Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'Action catholique ouvrière.
L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. [...]

L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. Il fait suite au Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947) et est suivi de Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), de Prêtres et laïcs (1967-1973), de Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), de Vie ouvrière (1979-1990), puis de VO (1990-1997) qui, en fusionnant avec Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

L'Action catholique ouvrière, dirigée par Égide Sénécal, prêtre oblat, est destinée aux militants du mouvement de L'Action catholique ouvrière (ACO), qui peuvent être prêtres ou laïcs. Cette organisation a été créée par l'Église pour favoriser et alimenter un encadrement pastoral actif du monde ouvrier. La revue est rédigée par les aumôniers nationaux et diocésains de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

Ces rédacteurs ont manifesté un souci constant d'adaptation à l'évolution de la société québécoise, d'où une certaine ambivalence qui prend source dans leur attachement à la doctrine sociale de l'Église.

L'Action catholique ouvrière s'intéresse à tous les aspects de la condition ouvrière : salaire, syndicalisme, instruction, famille, etc. Elle publie enquêtes, reportages et articles de fond.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, vol. VIII, p.182-183.

COLLIN, Jean-Pierre, La Ligue ouvrière catholique canadienne, 1938-1954, Montréal, Boréal, 1996, p. 29-31.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1951-1957.
Contenu spécifique :
juillet-août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique.
  • Successeur :
  • Prètre d'aujourd'hui.
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (11)

Références

L'Action catholique ouvrière., 1953, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME III, No 7 JUILLET-AOUT 1953 SOMMAIRE Un éloquent témoignage d'apostolat en milieu ouvrier .'.RR.PP.Jean-Louis DION, o.m.i.et Paul-Emile PELLETIER, o.m.i.298 Message .S.E.Mgr G.-Léon PELLETIER 299 Hommages à Leurs Excellences Nos Seigneurs Marie-Joseph Lemieux, o.p.et Albert Leménager .La Direction 302 Les dix ans de la L.O.G.trifluvienne .Alexandre MASSICOTTE, ptre 303 La fondation de la première section lociste de Shawinigan .Albert LOUBIER, s.s.s.324 Le travail de la L.O.C.au coeur des foyers ouvriers .Zoël MELANCON, ptre 338 Les débuts de la fédération régionale de Shawinigan .Lucien GELINAS, ptre-curé 345 Panorama des services locistes de la Mauricie .Léo GIRARD, ptre 348 Le couronnement des dix ans de la L.O.C.trifluvienne .Joseph BUISSON 361 La voix des Evêques : Messages de S.E.Mgr Georges-Léon Pelletier : Le Front Ouvrier et l'habitation familiale .363 L'accès à la propriété et la sécurité sociale .363 Le dixième anniversaire de la L.O.C.364 Des parents éducateurs .366 Deux décorés pour l'éternité .Paul-Emile PELLETIER, o.m.i.368 "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous a responsabilité des Aumôniers nationaux e\ diocésain de la J.O.C.et de la L.O.C.Avec autorisation de l'Ordinaire Rédaction et Administration : 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.O.C anâda C anditions d'abonnement (de janvier à c écembre) Ab onnement régulier : $2.00 — $1.50 Le numéro : 0.25 Présentation UN ELOQUENT TEMOIGNAGE D'APOSTOLAT EN MILIEU OUVRIER Le présent numéro nous décrit les dix ans de vie de la L.O.C.trifluvienne.Il nous démontre comment un mouvement encore bien jeune peut donner des résultats apostoliques remarquables.Bien des facteurs ont du reste contribué au succès dont nous sommes témoins.Le diocèse de Trois-Rii ières a eu le bonheur de posséder depuis de longues années des maisons de retraites fermées qui ont sûrement et magnifiquement préparé la voie à nos mouvements d'Action Catholique.Soulignons également le travail fécond de la J.O.C.qui naissait dans le diocèse dix ans avant la L.O.C.et lui préparait un bon nombre de chefs de première valeur.Mais surtout il faut reconnaître l'impulsion constante que surent donner au mouvement les trois Evêques qui se sont succédé depuis dix ans à Trois-Riiïères et en particulier Son Excellence Mgr Georges-Léon PELLETIER.Les documents qui sont publiés dans ce numéro spécial et surtout la si magnifique lettre liminaire le prouvent merveilleusement.Nous disons à Son Excellence notre gratitude et notre joie.On a voulu, dans les articles de ce numéro spécial, essayer de donner un portrait fidèle de la L.O.C.trifluvienne "dans la fraîcheur de ses dix ans".Les cadres d'une revue n'ont pas permis d'être complet.L'un des principaux articles a même dû être reporté au prochain mois ; il portera sur le rayonnement social de la L.O.C.dans la région de la Mauricie.Ce qui ressort davantage de toute cette période qu'on peut nommer l'enfance, c'est peut-être avant tout cet éveil aux responsabilités sociales chrétiennes d'un grand nombre de foyers ouvriers qui semblaient distraits des exigences profondes de leur christianisme.On les a vus lentement prendre une pleine conscience de leur "double vocation chrétienne et ouvrière", selon le mot de Pie XII à Cardijn.On les a vus également retrouver une confiance qu'ils avaient trop souvent perdue, confiance en l'Eglise comme la mère des travailleurs, confiance en sa doctrine, confiance en leurs propres talents, si minimes soient-ils, au point d'accepter de les mettre au service de l'Eglise et de leurs frères ouvriers.La L.O.C.trifluvienne n'en est donc qu'à ses débuts.Elle a couvert la plupart des paroisses ouvrières du diocèse.Elle s'est formé des cadres.Mais il y a lieu de se réjouir grandement du travail accompli.Nous souhaitons que cet anniversaire soit un élan nouveau pour que tous "prêtres et laïcs, soucieux de travailler dans l'unité, s'emploient à former une élite ouvrière chrétienne qui devient le véritable ferment de toute la masse".(S.E.Mpr Pelletier).// nous est très agréable d'exprimer ici nos félicitations à tous, aumôniers et apôtres laïcs.Mais nous tenom surtout à remercier tons les aumôniers diocésains et locaux avec qui nous avons travaillé dans une équipe admirable au service de la même Eglise diocésaine de Trois-Rivières, pour le salut de la même classe ouvrière.Jean-Louis DION, o.m.i., aumônier national de la L.O.C.Paul-Emile PELLETIER, o.m.i., aumônier nat.-adjoint de la L.O.C.— 298 — MESSAGE DE S.E.MGR GEORGES-LEON PELLETIER évêque de Trois-Kiviêres, h la Ligue Ouvrière Catholique de son diocèse Evêché de Trois-Rivières le 21 juillet 1953 MM.les Aumôniers, Très chers Locistes, Dans quelques semaines, vous célébrerez le dixième anniversaire de la Ligue Ouvrière Catholique du diocèse de Trois-Rivières.Je sais que vous voulez donner à cet événement le caractère profond du souvenir en faisant écho à tout ce qui a marqué la naissance et surtout le progrès constant, chez nous, de notre bienfaisante Ligue Ouvrière Catholique.L'immense travail accompli par votre sincère collaboration au désir de Dieu, inondera vos cœurs de joie et de reconnaissance pour activer encore votre bel élan de restauration chrétienne du monde ouvrier.Il y a dix ans, notre L.O.C.naissait.D'une paroisse, elle s'est communiquée à une autre, puis à une troisième.Aujourd'hui, elle couvre vingt-trois paroisses et comprend quatre fédérations régionales.La marche conquérante de l'ensemble est coordonnée par un Comité diocésain dont la fécondité apostolique se fait sentir dans tout le mouvement.Chers Locistes, devant un progrès aussi considérable, j'admire avec vous le travail du Christ qui transforme les âmes, fait aimer l'intimité réconfortante de la prière, donne la soif de l'apostolat, dirige les vies dans la lumière de la vérité et les réchauffe dans la flamme de l'amour.Tout cela, pour susciter chez les membres du Corps Mystique que nous sommes, des élans aux dimensions du Royaume de Dieu.Vous le sentez vous-mêmes, c'est le Sauveur, Lui le premier Modèle des apôtres de la rédemption, qui vous fait chérir en ce monde les valeurs authentiques de la vie, qui nous attache à l'Eglise catholique, l'unique vraie, laquelle nous rend d'inestimables services du berceau à la tombe.Par Lui encore, nous sommes rivés aux belles traditions chrétiennes de chez nous ; par Lui nous aimons les institutions qui font notre force, comme la paroisse, avec son église et ses écoles, ses autres services aussi importants les uns que les autres.Ce même amour nous attache encore à tous les milieux de la société, notamment à la classe ouvrière où vivent des frères — 299 — qui sont encore peut-être plus près de nous, et qui comptent sur notre exemple édifiant, notre secours constant de radieuse charité.C'est donc le Ciel qu'il faut d'abord remercier, pour l'expansion si rapide de notre Ligue Ouvrière catholique.Ensuite, il faut dire merci à tous ces vaillants aumôniers, à cette phalange d'apôtres laïcs, qui se sont dévoués au sein du mouvement.Les uns comme les autres ont prodigué leur temps, sou-ventes fois leurs économies, parfois même leurs forces ; mais toujours leur prière, leurs conseils, leurs sacrifices et leur amour.Avec le zèle que donne une ardente charité, ils se sont penchés sur le monde des travailleurs, moins pour en découvrir les misères que pour lui apporter ce qui manquait à sa croissance chrétienne, à ses possibilités apostoliques, de même qu'à son véritable bonheur.Ces vaillants se dépensent pour que le milieu ouvrier prenne conscience de son rôle sauveur au sein de notre société, qu'il soit fier de sa dignité chrétienne, en un mot qu'il puisse s'acquitter de ses responsabilités de membre du Corps Mystique, au milieu d'un monde dont l'aspiration première devrait être toujours de grandir à la taille du Christ.«In mensuram aetatis plenitudinis Christi».(Eph., 4, 12).A cet effet, prêtres et laïcs, soucieux de travailler dans l'unité, s'emploient à former une élite ouvrière chrétienne qui devient le véritable ferment de toute la masse.Obéissant avec amour aux consignes de l'évêque, ils se sont adonnés davantage à la prière, au sacrifie0.Au cours de réunions d'études bien organisées, on comprend davantage l'Eglise et les beautés de notre sainte religion.Pour aider vraiment leur milieu, ces apôtres vont au cœur des problèmes complexes de la vie individuelle, familiale et sociale du monde ouvrier.Ils touchent les problèmes encore plus concrets de l'usine, des loisirs, de l'honnêteté au travail, de l'Association professionnelle, du budget familial, de la coopération, des caisses d'épargne, du devoir d'éducation des enfants et à la maison et en collaboration avec l'école, de la pratique religieuse d'un chacun, du souci que nous devons avoir pour la pratique de la morale chrétienne, des vocations ; en un mot, de tout ce qui regarde la mission sublime de ceux qui, au pied de l'autel, ont passé devant Dieu un contrat-sacrement.Que ce mouvement d'Action catholique spécialisée soit nécessaire, personne n'en doute.Notre diocèse n'est-il pas devenu aux trois-quarts industriel ?Ce simple aveu souligne déjà accroissement de problèmes et augmentation de difficultés de tout genre.Ne devient-il pas plus difficile et plus complexe de garder au Christ toute cette belle classe ?Plus il y a aussi de vigilance à exercer, de choses à redresser, de préjugés à détruire, de coutumes prometteuses à instaurer pour que ce secteur aimant des travailleurs soit animé d'un grand — 300 — esprit de foi, gagne sa vie honnêtement, puisse satisfaire aux convenables exigences sociales, et travaille par le rayonnement des vertus, à la gloire de Dieu et au salut du prochain.C'est là que l'Action catholique intervient avec bonheur.Les vues chrétiennes qu'elle fournit sur les problèmes et les responsabilités, secouent la torpeur des uns, tempèrent la fougue des autres, indiquent la juste solution aux difficultés qui angoissent les vies, dissipent des haines, opèrent des rapprochements, et surtout rappellent à chacun son rôle de chrétien apôtre, pour maintenir dans le monde un souci constant d'éternité.