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Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
novembre 1932
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
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Références

L'abeille /, 1932, Collections de BAnQ.

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R- ANNÉE — N" 74 — Novembre 1932 — Abonnement, $ 0.75. L'ABEILLE parait tons les mois, juillet et août exceptés.SOMMAIKK Mot d'ordre: Histoire «le X.Année scolaire 1931-1932, p.99.— Miettes d'Evangile : Le bon Samaritain, p.102.— La .Maman du Saint Rosaire, p.100.— L'Enfance d'un Apôtre, p.111.— Un beau voyage, p.114.— Au service du Christ-Roi : La conversion de l'Angleterre par saint Augustin de Cantorbery, p.115.— Elude sur une image : Carlier plantant la croix ù (Jaspé, p.119.— Récits Canadiens: Une mission chez les Micmacs, p.121.— La petite Christine, p.120.— Le Petit Savoyard: La cachette, p.131.— Rires et sourires, p.138.— Les "spotters" stoppés, p.140.CLASSES "MODÈLES" Aux cinq élusses de l'école Ste-t'écllc (les Trols-Itlvlères) déjà signalées, neuf nouvelles tiennent s'ajouter; ce sont : 6 — Cannée, P.Gonzalve-Alhekt, Dolbeaw.7 — 7'et 8" année, P.Yves-Jean-Marie, Pointe-Claire.8 — 5* et 6' année, P.Ernest-Marie, " 9 — Cours, F.Jérôme, St-Ca#imir.10 — 7" et 8" année, F.Cyrille, Sle-Anne-tle-Bcllevue.11— Cannée, F.Lêonidas, " 12—5'année, F.Joël, " 13 — 8" année, F.Rernard-Victor, Ste-Croix.14 — V année, P.Camille, " Ceux qui aident "L'Abeille." Frère Hippolvte-Louis, 181 abonnements.—- Frère Frédéric-Marie, 02 ab.— M.Robert Savoie, 32 ub.— F.Marcellicn.29 ab.— F.Urbain-Marie, 19 ab.— F.Basile, 19 ab.— M.A.Nanlel, 19 ub.— F.Elphègc-I.ucicn, 14 ab.— Mme A.Lalravcrse, M ab.— M.Grégoire Farrell, 13 ab.— F.Jérôme, 11 ab.— F.Fortunat, 10 ab.— F.Léon-Pierre, 10 ab.— F.Lacombe, 10 ab.— F.Elzéar-Marie, 9 ab.— F.Desparrois, 9 ab.— F.David, 8 ab.— F.Jade-Marie, 8 ab.— F.Wilfrid-Joseph, 8 nb.— F.André-Marie.8 ab.— SS.de la Congrégation de Notre-Dame, Bureau des Etudes, 8 ab.— M.A.Blain, 8 nb.— F.Amand, 7 ab.— F.Marcel-Jean, 7 ab.— Madame Robert, 7 ab.— M.Maurice Lefebvre, 7 ab.— M.N.Lasalle, 0 ab.— Mme Zéphirin Gosselin, 5 ab.— F.Amator, 5 ab.— F.Filion, 5 ab.— M.L.Campcau, 5 ab.— M.G.I.alonde, 5 ab.(A suivre.) Signalez "L'Abeille" à vos amis. Un instrument efficace de succès Histoire de X.Année scolaire 1931-1932 (Suite) T,e matin dp la rentrée îles classes.— X.montes-tu duns la classe du Frère.R.T — Oui.— Alors, mon vieux, tu vas faire de l'examen particulier! — Que veux-tu direî — Tu verras.de l'examen particulier.— Mais qu'est-ce que c'estt.La cloche interrompit ce dialogue et, au milieu des préoccupations d'un premier jour de classe, X.oublia complètement la question que venait de soulever son camarade-Cette question revint inopinément pendant la retraite de.rentrée."Maintenant, mes amis, s'écria le Frère R.j'ai à mus proposer une pratique que je considère comme très importante pour votre persévérance ; c'est ce qu'on désigne par examen particulier." A cette déclaration, X.se ressouvint de l'allusion de.son ami et, vivement intéressé, il tendit I'oreUIe, et l'esprit, pour ne rien perdre des explications du professeur.Ce jour-là, à la sortie du soir, plusieurs élèves du Frère R.s'étaient groupés et, avant de rentrer chez eux, discouraient sur les événements du jour.X.avait été empoigné par 100 l'abeii.lk ta quetiwn, toute nouvelle pour lui, de l'examen particulier; il voulut connaître à ce sujet l'opinion de ses camarades : "Que pensez-vous, demanda-t-il, de cette pratique que.le cher Frère vient de nous recommanderf" "Ça a bien du bon .voix/ dit populairement Alphonse II."C'est une bonne, pratique! s'exclama Paul-Emile T.; mais, ajoutait-il in faisant un affreux anglicisme, "Il faillira toffer!" "Il est certain, continua Hector I).que le cher Frère veut faire de nous de vrais