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Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
janvier 1941
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
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Références

L'abeille /, 1941, Collections de BAnQ.

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Jfevue mensuelle Jeu Jeunesse LES FRERES DE ^INSTRUCTION CHRETIENNE.LAPRAIRIÉ.P.Q.est né, le divin Enfant. Que le nouvel an voit grandir dans la joie, la science et la sainteté tous les amis et les lecteurs de •'L'Abeille" Sommaire Bonne et heureuse année .97 Noël canadien .98 Vers les sommets .100 Gloire au ciel et paix sur terre C'est la Noël .101 Dans les coulisses .102 La Compagnie de Jésus .103 Chanceux "Lui" .106 Sur la route blanche (chant) .107 Vivre héroïquement .108 Travail sur soi.par soi .110 Un vrai conte de Noël .112 Le Dossier 1248 .113 Concours du mois .115 Le Patron de l'A.C.VII Le secret de la confession .117 Dactylographe dessinateur .119 Au Vénérable de la Mennais .120 La fuite en Egypte NiiiHiMiHiiHimmiHHiiHiiMmimnmiiiiiHiiHHimiiiritiHiimiHiiMiiiiiumiiiH .m MtiiiiiiiHiHiiiiiiiniiiHii'iniiitui.HiiiHinmunNtiMiMiuiuiiMiiiiiiitiniHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiHiiiimiiMiiiiiMtiiiMiiii it L'ABEILLE $ Paraît tous les mois.Juillet et août exceptés.Elle a reçu une bénédiction spéciale de S.S.Pie XL Publiée avec l'autorisation de Son Exc.Mgr l'Eve que de St-Jean, et la permission des Supérieurs.Les abonnés ont part aux prières et aux messes offertes à l'intention de nos bienfaiteurs.Abonnement annuel: $0.75; avec prime: $1.00—Dix numéros à la même adresse: $4.50, DIRECTEUR : Frère URBAIN-MARIE, Lapralrie, P.Q. anne et Aeureicôe année, maman / Maman ! Le premier mot qui a jailli de nos bouches d'enfants ! Maman ! Mot que l'on répète à tous les moments de sa vie, tant il est plein de chères et tendres évocations ! Maman ! Deux syllabes qui bercent et qui caressent, mais lourdes de tant de souffrances, d'angoisse, de don total!.Comprendras-tu jamais tout ce qu'elle a souffert pour toi, cette Maman que tu boudes ou rabroues parfois ?De combien de joies s'est-elle privée pour ton amour ?Penchée sur ton berceau, elle a guetté ton premier sourire et son âme en a été toute illuminée.A la moindre de tes souffrances, ses yeux se sont baignés de larmes.Et s'il s'agit de ton bonheur, elle est prête aux plus durs sacrifices, capable de donner sa vie sans compter !.Pense aux heures de veille durant tes maladies; au travail prolongé bien avant dans la nuit pour que rien ne te manque au réveil.Pourtant elle a conservé sa douceur, même aux heures les plus dures; ses yeux sont toujours restés bons, même lorsqu'elle essayait, sans trop y parvenir, de prendre un air sévère pour te gronder.C'est si difficile pour une maman d'avoir l'air méchante !.Sensible à l'extrême, elle supporte avec courage les pires fatigues, du moment que c'est pour "son petit"; mais la moindre ingratitude, le moindre mépris la blesseront au cœur.Elle pleurera en silence.Pourtant sa peine ne diminuera pas son amour.Et dût-elle n'en recevoir aucune récompense, elle continuera son obscur dévouement !.Comme c'est beau, une Maman.— 97 — Vingt-quatre décembre; trois heures de l'après-midi.Dans un pauvre logis de la basse-ville de Québec, une maman se tient assise au chevet de son enfant, un blondin de huit ans qui souffre d'une fièvre intermittente.Il est allé voir passer le Père Noël, et depuis lors, son imagination est hantée par ce souvenir: "Maman, va-t-il venir, le Père Noël?" répète-t-il en regardant sa mère de ses grands yeux brûlants.Depuis deux semaines, il ne cesse de répéter cette question.— Oui, mon chéri.On va prier le petit Jésus pour qu'il l'envoie.Confiant, le malade ferme les yeux; et la maman, le cœur oppressé, pleure la tête dans les mains.,.Veuve depuis trois ans, madame Gingras est réduite à la misère.Son Paul ne guérit pas; le médecin, les remèdes, ça coûte cher.Et cinq autres enfants à nourrir.— Jean, il fait froid, veux-tu mettre du bois dans la fournaise?— Tout de suite, maman.Et Jean, l'aîné, grand brunet de quatorze ans, court vers la remise dont il rapporte trois ou quatre rondins.— C'est tout ce qui reste, maman.— Mon Dieu, soupire-t-elle, vous ne nous laisserez pas mourir de froid.Jean, va voir s'il n'y aurait pas quelques vieilles planches à traîner.— Oui, maman.Jean est parti chercher du combustible.La mère, grelottante, couvre Paul de son mieux et, sur son front fiévreux, dépose un baiser.Depuis quelques semaines, le Dr Jules Dorion, directeur de l'Action Catholique, mène une campagne en faveur des enfants pauvres.Chaque jour, un article émouvant sollicite le concours généreux des lecteurs pour que les jeunes déslié-rités aient des étrenues à Noël.Les employés du journal se chargent de faire une distribution équitable des jouets, même usagés, qu'on voudra bien leur faire parvenir.Pour se rendre compte de l'état financier des familles, le personnel du grand quotidien prend part à la traditionnelle quête de la Guignolée.Portant le symbolique bas rouge, la troupe joyeuse se disperse dans les voitures.Chaque véhicule ayant son itinéraire, le Dr Dorion s'est réservé le quartier X.qu'il connaît particulièrement grâce à ses fréquentes visites chez ses amis les pauvres.Au bruit discordant des flûtes, la tournée commence.Les portes s'ouvrant, on chante : "Bonjour le maître et la maîtresse Et tous les gens de la maison." puis on recueille les oboles ou les dons en nature.Politesses de part et d'autre, et les quêturs repartent en chantant.Un coup d'œil, quelques questions discrètes suffisent à découvrir les familles pauvres que le secrétaire de la troupe note chemin faisant.Dans une modeste maison du quartier X., la porte s'ouvre toute grande au chant de la Guignolée.La maîtresse du logis s'excuse de ne pouvoir faire une aumône considérable."Nous sommes pauvres, dit-elle sans fausse honte.Cependant, il y en a peut-être qui sont plus misérables que nous.Et, fouillant dans une vieille sacoche, elle en retire une pièce de dix bous qu'elle dépose dans la boîte des charitables solliciteurs.— Sont-ce là tous vos enfants?s'enquiert M.Dorion.— J'en ai un autre qui est malade depuis deux semaines.Je ne sais trop ce qu'il a.On est trop pauvre pour faire venir un médecin.— Puis-je le voir?— Certainement, il est dans cette chambre.Médecin lui-même, M.Dorion prend la température du malade.— Il fait de la fièvre, dit-il simplement à la mère.Le malade avait ouvert les yeux : — Maman, va-t-il venir, le Père Noël?— Depuis sa maladie, il ne cesse de répéter cette question, dit la maman, étouffant un sanglot.— Pour le moment, faites-lui prendre ceci, dit M.Dorion, tendant à la mère un sachet de pilules fébrifuges.Et s'adressant au malade : Sois tranquille, mon petit, le Père Noël, il viendra.— 98 — Puis souriant à la mère, il se hâte de rejoindre son groupe, à la maison voisine.Les paroles de Paul sont un trait de lumière pour le Dr Dorion."Ce petit souffre de la fièvre, mais plus encore de la hantise du Père Noël", pense-t-il.La tournée terminée, il se dirige vers le magasin Paquet, emprunte facilement le costume de l'authentique Père Noël : ample habit rouge bordé d'hermine, longue barbe blanche, bonnet et mocassins.Ainsi déguisé, il se rend, en automobile cette fois, à la demeure de madame Gingras, et frappe discrètement à la porte.Un moment surprise, la mère du petit malade devine le stratagème.M.Dorion fait signe aux enfants de ne pas trahir le secret, et s'informe si le malade a pris les remèdes prescrits.— Hélas! non, répond la mère, il ne veut plus rien prendre.— Maman, va-t-il venir, le Père Noël?C'est Paul qui, dans la chambre voisine, répète pour la centième fois la question obsédante.— Oui, mon chéri.Et, ouvrant la porte de la chambre, elle ajoute: Le voici! M.Dorion apparaît alors au petit malade dans toute la splendeur de son riche costume.Il n'y a pas de doute, c'est bien le Père Noël avec sa grande barbe, ses joues rouges aux pommettes saillantes et, sur le dos, son sac rempli de jouets.— Le Père Noël! le Père Noël! s'exclame l'enfant: Il frappe des mains, et ses yeux brûlants de fièvre rient.— Oui, c'est le Père Noël, mon petit, et il vient pour te guérir, dit M.Dorion.Il va te donner de beaux joujoux, mais il faudra être obéissant et prendre les remèdes du Père Noël.Ce fut un enchantement.L'enfant accepta de la main du Père Noël les remèdes refusés jusqu'alors, et promit de les prendre désormais.— Maintenant que tu as été gentil, le Père Noël va te donner de beaux jouets.Ce disant, M.Dorion étale sous les yeux ravis de l'enfant un petit cheval attelé, une automobile à ressort, une flûte, des pommes, des oranges et des bonbons.— Quand tu seras mieux, ajoute-t-il, tu pourras jouer avec tout cela et manger les bonbons.L'enfant riait de bon cœur.