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Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
février 1947
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
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Références

L'abeille /, 1947, Collections de BAnQ.

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TABLE DES MATIERES Présentation au Temple.— Grotte du Rosalie 168 fleurs de sang.164 La Famille Onellctte .167 Se cultiver .168 La semaine du Dimanche .169 Messe à la Grotte .169 Déridons-nom .170 Apparition de N.D.de Lourdes.— La Grotte 171 Martyrs du Christ .172 La Famille Arthur I^egcndre .176 A têtu, têtu et demi .176 Mots croisés et gagnants de décembre .178 Octave Crimazie .179 Le Carême.— Ruines de St-Malo .181 Le coin de la jeune fille .182 Un coin du jardin botanique en hiver.184 Le diner de Lucie .135 Le courrier de P Abeille .187 Belli âme de jeune .188 Frère Didier.— Bricolage .190 La sainte famille (chant) .191 Saint-Malo, ville martyre .192 CHŒURS PARLES EVANLEGIQUES à utiliser d'ici Pâques a) "Allez, vous aussi, à ma vigne", pour le di- manche de la Septuagésime.b) "Relire toi.Satan", pour le 1" dimanche du carême.r) "Le vrai Pain du Ciel" (La multiplication des pains) pour le 4' dimanche du carême.Prix : a) 6c.l'unité; 35c.la douzaine; 2c.l'unité pour 60 exemplaire ou plus.N.B.—| Prlflr-' d'ni'rniiipnrnrr tout* roinnmndo du mon-huit roiiuln.8'n(lr»-Micr à "L'Abeille", Le.Pl-nlrli».P.Q.Que la nature est belle sous son manteau d'hermine • Jardin botanique La Prairie DEUX BEAUX VOLUMES « I "Notre Jacques Cartier" par l'abbé Desrosiers.Grand volume de 160 pages, bien illustré.b) "Vie des Saints pour l'Ecole et le Foyer" par Mclady.Beau volume illustré de 208 pages, contenant 40 biographies écrites spécialement pour les enfanta.Prix : 76c.chacun; chez Granger Frères, C.P.909, Place d'Armes, Montréal-1.L' A B E I L L E Paraît tous les mois, juillet et août exceptés.t'ubl ¦ ¦ avec fautoritotion de Son Ere.Mgr l'iviqut de St-Jean.el la permission des Supérieurs.Directeur : Frère ARATOR-JOSEPH, La Prairie, P.Q.Une messe esl dite tous les mercredis aux Intentions des abonnés.Enregistrée au CANADA comme matière postale de seconde classe.— 162 — LA PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE La loi juive exigeait que tout enfant mâle premier-né fût présenté au Temple le quarantième jour après sa naissance et racheté par l'offrande d'un agneau ou de deux colombes.Joseph et Marie se soumirent à ce précepte.Ils portèrent Jésus au Temple de Jérusalem, offrirent les deux colombes pour son rachat, et il leur fut rendu pour qu'ils l'élèvent jusqu'au jour où Dieu le leur redemanderai! pour servir de rançon au genre humain.Chacun de nous a été présenté au Temple du Seigneur le jour de son baptême.Dieu nous a alors adoptés pour ses enfants et même il a fait de nos corps des temples où il se plaît à résider tant que nous sommes fidèles à garder notre innocence.Ensuite nous aussi nous avons été remis à nos bons parents pour qu'ils nous élèvent chrétiennement et prennent soin de nous jusqu'au moment où Dieu nous réclamera .pour son service, ou que nous puissions nous passer d'eux et fonder un foyer à notre tour.• "Que sera cet enfant ?" disaient autrefois de Jean-Baptiste à sa naissance.La même chose a peut-être été dite maintes fois à votre sujet éqalement.Jean devint le précurseur du Messie; il fut chargé de l'annoncer aux hommes et de préparer sa venue.Peut-être Dieu vous résorve-t-il une mission semblable.Vous l'ignorez, sans doute.Alors, priez-le avec lerveur, surtout pendant le carême, pour qu'il vous éclaire, pour qu'il vous montre le chemin qu'il vous destine et vous donne le courage de le suivre fidèlement jusqu'au bout.Soyez généreux, multipliez les sacrifices, et surtout vivez constamment en état de grâce.Alors Dieu vous bénira et se servira de vous pour de grandes choses., 1 ,-:-.^ t."¦- - .- r- Intérieur de la Basilique du Rosaire LOURDES Vue prisa au cours d'une cérémonie du soir < Envoi du 1' ' ¦ Stu-Aniti-B-l'ontlvy., — 163 — FILIEUIRS « $ ANC VI.