L'abeille /, 1 janvier 1942, septembre 1942
Photo Rie L'ABEILLE Paraît tous les mois, juillet et août exceptés.Elle a reçu une bénédiction spéciale de S.S.Pie XI.avec l'autorisation de Son Exe.Mgr l'évoque de St~Jean, et la permission des Supérieurs.Abonnement annuel : Canada S 0.75; étranger $ 1.00.Dix numéros à la même adresse : Canada $ 4.50; étranger $ 5.00.DIRECTEUR: Frire URBAIN MARIE.Upnlrie.P.Q.Ds s'en vont à l'école et nous laissent tout seuls.Phoro Allons, Pierrot, sac au dos ! — Bonjour, maman I — Aurovoir.chéris: soyez stu-dieux et sages.Et les voilà partis.C'est la première iournoe d'école.Petit Pierre a grand'hàte de louer avec de nouveaux camarades.Mais Thérèse, qui veut toulours une mise Impeccable, l'arrête un instant et redresse son sac.— Bon, le voilà d'aplomb.A ce midi Pierrot.— Merci Thérèse.le te souhaite une maîtresse pas trop sévère.— Tâche d'avoir un Frère qui fîtes de toi un grand savant.N'oublie pas de m'abonner à "L'Abeille".• • e Bonne et fructueuse année scolaire à tous ceux qui comme Pierre et Thérèse, ont repris gaiement le chemin de l'école.Photo Rte Soustraction.— Si je donne dix bonbons à ton frère el que lu lui en prennes quatre, qu'est-ce que ça lut fera ?— Ça lui fera beaucoup de peine.M'sleur, parce qu'il est très gourmand.Admirable I L'agent.— Eh ! mademoiselle, vous lailes du 60 milles à l'heure.La demoiselle.— N'est-ce pas admirable ?Dire que le ne chaulfe que depuis hier ! -3 — franc-maçon ck la PREFACE Cett pour accomplir un vœu fait à la Très Sainte Vierge, et dicté par la reconnaissance, qu« j'ai écrit et que j'offre au public ce modeste ouvrage.Il a été compote eur des donné en authentique» : rhistoirc que je raconte eut vraie.On y trouvera de» révélations dont plusieurs pourraient faire leur profit dans le monde; de» avertissements qui pourraient frapper plus d'un caractère pusillanime, une confiance sans bornes en Marie, la toute-puissante médiatrice, et une haine implacable contre tout ce qui vient de la cité du démon, et empiète, pour la ravager, sur la cité de Dieu.Tout chrétien confirmé, raffermi par la confirmation dans la grâce de son baptême, a le droit et le devoir de concourir, datts la mesure de ses forces et des dons du ciel, à la défense du christianisme.Sans doute, le christianisme ne peut pas périr; mais, jusqu'à la fin du monde, il sera poursuivi par Satan, le grand révolté, et par ses adeptes, les révolutionnaires de tous le» âge» et de tous les pays.Si le christianisme est impérissable, pourquoi Is défendre ?l'arce que ceux-là seuls partageront la gloire du Christ qui auront combattu pour la sanctification de son nom; Parce qu'il faut avoir été à la peine pour mériter d'être un jour à l'honneur ! Chap.I L'ABSENT Nous sommes au mois de novembre 1884.Entre Hondschoote et Cassel, au cœur de la Flandre maritime, à 500 mètres de la frontière belge, existe une maison de modeste apparence, située au milieu d'un immense verger.Cette maison et ce venter, fruits de toute une existence de travail, d'ordre et d'économie, sont la propriété et la demeure de la famille d'un officier subalterne en retraite, composée du père, de la mère et d'une fille âgée de vingt-huit ans.Un fils de trente-deux ans est absent de la maison paternelle depuis quatorze ans.M.Burgemeester — c'est le nom de l'ancien officier — est dans sa soixante-douzième année : beau vieillard au front large, à la figure énergique, au regard intelligent, ferme et bon.Une épaisse moustache blanche donne à sa physionomie un air martial, malgré un mal affreux qui, depuis deux ans, ronee le vieux soldat M.Burge-meester est affligé d'un cancer à la partie inférieure du cou.Il parle avec difficulté et ne peut plus avaler que des aliments à l'état de bouillie.La mort, qu'il voit venir à grands pas, ne l'ef- fraye point : il est chrétien, et, comme tout vrai chrétien, il a mis son espérance dans le Seigneur.Mais, au creur du vieillard, il est une plaie profonde sur laquelle sa fille Gabrielle s'efforce vainement de répandre le baume des consolations humaines : son fils.Joseph, est franc-maçon, et son épouse est atteinte d'aliénation mentale.Le jour où commence notre récit, M, Burgemeester est plus triste encore que de coutume.I,a préoccupation se voit sur son mâle visage.Il regarde d'un air distrait les grands arbres de la route qui ploient, en sifflant, sous l'effort de la tourmente.Le vent souffle du Nord-Est, glacial et violent.lorsqu'il sortit de sa rêverie^ M.Burge ni rester se mit à compulser des papiers et des journaux, qui parurent absorber toute son attention.Tout ù coup, se redressant, il prêta l'oreille : — Tl me semble avoir entendu des chants, Gabrielle ?— En effet, mon père, ce sont les conscrits du village qui s'en vont.Au même instant, une rafale apporta distinctement ces paroles, chantées par des voix d'hommes : Et Toi, patronne du village.Sur le soldat, veille toujours ! Et quarante jeunes gens alertes et presque joyeux passèrent devant la demeure du vieil officier; d'un revers de main rapide, il fit disparaître une larme qui perlait sur sa paupière.Mais, quelque prompt que fut ce mouvement, il n'échappa point à Gabrielle, qui jeta à son père un regard rempli d'ineffable tendresse.M.Burgemeester s'approcha d'elle et la baisa nu front : — T'en souviens-tu, Gabrielle T — Hélas ! oui, mon père.— Il y a quatorze ans, en 1870 — année maudite ! — il partait aussi, Joseph, en chantant : Et Toi, patronne du village.Sur le soldat, veille toujours ! Et ou'est-il devenu, le malheureux ?.— Mon père, la miséricorde de Dieu est infinie; la Sainte Vierge est toute-puissante; ne désespérez point que mon frère revienne à la foi de son baptême et de sa Première Communion.Souvenez-vous combien il aimait Marie, lorsqu'il était enfant; rappelez-vous la médaille et le sca-pulaire dont il s'est revêtu en nous quittant, et dont il nous fit le serment de ne se dépouiller jamais.Ah ! mon père, espérez contre toute espérance ! Un serviteur de Marie, si indigne qu'il soit, ne saurait périr ! Vous me l'avez dit vous-même'tant de fois, mon père; et Joseph n'a pas — 4 — oublié la douce et blanche Vierge de son enfance; j'en ai l'intime pressentiment.Chère enfant, l'espérance n'a pas encore faibli en moi; mais chaque jour qui passe me rapproche de l'éternité.I* mal m'emportera bientôt, et, si Dieu n'exauce enfin nos prières, je mourrai avant d'avoir revu Joseph, avant d'avoir vu encore une fois l'intelligence rayonner dans la raison égarée de ta pauvre mère, à qui le chagrin a fait perdre l'esprit.Ah! si une balle prussienne avait couché ton frère dans un sillon, j'en bénirais le ciel ! Pourtant, que la volonté de Dieu soit faite ! — Ayez bon courage, mon père.Quelque chose me dit là, au fond du cœur, que Joseph sera bientôt parmi nous, que vous le reverrez converti, et que ma mère alors sera guérie.La Sainte Vierge, que je ne cesse point de supplier m'inspire cet espoir, nous serons exaucés ! — Dieu t'entende, Gabrielle ! Alors M.Burgemeester se remit à compulser ses papiers et ses journaux, tandis que sa fille, s'étant retirée dans sa chambre, se jetait à genoux en face d'une statuette de l'Immaculée Conception.— O Vierge Sainte, Mère de miséricorde, notre espérance, exaucez donc enfin, je vous en conjure, mon humble prière.Rendez-nous mon frère ! Le jour de son baptême, il fut mis sous la protection spéciale de votre chaste Epoux, dont il porte le nom; il vous a tant aimée naguère; il m'a promis en partant de vous aimer toujours ! Oui, il vous aime encore, bonne Sainte Vierge, il vous aime encore, j'en suis certaine ! Obtenez de Dieu pour mon père encore assez de jours pour revoir l'enfant prodigue et pour le bénir.Obtenez pour ma mère le retour des facultés intellectuelles.0 douce consolatrice des affligés, priez pour nous, exaucez-moi, et je me consacre entièrement à votre service dans la Congrégation des Filles de la Charité, dès que la volonté divine m'aura rendue libre vis-à-vis de mes vieux parents ! Son ardente prière terminée, elle baisa respectueusement les pieds de la statuette et se rendit auprès de son père qui l'appelait : — Gabrielle, je ne trouve pas ce que je cherche.— Que cherchez-vous, mon père?— Je cherche deux numéros de la Semaine religieuse de notre diocèse, qui contiennent, l'un, un article sur lu Franc-Maçonnerie intitulé : Son organisation intime; l'autre, un article sur le même sujet intitulé : Constitution et organisation.La jeune fille aida son père dans la recherche de ces deux numéros, et bientôt : — En voici un, mon père.— Et je crois tenir l'autre, ajouta M.Bur-gemeester.Voyons!.Oui, c'est bien cela! Maintenant, Gabrielle, lis-moi ce passage : Organisation intime de la Franc-Maçonnerie Les francs-maçons se divisent en membres actifs et en membres passifs.Les premiers fréquentent régulièrement les Loges et payent des cotisations annuelles fort élevées.Les seconds, après avoir été initiés, ne fréquentent pas les Loges et ne payent pas de cotisation, mais restent cependant sous la juridiction de l'Ordre.C'est parmi ces premiers que se recrute l'Ordre intérieur, comme ils disent, c'ost-a-dire les vrais francs-maçons, ceux qui régissent la Franc-Maçonnerie, et par elle prétendent régir le monde et le mener à leurs fins.M.Burgemeester interrompit sa fille : — Gabrielle, que penses-tu que soit ton frère, membre actif ou membre passif ?— Joseph est très intelligent, mon père; mais il a reçu une éducation foncièrement chrétienne.De plus, il n'est pas riche, et il lui est impossible de payer des cotisations annuelles fort élevées.J'en conclus qu'il n'est que membre passif.M.Burgemeester réfléchit un moment : — Gabrielle, je suis de ton avis.Lis-moi encore ceci, mon enfant.Elle prit le journal que lui tendait son père et lut : Cotisation et organisation Un avocat saxon, d'une rare vigueur d'esprit et d'une immense érudition, M.Eckert, a employé sa vie à dévoiler les mystères des sociétés secrètes et à mettre au jour les documents les plus précieux sur leur action.Or, voici comment il parle de ce pouvoir et de ses organes : La Maçonnerie étant une association univer- n me semble avoir entendu des chants, Gabrielle ? selle est gouvernée par un chef unique, nommé patriarche.A côté du patriarche se trouvent deux Comités, l'un législatif, l'autre exécutif.Ces Comités, composés de délégués des Grands Orients, connaissent seuls le patriarche et sont seuls en rapport avec lui.De plus, toutes les révolutions modernes prouvent que l'Ordre est divisé en deux partira distinctes, l'une bourgeoise et l'autre guerrière, socialiste et communiste.La première n'emploie que la parole et l'écriture.Elle conquiert au profit de l'Ordre toutes les places dans l'Etat et dans les Universités, toutes les positions influentes.Elle séduit les masses, domine l'opinion publique au moyen de la presse ou des associations.Dès que la division pacifique a poussé les travaux assez loin pour qu'une attaque violente ait des chances de succès dans un temps peu éloigné, lorsque les passions sont enflammées, lorsque l'autorité est suffisamment affaiblie, ou que les postes importants sont occupés par des traîtres, la division guerrière reçoit l'ordre de déployer toute son activité.M.Disraeli, premier ministre d'Angleterre, juif protestant, a confirmé dans des discours officiels ce résultat des longues recherches d'Ec-kert : "Le monde, a-t-il dit, est gouverné par de tout autres personnages qu'on se l'imagine." Puis il a désigné les Juifs comme étant les inspirateurs et les chefs de la révolution en Russie, en Allemagne et partout.