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Titre :
Amérique française
Publiée principalement de 1941 à 1955, la revue Amérique française est la première grande publication vouée essentiellement à la diffusion de la création littéraire québécoise. [...]

Publiée principalement de 1941 à 1955, la revue Amérique française est la première grande publication vouée essentiellement à la diffusion de la création littéraire québécoise. D'abord mensuelle, Amérique française se fait plus tard bimestrielle puis trimestrielle. Sa publication est suspendue de 1956 à 1962.

Fondée à Montréal par Pierre Baillargeon et Roger Rolland en 1941, Amérique française est dirigée par Baillargeon jusqu'en 1944. Durant cette période, elle constitue une rampe de lancement originale et moderne qui permettra à plusieurs nouveaux talents de se faire connaître.

Anne Hébert, Yves Thériault, Rina Lasnier, Pierre Vadeboncoeur, Jacques Ferron, Roger Lemelin, Adrienne Choquette, mais aussi des collaborateurs plus établis comme Léo-Paul Desrosiers, Alfred Desrochers, François Hertel et Guy Frégault participent alors à la revue. Ces collaborations prennent principalement la forme de brèves oeuvres de fiction et de poésie, mais aussi d'essais et de critiques littéraires.

De novembre 1944 à janvier 1946, Amérique française est dirigée par Gérard Dagenais, des Éditions Pascal, qui en profite pour mettre en avant les auteurs qu'il publie, dont Gabrielle Roy et Carl Dubuc. La littérature inédite cède un peu de place à l'essai sur l'art et aux questions sociopolitiques, à la chronique de livres et à la publicité. Chaque numéro de la revue contient maintenant 80 pages plutôt que 56.

Le polémiste François Hertel prend la barre d'Amérique française en 1946 et donne à la revue un ton spirituel qu'on trouve plus communément dans les revues d'idées à cette époque. La portion littéraire est toutefois toujours présente; on y publie des contes, des nouvelles et de nombreux courts poèmes. Les jeunes auteurs Félix Leclerc, Yves Thériault et Andrée Maillet y contribuent.

La publication d'Amérique française est interrompue à l'été 1947 lorsque François Hertel en quitte la direction. Elle reprend en 1948 grâce au rachat de Corinne Dupuis-Maillet, qui lui donne une facture matérielle remarquable.

Une ligne plutôt traditionnelle est donnée dans les essais qui y sont publiés sur l'art, mais Corinne Dupuis-Maillet permet à quelques jeunes auteurs, dont plusieurs femmes, de collaborer à Amérique française. De nouvelles collaboratrices comme Judith Jasmin, Solange Chaput-Rolland et Françoise Loranger ajoutent à la participation féminine à la revue.

En janvier 1952, Andrée Maillet publie son premier numéro comme directrice d'Amérique française; une aventure qui se poursuit jusqu'en 1955. C'est la période la plus prolifique pour la revue qui s'impose comme un terreau de création et de liberté primordial pour la littérature québécoise moderne.

On y trouve entre autres des poésies de Roland Giguère, de Gaston Miron, de Fernand Ouellette, de Cécile Cloutier et d'Anthony Phelps ainsi que des textes d'Andrée Maillet, de Jacques Ferron et de Jean-Jules Richard. Durant cette période, Amérique française donne aussi un nouvel élan à la critique littéraire.

En 1956, Amérique française laisse la place libre à Écrits du Canada français, principale revue littéraire concurrente. Sa publication est suspendue jusqu'à de nouvelles tentatives de la raviver qui s'avéreront infructueuses en 1963 et en 1964.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. VII, p. 228-229.

GIGUÈRE, Richard, « Amérique française (1941-1955) - Notre première revue de création littéraire », Revue d'histoire littéraire du Québec et du Canada français, nº 6, été-automne 1983, p. 53-63.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1941-
Contenu spécifique :
décembre 1953
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Amérique française, 1953, Collections de BAnQ.

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>53 VOLUME XI - No 6 - MONTREAL 50 AMÉRIQUE FRANÇAISE Revue bimestrielle ( ' A' Ê A T10 N S I I T T É R A I R E S OZIAS LEDUC.Penéées JEAN DÉGAGNÉS.Un inventeur JACQUES FER RON.Le chien grio GABRIEL CHARPENTIER.Poème* LYSE NANTAIS.Reviendra la Noël GAST()N MI RON.Arrière-doiwenir FERN AND OUELLETTE.Dialogue LOUIS-PAUL HAMEL.Songe OLIVIER MARCHAND.D'un aélre à l'autre ÉTUDES LUCIEN COLLIN.Lettrée à déjeune*) écrivainé MARCEL DUBË.Sylvain Garneau ou l'école bui*)*)onnière CHRON IQUES Leo Canadienne,) de Paru à la Jin Ou siècle dernier,par E.Fabrc-Surveyer de la Société royale.— Souvenirs, par Henriette Tassé.— Les personnage*) de Marcel Proust, par Jean Dufresne.— lacurto portraitiste, par Philippe La Ferrière.— Note*) sur vhvz Mil;* Ces trois mots ont une grande signification pour le récipiendaire d'un cadeau 1'fieri dans la fumeuse Imite llirks.Depuis des générations, c'est le gage assure île ia Itcauté et tic la qualité traditionnelle d'un article fijiin" Hirks.B I R K S BIJOUTIERS la bière que votre arrirre-grand-père buvait Au service des assurés de la province de Québec par ses succursales à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Ottawa et North Bay.LA COMPACT IK D'ASSURANCE-VIE SIX LIFE DU CANADA _______________ J AMÉRIQUE FRANÇAISE REVUE BIMESTRIELLE Directrice :.AndréE Maillet Bureau : Ai, avenue Arlington, Westmount, Montréal.P.q.VOLUME XI No 6 DÉCEMBRE 1953 SOMMAIRE Pensées.Ozias Leduc 3 Un inventeur .Jean Dcs^a^nés 5 Le chien gris.Jacques Fcrron 9 Poèmes .Gabriel Charpentier 15 Reviendra la Noël .Lysc Nantais 19 Arrière-souvenir.Gaston Miron 20 Dialogue.Fcrnand Oucllcttc 21 Songe .Louis-Paul Hamcl 23 D'un astre à l'autre .Olivier Marchand 24 Lettres à de jeunes écrivains.Lucien Collin 25 Sylvain Garncau ou l'École h uissonnierc .Marcel Dubé 31 Les Canadiennes de Paris.E.Fabrc-Survcycr 39 Souvenirs (II) .Henriette Tassé 44 Les personnages de Marcel Proust.Jean Dufrcsnc 51 Iacurto portraitiste.Philippe LaFcrricrc 59 Notes sur « Jour Malaisé » .Marcel Martin 65 Visite d'atelier : Jean McEuicn, le peintre-pharmacien.Louis-Martin Tard 68 Au banc d'essai : Le petit riche.Andrée Maillet 72 Morceau en trois mouvements .A.M.76 Revue des livres.Andrée Maillet 77 Notes .La rédaction 79 Les manucrits sont soumis à un comité de lecture.La direction ne reçoit que sur rendez-vous, et n'est pas responsable des manuscrits.Les manuscrit'; non accompagnés d'enveloppes affranchies ne sont pas retournés.Les manuscrit.?doivent être inédits et porter la mention inédit.Seuls les textes inédits publiés seront rémunérés.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Posies, Ottawa. r Cditionâ cAmcxique 3rançaiie PROFIL DE L'OllllilML ROMAN par Andrée Maillet « Le style est personnel, imagé et d'une force étonnante chez une jeune romancière.» — Lucctte Robert, Photo Journal.