— SŒUR MADELEINE Il y avait deux jours que durait le siège du couvent, quarante-huit heures mortelles, avec des alternatives d'espoir et de découragement.Mais ceux qui connaissaient la situation savaient bien que, malgré l'énergie, le courage, l'héroïsme, il faudrait succomber, puisque le secours était très loin et le danger très proche.Ce calme qui durait depuis quelques heures était affolant, et l'officier, voyant ses hommes réduits à l'impuissance, énervés d'une attente qui les enfiévrait, sentait peser plus lourde la responsabilité formidable qu'il avait assumée.Soudain, comme il s'entretenait avec la vieille supérieure, une lueur rouge et fulgu rante lui frappa le visage.11 se redressa, courut à la fenêtre, vit toute la rue éclairée.C'était l'incendie : la toiture flambait.Les Chinois avaient changé de tactique : voyant qu'ils ne pouvaient réduire le couvent ni par la fusillade ni par le canon, ils avaient décidé de l'incendier.Le même mot d'ordre s'exécutait partout à la fois.Tout ce qui était étranger à Pékin devait périr par les flammes.Un quart d'heure se passa, plein d'angoisse.Il est des attaques contre lesquelles on peut se défendre, mais l'incendie est irrésistible.Au dehors, déjà, c'était l'enfer.Les flammes, ruisselant de partout, montaient en panaches rouges que le vent des rues faisait incliner comme d'immenses draperies, puis remonter plus hautes et sinistres vers le ciel.— Au feu I Au feu I criaient des voix affolées dans la maison.Une panique terrible s'était emparée des enfants.On les entendait pleurer, supplier, sangloter.Tout à coup, une décharge formidable éclata d'en face.Comme s'ils avaient attendu cette heure du désaTroi et de l'angoisse, les Chinois recommençaient l'attaque à coups de fusils.Plusieurs balles s'enfoncèrent dans le mur du dortoir.— A vos postes ! commanda le lieutenant d'une voix vibrante.Les marins se précipitèrent.— Jeanne I Jeanne I s'écria Pastoureau.Jeanne, un fusil I Le Parisien s'était traîné vers une fenêtre.— Mort pour mort, rugit-il, je veux faire mon devoir jusqu'au bout ! De sa main libre, il venait de passer l'arme sur l'appui du bois.Calme, mais tremblant de la fièvre que lui causait sa blessure, il regardait l'horrible spectacle.— Allons, petite sœur .aide-moi.sois soldat, toi aussi, charge mon fusil.Jeanne obéit.Et le dortoir s'emplit de vacarme, tandis que les crépitements de l'incendie faisaient craquer la toiture.Parfois un cri retentissait, un marin tombait.Le feu meurtrier des assaillants, postés à toutes les fenêtres d'en face, jetait la 'mort en rafale.C'était l'heure suprême, le moment de la lutte dernière, l'heure où ceux qui combattent n'ont plus qu'à mourir ! Mais ceux-là voulaient mourir debout, transpercés d'une balle ou écrasés par la chute de la maison que dévorait l'incendie.La mort sur la tête, — 164 — la mort dans la poitrine, mais la mort des braves ! Une jeune sœur venait d'accourir près de la Supérieure.Pâle, les yeux fiers, sans trouble, elle s'agenouilla devant la Mère, les mains croisées, dans le geste de la supplication.C'était Sœur Madeleine, l'héroïque jeune fille que nous avons vue au commencement de ce récit, prête à s'élancer dans la rue pour calmer la foule exaspérée.— Ma Mère! ma Mère! s'écria-t-elle, permettez-moi cette fois d'essayer de sauver nos enfants.Permettez-moi de mourir.La vieille religieuse la regarda, sans éton-nement, et, durant que Sœur Madeleine lui exposait l'audacieux projet qu'elle venait de concevoir, des larmes roulèrent sur les joues ridées de la vieille femme.Deux minutes après, elle l'attirait dans ses bras, l'embrassait longuement.— Allez, mon enfant, dit-elle, et puisse Dieu accepter votre sacrifice ! La religieuse se signa, prit la main de sa supérieure qu'elle baisa, puis, la conscience forte de l'autorisation suprême qu'elle venait de recevoir, elle s'élança dans l'escalier du vestibule qui conduisait à l'étage supérieur.Et la vieille Mère demeura immobile un instant, recommandant à Dieu l'âme de celle qui allait mourir dans un enthousiasme de sublime charité, la vaillante Française dont le rêve était de tenter le salut pour ses chères enfants.Les marins faisaient merveille.Entraînés par l'ardeur subitement éveillée en eux par cette nouvelle attaque, ils visaient juste et ne perdaient pas une balle.Mais déjà trois d'entre eux étaient couchés pour toujours, agonisants ou morts.Et de larges flaques de sang tachaient le parquet du dortoir.Sur l'ordre du lieutenant, dix matelots étaient montés sur la terrasse pour tâcher d'enrayer l'incendie ou de faire la part du feu, car le foyer principal était situé sur l'aile gauche du bâtiment.L'officier l'avait constaté.Peut-être, en séparant les deux corps de construction, pourrait-on empêcher une catastrophe.