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Titre :
Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
septembre - octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

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Références

Mainmise, 1977, Collections de BAnQ.

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Autosuffisance à la campagne: une tournée du village Québec Rézo:pour une politique de ^ l'Alternative I Hommage à f* Schumacher Prêtresses de l'écologie N*72A1.Photo / Anne-Mane ousnneau SCIENCES DE LA RELIGION Programmes • BACCALAURÉAT EN SCIENCES RELIGIEUSES (90 cr.), destiné à préparer des professionnels de l'ANIMATION ou de l'INFORMATION.- BACCALAURÉAT D'ENSEIGNEMENT EN SCIENCES RELIGIEUSES (90 cr.), destiné à former des professeurs - secondaire, collégial - en éducation morale, en culture religieuse, en doctrine chrétienne.- MAITRISE EN SCIENCES RELIGIEUSES, études de deuxième cycle et recherche: Phénomènes religieux vécus au Québec.Échantillon Voici par exemple quelques cours et activités offerts à la session d'hiver, du 9 janvier au 24 avril 1968: - Introduction à l'étude scientifique de la religion (Rel 1020) - Le bouddhisme (Rel 1200) - Orientations actuelles de la pensée chrétienne (Rel 21 70) - Histoire de la religion au Québec (Rel 3120) - Religion et condition féminine (Rel 4230) - Séminaire de recherche et d'expérimentation, la méditation (Rel 6005) Renseignements, documentation Programmes de 1er cycle et Programme de 2e cycle dispositions concernant les cours crédités (3 cr.) pour étudiants libres Module de sciences religieuses CP.8888, Succursale «A» Montréal, Que.H3C 3P8 Téléphone: (514) 282-7054 Bureau du registraire, Service de l'admission 1187, rue de Bleury, local 2930, Montréal, Que.Téléphone: (514) 282-7161 Université du Québec à Montréal Département des sciences religieuses CP.8888, Succursale «A» Montréal, Que.H3C 3P8 Téléphone: (514) 282-7051 H3C 3P8 -108 e.pr'ncëarthir H2X 1B5 Mainmise 72 2 Lettres et messages Mainmise repart 6 Rezo 8 Par chez nous Vivre en ville Nouvelles de la planète 16 Hommage à Schumacher 18 Recherches Tourne'e du village Québec 20 Tout seul en ville 25 Prêtresses de Pécologie 28 Psi Symposium psi à Shawinigan 30 Chroniques de la vie simple La me'decine à l'école 33 Changement personnel et 34 changement culturel La gazette des campagnes Des nouvelles de Matane 35 Création, récréation Y'en a qui appellent ça des livres 40 Le triomphe de la vieille pompe 43 Folklore, mode québécoise?44 Ca tourne 45 L'équipe de rédaction: Michelle Favreau, Paule Lebrun, Maurice Roy, Jacques Lagacé, Georges Khâl, Clodomir Sauvé, Michel Bélair, Christian Allègre.Les Graphistes: Jean François Couture, Dominique Duffaud, Merci à Anne Morin pour le coup de main.Les Chroniqueurs: Marlyse, Agnès, Ginette Paris, Yolande Villemaire, Claude Beausoleil, Denis Vanier, Bruno Dostie, Josée Yvon, Christian Belleau, Michel Dumas, Médor.Les correspondants pour le Rézo.A Montréal Pierre Brisson, Monique Desiochers, à Québec Denis Lebrun, aux Iles Arthur Miousse, en Abitibi FrançoiaCloutier, à Rimouski Vic Talbot, à Sept Iles Louis Garneau, à Trois Rivières Dédé-la-terreur, à Sherbrooke Pierre Grenier, à Jonquières Sylvie Pilote.Les Photos: Anne-Marie Guérineau, Campet-Stastny, Steven Geisler, Lutz Scheller.A la tuyauterie: Médor, Maurice, Daniel Lepage le composeur (Composition Solidaire enrg.) Mainmise est publié mensuellement par les EDITIONS MAINMISE inc.C, P.235 Station G Montréal et distribué par Tes messageries Dynamique 775 Lebeau Ville St-Laurent ( 514 ) 332-06 80 Dépôt légal troisième trimestre 1977 Courrier de 2e classe no: 2511 Port de retour garanti par Mainmise.Mainmise se vend $ 1.00 l'exemplaire.Imprimé au Kebec.Pendant sept ans, Mainmise a déposé dans nos cervelles préfabriquées, colonisées par les idéologies diverses, comme autant de brûlots, les idées folles, les IDEES-FORCES de la contre - culture.Une flambée de conscience nouvelle en a résulté.On a beaucoup parlé de la bonne herbe, de l'acide, ou du champignon sacré, de la nouvelle musique, de la libération sexuelle, ou plus largement de la libération du corps martyrisé, des nouvelles thérapies, des techniques orientales, comme autant d'OUTILS DE DEPROGRAMMATION.On a exploré des domaines fabuleux de la nouvelle science, de la cybernétique, à la biologie moléculaire, à l'écologie, l'éco-systémique, la physique post-einsteinienne, pour déboucher tout naturellement sur la para-psychologie, tout le domaine du PSI et le retour inévitable aux sources de la vieille SAGESSE; connaissance ésotérique des anciennes civilisations, magie des sociétés primitives.Des intuitions géniales, quelques-uns des plus beaux morceaux de la littérature freak, comme dirait Paule Lebrun, un impressionnant ramassage d'information inhabituelles, un déchiffrage systématique des signes, tel est le bilan de ces sept années.Mais tout à coup, cette année, il nous a semblé que toutes nos belles aventures, nos "yogas" intellectuels, psychiques ou spirituels, comme nos "yogas" physiques, étaient devenus, pour beaucoup d'entre nous, des systèmes de fuite du corps; le refus, toujours de s'accorder aux vibrations puissantes et tendres de la Terre-Mère."Pour nous retrouver, comme dit Satprem, coincés, et douloureux dans nos peaux d'hommes".Nous avons décidé, à Mainmise, de continuer à explorer non seulement par le haut, mais "à ras de terre", et nous avons découvert que le REZO, au Québec, était bien vivant.Décentralisation, esprit communautaire, entreprises coopératives multiples, mouvements écologiques, virage des femmes militantes retrouvant le sens de l'humour, projet de villages en ville, un symposium psi à Shawinigan qui fut la fête de l'amour, les freaks du bout du monde, Abitibi, Lac St-Jean, Saguenay, Gaspésie, en voie d'autosuffisance et retrouvant, le sens de la magie naturelle, ou tout-seuls en ville explorant "le fond du problème" etc.etc.A l'origine du monde, il y a le "OM", le son primordial, le Souffle Divin.Mais pour que l'univers — et la vie — soient, il a fallu imprimer à ce son un rythme, un battement.Ce battement, partout présent dans l'univers, c'est celui de notre propre coeur, celui du tam-tam africain, ou amérindien, celui que même les chimpanzés reproduisent en tapant sur des troncs d'arbre avec des bâtons, pour accorder leur coeur au grand rythme universel; comme on berce les enfants pour qu'ils s'endorment, et comme les "so-called" malades mentaux se bercent eux-mêmes, rythmiquement, pour échapper au grand freak-out de la SEPARATION.Mainmise a donné la note.Mainmise-rézo va essayer de donner le "beat".Eh bien, nous voilà "au coeur" de l'alternative.Michèle Favreau. LETTRES& MESSAGES nis Mainmisiens On voit dans le 71, que vous êtes essouflés.Ca se comprend.Les derniers numéros ont été tellement parfait que ça peut pas faire autrement que redescendre prendre son souffle un peu, pour assimiler.Bon.Vous vous cherchez une nouvelle piste-vocation.Car vous avez pas mal poussé au bout les sujets éso* tralala, ces derniers temps.Faut pas répéter."Comunication" Y a des têtes à Papineau qui ont voulu essayer.L'idée était bonne.C'est un besoin pour les régions.Un Mainmise - Source décentralisée - Un outil.Les têtes de pape avaient pris de trop grands moyens.Et croyez surtout pas qu'un changement de format sera déterminant pour la vente, surtout s'il vous, coûte plus cher.Du nouveau à Percé Un nouveau point du Québec commence à enfanter de l'énergie vivante.Percé, sous son couvert touristique, cache de méchants jeunes amants de la vie saine, de la liberté, qui s'organisent un présent et un avenir de dieux (demi-) On vient de donner un nom à notre nouvelle coop d'aliments naturels: "A Marée Montante".Ouais!, avec d'énormes vagues d'amour entre nous tous, pour vrai, de plus en plus.De mieux en mieux.Et on achète aussi nos fruits et légumes ensemble chez un grossiste, à moitié prix.On marche avec "la balance", une chose bien vivante, ça aussi.Ce sont là les vrais nerfs de la terre, avec nous et les autres, pis vous, si vous voulez.Depuis deux ans, une dizaine de maisons, vieilles ou neuves (avec du vieux bois) ont pris un drôle de battement de système de chauffage.Ca crépite en grand.On a à peine le temps de se digérer entre nous qu'un nouveau arrive nous faire tout reprendre, avec encore plus d'entrain et de nouvelles idées.C'est un bonheur à la vitesse du courage.Oui, du courage pis de l'amour.Je vous en souhaite autant.Suffit d'être quelques-uns, de se décider enfin de créer un groupe d'achats, de communiquer avec "la balance", de faire une réunion, puis une autre (tous les quinze jours), et là, les idées sortent, l'entraide se garroche, l'amitié se réapprend, l'ennui fait place à l'intérêt de vivre.C'est facile, courage, c'est vraiment facile.A bientôt et à vous Alain de Cap d'Espoir Salut Mainmise, chez nous y a pas de TV, pas de journaux et pas de radio, on vit dans le fond de la campagne et on voyagent à bicyclette.On aimeraient bien recevoir des nouvelles des belles énergies qui grouillent au Québec, c'est pourquoi on .aimeraient s'abonner à "Mainmise" pour 1 an.J'aimerais recevoir la publication à partir des numéros qui ont parus sur le dossier "Sage Femme".J'envôies $7.00 pour l'abonnement (c'est le coût écrit dans un vieux "Mainmise", je ne sais pas si c'est toujours le même coût) à la revue.J'ai hâte de lire les beaux trips qui se vivent dans la belle harmonie sur notre planète! "Je suis institutrice dans la région de Grenoble et j'aimerais aller enseigner au Canada (1 an ou plus) si possible dans une école où il se fait des expériences intéressantes (pédagogie active, nouvelle, parallèle, alternative, etc.).Y-a-t-il quelqu'un qui pourrait me renseigner sur les possibilités de travail dans une de ces écoles?Ou y-a-t-il un(e) instituteur(trice) qui aimerait faire un échange avec moi.Je ne sais pas si c'est possible d'un point de vue administratif mais si on est d'accord on peut essayer de s'arranger.S'adresser à Anne-Marie Louvet, Chemin de LaCelle, 83121 Champs la Source, France Alio vous autres! Je quitte la campagne beauceronne pour venir voir ce qu'il y a en ville (?) A part le domaine culturel de masse et plein de monde je ne vois rien.Etant ici pour un an (au moins à moins que.) je vais renouveler mon abonnement, prendre le temps de commander le répertoire et le -manifeste et vous faire changer mon adresse.J'espère que tout va aller après la surprise de l'été, {Panique! plus de Mainmise!) et que les mots cesseront de n'être que des mots, enfin que la communication s'établisse — non plus à sens unique — mais fasse fonctionner un "réseau".Alain-Lévis Carrier 2005 Frontenac app.4 Mtl.Merci Meditation Hesychaste La Maison Emmaus offre à l'intention des 16-35 ans des sessions d'initiation à la méditation hésichaste (une technique appelée aussi prière du coeur ou prière de Jésus).Ces sessions ont lieu tous les samedis d'octobre et de novembre, de 10 hres à 17 hres.Renseignements et inscription: Maison Emmaus 2600 Desjardins (près Métro Pie IX) Montréal HIV 2H7 Tel.: 2554773 Guitariste Guitariste en chômage, cherche musiciens pour former un ensemble de musique accoustique (création musical progressive).Pierre 677-7068 (entre 3h.et 8h.) Maison à vendre - Maison 96 ans, style français -10 pièces dont 2 salles de bains - terrain 83' large X 180' profond avec verger.- Serre 10' X 35' - Remise - Situer 35 milles de Québec très petit village -No.tél.: 1-418 -453 -2850 Salut! Monde! Au lendemain de la manif tranquille anti-nucléaire de Gentilly où beaucoup de beau monde s'est rassemblé-rencontré-switché, où j'ai ouï dire que Maître Languirand avait joint l'équipe MM (beaux bravos si c'est pas faux), où j'ai personnellement pris contact avec certains réseaux, où etc., etc., etc., etc., Après avoir négligé mon abonnement à MM à compter du no 58 (j'commançais à trouver que MM périclitait à pique au niveau de la valeur du contenu), après avoir repris la lecture régulière de MM à compter du no 62 où je pouvais constater avec un immense plaisir jouissif et tripotant que MM renaissait, après avoir attendu longtemps le no 71.Attendu que MM m'est nécessaire Attendu que MM m'est indispensable Attendu que MM m'est viscéralement vital Attendu que le monde de MM travaille fort et bien Attendu que MM permet à son monde de publier: "Le jardin naturel", "la teinture.", "le répertoire.", "le manifeste.", etc.,etc., Attendu que etc., etc., etc., etc., JE ME RE-ABONNE pour un an.La balance?C'est pour la colonne du déficit dans le livre comptable, dans la section "dons".J'ai entendu dire que MM virerait particulièrement vers l'écologie.,?Bravo?Personnellement, j'aimerais bien que MM revienne au format et à la couverture de l'époque 21-52 et ce, pour des raisons de facilités de rangement et de conservation: MM étant une encyclopédie, on l'expédie pas au mâche-marde illico-après-lecture, et un journal ça s'conserve mal.Je serais prêt à payer un supplément si nécessaire.C'est pas son prix qui va m'empê-cher d'acheter MM mais son contenu s'il revient à l'époque 53-61.Après cette dernière d'un flot d'insultes, je vous dis bye-bye, bon courage Francis Lajoie .Nous avons terminé le programme pour tracer des "Calendriers biorythmiques", par ordinateur; il contient maintenant le 4e cycle de 38 jours, relié à l'inspiration, l'intuition, et autres énergies psi.Envoyez vos noms, adresses, dates de naissance et $2.pour 4 mois, ou $4.pour 1 an; 2 personnes et plus, c'est $1.75, ou $3.50, chacune; (écrivez pour les demandes de groupe).On envoie une documentation gratuite, en joignant un timbre à votre demande.Par Village Planétaire, Inc., 322 E Villeneuve, Montréal.zt />pU£.nA rruilLtux px es livres de science-fiction, les bandes dessinées et les romans policiers (sans parler des disques neufs pas cher) 849-1913 _ 761-7457 3706 St-Denis 3850 Wellington! metro Sherbrooke .—.-a GRIZZLY ftv/anT de vider nos forêTs, vidons nos garde-robes.Une séLecTion tparm't un choix de 4oo fourrures, de Tous Les sTyles d'Wter eT d'aujourd'hui.Prix ï*35 a*900.ibZJ™°* AHfhur L heTTo4és eT re^at-és Tel : 8^3 -4000 Mainmise 72 Le Libertaire alternative maritime Depuis nos origines rappelle Roger Huard, la vocation des marins québécois a totalement changée: de navigateurs, pour le compte de la monarchie française, ils se sont faits corsaires, pirates ou simplement nomades des mers.Cette partie de l'histoire du Québec est encore à écrire: les gens qui se battent pour une cause ou un idéal ont droit aux pages des manuels scolaires, quant à ceux qui luttent pour survivre, l'instant leur suffît généralement.C'est de ce souvenir qu'est née l'odyssée, encore embrionnaire, du Libertaire.Cette goélette de 135 pieds construite pendant la guerre aux traditionnels chantiers de St-Laurent de l'île d'Orléans a fait du cabotage pendant 30 ans sur le fleuve avant d'être mise en vente le long d'un petit quai de la rive nord.C'est alors que le destin de ce très bon bateau change radicalement: il est racheté pour une bouchée de pain par Roger Huard pour en faire une commune et un outil de cabotage alternatif en des mers plus clémentes.Roger c'est la source et d'une façon l'ancêtre de la marginalité dans la région de Québec.Sous Duplessis, à l'époque où la seule opposition au cléricalisme gallopant passait par l'école des sciences sociales du Père Lévesque, déjà Roger plaidait, dans les tavernes du quartier latin, ces principes qui aujourd'hui sont les nôtres.Il fait partie de nos 16 ans au même titre que la découverte de Sartre et de Prévert ou l'abandon du tout paternel.Il faut dire que le libertaire, au moment où nous l'avons découvert, avait grand besoin de quelques amoureuses attentions: — L'étrave était pourrie — Il y avait dans la calle un invraisemblable amoncellement de pièces de moteur toutes plus inutilisables les unes que les autres.— La Chaîne du gouvernail était coincée.— L'équipement de navigation était à tout le moins déficient.Et c'est à ce moment, plus encore ici que dans tout autre "trip" que s'est mise en marche l'implacable machine de sélection alternative.Plus de 100 personnes sont passés, à titre de coopérants, sur le libertaire depuis 2 ans: — Il y a eu ceux qui sont passés, qui ont dit qu'ils reviendraient dans quelques jours et qu'on n'a jamais revus.— Il y a eu ceux qui ont besoin de trois joints pour travailler mais qui ne peuvent plus rien faire après le deuxième.— Il y a eu ceux qui "font tout ici" pendant trois semaines et qui sont totalement épuisés et agressifs au moment où survient le besoin de continuité.Mais il y a, aussi et surtout, ceux qui sont venus, qui sont partis réfléchir, qui sont revenus et qui, depuis ce temps travaillent régulièrement, sans s'épuiser, au rythme du bateau.Il y a évidemment Roger, le petit Denis qui véhicule sans bruit ce calme essentiel de l'Inde où il a vécu, et il y a tous les autres: ceux qui sont partis pour quelques semaines mais qui reviendront probablement.Au moment où ces lignes sont lues, lentement et pour la dernière fois peut-être, la glace se referme sur le Libertaire.Il est évident que, dans tous les sens du terme, ce groupe s'est mis un très gros bateau sur les bras mais l'originalité du projet et son lien évident avec nos origines en fait un "trip" à suivre attentivement.nous en reparlerons dans les mois qui viennent, ir Médor. mainmise Il y a deux façons de se comporter sur un territoire : l'explorer parce qu'il est inconnu chercher à en sortir parce que ça-va-faire.Pour ceux et celles qui considèrent le monde et matériel et mental comme une Matrice qui les expulsera un jour dehors pour y rencontrer leur NOM porté.à sa perfection, il est urgent (au sens que môdi çafèmal défoi) de savoir comment sortir de cette cette matrice sans que ce soit un spectaculaire freak-out et de pénétrer dans le royaume du papillon sans que ce soit non plus un spectaculaire freak-out.georges khal Répertoire québécois des Outils planétaires repart "Mes gestes inachevés me hantent et non pas l'avenir de la race humaine ni l'état du monde en l'an 2,000, ni le futur conditionnel (.) Aucun problème ne vaut pour moi celui que pose à longueur de journée la difficulté d'inventer une passion, d'accomplir un désir, de construire un rêve comme il s'en construit dans mon esprit, la nuit".;Vaneigheim IL s premiers d'entre nous ont visionné dans le désordre le plus total mais aussi dans la générosité, la ferveur et une sorte de voyance, une voie radicalement "autre" au système.Ds ont posé les bases d'une alternative québécoise.Notre job à nous qui prenons la relève: se mettre au focus, réajuster notre vision en fonction des 10 ans qui se sont écoulées, préciser, raffiner le projet.Exemple: la dope qui a cristalisé notre ouverture de conscience dans les années '60 (et qui a été en quelque sorte l'image de marque de Mainmise) devient un outil parmi d'autre du changement.Mainmise "flyé" devient Mainmise-Rézo.Notre projet d'une société parallèle (vivre sur une ile, s'auto suffire, inventer un monde régi par la passion et le désir d'harmonie) ce projet donc, s'étend et devient celui d'une société écologique planétaire.Nous nous rêvions des marginaux absolus; nous nous retrouvons, veut veut pas, liés organiquement au système.Mainmise vient de terminer un cycle; Mainmise-Rézo en ouvre un second.(^n s'est retrouvé huit autour de la table.Deux femmes six hommes.Quelques Grands Anciens (Michèle et Khal entres autres.Bélair était à Matane et Christian Allègre en Europe).Beaucoup d'éléments nouveaux.Une moyenne d'âge d'environ trente ans.Certains ont des enfants, d'autres pas.On vit tout seul, à deux, ou en petits clans.En ville ou à la campagne.Du chômage, des "jobines" ou des jobs straights.Plusieurs types de démarches intellectuelles.Un retour marqué vers le politique pour certains mais dans une perspective très différente.Un important courant magique qui court en filigranne.(j^n a senti le besoin de se regarder, de se reconnaître entre nous.Qu'est-ce qu'on vit actuellement?Où on en est rendu dans nos vies?Grands noeuds et petits flops; avenues vitales et appartenance profonde.D s'agit de redéfinir l'alternative non plus en fonction des images contre-culturelles clichées mais en fonction de ce que le monde vit réellement dans le quotidien.