lorsqu'elle est soumise à la chaleur d'une guerre ou au contact brûlant d'une société nouvelle et étrange.La Nature a horreur de la Stasis."De la même façon qu'elle a horreur du vide." dit Orne qui espérait faire taire Emolirdo.Où voulait-il en arriver?"Pourquoi tout ce discours sur le Chaos, l'Ordre, la Stasis?" "Nous pensons en termes de systèmes d'énergie." dit Emolirdo."C'est l'approche psi.Avez-vous d'autres questions?" "Vous ne m'avez rien expliqué du tout," dit Orne."Des mots, seulement des mots.Qu'est-ce que ça à voir avec Amel et votre soupçon que je sois uun.psi focus?" "Vous avez été appelé à Amel parce que nous considérons que vous êtes un faiseur de miracles." "Miracles?" "La compréhension du psi représente la compréhension des miracles.Il existe un diable dans tout ce que nous ne comprenons pas.Ainsi, les miracles nous effraient et nous remplissent d'insécurité." "Comme ce type qui pouvait supposément sauter de planète à planète sans se servir de véhicule." dit Orne."Il le fait effectivement.C'est aussi une autre forme de miracle que de SOUHAITER qu'un micro-dispositif inséré sous la peau sorte du corps et qu'il sorte effectivement de la peau sans blesser.Comme la chose vous est arrivée." "Qu'est-ce qui arriverait si je souhaitais que vous soyez retiré de ma présence?" demanda Orne.22 MAINMISE T "Ce serai! très intéressant, surtout si je contrais voire souhait avec un autre de mon cru." Orne sentait la confusion l'envahir."Je ne vous suis pas du tout." Emolirdo haussa les épaules."Je dis simplement que l'étude du psi est l'étude des miracles.Nous examinons des choses qui ont lieu en dehors des canaux reconnus et malgré les règles acceptées.La pensée religieuse appelle ces choses: des miracles.Nous disons alors que nous sommes Jdce à face avec un phénomène psi ou avec les oeuvres d'un psi focus."Je ne vous suis toujours pas." "A vez-vous déjà entendu parler des "cavernes à miracles" sur les anciennes planètes?" demanda Emolirdo."Oui.j'ai entendu les histoires." dit Orne."Ce sont plus que des histoires.Laissez-moi vous expliquer.De tels endroits contenaient cachées des formes, des convolutions qui se projetaient à partir de notre univers APPARENT.Sauf à ces points de-focus, les énergies brutes et chaotiques de l'univers résistent à tous nos désirs d'Ordre.Mais à ces endroits précis de focus, les énergies brutes du Chaos extérieur deviennent abondamment disponibles et peuvent être apprivoisées.Par le seul fait de le souhaiter, nous moulons cette énergie brute en d'uniques et nouvelles formes qui défient toutes nos vieilles lois." Les veux d'Emolirdo brillaient.Il semblait contrôler avec effort une grande excitation intérieure.Orne se mouilla les lèvres."Des formes'.'" "Les évidences historiques sont nettes," dit Emolirdo."Les humains ont tripoté des fils de 1er.les ont mis en tirbouchon, ont gravé du plastic, ont mis ensembles toutes sortes d'objets bizarres et inapparentés.et des choses miraculeuses arrivent.Une surface lisse de métal devient aussi cotante que si elle était enduit de colle.Un homme dessine un pentagramme sur le sable et des flammes y fiancent à l'intérieur.De la fumée sort en spirales d'une bouteille avec une forme étrange et obéit soudainement à la volonté d'un homme.Ce sont tous des formes, voyez-vous?" "Et alors?" Alors il existe certaines créatures vivantes.humaines comprises, qui recèlent à l'intérieur d'eux-mêmes un tel focus.Ils font quelques pas vers.rien, et réapparaissent à des années-lumière de là.Ils n'ont qu'à regarder une personne atteinte d'une maladie incurable pour que celle-ci guérisse.Ils ressuscitent les morts.Ils lisent les esprits."Mais en quoi cela vous aide-t-il d'appeler ces choses: psi?" "Cela nous permet de retirer ces phénomènes hors du domaine de la peur aveugle." dit Emolirdo."Regardez ce mur.J'y projette l'ombre de ma main.Supposons qu'y vivent des êtres "sensi-lifs" confinés aux deux dimensions d'une surface plane.Ils perçoivent l'ombre de ma main.Existe-t-il un génie parmi eux qui pourrait imaginer la forme de l'objet qui projette l'ombre-une forme projetée de l'extérieur de ses dimensions'" "C'est une vieille question mais très intéressante." "Ou arriverait-il si un être de la surface s'inventait un véhicule qui le projetterait dans notre dimension?il serait comme ces légendaires aveugles qui étudièrent séparément l'éléphant.Il faudrait que son vaisseau /réagisse d'une: façon qui ne correspond pas à ses deux dimensions.Il lui faudrait deviner de nouvelles formes, mettre sur pied toutes sortes de postulats optionnels et alternatifs." Des fragments de folklore traversèrent l'esprit de Orne: les magiciens de la forêt, les nains qui exauçaient les souhaits d'une façon désastreuse, les cavernes où l'on guérissait les malades.Après a>oir traverse les épreuves rituelles, Orne Lewis devient finalement dieu.L'épreuve la plus terrible et cruciale prend place lorsqu'il rencontre son envers, c'est-à-dire son propre dieu négatif, monstre cruel créé par sa propre peur, line fois la peur vaincue, Orne Lewis comprend que "la Vie crée sa propre motivation.Nous projetons nous-mêmes nos raisons de >i>re.Ft toujours devant nous - - le grand cataclysme, le grand réveil.Toujours devant nous - - le grand Temps qui b.rùle et d'où le phénix renaît.LA FOI Ql'F.NOUS AVONS EST LA FOI QUE NOUS (RÉONS POUR NOl SÎMFMF." MAINMISE 23 6.L'Univers vu par un biologiste (Suite).Science et science-fiction se rejoignent.Tout est Un, bien sûr, mais que de Temps cela nous prend pour le comprendre.Le scepticisme, l'ironie et le cynisme l'emporte trop souvent dans nos têtes conditionnées à l'école à ne croire qu'à l'évidence d'un marteau qui tombe sur la tête d'un clou.Mais l'univers est bien plus que cela et se comporte d'une façon beaucoup plus trippante que nous pensons.Revoici Henri Prat et la conclusion de son brillant petit livre sur l'étoffe de l'Univers.Remarquez à quel point il rejoint les mêmes concepts que ceux de l'extrait précédent.Pour tout résumer en deux mots: tout ce- qui existe provient de deux éléments essentiels: /'énergie et /'information (au sens de "mise en forme" j.Tout ce que nous pouvons observer, ou concevoir, se résume à de /'ENERGIE INFORMEE.Les N "dimensions" de l'espace multidimensionnel que nous venons de décrire ne sont que des paramètres définissant la structure et l'évolution de l'énergie dans les circonstances considérées.Particules, matière (atomes), champs de forces (attractions, répulsions), lumière, espace, temps, vitesses, accéléraliqns, masses (inertie), pressions, températures, densités, etc.: toutes ces expressions ne sont que des aspects dérivés de ces deux éléments fondamentaux: la MISE EN FORME DE L'ENERGIE.Cette vue synthétique permet d'éliminer 'a plupart des pseudo-problèmes sur lesquels on a buté au siècle dernier et au début de ce siècle-ci.Par exemple, considérons l'opposition classique: matière-esprit: nous savons maintenant que la matière n'est que de l'énergie informée; mais on peut en dire autant de l'esprit; alors que devient le conflit "manichéen"?Il en va de même pour la distinction artificielle entre la vie et la matière inanimée: toutes deux ne sont que de l'énergie informée.Alors pourquoi opposer ces formes énergétiques, en réalité complémentaires et reliées par toutes sortes de transitions.De ces deux éléments essentiels qui constituent l'Univers: l'énergie et l'information, l'un ne nous appartient pas: le premier, car il existe une loi fondamentale de conservation de.l'énergie (ou plutôt de f énergie-matière).Nul ne peut donc créer de l'énergie; nous pouvons seulement la TRANSFORMER (changer sa forme, ou la transmuter en matière, ou inversement).Par contre, le second: ITNFORMA TION, NOUS APPARTIENT, car nous pouvons la CRÉER à notre gré.Là réside le VERITABLE POUVOIR DE L'HOMME.L'Homme de génie qui élabore un chef-d'oeuvre de l'art, de la pensée, de la science ou de l'organisation, CRÉE BIEN RÉELLEMENT UNE PARCELLE DE L'INFORMATION UNIVERSELLE.Que tous ceux qui sont capables de comprendre cette vérité fondamentale veuillent bien consacrer un peu de leur temps à méditer ce qu'elle signifie.Car l'espace multidimensionnel où se déploie l'étoffe de l'Univers découle de ces deux seuls éléments de base et c'est parce qu'il peut créer l'un des deux: I IN FORM A TION (qui lui permet de transformer l'énergie et la matière, forme concrétisée de l'énergie), que l'homme possède sa puissance démiurgique (dieu créateur), son emprise sur la structure du monde.Il peut donc l'utiliser POUR LE MEILLEUR OU POUR LE PIRE.; il se trouve totalement responsable du sort qui lui incombera, à titre individuel et collectif.L'AVENIR DE L'ESPÈCE HUMAINE REPOSE ENTRE LES MAINS DE CHACUN DE NOUS.3W? 7.Le problème et l'épreuve: petite sonate sur la liberté."Dieu qui nous a créé sans notre aide ne nous sauvera pas sans notre consentement.1' (St-Augustin) L'esprit humain a toujours pensé qu'à force de dévisager l'univers et de lui poser des questions on finirait bien par comprendre de quoi il s'agit et comment sortir de la prison.D'autres disent nos limites.D'autres disent qu'on est né pour un p'ti pain.Pour Teilhard de Chardin, l'univers est un processus ou une machine qui "crée"; l'instrument qu'utilise cette machine pour créer est l'imagination de l'homme; l'organe créateur de l'univers est par excellence l'esprit cerveau de l'homme qui fournit à l'univers sa puissance opératrice.En dehors de tout débat théologique et philosophique (nous ne cherchons pas des "opinions" distinguées ou des réponses admises, nous cherchons un mode d'opération pour manoeuvrer une commune, un village, une famille au centre précis ou extase et utopie se rejoignent et s'adressent directement à tous nos sens), en dehors de toute discussion académique, les conclusions de certains des plus grands penseurs de la planète sont extrêmement utiles à nous fournir la clé de l'action qui mène à la paix stable de l'éternité, à l'équilibre serein de la perfection.Ou du moins nous indiquer à quoi elle ressemble, cette clé.Pour l'architecte du village pi qui doit reconditionner son espritcerveau, redéfinir les rapports sociaux et réinventer l'engineering (le mot français "génie" a jama fa l'affare) de la matière, une chose semble de plus en plus claire à mesure qu'il examine TOUS les documents du passé humain.Ceci: apparemment, quel que soit ce à quoi vous croyez, si vous y croyez assez vous finirez par le créer dans le réel.Par exemple, il importe peu qu'Abraham ait oui ou non entendu réellement la voix d'un dieu qui fit un pacte et une alliance avec lui; ce qui importe c'est qu'il y a cru assez pour influencer toute l'histoire universelle.Ceci est très important à comprendre pour ceux qui ne croient pas à Dieu, au sens contemporain.La question n'est plus là, la question, en fait, n'a jamais été là.Il y a eu assez de guerres et de persécutions sur cette planète pour que la race comprenne que c'est la certitude avec laquelle vous croyez à quelque chose qui contrôlera votre action et votre vie.Il a fallu que les frères Wrights croient à l'avion pour qu'ils puissent l'inventer et le créer alors que toute la physique et la mathématique de l'époque leur avaient prouvé (sur papier et formules) le contraire.Il faut vraiment qu'un inquisiteur croit à sa religion pour qu'il décide de torturer une "sorcière" pendant trois heures et de la brûler vive pour lui éviter les feux éternels de l'enfer.Mircéa Éliade, après une vie consacrée à l'étude de toutes les religions et mythologies de la planète, conclut: l'homme a la liberté d'intervenir dans la constitution ontologique de l'univers.L'ORGANE UTILIS PAR L'Univers ou Dieu pour se mettre en existence n'est autre chose que l'imagination de l'être humain.Un astro-physicien américain philosophe, Oliver Reiser, après une étude des galaxies et du cerveau humain, conclut: "Plus on y pense, plus il apparaît que le grand objectif de l'humanité, en tant que partie intime de la Nature, est l'invention et le modelage de systèmes de cerveau-direction dans le but d'organiser et de diriger la multitude colossale de changements, de mouvements, d'actions et de formes qui existent et ont lieu dans tous les systèmes cosmiques.Le grand but d'une technologie philosophique, c'est-à-dire un Humanisme Cosmique, est d'en arriver à controller et guider l'évolution aux niveaux physiques, biologiques, intellectuels et spirituels.C'est très simple: que nous le voulions ou non, la Vie s'est effectivement créé ses propres organes pour diriger consciemment le potentiel d'énergie de l'univers, et NOUS SOMMES CES ORGANES.Nous ne sommes pas seulement de minuscules bêtes perdues sur un minuscule grain de sable dans une quelconque galaxie, et nous ne sommes pas seulement de faibles et pécheresses créatures soumises à la grâce mystérieuse d'un Dieu régnant au ciel.À la racine de cette vieille bataille se trouve le choix entre reconnaître l'esprit et la conscience comme un ensemble complet qui contient à l'intérieur de lui-même sa réalité, ou séparer l'esprit de l'homme de la réalité.Trop souvent, la religion et la science se sont comportés comme de féroces frères de sang, dans une guerre civile odieuse dont la seule victime est l'homme, coince entre ces deux chants de bataille.Il importe à la race de sortir de ces catégories qui le blessent à chaque mouvement, à chaque effort d'envolée.Il faut resaisir la barre du monde et de nos vies.Car nous sommes le bateau, les voiles, le vent, le capitaine.NOUS SOMMES LE VOYAGE, LA DIRECTION, LA DESTINATION.NOUS SOMMES NOUS-MEMES LE RIVAGE OU NOUS ABOUTIRONS UN JOUR POUR Y RENCONTRER NOUS-MEMES.MAINMISE 25 21 Je suis au fond d'une des plus belles vallées de la Californie.Carmel Valley, lorsque je rencontre Wes.Il fait du pouce pour retourner a sa roulotte quelques milles plus loin sur la route II m'invite à le visiter, murmurant a travers un sourire fixe: |e suis un déco rateur d'engins spatiales.Il a les cheveux longs et ressemble à un prince noir des contes de fée allemands, prince qui aurait passé par l'acide et un an d'apprentissage dans un club-ferme des Hell's Angels.Il avoue, toujours avec le même sourire: je suis triple bélier.Son camion ferait l'envie de tout freak assoiffé de musique forte et rythmée a l'intérieur d'une grosse sphere flottante.La cabine de pilotage mesure 7 pieds sur 8 pieds, tapis mur à mur, de grands motifs de couleurs 22 sur les murs; le pare-brise: immense, très beau, comme dans les films de science fiction.Il a remplacé les deux sièges avant par de superbes fauteuils qui pivotent, balancent, et, aux grandes occasions, lévitent.Il a reconstruit le tableau de bord auquel il a ajouté les commandes de contrôle électroniques pour tout le camion, y compris deux systèmes stéréophoniques, un à l'avant et un autre à l'arriére, dans la chambre à coucher.Ajoutez toilette, douche, cuisine, placards, grand lit de luxe, tapisseries, haut-parleurs partout, enregistreuse et table tournante, guitare électrique et haut-parleur Gibson.Sur sa table de travail, des livres sur le Tarot, la mécanique, le magnétisme.Je lui demande comment il pense résoudre un jour le problème de la propulsion de tout véhicule (spatial ou , autre) et l'approvisionnement en électricité pour tout véhicule isolé du reste.Il répond qu'il est en train de construire un moteur magnétique qui, non seulement assurerait la propulsion de son engin dans n'importe quelle direction sans l'aide d'aucune essence, mais de plus servirait de générateur inépuisable pour assurer le fonctionnement électrique à l'intérieur de l'engin.Un grand silence.Quand le moteur sera-t-il prêt?"Je ne sais pas: j'ai encore besoin d'argent pour construire le prototype.A peu prés $10,000.J'ai bon espoir; tout ce que j'ai entrepris jusqu'à date a réussi." Entrevoit-il un futur quelconque pour son moteur?"Pas vraiment.au fond je m'en fous complètement: l'exploitation commerciale de l'invention, le côté argent - production, ils peuvent se le garder, pourvu que j'aie mon véhicule et mon moteur magnétique." Ce moteur m'intrigue vraiment: à partir de son principe de base, il est théoriquement possible de se rendre aux planètes, sans vraiment beaucoup d'efforts."C'est facile, laisse-môi t'expliquer: si au lieu de chercher à vaincre la force d'attraction terrestre, à combattre la gravité en lui opposant une force plus grande comme pour les fusées (il n'y a rien de plus atroce qu'une fusée: d'un point de vue naturel ou organique, c'est une 5C—«ct.ondésorma.Toutes les révolutions, toutes ALLEN GINSBERG n» / * • S N' ^ as «5> S a s *> s — ** w * *.o» 3 a> c v ; 8 » « è I «}| I | * i i I ,* I i / i g I f 8 1 u g.ca en C (0 obscénité de génie névrosé de la science officielle; une fusée, au lieu de couler avec le flot des énergies naturelles, les combat en créant littéralement un enfer de flammes.l'homme aurait pu se rendre à la lune pour une fraction de la somme collossale engloutie dans un projet aussi prétentieux) si au lieu de combattre Mother Nature, nous allions dans le même sens qu'elle, par exemple si nous nous accrochions à la "grille" du champ magnétique de la terre et du système solaire, nous pourrions facilement, en se laissant flotter, nous déplacer n'importe où à l'intérieur du champ." 24 Oskar avait deux atouts pour plaire à tout le monde: il mesurait 6 pieds 2 pouces, maigre comme un clou et possédait une voix assez rauque pour impressionner Eric Von Stroheim.En cours de route, nous fumons et parlons science.Il me raconte qu'il travaille à San Fransisco comme facteur, qu'il connaît très bien les chiens à cause de son travail, qu'il a de solides muscles aux jambes et qu'il a l'intention de retourner étudier les mathématiques à l'université libre - parce qu'il a projeté, un soir qu'il était particulièrement stone, d'écrire la mathématique de l'être humain."La mathématique de l'être humain." Sa vois disparaft dans les pétarades grossières des valves essouflées.Un long silence.Nous ne pensons à rien pendant 30 secondes.Et soudain, c'est l'éclat de rire, nos deux poitrines désarçonnées, moi sur le volant, lui s écroulant sur plan, pendant qu'éclatent dans ma tête des cercles concentriques jouant les mandatas électroniques.Les quinze minutes qui suivent servent à nous prouver l'un l'autre que nous avions exactement pensé la même 25 cnose au même moment et que, de plus, nous partagions les mêmes ramifications en ce qui concernait les prémisses d'une telle algèbre de l'anthropoïde.Les trente minutes suivantes nous voient expliquer, en termes les plus simples et évidents, l'Univers que nous semblions redécouvrir partout.Il entonne dans un soupir: "En fait, cette nouvelle mathématique ne serait qu'une musique écrite des champs magnétiques, un alphabet des interactions, une topologie différentielle de l'intention, une cybernétique de l'âme, une dynamique énergétique du I Ching, une astrologie du système nerveux central, une mythologie des systèmes." De métaphores en métaphores, d'arabesques en arabesques, Oskar nous amène au pays de la grande lumière blanche.Lorsque nous entrons dans San Fransisco, Oskar et moi sommes en train de dévorer un gros pain naturel acheté à Monterey.Je monte chez lui prendre un thé.Son appartement lui ressemble: de grandes pièces sobres, meublées de grandes taches jaunes, un tapis, une chaise d'osier, rien, une autre chaise, des livres, un tapis, le plancher de bois, un lit.Pendant la soirée, il m'explique une de ses dernières "découvertes".Il a déniché quelque part à San Fransisco une vieille bonne femme comme il ne s'en fait plus qui prétend avoir fait une découverte aussi importante que la fission atomique.D'après cette bonne dame, au nom ambiguë de Frances Nixon, chaque être humain possède un champ magnétique personnel dont le pôle nord serait l'endroit précis où il est né.Tout individu qui, par une série d'exercices bien particuliers réussit à se réaligner avec l'axe des lignes de force d'un tel champ, peut en arriver à se transformer et harmoniser ses vibrations avec celles de l'Univers.Avant de partir, je lui demande ce qu'il veut faire avec sa mathématique."C'est le seul instrument de musique dont je connaisse le langage.au fond, j'aimerais improviser avec des êtres qui m'aiment et qui m'aimeraient pour l'éternité." ¦Yirgis et le Too Dans un appartement blanc, Virgis, professeur noir d'urbanisme et d'économie à Berkeley, regarde par la fenêtre avec un air de chef zoulou désabusé.Il parle de ses élèves."Je me tue à essayer de leur faire comprendre un ou deux concepts de Fuller, synergie par exemple, que le tout est différent de la somme de ses parties, que 27 l'énergie du tout est une nouvelle énergie, qu'il existe là une loi alchimique de la matière, la folie de légèreté.qu'est-ce que tu veux que je leur dise sur la légèreté?.mais il faut qu'ils comprennent que Ravi Shankar ou les' mathématiques, c'est la même chose.Si mes étudiants ne comprennent pas l'ordre essentiel et parfait du jeu des éléments, de la profusion des formes, s'ils n'arrivent pas à voir que dans la structure de l'oeil de la mouche se trouvent les principes de construction d'un dome, que la nature a réglé à jamais toutes les équations de toutes les mathématiques de toutes les spécialités de l'Univers et que c'est à nous d'être assez intelligents - et paresseux - pour se laisser glisser dans l'eau douce de sa sagesse.comprendre que beauté, bonté, vérité, charité, force, santé grâce, perfection, stabilité, équilibre, immortalité, éternité, orgasme, bonté, vérité, charité, force, santé, grâce, perfection, lumière, énergie ne sont qu'une seule et même chose -que vous ne pouvez avoir l'un sans nécessairement avoir tous les autres et vice versa." Il regarde toujours par la fenêtre.".vois-tu, si mes étudiants ne comprennent pas que tout fait un, qu'il n'y a aucune différence de quoi que ce soit à quoi que ce soit, que dans la légitimité de chaque trip individuel se cache l'âme de l'unité, la grande musique de la matière fragmentée en milliards de voix qui ne composent qu'une seule fugue, s'ils ne comprennent pas ça." Il se retourne vers moi: deux grands yeux noirs issus d'une bourgade perdue de l'afrique du XV111 e siècle.".