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Titre :
Le Journal des enfants
Publié à partir de 1914, Le Journal des enfants est écrit pour les jeunes et demande aussi leurs contributions, qui y sont fréquemment diffusées. [...]

Le Journal des enfants est publié pendant deux ans, à partir de 1914, à l'initiative de Gustave Vekeman, écrivain et journaliste émigré de Belgique flamande qui a travaillé comme interprète à la station de quarantaine de La Grosse Île de 1906 jusqu'à sa mort en 1916.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en possède une série complète de 12 numéros publiés de mai 1914 à avril 1915.

Gustave Vekeman et son épouse, Clara Rousseau Vekeman, les deux principaux rédacteurs du journal, y ont écrit sous divers pseudonymes. Gustave Vekeman rédigeait aussi régulièrement des textes pour Le Courrier de Montmagny.

Ce journal, écrit pour les enfants, demande aussi leurs contributions, qui y sont fréquemment publiées. Ainsi, les enfants de plusieurs collèges, couvents et écoles de partout au Québec, du Manitoba et des États-Unis y collaborent avec enthousiasme. Le Journal des enfants est imprimé par Laflamme et Proulx, situé au 34, rue Garneau, à Québec.

En plus d'offrir une revue mensuelle des actualités nationale et internationale, Le Journal des enfants présente le calendrier mensuel des saints, de courts récits, des concours de dessin et d'écriture, des problèmes de mathématiques, etc. La revue présente aussi divers écrits soutenant l'observance de la morale chrétienne.

VEKEMAN MASSON, Jeannette, Grand-maman raconte La Grosse Île, Saint-Bruno-de-Montarville, Daillac, 1990, p. 123-124.

Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1914, mai (1ère année, no 1)-
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Calendrier

Texte de présentation du calendrier

Fichiers (8)

Références

Le Journal des enfants, 1914, Collections de BAnQ.

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1ère ANNEE QUEBEC, NOVEMBRE 1914 No 7 f Publication mensuelle ourna Rédigé en collaboration PRIX DE L'ABONNEMENT : CANADA, 50 cts PAR ANNEE ETRANGER, $1.00 l'our toute correspondance, s'adresser au " Journal de» Enfant» '* No 34, RUE GARNEAU, QUEBEC. AVIS L'abonnement peut commencer à toute époque de l'année.Il est payable « d'avance.» La direction doit être immédiatement prévenue de tout changement d'adresse, et, en le faisant, on doit indiquer clairement le nom du bureau de poste que l'on quitte.Ne pas envoyer de timbres-poste : le Gouvernement s'objecte à leur emploi comme mode de paiement.N.B.Les envois d'argent seront faits de préférence par bons et mandats de poste ou par chèque de banque.Si le chèque est fait payable à une banque des Etats-Unis, il faut ajouter 0.25 à la somme expédiée afin de couvrir les frais d'escompte.Nous conseillons fortement aux Institutrices de recueillir les abonnements et de les envoyer en mandats, ou bons de poste, ou lettre enregistrée.Toute correspondance doit être adressée, et tout chèque ou mandat doit être payable au "Journal des.Enfant»" 34, ru«* Garneau, P.Q. 1ère année QUEBEC, NOVEMBRE 1914 INo T LE JOURNAL DES ENFANTS Dessin exécuté par Mlle Cécilia Larivière, âgée de 14 aus, élève des Religieuses Ursulines, Ecole St-Philippe, Trois-Rivières. 2 LE JOURNAL DES ENFANTS ocxxxxxxxxxxxxxocxdoooooo NOVEMBRE t Mois des Morts les saints du mois î.—Fete de la Todsbaint.a.—Commémoration des Morts.3.—S.Hubert, évêque.4.—S.Charles Borromée, év.5.—Ste Bertille, vierge.6.—S.Léonard.7.—S.Willibrod, évoque.8.—S.Godefroi.9.—Dédicace de la Basil, du Sauveur.10.—S.André Avellin, conf.11.—S.Martin, évêque.12.—S.Martin, pape ; S.René.13.—S.Didace, conf.14.—S.Josaphat, martyr.15.—S.Eugène.16.—S.Stanislas Kostka, conf.17.—S.Grégoire le Thaumaturge.18.—Dédicace des Basil.deSS.Pierre et Paul.19.—Ste Elizabeth de Hongrie.20.—S.Félix de Valois, S.Octave.21.—Présentation de la Ste Vierge; S.Albert.22.—Ste Cécile, vierge et martyre.23.—S.Clément, pape et martyr.24.—S.Jean de la Croix.25.—Ste Catherine, vierge et martyre.26.—S.Sylvestre, abbé.27.—S.Léonard de Port Maurice, év.28.—S.Jacques de la Marche.29,—1er Dim.de l'Avent ; S.Saturnin.30.—S.André, apôtre.ooccocicoococooococoocooo Evangile selon S.flfcatbieu Bft n ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Lorsque vous priez, n'affectez point de I^NKll^f Juorsque vous priez, n'anectez point de parler beaucoup, comme font les païens ; car ils s'imaginent qu'à force de parler ils seront exaucés.Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous le lui dematidiez.Voici donc comment vous prierez: Notre Père, qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié; que votre règne arrive; que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel : donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal.Ainsi soit-il.—Car si vous pardonnez aux hommes leurs torts envers vous, votre Père céleste vous pardonnera aussi vos péchés.Mais si vous ne leur pardonnez point, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos péchés.Réflexion.—La seule chose à craindre ici-bas, c'est que nos péchés ne nous soient pas pardonnes.Si Dieu nous les pardonne, nous serons dans son amitié et dignes du royaume des cieux.Si nous sommes dignes du royaume des cieux, qu'avons-nous à craindre du reste ?—Voici un moyen sûr de savoir si nos péchés nous seront remis : c'est de remettre aux autres tout le mal qu'ils nous ont fait.Pratique.—Puisqu'il y va de mon intérêt et de mon salut éternel, je pardonnerai de grand cœur au prochain ses torts envers moi. LE JOURNAL DES ENFANTS 3 REVUE DU MOIS e prie ceux de mes lecteurs, jeunes ou vieux, qui conservent la collection de notre petit journal, de relire ma modeste revue du mois de juin.A cette époque, la terrible guerre qui bouleverse en ce moment une grande partie du monde, n'avait pas encore été déclarée, mais il y avait déjà de l'électricité dans l'air, et il devait suffire d'une simple étincelle pour causer une conflagration formidable.Ce n'était un secret que pour les aveugles et les sourds volontaires: l'Allemagne, préparée depuis longtemps, n'attendait qu'une occasion pour déclarer la guerre à la France, l'envahir et la conquérir.Un ami m'écrivit à ce propos: " Comme vous, je suis d'avis que l'empereur Guillaume pourrait compter, en cas de conflit avec la France, sur trois choses : une invention nouvelle quelconque, la discipline extraordinaire de ses millions de soldats et une nuée d'espions.Mais la France aussi est forte, et son armée actuelle vaut infiniment plus que celle de 1870." Je lui répondis : Oui, cela est indiscutable, l'armée française est belle, nombreuse et parfaitement aguerrie.Mais je plaindrais cependant la France, à laquelle je souhaite tout le bien possible, si elle devait en ce moment se mesurer avec l'Allemagne.Hélas ! nous l'avons, cette guerre à laquelle on s'attendait depuis si longtemps, et où en serait actuellement notre chère France sans la conduite héroïque de la petite Belgique et l'intervention efficace de ses valeureux et puissants alliés, l'Angleterre et la Russie ?Quand aurons-nous la paix?.Il suffit de lire les journaux soi-disant bien renseignés pour conclure que la guerre sera longue.Des deux côtés, on se prépare pour l'hivernement, et cela signifie naturellement que plusieurs mois, peut-être des années se passeront encore, que la mort continuera longtemps sa sanglante moisson, avant que celui qui est responsable de ces abominables hécatombes soit réduit à 1 impuissance." Car, on