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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
Contenu spécifique :
octobre 1913
Genre spécifique :
  • Revues
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Références

La bonne parole /, 1913, Collections de BAnQ.

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LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis, SO cts Etranger, - - - 80 cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SA! NT-J tf.AN-BAPTISTE.Vol.I (KTOliRK H)i:J.No 8.ABONNEMENTS ET REDACTION.: Chambre 14, Monument National, Boulevard Saint-Laurent, ( Tél.: Main 7122.MONTREAL.aOC I ETES FEDEREES Revue Mensuelle Les dames patronnenti dea oeuvres suivantes: Institution don Bounlot- M nettes, Crèche «le la Miséricorde, Nn/.nri'tli, H.'-pit.-ii Notre-Pnme, lloiplco Bt-Vliicvnt di' Paul] b* Assistance l'ilbllQJIc, Hôpital Suintai ii Ht lue, Lu Providenceet Le» liicurublcs.Fédération i»nr« I?sis le de l'Enfant Jôitif.Fédération paroissiale «lu Trô* Salut Nom do .1«"-hiih « 1 «• Blalsoimeuve.Fédération poroln aie de Balnt-llenrl.Cercla dci dontoliclli h de st-i'i< rre.Cour l'immaoïiléu Conception.Le Foyer.Patronage d'YouvIllo.Les Ecoles inéiiiitfcres.Cercle d'Ktud - Kotre-l>atne.AsHoctuiiou €I«• s Institutrices eatluVIqucs, Association ilrSiiiiploVi'i «de manufacture.Association dcieinpl yûcsda IllilUUSltl Association des cinidoyûi'S do bureau.Association d* M f« IIIIII*••< «| ;if- fulres SOMMAIRE Elliro noui.Mûrir J.ft'r'rin.Noire Concours.L'organisation sociale chez les femmes, (Suite).M a rie ( ré rin • La joit.Hygiène pratique.Dr, ('unite.L'éducation de nos filles .Mine, G, Lemaite, KIN' est mort»' (poésie).Jacquelin, Ln Réponse de Vie.V.M.It.Hommage.Au fil de l'heure.Jacqueline, L'ogre.L'abbc Cftarlm Grimaud, Le Congrès de Londres.La Secrétaire.A travers les revues.Bibliographid —»>fe ENTRE Mesdames, nos journaux quotidiens annonçaient, il y a quelque temps, l'arrivée au Canada «lu Révérend Père Plantier.Nous devons tout particulièrement nous en réjouir.Depuis déjà six ans, nous nous efforçons de scruter les problèmes sociaux qui se posent "chez nous," cl nous tentons d'y apporter sinon des solutions du moins des palliatifs ou, plus justement de partielles et préliminaires réponses: des cours d'enseignement professionnel, ménager ou artistique se tondent dans diverses associations: de moine des caisses de secours; des comités s'organisent pour lutter contre l'alcool sine, pour enrayer la mortalité infantile, |x>ur régulariser le service domestique, «de.Pourtant, nous le savons, le plein succès ne couronne pas toujours nos efforts.Je veux bien que la complexité du malaise social y soit pour beaucoup.Tant d'éléments incontrôlables paralysent la bonne volonté: forces naturelles inéluctables, influences morales plus irréductibles encore, parce que libres et changeantes.Mais avouons surtout notre inexpérience: hier à peine nous nous cherchions dans In nuit, passant les unes près des autres sans nous voir.Et ce fut déjà beaucoup de se retrouver, de se donner la main, de se sentir unies et fortes.Alors, nous allions à tâtons : quelles œuvres faudrait-il entreprendre, à qui s'adresser?Aujourd'hui, notre devoir se fait plus précis et plus complexe : il nous faut pousser plus avant nos recherches, toucher du doigt les points faibles.La Père Plantier vient, à ce moment périlleux, mettre sa science d son dévouement à notre service.Nous ne saurions trop espérer de cet aide inestimable.Le secrétaire de l'Ecole Sociale Populaire, M.Sivint-Picrre, nous écrivait tout récemment ces lignes significatives: "Le Père Plantier s'est occupé d'oeuvres sociales toute sa vie.Déjà, en 1873, il prenait nue part active, au mouvement social catholique lancé quelques mois auparavant par le Cte de M un : je veux parler de l'œuvre des cercles catholiques d'ouvriers.L'un des fondateurs de l'A.G.J.F.dans la région de Lyon, en 1885, il s'est occupé de cette quvre jusqu'en 1901.A Saint-Etienne, ville