L'Action catholique ouvrière., 1 janvier 1953, décembre 1953
L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME III, No II DECEMBRE 1953 SOMMAIRE Sauvons la famille ! .La Rédaction 518 Efficacité en Action catholique .Jean-Louis DION, o.m.i.519 Programme social de la L.O.C.: Pour la conquête de la véritable sécurité ouvrière : Présentation .Jean BLAIS 522 Réponse à cette insécurité .Emilia LACROIX 525 Détail de l'Enquête Sociale de 1953-54 .527 Programme religieux de la L.O.C.: Le rôle de la très Sainte Vierge dans l'Eglise : Présentation .Gérard POTHIER 530 Pourquoi nous tourner vers Marie ?.Paul-Emile PELLETIER, o.m.i.533 Détail du programme religieux 1953-1954 .536 Thème de l'année : Le militant et son équipe d'influence : Présentation .Laurette LARIVIERE 537 Militant : « Espoir de la classe ouvrière » .Leopold SEGUIN 541 La voix des Evêques : Déclaration de l'Episcopat sur la Morale conjugale.547 Semaine de la famille ouvrière : Profit ou Perte ?.551 Sermon d'ouverture .S.E.Mgr Percival CAZA 553 Messages de NN.SS.les Evêques .557 La vie des mouvements : J.E.des aumôniers diocésains de J.O.C.et de L.O.C.564 Réunion des aumôniers locaux de la Mauricie .565 Réunion mensuelle des aumôniers de districts .566 Commissions Nationales et Conseil National .566 Retraite semi-fermée .567 "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C.et de la L.O.C.Avec autorisation de l'Ordinaire.Rédaction et Administration: 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.O.Canada Conditions d'abonnement (de janvier à décembre) Abonnement régulier : $2.00 — Pour les Séminaristes : $1.50 Le numéro : 0.25 Editorial Sauvons la famille! Tel est bien le mot d'ordre que vient de nous donner l'épiscopat de notre pays dans cette grave déclaration qu'il a publiée au lendemain de sa grande réunion annuelle tenue en octobre à Ottawa.Aussi présentons-nous aujourd'hui à nos lecteurs une sorte de tryptique qui veut être comme une première réponse à cet appel de nos pasteurs.Nous reproduisons d'abord en entier la déclaration de Nos Seigneurs les Evêques et nous invitons tous nos lecteurs à la méditer attentivement.Elle devra nous guider comme un phare puissant dans Vorientation de tout notre travail apostolique au sein de la classe ouvrière.Et ensuite comme pour enchâsser ce texte d'autorité, nous publions d'un côté une explication élaborée du programme de la L.O.C.pour 1953-54 et ensuite un bref compte-rendu de la semaine de la famille ouvrière que la L.O.C.a tenue en octobre dernier.La L.O.C.est un mouvement d'action catholique familiale qui n'a pas d'autre but que de travailler à sauver la famille ouvrière de chez nous.Et parce qu'elle est un mouvement d'Action catholique spécialisée, elle se doit de diriger son action apostolique sur les divers aspects de la vie profane du monde ouvrier de chez nous pour le pénétrer à fond du ferment chrétien de l'Evangile.A l'occasion du XVe anniversaire de sa fondation, la L.O.C.a choisi comme programme social ce qui, au dire même de Nos Seigneurs les Evêques, s'avère le problème fondamental de la classe ouvrière : l'insécurité économique et sociale du travailleur et de sa famille.La L.O.C.a voulu par là inviter ses militants à repenser toute l'action apostolique de leur mouvement en fonction de la vie ouvrière, de ses vrais besoins spirituels.Et il se trouve que le XVe anniversaire de la L.O.C.coïncide avec l'année mariale.Ce sera l'occasion toute heureuse d'intensifier la vraie pitié mariale chez nos militants et par là attirer sur le mouvement des grâces de choix, dont la première sera de multiplier les vrais militants, les chefs ouvriers apôtres à l'influence profonde et vraiment efficace.Le rapport que nous donnons de la Semaine de la Famille Ouvrière est un documentaire qui mérite d'être consulté et conservé.Cet ensemble devrait rendre service à tous nos aumôniers locaux, aux curés des paroisses ouvrières, à tous les prêtres qui exercent leur ministère en ville.Sauvons la famille ouvrière par une action catholique ouvrière plus ardente et plus généreuse ! La Direction — 518 — J® •J® i® ■5® «s 8® *® ss i@ ■j® m ^® i® §9 i® ^® i® "j® i® •>® i® ^® M •>® .5® 'j® i® •j® *® •j® i® w 2® 0® -5® 'i® ® •J® 1® i® liiiime nouveau ~J4 -Jion C^xcellence IKévérendii.onieianeiir LjiouannL j-^anico, ^Déléqué .__'Vpoiioliaue au Canada, I Miction L^atholique vJuvrière eitk eureuie de préienter I nommaqe de t I aaurance de xommaqe de iei voeux lei plui iincerei Pl el I aaurance de ion filial devouemen m ®?©X (g?§& sx > : un type inquiet, un être inférieur qui dépend de tout ce qui l'entoure (gouvernement, entreprises, etc.) Elle développe chez lui l'irresponsabilité : il s'est habitué à ce que les autres prennent les décisions à sa place.Il attend tout des autres et néglige de faire sa part.Le régime économique et social aggrave cette situation, parce qu'il entraîne l'ouvrier à vivre par compartiments.A l'usine, il agit et pense d'une façon, au foyer il fait autrement ; comme citoyen il accepte des idées qu'il refuse comme chrétien ; dans ses loisirs il se permet des actes qu'il condamne chez les autres.L'insécurité exclut l'ouvrier de la société.Dépendant, il ne peut jouer un rôle actif dans la société et dans les associations ; même dans son foyer il se retire plus ou moins.Il vit en marge de.Devant ce problème fondamentaal, il nous faut apporter un message, découvrir l'issue pour l'indiquer à la classe ouvrière qui la cherche en vain.3 — Le travail à faire Au cours des échanges de vues, il faudra prendre conscience de ce problème en homme, non pas à la façon d'un économiste ou d'un sociologue.Cette prise de conscience devra être faite en chrétien.Après avoir vu exactement la situation, chacun cherchera à comprendre le sens de notre enquête sociale 1953-54 et les objectifs que le mouvement se propose.II — Echanges de vues Voici un résumé des 18 rapports de commissions.1—Quelles sont les inquiétudes de la famille ouvrière d'aujourd'hui ?En regard du travail a) Salaire insuffisant : pas proportionné au coût de la vie ; manque d'un confort raisonnable ; il empêche de donner une alimentation saine, une instruction nécessaire aux enfants ; il oblige la femme et les enfants à travailler et à vivre au jour le jour ; il cause de la mésentente entre les époux et le découragement.b) Travail : chômage et travail irrégulier ; conditions de travail : longues heures, grève, impossibilité de trouver un emploi après un — 524 — certain âge.Egoïsme, indifférence et méfiance des ouvriers entraînent manque de solidarité, isolement, impuissance pour l'amélioration de leur sort.En regard de la ( maille a) Logement : Logis étroit entraîne la limitation des naissances ; nuit à l'éducation, au travail scolaire ; promiscuité.b) Avenir: crainte et incertitude de l'avenir; vieillesse; besoin de pension à 65 ans.c) Maladie : coût élevé des soins médicaux et des remèdes.d) Parents : mauvaise administration du salaire, absence du sens des responsabilités, incompréhension des époux.e) Education des enfants : influence du milieu, loisirs, délinquance, orientation des enfants, fréquentations.En regard de la soeiétè Lois ouvrières qui ne tiennent pas compte de la famille ; droits des ouvriers non reconnus, taxes élevées.En regard de lu religion On ne respecte pas le plan de Dieu, manque de confiance dans la Providence et dans l'Eglise, baisse de la foi et des convictions religieuses, spiritualité conjugale, infidélité conjugale, contrôle des naissances.2 — Quelles sont les causes de ces inquiétudes ?L'ouvrier n'a pas conscience qu'il est utile au travail, dans la société, dans la vie politique.Il est insatisfait et rend tout le monde responsable de son sort.Km regard du trarail a) Salaire : manque de prévoyance, vivre à crédit, ne pas se contenter de ce qu'on a ; publicité ; manque de compétence professionnelle, de conscience professionnelle ; machine remplace l'ouvrier.b) Travail : Favoritisme à l'ouvrage, manque de justice ; insouciance de l'ouvrier, pas d'intérêt au travail, traité comme une machine ; manque d'ambition et du sens des responsabilités ; absence de solidarité et de fierté ouvrière ; souvent il adhère au syndicat par intérêt seulement, pour ne pas manquer d'ouvrage ; complexe d'infériorité et envie du sort des autres.En regard de la famille a) Logement : Propriétaires égoïstes et ambitieux ; logements insalubres.b) Avenir: absence d'épargne.c) Parents : besoin de faire comme tout le monde, égoïsme, manque — 525 — d'esprit de sacrifice ; le laisser-aller qui influence parents et enfants ; vie désorganisée (excès.) d) Education des enfants: l'ignorance de leur rôle et l'insécurité des parents diminuent leur autorité.Un regard de la société Elle ne respecte pas le plan de Dieu ; fausse économie, mauvais partage des richesses, régime capitaliste.La société n'a plus le sens chrétien ; matérialisme ; course à l'argent ; lois ouvrières injustes ; trop de productions de guerre.En renard de ta reliaion Manque de confiance dans la Providence et dans l'Eglise, manque de charité et de justice.3 — Comment va-t-on travailler à faire disparaître ces inquiétudes ?Eduquer pour redonner l'espoir à la classe ouvrière.Sur le plan religieux Faire prendre conscience de sa vocation, mettre l'homme et la famille au service de Dieu, spiritualité conjugale.Sur le plan familial Rendre conscient des responsabilités et de l'insécurité.Rôle d'éducateur et d'époux ; orienter et préparer les jeunes au travail.Budget : tirer le maximum du salaire.Sur le plan du travail Préconiser le syndicalisme et la coopération sous toutes ses formes ; développer compétence et conscience professionnelles.Sur le plan de la itoeiété Représentations auprès du gouvernement et des associations pour améliorer et instituer certaines lois.III — Réponse à cette insécurité par Mlle Emilia LACROIX, trésorière nationale de la L.O.C.F.L'insécurité se définit comme étant une inquiétude, un sentiment de crainte qui nous étreint tous et chacun.Crainte de l'avenir : manque d'argent, perte de l'emploi, sans logement, infidélité du conjoint, etc.La réponse à ce problème, c'est la voix de l'Eglise qui nous l'ap- — 526 — porte par ses pasteurs : le Pape et les Evêques.Dans son discours aux associations Catholiques des travailleurs italiens (le 14 mai 1953), le Souverain Pontife montre que la caractéristique principale de l'économie actuelle est l'insécurité.L'économie est à la recherche de l'argent et vise un but matérialiste.« L'économie cesse d'avoir pour objet l'homme réel et normal, l'homme qui met en rapport les exigences de la vie terrestre avec sa fin dernière et la loi de Dieu.» Et Pie XII terminait ce discours du 14 mai : « à cette partie de l'humanité qui vit pour ainsi dire sans espérance sur la terre parce qu'elle a voulu se désintéresser du règne de Dieu, il faut répéter avec force et avec douceur qu'il existe bien, en vérité, le système pour résoudre même les problèmes humains : chercher de nouveau Dieu, regarder de nouveau le ciel ! » C'est tout notre programme de l'année.Le programme repose sur trois principes : le premier dit que l'argent est au service de l'homme ; le second, l'homme au service de Dieu ; le troisième, la famille au service de Dieu.1 — L'argent au service de l'homme Après la création du monde, Dieu créa l'homme et la femme à son image et à sa ressemblance.Il les bénit et leur dit : « Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre, dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui remuent sur la terre.» Il a mis la création au service de l'homme, c'était son plan.Aujourd'hui pour avoir la création à notre disposition, il faut de l'argent.L'argent doit être au service de l'homme selon le plan de Dieu.Dans l'état actuel des choses, l'homme est au service de l'argent.