— Demain, reprend le docteur, je reviendrai te voir.Puis se tournant du côté de la mère : "Il est sauvé!" dit-il.Toujours déguisé en Père Noël, M.Dorion revint plusieurs jours de suite revoir son petit malade.Il constata avec plaisir que la fièvre diminuait graduellement si bien que, après une semaine de traitements, Paul entrait en convalescence.Maifl M.Dorion avait pu se rendre compte de l'extrême pauvreté de cette famille et du cou- rage admirable de madame Gingras qui, comptant sur la Providence ne se décourageait pas.Il pourvut de ses deniers aux plus urgentes nécessités du ménage, et mit la famille sous la protection spéciale de la Saint-Vincent de Paul.De plus, constatant que Jean, l'aîné, qui allait avoir bientôt quinze ans, était intelligent et débrouillard, il lui offrit, à l'Action Catholique, un emploi convenant à son âge et à sa capacité.Comme bien on pense, la proposition fut acceptée avec empressement.Jean continuerait à étudier, le soir, sous la direction des Frères du Patronage.Quand Paul fut à peu près rétabli, M.Dorion lui dit : Eh bien! mon chéri, te voilà guéri.Le Père Noël va te dire adieu pour cette année car il faut qu'il aille dans d'autres pays guérir les petits malades et leur apporter des jouets.Une grosse larme coula sur la joue de l'enfant.Le Père Noël était devenu son grand ami, et il allait le quitter.— Ne pleure pas, Paul, ajouta le Père Noël; je reviendrai l'an prochain et je t'apporterai encore de beaux jouets.Mais n'oublie pas de remercier le petit Jésus, car c'est lui qui m'a envoyé près de toi.Je vais dire à un bon médecin de venir te voir.Il faudra lui obéir comme à moi-même.— Oh! oui, Père Noël, répondit l'enfant.Le lendemain, M.Dorion, sans déguisement, revint voir son petit malade.L'enfant fut content de recevoir la visite du médecin.— C'est drôle, lui dit-il, vous avez la même voix que le Père Noël.— Alors, lui dit M.Dorion, tu dois m'aimer autant que le Père Noël! — Je vous aime, répondit l'enfant, mais j'aimais mieux le Père Noël! Aussi, j'ai hâte d'être mieux pour aller à l'église remercier l'Enfant-Jésus qui l'a envoyé."DOLLARD DES ORMEAUX".— 99 — • Vers ks Sommets • V LA POINTE-DU-LAC "Où coulent le lait et le miel.Dans une Congrégation religieuse, le noviciat est le séjour idéal de la prière et du recueillement; tout y converge vers la formation spirituelle des novices.Nul autre milieu ne pouvait mieux répondre aux aspirations intimes du F.Raoul-Jh.Aussi, lorsque en 1928, le Frère Visiteur l'appelle au noviciat de la Pointe-du-Lac pour y remplir le double office de professeur et de surveillant, la joie déborde-t-elle de son cœur : C'est d'un "pays où coulent le lait et le miel" que j'écris, annonce-t-il.Voilà bien le paradis terrestre le plus près du ciel qu'on puisse désirer.Le martyre des maringouins Avec son étang pittoresque, sa jolie rivière et ses grands bois, la propriété des Frères serait le cadre idéal d'une retraite, sans l'inconvénient des moustiques qui, au début de l'été surtout, rendent moins agréables le voisinage de l'eau et les bosquets ombreux.L'heureux professeur y voit l'occasion d'un sacrifice nouveau qu'il sera fier d'unir aux souffrances du Sauveur.A diverses reprises, il s'expose volontairement à leurs attaques et supporte, sans aucun soulagement, leurs cuisantes piqûres.Il note : "Martyre dans le bois : moustiques en quantité.La nature gémit un peu, mais la grâce l'emporte.et j'emporte les maringouins! Encore les missions! La santé du F.Raoul-Jh, quoique délicate, lui avait permis de supporter les fatigues de l'enseignement.Au noviciat, cependant, ses forces le trahirent et c'est à grand'peine qu'il put accomplir sa tâche de chaque jour.Les supérieurs comprirent que le repos devenait urgent pour sauver, si possible, une santé qu'à bon droit ils jugeaient précieuse au bien spirituel du district.Déchargé de tout emploi, il dut faire une cure de grand air en s'occupant au dehors à de petits travaux Ton frère est coureur de bois, annonce-t-il à sa sœur.Dieu veuille que ce soit une préparation aux randonnées apostoliques en pays de mission, le chapelet à la main, l'Ave sur les lèvres, l'amour de Dieu au cœur.___ Au sanatorium Les médecins ayant déclaré le F.Raoul-Jh atteint de la tuberculose, le Frère Visiteur fit les démarches nécessaires pour obtenir l'admission du patient au sanatorium Cooke, établi aux Trois-Rivières.Le mardi, 9 juin 1931, le malade fit ses adieux à la chère maison de la Pointe-du-Lac où il ne devait revenir que dans "son cercueil, dix mois plus tard."Le bon Dieu m'amène au garage!" dit-il plaisamment à son entrée au sana.A le voir souriant, nul ne se doute du grand sacrifice qu'il accomplit.Pas un mot de plainte, pas un geste qui trahirait la peine intérieure qu'il ne peut manquer de ressentir.Sa réputation de sainteté Sa vertu fait bientôt l'admiration du personnel religieux et laïque du sana.L'aumônier, qui l'estime beaucoup, lui recommande les malades les plus déprimés, les moribonds surtout.L'un de ces derniers reçoit la visite du prêtre avec la plus complète indifférence."Il nous le faut, déclare le F.Raoul.Encore dix jours avant l'Assomption de Marie; allons, une neuvaine de prières et de sacrifices!'* Dès le premier jour, le malade accepte, bien que sans enthousiasme, une médaille "miraculeuse".Or, à la fin de la neuvaine, il s'est confessé et meurt chrétiennement trois jours après.Rencontre inattendue Vers la fin de juin, le F.Raoul-Jh reçoit la visite de sa sœur religieuse.On devine les sentiments et les effusions de ces deux âmes que la grâce, plus encore peut-être que la nature, a si intimement unies."Je le trouvais bien à plaindre, raconte-t-elle, d'être si malade à ce bel âge de la vie.Ne me plains pas, répliqua-t-il, je suis heureux de pouvoir encore faire la volonté de Dieu." Elle lui fit cadeau d'un petit opuscule portant en sous-titre : A LIRE PENDANT LES MAUVAIS JOURS."Je vais corriger, dit le religieux; à la place de "mauvais", je mettrai BONS." .Nuits d'actions de grâces Il avait exprimé le désir de recevoir l'Extrême-Onction en pleine connaissance."Qu'on ne craigne pas de me faire peur, avait-il dit".— Le mardi de la semaine sainte, premier avertissement du ciel : une syncope à l'heure du souper.Le cas est grave; la cérémonie aura lieu le soir même.Le Frère Raoul commence aussitôt une fervente préparation, s'aidant du GUIDE des MALADES, puis reçoit les onctions saintes, répondant aux prières liturgiques avec une piété touchante.La nuit tout entière se passe en actions de grâces.LTn confrère lui ayant demandé le lendemain s'il a bien dormi, le malade déclare, tout rayonnant de joie, que, malgré la privation de sommeil, il se sent dispos et réconforté.Prêt! "Je suis prêt et bien en paix, déclare-t-il à ses parents accourus autour de son lit ; mais priez beaucoup pour que tout se passe bien au dernier moment, car le diable peut me livrer des combats à cette heure critique et j'aurai besoin de votre secours."J'espère, en mourant, SAUTER dans les BRAS du bon DIEU comme un enfant saute au cou de son père.JE SUIS PRET et je crois que ce ne sera pas long." Montrant le grand crucifix d'Oblat que lui a donné sa tante et un autre plus petit qui lui vient de sa cousine, puis son pauvre chapelet qu'il tient enroulé autour du poignet : "Voyez, dit-il, en quelle sainte compagnie je me trouve!" Sa montre même lui est une compagne salutaire, vu qu'il y a tracé en demi-cercle sur le cadran : Eternité!.Samedi.2 avrii 1932, le F.Raoul-Joseph, dans un reste d'énergie, se raidit soudain, étend les bras en croix et penche la tête du côté droit, frappante image du Christ mourant, puis doucement exhale son dernier soupir.Il est mort un samedi, jour de Marie ; on l'enterrera le lundi suivant, fête de l'Annonciation.Sa bonne Mère du ciel ne l'a pas oublié."Vraiment, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus n'aurait pas fait mieux", déclare sans ambages la supérieure de l'hôpital.Et le médecin d'ajouter avec beaucoup d'émotion: "Quel brave homme vous avez perdu! Jamais nous ne l'avons entendu proférer une seule plainte." A la Pointe-du-Lac Les petits juvénistes, d'un élan spontané s'empressent autour du cercueil découvert, même les timides qui ont peur des morts : "Celui-ci n'est pas comme les autres.Que je voudrais mourir comme lui ! C'est un saint".Les visiteurs qui viennent prier auprès de son corps font toucher à sa dépouille mortelle chapelets, médailles et autres objets de piété.Epilogue L'une des lettres du F.Raoul-Joseph à ses parents porte cette signature : MISSIONNAIRE au .CANADA! Savait-il alors si bien prophétiser?Voilà que ses désirs d'apostolat sont en train de se réaliser.MISSIONNAIRE il le sera, non seulement au Canada, mais partout où l'on méditera le beau livre du C.F.Symphorien-Auguste, dont nous n'avons donné qu'un pâle résumé.Puissiez-vous, ô Frère Raoul-Joseph, obtenir pour les œuvres d'éducation et d'enseignement une nombreuse phalange d'apôtres décidés à travailler comme vous, dans l'humilité, pour la gloire de Dieu Seul.Et toi, lecteur, seras-tu missionnaire? GLOIRE AU CIEL ET PAIX SUR TERRE Les anges saluent le Fils de Dieu fait homme, et les Mages lui offrent des présents royaux.Pour que le monde entier adore son Sauveur, les missionnaires, quittant leur belle patrie, vont évangéliBer les âmes, aux pays du soleil, comme aux terres stériles et glacées du pôle.Meilleurs vœux de «LA PETITE ECOLE» Revue pédagogique mensuelle des maîtres et maîtresses Abonnement — Canada : $ 2.00 par année.