essentiellement ouvrière, il a fondé la Société Mu- NOUS actuelle Professionnelle et il en a assuré le succès.Mais l'une de ses plus belles ouvres est sans contredit une sorte de collège pour les travailleurs, où se pressaient lo soir jusqu'il quatre cents élèves, dont le plus âgé avait bien soixante tandis qu \ les plus jeunes étaient encore au début de la vie.Mais voilà qui va surtout vous intéresser; de 1.904 à 1907, le P.Plantier, alors supérieur de la maison des Jésuites, à Aix, en Provence, s'occupa, de fonder des cercles d'('tudes de jeunes filles et y réussit à merveille.Il est du rest î, un partisan déterminé de l'action sociale de la femme.Après 1007, le P.Plantier organise des retraites sacerdotales.En 1010, il est appel»' à Reims et attaché à VAction P.opulairc, fondée en 1903, par le P.Leroy.On l'y emploie surtout en qualité de conférencier, dans les grands Congrès.Le P.Plantier est venu à Montréal, sur l'invitation de l'Ecole Sociale Lapidaire, pour aider cette œuvre dans son travail d'éducation sociale.II y donnera, plusieurs emirs de sociologie, que S.(1.Mgr l'Archevêque a daigné prendre sous son haut patronage." I ne série de neuf cours sera donnée sous les auspices de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste aux membres des associations professionnelles, le dimanche, après l'assemblée mensuelle de l'une ou l'autre des associations, soit vers quatre heures et quart.L'admission d'ailleurs y sera libre* et gratuite pour toutes les dames faisant ou non partie de nos associations.Enseignement à la fois théorique et pratique sur les principales questions touchant la vie professionnelle et la vie sociale féminine, tel sera l'objet du programme.Celles, parmi vous Mesdames, qui n'ont encore prêté qu'une attention distraite aux questions sociales en saisiront toute l'importanc \ et la relation intime à nos devoirs mem \ domestiques.Celles qui s'y dévouent déjà— et nous les savons nombreuses—pourront, grâce à ces cours, parfaire leur formation personnelle, sachant qu'elle est un impérieux devoir puisque l'action sociale tout entière en dépend*.Actives ouvrières de la première heure, elles poursuivront ensuite avec une intelligence plus perspicace, une habileté plus affermie, l'œuvre pressante et apostolique entre toutes.Marie J.G crin.66 ?3417231 69 2 Montréal — LA BONNE PAROLE — Ociohir 1013.Vol.1 No 8.NOTRE CONCOURS Nous avons aujourd'hui une agréable nouvelle à annoncer aux lectrices assidu \s de la.lionne Parole.Il s'agit d'un concours de propagande pour notre journal.Douze prix de valeur seront distribués aux concurrentes qui arriveront premières dans le recrutement de nouveaux abonnés à la Bonne Paroi Voila pour celles qu'animent l'esprit patriotique un moyen efficace de venir en aide aux œuvres de la Fédération et de faire leur pari dans l'édification de notre association nationale.F/encouragement que vous nous avez donné jusqu'ici, chères lectrices et amies, nous fait présumer «pie nous ne réclamerons pas en vain votre collaboration.Depuis quelques jnois, nous avons ensemble échangé beaucoup d'idées, nous avons a certains moments envisagé l'avenir et mesuré nos responsabilités: nos yeux ont fixé les mêmes horizons et ont- pressenti des devoirs communs qui allaient surgir; le sentiment de la.solidarité s'est affiné en nous.Que de fois nos cœurs ont battu à l'unisson sous la- poussée des événements qui tissent nos destinées nationales.Un courant de sympathie a circulé des unes aux autres et nous avons cimenté une union sérieuse (pli durera en dépit des assauts qui tendraient à la.rompre.A toutes celles qui entendent ce langage, parce qu'elles ont vécu ces paroles, nous faisons appel ! Qu'elles accourent vers nous, nous voulons les connaître, devenir familières avec leurs noms et et.tout «s ensemble travailler an bien commun, donner un essor à nos comités établis pour consoler celles qui souffrent, aider celles (pli peinent et soutenir chacune dans ce travail de perfectionnement individuel et d'ascension sociale qui répond aux plus chères aspirations d'un s: grand nombre d'entre nous.Conditions du concours.I".