Mainmise, 1 janvier 1975, décembre
numéro 53, décembre 19 PER M- 414 L'Ange et le Motard De Bach à Offenbach L'Octobre du cinéma québécois Bande dessinée Petit lupplément SOMMAIRE DE BACH A OFFENBACH: Petit Nocturne sur les Origines de la Musique Québécoise.page 3 INFOROCK Spectacles du mois.page 7 INTERVIEW: Entre son film avec Leone et son prochain long-jeu: Robert Charlebois jase.page 13 JAZZ: Un médit de Nick Ayoub.page 15 DISQUES DU MOIS De Pink Floyd à Félix.page 16 PETIT SUPPLEMENT ILLUSTRE 16 pages de Bandes Dessinées.page 21 L'ANGE ET LE MOTARD.page 29 LIVRES Guide de voyages intérieurs.page 34 CINEMA Sortie des Artistes?.page 38 ARTS PLASTIQUES Québec 75.page 40 THEATRE: Les élucubrations d'une jeune fille en fleur.page 41 DIVERS.page 42 ALTERNATIVE: Fondation du Village.page 44 Cochon Phlaillé.,.page 44 Répertoire Québécois des Outils Planétaires.page 45 Dossier Province Lac Saint-Jean.page 46 Mere Michel.page 47 MAINMISE est un journal mensuel distribué par les distributions ECLAIR, 8320 Place de Lorraine, Anjou 437 Québec (tél.353-6060).Dépôt légal: 4e trimestre 1975.Courrier de deuxième classe, no 2511.Port de retour garanti par Mainmise.Le journal n'est pas responsable des taches de café ou autres ennuis pouvant survenir aux manuscrits ou aux dessins qui lui parviennent, mais on vous promet de taire attention quand même.Fondateurs: Jean Basile et Georges IKhal.Rédaction, administration, abonnements, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 rue St-Denis.Montréal H2X 3K2.Tel: 843-4792, et 843-5844 pour la publicité.Equipe de production: Claude, Michel Chevrier, André -Gilles, d'Astous, Arabelle.Ont participé à ce numéro: Christian Allègre, Guy Bado, Jean Clouâtre, Kathou Cordeau, Michèle Favreau, Geneviève, Georges Khal, PJerre_Maheu, Yves Poissant, Jean-Guy Prince, Pierre .Voyer, Joyce la cuisinière, Pierre-François Tassé, Clau-uc.^gnon.Nick Ayoub,Edgar Fruitier,Réal Godbout.Guynard, M'^Jjjg^lair, pau| Chamberland, Georges Turcot, Sleepy la GoA e.et re gars de la maison K d'Alma.La photo de la couverture est ce Pierre Guimond.MAINMISE Décemb.1975 2 ED1DRIAL MAINMISE: UNE REVOLUTION PERMANENTE.Il y avait longtemps que l'idée était dan* l'air.Peut-être pas aussi haut qu'elle aurait pu l'être.A moins (c'est même probable) que ce sort nous qui n'étions pas assez hauts pour en saisir la douce musique ou être saisis par elle puisque cette idée était.la Musique.Nous nous sommes retrouvés, après des semaines de vagabondage libertin (ah, le bel été!) autour d'une table bien caféinée, quelques personnes bien décidées, à parler du nouveau Mainmise.Nous avons même songé à un certain moment à donner un nouveau nom au magazine; puisque nous changions de format et décidions de nous foc user avant tout sur la Musique, ferment évolutionnaire le plus actif, seule politique possible dans un monde où chacun aurait droit entier et absolu à sa création — une fois établi le Droit au Rêve pour Tous —, quête la plus directe, mobile pour ainsi dire "instantanée " de l'esprit, n'admettant pour matière qu'elle-même.Il a été question de Mainmise toasté, de Mainmise chromé.l'argument consistant à dire que le nom de Mainmise était brûlé dans la tête de bien des gens nous a finalement paru futile.Mainmise existe bel et Men, envers et pour tous, depuis cinq ans.Mainmise est le seul magazine néo-culturel à avoir traversé, parfois dans le noir le plus total, les crises tant extérieures qu'intérieures.Ne pouvant parler de ces crises qu'avec nostalgie, nous les tairons systématiquement.Si les manques et les critiques parallèles adressées à Mainmise ont été innnnnnombra-Mes, le travail de recueillement, de synthétisation et de propagation des idées, quelles qu'elles aient été et en autant qu'eM«*s nous sont parvenues a été fait.Mal parfois mais toujours absolument honnêtement.Mainmise a eu toutes les tendances, même celle-là.Et Mainmise a, en 52 numéros, parlé de tout.Il était normal que lors de l'éclatement du mouvement contre-culturel tel qu'il existait au moment de la fondation du journal par Jean Basile et Georges Khal - éclatement constaté pendant la Semaine de la CC, à la Bibliothèque Nationale (Ginsbergh aura dit avoir l'impression de se retrouver au milieu de 800 Jack Kerouac) -Mainmise éclate aussi (une fois de plus) et aille dans le sens d'une dispersion provisoire permettant, en deux temps, une mort et une résurrection.Ce premier numéro du Mainmise nouveau se veut à l'image de cette résurrection.Si depuis un an Mainmise n'a que peu parlé de ce qui se passait "dehors" c'est peut-être qu'il ne s'est effectivement passé que peu de choses (ou trop, ce qui revient au même).Un temps pour chaque chose, chaque chose en son temps.OU DE LA MUSIQUE AVANT TOUTE CHOSE.- Nous avions le choix entre deux orientations nouvelles majeures.Qu bien nous allions de plein coeur dans le sens de l'édification concrète de l'Alternative, ou bien dans celui de la constatation cynique et flamboyante (suicidaire sur les bords ) de la Phase Finale de la Décadence du Monde-en-Place.Une troisième orientation ou mieux, un troisième Orient nous a percés de ses pôles: la Musique.Combustible humain numéro Un, monnaie universelle la plus courante, premier langage universel reliant en ses arcanes "toutes les oreilles et toutes les orteils".Chacun, s'il le sait, est millionnaire de Musique comme nous le fumes longtemps ici d'idées.Non que nous ne le sevrons plus.Loin de là.Mais disons qu'une certaine façon d'approcher les choses d'abord par l'intérieur - Mainmise est en ce sens le catalogue à peu près le plus complet en français (et en jouai parfois) des techniques, méthodes, trucs d'Illumination Intérieure - s'est, dans son expression, épuisée.Une façon nouvelle de vivre (car quoi que les Fascistes de tous acabits puissent dire des Intellectuels, penser, c'est aussi une façon de vivre), plus en accord avec la nouvelle sensibilité et concrètement, les exigences plus nombreuses du marché, s'est cristallisée autour de nous.La magie fera ou ne fera pas le reste.Nous nous serons faits les serviteurs les plus attentifs de la Musique, ne perdant - et même les retrouvant - ni le sens critique au milieu de la DD (pour Divine Décadence), ni l'enthousiasme face au Monde Nouveau à faire.Il n'était pas question d'éliminer une orientation au profit d'une autre.Il s'agissait de choisir celle qui les contenait toutes.Quant à la nouvelle définition politique du journal chacun des collaborateurs actuels et nouveaux en sera, en sa pensée comme en sa personne, un fragment.C'est donner la meilleure définition politique passée ou future de Mainmise qui s'engage officiellement ici à ne jamais prendre d'autre parti que celui dp chercher à refléter à travers son équipe l'organictté du grand Village québécois qui finira peut-être par servir de modèle au reste de l'Amérique.A condition toutefois de ne pas sombrer dans la complaisance.C'est le plus dHftcwe. Au moment où le Québec cherche à se définir culturellement, au moment où trop de jeunes musiciens d'ici tendent à reproduire bêtement des modèles venus des U.S.A., il était peut-être bon de faire trois petits tours du bord de nos origines.Nous aurions pu situer le début de notre histoire musicale aux chansons de la Bolduc.Pierre Voyer, l'auteur du texte, a pensé qu'il était préférable de situer l'histoire de l'évolution musicale québécoise par rapport à Bach, le pivot d'un changement majeur que le sabotage politique des villages du Nord a favorisé et, l'introduction du capitalisme en Europe, provoqué.Nous sommes issus principalement de trois grandes civilisations: l'indienne et la celto-nordique, dont l'unité d'organisation sociale était le Village (ce à quoi nous prétendons retourner), la judéo-chrétienne, dont le modèle hiérarchiste favorisa la création des villes et les idéologies nationalistes.L'assimiliation consciente des musiques des autres est notre seule voie, notre piste unique pour chercher la musique "villageoise'' du Nord.Qu'est d'autre le Québec sinon un Grand Village du Nord?"Mon pays, c'est une province Qui vient de lever son jupon Et qui cherche le petit prince Qui lui fera passer le pont.".LES NUITS BLANCHES DE SAINTE-CECILE Nous voulons parler de la musique.surtout de la musique québécoise.Et pour savoir ce qui la distingue des autres musiques, il faudrait passer en revue les formes et les genres-musicaux qui ont existé avant elle.La musique d'avant et d'ailleurs a conditionné l'orientation actuelle de notre musique.Pour que cette recherche d'une situation historique de la musique québécoise ne soit pas réductrice et stérilisante, il faudra qu'on soit déjà fixé sur la relation biologique entre l'homme et sa musique.LACHER SON FOU.Le corps humain est le premier instrument de musique, partout et toujours,.Le premier musicien s'est tapé sur le ventre en même temps qu'il rotait.Celui qui se tapait sur les cuisses avait déjà complexifié et spécialisé le côté rythmique de la musique primitive.Les premiers instruments de musique n'étaient pas encore dissociés des instrumentistes: si le ventre résonne bien, c'est parce qu'il est vide.Le crâne est plein d'idées.Si le crâne résonne bien, c'est lui qui est vide; il y a de fortes chance que le ventre soit plein.C'est toute une fanfare d'instruments naturels que tout-un-chacun a toujours à sa disposition.'L'homme nouveau" que nous fabriquons, l'homme du "village" du nord, accorde une grande importance à la musique.Mais pour qu'il joue sa musique avec le plus d'aisance possible, nous cherchons à mettre sur pied une ma-chine-à-critiquer, dévoreuse de disques et suceuse de concerts, toujours prête à broyer tout ce qu'elle entend, pour préparer sa venue, pour le manifester, lui.le musicien québécois dans ce qu'il a de plus rayonnant.Jusqu'ici notre nationalisme a été complaisant: actuellement beaucoup de gens pensent qu'il suffit d'être québécois pour être "correct".Nous pensons que les hommes d'ici vont arriver à être québécois quand ils vont surmonter les conflits auxquels ils font face.Nous pensons que DEVENIR québécois nécessite beau- coup de choix, beaucoup de "sacrifices".Vivre avec notre place ne sera pas facile.Faire de la musique québécoise non plus.'Ayoye donc! tu m'pinces J'ai la peau du ventre trop mince Ayoye donc tu m'pinces J'ai la peau du ventre tout déchirée".(comptine québécoise) La santé et la musique ont toujours été essentiellement liées.Pour que l'esprit anime le corps jusqu'à ce qu'il produise de la musique il faut que le corps soit disposé à le recevoir.La sensualité du musicien est relative à son "rendement".Il joue pour son "village", ça demande autant de forme physique que jouer pour une équipe de football nationale olympique vendue.L'agilité technique du musicien, ça veut pas nécessairement dire la virtuosité, ça peut simplement prendre le sens de "disponibilité".Bach à l'orgue déployait autant d'énergie que les guitaristes rock les plus spidés.Mais il utilisait toute son énergie dans sa production musicale: la plupart des rockeurs se garrochent partout sans arriver à maîtriser le faisceau d'énergie qui jaillit de leurs corps.Ils délirent; une grande partie de leur énergie est gaspillée.Plusieurs musiciens ont même laissé tomber la santé.Le héros romantique se gruge la santé; il va même jusqu'à se suicider parce qu'il se croit "différent".La santé, c'est précisément l'état de grâce où les "différences" disparaissent.La santé est une lavette magique qui met les hommes et les femmes du "village" sur un pied d'égalité.La participation actuelle de la jeunesse à la musique est impressionnante; les jeunes consomment la musique toute préparée comme une pilule, un speed-calmant, rien de naturel, quoi!.Et l'agilité technique du musicien a été remplacée par des machines.DES OREILLES AUX ORTEILS (RAOUL DUGUAY) Qu'on se frappe dans les mains, qu'on tape du pied ou qu'on danse le corps humain cherche toujours à embarquer dans son état de grâce par le moyen de la musique.Il produit sa musique pour se transporter "ailleurs".Les mains jouent un grand rôle dans la production musicale.Soit qu'elles fabriquent des instruments, soit qu'elles fassent des gestes pour illustrer la musique, les mains participent; elles sont l'outil que le corps entier se donne pour faire sa musique.Dans plusieurs traditions, les gestes et la musique ne font qu'un: le Nô japonais ou la musique balinaise sont des exemples de cette identité initiale du théâtre et de la musique.Le corps a toujours servi de terrain à la pratique musicale.Son équilibre dans le temps et l'espace fournit à la musique un modèle pour le/se représenter; le corps-baromètre s'accorde avec le corps-métronome.et en avant la musique! C'est sur cette base de ressemblances, dans l'identité harmonieuse de l'homme et de l'univers que le musicien communique ce qu'il a de' différent.Au-delà des langues, des nationalités et des différences culturelles, la musique transporte la "ressemblance".Malgré tous les canons esthétiques irréductibles à un seul BEAU, la musique garde toujours sa structure signifiante; les apports individuels ont un rapport signifiant avec la continuité où ils interviennent Si le musicien brise le rythme régulier, s'il coupe le fil.il crée l'angoisse.c'a pu devenir un "genre" à notre époque.Quand on se tourne les pouces, quand on frappe la table avec son crayon, quand on marche d'un pas régulier, quand on se balance, on cherche toujours à entrer dans un état de songe.Beaucoup d'enfants se brassent pour s'endormir.On fait marcher des groupes au pas pour les faire participer à un "esprit" commun; cet état sur-individuel n'est pas étranger au sub-cons-cient des-4,ndividus.Tous les rythmes réguliers sont générateurs de cet état merveilleux.Faire l'amour est un exemple assez convaincant.Dans l'éternel recommencement des saisons et des semaines, dans l'alternance des vies et des morts, dans le temps, c'est avec ces ryth- MAINMISE Décembre 1975-3 mes réguliers que la vie se maintient.Il faut participer aux rythmes réguliers pour engendrer: "je vais et je viens je vais je vais et je viens entre tes reins" (Serge Gainsbourg) "ta chanson répété la navette va bien au métier-à-tisser la navette vient bien au métier de l'été la navette à la main la chanson répété.la couverture est chaude aux motifs à rêver des couleurs de l'été au milieu de l'hiver." (anonyme) Les rythmes réguliers servent partout à provoquer les transes et les transferts mystiques, mais les gens qui s'y adonnent pour se regénérer se soumettent toujours à une discipline, un régime régulier.Si certains pays où les transes collectives sont faciles ont jeté un "interdit" sur le Boléro de Ravel, d'autres comme le nôtre ont perdu le contact avec l'état mystique, très peu de gens savent "écouter le rythme régulier de leur coeur et sentir le rythme régulier de leur respiration.DU VENT DANS LES CORDES VOCALES.La respiration est le seul point de repère expérimental qu'on ait, dans l'immédiat, pour comprendre l'équilibre musical.Son rythme régulier, l'alternance de l'inspiration et de l'expiration regénère le sang, le charge d'une énergie nouvelle que son flot continu répend dans le corps humain.MAINMISE Décembre 1975-4 Comme il est impossible d'inspirer et d'expirer en même temps, on peut dire que l'alternance fondamentale de la respiration conditionne toute tentative de se représenter.L'émission de la voix est impossible pendant l'inspiration, le silence a donc autant de "sens" que la parole ou le chant.Quelqu'un qui ne ferait que retenir son souffle deviendrait vite rouge et gonflé, quelqu'un qui parlerait sans arrêt s'essoufflerait vite.Le langage et le chant s'organisent autour de deux pôles: l'impression (inspiration) et l'expression (expiration).L'accélération ou le ralentissement de cette alternance fondamentale transforme le sens.Prendre une demie-heure pour jouer la valse minute en change complètement la portée.Comme le choix des mots qu'on utilise pour parler détermine le vocabulaire, le choix d'une série de vibrations particulières constitue le champ mélodique.On choisit les sons qu'on veut ça implique un certain "désir", mais le choix des timbres, comme le choix des mots, est relatif aux cultures et aux conditionnements socio-politico-historiques de toutes sortes.Le champ mélodique est donc un terrain de rencontres possibles de ce qu'on veut et de ce qu'on peut.Et comme la phrase relie ensemble des mots, l'exposé mélodique, dans le temps, relie ensemble des mots pour en faire une langue musicale.L'harmonie classique occidentale est un système d'agencements des notes qui dépend d'un choix culturel propre à une civilisation particulière, la nôtre, mais chaque société choisit les sons, les timbres et les instruments selon les rapports affectifs qu'elle entretient avec eux.Telle flûte de bambou, telle casserole, telle canisse, telle voix de petite fille peut toucher quelqu'un.Des peuples entiers se sont laissé toucher par des amours collectives.La signification de la musique dépend d'un choix commun des auditeurs et des interprètes.Sa sacralisation d'un instrument en particulier répond à la spiritualité de toute une collectivité.René Simard fait vibrer les coeurs des mères québécoises comme l'accordéon musette illumine l'âme des parisiens: les voix graves de Marlène Dietrich et Za-rah Leander exaltent l'âme germanique et Scandinave.En principe ils sont ceux qui saisissent pour tous les "sens" de l'élan collectif, mais chacun garde sa "personnalité".La manière de jouer, autant que le matériau, traduit "l'âme" de chacun et conditionne en même temps l'expression de cette âme.La mélodie et l'harmonie sont des éléments historiques de la musique; les timbres choisis varient partout dans le monde; ce qui est criard pour certains occidentaux représente peut-être le suprême BEAU ailleurs.là où la voix de Claire Gagné peut être perçue comme un affront esthétique scandaleux! C'est finalement le rythme qui est universel, l'équilibre bio-cosmique.Mais l'interpénétration du rythme et de la mélodie rendent inex-pliquable le miracle musical.D'une part l'harmonie suppose un équilibre spatial, une matrice englobante où tous les sons différents d'une même mélodie reconnaissent leur identité; elle tue le temps.D'autre part le temps décore la durée de chaque note; après son émission, elle disparaît.à moins qu'une répétition vienne la ranimer.Quand cette répétition est un changement de note, il y a mélodie sur le rythme mais puisqu'elle dépend d'un d'un choix dans le temps et l'espace, c'est à travers son devenir que la mélodie révèle l'harmonie.On ne peut pas poser des termes absolus et affirmer que le musicien exprime son universalité par le rythme, et son appartenance à une culture, par l'harmonie.La musique é-chappe à ce genre de dissection; en tant que "collectif", le musicien reste le gardien du rythme de l'harmonie, le responsable de leur maintien.Chaque brisure, chaque écart deviendra, l'expression de son individualisme.Ce qui le distingue va devenir repérable; l'importance du compositeur est symptômatique de notre ci- vil isation.Si la manière de jouer traduit l'âme de chacun, le matériau musical collectif et l'universalité du rythme régulier conditionnent en même temps l'expression de cette âme.BACH ET FILS LTEE.Le succès des gens qui se sont hissés dans l'échelle sociale en vendant des choses aux "nobles" a changé la face du monde.Chacun s'est mis à vouloir vendre ce qu'il avait de bon et de moins bon.Les musicien n'ont pas fait exception; leur talent est lentement devenu une valeur monnayable.La grande cohésion qu'a connue la société féodale du Moyen Age a été dynamitée par cette nouvelle merveille, le commerce, au moment où l'orgue avait été choisi et sacré parce qu'il représentait toute la stabilité, terrienne et spirituelle, des "villages" médiévaux.Une combinaison du jeu des mains, des pieds et du souffle (vent) permettait dorénavant à un seul musicien d'arriver au bout de multiples efforts disciplinaires, à produire une musique multi-di-mensionnelle.à trois paliers simultanés.et tous les jeux que ça suppose.Le Moyen Age nous a laissé l'orgue comme le symbole de sa réalité spirituelle, comme les poumons où bat le coeur d'or des cathédrales.A force d'attention, l'organiste devenait musique; il était "sa" musique.Dans le trio, le quatuor, le quintette et tous les autres "ors" et "ettes", le compositeur deviendra Quelqu'un parce que d'autres le jouent.C'est sans doute le rayonnement de l'organiste, avec les circonstances historiques qui ont porté les musiciens de l'époque à vouloir l'imiter en développant l'orchestration.Mais il y avait aussi le commerce qui allait développer l'échange et susciter l'apparition dans les villes d'instruments plus légers que l'orgue venus de partout On posait les bases de l'orchestre tel qu'il allait se développer dans l'histoire occidentale.Le développement de l'orchestration allait cependant exiger qu'un homme prenne la plume pour écrire la musique que plusieurs musiciens devaient jouer.La musique se désacralisait à mesure que grandissait la distance entre les interprètes et ce qu'ils jouaient.Jusqu'alors la musique avait été religieuse.Les lois que les musiciens du XVI ième siècle allaient mettre sur pieds touchaient encore de près à la mystique médiévale: elles étaient encore toutes pleines d'une connaissance sacrée que leurs contraintes normatives allaient progressivement étouffer.La musique profane apparaît avec "le monde moderne".LE NOMBRE D'OR Le travail architectural, collectif et spirituel, des constructeurs de cathédrales allait céder le pas aux plans des architectes.Mais comme l'architecture italienne de la Renaissance n'était pas encore étrangère au "nombre d'or" de l'initiation pythagoricienne, la musique gardait aussi une saveur initiatique.Il ne reste aujourd'hui que des signes larvaires de ces origines: le poème qui donne aux notes leurs noms et le souvenir du caducée dans la transcription des clés de Sol et de Fa.UT queant Iaxis REsonare fibris Mira gestorum FAmuli tuorum SOLve polluti LAbii reatum Sancte Johannes Pour que tes fidèles puissent chanter de toutes les fibres (de leur âme) les merveilles de ta vie-purifie leurs lèvres souillées par les choses ô Saint Jean! Guido D'Arezzo (995-1050) a établi les noms des notes d'après le texte de Paul Diacre, War-nefrid, historien lombard (740-801).Toute la série conduit à DO, le dominus unificateur Ces lois et le respect de ces lois musicales devenait la normalisation d'un savoir initiatique qu'on enterrait.Comme l'alchimie devenait, dans sa forme écrite, la chimie, les maîtres de solfège transmettaient des lois qui n'étaient plus transparentes.La notion de compositeur s'est développée avec avec la Renaissance, mais c'est d'abord des LOIS qui ont conditionné la fonction de compositeur.Jusque là, même si elle avait été réglementée, mesurée et organisée, la musique était restée indépendante de la valeur individuelle.A présent l'imprimerie venait donner un bon coup-de-main à cette transformation; la musique écrite allait devenir la seule musique "officiellement reconnue" de notre civilisation.Le mythe du compositeur s'est installé comme une valeur culturelle au sein des sociétés où l'impossibilité de perpétuer le transfert du profane au sacré vidait les actions individuelles de tout fondement spirituel.La fabrication de l'individu était le nouveau but mythique des sociétés en voie d'accéder au statut de nations,.La notion d'individu se présentait comme le moyen de résorber la contradiction de l'homme qui se retrouvait avec une force divine entre les mains sans pouvoir l'orienter.Le rayonnement de l'individu par ses possessions et la force matérielle allait remplacer le rayonnement originel de celui qui se contentait d'être sans essayer de tout avoir."L'art militaire" allait délaisser les causes mystiques, comme certaines croisades, pour se mettre au service de la conquête individuelle.Avec le concours d'une grande qualité de possessions matérielles, la volonté de puissance individuelle aveuglait désormais la capacité de présence de chaque individu.Plus j'en ai.plus j'en veux.moinsjesuiscequej'ai.La musique est restée sacrée jusqu'à ce que les monarches s'accaparent les compositeurs, c'est là que ceux-ci ont commencé à se distinguer en tant que "personnalités".Ils se sont désacralisés pour rentrer dans le moule modernisant du monde.A travers le papier, c'est le chemin qu'a pris la musique.Le compositeur écrit peut-être des musiques inspirées des autres, pour les autres mais son écriture trahit la magie du