(«Au plus fort, la poche!» «L'argent mène le monde.» etc.) Pendant la première période de notre programme, le but de notre travail sera de voir comment rétablir le plan de Dieu et mettre l'argent au service de l'homme.Pour réaliser ce but, la L.O.C.montrera comment utiliser au maximum ce que l'on a (le budget) et comment prévoir l'avenir.Elle cherchera aussi à former des militants qui influenceront les organisations temporelles (unions, coopératives, etc.) chargées d'assurer à l'ouvrier un salaire familial convenable, et rendre l'argent au service de l'homme et de sa famille.2 — L'homme au service de Dieu Cette seconde période est le centre de notre programme.La L.O.C, par ses militants, doit donner aux travailleurs une doctrine sur la vie, sur la famille, sur le travail, sur la classe ouvrière.Une doctrine qui — 527 — fera connaître aux ouvriers la beauté et la grandeur de leur mission, la fierté d'être des travailleurs et une mystique, une force morale pour surmonter les difficultés de leur vie.Le travailleur est réellement frère du Christ et co-héritier du Ciel.L'ouvrier sera fier de sa vocation, la femme sera consciente de sa dignité d'épouse de travailleur, si lui et elle réalisent qu'ils sont réellement les enfants de Dieu à qui ils doivent retourner.L'homme au service de Dieu pour réaliser son plan.3 — La famille au service de Dieu Les parents sont les remplaçants de Dieu, ils sont les procréateurs.Sans eux, pas d'enfants, pas de vie.La lettre pastorale collective sur le problème ouvrier le dit bien : « Pour que la famille ouvrière soit source, première école d'éducation, sanctuaire où la jeunesse se forme à la piété et à la pratique des vertus, elle doit pouvoir se développer normalement dans des conditions sociales saines, mais aussi se laisser guider par une spiritualité chrétienne du mariage.» Alors cette troisième période a pour but de montrer que la spiri-lualité conjugale est à la base de la sécurité du foyer.Pour terminer notre programme de conquête de la véritable sécurité ouvrière, on verra que toute restauration humaine doit s'appuyer sur la religion et sur l'Eglise du Christ, en un mot sur Dieu.IV — Détail de l'Enquête Sociale de 1953-1954 Octobre introduction nu nroijromme de Vunnée : Prise de conscience de l'insécurité de la famille ouvrière.« Et puis, chez nous pas plus qu'ailleurs n'a été résolu le problème fondamental de la vie ouvrière, le problème de la sécurité économique et sociale du travailleur et de sa famille.» (Lettre pastorale collective sur le problème ouvrier.No 14) Ce premier CE.est une introduction au programme de l'année.L'insécurité a des aspects divers.Mère période : Par le salaire qui assure des conditions normales de vie familiale.« Nous avons proclamé comme exigences fondamentales de concorde sociale des aspirations que vous avez tant à cœur : un salaire qui assure l'existence de la famille, qui rende possible aux parents l'accomplissement de leur devoir naturel de faire croître une famille sainement nourrie et vêtue ; une habitation digne de — 528 — personnes humaines ; la possibilité de procurer à vos fils une instruction suffisante et une éducation convenable, de prévoir les jours de gène, de maladie, de vieillesse et d'y pourvoir.Ces conditions de prévoyance sociale doivent devenir des réalités si l'on veut que la société ne soit pas ébranlée à chaque saison par des ferments troubles et des secousses dangereuses, mais qu'elle se tranquillise et s'axiance harmonieusement dans la paix et l'amour mutuel.» (L.P.C., No Ifl) Principe de base : L'argent au service de l'homme But : Développer au maximum ce que l'on a.Prévoir l'avenir.Novembre Le salaire et les besoins quotidiens de la famille.Décembre - Janvier Le salaire et l'avenir de la famille.Février Le rôle du foyer vis-à-vis le salaire : son utilisation.2e période : Par la prise de conscience de la dignité du travailleur.« La restauration de la condition des ouvriers ne pourra se faire convenablement que si les travailleurs ont d'eux mêmes une appréciation noble et vraiment chrétienne et que s'ils sont foncièrement disposés à coopérer et à s'aider.Avant de compter sur l'aide des autres, ils doivent compter sur leurs propres efforts, sur leur propre défense, sur leur mutuelle assistance, dans l'exercice de laqiielle le point fondamental est le sentiment d'intime solidarité entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent.Ils seront donc les premiers artisans de l'amélioration de leur sort, sans quoi les meilleurs projets de réforme ne pourront opérer les résultats désirés.» (L.P.C.No 89) Principe de base : L'homme au service de Dieu But : Redonner à l'ouvrier la conscience et la fierté de sa vocation et de sa dignité de travailleur parce qu'il est enfant de Dieu.Mars L.O.C.iMission et vocation du travailleur : fierté ouvrière.L.O.C.F.: Mission et vocation de l'épouse d'ouvrier : amour de son état de vie.Avril L.O.C.: Compétence et perfectionnement.L.O.C.F.: Travail à la maison : souci de perfectionnement.— 529 — Mai L.O.C.: Solidarité, fraternité ouvrière, organisation.L.O.C.F.: Entr'aide familiale ; collaboration avec les organisations.He période : Par la collaboration au plan de Dieu sur la famille.« Pour que la famille ouvrière soit source de vie, première école d'éducation, sanctuaire oii la jeunesse se forme à la piété et à la pratique des vertus, elle doit pouv-oir se développer normalement dans des conditions sociales saines, mais aussi se laisser guider par une spiritualité chrétienne du mariage.« N'est-ce pas une pitié, disait Sa Sainteté Pie XII à l'Association Internationale de la Famille, de voir à quelle solution des problèmes les plus délicats descend une mentalité matérialiste : désagrégation de la famille par l'indiscipline des mœurs érigées en liberté indiscutable, épuisement de la famille par l'eugénisme sous toutes ses formes introduit dans la législation ; asservissement matériel ou moral de la famille où, dans l'éducation des enfants, les parents sont réduits à peu près à la condition de condamnés déchus de la puissance paternelle.» Au contraire, selon la doctrine chrétienne du mariage, le père et la mère, refusant de transiger avec leurs devoirs d'époux, se donneront avec foi à leur rôle d'éducateurs.Parce qu'ils auront accepté l'autorité de Dieu sur eux-mêmes, ils seront plus en mesure d'exercer leur autorité paternelle sur leurs enfants.» (L.P.C.No Jf9) Principe de base : La famille au service de Dieu But : Faire découvrir le plan de Dieu dans leur vie de père et mère de famille et l'importance de le réaliser.Juin Epoux - Epouses : spiritualité conjugale, base de la sécurité au foyer.Juillet - Août Parents - Enfants : Education des enfants.Septembre Coneiimion du programme de Vannée.Sécurité appuyée sur la religion, l'Eglise, Dieu lui-même.Semaine de la Famille « C'est notre devoir de regarder le problème ouvrier dans le plan de Dieu.Si la vie ouvrière des villes, dans les conditions où elle s'est développée dans le passé, s'est montrée moins saine et moins protectrice des valeurs humaines que la vie rurale, il ne faudrait pas croire qu'elle est nécessairement meurtrière des âmes.La ville et le travail industriel ne sont pas en dehors du plan de Dieu et ne conduisent pas fatalement au matérialisme et à la déchristianisation des âmes.Le milieu ouvrier et industriel peut être sanctificateur.;> (L.P.C.No 37) — 530 — Le programme religieux de la L.O.C.LE ROLE DE LA TRES SAINTE VIERGE DANS L'EGLISE I — Présentation par Gérard POTHIER dirigeant national de la L.O.C.Pourquoi avons-nous choisi ce programme et en quel sens devons-nous l'aborder ?a) La première raison qui a poussé le Conseil National à choisir ce programme c'est la célébration en 1954 du centenaire du dogme de l'Immaculée-Conception.Le programme a d'ailleurs été soumis à Nos Seigneurs les Evêques qui l'ont approuvé tant pour nous que pour tous les mouvements d'Action catholique.b) Et alors il survient une autre raison qui peut s'énoncer ainsi : Notre siècle est caractérisé par un phénomène extérieur ; c'est la montée extérieure de la Sainte Vierge en nos temps actuels.Si nous regardons en arrière, nous constatons qu'en 1830, la Sainte Vierge apparaît à sainte Catherine Labouré et lui demande de publier son Immaculée-Conception sous la forme devenue bien populaire de la Médaille Miraculeuse.Vingt ans plus tard le Pape Pie IX, à la joie de l'univers catholique, proclame le dogme de l'Immaculée-Conception.Et en 1858, c'est la Sainte Vierge elle-même qui vient confirmer publiquement le geste de l'Eglise par ses apparitions à Lourdes.A la petite Bernadette qui lui demande son nom, elle répondait tout simplement : « ]e suis l'Immaculée-Conception ! » Puis ce furent les apparitions de la Salette, de Pontmain et surtout celles plus célèbres encore de Fatima.Et nous avons noté la coïncidence providentielle.1917 : Lénine prend le pouvoir en Russie, fait la paix avec les belligérants et installe le communisme en son pays.1917 : la Sainte Vierge apparait à trois petits enfants de Fatima et les supplie de porter au monde un message urgent.« .Sinon la Russie répandra partout ses erreurs.Et ce sera la désolation ! » Partout le culte de la Vierge s'implante, s'amplifie, s'impose à l'attention.Les sanctuaires se multiplient appelant les foules en pèlerinage.Les croisades du rosaire s'organisent dans tous les pays.N'est-ce pas là un fait qui doit nous faire réfléchir.N'est-il pas — 531 — normal que nous nous demandions, nous dirigeants d'Action catholique, ce que tout cela peut vouloir dire pour notre vie d'ouvriers, de pères, mères de famille ?De quelle façon la Sainte Vierge peut-elle nous aider à solutionner tous les problèmes du monde ouvrier, de notre vie ouvrière ?La dévotion à la Sainte Vierge, en est-elle une qui s'ajoute aux autres, celle à saint Joseph, à saint Antoine, à sainte Marguerite ou à saint Gérard Magella ?Ou bien est-ce que la Sainte Vierge doit jouer dans notre vie un rôle tout différent et indispensable ?Quel est ce rôle ?Comment va-t-il apparaître dans notre vie de tous les jours ?Peut-être même qu'on comprendra mieux, qu'une femme, une mère de famille comprendra plus facilement le rôle de la Sainte Vierge dans sa vie parce que les occupations ont quelque lien de parenté.En effet, comme nos mères d'aujourd'hui, la Sainte Vierge a lavé la vaisselle, fait le ménage, reprisé du linge.Mais pour un ouvrier dans son usine en habit de travail, peut-il y avoir un intérêt profond à se tourner vers Marie ?Comment alors expliquer ce rôle de Marie dans la vie du travail telle qu'elle se déroule aujourd'hui ?Voilà autant de points que nous devrons éclaircir dans nos échanges de vues.Tâchons par là de mieux comprendre la place que nous devons faire à la Sainte Vierge dans notre vie.II — Echanges de vues Voici en résumé les rapports des dix-huit commissions qui à la suite de cette présentation ont discuté ce problème : 1 — Quelle place les ouvriers accordent-ils à la Sainte Vierge ?Itann leur piété a) personnelle : — Les trois Ave ; — Le port du scapulaire ou d'une médaille ; ■— Le chapelet : on le dit surtout avec S.E.le Cardinal P.-E.Léger.b) collective : — Le mois de Marie, le mois du rosaire ; — Les pèlerinages en l'honneur de la Vierge ; — La statue de Marie dans les maisons et dans certains départements d'usine.— 532 — En général les hommes suivent les femmes dans la dévotion à Marie.Plusieurs, surtout chez les hommes, ont déclaré aller directement au Christ.Buts» leur» problème* personnel* On a divisé les problèmes en deux catégories : a) Les petits problèmes Difficulté à équilibrer le budget, éducation des enfants, le menu à varier à chaque repas, etc.On ne pense pas souvent à confier ces petits problèmes à Marie, on cherche à se débrouiller seul.b) Les grands problèmes Les maladies graves, recherche d'un emploi, etc.On sent le besoin de demander du secours : on s'adresse à Marie comme on s'adresse à saint Joseph, saint Jude, etc.Dunn leur i «V de travail La place de Marie est bien petite : — on y pense le matin, mais rarement au cours de la journée ; — les hommes y pensent moins que les femmes ; — la dévotion à la Sainte Vierge commence à se manifester dans certaines usines par l'installation d'une statue ; — dans une usine, on dit le chapelet, le Vendredi-Saint à 3 heures.2 — Quel est le rôle de la Vierge ?Bang le plan de ÊHeu Co-Rédemptrice du genre humain : — par son Fiat, Elle accepta d'être la Mère de Dieu.— Elle accepta au pied de la croix d'être la mère du genre humain.— Après la mort de son Fils, elle encouragea, soutint les apôtres.— Au ciel, elle continue son rôle de mère.— Elle est la dispensatrice de toutes les grâces.0- « En voici un enfin qui me parle de la masse, disait Pie XI à l'abbé Joseph Cardijn venu à Rome lui exposer sa conception nouvelle d'apostolat, la J.O.C.Toms les autres me parlent de l'élite.mais la masse .'.» h ( l."s ehels Dès 1939 la L.O.C.a vu qu'il fallait agir dans cette masse.« Tout est là, poursuit le manuel de la L.O.C.Le relèvement 2.La Conquête de la Classe oui titre par la J.O.C.el la L.O.C, Textes d'Action catholique, no }, Ed.Fides — Ed.Ouvrières, Montréal, page 10 et 11. de la masse s'opérera par des chefs apôtres pris dans la masse, faisant corps avec elle, pas autrement, c'est le Pape qui le dit.En ceux-là, elle aura foi et confiance, parce qu'elle aura la certitude d'être comprise et aimée.Ceux-là, elle les suivra, et pour son salut, parce qu'ils sauront parler à son cœur dans un esprit de fraternelle charité.Aussi, est-ce le premier, disons même l'unique souci de la L.O.C, de recruter dans la masse, des chefs pour la masse ; de les former ces chefs, et de les instruire sans jamais les sortir de la masse pour « être le levain dans la pâte ; » pour soulever par eux la masse à la hauteur de sa destinée humaine et éternelle, à la hauteur du Christ3.» 