« L'apostolat des laïcs, écrivait naguère Sa Sainteté Pie XII, est indispensable même là où l'ennemi du Christ ne semble pas avoir pris pied, ni donner des signes particuliers de mouvement et d'action, parce que partout les conditions pratiques et les besoins quotidiens de travail salarié bouleversent les esprits, même ceux des hommes profondément croyants, et soulèvent des problèmes, qui, touchant de près aux intérêts religieux et moraux, requièrent le secours et l'assistance de l'Eglise».(Message aux ouvriers italiens, 11 mars 1945).C'est donc avec grande joie que j'exprime à notre L.O.C.toute vigoureuse dans la fraîcheur de ses dix ans, ma plus attachante gratitude.Chers Locistes, c'est l'Eglise diocésaine qui remercie la rayonnante portion familiale que vous êtes, pour avoir été active dans la Maison du Père, à faire comprendre les choses de Dieu.Vos dix années consacrées à pénétrer de surnaturel le quotidien ardu que nous vivons tous, constituent une tâche gigantesque d'heureuse collaboration qui prolonge l'apostolat de la hiérarchie pour rejoindre les vues mêmes de l'Eglise.Continuez cette tâche rédemptrice.A chaque famille ouvrière, portez sans relâche ni pusillanimité les consignes de l'Eglise.Aidez le pasteur à paître le troupeau de Dieu.« Pour ces raisons, je fléchis les genoux devant le Père de qui tire son nom toute paternité au ciel et sur la terre, afin qu'il vous donne, à la mesure de son glorieux trésor, d'être puissamment affermis par son Esprit en vue de la croissance de votre homme intérieur ; que le Christ habite en vos cœurs par la foi, que vous soyez enracinés dans la charité, fondés sur elle, afin de pouvoir, avec tous les chrétiens, saisir ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur, connaître enfin la charité du Christ qui défie toute connaissance, et que vous soyez ainsi remplis de toute la plénitude de Dieu ».(Ephés., 3,14-20J.Paternellement vôtre dans le Christ, f Georges-Léon PELLETIER, Evêque de Trois-Rivières — 301 — i© 3® i© ■}® i© > i© •î® i© •;® i© •5® i© ■3® i© ^® i© •î® i© i© ^® i© «® i© *® i© "5® tiSSime __'v J)o« excellence IKévérendissin II Vlqr III\arie-Ao5epn oLemieux, o.p., le nouvel ^trcnevêque au/a et _^v ~2)on (excellence IKévérendissime I lllqr ^éloerl cJLei ,r .emenaqer r premier évêque titulaire de i/jarmouth, en f/ouvelle-C^cosse, noi nommaqes respectueux, nos voeux les plus sincères de fructueux apostolat, avec (assurance de notre filial dévouement.L'Action Catholique Ouvrière ®?sx I certaines autres activités Il faudrait signaler le développement considérable du service d'orientation des foyers au point d'atteindre 155 couples divisés en 13 groupes, au cours de l'an dernier.Il faudrait aussi parler des services sociaux du Cap-de-la-Madeleine, de Trois-Rivières, des cours de bricolage, des cours d'enseignement ménager.Il faudrait également parler des émissions radiophoni-ques hebdomadaires de la fédération de Shawinigan au poste C.K.S.M.des cercles sociaux féminins du Cap-de-la-Madeleinc et de Shawinigan, de la fête du mariage chrétien célébrée si magnifiquement à Shawinigan.Il faudrait surtout parler des programmes d'étude et d'action et des campagnes qui les ont couronnés avec un succès toujours grandissant.— 320 — Voici la liste des sujets des programmes d'étude et d'action au cours de cette dernière période : Notre devoir d'état: 1948-49 -Se connaître pour se mieux comprendre 1948-49 Le coût de la vie Enquête 1949-50 Le sens social 1950-51 Famille — Ecole sociale 1951-52 Pères et mères de famille 1952-53 Les loisirs 1948-49 Prudence et force Etude 1949-50 Liturgie familiale 1950-51 Messe et Eucharistie religieuse 1951-52 Espérance et charité 1952-53 Justice Les campagnes correspondantes en mai : 1949 : Budget familial : « Famille ouvrière où va ton salaire » ?1950 : Conscience professionnelle : « Tu y regagnes ! » 1951 : Famille-Ecole : « Mission ou démission ! » 1952 : Education des enfants : « Parents, sommes-nous à la page ?» On remarquera qu'à partir de 1949, disparait le programme intitulé « Notre devoir d'état » pour se fusionner avec l'enquête sociale.On n'aura alors plus qu'un seul programme d'action.d) L«» ËOe anniversaire L'année 1953 marque donc le lOème anniversaire de la L.O.C.trifluvienne.On ne pouvait laisser passer cet anniversaire sans le souligner d'une façon toute spéciale.Chacune des trois sections qui composèrent le premier comité fédéral eurent, au cours du printemps, des célébrations dignes d'un tel événement.Le 22 mars dernier, le Cap-de-la-Madelcinc réunissait en un banquet à l'Hôtel Notre-Dame un grand nombre de militants locistes — 321 — ainsi que plusieurs personnalités du Cap.Deux discours sont davantage dignes de mention : celui de Mgr F.-X.St-Arnaud, directeur diocésain de l'Action Catholique et celui de M.le maire Roméo Moris-sette.Les 2 et 3 mai suivant c'était au tour de la section du Christ-Roi.Il y eut veillée-souvenir le samedi soir au collège St-Sacrement.On voulait rendre hommage aux pionniers et en particulier au cher aumônier, le R.P.Albert Loubier, S.S.S.venu à Shawinigan pour la circonstance.Le lendemain, grand'messe solennelle célébrée par l'aumônier fédéral de Shawinigan, M.l'abbé Zoël Mclançon.Le sermon lut prononcé par le R.P.Loubier, s.s.s.lui-même.On a voulu rehausser l'éclat de la fête en unissant dans une grande fête paroissiale tous les foyers qui célébraient cette année leur 10e, 25e ou 50e anniversaire de mariage.Le midi, il y eut un grand dîner de gala au couvent sous la présidence de Son Honneur le maire François Roy.Ensuite, grande soirée récréative à la salle du Couvent.Lundi matin à 8h.l5, il y eut messe pour les membres défunts, les bienfaiteurs et amis de la L.O.C.Un splendide programme-souvenir fut préparé pour la circonstance.Enfin le 24 mai, c'était la section de la Cathédrale qui célébrait à son tour son lOème anniversaire.Une grand'messe solennelle d'action de grâces réunit tous les locistes d'aujourd'hui et d'hier.Puis il y eut un dîner de famille au cours duquel plusieurs des fondateurs prirent la parole, en particulier M.l'abbé Henri Bourassa, aumônier fondateur, le R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i., aumônier national du mouvement et ancien aumônier diocésain.CONCLUSION Nous avons voulu donner les grandes lignes de l'histoire de la L.O.C.trifluvienne.Il y aurait encore tant de choses à dire.Soulignons, en terminant, un aspect qui ressort plus que tout autre peut-être : la L.O.C.est une merveilleuse école au service des foyers ouvriers.La grande plaie du prolétariat moderne, n'est-ce pas l'abandon progressif des responsabilités dans tous les domaines ?Pour combien d'ouvriers et d'ouvrières, la L.O.C.a été une éducatrice sage et intelligente ! Nous avons ici, devant nous, les chiffres d'une seule année, celle de 1949-50.Au cours de cette année il y eut 570 comités, 547 cercles d'études et 4 journées d'étude, totalisant 14,235 présences.Quelle vaste université ouvrière ! — 322 — La L.O.C.trifluvienne a ses lacunes.Elle rencontre des obstacles.Elle connaît des misères.Mais il semble que dans l'ensemble, elle peut être fière des richesses accumulées au cours de ses dix années de vie.Ces succès, elle les doit à une multitude de causes mais en particulier à l'encouragement constant de son Evêque, au zèle de ses aumôniers diocésains et locaux et à son esprit d'unité, tant à l'intérieur du diocèse qu'avec toute la L.O.C.canadienne.Elle les doit avant tout à la grâce du Christ et à la médiation toute puissante de Notre-Dame de la Mauricie, Notre-Dame du Cap.Puisse la L.O.C.continuer de grandir et de prospérer ! »©« oLc e creuset nécessaire à la trempe des apôtres Nous avons demandé aux autorités des deux maisons de retraites fermées du diocèse un rapport des retraites locistes tenues au cours des dix années de la L.O.C.Au cours de cette période il y eut 20 retraites à la Maison Marie-Reine des Apôtres, dirigée par les Missionnaires Oblats de M.I., avec un total de 916 retraitants.Les retraites de la L.O.C.F.forment un total de 27 re-traiaes, avec 627 retraitantes.Il est à souligner qu'une collaboration très étroite a toujours existé entre le mouvement des retraites fermées et la L.O.C, suivant en cela la consigne de Son Excellence Mgr Pelletier : "La retraite fermée est le creuset nécessaire à la trempe des apôtres".Il y ut également plusieurs centaines de recollections qui vinrent périodiquement ranimer la ferveur apostolique de ces apôtres.Comme exemple, nous donnons ici les chiffres de l'année 1948-49 : 54 récollections avec 718 participants.— 323 — LA FONDATION DE LA PREMIERE SECTION LOCISTE DE SHAWINIGAN Interview du R.P.Albert LOUBIER, s.s.s., aumônier-fondateur par le R.P.Jean-Louis LAFOND, s.s.s., aumônier actuel de la L.O.C.de la paroisse du Christ-Roi de Shawinigan 1 — Qu'est-ce qui nous a incité à fonder la L.O.C.à Shawinigan ?Le souci de répondre aux appels réitérés de l'Eglise en faveur de l'Action Catholique Ouvrière.Ce motif d'ordre général s'imposait à moi avec une force impérieuse à mesure que l'organisation de la J.O.C.F.et les autres activités du ministère me mettaient en contact avec la population de Shawinigan.La classe ouvrière si attachante se révélait à moi de plus en plus avec ses grandes qualités de coeur et ses misères.Les ouvriers sont souvent des héros qui s'ignorent, capables des plus beaux sacrifices et des plus généreux dévouements.J'étais péniblement impressionné, d'autre part, de découvrir la situation affligeante d'une grande partie des foyers : pratique religieuse encore universelle, mais coupée de la vie réelle, insuffisante dès lors à solutionner chrétiennement les nombreuses et graves difficultés qui, en troublant la sécurité et le bonheur familial, empêchent le foyer ouvrier de remplir sa mission providentielle ; religion artificielle, individualiste, rapetissée, qui ne sait plus organiser une vie droite, juste et fraternelle, qui résiste mal au surplus à l'influence délétère de la société moderne contre les valeurs chrétiennes les plus fondamentales.Je constatais par ailleurs que la J.O.C.ne pouvait s'épanouir normalement tant que le climat familial lui-même ne serait pas transformé.Il était donc urgent de s'adresser aux adultes pour les mettre au service du milieu ouvrier.2 — Quels étaient les principaux problèmes dont souf- fraient les familles ouvrières à ce moment-là ?Les problèmes du milieu ouvrier, en général : conditions de travail pénibles, souvent déprimantes pour la santé et le moral des travailleurs, peu favorables à l'observation du dimanche ; salaires insuffisants en proportion avec la hausse croissante du coût de la vie ; exiguité et prix excessif des loyers ; insécurité perpétuelle en face des — 324 — risques de maladie et de chômage ; incompréhension douloureuse des réalités charnelles et spirituelles du mariage chrétien.L'industrialisation rapide de la Cité avait aggravé singulièrement cette situation, en particulier le problème des loyers.La plupart des familles, fraîchement déracinées de la campagne, étaient moins préparées qu'en d'autres centres urbains à s'adapter à leurs nouvelles conditions de vie : travail « sur les shifts », rencontres et rendez-vous occasionnés par les équipes de nuit, climat matérialisant de l'usine, loisirs commercialisés, tavernes, restaurants, grills, salles de danse, etc.qui deviennent une tentation facile de gaspillage et d'immoralité.Il faut ajouter à ce tableau l'absence à peu près totale de solidarité ouvrière : que l'on se rappelle que l'unique Syndicat, celui de l'Aluminium, comptait alors à peine soixante membres cotisants sur quelque deux mille ouvriers.3 — Comment saviez-vous que la L.O.C.pouvait apporter une réponse à ces problèmes ?Ma foi en la vocation surnaturelle du milieu ouvrier : je croyais que la Providence y a placé les éléments nécessaires à sa transformation.Une foi inébranlable en la grâce et l'efficacité des Mouvements spécialisés d'Action Catholique prônés si clairement par le Pape Pie XL C'est pourquoi j'étais convaincu que la L.O.C.