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Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Mainmise, 1976, Collections de BAnQ.

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MAINMISE mars 1976-2 Déjà le quatrième numéro depuis que nous avons changé de format! A date, malgré quelques réactions négatives, un feedback excellent.Assez bon pour nous faire sentir que l'orientation du journal vers la musique comme première grande valeur culturelle québécoise était une voie à explorer.De même que le coup de barre vers la recherche d'une définition du village alternatif lente mais progressive.Les propositions de collaboration se multiplient.Beaucoup de jeunes musiciens s'adressent déjà à nous.Dans ce numéro de février, un manqué: Celui du texte d'Edgar Fruitier qui nous téléphona une semaine avant le deadline pour nous dire que, partant en vacances et ayant été dernièrement débordé de travail à la radio et au théâtre, il n'avait pas eu le temps de signer sa chronique de musique classique.C'est donc dans le prochain numéro qu'il nous parlera de Monteverdi.En plus, une entrevue de Christine avec Châtelaine.Puis, une entrevue de George Turcot avec Harmonium.Un grand texte sur les films d'Arthur Lamothe donc sur les Indiens du nord du Québec.Les chroniques habituelles dont celle des disques, avec Pierre Voyer, celle des livres, avec Georges Khal, celle du Répertoire, avec Christian Allègre.Un très beau texte sur la Mission Greenpeace passée concrètement à la défense des baleines et des phoques, menacé, comme les Indiens du Québec, de disparition."Si vous ne faites pas partie de la solution.c'est que vous faites partie du problème", disait Eldridge Cleaver.Chacun de nous est devenu une minorité.Nos papes se chicanent.Nos chefs ont peur.La majorité s'ensilence.Bon.Que faisons-nous ensuite?Nous vivons au jour le jour, nous aimons, nous jouons, nous créons, nous écoutons, nous essayons de partager, nous bâtissons petit à petit un monde possible à vivre.Qui dit mieux?A tous les amoureux de la vie et à Arthur Lamothe qui nous a donné dans les derniers jours un vibrant témoignage de cet amour, salut! MAINMISE est un journal mensuel diffusé par les Distributions DYNAMIQUE, 775 Lebeau, Montréal (tél.: 332-0680).Dépôt légal: 1er trimestre 1976.Courrier de deuxième classe: NO.2511.Port de retour garanti par MAINMISE.Le journal n'est pas responsable des taches de café ou autres ennuis pouvant survenir aux manuscrits ou aux dessins qui lui parviennent, mais on vous promet de faire attention quand même.Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Rédaction, administration, abonnements, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 St-Denis Montréal, H2X 3K2, Tél.: 8434792 et 843-5844 pour la publicité.Équipe de production: Arabelle Grondin, André-Gilles d'Astous, Claude Puff-Puff et Michel Chevrier.INFOROCK:.page 5 JAZZ: .page 8 INTERVIEWS: Robert Paquette .page 10 Harmonium.page 13 LA CHANCE AUX CHANSONSpage 17 DISQUES: .page 18 INTERVIEW: Châtelaine .*.page 32 GREENPEACE:.page 34 CARCAJOU ET LE PÉRIL BLANC .page 36 LIVRES:.page 41 RÉPERTOIRE: .page 46 Liste des Collaborateurs: Christian Allègre, Jean Basile.Pierre Bédard, Serge Caoan» Jean Clouâtre, Kathou Cordeau, Pierre Desruisseaux, Michèle Favreau, Rosaire Gagnon.Georges Khal, Arthur Lamothe, Jacques Lebel, Christine L'Heureux, Francine Saia, Rémi Savard, Michel St-Germain, Sleepy-la-Goune, Laurent Trudel, Georges A.Tucot, Pierre Voyer.Photos: Paul Décarie (Interviews Harmonium et Robert Paquette), Gui Bernardès, Guy Borre-mans et Bruno Massenet (Carcajou), Rex Weyler (Greenpeace).Charles Gauthier.Bandes dessinées: Robert Davidtf, Charles Mont-petit et Yves Poissant.Noos sommes trois gars qui voulons nous partir une commune au printemps mais nous avons besoin de collaboration de personnes désirant (es) vivre en commune.Le tout débutera en mai 76 mais sera mis en marche en juillet.A tous ceux que ça intéresse, écrire à: Commune Buggy Ville.Route Héroux, Charette.Co.St-Maurice.Québec.Tél.: 221-5455(code régional: 819).Allô, Mutants et Mutantes! Si vous êtes à la campagne et si vous êtes au courant de peU-tes maisons à louer pour l'été, ça nous ferait plaisir de recevoir des renseignements.Ecrire à cette adresse: Jean et Péronelfe Chicoine, 6313 Beau-court.Montréal-Nord.De la ville plastique, on en a assez.Bonjour, amis de la terre! L'hiver est bien beau dans la plaine.La maison a fière allure, crachant dans le ciel sa blanche fumée de bois qui sent bon.Je bûche comme un bon pour répondre aux appétits voraces du poêle et de la fournaise, mais pendant que je bûche, ça prendrait une bonne femme en dedans pour fournir les brasiers et chauffer le thé pendant qu'à la brunante je reviens content de ma journée.A part de ça."cet été.je ferai un jardin, il sera petit c'est certain, mais je le ferai aussi beau que toi'' (Clémence).Je vous aime bien, merci bin pis à betôt Robert.Rang Côte Saint-Pierre.Saint-Célestin.Co.Nicolet Sakit à vous tous: Maniaques de Mainmise et autres.J'ai un petit service à vous demander.C'est que, voyez-vous, on est quelques détenus du pen' de Cowansville qui veulent correspondre avec des gens comme vous tous.Tout ça dans un but bien défini: l'amitié, la vraie.Nous avons eu la chance de trouver dernièrement, parmi un gros tas de journaux.Mainmise.Ce qui.par le fait-même, nous a bien fait songer.Par ce hasard suprême, nous vous exposons en un si beau jour le projet Notre Pas.Donc, si vous avez un petit cinq (5) a (10) minutes de trop dans vos longues soirées en fumantvot ti-joint Ecrivez-nous donc.On s'ennuie, nous autres.Toute première correspondance devra être adressée à Gino Dupuis (0161).Institut de Cowansville.R.R.l.Cowansville.Que.Ou bedon à: Alain Dupuis (0395).Qu'importe le sexe, l'âge, la couleur, la religion, on vous aime comme vous êtes J'ai dit qu'on était quelques détenus: on est des grosses douzaines.On attend Salut' Je cherche un exemplaire du numéro 3 de Mainmise: Richard Fillion, 1193 St-Jean Baptiste.Thetford Mines.Québec.G6G 3S6.Je vous sais de loin depuis quelques années et je suis heureux de vous écrire pour vous dire que votre numéro de février m'a fait tripper comme rarement un magazine l'avait ~fait jusqu'à maintenant, surtout les interviews.(Forestier et Brassard).J'ajoute que.depuis le changement de format Mainmise prend une allure professionnelle qui pousse à l'acheter par plaisir plutôt que pour soutenir une cause.Le Rolling-Stone québécois?.et pourquoi pas.?Ah! et puis tant quà faire j'm'abonne.surtout que, grâce à vous, je viens de retrouver la trace d'une vielle amie.Bien le bonjour et à bientôt, têt-ben.Serge Langevin Je suis à la recherche du dernier volume écrit par Aldous Huxley c.à.d.son roman utopiquei Ile, édité chez Pion.Comme l'édition du volume est maintenant épuisée, je n'ai pu le trouver en librairie.Je fais donc appel à quiconque pourrait me procurer le volume et je me fous qu'il soit neuf ou vieux, magané à mort ou inutilisé Tout ce que je veux, c'est l'Intégrai du texte.Ca presse un peu.Bonjour à vous tous, chers horribles travailleurs .Jean-Claude: 626-3078.Une invitation: Qu'est-ce qu'on attend ici?On est tous des petits Québécois avides de liberté.E-tudiants.travailleurs etc.etc.sans but, on se laisse rouler la tête dans nos grandes villes sans passé ni futur, seulement ce présent désespérant, anéantissant tout reflet de bonheur "qui nous est donné chaque jour dans une grande marmite de routines.Eh! ben, chu tanné, y e temps que ça change Je le sais, chu pas le premier à dire ça.Des amis et moi, on a réfléchi sur le problème qui se pose pour la santé morale et physique, on s'est donc invité à aller passer une vie ensemble.On ne prévoit pas le temps futur mais on a un but: déguerpir d'ici au plus vite avant d'être trop atrophiés pour ne plus pouvoir bouger On s'en va.Je vous invite aussi, frères et soeurs à partir pendant qu'il y a encore de belles terres de libres.Il faut reconquérir Le Kébek géographique-ment parlant.C'est pas seulement avec des poèmes qu'on fera vibrer la téte des gens: il y a aussi le réalisme (poétique).Qu'est-ce qu'il y a de plus beau à voir qu'un lever et un coucher de soleil, de travailler dur le jour et de fraterniser le soir dans la liberté, hein' On vous invite à faire comme nous.On se reverra peut-être à la moisson d'automne.Salut, famille! Serge de Hull Un mutant est à la recherche de gais mutants afin de vivre certaines utopies.Prévois pour betôt un retour aux sources, un voyage, recherche commune, maîtrise en yoga et commence à peine à jouer de la flûte ' A bon entendeur, salut! Richard Coco Langlois.919 Pierre .Joffrion.Boucherville PS.Viens faire ton tour à la Maison des Jeunes.Groupe de lotte pour la liberté des enfants Nous voulons rejoindre les parents qui n'envoient pas leurs enfants à l'école, quelle qu'en soit la raison.Tél.: Suzanne .658-1954.Marjolaine.522-1282.Réal.937-3740.A partir du 30 janvier et ce.à toutes les deux semaines, le Groupe de la veillée organise des soirées d'action collective au 5785 Boulevard Monk Le Groupe de la veillée est un atelier de recherches sur le travail de 1 acteur.Ces soirées sont ouvertes à tous.Pour phis de renseignements, veuillez communiquer à 522-2764 ou 652-2349.Message universel: Salut! Nous désirons former un groupe "embarqué'' et amical dans le but de nous intégrer à des activités socio-culturelles intenses et variées pour élargir nos possibilités d'action, d'intérêt.Exemples: cinéma amateur, sorties de groupels).excursions de fins de semaines, spectacles, films.On a le goût de s'impliquer davantage dans le milieu (ceux qui bougent et même ont la bougeotte), d'affranchir nos idées, élaborer des projets concrets, afin dame ner des éléments positifs humains, de faire germer des possibilités, eii un mot.de vivre et de respirer.Le grand mal du siècle dit-on! Dans l'espoir d'un groupe large et ouvert à tous, on attend à tout le moins de tes suggestions.François Pierre et Jean.A/S Jean Boucher.920 Robin, appt.304.Montréal.Québec Chère Mainmise, en rapport avec votre discussion sur le cancer, j'ai noté que vous avez brièrement abordé le sujet de l'alimentation en rapport avec le cancer.Vous avez parlé de l'importance du magnésium dans la nourriture et de la trop forte consommation de viande Vous avez aussi parlé du taux de cancers des Orientaux.Il est encore bas pour les Chinois et augmente pour les Japonais depuis qu'ils se sont mis à l'heure des Occidentaux II faut remarquer que depuis des siècles, ces gens-là.sont dotés d'une cuisine traditionnelle et qu'ils continuent encore aujourd'hui à manger comme le faisaient leurs ancêtres.Et comme vous, l'avez fait remarquer, on a l'impression que le cancer progresse avec la civilation occidentale Sur ce sujet, il y a un gars de Montréal qui a écrit des livres intéressants qu'on ne lit jamais parce qu'il est naturo-pathe qu ii n'est pas médecin dans le sens de médecin traditionnel parce que ce qu'il nous dit est très dur à avaler: pour lui.les phis grandes causes de maladies et de cancers nous viennent des produits suivants: le café, le the.les boissons gazeuses, te chocolat, les produits pharmaceutiques et toutes les cochonneries que les grands trusts, aidés de leur armée de chimistes insèrent dans notre nourriture et dans notre terre.Li science officielle commence, aujourd'hui, commence déjà à reconnaître quelques-un de ces faits.Il serait bon que Mainmise, qui se veut un peu.!e porte-parole du Grand Village Global, offre aussi à ses lecteurs cette autre alternative.Le gars s'appelle Raymond Barbeau et ses livres s intitulent: L'importance du magnésium dans la santé.La cause du cancer et la cause inconnue des maladies.Je les recommande à votre attention.Pour ce qui est de la schizophrénie, il est une autre thérapie qui est plus récente que celle propo-aée par Lain" et qui semble efficace pour les névroses et pour beaucoup de cas de psychoses.Je veux parler de la thérapie du "cri primai".Le découvreur Arthur Janov, est lui aussi trèâ dur pour nos petites idées sur la folie, sur la maladie et sur toutes les autres formes de vasages psychothérapeutiques.11 nous offre une autre soluUon à nos problèmes.Ce n'est peut-être pas la meilleu • mais on ne peut pas l'écarter sous prétexte que ces livres sont des best-sellers.Lui.aussi, aborde le sujet du cancer, à l'occasion dans ses livres.Il serait dû en partie au stress, à la tension accumulée dans le système nerveux depuis .la naissance.Je suppose que quelques-uns d'entre vous connaissent déjà quelques-uns de ses livres: The Primal Scream.The Primai Revolution.The anatomy of Mental Illness et le dernier mais non le moindre.The feeling Child qui en fera blower plus d'un en traitant de l'éducation à donner aux enfants.Je n'ai pas l'intention de parler du contenu des volumes, ça me prendrait trop de temps et puis je suis sûr que ces livres vous intéresseront.Je demeure un lecteur fidèle, même si je ne suis pas toujours d'accord.En espérant ne pas trop vous avoir ennuyé.Pierre Car on im Irthlfc Longueuil Réponse: Mainmise a publié, dans son numéro 50.une critique du livre de Janov: Le Cri Primai.Quant au livre de Barbeau, nous en parlerons peur-être dans une chronique ultérieure.Merci pour les commentaires.¦s MAINMISE mars 1*76-3 LaLteRnatif m tcLteanatif 845 8887 I PBtS MAlSONNtUVÏ I 1587 Saint-Denis Mtl.TOUS LES DISQUES ! Rock, jazz, classique.MPORTATIONS Mi 'm CERWIN-VEGA-FENDER Dynachord-MOOG-Système SG-Amps.V.T.-SHURE Disco-tek Amplificateurs Haut-Parleurs CLAVIERS Système de Son-Chant Microphones SYNTHETIZERS Pédales d'Effets-Wah Wah-Fuzz-Etc.LES PRODUCTIONS BEAU BEC PRÉSENTENT locations Systèmes de sons Amplis Instruments Guitares ARIA, GIBSON, FENDEI MARTIN, OVATION GUILD, DO-BRO, RICKENBACKER, LUDWIG, RODGERS, KING, DEFORD, SEL-MER, LATIN PERCUSSION, ETC.REPARATIONS Amplis.Fuzz, etc.P.MARRAZZA MUSIQUE INC.INFORMATIONS: 7082 St-Hubert.Montréal, 271-1182 175 Ste-Catherine Ouest, Montréal 849-8069.y CAPITAINE NO 6 mars à 10hs (1°/partie: Les Frères Brothers) i,250.$300.$3 50 SIEGES RESERVES RÉSERVATIONS 277-3186.277-3187 BILLETS EN VENTE a la librairie du cinéma OUTREMONT a I Alternatif et chez Sauve Frères 1248 BERNARD 277-4145 MAHEIGE 10 avril 7h30 etIOh au cinema OUTREMONT MAINMISE mars 197M CONVENTUM: UN GROUPE A SURVEILLER.Conventum, pour ceux qui n*ont pas encore perdu leur latin, veut dire réunion.Or les gars du groupe Conventum forment une équipe solide qui, depuis trois ans, évolue dans la grande école de la vie.Les membres de cet ensemble, tous assez charmants d'ailleurs et pleins d'idées, s'appellent: Char-les-ô Barbeau (piano, claviers) Jean-Pierre Bouchard (guitare électrique, acoustique, flûte à bec, voix), André Duchesne (guitare acoustique, percussion, voixt.Jacques Laurin (basse, contre-basse), Matthieu Léger (batterie, percussion, flûte à bec), Jean-Pierre Tremblay (saxos, clarinettes, percussion) et Michel Tremblay (batterie, cloches).On les entendra au Café Campus le 8 mars, c'est une invitation.Puis, nos gais-lurons partiront avec Raoul Duguay en tournée dans 16 villes du Québec.Ce qui est étonnant et merveilleux avec Conventum, c'est qu'ils se "produisent" eux-mêmes, ils assument et assurent leur propre production.Cela a commencé à l'A.T.E.M., atelier d'expression multidisciplinaire (remembrer l'Association des sculpteurs, rue Sanguinet).Leur but, un beau grand rêve de jeunesse: acquérir leurs moyens de production, garder leur indépendance face à toute forme de production établie, sans avoir à tenir compte de personne.Leur historique en bref: la cellule de base (Tremblay-Tremblay Bouchard & Duchesne) formait à Jonquière un groupe nom- mé 'la Carapace' spécialisé dans le free-jazz poétique et le free-rock capoté.En 1973.Conventum faisait des jams et de l'animation sociale' à l'A.T.E.M.En 1974, il y eut plusieurs autres formations: un violon s'intégra, et les très célèbres Maurice Richard et Yves Charbonneau.En 1975.Conventum présentait 2 spectacles à la rencontre nationale de la contre-culture à la Bibliothèque Nationale.Depuis l'été, la formation actuelle joua pour une Chant'Aout québécoise et pluvieuse, et au Festival d'été de Lon-gueuil.plus Vaudreuil le 31 janvier.Conventum a plus d'une corde à son arc: de 1969 à 1973.le groupe créa des musiques de films dont "la Tête au Neutre" de Jean Gagné (production Québec 89), "Bar Salon" d'André Forcier (les Ateliers du Cinéma), "L" ou 'L" de Jean Gagne (productions 89)."Jos Carbone' de Hugues Tremblay, et "Monique Proulx, coureuse automobile" (O.F.Q.et les Productions Mutuelles).A venir bientôt, une musique pour "L'Eau chaude.l'Eau frette" d'André Forcier C'est un beau bilan.Projets de disques?Ils veulent se produire eux-mêmes en se servant de l'A.T.E.M.Conventum est d'abord une "école", c'est un groupe qui SE pratique, il monte des pièces, il agence (et je trouve qu'il le fait bien) la mélodie et les accords.Qu'on vante homme.