à quoi est-ce que j'aurai servi?" Cette falerie de portraits pourrait ne jamais s'arrêter.Ils -sont partout ceux qui devinent le futur de la race, ceux e qui veulent le désigner, ceux qui veulent le répandre, ceux „ qui veulent le vivre maintenant.Autant à San Fransisco * qu'à Montréal, les graines de la race germent et intro- u» duisent à la lumière du présent les secrets du passé et du futur.Aucune de ces visions n'excluent les autres ou ne les infirment: chacun entrevoit le paradis à sa façon et, comme disait un autre de ces "savants", chacun devrait s'efforcer à bâtir son propre environnement, sa propre vision d'Eden conçue selon ses goûts particuliers et ses origines.ne plus attendre des solutions planétaires ou nationales qui ne viendront peut-être jamais, commencer tout de suite, seul ou à plusieurs, dans l'air, sur ou sous l'eau, sur ou sous terre, n'importe où, peu importe mais, bâtir soi-même son futur. 9.Les systèmes de magie du shaman Yaqui don Juan et de Jésus-Christ.On oublie trop souvent qu'il y eut deux parties au procès de Jésus-Christ.Il comparut d'abord devant le sanhédrin, l'assemblée du pouvoir religieux officiel de l'époque; et ensuite, devant Mérode et Pilate, représentants du pouvoir politique de l'époque.On oublie trop souvent aussi les chefs d'accusation contre lui: le pouvoir politique l'accuse de sédition et de rébellion, l'accuse d'être un anarchiste révolutionnaire: le pouvoir religieux l'accuse, lui, de magie diabolique et d'hérésie, l'accuse d'être un blasphémateur et un orgueilleux.Très intéressant lorsqu'on songe contre qui les pouvoirs religieux et politiques reprennent et reprendront les mêmes accusations.Ce qui nous intéresse ici, c'est la structure du système de magie de Jésus-Christ.(Deux objections: Jésus ne faisait pas de magie, il n'a fait que des miracles.Ne jouons pas sur les mots, please.Guérir un paralytique, marcher sur l'eau et multiplier par milliers quelques pains, sont autant de gestes qui dans la tète de Jésus pouvaient être accomplis par quiconque avait la foi de croire qu'ils étaient possibles; c'est même là déjà une définition de la magie de Jésus.Deuxième objection, toujours de la droite légaliste,: seul un dieu comme Jésus pouvait impunément faire des miracles ou pratiquer la magie.Faux: ses apôtres refirent les mêmes miracles et pouvaient guérir."Tout ce que je fais, chacun peut le faire.Il en viendra après moi qui feront encore plus que moi.") Le point central de la magie de Jésus est l'attitude mentale, la façon de percevoir l'univers qui crée un CHEMIN dans cet univers par lequel et dans lequel un humain arrive à la perfection (le centre, le paradis.) Pour Jésus, l'univers est une immense maison de chambres, "il y a plusieurs chambres dans la maison de mon père".Attention à la chambre que vous choisissez.Jésus parle du Royaume comme d'un levain que l'on met dans la farine pour donner vie à une matière inerte.Très peu de levain peut faire monter beaucoup de farine.Mais attention au levain parce que tous les levains marchent, tous font lever la farine et tous le font également bien.Jésus dit que son "Père" ne juge pas.Dieu est la fonction du levain et non la capacité de choisir le genre de levain.Le Jugement est remis au "Fils".L'Homme choisit, et Dieu répond automatiquement.Ceci fait partie de la nature et de la constitution de l'univers: tout ce qne vous y semez y pousse.Si vous semez le mal, vous récoltez le diable, c'est-à-dire votre diable; si vous semez le bien, vous récoltez votre paradis, tel que vous l'avez défini.Pour le sorcier mexicain don Juan, si brillamment analysé dans les livres de Carlos Castenada, l'univers est une série infinie de visions dans lequel chaque humain voyage et auxquelles il a accès libre et illimité.À une seule condition, que chaque être définisse dans un long combat intérieur ce qu'était le CHEMIN et qu'il en apprenne comme un guerrier les lois et les limites.Il n'y a pas qu'une seule réalité, la réalité du monde ordinaire; il y a toutes les réalités que peut inventer et apprendre l'esprit humain, une fois que celui-ci comprend la nature "ouverte" de la perception de l'univers.La pensée orientale voit le monde comme une illusion fatale et soupire après la réalité du VRAI monde.Ceci est une proposition que don Juan et Jésus rejettent.Fa pensée grecque-stoïque voit le monde comme une unité mécanique fixe, distincte de l'esprit de l'homme.Ceci aussi est rejeté par don Juan et Jésus.Pour eux, le monde est une matrice continuellement ouverte à une synthèse ou à une resynthèse.Les deux considèrent le monde comme une "construction" partagée et manipulée par plusieurs personnes qui choisissent "cette" construction dans toute la gamme des constructions possibles.Pour Jésus, il fallait que la personne soucieuse de choisir un CHEMIN rejette complètement le monde, tel qu'on le lui avait appris.Il fallait tout abandonner.Il fallait s'en remettre complètement au CHEMIN choisi qui apporterait lui-même sa réponse et ses pouvoirs.De même chez don Juan qui insiste qu'il fallait complètement désapprendre la vision normale et ordinaire du monde pour tranquillement se laisser pénétrer par le paysage du CHEMIN choisi et créé au même moment.30 MAINMISE Les deux se posaient en ingénieurs qui donnaient les moyens d'initier un CHEMIN et de le suivre.Les deux promettaient une aide ou un allier qui viendrait une fois engagé sur le CHEMIN et qui ouvrirait le voyageur à des niveaux de plus en plus grands de croissance et de pouvoir.Le POUVOIR, qui dans les deux systèmes résulte automatiquement du CHEMIN, était un point crucial de danger.La Tentation au Désert symbolisait graphiquement les principales catégories d'abus du POUVOIR et de la perte du CHEMIN.Dans le système de don Juan, tout pouvoir, une fois atteint, n'était jamais perdu.Si le voyageur ne cédait pas ou n'abandonnait pas immédiatement les pouvoirs acquis, sacrifice qui permettait la continuation du chemin, alors ces pouvoirs devenaient démoniaques et bloquaient solidement toute possibilité future de croissance.Double/, vos talents, promettait Jésus, et vous recevrez deux fois plus encore - - pour le doubler à nouveau.Condition: investir les talents.Sinon, on perdait tout.Les deux prescrivent une re-construction de la vision ordinaire de la réalité.Si l'on désire le royaume des deux, il faut le synthétiser à partir du matériel disponible.Le monde n'est pas une illusion triviale qui bloque chez une âme pure la vision des panoramas célestes.Le monde est la matrice sur laquelle et à partir de laquelle toute chose fonctionne.C'est le regard qui crée la beauté perçue; c'est le regard et l'attitude qui crée le paradis.La soumission n'est pas un abandon abject mais une attitude de mise à blanc pour permettre une ré-écriture du monde.La grande formule: ce que vous liez et déliez sur la terre sera lié et délié dans le ciel.Tdrrible pouvoir.Énorme responsabilité, que nous avons tous.ndu reste.Peu importe que quelqu'un croit à Dieu, à Jésus ou à autre chose; comme nous le disions, la question n'a jamais été là.La question est combien d'énergie allez-vous investir et où l'investirez-vous, car vous ne récolterez, que ce que vous aurez semé.Il importe de choisir soigneusement le CHEMIN où vous vous engagez, et d'abord et surtout, de bien comprendre qu'il n'existe pas Un chemin, qu'il n'existe pas qu'une vision possible et objective de l'univers et qu'en fait ce que nous appelons le monde ordinaire de la réalité n'est qu'une construction arbitraire sur laquelle plusieurs personnes se sont mis d'accord.Deux particularités dans le système de Jésus: tout est axé sur le souci des autres, toute intervention dans la nature de l'univers est faite en fonction de l'autre et jamais pour soi.Et: la force d'une communauté reposait sur le partage intégral par tous les membres de cette communauté de la même vision de l'univers et du même CHEMIN.Chez don Juan, le but du chemin était l'aventure.Chez Jésus, le chemin aboutit à une solution des problèmes de l'individu et de la société dans l'aventure partagée d'une vie de groupe.Abandonner son égoïsme face au monde, c'était se laisser adopter comme un enfant par l'univers qui vous protégeait et vous donnait l'assurance qu'il y avait effectivement moyen de "perdre sa vie", d'abandonner la vision normale et ordinaire des choses, pour la retrouver à nouveau, mille fois agrandie et embellie.Dans le Codex Bezae, un manuscrit du XVe siècle de l'Évangile selon St-Luc, on peut lire l'histoire suivante: Jésus et ses disciples traversaient un champ le jour du Sabbath et virent un homme qui travaillait à ses foins.(Il était évidemment absolument interdit de travailler le jour du Sabbath, et les pouvoirs officiels avaient souvent reproché à Jésus de ne pas tenir compte des interdictions canoniques.Jésus savait parfaitement aussi qu'une civilisation ne pouvait exister que s'il y avait des critères partagés par tous et sur lesquels tous étaient d'accord pour déterminer quels étaient les gestes acceptables socialement).Alors Jésus se tourne vers le travailleur et lui dit: "Homme, si tu SAIS ce que tu fais, tu es béni; mais si tu ne sais PAS ce que tu fais, alors tu es un transgresseur de la loi." SACHEZ CE QUE VQUS FAITES ET DEFINISSEZ-LE VOUS-MÊME.VOTRE VIE VOUS APPARTIENT ET IL N'Y A QUE VOUS QUI PUISSIEZ LA REMETTRE A L'UNIVERS ET LA CONSACREZ A L'AUTRE.MAINMISE 31 10.Comment déplacer une auto avec un générateur à crystal (tel que raconté par un freak qui en a fait l'expérience.) "faut dire d'abord que j'étais tanné de payer toujours du gas pour avancer avec mon camper, mon cheval et mon vaisseau spatial.Puis ca pollue.Puis toujours être dépendant des stations d'essence - - un arrêt au moins à tous les 250 milles, toujours être dépendant d'avoir de l'argent pour faire remplir le réservoir - - $5.00 la shot, ca monte vite surtout quand t'en a pas.puis le fait qu'il va y avoir une jolie petite pénurie de pétrole dans notre chère petite techno-civilisation et quand il y a une pénurie de quoi que ce soif dans notre société ce sont toujours les plus hauts et les plus forts qui se servent les premiers.Ce qui fa que: objectif: mission possible: par définition, il doit y savoir une solution.Si ce qu'on représente a un sens moral quelconque et une validité logique et raisonnable, il doit y avoir perdu quelque part dans les circuits de la matière, un cours pratique: locomotion 222 qui renseigne ceux qui peuvent le rejoindre et s'y appliquer sur la façon de faire bouger et avancer un véhicule au moyen d'ondes ou d'énergies simples, gratuites et non-polluantes.OK.J'ai cherché.Compilé un peu du passé, des souvenirs universitaires du présent, des lectures dans les physiciens-astronomes-philosophes.J'ai surtout consulté la sagesse de la galaxie avec le computer mystique du I Ching.Ce dernier m'a systématiquement permis de me guider dans les raisonnements et expériences et de corriger toute déviation.Le tout s'est résumé à ceci: prolégomènes (le plus beau mot de la langue française) à toute amplification.Très simple: une énergie A, très simple et très petite, est amplifiée par un objet B, simple et compact, en une énergie C, très puissante.L'énergie C obtenue, on l'applique au travail ou au but en question.L'exemple le plus évident de ce principe se trouvait en Optique où des lentilles de crystal amplifie, transforme, rapetisse, déforment des ondes visuelles, de l'énergie.Ou l'exemple de l'oeil.Ou bien les premiers postes de radio qui amplifiaient leurs faibles signaux à l'aide de minéraux et de crystaux.Je décidai donc de bâtir un générateur'à partir d'un crystal.Je trouvai par hasard un petit crystal de quartz qui avait une forme qu'on peut géométriquement appeler parfaite: deux pyramides qui se touchent par leur base, ce qui, en plus, est la structure géométrique des molécules de l'or, le métal parfait.Deuxième question: quoi mettre autour de ce crystal.Par intuitions, déductions et consultations, j'en arrivai à construire le générateur suivant: Un bol de bois assez profond où je déposai une bouteille à forme sphérique que je remplissai d'eau, et, au centre du liquide, le crystal de quartz suspendu à un fil attaché au goulot.J'avais donc comme objet d'amplification un générateur composé d'une couche de végétal qui entourait une sphère minérale qui entourait de l'eau qui contenait un crystal minéral.Bon.Mode d'emploi maintenant.Quelle énergie employer et comment la transmettre au crystal.Ici, tout concordait: les religions primitives, la métaphysique et la physiologie hindue et orientale, les mythologies, E = mc2, la para-psychologie, la télépathie, la physique nucléaire, l'évangile selon saint Jean, etc, etc.La Parole, le Verbe, le Son, l'Intention verbalisée.Par exemple dans les contes de fée, pour faire avancer un carosse magique, un tapis, un cheval mystérieux, on utilisait des mots prononcés.Dans la Belle et la Bête, Belle s'adresse ainsi au cheval magique de la Bête: va, le Magnifique, va où je vais.Donc, j'allais émettre moi-même mon énergie, c'est-à-dire émettre, au moyen de mon cerveau et de mon esprit où circulait mon intention, des ondes mentales ( le cerveau, selon Fuller, émet lorsqu'il pense des ondes électro-magnétiques à très très hautes fréquences) qui chargées d'une puissance et d'une intention d'information allaient être amplifiées par le générateur à crystal.Ces ondes reçues et amplifiées par le générateur devaient donc, par hypothèse, faire avancer mon véhicule.Un beau matin, j'entassai 16 gallons de jus de pomme dans mon vaisseau.Et quelques vivres: dates, figues, beurre de sésame.Quoiqu'à l'époque je jeûnais (pour avoir l'esprit plus clair lors du départ), j'essayais de prévoir à tout.Je n'avais pas rempli mon réservoir depuis quelques jours et l'aiguille indicatrice du réservoir touchait la lettre R, réserve.J'avais donc au maximum deux gallons, au minimum de' quoi faire partir le moteur au moment du départ.Mon plan était le suivant: faire mes adieux, m'embarquer, me concentrer, prendre le générateur dans mes mains, le monter au niveau des mes yeux, regarder le générateur et prononcer les mots suivants: va, Jahill (nom que j'avais donné à mon cheval'char), conduis-moi où je vais.Ce que je fis.Je démarrai et partit.Si mon camper s'arrêtait quelque part loin de tout, ça faisait rien, j'avais de quoi survivre pour au moins 6 semaines.Je partais donc l'esprit libre mais les fesses un peu serrées.Est-ce que ça allait marcher?Je parcourus dix miles.Vingt.Trente.Quarante.Au bout de quarante miles, un rapide calcul me permit de flipper complètement.Quand je partis, je m'étais dit: l'auto avancera tant qu'il y aura du gas; lorsque la réserve sera épuisée et qu'il n'y aura plus d'essence qui parviendra au moteur, l'auto ou bien s'arrêtera ou bien continuera sur l'énergie du générateur.Mon aiguille indiquait la réserve, comme j'ai dit.Au maximum j'avais deux gallons.Mon moteur faisait maximum 1° miles au gallon: un camper pèse lourd, ma troisième valve avait très peu de compression, je brûlais de l'huile.De plus, je roulais sur une route plutôt montagneuse qui exigeait encore plus du moteur.Donc, je n'aurais pu faire plus de 38 miles.Quarante.Quarante-cinq.J'avais les fesses de plus en plus serrées.Allais-je oser croire que ça marchait?Cinquante miles.Aux petits oiseaux, j'étais délirant, je chantais à tue-tête.Je m'arrêtai pour respirer et courir un peu.Je repars.Soixante.Soixante-dix.Too much: il était donc possible de faire avancer un véhicule par de l'énergie simple naturelle.Quatre-vingt.Quatre-vingt-trois.32 MAINMISE Soudain l'auto ralentit, beaucoup de teuf-teuf.et s'arrête.Je freake.Que passa?.Rien.Rien.Rien.Je suis resté cinq jours à cet endroit stationné sur le côté de la route.À attendre.Réfléchir sur ce qui faisait que l'auto n'avançait plus.De temps à autre, je ressayais le générateur: .la hi II ne bronchait pas.Au bout de cinq jours, je décidai d'aller à la ville la plus proche, en faisant du pouce, de faire remplir un contenant à essence et de revenir chercher Jahill.Et je rentrai d'où j'étais parti, assez perplexe.Bilan.Une chose d'assurée: j'avais fait quatre-vingt-trois milles.83.Je vérifiai ce chiffre que m'indiquait mon cadran avec la carte routière: entre 82 et 84 milles.De deux choses l'une: ou bien j'avais fait ce chemin parce que mon réservoir contenait assez d'essence pour parcourir 83 miles, ou bien le générateur avait effectivement fonctionné, mais avait "décidé" de s'arrêter à un moment donné.Je vérifiai l'aiguille du réservoir: je fis mettre quatre gallons et demi, quantité qu'aurait nécessitée mon camper pour parcourir 83 miles.L'aiguille monta lentement et alla s'installer entre le quart et la demi, près de la demi.Or l'aiguille au départ indiquait la réserve; sans aucun doute possible, parce qu'elle l'indiquait depuis 36 heures avant mon départ.Conclusion: le générateur fonctionnai!.Pourquoi s'était-il arrêté de fonctionner?Deux solutions possibles: d'après VVilhelm Reich, l'organisme humain dégage de l'énergie qu'il est possible d'accumuler dans une "boîte" énergétique et d'utiliser à des taches mécaniques; il avait même construit un "moteur" à énergie organique humaine pour déplacer une voiture.L'expérience avait très bien marché et Reich était absolument convaincu des possibilités énormes contenues dans f "orgone" humaine.Ce qui rejoint par un autre biais le générateur que j'avais conçu: je n'avais finalement emmagasiné dans mon crystal que l'énergie nécessaire pour parcourir 83 miles.L'autre explication: mon subconscient a "donné l'ordre" à mon générateur de ne pas dépasser cette distance parce que je n'étais pas prêt encore à me rendre là où j'allais.Et je dois bien avouer effectivement que je n'étais pas du tout prêt à l'époque à entreprendre le projet que je m'étais fixé et qu'il m'a été beaucoup plus profitable de retourner à l'endroit d'où j'étais parti.J'avais encore beaucoup de décrassage et de déconditionnement mental à traverser.Du moins les 83 miles parcourus me prouvaient-ils que mes hypothèses de travail n'étaient pas fausses et qu'il, fallait continuer dans cette direction.Quoiqu'il en soit, il nous reste beaucoup d'expériences à tenter dans ce domaine et il ne devrait pas être très difficile pour des gens convaincus de mettre sur pied un moteur qui fonctionnerait à partir de l'énergie du corps ou de l'énergie mentale dégagée par une intention ou un souhait verbalisé.33 v MAINMISE II I^e mystère du Son.Il y a une scène bien curieuse dans les aventures de Tintin du regretté Hergé: assis devant un poste de télévision (du genre "circuit fermé") des colonels lugubres à l'air sadique attendent qu'un "savant" leur fasse une charmante et singulière démonstration : Comment raser complètement une ville moderne sans se servir de canons, d'avions ou de bombes.Ces messieurs regardent le petit écran; on y voit le profil d'une ville, New-York.Soudain tous les édifices s'écroulent, "line ville entière est rayée de la carte du monde." Les colonels applaudissent.Mais malheureusement, ce n'était qu'une maquette, "une cité-miniature pulvérisée à distance par un appareil utilisant les ultra-sons." Tiens, tiens, tiens, les ultra-sons.Il y a quelques années, la presse avait parlé de ce genre d'armes qui utilisaient le son et qui pouvaient tout faire s'écrouler en émettant des sons à très très basses fréquences.Ceci n'étonne pas lorsqu'on connait les étranges propriétés des "fréquences" sur les objets physiques.Tout le monde connait l'exemple classique du pont qui, traversé par un bataillon marchant au pas cadencé, s'écroule parce que le rythme (ou la fréquence) créé par les pas cadensés des soldats déphase ou annule la tension propre au pont.Ou bien les crises d'épilepsie qu'il est possible de provoquer chez les gens en les soumettant à un rythme précis de stroboscope, toute fréquence de 8 cycles ou multiple de 8 ( 16, 32, 64.) a des propriétés sur le cerveau humain qu'on ne peut expliquer en dernière analyse que sous l'angle de la fréquence, du rythme; Pensons à l'orgasme qui chez, la femme et chez l'homme ne s'obtient que par un geste rythmé, une fréquence de frottement ou de pression.Il est possible au moyen d'une boite produisant douze sons (douze fréquences audio) de contrôler et de pénétrer à l'intérieur d'un des plus grands réseaux de communication de la planète.Vous l'avez deviné.Marna Bell.Cette boite, c'est la célèbre Blue Box qui a fait les manchettes de la presse parallèle il y a deux ans.Voici l'histoire.Tous les réseaux téléphoniques d'à peu près tous les pays du monde sont reliés entre eux: ce qui est merveilleux pour nous humains.Or, pour relier et intégrer chacun des systèmes nationaux différents, les ingénieurs de Bell mis sur pied un programme central d'ordinateurs qui non seulement assure les transitions mais s'occupe de tout le traffic téléphonique nord-américain L'alphabet de cet immense cerveau central, c'est-à-dire le langage qu'emploie pour opérer ce gigantesque réseau planétaire du téléphone, se résume à douze sons, douze fréquences dont les différentes combinaisons agissent comme autant d'ordres ou de commandes dans le cerveau de Bell.Inutile de dire que ces fréquences sont gardées secrètes par Bell.Sauf la gaffe d'un ingénieur distrait qui publia dans un essai technique la fréquence précise des douze sons.Elles furent recueillies par des yeux zT^+usOsirdr ce te+nfvl.Oui, Messieurs, si notre Grand Etat-Maj or est réuni àujourd hui, c'est pour être m formé d une découverte formidable Apres des recherches jchjrnees, \\Y[——"v ^es ïd****irs *^*vB bordures ont reuSSi of mettre olu point une eirme qui relequerj bientôt Ij bombe a et U bombe H 2 E c c.2_i 01 -, a, 01 3 — en a._ «S a> fill! « a, a>£ a> s-»,w " « ?d) -ai — j» M S O .O — .r » » g a» ¦£ .