était le moyen adéquat et tout indiqué pour réveiller et mettre en branle les énergies apostoliques latentes au coeur des ouvriers.4 — Quelles furent les premières démarches que vous avez entreprises en vue de la fondation de la L.O.C.?Plusieurs mois de sondages individuels pour découvrir les premiers responsables.Craignant plus que tout un faux point de départ, j'étais décidé à ne rien entreprendre avant de pouvoir compter sur des chefs vraiment représentatifs du milieu, capables de saisir l'ampleur et le réalisme de Mouvement, et prêts à s'y engager totalement.Comme la L.O.C.n'existait pas encore dans le diocese, je devais me passer du concours de dirigeants laïques pour le dépistage et la formation de ces premiers chefs.J'écartai dès l'abord une solution de facilité, qui aurait été de recruter les dirigeants parmi les animateurs dévoués des Associations paroissiales, et cela pour les raisons suivantes : — 325 — 1 — Ne pas nuire à ces Oeuvres en les privant d'auxiliaires précieux.2 — Affirmer nettement aux gens de la masse la responsabilité laïque dans la L.O.C.En effet, lancer le mouvement avec des hommes réputés « amis des Pères », pieux exécuteurs de leurs directives, eût été, à mon avis, justifier la prévention hostile de la masse ouvrière : « encore une affaire de curés ! » 3 — Bâtir avec des éléments neufs.Il arrive souvent que les « personnes d'oeuvres » ou les membres de confréries, moulés dans une certaine forme d'activités particulières, soient moins aptes à envisager le sens social d'un apostolat de milieu.J'orientai donc mes recherches auprès d'ouvriers qui s'étaient tenus à l'écart jusque là de toutes les organisations paroissiales.Il iallait utiliser toutes sortes d'occasions de faire un bout de causette, pour connaître et provoquer leurs réactions personnelles en face de la situation du milieu ouvrier.Bien des rencontres ne donnaient pas de résultats concluants.Il y a les individualistes satisfaits, qui semblent imperméables à toute inquiétude du bien commun ; les sceptiques irréductibles, pour qui il n'y a rien à faire, et qui ont décidé de ne se fier à rien ni à personne : « le monde est croche.On se fait toujours rouler.Ca sera toujours la même chose : des promesses, et ça tourne à rien » ; les mécontents qui « attendent » un changement de régime, et déblatèrent indistinctement contre le capitalisme, les patrons, les compagnons de travail, sans soupçonner qu'il y aurait peut-être des attitudes à changer dans leur propre comportement.Voici enfin un cas qui retient mon attention.C'est un ouvrier qui voit les misères de son milieu, qui en souffre et s'en inquiète, qui analyse la situation à partir d'une multitude de faits observés, et cherche à en trouver la cause profonde.Nous discutons jusqu'à une heure avancée de la nuit, et la conversation très animée se déroule en trois temps, correspondant sensiblement à la méthode : Voir, juger, agir.Voici quelques lignes de force de cette enquête qui n'avait rien d'une formule froide, académique ou administrative : plutôt une mise en commun de préoccupations ardentes.1er TEMPS : Ça va mal dans le monde des travailleurs, victimes d'une société capitaliste impitoyable, qui s'est organisée sans eux et contre eux.Des pressions puissantes et redoutables s'exercent sur la masse ouvrière, l'oppriment économiquement et menacent de lui arracher son âme.Les ouvriers qui sont pourtant le nombre réagissent faiblement ou pas du tout contre ce ma- — 326 — térialisme qui envahit progressivement le travail, les loisirs et jusqu'à la vie du foyer.Ils sont isolés dans un individualisme défiant et une résignation fataliste.2e TEMPS : Situation intolérable dans un milieu chrétien.Il faut que ça change : la famille ouvrière a le droit d'avoir des conditions de vie qui lui assurent un bonheur normal et l'épanouissement de sa vocation chrétienne.Or, il dépend précisément de chacun de nous qu'il y ait un changement.Nous sommes tous responsables pour une part, et une grande part, de la promotion sociale et chrétienne de la classe ouvrière.3e TEMPS : « Ce n'est plus le temps de gémir mais d'agir » (Pie XII).Ca fait 25 ans qu'on se lamente et qu'on attend que ça change tout seul.Dans 50 ans, on attendra encore ! Mais comment agir ?Qu'y a-t-il à faire ?J'expose alors le programme et les méthodes de la L.O.C.« levain dans la pâte ».Ecole de formation dont la formule toute tournée vers l'action fait des chrétiens conscients et rayonnants, capables de donner dans le monde « le témoignage d'une religion de grandeur » (Pie XII).Mouvement de pénétration dans la masse, par la propagande, par tout un réseau de petits et de grands services qui répondent aux besoins variés des familles ouvrières et y développent la mystique chrétienne de la charité, de l'entr'aide fraternelle.Organisme représentatif des familles ouvrières auprès des autorités civiles.Ambitions irréalisables.?Certes, s'il n'y avait le secours tout-puissant promis par le Christ à ses Apôtres, assuré aussi aux laïques collaborant avec la hiérarchie pour l'extension du Royaume de Dieu.L'Eglise demande aux catholiques d'aujourd'hui cette foi inconfusible et cette charité conquérante par laquelle les premiers auxiliaires des Apôtres ont contribué à transformer le monde païen d'alors.Mon interlocuteur était visiblement impressionné.Comme je l'ai remarqué en plusieurs autres occasions dans la suite, ce n'est pas en vain qu'on parle d'apostolat à des ouvriers qui ont du coeur, qu'on leur montre que le Christ et l'Eglise comptent sur eux pour continuer la Rédemption.Type de chef, clairvoyant, énergique (un peu trop peut-être à ses heures), avide de dévouement et d'action, mon homme engage loyalement toute sa responsabilité dans cette tâche de commencer à Shawinigan une section de L.O.C.« A vous maintenant, lui dis-je, de vous trouver des collaborateurs et de déclancher leur adhésion.» — 327 — Au bout de deux ou trois semaines, le premier noyau de la L.O.C.composé de quatre membres se réunissait avec l'Aumônier.5 — Parlez-nous donc des premières réunions et du travail accompli par ce premier noyau.Voici la marche que nous avons suivi à la première réunion du premier noyau : a) discussion réaliste des problèmes les plus saillants des foyers ouvriers ; b) volonté de s'engager à fond, avec une foi totale en l'appel du Christ ; c) ce que n'est pas la L.O.C.; ce qu'elle a de neuf.d) A défaut d'une action d'envergure, pour le moment impossible, on va quand même faire quelque chose tout de suite, le peu que vous pouvez, mais tout ce que vous pouvez : D'abord, vivre fraternellement en esprit d'équipe, en état d'observation, d'inquiétude, d'amour à l'égard de tous les foyers ouvriers.Commencer incessamment le travail de contacts individuels de charité et de services.Propagande des idées, du programme de la L.O.C.Par le journal, merveilleux instrument qui permettra de décupler, de centupler dès le commencement les efforts individuels.Les quatre militants conviennent de faire venir de Montréal chacun dix copies du « Mouvement Ouvrier » ' Au troisième Cercle d'étude : Comme les Apôtres revenant de leurs missions, nos pionniers reviennent au local, transformés par la vente de leurs quarante journaux, ils racontent leurs expériences : on les sent conquis, « accrochés ».Toute la détresse ouvrière se révélait subitement à eux avec des profondeurs insoupçonnées : désarroi des idées, sentiments de découragement, d'aigreur, sursauts de révolte.Ils avaient eu dès lors l'occasion de glisser un mot de réconfort.de suggérer, le journal à la main, que l'Eglise met tout en oeuvre pour aider la classe ouvrière, etc.Un de nos militants avait même dû s'attarder plus d'une heure dans une famille pour sympathiser avec elle et essayer d'y laisser un commencement d'espoir.1.Journal mensuel de la L.O.C, devenu depuis "Le Front Ouvrier".— 328 — J'estime que c'est cette vente du journal réalisée en esprit de conquête, qui a lancé la L.O.C.parce qu'elle a tourné nos premiers responsables vers le vrai sens de leur apostolat.L'expérience sera agrandie dans la suite par l'augmentation rapide des journaux vendus, et par la célèbre vente de 2000 Magazines ouvriers en collaboration avec la L.O.C.F.2 Plusieurs nouveaux militants, et des plus dynamiques, ont été conquis pour avoir été appelés à aider à cette propagande.En bref, nous avons toujours poursuivi la formation par l'action.Chaque expérience, chaque activité, chaque réaction devant les faits observés, donnait matière à approfondir une parole d'Evangile, à mieux comprendre la doctrine sociale de l'Eglise, à agrandir la flamme apostolique au coeur des militants.6 — Est-ce que la L.O.C.F.a démarré de la même façon ?La L.O.C.F.a rencontré dès les débuts un succès encore plus rapide.Même préoccupation que pour la L.O.C.de choisir des éléments neufs, sans attache avec aucune autre organisation.Nous avons mis à la base une détermination absolue de dévouement totalement désintéressé, dégagé de toute arrière-pensée de coterie, de dignités ou de vaine glaire.Mot d'ordre : servir le Christ en se dépensant au bonheur chrétien des foyers, dans l'oubli et l'effacement de soi, dans la charité mutuelle la plus simple et la plus franche.Je puis rendre le témoignage que cet esprit a caractérisé le section féminine et lui a assuré une cohésion et une efficacité merveilleuse.Les militantes se sont données toutes d'un seul coeur à ce grand apostolat de charité et de service, se complétant l'une l'autre, et chacune se réjouissant sincèrement des qualités et du succès de sa compagne.Pour stimuler leur zèle apostolique, il n'y avait qu'à leur montrer comment elles devaient, en toutes occasions, continuer le Christ compatissant et miséricordieux, comment par elles le Christ pouvait entrer dans tel foyer pour y porter lumière, sourire, encouragement.Chez les femmes, en effet, la doctrine du corps mystique exerce généralement une influence irrésistible, du moment que cette vivifiante réalité spirituelle est concrétisée en telle attitude, telle parole, tel service où elles découvrent qu'elles peuvent être les yeux du Christ, les mains, les lèvres, le Coeur du Christ.Les services organisés ont été mis sur pied et se sont développés avec un enthousiasme et un dévouement inlassable.Dès les débuts 2.Magazine annuel de la L.O.C, publié par le Centre national Je la L.O.C, 4911 Chemin-de-la-Côte des Neiges, Montréal.