— I iC concours s'ouvre avec la livraison de ce numéro et se terminera la veille de la première fête annuelle de 1914, c'est-à-dire, du dernier dimanche de Janvier.-".—Toute personne qui demeure à Montréal et désire prendre part au concours doit se présenter personnellement au secrétariat de la Fédération, chambre M du Monument National, aux heures de bureau, c'est-à-dire entre 9 heures du matin et 1 heure de l'après-midi, et demander un livret d'abonnement à l'assistante secrétaire.Ce livret lui sera remis en échange d'un reçu de sa part.Les personnes qui demeurent, à la campagne peuvent obtenir des livrets en communiquant par correspondance avec l'assistante secrétaire.3°.—On ne tiendra- compte dans le concours que des abonnements payés.Nota.—Nous donnerons la liste complète des priis dans un numéro subséquent du journal.Le comité d'ad-mun is t ration de la Bonne Parole offre pour sa part un prix de vingt-cinq dollars aux vaillantes concurrentes.CHS C.I)c 1 0 It HI I E H, Importateur de rieurs et Plantes Naturelles.Fabricant de Fleurs, Corbeilles, Plantes Artificielles.Spécialité: Tributs Floraux Funéraires.— 250, St-Denis.— Tel Est 1584.16 Sainte-Famille, Montreal.L'ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES FEMMES." (suite.) Il y a GO à 70 ans à peine, rien n'était encore fait dans le sons de l'organisation sociale des energies fé-minings.Seule, l'Eglise aval favorisé les associations féminines, mais l'objet de ces groupements était avant ioui religieux et avait, comme aujourd'hui d'ailleurs, le perfectionnement spirituel de ses membres pour objet; tout souci de développer les intérêts matériels de la femme en était exclu.Avant 1840, rien ne fait soupçonner la question féminine, les femmes sont totalement dépourvues d'esprit public à l'endroit de leurs propres affaires.Mlles n'usent môme pas de la liberté d'adresser la parole en publie, car les mœurs s'obstinent à leur dénier ce privilege; d'où il suit qu'elles sont impuissantes à se rapprocher les unes des autres, à faire circuler la pensée entre elles, et à accorder leur finie à un même diapason.Comment peut-on présumer alors qu'il leur sera, possible d'unir leurs efforts peur soulever les problèmes dent la solution leur incombe cependant : questions de vie familiale, de bonheur domestique, d'avenir des enfants, de perfectionnement de la race, etc.Il eut fallu un mot d'ordre, un appel.( >n ne leur permettait pas de 1 • donner.En l'rance, quand la premiere association réminin • catholique s'organisa, pour imprimer un essor à l'action de la femme, étudier sa condition et l'acheminer vers le progrès, les autorités eurent, de vives discussions avant de se décider à laisser aux femmes la parole dans leurs propres assemblées.C'était bien là le n flet des mœurs.A Montréal, quand en 1803, Ladv Aberdeen convoqua une première assemblée pour discuter la question féminine, des Canadiennes françaises acceptèrent d'y prendre part : c'était madame Dandurand, Françoise et votre humble conférencière.Que de tapage se fit autour de cette histoire.On se divisait dans les familles pour ou contre es nouveautés.Mesure/, donc la distance parcourue de Is9.'î à 1910.époque du congrès eucharistique de Montreal où les femmes sont officiellement invitées par I airs chefs spirituels à prendre la parole, non seulement devant des assemblées de femmes, mais à figurer au programme d'une des plus mémorables séances de l'université Laval, présidée par le clergé, et où une affluence mixte remplit la salle à la faire émuler.Depuis ('»() ans.conquérant une à une des libertés nécessaires, les femmes sont sortirs de la période d'impuissance où les tenaient asservies des usages séculaires: elles ont bris»'' des chaincs qui entretenaient leur faiblesse en les isolant 1 -s unes des autres, en les empêchant de s'unir pour s'aider mutuellement dans la vie et alléger pour chacune le fardeau de l'existence.Mais ces jours d'abaissement et de souffrance ne seront plus bientôt que l'histoire du passé.Dans tout l'univers depuis l'extrême Orient jusqu'il l'Occident, la femme porte au front une pensée qui introduit un Ldéal nouveau dans le monde, la femme ambitionne de remplir un» mission qui est bien l'apanage de son sexe: plan de rénovation, de restauration dont l'ampleur déconcerte l'effort individuel et rpii a besoin pour être exécuté dans toute son *Nola.