2 — La L.O.C.a-t-elle toujours marché et marche-t-elle encore dans le sens de sa mission apostolique ?Aujourd'hui, nous sommes 6,000 militants, riches d'un passé d'expérience.Notre apostolat est maintenant organisé.Nos instruments de travail sont plus perfectionnés.Notre technique a fait ses preuves.Elle est bonne.tfue vaut notre mystique ?Notre souci apostolique est-il développé autant que notre technique ?Connaissons-nous la masse d'aujourd'hui ?Sommes-nous conscients de notre responsabilité de militants ?Avons-nous gardé la hantise du Christ, la hantise des foyers à sauver ?Qu'est-ce qu'on fait actuellement ?Au cours des échanges de vues, demandons-nous ce qu'on fait actuellement dans la L.O.C.Répondons pour nous et pour nos militants.Ne partons pas de l'idéal, de ce qui devrait être, mais de ce qui est.C'est en somme un examen sur la valeur militante du mouvement qu'on va faire.II — Echanges de vues Voici un résumé des échanges de vues obtenus au cours des commissions.1 — Qu'est-ce que nous faisons actuellement dans la L.O.C.?Nous réalisons actuellement beaucoup d'activités : réunions, visites de sections, rapports, contacts, organisations de toutes sortes.La finance nous accapare beaucoup : noyaux de formation, recrutement, beaucoup 3.Manuel de la L.O.C, p.87.— 540 — de services rendus, enquêtes, sans trop savoir pourquoi.Fondations de sections, préoccupation de nos charges respectives, propagande, budget, réalisons les programmes du mouvement, vendons « magazine », organisons des retraites, etc.De nombreux faits ont été donnés qui prouvent que de beaux résultats sont sortis de ces activités.Par ailleurs un grand nombre de participants admettent que le sens profond de ces activités n'est pas compris.Les principales inquiétudes mentionnées sont : La condition morale et physique des gens de notre milieu, le respect du dimanche, l'égoïsme grandissant des travailleurs, l'éducation relâchée des enfants, l'entente entre époux, les cas particuliers de misère, l'immoralité des loisirs, la sanctification personnelle, le poids de notre responsabilité, l'équipe d'influence, nos vis-à-vis, la formation des nouveaux, la bonne marche des sections.On admet en général que l'on est inquiet, mais que cette inquiétude apostolique ne se manifeste pas suffisamment dans la vie de tous les jours à cause du découragement et de la lassitude qui vous envahissent bien souvent.Il ne fait pas de doute qu'une influence s'exerce par le militant ; de nombreux faits le prouvent mais il est extrêmement difficile de l'analyser.Cette influence toutefois est peut-être trop occasionnelle et pas suffisamment soutenue et organisée avec méthode.Nos coups ne portent pas toujours.2 — Qu'est-ce qui a manqué dans notre travail de militant?On a constaté qu'il manquait le lien entre aumôniers, dirigeants et militants ; d'amour réel pour la classe ouvrière ; de connaissance du travail à faire ; de cran, de ténacité, de tact et de temps pour s'attaquer aux problèmes difficiles ; de technique précise et de champ d'action bien déterminé ; de contrôle d'action, de revue d'influence, d'équipe d'influence, de contacts personnels ; de mystique en général : vie spirituelle intense, prière, humilité ; de présence active au CE.et de préparation personnelle.S.f militant C'est quelqu'un qui est en action commandée, à la disposition des siens, qui donne ce qu'il reçoit, qui organise un témoignage chrétien dans la classe ouvrière, c'est un éducateur, un soldat du Christ, un engagé, qui a le souci des âmes, un missionnaire dans le monde ouvrier, qui a épousé une cause et qui s'y donne.Celte responsabilité nous obliqe.à changer de vie, à l'union constante à Dieu, à étudier sans cesse — 541 — le milieu, à agir constamment sur quelque problème, à être fidèle aux réunions pour s'y retremper, à accomplir scrupuleusement notre charge, à être un exemple vivant, à avoir une équipe d'influence, à oublier nos propres problèmes, à se voir tel qu'on est.3 — Quels moyens avons-nous pour réaliser notre travail de militant ?Les programmes, publications, mots d'ordre, revision d'action, contrôle, enquêtes, services, entr'aide, récollections, les cinq points locistes, la technique lociste avec tous ses rouages, la vie elle-même avec les circonstances de contacts qu'elle fournit, direction spirituelle, revue d'influence, l'équipe d'influence, sens de l'observation, les nombreuses occasions qui nous seront fournies de nous rapprocher de Dieu par la prière, les' sacrements, les méditations, etc.III — Militant : "Espoir de la classe ouvrière" par Leopold SEGUIN, dirigeant national de la L.O.C.Pour que cette expression ne soit pas un simple « slogan » mais un véritable programme de vie, il est important que le militant comprenne exactement le but que poursuit la L.O.C, la valeur des militants dont elle a besoin, et les moyens mis à sa disposition pour accomplir son travail.Nous verrons donc : 1 — Quel est le but premier de la L.O.C.?a) OhjeetU Elle a pour objectif de transformer les milieux où évoluent les ouvriers, de les rechristianiser, de les replacer dans le plan providentiel.Normalement tous les milieux devraient favoriser la vie chrétienne, aider ceux qui y vivent à atteindre leur fin, leur fournir des conditions normales de vie qui leur permettent de mener une existence digne d'enfants de Dieu.Or en fait, ces milieux les éloignent de leur fin, les déforment ; ils sont devenus nuisibles en démolissant chez les travailleurs les jugements et la compréhension de tout ce qui a trait à leur vocation divine.La L.O.C.a donc comme objectif de redonner à ces milieux une atmosphère chrétienne, d'y refaire l'ambiance, d'y redresser les courants d'idées, les mentalités.Elle vise à v rétablir des conditions de vie favorables à la pratique des vertus chrétiennes.Son travail est donc un travail de transformation des milieux : travail vaste, difficile, qui ne s'accomplira que par une action bien déterminée.— 542 — h) Action à entreprendre Cette action suppose un travail de conquête et un travail d'influence.Conquête Le militant seul est incapable d'opérer une telle transformation.Il est également impuissant à influencer séparément tous les individus qui l'aideront dans son travail.C'est alors que son action individuelle se fera valoir : choix de ceux qui peuvent le mieux seconder ses efforts, contacts répétés avec eux, étude approfondie des problèmes des milieux à influencer, plans d'action préparés avec eux, etc.Influence En exécutant ces plans d'ensemble les militants exercent leur influence dans ces milieux déterminés.En reliant ces équipes naturelles au mouvement, ils leur donneront l'esprit et le sens apostolique de leur mission.C'est alors que nos militants collaboreront efficacement au mouvement et l'aideront vraiment à atteindre son objectif qu'est la transformation des milieux de vie.La L.O.C.n'aura donc atteint son but que le jour où elle aura semé l'inquiétude dans tous les milieux, déclenché une action de conquête personnelle et une action collective organisée. Conetanion Pas de L.O.C.véritable sans militants de base, actifs et à la page.La L.O.C.sera ce que ses militants seront ; elle agira dans la proportion où ses militants agiront ; elle n'atteindra son but qu'en autant que chaque militant l'atteindra dans son milieu respectif.Plus elle aura de militants formés, éveillés au sens exact de l'Action catholique, plus elle envahira les milieux et les transformera.2 — Qu'est-ce que doit être ce militant dont la L.O.C.a tant besoin ?a) Itédnition Le militant est quelqu'un qui a compris, qui entraîne les autres.Oui a compris quoi ?Sa responsabilité, c'est un responsable.Son christianisme, c'est un témoin.Oui entraîne comment ?En étant un éducateur.En étant un apôtre.Un responsable : En Action catholique le militant responsable est celui qui a compris : 1) Sa vocation divine : c'est-à-dire qu'il a réalisé un bon jour qu'il était enfant de Dieu ; qu'il était en fait riche d'une richesse infinie ; digne de respect parce que fils de Dieu ; puissant de la puissance même de son Père ; et que de ce fait, tous les actes de sa vie, même les plus petits avaient une valeur d'éternité.Que là était réellement le remède à ses tracas, à ses soucis ; il a découvert qu'il — 543 — avait une raison de vivre dans la joie, la confiance et le bonheur.Qu'il n'était pas seul à peiner ici-bas mais que le Christ dont il est un membre vivant pouvait transformer sa vie.Et ce n'est là qu'un aperçu bien faible de cette grande réalité qu'est sa vocation divine.2) Et en face de cette découverte, il s'est ouvert les yeux pour voir quoi ?Ses frères et compagnons de voyage ici-bas, accablés, désespérés, abattus, traînant à regret leur triste vie, souhaitant intérieurement une fin rapide à toutes ces misères.Plus de ressort, n'ayant même plus conscience de leur dignité d'homme, encore moins de chrétiens.Et il s'est dit que pourtant eux aussi étaient appelés à partager sa joie de vivre et d'espérer.Que le Christ n'était pas venu apporter le salut à quelques privilégiés mais à tous.Qu'eux aussi avaient droit au bonheur qui était maintenant le sien.Le militant a-t-il jugé durement, sévèrement, du haut de sa grandeur parce que privilégié ?Non, loin de là.Sa propre expérience de la vie lui a fait découvrir les problèmes de ses frères ; à travers leurs faiblesses, leurs misères, il a vu des âmes appelées comme la sienne à être heureuses ; il a vu des baptisés, des rachetés au prix du sang du Christ.Et il s'est dit que ça ne pouvait pas marcher comme ça, que tant d'âmes ne pouvaient pas ainsi courir à leur perte inconsciemment ; qu'il se devait de les secourir, de leur ouvrir les yeux.Il a continué à partager leur douleur, à souffrir de cet état de choses.Cette double découverte de sa vocation et de celle de ses frères l'a soudé plus que jamais à ceux de son entourage.C'est à partir de ce moment qu'il est devenu vraiment responsable.Et cette responsabilité l'inquiète, le tracasse.Il réalise qu'ils ne guériront qu'à condition que lui leur apporte le remède.Un témoin Le fait d'avoir compris son christianisme en aura fait un témoin.Témoin vivant du Christ parmi ses frères ouvriers.Il réalise que le christianisme ce n'était pas fait pour être vécu à côté de la vie et que son travail vis-à-vis ses frères sonnerait à faux s'il ne le vivait pas intégralement lui-même.Sans même s'en rendre compte il incarnera la charité dans tous ses actes.Et ce sera sa meilleure façon de remettre le christianisme à la portée des autres.Ce sera là son premier enseignement, car le témoignage est le seul livre qui soit à la portée des ouvriers.Chez lui, au travail, dans ses loisirs, etc.il verra, parlera, sentira, jugera, agira en chrétien.C'est à promener le Christ partout et toujours qu'il » le fera connaître.et non pas en le leur montrant de loin.En un mot, il sera une reproduction du Christ d'il y a 2,000 ans.Or le Christ a vécu avec la masse, dans la masse.C'est cela mettre le Christ approchable, rendre l'Eglise présente dans le milieu ouvrier, à la portée de tous.