La bonne parole /, 1 janvier 1914, juin 1914
LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis, 50 cts Etranger, .so cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Vol.II.JUIN 1914.No.^ ABONNEMENTS ET REDACTION : Chambre 14, Monument National, Boul.St-Laurent, Montréal.Tél.Main 7122.Heure» de Bureau de 9 h a.m.à 1 h p.m.SOCIETES FEDEREEB Revue Mensuelle Let dames patronnesses des oeuvres suivantes : Institution des Sourdes- M nettes, Cièche tic la Miséricorde, Nazareth, Hôpital Notre-Dame, Hospice St-Vincent de Paul, 1/Assistance l'oblique, Hôpital Ste-Justinc, la Providence et Les Incurables.Fédération paroissiale de I' Knfant Jcmis.Fédération paroiutale du Très Saint Nom de Jésus de Maisonneuve.Fédération paroissiale île Saint Henri.Cercle desdemoisellcs de St- Pierre.Fédération paroissiale de St-Jcan-lJaptistc, Cour de rimmaculéu Conception.I.c h oyer.Patronage d'Youville.I.rs Kcoles ménagères.Cerrlc d'Etudes Notre-Dame.Association des Institutrices catholiques.Association des employées «le manufacture.Association des employées de magasin, Association des employées de bureau.Association des feinun.-s d'affaires.L'Assistance Maternelle.Dames des Artisans Canadiens-Français.Fédération paroissiale de St-Vinccnt-dc-l'aul.SOMMAIRE Entre noua.Mftric-Claire, Davcluy, Solidarité, justice *•! charité .Jean Fluhanlt, Les svndicats.François Vcuitlot, Eu mnrchniii dans Its bois.ilbe.rt Ferlaml.Nos jolies fcuillcfl d'érable.Justine Ffardrl.Lettre sur l'éducation.Antoinette Gcrin-Lajoie.A propos «les (*iiu*iii;is.Joseph Dumais.Comme ils ¦'aimaient.Madeleine (>'.//ugnenin.Feuille d*érablc.Solange (VIberville.Les figures «I• • l'histoire du Cnnadn qui commandent.Jacguot, Le livre Canadien.DcCellek.L'wuvrc chinoise.//./'.//.MonUmar, Cliroiiit|tie internationale.— Revue «I«s revues.Notre Courrier.('Iilutiii|ih- des tClIVrCS.Bibliographie.—ENTRE NOUS Tx' vingt-quatre de ce mois, nous offrirons u la.pairie, nos hommages accoutumes.Nous rappellerons, émus et fiers, le souvenir des anciens de chez mais.Dans un href mais lumineux raccourci, leurs actes héroïques réapparaît r« m t.La- patrie! mais ce sont eux, nos aïeux, ce sont elles, nos aïeules, qui nous la.rendent chère et sacrée! L'œuvre qu'ils y ont accomplie, fructueuse dans tous les domaines, garde et consacre à jamais leur empreinte.Honneur à nos pères! Leurs luttes vaillantes nous ont valu la place que nous occupons ici comme race, quoique conquise.Us ont sauvegardé, dans la- mesure de leurs forces notre dignité de possesseur d'hier.Honneur à nos mères, aux femmes canadiennes-françaises! Leur double influence, familiale et sociale, s'est noblement exercée au profit de l'âme droite et croyante des nôtres.Puisque nous sommes entre nous, Mesdames, inclinons-nous plus particulièrement aujourd'hui, devant nos vénérables aïeules.Cherchons à nous inspirer de leurs exemples.Nous demeurerons ainsi dans la- saint* tradition, dans le pur esprit de notre race».Elles furent d'abord d'admirables mères chrétiennes.Savons-nous, tout oc qu'onl dû nos sociétés naissantes aux gardiennes des foyers, dont les noms restent obscurs, mais dont les fils racontent la valeur édiicatrice?Elles furent également, les femmes de chez nous, dès (pie les circonstances l'ont exigé, les apôtres du hien.Il a- rayonné autour d'elle.Qui donc n'a- pas admiré les initiatives charitables des Jeanne Mance, les pieux enseignements des Marguerite Bourgeoys et des Marie de l'Incarnation?Mais afin de mieux faire ressortir ces deux traits caractéristiques de