chrétiens." Là-dessus, chacun eut son mot à dire, pour louer le professeur, son accueil aimable, son dénouement, sa science professionnelle.L'un d'eux cependant risqua une critique, ("était un garçon à la langue bien affilée, mais de peu de télé, qui avail séjourné quelques mois dans une communauté religieuse et s'é tait fait congédier.Il n'avait pas mauvais esprit; seulement l'occasion s'offrait belle pour lut de se donner de l'importance et de satisfaire, sa ridicule vanité."L'examen particulier, pro-clama-t-il sur un ton dogmatique, je connais cela, moi; on le pratique dans les communautés; mais, à mon avis, ce n'est pas fait pour des gars comme nous." A ce verdict aussi hardi qu'inattendu, aucun membre du groupe n'osa objecter.Il doit bien savoir, lui, pensait-on, puis qu'il a l'expérience, di lu vie religieuse.X.fut piqué au vif.D'emblée, il avait été conquis par son nouveau maître, et il était stupéfait que ce prétentieux osiît publiquement contredire à son enseignement.Cepeitdant, comme il se sentait incapable de rétorquer avec succès, et que, d'ailleurs, il ne voulait provoquer aucune scène pendant la retraite, il garda le silence, tout en se promettant de.soumettre l'objection à plus habile que lui.1m difficulté était d'amorcer la question sans passu- pour un mouchard!.X.trouva une solution.Il y avait, dans la classe, un de ces "enfants terribles", qui ont le droit de tout dire sans froisser personne; c'est à lui que X.confia la délicate mission.Le lendemain matin, en attendant l'heure de la rentrée, le Frère R.se trouvait au milieu de ses disciples, écoutant leurs propos et provoquant leurs réflexions."Clin Frère, s'écria l'enfant terrible, allez vous encore nous parler de l'examen particulierT — Certainement, mon garçon, et plusieurs fois.— Mais, poursuivit le.jeune espiègle, sur un ton de plaisanterie, c'est bon pour les religieux, cet examen-là; ce n'est pas fait pour des gars comme nous!" l'abeille 101 On éclat de rire accueillit ces dernières paroles.Le Frère R.immédiatement comprit que l'ennemi avait semé de l'ivraie là où il venait, lui, de jeter le bon grain; cependant il garda son sang-froid.Mais le temps de monter de la cour de récréation à la classe, toute une nouvelle instruction sur l'examen particulier s'élabora dans son esprit.Avec autant de clarté qui Se force, il dénonça l'idée fausse et dangereuse qui voudrait réserver aux cloîtres la pratique sérieuse du christianisme."Il n'y a pas, s'êcria-t-il, deux sortes de piété, deux sortes de vertu, l'une pour le prêtre et le religieux, et l'autre pour le chrétien vivant au milieu du- siècle.C'est à tous, à vous, à moi, que Jésus-Christ a dit : Soyez, parfaits comme votre Père céleste est parfait.Je suis la vigne, et vous, vous êtes les branches.La même sainteté, la même vie divine doit exister dans vos âmes à vous et dans mon âme à moi."Sans doute, le religieux a plus de facilité, plus de temps pour prier; mais le chrétien ordinaire doit, autant que ses occupations le lui permettent, imiter les exercices du religieux : retraite annuelle, messe et sacrements, méditation, examen de conseil net, visite nu suint Sacrement, chapelet, lecture spirit mile."Vous ne voulez pas être simplement des chrétiens de surface, des pancartes de chrétiens, des sépulcres blanchis; vous ne voulez pas que votre christianisme se borne à la messe du dimanche, à l'assistance à quelques cérémonies; vous tenez très certainement à ce qu'il descende jusqu'au fond de votre cœur; penser le contraire, ce serait de ma part vous faire injure.Votre âme, comme celle du religieux, comme celle du prêtre, est faite pour porter en elle la sainte Trinité.Alors, mes amis, autant que le religieux — et même davantage, puisque vous êtes exposés à de plus grands dangers —¦ vous devez prier, vous devez veiller.On n'est pas chrétien si on ne lutte pas, et je vous propose dans l'examen particulier une arme pour vous défendre contre les attaques du démon et des passions." Progressivement, la voix du maître était montée au diapason des grandes convictions; ardente, prenante, lyrique, elle avait conquis tous ses auditeurs.A son premier moment libre, X.