«L'ordre moins le pouvoir.» zo; belle architecture physique/psychique où chaque individu, chaque groupe de monde, est un point chaud, ilot de vie, centre d'énergie.On veut dresser en cours d'année, la carte d'acupuncture des points névralgiques de l'ère du verseau.L'alternative, nous semble-t-il, entre dans une phase politique.Besoin de se regrouper, de s'organiser matériellement, d'ancrer dans des rézos (mouvements écologiques, coops, entremises communautaires) notre façon de vivre.Besoin de réintégrer aussi, jusqu'à un certain point, l'ensemble de la communauté.Dans les campagnes par exemple la tendance est de voisiner les gens de la place plutôt qu'à rester entre nous.On retrouve des freaks au Cercle des Fermières, à l'hôtel, ou même dans la politique municipale.A Mainmise, on se sent solidaire de tout ce qui se fait de vivant et de l'fun au Kébec en ce moment à différents niveaux.On a vibré nous aussi le soir du 15 novembre.Mais c'est clair pour nous que tout changement s'inscrit dans un projet plus radical de transformation.On ne peut plus parler de politique qu'en termes globaux et existentiels.Tes du bord de la vie et du mouvement ou t'es du bord de la mort ^^otre option fondamentale est celle du traitement de la vie.Mettre l'accent sur les victoires de la conscience, les tentatives d'harmonisations et la recherche du bien-être profond d'être en vie qu'on peut sentir autour de nous.Traiter avec les ilôts de vie.Et non pas se péter la tête (se la cogner d'impuissance) contre le mur de mort de plus en plus épais que secrète cette société foutue.On a plus rien à revendiquer parce qu'il n'y a plus rien là.Ne pas oublier que la contre culture est née sur un fond de désespoir, sur le sentiment profond de l'impasse vitale ou s'en va ce système.C'est le back ground du discours des plus rigolards d'entre nous.L'absence totale de bon sens de ce monde-ci nous fait osciller en temps de crise, entre l'anéantissement lucide du vieux monde (foutre ça en l'air et nous avec) et la construction d'une harmonie à partir de ce qui est encore vivant.(Prendre le bout de la plante qui n'est pas encore desséché.) La fin tragique de la Bande à Baader nous parle aussi de nous._ /'a une sorte de gravité dans l'alternative actuelle.Kek chose en nous qui ressemble à cet étrange "Monument à la folie humaine" dressé par les manifestants face à la centrale nucléaire de Gentilly et qui nous a laissé bouche bée.(C'était une boite de bois blindée, plantée tout croche dans le milieu du champs avec, inscrit dessus: "Déchets radio-actifs.Ne pas ouvrir avant 24,000 ans").On construit une alternative fragile dans un monde complètement capoté, absurde.Chacun est pogné avec, en soi, une certaine quantité de mort sécrétée par le système.Les plus pacifistes d'entre nous ont encore au fond d'eux, des rêves de violence et de destruction.Nous avons tous à "dealer" quotidiennement avec cette absurdité.(Commenter ainsi le redépart de Mainmise autour des thèmes de folie et de mort m'apparaît étrange; c'est un flash, une intuition profonde à laquelle je m'abandonne.Ca fait partie de la mise au focus.J'ai pour ma part une forte méfiance pour les tenants de "l'amour universel" qui ont totalement coupé le contact avec leurs zones de colère.La version rose-à-tout-prix de l'alternative ( qui n'est souvent qu'un déguisement de la violence en amour), nous mène tout droit au fascisme._ politiquement le projet libertaire tel qu'amorcé par la contre-culture des années '60 nous apparaît encore comme la seule alternative possible.Où que nous portions notre regard, pays socialistes ou pays communistes, partout où l'on réprime, l'élan vital de chacun, le jaillissement spontané des bôs organismes illimités que nous sommes, partout donc où l'on fait ça, ben nous, on n'y croit pas.Y a pas un système social un peu trippant qui peut se construire sur la castration du monde qui le compose.Nous croyons à une société décentralisée composée d'individus complets, autonomes, qui ont plein pouvoir sur eux-mêmes.D y actuellement un énorme courant d'énergie qui se développe en ce sens."Chacun pour soi".Appliqué collectivement; et ce de façon radicale ".- Vaneigheim.C'est là qu'on est.Une transformation radicale de.nos comportements de base C'est une idée centrale du Manifeste Alternatif de Michèle Favreau et Pierre Bédard.C'était aussi le thème du numéro d'avril de mai sur les thérapies.ïeaucoup d'entre nous ont vécu plus ou .moins^ longtemps en commune, en "gangs", en groupes de travail alternatifs.On a tous à peu près achoppé sur les mêmes choses: jalousie, paranoia, power trip, manque d'autonomie, incommunicabilité.Dix ans après, le bilan est presque le même dans ce domaine.On a fait un grand bout de chemin dans nos têtes, on s'est pas mal dépognés côté sexe, mais entre les deux, là où les orientaux Mainmise 72 situent leur centre vital, dans la région du plexus solaire et du chakra du coeur, on marche encore au pif, dans l'ignorance crasse de notre comportement et de nos relations avec les autres humains.C'est là que la programmation est la plus évidente et paradoxalement la plus inconsciente.L'ombre qui entoure le noyau est épaisse." .i retrouve ici la vieille idée de '68 — Rendre le privé public .Mettre nos cartes sur la table.On a brûlé vite les intuitions majeures de cette époque.Qui tournaient entre autres autour du pouvoir, du sexe et du changement radical de la vie quotidienne.Dans la mise au clair avec soi-même, je ne connais que des gens en cheminement, personne qui n'ait transcendé la chose (beaucoup par contre qui ont mis du sable dessus).jjj^ious parlerons donc beaucoup cette année de relations affectives et de communications.Ca urge."Ce qu'on appelle la - "psychologie" (ta conscience claire de nos besoins, la capacité d'exprimer les émotions, les lois qui régissent les mouvents d'ouverture et de fermeture de notre organisme en contact avec les autres et l'environnement) tout ça nous apparaît un point aveugle dans la démarche de l'alternative.C'est l'ignorance de ces lois qui a tué les communes".Mainmise no 69 ême nécessité, donc, qu'au niveau politique: Prendre notre mesure, s'ancrer dans le réel.Dire: "C'est là que je suis".(Les utopies ont toutes le même problème: tchéquer leurs racines).Ne pas vivre sur des images idéales, sur ce que nous voudrions être, mais partir de ce que nous sommes actuellement.C'est une base essentielle cour déprogrammer, nettoyer ce que Leary appelle "le circuit locomoteur émotif passablement engorgé.La voyance déconnectée guette particulièrement les tenants de l'alternative.Ce regard en rayon X, cette epèce de génie schizo de plusieurs d'entre nous, qui, à travers l'acide ou des moments de wow! fulgurants ont entrevu l'au-delà par en-bas et par en-haut.Voir, ne se paie pas au prix de la mort des corps et des émotions.~1A quoi ça sert de voir si on perd la sensation interne de la vie qui coule en nous).Y'a trop de mutants en voie de développement que la schizo ramasse telle la mort errante rue St-Denis ou rue St-Jean.Voir sans que le corps se mette en marche conduit à l'impuissance.écologique&magique 'e tout ceci il ressort une urgence: se réapproprier tous les niveaux de notre réalité.Besoin de faire des liens.D'opérer des synthèses.Se relier aux autres, au monde, relier les différentes parties de nous-mêmes.Faire le chemin inverse du processus schizo."Surtout ne rien exclure ni personne", dit Khal dans son introduction aux systèmes généraux.Mettre ensemble le Dedans et le Dehors Le Magique et le Politique.Ouvrir le circuit sexe-coeur-tête.Appelez ça comme vous voulez.Que le sexe devienne mystique, que la loi cosmique devienne la loi politique, que la logique interne du vivant devienne la logique de nos organisations et de nos communautés.Quand il n'est pas relié aux autres, quand il se déconnecte et s'isole, fait floper l'ensemble du projet.Les mystiques non enracinés dans le corps virent vite au fascisme.Et les démarches politiques qui ne s'inscrivent pas dans un sens plus global de la vie deviennent des "power trip" vides de sens.^Javènement de la pensée magique ef l'ouverture du regard à une dimension supérieure apparaît comme une absolue nécessité écologique.(Poser les bases d'une société écologique/magique reste l'essentiel de l'exploration que nous voulons faire à Mainmise).L'introduction du sacré dans nos vies, quand elle n'est pas le fait de la peur de nos bibites souterraines, survient à ce moment ci comme une étape naturelle dans notre histoire personnelle/collective.Qu'on se comprenne bien: La pensée magique dont nous parlons n'a rien à voir avec l'immense courant religieux régressif qui suinte partout.Tout ce qui est de l'ordre de la déconnection du réel et de la remise de son pouvoir entre les mains de quelqu'un d'autre, nous fait freaker.On s'inscrit plutôt dans une optique d'expansion de la conscience et de notre capacité d'extase."Devenir des gens de pouvoir" au sens de Don Juan.la une mystique qui toute sa vie a adoré son dieu et qui a eu un jour la révélation sur le sens de tout ça: "Je suis celui que j'adore".(Wow!) Mainmise 72 _ _!>e voir à tous le niveaux" c'est aussi prendre du recul.Voir sa place dans l'ensemble.Prendre conscience du PROGRAMME génétique génial dont nous faisons partie et s'inscrire dans.De même que la "pensée magique" doit se répandre dans tous les secteurs de la science et lui insuffler la PASSION de Savoir, l'intuition profonde et présciente de l'organisme, de mêfhe la biologie et la cybernétique deviennent des composantes essentielles de notre démarche mystique, ¦fc Paule Lebrun rezD par chez nous Alio! Vous voici plogués au Rézo du village-Kébek (entéka qui a bien l'intention de le devenir).Cet espace de Mainmise se veut un lieu de rencontres ploguan-tes, d'échange d'idées et de procédés, et d'informations "incitatives" sur toutes les actions qui favorisent la libération et le "dépognage" de chacun de nous, prioritairement; les organisations et événements qui constituent le Rézo ont donc cette vision commune d'une société décentralisée, favorisant les initiatives communautaires ou coopératives, les solutions simples, peu coûteuses et non violentes, l'auto-suf-fisance des communautés locales utilisant des technologies douces proportionnées à leurs besoins (Small is beautiful).C'est pas du pétage de bretelles flyé qu'on veut faire: Il est clair que le vrai rézo pour l'instant c'est l'Hydro-Québec, General Motors et IBM.Mais les besoins en énergie, ça se planifie 20 ans à l'avance comme dit le ministre.La société alternative que nous souhaitons aurait de moins en moins ce caractère initiatique du premier âge de la contre-culture; nous ne voulons pas créer une société parallèle d'individus Alpha.Ultimement ce sont tous les individus du vil-lage-Kébèk et du village planétaire qui devront avoir accès à une alimentation, un espace et un rythme qui mène à la vie et non à l'hôpital.Ce ne sont pas nos objectifs qui sont parallèles, c'est notre démarche: au lieu de dire à des gens que nous ne connaissons pas "faites ceci!" nous le faisons entre gens que nous connaissons et nous aimons.Par la mise en place d'une infrastructure ouverte, joyeuse, éga-litaire et tolérante; comme alternative à la méga techno-phallo-militaro structure autoritaire qui "power trippe" dangereusement de ce temps là, au point de menacer la mince pellicule de vie qui enrobe notre planète - c'est pas bien torché ça?Dans les régions urbaines, on veut garder un contact étroit avec les groupes environ-nementalistes, les partis politiques qui constituent une alternative municipale (RCM à Montréal, Rassemblement populaire à Québec), les coopératives de production, communes, groupes de création ou toutes entreprises dont la principale raison d'être n'est pas le profit mais la production d'un bien ou service.Dans les régions où n'existent pas de telles organisations, il serait quand même possible de quadriller l'espace du village-Kébèk de points de repaire: un atelier, une boutique, un café où même un bar ben "straight" où on risque de rencontrer le bô monde du coin quand on passe par là.Si vous connaissez, fréquentez ou participez à l'un de ces endroits-événements, branchez-les sur le Rézo, ça coûte rien, l'énergie circule dans les deux sens et de la sorte au lieu de s'épuiser elle s'amplifie.fin de l'intermission: à la ligne! Kau r i ce Montréal en ville Bloc 1 — Mobilisation Communautaire Ces derniers temps ont germé et pris racines plusieurs groupes communautaires préoccupés par la question générale de l'environnement, de l'écologie urbaine à l!énergie en passant par la pollution, etc.Un des groupes plus actifs et pittoresques à la fois est Le Monde à Bicyclette qui, malgré la venue prochaine des neiges, encourage tout ses membres et sympatisanls à rutiler toute l'année à vélo, autant que faire se peut bien-sûr; sinon, l'utilisation des transports en commun est naturellement de mise en revendiquant plus que jamais des voies spéciales et des tarifs moins élevés pour les autobus.Actuellement, le groupe prépare entre autres un événement-surprise pour le triste Salon de la Mort (connu aussi sous le vocable Salon de l'Auto) qui doit se tenir au début de janvier prochain.Le MAB publie par ailleurs Pour une ville nouvelle auquel on peut s'abonner pour $ 1.50/an.Pour les abonnements ou pour devenir membre du MAB, on doit s'adresser au 550 avenue du Park, local 314, à 277-5714.Aux dires de Claire Morisset-te, "pour être membre, il faut avoir de l'imagination, rêver et travailler à réaliser une société qui a de l'allure.et être andro-gine".Côté pollution et énergie, la SVP (Société pour vaincre la pollution) ne manque pas de pain sur la planche: ayant soumis plusieurs projets tant au provincial qu'au fédéral sur î'information/sensibilisation la population aux questions énergétiques, sur la pollution par le mercure à Valleyfield/Beau-harnois, sur les méfaits du tabac et les droits des non-fumeurs, sur la continuation de la Banque d'Information sur l'Energie, etc.l'organisme n'en poursuit pas moins ses activités régulières: participation au comité consultatif (4 députés et des groupes populaires) sur le Livre Blanc de Joron, l'avenir du Front commun antinucléaire, le comité d'action contre la pollution des forêts par les insecticides, le Front commun pour l'assainissement de l'air qui fait des pressions au Conseil de Ville, et j'en passe (Pespace-temps alloué, se rétrécit dramatiquement devant ce dead-line précipité.) Enfin, SVP publie lui aussi un journal bi-mensuel L'Environnement auquel tout intéressé peut participer (dead-line le 2 décembre pour le prochain no.) Abonnement: $2.00/an.Pour tous renseignements, pour collaborer aux divers comités, pour s'abonner: SVP, C.P.65, Place d'Armes: adresse de travail, 445 St-François Xavier, local 27, à 844-5477.Situés à la périphérie de St-Henri, dans l'église Sl-Cunégon-de, au 2461 ouest St-.lacques, on retrouve deux autres organismes environnementaux: Espaces Verts et Sauvons Montréal.Le premier groupe participe, activement au Front commun pour l'assainissement de l'air et au Front commun anti-nucléaire et offre en plus, pour les prochains mois, des visites guidées du jardin botanique.Contactez Diana Chaplin à 937-4641 ; Sauvons-Montréal intervient régulièrement à plusieurs niveaux et selon différents modes d'action nous y reviendrons.Signalons seulement la publication régulière de la revue SOS Montréal qui traitera dans les mois à venir du projet de Centre des Congrès, de celui des usines Angus, de la rue piétonnière sur Crescent, etc.Pour devenir membre ou s'abonner, 521-8656.Une bofte dont on se demandait ce qui pouvait bien lui arriver et qui fut très présente dans le champ de l'animation/ intervention au début des années '70, le Vidéographe, offre toujours certains services communautaires: service de postproduction (prémontage, montage et sonorisation), offert gratuitement aux groupes populaires; service de visionne-ment sur place des vidéogram-mes produits, prêts et duplicata de copies pour l'extérieur; de plus, un catalogue sera vraisemblablement lancé en décembre, réunissant des informations détaillées sur les activités et services de la bofte, ouverte de 9 hres à 5 hres, du mardi au samedi, à 844-7619.Enfin signalons un grand bazar au sous-sol de l'église St-Louis de France, à 9 hres a.m.samedi de 10 décembre prochain, organisé comme toujours par la coop Olier, 362 rue Roy, qui offre divers services (comptoir alimentaire, équipe de travail) aux membres résidents du quartier St-Louis.Aussi, l'excellente revue Le réveil du Consommateur, publié par l'IPIC, à laquelle on peut s'abonner à 1212 rue Panet et qui traite d'une foule de choses bonnes à savoir et à ne pas faire, qu'on soit petit ou gros consommateur.Bloc 2 — L'agitation culturelle Depuis quelques temps, il semble que le bas de la ville, surtout les alentours de la rue St-Denis, se soit muté en immense quartier latin, lieu public où chacun vit et manifeste l'aventure exaltante d'une culture à naître.Plusieurs endroits du centre-ville témoignent de ce renouveau.Et le Conventum, dont l'existence fluctue depuis sont complets à l'heure actuelle, le collectif auto-géré de 20 personnes qui constituent le Conventum n'en demeure pas moins intéressé par tout projet de co-production et de recherche culturelle "pour un Québec actuel et nouveau".On peut joindre l'équipe au 1237-B rue Sanguinet à 284-9352.Le Conventum est également l'adresse de référence pour toutes informations concernant le Mouvement de Travailleurs et Travailleuses de la Musique Québécoise (MTTMQ), fondé en mai dernier et dont les trois assemblées tenues jusqu'à date ont permis de réunir quelques 200 adhérents, dont des groupes importants comme Beau Dommage, Harmonium, Octobre, etc.Après avoir fait circuler de l'information sur la Guilde, les droits d'auteur, les producteurs, etc., le mouvement a reçu le mandat de mettre sur pied un syndicat des travailleurs (musiciens et techniciens) de la musique, lequel devrait être dûment constitué au début de décembre, lors de la prochaine assemblée tenue à Montréal, où tous les gens du Le clan Conventum quelques années, est en voie de devenir la tête de proue de ce mouvement, avec comme thème général pour l'année qui vient: "30 ans de Refus Global", ceci dans le but de bien connaître ce qu'ont fait nos grandes soeurs et nos grands frères depuis des années."Le Conventum poursuit son délire", me dira Régis Painchaud, et on se donne encore une douzaine d'années à introspecter l'activité culturelle afin que la révolution émerge et éclate malgré la montée du fascisme".Le programme actuellement en circulation témoigne de la même densité et diversité que les précédents: du théâtre, du jazz, du cinéma, le tout culminant à l'époque folle des fêtes (19 au 37 décembre) par un é-vénement énorme de musique traditionnelle où se mêleront la neige et le plaisir.Dans le même esprit, et affilliée au Conventum depuis peu, l'Ecole de Musique, coin Rachel et St-Hubert, dispose de 15 animateurs dans à peu près tout les domaines musicaux: contactez Luc St-Louis à 7284878 ou 523-1372; également, l'Ecole de Théâtre, axée sur l'apprentissage sensoriel, offre des cours aux intéressés: contactez Pascale Des Granges à 671 -5198.Même si ses effectifs milieu sont convoqués.Il est plus que temps d'agir, surtout que la Guilde des Musiciens n'est pas du tout contente et prépare une contre-offensive.Pour de plus amples renseignements, écrivez au Conventum ou contactez Daniel Lafrance à 272-6622.Dans la même veine et dans le même coin tumultueux de la ville, La Grande Passe persiste elle aussi avec des spectacles hebdomadaires de musique, les vendredis et samedis, à 10 hres et minuit, où vous pourrez entendre d'ici Noël, Nébu, Trot-bo le Magnifique, Banc de Neige, etc.Les mardis, c'est toujours plein au 471 est Ontario: chaque semaine en effet, il y a des ateliers de musique où ceux qui le veulent peuvent venir improviser toute une soirée selon leur inspiration: contactez Pierre St-Jacques les lundi et mardis p.m.à la Grande Passe à 844-6284.L'endroit offre aussi ses murs aux exposants que la chose intéresse, pour une période de deux à trois semaines en moyenne par personne: contactez Laurant au même numéro.Mainmise 72 8 rezo rue Duluth.Un peu plus loin sur Sherbrooke ouest, au 485, on retrouve La Casanous, petite boîte mythique qui en a connu de toutes les couleurs au fil des années.Tous les mercredis, Ja-nou St-Denis anime les seuls récitals/happening réguliers de poésie de la province dans le but "de répandre la parole des jeunes poètes de la relève qui ont leur propre conscience des réalités qu'ils vivent".Les soirées débutent à 21h.30.Les jeudis, vendredis et samedis, la boîte présente les spectacles de la Nouvelle Relève: Maurice Paquin, Isabelle et Violaine, Breton/Cyr, etc.Du côté des galeries-librairies, signalons l'inauguration des nouveaux locaux de Parti Pris et de l'Hexagone au 947 est Duluth, où plusieurs activités culturelles sont prévues dans l'avenir.Pour l'heure, il y aura lancement et inauguration des locaux mercredi le 16 novembre à 5 heures: Parti Pris y lancera une dizaine de volumes dont "Franchir les Miroirs" de Michel Bélair, "Comme la peau d'un rosaire" de Denis Vanier et plusieurs autres.Un peu plus au nord, sur Marquette, la galerie Laurent Tremblay présente des gravures en eau forte sur vêtements de cuir d'Elisabeth Voyer et Louis-Pierre Bougie; en décembre, une exposition-cadeau sera montée où une vingtaine d'artistes exposeront et vendront leurs oeuvres à l'approche des fêtes.La galerie fait une publicité porte à porte pour inviter les gens du quartier à ses déjeuners gratuits café-croissants, tous les dimanches matin à 11 heures: tous sont invités.Et on redescend, coin Panet et Berthier, près d'Ontario, où trois artistes viennent d'aménager un ancien dépanneur du quartier en galerie pop: sur les deux grandes vitrines du local, on peut lire le nom dégoulinant de STORE.Le groupe a converti les lieux en atelier de travail pour artistes et vise la production d'événements/happening réguliers, où les oeuvres exposées sont confondues dans la musique et la participation des gens.A date, déjà deux happenings du genre ont eu lieu dont le dernier, l'exposition rocker,, se poursuit tous les jours jusqu'en décembre.Store prévoit aussi se lancer dans l'édition de livres-objets d'art.Contactez Robert Bour-deau à 521-2545.