ne peut dire autrement, la guerre durera aussi longtemps que Guillaume demeurera debout, aussi longtemps qu'il aura une armée sous ses ordres.Dieu seul, mes chers enfants, peut changer tout cela, et c'est vers Lui que doivent se tourner nos regards et s'élever nos cœurs, comme nous le conseille Notre-Saint-Père le Pape Benoit XV après son illustre prédécesseur, comme nous y invite la lettre pastorale de NN.SS.les Archevêques de Québec, de Montréal et d'Ottawa, prescrivant des prières publiques.Sous ce rapport, le Président des Etats-Unis nous donne un bel exemple.Il a lancé, en effet, la proclamation officielle suivante, que nous nous faisons un devoir de reproduire : Considérant que les grandes nations du monde ont pris les armes les unes contre les autres et que la guerre a entraîné des millions d'hommes dans la lutte, malgré les efforts des hommes d'Etat qui n'ont pas pu éviter ce terrible sacrifice ; Considérant que dans cela, comme dans toute autre chose, nous avons le privilège et te devoir de demander les conseils et le secours du Dieu tout-puissant, en nous inclinant humblement devant Lui, en avouant notre faiblesse et notre absence de sagesse ; Considérant que c'est le vœu intime du peuple des Etats-Unis de servir la cause de la paix par ses prières, par ses conseils et par ses sentiments de concorde; Moi, Woodrow Wilson, président des Etats-Unis d'Amérique, désigne le dimanche, quatrième jour du mois d'octobre prochain, comme jour de prières et de supplications et demande à toutes lés personnes craignant Dieu de se réunir aux endroits ordinaires de leurs cultes pour adresser leurs prières au Tout-Puissant, afin que.dirigeant les hommes, redressant les torts et prenant en pitié les nations actuellement aux prises, Il rétablisse par la paix et fasse revivre cette concorde sans laquelle il n'y a ni bonheur, ni affection, ni travail effectif, ni pensée franche dans le monde.Je demande aussi qu'on prie Dieu qu'il nous pardonne nos péchés et notre ignorance dé sa Sainte Volonté, notre malice et nos erreurs et nous conduise par le chemin de l'obéissance à la sagesse, aux |>ensées et aux desseins qui nous purifient et nous rendent sages.En foi de quoi, j'appose ici ma signature et fais apposer le sceau des Etats-Unis, 4 LE JOURNAL DES ENFANTS Fait en la ville de Washington, le huitième jour de septembre de l'année io^èrne de Notre-Seigneur et de l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique la cent trente-neuvième.Par le président, Woodrow Wilson, William Jennings Bryan, Secrétaire d'Etat.Bravo ! M.le Président.Je regrette vivement que votre confrère de la République française n'ait pas cru bon de suivre votre excellent exemple, et se soit attiré la sévère leçon suivante, que lui administre le vaillant Pierre l'Ermite, de la " Croix " de Paris : "M.Poincarê, homme privé, ne me regarde pas.Mais le président de mon pays m'intéresse autrement."Et j'ai le droit de lui dire : "Dans toutes les villes, dans tous les villages de France, les églises regorgent de monde."SOYEZ AUSSI LE PRESIDENT DE CE MONDE-LA ! "C'est à l'église que la plupart de nos soldats, avant de partir, vont chercher la force du sacrifice suprême.Vous ouvririez leurs tuniques, vous verriez des médailles sur toutes les poitrines."SOYEZ LE PRESIDENT DE CES SOLDATS-LA ! "C'est à l'église que montent les vieux qui ne peuvent plus se battre.A l'église, que vont prier les épouses anxieuses.C'est dans l'église, au pied des autels, que viennent, comme des mortes, s'abattre les veuves et les mères désormais sans enfant." SOYEZ AUSSI LE PRESIDENT DE TOUS CES MALHEUREUX-LA ! " Vous comprenez.?Toute la famille française se réunit là!.Où voulez-vous qu'elle aille.?Elle a senti passer le vent de l'abîme et elle fait le geste de la race.celui de Clovis comme celui de Napoléon.Alors, vous, ne restez pas à la porte! "N'imitez pas le petit fonctionnaire qui a peur d'être dénoncé." Vous êtes le président!." Vous êtes à la France ! " Et la France est à genoux ! " Je n'ajouterai pas de commentaires à ces importants documents, et je m'abstiendrai surtout de faire de la politique dans ce petit journal spécialement destiné à la jeunesse.Je terminerai en conseillant encore à mes jeunes lecteurs et à leurs chers parents, maîtres et maîtresses, de recourir en ce pressant besoin au Grand Maître.Votre prière, chers Enfants, vos communions, la communion générale que vous demandent nos Archevêques peuvent faire pencher la balance de la justice divine du côté de la miséricorde et procurer au monde le bienfait de la paix.Michel.SCAPULAIRE ET GALONS Dans le numéro d'octobre, mes enfants, je vous ai donné des conseils.Aujourd'hui, je vais vous raconter une petite histoire que j'ai lue il y a assez longtemps.Je ne puis me rappeler le nom de l'auteur." Un grand paquebot de France entrait dans une rade d'Afrique, apportant de bonnes et belles choses d'Europe : du linge, des provisions et le souvenir des bons amis.— Un père missionnaire se rendit à l'arrivée du bateau, dans une grande pirogue, taillée dans un arbre.— Un Pahouin de la forêt l'accompagnait.— Un matelot s'approchant du jeune sauvage : Dis donc, moricaud, qu'est-ce que ce petit morceau de linge que tu portes sur ta peau ?— Monsieur, ça, c'est un scapulaire.— Ah ! c'est un scapulaire !.Et qu'est-ce que ça peut bien dire?—Et toi, reprend l'enfant, qu'est-ce que tu portes là sur ta manche ?—Ça, mon gros, ce sont mes galons.Bon, Galons pour toi, ça veut dire que tu es officier des matelots; Scapulaire pour moi, veut dire que je suis soldat de la Ste-Vierge.Pas plus." Le monsieur se tut, tout le monde riait, — mais comme c'était un homme loyal, il donna une pièce d'argent à l'enfant en disant : Tu es un lapin, et c'est toi qui as raison." Le Père Marie-Antoine. LE JOURNAL DES ENFANTS 5 PAGE DE CHEZ-NOUS CE QU'IL FAUT A NOS MORTS.NOUS COURONS TOUS A LA MORT.fS| st-il une seule de nos demeures 55l dont la mort ne soit venue, un jour ou l'autre, franchir le seuil en visiteuse importune ?Relisons cette page de Bossuet, tableau terrible, impressionnant, mais juste : " La vie humaine est semblable à un chemin, dont issue est un précipice affreux : on nous en avertit lès les premiers pas; triais la loi est prononcée : il faut marcher toujours.Je voudrais retourner sur nés pas : marche, marche.Un poids invincible, une i orce invincible nous entraîne; il faut sans cesse avancer vers le précipice.Mille traverses, mille peines nous fatiguent et nous inquiètent dans la route: encore si je pouvais éviter ce précipice affreux.Non, non, il faut marcher, il faut courir: telle est la Hipidité des années." On se console pourtant, parce que de temps en temps on rencontre des objets qui nous divertissent, tics eaux courantes, des fleurs qui passent.On voudrait s'arrêter : marche, marche.Et cependant on '•oit tomber derrière soi tout ce qu'on avait passé : fracas effroyable, inévitable ruine ! On se console farce qu'on emporte quelques fleurs cueillies en passant, qu'on voit se faner entre ses mains du matin au soir; quelques fruits qu'on perd en les goûtant." Toujours entraîné, on approche du gouffre af-ireux.Déjà tout commence à s'effacer : les jardins sont moins fleuris, les fleurs moins brillantes, les couleurs moins vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires; tout se ternit, tout s'efface.L'ombre de la mort se présente.On commence à sentir l'approche du gouffre fatal.Mais il faut aller sur le bord; encore un pas.Déjà l'horreur trouble