Amérique française, 1 janvier 1953, juillet-août
VOLUME XI MONTRÉAL FRANÇAISE Revue bimestrielle C R E A T 10 N S L 1 T T E R A I R E S OZIAS LEDUC.La fin du monde PHILIPPE LA PERRIÈRE.Un raffine LUCIEN COLLIN.Deux pobncd ALMA DE CHANTAL.Paydage ANDRÉE MAILLET.Récit el colloque à troid voix E TVI) ES JEANNE GRISÉ-ALLARD.Mon ami Cbarleo-E.Harpe Deux lettres inédites de Charles-E.Harpe écrivain canadien 1909-1952 L.HAMLYN IIOBDEN Le Dictionnaire dej Idécd reçues (IV) CII R 0 X IQU E S Le lour (lu bloc, par E.Fabre-Surveyer de la Société Royale.— Du goût.par Emile Henriot de /'Académie française.— Réjlexiond .'///• le voyage, par Jean Ménard.— Ou dont nod bourdierd?, par Dominique Laberge.Au banc d'essai : Serge Deyglun — Lyde Nanlaid — Janine Lajoie.La Jeune Poésie — Revue des Livres. ^\ (tyaque "fou* U y * du nouveau cûej MONTRÉAL est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement Actif, plus de $490.000,000 554 bureaux au Canada Ces trois mots ont une grande signification pour le récipiendaire dun cadeau offert dans la fameuse boite Birks.Depuis des générations, c est le gage assuré de la beauté et de la qualité traditionnelle dun article signe Birks.I.orsquil s'agit de l'achat dim cadeau sortant de I ordinaire, les gens avisés songent d'abord à Birks.BIRKS BIJOUTIERS LA BIÈRE QUE VOTRE ARRIÈRE-GRAND-PÈRE BUVAIT Au service des assurés c!e la province de Québec par ses succursales ! à Montréal, Québec, T rois-Rivières, 1 Sberbrookc, Ottawa et Nortb Bay.LA < O.MP\C.\1K D'ASSUItANCE-VIE I SI > III F l»l CANADA AMÉRIQUE FRANÇAISE REVUE BIMESTRIELLE Directrice : Andrée Maillet Abonnement - Publicité : 3535, Lornc.Montréal, P.Q.Rédaction : aS, Arlington.VVcstmounl, Montréal, P.Q.VOLUME XI No .1 JUILLET-AOUT 1953 S O M M A I R E La fin du monde.Ozias Leduc 3 Un ra/finc .Philippe La Fcrricre 4 Deux poèmes.Lucien Collin 14 Paysage.Aima de Chantai 16 Récit et colloque à trois voix .Andrée Maillet 17 Mon ami Charles-E.Harpe .Jeanne Grisé-Allard 22 Deux lettres inédites .Charlcs-E.Harpe 32 Le Dictionnaire îles Idées reçues {IV) L.Hamlyn Hobden, M.A.D.Litt.37 Le tour du bloc .E,.Fabre-Surveyer de la Société Royale 46 Du août .Emile Hcnriot de l'Académie française 51 Réflexions sur le Voyage.Jean Ménard 54 Où sont nos boursiers?.Dominique Labcrgc 57 Au banc d'essai : Gréda (//) .Serge Dcyglun 67 La foire .Lysc Nantais 71 L'homme atteint d'intelligence .Janine Lajoic 72 Un diner chez Mademoiselle X .74 La Jeune Poésie : Le Christ-Galérien.Fernand Ouellettc 75 Reçue des Livres .76 Notes.80 Les manucrits sont soumis à un comité de lecture.La direction ne reçoit que sur rendez-vous, et n'est pas responsable des manuscrits.Les manuscrits non accompagnés d'enveloppes affranchies ne sont pas retournés.Les manuscrits doivent être inédits et porter la mention inédit.Seuls les textes inédits publiés seront rémunérés.Autorisé comme ensoi /tost,)! Je ta deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. r éditions cAmêtique 9rançahe — PROFIL 01! L'OKIliiL ROMAN par Andrée Maillet « Le style est personnel, imagé et d'une force étonnante chez une jeune romancière.» — Lucettc Robert, Photo journal.