— Etranger : $ 2.25.L'exemplaire : $ 0.25.— 6 abonnements au prix de 5.Frère GABRIEL-JOSEPH, Directeur.Laprairie, P.Q. ______ NOEL Petit Mouton, C'est la Noël 1 C'est la nuit noire et blanche Où l'Eniant-Dieu vient tout donner.Petit mouton.Au nom du petit Jésus nouveau-né.Je viens quêter la laine de ta toison.De ta toison noire ou blanche Pour les petits enfants qui grelottent et qui [pleurent.Et j'en ferai des bas ou des tricots bien chauds.De ta toison.Petit Mouton I Jf aitti l'aumône et be tout botre coeur 0m wm 0m 0m 0m 0m m.mm mm mm m.m% C'est la Motl Bonne Araignée, C'est la Noël ! C'est la nuit blanche et froide Où l'Enfant-Dieu commença de pleurer.Bonne fileuse.Au nom du petit Jésus nouveau-né.Je m'en viens t'engager.Tu ne seras pas payée.Mais ne veux-tu pas, pour couper la froidure Qui passe par les carreaux brisés Et fait pleurer les petits près des foyers éteints.Ne veux-tu pas tendre des toiles Aux carreaux de la masure Pour que la nuit soit moins dure.Les menottes moins frileuses ?.Bonne et belle fileuse 1 — 101 — Arbres de mon verger, Cest la Noël 1 C'est la nuit blanche et bleue.Nuit de neige et d'étoiles Où naquit l'Enfant-Dieu.En son nom, je viens vous demander Qu'un scintillement d'étoile Vous réveille Comme soleil au printemps.Car je voudrais des fruits Avec du jus, dès cette nuit Pour les petits que leur maigre menu Ne peut ni rassasier ni réjouir.Arbres de mon verger I Et vous, bon boulanger, bon cordonnier.Epicier et boucher, et tailleur du quartier.Hommes et femmes mes frères et mes sœurs.C'est la Noël! C'est la nuit d'abondance Où nous avons tout reçu de l'Enfant-Dieu [Sauveur.En son nom, je viens vous demander vos [cœurs.Vos chansons, votre charité, vos aumônes.Pour tous les pauvres qui n'ont rien.Qui ont oublié Jésus et qui cherchent l'amour Et qui voudraient la joie et qui voudraient [la paix Et qui voudraient du pain I.Hommes et femmes mes frères et mes sœurs.C'est la Noël 1 Faites l'aumône et de tout votre cœur.Au nom de l'Enfant-Dieu Sauveur ! RENE DANS LES COULISSES DE LA GRANDE VILLE Le soleil est gai.La nature est gaie.Tout chante par cette merveilleuse journée d'automne.De ma chambre, j'écoute les roulades des oiseaux, le bruissement des feuilles.Mais tout à coup, à ce concert, s'ajoute un son grêle, plaintif; on dirait une supplication.Curieuse, je me penche par la fenêtre et je vois, vêtu de haillons, couvert de poussière, un miséreux qui, l'air harassé, fait pleurer son violon.C'est sa façon à lui de solliciter la sympathie et la générosité.Il joue, les yeux fermés, la physionomie recueillie.Comme scène, il a une ruelle; comme auditoire, de petits enfants barbouillés qui l'examinent avec de grands yeux.Et cependant il joue.pour raconter sa misère, pour é-mouvoir les cœurs.De temps à autre, dans sa sébile, on dépose une pièce et le pauvre remercie au son de son instrument.Mais bientôt, le cercle s'agrandit; un autre personnage vient d'entrer en scène.Juché sur une vieille voiture, au milieu de ressorts, de pneus et de matelas, un vieux "guenillou" avance à l'allure clopinante d'un cheval non moins vieux.Vêtu de loques, il cadence d'une voie éraillée, les expressives paroles : "Des guenilles à vendre ! Des guenilles I" Il avance toujours.Il n'a pas encore vu le musicien qui pourtant est sur son chemin.Mais celui-ci, concentré dans la difficile interprétation de l'Ave Maria de Schubert, est inconscient de l'arrivée du marchand ambulant.Cependant le bruit de la voiture finit par le tirer de sa rêverie et il se range près du mur tout en continuant à moduler.C'est alors que s'accomplit un acte qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.Le vieux Juif, (il n'est pas difficile à identifier) qui vient d'apercevoir l'infortuné, arrête son cheval et plonge sa main tremblottante dans sa poche rapiécée.Il en retire un porte-monnaie tout usé, l'ouvre avec précaution, tourne et retourne son contenu, mais, non content de sa fouille, le remet à sa place.Que fera-t-il ?Il enfonce son autre main dans son autre poche et, après bien des recherches.la retire vide.Voyons, va-t-il se décider ?Reprenant son porte-monnaie, toujours avec le même soin, il l'ouvre et en retire enfin une pièce, puis s'incline compatissant, et la donne au violoneux.Tableau d'une simplicité touchante, combien cette scène de la misère se penchant vers la misère a dû faire plaisir à Dieu I Et quelle leçon ne nous donne-t-elle pas, à nous qui avons si souvent l'occasion de faire la charité 1 Je suis descendue, et moi aussi, j'ai fait ma part.Monique MANNY — 102 — Noël! La Compagnie de Jésus Ignace de Loyola se convertit à la lecture d'un livre.Un film merveilleux qui se déroule.Un film de grande actualité, passionnant chevaleresque, idéal et divin 1 Quatre cents ans d'histoire dans un décor très riche de variété, de coloris, de contrastes et de simplicité.Les personnages les plus illustres y défilent dans tous les rôles que des hommes peuvent jouer quand ils se rencontrent à la poursuite de la plus grande gloire de Dieu.Notre film s'intitule : "Noël ! La Compagnie de lé sus !" Au hasard, projetons des scènes plus évo-catrices d'une merveilleuse épopée.Un rocher se dresse, une grotte qui fait saillie dans un paysage palestinien : la grotte de Bethléem.où Jésus devenu notre COMPAGNON naquit.C'était le commencement de l'Evangile, le commencement du "Gloria in excelsis Deo".Plus de mille quatre cents ans de Christianisme.Le paysage a changé et les temps aussi.On vient de sortir du Moyen-Age,.on reconnaît l'Espagne et une autre grotte surgit : .Manrèse.Dans la grotte, un chevalier à genoux, qui a jeûné, qui prie, qui écrit, qui pleura, qui s'immobilise dans une vision 1.Ignace de Loyola.Et dehors, là-haut dans un ciel qui char-roie des nuages et se purifie, une sentence de guerre s'écrit lettre par lettre : "A la plu» grande gloire de Dieu 1" Les Exercices Spirituels viennent de façonner Ignace.Ignace va façonner les Exercices.La Compagnie de Jésus va naître.Et c'est inouï tout ce qui va se dérouler.Des châteaux, même des châteaux en Espagne !.Un duc de Gandie, grand de l'empire, couche dans le cercueil une impératrice fameuse de beauté.devient jésuite, puis, saint François de Borgia.Une Université où remue l'esprit de l'Europe : Paris.Un jeune docteur s'y grise de gloire.Un étudiant plus mûr l'approche, le séduit.François Xavier à la parole d'Ignace laisse la gloire de l'Université, s'embarque pour la plus grande gloire de Dieu, aborde aux Indes, passe au Japon, dévore — 103 — l'espace, s'épuise à baptiser, et meurt d'amour, étendu sur le sol, face à la Chine immense, .endolori de n'avoir pas achevé la conquête du monde au Christ.• Un Carmel, une femme de génie, d'action, de sublime prière, une sainte : Thérèse d'A-vila qui souhaite pour son âme comme une grâce insigne : un directeur au point et qui l'attend de la Compagnie de Jésus.• Une cour brillante, mondaine, raffinée.et dans un appartement retiré, un petit jeune homme se déchire les épaules avec un fouet armé de plomb.Au prix de son sang, il ?eut arracher à son père la permission de partir pour la Compagnie de Jésus, à la recherche de la plus grande gloire de Dieu : Louis de Gonzague.• Et sur le chemin de Rome, avec derrière lui l'Autriche et la Pologne, c'est un mendiant qui passe.Pardon, c'est un petit seigneur de 17 ans déguisé, qui se reconnaît "pas fait pour les niaiseries de la terre" et qui n'y tint plus et qui a pris la fuite.pour être admis dans la Compagnie de Jésus où l'on peut vivre et mourir pour la plus grande gloire de Dieu : Stanislas Kostka.• Encore un petit garçon décidé, qui veut pointer son âme droit dans le ciel comme un clocher des Flandres.et qui rêve d'être Jésuite I.Jean Berchmans, frère Jean, le Jésuite intégral, baise longuement le livre des règles de la Compagnie, et c'est là toute la vie d'un saint et toute la Compagnie de Jésus : "un ordre où la discipline fait des saints".• Voici l'Allemagne ravagée, avec des groupes de séditieux à tous les carrefours, des assemblées tapageuses dans les auberges et les résidences des seigneurs.Un personnage tourmenté s'agite et légifère, et vocifère : c'est Luther en révolte contre l'Eglise.Sur ses traces, pas à pas, un petit prêtre au regard profond s'insinue, se fait recevoir des grands, argumente, fonde des collèges.documente l'élite de la jeunesse, organise la contre-révolution partout.La nuit il écrit des livres, compose des catéchismes : Pierre Ca-nisius, jésuite.Docteur de l'Eglise, "ad majore m Dei gloria m".Une route montante, un soleil plombant, un grand vieillard monte péniblement.Soudain, il s'arrête.Sur son visage émacié, une lumière passe, un sourire l'illumine.Le Frère Alphonse Rodriguez ne voit plus les passants, et cependant, il a commencé à s'entretenir avec l'être de beauté qui seul a réalisé en plénitude la plus grande gloire de Dieu."La Vierge Marie et Frère Alphonse Rodriguez" : quel beau chant dans l'Epopée chevaleresque de la Compagnie de Jésus 1 Un Cardinal I Une lumière 1 Un phénomène : un jésuite sous la pourpre !.Un savant et un saint, le fléau des protestants, le soutien de l'Eglise : Robert Bellarmin.