— 544 — Un éducateur Mais le militant dont la L.O.C.a besoin, en plus d'avoir compris sa vocation divine et celle de ses frères, doit entraîner les autres, pas en les tirant, en les poussant, mais en les éduquant.Pour lui, éduquer, ce n'est pas compliqué.C'est tout simplement faire passer les autres par où il a passé.Le retour sur lui-même lui montre que sa vie a été transformée le jour où il a compris.Et il se dit que ce qui a été bon pour lui doit l'être pour les gens de son milieu, qui vivent dans les mêmes circonstances que lui.Et c'est là qu'il entre en action, mais avec un but bien précis.Il ne perd pas de vue que c'est toute la masse qu'il doit atteindre.En homme intelligent, il ne frappera pas à gauche et à droite ; ses coups porteront.Son action sera étudiée, calculée, orientée stratégique-ment, il aura du système dans son affaire ; ne marchera pas à tâtons, à peu près.Il s'appliquera à éduquer de futurs éducateurs.qui seront en mesure à leur tour de faire la même chose que lui.Il en fera des responsables comme lui.Pour cela, il leur fera franchir les mêmes étapes que lui a franchies.C'est-à-dire qu'à travers tous les actes de la vie quotidienne il leur fera découvrir leur vocation divine et celle de leurs frères.Avec patience il leur ouvrira les yeux jusqu'au jour où ils se décideront à poser des actes parce qu'ils se seront sentis responsables de leurs frères.En résumé, éduquer, pour lui, ne consiste pas à donner des formes, des cadres, mais bien à amener d'autres personnes à partager son amour pour les autres travailleurs qui se perdent et à les entraîner à travailler avec lui dans le milieu de vie.Un apôtre Le militant qui a saisi le sens profond de ses responsabilités vis-à-vis la classe ouvrière réalise que tous ses gestes doivent être inspirés par le zèle apostolique.Il est réellement un envoyé qui doit pénétrer le milieu ouvrier pour l'informer, l'influencer, le gagner aux principes de l'évangile.Sa mission est exactement la même que celle confiée aux premiers apôtres par le Christ lui-même lorsqu'il leur dit : « Désormais vous serez des pêcheurs d'hommes.» Il n'est donc pas un gars de couche chaude, qui s'évade du monde ouvrier dès qu'il en a la chance pour se préserver lui-même.Le militant apôtre est un co-rédempteur.Le Christ en a voulu ainsi dans son plan providentiel.C'est donc le militant d'Action catholique qui dans le monde ouvrier doit répandre l'évangile.Son travail sera inspiré par son amour pour le Christ.Il est également prévenu des sacrifices et des souffrances qui l'attendent, car ces paroles de l'évangile : « .on vous mettra en prison, on — 545 — vous flagellera, on vous fera mourir » il les a comprises.C'est là son sort, comme ce fut le sort des apôtres et c'est aussi la condition sans laquelle son travail demeurerait stérile.h) VonditioitH de aueeè* En face de la grandeur du travail à faire et du sort qui lui est réservé, il est indispensable pour le militant de se tenir en union étroite et constante avec Dieu par l'état de grâce et une vie surnaturelle intense.Ce sera là sa source d'approvisionnement pour lui et les autres.C'est là qu'il trouvera les lumières pour orienter son action et la force de passer à travers les difficultés sans se décourager et sans ralentir sa marche.3 — Nombreux sont ses moyens d'action Moyens surnaturels d'abord, c'est-à-dire la prière, les sacrements, la direction spirituelle, etc.Moyens naturels qui lui sont fournis par le mouvement et qui comprennent toutes ses activités et ses publications.Mais son moyen naturel d'action par excellence, c'est encore la vie de tous les jours qui les lui fournit.Là entre en jeu son initiative et ses qualités de chef naturel du milieu.A travers tous les actes et toutes les circonstances de la vie, il saura faire voir les problèmes, les fera juger chrétiennement et fera agir les gens de son entourage en vue de transformer les milieux.— 546 — * ENGAGEMENT APOSTOLIQUE A l'issue de la Session Intensive tenue en juin dernier à Valleyfield tous les dirigeants nationaux et fédéraux se sont rendus au pied du Saint Sacrement exposé et se sont engagés pour un an au service du Christ pour travailler dans la L.O.C.au salut de la classe ouvrière de cbez-nous.Voici la formule qu'ils ont ensemble prononcée : « Seigneur Jésus, Ouvrier comme nous, Toi qui nous connais si bien avec nos faiblesses et nos fautes passées, mais aussi avec la simplicité et la générosité de notre cœur d'ouvrier, nous ne voulons pas quitter cette maison où Tu nous as si bien accueillis, sans te confier une inquiétude, que nous sentons grandir chaque jour davantage dans nos cœurs.« Nous sommes inquiets du grand nombre de nos frères et sœurs qui ne Te comprennent pas.A ton exemple, nous avons pitié de cette foule que la vie débâtit.« Tu nous a appelés, sans aucun mérite de notre part, à travailler dans les rangs de l'Action catholique ouvrière.Nous y croyons, Seigneur, à Ton appel.Mais nous sentons le besoin de te dire après tant d'années de labeur apostolique : « Seigneur nous avons péché toute la nuit, presque sans rien prendre.» Mais sois assuré que nous ne T'abandonnerons pas.« Au contraire nous repartons avec un courage tout neuf ! Il nous semble que la bataille de l'année à venir ne nous effraie pas car Tu as su nous réconforter durant ces deux jours passés plus près de Toi, à discuter Tes intérêts.« Nous avons compris que ce n'est pas Ta part qui a manqué mais la nôtre.Nous nous sommes découragés bien souvent au cours de l'année qui s'achève.Nous n'avons pas toujours posé les gestes que Tu attendais d'apôtres responsables de leurs frères.Nous le regrettons bien sincèrement, certains que Toi, tu nous comprends.« Aussi, est-ce avec foi et confiance que nous nous engageons, aujourd'hui, 27 juin 1953, à combattre et à lutter à Tes côtés.Nous sommes assurés que Ton aide ne nous fera pas défaut, car ce que nous souhaitons c'est que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne arrive, que Ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.« Nous te prions pour tous les foyers ouvriers et nous nous engageons à travailler de toutes nos forces à Te mettre chez-vous, chez eux.Car Tu le sais bien, au fond les familles ouvrières n'ont pas mauvais cœur.Seulement, elles n'ont pas compris que leur vrai bonheur est en Toi.C'est pourquoi, nous venons mettre à Ton service nos bras et nos cœurs pour Te faire connaître et aimer.« Conscients de la puissance de Marie, nous la chargerons de T'offrir notre humble demande.Puisse Ta Mère et la nôtre nous inspirer et nous guider dans notre travail apostolique.» — 547 — La voix des Evêques DECLARATION DE L'EPISCOPAT SUR LA MORALE CONJUGALE Nos Evêques nous rappelle nos devoirs à l'égard du mariage et de la famille A l'occasion de sa réunion plénière annuelle, l'Episcopat canadien désire rappeler aux fidèles certaines vérités fondamentales sur le mariage et la famille.Le sujet présente un caractère de gravité extrême, car le bonheur de chaque foyer, le bien commun de la société et le salut éternel des parents et des enfants dépendent du respect des normes immuables de la morale conjugale et familiale.La famille est la pierre angulaire de tout l'édifice social.Si la vie familiale est saine, l'Etat est fort et prospère.Si, au contraire, cette vie familiale est dissolue, ni les richesses naturelles ni les progrès techniques ne pourront empêcher le pays de s'acheminer vers la ruine.L'histoire ne cesse d'enseigner cette leçon nous mettant en garde contre une foule de maux et d'abus qui sont actuellement répandus dans notre pays.1 — Caractère sacré du Mariage Le mariage a été institué par Dieu pour perpétuer l'espèce humaine et permettre à l'homme de satisfaire légitimement son besoin naturel d'aimer et d'être aimé.Le caractère sacré du mariage ressort des Saintes Ecritures : « Et Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre.» (Gen.1, 28).« Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui.» (Gen.2, 18).Adam lui-même, en voyant la compagne que Dieu venait de lui donner, ne put s'empêcher de s'exclamer : Voilà maintenant l'os de mes os et la chair de ma chair ».et l'Ecriture ajoute : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.» (Gen.2, 24).Le caractère religieux du mariage est manifesté dès les origines du monde.Mais notre divin Sauveur a élevé le contrat de mariage à la sublime dignité de sacrement de la Nouvelle Loi.Depuis lors, le mariage est devenu une source de grâces apportant aux époux l'aide surnaturelle dont ils ont besoin pour remplir les devoirs onéreux de leur état.Selon le plan de Dieu, le mariage est le moyen providentiel ordonné — 548 — à sanctifier la famille et, partant, la société elle-même.Cette économie divine ne pourra se réaliser que dans la mesure où la nature sacramentelle du mariage sera universellement reconnue et où nos citoyens et nos législateurs le considéreront comme une institution sacrée.2 — Préparation au Mariage On comprend aisément que les jeunes gens doivent se préparer, par la prière et l'étude, à recevoir dignement ce grand sacrement.Durant la période des fréquentations, ils auront à cœur de développer spécialement le respect mutuel et la délicatesse de la pureté.Nous recommandons vivement les cours de préparation au mariage, où les jeunes gens de l'un ou l'autre sexe prennent mieux conscience des devoirs et des obligations de la vie matrimoniale.Dans ces leçons on apprend aux futurs époux comment assurer le bonheur de leur vie conjugale et la possibilité d'atteindre à une très haute sainteté dans cet état.Puisse cet apostolat en faveur du mariage chrétien se répandre et porter des fruits abondants.3 — Le Mariage et la Morale La baisse de la morale conjugale, qui caractérise notre époque, tient sans doute à ce que, même chez nos chrétiens, s'accroît de jour en jour le nombre de ceux qui, dans la pratique, ne considèrent plus le mariage comme une institution sacrée.Les époux doivent comprendre qu'ils restent toujours sujets de la loi naturelle dont Dieu est l'auteur.Le mariage est l'union permanente d'un homme et d'une femme, à laquelle aucune autorité humaine ne peut mettre fin.A ceux qui cherchent à se libérer du lien conjugal ou qui facilitent le divorce, s'adresse l'avertissement divin : « Oue l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ».(Mat.19, 6) Nous réprouvons sévèrement l'action de ceux qui, pour quelque motif que ce soit, attentent directement à la vie humaine, aussi sacrée avant qu'après la naissance, et dont Dieu seul est le maître.Ajoutons que les conditions de la vie moderne obligent parfois les époux à l'héroïsme s'ils veulent être fidèles aux lois saintes du mariage chrétien.Nous songeons en ce moment à l'insuffisance des salaires, au coût exorbitant de la maison familiale, au prix excessif des loyers, aux tracasseries subies par les locataires qui ont des enfants.Nous invitons instamment les autorités civiles et les propriétaires d'immeubles à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser l'accomplissement des devoirs sacrés de la vie familiale.4 — Le Devoir de l'Education Les parents seront appelés à rendre des comptes sévères touchant — 549 — l'éducation de leurs enfants.C'est à eux, en effet, qu'incombe en premier lieu la formation physique, intellectuelle, morale et religieuse des enfants que Dieu leur a confiés.L'aide qu'apportent l'école et l'Etat dans ce domaine ne supprime pas pour autant leur responsabilité.Que les parents catholiques se souviennent de l'enseignement du Premier Concile Plénier de Québec concernant l'obligation d'envoyer leurs enfants dans les écoles catholiques : « Partout où existent des écoles catholiques, c'est une obligation de conscience pour les parents d'y envoyer leurs enfants.Là où ces écoles feraient défaut, nous demanderons aux pasteurs et aux fidèles de travailler à en établir, en usant de tous les droits que la loi leur reconnaît ; et dans ces parties du pays, où les catholiques ne peuvent pas faire servir les taxes scolaires, qui leur sont imposées, à l'instruction catholique de leurs enfants, qu'ils prennent tous les moyens à leur disposition pour assurer à ceux-ci, au prix même des plus grands sacrifices, le bienfait d'une éducation en conformité avec leur foi ».(Premier Concile Plénier de Québec).5 — L'Education par l'Exemple Les parents sont tenus de donner à leurs enfants l'exemple de toutes les vertus chrétiennes, du dévouement profond envers Dieu et la Sainte Eglise, de la prière en famille et de la réception fréquente des sacrements.Aucun précepte n'a de force quand il est contredit par l'exemple de ceux dont l'influence est la plus profonde et la plus durable.Les influences païennes qui entoureront ces enfants dans l'adolescence et la vie adulte seront plus néfastes que celles qui ont causé des dégâts croissants au cours des dernières années.Si les enfants ne sont pas encouragés de bonne heure et formés à la pratique de la religion et de la vertu, de graves motifs nous portent à craindre pour la perte de leur foi et la corruption de leurs mœurs.Les parents qui manquent à l'un ou l'autre de leurs devoirs en cette matière feront bien de considérer ces mots terribles de notre doux Sauveur : « Mais celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu'on lui suspende une meule à âne au cou et qu'on le précipite au fond de la mer.Malheur à l'homme par qui le scandale arrive ! (Mat.18, 6, ss.) 6 — L'Education en vue de la Chasteté Il est un enseignement particulièrement délicat que les parents ne devraient pas d'ordinaire confier à d'autres.C'est l'éducation de la pureté.Une initiation prudente et chrétienne concernant la vie sexuelle implique beaucoup plus que le simple exposé de certaines notions physiologiques.Comme le disait Sa Sainteté le Pape Pie XII s'adressant aux mères italiennes : — 550 — « Enfin, avec votre perspicacité de mères et d'éducatrices, grâce à la confiante ouverture de cœur que vous aurez su infuser à vos enfants, vous ne manquerez pas de chercher et de découvrir l'occasion et le moment où, certaines questions secrètes s'étant présentées à leur esprit, auront produit dans leur sens des troubles particuliers.Alors, il appartiendra à vous pour vos filles, au père pour vos fils, — autant que cela apparaît nécessaire, — de soulever avec précaution et délicatesse le voile de la vérité ; de leur donner une réponse prudente, juste et chrétienne à ces questions et à ces inquiétudes.Les révélations sur les mystérieuses et admirables lois de la vie, reçues de vos lèvres de parents chrétiens, à l'heure opportune, dans la mesure qui s'impose, avec toutes les précautions