les sens, lu tête tourne, les yeux s'égarent; il faut marcher.On voudrait retourner en arrière; plus de moyen; lout est tombé, tout est évanoui, tout est échappé." Le nombre des croix diminue Au cimetière.Mais alors, Pourquoi tant de fleurs, esprits forts, Entre les ifs, dans l'avenue?Qu'importe à ce qui fut un corps, Une demeure bien tenue?D'ailleurs, la pierre sera nue, Tôt ou tard, sur les pauvres morts.Chrétiens, pour nos tombes aimées, Mêlons aux gerbes embaumées Un espoir qui soit immortel.Demain, nos fleurs seront poussière.Seul, le parfum d'une prière Dure éternellement au ciel.Francois Coppée.QUELQUES APPRECIATIONS | '"Enseignement Primaire", dans son numéro de septembre, a bien voulu nous honorer et nous encourager de la note suivante : " Une nouvelle revue vient de paraître à Québec.Elle a pour titre " Le Journal des Enfants " et s'imprime au No.34, rue Garneau, Québec.Cette jolie revue est digne d'encouragement et nous la recommandons au personnel enseignant.Il y a certainement place pour une revue destinée à récréer et instruire les enfants; une petite îevue mise à la portée des enfants sera accueillie dans toutes les familles, et contribuera à répandre les saines idées sociales et religieuses." Le prix de l'abonnement est de 50 centins." Merci à l'éminent confrère dont nous nous efforçons d'être l'humble auxiliaire.Des Rvdes Srs de Ste-Anne, Couvent de St-Henri :—" Bon postal de $6.00 pour 12 abonnements à votre intéressant " Journal des Enfants " ; etc.Des Rvdes Srs de la Présentation de Marie, Couvent de Granby: — " Billet de $5.00 pour dix abonnements au " Journal des Enfants ", à dater de septembre 1914." (i LE JOURNAL DES ENFANTS Des Rvdes Srs des SS.Noms de J.et M.Couvent de Verchères: — " Chèque de $150 pour trois nouveaux abonnements.Nous apprécions votre revue et nous tenons à l'encourager chez nos élèves.L'idée excellente que vous avez eue d'offrir des concours aux enfants, en daignant mentionner leurs noms avec la note de leur travail dans votre journal, suffit pour leur en faire aimer la lecture, et les stimuler à composer et à dessiner.— Nous tâcherons de vous gagner encore de nouvelles abonnées." De la Rvde Sr Marie St-Edouard, Directrice.Académie Prince, St-Hyacinthe : — " Mandat-poste de $2.50 pour cinq abonnements à votre " Journal des Enfants ", de septembre 1914 à septembre 1915.— Je vous souhaite toujours nouveaux succès." Des Rvdes Srs de la Cong.N.-D., Ecole Ste-Hélène, Montréal : — " Veuillez nous inscrire pour un alxmnement à votre intéressant et si utile journal.— Le bienveillant intérêt que vous portez à l'enfance mérite nos félicitations et nos remerci-ments: veuillez les recevoir avec nos vœux ardents pour la diffusion de ce petit journal, destiné à faire tant de bien parmi notre chère jeunesse.1 Du Rév.V.P.Jutras, Ptre, Curé de la Baie du Febvre : — "Je suis heureux de vous envoyer 4 abonnements à l'intéressant " Journal des Enfants ".Votre œuvre n'est point banale, et je ne puis que vous en féliciter." De Melles Eug.et M.L.Lamontagne, Inst., Ste-Justine :— " Ayant apprécié l'an dernier, par quelques numéros spécimens, l'avantage de votre précieux journal, j'envoie nos souscriptions pour cette année.J'espère y trouver comme l'an dernier, des morceaux intéressants et instructifs, surtout en ce qui concerne renseignement anti-alcoolique." De Melle Alexina Lajeunesse, Inst., Ste-Doro-thée: — " Veuillez inscrire au nombre de vos abonnés les élèves de l'Ecole Ste-Dorothée, No.1, rang St-Jean-Baptiste.— Je dirige cette école depuis treize ans; quand j'aurai quelques petites lettres assez bien rédigées, je me ferai un plaisir de vous les faire parvenir, et je serai heureuse si je les vois figurer dans le petit journal, pour l'encouragement de mes élèves." Un charmant bambin, qui signe " Jean-Baptiste Boutin ", nous écrit ce qui suit :— " Monsieur le Directeur, " Depuis quelque temps, je voyais le " Journal des Enfants " entre les mains de mes camarades: je voulais, moi aussi, en posséder un, mais, avant de m'abonner, je le lisais souvent afin de m'assurer s'il était intéressant.II me plait beaucoup: aussi, aujourd'hui, avec mes petites economies, je viens vous demander un abonnement." Recevez, Monsieur le Directeur, l'expression de mes sentiments respectueux." Voilà un petit garçon bien prudent, qui n'aime pas faire les choses à la légère! C'est bien, cela! Vous avez vu, mon petit Thomas, et.vous avez cru : soyez fidèle, et que le petit Jésus des enfants vous réconi|>en.se du sacrifice généreux de vos petites épargnes ! Merci à tous et à toutes ! La DirivCTion.LE SIGNE DE CROIX DU PERE MICHEL Par une chaude journée de juillet, un bon cultivateur revenant du marché; fit halte dans l'auberge d'un village qui se trouvait sur la route, pour prendre quelque nourriture : comme c'était un vendredi, il demanda de la morue.A la même table que lui se trouvaient plusieurs jeunes gens de sa connaissance.L'honnête cultivateur ôte son chapeau, fait le signe de la croix et dit son bénédicité.Un de ces jeunes gens dont les principes n'étaient rien moins que chrétiens, s'écria avec ironie : — Eh ! que faites-vous donc là?père Michel, vous avez l'air de chasser les mouches.— Mon pauvre ami, répondit le bonhomme, vous avez bieji tort de vous moquer de ce que vous ne connaissez pas; sachez donc une bonne fois que si vous aviez mangé comme moi de la morue, chaque vendredi, et si vous aviez chassé les mouches comme moi, vous n'auriez pas gaspillé la fortune de votre père, fait verser tant de larmes à votre mère, ni compromis la dignité du nom que vous portez.A cette vigoureuse apostrophe, le jeune fat ne répondit mot; il s'en alla tout confus et honteux.Tous ceux qui étaient là dirent tout bas: Bien appliqué. LE JOURNAL DES ENFANTS 7 PAGE DE LA MERE LA PASSION DU LUXE a passion du luxe, c'est l'attache effrénée aux choses qui passent, c'est le cœur qui se donne à la matière et s'arrache aux choses de l'esprit et de Dieu.C'est la mort de l'esprit chrétien, de l'esprit de sacrifice.¦ La passion du luxe est un fléau de notre race ; les visiteurs d'outre-mer en sont tout ébahis : ils ne peuvent comprendre qu'un peuple jeune comme le nôtre, à peine à l'entrée de sa carrière, avec un immense domaine à exploiter, se laisse déjà corrompre par cette passion du luxe qui nous ronge comme un cancer.Jadis, au temps où les classes de la société étaient nettement distinctes, jamais le manant ne rêvait de vivre comme le bourgeois, ni le bourgeois comme le grand seigneur.Allez donc aujourd'hui, à l'issue des messes du dimanche, regarder les foules qui sortent de l'église à flots pressés: je vous défie de distinguer par la toilette la servante de sa maîtresse, l'ouvrière de la fille riche, l'employé de son patron.Entrez dans les demeures de notre classe moyenne, et parfois de notre classe ouvrière ; jamais vous ne pourrez reconnaître par l'ameublement que le père n'est qu'un médiocre commis qui ne gagne qu'un médiocre salaire.Prêcher contre le luxe, c'est travailler au bien-être et à la paix de nos familles, c'est combattre un fléau qui menace de ruiner notre jeune nation, c'est répondre à l'un des plus grands " besoins de l'heure présente ".Abbé Brosseau.LES DEUX BAPTEMES Une riche créole pria un jour Mgr de Cheverus, archevêque de Bordeaux, de baptiser lui-même son enfant nouveau-né.Ayant triomphé par ses ins- tances et ses larmes des répugnances du prélat, qui craignait d'offenser la susceptibilité de plusieurs en faisant pour quelques-uns ce