- c 1 «- 5"° ¦E £.0 3 m « S 3 a, a E°-39 «-2 «O vi ¦¦ ¦n ai aïO 1 ë,|^ Wffa.Q = c a> ai s 7 ¦or ± ai -*-J 1 * = ïï s -o crû "Mon dessin n'est pas fini; j'ai pas eu le temps.Moi j'aurais voulu mettre des veines rouges un peu partout comme dans un vrai foetus.Non, je ne suis pas obsédé par les enfants; c'est simplement que c'est la première idée qui m'est venue en tête et que j'ai compris que je ne pouvais pas faire autre chose." (MARYSE) 42 MAINMISE Comme s'il en était encore à ses premiers pas, ce nouveau style n'arrive toutefois à s'exprimer que par opposition; il ne peut encore s'appuyer sur une véritable symbolique de la forme ou du moins ne pouvons-nous maintenant arriver à percevoir d'utilisations formelles ou de maniement particulier de l'instrumentation technique qui réussisse à la particulariser déjà.C'est pourtant à la mesure de son refus du monde, à la lumière d'une symbolisation encore toute occidentale, que sa différence se manifeste à la surface et que même une lecture "actuelle" (c'est-à-dire se rattachant d'abord à notre univers formel) frappe par son intrangeté.Ces dessins ne sont pas d'ici.Et c'est en dénonçant cet univers d'ici, en se servant de formes, de lignes et de couleurs d'ici à quelques exceptions près (où ils laissent d'ailleurs deviner la complexité et la richesse du développement futur) qu'ils signifient une différence qu'il ne faut surtout pas voir comme simplement due au hasard.Ils sont en fait une des premières manifestations d'un premier pas à l'extérieur du système de référence habituel et qui est constitué de toutes les formes, de toutes les manifestations, de tous les traits caractéristiques, des ornements, des styles et des conceptions du monde auquel l'Occident puise comme dans une banque constituée tout au long de ses modalités de développement.Ce sont des premiers pas, ou du moins nous ne pouvons maintenant les percevoir que comme tels, parce qu'ils participent encore, par leurs emprunts à la "banque", de certaines parcelles de notre univers culturel; en découlant directement, ces dessins en ont gardé certaines notions, comme celles du plan et de la perspective.Dans ce dessin d'apparence sereine, dominé par une lune rose-orange et où apparaissent deux maisons de ferme reliée par un enclos, l'utilisation de la technique du plan est tout à fait non conforme aux canons de la plastique occidentale; la superposition des plans du dessin découpe au moins trois ou quatre plans différents qui ne s'harmonisent pas selon la logique interne de notre plastique.La perspective est traitée de la même façon.Tout le long du champ de blé qui s'étend devant les deux maisons, un chemin de terre complètement inversé mais suivant quand même les lois de la perspective, bloque tout à coup sur un horizon où se dessine une MAINMISE 43 ville qui elle est tout à fait renversée par rapport à la perspective générale de l'ensemble du dessin.Cette multiplicité des plans et des angles d'approche apparaît déjà dans des techniques picturales comme le cubisme par exemple ou la peinture contemporaine mais on la retrouve ici employée de façon totalement différente; alors que les toiles de Picasso et de certains plasticiens modernes offrent une lecture multiple par suite de la superposition des plans, la peinture tire son unité de cette orientation vers l'infinité d'une perception de l'espace.Ici, le même schéma ne joue plus.On peut presque parler, en effet, de "niveaux de plans"; à chaque niveau, il se superpose au moins trois plans et à l'intérieur de chacun on peut déceler une organisation de l'espace extrêmement logique et différant totalement de nos univers de référence.Comme si on empruntait à la banque de formes pour incarner par la suite quelques unes de ces formes dans une structure qui n'a aucun point de raccord avec l'utilisation habituelle de l'espace et des techniques pour rendre cet espace sensible, ce dessin nous plonge brutalement dans un monde neuf dans une saisie et dans une organisation picturale de l'espace qu'il nous est difficile de saisir.Encore une fois, c'est là l'oeuvre d'un mutant, de quelqu'un qui vit déjà, incorporée à ses modes de fonctionnement les plus élémentaires, une nouvelle perception du monde, un nouveau monde issu Il 1 #x Vi / \\\ J 11 y** Technicalîtes - Un animateur de l'Université du Québec propose à la Commission scolaire de Montréal de recouvrir la palissade encadrant le "trou" de la future Université de dessins d'enfants.- À la Commission scolaire on contacte les écoles du secteur et quatre d'entre elles acceptent de participer au projet.- Les élèves d'une seule des quatre écoles se rendent sur place; ceux de l'École secondaire Lionel-Groulx qui, on le sait déjà à ce moment, sera désaffectée quelques jours plus tard.Les élèves de l'école, ou du moins certains officiers de l'école, considèrent le projet comme l'occasion de laisser un monument, un testament.- On organise un concours à l'intérieur de l'école; les meilleurs dessins seront ceux qui garniront les palissades.Un thème général est lancé: "mon pays en l'an 2000".- Aux dernières semaines de juin, on passe à| l'exécution.- Quelques semaines plus tard, une autre expérience a lieu au même endroit, côté sud-est du quadrilatère, rue St-Denis; le centre de visosonfe, une sorte de maison d'accueil pour les enfants, entreprend lui aussi de peindre la palissade.La tâche est toutefois confiée à des enfants encore trop jeunes.- Les "dessins de la rue St-Denis" sont donc lesl "dessins de la rue Ste-Catherine" puisque les deux| expériences n'ont strictement rien en commun.- En voulant retrouver quelques-uns des auteurs de dessin, nous avons appris qu'une fois l'école fermée les étudiants ont été reclassés dans quatre écoles différentes.D'où le peu d'espace accordé _aujL^témoignages''.44 MAINMISE directement du nôtre et que nous arrivons à peine à déceler imbriqué qu'il est encore dans des formes et dans un style qui nous semble référer à une structure culturelle que nous connaissons mais qui s'en détache profondément.Ces mutants, ce sont ceux du passage.Ceux du passage à un autre cycle d'expressivité, c'est-à-dire à une conception de l'univers aussi différente de la nôtre que la culture arabe peut l'être par rapport à la tradition antique.Ces mutants, ce sont ceux qui auront à construire ru.T.O.P.I.E.Premiers hommes à porter en eux les possibilités d'une nouvelle race depuis les jours des premières manifestatios d'une "âme" occidentale, ils vivent déjà, à douze ou treize ans, une expérience de l'espace qui prend racine après Einstein, Fuller, MacLuhan, Leary et tous les autres de la même façon qu'un homme du XVIIIe siècle vivait, dès sa naissance, la notion copernicienne de l'espace.Tous les hommes du XVIIIe siècle occidental ne connaissaient pas Copernic, mais le monde dans lequel ils s'incarnaient manifestait À TOUS LES NIVEAUX ce style de compréhension de l'univers; l'architecture, la musique, la plastique, les façades de maison, les ustensiles de cuisine et les objets usuels, tout cela était l'illustration concrète de la structuration de l'univers que vivaient des hommes comme Descartes à un tout autre palier.Le monde, l'Histoire a tourné d'un cran et nous sommes à l'aube de quelque chose de différent; comme bien d'autres Indices le laissaient déjà deviner, ces dessins sont la confirmation éclatante du fait que déjà, le changement est enclenché.Le monde demain En surface, ces dessins semblent avoir un rapport direct avec le monde que nous connaissons tous; issus d'une initiative de certains animateurs de l'ancienne École secondaire Lionel-Groulx (démolie depuis; les mutants ne laissent pas de traces.) ils sont tous le fait d'une bande d'étudiants de douze à quatorze ans dirigés par des professeurs d'arts plastiques.Activité "para-scolaire", la présence de ces dessins au coin de St-Denis et Ste-Catherine est donc tout à fait "normale"; rien en surface ne laisse présager de l'importance de ce presque message de demain formulé qu'il est en taches de couleurs, en lignes et en plan superposés.Il serait illusoire de prétendre à une description de.cet univers qui ne se révèle ici que dans les grandes lignes de son opposition à l'univers de références formelle que nous connaissons.Même si la plupart des dessins sont rattachés à un thème défini préalablement par les professeurs d'arts plastiques de Lionel-Groulx et concernant justement "le monde demain", ils ne fournissent d'indications qu'en ce qui les diférencient de nous, au niveau des tonalités de base et du style général d'une perception de l'univers, ils ne nous permettent que de constater à quel point déjà, aujourd'hui, chez des enfants de douze ou quatorze ans, le sentiment de l'univers est AUTRE.C'est qu'il s'agit d'êtres nés du soleil.MAINMISE mJ3 1 \ NS «B8SSS8J»' ^ ^^^^^ Rattachés à l'univers symbolique occidental, sauf les dessins de Jaime Perez d'origine péruvienne qui développent une symbolique nettement andine, ils délimitent en ce sens une vision assez négative sur la qualité de vie du monde à venir et du même coup précisent ainsi la lourdeur thématique des emprunts faits à la somme des manifestations de notre culture.Un premier bloc de dessins illustre cette vision relationnelle des choses.On y remarque une présence aliénante constante; celle de la ville, du béton, des masses et des perspectives écrasantes.Ce dessin Où s'élève un étrange arbre de vie tout en asphalte reposant ses branches sur deux immenses taches rouge et bleu qui occuppent la moitié de l'espace pictural et dont la téte se termine par une série de buildings, les branches-maîtresses par une illustration des scènes "de la vie quotidienne", le corps entier recouvert de bandes de signalisation blanches, reflète lui aussi une utilisation et une perception de l'espace totalement différences.On y décèle, bien sur, une signification directe: celle de la lourdeur écrasante du progrès d'une civilisation.Le simple fait de relier l'image de la route à celle de l'arbre ou du moins à la manifestation inconsciente de la forme archétypale de l'arbre est déjà révélateur du haut degré symbolique du dessin.Comme s'il vivait dans son corps même sa propre destruction, l'arbre de vie prend la forme la plus "devenue", la plus accomplie de sa mort prochaine et de son irrémédiable étouffement.Dans un autre dessin, signé P.Gosselin, R.Marsan et A.Boivin, on retrouve presque la même mise en forme sauf que cette fois-ci la route et le béton mènent directement à un arbre, au seul arbre de l'espace mis en relief par le dessin.Ailleurs, dans cette troisième illustration de l'omniprésence dévorante du progrès, la raideur, la ligne, les blocs et la perspective écrasent littéralement toute forme possible de vie de sorte que l'on peut presque penser que la planète n'est plus habitée en surface, l'énergie vitale ayant laissé place à l'ordre, à la rigueur et à la sécheresse presque parfaite d'une mise en place définitivement figée.Cette mise en place, ce figisme, se ressent dans les trois dessins; il s'incarne toutefois davantage dans les deux premiers puisqu'ils s'appuient pour cela sur des techniques d'utilisation de l'espace, des couleurs et des symboles qui supposent déjà une profonde compréhension de la situation qu'on peut croire "congénitalement" intuitive car l'inverse impliquerait une connaissance approfondie de l'art plastique, ce qui peut être difficilement le cas chez des enfants de douze à quatorze ans.MAINMISE MAINMISE 47 MAINMISE MAINMISE 49 50 MAINMISE Le troisième dessin renvoie lui à un autre de Barbara Jankovski dans lequel on peut retrouver le même aspect critique transposé toutefois à une échelle humaine.En parlant de son dessin, Barbara disait: Cette dépersonnaiisation par la raideur se sent enfoui sous une foule de manifestations "occidenta- également dans un autre dessin qui vient se poser les", cette différence ne se fait sentir que dans comme l'illustration de la fin du processus de certains traits généraux comme le flottement par "raidification et de bétonnification".L'échelle hu- exemple.Si l'on reprend les termes de Spengler et maine en est presque absente et l'on y décèle, par que l'on cherche à qualifier cette perception de suite de la conjugaison de plusieurs univers (sym- l'étendue mise en relief par la grande majorité des boles, utilisation de l'espace, jeux des plans et des dessins, il faudrait dire, au même titre que l'âme divers espaces évoqués, couleurs, types de lignes, occidentale s'incarne d'abord dans une tension et alternance des types de formes) un état de dessè- l'âme de l'ancienne Egypte dans le sens de la chement encore plus prononcé que dans la pre- marche sacrée, que ce monde de nouvelles rela- mière série de dessins.À partir de ce moment, il tions formelles et symboliques est d'abord le fait du n'est plus question de l'homme; il disparaît, tout flottement ou de la non-définition de l'étendue, simplement.Remplacé par des extra-terrestres la Dans les quatre dessins qui viennent on peut voir plupart du temps, il semble céder le pas, jusqu'à s'édifier tout un macrocosme se basant sur une s'éteindre, à un univers où il est presque exclusive- sorte de principe d'économie de l'espace qui con- ment question de rapports de formes et d'énergie, fère à l'ensemble son caractère d'étrangeté par Dans les neuf dessins qui suivent, l'homo-sapiens a rapport à nos références habituelles.Dans les deux fait place à un monde encombré de machines et de premiers, on ne peut voir au juste si les taches vestiges architecturaux.blanches qui parsèment les dessins illustrent des Ce monde de demain se traduit concrètement flocons de neige ou si elles font référence à dans un espace caractérisé par le flottement; l'ab- l'espace interstellaire.On devine quelques habita- sence presque totale de figures pleines et de plans tions, une route, mais des vaissaux spatiaux de de références concrets, la vision d'un monde où toutes formes et de toutes les couleurs laissent l'étendue semble être une réalité première puisque plutôt penser qu'il peut s'agir de stations-relais c'est elle qui pratiquement structure l'organisation comme celles auxquelles nous a déjà habitué 2001.intérieure et la significativité thématique et symboli- De toute façon, dans un cas comme dans l'autre, il que de tous les dessins, tout cela indique déjà un faut noter l'absence presque totale de support; style.Les formes sont les mêmes, les couleurs et les chacun des éléments du dessin, chaque forme, lignes également.Pourtant la particularité de leur repose sur le vide ou du moins sur une définition articulation et de leur agencement dévoile des fluide de l'espace.Rien n'est figé, stable, À l'image champs de perceptions assez incompréhensibles; à même du devenir, c'est-à-dire de la réalisation en ce niveau il importe peu que tout le dessin relève actes non encore systématisés par l'histoire, cet d'une attitude consciente et d'une volonté profonde univers semble reposer le problème de la relation à de transcrire la différence.Encore beaucoup trop la matière.D'abord composé de corps solides MAINMISE 51 agglomérés, l'espace de ces dessins semble toutefois mettre en relief la non-nécessité d'un support de type gravitionnel; comme si chaque forme avail acquis une autonomie propre, comme si la matière avait réussi à se délivrer de l'inertie et du frottement, elle semble pouvoir se structurer en corps libres à moins qu'elle ne soit globalement devenue partie intégrante de la technique et que chaque' corps se soit transformé en machine.Ce rapide regard sur la structure symbolique montre bien è< quel point la majorité de ces dessins se rattachent ài un style et à une structure de pensée autre; comme' si tous les enfants du monde pouvaient regarder 2001 à la place de Bugs Bunny et comme si ce» simple fait ne pouvait pas enclancher, lié à tout uni tissu de phénomènes du même ordre, une saisie de' l'univers et de ses rapports qui ne tiennent plust beaucoup compte de ce que, nous, nous pouvons en penser.Même phénomène dans les deux autres dessins.Malgré une symbolique assez facile, où les emprunts à la mythologie actuelle des extra-terrestres sont assez fréquents, on retrouve encore le même flottement, même si, parfois, la structure de la matière semble se raffermir; encore ici, la multiplicité des plans et des systèmes de perspective réussit d'emblée à situer l'ensemble des trois dessins dans une cosmogonie qui se rattache à la nôtre par son implication critique et par l'utilisation des symboles mais qui néanmoins incarne déjà une différence profonde au niveau de la compréhension globale de l'univers.Toute notion de distance semble abolie.Les rapports de densité entre les objets solides ne sont plus les mêmes.