requises, seront écoutées avec un respect joint à la reconnaissance.» (Pie XII, Acta, Vol.33, pp.455-6) Comme les parents manquent assez souvent de connaissances pour donner cet enseignement, nous louons les efforts des cercles d'étude et des associations de parents où des médecins et des moralistes compétents expliquent aux parents le sujet et le mode de cette instruction.7 — Surveillance exercée par les parents Connaissant les graves dangers qui menacent la jeunesse moderne, nous exhortons les parents à exercer une plus grande vigilance à l'égard de leurs fils et de leurs filles.Soucieux de leurs devoirs, ils surveilleront attentivement le choix des divertissements et des compagnons de leurs enfants.Nous demandons instamment aux parents de lutter contre la coutume pernicieuse des garçons et des filles qui, au seuil de leur adolescence, commencent déjà à se fréquenter régulièrement, s'exposant ainsi à bien des occasions de péché.Ils auront des comptes très lourds à rendre, les parents qui, par négligence, ou par crainte de déplaire à leurs enfants, ou par désir de paraître « modernes », tolèrent des fréquentations évidemment prématurées : « Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles.Or, si un aveugle conduit un autre aveugle, Us tomberont tous deux dans une fosse.» (Mat.15, l!t) D'autre part, nous louons les parents qui s'efforcent de faciliter les divertissements de leurs enfants dans l'entourage de leur propre foyer, si difficile que cela puisse paraître.Ils devraient aussi veiller à ce que leurs enfants participent activement aux associations paroissiales de jeunesse.8 — Conclusion Nos recommandations et nos espérances seront vaines si la vie familiale n'est pas imprégnée d'esprit surnaturel.En ces dernières années, lors de la grande croisade du Rosaire, presque toutes les familles catholiques du pays se sont engagées spontanément à la récitation quotidienne — 551 — du chapelet.C'est là pour nous un motif de consolation et un gage d'espoir, car « la famille qui prie ensemble reste unie », et le foyer où Marie est honorée sera toujours une école de vertu, un refuge de bonheur et de paix.Au cours de l'année mariale, nous voulons consacrer nos familles au Cœur Immaculé de Marie pour que, selon la prière de notre Saint Père glorieusement régnant : « le foyer domestique trille de l'éclat d'une fidélité inviolée, qu'il soit fécond d'une progéniture sainement et saintement élevée, qu'il soit fort dans la concorde et dans l'aide réciproque ».Semaine de la famille ouvrière PROFIT OU PERTE?La semaine de propagande de la L.O.C.qu'on appelle « Semaine de la Famille Ouvrière » vient de se tenir comme d'habitude en fin d'octobre et elle s'est terminée avec la fête du Christ-Roi.Le thème de la semaine On sait que cette grande semaine vient clôturer le travail d'apostolat accompli par les militants au cours de l'année.Le programme social du mouvement portait sur les loisirs de la famille ouvrière.La semaine de la famille ouvrière a voulu poser un point d'interrogation à tous les adultes du monde ouvrier.« Les loisirs, tels qu'ils se prennent aujourd'hui, sont-ils un profit ou une perte pour la famille ouvrière ?» Et l'objectif de la L.O.C.était avant tout d'inviter chaque foyer à réagir en face de cette invasion malsaine des loisirs commercialisés et à tout mettre en œuvre pour que les grands loisirs modernes deviennent vraiment profitables pour tous les membres de la famille.Le patronage de Nos Seigneurs les Evêques La semaine de la famille ouvrière fut soigneusement préparée dans tous les diocèses où la L.O.C.existe.A Montréal, dès le début d'octobre, il y eut une rencontre officielle de Son Eminence le Cardinal Léger qui, en présence des journalistes de la Métropole, voulut bien accueillir les dirigeants de son diocèse afin de prendre connaissance des buts de la semaine et du programme entrevu.Son Eminence félicita les organisateurs de la campagne et leur prodigua ses conseils tout en insistant sur l'opportunité d'aborder un problème aussi grave que celui des loisirs.— 552 — L'ouverture de la semaine se fit par une grand'messe pontificale à l'Oratoire St-Joseph, chantée par Son Excellence Mgr Percival Caza, évêque auxiliaire et directeur diocésain de l'Action Catholique de Valley-field.Son Excellence y prononça un sermon de haute portée doctrinale sur le sens chrétien qu'il faut donner à nos loisirs modernes.Ce sermon était irradié par le poste C.K.A.C.Les rapports sont encore incomplets mais nous savons qu'à Chicou-timi la clôture de la semaine se fit par une Pontificale chantée par Son Excellence Mgr Melançon en la paroisse du Christ-Roi.Le sermon de circonstance fut prononcé par M.l'abbé Jean-Baptiste Gobeil, aumônier diocésain de la J.O.C.et — jusqu'à ces derniers temps — de la L.O.C.Les soirées populaires De plus soulignons qu'à travers la province, il s'est tenu environ 200 soirées populaires au cours desquelles il y eut à peu près partout des forums sur le sujet en cause : Loisirs, profit ou perte ?Des auditoires considérables ont assisté à ces soirées.De nombreux programmes radiophoniques s'y sont ajoutés.Et partout on sut mettre en œuvre tous les moyens publicitaires : vitrines, banderolles, communiqués de journaux, etc.Les journaux Les journalistes eux-mêmes ont fait écho à la semaine en écrivant des articles dignes de mention dans leurs colonnes éditoriales.Nous citons en particulier les articles de M.Victor Barrette dans le Droit du 22 octobre, de M.Ls-Philippe Roy dans l'Action catholique du 16 octobre, de M.Georges-Henri Daigneault dans le Progrès du Saguenay du 16 octobre, de M.Leopold Richer dans Notre Temps du 17 octobre, de M.Gérard Pelletier dans le Travail du 23 octobre, de M.l'abbé Lionel Moreau dans le Salaberry du 15 octobre, de M.Germain Brière dans le Front Ouvrier du 17 octobre et dans Relations d'octobre.Et nous sommes assurés d'en oublier plusieurs autres.Notons enfin la collaboration de « Ma Paroisse » et de « Prie avec l'Eglise » du Centre Catholique de l'Université d'Ottawa.Mais ce qui serait plus intéressant encore, ce serait d'estimer les résultats de toute cette propagande chrétienne dans les esprits et les cœurs de la masse ouvrière.Car nous savons par bien des indices que la semaine de la famille ouvrière a porté de beaux fruits. ote problème des to problème des loisirs pr et tu promotion de tu ctuSSe ouvrière.Ce sermon fut prononcé à l'oratoire St-Josepb par S.E.Mgr Percival CAZA, le dimanche 7S octobre 1953, à l'inauguration de la semaine de la famille ouvrière.Dirigeants et militants de la Ligue Ouvrière Catholique, La Providence est bien bonne de me ramener au milieu de vous pour me donner la joie de revivre les heures trop brèves que m'a values en juin dernier, votre session intensive, tenue à Valleyfield.Vous étiez quelques centaines de délégués venant de tous les coins du pays.La ferveur de votre foi et de votre piété, l'intérêt et le sérieux que vous apportiez à l'étude des problèmes de la classe des travailleurs m'invitaient à bénir Dieu de cette grâce accordée à notre 20e siècle de voir naître ce puissant courant de spiritualité que représente l'Action catholique spécialisée, dont le monde ouvrier a été le pionnier et le précurseur sous l'impulsion dynamique de Mgr Cardijn.Si, après plus d'un quart de siècle d'apostolat fécond, il pouvait se trouver encore de ces sceptiques qui ne croiraient pas à la possibilité de voir surgir, au sein de toutes les classes, une élite incarnant un haut idéal catholique et professionnel, il faudrait leur ménager une rencontre comme celle que j'ai eu le bonheur de faire, il y a trois mois, ce qu'il m'est donné de renouveler ce matin, en ce haut lieu privilégié de la puissance et de la protection de saint Joseph, le modèle et le patron des ouvriers.1 — Le problème des loisirs Je viens de souligner l'existence d'une élite ouvrière chrétienne, je tiens à ajouter immédiatement que cette élite est apostolique, qu'elle est au service de toute la classe ouvrière, qu'elle nourrit le noble et généreux dessein de la voir grandir, tenant compte de toutes les dimensions qui font l'ouvrier chrétien parfait.Elle sait que si, dans la vie du travailleur il y a des heures de travail et un problème du travail ; des heures de prières et un problème de vie spirituelle ; il y a aussi des heures de repos et un problème des loisirs.Dirigeants, militants et membres de la Ligue Ouvrière Catholique canadienne, depuis douze mois, ce problème des loisirs a fait l'objet de vos observations et de vos réflexions ; et maintenant vous êtes prêts à l'action.Pendant toute une semaine vous allez vous dévouer pour communiquer à toutes les familles ouvrières, qui voudront bien vous — 554 — accueillir, les fruits de votre long, fastidieux et très méritant travail.Catholiques, et par conséquent ouverts à tous, vous sollicitez l'attention et la collaboration des autres classes sociales dont les plus nobles représentants ne peuvent rester indifférents à tout effort, à toute initiative capables d'assurer la dignité et la promotion de la classe ouvrière.Puisse saint Joseph vous obtenir cette grâce de vous faire entendre, au cours de cette semaine, du plus grand nombre possible de familles ouvrières et de réunir pour vous, au sein des autres classes, un auditoire vaste et bienveillant ! Nous venons de prononcer ces mots si chargés de sens : « la dignité et la promotion de la classe ouvrière.» Tel est bien en effet l'enjeu des loisirs ! Et nous comprenons facilement le choix du slogan : « nos loisirs, pro ft ou perte ?» En d'autres termes, vous voulez répondre à cette importante question : les loisirs sont-ils de nature à assurer la dignité de la famille ouvrière et à aider sa promotion, ou ne sont-ils pas plutôt une occasion de dégradation et de déchéance ?Votre réponse que vous avez voulue loyale est malheureusement dans le sens de la seconde alternative.C'est la révélation, à la fois douloureuse et opportune, du mal dont les loisirs sont la source que vous vous proposez de faire à vos frères et sœurs, auditeurs et auditrices des émissions radiophoniques, des soirées populaires que vous offrez, cette semaine, à la famille ouvrière.Il ne peut être question de présenter, dans le cadre de cette allocution, tout le bilan de vos découvertes ; qu'il suffise, pour l'instant, de noter que la plupart des loisirs, en particulier les loisirs commercialisés, constituent une perte plutôt qu'un gain pour l'esprit de famille d'abord et en second lieu pour l'épanouissement de la personnalité des parents et des enfants.a) l.t's loisirs et l'enprit de famille L'esprit de famille, c'est-à-dire cette affection tendre qui unit parents et enfants ; cette intimité douce qui est la musique du foyer ; cette compréhension et cette entr'aide réciproques qui rendent plus léger le poids du jour ; oui, tout cela, et mille choses encore, ont pour le foyer une valeur de consécration, en font un sanctuaire.Hélas, aujourd'hui les cinémas, les salles de danses, les débits de boissons, les plages, les restaurants exercent une fascination telle que la demeure familiale ressemble à un temple désaffecté où ne brille plus la flamme de l'amour, à une hôtellerie qui offre le pain de chaque jour et un abri pour la nuit.Il va de soi que ces absences du foyer, ces présences assidues aux lieux d'amusements absorbent les surplus des revenus, souvent même les revenus nécessaires à la vie de la famille.Dans ces conditions, l'accès à la propriété privée est impossible, l'éducation des enfants est compromise ; la paix domestique est gravement — 555 — menacée ; bref, le bonheur rêvé pendant le temps des fiançailles, si sincèrement désiré au matin des serments irrévocables, ne se réalisera jamais.b) L.en loinira et l'épanouissement de lu personnalité Souvent une perte pour l'esprit de famille, les loisirs sont encore plus souvent — nuisibles à l'enrichissement de la personnalité des parents et des enfants.Cette personnalité ne se forme-t-elle pas avec des idées saines et des habitudes vertueuses ?Or tels ne sont pas les fruits qu'offrent toujours les sources de loisirs que nous avons mentionnées il y a un instant et auxquelles nous pouvons ajouter la radio et la télévision.Dirigeants et militants de la Ligue Ouvrière chrétienne, votre longue et patiente enquête de douze mois ne vous a-t-elle pas révélé que trop de loisirs véhiculent des conceptions fausses sur l'amour, le travail, le devoir ; qu'ils font sombrer lamentablement dans l'âme des jeunes et des adultes, les grandes vertus cardinales de prudence, de force, de tempérance, de justice aussi spécialement chez les amuseurs publics, dont quelques-uns, catholiques de nom, exercent, pendant toute une vie, le triste métier d'exploiteurs du vice et vérifient ainsi la prédiction et encourent la menace de Notre-Seigneur : « Malheur au monde à cause des scandales ! C'est une nécessité qu'il arrive des scandales ; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive.» Malheur surtout aux exploiteurs du vice qui scandalisent les jeunes : « Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, a ajouté Notre-Seigneur, mieux vaudrait pour lui qu'on lui suspende une meule à âne autour du cou et qu'on le précipite au fond de la mer ».2 — Les remèdes Il ne faudrait pas que la sévérité de ces propos décident quelques-uns de ne pas collaborer avec les apôtres de la Ligue ouvrière chrétienne dans la solution du problème des loisirs, perte ou profit ?Si leurs conclusions mettent l'accent sur le mot « perte », ils gardent leur optimisme, ils croient à la possibilité d'une rechristianisation des loisirs, en d'autres termes, à un profit, ils sont même convaincus que nombre de familles ouvrières, victimes du mal des loisirs aspirent, de manière plus ou moins confuse, à un redressement sauveur.a ) Le sens de Dieu et de In destinée humaine De même que nous ne pouvons, ce matin, que souligner les maux que causent les loisirs, ainsi nous ne pouvons qu'indiquer les principaux remèdes ou plus exactement le remède capable de les guérir, à savoir une éducation qui redonnerait à la famille ouvrière les valeurs évangé- — 556 — liques en train de se perdre ou perdues, particulièrement le sens de Dieu, celui de la destinée humaine, la conception chrétienne du travail.Entre ces vérités fondamentales et les loisirs, il y a une étroite parenté.La science, la technique et l'industrie modernes, en multipliant à l'infini les moyens de s'amuser ont obscurci, dans l'esprit de l'homme, le vrai sens de la vie, le sens de sa destinée, à ce point que le travail, au lieu d'être considéré comme un service de Dieu et un moyen de gagner le pain quotidien, est accepté comme une corvée nécessaire pour s'assurer des divertissements.C'est cette pensée que soulignait fortement S.S.Pie XII en s'adres-sant, le 6 janvier 1946, aux Lauréats de l'Action catholique italienne : « Beaucoup ne voient plus dans l'exercice de leur travail ordinaire, disait le Pape, le centre de leur intérêt et comme le foyer de leur vie terrestre, mais aux heures libres sont toujours en quête de distractions, de diversions et de passe-temps.Ainsi le 'monde moderne est plein de ces hommes ennuyés, sceptiques, partagés entre deux vies incohérentes.Tout autres étaient nos pères, ajoute le Souevrain Pontife ; par leur foi, leur espérance et leur charité ils plaçaient leur but dans l'au-delà et, partant, ils élevaient jusqu'au ciel les flèches de leurs cathédrales.ils travaillaient de leur esprit et de leurs bras, et, malgré leurs souffrances, ils étaient en ce monde généralement plus heureux que tant de nos contemporains, fils d'une civilisation plus riche, en temps normal, de toutes les commodités de la vie, mais incomparablement plus pauvre, parce qu'éloignée de Dieu et parce que les exigences et les aspirations de bien-être croissent plus rapidement que les moyens de les satisfaire.■» f» > Vesprit de renoncement De cette dernière remarque de Sa Sainteté découle une deuxième valeur évangélique sans laquelle les loisirs ne deviendront pas un profit pour la famille ouvrière, à savoir l'esprit de renoncement qui donne la maîtrise de soi, nécessaire pour résister à la publicité tapageuse et intéressée qui invite à quitter le foyer et à courir aux lieux d'amusements.Sans la force d'âme qui amènera la famille ouvrière à supprimer l'inutile, la prolétarisation subsistera, le budget familial ne sera pas équilibré, la paix entre les classes sera impossible, parce que les besoins de jouissances que le monde moderne a créés et les moyens de les satisfaire sont si nombreux que le salaire, si beau soit-il, c'est-à-dire si haut soit-il sera toujours insuffisant.Sur ce thème de l'élimination de l'inutile, Mgr Jean Calvet, le Recteur émérite de l'Institut Catholique de Paris, a écrit des lignes qui ne manquent pas de piquant : « Si Fénelon revenait aujourd'hui et ajoutait à son Télémaque un chapitre sur l'organisation de Salente 1953, il nous dirait : Les hommes de ce temps contraints, sous peine de faillite, d'équilibrer le budget de la nation et les budgets des familles, décidèrent de se simplifier en supprimant les publications superflues, malsaines ou absurdes ; ils convinrent que dans les livres ils n'im- — 557 — primeraient que des choses belles et dans les journaux que des choses conformes à la vérité et à la raison.Il en résulta une économie considérable de papier et un soulagement pour le Trésor qui devait l'importer et souffrait d'un manque de devises.Les hommes entendirent les médecins qui avaient découvert les propriétés toxiques de l'alcool.Ils effacèrent de la langue les mots barbares de bistros et d'apéritifs.Il en résulta une économie telle que la table de famille fut désormais bien approvisionnée et qu'on put toutes les semaines aller aux champs respirer l'air pur et admirer la beauté du monde.Ceux qui étaient chrétiens, non pas seulement de nom, mais de conviction, firent un examen de conscience.Ils s'aperçurent que leur vie était surchargée de choses inutiles qui les encombraient et les gênaient.Ils entreprirent de se simplifier par quelques sacrifices.Et d'abord, ils décidèrent de faire tous les ans un Carême ramené à sa rigueur primitive, alimentaire et morale ; ils furent étonnés que cela se ramenait à la suppression de l'inutile.Il en résulta une heureuse transformation.Ils se sentirent allégés, décantés, purifiés, libérés de ce poids supplémentaire que nous ajoutons à la pesanteur naturelle déjà si lourde.Sur le livre de comptes de l'éternité, ils virent monter la colonne de leur actif ; sur le livre de comptes du ménage, ils purent inscrire des économies substantielles, comme disent les financiers.» Si nous faisions entrer dans la pratique les suggestions de Fénelon, si nous faisions une revue de nos manies auxquelles nous tenons plus qu'à nos idées et si nous supprimions les plus inutiles, nous serions étonnés de l'allégement.Dirigeants, militants et membres de la Ligue Ouvrière catholique, il ne me reste qu'à vous inviter à vous unir à moi, pendant cette messe, pour recommander avec ferveur cette semaine de la famille ouvrière, au puissant protecteur saint Joseph.Amen.oLei fréquenter ieralt une faute; tei exploiter, le A tolérer, une trait un crime; îion.Message de S.E.Mgr Emilie» FRENETTE, évêque de St-Jérôme, à l'occasion de la Semaine de la famille Ouvrière de la L.O.C.La semaine de la famille ouvrière attirera l'attention de tous sur un très grave problème.Les loisirs modernes sont-ils profit ou perte ?Ils sont un profit, s'ils rendent nos familles plus unies, plus conscientes de leurs responsabilités, plus heureuses, plus chrétiennes.Mais s'ils dispersent nos familles, s'ils gaspillent ses maigres revenus, s'ils allument — 558 — les passions, s'ils faussent le sens de la vie, de l'amour, du devoir, s'ils créent un esprit païen : ils sont une perte, une ruine.1 — Devant le tribunal de la conscience publique Du 18 au 25 octobre, la L.O.C.veut que les Loisirs populaires, surtout commercialisés, soient examinés et jugés devant le tribunal de la conscience publique.Lorsqu'ils sont responsables des désordres qui régnent dans nos familles ouvrières, il faudra s'unir contre cet ennemi public sans craindre certains intérêts privés.Les fréquenter, serait une faute ; les exploiter, un crime ; les tolérer, une trahison.Nos maisons sont-elles des foyers de chaleur et de vie où parents et amis aiment à se retrouver à la fin du jour pour vivre ensemble, se reposer ensemble, prier ensemble ?Trop souvent, il n'y a pas de bonheur au foyer ; on y vient comme à une maison de pension où l'on s'ennuie et d'où l'on s'évade.Beaucoup trop de nos logis, étroits et insalubres sont antifamiliaux et antichrétiens.2 — Les enfants du siècle ont été plus babiles Les « enfants du siècle » ont été plus habiles que les « fils de la lumière ».Avant que nous ayons même songé à organiser les longues heures de loisirs laissées par l'industrie moderne, tout une armée d'amuseurs sans conscience, d'exploiteurs publics ont dressé leurs plans pour créer des besoins factices et collectifs et pour engloutir les maigres revenus des travailleurs.Dans ce but, ils ont avivé les passions et les instincts populaires ; ils ont ouvert ou utilisé les théâtres, les cinémas, les grills, les tavernes, les restaurants, les salles de jeux ou de danse, les arenas, où pères et mères, garçons et filles vont se divertir, se fatiguer et s'abrutir et souvent se corrompre.Ils ont inventé une religion païenne, ils ont créé des idoles modernes, qui s'appellent des acteurs et actrices, des lutteurs et des boxeurs, des joueurs, voire des malfaiteurs traités comme des héros.Toute une littérature idiote et souvent immorale, toute une production de films, de sketches radiophoniques achèvent d'avilir et souvent de dégrader les esprits et les âmes.3 — L'antiquité païenne n'a pas connu tant d'invitations au plaisir Aucune époque, même dans l'antiquité païenne, n'a connu tant d'invitations au plaisir et une telle frénésie de jouissance.Jamais les organisations de plaisir n'ont été plus nombreuses ; jamais elles n'ont eu à leur disposition des moyens de propagande plus séduisants et plus continus ; jamais elles n'ont été l'objet d'industries plus vastes et plus — 559 — payantes ; jamais elles n'ont rencontré tant de complicité ni causé tant de ravage.4 — Pour endiguer ce flot corrupteur Même les pères et mères de famille, et parfois ceux qui ont mission de veiller sur leurs concitoyens et d'éclairer la conscience publique, se laissent entraîner par cette vague de folie et de sensualité.N'est-il pas temps que toutes les bonnes volontés se liguent pour endiguer ce flot corrupteur et sauver nos familles ?De quel foyer rêvent nos jeunes, eux qui ont désappris ce qu'est une vie de famille normale ?La Semaine de la famille ouvrière doit d'abord être une prise de conscience.// est temps pour tous de sortir de leur « funeste léthargie » (Pie XII).L'insouciance, l'inaction deviennent facilement une sorte de complicité ou de coupable tolérance.L'on peut parfois se demander si nos catholiques ont encore une conscience, s'ils n'ont pas perdu le sens du péché ?Il faut prendre le contrôle des loisirs, et non en être esclave.Les loisirs ne sont pas une fin, le but de la vie, mais un moyen de mieux vivre.Les heures de loisirs sont données pour que le travailleur refasse ses forces, pour qu'il se donne à son foyer et à l'éducation de ses enfants, pour qu'il cultive son esprit et son cœur, par de sains divertissements.Les centaines de milliers de dollars gaspillés par notre population dans des amusements et des passe-temps nuisibles doivent être canalisés vers des loisirs utiles, profitables, enrichissants pour les plus vieux comme pour les plus jeunes.Ils devraient surtout servir à rendre nos ouvriers propriétaires de maisons vraiment familiales, à leur assurer la sécurité sociale et à préparer solidement l'avenir de leurs enfants.5 — Que chacun s'examine Que chacun s'examine donc sérieusement, face à sa conscience, sur ses loisirs : l'endroit et les compagnons ou compagnes que vous fréquentez, les programmes de radio, de télévision ou de théâtre que vous préférez vous rendent-ils meilleurs, plus attachés à Dieu et à votre famille, plus consciencieux ?Où en est la vie de famille chez vous ?Pères et mères de famille : donnez-vous à vos enfants l'exemple de la bonne entente, de la joie de vivre ensemble ?Faites-vous de votre foyer un chez-soi où il fait bon de vivre, où vos enfants sont fiers d'amener leurs amis pour travailler, rire et chanter ?Etes-vous amis avec vos enfants, partageant leur travail, leurs joies et leurs peines, agrémentant leur vie de mille façons ?6 — Il faut que les familles se groupent L'expérience vous a prouvé que si vous restez seuls, vous ne réus- — 560 — sirez ni à réorganiser votre foyer, ni à assainir les lieux où vous allez et où se tiennent vos enfants.Il faut que dans chaque paroisse les familles se groupent et travaillent ensemble.A l'usine, les travailleurs savent s'unir pour réclamer et obtenir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail ; les travailleurs ont su s'unir pour bâtir des œuvres utiles comme des coopératives d'habitation, des Caisses Populaires.Pourquoi ne sauraient-ils pas s'unir pour protéger leur salaire contre les exploiteurs de loisirs commercialisés, contre ces loisirs qui sont en train de tuer leur vie chrétienne, leur bonheur familial et l'avenir même de la société.Perte ou profit ?Les loisirs commercialisés, tels qu'ils existent aujourd'hui, aboutissent souvent à une perte, une déchéance physique et morale.Il faut qu'ils deviennent un profit, un enrichissement pour la