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Titre :
L'Action catholique ouvrière.
L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. [...]

L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. Il fait suite au Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947) et est suivi de Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), de Prêtres et laïcs (1967-1973), de Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), de Vie ouvrière (1979-1990), puis de VO (1990-1997) qui, en fusionnant avec Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

L'Action catholique ouvrière, dirigée par Égide Sénécal, prêtre oblat, est destinée aux militants du mouvement de L'Action catholique ouvrière (ACO), qui peuvent être prêtres ou laïcs. Cette organisation a été créée par l'Église pour favoriser et alimenter un encadrement pastoral actif du monde ouvrier. La revue est rédigée par les aumôniers nationaux et diocésains de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

Ces rédacteurs ont manifesté un souci constant d'adaptation à l'évolution de la société québécoise, d'où une certaine ambivalence qui prend source dans leur attachement à la doctrine sociale de l'Église.

L'Action catholique ouvrière s'intéresse à tous les aspects de la condition ouvrière : salaire, syndicalisme, instruction, famille, etc. Elle publie enquêtes, reportages et articles de fond.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, vol. VIII, p.182-183.

COLLIN, Jean-Pierre, La Ligue ouvrière catholique canadienne, 1938-1954, Montréal, Boréal, 1996, p. 29-31.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1951-1957.
Contenu spécifique :
novembre 1954
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique.
  • Successeur :
  • Prètre d'aujourd'hui.
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Références

L'Action catholique ouvrière., 1954, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV, No 10 NOVEMBRE 1954 L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE DANS CE NUMÉRO Programme social de la .0.0 La FamîBe Une enquête auprès des jeunes qui quittent l'école à 14 ans « Le sort de l'Action Catholique est entre les mains des prêtres.» PIE XI MONTREAL — CANADA Tél.: 3526 480 Lafontaine ROMEO OUELLET Enr.Marchand en gros SUCCURSALES : Rivlère-du-LiOup Station Les Escoumains, Co.Saguenay 2 délicieuses collations Les fabricants Limitée Spécialité : complets et paletots pour le clergé Bureau-chef et salle de vente 2012 Boul St-Laurent MONTREAL Tél.LA.6141 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.ii Toujours à votre Service Maurice, André, Pierre, Claude, Courtier» agTéés BERNARDIN FRERES ASSURANCES Edifice ALDRED MONTREAL Le plus vieil établissement du genre au Canada Compagnie CHINIC Hardware Co.en gros Quincaillerie générale — Matériaux de construction, etc.55, rue ST-PIERRE — QUEBEC Tél.: *2-829S Avec nos hommages ADRIEN DHFRESXE Architecte A.A.P.Q.— I.R.A.C.505 Avenue Royale, QUEBEC-5 Tel : MO.8-3932 Bureau : HA.5S55 LESAGE & LAMOTHE OPTICIENS D'ORDONNANCES Spécialité : Prescriptions d'oculistes 373, est, rue SHERBROOKE MONTREAL Tél.TUrcotte 2567-68 Garage Lapointe VENDEUR — DODGE — DE SOTO Distributeur de pièces et accessoires authentiques Chrysler Réparations générales 7871, rue NOTRE-DAME est MONTREAL 5 III L.H.MORNEAULT, COMPAGNIE LIMITEE Gros et détail Ferronnerie lourde et de rayons Appareils de plomberie et fournitures Matériaux de construction — Article de sport EDMUNSTON, N.B.Avec les hommages de la maison F.II All I \IU.IOV LTEE Pionniers de l'industrie de la chandelle au Canada SAINT CONSTANT Cté Laprairie, P.Q.51 ouest NOTRE-DAME, MONTREAL PLateau *9467 Hommages du Journal LE MADAWASKA Hebdomadaire acadien fondé en 1913 EDMUNDSTON, N.B.Tél.Bureau : 3-2995 Rés.: 3-6583 Décorations Artistiques Fresques Tableaux 109l/2 RUE DE LA SALLE Statues Mosaïques Alph.Lucchesi, président Marbres Boiseries Planchers QUEBEC IV 50 ans d'expérience à votre service GERMAIN & FRERE LTEE Chauffage et plomberie Agents pour les brûleurs à l'huile TIMKEN & IRON FIREMAN 237, rue St-Antoine TROIS-RIVEERES Tél.6-2555 HOMMAGES MONGEAU & ROBERT CIE LTEE Charbons - Huiles combustibles - Appareils de chauffage 1600 est, rue MARIE-ANNE MONTREAL Téléphone : AMherst 2131 Tél.: BUREAU 4-3872 J.P.MORIN Liée Entrepreneurs Généraux Spécialité : Edifices publics — Construction en Béton Estimés fournis sur demande 528, rue NOTRE-DAME CAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.LI N OLEUM $/>écia£ùô&$ en COUVRE:PLANCHERÎ TAPI S poup 5ANCT(/ÂIREf *uc6AC f EX TILES 352 RueST-VALLIER, QUÉBEC, ^f V AUTOS -LTEE Distributeurs Chevrolet-Oldsmobile — Chevrolet camion Amherst - Demôntigny Montréal —■ Québec GI.3701 Les ateliers d'Art de : PETHCCCI CARLI Sculpteurs et Statuaires Chemins de croix — Monuments, etc.Statues — Autels — Balustrades — Fonds baptismaux 1180,rue WOLFE MONTREAL, P.Q.CH.9120 A.D.1848 Téléphone HA.0121 HA.0122 T.CARLI-PETRUCCI Limitée Art Religieux.Décoration d'Eglise Les Statuaires de la rue Notre-Dame 408, rue Notre-Dame Est Montréal VI L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME IV, No 10 NOVEMBRE 1954 SOMMAIRE Le cas des jeunes qui quittent l'école à 14 ans .R.P.Leopold GODBOUT, o.m.i.394 Méditation : Marie et la Famille ouvrière .397 Nouvel aumônier National à la L.O.C.La Rédaction 399 La Famille.R.P.Paul-Emile PELLETIER, o.m.i.400 Enquête nationale de la J.O.C.1954-55 : La Famille .406 Une situation angoissante .417 Le problème des adolescents : Lancés dans la vie .Loris RACINE 425 Journées Sacerdotales d'Etudes Sociales .R.P.Clément ROUSSEAU, o.m.i.435 Témoignages révélateurs .R.P.Pierre-Paul ASSELIN, o.m.i.440 Vie des mouvements — J.O.C.Duchesnay — 1954.Jacques CHAMPAGNE 442 Semaine Nationale des jeunes travailleurs .Jean-Paul HETU 445 Vie des mouvements — L.O.C.Lettre .R.P.Jean-Louis DION, o.m.i.446 Dix ans d'un fructueux apostolat au service de la L.O.C.Leopold SEGUIN 446 Mort au champ d'honneur du travail Monique CLOUTIER 447 "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C.et de la L.O.C.Avec autorisation de l'Ordinaire.Rédaction et Administration: 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.Q.Canada Conditions d'abonnement (de janvier à décembre) Abonnement régulier : $2.00 — Pour les Séminaristes : $1.50 Le numéro : 0.25 Editorial LE CAS DES JEUNES QUI QUITTENT L'ECOLE A 14 ANS On trouvera dans la présente livraison de la revue le résultat d'une enquête de la J.O.C.sur la situation des jeunes qui quittent l'école à 14 ou 15 ans, et les commentaires qu'en a faits M.Loris Racine dans Le Devoir pendant la Semaine Nationale des Jeunes Travailleurs qui a eu lieu du 26 septembre au 3 octobre.C'est à lire attentivement.Pour la plupart ce sera une révélation.Révélation douloureuse en vérité.43 % de nos garçons quittent l'école à 14 ans, 55% chez les files.La plupart pour aider leurs parents.Pauvres parents ! s'ils savaient ce qu'ils gagnent ainsi.Une autre enquête de la J.O.C, faite en 1947, nous apprenait que la plupart de ces jeunes ne donnent leur paie à leurs parents que pendant un an, ou au plus un an et demi.Après quoi, entraînés par leurs compagnons de travail plus âgés, ils gardent leur argent pour s'amuser.Heureux les parents quand ils peuvent en tirer une maigre pension hebdomadaire de $5.à $6.dollars.Et l'avenir de ces jeunes est presque irrémédiablement compromis sans profit pour personne.Ils n'ont pas de métier et ne peuvent en avoir, car la plupart des métiers exigent aujourd'hui de leurs apprentis au moins une 9ème année, certains même jusqu'à la 12ème, et la plupart de ces jeunes ont à peine le certificat de lème.Et cela tourne au ridicule quand on voit qu'environ le quart d'entre eux n'ont même pas de travail.Chômeurs à 15 ans ! Voyez-vous ça ?Belle école de formation aussi ! La rue, les petits romans à dix sous, les « comics », le cinéma, voilà leurs maîtres désormais.Aussi bien pour ceux qui travaillent que pour ceux qui chôment.Evidemment les chômeurs sont dans un climat encore plus dangereux.L'oisiveté, mère de tous les vices aussi bien pour eux que pour tout le monde, les pousse presque Jatalement vers le crime, et l'on a tout le problème de la dêlinquence •juvénile.Quant à ceux qui travaillent, s'ils sont en dehors des dangers de l'oisiveté, ils ont par contre leurs aînés, célibataires ou gens mariés des deux sexes, pour les « initier à la vie ».Et cela se fait rapidement.On en a vus complètement changés en deux semaines.Les parents, qui n'avaient déjà pas beaucoup d'autorité, n'en ont plus du tout au bout de quelques mois.Ils se contentent de crier et de menacer. Les petits gars et les petites files se poursuivent mutuellement.Ils appellent cela fréquenter.Avec les beaux résultats que l'on peut imaginer chez des jeunes pas formés.Si l'on regarde le point de vue religieux, ce n'est guère plus encourageant.10% déclarent ne presque plus aller à l'église, six mois, un an après avoir quitté l'école.Où allons-nous sur ce train-là ?Nous somnies en face d'un double problème : celui de ces jeunes qui vont échouer en Cour juvénile ou en prison, ou qui vont inévitablement nous constituer un sous-prolétariat, et celui de leurs parents qui ont démissionné.lllu uons de compter surtout sur ces derniers, abandonnés à eux-mêmes, pour renverser la situation.On ne peut en attendre grand'chose, ils donnent en fait d'éducation à peu près ce qu'ils ont reçu eux-mêmes.Il faut regarder ailleurs si l'on veut que ça change.Les associations d'adultes ont ici un iôle à jouer.La L.O.C.en particulier.Ses militants peuvent avoir, en de nombreux cas, une influence décisive sur ces parents démissionnait es.Et puis, il semble bien qu'il faille élever l'âge de la fréquentation scolaire obligatoire au moins jusqu'à 16 ans.Et en même temps, pour que cette mesure vaille quelque chose, voir à ce que la loi soit appliquée.Déjà, à ce qu'on nous rapporte, les exemptions sont nombreuses pour des enfants en bas de 14 ans.Si les parents sont dans la nécessité, qu'on les aide, cela coûtera moins cher que d'entretenir plus tard à l'école de réforme, en prison ou au sanatorium ces jeunes qu'on aura laissés entrer au travail à un âge où ils n'étaient préparés ni physiquement ni moralement.Certains membres du personnel enseignant pourraient peut-être bien aussi faire un petit examen de conscience.N'y en a-t-il pas.— nous voulons croire que c'est le très petit nombre.