écrivit dans son calepin : J'aurai la victoire, je garderai le bon Dieu dans mon cœur, car je lutterai en utilisant l'arme qu'emploient les chrétiens les plus sérieux : I.'eXAMEN particulier.F.céle8tin-Auguste IETTEjS Le bon Samaritain (Parabole) j^Rn homme descendait de Jérusalem vers Jéricho, et il wVK tomba entre les mains des vnh urs qui le dépouillèrent, le.rouèrent de coups; après quoi, ils s'en allèrent, le laissant à demi mort sur le chemin."Or, il arriva qu'un prêtre descendait par la même route ; il vit le blessé et passa outre."De même un lévite, passant par là.le vit et continua son chemin."Mais un Samaritain en voyage passa à son tour près du blessé.En le voyant, il eut le cœur ému de pitié.Et, s'approchent, il banda ses plaies, après y avoir versé de l'huile et du vin.Puis, le mettant sur sa monture, il le conduisit dans une hôtellerie et prit soin de lui."Le lendemain, tirant de sa bourse deux deniers, il les donna à l'hôtelier, en disant : ' Voici de quoi prendre soin de lui, et tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le.rembourserai mai-même quand je repasserai.' " (Luc, X.80-85.) • • • A Jésus multipliant ses bienfaits, les Pharisiens, ingrats, haineux, n'adressaient que des insultes.Un jour, ils le traitèrent de "Samaritain".Il faut savoir que les Juifs professaient le plus profond mépris pour les habitants de Samaric : il était défendu de leur parler, défendu d'avoir aucun commerce avec eux : un Samaritain était moins estimé qu'un païen.On se rappelle cette exclamation étonnée de la femme au puits de Jacob, disant à Jésus : "Comment est-ce possible que vous, Juif, vous me demandicz à boire à moi, qui suis une Samaritaine!" »¦"»-1——i- EN ROUTE VERS I-'HÔTELLERIE LA PLUS PROCHE "Samaritain", Notre-Seigneur prciul à son compte ce mot qu'on lui adresse comme une insulte.Il semble prendre plaisir à dessiner les traits d'une parabole délicieuse, où il met en belle lumière la bonté courageuse, attentive, prévenante du Bon Samaritain.La vraie charité ne consiste pas plus en belles paroles qu'en effusions touchantes, ce qui ne serait pas une grande dépense : ce sont les actes qui comptent, il faut payer de sa personne et de sa bourse.Quelle utile leçon nous donne le Divin Maître ! La terre serait un séjour de bonheur si on la mettait en pratique. 104 Ij'aBEILIiE Le malheiin'iix voyageur attaque! par une bande de voleurs gît toujours inconscient sur le bord du chemin.Les passants le regardent, s'apitoient sur son sort, et .continuent leur route.Si le même malheur allait leur arriver ! Passe le Samaritain ; la vue du voyageur blessé et dévalisé devrait lui conseiller de ne pas s'attarder dans une zone si dangereuse.D'autres, n'écoutant qu'une égoïste prudence, mettraient au trot leur monture pour s'éloigner le plus vite possible d'une région mal famée.Lui n'y pense même pas.N'écoutant que son bon ciriir, il s'arrête, met pied à terre, sans songer au danger qu'il court.Les bandits sont peut-être en embuscade, guettant une nouvelle proie : comme il leur serait facile de se jeter sur le riche voyageur qui se présente à eux, avant qu'il ait le temps de remonter à cheval et de s'enfuir! Voyez-le se pencher sur le blessé, examiner soigneusement toutes ses blessures.Avec joie, il découvre un reste de vie : le cœur bat.encore, mais si faiblement! Tout espoir de sauver l'infortuné n'est pas perdu.Alors l'infirmier improvisé, heureux de la bonne action à faire, se met à l'œuvre sans tarder.Entr'ouvrant les dents serrées, il y verse un cordial qui ranime les forces du mourant.Une à une, il lave les blessures; il les bande après les avoir frottées