• Noël ! La Compagnie de Jésus I.L'imposant spectacle du concile de Trente !.Et parmi les évêques et les princes, deux flambeaux : deux jésuites !.Et dans un pays nouveau, dans une ville agitée, où l'on est âpre au gain, Carthagène d'Amérique :.Pierre Claver, jésuite, monte une échelle, le long d'un navire à l'ancre.Il cherche sur les ponts encombrés, descend vers les cales.sa spécialité, ce sont les nègres que l'on vend comme bétail, il veut leur donner leur part d'amour et il se trouve que cet amour qu'il leur donne est la charité divine qui les transforme en fils de Dieu.• Un confesseur à la grille d'un cloître.et derrière la grille une visitandine qui demande à Claude de la Colombière, jésuite, le sceau de l'obéissance et la première réponse d'amour aux révélations brûlantes du Sacré-Cœur de Jésus.• "Noël !.La Compagnie de Jésus !" Le film se continue, montrant aux spectateurs de l'histoire les gibets d'Angleterre ou de France ou d'Allemagne, et les pieux des — 104 — forêts d'Amérique, du Canada, des lances et des javelots asiatiques, des massues africaines.Des bourreaux défilent turban en tête, pagne aux reins, couronne au front tatouages aux joues, peu importe 1.Et le sang coule, les ruisseaux rougissent, le sol s'imprègne et des chrétientés surgissent fécondées par le sang des chevaliers de la Compagnie de Jésus.Deux cents Martyrs Jésuites contemplent la plus grande gloire de Dieu dans le ciel tandis que sur leurs tombes refleurissent des chrétiens.Cette petite chambre bourrée de livres, austère.et pas tranquille : c'est la chambre de Pascal qui dévoile son génie et qui oublie les disciplines de la grâce et qui s'en prend aux Jésuites.• Des rois, des politiques soucieux, affairés, qui assiègent le Pape pour qu'il confirme dans l'Eglise la suppression civique de la Compagnie de Jésus.Et le Pape doit signer le décret de mort.Convention douloureuse, mais qui n'est qu'une convention.• Un rire hideux : Voltaire et les philosophes qui sont sûrs de vaincre l'Eglise, parce qu'ils ont apparemment et pour un temps vaincu la Compagnie de Jésus.• Le Film s'achève.Encore deux scènes.A Rome, en face du Vatican, un peu de biais, dans la fenêtre d'une cellule qui regarde Saint-Pierre, se dresse une silhouette noire et sereine : un jésuite mince, barrette sur la tête, un livre des constitutions à la main; on dirait un soldat qui monte la garde ou qui attend des ordres, c'est exact, mais en plus, c'est le Général, debout pour l'offensive : c'est le T.R.Père Général de la Compagnie de Jésus.Beaucoup disent : "le pape noir !." Certains pensent que c'est une injure, mais le grand nombre savent que c'est une louange.• Noël !.La Compagnie de Jésus I Quatre cents ans sont passés.La lutte se poursuit toujours pour la plus grande gloire de Dieu 1.Des universités, des observatoires, des bibliothèques, des collèges, la presse, la radio, l'aviation, le cinéma, des livres, des œuvres, des retraites fermées, des congrégations, des armées de chrétiens et de religieux, l'Action Catholique, l'Action Sociale, les Missions, l'Education I.L'Apostolat de la prière !.La Jeunesse Catholique 1 La Croisade Eucharistique 1 Noël I Noël ! Emmanuel 1 Dieu avec nous !.GLOIRE A DIEU.LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU, par la Compagnie de Jésus ! Frère REMBERT-MARIE, f.s.g.Saints et Bienheureux de la Compagnie de Jésus.— 105 — Il étrenne.Il avait treize ans révolus le 16 décembre.C'est un homme à présent, et qui en sait long, je vous assure I Il se croit quelqu'un et se donne des airs.Il ne ferait pas bon lui marcher sur le bout des pieds I Il aime à se parer comme les gens qui reçoivent de gros appointements.Ce n'est donc pas à "Lui" que l'on mettrait un paletot refait, taillé dans le vieux complet de son père !.Il était donc aux honneurs, le 16 décembre.Chanceux Lui I Ses parents qui connaissent son point faible, lui ont fait cadeau d'un habit flambant neuf et du meilleur goût, cela va de soi.Je ne vous décrirai pas la confection et les particularités; il est reconnu que les garçons parlent peu de ces choses.Je noterai pourtant que la marchande avait glissé à sa mère cet argument définitif : " Ah ! ne doutez pas de votre bon goût, Madame.Je lisais dans le journal d'hier que le prince X.vient de s'acheter lui aussi, un habit gris perle".Notre ami n'a pas oublié le rapprochement, et quand il s'arrête à penser qu'il ressemble à un prince, au moins par la couleur de sa culotte, il en piaffe I.Chanceux Lui! Quel est d'ailleurs l'adolescent qui n'aime pas à porter un habit dernier modèle ?Lequel ne sourit pas quand les camarades le pincent aimablement au bras "parce qu'il étrenne ?" Etre costumé de neuf, c'est une légitime satisfaction, même pour le moins vaniteux.Très bien, Chanceux, jouis de tes splendeurs I.mais n'oublie pas qu'un vêtement, si beau soit-il, ce n'est ni toi ni même ta peau, encore moins ton âme.Ton habit gris perle n'a aucune valeur aux yeux de Dieu, surtout si on le compare à la robe de ton baptême.Quelle teinte a-t-elle prise, cette robe baptismale, t'en reste-t-il même quelques minces lambeaux ?Ton âme malheureuse n'est-elle pas toute chétive et grelottante, malgré ton habit de fête et ta mine florissante ?Mais "Lui" a d'autres raisons de se croire Quelqu'un I.Un de ses cousins vient d'être nommé évêque dans un pays de mission.Toute la famille en a été très fière.Sa mère en a causé sur le pas de la porte, avec les voisines; son père a dû répondre plusieurs fois à des interlocuteurs bienveillants que le nouvel évêque n'était pas son frère, non, mais un cousin seulement; "oui, un de ses cousins prêtres".A cette occasion, il fit le dénombrement des gloires familiales : des Sœurs Grises au Nord-Ouest, un Franciscain en terre Sainte, un grand oncle chanoine aux Trois-Rivières, un novice, mort en odeur de sainteté.Tel ministre du cabinet Cartier était leur arrière grand-oncle; un de ses frères siégeait au parlement de Québec, et l'autre fonda dans l'Ouest américain, la ville qui porte son nom.La maman rappela que l'ancêtre de sa famille, venu de France, n'était pas un paysan, mais un officier de l'armée royale, venant en droite ligne de Paris.De la petite noblesse, s'il vous plaît 1 .Quel malheur que les descendants peu fiers aient laissé perdre la particule !.Oui, les gloires familiales ! cela permet de marcher le front haut I Chanceux I II ne l'oubliera pas "Lui", mais il ne songera pas que "Noblesse oblige".Il racontera que, grâce à ses ancêtres, il n'est pas comme le reste des hommes, mais il oubliera de se demander si l'arbre si noble qui le porte ne produira pas en sa personne un fruit dégénéré, pourri, véreux.Il est certes mieux astiqué, savonné, poudré, parfumé que son arrière grand-père qui allait "cri" les vaches dans les bois de Mas-kinongé, nu-pieds, et la culotte d'étoffe rapiécée; mais a-t-il le caractère, l'endurance, la valeur morale, la piété franche du petit gars de jadis ?"Lui" ne se pose pas cette question gênante.Il balade sa vanité et son insignifiance, se croyant "chanceux" de porter un nom des plus honorables, sans se soucier d'en conserver la gloire par une vie chrétienne utile et pure.SCRIBE SU 13 IA ROUTE BLANCHE zO- ra: Ht tt m t Pe- ti- tes tê- tes ver- tes bour- geonnent aux ra- meaux.Les rou- tes sont ou- it m it ver- tes Sur.la terre et sur l'eau; Cam- peurs dres- ser vos ten- tes, Si ± V- les brû- lots vous ten - tent.Sur la rou - te neu - ve Qu'il fait bon, fait bon, fait bon, -h Sur la rou - te neu - ve, Qu'il fait bon mar - cher.2) O chère Laurentie, Ouvre-moi tes beaux lacs, C'est assez d'inertie, Les gars, prenez vos sacs; Que l'aviron cadence Vos fugues de jouvence.Sur la route BLEUE.3) C'est l'aube, le coq chante, Quittez vos édredons; Crevez les eaux dormantes De vos hardis plongeons; Sachez couper vos rêves, Les gars de la relève.Sur la route HUMIDE.4) Les deux pieds dans la boue, Hardi, les gars, marchons; Si le temps fait la moue, Nous autres nous rions; Que nos pieds dans l'eau tapent, Il faut fournir l'étape.Sur la route NOIRE.5) Sur la montagne jaune L'automne est descendu.Gravis, belle amazone, Ses flancs les plus ardus; Ta marche conquérante Te trempe une âme ardente.Sur la route ABRUPTE.6) L'hiver souffle en rafale Ses tourbillons poudreux; Le vent mugit et râle Ses thrênes langoureux.Ahl chaussez vos raquettes; Les gars de la conquête.Sur la route AFFREUSE.7) Le froid de sa cravache Rougit nos corps tremblants; Et sa morsure arrache Des plaintes à l'étang; La glace nous réclame, Chaussons nos fines lames.Sur la route FROIDE.8) L'épaisse et blanche mousse Calfeutre nos pas lourds; Les jeunes se trémoussent Sur le glissant velours; Grimpons, skieurs solides, Au col des Laurentides.Sur la route BLANCHE.9) Des pleurs contrits dans l'âme, Des clous dans les souliers, Allons chez Notre-Dame Laver nos cœurs souillés.Offrons en "réparage" Un dur pèlerinage.Sur la route SAINTE.Jean LARAMEE, S.J.