Mainmise, 1 janvier 1975, février
Rédaction, administration, circulation, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 rue St-Denis, Montréal 129, Province de Québec.Téléphone: 843 4792 Dépôt légal 3e trimestre 1974.MAINMISE n'est pas responsable des manuscrits et dessins que nous recevons.MAINMISE est pour la légalisation de la marijuana.Courrier de deuxième classe, numéro 2511.Port de retour garanti par MAINMISE.MAINMISE est un magasine mensuel publié sous l'inspiration directe de Pénélope.Le premier numéro a vu le jour en octobre 1970 (en plein milieu des événements que nous connaissons).Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Directeurs: Roland Vallée, Georges Khal Et Michel Bélair.Distribution exclusive pour l'Amérique du Nord: Distribution ECLAIR, 8320 Place de Lorraine, Anjou 437 Québec.Téléphone: 353 6060 s un interview récent, Norman Mailer, l'auteur le plus impitoyable pour la visqueuse amerique et le plus délirant des chirurgiens psychiques, déclarait : "Maintenant, skia à faire maintenant, après que toulmonde a tout déchiré et tout mis en pièces et tout disséqué, c'est de remettre tous les morceaux ensemble, rebâtir." Examinons les morceaux: té aliéné, té aliéné, té aliéné.Y a-t-il un seul auteur et penseur sérieux qui ne nous dise pas ça ?De la plus bas se physique Jusqu'à la plus haute spiritualité (pourquoi donc ce choix des adjectifs ?n'erve moé pas l), un gros doigt bien instruit y pointe des méchantes gangs de power-trippeux se nourrissants gratuitement.Mais y'a d'ôte chose s "il y a une manière parfois éminemment subversive d'ignorer la répressionl", dixit une porte (solution) de sortie (mathématique, i.e.garrochée juste au centre du point aveugle).Hypothèse : au sommet de la montagne ou au centre de la terre, c'est pas eux qui contrôlent et que ca serait même le contraire.Bon, ben on va al-ler voir.Y en a qui monte, d'autres qui descendent.Pi les deux se rendent compte qu'y a un moment dans la montée ou dans la descente ou y'a une gang de farceurs diplômés qu'iarrivent pi qui t'disent : "Oui mais tout ca c'est rien qru'un mythe dans vêtre tête?la réalité est un peu plus sérieuse que vos kétainisants délires 1" Y'a une façon de traverser ce mur: comprendre exactement ce que veut dire mythe et comprendre que mythe veut dire absolument la même chose que ce qu'on appelle aujourd'hui "la programmation mentale".La fusée A-pollo est tout autant issue d'un mythe que le parthénon, que la littérature, l'architecture, les patates frites, l'Etat et autres bébelles humaines.Tu bâtis ben ske tu veux bâtir pi kessé kié plus fou : les-abattoirs-raange-tes-protéines, ou penser que la terre est vivante ?Voici donc quelques délires locaux et un importo (& h), des gens qui ont remis les morceaux en place ou en train de.De toutes les directions, ca monte et descend et ca se rend jusqu'au bout et c'est vraiment très drêle de se retrouver dans la même pièce entraie, les trippeux de la libre incarnation, et de se rendre compte qu'la pièce centrale ê partout et que là le plus haut et le plus bas s'épousent.LE ME IEUR POOR TOUSbaron fli Vous souvenez-vous des kleinformes du MM 42, les formes tordues de Pa ul Ryan ?Ben y nous a écrit pour nous communiquer sa dernière trouv aille cicontre : "Le modèle de mes premières klfrm était ambigu kant(5 parties non-contenues; ce modeled fournit M6M positions non-ambigues On peut référer les parties non-co ntenues selon leurs positions viza vi les parties contenantes et cont enues.Cette notion de position se mble permettre une coropréhens ion plus claire des klfrm.Une diffère nce dans la position crée une diff MAINMISE 1 Soupe au miso Ingrédients: Miso (le miso est le résidu de la sauce soya fermentée) Pois chiches Courgettes (zucchini) Sarriette, sel, poivre.Faire tremper les pois chiches une nuit.Les cuire ensuite avec les courgettes tranchées finement.Comme pour les soupes aux pois et fèves, ne mettre le sel qu'à la toute fin de la cuisson (en faisant attention parce que le miso est déjà très salé).Quand la soupe est cuite (3-4 heures à feu très doux), diluer une cuiller à thé de miso par bol de soupe.Servir dans de petits bols.Si on ne mange pas la soupe tout de suite, n'ajouter le miso que quand on la réchauffera car le miso ne se conserve pas plus d'une journée.Ne jamais faire bouillir le miso.Soupe aux algues (rapide) Ingrédients: Quelques algues (les Ptits Zoisos en vendent pas cher) 2 grosses échalotes finement tranchées 2-3 branches de céleri finement tranchées Persil, sel, poivre, huile, sauce soya.Mijoter le tout avec un peu d'huile (1-2 cuillers à soupe).Avant de servir, mettre de la sauce Soya au goût.Sandwiches aux fèves germées Préparer une mayonnaise avec du tahini (graines de sésame moulues; disponible aux P'tits Zoizos), de l'ail écrasé, de l'aneth (ou une autre herbe), du jus de citron et de la sauce Soya.Etendre cette mayonnaise sur une tranche de pain.Couvrir de fèves germées, puis de tranches de fromage.Fermer la sandwich.Elle se mange froide ou grillée dans un peu d'huile (jusqu'à ce que le fromage fonde).Soupe aux lentilles 1/2 livre de lentilles rouges ou vertes trempées une nuit 1 gros poireau finement tranché 1 petit oignon finement tranché 4-5 petites patates coupées en petits cubes 2 caieux d'ail Persil, cerfeuil, sarriette, poivre, sel Huile, sauce soya.Jeter tous les légumes préparés avec les lentilles dans un gros chaudron, avec pas mal d'eau.Au bout d'une heure, écumer la poussière des lentilles.Ajouter alors les herbes et le poivre (ne mettre le sel que vers la toute fin de la cuisson; le sel empêche les lentilles de se défaire).Ne pas.oublier la sarriette.Outre son bon goût, c'est elle qui enlève aux lentilles leur effet bien connu.Vers la fin de la cuisson (trois heures à feu très doux), ajouter de la sauce Soya.La soupe est encore meilleure réchauffée.Il ne faut cependant réchauffer que la quantité de soupe qu'on va manger.Une soupe réchauffée plus de deux fois, surit Gomasio (sel merveilleux pour chasser l'acidité du sang) Rôtir des graines de sésame jusqu'à ce qu'elles craquent sous les ongles.Vers la fin de la cuisson, ajouter le sel marin (de 5 à 15 parts de graines de sésame pour une de sel).Broyer ce mélange.Utiliser comme le sel.2 MAINMISE Moutarde Ingrédients: 1 fois de graines de moutarde récentes 1/2 fois de vinaigre de vin ou ordinaire 1/2 fois de moût de raisin (jus de raisins qu'on fait).Faire tremper les graines de moutarde en eau tiède pendant 12 heures.Puis les broyer dans un mortier avec un pilon (au rouleau à pâte, à la rigueur).Répéter l'opération.Ajouter à la moutarde 1/2 fois sa quantité de vinaigre bouillant et 1/2 fois sa quantité de moût de raisin (qu'on fait en écrasant des raisins frais dont on jette les peaux et les grains).Mêler le tout et aromatiser au goût avec de l'estragon, de la ciboulette, du cerfeuil, de l'ail ou du céleri, le tout écrasé.Millet aux noix (cashews) Ingrédients: 1 tasse de millet 2 tasses d'eau 1 grosse poignée de noix d'acajou 1 huitième de cuiller à thé de sel Oignons, huile et sauce soya.Griller le millet dans une poêle jusqu'à ce qu'il soit doré.Cuire ensuite dans 2 fois son volume d'eau pendant 25-30 minutes avec 1 huitième de cuiller à thé de sel par tasse de millet et 10-12 noix d'acajou par portion.Les noix d'acajou doivent être sautées dans un peu d'huile avec des oignons finement tranchés.I On ajoute cette préparation au millet vers le milieu de sa cuisson.Au moment de servir, ajouter un peu de sauce Soya.3-4 portions.Chop Suey Ingrédients: 1/2 livre de viande en petites lanières (facultatif) 112 livre de fèves germées Oignons et branchés de céleri finement tranchés 1 / 4 de tasse d'eau Champignons ttanchés Sauce Soya Romarin, persil, sel, poivre.Frire les légumes (et la viande, si on en mange) de 3 à 5 minutes.Ajouter les fèves germées et l'eau.Couvrir et cuire de 5 à 10 minutes.Ajouter les champignons.Ajouter ensuite 1 cuiller à table de sauce Soya.Saler et poivrer.Epaissir avec de l'amidon (ou de la lécithine) dilué.3-4 portions.Couscous aux légumes Ingrédients: 1 tasse de couscous 1/4 de cuiller à thé de sel 2 tasses d'eau bouillante Huile.Sauce Soya.Jeter le sel dans l'eau bouillante avec trois gouttes d'huile.Verser en pluie dedans le couscous.Cuire à feu très doux (chaudron couvert).Ajouter un peu d'huile.Laisser reposer 10 minutes une fois cuit.Soya au goût.Servir avec des légumes frits dans de l'huile.3 portions.Légumes frits au Soya Frire des légumes préparés (fèves vertes, épinards, etc.) dans de l'huile d'olive ou pressée à froid ou de tournesol ou d'arachide.Quand c'est bien frit (un peu noir même), couvrir d'eau.Jeter de la sauce Soya (x cuillers à soupe).Mettre les herbes au goût.Saler.Poivrer.Mijoter puis frire de nouveau jusqu'à ce que l'eau soit évaporée.Croustipommes Ingrédients: 1 fois de beurre 2 fois de cassonade 3 fois de flocons d'avoine roulée Pommes, amandes hachées et sucre au goût.Mêler le tout et cuire dans un plat beurré au four.Riz frit aux légumes Frire à haut feu du riz brun sec (pas trop cuit) dans de l'huile.Puis ajouter de l'ail, des graines de sésame, des échalotes, des oignons, du céleri, du persil frais.Puis des champignons tranchés gros.L'important est que le riz ne "pogne" pas ensemble.Il vaut mieux ainsi faire de petites quantités à la fois.On ajoute de la sauce soya pour brunir, au goût.Délicieux avec du poisson ou un légume frais (épinards, petites fèves vertes.).Pouding au Tapioca Ingrédients: 1 tasse de tapioca 1 cuiller à thé de sel 1 pinte d'eau (4 tasses) 1 cuiller à thé de vanille 4 cuillers à table de beurre (ou soyatine) 1-3/4 tasse de cassonade Cuire le tapioca dans l'eau jusqu'à ce qu'il soit transparent.Ajouter les autres ingrédients, verser dans un plat et cuire 1/2 heure au four, à 350 (si on n'a pas de four, on peut le cuire au bain-marie).Servir tel quel ou avec de la crème.SALON DE COIFFURE POUR HOMMES 6236 Saint-Hubert MONTREAL Pour rendez-vous, téléphoner au 271 3161 DUTCHY'S RECORD CIME 1238 Crescent Mtl.8614303 Le magasin de disques à prix imbattables jazz/Rock/Blues/Classique/Franc ais.Des prix anti-inflationistes: à partir de .50c MAINMISE 38 Contacts & Resources Lettre reçue au sujet des lettres d'amour J'ai lu votre article du no 43, l'avant-propos, où vous parlez des lettres d'amour.Et un peu plus loin, i.e.la dernière page où vous parlez du Whole Earth Catalogue, vous dites: "On communique si peu dans cette province".Ne vous demandez pas pourquoi.Vous étiez le centre où se faisait toute la communication.Maintenant qu'il n'y a plus de lettres d'amour, on ne sait plus ce qui se passe un peu partout chez nous.Je commence à me questionner sur votre sincérité.(NDLR: merci, ça fait toujours plaisir.) Vous aimez mieux mettre une chronique de disques qui n'apporte rien à personne (au fond, pas vrai?) que de mettre le coeur de nous-mêmes en communication.Eh bien là, je me perds.Ne savez-vous donc pas ce que vous faites?Pourquoi pensez-vous que MM est là?C'est pour la communication et rien d'autre.Naturellement, c'est ben le fun toutes les chroniques, mais pas quand il manque l'essentiel.Pour votre réussite je vous le dis, vous êtes ben mieux de laisser tomber Intermédia et les disques (cette célèbre et malheureuse chronique) pour la remplacer par nous-mêmes, par nos lettres.Si vous avez peur de manquer d'espace, écrivez-les en plus petit, c'est simple, non?Ne déroutez pas, car vous deviendrez comme tout ceux qui ont flanché.En passant, je vais vous mettre au courant d'un projet que nous faisons et qu'il y a bien des années qu'on en entend parler.On est une dizaine de gars et quelques filles, on s'est réuni en groupe pour se faire des maisons en hémisphère.Il y a deux mois qu'on est ensemble et il y a déjà une boule de monté dehors.Elle s'est recouverte de neige.Elle esûrès chaude.Mais elle, ce n'est qu'une expérience.Elle est dans une cour.Ce qui nous a permis sa réalisation, ce sont de nombreuses idées créatrices, surtout celle d'éliminer l'aspect "géodésique" qui est plein de pointes, de pics.La réalisation de ces boules se fera au printemps.'Nous avons découvert le secret des secrets: Le Secret c'est de le Faire.Je vous dis cela, c'est que vous en entendrez sûrement parler cet été.Ce projet fera boule de neige.Nous en sommes arrivés à une maison de $250., habitable, chaude, à l'épreuve de l'eau.P.S.: La communication, c'est quoi?C'est ça! P.S 2: Vous aimez ça lire des lettres?Nous aussi.Salut.Réponse de la rédaction et proposition d'icelle Guy et Guylaine 715 4e avenue Grand'Mère Ben oui, on est d'accord, on plaide coupable, et on ajoute qu'on a trouvé ça ben plate d'être obligé de passer de 96 à 72 à 64 pages et d'avoir eu à supprimer des chroniques entières, dont les lettres d'amour.On a choisi de garder les disques et Intermédia.Peut-être une erreur mais il est humain d'en faire.Bon.Les disques, ça marche pas fort: on ne réussit pas à trouver quelqu'un qui ait accès direct aux nouveautés (les compagnies de disques se calissent complètement de nous et ne nous en envoient que très rarement, certainement une erreur à chaque fois) et quelqu'un qui aime la musique, s'y connaisse et sache écrire sur.Quand à Intermédia, y'en a que ça plait à de savoir ski s'passe, d'autres qui s'en foutent complètement.Bon.On va donc essayer un moyen terme: réintroduire la chronique des lettres, mais plus sous le nom tendancieux de LETTRES D'AMOUR mais bien sous le nom beaucoup plus précis et nécessaire de CONTACTS & RESSOURCES.A vous donc, lecteurs, de jouer: sur le modèle de la lettre précédente, envoyez-nous des lettres d'information, de contacts, où les autres lecteurs apprendront quelque chose et avec des noms qu'ils pourront contacter.Puisqu'on refuse d'exister dans les registres foqués du gros système, il faudrait commencer à exister dans la tête des autres qui vivent comme nous et qui lentement acquièrent une expérience et des connaissances qu'il serait enrichissant de partager et répandre.Envoyez vos lettres à MM, en spécifiant sur l'enveloppe Contacts & Ressources; faites-les pas trop longues et tapez-les à la machine si possible.Encore une fois: moins les lettres seront longues, plus nous pourrons en mettre.Houba et tourlou.4 MAINMISE Messages "Conserver les connaissances acquises est encore plus important que d'en acquérir de nouvelles." Konrad Lorehz.— La musique évolue mais puise constamment son inspiration dans le passé et la somme des connaissances acquises pour faire ses nouveaux pas.Tous les jours nous en voyons des exemples frappants dans le rock.Si tu t'intéresses à la musique du passé et du présent et que tu désires entrer en communication avec d'autres "amateurs", appelle 653-8744: recherches, enseignements, ensembles, composition, etc., flute à bec, piano, guitare, clavecin, orgue, chant, tout est bienvenu.Il est difficile de faire comprendre que lé développement de notre culture a donné naissance à des valeurs aussi irremplaçables et respectables que celles produites par le développement des espèces animales.Puissions-nous comprendre qu'il est possible d'éteindre une culture comme la flamme d'une bougie.Serge.Comment trouver de l'eau Je voudrais par votre intermédiaire donner un moyen simple à tout le monde de trouver de l'eau souterraine.Cette méthode bien que négligée et ridiculisée par les hydrogéo-logues et les ingénieurs est quand même utilisée par les puisatiers et les sourciers; elle donne de bons résultats.Comme matériel on a besoin de 2 cintres que l'on coupe tel qu'indiqué ici: Ensuite on prend une tige dans chaque main, i.ër on tient la partie la plus courte dans chaque main, ainsi: On doit tenir les tiges pas trop fermement afin qu'elles puissent tourner facilement.Maintenant, on tend légèrement les bras en mettant les tiges parallèlles et distancées de 8" à 12", et on marché lentement.Au moment où les tiges vont se croiser, à cet endroit il y a de l'eau sous vous en quantité supérieure à celle des zones avoisinantes.On peut s'exercer dans son apartement, dans la rue, en localisant les différents tuyaux allant de l'aqueduc à la maison ou de la chambre de bain au tuyau principal.Salut.Pourriez-vous publier l'adresse de l'Institut d'Alchimie en Nouvelle-Angleterre?Signé Richard.NDLR: voici l'adresse: New Alchemy Institute, P.O.Box 432, Woodshole, Mass.02543, USA.D'un Mutant à l'Autre: Arrêtes d'intellectualiser la réalité et vis.AGIR?commence par toé.La science du Biorythme?Ca t'aide ben gros à décrocher du système, en t'aidant à te connaître toé.T'as une PROGRAMMATION: 1 — héréditaire, 2 — dans ta façon de dégager ton énergie personnelle.Arrêtes d'être victime de ce conditionnement.PRENDS CONSCIENCE DE TES TROIS CYCLES D'ÉNERGIE VITALE.Connais ta programmation pi maîtrise la.Un graphique en trois courbes: physique, nerveux, intellect.Envoies ta date de naissance à Manou, CP 13 Milot, PQ Lac St-Jean, GOW 2B0.PS Ton deux aide à faire connaître ceci à plus d'monde possible.