d'huile et de vin, sacrifiant, ainsi sans hésiter ses provisions de route.Ses bons soins font sortir le blessé de son évanouissement ; les forces lui revenant, il pourra soutenir les fatigues d'un trajet vers la bourgade la plus proche.Avec mille précautions, le bon Samaritain hisse le blessé sur .sa monture.On marche a pas lents: le malheureux peut si difficilement se tenir en selle.Enfin, tard dans la nuit peut-être, le cortège arrive à une auberge : le voilà sauvé.Les bons services du sauveur sont ici plus que jamais nécessaires, car l'hôtelier ne semble pas accueillir avec enthousiasme ce malheureux, son compatriote pourtant : c'est un client qui réclamera des soins très longs, et il n'a rien de quoi payer, rien même qui puisse servir de gage.C'est encore le charitable étranger, le Samaritain méprisé, qui intervient pour tout régler.11 paye à l'avance •—¦ et il le fallait bien — la dépense probable.Si c'était plus, il ne fallait pas avoir peur : qu'on donne au malheureux tous les soins que réclame son état, jusqu'à ce qu'il puisse se tirer d'affaire lui-même; à son retour, il payerait jusqu'au dernier sou tout ce qui aura été dépensé pour son protégé. L'aueillE 103 Comme noun reconnaissons bien Noire-Seigneur clans la figure rayonnante de bonté du Samaritain si charitable! Combien imparfaite est pourtant cette image' présentée dans la belli! parabole : c'est plus que ses soins et quelques deniers (pie Jésus a donnés quand il a versé tout son sang en mourant pour nous sur la croix .Dans le récit de la parabole, nous cherchons en vain un mot de reconnaissance de la part du blessé si charitablement secouru, l'as une parole! Ça c'est nous autres, et Notre Sri gneur nous connaît bien : on fait beaucoup de prières et de neuvaincs pour obtenir des faveurs — surtout temporelles — combien pour remercier après avoir été exaucés" (jiuiml Jésus guérit dix lépreux, un seul, un Samaritain, revint sur ses pas pour le remercier : il en fut peiné et il ne put s'empêcher d'en faire la remarque.Dans le monde, il y aurait donc dix.pour cent de reconnaissance, c'est bien peu! Le plus sûr moyen de mériter de nouvelles faveurs de la part du bon Dieu, est de l'en remercier pour celles déjà obtenues.Cultivons la belle fleur de la reconnaissance; c'est une fleur divine qui a son plein épanouissement au ciel.L.R.LE DIVIN CONSOLATEUR !a Bonne Hèpc to LA MAMAN DU SAINT ROSAIRE es exploits des Pères Jésuites travaillant à la conversion des Hurons, Algonquins, Montagnais, Iroquois et autres, sont dans toutes les mémoires.Ils ont écrit une des plus belles pages de notre histoire : quels hommes que ces apôtres venus de la vieille France ! Ils n'étaient pas les seuls ouvriers évangéliques dans l'Amérique du Nord.Les fils de saint François, qu'on est sûr de retrouver partout où il y a des âmes à sauver, travaillaient ferme dans le Mexique, qui s'étendait alors jusqu'à San-Fran-cisco.Tls ont si bien réussi, que ce pays compte actuellement environ douze millions d'Indiens catholiques.L'Amérique du Sud offrait de son côté un magnifique champ d'apostolat.Les missions du Paraguay des Pères Jésuites — on les trouve partout eux aussi — sont restées célèbres dans l'histoire : les vertus des convertis retraçaient parfaitement la vie des premiers chrétiens.Les Dominicains rivalisèrent de zèle avec les Jésuites et les Franciscains.Ils établirent de florissanlcs missions sur le versant oriental îles Andes, dans le pays appelé maintenant l'Equateur.Protégées contre l'envahissement des blancs par la barrière presque infranchissable de leurs montagnes, de nombreuses tribus indiennes, bien peuplées erraient en liberté dans la forêt l'abeille 107 vierge, qui s'étendait jusqu'à l'Atlantique.Les fils de saint Dominique entreprirent de les gagner à Notre-Seigneur, et ils y réussirent au prix d'incroyables travaux.On connaît la dévotion de ces religieux pour la sainte