À la lumière des exemples historiques où l'on peut voir une culture succéder à une autre, cette structuration du cosmos laisse supposer un système philosophique, une mathématique et une physique du flottement.Il s'agit bien là de mutants et d'un monde de demain dont nous ignorons les principes de base.Univers inconnu, monde étrange composé de vestiges de toute sorte, un dernier dessin laisse voir toute l'ambiguité de sa représentation.52 MAINMISE Ici, l'espace pictural s'inscrit paradoxalement sous le signe du "devenu", du figé, de l'éteint.Ces statues de l'an 2000, comme le montre une inscription à droite du dessin, n'appartiennent pas à ce monde-ci.Même si on y constate des failles, comme par exemple cette présence de l'horloge et du temps dans un univers fondé sur la relation "flottante", on peut encore parier au strict niveau formel d'un style propre.Les normes culturelles auxquelles notre plastique nous a habitué sont pourtant respectées; la perspective et l'ordre des plans est tout à fait conforme à une représentation picturale occidentale de la réalité.C'est en fait le niveau symbolique qui particularise ici la différence.Placée au milieu de deux ensembles formels, qui semblent n'avoir aucune application dans le réel sinon d'être, l'horloge implique par sa forme même et par les résonnances culturelles qu'elle provoque la position d'un monde différent de celui que nous habitons, un monde futur différent de celui que nous pouvons prévoir ou imaginer.Ayant tout de la fusée, de cette incarnation tout à fait contemporaine de l'élan et de la tension qui caractérise la culture occidentale, cette horlogefusée est morte.Comme le temps qu'elle indique ou qu'elle indiquait, sa forme même semble être une forme morte dans ce monde figé.Si l'on se souvient des premières manifestations de l'âme occidentale au moment de la floraison du gothique, on pouvait déjà lire le même constat.Comme si la fusée était un prolongement symbolique de la cathédrale ou du clocher d'église s'élevant, fonçant vers les espaces infinis, la mort du temps et de la forme que laisse supposer l'horloge indique également la mort d'une conception de l'univers.Ce qui recoupe les éléments déjà fournis par d'autres dessins; dans un monde où règne le flottement et l'abolition des distances, la liberté de la matière et des nouveaux rapports de densité entre les solides, il serait assez illusoire de penser qu'il y a encore place pour des notions comme celles de l'élan et de la tension, de l'espace ordonné en plans logiques et du temps figé s'égren-nant à chaque minute.Ce monde est celui de demain, d'un demain quelconque et l'homme n'y participe plus qu'à titre tout à fait accessoire.Miroir et symboles Restent quatre dessins encore plus étranges que les premiers: deux qui relèvent d'un système symbolique complètement différent et qui sont signés Jaime et deux autres quii dénotent une technique assez étonnante.Les dessins de Jaime Perez illustrent clalremnt une appartenance culturelle différente; à tous les niveaux, que ce soit celui du symbole ou de l'utilisation des formes, ces deux dessins tranchent par rapport à l'ensemble.On y retrouve du moins des symboles andins comme celui de l'ange exterminateur ou du soleil générateur, antiques comme celui du triangle parfait des Pythagoriciens et occidentaux comme celui du diable.Posés dans une série où le triangle apparaît avant l'ange et le diable ces trois symboles se dessinent sur un fond de montagne extrêmement dense qui appuie davantage la profondeur de l'évocation et qui souligne presque le caractère inéluctable de la gradation des symboles.Signe d'un ésotérisme spirituel faisant appel tout autant à une plastique des mathématiques qu'à une symbolisa-tion du sacrifice sacré et de l'omniprésence, des forces occultes, ce premier dessin incarne trop de différence par rapport aux autres pour que l'on puisse se situer dans le même univers de référence.Emanations d'un mutant d'une autre culture en voie de transformation, il serait trop simple de la classer, étant donnée sa différence, et MAINMISE 53 sa nouveauté par rapport à nos critères.Le deuxième dessin est moins particularisé.On y retrouve encore des traces du passé culturel andin, comme cette naissance spontanée de l'homme issu du soleil ou encore comme cette tendance à humaniser les forces naturelles comme les nuages.Pourtant, l'ensemble du dessin est moins écrasant symboliquement ce qui permet d'établir un lien certain entre cette saisie magique de l'univers et la structure globale de la perception des autres mutants.Ici aussi, l'espace est une donnée flottante et les champs de perspectives indiquent encore une fois l'abolition de la densité et l'établissement de nouveaux rapports entre les masses.Comme si la naissance du soleil réussissait à faire le lien entre tous les éléments des autres dessins, comme si cette naissance traçait le lieu d'origine tout autant que le type de spiritualité du monde à naître, elle en caractérise également le point d'appui: celui du soleil et de l'espace pris en main.Cette prise en main (tout à fait libre d'entraves), de l'espace et d'une technique de l'espace est mise en relief par les deux derniers dessins illustrant le principe du miroir.Il s'agit bien ici d'une nouvelle maîtrise de l'étendue: référant encore une fois à certaines formes de la culture occidentale et en particulier à la perspective, ces deux dessins se fondent sur le reflet, le jeu et la transcription "rêvée" du réel.La technique est identique à la nôtre; celle du plan simple reproduit en reflet et soumis aux lois de la perspective.Dans le premier exemple, ce sont les couleurs qui permettent d'abord de saisir l'é-trangeté du dessin.Ce sont elles du moins qui fixent le cadre du reflet; au lieu de miroiter dans l'eau, comme dans le dessin suivant, le palmier, et la lune se reflètent dans le sable posant là une nouvelle utilisation du miroir.Plus, en se projetant dans une deuxième étendue, les objets se soumettent à une densité nouvelle qui leur fait perdre leurs caractéristiques premières et se transformer en objets nouveaux de couleur totalement différente.Réplique presque exacte du monde premier parce que ses éléments s'y retrouvent, ce deuxième univers s'en détache pourtant par sa composition interne; au lieu de se contenter d'être reflet, il vit d'une existence propre.En élargissant à peine le cadre de ce constat, on peut facilement poser la même caractéristique par rapport à tous les dessins; ils participent concrètement de notre univers de référence mais ils s'en détachent tout aussi totalement du simple fait de l'organisation et de la logique interne qui les caractérisent.Dans ce paysage où s'étire un arbre mort autour d'une rivière reflétant un paysage d'automne, la même densité et la même possibilité formelle s'impose de prime abord.Il est encore une fois presque impossible de ne donner qu'une direction, qu'une étendue au dessin; l'espace reflété jouit d'une autonomie complète, de cette autonomie des objets et des solides que l'on a déjà remarqué, et par ce fait même le dessin acquiert au moins deux directions totalement différentes qui repoussent les frontières de notre acceptation du réel pictural.Au niveau d'une systématique des images, c'est toutefois le dessin que nous avons reproduit en page couverture qui renferme un maximum de possibilités d'interprétation symbolique.54 MAINMISE Ce foetus, à la fois point de convergence et point d'origine de l'univers sous-tendus par l'ensemble des dessins, est peut-être la meilleure illustration de cette perception différente de l'univers qui est déjà le signe d'une race de mutants.Issu, à un premier niveau symbolique, d'une forme presque parfaite, celle de l'oeuf, de la sphère en mouvement, non réalisée et encore pleine d'une énergie créatrice non figée, le foetus est rattaché à l'extérieur par un cordon ombilical; cet extérieur est toutefois amplifié jusqu'à prendre la mesure de l'espace ambiant.Trop vaste pour être fixé à une quelconque source de vie, c'est à la Vie en général qu'il est lié.Déjà, encore à l'intérieur de l'oeuf original, l'homme nouveau, le mutant, révèle ses principales modalités de préhension du monde: trois veines rouges au cerveau et trois autres à la main fixent au départ le cadre de sa relation au réel.Comme si sa compréhension de l'univers allait être enclose toute entière dans sa corporéité, comme si l'équation com-préhension préhension du monde trouvait un sens en incarnant une relation parfaite fondée sur l'équilibre et la préhension mutuelle dans une saisie réciproque (saisie du mondesaisie par le monde), cet homme nouveau jouit d'un équilibre intérieur.Né de la Terre-Mère et de l'Univers-Père, il est l'incarnation de tout ce que peut laisser supposer le nouvel arrangement de lignes, de plans, de couleurs et de tons auquel on a plusieurs fois fait référence et qui souligne l'émergence d'une nouvelle race concevant et vivant le monde d'une façon totalement autre.Partout, les signes annonçant l'imminence d'une nouvelle phase de l'humanité, (signes aussi "négatifs" que "positifs" puisque à l'échelle du cosmos la totalité des incarnations de la matière et de l'énergie n'a pas de visage) partout ces signes se font plus nombreux; nous avons certes à poser les bases d'une nouvelle approche de la réalité qui rende enfin l'homme et le monde "vivables", on peut toutefois maintenant se demander s'il ne faut pas accéler le rythme de l'accession à la Connaissance.Les dessins d'enfants de l'ancienne École secondaire Lionel-Groulx démontrent une chose avec clarté: les mutants sont tout près.Le moule culturel de l'Occident réussira peut-être à niveler cette génération qui monte, mais bientôt l'univers mental de l'âme occidentale ne pourra plus absorber les profondes mutations qui déjà le serrent de toute part.Au fond, ces dessins posent une grande question: pouvons-nous nous permettre de laisser périr les premières manifestations d'une nouvelle structuration de l'univers?"Je voulais faire un paysage mort; quand j'ai fini mon arbre, j'avais plus le goût de faire un monde laid.Les choses belles sont tellement plus belles." (BARBARA) "Au début se place l'expression pure, timide, hésitante, d'une âme qui vient de s'éveiller, qui cherche encore un lien avec l'univers, sa propre création, devant lequel elle' observe une attitude d'étrangère étonnée.Il y a de la peur enfantine dans (.) la vieille peinture chrétienne des catacombes et dans les salles à piliers des débuts de la IVe dynastie d'Egypte.Un prélude printanier de l'art, un profond pressentiment de la richesse des formes futures (.) "LE DÉCLIN DE L'OCCIDENT, Spen-gler.MAINMISE 55 Deux jours plus tard: Est-ce qu'il s'agit bien de permettre ou non?Quoi que l'on fasse, quelque barrière qu'élève la société nord-américaine au développement de la future race des mutants, qu'il soit question de récupération, de limitation ou de quoi que ce soit, cela se fera.Il importe peu que l'on en soit déjà à une étape de conscience des choses.Même si, pour la majorité des gens, ces dessins restent d'abord et avant tout des "beaux dessins" mettant tout au plus en relief la créativité des enfants qui les ont tracés, même si, pour les enfants eux-mêmes, ce ne sont effectivement que des dessins dont ils peuvent être plastiquement très fiers, rien n'y changera.Les dessins de la rue St-Denis reposent toutefois le problème sous un tout autre angle quel que soit le véritable degré d'implication culturelle de leurs auteurs, exactement de la même façon que nous ne nous sentons plus liés aux premières manifestations de l'âme occidentale alors que, déjà, notre conception de l'univers était toute tracée dans l'élancement des premières cathédrales gothiques.Ces dessins sont la preuve manifeste d'un virage.On pourrait presque dire un virage "inconscient" si le mot inéluctable ne convenait mieux à la situation.Le hasard, à ce niveau, est un concept vide de sens; c'est beaucoup plus le devenir historique traduit plastiquement dans ses applications concrètes qui a fait en sorte que Barbara laisse "un trou au milieu de son dessin" et que Maryse "manque de peinture" au moment de rajouter le système sanguin complet à son foetus.De fait, chacun des petits gestes de cet ordre ayant mené à la différence qui caractérise ces dessins doit avoir une explication toute faite.Il serait toutefois naïf de croire tenir là la clé du mystère.On n'est toujours que RELATIVEMENT conscient de l'inscription globale rattachée à chacun des gestes "culturels" que nous posons.Si ce geste est la suite logique d'une systématique de la forme que l'univers culturel dans lequel nous vivons a su développer au cours de son histoire, cela se fait tellement "naturellement" que nous n'y attachons plus aucune véritable signification.Déjà, le corps culturel occidental a su générer de "nouveaux chromosomes." Déjà, des signes de la nouvelle race à venir, qui ne pourra que se développer davantage à partir de cette première chaîne, sont visibles chez des enfants de douze à quatorze ans.Quand le principe de la sélection naturelle aura procédé à une autre série d'éliminations et de combinaisons, le nouveau style s'imposera de lui-même et transcrira alors complètement une nouvelle perception du rapport entre les choses.Barrière ou non, récupération ou non, le premier pas est déjà posé.Rien ne saurait empêcher que le deuxième se dessine bientôt d'une façon ou d'une autre, que le rythme s'accélère et que l'on en soit ainsi au tout début d'une "marche" totalement différente de celle que nous avons suivie jusqu'ici.Michel Bélair MAINMISE LU O CD O O QC Uj rn c: O NEUROLOGIQUE NEUROL Ces mots sont les derniers mots du passé.Laissez-nous partir libres.dans le futur.Joanna et Timothy OGIQUE 3fl0l0010Un3N m O o ô transmis par Joanna et Timothy Timothy Leary is dead.No, no, no, he's outside looking in.Moody Blues Timothy Leary est en prison.Pour subversion psychique.Crime impardonnable.Et pour cause: il est un des grands responsables du tournage collectif de l'Amérique et de l'Occident.La justice américaine le traite comme s'il était le plus grand criminel du pays et lui a imposé la somme la plus forte jamais demandée pour un cautionnement: $5,000,000.Cinq millions de dollars.On croit rêver.Et c'est un rêve effectivement, un mauvais rêve.Voici le dernier texte de Leary.Son dernier dans tous les sens.Ce texte est le dernier regard sur le passé d'un homme qui a débuté comme professeur de psychologie à Harvard pour terminer comme mystique persécuté.C'est le résumé de tout ce qu'a appris, digéré et intégré le savant occidental qui habite Leàry.Et dont, dorénavant, Leary ne veut plus s'occuper.Fini cette voie du passé.MAINMISE 57 Au premier abord, ce grand texte-essai ressemble à une synthèse magistrale de toute la neuro-physiologie et de toute la psychologie.Un grand tableau où se superposent l'architecture admirable du système nerveux et toutes les expressions et intentions mentales que la psychologie a découvertes circulants dans les circuits de ce système nerveux.C'est comme si Leary nous décrivait et expliquait tout à la fois une belle et mystérieuse plante d'un lointain pays exotique.C'est la fascination de ce langage Incroyablement complexe et précis qu'il utilise pour dessiner ces imposants étages nerveux où se Jouent tous nos drames et Joies quotidiennes.Prévenons le lecteur récalcitrant à tous ces mots techniques du texte de Leary qu'il n'est pas du tout nécessaire de comprendre chaque mot de ce texte pour comprendre le sens de tout le texte.Précisons: Leary, dans son introduction, explique très bien, que son texte est de la science-fiction.Et c'est à ce niveau qu'il faut le lire de même que vous écouteriez un ami revenu de l'Afghanistan vous décrire un paysage impressionnant qu'il a vu.De plus si cet ami était géologue, archéologue, anthropologue et avait droppé de l'acide plusieurs fois, vous ne songeriez pas à mettre en doute le récit qu'il vous fait.Et comme ce récit comporterait des mots étranges et inconnus, vous ne songeriez pas pour autant à le faire taire sur le champ.Au second abord, se profile derrière l'épopée architecturale de notre sympathique système nerveux toute une autre toile, bien plus étonnante.Mode d'emploi d'un outil magique: titre de cette toile en filigrane de "NEUROLOGIQUE".Très simple: si le système nerveux conditionne toute notre vie parce qu'il est le réceptacle et l'ingénieur de l'entretien de notre conscience, Il en découle qu'une manipulation efficace et consciente de cet organe peut amener tout individu décidé à se placer au centre d'un équilibre nerveux où toutes les fonctions physiologiques, affectives, Intellectuelles et psychiques sont intégrées dans un tout complet et stable.On peut se reconditionner le cerveau soi-même.Chacun dans son fort intérieur, sa citadelle privée, peut réorganiser les circuits, les reflexes, les obsessions, les désirs, les faiblesses.On peut faire des sessions au LSD de "reconditionnement du cerveau": désapprendre les névroses de l'enfance familiale au XXe siècle occidental, désapprendre les reflexes anxieux de compétition et de réussite appris à l'école, redessiner la carte du monde ambiant telle que transmise par les médias.Nous publierons ce texte en deux parties.Première tranche dans ce numéro et la seconde au 29.Ce texte est à lire quel que soit l'âge et l'occupation du lecteur.Lisez-le une fois, une seule fols, même s'il semble difficile.Il restera une impression de cette lecture qui vous sera toujours utile dans vos démêlés intérieurs et dans vos efforts de libération personnelle.Un Voyageur ne se plaint pas d'avoir trop de cartes du territoire inconnu qu'il traverse, surtout lorsque la seule lumière disponible pour éclairer le paysage provient de son corps, de ses yeux, de sa tête.Ce texte est le 2001 de la bio-psycho-philo-neuro-physiologie.Dorénavant, toute entreprise théorique traitant de la neurologie devra tenir compte de ce qu'y expose Leary.Après quelques centaines de voyages au LSD clinique, après dix années d'études et de recherches sur l'espace et le temps du monde intérieur, après mille et un embêtements de la part des autorités policières et juridiques qui le sentencent à dix ans, de prison pour un joint de pot, après une évasion spectaculaire montée par les Weatherman, après un exil mouvementé en Afrique du Nord et en Europe, après un kidnapping par les agents du FBI et un retour en prison, Timothy Leary et sa femme Joanna transmettent leur dernier message au monde extérieur.Le système nerveux.Votre ami fidèle.Apprenez ce que c'est.Traitez-lé correctement.Programmez-le.Voyagez-y.L'Univers est à vous si vous savez y voyager sans vous casser le cou.Timothy Leary's dead No, no, no, he's outsidd Looking in.Moody Blues (Soulignons la remarquable traduction de Michel Chevrier dont la lâche singulière a été de transposer un texte écrit en une langue technique et synthétique dans une langue, la française, qui supporte beaucoup moins la mentalité technique cl procède analytique-ment.Par exemple l'anglais n'a pas besinn d'utiliser des prépositions pour coller plusieurs ensemble: bio-leedback regulation engineering; essayez de transposer cela en irançais sans aussitôt vous engluer dans les "de" cl les "à" et autres chevilles.Michel a su respecter les formulations solides de l.earv tout en ne trahissant pas le souci d'élégance ou d'équilibre de la langue française.I NEUROLOGIQUE Table des matières Introduction 1.Le circuit de bio-survie ("Nous sommes en sécurité") ou ("C'est sûr") 2.Le circuit locomoteur-émotif (Nous sommes libres") ou ("c'est gratuit") 3.Le circuit mental-manipulateur ("Nous sommes très bien") ou ("C'est très bien") 4.Le circuit socio-sexuel ("Nous sommes bons") ou ("C'est bon") 5.Le circuit du ravissement ("Nous sommes beaux") ou ("C'est beau") 6.Le circuit de l'extase ("Nous sommes le temps") ou ("C'est tout ou rien") ("Nous sommes le temps") ou ("C'est le temps").("Nous sommes le temps") ou ("C'est tout") 7.Le circuit neurogénétique ("Nous retournons chez nous") ou ("Nous sommes parfaits") ou ("C'est parfait") INTRODUCTION Les théories exposées dans cet essai sont de la science-fiction.Elles sont de la science en ce qu'elles s'appuient sur des découvertes empiriques de la physique, de la physiologie, de la pharmacologie, de la génétique, de la psycholo-„ gie du comportement et surtout, de la neurologie.Elles sont de la fictiondans le sens wittgenstei-nien du mot en ce que toute théorie ou speculation dépassant les propositions des sciences naturelles est subjective.D'autres philosophes en particulier les théologiens chrétiens, les matérialistes et les dialecticiens marxistestirent du même ensemble de faits scientifiques d'autres interprétations.Ce qui n'empêche pas leurs théories, aujourd'hui si répandues, d'être des fictions.L'histoire nous a en effet appris que les philosophies reconnues comme dogmes, académiques et sanctionnées par la loi ne sont pas nécessairement moins fictives que celles qui sont censurées et persécutées.C'est devenu un lieu commun sociologique que les sciences-fictions sont réprimées par la force quand elles risquent de contribuer à la connaissance et à la liberté humaine plus que les dogmes officiels qu'elles remettent en question.Nous pensons, en écrivant ces lignes, à Socrate, Darwin, Copernic, Galilée, Pasteur et aux témoins de Jéhovah espagnols.MAINMISE 59 Un cycle de vie de sept stades Il nous plaît de croire et cela nous renforce dans notre sens de la liberté que l'espèce connue sous le nom d'homo sapiens traverse dans son évolution un cycle de vie de sept stades.Chacun de ces stades de la métamorphose humaine se manifeste en une forme de vie visiblement aussi différente de la précédente et de la suivante que le papillon l'est de la chrysalide.Chacun de ces sept stades de la vie humaine implique de grands bouleversements dans la morphologie, le comportement, la physiologie et surtout, le fonctionnement neurologique de l'individu.En dépit du fait que ces bouleversements sont évidents même pour le plus ignare des observateurs, les implications psychophilosophiques de ces sept stades n'ont été ni admises, ni comprises par les hommes de science et les philosophes.Cela est peut-être du à ce que l'espèce humaine elle-même traverse les mêmes stades d'évolution et qu'elle n'a jusqu'à récemment été préoccupée que par les processus primitifs de survie (biologique, politique, technologique et social).