- oo ¦ L'art est l'expression des sentiments reflété à travers l'imagination et contrôlé par la perfection et l'expérience de l'artisan, on vous attend Journées d'accueil le jeudi soir.On vend des bijoux de cuivre, d'émail, d'argent.Sacs en bandouillères, napperons, tapis, murales, coussins, pièces de macramé, de cuir.Robes longues et tabliers grand-mère.Ceintures, chapeaux; tous faits manuellement et avec beaucoup d'amour.L'atelier d'artisanat communautaire Centre-ville, 3553 St-Urbain, Montréal, 844-6458.Nous avons une trop grande maison dans un coin de la campagne.Nous aimerions faire profiter de la campagne à une personne ou un couple qui voudrait partir de la ville.Nous avons cette maison Jusqu'à la fin du mois de novembre 75, et ce n'est pas cher.Nous sommes des personnes bien paisibles et aimons beaucoup la nature.Sylvie Powell et Richard Racine, 460 Rang 10, ste-Agathe, Co.Lotbinière.A l'été 1975 et pour l'été seulement se fera à Ste-Véronique l'ouverture de la boîte à chanson Fleur de Lys.Aimerions que les chansion-niers, groupes, ainsi que les troupes de théâtre amateur nous contactent dans le plus bref délai.A condition que vous soyez capables de donner un spectacle ben québécois, en québécois.Si tu as le goût du spectacle, écris-nous bien vite: Michel Proulx, Ste-Véronique, Co.Labelle, Kébek.MAINMISE 5 MAINMISE si, par impossible, la Mutation n'e'faitque devanture psychédélique, alors il est bien e-vident que le mouvement • nouvelle culture" A se.dissiperait sans tarder à -travers la di sse- j minaKon de «es ••signes" __ signes qoe'reco-père" à mesure un Système avide de renouveler sans cesse le stock de.ses gadgets désennuyants ces dernières années, beaucoup se sont retrouves désempares face a l'inversion mercantile de nos signes de reconnaissance.a bien y penser, nous y avons gagne' le benefice de la nodite'.foetale « Si L'ENERGIE PROVENANT AU JOURD'HOl DU PÉTROLE OOIT ÊTRE TIREE DÉSORMAIS DU NUCLEAIRE, LE MONDE DEVRA DÈS MAINTENANT, £T JUSQU'EN L'AN 2000, CONSTRUIRE 4 RÉACTEURS PAR SEMAINE.ET SI L'ON PREND EN CONSIDERATION LA DURÉE D'UN REACTEUR, IL FAUDRAIT EN CONSTRUIRE DEUX PAR JOUR.AUJOURD'HUI IL FAUT ^ ANS." /a Mutation n'est pas un trip mais un événement ontologique UTOPIE : du grec "octnon) et "topos" (lieu) le P'tit Robert donne, comme sens vieilli : "pays im30.in.aire oô on gouvernement idéal règne sor on people heoreux" apprécions au passage l'association de qoalifatiPs ¦.imaqinai-re-ideal-heureo* Utopie., ou le Nolle Part, le Lieu qui n'existe pas les "réalistes" ont parFaitement raison de goalifier d''utopique" toot projet social qu'ils jogent irréalisable inutile de discuter avec eux eur leur terrain, de discoter av«c soi, 3 moins de Vouloir s'en tenir ao raisonnable et consentir à être mis en e'chec mais je ne prendrai pas mon tvou, moi qui sois quelque chose comme on ange, entête'de ma "mission" d'être ne sous le signe du Taoreao ( fhèine du %,rapt schizo") t———— je ne peux penser qu'en désordre, ce desordre m'est indis pensable «d'ici le Grand Changement" quanta compren dre ce qui arrive, conscience ne peut mieux 'faire que de s'a-pLeI 80 "-^yement de dissolution qui affecte toutes les Conditions présentes de notre monde, pour l'emporter Un u soRir d'observer l'environnement informatique : Kaleidoscope survolte- le reseau neurologique "ftlte" BocKttiinster Poller a donne pour titre à l'un de ses livres : " Utopia or Oblivion" titre qoe j'interprète ainsi : "c'est l'Utopie, 00 bien l'on efface tout" là, on commence à parler, on commence à saisir que le Nulle Part de l'Otopie fait face au Nolle Part imminent du Gâchis planétaire, ça c'est une realite'en coors, résultante de faits comptabilises par le très peu -Piaille* Club de Rome ainsi, qoant au Nolle Part, veut veot pas, on y fonce à toote allure en droite ligne l'Utopie, 00 l'Alternative inconditionnelle à l'aotre Nolle Part t l'Utopie cesse d'être 0-ne attendrissante rêverie à l'osage d'hommes de bonne volonté' pour devenir l'horizon du Sursaut vital amorce' en tous ceux qui osent voir et tirer à consequence remar- quable que, selon Fuller, l'orientation utopique conduise en premier lieu a la mesure la plus "réaliste", ce que j'appelle la Corvée planétaire : "l'Utopie estpour toulmonde 00 pour personne' chaque membre de l'Espèce dort pouv°ir boOffer à sa faim MAINMISE 7 l'Utopie ne «e dissocie pas de l'e'cKe'ance apocalyptique, de l'EschdtoloÇjiS (du o^rec"eskaW", dernier ,et -locjie), Fin du moth millénaire Eon de la présente humanité et Avènement du nouvel Éon : le Grand Changement vision de l'Utopie-Eschatologie., anticipation delà nouvelle Jerusalem, les cieux nouveaux et la terre nouvelle, le prochain vaisseau spatial Terre, Terra IL il se passe maintenant un phénomène déroutant, une sorte d'e'cartèlernent dans la pensée quand P/aton (ooThomas /»V>re) concevait, décrivait son gouvernement utopiqoe, il proposait des institutions qui devaient avoir pour résultat de "reformer" la société' de son temp& (on sait, do reste, qu'il crut pouvoir réussir à Syracuse) c'est l'Utopie conçue en ce sens qui est impossible aujourd'hui parce que l'accélération du temps, propre à la dernière phase de l'Age Noir, Jusqu'au point de chute final, court-circuite d'avance, tout programme de type gouvernement planétaire les prévisions et scenarios du Club de Rome n'ont à mes yeux qu'une utilité': préciser certains contours de la "Fin du monde" "une seule boule de plutonium de lata\lle d'un pamplemousse peut tuer, par le poison violent qu'elle contient, ^ milliaros o' Hommes, or les m.ooo reacteurs de l'avenir devront traiter, pour fonctionner, 15 millions de kilos de plutonium ffcR an" il m'aura fallu bien des tentatives infructueuses pour m'assorer qu'il est inutile de vouloir Faire de l'ordre dans la pense'e et produire un "discours suivi" dans les conditions présentes de la vie et de la pensée, une telle façon de procéder n'aboutirait qu'à la restitution nostalgique, retrograde d'ordres qui ont fait leur temps le projet utopique, aussitôt entrevu, doit être abandonne comme dérisoire, Face è l'imminence de ce qui le ferait avorter de toutes Façons il n'empêche que la vision d'Utopie résiste à tout désespoir du seul Fait qu'elle se donne cornme pressentiment de Ce Qui Sera on somme, je dois soutenir la tension resultant de l'écart abyssal entre les deux pôles du Nulle Part^ sachant qu'ils doivent, chacun, -avoir lieu" simultanément perspective insoutenable pour la raison, serait-elle raison révolutionnaire insoutenable coïncidence des contraires les utopistes ont toujours eo en vue la posai bilite'd un changement qui, si radical qu'il fût serait intervenu dans un - continuum" historique, autrement dit dans les bornes d'un même cycle d'humanité' en quelque sorte, une regeneration operable par recombinaison des éle'ments sociaux pre-existants C'est preeise'-ment dans cet éclairage que l'Utopie-projet-historique est aujourd'hui de'Pini'ti-vement irréalisable, car nous touchons à la fin de I' Histoire 8 MAINMISE j'ai souvent eu le goût de systématise»- mes "idées" uïbpiques dans ce gui se serait a-lors présente'comme conception de l'organisation sociale -sans rejeter un usage» possible de ce materiel, je me soumets avant tout aux conditions de, l'époque, qui'précipitent la dissolution totale du tissu socio-historique tel que nous le connaissons, ren- dant vain tout eFPort de * systématiser" le Futur * AUJOURD'HUI, LA DECISION PRISE PAR ON FONCTIONNAIRE* DANS ONE RÉGION 00 MONDE PEUT PROVOQUER UN DÉSASTRE A L'AUTRE ÔOUT OE LA PLANÈTE" paradoxe a Formuler ainsi : c'est au moment ou l'Utopie s'impose absolument comme seul recours - l'Alternative, que le Rondement sur- lequel elle- pourrait s'appuyer est cela même qui se de'robe, qui va te dissoudre dans le N/ulle Part de la "Pin du monde" à première vue, de solides encouragements au cynisme le plus entier et, de fait il commence à triompher on peu partout, Frivole ou sanglant; ••clockwork orâncje'; » Fuck the world*; le délire tapageur de la suprême decadence on n'a encore n'en vu conscience-scriptante à perdre haleine pourchasse-enregistre les blocs volants de l'énorme occidental mis en pièces, arVn de saisir-Puer, dans les interstices à rendre fbo de lotnière blanche, des instantanés sur le nouvel Ordre il ne saura if être question, pour le moment, défaire plus ce qui esta soutenir dans la pensée, comme'vision d'Utopie" c'est inévitablement I Inconcevable, le sauvage Imprévu, le contraire du projet; du trajet planificateur , cequi "aura lieu" un,jour mais par-delà une chute, une rupture, absolue a l ec^e|le-,rl0" maine, et telle qo'.fest de'hsoire de chercher à pre'vo.Y, Preparer quo,; qoeceawrf apar tir des données présentes - sociales, mentales - q* seront abol.es avec le brusque denouement du cycle actuel la conscience enregistre le choc d'une interruption qui l'ébranlé jt)sque dans ses Condi-lions cfex"slence^ elle affronte I épreuve du d,scontmu, elle est v.o'emment em-portée droit devant au trou, au uïde je re's urne : \ l'Otopie-projet conçoit le Futur comme champ de possiblli pour en tirer un plan, le plus englobant possible, qui commande unestrate'-Cjie applicable dans' rimme'dïat elle se Fonde sur la croyance à un déroulement cyclique, discontinu, du temps historique planétaire 2 la vision Eschatologique.découle tout entière d'un EveneHientnsel situe" dans le Futur événement qui oimultane'ise absolument l'inéluctable ePPondre-mentdu monde actuel et le commencement" d'une sphère totalement nouvelle elle se hVide sur la croyance à un déroulement cyclique, discontinu, du temps historique planétaire dans la perspective n°2, s'il y a changement; aussi capital qu'il soit, il n'aPfiechs, que la conscience, particulièrement la raison clans la perspective nûz.i |e changement intentent dans l'être, il est bouleversement ontologique, brusque modification de tbot"es conditions d'existence fes à eusluer la perspective naz, c'est la Mutation MAINMISE 9 te foyer Futur operateur de la Mutation "travaille " dès maintenant" dans l'être de notre monde, travaille a pleine capacile'dans la chair mutable des consequences pratiques, une incon- ditionnelle implication quotidienne, s'imposent tout cynisme tombe., futile, myope conscience-actidn-vie ne sera pas cet Ordre, cette nouvelle Nature, tant que tous le* anciens moules n'auront pas ehe' brisées nous accédons, coup sur coup, au Radicalement Neur, parla méthode conuuisive de "pétale" de toutes nos formations d'images, dénotions, dere'Plexea à chaque Fois, Fibre-conscience éblouie, surchauFPee chancelle, en avant dans le Wde tonique nous retrouvons nos petites personnes he'be'tees, comprenant de moins en moins Ken à quoi que ce soit, conscience sure que d'une chose-, no-tre progression dans le champ d'atlractfon du Centre f(J-tuY ptOChâin, qoï commande, dans le plus wF present, le processus de Mutation, implacable- de'li'ei'eux qu on 'mesd-re un peu l'ampleur du de'condftionne»ient opeVanl": quelque chose cornue la langue Françai se Cou l'anglaise) jWr-raïf bien disparaître " on peut, à present, rétablir a sa place la "Vision d'Utopie" comme."eFFet" induit en nos consciences mute'es par le Centre Futur prochain naturellement, de plans, de projets^ tien de se'neux sinon coïncfder rigoureusement à une trajectoire parfaitement imprévisible une plongée résolue en plein délire, avec confiance absolue dans l'être une assomption vertigineuse au trans-rationnel iii ^ MÉÉÉ I "Pour faire face à l'augmentation de sa population, I L'INDE DEVRAIT CONSTRUIRE LO00 ECOLES, lOOO HÔPl-I TAUX ET 10000 MAISONS PAR JOUR PENDANT LES VINGT I Prochaines années" !!u''k:T2*V0us Plos en P,us SOUx,en^ de.grands blancs, qui vous laissent de biles-euphoriques un peu plus loin des ruines, on peu plus près du Trou de.lumière ?qui lit mon texte voyage dans le discontinu : à lui' d'écrire son propre texte en uh'U'sant, 3 son gr©', le "pointillé'" qui" loi' est tiomentane'went propose' en adoptant" 'a danse imprévisible du galet sur la surface de l'eau Jenft comprends pas aotrervjenHe* conditions présentes de la pense» alors qoe la simple vision d'Utopie procède du sursaut desespe're'à vouloir Faire "tout ce qui est humainement possible" pour e'uiter la catastrophe écologique, la vision Eschatologique conduit, elle, au consentement inconditionnel au mouvement de Dissolution qui "s'achèvera en de'sastre total C'est, bien entendu, qu'une telle adhesion s'impose du Pair que la Dissolution est la condition préparatoire indispensable au complet renouvellement du monde en son fondement, l'adhe'sion s'attache au courant transmuta to.re lui- même je n'ai plus tien à voir avec tout ce que l'homme a éfe' depuis ses origines QOÏf Paul chamberland 10 MAINMISE le mythe de la realite OU la realite du mythe "La science explique tout, sauf le scientiste.L'homme vit sur la Terre, mais il ne sait pas encore d'où il est venu, comment il est venu et pourquoi la Nature lui a donné la Vie.comme si tout ce qu'on pouvait apprendre nous révélait d'abord l'étendue de ce que nous ne savons pas." (Manley P.Hall) par Michel Bélair Comme si la mythologie était morte! Comme si elle n'existait plus que dans les livres d'images qu'on donne à Noël! Mythologie, mythe, tragments de vases polychromes ou de textes "incompréhensibles et puérils", tout cela fait partie d'une même réalité "primaire" pour les civilisés que nous sommes devenus.Et pourtant! Emmuré dans sa suffisance et ses innombrables certitudes, l'homme occidental en est venu à exclure le mythe du réseau de ses préoccupations: ce qu'il y a de plus drôle, c'est qu'il ne réalise même pas que c'est précisément en créant un autre mythe, un autre système mythologique que le grand ménage a pu s'effectuer.Cette nouvelle mythologie omniprésente, c'est celle du REEL.Le mythe de la réalité! Un oeuf La "valeur", la "réalité" du réel ordinaire, celui du métro à cinq heures, du travail abrutissant, des cours plattes et des problèmes d'argent, celui des luttes de libération, syndicales, politiques, sexuelles ou autres, cette réalité des conflits et des tensions de l'univers mental et physique dans lequel nous vivons est une "évidence" qui se paie cher.Très cher.Le réel de 1975 est celui du béton.Du béton des rues de toutes les villes du monde, mais aussi, et c'est plus grave, du béton des certitudes toutes faites, des gadgets, du confort de toutes les paresses automatiques et habituelles de cette petite vie réglée qui est devenue le lot ou fe rêve des habitants de la planète.Même les "rouges" rêvent à la télécouleur! Même les "jaunes" s'occidentalisent en empruntant nos techniques et en désacralisant le monde à leur tour! Qu'on parle de la dictature du prolétariat ou de l'exploitation systématique de la "libre entreprise", toujours, sans exception, on ne le fait qu'en s'appuyant sur le béton, sur la certitude absolue et rationnelle de ce réel quotidien qui nous entoure et nous abrutit tous plus ou moins.La réalité! Cette somme de comportements appris qui fait qu'il n'y a plus rien derrière les choses; tout est défini, classé, étiquette.Le réel, c'est ce qui est vrai, ce qui se touche, ce qui se voit, ce qui se démontre avec une équation mathématique; le réel, c'est ce qui s'achète.Le monde dans lequel nous vivons est un monde plein; clos.Tout ce qui n'est pas évident en soi, tout ce qui n'est pas concret est une fumisterie.Une sorte de balloune pour mystiques attardés ou pour drogués avancés.Il y a à peine encore quelques exceptions, quelques catégories à part; celles des choses qui se mesurent mal comme le sentiment ou l'intelligence.Même là toutefois, on fait des progrès puisqu'on est arrivé à mettre un chiffre là-dessus aussi.Plus les techniques s'affinent, plus les mesures se font précises, plus l'Univers entier se referme sur lui-même, connu, digéré, numéroté.On sait tout; tout s'explique.Peu à peu prend forme une sorte de grande peinture à numéro où il manque à peine quelques morceaux.Une entité pleine, lisse, qui contient tout ce qui est su.Un oeuf.C'est précisément au bout de cette somme de certitudes que les choses se mettent à être intéressantes; comme dans tous les systèmes mythologiques, le réel que nous nous sommes faits est une explication globale! En érigeant la Raison, ou plutôt la Mesure comme instrument suprême, nous n'avons réussi qu'à recréer un autre système mythologique; un système dans lequel chacune des parties est explicable, quantifiable et domesticable.Sétiboh! Sauf que le système est vide, qu'il tient tout seul dans le vide de nos certitudes et qu'il n'y a rien derrière sauf peut-être, peut-être, une règle à mesurer! Les Anciens eux, les Initiés, "primaires" comme ils l'étaient puisqu'ils ne pouvaient pas compter sur les ordinateurs ou les satellites, voyaient globalement le monde comme un mystère.Comme une génération continue où tout était d'abord issu.d'un oeuf.Avant de jouer aux spécialistes supputant sur la récurence du phénomène ou de se taper sur les cuisses en pendant à la douzaine d'oeufs à 79 cents, il faudrait peut-être voir ce que cela signifiait et pourquoi, dans tous les textes des premiers âges, en Grèce, en Chine, en Europe, en Perse, aux Indes, en Finlande, en Egypte, en Océanie, en Indonésie.partout, il y a toujours ce fameux oeuf et ce mystère derrière.Briser la coquille Cet oeuf qu'on retrouve partout illustre à chaque fois la même chose: la représentation qu'on se fait de la réalité.Cette représentation globale, c'est le système du monde dans lequel on vit.L'oeuf, c'est tout le réel; toute l'idée qu'on se fait de ce qu'est le réel.Le nôtre, celui de l'homme du XXième siècle, joue exactement le même rôle; il contient toute la somme des certitudes scientifiques qui composent la trame de notre réalité quotidienne, quel que soit le système politique ou idéologique dans lequel on vit.Cet oeuf, version moderne, c'est d'abord celui du contrôle de la Matière à travers la Technique et la Mesure.C'est l'Univers entier que nous connaissons avec ce que cela implique de connaissances, de préjugés, de certitudes, de règles, d'autoroutes, de buildings et de désespoirs a la petite semaine.C'est ce monde clos dans lequel la télévision en couleur et l'indexation au coût de la vie n'arrivent pas à faire oublier MAINMISE 13 l'ennui et la grisaille de l'habitude; c'est le mythe de la réalité.Du côté des autres oeufs, ceux des anciens, l'univers ne reposait pas sur les certitudes aveugles de la Raison mais bien plutôt sur l'omniprésence du mystère.Alors, on ne partageait pas encore les "vérités" que les enfants apprennent ici avant d'entrer à la maternelle; on n'expliquait pas tout.Il y avait quelque chose de plus.Les pierres vivaient encore à cette ¦époque."Naivement", on croyait que la vie n'était pas un phénomène limité: au contraire, tout vivait.Le cosmos, les étoiles, le ciel, l'eau, la terre, les arbres; tout! On parlait de Macrocosme et de microcosme.D'Unité.D'une seule même réalité multiforme puisant d'un rythme commun à travers chacun des levers de soleil, partout.L'homme était le reflet de l'univers, l'univers une extrapolation du Corps de l'homme.Alors que nous expliquons tout de façon rationnelle et mécanique, les anciens croyaient en un principe unique de génération.