— Une hache ! cria le quartier-maître .Vite une hache pour couper les poutres I On chercha partout, mais il fut impoa-sible d'en trouver une.Les matelots montèrent, espérant trouver le moyen de conjurer le danger.Mais, lorsqu'ils parvinrent au faite de la maison, ils furent témoin* d'un spectacle inouï : sur l'arête de la toiture, une forme se dressait, dont la silhouette détachée dans la clarté sinistre tranchait en bleu sur le fond rouge.Au-dessus de sa tête, des ailes blanches flottaient.Les bras se levaient et s'abattaient, en des gestes vigoureux, et la hache dont ils étaient armés tranchait les pièces de bois qui formaient la charpente.— Tonnerre ! s'écria un matelot.C'est une bonne Sœur.C'est honteux pour nous, les femmes travaillent mieux que les hommes ici !.Mais elle est perdue, cette malheureuse ! Ils appelèrent tous ensemble : — Ma Sœur, ma Sœur, sortez de là.vous êtes perdue ! Elle les regarda, essuya son front ruisselant de sueur, puis, terrible dans sa tâche surhumaine, elle «ontinua l'œuvre de salut que son audace héroïque avait entreprise.— Mais elle est folle ! s'écria un matelot.Elle se trouve du côté qui va s'effondrer !.Une voix derrière eux.C'était l'officier qui, présent partout pour donner des ordres, venait d'accourir.— Folle ! Non ! mes amis, s'écria-t-il.C'est une martyre et une sainte ! Le danger décuplait les forces de la frêlo jeune fille; on eût dit qu'il n'y avait plus pour elle ni fatigue ni épuisement.Son âme indomptable était dans ses bras, dans ses yeux, dans ses veines.— Bon sang de bon sang ! criaient les Un* loime dressaii.don! la silhouette tranchait on bleu sur le fond rouge.— 165 — hommes qui trépignaient, voilà le feu qui prend à sa robe ! Les flammes, en effet, montaient autour d'elle, l'enveloppaient comme un linceul de gloire, et le sillon de feu qui s'élargissait entre l'héroïne et les marins épouvantés rendait impossible le secours.Mais, grâce à la rapidité de l'intervention, l'incendie n'avait pu gagner le bâtiment principal.Grâce au courage sublime de la Sœur de Charité, les centaine» de vies humaines enfermées dan» le couvent seraient sauvées.Toute la partie que menaçait la cata;trophe venait d'être évacuée.Le personnel amassé dans 1 aile droite était momentanément hors de péril.Maintenant, isolée au milieu de l'océan rouge, Sœur Madeleine avait disparu.Les marins virent seulement deux bras levés au ciel, sans doute pour prendre Dieu à témoin que le sacrifice était accompli.— Seigneur, recevez-la dans votre paradis ! C'était la Supérieure qui était accourue avec plusieurs de ses religieuses, billes demeurèrent un instant muettes, les yeux inondés de larmes, au milieu des hommes, spectateurs impuissants du plus bel acte d héroïsme qu'ils eussent jamais vu.Et, soudain, tout le bâtiment de gauche s'affaissa, puis, avec un fracas monstrueux, s'écroula clans l'abîme incandescent.De l'énorme brasier, des flammes montèrent encore, achevant de consumer les derniers débris, et.au milieu d'eux, celle qui avait pousse l'obéissance religieuse jusqu à réclamer de sa Supérieure la permission d'être engloutie vivante dans cet enfer.— Elle au ciel ! fit le lieutenant.Descendez, ordonna-t-il à ses hommes.Mais les Sœurs demeurèrent encore là, immobiles, les yeux fixés sur la trouée sanglante où l'héroïque et douce Madeleine — chrétienne sublime, Française admirable — avait cherehé la mort pour que les autres fussent sauvés.Mai- l'heure n'était pas aux longs attendrissements.Il fallait songer à se défendre.En bas.la fusillade éclatait sans relâche.La rue s'était de nouveau remplie de Boxers et de Chinois, accourus plus nombreux que jamais.Le Pei-Tang n'était plus qu'une longue trouée de flammes, mais la rue devant l'orphelinat devenait intenable pour les assaillants.De toutes les fenêtres la mort pleuvait.Les matelots du lieutenant Henry étaient devenus des démons.Hélas I à la guerre, le courage ne suffit pas, il faut encore des balles.Et un cri de détresse venait de se faire entendre : — Lieutenant, plus de cartouches ! Déjà les matelots regardaient leurs fusils avec désolation.Ces bonnes armes, si meurtrières aux mains des soldats français, devenaient inutiles.Les gibernes étaient vides! Il y eut un moment de stupéfaction.La fièvre de se battre corps à corps avait ressaisi ces hommes que la vue du sang avait enivrés.Mais l'officier savait comprimer cette ardeur dangereuse.Il est des moments où le grand mérite des chefs est