L'abeille /, 1 janvier 1937, septembre 1937
13» ANNÉE — Nu 123 — Septembre 1937 — Abonnement, S 0.75. L'ABEILLE Parait tons les mois, juillet et août exceptés.Elle a iii" nne bénédiction spéciale de S.S.Pie XI.Publiée avec l'autorisation de S.Exc.Mgr l'Euêque de Sl-Jean, et la permission des Supérieurs.Kli;M 'i M i! de I/ABEILXE : Frère AUGUSTE, Noviciat du Sacré-Cœur, I-oprairic, V.Q.SOMMAIRE La leçon du mois, p.1.— Pensées morales, p.6.— Nonnl, p.7.— Coin du Croisé, p.14.— Chœur parlé, p.15.— Croisés et Jécistes en avant, p.16.— Le savlez-vous, p.17 (salut, téléphone, etc.).— Les rêves du lapin, p.19.— Le concert dans la forêt, p.20.— Récréation littéraire, p.21.— Hugo Van Der Goes, p.22.— Pour dérider les fronts moroses, p.23.— Sublime leçon de franchise, p.26.— La mort du missionnaire, p.27.— Face aux lions, p.27.— Une orange qui convertit un nègre, p.28.— Dévouement filial de Pline le Jeune, p.29.— Un bon 111m.p.29.— Un autre généreux (Ils, p.30.— Un pâtre astronome, p.30.— Que suls-je, p.31.— Héroïsme chrétien, p.32.— Qu'est-ce que la mort, p.32.— Plaisir partagé, plaUlr doublé, p.33.— Concours, p.34.— Rébus, p.39, 41, 48.— Rires et Bourires, p.42.CONCOURS DE LECTURE FRANÇAISE Gagnante de la coape Année Frères 1ère Euyénien-Marie Gabrtel-Marie Stanislas-Alphonse Germain-François Candtdten-Marte Hermias % 88 2e 8e 4e 6e N 84 85 Ecoles Vekchèrbs St-Charles-Garnier Ste-Anne-de-Bellevue Vp.ncHÊnES St-Zotique GAGNANTS DU TROPHÉE Il'ËCUITl'BE nnée Frères % Ecoles 1ère Fernand 92 Buckingham Euyénlen-Marie 88 Verchères 2e Paul-de-Jésus 100 St-Piehre Claveu Gilles 94 Charlevoix 8e Stanislas-Alphonse 98 Ste-Anne-de-Bellevue Emery-Joseph 94 St-Zotique 4e Ho muai d 98.2 St-François-Xavikh Louis-Alphonse 92 Charlevoix Alméridc 92 Chambly "Je suis la Vigne, vous êtes les sarments (S.Jean, 15.5) NDKÉ el Charles étudient ensemble la question d'Evangile qu'on leur a posée.) Question.— Jésus-Christ est-il, pour la masse des écoliers, un être réel, bien vivant, bien agissant, plus Ç,."a,») P'oche d'eux qui' les camarades avec lesquels ils vivent, }/^ plus proche que leur meilleur ami, plus proche que leur pire et leur mère?— Sont-ils persuadés qu'ils dépendent ir de lui, pour leur vie de grace, comme la branche de l'ar- bre dépend du tronc?— Le considèrent-ils comme leur chef, et est-ce vers lui qu'ils se tournent, en toute circonstance, pour recevoir le mot d'ordre?Cn.vm.Es.— Saint Jean-Baptiste disait aux Juifs : "Il y a quelqu'un parmi vous que vous ne connaissez pas", et il désignait Jésus.On pourrait, je crois, en dire autant à la masse de nos camarades.ANnnÉ.— N'exagère pas; le Christ n'est pas un inconnu à notre école.Chaiii.es.— Non, je ne veux rien exagérer.Voici la situation telle que je la vois.Notre école est chrétienne et nous avons, pour la diriger, des maîtres chrétiens, c'est entendu.Mais là n'est pas toute la question.Il s'agit de savoir à quel point le christianisme entre dans la tête et dans le cœur des écoliers.Le Christ est-il pour eux un CHEF REEL ?Est-il, non pas un chef éloigné, mais 2 l'abeili,e ho chef qui se lienl à leurs calés?non pas un chef qui a vécu, mais qui vit?non pas un chef qui a parlé et agi autrefois, mais un chef qui parle et agit à travers les siècles?.Autrement dit : quelle influence ses enseignements et ses exemples ont-ils sur leur conduite?André.— Tu as raison.On peut fréquenter une école chrétienne sans se christianiser; ça se voit tous les jours.Charles.— Voici, pour ma pari, ce que j'ai observé.Il y a dans l'école une élite, un groupe d'élèves pour qui le Christ est vraiment la "voie" qu'ils s'efforcent de suivre, la "vérité" qu'ils travaillent à connaître, la "vie" dont ils veulent vivre; un groupe d'élèves qui aiment Jésus-Christ et qui sont résolus à le faire connaître et aimer autour d'eux.Pour ceux-là, le Christ est quelqu'un de bien VIVANT; c'est le Chef qui marche à leur tête et vers lequel ils se tournent pour en recevoir leurs mots d'ordre.Par ailleurs, eh bien, non! On ne connaît pus le Christ, ou on le connaît si peu.Beaucoup en ont une idée vague; ils le voient comme un être mystérieux, assis sur un trône de gloire au ciel, et qui punit les méchants et récompense les bons.Pratiquement, il tient une place minime dans leur vie.Tu le vois bien, André, la masse de nos camarades n'a qu'un vernis de christianisme.On ne cherche pas le Christ dans son Evangile; on n'a faim et soif ni de sa chair sacrée qui est, par excellence, la nourriture des âmes, ni de sa parole qui est "esprit et vie", ni de sa grâce qu'il faudrait sans cesse demander par la prière.On n'a pas souci d'imiter la vie du Christ, sa pureté, sa sainteté.On craint les reproches et tes punitions; mais quand on est loin des parents ou des maîtres, rien n'arrête plus, ni la déloyauté, ni le mensonge, ni la méchanceté, ni les propos malsains, ni tes lectures ou les fréquentations dangereuses.André.— La grosse difficulté, me semble-t-il, c'est qu'on ne voit pas Notre-Selgneur et qu'on ne peut pas lui parler comme on le fait à ses amis, à ses parents.Charles.— Si, on peut lui parler, lui être uni, mais d'une, toute autre manière : c'est la VIE DE LA FOI; vie très réelle, vie très grande.Il y a vraiment le regard de la foi, l'union intime par la foi, les conversations et les èpanchemenls dans la nuit de la foi.As-tu songé, André, aux avantages que présente cette vie?André.— Pour ma part, je n'y vois que des désavantages.Ah! si je pouvais voir Jésus et lui parler comme je te vois et te parle! Charles.— Tu serais bien attrapé! Si Jésus était parmi nous comme au temps de sa vie terrestre, nous ne pourrions le voir et lui parler que très rarement, peut-être jamais.Demande-le à Zachée l'abeille 3 qui fut obligé de grimper sur un arbre; demande-le a celle pauvre femme qui eut tant de peine à percer la foule pour toucher la frange de son habit.De plus, nous aurions à craindre les faux christs: comment savoir au juste que c'est bien lut, Jésus, et non pas un autre?La peur d"être trompés nous porterait, chaque fois, à lui demander des miracles .Bref, ce serait si difficile de rencontrer Jésus qu'on s'en désintéresserait et qu'on s'en tiendrait éloigné.Andre.— // faut que je sois bien étourdi pour n'g avoir pas songé! Tu me rappelles là un point de vue très consolant.Chari.es.— N'est-ce pas?.Et c'est la réalité, une splendide réalité.Tu vei.x parler à Jésus, tu n'as qu'à le rencontrer par la pensée et par le cœur.En un clin a"œil c'est fait, le Christ est là tout à loi comme si lu étais seul au monde.Pas une seconde d'attente; pus besoin non plus de le presser pour céder la place à un autre : il est vraiment TON CHRIST.Et cette rencontre de ton àme avec Jésus n'est pas une simple imagination, c'est un fait REEL.Jésus et ton àme.sont là ensemble, non pas à côté tun de l'autre comme, toi et moi en ce moment, mais à la manière des esprits, pour ainsi dire l'un dans l'autre : LUI EN TOI ET TOI EN LOI.André.— Eh bien! Charles, il faut l'avouer, la masse des élèvet ignorent en pratique celle vie de foi.Pour la plupart, la religion est un ensemble de prescriptions plus ou moins gênantes dont ils s'affranchissent le plus qu'ils peuvent.Que faut-il faire pour changer cette mentalité ?Charles.— Le moyen saute aux yeux, on ne cesse de nous le rappeler : c'est de faire connaître à nos camarades Jésus-Christ TEL QUE L'EVANGILE NOUS LE MONTRE.Andre.— C'est en plein cela : les habituer à METTRE LE CHRIST DANS LEUR VIE; autrement dit, à penser, à parler, à travailler, à s'amuser d'une manière vraiment EVANGELIQUE.Charles.— Nous voilà d'accord sur le principe; venons-en à la pratique.Que dirons-nous à nos camarades?André.— Nous leur dirons, sans ambages, que le Christ est VIVANT; qu'il est tout près d'eux: si près que Lui et eux ne font qu'un seul corps dont II est.Lui, la téle.et eux les membres, et que, par conséquent.Il leur est tout aussi Impossible de se passer de Lui qu'il est impossible aux membres du corps de se passer de la tile.Charles.— Nous leur dirons que la vie divine qu'ils ont reçue au baptême est une participation à la vie du Christ : "Je suis la vigne, vous êtes les sarments" (8.Jean, 15, 5).André.— Nous ne cesserons de leur répéter que, s'ils se si-parent du Christ par le péché mortel.Ils perdent leur vie divine et 4 l'abeille se rendent dignes de l'enfer : "Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse ces sarments, on les jellc au feu, et ils brûlent" (S.Jean, 15, 6).Charles.— Nous leur rappellerons souvent que."Nul ne peut semir deux maîtres" (S.Matth-, 6, 24), et qu'il faut de toute nécessité choisir entre le Christ et le plaisir coupable.André.