— C'est bien.Gabrielle.Voyons, dis-moi, ton frère fait-il partie de la division socialiste et communiste, ou de la division bourgeoise ?— De cette dernière, mon père.— J'en juge de même, et je conclus que Joseph s'est laissé séduire.Puis, j'ai un autre motif de consolation, puissant, celui-ci, le seul qui soit capable réellement de me consoler : Dans son ardent désir de ramener à Dieu les hommes qui se sont laissés tromper par la secte, le Souverain Pontife a déclaré que, pendant un an à partir de la publication de l'Encyclique Hnmanum genus dans chaque diocèse, il suspendait l'obligation de dénoncer les chefs de la Franc-Maçonnerie, et accordait à tous les confesseurs approuvés la faculté, qu'ils n'ont point ordinairement, d'absoudre des censures et excommunications portées contre les membres des Sociétés secrètes, et de réconcilier ainsi à la Sainte Eglise tous ceux qui se convertiraient sincèrement en abandonnant les sectes auxquelles ils appartiennent.La publication de l'Encyclique Hnmanum genus a eu lieu dans notre diocèse le 1er juillet de cette année; c'est donc jusqu'au 1er juillet 1885 que dureront les facultés accordées par le Souverain Pontife.Comprends-tu.Gabrielle ?— Oh ! oui, mon père, et j'en remercie Dieu du fond de mon cœur.— Mais ton frère, ma pauvre enfant, saura-t-il en profiter ?Hélas ! le pauvre égaré sait-il seulement ce qui se passe?Connaît-il la détermination et la déclaration du Souverain Pontife ?Si nous savions où il est, je crois bien que.ou- Devanl le iuqe.Un boxeur nèqro d'un© force herculéenne, amena un lour sa femme chez le juge de paix de San-Franclsco : — Ma femme me bal, déclara-t-il, et je ne puis l'en empêcher; hier, elle a pris la pelle à charbon et m'a tapé sur la lêlo pendant un quart d'heure.bliant mon ressentiment, faisant taire mon indignation, il me resterait encore assez de force pour aller___ Chap.H — LUEUR D'ESPOIR M.Burgemeester n'eut pas le temps d'achever sa pensée : sa femme, qui depuis quelques instants se montrait très agitée, poussa un cri, se leva et alla, de l'endroit où elle était assise, toujours invariablement près d'une fenêtre donnant sur la route de Cassel, ouvrir la porte d'entrée.Puis soudain, elle se précipite dehors, s'arrête au milieu de la route, regarde avec une fixité étrange dans le lointain, du côté de la montagne, et revient s'asseoir en prononçant le nom de son fils avec un grand éclat de rire.— Joseph!.Ah! ah! ah! ah! ah! Cette sortie parut extraordinaire à M.Burgemeester et à sa fille.Jamais la pauvre folle ne s'était montrée aussi extraordinaire.Sa folie avait toujours été calme et triste.Quelquefois un éclat de rire strident allait faire sonner au cœur des siens le glas de son intelligence; puis elle rentrait aussitôt dans son désolant mutisme, et pas une seule fois, même dans ses moments de lucidité, elle n'avait prononcé le nom de son fils depuis le jour funeste où elle avait appris qu'il s'était fait franc-maçon.Gabrielle, s'étant approchée de sa mère, se mit à la caresser, lui baisant les mains, le front, pendant que des larmes brûlantes coulaient sur ses joues.M.Burgemeester, que la conduite de sa femme avait non seulement surpris, mais inquiété, se rendit sur la route et regarda, lui aussi, dans le lointain, du côté de la montagne de Cassel.A cette heure, la tempête redoublait de violence.Une pluie lourde et glacée, de gros flocons de neige à moitié fondue tombaient sur le sol déjà détrempé, et obscurcissaient l'atmosphère.Il était impossible de voir bien loin.M.Burgemeester allait rentrer lorsqu'il entendit un pas précipité.Il resta sur place encore un moment, et bientôt il vit s'avancer un voyageur, mouillé jusqu'aux os, qui s'arrêta devant lui et le salua.— Monsieur, n'y aurait-il pas moyen d'entrer chez vous jusqu'à ce que l'averse soit passée?— Si, Monsieur, entrez ! — Madame, je vous salue; Mademoiselle, je vous présente mes respects; Monsieur, vous me rendez un vrai service ! — C'est la chose la plus simple du monde ! Soyez le bienvenu, qui que vous soyez : je vous offre l'hospitalité jusqu'à.— Oh ! le temps de me sécher un peu, et, à la première éclaircie, je lève l'ancre ! Le personnage qui parlait avec cette désinvolture était un solide gaillard de vingt-huit à trente ans.Son costume, sa physionomie un peu rude, mais franche, ouverte, joviale, son teint hâlé, ses cheveux d'un blond roux, crépus, ses mains calleuses, tout en lui concourait à faire de sa personne le type du marin du Nord de la France, reconnaissable entre vingt types.M.Burgemeester ne détachait point son regard du jeune homme.Tout autre que lui eût été gêné par la persistance de ce regard étrangement scrutateur; il ne s'en émut point.Lo juge, sceptique, regarda le colosse : — Mais vous n'avez aucune marque de coups sur la tête.— Cela se peut, monsieur le Iuqe: mais si vous voyiez la pelle à charbon I .— 6 — Photo* : P.Gfiritn Les fuvéniates de Lapralrie campant à Ste-Anne-du-I.ac, Oka. JEANNE LAJOIE 'L'héroïne de Pembroke" ¦ ¦ ¦ ¦ I Un nom qui évoque les luttes scolaires soutenues par nos compatriotes de l'Ontario, il y a une vingtaine d'années.Mieux connue peut-être sous le nom de 1' "Héroïne de Pembroke", c'est autour d'elle que s'est, pour ainsi dire, cristallisée l'histoire de ces grandes batailles.Au mois de septembre 1923, Jeanne Laioie,.engagée à l'école publique de la ville de Pembroke, se présente à cette classe.Elle reçoit un accueil froid de la principale, qui trouve stupide d'enseigner deux langues à la fois, Jeanne commence la besogne.Il se produit alors un incident dramatique : la principale, sous prétexte qu'il faut attendre les ordres formels des autorilés, refuse aux petits Canadiens français la permission de suivre les leçons de français.Quelques jours plus tard, c'est la destitution de la petite institutrice, acte qui crée beaucoup d'émoi parmi la population de langue française.On tente vainement de la faire rétablir dans ses fonctions.11 n'y a plus qu'une issue : fonder une école libre.Sous l'énergique direction d'Alfred Longpré, les Canadiens français souscrivent en bloc à ce projet.Jeanne La-joie s'attelle à la tâche avec beaucoup de courage et de persévérance.On fait appel aux Canadiens français de partoui.Les souscriptions viennent nombreuses.On construit une école moderne.C'est la récompense d'un travail opiniâlre.Pendant deux ans, cette faible jeune fille se dépense sans compter à l'instruction et à l'éducation des petits Canadiens français de Pembroke.Une maladie implacable l'oblige à garder une chambre de sanatorium où, durant quatre ans, elle altendra la mort avec une grande résignation à la volonté divine.Cette institutrice énergique a écrit là une belle page de l'histoire du Canada français.Elle a donné toute la mesure du patriotisme et du dévouement.Elle a pratiqué l'héroïsme.Et M.l'abbé Groulx, se demandant quels hauls motifs l'avaient ainsi poussée à ces actes de courage, répondait : "Canadienne-française, elle prisait ce titre comme un titre d'honneur.Elle ne voulut pas le renier.Elle voulut qu'autour d'elle, on refusât de le perdre.Au-dessus de l'individu et de la famille, elle apercevait la réalité auguste de la nation, ce fonds spirituel d'où viennent la culture, la civilisation".C'est cette vie que vient de raconter dans une brochure, où il a su transposer de larges tranches de la correspondance de Jeanne Lajoie, le R.Frère Urbain-Marie : un petit livre qu'il faut lire et propager, car il apporte un bel exemple et donne de magnifiques leçons de courage, de générosité, de patriotisme.André ROY "L'Action Catholique".8 mol 1942.: ¦ i.St-Luc-de-Dorchester, 4 juin 1942.Cher Frère, Il y a quelque temps déjà, j'ai reçu votre brochure sur "Jeanne Lajoie" que j'ai lue avec plaisir et réconfort.Vous avez bien mis en relief une figure nationale qui mérite son monument.Dans le temps, j'ai sufvi de près les événements de Pembroke.Voilà qui a doublé l'intérêt de ma lecture.Je vous félicite de votre bonne action patriotique.Avec mes sentiments personnels et une bénédiction particulière, J.-M.Rodrigue, Card.Villeneuve, O.M.I.Arch, do Québec. UNE CHASSE MIRACULEUSE Mgr J.Halle, de l'Ontario-Nord, avait nommé saint Joseph procureur de ses missions.Il en fut visiblement récompensé, comme vous allez voir.En mars 1917, l'orphelinat Saint-Joseph du Fort Résolution allait souffrir cruellement de la faim.La pêche d'automne avait été insuffisante et la chasse à l'orignal avait totalement fait défaut tout l'hiver.On n'avait plus de vivre que pour deux jours.Lé soir, le supérieur se rendit au réfectoire : "Mes enfants, dit-il, nous sommes dans la misère.Ce n'est pas notre faute.mais vous autres, vous n'avez pas assez prié saint Joseph".La sœur cuisinière, mise en dcmcirrc de fixer le nombre de caribous nécessaires pour finir l'hiver, répondit: "Il en faudrait cent, pas un de moins." Une nouvelle neuvainc commence aussitôt pour sommer S.Joseph de procurer les cent caribous.Le l'ère fil venir les deux chasseurs de la mission : "Attelez vos chiens, et parlez tout de suite" — "Mais tu sais bien, Père, que ce n'est plus la saison." —- "Allez quand même.Il nous faut cent caribous.Saint Joseph nous les doit." Ils venaient à peine de partir qu'un immense troupeau de caribous débouchait sur le lac.venant de l'est contre toute habitude.Les chasseurs se mettent à tirer à qui mieux mieux; ils comptent les morts : 1(13 de tombés.A ceux qui s'étonnaient du résultat, la pelite su-ut converse répondit : "Nous avons demandé cent caribous à saint Joseph; vous vous étonnez qu'il en ait envoyé 103 ?C'est bien simple : on l'a si bien prié qu'il a voulu payer un intérêt de trois pour cent." S.Bec.Mgr H.BELLBAU.O.M.I.GridtuMlé : Annate! de S.