ça vaut la peine.Kathou BRUCE COCKBURN Place des Arts, C'est dans une atmosphère d'amitié générale, comme si nous étions tous venus là pour entendre un ami nous jouer ses dernières compositions que Bruce Cock-burn entrait dans la grande salle de la PDA ce soir-là.Je m'attendais, ne le connaissant encore que par ses disques, à voir entrer un lion à la crinière flamboyante sur la scène.C'est un gars tout simple, comme un peu gêné de se trouver soudain au milieu de tout ce monde, qui est venu s'asseoir sur une chaise et a commencé à nous entraîner dans son cosmos, s'ac-compagnant tantôt à la guitare ("stage-fright" de dire Coburn de sa nouvelle guitare), tantôt au tambour (pour une chanson dont le titre, vraisemblabment.est Spirits of the Dead, et qui m'a fait complètement fliper).tantôt sur un petit instrument qu'un ami me dit être un dulcimer.Malgré quelques légères concessions au style chansonnier américain - y allant de temps en temps d'un petit boniment drolatique et d'une chanson politique-malgré encore quelques moments où l'on se demandait si Cock-burn n'est pas jésus-freak.pas une seconde je ne me suis laissé divertir pour suivre, le plus à fond possible, avec lui.son jeu musical.Cockburn est probablement le meilleur guitariste canadien."Meilleur encore que les plus grands guitaristes classiques canadiens".de me dire un gars de l'Alternatif.Cockburn.canadien0 On pourrait tout aussi bien dire qu'il est celte ou gaé-tique.Tout son art respire l'amour des grands espaces, l'amour du nord.Et l'on pourrait lui reprocher d'être froid si l'on ne savait que ce sont les nordiques qui.forcés de la garder précieusement en eux.savent le mieux conserver la chaleur.Car, de prime abord, l'art de Cockburn est froid.C'est un art transparent , cristallin et comme le cristal ou mieux, le diamant, ato-miquement si dense qu'on le dirait dur.Mais ne suffit-il pas qu'un rayon de soleil frappe ce diamant pour que nous soyons inondés d'une pluie de couleurs où baigner nos âmes fatiguées des bruits des métropoles du sud.Oh! combien, je suis sorti résonnant d'harmonie de la PDA.Je me sentais comme après le si beau spectacle à l'Outemont, en automne dernier, de Jim et Bertrand .Harmonie que l'atmosphère trouble et parfois cacophonique (vibrationnellement parlant) du P.J.'s n'arriverait pas à troubler puisque je n'y resterais que deux minutes pour rentrer m'im-prégner en dormant, du beau sillage cockburnien.Cette nuit-là, je révérais d'aurores boréales.M.C.MAINMISE mars 1976-5 Je suis sorti de mon domaine pour aller sentir chez nos voisins du Sud.Je suis allé voir un show à Toronto! C'est étrange à raconter, mais c'est vrai.J'ai cherché à comparer le public torontois et le public montréalais.Il doit sûrement y avoir une différence de goût, puisque le groupe qu'on présentait au Maple Leaf Garden est déjà reconnu là-bas comme une "bombe", alors qu'ici personne n'en a encore parlé.Z.Z.Top a brisé les records d'assistance dans plusieurs villes américaines.Ds sont actuellement un des groupes les plus en demande aux Etats-Unis et au Canada anglais.Montréal — en bonne ville américaine qu'elle est — suivra-t-elle cette rage zztopique.ou restera-t-eUe hautaine, infléchissable et comblée par la musique québécoise?Qui c'est ça Z.Z.Top?Disons d'abord que la seule chose qu'ils ne font pas, c'est de faire tourner leurs guitares au bout de leurs doigts.Tout le reste de leur numéro tend à identifier guitare et gone.Nous avons affaire à trois texans habillés en cow-boys de fantaisie.Ils ne jouent pourtant pas de la musique western, mais du boogie enflammé qui ne manquera jamais de combustible.Ils sont branchés directement sur les puits de pétrole du Texas.Billy Gibbons, le guitariste solo du groupe, me racontait comment le pétrole avait changé.la vie des Texans.Du jour au lendemain, les fortunes jaillissaient du sol et transformaient d'humbles cow-boys en richissimes citadins.Tout-le monde s'habillaient avec une fantaisie folle pour aller au ré-déo.Leurs fleurs brodées, les paillettes et les grands chapeaux de Z.Z.Top continuent cette tradition vestimentaire.Dans leurs belles habits, Frank Beard (batterie) Dusty Hill (bass) et Billy Gibbons (guitare) font sauter des portes et des murs; ils construisent, sans demander la permission, des autoroutes super-soniques dans le ventre des fans, à travers tes oreilles.Ce que les oreilles ne peuvent pas prendre, ils vous le force dans le cul avec une cuiller électrique.Y'a pas de tétage, il faut embarquer.T'es obligé! Trois musiciens décidés à faire sauter les foules.Et la foule torontoise a sauté haut ce soir-la! La formule est simple: deux accords — des fois un seul fait l'affaire — et le volume au coton! Le spectateur n'a pas le choix.D ne peut pas rester indifférent; la musique l'agresse physiquement.Il faut qu'il embarque! Le trio a joué des extraits de ses trois disques Rio Grande Mud, Très H ombres et le récent Fandango.Us ont rapaillé leurs influences diverses, B.B.King, Lightnin' Hopkins et John Lee Hooker, pour se fabriquer un style dur et envahissant, une musi- que de truck-de-ciment ou de rouleau-compresseur.Led Zeppelin et Mountain sont d'une grande subtilité à côté de ZéZé Top.Quand je pense qu'il y a déjà eu des époques sans électricité! Il y a déjà eu des hommes d'honneur complètement engagés dans ce qu'ils faisaient, qui ne se sentaient aucunement obligé d agresser les autres pour s'exprimer.Mais ces époques là sont révolues.Aujourd'hui, un groupe comme Z.Z.Top exprime la foule à qui il s'adresse.Ils pressent les jeunes assoiffés pour leur faire cracher un jus très payant! Toi, mon amie, ma fleur, ma jeune soleil qui s'ignore! Toi, ma belle petite rocker.Tu as envie de te pitcher sur les murs?tu as envie de te shaker le bardas?Surtout ne te retiens pas.Va voir Z.Z.Top, tu vas avoir du brassage à ton goût! Ca va te faire beaucoup de bien.Leur musique est un médicament miracle.Elle fait sortir le kéka de la jeunesse américaine; elle exprime en exubérance l'agressivité refoulée.Ils veulent participer à une action commune: ils vont grouver sur un boogie électrique; ils vont se libérer sur cette machine-de-guerre musicale! Si vous faites un party où vous voulez danser.et si vous avez vraiment les moyens, je vous conseille d'inviter Z.Z.Top pour faire les frais de la musique.Votre party risque de tourner en rockaboum et de ressembler aux "rompin' stompin' barndance & Bar.B.Q." où Z.Z.Top attire toujours des milliers de mangeurs de chips et de buveurs de cokes, cramponnés après leur sac écrapouti et accrochés après leur bouteille.Il y a aussi ceux qui boivent du Southern Comfort à la bouteille; ça fait tellement sud! .Tout-le-monde s'amuse! Ils vont rentrer chez eux épuisés, mais satisfaits.Ce soir-là, ça grouillait, ça se mouillait et ça se pitchait partout.Les fans hurlaient quand ils entendaient le début de leurs chansons préférées.Moi, en observateur étranger, je n'ai rien remarqué de particulier, à part quelques rifs spéciaux; j'avais l'impression d'entendre toujours la même toune.sur un rythme persistant.Si vous voulez baiser en écoutant Z.Z.Top, assurez-vous d'abord que votre compte en banque vous accote, parce que vous risquer d'engendrer des triplets.à cette vitesse là! Je ne pense pas que le public montréalais soit aussi facilement happé que les publics anglo-saxons.Attendons les événements! Si Z.Z.Top attire une foule énorme à Montréal, tout ira bien.L'Empire américain se portera bien! Bien sûr, il faut chasser la politique de la musique, mais l'agression avec laquelle la musique de Z.Z.Top nous envahit appelle au fond de nous un violoneux frustré qui veut crier.Le violoneux voudrait hurler, mais personne ne l'entendrait.Ce soir-là à Toronto, tout-le-monde fumait une sorte de résine étrange qui puait terriblement.J'aurais voulu me pincer les narines, mais comme j'avais les deux mains sur les oreilles pour mieux entendre, je ne pouvais pas me boucher le nez.Peut-être que j'avais l'air nono avec mes mains sur les oreilles mais quand je serai vieux je pourrai encore écouter de la musique, moi.Les autres qui avalaient sans précaution la musique multidécibelle de Z.Z.Top seront devenus sourds et seniles.Pierre Voyer MAINMISE 1DW MANEIGE Le 28 Janvier, à la salle Mai->onneuve, c'était le tour de Ma-neige.En première partie.Jeux p'tits gars sous le nom d'Om-ont essayé de nous faire "triper" - deux guitares, deux voix, beaucoup de timidité, trop d'anglais.Un bien mauvais service au public de les avoir invités à la Place des Arts.peut-être qu'Om a profité de l'expérience quand même.Deuxième partie : Maneige.Une ville d'instruments de musique sur la scène, un décor qui ressemble à une pianette sonore, des éclairages qui sentent pourtant bien le Québec et tout à coup des sons doux qui passent du soleil à la neige à nous faire voir en flash tous les mois de l'année.Maneige.des gars simples qui jettent dans les bras une musi que pleine de plaisir et d'amour pour qu'on la caresse.Cette mu sique qui les rend "high'' et fous au point où ça se voit jusque dans la danse de cette Isadora Fanfreluche qui apparait sur scène C'est bien plus qu'on concert que nous offre Maneige.c'est un spec tacle théâtral.La Balloune.Chromo, les Epi-nettes, tant de titres à faire qu'on a envie de bouger sur son siège quand tout à coup l'His toire de l'oreille vient nous ac crocher.l'oreille à la recher che de nouveaux sons qui dépassent le réel et nous amènent tout droit vers Dali.Ernst ou Duchamp.Dada da da da.et les chevaux de bois se mettent à tourner.J.LB.LE POULS: POU'L'FONNE L'Evêché C'est au hasard d une soirée pauvre en perspectives que nous a-vons rencontré le groupe Le Pouls à l'Evêché.Le temps d'un cocktail impromptu, d'une rencontre avec une gang pleine de fonne et le temps aussi d'un show imprévu qui n'a pas déçu.Révélation?Non.mais agréable découverte d'un groupe peu connu.Ils sont huit.Un mélange de francophones et d'anglophones.Ils font ce que Robert Alarie, le porte-parole du groupe appelle du "jazz incognito déguisé en rock".Somme toute, une musique très funky avec une forte section rythmique (2 batteries, congas et percussions.) La plupart sont des musiciens de métier qui ont fait beaucoup de studio (avec Ferland.Vigneault, Julien, Valiquette).La formation existe depuis mai dernier et ils ont fait leur entrée dans le "grand Montréal" par le Ca fé Campus.Un 45-tours est sur le marché et déjà on travaille à l'enregistrement du premier long-jeu du groupe aux studios RCA.Marc Latraverse, le gérant de Pouls, ambitionne une carrière américaine pour ce premier disque.Dans la petite loge du Nelson, l'atmosphère est électrique.On s'arrête pas de s'encourager, de blaguer et d'être fou-content.La loge est maintenant pleine de boucane, le pouls bat plus vite, le deuxième show va commencer.Sans être vendus au jazz ou au funky, on ne peut se soustraire au au feeling succulent de voir travailler des gens qui aiment ce qu'ils font.Denis—Pouls—Lepage donne le ton.Il parle au monde II est content qu'on soit là et semble heureux qu'il y ait une place pour eux.Puis, on passe à l'attaque.La machine à musique se met en branle.Un gros son pesant, solidement articulé qui va droit au but.dans la région du plexus solaire.De la musique avant tout.Deux batteries marquent le pas.les instruments se réchauffent, on s'agace mutuellement, on se rapproche puis c'est l'envolée, le feeling qui s'empare de la joyeuse bande et donne lieu à un grand feu de joie.Sur le lot.trois ou quatre pièces sont particulièrement réussies, bien charpentées, musclées à souhait et fort énergiques par moments.L'introduction à leur version de Summertime, à-la-Santana.est.en soi.un hit; de même que la pièce de rappel, dans le style de Gentle Giant.Pour le reste, des pièces inégales, avec quelques longueurs et des voix qui passent au second plan, comme écrasées.Comment comprendre que tous les textes de Pouls soient anglais?Le Pouls semble avoir choisi la voie facile pour exprimer ce qu'il a à dire."Music is music" nous a-t-on dit.Mais si la musique n'a pas de langue, le public en a une.Américain ou québécois?On cherche vainement la véritable identité de Pouls.Pour l'instant .le Pouls ne fera pas de ravages au Québec.Tout en étant très bons, ils n'enthousiasment pas.Leur inspiration gagnerait à se diversifier, même du côté anglais.Les amateurs de musique funky se régaleront.Les autres passeront un bonne soirée.en attendant leur premier microsillon.Au fait."pouls", en anglais, ça se dit comment?Serge Cabana et Rosaire Gagnon LE CLAN MURPHY, LES FRERES BROSSE, AV'NIR Certaines semaines, le Café Campus donne plutôt l'impression d'une fête foraine, avec son agitation constante, la foule qui se presse dans les allées et la chaleur étouffante de l'endroit.Certains soirs, il faut beaucoup de courage pour persister dans ces lieux, et ce lundi soir encore plus, puisqu'il y avait trois groupes au programme: le clan Murphy, les frères Brosse et Av'-nir.Dignes représentants de la Casanou qui nous les a fait découvrir, ils s'imposent, tous trois, par une même qualité: la foi (pardonnez ce mot démodé) en leur travail, une croyance inébranlable qui se transcrit dans l'énergie qu'ils mettent à la réalisation de leur spectacle.Avec des résultats plus ou moins heureux.Le clan Murphy ne pêche pas par son excellence, même s'il cherche à créer ce qu'ils appellent eux-mêmes, un rock celtique.La nervosité, la mauvaise coordination de l'ensem- ble, juxtaposées aux difficultés techniques, donnaient lieu à une musique enchevêtrée, parfois discordante, les meilleurs moments étant assurés par le clarinettiste qui, à ce qu'on dit, fait aussi partie d'un autre groupe.Zac.Leur première apparition officielle sur scène arrive à excuser les grandes imperfections de ce brouillon de spectacle.Le 45 tours qu'ils viennent de sortir a des chances de mieux les servir.Les frères Brosse ne chantent pas.ne jouent d'aucun instrument: ce sont deux comédiens, remarquables par leur énergie et leur présence sur scène qui s'affairent autour de leurs accessoires comme autant d'objets remplissant les trous laissés par leur babillage.Le farfelu, l'hétéroclite provoquent le rire du public s'amusant des mimiques des deux frères qui centrent tous leurs effets sur la stupidité, le mongolisme même de leurs personnages.Deux comédiens qui ne manquent pas de talent.sans avoir trouvé comment l'utiliser.Av'nir.un groupe de Dorion, a donné à sa formation un autre son de cloche: un batteur.Jusque-là.leur musique était surtout faite à partir de guitares et d'un moog.Avec le batteur, la consonance du groupe s'est affinée, d'autant plus que le jeu de ce dernier comble d'aise, faisant preuve d'une sensibilité rare.Malgré la fatigue de la salle.Av'nir a réussi à s'infiltrer dans les replis de l'assistance, un peu à la manière d'une fumée dont les volutes insaissables se répandent dans l'atmosphère comme par magie.Une musique qui donne envie de fermer les yeux et de se laisser emporter dans un rêve intérieur.Des mélodies lovées dans des nuages vaporeux.Un seul reproche: la voix du chanteur qui ne perce pas ce mur du son.Av'nir, ce soir-là au Café Campus, a poli toutes les aspérités laissées jusque-là.Christine LOUISE FORESTIER Je suis sorti du Maisonneuve heureux.C'était la première fois depuis longtemps.Parce que je venais de voir le meilleur show de l'année.Ce que je suis en train d'écrire c'est sûrement le rêve de tous les critiques: n'avoir rien de négatif à dire sur un spectacle.Le show du groupe Louise Forestier était parfait.Ce qu'ils nous ont donné est très rare et très précieux de nos jours: un immense 'rush' d'énergie positive.Je ne crois pas qu'il soit exagéré de dire qu'en ce moment Louise Forestier et ses musiciens donnent l'image la plus pure et la plus dynamique du Québec, ou de ce que devrait être le Québec.Comme elle le dit dans Val d'espoir, une de ses nou-les chansons, "un pays dans un visage".Celui de Louise est très beau.Pas de réquisitoire, pas de "prêchage" politique mais l'après-révolution.l'action et l'accomplissement.Le show était un éventail très représentatif de tout le travail accompli depuis la fusion Perron - Lafrance - Forestier, auxquels sont venus s'ajouter Rin-quet - Parenteau - Leclerc.Toutes les chansons que l'on connait déjà et qui font partie de ce qu'il y a de plus authentique comme son québécois à date.Un son riche et complexe, exécuté avec beaucoup de perfection par des musiciens extrêmement intelligents et bourrés d'énergie.La voix de Louise, plus belle et plus puissante que jamais.Sept nouvelles chansons qui ont réussi à accrocher immédiatement le public qui ne s'est pas fait prier tout au long du spectacle pour taper des rnains et des pieds et pour chanter.Un public très varié: Forestier chante pour tout le monde.C'est une autre facette de sa magie.Les nouvelles chansons nous laissent nettement voir qu'il n'y a aucun danger de cristallisation dans le groupe.On sent déjà une énergie nouvelle, des différences de son qui témoignent d'une recherche qui devrait aboutir à un résultat des plus intéressants.La conception du spectacle était simple et propre.Et ça aussi, ça faisait du bien.Pas d'effets spectaculaires, pas de machines grandioses.Tout le focus sur le talent et l'énergie.Tout était beau: étonnant de complexité et de précision, le son qui nous laissait entendre chaque mot.chaque note, les jeux de châle de Louise qui invente tout au long du show et son humour si authentique (il n'y a qu'elle et Clémence pour imiter si bien l'amie de fille').Quand elle ne me fait pas penser à une Zézette transformée, Louise Forestier me rappelle la grande cousine, la ma tante qui faisait la folle dans les parties.La 'star' de la famille, la femme aux airs grandioses mais au coeur si accessible, à la chaleur si communicative.Avec les musiciens, c'est le party au complet.Un party positif qui réunit des Québécois qui vivent déjà dans le pays nouveau qu'ils construisent.Ce n'est pas pour rien que la dernière chanson du spectacle, "Des fois comme ça", qui est une des nouvelles se termine par: "c'est pour aller plus loin".C'est la direction la plus sensée, la plus concrète et la plus dynamique qu'on m'a donnée depuis longtemps dans une salle de spectacle.Jean Clouâtre MAINMISE mars 1*76-7 JV.g ^ M Kathou Il ^ g Cordeau LÀ NOUVELLE-ORLEANS Ville bâtarde de gloire et de honte, la Nouvelle-Orélans (ou la N.O.) est la ville des grandes fanfares, des marches militaires, des bals et des soirées au bord de l'eau.New Orleans est aussi la ville des orchestres de danse: elle a son orphéon, son opéra, ses