— Nous leur ferons lire et relire dans l'Evangile ces paroles si claires : "Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage" (S.Jean, 6, 56.) "Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, el ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous-mêmes" (S.Jean, 6, 54).Chaules.— Nous leur montrerons que, i>our mener une vie chrétienne sérieuse, il faut tout d'abord CROIRE FERMEMENT Ml CHRIST, croire qu'il est VIVANT dans son Eglise, qu'il est PRESENT A CHAQUE AME el que, pourvu qu'elle y consente.Il LA REMPLIT DE SA GRACE ET DE SA VIE.A noué.— Comme c'est donc vrai! Un Dieu lointain, auquel on ne pense que rarement, d'une manière fugitive el superficielle, est sans influence sur nos vies.Le Christ est bien davantage : il est la têlc du corps dont je suis un membre; Il est le chef qui marche devant moi sur la roule du ciel.A Lui.cl non pas au monde, et non pas à mes mauvais penchants, de me donner des consignes.Charles.— Et vois donc comme celle VIE DANS LE CHRIST nous grandit! Je communie, non pas parce que les camarades le font, non pas parce que c'est une fêle et qu'on s'étonnerait autour de mol si je ne m'approchais pas de la sainte Table, mais parce que le corps du Christ est la nourriture de ma vie divine : "Voici le pain descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point" (S.Jean, 6, 60).Je baisse les geux en face de cette image obscène, je jette, au feu ce mauvais livre, je m'éloigne de celle compagnie dangereuse, car le Chrisl, mon Chef, est la pureté même et sa consigne, ù cet égard, est des plus énergiques: "Arrache cet œil.Coupe celte main .qui serait pour toi une occasion de chute" (S.Matin., 5, 29-30).Andre.— Eh bien, Charles, nous avons, je crois, sérieusement étudié la question posée.Qu'en penses-tu?Charles.— Je pense, comme toi, que c'est suffisant.Nous entendrons, dimanche, les réponses des autres.Continuons à prier el à nous renoncer pour que le Christ règne en nous el autour de nous.André.— Oui, prions et faisons des sacrifices pour rapprocher du Chrisl la masse de nos camarades.F.Céi.ESTiN-AuansTE Demandons à la Vierge de toute pureté de nous protéger dans tous nos combats. Groupe rte Jéclstes de l'école $t-CharIes-Garnler, en face du mmiimi-ut Dullard.Honneur il ces braves ! Pensées morales de septembre (A greffer sur le mol d'ordre ou 1rs histoires de "L'Abeille".) 1.— Il y a quelqu'un parmi vous que vous ne connaissez pas.2.— Jésus est notre Chef.3.— Jésus est la "vole" qu'il faut suivre.4.— Jésus est la "vérité" qu'il faut connaître.6.— Jésus est la "vie" dont nous voulons vivre.6.— Cherchons le Christ dans son Evangile.7.— Mettons le Christ dans toute notre vie.8.— Travaillons d'une manière évangélique.9.— "Je suis la Vigne, voub êtes les Barments." 10.— "Nul ne peut servir deux maîtres." 11.— Je crois que Jésus est vivant dans sou Eglise.12.— Je crois que Jésus est présent dans mon line.13.— Il faut que le Christ règne en nous et autour de nous.14.— Rapprochons du Christ la masse de nos camarades.15.— Saint Michel défendez-nous dans le combat, (p.14) 16.— C'est pour le grand Frère qu'on travaille, (p.16) 17.—Plaisir partagé, plaisir doublé.(Hlst.de la p.33) 18.— La franchise exige quelquefois des sacrifices.(Hist.p.26) 19.— Quel bonheur d'être missionnaire ! (Hist.p.27) 20.— La charité opère des miracles.(Hist.p.28) 21.— Père et mère tu honoreras.(Les deux hlst.de la p.29) 22.— L'amour Allai se prouve par des actes.(Hlst.p.30) 23.— Le travail opiniâtre opère des merveilles.(Hlst.p.31) 24.— SI ton ennemi a soif donne-lui à boire.(Hlst.p.32).Frère Auguste UNE FAMEUSE PÊCHE À LA TRUITE Chers petits lecteurs de "L'Abeille", transportons-nous par la pensée jusqu'au nord de l'Islande, dans la riche métairie IHodru-vellir.Notre héros, Nonnt, va nous [aire les honneurs de son foyer et de sa charmante pairie.'EST là que je vécus jusqu'à ma neuvième année avec mon frère aîné et mes sœurs dans la plus douce intimité.Sur la même ferme que nous, vivait encore une autre famille.Elle possédait ses bâtiments particuliers, ses salles spéciales et son propre mobilier.Cette famille bénie de Dieu comptait de nombreux enfants, petites et petits garçons enjoués, qui jetaient sur la grisaille de la vie journalière de gais rayons de soleil.A Modruvellir, je ne manquais donc pas ni d'amis, ni de camarades de jeu.L'un d'eux, cependant, le petit Tommy, plus jeune que moi de quelques années, était mon compagnon favori.Pas aussi déluré que je l'eusse souhaité parfois, il avait un cœur d'or qui rachetait bien des peccadilles et des maladresses.Souvent nous jouions dans la campagne qui se déroule bien loin au-delà des limites de la métairie : même nous chevauchions ensemble jusqu'au sommet de la colline boisée, au pied de laquelle Modruvellir repose.Il est bon de vous dire, chers amis, que tous les petits Islandais savent monter à cheval ; malgré notre jeune âge, dans nos sorties, nous galopions par monts et par vaux sur les pentes les plus abruptes, à travers les torrents les plus impétueux et sur les bords des plus profonds précipices. 8 i/abkiu.r Aimable et bon, Tommy l'était dans toute la force du terme; sa mère, cependant, lui laissait peu de liberté.Elle ne jugeait pas convenable qu'il restât longtemps inoccupé.Bien rarement elle lui accordait une couple d'heures pour ses loisirs enfantins.Un jour, après une sortie un peu plus longue que d'habitude, nous rentrâmes tard à la maison; il reçut alors de sa mère, en ma présence, une cruelle bastonnade.Emu de compassion pour mon petit ami et.comprenant que la promenade s'était prolongée outre mesure, je pleurai aussi fort que lui-même pendant toute la durée de son supplice.Déjà, j'avais l'intuition que la véritable amitié se manifeste surtout; â l'occasion du malheur d'autrui; d'ailleurs il fait si bon compatir aux .souffrances du prochain.A partir de ce jour, je goûtai davantage les longues excursions en montagne avec Tommy, tout en conservant le cuisant souvenir de la rude bastonnade qu'il avait reçue et que je ressens encore presque autant que lui-même.Tommy, croyez-le bien, devint très prudent; d'ailleurs, il aimait tant sa bonne mère, que pour rien au monde il n'aurait voulu lui causer le moindre déplaisir.Cependant, un jour, un incident tout à fait inattendu dérouta notre prévoyance et notre bon propos.C'était au milieu de l'été.Toute l'immense métairie sommeillait sous les ardeurs d'un brûlant soleil.Les innombrables fleurs sauvages de la prairie semblaient sourire à l'astre du jour.Toutes leurs couleurs se mariaient dans un harmonieux ensemble.Les unes étaient rutilantes comme l'or pur, ou flamboyantes comme un brasier, ou chatoyantes comme le rubis; les autres reproduisaient l'azur du ciel ou la blancheur éblouissante de la neige des montagnes.On a tort de croire qu'une imagination d'enfant est insensible à de si beaux spectacles.Je ne pus résister à une telle fête des yeux.Il me fallut sortir pour admirer et goûter cette magnificence; mais il ne convient pas de jouir seul de son bonheur.Je courus à la demeure de Tommy et du dehors je lui criai de toute la force de mes poumons : — Tommy ! Tommy I Bientôt une gentille frimousse aux yeux vifs et brillants, aux joues rebondies et vermeilles, s'encadra dans une des fenêtres du premier étage.C'était Tommy. l'abeille 9 Dès qu'il m'aperçut, il ferma la fenêtre, descendit quatre à quatre les marches de l'escalier et vint, tout essoufflé, me rejoindre.— Bonjour, Nonni.As-tu quelque projet en vue! — Je désirais seulement jouer avec toi, Tommy.— A tes ordres, Nonni.Mais où irons-nous?— Là-bas, dans la prairie.Il fait si beau aujourd'hui! — Bien ! Je reviens à l'instant.Deux minutes plus tard la porte s'ouvrait et derrière moi mon ami gambadait de joie.Mais la prudence est bonrie conseillère.— As-tu demandé permission à ta mère, Tommy?— Oui, Nonni.— Combien de temps peux-tu t'amuser avec moi?— Aussi longtemps que le soleil éclairera le milieu de la vallée du fleuve Horga.— Oh! alors, nous pouvons nous amuser et folâtrer à plaisir.Nous courûmes à la prairie qui m'avail si fortement attiré et nous commençâmes une joyeuse partie.A peine avions-nous joué quelques instants, que nous entendîmes vers le sud, une vigoureuse galopade.— Qu'est-ce que cela peut bien être?s'écria mon compagnon, tandis que lestement il escaladait un petit rocher émergeant de la verdure.Ensemble nous nous dirigeâmes vers le point d'où provenait le galop.Bientôt nous découvrîmes sur la route d'Akurenri à Modru-vellir un épais nuage de poussière grise s'avançant vers nous.— Regarde donc, Nonni! Voici venir des cavaliers; combien sont-ils?