d'empêcher les soldats d'aller trop loin.Et cette fois encore, le lieutenant sut obtenir que ses hommes fussent braves à froid, et il leur fit regarder le danger en face, avec promesse de rester au poste et d'attendre l'heure de jouer de la baïonnette, si cette heure sonnait jamais.Pendant qu'on résistait courageusement à l'Orphelinat, le '/.mitivr que nous avons vu si ingénieux contre les artilleurs chinois, le Zdiiiivi intrépide courait de gros dangers.Seul et armé simplement du revolver de l'officier, il avait, du haut d'une fenêtre, abattu successivement cinq hommes.Et de voir ainsi tomber leurs camarades, les Boxers, qui sont braves en troupe, mais incapables de résistance lorsqu'ils sont isolés, tous ces énergumènes, craignant pour leur vie, s'étaient abrités contre l'agresseur invisible qui les foudroyait d'en haut.Avec une -agilité merveilleuse, le' petit homme s'était installé sur un balcon dissimulé derrière la boiserie et attendait l'heure de pouvoir encore être utile.Durant ce temps, les Chinois se concertaient sur les moyens d'envahir le couvent, exaspérés de cette résistance qui leur paraissait invraisemblable.La.cessation brusque du feu, le calme qui régnait à l'intérieur de la maison, lès volets soigneusement fermés étaient pour eux un indice.Evidemment, si on ne tirait plus, c'est que les munitions manquaient.Jamais, depuis le commencement du siège, la fusillade n'avait cessé.Les nombreux cadavres qui jonchaient le sol étaient une preuve que les balles françaises frappaient avec une terrible précision.• Au bout de la rue.dans l'angle de l'or phelinat.quelques chefs de l'émeute se concertaient.Il était facile de voir à leurs gestes qu'on allait user d'un nouvel expé- dient.Et si on ne se fut pas trouvé en pareille situation tragique, il eût été amusant de voir les précautions inouïes que prenaient ces hommes pour assiéger une maison contenant des femmes et des enfants, et défendue seulement par une vingtaine de matelots français.Car sur trente, huit étaient hors de combat : trois morts, cinq blessés.Mais il était décidé que l'héroïque phalange du lieutenant Henry devait écrire une des plus belles pages historiques de ces tueries.F.nfin.après quelques minutes de délibération, on vit deux Chinois apporter une échelle et la poser sur la muraille, au-dessous d'une fenêtre barricadée qui donnait accès dans l'établissement des Sœurs.Occupés du côté où l'attaque s'était manifestée, les assiégés n'avaient pas l'idée de se défendre dans cette direction, et d'ailleurs, per- sonne ne songeait à cette heure à protéger l'issue.La fourberie est dans le tempérament chinois.Vaincue dans I attaque directe, ils espéraient triompher par la ruse.(à suivre) René Qâèul COUPON POUR LE CONCOURS FEVRIER Nom .Adresse N?5555 f • " ft 1 ^ffî La famille Willett (Ouellette).Vonda, Sask.Ire rangée : I haut ) de qauche à droite: Antoine.Cécile.Stère.Hervé.Willie.2e ranqée : Arléne.Lorraine.3e ranqée : Dorée n.Ronald.M.et Mme Wlliett.Shirley.Anita.{I.'ambianct du mili.-u Itnd i) anglifur Its noms).— 167 — £'wit cCz &e cultiva Aux lectrices intelligentes de "L'Abeille", la nécessité de se cultiver ne tait plus de doute.Mais encore, suivant Eugène Clerc faut-ll un plan et une méthode pour que toute étude soit profitable.Il faut savoir tenir compte : du degré d'instruction acquise et des lacunes de cette instruction, des aptitudes, des goûts, de la position actuelle de la jeune fille, du milieu dans lequel elle vit, du but qu'elle se propose.La jeune fille studieuse ne prend pas pour guide son caprice ou même son plaisir; elle demande conseil à ses parents, à ses anciennes maîtresses, surtout à sen directeur, qui s'intéresse au perfectionnement de son intelligence comme à celui de son âme."Une chose à remarquer, écrivait au XIXe siècle le Père Lacordaire, c'est le peu de solidité des esprits et des goûts à notre époque.A part un journal, un feuilleton, une revue de modes, que lit-on ?Il y a peu de saintes aujourd'hui, ajoutait-il, parce qu'il y a peu de femmes qui lisent sérieusemerif." Que n'écriraii-il pas à ce sujet en 1945?La jeune fille studieuse suit dans ses lectures un plan tracé.Elle ne laisse pas interrompu un livre commencé, elle le lit jusqu'à la fin.Et chaque jour, eu chaque dimanche, elle consacre le temps voulu à la matière déterminée : c'est dire la volonté puissante qu'elle se forge tout en s'instruisant.Elle lit avec méthode, également.Elle