notre mission, l'amour du foyer et le dévouement pour autrui, rapprochons l'un de l'autre, ces dons précieux.Réunissons-les dans une seule personnalité.Certes, nous le pouvons, et dans un légitime orgueil.J'évoque aussitôt devant vous le souvenir de la première Canadienne-française : la douce, pieuse et vaillante Marie Rollet, épouse de notre premier colon, Louis Hébert.Elle eut à un degré admirable, ce culte de la "Maison," et ce besoin, une fois la tâche familiale remplie, d'étendre plus loin son action bienfaisante.Nous devons â Madame Laure Conan, un portrait touchant de Marie Rollet.Dans une précieuse petite biographie sur Louis Hébert, elle nous parle de cette aïeule entre les aïeules.Le patriotisme de Madame Conan est profondément ému, nous le sentons, en face de cette vie si hien remplie, cette vie de la première d'entre les nôtres.Elle nous dit son courage d'épouse, lorsque pour suivre son mari, il lui fallut tout quitter: son pays, ses amis, des conditions d'existence heureuses et faciles.Elle nous parle de son dévouement maternel, soumis à de rudes épreuves dans ces contrées nouvelles et sans protection.Dût-elle faire le coup de feu cette brave Marie Rollet ?Il se pourrait.La maisonnette de la peinière famille canadienne fut sans aucun doute une source d'étonnement et de convoitise pour les sauvages.Là encore, Marie Roi Ici aurait préludé aux actes virils el héroïques de ses descendantes, les Madeleine de Vercbè-res.Madame Conan célèbre enfin le sens admirablement chrétien de l'épouse de Louis Hébert, qui voulut terminer par l'apostolat chez les sauvages, une carrière déjà pleine de mérites.Elle attira, auprès d'elle les petits sauvageons el leur enseigna les vérités élémentaires de la.religion.Quel spectacle émouvant que celui de cette pieuse matrone, entourée de petits êtres ignorants et grossiers, auquels elle parle de Dieu, des anges et du paradis! 1 Telle fut la noble existence de la- première des femmes de France qui ait foulé le sol canadien, qui y soit venue vivre et mourir.Tel est l'exemple admirable que nous lègue Marie Rollet.A notre tour, sachons demeurer fidèjes à cette double vocation des femmes Canadiennes-françaises.Emboîtons le pas derrière toutes ces générations d'aïeules qui ont passé en faisant le hien.Le devoir familial est resté le même.Seul, le devoir social (pii nous sollicite de tous côtés, semble se compliquer depuis quelques années! Unissons-nous alors, groupons-nous afin de nous éclairer, afin surtout qu'une distribution intelligente des tâches, utilise toutes les énergies disponibles.Nous avons maintenant chez nous, un centre 4663 8081 2 Montréal — LA BONNE PABQLB — Juin \\)\.\ Vol.II No.l merveilleux de ralliement : la Fédération Nationale Saint-Jean-13aj>ans (•«• sonnet, dont vous ave/, apprécie les idées et la forme, le poète insiste surtout sur les avantages de la division du travail qui permet, par la mise en commun d'efforts variés, de satisfaire plus facilement les innonv brables besoins de l'homme.Mais il y a plus : non seulement le poète reconnaît cet état de fait avantageux mais il affirme qu'il en est heureux et qu'il éprouve des sentiments de virile tendresse pour ses semblables.Je connus mou bonheur et qu'au monde où nous [ sommes, Nul ne peut se vanter de se passer des hommes: Kt depuis ce jour-là je les ai tous aimés.Ces dernier vers donnent, il me semble, une très heureuse formule de la solidarité humaine qui n'est pas seulement une relation de fait, à savoir l'existence d'une dépendance réciproque des hommes