— O'est bien difficile de les compter, répondis-je, enveloppés qu'ils sont par le nuage.Je crois qu'ils peuvent être sept ou huit.— Oui, ils sont nombreux.— Mais regarde encore une fois; cela reluit et étincelle à l'avant du nuage.On dirait des épées et des lances ou des casques et des fusils.— Non, Nonni, ce n'est pas cela.Ne seraient-ce pas plutôt les plaques de cuivre des harnais?Elles reluisent ainsi quand le soleil les éclaire.Nous regardâmes encore un moment et nous dévorâmes des yeux les cavaliers inconnus. Kl l'abeille Bientôt ils furent sur nous et brusquement ils arrêtèrent leurs montures.Alors le nuage de poussière se dissipa et distinctement nous vîmes six cavaliers qui se dirigeaient, solennels, de notre côté.Tout de suite nous renconnûmes l'un d'eux : c'était le bailli Pierre Hafstein.Des rubans multicolores, des aiguillettes et des boutons dorés ornaient agréablement son costume noir ainsi que sa coiffure.Un personnage à l'aspect imposant l'escortait.Son habit était de couleur sombre et son chapeau d'un brun foncé.Ce devait être un homme de qualité, car le bailli lui cédait la droite.— Qui peut-il être! me souffla Tommy.— Je ne sais, mais sûrement ce n 'est pas un Islandais.- Alors c'est un Danois ou un Anglais", répondit Tommy."Oui, qui saitt" continua-t-il, "c'est peut-être un Français".— Pourquoi ne serait-ce pas un Allemand T" remarquai-je."L'an passé il vint ici un fameux professeur : c'était Conrad Maurer.Il demeura chez le bailli.Plusieurs fois mon père m'en a parlé.Qui saitf Peut-être est-il revenu t — Peut-être! Point de possibilité pour le moment d'en savoir plus long sur ce personnage.Quant aux autres, nous les connaissions tous : ils appartenaient à la meilleure société de la ville d'Akurenri.Pendant ce temps, les cavaliers chevauchaient devant nous, en se dirigeant, vers la villa Balmoral où vivait le bailli Hafstein.Là, ils mirent pied à terre et le bailli leur fit les honneurs de son habitation.Tommy et moi courûmes h la maison pour informer nos parents de l'arrivée de l'inconnu.Quand j'eus donné le signalement du voyageur, mon père dit : — Cet homme est certainement un notable étranger débarqué à Akurenri par le dernier bateau danois; le bailli en aura fait son hôte.Tandis que la conversation roulait sur cette visite imprévue, ili's ,-oups retentirent an dehors.— Entrez!" dit ma mère.La porte s'ouvrit aussitôt et l'une des servantes du bailli pénétra dans la salle.Elle salua très haut en grande hâte et s'adressant à ma mère : L'AUKJ UJi n — Ma maîtresse désire savoir si vous n'auriez pas quelques truites fraîches, ou si l'on peut s'en procurer dans l'une des familles du voisinage.Un fameux professeur anglais vient de nous arriver.Dans une couple d'heures aura lieu le dîner et le bailli souhaiterait des truites fraîches comme premier service.— Cela m'afflige beaucoup, répondit ma mère, mais présentement, autant que je sache, nulle part dans la métairie vous ne pourrez en trouver.— Mais, maman, avançai-je hardiment, je courrai en prendre quelques-unes.Tous me fixèrent, demi-surpris, demi-incrédules.Ma mère reprit : — Et où veux-tu en prendre, mon enfant f — Je vole au fleuve Hnrga où elles foisonnent.J"en pêche trois ou quatre que je rapporte prestement à la maison.— Tu ne le peux, Nonni, répliqua ma mère; tu es bien trop petit et tu n'as jamais capturé de truites.Sûrement tu ne pourras réussir.Comme il s'agissait pour moi d'une question d'honneur, je n'hésitai pas il défendre ma cause.M'en blâmerez-vous jeunes lecteurs de "L'Abeille" î — Tout de même, maman, je réussirai certainement à en prendre quelques-unes.D'ailleurs Tommy m'accompagnera.Il m'aidera.— Tommy est encore plus petit que toi.Tu n'as pas encore neuf ans et tu veux pêcher des truites! Sois donc raisonnable, Nonni.Encore une fois tu ne pourras réussir.Alors d'un ton très câlin — ton qu'il faut toujours prendre pour gagner le cœur des mamans — je m'exprimai ainsi : — Oh ! maman, je sais très bien comment les pêcher.J'irai .vous le permettezt Ma mère et sa servante s'esclaffèrent à la vue de ma juvénile ardeur, mais semblèrent refuser ma demande : ce qui m'humilia fort dans mon honneur.A neuf ans, n'est-il pas vrai, on a déjà son ambition, ses petites idées personnelles.T'essayai donc une autre tactique.Je savais qu'en ce moment peu d'adultes pouvaient pêcher pour le bailli.Tous faisaient les foins dans l'immense prairie.Je restais debout sans rien obtenir.Il me fallait recourir à Tommy.Ma mère n'y mettrait aucune opposition.J'en étais certain.Km disant : "Maman, vous verrez, je reviendrai bientôt avec de la truite", je courus hors de la salle. 12 l'abeille Comme je sortais, je retrouvai mon petit ami dans le parterre devant la maison.— Nonni ! cria-t-il, quand je parus sur le seuil, maintenant allons-nous continuer notre partie?— Non, Tommy.J'ai quelque chose de beaucoup plus intéressant il te proposer.— Et quoi donc, Nonni ?— Je vais pêcher des truites.— Pêcher des truites î — Oui et tu viendras avec moi.— Penses-tu que je puisse t'aider t — Certainement.— Je n'ai jamais encore pris de truite.— Ça ne fait rien, moi je sais 1res bien comment on les pêche.— Oh! alors je t'accompagne.Après une petite pause, mon ami demanda : — Où veux-tu pêcher des truites, Nonni?— Dans le ruisseau, près du fleuve Ilorga.— Et quand commencerons-nous?— Tout de suite, Tommy.Elles seront servies au dîner du bailli.Il veut faire savourer à l'étranger nos fameuses truites islandaises.— Il faut donc nous dépêcher?— Oui, nous n'avons pas de temps à perdre.Sans autre discussion, nous courûmes de toutes nos petites jambes vers la grange voisine.Nous y saisîmes un léger filet pour la truite, que nous roulâmes rapidement.(A suivre.) (Histoire traduite de l'allemand par le Frère François-Alfred, avec la permission du P.Svensson et rédigée par le F.Auguste, directeur de "L'Abeille".) Harbour 8191 Fourrures et chnpenux One attention toute spéciale est apportée aux Messieurs du Clergé et aux Communautés religieuses.1170, RUB ST-DENIS, MONTRÉAL TRANSFORMATIONS ORIGINALES Intention générale de septembre : Le culte de saint Michel Archange.AINT Michel Archange, dit l'Evêque de Coutances, a été au ciel, contre les anges révoltés, le défenseur des droits souverains de Dieu et sa fidélité victorieuse dans ce premier combat lui a valu l'honneur d"être, sur la terre, celui qui conduit la bataille contre tous les ennemis du Christ Rédempteur." On lit dans la vie du P.Bernard de Hoyos, propagateur de la dévotion au Sacré-Cœur en Espagne, que l'Archange saint Michel "lui offrit son assistance dans les difficultés qui pourraient s'opposer à la propagation du culte du Sacré-Cœur".Pour assurer la victoire de l'Eglise militante contre les •dangers modernes, surtout celui du communisme, redisons la prière que l'Eglise met dans la bouche de ses prêtres : "Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat." Intention missionnaire de septembre : L'usage des exercices spirituels dans les missions.ES quatre derniers Papes ont insisté sur l'utilité des Exercices spirituels, des "retraites fermées" où, seul avec Dieu, l'homme se retrempe dans la pensée des vérités fondamentales de la vie chrétienne". l'abeille 15 "Les Exercices spirituels, lisons-nous dans l'encyclique Mens Nostra, s'ils se répandent partout, dans tous les rangs de la société chrétienne, et y sont pratiqués avec ferveur, produiront une vraie régénération spirituelle : la piété sera réchauffée, les forces religieuses restaurées, l'apostolat étendra ses conquêtes et la paix régnera dans les âmes et la société." Saint Ignace, saint François-Xavier, le Japonais Paul de Sainte-Foi, le P.Ricci et d'autres encore ont utilisé ce puissant moyen pour la sanctification de leurs convertis.Petit Chœur Parlé (Avant ta sainte Communion) — Croyez-vous que Jésus-Christ, Fils de Dieu et Dieu lui-même, est Ici dans le Saint Sacrement?— Oui, Je le crois.— Croyez-vous que c'est votre Dieu, votre Maître, votre Sauveur que vous allez recevoir?— Oui.je le crois.— Croyez-vous que Jésus, en venant dans votre ame, y vient pour vous donner ses grâces?— Oui, Je le crois.— Croyez-vous qu'il veut vous donner la force nécessaire pour résister au mal ?— Oui, je le crois.— Aimez-vous Jésus qui vous a sauvé?— Oui, je l'aime.— Aimez-vous Jésus qui vous a pardonné vos fautes dans le sacrement de Pénitence?— Oui.Je l'ain").— Et ce Jésus qui désire entrer dans votre cœur, ne le désirez-vous pas?— Oui, je le désire; je le désire de tout mon cœur.(Après la sainte Communion) — O Jésus, mon Sauveur et mon Maître .