qu'il ne pourrait faire pour tous, il arriva que, pendant que l'archevêque administrait le sacrement, il aperçut dans l'église une femme pauvre, accompagnée de parents pauvres, qui tenait entre ses bras un nouveau-né, attendant hum-.blement qu'on, voulût bien admettre celui-ci au baptême.Mgr de Cheverus, pensant alors au sentiment pénible que devait causer à cette femme le spectacle de tous les honneurs rendus à l'enfant riche, tandis qu'on ne semblait pas faire attention à l'autre enfant, se tourna vers ces pauvres gens et les invita à s'approcher : — Venez, mes amis, leur dit-il, je veux aussi moi-même faire ce baptême, et honorer votre enfant sans langes aussi bien que cet enfant surchargé de riches ornements.Et, quand tout fut fini, Monseigneur, prenant de là occasion de donner d'utiles leçons aux riches et aux pauvres qui étaient présents: — Ces deux enfants, leur dit-il, sont également grands devant Dieu, également honorables à sçs yeux, également chers à son cœur ; tous les deux sont destinés à la même gloire dans l'éternité, mais ils doivent y arriver par des voies différentes : le riche, par la charité qui console et soulage ses frères dans le besoin, le pauvre, par une vie humble, honnête ét laborieuse.Le ciel sera ouvert à celui qui souffre parce qu'il aura été patient, et à celui qui soulage parce qu'il aura été compatissant.La vertu de l'un sera d'être généreux, la vertu de l'autre, d'être reconnaissant, et il faut qu'ils commencent dès aujourd'hui à remplir leur destinée.L'enfant pauvre ne peut pas demander et son cœur ne connaît pas encore la reconnaissance : c'est moi qui serai son interprète et me chargerai d'être reconnaissant pour tout le bien que vous lui ferez ; l'enfant riche ne peut pas donner et son cœur ne connaît pas encore la générosité : c'est vous qui êtes ses représentants et devez vous charger d'être charitables et généreux pour lui.Cette aumône, faite en son nom, est la plus grande marque de tendresse que vous puissiez lui donner: elle sanctifiera son entrée dans la vie, et en fera bénir tout le cours par Dieu qui ne s'appelle pas en vain le Père des pauvres." 8 LE JOURNAL DES ENFANTS Et aussitôt, Monseigneur commença la quête pour l'enfant pauvre.Il n'y eut pas un seul des membres de cette nombreuse réunion de famille qui ne se sentit pressé de donner.La collecte fut abondante et le bon archevêque put faire des heureux.HuEn-Dubourg.(Vie du Cardinal de Cheverus.) PAGE DE L'ECOLE i 2 3 4 5 6, 7 8 ' 9 io.LES COMMANDEMENTS DE LA MENAGERE — Dans la maison n'enfermeras Tes enfants seuls aucunement.— Allumettes ne laisseras Traîner partout imprudemment.— D'un bon grillage entoureras Foyer qu'approche ton enfant.— Eau bouillante ne laisseras * Sur son chemin un seul moment.— Lampe à pétrole n'empliras Sans bien l'éteindre auparavant.— Jamais ton feu n'aviveras Par ce pétrole follement.— Ta citerne ne quitteras Sans la fermer soigneusement.— Dans le cuivre ne laisseras Refroidir aucun aliment.— Et dans le zinc ne placeras Fruits au vinaigre inconsciemment.— Poison, pilule enfermeras Pour éviter triste accident.AERATION DES APPARTEMENTS Un soin qu'il faut prendre, quelles que soient les intempéries, c'est d'aérer chaque jour, pendant une heure au moins, les diverses pièces de la maison, afin d'y1 faire entrer largement l'air, le soleil et la lumière.De toutes les fleurs, la fleur humaine est celle qui a le plus grand besoin de lumière.La lumière contient une sorte d'électricité qui vivifie le sang et tonifie les nerfs.PITIE POUR LES MORTS Es chers petits enfants, vous non plus, tout jeunes que vous êtes, n'oubliez pas les morts.Il est mille moyens de leur venir en aide: écoutez, par exemple, ce qu'avait trouvé pour eux le saint curé d'Ars."Il faisait dans son cœur trois parts de ses travaux, de ses aumônes, de ses souffrances et de ses larmes : la première pour ses péchés, la seconde pour les péchés des vivants, la troisième pour les péchés des morts.Il avait demandé à Dieu de souffrir le jour pour la conversion des pécheurs, et la nuit pour la délivrance des âmes du Purgatoire.Il disait d'elles : " Oh ! si l'on savait combien est grande la puissance des bonnes âmes du Purgatoire sur le cœur de Dieu, et si l'on connaissait bien toutes les grâces que nous pouvons obtenir par leur intercession, elles ne seraient pas tant oubliées ! Il faut bien prier pour elles, afin qu'elles prient pour nous! " "Notre temps, hélas! se fait d'étranges illusions sur la piété envers les morts.On croit satisfaire aux obligations du cœur par la pompe des funérailles, les amas de fleurs qui ornent le char funèbre, la richesse du mausolée qui abrite le cercueil, et on oublie le nécessaire, c'est-à-dire, les secours pressants que réclame l'âme de celui que nous pleurons.Revenons aux traditions chrétiennes, assurons à nos morts les seuls bienfaits qu'ils attendent de nous ;" offrons pour eux le Sang du Divin Rédempteur chaque fois qu'il nous est donné d'assister à la sainte messe; communions souvent à leur intention ; imposons-nous durant ce mois quelques prières spéciales.En ces temps affreux surtout, où la guerre fait un nombre incalculable de victimes et envoie tant d'âmes dans l'éternité, ne cessons pas, mes chers enfants, de prier pour les pauvres morts.Nous retrouverons cela un jour quand, à notre tour, nous aurons besoin de la charité des fidèles.Amicus. LE JOURNAL DES ENFANTS 9 FLEURS ET AMES Un beau petit enfant passait sous ma fenêtre, Près de l'humble parterre où les roses vont naître, Marchant avec lenteur sous son pesant fardeau; Il tenait dans ses bras un grand vase plein d'eau.— Où vas-tu donc ainsi porter cette eau limpide ?Il sourit, et, tournant vers moi, d'un air candide, Ses grands yeux que jamais ne voilèrent les pleurs: — C'est pour donner à boire aux fleurs.Mot charmant ! Sais-tu bien, petit ange sans ailes, Quel mystère sublime à mon cœur tu rappelles ?Un jour, le ciel s'ouvrait sur moi dans le saint lieu, Je reçus en tremblant le vase auguste où Dieu, Avec le sang divin met les divines flammes, Et je vais à des fleurs le porter comme toi.L'enfant, tout étonné, me répondit: — Pourquoi ?.— C'est pour donner à boire aux âmes.Max Nicoi,.QUERELLE DE VERBES Avec quelques, changements de peu d'importance, on peut facilement, de la " fantaisie " qui suit, faire une jolie petite pièce qui serait jouée avec succès dans les écoles.ans la classe abandonnée pour la récréation, le verbe Etre et le verbe Avoir se prirent un jour de querelle.Dressés sur les grammaires qui les élevaient au-dessus des autres verbes, appuyés sur tous les dictionnaires, armés de leurs règles redoutables, ils échangeaient des plaintes réciproques et se disputaient la priorité.Leurs malheurs communs les maintinrent d'abord en bonne harmonie.— Quel triste sort est le nôtre ! disait Etre ; en notre qualité de verbes, et des plus employés, peut-on être aussi maltraités, aussi estropiés et défigurés que nous le sommes journellement par ces méchants écoliers ?— Hélas ! à qui le dites-vous ?gémit Avoir ; nous ne sortons de leurs mains que méconnaissables.—Mon Dieu, repartit Etre, je conviens qu'avec vous il est difficile de s'accorder; voyez un peu tout ce que vous exigez de vos infortunés participes, et ce que devient l'accord avec vous qui ordonnez au complément de vous précéder comme un suisse précède une noce, sans quoi vous restez immuable devant le nombre aussi bien que devant le genre, ce qui, par parenthèse, est peu galant.Tandis que moi, n'ai-je pas l'humeur la plus accommodante?Je m'accorde avec le sujet, fût-ce le plus mauvais sujet; mes participes sont trop heureux, et, en vérité, je mériterais plus d'égards.