phénomène inexpliqué; il perd la clé de l'événement musical où le MOI et l'autre se fondent en une seule musique.Même si l'autre peut ê-tre présent dans la musique écrite, en tant qu'auditeur ou interprète, la suprématie de l'écrit dans le processus de composition musicale de notre civilisation "officielle" présente les mêmes symptômes que tous les systèmes signifiants de l'Occident chrétien.et après.On m'a raconté que Bach improvisait divinement.Quant il s'inscrivit à un concours d'improvisation en Italie, tous les autres participants retirèrent leurs candidature.C'est une histoire! Par les longues soirées d'hiver allemandes, la vingtaine de fils Bach transcrivent des partitions.C'est une entreprise pédagogique: ils apprennent les lois musicales à travers la transcription de la musique de leur père.Le grand organiste savait que les canons de l'harmonie étaient- ils le sont toujours- les symboles de la vie organique; ils sont des outils qui servent à la transcender.On pourrait établir des rapports analogiques entre les sept notes et les sept planètes, les douze demi-tons et les douze maisons du ciel.En tant que signes, nos notes appartiennent à la grande famille Esotérique.LA SONATE A partir du XVII ième siècle, les lois classiques de l'équilibre musical étaient devenues les derniers vestiges de la numérologie traditionnelle.La construction des oeuvres allait ê-tre rigoureusement surveillée pour qu'on ne perde pas la "quinte", le fondement même de l'équilibre harmonique, la loi des trois qui préside à toute création et la loi des sept, sa mise en marche.La première et la cinquième notes d'une série de sept est la base de toute l'harmonie classique.do ré mi fa sol la si 1 2 3 4 5 6 7 (les notes blanches du pianos) La huitième note est un deuxième DO: la répétition d'une même note est 8 ou encore DO l'infini .les possibles multiples.Si on superpose à la série de sept notes une série de douze notes, en utilisant les demi-tons (les notes, noires et les notes blanches du piano) notre SOL devient la huitième note de cette nouvelle série.Ce trésor analogique n'est pas sans évoquer la "quintessence" des alchimistes que la philosophie n'allait pas tarder à mettre en boîte pour en faire une "concept" vidé de toute matérialité.La sonate était une forme intime.Elle pouvait être jouée par un instrument solo, quand celui-ci pouvait s'accompagner (l'orgue, le clavecin, le piano) par deux instruments (le violon et le piano; la flûte et le clavecin, etc.) et même par trois instruments quand l'équilibre l'exigeait.L'Orgue reste une magnifique synthèse des trois fonctions, les deux mains et les pieds permettent à un seul musicien d'être un trio.La structure d'interprétation de la sonate ressemble donc à celle d'une des formes les plus courantes du jazz.Le pianiste peut être seul ou il peut, comme pour la sonate classique, jouer des mélodies sur l'accompagnement d'une contrebasse et d'une batterie.Dans le jazz, quand le piano abandonne la mélodie pour se joindre à la batterie, il devient un instrument de percussion.C'est ce qu'était le clavecin dans le continuo du XVII ième siècle; il tenait lieu de batterie-clavier.Le piano électrique a souvent cette fonction dans la musique d'aujourd'hui.Un trio de rock comme Cream, Jimi Hendrix Expérience et bien d'autres, construit sa musique selon les lois d'un équilibre classique des timbres.Au XVIlième siècle, les exigences classiques des "mouvements" traditionnels renforçaient la structure de la sonate.Plus la structure est solide, moins les pirouettes des solistes sont dangereuses.Notre obsession historique du "compositeur" nous fait pourtant écarter a priori la possibilité de concevoir une sonate du XVIlième siècle improvisée.Si chacun des interprètes connaissait les lois des alternances harmoniques, le compositeur aurait bien pu n'accoucher que d'un thème.propice aux "traitements" de l'époque et à l'expression des "individualités" impliquées dans l'interprétation.LE CONCERTO La musique écrite était vraiment la forme idéale puisqu'elle nous a permis de ne pas oublier les lois: mais elle bloquait toutes les sorties de folie individuelle.Le soliste est un héros capable de percevoir et d'exprimer pour tous.En transposant dans sa musique des émotions personnelles, il révèle l'innommable commun à tous.C'est seulement au bout d'exercices techniques ti-tanesques et sous la direction d'un chef particulièrement rayonnant qu'un orchestre peut arriver à la même révélation.Le concerto est une sorte de compromis entre le délire individuel des solistes, la créativité des compositeurs, et la musique "officielle" écrite.Le choix des trois mouvements traditionnels établissait une base solide, un terrain sûr où le soliste pouvait danser, pirouetter, chevaucher, s'épancher et lyrer à MAINMISE Décembre 1975 5 sa guise.Le dialogue du soliste et de l'orchestre a été la forme musicale la plus choyée depuis le minieu du XVIIlième siècle.En même temps que l'industrialisation donnait aux bourgeois l'illusion d'une ascension libératrice, par rapport à la noblesse, la forme concertante représentait cette illusion moderne.L'individualisme est né de l'autonomie financière des bourgeois; si le savoir monnayable du soliste avait pu être acheté par les orchestres que les monarches finançaient, il pouvait aussi bien satisfaire les bourgeois.LE HEROS ROMANTIQUE Le soliste n'est pas un guerrier, son héroïsme réside dans sa croyance à l'âme.Un héros romantique sacrifie cette croyance passionnée sur l'autel de la forme concertante.L'âme torturée du héros sacrifié qui s'exprime va se garrocher dans les effets; la virtuosité, les "passes", les lizteries et les chopina-des.L'orchestration va devenir le meilleur moyen de supporter' l'expression d'un MOI héroique.L'aspect solaire de ces héros apparaît dans le maintien de la tension entre le flash mélodique et l'ossature harmonique.Chaque écart est une possibilité de transformer toute la structure, à moins que l'orchestre, le monstre, ne le dévore.Erik Satie, l'auteur de Gymnopédies.est un héros solaire puisqu'il a surtout pratiqué le solo systématique, sans excès de fion-nages, en même temps qu'il trouvait toujours des textures nouvelles, des manières de jouer.Les solistes romantiques n'ont pas vraiment attaqué les normes traditionnelles de l'harmonie avant la fin du siècle dernier.Si l'identité retrouvée du MOI et de la nature avait permis à Goethe d'expérimenter sur soi-même un alchimie toute proche de celle des alchimistes du XVlième siècle, s'il avait pu travailler sur la transmutation des états multiples de la matière en OR-UN, les romantiques qui l'ont suivi ne se sont pas adonnés à ce genre de travail.Ils ont plutôt cherché à manifester cette nature, à l'état sauvage, contre' les lois rigides de la culture et de l'économie politique.Le travail de Goethe ressemble d'avantage aux fugues de Bach qu'aux salades d'asperges romantiques.L'analogie des lois organiques et des lois classiques enlevait à Bach le souci de surmonter la contradiction à laquelle Mozart se heurtait déjà: la contradiction romantique.Le compositeur qui écrit sa musique réduit, en le faisant, "l'autre chose" innommable de lui-même qu'il veut représenter.Toujours en réaction contre le militarisme omnipotent des monarchies qui devaient être remplacés par l'industrialisation et la bourgeoisie, la musique s'est laissée dévorer.Les riches se payent des musiciens officiels qui peuvent écrire ce qu'ils veulent entendre.Les autres musiciens sont des interprètes qui attendent d'accéder aux rares postes d'écrivants officiels.Ceux qui veulent encore écrire de la musique doivent se battre pour la faire jouer.Ils y arrivent à travers des vies très dramatiques, comme dans les films.C'est le héros romantique Beethoven, politisé, mais récupéré par la forme.La hiérarchie sociale qu'il voulait dénoncer était représentée par la structure interprétatrice de ses oeuvres.sauf "quand le maître cessa d'être encombré inutilement par un sens de l'ouie" (Salinger), dans ses derniers trios et quatuors où son délire orchestral cède la place au calme simple.Les symphonies et les concerti trahissent l'oppression des employeurs pour qui, ils étaient écrits.L'idéologie bourgeoise, son individualisme mythique, jaillit d'une brève ana- MAINMISE Décembre 197 5 6 lyse du concert.L'Orchestre (les ouvriers) accompagne le soliste.Le chef (le contremaître) dirige le tout.Le soliste - compositeur (architecte) veut dire quelque chose, mais ses élans sont immédiatement récupérés par l'orchestre qui fait vire le chef.Lui, il ne touche à rien.ou plutôt, il ne touche qu'à sa baguette; il ne participe qu'en esprit à la production des sons.C'est lui qui lit la partition; il maintient l'ordre (le temps).Le délire du pianiste est récupéré.Les solistes rock sont des héros romantiques, dans le sens qu'ils improvisent à l'infini des variations d'ornementations sur une armature harmonique qui ne change pas.LA PEINTURE SYMPHONIQUE Le développement de l'écriture musicale a suscité une prolifération enrichissante d'effets d'orchestre .L'"autre chose", ce qui était représenté, était ailleurs, un état d'âme du compositeur ou un paysage.Devant la récupération des "états d'âmes" de solistes, les compositeurs du XIX ième siècle se sont mis à décrire la nature: ils cherchaient à faire des paysages en se servant des possibilités accrues de l'orchestre.La mer de Debussy, les Saison de Glazounof, etc.Dans son livre La Théorie du Nuage.Hubert -Damisch analyse la peinture occidentale depuis le XVième siècle.Il arrive à des conclusions qui révèlent aussi la suprématie de l'écrit dans notre civilisation.L'illusion de trois dimensions sur un panneau qui en a deux (la toile ou le mur) a été un mythe fondamental de la représentation occidentale.On y a conçu la couleur dans la dépendance technique du contour; la peinture - à - numéro, les livres-à-colorier et la peinture hyper-réaliste américaine sont les meilleurs porte-parole de cette tendance.Le choix des couleurs est relatif aux cultures et aux individus, mais les lois organiques de leurs mélanges sont universelles.En mettant différentes couleurs dans les cases délimitées par le dessin, je peux, comme le musicien classique, suivre des règles précises.Comme la fugue qui retombe toujours sur son pied et qui ramène toujours à une seule tonalité tous les élans harmoniques qu'elle lance dans tous les sens, la peinture classique réaliste utilise l'harmonie des couleurs et le.point-de-fuite unique pour conférer au tableau l'illusion de la réalité à trois dimensions.La perspective à point-de-fuite unique per-mais pour conférer aux choses représentées la mais pour conférer aux choses représentés la "réalité", il faut en faire le sacrifice.Ce qu'on voit représente toujours autre chose." Le verbe s'inscrit dans l'espace pictural comme un manque (Damisch).On peut dire la même chose de la musique descriptive, "à thème".L'idée directrice était de rappeler "quelque chose de repérable".Le contact intime qui s'établit entre l'auditeur et la "mer", par exemple, est un mirage qui ne laisse nullement paraître la machinerie lourde de l'orchestre symphonique.Avec le siècle nouveau, la musique impressionniste ne tarda pas à céder le pas à une nouvelle forme de musique symphonique où "l'autre chose" qu'on représentait allait devenir les calculs mathématiques des compositeurs modernes.Dans cette nouvelle forme musicale, les compositeurs écrivent leurs écarts.Leur musique est devenu un jeu intellectuel.LE JAZZ Quelque part dans le sud.les mouches dansaient le boogie autour d'une tranche de melon d'eau.Il n'y a pas de compositeur ni de papier; les lois sont les doigts.Selon les positions des mains sur les instruments, on établit des points-de repère.La quinte demeure la base harmonique, peut-être parce que les instruments utilisés étaient les descendants d'instruments européens, la guitare, le piano ou même l'harmonica.Toute la musique rock s'est construite autour de deux accords en quinte; c'est la permanence du rythme régulier qui a été son terrain d'innovation.Le cul et son serpent voulaient chanter par dessus la tête.c'est fait! On leur a même vendu l'orchestre symphonique pour qu'ils s'expriment mieux.La technique moderne nous fournit même des machines qui remplacent les orchestres.à peu près.Ca lui enlève sa seule raison d'être.Le concert est une des rares "cérémonies" du monde moderne.La présence de l'orchestre établit un champ de vibrations favorable à l'événement transformateur qui conduit les spectateurs vers le superinstant libérateur.Pour ce qui est de la musique subventionnée, le concert est une réplique d'une cérémonie où l'histoire s'introduit de force dans le vécu.On rejoue toujours les mêmes tounes.Le jazz était venu rétablir la magie de l'instant, le rock a repris le "jam", mais le commerce a trouvé le moyen de mettre en boîte les plus rebelles.Les rockers jouent des "hits", comme les orchestres symphonique.Le disque allait devenir une nouvelle manière d'écrire la musique.Il n'est qu'une réplique, mais il est conçu pour en être une.et sa qualité de reproduction lui donne aujourd'hui les moyens d'inciter les auditeurs à une cérémonie, plus secrète.Le disque est une nouvelle forme musicale: il a suscité le développement d'un nouveau langage musicale qui n'a plus que très peu en commun avec l'orches-tre-de-concert.Le développement de l'aspect dramatique du rock a récemment poussé les groupes à chercher de nouvelles manières de "jouer en cérémonie".Le super-instant musical a repris son pied d'estal.LA MUSIQUE QUEBECOISE Toutes ces sortes de musique sont bien représentées dans le Québec d'aujourd'hui.On ne peut pas dire que la gigue soit la forme populaire la plus choyée.notre rythme s'est accéléré; on écoute du rock.Nos musiciens sont déchiquetés par les griffes des clauses de contrat,."L'hiver est long, l'été trop court." Vigneault On peut quand même se demander quelle est la musique qu'on veut se faire ici.Quelle musique se ferait-on les soirs d'été?Les soirs d'hiver?.Le village du nord aura deux formes musicales pour ces deux moments.La musique d'été une samba délirante pour la fête.La musique d'hiver, de longues constructions, parfois savantes.Notre musique d'été tient du jazz et du rock, du grouve primaire.Celle de l'hiver nous apparente aux nordiques, de Gentle Giant à Pollen, de Soft Machine à Maneige.Nous avons deux tendances.Le défi d'être le musicien du village! Il faut surmonter la contradiction, la résorber dans une forme intégratrice.La musique modulaire travaille dans le sens de cette intégration; on choisit des "patterns" toujours un peu croches et impairs qu'on arrive à délayer en rythme pair, à force de les répéter.La tendance "écrite" persiste dans le choix d'un écart, mais l'expression spontanée, erotique et magique, du musicien prend le dessus quand un certain nombre de répétitions a permis l'assimilation du module, un rapport sensuel entre l'homme et son signe.Tant que nous n'oublierons pas que nous sommes avant de l'avoir, notre musique.Pierre Voyer Des circonstances frustrantes ont empêché le groupe québécois Le Match de jouer en première partie.Le spectacle a commencé en retard, avec le groupe anglais 10 CC.C'était très fort et le volume n'a cessé de monter.A la fin.j'avais les oreilles enflées.10 CC donne un spectacle précis où ils jouent tous leurs hits de Wall Street Schuffle à leur plus récent 45 tours qui doit sortir sous peu.Ils sont extrêmement professionnel.C'est avec beaucoup d'humour qu'ils présentent leurs chansons.Ils chantent tous: le batteur barbu qui a une si belle voix de falsetto sur disque fausse terriblement en spectacle C'est avec une bande de studio qu'ils ont interprété I'm not in Love .un peu après qu'ils aient impressionné leurs fans haletants en faisant One night in Paris.C'était une soirée très dynamique où j'ai surtout apprécié la précision des musiciens.Même s'ils jam-ment heavy, même s'ils se complaisent dans une certaine facilité traditionnelle au niveau de la forme, ils font bien ce qu'ils font, sans prétention.Il arrive même que des belles surprises musicales jaillissent tout à coup d'un océan de décibels délirants.Leur humour et certaines de leurs chansons évoquent vaguement les Beatles.on y trouve le même plaisir de faire de la musique.Les musiciens de 10 CC ont du funne sur la scène et c'est communicatif! J'ai passé une très bonne soirée.Pierre Voyer Il est toujours intéressant pour un québécois de considérer ce qui sort musicalement de l'Ontario puisque jusqu'à date, cette riche province a produit Neil Young.The Band éf quelques autres "stars" rock internationales.Un des groupes les plus populaires de Toronto, en ce moment, LICK'N STICK était à Montréal à la mi-octobre pour deux semaines au club MOUSTACHE (rue Closse), une sorte d'EVECHE de l'Ouest Il eut été bien peu probable que nous allions couvrir le spectacle si ce n'avait été de la gentillesse et de l'enthousiasme qu'eut leur gérant à nous inviter à venir les entendre.Mais qui diable veut aller écouter un groupe rock ou Moustache?On s;y rend quand même.Et la surprise est agréable.Un jeune groupe décidé, urbain, sachant exactement ce qu'ils veulent, lent.La personnalité du guitariste-chanteur.Paul Vigna.domine l'ensemble.Tour à tour facétieux à la Harpo Marx ou sérieux à la Bob Dylan ou lyrique à la Jim Morrison, il enfile chacun des morceaux blues-rock qui sont leur spécialité avec une ténacité d'exilés, acharnés à ne vouloir faire qu'une chose et sans compromis aucun.Columbia de Toronto a décidé de mettre le paquet dessus et de les faire connaître aux Etats-Unis.Il se peut bien que d'ici un ou deux ans ce groupe perce quelque part en gros.Alors avec émotion vous vous souviendrez de cet article et moi avec non moins d'émotion je me souviendrai de cette soirée au Moustache et pourrai me vanter à mes enfants d'avoir été là à leur premier concert à Montréal.OFFENBACH AUT'CHOSE Le programme fourni par la Place des Arts indiquait: SOIREE ROCK.Entre gens bien élevés, comprenez-vous.Chaude dans l'air, la question: qui allait commencer le spectacle.Important ça.car les derniers seront les premiers.D'autant plus que les deux groupes visaient très manifestement la même cible.Vo yeu-le mé zosti.this is the ROCKER SHOW.Impartial, je suppute qu OFFENBACH va commencer et AUT'CHOSE va terminer.Pan toute.C'est un départ au Mai sonneuve et c'est AUT'CHOSE.Etrange, c'a dû gueuler quelque part.Francoeur semble légèrement tendu.Le groupe joue très efficacement mais l'aura bouge pas d'un pouce.Tout y est pourtant et Francoeur donne une fois encore l'impression qu'il ne va pas se faire écœurer Et comme il chante l'amour, tout le spectacle est tendu au coton entre la guerre et la paix.Tout voudrait que ça passe: le groupe est au courant, la foule est au courant, tout le monde est au courant.Mais ça passe pas.Et c'est pas la faute à Francoeur.Sauf une chose: il chante ses vers, les parle, mais ja- LA GRANDE VIREE! L'Ile d'Orléans, la Mauricie et le Saguenay sont parmi les seuls lieux privilégiés où l'on se tape encore une vraie soirée "du bon vieux temps".Avec La Grande Virée - Festival de Musique Traditionnelle -I Outremont nous y a transportés.Jos Bouchard, sur son trente-six.a repris orgueilleusement des airs de violon qu'il avait déjà enregistrés sur 78 tours.L'accordéoneux Gilles Paré.lui.a su si bien transporter son monde qu'une bonne vingtaine de gars et de filles s'est mise à danser, sauter et taper des mains dans les allées du cinéma.Avec Paré, on passait du concert à la Fê- te.Faut dire que Louis "Pitou" Bou-dreault avait déjà réchauffé bien des coeurs en racontant d'abord l'anecdote qu'allait lui rappeler son violon.Qu'on ait retrouvé son grand-père ou son arrière - grand-père, on a tout de même retrouvé son patrimoine.Le Rêve du diable (un groupe de trois jeunes musiciens) a prouvé qu'il est encore temps de sauver cette belle musique et de la transmettre pourvu qu'on sache d'abord l'écouter et prêter l'oreille aux raconteurs.Heureusement qu'il nous reste encore., "des vieux Pi-tous"! J.L.mais ça lui arrive de jammer, improviser musicalement sur les sons de ses vers et devenir lui aussi un instrument à la Robert Plant.Son groupe est bien trop bon pour qu'il ne se donne pas la peine de pénétrer beaucoup plus profondément dedans et de se laisser emporter dans un long jam.OFFENBACH arrive.Evidemment sans Pierre Harel.Ils ont l'air sérieux et décidés à jouer un bon deux heures sans arrêt et à déposer le paquet dans nos oreilles.Et c'est exactement ce qu'ils font.Deux heures sans bavures, sans faiblesses, les muscles bandés ben raides pour que sorte droite la flèche.Morceaux après morceaux, la maturité du groupe s'impose.Et ce n'est pas à la force qu'on la devine, mais aux silences, aux temps ralentis, aux voix chantant haut et lentement, à cette façon si difficile à apprendre pour tant de groupes de passer du fort au doux, du vite au ralenti, de la colère à la tendresse.On pourrait compter les cicatrices à certaines chansons.Mais c'est à la dernière qu'on n'en croit pas ses yeux et que la tête se laisse totalement convaincre par ces guerriers qui ont laissé tomber les armes.Dans l'Hymne à l'Amour, alors que la musique déploie ses grandes ailes sympho-niques, sur l'écran arrière atterrit lentement un grand aigle blanc.Le frisson est dans la salle et les dos vibrent discrètement.