— Je vous adore, 6 Jésus! — De mon baptême et de ma fol catholique- — Je vous remercie, 6 Jésus! — De votre venue dans mon cœur- — Je vous remercie, 6 Jésus ! — Ma santé et mes forces.— Je vous les offre, 6 Jésus! — Mon travail et ma science .— Je vous les offre, 6 Jésus! u i, abeille — Pour moi-mime et pour ma famille- — Je voub Invoque, o Jcbus! — Pour la conversion des pécheurs .— Je vous Invoque, o Jésus! — Pour la malheureuse Espagne- — Je vous invoque, ô Jésus! — Pour notre patrie, le Canada- — Je vous invoque, 0 Jésus! — Je veux devenir un sauveur d'aines____ — Je vous le promets, o Jésus! CROISES et JECISTES en avant! A Lisieux, dans le jardin embaumé du Carmel, il y a une petite sœur nommée Thérèse.Regardons-la s'avancer péniblement dans les allées bordées de fleurs.Elle n'a plus que quelques jours à vivre sur cette pauvre terre.Cette brève sortie, qu'elle (ait par obéissance, est plutôt pour elle un martyre I — Chère Sœur Thérèse, arrêtez-vous donc un peu.— Non .je ne puis pas.Je marche pour un missionnaire qui n'en peut plus .Un Croisé, un Jéciste, c'est fait pour marcher.Oh! ta démarche est légère; tu ne te traînes pas avec peine sur la route .Tu es "en forme" comme tu dis; ton petit corps svelte, souple, agile, dur à la fatigue, ne demande qu'à remuer, gesticuler, courir.C'est d'une autre marche qu'il s'agit.Vas-tu assez vite en obéissance à la maison?.en travail en classe?en bonne camaraderie en récréation?Tes courtes prières sont-elles chaque jour un peu plus recueillies, un peu plus ferventes ?Il y a dans les glaces du Nord canadien, dans les régions brûlantes de l'Afrique, des missionnaires qui n'en peuvent plus.Pour gagner au Christ telle ou telle peuplade sauvage ., pour faire persévérer dans la voie du bien des milliers de petits Canadiens comme toi .les missionnaires et ton professeur ont besoin que tu les aides.Commence d'abord par devenir meilleur toi-même I II y a des faveurs célestes qu'on obtient qu'à coups de sacrifices, qu'à coups de victoires sur sa volonté.Croisés, Jécistes, en avant I C'est pour le grand Frère qu'on travaille.La Rédaction LE SAVIEZ-VOUS ?Voici, d'après M.Auguste Lumière, le grand savant lyonnais, quelques notes sur la durée de la vie humaine.La durée moyenne de la vie ne dépassait pas dix-huit ans chez les Romains du temps des Césars, et cette estimation semble corroborée par l'étude des taxes de pension et des inscriptions relevées sur les pierres tombales du temps.En France.11 y a 200 ans.'a longévité moyenne était de 28 ans environ: immédiatement avant la Révolution, elle n'était encore que de 32 ans: elle atteignit 37 ans eDt'e 1800 et 1825.puis 40 ans en 1860, pour dépasser 46 ans en 1911; présentement, dans la plupart deB pays de l'Europe, elle dépasse 50 ans.Cet accroissement considérable de longévité moyenne est dû.pour une grande partie, aux progrès de l'hygiène, qui a su triompher des épidémies effroyables, telles que la peste, le choléra, le typhus, dont les ravageB se sont exercés de par le monde, depuis les temps les plus reculés et le moyen-age.Jusqu'au siècle dernier.Le salut chez les différents peuples Les anciens Grecs : "Réjouls-tol." Les grecs d'anjonrd'linl : "Que fals-tuî" Les Romains primitifs : "Vale! Salve! Sois en bonne santé! Sols fort." Les Romains de la décadence : "O le plus doux des objets!" Les Italiens dn Nord ! "Santé et gain!" Les Napolitains : "Croissez en sainteté!" Les Italiens d'anjoard'hnl : "Comment fites-vous?" L'Arabe : "Puisse la matinée être belle!" L'Ottoman : "Que Dieu t'accorde ses faveurs!" Le Persan : "Puisse ton ombre ne jamais diminuer!" Les Egyptiens : "Comment va la transpiration?" Les Chinois : "Avez-vous mangé votre riz?Votre estomac fonctlonne-t- 11?.Est-U en bon ordre?" Les Espagnols : "Comment la passez-vous?" Les Français, les Allemands, les Anglais : "Comment allez-vous?Comment vous portez-vous?" 18 l'abeille Les Hollandais : "Comment voyagez-vous?" Les Ecossais : "Comment vivez-vous?" Les Basses : "Soyez bien!" paroles qui doivent avoir quelque peine à se réaliser dans l'enfer moscovite de 1937.LE TÉLÉPHONE DANS LE MONDE Le Canada est le premier pays au monde pour l'usage du téléphone.Voici la moyenne annuelle par personne et par pays : CanRda 210 Etats-Unis 197 Danemark 174 Suède 153 Four le nombre de téléphones par 100 de population, le Canada occupe la deuxième place dans le monde.Etat-s-Unls 1&69 % Cumula 11% Danemark 10.M % Xlle-Zélande 10.59 % Suède 10.228 7< En interprétant les chiffres d'une autre façon, on obtient les résultats suivants : Etats-Unis, 1 téléphone entre 8 Canada, 1 téléphone entre 9 Dnnemark, 1 téléphone entre 10 Nlle-Zélande, i téléphone entre 10 Suède, l téléphone entre 10 Frère Auguste personnes, personnes, personnes, personnes, personnes.L'araignée-baromètre A la rigueur, on pourrait utiliser l'araignée comme baromètre de précision.Lorsque la pluie et le vent menacent, l'nraignée raccourcit les grands fils qui servent de support à son Blet.Si le temps se remet au beau, elle leur redonne leur longueur première.La pluie est à redouter lorsque l'araignée reste inactive autour de son trou.La pluie venue, b1 l'insecte se montre et se remet a la besogne, le beau temps ne va pas tarder à venir.On peut espérer que la nuit sera claire lorsque l'animal consolide son ouvrage.Ceux qui connaissent bien les araignées assurent que leurs renseignements ne trompent jamais. Les rêves du lapin Couché dans l'herbe après un bon repas, L'œil à demi fermé, Jeannot Lapin se livre Au plaisir de se sentir vivre : L'imagination chez lui prend ses ébats.Sans souci de Brlltaut, qui n'est qu'à trente pas.En quête d'un lapin pour sa propre cuisine : "Avec les miens, dit il.sur la verte colline, Je m'établirai; Je creuserai, J'arrondirai: Noua y Jouirons tous du bonheur le plus vrai.Broutant galment l'herbe verte; Je." Mais sur lui Briffaut tomba la gueule ouverte: Jeannot n'a que le temps de s'y voir engouffrer.Que de rêveurs ainsi la mort, qui toujours guette, Se plaît à dévorer ! Veille, 0 mon âme, et tlens-tol prêle, Car des mortels chacun aura son tour Et nul ne sait ni l'heure, ni le Jour. ¦f è concert bans la forêt E soir, quand le soleil s'incline derrière les cimes bleues, il semble s'abîmer dans un gouffre d'or.Toute la terre firme, et les fleurs, les folles avoines, les tiges, les brindilles relèvent lentement leurs tètes gracieuses.Et voici que le long d'une tige grimpe un grillon, non pas le grillon noir des champs ou des talus, mais un grillon aérien, impalpable, semblant pétri de poussière d'or ou de lumière lunaire.En face de lui, ifn autre se pose sur une touffe de lavande, comme un chef d'orchestre à son pupitre.Plus loin, un cri-cri vert s'installe entre deux pousses de genet.Sur une branche de cytise, doucement, une sauterelle éléganle se soulève.D'une fente, sort un grillon terrestre à la cuirasse sombre et à la queue fourchue.Sur une feuille, s'agenouille, adorante, une mante religieuse.Une libellule au corselet doré se mire, du haut d'un épi oscillant, dans une goutte d'eau immobile au calice d'une fleur sauvage.Alors la faible clarté de la lune à son premier quartier se glisse parmi l'entrelacement des branches, brille sur les feuilles et sur les herbes humides et, subitement, un chœur improvisé de grenouilles, haut, mesuré, salue du ravin, en trois temps, l'apparition de la lumière.Au signal, tous les grillons entr'ouvrent leurs ailes et de leurs pattes dentelées semblent mouvoir, sous leur ventre métallique, une sorte d'archet, tandis que leurs antennes oscillent au souffle de la nuit.Il y a deux ou trois tentatives partielles, puis tous les musiciens ensemble partent avec une impétuosité irrésistible, élevant vers le ciel une symphonie si aiguë, qu'elle semble capable de monter jusqu'au firmament.Comme en proie à l'ivresse de vivre, ils remercient la divine Puissance de sa bonté infinie; puis, modifiant le ton et l'intensité de leur accent, leur musique parait s'éloigner, venir de cent mille lieues, pareilles à des voix d'outre-tombe portées par d'invisibles souffles.En même temps, de chaque sentier du bois, débouchent les lièvres, les blaireaux, les martres, les fouines, les écureuils, les hérissons, les renards soupçonneux, les chats sauvages impertinents et méprisés.Tous, immobiles, remuant seulement de temps en temps l'oreille ou la patte, écoutent, mastiquant paisiblement — leurs petits yeux pleins de béatitude.