se rend compte du but général de l'ouvrage.En conséquence, elle lit attentivement la préface qui l'indique toujours, et la table des matières qui montre comment l'auteur a cherché à l'atteindre.Elle essaie de saisir le plan de l'auteur, l'enchaineme.nt des idées, la manière de les présenter, la justesse et l'harmonie des mots qui les expriment.Elle cherche la raison de toute impression que lui laissent une pensée, un jugement ou même une phrase plus harmonieuse.Elle s'accoutume par là à ne pas se laisser entraîner par un enthousiasme irréfléchi.Elle ne dévore pas les livres et beaucoup de livres.Elle lit lentement les livres qu'elle peut et doit lire.Elle les lit comme le gourmet déguste une fine liqueur, goutte à goutte, pour mieux en sentir la saveur."En général, dit un moraliste, on lit trop de livres, et la mémoire n'est souvent qu'une table des matières à laquelle manquent presque toujours l'indication du livre et la page du livre où se trouve le mot dont on se souvient.On lit aussi trop vite, on lit pour savoir, pour satisfaire une vaine curiosité, on ne pense pas à retenir ou à s'incorporer en quelque sorte ce qu'on lit, de manière à pouvoir, après une lecture faite posément el avec intelligence, reproduire de vive voix ou par écrit ce qu'on a lu." "Pour bien lire, dit à son tour Fénélon, il faut digérer sa lecture et la convertir en sa propre substance; il faut lire avec recueillement, 11 faut que la lecture devienne une demi-méditation." La jeune fille studieuse fait des analyses des diverses parties du livre qu'elle lit, et même de chacun des chapitres, c'est-à-dire qu'elle les résume en quelques phrases bien claires et bien précises, de manière à avoir dans une page tout l'ensemble d'un chapitre."Elle prend des notes en transcrivant sous difféients titres les pensées qui lui parais sent utiles à conserver : un fait historique, un jugement, une réflexion morale.Elle complète même ces notes par des observations personnelles indiquant ce qu'elle pense elle même de la page copiée.Un livre qu'on a quitté sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu.Lire sans prendre des notes, c'est comme si on n'avait rien lu.Dans quelques semaines, le surlendemain peut-être, on ne saura plus ce que contenait le volume."La mémoire est la faculté d'oublier", a-t-on dit.Et ainsi, la jeune fille studieuse cueille tour à tour dans le champ de la foi, de l'his toire, de la poésie, de la littérature et de la fantaisie, les pensées les plus claires et les plus justes.Les fleurs de l'esprit valent bien celles des champs; elles sont plus durables, plus agréables, plus utiles surtout, car "faire entrer la poésie dans la vie, c'est aussi y faire entrer la joie." F.D.J.— 168 — (du 2 au 9 février) Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième.Aujourd'hui il nous donne six jours pour nous occuper de nos affaires personnelles; mais il demande que nous employions le septième à son service.Il nous fait la large part et ce n'est que stricte justice que nous lui accordions le peu qu'il s'est réservé.Que l'homme se montre avare, mesquin et ingrat, quand au lieu de lui offrir toute la journée du dimanche, appelé justement le Jour du Seigneur, il se contente de lui en donner une petite heure le matin pour s'approprier tout le reste en voyages, amusements et plaisirs de toutes sortes 1 Le travail du dimanche n'est jamais permis, excepté dans des conditions graves et spéciales, et avec l'autorisation de son pasteur.Il ne profite pas à celui qui s'y adonne; il ruine la santé du corps qui a besoin de repos, et l'argent gagné ainsi fond sans utilité et sans qu'on s'en aperçoive.i • Une messe où le corps seul est présent; une messe pendant laquelle on ne fait rien, on ne demande rien, et dent on attend impatiemment la fin; une messe pendant laquelle on ne pense qu'à ses affaires ou aux plaisirs qu'on se prépare; toutes ces messes ne satisfont pas à la loi divine.Pour qu'une messe réponde au précepte divin, il faut que les fidèles s'unissent au prêtre en lisant les prières liturgiques, qu'ils chantent, prient ou méditent sur le mystère ou sacrifice qui s'accomplit devant eux.11 est grandement désirable que les fidèles participent plus intimement à la messe en recevant ia communion qui complète le sacrifice.La plupart des chrétiens, du moins au Canada, vont assez régulièrement à la messe le dimanche, parce que le commandement oblige sous peine de péché grave; mais qu'ils sent peu nombreux ceux qui assistent à l'office du soir, aux Vêpres et à la bénédiction du Saint-Sacrement, sous pré- Une messe à la grotte de Massabielle - Lourdes.