Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
janvier 1945
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

L'abeille /, 1945, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
'Dieu toit cècuuf C'est par ce salut traditionnel et si chrétien que L'ABEILLE vous salue, cher Lecteur ou Lectrice, au début de la nouvelle année 1945.Dieu soit céans ! Qu'il soit toujours dans votre âme par sa grâce, cette grâce que vous avez reçue le jour de votre baptême, que vous retrouvez au sacrement de Pénitence et que vous pouvez accroître chaque fois que vous recevez Jésus dans la communion.Dieu soit céans dans votre vie.Vous êtes chrétien et vous devez vivre comme tel.Or un chrétien est un autre Christ et vous devez lui ressembler par ses vertus : sa grande pureté, sa parfaite obéissance, son immense charité.Par votre conduite vous devez être une lumière qui guide les camarades dans le bon chemin et leur fait aimer Jésus.Dieu soit céans, dans votre famille aussi.Car vous désirez, comme moi, que l'année nouvelle soit heureuse pour vos chers parents.Elle le sera si Dieu tient la première place à la maison, c'est-à-dire si le Crucifix y occupe toujours la place d'honneur, si les lois divines y sont fidèlement observées, et si un amour généreux y unit tous les membres de la famille.Dieu soit céans, dans la société.Dieu est le maître de l'univers.Quand les hommes se soumettront à lui comme à leur Roi; quand tous se regarderont comme des frères, ce sera la fin des guerres et des haines de classes; l'amour et le bonheur régneront partout.Alors les jours s'écouleront paisibles et l'année sera bonne.Oui, que DIEU soit céans partout, et l'année 1945 sera bonne et heureuse.Fr.A HA TOR-JOSEPH, Directeur de "FAbrille" • SOM Allons jusqu'à Bethléem .131 Les trois rois .132 Nos amis les Saints .135 La semaine de la Famille .136 Le lis de Marie .139 Le chevrier de Lorraine.140 Page féminine .142 Ce que les enfants pensent.143 La Terre conquérante .144 La Pologne héroïque .146 AIRE* Concours de Janvier .148 Histoire de ma vocation .149 J'ai gaspillé sa vocation .150 Claude l'orphelin .152 Repentir .154 Le courrier de l'Abeille.156 Armand La Vergne .157 Le Canadien Français lit-il f .158 Mots croisés .159 Publiée avec l'autorisation de Son Exc.Mgr l'évêque de St-Jean.el la permission des Supérieurs.— 130- * cAUonâ juâcfu a (Eethlêem * les suivre.Malgré les ténèbres de la nuit, Ils vont en grande hâte, et trouvent Marie et Joseph dans une grotte à l'entrée de la ville, avec l'enfant couché dans une crèche.Tous reconnaissent alors la vérité de ce que l'ange leur a annoncé, et Dieu les récompense de leur bonne volonté en leur donnant la foi qui leur fait découvrir le Messie dans cet humble enfant.* Qui n'admirera ici le zèle de ces bergers qui se font apôtres auprès de leurs compagnons?Ils les exhortent, les persuadent et finissent par les entraîner avec eux pour voir et adorer Jésus.Voilà de la belle Action catholique.Comme eux, allons souvent adorer et consoler Jésus dans sa crèche et dans le sacrement de son amour; comme eux, entraînons nos camarades au bien.à la messe fréquente.aux offices de l'Eglise.Amenons-les aux bonnes réunions et empêchons-les, par notre exemple et notre influence, de fréquenter les camarades ou les lieux qui offrent du danger pour leur vertu.L'APOTRE Arrivée des Bergers à la Crèche.Quelle ne fut pas la surprise, la frayeur de ces bergers des environs de Bethléem quand, au milieu de la nuit de Noël, ils furent réveillés par une lumière éblouissante I Mais bientôt un ange leur apparaît et les rassure : "Ne craignez point, car je vous annonce une grande joie : Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ.Vous le reconnaîtrez à ce signe : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche".Et voici que pour confirmer cette bonne nouvelle, une troupe de l'armée céleste se joint à lui pour chanter : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".Les bergers sont tellement surpris par cette étrange apparition et cette nouvelle si extraordinaire, qu'ils ont peine à y croire.Quelques-uns hésitent, se méfient, craignant d'être victimes d'une illusion.Cependant les plus fervents croient aux paroles de l'ange et se décident à se rendre jusqu'à Bethléem.A force d'instances, ils finissent par décider leurs compagnons à J5S TRQiS R01S, Il y avait autrefois, dans une sombre vallée corse, un château aux tours majestueuses et aux murailles crénelées.Une enfant de douze ans.l'orpheline I.aétila, l'habitait seule avec ses serviteurs.En dépit de son leune âge.elle présidait aux destinées de ses vassaux, et savait faire peser sur eux une justice impitoyable et définitive.Elle n'était point aimée.Ses tenanciers la redoutaient.Ils n'éprouvaient pour elle aucune tendresse.Ils allaient même jusqu'à blâmer son attitude, et lui reprochaient tout bas son peu de charité et son excessive fierté.Non loin du donjon, à la lisière même du maquis odorant et sauvage, s'élevait une cahute de branchages et de terre battu*.Une pauvre fille laborieuse et charitable 7 vivait Abandonnée dès son enfance, Béate n'avait I am ais connu ses parents, et subsistait à grand' peine en rendant de menus services aux habitants du hameau.Au contraire de la riche suzeraine, tout le monde la chérissait.Douce, pieuse, elle suivait assidûment les offices, donnait aux mendiants, et s'ingéniait à se rendre utile à son prochain.A dix lieues à la ronde, les pèlerins et les passants célébraient sa louange, la citant en exemple à toutes les fillettes de son âge.e L'Epiphanie approchait.Laétita avait décidé de célébrer cette fête somptueusement Elle avait convoqué le ban •t l'arrière-ban de la jeunesse d'alentour, et ordonné pour la circonstance un festin d'apparat Les cuisiniers ne savaient où donner de la tête.Une armée de marmitons pétrissaient sans relâche croustades et pâtés, feuilletaient des galettes et doraient d'innombrables massepains.Le jour de la fête.Laétita vêtue de ses plus beaux atours, sa robe de brocart constellée de pierreries, attendait ses Invités sur le seuil de sa demeure, lorsque trois vieillards, drapés dans de larges burnous demandèrent à lui parler.— Que désirez-vous ?interrogea-t-elle.— Nous sommes égarés.Nous venons de loin, répondit l'un d'eux.Des bandits nous dépouillèrent— nous mourons de faim.Permettez-nous d'assister à votre banquet.