« Profil de l'Orignal est un livre étrange, déroutant, comme il n'en est guère paru au Canada français.» — Gilles Marcotte, Le Devoir.« .l'écrivain de chez nous qui donne le plus généreusement sa part à cette parente pauvre de nos lettres : l'imagination.Sa fantaisie est infiniment plus valable que l'observation la plus aiguë elle-même, parce qu'elle est vraiment créatrice.» — Clément Lockwell, Revue des Arts et des Lettres, Radio-Canada.« Madame Andrée Maillet révèle là des dons de véritable écrivain : art de décrire et de suggérer, sens du dialogue (.).«Profil de l'Orignal» par son originalité, ses audaces et ses outrances, aurait sûrement mérité de retenir l'attention d'un jury littéraire.Mais c'est devant le public que se présente ce roman canadien.On peut allirmer qu'il mérite, hors concours, un prix des lecteurs.» — Marcel Valois, La Presse, février 1953.« Car elle possède (.) une extravagance d'invention peu commune, une étonnante sincérité et la certitude de ne ressembler à personne ».L'Autorité, février 1953.« Andrée Maillet écrit en effet avec une verve, un allant, un souffle si rares (.) que ces qualités seules méritent qu'on soulève son chapeau ».Le Petit Journal, mars 1953.« Profil de l'Orignal de ce coté contient de véritables pages anthologi-ques ; de magnifiques pages, touchantes, poétiques à souhait ».Damasc Potvin, L'Action Catholique, mars 1953.« Le tout, dans un immense éclat mêlé de rire et de désespoir, mais si jeune, si peu tragique, si cordial qu'on se laisse prendre au jeu et qu'on ne sait bientôt plus s'il faut en rire ou pleurer.» — Hyacinthe-Marie Robillard, O.P., La Revue Dominicaine, mai 1953.« Sous cette sève forte et sous cette écriture presque toujours élégante et belle se cache une préoccupation constante d'atteindre à l'universel par la prise de conscience de l'humain.» — Jean-Paul Pinsonneault, Lectures, mars 1953.ÉDITIONS AMÉRIQUE FRANÇAISE a8.avenue Arlington »• est un cadeau de Noël qui l'ait plaisir "V Cy IL, toute l'année.JJ PERSONNAGES Je Marcel Pi 'OUSt [fragment) par Jean Dufresne Longtemps Jacques avail rêvé d'écrire un livre sur l'œuvre de Marcel Proust.Partageant sa vie entre la lecture et les concerts, il avait pris le temps de relire les Mémoires de Saint-Simon et la Comédie Humaine.Jacques n'avait jamais eu cependant l'idée saugrenue d'entreprendre la moindre étude sur Balzac ou le grand mémorialiste.Alors comment expliquer ce désir de rédiger ses impressions d'« A la recherche du temps perdu »?Des romans-fleuves tels que la Forsyte Saga ou la Chronique des Pasquier avaient laissé un.' trace approfondie dans son esprit.Les milieux que lui avaient fail connaître Galsworthy ou Duhamel ne l'avaient pas hanté, la lecture terminée, Il y avait songé pendant plusieurs jours, y faisait parfois allusion, mais leur souvenir était allé rejoindre celui d'autres enrichissements de l'intelligence.Marcel Proust, c'était pour Jacques une présence.Mort depuis trente ans, il vivait toujours pour lui qui le relisait sans cesse.Il imaginait l'auteur lui montrant en personne les aubépines en fleurs ou lui décrivant le cours de la Vivonnc.Jacques s'était intéressé à la vie de Proust autant qu'à son oeuvre.Naïvement il faisait des rapprochements entre sa propre existence et celle du grand écrivain.Lui aussi était (ils de médecin, avait grandi dans l'aisance cl appartenait à une famille qui comptait des magistrats depuis un demi-siècle.Si son père l'avait initié à la musique et encouragé dans ses études de piano assez poussées, personne parmi les siens n'avaient de curiosités littéraires au-delà de celle qui convient à celte classe de bourgeois qui considère les arts comme un luxe inhérent à un certain revenu as-| suré depuis deux générations.61 52 AMÉRIQUE FRANÇAISE Jacques était cependant étranger au snobisme.Il n'avait jamais eu le goût de connaître les vedettes de la vie mondaine.Il fuyait comme peste les réceptions réunissant plus de dix personnes et n'aimait rencontrer ou recevoir que de petits groupes d'amis de longue date et exactement du même milieu que le sien.Quant à l'inversion sexuelle, Jacques n'éprouvait à son endroit ni attrait ni mépris.L'un de ses intimes était un inverti notoire avec lequel il ne causait d'ailleurs que de musique.Ce qui avait surtout frappe Jacques dans « A la recherche du temps perdu », c'était le lyrisme du ton cédant ensuite le pas à la pénétration psychologique en face des problèmes suscités par l'art et l'amour.Au début il avait été ébloui par le style personnel et le génie d'un auteur qui fait partager à son lecteur sa propre vie intérieure et ressuscite les personnes et les lieux dont il évoque le souvenir.Jacques avait pris quelques années à lire l'œuvre entière de Proust.Avant d'aborder « Le Temps retrouve » il avait relu à maintes reprises les deux premiers tomes de l'ouvrage dans lesquels l'enfant puis l'adolescent découvraient l'univers avec des yeux neufs.Par la suite il s'était procuré nombre de livres écrits autour de Marcel Proust et de son interminable roman.Il avait réuni peu à peu une im- posante bibliothèque proustien-nc.La richesse inépuisable de l'oeuvre lui fut confirmée par des critiques envisageant en elle des points de vue bien différents.Ainsi Jacques possédait des études traitant tour à tour de la musique ou de la peinture chez Proust.Il y en avait même de consacrés à la géographie proustienne ou à l'influence de l'asthme sur son style.Certains de ces livres l'avaient ennuyé, parce que le dépassant ; d'autres l'avaient fait sourire.La plupart cependant lui avaient ouvert de nouveaux horizons et à l'aide des guides que publièrent Charles Daudet et Raoul Cclly sur les personnages et les thèmes de Marcel Proust il pouvait retrouver dans l'œuvre les citations ou les allusions des critiques.Jacques devait plus à Proust que d'avoir comblé les vides de sa vie de rentier égoïste.C'était grâce à un rappel inattendu de son œuvre qu'avait débuté le grand amour de sa vie.En vacances au bord de la mer, il avait un jour entendu par la porte entr'ouverte du salon de l'hôtel, un après-midi que tout le monde était à la plage, quelqu'un jouer ou plutôt chercher au piano un thème d'une grâce particulière qui l'avait fait arrêter dans le corridor, puis pénétrer dans la pièce.Lui, qui se liait difficilement, s'était excusé de son indiscrétion auprès de la jeune femme assise au piano et lus pi;rsonnaci:s di; marœl prous 53 lui avail demande si c'était là du Fauré.Confuse, la pianiste avait répondu : Oh ! cela n'existe pas, c'est simplement la petite phrase de Vintcuil que j'essaie d'inventer.Jacques s'était écrié aussitôt : « Vous êtes donc une lectrice de Proust ».Le premier moment