— Il y fait bon prier.'EnTo! du Pensionnnt SlB-Anir*'* — l'ontlvy.) texte que ce n'est que de conseil I.Cependant que de grâces on retirerait de cette bénédiction, et comme la semaine qui arrive serait heureuse.Comme cette veillée à l'église serait plus reposante et plus profitable que celles passées aux cabarets, aux théâtres, aux cinémas et autres lieux d'amusements I.Il resterait encore assez de temps à chacun pour jouir de la vie de famille, visiter les amis et se livrer aux divertissements honnêtes qui délassent et récréent.Servons Dieu généreusement.Il nous le rendra au centuple en paix, en joie, en bonheur.en succès dans toutes nos entreprises.G.bui.i.kvh.i.e DERIDONS-NOUS Devinettes.1.Quelles sont les personnes qui n'ont jamais besoin d'ombrelle ?2.Quelle est la plaine la plus élevée ?3.Quel est l'arbre le plus hideux à voir pendant l'hiver?4.Quelle ressemblance y a-t-il entre un champignon et un avocat ?5.Quelle différence y a-t-il entre un gardien de la paix et du savon noir ?6.Quel esi le comble de la réussite chez un chercheur de sources ?7.Qu'est-ce que chacun souhaite et dont il veut aussitôt se débarrasser ?Réponses.mieddD uoq un l •snuaAej ep eomos eun juAnooep ep tse.Q -g ¦(assit nD8d) eo||od d( iuoj xnep se| snoi :eunonv '9 (sidj| nD) sjdjj xno )uessnod xnep se] snoj_ \ ¦(spuo|6 SUDS) IUTj[6uds iso p gjo|D,nb oojrxl 'eueip e-j -g •ouni auje^d d\ ise^ -j -e&Diquio HD| ma] epuoui a\ ino) enb osiad 'sosnopi seuuosjod s9-j -| Logique enfantine.Edmond, cinq ans, taquine un canard; le volatile s'enfuit en entendant les cris de l'enfant.— Edmond, dit la maman, il ne faut pas faire de mal aux animaux.— Alors, pourquoi les tue-l-on pour les manger?Cher le dentiste.Le patient, un Ecossais, fouille dans sa poche : — "Vous n'êtes pas obligé de me payer d'avance", do lui dire le dentiste.— "Non, monsieur, ce n'est pas ce que )e veux; Je veux compter mon argent avant que vous ne me mettiez le masque." Percepteur contre sorcier.Les indigènes d'urvs colonie française d'Afrique, poussés par un sorcier qu'ils aimaient et estimaient beaucoup, refusaient de payer l'impôt.Le fonctionnaire, malin, fit venir le sorcier et lui dit: — le suis bien plus fort que toi.et je vais te le prouver.Acceptes-tu l'épreuve ?— l'accepte, répondit le sorcier, bien sûr d'avance qu'un blanc ne pourra Jamais l'égaler.— Eh bien I fais donc ce que je fais, si tu en es capable, dit le fonctionnaire.Et, d'un coup sec, il enleva son râtelier et posa ses dents sur une table.— Fais-en autant, alouta le fonctionnaire, ou tu seras chassé comme imposteur.Le sorcier noir, ne possédant pas de râtelier, s'enfuit à toutes ïambes, tandis que la population payait ses contributions en s'inclinant Jusqu'à terre devant le merveilleux sorcier blanc.Toto à son père.— Dis.papa, la nuit a donc un œil ?— Pourquoi ?— Dame I Maman disait ce matin qu'elle n'avait pu fermer l'oeil de la nuit.Madame et sa cuisinière.— Marie, Je n'ai pas à me plaindre de votre service, mais vous avez un grand défaut : votre thé n'est jamais buvable.— Oh I Madame sait bien quo pauvre thé v'eit pas vice.Paire de gants.Le petit Jean va faire une visite avec sa mère.Avant de sortir, celle-ci inspecte la toilette de son fils.— Tu as oublié tes gants, va vite les chercher.Jean disparaît et revient quelques minutes après.— Voilà, maman 1 — Petit étourdi I s'écrie la maman, regarde ce quo tu as fait Tu as mis un gant gris et un gant Jaune.— Oui, maman, répond lean tout penaud.Je l'ai bien vu, mais l'autre paire est pareille.— 170 — APPARITION DE NOTRE-DAME DE LOURDES La 11 février noua rappelle l'apparition de la Sainte Vierge à Lourdes.En septembre 1846, Marie s était déià montrée à la Salette à deux leunes pastoureaux Mnximin et Mélanie; mais comme son message de pénitence n'avait pas été écouté, elle revient à la charge.Le 11 lévrier 1858.c'est l'humble Bernadette Soubirous qui est choisie comme confidente.Comme ce sont les péchés qui attirent la colère divine, Marie insiste de nouveau pour que l'on fasse pénitence.et que l'on se convertisse.Depuis ces apparitions, Lourdes est devenu le plus grand contre de la dévotion mariale en France.Les loulou y accourent de partout: les conversions et les guerisons miraculeuses s'y produisent tous les ans en grand nombre.Le sanctuaire et la grotte de Lourdes sonl comme un puissant aimant qui attire les uns pour demander toutes sortes de faveurs; les autres pour témoigner leur reconnaissance pour les bienfaits reçus.La plupart des Lecteurs de "l'Abeille" n'auront probablement jamais la chance dn visiter ce célèbre sanctuaire de Marie; mais qu'ils se consolent.Marie entend nos prières et les exauce ailleurs qu'à Lourdes.Elle est aussi puissante et aussi e-courable dans la plus humble des nom- Marie apparaît à Bernadette breures chapelles qui lui sont dédiées.Ce qui compte, c'est surtout la foi a/ec laquelle nous prions. VI.