Vierge; ils surent l'inspirer à leurs néophytes : les Indiens lui donnèrent un nom touchant : pour eux, c'était Maman du saint Rosaire.Pauvres enfants des bois, combien de fois n'éprouvèrent-ils pas les effets de la maternelle protection de la grande Reine du ciel ! Dans leur reconnaissance, ils ne pouvaient, certes, trouver un plus beau titre à lui donner.Appeler Dieu notre Père, Marie notre Mère, c'est épuiser en deux petits mots tout ce que le cœur peut éprouver d'amour et de reconnaissance.Le fait suivant montre quelle puissante protectrice la sainte Vierge fut quelquefois dans des circonstances tragiques pour ces Tndiens, qui l'honoraient et l'invoquaient avec une confiance filiale.• • • Parmi les nombreuses tribus indiennes qui peuplaient le pays qui forme maintenant l'Equateur, deux vont retenir notre attention : les Canélos et les Jivaros.Ceux-ci étaient de vrais démons, si méchants, que nos fameux Iroquois — dont le nom est pourtant synonyme de férocité — feraient figure d'agneaux auprès des terribles Jivaros! Heureusement que le remède était placé à côté du mal : les Canélos, tous chrétiens, formaient une tribu nombreuse et guerrière.Us correspondaient à nos Durons, mais à des Durons énergiques, entreprenants ; tellement bien que les Jivaros se donnaient bien garde de se mesurer avec eux.Ces braves Canélos faisaient donc office de garde-frontières : à l'abri de leur force, une dizaine de tribus chrétiennes, plus timides, vivaient en paix.Les Canélos victorieux faisaient régner la paix, à la faveur de laquelle, la religion pouvait étendre ses conquêtes.Il arrivait qu'un grand nombre de Canélos partaient pour des chasses ou des expéditions lointaines.Leurs terribles adversaires, toujours aux aguets, saisissaient cette occasion pour tomber sur les missions qu'ils savaient presque privées de défenseurs, car c'est alors seulement qu'ils réussissaient leur mauvais coup, pour déguerpir ensuite au plus vite.Un vieillard indien racontait en 1889, à un père Dominicain, un fait miraculeux dont il avait été témoin dans sa jeunesse."Un Père blanc était venu dans notre village donner une mission; c'est à peine s'il y avait deux cents guerriers de pré- 108 l'abeille sents dans cette bourgade.Voici ce qui arriva un matin, alors que le missionnaire disait la messe.Un des nôtres entre en coup de vent dans l'église : 'Hommes, s'éerie-t-il, je viens de voir les .livaros dans les environs.Leurs bandes gravissent la colline pour nous surprendre.Aux armes! aux armes!' "Tout le monde se lève en criant ; les quelques hommes déjà rassemblés saisissent leurs lances; les femmes et les enfants se répandent dans le village pour donner l'alarme et s'armer de la sarbacane."De son côte le capitaine pousse des cris terribles et convoque tous ses hommes pour la bataille.Ah, Père, tu n'as pas idée d'un pareil tumulte! Au moment où nous revenons sur la place, car c'est toujours là «pie se livre la bataille, quelques Jivaros y débouchent aussi : c'était l'avant-garde.Le gros de la troupe arrivait à fond de train, le sol tremblait sous leurs pieds."Vite les femmes et les enfants se renferment dans l'église avec le Père; nos guerriers se rangent sur trois lignes et garnissent tout un côté de la place, juste en face des Jivaros.(juant à moi, au lieu d'entrer dans l'église comme les enfants de mon âge, j'étais resté sous le vestibule avec ma mère, car mon père et deux de mes frères étaient parmi nos guerriers, et nous voulions être témoins du combat."Lorsque les ennemis nous virent en si petit nombre, ils se mirent à danser, à rire et à nous insulter.Les nôtres, en les voyant si nombreux, aussi nombreux que les fourmis quand ils envahissent une eabane, sont saisis d'épouvante et veulent prendre la fuite."Alors le capitaine entre en colère : 'Ecoutez, vous autres, crie-t-il, si quelqu'un essaye de fuir, je lui passe ma la"nce à travers le