— 107 — DES SOUHAITS • VIVRE HEROIQUEfnEIÏÏ • Je suis triste ce soir parce que je songe qu'une année s'achève, qu'une autre année s'achève sur un monde sanglant et bouleversé.Je suis triste non pas d'une tristesse égoïste qui ne regarde que moi et mon petit bonheur personnel et animal; mais je suis triste parce que tout est triste actuellement sur terre à qui veut réfléchir.Je suis triste parce que cette année, Noël n'est pas Noël malgré les bamboches et les boustifailles traditionnelles qui essaieront de faire croire au monde que le monde n'est pas triste.Je suis triste parce qu'ils sont rares sur terre les hommes de bonne volonté à qui les anges de Noël promettent la paix.Je suis triste parce qu'en cette fin d'année 1940, je constate avec pitié que l'Eglise catholique a subi des pertes énormes."Le martyre de la Pologne a été documenté avec la dernière précision par les témoignages les plus autorisés.Il a été effrayant !.On ne peut pas s'attendre à ce que la religion catholique soit mieux traitée dans les pays conquis que dans l'Allemagne elle-même.Tant que l'Europe continentale sera sous la domination de la croix gammée, la théologie catholique ne s'enrichira plus des œuvres catholiques allemandes, polonaises, hollandaises, belges et françaises.La Propagation de la Foi ne pourra plus compter sur les contributions des pays conquis.• Le désastre qui attend nos missions, pour peu que la situation se prolonge en Europe, sera incalculable.Qu'adviendra-t-il de la merveilleuse presse catholique de Hollande, la plus belle du monde ?.• Les belles œuvres sociales de Belgique, l'association des patrons chrétiens, les syndicats chrétiens, la I.O.C.pourront-elles se maintenir !.La presse catholique de France, les organisations catholiques de France, la production littéraire catholique de France, comment tout cela subsistera-t-il sous un régime hitlérien ?• Il est troublant de constater que Hitler, depuis 1923, n'a pas connu un seul échec.Ainsi la croix gammée poursuit son avance triomphale contre la croix du Christ".( La Croix païenne, par Joseph Léolit en vente au Secrétariat ).— 108 — Devant les évocations de destruction et de ruines, je suis triste en cette fin d'année 1940, triste de l'immense tristesse de l'Eglise, ma mère; et lorsque regardant la jeunesse qui monte, je me demande quel souhait lui faire, le premier qui me vient à l'esprit en ce soir de tristesse profonde, mais confiante quand même, c'est le souhait de voir grandir dans les jardins de l'Eglise une jeunesse HÉROÏQUE."Tôt ou tard assurément l'Eglise finira par triompher.Mais nous craignons pour ceux dont la foi est faible, qui sont tellement attachés aux choses d'ici-bas, qu'ils ne veulent pas relever le défi qui leur est lancé par ces forces mystérieuses.Sur un point Hitler a raison; si l'on veut vivre, aujourd'hui il faut vivre HÉROÏQUEMENT, sinon l'on sera anéanti.Dans l'âge de fer qui s'annonce, seuls sauront résister et triompher ceux qui seront détachés de tout, sauf de leur foi à laquelle ils se seront cramponnés pour ne point périr".(La Croix païenne).En temps de paix l'on a le droit de souhaiter à quelqu'un une BONNE ET HEUREUSE ANNÉE.En temps de tourmente il faut souhaiter aux jeunes le courage d'une vie HÉROÏQUE.Et pour avoir le courage de la vie héroïque il faut avoir le courage de l'effort héroïque quotidien."Seuls sauront résister et triompher ceux qui seront détachés de tout sauf de leur foi".Jeune homme ou jeune tille, qui que tu sois, remets-toi chaque jour devant les yeux cette terrible pensée.Il y a des siècles qui ne permettent pas la médiocrité.Si l'on ne veut pas s'y perdre il faut y vivre HEROÏQUEMENT.Notre siècle en est un.Je te souhaite donc d'entreprendre cette année ton métier de vie HÉROÏQUE : c'est le plus beau souhait que je te puisse faire. Travail sur soi, travail par soi Formule d'ACT ION qui secoue l'apathie !.Formule de PERSONNALITÉ qui bouscule les médiocres, les égoïstes, les insignifiants !."TRAVAIL SUR SOI".Si je me faisais une belle âme de CHARITÉ ! .La charité, c'est le commandement royal des fils de Dieu ! Dieu : on l'aime plus que soi ! CHARITÉ !.Mes voisins, mon prochain : on l'aime comme soi ! CHARITÉ !.M'exercer à cette charité !.Voilà un travail qui me met en valeur ! "TRAVAIL PAR SOI".Je ne suis pas un zéro, une nullité.Du travail, il s'en fait, et du beau travail, du travail par moi.J'ai des responsabilités et le bien ne chôme pas autour de moi.Ma sœur désire s'asseoir à ma place; son désir égale le mien et je cède.Et voilà une dispute de moins, deux joies de plus !.• Un camarade me barre la route dans les rangs, me déplaît souvent.Une bousculade et ça y serait!.Je ne bouscule pas, je prends sur moi.Et voilà un désordre de moins, de l'ordre en plus I.• Cette explication, à la veille d'un examen, je la donne avec un sourire.Cela fait de l'ignorance de moins, de l'égoïsme de moins et de la charité de plus, de la science de plus, de l'amitié de plus.Donner un timbre de sa collection, — un timbre auquel on tient beaucoup, — au camarade qui le contemple d'un regard admi-ratif.Et lui dire très simplement : "Tiens, mon vieux, prends-le si tu le trouves à ton goût.Je sais où en trouver un autre".• Aller voir un samedi après-midi ou un dimanche, — alors que le soleil invite à une joyeuse escapade, — un camarade éclopé ou malade.Lui apporter des livres.Lui raconter ce que l'on a fait pendant son absence.Lui faire oublier sa fièvre ou son ennui.Et lui dire gentiment, en partant : "Dépêche-toi de guérir 1 Tu sais, tout le monde parle de toi et tu nous manques bien !" • • • Expliquer un problème à un camarade, — de préférence à celui qui nous est moins sympathique, — à celui qui regarde en dessous ou qu'on soupçonne d'avoir rapporté.L'expliquer patiemment, avec gentillesse et simplicité.Sans le traiter "d'andouille" s'il ne comprend pas du premier coup.• Laisser à son petit frère le gâteau qu'on préfère, — ou la plus grosse pari Ou ne plus avoir faim lorsqu'on s'aperçoit que le dessert est un peu court et que la petite soeur s'inquiète, — ou que maman va se priver.S'arracher à une lecture passionnante pour mettre la table.Laisser un jeu pour aller chercher du pain, ou de l'eau, ou un seau de charbon.Discrètement.Pour soulager un peu sa pauvre maman si fatiguée en fin de journée.Une vieille dame n'avait pas de place dans le tramway, je me suis levé, j'ai salué, .j'ai offert ma place.Les gens ont approuvé le beau geste d'un sourire» la vieille dame s'est reposée, la politesse y a gagné, la charité a monté, les cœurs se sont agrandis : profit net .un travail payant, certes I.Voilà du capital qui grossit,.de la chaleur, de la puissance qui s'accumule !.Mon influence s'étend, rayonne, et quelle influence !.De l'influence chrétienne !.• Et c'est curieux comme ce travail sur soL et par soi, ça vous change les idées ! — 110 — Les fêtes battent leur plein.D'habitude, ma préoccupation unique, c'était MON PLAISIR.Dès la mi-novembre, je dressais ma liste de dépenses : chocolats : 50 sous; cadeaux : $5.00; visites : $3.00; décorations : $1.00; etc.Cette année, une autre liste me préoccupe : la liste des pauvres que nous aiderons et à qui nous ferons plaisir pendant les fêtes.Il y a du si beau travail à accomplir de ce côté-là I II y a moyen de faire tant d'heureux I Moi, je m'arrangerai toujours, mais beaucoup de pauvres ne pourront pas s'arranger sans moi.Alors, au travail, au beau travail de la charité !.Un travail par en-dedans qui frappe les cœurs et les transforme 1."Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est comme si vous le faisiez à Moi-même 1.eilleurs voeux a nos annonceurs £ DES JEUNES CYCLISTES 1089, rue St-Georges, Montréal, Tél.: PL.6731 Avis : Le nom du gagnant du tirage sera publié dans la revue de février.Coupon de tirage pour bicyclette: Nom .Adresse .Musique religieuse, profane et instrumentale ib comptoir rrtl • fflm&T • 568, Ste-Catherine E.Demandez le catalogue "F" Instruments de Musique pour fanfare et orchestre.Notre Bandage Herniaire vou* donnera latisf action.Spécialité : Appareils orthopédiques, mem -bres artificiels, corsets pour difformités, supports abdominaux, bas élastiques, etc.C.Martin enr'g.48-60 KM rue Craig, Montréal.Dépt 13.Tel : HArbour 8727 Pour votre plomberie, chauffage ou couverture, -: voyez:- La Cie J.& C.Brunet Limitée Qualité - Service - Hygiène 1095, Boul.St-Laurent.Tel: LAnc.1211 Pour Tout uiurvr un cachet distinctif lur votre, photo, rendez-voui au Studio ALBERT DUMAS RUE STE-CATHERINE Joyeux Noël et Sainte Année à tous ! — m — 94 UN VRAI CONTE DE NOEL Tenez, des contes de Noël, moi, je n'en lis plus.C'est trop "pas vrai" ! — Mais alors pourquoi lis-tu des romans jusqu'à oublier de manger ?— Ah ça c'est différent, des romans et des contes de Noël.Un roman on le sait que c'est pas vrai, on fait comme si c'était vrai.Tandis qu'un conte de Noël faut que ça soit vrai parce que le bébé Jésus, les anges, la crèche, les chameaux, etc., c'est arrivé ça.— Pourtant j'en connais un, moi, un vrai conte de Noël qui ne commence ni ne finit avec la crèche.