^"Les philosophes de l'Antiquité reconnaissaient trois phases, trois moments du processus de génération.La première était celle de l'Univers entier, du corps total du monde, le principe même de la divinité en soi.La deuxième était celle de l'homme, être temporel, la créature la plus noble de l'Univers.La troisième, celle de l'âme, de l'esprit, du "nouvel homme" cette créature partaite et regénérée, Melchisedek, le nouvel Adam." (Manley P.Hall) Dans ce monde, dans cet oeuf, les données de base étaient complètement différentes; la réalité ne se limitait pas à la matière puisque derrière il y avait encore et toujours ce même phénomène omniprésent de la Vie.Rien n'était fermé; sans cesse, tout était créé, tout changeait selon le grand principe de la Transformation.On vivait alors dans un monde ouvert.Rien ne mourrait puisque tout était contenu dans tout.La.mort n'était qu'un rite de passage par lequel le principe vital, le souffle (ce que la science nomme la "vie" sans trop savoir encore ce que c'est) retournait à la Matrice originelle.Le corps de l'homme était le corps de l'univers.En ce temps- là, la vie n'était pas encore un processus "physico-chimique", cette belle étiquette contemporaine qui prouve la richesse de notre vocabulaire scientifique sans rien changer au phénomène: on ne cherchait pas à dominer la matière, mais plutôt à la comprendre.Puis peu à peu, avec le temps, le "progrès" s'infiltrant, vont venues les catégories d'analyse qui ont découpé notre monde à nous, solide, plein, sans mystère.En même temps, on a cessé de parler d' "âme" et des mots comme Macrocosme et microcosme se sont mis à faire partie du vocabulaire désuet des attardés.Pourtant, plus les choses deviennent claires, plus le mystère disparait, plus l'homme contemporain est écrasé par le poids de la nouvelle mythologie.La réalité est tellement pleine, tellement concrète qu'il n'y a que le vide derrière: une fois qu'on sait que les buildings se construisent avec du béton, que le travail se paie à tant de l'heure et que le coût de la vie augmente, qu'est-ce qui reste?Se peut-il qu'après des millions d'années d'évolution l'homme contemporain vive le but ultime de la Vie en s'écrasant devant sa télévision ou en lisant son journal?Franchement là.Il devient de plus en plus urgent de briser la coquille et d'élargir les frontières de la réalité.Très clairement, une tâche importante se dessine, là, devant: il reste à inventer une nouvelle mythologie.Le "mythos" • et le "logos" Une fois dépassé le mythe de la réalité, une fois décroché de l'asphyxie généralisée du confort-pantouffle menant au désespoir quotidien et à la grisaille des villes modernes, il reste tout à faire.Pourtant le nouveau monde, le nouvel oeuf que nous avons à construire ne surgira pas du néant.Il ne sert à rien d'effacer ce qui est derrière; ce qui est fait est fait.Si le XXième siècle s'est plongé aussi intensément dans la Matière c'est que, au même titre que la Lumière des anciens, la Matière fait aussi partie du réel.Sauf que nous savons nous où mène l'exploitation et le viol systématique de la Nature: il nous faudra combiner tout cela dans une nouvelle synthèse.Le jour où nous comprendrons vraiment que nous vivons de la même vie que les arbres, que les pierres ou que les étoiles, nous aurons fait un grand pas dans la compréhension de l'univers.Cela se fera par petit morceau, en construisant le nouveau mythe darts chacune de nos vies jusqu'à ce que, un jour, ce mythe soit devenu une nouvelle réalité qui englobe toutes les données; le "mythos" engendre le "logos" disaient déjà les Pythagoriciens et c'est précisément ce que nous avons à faire: engendrer un nouvau réel.La science moderne pense avoir réussi à domestiquer la Matière; toutes les machines, tous les accélérateurs de particules atomiques, toutes les centrales d'énergie du monde sont l'illustration de ce contrôle par la force.Il y a cependant moyen de procéder autrement et de dépasser ce power-trip qu'est devenue l'existence quotidienne de l'Occidental moyen.Au lieu de combattre la matière, au lieu de la briser en particules de plus en plus infimes en pensant à chaque fois avoir trouvé le "fond", au lieu de la soumettre et de la contrôler, le nouveau mythe impliquera des données complètement différentes.Nous avons à comprendre la Matière.A nous infiltrer dans sa structure intime et à saisir cette vibration commune que nous partageons nous aussi parce que nous sommes constitués de matière vivante.Les sages hindus parlent de la vibration de "vérité"; pour eux toute matière vivante partage un reflet de l'Unité primordiale, tout ce qui existe émet une même vibration de vérité.C'est cela que nous aurons à faire.Comprendre la Matière à 14 MAINMISE partir de ce corps qui est le nôtre et qui n'est au fond qu'une masse de vie organique (comme tout ce qui vit) animée par la Conscience.Nous en sommes à la troisième phase du processus de génération tel que le voyaient les anciens sages; l'étape que nous avons à franchir est aussi importante, aussi immense que celle qui a mené les grands singes du Paléo-lythique â l'homme ordinaire de 1975.C'est un saut.Ce monde-ci est fini; avec ou sans cataclysme final, il ne peut plus aller que dans le sens d'une exploitation de plus en plus systématique de l'homme et de la nature.Fini aussi, parce qu'il est fermé et qu'il ne sait plus voir qu'une chose: lui-même./ Nous en sommes rendus à autre chose; nous avons à trouver des moyens concrets qui transformeront le réel.Non pour nous en servir, mais bien pour le comprendre globalement.Il y a d'abord eu lajMatière, puis ensuite la Vie qui d'une cellule microscopique a su se développer pour donner tous les végétaux puis le règne animal; après cela est venu l'Homme, son intelligence et son contrôle des techniques: nous voilà rendus à un cran plus haut.Maintenant que nous savons que la Matière, autant dans le corps que nous habitons que dans toutes les manifestations de la Nature, doit aussi faire partie de la nouvelle synthèse, du nouvel état, il nous faudra trouver le moyen d'en faire jaillir la Lumière.Pour que tout vive, du plus infime corpuscule à l'homme, même la science moderne postule la nécessité de cette vibration de base qu'est la lumière.Le nouveau monde sera celui de la Lumière et de la Conscience qui l'habite; qui nous habite.En plus d'avoir à créer un nouveau réel, c'est le nouvel homme que nous avons à faire naître, le nouvel Adam des textes sacrés: un mutant qui réalisera globalement dans son corps tout ce que l'histoire du monde a déjà inscrit dans notre code génétique.Fini l'ère des machines, vienne l'âge de la Conscience.15 MAINMISE V Petite mitolcôie du Québec ou les mites de chez nous grugeant notre mouton national.par RENALD TREMBLAY ^«y Jlaviotstt* HISTOIRE DU CANADA 8e et 9e ANNÉES Procure dee Frèrei de l'Instruction Chrétienne L4 PRAIRIE, P.Q.\ASH Notre histoire est bien courte.Nous n'avons pas eu le temps de constituer des mythes dans le sens véritable, c'est à dire des "récits fabuleux où se trouvent personnifiés des agents impersonnels et par extension, des Forces de la Nature." (Quillet).Nous avons plutôt des contes, des légendes.Pourtant, il y a chez nous des valeurs sociales idéalisées, fixées qui s'apparentent d'une certaine façon aux mythes.Ce sont des valeurs sacrées, des valeurs morales basées sur des réalités sociales effectives; ce sont des expressions comme "le Père de Famille" (que j'appellerai la BITTE), la "Mère de Famille" (la PLOTTE ou les TETONS), l'Eglise (notre "Sainte Mère"), l'Etat et plus récemment, les Bloques (les Anglais), le Communisme et j'en passe.Ce sont là des valeurs érigées en doctrine, des idées dont la réalisation demeure hypothétique mais qui soutiennent quand même toute l'activité sociale, culturelle et religieuse de notre société.Et à cet égard, ces idées, ces doctrines ont une valeur de mythe.Par ailleurs, on sait qu'une mite (la bebitte) mange de la laine (c'est son plat favori, avec les binnes), on sait encore que la laine provient du mouton qui se trouve être notre mascotte nationale à cause d'un certain St-Jean-Baptiste et de son 24 juin.On sait sans doute encore, que la mite rie laisse après son passage que les choses qu'elle ne peut pas manger: i.e.le squelette en quelque sorte.Nos idéaux collectifs ressemblent au squelette de notre tempérament national, c'est la base de nos comportements sociaux, culturels et religieux.C'est pour toutes ces excellentes raisons qu'on peut parler de nos mites et d'une mitologie québécoise.Cette mitologie a deux têtes.La première est historique: elle s'acharne à magnifier, grandir, grossir, embellir, empomponner, farder et rectifier la vérité historique, c'est une sorte de mensonge pieux, un grossissement épique.C'est ainsi qu'on peut parler du mite de Dollard et du Long-Sault parce qu'au-delà des maigres preuves historiques, le maquillage en a fait un héros grandiose, un mite.Il en est de même des premiers missionnaires, qui furent tous plus ou moins graciés d'une ou deux apparitions célestes (De Maisonneuve, Laval, Marie de l'Incarnation, etc.) si l'on se fie au mite, bien sûr.La deuxième tête est sociologique disons.Elle recouvre tous ces grossissements des Traditions et des Fonctions sociales, toute l'enflure entourant les fonctions de père, de mère, de prêtre, de pape, de gouverneur, d'anglais, etc.C'est comme si on faisait d'une souris une espèce de Lise Payette, la souris devient énorme et la fonction sociale devient un mite.C'est dans quelques-uns de ces mites que nous allons maintenant triper.18 MAINMISE Le mite des origines Le mite des premiers colons en Nouvelle-France, c'est un peu le mite de nos Premiers Parents, sauf qu'ici le Paradis terrestre était pas tout à fait au point quand ils sont arrivés.Ils ont eu à travailler pas mal fort pour le rendre confortable.Mais qui étaient donc ces premiers colons?Si l'on se réfère au mite historique (les manuels d'Histoire du Canada de Guy Laviolette, par exemple.) c'était des gens simples, pas riches, travailleurs, pieux, animés d'un souffle missionnaire délirant, venus ici presque sous les ordres directs de Dieu-le-Père.On a l'impression en relisant les premiers chapitres de ces manuels que nos ancêtres étaient des Saints, des Extra-terrestres venus en Neuve-Terre illuminer le cerveau éteint des Sauvages et réaliser enfin la Terre Promise au milieu des épinettes! Qu'en était-il au juste?Bien sûr, le mite de ces Saint-colons est loin d'être bête, il est encore à réaliser de nos jours, mais nous reviendrons là-dessus à la fin de cet article.Ainsi donc, qu'en est-il au juste de ces premiers colons?C'est clair que pour venir s'établir ici, fallait être fou, même pas mal: être fou de Dieu (il y en eût certainement quelques-uns ou quelques-z-unes puisqu'il nous en reste quelque chose dans nos sanctuaires à pèlerinage, notre pont des Chapelets et nos scapulaires.); éfre fou de l'or (après le mite des "Indes" ce fut celui des fourrures qui attira ben du monde, à commencer par les Compagnies: MM.des Monts et Des Chastes par exemple) et aussi, bien sûr, être fou de liberté (quitter une certaine ou relative sécurité par goût du risque, par crainte de la justice dans certains cas et pour mille et une autre raisons).En clair et_ autrement dit, nos ancêtres étaient tous plus on moins 1st à des degrés divers, des anarchistes.C'est évident, nous provenons pour la plupart d'une lignée de baveux, de risqueux et depatentejjx^C'est loin d'être un déshonneur, au contrairef On a vu (parce qu'on le voit de moins en moins, leur empire s'effondrant petit à petit) ce que ce genre de monde (bien que Britannique et Protestant) a donné aux USA: l'Amérique, un monde original, nouveau, une nouvelle civilisation, une nouvelle richesse humaine.C'est maintenant notre tour.C'est à nous de créer quelque chose de neuf, avec notre caractère évidemment original.C'est à notre tour d'inventer (c'est déjà commencé*) une espèce de civilisation intérieure, une nouvelle façon d'être avec la Nature mais nous reviendrons là-dessus un peu plus loin.Ainsi donc, nos ancêtres étaient des anarchistes, des fous.C'est très intéressant, en tous cas, c'est une situation qui pousse au renouveau, à l'originalité.Mais, ce n'est pas tout.Ces anarchistes se sont mélangés.Entre eux d'abord, puis petit à petit, presque' secrètement, aux autochtones, i.e.aux Sauvages.On sait .qu'à peu près toutes les grandes familles d'ici, débar-Iquées dans le premier siècle de colonisation (XVIIème siècle), ont toutes eu, à un moment ou à un autre de leur histoire, un membre qui a forniqué plus ou moins d'une façon couverte avec un Sauvage ou une Sauvagesse.C'est bien connu.Et il n'y a pas de quoi se faire appeler Bison Ravioli pour autant (au fait, où sont donc les bisons au Québec?).Ensuite, plus tard, après la conquête, il y eut en moins grand nombre un autre mélange avec l'Anglais, de préférence, l'Irlandais à cause de la religion surtout.C'est ainsi que de ces "mix", de ces "blend" en y ajoutant des variantes et des nuances, est né le québécois d'aujourd'hui.Comme on voit, on est un peu loin des Saints du début, mais on verra plus tard comment recréer le lien et matérialiser aujourd'hui, le mite d'hier.En attendant, passons aux autres mites. Le mite de la bitte Tout porteur de bitte au Québec devait et doit encore — malgré les changements profonds actuels — se référer dans son coeur et dans sa conduite au mite de la bitte.Mais ce mite, c'est quoi &u juste?La bitte, c'est l'organe de l'Homme, donc du Père.Le Père, c'est le chef de la Famille.Celui qui a toute autorité sur sa Femme (la Plotte ou les Tétons) et sur ses enfants, même sur leur existence physique et leur avenir social.Le Père de famille, c'est comme le Lion, il est le Roi des Animaux.Il est le Poing et la Mère est la Larme.Il est, selon le mite toujours, la Force la VIRILITE.Il est de plus, le squelette de l'organisation sociale, la base et le commandement.Il est la Loi.Il est l'Action.Dans presque toutes les familles québécoises le Père doit représenter (s'il ne représente pas en fait, il a le devoir moral de le faire) la fermeté, la dureté, la solidité et la résistance.Il est en outre le SILENCE.On sait que le Père québécois parlait (parle) peu, mais quand il ouvrait la bouche, il fallait ouvrir ses deux oreilles, sinon.Et le mite le grandit jusqu'à en faire le Dieu de la Famille.On lui interdit les larmes (c'est pour les filles), mais on lui concède le poing.Il peut frapper, mais ce n'est pas lui qui console (c'est la Mère).Chaque père de famille québécois n'a pas rassemblé toutes ces fonctions, heureusement! Mais, dans le coeur de chaque garçon (chaque bitte), père futur, on semait de la graine (c'est le cas de le dire) de la Virilité.On se servait même d'exemples fameux pour soutenir le mite: le hockey, Maurice Richard, les gros chars, le gros baiseur, et le reste.A la lumière du mite, le Père, l'Homme, doit penser de devenir la Tête, la Raison, l'Action.Il doit s'attendre à mener (faire des avances, le flirt lui appartient, le plotàge aussi), à mener au lit comme à la table: c'est lui qui viole, c'est lui qui coupe le pain et distribue.Il est le Prêtre de l'Action.Tout garçon devait se préparer à remplir le sacerdoce de la BITTE.On se doute bien que cet idéal, devenu mite, n'a jamais été réalisé dans son entier; mais il est bien peu de famille chez nous où le père n'ait pas eu à concrétiser d'une façon ou de l'autre les grandes facettes du mite.On voit bien en outre que ce n'est pas le Père seul que ce mite touchait, il y a l'Homme en général, évidemment, mais aussi la Loi, l'Autorité civile, l'Etat.Alors que la matérialisation du mite de la Bitte incombait à l'Homme, à toutes les bittes du Québec, la transmission de toutes ces valeurs relevait de la MERE.C'est elle, parce qu'elle a toujours .