— Ah! ah! ah! s'écria la châtelaine en riant aux éclats.Vous ne manquez pas d'audace.H n'y a point de place, céans, pour des vagabonds de votre sorte.Passez au large, et ne vous attardez pas ! Sans cela.Un geste menaçant compléta sa phrase.A ces mots, les étrangers tressaillirent Celui qui avait parlé redressa la tête, fit un pas vers Laétita.et la main tendue : — Nous obéissons, fit-il.Mais nous voulons laisser ici un souvenir de notre bref passage.A partir de tantôt, tout ce que tu toucheras se changera en cendres 1.Et tournant les talons, les voyageurs disparurent tandis que la châtelaine haussant les épaules devant cette prophétie, regagnait ses appartements.e Les inconnus continuaient leur randonnée, us se dirigeaient vers la maison de Béate.Quelques instants plus tard, ils y frappaient L'orpheline, seule comme de coutume, dressait son modeste couvert.— Qui est là?fit-elle- — Trois pèlerins attardés, demandent l'hospitalité.— Soyez les bienvenus, vénérables hôtes s'écria la pauvrette en tirant le verrou.Malheureusement aiouta-t-elle en introduisant les visiteurs, mon festin est modeste, mon garde-manger est — 132 — peu pourvu.Néanmoins, le vous offre de bon coeur le lcdt de ma chèvre et une partie de la galette de sarrasin pétrie en l'honneur des mages.— Merci, douce enfant répondit le plus âgé des vieillards en pénétrant, suivi de ses compagnons, dans la chaumière.Nous acceptons avec joio ton offre secourable.Sois bénie I Aussitôt, comme par l'effet d'un enchantement, la misérable cabane resplendit de mille feux.Les voyageurs, assis près de l'âtre.répandaient autour d'eux comme une brillante lumière.Un rayon auréolait leur front.Et pourtant Us n'étaient pas beaux 1 L'un d'eux même avait un visage noir comme de la suie, et Béate, épouvantée, recula en apercevant sa face sombre dans laquelle roulaient deux yeux ronds et blancs comme des billes d'ivoire.¦.Cependant comme les inconnus manifestaient les meilleures intentions du monde, elle reprit sa besogne et vaqua aux préparatifs du souper.— Vous pouvez vous approcher, dignes voyageurs, dit-elle en leur montrant les escabeaux alignés près de la table.Et s'excusant encore de la frugalité du repas, elle se mit à remplir les écuelles et à diviser le gateau.Nous obéissons.suis a partir de tantôt, tout ce que tu loucheras se changera en cendre I, — Avez-voun pensé à la fève 7 Interrogea l'un des étrangers.Béate éclata d'un beau rire clair.— Certes I on n'oublie iornais ce détail chei nous et le m'en réjouis, puisque le Seigneur a bien voulu m'envoyer trois hôtes— Ce disant elle fit une grande révérence devant les étrangers et leur tendit le plat sur lequel s'étalait la galette ronde.Puis, se servant à son tour, elle mordit à belles dents dans la tranche savoureuse qu'elle avait choisie.Aussitôt une exclamation joyeuse lui échappa : — l'ai la fève I cria-t-elle, en montrant à ses compagnons une large pièce d'or.Une seconde, une troisième, dix, vingt autres écus apparurent à leur tour.Cinquante, cent les suivirent.Eblouie par le trésor qui s'entassait autour d'elle, l'enfant demeurait muette, ne comprenant rien au prodige accompli en sa faveur.Ses yeux dilatés interrogeaient les visiteur* mystérieux.Mais ceux-ci ne répondaient point En grande hâte, ils quittaient leurs sièges, agrafaient leurs manteaux et se dirigeaient ver* la porte.— Ton repas nous a restaurés, petite, fit l'un d'eux avant de franchir le seuil.Ta charité sera récompensée.A partir de ce soir, tous les objets que tu toucheras se changeront en or I Une clarté brillante les enveloppa et força la fillette à baisser les paupières.Lorsqu'elle les releva, sa chaumière était vide.Les pèlerins avaient disparu.e Cependant au casteL la fête battait son plein.Entourée d'une noble assemblée.Laétita présidait Avec sa morgue habituelle, elle écoutait d'un air hautain les louanges dithyrambiques qu'on lui adressait Armée d'un couteau d'argent elle se disposait à partager le traditionnel gâteau.Mais à peine y eul-ollo porté la main, que la légère pâtisserie disparut.A sa place, une pâtée de cendres noirâtres s'étala dans le plat de vermeil armorié.Livide, la châtelaine ordonna d'apporter un* seconde galette.Elle eut le même sort I La suivante également___Une quatrième aussi.Et la fière jeune fille se rappela la prédiction des voyageurs repoussés; et tandis que se* convives s'enfuyaient affolés, elle fondit en larmes.* * * Au même moment la chaumière de Béate était envahie par un* foule de paysans.La nouvelle de la subite fortune de l'orpheline s'était rapidement répandue, et chacun tenait à la féliciter de ce bonheur justement mérité.Assise au milieu des commères, elle répétait pour la dixième fois, la merveilleuse histoire de sa ga- -133 — lerte, lorsque LaéUta.se fraya un passage parmi les curieux.Tendant ses mains jointes vers la fillette, elle ¦'écria : — le suis désespérée et maudite sans doute.Tout ce que le louche se réduit en cendres, l'ai appris ton bonheur par ma nourrice, et le Tiens à lot que le sais bénie 1 Permets-moi d'approcher des pèlerins réfugiés chez toi.Hélasl demoiselle.Interrompit Béate, ils sont partis I Mais le vais demander au Seigneur de lever la malédiction qui pèse sur vous .D peut tout.Priez avec moi.Humiliez-vous.: EL tout à coup, la chaumière s'emplit de lumière.Une musique suave retentit tandis que les trois voyageurs apparaissaient vêtus de pourpre et d'or, cette lois, la couronne en tête et le sceptre royal entre les doigts.Et la foule assemblée se prosterna.Elle avait reconnu les mages d'Orient I.Je vols que vous devinez notre nom, fit l'un des trois rois.Nous sommes les adorateurs lointains de Jésus dans sa crèche.En souvenir de cet événement, chaque année, à la même date, nous parcourons un coin du monde.et visitons ses habitants.Les charitables, les bons, sont récompensés: les mauvais riches, les égoïstes, punis___ Béate fut compatissante, elle a été favorisée.Laetita se montra hautaine, elle fut châtiée.Mais en raison de ses larmes et des supplications de la pauvre orpheline, nous lavons la punition infligée à l'orgueilleuse.Pourtant, noble châtelaine, aiouta-t-il en se tournant vers la malheureuse effondrée à ses pieds— Souvenez-vousl Ayez pitié des malheureux.Distribuez votre superflu.» et vous serez par-donnée I — Tu m'y aideras, n'est-ce pas ?s'écria LaéUta en tombant dans les bras de Béate.Tu habiteras près de mol.nous ne nous quitterons jamais, et l'essayerai de te ressembler I Et tandis que les rois regagnaient leur cé- leste séjour, les fillettes enlacées s'en allèrent vers le manoir.