(Note: en y repensant je me dis qu'OFFEN-BACH serait le TRAFIC du Québec) La soirée elle-même est en cause et responsable si AUT'CHOSE n'a pas été à la hauteur et que ça été un triomphe pour OFFENBACH.Dans un cas.la Femme - Muse s'est absentée pour un soir.Dans l'autre, l'oiseau-dieu est venu les habiter.Ce soir-là.Georges MAINMISE Décembre 1975-7 JETHRO TULL Pierre Voyei Comme je suis arrivé en retard au Forum, je n'ai heureusement subi qu'une partie du spectacle de Gary Wright.C'était assez! Tous les claviers électroniques imaginables étaient sur la scène.Il y avait aussi une sorte de chanteur hystérique qui se garrochait partout avec un clavier qu'il avait attaché, comme une guitare, autour de son cou.Une chanson de plus, et je me mettais à souhaiter que la courroie se resserre jusqu'à l'égorger.Ils étaient trois qui jouaient des claviers; aucun ne savait jouer! Enfin Jethro Tull vint! Ian Anderson avait toujours sa jambe agile et on pouvait percevoir, dés le premier morceau.Thick as a Brick.une exubérance presque aussi folle que celle du premier groupe.Les gars étaient m forme et ils ont présenté un excellent show presque exclusivement fait de vieux hits.La grande innovation, ça n'a pas été pour cette année.C'est au niveau des effets scéniques que Jethro Tull a réussi à impressionner beaucoup de monde.La musique devait sacrifier une certaine précision qu'on lui connaissait pour donner aux effets scéniques un maximum d'impact.Ces effets allaient du ballet habituel de Ian Anderson aux bombes de fumée, en passant par les barres blanches et noires du bassman.Jeffrey Hammond-Hammond portait un costume rayé dans tous les sens, noir et blanc: il jouait sur des guitares rayées, noir et blanc, et il conduisait sur scène un zèbre., un faux! Quatre jeunes filles en robes noires, avec des perruques blanches, apparaissaient quand la musique s'adoucissait assez pour qu'on puisse entendre leur quatuor-à-cordes.AU FORUM Tout ça était bien réglé.Anderson jouait au ménestrel; il en avait le costume: un collant gris laissait voir toutes les formes de ses cuis- ses et une braguette renchaussée illustrait ses plaisanteries erotiques.Le guitariste portait un complet rouge; le pianiste un complet blanc; le batteur des shorts noires.Ca bougeait.Ils se pitchaient en l'air à tour de rôle.C'était essoufflant! Mais le contraste fondamental de Jethro Tull était présent: la ballade médiéval et le heavy rock se côtoyaient amicalement, avec plus de sympathie que jamais.Le pianiste a poussé cet art du contraste en nous donnant, au coeur de son solo, une page de Claude Debussy.Doctor Gradus ad Parnassum On peut dire que Jethro Tull n'a pas beaucoup changé depuis quelques temps: c'est-à-dire qu'on a vu au Forum ce qu'on s'attendait à voir.L'âge des grandes idées, des en-vollées mystiques et l'aspect "chronique de son temps" qu'on retrouvait dans My God et Thick as a Brick.tout ça semble révolu.C'est moins évident maintenant: la grande prière est devenue un numéro de cirque.Anderson dansait déjà en 67, maintenant on dirait qu'il chante pour se reposer de ses poses.Il est toujours admirable et magnifique, mais je cherchais le "message" dans tout le Forum sans arriver à le trouver.c'était peut-être celui que je savais déjà.C'est sans doute pour ça qu'ils ont décidé d'axer leur spectacles sur les vieilles chansons connues.Locomotive Breath, Wandering aloud.Aqualung, plutôt que sur les nouvelles pièces de Ministre/ in the Gallery qui ne se distinguent pas particulièrement.C'est une évocation moderne - par fois violente — d'un passé très lointain.Les mélodies sont médiévales et l'arrangement électrico moderne Jethro Tull est soi-même, avec humour.En plus d'enrober avec une sauce antique des mots "crus", ils vont jusqu'à jongler avec des boules blanches, les pommes de route que le zèbre leur laisse au passage.Ils sont des musiciens de cour, une sorte de compromis heureux entre le Moyen Age et l'époque contemporaine; Ian Anderson est le fou de tous les petits rois qui peuvent se le payer aujourd'hui.Hélas! Sa flûte enchantée ne chante presque plus.Elle lui sert de bâton.Il la fait tournoyer au-dessus de sa tète blonde enflammée — lionnesque!: de majorette médiévale dont la gaillardise n'est plus à louer II en joue encore, bien sûr.mais son solo se résume à ses délires sonores où il crie, crache, chante, chuinte et chuchotte, tur-lutte et joue en même temps.Mais comme on connait bien le gen- // parait que le Centre Paul Sauvé va organiser ce qui pourrait bien être l'événement kitsch de l'année: la réunion des groupes 'colorés de l'époque du pré-psy-chédélisme québécois.Le spectacle qui s'appellerait Rockétaine nous ferait revoir Les Classels.les Excen- triques, Les Gants Blancs, Les Habits Jaunes, etc.Peut-être qu'ils réaliseront enfin nos rêves et nous feront voir les produits de notre imagination d'alors Les Bébés Bleus, Les Dents Vertes.Les Boutons Mauves, Les Caleçons Bruns-en aviei-vous imaginé d'autres! re.on attend qu'il soit surmonté.Ce qu'on connaissait moins, ce sont ses talents de ballerine électrique: il nous a en révélé la face cachée.Il a perfectionné sa danse, mais il reste à craindre qu'il s'habitue à quelques stepettes.comme il s'est habitué à quelques passes de flûte!.Il faut quand même voir Jethro Tull pour s'habituer.Y aura-t-il une prochaine fois?C'était peut-être l'ultime résumé de ce qu'a été le grand Jethro Tull qui va virer dolle à moins qu'un jet les ranime.RICK WAKEMAN et I'English Rock Ensemble.Forum On n'a pas dit que de bonnes choses du dernier disque de Wakeman.Loin de là! On veut bien lui concéder quelques brillantes orchestrations et reconnaître que le tout est exécuté parfaitement: "The legeng of King Arthur and the Knights of the Round Table" a été descendu par beaucoup.Un critique n'est-il pas allé jusqu'à écrire: "Des moments musicaux de Shubert dansant le madrigal avec une orchestration post-wagnérienne, le tout sur un rythmique rock, ça ne va pas.".C'est peut-être aller un peu loin et ne pas aimer le genre étoffé à-la-Wakeman, ce Cecil B.DeMille de la musique.Cette année au Fourm, Rick Wakeman était accompagné u-niquement de l'English Rock Ensemble; plus d'orchestre symphonique, plus de choeurs, ce qui immanquablement enlevait à sa musique cette dimension touffue, cette ampleur qui en fait l'originalité.Avec des moyens réduits, ils nous embarque moins, il y a des longueurs, c'est comme si tout à coup il se retrouvait nu.Ce qui ne veut pas dire que l'English Rock Ensemble n'est pas un bon groupe ni que Wakeman ne nous éblouit plus par son incroyable virtuosité, lui qui sait si bien s'entourer d'un Steinway et de neuf autres claviers.Une réflexion entendue d'un jeune après le spectacle, résume assez bien le sentiment général: "J'ai bien aimé ça, mais j'espère qu'il laissera pas tomber son orchestre symphonique pis sa chorale sur ses disques.".La musique que compose Wakeman est belle, et je ne serais pas surpris que ce sorcier du clavier nous réserve quelques surprises.Déjà ses arrangements de la musique de Liszt et ses propres compositions pour le film de Ken Russell "Lisztomania" le laissent présager.A.G.d'Astous LES MIDIS DE LA PLACE Les retombées de la Chant-Août de Québec commencent à être perceptibles jusqu'à la sacro-sainte Place des Arts qui affirme cet automne par une heureuse initiative de spectacles-midi son caractère de centre culturel accessible à tous.Ainsi est-il possible chaque jeudi, pour seulement $2.50 de prendre un lunch sommaire tout en se tenant au courant de la nouvelle relève québécoise.DES ARTS.MAINMISE Décembre 1975 8 Le groupe Ungava de Québec ouvrait la saison en présentant le fruit de sa récente collaboration a-vec Marie Depatie.jeune chanteuse dont la voix rappelle un peu celle d'une québécoise établie dont je tairai le nom pour ne faire de tort à personne.C'est peut-être à cause de leur jeunesse (tous ont moins de 25 ans) qu'ils réussissent à éviter le piège du vedettariat, et que leur show se présente comme une production musicale à laquelle cha-jn participe sur un pied d'égalité.rois claviers, guitare, basse, batterie et voix sont organisés harmonieusement pour former un ensemble dont l'homogénéité, si elle est exempte de faiblesses, n'arrive cependant pas encore à affirmer une personnalité musicale au groupe On attend donc le moment où, ayant confiance dans sa capacité d'interprétation.Ungava-Depatie se lancera dans l'invention d'une musique qui lui appartiendra Le jeudi suivant présentait Fabienne Thibeault dont l'intervention à la Chant'Août avait semble-t-il attiré l'attention de tous.Quand on possède une voix pareille, on passe en effet difficilement inaperçu Malheureusement, la beauté du timbre n'est pas tout: Fabienne s'obstine à composer des textes d'une insipidité rarement égalée que Pierre Hétu.son guitariste, s'efforce laborieusement de mettre en musique.Le résultat est déplorable, et fait regretter qu'une chanteuse qui possède d'aussi grandes qualités ne trouve pas un compositeur de talent qui saurait utiliser de telles capacités d'interprétation On murmure qu'elle prépare un disque pour cet hiver Dommage, c'est bien trop tôt.Sylvain Lelièvre donnait l'autre moitiée du spectacle en s'accompa-gnant au piano Courts morceaux sans prétention où l'on pouvait retrouver pèle-mële des traces MARIE DEPATIE: voix et piano UNGAVA: Jacques Marois: batterie, textes Martin Perron: piano électrique Jacques Aubé: basse André Devito: guitare électrique FABIENNE THIBEAULT: voix Pierre Di Pascal: piano François Messier: basse André Paquette: batterie Pierre Hétu: guitare Gilles St-Pierre: guitare SYLVAIN LELIEVRE: voix, piano Pierre Di Pascal: piano François Messier: basse André Paquette: batterie de toutes les générations passées de chansonniers à succès.Des textes qui font sourire, mais qui ne feront sûrement pas date dans l'histoire du spectacle, malgré la bonne qualité de leur interprétation.Claude louise FORESTIER Elle n'aura donné avant son départ pour Paris (où elle va passer un mois) _pue trois spectacles à Montréal Le plus important, du moins le plus gros, à l'Université McGill.La soirée Forestier venait clôturer une semaine visant à démontrer la présence francophone (quel affreux mot!) à l'université.Des années après cette manifestation fort violente à l'époque et posant la récupération de McGill par les Québécois.A elle seule, avec son spectacle.Louise Forestier aurait pu assurer la présence québécoise à McGill.C'est ce qu'elle a fait.A part les deux Ceux qui en parlent le font avec line admiration assurée, teintée du respect dû aux produits de bonne qualité dont on n'a pas à vanter les mérites puisqu'ils vont s'imposer deux-même.Mais si le bouche-à-oreille a des côtés intimes très sympathiques comparé aux tapages publicitaires dont bénéficient certains groupes, il n'en reste pas moins que le meilleur moyen d'apprécier de POLLEN AU CAFE CAMPUS PREMIERE PARTIE: JEAN-CLAUDE SAINT-GERMAIN Le délire d'un poète visionnaire comme Saint-Germain prépare très mal une salle pour un spectacle de Pollen.Je dois vous dire que je suis revenu pas mal impressionné par Pollen.C'était la première fois que je les entendais Ils font une musique qui s'apparente un peu à celle de Maneige un peu à celle d'Octobre et beaucoup à celle d'un certains nombres de groupes britanniques qui sont à la fine pointe d'une certaine avant-garde européenne.Yes, Gentle Giant.Genesis.Soft Machine.Hatfield and the North.Henry Cow et beaucoup d'autres groupes.Ils font une musique modulaire où les unités rythmiques impaires servent de structure de base.Leur répétion devient le lit d'expériences , de trouvailles rythmiques et de métamorphoses sonores.La partie chantée de leur spectacle est nettement plus lourde que la musique proprement dite.Les quelques mots que j'ai pu comprendre ne m'ont pas renversé.Par ailleurs, la variété de sons qu'ils déploient est époustouflante.Le maitre des claviers est déjà virtuose et le guitariste est assez sensuel pour érotiser ses solos.Il arrondit les coins des geometries abstraites auxquelles se livrent le groupe Sa petite touche zappesque adoucit l'absorption d'une musique trop calcu lée.Jamais PoMen ne tombe dans un swing Pas de musique de cul! Même pas une petite samba.C'est de la musique de tête.J'avais d'ailleurs mal à la tête en sortant C'était très fort.J'ai bien hâte d'entendre un disque de Pollen.C'est sûrement un des groupes les plus étonnants du Québec.Ils sont peut-être un peu trop britanniques: leur musique va sûrement se québéciser avec le temps.Pierre Voyer "frozen angels" qui, complètement terrifiés, à côté de moi, croyaient assister au début d'une révolution dès la première chanson, tout le monde a marché.Louise Forestier et ses musiciens est (ou sont) la preuve vivante que la simplicité pogne et pognera toujours beaucoup plus que les effets calculés.Elle est aussi la preuve vivante que l'amitié peut venir à bout de tout.Elle n'a jamais prétendu à la perfection.Elle en est d'autant précieuse.Un peu comme Yvon Deschamps, l'artiste québécois le plus populaire de l'heure au Québec, mais à sa manière à elle, elle n'a pas peur des mots.des contradictions, des erreurs.Elle entre, se présente comme lorsqu'on entre chez un ami, suggère subtilement qu'on ne fume pas pendant le spectacle et se lance dans l'action."Pourquoi Chanter", un texte de Luc Granger, pose tout de suite les distances et.les brise.Après c'est pur enchantement, grabuge au coeur, émotions de cristal garrochées haut, pirouette, boutade.Elle ne cache rien (et reste habillée).Est-ce qu'on questionne un ami?Est-ce qu'on interroge une amante?Elle parle.Elle sourit.Un moment noir."Que sont mes amis devenus que j'avais de si près tenus et tant aimés.?" Mais on n'accroche pas."Il y a tant à faire.".Tant d'amour à faire.Une cathédrale à construire.Un bateau à construire.Un beau bateau.A mettre à l'eau.Dont elle est une figure de proue.Colorée comme celles du Moyen-Age.La Nef des Fous va couler."Cré Beau Bateau E-tanche à l'Eau, la Main de Dieu fut bien sévère, a tous leurs péchés faits sur l'Eau.Un monde coule.Louise Forestier, au lieu de chia-ler, donne l'amour comme la grande clé, la seule clé."Aimons-nous donc les Uns les Autres.!" Pas sur ce ton missionnaire si a-gaçant chez d'autres, sinon tous.La recette?Le truc?Aimer.Transmettre, communiquer, flasher, garro-cher, toucher.Ouf! Qu'il fait chaud! On en viendra peut-être à ne plus se chauffer au bois, ni à l'électricité, mais les uns avec les autres.Un jour, Et pourquoi pas tout de suite.?A son répertoire, de nouvelles chansons: Val d'Espoir, L'Amour Flou.Belle Soirée, Le Grand Party.Raconte-Moi; de nouvelles interprétations ou des reprises: Berlu (Vigneault), Pauvre Rutebeuf (Rutebeuf-Fer-ré) et L'Amante et l'Epouse (Clémence Desrochers).Je suis sorti du spectacle repu, les yeux brillants, joyeux et les jambes en guenilles.Devinez comme après quoi?Michel Chevrier DE LA MUSIQUE QUI VA FAIRE DU DRUIT la musique est évidemment de l'entendre, et à ce titre-là.Pollen, encore peu diffusé, reste mal connu du grand public.Probablement pour peu de temps, puisque leur programmation de cet automne comprend plusieurs passages à Montréal et en province, ainsi que la préparation d'un premier long-jeu qui devrait sortir au printemps.Après seulement deux ans de travail sous l'assistance des productions KOSMOS, Pollen apparaît déjà comme un groupe solide possédant le potentiel nécessaire pour devenir rapidement compétitif sur le plan international Quatre personnages formant avant tout une équipe réunie par et pour la musique, ce qui se traduit par des constructions homogènes exemptes dé go-trips.Chacun utilise plusieurs instruments, créant ainsi des assemblages dont l'analyse combina toire peut facilement prouver la richesse.Diversité encore accentuée par des changements de rythme fréquents qui permettent à l'intérieur d'un même morceau de passer du spatial au heavy rock sans surprendre personne.On devine une formation classique sous cette musique qui s'adresse tellement à la tète qu'on ne songe même pas à regretter qu'elle ne parle jamais au corps, même dans ses moments les plus swing.Il ne faut pas oublier que le départ du batteur des débuts (un des piliers du groupe) a laissé Pollen sans percussions pendant plusieurs mois, et que le drummer actuel, encore jeune dans la formation, n'a peut-être pas encore l'aisance suffisante pour affirmer ses talents.Il se borne donc pour l'instant à fournir avec un certain brio un appui rythmique aux arrangements modulaires des trois autres La recette est simple, et le résultat de bon goût, même si la partie vocale présente quelques-unes des insuffisances habituelles chez les groupes québécois: paroles un peu mièvres et mélodies peu affirmées.Si les textes, eux.sont supposés être réécrits avant l'enregistrement du long-jeu, il y aurait peut-être pour Pollen des enseigne ments à tirer de la musique de "10 ce" où la voix est utilisée comme partie instrumentale à part entière, en démontrant l'étendue des possibilités.Tout cela annonce des perspectives enthousiasmantes pour un futur déjà très proche, et justifie par d'excellentes raisons un chauvinisme musical qui ne pouvait encore s'exprimer dans ce genre de production.On attend la suite.Claude MAINMISE Décembre 1975-9 40 interprétation de "I can't live if living is without you" de H.Nilsson a tellement accroché la foule que celle-ci écouta la chanson debout tout en reprenant le refrain a tue-tête et la chanteuse "lead" de nous traité d'irrémédiables romantiques.Pendant l'interminable entracte dû aux difficultés rencontrées par le groupe aux douanes (Ils ne voulaient pas nous laisser entrer", de nous confier Rod Steward) on a complète- AU FORUM ment habillé blanc.Tout cateurs, le le plancher) la scène de (les amplifi-piano, même fût recouvert De tous les spectacles présentés au Forum cet automne, celui de Rod Steward et Faces a été sans contredit un des meilleurs.Du début du spectacle avec le groupe Canadien Heart, jusqu'à la fin, ce fut une envoûtante soirée de rock-n-roll, dans le plus pur sens du mot: rythmes, force, couleur, mouvement.Pour une fois, la première partie ne m'a pas ennuyé.Heart, un groupe peu connu qui nous vient de l'ouest, a su capter une attention religieuse de l'auditoire.Leur de blanc.Rod Steward et Faces firent leur entrée par une arche située au milieu d'une petite plate-forme, assez élevée et placée au fond de la scène.Ca, au son d'une grosse musique d'effeuillage (?): "The Stripper".Ils a-vaient l'air particulièrement en forme et ils n'ont pas tardé à nous le faire sentir.Rod Stewart n'a pas cessé de bondir, de courir dans tous les sens, en bon joueur de soccer qu'il est.avec lui, on a toujours, l'impression qu'il va s'enfarger ou heurter l'un des musiciens.Si, comme on le raconte depuis quelques temps.Rod Stewart et Faces, c'est fini, qu'une séparation est imminente (surtout depuis que Ronnie Wood a remplacé Mick Taylor pour la tournée des Rolling Stones) eh! bien, au Forum, il n'en paraissait rien.N'empêche qu'ils se complètent tout en restant chacun ce qu'ils sont: Rod Stewart, un "Showman" à la voix magique, fêlée et rauque comme du papier sablé; Faces, un groupe solide mais cultivant ce côté relâché de vieux chums jammant ensemble juste pour le fun.Ca roule ça nous transporte, on suit le rythme en battant machinalement des mains, mais y être sollicité.ça, c'est du rock n roll, du vrai.Pour les chansons plus douces et légèrement sentimentales, celles-là même qui on fait le succès des albums soli de Rod Steward, ils furent accompagnés (juqués sur la petite plate-forme du fond) par un ensemble à cordes d'une quinzaine de musiciens Ah! là ce fut ben, ben, ben, beau, snif! .et sniff.! Les frissons, les soupirs, moi, je vous avoue franchement là que je suis un incorrigible romantique.A ma grande déception, ils ne firent que quatre chansons dans le genre.Faut dire qu'une salle aux dimensions du Forum se prête mal à ce genre d'effusion.Le show se poursuivit avec du rock de plus en plus amplifié et endiablé dans des pièces comme "Angel" d'Hendrix et "Twisting the Night Away".Entre nous, il est très rare d'entendre un groupe qui peut jouer aussi fort sans enterrer la mélodie et tout en restant délicieusement harmonique.En sortant du Forum, je me disais: "Quand même, ce serait vraiment dommage qu'ils se séparent parce que, par les temps qui courent, les bons shows de "rock-n-roll" se font plutôt rares.A.G.d'Astous LES PRODUCTIONS BEAU BEC PRÉSENTENT 9h.30 et minuit Vendredi 30 janvier OFFENB4CH OCTOBRE Samedi 31 janvier 9h30 et minuit T m 1 rV » • V- j ëx ft ijÉ 1 ' • $250.$300.$3 50 SIEGES RESERVES RÉSERVATIONS 277-3186.277-3187 BILLETS EN VENTE à la librairie du cinéma OUTREMONT à l'Alternatif et chez Sauvé Frères 1248 BERNARD 277-4145 au cinema OUTREMONT MAINMISE Décembre 1975-10 A L'OUTREMONT: JIM ET BERTRAND Que même si nous parlions anglais au Québec, nous serions, à cause de nos souches celtes et indiennes, différents du reste des Américains du Nord, c'est ce qui ressortait d'une discussion fort animée autour de la table de MM.Jim Corcoran et Bertrand Gosselin en sont la preuve vive puisqu'ils chantent avec le même bonheur autant en français qu'en anglais des textes forts et simples.On les i-magine sortant non pas des coulisses mais du bois, venus, beaux enfants du Nord, nous porter un peu de paix, d'amitié, de chaleur.C'est drôle comme tant de chaleur nous vient du Nord.Comme si là-bas on en savait le prix.Vers le Nord.N'est-ce pas où il nous faudra d'ici quelques années à mesure de l'envahissement américain, aller.?Si le Nord, c'est Jim et Bertrand, je pars demain.J'étais entré au Outremont plein d'automnale acidité et de fatigue,.J'en suis sorti la tête résonnant encore de musique, calmé, doux.Enfin des musiciens qui font de la musique.Ou qui se sont tant laissé faire par elle qu'ils n'en sont plus que les instruments.Servir la musique, non s'en servir.C'est peut-être le plus beau compliment que je puisse faire à Jim et Bertrand de leur dire qu'ils m'ont ce soir-là réaccordé.Jusqu'au prochain long-jeu, Ile d'Entrée demeure mon disque québécois préféré.Un seul oubli dans les chansons choisies pour leur spectacle: Le Saurais-Tu Faire.une de leurs meilleures compositions.Et venez nous voir plus souvent, on n'est pas sorteux.PDA 15 OCT 14 DEC CLAUDE GAUTHIER: UNE BELLE LEÇON DE SIMPLICITE Il y avait déjà six ans que Claude Gauthier n'avait donné de spectacle en public.Je me demandais ce qu'il était devenu ne l'ayant vu ou entendu qu'au cinéma ou à travers la voix de d'autres interprètes.Il s'est présenté sur scène sans éclairages compliqués, sans gadgets électroniques, sans costume de scène, sans musiciens — seul avec ses deux guitares sèches.Il n'y a jamais rien eu de compliqué chez Claude Gauthier et ça faisait un bien immense de le revoir aussi simple, aussi vrai qu'avant.Ca m'a ramené au beau temps, des boites à chansons où on s'empilait sur des chaises toutes croches, dans des salles souvent aussi froides que l'hiver ou plus chaudes que l'été.Mais on oubliait vite le froid ou la chaleur quand l'ar- tiste venait (et non apparaissait) sur scène nous chanter ses dernières créations - et on s'amusait, on se détendait pour le vrai.Aujourd'hui, même les débutants s'obligent à nous en mettre plein la vue avec musiciens, éclairages, etc.- dans des spectacles qui souvent tournent vite au ridicule.Nos chansonniers sont devenus des "vedettes" et l'intimité qui nous donnait jusqu'à l'impression d'assister à la création de leur art est souvent complètement absente des spectacles qu'ils nous présentent aujourd'hui.Au lieu d'y voir une évolution, on a maintenant plus souvent l'impression qu'ils sont devenus les victimes d'une recette ou de 'tics de star'.Evidemment le spectacle de Claude Gauthier n'était pas parfait au sens que le voudrait le showbiz.Ses accords de guitare sont parfois simplistes, la voix n'est pas toujours juste.Mais que c'était donc beau de redécouvrir que l'erreur est humaine et non électronique.L'électricité était plutôt dans la salle avant le spectacle.On sentait que tout le monde épaulait Claude Gauthier, que tout le monde voulait un succès.Ce n'était pas pour autant gagné d'avance, car Gauthier a travaillé fort à ce succès.La victoire nous est d'ailleurs venue tout doucement.Plusieurs de ses nouvelles chansons parlent de son amour pour sa femme et son petit garçon, et de son engagement politique - l'évolution de Claude Gauthier se manifeste dans sa vie et non dans l'ambition Jean Clouâtre Diane Dufresne a toujours été une de mes idoles.Je crains que cette fois, après le spectacle décevant qu'il m'a été donné de voir à la Place des Arts, je n'aie à brûler, serais-je le seul à le faire, un veau d'or.C'est après la troisième chanson de la deuxième partie du spectacle que j'ai, pour fumer une cigarette, commencé à prendre des notes pour cette critique du show de D.D.C'est dire assez si je m'y suis dé-sâmé.On m'avait dit la veille: "C'est le show le plus extraordinaire jamais produit au Québec.".J'étais, en entrant à la P.D.A., tout excité.Comme j'étais down à la sortie! Car si Diane Dufresne est en voix comme elle ne l'a jamais été (elle dirige sa voix comme un rayon laser), elle si mal entourée et conseillée qu'elle en devient une marionnette.On la dit liée par un trop long contrat alors qu'elle aurait le goût de faire autre chose.François Cousineau est habile, certes.Trop habile peut-être.L'inspiration est chez lui, et ce, depuis longtemps, je crois, étouffée sous trop d'influences.A un moment, on aurait cru entendre du Sergio Mendes, à d'autres, un groupe rock, cheap du genre de ceux qu'on voit dans • •• LE MAGNETO-CLUB Location de disques • •• LE VA-ET-VIENT Achat et vente de disques usagés.• •• ' yÉy£,t£ 768 Rachel (St-Hubert).^^Jl^' I^^^L Mtl.521-3375.les séries policières télévisées, quand "un hippie sale a tué la chanteuse du club.".Si la mélodie perce parfois, les arrangements la tuent vite.Quant à Luc Plamondon, qui signait les lyrics de presque toutes les chansons (lyrics d'une écriture flamboyante quoique souvent entropique), il n'aurait jamais du se lancer dans la conception scéni-que.C'est ce que j'ai trouvé de plus pénible.Qu'on aille s'inspirer aux U.S.A., n'a rien de mal en soi.Nous le faisons tous plus ou moins.Qu'on en rapporte le pire a de quoi faire freaquer.Tous les effets scéniques étaient d'un plat consommé.déjà bien froid.Diane Dufresne n'est ni Bette Middler, ni Carole Burnet (dans ses parodies de chanteuses de.club saoules).La fille étendue sur son piano et qui se passe presque un doigt dans la p.est même d'une vulgarité choquante.On est Québécois ou ben don on l'est pas.Diane, a-wake.hostie! Et je tends à préférer la belle époque d'Alys Robi (la plus grande vedette du Québec vers les années 40 queuques) à la poupée préfabriquée made in Cesar's Palace qu'on nous présentait à la P.D.A.du 4 au 12 novembre.Michel Chevrier Lu dans un quotidien anglophone de Montréal, une citation du Maire Drapeau,: "Montréal is a striking city, uh, in many ways." On ne saura évidemment jamais si c'est une blague ou un fait véridique- et nous voulons bien rapporter la citation et/ou le maire! Serge Fiori (Harmonium) et Michel Rivard (Beau Dommage) vont bientôt cohabiter dans la région de St-Hilaire.Il est question que Michel Séguin (Tou-babou) se joigne à eux.Dans un des coins les plus magnétiques du Québec, nul doute qu'ils arrivent à capter et nous transmettre des messages à tout le moins célestes.sinon cosmiques.