« Profil de l'Orignal est un livre étrange, déroutant, comme il n'en est guère paru au Canada français.» — Gilles Marcotte, Le Devoir.« .l'écrivain de chez nous qui donne le plus généreusement sa part à cette parente pauvre de nos lettres : l'imagination.Sa fantaisie est infiniment plus valable que l'observation la plus aiguë elle-même, parce qu'elle est vraiment créatrice.» — Clément I.ockwell, Renie des Arts et des Lettres, Radio-Canada.« L'auteur ne manque ni de talent ni d'expression.» — Relations, Février 1953.« A n'en pas douter, un roman différent des autres ; c'est un hommage de le souligner.» — Lti Patrie.« Madame Andrée Maillet révèle là des dons de véritable écrivain : art de décrire et de suggérer, sens du dialogue (.).« Profil de l'Orignal » par son originalité, ses audaces et ses outrances, aurait sûrement mérité de retenir l'attention d'un jury littéraire.Mais c'est devant le public que se m présente ce roman canadien.On peut affirmer qu'il mérite, hors concours, un prix des lecteurs ».Marcel Valois, La Presse, février 1953.« Car elle possède (.) une extravagance d'invention peu commune, une étonnante sincérité et la certitude de ne ressembler à personne ».L'Autorité, février 1953.« Andrée Maillet écrit en effet avec une verve, un allant, un souffle si rares (.) que ces qualités seules méritent qu'on soulève son chapeau ».Le Petit Journal, mars 1953.« Profil de l'Orignal de ce coté contient de véritables pages anthologi-ques ; de magnifiques pages, touchantes, poétiques à souhait ».Damase Potvin, L'Action Catholique, mars 1953.ÉDITIONS AMÉRIQUE FRANÇAISE 28, avenue Arlington — Westmount, P.Q.Chez le libraire et chez l'éditeur .S 1.50 PRIX SPECIAL POUR LLS ABONNÉS À LA REVUE .Si.00 chez l'éditeur seulement l.-—.- DISTRIBUTION BEAUCHEMIN-» 0410 LA FIN DU MONDE La terre peut s'éteindre et finir avant la fin de l'homme, avant la résurrection des corps, avant le retour à ces corps, des âmes, les plus anciennes âmes.Celles rudimentaires des hommes passés et celles très compliquées ties derniers mourants, mourant de la mort tie la terre.Le monde peut s'éteindre et finir et la terre rouler, toujours similaire, pendant îles siècles et ties millénaires.Les marques de l'homme, ses traces à jamais disparaître et la terre aller sans cesse, veuve de celui qui aujourd'hui se déclare le maître, et le sera encore demain.Peut-être — Si ?— Ozias Leduc 3 U X R A F F 1 X É /'.(/,ul habillée de blanc, étalent ta, graved et rêveurà.« ./'85.Des paravents noirs, brodés de soie rouge et or, ou recouverts de tapisseries de brocart ocellées, d'oiseaux étranges et de monstres crachant des jets de flamme composaient le décor oriental.Fong Lee croyait entendre de nouveau, dans la brise matinale, la musique grêle et monotone de la flûte d'ébène, les chants joyeux et nasillards îles acteurs, le tintement des clochettes d'argent et l'éclatement des cymbales.Il revoyait la scène dans ses moindres détails.Des petites bannières multicolores pendaient aux portiques d'un jardin et soixante lanternes jetaient une douce clarté sur les bosquets fleuris.C'était l'heure de la fête : vêtu d'étoffes somptueuses, un mandarin, précédé de fanions et de gardes, traversait à pas lents un pont de jade.Il n'est plus grande tristesse qu'un souvenir heureux dans les jours de misère.Fong Lee passa sur son Iront une main exsangue, comme pour chasser de sa mémoire ces réminiscences d'un passé glorieux qui, hélas ! avait eu pour épilogue, dix ans plus tard, la ruine de sa famille.