été, chez nous et ailleurs, la première éducatrice, qui apprenait à ses garçons, les conditions de leur virilité: un garçon ne pleure pas, ne s'amuse pas avec des affaires de filles (tapette!), un garçon est fort, etc.Il ne faut pas s'étonner qu'entre le mite et la réalité, il y eut une marge, parfois bien large.Entre le Père projeté et le père réel, il y eut bien des "brosses", bien des cris et bien des désillusions.20 MAINMISE Le mite de l'Etat.Il y à, découlant du mite de la bitte, le mite de l'autorité civile.On sait que dans nos sociétés, seule la Bitte peut accéder facilement aux fonctions de l'autorité civile: l'Etat.La Mère n'a pas sa place dans le Gouvernement, c'est connu.Jusqu'à la conquête anglaise nous avons suivi la route habituelle empruntée par tous les peuples: seuls les hommes riches gouvernaient.Mais dès que l'Anglais s'est emparé du Pouvoir, de la Loi (1760) et de l'autorité civile, le Père ne pouvait plus espérer mener la Loi à son gré puisqu'elle était régie par d'autres, étrangers en plus.Le Père s'est alors retranché dans sa fonction de Père, la marquant encore , davantage de son autorité sociale frustrée.C'est alors que l'Etat conquis, tombé sous autorité étrangère, mais graduellement repris par les indigènes sans cependant reprendre son image d'antan, est devenu une Plotte, une Femme.Une Plotte d'Etat, soumise, n'existant que par et grâce à une autorité étrangère, une Loi étrangère, l'Ottawa d'aujourd'hui.Malgré nos soubresauts d'autonomie, nous en sommes encore à cet état de choses.Mais, il ne faudra pas s'étonner que, sous la pression naturelle du mite de la Bitte (qui rappelons-le est sous le signe de la force et de l'action), le Père, l'Homme québécois retrouve la vigueur nécessaire pour enfin réaliser, au niveau du gouvernement, de l'autorité, son mite intérieur: le Chef des destinées collectives.Le mite de la Plotte.-r Nous avons parlé beaucoup déjà de la Mère, de la Femme et disons, pour être biologiquement clair, de la PLOTTE.C'est quoi donc tout ça?On aura deviné sans peine que le mite de la PLOTTE recouvre le versant de la montagne familiale pas occupé par la Bitte.La Mère représente d'abord, dans sa fonction naturelle, l'intérieur, la maison, alors que le Père représente le dehors, l'extérieur.La Mère est devenue la Femme, la Plotte, elle est la PASSION.Le sentiment.Le coeur.Le Père étant la tête et la raison.La Mère est la douceur, la tendresse, la chaleur.Elle est la FEMINITE.Ses occupations intérieures doivent faire du foyer un centre de confort et de beauté.Elevée au rang de mite, la Mère, la Femme ou la Plotte donc, devient la Poésie, la Culture.Elle est encore la Parole, la Voix secrète, la confidence et la Vie intérieure.Elle transmet l'âme du peuple et la FOI.A la Femme, on autorise les larmes, les folies vestimentaires, le port des souliers.Elle peut toucher, embrasser.(On permettait aux femmes de danser ensemble).Plus profondément encore, la Mère donne le sens du Bien et du Mal, elle est la première Eglise, la première communion, les premières confessions (surtout avec ses filles, les garçons auraient eu bien du mal à confesser les jeux de bitte.).En bref, elle est l'Educatrice en chef.Dans une vision plus générale disons qu'elle eut une fonction lunaire, alors que la Bitte eut une fonction solaire.La première étant la Lune et Vénus (dO*n) et le second le Soleil et Mars (O CT+24).* * L'importance de la Mère au foyer est indiscutable.Il n'y a pas de québécois qui n'ait pas réservé une place spéciale à sa Mère.Et ce coin de mémoire est bien vivant encore, c'est ainsi que sont nés les mitaines (petits mites À temporaires) suivantes: le p'tit Simard, Aurore l'Enfant- ^ martyre, Coeur de Maman, etc.Contrairement au Père qui n'a pas encore réussi à matérialiser vraiment son mite (sa dépendance politique d'Ottawa), la Mère elle (parce que nous sommes un peuple lunaire), y est parvenue.A travers les siècles, les épreuves, elle a transmis, en les enrichissant, la Culture et la Foi.0_j__O MAINMISE 21 Le mite de la culture C'est la Mère d'abord, l'Ecole ensuite qui furent les premiers éducateurs.Le Père y étant pour fort peu dans toute l'affaire.Cette éducation nous a transmis directement du XVIlième siècle, la culture française.La culture, c'est tout d'abord la langue.Et la langue est le véhicule naturel du tempérament national.Elle en est aussi l'expression.Mais de quelle langue s'agit-il?De la langue Française d'abord, c'est évident.La française du XVIlième siècle ensuite.Puis d'une langue lentement débarrassée de ses régionalismes inutiles (ceux des provinces de France) et enrichie de nouvelles valeurs nées de contacts nouveaux avec une Nature nouvelle.Une langue lentement dépouillée de ses détours stylistiques, une langue à la mesure du peu de variété dans l'échange (pas de journaux, de radio, etc.), à l'image du décor, façonnée par les saisons et les rigueurs du climat.Bref, une langue un peu verte, syntaxiquement simple et directe.Non pas incapable de transmettre le Beau, le Vrai et le Bon, mais peu encline à le faire.Une langue réservée aux échanges essentiels: le Temps, les Naissances, les Fêtes, les Mortalités; peu de place (pas davantage pour l'amusement pur) pour la fantaisie, la «littérature», presque une langue de pauvre, une langue que les intellectuels du siècle présent ont nommée JOUAL.Mais, le Jouai, c'est nous.Le rejeter, c'est nous et se rejeter.On voit ainsi se façonner le mite.On le voit naître des Séminaires, des Collèges classiques, ces expansions de la Mère.On le voit naître de la comparaison entre l'apparente ignorance de la Mère (elle ne savait ni Grec, ni Latin, quelle horreur!) et les découvertes esthétiques faites dans la littérature étrangère: la France.Pas toute la France, évidemment, une certaine France, pas celle de Voltaire ni celle de Diderot, une France chrétienne d'abord.Une littérature, une musique et des arts étrangers, lentement, progressivement étrangers au décor et aux conditionnements d'ici, loins des hivers et de la neige.Une Culture! Et un mite! L'attachement au Beau, au Vrai, au Bon transmis par la Mère passe par l'attachement à la Culture.Mais on a oublié que notre langue (celle d'ici) peut elle aussi (mais oui.) transmettre le Beau, le Vrai et ie Bon, l'exprimer aussi et bellement.< On a joué aux enfants devant la Mère-Culture, la Plotte française; encore aujourd'hui la grande majorité de nos machines à Culture (nos "artistes") jouent encore à ce jeu et tentent toujours de se mesurer à l'étranger, oubliant de cette manière que le défi est ici et que la guerre se fait de ce côté-ci de l'Atlantique.Le mite de l'Eglise Au-dessus des mites de la Bitte, de la Plotte et de l'Etat, il y a celui de l'Eglise.Elle est devenue un mite au bout de deux cents ans d'existence, elle a d'abord été une espèce de refuge, de centre de regroupement;, qu'on pense aux premiers moments de la Colonie et aux durs bouts de la Conquête.L'Eglise règne sur les âmes.Par conséquent sur la Terre.Son règne arrive avec les premières lueurs de la Conscience.C'est la Mère qui allume le flambeau la première, plus tard, l'Eglise prendra la relève.Mais cette Eglise, c'est quoi?Ce6t en premier lieu, le Pape, sa Sainteté.Lointaine autorité, Délégué officiel de Dieu sur les chantiers terrestres.Il est l'Autorité suprême, la Bitte en chef, la Bitte mystique.Il a délégué son autorité à ses prêtres, sortes de Bittes-Plottes combinées, un homme (Bitte) déguisé en Plotte (soutane).L'autorité des prêtres est intérieure.(Autorité: Bitte; intérieure: Plotte).Ils représentent le Mercure des Sages en quelque sorte, sa Nature étant double, à la fois terrestre et céleste.Un filon à exploiter pour les fouines.Qu'on le refuse ou non, nous sommes des produits de cette Eglise, les Enfants de Dieu.On sait toute l'influence qu'a eu l'Eglise sur notre petite société.Une influence universelle allant régir les mécanismes les plus intimes de la Vie (l'acte du mariage, etc.) aux impondérables de la Mort.Toute l'existence, sur la Terre comme au Ciel.Cette influence s'est servie des stimuli action-réaction, plaisir-douleur, Ciel-Enfer.Et comme terme moyen, le PECHE, ou plus précisément le terrible Péché de la Chair, base première de notre Cosmogonie.Le mite du Cul.22 MAINMISE 9999929999973799999? Le mite du cul.De nos jours, nous sommes un peu détachés de ce mite, mais nous n'en sommes pas moins, encore, directement et essentiellement concernés.C'est plus qu'évident que toute l'activité humaine est directement ou indirectement régie par le Cul; Freud, Reich et bien d'autres l'ont savamment démontré.> D'autre part, il nous est resté du mite de l'Eglise une odeur de Pureté et de soif absolue d'harmonie, de Paix et de Beauté, incontestables.C'est, je crois, dans le Coeur de tout le monde.On sait aussi qu'il faut, pour faire régner vraiment, cette Pureté, dépasser l'Impureté quotidienne, la saleté, la malice et la douleur.On sait qu'il faut aller au-delà d'un certain égoïsme, voire même de toute forme d'égoïsme.Les peuples heureux sont ceux qui font le moins d'histoires aux autres.Les gens heureux sont ceux qui parviennent à éliminer l'égoïsme dans leurs rapports avec les autres.Les mariages ou les unions heureuses sont celles où les partenaires n'entretiennent pas de dépendances ou d'égoïsmes l'un lace à l'autre.¦ Et, le premier égoïsme'c'est celui d'avoir BESOIN A TOUT PRIX DE L'AUTRE, du partenaire pour faire du CUL, pour jouir.L'autre égoïsme consiste à croire qu'on a absolument besoin de sa main droite ou gauche pour ,se crosser et jouir.Et le dernier égoïsme consiste à croire absolument qu'il FAILLE DECHARGER, VENIR (BITTE ou PLOTTE) pour jouir et se sentir un ETRE HUMAIN COMPLET.On apprend, EXPERIMENTALEMENT, qu'avec la JOUISSANCE et par Elle, au-delà d'elle, il y a la LUMIERE.C'est l'aveuglement naturel (LE SERPENT NOIR DE LA TRADITION) qui nous pousse à tourner en rond, à procréer sans cesse (une botte, un repos, une botte, un repos, etc.), un ETRE PHYSIQUE au lieu d'un ETRE SPIRITUEL.Et, à la fin de la vie, à 80 ans ou avant, on se décourage, on s'écoeure, on meurt le Coeur et le Corps vidés, le premier d'Espérance réelle, le second, d'Energie vitale.Les gens meurent ainsi sans comprendre, espérant secrètement qu'un jour leurs descendants parviendront à trouver la porte de sortie, le Paradis perdu, la Toison d'Or.Mais comment s'en sortir?La découverte est à la portée de toutes les bourses (c'est le cas de le dire!).On découvre qu'on est, tout d'abord, chacun pour soi, individuellement (collectivement donc), à la fois Bitte et Plotte, Homme et Femme, Mars et Vénus.Alors, on s'approche de la Lumière.Et quand on découvre ensuite que c'est au-delà de la jouissance du Cul, mais par elle et en elle, en-dedans et en-deça de l'orgasme (l'Orgone de Reich fait partie du trip) que la Lumière perce, on est pas loin de la GRANDE DECOUVERTE, puisque la Sortie est percée, le secret aussi (OUVERTURE DU PREMIER CHAKRA).Et quand enfin, on réussit, non pas à nier le SPERME (autant Bitte que Plotte), mais à le contrôler, à le guider pour qu'il ne sorte pas, mais qu'il monte lentement les échelons, un à un, vers le sommet de la tête, en passant par ie Coeur, on sait alors qu'on est sur le chemin de la Perfection, du Salut et de la Gloire éternelle, la véritable, celle qui commence sur la Terre.Et enfin, quand on regarde derrière soi, jusqu'à nos lointaines origines, nos lointains ancêtres, qu'on se souvienne alors de nos mites et de la soif d'absolu et de perfection qu'ils nous ont transmise, on découvre que le Paradis retrouvé, la Porte du Ciel percée nous permettra de la satisfaire entièrement.On sait alors que l'Esprit éternel est en nous, ressuscité d'entre les Morts, et qu'il vient à nouveau renouveler la Face de la Terre.Etc Renald Tremblay, 7 janvier 1975.TEMPERANCE MAINMISE 23 24 MAINMISE Les agents de la Reine sont venus me chercher cette Nuit.Ils étaient trois.J'avais un peu peur.Je leur demandai pourquoi êtes-yous là?"Il faut que quelqu'un aime la Nuit pour que nous venions le chercher, sinon comment supporteriez-vous de descendre?" MAINMISE 25 J'habite à Montréal et le dernier quart de siècle yient de débuter.D'où je suis, j'entends toutes les rumeurs de la planète.Des bruits incroyables circulent: il y a une confusion dans les Mots de Passe.Qui donc contrôle?Qui est responsable de tout cela?Qu'on arrête la pièce, je veux voir l'auteur.Certains prétendent qu'il n'y a pas d'auteur, d'autres en supposent au moins mille, d'autres professent que le scénario s'écrit de lui-même.Mon vieux singe ricane et me chante que la vie n'est qu'un ballotement sans fin entre le doute ténébreux et la paranoia aveuglante.Un lutin approche et me montre une fleur.Elle est si belle que je m'arrête et sourit.Il tient un livre jaune dans la main; il le laisse tomber et s'enfuit en riant.Je m'approche et ramasse le livre.En l'ouvrant, je tombe sur une page pleine de figures géométriques et d'équations mathématiques.Les courbes sont si belles que je pense à une oeuvre d'art.Je feuilleté plus loin et tout à coup j'aperçois un dessin dont la complexité au premier regard m'étonne.C'est la réunion des courbes géométriques exprimant l'ensemble des Fonctions générées par un point-centre Zéro.Les courbes s'épousent toutes et soudain j'y perçois une rose vibrante.Les Fonctions dessinées ressemblent à une rose.0 f/j UNE ROSE DE GRANDI (x1 4 yff » 4«Vy J'entends un grognement: un chien féroce me regarde, crocs sortis.J'ai envie de m'enfuir mais la fleur est si belle que je reste et dévisage le chien.Il s'en va et à sa place apparaît un vieillard habillé de blanc.Il me dit: "C'est très simple: d'abord tu regardes dès colonnes, tu comprends les colonnes.Ensuite tu descends dans la Terre.Tu trouveras bien." J'habite à Montréal et j'ai voulu descendre après avoir regardé un arbre et m'être mis à genoux devant.J'ai attendu et les agents de la Reine sont venus me chercher.J'avance dans le noir maintenant la rose à la main.Mes trois guides m'ont quitté, je ne sais plus quand.Soudain, une bande d'humains monstrueux sautent sur moi, m'arrachent la rose et me battent.Lorsque je reviens à moi, mon vieux singe me dit en riant: "Apprends donc, maintenant que tu es descendu, que l'enfer est la rencontre gravitationnelle de toutes les imaginations coupables.Mais ce n'est qu'aux enfers — attention au pluriel — que tu te débarrasseras de la tienne.Moi-même ne suis là que pour te rappeler le prix qu'il faut payer à la Gravité." J'habite à Montréal et il s'agit évidemment d'enquêter sur les rumeurs.J'ai deux indices, deux phrases: "L'être humain est un robot porteur d'un énorme cerveau, lequel cerveau est conscient d'être conscient; c'est un robot construit de façon (et destiné) à découvrir les circuits et les programmes de son comportement." Il est en prison pour avoir dit cela.L'autre indice: "L'homme est non seulement l'instrument de la découverte, il est aussi l'instrument de la définition." T'un pti ki toé?J'enquête sur le Passé.Oh le joli complot, "les" jolis complots.Ensuite vient la nausée; elle est toujours là, à tous les débuts, on ne lui résiste que par la patience.Après .la nausée, le trip.La victime du complot s'appelle peuple, les plus bas, les esclaves de la gravité; il y en a partout, dans la terre, dans l'histoire, dans mon corps.Mais d'où vient "le plus bas" sinon de ce qui est "le plus haut"?Les hauts-parleurs disent que c'est "la Chute".Peut-être bien, mais qui a poussé qui?26 MAINMISE Module Histoire 222, Université Libre.Le vieillard blanc est monté sur une basse branche d'un vieux chêne."Tout groupe d'hommes qui veut passerde Société à Communauté, de Transaction à Partage, et de Contrôle à Confiance, se heurte nécessairement au fusil.C'est la première loi de la Manifestation de la Gravité.Une des solutions à cette équation est de poser comme Marx que le Matérialisme Historique pèse le plus, ce qui n'est pas si bête puisque que ce qui est le plus bas est nécessairement ce qui a le plus de Poids.