(Note: Faut-il rappeler qu'une reconnaissance fragmentaire de la nature larvaire et cyclique de l'existence humaine a été atteinte par des civilisations antérieures qui avaient le degré de sécurité biologique, politique, technologique et reproductrice (d'elle-même) suffisant pour le faire.Dans la Chine ancienne, aux Indes, au Ceylan, à Babylone, en Egypte, en Grèce, pendant la Renaissance, des individus neurologiquement en avance sur leurs époques ont ainsi employé leurs loisirs et les technologies contemporaines pour élaborer, soit des modes d'expression erotiques et esthétiques nouveaux, soit des spéculations de science-fiction, soit des méthodes botanico-chimiques de prolonger le fonctionnement neurologique au-delà de son besoin de survie.) Par analogie, comment une société de chenilles serait-elle neurologiquement capable de reconnaître que le papillon est la forme ultérieure (phylogénétiquement et individuellement) d'elle-même?Les faits scientifiques établis sur le système nerveux et le code génétique sont aujourd'hui exposés dans tout manuel de collège et peuvent être compris par un enfant de sept ans.Ces faits sont cependant tellement étrangers aux concepts judéo-chrétiens de la nature humaine qu'ils sont tenus sous couvert.La résistance du subconscient aux observations évidentes et aux découvertes scientifiques est un phénomène routinier dans révolution de la connaissance.La découverte du "serial imprinting" du système nerveux et la reconnaissance des implications de l'asymétrie bilatérale du cortex n'en demeurent pas moins un des sauts quantiques (quantum leap) les plus importants dans toute l'histoire de la connaissance humaine.Les sept circuits du système nerveux humain Le système nerveux humain connaît dans son évolution sept stades de maturation.A chaque stade s'établit un nouveau circuit de fonctionnement.Voici quels sont les circuits du système nerveux: 1.Le circuit bio-végétatif, relatif à la sécurité dans l'espace.2.Le circuit locomoteur-émotif, relatif à la liberté dans l'espace.3.Le circuit mental-manipulateur, relatif à la dextérité dans l'espace.4.Le circuit socio-sexuel, relatif aux liens parentaux et à la formation des enfants.5.Le circuit du ravissement, relatif au temps du corps.6.Le circuit de l'extase, relatif au temps neurologique.7.Le circuit neurogénétique, relatif au temps de vie de l'espèce humaine.A-chaque stade de son évolution, le système net veux se donne un nouvel "imprint".Cet "imprint" détermine les foyers positifs et négatifs du conditionnement subséquent du circuit neural mis en activité.Toute l'activité du système nerveux repose sur les échanges électro-chimiques.Chaque circuit est conçu par le code génétique pour traiter avec les caractéristiques physiques de la planète et l'asymétrie corollaire de l'anatomie humaine.60 MAINMISE Organes / Appareils des Vertébrés v: système nerveux Cerveau Chaîne ganglionnaire Nerfs périphériques Pallium Ventricules I i II Epiphyse Corps strie Ventricule IV Ventricule III Hypophyse B Encéphale de Mammifère (coupe long).Télen céphale (rouge).Diencéphale (bleu).Mésencé-phale (brun).Metencéphale (vert).Myélencephale (jaune) Zone corticale Zone médullaire Corps calleux Ventricule I Ventricule II Corps strie Thalamus Ventricule III Encéphale humain (coupe frontale) Fibres associatives (rouge) Fibres commissurales (vert) Fibres projectives (bleu) Nerf vague Chaîne ganglionnaire A Système nerveux (systèmes cérébro-spinal et neuro végétatif) Substance grise Substance blanche Racine dorsale Racine ventrale Ganglion spinal Moelle épinière et nerfs rachidiens Rameau postérieur.Rameau antérieur - Rameau allant vers la' chaîne ganglionnaire + Pupilles + Muscles — ciliaires + Glandes — salivaires + Vaisseaux + Cœur — Vaisseaux + cardiaques + Bronches + Estomac + Foie + Pancreas + Rein + Intestin + Rectum + Vessie + (glandes génitales E Double innervation des organes par les systèmes sympathique (rouge) et parasympathique (bleu) Système nerveux MAINMISE 61 LE CIRCUIT DE BIO-SURVIE "Nous sommes en sécurité" Le circuit de bio-survie est celui qui coordonne les processus vitaux végétatifs et les oriente vers une gratification dans le monde.U "imprint" de bio-survie, qui survient dans les premiers jours suivant la naissance, détermine les dimensions de ce qui est "sûr" et "dangereux" hors de la conscience.C'est l'asymétrie dorsale-ventrale (devant-derrière) du corps qui régit l'établissement chez l'être du pli "approche-évitement".Le mouvement de base consiste à faire face à ce qui est positif et à éviter ce qui est dangeureux.Ce qui est "devant" est perçu comme "sûr", ce qui est "derrière", comme "dangereux".Ce premier circuit neural répète dans l'individu le stade premier phylogénétique de l'évolution de l'espèce, celui du système nerveux rudimentaire des organismes uni-cellulaires dont l'existence se résume à un simple scheme d' "approche-évitement".C'est ce premier "imprint" qui oriente l'être vers la personne-mère et définit l'établissement des valeurs profondes.Si l'environnement répond aux besoins de nourriture, chaleur, protection et calme, alors une base pour un commerce confiant ultérieur avec /'"extérieur" s'établit.Si, par contre, l'environnement "humain" de la prime enfance est non-gratifiant, froid, nuisible, douloureux, bruyant, dur, l'onde nerveuse émise ("neonate") se retourne et n'imprime pas les autres comme une source de sécurité et d'énergie vitale.Une telle fixation négative laisse le premier circuit neural sans foyer extérieur consistant.Le résultat en est une incapacité persistante à établir des relations avec le monde extérieur.C'est d'après cette théorie que la personne dite "autiste" et l'enfant schizophrène peuvent être plus utilement diagnostiqués et traités comme des "schizoides du premier circuit" ou "schizoides bio-végétatifs".L' "imprint" détermine le conditionnement Le premier "imprint" neural a donc lieu durant une "période critique" dans les premiers jours suivant la naissance et établit les foyers positifs et négatifs autour desquels gravitera tout conditionnement subséquent.Si la personne-mère est identifiée comme "sûre", alors les stimuli (comprenant les personnes) qui lui sont associés seront perçus comme positifs.Si, par contre, elle est identifiée et imprimée comme "dangereuse", tout stimulus qui lui est associé sera perçu comme "dangereux".Le traitement de la schizophrénie du premier circuit Le traitement de l'enfant autiste est donc, d'après notre théorie, une chose simple.Le problème de l'enfant schizophrène est que les personnes (les autres) ont été, au départ, imprimées comme négatives-dangereuses, d'où empêchement d'un apprentissage conditionné de la réalité humaine.La solution est de suspendre le premier "imprint" pour permettre un ré-"imprinting" impliquant, cette fois, une orientation positive vers la mère.Cette suspension des "imprints" et l'accès à de nouveaux "imprints" sont réalisés par le démantèlement de patrons synoptiques biochimiques définissant la programmation des circuits neuraux.C'est le rôle des drogues psychédéliques comme le L.S.D.de suspendre les "imprints" et les réseaux conditionnés.Après que le L.S.D.a été donné à l'enfant autiste, la mère ou la personne-mère prodigue à l'enfant,, et ce, pendant huit heures, chaleur, nourriture et de doux, tendres et sereins stimuli.Le message du nouvel "imprint" est: "Tu es en sécurifé", "Nous sommes en sécurité".C'est à partir de ce nouvel "imprint" d'une personne positive que la mère continue à renforcer les stimuli de sécurité.Trois ou quatre de ces séances de ré-"imprinting" suivies de répétition des stimuli sécurisants devraient assurer le maintien d'un "imprint" positif du circuit biovégétatif et du système de conditionnement.La question d'une éthique et d'une politique neurologiques Cet essai tente de présenter en raccourci une philosophie complète de l'évolution.Nous prenons pour acquis (sans révision, ni remise en question) les faits et théories établis par la physique nucléaire, l'astronomie, la génétique, l'etholo-gie, /'"imprinting" expérimental, la neurologie et la psychologie de comportement expérimental.C'est sur la base de tant d'évidence scientifique et sur notre expérimentation et ce, dans toutes les dimensions imaginables du L.S.D.que nous sommes en mesure de présenter ici: 1.Une cosmologie neurologique, soit une théorie des origines, de l'évolution et du sens de la vie sur et en dehors de cette planète.•2.Une politique neurologique, définissant les prospectives de base de la liberté et du contrôle sociaux.3.Une épistémologie neurologique, soit une théorie de ce qui est subjectivement vrai et ce qui est l'évidence consensuelle.4.Une éthique neurologique, définissant ce qui est subjectivement bon et ce qui est consensuellement vertueux.5.Une esthétique neurologique, définissant ce qui est beau.6.Une ontologie neurologique, soit une théorie des sept paliers de la réalité et de leurs interactions.7.Une thérapeutique neurogénétique eschato-Jogique, définissant le cours naturel et sain lant de l'évolution individuelle que de l'évolution de l'espèce.62 MAINMISE Le seul danger de cette philosophie est d'être pratique.Ce, du fait qu'elle s'appuie sur l'anato-mie et la physiologie du système nerveux de même que sur les substances pharmacologiques capables de modifier le fonctionnement neural.Que cela plaise ou non, cette philosophie fonctionne.Car, si vous prenez du L.S.D.pour vérifier ces hypothèses, vous vous trouverez automatiquement à modifier votre conscience, à transcender les "imprints" neuraux déterminant votre réalité familière, à suspendre vos réseaux conditionnés et à relâcher vos positions esthétiques, éthiques et épistémologiques.C'est que le L.S.D.provoque une révision en profondeur de votre neurologique, modifie le fonctionnement du cerveau et la personnalité et crée un état de suggestion hypersensitif totalement déterminé par les conditions où il est pris.Le L.S.D.et cette théorie neurologique qu'il a inspirée sont au plus haut point heuristiques.Ils mènent directement à l'expérimentation, ils permettent des essais expérimentaux immédiats, extensifs et francs des hypothèses avancées.Aussi, l'hypothèse sur la cause et le traitement de la schizophrénie autiste (probablement notre maladie mentale la plus irréversible et la plus tragique), qui peut être vérifiée par n'importe quel psychiatre.Ici nous avons affaire cependant aux prospectives éthiques et politiques les plus inquiétantes.Les techniques de changement et de manipulation de la conscience découvertes dans les années 60 sont en effet devenues, comme prédit (dans "The Politics of Consciousness" par Timothy Leary et Richard Alpert, Harvard Review, Cambridge, Massachusetts, printemps 1963), une des grandes controverses sur les droits civils.Les questions sont simples et cruciales pour l'évolution de notre expèce: Qui doit décider du contrôle des stimuli de changement de la conscience?Qui doit décider quelle conscience va être changée et comment?Les auteurs de cet essai croient pour leur part qu'il n'y a qu'une réponse à ces questions: l'individu seul a le pouvoir de déterminer comment sa conscience doit être changée.Si la société a le droit de contrôler les comportements antisociaux, elle n'a cependant pas celui de contrôler la vie du système nerveux ni les corps des hommes et des femmes libres.Ce point de vue sur la liberté et la responsabilité individuelles a été défini ailleurs ("The Politics of Ecstasy" par Timothy Leary, Putnam, N.Y., N.Y., 1968) comme les deux commandements de base de l'Age Neurologique: 1.Tu ne modifieras pas la conscience d'autrui.2.Tu n'empêcheras en rien autrui de modifier sa propre conscience.Dans les pages suivantes, nous étudierons diverses applications pratiques, thérapeutiques et éducatives de la neurologique.Dans toutes ces études notre position éthique et politique demeurant celle que l'individu seul possède et peut se servir de son pouvoir d'évolution neurologique.Le seul danger de cette philosophie est d'être pratique 63 MAINMISE LE CIRCUIT LOCOMOTEUR-EMOTIF "Nous sommes libres" Le circuit locomoteur-émotif est celui qui établit les relations entre la force musculaire et la maîtrise de la gravité du corps.L"'imprint" de mouvement-déplacement-sentiment ("motion-locomotion-émotion") qui a lieu quand le développement musculaire de l'enfant lui permet de commercer à ramper, établit les dimensions de sur-moi et de soùs-moi du monde extérieur.Cet "imprint" est nécessaire au contrôle ultérieur de l'asymétrie verticale (tête-pieds) du corps.C'est combiné avec les paramètres approche-évitement du premier "imprint" que cet "imprint" déterminera le modèle du mouvement bi-dimensionnel sur lequel s'appuiera le conditionnement émotif.Toute émotion est une variation de la grille bi-dimensionnelle haut-bas-approche-évitement établie chez l'enfant (voir "The Interpersonal Diagnosis of Personality" par Timothy Leary, Ronald Press, New York, 1957).Phylogénétiquement, c'est au cours de l'ère paléozoique (50 millions d'années avant J-C) que le deuxième circuit du système nerveux s'est développé, soit lorsque les premiers amphibiens et vertébrés, se libérant de la contrainte de la gravité, commencèrent à se dresser.Le pouvoir de contrôler, mouvoir, employer cette force supérieure devenant une valeur-même de survie.Le circuit émotif du système nerveux de l'homme lui est donc un moyen vital.Chaque fois qu'un être agit d'une manière émotive, il ou elle revient à une phase primitive de colère ou de terreur brutales.Le circuit émotif est régi par le système sympathique qui, lors de la manifestation d'une émotion ou d'un sentiment?retire l'énergie et la conscience du système végétatif parasympathique et des circuits supérieurs pour les polariser sur lui.Déclenché par la peur, le système sympathique mobilise des comportements intenses de défense ou de colère.Le jeune animal voit son "imprint" s'établir la première fois qu'il rencontre une peur produisant un stimulus attendant à sa liberté de mouvement.Les objets de peur ("fear objects") sont déterminés par la réaction des foyers établis par le premier circuit (de sécurité); toute peur éprouvée par la personne-mère s'étant transmise au système nerveux sensible de l'enfant.Quand les enfants sont exposés à la colère restrictive, à la violence ou à la peur durant la période critique d"'imprinting", le conditionnement ultérieur associe la réaction naissante en luicolère, fuite, angoisse, retraitavec les stimuli.La violence d'un père, l'approche d'un serpent, un contact physique avec le corps d'une personne du sexe opposé ou du sien peuvent ainsi provoquer de violentes réactions restrictives pour l'environnement.Un aspect inquiétant de telles réactions est qu'en plus de polariser l'attention, elles déclenchent invariablement une réaction de peur chez les autres.Le schizophrénie de premier circuit C'est quand /'"Imprinting" et son conditionnement subséquent relient des stimuli de peur ou de colère à des personnes ou des situations inappropriées qu'on peut parler d'état schizoide du deuxième circuit.Les personnes qui manifestent des réactions violentes de colère ou des peurs irraisonnées accusent des "imprints" faussés.Ce qui ajoute à la difficulté, c'est que, bien souvent, de telles réactions sont compliquées par des "imprints" semi-autistes ou chancelants acquis lors de rétablissement du premier circuit.Le traitement de la schizophrénie émotive demeure cependant, grâce à la théorie de la personnalité élaborée ci-haut, une chose facile.L'ingestion du L.S.D.ayant provoqué la suspension des "imprints" de terreur, la personne est assurée, ou s'assure elle-même, que les restrictions sont, en fait, inexistantes, qu'il n'y a rien à craindre."Nous sommes libres".Il suffit pour bien traiter les réactions de peur et de colère du circuit Deux que l'environnement personnel soit, pendant le ré-"imprinting", calme et serein et incite au courage.Notre vie sociale est aujourd'hui dominée par la peur, la colère et les restrictions de toutes sortes.Nos connaissances en neurologie et en pharmacologie nous permettent de corriger cette situation.Une ombre au tableau: la peur et la violence répressive deviennent malheureusement souvent des modes habituels de réaction ("addictive kicks") renforcées qu'elles sont par les impératifs internes propres à la schizophrénie et un système économique intérieur qui dépend, dans son existence-même, de la répression de la liberté et de la production de la peur de même que l'incitation à des comportements violents.64 MAINMISE /// LE CIRCUIT MENTAL-MANIPULATEUR "Nous sommes très bien" Le rôle du circuit mental-manipulateur est d'intégrer les activités musculaires et précises (le langage surtout) rendues possibles par la prédominance unilatérale d'une moitié du cortex sur l'autre.La "dextérité" ne signifie rien d'autre que la spécialisation de la main droite et le contrôle cortical de gauche amenant la préhension manipulatrice (ouvrir-fermer)."Penser" équivaut à se parler "sans voix", à ouvrir et termer le larynx en silence.C'est quand l'enfant apprend à parler et manifester des mouvements unilatéraux précis que s'instaure le circuit de dextérité.C'est I' "imprint" du troisième circuit neural qui, couplé aux deux premiers "imprints", définit le patron tridimensionnel de l'esprit et les six grands mouvements de l'intelligence: 1.Saississement (grasping) des stimuli.2.Rejet des stimuli.3.Initiation aux stimuli.4.Répétition des stimuli.5.Fusionnement des stimuli (connecting).6.Division des stimuli.C'est au moment où l'homme commence à se servir d'instruments d'os ou de pierre début de l'activité substitutive et symbolique qu'on situe l'apparition d'un cortex à prédominance unilatérale (il y a environ deux millions d années avant J-C).Le troisième "imprint" détermine quel côté du cerveau, quelle main et lequel des six grands modes mentaux (types d'intelligence) prédomineront.L'environnement humain ambiant lors des débuts de la parole est le facteur capital dans la détermination du type d'intelligence devant s'imprimer chez l'enfant.L'enfant se modèle d'après les images reçues d'adultes ou d'autres enfants.Si l'environnement est dangereux, restrictif et le mode mental des parents rebutant ("rejective"), il est bien évident que ce dernier imprimera et développera un esprit méfiant, négatif, répétitif parfaitement adaptable à une société de rustres.A l'âge de cinq ans, l'enfant voit son type d'intelligence définitivement installé par l'"imprin-ting" et le conditionnement du troisième circuit.L'influence de l'éducation, même extrêmement stimulante, ne peut en rien modifier cet acquis de base.Il n'y a, d'après la neurologique, qu'une façon de modifier un esprit (change one's mind): c'est, une fois les principes du "serial imprinting" et ré-"imprinting" bien assimilés, de choisir le type d'intelligence auquel on veut se reprogrammer, prendre du L.S.D.dans des conditions où on s'expose au modèle choisi et continuer par la suite à associer les expériences positives avec le nouveau mode mental acquis.Pendant les années 60, des millions d'Américians et d'Européens de l'Ouest ont ainsi, par l'auto-administration de drogues psychédéliques, changé leur mode de pensée, dans un climat intellectuel et philosophique instauré par des gens comme Bob Dylan, les Beatles, les Rolling Stones, les gourous orientaux et les prophètes de science-fiction.Cette révolution neurologique a eu pour effet de créer une confusion sociale controversée dont les répercussions ne pourront être compilées que par une nouvelle génération de psychologues et de sociologues.Quatre données neurologiques sont pourtant déjà bien établies: 1.La schizophrénie de troisième circuit (intellectuelle), la déficience mentale de même que l'intelligence de type symbolique-manipulateur sont déterminées par le troisième "imprint" neural survenant entre la troisième et la.cinquième année de l'enfance.2.Aucune forme d'éducation ne peut changer dans son fond un mode mental imprimé.Il faut ré-imprimer si on veut reconditionner.Aucune dose de "renforcement positif" n'est assez puissante pour modifier un programme neural établi.3.L'incroyable potentialité neurale du cerveau nous porte à croire qu'une multiplication exponentielle et des changements de l'efficacité intellectuelle seront rendus possibles quand les psychologues et neurologues commenceront à se servir des connaissances acquises des lois du "serial imprinting" et ré-"imprinting".4.Il est capital, à la lumière de notre connaissance de l'extrême vulnérabilité (vulnérable à la suggestion) et aptitude à se ré-imprimer du système nerveux, de ne pas sous-estimer la puissance du décor, de l'environnement et des modèles symboliques employés lors de la modification des esprits de ceux qui prennent des drogues psychédéliques.MAINMISE 65 en en Programme Système commandé A COMMANDE RIGIDE Programme r i 1 Système régulateur B BOUCLE DE RÉGULATION Programme Expérience Système soumis à régulation ?