-Joieph du Mt-Royal. Facile à croire Croisé, crols-tu que Marie est en même temps Vierge et Mère ?Crois-tu que ce Jésus, naissant dans une crèche, vivant pauvrement parmi les pauvres, mourant sur la croix entre deux voleurs, est le Fils de Dieu, égal en tout à son Père ?Crois-tu que ce petit morceau de pain rond, qui est l'Hostie, renferme le véritable corps de ce même Jésus, avec son sang, son âme et sa divinité ?Crois-tu que les hommes bons ou méchants qui sont passés sur la terre pendant des milliers et des milliers d'années vont ressusciter dans leur vrai corps pour paraître tous ensemble au tribunal de Dieu et recevoir un jugement définitif et solennel ?Crois-tu que si l'esprit qui anime ton corps a eu un commencement, il est certain qu'il n'aura jamais de fin ?— Bien oui, je le crois I et que Je suis donc heureux quand je médite toutes ces belles vérités I 11 me semble qu'en y pensant, je soulève un coin du rideau qui me cache le ciel et Celui qui y règne dans sa gloire.Toutes les petites idées et les petits calculs de la terre me paraissent des banalités, quand je m'arrête aux grandes pensées de l'au-delà.— Croisé, ta foi me console, et je vois par la limpidité de ton regard et le calme de ta réponse que les plus profonds mystères de la religion ne t'effraient pas.Ton bonheur est d'y croire.Mais, sais-tu, que parmi les élèves que nous avons connus à l'école, il y en a qui cherchent à ne plus y croire, qui voudraient renier sans remords le Dieu qui a réjoui leur jeunesse et éteindre la flamme divine de la fol reçue au baptême.— Leur manière d'agir est étrange I quel mal le bon Dieu leur a-t-il donc fait ?.— Aucun, mais le péché a rongé leur être, engourdi leur conscience, obscurci leur regard : le regard de la foi.Leurs idées désemparées s'entrechoquent.Ils prétendent tour à tour trop bien comprendre, ou ne pas comprendre du tout les principes de la religion.Tantôt, pleins d'eux-mêmes, et s'imagi-nant dominer le génie et la foi des Foch, des Branly, des Pasteur et des Pascal, ils rient dédaigneusement de "ces naïves doctrines d'un autre âge." Tantôt, ouvrant le catéchisme d'un bambin qui revient de l'école, ils déclarent n'y voir que du bleu; ils proclament que la religion n'est qu'une suite de mystères aussi absurdes qu'insondables.Pourtant ce petit catéchisme, qu'ils critiquent, est bien le même qu'ils lisaient avec amour il y a quinze ans.Qu'est-ce qui est donc changé?C'est la limpidité de leur regard."Bienheureux les cœurs purs parce qu'ils verront Dieu I Et les autres ?Ecoutez-les, ce sont des aveugles qui discutent sur les couleurs, ou des sourds qui parlent de musique, ils n'y entendent rien, et pour causel .Pauvres jeunes gens 1 c'est pourtant si facile de croire I C'est tellement la source du bonheur, de la joie et du repos de l'âmel .SCRIBE — 10 — Les ailes qui se brisent Ils se connaissaient depuis l'enfance, et avaient suivi ensemble les classes de la petite école du village; puis, à douze ans, ils s'étaient séparés, le cœur bien gros.Jean était entré au Petit Séminaire, tandis que Louis était placé par son papa au lycée de la ville voisine.Cependant, lorsqu'arrivaient les vacances, leur joie était intense, de se retrouver et de reprendre la vie insouciante et gaie d'autrefois.Ils passaient la journée tantôt à la ferme du papa de Louis, tantôt à la petite maison toute couverte de lierre de la maman de Jean.Celle-ci était heureuse de les recevoir.Elle aimait tant son fils sur qui s'était reporté tout son amour, depuis la mort de son mari tué au début de la guerre.Il était si beau, son Jean; si bon, si pieux, et si pur : Un sentiment d'orgueil materne] s'emparait d'elle lorsqu'ils s'agenouillaient tous deux dans la petite église du village.Et le soir, quand ils se retrouvaient dans cette douce intimité du chez sol, il lui parlait de ses joies, de ses espoirs, de ses désirs.— Vois-tu, maman, je prépare mon apostolat futur; le veux être un prêtre savant.— Et un saint prêtre, ajoutait la mère.— Oh I oui, maman.Et, de fait, le petit bonhomme travaillait; ses bulletins de quinzaine en faisaient foi.Il était le premier de son cours à cause, disaient ses maîtres, non pas tant de son intelligence que de# son application.Quelques années passèrent ainsi.Jean t>.Louis atteignirent leur quinzième année, et vin- rent dans leurs familles pour les vacances.Jean était toujours le même, mais un sentiment bizarre s'emparait de lui quand il était avec Louis.11 n'était plus aussi libre; ils jouaient ensemble, ils se promenaient ensemble, mais Jean n'osait plus parler de son avenir devant son ami.Il lui semblait qu'un sourire énigmatique errait sur les lèvres du lycéen quand il y avait fait allusion.Il lui avait demandé de l'accompagner chaque matin à la messe, mais Louis avait refusé presque dédaigneusement.Puis un jour, ils eurent une explication.Jeai.fut chaleureux; il délendit son idéal avec force, il montra la beauté et la grandeur du prêtre; sa foi lui inspira des accents pathétiques pour parler de l'honneur que Dieu lui faisait en l'appelant à son service.Mais Louis ne lui fit que cette réponse qu'il accompagna d'un ricanement mauvais : — Allons, allons, ne te monte pas 1 On a dû te bourrer le crâne.Et les vacances s'achevèrent.Mais, la-bas, au séminaire, Jean restait de longs moments songeur.Il réfléchissait à ce qu'avait dit Louis, et ces mots "on t'a bourré le crâne" l'obsédaient jusque dans ses rêves.Il sentait s'agiter au fond de son être tout un monde troublé.Des désirs insoupçonnés s'éveillaient en lui; la vie du prêtre ne lui semblait plus aussi belle, tandis que les couleurs chatoyantes du monde apparaissaient subitement à ses yeux éblouis.Et son travail souffrait de ces distractions; il perdit la première place; sa pauvre maman en fut toute bouleversée.— Ou'as-tu mon Jean ?lui dit-elle quand il revint pour la Noël.Il n'osa pas avouer.— Rien, maman, répondit-il, j'ai été paresseux; mais je te jure que je serai premier la prochaine fols.Et en effet il tint parole; mais quelque chose était changé en lui.Il n'avait plus cette confiance enfantine envers ses maîtres; sa piété diminuait, les visites de dévotion à la chapelle se faisaient plus rares.A Pâques, Il revit son camarade et chercha à lui faire plaisir; Il s'offrit à l'accompagner pour de longues promenades et alla plus fréquemment à la ferme du père de Louis.La maman de Jean vit, avec son instinct maternel, que quelque chose n'allait pas.Son fils l'accompagnait à la messe, mais il n'y montrait plus la même piété; il semblait se perdre en une rêverie mystérieuse.Le soir, il ne l'entretenait plus de ses projets d'avenir.Elle lui en parla la première, il continua la conversation sur le même sujet, mais, avec une gêne visible.Après son départ, la pauvre mère se jeta à genoux au pied de son crucifix et pleura.— Mon Dieu, disait-elle, je vous l'ai donné : gardez-le, gardez sa vocation.Pourtant son cœur était encore plein d'espérance.Cela passera se répétait-elle.— 11 — L'année s'acheva et Jean remporta tous les prix; mais la note de piété était faible, et le supérieur avait constaté un changement considérable dans la conduite du séminariste qui était touiours travailleur, poli, correct, mais montrait de l'éloignement pour ses maîtres et moins d'estime pour sa vocation.Pendant les grandes vacances, il n'alla plus à la messe chaque jour, et communia peu.Il passait la majeure partie de son temps avec Louis qui parlait de son avenir à lui; il rêvait d'aller laire son droit à l'Université, puis d'entrer dans la diplomatie.Jean l'écoutait, puis subitement lui dit un jour : — J'irai avec toi, Louis.— Mais tu ne veux donc plus aller au séminaire ?— Je ne sais pas ! peut-être I Après I Ce soir-là, en se séparant, Louis serra la main de son camarade plus fortement que d'habitude.— Ah I mon cher ami.dit-il, tu me fais bien plaisir; tu es trop intelligent pour te faire curé, n'est-ce pas ?Et quelques lours après, Jean déclara son Intention à sa mère.Elle pleura, supplia, mais rien n'y fit.— Tu resteras bon chrétien au moins, mon petit Jean.— Oh I oui, maman, je vous le promets I Quand octobre arriva, Jean entra dans un collège, et, son baccalauréat conquis, il loua, avec Louis, une chambre à la ville pour suivre les cours de la faculté de droit.Louis ne pratiquait plus sa religion.Dès le lycée déjà, Il avait abandonné ses devoirs religieux et se faisait railleur pour les choses saintes; les leçons reçues portaient leurs fruits.Jean continua la première année à assister régulièrement à la messe de dimanche, mais il ne communia que deux ou trois fols.Il était toujours travailleur et tenait la tête de son cours; aussi les félicitations pleuvalent.Il prenait conscience de sa supériorité; ses idées se modifiaient; des livres que lui passa Louis, laissèrent en son esprit des traces profondes.A quoi bon se soumettre à une règle de vie, se disait-il, et sa fol s'en allait pierre à pierre, submergée par la vague montante de l'orgueil.Se mettre à genoux lui devenait un supplice.A l'église, il considérait froidement les cérémonies; son esprit cherchait à comprendre plutôt qu'à s'Incliner devant le mystère, et les objections qu'il avait lues revenaient en foule assiéger sa pensée.Il ne les combattait plus.Il cessa alors d'assister aux offices.Pendant les vacances, il le dit crûment à sa mère en larmes.