— Eh bien, le Raffiné ! c'est-y pour à matin, l'eafé?hurla de la cuisine une voix de stentor.Regrettant ce moment d'attendrissement avant le jour, l'Asiate, libéré de ses fantômes, eut un dernier regard vers le lac lamé d'or, et soupira profondément.Soudain, sa frêle ossature tressaillit sous l'impulsion d'un vigoureux coup de pied au bas de la ceinture : — Emmène ta viande ! ordonna la voix de Félix Cantu.Sinon les gars vont te crucifier par les oreilles.— Périsse le camp, pourvu que je me venge ! fit le Chinois la rage au coeur. UN RAFFINÉ 7 Kl la silhouette bleue se profilant sur le seuil, telle une icône chinoise dans son cadre de bois, s'évanouit.$ $ ?Le camp Zerroir employait une cinquantaine d'hommes.Dès sept heures du matin, un frisson de vie animait la forêt.Des bûcherons sciaient de gros arbres, d'autres maniaient la hache, et I écho répercutait les coups secs appliqués dans le flanc des ormes et des pins.La plupart d'entre eux étaient vêtus d'épais chandails, coiffés de bonnets de cuir, et chaussés de mocassins.Deux ou trois, toujours les mêmes, ;uraient comme îles damnés en évoquant les saints les plus connus du calendrier liturgique.« Leur engouement pour le juron et le blasphème », prétendait le gérant du camp Zerroir, « indiquait une âme trempée dans les eaux baptismales.Elle s'exprime à rebours, ajoutait-il, puisque les peuples athées ne turent point ».Dans ses rares moments libres, quand la (empératuie était clémente, Fong Lee aimait se promener dans la futaie.Il éprouvait une joie sadique rien qu'à voir les bûcherons suer comme des forçats.Il marquait un temps d'arrêt devant son pire ennemi, pour le voir aux prises avec un arbre qui ne cédait pas encore et contre lequel il s'acharnait à grands coups de hache : Les racines tiennent bon?remarquait-il en souriant gentiment.•Ta carcasse pourrait pas en dire autant, maudit Raffiné ! bougonnait Félix Cantu en s'épongeant le Iront.Le Chinois levait la tête, mais comme l'arbre ne bougeait pas, il rigolait sous cape et poursuivait son chemin à travers les abattis. 8 AMÉKIQI'i: FRANÇAISE La journée terminée, réunis dans la salle de récréation, qui leur servait à la lois de réfectoire et de dortoir, ces hommes rustres et durs à l'ouvrage, batifolaient comme des gamins, ou éprouvaient le besoin de taquiner le Chinois et, parfois, de le faire enrayer.Un soir de février, ils chantaient des cantilènes, accompagnés par un harmonica.Selon son habitude, Fong Lee se tenait à l'écart, affalé sur un banc, les mains ballantes entre les jambes, un éternel sourire dans ses yeux qui luisaient comme îles charbons humides.Après l'avoir reluqué un moment, comme s'il cherchait à deviner sa pensée, un locjon l'apostropha brutalement : — Eh ! cl is donc, ius-de-pipe, c'est-;.