— Alors, ma chère, conte-le moi I — Bien, tu connais le grand aventurier-explorateur Byrd, l'Amiral Richard Byrd, celui qui a traversé un des premiers l'Atlantique en avion, qui a exploré le Groenland, les deux pôles, etc.?Eh bien à la fin de 1933, il partit de Boston avec 100 hommes pour le pôle sud, i'Antartique.Rendus là, ils s'installent dans une espèce d'abri, bâtissent un village et montent toutes sortes d'appareils scientifiques sur des montagnes de neige de 700 pieds de haut.Je raccourcis l'histoire, tu comprends.Lui l'Amiral Byrd va s'installer encore plus au Pôle que ça, à 200 milles, tout seul dans un abri sous la neige.Son idée c'était de passer 6 mois à ré fléchir, à observer, à étudier, à enregistrer tous les "phénomènes de la nature pendant la grande nuit du pôle, nuit qui dure 6 mois, c'est-à-dire 150 jours multipliés par 24 heures d'obscurité.Nous autres, hein, on aurait peur même d'aller là.La température ordinaire est 50° degré en-dessous de zéro, et l'on gèle comme des grenouilles à 20 degrés Souvent il fait jusqu'à 70° ou 75° sous zéro.Je résume toute la longue histoire.Byrd passait des heures et des heures en extase devant le ciel.Un ciel toujours en mouvement, coloré de toutes les couleurs imaginables.C'était tantôt tout vert, tout rose, tout bleu, tout orange ou tantôt rouge et vert, vert et jaune à faire rêver.Il se couchait sur le dos tout habillé de fourrures et rêvait parmi les grandes étoiles, les planètes, les aurores boréales.Parfois il n'avait pas le courage d'aller se coucher tellement ces aurores lui organisaient des danses, des luttes, des rubans mêlés et démêlés, des dentelles vivantes, comme de grandes dames qui se promèneraient.Tout cela reflétait sur les neiges immenses et le pôle sud devenait comme un paradis de couleurs.Il lui semblait que le ciel lui parlait et l'invitait à comprendre quelque chose.Et pendant que ses yeux s'emplissaient de ces beautés, son esprit partait en voyage au-dessus des neiges immobiles.Jusque-là Byrd croyait en Dieu mais froidement, avec des doutes.Il commença soudain à suivre l'appel des étoiles comme autrefois les Rois Mages.Dans le silence infini du pôle il écoutait chanter les étoiles comme des anges de la crèche.Son cœur se réchauffait en les écoutant; elles étaient si pures, aucune poussière, aucune humidité dans l'air, parfois il levait la main pensant les toucher.La grande "Croix-du-Sud" paraissait et disparaissait au milieu des danses solennelles des aurores boréales.Un soir il se laissa conduire par la main et, par un sentier qu'il ne connaissait pas, son cœur marcha, marcha, au milieu des étoiles et se mit à battre plus fort; il découvrit la crèche.Oui, la crèche.Car il comprit tout à coup que Dieu se révélait aux hommes par ses étoiles, en clins d'œil, et l'invitait à chanter avec les anges de la crèche : Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus bonae voluntatis.Il avait voyagé plus' loin que les Rois Mages (il était allé au bout du monde, au pôle), pour découvrir son Dieu par les étoiles et il l'adorait et lui offrait ses dons.— 112 — LE DOSSIER 1248 d'aprèt le P.HUBLET, S.J.Gérard dormait lourdement quand le surveillant vint frapper à leur porte, avant l'aurore.Pierrot s'éveilla, comme chaque matin, avec un bon rire d'enfant heureux, mais il s'arrêta bien vite, surpris de voir le surveillant dans leur chambrette."Ohl.Déjà temps, Père?.comme il fait noir encore !.Qu'y a-t-il ?Levez-vous sans tarder, et habillez-vous vite, mon mignon.Cette nuit, le facteur a apporté une mauvaise nouvelle : papa est indisposé.assez sérieusement.et maman souhaite que vous veniez tous deux près de lui." Pendant que Pierrot, tout interdit, se mettait en devoir d'obéir le surveillant se retira sans bruit et murmura, en passant, à l'oreille de Gérard : "Ne pleurez pas !.pour lui 1.soyez vaillant." L'aîné comprit et refoula courageusement ses larmes.Pierrot, inquiet, le regardait du coin de l'œil, tout en commençant activement sa toilette; il questionna : "Pauvre papa!.qu'a-t-il, Gérard?— Je ne sais pas! Ça ne va guère, et l'on nous demande de revenir tout de suite, voilà tout ce que je sais!.— Cependant.— Pierrot.tu dois demander au Bon Dieu de guérir vite papa!." Et le pauvre aîné se hâta de plonger son visage dans sa cuvette pour dissimuler des sanglots qu'il ne pouvait plus réprimer.Le voyage fut très pénible.Aussi longtemps que le Père Préfet était demeuré auprès d'eux, les soutenant, les réconfortant, les rassurant de son mieux, ils avaient fait bonne contenance; mais, lorsque le train se fut mis en marche, dans le crépuscule grisâtre d'un jour de pluie, et qu'ils se trouvèrent seul à seul dans le compartiment, les deux frères sentirent se fondre tout leur courage.Toutefois, Gérard se souvint vite de son devoir d'aîné et des recommandations du Père Jecquières : aussitôt, refoulant bravement ses larmes, il s'efforça de calmer doucement Pierrot.Ce ne fut pas une mince affaire!.Enfin, à bout de raisonnements, et sentant lui-même, le courage lui manquer, il proposa, comme hier soir le surveillant : "Pierrot.au lieu de nous lamenter, si nous priions un peu pour papa?.pour maman aussi.et pour nous." A la descente du train, Christiane, leur sœur aîné, de six ans plus âgée que Gérard, les attendait.Tous deux se précipitèrent vers elle et l'interrogèrent avidement : "Qu'est-il arrivé, Christiane ?— Un accident terrible, mes pauvres petits frères !." et tandis que la voiture les emportait vers Sunnyland, elle raconta : — 113 — "Papa était allé hier à l'usine pour veiller à l'allumage de cette nouvelle bouilloire dont il vous parlait depuis quelque temps.La nouvelle installation ne donnait pas satisfaction, la bouilloire chauffait d'une façon suspecte, et papa s'était mis à l'examiner lui-même, quand tout à coup, l'un des aides-chauffeurs accourut : Monsieur Herlandy ! .la pression monte !.et la soupape ne fonctionne pas ! C'était très grave! la bouilloire pouvait éclater d'un moment à l'autre, tuant ou brûlant le nombreux personnel rassemblé autour d'elle.Froidement, pour éviter la panique, papa donna l'ordre d'évacuer la salle, et courut jusqu'à la soupape : le levier qui la fermait était pris entre deux branches de tuyauterie.Le temps pressait, car le manomètre montait follement! D'un effort surhumain il brisa la tige faussée, mais la violence du choc lui fit perdre l'équilibre; il tomba sur un formidable jet de vapeur qui le brûla atrocement à la poitrine, au visage et au bras droit.— On le sauvera, Christiane ?" implora Gérard, qui avait un vrai culte pour son père.La jeune fille secoua tristement la tête : "Le médecin fera tout le possible.mais c'est.très grave! — Papa garde-t-il encore sa connaissance ?— Toute entière, Monsieur le curé est venu en toute hâte; il l'a fort bien reconnu et lui a serré la main.Il reconnaît parfaitement maman.Hier, il ne parlait pas, mais dans la nuit, il a pu murmurer quelques mots.La première chose que maman comprit, fut : Priez ! puis, un peu après : Appelez Gérard!.Je n'avais pas attendu cela pour te télégraphier.— Et maman ?questionna Pierrot, qui avait tout écouté en silence, blotti près de sa sœur.— Pauvre maman est admirable d'énergie.Elle n'a pas quitté un seul instant le chevet de papa; elle ne cesse de lui parler doucement, de le soigner comme elle sait si bien le faire.— Papa souffre-t-il beaucoup ?— Le médecin croit que oui.Lui, ne se plaint pas; et quand on l'interroge là-dessus, il ne répond rien!.Nous voici arrivés.Je vous en prie, tous deux, soyez des hommes, pour ne pas déprimer maman qui a besoin de tout son courage." A l'arrivée de ses deux fils, le blessé fit un geste, et tout de suite, Christiane les poussa doucement vers le lit : "Me voici, papa !.moi, Gérard." Monsieur Herlandy agita la main : "j'entends !.— Et me voici, petit papa chéri.moi, Pierrot." et le benjamin, s'cmparant de la main valide du blessé, y colla passionnément ses lèvres.Les doigts du mourant effleurèrent sa joue ronde, son front, ses cheveux; puis cherchèrent Gérard qui les saisit à son tour.Alors, Monsieur Herlandy fit un effort énorme; sous les bandes qui entouraient le visage, les lèvres s'agitèrent, et, penché sur elles, Gérard perçut distinctement ces mots : "Gérard.sois un homme.d'honneur.toujours!.tu me remplaceras.tu seras le chef de la famille.je te confie ta mère.veille bien sur les plus jeunes.j'ai confiance en toi!.Avant tout.bon chrétien!.— Je vous le jure, papa, sanglota Gérard, je vous le jure.mais restez près de nous!.Puis, tout bas, se penchant encore davantage, Gérard dit ses efforts des derniers jours; et pour sa très douce récompense, sentit se resserrer affectueusement l'étreinte de la main paternelle.Cependant, malgré les soins les plus assidus, la vie s'en allait rapidement.Vers midi, quand les fillettes arrivèrent du couvent, le mourant, dans un dernier ressaut de toute son énergie, parvint à dire quelques mots tout empreints de tendresse, et à bénir, l'un après l'autre, chacun des siens."J'accepte volontiers la mort.pour que vous soyez.de bons chrétiens!." puis, peu d'instants plus tard, il répéta comme Gérard, la nuit précédente : "Mon Dieu!.que votre volonté soit faite!" Ce furent les derniers mots et le suprême exemple légués à ses enfants par le fervent chrétien, par le grand honnête homme qu'avait été, sans défaillance, Jean Herlandy.Une heure après, il s'éteignait sans une plainte, en pressant le crucifix sur ses lèvres mutilées.Passées, les tristes préoccupations du premier deuil, Gérard et Pierrot revinrent au collège.Le Père Jecquière remarqua la transformation profonde opérée chez Gérard.A la sortie de la classe, au premier soir après leur retour, Gérard se sentit tirer par .la manche.En se retournant, il vit devant lui Eddie Favereau, rouge jusqu'au blanc des yeux, qui lui tendait la main."J'ai appris ton malheur, balbutia Eddie, je veux te dire combien je suis peiné avec toi.Papa connaissait bien ton père; il nous a fait plusieurs fois son éloge.Gérard tressaillit de surprise et d'émotion, mais ne put que murmurer, la gorge serrée : "Merci !.Merci !." et il s'en fut pour cacher ses larmes.Cependant, il sentait qu'il y aurai! quelque chose de changé entre Eddie et lui.et qu'à l'avenir, ils ne se détesteraient plus de la même manière.