* * * Les années passèrent LaéUta demeura tou-lours une chrétienne accomplie.Quant à Béate, le don des mages lui permit de faire le bien en largesses de toutes sortes.Elle combla les habitants de son pays de générosités; puis elle mourut très vieille, bénie de tout un peuple et regrettée* de tous les malheureux.Marcel D*ENTRAYGUES NOS AMIS LES SAINTS (suite de la p.135) Ln sainteté, encore moins que la richesse, ne vient en dormant.Aussi saint Jean Bosco travailla-t-il et lutta-t-il toute sa vie.Enfant, il eut à combattre un amour-propre aussi fort que concentré; adolescent, il voulut dompter son tempérament vif, quelquefois violent; séminariste, il s'interdit certains plaisirs permis qu'il trouvait Incompatibles avec l'état ecclésiastique.Fondateur d'œuvres et de Congrégations, il eut à subir les plus dures humiliations, les plus lourdes fatigues, les plus amères désillusions, les plus fortes oppositions de la part des ennemis de la religion et même des hommes de bien.Comme tous les saints, Don Bosco eut une dévotion ardente envers la Sainte Vierge qu'il honorait sous le titre de Marie Auxiliatrice.Une autre caractéristique de sa sainteté, c'est sa confiance illimitée en la Providence; il avait cette foi entière qui soulève les montagnes.A la base de sa méthode pédagogique, 11 mit d'abord la bonté qui gagne le cœur des hommes et nous fait ressembler à Dieu; puis la joie, la joie chrétienne, celle qui découle de la paix de la conscience, de la possession de la grace divine; cette joie saine et vraie s'épanouit tout aussi bien pendant la prière a l'église que dans les jeux à la cour de récréation.8.8.A.— 134 — im mm us mm SAINT JEAN BOSCO Fête le 31 janvier Jeun Bosco, né en Italie septentrionale, le 15 août 1815, appartenait a une famille paysanne plus proche de la pauvreté que de l'aisance.Il n'avait que deux ans lorsqu'il perdit son père.Sa mère — Maman Marguerite — restée veuve avec trois enfants à nourrir •t ft élever, accomplit sa tâche maternelle avec un dévouement à toute épreuve et un esprit de foi admirable.Le bon Dieu l'en récompensa en permettant que l'un de ses fils méritât le glorieux honneur de la canonisation.A neuf ans, Jean eut un songe : il se vit dans un champ au milieu d'enfants qui criaient, ¦e battaient, blasphémaient, puis se transformaient en animaux sauvages.Le petit Jean voulut les chasser a coups de poings, mais il entendit une voix qui lui dit : — Non, non, pas de violence, mais de la douceur si tu veux gagner leur amitié.Et bientôt, il vit les loups et les tigres devenir des agneaux; la même voix ajouta : — Prends ton bâton et mène-les paître.Plus tard, tu comprendras le Bens de ce que tu viens de voir.En effet, ce rêve résume toute la carrière de Don Bosco, qui fut un grand saint et un éducateur de génie.Dès son enfance, il exerçait un véritable ascendant sur ses compagnons.On a dit de lui qu'il attirait les enfants comme l'aimant attire le fer.Doué d'une mémoire prodigieuse, il retenait tous les récits que lui faisait sa mère ou qu'il recueillait de la bouche des prédicateurs et les répétait ensuite â ses petits camarades.Il avait aussi compris une foule de tours et de jeux intéressants et s'en servait, le dimanche après les offices, et les jours de fête, pour amuser tout le voisinage.La séance commençait toujours par la prière.Puis, monté sur une table, le petit bonhomme prêchait, non pas pour rire, mais bien pour instruire ses auditeurs; ceux qui ne goûtaient pas cette partie du programme étaient invités ft se retirer mais avec défense de revenir.Jean voulait être prêtre un Jour pour "instruire les enfanta, leur enseigner la religion; il y en a tant qui ne sont pas mauvais; s'ils le deviennent, c'est parce qu'on ne s'occupe paa d'eux".Hais que d'obstacles ft surmonter, que de difficultés ft vaincre pour atteindre le but rêvé : pauvreté, opposition jalouse de son frère Antoine, attitude moqueuse et quelquefois hostile de certains professeurs qui le Jugeaient lnca- pable de poursuivre ses études.Pour défrayer ses dépenses, l'adolescent se fera mendiant; il exercera toutes sortes de métiers : tailleur, répétiteur, garçon-conflseur, menuisier, aide-forgeron, cordonnier.Partout où il passa, il fit aimer : la charité, l'amour des âmes, amour passionné, ingénieux, tenace, désintéressé, était la clef magique qui lui ouvrait les cours.Ordonné prêtre en 1841, il commença son apostolat auprès des enfants abandonnés, sans parents ni foyer.Il les réunit, les garde près de lui, les apprivoise, transforme leurs coeurs, les instruit, leur apprend un métier, en conduit même quelques-uns Jusqu'au sacerdoce.Peu ft peu, leur nombre devient si considérable que Don Bosco se voit dans la nécessité d'instituer une Société de prêtres pour s'occuper de cette œuvre d'apostolat et la poursuivre après sa mort.Plus tard, ce sera une Congrégation de religieuses — les Pilles de Marle-Auxiliatric» — qu'il fondera pour l'enseignement et les missions.(suite à la page 134) —135 - la s e m h i n e de lr fritiille I 7 au 14 JANVIER ) Notre société, st éprouvée et si malade, a besoin de se refaire sur un nouveau plan si elle veut prospérer et vivre des lours heureux.Quand on veut construire un édifice solide, il faut commencer par la base et asseoir celle-ci sur des fondations solides.Comme la famille est la base de la société, il importe avant tout de rétablir sur les vrais principes chrétiens qui en feront la force et le bonheur.C'est pourquoi Sa Sainteté Pie XII, recevant dernièrement un groupe de pèlerins, leur disait : "Ma réforme sociale pour les vingt-cinq années à venir sera la restauration du foyer chrétien".L'ABEILLE est heureuse de prêter son concours au Comité Provincial d'Action Catholique pour attirer l'attention de ses nombreux lecteurs sur la "SEMAINE de la FAMILLE" organisée du 7 au 14 janvier 1945.Programme général DIMANCHE, 7 janvier.- Journée do Dieu.Dans le plan divin, la famille est destinée à peupler la terre de citoyens, à donner à l'Eglise des enfants, et au ciel des élus qui chanteront les louanges de Dieu pendant toute l'éternité.LUNDI, 8 Janvier.— Journée de» enfant».— Le but premier de la famille est d'avoir des enfants qui perpétueront la société.Les enfants ont donc droit non seulement à la vie, mais à ce qui peut la rendre agréable, comme l'éducation, un minimum de bien-être.Us ont le droit d'être aidés, guidés, protégés par la famille et la société, comme ils ont le devoir de se mon- trer reconnaissants et dociles envers leurs parents et les diverses organisations qui les aident et les protègent.MARDI.9 fanvier.— Journée des parents.