de surprise passé, il apprit qu'elle n'avait lu que le premier tome mais avait été tellement frappée par la petite phrase que Swann préférait pardessus tout dans une sonate d'un compositeur alors inconnu de lui, qu'elle cherchait de temps en temps à lui donner vie au piano d'après la suggestion descriptive et presque palpable qu'en donne Proust.Cet enfantillage raffiné ravit Jacques qui, pour sa part, avait cru reconnaître dans quelques reproductions en couleurs de toiles de Vcrmccr le petit pan de mur jaune qui joue un rôle si important dans les derniers moments de Bcrgottc.Il apprit donc à la jeune femme que Proust avait inventé un peintre Elstir en plus d'un musicien Vintcuil.Mais elle avoua son ignorance en peinture.Presque toute son existence de veuve indépendante était remplie par la musique.Ils devinrent des leur rentrée à Montréal des inséparables fréquentant les mêmes concerts.La rumeur rapprocha leurs noms et plusieurs prédirent un mariage prochain.Leur liaison y aurait probablement conduit si la jeune femme n'avait été tuée dans un accident de la route, moins d'un an après leur rencontre.Etourdi par ce coup du destin Jacques ne put se résigner à revoir les gens et les endroits qu'avait connus son amie.Aussi partit-il pour un voyage de plusieurs mois en Europe dès que sa douleur se fut un peu calmée.Au cours de son séjour à Paris, il alla passer et repasser devant l'immeuble du boulevard Hauss-mann où Marcel Proust avait écrit son roman dans la fameuse chambre tapissée de liège.Il voulut voir également la maison du boulevard Malcshcrbcs où l'écrivain avait vécu avec ses parents.Jacques se rendit même à lllicrs, petite ville des environs de Chartres, qui fut le Combray de l'enfance de Marcel.Mais il se reconnaissait encore mieux dans ses souvenirs de lecture de l'ccuvrc que dons les lieux mêmes où ce dernier avait lentement élaboré ses livres.C'est alors qu'il eut l'idée d'écrire un livre stir Proust.Il rejeta tout de suite l'intention de rédiger des impressions de lecture qui n'auraient, il en avait la certitude, ni intérêt ni originalité.Que pourrait-il dire qui n'eut déjà été dit par des écrivains de profession.Ecrivain, pourrait-il îc devenir, lui qui par paresse téléphonait ou télégraphait à ses amis au lieu de leur adresser une lettre. 5-1 AM ÉR1QU i: FRANÇAISE Une etude de l'homosexualité dans « A la recherche du temps perdu » l'avait d'abord tenté.Elle n'avait pas encore été abordée, à sa connaisanec.Mais cette anomalie se retrouvait si fréquemment dans l'œuvre qu'il était presque impossible de l'en isoler.Et le problème devenait délicat, car comment le traiter sans lever davantage le voile sur la vie privée de l'auteur.Cela lui aurait paru une mauvaise action que certains auraient attribuée au goût du scandale.Faire le relevé de la part du snobisme chez Proust aurait été intéressant.Mais c'était plutôt le sujet d'une thèse avec références et renvois bibliographiques.Jacques avait horreur du genre universitaire qui étudie a-vec la même conscience et une é-galc patience les vestiges des tendances les plus insignifiantes comme les thèmes les plus importants chez un auteur.Et puis son manque de préparation et sa paresse l'excluaient d'une telle entreprise.Simple bachelier, frotté de quelques cours à la Faculté des lettres, dilettante ennemi de la méthode, ne s'étant jamais astreint à aucun travail suivi, comment arriverait-il à quarante ans à faire un autre homme de lui-même.Sa vie, si agréable fut-elle, lui semblait vide.Il n'aurait jamais le courage d'aimer de nouveau.La musique ne lui apportait que des joies d'approfondissement, non de nouveauté.Ce fut à Paris pendant un spectacle des Ballets des Champs-Elysées qu'il crut avoir trouvé sa façon d'approcher l'œuvre prouslienne.Ce fut une sorte de révélation fiévreuse qui l'empêcha d'apprécier le spectacle comme il l'aurait souhaité.En revenant à pied du théâtre, il é-tait tellement isolé en ses pensées qu'il se frappa aux passants à diverses reprises.Un peu plus il aurait parlé tout seul.Ces personnages, que Proust rend aussi vivants que les écns que nous connaissons dans la vie, ne faisaient, il est vrai, que des apparitions séparées par de longs intervalles de temps et vieillissaient en même temps que l'auteur d' « A la recherche du temps perdu ».Ils n'étaient, eux et leurs propos, que des prétextes au théories et aux découvertes du grand écrivain.Ne serait-il pas possible cependant des les envisager comme les personnages d'un roman régulier?Personne ne s'était encore attaché à le faire.Mais pour y réussir il faudrait, sinon posséder un style à soi, au moins savoir écrire.Il est vrai que le genre de l'ouvrage, comme il venait de l'entrevoir, ne réclamait pas tant un plan suivi et un souffle soutenu que de la patience et de la mémoire.Les personnages de Proust lui 1 étaient familiers depuis vingt ans l.i-s im:usonn,u;i:s m: maucii.pkoust 55 qu'il les fréquentait.C'était au point que la moindre allusion chez un critique entraînait immédiatement dans son esprit la vision du passage qui y avait donné lieu.Parfois c'était une paijc entière qui s'interposait entre son regard et le texte qu'il était à lire.Ainsi presque sans référer aux seize volumes de l'oeuvre il pouvait en pensée suivre la destinée de la duchesse de Guer-mantes ou d'Odette de Crécy.Mais le principal personnage n'était-il pas Proust lui-même qui gardait dans son roman le prénom de Marcel.Il faudrait donc commencer par lui et cela permettrait à Jacques de résumer l'oeuvre sans en avoir l'air et peut-être sans tomber dans la redite.Jamais il ne pourrait se résigner à débuter par une phrase telle que celle-ci : « Marcel Proust est né à Paris le 11 juillet 1871.Il était le fils du Dr Adrien Proust ».* * * Marcel, narrateur d' « A la recherche du temps perdu », est d'abord un enfant intelligent et nerveux qui ressent pour sa mère un attachement maladif.Il ne peut s'endormir sans que celle-ci vienne l'embrasser.Lorsque ses parents ont du monde, c'est une véritable tragédie pour lui que de songer qu'il pourra être privé de ce viatique.Aussi un soir que l'enfant, après avoir a- dressé en vain un billet suppliant à sa mère encore retenue à table, se jet te dans ses bras, alors qu'elle mente avec son mari, une fois leur visiteur parti.La mère et le père attendris cèdent devant la faiblesse de l'enfant.Le père conseille à la mère de rester auprès du petit dans sa chambre.Cet enfant unique observe tout autour de lui avec des yeux émerveillés et prête aux noms de personnes et de lieux un charme propre qu'il souhaite de comprendre.Ainsi il imagine à la fois comme une noble dame du moyen-a^c et une fée la duchesse de Gucrmantcs.Lcrsqu'cnfïn il put l'apercevoir pour la première fois dans l'église de Combray est-il fort désillusionné de voir une personne, élégante il est vrai, mais qui porte un bouton sur le nez.La Nature lui sera plus douce.Le jour où, littérateur en herbe, il réussit à écrire l'impression mystérieuse que lui a fait la vision de trois clochers semblant se déplacer sous ses yeux au cours d'une promenade en voiture, il est rempli d'un joie nouvelle et dépassant toutes celles qu'il avait déjà ressenties.L'écrivain adolescent, car on suppose qu'il a environ treize ou quatorze ans, est un romantique dans l'âme et même, sans le savoir, disciple de Rousseau.Il prête à la Nature une âme et s'imagine qu'un message est caché derrière la vision de trois arbres. 