— qui trouvent commode de se débarrasser d'enfants sans grande facilité ni goût pour l'étude, en approuvant trop proniptement leur décision ou celle de leurs parents de laisser l'école dès 14 ans.S'il y a des enfants qui ne peuvent suivre le programme d'étude officiel c'est aux responsables de l'éducation sur le plan provincial à trouver le moyen de continuer leur formation autrement, et non pas de les jeter dans la vie sans préparation.Cela comportera de nouveaux problèmes à nos commissions scolaires et nos gouvernants, mais cela aussi coûtera moins cher aux payeurs de taxes en définitive.L'école coûte moins cher, croyons-nous, que les cours, tes prisons, les hôpitaux et les services sociaux, et les résultats seront plus honorables et plus consolants.Nous faisons appel également à nos mouvements syndicalistes.Us — 395 — ont une responsabilité vis-à-vis de ces jeunes, soit pour les empêcher d'entrer trop jeunes au travail, soit pour les y protéger une fois qu'ils y sont acceptés, Personne ne reprochera aux unions ouvrières de s'être d'abord occupées des adultes, des pères de familles.Mais l'heure ne semble-t-elle pas arrivée, maintenant qu'elles sont devenues de puissantes organisations, acceptées des adultes, — de s'intéresser d'une façon spéciale aux problèmes des jeunes ?Particulièrement à ce problème crucial de la stabilité de l'emploi.Le principe de sénioritê est excellent, l'ouvrier qui a dépensé plusieurs années de sa vie au service d'une entreprise a des droits acquis que n'a pas le nouveau venu.Mais il y a l'autre côté de la médaille, c'est grâce à chaque congédiement de personnel, ce sont les jeunes qui se retrouvent sur le trottoir, livrés à la bête du chômage, au désœuvrement et à toutes ses conséquences.Voilà un très grave problème qui appelle une solution.Nous savons que la C.T.C.C.n'y est pas indifférente et nous l'en félicitons.Elle a depuis quelques années un Comité spécialement affecté aux problèmes des jeunes.De tous les problèmes auxquels ce Comité doit trouver les solutions, — travaux hop durs pour leur âge, travail de nuit, apprentissage, etc., — nous nous permettons de lui signaler ceux qui regardent tout particulièrement les jeunes qui quittent l'école trop tôt.Mais n'est-ce pas surtout au clergé que revient le devoir de travailler à redresser cette situation ?C'est l'âme de ces enfants encore plus que leur corps qui est menacée.C'est leur destinée éternelle encore plus que leur avenir temporel qui est compromis.Nous avons certes le devoii de faire quelque chose, mais quoi ?Alarmer tous ceux qui d'une façon ou d'une antre sont responsables de l'éducation de nos enfants.Et aussi organiser le plus tôt possible, dans chaque paroisse ouvrière, cette école de formation des ouvriers adolescents, voulue par le Pape et par nos Evêques et qui s'appelle la f.O.C.Là où elle existe la f.O.C.veut s'attaquer résolument à ce problème des jeunes de 14 ou 15 ans déjà lancés dans la vie.Mais la majorité de nos paroisses ouvrières ont-elles une section de f.O.C.?Et là où la f.O.C.n'existe pas, qu'est-ce qu'on a pour aider les jeunes dans leurs milieux de travail ?Et pourtant on ne peut pas abandonner ces enfants à leur triste sort.La réponse est aux prêtres de nos paroisses.Leopold GODBOUT, o.m.i.— 396 — Méditation MARIE ET LA FAMILLE OUVRIERE 1 C'est donc à Vous, Notre-Dame du Cap, à Vous, la Reine du Canada que ces familles ouvrières viennent rendre leurs hommages, implorer secours et demander protection.Elles viennent vers Vous, ces familles ouvrières, parce que Vous êtes la Reine des foyers.Tout ce que la famille a de meilleur c'est à Vous qu'elle le doit.On ne le dira jamais trop.Comme à Cana en effet, c'est par votre intercession que les foyers chrétiens reçoivent leur bonheur dans ce qu'il a de plus intime.Sans Vous, il manque toujours quelque chose aux foyers les plus chrétiens, avec vous au contraire apparaissent un climat chrétien et une ambiance vraiment familiale.Vous avez réhabilité la famille au temps de votre vie terrestre, en compagnie de Jésus et de Joseph.Et cependant ces humbles foyers se sentent menacés de toutes parts par les conditions de la vie moderne qui tendent sans cesse à les replonger dans l'erreur et la servitude.Ils sont cependant convaincus que vous ne permettrez pas, vous, la Reine des foyers que votre ceuvre de restauration chrétienne soit sabotée.Aussi est-ce avec la plus entière confiance qu'ils viennent vers vous crier leur détresse et leur crainte.C'est parce que ces familles veulent demeurer sous votre joug maternel qu'elles vous lancent un appel.Elles viennent vers Vous ces familles ouvrières avec leur incertitude du lendemain parce que pèse sur le foyer la menace du chômage.Elles viennent vers vous avec cette crainte des dettes qui serre le cerveau comme un casque de fer parce que le salaire est insuffisant ou mal administré.L'ouvrier, père de famille, est en effet à la merci des risques du chômage ou du surmenage, du bon plaisir de l'entreprise qui peut exclure de ses ateliers telle ou telle catégorie de travailleurs trop jeunes ou trop âgés, spécialistes ou manœuvres, sans parler des crises économiques, des changements de mode.Il est à la merci surtout de l'épuisement et de la maladie.Avec la maladie, ce sont les remèdes coûteux, le manque de soins, l'hôpital, les dettes qui s'accumulent, l'impossibilité fréquente de remonter le courant.C'est pour ces familles la course aux changements d'usine, d'habitation, de localité.Comme Vous elles connaissent la souffrance de l'exil.D'autres foyers sont inquiets et battent les trottoirs à la recherche d'un loyer.Ils se sont fait dire par la porte entrebaillée : « On ne loue pas, trop d'enfants.» Comme Vous, ô 1.Cette méditation fut donnée lors du ralliement de la L.O.C.au Cap de la Madeleine, à l'occasion de son 15e anniveisaire.— 397 — Notre-Dame, en la nuit de Noël, vous vous rappelez, ils ont frappé aux portes sans rien trouver.D'autres ont des inquiétudes mortelles à cause des grands enfants.C'est le garçon de 18 ans qui tourne mal avec les compagnons qu'il fréquente, ou encore la jeune fille de 16 ans.depuis qu'elle travaille à l'usine et reçoit une paye, elle est toute changée : hautaine, indépendante, elle entend organiser sa vie à sa façon.11 y a les foyers où les frictions de caractère et de points de vue ont brisé l'intimité conjugale.On vit ensemble, mais les cceurs sont séparés et l'atmosphère du foyer irrespirable.La maison familiale est devenue une maison de pension : on y dort, on y mange, mais on n'y trouve pas le bonheur.Puis ces foyers où la maman est comme une prisonnière dans un petit trois pièces avec ses cinq marmots tapageurs et brise-tout.Elle vient vous dire, ô Notre-Dame de la famille, qu'elle trouve bien monotone, bien écrasante sa petite vie de tous les jours dans ce fond de cave où elle habite.Elle vient vous demander du courage pour accepter en attendant.Et son mari, qui depuis deux mois fait la queue à la porte de l'assurance-chômage, vient vous demander de lui trouver un emploi.D'autres vous reviennent, plus malheureux encore : ce sont ceux qui, souvent accablés par des soucis matériels, ballotés par les tentations de toutes sortes, ont peu à peu perdu confiance en Dieu.Ils ont abandonné les sacrements, la messe du dimanche, la prière, et souvent toutes leurs responsabilités familiales.Vous ne les repousserez pas, ô Marie.Vous considérerez leur secret désir de revenir dans le bon chemin, et en considération des milliers de foyers ouvriers qui vous prient, vous leur donnerez une nouvelle grâce de conversion.A vos pieds se présentent également des pères et mères de famille jadis pleins d'idéal, mais que la vie a refroidis, désabusés peut-être.Par gêne, respect humain ou autres raisons, ils ont cessé peu à peu leur montée à deux.Ils ont oublié qu'ils pouvaient encore prier ensemble, se sanctifier ensemble.Ils viennent à Vous, confiants que vous rallumerez dans leur âme leur ferveur première ; que vous leur accorderez de lutter ensemble non seulement dans les difficultés matérielles mais aussi pour l'établissement du règne de votre Divin Fils.Tous les éléments seront représentés dans cette foule assemblée à vos pieds : éléments divisés par les conditions et les circonstances de la vie ; des gens de métier et des sans métiers ; des ouvriers spécialisés et des journaliers ; des collets blancs et des habits de travail ; des bien logés et des mal logés ; des foyers où l'entente est parfaite et d'autres où règne le désaccord ; des parents soucieux de leurs responsabilités ; des pauvres ei des riches ; des amis et des ennemis ; des malades, et des — 3C8 — bien portants ; des travailleurs consciencieux et d'autres qui traînent les pieds ; des pécheurs et des justes.En un mot, des heureux et des malheureux, au sens le plus profond.Par contre, ô Marie, tous ces individus et ces foyers viennent à vous en cette occasion, unis d'esprit et de cœur pour vous proclamer Reine de leurs foyers.Tous sentent même le besoin de soutien et de protection ; de lumières et de courage ; de grâce et de bénédictions.Tous, quels que soient leurs conditions de vie ou leur état d'âme se reconnaissent vos enfants.Aussi est-ce dans un élan collectif, et débordant de confiance, que ces familles ouvrières viennent se jeter dans vos bras, parce qu'elles vous savent tellement proche.La L.O.C., consciente de sa mission apostolique, à l'occasion de l'année mariale et de la célébration de son quinzième anniversaire, veut fournir à toutes les familles ouvrières l'occasion de se rapprocher davantage de vous.Elle veut également vous consacrer tous ses efforts et ses labeurs apostoliques.Nouvel aumônier National à la L.O.C.Le nouvel aumônier national de la L.O.C.n'a pas besoin d'être présenté à nos lecteurs.Qui ne connaît pas le R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i., même en dehors de la L.O.C.?C'est en 1943 que le R.P.Victor-M.Villeneuve, o.m.i., le demandait au R.P.Provincial des Oblats pour venir s'ajouter à l'équipe des aumôniers nationaux de l'Action Catholique Ouvrière.Le Révérend Père fit d'abord un séjour de deux ans à la Faculté des Sciences Sociales de Laval avant de venir occuper le poste d'assistant-aumônier national à la L.O.C.Plus tard il alla prendre la place du Père Dion comme aumônier diocésain de L.O.C.aux Trois-Rivières, fut un temps directeur des Retraites Fermées au Cap-de-la-Madeleine, puis revint à la Centrale nationale de la L.O.C.comme assistant du Père Dion.Partout où il est passé, le Père Pelletier a laissé le souvenir du prêtre à l'abord facile, aimable, accueillant, de l'apôtre infatigable et d'un dynamisme exceptionnel.Nous ne doutons pas que sous son impulsion la L.O.C.ne connaisse de nouveaux progrès.L'Action Catholique Ouvrière est heureuse de s'associer aux nombreux amis du Père et à tous les locistes pour le féliciter, lui souhaiter plein succès, et l'assurer de son désir d'étroite collaboration.La Rédaction — 399 — LA FAMILLE par le R.P.Paul-Emile PELLETIER, o.m.i.aumônier national de la L.O.C.Ce texte est un résumé d'un exposé fait à la session intensive de la J.O.C.Il précédait l'explication de l'Enquête sociale sur la famille.Dans un discours qu'il faisait, le 30 janvier 1949, le Pape Pie XII déclarait : « Peu de nécessités sont aussi urgentes que la consolidation de la famille chrétienne, arc fondamental sur lequel repose cette société humaine, qui est comme la coupole qui couronne tout l'édifice de la création ; peu sont aussi urgentes que l'assainissement de cette source naturelle de la vie, si l'on veut sauver l'existence même de l'humanité et faire en sorte qu'elle ne perde pas le fruit de la Rédemption.Aujourd'hui c'est jusqu'à son unité et son indissolubilité même, jusqu'à sa finalité transcendante que l'on dirait en péril.» Et un peu plus loin, le Pape ajoutait : « La famille chrétienne a une mission presque divine : celle de transmettre et d'allumer la vie comme se propage le feu saint lorsqu'il passe d'une mèche à l'autre des cierges sur l'autel.» Ce texte à lui seul nous fait voir toute l'actualité de ce problème que constitue la famille.Et cela en particulier pour les jeunes qui devront fonder un foyer à travers toutes les difficultés que comporte la vie moderne.Et en attendant, les jeunes font partie d'une famille.C'est là un aspect essentiel de leur vie qui leur crée des obligations bien précises, qui souvent leur apporte des problèmes, qui, de toute façon, doit exercer dans leur vie une influence prépondérante.C'est dire comment un programme sur la famille mérite l'attention des jeunes travailleurs qui militent dans la J.O.C.I—IMPORTANCE DE LA FAMILLE Arrêtons-nous d'abord à réfléchir plus attentivement sur l'importance de la famille.Nous en indiquerons trois principales raisons : 1—C'est la première communauté humaine de personnes « Yahweh, Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul.Je lui ferai une aide semblable à lui.C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme et ils seront deux dans une seule chair.Dieu créa l'homme à son image ; Il le créa à l'image de Dieu ; homme et femme II les créa.Et Dieu les bénit disant : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre.« (Genèse, Ch.II, v.18 et 24).— 400 — C'est l'origine de la première famille telle que racontée dans la Bible.Elle est donc la première communauté humaine de personnes.a > l:i personne humaine est au sommet de la création 1.Au bas de l'échelle il y a les minéraux et les choses inanimées.Et c'est tout ce vaste domaine de la science qui a pris des proportions gigantesques en notre monde moderne.Viennent ensuite les végétaux, les plantes, les arbres, les céréales.2.Et avec ce stade apparaît la vie, cette propriété mystérieuse.La semence est jetée en terre, elle croît, se développe en tige, produit la fleur et le fruit.Les végétaux sont des êtres vivants qui se reproduisent.3.Au troisième degré se trouvent les animaux qui ajoute à la vie végétale la sensibilité et la mobilité.4.Enfin, en haut de l'échelle, il y a l'homme qui n'est pas une machine, ni un animal, mais une personne qui résume en elle toutes les richesses des êtres inférieurs et possède en plus une âme immortelle douée d'une intelligence et d'une volonté.C'est un moi, un quelqu'un, le même malgré tous les changements qu'il peut subir et cela pour l'éternité.C'est un être qui a la faculté de choisir librement et qui donc a des responsabilités.La personne humaine a par conséquent des devoirs et en particulier celui de progresser et de devenir toujours davantage une personne.L'homme est un être qui a une fin, un but, une mission à accomplir, une vocation.D'où obligation de respecter ma personne et la personne des autres.Je ne dois mépriser personne.L'homme enfin est un être à l'image de Dieu.Il est plus que cela, il est appelé à devenir par la grâce un fils de Dieu, un colla-boiateur de Dieu, un frère du Christ et un héritier du ciel.Le péché originel étant venu gaspiller l'œuvre divine, Dieu s'est fait homme pour sauver les hommes.Voyons le respect du Christ pour la personne.« Malheur à qui scandalise un de ces petits.Mieux eut valu.» b) La personne humaine est la créature la plus dépendante, celle qui a le plus besoin des autres Elle nait au sein d'une famille dont elle a absolument besoin pour exister et se développer.Sans famille, pas d'hommes, pas de personnes.Les animaux, il suffit de les accoupler.Il faut cette première institution divine qu'est la famille pour qu'il puisse y avoir des hommes, une humanité.Il y a là un besoin voulu de Dieu, un besoin d'union entre les deux sexes, qui est le point d'origine de la famille.Cela veut donc dire que — 401 — tout ce qui a rapport au sexe, à l'acte du mariage, aux parties sexuelles, au corps de l'homme, tout cela est sacré.La famille est la toute première cellule sociale.C'est une société irremplaçable.2—La famille est la première Communauté chrétienne Le mariage qui est l'acte de fondation de la famille est un contrat mutuel, un engagement libre, conscient, légitime, indissoluble, basé sur l'amour mutuel en vue d'une mission divine qui en même temps devra permettre l'épanouissement humain et chrétien des personnes.Mais le mariage est aussi un sacrement.Ce n'est pas une union de passions, d'intérêts ou d'instincts.Mais une société élevée au plan surnaturel qui devient source de grâces.La famille devient ainsi cellule du Corps Mystique.Sans mariage chrétien, l'Eglise ne peut exister et grandir.Le Pape Pie XII faisait voir à des nouveaux mariés la beauté et la grandeur du mariage : « Avez-vous jamais songé, chers fils, chères filles, qu'il n'y a que deux états de vie qui sont sanctifiés par un sacrement : L'Ordre et le Mariage ?» Et le Pape continuait ainsi : « Deux sacrements, deux paternités, deux pères qui fraternisent et se complètent réciproquement dans l'éducation des enfants de Dieu, espérance de la famille, de l'Eglise, de la terre et du ciel.» Les époux comme le prêtre ne doivent-ils pas d'abord se mettre au service de Dieu et de l'Eglise.Ne doivent-ils pas également marcher sur les pas du Christ et de l'Eglise ?Car l'idéal que les époux doivent tenter d'atteindre : la charité qui unit le Christ et son Eglise.Cette communauté chrétienne doit se réaliser dans une mise en commun des talents, des vouloirs; des pensées dans le but de travailler ensemble à l'établissement du royaume de Dieu.3—La famille est une communauté irremplaçable d'éducation humaine et chrétienne Nous sommes faits à l'image de notre foyer.Nous emportons dans la vie les qualités et les défauts dont on aura été marqué au foyer paternel.Et cela tant sur le bilan de l'éducation humaine, de l'intelligence, de la volonté, de la sensibilité, du jugement, que sur le plan de l'éducation chrétienne, de la foi, de la piété, des convictions chrétiennes.Rappelons-nous la scène des disciples d'Emmaiis.Ils ne reconnaissent le Christ que lorsqu'ils sont rendus à la maison.N'est-ce pas l'image de bien des gens qui oublient le Christ le long des routes de la vie et ne le retrouvent qu'en se renouvelant au souvenir de leurs parents, de leur foyer.— 402 — II—LES ENNEMIS DE LA FAMILLE Mais la famille ouvrière de chez nous ne réalise pas facilement cet idéal.De nombreux obstacles se dressent sur son chemin en raison des conditions de notre monde moderne.N'oublions pas que l'urbanisation chez nous s'est faite à un rythme très accéléré.Notre monde ouvrier s'est bâti en cinquante ans à peine.Ce qui a compliqué d'autant la situation.1—Problèmes du travail et du salaire Retenons l'affirmation de Nos Seigneurs les Evêques : « Chez nous pas plus qu'ailleurs on a solutionné le grand problème de la classe ouvrière : l'insécurité économique et sociale du travailleur et de sa famille.» (Lettre pastorale collective sur le problème ouvrier.) Pour l'ouvrier, le travail, qui est son seul gagne pain, est à la merci de l'employeur, des cycles économiques, du chômage saisonnier, de la maladie, des accidents, de l'invalidité.Il faudrait s'arrêter à décrire les conséquences psychologiques et morales du salariat dans un trop grand nombre d'entreprises.Et cela sans parler des salaires qui sont insuffisants pour une proportion trop .grande de travailleurs.Et sur ce terrain du travail, il convient de souligner les dangers moraux des milieux de travail à l'égard des jeunes, les difficultés qu'entraînent le travail féminin, surtout des femmes mariées.Dans une seule paroisse de Granby on a compté 106 femmes mariées qui travaillent sur une population active totale de 950 travailleurs.Songeons aux répercussions familiales d'une telle situation.2—Le problème du logement Sur ce point, la famille de chez nous a beaucoup à souffrir.Nos petits propriétaires sont d'une rareté inquiétante.Montréal n'a que 17% de propriétaires tandis que Toronto en a 65%.Pensons au drame des propriétaires qui ont des paiements à rencontrer et qui peuvent se faire enlever en peu de temps le fruit de longues années de labeur.Il y a également cet autre drame des locataires dont les propriétaires ne veulent pas d'enfants dans leur logis.Trop souvent on n'a pas de cour, pas de salon, pas de place assez spacieuse pour recevoir et s'amuser.D'où la tentation de s'évader à laquelle en succombe vite et facilement.Et c'est alors le régime des clubs avec tous ses dangers.Plus de contrôles sociaux.C'est la boisson, l'atmosphère de sensualisme, les « shows ».Et les conséquences sont graves surtout chez les jeunes.3—Les loisirs commercialisés Parlons-en puisqu'on y est.Ne sont-ils pas, eux aussi, des ennemis souvent déclarés de la famille ?Ne parlons que du cinéma avec son école de l'amour libre de toute contrainte, de toute loi morale.Et c'est — 403 — toute une conception erronée de la vie du mariage, de l'amour qui s'infiltre et finit par régner.C'est le triomphe du matérialisme, qui, tel un souffle pestilentiel, empoisonne les âmes.On ne pense plus qu'au confort, aux toilettes, au plaisir.En particulier nous précisons deux aspects qui caractérisent notre société actuelle et qui attaquent la famille en plein cœur.a) Le Itcgne de l'amour-romance Le Règne de l'amour-romance qui rétrécit la fin première du mariage au bonheur personnel des Epoux on refuse à l'amour tout élément ra-tionel et finaliste.Et l'on ne le conçoit plus que comme une mystérieuse attraction de deux personnes l'une pour l'autre, attraction qui commence par le coup de foudre et assure automatiquement le bonheur.Il semble que l'existence moderne tant dans son esprit que dans ses réalisations matérielles ait tramé un vaste complot pour déraciner définitivement du foyer sa valeur essentielle, l'amour conjugal.b) I/amoindrissement de l'autorité surtout paternelle La démocratie moderne se présente comme une recherche de fraternité accompagnée d'un refus de paternité.D'autre part on rejette de plus en plus l'autorité imposée.On n'accepte plus dans beaucoup de cas que l'autorité acquise ou méritée.III—L'ACTION A POritSlTVRE Donnons seulement quelques grandes lignes d'un programme d'éducation et d'action qu'il faut entreprendre et poursuivre sans relâche.1—Principes d'action a) lt.it il- une élite ouvrière chrétienne En face de tous ces mauvais courants qui cherchent à tout emporter sur leur passage, il faut bâtir des personnalités fortes.Le besoin est plus pressant que jamais d'une élite pleinement consciente des dangers de l'heure, d'une élite en pleine masse qu'elle cherchera à éclairer et à entraîner sur le chemin de la vraie lumière chrétienne.b) lledonner le sens chrétien de la famille La famille ouvrière moderne a besoin d'une spiritualité bien vivante qui l'aide à réagir continuellement contre tous les ennemis qui cherchent à la détruire.Mais la réaction des foyers individuels ne peut suffire.Il faut ajouter une réaction organisée qui s'impose sur le plan social et public.e) Obtenir des conditions sociales qui favorisent le plein épanouissement de la famille Et pour cela il faut un travail assuré, un salaire suffisant, des conditions de travail humaines, un logement convenable, l'encouragement à — 404 — devenir et à demeurer propriétaire, un système de sécurité sociale qui garantisse la famille individuelle des risques qui sont trop lourds pour elle, des facilités d'éducation pour