enterrements, ses bals et ses couleurs de peau mêlée.Géo-graphiquement.elle est située dans une boucle du Mississippi, c'est pourquoi on l'appelle aussi Crescent City.Canal Street coupe la ville en deux en direction du lac Pontchartrain.On y retrouve la pittoresque French Quarter de Vieux Carré) puis, près de la gare, le quartier des plaisirs et des jeux dit Storyville (du nom de M.Story, le conseiller municipal qui fixa les limites de ce district).En remontant, on arrive vers l'ancien fort espagnol St-Ferdinand.devenu Congo Square puis aujourd'hui Beauregard Place.Aux alentours se trouve le secteur des créoles libres qui ont subi quelque influence de culture française.Le prolétariat de couleur plus spécialement américanisé habitait dans Perdido.un genre de bidonville près de la gare de Basin Street derrière le vieux cimetière St-Louis.Les Noirs: à Congo Square Le lieu de rendez-vous le plus fréquenté par les esclaves du début du dix-neuvième siècle était un immense terrain vague entre Orléans et Rampart.C'était une étendue inculte et poussiérieuse où ils exécutaient leurs danses ancestrales du Congo.Ils se réunissaient aux premiers roulements des bamboulas, tambours faits de paniers recouverts de peau de vache et battus au moyen de deux tibias de boeuf.Hypnotisée par le roulement continu et obsédant, la foule, galvanisée, se croyait revenue en Afrique.Les incantatations vaudoues.apportées par les bateaux des négriers, étaient à la base des chants religieux et exprimaient la résignation sous le fouet blanc.Ainsi de chants africains en gémissements continus, on arrive au point de départ du blues.Déjà en possession du blues vocal, les Noirs de Perdido n'avaient à leur disposition que des instruments qu'ils bricolaient eux-mêmes.C'est 1 époque des spasm-bands (banjos-jouets, contre-basses tonneaux, harmonicas, cithares, peignes recouverts de papier de soie.).C'est de mémoire à oreille que les noirs de pure race vont exécuter leurs blues et harmoniser les spirituals.Vu qu'il n'y a pas de musique écrite, en la jouant.MAINMISE mars 1976-8 In Concert, ayant malencontreusement été obligé de fermer ses portes à la musique de jazz because of dettes, a dû les réouvrir pour faire place aux gras talents mameUifères de ces reines du strip-cerise.En guise de chronique jazzistique, j'offre donc, ce mois-ci, une page de la belle histoire de la Nouvelle-Orléans et de son Carnaval qui approche.approche.Bon séjour à ceux qui seront de la Fête.ils créent la leur.La force la franchise, l'humour et la nouveauté sont préférés à la tradition.Le blues se caractérise par sa base d'improvisation, laquelle représente la forme esthétique par excellence alors que la musique de danse était l'unique champ d'action ouvert aux ambitions des grands talents professionnels.Bientôt les orchestres noirs étaient engagés pour jouer à des bals et.vers 1880.on trouva de tels orchestres sur les bateaux du Mississippi.Le jour, les Noirs travaillaient comme débardeurs, barbiers, garçons de café, la nuit, comme musiciens.Apparaît ici le chef du premier grand orchestre: Buddy Bolden qui n'avait pas plus de dix ans que les danses du Congo disparurent.L'incapacité de ces hommes à lire une partition explique au moment où l'impro collective prit son essor, l'origine de cette polyphonie, bien spécial à la N.O.D'ailleurs, je crois fermement que ce qui a permis la révélation du jazz, c'est justement une question de linguistique.Buddy Bolden.le barbier de Franklin Street, réunissait son orchestre pour pratiquer dans son arrière-boutique quelques morceaux pour une soirée au Tin Type Hall.Ce n'était pas un orchestre ordinaire et Buddy n'était pas un cornettis-te ordinaire.En plus, il publiait et éditait "le Criquet ".feuille à scandales aussi pleine de malise que N.O.était forgée de vice et de corruption.Vers 1900.son succès devint tel que l'orchestre avait trop d'engagements.Bientôt, le Kid Bolden devint le King Bolden.Il jouait dans les tavernes du French Quarter, dans les dancings en plein air et les salles de danse noires comme Perseverance Hall.Tin Type Hall (qui servait de morgue le jour pour les bouncers " et les fêtards tués la veille.et le relais des Le carnaval de New Orleans Fête par excellence, le Carnaval de la Nouvelle-Orléans est aussi l'époque la plus intéressante pour les musiciens et les intéressés.Dans ce temps-là.tout le monde trouvait du travail dans les défilés du Mardi-Gras (cette année ça tombe le 2 mars, c'est un rendez-vous.).Durant la semaine précédant le Mardi Gras, il y avait au moins un défilé par jour et le fameux mardi en question, on en organisait 4 ou 5.Chaque défilé comptait 14 orchestres avec un total de plus de 200 musiciens.Il y avait une époque d'environ 6 semaines de joyeuses fêtes masquées et la dernière semaine, on décorait les balcons et les masques dansaient, dans les rues spécialement illuminées.Les défilés commençaient à Calliope Street et à l'Avenue St-Charles pour se terminer près du Vieux Congo Square par un gigantesque bal masqué.Dans les vieux jours, les défilés spectaculaires, avec des centaines de torches, étaient montés avec soin;.les gens prenaient ces réjouissances tellement à coeur qu'il était difficile d'empêcher les bagarres, les freak-outs et les bad trips.Plus les danses devenaient violentes, pliis l'orchestre se donnait ".C'était, et ça peut l'être encore, le plus beau jour de l'année.On y va** On y NEW ORLEANS RHYTHM KINGS TIGER RAG - ECCENTRIC - PANAMA putains, la nuit).Pas très loin de là.au Lincoln Park, jouait l'orchestre plus "chic" de Jean Ro-bichaux.C'était en général un petit quintette ou septuor qui jouait tous les genres, du quadrille au rag dans les bals de société des Blancs.Bolden qui.par principe, jouait tout en si bémol et en plein air.faisait des effets de sourdine avec un verre à eau.une noix de coco ou un chapeau melon.La section rythmique n'avait pas de piano.Il joua aussi au salon de Nancy Hanks dans le quartier réservé.On faisait éclater des feux d'artifices devant les vieilles maisons et.souvent, celles-ci flambaient.Mais lorsqu'il fallait payer les musiciens.Bolden n'était jamais là.Il fut mis à la porte de son propre orchestre.Un jour, après avoir participé à son dernier défilé.Bolden flancha, le cerveau épuisé.Le 5 juin 1907.le Roi fut envoyé à l'Hôpital d'Etat de Louisiane où.l'ayant inscrit comme barbier, on oublia le cornettiste.Il y mourut en 1931, épave anonyme ruinée par l'alcool et les femmes.Les Créoles: Freddy Keppard Après le violon, très jeune, il prit le cornet et devint bientôt un des cornettistes les plus "hot" de N.O.Quoiqu'il n'avait jamais appris à lire une note et qu'il jouait d'une manière rude et brutale, il travaillait dans la ville basse avec les musiciens créoles, plus raffinés ceux-là.Il y joua avec l'orchestre de l'Olympia, concurrent de Buddy Bolden.Le premier clarinettiste de cet ensemble était Picou qui joua la partie de piccolo d'une marche de défilé et cet air devint l'épreuve classique numéro 1.Notons également les musiciens suivants: "Big Eye" Louis Nelson, clarinette en do, au style fluide dont les longues improvisations le plongeaient dans des transes formidables; Sidney Bécbet, lui aussi au vibrato agréable lié à des crescendi et à un soupçon de pureté "blues": "Ratty" John Vean, un drummer qui introduisit le rythme à quatre temps (on rapporte que l'ennui, avec ce vieux Vean était que, en plus d'une activité sexuelle débordante, il s'endormait au travail après quelques whiskies et qu'il fallait continuer à jouer sans batterie); Louis Cotrelle, le père spirituel des drummers style N.O.Keppard forma le Original Creole Band qui fit en 1912 déjà des représentations vaudeville.Tout y était: bassistes, piano, violon, guitare, trombone, clarinette, etc .Keppard qui réussissait toujours par son swing phénoménal à échauffer les foules, embellissait chaque mélodie de ses arabesques compliquées.Connu pour la puissance de son volume, il tirait de son cornet des sonorités tellement graves qu'on avait l'impression d'entendre un trombone.On rapporte que même pendant le prohibition il absorbait des quantités incroyables d'alcool.Rien ne pouvait jamais l'arrêter.En 1916, la compagnie d'enregistrement "Victor" engage l'orchestre de Nick La Rocca: "The Original Dixie Land Band" qui fit fortune et gloire.En 1917 arrive "The Eagle Band", un groupe à la tenue militaire et son extraordinaire cor-nettiste Bunk Johnson (né en 1879), qui fut le successeur désigné au trône de 'King' Bolden.Le soir il jouait au Masonic hall et le jour, vu qu'à la N.O.on trouve toujours un prétexte pour faire un défilé et que les occasions ne manquent pas; Bunk mettait son uniforme et sa casquette pour précéder l'orchestre dans les défilés.Chose étrange: les processions funéraires formaient une attraction.En allant au cimetière, l'orchestre jouait des airs de marches funèbres puis, aussitôt le corps enterré, le cafard s'envolait et en avant la fanfare!.! Les enfants innombrables dansaient, les musiciens et les porteurs d'eau se dandinaient.Les gens hurlaient et frappaient des mains ou jouaient de la flûte de leur confection.Ca chauffait dur.En été, on organisait des pique-niques au lac Pontchartrain où il y avait des jams et des compétitions.En 1900.on construisit un Casino et une petite foire d'attractions qui procurait leur gagne-pain aux musiciens.Bien sûr, à N.O., on annonçait d'autres événements importants: excursions, combats sportifs, bals.Dans la ville haute, certains orchestres créoles surnommés les Français avaient des succès retentissants.D'abord avec l'Impérial et Emmanuel Perez.Citons d'autres orchestres: le Onward, le Tuxedo, l'Excelsior.Dans la ville basse, certains de ces musiciens savaient suffisamment lire les marches traditionnelles comme celles de Sousa.des mélodies populaires comme 'Barnyard' et le rag de "Rubber Plant' plus les blues dérivés de chants d'ouvriers chargés de vider les sacs de blé ou de transporter des rails.Storyville.le célèbre quartier réservé de N.O.durant deux siècles était connu pour sa gaieté, sa corruption politique (là aussi!), ses crimes et ses vices.Les pianistes pouvaient s'engager dans des cabarets de basse classe, et Storyville devint le berceau de la musique hot' mais le métier était dur.Quand la prostitution fut interdite, en 1917, ce fut la fin.Les musiciens nostalgiques durent se disperser L'Original Creole Band était déjà parti.Dink Johnson (batteur), e-tait, lui, en Californie où il montât les 'Louisiana Six'.Bunk Johnson et Béchet avaient transplanté le jazz N.O.au Texas.Sugar Johnny, un cornettiste un peu fou.mais génial forma un autre Creole Band à Chicago.Grâce aux bateaux qui, tous, avaient des orchestres, le Mississippi amena le jazz à Memphis et St-Louis, le Missouri l'apporta à Kansas City et l'Ohio à Pittsburg.Les Blancs: le Dixieland Ce terme qui désigne en somme les anciens Etats esclavagistes est devenu aux U.S.A.l'équivalent de jam-session: en France, par contre, ce terme désigne le vieux style New Orleans.Ce mot correspond surtout à l'orchestre de Jack Laine (né en 1873): The Jack's Laine Ragtime Band et le New Orleans Rythm Kings (voir la photo) avec le très brillant Rappolo à la clarinette.A cette époque-la.le public réclamait des quadrilles et des polkas mais peu à peu les rags s'imposèrent.On les répétait jusqu'à ce que l'improvisation cadrât avec le thème appris par coeur et on arrivait ainsi à créer un contrepoint qui, très vite, transforma la musique de danse traditionnelle de la N.O.en une imitation blan-*che' des rags et des stomps noirs.Laine (à la grosse caisse) et son groupe jouaient en style N.O.mais sans jam et.les répétitions étaient plutôt des "recherches d'idées!' Il y eut notamment la Reliance Brass Band and Orchestra de Laine, au style staccato, vitalité syncopée et le Tom Brown's Band from Dixieland (1913) qui jouait une revue vaudeville dans un club de gymnastes et débuta deux ans plus tard à Chicago au "Lamb's Café".Vint ensuite la formation du Dixie Land Jazz Band à Chicago et New York.Rappolo, né à Lutcher en Louisiane en 1902, avait 17 ans quand les New Orleans Rythm Kings formèrent leur orchestre.Après avoir touché du violon, de la guitare, de la clarinette (celle de son père), il apprit la batterie.Pour lui, pouvoir participer à une parade primait tout.Il recommença à loucher vers la clarinette, alla chez un prof apprendre les doigtés et la lecture.Quand avec ses copains du N.O.Rythm Kings, il arriva au Friar's Inn à Chicago, on raconte qu'il fut pris dans le tourbillon de la vie mondaine et de la marijuana et il disparut très vite de la scène.En 1949.il jouait du saxophone dans le sanatorium1 où il vivait.Sa meilleure clarinette git au fond du lac Pontchartrain.Après le Dixieland, ce fut le plus important des orchestres blancs et aussi celui qui restait le plus proche de l'esprit du jazz.Sans la fermeture de Storyville, plusieurs musiciens seraient restés à N.O.mais ils furent obligés de partir.Cette nuit-là du 10 octobre 1917, l'alcool coula à flots partout.Les portes des établissements s'ouvrirent et les orchestres sortirent.Ce fut le plus magnifique défilé.Petite Discographie en passant 1) Musics of the streets of New Orleans Folkways FA 2461 2) Big Bill Broozy The Soul of New Orleans Vogue 52430 3) Dejean's original olympia brass band New Orleans street parade MPS 15077 4) Archive of Jazz New Orleans Rythm Kings BYG 529-057 vol.,7 ABonncx-voui BULLETIN DE COMMANDE (à remplir et à retourner à MAINMISE, 1589 St-Denis Montréal Que.) Je désire obtenir la collection complète des Editions Mainmise au prix spécial de $50.00 Je désire recevoir le nouveau MAINMISE, journal d'information culturelle aux conditions indiquées ci-dessous: — Abonnement pour un an (12 numéros).S 7.50 — abonnement pour deux ans (24 numéros).$15.00 NOM: .ADRESSE:.VILLE:____.- PROVINCE: .CODE POSTAL: P.S.: Si vous possédez déjà la collection proposée et que vous êtes abonnés, ignorez cet avis.COmPlETEZ VOTRE COUECTIOfl: Spécial Collection complète de Mainmise: $50.00 Complétez votre collection en commandant les numéros qui vous manquent No 1 a 6 No 7 à 20 (sauf 8 et 17 épuises i No 21 au dernier paru Otx numéros au choix à partir du No 21 Autres publications disponibles Embarque mon amour iPierrot Léger) .$2.50 épuisés Les chômeurs de la mort (Claude Peloquirt) .$1.00 $200chaque Comix No 1 (Robert Crumb Pour adultes seulement) $1.00 $1.25 chaque Comix No 2 (Robert Crumb Pour adultes seulement) i $1 00 .$10 00 Comix No 3 (Gotlib/Aandryka Bretecher Pour adultes) $100 Joindre avec te bulletin d'abonnement un mandat poste ou un chique parvenir à:| MAINMISE 15S9.S1-D.ni» Muntrtel H3X 3K3 MAINMISE mar* 1WS Jeudi, Paul Décarie et moi-même nous retrouvions dans un petit salon du centre-sud de Montréal.Tôt en matinée, Robert Paquette, nous entretenus longuement et chaleureusement autour d'un café.Ci-dessous, quelques extraits d'une rencontre riche de commentaires, d'anecdotes et de critiques.Robert Paquette, chansonnier, est un natif francophone du nord de l'Ontario.Bien qu'établi dans le centre-sud de Montréal depuis bientôt trois ans, cette année, il ne s'est produit en spectacle guère plus d'une douzaine de fois dans toute la province.Sa chanson Jean Bérubé, de son premier album Dépêche-toi Soleil, assure à elle seule ses présences sporadiques à la radio.Guitariste hors-pair, il s'est retrouvé en Belgique sur la même scène que I.