ventre! Non, ces chiens d'infidèles n'auront pas raison des chrétiens! .Enfant, s'écrie-t-il en s'adressant à moi, appelle vile le Père blanc! Dis au Père blanc de venir ici avec sa Vierge.Si nos hommes ne voient, la Vierge à leurs côtés, nous sommes perdus ! ' "Alors, je cours vers le Père : 'Père, sors vite avec ta Vierge, que nos hommes voient ta Vierge, sinon ils vont fuir sans combattre et Canélos est perdu! Ainsi l'a dit le capitaine.' "Le Père qui était en prière se lève aussitôt, prend la statue de la sainte Vierge dans ses bras, puis il me dit : 'Enfant, suis-moi, allons à l'ennemi!' "Ah, Père, c'était l'instant critique, le moment décisif ! Les Jivaros qui s'étaient divisés en trois bandes, allaient nous envelopper et nous égorger : l'une venait de front et garnissait l'abeille 10!l la place dans toute sa longueur; c'était la plus nombreuse ci la plus terrible.Les deux autres, se faufilant, l'une à droite, l'autre à gauche, allaient nous prendre en flanc et par derrière et rendre toute retraite impossible.Indien Jlvaros en riistnme de gala "Alors vite nos hommes se replient sur l'église à laquelle ils se trouvent adossés.Les femmes et les enfants se répandent autour de la palissade avec leurs pucunas, prêts à lancer une pluie de flèches empoisonnées. l'abeille "Cependant le Père blanc paraît et tous nos guerriers de 8'écrier : "— Ali! voici le Père, voici la Vierge du Père! Courage! courage! ces chiens d'infidèles ne nous vaincront pas! "Alors le Père éleva la statue de la sainte Vierge et fit avec elle le signe de la croix.Alors, que se passa-t-il?Que virent les Jivaros?On ne l'a jamais su.Les ennemis, saisis de terreur, jettent à terre lances et boucliers pour fuir plus vite; ils poussent des cris d'épouvante." 'Enfants, s'écrie le Père, la sainte Vierge vous les livre! En avant! en avant! que pas un seul ne repasse la rivière!' "Alors tout le monde se précipite, les hommes d'abord, puis les femmes et les enfants; nous tuons avec la lance, nous tuons avec les flèches : jamais on ne vit pareil carnage."Accompagnant toujours les fuyards pour être sûrs qu'ils rentrent chez eux, nous arrivons au fleuve.Une crue subite l'avait fait déborder; ses eaux grondaient comme le tonnerre, emportant arbres et rochers."Alors le désespoir s'empare des Jivaros; les uns tombent à genoux pour demander grâce ; les autres se jettent à l'eau pour traverser la rivière : 'Hommes, s'écrie le capitaine, pas de grâce! pas de grâce! Que pas un seul ne repasse la rivièreI' "Alors nous tuons, nous tuons, jusqu'à nous lasser et nous criblons de flèches ceux qui essayent de traverser la rivière."Ah! ce fut une grande bataille et une belle victoire! Nos anciens ne se rappelaient pas avoir jamais rien vu de semblable.Bien peu de Jivaros purent rejoindre leurs villages : ils nous laissèrent en paix pendant longtemps, aussi longtemps que leurs enfants ne furent pas assez robustes pour s'armer de la lance à leur tour et venger leurs pères."Quant à nous, nous ne perdîmes pas un seul enfant au village."En mémoire de l'heureuse délivrance, un rosaire de pépites d'or fut passé au cou de la statue miraculeuse.C'est nous, c'est la tribu tout entière qui fournit au Père l'or de la chaîne et des grains."Tout le monde sait cela dans la tribu, parce que les pères l'ont raconté à leurs enfants et à leurs petits-enfants; mais de tous ceux qui assistèrent à cette grande bataille, il ne reste plus que moi ! Dieu a voulu me conserver pour te conter ces choses : la grande victoire que nous donna en ce jour la Maman du Saint Rosaire." L.R. Les m petits Amis m $léf| L'ENFANCE D'UN APOTRE A I,'ECOI,E Hi: L'EPREITTE nfoNSiEUR de la Mennais habitait un splendide hôtel, rue IS St-Vincent.C'est là, dans le pavillon de la rue Stc-Kg Marbe, que Jean-Marie vint au monde et qu'il passa les années de son enfance.L'armateur très occupé aux affaires de son commerce, chargé