Ça compte dans la balance.Mais il existe une autre Physique qui a ses propres lois: la physique de la Lévite." Les hommes devront rêver à leur bonheur commun ou périr.Telle est la loi de fer de la Nature.Etes-vous prêts à inventer une nouvelle civilisation toutdsuite?Paul Chamberland Le vieillard qui ressemble de plus en plus à un druide déguisé en amanite continue: "J'en arrive donc à ce que j'appellerai un modèle non-marxiste de révolution.Ici l'imagination joue un plus grand rôle que l'économie.Il suffit de trouver une image CLAIRE et de l'appliquer SANS VIOLENCE.Cette recherche de l'image nous amène à la deuxième loi de la Manifestation de la Gravité: le passage de l'abîme.C'est une épreuve terrible car elle consiste à se réconcilier avec ses origines et à retrouver la Beauté.Et c'est une terrible Bête qui monte la garde devant la Beauté.Cette Bête, c'est l'irrationnel dans l'Histoire: y a-t-il d'autres rapports entre le divin et l'humain que le viol?Et la Bête ne disparaîtra pas tant que vous n'aurez pas fait la PAIX entre l'esprit qui vous attire en haut et le corps qui vous attire en bas."Si vous trouvez votre image, c'est que l'imagination aura relié tous les points dégagés par l'analyse.Votre vision doit être organique: les racines dans la terre produiront une fleur dans l'air.Mais il ne faut jamais que la désillusion et la résistance de la réalité réintroduisent les usines et la Production dans les paysages verts de votre utopie.Si vous persistez dans votre Imagination, vous verrez qu'a la fin de l'histoire, le conflit entre liberté individuelle et solidarité sociale se résoudra en conscience cosmique."Autre piège de la Gravité: demandez-vous toujours si la volonté d'appliquer une solution par la force fait partie de votre solution.On ne peut vaincre l'ennemi en s'identifiant à lui, car à quoi servirait-il de détester celui qui déteste?" J'habite à Montréal et un poète est venu nous voir à la maison.Je m'installe alors au télescope: que va dire ce poète?quel paysage propose-t-il?Que vont bâtir les soldats à venir?Il me dit son nom, toujours un indice.Denis Bachand.je traduis Dionysos le bacchant.Je ne comprendrai qu'après avoir lu.Je lis au hasard: "LES MOTS SANS CORPS N'ONT PLUS DE SENS." Je flippe: c'est la constatation parfaitement mathématique (mais oui Arthur st'important ça aussi)'du grand mensonge.Je lis plus loin: "NOUS DEVONS PRENDRE LE MAQUIS Le vieillard descend de l'arbre, mais d'une façon si comique que je me demande s'il ne fait pas lui aussi parti du registre des blagues des Enfers: vieux sage fou déguisé en comité de réception.Il me regarde en clignant de l'oeil: "Ça aussi, il faut le résoudre.J'avais oublié un détail.Dans cette Physique, il y a d'abord les poètes; quelques années plus tard suivent les soldats, c'est à dire ceux qui veulent bâtir dans la matière l'Imagination du poète." AFIN DE COMBATTRE LES FAUX PROPHETES A LA LANGUE SALE." C'est ça exactement ça: s'affronter à la cybernétique officielle des cerveaux.Ailleurs: IL FAUT DECULLOTTER LA LANGUE.LE TEXTE EST UN SEXE." Redingeling: le corps est le livre du monde, toutes les opérations du corps racontent les grandes manoeuvres de l'univers.Répandez la rumeur: le Mot de Passe a été retrouvé: c'est l'Attraction Passionnée qui habite au centre.Voici donc deux pages de Denis Bachand, deux pages baromètres pour y déchiffrer où en est le temps.MAINMISE 27 LE TEXTE EST UN SEXE la pelure des mots c'est ce qu'en ont fait les maîtres-afficheurs de toutes les belles réclames n est temps que les mots néonisés, rpeinturés, sculptés et faussés nous montrent leurs culs je veux voir le visage et les fesses du mot du mot et de tous les autres pervers du même genre qui cachent leurs boutons d'adolescents frustrés sous la couverture de l'électronique le verbe se fait chair quand la verge se fait claire quand Dieu est sans dessus dessous les fesses à l'air avec une orgie de mots qui copulent dans sa gorge une meute incestueuse de frères et de soeurs qui s'agitent sous la courtepointe de l'univers dans le berceau de l'étreinte ENERGIQUE le n quand on se sert un grand verre de jus d'images^ pour voir les dessous du monde" pour voir les fesses de la conscience'' pour voir le cul de l'esprit %%Jff9 Ê Iff* STORES lot cifi&ue mue prime EST UN SEXE STERILE EMASCULE SUR LA PLACE PUBLIQUE DERRIERE L'OEIL-JOUISSEUR DES NEONS-PIMPS DES PUTAINS A STRIP-TEASE MALSAINS DE LA CONSOMMATION NOUS DEVONS PRENDRE LE MAQUIS afin de combattre les faux-prophètes à la LANGUE SALE les mots de la VENTE sont des UFO sans chair tous en os qui transportent les dieux de la catastrophe LES MOTS SANS CORPS N'ONT PLUS DE SENS ils sont des icebergs enlouis dans la haine et dans l'agressivité ON A EGORGE LE SPERME DES MOTS DANS LE PALAIS DU FANTOME POLITIQUE CA NE PARLE PLUS MAINTENANT QUE LE VERBE S'EST FAIT CHER IL NE FAUT PLUS D'ECRITS-VAINS NOUS DEVONS REFAIRE LA GARDE- ROBE DE L'UNIVERS LA POESIE DOIT DEVENIR UNE AGENCE DE VOYAGES OU UNE STA TION D'ESSENCE faut mettre dans la rue autant de mots qu'EUX Les mots de la ville construisent des déserts de lumière hypnotique / les marchands nourrissent leur mémoire à la1 source de nos écrans nerveux / au seuil à vif de nos perceptions / on nous mâche la cervelle à grands coups de CONNAISSANCE IL FAUT RASER LE CRANE DES MOTS pour ne plus être piégé par des enseignes lumineuses au coin des rues de notre cerveau au ciel il y a sûrement des annonces de COKE nous devons préparer le GRAND I COMBAT ric,cs TiwTArtTîiG d-écrire les .à la LIGNE DES IMAGES TRANCHEES du/ FRONT pour être MEMBRE-A-VIE parlez à mots découverts 75 Notre héro donc s'enfonce encore plus profondément dans le noir.Mais il a trouvé un mot de passe, disons "son" Mot de Passe.C'est ben bô mais kissé qui va acheter ça?Le vieux singe se débrouille bien dans toutes, les langues.Il court au devant de moi et ouvre une grande porte.J'y pénètre et on m'apprend que je suis devant le Jury des Grands Systèmes.Sept bonhommes me regardent qui n'ont pas l'air du tout à vouloir plaisanter.Première question: "Vous êtes ici parce que vous y êtes venu vous-même.C'est ici cfu'aboutissent tous les paranoiaques conséquents.Nous allons vous juger et si vous traversez notre Rite de Passage, vous pourrez pénétrer dans la Chambre de l'Energie où quelqu'un vous remettra le secret de Fabrication de votre.disons hypothèse.Nous vous demanderons d'abord de nous définir la paranoia'." C'est peut-être la première question mais quelque chose me dit que c'est la seule.Je fouille.Connais-toi toi-même.Si tu sais ce que tu fais, tu es béni.Mystère: qui donne la bénédiction?Peu importe, intervient le singe, toi tu n'as qu'à déterminer si tu sais ce que tu fais.Bon, alors je fonce."La paranoia est le moyen qu'utilise un individu pour retracer les lignes de force qui parcourent les réseaux d'information et les systèmes d'énergies dont il est entouré.C'est une façon de restructurer l'univers selon un dessein compréhensible et c'est la seule façon de sortir de la rationalisation puritaine qui a tout tué.La paranoia découvre que tout est relié; et la folie sacrée est de découvrir que l'univers, ce tout relié, est un gigantesque organisme VIVANT." i "Quel est le danger inhérent à ce que vous venez de dire?" Ça, c'est le détour; en fait, c'est une autre façon de poser la même question."La Gravité.C'est à dire transformer la tapisserie que l'on a soi-même tissé en labyrinthe sans issue.C'est être tellement attiré par la Gravité de son propre moi qu'on finit par tomber à travers son propre trou de cul et s'y pendre." Manifestement, c'est le vieux singe qui vient de me souffler ces mots."Pour ne pas devenir un "trou noir" astronomique, il suffit d'introduire un deuxième centre de gravité dans son Étoile, une deuxième conscience.Ce deuxième foyer permet de bâtir un oeuf ou une ellipse, car l'ellipse est la solution à la solitude glacée du cercle."' Le jury a disparu.On n'entre pas comme ça dans la Chambre de l'Energie.Une antichambre, toute de marbre et avec une fontaine d'eau au centre, nous y prépare.Je suis nu; le vieillard blanc est assis au bord de la fontaine."Bravo, te voilà gnostique.Tu es prêt maintenant à pénétrer dans la Chambre Centrale, mais avant laisse-moi te donner quelques précisions sur la localisation de cette Chambre.Etre un gnostique, c'est voir dans le Cosmos un grand organisme, un être vivant se composant d'un corps, d'une âme et d'un esprit, harmonisés par une admirable hiérarchie.Des cercles qui s'emboîtent les uns dans les autres, le plus haut rejoignant ainsi le plus.bas.Etre gnostique, c'est avoir l'expérience de l'unisson du moi avec le monde et croire à l'identité rigoureuse de substance entre l'organisme humain et l'organisme cosmique.C'est voir dans l'expression de l'univers le grandiose mystère de la sexualité.Le destin d'un gnostique, c'est de dépister inlassablement les harmonies qui commandent la grande Danse.C'est pourquoi tu es rendu ici et que tu es prêt à voir l'âme qui habite au centre de ces mondes, le moteur du Cosmos." 30 MAINMISE J'habite Montréal et je suis allé voir Jacques Languirand pour parler avec lui du film de Jodo-rowsky "La Montagne Sacrée".Moins pour essayer d'en faire une interprétation que d'en dégager la structure, ou plutôt le code.Selon Jacques, le film est divisé exactement selon le schéma de la Tradition: le corps, l'âme, l'esprit.Domaine physique, domaine psychique, domaine spirituel.La première partie du film qui va du cadavre plein de mouches jusqu'à l'entrée du héro dans la Tour représente l'épreuve physique, celle de la matière.La deuxième partie qui va de la rencontre du Maître jusqu'à la fin de l'exposé sur les planètes représente l'initiation psychique, la grille de l'âme.La troisième partie qui va du début de l'escalade jusqu'à la.fin au sommet de la montagne représente la quête spirituelle, le dépouillement du moi qui atteint lé Soi.Chacune des trois parties est susceptible d'être interprétée aux trois niveaux physique, psychique et spirituel.Mais comme Jodorowsky introduit son code à l'intérieur même de son code (une kleinforme où le Même est expliqué par le Même), la partie du Corps a une tonalité physique, la partie de l'Ame est axée psychi- Le vieillard s'est levé; il m'indique une porte."Tu es prêt à pénétrer dans le feu." Je m'avance dans une obscurité totale.Une étrange chaleur m'oppresse, m'envahit, m'obsède, et tout à coup je me retrouve devant un énorme brasier infernal.Un diable hideux en sort et me fixe du regard.Ou bien je freake devant l'horreur ou bien je la traverse.J'essaie de fixer le diable mais c'est impossible; ce n'est pas moi qui peut le faire.Mais alors qui?La chaleur brûlante redouble et soudainement j'ai compris: du plus profond de moi-même, je conjure la Jeune Fille d'apparaître; et la lune m'envoie la Jeune Vierge qui s'avance et s'arrête devant le monstre.Le regard de la Jeune Fille dissout le diable, apaise les flammes et fait surgir le Trône.Tout près d'Elle, l'enfant Eros-Dionysos joue dans un bassin d'eau circulaire.Il joue en riant.Il ne fait que jouer, et son jeu devient une merveilleuse musique; je grimpe sur les ailes de cette harmonie, l'enfant me prend par la main et nous nous retrouvons à la surface, dans un jardin de roses.Il se met à courir et bientôt il s'envole.Je ne vois plus qu'un oiseau.L'amour ailé.quement et la partie de l'Esprit se concentre sur le spirituel.La quête du héro le mène de l'incarnation dans la matière, la prison du corps, la marde, l'épreuve de la croix, jusqu'à la rencontre du Maître dans la tour qui l'initiera à la structure de l'Univers à travers la grille des planètes.Ainsi purifié et instruit, il est prêt à entreprendre l'escalade difficile de la montagne qui le mènera à la découverte du Soi, c'est à dire qu'il comprendra, en se retournant pour regarder le chemin parcouru, que tout cela n'était qu'illusion, du cinéma, la Maya.It's all a big show my friends.Mais on ne peut vivre tout le temps au sommet de la montagne; il faut redescendre dans la plaine, redescendre dans la vie de tous les jours, parce que c'est là où se vit la vie et non dans la solitude hautaine des montagnes.C'est pourquoi le Maître invite le héro à s'unir avec la jeune fille accompagnée du singe qui l'avait suivi jusqu'au sommet, et à redescendre avec elle jusqu'en bas.Et Jacques de citer le proverbe zen: "Avant l'illumination, tu coupes du bois et transportes de l'eau.Après l'illumination, tu coupes du bois et transportes de l'eau.Je tombe à genoux: sur le Trône est assis la Grande Mère.Elle est Noire.D'un regard sévère mais plein d'une infinie compassion, elle me dit: "Peu d'hommes peuvent me voir car peu d'hommes peuvent imaginer que je sois assise sur le Trône central.La plupart déifie leur Peur et crée leur propre diable.Je suis la Terre et je suis la Matrice et tous les dieux naissent de moi.Je suis Noire mais je suis Belle.Nigra sed Pulchra.Je suis l'Energie et j'enfante mon fils, la Vie.Le voilà, prends-le et prends-en soin.Tu retourneras à la surface avec lui." MAINMISE 31 J'habite Montréal et je suis allé voir un professeur de littérature anglaise à l'université Concordia, David Ketterer.Il a écrit un livre majeur sur la science-fiction contemporaine et l'imagination apocalyptique."L'imagination apocalyptique entreprend la destruction radicale d'un vieux monde pour qu'en naisse un nouveau: la nouvelle Jérusalem, la ville minérale, le jardin végétal et l'existence pastorale.C'est l'obsession de la Transfiguration qui nécessite la bouleversante réunion des contraires et une déchirante revision des valeurs officielles de la civilisation.La science-fiction permet à l'homme de redéfinir sa situation dans l'univers en lui donnant la possibilité d'imaginer des mondes supérieurs bienveillants dont le système solaire est de toute façon issu.En ce sens, l'apocalypse est une correction des erreurs de la perception humaine et la révélation d'un principe d'extase jusque là caché; c'est ce qu'on a appelé "le dévoilement de la splendeur emprisonnée." En littérature, l'Amérique a joué ce rôle apocalyptique du Nouveau Monde qu'on découvre et qu'on baptise Paradis.On sait comment cette utopie s'est transformée en terrible psychose, mais c'est du fond dô' ce cancer que se fait à nouveau entendre le cri tragique de l'humanité qui demande une nouvelle révélation et qui la demande à l'Imagination poétique et créatrice, car c'est la grande découverte de notre époque que la réalité n'est toujours définie que par notre vision.Ceux qui voient le diable l'ont créé de toute pièce et il existe véritablement pour eux.Ceux qui rêvent à l'ange humain finiront par bâtir leur rêve dans la matière." L'oiseau circule au-dessus de ma tête.Il y a du travail à faire, une maison à construire, un village à bâtir.Je vais chercher de l'eau en pensant à ces vers de Rilke: "La Beauté n'est que le commencement du Terrible, ce que tout juste nous pouvons en supporter, et si nous l'admirons tant c'est qu'il dédaigne de nous détruire." Je reviens en transportant de l'eau; c'est un plaisir après l'épreuve de cette nuit.Rilke retransmet; il a choisi les derniers vers des Sonnets à Orphée: "Dans cette nuit hors de toute mesure, sois la force magique au carrefour de tes sens, sois le sens de leur singulière rencontre.Et si tu as oublié du terrestre, à la terre immobile, dis: Je coule: et à l'eau en mouvement, dis: Je suis." Lorsque je reviens à la maison, le vieillard est assis devant la porte, la gueule fendue par un prodigieux sourire narquois.Il me dit: "Tu sais, le vieux singe, c'était moi aussi." Je ne connais rien au monde qui ne soit d'abord cérémonial.Car tu n'as rien a attendre d'une cathédrale sans architecture, d'une année sans fêtes, d'un visage sans proportions, d'une armée sans règlements, ni d'une patrie sans coutumes.Tu ne saurais quoi taire de tes matériaux en vrac.Comment saurais-je te démontrer ce que je cherche?Il ne s'agit plus d'un objet qui parle aux sens mais à l'esprit.Ne me demande point de justifier le cérémonial que je propose.La logique est de l'étage des objets et non de celui du noeud qui les noue.Ici, je n'ai plus de langage.Sa,nt-E«upèrr CiUdtll» Guides de voyage: Jorge L.Borges, Fictions, Folio 614.fi.M.Rilke, Elégies et Sonnets, Seuil.Euripide, Les Bacchantes.Erich Neumann, Léonard de Vinci et l'archétype de la Mère.William.I.Thompson, The Imagination of an Insurrection, Harper-Row.Doris Lesslng, Briefing for a descent into hell, Panther.H.Lelsegang, La Gnose, P.B.Payot.David Ketterer, New Worlds for Old, Anchor.Northrop Frye, Fearful Symmetry, Princeton.Joseph IV.Slade, Thomas Pynchon, Warner.Robert Kelly, Alchemical Journal, io Magazine.Charles Olson, Human Universe, Grove Press.Saint-Exupéry, Citadelle, Folio.32 MAINMISE €ht ©fotnt Star IN GOD WE TRUST AND GOD SAVE THE QUEEN Journal des dieux pour les dieux et divin organe du Verbe.Février 1975, ap.-J.C.Alphonse O.Méga déclare : "Mon coup le plus réussi a indubitablement été la Sainte Trinité." Conférence de presse de monsieur GOD I Comme à \l'accoutumée, c'est-à-dire toujours et partout, monsieur GOD a donné hier sa conféence de presse dans de merveilleux essaims de petits nuages roses sublimes, par un crépuscule très-réussi.Lawoici dans ses meilleurs moments.) The Divine Star Divin fondateur: GOD Divin éditeur: GOD Presses sacrées de l'Olympe Bureaux: Rome.Calcutta, La Mecque, Jérusalem et Bagotville Distribution: Mercure inc.Collaborateurs: Abdul Said ben Afnam.Camembert Foutu, Chloride de Sodium, Saint Hyacinthe, Saint Jean de Dieu, Pierrette Bois vert.Financement; AUTO L'érection de cet ouvrage divin a été rendu passible grâce une excitante subvention (3,000,000 d'ascèses-heures) du Conseil désert du Vatican et du Ministère de la Propagande et de l^fi&fû» visionnement Psychique du Québec.Secrétariat et Café: Errata Kleinform (Joke test) Question: Comment expliquez-vous vos si longues absences?GOD: Ne nous énervons pus.Quelques oublis tout au plus.Q.: .qui ont quand même l'ait dire que vous étiez mort! GOD: J'ai un faible pour le suspense.(Il rit) Q.: Combien êtes-vous?, GOD: Un bon nombre.Disons: suffisamment.Q.: Vivez-vous en commune?GOD: Nous avons chacun nos chambres.Q.: ht comment vous arrangez-vous au plan sexuel?GOD: Oh, vous savez à mon âge.je suis plutôt porté sur le voyeurisme.Mon coup de l'oeil dans le triangle est assez éloquent.Q.: Quel peuple croit le plus en vous?GOD: L'Espagne.Il y a bien eu le Québec autrefois mais Duplessis a tout gâché.Un photographe: Peut-on vous icôner?GOD: Oui, bien sûr, j'adore çà.Voulez-vous un peu plus de lumière?Un photographe allemand: Ja, inehr Licht, bitte.GOD:-Fiat un peu plus de Lux! (Le soleil remonte un peu) Un photographe américain: Vvez-vous un Hash?GOD: Oui: "Le Triangle est une métaphore de la Spirale", (silence gêné dans les nuages, comme à chaque Révélation.) Q.: Euh.faites-vous allusion au.euh.yin-yang?GOD: Mais non, pas du tout.Q.: Et le dualisme, alors, qu'est-ce que vous en faites.' GOD: C'est très gênant le dualisme, je déteste ça, j'ai une sainte horreur de ça, ça me répugne de me séparer en deux, et ne me parlez plus jamais de cette écoeu-ranterie.