—Celle élude fut donnée par Mine Gérin-La-joic en 1912 ou Cercle d'Etude Notre-Dame à V Ecole d'enseignement supérieur pour les jeunes filles.71 09 463 7152 D2:D Vol.1 No 8 Montréal — LA BONNE PAROLE — Octobre 101 a.3 extension des énergies concertées tie toutes les femmes.Voilà pourquoi on s'organise partout, et voyez comment les penseurs saluent l'avènement de ce mouvement universel.J'emprunte cette page à Etienne Lnniy dans sa "Femme de Demain," ouvrage couronné par l'Académie française."Or très loin et très au-dessus des cris, des ridicules "et des extravagances par lesquels les échauffées du fé-"mini'smc hurlent leurs droits et compromettent leur "cause, la voix grave, calme, désintéressée des penseurs "s'élève à l'heure présente; elle retentit en Allemagne "comme en Angleterre, les brises d'Amérique l'apportent à la France, et la France la répète an monde, et "partout semblable comme la conscience des diverses "races, elle annonce que pour la femme, des temps nouveaux se préparent.Dans sa liber!.' grandie et "dans son influença étendue, ces voix célèbrent la réparation d'une longue injustice, l'exercice légitime d'une "force nécessaire au monde et l'aurore d'une civjlisa-"tion où la femme introduira peut-être ce qui manque "davantage aux hommes et ce dont les femmes sont le "plus riches: la douceur, la miséricorde, la pitié, la "bonté, les vertus de l'amour."Or ces prévisions qui semblent des nouveautés hardies, renouvellent la plus anciennes espérance du "monde.Dès le commencement des sociétés, malgré "la.barbarie qui réduisait la femme à ce rang d'esclave "et de chose, apparut dans la poésie et dans l'espérance "des peuples la femme d'où viendrait le salut !" L'organisation des forces féminines varie (run pays à l'autre et est arrivée à un degré inégal de développement et de stabilité selon les lieux.Cependant toujours à ses débuts l'organisation prend la forme d'une association libre.Plusieurs groupements surgissent quelques fois on même temps dans une même contrée.Mans ce cas très souvent, ils ont une tendance à s'unifier dans une Fédération.En 1.900 à l'exposition de Taris on put constater, au congrès des Œuvres et Institutions Féminines, que la plupart des pays étaient dotés d'organisations nationales, mas ces groupements étaient pour la plupart neutres.Depuis, les catholiques ont senti le besoin de fonder leurs ligues.Kn 1001 La ligue patriotique des Françaises prend naissance.En 1902 Due association nationale se fonde en bis-pagne.Kn il90:j Celle de Suisse se réorganise et prend sa l'orme actuelle.En 1905 L'Allemagne fonde l'Union nationale.En 190(5 1/Uruguay s'organise.En 1907 prennent simultanément naissance: la Ligue des femmes catholiques en Angleterre, celle de l'Autriche, de la République Argentin', au Canada la section des dames de l'association St-Jean-Baptiste, s»' réforme et se donne une nouvelle constitution sous le nom de Fédération National»' St-Jean-Baptiste.Cette enumeration est sans doute incomplète et un peu plus de lecture m'eut fourni plus de documentation.Tous ces groupes catholiques en se constituant ont reçu les bénédictions de Home.Ainsi, lors de la fondation de notre Fédération, le cardinal Mgr Merry Del Val transmettait a Mgr l'archevêque la communication suivante: "Saint Père bénit de tout cœur Dames Catholiques de Montréal qui se sont réunies en association pour travailler d'après les enseignements de l'Eglise à fortifier leur action dans la famille et dans la société." Depuis, grâce à l'initiative de la