— Les parents ayant donné le jour à leurs enlants, en sont les maîtres.C'est à eux, et non à l'état, à voir à leur éducation.Ils doivent, selon leurs ressources, leur procurer l'instruction et la formation qui leur permettront de gagner leur vie là où le bon Dieu les veut- Comme souvent ils ne peuvent eux-mêmes donner cette instruction à leurs enfants, ils doivent les conlier aux maîtres les mieux qualifiés avec qui ils collaboreront étroitement dans cette œuvre aussi difficile que délicate.Le papa intéresse et égaya tea enfanta avec nos chansons canadiennes.Phoio T»ri — 136 — MERCREDI, 10.— Journée do l'habitation familiale.— Pour qu'une (amille soit vraiment heureuse, il est à souhaiter que chacun soit propriétaire de la maison qu'elle habite; que celle-ci soit bien hygiénique et sulfisamment vaste; que le père reçoive, sous forme de salaire ou d'allocations familiales, ce qui lui est indispensable pour élever sa famille, sans que la mère soit obligée de laisser la maison pour gagner un supplément indispensable.La place de la mère de famille est à la maison, et tant qu'elle n'y demeurera pas en permanence, la famille en souflrira gravement à tous les points de vue.D'autre part, les taudis sont un fléau aussi nuisible à l'âme qu'au corps.Ils ont été tolérés trop longtemps.Toute ville soucieuse du bien-être de ses citoyens devrait les condamner et les faire disparaître sans merci, au plus tôt.JEUDI, 11.— Journée de la tempérance.— L'un des plus grands ennemis de la famille, celui qui y fait le plus de ravages, est 1 alcoolisme.Ce vice ne prive que trop souvent la femme et les enfants des choses les plus essen «elles à la vie et à leur bonheur.Le père qui s'adonne à la boisson, rentre au foyer les poches vides.Inconscient.Un rien l'irrite dans ce malheureux état et alors les personnes qui devraient être l'obiet de ses plus chères affections et de sa tendresse, deviennent se3 souffre-douleur.Dès lors point d'aisance, point d'affection, point de bonheur dans cette famille.Le meilleur moyen de combattre ce fléau, c'est de rendre la famille agréable pour tous les membres.Le père, à son retour du travail, doit trouver sa maison en bon ordre, ses repas prêts et bien appétissants.Quand les enfants accourent joyeux au-devant du papa pour le saluer et le baiser; quand la femme reçoit son mari avec le sourire et un mot aimable, celui-ci trouvant le bonheur au milieu des siens, dans sa famille, n'aura plus la tentation d'aller noyer ses chagrins à la taverne du coin; il demeurera au foyer près de ses enfants, et toute la maisonnée y passera les veillées les plus agréables et les plus Intéressantes.Deux garçoru houreux dm rendre «ervice.Photo T»W Comment Lise entend la coopération et s'y applique de bonne heure.VENDREDI.10.— Journée de la coopération.— Les coopératives sont une source do grands bienfaits pour les familles qui veulent en profiter.Elles rendent possibles les achats massifs dont chacun bénéficie, comme elles permettent d'écouler les produits à meilleur compte, en écartant les Intermédiaires qui accaparent les profits dont devraient bénéficier les sociétaires.Les caisses populaires ont l'avantage de faire profiter l'argent dans le milieu qui le fournit.Elles prêtent plus facilement que les banques, et à des conditions moins onéreuses, aux personnes de la paroisse qui ont besoin d'emprunter momentanément pour réaliser une transaction avantageuse ou faire des améliora'ions à leurs propriétés.Les coopératives et les caisses populaires ne sont, au fond, que la grande iarniUe paroissiale ou régionale unie pour travailler au bien commun de ses membres.SAMEDI, 13.— Journée du père et de la mère.— Si la famille existe surtout en vue des enfants, le père et la mère en sont les deux membres les plus importants.Ce sont eux qui en ont toute la charge.Cest d'eux que les enfants reçoivent l'existence, les premiers soins, — 137 — l'éducation et la préparation nécessaire pour affronter les luttes de la vie.Ce sont eux souvent qui font tous les frais de l'établissement de ces mêmes enfants.C'est pourquoi ceux-ci ne pourront iamais trop aimer les auteurs de leurs lours, ni leur témoigner trop de respect.Cest également un devoir sacré pour les enfants d'aider et de secourir leurs parents dans toute la mesure du possible, surtout, quand par suite de l'âge ou des Infirmités, ils sont incapables de se suffire à eux-mêmes.Les familles nombreuses sont la meilleure richesse d'un pays.Dans ces familles on connaît et on pratique la vertu : le travail, le renoncement, le support mutuel y sont constamment à l'ordre du lour; les caractères s'y forment; l'égoïsme n'y a point de place, 11 faut penser aux autres; l'épargne y est de règle; l'alcoolisme n'y peut exister.Les familles nombreuses fournissent des bras à l'industrie, des consommateurs pour ses produits; des délenseurs à la patrie et des élus pour au ciel.HONNEUR à ces pères et mères qui comprennent cet ordre divin "Croissez et multipliez" et qui ne reculent pas devant les sacrifices qu'ils doivent s'imposer pour bien élever une famille nombreuse.Les familles canadiennes-françaises qui pouvaient se glorifier de leurs nombreux enfants n'étaient pas rares autrefois; aulourd'hul malheu- reusement elles diminuent, mais il en existe encore.Ainsi Mgr Joseph Chevalier, curé ac tuel de Laprairle, est le dernier enfant d'une famille de 22.Mgr Cloutier, ancien évoque des Trois-Rivlères, était l'aîné d'une famille de 15 enfants dont trois sont devenus prêtres et 7 se sont fait religieuses.Québec s'est honoré en se donnant pour maires quatre de ses citoyens qui ont élevé de grosses lamilloB : M.Samson, 17 enfants; M.Martin, 15 enlants; M.Slmard, 20 et M.Lavlgueur.22 enfants.A l'occasion de la Semaine de la Famille |*ABEILLE Invite ses lecteurs et lectrices à faire dans leur milieu le relevé des familles nombreu ses comptant dix enfants ou plus.Combien de familles de 10 enfants?.de 11.de 12 — etc.On peut également donner leurs noms, et s'il y a Heu, mentionner combien chacune d'elles a fourni de prêtre (séculiers ou réguliers); combien de religieux et de religieuses ?Nous publie rons plus tard un compte rendu de cette enquête qui ne manquera pas d'intéresser nos lecteurs Nous recevrons aussi avec grande reconnais sance les photographies illustrant ces bellss familles.Fr.ARATOR-JOSEPH Quelle plue belle relUée que celle que l'on puM abul en bailla I — 138 — Phoco T.Ti Les fis de Marie J j> J1 J>| j.^ J 1 J r js| ,h J' J> -te,- .v % 5 ± i d yjl j» ft J' £ g IL.g P ' P.P /^aajL/ .-Ai -2- Dans une plaine solitaire Sous un ciel nacré de l'Iris, Jésus, pour sa divine Mère, Semblait vouloir cueillir des lis.