56 AMÉRIQUE FRANÇAISE C'est quelques années plus tard que Marcel reçoit une impression d'actualité de son enfance abolie, en trempant dans du thé un gateau semblable à ceux qu'il mangeait à Combray.Son sens affiné du goût lui permet de revivre une partie de sa vie d'alors que sa mémoire volontaire ne pouvait évoquer que par fragments.Tandis que la saveur de la petite madeleine moulléc ressuscite non seulement la maison de sa grand'-tante où il allait passer ses vacances, mais la petite ville toute entière avec son église, la patisserie sur la place, les lieux environnants et les gens qui y habitaient.Déjà attiré par l'histoire, le garçon aime à évoquer dans l'église de Combray le moyen-âge et ceux qui, grands seigneurs et artisans, la fréquentaient.Au cours de ses promenades du côté de chez Swann et du côté de Gucrmantcs, il s'enchante de la vue et du parfum des aubépines, appelle la présence d'une jeune paysanne imaginaire qu'il pourrait aimer, aperçoit Mme Swann, qui n'est pas reçue à Combray, et auprès d'elle une fillette qu'il entend nommer Gilbcrtc.Tout près se tient un homme fort d'un certain âge que la rumeur désigne comme l'amant de Mme Swann.C'est le baron de Cbarlus qui regarde Marcel avec une attention appuyée.La présentation de trois personnages importants de l'œuvre est brève.Les parents de Marcel rebroussent brusquement chemin et l'enfant doit les suivre.Jacques voyait très bien qu'en esquissant la vie du narrateur il serait forcé de remettre à plus tard dans son oeuvre projetée les portraits de la mère de Marcel, de sa grand'mèrc et de Françoise, la bonne qui devait peu après entrer au service des parents de l'adolescent à Paris.Il faudrait même faire le sacrifice de reporter à leur rang des figures aussi attachantes que la tante Léonic, malade imaginaire ; Lc-grandin, snob honteux ; Vin-tcuil, l'organiste chez qui personne ne soupçonne un compositeur de génie ; la fille de ce dernier, dont la mauvaise réputation entraîne le chagrin et la mort de son père.Il faudrait aussi remettre à plus loin la mention de la scène pénible dont Marcel est témoin entre Mlle Vintcuil et son amie.Pour revenir au narrateur, il faisait la connaissance aux Champs-Elysées d'une fillette de son âge qui se trouvait être Gilbcrtc, la fille de ce M.Swann dont les visites à ses parents à Combray l'avaient privé du baiser maternel avant son sommeil.Suit ici le cours normal des amours enfantines avec leurs heures d'attente et leurs drames en miniature.Cet attachement finit comme il avait commencé, brusquement.Marcel imagine des rai-i sons d'en vouloir à Gilbcrtc et LES PERSONNAGES DE MARCEL PROUST 57 vicc-vcrsa.Il cesse de la voir.Entre temps il a connu chez les Swann l'écrivain qui faisait alors sa plus vive admiration.Bergot-tc.Nouveau désappointement.C'est un monsieur qui a des traits vulgaires, C{ dont l'élocu-tion a quelque chose d'hésitant et de défectueux qui ne correspond en rien avec la clarté et la perfection de sa phrase écrite.Autre désillusion en voyant pour la première fois au théâtre la plus grande tragédienne de l'époque, la Bcrma, que Marcel va voir dans « Phèdre » sans trouver dans son interprétation les merveilles qu'il avait imaginées.Mais là, il commence à faire la part entre le désir et la possession intellectuelle, le rêve et la réalité.Il découvre, à une deuxième représentation, ce qu'est la véritable perfection.Songeant toujours à sa vocation possible d'écrivain, Marcel a montré un premier essai littéraire à un ami de sa famille, M.de Norpois, ancien ambassadeur, qui dissuade le jeune homme de poursuivre une carrière pour laquelle, à son avis, il ne montre pas de dons marqués.Marcel tombe subitement malade et doit dire adieu à ses désirs de voyager, d'aller à Venise.On lui recommande la mer.Aussi part-il pour Balbcc avec sa grand'mère.L'enfant quitte sa mère avec peine.C'est leur première séparation.A la fin d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs, l'adolescent découvre en quelques semaines la mer toujours recommencée.Il fait la connaissance de Robert de Saint-Loup et de son oncle, le baron de Charlus, première porte ouverte sur le monde aristocratique, et d'Albertinc, grande passion de sa vie.Marcel ne songe plus à écrire ; il est de nouveau tout à la joie de la découverte.Mais l'écrivain fera provision d'images et de sensations dont il fait partager la joie à son lecteur.Rétrospectivement, il décrit le spectacle changeant de la mer et de la plage en peintre et en pcèle qui aurait conservé comme tout artiste véritable, la fraîcheur d'approche de la première jeunesse.Enfant sage ne quittant guère sa grand'mère, Marcel est un jour présenté par elle à la marquise de Villeparisis.Ce sont deux anciennes compagnes de pension qui se retrouvent.Mme de Villeparisis est la tante de la duchesse de Gucrmantcs.Marcel admire ses manières aristocratiques, c'est-à-dire la politesse extrême, une attention de tous les instants à ceux qui ne sont pas nobles comme pour faire pardonner la grande naissance, un naturel foncier qui s'apparente avec celui de la grand'mère.Celle-ci avait toujours placé avant tout la sincérité et la simplicité.L'enfant entrevoit qu'il est une noblesse du coeur qui rejoint l'autre.Mais déjà snob, il craint que sa grand-mère ne soit prs i assez bien habillée.Mme de 53 AMÉRIQUE FRANÇAISE Villcparisis annonce la visile de son jeune neveu, Robert de Saint-Loup.Ce dernier incarne l'élégance de l'esprit autant que du corps.Marcel lui envie son assurance de grand seigneur.Les deux garçons se plaisent tout de suite.Robert admire l'intelligence et la culture du jeune bourgeois qui, de son côté, s'étonne agréablement de trouver chez Saint-Loup à la fois le dédain de son monde et du goût pour la vie de l'esprit.Lorsque Blccb, ami d'enfance de Marcel, vient faire un séjour à Balbec, Marcel fait une comparaison entre les deux jeunes gens au détriment de ce dernier.Le manque de tact, caractéristique chez certains Juifs, et le sans-gêne de Blccb embarrasse Marcel.Mais un autre personnage s'avance et est d'abord remarqué par le narrateur dans des circonstances qui lui