* Bloc 3 — Les Bonnes Femmes Pressé et compressé dans le temps, je n'ai évidemment pu rejoindre toutes nos "grandes soeurs", impliquées à plusieurs endroits et dont on semble ressentir la présence et la vitalité dans l'air de la métropole comme si partout, le féminisme imprégnait sa saveur de libération.Au 375 RAchel, coin St-Denis, la Librairie des Femmes, seule librairie féministe au Québec, lance un appel à la solidarité entre femmes et les invite tout particulièrement à venir acheter leurs bouquins à la librairie durant le temps des fêtes (escompte de 10 o/o sur achat de $20.00 ou plus); aussi, pour toutes les femmes en province et qui n'ont pas dans leur région ce service de librairie, les commandes postales par COD ou chèques sont les bienvenues.Rappelons enfin qu'on peut appeler le jour à la librairie pour connnaître la date et l'heure des rencontres avec des femmes-écrivains, qui se produisent régulièrement, environ à toutes les 3 semaines.Tel.: 843-6273.Sur le Plateau Mont-Royal, deux femmes ont récemment ouvert le Service d'information sexuelle, au 4541 rue Bordeaux, où, sur demandes, sont offerts des services de conférences sur la sexualité et la contraception pour tout organisme intéressé, des ateliers sur la sexualité pour les femmes ainsi qu'un service de consultation individuelle.Les prix sont à négocier dans chaque cas.Contactez Lise à 521-3006, les lundis et mercredis.Au 3595 rue St-Urbain, existe depuis belle lurette un Centre des Femmes très actif, partagé en deux sections principales: le Centre d'Information et de Recherches des Femmes (842-4781) qui offrent une pléiade de services tels des listes de gardiennes, des échanges de santé gratuite, des groupes d'artistes et de conscientisation, etc.Aussi le Centre d'auto-santé des Femmes (844-5893) qui donne des ateliers sur la contraception, les herbes médicinales, la nutrition, etc., ainsi que des démonstrations d'auto-examen (vaginal-seins), des cours de sage-femme, etc.Assez bizarrement j'en conviens, je terminerai cette tranche en signalant une manifestation de bonhommes: quatre comédiens-improvisateurs du Grand Cirque Ordinaire, accompagnés par quatre musiciens, présentent en effet, jusqu'au 27 novembre prochain, "Les Fiancés de Rose Latuli-pe" au Patriote en haut (523-1131).On comprendra que cette pièce, qui se veut "une tragédie des mâles dans un monde écroulé", s'inscrit dans le même champ de questionnement des rapports homme-femme, amorcé par l'émergence miraculeuse de la conscience et de la parole féminines.* * Bloc 4 — Les services alternatifs Encore là, malgré un déploiement sans pareil au téléphone, la récolte est plutôt maigre-mais ne paniquez pas, je devrais pouvoir rejoindre beaucoup de monde dès le mois prochain.Commençons par le Village Planétaire Inc.qui se définit comme un centre développement de la personne articulé sur la circulation de l'information, et la pratique de certaines techniques et thérapies.Le VP propose une liste de quelques 18 publications nord-américaines traitant d'écologie, de para-psychologie, de politique (I.R.T., East/West Journal, New Age, etc.).Lior Sénécal, le fondateur du VP, offre aussi un service de calendrier biorythmique, établi par ordinateur, avec rabais pour toutes commandes de groupe.De plus des soirées d'information sur la technique "renaissance" commenceront au début de décembre.Village Planétaire Inc.322 est Villeneuve à 284-0223.Pour tous les résidents du bas de la ville, l'Atelier du Meuble Centre-Sud, situé au 2020 de la rue Visitation, offre des services de fabrication, de décapage et de réparation de meubles et d'objets en bois.Trois à quatre animateurs sont sur place du lundi au samedi pour aider à la réalisation des projets.On dispose de tout l'outillage requis sauf le bois lui-même qu'on doit commander.L'âge des participants varie de 18 à 93 ans.Les 25-26 novembre prochain, un bazar aura lieu où seront entre autres mises en vente plusieurs pièces o-riginales produit par l'Atelier.Le groupe prépare en outre un second petit annuaire des res-souces communautaires du quartier.Renseignements: 524-3861 Bien connue des montréalais, la coopérative Opti-Zoiseaux o-père toujours à partir de ses trois étages de la rue St-Lau-rent.On peut s'y procurer à peu près tout en alimentation naturelle et avec un choix très étendu.On y donne de plus des cours de Hatha-Yoga, deux fois la fois la semaine: les intéressés peuvent communiquer avec Jacques Perraf à 845-2824.Le magasin est ouvert du lundi au samedi, aux mêmes heures que les grandes chaînes* Village St-Louis Certaines boutiques qui ont été à l'origine de la Renaissance de la rue Duluth sont présentement en difficulté: taxes trop élevées, locaux dégradés, faible volume de ventes et nombreux vols.Malgré tout la plupart des commerces semblent se tirer assez bien d'affaire; ce sont les boutiquiers-artisans qui se trouvent dans une position fragile: plusieurs boutiques de la rue continuent d'exister parce que les artisans qui y travaillent se contentent d'un revenu de $6CL,ou $80.par semaine.Parfois moins me disent Claude et Robert de la verrerie d'art Man-dala.Leur produit exige beaucoup de travail et les matériaux sont coûteux de sorte que pour vendre leur production sans aucune forme de marketing ils doivent se garder une marge bien étroite.A l'est de la rue St-Denis Le Jardin vient de se refaire une beauté, La Petite Bouffe a changé de proprio et d'autres espaces sont en train d'être a-ménagées un peu partout, jusqu'aux boutiques des femmes Au bois Dormant (meubles, jouets, articles en bois, sur' commande), le café Haut-Pluriel (café-galerie), et la librairie Du-Lu (bande dessinée et science fiction presqu'à moitié prix).nés, de monde qui s'installe de beaux appartements avec des plantes et des planchers au bois naturel, qui commence à se connaître, à se voisiner, à s'organiser des services et à s'occuper de l'aménagement de l'espace urbain.Eh passant j'ai rencontré Fauteux et Christine de l'enfant Fort au coin de ma rue l'autre soir: — Qu'est-ce qui arrive avec l'Enfant Fort ces temps-ci?- Ah.c'est l'automne.L'enfant Fort (au fait c'est une fanfare de 5 à 95 bô mondes -ça oui! ) qui se promène dans les rues, gratis comme l'air) a fait une sortie le 15 novembre; on vous donne pas les détails et pour cause, on était sous presse ce jour là.Il y a plein de bals et d'événements merveilleux qui mijotent dans la tête de l'Enfant Fort ces temps-ci et qui tomberont de l'arbre tout naturellement quand ils seront mûrs.Christine (Lajeunesse), Claude Marsolais et Claude Brouillé viennent de publier un cahier d'espaces à colorier avec des dessins non figuratifs — c'est pour pas emprisonner l'imagination des enfants, m'a dit Christine.Ce sont de merveilleux dessins aux formes de plantes, de fleurs ou de papillons, que les enfants pourront colorier et regarder ensuite à l'anaglyphoscope - une lunette P i erre c'est l'automne B y avait 19 boutiques sur la rue l'an dernier, depuis le Mont Royal jusqu'au parc La-fontaine.D y en a 28 cette année et plusieurs autres en train de s'installer — dont les Edit-tions Pris au coin de Mentana.Il en est poussé un peu partout sur les rues latérales, des boutiques d'artisanat, d'antiquité, de plantes Sur la rue St-Denis, des groupes de création comme Graff et Média sur la rue Rachel, juste à côté du restaurant Vent d'Est, qui cuit son propre pain avec du blé broyé dans son propre moulin à farine.Tout ça.mais bien pluss enco-re, c'est le village St-Louis (du Carré St-Louis, village du Plateau Mont-Royal, certains parlent du Quartier Latin, à cause de l'Université du Québec qui s'en vient, mais j'en connais qui tiennent à délimiter le village St-Louis au nord de la rue Sherbrooke.Au sud c'est commercial.) Le village St-Louis c'est là que ça se passe à Montréal, qu'il y a la plus grande concentration de monde décontracté avec des anten- faite d'un filtre vert et d'un rouge qui décomposent les couleurs et donnent une impression de profondeur de champ (trois dimensions).La lunette sera collée à l'endos du cahier.Pour vous le procurer, écrire au 4220 St-Hubert, Montréal.Sera en vente au Salon des Métiers d'Art.2 enfants forts, Louise Bédard, et André Martineau, organisent des soirées de danse les 3, 16 et 31 décembre, au Pavillon La tourelle, l'ancienne palestre nationale, sur la rue Cherrier.Ils veulent attirer les musiciens traditionnels du quartier et alterner danses traditionnelles et danses populaires.Comme d'habitude à l'Enfant Fort, l'invitation s'adresse à tous les enfants de tous les âges.* Mainmise 72 rezo La maison des femmes Une maison pensée et créée par des femmes pour les femmes.Des couleurs sur les planchers, les murs et les fenêtres, des tapis, des coussins, des dessins, des poèmes un peu partout; c'est là qu'on se réunit pour discuter et agir.La "Maison des Femmes" du 433 de Bienville à Montréal à l'angle de Rivard, a pignon sur rue depuis février '77.Des activités au financement, (à ce sujet, vos contributions sont les bienvenues!), en passant par la décoration, tout est l'entière et unique responsabilité des femmes.Chacune s'y rend avec ce qu'elle a le goût d'apporter, de donner, de faire.Û y a déjà des a-teliers d'écriture, de vidéo, on y apprend aussi à jongler et bientôt il y aura des cours d'auto-défense (Wen-do).On parle même de la création d'un journal.Du 20 septembre au 4 octobre derniers, les femmes organisaient un festival dont le thème était; "Les Femmes s'offrent la lune et la rue" et effectivement, elles se sont offert la rue St-Denis par une manifestation contre le viol, le 27 septembre au soir.Cette quinzaine du festival a permis de consolider les liens de solidarité entre les femmes et de stimuler le besoin d'une action commune.Le comité-action, formé d'une douzaine de militantes se prépare à agir de façon pacifique, humoristique mais très significative et cela, à différents niveaux.Le mercredi soir, c'est le meeting général, le soir idéal pour aller discuter de ce qui se passe et de projets à réaliser.Vous y êtes toutes invitées.Le no.de 'téléphone est: 844-5893.* Monique Desrochers.agriculture biologique Il est question que le Mouvement pour l'Agriculture Biologique accueille le congrès international d'agriculture biologique en août prochain quelque part dans la campagne québécoise.D est question également d'y tenir en même temps la Conférence internationale sur les techniques agricoles; et il question enfin d'enrubanner tout ça dans un festival alternatif si on dispose d'assez de bras et de souffle.Le MAB, qui s'est donné tâche de distribuer de l'information sur l'agriculture non chimique sur les technologies agricoles douces, a commencé à se charger des questions de mise en marché depuis que la production québécoise de grains et céréales non chimifiés dépasse la demande des coop d'aliments naturels.Le MAB tenait son congrès du 10 au 13 novembre dernier; on en dira un mot dans le prochain numéro.La terre battue.Pas de veine pour les protecteurs des terres arables à St-Charles sur le Richelieu.Les 4 candidats à l'hôtel de ville, qui s'étaient présentés pour appuyer la commission d'urbanisme et interdire que le Grand rang de St-Charles devienne une autre banîieu de Montréal, ont été battus à l'élection du 6 novembre.Le monde du coin est pas encore gagné à la protection des terres agricoles Semble-t-il.Faut dire que les spéculateurs et patro-neux libéraux, Maurice Sauvé, l'ex-ministre en tête et sa femme ministre Jeanne, ont copieusement cuisiné la place et laissé miroiter la perspective de gains faramineux aux cultivateurs qui vendraient leurs terres par petits lopins, alors que les autres, les péquistes comme disait Sauvé, soutenaient un projet de zonage équivalant à une collectivisation des terres.Heureusement que Big Brother Québec s'en vient avec un projet provincial de zonage des terres agricoles, s'en vient vite, selon nos sources.Mais gageons que les vautours auront le temps de faire griffe: il y a déjà des pancartes "à vendre"plantées partout le long du Grand rang, et la terre se vend à 45 et 55 cents le pied carré.La terre battue.it Village du Bas St-Laurent J'ai tourné autour pendant trois jours, consulté plusieurs listes, interrogé mes connaissances, fouillé des voyageurs hirsutes venus de loin, mais personne ne pouvait me citer un groupe, un événement, un souffle venant de Rimouski.Et soudain, en consultant la liste des radios communautaires, je suis tombé sur L'Etoile Filante, sur Vic Talbot, sur une véritable renaissance en train de se produire à Rimouski.Tout ça n'a pas beaucoup d'âge il faut bien le dire.A l'été '76 Vic Talbot et Jacques Saint-Onge débarquaient dans leur patelin d'origine, en provenance CHUT-FM à Chicoutimi, avec la ferme intention d'y planter leur tipi, avec une antenne dessus.L'Etoile Filante, qui diffuse actuellement (via le cable de télévision.), est axée sur l'information communautaire; les groupes bien constitués y présentent eux-mêmes leurs émissions ou leurs informations, et il y a des équipes de soutien pour les goupes moins organisés.L'Etoile Filante a entrepris les longues et laborieuses démarches pour obtenir un permis de diffusion public, ce qui prendra deux ans estime-ton.De L'Etoile Filante est née La Grande Ourse, groupe d'ateliers de production communautaire, sérigraphe, peinture, sculpture et poterie.Avec une galerie d'exposition au premier étage de ce qui est l'auberge de jeunesse durant l'été, et un comptoir d'approvisionnement en matériel.Et en grande primeure (enfin un scoop) ouverture du Bar O (autour du 20 novembre).Le Bar O appartient aux Productions de L'Etoile Filante.On y trouvera une salle de spectacle, capble de recevoir 150 personnes; la préférence sera accordée aux artistes de la région.Une fois par mois on aura un artiste de notoriété (mais bon).On prévoit aussi faire la plus grande place à l'improvisation.Environ 80 personnes gravitent autour de ces trois projets: ça fait de l'énergie en tabouère.Attendez-nous pas pour partir mais on va passer betôt, c'est promis.La Marée Montante, un petit groupe de femmes à l'avant-garde de la féminitude dans le coin, assure une présence et une vision "pas pareil" dans les activités de divers groupes.La Marée Montante a cette particularité d'avoir une religieuse comme leader,soeur Monique Dumais, prof de théologie à l'Université du Québec à Rimouski.Le conseil régional de l'environnement de l'Est du Québec s'est lancé dans une vaste opération d'information devant aboutir à la création de comités locaux de protection de l'environnement.L'intention est bien bonne, même si ça part de haut et de loin.Polygone, une émission réalisée par L'UQAR, se propose de traiter de toutes les questions et événements à se produire dans l'Est du Québec.Cassettes disponibles sur demande.De la coop d'aliments naturels de St-Fabien de Rimouski, pas de nouvelles, bonnes nouvelles.La coop de production d'artisanat de Rivière-du-Loup et des environs regroupe 40 artisans qui vendent leurs trucs à la Boutique de l'Artisan à Rivière-du-Loup.Possibilité de prêt sans intérêt pour acheter du matériel et se lancer.Radio communautaire en formation à Gaspé.Je n'ai pas réussi à rejoindre Armand Roussi, le responsable du projet Radio Gaspésie Inc.Projet de radio communautaire également à Cap-aux-Meules, aux Des de la Madeleine.Selon Arthur Miousse, un de ceux qui poussent sur le projet, ça avance lentement.Cava plus vite par contre du côté du Comité de l'environnement des Iles, qui a tiré la sonnette d'alarme au sujet de la mine de sel qu'on projette de créer à Grosse Ile.Avec les gens de Grosse Ile, le Comité a provoqué la tenue d'audiences du Conseil consultatif de l'Environnement, fin novembre.La création d'une mine de sel entraînerait notamment l'établissement d'un port de mer dans un secteur de reproduction du homard, sans parler de tous les risques de pollution en général.Le Comité ne s'oppose pas nécessairement au projet de mine de sel, mais entend bien qu'on procède à toutes les recherches pertinentes avant de plonger.A l'Etang du Nord, une coop d'aliments naturels qui a la particularité de recevoir ses marchandises par bateau depuis Montréal, ir Maurice A lac Etchemin Les Artisans des Appalaches (Dorchester et Bellechasse) se sont donnés rendez-vous au Centre culturel de Lac Etchemin du 10 au 22 décembre prochain pour la tenue d'une sorte de salon régional des métiers d'arts.Les artisans ont eu la joyeuse idée d'inviter des vio-lonneux, gigueux, conteux, ta-peux de pied et de cuillères et de-toute réginne qui mène du train.Une veillée du bon vieux temps qui durera deux semai- nes- * Denis L'arbre à coeur 10 Mainmise 72 rezo Village Abitibien François Cloutier travaillait au Trotteur du Maquignon, journal de Rouyn qui racontait au monde les manières et les trucs d'autrefois, alors que la vie était plus simple, moins confortable mais plus gratifiante.Le Trotteur du Maquignon est en train de mourir.D y a encore une équipe, mais il manque quelque chose comme un souffle - si on pouvait vous le donner! Y'a un vacuum dans le coin me dit François.— Un vacuum comment?— .dans les mouvements populaires, comme si le monde s'était pas encore relevé des vacances de l'été.Bon! Y'a quand même des trucs qui ne sont pas sans intérêt en Abitibi: Deux groupes d'achat d'alimentation naturelle, un à Cléricy, l'autre à Rapide Danseur.Un groupe anti-pollution à Rouyn, qui commence à regarder de près les 2 cheminées de la Noranda Mines."C'est bon l'affaire de Rouyn" que je dis à mon tchum Robert Décarie; tu te rends compte?2,000 tonnes de gaz sulfureux par jour dans l'air.gaz qui devient de l'acide sulfurique au contact de l'humidité de l'air.—.2,000 tonnes par jour?.ça se peut-y?— .2,000 tonnes?.c'est vrai, c'est gros comme la Place Ville-Marie.Je dois m'être trompé; ça doit être 2 tonnes.— .sous forme de vapeur.— .ça pas de sens, faut que je rappelle le gars du comité à Rouyn, Christian Potvin.— .bonjour, m'avez-vous dit tantôt que la Noranda Mines rejette 2,000 tonnes de gaz sulfureux dans l'air par jour?ça nous paraît gros comme la Place Ville-Marie.— 2,000 tonnes par jour, c'est ça.63,000 tonnes en moyenne par mois (ça fait près de 100 tonnes à l'heure, plus d'une tonne à la minute).— Et qu'est-ce que ça fait sur le monde?Est-ce qu'il y a eu des études sur l'incidence du cancer du poumon dans la région par exemple?—¦ Non mais à Sudbury, où il y a des émanations semblables, on a observé un taux élevé de maladies chroniques respiratoires.Ici il y a eu défoliation des arbres à l'été '76; une douzaine de propriétaires poursuivent la ville pour perte d'arbres.La cause doit ê-tre entendue à la cour des petites créances les 15,16 et 17 novembre.A Rouyn, Maison coopérative avec des locaux pour plusieurs organismes syndicaux et coopératives, un bar et de la bouffe.C'est pas l'endroit du tout-Rouyn underground mais c'est une place où vous pouvez rencontrer le bô monde du coin.A Rouyn également, une radio communautaire en formation.Radio FM, propriété d'une coopérative qui compte actuellement 800 membres, avec un objectif de 2,000.Ce sont des gens qui trippent en communications qui ont parti l'affaire.L'audience devant le CRTC devait avoir lieu ce mois-ci.J'en sais pas pluss.On va certainement en reparler.Radio-Québec est en train de s'implanter dans la région, mais le comité d'implantation a trouvé que l'équipe des implantants était trop à gauche (?!?).hein, plantons-les! François me dit qu'A y a 80 * apiculteurs dans la région.La plupart n'ont que quelques ruches, mais une vingtaine d'entre eux ont un véritable rucher de 20 ruches et plus.Le magasin d'alimentation naturelle de Rouyn (produits importés et curiosités de luxe) refuse d'acheter leur miel.Sans doute qu'il doit le trouver trop naturel.Dans le coin (.où) un bonhomme s'est construit une maison conçue pour être alimentée à l'énergie éolienne.Il ne reste plus qu'à mettre la cerise sur le gâteau.poser l'éolienne.Faudrait bien qu'on ait des nouvelles de ça (et ton canard, y sert à quoi?.) Le bonhomme s'appelle Robert Boucher; on lui souhaite que son éolienne ne prenne pas l'eau (au fait, selon Québec-Science, PAbitibi est l'une des régions où il vente le moins au Québec; alors si ça marche là-bas, on pourra commencer betôt à les semer tout partout, à tous vents).Merci François.Merci Hervé Bédard qui m'a déniché François (que j'avais rencontré aux cours d'apiculture de Ste-Anne de la Pocatiè-re en '73, qui est le frère de Stéphane, qui animait l'émission communautaire Le Bloc à la télévision de Rouyn, dans les années.69, 70, 71.après je me suis absenté — alors mémé, on clapotte?Village de la Mauricie Prononcer de l'Amour ici m'a dit Dédée.Une coop d'aliments naturels, 100 membres environ, ne veulent pas être plus.Axée sur la participation et le contact entre les membres autant que sur le service; ils veulent é-viter l'écueil des grosses coop qui se font parasiter par les membres non participants.Donc organisation décentralisée.Ca l'air bien bô vu d'ici, c'est une expérience très très précieuse par les temps qui courent, apprendre, réformer ses structures mentales pour pouvoir fonctionner sans boss, sans cartes de punch et être malgré tout assez efficace pour assumer nos besoins, par ailleurs beaucoup moins grands — si on réintroduisait l'amour dans les relations de tout le monde, le Produit national brut diminuerait par 2,3 ou 4 fois parce qu'il y a 1, 432 besoins que nous avons actuellement et qui sont de toute évidence de la compensation pour le stress, l'angoisse, et l'agressivité inhérents à notre rythme de production.et de consommation — la poule avant l'oeuf?