— C'était bon quand j'étais petit; alors, je ne savais pas; mais maintenant, j'ai réfléchi, j'ai étudié, je ne crois plus.La pauvre lemme s'effondra; il la soutint.Mais c'était pour elle la lin de ses espoirs.Dès lors, elle vécut de plus en plus retirée, ne sortant que pour aller à l'église, image vivante de la douleur maternelle et chrétienne.Les gens du bourg la plaignaient et haussaient les épaules, quand Us voyaient passer Jean et Louis toujours Inséparables.Mais ceux-ci ne leur parlaient plus.Ils se sentaient supérieurs à tous, et c'est à peine si un léger salut tombait de leurs lèvres pour répondre à un bonjour qui voulait se laire cordial.Ils ne saluaient même plus leur vieux curé, et ne se gênaient pas pour railler les paysans de leurs "superstitions" et de leurs croyances, si bien qu'un jour un vieillard leur dît : — Vous reniez l'Eglise qui ne vous a lait que du bien; vous la faites pleurer comme toi.Jean, tu fais pleurer ta mère.A ce rappel Inattendu, Jean eut un haut-le-corps et passa vite sans répondre.Oui sait ?peut-être un remords entrait-il en lui ?Peut-être quelque chose qu'il comprimait en sa conscience cherchait-il à se libérer ?Peut-être était-ce un signe avant-coureur, un avertissement que Dieu lui envoyait ?Oui pourra le dire ?Los vacances Unies, Ils retournèrent à la ville, et passèrent brillamment leurs examens.Un bel avenir s'ouvrait devant eux.Des protections nombreuses gagnées au prix d'un reniement total de la loi de leur enfance, leur garantissaient l'avenir.Mais Dieu les attendait là.Ils lurent nommés secrétaires d'ambassade et prirent l'avion au Bourget pour rejoindre leur poste; mais un accident terrible se produisit.Le moteur s'arrêta en plein vol et l'avion s'écrasa.Louis s'en tira avec les deux jambes cassées et resta Infirme pour la vie.Jean fut tué sur le coup.Dans le temps que l'appareil tombait, que se passa-t-il ?Eut-il le temps de se repentir?C'est le secret de Dieu.Son corps fut ramené au village, et la mère dut encore lutter contre les francs-maçons de la ville voisine qui voulaient un enterrement civil.Néanmoins, le prêtre bénit le corps et la tombe.On prononça quelques paroles, on exalta l'Intelligence du jeune homme; on montra sa carrière brillante si tot brisée.Mais les gens du village hochaient la tête et le bon vieux curé se disait en retournant à l'église : — Seigneur, Il refusa de vous donner sa vie, que vous lui demandiez.Vous la lui avez prise.Pardonnez-lui, en considération de cette lin terrible.IS VIA CONCOURS DE SEPTEMBRE U___________ Horiiontalement.— 1.Du verbe: aller dans les champs pour recueillir ou étudier des plantes.— 2.Anagramme de te; sépara de tous; ce qui doit me revenir.— 3.Sans éclat; iraîchement salé.— 4.Dans la messe; apparence; arme.— 5.Affligeant.-— 6.Souffrir; filets déliés.— 7.Au Ut.— 8.Tête d'une tige do graminée; fleur; toujours complément.— 9.Rôti; je.— 10.Existes; traces du cerf; préposition.— 11.Ouvriers qui enchâssent des diamants dans des chatons.Verticalement — 1.Demi-sphères.— 2.Profession; attitude.— 3.Eprouvait.— 4.Deux fois; en gousses; anagramme de te.— 5.Ossements; mois; a marque de la Joie.— 6.Faire tremper dans l'eau du Un, du chanvre, pour séparer les filets do la partie ligneuse; troisième.— 7.Lui; Urnes; mot paUndrome.— 8.Mot palindrome; prénom masculin; mot paUndrome.— 9.Souffrisse.— 10.Rivière do WestphaUe; paladin de Charlemagne dans les romans de chevalerie.11 figure au jeu de cartes.— 11.Héritages.ENCYCLOPEDIE : NOTE : Pour vous aider dans vos recherches, pro curei-vous: "JEUX DE CARTES : ENCYCLOPEDIE", par l'abbé Etienne Blanchard, p.s.s., 116, Notre-Dame ouest, Montréal.1.— Quolle est l'action de boiter?2.— Qui gagna la bataille de Carillon et en queUe année ?3.— Qu'indique un calendrier liturgique ?4.— De quoi est fait le caviar ?5.— Quelles sont les couleurs du drapeau du Saint-Siège ?6.— D'où vient la cendre déposée sur la tète dea fidèles le Mercredi des Cendres ?7.— Qu'appelle-t-on steppe ?8.— Comment s'appelle le balancement d'un navire) de l'avant à l'arrière ?9.— Quels animaux sont l'emblème de la France ?de l'Angleterre?du Canada?de la Russie?de l'Allemagne?10.— Quel mot désigne la manie de voler?• PROBLEME : On demandait à Pythagore combien il avait d'écoliers.Ce mathématicien répondit "La moitié de mes élèves étudient les mathématiques; le quart, la physique et lo septième, l'astronomie; six autres gardent le silence.Combien Pythagore avait-il d'élèves?• CHARADE : Mon premier est un ordre bref.Tel que peut le donner un chef, Et tel un Jour le Christ le reçut de son Père.Mon second est souvent nerveux : Plus d'un qui le possède, hélas I s'en désespère.Mon troisième, s'il est nouveau, est le temps de» doux vœux Et de la promesse éphémère.Mon tout est un palais qu'ont enrichi les ages, Des héros du Savoir, de ceux de la Beauté; Cest la maison de Vérité, Le Phare de la sainte Clarté Et le roc où la Foi ne craint plus les naufrages.ENIGME : C'est extraordinaire, et très cocasse, en somme.Ce que peut différer le jugemont de l'homme ; Lindbergh s'est vu un jour comblé d'honneurs.En triomphe porté par ses admirateurs.Parce que, pardessus l'océan Atlantique, U m'avait accompli d'un seul bond maqnlfique.Et l'on a gratifié de quatre ans de prison Tel autre qui me fit.On y perd la raisonl .• DEVINETTES : (Voir les réponses plus loin.) 1.— Quels légumes vendent les opticiens?2.¦— Quel est le mot français qui renforme le plus d'N?3.— Comment connaître son tempérament ?4.— Quel est le comble de l'énergie pour un manchot?5.—-Quel est le comble do la probité pour un débiteur?6.— Le comble do la tendresse pour un touriste?7.— Le comble de la propreté?8.— Le comble du strabisme?9.— Le comble de l'habileté pour un chasseur?10.— Le comble de l'art pour un dentiste?EST-CE VRAI OU FAUX ?1.Le pape ne peut pas comprendre comment les trois personnes divines ne font qu'un seul et même Dieu.vrai faux 2.Les nègres d'Afrique ne descendent pas d'Adam et d'Eve.vrai faux 3.Celui qui aime trop les biens de la terre pèche par envie.vrai faux 4.Jésus-Christ n'a pas toujours été homme.vrai faux — 13 — UN OURAGAN Que l'aimerais donc ça.saisir une poignée de vent I .de ce vent qui passe en grondant sur nos têtes, ce vent qui emporte le chapeau de Monsieur, qui tourne à l'envers le parapluie de Madame, qui fait plier les arbres, parfois les déracine, qui charrie les nuages, qui les disperse, — ce vent capricieux qui s'amuse parfois gentiment à faire tourbillonner les feuilles mortes dans les angles des murailles, ce vent que j'aime tant entendre siffler dans les corniches quand il fait bien froid dehors et que i'ai bien chaud dans mon lit I.Ah 1.Que j'aimerais donc ça en avoir une poignée 1 .Mais,.au fait, qu'est-ce que l'en ferais de cette poignée de vent 1.C'est vrai.qu'est-ce que l'en ferais ?.Ce serait comme bien d'autres choses que i'ai longtemps désirées;.quand )e les al eues enfin,.elles m'ont embarrassé,.Jusqu'au lour où le les ai données à un autre qui a dû se trouver aussi embarrassé que moi.Est-ce donc que tout sur la terre ne serait que du vent 1.Plaisirs?.Vent qui passe I .Richesses ?.Vent qui passe I .Honneurs t.Vent qui passe 1 .Santé, amitiés, (oies et peines ?.Du vent,.du vent,.du vent I .Tout se réduit donc en un vent qu'on ne peut capturer, qu'on ne peut dompter, qui vient sans qu'on le désire, qui s'en va sans qu'on le sache I.Vent folâtre, vent fantasque qui emporte les navires vers le port ou va les briser sur les récifs.Vent.TOI,.tu me fais penser à bien des choses, à tout ce flux de caprices qui bouillonnent en mol : les écrivains appellent ça des PASSIONS I.Quelles tempêtes furieuses elles soulèvent I .Quel calme plat vient ensuite I.LES PASSIONS I.Quelle puissance I .Quelle faiblesse 1.La passion bâtit les empires et les détruit.Sans passion, l'homme est comme un bateau à voiles sur une mer toujours calme.• Il te faut, jeune homme qui grandis.UNE GRANDE PASSION, mais UNE BONNE I .N'oublie pas que tu appartiens à ton SIECLE, l'époque des guerres-éclairs I .SI tu t'entêtes à vouloir combattre avec des fourches.avec des haches, des épées, des lances, les chars d'assaut t'écraseront I — L'enfer a changé ses tactiques pour conquérir le "petit gars 20ème siècle".De nos lours, les petits chrétiens " "molteux" ", aux sensibleries pieusardes, sont déclassés et vaincus avant de combattre I .Ce n'est plus du sentiment qu'il te faut 1 — c'est une volonté, une conviction d'acier, •t tu dois l'acquérir I.Tu auras à lutter pour conserver ta foi.Tu devras être le chêne qui a poussé en plein vent qui connaît les rafales, qui plonge quand même, malgré tout des racines profondes dans uni sol si revêche solt-il I.De cet arbre, on fera les meubles précieux 1.Cet homme sera la gloire du Christ I .— 14 — Ce que tu veux.- tu ne le veux pas assez 1 .Le vent éteint l'allumette à la flamme hésitante, mais il active le brasier, et c'est un brasier que tu dois être;.sinon, le moindre petit vent.le plus méprisable, éteindra tea bons désirs, et le premier grand vent te renversera la tête dans la boue.le tronc couché au sol.et tes racines arrachées ne puiseront plus dans le CHRIST la sève de vie qui te faisait beau I .L'eau du Baptême aurait-elle donc coulé inutilement sur ton front ?.Tu as reçu la puissance.ne te livre donc pas à la brise qui berce, mais qui brise les energies I___.Ce n'est pas une poignée de vent que le veux pour toi au début de cette année scolaire I.le veux pour toi une VOLONTE PUISSANTE qui MAITRISE les obstacles, que RIEN n'arrête I.Ce que le te souhait*, ce n'est rien moins qu'un OURAGAN I .Grand-Nord LISE fait son devoir Les premiers devoirs écoliers semblent moin» austères quand maman les illumine de son sourire encourageant — 15 — La Campagne Canadienne (R.P.Adélard DUGRE, S.J.) " Elle m'a fait vivre " Merci à l'Editeur : L'Association Catholique des Voyageurs de Commerce Section des Trois-Rivlères Le train de six heures allait apparaître à la petite station de La Pointe-du-Lac, quand arriva le Père Baptiste Barré dans sa voiture à quatre poteaux entourée de toiles cirées.Bon iour la compagnie, fit-Il; joli temps I Le train n'est pas passé?— Il arrive dans la minute.-— Oh I bien, dans ce cas, )'al bien lait de ne pas me presser.— Vous attendez des voyageurs.Père Barré.— Oui, le viens chercher François, mon garçon qui arrive des Etats-Unis avec sa famille.Il est parti depuis vingt ans.— Savez-vous.père pas sorteux le fils?— Oui, et puis voyez-vous, il s'est marié par là avec une américaine, qui ne sait pas beaucoup le français.