Ligue Patriotique des françaises, toutes les nations catholiques ont été invitées à s unir dans une association internationale sous le nom de: ''Fédération Internationale des Ligues Catholiques Féminines.'" Ijc Canada s'est joint à ce mouvement par l'intermédiaire de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptistc qui y donna son adhésion en 1911.L'association libre est assurément très puissante pour opérer le développement normal de notre sexe et fournir à la femme le inoveii d'étendre son action, il"j'associa-trion libre facilite l'expansion de renseignement supérieur chez les femmes et contribue ainsi à la formation d'une classe dirigeante.Aussi l'éducation supérieure semble éiiv le principal souci de la Ligue des femmes catholiques en Angleterre.La fondation de l'enseignement ménager se confond aussi avec la date des premières organisations féminines.La condition civile de la femme a.été singulièrement améliorée grâce ;'i l'initiative pris»' par des soc'élés privées.En Angleterre le Women's property act qui donne à la femme mariée la possession et l'administration de ses biens, triomphe sous la poussée de sociétés puissantes, notamment de: "La Ligue en faveur des droits de la femme:" et la répercussion de cette victoire s'étend dans presque tous les pays de langue anglaise.Le Women's property act entre en vigueur au Canada en : 1872, dans Ontario.1.875, dans le Manitoba-.1896, dans 1 • Nouveau lïrunsw ick et l'Ile du Prince Edouard.1887, dans la Colombie Anglaise.1899, dans la Nouvelle Ecosse.Le mouvement s'étendit même à la Prance et le 13 juillet L907 la loi du salaire de la femme mariée vient garantir à celle-ci la possession des biens qu'elle acquiert par son travail et qui appartenaient jusqu-là au mari.C'est le Conseil National des femmes, dans notre pays, (pii la i nommer des inspectrices de manufactures pour la protection des enfants et des ouvrières.C'est, encore ce conseil qui obtient (pie les femmes siègent dans les commissions scolaires du Nouveau Brunswick et de la Colombie Anglaise.C'est ce même Conseil qui en 1902 lutte pour conserver aux elect rices de Montréal le droit de vote municipal.Quelques années plus tard, la législature veut priver les femmes de la province de Québec du droit qu'elles exercent depuis longtemps de participer à l'élection des commissaires d'école: le Conseil intervient pour leur conserver ces privilèges.En 1.910, l'Association des Institutrices catholiques unie ;'i celle des protestantes s'adresse à la Législature afin d'obtenu- une augmentation de la pension de retraite des institutrices; elles obtiennent du premier coup une augmentation de 50%! En 1012, I?s Employées de Bureau reçoivent ombrage de l'octroi de certains privilèges (pie les messieurs sténographes de la cour supérieure veulent; se faire concéder; l'Association défend leurs intérêts dmant la Législature et fadt jeter le bill au panier.En 1909 le premier ministre de la province de Québec déclare à la ville de Québec qu'il n'a pas l'intention de modifier la loi des licences relativement à la vente des boissons.Quinze jours plus tard, la Fédération obéissant à un sentiment populaire, envoie des dé- 9807 0679 92 2446 3456 9847 6472 A Montréal — LA BONNE PAROLE — Octobre 1913.Vol.I No 8.léguées à Québec ouvons plus, ht vie est.si chère." Et le plus raide, c'est que ces gens-là ont l'air d'y croire."Dans le temps passé, il y avait du large dans les caisses : huit, dix, quinze mille francs de boni par an.et; boni allait parti' en nouveaux placements fructueux, part:e en générosité chrétiennes.désormais ce boni, il nie le faut: j'ai fa.im, j'ai faim.et comme j'ai l'appétit formidable, en une seule journée je dévore le repas de fill fain lies, mon garage absorbe le loyer de plusieurs ménages, mes réparations ,vont pour le.médecin de cinquante malades, mon huile pour leurs remèdes."d'à: réussi, en maintes maisons, à presque anéantir l«- budget de la charité !" * * L'Ogre se r posa quelques instants de parler.Il n'a pas l'idée prompte, pas si prompte (pie les jambes.Son "interviewer" lui posa, une question : —Mais au moins tu leur gagnes du temps?