(mon p'tit père, si tu continues comme ça tu feras jamais le tour).A la coop de l'Amour ici, ils doivent avoir une liste d'attente pour former une autre coop; ils ont déjà généré la formation de la coop de St-Célestin, de l'autre côté du fleuve (.de l'autre côté?) Il y a un comité de solidarité qui a appuyé la m an if antinucléaire.Ils ont l'air plutôt politique.A vérifier.Un comité de sensibilisation au CEGEP, de sensibilisation aux questions écologiques je suppose, autrement Dédée m'en aurait pas parlé.Au fait Dédée n'est pas la seule personne à m'avoir donné de l'information sur Trois-Rivières mais j'avoue que.je veux dire que Dédée est la plus belle bonnefemme que je connaisse à Trois-Rivières; c'est d'ailleurs la seule bonnefemme que je connaisse à Trois-Rivières.Dédée Laterreur.A Trois-Rivières encore, le café L'Octave, rue St-Roch.Avec un peu de veine vous allez tomber sur un "jam session".C'est Jocelyn, Robert et Réjean qui ont parti l'affaire, -k Village des Cantons de l'Est Le plus peuplé et le plus dense des villages du Québec.Une bonne partie des gens qui y sont installés viennent de Montréal, ça va de soi.Je connais plein de monde par là, jusqu'aux confins de la Beauce, parchenou.Il y a plusieurs coop ou groupes d'achat d'alimentation, je dirais une vingtaine.La coop de Sayer-ville à elle seule en dessert 12.A Sayerville, et le long de la frontière américaine jusqu'à Mégan-tic, il y a plusieurs familles d'Américains.Plutôt bien organisés en général (pour l'organisation, ça lé Zamer-lok.) Plusieurs sont des "draft dodgers" (objecteurs de conscience) de l'armée américaine qui ont été à l'origine de la coop St-Louis à Montréal et de bien d'autres affaires (ce sont vraiment les seuls cadeaux qu'on ait reçu de l'armée américaine).A Sayerville, ils ont un camion qui assure toutes les liaisons avec Montréal, y compris la nourrriture pour la coop de Sherbrooke.Ils ont produit cette année, avec les gens de la région de Caplan en Gaspésie, assez de sarrasin et de blé pour répondre à la demande des coop du Rézo.Le village-Kébek est donc auto-suffisant en sarrazin et blé organique, des grains qui ont poussé dans une terre qui donne non seulement la nourriture mais aussi La vie.et des tours de rein.A St-Jacques le Mineur (j'espère que je me baise pas avec le Majeur), la commune Sol y Terre, peut-être la première (une des rares?) à a-voir bouclé la boucle de l'auto-suffi-sance.Salut Bô Bob! A St-Adrien, la tribu Botte à foin, le tribun Ti-Paul et les autres tribaux à l'aise — le milieu des animateurs du milieu des années '60 (J'pense qu'y vont pas l'aimer celle-là) — tout ce monde là donc a bâti à plein depuis 1970, acheté un moulin à scie, une forge et fait des expériences grandeur nature de caveau à légumes et autres trucs avec beaucoup d'huile de bras.La tribu de Ste-Hélène de Chester — watchez bien le coin, vachement bien vallonné — tribu qui se répand sur tous les villages environnants.Et l'un de ses noyaux bien articulés, la ferme des Desroches (c'est pas une invitation à la "visite".) a-vec cette espèce de maison de Hobbit toute en pierre, qu'ils appellent le dôme, même si le dôme n'a tenu que quelques semaines (emporté par le vent.oh ma mère!) Remplacé par un toit style pignon de chapelle de campagne.Et Pierre Desroches avec sa paire de chevaux et son "4 roues" qui s'en va encore dépanner quelqu'un quelque part.A Sherbrooke, la coop d'aliments naturels La Ruche compte plus de 400 membres et n'en prend plus de nouveaux.On songe à une autre coop d'ici le pH"temps; il y a une liste d'attente.Publie le journal I e Bourdon.La Librairie coopérative, sortie du giron de La Ruche en janvier dernier, vient de publier un catalogue contenant 600 titres sur l'alimentation, l'agriculture biologique, la médecine naturelle, les technologies douces, l'ésotérisme, etc.On veut distribuer les livres via La Balance, l'entrepôt central d'alimentation à Montréal, entre deux sacs de farine.Une place pour encontrer le monde si vous allez dans le coin: Les Marches du Palais, propriétaires ben traditionnels.Aussi Le Bahut, la , discothèque de l'université.L'ancienne gang de La Barda-ne, restaurant d'alimentation naturelle, vient de trouver un nouveau local et pense ouvrir au début de l'année qui vient.A l'Université, une radio en circuit fermé qui aimerait s'ouvrir en public.Au CLSC, des cours de yoga pré-natal.Au CEGEP, des presses coopératives.Au CEGEP également, un module ouvert, le multi, où l'étudiant se fabrique un programme à sa convenance.Alio alio, Sherbrooke over! SUITE P.13 Mainmise 72 11 Mainmise 72 12 rezo Village de la Côte Nord Etes-vous déjà allé à Sept-Iles?Au fait pourquoi les gens vont-ils à Sept-lles?En principe pour faire une ronne de fric, pas pour y vivre.Y'en a pourtant qui y sont restés; un Klondyke qui aurait mal tourné.c'est une question de point de vue.La ville du Québec où il se paie les plus gros salaires, et de loin.— Y'a du monde dans les campagnes chez-vous?que je demande, sur un ton "flower kid", à Louis Garneau du journal L'Avenir.— Les campagnes?.y'a pas de campagnes ici.Les plus gros arbres ont vingt pieds et y a pas de pelouse.— .y'a des choses.des trucs.comme du monde qui veut prendre ses affaires en main.?— Y'a un bar communautaire en formation.On a décidé de boycotter le bar X.L'ossti de bouncer a tappé sur un de nos tchums; c'est pas la première fois que ça arrive.Ils veulent faire un bar, comme le Café Campus à Montréal.Mais un bar coopératif ça existe pas dans la loi, apparemment.Entouka Robert Lemieux — alio mètre — est au dossier, une cause qui lui tient à coude.Gageons qu'il y aura un bar coopératif et que ce sera la place pour avoir le plus de fonne à Sept-lles.Les métallos, la CEQ et les gens du P.Q.— qui sont pas tant folkloriques que ça.(où ça) — ont décidé de prendre le contrôle municipal, contrôle actuellement détenu par ce qui semble être une coalition mafia-compagnies américaines-parti libéral.L'Action Démocratique a présenté des candidats à tous les postes et le docteur Roch Banville à la mairie.Banville, que le monde a l'air d'aimer ben gros là-bas, est un indépendantiste de la première heure, du temps où y'avait pas d'avenir de ce côté là.A Rivières au Tonnere on pêche du crabe, mais à l'heure qu'il est — quelle heure est-il — le crabe doit s'être renfrogné.c'était un message du club de chasse et Rêche de Sept-lles, qui s'occupe — lui y connaît ça — des questions d'environnement.Le saumon de la rivière Moisie, réputé être spécialement gros (.au monde?.) a des problèmes d'orientation depuis que l'eau est devenue rouge.Les gens de la Quebec Cartier Mining, qui l'ont colorée, disent qu'il n'y a pas de danger, que la réaction chimique est terminée s'ils le disent - .de l'eau rouge, du gazon mauve, des hommes verts: ceux qui resteront vont tripper fort.Le chef montagnais Pierre Benjamin Piétacho dit qu'avant d'ar-nacher ce qui reste de rivières sur la côte nord, René Léyesque devra lui causer deux mots.Les terres des In- diens sont exploitées par les compagnies, leurs rivières sont polluées par les compagnies, et celles qui ne sont pas polluées sont clubées par les boss des compagnies.Y'a de quoi voir rouge! A Baie St-Paul, un restaurant (ou café) coopératif très l'fun (c'est Dédée de Trots-Rivières qui me l'a dit: Le mouton Noir.Dédée y a trouvée une place pour dormir par deux fois.Le Mouton Noir fait partie du Rézo - puisque Dédée m'en a parlé ir au Faubourg Ce jour là le monde s'était mis beau pour descendre dans la rue.Les boutiques étaient pavoisées de ballons et de banderolles et chacun avait sorti ses étalages sur le trottoir.Les peintres, sculpteurs, potiers et artisans de toutes catégories démontraient leur savoir faire dans la rue tandis que musiciens, clowns, violon-neux et mangeurs de feu.animaient une foule surprise et souriante de curieux et d'habitants du faubourg.C'était la fête au faubourg St-Jean Baptiste le 14 juillet dernier (un hasard!).Chaque boutique rivalisait d'originalité et de générosité.On pouvait consommer un punch gratuitement à l'atelier-galerie A.Bécot, ou bien une bière au vernissage à l'Atelier de réalisations graphique.Le Caféier, le Petit Bazar et L'envolée proposait fromages, fondues et amuse-gueule.La coop d'artisans La Pomme donnait (naturellement!) des pommes tandis que la tabagie du coin gâtait les enfants en sucreries.Même le Kresgee's avait offert le blé-d'inde qui mijotait dans les cuisines du café-théâtre le Hobbit.Pour la première fois, la rue St-Jean de l'autre côté des portes n'était plus la piste de courses habituelle.La ville qui avait refusé dans un premier temps de fermer la rue, s'était ravisée devant l'affluence.La fête avait gagnée! Il faut dire que le Faubourg a toujours été le parent pauvre du Quartier Latin à Québec.La "dis-neylanisation" de ce dernier, provoquant une forte augmentation des loyers, a entraîné l'émigration des jeunes, étudiants, et marginaux de tout poil vers l'ouest.Depuis, la vie a repris au faubourg.Il n'y a pas un mois sans qu'une nouvelle coopérative (d'alimentation, d'information, de travail, de vidéo, d'artisans ou d'artistes.) ou une petite boutique sympathique (magasin de fripes, restaurant végétarien, boulangerie.etc) naissent.La fête réunissait tout ce beau monde dans un esprit d'entraide et de communauté.L'expérience a marqué, et une réflexion trotte dans la tête de plusieurs depuis: Si ça devenait une habitude!.* Au Hobbit, des femmes font du théâtre leo munger "Si on défendait nous-mêmes notre droit d'exister et de vivre de notre théâtre.Si au lieu d'attendre passivement ou dans un esprit de compétition que les grosses compagnies théâtrales viennent nous découvrir, si on créait nous-mêmes nos propres possibilités de travail!" C'est un peu ce genre de réflexions subversives qui ont frappé Léo Munger, jeune comédienne de Québec, lorsqu'elle apprit que le café-théâtre Le Hobbit menaçait de fermer ses portes cet été.Aussi, avec la collaboration des propriétaires du café, elle a réuni 12 jeunes comédiennes de Québec et formé le Centre d'essai pour femme.Puis elles ont monté une saison théâtrale complète, pour ensuite aller se dénicher une bourse de $15,000 au ministère des affaires culturelles.En ajoutant cela au partage moitié-moitié des entrées avec le café, le centre d'essai et le Hobbit devraient tenir le coup.Pourquoi des femmes?"Parce que les femmes, dit Léo, sont majoritaires à sortir du conservatoire mais minoritaires dans les rôles offerts.Le centre n'est pas un regroupement de féministes même si la majorité des pièces sont engagées.Chaque production est indépendante sur le plan du contenu, mais vise l'expression des femmes à travers la création.On aimerait petit à petit faire du théâtre différent, plus adapté à l'intimité d'un café-théâtre, et amener le public à des nouvelles formes d'expression dramatique.On se veut un laboratoire de théâtre." Au programme cette saison: — Le fleuve au coeur, qui s'est terminé le 13 novembre.— Ultinam de Cécile Cloutier, du 16 novembre au 18 décembre, avec Léo Munger, mis en scène de Marie Sa-vard.— Profession je t'aime de Marie La-berge, du 5 janvier au 12 février, avec Marie Laberge (qui fait aussi la mise en scène), Manon Vallée et Pierrette Robi taille.— Il s'appelle pomme-caramel, du 16 février au 19 mars, avec, entre autres, Micheline Bernard, mise en scène de Manon Vallée.— Comme dans'vie (création collective), du 22 mars au 23 avril, avec entre autres Johanne Champigny et Claudine Raymond.Le groupe prépare aussi des ateliers connexes, ouverts sur l'extérieur.On retrouvera entre autre Les lundis de la lune, lectures de textes et poèmes en collaboration avec la Cie des Neufs: des manifestations poétiques en collaboration avec la revue Dérives; des lectures publiques de jeunes auteurs Québécois; des enregistrements d'émissions musicales a-vec CKRL fm (le fm correct de Québec); jusqu'à des cours de Wendo, auto-défense pour femmes.Le théâtre d'essai, s'il veut survivre, doit en finir avec la compétition, pense Léo.Elle espère donc réunir bientôt la majorité des petites troupes (la gang des autobus, la Bordée, la cie des neufs, le t.v.q.etc.) pour étudier la possibilité de se donner des services communs, tel un secrétariat, une imprimerie, la publicité.On pense même produire un journal d'information et de discussion sur le jeune théâtre de Québec.Déjà au Hobbit, avant le début du spectacle, on vous annonce les autres représentations en ville.Est-ce un hasard si ce sont des femmes qui se trouvent derrière tout Ça?surrE p.17 Mainmise 72 13 rezo Le mouvement écologique s'organise Fallait avoir le dégoût du nucléaire un peu maso, ou être un enragé comme Bob Silverman pour se retrouver à Gentilly ce samedi matin là du 22 octobre.Sale temps ma parole! Qu'on aurait cru que Dieu le père s'était ligué avec les atomistes.N'importe, je m'étais promis d'y aller.C'était la première fois que des groupes écologistes, tous les groupes, avaient préparé une action ensemble et fait signe à tout le monde que ça pouvait intéresser.Quelque chose qui pouvait être comme l'acte de naissance du mouvement environ-nementaliste au Québec.Ca été un peu ça d'ailleurs, en moins ronflant: environ 800 personnes, de 25 à 30 ans d'âge en moyenne, de Québec, Montréal et Trois-Ri-vières surtout, la plupart reliés à des groupes environnementalistes directement ou par des amis.Le plus bô rassemblement de bô monde auquel j'ai assisté depuis longtemps pour ma part (depuis la fête du premier mai dernier au CEGEP Maisonneuve à Montréal).Une longue marche (quelqu'un m'a dit 5 milles à l'odomètre de son auto, ça m'en a paru la moitié), très "smooth"; le soleil est apparu en chemin — les dieux s'étant ravisés — il y avait plein de gens avec de l'équipement de télévision, l'ONF, Radio-Canada, les gens des télévisions communautaires, et un bon tiers des participants avaient une caméra — les écolos, des gens qui cliquent.Pendant le trajet personne n'a chanté l'Internationale — j'ai pour- MONUMENT A LA FOLIE HUMAINE NOUS, DU FRONT COMUN ANTI-NUCLEAIRE AVONS ERIGE EN CETTE JOURNEE DU 22 OCTOBRE 1977 CE MONUMENT A LA FOLIE HUMAINE DANS L'ERE ATOMIQUE L'HUMANITE A BRISE L'HARMONIE SACREE AVEC LA MERE-TERRE EN DIVISANT L'ATOME A DES FINS DE POUVOIR ET D'ARGENT ' NOUS REPRESENTONS AUJOURD'HUI LE DESIR DE BATIR UNE SOCIETE ECOLOGIQUE ET DECENTRALISEE, BASEE SUR L'HARMONIE ET L'UNITE DU TOUT tant vu quelques personnes qui la connaissaient.Pas de slogans "heavy", pas d'organisation militariste, mais un courant très doux (cool) qui se communiquait par les sourires.Pour les gens du coin qui n'ont sans doute jamais vu rien de semblable en-dehors des processions de la Fête Dieu, ça pouvait avoir l'air d'un colonne d'anté-christ (ou de poilus de la ville).Radio-actif pendant 7 siècles Sur le site de la centrale, mais à distance très respectable, il y a eu les baratins de circonstance, avec, à certains moments, ce petit côté propulsé dans le temps de quelques centaines de personnes entassées derrière le camion où des spécialistes ou militants expliquaient, à l'aide de haut-parleurs portatifs (qui portent à 15 pieds) les implications d'un développement économique basé sur le nucléaire, le type de relations catastrophiques que ça va produire entre les hommes, la menace toujours présente pour l'environnement, les actions qui se font ailleurs, la coordination inévitable, les moyens pour nous d'intervenir et l'urgence de le faire maintenant: avec cette gigantesque tour de béton se détachant sur l'horizon, tour qui contient le réacteur nucléaire de Gentilly 1, qu'on parle d'abandonner et dont le coeur sera radio-actif pendant 7 siècles ir Maurice Photos/ Lutz Scheler Pour nous passer du nucléaire, changer notre mode de vie MR — Il me semble que le nucléaire c'est d'autant plus abstrait au Québec que Gentilly c'est de la quincaillerie démodée, et que le ministre Joron a dit: Bon, y'en aura pas de nucléaire.RD - Il dit "y'en aura pas", mais il y en a déjà.Ils parlent de fermer Gentilly 1.Il reste Gentilly 2, et l'usine d'eau lourde (Atomic Energy of Canada).Il y a un milliard d'investi là-dedans.— Payé par qui?— Par nous, par l'Hydro.Même si le P.Q.dit non au nucléaire, l'Hydro-Québec garde toujours son programme nucléaire.Le P.Q.pourrait arrêter complètement le nucléaire, mais ce serait perdre le "1 now How", la connaissance technologique.Et pendant que le ministre dit non au nucléaire, il dit oui au développement hydro-électrique massif.Encore des gros projets centralisés.Ca va nous ramener, dans 10 ou 15 ans, au nucléaire encore paice que les besoins vont toujours croissants.La track est prise.Il y a des façons de s'organiser autrement.On est les plus gros consommateurs d'énergie au monde avec les Américains.Pour transporter leurs marchandises et leurs personnes, les Américains dépensent plus d'énergie que l'Inde et la Chine réunies pour l'ensemble de leurs besoins.Si on dit non au nucléaire, il faut changer notre rythme de vie, notre mode de vie, pour arrêter la croissance de la demande d'énergie Si on change pas, on va nécessairement revenir au nucléaire; c'est pourquoi on doit continuer de faire de l'information sur le nucléaire.Dire que c'est tel ou tel danger.C'est un bon mo- yen, un moyen un peu matraque, d'amener le débat sur autre chose.- Sur toute la question de la croissance économique?- Oui; sur toute la question de la société écologique.Mais dans un premier temps, sur la société de conservation.Dans la société de conservation, tu gardes les mêmes structures économiques, les grosses industries; mais tu fais attention, tu économises l'énergie.- Est-ce qu'on peut dire que c'est la croissance zéro du Club de Rome?- Oui, ça peut être ça.La deuxième étape c'est la société écologique.Ca c'est autre chose.L'énergie décentralisée.- "Small is beautiful".?- Oui c'est ça! - Si on avait à mesurer ce que ça représente en pourcentage de la population la conscience écologique, ce serait mince?- Sans doute, mais il y a beaucoup de monde qui commence à s'inquiéter de la façon dont les choses sont menées et ça va très vite.- Pourquoi les centrales syndicales n'ont pas embarqué?- Parce que c'est pas directement relié à des luttes syndicales.et il y a des jobs en cause.Ils sont pas au courant que la société écologique ça donne plus de jobs que la société de consommation.On a eu des contacts avec la CSN; ils étaient hé- sitants, et finalement Paul Cliche nous a dit que c'était pas dans leurs priorités.La FTQ aussi était intéressée, mais les employés de Gentilly sont membres de la FTQ.Il y a aussi le fait que les centrales se méfient des groupes environnementalistes, qu'ils soupçonnent d'être de droite.Mais la CSN nous a donné $500 et nous a prêté de l'équipement.— Ils ont voulu éviter la confusion des genres, c'est peut-être mieux comme ça.Et des Mao, il y en avait?— Il y en a quelques-uns qui sont venus mais sans s'identifier.— Comment sais-tu que c'étaient des Mao?— Ben.ils prenaient la peine de dire qu'ils n'étaient membres d'aucun groupe; ils descendaient les autres groupes, mais en disant, par exemple, "En Lutte, c'est pas pareil".— Et qu'adviendra-t-il du front commun anti-nucléaire?— On en discute»ces jours-ci; il est question de continuer une action de sensibilisation auprès des groupes, distribuer de l'information, des films.* Mainmise 72 14 rezo Habitation: coopératives ou bulldozers ?Le logement, la chose va de soi, est la finalité d'un immeuble résidentiel.Or l'immeuble est le fruit de la construction et la construction est le premier secteur atteint par la crise économique que nous vivons actuellement.En fait, la hausse a été si brutale ces derniers temps que, selon les experts de ce secteur, 90 o/o des propriétaires qui se sont achetés une maison neuve il y a 10 ans seraient aujourd'hui incapables de racheter leur propre propriété.Pourtant, partout dans le monde mais surtout sous nos climats, il est essentiel de se loger.A part le "shack dans le bois", le Volks bus dans le stationnement chauffé de la Place Ville-Marie et l'Armée du Salut, il existe essentiellement trois fa; çons de se loger en ville.— l'achat ou la construction d'une maison: c'est la solution classique, elle a plus de 100,000 ans.