les enfants, une grande collaboration entre la famille et l'école, etc.2—Comment mettre en application ces principes Seule l'association sur tous Jes plans permettra une action efficace et pleinement fructueuse.a) Sur Ec plan apostolique La J.O.C.est sûrement l'école la mieux adaptée aux jeunes travailleurs et aux jeunes travailleuses.Elle est le mouvement tout indiqué pour une action organisée des jeunes.La L.O.C.s'offre aux familles ouvrières avec toutes ses possibilités de réalisations.les adultes ont une responsabilité de premier plan dans la société.Ils se doivent de bâtir un monde meilleur pour leurs enfants.Il) Sur le plan ii'iii|ton'l Deux institutions se présentent à nous : le syndicalisme et la coopération.Etudions bien sur ce point la doctrine sociale de l'Eglise.Ces deux formes d'action sociale doivent centrer leur travail sur l'épanouissement de la famille.Les jeunes doivent s'y intéresser et y apporter leur collaboration.HOMMAGES L'Action Catholique Ouvrière est heureuse d'offrir ses hommages à Mgr Adrien Falardeau, P.D., aumônier national de l'Action Catholique Canadienne à l'occasion de son élévation à la pré-lature romaine ; de même qu'à messieurs les abbés Wilfrid Bérard, aumônier diocésain de la J.A.C.de Joliette et Robert Campagna, D.Ph., professeur de philosophie au collège de Ste-Anne-de-la-Focatière et aumônier de J.E.C., nommés respectivement par NN.SS.les Archevêques et Evêques, M.l'abbé Bérard aumônier national de la J.A.C.et M.l'abbé Campagna aumônier national de la J.E.C.La Rédaction — 405 — Enquête nationale de la J.O.C.1954-55 LA FAMILLE I — PROGRAMME J.OC.F.: Notre Royaume de Femme SEPTEMBRE : Pas de classe ouvrière nouvelle sans foyers jocistes ! 1—L'enquête de cette année sur la famille peut-elle nous intéresser ?.Intéresser les jeunes travailleuses ?Pourquoi ?.2—Y en a-t-il qui croient que cette enquête ne sera pas pratique ?.Que disent-elles ?.Ont-elles raison ?.3—A quoi veut-on en venir au juste avec cette enquête ?4—Quelles sont les conditions indispensables pour que notre enquête porte des fruits ?.5—Ces conditions sont-elles réalisables ?Qu'est-ce que ça exige de chacune ?OCTOBRE : Une maison de pension ou notre c.liez-nous 1—Quel est le nombre de jeunes travailleuses qui restent en chambre dans votre milieu de travail ?.Dans votre paroisse ?.2—Quel est le nombre de jeunes travailleuses qui demeurent dans leur famille ?.3—Combien de soirs par semaine les jeunes travailleuses restent-elles dans leur famille ?.4—Passent-elles leur fin de semaine chez elles ou à l'extérieur ?Pourquoi ?5—Quand elles sont à la maison restent-elles par amour ?Par obligation ?Par nécessité ?etc.Pourquoi ?.NOVEMBRE : Le premier centre récréatif 1—Les jeunes travailleuses prennent-elles des loisirs-amusements chez elles ?Lesquels ?Les prennent-elles de bon gré ou de force ?Pourquoi ?2—Que font-elles pour se récréer à la maison ?3—Sortent-elles de temps à autre avec leur famille pour aller veiller, faire un voyage, assister à une soirée récréative, participer à une excursion, etc ?.Sinon pourquoi ?— 406 — 4—Invitent-elles des amies à venir de temps en temps se divertir à la maison ?Sinon pourquoi ?Si oui, quels divertissements prennent-elles ?.5—Restent-elles à la maison quand il y vient de la visite, amis de la famille, parents, etc.?6—Reçoivent-elles leur ami (garçon) chez elles ?Sinon pourquoi ?7—Quand elles reçoivent, restent-elles toujours dans un coin ou se mêlent-elles parfois aux autres membres de la famille ?DECEMBRE : Noël.une fête familiale 1—De quelle façon parle-t-on et prépare-t-on la fête de Noël dans les familles des jeunes travailleuses que nous connaissons ?2—Dans combien de familles dresse-t-on un arbre de Noël ?Une crèche ?Que fait-on comme décoration ?3—Les jeunes travailleuses assistent-elles à la messe de minuit avec leur famille ?Pourquoi ?4—Où réveillonnent-elles ?Pourquoi ?Quel ton prend le réveillon ?5—Passent-elles la Noël chez elles ou à l'extérieur ?6—Y a-t-il des rencontres de toute la famille à l'occasion de la Noël et des Fêtes ?7—Y a-t-il échange de cadeaux dans les familles au temps des Fêtes ?Quelles sortes >?Les jeunes travailleuses achètent-elles des cadeaux selon leur budget ?8—Y a-t-il des jeunes travailleuses qui n'ont pas leur famille ?D'autres qui ne veulent pas réveillonner en famille ?ni vivre la Noël dans leur famille ?JANVIER : La famille premier sanctuaire de vie chrétienne 1—Les jeunes travailleuses récitent-elles la prière du soir, le chapelet en famille chaque soir ?Pourquoi ?2—Y a-t-il dans les familles un crucifix dans l'appartement principal de la maison ?Dans chaque chambre à coucher ?3—Y récite-t-on le benedicite, les grâces à chaque repas ?Sinon pourquoi ?4—Que fait-on dans les familles à l'occasion d'un baptême ?d'une première communion ?Des fiançailles ?d'un mariage ?etc.(repas, cadeaux, décorations, etc.).5—Est-ce qu'on parle des questions de religion entre les membres de la famille : à table ou dans d'autres circonstances ?Comment ?6—Comment réagit-on dans la famille devant une épreuve ?.Un deuil ?Une joie ?— 407 — FEVRIER : Un mal nécessaire ! .le travail à l'extérieur 1—Combien de jeunes travailleuses connaissons-nous qui restent à la maison ?(ne travaillent pas à l'extérieur) 2—Les autres, pourquoi travaillent-elles à l'extérieur ?3—Aiment-elles mieux travailler à l'extérieur que de rester à la maison ?Quelles raisons donnent-elles ?4—Le travail à l'extérieur les empêchent-elles d'aider à la maison ?Pourquoi ?5-—Y a-t-il des femmes mariées qui travaillent à l'usine, restaurant, etc.Combien en connaissez-vous ?Pourquoi ?MARS : Eternelles locataires ou propriétaires 1—Les familles des jeunes travailleuses que vous connaissez sont-elles propriétaires ou locataires ?2—Quelles sont les conditions d'habitation ?(A quel étage habitent-elles ?) Combien de pièces, le logement a-t-il ?Pour combien de personnes ?Y a-t-il des fenêtres dans chaque pièce ?Est-ce suffisamment éclairé ?Y a-t-il une cour, une galerie ?Y ont-elles accès ?3—Les jeunes travailleuses sont-elles satisfaites de ces conditions ?S'en plaignent-elles ?Pourquoi ?Que disent-elles ?4—Se pioposent-elles d'avoir leur propre maison après leur mariage ?Croient-elles que c'est possible ?AVRIL : Une communauté d'entraide 1—Le:, jeunes travailleuses paient-elles une pension chez elles ?Combien ?De quelle façon le font-elles ?(avec joie, critique.) 2—Aident-elles aussi à l'entretien de la maison : ménage, cuisine, etc ?Pourquoi ?Quelle est leur attitude en ce qui regarde ce travail ?3—Celles qui travaillent à la maison reçoivent-elles un salaire ?Que reçoivent-elles ?Comment le reçoivent-elles ?(joie, critique).Cet argent est-il suffisant pour s'habiller ?Payer leurs dépenses ?Prendre des loisirs ?Réaliser une vie comme les autres jeunes travailleuses ?IVIAI : "Père et mere tu honoreras" 1—Les jeunes travailleuses acceptent-elles leurs parents : leur degré d'instruction ?Leur travail manuel ?Leurs attitudes ?Leurs habitudes ?Comment les acceptent-elles ?Pourquoi ?2—Reprochent-elles à leurs parents de n'être pas plus instruits ?De ne pas avoir un meilleur emploi ?De meilleures conditions de vie ?3—Que pensent-elles de l'obéissance envers leurs parents ?4—Jusqu'à quel âge se croient-elles obligées d'obéir ?— 408 — 5—Demandent-elles des conseils, des permissions à leurs parents ?Les suivtnt-elles ?6—Trouvent-elles leurs parents sévères ?Vieux jeu ?Parlent-elles de leurs sorties, de leur travail, de leur projet d'avenir à leurs parents ?Sinon pourquoi ?7—Disputent-elles quand le dîner n'est pas prêt, que la maison est en désordre, etc.?8—Font-elles des reproches à leur mère ?Sont-elles impolies ?Irrespectueuses ?JUIN : Attitudes au foyer 1—Les jeunes travailleuses ont-elles un caractère différent à la maison et à l'extérieur ?(travail, loisir, etc.) 2—Croient-elles qu'à la maison, elles peuvent se permettre une tenue négligée (cheveux en désordre, vêtements malpropres) 3—Pensent-elles qu'à la maison toutes les attitudes sont permises ?4—Au lever se hâtent-elles de se vêtir ou restent-elles une partie de la journée en robe de chambre ?5—Se promènent-elles en vêtements de nuit, en jupon devant leurs frères ou les enfants ?6—Se permettent-elles de dire ou de raconter n'importe quoi au foyer sans porter attention aux plus jeunes, à leurs frères et sœurs ?JUILLET : Nos meilleurs amis 1—Les jeunes travailleuses parlent-elles de leurs frères et sœurs ?De quelle façon ?2—Se chicane-t-on, se jalouse-t-on entre frères et sœurs ?3—Y a-t-il des jeunes travailleuses qui sont des semaines sans parler ou regarder un frère ou une sœur ?Pour quelles raisons ?4—S'aide-t-on entre frères et sœurs ?Pense-t-on à donner un coup de main aux plus jeunes ?A ceux qui sont mariés, aux malades, etc.?5—Combien de filles sortent de temps à autre ou prennent leurs vacances avec leurs frères ou leurs sœurs ?AOUT : La première école de vie ! 1—Comment les jeunes travailleuses ont-elles choisi leur travail ?Ont-elles été guidées par leurs parents ?De quelle façon ?2—Ces jeunes travailleuses ont-elles été éclairées par leur mère, sur les problèmes de la vie ?Quand ?3—Parlent-elles avec leur mère de leur problème de vocation ?De fréquentation ?D'amour ?Pourquoi ?— 409 — 4—Ont-elles été initiées par leur mère au travail de la maison ?du ménage ?de la cuisine ?de la couture ?5—Reprochent-elles à leurs parents de ne pas les avoir suffisamment aidées ?J.O.C.: Mon métier de chef.de famille SEPTEMBRE : Semaine Nationale des jeunes travailleurs OCTOBRE : Une maison de pension ou un chez-nous 1—Combien de gars vivent ou ne vivent pas chez eux ?2—Ceux qui ont un foyer, combien d'heures y vivent-ils par jour, par semaine ?N'y vivent-ils que comme de simples pensionnaires ?Voir les motifs de cette situation.3—Pourquoi les autres ont-ils quitté leur famille ?Travail à l'extérieur, mésentente, immigration, pas de famille du tout, logement trop petit, etc.NOVEMBRE : Une communauté d'entraide 1—Lei gars aident-ils leur famille en payant une pension ?2—Combien donnent-ils ?Quelle est la proportion par rapport au salaire ?Depuis combien d'années paient-ils une pension ?Le font-ds de bon cœur ?3—Ceux qui travaillent en dehors envoient-ils de l'argent chez eux ?Cette pension permet-elle au jeune travailleur d'épargner ?Epargne-t-il ?4—Les gars aident-ils leur famille par différents travaux ou services : réparation, peinturage, commissions, etc.?Tout le mois servira à préparer et à vivre la Campagne de Noél, laquelle sera en relation étroite avec le programme social et l'Etude religieuse de l'année.DECEMBRE : Noël, fête de famille 1—Dans les familles des jeunes travailleurs comment se passe la fête de Noël ?2—Les jeunes travailleurs participent-ils aux fêtes de famille ?3—Donnent-ils des cadeaux proportionnés à leurs moyens ?4—Y a-t-il un réveillon ?Les gars y sont-ils ?5—Noël est-elle célébrée comme une fête chrétienne ?JANVIER : Une communauté fraternelle 1—S'entendent-ils entre gars ?