(Traduit de l'Italien pour L'ABEILLE.) l'abeille Récréation littéraire {Périphrases curieuses) Jacques Dri.ii.i.e en est l'auteur.Les diamants : .Ces cailloux brillants que Oolconde nous donne.L'anihrnée : Un Insecte aux longs bras, do qui les doigts agiles Tapissaient ces vieux murs do leurs toiles fragiles.Les baleines : Ces monstres qui.de loin, semblent un vaste écuell.La cigogne : L'ennemi des serpents vient, après les frimas.Retrouver les beaux jours dans nus riants climats.Le taon t .Insecte affreux, que Junon autrefois, Pour tourmenter Io.déchaîna dans les bols.Le chat i L'animal traître et doux, des souris destructeur.Le paon i L'oiseau sur qui Junon sema les yeux d'Argus.L'oie i L'aquatique animal, sauveur du Capltole.La ponle : Cet oiseau diligent dont le chant entendu Annonce au laboureur le fruit qu'il a pondu. B.S3 0.'©' Hugo Van Der Goes (Voir gravure centrale) RAPI'É dans ce qu'il avait de plus cher — 11 a perdu coup sur coup sa femme, ses deux Sis et sa tille — Hugo Van Der Goes désabusé du monde et voulant consacrer uniquement a Dieu les restes d'une vie d'épreuves et de douleurs, est entré dans un monastère.Dans la contemplation et la prière il a cru trouver le repos et le calme de 1'ftme; mais, hélas! l'esprit n'a pu résister aux violentes commotions du passé, et des hallucinations terribles s'emparent quelquefois du novice.Ses supérieurs ont remarqué cependant que la musique et les chants avaient le pouvoir d'apaiser ses fureurs et de disperser peu à peu les fantômes de son imagination.Sa cure n'est point désespérée, et.Dieu aidant, on guérira le malade.Notre gravure centrale nous fait assister ù une de ces expériences, où la folie recule peu à peu devant la raison.Dans une des salles du cloitre, assis dans le fauteuil du prieur, Hugo, les traits contractés, les yeux fixes, la bouche entr'ouverte, les mains crispées, éprouve un de ses accès ordinaires.Il défie les fantômes, adresse à des êtres imaginaires, tantôt des supplications, tantôt des injures.Au paroxysme de la crise, le prieur qui en observe le développement régulier, commande du geste aux musiciens et aux choristes.A peine les voix cristallines des enfants de chœur ont-elles entonné l'hymne sacrée, dès les premiers arpèges de la harpe et de la guitare, la physionomie du jeune Frère change et s'adoucit; l'expression d'Indicible terreur disparaît, les muscles se détendent, les yeux perdent de leur fixité, les idées se classent: à l'avant-dernière strophe, la raison est revenue, puis de chaudes larmes sont descendues sur les joues amaigries.Qu'ils sont ravissants de naturel les quatre groupes qui forment cette scène attendrissante! Dans le fond de la salle, deux Frères debout, et un troisième assis près du novice, suivent d'un air ému les différentes étapes de la crise; à l'autre extrémité, des musiciens pincent les cordes L'aBETX/LE as de leur instrument, avec cette nonchalante indifference que donne l'habitude d'une profession.Les choristes, attentifs aux signes du prieur, chantent maestoso et piano ou crescendo et allegro, suivant les indications, sans même regarder le malade, tant ils craignent de fausser le ton ou de rompre la mesure.Au premier plan, Hugo reprend possession de lui-même et semble sortir d'un rêve, pendant que le prieur règle le diapason sur l'aspect de la physionomie du pauvre Frère.Graduellement les chants faiblissent, vont atteignant, puis cessent tout à fait.Chanteurs et musiciens disparaissent, et Hugo Van Der Ooes Be retrouve tranquillement assis sous la voûte du cloître, entouré des visages souriants des moines ses Frères.L'Abeille Pour dérider les fronts moroses 1.— Ponr qni font le inonde se déconvre-t-ll! 5.— Combien de fèves entrent dans un bocal (Ton gallon T .'!.— Oh réoolte-t-on le meilleur ïln?4.— Quelle différence entre les hirondelles et certains amis?6a— Qnel est l'argent qni n'est point destiné à être mangé t 6.— Pins on en prend, pins il augmente.7.— Que font les morts aussi bien qne les vivants f 8.— Cela conrt in rue, est dans la maison et le soleil ne Ta Jamah éclairé, 9.— Qne portez-vous qni vous porte réciproquement! 10.— Qni est-ce qui croit sans cesse, tout en étant transporté de tons t cotés I 11.— Quel objet n'a pas besoin de réparations?12.— Qnel animal est né et non pas mort?1S.— Pins on y ajoute, plus cela devient léger.14, — Quelle est la fleur qni ne meurt Jamais?M.—Quelle est la pins ancienne répnMIqne?F.AUGUSTE LECTL1 n Y S TON JFIA NT1KS SUBLIME LEÇON DE FRANCHISE HOCAS cultivait un petit jardin dont il offrait les produits aux voyageurs de passage.11 (ut dénoncé comme chrétien, au gouverneur romain de la province.Et des soldats furent envoyés à sa recherche.Ils arrivèrent un soir, sans le savoir, au seuil de la demeure de Phoi as et lui demandèrent l'hospitalité.Celui-ci mit à leur disposition tout ce qu'il possédait.Après le repas, on causa.— Connaissez-vous, dirent les soldats, un certain Phocas?Nous avons mission de nous en emparer et de le mettre à mort.— Je le connais très bien, répondit Phocas.Allez tranquillement vous reposer.Et, dès demain matin, je vous livrerai celui que vous cherchez .Le lendemain, ses hôtes ayant salué Phocas, lui rappelèrent sa promesse.— Je ne l'ai pas oubliée, fit-il.Imaginez-vous que celui que vous cherchez est entre vos mains! — Allons doncl — Oui, miiiil- de sortir de cette maison : Phocas est ici.— Vraiment! — C'est lui qui vous parle.Frappés d'admiration, les soldats voulaient s'en aller.— Nous dirons, insinuèrent-ils, que nous n'avons pu trouver Phocas.— Non! répondit-il, il ne faut jamais mentir : vous devez exécuter vos ordres.Je ne crains pas la mort.Après bien des hésitations, les soldats décapitèrent le sublime jardinier, devenu saint Phocas,.martyr.L'ABEILLE l'abeille •-'7 l,A MORT DU .MISSIONNAIRE N jour, c'était ma première année de mission, en Afrique orientale, Je fus appelé pour assister à ses derniers moments un de mes confrère» qui, après avoir fondé une station nouvelle dans les montages de l'Intérieur, venait d'être terrussé par une lièvre mortelle.Je le trouvnl étendu sur son pauvre lit de bambous, la ligure amaigrie, la peau Jaunâtre, ses longs bras desséchés, toute la physionomie singulièrement Impressionnante.Quand il eut reçu les derniers sacrements : — Ma vie est finie, me dit-il.Eh bien, je suis content do l'usage que J'en ai fait.A tout prendre, elle n'a point été banale.Puis, tout à coup, ses grands yeux se fixèrent, immobiles, sur un point dans l'espace, pendant que ses traits se transfiguraient.— Père, lui dis-je, que voyez-vous?— Je vols, répondit-il après un instant de silence, comme une longue procession d'enfants noirs qui descend du ciel.Je pense que ce sont ceux que j'ai baptisés : Ils viennent me chercher.Et là-dessus, Il mourut.Tous les missionnaires, à leur heure dernière, ne voient pas venir à eux cette procession des âmes qu'ils ont contribué à sauver.Mais tous ont le sentiment qu'ils les retrouveront, et tous s'en vont avec la consolation, eux aussi, d'avoir fait de leur vie un bon usage.Mgr A.Le Roy, C.S.SP.archtviqut de Carit.FACE AUX LIONS jARCO Kyéyunô, 12 ans, s'en va vendre son coton en compagnie do son père.Celul-cl va saluer son chef.Pour le retour, l'enfant doit prendre les devants et, comme sa tante domeuro là, tout à coté, 11 Ira lui faire une visite.Mais, pendant cette visite, le papa passe et regagne son village.Vers 4 heures du soir, Marco s'arrache aux embrassements do sa tante et s'engage dans la brousse, sur l'unique piste qui conduit au village.C'est l'affaire d'une bonne heure de marche.O stupeur!.Au détour du chemin, l'enfant aperçoit, couché à trente pas, un superbe lion, la crinière au vent 28 l.'.VBEILLE Que faire?.Retourner sur ses pas?.Prendre la fuite?.Hélas! Mme la lionne lui barre le passage.L'enfant, aux abois, appelle au secours; mais.Il reste seul, son petit bâton a la main.La lionne approche pour rejoindre son royni (poux.L'enfant ramasse quelques morceaux de terre durcie et les lance du côté du taure.Il agite son baton et, désespérément, pousse des cris d'alarme.Le lion semble dédaigner une proie si mince et reste immobile sur le chemin.La lionne a ralenti sa marche et s'est accroupio ft.son tour.Notre petit dompteur semble maîtriser les fauves qui l'encadrent.La nuit approche.Dans une heure ce sera l'obscurité.Marco se sent perdu.Ses cris d'alarme sont enfin entendus.Un homme, accompagné d'un pasteur de troupeaux, arrive.Tous deux, armés de hâtons et de lances, approchent.Leurs cris, les coups de baton dans la brousse, décident les fauves a so lever et à partir.Marco est sauvé.Il était resté race aux lions durant près do trois heures.