— la location d'un appartement/ chambre: c'est le lot de la plupart des "freaks" — la possession coopérative de maisons: cette solution qui n'a pas 10 ans nous paraît présenter aujourd'hui plus d'avantages humains et domiciliaires que toute autre.En fait, la possession coopérative d'un immeuble est l'application socialiste d'un très vieux principe d'habitation européen: le comdo-minium.Cet hybride est né de la prise de conscience par plusieurs gouvernement du fait évident que les promoteurs urbains, règle générale, se fichent éperdument de l'intérêt des locataires et que, par voie de conséquence ces derniers laissent les appartements se détériorer lorsqu'ils ne les détruisent pas eux-mêmes.Comme l'état doit actuellement stimuler l'emploi, il se voit o-bligé d'investir dans la construction mais s'il veut que cet investissement serve à quelqu'un pour quelque temps, il doit placer les immeubles ainsi construits sous la responsabilité de leurs habitants.C'est pourquoi le robinet à subventions pour le logement communautaire est actuellement largement ouvert et le demeurera pour au moins une autre année.Comme la construction est hors de prix et finit invariablement par se terminer en spéculation alors que les centre-villes s'écroulent lamentablement, les subventions seront principalement placées dans la rénovation plutôt que dans la construction de nouveaux immeubles.Les chiffres et sources que nous allons exposer dans quelques lignes ne sont valables que pour des coopératives légalement constituées qui s'engagent à ne jamais transférer ou revendre les immeubles en question à l'entreprise privée.D existe d'autres organismes de subvention pour les propriétaires traditionnels ou même les spéculateurs mais ceci relève d'une autre vision du problème et n'a pas sa place ici.Dossier logement Inscription peinte sur la facade d'une maison abandonnée mais rénovable, rue St-André, à Montréal.D existe donc, au moment où ces lignes sont écrites, trois organismes principaux de subvention à l'habitation communautaire qui administrent tous des budjets différents et dont les normes sont parfois en totale contradiction soit: - LA VILLE DE MONTREAL: Par son service d'urbanisme et d'habitation accorde $1,200.00 par unité d'habitation (logement).A ce montant il faut ajouter un autre $3,750.(par logement toujours) administré par la ville toujours mais qui provient du fédéral.Tous les propriétaires qui rénovent un ou plusieurs appartements dans la ville de Montréal ont droit à cette subvention totale de $4,950.00 par appartement rénové.Cependant les services offerts sont beaucoup meilleurs et les délais plus courts pour les coop que pour les spéculateurs.Ces services sont disponibles au marché Bonsecours sur la rue St-Paul à Montréal 8724630 (Nous avons toujours fait affaire avec un fonc-'innaire du nom de Jean-Pierre Barb :ri qui donne un excellent service pour le type de projets proposés ici).LA SOCIETE D'HABITATION DU QUEBEC: c'est la version provinciale, donc sans budjet de l'opération.A même leurs tristes crédits, ils réussissent tout de même à offrir $1,500.00 par appartement à toute coopérative au moment où celle-ci prend possession d|un nouvel immeuble.(Ce service n'est disponible que pour les coop et n'implique aucune qualification; si vous êtes une coop, vous y avez droit).On peut rejoindre la S.H.Q.à la Place Desjardins, Tour du Nord 873-8126.Malheureusement nous n'avons aucun fonctionnaire précis à vous recommander dans cet organisme mais ils semblent tous "parlables".- LA SOCIETE CENTRALE D'Y-POTHEQUE ET DE LOGEMENT: C'est le géant: dans la limite de projets comme ceux que nous sommes en mesure de générer leurs fonds sont à toute fins pratiques inépuisables.Cet organisme finance toute l'habitation individuelle d'Halifax à Vancouver en plus d'investir des centaines de millions dans des projets d'amélioration municipale (aqueducs, é-gouts, etc.) La S.C.H.L.n'est pas, à proprement parlé un organisme de subventions mais plutôt une banque spécialisée dans l'immeuble.Leurs taux d'intérêt est beaucoup plus bas que celui des banques ou des caisses mais leur normes de qualité sont plus hautes (ce qui, à long terme, est un avantage pour nous).La S.C.H.L., par son programme des PROGRAMMES SOCIAUX finance à 100 o/o l'achat par des coopératives de maisons rénovables et accorde un rabatement de 10 o/o sur tout, les argents qu'ils prêtent (achat ou révovation) à toute coopérative légalement constituée.De pi ce même secteur offre un service de démarage de quelques centaines de dollars pour l'incorporation de la coopérative ainsi que constitution d'un dossier professionnel de demande/prêt.Enfin, le fédéral venant de découvrir les joies de l'esthétisme (qui incidemment est de juridiction provinciale) tous les projets financés par la S.C.H.L.incluent désormais un plan d'aménagement paysager comprenant fleur, herbe, plantation d'arbres, etc.Quel propriétaire vous en offrira autant?L'ordre le plus facile à suivre pour jouir de ces mannes du système consiste chronologiquement à: 1- Constituer un groupe intéressé à organiser une telle coop et incluant au moins une personne qui est disposée à aller passer des dizaines (parfois des centaines) d'heures dans divers bureaux gouvernementaux.D ne faut pas oublier que vous allez vivre des années avec ces personnes.Si quelqu'un prend trois brosses par semaines et écoute Pink Floyd avec un ampli de 60 watts au boutte chaque fois qu'il est paqueté, ne vous i-maginez pas qu'il va faire moins de bruit parce qu'il est en coop.Si vous réussissez à trouver 12 personnes (minimum légal) qui rencontrent vos critères de paix l'étape suivante consiste à: 2- Contacter la division des programmes sociaux de la S.C.H.L.(M.Normand Béliveau de préférence; quoiqu'il soit débordé, c'est le premier fonctionnaire rencontré depuis longtemps qui présente des caractères humains évidents et qui ne présume pas au départ que si vous n'avez pas de cravate vous constituez un danger pour lui.Si yétaient 'toutt de même, j'me frais marxiste ou libéral).Comme minimum à la première rencontre avec la S.C.H.L.il faut avoir un projet détaillé incluant quelques photos de l'immeuble, sa localisation précise ainsi qu'un projet de charte de coop.SUITE P»47 Mainmise 72 15 rézo Hélas le référendum! Vous ne pouvez pas faire 100 pas sur la rue Market à San Francisco sans que quelqu'un ne vous aborde pour vous faire signer une pétition: pour l'arrêt des constructions de centrales nucléaires, pour l'imposition d'une taxe sur les courses de chien afin de financer certains projets municipaux, etc.Quand une pétition a franchi le cap des 500,000 signatures, elle devient automatiquement l'objet d'un référendum, en vertu de la loi de l'Etat de Californie.Un référendum porte généralement.sur plusieurs questions: une dizaine, quinze dans le cas de celui de l'été '76.la "proposition fiftheen" justement portait sur la mise au ban des centrales nucléaires, ce qui a provoqué un débat tita-nesque dans les média, débat au cours duquel on a aligné prix Nobel contre prix Nobel.Pas du tout le climat d'une campagne électorale.Avec ce résultat que tout le monde a dû se la poser la question.Dans le livre blanc sur la loi des référendums, déposé par le ministre Robert Burns à Québec, il n'est, hélas! pas question de cet aspect du référendum, qu'on appelle l'initiative populaire.Selon la loi à venir, ce sera le gouvernement "tout seul" qui posera la question (i.e.fera confirmer la réponse qu'il connaîtra déjà).Pourquoi Une loi aussi restreinte?"Le référendum est une institution nouvelle qu'on ne veut pas rendre trop compliquée dans un premier temps", nous explique-t-on au cabinet du ministre Burns.C'est bien dommage: l'initiative populaire ça voudrait dire la possibilité pour 150,000 (?) Québécois d'imposer un débat aux 6 millions qu'on est.En terme d'extension du jeu démocratique, c'est pas rien.1-0 pour les libellules Les 600 habitants de la petite ville de Wells, dans le Maine, ont interdit à leur conseil municipal, il y a deux ans, de louer un hélicoptère au coût de $6,000.00 pour répandre des insecticides sur la région.Us ont plutôt affecté un budget de $2,400.00 à l'achat de 11,500 bébés libellules, qui consomment une grande variété de parasites.L'expérience a si bien réussi qu'on l'a répété l'année suivante, et on espère que l'an prochain la population de libellules sera stabilisée et qu'il ne sera plus nécessaire d'intervenir (ce serait trop platte qu'ils manquent de parasites pour nourrir les libellules).Liberté, égalité.BOUM La France est le troisième pays vendeur d'armes au monde, après les Etats-Unis et la Russie.Mais elle est en première position pour le montant des ventes d'armes par tête de pipe: il se vend annuellement 400 francs d'armes pour chaque Français, soit le double de la somme chez les Américains.La France vend des Armes à des régimes aussi ingénus et i-noffensifs que ceux de Pinochet au Chili, Videla (Argentine), à l'Afrique du Sud raciste, au Brésil tortionnaire et autres enfants de choeur de la nef internationale.Et k'ça gaze! Des biberons qui tuent Selon le "Center for science in the public interest" (1757 "S" St.N.W., Wash., D.C.20009), la deuxième plus grosse multinationale de l'alimentation au monde, Nestlé Corporation, a entrepris un vaste programme de remplacement du lait maternel par un de ses propres produits "Lactogen", dans les pays du tiers monde.Nestlé a embauché des femmes qui parcourent les villages de ces pays, en tenue d'infirmière, pour convaincre les mères que le biberon est la "méthode moderne" d'alimenter les bébés.Avec ce résultat qu'on a observé une augmentation de la mortalité infantile dans certains villages parce que dans ces pays les conditions hygiéniques sont déficientes, et parce que les bébés ont perdu leur résistance aux infections, résistance que procurait le lait maternel.Un procès est actuellement en cours devant les tribunaux suisses, où se trouve le siège social de la compagnie, et une campagne mondiale de boycottage des produits Nestlé a été lancée.Vous pouvez écrire au consulat général de Suisse à Montréal pour dénoncer cette politique qui consiste à "tuer des bébés pour le profit" (1572 McGregor, Mtl), ou téléphoner (514-932-7181).Pour ceux que ça intéresse, il existe un film intitulé "Bottle babies" que vous pouvez obtenir en vous adressant à "Third world Institute", 1701 University ave.S.E.Minneapolis, MN 55414.En anglais sans doute.Moi, un voyant?Selon le Washington Post, la CIA et la super-secrète "National Security Agency" se sont livrées, il y a 4 ans, à des expériences de "clairvoyance" à des fins d'espionnage avec deux individus possédant des facultés psychiques exceptionnelles.Des chercheurs du Stanford Institute de Californie ont demandé à deux "voyants", Ingo Swann et Pat Price, de se rendre par "voyage astral", en des lieux qui leur étaient désignés sur des cartes géographiques et de dire ce qu'ils y voyaient.Au cours d'une des expériences, Pat Price aurait découvert, en Virginie, des installations souterraines contrôlant des satellites militaires; il aurait également révélé des mots de code ultra-secrets du projet et identifié par leur nom des membres du personnel militaire de la base.Certaines descriptions étaient à ce point exactes que des militaires sceptiques ont soutenu qu'il ne pouvait s'agir que de fuites.Selon le Post toujours, des dirigeants militaires se sont particulièrement inquiétés du pouvoir de "télékinésie" qui permettrait à certains individus de déplacer des objets physiques à l'aide de leurs seules facultés mentales; les chercheurs du Lawrence Livermore Laboratory ont signalé qu'il suffirait de déplacer sur une distance de trois pouces un objet d'un huitième d'once pour faire exploser dans son silo une ogive nucléaire.D'autres recherches au Stanford Institute ont par ailleurs démontré que les "pouvoirs psi" sont potentiellement présents et peuvent être développés chez à peu près tous les humains.Les physiciens Ha- rold Puthoff et Russell Targ ont soumis des volontaires à une "gymnastique psi", et ces derniers sont rapidement parvenus à un niveau de fonctionnement psychique comparable aux "vedettes psi" tels que Uri Geller et Pat Price.Véhicule solaire Un parisien vient de présenter un projet de véhicule solaire.L'engin fonctionnera avec un moteur électrique tirant son é-nergie d'un ensemble de photo-piles installées sur le toit.Le système d'accumulation, rechargeable en 6 heures, est relié à 66 modules de 34 cellules solaires au silicium.Le concepteur du véhicule prévoit une vitesse de croisière de 60 kilomètres à l'heure.Constructeur: Jean-Claude Garnier, 15 rue Titon, Paris 1 lième.l'environnement?Yes sir! Contrairement à l'image généralement projetée par les divers partis politiques, il semble qu'aux Etats-Unis du moins, le public soit plus disponible aux questions écologiques que ses dirigeants.Une récente enquête effectuée par le Centre des Etudes de l'Environnement de l'Université d'Etat de New-York indique que 57 o/o des citoyens de l'état de New York privilégient la protection de l'environnement par rapport au progrès industriel alors que seulement 30 o/o des politiciens partagent cette opinion.Pacifique le nucléaire?Selon le Commissariat français à l'énergie atomique, on assiste à une chute radicale de toutes les prévisions et mises en chantier de centrales nucléaires pour les 7 prochaines années.La moyenne de réduction des programmes varie de 20 à 30 o/o.Pourtant, 4 pays veulent augmenter leur potentiel nucléaire "pacifique": l'Inde, le Pakistan (pour se l'envoyer mutuellement sur la gueule?), Israel et l'Afrique du Sud(.) L'arme atomique serait certes un argument de taille pour le maintient en place des régimes dans ces 4 pays, qui n'ont ni les réserves en uranium ni les moyens technologiques pour se les procurer.Ce qui n'a, vous l'aurez deviné, aucun rapport avec les centrales nucléaires "pacifiques".Si notre beau gouvernement à nouzote toutt seuls a un préjugé pour la dignité de l'homme, il pourrait bien sortir de la Régie des Alcools les vins de l'Afrique du Sud raciste.Non René?Dans-la-mesure^où-c'est-humainement-possible .Dope atomique Dans une édition récente du bihebdomadaire Paris-Métro, journal américain publié à Paris, on rapporte que les soldats américains stationnés en Allemagne dépensent annuellement plus de 100 millions de dollars en dopes diverses, et que les "hard drugs" comptent pour une part importante de ce budget.Selon le témoignage d'un militaire américain en poste en Allemagne, le phénomène serait bien connu des officiers et "plus ou moins toléré" car les soldats sont plus faciles à contrôler lorsqu'ils sont "stone".Il n'y aurait pas là de quoi fouetter un chat si ce n'était le fait que ces soldats "stone" sont les gardiens du plus important arsenal nucléaire au monde.On estime en effet qu'ils disposent à eux seuls d'assez d'armes pour entièrement détruire la planète 3 fois.Satellites et bonnes «bouilles» Un symposium mondial sera tenu simultanément à Londres, Toronto et Los Angeles en 1979.Ce symposium, qui se propose d'exprimer la "conscience du Nouvel Age", veut explorer cette richesse que constitue ta grande diversité des visions et modes d'expression dans un monde harmonieux.Les initiateurs du symposium, qui ont fait appel à plusieurs spécialistes des communications, veulent profiter de l'événement pour explorer les possibilités de "l'art créatif de la communication", (ploguer du beau monde ensemble ça se-rait-y un art?) Les trois sites du symposium seront reliés par satellite et les communications et débats présentés sur écrans "plus grands que nature" (!.) L'instigateur du projet, Guru Ray Singh, a ses quartiers au Golden Temple, 1962 West 4th Ave., Vancouver, B.C., Canada.Mainmise 72 rezo Rezo, zoom sur les pollueurs 3 FOIS, 3 fois nous avons relu sans trop y croire les normes anti-pollution édictées durant l'été par Marcel Léger, le Ministre de l'environnement dans le cabinet Lévesque.Au premier abord cet édit semble nous renvoyer aux beaux temps du libéralisme industriel dans toute son horreur: gel du nombre des inspecteurs de la qualité de l'environnement, mise sur les tablettes de fait sinon de droit des diverses, commissions de contrôle de la pollution, limitation du rôle des municipalités dans ce domaine.Mais la deuxième partie de ce texte en rachète très largement la première: le règlement remplace toutes les commissions de contrôle actuelles par 6 millions d'inspecteurs qui ne nous coûtent rien en taxes, qui ne sont jamais en grève et qui ne toucheront jamais de pension: les 6 millions de québécois.Au sens de ce règlement, tout citoyen qui est témoin d'un acte constituant un danger pour l'environnement a non seulement le droit mais le devoir de dénoncer l'auteur de cet acte auprès du ministère de Léger qui verra, aux frais du gouvernement, à prendre toute action légale requise contre les pollueurs.La dénonciation doit se faire sur une formule légale mise gratuitement à la disposition des citoyens par les bureaux régionaux du Ministère de l'environnement.On peut se procurer de telles formules en s'a-dressant à: - Tout inspecteur en hygiène au Québec - Tout inspecteur régional de l'environnement - En écrivant au 9310 Boul.St-Laurent à Montréal en décrivant la nature de l'infraction .Ce règlement, quoiqu'issu du problème des carrières à ciel ouvert s'applique à toutes les formes de pollution de l'eau, de l'air, des sols ou par le bruit.Nous sommes plus de 15,000 personnes chaque mois à lire ce journal ce qui est plus que largement suffisant pour nous permettre, collectivement, de connaître les cas les plus flagrants de pollution industrielle.H n'en tient donc qu'à nous de limiter les dégâts faits à ce Québec que nous voulons sain.Les interactions qui empoisonnent Fernand Séguin, le président démissionnaire du Conseil de la Recherche Scientifique est peut-être en train de régler ses comptes avec ses anciens employeurs mais il nous en apprend ces temps-ci des savoureuses.La dernière en date concerne la commission des aliments et drogues: ce savant organisme (le même qui est incapable de faire la différence entre le canabis et les opiacés) vient d'avouer que, si les additifs chimiques ajoutés aux aliments humains sont contrôlés au Canada, l'interaction entre ces divers additifs elle ne l'est pas.Comme le savent tous nos lecteurs qui ont quelques notions de chimie, il est fréquent, dans la nature que deux corps chimiques tout à fait inoffensifs se mélangent pour former un poison.Ces mélanges se produisent particulièrement sous l'action de la chaleur (cuisson) or il arrive que la commission, non seulement néglige ces interactions mais ne fait aucun test à chaud ou après cuisson.Incidemment cette même commission a déclaré, il y a 15 ans la thalidomide sans effets nocifs pour le corps humain.Du pétrole pour les hamburgers D faut, en moyenne, 630 milles carrés de forêt chaque année pour produire le papier nécessaire à envelopper les hamburgers McDonald.Que les a-mis des arbres se rassurent cependant: McDonald vient de décider d'abandonner l'enveloppe de papier et de les remplacer par des emballages de plastique à base de produits pétroliers.Ces emballages augmentent la consommation d'huile lourde, et diminuent de ce fait la proportion de pétrole disponible dans le monde.Une brique sur l'énergie Pierre Le Chapellier, ingénieur et architecte, chargé l'an passé d'un cours sur les énergies douces à l'université Laval, vient de terminer un rapport commandé par le Ministère de l'Energie.Dans cette grosse brique de plus de 300 pages dactylo, l'auteur passe en revue de façon extrêmement détaillée les différentes sources d'énergies renouvelables, (solaire éolienne, etc.) et leurs applications au Québec.Illustrations, chiffres, graphiques, courbes des températures et des vents, rien n'y L'entreprise est intéressante à plus d'un titre puisque les recherches de Le Chapellier, sont dans la ligne écologique de la pensée de Schumacher.Dans l'ignorance où on est encore aujourd'hui de la future politique énergétique du gouvernement et pour éviter que ce rapport important ne moisisse sur les tablettes, on peut toujours écrire ou téléphoner au Ministère intéressé pour en réclamer'la publication rapide.Pierre Le Chapellier Les Energies Douces Et La Maison Québécoise.manque Village du Saguenay Lac St-Jean Aima, Librairie coopérative qui existe depuis 5 ans.Semble ê-tre au centre d'un rézo très informel de monde bien bô qui attend que quelque chose se passe quelque part, (ossti que c'est "roff ' de pas être sur place pour "sentir" les affaires.La Librairie a sur pied un service postal de vente par catalogue comme Sherbrooke.Une coop d'aliments naturels qui compte une centaine de membres.Pour rencontrer le bô monde, Audium 13, boulevard De-quem, et le café En Passant, juste en face.A Jonquières, un événement communautaire de première importance: CHOC—FM.Branché sur les besoins et attentes de toulmonde, ou plutôt de la majorité du monde, i.e.les travailleurs, chômeurs, assistés sociaux, locataires, etc.Une expérience à situer dans la ligne du "deuxième front" syndical.CHOC est entré en onde en avril dernier après 4 ans de travail de préparation.Le conseil d'administration et le comité des programmes sont composés en majorité de travailleurs.Les émissions débutent à 7 heures du matin pour se terminer à une heure de l'après-midi; le bloc du matin est repris intégralement à partir de 5 heures du soir.Une galerie d'art et d'artisanat La Galerie de l'Arche.Pour rencontrer le monde, Le Boc et le Café Campus.Maur ice.Coupable, a dit le juge Coupable, a dit le juge.Yan David de Québec a été reconnu coupable d'avoir traduit et publié un livre sur la culture de la mari intitulé Le Petit livre de poche du cultivateur de marijuana.Par ce simple geste Yan aurait, selon l'acte d'accusation, incité à commettre un acte criminel.Les 12 jurés en ont décidé ainsi.C'est très grave! Il y a désormais jurisprudence dans ce champ très essentiel de l'information sur des sujets controversés.Par cette condamnation c'est toute la liberté de presse qui est remise en question, et d'une façon plus générale, le droit de ne pas être d'accord.Avis donc à ceux qui luttent pour le droit à l'avortement, la légalisation du "pot", avis aux homosexuels, aux gauchistes et aux "déviants" de tout poil! Yan David écope d'un casier judiciaire et d'une sentence suspendue de deux ans avec interdiction de publier.Un parti pour le monde Le Rassemblement Populaire présentait des candidats à tous les postes au conseil de ville de Québec lors des élections du 13 novembre dernier.L'élection n'avait pas encore eu lieu au moment de la tombée dè Mainmise, mais on peut croire que l'équipe du RP n'a pas été élue au grand complet si l'on tient compte du dernier sondage qui lui accordait moins de 20 o/o du suffrage.Nous tenons néanmoins à souligner l'existence de ce parti qui constitue à notre avis une véritable alternative municipale.Le RP s'est notamment prononcé contre la multiplication des tours de béton et l'extension du réseau routier, qui amène plus d'autos dans le centre-ville; en faveur de la création de pistes cyclables et de l'amélioration des services aux piétons, notamment au chapitre du transport collectif.Principalement issu des comités de citoyens, comptoirs alimentaires et autres groupes populaires, il favorise l'implantation de conseils de quartiers dotés de pouvoirs décisionnels pour l'ensemble des questions communautaires.Y'a pas de doute, c'est de ce côté là qu'on s'en va! CKRL-FM "Les lendemains qui chantent" C'est le titre évocateur de la meilleure sinon la seule (?) é-mission de radio consacrée à l'écologie au Québec.Animée tous les dimanches de 12 h.