> Système régulateur ?Système soumis à régulation C MÉMORISATION Programme Système régulateur 4 Système soumis à régulation D IMAGINATION Modèles cybernétiques : complexité variable en fonction de l'accroissement des connexions m IV Le circuit socio-sexuel a pour fonction de coordonner les activités bio-sociales relatives aux arts de la cour (amoureuse), de la danse nuptiale (strutting), de la parade d'étalage, de l'accouplement, de la copulation, de l'orgasme, aussi bien qu'aux dispositions protectrices complexes de l'oeuf-sperme comprenant la responsabilité familiale et le rôle social.Le quatrième "imprint" survient à la puberté quand le comportement, la pensée et la vie émotive sont dominés par {a motivation-à-l'orgasme ("orgasm drive").Comme dans le cas des trois premiers, la mise en activité du quatrième circuit est marquée par des changements profonds dans la structure du corps.On assiste alors à l'apparition de l"'allure" sexuelle et de l'asymétrie ("gender assymetry") prédisposant ou à la pénétration-implantation, ou à la réception-incorporation du sperme.Des modèles d'"évitement-de-l'orgasme" peuvent aussi s'imprimer et, soutenus par un conditionnement inhibits, se maintenir.D'autres facteurs d'ordre anatomico-physiologique interviennent encore, après la conception et la grossesse, dans la protection de la mère et du nourrisson.La responsabilité L"'imprint" du quatrième circuit, quand couplé aux trois premiers et aux réseaux conditionnés en place, détermine le modèle quadri-dimensionnel de la personnalité (larvaire) adulte.L'expérience de l'orgasme et de l'imprégnation acquise, /"7m-print", stimulé par le conditionnement endocrinien, musculaire et mental, connaît un retour sur lui-même liant le corps aux rôles impliqués par les fonctions parentales de logement, responsabilité, nutrition, enseignement, gestion, tutelle et les diverses dimensions sociales de la puériculture, c'est-à-dire la mise en place et le maintien d'un environnement social nécessaire à la survie de l'enfant.Peu après la puberté, l'évolution neurologique connaît un temps d'arrêt et revient au début du cycle larvaire de survie.Le quatrième "imprint" et son conditionnement subséquent produisent donc une personnalité dominée par la responsabilité familiale, les sentiments nourriciers et les manipulations sociales de type conservateur.La plupart des humains visent à ce quatrième stade de l'évolution^neurologique jusqu'à ce qu'une fois la ménopause complétée apparaisse la stase de la sénilité et finalement, les stades du ravissement, de l'extase et de la révélation de la mort.Digression Il importe, avant de nous attaquer à l'étude des trois derniers stades neuraux, de voir comment sont transcendés les "imprints" et les conditionnements en voie d'émergence.Un monde extérieur polarisé Il est à noter que les quatre premiers circuits neuraux, leurs "imprints" et leurs réseaux conditionnés sont tous relatifs à l'adaptation et la préparation de l'individu à traiter avec le monde extérieur spatialement (et non temporellement) polarisé: 1.Approche-sûr par rapport à Eviter-dangereux.2.Dominer-tort par rapport à se soumettre-faible (sans défense) 3.Vocal-habile (dextre-droit) par rapport à Silencieux-sinistre (senestre-gauche) 4.Sexuellement responsable par rapport à sexuellement irresponsable.La fonction Situer ("focus"), sélectionner, restreindre, choisir parmi la masse des possibilités neurales offertes, les voies, les tactiques spatiales, les stratégies asymétriques et les séquences qui assureront sa survie à l'individu et à sa descendance "en son lieu de naissance et de croissance", telle est la fonction du système nerveux larvaire émergeant au monde.Sans plans intérieurs sélectifs, l'enfant, mis à part ici son potentiel neural, ne pourrait ni survivre, ni se reproduire.Même prêt à acquérir n'importe quel langage, maîtriser n'importe quelle difficulté de manipulation, jouer n'importe quel rôle sexuel, l'enfant se conforme à accepter, suivre, imiter les voies étroites de la cellule de vie familiale, et ce, rigidement.Le prix Cette conduite rigide, l'être humain la paie le prix fort.C'est que sa survie et sa croissance dans l'espace nécessairement étroit de la famille signifie, par ailleurs, la dépossession du temps éternel auquel il pourrait accéder.En mots plus simples, l"'imprint" et le conditionnement du quatrième circuit réduisent toujours la conscience à un fragment du potentiel d'expériences latent que représente un système bio-ordinateur de vingt milliards de cellules toutes reliées entre elles bio-électriquement, le système nerveux.La dextérité (l'habileté) Un aspect intéressant et capital de ce sacrifice neural est le'prix payé par l'homme pour l'acquisition de la dextérité.C'est que toute la connaissance projective de l'homme manipulation, précision, parole, pensée sous-vocale découle de la prédominance unilatérale d'une moitié du cerveau sur l'autre.La personne droitière est une personne d"'hémisphère gauche" qui s'est conditionnée à ignorer et ne presque pas employer le côté droit de son cerveau.MAINMISE 6 7 LE CIRCUIT SOCIO-SEXUEL C'est bon" L'Inconscient sinistre Le point intéressant est le suivant: une moitié du système nerveux, inimprimé et inconditionné se voit refusé l'accès à la conscience par les "imprints" et conditionnements spécialisés reliés à la main droite.Ce n'est que lorsque les circuits synaptiques conditionnés sont transcendés que la conscience, n'étant plus réduite au cadre des pressions routinières de la vie sociale, mentale et émotive est libre d'expérimenter les voies inconditionnés vierges de l'hémisphère du silence.L'hémisphère du silence L'hémisphère droit du cerveau est donc comme le Nouveau-Monde à pénétrer, explorer et utiliser harmonieusement.Il se peut bien que la découverte et l'exploration de cet hémisphère neural s'avèrent, en fin de compte, bien plus capitales à l'évolution humaine que la découverte, il y a cinq siècles, de l'hémisphère américian.Les transcendants Des gens ont déjà connu l'accès au côté droit du cortex.Ce sont: 1.Les épileptiques: la convulsion épileptique consiste en une transe électrique qui, suspendant "imprints" et conditionnements, balaie tout le cerveau.Pendant la période "aurale" prémonitoire, des états "nouveaux", étranges et révélateurs" sont éprouvés.Les témoignages précieux de Mahomet, César et Dostoievsky attestent de la puissance transcendante, trans-corticale, trans-rubiconienne pourrait-on dire, de la convulsion.2.Les schizophrènes: la dite "division de la personnalité" est attribuable à des irrégularités ou manquements survenus lors dos premiers "im-printings" et compromettant l'établissement d'une prédominance ferme de l'unilatéralité.Toutes les définitions de la schizophrénie mettent l'accent sur l'impossibilité d'établir des contacts avec la "réalité" extérieure, impossibilité qui se trouve maintenant définie comme celle d'établir les patrons de sûreté, de sécurité, d'habileté manipulatrice et de sexualité responsable.D'où nous pouvons déduire qu'il y a quatre types "purs" de schizophrénie correspondant à ces patrons, soit: 1.la schizophrénie bio-végétative (évitement de la personne-mère) 2.la schizophrénie affective 3.la schizophrénie cognitive ou intellectuelle 4.la schizophrénie sexuelle (incapacité d'imprimer un rôle sexuel adéquat).Il est connu que beaucoup de schizophrènes sont particulièrement originaux, prophétiques, visionnaires et créateurs.Il est donc bien possible que le "problème" de la schizophrénie n'existe comme tel qu'à cause de notre manque de compréhension des rôles cruciaux joués par l'"imprinting" et la localisation hémisphérique.Il se peut que les schizophrènes ne nous soient étrangers que parce qu'ils sont sinistres (ou senestres), c'est-à-dire fonctionnant selon des "imprints" corticaux contraires aux nôtres.3.Les yogis: à travers l'histoire, des êtres en relations (ou prétendument) avec les esprits surnaturels ont réussi, par le jeûne, la continence et l'isolement, à transcender leurs "imprints" et réseaux conditionnés.Du fait que les premiers "imprints" et conditionnements orientent essentiellement vers le monde extérieur (penser, c'est parler en silence), la méditation et l'isolement délibérée rendent parfois possibles la libération de la prédominance hémisphérique et l'expérimentation inconaitionné.4.Les usagers des grogues: certaines drogues stimulatrices du psychisme peuvent suspendre les "imprints", transcender les conditionnements et révéler des états de conscience méta-cognitifs nouveaux et fantastiques qui, selon notre théorie, sont accompagnés d'une activité accrue ou modifiée du côté droit du cortex (comme déjà vérité par l'encéphalographe).C'est quand les quatre "imprints" larvaires projectifs ont été transcendés que la conscience a accès aux zones du système nerveux ordinairement inaccessibles La métamorphose neurologique Selon la théorie neurologique ici présentée, cette libération des premiers "imprints" et l'accès à /'"hémisphère du silence" font partie d'un stade naturel d'évolution et de maturation assez révolutionnaire dans la vie d'un être pour être appelé métamorphose.Nous supposons ici évidemment que le code génétique a conçu le système nerveux pour être utilisé (ou vidé de ses possibilités).En effet, comment la nature, si parcimonieuse en efficacité structurelle (quoique si extravagante dans ses jeux expérimentaux) aurait-elle élaboré le plus complexe de ses édifices biologiques, le cerveau humain, pour voir la moitié de son potentiel inemployé et gardé inconscient.Les "imprints" supérieurs Cette métamorphose neurologique ouvre la voie à une série d"'lmprints" et circuits de conditionnement nouveaux et plus avancés conçus cette lois non dans une perspective de survie biologique ou généalogique mais dans celle de l'accès à une forme plus complexe de conscience et de communication.Le rôle de l'hémisphère du silence Quel est le rôle de l'hémisphère du silence et des états de conscience apparaissant quand les "imprints" de survie ont été dépassés?La révélation d'états de conscience ardemment recherchés et décrits avec feu par tous ceux qui les ont expérimentés?Les quatre premiers "imprints" ont à voir avec la maîtrise de l'espace.Les trois autres, avec la maîtrise du temps.Ils exigent donc l'établissement de nouvelles catégories et dimensions.68 MAINMISE MAINMISE 69 Neurophysiologie / Voies conductrices du système nerveux central A P i A P Fibres associatives unilatérales (d'une région à l'autre du cortexl Fibres de proiection (en provenance du thalamus faisceaux pyramidaux) Synapses ils sont la base de la constitution des circuits d excitation Trajet schématique des voies du cortex B # f Cellule dun Y^^J ^Vcerébelleux Liaisons types des principales cellules de l'écorce du cervelet noyau Voies de l'encéphale et du cervelet Muscle Réflexe extéroceptif Voies extrapyramidales Striatum Thalamus Pallidum Noyau rouge - Locus niger Noyaux des nerfs crâniens Inhibition * Conduction Faisceau pyramidal croisé Voies végétatives Voies extra-pyramidales Faisceau pyramidal direct Faisceau du cordon postérieur Faisceau cérébelleux Faisceau spino-thalamique Faisceau fondamental Arcs réflexes Origine et trajet des principales voies dans la moelle épinière 70 MAINMISE 1.2.Polarités de la conscience spatiale Quatre vecteurs spatiaux déterminent les premiers "imprints".Ce sont (récapitulons): recherche de la sérucité par rapport à évitement du danger dessus-puissance par rapport à dessous-faiblesse (sans défense) 3.contrôle dextre par rapport à liberté senes-tre 4.sexualité responsable-bonne par rapport à sexualité irresponsable-mauvaise.(Note: la nature ombreuse, inquiétante, mystérieuse, maléfique de l'hémisphère du silence devrait d'ores et déjà avoir été clairement perçue.Le côté droit du cortex représentant tout ce qui est derrière, dessous, sinistre, à gauche, incontrôlé, irresponsable ou dangereux.On peut vraiment dire que "Dieu" et le "Diable" résident dans le cortex droit.) Les dimensions du temps Les dimensions du temps tel qu'expérimenté par le système nerveux sont d'un tout autre ordre.Ces dimensions sont: 1.l'intensité des signaux 2.la qualité des signaux (leur fréquence et leurs patrons) 3.la durée des signaux (leur taux de changements).Il faut insister ici sur le fait que la conscience temporelle n'use pas des mêmes polarités et échelles de valeurs que la conscience spatiale.Ainsi, dans la conscience temporelle, il n'y a: ni bien, ni mal, ni coercition, ni réduction à l'impuissance, ni compétition, ni mots, ni efforts, ni peurs, ni échecs, ni succès, ni dangers, ni désirs, ni inhibitions.Il y a seulement l'(une) énergie pure variant en intensités, durées, qualités, patrons; rien d'autre que des signaux à être prolongés, modifiés, choisis, intégrés harmonieusement et finalement utilisés pour enrichir l'expérience polarisée de la conscience spatiale.Les fins de la conscience temporelle Les fins de la conscience spatiale sont la survie dans l'espace.Celles de la conscience temporelle sont l'existence dans le temps de même que l'harmonisation de l'intensité, de la qualité, de la durée et de l'originalité de l'énergie reçue, ce, afin d'arriver à décodifier les messages temporels ("time scripts") émergeant du système nerveux et du code génétique.Si nous pouvons parler d'une éthique de l'espace, nous pouvons alors parler d'une esthétique du temps: esthétique consistant en la maîtrise de l'espace et de la dilatation-contraction temporelle.Les quatre "imprints" liés à la maîtrise de l'espace obéissent à peu près aux lois physiques de Newton; ceux liés à la maîtrise du temps, celles d'Einstein (nous verrons plus loin en détail les implications des théories d'Einstein et de Lorentz sur la covariance de l'espace et du temps dans l'expérimentation de la dilatation-contraction du temps.) Les trois circuits neuraux régissant la conscience temporelle sont: 1.le cinquième circuit, révélateur du temps corporel (sensoriel et somatique) 2.le sixième circuit, révélateur du temps neurologique 3.le septième circuit, révélateur du temps neurogénétique.Nous pouvons maintenant, forts de cette introduction, procéder à l'étude des trois circuits transcendentaux, trans-corticaux du système nerveux.On peut vraiment dire que "Dieu" et le 'Viable" résident dans le cortex droit MAINMISE 71 PETIT LEXIQUE AUTISME: maladie mentale consistant en un repli morbide sur soi-même (auto) et l'impossibilité d'établir des liens avec le monde extérieur.ESCHATOLOGIE: Ensemble de doctrines concernant le sort de l'homme après sa mort, et la tin du monde.ETH0L0GIE: science des moeurs.EXTASE (en distinction de RAVISSEMENT): état d'une personne qui se trouve comme transportée hors du monde extérieur.Etat provoqué par la méditation ou la contemplation.IIMPRINT: même si le mot "impression" rend bien le sens d'IMPRINT, j'ai préféré garder le mot anglais parce qu' "impression" signifie en même temps l'acte d'imprimer et la chose imprimée, ce qui n'est pas le cas en anglais où l'on distingue entre "imprint" et "imprinting" ou "serial Imprinting" NEURAL: qui a rapport avec le système nerveux.NEUR0GENET0QUE: partie de la génétique qui étudie le système nerveux.NEUROLOGIE: science du système nerveux.ONTOGENESE: (par rapport à PHYLOGENESE) science ayant pour objet d'étude la transformation subie par l'individu lors de son évolution.ONTOLOGIE: science de l'être-en-soi.PARASYMPATHIQUE: (par rapport à SYMPATHIQUE) l'un des deux grands systèmes nerveux neuro-végétatifs.PHYLOGENESE: (par rapport à ONTOGENESE) science étudiant les transformations subies par les espèces lors de leur évolution.RAVISSEMENT: (par rapport à EXTASE) état de l'esprit transporté de joie ou d'admiration; enlèvement fait avec violence ou intensité.SERIAL IMPRINTING: voir IMPRINT SCHIZOIDE: états provisoires de dédoublement de la personnalité.L'état de rêve est un état schizoide.SCHIZOPHRENIE: état psychique caractérisé par la rupture de contact avec le monde extérieur et une certaine incohérence mentale (pour un observateur extérieur, évidemment) Les symptômes en sont l'autisme, et la dissociation idéo-affective.STASE: Arrêt ou ralentissement prononcé d'un liquide organique qui circule.SYMPATHIQUE (ou GRAND SYMPATHIQUE): un des deux grands systèmes nerveux neurovégétatifs.De l'équilibre entre le sympathique et le para-sympathique résulte le fonctionnement normal des organes.72 MAINMISE L'Indien.par Raynald Lortie L'article présenté dans M.M.n°: 21 et qui avait pour titre (Les Indiens parlent, parfois.), m'a donné l'idée de les l'aire parler plus souvent.Je suis donc allé rencontré Georges Khal afin de lui soumettre l'idée d'une chronique, réservée dans M.M., pour faire parler l'Indien notre frère.Georges a trouvé celte suggestion très intéressante, el c'est pourquoi aujourd'hui, je peux vous entraîner dans un trip qui peut durer longtemps.Je vais commencer par faire une mise au point au sujet du problème Indien et cette chronique.Je ne veux pas que l'on croit que je veuilles jouer les juges ou les arbitres, par les lextes ou les écrits de cette chronique.Je veux seulement permettre aux Indiens de parler.À la suite de la publication en juin 1%'), du Livre blanc du gouvernement fédéral sur la politique Indienne, un jeune Cri d'Alberta, écrivit un volume qui s'intitule.Des extraits de ce volume vont constituer une bonne partie des lignes qui suivent."Une grande part de l'incompréhension entre les races blanche et Indienne au Canada, procède de l'ignorance fondamentale des différences entre ces races.Certains aspects de ces différences sont clairement mis en relief dans un article intitulé (L'homme blanc el les Indiens d'Amérique) écrit par deux anthropologues réputés des États-Unis, Rosalie H.Wax, et Robert K.Thomas.Il est peut-être rassurant pour les Indiens de se rendre compte, que l'avalanche de mots que déversent n'importe comment l'homme blanc, se veut un geste amical ou tout au moins sociable.Plus l'homme blanc devient mal à l'aise, plus il sera enclin à parler.Il est loin d'avoir aussi peur que l'Indien, de se tromper, el il est presque impossible (selon les critères indiens) de le mettre à la gêne, ou de lui faire honte.De la même façon, il n'en voudra pas à l'Indien des erreurs que ce dernier peut faire.The unjust Society.Il s'en suit que là ou l'homme blanc veut agir pour le bien de son prochain, ce qui arrive la plupart du temps, quand il est en contact avec les indiens, il est rare que sa conduite n'ait une allure impolie, voire hostile pour l'autre.Le sens profond de sa conduite échappe au blanc lorsque tout épris de sa bonne conscience il accorde son aide aux opprimés et aux sous-développés; l'Indien ne peut le lui rappeler car ce faisant, il irait à rencontre de cette liberté d'agir à sa guise que s'accorde le blanc." "Les modes d'expression propres au blanc et à l'Indien sont le lieu par excellence d'une mésintelligence mutuelle.Depuis leur enfante, les blancs et les Indiens sont habitués à réagir de façon très différente en face d'une situation nouvelle et dangereuse.L'homme blanc dans un monde qui n'est pas le sien, face à une situation angoissante, est habitué à s'en sortir en exerçant un peu trop d'activités.Il multiplie gestes sur actes, actes sur gestes, pour transformer la situation.S'il n'y réussit pas, soit qu'il la fuit, soit qu'il reste pris, aux abois.L'Indien, jeté dans la même situation, est habitué, lui, à rester figé et à observer en silence.Extérieurement, il est de glace.Intérieurement, il utilise tous ses sens pour trouver xe que l'on attend de lui - comment se conduire comme il faut et éviter tout heurt et affrontement.Autrement dit, dans une situation peu familière, l'homme blanc a appris à se sortir d'affaire par une série d'actes et de mouvements agressifs.Sa devise est: "Ne démords pas." Mais l'Indien accorde plus de valeur à l'observation.Il attend et observe jusqu'à ce que les autres indiquent la voie à suivre.Dans toute relation humaine, il y a pour une part, des jeux d'influence, d'ingérence ou de pure coercition.L'homme blanc a été et est encore déchiré par deux idéaux: d'une part parce qu'il croit qu'il est libre, qu'il doit se mêler de ses affaires, que chacun est maître de ses décisions; d'autre part il croit qu'il doit venir en aide à son prochain, que par ses conseils et ses actes, il ne doit manquer de le retenir quand il le voit glisser sur une mauvaise pente qui le conduit à sa perte, ou même à sa mort.La société indienne est sans équivoque: toute forme d'ingérence y est interdite.MAINMISE 73 Les conclusions de Wax et de Thomas sont rédigées en termes généraux, mais elles expriment des différences significatives dans la manière de vivre la vie quotidienne qui devront être comprises de part et d'autre si le rideau de peaux doit tomber un jour.Depuis toujours l'Indien a fait preuve de tolérance à l'endroit de l'homme blanc.Nous avons accepté qu'il soit différent.Nous l'avons aidé à surmonter ses difficultés quand il essayait de trouver sa place dans notre milieu.Nous lui avons appris à connaître notre monde, à éviter les pièges et les