-3- Et chaque Us en sa tendresse Désirait, ô rêve charmant I S'arracher au sol qui le presse Et suivre Marie et l'Enfant.-4- Mais, impuissant, baissant la tête, Chaque lis sentait, bien confus, Qu'il n'était qu'une fleur peu faite Pour servir Marie et Jésus.-5- Et pourtant les pauvres lis pleurent Mais un ange ému répandit Dans les blancs calices qui fleurent Un parfum pris au Paradis.-6- Et dès lors la fleur embaumée Versait à la brise du soir, Sous les pas de la Vierge aimée, Les parfums de son encensoir.-7- Ainsi le lis de la vallée Honorait la Mère et son Fils, Et souriant l'Immaculée Lui redisait: "Merci, beau lis I" -8- Heureux du bonheur de sa Mère, D'un lis pur, Jésus s'approcha; Bénissant la fleur qu'il préfère, Pour la baiser il se pencha.-9- O Us béni, fleur admirée I Le doux baiser se voit encor; Jésus, sur la blancheur nacrée A mis une poussière d'or.— 139- — Je suis Jeannette, et voici mon frère Pierre.Merci à messire Jésus qui me permet de rencontrer sur ma route quelqu'un qui me rappelle mon pauvre village.— Bonne Vierge 1 dit alors Frère Benoit, comment se fait-il qu'une fille des champs voyage en habit de cavalier et Cépée au coté 1 — C'est par la volonté de Dieu, Messire moine, répondit la paysanne.— Et où allez-vous ainsi ?— Trouver le gentil roi de France, mon Révérend, pour accomplir ce que Monseigneur Jésus m'a commandé.— Et que vous a-t-il commandé, jeune fille ?demanda le moine de plus en plus surpris.La paysanne allait répondre, quand un des hommes d'armes qui l'accompagnaient et qui, par son costume et toute son apparence, semblait le chef des autres, s'approcha d'elle et lui mit la main sur l'épaule : — Taisez-vous.Jeanne, lui dit-il, vous devriez montrer plus de prudence; si vous vous faites ainsi reconnaître et que vous parliez a tout le monde de vos projets, la route nous sera sûrement fermée.— Soyez tranquille, Messire Jean de Metz, répliqua la jeune fille, ceux-ci sont de bons Français.— Alors, priez-les de garder le silence sur ce qu'ils ont vu et entendu.C'est du silence et de la prudence que dépend la réussite.— La réussite dépend du seul grand Messire, fit Jeanne, et, d'ailleurs, je vous répète que ceux-ci se tairont.Le moine et l'enfant protestèrent qu'ils seraient discrets.— J'en suis sûre, reprit la jeune paysanne, et je vous prie de vous souvenir de moi dans vos prières, afin que Dieu m'ait en sa sainte garde.En achevant ces mots, elle fil le signe de la croix, adressa un salut amical aux voyageurs, et, suivie de son frère et de Jean de Metz, s'en fut sous le porche de l'église.Deux compagnons vinrent bientôt l'y rejoindre, et, à la lueur vacillante du feu, le religieux et Hoger reconnurent dans l'un d'eux l'archer Olivier.Sur le conseil de son protecteur.Hoger se jeta vivement dans l'église et se dissimula dans le coin le plus obscur, afin de ne pas être vu du soldat qui eût sûrement deviné le but de son voyage.Puis le moine et l'enfant se couchèrent pour dormir sur un lit de feuilles mortes.Peu après, Jeanne et ses compagnons rentrèrent aussi dans l'église, y amenant leurs chevaux, afin de préserver leurs pauvres animaux des loups, dont les hurlements sinistres retentissaient.Chacun s'arrangea du mieux qu'il put une couche de paille ou de fougère sèche.Olivier et un autre soldat, qui portail les insignes de messager du roi, s'étendirent à leur tour, tout près de l'endroit où reposait Hoger; mais, au lieu de s'endormir, ils eurent à voix basse une longue conversation, dans lequel le nom de Jeanne revenait fréquemment; le jeune garçon entendit fort bien leurs paroles.Un mouvement qu'il fit révéla sa présence, car il était si bien enfoui sous les feuilles qu'on ne l'avait pas vu.— Il y a quelqu'un à côté de nous, dit avec effroi Olivier.Son compagnon se souleva sur le coude.— Ce n'est qu'un enfant, dit-il; d'ailleurs il dort profondément, et nous avons parlé trop bas pour qu'il pût nous entendre.— C'est égal, il faut nous méfier, reprit Olivier; en outre, tout est convenu, dormons.Ils se turent, et bientôt de puissants ronflements annoncèrent au jeune Roger qu'eux dormaient bien réellement. Rampant alors sur les dalles de l'église, sans faire le moindre bruit, celui-ci se glissa jusqu'à la place occupée par Jeanne, et fut surpris de ne pas la trouver couchée, mais à genoux, en prières.Celui-ci se glissa.Lui faisant signe de garder le silence, il se pencha à son oreille et lui dit quelque chose qui parut attrister profondément la jeune paysanne, car elle soupira en levant les yeux au ciel.L'enfant regagna son lit de feuilles, auprès de son compagnon, avec les mêmes précautions.Dès la pointe du jour, .Icannc réveilla tout son monde.Messire Jean de Metz, disait-elle, Messire Bertrand de I'oulengy, levez-vous.Il est temps de partir pour nous rendre où Dieu nous envoie.Les hommes d'armes se levèrent, et Jeanne lil à haute voix la prière du matin; puis on apprêta les chevaux, et chacun se mit en selle.Jeanne s'aperçut alors qu'Olivier et le messager du roi se tenaient auprès d'elle, l'un a sa droite, l'autre a sa gauche.Elle appela Jean de Metz : — Messire, dit-il, savez-vous pourquoi ces deux hommes se tiennent à ma gauche et à ma droite ?— C'est sans doute pour vous conduire, répondit Jean de Metz.— Evidemment, mais où veulent-ils me conduire ?— Vers Monseigneur le roi.— Je ne crois pas.Messire; mais puisqu'ils ne disent rien, je vais vous apprendre, moi, où ils veulent me mener.Les deux hommes tressaillirent, mais Jeanne continua : — Ces deux méchants garçons vont me conduire vers une rivière que nous allons traverser sur notre chemin et sur laquelle est jeté un pont sans parapet.'.Olivier et son compagnon pâlirent.— En arrivant sur ce pont, ils prendront la bride de mon cheval sous prétexte de le diriger et, quand nous serons au milieu du pont, ils me jetteront à l'eau.C'est bien cela, n'est-ce pas, dont vous vous êtes convenus pour vous débarrasser de moi; car je dois, dites-vous, vous faire courir de trop grands périls.Et, en achevant ces mots, elle dardait son regard pur et lumineux sur les deux misérables, qui baissèrent les yeux, ne pouvant en soutenir l'éclat.— Vous vous trompez, demoiselle Jeanne, balbutièrent-ils en tremblant.Jean de Metz s'avança sur cirx menaçant.— C'est bon, dit-il, ces deux coquins vont être branchés sur l'heure.