à 15 h.par François Tanguay sur CX.R.L.fin., la radio communautaire de Québec, l'émission s'est taillée une des meilleures cote d'écoute de la station.Elle va maintenant être diffusée en différé le mercredi à 11 h.sur Radio Centre Ville à Montréal, sur l'étoile Filante à Rimouski et sur la radio communautaire J.A.L.dans le comté de Témiskouata.JDes pour-parlés sont en cours avec les radios communautaires de Trois-Rivières et du Lac St-Jean.L'émission composée d'entrevues, de réflexions et d'informations sur des sujets aussi divers que les techniques alternatives, le dossier nucléaire, l'information scientifique ou encore les coopératives, est entrecoupée d'excellents choix musicaux.Une émission à écouter donc! Denis.Mainmise 72 17 Schumacher est mort I représentait l'espoir révolutionnaire d'une nouvelle économie basée sur la décentralisation et la philosophie du "petit, c'est beau".Rarement l'oeuvre d'un économiste n'avait obtenu une telle audience et suscité une telle unanimité: de Jimmy Carter à Jacques Parizeau, en passant par Jerry Brown, gouverneur de Californie, l'économie bouddhiste de Schmacher est devenue la théorie "de chevet" des hommes politiques concernés, aussi bien que des freaks qui nont pas attendu qu'on leur donne la permission pour se mettre au travail.Schumacher est mort.L'économiste anglais, qui du haut de sa formidable expérience, est venue en 1973 donner ses lettres de noblesse à la philosophie décentraliste, un des thèmes majeurs de la contreculture, avec la publication de son livre "Small is beautiful", est mort en Suisse le 4 septembre dernier.Il était en tournée de conférences, comme cela lui arrivait régulièrement depuis plusieurs armées.Ses idées sur le développement, la technologie, la consommation, les ressources, l'emploi et les problèmes sociaux et humains qu'ils posent, avec la solide garantie de sérieux qui les accompagnait puisqu'elles venaient d'un ancien Directeur des Charbonnages de Grande-Bretagne, conseiller économique auprès du Gouvernement Britannique, lui gagnèrent une audience énorme.Depuis 4 ans, il sillonnait le monde pour expliquer que la prospérité économique n'est pas incompatible avec le maintien des équilibres écologiques et de l'harmonie dans nos vies, pourvu qu'on renonce à l'utopie scientiste matérialiste industrielle et qu'on passe à une économie décentralisée, ajustée aux besoins locaux.S'il n'était pas mort, il serait en ce moment au Canada pour une tournée de six semaines.L'économie Bouddhiste L'essentiel de sa philosophie économique est contenue dans le titre de son livre, devenu slogan: "Small is beautiful"; et dans son sous-titre: a study of econimics as if people mattered.L'harmonie dans nos vies ne peut être maintenue que si le contrôle et la régulation des différents paramètres qui la rendent possible restent à portée de notre atteinte.Il est possible pour n'importe lequel d'entre nous d'assumer une job, voire même deux, mais pas dix ou vingt, car alors la vie deviendrait surmenage intellectuel et physique, et la maladie ne tarderait à apparaître.A l'échelle d'une économie nationale, d'une grande entreprise commerciale, ou d'une machine complexe, le raisonnement est le même: plus le système étudié est grand, plus il échappe à notre contrôle; plus il comporte de parties, plus il y a de chances qu'elles se brisent; plus il est complexe, plus nous avons du mal à le comprendre et à le gérer.C'est une question d'échelle: une infinité de petits systèmes simples travaillant ensemble sont plus efficaces, ont un rendement meilleur qu'un seul gros système central contrôlant tout.Qui trop embrasse, mal étreint.Il aura fallu plus de 150 ans pour s'apercevoir que ce vieux proverbe est vrai même en sciences économiques.Ce qui est le plus rentable, qui garantit pour les humains un rapport de tendresse vis-à-vis de la terre, qui rend les rapports humains signifiants et enrichissants, qui ne ruine ni la joie de travailler, ni celle de ne rien faire, et qui doit servir à notre maintien en vie, doit être de petite taille, peu coûteux, décentralisé et d'origine locale.Le pouvoir décisionnel, la production doivent être décentralisés: parce que diversité et multiplicité sont garants de stabilité, alors que les grands systèmes totalitaires, qu'il s'agisse de gouvernements ou de multinationales, finissent toujours par craquer.De plus une infinité de petites "entreprises" assurent l'emploi, la prise en charge par chacun de lui-même et de son groupe, dont il connaît chaque membre, la joie de créer des objets ou des solutions, une chance pour chacun d'exercer ses talents naturels, sa créativité innée, sans l'angoisse d'une responsabilité écrasante impliquant le sort de centaines ou de millions de personnes; il s'agit bien d'une économie "comme si les gens comptaient".La carrière de E.F.Schumacher est fascinante.Considérée avec du recul, on a l'impression que chacune de ses expériences professionnelles apportaient leur pierre à l'édifice de sa pensée.Après ses études économiques à Oxford en Angleterre, et à Columbia aux Etats Unis, il devint, après la guerre, conseiller économique auprès du Gouvernement anglais et pendant 20 ans il fut l'économiste en chef du British Coal Board, une des plus grosses institutions industrielles, financières et sociales de Grande Bretagne.Mais l'expérience décisive de sa vie, et qui nous a valu son livre "Small is beautiful", est son poste de conseiller économique auprès du Mainmise gouvernement de la Birmanie, un petit état bouddhiste du sud-est asiatique, dans les années '50.C'est là qu'il développa son concept "d'économie bouddhiste".Le travail, selon l'économie bouddhiste, a trois fonctions: donner aux humains l'occasion de faire servir et de développer leurs facultés; leur permettre de surmonter leur égocentrisme naturel en se joignant à leurs semblables dans des tâches communes; et produire les biens et les services indispensables à une vie agréable.Les conséquences qui découlent d'une telle approche sont sans limites.Et subitement le système qui prévaut actuellement et qui rend le travail insultant pour la personne, stultifiant, ennuyant, ruineux pour la santé, privé de sens, nous apparaît odieux et criminel.Un guide pour ceux qui se posent des questions.L'importance et le mérite de Schumacher est d'avoir mis son poids d'économiste et d'homme respecté par l'establishment à défendre un corpus d'idées qui forme le "credo" de l'alternative.Son deuxième livre qui vient de paraître à Toronto chez Fitzhenry & Whiteside, sous le titre: A Guide for the perplexed (un guide pour ceux qui sont dans la confusion), va encore plus loin.Nous devons maintenant tenir compte, dans la gestion de nos vie, de grands pans de connaissances (ou de problèmes et de questions) qui ont été éliminés des champs d'études et de recherche comme non scientifiques ou invérifiables et occultés au point que leur disparition s'avère aujourd'hui être des carences: il s'agit de l'occulte en général, du paranormal, du mythologique, du symbolique, du spirituel ou du mystique, du religieux.Nous devons réintégrer ces questions au centre de nos vie, au même titre que les activités physiques de survie.Autrement dit Schumacher nous explique et nous décrit ce monde, ce système pour la lecture et l'appréciation duquel Un Joel de Rosnay par exemple propose cet instrument qu'il appelle "macroscope".Schumacher a été invité à parler partout dans le monde.Universitaires, économistes, chefs d'état l'ont écouté.Au début de cette année, le président Carter l'a reçu à la Maison Blanche, à la fin de sa tournée américaine et lui a dit que son livre était un grand message d'espérance pour les années à venir.Un collaborateur occasionnel de notre ministre des Finances Jacques Parizeau nous a dit lui avoir offert "Small is beautiful" et nous a affirmé qu'il l'avait "dévoré".Avec Small is beautiful, Schumacher donna une base économique au mouvement écologique.Avec "Perplexed" il essaye de tout rendre simple et de lui donner une base philosophique.Un Son troisième livre, "Good Work", est supposé être publié l'année prochaine.Il y sera question de tehcnologies douces (énergie solaire, éolienne) de jardins potagers en ville, petites usines, des notions d'auto-suffisance, de petitesse, de produit local, de dispersion démographique, comme alternatives à l'économie destructive basée sur l'emploi intensif de capital au lieu de l'emploi de main d'oeuvre (chômage), la consommation intensive, les technologies lourdes et de pointe et l'utilisation des ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables.et un exemple pour ceux qui veulent agir Ses idées ont été répandues dans plusieurs revues, dont le magazine "Resurgence" où il développa, en compagnie de Leopold Khor et de John Papworth la notion de "juste mesure" dans le domaine économique, d'adéquation entre but poursuivi et moyens mis en oeuvre.Pour mettre en pratique ses idées, il fonda plusieurs Centres de Développement de Technologie intermédiaire.Il y a de tels centres dans plusieurs pays du Tiers Monde, et aux Etats-Unis, le gouvernement Fédéral finance maintenant un "National Center for Appropriate Technology" à Butte, dans le Montana.Mais attention, disait Schumacher il y a quelques mois, ce serait épouvantable si cette Technologie Intermédiaire se bureaucratisait.Il devint aussi président de la "Soil Association", où il explique que ce qui manquait à l'agriculture moderne c'était un amour tendre de la terre.Le message de Schumacher est un message de confiance.Si les humains sont de redoutables prédateurs, ils ont aussi des trésors de sagesse.La générosité de la Terre nous permet de nourrir l'humanité toute entière.Nous savons comment produire ce dont nous avons besoin sans technologies violentes, inhumaines ou agressives.En fait les problèmes économiques n'existent pas, au sens où l'économie est une idéologie plaquée sur une réalité (le corps) qu'elle oppresse.En revanche nous avons d'autres problèmes, les rapports personnels en particulier et une société à rebâtir sur la base de petites communautés, de régions, où les mots-clefs seront; buts en commun, droit à la différence, don multiforme, échange symbolique.Réagira-t-on à temps pour sauver le monde moderne?La réponse n'est ni oui ni non, dit Schumacher.L'alternative n'est pas entre orgueil et désespoir.Ce qu'il faut, c'est se mettre au travail * Christian Allègre.- E.F.Schumacher, Small is Beautiful, a study of economics as if people mattered, Abacus Ed.1974.(environ $2.50.Classic's) - E.F.Schumacher, A Guide for the Perplexed, Fitzhenry & Whiteside 1977.(10.95 chez Classic's, sera probablement en livre de poche d'ici un an).19 72 recherches Une tournée du village Québec Une route typique de l'Abitibi.L'idée de cette tournée nous est venue au printemps dernier, dans un moment de grande tension, à Mainmise, de désaffection pour le journal,qui s'est résolu par l'éclatement (tel que prévu par le Yi-King au début de l'automne) et une remise en question radicale.Qu'est-ce qui n'allait pas à Mainmise?Le même Yi-King a répondu sans ménagement: "La vérité intérieure".Et Schlack! Fais ce que tu dis, mon coco, fais pas ce que tu fais, écrivait Christian de Laet, dans le numéro 71, avant de nous quitter pour rejoindre le grand réseau planétaire, "parce qu'au Québec, on pourrait s'grouiller l'cul!" Le réseau.mais c'est qui, ces gens-là?Où sont-ils?Comment vivent-ils?Lisent-ils encore Mainmise?Pour nous, ils existaient, c'était un fait acquis, jamais vu de près, mais les lettres d'amour, les belles envolées poétiques et cosmiques que nous recevions tous les mois nous le garantissait.En réalité, ces lettres ne nous disaient pas grand chose de leur vie, leurs problèmes, leurs expériences alternatives bonnes ou mauvaises, leur transformation intérieure.Moi, j'avais quelques appréhensions au départ.Je les imaginais vivant plutôt en communes, mais d'une manière très instable, et dans un certain désarroi, pas très avancés sur le plan pratique, fumant beaucoup ou dropant à l'acide, pour se jeter de la poudre aux yeux, un peu comme sur la rue St-Denis, à Montréal! Eh bien non! Le réseau québécois, ce sont des^ens extraordinaires, bien implantés dans toutes les régions, même les plus éloignées (pas plus que Chibougamau quand même, où nous avons'trouvé les seules vraies communes, les seuls vrais villages alternatifs du Québec: les villages de tentes des Indiens Montagnais!) Nos québécois, ils ne vivent plus en communes, ou presque plus."C'est fini ce temps-là".Se déconditionner de la ville, des idées reçues, recommencer à zéro, redécouvrir la Terre-Mère, ses beautés, mais aussi ses rudesses, avoir tout à apprendre de ce point de vue, se transformer soi-même, c'est déjà toute une entreprise.Prétendre régler en même temps ses problèmes de relations avec les autres, c'est vraiment trop! Le sens de la magie naturelle Pour le moment, ils vivent plutôt en couples, chacun sur sa terre, dans sa maison, avec des bébés ou des enfants en bas âge.Mais ils se connaissent tous, ils fonctionnent vraiment en réseau, par régions, et ils ont un bien bel esprit communautaire.Ils sont très organisés déjà sur le plan pratique, et pas mal avancés du point de vue de l'alternative.Echanges de matériel et de services, troc (ils détestent l'argent), approvisionnement de base par coop "freaks", agriculture biologique, ou en tous cas non chimique, médecine naturelle, technologies douces (autant que possible).Ils ne lisent plus Mainmise, ou rarement, parce qu'ils n'y trouvent plus ce dont ils ont besoin.Ils nous reprochent d'être en retard ou mal informés, sur le plan pratique et trop avancés ou trop "flaillés" sur le plan théorique (s'il faut être des universitaires pour vous lire!).Beaucoup n'ont même pas l'électricité.Ils se chauffent au bois, qu'ils bûchent eux-mêmes s'éclairent à la lampe à l'huile, se passent fort bien de la radio, et encore mieux de la télévision, n'écoutent plus de disques (la musique, ils la font!).Les filles font des conserves, du séchage, filent la laine de leurs moutons, et même, tissent le lin qu'elles ont planté.Elles accouchent de plus en plus souvent à domicile, et retrouvent peu à peu un instinct, une tranquilité intérieure, qui leur permet d'éviter presque complètement les médecins et la "chimie", pour elles et pour leurs bébés.Presque tous ont des ruches, et produisent plus de miel qu'ils n'en consomment.Ceux qui refusent la machinerie agricole, et les trop grands territoires, qui travaillent avec un cheval, sur une terre à leur mesure, avec du bois pour l'hiver, des animaux dans l'étable, et un beau potager l'été, sont les plus proches de l'auto-suffisance, et les plus heureux, les plus détendus.Du point de vue du développement personnel, de l'expansion de la conscience, et de l'aquisition de nouveaux pouvoirs psychiques, ils sont moins avancés.Mais ils ont retrouvé un sens de la magie naturelle assez merveilleux, dans leur contact avec le Cosmos, le soleil, la lune, les grands rythmes naturels, la terre, les plantes, les animaux, avec eux-même, et leur propre rythme intérieur.Tout n'est pas réglé pour eux, loin de là, mais le coeur y est, et il est chaud.Le ventre aussi.Le plus difficile, c'est de trouver un équilibre entre la tête et le reste.Se déconditionner, ça peut vouloir dire, pour un temps, arrêter de lire, de penser, parler peu, se méfier des mots, reprendre contact directement avec "les choses", avec soi-même, en prenant le temps, réapprendre à sentir.Le danger, ça pourrait être de se laisser prendre complètement par ça, et de créer un déséquilibre dans l'autre sens.Ces temps-ci, les idées vont très vite, elles sont, elles aussi des outils de transformation, le savoir s'accumule, sur la manière dont l'univers fonctionne, et l'homme; comment s'articulent macro et microcosme.Si on ne lit plus, si on ne parle plus que de choses quotidiennes, on risque de perdre le fil, de se refermer sur soi-même, dans une autarcie qui pourrait nous renvoyer loin en arrière( et avec les prochaines générations, on recommencerait les mêmes erreurs), ou nous couper du grand réseau écologique et cosmique de la planète, qui consitue déjà l'infra-structure de la prochaine société.Mainmise 72 Ce qui m'a paru évident, au cours de cette tournée, c'est la nécessité, l'urgence de stimuler la communication, (ça pourrait être le rôle du nouveau Mainmise!) au niveau du réseau québécois dans son ensemble, et de le "ploguer" sur le réseau planétaire, de manière à élever le niveau de conscience, et développer le "potentiel humain" des Québécois, qui risquent de manquer le train de l'Histoire, encore une fois, s'ils s'obstinent à fonctionner entre eux, et à ras de terre, dans la méfiance ou l'indifférence à "l'autre".