— 329 — nous avons dû ajouter aux C.E.des réunions de responsables de services, dans lesquelles chacune revisait ses activités.On cherchait alors ensemble à en améliorer les techniques, à pénétrer tous les détails de la mystique de Rédemption.Comme aide-mémoire, un tableau avait été dressé où on indiquait pour chaque service son objectif précis, son organisation pratique, sa mystique propre.En L.O.C.F.nous avons tenu à étudier à fond les enquêtes sociales, qui risquaient d'inléresser moins les femmes.Nous jugions très important d'élargir leur vision apostolique pour qu'elles visent toujours à l'action sur le milieu comme tel.La propagande du journal leur a demandé des efforts méritoires et bienfaisants.La première présidente dont toutes admiraient la compétence, le beau caractère et le dévouement, confiait pourtant un jour en plein cercle d'étude : « Jusqu'ici je croyais m'etre donnée au Mouvement, mais je comprends maintenant que je n'ai été complètement sincère que depuis le jour où, domptant mes répugnances et ma timidité, je suis allée vendre des journaux aux portes.Le coeur me battait bien fort.Je pouvais alors accomplir un autre acte héroïque pour moi, celui d'aller assister une pauvre miséreuse dans son enfantement ».Cette déclaration a plus fait que tous les discours pour stimuler l'ardeur des autres militantes.7 — Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans les débuts ?Difficultés inhérentes à toute oeuvre d'éducation, et dont l'Evangile nous offre les cas-types : lenteur des Apôtres à comprendre le message du Maître, rivalités, respect humain, tentation des solutions violentes — « faites descendre le feu du ciel » —, mirage d'un royaume temporel, étonnement devant oppositions ou insuccès, etc.Aussi y a-t-il à prévenir continuellement les déviations chez nos militants.Il fallait, chez les hommes surtout, rappeler souvent la primauté du spirituel ; rectifier les récriminations violentes et stériles contre la société, en réaffirmant la part personnelle de responsabilité que chacun doit assumer dans son attitude, à lui, attitude de justice, de loyauté et de solidarité ouvrière ; maintenir énergiquement le mouvement en dehors des partis politiques et de tout ce qui divise ; résister à la tentation de s'embarquer dans des activités de telle association particulière, excellentes en elles-mêmes, mais qui détourneraient du souci de la masse ouvrière.Voici un exemple typique d'erreur qui a failli compromettre la section des hommes, encore à ses débuts.— 230 — Ayant dû m'absenter en prédication extérieure un mois complet, je trouvai à mon retour deux dirigeants du Comité engagés à fond dans la fondation et l'administration d'une Coopérative de Consommation.Faire des reproches ou se lamenter eût été inutile.Après avoir rappelé qu'aucune décision d'envergure ne doit se prendre sans l'aumônier, il n'y avait qu'à examiner la situation.Retirer de la Coopérative les deux dirigeants en question était impossible, car la L.O.C.aurait donné dans le public l'impression de couper le cou à cette initiative dont elle avait elle-même semé l'idée.D'un autre côté, si ces dirigeants continuaient à organiser activement la Coopérative, on s'exposait à compromettre l'Action catholique dans les aléas d'une entreprise économique.Il fut donc résolu que les deux dirigeants seraient libérés de leur responsabilité dans la L.O.C.pour poursuivre l'initiative commencée, jusqu'au moment où la Coopérative n'aurait plus besoin de leur concours immédiat.Cette fausse manœuvre n'en a pas été moins un dur coup pour une section, pas encore très affermie, en l'amputant ainsi de deux responsables du comité.Mais l'expérience a donné occasion de clarifier le rôle de l'Eglise et de l'A.C.vis-à-vis du temporel, en particulier des institutions politiques, sociales ou économico-sociales.Nous avons rencontré un autre genre de difficultés chez certains militants, qui n'arrivent pas à dépasser la conception d'un apostolat individuel, limité encore à un objectif fragmentaire, comme ramener un compagnon à la pratique de la confession, empêcher un autre de blasphémer, de s'enivrer.Conquêtes admirables, certes, une des plus douces consolations de la L.O.C.comme du Bon Pasteur, mais insuffisantes à elles seules à faire un vrai chrétien réel dans le monde réel.J'aimais à citer la boutade de S.S.Pie XI à Mgr Cardijn, qui lui avouait que certains jocistes n'allaient pas à la messe le dimanche : « Mais, répondit le pape de l'A.C, il ne s'agit pas de les envoyer à la messe, il s'agit de faire des chrétiens ».Ces militants incurablement superficiels ne savent pas, au-delà de ces cas isolés, plus apparents, de graves désordres extérieurs ou d'abandon des pratiques religieuses, découvrir la grande misère de la masse sur laquelle s'apitoyait le Bon Pasteur.« Misereor super turbam.Trois jours sans manger, ils vont défaillir en chemin.Ils sont comme des brebis sans pasteur.» Détresse moins voyante, inconsciente souvent, mais plus généralisée et plus profonde de cette masse ouvrière qui manque de guide, de lumière, pour penser et vivre chrétiennement les problèmes pratiques de la vie réelle quotidienne.Conception fausse, païenne, ou au moins incomplète de l'amour, du mariage, de.l'éducation.— 331 — Ce n'est pas seulement telle ou telle manifestation extérieure qu'il y a à corriger, mais plutôt toute une mentalité, manière de penser, de juger, de parler, de travailler, qui est à refaire ; des conditions sociales, économiques, des modes et des institutions, les moyens modernes de propagande, qu'il faut entreprendre de réformer, pour rendre moins difficile l'épanouissement normal de la vie chrétienne dans les foyers.Que d'efforts pour faire comprendre à ces réfractaires et encore sans réussir toujours ! — que l'A.C.comme l'Eglise veut transformer toute la vie., tout le milieu., toute la masse ! 8 — Quelle fut l'attitude des autres mouvements adultes à l'égard de la L.O.C.?A la différence de la plupart des Associations, la fondation de la L.O.C.n'a pas été annoncée officiellement, ni aucun appel public n'a été fait pour joindre ses rangs.Pendant des mois et des mois, le groupe des militants et militantes s'est augmenté par les contacts individuels.Ces contacts s'établissaient, soit par démarches personnelles, soit par la propagande intensive du « Mouvement ouvrier », et du «Magazine ouvrier» (2000 copies vendues la première année), soit par les soirées populaires qui permettaient aux familles de se rencontrer pour sympathiser et prendre conscience de l'esprit et des idées du Mouvement.Ces soirées d'allure tout spontanée et apparemment improvisées étaient cependant soigneusement préparées dans tous les détails par les Comités et les réunions de responsables de services.On y prévoyait l'organisation de l'accueil, un petit goûter auquel toutes les militantes fournissaient leur part (sucre, café, tasses, gâteaux, etc.), la décoration de la salle à l'aide des pages les plus suggestives du « Mouvement Ouvrier ».Quelques artistes bénévoles étaient choisis pour agrémenter le programme, dont l'ordre était d'ailleurs fixé minutieusement.Quatre ou cinq locistes désignés d'avance assuraient la partie éducatricc de la veillée.Un lociste, agissant comme maître de cérémonie, souhaitait la bienvenue, et annonçait tout uniment : « Monsieur (ou) Madame X va vous dire un mot du journal, du Budget (dont des exemplaires étaient disponibles sur une table), du logement, des allocations familiales, de l'éducation, etc.», sujets en rapport avec le Bulletin du mois.Chacun parlait cinq à six minutes au plus.Il n'était pas question directement de la L.O.C.Mais plutôt des idées de coopération, de responsabilités sociales, des problèmes chrétiens que l'on voulait jeter dans la masse.Chaque lociste avait d'ailleurs, dans son secteur, invité à la soirée des personnes de ses voisins ou connaissances.— 332 — Pour ne pas laisser cependant l'impression d'un groupe réservé et fermé, une simple phrase en chaire invitait les familles de la paroisse à une soirée récréative et instructive.Pendant toute la soirée nos locistes observaient fidèlement la consigne de ne pas se tenir ensemble, mais de se mêler à la foule des invités : question de mettre tout le monde plus à l'aise et de susciter des contacts fructueux.L'aumônier disait le mot de la fin.Il parlait, non pas ostensiblement comme tel, mais plutôt comme un invité, exprimant sa joie de voir les familles ouvrières se grouper dans un si bel esprit de fraternité.Il reprenait ensuite pour les souligner vigoureusement les problèmes exposés, en encourageant tous les ouvriers à amplifier ce mouvement prometteur d'authentique charité chrétienne.Cet exposé semble me conduire loin de la question que vous me posez.Il explique cependant en grande part les attitudes rencontrées chez les autres mouvements.Nombre de personnes habituées à l'apparat formaliste de diverses associations étaient singulièrement intriguées et ne cachaient pas leur admiration : « Comment ça marche dans cette affaire-là (sic) ?On dirait qu'il n'y a pas de président ni de présidente, on dirait que c'est l'affaire de tout le monde.C'est très intéressant : on s'amuse, on apprend beaucoup de choses, et il y a tant de simplicité et de charité ! » Durant la belle saison, des pique-niques organisés dans le même esprit remplaçaient les soirées populaires.Et dès la première année, toute une floraison de services : service de placement, des aides familiales, service des malades, des gardiennes, du déménagement, du comptoir d'échange, du budget familial, etc., sans compter les innombrables petits services individuels.Ajoutez à cela, la campagne des allocations familiales, les fêtes d'enfants, les forums, les protestations contre le travail des femmes à l'usine.Ainsi la puissance de la L.O.C.s'imposait déjà comme un fait par le jeune dynamisme de ses réalisations et la ferveur apostolique de ses membres.Il y eut de Fétonnement, de l'admiration, et en certains milieux de l'inquiétude.Quelques partisans de Crédit social auraient voulu l'inféoder à leur mouvement.Un dirigeant de la première heure eut à subir à l'usine un essai d'intimidation de la part du gérant qui voulait le détourner de ses activités.Diverses associations faisaient pression sur nos meilleurs militants pour les embrigader.Certains mouvements, très méritants par ailleurs, craignaient d'être jetés dans l'ombre par la montée grandissante de la L.O.C.Us pensèrent se renflouer en préconisant de nouvelles organisations.Un groupe — 333 — projeta d'instituer l'Ecole des Parents, un autre voulut fonder la Ligue catholique féminine.C'était deux initiatives excellentes en elles-mêmes, mais qui, à ce moment-là, risquaient d'endormir la masse des foyers que commençait à remuer l'Action Catholique ouvrière.La création de nouveaux organismes académiques qui limitent leur action à des séries de conférences pouvait donner le change et empêcher de ressentir le besoin de l'Action catholique spécialisée.Nos locistes ont tenu à être présents aux deux réunions où l'on devait discuter l'opportunité de ces nouveaux cadres.Ils y ont apporté leur témoignage en toute charité et franchise, et l'affaire n'a pas eu de suite.Nous avons développé d'ailleurs chez eux un sincère et très fort esprit de sympathie et de coopération à l'égard de tous les autres mouvements, sans confusion cependant ni au détriment des objectifs propres à chacun : « in necessariis veritas, in omnibus caritas ».9 — Si notre souvenir est fidèle, vous avez fondé la L.O.C.peu de temps avant la fameuse grève de l'Aluminium.Quelle fut l'attitude de la L.O.C.