- que tu irais me chercher du feu à la cuisine?Docile, le jus-de-pipe s'exécuta, mais en évitant de justesse les bottes des bûcherons qui cherchaient à lui barrer le passage.Ce n'est point qu'il lut atteint de la manie de la persécution, mais ces tracasseries se renouvelant plusieurs lois la semaine, Fong bee se méfiait de tous et île chacun.Comme pour alimenter son désir de vengeance, il inscrivait dans un Journal, dissimulé sous son traversin, non seulement de pieuses pensées, mais aussi les injustices subies.Ainsi le ridicule et l'odieux voisinaient le sublime et la candeur.Un Chinois, familier avec le dialecte parlé en Mandchourie, eut pu y lire, entre autres inscriptions : « Ce huit du mois d'octobre, Félix Cantu m'a administré deux claques dans le dos.J'ai toussé une partie de la nuit.(( La Politesse, c est la raison, elle tient compte des sentiments d'autrui : elle en l'ait sa règle et son ornement, a dit Khong-Fou-Tseu.» UN RAFFINE 9 Comme on le voit, ce descendant de la plus vieille civilisation du monde ne se nourrissait pas que de Yat Ca Meing ou de Chop Sucv, mais aussi de vérité qu'il puisait dans le Chou-King coordonné par l'illustre philosophe chinois dans la seconde moitié du / / 4 Traduction du poème intitulé: « l'n ieune poète pense à sa l>ien-ain»éc », empruntée LIVRE DE I.ADK.//ns visibles Oc chacun dans l'ascension et /m/iic il existe des génies, des routiniers, des créateurs, des déjailisles./.a vie DEUX LETTRES INÉDITES 35 Parti le 6 juin, je .nue arrivé le l ) octobre.La Gadpédie, ta tôle Nord, la lune dee L haleine, le Nouveaii-BruiidWick, le Lac Si-.lean, la Nouvelle Angleterre, noud avond parcouru touted ces régiond.Si je voud die qu en tournée, je euie te ré-giddcur, lauteur, le chanteur, le pianiete, l interprète, le secré-laire, voud comprendrez qu'il meet par/oie difficile d'écrire.Le déplacement quotidien, tee longued calice niépuiecnl led nerjd cl, aprèd le epcc/ac/c, je tombe (erraddé par lajaligue.Mon voyage me Jul une dource préetcuee d''inspiration.1 ai eu des paydagcd que je coudrais élerniscr.I oud ace: dû recevoir la miidique de voire poème?.le ne sais pas bien écrire la musique.L'est pourquoi la plupart 56 AMÉRIQUE FRANÇAISE des Improvisation*) que je joue aouL sans lendemain.Toulejolà, voué pouvez déchiffrer la mélodie et vouô pouvez aussi la faire harmoniser par quelqu'un de compétent en la matière.j ous trouverez inclus un poème t/uc voua publierez si vous le jugez digne de publication.A celle condition seulement, c'est promis/ En terminant, veuillez accepter, chère amie, mes vœux tes plus sincères, je ne trouve pas de mots pour vous exprimer lotit ce que je dédire pour vouô, de beau, de bon, de grand, d'heureux.Ma j a mille se joint à moi dans ce témoignage d'amitié.1 ottjoitrs voire, ClIARLES-E.• • • • • • Un poème inédit de Charles-E.Harpe VŒU Lorsque je partirai pour l'éternel voyage Tu seras près de moi, je sentirai la main l'A les doigté caresser mes cheveux, mon vidage ; .lion cœur te restera, mn pauvre cœur humain, l'A moi j'emporterai te tien comme un otage, Lorsque je partirai pour l'éternel voyage.Saint-Aubert, avril 1947, janvier 1948. L'UTILISATION DU DICTIONNAIRE DES IDÉES REÇUES DANS L'ŒUVRE DE FLAUBERT IV « EXPOSITION.Sujet de délire du XIXc siècle » (Dict.427).