éveillée, les Séguin, Donat Lacroix et Edith Butler.Au festival nord-américain de Mariposa, on l'invita à chanter ses compositions françaises.Présenté dans maintes cités canadiennes, ici, au Québec, on semble ne pas vouloir tenir compte du fait qu'il existe.comme tant d'autres de la Relève.Le public québécois ne se voit même pas offrir la chance de le bouder.L'exclusion des petits circuits fermés du showbiz québécois qu'on réserve à tous les individus d'une Relève qu'on aime bien vanter à l'heure des cocktails ne semble pas le tracasser.Il affirme avec enthousiasme son intérêt, mais il connaît la réalité.Et de plus, n'étant pas avide d'une gloire gonflée de promotion et de publicité, le temps qui passe ne l'afflige aucunement, il s'en sert pour faire entrer le métier.Dans la semaine précédant notre rencontre, Robert Paquette a visité, dans le cadre d'un programme d'éducation intitulé "Les Artistes dans les Ecoles", une demie-douzaine d'écoles dans sa ville natale, Sudbury, présentant sa musique et sa poésie à 5,500 étudiants.N'étant pas natif du Québec, il parle rarement mais en connaissance de cause de la difficulté de percer quand nos beaux promoteurs ne peuvent pas te coller leur étiquette de vente: "Un gars de chez nous.".Du patriotisme de piastre comme les beaux jeans d'amour et de liberté de la Sainte-Catherine.! Bon ou pas bon, cela n'a rien à voir.Il s'agit tout simplement de rester dans la vague qu'on a créée.Robert Paquette n'est pas inquiet devant l'avenir de sa carrière; moi, je le suis devant celui du Québec, bien plus pogné et chromé qu'on aime se le faire croire au-dessus de nos bières' Sur la route.Mainmise: Robert Paquette, de retour de Chicoutimi, Jonquière, Mont-Laurier et Sudbury, tu repars déjà demain pour la Louisiane.Tu semblés être toujours en route pour quelque part.Robert Paquette: Je voyage énormément.J'adore être sur la route.Certains musiciens détestent cela, moi, je suis toujours le premier à partir.J'écris beaucoup plus sur la route.Cela me permet de sortir de la routine de tous les jours et de ne vivre que la musique.Des endroits nouveaux inspirent de nouvelles chansons.MM: Tu dois couvrir énormément de pays?R.P.: Oui, et c'est surtout à l'extérieur de la province puisque je ne suis pas très connu au Québec.Je ne joue pas beaucoup ici.Pour jouer dans les cégeps ou ailleurs, il faut être connu sinon on ne t'engage pas.Cette année, je n'ai donné, au maximum, que 13 représentations au Québec.En général, je me produis en Ontario et dans les Maritimes.et ce, en français.Pour te donner une idée, ma camionnette, achetée à la mi-septembre, a déjà 10,000 milles au compteur et elle en aura 14,000 quand je reviendrai de la Louisiane.Environ 40,000 milles par année: une garantie ne dure pas longtemps.La mise en marché d'un Québec chromé MM.Aimerais-tu voir un changement s'effectuer en ce qui concerne le fait que tu n'as joué que 13 fois au Québec cette année?R.P.: Certainement, mais je pense que cela se fera graduellement.Il y a une chose que j'ai toujours soutenue depuis que je suis ici, et cela fait deux ans et demi que j'habite Montréal.J'ai eu le temps de voir plusieurs musiciens et de rencontrer pas mal de gens, et c'est toujours la même remarque: le Québec semble brûler ses artistes trop vite.En deux ou trois ans, ces gens-là sont finis.Ils font toutes les tournées, toutes les émissions et ils ont tous les articles de journaux: c'est un gros succès vite dégonflé.Après un bout de temps, ils n'ont plus le temps d'écrire ou de mûrir leurs compositions, et je trouve cela dommage.Quant à moi, jusqu'ici, j'ai jpassé mon temps.en le prenant.Et auand je jouerai plus souvent au Québec, les gens auront deux ou trois microsillons de moi, s'ils le veulent.Kn attendant, le métier rentre.Cela fait trois ans que je fais des tournées, et à des endroits complètement différents.Aller jouer à Winnipeg, c'est pas comme à Québec ou à Montréal, pas plus qu'à Moncton qu'en Ontario.MM.: Depuis quelques années, il existe un nouveau phénomène ici au Québec, soit la mise en marché de nos artistes.Au cours des années soixante, le mieux que pouvait espérer un chansonnier était une tournée de petites boîtes à chansons Aujourd'hui, nos artistes se voient vedettes endisquées.Le Québec est devenu l'une des terres les plus fertiles dans le marché de la chanson, et eux, les seigneurs.Quelle est ta réaction vis-à-vis tout ce monde que tu connais et que tu vois fonctionner?R.P.: Il y a du monde qui aime monter très haut, très vite.Ces gens-là raffolent de promotion et de publicité.Je crois que cela peut-être à leur avantage mais aussi à leur désavantage.Eux ne voient pas les désavantages.Ils se disent: "On est parti pour la gloire, et on n'arrêtera pas d'ici .peu".Sauf que le système craque à un moment donné.A part le fait que les artistes se font brûler physiquement et mentalement par le showbiz québécois, il y a quand même des choses que je trouve très bonnes.Il y a des tournées qui valent la peine d'être faites, ce qu'il n'y a pas en Ontario.Un retour certain aux boîtes à chansons semble se dessiner un peu partout, un regain d'intérêt pour le spectacle.Il y a aussi le fait qu'il n'existe pas tellement d'échange musical, les musiciens ne jouent que leurs propres compositions.On ne s'imaginera jamais une vedette québécoise chanter les chansons d'un inconnu qu'il admire.Ce n'est pas une question d'entr'aide; ce serait plutôt une question de savoir se sacrifier à la créativité.D'un autre côté, peut-être est-ce qu'il est encore trop tôt.De Sudbury à Montréal MM : Si on regardait en rétrospective ton évolution et celle de ta musique depuis tes débuts à Sudbury.?R.P.: Au collège, j'écrivais déjà quelques chansons.Je jouais du rock'n'roll, de la musique pour faire danser le monde.Imagine-toi qu'on est venu jouer à Jeunesse Oblige, en 1966.Je n'avais que dix-sepf ans.Il y avait eu un concours à Sudbury et on avait gagné, faute d'autres concurrents.Ils nous avaient envoyés à Montréal en autobus.On était trois: un batteur, un gars qui jouait de la basse avec les quatre cordes de sa guitare acoustique et moi-même, chanteur-guitariste.On s'est classé deuxième dans tout le Québec.C'est un groupe des Laurentides qui avait gagné; ils jouaient du "brass" genre Tijuana.MM : Par la suite, comment s'est fait ton transfert définitif du nord de l'Ontario au monde citadin de la musique?MAINMISE mars 1976-10 R.P.: Le transfert s'est fait très facilement.Comme à tous les 2 mars de chaque année depuis quelques temps déjà, il y a à Sudbury La Nuit sur l'Etang, une grosse affaire qui dure de huit heures du soir à huit heures le lendemain matin.Tout ce qui s'est créé en français en Ontario durant l'année se montre là, à guichets fermés, devant 800 à 1,000 personnes.Il y a quelques années, Radio-Canada était venu filmer, avec d'autres gens de Toronto intéressés à voir ce qui se faisait dans le nord de l'Ontario.Par la suite, on m'a invité à faire quelques émissions ici.J'allais à Toronto faire une émission française à CJBC ou à Radio-Canada en anglais.Je suis venu durant cette période par deux fois à Montréal pour passer à Feu Vert.Je me voyais faire le trajet Sudbury-Montréal de plus en plus.MM.: C'est à ce moment-là que tu as enregistré Dépêche-Toi, Soleil, ton premier long-jeu?R.P.: Oui, et avant de venir ici, j'étais passé voir A et M à Toronto où l'on m'offrait un contrat de cinq ans, contrat par lequel je m'engageais à enregistrer cinq albums, pendant qu'eux décidaient qui serait le producteur, quand les albums sortiraient, et encore, s'ils sortiraient, et puis quel budget et quels musiciens j'aurais.Cela ne me disait vraiment pas d'enregistrer de cette façon.Je suis donc venu à Montréal.Gilles Valiquette et les Productions Célestes [?] MM: Avec qui as-tu signé au Québec?R.P.: Avec Gilles Valiquette et les Productions Célestes.C'était un contrat pour cet album seulement.MM.: As-tu été satisfait de ton association avec les Productions Célestes?R.P.: L'expérience en studio fut très agréable mais, mes amis et moi, on n'en a pas tiré un sou.Au départ, on devait avoir un salaire fixe de musiciens mais on a préféré prendre 40 cents par microssillon vendu.C'était un contrat verbal.René Letarte, qui nous avait produits, a quitté la compagnie parce qu'il n'aimait pas ce qu'il y voyait.Finalement, Gilles nous a laissé savoir qu'on ne serait payés qu'une fois tous les coûts de production couverts, c'est à dire un an, un an et demi.Je suis allé le rencontrer et il m'a assuré qu'il me payerait au moins mes éditions.Je lui ai demandé de me faire un contrat pour cela.Il m'envoie un contrat de cinq ans, pour tout le monde, dans les deux langues, avec un contrat de gérance personnelle, et une clause qui m'engageait à produire sous peine d'amende.J'était déjà allé chez lui quatre fois pour en arriver finalement à une entente avec son comptable: on m'envoie cette affaire-là! Maintenant, je n'ai pas de contrat, et il se peut tout simplement que je ne me fasse pas payer pour l'album, c'est tout.MM.: Monsieur Valiquette ne doit pas être dans tes bonnes grâces?R.P.: Non, et c'est dommage, parce que lorsque je l'ai connu, on s'entendait très bien.Il était même venu deux ou trois fois donner son appréciation de notre matériel, lors de nos sessions en studio.J'avais décidé de passer par des maisons de production indépendantes, expressément parce que je ne voulais pas vendre mon âme pour cinq ans à une grosse corporation.J'avais justement lu un article sur Gilles où il affirmait que s'il y avait une chose qu'il allait démystifier au Québec, c'était les grosses boîtes de production et leur attitude "t'es un jeune musicien et compte-toi chanceux qu'on ait produit ton album, il y en a beaucoup d'autres.".L'autre jour, c'est exactement ce qu'il m'a dit: "Robert, compte-toi chanceux qu'on ait produit ton premier album.".Un album anglais MM: Tu viens de nous faire écouter l'enregistrement de ton album anglais.Comment en es-tu venu à faire ce second microsillon?R.P.: Ce sont toutes des chansons écrites sur une période de trois ans.Je pense que c'est pour moi une façon de m'en libérer.Une fois que tu les as travaillées et jouées en spectacle, c'est comme si tu les traînais derrière toi.Non pas qu'elles ne sont pas bonnes, mais une fois enregistrées, tu peux passer à autre chose.MM: Après avoir écouté cet album anglais, je comprends sa raison d'être.C'est à la fois excellent et très différent, vraiment une autre facette de toi.Si tu devenais une super-vedette canadienne-française, ici au Québec, cesserais-tu de produire en anglais?R.P.: Non, même si écrire en français a toujours été davantage ma ligne de conduite.Les gens de l'Ontario ont été les premiers étonnés d'apprendre que je préparais un album anglais.Comme à la Saint-Jean-Baptiste, l'an dernier, je n'aurais jamais chanté en anglais.Toutefois, je ne pense pas que cela prenne cinq ans avant que je produise un autre album anglais.MM : A part le matériel contenu dans ces deux albums?R.P.: En français, il y en a assez pour remplir un albun et demi.En plus de celles-là qui sont complètement terminées, j'en ai six ou sept qui sont encore à l'état de projets.des bouts de textes et de musiques, amassés ici et là en voyageant, qu'il reste à unifier dans un tout.Deux ans et demi dans le Centre-Sud MM: Présentement, quand tu écris, de quoi parles-tu?Qu'est-ce qui te tracasse ou te fait rire?R.P.: Je n'ai rien écrit depuis quatre mois sauf une chanson française-anglaise sur l'Ontario.Mais comme je te l'ai mentionné tantôt, il y en a six ou sept que je suis en train de finir.C'est un peu plus agressif, un peu plus sévère par rapport à ce que je vois.à ce qui se passe autour.Je reste encore pas mal pensif sur bien des choses.Après avoir passé deux ans et demi à Montréal, cela a changé un peu ma vision des choses.Il y a plus de rétroaction, et je suis devenu plus critique.Dans les bois du nord de l'Ontario, je vivais beaucoup plus calmement.MM: Des changements au niveau de la musique?R.P.: En musique, cela a varié un peu aussi.Dans le premier album, c'étaient des chansons plus douces et dans celui-ci, il y en a encore qui sont très décontractées.Les prochaines, tout en n'étant pas de la grosse musique, contiendront un niveau d'énergie plus élevé.Les prochains mois MM: Donc, pour le prochain album français que tu travaillera en studio bientôt, on peut s'attendre à une approche quelque peu différente?R.P.: Plus d'énergie, moins d'instrumentation et plus de mise en valeur de chaque instrument et du vocal.Un peu plus acoustique, sans batterie peut-être avec seulement des percussions.Aussi puissant si pas plus que les deux autres, mais sans toute une série de "patentes" pour le rendre puissant.Une puissance atteinte par la simple valeur des chansons et par la façon dont le tout sera agencé.et c'est ça qui sera intéressant.Il y aura dans le prochain album une finesse de spontanéité qu'on ne trouve pas dans les deux premiers.Non pas que je ne soies pas content des deux précédents, mais c'est, je crois, que les prochains seront plus variés, parce que les chansons n'auront pas eues trois ins de rodage.MM: Tes projets?R.P.: Je pars demain pour aller jouer en Louisiane.J'ai une tournée qui s'en vient pour l'Ouest canadien, les Maritimes aussi et peut-être quelques villes du Québec."MAINMISE mars 1976-11 TOUT PART DU VENTRE Par George A.Turcot Le groupe a fait surface pour la toute première fois au "Salon de la Femme'' mai 1973.Suite à deux enregistrements, pour CKVL et CHOM.Quality Records leur propose un contrat: deux ans, deux albums.On signe en décembre 1973.En mars 1974, le lancement du premier microsillon "Harmonium".Août 1974, Pierre A.Daigneault et Serge Locat se joignent au groupe.L'automne qui suit amène Harmonium en tournée à la grandeur de la pro- vince.Le lancement du deuxième microsillon "Les Cinq Saisons'' se fait en avril 1975.A la St-Jean en juin 1975, Harmonium donne son dernier concert avant de quitter temporairement la scène.La suite.Un été de repos.Denis Farmer devient le sixième membre d'Harmonium.On prépare un album double pour juin.Une tournée à l'extérieur du Québec durant l'été qui vient.Un passage à Paris et un retour à l'automne sur la scène québécoise.la scène Mainmise: Harmonium c'est un nom qui porte son poids au Québec, et vous avez déjà un bon bout de chemin derrière vous autres.Harmonium: Ca fait près de trois ans que le groupe existe.Quand notre premier microsillon, d'ailleurs intitulé Harmonium, est sorti, cela faisait six mois qu'on fonctionnait.Au tout début on a joué dans des clubs.Ca réussissait assez bien à l'intérieur de ce circuit-là, mais nous on recherchait à rejoindre un tout autre public.Donc, avec la collaboration des gens qu'on connaissait, on a essayer d'aller vers autre chose.Tenter de faire les salles, même si cela impliquait prendre un risque "sur notre bras".Et c'est de cette façon qu'on a fait toutes les places.partout en province.Un roulement continuel, mais où le public grandissait toujours.A ce moment-là, ça ne comptait pas pour nous de produire un microsillon ou non.H y avait la scène, le reste importait peu.Remarques que cela n'a pas beaucoup changé.MM: Mais il y a eu un changement.Les choses ne sont-elles pas devenues un peu plus complexes?Hm: On a fait nos deux microsillons qui ont très bien passé.Par contre, la scène nous a tué un peu l'année dernière.C'était devenu vraiment trop "heavy".On a littéralement fait tout ce qu'il y avait à faire, et dans un très court laps de temps.On était sursaturés de "shows", les yeux pochés et totalement écœurés.et il restait toujours un autre spectacle, et un autre, et un autre.On avait perdu le contact avec le public et le roulement qu'on a toujours voulu avoir.Si on montait sur scène, ce n'était que pour une raison: ce contact-là.Et on ne l'avait plus.C'était devenu Harmonium en grosses lettres.Les gens nous contemplaient, mais ne nous regardaient plus.Comme si on flottait dix pieds dans les airs ! Une fois le spectacle commencé, on a toujours réussi à le retrouver quand même ce contact entre le monde et nous autres.Cela prenait 15 à 20 minutes pour qu'on le définisse, pour que le monde puisse vraiment se rendre compte de ce qui se passait, "Câ-lissez-moi ces lettres-là à terre, y a rien là".MM: Qu'est-ce qui ses passé pour qu'un contact sain entre Harmonium et le public devienne une affaire de vedette?Hm: Il y a eu un temps où on a été bu merges par une foule de choses extérieures qu'on ne contrôlait pas.Harmonium est devenu ce qu'il est devenu, pendant que nous on faisait le même train de vie, les mêmes bébelles.C'est tout ce qu'il y a autour de nous qui a changé, pas nous autres.On avait même craint que cela arrive.Mais entre 1 intuitionner et te retrouver les deux pieds dedans.MM: Est-ce que vous avez découvert tout d'un coup que les gens avaient fait de vous des vedettes, ou l'avez-vous appris tranquillement, à la leçon?Hm: C'est chez les gens de notre entourage qu'on l'a vraiment senti, parce qu'ils a-vaient plus les mêmes réactions vis-à-vis nous autres.Juin 1975, un arrêt MM: Après une tournée de franc succès l'an dernier, vous avez pris la décision de vous retirer temporairement.Hm: A la fin de la tournée, on a voulu s'asseoir et tout arrêter.On ressentait un grand besoin de rétablir cette situation et de tout reprendre en main.Et c'est surtout qu'il fallait retrouver notre essence.Notre essence, c'est ce que nous faisons maintenant à jouer ensemble ici tous les jours, et ça prendra le temps que ça voudra.Ce n'est pas une année d'arrêt en tant que telle, où on remet tout en question pour repartir à zéro.0 n'est pas pour nous question de changer notre approche ou notre style.C'est qu'on avait délaissé notre essence, qui est strictement de s'asseoir et travailler notre musique, et aussi de pouvoir arriver quelque part et jouer, tout simplement.MM: Est-ce qu'il est survenu à ce moment-là des frictions à l'intérieur du groupe?Hm: Quand on s'est quitté après le spectacle à la Saint-Jean, cela s'est fait bien naturellement.C'était entendu entre nous qu'après ce spectacle le groupe se séparait officieusement Tout laisser tomber et oublier un peu.On s'était dit que quand on allait refaire des choses ensembles, on le ferait d'une façon tiès naturelle et spontanée, ce qui est venu avec le temps, avec les mois.Chacun de nous a pris des vacances et s'est remis les idées en place jusqu'à ce qu'on se retrouve et qu'on reparte tous du même pied.Il s'est accumulé du nouveau matériel, et on a recommencé à pratiquer depuis quelques mois.Il y eu, jusqu'en juin dernier, une période assez effervescente pour le groupe avec deux albums et des spectacles sans arrêts.Ensuite, ls scission, la coupure.Et maintenant, un nouveau départ, avec un gars en plus, Denis Farmer, et des têtes nouvelles pour nous tous en de-MAINM1SE mars 1»7*-13 Ce qu'il y a d'exceptionnel au sein d'Harmonium c'est cette autonomie des individus qui s'y trouvent.Et surtout ce respect illimité qu'ils ont pour le rythme de vie de l'autre.L'idéal à l'intérieur d'un groupe ce n'est pas forcément une pense uniforme.Il faut de la place pour respirer, il faut que l'air passe, sinon c'est un cercle fermé où tu n'évolues plus où c'est un mythe de groupe qui prend ta place.Il y a des choses que je fais qui ne peuvent pas être vraiment orchestrées par un groupe, où je ne ressens pas le besoin d'avoir d'autres instruments que mes claviers.Par exemple, j'ai joué un concert en solo à l'église de Saint-Roch de l'Achigan, et ça c'est avéré une expérience fort heureuse, au point que je pense éventuellement en produire un album.J'aime sentir cette possibilité de me promener et de faire un peu de tout.pas forcément une pensée unit orme'" Serge Locat ".faire couler mes plus belles notes" Dix ans de musique commerciale.Des heures de travail en studio.Des passes à Radio-Canada ou jouer dans Laura Secord à la Comédie Canadienne.Pourtant c'est un métier d'approfondissement continuel de la technique, mais où tout est littéralement canalisé pour remontes les exigences de chaque nouvelle