entre eux niais qui renferme un élément moral, la sympathie qu'ils doivent avoir les uns pour les autres et qui, dans certains cîvs, leur commande un véritable renoncement, une subordination de leurs intérêt particulier à l'intérêt général.Il n'est sans doute pas très utile d'insister longuement sur la nature des liens qui rattachent les individus les plus égotistes à leur prochain et qui, du faisceau de toutes ces existences, l'ont la société.Il y a pourtant quelques points sur lesquels je m'arrêterai un instant parce rpi'ils nous donneront l'occasion de passer du domaine des con sidérât ions théoriques à celui des actes.151 j'attirerai tout d'abord votre attention sur notre interdépendance au point de vue biologique.Sous ce rapport, la solidarité existe entre les membres d'une même famille; elle résulte de l'hérédité.Il ne s'agit pas seulement ici des qualités physiologiques mais encore d'attributs propres à l'homme moral.Mans l'individu subsiste l'ancêtre» à l'étal de* puissance, si l'on peut dire, capable de s'actualiser à un moment donné.Puisque les penchants sont transmissiblcs et qu'il appartient à chacun de les atténuer en leur résistant ou de les accentuer en leur obéissant, le sentiment de notre responsabilité va- se trouver avivé: c'est vis-à-vis de toute la- descendance (pie nous serons comptables de nos aetes et chacun d'eux prendra de cette répercussion infinie une importance que nous ne soupçonnons pas encore.Loin de nous, abattre, l'hérédité nous excite au bien puisqu'on 56 399 991 Vol.Il No.4 Montréal — LA BONNE PAROLE — Juin 1914 8 l'accomplissant nous en facilitons aussi l'accomplissement à nos enfants et petits-enfants et contribuons «le la sorte à leur bonheur.l'n jeune médecin me causait nu jour de riiùrcclitc et me citait celle parole de je ne sais quel docteur nui, ne de parents alcooliques, ressentait des troubles nerveux d'origine congénitale: "C'est mon péiv qui a bu, et c'est moi qui suis soûl.'1 Ah! quelle terrible leçon dans cette exclamation douloureuse.L'hérédité ne donnerait-elle l»a< l'explication littérale du texte biblique: "Je punis l'iniquité «1rs pèiv> sur les curants, sur la troisième et sur la quatrième génération." Il y a une autre solidarité «luis In famille et par suite une autre responsabilité, celle de l'exemple.On ne saurait trop insister sur l'influence du milieu sur l'individu chacun de nous exerce autour de lui une action bienfaisante ou non et en retour il subit en quelque sorte une pression qui parfois est heureuse et parfois regrettable.Pour créer autour de nous une atmosphère de parfaite honnêteté il faut avoir une conscience droite, sans cesse' en éveil, rebelle aux sophistries les plus courants.La dégénérescence du milieu social, l'affaiblissement de la religion dans les cœurs, l'excessive préoccupotion du bien-être, voilai 1rs véritables causes de l'augmentation du nombre des délits et des crimes.C'est en pensant à cet as|k*cl de la solidarité que [jacassa gue, un criminalist e distingué, a pu écrire: "Le- sociétés n'ont que les criminels qu'elles méritent.Le milieu social est le bouillon de culture de la criminalité; le microbe, c'est le criminel, un élément qui n'a d'importance que le jour 011 il trouve le bouillon qui le fait fermenter.9' Cette citation imagée me servira de transition pour passer à un autre domaine «le la solidarité civique: celui de l'hygiène publique.Ne pourrait-on pas dire en effet avec beaucoup de vérité: "Tjcs villes n'ont que les maladies qu'elles méritent." Si chacun considérait