« l'Exposition de Londres, qui était une fort belle chose, quoique admirée de tout le monde » (11,355)- « FOULE.A toujours de bons instincts.» (Dict.427).« Le Peuple, seul vrai juge ! » (E.S.'',70).Scnccul.« Bouvard et Pécuchet.mettaient en doute.le bon sens du peuple » (B.P.29I).« FRANC-MAÇONNERIE.Mal vu des ecclésiastiques » (Dict.427).« Soutenus par les francs-maçons, ajouta le curé » (B.P.342).« FORÇATS.Au bagne, il y a des hommes de génie » (Dict.428).« Il croyait.au génie des galériens » (E.S.II3).« FOSSILES.Preuve du déluge.» (Dict.428).La géologie « confirme l'autorité des Ecritures en prouvant le déluge » (B.P.IOI).L'abbé Jeufroy.Voir aussi B.P.115- .1 FÉODALITÉ.tonner contre » (Dict.428).« La féodalité de l'argent, pire que l'autre >i (E.S.I97).Sénccal.« il rappela les abus féodaux » (B.P.382).Bouvard.» FEUILLETONS.Cause de démoralisation.» (Dict.428).« On en voulait aux romans-feuilletons » (B.P.2I5).« FEU.on doit commencer par perdre la tête » (Diet.128).« Bouvard perdait la tête » (B.P.-le).« FILLES.Les jeunes filles : Eviter pour elles toute espèce de livres » (Dict.429).ii La mère en permettra la lecture à sa fille » (O.J.2,8).Smarh.« Je fais des ouvrages.dont la mère ne permettra pas la lecture à sa fille » (1,45).37 5S AMÉRIQUE FRANÇAISE « pour lui toute jeune fille était pure » (O.J.3,I9l).Gossclin perc dans la première Education.« ce n'est pas un livre à mettre entre les mains d'une jeune personne » (Bovary,303).Homais.« Tu n'as donc pas réfléchi qu'il pouvait, ce livre infâme.ternir la pureté d'Atbalie » (Bovary,3-1*0- Homais.« ils peuvent tomber entre les mains d'une jeune fille » (B.P.I87) Faccrgcs.« FEMMES DE CHAMBRE.Plus jolies que leurs maîtresses.» (Dict.429).« Eh ! elle est appétissante, celte esclave ! i) (Théâtre,391)• Amcdcc dans Le Sexe Faible.« FRONT.Large et chauve, signe de génie » (Dict.129).« Martinon.portait les tempes rasées, pour se faire un front de penseur » (E.S.22C-).« FRISER, FRISURE.Ne convient pas à un homme » (Diet.129.) » il se faisait friser et puis se défrisait avec soin » (O.J.3,6l).Henri) dans la première Education.« s'étanl fait friser, se défrisa » (Bovary,329).Léon.« GENRE EPISTOLAIRE.Genre de style exclusivement réservé aux femmes » (Diet.-130). Arnédée dans Le Sexe faible.« ils voulurent s'améliorer le tempérament par la gymnastique » (B.P.24I, Bouvard et Pécuchet).« HANNETONS.Beau sujet d'opuscule.» (Diet, m )• « Qu'est-ce que vous pensez des hannetons?i) (Théâtre, 103).llcurk'htl dans I.e Candidat.« HARAS (LA QUESTION DES).Beau sujet de discussion parlementaire » (Dict.431).« Il fallait prendre une spécialité, comme les haras » (E.S.552).« HARPE.Ne se joue, en gravure, que sur des ruines ou au bord d'un torrent » (Diet.131).« Elle se laissa donc glisser dans les méandres lamartinicns, écouta les harpes sur les lacs.» ( Bovary, î 3).Emma Bovary.« HÉBREU.Est hébreu tout ce qu'on ne comprend pas tt (Diet.531).« M.Jcufroy.affirmait une tous les idiomes sont dérivés de l'hébreu •) (B.P.336).« HYDRE (DE L'ANARCHIE).Tâcher de la vaincre » (Dict.432).« Si je comparais l'Anarchie à un serpent, pour ne pas dire hydre ?» (Théâtrc.Sfc).Roussclin dans Le Candidat." HYDROTHÉRAPIE.Enlève toutes les maladies et les procure » (Dict.432).