(Il est très fâché: Il se met à pleuvoir.Très fort.Silence très gêné dans les nuages, comme à chaque Cataclysme mineur.) Q.: Pourquoi avez-vous été si dur avec votre fils?GOD: Encore cette histoire invraisemblable! Mais c'est lui qui voulait y aller, ce n'est pas moi qui l'ai pnvoyë.Quand même! pour qui me prend-on?voir suite p2 MMMlAl Vu la prolifération démente de cosmologies de toutes sortes et de paranoias attachantes, nous avons cru bon de planter la graine de notre Arbre.En effet, pour simplifier le spectacle et en finir une fois pour toutes, l'Univers sera dorénavant divisé en quatre portions inégales mais complémentaires, à savoir: NOUS, EUX, VOUS, ELLES.Voici les règles du Jeu: l) si vous faites partie de NOUS, vous ne pouvez appartenir à aucun autre groupe; 2) ne peuvent s'opposer à NOUS que EUX; 3) par contre, EUX et ELLES sont en VOUS; 4) les NOUS, pour sortir, doivent passer par ELLES; 5) seuls les EUX qui passent par ELLES peuvent venir en NOUS.Le but du Jeu consiste à se débarasser progressivement des trois catégories: EUX, VOUS, ELLES, pour qu'il ne reste plus que NOUS.Comme NOUS disait GOD: "Ceci n'est peut-être pas très logique, mais c'est très harmonieux." Errata Kleinform MAINMISE 33 suite de la p1 Q.: C'est vrai les rumeurs au sujet du retour éventuel de votre fils?GOD: Je ne sais pas.Personnellement, je trouve qu'il sort beaucoup trop.La dernière fois, il est revenu dans un état épouvantable.Sa mère était consternée! Un enfant si bien élevé! Q.: Pouvez-vous expliquer la Sainte-Trinité?GOD: Ah, ça c'est mon coup le plus réussi.C'est pourtant très simple vous prenez deux oranges, vous les coupez en deux, ça fait quatre demies; vous en mangez une, il vous en reste trois.Et voilà.C'est enfantin.Q.: Et très logique avec çà! Quelle a été votre incarnation préférée?GOD: La chenille.Se transformer en papillon, ça me fout un rush à chaque fois., et ça embête beaucoup mes costumiers.(Il rit à gorge déployée.Silence gêné dans les nuages, comme à chaque Plaisanterie divine douteuse.) Q.: Quel a été votre trip préféré dans la Création?GOD: J'ai beaucoup aimé l'aire Eve, même si ça n'a pas été très facile.Si vous aviez vu la tête d'Adam lorsqu'il s'est réveillé! Je suis très fier aussi de mes champignons magiques: c'est un système divinement ingénieux, je trouve, pour m'introduire à l'intérieur des humains.C'est fou ce qui se passe là-dedans.Ça me fascine de voir les cosmologies qu'ils inventent pour expliquer ma présence: absolument n'importe quoi.Q.: Beaucoup de gens s'interrogent sérieusement sur vos motivations.Qu'est-ce qui vous pousse à faire tout ca?GOD:.Q.: C'est quoi votre trip?GOD: C'est à la suite d'un pari, un soir que je m'étais saoulé avec un voisin., il m'a fallu faire la preuve de mon existence.Je l'ai faite.C'est tout.D'autres questions?Non?Bon.(exit GOD).Lève-toi et Marche?Importante réunion au sommet Hier, se sont réunis les Grands Magnats des six plus importants O.D.I.E.U.X.(Organismes Divins des Intérêts Ecclésiastiques pour Umains Xéroxés).Cette Sublime Concentration avait pour Objet Sacré l'inquiétude grandissante face à l'inflation psychique galopante qui risque de.l'outre en Pair des millénaires de travail acharné et de patience attentive.A l'issue de la première séance du Travail Divin, l'un d'Eux aurait Révélé: "Si vous pensez qu'on va changer quoi que ce soit, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil.De toute façon, au Jugement.Der- nier, on verra bien qui rira Je plus!" Sur notre photo, prise au moment de cette Divine Déclaration, nos lecteurs pourront adorer d« gauche à droite sir Jésus Christ, sir Ludwig von Wotan, sir "Gorgeous Boy" Jupiter, sir Allah bonne Bouffe, sir Houba Buddha et sir Choleric Jéhovah.Portrait du MOI Ce mois-ci, le cinquième Reliez les points entre portrait de la Série eux.Comme vous vou-IMAGES DES DIEUX, lez.Ça n'a absolument aucune importance.7 "A .%27 ?il f H/* il i à l'affiche: 3» SEMAINE Aux cinémas' Panthéon-Odéon ,eve*w ta jupe, Bacchus En'2e programme: Le Trio Infernal 34 MAINMISE >o Potins de la Voie Lactée, o 00000000000000000000000000000000g o Cocktail chez Diane ce soir.Vierges et végétariens seulement.Nudité de rigueur.En cette Fin de Cycle, le prix de la Grâce a considérablement augmenté.Le prix de Fonce de Grâce (I once = 2,-000 rushs-secondes) est v passé à 100 ascèses-Q heures.De plus, l'an de 8" Grâce a zoomé de 2 à 5 Incarnations Dégueulasses.Faire part: nous avons le Divin Bonheur de vous inviter à la Divine Canonisation de deux nouveaux Petits Dieux, Catégorie B, grosseur moyenne, pour le prix d'un : JELLO et ZOOM-IN.La cérémonie sera suivie d'une Gigantesque Copulation Divine.ooooooo oooooooc Occasion: vieux veau d'or.N'a servi qu'une lois.Idéal pour distraire les longues nuits de tribus d'esclaves s'échap-pant de pays oppressifs.Quelques éraflures sur le coté droit.Demandez monsieur Aaron.Nous apprenons que l'Enfer a déversé sur le marché noir un important stock de vieux halos reconditionnés.D'origine douteuse, ces vieux halos ne fonctionnent pas toujours très bien et ont déjà provoqué de blasphématoires incidents hiérarchiques.Le Comité de la Paranoia Divine enquête.Tous les soirs de cette semaine au Grand Aquarium Catholique, Jésus Christ donnera une reprise de son célèbre numéro: Les petits Pois sont Rouges.^OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOQOOOOOOOOOOOOOOOOO DEJA LES DEPARTS EN VACANCES l'appel du soleil, l'envie de nouveaux horizons, l'invitation au voyage, la route qui fait signe.MERCURE?MAINMISE 35 En préparant ce numéro sur la mythologie (au sens de lois qui gouvernent la mentalité d'une tribu, d'un peuple, d'une civilisation), il nous est apparu nécessaire de raconter d'une taçon dramatiquement accessible l'histoire des mutants qui passent d'une conscience à une autre.Une fable au lieu d'une théorie.Comme le besoin crée l'organe, un gars de Québec, Alain Miville de Chêne, est venu nous voir avec un texte soufi.C'était une allégorie contemporaine sur des aveugles conditionnés à l'être, qui découvrent lentement qu'ils ont des organes appelés yeux qui peuvent VOIR.Peu de gens connaissent le soulisme, car finalement nous connaissons très peu de choses au Québec sur l'Islam.Le soulisme est fa spécialisation ésotérico-mystique-vaguement-hérétique de la religion islamique.Sa distinction propre (une parmi bien d'autres) est de considérer l'univers comme une immense structure sans personnalité (au contraire du dieu des Juits et des Chrétiens) dont tout le trip est d'harmoniser les- rapports énergétiques de la structure elle-même.Un tapis perse est la manifestation partaite de cette conception.Le dessin du tapis n'est qu'une suite d'arabesques partaitement harmonisées et issues d'un point central, sans que viennent s'y mêler un visage, un nom, une personne, quelqu'un.Pour le soufisme, dieu c'est chacune des consciences qui découvrent au bout d'un long chemin que dieu est le miroir qu'ils trouvent cachés dans les manitestations de l'univers; que dieu est l'image qu'ils voient les regardant dans le miroir.Plus simplement, selon la formule d'Ibn Arabi (un mystique tlyé d'la bunch): "La forme à travers laquelle vous voyez Dieu est la torme à travers laquelle il vous voit." Une gigantesque kleinlorme où la divinité se regarde elle-même à travers notre conscience et nos organes.Cette histoire peut être lue à plusieurs niveaux.On peut y croire, résonner avec, ou bien trouver ça nettement débile.Peu importe, car c'est surtout au niveau du document journalistique qu'il a son importance, en ce sens qu'il indique comment les mutants se perçoivent, dans quel espace mental ils circulent et quelle est la mythologie qui dirige leur vie intérieure.Il serait bien intéressant d'avoir un document semblable sur l'époque où des singes très intelligents décidèrent de devenir des "hommes préhistoriques".MAINMISE 37 Il ETAIT UNE FOIS.Il était une fois un pays dont tous les habitants étaient aveugles.Il n'en avait pas toujours été ainsi; les mythes et les légendes de cette contrée décrivaient un état primitif où tous les hommes et toutes les femmes pouvaient exercer la faculté de vision.En fait, il subsistait des éléments du langage de cette époque, et certains mots ou expressions tels que "voyance" et "éclair de compréhension" taisaient allusion, par analogie, à l'existence d'une capacité de perception presqu'oubliée, bien que n'indiquant rien de la nature de cette perception.Vint ensuite une catastrophe innommable et sans précédent.Depuis, aucun adulte ne put conserver la capacité de voir, bien que, aussi étrange que ça puisse paraître, leurs yeux soient en parfait état.Leurs paupières se fermèrent pour toujours et les muscles s'atrophièrent, faute d'exercice.On perdit ainsi la capacité d'ouvrir les yeux et personne ne se doutait plus que ce put être possible.Cette absence de vision n'affectait que la population adulte.Les enfants naissaient avec une vision normale, mais, parce qu'ils étaient élevés dans des maisons sans fenêtres, donc avec très peu de lumière, ils avaient peu de chances d'apprendre à voir.Lorsqu'ils remarquaient que leurs parents gardaient leurs paupières toujours fermées, ils les imitaient et devenaient vite aveugles à leur tour.Il leur resta un faible souvenir de cette première vision et ce souvenir suffit à garder l'idée de voir pour certains adultes.La plupart des autres adultes se moquaient de cette idée en disant que c'était une fantaisie infantile.Une connaissance vague et confuse de l'habileté de voir des enfants persista néanmois, et puisque les gens ne pouvaient confirmer que leurs jeunes voyaient vraiment, ils rejet-taient cette pensée ou l'attribuaient à des conditions prénatales non vérifiables.Cette fiction fut utilisée par les psychologues de ce pays quand ils furent confrontés avec les "désiquilibrés" qui, affirmant qu'ils pouvaient voir, disaient que la communauté se dirigeait vers un grand danger à cause de son aveuglement.L'état de ces "désiquilibrés" fut expliqué comme étant un désir infantile de "retour au sein maternel" ou quelque autre baliverne du même genre; on ne devait donc pas s'occuper de choses pareilles.De temps à autre, certaines personnes affirmaient que la faculté de vision permettait de percevoir ses origines, donc la théorie du "retour au sein" avait ainsi quelque substance pour soutenir ces prétentions.Le pays où ces gens gagnaient une maigre pitance était situé dans un coin perdu de la planète.Ils nommèrent leur pays "Terre" et se désignaient eux-mêmes comme "peuple de la Terre".Un jour, un Etranger apparut parmi eux.Devant l'affliction de ces habitants, il fut d'abord étonné, puis attristé et^enfin, rempli d'une grande compassion.Ils le reçurent gentiment et lui demandèrent d'où il venait: "Par delà les étoiles", dit-il.Ils ne connaissaient rien des étoiles d'après leur expérience immédiate, bien sûr, mais l'expression était demeurée dans leur langue signifiant "de très loin"; ainsi le comprirent-ils.Il entreprit de rendre la vue à ces gens, même si ça devait prendre plus d'une génération pour accomplir cette tâche.En tout cas, son intelligence lui dit bien vite qu'il fallait approcher le problème indirectement s'il voulait faire quelque progrès.Annoncer tout simplement ce qu'il voyait pourrait provoquer soit de l'hostilité, soit de l'incrédulité, ou pourrait attirer aussi l'attention des jobards ou des débalancés qui, de toute façon, ne pourraient faire bon usage de la vue même en supposant qu'ils puissent être amenés à voir.Donc, l'Etranger Intelligent se plongea dans leur culture, s'adonnant pendant ce temps à un petit travail autant comme gagne-pain que dans le but de se familiariser avec des aspects plus subtils de leur pensée et de leurs autres habitudes de vie, tant explicites qu'implicites.En cherchant des indices sur la persistance des idées de la communauté au sujet de la vision, l'Etranger explora d'abord la nature des institutions religieuses du pays en s'informant des croyances et de leur origine.Il trouva que les idées et les méthodes avaient grandement proliféré et s'étaient développées dans plusieurs directions différentes depuis leur première formulation qui provenait de la science de l'Astronomie.On pouvait trouver dans leurs textes sacrés d'abondantes références au ciel et aux orbites des planètes quoiqu'elles eussent pris des formes si déguisées et cachées qu'elles étaient presque méconnaissables.Il observa que leurs temples avaient la forme d'observatoires astronomiques: à une extrémité s'érigeait un large dôme à panneaux coulissants s'ouvrant sur le 38 MAINMISE ciel.Dans l'enceinte la plus sacrée de chaque temple se trouvait leur relique la plus sainte: un immense télescope en état de marche, avec ses miroires, lentilles, oculaires et autres accessoires d'optique.Du moins en était-il ainsi dans leurs plus vieux temples.Il y avait eu un progrès effréné dans les temples les plus modernes.On s'était débarrassé des panneaux coulissants car la pluie et le vent causaient parfois des ennuis.Le télescope aussi avait été modernisé; réduit au "strict minimum", il n'était plus qu'un immense tube de plastique, magnifiquement orné et poli, fermé aux deux bouts."Beaucoup mieux que les vieux modèles conventionnels", expliquèrent-ils avec enthousiasme."Ces nouveaux modèles sont construits avec les matériaux les plus modernes, produits à partir de nos découvertes scientifiques, donc nettement supérieurs aux versions plus anciennes et de cela, plus primitives".Avec leurs méthodes de pensée ainsi tournées, leur contact avec la réalité du monde environnant commençait à être faussée.Leur attachement à l'amélioration de leurs outils et de leurs rituels religieux les avait ennivrés.L'Etranger ne put faire aucun progrès avec eux.étaient correctes et leurs méthodes avisées.Même si l'effet était éphémère et la lumière trop terne, trop diffuse ou HORS FOCUS pour avoir quelque valeur constructive, cette pitoyable diversion leur suffisait.Une fois que l'excitation du moment s'était atténuée un peu, ils étaient tous envahis non seulement par le souvenir de l'éclair, mais aussi par l'odeur de la fumée qui se répandait partout.Alors, ils associèrent la combustion de matériaux avec la vision et certains allaient jusqu'à affirmer que la fumée d'un feu de bois devait émettre de la lumière.Bien que cette conclusion était partiellement correcte, leur logique était clairement fautive et les hommes de science de l'époque n'eurent aucune difficulté à rejeter ce non-sens évident.Qui pouvait se fier aux preuves qu'apportaient ceux que les besoins émotionnels avaient POUSSES à éprouver en imagination les visions qu'ils cherchaient?Les idées persistèrent néanmoins et se retrouvèrent dans le langage sous forme d'expressions comme "regard flamboyant", décrivant une personne de tempérament excitable et fanatique.L'Etranger ne put faire aucun contact efficace avec eux.JToursuivant ses recherches, l'Etranger chercha des indices de vision dans les diverses sociétés oculaires qui abondaient.La plus remarquable était la STRA, la Société pour la Transmutation par la Révélation Astronomique.Ses adhérents étaient particulièrement fiers du nom de leur société et de son acronyme très significatif, mais ils n'avaient pas remarqué qu'une autre combinaison des initiales décrivait leur vraie nature: des nécrophages avides de curiosité, recueillant désespérément des friandises d'excitation émotionnelle avec lesquelles ils essayaient d'humecter leur nourriture desséchée d'information contrôlée qui les bombardait de tout côté dans leur vie semi-automatisée.Er in réalisant la futilité de s'associer avec des organisations "épaves", quel que soit le nombre de leurs adhérents, leur origine auguste, ou la noblesse de leurs intentions-originelles, l'Etranger perçut que la seule façoh efficace de démontrer la réalité de la vision et son usage constructif pour le bien-être de l'individu et de la communauté en général, serait qu'il devienne lui-même un exemple éclatant d'accomplissement et d'excellence, de sorte que d'autres, de même esprit, puissent être sainement attirés vers ce qu'il pourrait commencer à leur offrir.C'était une sorte de catalyseur pour élargir leur horizon en vue de l'immensité qui s'ouvrirait à eux lorsque la vision leur serait rendue.K^/es alchimistes modernes avaient conservé certains fragments d'une ancienne science, la chimie, le temps en ayant préservé les aspects les plus utiles à leurs pratiques spéciales.On avait gardé et perfectionné la connaissance des techniques pour l'extraction des métaux et on l'utilisait mainteant pour la préparation et la purification des échantillons de magnésium.Lors des cérémonies spéciales et secrètes, on allumait une petite quantité de la poudre métallique et l'éclat de l'éclair pénétrait, pour un instant, leurs paupières closes et creuses.Partagée de tous, cette perception momentanée de la lumière par leurs yeux enterrés était la preuve irréfutable que leurs croyances Un fn de ses futurs disciples s'appelait Richard, ainsi nommé par son père dans l'esproir qu'il puisse développer plus tard dans la vie les vertus de courage nécessaires à la réalisation de son destin.Mais Richard n'était devenu qu'une "tortue-lion", à moitié fou.Il connaissait certaines choses à propos de la vision, mais énormément moins qu'il ne le croyait.Enfant, il s'était battu contre la noirceur envahissante, terrifié par la folie apparente des actions de son entourage.Il était, à son tour, considéré comme fou et traité à peu près comme un proscrit.Grandissant dans la solitude, connaissant peu d'amour et d'amitié, il se battait seul, en se réfugiant derrière les masques protecteurs du fi M- * Cmr(t£.