à cette occasion ?En effet, à l'automne de 1943, quelques mois à peine par conséquent après la fondation de la L.O.C, l'Union internationale (Fédération Américaine du Travail) entrait bruyamment en scène à Shawinigan en déclanchant la grève aux deux usines d'Aluminium.Par cette démonstration de force elle comptait bien étouffer à jamais le Syndicat catholique et s'assurer ensuite le contrôle dans les autres usines.Pour de multiples raisons qu'il serait trop long d'exposer, le Syndicat catholique passait par une période critique et perdait de plus en plus l'appui des travailleurs.Malgré les mises en garde du clergé, l'Union internationale rallia d'emblée la presque totalité des ouvriers.Sous la poussée des meneurs une vague d'anti-cléri-calismc souleva la population.On pouvait entendre vociférées par les haut-parleurs des consignes comme celles-ci : « Respectez vos prêtres dans leur ministère, mais vous n'avez pas à les écouter dans les questions ouvrières: ça ne les regarde pas».C'était une manifestation inquiétante de ce dualisme entre religion et vie qui m'avait déjà si fortement impressionné chez nos catholiques.Les dirigeants des œuvres de zèle, des associations de piété ou de bienfaisance, passant outre aux directives rappelées en chaire touchant les Unions neutres, soutenaient ouvertement l'Union internationale.Seuls les militants de la J.O.C.et de la L.O.C.réagirent spontanément dam — 334 — le sens de la doctrine sociale de l'Eglise.Ils se firent, dans leur entourage, les défenseurs courageux du principe de confessionnalité, avant même que j'aie eu le temps de leur suggérer l'attitude à prendre.L'A.C.avait déjà unifié leur vie et les avait habitués à penser, à juger en tout comme l'Eglise.Il se fit heureusement dans la suite un redressement d'attitude clans les autres mouvements.10 — D'après vous, quel rôle la L.O.C.a-t-elle ioué et doit-elle continuer de jouer à l'égard du mouvement ouvrier, surtout des Syndicats de Shawinigan ?Dans -toute cette effervescence d'agitation autour de la grève de l'Aluminium, nos locistes, tout en prônant le principe du Syndicalisme catholique, ne s'étaient pas donné la mission de justifier à tout prix le fonctionnement et toutes les techniques du Syndicat mis en cause.Ils laissaient aux officiers du Syndicat la responsabilité de défendre leurs procédés et à l'Assemblée des syndiqués d'aviser aux meilleurs moyens de solidifier leurs positions.A ceux qui accusaient le Syndicat d'impuissance, les locistes se contentaient de répondre : « Le syndicat sera ce que vous le jerez.Si vous voulez qu'il soit fort, vous n'avez qu'à l'appuyer, qu'à en être membres cotisants, actifs et assidus aux réunions ».Cette position de Ja L.O.C.était sage : en refusant de se solidariser avec l'administration et la direction du Syndicat, elle écartait toute confusion entre la mission spirituelle de l'A.C.et la responsabilité propre au Syndicat, qui est principalement de promouvoir les intérêts matériels et la formation professionnelle de ses membres.Comme les Syndicats, d'autre part, sont une institution nécessaire au relèvement économique et social des travailleurs, qui comporte inévitablement un aspect spirituel et moral, la L.O.C.doit collaborer avec l'organisation syndicale.Elle le fait d'une façon générale par l'appui de sa sympathie, et tout particulièrement par les manières suivantes : a) par son programme, par la formation morale, religieuse, intellectuelle qu'elle donne à ses militants, en quoi elle prépare au Syndicat des adhérents et des membres convaincus ; b) par l'encouragement positif qu'elle donne à ses militants d'adhérer au Syndicat ; de fait, les militants locistes se font spontanément un devoir d'être de bons syndiqués ; c) par la formation de la conscience et de l'opinion publique en faveur du Syndicalisme catholique.— 335 — 11—Comment votre section lociste a-t-elle réussi à travailler pour le bien des foyers de votre région ?Je crois avoir répondu substantiellement à cette question par les exposés précédents, particulièrement par le développement donné à la 8ème question.Quant à la réalisation la plus spectaculaire, celle de la « Villa familiale » du Lac McLaren, c'est une monographie entière qu'il faudrait.Je vous renvoie à regret aux quelques pages qu'y a consacrées le programme-souvenir du 10e anniversaire.12 — D'après vous, qu'est-ce qui a fait le succès de votre L.O.C.?Encore une fois, la réponse est déjà contenue implicitement dans tout ce qui précède.En résumé : La valeur personnelle et le dévouement des militants et militantes.Le souci de tenir perpétuellement en éveil chez eux l'inquiétude des foyers ouvriers, la flamme apostolique et la charité chrétienne conquérante.L'application fervente des principes et des méthodes propres à la spécialisation de l'A.C.: particulièrement l'organisation de la propagande et l'entraide familiale.La filiale et parfaite subordination à l'Eglise, la discipline d'union, de confiance et de loyale obéissance aux directives du Centre national, des Comités diocésains et locaux.Enfin (condition très favorable), une population jeune et progressive, un milieu exclusivement ouvrier, donc parfaitement homogène.Tout cela, ce sont les explications vues du côté des causes instrumentales, dont l'activité est plus facilement verifiable.La cause principale, évidemment, c'est l'amour et la grâce du Christ-Ouvrier, grâce attirée par la prière et les récollections.C'est pourquoi il y a un service lociste qui nous était bien cher et auquel nous devons immensément : je veux dire celui de la représentation quotidienne à la MESSE.Chaque matin, un membre de la L.O.C.devait offrir avec le prêtre le Sacrifice de la Rédemption : il venait au pied de l'autel, au nom de la L.O.C.et de toute la classe ouvrière, présentant à Dieu, en union avec la Sainte Victime, tous les foyers ouvriers, avec leurs hommages d'adoration, d'action de grâces, de réparation et de prière.Ainsi en la personne du lociste ou de la militante qui partici- — 336 — pait à la Messe non seulement à titre individuel, mais aussi comme membre de la grande famille ouvrière, c'étaient toutes les préoccupations apostoliques de la L.O.C., tous les problèmes, toutes les misères, les souffrances et les désirs des foyers, qui venaient aboutir au Sacrifice de la Rédemption, pour être unis au Christ-Victime et en recevoir lumière, bonheur et sanctification.Quand les locistes comprennent la messe de cette manière, profonde et communautaire, on peut leur appliquer la phrase de Péguy : « Un chrétien, c'est quelqu'un qui va à la messe », affirmation qui ne contredit aucunement la boutade de Pie XI citée précédemment.Nous avons inauguré aussi une Heure Sainte devant le Très Saint-Sacrement exposé.Elle avait été fixée à 1 h.p.m.tous les deux dimanches et attirait chaque fois une assistance nombreuse, composée exclusivement d'hommes, pour la plupart locistes et Anciens Retraitants.Quelques prières commentées en faisaient la trame, avec méditation simple et populaire sur la Personne, la vie et les enseignements de Jésus ; les problèmes concrets de la vie surnaturelle et les responsabilités apostoliques des ouvriers dans leur milieu, etc.Nos militants profitaient encore plus que les autres de cette heure très appréciée.En plus de passer ces précieux instants sous l'influence directe de Jésus-Hostie, ils trouvaient dans les instructions qui y étaient données l'équivalent d'une vraie récollection spirituelle et apostolique.LA FETE DU MARIAGE CHRETIEN C'est une fête qui commence à prendre de la vogue.C'est Québec qui a déjà ouvert le chemin suivi bientôt par Granby et par Shawinigan.Deux paroisses de Shawinigan, celles du Christ-Roi et de St-Marc, ont fêté tous les foyers de chacune de ces deux paroisses qui comptaient 10, 15, 20, 25 et 50 ans de ménage.La fête comporta une cérémonie de renouvellement des engagements du mariage qui se déroula au pied de l'autel, immédiatement avant la grand'messe solennelle d'action de grâces.Il y eut une prédication qui glorifiait le mariage chrétien tout en soulignant les responsabilités qu'il comporte.Et après la messe ce fut un grand dîner familial suivi de réjouissances qui ne se terminèrent que dans la soirée.Pour reprendre un mot de M.le curé Hamelin de St-Marc : "C'est une vraie fête de famille qui nous a fait à tous beaucoup de bien.On ne peut trouver une plus belle, ni plus opportune prédication invante sur la grandeur du mariage chrétien".— 337 — LE TRAVAIL DE LA L.O.C.AU COEUR DES FOYERS OUVRIERS par M.l'abbé Zoël MELANCON, ptre, assistant aumônier diocésain pour la fédération régionale de Shawinigan On entend parfois des gens qui affirment l'inutilité des mouvements spécialisés d'A.C.en un pays chrétien comme le nôtre.De fait chez nous, il ne s'agit pas d'une façon générale de les sortir du paganisme.Mais il ne faut pas observer longuement pour constater combien la religion est superficielle et ne pénètre pas la vie.Le plus grave danger de l'heure actuelle n'est-il pas cette séparation de la religion d'avec la vie profane, et cela sur le terrain tant familial que social, économique et politique ?La L.O.C.a comme but bien précis de briser cette cloison et de faire en sorte que le levain du vrai christianisme pénètre partout dans tous les secteurs de vie de la classe ouvrière.Mais le premier terrain, celui qui gardera toujours la primauté, parce que le plus proche des âmes, c'est le foyer.Et le travail apostolique que la L.O.C.entreprendra sur le milieu social sera toujours en fonction du foyer ouvrier et de son épanouissement chrétien.Voilà pourquoi la L.O.C.fera appel avant tout aux foyers.Ce ne sera pas ordinairement un militant individuel qu'on engagera, mais un foyer militant avec toute la richesse et la complexité des problèmes et des valeurs du foyer.Et c'est aussi ce qui fera la force du mouvement lociste de bâtir ses cadres avec des adultes qui, pour la plupart, sont des pères et mères de famille ayant à faire face aux grandes responsabilités de la vie.Le chapitre que nous abordons est le plus important mais aussi le plus difficile.Les transformations intimes que la L.O.C.a opérées se disent moins bien qu'elles se constatent.Disons même que la partie la plus riche échappe aux yeux de la chair.Et pourtant comme ils sont nombreux les foyers que l'apostolat aura éveillés à la ferveur et conduits parfois jusqu'au plus grand héroïsme.Nous essaierons de laisser soupçonner tout ce travail de pénétration chrétienne en alignant un certain nombre de témoignages que nous avons recueillis chez les militants et militantes de nos sections locistes.— 338 — I — LA I.O.C.A OUVERT LES VEUX SLIt LES AUTOES FOYERS L'un des aveux que tous les foyers consultés ont fait spontanément, ce fut d'avoir appris par la L.O.C.