famille.7 — J.O.C.et L.O.C., une digue.Les organisations paroissiales, les mouvements d'Action Catholique, surtout une J.O.C.et une L.O.C.bien vivantes dans chaque paroisse, seront comme une digue contre la montée des loisirs malsains.Ces mouvements rallieront toutes les bonnes volontés à l'idée d'organiser chez nous des loisirs bienfaisants pour nos familles et notre diocèse.t de n oi lourd, lei loiiirâ n atteignent pas le L ut leur aSsiqne ta votonté de esLjieu, A l'occasion de la Semaine de la Famille, organisée par la L.O.C, Son Excellence Mgr Georges Léon PELLETIER, évéque des Trois-Rivières, a adressé aux Locistes la lettre suivante : Chers Locistes, Vous avez choisi cette année encore pour la semaine de la famille ouvrière un sujet important : Les Loisirs.Une étude sérieuse, menée par la Ligue Ouvrière Catholique, démontre clairement que les loisirs sont loin d'obtenir le but pour lequel, dans l'esprit de Dieu, ils sont — 561 — faits.Actuellement, les loisirs paraissent avoir trois vices capitaux: ils se prennent en dehors du foyer ; ils coûtent cher ; ils ne contribuent pas à réparer les forces perdues au travail ni à vivifier l'esprit.1 — Trois vices capitaux a) ËéUM loisirs se prennent en dehors du milieu familial C'est un fait indéniable que, de nos jours, les loisirs se prennent en dehors du milieu familial.Comme les heures qui leur sont consacrées sont de plus en plus nombreuses, les loisirs contribuent largement à disperser les membres de la famille, alors qu'ils devraient être l'occasion de présence au foyer dans une saine détente qui scelle l'amitié familiale.Autrefois, les loisirs se passaient dans l'ambiance de la famille.La maison, c'était le lieu normal du repos.Sans en avoir l'air, les loisirs d'autrefois étaient bien organisés.Nos ancêtres s'amusaient dans le sens de la vérité et de la charité.C'est au foyer qu'est né le folklore, lequel caractérise si bien l'âme de chaque peuple.Combien les paroles de nos vieilles chansons sont le reflet d'une foi profonde, d'une pratique religieuse édifiante, de belle éducation familiale, de l'autorité paternelle, de l'attachement à l'Eglise, des enrichissantes fréquentations où l'on voit transpirer partout la pureté, le respect et la pudeur.h) ils eontent eher Organisés au dehors, les loisirs sont, pour ainsi dire, passés aux mains des exploiteurs.Alors ils coûtent cher.Dieu sait si nos familles, et particulièrement la jeunesse, leur affectent des dépenses ruineuses pour le budget.Parce que toute initiative personnelle est rejetée, on paie pour tout ; et on trouve tout, hélas ! en payant.N'obtient-on pas tout : musique, représentations les plus variées, en partant des plus sublimes jusqu'aux plus pernicieuses ?Moyennant argent, on se procure, à souhait, des loisirs montés d'avance ; exactement comme dans un restaurant, une gare, ou un poste d'essence, une pièce de monnaie déclenche un mécanisme qui vous fournit au goût cigarette, café ou liqueur douce.N'est-ce pas le champ ouvert à toute déformation ?«• ) ils brisent souvent les forées physiques an lieu de les refaire Conçus de la sorte, les loisirs ont perdu tout reflet d'inspiration chrétienne, voire de saine élévation humaine.Ils brisent souvent let forces physiques au lieu de les refaire.Etant passionnants, ils rendent la modération plus difficile.La hantise des exploiteurs n'est-elle pas d'abuser des victimes ?On invente tout pour créer des loisirs aussi factices que risqués.Combien réussit cette supercherie dans un monde organisé pour susciter la griserie de l'évasion ! En conséquence, les loisirs énervent le corps, au lieu de lui procurer une détente récon- — 562 — fortante : ils émoussent bien souvent les sens, faussent les consciences.enlèvent à l'esprit la joie de l'initiative et le goût de la culture, causent fréquemment dans les vies des ruines irréparables.Par eux, se perd peu à peu la vraie conception de la vie familiale, la responsabilité chrétienne en face du travail et de l'éducation, de même que l'équilibre de jugement qui caractérise le vrai chrétien et l'honnête citoyen.Pour tout résumer, les loisirs n'obtiennent pas les buts pour lesquels, dans l'esprit de Dieu, ils sont faits.2 — Redressements qui s'imposent Votre semaine de la famille ouvrière vient donc à point.Constatant l'étendue du mal qui ronge la famille dans ce domaine, vous serez plus en mesure d'alerter les consciences et d'apporter une meilleure collaboration aux redressements qui s'imposent.Vos sacrifices donneront à votre action une efficacité souveraine.« C'est tout le monde qu'il faut refaire depuis les fondations ; de sauvage, il faut le rendre humain, d'humain, le rendre divin, c'est-à-dire selon le cœur de Dieu ».Cette constatation de notre souverain Pontife Pie XII (10, 2, 52), avec quelle acuité elle se vérifie dans les loisirs.Bien souvent, de sauvages il faudrait les rendre humains ; de païens il faudrait les rendre vivifiants.Alors seulement ils cesseront d'être une perte pour devenir un profit.« Le sport (ajoutons toute forme de loisir) qui ne sert pas l'âme ne sera qu'une vaine agitation de membres, une ostentation de beauté caduque, une joie éphémère » (Pie XII, 8 nov.1953) Les loisirs, mais ils sont pour aider le corps, non le tuer, élever l'âme, non la faire descendre dans la fange du vice.Les loisirs doivent faciliter le travail, non en dégoûter ; les loisirs sains, loin de disloquer le foyer, contribuent à la pratique des vertus familiales.Pour être vrai et recréer au sens plénier du mot, les loisirs doivent être au service de Dieu et de tout ce que la divine Sagesse désire épanouir.Chers Locistes, je prie pour que votre semaine de la famille ouvrière remporte les meilleurs succès.Fasse le ciel qu'elle contribue à introduire Dieu dans les loisirs, Lui, les changera comme II changera les cœurs des humains.Alors les loisirs deviendront tonifiants pour l'individu, une aide précieuse de la vie familiale et en définitive un instrument de rédemption.Avec mon attachement paternel et mes prières et mes vœux.Bénédiction.Georges-Léon Pelletier, évêque des Trois-Rivières.— 563 — "Sa uver la famille chrétienne.Message de S.E.Mgr Georges Melançon, évêque de Chicoutimi, à l'occasion de la Semaine lociste.Cette année encore, la fin d'octobre nous ramène une semaine de propagande désormais traditionnelle : « la Semaine de la Famille Ouvrière ».Nous souhaitons de grand cœur le plus grand succès pour cette semaine ! Dans une allocution (sept.1952).Sa Sainteté le Souverain Pontife donnait cette directive aux hommes d'Action Catholique italienne : « Sauver la famille chrétienne, telle est précisément la mission principale de l'homme catholique.» Que de fois Nous-même, faisant écho aux paroles du Saint-Père, sommes-Nous revenus sur cette nécessité de sauver à tout prix la famille si dangereusement menacée de nos jours ! Fidèles à ces directives, les locistes de Notre diocèse s'efforcent par tous les moyens à leur disposition de réaliser leur devise : « Un monde meilleur par des foyers plus chrétiens.» Nous profitons de l'occasion pour leur rendre témoignage et les encourager dans leur magnifique travail apostolique que nous bénissons paternellement.»-©-« CINQUANTE DE THOP.On dit que la jeunesse actuelle manque de générosité, d'idéal, qu'elle ne pense qu'à s'amuser.Et c'est vrai.Tant qu'elle n'a pas compris.Mais donnez-vous la peine de former une équipe de huit à dix gars, en les faisant réfléchir sur les problèmes des jeunes, en leur faisant comparer la réalité avec les exigences de leur foi, et vous verrez ! Vous verrez ce dont ils sont capables quand enfin ils voient clair.Un petit exemple.A Cornwall.Ontario, les jocistes décident d'organiser une retraite fermée pour les gars de leur paroisse.Avec l'aide de l'aumônier ils examinent les registres paroissiaux pour découvrir l'adresse des jeunes de 16 à 25 ans.Puis ils visitent tous ces jeunes gens.Résultat : la maison de retraite fermée diocésaine qui n'a d'espace que pour 35 retraitants, se voit dans l'obligation d'en refuser cinquante.— 564 - - La vie des mouvements Journées d'étude des Aumôniers diocésains de la J.O.C.et de la LO.C.Les 12, 13 et 14 octobre dernier avaient lieu à la Maison de retraites fermées du Cap-de-la-Madeleine des journées d'étude pour les aumôniers diocésains et nationaux de J.O.C.et L.O.C.L'espace ne nous permet pas d'en donner un compte-rendu adéquat dans le présent numéro, aussi y reviendrons-nous plus tard, nous contentant pour le moment d'en donner les grandes lignes.Voici donc les principaux sujets qui y furent traités, dont chacun fut suivi d'un échange de vues et de conclusions.1—Coup d'œil sur la situation actuelle de nos mouvements d'A.C.ouvrière.Jugement d'ensemble par les deux aumôniers nationaux, les R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i., et Pierre-Paul Asselin, o.m.i.2—Fondements théologiques de l'A.CO., par le R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i., aumônier national-adjoint de la L.O.C.3—Fondements sociologiques de l'A.CO., par M.l'abbé Gaston Hains, aumônier diocésain de J.O.C.et L.O.C.à St-Hyacinthe.4—Obstacles à la mission de l'A.CO.: échange de vues dirigé par le R.P.Pierre-Paul Asselin, o.m.i.5—Le sacerdoce dans l'Eglise, par le R.P.Paul Chamard, o.m.i., aumônier national-adjoint au S.P.M.6—La paroisse et le ministère paroissial, par M.l'abbé Joseph Poitevin, curé de St-Joseph de Granby.7—Un état d'esprit à promouvoir : la confiance et l'amitié, par M.l'abbé Jean Désorcy, aumônier diocésain de la.L.O.C.de Montréal.8—Moyens d'action à notre disposition pour mieux accomplir notre travail, par le R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i.Programme à la fois théorique et pratique.On a pris le temps de revoir ensemble les principes de base de l'Action catholique, on a regardé bien en face les obstacles qui s'opposent à sa réalisation, et dans une atmosphère de prière et d'amitié fraternelle on a cherché les solutions.Leurs Excellences NN.SS.Georges-Léon Pelletier, évêque des Trois-Rivières et Albert Leménager, évêque de Yarmouth, N.E.ont bien voulu honorer les semainiers d'une visite.SE.Mgr Pelletier eut des paroles très encourageantes, se disant heureux de proclamer l'esprit de zèle apostolique, de prudence surnaturelle et de soumission empressée à la hiérarchie qui a toujours existé chez les aumôniers de l'A.CO.Réunion des Aumôniers locaux de la Mauricie Le 27 octobre dernier, avait lieu à la Maison Reine des Apôtres du Cap-de-la-Madeleine, une réunion des aumôniers locaux de la L.O.C.pour le diocèse des Trois-Rivières.Cette réunion voulait faire suite — 565 — à la grande réunion générale des aumôniers nationaux et diocésains tenue, au même endroit, deux semaines auparavant.Environ 25 aumôniers étaient présents venant de 16 paroisses et représentant les quatre régions organisées du diocèse.La journée d'étude était sous la direction de l'aumônier diocésain, M.l'abbé Alexandre Massicotte.Soulignons également la présence du directeur diocésain de l'Action catholique, M.l'abbé Charles-Henri Lapointe, de Mgr F.-X.St-Arnauld, curé et aumônier des sections de la Cathédrale, de l'aumônier national de la L.O.C., le R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i., et des quatre assistants aumôniers diocésains, M.l'abbé Léo Girard pour le Cap-de-la-Madeleine, M.le Chanoine Arthur Jacob et M.le curé Albert Deschamps pour Shawimgan-Sud et M.l'abbé Zoël Melançon pour Shawinigan.Son Excellence Mgr Pelletier, le pasteur du diocèse, vint rendre visite aux participants et y prononça une chaude allocution où il insista surtout sur le rôle primordial des piètres dans le progrès de notre Action Ouvrière et la solution chrétienne des problèmes du monde ouvrier.Les sujets abordés au cours de la journée étaient centrés sur les principes fondamentaux de notre L.O.C.On divisa les aumôniers en trois commissions et on fit ensuite une plénière où les secrétaires purent rapporter le fait des discussions.Voici le texte des questionnaires utilisés : Commitisiou A — Ê.e champ d'action : rôle du prêtre.1—Quelles sont les manifestations de l'insécurité sociale et économique, dont parlent NN.SS.les Evêques au sujet de notre classe ouvrière chez-nous ?2—Quels sont les mouvements qui travaillent chez-nous à régler ce problème ?— Qu'est-ce qui leur manque d'après vous pour accomplir leur tâche ?3—Quelle est la tâche propre de ces divers organismes ?4—Qu'est-ce que le clergé en général peut faire pour aider ces organismes à accomplir leur travail ?— Quel est notre rôle à nous aumôniers : vis-à-vis le clergé ?— vis-à-vis ces mouvements ?Commitision It — 1L« i tir he propre de VA.C.O.: rôle du prêtre 1—Notre L.O.C.chez nous remplit-elle la mission qui lui est propre ?Et dans quelle mesure ?2—Comprenons-nous bien quelles sont les tâches spécifiques de l'action catholique spécialisée en regard de celles de l'action catholique générale ?