sent incompréhensibles.Marcel ne comprend pas pourquoi cet inconnu mis avec une discrète recberebe lui lance de rapides regards aussitôt détournés, arrête sa marche près de lui et montre l'agacement de l'homme qui veut faire croire qu'il attend quelqu'un déjà en retard au rendez-vous.Quelques jours plus tard, Marcel revoit l'inconnu chez Mme de Villepa-risis.C'est son neveu, le baron de Charlus.Tout différent de ce qu'il était sur la plage, Charlus regarde à peine le jeune homme et affiche en sa présence une complète indifférence.Marcel le trouve énigmatique car il est aimablement accueilli par lui au cours de rencontres subséquentes.Il est néanmoins ébloui d'apprendre que le baron de Charlus est aussi un Guertnantes cl le beau-frère de la duchesse auquel l'enfant avait nourri un culte dévot au temps de ses séjours à Ccm-bray.Charlus révèle à Marcel un autre caractère aristocratique, l'arrogance.En même temps cet esprit de coterie, fleurissant dans d'autres milieux également, qui prête aux personnes qui la composent des opinions, des manières et un langage identiques.Le baron donne toujours l'impression de faire parlic d'une humanité à part et d'y admettre ceux et celles qui ont trouvé grâce I devant lui.Auoz-vous renouvelé votre abonnement à Amérique Française ? IACURTO, Pli ILIPPE Rien de plus intéressant qu'un Salon où se trouvent réunies les couvres d'un seul peintre.Cet ensemble concrétise son oeuvre, nous fournit l'occasion de mieux juger la manière de l'artiste, sa vision des choses.Le vernissage des oeuvres récentes de Iacurto, à la Galerie du Palais Moncalm à Québec, en est la preuve.Cette exposition solo a obtenu un succès remarquable.L'assistance, fort nombreuse, marqua d'une façon éloquente l'intérêt qu'on ne cesse de porter, dans la vieille capitale, à toutes les manifestations intellectuelles et artistiques.L'ensemble des tableaux exposés par l'artiste montréalais constituait, cette fois, une série de documentaires.La plupart de ses peintures furent exécutées en Angleterre, en Prance et en Italie.Parmi ces toiles on a pu admirer des scènes représentant la vie à Florence, à Rome, à Venise PORTRAITISTE par La Ferrière Je ne crée ni n'invente.Je retrouve.AUGUSTE RODIN ou à Cassacalenda, berceau de la famille Iacurto.Ces toiles reflétaient avec beaucoup de précision l'atmosphère et la vie italiennes, la qualité de la lumière s'avérait fidèle, les couleurs étaient nuancées, la technique impeccable.Avec son obligeance habituelle, Iacurto expliqua aux amateurs s'attardant le long des cimaises, dans quelle circonstance il avait peint certaines toiles et racontait incidemment quelques anecdotes s'y rapportant.Comme il évoluait au milieu de la société québécoise, aussi à son aise que parmi des amis de toujours, je pus l'observer à loisir : De taille moyenne, le torse large, les épaules puissantes, la tête d'un gladiateur romain, le teint mat, le peintre, quoique natif de Montréal, offre les caractéristiques de sa race.Tcujeusr soucieux de sa mise, il n'a rien du bohème classique dont Mont-I martre cllrc tant d'exemplaires.50 6o AMÉRIQUE FRANÇAISE Ce n'est certes pas lui qui arborerait une Lavallière et un chapeau à larges bords.A le voir on l'imagine tout aussi bien avec une raquette de tennis à la main qu'armé de pinceaux.Bref, il a plutôt l'air d'un bourgeois de la rue Saint-Denis que d'un rapin de la Butte.Avec ça, grand amateur de hockey, fervent des exhibitions de lutte et virtuose du billard anglais.Parmi les toiles exposées au Palais Montcalm, à peine une dizaine de portraits, dont trois pastels, genre dans lequel Iacur-to excelle.A noter, en passant, un portrait à l'huile représentant un vieux Québécois flânant dans le Parc Montmorency.Ce tableau, vraiment remarquable, mériterait, d'après moi, les honneurs du Musée Provincial.La sensibilité extraordinaire de ce visage ravagé par l'épreuve, le regard résigné, profond, intelligent, la tristesse et la pâleur des yeux bleus disent la résignation d'un homme rendu au terme d'un long voyage.Affalé sur un banc, il semble à bout de forces.Sa main aristocratique, exsague, longue, effilée et si lasse, si expressive dans son abandon est tout un poème." Vous sentez le poids de cette main ! " dirait Bernard Bcrcnson, cet érudit en matière d'art.Comme l'on voudrait connaître la véritable identité de ce vieillard dont les journées semblent s'éterniser dans le décor charmant du Parc Montmorency ! En comparant ce magnifique portrait avec ceux peinturlurés par de pâles imitateurs de Picasso ou de Matisse, pas n'est besoin d'être un grand critique d'art pour comprendre qu'entre les conceptions d'esthétiques d'un Iacurto et les prétentions des amateurs de puzzles il existe un fossé que ceux-ci, faute de talent, ne pourront jamais franchir.Nous aurions aimé voir quelques uns des portraits exécutés en Angleterre.Je sais que Francesco fut, récemment, l'invité de Lord Rothcrmcrc dont il fit le portrait à sa résidence à Lcwcs, près de Brighton, dans le Sussex, qu'il peignit également le portrait de Lord Cromer, de Granville Beckett, de A.S.Fuller ainsi que celui de E.A.Surcham, autant de personnalités anglaises faisant partie du bureau de direction de l'Angle-Ncwfoundlnnd Pulp and Paper Corporation et directement intéressés dans le fameux journal londonien, le « DAILY MAIL ».La reproduction de la figure humaine exige une science parfaite de l'art du dessin.C'est peut-être là une des raisons pour laquelle les portraitistes sont si rares de nos jours.Francesco Iacurto est, sans contredit, l'un des meilleurs portraitistes au Canada, grâce à la sûreté de son dessin, l'exactitude de l'observation et la vérité qui se dégage de l'ensemble du tableau.C'est un I artiste qui s'est renouvelé tout IACURTO PORTRAITISTE en demeurant fidèle à l'art classique.Il intègre pour ainsi dire le style académique dans une formule moderne.N'en déplaise aux pêcheurs en eau trouble, il n'a pas oublié les leçons d'ana-tomic reçues à l'Ecole des Beaux-Arts, sous l'habile et savante direction d'un Fougcrat, d'un Maillard et d'un Dyonnct.Doit-on l'en blâmer?C'est Ri-chclct, je crois, qui a dit : Le portrait gagne de quoi faire bouillir son pot, parce qu'il n'y a pas de bourgeoise un peu coquette et un peu à l'aise qui ne Veuille avoir son portrait.Nous pourrions ajouter que nos bourgeois ne dédaignent pas, eux non plus, d'afficher dans leurs salon, les traits de leurs faciès, éminemment sympathique, avant que d'être considérés, un jour, par leurs descendants, comme des ancêtres dont il convient de s'enorgueillir.On reproche parfois à Iacurto de ne point flatter ses modèles, de les peindre tels qu'ils sont et non tels qu'ils voudraient être.Singulière critique que celle qui laisse entendre qu'il vaut mieux qu'un portrait soit moins