« Six mois.d'hydrothérapie.je serais encore homme à épouser ») (Théâtre,103).Amcdée dans Le Sexe faible.« Bouvard.estima que l'hydrothérapie leur serait avantageuse » (B.P.240). 40 AMÉRIQUE FRANÇAISE « HUMIDITÉ.Cause de toutes les maladies » (Diet.132).« Jusqu'alors ils avaient cru à l'insalubrité des endroits humides » (B.P.93).« INCENDIE.Un spectacle à voir » (Dict.433).« Les autres n'afTcctaicnt aucune tristesse.Ils causaient en souriant, la main étendue devant les flammes » (B.P.47).« INGENIEUR.La première carrière pour un jeune homme.(Diet.432).« il est bon de prendre « la qualité d'ingénieur » » (B.P.107).« M.le baron de Mahurot, ingénieur ! » (B.P.3I6).« INQUISITION.On a bien exagéré ses crimes »( Dict.433).« Ce qu'on rapporte.de l'inquisition.préjugés » (B.P.336).Mahurot.« INSTITUT (L').Les membres de l'Institut sont tous des vieillards et portent des abat-jour en tafi'ctas vert » (Dict.433).« Les savants ont des.abat-jour verts » (Théâtre,262).Le Château des Cœurs.« INHUMATION.Trop souvent précipitée.» (Dict.433).Voir Rage et Impuissance, (O.J.1,154).Un médecin est enterré vivant.« INTRIGUE.Mène à tout » (Diet.133).« rien n'est utile comme de fréquenter une maison riche.» (E.S.2-1).« il croyait.aux riches mariages obtenus par les intrigues » (E.S.113).Deslauricrs.« La réputation et le pouvoir se gagnent par le contact ; et, puisque la société est naturellement à l'état de guerre, rangez-vous dans le bataillon des forts, du côté des riches » (Tbéâtrc,9l).Mme Rous-sclin dans Le Candidal.« Mais tâchez de connaître le vice de votre supérieur ; s'il prise, achetez une tabatière, et s'il aime les jolies femmes, mariez-vous ! » (Théâtre, 184).Le Château des Cœurs. LU DICTIONNAIRE DIS IDÉES REÇUES (iv) •Il « ITALIE.Dcii se voir immédiatement après le mariage.» (Diet.-133).« L'idée de se marier ne lui paraissait plus exorbitante.ils iraient en Italie H (E.S.365).« Ils se croyaient presque au milieu d'un voyage, en Italie, dans leur lune de miel » (E.S.469)< Frédéric et Rosanelle.« Les jeunes gens partirent le soir même pour l'Italie » (E.S.52-I).Marti non et Cécile.« Les bourgeois vont en Italie » (1,117).« INSPIRATION (POÉTIQUE).Choses qui la provoquent : la vue de la mer, l'amour, la femme, etc.» (Diet.13 1).« Une faculté extraordinaire, dont il ne savait pas l'objet, lui était venue.Il se demanda, sérieusement, s'il serait un grand peintre ou un grand poète » (E.S.7I).Frédéric.« INSTRUCTION.Le peuple n'en a pas besoin pour gagner sa vie » (Dict.434).« M.Bovary, peu soucieux des lettres, disait que ce n'était pas la peine.avec du toupet, un homme réussit toujours dans le monde » (Bovary,8).« JOUETS.Devraient toujours être scientifiques » (Diet.131)- « Pour instruire les enfants, d'une manière agréable, il leur fît cadeau d'une géographie en estampes » (T.C.13).Un Cœur simple.« Ils passèrent aux jeux instructifs » (B.P.319)- « JOURNAUX.Ne pouvoir s'en passer.Mais tonner contre » (Diet.•131).« Ensuite, on causait de ce qu'il y avait dans le journal.Homais, à celte heure-là, le savait presque par cœur D (Bovary, 135)-il Tous les jours, Regimbait.s'emparait du National.exprimait sa pensée par des exclamations » (E.S.rri).