— Grosse famille?Non, deux enfants seulement.Le coup de sifflet annonça l'arrivée du train.Baptiste, un œil sur son cheval, saisi par l'émotion et par une vague crainte d'être déçu, cherchait de loin ses voyageurs si désirés.Personnel II Finalement un grand jeune homme, chargé de porte-manteaux dévala sur le remblai.Egalement un homme d'âge moyen parut, suivi d'une fille et une Jolie dame.François courut saisir la main que lui tendait son père.Oh I le Père, qu'il en fit passer de secrètes souffrances et d'inquiétudes reioulées, dans sa vigoureuse poignée de main 1 C'est bien lui, dit-il, presque tout bas.Autour d'eux Fanny, l'épouse de François, et ses deux enfants arrivaient un peu dépaysés dans cette campagne ouverte.François ne fut pas sans quelque embarras quand il eut à présenter sa femme, belle américaine, peu habituée aux coutumes du pays.Baptiste sans cérémonie l'embrassa.Il serra la main de Harold, embrassa Gladys.Vers la voiture I Les dames prirent place sur le siège d'arrière, les hommes en avant.Harold s'empara des guides.Baptiste fit à François l'histoire de la famille et de la paroisse depuis son départ.Les réminiscences accouraient en foule à l'esprit du médecin : la route et ses pins, le vieux moulin de pierre, le lac St-Pierre, le phare tout blanc, des maisons blanches, des visages amis d'enfance.L'Eglise était restée la même, élégante et svelte.Du bout de son parapluie, François montra à sa femme une maison étalant ses persiennes vertes et ses larges verandas."C'est là", dit-il.C'était bien le chez-nous d'autrefois.A la maison, on avait reconnu la voiture qu'on guettait depuis longtemps.Sur la galerie, avaient pris place Marie avec son tablier à dentelle, Philippe et Léon.Boni Un mouchoir s'agite dans l'air.Marie n'y lient plus, elle part au devant, et répète : Voyons, c'est bien vous autres toujours?François tout ému se précipite à sa rencontre.Harold et sa mère, un peu perdus dans tout ce tumulte attendaient demi-souriants, demi-ennuyés la fin de cette scène.Louise, épouse de Philippe, sentit d'instinct que cette belle-sœur ne ressemblait pas aux autres.Elle la salua et la conduisit à la chambre des étrangers, et ce fut le souper et la veillée de famille.Le souper fini, Fanny se retira dans sa chambre.Les jeunes veillèrent au salon, les vieux dans l'allonge.C'est là qu'on fit la causette en fumant la pipe.Les femmes achevaient d'y laver la vaisselle.La vieille Marie, tout en essuyant longuement les assiettes, se mêlait à la conversation.Mais Louis?demanda tout à coup François, avez-vous eu de ses nouvelles?Louis, c'était le prêtre, plus àqé que François, maintenant curé dans le diocèse d'Ottawa.Justement, dit Baptiste, il arrive dimanche soir.Il vient pour le grand souper."C'est un peu ton dîner de noces, pauvre vieux, reprit Philippe, depuis 20 ans que le père attend cela". M E L I ¦ H I L 1 Chex In abeilles.Pour intéresser los jeunes naturalistes, voici des experiences qui ont été faites, et qu'ils pourront facilement renouveler sans trop courir lo rlsquo d'une piqûre.M.Julien Françon en relate beaucoup d'autres dans son Uvre "l'esprit des abeilles".Voulez-vous capturer une abeille en vue de (aire une étude ou une constatation?glissez sous la fleur où elle vient butiner une soucoupe dans laquelle vous aurez déposé un morceau de sucre légèrement mouillé •1 à l'aide d'un verre renversé, vous la faites prison nlère.Tout absorbée à son travail elle n'a rien vu de la manœuvre, aussi, furieuse elle se lance contre les parois transparentes, cependant elle finit par rencon trer le sucre ce qui lui rend son calme et sans plus de souci, elle se met à exploiter sa trouvaille.Le temps est favorable pour les expériences, onlovez doucement le verre, et a l'aide d'un fin pinceau posez-lui sur le dos une couleur vive qui la fera distinguer des autres par la suite.Elle se laisse décorer sans autre forme de protestation qu'un léger frémissement, sans toutefois arrêter son travail.Lorsque sa provision est terminée elle frotte soigneusement ses pattes et s'envole.Examines bien son vol, 11 vous paraîtra curieux.Elle décrit, décrit lentement plusieurs cerclos étroits a faible hauteur au-dessus de la soucoupe qui a été déposé* quelque part, sur une pierre, une boîte, etc.Sa têio est constamment tournée vers le centre dont elle s'éloigne peu a peu par une savante spirale, et à propremon! parler, à reculons.Elle semble prendre les positions exactes du lieu.Ce soin que met l'abeille à enregistrer dans sa mémoire visuelle l'emplacement du morceau de sucre et les obtets qui l'environnent est de haute importance.Il va falloir attendre maintenant le retour, car elle reviendra, dans combien de temps ?cela dépend de la distance de son rucher.Elle saura même annoncer la bonne aubaine à ses compagnes de ruche et cm qu'il y a de plus merveilleux, elle ne leur sert pas de guide, car elles n'atteignent l'appât que plusieurs secondes après qu'elle s'y est posée de nouveau.Pour ombarrasser la butineuse et prendre en défaut sa sagacité, cachez le sucre dans une boîte dissimulée elle-même sous un amas de cailloux, ne laissant comme vole d'accès qu'un tunnel, l'abeille amorcée saura non seulement retrouver le régal mais révéler a ses compagnes la façon de s'y prendre.Nous savons voir, mais nous ne savons pas comprendre.Les abeilles semblent bien se communiquer entre elles: nous ignorons par quel mécanisme sonore, optique, tacllle ou autre peuvent s'établir leurs communications, VIC e UN CHARIOT HYDRAULIQUE A l'aide d'une boîte d'allumettes do ménage (A) et de deux bouchons (B), vous pouvez construire un chariot hydraulique qui fonctionnera à, la perfection.Fendez l'un de vos deux bouchons.Découpoz l'autre en rondelles minces (Q, traversez quatre de ces rondelles par des épingles (E).Collez les deux moitiés de bouchon sous la botte d'allumettes et fixez les quatre roues.Badigeonnez l'intérieur de la boite avec du vernis (F) et pratiquez une ouverture ronde a son arrière.Dans cette ouverture vous passerez un tubo de plume d'oie (I) quo vous fixerez à l'aido de cire à cacheter (H).Maintenant remplissez d'eau la boîte d'allumettes et vous verrez lo petit chariot se mettre en marche aussitôt quo l'eau s'écoulera, (G).Certos co potit véhicule ne fera pas du cent à l'heure et 11 faudra fréquemment en faire le plein, mais enfin il roulera avec précision et bonne volonté.Peut-être pourrez vous, s'il s'agit d'amuser votre leune frère, compléter cot équipage en collant à l'avant un cheval découpé dans du papier mince ainsi qu'un cocher fait d'un petit bouchon et de quatre allumettes, mais n'oubliez pas que le POIDS est le plus grand ennemi des chariots hydrauliques.SIM — 18 — UN NOUVEAU JEU LA MOUCHE ET L'ARAIGNEE — Allons, prenez vite un carton blanc, un crayon, de l'encre, et fabriquez vous ce ieu intéressant de la mouche et de l'araignée.On y joue avec un seul dé, et l'on se place sur le numéro correspondant à celui que l'on vient d'amener avec le dé et, naturellement, qui iiguro sur la case ta plus rapprochée de celle où l'on se trouve déjà.La mouche part de la grande (lèche do gauche et se dirige vers le centre de la toile, cherchant une Issue qui lui permette do s'échapper.L'araignée, elle, part du centre et se dirige vers le chemin en colimaçon pavé de cases à numéros, vers l'extérieur de sa toile.Si l'araignée arrive à la case 5 finale sans avoir pu happer la mouche, elle a perdu la partie.SI la mouche a le malheur de tomber sur une case où se trouve déjà l'araignée, ou inversement, elle est perdue I et la Joueuse qui la représente a perdu la partie.Si la mouche a la chance de tomber sur une case noire à chiffre blanc, elle est sauvée, car ces cases noires ne sont autres que des accrocs dans la toile, lesquels sont Indispensables à son évasion.Si l'araignée arrive sur l'une de ces cases noires, elle y attendra la mouche pendant que cette dernière Jouera trois fols.SIM T.S.F.: LA TELEVISION Définition : On a beaucoup bavardé autour de la télévision.L'encre a coulé, généreuse et assez obscure.Le public n'a pas encore compris grand'chose à toutes ces démonstrations qui n'en étaient pas.Les lecteurs nous sauront sans doute gré d'apporter ici quelques notes qui, débarrassées de toute littérature et du latras technique, se proposent de rappeler dans ses grandes lignes ce qu'est exactement la télévision et ce qu'on peut en attendre.La télévision est la transmission de l'image à distance.Et d'abord, qu'est-ce qu'une image ?Un bloc, une surface de points plus ou moins lumineux.Il s'agit donc do transmettre à distance et successivement ces divers points lumineux de façon à recons- tituer, à la réception, l'image intégrale.Rétine : Rappelons d'abord le fameux principe de la persistance rétinienne.C'est lui qui fait toute la télévision : toute impression lumineuse qui a frappé notre ceil a déjà disparu que notre rétine éprouve l'impression de la recevoir encore, un dixième de seconde après sa disparition du champ oculaire.Notre œil ne peut donc séparer des perceptions qui se succèdent à plus de un seizième de seconde.Il est dès lors évident que des points lumineux transmis successivement sur un écran récepteur no sauraient, sans recourir au principe de la persistance rétinienne, donner l'illusion d'un tableau "arrivé en bloc", complet en un mot.Ces données élémentaires bien arrêtées, nous examinerons très succinctement le mécanisme d'une transmission d'image à distance.(A suivre) • POUR TROUVER L'AGE DE QUELQU'UN : Je suppose que Jean est né en décembre 1924.Voulez-vous savoir l'âge et le mois de sa naissance sans qu'il vous la dise ?Vous lui dites : "Double le numéro du mois de la naissance (décembre: 12ème mois; soit: 24); ajoute 5 (24 plus 5 égalent 29); multiplie par 50 (29 multipliés par 50 égalent 1,450); ajoute ton âge (1,450 plus 17 égalent 1,467); retranche le nombre do jours d'une année (1.467 moins 365 égalent 1,102); Vous lui demandez ce nombre et par la pensée vous ajoutez 115 (1,102 plus 115 égalent 1,217).Les deux chiffres de droite donnent son âge (17 ans) et les deux chiffres de gauche, le mois de sa naissance (I2ème mois, soit décembre).• COMMENT TROUVER LE CHEMIN DANS CE LABYRINTHE Au milieu de ce labyrinthe se trouve une chèvre qui s'y est égarée et ne peut plus en sortir.Cela pa rait très facile d'entrer dans le labyrinthe et de pénétrer jusqu'au fond, mais c'est plus difficile que cela en a l'air.Essayez si vous pouvez arriver jusqu'à la chèvre.En partant par l'entrée, suivez le chemin jusqu'à la chèvre avec un crayon ou une petite pointe, mais sans jamais traverser aucune ligne.-19 — PHYSIQUE AMUSANTE: A) Comment un verre d'eau renversé pout il retenir le liquide?— On remplit un verre d'eau à l'égalité du bord, puis après y avoir appliqué une feuille do papier maintenue par la main, on le renverse tranquillement.On enlève la main et la pression extérieure de l'air empêche l'eau de s'écouler.B) Serait-il possible de tourner un verre plein d'eau aux une table sans en répandre le contenu ?— Oui, en faisant comme 11 est indiqué au numéro précédent, et après avoir déposé sur la table le verre renversé, on retire le papier.L'eau ne se répandra point, grâce à un effet de capillarité.C) Peut-on chauffer de l'eau dans un sac de papier ?— Certainement.Un sac étanche est rempli d'eau en partie et placé au-dessus d'une chandelle allumée.L'eau bout et le sac ne brûle pas.D) Une aiguille flotte-t-elle sur l'eau?— Il suffit de savoir comment s'y prendre.L'al-guîlle est placée sur un papier de soie flottant sur l'eau.Peu à peu, le papier s'imbibe et coule; mais l'aiguille surnage : c'est la capillarité qui empêche d'adhérer tout autour de l'aiguille.E) Comment prouver qu'une bougie allumée brûle l'air?