ressemblant, mais plus flatteur.Si l'on inventait un appareil photographique qui embellirait le modèle au point de le rajeunir de dix ans ¦— il s'agit là, sans doute, d'un minimum — en diminuant les rides, effaçant les poches sous les yeux, réduisant l'embonpoint, amincissant les jambes, les rc- 61 dressant au besoin, tout cela, ai-jc dit à Iacurto, pour obtenir une ligne, une silhouette avantageuse, nul doute que l'inventeur de l'appareil magique deviendrait vite millionnaire, du moins si l'on en juge par les exigences de certains modèles.Il arrive que Iacurto, pour ne pas indisposer certaines gens qui s'obstinent à ne pas savoir vieillir, et pour satisfaire le goût ou les prétentions de Monsieur, de Madame ou de leur noble rejeton, escamote des défauts par trop apparents, comme s'il faisait de la plastique.Mais c'est avec répugnance, m'a-t-il maintes fois avoué, qu'il cède au caprice ou à la vanité d'un client.Francesco Iacurto, rendons-lui ce témoignage, est un peintre, honnête, consciencieux, sincère.Lorsqu'il a les coudées franches, il ne peint que ce qu'il voit, ce qu'il sait.Encore une fois, devrait-on le lui reprocher ou l'accuser de manquer d'imagination, de sensibilité?serait-il plus près de la vérité s'il se livrait à des fantaisies extra-terrestres, s'il peignait, par exemple, un millionnaire bien connu, avec une clef de coffre-fort entre les dents, un billet du Dominion sur le front, un gros saphir à la place de la pomme d'Adam ?Je ne veux pas, par là, insinuer qu'un portrait doive être ressemblant au point que l'on puisse reconnaître, sans effort, la verrue décorant obstinément 02 AMÉRIQUE FRANÇAISE l'appendice nasal de Monsieur Zclada Prunier, la dent qui lui manque du côté gauche ou la tache de graisse éteilanl la manche de son veston.Que le modèle soit ressemblant comme une photographie ou non, cela importe beaucoup moins que la manière dont le sujet est traité.Lomazzo n'a-t-il pas écrit « qu'il faut d'abord considérer la qualité de celui que l'on veut portraiturer, et secondement celle qui lui donne son caractère particulier, qui le fait connaître ?» Et Garducho n'a-t-il pas ajouté « qu'on doit corriger et amender la nature avec le raisonnement et la docte compréhension d'un artiste intelligent?.» Roger Wild, l'auteur de Visages contemporains, au cours d'une interview qu'il accordait à un journaliste à l'issue du vernissage de ses œuvres à la Galerie d'Elysée, répondait à cette question souvent posée: Un portrait doit-il être ressemblant?» : « Les artistes modernes, concurrences par les arts et métiers photomécaniques, ont eu tort de négliger le portrait qui demeure le thème essentiel, l'épreuve suprême le plus haut terme de l'expression picturale.« Un bon portrait totalise les aspects essentiels d'un visage qu'il faut presser d'avouer et s'efforcer de ramener tout entier.Certes le souci de la ressemblance ne saurait être une fin en soi.Mais on peut mettre en fait qu'un portrait doit être ressemblant, qu'il ne pourra même être un bon tableau que s'il est terriblement ressemblant.« Non point de cette ressemblance superficielle, calculée, illusoire qui procède par soustraction, émondc et simplifie, mais de cette ressemblance profonde, humaine, involontaire, faite de sincérité, d'intelligence sensible, de compréhension.Qu'on veuille bien m'entendre : cette ressemblance là, l'artiste peut bien, a priori, ne pas s'en soucier, mais s'il est véritablement un artiste, s'il a été égal à lui-même dans tous ses instants, la ressemblance arrivera d'elle-même comme une magnifique récompense, comme la preuve vivante, qu'aucun des problèmes posés n'aura été esquivé et qu'ils ont été victorieusement résolus.» Et le célèbre portraitiste d'ajouter : «( Pour les gens « à la pag*c », exiger qu'un portrait soit ressemblant est la marque d'un esprit vilainement rétrograde, d'un aveuglement sans remède.« // m arrive, avoue Wild avec modestie, d'être de leur avis c'est lorsque le portrait que je viens de faire est raté et que, par conséquent, il n'est pas ressemblant.Je n'ai de refuge alors que dans l'erreur qui me tend ses argusiies sc-courablcs cl ses sophismes sait-leurs.» Il s'agit donc, dans un por-i trait, de représenter fidèlement IAC1IMO I'OIM HAÏ I ISTi: 65 un caractère.Tel est le cas pour les portraits exécutés par Iacurto, et publiés, il y a quelques années, dans le supplément illustré d'un journal de Montréal.Ces portraits étaient, on s'en souvient encore, accompagnés de légendes dont la plupart étaient ducs à la plume de Ringuci ou d'Alain Grandbois.Dans celte remarquable série de portraits, le peintre n'a pas manqué de croquer au travail ses intéressants modèles.On y voit le barbier maniant consciencieusement les ciseaux dans la chevelure hirsute d'un client attentif à la délicate opération ; le maire du village, gras, amène cl conscient de l'importance de ses fonctions ; l'hôtelier qui, le pouce dans l'encolure de son gilet, vous regarde du coin de l'oeil, satisfait, sem-blc-t-il, de son business ; le forgeron, costaud, fort en biceps, ressemblant dans son antre, à Vulcain auréolé par le feu d'une forge, etc.Ces divers sujets ne manquent certes pas d'originalité et de vérité : l'attitude, le ^este, l'expression reproduisent fidèlement sur la toile l'authentique caractère élu modèle.Francesco Iacurto ne doit pas regretter le jour où, il y a seize ans déjà, il ouvrait un atelier à Québec.Grâce aux relations de feu le colonel J.H.L.Jones, alors président de la Price Brothers, l'artiste pénétra d'emblée dans les milieux aristocratiques de la vieille capitale.Rue MacMahon, : où il avait élu domicile, se succédèrent, pendant une dizaine d'années, de nombreux clients recrutés dans le monde de la magistrature, de la politique et de la finance.Vers celte époque Iacurto exécuta plus d'une trentaine de portraits dont ceux de l'honorable Juge Fitzpalrick, de l'honorable Georges Parent1, de l'honorable Valmerc Bienvenue-, du colonel Joncs, de l'honorable Maurice Dupré, ancien Solliciteur général à Ottawa, de Monsieur Henri Gagnon, directeur du journal LB SOLBIL, et celui du fameux commentateur américain Lowell Thomas que l'artiste a rencontré dans un voyage au Mont-Tremblant.Ce rappel ne serait pas complet si j'omettais quelques autres portraits peints récemment dont j ceux des honorables Maurice Du-plcssis, Orner Côté, Antonio Barrette, ainsi que celui de l'honorable Paul Bcaulieu.Parmi les amateurs et les artistes qui ont été à même d'apprécier les oeuvres de Francesco Iacurto, s^il à la Royal Canadian Academy, soit au Musée des Beaux-Arts ele Montréal, ou encore à l'Ontario Society of Arts, d'aucuns ont reconnu son indéniable talent de portraitiste.Plu- I./.!• portrait •.' banistes du quartier Notre-Dame de Grâce.