— 410 — 2—Entre frères et sœurs ?3—S'entr'aident-ils entre eux matériellement ?Ceux qui ne sont pas mariés envers ceux qui sont mariés, les plus vieux envers les plus jeunes.4—A-t-on le souci de s'entr'aider moralement entre frères et sœurs ?FEVRIER : A chaque famille, sa maison 1—Situation ou condition d'habitation dans le quartier : — propriétaire ou locataire — grandeur du logement 2—Influence de l'habitation sur la vie de famille, sur l'idée que le jeune travailleur se fait de son futur foyer — du point de vue du nombre d'enfants — du point de vue d'un foyer attrayant et attachant — du point de vue d'une propriété privée.MARS : Un sanctuaire de vie chrétienne 1—Y a-t-il une atmosphère religieuse dans la famille ?(Prière du soir, chapelet, benedicite, etc.) 2—De quelle façon célèbre-t-on les fiançailles, un mariage, un baptême ?3—De quelle façon accepte-t-on une épreuve, un deuil, etc.?4—S'entr'aide-t-on pour faire ses Pâques, pour aller à la messe du dimanche, etc ?Y va-t-on parfois en famille ?AVRIL : Enquête statistique 1—Voir les raisons de cette enquête statistique 2-—S'organiser pour faire remplir une bonne quantité de questionnaires 3—Les étudier, voir ce que ces retours disent, quelle situation ils montrent.4—Faire sur le plan local, dans la mesure du possible, la compilation de cette enquête statistique MAI : Un milieu irremplaçable d'éducation 1—A quel âge les jeunes travailleurs commencent-ils à travailler ?(degré d'instruction) 2—Ont-ils été conseillés pour le choix de leur premier emploi ?3—La famille les aide-t-elle à se choisir un métier et à en faire l'apprentissage ?4—Y pensent-ils encore en vue de leur futur foyer ?5—Possibilités de se perfectionner, de suivre des cours du soir 6—Les gars ont-ils été initiés aux choses de la vie par leur père ?— 411 — 7—Les gars parlent-ils avec leurs parents de leur travail, de leurs projets, de leurs fréquentations, etc.?JUIN : Le premier centre récréatif 1—Les gars prennent-ils des loisirs à la maison, avec leurs frères et sœurs ?2—Y amènent-ils leurs amis ?leur amie ?pourquoi ?3—Le foyer est-il attrayant ?Rend-il la chose possible ?(grandeur de la maison, propreté, etc.) 4—Des loisirs sont-ils pris en famille, à l'extérieur du foyer ?Pourquoi ?JUILLET : "Père et mère, tu honoreras" 1—Les gars se soumettent-ils à leurs parents ?Pourquoi ?Jusqu'à quel âge ?Le font-ils de bon cœur ?2—Que disent ceux qui ne se soumettent pas ?Critiquent-ils ?3—Respectent-ils leurs parents ?Leur répondent-ils grossièrement ?AOUT : Chefs de foyer de demain 1—Ce rôle futur préoccupe-t-il les jeunes travailleurs ?2—Nous, qu'est-ce que cette enquête nous a donné ?3—A-t-eile aidé à mieux comprendre le rôle de la famille ouvrière ?4—A-t-elle permis d'améliorer nos attitudes dans notre propre famille ?5—Qu'avons-nous commencé à faire en vue de notre rôle de chef d'un futur foyer ?Que ferons-nous pour continuer cette préparation ?« Pour ce relèvement des familles ouvrières, des mesures économiques, des mesures législatives, des mesures patronales sont nécessaires ; mais, en fin de compte, le relèvement véritable dépendra des chefs de famille, des fondateurs de famille, des membres de la famille ouvrière.» (Les jeunes travailleurs en face du Mariage, Mgr.Cardijn).II —LES OBJECTIFS POURSUIVIS PAR CETTE ENQUETE par Jean-Paul HETU, propagandiste national N.B.Les grands objectifs poursuivis étant sensiblement les mêmes chez les gars, que chez les filles, nous les donnons ensemble, quille à ajouter ici et là les particularités propres à chacun.1—Une conception de vie familiale Notre enquête nationale veut donner d'abord à tous les jocistes, et — 412 — par eux aux plus grand nombre possible de jeunes travailleurs et de jeunes travailleuses des idées justes sur la famille.Par les cercles d'étude, les contacts, les réunions d'équipes, les conseils fédéraux, les assemblées générales, populaires, les forum, etc., elle veut : a) Faire romprendre à tous — Ce rôle qu'est la famille dans le plan de Dieu.— Le rôle irremplaçable que la famille ouvrière joue dans l'Eglise, la société et la classe ouvrière ; — Le rôle irremplaçable qu'elle joue dans la vie de chaque jeune travailleur et chaque jeune travailleuse ; — Le devoir impérieux pour chacun et chacune de se préparer à sa mission d'époux, de père, de chef de famille ; d'épouse, de mère, de reine du foyer.b) Faire «découvrir à Ions — les obstacles que la société actuelle présente à la famille ouvrière (logements trop étroits, taudis, salaires insuffisants, ambiance matérialiste, etc.) — qui l'empêchent de s'épanouir et d'accomplir sa fonction normale : donner la vie et l'éducation.— qui empêchent, en conséquence, les jeunes travailleurs et les jeunes travailleuses de saisir la mission irremplaçable de la famille, de bénéficier pleinement de ce qu'ils doivent en recevoir, et de se préparer d'une façon adéquate à leur rôle de demain.2—Un style de vie familiale A chaque année, les grandes compagnies d'automobiles lancent de nouveaux modèles.les grands magasins de vêtements étalent de nouvelles modes.et tout le monde s'en empare.Les automobiles sont du style '54, les vêtements d'hommes, de dames surtout, le sont également.La J O.C., de même, par son enquête sociale lance auprès des jeunes travailleurs et des jeunes travailleuses une nouvelle mode, un nouveau style de vie, le style familial.Elle veut donc par toute son action individuelle et collective.a) Pour le présent Amener le plus grand nombre possible de jeunes à prendre des attitudes bien concrètes d'hommes et de chrétiens dans leur famille, en lace des divers problèmes qui se présentent.U) Pour revenir Amener ces mêmes jeunes à prendre des orientations précises (budget, apprentissage d'un métier, arts féminins, fréquentations, etc.) qui en — 413 — feront, les pères et mères, les chefs et les reines des foyers ouvriers nouveaux de demain.3—Une mystique de vie familiale Notre enquête nationale doit de plus donner aux jocistes, aux jeunes travailleurs et aux jeunes travailleuses qu'ils atteignent un élan passionné dans la poursuite de cette conception, de ce style de vie familiale.a) lTu idéal très élevé, une idée-force qui les pousse à vouloir réaliser à n'importe quel sacrifice un vrai foyer ouvrier rayonnant.— Par leur engagement actuel dans la J.O.C.et leur engagement continué jusqu'à leur mariage.Ils ne peuvent vivre de cette mystique de vie familiale, sans l'atmosphère, le climat d'un mouvement organisé par eux et pour eux et qui seul peut alimenter cette flamme familiale.— Par leur engagement demain dans les rangs de l'Action catholique ouvrière adulte, la L.O.C.Tout n'est pas fini quand on s'est bien préparé au mariage, quand on a fondé un vrai foyer jociste.Ce foyer, pour être rayonnant, pour trouver les solutions chrétiennes à tous les problèmes que l'avenir réserve infailliblement, a besoin de l'aide d'autres foyers épris du même idéal ; a besoin du climat de chaleur et de lumière d'un mouvement familial adulte.Ce mouvement c'est la L.O.C.le» ! He vie • ->irs par semaine (19.3% fré quentent 5 soirs et plus par semaine — soit 4.9% de tous les adolescents).— 40.1% ont déjà eu une amie.— En moyenne, ils ont eu leur première amie à l'âge de 14.1 ms — 47% lisent des romans.— 51% lisent des revues.— 38% lisent des livres sérieux.— 12.8% ne lisent pas du tout.66.3% des adolescentes vont au cinéma.En moyenne 1.6 fois par semaine.— 37% d'entre elles préfèrent des films d'amour.— 31 % préfèrent des films de drame et d'aventure.— 41.2% fréquentent régulièrement (chiffre plus élevé, p.c.q.fréquentent avec des gars de 18 ans et plus).— En moyenne depuis près de 7 mois.— En moyenne 3 soirs par semaine.— Endroit où elles fréquentent : 94 sur 290 vont au cinéma.64 au restaurant.23 au grill.74 fréquentent sur la rue, 203 à la maison.— 420 — (30% d'entre eux à 13 ans ou moins).— Et ils ont eu une moyenne de 4.4 amies.— 32.2% d'entre eux ont eu 5 amies ou plus.— 18.3% ont eu 7 amies ou plus Ce dernier chiffre ne montre-t-il pas que la grande majorité des parents de celles qui fréquentent acceptent ces fréquentations.Comparaison entre le cinéma et les fréquentations pour les adolescentes de 15 ans et moins.— 61.8% d'entre elles vont au cinéma.— 28.1% fréquentent.— 12.1% vont au cinéma et fréquentent.13—Sports 14—Autres sorties — 86% des adolescentes se tiennent dans les restaurants en moyenne 3.6 soirs par semaine.10.5% 4 soirs par semaine.11.5% 5 ou 6 soirs.23% 7 soirs.L'un des sports les plus populaires est le patinage : 71.6% le pratiquent.■82% aiment à se promener.48% vont dans les restaurants.'•39 danse.— 4.4% dans les grills.15—Education sexuelle — 75.9% par d'autres gars.— 32.3% par un prêtre.— 26.4% par les parents.— 16.9% par des professeurs.16—A qui les filles confient-elles leurs problèmes — 40.5% ne confient pas leurs problèmes à leurs parents.■— 28.8% sur l'ensemble ont un directeur de conscience (ce qui ,^ correspond à peu près au nom- bre de jeunes-jocistes qui ont ré-\ pondu à l'enquête).— 421 — 17—Religion — 90% vont à la messe tous les dimanches.— 18% vont communier tous les dimanches.— 60% se confessent tous les mois.■ Ce qui signifie qu'une forte proportion se confie uniquement à des amies ou amis.— Sur 704 filles, 681 vont à la messe tous les dimanches.— 32.3% ne vont pas à la messe sur semaine, les autres y assistent en moyenne 1.6 fois par semaine.— Environ 80% des adolescentes se confessent à chaque mois.Les autres se confessent en moyenne 5.5 fois par année.— 63.9% font régulièrement leur prière du matin.— 83.1% font régulièrement leur prière du soir.— 56.8% disent leur chapelet tous les jours.18—Celles qui font partie de la Jeune-J.O.C.F.294 adolescentes sont jeunes-jo-cistes sur les 704 qui ont répondu à l'enquête.Ce chiffre ne peut qu'améliorer la situation sur quelques-uns des aspects touchés par cette encjuête.Conclusions Les chiffres de cette enquête statistique parlent d'eux-mêmes.Ils sont d'une éloquence très nette pour montrer combien pénible et alarmante est la situation dans laquelle les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières de 14 à 17 ans sont plongés après leur sortie de l'école : situation qui ne fera que s'accentuer davantage à mesure qu'augmentera le nombre d'années écoulées depuis l'entrée dans la vie de travail.Cette seule réflexion laisse la J.O.C.perplexe.Que seront ces jeunes adolescents et ces jeunes adolescentes à 20 ou 22 ans, à la veille de fonder un foyer ?De quelle façon seront-ils préparés pour remplir leur rôle de parents et d'époux ?— 422 — I—Pleinement consciente de cette situation tragique faite aux jeunes adolescents ouvriers ; consciente également de sa responsabilité immense dans la solution à apporter à leurs problèmes, la J.O.C.veut : a) intensifier son action auprès de la niasse des jeunes adolescents — pour découvrir avec précision toutes les données des nombreux problèmes dont ils sont victimes, avec les causes et les conséquences sur leur vie présente et future.