— Renversez un bocal dans l'eau au-dessus d'une chandelle allumée.A mesure que l'air brûle, on voit l'eau monter dans le bocal jusqu'à ce que la tlamme ¦'éteigne faute d'oxygène.JEU DE PATTEN CE : Disposer d'abord 12 allumettes pour former la figure ci-contre.Puis déplacer 4 allumettes Ges placer d'une autre façon) alin que la figure nouvelle ainsi obtenue ne comprenne plus que 3 carrés.REPONSES AUX DEVINETTES: 1.— Les lentilles.2.— Le mot "centaine".3.— En jouant aux cartes.Si on perd, on est sans gain (sanguin).4.— Prendre son courage à "deux mains".5.¦— Rendre le dernier soupir.6.— Embrasser un panorama.7.— Essuyer un affront.8.— Loucher tellement que quand on pleure, lea larmes nous tombent dans le dos.9.— Poursuivre une idée; chasser un souvonir; tirer une conclusion; courir après la renommée.10.— Poser un râtelier à une bouche de chaleur._à_ Tous à l'Oratoire La métropole canadienne couronnera les inoubliables fêtes religieuses de son Ille centenaire par un hommage grandiose à l'esprit catholique de ses fondateurs et de ses missionnaires.En même temps se tiendra le premier Congrès de la Ligue missionnaire des Etudiants.?— 20 — J1.5.H.'Pitfttiitalin?de Mn ,b ) ) j> * J> I J> J» J /' ,J> Mon merle a per-du son bec, Mon merle a per - du son Refr a i n I1 bec, Un bec,deux becs, trois bees uh! oh! Com-ment veux- oo "mar- i0t" tu, mon merl', mon merle, Com-ment veux-tu mon merl' chan-tcr?Mon série a perdu son oeil du,- Un oeil, deux yeux, trois yeux, Un bec, deux becs, trois becs, ah! oh! Consent veux-tu, son serl', son série Cossent veux-tu, son serl', chanter?Moi série a perdu sa tête Un' tête, deux têt', trois têt' Un oeil, deux yeux, trois yeux Un hec, deux becs, trois becs,ah! oh! Cossent veux-tu, son serl', son série Cossent veux-tu, son serl' chanter?Mon série a perdu son cou iHti .Un cou, deux cous, trois cous, etc.Mon série a perdu son dos (bis).Un dos, deux dos, trois dos, etc.Mon merle a perdu son ail' (bis).Un' ail', deux ail's, trois ail's, etc.Mon série a perdu son ventr'.Un vent r, deux ventr', trois venir', etc.Mon série a perdu ses patt's.Un' patt', deux patt'.trois [att's, etc.Mon série a perdu sa queue.Un' queue, deux queues, trois queues, etc.C'EST LA NUIT [Canon'a trois voix)> b r C'est la nuit, Plus de bruit, E - cou - tcz là - 1 ., '» | - bas nuit qui son - ne, qui son - ne.Ornficuseto de 11 l'abbé CE.Ondbois, Séminaire de Ht Hyacinthe.— 21- 4994 (Parole de Scout) JEAN.des Aigles (Du R.P.HUBLET.S.I.) Dans l'humidité triste d'une soirée d'hiver, deux hommes longent d'un pas rapide la rue presque déserte.Brusquement, sur leur droite, les bâtiments d'une usine, entassés air fond d'une cour très vaste, les inondent d'un jet de lumière violente où se mêlent des lambeaux de chants et des accords de piano.Ces deux hommes sont l'ingénieur Malnusc et Casse-tête, tous deux employés à l'usine."Ecoute, dit Mnlatise, à la faveur du bruit et de la fête, il faudrait te glisser jusqu'au baraquement de bois qui fait l'extrême droite de l'usine.Ce baraquement, assez isolé, contient des caisses d'emballage et quelques colis de menante, prêts pour l'expédition; je le sais par Reubert.Tu y parviens sans éveiller l'attention du veilleur, tu mets le feu à la boutique, voici des pastilles incendiaires, de manière à donner l'alarme.Devant le danger, chacun court dans la direction du sinistre, le veilleuT comme les autres, el j'en profite pour me glisser dans le bureau du patron, situé à l'opposé.Alors.— Suffit.C'est un rude coup.Faites-moi connaître les lieux d'une façon claire, les moyens d'accès, les voies de retraite., car Je ne tiens nullement a me faire pincer.— Voici le plan détaillé de l'usine ainsi que la clef d'une porte basse cachée dans l'angle même du baraquement.Tu ne t'en serviras qu'à toute extrémité.Viens, hàtons-nous.Ils venaient a peine de s'éloigner, quand M.Menoir, propriétaire et directeur de l'usine, apparut au fond de la cour qui séparait l'usine du parc de la résidence.M.Menoir se dirigea d'un pas ferme vers la salle où la fête battait son plein.Il s'arrêta sur le seuil, ébloui par la lumière crue.C'était un homme frisant la cinquantaine.Sa belle tète énergique, mix courts cheveux taillés en brosse, grisonnait; l'éclat de ses yeux bleus, doux el limpides, donnait à son visage une expression de bonté calme et forte.Il promena son regard inquisiteur sur la salle.Au coin de l'estrade, un garçon d'une douzaine d'années, revêtu de l'uniforme scout, accompagnait les chants au piano Avec une Incroyable maîtrise.Kn s'arrètnnt sur lui, les yeux clairs de l'industriel s'allumèrent d'une lueur de joie."Bravo, Freddy!.murmura-t-il.Pourvu seulement que tu ne te fatigues pas trop.Tu aimerais devenir scout, JennP — Vous voici enfin, père!.dit une voix jeune et ferme.M.Menoir sourit et serra la main de son ainé, un beau gars de vingt-deux ans, qui portait crânement l'uniforme de scout-mnitre ! Etienne Menoir présentait avec son père une indéniable ressemblance.Bien découplé, droit et vigoureux, comme lui, il portait sur ses traits la même expression de bonté tranquille et forte.Tout en lui abandonnant son manteau, son chapeau et sa canne, l'industriel s'informa : "Tout marche bien ?— A ravir.Venez vite à votre fauteuil, en avant, on vous attend; les enfants vous réclament à cor et a cri.— Un instant.Laisse-moi jeter sur la salle un coup d'oeil d'ami pour toute celle intéressante jeunesse".Il prit le bras de son fils, en un geste qui lui était familier, et, promena ni son regard sur le public, il sourit delà joie qui éclatait autour de lui.Etienne, qui avait voué à son père un vrai culte d'affectueuse admiration, jouissait de sa satisfaction.Ce qu'Etienne admirait le plus en son père, avant sa prodigieuse activité, plus encore que son intelligence des affaires et sa ténacité de rechercheur, c'était son habitude de penser aux mitres cl de se donner sans compter, pour la seule joie de faire des heureux."Allons, dit l'industriel, tout va bien, ce m„ »n.hin il v i du monde !.Tiens ! Qui est ce petit homme appuyé contre la première colonne?— La veste grise, là-bas?.Attendez.Ce doit être le fils de Reubert, l'un de vos bons ouvriers.— L'un des plus adroits, certes, mais je crains un peu que le commu- — 22 — ni.smc ne l'ait assez fortement entamé.Cet enfant a une bonne figure avenante, franche et loyale.— Je l'avais remarqué déjà, me disant que, si l'intérieur répondait aux apparences, il figurerait avantageusement dans notre troupe.Ah! les enfants vous ont vu, père I.En effet, profitant d'un moment de répit, les scouts accouraient joyeusement vers leur bienfaiteur.Il sourit, et serra les mains à la ronde, avec un mot amical pour chaque enfant.L'assistance entière, voyant le mouvement, s'était retournée, et.timide d'abord, puis chaude et vigoureuse, monta l'ovation au patron.Glissant de son tabouret de piano, Freddy vint à son tour tendre à son père son visage pâle, aux traits délicats, où brillait la flamme de deux beaux grands yeux noirs.Monsieur Menoir appuya les lèvres sur le front tout moite encore d'excitation."Te voilà tout en nage, mon petit.Laisse un instant ton piano, et repose-toi.— Oh ! papa, je ne ressens aucune fatigue.— Il faut te ménager.Air reste, voici que l'on sert les gâteaux, reste avec moi durant que les scouls font le service.— Mais.je suis scout aussi.— A peine ! taquina Etienne.D'ailleurs, je t'assigne comme besogne, de tenir compagnie à papa." "Voyez donc, papa, ce petit qui reste là tout seul.- - C'est sans doute un timide; viens, nous allons l'aider.lionsoir.petil homme.Quel est ton nom ?— Jean Reubert, Monsieur le Dirccteirr.— Eh bien ! tu n'as pas faim ?Tu n'aimes pas les gâteaux ?— Oh oui!.Mais je n'ai pas d'argent pour en acheter.— Mais tu n'as pas besoin d'argent ! C'est un cadeau de papa ! s'exclama Freddy.Viens avec moi, je vais te faire servir tout de suite.Jean salua bien gentiment Monsieur Menoir et se laissa entraîner par Freddv.qui le mena au comptoir d'où Madame Menoir dirigeait la manœuvre."Maman, voici un de mes amis qui n'a rien reçu encore, piris-je le servir moi-même?— Va trouver Thérèse, là, derrière cette tenture, elle a tout ce qu'il faut.Dans un coin réservé au service, Thérèse Menoir siégeait au milieu de corbeilles de brioches, distribuant ses dernières richesses aux scouts qui accouraient à elle renouveler leur provision.Elle accueillit joyeusement son petit frère, et, tout de suite, s'empressa autour de Jean."On t'a oublié, mon pauvre garçon ?Nous allons réparer cela.Installe-toi sur cette caisse.Bon!.Voici des brioches, voici une tasse de chocolat.A tout à l'heure.Freddy veillera que tu ne manques de rien.N'est-ce pas.petit frère ?" Fier de son rôle d'ange gardien.Freddy s'assit à côté de son protégé, l'encourageant de la voix et du sourire.Jean examinait avidement son interlocuteur et ne se lassait pas de contempler son uniforme scout pimpant neuf."Je suis sûr que tu aimerais devenir scout.Jean ?— Peut-être.Je ne connais pas bien les scouts.— Il faut faire leur connaissance ! C'est la meilleure vie que l'on puisse rêver.On nous habitue à nous débrouiller, à nous dévouer partout, toujours, à penser aux autres avant tout, à faire de son mieux, à rester joyeux toujours, parce qu'on a le cœur tranquille, la conscience nette et qu'tfn aime le Bon Dieu, tout en s'aimant entre soi comme des frères.—¦ Comme .j'aimerais d'être scoirt ainsi.je n'ai pas d'amis.— Pas d'amis ?Pauvre Jean !.Et bien !., veux-tu que je sois ton ami ?- - Tu accepterais ?— Avec joie.Et si tu veux, je vais demander à mon frère Etienne, qui est chef, de t'accepter dans notre troupe.Prends encore une brioche.— Merci, non, je n'ai plus faim du tout; tu es bien bon.— Alors, viens, je te présenterai tout de suite à Etienne.Comme cela, nous débuterons ensemble.Accepté ?— Avec enthousiasme, répliqua Jean, les yeux brillants.— Viens vite.Le voilà justement avec papa.Ça va marcher tout seul".11 prit la main de Jean, et tous deux coururent vers Monsieur Menoir, qui les accueilli! avec son bon sonrirc."Je lis sur ta figure, Freddy, que tu as quelque chose à me demander.— Tout juste, papa.A demander à vous et.au chef.Est-ce que mon ami Jean ne peut pas venir à la troupe ?— Ton ami Jean '?.Voilà une ami-tic vile scellée.Cela regarde Etienne.— En principe, je ne refuse pas, dit le jeune homme.Il faudra cependant que nous causions un peu.mon brave Jean.Peux-tu venir me voir demain?— Si vous le désirez.Oh, merci ! merci ! monsieur." Une clochette annonça la reprise du spectacle, et Freddy courut à son piano, avec un geste affectueux pour son nouvel ami.L'industriel retint Jean, et causa avec lui."Maman, dit Jean, joyeux, consentira avec joie, à ce que je sois scoirt, mais.mon père, c'est loin d'être sûr!.— Bien, je verrai Ion père, mon Jean; aie confiance.