—Ouais ! s'écria Avoir, et vos verbes pronominaux que vous accompagnez toujours, qu'en dites-vous?Trouvez-vous par hasard que l'accord y soit si facile ?— Eh ! parbleu ! c'est que vous y intervenez implicitement et que vous venez tout brouiller ; la question se pose par vous, et l'on ne saurait trouver d'humeur plus variable ! — Que parlez-vous de mon humeur et de mon caractère fantasque?répliqua Avoir; ne vous suis-je pas uni de toute éternité?Et votre passé peut-il se composer sans moi?Vous ai-je jamais refusé mon concours! Mais qu'attendre de ces jeunes barbares qui ne connaissent vraiment bien qu'un " temps " : celui de la récréation ; qu'une " personne " : la leur ; et qu'un "mode": le mode subversif, inventé par eux pour renverser toutes les règles.— Je soutiens, répliqua Etre, qu'on leur pardonnerait encore les fautes qu'ils commettent avec vous, qui ne venez qu'en second lieu, mais qu'ils sont sans excuses d'être incorrects avec moi.— Qu'entendez-vous par : en second lieu, je vous prie?réclama Avoir d'un ton acerbe.— Ne suis-je pas le premier, le principe même de tous les verbes?Le verbe substantif où tout autre puise sa substance et sa raison.sa raison d'Etre, enfin ! — Possible ! reprit Avoir supprimant le mot : " c'est ", qui rappelait son rival, possible! mais convenez que sans moi vous ne pourriez vous conjuguer.Vos " passés " ne vivent-ils pas de mes " présents "?Ingrat ! — Moi, je puis me considérer comme le premier des verbes puisque je n'ai besoin d'aucun autre que moi; je trouve ma propre substance en moi-même et ne fais pas d'emprunt." J'ai " ! cela suffit. 10 LE JOURNAL DES ENFANTS — " Je suis " ! cela dit tout, reprit Etre se redressant.Que dit la grammaire, je vous prie?" Il n'y a en réalité qu'un verbe : le verbe Etre, dont tous les autres ne sont que des attributs.Aimer, c'est être aimant ; avoir, c'est être ayant." — Permettez ! .— Laissez-moi achever, de grâce ! Que dit Shakespeare par la bouche d'Hamlet, en qui s'incarne le plus grand problème humain?"Etre ou ne pas Etre." — Que serait-ce qu'Avoir sans Etre?— Et qu'est-ce que l'être sans l'avoir ?s'écria celui-ci frappant sur sa poitrine qui rendit un son argentin: si vous êtes la vie, je suis ce qui l'entretient ! — Oh fi ! exclama Etre avec un accent méprisant, vous sortez de la grammaire, de ces arcanes sacrés où notre dignité devrait nous confiner, pour vous lancer dans des considérations qui vous abaissent, et des jeux de mots qui vous avilissent ; pouah ! Vous remplacez l'esprit par la matière, mon cher; vous êtes déjà assez à plaindre de ce que votre infinitif soit le terme et le but de toute âme vénale; quittez donc ce langage trivial, indigne de nous, de la grammaire.Un mot plaisant dans la grammaire! Ah! j'en rougis! il faut être au XXe siècle pour voir ce scandale.— Le XXe siècle m'apprécie plus que je ne l'ai été dans tous mes temps passés, dit Avoir, appuyant méchamment sur son mauvais jeu de mots, et il faut avoir un mérite bien évident pour être apprécié de ses contemporains.— Puisqu'on doit s'abaisser à un langage tel que le vôtre pour se faire comprendre, dit Etre impatienté, je répondrai que le but suprême de ce siècle, c'est hélas ! — et c'est encore moi sous cette forme — le Bien-" être " ! — Finissons ! cria Avoir tout écumant, vous m'avez insulté ; vous m'en rendrez raison ! — Raison ?riposta Etre avec un geste de mépris : nous sommes les fils de la Grammaire, nous n'avons rien à voir avec ce mot.— Vous m'entendez bien! reprit Avoir: ce débat ne mène à rien.Battons-nous, alors ; voici nos règles, nous n'avons pas le choix des armes.— Mais elles sont inégales, réclama Etre.Voyez comme les miennes sont courtes et simples, comme les vôtres sont longues, tortueuses, épineuses ! Je refuse.Je préfère en appeler au jugement de tous les verbes.Et.levant la règle d'un geste d'autorité, il fit surgir toute la troupe des verbes, qui allèrent se ranger près de chaque champion selon l'ordre prescrit par la grammaire: Les verbes passifs et pronominaux se groupèrent autour de l'auxiliaire Etre ; les verbes actifs près de l'auxiliaire Avoir: les verbes neutres se divisèrent et rejoignirent leur drapeau respectif.— Je crois, dit Etre comptant les bannières, que j'ai déjà la majorité?— Ne chantez pas victoire, dit Avoir: vous avez trois armées, je n'en ai que deux ; par contre, mes troupes sont actives, les vôtres ne sont que passives.— Eh bien! elles m'obéiront passivement, exclama Etre.— Elles me serviront activement, répliqua Avoir.Le verbe Raisonner sortit alors des rangs.11 prit la parole sur un ton modéré, pour calmer l'assistance, et proposa une issue pacifique à ce débat, qui menaçait de dégénérer en escarmouche sanglante.— Mes amis, conclut-il, je pourrais vous prouver, ixmr vous mettre d'accord, que le premier verbe, c'est moi.Qui donc fait de l'homme le roi de la création?La raison.Et c'est parce qu'il est une créature raisonnable qu'il domine le monde; mais précisément parce que je suis la raison même, je serai modéré; appelons-en au jugement des quatre chefs de conjugaison :" je les présiderai.Le deux adversaires firent un geste de consentement.Les verbes Aimer, Finir, Recevoir et Rendre s'avancèrent.Le verbe Aimer prit la parole : son regard était tendre, son geste caressant, sa voix persuasive.— Oh ! mes amis, que ce débat m'est douloureux, et que toute querelle est un spectacle désolant pour moi ! Aimez-vous les uns les autres, c'est la plus belle règle de la plus belle des grammaires: celle du cœur.Je pourrais, moi aussi, revendiquer la priorité sur tous.C'est en s'aimant que les générations se sont succédé.Croyez-moi, mes amis, croyez-moi comme étant à la fois, par mon origine et ma destinée, le plus vieux et le plus éternellement jeune.J'ai dit ! — Et son regard rayonnant embrassa toute l'assemblée.La parole était au verbe Finir, mais il fit un geste LE JOURNAL DES ENFANTS 11 de dénégation et dit qu'il désirait parler en dernier.Les verbes Recevoir et Rendre se présentèrent ensemble, prouvant à tour de rôle que la guerre était une sotte chose, où il n'y avait que des coups à "recevoir" et où le mot "se rendre" était mal "reçu".Ils furent un peu bavards, mais très polis, et se " rendirent " consciencieusement des hommages réciproquement " reçus ".