(Mutions d'Afriqut dts Ptres Blancs.) Une orange qui convertit un nègre Jj^ Klng-Wllliamstown, dans la province du Cap.en Afrique, la Sœur Be-nlgna trouva un jour, couché sur une natte devant sa propre cabane, malade, le nègre Simon Golodo.Avec une autre Sœur elle le soigne de son mieux et promet de revenir bientôt.Seulement les voisins de ce pauvre homme viennent lui raconter un tas d'histoires effrayantes sur ces "oiseaux noirs et blancs" (il s'agit des Sœurs Dominicaines), et les '•• .*n revenant, ne trouvent plus personne : le malade s'est sauvé A leur approche! Alors Sœur Renigna sort de sa poche une belle orange, trace dessus le signe de la croix, et la laisse sur la natte.A son retour.Simon découvre le beau fruit doré, le trouve délicieux et se dit, qu'après tout, ces vautours de Sœurs ne sont pas si terribles! Quelques jours plus tard les Sœurs reviennent, la cabane est entourée de villageois, le malade est a la dernière extrémité: oIIcb approchent à grand'pelne.et lorsque Simon Icb aperçoit, le voila qui s'écrie : — Ma Sœur, baptise-moi bler.vite; Je vais mourir ce soir! Ce qui est fait aussitôt.Envoi d'un MISSIONNAIRE [/A BEI I.I.I DEVOUEMENT FILIAL DE PLINE LE JEUNE JA.VS lu fameuse éruption du inonl Vésuve qui occasionna la 1 mort de Pline le Naturaliste, son neveu, Pline le Jeune, était avec sa famille à Misène, ville peu éloignée de ce volcan.Tous les habitants cherchaient leur salut dans la fuite.Pline seul, redoutant peu pour lui-même le danger qui l'environnait, ne songea qu'à sauver les jours de sa mère.Elle le conjura de fuir sans elle, d'un lieu où sa perte était assurée; elle lui représenta que son grand âge et ses infirmités ne lui permettaient pas de le suivre, et que le moindre retard les exposait a périr tous deux.Ses prières furent inutiles; et Pline le Jeune préféra mourir avec sa mère, plutôt que de l'abandonner dans un danger aussi pressant.11 l'entraîna malgré elle.Déjà la cendre tombait sur eux; les vapeurs et la fumée dont l'air était obscurci, faisaient du jour la nuit la plus sombre.Ensevelis dans les ténèbres, ils n'avaient pour guider leurs pas tremblants que la lueur du feu qui les menaçait et des flammes qui les entouraient.Mais rien ne put ébranler la constance de Pline, ni l'obliger de pourvoir plus promptement a sa sûreté en abandonnant sa mère.Il la consola, il la soutint, il la porta dans ses bras : sa tendresse le rendit capable des plus grands efforts.Le ciel récompensa une action si louable : il conserva à Pline une mère plus précieuse pour lui que la vie.et a la mère un fils digne de son amour.UN BON FILS SIEU récompense souvent, dès ici-bas, les enfants qui font éclater à l'égard de leurs parents la noblesse de leur piété Le père d'un jeune Chinois avait été condamné à avoir la tète tranchée, pour plusieurs crimes énormes qu'il avait commis pendant sa magistrature.Son fils alla se jeter aux pieds du gouverneur, et le conjura d'accepter l'offre qu'il faisait de mourir à la place de son père.Le mandarin questionna beaucoup le jeune homme, pour savoir si c'était de son propre mouvement qu'il parlait de la sorte.Quand il se fut assuré de la sincérité de ses sentiments, il écrivit à l'empereur, qui envoya la grâce du père et un titre d'honneur pour le fils.Mais celui-ci refusa constamment cette distinction, disant que le titre dont il serait décoré rappellerait sans cesse au public le souvenir de 1» faute de son père. 80 i.'abeille L'empereur, admirant une si noble façon de penser, voulut avoir ce jeune homme A sa cour.Tl en prit un soin particulier; et dans la suite son mérite personnel Pélcva à la dignité de ministre d'Etat.UN AUTRE GÉNÉREUX FILS N venait de racheter quelques esclaves chrétiens à Alger.Au moment où ils allaient partir, un corsaire arriva dans le port avec une prise suédoise, l'nrmi le nombre des prisonniers, il se trouva le père d'un des cuplifs rachetés.Ils se reconnurent, et volèrent dans les bras l'un de l'autre, les yeux baignés de larmes.Le jeune homme, touché du malheur de son père, qui était déjà vieux, et dont l'esclavage ne pouvait qu'abréger les jours, pria les Algériens de lui permettre de prendre la place de son père."Je suis robuste, ajouta-t-il, et plus propre aux travaux qu'on exige des esclaves".On y consentit.Mais le dey, ayant appris cette belle action, ne voulut pas que ce fils généreux restât dans les fers.Il ordonna qu'on lui rendit la liberté, et qu'on le renvoyât avec son père.Tel est le véritable amour : c'est par des effets, encore plus que par des paroles, qu'il se fait connaître.UN PÂTRE ASTRONOME nA.MKS FerguBon, pauvre petit pâtre, gagnait sa vie en travaillant rhez un fermier.Sa grande distraction, le soir, c'était de con-¦ templer ft loisir les étoiles du ciel; Il remarqua qu'il y en ¦«¦¦^¦J avait de grosses, de petites, de plus ou moins brillantes.Dans la journée, 11 songeait â tout cela en gardant ses vacheB; alors 11 s'ima-glna de dessiner les étoiles 8ur une feuille de papier et de dresser une carte du ciel, car il ne savait pas nue de telles cartes existaient déjà.Cette occupation eut bientôt pour lui tant de charmes, qu'il y passait tous ses moments de loisir.Un soir, son maître sVi.-mt aperçu de sa sortie furtive, le suivit en silence; sa surprise fut extreme en voyant les travaux du petit berger.Il demanda ft l'enfant ce qu'il faisait : — Je dessine les étoiles, répondit-il.— Laisse-mol voir.Le fermier regarda les dessins et écouta les explications de James.Lui-même était un homme Intelligent et sensé. i.'abeille — Co petit, qui travaille si assidûment tout seul, a besoin d'être encouragé, se dit-Il.Il acheta des livres pour son pâtre, et lui laissa le temps pour les étudier.Parfois il lui disait : — Va a tes livres, Je ferai ton ouvrage.GrAce ft cet homme bienfaisant, le p&trc put s'instruire, entrer dans une grande école et devenir un des principaux savants de son époque.James Ferguson fut un célèbre astronome écossais ; 11 fit des cours ft Londres et Edlmburg.devint membre de plusieurs sociétés savantes, et publia de célèbres ouvrages sur l'astronomie, la physique et la mécanique.II témoigna une reconnaissance sans bornes au brave fermier qui l'avait aidé ft faire son chemin, et qui gardait comme un trésor la première carte dessinée par le pauvre petit pfttre.QI'F.SUIS-JK 1 La gr^le dit : Que suh-Jet —Klen : le soleil me fond.Le soleil dit : Que suls-Jet —Rien : le nuage nie courre.Le nuage dit i Que suis-jet —Rien : le vent m'emporte.Le vent dit : Que sais-jet —Rien : le mur me repousse.Le mur dit : Que suls-Je! —Rien s la souris me perce.La souris dit : Que suls-JeI —Rien : le rhnt me mange.Le chat dit : Que suls-Je I —Rien : l'homme me tue.L'homme dit : Que suls-Je 1 —Rien : la mort m'enipiu i.La mort dit: Que suls-Je 1 —Rien : Dieu m'envole. 82 l'abeille HEROÏSME CHRETIEN D'UN NEGRE — » .N nègre, devenu chrétien et bon chrétien, s'était acquis la con-'DH fiance de sou maître.Celui-ci, voulant acheter des esclaves, le ¦Jfjl'l prit un Jour avec lui.pour qu'il l'aidât a bien choisir.Tom (c'était le nom du nègre) lui présenta entre autres, un vieillard caduc que le maître accepta par-dessus lo marché.Quand II fut arrivé dans les plantations, notre bon nègre se montra plein de soins pour ce vieillard.Il le logea dans sa cabane et le fit manger avec lui.S'il avait froid.Il le conduisait au soleil: s'il se plaignait de la chaleur.Il le faisait asseoir u l'ombre.Le maître, étonné, dit un jour à Tom : "Cet homme que tu Bolgnes avec tant d'affection, serait-ce ton père?II est peut-être quelqu'un de tes proches?— Non.maître, Il n'est pas de mes parents; Il n'est même pas mon ami.— Dis-nini donc pourquoi tu soignes si bien un homme qui n'est rien pour toi.— Il est MON KNNEM1 ! Il m'a vendu aux hommes blancs sur les cotes d'Afrique: mais m'a dit : "SI ton ennemi a soif, donne-lui n boire; s'il n faim, donne-lui à manger".Combien de chrétiens sont loin d'imiter une telle conduite ! QU'EST-CE QUE LA MORT I C'est le berceau de l'espérance.C'est la Heur qui s'épanouit.Cest le terme de la souffrance.C'est le soleil après la nuit.("est le but auquel tout aspire.