situation.C'est étrange, tu vois, j'enseigne, la musique à des jeunes au Cégep de Drummondville.Chacun d'eux aspire à une carrière dans la musique, et ils me demandent toujours à quoi ça ressemble le marché du travail.Mais il n'y en a pas de marché du travail en musique.Tu joues et tu te perfectionnes tous les jours de ta vie.Avec de la chance, peut-être que quelqu'un t'écoutera.Harmonium, c'est tout ce qui est créativité en moi.J'ai un fonctionnement professionnel beaucoup plus rigide et bien différent des autres.Harmonium devient pour moi l'occasion qui me permet de m'expri-jrner, de sortir de mon for intérieur £les choses profondes et belles.Un peu comme, le soir, isolé de tout chez moi.je prends mon saxe pour faire couler mes plus belles notes.dans.Tout ça va ressortir dans le prochain album.Retour à la scène MM: Quand prévoyez-vous refaire surface?Hm: En octobre prochain.MM: Avec une approche modifiée?Hm: Ce sera sûrement différent, puisque ça va être à l'intérieur d'un circuit qu'on aura créé.Si possible, on ne jouera plus dans les Cégeps: on n'a jamais bien aimé s'installer dans une place avec plein d'étudiants.Tu essaies de te retrouver en ville, plutôt que dans les Cégeps.Tu vois, les endroits qu'on a aimés les plus sont des salles qu'on pourrait appeler des cinémas.Des endroits qui n'avaient jamais vu à l'intérieur de leurs murs quelque chose comme ça.On s'installait à minuit le soir et on jouait.La différence, c'est que toi, en tant qu'individu, si tu décides d'aller voir un spectacle à l'Outremont ou au Grenada à Sherbrooke, c'est toi seul qui en prends la décision.Alors que dans les Cégeps, c'est une masse qui la rend cette décision.et c'est à une masse que tu fais face.Et ça, ce n'est pas correct.MM: Donc, ce n'est vraiment pas avantageux pour un groupe de faire la tournée des Cégeps.Hm: Non, c'est toujours la même affaire, tu as l'impression que le monde pour qui tu joues est là, alors que le monde est dans la ville.Prends comme à Montréal, on faisait le tour complet de tous les Cégeps, alors que maintenant on a le goût de prendre ce qu'on a dans le ventre et de s'installer à l'Outremont pour deux semaines.MM: Vous parliez tantôt d'un prochain album, ça va apparaître sur le marché quand?Hm: Pour la fin de l'hiver.MM: Qu'envisagez-vous pour la période de temps entre le lancement de votre album au printemps et votre retour sur scène à l'automne?Hm: On prévoit aller à Paris après le microsillon.Encore-là, les gens se demandent ce'qu'on va faire là-bas.Pourtant, il n'y a pas de quoi, c'est tout comme ici.Tu y vas, tu te trouves une scène et puis tu joues.Mais surtout pas dans leur système à eux, comme beaucoup de monde qui descendent de l'avion, et qui vont là, là et là, tout est déjà planifié et casé.De cette façon-là tu n'atteins pas le public que tu cherches à rejoindre.Tu te prends une salle, si le premier soir il n'y a que vingt personnes, le lendemain il y en aura quarante.et tu vas jouer là-bas avec tout ce que c'est de jouer de l'autre bord.Le jeu d'un Québec MM: Pour vous autres, où se situe votre place par rapport au contexte québécois?Hm: C'est une authenticité québécoise qu'on a, bien plus que des grandes idéologies.On fait de la musique et des paroles québécoises, non pas qu'on ait décidé en termes de rationnel qu'il fallait que cela soit québécois, mais bien parce qu'on vit ici, à Montréal, à Rougemont et à Saint-Roch.La .é-action des gens est étrange.Dès que tu fa;s quelque chose, il faut absolument qu'il existe ou qu'eux puissent entrevoir un rapport très concret à tirer quelque part.Dans le genre, vous chantez en québécois, est-ce parce que vous êtes politisés ou jouez-vous le jeu du Québec français.On l'a jamais fait dans ce sens-là.C'est tellement simple, on vit ici et on a des chansons.MM: Comme le Vieux, où on nous présentait n'importe quoi au moment que c'était québécois, et que les gens refusaient d'embarquer dans la musique d'un autre, à cause de la couleur de sa langue.Hm: On a joué avec beaucoup de musiciens anglophones, des gars qui jouent "pas possible" et qui ont énormément de talent.Je ne sais vraiment pas ce que les fanatiques pensent qu'on devrait faire avec tout ce potentiel et ce monde-là.Quelle rapport cela peut avoir?.D y a des choses auxquelles on a participé, comme l'espèce de phénomène qui est arrivé sur le Mont-Royal à la Saint- MAINMtSE mars 1976-14 Jean l'an dernier.Tout, le ralliement, l'esprit, la foule et toi sur la sène.Tu as la possibilité d'en profiter pour des fins bien personnelles.Tu sais que le seul impact dans la tête du monde c'est ça: national, fling-flang, Québec, lalala.Mais si toi, tu pousses ton affaire un cran plus loin, et que pour toi c'est 300,000 personnes, l'amour, la musique et rien d'autre.Alors tu fais ton trip d'amour et de musique.Tu ne dis rien, parce que tu n'as rien à dire là-dessus.Tu n'essaies tout simplement pas de mousser ta petite campagne à toi sur le bras d'autres vibrations.On l'a fait, la Saint-Jean, et on a fait des ; choses pour Le Jour aussi.Mais on n'allait pas là pour le PQ.On se fout du PQ, on se fout de tout.Le Jour, c'est du monde correct, et c'est un journal qui a sa raison d'être, jusqu'à un certain point.point final.MM: Alors, le nationalisme et l'indépendance?Hm: On n'a pas besoin d'expliquer l'indépendance selon les chiffres du PQ, et de crier sur les toits "je suis québécois" et "vive le Québec libre".On n'a qu'à communi-le sentiment de l'indépendance de notre "fort" intérieur.Toute l'évolution du Québec dans les années à venir se fera sur un niveau très individuel et non par la masse.La masse, c'est du passé.MM: Croyez-vous que le monde l'a compris?Hm: Ils ne ne comprennent pas.Ils le ressentent.MM: Est-ce qu'ils le ressentent vraiment?Hm: Ils ne peuvent pas faire autrement.Et cela aussi longtemps que le monde n'essaiera pas de l'analyser et de chercher à savoir ce qu'il en adviendra.C'est du senti et du vécu.C'est ce qui est beau.Comme ce spectacle, les gens ne peuvent pas analyser ce qu'on fait, parce que nous on ne l'a pas analysé en le faisant.Ca vient du ventre.Une cinquième saison MM: En vous retirant complètement du circuit en juin dernier, vous laissiez pres-qu'en suspens votre deuxième microsillon, Les Cinq Saisons.Hm: Il a été pensé comme ça.Pour se porter seul.Comparativement au premier qui avait toute une autre façade."Les Cinq Saisons" contient cette nouvelte tendance dans notre musique.C'est une coupure, carrément autre chose, et on le savait.On était conscient que le deuxième album aurait la portée qu'il a.Tu le sais ça.Tu ne le fais pas sans le savoir.Tout le monde est pareil.On a tenté d'amener sur le microsillon un esprit tout à fait spécial.On voulait créer quelque chose qui n'a pas besoin constamment de notre-présence pour se soutenir."Les Cinq Saisons" n'a pas besoin d'Harmonium en pleine face du monde tous les jours pour vivre, et continuer à apporter de quoi aux gens.Chose surprenante, contrairement à ce qu'on fait habituellement et qu'on a peu d'intérêt à ré-écouter, "La Cinquième Saison" on l'écouterait n'importe quand.C'est à la fois très loin et très très près de nous, très transparent et très dense.Le Chiffre Sept MM: A quoi peut-on s'attendre du microsillon sur lequel vous travaillez présentement?Hm: C'est encore Harmonium.Mais cette fois avec toute la magie du chiffre sept.Le chiffre sept, et tout ce qu'il représente dans la vie des humains, les sept jours de la semaine, les sept planètes, les sept règnes (minéral, végétal.) et les sept niveaux de conscience.MM: Comment en êtes-vous arrivés à la découverte de toute cette approche?Hm: C'est une histoire très belle qu'on a vécue cet été.On travaillait sur la musique à venir.A un moment donné, on s'est fixé sur sept esquisses de chansons.On savait de quoi on voulait parler dans ces sept chansons, de la première à la septième Un certain soir, on s'est arrêté sur ia liste et l'ordre de ces chansons, et on s'est rendu compte qu'elles étaient dans un or- ".l'entre deux, à la lois nulle part et complètement ailleurs.'' Serge Fiori Il y a eu un long moment ou mon cheminement était en très étroite ' relation avec Harmonium Mon évo-lution personnelle et musicale de-venait celle d'Harmonium.Je ne vivais absolument rien d'autre qu'Harmonium.Lorsque je me retrouvais j devant l'opportunité de chanter ou de ! jouer ailleurs en tant que Serge Fiori.individu, ma voix et mes ) accords sonnaient Harmonium Tout ce que je connaissais de moi était déjà investi et canalisé.Il a fallu que je vive l'expérience d'ouvrir grand ses oreilles ", que je travaille un retour à la neutralité, pour ensuite découvrir de nouveaux horizons.C'est un exercice de vie qui ma permis d'aller plus loin, ou plus près, de voir plus qu'un sillon bien tracé.J'ai redécouvert mon manche de guitare et tout un monde musical en dehors du son d'Harmonium.Lorsqu'on s'est retrouvé Kivard.Séguin et moi pour jouer ensemble, ca sortait comme Beau Dommage.Les Séguins et Harmonium, joyeux mélange' Alors chacun de nous a "ouvert grand ses oreilles" et a écouté l'autre.Cela a demandé beaucoup de temps, mais on a réussi à faire sortir un son nouveau qui n'aupartient qu'à cet événement.Il jpt se retrouver dan^J l'entre-deux, llulle-part et complaH tement ailleurs.Les sept niveaux de conscience, c'est beaucoup ça.Le potentiel hu-^ main et toutes les possibilités d«|, ressentir et de faire ressentir quelque chose.Sinon, le prochai^mi-crosillon ne serait que sept tapes' alors qu'il faut qu'il soit sept niveaux de vie.de création.MAJNMISE mars 1J»;6;1»,,.- ".beaucoup par coincidence Louis Valois A ce moment même ou je tente de cerner ma relation par rapport au groupé pour la communiquer, je me rends compte de la complexité de la question.Je tente peut-être de concrétiser des choses qui ne se concrétisent pas.Faire un résumé de quoi?Finalement, à un certain moment le hasard te présente un choix qui tombe "pile'' dans ta vie.("est une occasion que tu attendais sans le savoir.( "est rien que ça, je crois.Tu t'asseois, beaucoup par coicidence.dans une situation.Tu te démènes à l'intérieur de cette situation et tu en retires certaines joies.Kn somme, ce n'est pas Harmonium qui me rend heureux.Je n'étais pas moins heureux à tailler des verres ou à étudier.Harmonium est tout simplement là.une coicidence heureuse dans ma vie.Je joue parce que je crois que c'est bien important qu'Harmonium fasse ce qu'il a entrepris de taire.Je suis aussi très conscient que cette coicidence m'a fait connaître des gens qui sont maintenant des amis intimes, que tout ce climat rêvé et l'évolution qui nous a caractérisés, sont autant de choses devenues importantes dans ma vie présente.Mais, je ne me suis jamais demandé combien de temps je le ferais.i dre bien précis, que la place de l'une ne pouvait pas être interchangée avec celle d'une autre.Chose étonnante, on ne connaissait absolument rien au chiffre sept, et de tout ce qui s'y rattache.Ce n'est que par la suite, quand on 'sest mis à lire et à faire des recherches, qu'on s'est aperçu que les sept sujets de nos ébauches de chansons correspondaient exactement aux sept niveaux de conscience, au sept périodes de l'évolution de l'homme.MM: n serait très intéressant d'avoir un exemple précis de cette correspondance.Hm: Tiens, par exemple, la sixième chanson.Un soir on était assis sur le balcon quand Serge s'est mis à gratter sur sa guitare et à improviser une mélodie.Tranquillement, à l'écouter, il y a vait des paroles qui venaient s'y accoler.Le lendemain, on a ré-écouter l'enregistrement qui nous a beaucoup enthousiasmés, et on s'est mis à penser au texte.On s'imaginait une éclipse permanente entre le soleil et la lune, où l'homme pourrait bénéficier simultanément des influences positives des deux astres, La lune du côté spirituel et le soleil du côté de l'action.Les deux astres pourraient agir constamment sur l'homme.On a commencé à écrire là-dessus sans rien connaître du côté ésotérique de la chose.Deux mois plus tard, on lisait qu'au sixième stade d'évolution, l'homme détient la force de contrôler les astres, pouvant ainsi amplifier et contrôler leurs influences.MM: Est-ce que cette nouvelle connaissance vous a modifiés beaucoup en tant qu'hommes et musiciens?Hm: Ce fut sûrement un des moments les plus intenses pour nous lorsqu'on a compris que tout cela est de la nature première de l'homme.Un sentiment que tu portes en toi par rapport à l'évolution et à l'ordre naturel des choses.C'est inné chez les humains.Ce moment-là a été le plus beau du point de vue de la création.Se rendre compte que juste par les messages et les réflexions qui te sont transmises par la nature et les hommes, tu peux, toi, arriver à mettre sur papier certaines vérités sans t'être référé à des écrits.Par la suite au moyen de recherches tu peux intellectualiser ton expérience.Mais à la base tout part du ventre.Et la musique, elle, vibre, sur la peau.Ne croyez pas maintenant en savoir très long.Tout ce que vous avez lu jusqu'ici est, qu'on le veuille ou non, la rationalisation d'Harmonium.C'est en résumé tout ce qui se codifie, des idées.Mais Harmonium c'est un génie de création, un génie sensible qui communique ses émotions, par sa musique.Et sa musique, je ne peux pas vous la donner.On a su faire des "Cinq saisons" une oeuvre peinte de mille et une couleurs, mais une réplique n'aurait aucune valeur significative.C'est encore avec plus de dimensions et de perspectives qu'Harmonium veut percer le silence de nouveau.Harmonium ne s'explique plus; son message se vit dans ses notes, et ses notes vibrent sur la peau.Sa remise en question l'a mené vers de nouveaux horizons, vers des niveaux supérieurs de la conscience.Et la conscience, pour Harmonium, c'est le langage de la simplicité.A quoi s'attendre?Harmonium un peu plus loin.Et si l'ensemble de nouveau matériel respire l'intensité des deux pièces, "Le Premier Ciel" et "Chanson Noire pour une Blanche Cérémonie", entendues alors que j'étais adossé au mur entre un amplificateur et le mélotron de Locat, Harmonium pourra se passer d'explications.et les gens de commentaires."Chacun devient le premier homme.s'il pouvait rejoindre le premier ciel, a-vant qu'on lui coupe les ailes".Harmonium dans une cave quelconque du grand Montréal."Je ne tiens pas à voir clair".Michel Normandeau Je ne tiens pas à voir clair.Je ne tiens plus à voir clair.Parce que cela implique une mise en tutelle de mes sentiments et une abstraction de tout ce qui m'entoure pour en arriver à une rationalisation froide.Mon contact avec le monde extérieur et tous les individus qui le composent ne peut être valable que s'il est basé sur mon sentiment.Sinon, ce sont les schemes de ma rationalité qui prennent le dessus, et le monde ne devient que la synthèse de mes informations.Avant de taire Harmonium, j'étais journaliste au Forum, un journal de l'Université de Montréal.Pour être honnête envers les lecteurs, il fallait que j'objective les situations, les vidant de tout sentiment.Alors que maintenant, en musique, je dois hautement subjectiver.C'est toujours moi en situation par rapport à quelque chose.Lorsque je parle à des grands rationnels, on ne se comprend pas.C'est comme ceux qui travaillent pour la justice, et ceux qui voient l'amour, les deux grandes causes humaines, ils sont d'accord l'un a-vec l'autre.Mais ils ne se comprennent pas.Ce qui me pousse à faire ce que je fais à l'intérieur d'Harmonium, c'est cette histoire d'amour.Les gens dans le métro, c'est une société qui rationalisé.Les gens accolés les uns aux autres à la fin d'un spectacle, comme les vieux qui sortaient jadis de la messe le dimanche, avec cette joie intérieure après un message d'amour, c'est ça l'ultime but d'Harmonium.MAINMISE mars 1976-16 COMMENT FAIRE TOURNER la fljaitSiOn Le mot chanson sert aujourd'hui à désigner toute pièce musicale chantée, n'importe quelle pièce musicale chantée.La chanson est pourtant un genre structuré qui a connu ses heures de gloire: notre époque en est une.La formule "chanson'" est pour les vendeurs de musique une occasion de vendre beaucoup; un morceau de deux minutes se glisse bien dans la vie des gens.Ils y prennent goût et veulent revivre leurs "deux minutes" musicales.La chanson a toujours été un genre populaire, simple et accessible.Quelques couplets, un refrain répété et parfois.une modulation de passage (un pont).Tout-le-monde peut suivre une chanson sans effort: les mélodies reviennent assez souvent pour établir dans le cerveau de l'auditeur une sorte d'habitude musicale, une familiarité formelle.L'universalité de la chanson en a fait la forme la plus répandue de la musique populaire.