— A moi donc ! dit le verbe Finir, s'avançant d'un pas fatigué, et promenant autour de lui son regard éteint.Je trouve que vous ergotez tous sur des mots.Mon camarade Aimer a prouvé qu'il était le premier mot de l'humanité; n'est-il pas démontré que j'en suis le dernier?Or, dans une discussion, et nous y sommes, avoir le dernier mot n'est-ce pas l'emporter sur tous les autres?Mais, je ne suis pas d'humeur folâtre; mon rôle n'est pas de plaisanter; car mon sort est triste.Redouté des heureux, je ne suis sollicité que par la souffrance, et dans tous les cas mes sujets sont affligés.Mais puisque, par respect des convenances et de l'étymologie, vous m'avez laissé parler le dernier, voici mon avis : En somme, de quoi s'agit-il ?D'établir la suprématie du verbe Etre ou du verbe Avoir?Eh! qu'importe! Je les trouve bien hautains, vraiment, et la vérité me parait ceci : c'est qu'ils auront beau dire, ils ne seront jamais, après tout, que nos auxiliaires! Cet avis ayant rallié l'immense majorité, on se sépara.Les deux champions, restés seuls, se regardèrent un instant en silence d'un air assez piteux, quand un bruit de pas et de voix emplit la salle encore vide.Les deux auxiliaires se rapprochèrent par un mouvement spontané, et, se serrant la main, dirent en regardant les écoliers qui entraient : '* Garde à nous ! voilà l'ennemi ! " Paul G ai.i her.HONNEUR AU TRAVAIL ! Le sujet du concours littéraire, cours modèle, pour1 le mois de septembre, était une lettre sur la rentrée en classe, avec illustration appropriée.Le prix a été gagné par Melle Delphine Deniers, âgée de 17 ans, élève des Rvdes Srs de Ste-Anne.Couvent de Ste- Geneviève, Co.Jacques-Cartier, P.Que.Nous donnons ci-après la remarquable composition de cette demoiselle.Immédiatement après viennent; avec la note d'excellence : Melles Gertrude Brien, Hélène Langlois, Gabrielle Mongeon, Adélina Vincent, Anna-Maria Racine, Léopoldine Vincent, Honorine GeofTrion, Yvonne Pelletier, Marguerite Massue, Aline Choquette, Marguerite Bussières, Alice Larose, Anna Petit, Thérèse Chagnon, Anna Allaire, Marie-Louise Archambault, Béatrice Charron, Thérèse Du pré et Charlotte Bussières, toutes élèves des Rvdes Srs des SS.Noms de J.et M., Couvent de Verchères, P.Que.Melles Cécilia Larivière, Gabrielle Beaumier et Nellie Dangerfield, élèves des Rvdes Srs Ursulines, Ecole St-Philippe, Trois-Rivières, Que.Melles Virginie Matte, Lucie Gauvin et Juliette Falardeau, élèves de l'Ecole modèle.Village d'An-cienne-Lorette.Melles Annette Gauthier et Armandine Vadnais.Ecole St-Joseph, Hochelaga.Melles Lina Allain et Lucienne Laplante, Couvent Ste-Famille, Tracadie, N.B.Melle Marie Bouchard, Couvent N.-D.du Bon-Conseil, St-Joseph d'Alma.Melle Blanche Jobin, Cap-Rouge, Que.Melle Philomène Bernier, St-Pierre, Montmagny.Viennent ensuite, avec la note " Bien ", largement gagnée : Melles Agnès Normand, Marguerite Legault, Juliette Rochon et Fleur-Ange Parent, Ecole St-Jean-Baptiste, Très-Saint-Rédempteur, Hull.Melle Marie Asselin, MM.Henri Nadeau, Albert Turenne, Télesphore Mandeville, Arthur Beaudry et Joseph Turenne, Ecole No.I, Ste-Mélanie de Jo-liette.Melles Marie-Stella et Evangeline Mayrand, Marie-Thérèse Arcand, Marie-Jeanne Masson et Gabrielle Blanchette, M.Philippe Mayrand, élèves de l'école No.5, Lachevrotière.Il est des limites qu'il ne faut pas dépasser, même quand la mode l'ordonne; une femme a toujours le droit d'en appeler des arrêts de la mode au tribunal de la décence. 12 LE JOURNAL DES ENFANTS LA RENTREE A L'ECOLE Ma chère amie, L'heure de la rentrée est sonnée.Je l'ai entendue comme un joyeux appel au travail.Après la liberté et le repos des vacances, j'ai perdu un peu de mon enthousiasme pour l'étude; cependant, je n'ai pas oublié que si le travail intellectuel a parfois des ennuis, il procure aussi la joie, donne l'élan vers le beau, le bon, et en appréciant ce qui est grand et bien, l'âme s'élève et la volonté s'affermit — on nous le dit dès les premiers jours—je le comprends; aussi, suis-je heureuse de revoir mes maîtresses qui m'ont fait l'accueil le plus bienveillant et mes compagnes qui dès lors partageront mes labeurs et mes succès — une noble ambition est permise ; elle est un stimulant au travail.œiltj Eëu mm fflEFjfflfflfiffl fflfflE3K]B3E3S3 fflffifflnfflfflffi cam La salle de classe a sa toilette de fête; tout semble nous sourire; les persiennes fermées depuis deux mois s'ouvrent toutes grandes pour laisser passage à une lumière abondante.Au-dessus de la belle Madone, les mots " Travail et vertu par Marie " dessinent une courbe gracieuse, délicatement nuancée; c'est une céleste invitation au devoir.Pour s'instruire, il faut peiner sur des livres et problèmes, mais je me rappellerai que le travail est la condition du succès."Labor improbus omnia vincit." J'étudierai en prévision de l'avenir, pour jouir de l'estime, être plus en mesure d'accomplir le bien, de faire face aux besoins de la vie, pour ma propre satisfaction, mais aussi, " Sursum corda " j'étudierai pour mieux connaître Dieu, le mieux aimer et le mieux servir.Ainsi, je sèmerai pour la terre et pour le ciel, et je récolterai ici-bas et là-haut les fruits que mon cœur espère.Marie s'offre à mes yeux comme le plus parfait modèle du travail selon le cœur de Dieu.Je la regarderai pour l'imiter; ainsi je réaliserai notre belle devise.Je t'invite bien cordialement à venir continuer tes études si bien commencées.Si tu primes en science, je serai la première en amitié pour toi.Ton amie de cœur, Delphine Deniers, 17 ans, élève des Rvdes Srs de Ste-Anne, Ste-Geneviève, Comté Jacques-Cartier, P.Q.COURS ELEMENTAIRE Le sujet était le même que pour le cours modèle, l'illustration en moins.Le gagnant est M.Louis-Philippe Fournier, de la catégorie des jeunes, élève du Pensionnat de Notre-Dame du Eon Conseil, Montmagny, P.Que.Nous reproduisons plus loin sa charmante petite lettre.Viennent également avec la note d'excellence : Melles Annette Bérubé, Victoria Marcil, et Lilliane H.Bail, M.Victor Berthiaume, élèves des Rvdes Srs de Ste-Anne de Ware, Mass.Melles Herminie et Rhéa Guèvremont et Fleur-Ange Desmamais, Ecole St-Jean-Baptiste, Très-Saint Rédempteur, Hull.Melles Rose-Alina Nourry, Marie-Laure Beaulac, Florette Proulx, Beatrix et Marie-Rose Duval, Eva-Rose Lauzière et Héléna Nourry, élèves de Melle H.Pellerin, Ecole No.1, Nicolet.Mlle Bernadette Bernier, Grosse-Ile, Co.Montmagny.Melle Rosée Marineau, St-Etienne des Grès.M.Léo Laliberté, Raith, Thunder Bay, Ont.M.Alzire Tardif, SS.Anges de Beauce. LE JOURNAL DES ENFANTS 13 Pensionnat Notre-Dame-du-Bon-Conseil, Montmagny, 6 septembre 1914.Bien cher ami, Je viens t'apprendre du nouveau, je suis entré pensionnaire, pas dans mon beau couvent du Cap St-Ignace, mais au pensionnat Notre-Dame-du-Bon-Conseil, à Montmagny.Nous sommes 31 pensionnaires.Je te dis qu'il y a de l'entrain aux récréations et au travail.On est bien décider à faire une bonne année, tout s'annonce pour cela.Il faut bien dédommager nos parents des sacrifices qu'ils font.Nous avons fait un concours et je suis arrivé le 3ième.J'étais bien content.En arrivant au pensionnat, j'ai trouvé le " Journal des Enfants " que j'aime tant, toi aussi j'espère?As-tu vu le morceau "le raisin de la Vierge " ?L'énergie du petit garçon nous a plus et nous avons essayé de faire pareil un beau samedi.Le soir, nous avions 122 actes de vertu à offrir à la Ste-Vierge.Bonjour, cher ami, bonne année! Bcn'-moi.je me ferai un plaisir de te répondre.Ton ami qui pense à toi, Louis-Philippe Founder.DESSIN Le prix du concours dé dessin, dont le sujet était : " Un Jardin Scolaire ", a été gagné par Melle Cécilia Larivière, âgée de 14 ans, élève des Religieuses Ur-sulines, Ecole St-Philippe, Trois-Rivières, Que.Melle Marie-Ange Hamel, de l'école du village d'Ancienne-Lorette, a disputé le prix à Melle Larivière, à qui le sort s'est montré favorable.Viennent ensuite, avec la note " Très-bien " :— Melle Bernadette Morissette, Ecole St-Joseph, Hochelaga.Melle Yvonne Gagné, Ecole modèle, village d'Ancienne-Lorette.Ont mérité la note " Bien " : — Melles M.