("est après les plenrs, le sourire.C'est le retour aprèN l'adieu.C'est l'affranchissement suprême.C'est rejoindre ceux que l'on aime.C'est l'Immortalité, c'est Dleo.V.Huoo l'abeille 33 Plaisir partagé, plaisir doublé.1.Le petit Pierre, ills d'un riche marchand, a reçu cinquante sous do sa mère.Le soir, en revenant de l'école, il se demande ce qu'il fera de sa petite fortune.Voici la boutique d'un marchand de jouets.Pierre s'arrête un Instant devant la vitrine, examine les objets qui s'y trouvent exposés, entre dans la boutique, et, en connaisseur, choisit deux cerceaux.Pourquoi deux?C'est le secret de Pierre.2.Le voyez-vous marchant songeur vers la maison, ses livres sur l'épaule gauche et ses cerceaux sur l'épaule droite?Il se flatte d'atteindre facilement le but qu'il se propose.3.Voici justement sa petite sœur sur le seuil de la porto.C'est pour elle le deuxième cerceau."Louise, veux-tu un cerceau avec une belle baguette?" lui crle-t-ll.La petite fllle, heureuse de voir que son frère a pensé à elle, accepte avec empressement.4.Pierre va poseï ses livres sur son bureau; puis sa sœur et lui se rendent sur le trottoir qui longe leur maison.Vous les voyez, jouant au cerceau, à qui courra le plus vite et sera le plus adroit Quel plaisir ils ont ensemble! Pierre surtout, jeune Croisé de dix ans, est content de la joie que, moyennant un petit sacrifice, 11 a pu procurer à sa sœur. l'abeille CONCOURS DE MOTS CROISES ( I" concours) HoinzoNTAi.KMENT.— En nombre exact.— 2.Poil des paupières; du verbe nuire.3.Fleuve; disposition de plusieurs fourneaux de mine en forme de T pour faire sauter une fortification.— 4.Quote-part de chaque convive dans un repas commun: terre; qui existe.— 5.Mou.— 6.Montagne, eminence.— 7.Village du Pérou; nom d'une petite ville.— 8.Dieu des bergers; pronom Indéfini; pieu.— 9.Sans ornement; pièce de Corneille; préfixe d'égalité.— 12.Ville de France; trois foiB; histoire émouvante du pêcheur de.racontée dans le no i'Abeille d'octobre 1936.— 13.Conjonction copulative; pronom Indéfini.— 14.Officier turc; part.— 16.Hérésie.VBnTir.Ai.KMKNT.— 1.Habitant de la Novempopulanle.— 2.Partie du corps humain; temps.— 3.Muse de la poésie lyrique; pronom démonstratif.— 4.Rameau Imparfaitement élagué; manière d'être.— 6. ¦.'abeille Du verbe rire; passionnante revue des jeunes; fait partie d'une locution qui veut dire : "immédiatement".— 6.Pronom; anagramme du mot qui signifie : "dieu du soleil chez les Egyptiens.— 7.Préfixe qui indique l'adjonction; mesure Itinéraire chinoise; cela; vieux mot qui signifie ; "dans les".— 8.Nombre; paisible, calme; adverbe.— 9.Du verbe avoir; pousser; pronom indéfini.— 10.Insecte; officier de marine et romancier français (1850-1923).— 11.Conjonction; un des auteurs de la Salin Ménippêe; marque la disposition, la manière, l'état.— 12.Etoffe de laine ou de soie dont le poil ne paraît pas.— 13.Etat d'Europe.(Par un rt mitant de l'Ecole normale de iMprairie) CONCOURS DE MOTS CROISÉS (2' concours) I l 3 4 5 lo 7 8 3 to II \l 15 Horizontalement.— 1.Dénué de jugement; l'abeille y travaille avec plaisir; dans les abcès.— 2.Supprimée; chef; décore.— 3.Eprouva; dernier roi de Troie.— 4.D'un verbe qui signifie se moquer; tout blanc de vieillesse; petite ville de France où il y a un célèbre château.— 5.Clairsemé; joindre.— 6.Qui n'a pas son pareil; délassement; situé; Interjection.— 7.Droit qu'on a de s'opposer & un projet de loi; en Sibérie.— 8.Dans les; soutient qu'une chose n'est pas vraie; roi d'Israël; 365 36 I-'abeille jours.— 9.Quote-part de chaque convive dans un repas commun; ville d'Italie.— 10.Existes; commencement; adverbe.— 11.Fonction; donne son opinion.— 12.Ancienne ville d'Italie où Xénophane enseigna la philosophie; en Abyssinie, seigneur féodal soumis au négus; manqué.— 13.— Adjectif démonstratif; fondements; orient.VeiiTICALEMENT.— 1.Vous ne l'êtes pas, car vous lisez "L'Abeille"; creux; se dit du hareng fraîchement salé.— 2.Retrancher; adjectif possessif; dieu des vents.— 3.Persévérer; chevilles tordues en S.— 4.Lie les parties du discours; genêt épineux; pronom personnel.— 5.Piquant au goût; nom d'un corps simple.— 6.Patrie d'Abraham; interjection; saison; dieu soleil en Egypte.— 7.L'Evangile en est un pour le chrétien; côté d'un fauteuil.— 8.Interjection; sans ornement; bouclier des anciens chevaliers; pronom personnel.— 9.Quand on l'est, il faut en remercier son professeur; jeu de hasard.•— 10.Conjonction; les pays musulmans; Il arrose Turin.— 11.Le petit chrétien doit le faire tous les Jours; usé.— 12.Tardigrade à queue; recueil; ombellifère odoriférante.— 13.Fils de Noé; division d'un poème; existe.Frère Auguste CONCOURS DE CRYPTOGRAPHIE (Bien remarquer la notation suivante.) a e i o u 1 2 3 4 5 Les consonnes s'expriment par la place qu'elles occupent après les voyelles; ainsi, par exemple, / occupe la troisième place après t; i =- 3; l s'écrira donc : 33, c'est-à-dire troisième place après 3; q occupant la 2° après o s'écrira donc 42.D'après ce système, les voyelles s'expriment par un chiffre et les consonnes par deux ; les lettres sont séparées par un point et les mots, par un tiret.Aucun des chiffres ne dépasse 5.Traduisez le message suivant de "L'Abeille".Il vous intéressera sûrement 33 1.11.2.3.33.33.2 — 44.2 — 41.43.2.44.2.35.45.2 — 1 — 51.4.5.44 — 13.2.44 — 44.2.41.45.2.34.11.43.2 — 41.33.5.44 — 11.2.33.33.2 — 42.5.2 — 31.1.34.1.3.44 — 1.51.2.12 — 44.2.44 — 1.43.45.3.12.33.2.44 — 3.35.45.2.43.2.44.44.1.35.45.44 — 44.2.44 — 34.4.45.44 — 41.4.5.43 — 43.3.43.2 — 44.2.44 — 34.4.45.44 — 12.43.4.3.44.2.44 — 44.2.44 — 13.2.51.3.35.2.45.45.2.44 — 44.2.44 — 43.2.11.5.44 — 2.33.33.2 — 13.2.44.3.43.2 — 41.3.42.5.2.43 — 33 — 1.45.45.2.35.45.3.4.35 — 13.2 — 44.2.44 — 42.5.3.35.55.2 — 34.3.33.33.2 — 1,'ABKir.I.R 33.2.12.45.2.5.43.44 — 13.2.44 — 33.2 — 13.2.11.5.45 — 13.2 — 44.1 — 45.43.2.3.55.3.2.34.2)— 1.35.35.2.2— 13.2.5.53 — 11.2.1.5.53 — 41.43.3.53 — 44.2.43.4.35.45 — 45.3.43.2.44 — 2.35.45.43.2 — 45.4.5.44 — 12.2.5.53 — 42.5.3 — 45.43.4.5.51.2.43.4.35.45 — 33.1 — 44.4.33.5.45.3.4.35 — 2.53.1.12.45.2—13.2— 12.2 — 12.4.35.12.4.5.43.44 — 13.2 — 12.43.54.41.45.4.22.43.1.41.23.3.2.Frèro AUGUSTE Encyclopédie de "L'Abeille".L— Comment n'appelle un remède d'usage externe pour nettoyer les platen t 8.— .une pointe qni nerf à arrêter une boucle I S.— .une sanre ù l'ail I 4.— .un lorgnon double! 6.— .un inn-il pour les harengs t C.— Comment s'appelle le fondateur de la Nouvelle-Orléans 1 7.— Qui posa, en 1720, lu première pierre des fortifications du cap l>i;i niant t 8.— Quel fut le 1" lieutenant-gouverneur de la province, do Québec t t.—Quel fut le 2* Intendant de la Mle-France : celui qui remplaça Talon ?10.— Quel fut le 2" évoque de Montréal 1 IL—Comment s'appelle le fondateur d'Ottawa ! (Ecrire son nom en entier.) 12.— Comment s'appelle In dignité de celui qui est doyen, c'est-à-dire le pins ancien ou le plus Agé d'un groupe t 13.— .des fngots qui servent à combler des fossés ?14.— .un Instrument de chirurgie pour rncler ou ratisser les os t 16.— .un remède qui a la vertu d'endormir î Ceci est le commencement d'une course au dictionnaire ou au livre d'histoire; qui sera vainqueur?Nous donnerons.le mois prochain, les réponses requises et les noms des vainqueurs.La course totale CBt de 60 milles, — pardon de 60 mots.Le gagnant aura à choisir entre deux récompenses : un superbe volume ou sa photographie Insérée dans "L'Abeille".Frèro Auoustf 38 i,'abeille Epigrammes tirées de l'Anthologie grecque.1.Je suis un lion de bronze; deux Jets Jaillissent de mes yeux, un autre de ma gueule, un autre de mon pled.En deux Jours mon œil droit remplit le bassin, mon œil gauche en trois et mon pied en quatre Jours.Pour le remplir, six heures suffisent au Jet d'eau de ma gueule.SI tous les jets, et de mes yeux et de ma gueule et de mon pied coulent n la fols, en combien d'heures le bassin sera-t-ll rempli?I,e« abeilles du Mont llymettr 2.Vois cet essaim de mouches a miel : De la moitié prend la racine; Dans un rhnmp de jasmins cette troupe butine: Huit neuvièmes du tout voltigent dans le ciel.Une abeille solitaire Entend dans un lotus un frelon bourdonner.Attiré par l'odeur, pendant la nuit dernière.Il s'était fait prisonnier."L'Abeille" demande quel nombre entier Atteint la troupe buissonnlôre.Conditions des concours 1' Ne prendre part qu'à un seul concours.2* Les 3 rébus comptent pour un seul concours.3* Les 2 épigramnics comptent pour un seul concours.4" Ne pas déchirer les pages de son "Abeille".5' Les concours doivent être écrits à l'encre et nous parvenir AVANT le 15 septembre.6" Les mots croisés peuvent être faits sur papier quadrillé si on le désire.7" 4 beaux volumes seront tirés entre tous les concurrents qui auront des réponses exactes.8" Adresser son enveloppe ainsi : Frère AUGUSTE.ABEILLE-CONCOURS, LAPRAIRIE, P.Q. 1«r RÉBUS 1.— Poor le ci incur.2.— Elles n'y entrent pas ; on les j verse.8.—On ne recolle le vin nolle part; ce sont les raisins qu'on recolle.4.— Certains anils talent comme les hirondelles, qoand les beaux Jours sont passés.l i pourboire. SOUS PRESSE ¦• Cet ouvrage est une nouvelle édition des ÉLÉMENTS D'ALGÈBRE, irevue, et adaptée aux plus récents programmes du Bacca-Jauréat de l'Université Laval et de l'Université de Montréal.Toute la matière des Eléments d'Algèbre a été conservée.