— Essayons de donner des précisions à ce sujet ?3—Quel est le rôle du prêtre et du laïc dans ces deux formes complémentaires de l'Action catholique ?4—Quelles conclusions pouvons-nous tirer pour la L.O.C.?Commitiition C — La méthode de formation : rôle du prêtre 1—Avons-nous assez de chefs ouvriers-apôtres dans l'action catholique ouvrière ?Qu'est-ce qu'ils valent ?Qu'est-ce qui leur manque ?2—Comment faire prendre pleinement conscience à des chefs ouvriers — 566 — de leur double vocation chrétienne et ouvrière ?— De quelle façon nos cercles d'étude peuvent-ils y contribuer efficacement ?— D'après vous qu'est-ce qui manque le plus actuellement ?3—A quoi l'aumônier doit-il veiller plus spécialement aux cercles d'étude ?4—Sur quels points devrions-nous travailler davantage pour améliorer la situation ?La réunion fut remarquable par l'intérêt apporté et le bel esprit de fraternité qui y régna.On émit le souhait que l'on garde ce genre de réunions plus longues et plus intenses.Réunion mensuelle des Aumôniers de Districts La première des réunions mensuelles des aumôniers de districts de Montréal eut lieu le 28 octobre dernier, à la Maison Pie XII.C'est l'aumônier diocésain M.l'abbé Jean Desorcy qui dirige ces réunions, assisté de son adjoint, M.l'abbé Jules Parenteau.Le programme comportait plusieurs points techniques à l'ordre du jour au début de l'année lociste.On s'arrêta également à réfléchir sur les tâches précises de notre Action catholique spécialisée en regard de l'Action catholique générale.Commissions Nationales et Conseil National Au début de novembre se sont réunies deux commissions nationales de la L.O.C.Ces commissions doivent leur existence au Conseil National qui les a formées pour un but particulier.La première, celle des noyaux de formation, s'est réunie le 1er novembre.Le travail de cette commission consiste à reviser les noyaux de formation et à étudier les moyens dont dispose le mouvement pour l'initiation de ses nouveaux militants.La deuxième commission qui s'est réunie dernièrement est celle du XVe.Son travail consiste à préparer la célébration du XVe anniversaire de la L.O.C.en 1954.Elle s'est réunie dimanche le 8 novembre.Ces deux commissions feront rapport lors du prochain Conseil National qui aura lieu les 21 et 22 novembre prochain.Retraite semi-fermée Une expérience intéressante vient d'être tentée à la paroisse de St-Alphonse d'Youville de Montréal.Une retraite semi-fermée fut prêchée les 2-3 et 4 octobre dernier pour tous les dirigeants et militants des divers mouvements d'Action catholique de la paroisse.Le prédicateur de circonstance fut le R.P.Albert Loubier, s.s.s.un spécialiste en la matière.La retraite fut un véritable succès.La principale responsabilité en est redevable à la L.O.C.et à leur zélé aumônier, le R.P.Joseph-Donat Pelchat, c.s.s.r.— 567 — nos voeux A I occasion de fioël et du llouvel An, nous disons notpe meilleup merci à nos abonnés et nos annonceups poup leup ppécieuse collaboration.Mous tenons à pemepcicp spécialement nos annonceurs, sans lesquels cette revue ne pourrait vivre.A tous, lecteurs et annonceurs, nous souhaitons une nouvelle année fructueuse, tt pour qu elle soit fructueuse pour la revue comme pour eux-mêmes nous exprimons le voeux que nos abonnés recrutent de nouveaux abonnés, et que nos lecteurs, en achetant chez nos annonceurs, les encouraqent à nous continuer leur encouraqement.v^ est ainsi qu ensemble abonnés, annonceurs, rédacteurs et administrateurs, nous terons de notre revue un vépitable insfpument de restauration chrétienne de la classe ouvrière et du monde.La Dipectio n.— 568 — Table des Matières pour l'année l!f.%:S 1ère partie : PASTORALE Articles éditoriaux (La Rédaction) : Vingt ans d'action.Nouvel élan ! .2 Paroisse et milieu de travail .74 « Un problème de nombre et de qualité» .118 Des vocations d'Action Catholique .154 Le dimanche de la justice sociale 206 « L'Eglise attend beaucoup de vous » .250 L'n éloquent témoignage d'apostolat en milieu ouvrier .298 « Ils sont l'Eglise répandue dans le monde du travail » .370 L'immense tristesse d'une jeunesse qui se perd .418 « Devant ce spectacle de mort » 470 Sauvons la famille ! .518 Plans de retraites et de récollections : Justice commutative ou stricte (Jean Desorcy, ptre) .96 Justice distributive (Lionel Mo- reau, ptre) .129 Le plaisir dans la vie chrétienne (Rodrigue Normand, o.m.i.) .172 Qu'est-ce que la justice sociale ?(P.-E.Pelletier, o.m.i.) .207 La responsabilité sociale (Commission sacerdotale d'études sociales) .222 L'apostolat familial (P.-E.Pelletier, o.m.i.) .269 Les loisirs de la famille ouvrière : un profit ou une perte ?.456 Le rôle de Marie dans notre vie selon le plan de Dieu (Paul Chamard, o.m.i.) .471 Les absolus jocistes (P.-P.Asse- lin, o.m.i.) .482 Efficacité en Action Catholique (Jean-Louis Dion, o.m.i.) .520 Pourquoi nous tourner vers Marie (P.-E.Pelletier, o.m.i.) .534 La paroisse d'aujourd'hui (P.-E.Pelletier, o.m.i.) .84 Le militant et son équipe (Lau-rette Larivière) .119 Examen de conscience du militant (Lebret et Suavet) .134 Avons-nous compris l'enquête sociale ?(P.P.Asselin, o.m.i.) .155 Une fédération qui a compris l'enquête nationale .161 Le milieu ouvrier et ses caractéristiques propres .163 L'observation de la vie (Gaston Hains, ptre) .216 Ce qu'a révélé une enquête locale sur les loisirs .220 La J.O.C.et la promotion ouvrière (Leopold Godbout, o.m.i.) .251 L'Action Catholique dans l'Eglise (Chanoine Roland Potvin) .261 Lme belle expérience de la L.O.C.au service des foyers .264 Programme de la J.O.C.1953-54 : L'éducation sentimentale chez les jeunes : principes généraux (Leopold Godbout, o.m.i.) .419 Le problème de l'éducation sentimentale chez les gars (Jean-Paul Hétu) .425 A la découverte de l'amour : programme social de la J.O.C.masculine .430 Les problèmes que pose l'amour dans la vie des jeunes travailleuses (Angèle Chagnon) .435 Le problème de l'éducation sentimentale chez les jeunes adolescentes (Germaine Lachance) .441 Notre vie et l'amour : enquête nationale '53-'54 .453 L'éducation sentimentale chez les jeunes travailleuses (Jacques La-ramée, ptre) .479 Programme de la L.O.C.1953-54 : Présentation (Jean Biais) .523 Pour la conquête de la véritable sécurité ouvrière (Emilia Lacroix) .526 Détail de l'enquête sociale '53-54' : — 569 — Le rôle de la T.S.Vierge dans l'Eglise : présentation (Gérard Pothier) .531 Détail du programme religieux '53- 54' .531 Pourquoi vous tourner vers Marie (P.-E.Pelletier, o.m.i.) .534 Le militant et son équipe d'influence : présentation (Laurette Larivière) .538 Militant, espoir de la classe ouvrière (Leopold Séguin) .542 Engagement apostolique .547 2ème partie : DOCUMENTS I — Ooeumeiitit pontffieaux Rome et la J.O.C.53, 55, 57 Le Saint Père fait l'éloge de S.Em.le Cardinal Léger .106 Le sport devant la conscience religieuse et morale .108 L'amour des pauvres .138 « Une communauté efficiente et agissante» .184 Tiers-Ordre et Action Catholique .189 Les problèmes de l'éducation des adultes .226 « Pour l'efficacité de votre ministère » .Les problèmes actuels du travail .Message à S.E.le Card.Léger : « La paroisse, cellule sociale » .« Massacre spirituel de la jeunesse » .274 400 403 492 2 — Documents épi»eopaux L'épiscopat canadien et la J.O.C.S.E.Mgr Georges Gauthier .Mgr Philippe Desranleau .Mgr Joseph Charbonneau .Mgr Ildebrando Antoniutti 60 61 62 63 S.E.S.E.S.E.S.E.Mgr Douville .64 S.Em.le Cardinal Villeneuve, o.m.i.«.64 S.E.Mgr Alfred Langlois .64 S.E.Mgr Anastase Forget .65 S.E.Mgr Alexandre Vachon .65 S.E.Mgr Maurice Baudoux .66 S.Em.le Cardinal Léger .67 Leurs Excellences Nos Seigneurs J.A.Papineau, Charles-Omer Garant, Georges-Léon Pelletier, Gérard-M.Coderre, Georges Melançon, Georges Cabana, Norbert Robichaud, Maurice Roy .68, 69, 70 L'amour de l'Eglise exige l'amour du Pape (S.Em.le Cardinal Léger) .143 Le primat de la charité et les œuvres de bien-être (S.Em.le Cardinal Léger) .190 Structure nouvelle de l'A.C.canadienne (Commission épiscopale) 235 Encouragements à la C.T.C.C.(S.E.Mgr J.-Arthur Papineau) .239 « La L.O.C., le mouvement le plus près de la famille» (S.E.Mgr Georges-Léon Pelletier) .239 « Toast » au Pape .281 Mémoire de l'épiscopat canadien sur la littérature obscène .282 L'Eglise compte sur la classe ouvrière (S.Em.le Cardinal Léger) 285 Message à la Ligue Ouvrière Catholique (S.E.Mgr Georges-Léon Pelletier) .299 « L'Eglise, c'est la communauté du clergé et des laïques» (S.Ex.Mgr Ildebrando Antoniutti) .461 « Etre engagé à plein » (S.E.Mgr Norbert Robichaud) .462 La paroisse et l'Action Catholique (S.E.Mgr Norbert Robichaud) 496 Déclaration de l'épiscopat sur la morale conjugale .548 Messages des Evêques à la L.O.C.à l'occasion de la Semaine de la Famille Ouvrière : S.E.Mgr Percival Caza .554 S.E.Mgr Emilien Frenette .558 S.E.Mgr Georges-Léon Pelletier 561 S.E.Mgr Georges Melançon .564 — 570 — :* — ifoeumentH divers Vive la J.O.C.du Canada (Mgr Cardijn) .5 Vingt ans de vie jociste (P.-P.Asselin, o.m.i.) .7 Un sommet lumineux (Jacques Champagne) .31 La voix de la famille ouvrière CLaurette Larivière) .37 Quelques anciens aumôniers nous disent .42 De la brousse africaine, un ancien nous écrit .71 Mission de Mgr Cardijn dans l'Inde .75 La J.O.C.en Amérique latine (Albert Sanschagrin, o.m.i.) .77 Le milieu ouvrier et ses caractéristiques propres .163 Pire que la bombe atomique : la faim (Daniel-Rops) .202 Un nouveau secrétariat d'action sociale .246 La J.O.C.et la promotion ouvrière (Leopold Godbout, o.m.i.) .251 Les dix ans de la L.O.C.triflu- Vie des mouvements d'A.C.O.: Travail des aumôniers locaux .103 Activités du S.P.M.105 Retraite sacerdotale d'A.C.à Chicoutimi .149 566 Réunions d'aumôniers 149, 245, 510 .567 Retraites fermées et récollections .150, 151, 152, 245, 295, 514, 528 Activités du S.P.M.105 Rencontre avec Mgr Cardijn à son retour de l'Inde .196 Conseil national de la L.O.C.198 Deux nouvelles fédérations régionales .201 Le « Christian Family Movement» vient s'informer .151 F.n Acadie.la J.O.C.va de l'avant .152 Conseil national de la J.O.C.240 La Journée internationale de la l.O.C.(Message de Mgr Cardijn) .242 vienne (Alex.Massicotte, ptre) 303 Fondation de la première section de Shawinigan (Albert Loubier, s.s.s.) .324 Travail de la L.O.C.au cœur des foyers ouvriers (Zoël Me- lancon, ptre) .338 Débuts de la fédération régionale de Shawinigan (Lucien Gé- linas, ptre-curé) .345 Panorama des services locistes de la Mauricie (Léo Girard, ptre) 348 Le couronnement des dix ans de la L.O.C.trifluvienne (Joseph Buisson) .361 Messages de S.Ex.Mgr Georges-Léon Pelletier) .363 Vision d'Asie : en marge d'un tour du monde (Mgr Cardijn) .371 Le rayonnement social de la J.O.C.dans le diocèse (P.-E.Pelletier, o.m.i.) .378 Qu'est-ce que la masse ?(Gaston Hains, ptre) .488 Contact avec la J.O.C.du Japon (Guy Piuze, o.m.i.) .244 Deux décorés pour l'éternité (P.-E.Pelletier, o.m.i.) .368 12e Session intensive de la L.O.C.409 18e Session intensive de la J.O.C.412 Deux témoignages qu'il faut lire 413 S.E.Mgr Norbert Robichaud et la J.O.C.464 Un deuil pour la L.O.C.F.465 « On se réveille le cœur rempli d'amertume » .466 Deux expériences prometteuses (P.-P.Asselin, o.m.i.) .506 Nominations d'aumôniers 149, 260, 377 Vœux et hommages : A Sa Sainteté le Pape Pie XII 3 A Son Eminence le Cardinal Léger .4 A Leurs Excellences Nos Sei- 3ème partie : VARIETES — 571 — gneurs Marie-Joseph Lemieux, A la mémoire d'un pionnier de o.p.et Albert Leménager .302 l'A.C.268 A Son Eminence le Délégué Retour du R.P.Albert Sanschagrin, Apostolique .519 o.m.i., au Canada .399 A Son Excellence Mgr Aimé Recensions de livres : Décosse .546 Josué de Castro : Géopolitique Pour les prêtres surchargés .137 de la faim (Daniel-Rops) .202 Consécration des foyers à N.-D.M.l'abbé Goor : Le temps libre du Cap .160 des jeunes travailleurs et la Les vingt ans de l'A.C.de Chicou- J.O.C.247 timi .195 Nicolas Bassèches : Staline, bio-Bel exemple de générosité .204 graphie .247 Bénédiction d'insignes et de dra- Lloyd C.Douglas : La tunique, peaux d'A.C.263 roman .248 t>o« Nouveauté FORGERON DE DIEU par le R.P.Paul-Emile Breton, o.m.i.« Ce modeste ouvrier, devenu religieux, nous enseigne ce qu'est la vraie sainteté ».(224 pages — 25 illustrations — $1.50) LIBRAIRIE OBLATE 1192 de la Visitation, MONTREAL 24, FA.1188 J.N.GODEV Liée Epiciers en gros 1554, rue Notre-Dame TROIS-RIVIERES Tél.4-2427 AVEZ-VOUS UN PROBLEME D'APOSTOLAT ?Le Centre Catholique de l'Université d'Ottawa est un LABORATOIRE D'APOSTOLAT.Communiquez-nous vos problèmes, vos suggestions, vos idées, vos difficultés.Et vous verrez !.Le Centre Catholique de l'Université d'Ottawa 1, rue Stewart, Ottawa, Canada )72
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