— Je peins, a dit McEwen, pour trouver la joie.Et devant moi, il a repris sa palette et il s'est mis à peindre, laissant parler son cœur et laissant aller sa main, pour créer un grand hymne, coloré, tout joyeux et plein d'une lumière é-| transe.I.yn as-tu dans ta tête épars un air de violoncelle et un parfum de.mimosas fanés ?Le flot confiant ramassant les cailloux de la grh>c tels des doigts griffant la lyre, nantit d'un ton élevé ce pays gui noua balance comme si dans un panier de crépuscule, d'oranges et d'euca.lypluô noué étions par hasard couchés.A.M.(Écrit ailleurs) Cannes, 194S Au banc d'essai LE PETIT RICHE à mon fils Il y avait un petit garçon qui vivait en haut de la rue, dans une belle maison de brique, séparée du trottoir par un parterre.Le petit garçon ne venait jamais jouer avec nous dans la ruelle, dans les cours en arrière des maisons.Il n'allait pas à l'école ce chan-ccux-là.Ses parents ne le mettaient pas dehors par tous les temps en lui disant : « Va donc jouer » , comme cela se passe chez nous, il faut bien débarrasser le logement.Mon père est chauffeur pour la grande bâtisse du coin, près du chemin de fer.Il chauffe la fournaise.L'an dernier, il chauffait aussi la belle maison de brique en haut de la rue, dans la montagne.Il m'emmenait avec lui quelquefois.Je l'attendais devant le perron.Le petit garçon regardait par la fenêtre.Moi, je sautais dans la neige sur un pied et puis sur l'autre, pour ne pas geler ; lui, il me faisait des grimaces.Les gens de la belle maison ont fait installer le chauffage à l'huile, alors mon père n'y va plus.De temps en temps, mes amis Pitou et Ti-Paul, et moi, nous faisons une marche après l'école.Nous montons la rue qui est bien longue, passé Dorchester, passé Sainte-Catherine, passé Sherbrooke, plus haut encore, jusqu'à la belle maison du petit riche.Il est toujours assis sur des coussins de velours, dans la fenêtre du salon, une belle grande fenêtre en rond, avec des rideaux de dentelle ; on voit aussi une table où il y a toujours un gros bouquet de fleurs et une cage avec des serins.Le petit riche, quand il nous voit, grimace tout le temps, il nous tire la langue.Parfois la servante ouvre T2 LE PETIT RICHE 73 la porte et clic nous cric : « Allez vous-en chez vous ! Laissez Douglas tranquille, petits galvaudcux, ou bien j'appelle la police.» Alors, nous, on se sauve et puis, au bout de quelques minutes, on revient.A notre tour nous tirons la langue à Douglas, nous nous le montrons du doigt et nous rions de lui comme il faut.Douglas se met à pleurer, une vraie honte.Il a bien dix ans, je je pense, à lui voir l'air.La servante revient pour nous chasser encore et nous nous sauvons pour de bon.Si Douglas peut bien sortir, nous lui flanquerons une bonne volée pour lui apprendre à narguer le monde ; mais il ne sort jamais.Il reste toujours là, derrière la vitre de son beau salon, avec ses cheveux frisés, ses collets blancs, ses fleurs et puis ses serins.Un jour, c'est la Fête de l'Immaculée-Conception et nous avons congé.Pitou nous dit : fl Ce matin, si on allait voir Douglas.Il a peut-être bien d'autres grimaces à nous montrer?» Ti-Paul et moi n'avons rien d'autre à faire et nous montons la rue tous les trois.Il fait froid, mais bien beau.En arrivant chez Douglas, qu'est-ce qu'on aperçoit ?Une grande auto noire, une espèce de camion avec quelque chose d'écrit dessus en anglais ; il y a d'autres enfants dans le camion.La porte de la belle maison s'ouvre et voilà Douglas qui paraît, tout enveloppé dans une couverture écossaise et porté par un homme.La servante nous voit et se met à crier : Petits méchants, allez-vous laisser Douglas tranquille une bonne fois?Non, mais cela prend des enfants sans eccur pour venir rire comme ça d'un petit infirme ! Mais Douglas qui fait semblant de ne pas nous voir, tourne la tête et lui dit : — Ncvcurmagnc, Laurcttc.Ti-Paul, Pitou et moi, nous nous mettons à courir jusqu'en bas de la rue.Rendu presque chez nous, nous nous regardons.Je pense que j'ai l'air aussi bête que Ti-Paul. 74 AMÉRIQUE FRANÇAISE Pitou, lui, est fâché.— Viens jouer au bandit sur les rails, que je lui propose.— Non, me dit-il.Toi, t'es rien que bon pour faire peur aux filles, et puis aux chats, t'es rien que bon pour rire des petits gars qui ont pas de jambes.Je m'en vas chez nous.— Hé bien, salut donc ! — Salut.! et puis il s'en va pour de vrai.Je l'ai jamais vu fâché de même.— Viande ! fait Ti-Paul.Moi, je ne dis rien.J'ai compris bien des choses.La veille de Noel, je retrouve mes amis au coin de la rue.On n'était pas remonté à la belle maison depuis l'autre fois.— Allez-vous avoir des étrennes, les gars?Ti-Paul se tortille un peu.— Cela fait deux ans que je demande un traîneau au Père Noël.Il ne m'oubliera peut-être pas cette année.— Moi, dit Pitou, ma tante qui tient restaurant va me donner un sac de classe tout neuf.— Ce n'est pas des étrennes, ça ! — Je te dis que c'est « toute » ! — Ne te choque donc pas tcut le temps.Ecoutez ! Moi j'ai rêvé hier à tout ce que Douglas va recevoir pour Noël : un train électrique, des beaux livres dorés, des paniers de bonbons.— Cuais, dit Ti-Paul, sans aucune envie.Mais nous autres, les gars, on peut marcher.Le lendemain, jour de Noël, il vient pas mal de visite chez nous.C'est ennuyant pour les enfants.Après le dîner, Ti-Paul et Pitou viennent me chercher.J'ai eu des bottines neuves, Pitou a eu son sac de classe, Ti-Paul LE PETIT RICHE 75 n'a rien eu.Comme on ne peut pas jouer avec ça, on décide d'aller voir Doublas, « pour voir » .Devant la maison, dans le parterre, il y a un arbre haut comme ça, tout décoré, un arbre qui brille même en plein jour.Des enfants bien habillés portant tous de beaux cadeaux pour Doublas, entrent dans la maison.Chaque fois que la porte s'ouvre on entend de la musique.Il y a une belle fête chez Doublas, mais lui, il est toujours dans un coin de la fenêtre et regarde dehors, avec un air bien triste.Nous venons dans le parterre et comme la neige est molle et collante, nous faisons un gros bonhomme à côté de l'arbic de Nccl.Pitou lui met ses mitaines et sa tuque.Ti-Paul fait le tcur du bonhomme de neige en marchant sur les mains, la tête en bas, et moi, je me plante devant la fenêtre et je chante « Adcstc Fidèles » que j'ai appris à l'école.Douglas est toujours là, devant un tas de cadeaux qu'il n'a même pas touchés.Il nous regarde faire sans nous tirer la langue, et quand nous avons fini de lui montrer toutes nos culbutes, il tape dans ses mains, en éclatant de rire.ANDRÉE (Les Montréalais) MAILLET.R 0 Y R () Y A 1.Professeur de clinnl et de déclamation lyrique 165a ouest, rue Dorchester FI.