à un point tel que plusieurs groupes rock s'en servent comme prétexte commercial: ils font des chansons autour d'un seul riff et divise leur rock infini en sections, en "deux minutes réglementaires", sans varier aucunement la structure musicale dont ils se servent.Leurs textes sont là pour combler un besoin du marché.La chanson n'est plus un outil de recherche, une structure ouverte qui cherche à se dépasser.L'agression régulière du rock réduit beaucoup les possibilités de changer l'atmosphère à chaque chanson.Les groupes de heavy rock pourraient faire des longues plages de riffs enchaînés les uns dans les autres Ca serait plus profitable à leur musique: les improvisations se développeraient davantage et on n'aurait pas à subir des textes souvent insipides chantés par des voix insupportables.mais il faut ce qu'il faut quand le marché attend des chansons.La chanson est un pivot formel: elle remonte très loin dans les racines populaires de la musique, en dessous de l'espèce d'écorce qu'elles ont.dans la racine elle-même.Elle a été l'outil de deux formes différentes d'expression "artistique " : la poé sie et la musique C'est sur une base très simple de chanson que Bob Dylan faisait ses litanies infinies comme Sad Eyed Lady of the Lowland ou Visions of Johanna.Ses chansons s'orientaient, dans ce temps-là.vers une sorte de saga où le récit poétique prenait le dessus: c'est le flot des métaphores qui créait ses atmosphères.Ferré a suivi un peu *£Guel est *) le y secret ** de tot) ipsolept équilibre?la même courbe: il est parti de la chanson proprement dite pour aboutir à ses oratorio-délires récents comme Les amants Tristes ou II n'y a plus rien.Ses orchestrations post-wagnériennes sont aussi loin du schéma structural de la chanson que ses harangues politiques.Si Dylan est revenu à une forme plus simple et plus traditionnelle, le noyau de la chanson.Ferré reste à crier, à gémir à faire éclater ses rengaines jusqu'au paradis cruel de son originalité.La chanson est donc un tremplin pour certains, une prison pour d'autres.Elle sécurise ceux qui utilisent sa structure comme "contact rentable " : elle peut lancer à l'aventure ceux qui fouillent sa forme et explore ses possibilités.La grande variété d'effets sonores dont disposent aujourd'hui les musiciens avantage considérablement la création d'atmosphères particulières pour chaque chanson.Des textes et des mélodies simples servent aujourd'hui d'indicateurs pour une recherche musicale qui dépasse la structure simple.Des pièces de King Crimson (feu le roi cramoisi) comme Lizard, E-choes de Pink Floyd, les certaines pièces du dernier disque d Harmonium sont des exemples intéressants de petites chansons relativement simples qui deviennent des portes ouvertes à de longs développements musicaux.Chez Elton John.Me Cartney.Beau Dommage.Charles Trenet.Steely Dan.10 CC et les.Beatles, l'art d'écrire des chansons est essentiellement traditionnel; ils déraillent tous souvent, bien entendu, vers des champs de fraises ou dans un cirque d'Alaska, mais ils varient leurs progressions harmoniques et ils élaborent des constructions savantes sans jamais sortir de l'enveloppe simple de leur forme populaire d'expression.La chanson reste vivante grâce à eux.La structure éclate chez Genesis, le poème déborde la page, des grappes d'allitérations embrouillent les rimes, des modules de rythmes impairs créent des ambiances dramatiques qui tendent à rejoindre une structure plus savante et plus sophistiquée Supper's ready est un exemple convaincant de cette recherche.Ce qui est durable et solide dans la chanson sert à tout le monde.Elle sert de modèle, de clé.d'outiLdanalyse et de structure commune au folklore au rock, à une .ande partie de la musique expérimentale.Il y a bien sûr des "progressifs ultra-secs qui crachent aussi bien sur la chanson que sur le "peuple", des jazzmen libre qui ne doivent rien à la chanson et qui n'ont gardé aucun lien avec elle, mais elle correspond à quelque chose d'installé profondément en chacun de nous.Sa forme est un archétype collectif: chacun sa chance et la chanson pour tout le monde.La chanson est faite d une tendance à répéter et d'une tendance à dépasser.Ces deux tendances contradictoires sont placés dans les mains des musiciens cornrrv les rênes de deux chevaux qui courent dans des directions opposées.Beaucoup de musiciens d'aujourd'hui nourrissent le cheval de la répétition, le fouettent et lui aiguisent les dents pour qu'il dévore l'autre cheval.Ils tuent la contradiction, nivellent toute digression, pour mieux se rendre dans la direction qu'ils ont choisie: la vente la répétition des ventes.Si la répétition se vend bien, le fantôme de l'autre cheval hennit et frétille dans la tête de ceux que les digressions excitent les musiciens qui en improvisent des flots dans ce qu'on appelle le free fazz par exemple.Ils s'aventurent dans un monde de "création pure" difficile à diffuser: il n'habite pas dans le ventre des ménagères et des camionneurs comme la chanson.Elle est à tout le monde, il faut en profiter.Pierre Voyer MAINMISE mars 1376-17. Négligée quelque peu le mois dernier pour raisons de production moins abondante et de vacances de Noël, la chronique revient ce mois-ci en force.Tout commentaire et toute critique de cette chronique sont bienvenus.Claude Gauthier Les beaux Instants Presqu'île 7500 Simple et fidèle à lui-même Gauthier l'a toujours été.Ce qu'on pouvait lui reprocher c'était d'être vainement nostalgique.Sur ce dernier long-jeu enregistré à l'Outremont l'automne dernier, la nostalgie devient une arme, même si une chanson comme Mon Enfance ressemble plus à une évocation pop qu'à une incantation d'une enfance qui serait celle du coeur et dont d'autres chansons, sinon toutes, portent, en revanche, la marque forte.Comme il fait du bien de voir quelqu'un qui n'a pas fait, depuis qu'il chante, un pouce de concession à la grosse machine du show-bizz québécois sans pour cela jouer à être "pur".Dans Qu'est-ce que j'ai fait aux Oiseaux?c'est un appel à la liberté individuelle puisqu' "avoir un pays à bout d'bras., même quand il nous appartient pas, c'est un peu fort pour un seul gars".On songe au dernier Leclerc.Dans Les Beaux Instants.Chanson d'Amour d'un Gars Marié et Parlez-moi de Vous, c'est la peinture d'une vie quotidienne où priment avant tout la délicatesse et la fragilité des sentiments.Plus politiques sont, comme des appels à la liberté collective qui n'a trouvé à date au Québec eue le nom d'Indépendance, sont La Complainte de Valmore.Le Retour du Grand Six Pieds.Mon Gérant d Banque et le désormais célèbre Le Plus Beau Voyage où Gauthier affirme "je suis Québec mort ou vivant ".le cri d'appartenance à notre terre le plus beau qu'il m'ait été donné d'en- tendre.Comme j'admire chez Gauthier la capacité de faire vibrer en nous des cordes si profondes sans user de violence, de chauvinisme ou de racisme."L'Amérique aux Amérequins.le Québec aux Québécois, pis quoi aux Iroquois?'' Gauthier est d'un nationalisme lucide et conscient au point de tenir compte du fait que ce pays, nous l'avons volé aux Indiens.Politiques aussi, à leur façon, les chansons traditionnelles Au Coeur de Ma Délire (dont je préfère cependant la version de Philippe Gagnon) et Sur la Rue du Palais.Ce retour aux chansons folkloriques n'est-il pas le signe d'un retour à des souches et à des sources dont Gauthier, comme Leclerc.comme Forestier, comme les Séguin, s'est fait le barde.En attendant que le Québec les retrouve ent 1 n .M.C.Pauline Julien Pauline Julien en Scène Deram XDEF -124 Ce dernier long-jeu de Pauli-ne-la-Superbe fut enregistré au TNM en automne dernier.Les chansons qu'on y trouve constituaient alors la deuxième partie «pourtant moins bonne, à mon avis, que la première où elle interprétait du Brecht) du spectacle qu'elle y donnait.De Pauline Julien, il n'y a rien à dire sauf qu'elle est plus que jamais elle-même: entière, emportée, brûlante, tantôt petite fille semeuse de bombes, tantôt femme à la soif d'amour dévorante.parfois grinçante et souvent si violente que son message politique, pourtant capital, au lieu d'atteindre, désarçonne.Ce qu'elle chante est juste.Mais trop, c'est trop et parfois le ton détonne.Peut-être n'est-ce que par la manière dont elle donne par exemple.La Litanie des Gens Gentils, que je suis agacé.Mais à qui peut-elle bien s'adresser puisqu'il est bien connu que les "gens gentils" sont de toute façon sourds?Dans Mommy qui dure presque quatre minutes, le flash me parait bien étiré.Même chose pour C'est Marqué su'l Journal.Il n'y a, à vrai dire, que l'Etranger et Poulapaix qui me rejoignent, la première, pour la maîtrise du thème, la seconde.un petit chef-d'oeuvre de Gérald Godin.pour la précision de la charge.Et.je puis bien le dire, les chansons de Pauline Julien qui me touchent vraiment sont celles où l'humour - La Frissonneuse (un des rares textes non-pognés de Jacqueline Barette).Faudrait (de Réjean Ducharme) - ou la tendresse (L'Ame à la Tendresse, L'Extase (deux textes d'elle) -l'emportent.C'est quand elle est tout simplement femme que Pau-Une Julien est la plus politique.A quand le long-jeu des chansons 'de Brecht?En attendant, continuons à chercher à faire ensemble "ce plus beau voyage" dont Pau line Julien s'est faite, pour notre plus grand bonheur, la messagère M.C.Le Temps Parapluie 1010 (Warner) Un peu dans la veine d'Harmonium mais sans le "soul" de Fiori et de ses musiciens, ce premier long-jeu de Le Temps vaut qu'on l'écoute et le ré-écoute beaucoup plus que comme le "premier long jeu" d'un groupe à la musique excellente, fort bien faite et dégageant une grande harmonie.Ce.même si par poments.la musique manque de force mélodique et même si les textes - dont seul Le Vieil Arbre m'a touché -se perdent trop souvent en la.la.la.yeah.yeah, di dip.di dip.di dip.Peut-être les lyrics doivent-ils.dans une bonne chanson MAINMISE mars 1976-18 bien faite, s'effacer ou plutôt se fondre dans la musique.A ce moment-là.Le Temps aurait du, "pour créer des vibrations pour les mutants du vaisseau" (formule ô combien mystikitsch!).ou bien musicaliser davantage ou bien mettre de côté des textes qui.au lieu de nous faire partir, jettent un écran boucaneux entre nos oreilles et leur son.Même si, comparativement, ils s'en tirent assez bien (comme par rapport à Morse Code, par exemple), je suis sûr qu'ils auraient pu tirer de notre langue des sons bien plus colorés.Ceci dit, je donnerai la copie de l'album si gentiment envoyé par Warner (enfin!) à mon meilleur ami.M.C.Yvon Deschamps Kébec-Disc, KD-904 On comprend, à l'écoute de ce disque, pourquoi Yvon Deschamps est l'artiste le plus populaire du Québec.B fait avec les mots ex-| actement ce qu'il veut, des mots sortis du coeur qu'il a si grand, si grand.que j'en perds mes mots C'est un disque à écouter absolument, au moins une fois.C'est aussi un disque qu'on peut se mettre à plusieurs pour acheter.C'est un défaut - je vois mal comment on saurait écouter des monologues plus de quelques fois - et sa qualité - qu'on soit, à cause même de ce qu'il est, forcé de le partager avec des amis.Où s'arrêtera le génie de la communication de Deschamps?M.C. A chacun sa steppette impossible.Pour moi, aujourd'hui, c'est d'écrire un article sur le dernier "spectacle" du Grand Cirque Ordinaire.Depuis que je suis sorti de la représentation, toutes mes réflexions conduisent à une impasse ornée d'un magnifique noeud de compréhension.C'est très beau, mais absolument pas présentable.J'ai beau tourner autour, essayer de démêler l'affaire, 1 eclaircir.la classer par ordre de grandeur décroissante en commençant par les couleurs froides et en finissant par les formes rondes tout en gardant une rigoureuse linéarité de raisonnement, ça ne marche pas.Des sueurs froides me pognent les tripes: chu pas capable d'écrire sur le Grand Cirque, ni sur leur spectacle, pas capable d'être simple, clair, efficace, pas capable de décrire avec logique tout leur travail d'improvisation.Ceci étant posé, je vais faire confine eux, et c'est vous qui vous arrangerez avec le problème.Je préfère avoir peur en traversant que rester assis sur le trottoir à me ronger les ongles.1/ De l'importance relative du cadre dans la création et l'improvisation.Quand un "créateur" a terminé son "oeuvre", il a deux choix possibles: soit il la jette tout de suite aux vidanges, soit il l'encadre pour la montrer au "public" qui l'applaudit très fort, demande un rappel, et rentre chez lui content, merci monsieur le créateur, continuez à créer et on continuera à applaudir, tout va bien, trompez-vous pas sur les vidanges et tout sera parfait.Le scénario est simple, très répandu, et c'est à cause de ça qu'il est un peu ennuyeux.Pour tromper cet ennui et le prendre à revers, il y a l'improvisation.Une seule chose y est différente: le cadre, placé en premier au lieu d'être à la fin.Et ça change tout, parce qu'à la place d'être une bordure extérieure rigide, il devient une limite parfaitement arbitraire qui, en plus d'avoir l'air ridicule, incite à déroger, dépasser, transgresser et outrepasser.Ca défoule, et c'est bon.2/ De la nature du cadre dont l'importance du placement vient tellement d'être démontrée qu'on est mieux d'eu parler tout de suite.a/ les lieux: 1585 rue Saint-Laurent, au coin de Maisonneu- ve, en haut de l'escalier à gauche.C'est un petit théâtre dont le Grand Cirque a fait son centre de ralliement.Une scène moyennement carrée, limitée par deux séries de gradins sympatique-ment inconfortables où peut s'entasser une capacité officielle maximum de 190 personnes.b le matériel: un tapis, deux tabourets, une garde-robe pleine de déguisements, et, coincé contre un mur, un orchestre complet, de la batterie à la guitare électrique en passant par le violon et le cazou.cl La "troupe": les effectifs sont difficiles à évaluer.Le Grand Cirque est une entité impalpable, indéfinissable, autour de laquelle gravitent un certain nombre d'individus qui en créent la réalité.Chaque cause est l'effet de son propre effet, comme dirait Georges.Le groupe n'ayant pas d'autre dé: finition que le consensus d'être constitué, toutes les questions concernant l'appartenance ou la non-appartenance perdent leur intérêt: Gilbert Sicotte, qui improvise sur la scène, est-il "plus" dans le G.C.O.que Raymond Cloutier, qui ne participe qu'à quelques chansons, ou que Be- noit Fauteux, qui ne quitte pas le tabouret de sa batterie, ou que Suzanne Garceau , qui est assise parmi les spectateurs, ou que toi ou moi?3/ De ut logique parfaitement acceptable de parler du commencement alors qu'on est déjà rendu au paragraphe trois.Une fois le cadre posé et les spectateurs assis à leur place, il ne reste plus qu'à commencer.Personne ne sait comment, évidemment, puisque le scénario d'une improvisation n'est connu qu'après coup.Autant on peut mettre un début à tout, autant on peut en mettre partout.Et quand on se rend compte que la musique joue déjà, il importe facilement assez peu de savoir pourquoi.Par contre, comprendre comment est important, puisque là se trouve la clé de tout le spectacle.La musique du Grand Cirque Ordinaire est une "jam" qui se construit petit à petit, avec des hésitations, des harmonies, des discordances, des répétitions et des trouvailles.Comme dans une réunion de bons amis, il y a les vrais musiciens, ceux qui connaissent très bien la technique instrumentale, et les autres, que le manque d'habileté n'empêche pas de participer.Si les premiers ne sont pas toujours les plus inventifs, ce sont eux qui supportent la cohérence de l'ensemble, et permettent aux tentatives les plus désordonnées de voir le jour.Les erreurs ne sont pas dissimulées, mais endossées avec une irréprochable honnêteté.UN MIROIR GROSSISSANT le que les mécanismes de la vie quotidienne ne sont après tout que des improvisations dont les développement restent hors de contrôle.On ne peut agir que sur l'instant présent, avec plus ou moins de bonheur suivant le degré de conscience qu'on a des situations.L'esprit d'à-propos, l'humour et l'élégance deviennent les qualités les plus importantes pour la bonne marche des événements.L'esprit d'à-propos pour réduire au minimum les temps morts, sources de stress ou d'ennui; l'humour pour épicer les conversations et permettre d'éliminer les tensions, enfin l'élégance, toujours et partout, qui devient performance lorsqu'elle force l'admiration.D en est de même dans le jeu des acteurs qui, basé sur les mêmes principes, devient la plus exigeante mise en situation qu'un groupe de théâtre puisse imaginer.Le spectateur lui-même est pris à témoin de ce qui se passe devant lui, et cette tranche de vie vécue en commun rappel- 4/ De la nécessité d'une conclusion en forme de solution de continuité pour égarer les esprits rigides.La Steppette impossible (comme l'annonce une feuille distribuée à l'entrée), c'est ".le pas dans le vide, la fanfare dans le silence, la danse vertigineuse de l'homme qui invente le monde pour l'habiter".Face au problème de l'ingénio- rat des situations, acteurs et musiciens du Grand Cirque Ordinaire proposent des solutions basées sur le geste de bon goût, celui qui, tenant compte du respect humain, utilise l'imaginaire comme contrepoids de la "réalité.Leurs actes ne peuvent être jugés impunéments, puisqu'ils sont l'exact reflet des shows individuels de notre vie quotidienne: agissant pour eux-mêmes, et nous permettant d'en être témoins, ils deviennent les porte-parole de nos combats personnels et de toutes les steppettes impossibles présentes autour de nous.La porte de sortie se trouve dans la simplicité et l'humilité, les deux habits qu'il faut justement endosser en allant voir le spectacle sous peine de réagir comme un certain nombre de "critiques de théâtre" ou assimilés, et de considérer le show comme inintéressant, vide, et complètement raté.Aller voir la steppette impossible, c'est aller à la rencontre de soi-même en tant qu'être humain.Alors, attention aux jugements hâtifs, parce que le miroir les renvoie impitoyablement sur ceux qui les émettent.Claude Le Grand Cirque Ordinaire Capitol SK AO 70041 Le disque s'ouvre sur une fanfare comique de Michel Hinton, une grosse fanfare amusante qui ,nous met tout-de-suite dans l'esprit du G.C.O.Puis c'est une .série de chansons où les textes chevauchent entre le poétique hermétique et le réaliste accessible.La musique, elle, hésite entre l'emportement (L'Atlantide, à la fin, et Suite pour un Truchement et la monotonie.Les mélodies sont simples, parfois très simples.L'aspect le plus intéressant du disque est sans doute le "vécu", la dimension insaisissable de l'expression d'idées et de sentiments.Le théâtre mis en musique nous arrive avec des chanteurs qui peuvent donner beaucoup de sensibilité à la chanson québécoise nouvelle.Vive la famille! L'idée d'un grand groupe de comédiens-chanteurs et musiciens n'a pas encore atteint toute sa maturité, pour la simple raison que tout le monde financier de la business musical n'y voit pas son intérêt et cherche à y mettre les bâtons dans les roues.Pourtant il y a du monde assez courageux pour essayer.j'espère que ça va continuer et que des groupes comme le G.C.O.bourgeonneront.Ils appartiennent à la grande famille des bandes nomades de troubadours, des réveilleurs de coin-de-rues.un peu comme The Perth County Conspiracy et Incredible String Band (à une certaine époque).Les chansons du G.C.O.sont presque toutes des petites chansons.Leurs structure est traditionnelle.Elles répondent à un goût installé dans le ventre de chacun.Un goût pour la complainte de chaise berçante qui fait partir les enfants vers.l'autre à l'heure de l'émeraude qui rejoindra l'autre à l'heure des merveilles".P.V.