#** MAINMISE Décembre 1975-11 notre tradition ' notre musique notre parole mu ilfc> it i"' ISP» rr\f\ imi m i.auvncuw /on Une partie Importante de notre patrimoine: notre tradition orale Luc Lacourcière des Archives de folklore de l'Université Laval présente ici trois conteurs enregistrés chez eux.Un morceau magique de nous-mêmes, pratiquement inconnu.Transcription complète des histoires dans un petit bvret de 80 pages, premièie parution du genre, durée: une (1) cassette de 65 minute* mono prix: $4.50 Un groupe de musiciens et musiciennes recréent une veillée de musique québécoise en nous mettant dans le coup.Une façon simple et invitante de continuer avec nos violons, nos bombardes, nos harmonicas, nos filets de voix la chaîne longue de 400 ans.Réservé à tout le monde d'ici et d'ailleurs.Accompagné d'un document-affiche durée: une (1) cassette de 60 minutes stéréo compatible mono prix: $4.50 ¦walar fasUliaJ dm sasusftqa* orsrfHftosuBssW 4 spiral* Vous est-il déjà venu à l'idée de vous faire raconter une histoire?Comme quand vous étiez petit?Mais une histoire comme vous avez besoin d'en entendre une aujourd'hui.Rosaire Potvin a l'audace de cette simplicité avec la complicité d'un groupe de musique celte Vous faire conter une histoire, à votre âge7 Pourquoi pas! surtout quand c'est une belle Avec le texte intégral illustré dans un petit livre de 48 pages durée: une (1) cassette de 30 minutes stéréo compatible mono prix: $4.50 dja**i*e Le groupe s'est habillé d'étiquettes musicales multicolores jazz.pop.UNE BONNE DÊE DE CADEAUX POUR LE TEMPS DES FÊTES! 8 NOUVELLES PRODUCTIONS QUÉBÉCOISES SUR CASSETTES produites et distribuées par Le Sono, 1604, rue Saint-Denis Montréal, Québec.Le Sono est une nouvelle maison de production et diffusion du son.de la musique et de la parole.Depuis octobre 1974, des créateurs se sont rassemblés autour du Sono pour la recherche, la création et la fabrication de productions sonores significatives.Leur objectif: créer un lieu nouveau et accessible où s'élaboreraient ouvertement, sans intermédiaires, des contenus originaux et inédits.Nous avons choisi comme moyen de diffusion la cassette parce qu'elle est de qualité, durable voire recyclable.En vous les procurant directement chez nous, vous vous offrez un contenu enregistré au prix des meilleures cassettes vierges sur le marché.De plus chaque production est accompagnée d'un document imprimé de présentation soignée et élaborée.Le son québécois, pour nous, prend autant la forme de contes, de poésies que de chansons ou de musi- ques toutes tirées d'expériences contemporaines ou traditionnelles.Plus qu'une expérience isolée.Le Sono veut être une première piste dans un univers à réinventer: celui du son.Et votre complicité est essentielle.Bien à vous et .à vos oreilles.L'Équipe du Sono JE DESIRE RECEVOIR PAR RETOUR DU COURRIER ?trois contes populaires ?mine babines ?premier festival de musique traditionnelle du québec ?les vautours et la departure ?djazaléa ?Jacques Cartier ?l'appel au fleuve et le grand testament ?spirale TOTAL $4 50 $4.50 $7 50 $4 50 $4 50 $4 50 $4.50 $4 50 ?OFFRE DE LANCEMENT l'ensemble complet des 8 productions rég $39 00 offert » $32 00 (tous ces prix incluent la taxe de vente, les frais de manutention et le retour par courrier) egilcaenl en vente directement au Sono 1604.rue Saint Denis.Montréal 842-9786 Le Sono est un associé du Vidéographe inc ci-joint la somme de nom adresse ville chèque ?mandat-poste ?prov code postal payable à Le Sono.1604.rue Saint Denis.Montréal.Québec H2X 3K2 veuillez accorder 10 puis pour la livraison MAINMISE Décembre 1975-12 "Je reviendrai à Montréal Dans un grand boeing bleu de mer J'ai besoin de revoir l'hiver Et ses aurores boréales' ' (D.Thibon-R.Charlebois) Avez-vous le film Jaws?Charlebois l'a vu, a lu le livre et écouté le disque.Il parle de Jaws sans cesse, ne cesse d'exprimer sa fascination devant un tel phénomène culturel, fait des jeux de mots banals ("Parle, parle, jawse, jawse"), rapporte avec exactitude les statistiques concernant ce réel danger qui guette les baigneurs inconscients que nous sommes.L'homme-consommateur ne connaît plus la nature de son environnement.Il faut donc le réapprivoiser.Charlebois exprime alors le désir de contribuer à cette réconciliation de l'homme et de la mer.A cet effet il cite Jacques Cousteau: "Il faudrait que les hommes regardent enfin la réalité en face.C'est le problème de leur survie sur cette terre qui est en jeu.Toutes les solutions ne peuvent plus passer par les habituelles hésitations des politiciens nationalistes.Pour sauver l'être humain c'est au niveau de la planète qu'il faut maintenant prendre des décisions".Pour contribuer à une telle entreprise, Charlebois aimerais bien, par exemple, prendre en main l'animation artistique du navire "Le France".Je pourrais y consacrer un an de ma vie, précise-t-il, il y aurait une équipe de chercheurs en permanence sur le bateau (sorte d'université pour l'assainissement des eaux), avec une seule classe de passagers composés alternativement d'Européens et d'Américains.Et des artistes invités pour la traversée, Charlie Min-gus par exemple.Un réseau de télévision, de bons repas pas trop chers, des émissions d'information et de variétés.Un beau voyage utile accessible perpétuellement à ceux qui en font la demande, un autofinancement via satellite.Tout cela est possible, tous les outils sont déjà là.Pourquoi les autorités ne pensent-elles pas à m'offrir de transformer le "France" en Bateau Ivre?- Tu devras peut-être faire comme Rimbaud mon vieux, que je lui réponds.Et c'est ainsi que Charlebois commencera à m'expliquer que le "France", comme les cathédrales, est un monument d'une époque révolue qu'il faut pourtant conserver.Aussi bien pour racheter la faillite financière des Olympiques de Montréal que pour arrêter toutes les espèces de requins de nous manger.Voici le résumé de cette jawsette: Photo couverture et photos intérieures- Pierre Guimond uand je suis arrivé chez Charlebois pour faire l'entrevue, il venait tout juste de s'éveiller et.nu.il grignotait quelques notes assis à son piano.Il se lève, demande l'heure, va s'habiller en faisant une farce sur le film Jaws ( "Jaw sus-Christ Super Star"), revient en m'expliquant son projet concernant le paquebot "France" puis s'asseoit en me disant qu'il est prêt pour l'entrevue.Il travaille beaucoup de ce temps-là.Il prépare la musique de son prochain microsillon.Avec Marcel Beauchamps et Art Phillips comme arrangeurs.Mais en tant que compositeur il veut les aider.C'est pourquoi il a entrepris depuis quelques temps d'apprendre toutes les subtilités de l'écriture musicale.Dans un magnifique livre que lui a offert Frank Zappa (lorsqu'ils ont enregistré "Petroleum"), il apprend à bien faire ses notes, ses clefs, et MAINMISE Décembre 1975 13 toutes les autres indications permettant au compositeur de mieux transmettre son message musical.- C'est un livre extraordinaire, s'ex-clame-t-il.C'est le meilleur Abécédaire de l'écriture musicale que je connaisse.(Il s'agit du livre The Art of Copying Music, par Clinton Roemer.Roe-rick Music.Co.Sherman Oaks.Californie.1973).- Je veux une écriture plus précise et plus belle.Une écriture comme on en a déjà produit lorsqu'on prenait le temps de faire ce qu'on faisait.Tiens, as-tu déjà vu certaines vieilles musiques en feuilles?Que d'énergie et d'amour concentrés dans la seule rédaction d'une chanson.Il y en a de très beaux spécimens dans une boutique d'antiquités pas loin d'ici.Viens voir, c'est à trois rues.Et nous partons voir de la vieille musique en feuilles.Puis de là.nous ne sommes qu'à trois rues où habite le photographe Pierre Guimond.Car Robert travaille aussi à la pochette de ce prochain microsillon.Chez Guimond.je découvre un exemplaire du plus récent 45 tours de Robert; celui qu'il a produit pour le film de Gérard Pires, L agression (Robert fait une autre farce sur Jaws).Ce 45 tours non encore disponible au Québec se compose de deux pièces musicales é-crites par Robert et arrangées par Marcel Beauchamps.La bière de Pierre Guimond est bien bonne mais il faut continuer l'entrevue.Malheureusement il se fait tard pour un temps de ville.Nous décidons donc de dropper la ville et de continuer la jaw-sette à la campagne; puisque Francine nous attend pour souper.Mouffe insiste pour apporter le vin.A la campagne, c'est plus calme.Je sers mon magnétophone à cassette mais mon piano est faux.On jouera donc du piano plutôt que d'enregistrer l'entrevue because la cassette.Concernant Sergio Leone.Robert a le sentiment qu'il a beaucoup appris de toute l'équipe d'artiste qui ont participé au tournage du film Un génie, doux associés et una clocha qui sortira au Québec en janvier prochain.Il s'est longuement entretenu avec le réalisateur du film Damiano Diamiani et avec plusieurs artistes comédiens et autres.Il aime ce métier et se promet bien d'y travailler davantage.A cet effet, il rencontra Leone à New York récemment pour connaître sa participation précise au tournage d'il était una fois l'Amérique, troisième et dernier volet de la trilogie du réalisateur italien.Cependant Robert avoue que ce travail s'avère très difficile, étant donné qu'il - Robert a la guitare et Michel Séguin aux peaux en est à ses débuts dans ce domaine, de coordonner son travail de comédien et son travail d'auteur-compositeur."Des journées de 16 heures, voilà pour l'instant son principal emploi du temps.Car côté chansons, il ne lésine pas non plus.Comme je le disais plus haut, il m'en a joué quelques unes sur le piano faux tout en m'exposant les difficultés de ri-mages, de mélodies, d'arrangements, d'harmonies que chacune occasionne.Une chanson bien faite, même si elle est vite conçue, demande souvent de multiples retouches.Tant mieux si elle en redemande pas.Mais dans le domaine de l'art, comme dans celui de la science, la moindre négligence est impar- MAINMISE Décembre 1975-14 Robert Charlebois et Marcel Beauchamps au piano Art Phillips.Robert et Marcel autour du piano donnable et prend avec le temps, les années, des proportions envahissantes (comparaison avec le vieillissement de l'humour Jaws).Concernant ces nouvelles chansons, j'en dénote personnellement de passablement belles.Daniel Thibon.l'auteur du "Piano Noir", en a écrit deux autres intitulées respectivement "Cartier" (cf.Jacques) et "Je reviendrai à Montréal".Une autre s'intitule "Wasichu" (qui est une expression amérindienne signifiant "Homme blanc barbu qui vient de l'est") Robert en a écrit aussi quelques unes lui-même, comme ce "Noel brûlant" (inspiration créole) et "Mon ami Fidel" (inspiration cubaine), et "Histoire d'eau" (inspiration tout court).- Et tes récentes chansons connues que tu n'as pas encore endisquées.je lui demande?- "Petroleum" et "Penny" sont, comme on pourrait dire , étant donné la crise actuelle.en banque."Mom and Dad", s'ébauche, le texte de Peloquin demande trop de retouches.- El "Halloween in Hollywood" et "The greatest Idea" qui ne sont disponibles que sur un 45 tours déjà épuisé, que je renchéris.- Joue "Ne rien faire".Garou.demande Mouffe.Et Robert la joue.Celle-là je l'ai trouvée belle en maudit.- En v'Ia une autre, enchaîne-t-il.et il chante alors un très beau texte de Jean-Claude Collot qui s'intitule "Partir".Celle-là, je l'ai trouvée belle en ostensoir.Vous m'en direz des nouvelles.L'entrevue touchait à sa fin.Il travaillait le lendemain.Nous avons donc réchauffé les restants du souper afin de ne pas laisser passer un brin de jaw-sette.Il m'a aussi jawsé de Dinging Spy, personnage imaginaire dont il parle depuis plusieurs années.Il me racontait les aventures de son superhéros.Singing Spy: le Chanteur-Espion.Mais pour le moment une chose le préoccupe d'avantage: un film en cinémascope-couleur dans lequel il a un premier rôle et dont il n'a encore vu aucune image.Claude Gagnon Le jazz d'aujourd'hui est une entité musicale très définie.Les deux termes qui lui sont le plus souvent attachés sont "les rythmes syncopés et l'improvisation".Le jazz est.par définition,une musique improvisée mais, cependant, quelques-unes de ses plus brillantes exécutions furent accomplies au moins partiellement avec arrangement préalable.Le facteur commun de toute exécution de jazz est que le musicien crée ses propres variations mélodiques sur un thème donné et ses harmonies fondamentales.Au début, le jazz, créé par les Noirs, fut plutôt vocal qu'instrumental.Il a commencé à être joué dans les églises, aux funérailles, aux baptêmes et lors des pique-niques.Puisque la majeure partie de cette musique se faisait à l'extérieur, le musicien était obligé de jouer fort et c'est pour cette raison que plusieurs des groupes de ce temps-là furent guidés par des joueurs de trompette.Le personnage le plus remarquable de cette époque fut Boddy Bolden qui.aux alentours de 1900.devint le joueur de trompette incontesté de Nouvelle-Orléans; et c'est à partir de lui que le style de New Orleans a évolué.Le style classique de "New Orleans" était basé sur le mariage de la trompette (ou cornet), du trombone et de la clarinette.La trompette a embelli la mélodie, la clarinette a contribué à donner une improvisation de la mélodie autour des progressions d'accords, et le trombone, une fondation de ba se.Il y avait peu ou point de solo tel que l'étudiant moderne le connait.L'ensemble était le tout.Cette façon de jouer en ensemble fut condamné au moment où un virtuose apparut avec la technique et l'imagination nécessaires pour jouer de longs passages en solo, ce virtuose fut Louis Armstrong, né en 1900.Le style d'en semble de Nouvelle Orléans était trop restrictif pour maitriser la musique prolifique de ce génie; il devait bientôt se désintégrer.Un autre facteur qui a aidé à détruire Nouvelle-Orléans comme centre de la nouvelle musique fut la fermeture de plusieurs "bars" de cette région, lesquels engageaient des centaines de jeunes musiciens de jazz.Ces musiciens furent obligés de chercher de nouveaux publics.Ils ont imigré vers le nord ou se sont fait engager sur les "riverboats" du Mississippi de Nouvelle-Orléans, à Memphis, et plus au nord encore.Pour plusieurs jeunes blancs, le son du groupe du "riverboat" fut leur première expérience avec cette nouvelle musique.Le plus illustre des maîtres de Nouvelle-Orléans.King Oliver devint une des principales attractions de Chicago et Armstrong fut bientôt demandé pour se joindre à lui C'est à partir de ce moment que l'avenir du jazz en temps que musique internationale fut assuré et c'est grâce à Armstrong que le jazz a vraiment commencé à s'éloigner de ses origines.En 1927.le centre du jazz se déplaça à Chicago.Chicago abondait en lieux où l'on servait de la boisson illégalement, accompagnée de musique bruyante et aggressive Le style de Chicago fut un compromis entre la convention d'ensemble des pionniers et le grand âge de la virtuosité du solo à venir.Les trois plus intéressants musiciens de cette école furent Benny Goodman (clarinette).Jack Teagarden (trombone) et Bix Beiderbecke (trompette).L'arrivée à New York du pianiste, chef d'orchestre-compositeur Edward Kennedy dit "Duke" Ellington (il était originaire de Washington DC) fut de loin l'événement le plus important des années 20.Les années 20 connurent aussi l'avènement de la chanteuse de jazz probablement la plus illustre .Bessie Smith.Il est intéressant de noter que jusque là.le jazz a été plus ou moins une musique établie dans la clandestinité.La prohibition causa l'apparition de milliers de cabarets illégaux et c'était là NICK AYOUB que les musiciens de jazz étaient engagés.Ce n'est qu'avec l'abolition de la prohibition, vers le milieu des années 30 que le jazz a pu enfin connaître le respect qui lui était dû.Le jazz envahissait maintenant la salle de bal de l'époque Roosevelt.Les musiciens de Jazz furent obligés de répondre aux demandes de danseurs à tempo-sévère, des directeurs des salles de danse et durent se vendre sur un marché plus commercial.Plus significatif encore, l'orchestrateur a pu entrer en possession de son bien.Le jazz se faisait connaître au public.Au lieu de danser, des centaines de clients s'entassaient autour des kiosques de musi- que et regardaient, fascinés, les exploits des différents musiciens.Le plus illustre personnage à paraître maintenant est Duke Ellington.A la fin de 1930.l'habileté des trames d'orchestre a é-voulé au point où son travail n'est plus de la même catégorie qu'aucun autre musicien de jazz.Il a démontré que le jazz authentique n'a pas besoin d'être improvisé, mais doit créer l'allure d'improvisation.Les musiciens s'occupaient à assimuler toutes les possibilités harmoniques du système diatonique.Il y avait dans chaque exécution une clé de base de sorte que la conception harmonique était strictement du 18è siècle et finalement toutes ses possibilités har- moniques furent épuisées.Il y eut une période suivante où les liminations des possibilités diatoniques ont semblé trop restrictives.La guerre de 1942 et ses penseurs révolutionnaires tels que Charlie Christian.Char-lie Parker et Dizzy Gillespie changèrent de façon dramatique l'aspect du jazz.Cette génération, en utilisant l'harmonie chromatique, a augmenté en le décuplant, le vocabulaire harmonique des musiciens de jazz.Ces nouveaux musiciens ont éloigné la musique une fois pour toutes de la masse.A cause de la difficulté de l'ouie indisciplinée à l'apprécier, le jazz est maintenant devenu une musique de musiciens.Cependant, au lieu d'une longue période d'assimilation, dans le milieu des années 50.les musiciens se montraient encore impatients face aux restrictions de la nouvelle harmonie.Le mouvement moderne a é volué graduellement en une campagne pour libérer le soliste des mêmes son nances, base de ce que les jeunes théoriciens appellent la 'liberté' d'expression.Un des personnages les plus importants à rompre avec les conventions de la structure harmonique fut Miles Davis.Davis a sondé les possibilités d'improviser sur une base nodale au lieu d'harmonique, guidée par des gammes au lieu des accords.La grande rupture vers la liberté hypothétique fut faite à la fin des années 50 par le saxophoniste Omette Coleman.(Le premier à jouer avec un saxe en plastique).Il a expliqué qu'un musicien doit être libre de créer n'importe quel son à n'importe quel moment.Le musicien de jazz d'aujourd'hui est devenu frustré par les limites de l'harmonie et est peut-être au point de détruire l'encadrement qui a donné la cohésion à son art dans le passé.On peut se consoler, cependant, avec la pensée que le jazz s'est toujours montré comme étant une forme complètement imprévisible et qu'aujourd'hui les maîtres de tous les styles coexistent dans une bonne atmosphère d'échange.Il reste à voir si le musicien de jazz s'est laissé de nouvelles frontières à vaincre.Puisque le jazz est un langage musical significatif et vital de notre époque, l'éducation de musicien de jazz est une chose à laquelle nous devrions nous intéresser.Sa valeur a augmenté avec les années jusqu'au point où il est devenu une forme d'art sophistiqué qui parle un langage international et universel.Plusieurs se poseront l'éternelle question à savoir si le jazz peut ou doit être enseigné.En vue des changements plutôt radicaux de cet art.il est surprenant que "l'enseignement" du jazz et toute cette question de l'éducation formelle du jazz-art suscite une polémique A mesure que le jazz élargira sa portée expressive et technique, il comportera des exigences de plus en plus grandes sur ses artistes et ses compositeurs.Durant les années 20.aucun musicien de jazz qui se respectait, n'aspirait à lire ou écrire la musique (il y en a encore qui pensent ainsi) d'autant plus que la musique du temps ne l'exigeait pas.Aujourd'hui aucun musicien ne pourrait survivre sans l'habileté à lire et à écrire la notation musicale — et ceux qui existent encore essaient très vite d'y remédier.Autrefois, le jeune musicien de jazz, perfectionnait ses dispositions durant les "jam sessions" et les "big bands".Là il apprenait son métier.Il avait le temps d'apprendre par expérience et d'essayer de nouvelles idées, même au risque d'échec.Privé des procédés éducatifs' d'hier Le jeune joueur d'aujourd'hui se trouve précipité dans l'arène professionnelle et doit se débrouiller du mieux qu'il peut.Nick Ayoub MAINMISE Décembre 1975-15 Nick Ayoub est né à Trois-Rivières il y a 45 ans.de parents Libanais.La famille est arrivée à Montréal alors qu'il était encore enfant.A 13 ans.il a sa première trompette, à 15 ans un trombone, à 16 ans, il prend des cours privés de clarinette avec Ja me Bnegel II entre au Conservatoire à 17 ans et travaille le saxophone tenor et le haut-bois avec Provincial Arthur Romano.On lui accorde un premier prix pour son travail au saxophone.Plus tard, il étudie le haut-bois avec Harold Comberg du New York Philarmonic.Il a joué de cet instrument avec le Montréal Symphony sous la direction de plusieurs conducteurs dont Bruno Walter.Sir Thomas Beecham et Otto Klemperer.Passionné de jazz, il a toujours été un musicien professionnel depuis l'âge de 17 ans, époque à laquelle il jouait dans le groupe de Maynard Ferguson.Il était aussi dans le groupe de Johnny Holmes incluant également Oscar Peterson.Dans les années 50 il jouait avec Butch Watanabe A youb a continué ensuite d'étudier de nouveaux instruments de composer et d'écrire ac tivement plusieurs champs comme la radio.TV et enregistrement.Il a endisqué sur é-tiquette Trans Canada un long-jeu de bossa nova.Il eut plusieurs occasions de jouer du jazz surtout en temps que membre du Art Morrow Orchestra qui passait chaque semaine à la radio CEM.Il a aussi été choisi pour apparaître au premier des deux shows canadiens du Timex Jazz qui prit source à CBC-TB à Toronto.Il était du Montréal Jazz Festival en 1963; il a enregistré pour le Canadian Talent Library à Toronto des soli pour flûte, haut-bois, saxes tenor et alto, sous la direction de Denny Vaughan et de Moe Koffman Quartet II continue encore d'enregistrer pour Radio-Canada.Maintenant.Nick Ayoub enseigne au Conservatoire, 20 heures par semaine, 17 élèves en tout.Il crée le Nick Ayoub Quintet avec des jeunes qu'il a soin de former techniquement au jazz dont Jacques Masson à la batterie.Al Pemfold à la trompette.Art Roberts au piano et Nick Angello à la basse.Mentionnons qu'il a fait aussi Jazz en Liberté et Jazz Canadiana à Radio-Canada.Il a été chef-d'orchestre pour les sessions d'Altitude 755 avec Dominique Michel.Il prépare maintenant Monsieur B avec Cousi-neau pour les 8eaux-Dimanches.Père de 4 enfants, disons que son fils ainé.Jimmy joue avec Mohagony Rush.Homme complet, Ayoub travaille aussi avec les Je.nesses Musicales d'Orford.En à-côti, il est co-propriétaire de l'Auberge La Lanterne à Magog.Ayoub est un homme supersympathique qu'il est bon de rencontrer et se tout de voir diriger et d'écouter jouer.A-moureux et perfectionniste du jazz, il a écrit < s tas PLUME ET CASSONADE Pomme de Route London XDEF 121 Lancement, le 27 octobre, au Patriote, du nouveau show de Clémence Celle qui déclarait, il y a quelques années, que le public québécois est bien trop exigeant envers ses artistes en réclamant d'eux qu'ils se renouvellent à tous les six mois a enterré depuis ses illusions.En deux ans.Clémence nous a donné deux longs-jeux et un très beau recueil de nouvelles, aux éditions de l'Aurore: "J'ai des P'tites Nouvelles Pour Vous Autres".Son avant-derniei long-jeu était presque entièrement grand slopey.les tchomes de bière, la musique croche, voilà tous les attributs d'un garçon intelligent qui s'évertue à essayer de nous faire accroire qu'il est niaiseux.Personnellement, j'aurais attendu encore quelques mois.Je suis encore sur ma bonne impression du disque Le Vieux Show Son Sale.Le nouveau disque m'a versé dans les oreilles un flot de chansons moins travaillées Un flot de chansons moins poétiques aussi.Le mélange des guitares acou-tiques de Plume et Steve Faulkner arrivent à des résultats prometteurs dans certaines chansons.Sa polin 148 et U.F.O., mais l'ensemble de la musique est négligé pour mieux donner l'image du lendemain de la veille.Mal de tête, crise de foie et désespoir! Si certains jeunes croient encore qu'il y a quelqu'chose à faire au Québec, une révolution agricole ou des semailles de villages-du-nord.Plume Latraverse ne sera pas votre idole cet hiver; il est l'image de notre down.Il a bien le physique d'un cheval solaire, mais il ne galope pas fort.et notre charriot est pesant! Tout ce qu'il peut faire pour vous, pauvres fans, c'est vous faire rire un peu.Ca détend la rate.C'est relié à la marde de toutes façons! Pierre Voyer PS.J'espère qu'on aura l'occasion de réentendre la voix de Sylvie Cho-quette qui