(Vieux réflexe de colonisés!) Personnellement, je ne crois pas que ce soit le cas.Même si leur vie ne paraît pas tellement différente de celle de leurs grands parents, ce ne sont définitivement plus "des habitants".Une chose m'a frappée chez-eux, à la grandeur du Québec, malgré les distances, et quelles que soient leurs origines; ils se ressemblent comme des frères.Dans leur apparence physique, leur langage, leur style de vie, leurs maisons poétiques, typiquement "freaks", mais propres et bien rangées, remplies de plantes vertes, de belles vieilles choses recyclées; leurs odeurs, leurs couleurs, leurs rapports tellement naturels, et tendres, sans affectation avec leurs animaux, leurs enfants, cette espèce d'osmose dans laquelle ils sont avec tout ce qui les entoure, comme s'il n'y avait plus de barrières, la façon amoureuse dont ils en parlent.L'énergie du 7è rayon A l'Anse St-Jean, Denis Lafrance m'a passé un livre d'Alice Baily, cette prophétesse de l'ère du Verseau, qui a été l'inspiratrice de Findhorn: "Destiny of the nations".Dans cet impressionnant petit traité "d'enginnering" cosmique, Alice Baily parle des énergies cosmiques ou "rayons", qui sont au nombre de 7, et de la manière dont elles agissent sur l'homme aux différentes époques, dont elles s'expriment à travers les civilisations et les cultures, dont elles produisent les changements Celles qui ont dominé l'époque qui s'achève sont celles du 6e, rayon , de l'idéalisme, des idéologies et du militantisme, de l'abstraction.Celles qui arrivent et qui se manifestent aujourd'hui partout dans le monde, sont celles du 7ième rayon dites de "ceremonial order", qui produisent les nouvelles formes de civilisation — les "magiciens blancs": "Ces magiciens sont des travailleurs.Leur tâche est de réconcilier, dans un système constructif, le dedans et le dehors.Habiller l'esprit de matière, produisant ainsi la FORME (une forme nouvelle, et meilleure, à travers laquelle le principe divin puisse s'exprimer).Déchirer le voile entre les humains et ceux qui n'ont pas de corps physiques, mais qui vivent et agissent à d'autres niveaux de réalité.Développer le sens de l'omni-présence, et de la non-existence du temps".Au fur et à mesure que je lisais ce livre, je les rencontrais, je les voyais à l'oeuvre, les magiciens blancs.Je me disais qu'ils peuvent bien paraître étranges, incompréhensibles à ceux qui ne sont pas réceptifs à ces énergies nouvelles, et qui se trouvent aujourd'hui en plein désarroi.11 m'a semblé qu'ils étaient dans une phase de repliement sur soi, d'appropriation nécessaires.Ils savent qu'ils ne sont pas encore arrivés là où ils vont.Ils ne s'inquiètent pas.Us ont le temps.Un jour, leurs villages, ou leurs regroupements, ressembleront à ces petites communautés du Verseau dont parle Claudine Brelet-Rueff.Pour moi, ils sont mille fois plus vrais, là où ils sont, dans le sens du processus évolu-tionnaire, que bien des "flaillés" de la ville.J'ai pensé à Sri Aurobindo et à "la Mère", à la grande descente dans la matière, où ils déposent cette semence divine qu'ils sont allés chercher dans les voyages intérieurs, initiatiques, de leur prime jeunesse contre-culturelle.20 feafek. recherches En i/oiture! Un beau matin de l'été dernier, nous montons vers l'Abitibi, dans notre vieux "Volks-bus", en traversant le parc somptueux de la Vérandry.Soit-dit en passant, le Québec, c'est grand, mais bon dieu que c'est BEAU! Nous n'avons presque rien en fait de noms et d'adresses de "freaks" dans les régions éloignées.Sauf, dans le fond de l'Abitibi, passée la sinistre région minière, un tout petit village qui s'appelle "Rapide danseur", avec une magnifique église construite en pierres des champs par les habitants, et un minuscule magazin général, qui a été réquisitionné par des freaks; deux couples — avec des petits enfants beaux comme des anges — le noyau d'une future communauté à tendance mystique (reliée à L'ARCHE, en France, la communauté gandhienne de Lanza del Vasto), repliée sur elle-même, vivant pauvrement, mais sainement, occupée ce jour-là à soigner leurs ruches, leur seule "richesse"."Nous ne voulons pas trop parler de nous, nous ne sommes pas prêts.Nous avons à nous déconditionner, à nous transformer nous-mêmes, tout en développant organiquement notre communauté, avant de rayonner à l'extérieur".Ils nous donnent le nom et l'adresse du délégué du MAB dans la région, Luc Bergeron, à Clairval.C'est ainsi que de délégué en délégué du MAB, nous avons pu rencontrer, dans chaque région, des personnages-clés.Luc et Agathe Bergeron vivent avec leur bébé, sur leur terre, dans une belle maison de ferme arrangée à leur goût: "Nous, ce qu'on veut, c'est créer des liens humains, par l'expérience commune, mais pas en vivant en communes.On est encore trop individualistes, trop compétitifs pour se rassembler sur un même territoire.Il faudrait un consensus au plan du "faire".Et des compétences diversifiées.Le temps va jouer pour nous, avec l'expérience acquise, un bagage commun un rapprochement par l'amitié et la vie partagée.Notre mère-la-terre, ici, on la sent.Ca donne un caractère mystique à tout ça, mais c'est ça qu'est l'fun! C'est ça qui crée la vraie solidarité! La question qui se pose: "C'est qui moi, ça, moi?C'est qui la chose en arrière?" Notre vie, on essaye que ce soit une méditation vécue.Retrouver le contact.Quand on est bien branchés, les idées nous viennent.On est plus habiles aussi.Travailler comme on le fait, c'est vivre.C'est plus "l'affaire platte".Un souper improvisé, le plaisir de se découvrir (la première gêne ou méfiance passée), une invitation à coucher, et le lendemain matin, nous partons pour Dolbeau, dans le Lac St-Jean, rencontrer Boris Tremblay, le délégué le plus "instruit" du MAB.Aujourd'hui, Boris a repris l'entreprise agricole de son père (un pionner de l'agriculture biologique).Il fait aussi de la recherche, sur le séchage des bleuets par exemple.Et un projet PIL: Publier une douzaine de fascicules sur les plantes médicinales, les phyto-thérapies, l'élevage de la chèvre, du mouton, le compagnonnage des plantes, les bases de l'agriculture biologique, l'abeille, le lapin, 500 pages en tout; (On peut se les procurer à la Banque d'Information du MAB (Lac St-Jean), à Gérardville, au soin de Pierre Hamelin).Boris veut garder un caractère industriel à l'entreprise paternelle, mais en modifiant certaines choses, par exemple, ramener le taureau vivant aux pauvres vaches condamnées à l'insémination articifielle, et y aller plus doucement avec la manipulation génétique.Avant de reprendre l'entreprise familiale, il a beaucoup circulé dans la région, et vécu en communes pendant des années: «Les communes au lac St-Jean.moi j'en ai fait le tour en '75, il y en avait de toutes les sortes, d'habitation, agricoles, religieuses, elles étaient en phase d'installation, elles commençaient à respirer.Et puis, tranquillement le soir, en fumant not p'tit join, après ben d'ia fatique, on en est arrivé à penser que le regroupement régional, au niveau de l'agriculture biologique par exemple, c'était le premier besoin.On a essayé de mettre sur pied un réseau, moi je passais dans les campagnes, et je disais "sais-tu qu'il a y un tel, là-bas, comme toi qui etc.etc.Après je les ai laissés travailler ensemble, et j'ai organisé un congrès de tous les artisans du lac St-Jean C'est devenu "l'association des artisans du Lac St-Jean".Moi ma branche, c'est l'agriculture.Je fais partie du MAB du Québec, je suis délégué.Bien du monde avaient envie de faire ça, mais ils avaient peur d'ouvrir des dossiers, de parler de regroupement, parce qu'ils sentaient les NARCS derrière eux.Moi j'ai compris que de toutes façons, ça ne changeait rien, nos adresses, ils les avaient, on était tous dans l'ordinateur.Et j'ai continué.C'est comme ça que le MAB Lac St-Jean a commencé à grouiller.On a fait une assemblée générale de tous les membres du mouvement au Québec, en novembre '76, ça été une réunion extraordinaire, il aurait fallu deux jours pour passer tout le stock qu'on avait, on s'est donné un comité de coordination au niveau de la région, et on est devenus le MAB du Lac St-Jean incorporé.M.F,: Ca vous donne beaucoup d'autonomie ça, par rapport au MAB québécois?B.T.: Oui, mais on est quand même une constituante du MAB québécois.Ca pose évidemment des problèmes au niveau des cotisations.Un moment donné il faudra nous réunir.On a fait notre demande de Charte avant, parce qu'on trouvait qu'au Québec, ça se grouillait pas.M.F.: Qu'est-ce que ça vous apporte, le MAB, à part faire circuler de l'information?B.T.: On peut faire des commandes pour des semences, des chaux, des phosphates, des poudres minérales naturelles, sur une base coopérative, ou individuelle, directement à Montréal ou à partir de la région.M.F.: Ca ne passe pas par les coopératives fédérées?Agathe Bergeron B.T.: Non, c'est un réseau parallèlle, les coop fédérées, c'est rien qu'un nom, c'est pas du tout coopératif leur histoire.M.F.: Il y a une résistance, de ce côté-là, contre l'agriculture biologique?B.T.: Ah ça c'est terrible.L'agriculture chimique contre l'agriculture biologique.Et la guerre n'est même pas encore faite.Les agronomes n'ont pas encore pris position comme tel.Mais ils n'y croient pas, parce qu'on leur a montré à ne pas y croire.M.F.: On nous a beaucoup parlé de Pierre Perras en AbitibïT B.T.: Oui.J'aimerais le connaître.C'est le seul a-gronome au Québec, avec son conseiller, qui y croit et qui n'a pas peur de perdre sa job.M.F.: Au fond, c'est ce que le nouveau gouvernement du Québec souhaite, une agriculture auto-suffisante.-Avec Pierre Perras, ils font une expérience! Et ils la font dans une région éloignée, pas ici.B.T.: Le MAB est justement en train de préparer un Mémoire à présenter au Ministre de l'agriculture, qui traite de l'agriculture biologique, de l'aspect socio-é conomique, du zonage agricole, de l'écologie, etc.Espérons que le Gouvernement sera intéressé.II faut tenir compte, en attendant, du fait qu'il y a Bertrand Forêt, qui est directeur de l'enseignement et de la recherche, ei qui est payé exclusivement pour faire des conférences, à travers tout le Québec, contre l'agriculture biologique.Ce qu'on ne dit pas, c'est qu'il siège aussi au conseil d'administration de Mainmise 72 la C.I.L.une des grandes multi-nationales qui fabriquent des engrais chimiques.Il dit "l'agriculture biologique, c'est du fumier, de l'agriculture comme en faisaient nos grands pères".C'est pas ça l'agriculture biologique, c'est une science qui a 15 ou 20 ans de vie, qui se sert des moyens les plus modernes.La plus belle définition que j'ai trouvé, moi, ça a justement été écrit par le Gouvernement, dans un rapport qu'ils ont fait, quand ils sont allés à l'UPA, en '73, en France, et qu'ils sont revenus avec des conclusions très valab-bles.Ils ont dit "l'agriculture biologique, ça se peut.Et c'est rentable".Ils n'en ont jamais reparlé par a-près.Bon.Ils ont écrit " c'est une technique d'agriculture basée sur la science moderne, qui proscrit l'emploi de tout produit de synthèse, de tout produit chimique comme tel, et de produits naturels qui peuvent nuire à la vitalité des êtres vivants".(Les nitrates du Chili, par exemple!) Donc, c'est une technique qui se base uniquement sur les fertilisations organiques, avec toutes les méthodes de compostage que l'on sait, e*t aussi sur les fertilisations minérales, ce qu'on appelle de la poudre de roche, des phosphates naturels, toute une gamme de produits, des potasses, des farines d'animaux, de poissons, des algues concentrées, riches en protéines, en oligo-éléments, en minéraux, qui sont indispensables à la vie du sol.M.F.: Ou est-ce que ça se pratique le plus intensivement, l'agriculture biologique, dans le monde?La Chine la pratique beaucoup.Ils se servent de fertilisations organiques.Si la Chine est devenue à peu près auto-suffisante, au point de vue alimentaire, c'est dû à ça.Il y a la biologie qu'il faut connaître.Apprendre à connaître les sols, à travailler les sols, mais la meilleure façon, c'est encore dé regarder ton pré.S'il pousse du trèfle, qui est une légumineuse, et qui fixe l'azote dans le sol, qui engendre un sol riche, et qui apporte les minéraux à la surface.M.F.: Ca demande des connaissances de base, si tu les as pas acquises d'une manière empirique, il faut les apprendre.C'est ça qui doit être difficile pour les jeunes qui viennent s'installer.B.T.: Ca se fait de mieux en mieux.Avec des gens comme James Mclnnis, en Gaspésie, ou Pierre Perras, en Abitibi, ou Jocelyn Beaulieu, Jacques Petit, qui donnent des cours de base, en 40 heures, 60 heures, ils montrent au monde toute la chaîne des réactions naturelles, cet ensemble merveilleux, en quelque mois, on peut vraiment comprendre, avoir des notions de base en biologie.Le diplôme en a-griculture biologique, c'est l'expérience.Dernièrement, j'ai rencontré des agronomes sortis de Laval.Imagines, ça fait 4 ans que tu étudies en agronomie, et la seule fois que tu as vu une ferme, c'est quand tu as fait un stage de 2 semaines au Québec.Et là, tu sors de l'Université, il faut que tu rembourses tes dettes, alors tu t'en vas travailler, tu t'en vas conseiller des agriculteurs! M.F.: C'est là qu'il faudrait prendre exemple sur les Chinois! P.B.: Un sol ne reste jamais inactif, pas même une nuit, en Chine.B.T.: C'est une règle d'agriculture, ça, un sol ne doit jamais être inoccupé.Tu prends nos fameuses cultures, dans nos belles régions, nos belles plaines, où tu vois des beaux rangs de maïs, de légumes de toutes sortes, et tu as des surfaces de 20 pouces de sol nu.C'est un défi à la nature, si tu laisses aller, ça va se recouvrir, le sol a besoin d'être couvert, une grande loi de l'agriculture biologique, c'est le compost, et couvrir.Ton sol doit toujours être occupé.Si c'est pas un molching, c'est une culture intercalaire.M.F.: C'est quoi ton pronostic sur le développement de l'agriculture biologique, dans ta région par exemple?B.T.: On est allé 18 personnes ensemble, du Québec, en France, on a visité des fermes, des instituts de recherche, qui faisaient de l'A.B.depuis 10 ans, 20 ans, 25 ans.A la fin du stage, on s'est dit "c'est quoi nos priorités?" Au Québec, c'est le concret, c'est de faire de nos petits lopins de terre, de nos fermes des expériences florissantes en A.B., pour montrer vraiment à la population que ça marche.M.F.: Sur une base individuelle?B.T.: Ca peut être de 4 à 10 ou 20 personnes, pour en arriver au village peut-être?Moi je suis sûr qu'il y a des gens au Québec qui vont le faire le village.Et si je peux les aider, je vais le faire.Mais pour arriver à nourrir ceux qui sont en ville avec des produits sains, ça prend les deux types d'organisations.21 recherches Dominique Vincent dans un des bulletins du MAB du printemps écrit "Qu'est-ce qu'on fait, est-ce que le MAB doit être une union des producteurs en agriculture biologique, un UPA biologique, ou un ferment de vie nouvelle, un réseau?Moi je crois l'un et l'autre.Des freaks qui veulent vivre des choses ben l'fun, au Québec, il y en a.Mais il va falloir aussi des producteurs commerciaux en biologique.Pour nourrir les masses, on ne peut pas se foutre des autres.C'est sûr que quand la grande crise viendra, les freaks pourront se nourrir tranquilles chez-eux, hein?Moi pour le Québec, je suis plutôt optimiste, si les multi-nationales ne nous mettent pas trop les bâtons dans les roues.Il pourrait y avoir des fermes commerciales dans toutes les régions, ça peut ê-tre une famille, ou une société agricole.La famille, c'est solide, ça forme une personne morale, mais ce qui arrive c'est que les enfants s'en vont.La société agricole a plus de chances.Ceux qui veulent vivre l'auto-suffisance, ben bravo, mais y en a qui peuvent être à la fine pointe dans le système.Les communes B.T.: On a parlé (beaucoup) de celle de la vallée de la Didyme, qui s'est effondrée.On a fait tout un chemin, on est en train de se sortir de ce mythe-là, les communes, la Dydime, ça a commencé avec une quarantaine de jeunes autour d'un gars, de la région de Nicolet.Après une randonnée de bleuets, ils voulaient s'acheter une terre, et vivre le regroupement agricole, en poursuivant aussi certains cheminements psychanalytiques.Il y a une sélection naturelle qui s'est faite avec le temps, le groupe un moment donné s'est dissocié entre "biologiques" et "psychanalytiques".Le deuxième groupe est allé s'installer au lac Michigouche.Ils voulaient construire une grande maison pour accueillir des jeunes.Pour les sortir de la brume, leur faire toucher la terre.Mais il y a eu de gros problèmes de gestion.Et arrivés à l'automne, qui est le moment où on est vraiment affecté par tout ce qui nous entoure, où il y a une baisse au niveau énergétique, ils ont tous lâché le lac Michigouche, il y en a qui sont partis en Europe, d'autres pour l'ouest canadien, ça a pas éclaté comme tel, mais le noeud, le coeur du groupe est parti en Europe,.Et puis ils sont revenus, ils ont tenté une autre expérience, subventionnée, à Ste-Monique, avec les inadaptés sociaux, pour leur faire vivre autre chose, des valeurs nouvelles, la ferme communautaire quoi, il y a un jeune, un récidiviste, qui a été bouleversé par ça.Il a appris plus en un mois qu'en cinq ans auparavant.M.F.: Ca l'a "groundé"?B.T.: Ca lui a fait prendre conscience de bien des choses auxquelles il n'avait jamais pensé.Mais là encore, il y a eu de gros problèmes, avec les autorités, des gens qui ont freaké, et le groupe s'est remis en question, c'est là qu'il a éclaté.Michigouche, comme tel, il ne reste plus rien.Que des gens qui sont rendus ben riches d'expérience, qui sont installés un peu partout, qui se promènent autour de la terre, qui poursuivent encore leur fameux cheminement psychanalytique, et qui sont ben-intéressants.Ils sont dans une phase de transition.Ils cherchent.M.F.: Finalement, ce mouvement là, on dirait que ça marche par étapes.On fait une expérience, et il faut un moment donné que ça éclate, on se disperse, on cherche, on ramasse ses énergies, et ça débouche sur autre chose.Peut-être que ce sont toutes ces remises en question qui vont permettre la construction d'un village, un jour.B.T.: Pour moi, ça sert à former des gens plus responsables, avec une conscience plus large.D'expérience en expérience, on sait de mieux en mieux ce qu'on veut.M.F.: Là aussi, il y a une sélection naturelle qui se fait, mais ceux qui vont rester, les nouveaux noyaux qui vont se former à partir de cet approfondissement.B.T.: Les communes qui restent mûrissent, s'approfondissent, elles deviennent plus solides.Et des jeunes qui arrivent et qui s'insèrent dans ces communes peuvent apporter quelque chose de nouveau, de constructif, tout en évitant de se casser la gueule.Ils peuvent gagner du temps.»-< Boris Tremblay A "l'Ile du repos", dans la même région, mais plus au sud, nous avons rencontré le frère de Boris, Alain Tremblay, dit "Nounours", pilier de la Librairie coopérative populaire d'Alma, animateur infatigable dans la région.LTle du repos est un endroit tranquille, romantique, au bord d'une rivière, où Alain a ouvert une auberge de jeunesse.Mais c'est aussi un lieu privilégié de rassemblement pour les freaks de la région."Il y a une trentaine de villages autour du Lac, et partout, il y a des gens de notre gang.Pour nous, l'important, c'est la Librairie.Mais on a découvert qu'il se passait des choses ailleurs.Alors, tranquillement, on essaie de rejoindre les gens, de les rassembler ici".Autour d'Alain, ils sont 25, solidaires, un noyau solide.Ils n'habitent pas ensemble, mais ils fonctionnent ensemble.La Librairie d'Alma (qui publie un catalogue) distribue des livres dans toute la région, et même dans tout le Québec."Nounours" est trop sollicité ce dimanche-là pour nous donner du temps, et nous continuons vers le sud, en longeant la côte sublime du Saguenay, vers l'Anse St-Jean.Escalade du Cap Eternité, en passant, lieu sacré des Amérindiens, et nous arrivons à l'Anse St-Jean, pour grimper encore, à pieds, jusque sur les "Plateaux", où se trouve une des dernières communes.Nous arrivons par une fin d'après-midi éblouissante de soleil et nous trouvons, dans le potager, un beau gaillard, Denis Lafrance, qui nous accueille chaleureusement, et une fille blonde, Nicole, extraordinairement gentille, toute ouverte, en grande robe jaune, en train de s'occuper d'une adorable "Fanny-la-pomme" de trois ans, dont la mère est en vacances.L'endroit est superbe, et la maison impressionnante, toute en bois, avec une tour et d'innombrables fenêtres à carreaux, construite dans un grand élan communautaire, un grand "rush" d'énergie, mais sans réfléchir: Elle est mal orientée, difficile à chauffer, une vraie boite à courants d'air.Autour d'une grande table (quelle merveilleuse cuisine dans la tour!) nous nous retrouvons pour souper, avec Denis, Nicole, Fanny-la-pomme, Michel, le bras droit de Denis, et un couple de globe-trotters avec deux petits enfants, fraîchement débarqués.Ils nous racontent leur histoire: M.F.: Où est-ce que vous en êtes du point de vue de l'auto-suffisance?Denis: Pour ça, il faudrait se lever encore plus de bonne heure! Au Québec, pour le lait, le fromage, le miel, ça va, mais pour le reste.en tous cas ici.Les grosses entreprises, elles ont les moyens techniques.Ils produisent cheap, mais ils produisent.Ceux qui essayent de faire le trip de l'auto-suffisance, c'est difficile, ici on commence à zéro, on fournit pas, on a même pas le temps de faire notre fromage, il faut mettre en place des constructions.Le problème pour les ruches cette année, c'est que Michel, qui devait s'en occuper, a tout le temps été occupé à autre chose.Mainmise 72 M.F.: Mais vous êtes pas assez nombreux! Nicole: C'est ça, si y'avait plus de monde, on pourrait se partager les tâches.Denis: Par contre, il faudrait d'autres constructions.M.F.: Ah oui, moi je veux dire beaucoup plus de monde, avec d'autres maisons, ça fait une période de construction, d'établissement, qui est un peu longue, mais après tu peux te lancer dans toutes sortes d'expériences.sur tous les plans, selon les compétences, des artisans, des gens compétents en agriculture, en médecine naturelle, en méthodes de conservation des aliments, de séchage etc.Denis: En éducation aussi, on voudrait faire une é-cole, parce qu'il y a beaucoup de monde ici qui ont des enfants.Mais le gros problème, c'est toujours les relations.Nicole: Je me demande si on va réussir à surmonter ça, parce que c'est partout la même chose.Je pense que c'est dans l'être humain.M.F.: Ah non, ça n'est pas dans l'être humain, c'est le fait d'un conditionnement culturel, de générations en générations,.Denis: Moi je vois ça autrement.Je pense en termes de réincarnation.Je vois une similitude entre le vingtième siècle et l'Atlantide, je pense qu'il y a beaucoup de gens réincarnés aujourd'hui qui viennent de là, qui se replacent dans des situations semblables, qui ont développé à ce moment là les talents qui leur permettent d'amener le développement technologique actuel, mais qui ont des problèmes d'ego extrêmement forts, qu'ils n'ont pas réussi à résoudre au temps de l'Atlantide, et qui se réincarnent au vingtième siècle pour essayer de les résoudre, surtout dans notre génération, parce qu'il y a des vibrations qui vont ben ben fort dans le sens du comu-nautaire, en fait c'est le déb it du Verseau, et c'est leur chance.M.F.: Tout ce que tu dis là, j'y ai beaucoup pensé, j'ai fait un rêve, une nuit, à propos de l'Atlantide, c'était pas du tout dans mes préoccupations, c'est arrivé comme ça, comme un message.Je connais un acupuncteur qui fait de la recherche avec tout un groupe à la Fondation Edgar Cayce, à Virginia Beach, je suis allée le voir pour lui raconter ce rêve, il m'a dit que ça ne l'étonnait pas dut tout, il dit qu'il v a beaucoup de gens réincarnés de L'Atlantide en ce moment.Dans ce rêve-là, nous étions tous assis autour d'une table, dans une immense pièce, une espèce de château médiéval, toutes les fenêtres é-taient grandes ouvertes, et dehors il y avait une grande fête populaire, tout le monde chantait, dansait, c'était la fête de l'écologie.Au bout de la table, il y avait Gerorges Khal, de Mainmise, qui avait organisé cette fête.Moi, j'étais assise près de lui, il m'a fait lever, je portais une longue robe blanche, et il m'a allumé une flamme sur la tête.Il a dit; "J'aurai un enfant avec toi.tu seras la mère de l'Atlantide".C'était symbolique, évidemment.Etre la mère" voulait dire celle qui protège la parole, le message de l'Atlantide.Parce que si l'Atlantide a disparue, c'est à cause d'une faute écologique, justement.Nicole: Mais pourquoi est-ce qu'ils ont commis cette faute là?""M.F.: C'est qu'ils sont devenus un moment donné trop abstraits, ils ont commencé à tripper très fort dans le développement technologique, la matérialité et ils ont perdu le contrôle, ils ont empêché les vibrations plus subtiles, de les rejoindre.Denis: C'est les forces du mal qui l'on emporté sur les forces du bien.M.F.: Moi je ne vois pas ça en termes de mal ou de bien.La tendance à l'abstraction.Denis: Qui fait que tu perds la vue d'ensemble, la conscience de l'ensemble dans lequel tu vis.Quand tu te perds dans le gadget.