— Non, Messire, dit Jeanne, ces deux mauvais me prennent pour une sorcière; mais je leur prouverai bien que je suis au grand Messire et non au démon.Vous voyez que Monseigneur Jésus me protège, puisqu'il a permis qu'un bon chrétien soit nu courant de leur malice et m'en avertisse cette nuit.Laissez-les aller, je vous prie.Vous verrez qu'ils ne me nuiront pas.Et rendant la main à son cheval, elle partit, suivie de sa petite troupe.Quand elle eut disparu, Roger sortit du coin sombre où il s'était tenu caché et d'où il avait tout entendu, puis, allant rejoindre le Frère Benoit, qui l'attendait en lisant son office, tous ileux se remirent en route.(à suivre) — Mosslro.cm deux mauvni» mo prennent pour un* lorcière.-141 — L'AMOUR qui sait.L'AMOUR qui peut.L'AMOUR qui veut.Pour que Jamais ne refroidisse la chaleur de son dévouement, il est bon qua certaines époques de la vie, à certains jours de l'année, il est bon, dis-je, que la FEMME se recueille dans le silence d'une retraite : "La terre est désolée, dit l'Esprit-Saint, parce que personne ne réfléchit dans son cœur." La jeune fille sérieuse, celle qui a conscience de ses responsabilités futures, apprécie les avantages de la récollection.A l'aube de l'an neuf, elle n'hésite pas à entrer dans le secret de sa chambre, pour y faire le BILAN de sa MISSION d'A-MOUR : Quels points de son mystérieux programme ont été fidèlement observés ?.Quelles prescriptions figurent encore à la liste des omissions ?.Il s'agit d'être honnête avec le bon Dieu; de revenir sur le passé, non pas simplement pour établir des constatations, mais surtout pour assurer des améliorations I EXEMPLES : — La petite voisine Gisèle n'a pas fréquenté l'école, faute de vêtements propres.Pourquoi Mademoiselle Irène, qui ne manque de rien, n'a-t-elle pas songé à secourir la fillette ?.On prépara la Iroujseau de Gitile.MISSION » AMOUR Et Madame X, dont la bambine est alitée depuis bien des jours ?.Madame X, Incapable de se payer les services d'une bonne ?.Madame X, qui travaille dur toute la journée et veille encore la nuit, que devient-elle ?.Ne faudrait-il pas une âme généreuse pour la re lève de quelques heures, dan3 l'après-midi ?.Peut-on chrétiennement connaître une telle souffrance, et ne rien laire pour la soulager ?.• Ces réflexions, mûries dans la solitude, inspirent de généreux desseins."Oui, se dit la vaillante jeune fille, j'irai dès demain, visiter ma voisine pauvre.Je me rendrai chez elle avec Laure et Béatrice, mes deux meilleures amies.Ensemble, nous monterons pour la petite Gisèle un trousseau tout neuf.N'ai-je pas, dans ma réserve de jolis coupons pour vêtements d'enfant ?.Bientôt, la petite reprendra joyeuse, le chemin de l'école.Ce sera ma première réalisation I" "La seconde ne tardera guère : il est facile de se constituer garde-malade bénévole auprès de petite Aline et d'accorder du repos à Madame X.La chère malade aime beaucoup les contes.Rien de mieux que d'en fabriquer pour elle, avec des faits vécus I Quelle histoire, dites-mol, captivera davantage une âme d'enfant, que celle du bon Jésus, relatée avec les détails mêmes qu'offre le saint Evangile ?.Il n'y a qu'à choisir entre les beaux passages, ceux qui conviennent au moment, à l'état de sensibilité, à la disposliion d'âme de la malade; de s'exprimer avec des mots simples, d'inviter à l'amour, à la prière, à la joie.S'il y a des médicaments à administrer, quelle aubaine 1 Une jeune fille doit chercher normalement l'heure d'exercer son rôle de maternelle sollicitude.Rien n'est trop difficile pour sa patience et sa pitié I Elle trouve en toute occurrence une heureuse occasion de s'entraîner à mieux remplir sa -142 — vocation future.Et c'est déjà une récompense de la charité qu'elle accomplit.".Oui, répétons-le, la jeune fille sérieuse puise dans le recueillement et la retraite la pensée qui la grandit.Mais pour quelle raison ne sont-elles pas toutes sérieuses, les demoiselles d'aujourd'hui ?.Pourquoi serait-il possible qu'elles oublient de réfléchir dans leur cœur ?.• Le nouvel an s'ouvre avec la perspective d'une SEMAINE NATIONALE de la FAMILLE.Du 7 au 14 janvier, des causeries à la radio, des articles de journaux, des manifestations spéciales exposeront de très importants problèmes, concernant la FEMME canadienne-française.Suivons le mouvement I N'en perdons pas une orientation I Et, faisons notre part : S'il nous est impossible d'offrir autre chose, soyons du moins les collaboratrices de la prière I Que la fête de la sainte Famille nous groupe toutes, FEMMES de chez nous, au pied du foyer modèle de NAZARETH 1 Implorons pour nos chefs, la lumière; pour nous toutes, l'obéissance et la divine charité I Ecole ménagère régionale.St-Jacques-de-Montcalm.Mademoiselle Irene fall la bilan de aa Mission d'Amour el cherche laa belles histoire» qu'alla racontera à la petite Aline.CE QUE LES ENFANTS PENSENT DES LIBERTES QUE LEUR LAISSENT LEURS PARENTS Aux Etats-Unis, pays favori des enquêtes, on demandait aux élèves des High Schools de donner leur opinion sur la question suivante : "Les parents de nos jours sont-ils assez sévères au sujet des sorties de leurs enfants le soir ?" Sur 93,913 réponses reçues, presque tous ont répondu franchement "NON".Ainsi 82 % des jeunes gens ont répondu qu'à la place de leurs parents, ils ne permettraient pas à leurs fils de 18 ans (à plus forte raison à ceux qui sont plus ieunes), d'avoir une amie particulière, et 86 % des jeunes filles déclaraient qu'à la place de leurs mères, elles ne laisseraient pas les jeunes filles de 16 ans sortir tard le soir et fréquenter certains lieux d'amusements.Ces étudiants ne connaissent sans doute que trop bien les désordres auxquels ces sorties donnent lieu et ils les déplorent sans avoir le courage de résister à ces tentations pour lesquelles les parents sont trop complaisants.Plusieurs des étudiants ont même déclaré que les parents devraient exiger qu'on amène à la maison le jeune homme ou la jeune fille avec qui on sort afin qu'ils puissent les mieux connaître.Ces réponses sont à l'honneur des étudiants.Aux parents d'en tirer la conclusion.Les dangers de ces sorties n'étant pas moindres au Canada, que tous nos lecteurs, lectrices et leurs parents soient en garde.Il y a là, pour les uns et les autres, une résolution pratique à prendre à l'occasion de la "SEMAINE DE LA FAMILLE".GAGNANTS DU CONCOURS DES MOTS CROISES DE DECEMBRE 1.— Raymond Cadleux, Shorbrooke 2.—Michel Hayes.Grand'Mère 3.— C.D.Preacotl, Monlréal 4.— Maurice Poulin, Montréal 5.— Jules Labrosse, Nomininguo — 143 — La Terre Conquérante • d'après l'abbé Lionel Groulx • Extrait de "Au Cap Blomidon" d'Alonié de Lestres.MERCI à l'éditeur i Le Cercle Catholique de* Voyage de Commercé des TroU-RMèreu 1.