— Mille fois merci, monsieur, et bonsoir ! — A bientôt, Jean !" "Ou'en penses-tu, Etienne ?— Il y a de l'étoffe dans ce petit homme.et peut-être que par le fils, nous gagnerons le père.La fête touchait à sa fin, lorsque éclata l'incendie allumé par Casse-tête.Monsieur Menoir, averti, rassembla, dans le plus grand calme, toute la troupe de scouts, qui s'ébranla au pas de course vers le foyer de l'incendie, tandis que Freddy courait téléphoner aux pompiers.Par bonheur.Casse-tête, trop pressé d'accomplir sa criminelle besogne, s'étnit trompé d'établissement, et avait mis le feu à une baraque remplie de caisses et de planches!.Sous l'action efficace des pompes, l'incendie diminuait bien vite en sifflant et crachant vers le ciel d'énormes panaches de vapeur blanche.Absorbé par la manœuvre, Freddy n'avait pas vu qu'il était exposé à être broyé par une poutre calcinée qui menaçait à chaque instant de tomber.Jean, s'en étant aperçu, se jeta — 23 — violemment sur lui pour l'écarter, au risque même de sa propre vie.Au même instant, la poutre s'effondra dans un craquement terrible et dans un tourbillon de poussière et de fumée.Jean fut atteint a l'épaule, et roula sur le sol, aux pieds de son ami Freddy qu'il venait de sauver : le brandon enflammé avait déchiré les vêtements et marqué l'épaule d'une large brûlure sanglante.Des scouts, témoins de l'accident, vinrent en toute hate transporter le blessé à l'infirmerie de l'usine.C'est là que Freddy, Etienne cl \l.Mennir le suivirent.M.le directeur serra doucement Jean dans ses bras et le remercia avec effusion."Certes, renchérit Etienne, tu viens de me donner la meilleure preuve de la vocation scoute." "Etienne, tu voudras bien demander l'auto ici dans le plus bref délai; tu prieras aussi Thérèse de reconduire Jean, et d'entrer chez lui la première pour préparer doucement Mme rteubert." "Le feu est-il éteint.Monsieur, demanda Jean ?— Oui, complètement éteint, à présent.Dieu soit loué que le feu n'ait pas été mis au hangar suivant !." • Pendant ce temps.Malause rejoignait Casse-tête en sa demeure ! "Eh bien, demanda le bandit, eh bien, camarade, que penses-tu de mon feu d'artifice ?Héussi '.' Au diable, ton incendie, grommela l'ingénieur.Si tu crois que je vais l'en féliciter!.Tu ne sais donc pas encore lire un plan ?Qu'est-ce qui vous prend ?— Il me prend que lu t'es trompé de construction et que tu n'as brûlé que des planches ! Ne distingues-tu donc pas ta droite de ta gauche ?Je me suis trompé?.Tant pis.Il me semble cependant que le feu a dû largement suflire à votre petit crochetage.N'est-ce pas tout ce que vous demandiez ?Vous n'avez pas eu le temps de saisir les documents?.— Sûrement non.c'est partie perdue.Ces papiers que je convoitais sont renfermés dans un coffre-fort énorme que je n'ai pu ni percer ni forcer seul.D'autant que j'ai été dérangé et obligé de laisser mon travail pour n'être pas surpris moi-même.C'est un vrai désastre, car la police sera sur les dents pour six mois nu moins, et nous devrons attendre longtemps avant d'oser un nouveau coup.— Il ne sert de rien de pleurer sur un chat mort., conclut Casse-tête.A l'usine, l'auto arriva bientôt, et M.Mc-noir tint à y installer lui-même, le petit héros, et son père, accouru inquiet, auprès desquels Freddy et Thérèse prirent place a leur tour.Pendant qu'ils s'éloignaient à une allure modérée, Monsieur Menoir sortit et parcourut la cour, i présent presque déserte,, de son usine.Il s'occupa des pompiers de garde qui devaient veiller auprès du foyer éteint pour parer à toute éventualité, puis se retira dans son bureau.(A tuivre) Enfant de génie Mozarl naquit a Salzbourg, Autriche, ville joyeuse, pleine de musique el de chansons, en 1756.Enfanl prodige, dès six ans 11 composa son premier menuet.Son enfance se passe en tournées a travers l'Autriche, l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Angleterre.A 14 ans, il donne son premier opera en Halle.A 18 ans, 11 avail déjà composé plus de 200 ouvrages dont certaines sonates de délldouso Inspiration.Son âme do douceur, de tendresse et de loie s'est révélée dans la musique la plus parfaite, la plus pure et la plus hautement spirituelle qui ail Jamais été composée.Oui ne connaît ses opéras : Mlthridate, Noces de Figaro, Don Juan.Flûte enchantée ?Celle dernier* pièce, composée l'année même de sa mort — 1791 — eut plus de 200 représentations I — 24 — SOYEZ SIMPLES.?"Si Ion ' i ".ii il osl simple.In seras illuminé!" I.n simplirilé esl une verlu rare dérivant de l'humilité.F.lle est la vérité.L'enfant est simple, l'enfant est vrai.Soyez simples avec Dieu, puisque vous êtes les enfants de Dieu.simples eoinme Dieu.Allez à lui avec l'audace des tout-petits -tout droit "eoinme un coirp de canon", disait le curé d'Ars.Oh ! comme Notrc-Scigncur aime cela.Aller ainsi à Jésus, c'esl le voir, le connaître, tel qu'il esl.Ayez le langage îles saints.Comme il est différent du langage d'un philosophe ou d'un homme raffiné ! C'esl si simple, si simple de parler au bon Dieu.Il ne faut pas se mettre près de lui en souri de ceci, de cela.laissez-le faire.Demandez d'aimer, demandez-lui le don de le faire aimer.C'est tout.Respirez l'air si simple du tabernacle ! Ah ! si nous savions la vie de recueillement, de prière permanente, de perpétuelle immolation du Cœur de Jésus pour nous dans l'Hostie!.Unissez-vous à lui.Il est la prière vivante.Avec lui vous serez des âmes de prière, des prières vivantes aussi.Mais prirz de cœur.avec simplicité el confiance.Ecoulez l'histoire d'une toute petite enfant de huit ans.Pour mieux se préparer ù sa première communion et témoigner à Jésus ses ardents désirs de le recevoir, elle se priva de boisson pendant tout un été et s'interdit même de prendre des fruits, ni rien de rafraîchissant< Mais Noire-Seigneur ne se laissa pas vaincre en générosité.Il récompensa cet héroïsme par des communications sensibles dans lu sainte communion.La chère petite, croyant que tout le monde était favorisé comme elle, parlait à qui voulait l'entendre de ce que lui disait Jésus, cl lorsque je lui fis remarquer qu'il ne fallait pas le faire : "Pourquoi?dit-elle.— Mais parce que ce sont de petits secrets entre Jésus et loi, el que, si tu les révélais ainsi à n'importe qui, Jésus pourrait se taire.— Oh! je comprends, alors je ne dirai plus rien".Je vais pourtant vous révéler un de ces colloques intimes et divins et vous verrez la tendresse et la familiarité qui peut régner entre Dieu el les âmes.Celle petite fleur dir Cœur de Jésus lui parle comme une petite sieur parlerait à son petit frère, et Jésus lui répond de même : "Dis-moi.ma petite sieur, m'nimes-tu, lui demanda un jour Jésus.— Mon petit Jésus, répond-elle, ces choses-là, on ne les demande pas.— Et pourquoi pas, ma petite sœur ?Mais parce que vous savez bien, mon petit Jésus, que je vous aime et que mon cœur est tout à vous.Oui, dit alors Jésus, Je le savais bien; mais vois-tu.j'aime à me l'entendre redire, et c'est pour cela que je le le demandais".Quelque temps après, l'enfant avait oublié son naïf entretien.A son lour, elle sent le besoin de demander à Jésus : "Mon Jésus.aimez-VOU8 bien votre petite saur ?" F.t Jésus de répondre à son tour : "Ma petite sieur, ces choses-là ne se demandent pus.— Pourquoi?dit-elle naïvement.— Mais parce que tu sais bien que mon Cœur divin t'appartient tout entier.— Voyez-vous, cher petit Jésus, c'est que je craignais de vous avoir déplu en quelque chose.Maintenant je suis bien contente".Voulant m'assurer que ce n'était pas là de l'imagination, mais l'œuvre de Dieu, je dis un jour à l'enfant : "Demain, dans ta communion, tu vus demander à Jésus un cadeau.— Quel cadeau, mon Père ?— Tu vas dire : Cher petit Jésus, mon confesseur m'a dit de vous demander une Ame, comme preuve que c'esl vous qui me parlez.— Quelle âme ?— Ah! cela, tu n'as pas besoin de le savoir, demande seulement une âme bien difllcile à convertir".- 25- Et voilà qu'à su confession suivante elle me dit : "Mon père, ça y est".Comme je feignais «le ne pas me souvenir : "Mais vous snvez bien, vous m'avez dit de demander une preuve au bon Jésirs.Eh bien, il m'a dit : Ma petite sœur, c'est fait.- Il m'a dit aussi : Demande-moi îles âmes, je te les accorderai; dis au Père qu'il m'en demande toujours, il les aura.Mais il faut que tu sois bien petite, bien obéissante, bien aimante, que tu fasses des sacrifices pour en gagner.Seulement tu ne feras rien sans demander la permission à ton confesseur.S'il permet, c'est bien; s'il ne permet pas, je préfère l'obéissance, tu sais.Mon père, elle vient déjà celte âme.Donnez-moi vite l'absolution parce que Jésus a dit qu'elle viendrait le jour où j'irais me confesser".J'essayai alors de la distraire en lui parlant d'autre chose; mais elle, profitant d'un moment de silence : ".Mon père, je vous en prie, donnez-moi ^absolution.Je la sens qui vient celte âme .la voilà".Comme la petite se dirigeait vers l'autel pour faire sa pénitence, je sors du confessionnal et j'aperçois vis-à-vis une porte qui s'ouvre.Un grand personnage, mais un impie, u.1 homme qu'on n'avait jamais vu à genoux, s'avance."Mon père, dit-il, je ne sais comment cela se fait, je suis terrassé par la grâce, je me sens lout autre.je viens me confesser".Ah! qu'il fut touchant cet aveu fait au milieu des larmes ! Je ne sais pas comment, répétait-il, je ne sais pas pourquoi ! J'aurais pu lui montrer cette pieuse enfant faisant humblement sa pénitence et lui dire : "Vous êtes sa conquête; c'est à sa prière que vous le devez".Voilà comment les âmes simples sont tontes puissantes sur le Cœur de Jésus.Il ne peut rien leur refuser parce qu'elles sont sûres de lui.Soyez simples avec Jésirs, et vous aussi vous lui amènerez des âmes conquises à son amour.11.P.Matin CBAWLBY-BOEVEY.Stratagème.On a dll à Bébé : —• Ne demande rien à table.Les petits qarçons dot-vent attendre qu'on les serve.Or.l'autre lour, on oublia de tservir Bébé.Que fairo ?Bébé rélléchlt, cherche le moyen de se rappeler au souvenir de sa maman, puis tout à coup : "Maman, les petits garçons qui meurent de faim est-ce qu'ils vont au paradis ?" Juchés sur un voyage de mil parfume.Hnoto me TCIC D'AMIS XI EN VACANCES Henri Gagnon, Jean Belcourt et Lucien Tremblay se réveillent, le six juillet, sous le to't hospitalier de l'oncle Gagnon.Dans la grand'chambre des étrangers, au rez-de-chaussée près du salon, Lucien Tremblay comprend difficilement sa nouvelle situation.Il se frotte les yeux et s'étire.Le soleil, qui sourit ironiquement à travers la lucarne, le ramène à la réalité.Jean est déjà levé: tout à côté, des voix joyeuses se mêlent au bruit des ustensiles.Un peu confus, Lucien rejoint ses amis dans la salle à manger.