Çym $>ue -ni veux potin Ton fcéaeorte*'" È ê K i r&&i.se SRftt US H0STÏ M.mte.oe foo 6Éi TA&ARNAc M com-Rares, MAINMISE 39 désintéressement, de la rébellion et d'un complexe de supériorité.Ces caractéristiques se développèrent jusqu'à faire partie intégrante de sa personnalité.Lorsqu'en fin de compte, il devint adulte, il eut un contact malaisé avec le monde; il essaya en vain d'utiliser ses traits de caractère pour redresser les conditions d'injustice dé ce temps et de ce lieu.Mais maintenant, il était aveugle comme tous les autres; ses efforts avaient échoué et il réalisa avec tristesse que le changement devait avant tout venir du coeur de l'homme.En exerçant son métier, il fit son chemin jusqu'au bout et il attint l'appréciation qu'il avait toujours ardemment désirée.Nourrissant sa vanité, l'avidité qui l'entourait le séduisit et il s'abandonna à ces complaisances.En recherchant le plaisir, il s'endormit et perdit presque tout contact avec son intention première.Er Sa )a rencontre avec l'Etranger fit surgir en lui une fièvre d'activité.Il s'arracha frénétiquement la peau pour tenter de découvrir ses yeux de force.Son échec le poussa à d'autres outrances, jusqu'à ce qu'il soit submergé par la douleur de ses blessures.Il laissa tomber ses mains et s'écroula, immobile et épuisé.A ce moment-là, comme par miracle, sans effort et sans sollicitation, ses yeux s'ouvrirent pour un instant.Muet d'étonnement, il vit la mince bordure du soleil qui se levait derrière les montagnes lointaines, baignant la vallée d'une lumière dorée.Mais, insuffisamment préparé, il ne put soutenir ce flot qui n'était en fait qu'un mince filet; et ses paupières se fermèrent de nouveau, comme pour le protéger.La mémoire consciente du contenu de l'événement s'évapora et il ne lui resta que le souvenir du passage de l'événement.Maintenant il était calmé et, dans un sens, satisfait.Il se tourna vers les vrais problèmes qui l'attendaient avec une résolution sobre et ferme.Ceux-ci paraissaient énormes, et il réalisa soudainement combien il était mal équipé pour une tâche pareille.Jtéu sûr de lui-même et.combattant sa propre inertie, il surveilla de loin les préparatifs de l'Etranger en aidant du mieux qu'il put lorsqu'on le lui demandait.Sans le vouloir, il commença à se créer une illusion, un faux sentiment enchanteur de sérénité.En s'endormant presque à nouveau, il perçut finalement qu'il avait fait l'erreur de prendre cette manifestation pour son Intention sous-jacente, d'où avait surgi ce fruit captivant et hallucinogène.Il se résolut à nouveau à suivre ce que sa conscience lui dictait.Il se cassa la tête pour les fruits des moyens par lesquels il s'était élevé dans sa profession et obtenu l'appréciation populaire.intretemps, l'Etranger avait importé des instrumens spéciaux pour la délicate opération qu'il avait à faire.Richard demanda à les voir, mais on lui dit qu'il ne pourait.les voir qu'après l'opération, lorsqu'il aurait bénéficié de leur usage correct et précis.Lorsqu'on lui présenta un miroir agrandisseur concave, il s'écria: "Mais ce n'est qu'un plat, bien qu'il soit finement poli et étonnamment doux".Et il commença à se demander s'il serait prêt lorsque viendrait le temps.L'Etranger lui demanda avec un léger ton d'impatience "Alors, veux-tu vivre jusqu'à la fin de tes jours sans le bénéfice de ta faculté de vision?" Après un bref instant d'indécision, le disciple répondit par un grand et vigoureux signe de la main.On ne peut pas dire grand-chose de l'opération maintenant, mais elle sembla être la chose la plus naturelle au monde.En ouvrant ses yeux derrière des verres protecteurs, Richard réalisa, en commençant à focaliser sur son entourage, que d'autres aussi avaient eu leur vision rétablie.Il trouva qu'ils pouvaient se reconnaître facilement avec une certitude complète, même à distance.Les superstitions de ce pays avaient suggéré cette possibilité en l'appelant "clairvoyance", bien que nul n'avait d'idée de ce à quoi cela ressemblait.Maintenant, les disciples pouvaient voir que cela n'était rien qui aurait pu être imaginé ou décrit; donc, les preuves pour ou contre n'étaient basées sur rien en réalité.Ne connaissant rien des photons, ces véhicules presque intangibles de lumières, comment quelqu'un pouvait-il imaginer validement comment le processus visuel s'opérait, encore moins, travailler avec les aspects plus subtils de la science de l'optique?Mais ceci n'avait jamais restreint les spéculations basées sur des extrapolations tirées de l'expérience des sens usuels.Ces "arguments de l'ignorance", ces pertes de temps, pouvaient maintenant être vus pour ce qu'ils étaient: une sorte de combat mental avec son ombre.Er in voyant avec leurs yeux nouvellement ouverts, les disciples pouvaient maintenant partageMe lourd fardeau de voir la vraie et terrible nature de la condition précaire de la communauté.Avec la perte de la vue avait aussi été perdue la connaissance de la nature de la vraie destinée de la communauté.Des complaisances agréables de toutes sortes s'étaient imposées comme devant être le but de la vie, et de vastes et puissantes industries avaient été créées pour nourrir ces goûts et en développer de nouveaux.Ces derniers étaient largement publicises, non seulement pour informer, mais aussi pour motiver.40 MAINMISE La poursuite du plaisir de cette façon était universelle, bien que prenant parfois des formes déguisées et bizarres, tel que la jouissance trouvée dans l'acte de charité lui-même, ou la gloriole de s'engager dans des actes de sacrifice publiquement approuvés, sans but et douloureux.On n'apprenait plus pour apprendre, mais le plaisir qu'on pouvait en retirer, ou au mieux, comme une partie de l'entrainement pour gagner sa vie.Ces vastes industries de plaisir, fermement établies comme façon de vivre pour la communauté, drainaient à une vitesso dangereuse les ressources de la communauté, et leurs déchets se déversaient imprudemment dans les ruisseaux et rivières.D'immenses voiles de brume empoisonnée se déversèrent sur leurs villes, et, comme les habitants commençaient à réaliser ce qui se passait, leurs réactions se partagèrent.Les conservationnistes blâmèrent les technologistes en prétendant que seul l'arrêt du progrès scientifique pourrait rétablir l'équilibre.Les scientifiques contre-attaquèrent, avec raison, en disant que seuls de nouveaux développements technologiques pourraient produire les outils nécessaires pour venir à bout du problème.Ils avaient raison jusqu'à ce point, en disant que de nouvelles méthodes sévèrement contrôlées pourraient retarder la catastrophe ultime pour beaucoup de générations.Mais ils ne pouvaient penser plus loin.Ils ne comprenaient pas que le temps et l'opportunité sont limités.Plutôt que de considérer ces opérations comme un gain de temps pendant lequel des changements sociaux essentiels et urgents pouvaient être amorcés, ils étaient uniquement intéressés à repousser les problèmes en espérant que d'autres progrès faits pendant ce temps-là pourraient soutenir la pression indéfiniment.Après tout, les découvertes scientifiques n'en avaient-elles pas engendré de nouvelles?Dans le passé, de nouvelles inventions n'étaient-elles pas apparues lorsque la nécessité l'exigeait?Puisque ces affirmations ne pouvaient être démenties par la logique, les scientifiques purent garder leur position.Les deux parties avaient omis de remarquer que leur société déclinait de plus en plus rapidement, l'accélération elle-même faisant maintenant partie de l'arrière-plan de leur vie.Il n'y avait rien de tangible avec quoi établir un contraste, alors, cela restait invisible.On détecta seulement les effets extérieurs qui furent imputés à des, causes étrangères, selon les préjugés de chaque partie erV cause.Entretemps, des affaires urgentes, d'une importance cruciale, négligées depuis longtemps, à propos de la survie ultime et de la destinée des habitants, restèrent inaperçues et sans surveillance.Les disciples dirigèrent leurs efforts vers cette situation précaire.Ils découvrirent bientôt que la plupart des adultes, même ceux d'une grande intelligence, étaient trop ancrés dans leur façon d'être pour apprendre facilement à voir.Ils réalisèrent qu'un progrès plus sensible serait fait avec ceux dont la condition était la plus proche de l'état humain naturel.Ici et là, quelques enfants encore non-corrompus par la séduction de la recherche du plaisir comme fin en soi s'ajustaient maladroitement aux exigences distortionnantes de leur entourage.Elevés dans une ère de permissivité, ils n'avaient pas encore perdu le goût des fruits de l'aboutissement d'efforts disciplinés.Les disciples tournèrent leur attention vers ces jeunes en fondant une école pour leur éducation spéciale.Au début, la communauté fut méfiante, ne comprenant pas la nature de cette entreprise.Mais des mères bien intentionnées et aimantes, ne pouvant faire face à leurs rejetons intelligents mais volontaires, et se rappelant vaguement l'étouffement angoissant de leur propre éducation, approchèrent cette nouvelle opportunité.Les enfants accoururent pour être reçus lorsqu'ils virent que les yeux de leurs guides étaient ouverts et en activité.Leur amélioration, sous tous ses aspects, était tellement marquée qu'on se donna vite le mot et les disciples eurent de la difficulté à répondre à la demande grandissante.Ils prirent des aides aveugles qui étaient néanmoins proches d'eux en pensée et en attitude.Ils furent infectés presque miraculeusement par l'atmosphère de l'endroit; leurs yeux s'ouvrirent peu à peu et ils commencèrent à partager à leur tour les responsabilités de l'état de vision.Lorsqu'ils retournèrent dans la communauté, leurs idées s'étendirent avec eux comme une contagion bénigne et tous les habitants s'éveillèrent graduellement, choqués et étonnés en ouvrant leurs yeux.Bientôt, seuls les vieillards et les vrais aveugles demeurèrent intouchés.La communauté dirigea tous ses efforts vers la redécouverte de son but fondamental.IjEtranger murmura à Richard: "Tu as maintenant montré le courage de tes ancêtres.Désormais, en témoignage de cet état, ton nouveau nom sera "LEONARD"."En faisant ses adieux il dit aux citoyens assemblés sur la place publique: "Vous avez été transformés.En témoignage de ce changement, vous ne vous appelez plus "le peuple de la terre", mais "le peuple du coeur"."Et il s'en alla comme il était venu, en les laissant à l'accomplissement de leur destinée: étudier le ciel et continuer leur migration stellaire.• I.- i m.,."-:- MAINMISE 41 42 MAINMISE MAINMISE 43 44 MAINMISE MAINMISE 45 "Il faut découper une lune dans une peau d vache, sous forme de croissant, car la lun représente la personne et aussi toutes les cho ses, car tout croît et décroît, vit et meurt.Com prenez que la nuit représente l'ignorance et qu c'est la lune et les étoiles qui amènent la Lumièr de Wakan-Tanka dans cette obscurité.Comm vous savez, la lune vient et s'en va, mais Anpetu wi, le soleil, brille sans interruption.Il est I source de Lumière; c'est pourquoi on le compar à Wakan-Tanka.Il faut découper un cercle dans une peau d vache pour représenter le soleil.La lumière d soleil illumine l'univers entier; et de même qu les rayons du soleil nous parviennent chaqu matin, de même la grâce de Wakan-Tanka pa qui toutes les créatures sont illuminées.Voil pourquoi tous les quadrupèdes et les oiseaux s réjouissent toujours à la venue de la Lumière Dans le jour, nous pouvons voir, et cette capacit de voir est sacrée, car elle symbolise la vision d Monde Réel que nous pouvons avoir grâce l'oeil du coeur." Tiré de: Black Elk, Instructions pour la dans solaire. Le sacré dans la nature Traduction (très) libre d'un chapitre du livre de Jacob Needleman, "The new religions" (pocket books).Si l'univers est un ensemble-hiérarchie régi par des forces et une intelligence plus grandes que la science nous le laisse à penser, il s'ensuit que nous-mêmes, en tant que reflections de cet univers, portons en nous des potentialités énergétiques et cognitives plus étendues.D'où notre investigation de la Nature: pour contacter en nous un point où une résonnance a-vec l'intelligence consciente de l'Univers puisse se produire: Nous avons tous plus ou moins ressenti cette résonnance ou sa promesse, mais comment aller plus loin?Si nous nous tournons vers la science, ses explications embourbent notre esprit dans une masse de détails analytiques et profanes; si nous nous; tournons vers la poésie et l'art, nous aboutissons à une intensification de nos émotions et de nos sentiments qui obscurcit et éloigne la résonnance.L'Amérindien: Rien d'étonnant, dès lors, que nous soyons littéralement tombés en amour avec l'Amérindien! car il incarne une tradition de résonnance totale et directe avac la Nature, au sein de laquelle chaque forme est une manifestation du sacré.Nous aimerions tous avoir la Nature pour Maître, mais nous sommes dans une situation où nous n'apprenons de la Nature que ce que nous y mettons nous-mêmes.Et ceci parce que notre conception de la Nature est soit sentimentale soit arrogante.Ce dualisme définit toute l'approche occidentale vis-à-vis de la Nature.De plus le philosophe allemand E.Kant a donné sa bénédiction à cet état de choses en prétendant que l'homme n'avait pas en lui la qualité mentale spécifique qui lui permettrait d'appréhender intuitivement l'ordre naturel tel qu'il est.Depuis Kant on n'a pas cessé de confondre les outils de la Connaissance scientifique (pragmatisme, positivisme) avec la Connaissance tout court, et les hommes ont demandé à la Nature beaucoup plus des confirmations de leurs hypothèses que des enseignements.Dépouillée de l'intellect, notre approche de la Nature tombe dans la sensiblerie; dépouillée de l'émotivité, elle tombe dans l'arrogance.Dans le premier cas, c'est le pathos romantique; dans le second, c'est le viol; et dans les deux, la Nature est considérée comme une prostituée, à qui l'on prend soit plaisir, soit richesses.L'Amérindien, lui, se conjugue dans la Nature comme un verbe dans une langue.Sa manière d'être et d'agir dans la Nature est en accordance avec les lois de la Nature.Il est adapté, physiquement et mentalement.Ce qui signifie qu'il a en lui une sorte de Connaissance et une aptitude innée, spéciale qui ouvrent les portes de ses perceptions et le rendent réceptifs aux Enseignements de la Nature.Il est sur la bonne longueur d'ondes, "Tuned-in", et la Nature peut devenir son Instructeur.Dans la Nature l'Occidental moyen est Robin-son; l'indien est Vendredi.Robinson lit la Bible, construit même un sanctuaire, mais c'est Vendredi qui a le sens du sacré.Il vous est sûrement déjà arrivé de penser à ce qui arriverait au citadin moyen d'aujourd'hui s'il se retrouvait seul en pleine nature.Il aurait tout à réapprendre.De deux choses l'une, ou bien il freake g complètement et revient en ville, ou bien il surmonte l'épreuve initiale (initiatique?) et cherche à entrer en résonance avec la Nature, à s'initier à la sexualité non-génitale qui caractérise ses nouveaux rapports avec elle; à passer du règne tellurique au règne solaire.C'est tout le sujet d'un livre désormais cher aux mutants, "Vendredi ou lesTimbes du Pacifique", de Michel Tournier (Folio No 133).Needleman poursuit: mais il nous faut prendre garde de lire nos opinions, nos sentiments et nos associations sur la nature dans ce que nous savons du comportement de l'Indien.Cela reviendrait à comparer, par exemple, ma conception du Nouveau Testament, bâtie à partir de cours universitaires tels' que "L'aspect littéraire de la Bible" ou "Bases historiques et archéologiques du message de Jésus", avec celle d'un moine (Chrétien Orthodoxe) du Mont Athos, qui a passé sa vie nuit et jour à récjter la Prière du Coeur et chercher sans relâche à redécouvrir la plénitude du message de Jésus, au mépris de son corps et de la nature humaine.