(A suivre) — 114 — CONCOURS: - MOTS CROISES - ENCYCLOPEDIE / Z 3 4- S 6 7 8 9 io il H/3 IH- HORIZONTALEMENT 9 10 1.Note de la gamme.(I 2.Genre d'oiseaux rapaces voisins des faucons.\% 3.Note de la gamme.4.Conjugaison de verbe.— Année.5.Rend de nouveau à la vie.6.Plus mauvais.— Assurée, convaincue.— Unité monétaire italienne.7.Camp, armée.— Art.défini.8.Interjection.9.10.11.12.1.2.3.4.5.Adj.possessif.— Monceau d'objets mis ensemble et les uns sur les autres.— Utilise.— Pronom personnel.Foyer.— Grec catholique.— Grand vaisseau pour la fermentation du vin.Exister.— Petit amas d'eau dormante.Article espagnol.— Pronom personnel.Fabriquer dans une usine.VERTICALEMENT Pied et jambe des quadrupèdes.Application des connaissances à la réalisation d'une conception.Lettre grecque.— Epoques.Existe.— Article espagnol.Appareil destiné à maintenir un vaisseau vertical pendant toute la durée du lancement à l'eau.— Figure héraldique en forme de T.— Ville de Chaldée.Coupé jusqu'à la peau, de snobisme.Qui font profession 7.8.9.10.11.12.13.Ferme, solide.— Sans valeur.Du verbe oser.— Colère.Principe de vie.— Qui sert beaucoup.Quadrupède à longues oreilles.— Hardi, audacieux.— Petit ruisseau.Parcourue des yeux.— Note de la gamme.Conifôre.— Partie la plus basse dans l'intérieur d'un vaisseau.Objet qui forme une enceinte ou une séparation.Porte d'un niveau inférieur à un niveau supérieur.SENIORS 1.Science qui traite des oiseaux?2.Repli qui forme le tour de l'oreille externe?3.Petite ouverture dans une porte pour voir ce qui se passe de l'autre coté?4.Ancien nom de la mer Noire?5.Appareil pour enregistrer les tremblements de terre?6.Savant qui fut le premier à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens?7.Nom de la femme de Samuel de Champlain?8.Epouse de Jacques Cartier?9.Premier prêtre canadien?10.Grotte rendue célèbre par la retraite de saint Ignace de Loyola?11.Fondateur de la Virginie?12.Premier Anglais qui fit le tour du monde?JUNIORS 1.Auteur de la Marseillaise?2.Fondateur de Rome?3.Orateur sacré surnommé l'aigle de Meaux?4.Fondateur de l'Académie française?5.Orifice d'un volcan?G.Père d'Alexandre le Grand?7.A qui dans l'histoire du Canada a-t-on donné le nom de "Vieux Brûlot"?8.Les deux fondateurs de la Compagnie de la Baie d'Hudson?9.Quand a-t-on adopté la feuille d'érable comme emblème du Canada?10.Conquérant du Pérou?11.Agronome français qui propagea la culture de la pomme de terre?12.Auteur de Gargantua et Pantagruel?— 115 — 14. Le patron de l'action catholique VII et part tremblant d'émoi, inondé de joie céleste.A l'hôpital, il soigne et embrasse les lèpre LE SECRET DE LA CCNEEJJICN CHAPITRE VIII Les recherches Le maire était très satisfait de la tournure qu'il avait donnée à cette affaire.— Ainsi, vous n'avez aucun soupçon de ce qui a pu arriver à l'excellente dame Blanchard?Le prêtre secoua la tête et répondit: "Je n'ai pas vu cette femme depuis qu'elle a quitté mon appartement." — Maintenant, Messieurs, dit le maire en se tournant vers ses compagnons, puisque M.le Curé ne peut ou ne veut pas nous donner des renseignements sur la personne que nous cherchons-, quoique celle-ci paraisse avoir disparue dans le cloître, nous devons procéder à une visite domiciliaire.Est-ce aussi votre avis?— Certainement! — Voulez-vous aussi nous accompagner à travers la maison, Monsieur le Curé?— Volontiers.Je n'ai aucunement l'intention d'opposer des difficultés aux recherches que vous allez faire pour retrouver cette personne.Vous excuserez la légère irritation où m'a jeté tantôt votre entrée un peu brusque.Voulez-vous commencer les recherches dans ma chambre?— Il n'y a aucun motif pour cela, répondit le maire un peu apaisé par les dernières paroles du curé.Nous allons d'abord visiter les passages et les escaliers que Mme Blanchard a dû suivre à son retour.La lampe à la main, le curé suivit les trois hommes.On examina le grand corridor, l'escalier, les angles des colonnes, sans rien trouver d'anormal.A la porte du grand cloître, se tenaient le gendarme et l'aubergiste avec une lanterne.Involontairement, le curé changea de couleur en voyant l'agent.— C'est ici qu'habitait le sacristain, n'est-ce pas, s'enquit le maire.— Oui, répondit le curé.— Voici la clef, dit Carillon.Loser l'a déposée chez moi, hier, avant de partir pour Marseille.— Et il n'est pas revenu?demanda le maire.— Pas à ma connaissance, répondit le curé en hésitant.(Le secret de la confession lui défendait de dire qu'il avait revu Loser).— Comme votre conduite est extraordinaire, Monsieur le Curé! Pourquoi hésitez-vous devant une réponse aussi simple?L'abbé Montmoulin essaya d'excuser son embarras croissant, en faisant remarquer qu'il était indisposé et souffrait d'un violent mal de tête.— Puisque Loser était absent, au témoignage même du Curé, nous n'avons pas besoin de nous arrêter ici.N'y a-t-il pas une autre sortie du cloître?— Mme Blanchard a pu se rendre à l'oratoire et descendre par l'escalier de la sacristie.— Suivons ce chemin, dit le maire.— L'abbé Montmoulin récita intérieurement le De profundi*, pour la victime qu'on découvrirait sûrement en cet endroit.On s'engagea dans l'escalier en colimaçon, si étroit que deux personnes n'en pouvaient gravir ensemble les degrés.Arrivé sur le palier, l'abbé jeta malgré lui un regard gêné sur la porte.Le maire, ayant surpris ce regard, demanda où cette porte conduisait.— Dans la chambre de la sacristie, où l'on range des objets de toutes sortes servant au culte.Le maire avait déjà saisi le loquet; il poussa la porte.La lumière de la lampe éclaira un instant le cadavre couvert par le drap mortuaire; mais la lampe fut tout à coup éteinte par le vent.Les hommes poussèrent un cri de frayeur.— • Qu'en dites-vous.Monsieur le Curé?N'avez-vous rien vu?demanda le maire.— Si, répondit l'abbé, avec assez de calme; je crains d'avoir aperçu ce que nous cherchons.— Juste ciel! apportez la lanterne, cria le maire au gendarme Alors on vit nettement le drap mortuaire hors duquel, du côté de la porte, sortaient les pieds d'une femme.L'abbé Montmoulin s'était jeté à genoux et priait avec calme.Tous les autres poussèrent un cri d'effroi et de stupéfaction.Le doute n'était plus possible : Mme Blanchard avait été victime d'un assassinat.Le gendarme souleva soigneusement le drap."Elle a été poignardée", dit-il en montrant le vêtement ensanglanté et la mare de sang dans laquelle elle gisait.— Que dites-vous, Monsieur le Curé, de cet événement épouvantable?dit le maire en fixant durement le prêtre agenouillé.— Je prie pour la morte et pour le meurtrier.— Hum! et qui peut être le meurtrier?— Je ne sais pas.Vous ne voudriez pas parler de moi?— 117 — — Je n'ai manifesté aucune opinion.Mais le soupçon qui doit se former ne vous échappe pas, comme le prouve votre réponse.Monsieur le Curé, vous allez nous suivre dans votre chambre."Seigneur, vous connaissez mon innocence! Vous m'aiderez à ne pas faillir à mon devoir sacerdotal.Il peut arriver ce qu'il voudra : je suis dans la main de Dieu." Ainsi priait le bon prêtre, pendant qu'il retournait à sa chambre, presque comme un prisonnier, entre ces hommes aux sombres regards.CHAPITRE IX Accusé du meurtre Arrivé dans la chambre, le maire rédigea un télégramme pour le Parquet d'Aix, l'avisant qu'un assassinat avait été découvert à Ste-Victoire.puis, apercevant sur le bureau du curé la quittance signée par Mme Blanchard : — Qu'est-ce que ce papier?demanda-t-il à l'abbé.— Un rr>çu de Mme Blanchard, répondit celui-ci.— Vous avez été très prévoyant !.Et vous n'avez aucun soupçon au sujet de l'endroit où est l'argent?— Non, je ne sais rien.Le prêtre allait s'asseoir, lorsque le secrétaire poussa un cri, en apportant un panier trouvé dans la petite cuisine d'à côté.— Le panîer de ma pauvre sœur! s'écria-t-il.Le maire prit l'objet et l'ouvrit.Il n'y avait pas de doute possible : sur la face intérieure du couvercle, était fixée une carte de Mme Blanchard.Le panier était vide.— Connaissez-vous aussi ce panier?demanda le maire au curé.Celui-ci, fort surpris, répondit : — Oui, c'est le panier de Mme Blanchard, dans lequel j'ai placé l'argent enfermé dans un mouchoir.— Comment expliquez-vous sa présence ici?