chante le Rappel, l'histoire de Simone.Sa chanson est une des meilleures plages du disque Pomme de Route.nivVVWIAAfvWvUvWVvVvV OFFENBACH Tabarnac London ADEF-1178 Le grand plaisir de se rouler dans le caca, c'est délicieux, surtout quand on a été bien élevé.La voix rauque d'un biberon, l'image du Le Hollandais qui présente le groupe au début du disque est nettement plus convaincu que moi.Il est fier de connaître un groupe canadien qui fait de la musique internationale.américaine.Du heavy rock! Du blues! C'est un ensemble de deux disques qui ont été enregistrés lors d'une tournée en France et en Hollande pendant le tournage du film Tabarnac de Claude Faraldo.Batterie très présente, basse simple et guitares, un peu d'orgue et la voix diéselle du chanteur boule d'Oseur.Ils interprètent ici un ancien succès d'Edith Piaf.L'Hymne à l'Amour de Marguerite Monnot.C'est un événement!.Leur parti-pris inconditionnel pour le rock, jusqu'à la dernière goutte de sang, est un symptôme rassurant.Ils ont beaucoup d'énergie à dépenser.Maintenant qu'on a bien assimilé la forme musicale internationale, le rock agressif du monde entier, maintenant qu'on a bien MAINMISE Décembre 1975-16 assimilé la chansonnette française, les jolis refrains et l'art poétique .il faut qu'on assume notre paysage, qu'on mange notre nordicité et qu'on arrive à un son repérable On reconnaît tout-de-suite le son d'Offenbfch, mais c'est toujours pour se dire: "Nous autres aussi on est capable de faire comme les autres! Au moins, on peut louer le ciel d'avoir des disques québécois pour danser.On a tellement bien assimilé que Nanette est devenue Québécoise.Que la danse continuel IMWWlrWVWWWVWVIMVWVVt AUT'CHOSE Une nuit comme une autre CBS FS 90309 tout quand on y fait couler un fleuve de marde américaine où flottent des seringues et des capottes - à - oreilles (c'est pour les empêcher d'être fécondées).mais au bout de la petite rue.un petit gars génial essaye de se pendre avec un bas de nylon! Lucien Francoeur est un poète émouvant: il a entre les mains un outil resplendissant.C'est avec son Art poétique qu'il arrive à broyer ses emprunts pour cracher une salive solide.La musique d Aut chose est très:soi gnée: elle est bien rendue, mais on la confondrait avec bien d'autres si la prosodie de Lucien Francoeur ne venait pas la couronner, lui mettre des verres vumées sur le bout du nez.Il reste un danger: : se fixer! S'ils ne changent pas un peu la formule dans les mois qui viennent, il faudra peut-être qu'ils fassent définitivement des chansons en anglais pour continuer à pogner.JVVVVVAA/VVVVVAAAn/UWVAr CLAUDE VALADE London XDEF 119 OCTOBRE Survivance Trans-World TI6923 La culture montréalaise est plus américaine que la culture québécoise: c'est un secret pour personne.Ce qui est moins révélé c'est que la culture américaine favorise le "double ".tout ce qui est "comme" aut'cho se.Il suffit de voir la quantité de films américains qui racontent les histoires des autres peuples: il suffit de voir les modes rétro, les travestis et les héros - sans - talent -du - rock Tout est emprunté.Sur le disque d Aut chose on trouve beaucoup de choses empruntées: la forme musicale, une toune des Beach Boys, un peu de Wagner, un peu de Brigitte Fontaine et surtout le grand mythe de la "rebelle" Le désespoir violent ne trouve plus d'issus que dans la frustration sexuelle! Les rues de Montréal font mal.sur- Dix chansons nouvelles.La majorité sont traduites par Christine Charbonneau.Deux compositions originales de la même Ch Charbonneau.Si vous laissez vos claques à Las Vegas, demandez donc à Claude Valade de vous les ramener.Elle y va souventx'est là qu'elle se nourrit, elle va boire à la source même du miel préparé.C'est d'valeur.une si belle abeille! Avec une voix de cigale charmeuse.Comme le mois qui porte le même nom, le groupe Octobre réserve des surprises aux amateurs d'événements, d'enlèvements et de gels Leur musique se raffine et se com-plexifie: la guitare et les claviers s'y portent mieux que jamais, mais les textes sont glaçants.La lucidité incisive des vers de Pierre Flynn convient parfaitement à ses élans politiques: elle sied moins bien aux chansons d'amour qu'il nous sert ici: Cet instant.Tu t'en vas encore ce soir! Sa manière d'écrire est rigide: sa manière de chanter n'est pas assez convaincante pour maquiller cette rigidité.C'est peut-être simplement un manque de distance entre l'écriture et l'interprétation.Les expériences rythmiques, comme la très belle Valse à onze temps de lb première face, sont une voie intéressante où Octobre pourrait facilement apprendre à marcher dignement.Les constructions mélodiques sur des rythmes à 7 ou à 11 temps donnent à leur musique une dimension dramatique qui lui manquait: la linéarité poétique des textes entrait souvent en contradiction avec la variété des effets mue aux.Sur ce nouveau disque, Octobre nous laisse entr'entendre ce que pourrait devenir sa musique nouvelle; les textes devraient suivre la même voie et subir les mêmes transformations La qualité de leur contenu s'illuminerait si la "manière" de dire et de chanter la rendait plus accessible.plus dramati que.La distantiation ferait de l'interprète la fleur de la plante musicale.Dans la situation actuelle, le chanteur a toujours l'air d'avoir été un peu oublié par le mixeur .La chanson m'endort la musique me réveille encore! Une grande qualité d'invention! Les parties réglées sont remarquables: les "jams" sont généralement plus faibles, encore pleins de "jazz" et de longueurs.Maintenant que l'oiseau rouge vole haut, je suivrai attentivement la courbe décrite par son vol.VWVWMttWWvVvVWVM BEAU DOMMAGE Où est passée la noce?Capitol SK AO 70,037 Tout le monde attendait le nouveau disque de Beau Dommage.Et presque tout le monde a pris le temps de l'écouter.il tourne déjà très régulièrement dans tous les postes de radio.C'est fait! La grande qualité du premier disque se retrouve sur Où est passée la noce?.c'est l'aisance mélodique.Beau Dommage fait des tou-nes catchées: ça les apparente à McCartney.Charles Trenet et bien-d'autres qui nous apprennent leurs chansons d'un seul coup, à première audition.Les surprises des arrangements ne semblent pas retarder l'émission continue des mélodies.même si on sent un certain malaise dans les cuivres.Amène pas ta gang, et un traditionnalisme aigu dans l'arrangement des cordes.Un Incident è Bois des Filions Les éléments étrangers n'ont pas disloqué l'unité remarquable du groupe, mais leur utilisation nous amène à un poin d'interrogation.Le parti-pris réaliste des textes s'oppose un peu à l'esthétisme musicale qui semble tenter beaucoup les musiciens de Beau Dommage.Les expériences musicales qu'ils font sont souvent captivantes, mais on sent comme une retenue, un sage respect de soi-même.Par ailleurs Bon Débarras et les passages musicaux où la guitare électrique devient la digne émule de sa consoeur la guitare classique, la vraie, entre autres sur Un Incident à Bois-des-Filion, s'affirment comme des éclats solaires qui s'opposent au réalisme lyrique d'Heureusement qu'il y a la nuit et Assis dans cuisine.C'est plusieurs tendances qui cohabitent dans la même camisole de laine Beau Dommage fait une musique agréable qui tient au chaud.L'utilisation du "personnage psycho logique" comme "moyen de chanter" prend de la valeur dans une pièce comme l'Incident, et la musique s'en porte mieux; la superposition des voix finale est un des moments les mieux réussi» du disque.en tout cas le plus émouvant.Chacune des chansons trace le portrait d'un personnage, avec un état dame.Le Blues de la Métropole est pourtant la seule ejaculation sociale du venin fertilisant.Si on cherche des perles comme La Complainte du Phoque, il faudra sans douter s'en fabriquer une à partir des étincelles multiples qui illuminent, de flash en flash, le nouveau disque de Beau Dommage Il nous laisse avec un faisceau d'élans.Le mélodiste réchauffé par la voix de MM.DesRosiers est distrait par la variété de ses expériences musicales.Il y a beaucoup d'eau dans le lyrisme de Beau Dommage; leur musique est une rivière, il n'est pas surprenant qu'elle coule et se répande si vite sur tout KLAUS SCHUIZE.Irrlicht: Ohr OMM 556 022 Black Dance; Virgin, Caroline CA 2003 ,La musique électro-acoustique allemande fait de plus en plus d'adeptes.Les disques de Tangerine Dream et le Autobahn de Kraft-werk se vendent bien, partout dans le monde.Klaus Schulze a déjà fait partie des deux groupes Tangerine Dream et Ash Pa Tempe/.et ta musique qu'il fait maintenant est moins mécanique, moins stérilisante qu'elle l'était.La solitude lui réussit bien.Jusqu'à très récemment, les groupes allemands qui faisaient de la musique électronique avaient gardé certains éléments du rock: la basse et la batterie, les rythmes réguliers et les progressions harmoniques traditionnelles.Autobahn en esl encore tout imprégné.Mais récemment, ils se sont orientés vers l'expérience électro-accoustique pure.Schulze construit ses cathédrales sonores en utilisant des bandes magnétiques d'orchestre symphonique sur Irrilicht, et la voix humaine un aria de Verdi pour voix de basse sur Black Dance.Il enregistre d'abord ces éléments accoustiques, et il les transforme ensuite.Il pétrit sa pâte sonore en rajoutant goutte à goutte l'électronique.Et si on sentait toujours la machine sur ces premières expériences avec Edgar Froese et Tangerine Dream, on est maintenant transporté subtilement, sur un tapis volant, dans un monde erotique où les visions sont gratuites et grandioses.On oublie les pitons et les fils électriques; l'instant dramatique s'allonge et se transforme.On s'aperçoit tout-à-coup que la texture sonore a changé, mais on a pas entendu la transformation.Tout se déroule lentement et délicatement sur un tapis roulant berlinois.- Des accords d'orgue infinis, des notes circulaires d'oscillateurs déments, la percussion électronique et le vide construisent un décor sonore envoûtant.C'est sans doute un des musiciens qui représente le mieux la "Kosmische Musik" allemande: la musique d'enfants innocents prisonniers dans une machine industrielle, qui rêvent aux étoiles lointaines.Pierre Voyer &utrio Club 2075 ST-DENIS, près Sherbrooke 288-6918 fermé le lundi ISTAX I SME IDBX I TANNOY I KLIPSCH ( DECCA TEAC TANDBERG MICRO THORENS RABCO I IMF D B S I AUDIO-TECHNICA I MONITOR AUDIO I ORTOFON I UNAMCO I LUXMAN I PHASE-LINEAR TRANSCRIPTOR FERROGRAPH CONNOISSEUR HARMAN-KARDON MAINMISE Décembre 1 975 1 7 )• Québec.C'est une magie toute naturelle qui nous ébahira toujours.s Pierre Voyer IWVVVVWvVvVVVvVvVWVVVW CAPITAINE NO RCA KPLI-0102 Voici un nouveau chansonnier, dans le sens "français" du mot.un chroniqueur social.Son langage est cru, direct et cul-inaire, mais efficace et homogène aussi.La venue du Capitaine est peut-être la naissance d'un nouveau poète de la rue.Ca serait peut-être une aube nouvelle pour la musique québécoise de la jeune génération.C'est sur un folk-rock souple et adaptable que le capitaine fait rouler sa grosse voix.Il accuse.avec beaucoup de justesse et de cynisme.Les guitares et l'harmonica lui font un fond confortable.Son humour porterait sûrement moins si la musique n'était pas aussi banale.Ha! Il faut bien vivre avec son temps et faire du rock commercial! La grande qualité du Capitaine Nô.c'est de parler un langage accessible, le langage du monde pour le monde.Sa voix ressemble un peu à celle de Plume Latra-verse, quant à son "style", on pourrait le placer quelque part entre Raymond Lévesque et Plume.C'est un genre qui pogne! La preuve, c'est que la majorité des chansons de ce disque tournent déjà beaucoup dans plusieurs postes de ra- dio.Personne ne m'aime.Le Musicien Heavy Raté, André et d'autres chansons sont déjà connues du grand public.La sensibilité du capitaine ne trouve peut-être pas toujours la place qu'il devrait lui faire.Même à travers ses bouffonneries vocales, on décèle des grandes qualités d'expression; c'est un signe prometteur et rassurant.C'est un fin renard; il a l'oeil vif! Pour ceux qui se posent des questions sur son nom: le Capitaine Nô ne semble rien avoir en commun avec le théâtre du même nom.même s'il a les yeux un peu bridés sur la photo de la pochette.Pierre Voyer VAAAMV\MAMV«AAAAAMVVV MORSE CODE st-70.038 Capitol 1 K Une mutation capitale dans I'h.sioirs de la science.fiction américaine LES MEILLEURS RECITS DE « WEIRD TALES » T.1 La meilleure revue de fantastique et d'horreur des Etats-Unis 580•• LES MEILLEURS RÉCITS DE « WEIRD TALES » T.2 De Lovecraft a Robert Howard, tous j les grands auteurs de la revue La collection qui choisit bien ses livres.NOUVELLES PARUTIONS 618*** LE GOUFFRE DE LA LUNE Une fantastique civilisation souterraine inconnue des hommes de la surface «14* UNIVERS 02 Michael Bishop, Philip José Farmer, Arthur C.Clarke.Philippe Curval 612'" LA MAISON DES DAMNÉS Des explorateurs de l'inconnu face à une maison maudite MAINMISE Décembre 1975-37 L'OCTOBRE DU CINEMA QUEBECOIS: SORTIE DES ARTISTES?SORTIE DES ARTISTES?SORTIE DES ARTISTES?Il n'y a plus que des spécialistes de l'art, des gens "one track minded", souffrant exactement des mêmes tares que tous les spécialistes, qui n'ont jamais le temps de s'informer (le goût non plus!).L'Octobre du cinéma québécois: Cinq films qui ne marcheront pas commercialement, une loi dont le moins qu'on pu.sse dire est qu'elle est "controversée", un système de production - distribution qui n'a plus de rapport avec rien, une tendance générale à la dépression (économique et nerveuse), en un mot: C'est la CRISE.Je sens qu'une analyse "sérieuse" de la situation va me mener loin.Trop loin peut-être pour ce que nos cinéastes québécois -bien éprouvés ces temps-ci — sont capables de prendre Sérieusement.Si l'on s'entendait d'abord sur le fait que l'importance du cinéma est bien relative dans une société humaine globalement en CRISE, ou l'envergure des problèmes vitaux qui se posent à l'échelle de la planète et l'incertitude de l'avenir (au vrai sens du mot: Est-il certain que nous ayons un avenir?), et vu la complète désintégration de cette société (et de la personnalité humaine profonde: la vôtre, la mienne, la société n'étant que la projection de cette dernière!) Et si l'on essayait de ne plus se prendre au sérieux, chacun dans son rôle, son oeuvre ou sa mission, et chercher ensemble un sens nouveau à la création artistique, ou plus simplement, et plus largement à l'information culturelle, tant du point de vue de l'artiste, ou de l'informateur, que du critique ou de l'observateur bien informé (faudrait voir?) Devant ce qui nous arrive (quelle affaire!) avons-nous d'autre alternative que la solidarité?Les éthologues s'entendent sur le fait qu'à toutes les espèces animales (l'humaine comprise) il faut un ennemi pour assurer la cohésion du groupe et par conséquent sa survie Si chacun pouvait se pénétrer, du fait qu'aujourd'hui, l'ennemi c'est nous-méme.et que "nous-méme" avec ses "ego-trips".menace de nous éliminer de la surface de la planète, on pourrait peut-être se parler franchement sans se vexer ni s'indigner! Cinq cinéastes, tous des gens sympathiques, bien intentionnés, exceptionnellement ou raisonnablement doués, connaissant leur métier, du monde, à qui l'on n'a vraiment pas envie l de faire de la peine, encore moins de les "critiquer ".et qui se trouvent aujourd'hui dans I IMPASSE Voyons d'abord comment ils interprètent l'événement, aux prises qu'ils sont avec "le dur désir de durer", ce qui veut dire avoir au moins une bonne idée par année et trouver l'argent pour en faire un FILM, cet objet culturel de luxe que personne ne pourra bientôt plus se payer, ni ceux qui les font, ni ceux qui les regardent."La crise de la création est peut-être en partie faite par les gens qui veulent contrôler la création.Mais le contrôle de la création chasse toujours les véritables créateurs.Il faudrait ouvrir Radio-Canada, ouvrir l'ONF.fragmenter en petites unités et donner la possibilité à la vie d'entrer".(Gilles Carie) "Ce qui est fait, aussi bien par les cinéastes, les producteurs que les gouvernements n'est fait que dans le sens du commerce.Personnellement, j'essaie de plus en plus de faire des films populaires.Il y a dans ce terme plus qu'une astuce de langage.Faire une distinction entre un cinéma populaire et un cinéma commercial c'est pour moi essayer de croire ou d'imaginer un cinéma populaire c'est-à-dire communicable, c'est donc en même temps essayer d'imaginer des façons de communiquer ce cinéma-là.(Jean-Pierre Lefebvre)."Il y a une affaire qui m'emmerde: le public québécois n'est pas avec nous.S'il y avait pour le cinéma la même following ou la moitié de ce que la musique ou la chanson populaire a.ça marcherait.Si on ne peut plus faire nos films, c'est parce que ceux qui devraient les aimer ne vont pas les voir, c'est tout".(Claude Jutra)."Je suis sûr et certain que ce n'est pas en biaisant notre réalité qu'on peut être apprécié à l'étranger.la solution à la crise réside dans des budgets modiques correspondant à notre bassin de population".(Clément Perron) "J'ai voulu réaliser un film populaire - sans mauvais goût - et bien raconter une histoire avant de songer à livrer un message.(Marcel Lefebvre) Et si l'on essayait de ne plus se prendre au sérieux.Tous, ils ont le complexe du "cinéma culturel qu'il ne faut pas faire" (leur a-t-on assez reproché, les pauvres!) et l'obsession du cinéma "populaire", qu'ils distinguent du cinéma "commercial" Effectivement, chacun des films sortis au Québec en Octobre est un film qui se veut populaire, ce qui signifie, traiter de sujets par lesquels le grand public se sente concerné, mettre en scène des personnages et des si- tuations auquel il puisse s'identifier et le faire dans une forme accessible.Mni le temps du "medium is the message " qui i justifie, la forme révolutionnaire par le conre-nu révolutionnaire, l'un n'allant pas sans l'autre, d'une seule et même démarche.(Godard dixit), tout en chiant sur McLuhan, à l'occasion! Aujourd'hui, le cinéaste québécois se défend bien d'être un artiste ni même un auteur.Il préfère dire qu'il est un artisan, ou un militant.Il ne parle plus de son art mais de son métier.Il ne crois plus à la mise en scène, mais au fait de bien raconter une histoire, ou montrer quelque chose à quelqu'un.Bref, c'est "un gars ben ordinaire".Qu'il dit.Surtout, c'est un cinéaste engagé.J'avoue que j'ai moi-même, comme critique encouragé cette attitude, il y a quelques années.Et je pense que j'ai eu raison, comme ils ont eu raison de faire ce qu'ils ont fait, compte tenu du niveau de conscience à ce moment-là.et de la situation qui n'avait pas encore (à notre connaissance) basculé dans la catastrophe irréversible Mais l'heure tragique et grandiose de la DECADENCE, de la fin d'un monde, a sonné et rien n'est plus pareil.1-La décadence est une fatalité, à laquelle aucun organisme vivant n'échappe.Une civilisation nait, vit et meurt, suivant un processus déterminé (il n'y a qu'à se référer à l'histoire).2-"Donnez-nous du pain et des jeux", criait la plèbe romaine, sous César Auguste.Les gens sont complètement aliénés, c'est vrai, mais ils ont perdu toute motivation à le savoir.Au fond, ils ont perdu tout espoir par rapport à "l'Empire" et ils ont bien raison.Il est donc inhumain de leur demander de payer $3.00 et de s'assoir pendant deux heures et demie pour regarder à l'écran la reproduction fidèle de leur drame quotidien.Ils n'ont même plus envie d'en rire.Il n'y a aucune attente, dans le grand public, pour ce genre de message.Tout ce que veulent les gens (pourquoi ils se battent encore) c'est de I argent, toujours plus d'argent, (le pain et les jeux, ça coûte cher!) 3-Les jeux, aujourd'hui, ressemblent étrangement à ceux de la Rome agonisante N'importe quoi pour se donner des sensations, de plus en plus fortes, garder l'illusion d'être vivants Or le cinéma commercial répond parfaitement à cette attente.Le bon vieux truc du sexe et de la violence marche à fond et tourne à la farce ENORME, (une bonne douzaine de films de cul sadomasochistes s'en vienent en ligne, sans parler de l'usage que l'on fait de l'occultisme, ou même de I ésotérisme.Seigneur!) En réaction, on nous offre les Olympiques! Du beau monde, jeune sain, "clean", discipliné et tout.Les "dieux du stade" quoi, et pourquoi pas "le triomphe de la volonté"?C'est une idée qui refait surface, chez bien du monde inquiet.Tout ça est NORMAL.Bon 4 Lartiste.dans es conditions, n'a plus qu'à profiter de la situation, et jouer le jeu de "l'amuseur" (comme suggère le clown d Edmund Alleyn à l'exposition du Musée d'Art Contemporain).On peut faire dans la sensation pour tous les publics, même les plus sophistiqués.Ou bien il choisit d'être un AGITATEUR DE CONSCIENCE mais le conscient des gens étant totalement investi par la réalité PRE - FABRIQUEE, il faut qu'il la fasse au niveau de l'inconscient: ce que fait la musique, par exemple, parce qu'elle est un méta langage, en prise directe sur "l'autre" réalité, (c'est pourquoi la musique au Québec comme ailleurs, attire des foules que le cinéma n'attire plus.) On devrait pouvoir composer du cinéma comme on compose de la musique."Let yourself go, baby"! Autrement dit, un cinéaste devrait avoir le courage, comme c'est le cas de bien des musiciens, de plonger la tête la première dans l'aventure, parfois douloureuse, toujours risquée, du DECONDITIONNEMENT INDIVIDUEL.Accepter de ne plus être des messieurs "bien", des petits bourgeois, comme ils disent eux-méme.Renoncer, jusqu'à un certain point, à la sécurité matérielle, à la sécurité morale surtout, à une certaine image deux-même, au jeu social, à l'artifice du CINEMA QUI REMPLACE LA VIE.Essayer d'être, dans leur vie personnelle, ce qu'ils ont envie d'être, profondément, même s'il leur faut poser des gestes difficiles, et malgré la révolution intérieure que cela implique, dans presque tous les cas.Rencontrer face à face "le Gardien du Seuil" qui est aussi le gardien de | INSPIRATION! Et si l'on n'y arrive pas tout seul, spontanément, il existe des "méthodes" des voies, des disciplines, il n'y a que l'embarras du choix par les temps qui courent - En fait, il s'agit de débloquer l'esprit, en débarrassant le corps de ses entraves, c'est à-dire en nettoyant le réseau nerveux des "cochonneries", les frustrations, les peurs, qui empêchent la libre circulation de l'ENERGIE en nous.Car cette énergie, qui circule plus ou moins librement, selon qu'on est plus ou moins pogné, il semble bien que ce soit l'énergie cosmique, la kundalini des Hindous, la déesse blanche des mythologies, le véhicule de INFORMATION, quelle transmet au cerveau, qui la décode.Et plus on apporte d'énergie au cerveau, donc d'information, plus il se complexifie (dans ses processus bio-chimiques au niveau des neurones) et mieux il décode.Il s'agit de changer de niveau de conscience, de MUTER, en quelque sorte.En fait, il s'agit de débloquer l'esprit, en débarrassant le corps de ses entraves.MAINMISE Décembre 1975 38 Changer de niveau de conscience est un phénomène neurologique et ne peut se faire qu'en suivant un "pattern" bien défini par la tradition esoterique' et dont la science dans ses applications pratiques', par exemple les nouvelles psychothérapies' et au niveau de la recherche fondamentale' redécouvre aujourd'hui la fulgurante réalité.Dans certains cas.les drogues psychédéliques sont le bâton de dynamite qui fait sauter les digues du "moi", ce moi dont la structure est tellement rigide, qu'elle résiste même aux sollicitations extérieures les plus pressantes, aux "pressions d'évolution", comme disent les biologistes.Le rôle de l'artiste, ça devrait-être de révéler le nouvel homme à lui-même, de l'aider à franchir la prochaine étape de son évolution, en agitant ces forces obscures, ces images profondes, archétypiques.toujours prêtes à se mettre en action.LIBERATRICES.Préparer la prochaine société signifie nécessairement se déconditionner com - plètement de celle-ci (Faut /'faire!) Sans quoi, il n'y a plus de "nécessité des artistes!' SORTIES DES ARTISTES Il n'y a plus que des spécialistes de l'art, des gens "one track minded", souffrant exactement des mêmes tares que tous les spécialistes, qui n'ont jamais le temps de s'informer (le goût non plus!).NE RIEN "VOIR" C'est que pour voir, il faut d'abord se créer des circonstances objectives.Etre informé, par exemple, des nouvelles données de la Science, qui sont en train de changer radicalement la perception que nous avons, et l'interprétation que nous faisons de la réalité, LA REALITE ELLE-MEME, et qui nous renvoient nez-à-nez avec la TRADITION, nous projetant du même coup dans l'avenir.Connaître la biologie moléculaire, qui a permis la fameuse théorie des ensembles: "de niveau en niveau d'organisation, toujours plus complexe, de la cellule à la société humaine, ce sont toujours les même lois qui s'appliquent": l'approche systémique du "Macroscope" de 3 Joel de Rosnayjes trois cerveaux de Laborit et sa très belle "nouvelle grille": la nouvelle physique de Gnostiques de Princeton, proprement fabuleuse, qui prétend "remettre la Science à l'endroit ", même s'il y a quelques réserves à faire quand à \& "moralité" de ces gens-là: les psychothérapies diverses, cri primai, bio-énergie, gestalt - thérapie, etc.qui ne font que vérifier, à l'étonnement général, ce que les disciplines traditionnelles, (le Yoga, la Méditation) démontrent depuis la nuit des temps; la para-psychologie, aussi, qui est en train de devenir la science de pointe et qui redonne tout-à-coup un sens aux vieilles lunes des gourous, des chamans et des sorciers (histoire naturelle du surnaturel etc.La nouvelle conscience, on la voit poindre à l'horizon avec le "mysticisme scientifique" qui constitue l'avant-garde de la pensée et de l'expérience aujourd'hui, et qui annonce la synthèse de l'Orient et de l'Occident, la réconciliation des contraires, du Yin et du Yang, dans l'homme et dans le monde, l'intégration de l'anima à l'animus.comme le souhaitait Jung, des valeurs féminines en chacun de nous, qui sommes encore tellement dominés par les valeurs masculines, hommes ou femmes.