— pour les influencer efficacement par la Jeune-J.O.C, c'est-à-dire un secteur du mouvement spécialement organisé pour eux.Ils ont besoin d'être groupés dans un mouvement bien à eux, où ils trouvent la compréhension, l'amitié, l'entr'aide de jeunes comme eux et d'aînés.Si les jeunes adolescentes sont laissées à elles-mêmes, si les jeunes adolescents sont abandonnés, ils sont perdus : perdus pour la société, perdus pour l'Eglise, .et bien souvent peut-être pour leur salut éternel.La Jeune-J.O.C.les aidera dans tous leurs problèmes.Elle les aidera à s'orienter, à faire l'apprentissage d'un métier, à occuper sainement leurs loisirs, à s'habituer à l'économie et à préparer la fondation d'un foyer ouvrier vraiment chrétien.o) collaborer avec les parents, les éducateurs, les mouvements d'adul-dultes intéressés à l'éducation de la jeunesse, les associations professionnelles, afin que chacun fasse sa part pour venir en aide aux jeunes adolescents ouvriers.c) entretenir des relations suivies avec l'école et la J.E.C., et particulièrement avec les écoles spécialisées, centre d'apprentissage et écoles d'arts et métiers.II—Comme corps représentatif, la J.O.C.s'adresse aux autorités publiques, aux parents, à tous les corps ou organismes intéressés de quelque façon que ce soit au problème de l'adolescence, pour attirer leur attention sur les points suivants : a) ta fréquentation scolaire insuffisante pour une trop grande proportion des jeunes adolescents et des jeunes adolescentes, (chez 1er.garçons 43% ont quitté l'école à 14 ans et moins, 55.5% l'ont quitté avec une 7e année ou moins ; chez les filles 55.4% ont laissé la classe à 14 ans et moins.) b) les revenus insuffisants de la famille ouvrière, cause du départ de l'école de 47.4% des jeunes garçons et de 62.7% des jeunes filles.c) i'enttée au travail trop précoce, terrible de mauvaises conséquences physiques et encore plus de conséquences morales tant sur la vie présente de l'adolescent que sur son avenir ; et à un âge où l'adolescent est d'autant plus vulnérable que son corps, ses sens, — 42°.— son intelligence, tout son être est en évolution.d) le pourcentage des adolescents qui sont sans métier (20% sont livreurs, 33.5% sont journaliers, 23.5% sont chômeurs ; au total 77% des jeunes adolescents) et de ceux qui gagnent de bas salaires (64.9% des adolescents gagnent $25.00 ou moins par semaine).e) la fréquentation du cinéma avant 16 ans, et une trop grande fréquentation même après 16 ans.f) la facilité avec laquelle les adolescents peuvent se procurer des tomans, des revues et comics de toutes sortes.g) l'influence considérable que tous ces facteurs exercent sur la délinquence juvénile, une terrible plaie de notre société moderne.h) l'urgente nécessité pour tous de se préoccuper de l'avenir des jeunes quant à la préparation morale au travail, à l'apprentissage, à la sécurité de l'emploi, au salaire raisonnable et à l'établissement du jeune travailleur.Bon voyage au R.P.Asselin Le 29 octobre dernier le R P.Asselin, o mi, aumônier national de la J.O.C.partait pour Rome où il était appelé pour prendre paît à une réunion spéciale du Bureau International de la J.O.C.L'Action Catholique Ouvrière souhaite au Père Asselin un bon et fructueux voyage qui ne manquera pas d'avoir d'heureuses répercussions sur l'avenir de la J.O.C.canadienne.La Rédaction — 424 — Le problème des adolescents LANCES DANS LA VIE par Loris RACINE Les considérations qui suivent ont d'abord paru dans Le Devoir sous forme de chronique en marge de la Semaine nationale des Jeunes Travailleurs organisée par la Jeunesse Ouvrière Catholique, du 26 septembre au 3 octobre.Les renseignements contenus dans cet article sont le résultat d'une vaste enquête menée auprès des jeunes travailleurs par la J.O.C.!e printemps dernier.I — L*ABANDON DES ETUDES Les adolescents et les adolescentes vivent dans une situation angoissante.C'est le moins que l'on puisse dire si l'on regarde attentivement les résultats de l'enquête statistique menée par la J.O.C.au cours du printemps dernier auprès des adolescents et des adolescentes qui sont déjà entrés dans la vie du travail.Les retours d'enquête ont été remplis par 621 gaiçons et 704 filles, tous ayant quitté l'école et âgés de 17 ans ou moins.Ces retours viennent de 35 à 40 villes différentes dans la province, ainsi que de Moncton, N.B., et Cornwall, Ont.Le premier point qui attire notre attention est le bas niveau d'âge auquel ces jeunes ont abandonné leurs études ; en effet, 12.5% des garçons ont quitté l'école à 13 ans et moins comparativement à 18.8% chez les jeunes filles, ce qui, soit dit en passant, constitue une violation flagrante de la loi scolaire du Québec qui oblige l'enfant à fréquenter l'école jusqu'à l'âge de 14 ans.Par ailleurs, 43% chez les garçons et 55.4% chez les jeunes filles ont laissé la classe à 14 ans et moins.C'est dire qu'environ 65% de ces adolescents ont abandonné leurs études à un âge où ils ne pouvaient être suffisamment formés, physiquement ou moralement, pour entreprendre la dure tâche qu'est celle de gagner son pain quotidien.Manque de formation physique et morale, manque de formation intellectuelle aussi, puisque 29.5% d'entre eux n'ont terminé qu'une 6e année, tandis que 55.5% ne sont pas allés plus loin que la 7e année.L'instruction qu'ils ont reçu, au dire des experts en la matière, n'est même pas suffisante pour leur permettre d'apprendre un métier.Ils sont ainsi condamnés à d'éternelles tâches de manoeuvres et de garçons livreurs.Et cette situation n'en est pas une d'exception : M.Jean Bruchési, sous-secrétaire de la province, déclarait, dans une conférence prononcée — 425 — il y a quelques jours au 2e Congrès de la Chambre de Commerce des jeunes du district de Montréal, qu'à peine 15% des jeunes québécois poursuivent des études plus avancées que celles de la 8e année.C'est donc dire que les résultats de l'enquête de la J.O.C.s'applique à la grande majorité de la jeunesse de notre province.Quelles sont les causes de cet abandon de l'école ?La raison la plus souvent citée est la nécessité pour les enfants de procurer une aide matérielle à leurs parents.Parents de familles nombreuses qui, à cause d'un revenu familial insuffisant, doivent retirer leurs enfants des études pour les envoyer gagner quelques dollars qui leur permettront de boucler le budget de la famille.Comme nous pouvons le constater, le problème ouvrier et social, dans la province, n'est pas sans avoir des répercussions immédiates dans le milieu familial, répercussions d'autant plus malheureuses qu'elles atteignent justement ceux qui demain seront responsables d'assurer la relève.II—LES < OMUTIOVS DE TRAVAIL Quelle est la situation offerte à nos Jeunes lorsqu'ils ont été obligés d'abandonner leurs études pour se chercher un gagne-pain ?Et d'abord, que peuvent-ils faire ?Quelle préparation ont-ils pour entrer dans un métier qui leur permette de gagner un salaire raisonnable tout en faisant un travail qui convienne à leur formation, ou plutôt à leur manque de formation ; un travail qui ne les abrutisse point avant qu'ils n'aient la chance de parvenir à une relative maturité ?Cette préparation, ils ne l'ont pas et ne peuvent l'avoir, puisque, comme nous le révèle l'enquête de la J.O.C, 74% d'entre eux ont commencé à travailler alors qu'ils n'étaient tncore âgés que de 1 *> ans et moins.Il fallait s'y attendre : ils ont dû se satisfaire des salaires les plus maigres et des positions les moins intéressantes.Mais citons des chiffres : 33.5% sont journaliers, 20%- garçons livreurs, et l'énorme pourcentage de 23.5% sont chômeurs.Etre chômeur à 14 ans, c'est vraiment trop triste et même un peu ridicule.Que devons-nous penser d'un système économique et politique qui permet des chômeurs de 14 ans ?.Il en reste tout de même 19% qui sont apprentis dans un métier et 4% employés de bureau.Ceux-là, à tout le moins, se préparent un avenir ou exercent des fonctions adaptées à leurs capacités.Mais il n'en demeure pas moins que 77% de nos jeunes, lorsqu'ils abandonnent leurs études, et c'est la grande majorité, se dirigent vers des occupations de journaliers et de garçons livreurs, à moins qu'ils ne battent la semelle sur la rue à la recherche d'un introuvable emploi, surtout pour qui n'a aucune qualification à exercer un métier plutôt qu'un autre.C'est l'école de la rue où l'on apprend beaucoup trop tôt ce que l'on ne devrait pas encore connaître.et d'où l'on ne retirera certes pas la formation — 426 — que l'on devrait avoir.Qui n'a pas connu de ces petits bonshommes à tous métiers, garçons livreurs, laveurs de vaisselle, commissionnaires, cireurs de chaussures, vendeurs de journaux ; et la liste pourrait s'allonger, tous perdus dans un milieu trop vieux pour eux, un milieu où ils ne sont pas reçus, où ils n'ont pas leur place et auquel ils se trouvent nécessairement mal adaptés, ou plutôt un milieu où ils s'adaptent en en adoptant tous les défauts et même les vices ?.Qui ne connaît la touchante figure de petit tablier blanc qui se faufile en bicyclette à travers les autos et qui se retourne pour engu., en termes choisis, l'automobiliste qui l'a serré de trop près ?.Vieillissement trop rapide de l'enfant perdu dans un monde adulte ; sagacité parfois alaimante de l'adolescent qui n'est déjà plus jeune sans pour cela avoir atteint un semblant de maturité.Les salaires sont évidemment proportionnés aux occupations de nos jeunes travailleurs.Plus de 65% gagnent moins de $25.par semaine.Les chiffres : 16.7% gagnent moins de $15.par semaine, 26.3% de $15.à $20., 21.9% de $20.à $25., 10.9% de $25.à $30., 18.4% de $20.à $40., et enfin, 5.8% gagnent plus que $40.Et ces salaires, nos jeunes doivent les accepter puisque pour eux la seule alternative serait le chômage.D'une façon générale, les unions ouvrières se désintéressent du sort de l'adolescent ; situation assez facile à comprendre puisque le jeune vient aggraver le problème de l'emploi et du chômage, en s'inscri-vant dans un marché du travail où la concurrence se fait déjà sentir d'une façon assez pénible présentement.Le père de famille ne voit certes pas d'un bon œil l'intrusion de l'adolescent qui est prêt à occuper, souvent à un salaire moindre, la position qu'il convoitait lui-même.En fait, les jeunes sont la plupart du temps les premiers à être atteints par le chômage ils sont les premiers à être mis à pied dès que se fait ressentir une baisse de la production.Et la plus grande partie d'entre eux ne sont d'ailleurs pas satisfaits du travail qu'ils font.Questionnés à savoir s'ils aimeraient faire un autre travail que celui qu'ils font présentement, 69.5% ont répondu par l'affirmative.Alors, c'est l'éternelle recherche « de quelque chose de mieux ».On change de position le plus souvent possible, toujours dans l'espoir que la prochaine offrira enfin la possibilité de réaliser quelques-unes des ambitions que l'on avait conçues.Mais « plus ça change, plus c'est pareil ».Et l'on se résigne finalement à accepter le travail comme un seul moyen de se faire des sous, moyen tout à fait désagréable mais non moins inéluctable.Trop rapide désillusion d'une jeunesse lancée dans la vie trop tôt.ni—LES LOISIRS Les jeunes travailleurs, comme nous tous, ont des loisirs.Il y a les longues soirées qui doivent être employées à quelque chose, et les fins — 427 — de semaine.Nous serions portés à penser qu'ils en profiteraient pour essayer de parfaire l'éducation inadéquate qu'ils ont reçue, mais ce n'est guère ce qui se produit dans la majorité des cas.D'ailleurs, comment ces jeunes pourraient-ils, d'eux-mêmes, avoir l'initiative d'une semblable entreprise.La jeunesse doit être orientée vers l'étude ; laissée à elle-même, sa réaction la