— I )u temps?je le leur dévore, comme le reste ! — Pas possible?—Tu vas comprendre.S'ils employaient mes moyens en choses utiles, comme font les médecins ou les commerçants, ecrt s oui je leur gagnerais du temps.mais je leur donne la folie de la route, la manie de la vitesse.Le matin en se réveillant, Madame dit: "Oïl allons-nous?" Monsieur répond au hasard Vannes, ou La Rochelle, ou Cacn, ou Paris.Les voilà partis."Ils ne sont plus jamais (die/ eux."Jadis Madame avait du temps: elle faisait du crochet; pour les pauvres, des lavettes pour les nouveaux-nés, elle dressait un arbre de Noël dans sa grand?, salie-, elle visitait des malades, elle recevait deux ou trois petits gars du catéchisme.tout cela n'est plus.Madame n'a plus le temps, die court, elle va, (die circule.je l'emmène."Ah! le temps! le temps! Il nie fa.ui du temps! Je Parrache aux autres pour m'en engraisser: pour (pic je I air fasse gagner du temps, il faut qu'ils me donnent le leur à manger." —Tu es terrible, fit l'interlocuteur.—Si je n'étais pas terrible, je ne serais pas un Ogre.* * A ce moment POgrc baissa, sa voix pour ne pas être eut ndu, et d'une façon mystérieuse il ajouta : - —Je ne serais pas un ogre non plus si je ne mangeais les pel its enfante.I/interlocuteur eut un frisson: — IDxplique-toi.—J'en ai dévoré des milliers.d'un bout de la France à l'autre.• • j'entends à chaque instant des paroles comme celles-ci,: Il n'y a.pas moyen d'avoir une auto et des enfants.il faudrait vendre l'auto." ou encore: "L'auto n'a (pic dcjix places." —Tais-toi, j'ai compris, l":t l'interlocuteur en blêmissant.Avant de quitter l'Ogre, l'interviewer voulait avoir une conclusion générale sur la situation.Il la demande 1res nettement.—Faut-il te maudire ou te bénir?—Ni Pun ni l'autre.Il faut savoir user de moi.5 B3D 76 10 Montréal — LA BONNE PAROLK — Octobre 1913.Vol.I No 8."Ceux qui m'ont pris pour m'adorer sont mes esclaves et je les liens sous la.pression de ma.tyrannie."Ceux qui m'ont pris pour les servir sont mes maîtres, cl ils me plient à leurs travaux."Si j'entraîne les uns il la dépense Toile, aux autres je gagne la vie."Si je fais oubli t les pauvres et les œuvres à beaucoup d'égoïstes, j'en connais quelques-uns qui nie font courir aux masures, aux communautés, aux patronages, aux bazars, à toutes les bonnes œuvres."Il y en a qui se servent de moi follement pour jouir; il y en a qui us-ni de moi sagement pour se multiplier et faire jouir de leurs bienfaits."Il en est de moi comme de toutes choses: je domine ceux qui sont plus bas que moi, je suis dominé par ceux qui ont rame élevée."Je sus un bon serviteur, mais un mauvais maître." * * Sur celte parole, ils se quittèrent.Pendant que l'Ogre se préparai! à quelque nouvelle eseapade, l'interlocuteur, en s'éloignant, se faisait cette philosophique réflexion : — Il n'y a- encore à être mangés par les ogres «pie ceux qui le veulent bien.mais il y a tant de fous sur la.t«rre ! L'abbé Charles Grinwuil.LE CONGRES DE LONDRES Nous recevons le compte rendu du Congrès international des ligues féminines catholiques qui s'est tenu à Londres du *J.*> au 29 juin 1.913.Des rapports très significatifs y ont été laits sur le travail des ligues contre le mauvais théâtre, In mauvaise presse, la franc-maçonnerie, etc.Nous ne pouvons que signaler quelques faits:—En Autriche il v a eu une action ministérielle assez satis-faisante au sujet du cinéma-: l'entrée après huit heur s du soir en est interdite aux personnes de moins de seize ans et aux écoliers, là où les reproductions n ont pas été soumises à la.censure de l'école, l'n comité composé des déléguées de soixante-six ligues a été formé pour faire la surveillance à l'entrée des établissements.A Barcelone la- ligue met le public en garde contre les pièces mauvaises.Le congrès après avoir entendu bien d'autres témoignages, émet le vœu qu ' les