l'observation des règles «le l'hygiène comme un devoir de conscience envers le prochain, comme envers soi-même, les épidémies seraient vite enrayées, les maladies seraient plus rares et moins souvent fatales, la mortalité diminuerai! .Pout récemment, dans un village de la banlieue de Montréal, une petite fille mourait d'une maladie contagieuse.Ses parents étaient profondément affectés de l'avoir perdue; leur chagrin était déchirant N'ayant pas d'autre enfant chez eux, ils ne jugèrent pas à propos de prendre anémie disposition concernant la désinfection de la maison, mais un voisin prit sur lui d'avertir le bureau d'hygiène provincial qui fil faire le nécessaire.Le père, le rencontrant quelques jours ni ha lard, lui reprocha violemment cette démarche qu'il regardait comme une insulte grave: "Pardon, mon cher monsieur, lui répondit l'autre; vous ave/, bien tord de vous fâcher, crovez-moi: j'ai voulu protéger les autres familles de la paroisse et leur épargner la dure épreuve que vous subissez.Si des personnes animées du même esprit public avaient agi comme moi, chaque fois qu'elles connaissaient un cas de maladie microbienne, votre enfant vivrait ear le foyer de la contagion aurait été depuis longtemps détruit.M'en nu riez-vous voulu si j'avais sauvé votre enfant?C'est peut-être le service que je rends à d'autres familles qui ne s'en douteront pas." Ceci me rappelle une autre histoire — moins triste.C'était à la Faculté de Médecine d'une grande ville de l'Yanec.Le doyen, décide à montrer l'exemple dans la lutte contre la tuberculose avait fait placer dans tous les coins des cuvettes émaillécs contenant un liquide antiseptique.On n'avait pas mis d'écriteau : "Crache/, ici I" mais au fond c'était bien là la raison d'être de ces récipients portés par d'élégants trépieds.Une vieille campagnarde étant venue voir son fils à la ville, il lui fil visiter l'Université: "Oh ben, mon fieu, ce sont «le hen braves gens, ces docteurs, lui dit-elle : y ont mis des bé nitiers partout!" Ce thème de la solidarité prêle à de nombreux développements que nous laisserons de côté.Il n'y a qu une de ses manifestations que j«* veux encore vous rappeler.Il n'y a pas longtemps lin entrepreneur me disait qu'il avait pris toutes les dispositions mécaniques les plus avantageuses pour diminuer le travail physiologique, la fatigue, de ses ouvriers, poseurs de briques.11 espérait donc faire avancer rapidement l'ouvrage mais il se heurta à l'inertie voulue de ses hommes."Nous ne voulons pas, disaient ers derniers, poser plus d'un certain nombre de briques dans notre journée," les patrons devront donc emnloyer plus d'ouvriers et il y aura moins de sans-travail.Ijc raisonnement est radical» nient faux: en limitant ainsi sa production, l'ouvrier augmente le prix de revient de >a tâche: la maison aura donc conté plus que le minimum : elle devra, donc se louer plus cher pour donner un revenu suffisant du capital investi: l'ouvrier va donc paver un loyer plus «'levé que s'il avait travaillé consciencieusement.De la même manière 1rs frais généraux des commerçants, le bouclier, l'épicier, le plombier, etc., se.