ça devient la technologie au service de l'égo.Connais-tu "Revelation" de David Spangler?M.F.: Ben oui, non seulement je l'ai lu, mais je l'ai interviewé il y a deux semaines.Denis: Est-ce que ça roule vraiment bien cette communauté-là, Findhorn?M.F.: Oui, ils ont des problèmes eux-aussi parce' qu'ils sont très nombreux.Pour eux la difficulté ça été le passage de la petite communauté magique, assez fermée sur elle-même, à une communauté ouverte qui reçoit 150 visiteurs par semaine, sans perdre leur magie intérieure.Denis: Mais comment passent-ils par-dessus les problèmes de relations?M.F.: Ca toujours été une chose sur laquelle il a fallu travailler, mais maintenant, le noyau de Find- 22 recherches horn, ils ont vraiment dépassé les problèmes d'égo, ils sont tellement bien branchés ensemble, "attunés" comme ils disent.Denis: Est-ce qu'on est capables de faire la même chose?Nicole: Il faut en avoir très envie.Denis: Là-bas, ils sont très sensibles à une énergie cosmique qui s'en va dans une direction très précise, et ils sont sur un point fort.J'ai eu l'impression, moi aussi, quand je suis arrivé ici que c'était un point fort, et qu'il y avait la possibilité de l'affiner.L'année passée, il y avait 15 personnes ici, on t avait des problèmes, mais il y avait une très bonne communication.un moment donné, ça a dégénéré.Il y a eu la séparation physique, d'abord, parce qu'à l'hiver, quelques-uns sont allés travailler.Et en plus, ils n'ont pas rapporté l'argent.Il y a eu des différents entre les gens, aussi, connais-tu un peu l'astrologie?D y avait trop de valeurs cardinales ici.Le travail s'est fait sans réfléchir, mais avec beaucoup d'enthousiasme.Cette année, l'enthousiasme n'y est plus.Moi, oui, par moments.Ce printemps, tout a brisé, le tracteur, la machinerie, aux temps des foins Jean s'est cassé un bras, deux jours après Nicole s'est coupé un morceau de pouce en fendant du bois, une série d'épreuves depuis le printemps, dés gens qui ont passé des moments très difficiles, d'autres qui sont partis.La question qu'on s'est posée, c'est "Est-ce que ce sont des tests, ou une indication qu'il faut changer de direction"?M.F.: Travaillez-vous des fois, avec le Yi-King?Denis: Ah oui.Nicole: Peut-être pas assez.Mais moi, je pense que ce sont des tests, toute l'énergie qui a été dépensée ici, c'est pas pour rien.Je trouve ça normal qu'il y ait des tests.Denis: Le yi-King m'a donné "La difficulté initiale" et "Le pouvoir d'apprivoisement du Grand".M.F.: Moi je pense aussi que ce sont des tests, pour un meilleur contrôle, une meilleure maîtrise.si ces accidents-là arrivent, c'est qu'il y a manque de maîtrise quelque part, des pulsions, des émotions.Nicole: C'est ce que chacun de nous ressent.Denis: En fait, il y a deux sortes d'épreuves, celles de la vie de la maison, des relations entre les gens, et celles du travail, de la direction du travail, la machinerie qui se brise.le cheval, ostie, Nazaire en bas, quand il fait ses foins, y'a douze bras qui viennent à son secours.nous on est à un mille de nos champs, on a une côte qu'est pas montable, il faut pas parler du cheval trop vite, il y a des avantages et des inconvénients.mais quand même le tracteur.il faut les deux je pense, mais la question, moi je pense, c'est le courage au travail.On a posé la question au Yi-King "Comment faire pour que des gens viennent à nous, pour faire un village harmonieux?" On a tiré "le réceptif avec des changements qui donnaient "La retraite".M.F.: J'ai obtenu la même chose pour le village ce printemps.On dirait qu'il y ?une phase à traverser maitenant.moi je voulais toujours pousser dans le sens du développement, maintenant.moi je voulais toujours pousser dans le sens du développement, du rassemblement, mais on m'a répondu la retraite, prendre les choses tranquillement, approfondir les situations, laisser venir, pas précipiter les choses.pas forcer les gens.ni les é-vènements.On est dans une phase de grande transition, les forces destructrices sont en action dans le Système, on ne peut pas être très actifs, il ne faut pas trop se manifester pour le moment.Denis: Moi je suis convaincu qu'on est en train de sejiréparer.J'ai la vision cataclysmique.L'épreuve du grand changement.Personnellement je me prépare à ça.On développe nos moyens, on travaille sur nous-mêmes.M.F.: On est encore une minorité, même chez les jeunes, surtout les jeunes dans les campagnes.Tiens, pour la question des épreuves, le Yi-King vient de me donner "le rassemblement, le recueillement".Pour que le rassemblement soit possible il faut quelque chose au centre, une foi, une croyance.Mais aussi un espèce de gourou.Quelqu'un qui peut rassembler les autres, parce qu'il est lui même rassemblé intérieurement.pas un chef Nous redescendons, au petit matin, la fameuse côte, dans la boue jusqu'aux chevilles, sous une pluie battante, et glacée, comprenant mieux la baisse de leur euphorisme! Et nous traversons le Fleuve, pour aller à Matane, saluer le grand Michel des Petits Vallons, et la belle Hélène, qui s'arrondit.Nous les trouvons en train de faire les foins avec les "gars de St-Léandre" venus donner un coup de main.Le soir, autour d'une marmite de lentilles, tout le monde se retrouve, épuisé, silencieux, mais quelque chose passe dans cette pièce, comme un grand courant positif, une chaleur, que je n'hésiterais pas à appeler "amour", et qui me convaint, malgré l'heure tardive, de les raccompagner chez-eux, pour "jaser".St-Léandre est un petit village, isolé, dans la montagne, pas très loin de Matane.St.L.: Moi je suis capable de vivre ici avec le moins de choses possibles, le moins d'argent, je serais capable de passer l'hiver avec des patates, pis pas grand chose d'autre.Ca fait deux hivers que je passe ici tout seul.St.L: Denis, tu fais rien l'hiver quand t'es tout seul, t'es capable de vivre avec le moins de choses possibles, mais tu fais pas grand chose.St.L.: Mais, pourquoi faire grand chose?St.L.: Ben pour progresser! St.L.: Je suis d'accord avec ça.C'est vrai que si je mangeais rien que des patates, je serais pas capable de faire ce que j'ai à faire.St.L.: Y'a quand même un équilibre qu'il faut trouver.M.F.: L'être humain ne peut pas s'arrêter comme ça, il faut qu'il expérimente.Mainmise 7 2 le Saguenay St.L.: De toute façons, j'veux pas rien que pour moi, tsé, j'veux pour les autres dans le sens que ça m'intéresse de produire pour une coop, pour le monde qui veulent s'aider, je suis prêt.M.F.: La dimension sociale elle est là, tu peux pas la nier.St.L.: C'est vrai, je l'ai eu la chance, et je peux aider les autres.St.L.: On est vraiment chanceux, quand on pense à ça, on a une bonne maison, une étable, deux terres, avec des champs, des lacs, du bois, on a toutt, si on veut vraiment travailler pour arriver à l'autonomie.M.F.: Pour arriver à l'autonomie, il faudrait que vous soyiez pas mal plus nombreux, non?St.L.: Nombreux, nombreux, plus on sera nombreux, plus on aura des besoins.St.L.: C'est pas tellement le nombre, c'est surtout le vouloir.St.L.: Et l'organisation.M.F.: Depuis que vous êtes ici, avez-vous juste réussi à survivre, ou bien avez-vous eu le temps d'expérimenter?Que ce soit l'agriculture, l'énergie, n'importe quoi?St.L.: On progresse en patates! St.L.: Expérimenter c'est bien relatif ça, chaque jour qu'on vit, on essaie de vivre pleinement, d'expérimenter tout le temps, dans le sens qu'on apprend quelque chose à tous les jours, on évolue à tous les jours, on progresse à tous les jours.On commence on est jeunes, on a pas d'expérience, on regarde les vieux autour, leurs jardins sont deux fois plus avancés que les nôtres.Moi je me pose des questions quand je bêche, je regarde tout ça, et je me dis qu'il n'y a pas de raisons pour qu'avec l'organique, on ne fasse pas encore mieux.M.F.: Il y a toutes sortes de choses qui se font, aujourd'hui, en agriculture biologique, la bio-dynamique, les plantes complémentaires,.êtes-vous bien informés de tout ça?St.L.: Plus ou moins, on a toutes sortes de livres en anglais, sur les molchings, les composts, on a essayé.Cette année si nos plants sont en retard, d'ailleurs, c'est à cause de ça, le paillis ça étouffe les graines, c'est bon pour les plants qui sont bien partis.on a rotoculté le jardin, on a mis 30 tonnes de fumier, on a semé nos graines en faisant bien attention de pas piler dessus, on a mis ça d'épais de paillis et ça pousse moins bien que l'année dernière.Il faut dire que les années ne se ressemble pas.On a essayé aussi les plantes complémenteaires, mais ça prenait trop de place, peut-être qu'on s'y prenait mal.St.L.: En fait, on a jamais cessé d'agrandir nos jardins.Cette année, on va arrêter, on va mettre des clôtures, et faire pousser des plantes vivaces des 23 recherches deux côtés de la clôture.L'année prochaine, une chose qu'on va expérimenter, c'est de mettre une allée de pierres tout le tour.La pierre absorbe la chaleur, ça réchauffe le sol.St.L.: En fait, on va essayer de produire de plus en plus dans le même espace.Notre jardin a quasiment deux acres, et on produit moins que le carré de la voisine.Ca sert à rien d'avoir 150 plants de tomates.Si t'en as 15, et si tu les aimes, si tu t'en occupes bien, ils vont donner autant que les 150.M.F.: Sur cette question des relations avec les plantes, justement, avez-vous expérimenté?St.L.: On aime ben gros nos plants de patates, vois-tu, c'est ce qui pousse le mieux dans notre jardin, on a le plus beau champs de patates.Je défie n'importe quel freak ici à St-Léandre de me montrer ses patates! Les patates, c'est ça qui a sauvé les canadiens-français, ça pousse bien, on y croit, mais si on avait la même conviction pour les tomates, peut-être que.St.L.: On a tendance à ne pas regarder du même oeil ce qui pousse moins bien.Nos patates nous ont jamais déçus! St.L.: Ce qui va nous sauver, pour le jardinage, c'est les couches chaudes.St.L.: On a deux chevaux, le fumier de cheval, ça chauffe, ça fait une couche thermique, on trippe sur la récupération des choses.On a donc décidé de construire une annexe à l'étable, pour conserver notre fumier.Un plancher de ciment, pis une belle grosse boite en bois par-dessus.Ensuite on a décidé de construire des serres, et un moment donné, on a eu le flash que toute la chaleur de ce fumier-là, ça a pas de sens, même si on fait une belle grosse cabane, toute en bois, toute cette chaleur, on la perd?On s'est dit "on va faire d'une pierre deux coups, protéger notre fumier, tout en faisant des couches chaudes".C'est à dire que notre cabane pour protéger le fumier va être en même temps une serre pour les couches chaudes, toute vitrée à la grandeur.St.L.: Vu qu'ici la saison est encore plus courte qu'ailleurs, on peut partir nos plans en avril, mai, peut-être même plus de bonne heure, dépendant des saisons.St.L.: Tous les gens à St-Léandre, ils en font des couches chaudes, mais des toutes petites, ils récupèrent pas la chaleur du tas de fumier.Il faut récupérer cette énergie-là.St.L.: Si c'est bien isolée, cette cabane-là, tu peux même faire des trappes, et en hiver renvoyer toute la chaleur à l'étable.Et avec les animaux, tu réalimentes continuellement ton tas de fumier.M.F.: Le cycle est parfait.Et pour garder les légumes, les méthodes de conservation, de séchage, tout ça, où est-ce que vous en êtes?St.L.: On conserve tous nos légumes pour l'hiver, les patates, les navets, les betteraves, les carottes, les choux, ça se conserve en cave.M.F.: Et les plantes médicinales?St.L.: On avait tout ça au début.On s'en servait jamais, excepté quelques affaires berî simples, qui donnent toujours des bons résultats, comme la camomille, celle qui pousse ici, ou celle qu'on peut a-voir par la co-op.En ville, on achète tout ça, mais un coup rendus ici, tes remèdes, tu les trouves en arrière de la maison.Toutes les ressources sont là.M.F.: Et les filles, comment elles aiment ça ici?St.L.: (Louise) On est bien.On est plusieurs aussi, avec pas mal d'enfants autour.Notre petit garçon va avoir 5 ans, il va aller à la maternelle cet automne.Si il y a 18 enfants, ils vont ouvrir une maternelle au village.Après, pour l'école, il y a un autobus qui passe les chercher.St.L.: On en a pas mal jasé de ça, l'école.Nous autres on vient de là, et on trouve qu'on a pas si mal réussi.On est pas en si mauvaise posture que ça.On est bien d'accord que le système d'éducation est fucké, y'a ben des affaires malsaines là-dedans.T'évolues pas autant que tu devrais, mais par contre, tous les enfants de son âge sont là, tsé, ce qu'il a besoin c'est d'être avec du monde de son âge.tripper a-vec, évoluer avec, pis quand y reviendra le soir, y nous racontera ça, nous on sera pas différents de ce qu'on est, y trippera avec nous autres le restant de la journée, il est assez intelligent pour faire la part des choses lui-même, nous on essaie de lui donner ce qu'on croit être le meilleur pour lui, c'est tout.St.L.: On a déjà parlé de faire une école libre.Mais y'a pas assez de monde.On est pas à Montréal ici.M.F.: De toute façon les écolas libres, même dans la région de Montréal, ça marche pas fort.St.L.: On a un ami, ses flos ont été à St.Ma'hias, y sont diables, ostie.St.L.: Moi, je trouve qu'y sont pas mal ouverts d'esprit pour des jeunes.St.L.: Dans les régions que vous avez visité, est-ce qu'il y en a des écoles libres?M.F.: Les gens qu'on a visités, ils ont surtout des bébés pour le moment.Le plus vieux a 5 ans.Ils savent que le problème va se poser pour eux bientôt et que leur vie ne sera plus la même.Les bébés c'est simple, ça vit n'importe où, s'ils ont pas de compagnons, c'est pas grave.Pour le moment leur vie est simple.St.L.: Y'a quand même un besoin d'avoir une vraie vie communautaire, pour qu'il n'y ait pas de déchirement entre l'école et les parents qui fait flopper les écoles libres.M.F.: Suffisamment de gens pour faire une micro-société complète, avec assez d'interactions pour que les enfants ne s'ennuient pas, pour qu'ils se développent aussi.St.L.: A Montréal, je restais avec une gang.On é-tait huit.Y'en avait deux trois qui enseignaient à l'école libre.Ca marchait paS mal fort dans ce temps là.Y'avait des enfants qui venaient à la maison des fois, ils étaient en train de monter un "Moog", un synthétiseur, ils étaient brillants! Tu pouvais jaser de n'importe quoi avec eux, ils te suivaient, mais y'avait quelque chose qui leur manquait ils avaient tout le temps été trop libres.M.F.: Ca leur créait une insécurité, une angoisse?St.L.: Ces enfants-là d'ailleurs demandent généralement à retourner à l'école traditionnelle à cause de ça.Ils sont brillants, autonomes.St.L.: Ce qui leur manque, c'est ce qu'ils voient autour d'eux, aussi, s'ils vivaient dans une micro société, ils auraient pas ce manque là peut-être?St.L.: C'est irréel ça.T'a pas le droit de faire ça aux enfants.T'as pas le droit de leur créer une micro-société, une société parallèle, parce que, chris, la société est là.Tu dois leur donner le choix.Je viens de là, moi, de cette société-là, pis j'ai pas le droit de les priver de ça.J'ai remarqué ça avec Gérard, qui a 50 ans, qui reste ici avec sa femme, pis toute sa famille, il parle des conflits de générations, il dit que les enfants il faut qu'ils soient opposés à leurs pè- « res.lui c'est un ancien communiste, dans le temps de Duplessis, un gars extraordinaire, il en a vécu des choses, il a tout le temps été un freak.chez-eux, on était libre, y'avait une immense bibliothèque, mais tu regardes les flos aujourd'hui, y veulent rien savoir des livres.Pourtant, tout le monde venait chez eux pour les livres, pour apprendre des choses.51 tu les mets dans une société parallèlle, aussitôt qu'ils vont avoir la chance ils vont se trouver une job, le gros char, pis tout le kit.Si tu les prives, ça va devenir une attraction, un besoin pour eux de vivre ça.Si tu les laisses dans la marde, jusqu'au cou, ostie, après ça ils ont le choix.Nous on a choisi! St.L.: Après qu'ils auront fait quelques années à l'école straight, il me semble qu'ils vont pouvoir choisir.M.F.: Est-ce que ça, vous l'appliquez à l'idée du village?St.L.: Nous, on pense pas à faire un village, parce qu'il est là, le village.La question, c'est d'avoir des bonnes relations avec tout le monde, de donner l'exemple, parce qu'une action, ça vaut mille paroles.Arrêter de jaser d'utopie.La vivre.Vivre comme on pense.Dans l'honnêteté! St.L.: Y'en a qui nous regardent passer avec le cheval, ça leur rappelle le bon vieux temps.Ils ont le coeur gros.Ils commencent à penser que c'est pas une si bonne affaire, où ils en sont rendus.M.F.: Mais les jeunes?St.L.: Y sont pas ici pour nous regarder! St.L.: Y travaillent tous à Port Cartier, Sept-lles, ils ont besoin de vivre le trip de la ville, tout ça, parce qu'ils en ont été privés, ça c'est immanquable, quand t'as pas vécu queque chose, tu peux pas être rassasié.St.L.: Moi personnellement, je trippe ben gros avec les vieux, parce qu'ils ont l'expérience de la vie, des connaissances, et tout le monde les refuse aujourd'hui.On s'en crisse de leur expérience: "Nous on a été à l'école etc." Y'a rien là.M.F.: Ils doivent être heureux de pouvoir vous la transmettre leur expérience?St.L.: Ouais, Y'en a qui ont de la misère à comprendre ça en ostie, par exemple.Mais y'en a qui veulent.Et là ils prennent ça au sérieux.St.L.: Apprivoiser, ça se fait pas du jour au lendemain.On a le temps.Pis à tous les jours qu'on vit on est heureux.On a nos freak-out des fois, la clôture que t'as pas faite, tout ça, mais entre nous autres, malgré toutes nos p'tites bibittes en dedans, on est heureux.Je connais pas d'autres pays qui sont capables de se payer ce qu'on fait là.On a des privilégiés.Ca nous écoeure un peu aussi, mais c'est pas nous qui avons voulu naître ici.St.L.: On est sous une bonne étoile ici, mais on est pas mal conscients de ce qui se passe autour de nous.C'est riche la Gaspésie, parce que c'est encore un peu sauvage.Y'a pas trop d'industries, parce qu'on considère que c'est pauvre.C'est pour ça que c'est riche! Y'a encore ben des fleurs sauvages, des arbres, de l'espace, on a tout ce qu'il faut pour vivre.Mais d'une manière artisanale.Tu peux te suffire à toi-même.La vie est dure, on a pas le climat de la vallée du Richelieu, mais on a la paix, et l'air et la terre sont pas empoisonnés.Les vieux nous regardent, parce que nous on arrive, on est jeunes, pis on veut faire revivre ça, comme eux l'ont fait.Ils veulent nous aider.Eux ils avaient pas le bien-être social.Ils se sont usés à»défricher, et quand ils voient leurs champs retourner en forêts, ça leur fait mal au coeur.Mais ils ont bien vécu sur leurs terres.Ils ont toujours réussi à vendre leurs légumes, leur lait, leur beurre, leurs céréales, on veut faire comme eux, ni plus ni moins.M.F.: L'hiver, qu'est-ce que vous faites?St.L.: On fait de la zizique.Y'en a qui vont travailler.C'est nécessaire, pour 4 ou 5 ans encore, si on veut faire notre indépendance! St.L.: C'est une question de minimiser nos besoins.Ben sûr, on a encore besoin de ça (la bière, les cigarettes), et du Bien-être , mais on se prépare, si on nous coupe ça, si quelque chose arrive, on va être prêts.Nous, l'argent du Bien-être, on l'investit.Quand le gars est venu nous voir, au printemps, on était en train de réparer une ruche, il y avait des animaux dans l'étable, il regardait ça,
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