(En dehors de lui.il semble qu'il n'y ait plus guère de motivation!) La démotivation dans notre société ne vient pas seulement du fait de l'usure de vitalité, mais de l'impuissance ou se trouvent 99% des gens (Dixit Buck minster Fuller) à déchiffrer le réel et par conséquent à agir sur lui.La dope, la clochardisation.ne sont pas les seuls symptômes de cette démotivation.On peut aussi se laisser aller à la facilité se faire faloir à l'intérieur du système, en se soumettant aux critères de réussite établis, se faire avoir par la "glamorisation" par exemple, qui conduit tout droit à l'inauthentici-té, au factice, comme Gilles Carie, malheureusement, avec Normande Saint-Onge.Se laisser détourner de sa voix intérieur "A partir du moment où un poète - écrivait Christine dans le dernier numéro de MM à propos de Raoul Duguay - entre dans un processus de création - production - distribution, c'est-à-dire dans un monde bien armé, avec les dents longues, la naiveté.la pureté ne sont plus des armes suffisantes pour se défendre." fendre." L'artiste, aujourd'hui, il faut qu'il soit à la fois le mage, le savant, le fou.le sage, (tout dépend du point de vue où on se place), l'homme et la femme fusionnés, l'enfant aussi (toujours prêt pour "le voyage", et qui n'a pas peur d'avoir peur), l'homme INTEGRE quoi, "présent à touttt conscient de touttt." Immobile, tranquille au coeur du cyclone, simulateur de Dieu Ce qui ne veut absolument pas dire s'évader de la réalité, se peter la tête contre les galaxies, mais aborder la réalité AUTREMENT' la remettre à l'endroit, comme les Gnostiques de Princeton font avec la Science Alors, des idées nouvelles surgissent en foule.La crise de la création, aujourd'hui, dans le cinéma comme dans le reste, et pas seulement au Québec, c'est d'abord la crise des idées."' Les vieilles idées sont usées jusqu'à la corde.On a beau les marketer du mieux qu'on peut, c'est toujours pareil, toujours plane La vieille grille manichéenne n'a plus de sens.Personne ne croit plus aux bons ni aux méchants."Il faut se laisser aller.faire des films imprévisibles.des films anormaux" écrit Gilles Carie, qui s'est trompé avec Normande Saint-Onge.mais qui avait plutôt bien réussi avec "Les corps célestes", quoi qu'on en dise! Si c'est le sexe qui intéresse les cinéastes québécois, s'ils en sont à/ CE STADE (primordial) de leur évolution (ou révolution), de leur PROCESSUS D'INDIVIDUATION, comme dirait Jung, encore, et puisque dans ce processus, qui va jusqu'au plus haut niveau de conscience, et qui.semble-t-il.est inscrit jusque dans notre code génétique, on ne brûle pas les étapes, alors qu'ils en parlent, mais bien, et qu'ils le fassent surtout, mais qu'ils ne prétendent pas s'intéresser TELLEMENT à la madame - toute - seule - qui -.écoute - les - hot - lines - la nuit - dans - sa -cuisine, comme Jean-Pierre Lefebvre, qui à force de parti-pris naturaliste à-la-Zola (un parti-pris esthétique surtout, et économique, bien sûr) finit par devenir ennuyeux (lui qui promettait d'apporter une matière dramatique originale au cinéma québécois qui n'arrivait pas à décoller du cinéma - vérité); ni au problème - du - couple - dans - la - société - moderne, comme Claude Jutra, qui se contente de faire des pirouettes intéressantes (quelques fois drôle ou pathétiques) devant un miroir qu'il n'arrive pas à franchir (lui qui est un vrai poète et dont on attend qu'il se décide à faire passer "l'amour humain" de l'autre côté du miroir, dans la quatrième dimension sa seule issue); ni à la signification - du - mythe - western - dans - l'âme -québécoise, comme dans "MUSTANG:;, où tout ce qui saute à la face du spectateur, c'est ce que j'appelle "le complexe de Leone" (qui fait rage au Québec.^ Clément Perron parait plus sincère.Un homme de 40 ans.nostalgique, qui préfère raconter des histoires du passé, "en fumant sa pipe et en se berçant", et qui en a de bonnes (histoires), mais qui les arrange un peu trop, pour qu'elles soient plus belles, et qu'elles servent mieux un certaine idéologie nationaliste un peu à la manière du réalisme - socialiste -soviétique (tout le monde il est tellement beau, tellement gentil dans le petit peuple québécois).La quatrième dimension, elle existe, et le monde s'en ennuie à en crever.Il faut la lui rendre (mais pas pour en faire ce qu'on en a fait jusqu'à présent).LE GESTE LE PLUS POLITIQUE QUE L'ON PUISSE POSER AUJOURD'HUI La réalité que nous nous sommes fabriquée est le produit d'un réseau inextricable de relations horizontales, qui n'en finit plus de se complexifier jusqu'à l'absurde, jusqu'à ce que nous devenions tous fous, ou que le vaisseau spatial Terre coule à pic sous le poids des choses?Le seul moyen de retrouver l'équilibre, c'est de rétablir la relation VERTICALE, celle de l'Homme à l'Univers, au COSMOS, "immobile, tranquille au coeur du cyclone", là ou devrait s'installer l'artiste, comme dans les anciennes civihsatin.le gourou, le chaman ou le sorcier.CAR: CREER EST UN ACTE MAGIQUE De ces cinq films, on ne peut vraiment pas dire qu'ils soient "mauvais" Mais que sont-ils au juste?Aujourd'hui dimanche, j'ai fait du vélo dans le parc Lafontaine.Les deux étangs étaient presque vides Une épaisse verdure plutôt merdouilleuse pourissait dans le fond, dégageant une forte odeur de varech, ou de poisson crève dans laquelle des enfants chaussés de bottes farfouillaient avec des bâtons- pourrissaient elles aussi et des jeunes, des couples, des enfants, se roulaient dedans avec volupté La MATIERE était incroyablement présente, de même que le besoin irrésistible des gens de reprendre contact avec elle C'était une belle, très belle image de cinéma COMME ON EN VOIT PAS Michèle Favreau MAINMISE Décembre 1975 39 ou LA VASELINE D'UN ART IMPUISSANT Dans un grand élan da communication, subventionné à cent milles dollars et plus les magnanimes conseil des arts du Canada, conseil des arts de Montréal et de la Politique nationale des musées nationaux du Canada po qui l'investissement culturel représente une entreprise philanthropique noble - louable, le musée d'art contemporain nous convie dans son immense salon de béton armé, cité du Ha- vre, à une véritable démonstration de joie durant cinq semaines et débutant par un cocktail anniversaire de type très conceptuel, chandelles, rochers.sable et vidéo gracieusement fournis par l'établissement.> Au programme, dix-huit artistes exposent leurs plus récentes oeuvres, témoignant des tendances dites "dynamiques" de l'art au Québec depuis 1970 (se référer à la brochure Québec 75 pour épithètes ou expressions techniques).Musée D'Art Contemporain-Cité Du Havre: 16 Octobre - 23 novembre.Nous pénétrons d'abord dans le hall didactique, foisonnant de photographies énigmati ques, de littérature explicative, de crayonnages étudiés nous accablant déjà du sérieux congénital des recherches.Nous nous acheminons dès lors vers les sommets proprement dits.Confidences, propos, griefs, phantasmes et marottes d'artistes, imprimés sur pancartes de style vente à rabais, décorent l'escalier de la foire: Une tribune, libre enfin, pour la revendication récupérée des droits créateurs.Les visiteurs lisent parfois quand ils ne surveillent pas plutôt les marches: "J'ai exploré les diverses tactiques de survie d'un artiste dans un pays sans public ni collectionneurs".Robert Walker.Quelques clichés ennuyeux d'une carméra désabusée illustrant le protectionnisme officiel non rentable."Je crois qu'il est très difficile de sortir l'art de la culture bourgeoise".Leopold Plotek.La reconnaissance par le système provoque l'écoulement de la marchandise.Des toiles en chute libre sans grand intérêt populaire."Je crée pour moi-même, c'est un luxe que je me pave 1 ^V Edmund Alleyn De l'intimisme.Un environnement bi-tri di-mensionnel superbe confondant assistance et personnages figés.Un portrait social lucide."L'important dans mon oeuvre, c'est le processus.Je travaille maintenant avec des matériaux moins coûteux qui correspondent à ma condition sociale ".Rolland Poulin De l'économie inutile comme si l'euphorie revêtait son masque de ciment craqué."La participation du public ne m'importe pas Yvon Cozic Facétie lucrative, touchée malgré l'allergie à la peluche."Ce qui m'embarque chez un artiste, ce n'est pas ce qu'il dit comme sa façon de le dire".Serge Tousignant On devinait.Les ballons bleus ou un certain décalage de l'ennui à l'ennui."Les critères architecturaux sont ceux de l'Etat et la conscience populaire s'y résigne".Melvin Charney Les critères plastiques architecturaux ou les critères financiers de l'architecture?Une question naive."Il faudrait que l'administration de l'art soit davantage entre les mains des artistes".Garfield Smith Cela donnerait-il encore d'autres sous-produits de Max Ernst ou de Giacometti?"Je préfère ramasser des objets et les observer que d'en créer d'autres.Etre artiste, ça demeure une belle job".Jean-Serge Champagne Alors pourquoi ne pas louer la Joconde et lui faire des grimaces jusque l'épuisement?"L'art est une balle contre la société".Irène Whihome Si la balle coûte, après marketing, le prix excessif des cotes trafiquées, aucun ouvrier n'entrera jamais dans ton musée blanc terne.Mon travail s'adresse aux gens qui se déplacent pour voir mes expositions".Christian Knu-dsen La décoration intérieure constitue effectivement une excellente source de revenus."L'absence de collectionneurs empêche le milieu d'être plus animé qu'il ne l'est".Suzy Lake Un art de tapotage facial et de maquillage con-ceptuel mène toujours à l'aveuglement."Une des fonctions de l'art, c'est d'enseigner, faire la synthèse entre voir et savoir." Gunter Nolte De l'intelligence mais une production new yorkaise sauce Soho."La problématique art et société est usée".Gilles Mihalcean.Détruira-t-on les sociétés de l'art à coups de gadgets?"C'est le propre de l'artiste de n'être jamais satisfait de ses productions".Réal Lauzon Romantisme typiquement local, candide inoffensif comme l'oeuvre."Je ne lutte contre aucun tabou social, ma recherche exprime uniquement un problème esthétique".Pierre Ayot Un cas de purisme régressif, d'innocence condensée, anti psyquiâtres s'abstenir.Le milieu est peu stimulant, les confrontations manquent".Claude Mongrain De la confrontation du vide au vide ne résulte rien."A ritual performance celebrating the union of man with cyclical forces with natural phenomena.A birth of conciousness.a death through non^humanity and a rebirth of man's possibilities".Bill Vanzan La traduction enlèverait toute profondeur au texte d'anniversaire (en principe le cinquième anniversaire de la proclamation de la loi des mesures de guerre, depuis que l'anglo-phonie joue à la politisation).Et.l'imagination lessivée, nous sortons de la nécropole vers l'art de vivre, loin de la fabulation stérile, de l'hystérie prétentieuse, du fétichisme que nous fricote une culture asthmatique râlant ses derniers soupirs pourris Jean - Guy Prince Au Café du Port, mardi le 2 décembre, organisé par les Editions du Coin, de 8 heures du soir à x heures de la nuit, une soirée de Poésie.Au programme: une gagne d'illustres inconnus dont Gaston Miron.de la musique.Un show qui peut-être parce qu'il n'est pas trop organisé d'avance, risque de tourner en fête.Café du Port: 356 Berri Vieux-Montréal.**# LES ELUC LE TEMPS D UNE VIE de Roland L epage (C.T.A.) VISA LE NOIR.TUA LE BLANC de Dale Wasserman (Compagnie Jean Duceppe).Si j'étais une vraie journaliste, je vous raconterais tout ce qu'on doit savoir sur chacune des pièces de théâtre depuis le début de la saison.Je n'ai pas envie de vous ennuyer, j'ai surtout le goût de me servir de ce que j'ai vu comme prétexte.Parce que dans le fond, tout n'est que prétexte.C'est sûr, on peut aller au théâtre pour passer une bonne soirée, pour apprécier la performance de comédiens (la preuve, c'est que Muriel Dutil dans "Le temps d'une vie" et Jean-Louis Millette dans le 1er m'ont omplètement flippée).C'est sûr que c'est très agréable de voir du travail bien fait, dans des salles techniquement bien préparées et à des prix qui assurent d'un certain standard de qualité, c'est ça l'acquis du théâtre officiel, théâtre contesté pour des raisons souvent différentes, par les gaucheries ou par les marginaux.C'est sûr que ce type de théâtre est contestable.So what! Pour l'instant, je ne veux pas faire le procès du théâtre officiel, je veux dire ce que j'y ai trouvé.Jusqu'au 23 décembre, en reprise au Théâtre d'Aujourd'hui LES HAUTS ET LES BAS DE LA VIE D'UNE DIVA Sarah hystérique, bravant le stress éblouissant des projecteurs, apparait menue spectaculaire devant son miroir-auditoire, le monologue démarre, l'histoire s'esquisse.L'écho recueille confidences croustillantes, facéties erotiques, récits corsés, une femme se délivre et s'enivre de son passé.Le discours s'agrémente d'appels téléphoniques inopinés, la belle pérore, le pianiste pianote.Parfois sous le coup de l'inégalité la caricature nous blase mais le personnage nous rattrape toujours heureusement au creux du ressac, nous amuse encore, crée la complicité, remue et engourdit alternatilement.L'entracte nous épargne l'ankylose.Le trot recommence au gré des délires d'une étoile vieillissante, fantôme d'opéra, poule de cabaret, enfant prodige, vamp décatie mais femme aimante surtout.La mise en scène utilise platement des recettes éculées genre S.O.S.donnant l'impression que l'héroine cherche son espace de jeu à travers des déplacements mécaniques nord-sud, est-ouest monotones-cadres non imagi-natifs.Les éclairages crus-vieillots et la musique plutôt tonitruante réussissent à dissimuler partiellement les carences du mouvement de la pièce.Nicole LeBlanc chante et sautille gaiement pour maintenir l'attention du public crampe dans son fauteuil.L'effeuillage moral progressif débouche subitement dans la tranchée politico-sociale chère à Germain qui nous gigue rigoureusement son message traditionnel La comédienne convaincante dans son rôle, transmet énergiquement pendant deux heures une substance peut-être surdosée mais l'environnement théâtral goûte l'envie de vivre et le feu qui pétille.Jean-Guy Prince GRAFF CENTREo DE CONCEPTION GRAPHIQUE 963est, rue RACHEL Montréal - 526-2616 éditeur et distribLiteur de gravures et multiples MAINMISE Décembre 1975-40 IHE4TRET BRADONS D'UNE JEUNE FILLE EN FLEUR EN MAL D'AMOUR Le Centre du théâtre d'aujourd'hui fait main- recherche du passage souterrain qui mène à tenant partie des institutions théâtrales québécoises.Même s'il a fallu plusieurs années pour confirmer le travail du C.T.A.son rôle a toujours été d'implanter l'idée, ici.que le théâtre québécois avait son existence et qu'à force, avec le temps, les pièces québécoises commenceraient à avoir un peu plus de chair autour des os.Que le théâtre québécois n'appartiendrait plus qu'à Tremblay .que ces au- la lumière et qui ne peut plus passer que par soi.L'homme devenant sa propre religion, sa seule croyance.Seul, face à lui-même, il a le devoir de trouver sa propre voie, dépourvu de plus en plus de l'appui du monde extérieur.Qui n'est qu'un ennemi de plus à abattre.Rosanna Guillemette le sait, mais trop tard: elle s'est fait manger doucement, sans trop teurs fantomatiques présentées souvent au: sen rendre compte et se retrouve, vieille.C.T.A.en viendraient à faire des petits et seule, aans un appartement, en ville: cette à créer un élève qui donnerait vie.un jour vi|(e quj ne ,ui a apport que |a solitude, par à une tradition théâtrale chez nous.On peut ce que c'est |a seule chose qu'elle peut don-dire maintenant que l'idée a bel et bien passé ner.Sa seule possibilité: rêver au temps et même si les débuts du C.T.A.ont été labo- passé, sur la terre, entourée de sa famille, rieux, autant pour le spectateur que pour le construisant un avenir qui a été grugé, a son centre lui-même (combien de fois a-t-il fallu insu, par la ville.Par de belles promesses, s'emmerder à écouter des fadaises avant d'y par des mirages.passer un bon moment, le théâtre de J.C Les fous de "Visa le noir, tua le blanc " le sa- Germain exclus, bien entendu), la persévé- vent aussi, peut-être encore mieux, poussés rance aveugle a fait en sorte que le théâtre dans leurs derniers retranchements: l'asile, québécois commence à pousser des ailes, à la folie.Refusant ce combat sans merci qui se poser solidement les pieds et à se bran- est le lot de tout le monde, hors des murs cher la tête.protecteurs de l'asile.Pas de choix: ou bien Au départ, une pièce comme "Le temps d'u-i tu joues la "game" ou bien tu t'enfermes, tu ne vie" de Roland Lepage a l'air de ne rien fais le fou, tu te mets sur l'assurance-chô- avoir en commun avec "Visa le noir, tua le mage, tu débarques en tout cas.avant de te blanc" de Dale Wasserman (d'après un livre de perdre complètement, avant d'oublier qui Ken Kensey qui a écrit aussi Acid Test), tu es.ce que tu veux faire et où tu vas.Ben, c'est pas si sûr que ça.Leur territoire Faites juste un test: demandez à n'importe est le même.l'Amérique: vous n'avez qu'à quel travailleur, ce qu'il fait dans la vie.Dix regarder les chats reconnaître leur terrain chances contre une qu'il vous répondra: je tra- pour savoir ce qui fait que deux pièces com- vaille tous les matins pour acheter une mai- me celles-ci sont proches l'une de l'autre: c'est la senteur qui s'en dégage, imprégnée de façon indélébile dans chacun de leurs méandres qui fait qu'on s'y retrouve en pays connu.L'Amérique, c'est rien comme Trade Mark.qu:il s'agisse du Québec ou des U.S.A.ça se sent dix milles à la ronde.Au fond du fond, c'est de la même chose qu'on y parle, mais vu d'un bout différent de la son.une auto, une TV.C'est ça le moteur d'action de la plupart des gens et c'est contre ça que s'élèvent les fous de l'asile et surtout le chef Brunswick, l'indien dépossédé de son identité, de son être (préfiguration de ce que nous serons?) happé par la grande machine blanche dévoreuse d'hommes, cette grande machine qui ne laisse que des bras et des jambes pour travailler, pour produire et lunette d'approche: une société qui engloutit les qui suce la tète des gens par les oreilles.énergies humaines sous prétexte de rentabilité et qui offre aux marginaux, que ce soit des fous enfermés dans un asile ou ces gens qui possèdent encore le respect de la terre, un choix, le délire: l'abandon complet de la raison, d'une certaine logique qu'on appelle "la" logique, au profit d'une forme de folie, d'une folie qui ne peut qu'ouvrir les portes à d'autres mondes, d'autres vérités.Certains parlent de perdre le sens des responsabilités, de la réalité.Rosanna Guillemette (Le temps d'une vie), Freddy et le chef Brunswick (Visa le noir) disent merde, pour ne pas être plus grossier, à une société qui lui met la camisole de force Chacun a sa façon trouve à travers son expérience de vie.sa solution: une lutte à mort (Freddy), la fuite (Chef Brunswick), le rêve (Rosanna).Rien de réjouissant en perspective, sinon le choix d'une vie dans des termes posés ultimement par chacun d'eux, et non plus par une société, par le carcan d'une société.Posant clairement, malgré tout, l'option pour chacun de valeurs individuelles.Comme si l'individualité restait la seule planche de salut, sur la planète Non pas le culte de la personnalité, l'ego trip", mais une prise de conscience radicale (au sens politique du terme) de l'aberration véhiculée par le monde moderne, de l'ineffable inutilité des valeurs sociales actuelles et du refus de se laisser engloutir sous ces vapeurs nauséabondes.Le retrait, un peu à la manière d'un ermite de-^ temps passés, et la par les yeux, par le nez.par le bruit, la laideur, la pollution.Drôle d'histoire que ces deux pièces où d'ailleurs la femme joue un rôle important.Dans la première (Le temps d'une vie), c'est elle qui est la gardienne de la tradition, mais c'est elle aussi qui fait le passage, poussée par ses hommes, entre la vie tout intérieure que représente la campagne et le vide des jours compliqués de la giande ville.C'est elle qui tente un retour en arrière, comme pour se rattraper au dernier instant, avant qu'il ne soit trop tard, pour elle aussi.Dans "Visa le noir", les jeux sont faits, garde Rochon, la "femme" de la pièce, connaît bien son rôle, au large de son moi profond, de sa féminité, très bien stylée par un monde qui vise à l'efficacité: l'amour, la compréhension ne sont pas des valeurs rentables, parce que basées sur ùn système où la concienti-sation a ses droits Les moyens chirurgicaux de garde Rochon sont beaucoup plus puis sants et radicaux: c'est à une mise à mort de l'esprit qu'ils s'exercent Une fois encore, c'est la femme qui est la grande responsable, à partir du moment où elle oublie ce qui la fait différente: sa féminité.La relève étant assurée par les hommes, dans la recherche d'un juste équilibre, dans un monde où les hommes se féminisent de plus en plus, par nécessité Si c'est d'Amérique qu'il est question, sommes-nous vraiment concernés?Christine AU V1DE0GRAPHE VENDREDI SOIR Me croiriez vous si je vous disais que j'ai vu une excellente création collective?.Je sais, c'est un mot qui fait frémir bien des colonnes Je vois des perruques hérisséesl Mais le spectacle de Han Masson.Ghyslaine Tremblay et Jean-Pierre Bergeron est une salade de souvenirs, de rêves d'enfance et de fantaisie.A Jonquière.comme ailleurs, les enfants de 1960 parlaient encore au Bon Dieu tous les jours.Les maladies spirituelles n'avaient pas encore dévoré tout.Quelle salade.délicieusel C'est une séance où les décors st les costumes sont des vieilles couvertes.Dans une petite salle qui contient à peine vingt personnes! Avec quelques petits effets d'éclairages! Et pourtant, ça pogne au ventre On est cloué à sa chaise, pogné entre le fou rire et les larmes.C'est l'histoire d'un sous-doué qui rêve de devenir la seule police au Canada avec un crocodile masqué: un sous-doué qui bave un sous-doué, quand il n'est pas après baver devant un poster de Brigitte Bardot.Le sous-doué, en police, viole la reine du Carnaval.Ailleurs le sur-doué rêve de gagner un concours de Vocabulaire: un voyage à Paris.Il veut aller se vendre aux consulat de l'U R.S.S ; il devient un grand savant en Russie et il bombarde le Québec.la gardienne du sur-doué rêve à Tony Roman qui abandonne Nanette pour partir avec elle.dans son convertible.C'est le plus beau spectacle de théâtre que j'ai vu cet automne Tout était bien réglé: les comédiens irréprochables.et pour une fois ce n'était pas du lyrage de fond de cuisine, mais du délir* de chambre d'enfant.Vendredi soir, avait déjà été représenté au cours de l'été, mais très peu de gens l'ont vu.J'espère qu'on le verra beaucoup.Les chansons du spectacle ont une saveur étrange, une sorte de .implicite bizarre, naive et illuminante.La musique de Michel Rossi et Jean-François Gar nedu s'accorde très bien avec l'esprit du spectacle Si j'étais Mademoiselle Caron.la maîtresse d'école, je leur mettrais chacun un ange dans leur cahier._ Pierre Voyer