à voir les problèmes des autres et à mieux les comprendre.De plus, la L.O.C.a fait voir à tous les foyers militants que la solution de ces problèmes requiérait le concours de tous et devait en être une de justice et de charité.Deux sortes de foyers viennent à la L.O.C.: les foyers traditionnellement chrétiens et les foyers délabrés.Les uns comme les autres étaient repliés sur eux-mêmes, croupissant dans leur égoïsme orgueilleux ou dans leur misère invétérée.1 — Les foyers traditionnellement chrétiens Ecoutons quelques-uns de leurs témoignages : Je me pensais bien meilleure que les autres."Je me pensais bien meilleure que les autres.Je jugeais très sévèrement les gens qui m'entouraient, surtout ceux qui ne pensaient pas comme moi.Je m'étais fait une petite vie bien tranquille, visitant quelques amis, c'était tout." Je m'ocetipais de mes affaires."J'étais une personne qui menais une petite vie bien tranquille.Je m'occupais de mes affaires.J'aimais particulièrement les personnes qui pouvaient me rendre service".Chacun doit faire son bonheur."Je suis un homme d'une quarantaine d'années.D'après moi, chacun devait faire son propre bonheur, sans trop nuire à celui des autres.Ne pas trop sympathiser avec les voisins, dans la malchance, afin de ne pas être exploité".J'étais une bonne chrétienne."A mon point de vue, j'étais une bonne chrétienne parce que née de parents chrétiens.Je croyais avoir tout fait mon devoir en pratiquant ma religion, en ayant des enfants et les élevant de mon mieux.Je croyais que je devais me mêler de mes affaires et laisser les autres se débrouiller seuls".2 — Des foyers délabrés J'étais un beau '"tramp"."J'étais un beau "tramp".Toutes mes payes passaient en folies : boissons, nuits blanches.Aucun souci des autres.Les troubles des autres, je n'y pensais même pas.Tout mon temps était pour moi.Des Jocistes, Locistes ou Lacordaire !.Je disais c'est bon pour eux, ils ont du temps à perdre pour s'occuper des affaires de l'Eglise".— 339 — •f'ttiliiis aux flubs."Je suis mère d'une famille nombreuse.Mon mari est à l'hôpital depuis plusieurs années et n'en sortira probablement jamais.Pour me distraire j'allais dans les clubs, salles de danse, sur les plages publiques et quelques fois j'y amenais mes enfants".Je jugeais et condamnais tout le monde."J'aimais les "parties", contais des histoires pas du tout catholiques, jugeais et condamnais tout le monde.Réceptions à coups de boisson.Chicane autour de la paye, la boisson, les sorties." 3 — Des foyers qui pensent aux autres In L.O.C.m'a tourné vers les autres."La L.O.C m'a tourné vers les autres.J'exerce une bonne influence sur mes compagnons de travail en leur passant des idées sur le budget familial, l'éducation des enfants, l'entente entre époux, l'emploi des ioisiis".L'Eglise compte sur nous."La L.O.C.m'a convaincue d'une chose à laquelle je n'avais jamais pensé, à savoir que l'Eglise compte sur la part de chacune de nous.Les CE.ont le don de nous montrer nos responsabilités, par petites bouchées.Elles sont plus faciles à prendre.Le travail en équipe est extraordinaire pour nous apprendre la vraie fraternité".Je ne peux laisser passer une oeeusion d'aider."Aujourd'hui, je ne peux laisser passer une occasion d'aider mon voishi.J'ai réussi à faire changer un gars d'avis sur les mouvements d'Action Catholique ; aujourd'hui il est dirigeant lociste.litre aimable avec les voisins."Petit à petit ça m'entrait dans la tête.Il fallait d'abord améliorer mon caractère.Habituée à agir à ma guise, c'était dur d'être aimable, charitable avec les voisines.Que je suis heureuse aujourd'hui d'avoir fait les sacrifices exigés d'une militante lociste".Je m'inquiète de ee loyer."Quand je vois un enfant mal accoutré, au lieu de juger la mère sans allure comme je le faisais auparavant, je m'inquiète de ce foyer ec des problèmes que dénote cette misère".4 — La force de l'Action Catholique Et pour terminer cette partie nous donnons un autre témoignage plus élaboré.C'est celui d'une militante qui nous explique à sa manière comment il se fait que ces foyers qui se disaient égoïstes ont appris à s'inquiéter des misères des autres.La transformation graduelle d'un foyer "Nous n'avons rien appris de neuf aux CE.Seulement quand cela nous était dit en chaire par un prêtre, notre idée était faite d'avance : "C'est son devoir, il est obligé de nous dire cela", nous disions-nous.— 340 — Nous ne nous sentions pas un grand désir ni la force de faire ce que le prêtre nous avait demandé de faire.Mais en CE., lorsqu'une militante rapportait ses essais, je me disais : tiens, je peux faire comme elle ! Et lorsqu'une autre racontait des résultats, je me disais : il faut que je fasse comme elle; si elle réussit, je ne vois pas pourquoi je ne réussirais pas.Et quand un problème de foyer était soumis et que je distinguais dans les paroles de la militante, un souci, un désir de faire quelque chose, j'avais honte de mon indifférence à l'égard de mes voisins qui avaient un problème semblable."C'est ainsi que le petit service rendu ou reçu contribue à créer un lien d'amitié, d'attachement, de respect.Le petit coup de main prépare la voie à la charité surnaturelle.Le geste posé, le conseil donné, le jugement porté, tout contribue à faire des militantes des chrétiennes qui vivent leur religion.Une transformation s'opère sur le plan matériel, par l'entraide, les services, les actes de dévouement.Le moral familial s'en ressent, et la charité chrétienne vécue à travers les actes, amène la transformation spirituelle de nos foyers".II — LA L.O.C.A TRANSFORME BIEN DES FOYERS Le premier champ d'apostolat du militant, est son propre foyer.D'année en année la L.O.C.lance un nouveau programme d'étude et d'action, qui s'applique toujours selon la méthode du mouvement : l'enquête.Voir ce qui se passe tant à l'intérieur du foyer que dans tous les foyers de l'entourage sur un point donné par le programme.Juger la situation et poser l'action qui transformera.1 — Vie conjugale Ici encore, les militants apportent leurs témoignages.Nous nous comprenons mieux."Les études que nous avons faites en L.O.C.nous ont grandement aidés à nous comprendre mutuellement.Elles nous ont appris ce devoir de nous parler entre époux.Auparavant, nous passions des jours presque complets sans nous parler.Maintenant tous les soirs nous causons de nos problèmes : travail, loisirs, éducation des enfants, amélioration de notre foyer.Nous mettons plus de douceur, d'humilité et de patience dans toutes nos discussions et dans notre vie de chaque jour.Nous goûtons un bonheur nouveau." Z.e devoir eonjugul."Les CE.m'ont appris à mieux comprendre mon devoir conjugal, à mieux comprendre mon mari.Etant habituée à faire tout plier devant moi, je trouvais ça dur.Mais j'ai la consolation de mieux remplir mon rôle d'épouse et de mère"."Nous comprenons maintenant que l'intimité conjugale fait partie de notre devoir d'époux chrétiens.Avant d'être locistes nous n'avions presque jamais des moments de confidence.Nous sommes maintenant tout changés et.nous en sommes des plus heureux"."Depuis que je suis dans la.L.O.C.j'ai appris à connaître le ca- — 341 — ractère d'une femme et ce qu'elle est pour son mari.Je considérais ma femme comme une servante, mais j'ai compris son grand rôle d'épouse et de mère.Je la regarde maintenant comme le cœur de notre foyer.Cela l'a rajeunie de dix ans!" 2 — Education des enfants Petit à petit, « par petites bouchées » comme dit une militante on découvre sa mission, son devoir d'époux ou d'épouse chrétienne, ses responsabilités de « père et mère de famille » de parents éducateurs.Etre amie avec les enfants.Voici ce que nous dit une militante : "Ce qui m'a le plus aidée, c'est l'étude sur l'éducation des enfants.J'étais très autoritaire.J'ai appris que ce n'est pas toujours la bonne méthode.Etre amie avec ses enfants, c'est beaucoup mieux, si on veut garder leur confiance".Nous coopérons ensemble.Un autre ajoute : "Au sujet de l'éducation des enfants, nos mentalités étaient tout à fait différentes à mon mari et moi ; aujourd'hui, nous coopérons ensemble à bien éduquer nos deux enfants".CE.après CE., chacun y va de ses petites expériences et découvertes, des résultats ou échecs.La gêne se dissipe.Au début, elle venait du fait que chacun s'imaginait être seul à voir des problèmes.Mais après une discussion où chaque militant y va de ses observations de ce qu'il souffre ou de ce qu'il cherche, on en vient vite à la conclusion : « nos problèmes ne sont pas la fin du monde.Il y en a qui sont pires que nous autres.» III — LA E.O.C.NOUS A MIS AIT SERVICE DES AUTRES FOYERS 1 — Sur le plan matériel et économique l'n frein à leurs dépenses."Ça fait treize foyers à qui nous faisons accepter de faire le budget.Ces foyers ne savaient pas comment mettre un frein à leurs dépenses.Quelques-uns d'eux disaient de nous : Ils arrivent mais il doit y avoir autre chose en dessous.Un foyer même avait $800 de dettes.C'est par celui-là que nous avons commencé et aujourd'hui ces gens-là ont plus d'influence que nous pour te budget.Nous suivons ces treize foyers et ils nous demandent souvent des conseils sur ce point du budget Et ce n'est qu'une entrée pour parler de bien d'autres choses.Bien des points de nos programmes d'action passent par là".Depuis quatre ans déjà."Il nous fait grandement plaisir de signaler qu'il y a déià quatre ans que nous faisons notre budget et de la manière enseignée par la — 342 — L.O.C.Nous remercions le mouvement d'avoir créé le désir d'un budget dans notre foyer et par la suite de nous avoir aidés à tenir bon." 2 — Sur le plan moral et spirituel .4 la veille de se séparer.Un foyer était à la veille de se séparer.On eut vent de la chose dans un cercle d'étude.Tout de suite, on s'organise pour leur venir en aide.Le pauvre époux est ivrogne ; la mère ne connaît pas ses responsabilités : elle sort à tous les soirs et ce n'est pas pour aller à l'Eglise ; de plus ils vivent dans une mansarde et ont quelques enfants.Un foyer lociste s'occupe de rencontrer ces gens.On réussit à intéresser la femme à la L.O.C.On ne craint pas de l'enrôler comme militante.Comme l'époux travaille en dehors, une dirigeante prend cette femme en pension avec ses enfants et lui trace, de concert avec elle, un espèce de règlement.Résultat : depuis deux ans, cette dame est militante lociste et elle va dans son milieu.Elle a réussi à ramener de nouvelles brebis perdues dans le bon chemin.Une maman ''Témoin de JéSiovah".Une bonne famille change soudainement quand la maman devient "Témoin de Jéhovah".Elle écrit à l'Evêque pour se faire "débaptiser".Un lociste voit que les familles environnantes semblent vouloir l'éloigner.Leurs enfants ne jouent plus avec les enfants de cette famille.Or comme deux de ces derniers devaient être confirmés et faire leur première communion, ce lociste est épris de la cause.Sachant que la femme aime la lecture, il lui passe quelques livres indifférents tout d'abord puis il en vient à lui passer "Parlons à nos enfants".Ce livre l'éclairé.Elle discute de problème d'éducation avec son mari et quelques semaines plus tard, elle demande de revenir dans l'Eglise catholique.Elle écrit à l'Evêque et ce couple est maintenant heureux.Une voisine lociste célibataire.Une mère désemparée se confie à une lociste, sa voisine, lui montrant les deux ou trois dollars ; reste