traquenards, à chasser, à pêcher et à trapper, à vivre dans un univers étranger.Est-ce trop lui demander que d'agir de même en retour?L'Indien s'arrête devant la nature et en sait toute la beauté: les bois, les marais, les montagnes, les fruits et l'herbe des champs, l'orignal et le mulot, l'aigle planeur, le volette-ment de l'oiseau-mouche, les fleurs éclatantes et leurs bulbes charnues.Il voit une harmonie universelle, il trouve uae beauté qui se répand sur toute chose et, finalement il est au coeur des choses.11 note la diversité et la beauté du détail dans ce grand tableau de la nature.Il s'émerveille devant la grâce du cerf bondissant, devant le profil simple et droit des pins où courent les cerfs, devant les cimes accidentées des montagnes qui découpent le ciel en tout sens, devant le saut nerveux'et lumineux de la truite qui déchire la surface ridée du lac.Il prête une oreille attentive à la lointaine plainte du huard qui donne le -frisson, au grognement renifleur de l'ours tout proche qui farfouille à coup de patte dans le nid des écureuils.Toutes ses impressions se perdent dans le chuchotement de l'herbe des champs, couvert par les pins géants qui parlent à voix haute.Il sent la caresse du vent sur ses joues et la fraîcheur de la brume qui flotte au-dessus des rapides.Son regard embrasse la multiplicité des merveilles de la nature et il y prend sa joiie.Parmi les multiples manières d'interpréter la réalité, en voilà une, au dire de l'Indien, que l'homme peut choisir.Il sait que les blancs sont différents des Indiens.Il sait'aussi à l'intérieur de ces deux groupes les différences entre Écossais et Ukrainiens, entre Cris et Iroquois.Il sait encore qu'il y a des différences entre tous les êtres humains, qu'ils soient blancs ou Indiens.Pour l'Indien, telle est la nature des choses, telles elles doivent être comme le veut la nature.Le ruisseau n'est pas le ruisseau sans la forêt, la Ileur n'est pas la Heur sans la brise, le cerf n'est pas le cerf sans l'herbe de la prairie; ainsi les peuples ne peuvent se passer les uns des autres, ne peuvent faire autrement que de voir le bien qui se trouve chez les uns et chez les autres.L'Indien est un homme de la nature, comment pou*rrail-il apercevoir le inonde qui n'est pas le sien autrement qu'à partir du sien qui est petit?Il sait que les hommes, différant par la race et la culture, ont beaucoup à se donner les uns aux autres.Nous offrons noire héritage en partage.Nous offrons notre culture en partage.L'une et l'autre diffèrent du vôtre, nous le savons.Votre culture, votre héritage comptent pour nous.Nous vous invitons à découvrir les nôtres.L'Indien a parlé.Par ses paroles, ce jeune Indien nous démontre d'une façon tangible, la prise de conscience du peuple Indien.Personnellement, je suis convaincu que ses paroles porteront fruits.Tous les freaks qui préconisent ou qui effectuent un retour à la nature, ont déjà commencé à ressentir ce que vient d'exprimer ce message.Le meilleur support que ces freaks peuvent trouver, c'est l'Indien.Depuis la nuit des temps, l'Indien vil dans la nature, pour la nature, par la nature.Par l'entremise de M.M., j'ambitionne de vous faire connaître l'Indien.Dans les mois qui vont suivre je vais tripper sur ce message avec vous.Un petit trip poétique pour le mol de la fin, de Thcuriel: "Au plus profond des bois, la patrie a son coeur." 74 MAINMISE Chronique de la Mère Michel L'été dernier fut le plus beau que le Québec ait connu depuis vingt-cinq ans.Lt malgré les pluies abondantes qui, au printemps, retardèrent les semailles, les jardins ne se sont jamais aussi bien porté, ni porté de fruits.Ce qui n'empêchera évidemment pas - - sans doute sous prétexte qu'il y a inflation - - les prix de continuer à monter.À quand un contrôle gouvernemental des prix?À quand le retour d'un équilibre naturel (pléonasme)?À quand le jour où, selon le rêve de Monsieur Jean-Jacques chacun aura son jardin?Au moment où j'écris ces lignes, nous connaissons la première vague de froid de l'automne.Bientôt pointera la première gelée tueuse de bien des plantes.Et puis ce sera la première nei.mais chut! Profilons bien de chaque jour (à sa très vieille amie marquise qui lui disait que la mort s'en venait, le très vieux Fonte-nclle ne répondait-il pas, un doigt sur la bouche: "Chut!.".) Ce mois-ci encore une fois, je m'adresse surtout à ceux qui ont ou vont avoir un jardin, n'espérant que partager le peu d'expérience que j'ai pris au cours de l'été, J'pense que c'est l'temps Ce mois-ci, c'est le temps, si ce n'est déjà fait, de: Préparer la terre pour le printemps prochain: un bon labour est, sinon essentiel, du moins très avantageux.Si on n'est pas équipe, on s'adresse à un cultivateur voisin qui pour dix, quinze ou vingt dollars, fera le travail (dépendant de l'étendue du champ à retourner).Il faut voir à ce que le cultivateur, en labourant le sol, y épande du fumier (voir plus loin).Il faut voir aussi à ce que la terre soit retournée à une profondeur de 6-7 pouces.Ni plus, ni moins.Trop retournée, elle respirera mal, à cause de la couche dure de fond ramenée en surface et durcissant le sol meuble.Pas assez, les plantes y croîtront mal, surtour celles qui demandent un sol profond (comme les plantes à racines charnues, carottes, betteraves etc., le poireaux, les melons etc.).L'épier-rage du sol se fait de préférence au printemps.Protéger les plantes et plants qu'on laisse en terre pour l'hiver: j'écrivais, dans la chronique de septembre, qu'on peut laisser en terre une partie des récoltes suivantes: betteraves, carottes, navets, oignons, panais, poireaux, pommes de terre, salsifis blanc et noir, épinards, bettes à cardes, persil.M'étant renseigne auprès d'un expert, j'ai appris que sauf dans le cas du panais, des salsifis noir et blanc, dess racines d'epinards, de bettes à cardes et du persil, il est peu avantageux de le faire.L'idée est que les plantes deviennent dures et ligneuses au cours de l'hiver.N'ayant pas encore tenté l'expérience, je n'ose vous dire de ne pas l'essayer.Mais il y a d'autres plantes et plants qu'il faut protéger.Ce sont: les asperges, la rhubarbe, les petits arbustes fruitiers (framboisiers, groseilliers etc.), les plants de fraises, les vignes, les herbes vivaces (ciboulette, cataire, menthe, sauge, absinthe, baume-mélisse etc.) cl les Heurs vivaces (pivoines, muguet etc.-.).La protection con- siste en l'application d'une bonne couche (2-3-pouces) de paille propre (à retirer le printemps suivant) laquelle isole les racines.On peut se servir de mousse de tourbe (mais c'est cher).Planter les bulbes à fleurs: le début d'octobre est le bon temps pour planter les bulbes à fleurs, tels les narcisses, les jonquilles, les lis, les jacinthes, les tulipes, les crocus, les dalhias etc.Il est néanmoins peu avantageux de le faire si on compte déménager sous peu (à cause du prix des bulbes).Les bulbes sont disponibles en grande variété chez tout marchand de graines ou pépiniériste (toujours acheter, par principe, dans la région où on se trouve).11 est faux quMl faille déterrer et entreposer les bulbes déjà en place (à moins qu'ils aient été mal plantés, ce qui provoque la multiplication des bulbilles).Les bulbes à fleurs exigent un sol profond, riche de.vieux fumier pourri.Il importe de planter assez tôt pour que les bulbes aient le temps de faire des racines avant la première grande gelée.D'autres fleurs sont aussi à planter en automne, telles les pivoines, le muguet, les iris (ici, je manque d'informations).MAINMISE 75 Construire une serre: il est économique et plus intéressant (à cause du choix possible de variétés à cultiver alors) de partir soi-même ses plants de tomates, aubergines, piments, poireaux etc.On peut le faire soit à l'intérieur, dans des boîtes et avec un éclairage spécial ( nous y consacrerons une chronique), soit à l'extérieur, en serre.Il est facile de construire une serre avec quelques bonnes planches, une toile de plastique fort et un peu d'imagination.Il faut évidemment que celle-ci soit exposée au plein soleil.Empoter Fes herbes du jardin pour l'hiver: je parle ici d'herbes de cuisine et non de l'herbe-qui-rend-fou (dit-on): persil, ciboulette, estragon, thym, marjolaine, romarin, origan, sarriette, lavande, cerfeuil, basilic.Il faut à toutes ces herbes beaucoup d'humidité, d'air et de lumière.La cuisine, à cause de la chaleur qui y règne, est décommandée comme endroit pour les garder.Elles doivent être arrosées tous les deux ou trois jours à fond.Si les racines tendent à sortir de terre, ajouter du bon terreau.Composts et Fumiers Les trois éléments essentiels à la bonne croissance des plantes sont l'azote, le potassium et le phosphore.On les retrouve en proportions et densités variables dans les fumiers et les composts: Eumiers: Le plus riche des fumiers est celui de poule.Mais comme il se décompose très rapidement (il perd la moitié de son azote, essentiel à la croissance des feuilles, en dedans de trente jours, s'il n'est pas protégé) il faut, soit répandre et le mêler tout de suite au sol de surface, soit le mêler avec un compost (voir plus bas).Il faut, en outre, à cause de sa force, ne pas en abuser (une pelletée par verge carrée).Viennent ensuite, dans l'ordre de qualité, les fumiers de mouton, de porc, de cheval, puis de vache (le plus pauvre mais le plus employé à cause de son abondance).Le fumier qui ne doit pas être employé sous peu doit être protégé contre l'air et la pluie.À cette fin, il est nécessaire de l'étendre sur une surface imperméable (béton) ou de le garder en boîtes ou en barils.Il convient de le retourner assez souvent et, s'il est mêlé à une litière de paille, de le couper à la pelle quand on le retourne.76 MAINMISE ¦ Composts: Le compost consiste en la masse décomposée et riche en bactéries (qui donneront sa vie au sol) des sous-produits de la ferme tels: débris végétaux de cuisine (-> sauf le papier), cendres de bois (pures), suie, débris de viandes, mauvaises herbes (si elles sont montées en graines, il est préférable de les brûler avant de les utiliser), feuilles mortes, tontes de gazon, bran de scie, copeaux de bois, foin gâté.Plus la composition est variée, meilleur il sera.¦ Mêlé ou non avec du fumier, le compost est, à cause de l'humus qu'il y apporte, presque essentiel au sol (surtout s'il s'agit d'un sol pauvre).La manière de le faire consiste à étendre d'abord, sur une surface imperméable ou dans un baril ou une boîte, une couche de déchets, puis une de terre (mince), puis une de fumier, en mouillant le tout à chaque fois et gardant au centre du tas une légère dépression réceptrice de l'eau de pluie.On élève ainsi le tas au fur et à mesure.Mêlé au fumier (surtout de pou- " le), le compost est suffisant à la bonne croissance des plantes (pas besoin du poison que sont les engrais chimiques).Si le compost doit passer l'hiver, il faut le protéger (l'eau de neige du printemps lui ferait perdre toutes ses qualités) à l'aide d'une toile ou d'un plastique résistant.Le compost doit être constamment gardé humide et retourné fréquemment.Il est prêt à utiliser quand il se défait comme de la terre noire grasse sous la pelle.Excréments humains: Il est décommandé de se servir des excréments humains comme fumier (à moins d'être en parfaite santé, c'est-à-dire de ne manger que ce qu'on produit soi-même).L'hépatite virale serait à plaindre (je voulais écrire à craindre).On peut toujours aller déféquer (chier).près de ses roses.Sur ce bon mot, la Mère Michel (qui n'a pas perdu son chat) vous embrasse.À betôt.Toutes les critiques, questions, demandes de recettes sont bienvenues.Adresser à: La Mère Michel, Mainmise etc.77 Intermedia La bande dessinée québécoise: Crumb, Gotlib, Bretecher, Man-dryka.Zap; tous les grands noms de la bande dessinée internationale sont déjà connus au Québec.Qu'il s'agisse d'individus ou de revues spécialisées (on vous rappelle que MM co-édite l'ECHO DES SAVANES), c'est là un domaine que les Québécois semblent connaître largement.Ancien "art mineur" réservé aux adeptes des p'tits comix, (Batman, Superman, Spiderman et confrères, la bande dessinée est pourtant en train de toucher des secteurs de plus en plus larges, de s'imposer comme une des manifestations les plus authentiques et les plus libres de l'expressivité occidentale.Au Québec, la bande dessinée a tuojours été un produit d'importation; on n'a qu'à jeter un coup d'oeil sur les noms cités plus haut pour constater à quel point ils composent la majeure partie du matériel disponible dans les kiosques à journaux.Heureusemervt;on peut presque déjà dire que ça commence à changer! Après avoir absorbé les visions de Crumb sur la société nord-américaine, après avoir intégré toute la valeur de défoulement et d'exorcisme des dessins de Gotlib et de sa gang, la bande dessinée québécoise semble maintenant prête à se manifester selon un style qui lui est propre, dans un contexte culturel qui peut certes l'inspirer pendant très longtemps.Coup sur coup, en l'espace d'à peine deux ou trois semaines, trois revues de bandes dessinées québécoises ont soit vu le jour soit publié un nouveau numéro; et il faut ajouter à cela le "show de la bande dessinée québécoise" qui s'est tenu au Centre communautaire de l'Université de Montréal du 12 au 15 septembre.Ca bouge! Là, comme ailleurs, on peut déjà sentir que beaucoup de choses importantes sont en train de se passer et que le regroupement des énergies ne devrait pas tarder.ca commence à grouiller! De fait, avec le lancement de deux nouvelles "revues", Les aventures du capitaine Kébec" et "Dessins d'humour d'ici", BD qui vient tout juste de pubier son numéro d'été (BD no 6 et 7) ne sera plus la seule "exception" au monopole des bandes dessinées étrangères.Même si la qualité de ces trois revues n'atteint certes pas encore à celle des bandes importées, un pas important a été accompli et il faut voir à ce que ces trois initiatives puissent vivre assez longtemps pour porter des fruits.Sans privilégier ni l'une ni l'autre de ces trois nouvelles parutions, on peut toutefois déjà noter le prix peut-être un peu excessif de "Dessins d'humour d'ici" de même que le caractère peut-être trop rigidement internationaliste de cette publication.Du côté du capitaine Kébec, il faudrait souligner aussi certaines tendances à la facilité que l'on aurait tout avantage à éliminer le plus rapidement possible: tout ce qui est québécois n'est pas NECESSAIREMENT valable en parlant et il y a toujours place pour la complaisance dans des initiatives de cet ordre.Le meilleur exemple en est peut-être BD qui, après quelques numéros assez faibles, réussit maintenant à presque s'imposer avec un style et un ton qui lui appartient en pronre La bande dessinée québécoise se réveille; il faut souhaiter qu'elle ne succombe pas à un faux nationalisme tout en dorures et qu'elle prenne toute la place que lui confère déjà la DIFFERENCE québécoise.78 MAINMISE ! Nonobstant: communautairement Au moment où le "cable" suscite une foule d'engueulades de toute sorte entre les polilicailleux de Québec et d'Ottawa, une nokvelle télévision est en train de naître; la télé communautaire.On en a entendu parler un p'tit peu, ok, mais dans ITond, il n'y a pas tellement de monde au courant de ce que peut être la télévision communautaire.Au départ, on sait que ça fonctionne aussi sur un cable quelconque puisque ça n'a strictement rien à voir avec la télévision des tas (Radio-Canada) ou la télévision privée (CKTM).La meilleure façon de savoir à peu près ou plutôt, un petit peu plus que "à peu près", ce qu'est cette fameuse télévision communautaire, c'est de référer à un exemple précis: comme par hasard, cet exemple précis nous est fourni par nul autre que l'ineffable Pierrot (dit le fou) Léger.Il faut dire que tout cela s'inscrit dans le cadre d'un projet: le projet Nonobstant.Son but direct est "de diffuser, dans le cadre d'une émission hebdomadaire, divers aspects el activités culturels de la région de Montréal en offrant l'accès du système de cablodiffusion aux créateurs locaux." Tout cela a l'air fort simple et on se demande pourquoi les télévisions officielles n'y ont pas pensé avant.C'est justement là, à ce niveau, qu'on commence à avoir une petite idée de ce qu'est la télévision communautaire.Qn n'y a pas pensé avant parce que c'était impossible dans le cadre de la télévision qu'on connaît.Impossible car il n'y a pas de commanditaires et surtout parce que le public participe vraiment à l'émission au lieu de faire le singe comme dans ces émissions "de participation" qu'elles se nomment Boubou, Madame est servie ou Mangez peu, mangez mieux, mangez congelé.A Nonobstant, le public est présent et impliqué dans la programmation puisqu'une bonne par-lie de chaque émission est consacrée aux appels des spectateurs qui livrent leurs commentaires sur ce qui se passe à l'écran.On tient même à ce que les participants à l'émission discutent avec les "créateurs locaux".Hn plus de celte séance de discussion.Pierrot el sa gang étaient totalement responsables de la forme de l'émission: autrement dit, on leur a dit, soyez, comme vous êtes et faites ce que vous voulez.Ce à quoi, semble-t-il, de moins en moins de gens sont capables de résister dans ce type d'émission.Ce qui veut dire que Nonobstant est finalement une sorte d'équipe technique qui offre ses services (techniques) à tous les malades qui ont quelque chose à dire et à faire et qui sont d'abord et avant tout conviés à être eux-mêmes.Dans le cas de Pierrot Léger, l'expérience semble avoir été largement positive puisque le principal "défaut" de la bande de la Casanous est justement celui-là.Il reste à dire que Nonobstant est diffuse tous les vendredi soir au canal 9 à 23h30 et que l'émission dure un minimum de 90 minutes.Une demande de subvention a été faite au Conseil des Arts, mais jusqu'à nouvel ordre, tout cela s'effectue dans le cadre d'un projet Perspective-Jeunesse.De toute façon, subvention ou non, quand une initiative de cet ordre permet à un groupe comme celui du Québec Diguydou de s'exprimer librement on ne peut que souhaiter que la "vraie vie" devienne une habitude à la télévision.Si la télévision communautaire est le seul moyen d'y arriver, il serait temps que les énergies s'organisent en ce sens et qu'elle devienne vraiment 'la télévision de tous les jours.Il ne reste plus qu'à trouver un moyen.MAINMISE 79 Exseption Il y a cinq ans à peine, toulmonde se serait mis à rire si quelqu'un avait osé penser que le Québec deviendrait un jour une sorte de terre d'élection où des choses comme le rafinement et la subtilité sont des données vécues même dans les concerts de music-pop.On parlait plutôt d'une certaine vulgarité.Après avoir vu EXSEPTION en concert à l'Université de Montréal le 15 septembre, on pourrait presque croire que le jugement global s'est inversé.Venant direct de Hollande, (for the first time in Kwibec comme l'a annoncé si subtilement quelqu'un après l'entracte) où paraît-il on raf-folle encore des pastiches de classiques dans le style de Emerson, Lake and Palmer, EXSEPTION a eu le malheur d'être précédé par un groupe québécois du nom de MANÈGE Il ne s'agit pas d'être chauvin.Juste de regarder, ou plutôt d'écouter.MANEGE est un groupe qui, autant par sa technique que par ses percées dans l'univers de l'imaginaire et de la recherche formelle, réussit à faire une sorte de synthèse des principales tendances de la musique d'aujourd'hui sous toutes les formes qu'elle puisse se présenter.Musique concrète, rock, et recherche musicale, tout cela semble s'être r a 11 i é_ sous le seul nom de MANÈGE.Alors que précisément la grande majorité des spectateurs qui remplissaient presque le Centre sportif était là pour applaudir un groupe qui, d'après sa réputation du moins, est sensé lui aussi avoir fait une synthèse de diverses tendances musicales.EXSEPTION est en effet d'abord connu pour ses versions "originales" de certains chefs-d'oeuvre du répertoire classique; le deuxième disque du groupe annonçait même d'ailleurs des choses intéressantes à ce niveau.Pourtant, dès l'entrée en scène, on a tout de suite saisi que le côté show allait prendre le dessus et que cette synthèse ressemblait plutôt à une sorte de lapis dont les couleurs se seraient délavées à un tel point qu'il soit à peine possible d'établir une conjugaison quelconque entre l'idée de tapis et cette réalité sans forme véritable qui puisse lui donner un sens.Brillants techniciens, virtuoses rein arquables, le groupe EXSEPTION est formé de musiciens qui connaissent leur métier.Ils n'en sont pas à leur première tournée (même si c'est le cas au Kwibec du môssieux) et ils savent se servir de tous les trucs et de toutes les affaires qui réussissent à accrocher un public à tout coup.Grosse présentation du monde, du Hash en masse, un paquet de clins d'oeil et de tapes dans le dos, le groupe semble avoir pris l'auditoire pour une assemblée composée d'une grande majorité d'enfants en dessous de seize ans.Tceneehoppcrs est peut-être un peu fort puisque le public en général ne semble pas avoir tellement accroché au style tout en paillettes musicales (dans le style vraiment paillettes faciles) qui accompagnait cette présentation stéréotypée et tout à fail dans le genre.Toujours est-il qu'après avoir entendu, dans l'ordre siouplait, Albi-noni et son célèbre adagio du même nom, Tchaikovsky et Rimsky-Korsakov, adaptés en rock.Bon.Mais MANÈGE, par exemple.Mais ça, c'est des goûts comme dirait l'autre (y'a des goûts, des couleurs).De toute façon, que l'on ait aimé EXSEPTION ou non, ce concert aura du moins servi à introduire MANÈGE auprès du public québécois.C'est déjà beaucoup.