BRIEVETE, MERE DE TOUTES LES JOIES: Do, do l'enfant do: de Serge Sirois (Patriote en Haut) : Ca m embête touiouis un peu ce que fait Si rois C est trop proche de Tremblay ça ma" que de nerfs c est un peu facile Ca l'avantage d être divertissant cette *ois o Une soirée en octobre, d'André Major (T.P.Q.): Ce qu on appelle un tour fait en plus pa' un metteui en scene qui est le direi leur du département de theatre a I université du Que bec Jean Guy Sabounn Baby Doll et 27 voitures plaines de tabac.Tennessee Williams (Centaur) Un theatre poussiéreux ou il est de mise de s ennuyer Tennessee Williams na pas reuss.3 réveiller les morts Avec en plus si» spectateurs dans la salle et presqu autant de comédiens sur scene Le Premier, d'Israël Horovitz I Quat Sous) : Présente dans un des théâtres les plus ap piopnes au théâtre d'essai, on y retrouve une piece ou Jean louis Millette fait l'effet d'une bombé (enfin des rôles a sa mesure) mal gre le ton lonescien un peu rechauffé C'est dommage qu un si beau théâtre ne soit pas mieux utilise Mais faut pas se plaindre, c'é tait encore pire I an dernier Orion le tueur, de J P Grenier et M.Fom beurre.IQuat Sous) Un mélodrame amusant Mis en scene par un Paul Buissonneau dechaine qui rappelait les bons temps de Faut |eter la vieille de Dano Fo Une idee en ot reprendre la pre miere piece du Quat sous la mode re tro utilisée sous un bon prétexte celui de fai re revivre au spectateu' le théâtre d il y a vingt ans au Quat Sous MAINMISE Décembre 1975-41 PLACE AUX POETES: AVEC JANOU ST-DENIS AU MICRO.A LA CASANOUS TflBRSMK! L'OUTREMONT: JEAN-GUY MOREAU Un One-man-show multiplié par trente, qui regroupe dans la même soirée Vigneault, La Sagouine, Brel.Plume.Brassens ou Charlebois.E-videmment.le pastiche ne lasse pas.surtout quand le problème de la juxtaposition est résolu par une même trame de compréhension: ce soir-là.le prétexte était une fois de plus l'Histoire du Québec, sujet-type de tous les créateurs québécois qui trouvent là une façon réconfortante d'affirmer leur position On peut en effet se questionner sur le bien-fondé de la dénonciation des erreurs historiques, comme par exemple rechercher l'impact réel de l'incroyable montagne de documents élaborée après la deuxième guerre mondiale sur le thème: "Plus jamais ça.".Accordons à Jacqueline Barrette, l'auteur des textes, le bénéfice d'une satire au deuxième degré qui ne viserait pas seulement les personnages incarnés, mais aussi les idées qu'ils véhiculent, exception faite des considérations d'ordre linguistique où les talents d'imitateur de Jean-Guy Moreau apportent un point de vue dont l'humour n'efface pas la portée; Darry Cowl bégayant à Pierre Lalonde: "Tu comprends, on comprend pas, comprends-tu?" Dialogues de sourds menés avec un brio parfait, entrecoupés de chansons "dans le style de.", discours politiques (René Lévesque.Trudeau.Caouette).syndicaux (Chartrand.ciboire), ou simplement monologues de ceux que le petit écran a popularité (Sol dénonçant les "sandales du garnement") Beaucoup trop finalement pour tenter une description des innombrables facettes d'un show construit autour d'un imitateur de grande qualité, de quelques accessoires rudimentai-res, et de trois musiciens à l'hilarité communicative.Les bonnes occasions de rire sont rares, ne les laissons pas passer Tabas-lak! Claude Janou est une femme - poète comme il en existe peu Que l'on soit douze ou quarante dans la salle, elle nous tient par son art de réciter les textes, par son lyrisme débordant de fougue, par sa verve parfaite et son sens présent.Ses gestes, comme ses mots sont à la fois gracieux et autoritaires.Elle crie ses commandements: "Je n'admettrai point que l'on m'autorise que l'on me commande que l'on me divise que l'on me hante (.) Je ne supporte pas les désespoirs vains les vertiges hautains je réclamerai une part de joie un peu de peine Je me défendrai (.)" Place aux Poètes, tous les mercredis soir à 9 heures et demie, en haut de l'Association Espagnole, là il se passe un événement.Quelque chose se produit comme une manifestation publique où il est librement permis d'exprimer ses pensées, ses désirs, ses cris et son rire aussi.Auteur du MANIFESTE de la Place aux Poètes du 9 avril 1975.Janou St-Denis sort clairement ce qu'elle a sur le coeur: ce quoi elle proteste contre et ce quoi elle témoigne pour Elle dénonce ouvertement le snobisme et le scepticisme, l'engourdissement du cerveau par l'ignorance, l'hostilité, et les maniaques du succès.Elle préconise "le combat sans répit des pêcheurs d'étoiles filantes, la parole excitante et novatrice des femmes éperdues de santé et d'acharnement à la liberté, le rumi-nement des poètes dans l'arène surpeuplée du globe et enfin, l'imagination aiguillonnée dans toutes les directions: espace, ventre, mer.nuages, mains, air, tête." Du ventre.Janou St-Denis en a.Ainsi que tous les poètes connus, inconnus' ou méconnus qui l'entourent dont Hélène Milot,Rose Mann.Françoise Bujold.Francine Déry, Christiane.Jean - Claude.Jacques Brunet.Gilbert Langevin et plusieurs autres (gens de théâtre, gens de musique, gens de peinture, gens de science, gens de rue, mères au lo- gis, etc.).En voulant faire triompher la Poésie, elle a chassé les réprimants qui s'infiltraient, les objecteurs de poésie et ceux, qu'elle appelle bravement, les complices de l'ignominie Elle poursuit sa bataille sans vulnérabilité.Elle déclare, fanatique.Place à la Poésie: que soient aspirées les passions jusqu'à la lie.que soit purgé le mal.et vaccinée la violence.Avec elle, on ne peut s'empêcher de crier: "Mort au capitalisme clérical Mort aux établishments Mort aux bureaucratismes Place à l'utopie Place à la lumière Place à l'orgasme (ensemble) " Le déclic se déchaîne La poésie se délivre, et si, quelqu'un (e) parmi vous a quelque chose à dire, place au micro de la CASANOUS, le mercredi soir.Pensons-y: "La folie est un acquis pour qui sait la cerner" et qu "assassiner la poésie, c'est assassiner l'espèce humaine." kathou la tête papmo Du nouveau dans les kiosques.La Tête à Papino: un nouveau périodique au format original qui paraît toutes les trois semaines.Propriété de l'imprimerie "Journal Offset Inc." qui en finance le lancement malgré ses difficultés avec Le Jour et l'Aurore, la revue est réalisée par une équipe qui a fait ses armes dans "Quartier Latin" et "Le Travail", le mensuel de la CSN.Imprimé sur du papier de bonne qualité avec une présentation graphique étudiée, le premier numéro reprend une bonne partie du numéro zéro dont la distribution à titre promotionnel avait pour but de faire connaître les membres de l'équipe ainsi que leurs objectifs.Je cite: "On est pas des freaks, ni des money-makers, ni des intellectuels de gauche, ni des péquistes.ni des syndicalistes, ni des mystiques, ni des chromés, ni des professionnels sérieux (.) On se prend pas pour d'autres mais on se prend pas pour des caves non plus.On veut faire une revue plus erotique que Nous, plus contre-culturelle que Mainmise, plus québécoise que Le Jour, plus drôle que le Capitaine Kébec, plus facile que* le Journal de Montréal, plus visuelle qu'Ovo, plus partie que l'ancien Quartier Latin".Il n'est peut-être pas nécessaire d'en espérer autant pour entreprendre, mais il faudra sûrement le réussir pour persévérer.On souhaite donc bonne chance au dernier venu de l'édition québécoise, en espérant que la devise de la publication, "Une revue pour se faire plaisir" correspondra aux attentes de ses initiateurs.Claude Jean-Pierre Dailaire Michelle Doucet Michel Giroux Roméo Bouchard Jean Gladu Robert St-Jean L équipe Louise Marsoiais Les Editions de l'Aurore attendaient encore, au moment de notre mise en pages, une réponse du gouvernement sur le fait que celui-ci se porte ou non garant d'un emprunt devant leur permettre de survivre.Touchons du bois! Ce serait un coup dur de plus à l'édition québécoise que l'Aurore ferme ses portes.A LA CASANOUS GILLES GARAND Gilles, que je connais personnellement depuis 10 ans.a derrière lui.tout un background culturel et artistique.Il est.avant tout, un personnage polyvalent, aux cent facettes, aux mille activités, depuis le petit chanteur grégorien qu'il fut jusqu'au musicien - clown - acrobate -comédien et sculpteur qu'il est maintenant.Il a travaillé au Musée d'Art contemporain, tout en faisant de la sculpture à l'Ecole des Beaux-Arts.Il a exposé au Carré St-Louis et sur la Côte Nord.Il a composé plusieurs projets, tous approuvés par le Ministère des Affaires Culturelles à Québec.Il voyage beaucoup: depuis la Louisiane jusqu'au Festival Western de St-Tite où il a brillamment remporté, cette année, le prix du meilleur joueur de musique à bouche.Il compose de la musique, il la joue avec les pieds, avec les mains, avec le nez.alouette ah Il connait le violon (il en a fabriqué un lui-même), l'accordéon, la guimbarde, l'harmonica (il en collectionne tout un lot de différentes marques qu'il transporte dans une boite à lunch!), et il tape du pied.A la Casanous, le 16 octobre, il faisait trembler si fort le plancher, que les Espagnols du-dessous se demandaient si le ciel n'allait pas leur tomber sur la tête.Il a pompé, en compagnie des Ruine-Babines, toute la salle qui participait follement à ce tapage rythmique, comme si la percussion était une affaire d'improvisation et qu'elle peut se faire partout.o CD GO < GO Oui, Gilles Garand a un talent fou: je me souviens des Cuillers à Soupe, une troupe d'une doueaine de clowns qui a fait une tournée en Acadie.avec des costumes et des maquillages démentiels, et avec, bien sûr.tout un arsenal d'instruments de musique.Jazz ou folklore, Gilles Garand recherchiste méticuleux, connait la musique."A part, lâche pas la patate.il existe d'autres bonnes chansons de la Louisiane que le Québec peut et doit connaître." dé-clare-t-il à St-Tite.Il a aussi aidé sa partenaire Louise de Grosbois à créer un beau grand livre illustré qui s'appelle "Les Pa-tenteux du Québec" dans lequel on voit nos vieux, photographiés avec leurs créations et sculptures, bricolages et décorations de parterres (cf.Maimmise no 44.p.62).Gilles a recueilli des tas de cassettes où il interviewe ces artistes-champêtres à la sincérité et à l'authenticité troublantes.Enfin.Gilles Garand.le mime, le fantaisiste, le clown, l'homme - orchestre, l'acrobate, le jeune homme dans "Bras-de-Fer" (cf.au Vi-déographe, no 60), est un artiste accompli, dont la vie.active toujours, est un collage coloré de bêles images, de musique et d'humour.S'il revient à la Casanous ou ailleurs, n'oubliez pas qu'il est avant tout un personnage à rencontrer et à applaudir très fort.Kathou MAINMISE Décembre 1975-42 YVON DESCHAMPS Depuis la mort du gars de la shop, qui d'autre est encore Yvon Deschamps?Les lumières s'estompent peu à peu, le rideau se lève.Musique: ils sont cinq: Serge Valliè-res à la guitare.Michel Fauteux à la batterie.Michel Dion à la basse, Libert (dit Albert) Subirana.flûte et saxe, et Yvan Ouellet aux claviers.Deschamps court droit au micro.Fusent les applaudissements.Déjà! Et ça durera deux mois!.Sans vouloir entrer dans la thématique profonde du nouveau show (60.000 personnes le verront).je dois dire qu'il forme' .ut un assemblage technique de sons et lumières, un travail de mise en scène spectaculaire signé Jean Bissonnette et toute une belle équipe en coulisses.(On comprendra certains gags de l'ordre à faire "freaquer" le public plus tard).C'est le déroulement normal qu'on attend d'Yvon Deschamps: cinq grands nouveaux monologues - tendance -dialogues car la foule (surtout les femmes) accrochent.Et plus il les traite (les femmes toujours) d'épaisses, plus elles rient.D'elles-même peut-être?Il y a six nouvelles chansons (Le jour se lève.Noé, La petite pomme.Pourquoi.J'sais pas comment - J'sais pas pourquoi.) d'un ton quelque peu moralisateur, ce qui revient à dire: on est beau, on est fin.Aimons-nous quand même.Il a ce côté pasteur évangélis-te.chargé de convaincre par un raisonnement suspect, c'est-à-dire confus, puis, qu'il arrive à faire passer, aussi absurde soit-il, et c'est tant mieux.Les gens dans la salle embarquent à fond, ils pren- nent ce qu'on leur donne et ce qu'on veut démontrer.Et Deschamps est un démonstrateur - né.Il amuse son public puisqu'il s'amuse lui-même: il joue à la confusion démêlée.Qu'il imite Adam (la plus sublime créature de l'univers!) ou Eve (l'épaisse, la niaiseuse) ou le bon Dieu (qui ça?), il saisit la foule et la prend pour son "chum" Puis, l'allure politique entre au galop, avec des "Mesdames et Messieurs".Energique, il court sur scène, souple, il modèle sa verve linguistique au moule du langage populaire, rapide, il embobine, coquin, il encoquine Tannant il tanne aussi mais il s'arrange toujours au bon moment.avec un punch magique bien placé, il arrive à réchapper son monde à temps.Il nous essouffle et le sourire, avec la tension UN MANUEL POUR LES NOUVEAUX ROBIN DES BOIS C'est malheureusement en anglais.Mais c'est si brillant et si peu cher que cela vaut vraiment la peine d'en parler.C'est abondamment illustré et de façon si intelligente que même quelqu'un qui ne lit pas l'anglais pourrait s'en servir.Le titre: THE ROBIN HOOD HAND BOOK.L'auteur: Bill Kaysing.Le prix: originellement $5.95 mais vendu à $0.99 par le nouveau magasin d'escompte de CLASSIC'S au 1430 ouest Ste-Catherine, Montréal.Pour rassurer les radicaux, précisons que ce manuel de survie est dédié à Ho Chi Minh.Pour rassurer les poètes, en voici la courte préface."Ce livre est écrit pour le jeune homme ou la jeune femme qui cherche un vert refuge: pour le vieillard qui a droit à la paix: pour le révolutionnaire qui veut se recycler la tête: pour le philosophe qui cherche sa logique dans les pierres: pour les opprimés de tous les âges, de toutes les races et de toutes les croyances; pour tous ceux qui dans leur coeur transportent un peu de l'esprit de Robin des Bois: et finalement pour tous ceux qui cherchent à créer un meilleur monde par l'exemple, en vivant dans la liberté qu'offre la terre à ses enfants".et le subtil du discours, s'agrandit souvent en fou-rire qu'on doit contenir de peur de manquer le reste .Le paroxysme approche.Les vibrations s électri fient Clac! Le message est passé.Ouf! Encore une trouvaille parfaitement exécutée.Yvon Deschamps est un homme-orchestre: en plus de diriger ses musiciens, lui et eux se répondent, s'engueulent et s'harmonisent finalement pour donner un tout concret structuré de mots, d'idées, de musique et de lumière.Le stroboscope nous saute en pleine face.Les noms des musiciens figurent à la fin au néon, au-dessus de chaque tête.— comme à la Pentecôte, pour conserver l'esprit biblique — et les mémoires tout de suite les retiennent jusqu'au prochain numéro Enfin.Y improvisation est la muse-maîtresse de Deschamps l'esthète.Il lui est fidèle jusqu'au bout.Jamais on ne le sent gêné par une erreur de mémoire, jamais il ne bute ou bégaie sur un mot.On le devine plutôt heureux de défiler si habilement le torrent de son langage goutte à goutte: il l'épure, il le suit (logiquement?).Il s'aime et.au fond, on ne peut que trouver le personnage sympathique.(Malgré ses hauts moments de folie).Quand il part volontiers et entier dans de longues tirades à la consonnance ffrrrançaizze.il pousse jusqu'au bout, jusqu'au gentil ridicule.Il surprend, en feignant de surprendre lui-même, le comédien-orateur qui s'éveille à chaque fois qu'il ouvre la bouche ou pose un geste.Il prend de l'altrtu de de plus en plus et pan! lâche soudain un air d'opéra.Comique, il l'est, certes, il nous fait atteindre les hautes sphères du rire et de la détente par un brillant collage de tous les éléments de la vie sociale et politique, du quotidien depuis l'histoire sainte ingurgitée et vomie à la toute première école, jusqu'à la séance de spiritisme, et jusqu'à sa blonde qui l'a léché On est content, on a eu des surprises, des peurs, des angoisses, des excitations, on s'est embarqué.Ca reste.On demeure sur une touche de vague tranquilité.on a eu une belle leçon, grâce au professeur - magicien Deschamps.Un homme neuf s'est révélé à nous, son talent avant tout.k.c.On cherche une salle.pour un matelas, Le spectacle Sur le Matelas, une pièce de Michel Garneau mise en scène par Jean-Marie Francoeur.C'est un show loufoque très bien réglé.qui tourne dans le Québec jusqu'à la fin de l'hiver.Surveillez les affiches dans vos villes respectives.Sur le Matelas, une comédie musicale avec de la musique de Pierre Voyer qui vous ravira.La Production cherche une salle à Montréal où elle pourrait donner son spectacle.Adressez les propositions à Mainmise, au nom de Pierre Voyer.MAINMISE Décembre 1975-43 FONDATION DU VILLAGE J'habite le village.Ou je suis habité par le village.Idée omniprésente, une obsession, figure majeure du désir: tant et tant de choses dont j'entends dire: "Dans le village ça sera pu comme ça: "On se sépare pour l'instant, mais on se retrouvera dans le village": tant de rêves, de visions, de projets.C'a commencé il y a quelques années, le drop-out.Le moment où nous avons pris conscience de notre propre aliénation, de la nécessité du changement personnel.Ca nous a conduit à sortir de l'esclavage bon-boss job steady dodo métro dodo le salariat, et du cercle vicieux consanguin névrotique, la famille.Ca nous a conduits à partager le quotidien en groupes d'élection, la commune, et à viser à l'autosuffisance économique.On a appris, on a changé.Connaissance de soi et des autres, relations diverses, riches, vivre avec des hommes, des femmes, des vieux, des enfants, des couples, des crouseurs.des chastes, des silencieux, des bavards, toutes les sortes, et tous les aspects de soi-même sorti des rôles-types Connaissance des choses, nature, saisons, rythmes, objets, techniques, terre, forêt, maisons, puits, toitures, vêtements, etc.Et on a rencontré des limites Passé un certain nombre (kekpart entre dix et vingt, le partage du quotidien est compliqué (repas, enfants, etc), et pourtant ce nombre est encore trop petit pour permettre agréablement l'autarcie: pour subvenir soi-même aux besoins: manger, se loger, se chauffer, s'éclairer, élever les petits, apprendre, créer.Et puis l'isolement, le vase clos.le besoin de voir de nouveaux nez dans de nouvelles faces.Cette limite n'est qu'en partie dépassée par le réseau: malgré MM.les voyages, la rumeur, les essais de bulletins de liaison etc.on reste loin, on se connait assez peu d'une gagne à l'autre.On sait que la tribu est nombreuse, qu'elle a des moyens qu'on pourrait échanger.Mais c'est encore un peu abstrait.encore quelques années.des fêtes, des foires, des travaux, des journaux, une radio, des villages où on devient la majorité, l'émergence de l'alternative.Comme la commune ces dernières années a été notre principal instrument de travail-changement je crois que le village sera la forme majeure de la prochaine étape.Un village ou des villages?Sais pas.Entoucas.un lieu loin des villes, pas trop foké par la pollution, quelques dizaines (centaines?) de mutants, créer les moyens de la vie.à partir de l'environnement, créer des nouvelles façons d'habiter ensemble, de s'aimer, de faire, d'aimer et d'élever nos petits,.Défricher, cultiver, construire, jouer.Questions, Pourrons-nous faire ça dans la libre anarchie, ou faudra-t il des structures '(coopératives, kibboutz, communes chinoises, assemblées du village, ect.)?Quelles seront inos relations avec les pouvoirs civils: nous ignoront-ils, y aura-t-il affrontement, leur demanderons-nous des services (voirie, subventions, etc.yearch.!)?Qu'en sera t-il de la taxation si on échange-partage tout en argent, plus de taxe de vente, plus de revenus.Et la police, les pouvoirs municipaux, faut-il s'en servir (notre flic nos pompiers, etc).La santé, médecins, hôpitaux, etc.On va-t-y renoncer totalement à tout le système?Robin-son?Ou bien le style "nouveau village expérimental, surpopulation, doubler les établissements humains d'ici la fin du siècle, nouvelle architecture, etc: "Faire le village, c'est sortir de l'underground, négocier les relations avec le milieu ambiant, la société capitaliste qui survit.Seule l'action répondra.Pas d'idéologie.C'est drôle: le village, c'est comme si on savait déjà ce que ça va être, on le sait par le rêve, le désir, la vision.On en a des flashes d'avance, par exemple les quelques centaines de solstice de l'utopie, l'été dernier.Comme si le futur était déjà là.au creux de nos neurones, comme un appel 1.Et pourtant, on ne sait rien de ce qui va se passer, les péripéties, obstacles, étapes, formes, et nous ne sommes pas du genre carte de membre, formule d'inscription.Il y a des choses qui se font déjà: des visites entre gagnes, des échanges de services, de corvées, des caravanes qui font leur tour des communes, des qui cherchent un territoire.des échanges d'adresses, bulletins de liaison, cartes de coins et régions.Je tiendrai ici une chronique de la naissance du village.Cet hiver, je compte voyager, aller voir du monde, des gagnes, jaser, faire clarifier les images dans ma tête par les images des autres.Donner ici des aperçus.Je voudrais de l'information: si on parle de village dans ta gagne si vous avez des projets, des plans, si vous connaissez un territoire convenable, si tu as des informations sur quelque aspect de l'entreprise: géographie, écologie, architecture, problèmes légaux, civils, agronomie collective, etc.