-••ut accru- et leurs produits et leurs services coûteront olus cher, Le prix de la vie s'élève.Voilà ce qu'il faut bien retenir: limiter volontairement le rendement de son travail, c'est contribuer à la hausse du prix do la vie.Si c'est de cette manier»' que les "unions" interviennent dans les nhénomenos économiques du pays, leur intervention est bien fâcheuse, fâcheuse surtout pour les classes ouvrières.Si chacun donne à son travail le maximum de productivité, toutes les choses étant en abondance couleront moins cher et le bien-être sera par conséquent plus grand.On pourra songer à diminuer la journée de travail et à laisser à l'ouvrier plus de temps pour son repos et pour son développement intellectuel et artistique.Je reviendrai dans un instant sur le rôle légitime el salutaire des unions ou syndicats professionnels.Dans l'encyclique Rcrum Novarnm, Sa- Sainteté Léon XIII a- étudié le problème de la justice sociale à notre époque, au regard de la question ouvrière.Il a rappelé tout d'abord «pie l'existence des inégalités n'implique aucune injustice."Le premier principe à mettre en avant, c'est que l'homme doit prendre en patience sa condition: il est impossible que, dans la société civile, tout h» monde soit élevé au même niveau.Sans doute, c'est là ce que poursuivent les socialites: mais contre la nature tous leurs efforts sont vains.T'est elle en effet, qui a disposé parmi les hommes des différences aussi multiples que profondes: différences d'intelligence, de talent, d'habileté, do santé, de force: différences nécessaires d'où naît spontanément L'inégalité des conditions.Cette inégalité, d'ailleurs, tourne au profit de tous, de la société comme dos individus : car la- vie sociale requiert un organisme très varié et des fonctions fort diverses; et ce qui porte pré- A$?B 60 C$8A 94 01 96 4 Montréal — LA BONNE PAROLE Juin L914 Vol.Il Xo.-l cisément les hommes à se partager ces fonctions, c'est Burtout la différence de leurs conditions respectives." Plus loin il nous dit : "L'économie des vérités religieuses donl l'Eglise esl la gardienne et l'interprète, est de nature à rapprocher et à réconcilier les riches et les pauvres, en rappelant aux deux classes leurs devoirs mutuels, et, a-vant tous les autres, ceux qui dérivent de la.justice."Parmi ces devoirs, voici ceux qui regardent le pauvre cl l'ouvrier: il doit fournir intégralement et fidèlement tout le travail auquel il s'csl engagé par contrai libre et conforme à l'équité; il ne doit point léser son patron, ni dans ses biens ni dans sa- personne; ses revendications mêmes doivent être exemptes de violences et ne jamais revêtir la forme de séditions: il doit fuir les hommes pervers qui, dans des discours artificieux, lui suggèrent des espérances exagérées et lui font de grandes promesses, qui n'aboutissent qu'à de stériles regrets et à la ruine des fortunes.Quant aux riches et aux patrons, ils ne doivent, point traiter l'ouvrier en esclave; il est juste qu'ils respectent en lui la dignité de l'homme, relevée encore par celle du chrétien.Le travail du corps, au témoignage commun de la raison et de la philosophie chrétienne, loin d'être un sujet de honte, fait honneur à l'homme, parce qu'il lui fournit un noble moyen de sustenter sa vie.Ce qui est honteux et inhumain.c'est d'user de l'homme comme d'un vil instrument de lucre, de ne l'estimer qu'en proportion de la vigueur de ses bras.— Le christianisme, en outre, prescrit qu'il soit tenu compte des intérêts spirituels de l'ouvrier et du bien de son Ame.Aux maîtres il revient de veiller qu'il y soit donné pleine satisfaction : que l'ouvrier ne soit point livré à la séduction et aux sollicitations corruptrices : que rien ne vienne affaiblir en lui l'esprit de famille, ni les habitudes d'économie.Défense encore aux maîtres d'imposer à leurs subordonnés un travail au-dessus de leurs forces ou en désaccord avec leur âge ou leur sexe.Mais, parmi les devoirs principaux