(Ça, bien sûr, c'est la situation personnelle de Needleman; pour beaucoup d'entre nous cette étape est, .heureusement, déjà dépassée).Pour ces raisons nous pouvons dire que l'Indien vit dans une Nature ésotéri-que, tandis que nous vivons dans une Nature exotérique.Le silence de la Nature: Nous demandons à la Nature qu'elle satisfasse nos désirs.L'Indien, lui, demande beaucoup plus: il lui demande de l'aider à transformer (sublimer) ses désirs.Les traditions indiennes, dans la mesure où elles sont ésotériques sont une somme de connaissances qui permettent d'obtenir cette aide.Nous pensons habituellement que nos désirs sont quelque chose d'extérieur à la Nature.Pour l'Indien, la Nature telle que nous la percevons, telle qu'elle se présente à nos désirs non sublimés, n'est qu'une ombre de la Vraie Nature.Pour bien voir que l'ombre est une ombre, symbole d'une Réalité supérieure, il s'en remet à ses traditions.Celles-ci s servent à invoquer dans la Nature le Pouvoir capable > d'opérer (l'oeuvre alchimique de) la transformation g de l'homme (transmutation du mutant).Seul ce — pouvoir, cette énergie est capable de lire dans le m livre de la Nature.La quête de ce Pouvoir et la difficile tâche de lui obéir lorsqu'il se manifeste constituent le modèle de vie idéale chez les Indiens.Contrairement à l'Indien, nous avons tendance à prendre la Nature trop littéralement, de même que nous avons tendance à prendre les Ecritures trop littéralement.Ou encore, et cela revient au même, que nous prenons Nature et Ecritures symboliquement, ce qui est l'étape intellectuelle immédiatement consécutive à celle de les prendre littéralement.Les Ecritures, comme il ressort de toutes les traditions, sont utiles en ce qu'elles peuvent servir d'instrument pour éveiller ce pouvoir de résonance totale qui seul permet de capter et de comprendre une communication divine.S'il est déjà difficile pour nous de voir les Ecritures sous cet angle — et pourtant ce sont des mots écrits — combien plus difficile encore de concevoir la Nature comme une communication (un message codé).Car le "silence" de la Nature est encore plus grand que celui d'un Maître Zen ou de Socrate.La nature est toute entière communication indirecte, i.e.communication des conditions dans lesquelles on peut obtenir pour soi-même une expérience pratique de la Vérité.Ce dont nous sommes redevables à l'Indien, c'est de nous rappeler — idée pourtant centrale dans notre propre tradition — que l'Univers est un tout organique et conscient qui nous parle sans interruption, et que nous pourrions écouter si seulement nous trouvions le moyen de déchiffrer le code qu'il utilise, et l'endroit où il fait entendre sa musique.La découverte de ce moyen et de cet endroit implique des transformations profondes en nous — transformations physiques, psychologiques, psychiques et même génétiques.Ici le facteur Temps intervient; mais comme dit Kabir: "Pourqoi tant d'impatience, mon Coeur?Lui qui veille sur les oiseaux, les bêtes et les insectes, Lui qui a pris soin de toi alors que tu étais encore dans la matrice maternelle, Ne va-t-il pas prendre soin de toi maintenant que tu en es sorti? i Les Reproches de Suzanne i à Robinson Crusoé go m Jean Giraudoux, qu'il faut décidemment cesser de considérer comme un écrivain mièvre et précieux, publie en 1921 un roman, "Suzanne et le Pacifique" (Grasset), qui est l'histoire des six ans qu'une jeune naufragée française de 20 ans, Suzanne, passe dans une Ile de la Polynésie; elle écrit: "Mon cher Simon, Deux lignes de résumé d'abord, pour vous mettre au courant.Je ne suis pas morte, mais Polynésienne.J'ai protégé mon île d'un alligator et d'un cougar.J'ai refusé, malgré des sollicitations, d'être ma propre idole.J'entretiens un troupeau de deux cent trente-trois dieux et de dix-huit fantômes d'hommes.Un ornithorynque suit mes pas, sur lequel est posé le plus paresseux de mes oiseaux.Je vous écris parce que j'ai trouvé dans la poche d'un marin noyé nommé Rudolf Eberlein un étui plein de stylographes, et que l'encre se résorbe.Vous savez tout." Ainsi commence le chapitre 9 de Suzanne, chapitre dont Giraudoux dira plus tard qu'il est le morceau le plus important de son oeuvre, celui où il a concentré sa pensée.Elle décrit son Ile: "Ici tout est luxe, Simon.De longs oiseaux à queue vermil-lonne remontent les gouffres de lumières par bonds, comme les saumons les cascades, jusqu'à l'éclat de soleil dont ils sont nés, de leur queue reprenant l'élan sur un rayon.Chaque arbuste par moi jadis fut sans doute si surpris qu'il porte depuis mon naufrage les fruits d'un autre.Ici les pommiers donnent des oranges, les figuiers des cerises.Ici un monde ou fleurs, oiseaux, animaux et insectes, confondus dans le bonheur, n'ont pas eu le temps à mon arrivée de reprendre leurs attributs: des bêtes poilues pondent des oeufs, les poissons couvent.Tout ce que les poètes seuls voient en France, on le voit ici à l'oeil nu." Puis dans les vêtements du noyé, elle trouve un exemplaire de "Les aventures de Robinson Crusoé".Toute la nuit elle lit avidemment et voici ses conclusions: ".Ce puritain accablé de raison, avec la certitude qu'il était l'unique objet de la Providence, ne se confiait pas à elle une seule minute.A chaque instant pendant dix-huit années, comme s'il était ê toujours sur son radeau, il attachait des ficelles, il sciait des pieux, il clouait des planches.Cet homme hardi frissonnait de peur sans arrêt, et n'osa qu'au bout de treize ans reconnaître toute son île.(.) Méticuleux, connaissant le nom de tous les plus inutiles objets d'Europe, et n'ayant de cesse qu'il n'en veut une ménagère un jour de marché, trois genres de faucilles et faux, et un crible, et des roues dix espèces de panier, plus de filets à provisions que n'en veut une ménagère un jour de marché, tois genres de faucilles et faux, et un crible, et des roues à repasser, et une herse, et un mortier, et un tamis.Et des jarres, carrées, ovales et rondes, et des écuelles et un miroir Brot, et toutes les casseroles.Encombrant déjà sa pauvre île, comme sa nation allait faire plus tard le monde, de pacotille et de fer-blanc.Le livre était plein de gravures, pas une seule qui me le montrât au repos.si bien que c'était moi qui prenais la parole à chaque instant pour lui donner des conseils: .Ne travaille pas trois mois à te faire une table: accroupis-toi.Ne perds pas six mois à te faire un prie-Dieu: là, agenouille-toi.Ne trouve pas le moyen d'avoir ici des éboulements comme dans un pays de mineurs, des accidents d'électricité comme dans un siècle futur.Ton parapluie, ton ombrelle et ton en-cas, tant pis si tu n'arrives pas à perfectionner le ressort qui les tient fermés, laisse-les tout ouverts à la porte des forêts où tu ne peux pénétrer avec eux.Cet arbre que tu veux couper pour planter ton orge, secoue-le, c'est un palmier, il te donnera le pain tout cuit; cet autre que tu arraches pour semer tes petits pois, cueille sur lui ces serpents jaunes appelés bananes, écosse-les." Ne sent-on pas dans ces lignes toute une morale, toute une éthique de la nature, et même tout un système d'agriculture?Puis arrive Vendredi: "Toute cette petite énergie de femme que l'on avait minutieusement construite dans mon crâne comme un navire dans une bouteille, au seul mot de Vendredi, se délabra.Vendredi s'engouffrait en moi jusqu'à mon coeur d'un chemin plus court que celui d'un plongeur de nacre.Tout ce que pensait Vendredi me semblait naturel, ce qu'il faisait utile; pas un conseil à lui donner." Et Suzanne conclut sa lettre: "Voilà, Simon,.comment mon jour le plus triste dans l'île fut celui où j'y fus rejointe par Robinson". INTEGRATION DU^u"11","""% MYTHE AU SENS COMMUN ou M^i^k % Prophétie de joie dans chaque geste par Renée Barrette Perron Corps céleste corps terrestre Je suis un corps à l'image de son âme, un corps joyeux, intéressé, conscient d'être illuminé de l'ère du temps et prêt à partager les plus beaux printemps de la terre.Des légendes vieillottes nous accrochent encore aux mystères du cosmos, un peu comme des marionettes défilant le temps de leurs gestes, de leus ailes.Je suis du cosmos une marionette fragile comme toi qui lit ces mots au bout d'un fil magique, une vibration céleste.Nous sommes un seul corps.C'est une merveille d'apprendre à l'apprécier, l'expérimenter à son propre rythme, l'aimer, le guider là où il faut aller.Etre conscients (nous = ce corps) de toutes ses nourritures, et profiter de toutes ses facultés; tous les corps expriment en quantité et qualité variable la lumière divine, l'intelligence cosmique.Il suffit d'être SENSIBLE A LA VIE POUR LA CELEBRER.Si nous sommes notre propre raison d'être, alors profitons-en.Il faut tripper sa vie au lieu de la dormir, fraterniser et comprendre sans avoir peur.HOUBA! Je fais partie d'un groupe qu'on nomme "K-ébek.Vas/*", quelqu'un a eu un jour l'idée de permettre la naissance d'une famille de mutants, heureuse de participer, à la réalisation quotidienne du village pi ou d'un idéal qui le rejoint.C'est une idée pleine de surprises, c'est l'amour que j'ai pour toi, c'est le geste qui sculpte le paradis."ICébelc V£ inwrucr-oni*narnEC G/*u nocw («m Gkiss^Iji/i^m'I^ G «XX*.¦ to cove- »f coV c -"v Gj.iss fxipcc Uum «Wi WtmWb ana MKiaçt Le monsieur et la cravate Annonce vue dans le Berkeley Barb: le monsieur bien habillé, avec une jolie cravate, élégamment assis sur un tabouret, le pied relevé juste ce qu'il faut, la main poliment tendue vers l'objet en question, nous dit: "Lorsqu'il s'agit de séparer les graines et les branches de votre "$tash", moi.je recommande." L'annonce est sublime parce que tout y est du pfus pur straight* sme: la photo, la pose, ia phrase-réclame.Je texte adjacent.Tout, sauf la gueule du bonhomme, qui ressemble beaucoup moins à monsieur Net qu'au président honoraire de ta ligue des Pushers d'améri-que du nord.41 Problema Delia Cannabis La contre-culture italienne se porte fort bien à en juger par quelques journaux et livrets qu'est venu nous porter un ami récemment.Quel merveilleux plaisir ce doit être de pronon-' cer stone des choses comme: ROSSO VIVO, UNA TAZZA Dl THE, DROGHE E MARIHUANA, CONTROCULTURA, STAMPA-ALTERNATIVA, ou de ra- conter à vos amis que vous allez leur livrer "la documentazione scientifica essenziale sulla droga".Ajoutons que c'est d'un effet fou de lire Crumb en italien.Pour ceux qui voudraient consulter ces publications, elles sont disponibles à MM; vous n'avez qu'à venir et demander Claudio ou Geor-gio ou Christina ou la marna Mi-chaele.MAINMISE 57 Journal d'Impressions Louise Forestier, Gamma, GS-186 C'est, à mon goût le plus totalement subjectif, le meilleur disque des deux derniers mois.Sur des paroles très belles d'elle-même (un seul texte n'est pas d'elle, et de Jean-Claude Germain), des musiques de Lafrance et Perron, l'âme québécoise avec ses grafignes et ses gratignes.Louise Forestier a tous les dons."Depuis cent ans tu nous menaces derrière le Christ cachant ta face.Asteur le Christ a pris sa place." "Je chante en jouai le mécano de mes bobos.".Parmi mes titres préférés: En flèche et en pourquoi, Ballade en Sac d'Ecole et le Cantic du Titanic, une reprise heureuse d'un long-jeu précédent.A quand le jour où Louise Forestier enregistrera un disque des plus belles chansons de Clémence Desrochers?Jean-Pierre Ferland, Le Showbusiness, Barclay 80208Y Tiré d'une chanson ancienne de Ferland: "Moi, je te dis qu'on dégringole, petit à petit on dégringole.".Avec la même "gagne" que celle des "Vierges du Québec", le Grand Tentant de quarante ans récidive, avec des textes un petit peu moins forts, des musiques un peu plus diluées."Swingnez votre compagnie" est même pénible.Évidemment, les journalistes.! Beau Dommage, Capitol, ST 70.034 Simple, sans complexes, à l'image d'une certaine nouvelle jeunesse.-frais.et quoi encore! Ah! oui, quelques fausses notes ici et là.Question de goût! Gilles Vigneault au TNM, Le Nordet, GVN1005 Avec ce disque et le précédent (Pays du fond de moi) Vigneault qui s'était quelque peu effacé ("A trop creuser mon enfance je m'y suis cogné au fond sur la pierre du silence.") reprend sa place sur la "-mappe".Non, la Poésie n'est pas rip.Toubabou, Le Blé et le Mil, Kot'ai 3305 Enregistré à la SuperFrancofête de Québec, ce disque est, musicalement parlant, un des meilleurs jamais produits ici.J'hésite cependant à parler de musique québécoise, si une telle chose, le "son québécois", existe.La moitié du matériel est africain.L'autre moitié consiste en compositions des musiciens du groupe, quelque peu bruyantes parfois.Michel Séguin est le plus beau diable blanc que j'ai jamais vu.Lise Cousineau, la "missionnaire" la plus partie.A écouter sur du "rwandais" (Merci pour l'once, Léo!).Au lancement du disque à l'Evêché, je n'ai eu qu'un regret.: celui de ne pouvoir danser.Jean Carignan, Philo, FI 2001 mm Hi Disque passé inaperçu lors de sa parution et classé, dans les magasins de disques, dans le rayon "Québec"., Pour ceux qui aiment ce genre de musique de "violoneux", à se procurer.C'est excellemment bien fait.ii::iiiii:i:iiiiiiiiii!iiitiiiiiiiiiiiiiiiii:iii:ii::::::::::i::ii Louis Beaudoin, Philo, FI 2000 Même remarques que le disque précédent.Des "reels" -réels et qui swingnent.Dans la même collection, un disque de Philippe Bruneau que, faute de sous, je n'ai pu m'acheter.Germain Gauthier, Pirate, P 20001 De l'auteur d"'Un gars comme toi", une des meilleures tounes jamais écrites au Québec, je m'attendais à autre chose que ce disque aux textes plats de Pierre Létourneau et à la musique mortellement mal faite.Prématuré.A oublier.Michel Chevrier 58 MAINMISE L'ange Noir vient ouvrir le bal qui est brutalement regénéré par le déchaînement rocker du bum cosmopo-litain, freak-out de la "Broad Way", qui libère la frustration de l'énergie du power trip accumulée dans sa sensibilité naturelle et nous fait ressentir visuellement la révolte anti-politique à coups de cocktails molotovs, alors que l'emphase lyrique m'était difficilement transmise, peut-être à cause de la sono du forum.Le gazouillement des projections audio-visuelles et la luminosité des jeux d'expression des Rick and Baker et du Moog Syntheti-zer des troubadours musico-sensuels défilé par Phil débattant l'Espace-Temps cliché, flashé et blowé ben raide dans l'explosion organiquement timée du peuple à genoux joints et cap-temps le magnétisme détonnant du continuel flot de surréalités, successivement démystifiées par le dévoilement féerique de la splendeur kaleidoscopée de la nature par la réalité bio-kosmik de l'enfant roi qui translucide la lueur de l'épanouissement biologique de la renaissance, de laquelle l'Ange Gabriel ressort transfiguré au milieu continuel cinema show stroboscopiquement projeté.J'ai l'impression qu'ils nous télépathisent la raison du changement constant dans l'angoisse du toute personnagifié et de sa déchéance finale dans l'explosion du conscient, dans la fiction relative du mutant atomique et du vieil homme de la boite musicale qui ce-joue la chanson.here it comes again.here is my song.here it comes again.de celle qui l'aime et qu'il aime.L'Etoile de l'espoir vient courronner la fin du show dans Watcher of the Sky.On ressent l'effet yin-yang dè la musique par étirement mélodique, contraction, extension et jaillissement des vibrations moléculaires du désir chaud de l'amour et de la réalité froide du substitut de cette' vie qui appelle au secours à la beauté nuptiale de la réalité absolue.(Période de latence dans le rendement intégral des passes musicales décrescendos et les progressions des crescendos des temps et des rythmes où l'improvisation porte surtout sur l'accentuation.Ceci ce sont mes premières impressions, encore buzzé sur genesis et sur la soul food).La Cour du Roi de la Vie (l'enfant roi) dans l'éblouissement de l'énergie polarisante des déesses stroboscopiquement projetées en cinéma show dans l'incandescent foyer de la solitude de l'homme qui les cherche désespérément dans l'unité kosmik de ses flashs intuitifs dans l'absurde du majestueux ridicule de la volonté psychique du feu des univers humains.L'implacable déroulement musical centré dans le jeu démagogique du sorcier assoifé de la conscience de celle qu'il aime.Puis, plus tard, j'ai rencontré du monde qui les connaissent personnellement et qui m'ont révélé que ce show était plutôt concentré sur le Sex-symbol en contraste avec leurs autres représentations où leur art •original était plus léger, plus centré sur le mime, mais en fonction de leur embourbement financier, la subtilité de leur jeu scénique était plus concentrée sur la grosse machine de la rentabilité économique commerciale exigée par leur tournée américaine.Leur équipement, m'ont-ils dit, n'est peut-être pas encore au point pour une salle aussi vaste que le forum, mais après un succès espéré dans la continuité de leur tournée aux Etats-Unis, on espère qu'il nous reviendront dans leur spontanéité musicale mystique.C'est comme si, en trouvant un aspect positif, ils perdaient un peu celui de leur métaphysique légendaire- Jean Guernon i3r" Wè9 A r Les mîmes électriques: le fin du fin au Patriote.lan" des mîmes électriques, le spectacle donné au Patriote m'a comblé de joie: toute la représentation a été fignolée dans ses moindres détails; pour rajouter à l'atmosphère créée par tes costumes «tes deux mimes, le décor très sobre, presqu'im perceptible clos de façon admirable l'espace de jeu.Quant au spectacle lui-même, a y a une nette amélioration au niveau du rythme, qui jusqu'à présent était beaucoup trop rapide et empêchait la compréhension du message.Et ce résultat est dû en grande partie au fait qu'ii y a maintenant un enchaînement entre les différents tableaux, créant ainsi un tout uniforme dont ta logique Interne apparaît plus clairement.Enfin, à ma grande surprise, le spectacte est déjà renouvelé au niveau du contenu, surtout avec cette fuite sur ta lune qui termine ta programmation.Les mimes électriques: on aime ou on PIPP(IPIR
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