— Sur leur retour, Jean et Paul devisaient : "D'autres, avait dit la mendiante, viendront; je les attends.Lea ''anciens'* en leurs tombes, le veulent."Ces méditations enchantaient leur course dans la nuit, quand soudain un obstacle, une ombre qui remue, apparaît devant eux.2.— Arrêtant sa machine, Jean distingue un jeune taureau en train de démolir la clôture a deux pieds de laquelle Be trouve un homme qui se débattait dans l'herbe.A la lueur dea i ::.>!•¦ Paul reconnut M.Allan.Que faire P.L'abandonner !.C'étr.it la fin.de l'héritier du crime, la disparition d'un rival, son entrée en possession de l'héritage ancestral.3.— Mais c«f.te vengeance était indigne de Jeai.Bérubé.Il fallait sauver ce malheureux.Pendant que Jean essayait d'éloigner le taureau furieux, Paul, heureux de montrer sa force, se penchait pour soulever l'Ivrogne lorsqu'un violent coup de pied l'envoya rouler dans l'herbe.Paul se releva hors de lui-même : 4.— Viens-t-en, Jean, et laissons le bœuf l'avaler tout rond, s'il en a envie.— Non, dit Jean, ce n'est pas ainsi que se vengeaient les vieux Acadiens.— Allan, ayant reconnu nos deux Acadiens, fut pris d'épouvante, et se dressant aussitôt sur ses jambes, il disparut dans la nuit.5.— De retour chez les Finlay, Jean Bérubé voulut s'Informer si Allan était rentré au chalet.— "Nous l'avons rencontré sur la route, à quelques pas d'ici, et nous étions inquiets." — Le pauvre enfant vient justement d'entrer; je vous remercie de votre obligeance." Le misérable avait fui sous leurs yeux.6.— Le temps apporta l'oubli.La ferme reprenait sa vie normale.Un soir, la traite des vaches finie, Allan vint les prendre pour les conduire au pâturage.Il était accompagné de Miss Margaret, une badine a la main, et du vieux bouledogue.7.— A la vue du troupeau gras, robuste, qui défilait sous ses yeux, Allan se laissait griser.Aux compliments de Miss Margaret sur son troupeau, il répondit : "Eh bien I Margaret, aimeriez-vous me voir dans le rôle d'un maitre de ferme, et si je restais a Morse Cottage, resteriez-vous avec moi P" 8.— Margaret rougit et baissa les yeux.— "Si Je restais, deman-da-t-elle, me promettriez-vous d'être sobre P — "Avec voua, fit Allan, Je pourrais promettre et tenir bien des choses." Us marchèrent ainsi longtemps, quand tout a coup une vieille femme, assise sur le talus herbeux, se leva à leur passage.9.— Appuyée sur un lourd bâton, elle fixa Allan d'un étrange et long regard.Reconnaissant la mendiante rencontrée à Morse Cottage sept ans auparavant, 11 la menaça de sa cravache : "Que me voulez-vous, sorcière P Parlez ou passez votre chemin." — "Passez le vôtre, vous-même, il est plus long que le mien." 10.— Vous rappelez-vous ma prophétie d'il y a sept ans f Le chien de la maison est-Il parti, oui ou non P Le vrai maître ne frappe-t-11 pas a lo porte P — Puis de son bâton levé, elle lui fit signe de s'en nller.Allan obéit & cet ordre irrésistible, sans se soucier de Margaret, interdite devant ce mystère qu'elle cherchait à percer.- 144 - (à laivrt) — 145 — LE CARNET DU PILOTE Le premier soin de Stanislas, quand les appareils eurent touché terre, fut de faire l'appel de ses hommes et de s'informer des dégâts.Ceux-ci étaient nuls.Quelques balles avaient frappé la carlingue de Sambor, et une autre s'était perdue dans l'aile gauche de l'avion que pilotait Lida.Les hommes étaient indemnes, à l'exception de Nyja, auquel une balle avait enlevé un bout de l'oreille droite; mais, c'était là une blessure sans importance, et Sambor affirma qu'après un pansement sommaire, il n'y paraîtrait plus.— On s'en tire à bon compte! remarqua-t-il; nous n'avons plus qu'à recommencer I — Un peu de repos d'abord ! mon brave, dit Stanislas, nous l'avons tous gagné ! Josef venait de descendre de l'appareil; il fut acclamé par tous, et son père l'embrassa, en disant : — C'est bien ! Il y avait dans ces deux mots, et surtout dans le ton dont ils furent prononcés, plus de choses que dans un long discours, et Josef en fut profondément remué.— II est des nôtres ! déclara Sambor.A ce moment, Karl et Peter, les deux seuls ouvriers agricoles qui étaient encore à la ferme se présentèrent devant Polonski, et Karl dit : — Nous avons ramené le corps de Monsieur Casimir, si vous voulez le voir, il est dans sa chambre, étendu sur le lit.— Merci! mes amis, dit le lieutenant, j'y vais ! Et faisant signe à son fils de la suivie, il pénétra dans la maison.Lorsque Josef vit le corps de son grand-père étendu sans vie sur sa couche, il ne versa pas de larmes inutiles.Certes, il souffrait, mais, en vrai fils de Pologne, il ne montra pas sa douleur ! Il courba le front, se soumit à l'inévitable, et se contenta de prier.Stanislas fit de même et, la prière terminée, il dit d'une voix qui ne tremblait pas : — Nous ensevelirons mon père aujourd'hui même, à côté d'Ostap, mort comme lui pour la Pologne.Plus heureux que nous ils reposeront dans la terre natale qu'il nous faudra bientôt quitter I — Tu crois, père, que nous ne repousserons pas l'envahisseur ?— Nous lui ferons payer cher son avance ! mais, nous ne l'empêcherons pas de passer 1 Entourés de "Neutres" dont on ne doit pas franchir les frontières, comment nos alliés pourraient-ils venir à notre secours ?— Il est vrai que l'Allemagne possède plus du double de nos forces.— Ajoute qu'elle se prépare depuis longtemps à la guerre; aujourd'hui, après une semaine de combats acharnés, nous sommes contraints à reculer sur toute la ligne.Combien de temps notre front rétréci pourra-t-il contenir l'ennemi î Je l'ignore, mais, ce que je sais bien, c'est que, demain, il nous faudra quitter la ferme, parce que toute la région de Lodz sera entre les main» de l'ennemi.— L'escadrille ne peut plus se passer de lui ! ajouta Nyja, en appuyant son mouchoir sur son oreille meurtrie.— Oui ! dit Stanislas avec un triste sourire; il partagera désormais nos risques, et nos.chances !.nous le gardons ! — Merci ! lieutenant, cria Sambor, au nom de tous.merci ! — Maintenant, mes amis, reprit le lieutenant, il importe de cacher au plus vite nos appareils; si les "Barbares" se doutaient que notre "base" est à la ferme, je ne donnerais pas cher de notre peau ! — Moi non plus ! fit Zlovo.-»- Allez vous faire panser ! Nyja, dit encore Stanislas.Vos compagnons se chargeront de rentrer les appareils.Quant à Josef et à moi, il nous reste une triste mission à remplir.— 146 — Josef ne répondit pas; il ferait ce qu'il fallait faire pour tenir tête à l'envahisseur, malgré sa supériorité numérique et ses forces motorisées.Il leva la tête et suivit son père qui rejoignait ses compagnons.