* SCiEIKÊ FKÏiOfl La science-fiction, ce n'est pas seulement Star-Trek ou 20001, Odyssée de l'Espace.C'est quelques miliers et plus de romans et de nouvelles qui depuis cinquante ans à peu près sont devenus ce qu'on peut appeler une sorte de rêve écrit de notre société technologique.Certains vont même jusqu'à dire que la Bible n'est que le récit de la venue d'Extra-terrestes sur Terre.Comme on voit, on peut même remonter jusqu'au Déluge sans même nous arrêter et continuer avec toutes les mythologies anciennes.Dès que ça parle de quelque chose qui est en dehors de l'histoire terrienne et qui fait appel à des causes inconnues ou à des êtres ou des dieux qui possè- dent plus de pouvoir que les hommes, on peut si on a de l'imagination croire que c'est de la scienccficlion.La science-fiction est d'abord une littérature qui ne s'occupe pas de la réalité immédiate.Ce serait trop long de vous parler de tous les auteurs.Ce serait trop court de vous dire que la science-fiction est quelque chose qui parle du futur el des Utopies.Mais la science-fiction est d'abord une sorte de prophétie, optimiste ou pessimiste, sur l'avenir de l'humanité.Par l'Imaginaire et les Visions on tente de percer les temps qui viennent.Aux Etals-Unis où elle est florissante plusieurs auteurs en vivent et ont produit des oeuvres lories.Aujourd'hui, je vais vous parler de deux livres qui sont parmi les plus populaires et qu'on dit parmi les meilleurs.Il s'agit de Dune cl Le Messie de Dune de Frank Herbert.Remarquez que c'est américain pure laine.N'oubliez pas non plus que les soviétiques sont 1res forts aussi el que la science-fiction est 1res populaire derrière le rideau de 1er.Mais avant de vous parler de Dune, je tiens à faire quelques précisions car je ne tiens pas à vous raconter une histoire que vous n'avez qu'à lire ou à critiquer tel ou tel auteur scion qu'il est plus ou moins bon.Ce serait plate et d'ailleurs LE PIRE DES MONDES POSSIBLES 80 MAINMISE LE PARADIS EN HAUT, LA VIOLENCE EN BAS parfaitement inutile.J'essaierai plutôt de vous donner des rapports et des "eues" qui permettront je l'espère de voir à quoi ça sert la science-fiction et aussi ce que ça peut apporter.Parce que si vous vous embarque/ dans la lecture de Dune, vous en ave/ pour 600 pages d'aventures et d'attention.Vous devez savoir aussi que pour beaucoup de gens sérieux et moins sérieux, la science-fiction n'existerait pas que ça leur ferait pas un pli sur le ventre.Je pense que la science-fiction est importante parce que c'est à peu près un des deuls réservoirs d'espérance qui reste dans notre littérature occidentale.C'est aussi un Lieu où toutes les hypothèses et les rêves sont permis.Cela ne veut pas dire que les soucoupes volantes el les petits bonhommes verts sont vrais en partant.Non, mais ça peut vouloir dire que l'humanité est plus grande qu'elle ne le pense.Ou plus petite.Mais ce qui est plus intéressant, c'est quand on se demande comment il se fait que la science-fiction soit si populaire aujourd'hui.Comment il se l'ail que pour nous parler de choses et de situations totalement irréelles (non visibles actuellement), des auteurs se fendent en quatre pour nous surprendre el vont créer des mondes où l'Ailleurs cl le totalement Autre sonl les premiers ingredients'?Par exemple dans Dune, il y a un homme qui devient un Messie grâce à une épice; il voit dans le temps et peut allonger son espérance de vie.suite on voit dans le temps.Si on en prend trop; kaputt.Voir dans le temps, ça permet à des navigateurs de l'espace de conduire les vaisseaux, ça permet aux Bene Gesserit (genre de sorcières) de manipuler les gènes et de placer qui elles veulent sur le trône impérial.Un bon roman de science-fiction part d'une idée simple et la pousse à ses extrêmes.Ce que fait Frank Herbert.Son héros est un jeune aristocrate qui débarque sur Dune et y est accueilli en Messie.Cela entraînera la chute de l'Empire et un nouvel empereur, lui Paul Atréide qui en contrôlant l'épicé devient l'homme le plus puissant de l'univers el une sorte de Dieu.Les freemen se rangent derrière lui et comme ce sont de redoutables guerriers, rien ne peut arrêter sa puissance sinon lui-même.Ce qui fait l'intérêt de Dune et du Messie, c'est que Herbert pousse toutes les implications de la situation de Dune et de Paul jusqu'à la limjte.C'est aussi que Herbert n'a pas peur de nous montrer toutes ces implications, qu'elles soient religieuses, sociales, politiques, etc.C'est pour ça que c'est si long.Il faut le l'aire.Cela a demandé cinq ans pour faire ce roman.On y trouve un vocabulaire spécial, des cartes de Dune, un glossaire des termes difficiles, des appendices explicatives sur les différents groupes en présence etc.Un monde est recréé.Il était une fois Nous sommes dans le futur à quelques miliers d'années d'ici.Un Empereur gouverne tous les mondes.Une planète est importante, c'est Dune.Elle est faite de sables surtout et forcément il n'y a pas beaucoup d'eau.Sur cette planète vivent des Freemen comme ils s'appellent.C'est la seule planète qui produit de l'épicc magique.Je ne vous dirai pas comment, ça gâcherait le plaisir de votre lecture.Tout l'empire repose sur cet épice.Qui contrôle Dune contrôle le monde.Parce que l'épicc, si on en prend, d'abord on a les yeux bleus et en- Herbert essaie dans Dune de synthétiser plusieurs démarches de l'humanité.La démarche religieuse et politique (l'aristocratie marchande et intellectuelle) est vue dans un moment fort, la naissance d'un Messie qui est en même temps empereur.Un peu comme si le Christ avait écouté les Juifs et s'était fait leur sauveur temporel.Disons que Paul se rapproche plus de Mahomet des mutants et de sa guerre sainte.D'ailleurs plusieurs notations du peuple freemen nous rapproche des Touaregs et de leur morale du désert.Ou encore de Gengis-Kan.Car Paul devient le fer de lance d'une croisade sanglante qui incendie tout l'univers.Dans le Messie de Dune, Herbert nous montre les conséquences de cette croisade et ce qu'entraîne l'abus de pouvoir.La morale du désert ne suffit pas pour gouverner l'univers et on voit même une sorte de mort-vivant venir lui enseigner des rudiments de Zen japonais.Mais Paul n'est pas seulement un Messie, c'est aussi un homme qui souffre, aime et a des enfants (difficilement il faut dire mais cela ajoute du piquant à l'histoire).Herbert n'en fait pas un superman qui a tous les pouvoirs sans les mériter.Il les paye chèrement et c'est toute une série d'épreuves qui mèneront finalement le héros à l'acceptation de son destin.Comme chez les grecs anciens.Bon! maintenant il s'agit de voir à quoi pourrait correspondre Dune aujourd'hui.Comment il se fait que ce fut si populaire aux States et dans quelle mesure on peut percer les arrières-fonds de ce roman.L'hypothèse première est que tout roman est une sorte d'extrapolation du monde actuel et en même temps une compensation de ce monde.Je m'explique un peu.Il s'agit de considérer le roman comme une sorte de rêve l'ait par le peuple américain à travers un auteur.Il s'agit de voir les grands symboles et leur action comme si c'était les signes d'une situation cachée ou inconsciente.Tout tourne autour de l'épice.Ce n'est pas sorcier de dire que la drogue est un des phénomènes importants chez les Américains.On sait que le phénomène est marginal et illégal.Un roman qui propose une sorte de drogue-miracle, qui sous-lend toute une société à l'échelle cosmique ne peut aujourd'hui que renforcer un besoin de justification chez ceux qui prennent de la drogue.D'autant plus que le héros est une sorte de dieu très gentil, très fort, très intelligent etc.Si on fait un peu de psychologie, on voit que le sentiment de culpabilité par rapport à la drogue est effacé puisque la drogue est un acquis de cette culture en même temps qu'une nécessité vitale justifiée.MAINMISE 81 On peut aussi voir dans cette planète désertique une sorte d'analogie avec le vide spirituel de l'Occident et la religion hybride que développe Herbert répond à un "désert" spirituel que tous les sociologues remarquent dans nos sociétés matérialistes.Contrôle de la respiration (xoga), contrôle de l'esprit, domination des instincts, culture de toutes les possibilités physiques ete, le roman de Herbert propose une éducation totale qui ne laisse, rien de côté.Les maîtres de Paul par exemple sont dignes de respect, ses parents sont "formidables", un père qui est duc, une mère pleine de pouvoirs occultes.Finalement c'est un monde où il semble que tout soit clair, les bons d'un côté et les méchants de l'autre; un destin grandiose, l'espace et le temps soumis à la puissance de l'homme: tout à un sens grâce à l'auteur.On sait qu'il est assez difficile présentement de savoir où s'en va le monde et que montrer un monde qui a un sens et qui est vivable héroïquement n'est pas pour déplaire à ceux qui n'acceptent pas la.société actuelle.La conquête de L'Ouest n'est pas loin dans l'inconscient collectif américain.Le passé des américains s'est fait sur la suppression et la destruction de la culture indienne.Les Indiens de Dune sont les Freemen dont le héros supercivilisé adopte les coutumes et le mode de wie.Cela peut sans-doute compenser un autre sentiment de culpabilité qui ressur-git aujourd'hui chez les Américains (une bonne partie d'entre eux) qui s'apperçoivent que leur culture n'a pas confirmé leur conquête comme meilleure.Les Freemen vivent en harmonie avec la nature de leur planète et les conditions extrêmement difficiles de survie en ont fait les hommes les plus durs et les plus cruels mais aussi |es plus puissants si on les laisse sortir de Dune.C'est grâce à eux et à l'épice que Paul devient maître du monde.On peut tirer des conclusions là-dessus.alchimis En terminant, pour ceux qui voudraient des rapports plus étroits avec le Québec, on peut comparer ce petit peuple d'hommes libres et d'abord aliénés avec le peuple québécois qui attend aussi son Messie et son Indépendance.Mais je m'arrête là-dessus et si Dune vous intéresse, c'est édité aux éditions Lalïont dans la collection Ailleurs et Demain.Je tiens à vous dire qu'en anglais, ça coûte beaucoup moins cher.Le mois prochain, on parlera sans dokte de En terre étrangère de Heinlein, un autre roman très populaire chez nos voisins(.) et d'autres choses comme elles viendront.Germain B Un tournage collectif Il y a bien des laçons de tourner le monde, la concierge y compris.Il y a aussi bien des lieux pour procéder à la séance de tournage, lieux tout autant physiques que spirituels.C'est peut-être en s'inspirant d'un principe comme celui-là que Maurice Demers en est arrivé à concrétiser un projet qu'il prépare depuis près de deux ans et dont le but général est de faire en sorte d'embarquer un quartier tout entier dans un vaste "tournage" collectif.Le quartier, c'est celui de Ahunl-sic et le projet s'appelle officiellement depuis quelques semaines, la Fondation pour l'environnement intégral: ça se nomme aussi Théâtre d'Environnement Intégral.Théâtre, parce que c'est par là qu'est passé Maurice Demers.Ancien sculpteur du temps de Vive la rue St-Denis, concepteur d'environnement pendant deux ou trois -ans, Demers a mis sur pied une technique et une approche de la réalité théâtrale qui ne se retrouve nulle part ailleurs.Pour lui, cl on peut facilement le constater en voyant les environnements qu'il a déjà produits, le théâtre n'implique pas la notion de spectacle.A l'intérieur d'un spectacle d'environnement, les participants sont conviés à jouer leur propre créativité en incarnant concrètement leur relation directe au groupe de participants tout entier.Comme si ce n'était pas déjà suffisant, Deniers en est maintenant à une autre étape qui est celle d'une réalisation vraiment collective de tout cela;/te travaillant plus avec un groupe donné, il a décidé de s'attaquer à un quartier tout entier en s'entouranl d'une équipe de spécialistes.La Fondation pour l'environnement intégral est en fait composée de sept modules différents qui vont de l'administration du projet comme tel jusqu'à l'expression poly-sensoriellc et l'expression plastique en passant par l'animation de groupe, les techniques audiovisuelles el l'animation culturelle proprement dite.Une dizaine de personnes d'un peu partout travaillent déjà à faire démarrer cette pre- itedu détail mière tentative d'animation "large"; on retrouve là les noms de Yves Robillard, Marcel Rioux, Maurice Deniers, Gilbert Tarrab et plusieurs autres.Pourtant, contrairement à ce qui se passe habituellement quand une équipe de spécialistes se met à travailler sur un projet de cette envergure, la donnée la plus importante de cette expérience d'animation est celle du feed-back et de la participation effective des habitants du quartier.Il ne s'agit pas de ramasser des données statistiques ou sociologiques sur un milieu donné mais bien plutôt de faire en sorte que chacun des habitants de Ahunlsic se sente impliqué dans l'expérience et y participe de sa créativité propre.Le but de l'expérience est en fait, si l'on se fie aux propres paroles de Maurice Demers, de faire naître "l'homme nouveau", c'est à dire un "être qui est à la fois auteur, acteur et spectateur du scénario de sa vie.Ce n'est plus uniquement un consommateur mais surtout un producteur de la réalité en devenir (.)".El tout cela se passera un peu partout dans Ahunlsic dans une multiplicité de lieux selon les circonstances; il s'agit d'abord, avant de construire un centre culturel en briques, d'en ériger un qui fonctionne d'abord sur l'énergie commune d'une collectivité vraiment impliquée dans l'affaire.En faisant un théâtre par, pour et avec tous les citoyens de Ahunlsic et dans loutcs les formes que ce "théâtre" pourra prendre, en posant pour la première fois ici les bases d'un théâtre qui est d'abord et avant tout l'équivalent d'une sorte de Mandala se construisant au rythme de la participation de chacun, Maurice Demers risque de déboucher, avec la création du TFI, sur le premier cas historique québécois de tournage collectif.Quand on définit une expérience à partir de données qui ont nom Créativité, Imagination et Participation, qui s'étonnerait encore que l'on parle de tournage?82 MAINMISE Comment bâtir un synthétiseur électronique (Moog) chez soi (pour pas cher) par Avec ce numéro 28, mainmise commence une nouvelle chronique-série sur la construction en fumille d'un synthétiseur électronique, plus connu sous le nom de Moog.Comme dans toute chose, la facilité du projet est en relation directe avec la patience que vous mettrez à comprendre les concepts expliqués et du soin que vous apporterez dans la construction pratique de l'appareil.Cette première tranche n'est que le début du projet.Si vous rencontrez des problèmes ou obstacles, vous pouvez, ou bien écrire à Mainmise a/s Projet Moog, ou aller consulter Raynald (de Sermédia).auteur du texte, à son magasin Sermédia, 7092 Marquette, Mt.Du reste, c'est dans ce magasin que vous pourrez vous procurer à très bon prix les circuits électroniques nécessaires pour la construction du synthétiseur.A- Le synthétiseur en pièces détachées.Dans cet article et les autres à venir, nous aborderons de près l'analyse et la construction du synthétiseur.En ce qui regarde la musique synthétique, nous laisserons ce sujet à l'expérimentateur et aux musicologues.Pour vous lecteurs, nous nous concentrerons sur la technique simplifiée et les aspects raisonnablement accessibles du synthétiseur.1.Un synthétiseur Le synthétiseur est un instrument de musique au même titre que la flûte ou le piano.Plusieurs le classent dans la famille des orgues, plus précisément de l'orgue électronique, à cause de ses similitudes sonores et physiques.La différence entre le synthétiseur et les autres instruments de musique c'est que le synthétiseur peut tous les imiter à un point tel que souvent il est difficile de faire la différence.(Cf."Bach à la Moog" ou "Switched on Bach".2.De l'orgue au synthétiseur.Faisons maintenant un rapprochement entre l'orgue électronique et le synthétiseur.L'orgue comprend deux parties fondamentales, soit une partie mécanique et une partie solide.La partie mécanique comprend le ou les claviers pour en jouer et des haut-parleurs pour la reproduction sonore.La partie solide comprend tous les circuits électroniques "qui produisent les sons", c'est-à-dire la partie qui traduit le langage du ou des claviers en sonorité d'orgue à l'instar de la vapeur et de l'air passant dans un complexe de tuyaux et de tubes déguisés en sifflets dans les orgues d'autrefois.MATrVCC DE HELiw&E: oc sow 1-Z- sow pua LE SytJTHETiSLUK La partie mécanique de l'orgue est comparable à celle du synthétiseur.Seule diffère la partie solide que nous appellerons la partie de traduction.Dans un synthétiseur, la partie de traduction est plus systématisée.3.L'orgue en pièces détachées.Regardons à l'aide d'un bloc diagramme le système de traduction d'un orgue électronique à deux claviers.(Voir planche 1.) Un clavier possède quarante-quatre (44) touches divisées en trois octaves et demi.Un octave comprend 12 notes, soit: do, do dièse, ré, ré dièse, mi, fa, fa dièse, sol, sol dièse, la, la dièse, si: c'est ce que nous appelons la gamme chromatique.Chaque note du premier octave est reliée à un générateur de son que l'on nomme: oscillateur-maître.Tous les DO de chacun des octaves, soit 8 au total pour les deux claviers, sont reliés à un oscillateur-maître DO; il en va ainsi pour chacune des notes de la gamme chromatique.Les oscillateurs-maîtres, ou générateurs de son, sont réunis à une matrice de terminaison pour le mélange de sons.La matrice distribue les sons à des générateurs de TIMBRE propre à chaque clavier.Exemple: les timbres de trompette et flûte pour le premier clavier, les timbres de violon, haut-bois, diapason (son pur propre au synthétiseur) et petite flûte, pour le deuxième clavier.Dans certains modèles, on peut trouver à la sortie de l'unité de traduction les accessoires suivants: soit la réverbération, le "leslie" pouvant même servir de trémolo, un générateur de répétition et plusieurs autres que nous pourrons étudier en détail dans les prochains articles sur les générateurs d'effets spéciaux.MAINMISE 83 4.Le synthétiseur.Le système de traduction du synthétiseur, comme dans un orgue électronique, comprend un ou deux claviers, et un ou plusieurs générateurs de son ou oscillateurs-maîtres.Les générateurs de son, comme dans l'orgue, sont réunis à la matrice de terminaison pour le mélange du son.Comme on l'a vu dans l'orgue, la matrice distribue les sons du clavier à des générateurs de timbre propre à chaque clavier.Dans cette partie, le son de l'orgue électronique est formé et dirigé dans les générateurs d'effets spéciaux.Dans un synthétiseur, la matrice de terminaison distribue les sons directement aux générateurs d'effets spéciaux.(Voir planche 2) Nous appellerons la partie de traduction du clavier à la matrice de terminaison: le clavier à son pur.Ld construction du synthétiseur va commencer par cette partie.Le clavier à son pur est un des éléments les plus importants dans la synthétisation du son dans le synthétiseur.Les autres composantes électroniques qui font partie des générateurs d'effets spéciaux ne font que modifier la forme, le temps et la hauteur des sons émis par le clavier à son pur.5.Le clavier à son pur.Il existe plusieurs sortes de claviers à son pur.Le premier est de type "monodique" soit un générateur de son par octave ou plusieurs octaves pour un générateur.Le deuxième ressemble au clavier d'orgue comme on l'a vu plus haut, soit un générateur de son par note pour un octave, donc on utilise 12 générateurs par octave.Ce type de clavier a l'avantage de produire des accords comme sur un orgue ou un piano, tandis que sur le clavier "monodique" on ne peut jouer qu'une note à la fois.Le troisième est le plus sophistiqué: il se résume en un clavier de 44 touches munies d'un générateur de son par note.Il utilise 44 générateurs de son, il possède une précision et une pureté sonore inégalées.84 MAINMISE 3 Ay1
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