de la paye hebdomadaire que le père a dépensé dans une maison de débauche dont elle retrouve l'adresse dans les poches de veston de son mari.Les six enfants dont le bébé compte quinze jours et elle-même devront se priver toute cette semaine.Colère, peine, projets de départ et de séparation.Cette pauvre voisine lociste célibataire trouve dans sa formation les paroles fortes et convaincantes pour retenir cette maman à son foyer à son lourd devoir.Elle obtient que cette mère par la douceur et la patience fasse réaliser au père passionné les lourdes responsabilités qui lui incombent : réconciliation., entente., bonheur relatif du foyer., piété chez les enfants.La L.O.C.nous donne des moyens étonnants de conquête.Ce foyer réconcilié s'adresse souvent à leur voisine lociste célibataire.fix ne taisaient pas leurs Pâques."Nous avons rendu service à un foyer de nos connaissances en les aidant à faire leur budget.L'an dernier nous avons découvert que ces époux ne faisaient pas leurs Pâques depuis deux ans pour cause d'empêchement de famille.Notts axons réussi à aborder un jour le problème et les avons conseillés de notre mieux.Un beau matin la maman me — 343 — téléphone pour nie dire qu'elle était allée à confesse la veille au soir et qu'elle se sentait tellement soulagée.Le mari suivit son exemple quelques jours plus tard."Notre amitié avec ce foyer nous a permis d'exercer une influence.chrétienne dans une autre circonstance.Dans le temps des fêtes, on faisait des soirées chez les gens de leur milieu.Et pour créer l'atmosphère de club, on enlevait les grosses lumières pour les remplacer par des lumières rouges ce qui invitait les gens à se relâcher.A chaque endroit il se commettait des choses déplacées.Nous aidons conseillé à ces gens de faire autrement que les autres même au risque de déplaire à quelques-uns.Ce qu'elle a fait et seulement deux jeunes garçons sont partis et la soirée a été appréciée quand même." IV — CONCLUSION Et pour terminer cet article qui encore une fois reste bien inadéquat, qu'on nous permette de consigner ici une constatation qui nous a toujours touché, c'est cet esprit de famille qui se développe chez les foyers locistes, qui en fait des maisons tellement accueillantes.Notre travail d'aumônier nous a permis de nous en rendre compte très souvent.Certains foyers dirigeants sont littéralement mangés à cœur de jour et nous dirions presque à cœur de nuit.Combien souvent on a laissé de côté du travail pressant dans le foyer pour recevoir tous ceux qui s'adressaient à eux, fût-ce simplement pour veiller ! Nous avons certains foyers modèles en mémoire que nous saluons comme des exemples vivants de vraie charité.Nous terminons par ce mot d'un jeune garçon, livreur d'épicerie : « On s'en aperçoit quand on entre chez les locistes.on dirait des parents.» — 344 — LES DEBUTS DE LA FEDERATION RECIONALE DE SHAWINIGAN Interview de M.l'abbé Lucien GELINAS, curé de St-Eugène, au Cap-de-la-Madeleine et premier aumônier régional de Shawinigan 1 — Pendant combien de temps avez-vous été aumônier local ?Trois ans à Ste-Jeanne d'Arc d'Almaville et ici à St-Eugène, depuis deux ans.2 — Quand êtes-vous devenu aumônier fédéral de Shawi- nigan ?On m'a nommé assistant-aumônier diocésain de la L.O.C.pour la région de Shawinigan le 1er février 1949 et je fus nommé à St-Eugène le 10 septembre 1949.3 — Pourquoi a-t-on décidé de fonder cette fédération régionale ?A cause du développement du mouvement, du nombre toujours grandissant des membres et de l'expansion possible du mouvement dans la région, c'est-à-dire à Grand'Mère, St-Tite et les environs.Aussi à cause du coût de déplacement toujours onéreux pour ceux qui faisaient partie de la fédération et aussi pour éviter les pertes de temps.Les journées d'études ain«i que les conseils fédéraux ne donnaient plus le rendement attendu des participants, etc.Il semble qu'une fédération ne doit pas couvrir plus qu'une dizaine de sections.En plus, cela permettait de multiplier les responsabilités, les activités, les visites de sections.4 — Quand cette fédération a-t-elle commencé à opérer ?Pratiquement en mai 1949.Les journées d'étude du printemps curent lieu dans chaque fédération, après approbation du projet par S.E.Mgr Georges-Léon Pelletier.Alors furent formés les comités fédéraux pour la L.O.C.et L.O.C.F.de Shawinigan.On nomma aussi les différents militants et militantes fédéraux pour divers services.— 345 — 5 — Comment avez-vous réglé le problème du " local " ?La Providence inspira un membre de la L.O.C.des premières heures, M.Engelbert Plante, de la section du Christ-Roi, de nous fournir un beau coin qui servirait de secrétariat et serait à la disposition des deux comités de la nouvelle fédération.Restait à meubler ce secrétariat.Il fallait de l'argent pour cela ; pour ne pas se lancer dans l'organisation qui ordinairement tue l'action, on a pensé de s'adresser à la Cité ainsi qu'aux curés des paroisses où il y avait de la L.O.C.pour leur demander de collaborer à l'établissement du Secrétariat fédéral.Le Conseil de ville y alla d'un octroi de $300.00.Puis on eut l'audace de demander à chaque curé de bien vouloir nous trouver chacun $100.00.Chaque membre du comité des hommes fut prié d'aller voir son curé.Car nous avions formé le Comité fédéral de membres venant de chacune des sections existantes alors.La réponse fut bonne et généreuse dans la plupart des cas.Le tout fut divisé entre L.O.C.et L.O.C.F.6 — Quand eut lieu la fondation officielle ?Ce fut au début de juin 1949.Aux journées d'études du printemps, à celle de la L.O.C.F.S.E.Mgr Pelletier était venu rendre visite et donner un mot d'encouragement et il disait à cette occasion : « A voir le nombre de participants à cette journée d'étude je vois bien que vous aviez raison de demander une séparation afin de faire un meilleur travail ».A cette journée d'étude les femmes étaient au delà de 100.7 — Voulez-vous nous donner votre impression du travail fait par les comités fondateurs ?Tous, tant chez les hommes que chez les femmes, se sont donnés en vrais apôtres.Ce qui m'a touché le plus, ce fut le grand travail de visite des sections pour les aider à se remettre des grandes blessures faites par l'enlèvement de certains de leurs membres pour les amener à la fédération.Cela a eu pour effet de faire trouver d'autres membres pour différentes responsabilités locales, et les différentes charges à remplir.Dès le début, on y allait franchement, fraternellement et avec un dévouement admirable.C'était réellement édifiant de voir comment on s'y donnait tout entier.Comités fédéraux, Conseils fédéraux, Comités conjoints, partout et toujours on y mettait de la plus grande — 346 — charité, on travaillait, en s'effaçant personnellement pour l'avancement de la classe ouvrière.8 — D'après vous, qui êtes maintenant curé, tout en étant aumônier local, pouvez-vous nous dire ce que la L.O.C.peut donner à une paroisse ?La L.O.C.bien lancée dans une paroisse, par de vrais chefs apôtres, fera découvrir les chefs du milieu, leur fera prendre leur responsabilité de vrais chrétiens, influencera le milieu paroissial, dans le milieu familial et dans toute leur activité ; ce sera le vrai levain dans la pâte qui donnera ses bons effets.Je puis dire qu'ici, spécialement par les Cours d'Orientation des Foyers, depuis trois ans, un groupe d'environ 40 foyers qui ont suivi assez sérieusement ces cours ne sont plus les mêmes ; sans trop s'en rendre compte ils ont une grande influence sur leur entourage.Pour ce qui est des militants et des militantes, même s'ils ne sont pas très nombreux, ils ont beaucoup d'influence et de rayonnement dans leur milieu.A l'occasion de la revue d'influence on est toujours surpris du beau travail d'influence qui se fait chez les individus, dans le milieu de travail, comme dans les familles.Par la méthode « Voir.Juger, Agir » on se rend mieux compte petit à petit de la vraie situation par le cercle d'étude, on la juge plus sérieusement en équipe, et on trouve en commun les moyens d'agir plus chrétiennement chacun dans sa sphère d'influence.C'est la méthode évangélique enseignée aux Apôtres par Jésus Lui-même et qui fait rayonner la véritable charité chrétienne dans la vie réelle quotidienne.On en vient à comprendre qu'il faut sans cesse être au service des autres.C'est le vrai sens de la responsabilité chrétienne qui se répand ainsi dans tout le milieu de vie de nos paroissiens.La L.O.C." forme ainsi de précieux et de réels apôtres qui sont une richesse irremplaçable dans une paroisse.— 347 — PANORAMA DES SERVICES LOCISTES DE LA MAUR1CIE par M.l'abbé Léo GIRARD, ptre, aumônier diocésain adjoint de la L.O.C.pour la fédération régionale du Cap-de-la-Madeleine Dans un message remarquable que le Pape Pie XII adressait, en janvier dernier à « ses » paroissiens de Santa Saba à Rome, il invitait « toutes les forces militantes à créer et à entretenir un climat de véritable fraternité parmi les fidèles ».Et cela au point de « ne considérer aucun ouvrier comme une sorte d'étranger ».Le Pape priait ses auditeurs de faire revivre par là ce qui existait dans la primitive Eglise alors que les plus fortunés vendaient volontiers leurs biens pour secourir les autres en sorte qu'il n'y avait plus parmi eux aucun nécessiteux.(Act.4, 32-25).La L.O.C.n'a pas d'autre objectif que de réaliser à plein cette communauté de charité toujours inquiète du vrai bonheur des autres.Et tous les moyens techniques dont la L.O.C.dispose n'ont pas d'autre but que de faire régner cette charité du Christ.Mais il est certains instruments dont la L.O.C.se sert et qui sont une réponse plus immédiate et plus directe aux besoins matériels comme spirituels des individus.Et ce sont les services.Il y en a deux sortes.Ceux que l'on appelle les grands services, organisés pour assurer une continuation du travail entrepris au cours d'une année ou pour apporter l'aide nécessaire à certaines catégories de gens qui le requièraient.Les petits services sont l'illustration du coup de main amical.On peut les appeler les « perles de la L.O.C.» Ils sont très nombreux, aussi nombreux que les besoins eux-mêmes des familles ouvrières.Ils prennent toutes sortes d'appellations et de formes et révèlent l'ingéniosité infinie de la vraie charité.La L.O.C.trifluvienne s'est épanouie très vite en de nombreux services qu'on a qualifiés dès les débuts du beau nom d' « Entraide familiale.Nous donnerons un bref résumé du travail accompli par les quatre principaux grands services : le budget familial, le service d'Orientation des foyers, les Cercles sociaux féminins, les Villas Ouvrières.Puis nous ferons une enumeration de quelques-uns des nombreux petits services en indiquant brièvement leur sens apostolique véritable.I — EES MISAMES SERVICES 1 — Le budget familial L'un des problèmes les plus difficiles de nos foyers ouvriers est sûrement • le coût de la vie et l'ajustement de leur revenu avec leurs besoins essentiels.