— C'est justement ce qui m'étonne.Je ne peux donner aucun éclaircissement à ce sujet.Tout en parlant, le maire cherchait dans la cuisine s'il ne découvrirait pas encore d'autres traces du crime.Bientôt, il aperçut l'extrémité du mouchoir dont Loser, en précipitant sa fuite, n'avait fait pénétrer qu'une partie dans l'armoire.Le maire le retira en même temps que le grand couteau.Un cri d'horreur s'échappa de toutes les lèvres, lorsqu'il déplia le mouchoir ensanglanté, et déposa en frémissant sur la table, le couteau dont le manche et la lame portaient des taches visibles de sang.Plus de doute, s'écria le maire, nous avons là l'instrument du crime! — Pauvre sœur!.les prêtres auxquels tu donnais ton argent, t'assassinent pour te remercier, dit le secrétaire, en lançant un regard haineux vers le curé.— En tous cas, le couteau vous appartient fit remarquer le notaire.L'écusson du manche porte les initiales F.M., et le mouchoir est marqué de même.— Qu'en dites-vous?Comment expliquez-vous cela?demanda le maire avec une émotion facile à comprendre, en serrant fortement le bras du curé.L'abbé Montmoulin était devenu pâle comme un mort, à la vue de ces nouvelles pièces à conviction, qui paraissaient prouver avec certitude sa culpabilité."Loser a tout disposé pour faire tomber sur moi le soupçon du crime, pensa-t-il.L'emploi de ce couteau révèle un plan diabolique.Cependant, ce n'est pas une preuve certaine que le coupable n'a pas voulu véritablement se confesser.Je ne puis donc pas parler." — Le couteau m'appartient, répondit-il, et le mouchoir est celui où j'avais enveloppé l'argent.Mais comment sont-ils là dans cet état, et qui les a placés dans l'armoire, je ne saurais le dire, A l'heure du déjeuner, la vieille Suzanne n'a pas pu trouver le couteau.Vraisemblablement l'assassin l'avait déjà enlevé et mis à sa portée pour accomplir son forfait.— Oui, conclut le maire.Seulement, il comptait un peu trop naïvement, semble-t-il, sur la sainteté de son état, pour écarter les soupçons.— Monsieur le maire, vous avez déjà laissé percer vos soupçons sous différentes formes; maintenant, vous passez clairement à l'accusation.Je dois enfin protester de toutes mes forces.— 118 — — Oh! naturellement! Cette indignation ne vous sied pas mal.Seulement, elle vient assez tard, en face des preuves convaincantes, répliqua le maire avec ironie.Puis, changeant de ton : Mieux vaudrait pour vous un aveu loyal.Votre châtiment en serait adouci.— Même si les circonstances paraissent témoigner contre moi, je suis innocent, répéta le curé.— Expliquez donc alors les faits présents.— Je peux seulement vous dire que je suis innocent.Dieu est mon témoin, dit l'abbé Mont-moulin avec un regard en haut.— N'appelez plus Dieu comme témoin, et ne roulez pas ainsi des yeux., s'écria le maire d'une voix éclatante.— Vous ne nous en ferez pas accroire avec votre air dévot, ajouta le notaire.— Le sang de ma pauvre sœur réclame vengeance! dit sourdement le secrétaire, et je n'aurai pas de repos avant d'avoir vu tomber votre tête sous le couteau de la guillotine! L'abbé Montmoulin eut le pressentiment que, devant le Tribunal, on le jugerait ainsi, prenant ses protestations d'innocence pour des marques d'hypocrisie.— Ainsi, vous ne voulez pas avouer votre crime?demanda le maire encore une fois.— Je n'ai rien à avouer, répéta le curé avec calme.Je suis innocent, et je me confie en Dieu qui saura dévoiler mon innocence.— On verra devant le Tribunal ce que les jurés penseront de votre innocence en présence de ces faits! PRÊTS AUX PARTICULIERS Banque d'escompte, la Banque Canadienne Nationale fait surtout des avances au commerce.Mais elle accueille avec la même cordialité les non-commerçants, quelque profession ou métier qu'ils exercent.Le gérant de succursale étudie toujours avec sympathie les demandes d'emprunt qui lui sont faites par des particuliers honorables et solvables.Adressez-vous à lui avec confiance, même si votre proposition n'a pas un caractère commercial.BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de $ 150,000,000.537 bureaux au Canada.Dactylographe dessinateur Maurice Gélinas, élève de 10e année à l'école Supérieure Saint-Stanislas a transformé sa dactylotype en machine à dessiner.Outre les têtes de chien ci-contre, il a reproduit plusieurs portraits dont celui du président de la compagnie Underwood, ce qui lui a valu une invitation au concours des dactylographes fantaisistes à New-York.— 119 — >1 &u Vénérable be Ha Jfflennatis Père, depuis longtemps, tous vos compagnons d'arme Sont allés vous rejoindre.Pourtant survit un charme Qui nous attache à vous; et notre amour profond Voudrait bien vous connaître à fond.Pour sentir auprès d'eux votre intime présence, Et réchauffer leur cœur à votre flamme intense, Ne faites pas attendre à vos fils d'aujourd'hui Que le jour éternel ait lui.Des puissants de naguère, obscurcissant l'étoile.L'infatigable temps tisse partout son voile; L'oubli couvre bientôt leur nom et leurs travaux Ainsi que l'herbe leurs tombeaux.Mais la tombe des saints resplendira de gloire; De leurs bienfaits cachés survivra la mémoire; Leur nom sera béni par les petits enfants Et par les lèvres des mourants.Vous avez cet honneur, ô vénérable Père; Le culte filial que l'on vous rend sur terre Vous range avec ceux-là dont on pense à genoux : Ces morts sont plus vivants que nous.Chaque jour, notre cœur vous comprend davantage; Il aime à contempler cette dernière image Où vos quatre-vingts ans respirent la gaîté D'un grand-papa plein de bonté.Et nous avons ce buste où luit l'intelligence, Où la paix souveraine habite un front immense, Tel un havre tranquille, entre l'éclair des yeux Et la tempête des cheveux._ /-,, 1 Si ce vaillant lutteur domina les orages, Et parmi les écueils évita les naufrages, C'est qu'il plaçait en Dieu sa force et son espoir Quand l'horizon devenait noir.?* ?Après lui, tous ses fils, chacun à sa manière, Reproduisent les traits de son beau caractère; Le saint Frère Joas en aura la bonté, Frère Longin, l'austérité.Comme lui, Frère Ignace, à l'âme séraphique, Atteignit les sommets de la haute mystique; En Frère Louis-Eugène, on vit sa bonne humeur, En Frère Archange, son ardeur.Tour à tour, chaque tombe, en l'humble cimetière Où de nos coeurs émus s'épanche la prière, Ajoute une nuance ou raffermit un trait Dans son vénérable portrait.Pour qu'il revive encore en l'âme de nos Frères, Donnant à nos soldats comme à nos missionnaires Son courage de fer et son zèle de feu, Gardons sa parole en tout lieu.Observons bien la Règle, écho de l'Evangile Inspiré par le Ciel à son esprit docile; A ses fils, cheminant vers les divins parvis.Elle indique les "raccourcis".Et dans Rome, bientôt, nous verrons le Saint-Père, Consacrant à jamais sa féconde carrière, Apposer sur le front de Jean, le valeureux, La couronne des Bienheureux.F.Urbain-Marie.Laprairie, 20 novembre 1940. Jfutte en €gppte 0 divin Enfant, qu'un tyran jaloux, dès votre berceau, obligea de fuir loin de la patrie, venez au secours des petits enfants, vos chers préférés, qu'une guerre atroce arrache au foyer.Madame Marie et bon saint Joseph, étendez sur eux votre protection.VITE UNE VOITURE : — Cours vite chercher une voiture; la première que tu rencontreras.— Ça y est, Monsieur : la voiture vous attend.Monsieur X.trouve à la porte un.corbillard! DEUX ŒUFS A JEUN : — Pourquoi ne peut-on pas manger deux œufs à jeun?_ 777 777 — La chose est simple : une fois le premier œuf mangé, on n'est plus à jeun.PLEURESIE : — Docteur, je ne sais ce qu'a ma fille : elle pleure continuellement.— C'est grave : elle a une "pleurésie".UN DETROIT : — Maman, quel beau bracelet tu as à ton "détroit".— A mon détroit?.Tu veux dire à mon bras, je suppose?— Non.D'ailleurs, c'est la même chose.— Comment ça?— Le professeur nous a dit qu'un détroit c'est "un bras de mer".AU MAGASIN : — Vous avez 500 pardessus?— Oui, Monsieur, pas un de moins.— Etes-vous occupé en ce moment?— Non, Monsieur, je suis là pour vous servir.— Eh bien! je vais les essayer.Un beau livre pour jeunes filles : "Fernande", par Jeanne de Montigny.« Voilà au moins le portrait d'une jeune fille telle que nous voudrions en connaître beaucoup.Elle ne décourage point par le spectacle de vertus tellement transcendantes qu'elles qu'elles paraissent inventées.D'autre part, elle édifie et stimule puissamment par la générosité d'une lutte qui aboutit à l'héroïsme du sacrifice suprême accepté comme savent le faire les saints.Son acte d'abandon est de la plus haute spiritualité.Quel bien cette lecture doit produire ! Quel intérêt puissant s'échappe aussi de chacune de ces lignes !.» Chanoine Ch.Cordonnier, directeur de Vaillante Jeunesse.Paris. L'AISANCE Les trois facteurs indispensables pour vivre heureux.LA BANQUE D'EPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTREAL Fondée en 1846 Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE 591 Gagnants des concours de décembre.Parmi les nombreux concurrents qui ont envoyé de bonnes solutions, le sort a favorisé : Donat Boisvert, La Pointe-du-Lac; Ovila Fre-nette, Donnacona; Thérèse Séguin, Ottawa; G.-H.Lamarre, Laprairie; J.-H.Tondreau, Montréal; Jean Castonguay, Québec; Arthur Aubry, Montréal; Pauline Gamache, Manchester; Richard Lymburner, Fall-River.Sincères félicitations, et bonne chance pour janvier! .et le Paradis à la fin de vos jours (Photos : F.Ambrosius) Scènes d'hiver au juvénat d'Alfred.Maine, U.S.A.
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