— SOUS LE TOMAHAWK Les guerriers mohawks étaient furieux de leur attaque manquée contre le fort Richelieu.Us exigèrent la mort d'Ondessonk et des autres Français prisonniers.Or, sur ces entrefaites, des Iroquois descendus à Kensselaerswyck avaient appris aux Hollandais de la Nouvelle-Amsterdam, leurs alliés, la capture des Français et leur intention de les brûler.Le gouverneur Van Corlaer ne put s'empêcher de manifester un sentiment d'horreur et leur demanda de libérer leurs prisonniers.11 finit par leur persuader de tenir un conseil avec lui à leur sujet.Le Gouverneur général William Kieft, mis au courant, ordonna à Van Corlaer de racheter les trois Français.Celui-ci se dirigea donc vers les villages mohawks avec un interprète et arriva au moment où les guerriers revenus du Fort Richelieu réclamaient leur mort.Van Corlaer fut reçu avec de grandes démonstrations d'amitié et l'on donna un festin en son honneur.En attendant la réunion du conseil, il eut des entretiens avec le Père Jogues qui lui raconta tout ce que lui et ses compagnons avaient souffert.Le gouverneur ému promit de faire tout en son pouvoir pour les délivrer.A la réunion du grand conseil, les Iroquois renouvelèrent leur alliance avec les Hollandais, mais ne voulurent point accepter la somme de six cent florins que Van Corlaer leur offrait en échange des Français.Corlaer dut donc repartir sans avoir réussi dans sa mission.Jogues et Goupil étaient trailés en esclaves et n'avaient aucune garantie de protection de la part de leur maître.Couture et Jean, plus heureux, avaient été adoptés et se trouvaient en sécurité.Au grand conseil, les clans iroquois dont chacun était désigné par un animal symbo- lique, étaient divisés : les Loups et les Tortues favorisaient la paix avec les Français et.demandaient la libération d'Ondessonk et de René tandis que les Ours recherchaient la guerre et voulaient l'exécution des deux prisonniers.Les pourparlers continuèrent durant plusieurs jours.Une nuit, pendant que tout le village était en conseil, Jogues, Couture, Goupil et La Lande se cachèrent près de la case des chefs et écoutèrent.C'était un vacarme indescriptible.Les Ours criaient qu'ils tueraient les Français cette nuit-là même.Jogues et ses compagnons s'enfuirent et se cachèrent dans un champ voisin.Le lendemain matin, ils rentrèrent à Osser-nenon et apprirent qu'ils avaient échappé de justesse à la mort.Une bande de jeunes guerriers du clan des Ours était sortie précipitamment du conseil et avait fouillé toutes les cases pour y trouver les Français et les massacrer.Au matin, les chefs avaient réussi à rétablir le calme.Durant quelques jours, les prisonniers jouirent d'une certaine liberté relative.Us pouvaient circuler dans le village et même entrer dans les cases.Jogues était habitué à ce genre de vie qu'il menait depuis six ans.Goupil, par contre, avait peine à supporter la nourriture et la saleté des sauvages.Ceux-ci le méprisaient d'autant plus qu'ils le voyaient plus craintif.Ils le soupçonnaient d'être sorcier.Goupil priait ostensiblement.A genoux sur la terre nue, il levait les yeux au ciel, se frappait la poitrine, et remuait les lèvres.Tous ces gestes étaient interprétés comme des invocations au démon.René devint donc le bouc émissaire des Iroquois.Us résolurent de le tuer.Un jour, Ondessonk fut envoyé dans une autre case.Cette séparation ne présageait — 172- rien de bon pour Rem'-, lu incident vint en core aggraver le danger.Goupil jouant avec les enfants du chef prit la main de l'un d'eux et traça sur lui le signe de la croix.Le chef, outré de colère, chassa René hors de la tente à coups de pieds en maudissant les Français.A cette nouvelle, Jogucs emmena Cioupil à l'écart, l'avertit du danger qui le menaçait Il le confessa et lui donna l'absolution.René