« loin de ses amis, privé de journaux » (E.S.277).Sénécal.« Grâce à la peste, maintenant, on reçoit n'importe où les journaux » (Théâtre,278).Jeanne dans le Château des Cœurs.« Pécuchet.d'un geste dédaigneux, écarta les journaux » (B.P.6). •12 AMÉRIQUE FRANÇAISE « JEUNE HOMME.Toujours farceur.Il doit l'être.— S'étonner quand il ne l'est pas » (Dict.-13-l).« pour lui.tout jeune homme était un farceur » (O.J.3.I9I).Gos- selin père dans la première Education.« J'aurais bien mieux aimé, s'il voulait à tout prix faire des farces, à la rigueur qu'il prît une maîtresse comme tous les jeunes gens » (Ibid.199).« Léon.ne paraissait point exalté en politique, chose remarquable pour un jeune homme " (Bovary, 119).« Vous ne savez pas la vie que mènent ces farceurs-là, dans le quartier latin ! » (Bovary,I68).Homais.« Quand on a de la fortune et que l'on est garçon !.c'est un farceur » (Bovary,2Se).Homais, à propos de Rodolphe.» Puis elle s'informa du passé de Bouvard, curieuse de connaître « ses farces de jeune homme » » (B.P.2Sr>).Mme Bordin.« JUJUBE.On ne sait pas avec quoi c'est fait » (Diet.13l)- Voir B.P.67.Bouvard et Pécuchet font l'épreuve chimique d'un jujube.« KEEPSAKE.Doit se trouver sur la table d'un salon >> (Dict.435).« Alvarcs.avait extrait des keepsakes beaucoup de pièces de vers >» (O.J.3,tI).Première Education.ii les keepsahes qu'elles avaient reçus en étrennes » (Bovary,ri2)." l'ange des keepsakes » (B.P.320).Mlle Yolande.ii KIOSQUE.Lieu de délices dan^ un jardin » (Diet.13:>).Voir Leleu et Pommier, op.cit.pp.2\r->-2\(-.Dans une première version, Flaubert avait mis un kiosque dans le jardin de la Vau-byessard.« Vous connaissez ces verres de couleur qui ornent les kiosques des bonnetiers retirés.On voit la campagne en rouge, en bleue, en jaune » (1,152).« LABORATOIRE.On doit en avoir un à la campagne » (Diet, li"))-« Si ncus reprenions la chimie, ne serait-ce que pour utiliser le laboratoire?» (B.P.7Ô).Pécuchet. LE DICTIONNAIRE DES IDÉES REÇUES (iv) 45 « LAC.Avoir une femme près de soi, quand on se promène dessus » (Dict.435).« le lac, avec son éternelle barque et son perpétuel clair de lune, lui parurent tellement inhérents aux keepsakes qu'il s'interdit d'en parler » (O.J.3,255).Jules dans la première Education.« La barque suivait le bord des îles.Ils restaient au fond, tous les deux cachés dans l'ombre.» (Bovary,354).Emma et Léon.« Ils voyageaient ensemble.dans la cabine d'un yacht parmi des archipels bleus » (R.S.97).Frederic.« LIBERTE.Nous avons toutes celles qui sont nécessaires » (Dict.435)-La liberté.« Un honnête homme n'en a pas besoin, répliqua Fou-reau » (B.P.2I8).» LIBRE ECHANGE.Cause de tous les maux, des souffrances du commerce » (Dict.435).I' Il soutiendra le libre échange ! » (Théâtre,102).Le Candidat.« Rien de tout cela ne serait survenu.si tout n'était pas livré à la concurrence » (E.S.197).i' Quand vint la question du libre échange.Langlois et les autres marchands défendirent le commerce national ; Oudot, filateur, et Mathieu, orfèvre, l'industrie nationale » (B.P.38t).
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