écris-moi à MM.Passe l'information.Calendrier: on est plus proche du tao que du cheminement critique, mais il y a une constante; tout le monde parle de l'été prochain comme moment où trouver et fonder le territoire, prendre pied.Il va falloir que les choses se passent vite d'ici là.Ceci est un appel à l'action.Si tu est de ceux qui savent qu'ils ont un rôle à jouer là-dedans, n'attends plus, c'est le temps.Bon, voilà pour le factuel.Il y a deux trois affaires mystico-fiyées qu'il faut bien que j'ajoute, excusez.D'abord que tout cela n'a de sens que sur le fond de scène de la fin du monde.Les civilisations, ça meurt.Celle-ci achève.New York agonise.Moloch-le-tigre en papier est déjà la proie de ses contradictions, grosse machine bête emportée de son propre mouvement.Ce qui va mourir est déjà mort, le métro est plein de zombies.Ce qui va naitre est déjà né.underground.C'est comme si nous avions rendez-vous aux grands changements de cycle, comme si nous nous connaissions déjà.ce sentiment de déjà vu.paramnésie nous le même être une machine de conscience, une mégaconscience, le commando des fins de monde, l'opérateur du grand changement.Une communauté secrète à travers le temps, sans cesse réincarnée, par delà ego et personnalité.Nous sommes la colère de Dieu.Le village, c'est le mythe projeté en avant.Moïse et Pharaon, la nouvelle Jérusalem.Terra II.le temples des maçons, l'oeuvre des alchimistes.comme si toutes les images venaient trouver là une unité dynamique NOUS l'homme transmuté.La certitude, il y aura des cieux nouveaux et une terre nouvelle, la certitude, à travers les images omniprésentes du désastre de l'homme-termite à salaire, fondée sur une seule évidence mystico-flyée: nous nous aimons.Pierre Maheu S'il est bien connu à quel point le Québec ne veut rien savoir du reste du Canada, il est moins connu à quel point une certaine population contre-culturelle du même Canada tient au Kébek.Ce qui n'empêche pas les faits dits démographiques de prouver le contraire: mille fois plus de jeunes québécois "s'exilent" en Colombie Britannique qu'il n'y a de Colombiens qui viennent tâter de la Belle Province pour plus de.disons, quatre semaines (Les USA connaissent ce même sens unique est-ouest chez les jeunes de la côte-est convergeant tous vers la Californie).Et pourtant, pour revenir au début, le Canada tient plus au Québec que l'inverse.La présence de Québécois d'expression française établis dans les autres provinces n'y est pas pour rien.Une certaine nostalgie les pousse à maintenir malgré tout des liens dépassant la carte postale.Et les plus conscients d'entre eux n'ignorent pas que ce n'est pas une province seule qui sera sauvée, que ce n'est pas la Colombie toute seule, que ce n'est pas le Québec isolé, que ce n'est pas la Californie retranchée, mais bien tout le continent où il N'EXISTE PAS DE FRONTIERES qui pourra s'en tirer, et à la limite tous les continents de la planète entière.C'est pourquoi certains d'entre eux sentent profondément la nécessité de créer et de maintenir un réseau d'échanges et de communication entre leur région et le Québec.RESEAU QUI NE PASSERAIT NI PAR OTTAWA NI PAR QUEBEC CITY NI PAR AUCUNE INSTITUTION CORPORATI-SEE.Ce qui n'empêcherait pas un tel réseau de se servir des fonds et des moyens que certains gouvernements (fédéral, provinciaux municipaux) mettent à la disposition des citoyens capables de se débrouiller sans phri-quer avec les mille et une paperasses bureau cratico-administratives que ces mêmes gouvernements ont institué comme épreuves de passage.C'est entre autres certaines des questions débattues lors du passage à Mainmise, début novembre, de Jean-Guy Lalonde, Québécois installé en Colombie et de son camarade anglais.Richard.Les deux travaillent ferme sur la côte ouest à regrouper les énergies et à assurer leur diffusion.Ils venaient au Québec pour rencontrer des gens prêts à collaborer ou du moins à échanger avec les réseaux de Colombie.Les Québécois ne chôment pas là-bas et ont même réussi à sortir un journal d'expression française à Vancouver.Du nom de CYCLE, ce journal parait à peu près une fois par mois.Le numéro que m'a remis Jean-Guy celui de septembre '75.comportait huit pages remplies de nouvelles, reportages et informations pour, sur et de la tribu.L'Alternative se débrouille bien.Voici certaines suggestions de Jean-Guy et de Richard.Il existe au fédéral un programme d'échanges entre provinces du nom de "Apprenez à mieux connaître le Canada" ou quelque chose comme ça.D'après eux, ce programme permettrait par exemple à une commune québécoise d'aller vivre en Colombie (ou ailleurs) dans les locaux d'une autre commune pendant que cette dernière viendrait vivre ici.Ou à un groupe musical d'organiser une tournée de concerts là-bas.Ou à une coopérative locale d'aller s'informer et échanger avec d'autres coopératives installées dans une autre province, et se débattant probablement avec les mêmes problèmes.Et cetera dans tous les domaines: éducation, artisanat.On peut s'informer au secrétariat d'Etat à Ottawa en mentionnant VOYAGES & ECHANGES et/ou LES LANGUES OFFICIELLES.Ils ont mentionné aussi les foires, ces célèbres "amusent fairs" qui ont une telle vogue et un énorme succès dans les provinces anglaises et aux USA.Il en existe plusieurs en Colombie et ceux qui voudraient se renseigner sur les dates et lieux peuvent consulter le GEORGIA STRAIGHT, hebdomadaire contre-culturel de Vancouver, qu'il y a moyen de se procurer à Montréal au International News rue Peel coin Ste Catherine Il y aura aussi à Vancouver cette année une conférence internationale sur l'Habitat commanditée par les Nations Unies.Si plusieurs communes unissaient leurs ressources, elles pourraient envoyer trois ou quatre de leurs meilleurs "architectes" ou mordus de l'habitation couvrir l'événement.En aménageant un petit autobus "campeur" et en le bourrant de granola, ça devrait être possible et pas trop cher.Nous n'avons malheureusement pas la date précise de cette conférence ni les conditions d'accès, mais nous allons nous informer le plus tôt possible et ceux que ça intéresse pourront nous appeler ici à MM.Jean-Guy a suggéré aussi des échanges de cassettes-vidéo qui renseigneraient les gens sur les expériences des autres dans les domaines qui les intéressent: énergies alternatives ("comment j'ai bâti un four solaire pour $1.29 et comment je chauffe ma bien-aimée commune pour $3.47 par mois"), éducation ("comment nous avons réglé la maudite question de la discipline des enfants"), habitat ("comment je me suis arrangé pour que mon tipi ne coule plus sur moi mais sur mon voisin").De toute façon, pour ceux qui voudraient en parler avec Jean-Guy et initier certains é-changes, voici son adresse à Vancouver: JEAN-GUY LALONDE.1114 PACIFIC, apt 4 VANCOUVER.B.C Pour ceux qui se rendent en Colombie Britannique et qui veulent entrer en contact avec la colonie québécoise, voici une adresse utile: CENTRE INFO-COMMUNICATION.795-16e Avenue Ouest.Vancouver.Mot de la fin: les frontières n'existent que dans nos têtes et la terre ne les connait point.La journée où l'Occident aura compris que la CARTE n'est pas le TERRITOIRE, peut-être alors y aura-t-il un espoir moins "technologique" de guérir ce continent que nous a vons rendu malade.UNE VISITE DE VANCOUVER MAINMISE Décembre 1975-44 LE REPERTOIRE QUEBECOIS DES OUTILS PLANETAIRES Le Répertoire Québécois des Outils Planétaires est un outil, un manuel de référence et d'informations, bibliographiques, techniques, sur les insruments physiques ou culturels de notre patrimoine, destiné à aider les gens qui veulent apprendre par eux-mêmes et organiser leur vie sans faire appel né- LISTE DES 14 SECTIONS DU REPERTOIRE I - Systèmes Généraux: les systèmes physiques, bilogiques.sociaux et symbo- liques.Les grandes théories, l'approche écosystèmique.Responsable: Georges Khal.2- La Planète: Ecologie/biosphère/météorologie/Océans et cycles de l'eau/as-trologie/géomancie/géographie/géodésie/géomorphologie/Amérindiens/géo-physique.Responsable: Georges Khal.3- La Terre: Comment acheter une terre/les produits de la terre/l'agricultu-re/le jardinage/élevage/mythologie de la terre.Responsables: Michel Saint-Germain Michel Chevrier.4- L'Alimentation: Qu'est-ce que c'est que manger/quoi manger: tous les trips diététiques/Suralimentation et malnutrition/comment manger/la cuisine, recettes, instruments.Responsable: Christian Allègre.5- Herbes et Plantes: le dossier le plus phénoménal jamais compilé au Québec sur les herbes qui poussent ici et leurs utilisations médicinales, artisanales et ait.Responsable: Miche Chevrier.avec l'humble aide de Christian A.6- Le Corps: Le corps/la téte/ le cerveau/le sexe/maternité/psychiâtrie et anti-psychiâtrie/les massages/Guérir: toutes les thérapeutiques.Responsables: Paule Lebrun Georges Khal.Christian Allègre 7- Habiter: Habiter au Québec, climat, contraintes/design et architecture/types d'habitation/techniques de construction/matériaux/métiers reliés: maçonnerie, charpenterie, menuiserie.Responsables: Christian A.et Georges K.8- Fabriquer: Artisanat/techniques/mécanique/outils/moteurs/matériaux/ s'habiller/noeuds/ construire (autre qu'une maison; un pont par exemple, ou une route).Responsables: Chrisian A.Michel S-G.9- Technologies douces: vent/soleil/eau/bio-combustibles/Energie: théorie, situation/alternatives/énergies non-physiques.Responsables: Michel S-G.et Christian A.10-La Communauté: ville/campagne/communes/coops/services/planification/ politique/mouvements de libération/récupération-recyclage/justice-police-droits recours-avocats/économie/urbanisme/répression/utopie/non vio iance/racisme-sexisme/nationalisme/chauvinisme.Responsable: Michel Bélair.II -Communications: philosophie de la Communication/Comm.avec le monde naturel/ Comm.entre humains: langues.média communautaires, cinéma.livre.Arts Plastiques, bande dessinée/informatique/téléhones freaks/pi- geons voyageurs/magie, parapsychologie, télépathie.12-Voyages et loisirs: sports et vie nomade au Québec.Responsable: Hugues Bouchard.13-Apprendre: Garderies, écoles alternatives/techniques d'apprentissage/matériaux/jeux/théories de l'éducation/déconditionnement-déprogrammation- reprogrammation et recyclage/acides et dissolvants (mentauxj/métiers autodidactisme/humour/arts martiaux.Responsable: Michel Bélair ^^-Célébrer: Techniques de l'extase/conscience/mystique/alchimie/mytholo- gie/yogas/méditation/Tantra/religions/illumination/im mortalité/musique/ danse.Responsables: Georges K.et Christian A.A PARAITRE AU PRINTEMPS 1976 cessairement aux grandes structures de la consommation institutionnalisée.C'est à la fois un appel et une aide à l'au-tosuffisance, l'autogestion, l'autodidactisme, au sens communautaire et non plus au sens individualiste, à la décentralisation, et en général à une compréhension écologique de nos rapports avec l'Univers.C'est au mois de Janvier dernier que paraissait dans Mainmise (No.43, p.72) la première annonce du projet.C'était l'histoire du projet et un appel pressant à toutes les contributions extérieures.Dans les mois qui suivirent, la liste des contributeurs s'allongea: cela allait de l'élevage des chèvres aux trucs de chauffage, de l'architecture écologique à la biologie, en passant par le travail du cuir et la flûte à bec.Au total aujourd'hui plus de cent contributeurs dans des domaines très pratiques, ancrés dans le réel et le terroir.Le répertoire sera donc un ensemble de Manuels /livres/outils/fournitures/catalogues/périodiques spécialisés/accessoi-res/renseignements/données pratiques/techniques/recettes/; ustensiles/sources de matériel et d'équipement/adresses/ fabricants, etc.Le Répertoire, cependant, ne veut pas être uniquement une "shopping list" un peu spéciale; il veut être l'un des points de rencontre du réseau de ceux qui, au Québec, pensent et réfléchissent à l'Harmonie, au Sens et au Destin du milieu québécois, de la terre québécoise; il veut être leur point de rencontre et celui de leurs outils.Nous en sommes maintenant à quelques mois de la publication, prévue pour le printemps 1976.Ce sera un gros volume d'environ 350 ou 400 pages, format 11 Vè par 14.Toutes les suggestions et les contributions en articles, idées, recherches sont les bienvenues.Les plus tardives seront publiées dans la deuxième édition, qui sera plus complète et qui comprendra tout le feedback des lecteurs.Un outil planétaire, c'est tout instrument qui participe de près ou de loin à l'autosuffisance - physique -biologique - sociale - symbolique des individus et des groupes Mais attention, par autosuffisance, il ne faut pas entendre l'individualisme occidental que nous connaissons, mais le coulage de l'activité individuelle dans les métabolismes planétaires.Il ne s'agit pas d'un retranchement, mais d'une pénétration.Nous visons l'indépendance économique, politique, mais nous visons aussi l'interdépendance écologique vis-à-vis des cycles naturels.Un outil planétaire peut provenir du Québec ou de n'importe où dans le monde mais il doit être: - utile en tant qu'instrument - utilisable par un autodicacte.ou quelqu'un qui ne s'en est ja- mais servi auparavant.- de haute qualité ou de coût modeste - disponible au Québec.c/s MAINMISE Décembre 1975 45 Un très beau livre: Nos Grands-Mères Savaient.L Deux ans déjà que nous voyageons ensemble.Deux ans aussi qu'à mesure qu'elle avance dans l'univers magique des plantes, la Mère Michel se rend compte qu'elle en sait de moins en moins.N'a-t-elle pas récemment eu le flash que chacune des plantes occupant un espace sur cette planète cristallise en elle une énergie cosmique précise, polarise sur elle un courant d'énergie donné.Telle PLANTE appartient, pour ainsi dire, à telle PLANETE.Et comme il y a, dit-on, un rat pour chaque habitant de la terre, peut-être y a -t-il un astre et sa fleur correspondante pour chaque être vivant ici-bas.Quand chaque humain connaîtra de son astre, peut-être l'harmonie viendra-t-elle.A moins que d'ici vingt ans, suite à des pertes dues à l'entropie destructrice du MALE MAL qui cherche à dominer la nature, il n'y ait plus une fleur, ni un arbre, qu'une immense couverture d'asphalte grise et dont nous serons les dernières fleurs.Pour le nouveau MM, la Mère Michel se devait, elle aussi, de faire le ménage de sa chronique.Un instant, l'idée lui vint d'écrire une espèce de journal où elle consignerait ses réflexions, ses intuitions, ses échanges — lettres et contacts — avec le monde, ses notes de lecture.Comme cette intuition qu'elle eut, avant même d'avoir sous la main le beau livre Les Migrations Végétales dont elle reparlera, des déplacements vers le sud ou le nord des plantes.Imaginez une Drosera Rotundifolia prisonnière d'un marais de St-Chrysostôme et rêvant d'aller se faire féconder.en Floride.Ou tel rosier cherchant à fuir le sud pour se renaturaliser au nord, très loin.A la dernière minute, complètement débordée, elle demanda à Joyce, sa cuisinière, de lui préparer des papiers.A quoi celle-ci répondit: "Vous me demandez ça.! les deux mains dans le gras.! Mon nom vas-tu êt'Ià/Su'l journal!!!" Mère Michel La Mère Michel dort, son chat aussi.Comme elle m'a demandé de la remplacer - je n'ai pas pu refuser.Mais comme c'est pas dans mes habitudes d'écrire, j'ai bien peur.Je ne me partirai donc pas toute seule mais avec Nos Grands-Mères savaient, d'un certain Monsieur Jean Palaiseul.Un chef-d'oeuvre! Palaiseul, c'est en même temps un poète et un philosophe.Son traité de plantes médicinales reste pour moi LE livre le plus intéressant du genre.Les chapitres connexes à la description proprement dire des herbes m'ont été des plus précieux et des plus profitables.Un titre aussi étonnant que Les maux qu'il est dangereux de guérir me pousse à en citer des extraits à la lettre (surtout que c'est une bonne raison de pas parler moi-même): "On voit des forcenés qui, dans leur frénésie d'exterminer les parasites, mettent le feu au lit pour chasser les punaises du matelas, des ours qui tuent les microbes à coups de pavés, des pompiers de théâtre qui ferment les portes de sortie.Il faudrait guérir cette furie de guérir".Pour lui et son ami Julien Besançon: "L'eczéma, la gravelle, les flux intestinaux fréquents, les hémorrdides, sont autant de robinets de secours, de soupapes de sécurité qu'il est dangereux de fermer car c'est courir le risque de voir s'installer des affections autrement plus graves.".Son ami Besançon dit, lui, dans un langage plus coloré: "Notre corps est un poêle à combustion lente et continue.Il est toujours dangereux que les cendres s'y accumulent.Acceptez donc du sort ces bienfaits qu'il vous offre d'une main qui vous semble brutale et qui sont des maux pour le bien.".Bien entendu, ni l'un, ni l'autre ne conseillent d'entretenir ces maladies mais de s'en servir comme sonnettes d'alarme.Il s'agit alors de trouver une tisane dépurative appropriée plutôt qu'un remède violent qui en empêche l'éclosion normale et ne fait que porter le mal ailleurs.Palaiseul nous fait voyager chez lui comme dans un pur roman.C'est un raconteur qui aime ce dont il cause et arrive à nous communiquer cet a-mour.Par exemple, en ce qui concerne la SAUGE, il m'a complètement conquise."Le désir de la sauge est de rendre l'homme immortel.Elle a tant de vertus qu'elle passe dans l'esprit de plusieurs pour une plante universelle et propre à tous les maux".Après avoir énuméré ses nombreuses propriétés, Palaiseul conclut: "Devant tant de vertus s'ajoutant encore à la finesse de son arôme, on comprend que les Chinois se soient longtemps étonnés de voir les Européens venir chercher du thé dans leur pays alors qu'ils possèdent la sauge chez eux et qu'à l'époque du troc commercial, ils allèrent jusqu'à donner deux caisses de leur thé contre une du nôtre.".Une autre raison de ma ferveur pour Palaiseul, c'est que son oeuvre fourmille d'anecdotes amusantes, de citations d'auteurs que j'affectionne par ticulièrement.Je ne nommerai aue Jules Renard.LA CUISINIERE.Joyce AT" ABonncz VOUS! COfflPlETEZ VOTRE COUECTIOH: BULLETIN D'ABONNEMENT., ?DE REABONNEMENT .?Abonnement pour un an (12 numéros).$ 7.50 Abonnement pour deux ans (24 numéros).$15.00 Nom .Prénom No .Rue .Appt .Ville Code.Prov (abonnements pour l'étranger: 1 an $10.00 ou 50FF Par avion, doubler le prix.Paiement par mandat-poste international seulement.) Complétez votre collection en commandant les numéros qui vous manquent: No 1 à 6 .épuisés No 7 à 20.$2.00 chaque.No 21 au dernier paru: .$1.25 chaque.Dix numéros au choix à partir du No 21 : .$10.00 Autres publications disponibles: La Dope (tout sur le pot) .$2.50 Embarque mon amour (Pierrot Léger) .$2.50 Les chômeurs de la mort (Claude Péloquin) .$1.00 Comix No 1 (Robert Crumb.Pour adultes seulement) .$1.00 Comix No 2 (Robert Crumb.Pour adultes seulement) .$1.00 Comix No 3 (Gotlib, Mandryka, Bretecher.Pour adultes) .$1.00 Envoyez le détail de votre commande accompagné d'un chèque ou un mandat à: MAINMISE 1589, St-Denis Montréal H3X 3K3 MAINMISE Décembre 1975-46 ALMA: Maison K.680 rue Collard 668 7868 .Trips en tous genres .Café .Dépannage-Renseignements .Librairie coopérative .Imprimerie-photo-Documentation régionale.Hotel Union .Bar au 1er étage.Correct.Gros juke-box 85 cents la grosse bière.Taverne au sous-sol.Trip de bière."Bon monde".Club de Moto "LAC M A Boulevard des Cascades (en face de la fontaine) Tabagie Harvey (ouvert 24 heures) .Rue Collard .Nourriture pas terrible SAINT-COEUR-DE-MARIE Plage Municipale (bord du lac) SAINT-LEON Domaine Lemieux (Lac Labrecque) .Bô.cher, pi tchèquez-vous.ASCENSION (à 5 milles de la 169) Communale Secteur-Nord Du monde qui s'organise Usine de compost .Coopérative de consommation SAINT-HENRI DE TAILLON Butte du "Botteur Fou" .Très bô Par la route du Camping Belley SAINT-MONIQUE: "Une Communauté et sa Forêt Sentier écologique Hébergement sous la tente Auberge de Jeunesse Bel endroit, pas cher Pêche sur la Péribonka Baignade à travers la pitoune Vue imprenable sur les barrages de Papa Boss Alcan MILOT: Ferme Amon-Amel Plage .Pêche.Lac .Hébergement sous la tente PERIBONKA: (Pays d'Ia patate) Maison-Musée de Louis Hémon Pas d'endroit connu SAINTE-JEANNE-D'ARC (Pays de l'ours) Camping Bonsoir les Touriss Vieux moulin Chute blanche Pont ouvert "Natashquan, c'est loin.?Loin de QUOI?" Vigneault LAC SAINT-JEAN Maison K.680 rue Collard.668-7868 AL M A Il y avait longtemps que l'idée nous travaillait.A l'heure où le Québec doit, afin de devenir le GRAND VILLAGE DU NORD qu'il est et commencer ainsi à vivre sa vie.se décentraliser et poser comme loi que chacun doit rester ou devenir maître de soi-même comme de son environnement, il nous semblait impossible de passer à côté de ce mouvement, de toutes parts enclenché, de décentralisation progressive du pouvoir.Il y a quelques mois, des gars et des filles du Lac St-Jean nous contactaient.Quelques semaines plus tard, ils nous apportaient un dossier sur leur région: le LAC ST-JEAN.Malgré qu'il contienne des textes politiques d'une teneur assez faible, malgré encore qu'il ne fût pas à la hauteur de ce que nous espérions (par rapport aux positions fondamentales prise par l'ALTERNATIVE QUEBECOISE), il nous a paru un document précieux.Ne serait-ce que par la volonté qu'on y décelait d'une recherche d'une CARTOGRAPHIE nouvelle du Québec.Le Québec est à l'hei re du GRAND CHOIX.Pour que nous puissions nous retrouver de région en région, de ville en ville, d'un bout à l'autre, nous nous devons d'établir et vite (ça urge!), une carte ECO-ALTERNATIVE.A l'extrême, nous nous passerons de plans, de cartes.Nous serons branchés les uns sur les autres dans un même grand réseau.Ici, à Montréal-en-Ville (qu'il nous faudra sans doute quitter d'ici quelques années), nous vous parlons de nous depuis assez longtemps.Parlez-nous donc de vous autres! De votre Ville, de votre région, de votre "boutte".A votre tour, enfin, informez-nous, formez-nous.Dites-nous que toute la transformation sociale et politique dont nous voulons nous faire les témoins n'est pas issue seulement d'un tour de notre imagination.Et pis, si vous êtes pas sorteux, invitez-nous chez vous.! Si vous pensez qui se passe rien chez vous, inventez des affaires.! En n'oubliant surtout pas la boutade de Vigneault répondant à des journalistes: "Natashquan, c'est loin.?Loin de QUOI?" MISTASSINI (pays du bleuet) Pour voir le monde .Hôtel au Bonnet Rouge DOLBEAU: (propriété de Domtar) Astrolab Camping Musée (près de l'Astrolab) Collection minéraux .Herbier Comptoir-Lunch Carol ( 1496 boul.Walberg) Bon .Pas trop cher Local des Concatchéros 1 Vè mille de la ville le S .-licier près de la salle de danse V >ria Local des El Gringos 3 milles après Dol au vers Aima (petit panneau indicateur) ALBANEL: Restaurant - Bar 419 Grand Rang (aller s'informer) NORMANDIN: Camping Chute-a-l'Ours Belle cathédrale brûlée.SAINT-THOMAS DIDYME: La Commune du Lac Vert Alimentée par PSSC (Programme fédéral) .Environ 4 milles après le Village .S'informer à l'épicerie du Village SAINT-FELICIEN: Zoo, Bôcoin mé très cher Hôtel Richelieu (Taverne) Restaurant 24 heures (entre le village et le Zoo) Local des "Eye Stones" Grosse maison jaune orange 2 milles avant St-Félicien.SAINT-PRIME: Bô village.Belle grande côte.Auberge de jeunesse POINTE-BLEUE: Village montagnais (Réserve) Camping Plume-Blanche .Noir d'Américains (Beurk!) ROBERVAL: Centre administratif fédéral Chef - lieu de la RCMP pour la région (belle prison là).Restaurant 24 heures (912 boulevard Marcotte) La Bonne Fourchette La Galerie d'Art "Kébékos" (Le Godet) .732 boulevard Saint-Joseph Taverne Le Bardot (Hôtel Le Château) .Lieu de rencontre du monde Local des Concatchéros (3 milles après Ro-berval vers Saint-Félicien) Mont Plaisant (ben plaisant pour les touriss) VAL J ALBERT: Parc Provincial.Camping Village fantôme Belle chute (Clic! Clic! Clic!) CHAMBORD: Pointe Chambord Bô coin noir de Chalets.Pèche DESBIENS: Trou d'Ia fée Modifié au TNT Passer à côté d'Ia clôture Pêche sous le pont de la Métabetchouan SAINT-JEROME: Camp musical: Belle place pour se pâmer sur le coucher de soleil SAINT-GEDEON: Belle plage de sable mangée par touriss Base plein air Forme classique d'exploitation.Industrie du loisir Plages et Camping (payant ou non) Du banc de sable au rang des îles.Club de moto les "Missiles "(177 Dequen) SAINTE CROIX: Village typique Musée local Attraits géographiques Maison Marc Harvey (Rang 3.avant Sainte-Croix) HEBERTVILLE: Mont Lac Vert Centre de plein air HEBERTVILLE STATION: Musée de taxidermie Un a->rçu des bibittes de la région Club de -ot' ' es Allies" Président: .d Eau.ang Saint-Pierre.SAINT-BRUNO Intersection (pouce) Ain -Jonquil e AIDE JURIDIQUE ALMA Centre Communautaire juridique.530 Collard.688-7917 Le Centre Est-Ouest de Montréal aura le plaisir d'accueillir Monsieur Ken Barns, masseur protessionnel de Boston.Monsieur Burns présentera cinq cours sur la SHIATSU (massage thérapeutique japonaise).Prix des cours: $40.00 ou $8.00 le cours.Dates: du 1er décembre (lundi) au 5 décembre (vendredi).Heure: à 19:30 hrs., tous les soirs.Endroit: Cégep Vanier, 821 Boul.Ste-Croix, à Ville St-Laurent (entrée située au 845 Ste-Croix.salle A-107 saut mardi soir, salle A-250.Sujets traités: le Ki.les méridiens d'acupuncture, la théorie chinoise des 5 éléments, les arts martiaux, l'alimentation macrobiotique.les plantes sauvages.RENSEIGNEMENTS: Yves Ducharme: 254-6938.MAINMISE Décembre 1975 47 TARAP Une vallée dans l'Himalaya.C.Jest.160 pages, illustré Broché: $13 95.relié $18 60 "Familier at lointain,fraternel et impénétrable.Ta-rap surgit devant nous comme le dernier témoignage d'un monde voué à disparaître." CHANGEMENTS paradoxes et psychothérapie CHANGEMENTS Paradoxes et Psychothérapie.Watzla wick/Weeklard/Fish.chercheurs au "Mental Research Institute" de Palo Alto."Entre la logique et l'humour, une thérapie est mise en place." LE MACROSCOPE Vers une vision globale.Joel de Rosnay $10.85.Du même auteur: Les origines de la vie.LES INDIENS P.Fart».367 pages.$11.90 "A travers l'histoire des indiens d'Amérique du Nord, ce n'est pas seulement la MIX EDITldUS duc CI III B»rtKlbtUIL aous léne dé « concernai de faits qui expliquent 1M De Cyrano de Bergerac à Ray Bradbury, des visionnaires du XVIIle siècle à Stanley Kubrick, la science-fiction étend son empire.Un empire immense et difficile à cerner.Ancrée dans l'imaginaire, familière du fantastique, la S.F.est le creuset ou s'élabore une forme d'expression universelle.Littérature, cinéma, arts plastiqua» accueillent et exaltent les fantasmes d'une "fiction" qui offre peut-être à l'homme d'aujourd'hui sa véritable part de rêve.LA MAGIE MYSTERES CELTES MYSTERES CELTES ,-, r- 1 SUR LE MEME SUJET: Introduction à la littérature fantastique, de Todorov, $6.95.! DANS LA COLLECTION "POINTS": - La Convivialité, 1.Mitch - Mort de la famille.Cooper - Elegies da Duino*.mike - Mythologies.R.Barthes TAO Une série idéale pour aborder lés grands thèmes MYSTIQUES.MYTHOLOGIQUES et MAGIQUES, sous le signe conjoint de l'ART et l'I-MAGINATI0N.Chaque volume est illustré avec des documents iconographiques en noir et blanc et en couleurs.Prix: $9.95 Autres titres déjà parus: Tantra.Danse sacrée.Astrologie.Esprit de la terre.*^Wnai ikscinant et beau comme u- EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ÉDITIONS *ttibuépsr: Xi i ' p , Diffusion Dimédia DU SEUIL 539 boul.Lebeaut Villa St- Laurent tél.:336-3941 rie fleur vénéneuse" (PF Du faux.Le Soleil).Pour recevoir GRATUITEMENT le bulletin des nouveautés des Editions du Seuil, retournez-nous le coupon ci-contre rempli: Nom: Adresse:.Profession: ACID TEST Tom Wolfe.La dingue épopée de Ken Kesey.375 p.S11.96.
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