en outre pour le gouvernement de la subdélégation de St-Malo, n'avait guère de loisirs pour s'occuper de l'éducation de ses enfants.L'organisation et les détails en furent laissés à Madame de la Mennais, femme pieuse et très accomplie.Elle avait glané dans ses lectures ce qui pourrait être utile à ses enfants, et s'était ainsi fait un plan d'éducation familiale.On trouvait chez elle une énergie rare, une imagination vive, du sentiment, le goût enthousiaste du beau et du pieux.Si en regard de ces dispositions, on place le goût hardi de l'entreprise, l'intelligence large, l'esprit d'indépendance, l'attachement à la terre natale qui caractériseraient les la Mennais, on voit que les enfants avaient de qui tenir.Tl est reconnu que les fils de marins bretons se montrent remuants et indociles.Qu'était-ce, au temps des corsaires, quand, dans les veillées d'hiver, les vieux loups de mer emplissaient l'imagination des jeunes du récit de courses aventureuses à la poursuite des cargaisons ennemies, de scènes d'abordage, de retours triomphais au port natal f La tâche de Madame de la Mennais n'était donc pas facile.Comment réussissait-elle à ealmer la turbulence de son petit monde t Quels procédés employait-elle T Un de ses fils nous a 112 l'abeille légué un souvenir de ses cinq ans.Il nous montre la maman, admirable musicienne, jouant du violon pour calmer ses petits lutins.Bien mieux, il la revoit récitant son chapelet, inculquant sans doute par ce moyen à la bande mutine, la dévotion à leur Mère du ciel.Seuls souvenirs qu'avait garden l'écrivain de celle qui lui avait donné le jour.Jean-Marie en avait conservé plus l'hotel des IJi mennais à st-maix» que ce souvenir poétique : la tendre dévotion envers Marie qui fut une des caractéristiques de sa vie spirituelle.Jean-Marie grandissait sous le regard maternel, heureux, content de vivre, ne se doutant pas que bientôt des croix pesantes allaient venir charger ses jeunes épaules.Il ne connaissait, de la souffrance, que certaines exigences paternelles.Monsieur de la Mennais avait le verbe haut, le ton tranchant et les violences passagères d'un capitaine de frégate.Tl fallait passer par ses volontés ou pâtir.Jean-Marie en fit l'expérience plusieurs fois au cours de son enfance.Il devait à un de ces caprices paternels l'habitude de priser qu'il déplorait tant plus tard, dans sa vie.Mais il ne faudrait pas conclure de ceci que Monsieur de la Mennais était dur pour ses enfants.Nous savons par l'histoire qu'il usa de beaucoup de pondération pour calmer le vieux capitaine Sureonf qui voulait faire interner son diablotin de fils.Le futur héros de la marine française dut h monsieur de la Mennais de ne pas commencer M carrier»?par un séjour dans une maison de correction.Otte l'abeille 113 modération, monsieur de lu Mennais l'employait pour ses propres enfants, et les bontés habituelles rachetaient les rudesses passagères.Jean-Marie atteignait sa septième année lorsqu'une croix bien lourde lui fut imposée par la Providence.Sa bonne mère fut prise d'une maladie de langueur qui l'emporta.Nous savons le vide que crée dans ces petites existences la disparition de la maman.Jean perdait une mère pieuse et dévouée; il l'aimait et il la pleura longtemps.Il garda jusqu'à sa mort son souvenir.Il fit mieux : jamais il n'oublia l'amour de Jésus, de Marie, et de la sainte Eglise que sa iiiamaii lui avait inculqué.Une autre croix très lourde pesait déjà sur lui, qui allait devenir plus pesante encore.Parmi ses frères, Jean aimait d'une affection spéciale Félicité, de deux ans plus jeune que lui.C'était un enfant maladif, joyeux ou triste à l'excès, volontaire et paresseux ; une de ces natures qui font le martyre de ceux qui s'intéressent à leur avenir.Jean payait cher le bonheur de se dévouer.Son protégé se sauvait souvent de la maison vers les remparts, ou sur la grève Ses fugues lui attiraient, des corrections sévères qui attristaient le cœur de son petit ami.Les deux enfants prenaient, ensemble des leçons, mais Félicité s'entêtait à ne rien vouloir savoir."Tu ne seras jamais qu'un âne." lui dit, un jour la gouvernante, "je renonce à t'apprendre à lire." — Bon, répliqua le mutin subitement transformé, j'apprendrai tout seul — Je le le défends bien, par exemple.