\IAIi\WISEaiars.Ur76-l». Casino ca 1006 Chilliwack: mot indien désignant, "une vallée de plusieurs courants.".C'est eux, le groupe, qui parcourent plusieurs courants musicaux, et avec quatre disques seulement?Ils sont là depuis 1967 que passa?on en parle si peu.Pourtant, c'é pas le talent ni la verve musicale qui leur fait défaut; l'album-double qui date de 71 se devait de les faire monter l'échelle des Grands tels Pink Floyd, Zeppelin, Jethro Tull.Croire que les tremplins de producteur sont trop mous et leurs tympans trop durs?Bof! heureusement Rockerbox est là, du rock solide et dentelé pareil aux Rocheuses d'où Chilliwack arrive; une musique dense, danse, "qui peut transporter des montagnes ".Ecoutez I know, you know, Train's a comin'back: dé guitares savantes sur patins à roulettes: ça déboule pour vrâ! L'absence de Claire Lawrence jouant sur les trois premiers disques manque énormé-mant à la dimension spatiale du groupe, un certain souffle "clair", une complicité avec Henderson.La Colombie Britanique peut-être trop américanisée devrait nous envoyer c.o.d.ce groupe merveilleux: "on n'est pas prophète dans son propre pays".Alors on attend un spectacle bientôt.Faites passer la rumeur, ça marche souvent.merci, Sleepy la G ou ne Les voix de Vancouver C'est deux ti-gars qui ont des voix étranges, ni ténor ni soprano, quelque part entre le masculin et le féminin.Le premier, c'est Nick Gilder du groupe Sweeney Todd iRoxy Roller) qui chante un rock heavy pas tellement original.L'autre, c'est Bim.Son disque Kid Full of Dreams est étonnant.H fait un folk rock"apparen-té à James Taylor et la musique de la côte ouest, mais l'intensité dramatique qu'il met dans ses interprétations me laisse rêver.Je sens qu'on va réentendre parler de lui.Il joue de la guitare d'une manière très subtile et sa voix ne cesse de faire des-passes étranges.Il a l'air d'un enfant, mais il est déjà en pleine possession de ses moyens.Son disque (Casino 1007) annonce un chansonnier canadien qu'il faudra surveiller, de l'étranger.Quant à Sweeney Todd, leur musique n'a rien de captivant; ils sont accrochés sur le rock.Si ce n'était de la voix du chanteur falsetto, leur disque aurait vite rejoint la pile énorme des disques que je n'ose même pas mentionner.Essayez-vous! Ca aiguise la patience (London PS 664).P.V.SUPERTRAMP Crisis?What crisis?AM Sp 4560 Malgré quelques ressemblances très évidentes avec leurs disques précédents, le dernier né de Supertramp se tient déjà tout seul.Leur musique continue son chemin quelque part entre Strawbs et Genesis, plus riche en surprises que celle de Strawbs et moins dense que celle de Genesis.C'est un de ces disques qui contiennent une couple de plages que la radio va faire tourner jusqu'à satiété et plusieurs autres plages destinées à l'oubli total.C'est le sort d'une bonne majorité de disques récents.Dans le flot de la surproduction actuelle beaucoup de bonnes chansons passent dans le beurre; nous ne sommes pas assez privés pour les apprécier.On est axé sur la productivité par suite de non-satisfaction.Et les musiciens sont poussés vers la productivité comme des carottes dans une machine-à-jus.L'atmosphère de Soapbox opera et le piano dans Another man's Woman sont des éléments intéressants qu'un océan de banalité avale sans merci.Le potentiel de Supertramp est bien là; il est facile à sentir, il y a de très bons moments sur le disque.Mais.toujours ce boss qui pousse dans le dos et qui les force à bâcler des tounes, à arrondir les coins.Le respect du public est un mythe publicitaire inventé par les producteurs pour empêcher les musiciens de poursuivre leur trip jusqu'au bout.de prendre des chances esthétiques, d'oser faire ce qu'on sent qu'ils ont envie de faire.P.V.How dare you! Philips 9102 501 Le réalisme truqué de 10CC m'a toujours fasciné.Leur quotidien rêvé, leur ironie cinglante et leur "manière" n'est pas sans rappeler les Beatles.Avec Steely Dan, ils sont un des rares groupes à avoir poursuivi ce que les "fab four" avaient entrepris.La qualité et la variété de leur musique n'ont d'égal que la loufoquerie de leur humour.Ils sont la preuve vivante que le rock n'est pas nécessairement bête et immobile, stupide et prisonnier de sa propre structure.On peut se servir des racines du rock pour faire de la musique inventive et toujours nouvelle.La fraîcheur qui se dégage de la musique de 10CC est assez convaincante en soi que les gloses gluantes ne peuvent rien y apporter.Le récent The Original Soundtrack était difficile à égaler; dans l'esprit de plusieurs "étonnés", il était impossible à dépasser.Je pense bien que How dare you! va les laisser cois.Plus je l'écoute, plus la langue me pend bas! Les progressions harmoniques les plus étonnantes côtoient des soli presque psychédéliques que.Il y a certaines chansons dé' 10CC que je place très haut dans mon échelle des valeurs.Art for Arte Sake et I Wanna rule the World lancent des flèches sociales pendant que Rock'n'roll Lulla-et des effets spéciaux 'gelants".La musique de 10CC est la parfaite synthèse de tout ce que les autres font en plus d'être parfaitement originale.Les implications politico-économiques des textes réhaussent la poésie humoristique de ces lutins galopants; elles ne sont pas amères, mais elles provoquent.L'atmosphère tragico-comique qui se dégage de leurs chansons est uni-by et Don't hang up tirent des filets émotifs presque romantiques.Head Room constitue une catégorie en soi, c'est une chan- son sur la masturbation, entre autres.Une des grandes qualités de leur musique, c'est sa simplicité.Les arrangements sont très variés, mais on n'y trouve jamais de surcharge.Les nouveautés pleuvent, et 10CC ne reste accroché sur aucune.C'est la prochaine qui les intéresse.Leur d*jque est un flot mouvant de surprises et de plaisirs.P.V.PS.Tout se passe au téléphone, comme dans la vraie vie! MAINMISE mars 1976-20 MAINMISE PSI-63 MAINMISE PSI-51 MAINMISE PSI-52 MAINMISE PSI-61 MAINMISE PSI-60 MAINMISE PSI-53 MAINMISE PSI-54 MAINMISE PSI-59 MAINMISE PSI-55 MAINMISE PSI-56 NEIL YOUNG & Crazy Horse Zuma Warner Ms 2242 Il est des fois où ne pas savoir un seul mot d'anglais et en comprendre encore moins est une bénédiction musicale.Que de Québécois ont traversé des milles et des milles de déserts paroliers.sans spécialement remarquer que c'était justement le désert, alors qu'un peu partout autour des cadavres anglophones.Quoi faire avec certains disques alors?D est vraiment dommage de ne rien comprendre aux chansons de Bob Dylan dont les paroles sont aussi importantes que la musique.L'est-il autant pour Neil Young?On aurait pu répondre oui jusqu'à ce dernier disque ZUMA (et encore diront certains, ça n'est pas du tout évident), mais avec ZUMA, ce n'est plus du tout dommage, au contraire.Du pleurnichage tout le long au sujet d'une certaine demoiselle (supposons pour les besoins d'unité que c'est partout la même) qui aurait quitté trop vite (ou pas assez, ce détail n'est jamais é-clairci) le monsieur qui lui-mê- me n'aurait pas assez vite réalisé le potentiel de bonheur que ladite demoiselle aurait pu lui fournir si seulement il avait su.etc.On a vite compris, et on ne se concentre plus que sur la musique qui, elle, est du pur Neil Young.Les mêmes thèmes en escaliers avec retombée ou envolée à la fin des phrases, les mènes rythmes lents et coih trolés, les mêmes phrasés lascifs et continus.Sans trop d'inspiration, toutefois, sauf pour une ou deux chansons.Somme toute, du travail bien -fait, mais sans plus.Mais, mais, mais.Comme c'est QUAND MEME Neil Young, la magie opère quelque part et malgré.Son extraordinaire voix finit par tout emporter, et à la quatrième audition, alors qu'on sait toutes les chansons par coeur, l'effet en profondeur commence.On est travaillé et ce qu'on croyait être comme une tristesse devient la plainte du vent dans les arbres, laquelle plainte du vent n'en est pas du tout une comme le sait quiconque a passé au moins une bonne grosse minute à écouter le dit vent.Une chanson pourtant mérite qu'on s'en étonne, ne serait-ce que parce que les deux côtés de la pochette extérieure et les deux côtés de la pochette intérieur lui sont consacrés.Cortez The Killer, le meurtrier espagnol des Aztèques du Mexique.On y voit (quatre fois) un grand oiseau tenant une femme nue dans ses serres et survolant des paysages où se profile une pyramide.Qui dit Cortez, dit Montezuma.D'où le titre du disque, n'est-ce pas, Zuma.Mais c'est là où s'arrête tout l'ésotérique de ce disque.Quoique.les pyramides du Mexique.hmm.l'oiseau, une femme.hmm Georges CHUCK MANGIONE Encore Mercury SRM-1-1050 Mangione fait un jazz qui n'a rien de choquant pour les amateurs de jazz traditionnel.Il travaille dans les limites harmoniques acceptables pour tous.Ses soli de trompettes et les soli de saxophones de ses amis accompagnés ici par l'orchestre philar-monique de Rochester et celui de Hamilton.C'est plein et ça sort large dans les haut-parleurs.Cette formule officielle n'a rien d'habituel.Il est bien rare qu'une soixantaine de musiciens participent à l'exécution d'une pièce de jazz.Le résultat est, à mon avis, moins touchant que la musique de Mangione avec son petit groupe habituel.La mégalomanie ne réussit pas tellement à rendre la sensualité de sa musique.Les quelques pièces chantées sont interprétées par Esther Sat-terfield et Don Potter C'est langoureux à souhait, mais quand le grand orchestre embarque l'émotion disparaît lentement.Mangione est finalement l'héritier des "big bands" et sa musique reste respectueuse.Elle ne déborde jamais dans l'inattendu ou le bizarre.On y sent une certaine complaisance, ce qui ne lui enlève pas ses qualités.C'est de la musique parfaite pour un minuit tranquille sur un sofa accompagné.pour se faire des films à grand déploiement.P.V.BEGGARS OPERA Waters of Change Vertigo 6360-054 MÉi Est-ce un disque posthume ou un nouveau départ?Si je pouvais parler de "vibrations potisives" je dirais que Begars Opera en est plein.en dégage plutôt, à profusion.Leur rock champêtre danse sa bonne humeur d'une plage du disque à l'autre.Ils utilisent le folklore, la magie, les féeries et Bach.Quelque chose de la bonne foi des années '60, quelque chose de commun à Jefferson Airplane et It's a Beautiful Day,n'a pas péri en eux.Ils sont toujours prêts à chanter leurs espoirs, à faire leur musique souriante pour qui voudra bien les écouter.Les imperfections techniques sont la marque de leur sincérité.Sans être démodée, leur musique est loin d'être avant-gardiste.Ils utilisent un matériel traditionnel qu'ils arrangent avec toute la sobriété qui leur convient.Leur simplicité • frise parfois la banalité, mais l'intensité de l'interprétation rachète toujours les faiblesses.Chaque chanson a sa place sur Waters of Change, et la variété des rythmes soutient l'intérêt de l'auditeur attardé.P.V.KAYAK Royal Bed Bouncer Janus 9098 7023 Ne fiez pas à la pochette.Ce n'est pas parce qu'un disque s'enveloppe avec une photo straight du carosse d'or de la reine Wil-helmine que la musique doit en dépendre.C'est peut-être de l'humour hollandais?Le groupe Kayak se tient droit déjà; on ne sent presque pas ses influences anglaises.Exception faite bien sûr des textes qui sont tous en anglais.! Mais qui achèterait un disque en néerlandais?Le pianiste Ton Scherpenzeel est la figure dominante de ce nouveau groupe.Son background classique est parfaitement assimilé ; on le sent nettement moins que chez Emerson.Son jeu de piano ressemble davantage à celui de Rod Argent (je ne parle pas de son jeu à l'orgue!).Les autres membres du groupe ne sont pourtant pas complètement éclipsés par les performances de Scherpenzeel; il ne joue presque pas de solo comme tel.L'ensemble du disque est étonnant.J'attendrai avec impatience le prochain disque de Kayak.C'est une source nouvelle regorgeante d'une eau claire.P.V.LE BUREAU DE TOURISME DES ÉTUDIANTS ET DES JEUNES OU QUÉBEC ureau de montreol:.347 est, rue Saint-Paul, H2Y 1H3 866-1063 ureou de quebec: 29 rue d'Auteoil, G1R4B9 694-0424 Organisme â bu! non lucratif.Tour bec a pour object ils de promouvoir le \ o \ aye.bureaux de tourisme de jeunes a travers le monde.ï\ sensibiliser lus milieux jeune^c cl de leur rendre accessible col insinimenl de decomerte cl de connaissance.Tourbee est en contact avec les 402 MAINMISE mars 1976-29 Je n'irai certainement pas jusqu'à dire que c'est la gentillesse ou la conviction de l'agent de promotion de Polydor qui m'a poussé à sortir ce soir-là: ça fait partie de son métier.Mais j'avoue qu'il avait tout de même réussi à m'intriguer suffisamment pour que je décide de braver tempête et blizzard de ce début de février pour me rendre au Café-Campus.Sur la rue Saint-Laurent désertique et glacée, quelques rares autos de police et taxis en besoin d'argent m'indiquaient déjà que le public serait probablement très réduit, et le show annulé.Mais les habitués du Campus ne se laissent pas arrêter par aussi peu que quarante sous zéro, et le groupe avait eu le bonheur d'atterrir à Montréal deux heures avant le début de la tempête.Complètement désemparée par cette météo inconnue aux zétats, les musiciens avaient passé la journée à boire et à fumer sans oser sortir de leur chambre d'hôtel.Autant dire qu'ils avaient de l'énergie refoulée à exprimer en arrivant sur la scène! Il en aurait malheureusement fallu dix fois plus encore pour sortir de sa léthargie un public déjà repu du spectacle de la tempête, et qui, comme à l'ordinaire, semblait plus s'être déplacé pour la Mol-son et les chums que pour l'orchestre invité.Malgré la noncha- lance des applaudissements Crack the sky enchaînait ses morceaux, manifestement décidé à poursuivre le chemin jusqu'au bout.Et quel chemin! Le Rolling Stone aurait dit d'eux qu'ils ont fait un des plus impressionnants débuts de l'année musicale.C'est facile à croire, dès le premier morceau.La cohésion et l'homogénéité de leur musique surprennent un peu quand on connaît la jeunesse de l'association.On pourrait objecter que les bases du rock 'n roll sont maintenant posées depuis assez longtemps pour qu'il soit facile d'en produire correctement sans prendre de gros risques.Mais une très grande partie de l'abondante production du genre tendrait à prouver le contraire.Réussir à faire du simple reste encore compliqué.Et Crack the sky y parvient avec aisance, en offrant en surplus des arrangements vocaux de bon goût qui définissent la personnalité du groupe.On peut regretter qu'aussi peu de gens aient pu profiter de l'occasion, et espérer un retour prochain de ces américains d'aussi honnête qualité.Un retour dans de meilleures conditions, si possible.En attendant, on peut toujours se consoler avec le disque.Claude Crack The Sky Lifesong LS 6000 Polydor Dire qu'on peut danser sur ou en écouter les deux faces sans baisse d'intérêt n'est évidemment pas suffisant, encore que ce ne soit pas monnaie courante dans la production américaine.Faudrait ajouter à ça la voix parlaitement agréable de John Palumbo, mal- heureusement masquée sur le long-jeu par une orchestration un peu lourde: abondance de biens nuit parfois! A noter un petit côté lOcc, dans certains morceaux à l'humour élégant et à la diversité savamment dosée: les harmonies vocales bien réussies suscitent toujours un certains respect.Elles prouvent au moins que les cinq membres du groupe possèdent un sens musical qui dépasse la simple technicité instrumentale.Le côté descriptif des arrangements reste une recette sûre dont l'effet est double: il efface l'ennui, et permet à la musique de s'inscrire plus facilement dans le souvenir.Les postes de radio seront probablement enchantés d'un tel matériel.Ils permettront de diffuser ce nouveau groupe dont les futures productions mériteraient d'être surveillées.CPP Le Fantôme des Beatles J'ai été frappé, en écoutant toutes les parutions récentes, d'un rapprochement trans-atlantique: deux chansons que je tire d'un disque américain et d'un disque français.Et tu pourras aller au ciel chercher les diamants de Lucy sur le disque Temps du groupe de Darras et Desumeur est une chanson qui ressemble musicalement à toutes les autres qui sont sur le même disque.C'est joli, les voix sont harmonisées à la west-coast; les paroles sont stupides et cette chanson en particulier est un collage de titres et d'éléments tirés exclusivement de chansons des Beatles: "Ce jour-là Martha et Jude auront repris les armes/ Il y aura aussi Julia, Rocky et Sister Pam, etc.".C'est intéressant de voir jusqu'à quel point ces personnages sont connus de beaucoup de gens, com- ment ces personnages de chansons sont devenus des images collectives, mais c'est désolant de constater le manque d'imagination des auteurs de cette chanson.L'autre chanson, c'est Titles sur Time Honoured Ghosts de Barclay James Harvest.Les titres nous mettent sur la- piste.Cette chanson a été écrite suivant le même procédé que Et tu pourras., un collage de titres et d'éléments beatles.Mais ici, les musiciens ont poussé leur hommage jusqu'à intégrer dans leur musique des phrases musicales complètes tirées des disques des Beatles.Je conçois qu'on soit le sous-produit de quelqu'un, de quelques-uns d'aussi lumineux que le quatuor célèbre de Liverpool, mais rester accroché, rester stagnant et se faire plaisir à la grosse veine nostalgique ne m'apparaît pas comme une attitude saine.Ceci était une opinion personnelle.je suis prêt à la partager.P.V.TERRY GARTHWAITE Terry Arista 4055 Voici la rockeuse dynamite que mes rêves attendaient en secret.Guitariste et chanteuse, elle compose des chansons qui restent apparentées à la production américaine actuelle, mais elle y met des "passes" très originales qui la distinguent des autres.Elle va du rock violent à la sensualité très douce; elle fait le pont entre Suzie Quatro et Billie Hol-liday.Parfois elle fait penser à Phoebe Snow, parfois à Billie Holliday, mais elle reste toujours elle-même.Eclatante et fière! Elle est toujours pleinement présente.La chaleur de sa voix habite à merveilles des chansons blousées.