— 348 — La L.O.C.fit tout en son pouvoir par sa campagne sur le coût de la vie, d'une part, pour revendiquer des salaires justes mais aussi, d'autre part, pour inviter les familles ouvrières à mettre de l'ordre dans leurs affaires.Pour cela elle fit une propagande intense pour le budget familial.Mais pour que le travail porte de meilleurs fruits, elle organisa un service du budget familial.C'était le seul moyen capable d'aider vraiment les foyers ouvriers à faire face aux exigences toujours plus grandes du coût de la vie et aussi à se protéger contre tous les attraits d'une publicité savante.Aux Trois-Rivières, le service s'organise à partir de 1945.On songe aussitôt à nommer des responsables.Certains hommes firent un travail intéressant.Nommons M.Lucien Marcil à Trois-Rivières et M.Gérard Auger à Shawinigan.Mais ce sont les dames de la L.O.C.F.qui ont eu les plus belles réalisations dans ce domaine.Au cours des trois dernières années, on a écoulé près de 5,000 cahiers du budget.Et tout cela grâce au dévouement de Madame Eugénie Dion, de Mme Jeannette Brassard, de Mme Anna Morency, de M.et Mme Henri Therrien, pour ne nommer que les principaux artisans.On réunit les responsables, on discute des meilleurs moyens à prendre, on collectionne les trucs, on met en commun les succès comme les échecs.Chaque année, durant la première semaine de décembre, on fait une grande campagne du budget où, par tous les moyens de propagande, l'on invite les foyers à se procurer un cahier de budget pour l'année qui s'en vient, tout en les avertissant discrètement de surveiller les dépenses des fêtes pour éviter les excès.Et l'on ne s'est pas arrêté au budget familial.En trois ans on distribua plus de 1,300 budegts de la jeunesse en collaboration avec les mouvements de jeunesse.Et les résultats sont merveilleux non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan moral.« Je n'aurais pas cru que tenir notre budget pouvait tant faire pour notre bonheur », avouait la maman d'un foyer vraiment rebâti par le budget familial.Ce qu'il faudrait dire également, ce sont les occasions de contact apostolique que le service du budget aura fournies.Des mamans iront donner leur temps pour montrer à une voisine comment tenir son budget et, pendant des mois, la suivre de près.Et souvent la conséquence c'est que la militante comme le foyer aidé en sortent meilleurs.Combien de foyers ont avoué avoir commencé à faire leur budget à l'occasion des campagnes de la L.O.C.et qui, à force d'épargnes, sont mêmes arrivés à posséder une maison.L'an dernier, à la demande de l'organisme « Economie et Humanisme », on recueillait dans la région 25 cahiers de budget de — 349 — l'année 1951 afin d'en tirer des renseignements précis sur le coût de la vie de nos familles ouvrières.Ajoutons que les syndicats nationaux de Shawinigan demandaient un jour à la L.O.C.une douzaine de budgets pour éclairer leurs revendications en matière de salaire.2 — Le service d'Orientation des foyers On connait ce service qui est l'un des plus intéressants de la L.O.C.Il comporte une série de cercles d'études et de conférences sur la vie intime des époux et les problèmes du foyer.La vogue que connaît le service révèle combien il est utile de jeter de la lumière chrétienne à l'intérieur de nos foyers.Et cette lumière, voilà qu'on la trouve ensemble, en cercle d'étude, et que déjà on y ajuste sa vie, on change bien des façons de penser et de faire.En 1945, pendant qu'au comité national on expérimentait les premiers schémas de réunions avec un groupe que dirigeaient M.et Mme Gervais Babin et le R.P.Pierre-Paul Asselin, o.m.i., aumônier national adjoint, deux groupes s'organisaient en même temps dans notre région.Les responsables étaient M.et Mme Denis Le-mire de Trois-Rivières avec le R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i., l'aumônier fédéral.A Shawinigan c'étaient M.et Mme Jean-Paul Le-clerc avec le R.P.Albert Loubier, s.s.s., comme aumônier.L'année suivante, M.et Mme Roger Montplaisir devenaient responsables fédéraux du service.Puis ce furent M.et Mme Paul Moreau qui donnèrent au service un élan considérable au cours des quatre années où ils furent responsables fédéraux.Les responsables actuels sont M.et Mme Gérald Côté pour Trois-Rivières, M.et Mme Emilien Doucet pour le Cap, M.et Mme Paulin La-coursière pour les Chutes Shawinigan.Deux autres couples se sont dévoués au service sur le plan fédéral de Shawinigan : M.et Mme Ls-George Lafrenière et M.et Mme Roland Roy.Voici un tableau des inscriptions du service : Années Groupes Couples 1945-46 2 23 1946-47 1 12 1947-48 3 37 1948-49 4 46 1949-50 5 58 1950-51 5 59 1951-52 11 111 1952-53 13 155 Total 44 501 — 350 — En résumé : Trois-Rivières .16 groupes .158 couples Cap-de-la-Madeleine .11 groupes .126 couples Shawinigan .17 groupes .217 couples Disons que cette formule par petits groupes de foyers permet une atmosphère d'intimité qui amène de très fructueux échanges de vue.Le service fait plus qu'éclairer les participants, souvent il les éveille aux responsabilités apostoliques.Voici quelques impressions spontanées recueillies dans un groupe du service : — "Nous avons touché des cas intéressants en éducation.Nous avons vu ce qui a fait défaut dans le passé.A l'avenir nous saurons prévenir bien des choses." — "Mon mari n'a plus la même attitude avec les enfants.Il parle moins fort et les rend moins nerveux.Ça m'a appris à ne pas discuter devant les enfants." — "Ça m'a montré l'importance de m'intéresser aux affaires de mon mari." — "Ça m'a ouvert les yeux sur la nécessité de continuer les manifestations d'affection après le mariage.Je me suis aperçu que je me négligeais." — "J'ai compris que je ne devais pas faire tomber sur ma femme, en arrivant à la maison, les contrariétés que j'avais eues dans la journée." Et des aveux se continuent tous aussi savoureux dans leur simplicité.Trois paroisses du diocèse furent organisées dans la L.O.C.avec des chefs que le service d'Orientation avait découverts.Ce sont les paroisses de Ste-Marguerite, St-François d'Assise et St-Eugène.Chaque année la clôture des réunions du service d'Orientation des foyers se fait par une cérémonie particulière.Pendant plusieurs années, ce fut le souper-causerie à la salle Notre-Dame où l'on avait le grand bonheur de posséder et d'entendre notre sympathique évêque S.E.Mgr Georges-Léon Pelletier.Jamais il ne manquait une occasion de prendre contact avec ces jeunes foyers et de leur donner ses conseils les plus paternels.Au cours du mois de mai dernier, il y eut une cérémonie de consécration des foyers à Notre-Dame du Cap : 75 couples s'étaient rendus au vieux sanctuaire pour la circonstance.3 — Les cercles sociaux féminins La L.O.C.a comme mission de rendre plus chrétienne toute la vie des adultes de toute la classe ouvrière de chez nous.C'est dire que les célibataires ne sont pas exclus de ses préoccupations.Dès les débuts, elle put compter sur le dévouement de nombreuses célibataires tant sur le plan national que sur le plan dio- — 351 — césain ou local.Nommons quelques-unes qui ont travaillé davantage chez nous sur le plan fédéral : Mlles Justine Langlois, Marie-Anne Picard, Thérèse Lemaire, Yvette Rheault, Thérèse Loranger, Fernande Lapointc et Lucille Bouchard.Mais la L.O.C.centrant son action avant tout sur les besoins de la famille, il fallut vite songer à un organisme spécialisé qui s'occuperait de la masse des célibataires, de toutes celles qui n'entreraient pas dans les rangs de la L.O.C.proprement dite mais qui ont souvent de sérieux problèmes d'insécurité matérielle et spirituelle.A l'automne 1945, Mlles Justine Langlois et Thérèse Loranger participaient à une première réunion nationale de célibataires.C'est au Conseil National de novembre 1946 que l'on approuve officiellement le service des Cercles sociaux féminins.Au cours de la même année, Mlle Claire Bélisle est nommée responsable fédérale et 13 célibataires suivent la première série de cercles d'étude à raison de deux par mois.Un second groupe s'organise en 1947 sous la direction de Mlles Yvette Lavoie, Germaine Lavoie, Justine Langlois et Gertrude Bélisle.En plus, le C.S.F.réussit, au cours de l'hiver 1949, à intéresser près de 150 célibataires par des forums, soupers-causeries, soirées récréatives et autres activités sociales.Depuis 1949, Mlle Fernande Lapointe a pris la direction du groupe Trois-Rivières et Cap : 11 filles se sont inscrites au groupe.A Shawinigan, 15 célibataires s'inscrivent au groupe que dirige habilement Mlle Lucille Bouchard.Un nouveau groupe comprend 19 participantes tirées surtout des milieux d'usine.Nombreux sont les témoignages de toutes celles qui ont appris à mieux aimer leur vocation providentielle et à mieux faire valoir le capital de générosité qui souvent demeure inexploité dans le monde des célibataires.4 — Service des Villas Ouvrières La famille ouvrière a besoin de loisirs.L'air vicié des villes, l'exiguité des maisons, le peu d'espace dont disposent les enfants peur prendre leurs ébats à l'année longue dans la ruelle ou sur le balcon, tout cela entraîne une baisse de santé physique et même morale, tant chez les enfants que chez les parents.Cependant peu de familles ouvrières peuvent se payer le luxe d'un chalet à la campagne ce qui serait pourtant la meilleure solution.La L.O.C.décida alors de tenter des expériences dans ce domaine.Ëtnie 'Julie A cette fin, au printemps de 1944, la section de la Cathédrale louait un grand chalet à Baie Jolie, sur le bord du St-Laurcnt.Et l'année suivante, grâce à la Corporation épiscopale, on en faisait l'acquisition.— 352 — En mars 1948, grâce au travail de M.Jos.-D.Audelin et de l'aumônier M.l'abbé Bernardin Auger, se dressent trois petites maisons sobres mais attrayantes portant les noms de « L'Accueil », « Le Gite », et « Le Nid ».Dès les premières heures, le Service des Villas Ouvrières fut une occasion de vie d'équipe, de travail en commun et de dévouement gratuit.Toute la construction a nécessité de longues heures de dévouement.Nous lisons au cahier de rapport d'activité du service : "Le 12 mars 19^8, par une pluie battante, 6 locistes sont encore à l'ouvrage pour le transport des matériaux.Le 21 avril, M.Bérard ayant obtenu du bois de construction de M.X.et un baril de 100 lbs de clous de 3 pouces, nous transportons le tout et nous sommes quatre.Le 5 mai, transport de 100 blocs de béton.Le 12 mai, pour transporter les matériaux servant à la construction et à l'amélioration du système d'éclairage de 110 volts, 21 membres et 19 amis ont donné 873 heures de travail".Au cours de l'été on récolte le fruit de tant de sueurs : "1335 personnes sont venues sur le terrain, particulièrement le dimanche.Les chalets sont vite envahis par 28 familles représentant 200 personnes".Fait à noter, tout en apportant une solution à un problème urgent la L.O.G.reste une grande éducatrice.« Dans la plupart des chalets, un seul bris de vaisselle a été rapporté ».Les locataires ont travaillé à l'amélioration du terrain dans une proportion de 75%.Avec des riens et « sans le secours de financiers ou de professionnels mais à force de travail », la section de la Cathédrale possède maintenant une valeur immobilière de huit mille dollars qui vaut des millions en capital-santé.La section de Ste-Cécile, un quartier cent pour cent ouvrier, a également depuis 1948, un terrain avec un grand chalet où des milliers de personnes vont se reposer les beaux dimanches d'été, dans la banlieue de Trois-Rivières.Soulignons la collaboration de M.le chanoine Jos.Désilets qui ne manque jamais une occasion d'aider par ses conseils et même de se rendre chaque dimanche sur les lieux afin de montrer à ses paroissiens l'importance qu'il attache à ce service.#.«
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.