du patron, il faut mettre au premier rang celui de donner à chacun le salaire qui convient.Assurément pour fixer la- juste mesure du salaire, il y a de nombreux points de vue à considérer : niais, d'une manière générale, que le riche et le patron se souviennent qu'exploiter la pauvreté et la- misère, et spéculer sur l'indigence, sont choses que réprouvent également les lois divines et humaines.Ce qui serait un crime à crier vengeance au ciel serait de frustrer quelqu'un du prix do ses labeurs: Voilà que le salaire que vous avez dérobé par fraude h vos ouvriers crie vers vous et que leur clameur est montée jusqu'aux oreilles du Dieu des armées." Quittons un moment le terrain des principes pour nous placer sur celui de la réalité économique et voyons si dans la- pratique l'ouvrier reçoit le salaire qui convient.Plaçons-nous en présence des faits : le travail est devenu une marchandise comme une autre: il est soumis aux lois économiques qui régissent le prix des choses, à l'implacable loi de l'offre et de la demande: si pour une tâche donnée un grand nombre d'ouvriers se présentent l'employeur ne leur offre qu'un maigre salaire: il les met en quelque sorte en concurrence les uns avec les autres: "Voilà mon prix, dit-il.Tl vous paraît trop bas.Fort bien, mon ami, je ne veux pas vous faire violence.Vous êtes libre de ne pas accepter ces conditions: je trouverai d'autres hommes qui s'en contenteront." Eh bien ! non, l'ouvrier n'est pas libre d'accepter ou de refuser le travail: il doit vivre: il doit nourir sa famille et l'élever et si, pour ne pas s'exposer à mourir de misère et de faim il accepte un salaire de famine, n'allez pas dire qu'il s'agit là d'un contrat librement consenti.()n voit quelle part d'arbitraire renferme la fixation du salaire, la conséquence c'esl ce que Karl Marx, après lîi-eardo cl Ijassallc, a désigné sous le nom de la "loi d'airain" : le patron poursuivant son idée fixe de diminuer autant que |»ossible le prix de la main ri'œuvre abaissera le salaire jusqu'au voisinage de la somme strictement nécessaire à une famille d'ouvriers pour ne pas mourir de faim ri même, pourrait on dire, un pen au-dessous car l'ouvrier célibataire ayant moins de besoins que le chef de famille peut se contenter d'un moindre prix de sa journée.Ces conditions extremes, je le sais, ne sévissent point encore au Canada.Plaise an ciel qu'elles nous soient épargnées! Mais les abus d'une immigration imprévoyante a singulier» nient accru le danger: le nombre grossit des ouvriers sans travail: l'existence d'une population ouvrière, dense cl miséreuse, est la condition la plus favorable à l'abaissement du taux des salaires.Quand on voit au même moment les populations des campagnes céder à l'ai irait des villes et se ruer vers les grands centres on ne peut s'empêcher de penser que l'insouciance n'est, plus de mise cl qu'il est temps rie so préoccuper ries exigences rie l'avenir.Jean Flahauli.à Biticrt.-¦» « - Les Syndicats Féminins Los lioimiK - 1.151 nun tt'^ Exigez cette marque sur vos harnais, sacs do voyage.