à moitié tristes, comme Changing Colors.Mais quand elle se garroche, la chaleur de sa voix fait flamber les maisons.Faites attention à vos colonnes de son! Terry pourrait les défoncer.Si je considère la parution de ce disque comme un événement "féminin", ça finit bien l'année! Son sourire vous accrochera.Laissez-vous embarquer.Son rock-en-dentelles et en jeans ne pourra pas vous laisser indifférent.Attention à vos bibelots! C'est une femme pas comme les autres.Elle envahit.Elle vient porter elle-même son jazz et ses rocks dans vos tripes.P.V.ROGER GLOVER and Guests Butterfly Ball and The Grasshopper's Feast UKL-56000 Une foule de musiciens et de chanteurs ont été engagés pour faire ce disque.Glover, David Coverdale et Glenn Hughes sont venus de Deep Purple, le chanteur Ronnie Dio de Blackmore's Rainbow, Eddie Hardin et Ray Fenwick du Spencer Davis Group.L'ensemble des chansons est conçu comme un tout.Les dix-neuf pièces de ce disque ont nue.Tout-le-monde s'en va au été écrites pour une série télévisée d'animations.L'idée de base était le livre The Butterfly bail de Alan Aldrige, le même dessinateur qui a illustré les livres des chansons de Beatles et la pochette du Captain Fantastic d'Elton John.C'est donc dire que la musique a été écrite à partir d'illustrations déjà existantes.Ce qui est intéressant ici, c'est d'entendre une quinzaine de chanteurs différents incarner des personnages allégoriques, des animaux humanisés.On a pas le temps de s'habituer à une voix en particulier.La parade conti- bal du Papillon, à la fête de la sauterelle.La musique est variée, parfois douce et dénudée, parfois victorienne et charriée.Il n'est pas rare d'entendre un orchestre complet accompagner quelques-unes de ces petites chansons féeriques.Le "concept" de l'album est toujours présent; c'est quelque fois au détriment de la musique elle-même qui en perd ses punchs.En fait, l'originalité du disque réside surtout dans l'utilisation d'un personnel varié pour illustrer une seule histoire toute simple.pv.MAINMISE mars l?7,6-îfl DAVID BOWIE Station to Station RCA CPL 11327 En important le thé d'Orient, les Anglais ont emprunté et adapté à leur culture la cérémonie du thé.Le célèbre "five o'clock tea" semble être une sorte de continuation occidentale de la pause-thé japonaise où les propos artificiels constituent le corps verbal des discussions métaphysiques.C'est en parlant de tout et de rien qu'on touche à l'essentiel.Cette philosophie était celle d'Oscar de notre époque.Pas une photo, pas une coiffure, pas une paire de bas qui ne soit méticuleuserr.ent choisie par ce nouveau grand-prêtre de l'esthétisme.Son art de la pose l'a conduit jusqu'à la fabrication d'une musique "soul'' qui a l'air de descendre en provenance de l'esprit plutôt que de jaillir des profondeurs du corps.C'est assez contradictoire! Les vrais "soul singers'' éja-culent leur musique: elle sort de leurs tripes.La sienne exprime son âme: on sent la distance.Tout est préparé.Son nouveau disque n'apporte rien de nouveau, musicalement parlant.La récupération d'une manière de chanter "à la Judy Garland'' et les syncopes spas-matiques nées d'un manque de "beat'' sont devenues des lieux communs et Bryan Ferry me semble beaucoup plus curieux que Bowie dans la recherche d'effets nouveaux.Sur Station to Station, li-dole s'asseoit sur ses lauriers.Les chansons sont très longues et pourtant très vides.L'orchestre n'en finit plus de répéter les mêmes accords, avec le même rythme et le même son de guitare.Le choeur répète la même petite phrase pendant de longues minutes.TVC15 est un exemple frappant de cette longueur-langueur du disque qui ne contient que six chansons.Certains effets sont très réussis.Wild qui a toujours été mal corn- ma,s lensemble m'a semblé très pris quand il disait que l'artifi- décevant.Les textes ont perdu ciality" était la chose la plus importante dans la vie.Les esthètes anglais de l'époque victorienne ont poussé très loin l'application de cette philosophie de la surface.Tous les personnages peints par Edward Burne-Jones ont des traits tellement parfaits qu'ils n ont plus l'air vivant.Ils n'expriment pas des sentiments humains: ce sont des anges qui ne veulent exprimer que la beauté.Les plis des costumes sont parfaitement placés, les nez sont fins et droits.Pleins d'emprunts à Michel-Ange, ces tableaux sont des hymnes à la beauté."plastique ".Bowie est un des grands poseurs l'éclat révolutionnaire de Ziggy Stardust et le lyrisme prophéti que de Quicksand ou Life on Mars.La très belle photo de la pochette est tirée du film The Man who fell to earth qui mettra en vedette Bowie lui-même.J'ai vu quelques photos tirées de ce film et j'en ai conclu que Bowie était décidément un poseur de première classe.A ce titre j'attends beaucoup de lui.Eton neur de foule! Jambeur et îe gardeur.J'espère seulement qu'il va se donner le temps de fai re encore quelques belles chan sons.On sait bien qu'il le peut.Pierre Voyer Telefunken-London PS 662 MESSAGE C'est une longue course à obstacles, chacun des musiciens fait des sauts élégants et dangereux au dessus des barrières rythmiques et des clôtures harmoniques.Le saxophone et la guitare font des pas étonnants! Tom Me Guigan chante et ses couplets sont espacés, séparés par des constructions musicales qui tiennent autant du jazz que du heavy rock anglais.Les percussions s'en mêlent: c'est des congas et des tamtams quand ce n'est pas de la batterie traditionnelle précise et presque sèche.Le son de £ JAZZ CLASSIQUE KOCK TOI' MUSIQUE ETHNIQUE BLUES 2 S •2 Le havre des dis< ophiles de Montréal vous offre un £j monde de musique c •5 à des prix qui vous surprendront vraiment y.S Isi vous êtes habitués d'acheter ailleurs).£ la bass a quelque chose de particulier; il est riche et sa texture n'a pas besoin de trop de volume.Les mélodies chantées sont parfois répétitives et la voix du chanteur n'a pas toujours les moyens de réussir ce qu'elle essaye, mais, dans l'ensemble.Message est un disque qui sort de l'ordinaire.Les mélodies jouées à.l'unisson par la guitare électrique et le saxophone créent une ambiance étrange.C'est un son solide.La musique est dynamique et convaincante.P.V.ROBERT PALMER Pressure Drop Island PS 9372 Put.on your dancin'shoes! Un rock solide avec des arrangements particulièrement propres et précis.Rien ici ne sort de l'ordinaire, pas même la voix de Palmer, mais tout l'ordinaire que son disque contient est d'une efficacité remarquable.Ca peut rappeler un peu Dr.John et Leon Russel.sans pour autant perdre son identité.Le grouve n'appar- ¦x o s.tient à personne.Et Robert Pal-mer l'a adopté.Une batterie très nette, des cuivres bien placés, un choeur convaincu et les chansons de Pal-mer.C'est un programme qui vaut la peine d'être passé en revue, comme le très beau cul de femme qu'on voit sur la pochette.Robert Palmer est un chanteur pop dans le sens propre du terme, un élégant chanteur de rock.A ce titre il va faire sa place parmi le panthéon des vedettes de l'heure.P.V.V; -r * Des parutions récentes réduites à 50"< des prix originaux * Le plus gros stock de disques de Montréal (à partir de ($1.98) * Une grande sélection de disques usagés aux prix les plus bas.Des pièces de collection en abondance, à des prix réduits VENEZ NOUS l VOIR D'ABORD! Vous serez plus riche de l'avoir t'ait a: \ 5 WORLD MUSIC.1415McKAY.= MONTREAL.843-7462 £ o 3.~- y- % FOLKLORE CHANTEURS CHANTEUSES ?LIBRAIRIE DES FEMMES 375 Est de la rue Rachel (coin Saint-Denis).843-6273.ON VOUS ATTEND.MAINMISE 1976-31 Dans le panier à tricot de nos mères, on pouvait toujours trouver quelques magazines féminins: Family Circle.Elle et bien sûr.Châtelaine.Du bout des doigts, avec l'air de ne pas y toucher, nous y jetions un regard rapide, dans un moment de désoeuvrement particulièrement aigu.C'était des journaux de femmes, donc sans grande importance, créés pour combler des besoins superficiels, proches du potina-ge.la beauté, la mode, la cuisine, trois sujets qu'on pouvait y retrouver à coup sûr.Pffft! des beaux nuages roses, bien réconfortants: en tout cas, une image traditionnelle à laquelle nous ne voulions pas être identifiées.Le kiosque du coin offre toujours ce même type de revue, c'est dire que ça se vend toujours très bien.Châtelaine aussi, qui, malgré le changement de format, n'a rien de très "In".Couverture sage où on retrouve inlassablement un prototype de beauté féminine: pas de "vamp", ce n'est pas le genre de la maison, mais plutôt un visage de femme qui pose la marque de commerce du magazine.A l'intérieur, l'aberrante publicité sur le dernier produit de beauté, le dernier parfum ou mieux encore, les grandes qualités des produits Kraft, du Kam, du Klick et j'en passe.Visuellement, le magazine-type pour mémères sacoches, le cadeau idéal à offrir à ma tante Ilda qui.tous les matins, en se levant, enfile sa gaine-culotte Playtex.Rien à voir avec Mainmise, direz-vous.Par hasard, j'ai entendu parler du numéro d'octobre de Châtelaine où on peut lire en page couverture : "Je veux parler.Réhabiliter mon adolescence pour mieux vivre mon corps.retrouver le sens de la fête".Et un contenu qui remplit toutes ses promesses, dont les textes paraissent pousser à la provocation, si on pense au genre de lectrices auxquelles il s'adresse.Une bombe qui traîne dans nos foyers québécois: les lettres reçues à Châtelaine en font foi.Les numéros qui ont suivi, avaient plutôt l'air de noyer le poisson, l'obésité, les Carmélites, les violettes africaines, les voyages dans le sud.En janvier: Francine Montpetit, dans son éditorial, pose le choix de la rédaction à une vocation critique.Fini le temps des magazines féminins traditionnels qui travaillent à rassurer les femmes.Sans promouvoir un féminisme radical, les journalistes de Châtelaine souhaitent faire surgir, à travers chaque article, une parole de femme.Châtelaine, une grosse machine capitaliste, un tirage à 300,000 exemplaires, une administration en place, une structure bien établie que ces femmes ont décidé d'utiliser à leur profit; un détournement de fonds, presque.Leur préoccupation: se servir d'un médium largement diffusé pour faire passer leurs idées.Une image visuelle qui n'inquiète ni les lecteurs, ni l'administration, des articles polémiques mêlés à des points de vue plus simples, moins engagés, dans une perspective nullement cachée par les rédactrices du magazine: formuler l'abc d'une prise de conscience féministe, écrire pour une masse de lectrice (300,000) qui n'en sont, bien souvent, qu'à leurs premiers pas dans une démarche de remise en question.Travailler, de façon presque souterraine, par la bande, à diffuser des idées encore peu acceptées chez les femmes québécoises.Pour toutes ces raisons, le magazine n'apparaît pas comme révolutionnaire.il s'agit, souvent, de lire entre les lignes.Il est en tout cas, un outil qu'elles ne veulent plus utiliser à rassurer les femmes.L'entrevue que Francine Montpetit et Louise Côté nous ont accordée fait montre d'un grand souci d'honnêteté, les hésitations personnelles indiquent bien ce que représente un revirement comme celui-là pour un magazine depuis longtemps considéré comme traditionnel.châtelaine QUE FAIRE POUR TROUVER MARI' DIRIGEZ L'EDUCATION DE VOS ENFANTS VOL À L'ÉTALAGE: PÉCHÉ MIGNON?1961 F.M.: Le numéro d'octobre a été un tournant presque décisif.Depuis trois ans qu'on travaille ensemble, on avait pas encore mis le doigt sur ce qu'on voulait vraiment faire; on a traversé une période de tâtonnements, avec des moments d'audace et aussi ce qu'on qualifierait maintenant, de retours en arrière.vers une forme de magazine traditionnel.Quand l'idée du numéro d'octobre a été mi se sur le tapis, moi j'ai eu carrément peur et je l'ai exprimé dans le petit billet que j'ai écrit en présentant ce numéro-là: mon seul mérite à moi a été de plonger; c'est Paule Lebrun et les autres qui ont vraiment trouvé toutes les informations, le contenu original.Un point de départ qui a marqué une espèce d'orientation définitive, pas au niveau du sujet, parce qu'on ne peut pas parler de sexualité douze mois par année, mais au niveau de la façon dont on traiterait les articles.Une décision a été prise de se poser comme des gens qui ont envie d'aller au-delà des apparences: si on aborde des sujets classiques, la maternité, par exemple, ce sera toujours pour aller chercher l'élément dont on ne parle pas habituellement.On a aussi beaucoup parlé de la vocation critique, et c'est peut-être là que Châtelaine changera le plus.On a fini de prendre les faits, la réalité, les informations comme du tout cuit: à partir du moment où on a cette information là, on va chercher au-delà, voir si ça correspond à une évolution pour la femme.C'est Paule Lebrun qui a trouvé cette formule de vocation critique.L.C.: Elle avait un mot plus fort, encore, en disant de choisir un point de vue polémique.F.M.: Donc vocation critique, polémique dans Châtelaine, et le moyen utilisé sera le témoignage.du vécu, du vécu, du vécu.Ca été là la grande expérience du numéro d'octobre.Châtelaine a toujours été un analyste: là, on a fait parler le monde.Dans un éventail de témoignages, on va aller chercher ceux qui font notre affaire, pour soulever quelque chose, brasser le monde.Les commentaires ou les témoignages classiques, on les laisse de côté.M.M.: Est-ce que Châtelaine s'orienterait vers une mise en forme d'un langage de femme?moins rationnel.L.C.: Chez l'homme, et chez la femme, il existe un éventail de toutes les facultés.Je dirais dans le sens de Benoîte Groulx qui a écrit "Ainsi soit-elle" qu'il y a une parole de femme, pas dans le sens féminin du terme: il y a la paroje d'une moitié de l'humanité qui commence à être écrite, qui commence à être dite: pis.on essaie, à notre façon, de la trouver, sans y être parvenue peut-être encore.F.M.: Si on n'admettait pas qu'on est un peu pris au dépourvu face à notre propre 1973 1974 audace et qu'on ne s'interroge pas un peu, ce serait faux.L.C.: Moi, je le vois de façon un peu moins dramatique.On reste un magazine un peu plus éclectique et, pour l'instant, on ne veut pas y mettre fin.Etant éclectique, ça veut dire qu'assez régulièrement, on va parler de choses plus légères.Si on parle de mode et d'alimentation, on le fait dans une perspective de consommation.Mais ça ne veut pas dire qu'on rejette les sujets légers, moins stratégiques: on veut donner à la revue un espèce de rythme moins en coup de poing, un rythme moins percutant, moins visible.F.M.: Il y a, cependant, des concessions qu'on se refuse de faire: Louise a mentionné quelques grands thèmes classiques des magazines féminins: la beauté, la cuisine, la décoration, la mode.C'est à notre façon, qu'on veut traiter ce genre de sujet.Maintenant, c'est fini les petits articulets "cute" sur la mode, entre autres.C'est un thème qu'on dénonce: quand on aborde la question des vêtements, on le fait, comme dans le dernier numéro, sur la fourrure.On dit comment ça se passe dans ce monde-là, pourquoi ça coûte si cher.Rien de froufrou, de gratuit, pour le plaisir.La tradition qui venait de Toronto, par exemple, en matière de nutrition, c'était: la bonne mère de famille qui doit faire la cuisine, a besoin de menus et Châtelaine était chargé de lui en fournir.Nous, deux préoccupations se sont dégagées: manger est une fête et on se permet des mets plus élaborés: mais surtout, il est nécessaire de trouver des façons de tirer parti des ressources disponibles, de façon autonome par rapport à des courants de chaîne alimentaire (surgelés, produits artificiels).Une information aussi sur les dangers de certains excès: ainsi, par exemple, on va sortir un article sur le sucre; montrer son inutilité, dénoncer sa sur-consommation.Nutrition-Canada a sorti des faits qui nous ont choquées.Il fallait faire quelque chose.En ce sens, notre travail est axé sur le quotidien.M.M.: Vous définissez-vous comme féministes?L.C.: Si on se fie à ce que les gens nous disent, on est les féministes les plus radicales que la terre ait pu porter dans son sein, depuis dix siècles.Au niveau de l'équipe, on est très nuancées et c'est notre force.On a chacune une option, une optique différente.Chacune croit très fort à la nécessité d'une prise de conscience des femmes, mais les moyens diffèrent.M.M.: A l'intérieur du mouvement féministe, il existe une tendance qui travaille à définir l'égalité des hommes et des femmes; par contre, une nouvelle façon de voir les choses prend naissance chez les femmes, les poussant à affirmer les valeurs 1976 MAINMISE mars 197&32 LES APPARENCES SONT (chdt(?lnin
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