plus ordinaire et la plus attendue est de se satisfaire de l'immédiat, de la petite position qui permet tout de même d'avoir quelques sous pour aller au restaurant du coin prendre le « coke » traditionnel.De lui-même, l'adolescent qui a déjà accompli une dure journée de travail ne se sentira pas attiré par des cours du soir, à moins qu'on ne lui fasse comprendre la nécessité d'acquérir une formation et une spécialisation s'il veut voir le jour où lui aussi aura sa place au soleil.Les lectures Mais revenons aux faits, et citons encore une fois des chiffres.Nos jeunes lisent : 28.8% d'entre eux lisent des romans d'amour, pas moins de quatre par semaine.Ce nombre surprenant de quatre par semaine peut sans doute s'expliquer par l'existence de petits romans à dix sous qui traînent un peu partout dans nos kiosques de journaux, et dont la couverture est habituellement assez explicite des nourritures qu'on y trouvera.Par ailleurs, 39.3% lisent des romans policiers, encore une fois, quatre par semaine.Mais l'énorme pourcentage de 41.7 réservent leur prédilection pour les « comics » : six par semaine, presque un par jour.On se renouvelle quotidiennement dans la lecture des « comics », école de crétinisme si jamais il en fut une, objet de contemplations encore plus nocives parfois, car une bonne partie de ces mêmes « comics » se spécialisent dans le sadisme et la pornographie à la portée de tous.On n'a même pas à fournir l'effort de la lecture, il suffit de regarder.Et nous pouvons être assurés que nos jeunes ne lisent pas « Bunny Rabbit » ou « Porky Pig ».Il nous faut conclure que les adolescents ne font, par leurs lectures, que s'enliser un peu plus profondément dans le marasme intellectuel et souvent moral où ils se trouvent déjà.Le cinéma Les lectures sont complétées par le cinéma.Plus de 65% des adolescents et des adolescentes vont au cinéma au moins deux fois par semaine.Mais ce qui est plus grave, c'est la proportion de 61.8% des adolescentes âgées de 15 ans et moins qui vont au cinéma toutes les semaines, alors que la loi provinciale régissant les cinémas stipule que les enfants de moins de seize ans ne peuvent y être admis.Encore une fois, flagrante violation de la loi.— 428 — Nous n'en avons pas au cinéma comme tel.Un bon film peut parfois être une très agréable manière de passer une soirée.Mais ce à quoi nous en avons, c'est à l'admission des jeunes dans tous les cinémas, quels que soient les films qui y sont projetés.Nous n'avons qu'à regarder la page du cinéma dans les journaux pour constater que quelques-uns des films à l'affiche pourraient constituer une récréation propre à des jeunes, bien que, malheureusement, la grande majorité de ceux-ci ne conviennent même pas à des adultes, sans parler de jeunes esprits qui ne sont pas encore formés.Et nous nous en tenons au strict point de vue moral.Pour ce qui est de la valeur artistique et du niveau intellectuel.Hollywood nous a habitués à une énorme patience mêlée de beaucoup de résignation.Les fréquentations Les adolescents, placés dans un monde adulte qui ne devrait pas encore être le leur, ne manquent pas d'esprit d'imitation et se comportent eux-mêmes selon les édits du petit monde adulte qu'ils se sont créés.Les grands frères et les grandes sœurs ont des intérêts sentimentaux, et nous aurons donc des fréquentations à l'échelle juvénile.Environ 25% des adolescents ont une amie régulière qu'ils fréquentent de trois à quatre soirs par semaine.Et la plupart ont eu leur première amie qu'ils n'étaient encore figés que de 14 ans.Par contre, ces amours sont plutôt éphémères puisque nos jeunes, dans l'espace de deux ou trois ans, ont eu de quatre à cinq amies.La statistique ne vient que confirmer ce que nous savions déjà.Nous pouvons les voir, ces jeunes, sur toutes les « rues principales » de toutes nos villes, dans tous les parcs de la métropole, se baladant au hasard, ne sachant trop que faire puisque leurs ressources financières sont plus que limitées ; arrêts devant les devantures de magasins, nouveau départ sans but défini ; et puis l'avènement de la soirée, le « coke » que l'on sirote au restaurant avec des lenteurs.et la conversation est souvent parsemée de paroles vulgaires, et enfin c'est le retour à regret sur les trottoirs qui les attendent.Deux ou trois petites bonnes femmes, trop de rouge aux lèvres et de crayon aux sourcils, perdues parmi cinq ou six gars.Cette grande tristesse de toutes les grandes rues de toutes nos villes.IV—US PRORLEME MORAL La situation dans laquelle se trouvent les jeunes travailleurs est déjà pitoyable du seul point de vue social, mais elle devient vraiment tragique si nous l'envisageons sous son aspect moral.Comment en effet nos jeunes pourront-ils résister à toutes les sollicitations qu'ils rencontrent sur leur chemin à chaque jour, alors qu'ils manquent encore de la plus élémentaire formation, alors que leur insuffisance intellectuelle et le milieu qu'ils fiéquentent les exposent à toutes les tentations et à toutes les chutes.— 429 — L'exemple Insuffisance intellectuelle.Le jeune qui ne possède qu'une éducation des plus élémentaires n'a souvent pas eu le temps ni l'occasion d'approfondir un tant soit peu les vérités religieuses qu'on lui a enseignées.Et ses convictions auront tôt fait de s'effriter au contact quotidien d'un milieu où l'immoralité est acceptée comme la chose la plus banale et la plus naturelle.Le milieu dans lequel ils travaillent.Le récit des prouesses qui sont malheureusement acceptées comme une marque de virilité par le plus grand nombre, grosses farces obscènes que tous doivent souligner du plus sonore des éclats de rire.et l'adolescent rira avec les autres.Il ira même jusqu'à inventer certaines aventures qu'il n'a pas eues pour prouver à tous qu'il est vraiment comme les autres.Comme nous l'avons déjà dit dans la présente chronique, le jeune travailleur s'adapte à son milieu en en adoptant souvent les défauts et même les vices.Adolescentes à l'usine.Si cette situation est déjà néfaste aux adolescents, que dire de celle des adolescentes ?De ces jeunes filles de 15 et 16 ans qui déjà travaillant à l'usine et qui sont en contact continuel avec des hommes, non pas des adolescents, mais des hommes beaucoup plus âgés qu'elles.Nous nous passerons de commentaires ; d'ailleurs, nous connaissons déjà les résultats qu'eut l'entrée massive des femmes et des jeunes filles dans les usines au cours de la dernière guerre : l'immoralité a alors atteint un sommet qu'on n'avait pu encore imaginer.et à l'extérieur Et cette fréquentation d'hommes plus âgés ne se limitera pas aux seuls endroits de travail.L'enquête de la J.O.C.nous révèle en effet que le nombre des adolescentes qui ont un ami régulier est de beaucoup plus élevé que celui des adolescents, ce qui ne peut s'expliquer que par une fréquentation d'hommes plus âgés, pour une bonne partie des adolescentes.Et tomme 23 adolescentes sur 290 ont répondu au questionnaire en admettant qu'elles étaient fréquentées par leur ami au « grill », nous pouvons imaginer quels résultats, du point de vue moral, aura cette fréquentation d'hommes plus âgés, qui est encore compliquée de la consommation de boissons alcooliques.Encore une fois, nous assistons à une violation de la loi, et celle-ci.d'autant plus grave qu'elle affecte justement celles qui seront appelées demain à devenir épouses et mères.Recourons de nouveau à la statistique pour dresser un tableau des fréquentations des adolescentes : 41.2% des adolescentes sont fréquentées régulièrement.Où ?94 sur 290 vont au cinéma, 64 au restaurant, 23 au grill, 7-1 dans la rue, et 203 à la maison.Fréquentations au restaurant, — 430 — au grill, dans la rue.Magnifique éducation pour des enfants de 15 et 16 ans.Abdication des parents ?.Sur 290, 203 fréquentées à la maison.Il est donc clair que la majorité des patents de celles qui sont fréquentées acceptent cette situation.Et nous sommes forcés de conclure que les parents n'osent exercer les devoirs qui leur incombent.Car enfin, ces fréquentations des 15 ans et des 16 ans, même surveillées par les parents, ne peuvent que conduire à une conception fausse de l'amour véritable, de celui qui permet la fondation d'un foyer où chacun des époux comprend vraiment son rôle ; où l'on a établi une échelle des valeurs fondée sur une compréhension chrétienne du mariage.Toutes choses qui ne s'apprennent pas au grill, ou dans la rue.Manque de direction Les adolescentes lancées dans la vie de travail auraient besoin d'être guidées ; et nous savons par contre que la grande majorité ne confient pas leurs problèmes à leurs parents, ce qui signifie qu'elles s'en remettent aux uniques conseils de leurs amies ou amis.Nous doutons que le profit qu'elles en tirent puisse être très grand.La même situation se retrouve chez les adolescents.Sur la question de l'éducation sexuelle, 75.9% des jeunes qui ont répondu au questionnaire ont admis que leurs connaissances en la matière leur venaient de confrères, du même âge ou plus âgés.Les vérités qui devraient être apprises aux jeunes chacun en particulier, selon leur développement, et avec toutes les précautions nécessaires, leur sont révélées à l'usine ou dans la rue.Education qui ne peut, répétons-le, que mener à une conception fausse de ce que doit être l'amour véritable et du rôle qu'il doit tenir dans la vie.Résultats.Les résultats de ce triste état de choses peuvent d'ailleurs se constater d'une façon tangible si nous passons à la pratique même de la religion.Seulement 90% de nos jeunes vont à la messe tous les dimanches.L'autre 10% ?.Si dans le groupe d'âge de 14 à 17 ans, 10% de nos jeunes se passent déjà des secours de la religion, quelles proportions cet abandon atteindra-t-il lorsqu'ils seront parvenus à leurs 25 ans ?Nous croyons que ce seul aspect du problème devrait suffire à faire comprendre à tous le criant besoin qu'ont les jeunes travailleurs que l'on s'occupe d'eux, et devrait être le signal d'un effort collectif pour apporter une solution aux problèmes que, laissés à eux-mêmes, les adolescents ne pourront certes résoudre.— 431 — V—.SOLUTIONS Al PROBLEME ?.Les faits que nous avons cités dans nos articles parlent d'eux-mêmes.Ils sont d'une éloquence très nette pour montrer combien pénible et alarmante est la situation dans laquelle les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières de 14 à 17 ans sont plongés après leur sortie de l'école : situation qui ne fera que s'accentuer à mesure qu'augmentera le nombre d'années écoulées depuis l'entrée dans la vie de travail.Revision des faits Ces faits, rappelons-les brièvement : — La fréquentation scolaire insuffisante pour une trop grande proportion des adolescents et adolescentes.(Chez les garçons, 43% ont quitté l'école à 14 ans et moins ; 55.5% l'ont quittée avant d'avoir terminé leur 7e année ; chez les jeunes filles, 55.4% ont abandonné leurs études à 14 ans et moins.) — Les revenus insuffisants de la famille ouvrière, cause du départ de l'école de la majorité des adolescents, garçons ou filles.— L'entrée au travail trop tôt, terrible de mauvaises conséquences physiques et morales, tant sur la vie présente de l'adolescent que sur son avenir ; et à un âge où il est d'autant plus vulnérable que son corps, ses sens, son intelligence, tout son être est encore en évolution.