-Louise Archambault, Aline Choquette, Anna Petit, Anna-Maria Racine, Adélina et Léopoldine Vincent, Marguerite Massue, Honorine Geoffrion, Charlotte Bus-sières et Yvonne Pelletier, élèves des Rvdes Srs des SS.Noms de J.et M., Couvent de Verchères, Que.Melle Marie Asselin, MM.Henri Nadeau, Albert et Joseph Turenne, Arthur Beaudry et Télesphore Mandeville, élèves de l'école No.1, Ste-Mélanie de Joliette.Melle Héléna Nourry, Ecole No.6, Nicolet.M.Dosithée Lacoursière, Maniwaki.Enfin, la note " Satisfaisant " a été appliquée aux travaux de : — Melles Agnès Normand, Juliette Rochon, Rhéa Guèvremont et Marguerite Legault, élèves de l'Ecole St-Jean-Baptiste, Très-Saint Rédempteur, Hull.Melles Evangeline, Marie-Stella et Aurore Mayrand, Marie-Thérèse Arcand, Gabrielle Blanchette, Marie-Jeanne Masson, Angelina Gariépy et Gabrielle Naud; MM.Philippe et Herménégilde Mayrand, Rosario et Joachim Trottier et Orner Naud, tous élèves de l'Ecole No.5, Lachevrotière.Par ordre du Comité Examinateur, Amicus, Secrétaire.La Direction du " Journal des Enfants " offre ses sincères félicitations aux heureux vainqueurs des concours.Elle remercie aussi de leur bonne volonté tous ceux qui y ont pris part.Parmi les concurrents, il y en a qui ont commencé avec le premier numéro et qui n'ont jamais manqué depuis.Leurs noms nous sont devenus familiers et nous les accueillons chaque mois avec le sourire de bienvenue qu'on a pour les vieux amis : un merci spécial à ces fidèles.Cette fois-ci encore, le Comité a mis de côté des lettres meilleures, pour favoriser et encourager des élèves plus jeunes; mais rien ne dit qu'il en sera toujours ainsi.Qu'on se souvienne que les concours sont divisés en trois catégories, dont chacune peut être récompensée à tour de rôle, selon la décision du Comité.Mon cher ami, Après les belles vacances où j'ai joué, où je me suis amusé, où j'ai fait un long et beau voyage dans l'Ouest, j'étais bien content de reprendre mes chers livres qui me paraissaient plus beaux et plus intéressants que d'habitude.Dès les premiers jours je me suis mis à étudier de tout cœur.J'ai reçu le " Journal des Enfants " et je prends part au premier concours de l'année.Je veux prendre tous les moyens 14 LE JOURNAL DES ENFANTS pour m'instruire afin de mieux faire mes devoirs de chrétien et de petit Canadien.Dis donc, mon ami, qu'on est heureux dans notre petite salle de classe où l'on travaille sous l'œil de notre maîtresse dévouée! Ton ami qui t'embrasse, Léo Laliberté, 9 ans, Raith, Thunder Bay, Ontario.MON RETOUR A L'ECOLE Grosse Ile, 9 septembre 1914.Mercredi dernier, alertes, courageux, les livres sous le 'bras, nous reprenions le chemin de l'école, aussi gaiement peut-être que lorsque nous entrions en vacances il y a deux mois.Si le temps des vacances est l'âge d'or de l'écolier, je puis dire que l'année scolaire est le temps de l'abondance.Sans doute il nous faudra piocher ferme, arracher à grand peine l'ivraie de l'ignorance et l'ortie des défauts de notre caractère, mais quel plaisir aussi de pouvoir se dire à la fin de l'année : je comprends, je sais, je deviens grande et sage.Et le bonheur de faire notre devoir, ne compte-t-il pour rien ?Si chaque semaine, à la vue d'un excellent bulletin de ma bonne conduite et de mon travail, je vois sourire mes bons parents, si je les entends me dire: nous sommes contents de toi, n'est-ce pas que j'aurai reçu la plus belle récompense que peut attendre l'enfant vraiment reconnaissant?Si je satisfais mon institutrice, si j'ai l'affection de mes compagnes par ma bienveillance et le bon exemple, n'est-ce pas là un plaisir qui vaut la peine d'en tenter l'effort?Pour moi, je veux travailler pendant l'année scolaire avec tout l'entrain que j'ai apporté aux plaisirs et aux amusements des vacances, et quand viendra la moisson, c'est alors que je pourrai dire : si le travail est amer, les fruits en sont doux.Bernadette Bernier, 11 ans.PETITES RECOMMANDATIONS Pour les nouveaux abonnés de la présente année scolaire.et pour ceux des anciens qui ne nous auraient pas compris, nous répéterons les deux avis suivants : N'écrivez que sur un côté du papier, dans vos concours littéraires.Ne dépassez jamais la mesure de 6 pes sur 5, dans vos concours de dessin.2 sur 2 est la dimension de la petite gravure qui doit illustrer les compositions du cours modèle: cela n'est pas le concours de dessin.Plus d'une fois déjà, nous avons soupçonné telle ou tel élève de nous avoir envoyé un travail qui n'était pas le sien : la main de la maîtresse s'y reconnaissait facilement.A moins d'exceptions très-rares, nous savons ce dont un enfant de 9, II, 13 ans est capable, et il est bien difficile de nous tromper sous ce rapport.Nous regrettons vivement d'avoir à.faire de pareilles observations : le sens de la justice manque évidemment à ceux qui se permettent ces choses-là.Heureusement qu'ils sont l'exception.Nous prions ces concurrents peu délicats de vouloir bien, à l'avenir, agir comme nous-mêmes, c'est-à-dire en conscience.La Direction.SUJETS DE CONCOURS pour novembre Dessin : — Un mausolée ou monument funèbre.Composition : — Les adieux d'un soldat canadien à sa famille, au moment de partir pour la guerre.Le sujet sera traité sous forme de lettre ou autrement, à votre choix.Les élèves du cours modèle devront, comme d'habitude, accompagner leur composition d'un petit dessin approprié, ce qui ne sera pas requis des élèves du cours élémentaire.En avant, les braves enfants! Abordez cela comme un petit soldat aborde un fort qu'il doit emporter d'assaut.Vos armes — la plume et le crayon — sont moins redoutables.Les lauriers de la victoire ne vous en attendent pas moins.Vivent l'étude, l'application et le travail qui procurent de si douces jouissances! Amicus. LE JOURNAL DES ENFANTS 15 L'ENTREE EN CLASSE Ecole St-Joseph.Hochclaga.Le 14 septembre 1914.Après avoir passé de belles vacances nous reprenons gaiement le chemin de l'école.C'est un véritable-plaisir pour nous de retrouver presque toutes nos anciennes maîtresses.Sur les treize maîtresses qui enseignaient à notre école, trois seulement sont changées.Nous gardons encore notre bonne directrice.Nous avons eu bien peur de la perdre car elle était si fatiguée au mois de juin.Nous remercions le bon Dieu aussi de nous avoir laissé notre chère petite maîtresse ; c'est même encore elle qui me fait la classe puisque je reste en quatrième année.Je suis contente, notre classe est toujours bien jolie avec ses cartes géographiques attachées avec une boucle de ruban jaune, les tableaux couvrent deux pans de la classe et sont toujours remplis d'utiles leçons.Dès le premier septembre au soir, nous avions des leçons à apprendre et des devoirs à faire tout comme en plein avril.Notre maîtresse aime cela commencer immédiatement et nous autres aussi.Tous les vendredis, de dix heures à onze heures et dix minutes, nous avons une séance de " Bon Parler Français ", voici ce que nous faisons : d'abord il y a cinq dignitaires et trente membres, les trente-élèves de notre classe.A l'élection on m'a nommée présidente du petit coiiunité, c'est un grand honneur.Les dignitaires portent de grands rubans tricolores, et tous les autres membres, un petit insigne tricolore aussi.La séance commence par l'offrande de notre action à Dieu, puis c'est un chant canadien que nous avons appris dans le cours de la semaine, ensuite une petite désignée d'avance vient nous faire une conférence sur un sujet choisi à la dernière séance.Tout le monde relève les phrases mal construites de la conférence, puis nous corrigeons tout haut les fautes de langage que nous avons entendues dans le cours de la semaine.Ensuite nous prenons nos places d'après le nombre de points de bon langage que nous avons.Notre maîtresse prend note de cela parce que celle qui a obtenu le plus de bons points clans l'année a un beau prix, un des plus beaux.C'est bien encourageant de bien parler.La secrétaire nous remet ensuite dix points : chaque fois qu'une de nous