ligues créent une opinion publique au sujet du mauvais théâtre, qu'elles stimulent les législations effectives qu'elles pourvoient autant qu'il se peut à rétablissement de bons spectacles.Au sujet de la presse, nous voyons que la- situation en Espagne est très alarmante malgré les six cents publications catholiques dont soixante-huit sont quotidiennes.D'œuvrc des "lionnes Lectures" y a été fondé»'.Elle recueille dans une élégante brochure et distribue à tous ses adhérents des morceaux glanés un peu partout.Depuis quatre a.ns fonctionne une agence catholique d'information qui fournit à divers journaux environ soixante-dix articles par mois.En Allemagne, on s'applique à signaler les mauvais journaux, et les mauvais livres et à fournir de bonnes lectures surtout au moyen de bibliothèques catholiques.()n s'occupe aussi de publier des lectures propres aux enfants.Des circulaires sont envoyées aux parents à ce sujet.Kn .Belgique, le programme d'action est tout individuel, il consiste à exiger d s membres qu'ils n'achètent, ni ne lisent, surtout en public, «les livres et des journaux impies, lue fédération de toutes les œuvres de la presse catholique s'est aussi fondée.et a.établi un bureau de documentation, une tribune apologétique, des comités de défense, etc.A Varsovie, la lutte contre la presse impie a été longtemps presque impossible à cau^e des mesures vexa-toires du gouvernement.Lu Autriche, l'opinion étant libérale et l'argent aux mains des Juifs, la presse catholique n'a pu guère se répandre jusqu'à ces derniers temps.Maintenant elle compte douze feuilles journalières et quatre-vingt-onze feuilles hebdomadaires avec un t rage total de boo,non.Dans ies questions d'éducation, on s'aperçoit vite que la- préoccupât ion dominante est cell • de l'enseignement supérieur pour les jeunes filles.Cela, non seulement à cause du travail actif des incroyants qui veulent s'en emparer, mais au>s parc?qu'à cette heure de crise, c'est le moyen le plus efficace d'asseoir solidement la foi dans les âmes.Les rapports sur la irait.- des blanches nous montrent les traitants formant ntre eux de vastes associations, organisées internationalement pour et infâme commerce.M.Coule, le grand organisateur chez I's protestants de la lutte contre ce fléau affirme qu'il faut avant tout former l'opinion, ense gner aux jeunes gens les principes hygiéniques cl moraux de la continence, que c'est avant tout par le foyer que se produira la réforme effective.Dernièrement l'œuvre de la protection de lu jeune LU • est parvenue à faire entrer des catholiques dans les comités Nationaux de Vigilance de la Suisse, de l'Autriche, «le l'Italie, de la Kelgique ssèdc l'autorité et qu'elle inspire la confiance.La sollicitude des jioiivoirs publie- comme i'inquiétude des individus accue lien! ou cherchent n elle la plus grande Force et la plus bienfaisante qui se puisse mettre au service de la nation.Kl le catholicisme, n effet, là comme ailleurs, se signale par le concours qu'il apjiorte au sentiment et à l'effort national.Xous avons vu que les prêtres, les évéqiies a 11 lér ea i 11 - -îi | h, :il| premier rang des C toy 'IIS les plus éminents oin| d'opprimés à consoler, ni de résista ne s à conduire: I se contente de collaborer magnifiquemen! au grand effort Ion jours poursuivi el toujours néccssfl re pour réduire en un corps homogène les éléments disparates qui entrent dans la composition du peuple américain • i p air en ordonner, n spirituali-ser la \ie.