— On est matinal à la campagne ! lui jette Henri.— C'est la faute de Jean, qui ne m'a pas réveillé.— Heureuse faute qui t'a permis de dormir une heure de plus ! — Allons ! dit madame Gagnon, conciliante, il n'y a pas de mal a ça; vous êtes venus ici pour vous reposer.N'empêche que se lever de bonne heure, c'est bon pour la santé.Regardez mon Georges, comme il se porte bien; c'est pas pour le vanter, mais il se lève à cinq heures tous les matins.— Je ne peux pas faire autrement, soupire le gros Georges.— Allons ! assez de bavardage ; à table les enfants ! Pain grillé, o?ufs a la coque, crêpes croustillantes et café chaud composent l'appétissant menu de ce déjeuner chamnêtre.— Après déjeuner, dit Georges, nous visiterons la ferme.— Bravo! répliquent les collégiens; nous avons hâte de voir les animaux.Comme des voyageurs nerveux qui craignent de manquer le train, ils expédient leur repas.Aussitôt le dernier bol de café ingurgité, on se met en marche.Tout près de la maison, à gauche, le vieux four au pignon moussu, attire tout d'abord leur attention.— C'est un article de musée, remarque Georges; nous achetons notre pain du boulanger.Maman dit que le pain cuit au four, je nail de chez nous, comme elle l'appelle, était bien meilleur.En arrière, coule un ruisseau; on le franchit sur un madrier jeté en travers, non sans incident, cette fois, car Lucien, espiègle, donne un coup de coude à Jean qui perd l'équilibre et enfonce dans l'eau, jusqu'à la cheville.— Beau fin ! lance-t-il.En guise de représailles, il empoigne son ami par les épaules et le jette à la renverse sur la rive opposée.Georges et Henri saisissent les deux lutteurs et les replacent sur pied; la bagarre se termine par un éclat de rire général.Nouvel incident : Des cerisiers alourdis de grappes arquent leurs branches au-dessus du ruisseau.— Je grimpe là-haut, s'exclame Lucien.— Tu vas te casser le cou ! Tu sais bien que les cerises ne sont pas mûres.— Ça ne fait rien ; je monte quand même.Le moment d'après, Lucien trône sur une branche, au sommet d'un cerisier.Comme il s'apprête à descendre, la branche cède et Lucien dégringole.dans les bras de Georges qui avait prévu l'accident.L'étourdi en est quitte pour quelques égratignures.— Toujours le même!.remarque Jean.— Bah ! je ne me suis pas fait mal.— Heureusement que Georges était là ! La tournée continue.Voici la remise dont le toit incliné abrite la provision de bois de chauffage pour l'hiver; le poulailler où les poules ja-seuses caquètent, entourées de leur couvée; la porcherie où nos citadins regardent curieusement les paresses de la gent porcine; enfin les étantes qui semblent regretter le bétail absent.— Et les animaux s'informe Lucien.— Les chevaux sont au travail, répond Georges; les vaches et les moutons, au pâturage.— 27 — Ils visitent la grange presque vide, qui se remplira bientôt de foin odorant et, sous le soleil flamboyant, s'engagent dans le chemin, en bordure des terres.Ici, les vaches : les unes broutent l'herbe rare, les autres couchées ruminent; là, un champ de mil dont l'odeur capiteuse enivre les poumons; plus loin l'avoine dont les épis blonds s'inclinent comme des tètes d'enfants qui sommeillent.Les yeux remplis de ces visions agrestes, l'odorat saturé de parfums et les oreilles vibrant encore de la mélodie des oiseaux, nos villégiateurs reviennent à la maison où les attend un dîner substantiel.I.e repas débute dans un silence impressionnant.A peine si l'on entend, par intervalles, le cliquetis des ustensiles, le froufrou d'une robe dans la cuisine, la crécelle d'un couvercle soulevé par la vapeur.L'appétit émoussé, les langues se délient.— Savez-vous, s'exclame Lucien, que j'aimerais ça vivre à la campagne ! — On voit que tu n'as pas encore travaillé, répond le gros Georges.— Quand allons-nous commencer ?_— Cet après-midi, si vous voulez.Papa va finir de faucher le champ de foin d'à côté.Vers quatre heures, Monsieur Gagnon attelle les chevaux à la faucheuse; Jos, l'homme engagé.conHiiil I» râteau: Georges et ses hôtes montent dans la grand'charrette.Dix minutes plus tard, une grande activité régne dans le carré de mil.Sous la dent de la faucheuse, le foin se couche en lisières parallèles, tandis qu'à tous les trente pieds, derrière le râteau qui se soulève, apparaissent les andins, comme les ondulations d'une mer troublée au passage d'un navire.Nos amis, armés de fourches, ramassent en veillotes le foin coupé la veille, et le hissent sur la voiture.Lucien, qui rit d'abord de l'accoutrement de Georges, retrousse, lui aussi, les manches de sa chemise et, tout en sueurs, détache son col qu'il remplace par un mouchoir enroulé autour du cou.Peu habitué, il se fatigue vite de ses gestes démesurés, de son allure irrégulière d'apprenti.— Bon ! Lucien, dit Georges, tu parais fatigué: monte et foule le foin.Quand la charrette est remplie par dessus les ridelles et les échelettcs, Georges étrille les flancs de la charge.Puis les quatre moissonneurs s'agrippent à la voiture, grimpent et se calent à leur aise dans le mil parfumé.S'enfouir dans un lit moelleux qui fleure l'arôme des champs, tressauter de plaisir à chaque cahotement du véhicule, sentir au passage le coup de fouet d'une branche trop basse qui vous cingle le visage, autant d'impressions délicieuses pour nos jeunes citadins.I* foin engrangé, Georges reconduit au champ la voiture vide que l'on remplit de nouveau.Exercice salutaire, car, au souper, chacun se découvre un appétit immense.On veille sur la véranda.Les enfants de M.Gagnon font cercle autour du grand-père, vénérable octogénaire, et nos amis, charmés, écoutent les histoires du bon vieillard.11 raconte avec émotion et force détails dramatiques comment, un jour de chasse, il lutta corps à corps avec un ours et réussit à lui enfoncer son couteau dans la gorge.L'aïeul, fin narrateur, présente les personnages, décrit le lieu de l'action, entre lui-même en scène avec un grain de vantardise.On dirait Tartarin de Tarascon dans un pays nordique.— J'étais fort, dans mon jeune temps; voyez-vous.L'ours mort, je le chargeai sur mes épaules et le traînai seul à la cabane.Imaginez l'éton-nemenl des autres chasseurs quand ils virent la tète de l'animal se balançant au-dessus de mes épaules.— Etait-il gros, l'ours, grand-père?— Pour dire vrai, il était gros comme un bœuf.Et le malin grand-père, voyant nos urbains naïfs se pâmer d'admiration, hume une boutrée de tabac dont la fumée voile d'un mirage trompeur les yeux écarquillés de son jeune auditoire.— Encore une histoire, s'écrie Gérard.Le vieillard, se laissant fléchir, raconte d'autres souvenirs d'enfance, qu'il grandit à la hauteur de la légende.Vers dix heures, le père de Georges donne le signal du coucher et toute la maisonnée, du plus petit jusqu'au plus grand, s'agenouille pour la prière du soir.Puis chacun gagne sa chambre.Harassé de fatigue, Lucien s'endort presque aussitôt en se disant : — Quelle bonne journée ! si je pouvais toujours rester ici avec Henri et Jean.Comme on est heureux avec de bons amis ! • Quinze jours de cette vie à la campagne, chez l'oncle Gagnon, et nos trois amis retournent au lac Sergent pour les vacances d'été.Séjour agréable, au milieu d'un site pittoresque, sous l'œil protecteur des mamans qui se préoccupent encore plus du climat moral que de la santé corporelle de leurs enfants.Promenades en chaloupe sur le lac, excursions, parties de pêche, exercices de natation occupent les loisirs, des trois amis.Parfois aussi, à l'ombre de la véranda, ils se livrent à des lectures intéressantes.Lorsque, au jour de la rentrée des classes, Henri, Jean et Lucien viennent saluer leurs professeurs, ceux-ci les complimentent sur leur bonne mine.Ces derniers mois, ils ont grandi et pris du muscle.Le travail au grand air, les randonnées sur le lac Sergent et l'assaut des montagnes avoisinantes les ont aguerris, virilisés, pendant que le soleil, pénétrant par tous les porcs de leur peau, les a frappés a l'effigie de statues de bronze.Dans ces visages roussis, des yeux clairs et francs brillent comme des étoiles.Bien reposés, l'âme en paix, les trois amis affrontent bravement la nouvelle année scolaire.Dollard des Ormeaux.Phoio Rie PATER D'UN MATIN BLEU ,.Cette invitation de la bcllc-sirur pour lui.si on acceptait?Lui.l'ai eir la même idée.l'écris précisément à mon frère, lui demandant de nous préparer quelque fête extraordinaire.Nous ne pourrons pas refuser.Nous irons, nous laisserons André, et je suis bien tranquille : se» cousins, ses cousines et leurs amis orienteront ses idées vers un hut plus attrayant.Bllt.— Tir sais au fond, il ne faudrait pas.Lui.Veux-tu que je te dise?André peut faire autant de bien dans le monde, et peut-être plus, il est si bien doué.Et, d'ailleurs tu donnerais Ion lits ?Elle.Bangtotant.— Non! Oh non! Pas notre Mis ! Dans le cœur d'André le bel idéal est mort.L'enfant veut bien maintenant ce que voulaient papa cl maman.Pour l'avoir arraché au Christ, ils l'ont perdu, désabusé, dégoûté de lui-même et d'eux-mêmes plutôt que de le garder tel qu'aux jours de la pureté, de la tendresse caressante ! Tendresse, pureté, délicatesse, pudeur, c'était son idéal, mais ils n'ont pas voulu.• Toutes ces tactiques sont fausses et sont In cause de nombreux désastres d'âme, parce qu'on n'y trouve ù l'origine que des motifs III'MAINS el I KHItES I III s Dieu n'a |>;is été consulté, le bien spirituel de l'enfant n'est pour rien entré en ligne de compte.On peut se sanctifier dans toutes les vocations pourvu qu'on soit bien là où Dieu nous veut.LABEUR SECRET Chaque abeille fait son miel Au sein de la ruche obscure.Avant d élever au ciel Leur colossale stature, Les grands arbres des forêts Germent enfouis sous la terre.Pour verser un parfum frais Au sein des prés solitaires, La violette à l'abri Dans la retraite fleurit.Saints, auteurs, savants, meneurs, Naissent sans nimbe de gloire, Puis, par de secrets labeurs, Commencent leur noble histoire.Si ta louable fierté Rêve héroïques conquêtes, Jeunesse, sans plus tarder, Suis leur consigne discrète.Avant de porter du fruit.Il faut travailler sans bruit Fr.EDMOND-GABRIEL Ce n'ait pal mot I.La maman vient d'appeler leanno et Léon.— Quoi ©et colul de voub doux, domande-t-elle, qui a pris dos cerises sans permission ?J'ai trouvé des noyaux par terro.Léon vivement : — Oh I ce n'osl pas mol.l'ai avale les noyaux 11 1 • Question d'entant Toto, qui veut toul savoir, Interroge son grand-pore : — Dis un peu, grand papa : ost
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