faisons une faute de langage, une compagne nous reprend, elle s'enrichit d'un bon point et nous nous appauvrissons d'autant.A la fin de la semaine, il arrive qu'il y en a qui n'ont plus rien et d'autres ont des boîtes toujours trop petites pour contenir leur trésor.Annette Gauthier, 11 ans, 60, rue Cuvillier.Mes chères amies, Septembre est arrivé, époque heureuse pour l'éco-lière studieuse, car elle sait retrouver sous les voûtes classiques des amies laissées au déclin d'une année écoulée, une institutrice dévouée surtout, et puiser dans les livres les trésors de la science.La cloche de notre école a carillonné gaîment, c'est le premier coup, 8'/* heures.Il y a dans ce carillon quelque chose de poétique qui semble redire comme au temps jadis, quand nos aieux entendaient la voix du patriotisme leur crier : "Dieu et la Patrie." Oh ! oui.allons, enfants, car c'est en passant le portail de l'école, c'est en pénétrant sous ces voûtes que nous deviendrons Personnes de Devoir.J'entre — Notre bonne maîtresse est à son poste.Penchée sur son bureau, elle ne me voit pas d'abord.Mais je suis si heureuse de la revoir, bien que ce ne soit pas la première fois depuis le commencement des vacances, je suis si contente, dis-je, que j'ose la déranger pour lui exprimer mon contentement et décharger le trop plein de mon cœur.¦ En classe — un cahier devant moi — j'y ai inscrit mon nom et prénom.Au bas de ma page je mettrai, — quoi donc ?La tête entre les mains je songe — plusieurs belles pensées se présentent à mon imagination.Tiens, en 16 LE JOURNAL DES ENFANTS voici une belle — je l'adopte : " Le Devoir avant tout." Elle est si belle ma devise—je l'aime.Oh ! si je pouvais faire resplendir aux yeux de tous les écoliers ces nobles mots sortis de la bouche d'un écrivain, au déclin du jour quand vient l'heure du repos, je m'endormirais en pensant à ma belle devise et dans mon sommeil j'y rêverais — je gage.Telles furent mes impressions le 2 septembre dernier, en ouvrant pour la première fois mes livres et mes cahiers.Me ferez-vous connaître les vôtres?Une amie, Virginie Matte, 12 ans.Ecole modèle, Village d'Ancienne-Lorette.St-Joseph d'Alma, 16 septembre 1914.Ma chère amie, J'aime tant ma classe et j'y vais avec un si grand plaisir, que je ne puis m'empêcher aujourd'hui de t'en faire la description.En entrant nous voyons un oratoire sur lequel est placée la statue de la Ste-Vierge, notre mère du ciel, entourée d'une couronne de fleurs, qui veille sur nous et nous garde sous sa protection.En face est le bureau de notre maîtresse, tant dévouée pour nous et qui, tout en nous enseignant les sciences profanes, forme notre esprit et notre cœur en dépensant pour cela sa santé et son savoir, que de reconnaissance ne lui devons-nous pas.A côté d'elle est le tableau noir où chaque élève rivalise à celle qui écrira et comptera le mieux, il nous est bien utile.L'horloge par son tic-tac monotone nous indique quand on doit commencer et finir notre journée et nous rappelle que nous avançons chaque jour, chaque instant vers l'éternité.J'allais oublier nos beaux pupitres qui renferment nos cahiers, nos livres et qui sont les témoins muets de nos travaux, de nos succès, de nos déceptions.Au mur sont accrochées les cartes géographiques sur lesquelles nous faisons de si rapides mais attrayants voyages.Enfin le poêle qui est notre meilleur ami pendant les jours froids de l'hiver.Tout révèle le bonheur que nous goûtons à l'étude, aussi combien nous l'aimons ce cher couvent.Viens donc passer une journée et tu verras comme il est agréable de s'instruire là.En attendant une réponse je suis, Ton amie affectueuse, Marie Bouchard, Elève du Couvent de Notre-Dame du Bon Conseil.Ecole No.5, Lachevrotière.Mon cher ami, Il me tarde de t'écrire pour te dire le plaisir que j'ai éprouvé à reprendre la classe.Une des choses qui me faisait souhaiter davantage l'étude est l'intérêt que je porte à profiter des leçons et concours.Au mois de juin, j'ai été très satisfait de voir mon nom inscrit avec une bonne note, n'est-ce pas que c'est un stimulant pour un enfant ambitieux?Durant les vacances, il n'est pas paru de concours, mais le No.de septembre nous présente bien le sujet qui m'intéresse en ce moment.La direction a sans doute prévu notre désir en choisissant pour titre " La rentrée en classe " je me suis dit : Je vais encore esseyer de le faire.Puissé-je remporter la palme! Je termine en te conseillant de prendre un abonnement afin d'y suivre tous les concours.Ton ami, Philippe Mayrand, 13 ans.— Je crois que les enfants ne sont pas si observateurs qu'autrefois, dit un commissaire d'écoles à la maîtresse d'une classe qu'il venait visiter.— Je n'avais pas remarqué cela, dit celle-ci.— Eh bien, je vais vous le prouver, répondit le commissaire, et se tournant vers la classe, il demanda : — Dictez-moi un nombre.— 37, dit une petite fille.Il écrivit 73 sur le tableau.Personne ne parla.— Un autre nombre, dit-il.— 57, dit une autre élève.Il écrivit 75 sur le tableau, et sourit, personne n'avait encore dit un mot.Pour la troisième fois, il demanda un autre nombre.Alors, un petit garçon, en colère, s'écria: " 77.Essayez-donc de le changer, celui-là ! " Pour l'achat d'un instrument de Musique PIANO, HARMONIUM ou GRAFONOL A la maison LEGARE vous favorisera de conditions spéciales et vous offre un choix des marques les plus célèbres.Machines à coudre Demandez nos prix et nos brochures illustrant nos machines WHITE — MODERN RAYMOND AMELIORE Les MEILLEURES machines à coudre connues.DEMANDEZ NOS CATALOGUES P.T.LEGARE Limitée 273-287, rue St-PAUL, QUEBEC LA CAISSE D'ECONOMIE DE NOTRE-DAME DE QUEBEC Bureau principal Haute-Ville, Québec, No 21, rue St-Jean SUCCURSALES A QUEBEC ST-ROCH, ootn des rues St-Joseph et du Pont.ST-SAUVEUR.No 801, pue St-Valier.ST-JEAN-BAPTISTE, No 479, rue St-Jean.BASSE-VILLE, No 53, rue St-Pierre.¦ LIMOILOU.Boulevard St-Charles.SUCCURSALES A LEVIS RUE COMMERCIALE No.103, (au bas de la côte).RUE EDEN, No.20, (sur la côte).SONT OUVERTES LES SAMEDISET LUNDISSOIR, de7a8.30 hrts, les succursales suivantes: ST-ROCh, ST-SAUVEUR, ST-JEAN-BAPTISTE, LIMOILOU et LEVIS RUE EDEN.Le Bureau Chef, Haute-Ville, ouvre aussi le samedi soir.BANOUESA DOMICILE Ne pas oublier que LA CAISSE D'ECONOMIE offre aux famille* d* petites BANQUES en métal que l'on garde cher soi et dans le-quclles les parents et enfants peuvent placer leurs petites économies qui sont ensuite, sur demande, entrees dans uu livret que la Caisse leur fournit et sur lesquelles il est payé un intérêt.COFFRETS DE SÛRETÉ COFFRETS DE SURETE à louer au BUREAU PRINCIPAL et à la SUCCURSALE DE ST-ROCH, pour la garde de debentures, documents importants, bijoux et autres valeurs.LA CAISSE D'ECONOMIE, en raison même de sa charte et de la nature de ses opérations, offre à ses déposants des garanties exceptionnelles.J.A.KIROUAC & Cie.34, rue de la FABRIQUE, QUEBEC.LIBRAIRES : IMPORTATEURS EN GROS Classiques, Papeterie, Objets de Piété, Jouets et Fantaisies etc., etc.J.E.LIVERNOIS Limitée Bureau: Rue St-JEAN, QUEBEC, CANAOA Entrepots: 43, 45, 47 et 49, rue Couillard IMPORTATEURS EN GROS Produits Chimiques, Remèdes brevetés.Parfums, etc.Abonnez=vous au Journal de* Enfant* La seule publication consacrée spécialement à l'enfance dans la province de Québec REÇU LE L'abbé Edmond Paré, directeur propriétaire.I$|M39r$E LÀFLAMME & PROULX, 34, RUE GARNEAU QUEBEC BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC
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