*^ Le magasin pour la confection par excellence.Toujours un étalage des plus hautes nouveautés, comprenant manteaux, costumes, rodes de toilettes, dlouses, etc, d'uno élégance et d'un chic incontestables.Les Dames sont invitées à visiter ectto installation où elles trouveront à satisfaire leurs goûts les plus distingués.P.Lafrance& cie, LIMITEE, en face de l'Université Laval 182 ST-DENIS, Montréal.DERY FOURNIT A PLUS DE 40,000 CANADIENS LES GRAINES DE SEMENCES Les mieux adaptées à notre climat.Gratis sur demande, le catalogue fraiT çais le plus complet du pays.GRAINES' PLANTES, OUTILS DE JARDINAGE de toutes sortes, etc.Hector b.Den) 21 NOTRE-DAME EST, MONTREAL Téléphone Main 3036 44 Au Çon /Vlarché II **-A qualité égale, nos prix sont toujours les plus bas." En venant directement "Au Bon Marché" la clientèle sait qu'elle y trouvera assurément ce qui se fabrique de mieux en fait de nouveautés, et ce aux plus bas prix.Par leur situation respective et exceptionnellement avantageuse, autant quo par la variété et surtout la qualité do leurs marchandises, nos comptoirs présentent toutes les meilleurs conditions à la femme soucieuse de sa personne autant que do sa bourse.Mesdames.Prenez l'habitude d'acheter "Au Bon Marché," et vous y gagnerez.625, rue Ste-Catherino Est, angle Montcalm.LETENDRE, FILS & CIE.HENRY B1RKS & SON, Limited Philips Square Fabrication, réparation d'articles d'églises Insignes de société, Croix, etc.Une spécialité do dorure et placage.Commandes respectueusement sollicitées.Pour vos lunettes et lorgnons, allez chez J.T.MARCHAND, Opticien Diplômé.282 Ste-Catherino Est.Près St-Denis.Téléphone Est 1996.DOCTEUR ERNEST CHARRON, Chirurgien-Dentiste.144, ruo St-Denis, — — — Montréal.Téléphone Est 410.LIBRAIRIE SAINT-LOUIS, Papeteries, Fournitures do Bureaux, Livres.Articles Religieux, Impressions, Relieure.Norbert Faribault, prop.Tel.Est 2660.200, ruo Ste-Catherino Est, - - - Montréal.MAYRAND, LORANGER, ECREMENT et MELANCON, Notaires, Edifice do la Banque Nationale, 99 St-Jacques, Montréal.POULIN & CIE, Volailles, Gibiers, Œufs.39, Marché Bonsecours.— Tél.M.7107 IBanque Provinciale OU CANADA Nombre île Déposants, plus do 45.500.Bureau-Chef à Montréal ci 66 succursales dans les Provinces de Québec, Ontario et Nouveau Brunswick.La seul*' Banque, eu Cumula, avant un Bureau de Contrôle pour son département d'épargne.M.II.LA PORTE, Président de la Banque, Sir Alex.LACOSTE.Présideul du Bureau «le ('«ml rùle.de l'Epargne.M.Tancrèdc BIENVENU, Vice Président, Gérant général.SUCCURSALES à MONTREAL: Rue Ste-Catherine, angle St-Hubert.*.Dorion." " " à Maisonneuvo.Notre-Dame, angle Richmond." Vinct (Stc Cunégonde) " lluntly.M Panet." St-Hubert." Effl.St-Ls de France.44 Boyer (St Arsène).P0UGIER FRERES Cie Incorporée.IMPORTATION de PRODUITS FRANÇAIS 63 Notre-Dame Est, Montréal.• 32 Boulevard de la Bastille, Paris La Cie de CHARBON SCRANTON Lacoste & Cie, Gérants, 78a St-Denis.Nous garantissons seulement le Charbon Scranton nue nous vendons.11 «1 11 t.Beaubien Ontario Rachel Roy I )auiel AUX MODES AMERICAINES Madame A.T H E R I E N.Chapeaux importés de Paris, Plumes 262.Stc Catherine Est.— Tel.Est 4163 A LOI' KR Tél.Bell, Est 6400.J.B.Il A I L L A R (i E O N, (Express) La plus grande organisation de transport 329.ruo Ontario, Est.— — Montréal.Tél.Main 7767.librairie notre-dame RELIURE, IMPRESSIONS.26.ruo Notre-Dame, Ouest, Montréal.Mde R.MacMILLAN Kl.KM: DE PKI.ATIRK, (PARIS) PKI.A g U KIMIIKNK.PARIS VA UN INI, (l'I.ORKNCI.) POSE DK VOIX.IIKFJttllTOIltK.35 rue Bishop Tel.Uptown 5679 Reçoit mardi, mercredi, vendredi.T.C.L E M A I R E, assurance contre le feu Bâtt88Ci9 Stocks, Mobilier, Automobiles.48 Adam, Maisonneuvo — Tél.Lasallc 229. 10 Montréal — LA BONNE PAROLE — .Juin 1914 Vol.Il No.4 Alfred BOYTE Directeur.P.DAIGNAULT, N.de C.BRAULT, Georges-C.LEROUX, Paul SAEY Président, Vice-President, Secrétaire-Trésorier, Directeur, TEL.EST 6819 LH MHI SON • Comptant ou termes à convenir
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.