¦On a modifié surtout les chapitres sur les facteurs et sur le second degré.Les nouveaux chapitres sont les suivants : II — Nombres algébriques.XVI — Notions sur les fonctions.XVII — Variations de la fonction du 1er degré.XIX — Trinômes du 2e degré.Inégalités.XX — Equations réductibles au 2e degré.XXII — Dérivées.XXIII — Variations des fonctions.L'ouvrage se termine par une récapitulation de 500 •exercices groupés par sujets.Paraîtra bientôt : Notions de Géométrie analytique.Edition conforme au programme de l'Université Laval, et Livre d'Agriculture, refondu et augmenté.Phocurk des Frères de l'Instruction chrétienne, Laprairie — P.Q.Cours d'algèbre élémentaire par Les Frère» de l'Instruction Chrétienne l'abeille 2e RÉBUS Réponses aux devinettes fi.¦ - l'ii fossé.7.—Ils tonrnent arec la terre.& — L'ombre.9.— Des chaussures.10.- Les cheveux.Chaque professeur a-t-il son "Abeille"? 1.— Jeunesse insouciante.— Le père : Lucien, pourquoi es-tu resté après la classe?— Je n'ai pas pu dire où se trouvait Anticosti.— Une autre fois, mon garçon, tache de te rappeler où tu meta tes affaires.* * * 2.— Pn autre danger.— Voici, Madame, un remède qui va vous rajeunir de dix ans.— Vous n'y pensez pas, docteur! Et ma pension de vieillesse que j'attends!.* * * 3.— A propos de balance.— Monsieur, j'ai envoyé Louis à votre magasin avec l'ordre d'acheter deux livres de fraises, et vous ne m'en avez envoyé qu'une livre et demie.— Ma balance est très juste, madame.Mais, un bon conseil : pesez donc votre petit Louis.4.— Différence.— Maman gronde sou petit Pierre qui n'est pas sage.— Il ne faut jamais mal faire, car même si je ne le savais pas, il y a le bon Dieu qui voit tout.— Oh! le bon Dieu, c'est vrai; mais lui ne répète jamais rien. 1,'abeille 4ft 5.— Le matin de l'exécaUon.— Condamné, l'heure de payer votre dette il la société est arrivée.Avez-vous une dernière volonté à exprimer?— Je voudrais apprendre le chinois.* * * 6.— l'ar la tête, — Monsieur un Tel vient de se suicider; qu'est-ce qui lui a donc passé par la téteî — Une halle de revolver.* * * 7.— Chacun enseigne a sa façon.— Le doreur dit : "Je dore les yeux ouverts".i* forgeron : "Je ferre les pieds en l'air".L'écrivain : "Je suis un homme de plume".* * * 8.— In grammairien.— Au restaurant — — Hé! garçon.Je vous demande une langue de veau et vous m'ap-portex une langue de mouton! — Mille regret», Monsieur, c'est un lapsus lingua.* * * 9.— Chez l'horloger.— Voici, Monsieur, un réveille-matin très pratique; quand vous voulez vous réveiller, vous n'avez qu'à appuyer sur ce petit bouton.* * * 10.— Pensée profonde.- L'homme est bien curieusement bâti.Il ne peut travailler de la tête quand 11 a mal aux pieds.L'artiste an travail. 11 i,'abeille 11.— Il y a sujet et sujet — Monsieur, demande le Juge, ètes-vous sujet britannique?— Non, monsieur le juge, je suis sujet au rhumatisme.* * * 12.— Chez le marchand de chaussures.— La dame a fait sortir tout le stock du magasin.— C'est tout ce que vous avez?— Oui, madame, répond l'employé, excepté les chaussures que j'ai dans les pieds.* * * 13.— Famille de musiciens.— Jouez-vous d'un instrument?— Je suis "cornettiste".— Et votre grande sœur?— Elle est "planiste".— Et votre frère?— Il est "violoniste".— Et votre mère?— Elle est "harpiste".— Et votre père?— Il est "pessimiste".* * * 14.— Au marché.— Le cheval que vous m'avez vendu, père Baptiste, est mort subitement.— Ça m'étonne! C'est la première fols qu'une pareille chose lui Arrive.l'endant que la peinture est encore fraîche, l'artiste prend une deuxième copie du portrait. l'abeille 45 16.— Horrifiant.— Le Jeune Henri, depuis sept semaines apprenti boucher à Montréal, est venu voir sa maman.— Est-ce que ton patron est content de toi?lui demande celle-ci.— Oui, Il m'a dit l'autre Jour : "Mon Henri, tu fais vraiment des progrès dans le métier.Désormais, Je te ferai saigner souvent et, bientôt même, Je te ferai écorcher".La brave maman faillit s'évanouir d'émotion.* * * 16.— l'onr laisser passer la crise.— Un agent réveille un rôdeur endormi Bur un banc du parc Lafontalne a Montréal.— Qu'est-ce que vous faites là?.Est-ce que vous n'avez pas d* domicile?— Pas encore: J'attends que les loyers soient un peu moins chers.* * * 17.— Accord.— Un policier arrête un chanteur ambulant qui n'a pas de papiers d'Identification & lui montrer.— Accompagnez-moi! fait-Il.— Volontiers, répond le chanteur en accordant son violon.* * * 18.— Becetle pour apprendre à murer.— Ah! madame, nous vous ramenons votre petit garçon qui a été bien près de se noyer.— Le polisson!.je lui avals pourtant bien recommandé de ne pas s'approcher de l'eau tant qu'il ne saurait pas nager!.Contentement de l'artiste et des clients. l'abeille ATTENTION Plusieurs de nos lecteurs, bien que très attachés à leur revue L'ABEILLE et désireux de renouveler leur abonnement, ont vu leurs bonnes résolutions se fondre sous la chaleur extraordinaire de juillet et d'août.Pour ne pas les frustrer dans leur attente, nous nous permettons de faire parvenir le premier numéro à tous nos anciens abonnés.Nous leur demandons simplement de bien vouloir nous faire parvenir leur abonnement sans autre retard, ou de nous dire s'ils ne veulent plus le renouveler.Cette année nous offrons à nos abonnés la série des dessins de E.-J.Massicottc, (17 dessins, 10 x 14 et le portrait de l'artiste) en album, pour la modique somme de 50 sous.Le prix de ces albums est de un dollar partout, et chacun de ces I 7 dessins se détaillait 60 sous jusqu'à ces derniers temps.— C'est une aubaine exceptionnelle dont toutes les familles devraient profiter pour orner leurs salons et les diverses pièces de leurs maisons.— Les instituteurs ou institutrices les apprécieront pour la décoration de leurs classes.L'ABEILLE a aussi fait préparer une édition de ces I 7 tableaux sur une même feuille.Ces tableaux peuvent se donner comme récompense aux élèves, ou servir de leçons de choses ou de sujets de composition.Ils peuvent même être encadrés.Leur prix modique permet d'en faire une large diffusion.— Deux éditions sont en vente : l'une sur papier Suède mat, l'autre sur papier glacé.Adresser les commandes pour ces "Miniatures" soit à M.Du-charme, 1550, Blvd Gouin est, soit à la Procure des Frères de l'Instruction Chrétienne, Laprairie, P.Q.Prix de l'Album seul .— de l'abonnement à "L'Abeille" Pour les deux à la fois.$ 1.00 0.75 $ 1.25 Prix : 15 sous l'unité, port inclus (en tube) — 75 sous la dz.— — — — $ 5.00 le cent — — — 40.00 le mille — — 3e RÉBUS E + Pas de mots inutiles Un marchand de poisson avait fait apposer au-dessus de sa boutique une enseigne ainsi libellée : Ici on vend dn poisson frais.L'enseigne était à peine posée qu'un passant s'approcha du marchand et lui dit : — Que vient faire là le mot "frais"?Vendrlez-vous le poisson s'il était pourri, par hasard?Le mot "frais" fut enlevé.Le lendemain, un client fit remarquer : — Pourquoi : "on vend"?Pensez-vous qu'on suppose que vous en fassiez collection?Le patron effaça "on vend du".— Que signifie ce mot "ici"?lui demanda le lendemain une dame: croyez-vous que nous irons en acheter chez le boulanger?Le marchand supposait qu'il n'y avait plus rien à dire, lorsque, deux Jours après, un voisin qui semblait furieux, arriva et lui cria : — Je ne vols pas pourquoi vous mettez "poisson" sur votre boutique; on le sent bien à un mille d'Ici.Il n'y a plus rien sur l'enseigne. 48 l'abeille Histoire d'un employé de banque Un employé de banque vint un jour trouver son directeur et lui demanda une augmentation de traitement.— Une augmentation?fit le patron .Voyons cela de plus près .Et il lui tint le raisonnement suivant : Dans l'année, il y a .365 Jours Vous travaille/, huit heures par jour, par conséquent, vous travaillez 1/3 du temps, soit de 122 à .121 jours Là-dessus, il y a un dimanche par semaine, soit .— 52 jours Reste .69 jours Vous avez une demi-journée de congé le samedi, ce qui représente .— 26 jours Reste .43 jours Puis vous avez une heure chaque jour pour dîner, soit— 13 jours Reste .30 jours Chaque année vous avez deux semaines de vacances, soit— 14 jours Reste .16 Jours Il y a dans l'année les fêtes légales, soit .— 12 jours Reste .4 jours Et vous êtes bien quatre jours malade .— 4 jours Reste .0 jour Alors, comment osez-vous demander une augmentation?L'employé s'enfuit épouvanté! Réponses aux devinettes 11.—Un cercueil.là.— L'animal qui est encore vivant.18.— Une i¦ i;¦ hi in- dans laquelle on fait des trous.14.— L'Immortelle.15.— La république des abeilles.Nous les aurons nos 15 000 abonnés !
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