— Avant de quitter cette ferme (pour n'y plus revenir peut-être), dit Stanislas, lorsqu'il fut devant ses hommes, nous allons ensevelir mon père auprès d'Ostap, dans le jardin ! Tous les aviateurs acquiescèrent, et l'on se mit à la besogne.Triste besogne en vérité, mais ces hommes énergiques ne livraient pas leur pensée; tous demeuraient impassibles, et la tombe fut creusée sans qu'ils eussent échangé une parole.Comme la veille, pour Ostap, la cérémonie funèbre se déroula dans une impressionnante simplicité.Quand elle fut terminée, Stanislas Polonski assembla le personnel demeuré à la ferme et s'exprima en ces termes : — Mes amis, je vous remercie de vos services, et après vous avoir versé ce qui vous reste dû, je vais vous rendre votre liberté.— Mais, .dit Eschipa, nous ne voulons pas vous quitter I — Hélas ! mes amis, répondit le lieutenant, les circonstances sont telles que vous ne pouvez demeurer ici ! La ferme ne tardera pas à tomber au pouvoir de l'ennemi.Je vous engage donc à gagner Varsovie le plus rapidement possible, et à y chercher un abri.Notre devoir nous commande d'attendre ici les événements; nous partirons à la dernière minute, et ferons tout ce qui sera en notre pouvoir, afin de retarder la marche des Allemands.— Pauvre Pologne ! gémit Eschipa.— Elle revivra ! soyez-en sûrs ! s'exclama Stanislas.Notre martyre a duré des siècles, mais les envahisseurs n'ont jamais pu nous supprimer ! Il y avait un tel accent de persuasion dans la voix du lieutenant que la vieille Eschipa sécha ses larmes, et que nul des hommes présents ne douta du triomphe final.Comme les femmes se retiraient avec Peter at Karl, Zlovo remit à Stanislas le carnet qu'il avait trouvé sur le pilote allemand tué dans le combat.— Rentrez avec moi à la ferme ! dit Stanislas, ¦•us verrons ensemble ce que contient ce carnet I La curiosité des aviateurs ne devait pas être déçue.Si les notes du pilote allemand n'offraient que peu d'intérêt, par contre, il y avait dans son carnet une carte d'Kurope portant de curieuses précisions sur les ambitions allemandes.C'est ainsi que le lieutenant put y lire, en marge : "Conquête de la Pologne en.sept.1939."Conquête de la Roumanie en.déc.1939."Conquête de la Hongrie.même date."Conquête de la Belgique et de la Hollande.1941."Conquête de l'Ukraine.même date."Occupation du nord de la France.1941."Conquête de l'Angleterre.1942.— C'est de la folie ! fit Jarnow.— Evidemment ! fit Stanislas, Hitler est doué d'une ambition qui revêt toutes les apparence! de la folie ! Malheureusement, il a derrière lui un peuple de 80 millions d'âmes, qui, jusqu'ici, ne l'a pas désavoué 1 — C'est terrible ! — Eh oui !.c'est terrible ! Vous l'avez dit I — Je croyais, observa froidement Lida que les Allemands avaient un certain jugement; je m'aperçois que je me suis trompé I Comment peuvent-ils prendre au sérieux ces fanfaronnades ?.— Une chose est certaine, en tout cas, fit remarquer Stanislas, c'est que l'invasion de la Pologne était depuis longtemps résolue.Comment expliquer autrement que l'on cite l'Ukraine pour 1941 ?— C'est juste ! s'écria Jarnow.Cela prouva en effet, que la carte fut éditée avant la signature du pacte germano-russe, qui doit, m'a-t-on dit, céder l'Ukraine aux Soviets.— Alors.d'après vous, les Russes vont tendre la main aux Allemands ?— Hem ! fit Stanislas, tout est possible I Les jours prochains peuvent réserver des surprises I — Mais! c'est invraisemblable! Hitler n'avait-il pas dit qu'il dresserait un rempart contre le Bolchévisme ?— Ce que disent les Allemands n'a guère d'importance ! Ils ont été tant de fois convaincus de mensonge !.Josef n'avait pas attendu la fin de cette discussion pour disparaître.Sachant que le personnel allait partir il voulait savoir si Eschipa avait songé à préparer le repas, et si tout était en ordre dans la maison.Nous verrons ce que conlienl ce camel.— 147 — Il avait raison, le brave enfant, de s'occuper de ces détails, car son père, (sans parler de la responsabilité qui pesait sur ses épaules), avait, pour l'instant, de graves préoccupations.La mort de Casimir n'était pas seulement pour lui un coup dur, elle le privait des renseignements qu'il attendait avec une légitime impatience.Il ignorait ce qu'étaient devenues sa femme et sa fille; étaient-elles encore dans la capitale ?Avaient-elles pu prendre le train sanitaire ?Etaient-elles en route vers la France, en traversant la Roumanie ?En cette période troublée et en tenant compte des méthodes de guerre des Allemands, toutes les suppositions étaient permises et les pires craintes pouvaient se réaliser.Lorsque Josef, après avoir assisté au départ d'Eschipa et de ses compagnons revint mettre le couvert, Sambor déclara : — C'est une fameuse recrue ! lieutenant, que nous avons en votre fils ! — Il est des nôtres ! se contenta de répondre Stanislas, je l'ai promis.Josef laissa éclater sa joie : — Père, s'écria-t-il, si tu savais comme je suis content ! — Hem ! fit le lieutenant; ne t'illusionne pas sur nos risques ! Nous avons de dures journée3 en perspective, et notre existence ne tient plus qu'à un fil ! — Ce fil-là ne cassera pas ! fit Milow l'optimiste.— Je le souhaite ! répondit le lieutenant, mais nous sommes entre les mains de Dieu ! — Ne m'as-tu pas appris, père, que la vie qui n'est pas consacrée à la poursuite d'un idéal ne vaut pas la peine d'être vécue ?.— Je l'ai dit, en effet ! — Et n'est-ce pas un idéal élevé que de défendre la liberté humaine avec l'indépendance de la patrie ?— Si I mon fils, c'est un idéal élevé ! — Alors, père, que m'importe de mourir si c'est pour cet idéal que je tombe à tes côtés ! Cette fois, malgré son empire sur lui-même, Stanislas sentit l'émotion le gagner; il pressa longuement son fils sur sa poitrine, et une larme qu'il n'essayait plus de retenir coulu len tement le long de sa joue.Comme on finissait de déjeuner, trois mécaniciens, envoyés par le colonel, arrivèrent et les appareils furent vérifiés.Stanislas se mit alors en communication avec son chef et en reçut de sévères instructions.Il devait guetter le retour ou le passage des bombardiers ennemis et, coûte que coûte, engager avec eux le combat.La disproportion des forces en présence rendait bien difficile l'exécution d'un tel ordre, et cependant, il n'y avait qu'à obéir.— Bien ! mon colonel, dit simplement Stanislas, et il raccrocha le récepteur.L'escadrille du lieutenant resta jusqu'au soir en état d'alerte, mais elle ne vit pas d'appareils allemands.Peut-être évitaient-ils la ferme, peut-être avaient-ils pris une autre base ?On les retrouverait ailleurs.voilà tout! (
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.