— Le pourcentage énorme des adolescents qui sont sans métier : 20% sont garçons-livreurs.33.5% journaliers, 23.5% chômeurs ; au total, 77% des adolescents.et ceux qui gagnent de bas salaires : 64.9%' gagnent $25.00 ou moins par semaine.— La fréquentation du cinéma avant 16 ans et une trop grande fréquentation même après seize ans.— La facilité avec laquelle les adolescents peuvent se procurer des romans, revues et « comics » de toutes sortes.— L'influence considérable que tous ces facteurs exercent sur la délinquence juvénile, une terrible plaie de notre société moderne.Remèdes ?.Nous n'avons pas la prétention d'être un spécialiste en ce qui regarde les solutions à apporter au problème social que constituent les jeunes travailleurs ; il n'en demeure pas moins que certains remèdes s'imposent par leur évidence même.Tout d'abord, il est assez évident que l'enfant de 14 ans n'est pas encore prêt pour la vie de travail P.ourquoi alors la loi provinciale sur l'éducation n'obligcrait-elle pas l'adolescent à fréquenter l'école jusqu'à l'âge de 16 ans ?Une grande partie du problème serait déjà solutionné de ce fait.Si le jeune ne manifeste pas de talent particulier pour l'étude théo- — 432 — lique, il pourrait être orienté vers des écoles d'arts et métiers, ou tout au moins vers l'apprentissage d'un métier.Et le projet n'est certes pas du domaine de l'irréalisable.Et le salaire de l'ouvrier.Quand les chefs de l'industrie se rendront-ils enfin compte que le labeur humain n'est pas une simple marchandise, et que la vieille rengaine libéraliste de l'offre et de la demande ne joue plus lorsqu'il s'agit de payer un salaire suffisant au père de famille, salaire qui lui permettra de subvenir aux besoins des siens sans avoir à recourir au travail de ses enfants.Les parents, bien que le geste soit vraiment héroïque en certaines circonstances, devraient s'imposer des sacrifices redoublés, car ils doivent à leurs enfants la chance de se préparer un avenir, chance qu'eux-mêmes n'ont souvent pas eue, malheureusement.Les unions ouvrières ne sont pas sans porter une partie des responsabilités en ce qui concerne la présente situation des jeunes travailleurs.Le fait que ceux-ci ne sont pas encore mûrs pour le travail devrait inciter les organisations ouvrières à redoubler d'efforts pour améliorer les conditions de ce travail, pour l'humaniser pour ainsi dire, pour prendre le fardeau à la mesure des frêles épaules qui doivent le porter.Comme nous le savons, ce n'est guère ce qui se produit.Romans, revues, « comics », pourquoi les autorités ne nous débarrassent-elles pas enfin que ces vulgaires papiers.Nous ne discuterons pas de la question ; elle a déjà été suffisamment agitée dans les journaux, récemment.La J.O.C Et il faut surtout un organisme qui s'occupe du jeune travailleur, qui s'en occupe dans son travail et ses loisirs, qui se préoccupe de sa formation, tant intellectuelle que morale.Et cet organisme, il existe déjà.Il s'est déjà donné corps et âme à l'amélioration des jeunes travailleurs.L'enquête sur laquelle nous avons fondé nos articles en est une preuve éclatante : la Jeunesse ouvrière catholique a pris pleinement conscience du rôle qui revient dans la rejuvenation de notre jeunesse.Laissons-la parler : « Pleinement conscient de la situation tragique faite aux jeunes adolescents ouvriers ; conscients également de sa responsabilité immense dans la solution à apporter à leurs problèmes, la J.O.C.veut intensifier son action auprès de la masse des jeunes adolescents ; — pour découvrir avec précision toutes les données des nombreux problèmes dont ils sont victimes, avec les causes et les conséquences sur leur vie présente et future ; — pour les influencer efficacement par la Jeune-J.O.C, c'est-à-dire — 433 — un secteur du mouvement spécialement organisé pour eux.Ils ont besoin d'être groupés dans un mouvement bien à eux, où ils trouvent la compréhension, l'amitié, l'entr'aide de jeunes comme eux et d'aînés.Si les jeunes adolescentes sont laissées à elles-mêmes, si les jeunes adolescents sont abandonnés, ils sont perdus : perdus pour la société, perdus pour l'Eglise.et bien souvent peut-ètie pour leur salut éternel.La Jeune-J.O.C.les aidera dans tous leurs problèmes.Elle les aidera à s'orienter, à faire l'apprentissage d'un métier, à occuper sainement leurs loisirs, à s'habituer à l'économie et à préparer la fondation d'un foyer ouvrier vraiment chrétien.La J.O.C.veut également collaborer avec les parents, les éducateurs, les mouvements d'adultes intéressés à l'éducation de la jeunesse, les associations professionnelles, afin que chacun fasse sa part pour venir en aide aux jeunes adolescents ouvriers.Elle veut aussi entretenir des relations suivies avec l'école et la J.E.C.et particulièrement avec les écoles spécialisées : Centres d'apprentissage et écoles d'arts et métiers.Mais nous nous devons de le dire, si tous ne se donnent pas la main, les projets conçus par la J.O.C.ont de grandes chances de ne pas se réaliser.Le problème des jeunes travailleurs n'est pas celui d'un seul organisme, c'est notre problème à nous tous ; chacun des éléments de la société ne peut se permettre de se désintéresser des problèmes de cet élément piimordial qu'est la jeunesse : nous aurons demain la société que nous bâtissons aujourd'hui.Tout comme on dit que le monde est un aujourd'hui, il nous faut également affirmer que la société est une.AVEZ-VOUS SONGE ?En achetant chez nos annonceurs vous aidez votre revue à se financer.— 434 — JOURNEES SACERDOTALES D'ETUDES SOCIALES par le R.P.Clément ROUSSEAU, o.m.i.aumônier diocésain de L.O.C.à St-Jérôme L'apostolat sacerdotal et l'apostolat laïc ont besoin d'être repensés en regard des structures sociales actuelles.Sinon le fossé qui se creuse entre l'Eglise et les classes sociales, entre les principes chrétiens et la vie pratique, prendra des proportions irréparables.Comment prévenir le désastre ?A quelle condition notre apostolat sacerdotal atteindra-t-il son maximum d'efficacité ?Quel est le rôle propre du prêtre et du laïc ?Tel est sommairement le problème que le Centre Social de Culture Populaire de Laval avait mis à l'étude du 7 au 10 septembre dernier.Le R.P.Gilles-Marie Bélanger, o.p., directeur du Centre et animateur de la session, avait confié les exposés doctrinaux à un maître réputé : Mgr Pietro Pavan, vice-président des Semaines Sociales d'Italie, qui traita du Syndicalisme et l'Eglise, de l'apostolat laïc, de l'Action Catholique dans les structures sociales modernes.Chaque après-midi, il y eut un carrefour ou panel auquel participèrent M.l'abbé P.-E.Boité, le R.P.R.Comtois, o.p., M.l'abbé G.Dion, M.Guy Rocher ; M.l'abbé Ph.Laberge, le R.P.J.Cousineau, s.j., M.le Ch.H.Pichette, M.l'abbé Ph.Bergeron, le R.P.P.-E.Pelletier, o.m.i., le R.P.A.Plante, s.j., M.l'abbé Marsolais, M.le Ch.Armand Racicot, Mgr Emile Turgeon, M.l'abbé Gilles D'Auteuil, M.l'abbé Ls O'Neil, M.Jean Marchand parla du mouvement syndical ; le R.P.G.Poulin, o.f.m., de la paroisse rurale ; le R.P.G.-M.Bélanger, o.p., de la paroisse urbaine.En soirée, le R.P.Geo-H.Lévesque, o.p., traita de la formation du prêtre qui se spécialise dans l'action sociale ; S.E.Mgr Charles-Omer Garant définit le rôle du prêtre dans l'action sociale ; Mgr Lemieux exposa le rôle social de la Liturgie.Les cours de Mgr Pietro Pavan L'âme de la session fut sans contredit Mgr Pietro Pavan : sociologue averti, dont les vastes connaissances se sont enrichies par de minutieuses observations dans tous les pays du monde.Mgr Pavan n'est pas seulement un professeur : c'est un apôtre ardent qui a une vision nette des graves problèmes actuels, de leurs causes et des solutions chrétiennes à leur appliquer.Nous avons noté quelques idées que nous transcrivons sans prétention.— 435 Les Laïques catholiques oui concouru à une civilisation.matérialiste Ce qu'il faut à notre siècle imbu de matérialisme, se sont des laïcs expérimentés d'une foi opérante.Beaucoup de laïcs, bien que catholiques, contribuent inconsciemment à l'élaboration d'une civilisation matérialiste.Ceci vient du fait qu'il existe une rupture entre leur foi et ses exigences sur le plan de la vie économique, individuelle et sociale.Un problème d'éducation religieuse adéquate se pose pour rétablir l'harmonie intérieure chez nombre de laïques : il ne suffit pas d'être croyant dans sa vie privée, il faut l'être dans sa vie économique, politique, etc.Donner aux laïques le sens de leurs responsabilités eli retiennes Cette éducation doit comprendre la connaissance de la doctrine du Corps mystique et ses conséquences ; le sens des responsabilités qui incombent aux laïques du fait de leur appartenance au Corps mystique ; la participation des laïques à la vie liturgique qui est la manifestation de cette appartenance ; la compréhension de l'aspect personnel de la réception des sacrements, c'est-à-dire, de la communion de la personne avec le Christ, le rapport de personne à personne entre Dieu et l'homme.Peut-être nous est-il arrivé de donner l'impression de monopoliser le surnaturel, comme si la vie intérieure n'était pas pour les gens mariés, les financiers, les politiciens, les industriels.Nous avons été victimes d'un manque de réalisme dans notre apostolat nous bornant à énoncer des principes abstraits, dans le genre des mots vides de sens en vogue dans notre siècle v.g.progrès, liberté, égalité, sans nous soucier davantage de leur application concrète à la vie réelle et bien spécifique des laïques.Nous nous sommes complus dans les valeurs universelles, en oubliant que les principes ne prennent vie qu'à posteriori : par l'expérience-action et non pas par l'expénence-étude.La méthode de l'Action catholique : voir, juger, agir, demeure même pour nous la seule méthode capable de nous éviter les déformations de jugement selon le ministère qui nous est confié ; capable aussi de nous éviter de donner l'impression que nous ne comprenons pas les difficultés de l'application des principes aux cas concrets.Rôle irreni|»lavable de PAetiun catholique L'apostolat au sens strict consiste à faire connaître, aimer, assimiler le Christ.Il y a aussi un apostolat de vivification, d'animation, d'inspiration.comme, par exemple, celui d'un laïque catholique membre d'un syndicat.Pour qu'une forme d'apostolat laïc organisé s'appelle Action catholique, il faut qu'elle soit mandatée par l'Evêque.L'Action catholique est indispensable aux laïques engagés dans n'importe quelle action tempo- — 436 — relie.Connaîtraient-ils tous les principes chrétiens, l'expérience prouve qu'ils seront apathiques ou incapables d'en faire l'application pratique, immédiate, à leur vie courante sans l'Action catholique.Ce serait nous faire illusion de penser que les laïques seront chrétiens dans leur vie ordinaire parce que nous leur avons énoncé des principes.Sans l'Action catholique, nos écoles ne peuvent former des chrétiens vrais, c'est-à-dire, des hommes qui ont une vision chrétienne de la vie, qui savent vivifier leur vie, parce que l'école n'est pas une action mais une orientation.I/Action catholique
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