protesta qu'il était prêt à mourir pour le salut des Iroquois.En retournant au village, ils rencontrèrent deux sauvages; l'un d'eux était le frère du chef tué à l'attaque contre le fort Richelieu.Les deux guerriers avaient les épaules couvertes d'une épaisse couverture de laine.Ils ordonnèrent aux deux Français de les précéder.Le long du trajet, Jogucs et son compagnon murmuraient des Avé.Parvenus près de la palissade, les guerriers ordonnerait à OndMwnk de passer le premier.Celui-ci avança de quelques pas et entendit du bruit.S'étant retourné, il vit le tomahawk dissimulé shik Ii.uvertuiv s'abaisser sur le crâne de René qu'il fracassa pendant que celui-ci murmurait : "Jésus, Jésus.' ' Jogues se dirigea vers lui et lui donna l'absolution.Puis, 8'offrant à Dieu, il dit aux Mohawks : "Faites ce que vous voulez, je ne crains pas la mort." Le sauvage qui venait de tuer René lui dit : "Lève-toi.je n'ai aucun droit sur toi, tu appartiens à une autre famille." Une foule de sauvages attirés par le bruit arriva sur les lieux, quelques-uns applaudissant, d'autres protestant.Le chef de la case d'Ondessonk lui ordonna de rentrer tout de suite chez lui et de ne pas sortir.Jogues, amis près du feu, pleura la mort de son frère.C'était le 29 septembre, jour de la fête de saint Michel.Un grand vacarme l'entoura soudain.On lui signifia de quitter la case et on le conduisit, au milieu de vociférations, dans la tente du chef qui détestait le plus les Français.Jogues demeura impassible devant les menaces des Iroquois.Le tumulte apaisé, il s'étendit pour dormir.Une pensée l'obsédait : où était le corps de René î II ne put dormir.Le jour était à peine levé qu'il sortit de la ease et se dirigea vers le lieu où René avait été massacré.Là un vieux chef ami, tout bouleversé de le voir s'exposer ainsi, lui apprit qu'une bande de jeunes gens, après avoir traîné le corps dans les rues l'avait jeté dans le ravin.Jogues alla vers cet endroit.— "Tu perils la raison, mon neveu, lui ilit 1'Iroquois: tu peux être tué à tout moment, et tu vas là-bas chercher un corps mort qu'on a trainé hors du village.Ne voisin pas ces jeunes gens à l'air féroce t Ils vont te massacrer aussitôt que tu seras hors des palissades." Voyant son obstination, le vieux chef envoya un Algonquin qu'il avait adopté, pour accompagner le Père et le protéger.Ils franchirent la palissade et descendirent le ravin où ils trouvèrent le corps de René couvert de boue et sanglant.Le Père Jogues se mit à genoux et versa des larmes devant les restes de son cher ami.Comme il n'avait aucun Instrument pour l'ensevelir, il cacha le corps dans le lit presque desséché de la rivière et empila des pierres tout autour et par-dessus dans l'intention de revenir plus tard l'inhumer.En retournant au village, deux jeunes guerriers l'arrêtèrent, lui disant qu'ils avaient des ordres pour le conduire à la bourgade il 'Andagaron.Jogues répondit : "Je ne suis pas mon maître : demandez à ceux qui ont autorité sur moi; s'ils me disent d'y aller, je vous accompagnerai volontiers." C'était un piège.Les guerriers rebroussèrent chemin car ils ne voulaient pas que son maître le sût.Lorsque le vieux chef ami apprit la chose, il essaya de dissuader les deux guerriers de commettre ce meurtre.Il demanda aussi la protection du maître actuel d'Ondessonk.Celui-ci accepta à contre-cœur, car il n'aimait pas les Français.Par contre, sa sœur prit Jogues soils sa protection.Elle l'appelait "neveu" et il lui disait "tante".Jogues cherchait toujours l'occasion de retourner auprès du corps de René pour l'ensevelir.Après un violent orage, le lendemain matin, il sortit de la tente, une bêche à la main.Il descendit le ravin transformé en torrent, avança dans l'eau et chercha l'endroit où il avait caché Goupil.Il ne trouva plus que des pierres dispersées.Le torrent avait-il emporté le corps ou bien les sauvages l'avaient-Os volé pour le déshonorer 1 II fouilla les environs mais ne trouva rien.Isaac s'informa auprès des indigènes qui se moquèrent de lui.Désolé, il revint au village, convaincu qu'il ne reverrait pins les restes de son ami.Croyant que sa mort ne saurait tarder, il l'attendait avec résignation.Seule, sa "tante" le protégeait contre la fureur des Ours, devenus le parti le plus puissant.— 173- Or le fi's de celle-ci étant mort, doux pa-rentes rendirent Ondessonk responsable et résolurent
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