* * l.t correspondent Chinos du Petit Echo tir In Jt./'./>./•'.leur envoie une intéressante élude sur In femme chinoise telle que In faitt le paganisme.I nous de juger l'uura du Christianisme.Shanghaï, l«- L2 janvier L913.Pour répondre à volr-3 désir, je vous expose, aujourd'hui, mon propre jugement sur les différences entre les remines chinoises en religion païenne et les femm ¦< chrétiennes.D'une façon générale, les païens méprisent les femmes Qwwid 11112 Fille vient au monde.1rs parents en ont de suite une grande déception, et souvent de pauvres enfants dont le*; pèr.s et mèVes n'ont pas assez, d'argon! pour les nourrir, sont impitoyablement abandonnées, mises à mort ou v iiducs.Kn présence de ces Faits inhumains, les missionnaires ont créé presque partout des orphelinats qui ont respectivement 50, 100, -jou, :ioo ,eie., petites Filles données C-.C 35 61 Montreal — LA 1 JON NE PAROLE — Octobre 1918.13 Vol.1 No 8.par leurs parents, ramassées ou achetées pur les fidèles ou par les sœurs de charité, qui 1rs élèvent, 1rs instruise^ el 1rs marient : l'orphelinat de Ningpo, pays près de Shanghaï, par exemple, en a toujours 300.En dehors de ces orphelinats ,il ixisic, eu Chine, depuis l'ancien temps, des maisons gouvernementales et locales de charité dont le but semblable est de sauver ers pauvres créatures.Etant classées au rang de femmes, 1rs Filles ne sont jama s aussi bien soignées par les parents, que 1 is garçons, aussi n'ont-elles pas l'espoir d'aller à l'école pour y recevoir l'éducation nécessaire.Elles apprennent seulement à couctre, ii laver le linge, à Taire la cuisine et h s'occuper tout le travail domestique.Faute d'instruction, elles ne savent ni lire, ni écrire, et ne peuvent, par conséqu ni, mieux remplir leurs devoirs.Quand elles sont ' lousi'es, cl h s ne sav nt pas comment aider leurs maris à trailer les affaires de famjlle, et surtout elles n'ont pas dmit de s'y intéresser.I ne coutume lamentable est elle qui, chez les païens, consiste en ce que les parents fane ent leurs enfants au moment ù ces derniers n'ont pas encore pris connaissance des événements du monde, car cela a lieu à 2, 3 ou 1 ans et parfois quelques mois à peine.Forcées plus ' tard d'épouser des gens desquelles elles ne connaissent ni le caractère, ni la conduite, comment peuvent-elles bien s'entendre avec eux'.' ("est surtout pour cette cause qu'il y a tant de familles en désordre et en ruin s.Devenues mères, les jeunes femmes ne savent pas comment «'lever et instruire les enfants ;'i moins qu'elles ne les grondent ,les injurient ou, pour le moins, 1rs frappent, de sorte que 1rs enfants dont les jeunes esprits ont été gâtés déjà par 1rs mauvais exemples qu'ils ont sous les veux, deviennent de mauvais sujets, et ne respectent plus leurs parents.De plus, 1rs belles-mères traitent généralement très mal leurs brus et grâce aux excitations de leurs propres filles, elles deviennent encore plus méchantes; non seulement elles imposent ;'i leur- belles-filles des ouvrages pénibles, mais souvent el 1 s ne leur donnent pas assez «le nourriture, ni d'habillement : enfin, elles les considèrent vraisemblablement comme des servantes.Les maris, n'ayant pas d • morale pour régler leurs caprices, se moquent totalement de l'égalité des femmes vis-à-vis d'eux.Ijcs riches prennent des concubines et laissent leur femme légitime dans l'abandon.Ceci amène des querelles continuelles et souvent le suicide final.Les pauvres, ayant jeté leur argent par la fenêtre, c'est-à-dire en jouant ou en fumant l'opium, n'ont plus de qll0i nourrir leurs femmes et pour en finir les vendent à d'autres.Guillaume Wang, On ne saurait trop faire pour enrayer le mal causé par l'Alcoolisme.'Pons les citoyens soucieux de l'honneur de leur famille et de la grandeur de leur pays doivent se liguer dans un même effort contre l'ennemi commun.— (M(/r Bêgin).Un peuple alcoolisé est un Peuple en train de disparaître.(Dr Legrain).La lutte contre l'alcoolisme est le premier Devoir de ce Temps.— (Dr Jacquet).Chronique des Oeuvres HOPITAL SA IN T Iv.J I1 ST IX E.DISPENSAIRE tous les jours il»' la semaine, à dix heures, au numéro 1107, Avenue «le Lorimier.Tel.Saint Louis 3935.Tous les jours: médecine.Lundi et vendredi: yeux.ne/., gorge et oreilles.Mardi: maladies de la peau.Mercredi cl vendredi: chirurgie.Jeudi : maladie des dents.GOUTTE DE LAIT: Distribution tons les jours à dix heures, au numéro 1107, Avenue de Lorimier.Les dames et les jeunes filles
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