— Raison de plus."' Et de dépit, le petit s'acharnait à déchiffrer les lettres et les syllabes.Ces scènes étaient pénibles pour le bon Jean qui lui aussi avait apporté en naissant un penchant à la colère, mais qui l'avait changé par sa pitié en une inaltérable douceur.L'idée lui vint île gagner son petit frère au bien.Pendant des mois, il s'astreignit au devoir pénible de répétiteur du petit récalcitrant, et il persista dans sa tâche malgré îles déboires qui en auraient découragé d'autres.L'enfant l'écoutait, un peu touché de sa sympathie, il essayait: mais, à la moindre difficulté, il s'emportait et déchirait une à une les pages de son syllabaire.Le petit professeur ne se découragea jamais, tant étaient grands son amour fraternel et son désir du bien.Cette constance, cette douceur, ce tact, sont vraiment admirables chez un enfant de son âge : il n'avait pas encore dix ans.Où donc avait-il puisé cette force?Dans son amour du bon Dieu. 114 l'abeille De bonne heure, Jean, formé à la piété par sa mère, avait ouvert son âme à un saint prêtre, Monsieur Engerran, et cet apôtre avait orienté vers Dieu l'Ame du petit.Cette influence, celle de la tante des Vaudrais, sa marraine, remplaçante de sa mère, de la gouvernante, la "bonne Villemain" avaient eu sur lui un très heureux résultat : Jean ne pensait qu'à faire le bien.La violente tempête de la Révolution qui allait fondre sur son pays nous révélera tout ee que ce bon petit cœur recelait de bonne volonté, de courage et d'énergie.(A suivre.) F.Cïprius-Céi.kstin Un beau voyage I.e petit Henri est un enfant bien sage.Chaque malin, quand il se lève, il se met à genoux au pied de son lit, il joint les mains, il ferme les yeux, et aussitôt voici qu'une petite voiture d'or est (levant lui.Un ange ouvre la portière, puis la referme.La voiture part, elle quitte la chumbre, traverse les rues où de petits enfants courent déjà pour jouer, pour aller à l'école.Ils regardent émerveillés et disent : "Mais qu'y a-t-il dans cette petite voilure d'or?" La voilure monte, monte, et les oiseaux qui chantent, et les fleurs des champs, se disent en la voyant : "Qu'y a-t-il dans cette voilure d'or?" Elle traverse les nuages, qui se posent la même question; mais les stores sont baissés.On ne snit pas qui est dedans.l'uis ce sont les étoiles du ciel, brillantes, mais pas aussi brillante» que celte voiture qui passe au milieu d'elles et qui les éclipse.Elles voudraient bien savoir qui se trouve dans cette voiture.La voiture arrive au paradis.Les anges s'écartent : Place à la petite voilure d'or! La Vierge Marie la reçoit, ouvre la portière, et les anges, les étoiles, les nuages, les fleurs, voient sortir .l'Ame du petit Henri.La voilà maintenant aux pieds du bon Dieu qui l'embrasse et In bénit.Le petit Henri est toujours agenouillé au pied de son lit; mais il n'y a que son corps; son Ame est là-haut, au ciel; Dieu la comble de caresses et de cadeaux, dont la voiture d'or est toute remplie.L'âme y rentre de nouveau et revient sur la terre.Henri se relève.Il a fini sa prière. **+++++++++++++++++ AU SERVICE DU CHRIST-ROI I.A (ONVKRSION Ut) I.'AMJI.KTKKKE PAR SAINT AlfilSTI>- 1IK l'ANTORBERÏ HK(i(niiK élu successeur de saint l'icrre avait devant lui raj line lâche surhumaine.L'Eglise était dans un état pitoyable : on ne voyait partout qu'hérésies, schismes, perséeulions, famines, qui, comme des vagues en furie, montaient à l'assaut du vaisseau de Pierre pour le submerger.Tant d
de

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