- 2674 MORCEAU EN TROIS MOUVEMENTS Allègre mais pas trop Nous n'avions que nos chapeaux drapés.Le col enfoncé dans un étourdissant foulard, tu rayonnais de satisfaction.Il attira vers lui les regards généraux.J'avais particulièrement peur des morts et les mots étaient morts.Vous lui dîtes, jamais ; parole dangereuse.L'imprudence aurait pu coûter le double d'or.Ils prétendirent partir pour l'azur clair sans leur corps, sans leur art, inhibés comme toujours par la peur de savoir.Lent Tandis que souffletait le texte de sa vie, elle, sans y réfléchir, battait la mesure.On ne s'inquiétera plus des aulx et des eaux vertes : les amours malheureuses des aventuriers bleus.L'échcvcau de notre âs(c a roulé sous la terre ; nous ne sèmerons plus la candeur désapprise.Rapide Avoir cinq ans.Puis en avoir trente.Où donc est passé vingt?Par là, tire-la de là.Je ne l'ai pas vu.Il a couru vite.Où sont nos années?Dis-moi, dites?Où sont nos amours?Et où irons-nous?Dans combien de temps?Je n'ai plus quinze ans.Les avons-nous eus?Qu'a-t-on fait de nos quenouilles?Que pensions-nous en dormant?Le temps est lent quand on le compte.Oh ! Mais nous allons si vite ! Arrêtons-le.Fixons les astres.Séchons les mers.Brisons les cieux.Quand s'arrêtera ce qui jamais ne reviendra ?Quand s'arrêtera, s'arrêtera ce qui jamais ne reviendra ?A.M.{Jeux de mots) 7B REVUE DES LIVRES par Andrée Maillet LES CONTES DU GRAND-PÈRE SEPT HEURES Le monstre vair — Le meunier sans-souci — Le miroir qui parle — La vieille fee aigruebonne — Le fantôme ingrouillablc — La fée de la mer Morte — Ma-rius Barbeau.Cbanlccicrc — Montréal, 1953- Le « Bonhomme Sept-Hcurcs » au Canada, c'est un mélange du Grand Lustucru, du Père Fouet-tard, du marchand de sable.Ma-rius Barbeau en a fait un grand-père qui raconte des histoires, tirées de notre folklore.Elles sont écrites simplement ; l'imagination et la verve ne leur manquent pas.Amusantes, les illustrations en blanc et noir d'Arthur Price.LE GOUFFRE A TOUJOURS SOIF — roman — André Giroux — Institut littéraire du Québec, 1953.Ici, le style ne fait pas défaut; il est au contraire extrêmement voulu.Cela peut devenir fatiguant.Le sujet est déprimant au possible.Ne gagnant que le strict nécessaire, persécuté par le chef du personnel, Jean Sirois se meurt d'un cancer au poumon.I Quand il ne peut plus se traîner au bureau, notre héros se met au lit et c'est le commencement de la fin.Rien n'est laisse à l'imagination du lecteur ; il doit tout savoir.L'histoire de cas du malade, le jour où on lui donne l'urinoir, la confession générale ; les dernières visites de sa parenté et de ses amis, le délire, l'extrême-onction, l'agonie, la mort.Ah ! le roman n'est pas toujours une lecture d'évasion ! Je ne sais quelle pression subit le beau tempérament d'écrivain que possède André Giroux.Il me semble qu'il n'a pas écrit ce livre comme ii aurait aimé le faire.| LES BRÈVES ANNÉES -roman Adrien Thério — Fides - Montréal, 1953- Ce roman raconte l'amitié, les actions et les rêves de deux jeu-j nés habitants, à l'école, au collège, 77 78 AMÉRIQUE FRANÇAISE en vacances.A travers l'écriture d'Adrien Thério, où grouillent les expressions parasitaires, — en ejfct, de fait, en fait, ctccctcra — les lieux communs, les termes impropres, les répétitions qui, souvent ne sont là que par négligence, se dégagent de très belles qualités.Les dialogues, les discussions, rendent un son de véracité.Les quelques personnages ont une personnalité bien définie.Quelques-uns parmi les canadianismes employés sont pittoresques.Les descriptions de paysage à la campagne, les atmosphères différentes de l'école, des deux collèges, de la ferme des Martin, sont remarquablement bien évoquées.On s'attache au récit lui-même parce qu'il est bien conduit, parce qu'il semble sincère ; je crois que ce roman est un excellent début.Les fautes énumérées plus haut auraient pu être corrigées facilement.LES HUMANITÉS GRCCO-LATINES — Pierre Ricour — Chantcclcr — Montréal, 1953.Idoles ou vrais dieux ?demande l'auteur, en sous-titre.Il entend d'ailleurs répondre lui-même à cette question, en la discutant « du seul point de vue de culture française, avec le souci de répondre aux objections contemporaines ».Il est moderne de dire que les Canadiens-anglais sont plus préparés aux spécialisations que les Canadiens-français, parce que ils ne sont pas astreints à apprendre le grec et le latin pour passer leur bachot.Par ailleurs, j les éducateurs de la province de Québec ont toujours agi comme s'ils croyaient que l'étude des humanités gréco-latines était le bastion d'où les nôtres pouvaient le mieux se défendre contre l'an-glicisation.D'autre part, il est évident que parmi les élèves sor-sortant de nos collèges dits classiques, ceux qui ont voulu se spécialiser dans les universités de langue anglaise, à McGill par exemple, ou bien dans les universités européennes, y sont parvenus avec succès, pour peu qu'ils aient travaillé.Pierre Ricour, tout en défendant la valeur du programme des humanités, propose quelques modifications au programme du bachot dans le but d'adapter le plus possible celui-ci aux diverses aptitudes des collégiens.Le livre de monsieur Ricour est une excellente synthèse des problèmes actuels en matière d'enseignement secondaire. NOTES Jean Desgagnes écrit « Je suis né le A février 1929, à St-Joscph-dc-ln-Rivc, comté de Charlevoix.Terminé mes études classiques au collège Jcan-de-Brébeuf, dans votre ville.Puis diplôme de l'Ecole de Marine de Rimouski ; deux ans dans la marine marchande.Puis licence en philosophie (mai 53) à Laval.Collaboration : Amérique Française — Arts et Pensée Technique — Reçue de l'Université Laval etc.R * * * Gabriel Charpentier est né en 1925 à Richmond, P.Q.De lui ont paru, à Paris, les recueils de poésie suivants : Aire (prix de poésie moderne 1948, Paris) Editions de la Revue Moderne.Les amitiés errantes chez Pierre Scghcrs.Le dit du marin mort également chez Scghcrs.Il a collaboré en tant que poète à la Nouvelle Relève (qui n'existe plus) et à Amérique Française de Montréal, aux revues Flammes, Escales, Les Fontaines de Brocéliundc de Paris, à Y Anthologie pcrmananle de Saint Jouin de Marnes et au Courrier de poésie de Basse-Yulz.Il a étudié chez Nadia Boulanger à Paris.* * * Gaston Miron est né à Ste-Agatbc-dcs-Mcnts, P.Q.en 1928.Voici sa biographie telle qu'il la donne : « Etudes d'Ecole Normale tronquées : n'ai que le Brevet Complémentaire.Ai aussi suivi, par goût, les cours de Sciences Sociales de l'U.de M.{Pas de diplôme).En somme autodidacte en ce qui concerne les lettres.Gagne-pain présentement : fonctionnaire gouV.provincial.Antérieurement : tour à tour journalier, apprenti-plombier, commis de bureau, emballeur dans une expédition, travaux dans atelier de photographie, elccvicra.Diverses expériences de marge : responsabilités et activités dans quelques mouvements de jeunesse (Scoutisme, Ordre de Bon Temps.) Jeune Théâtre — Plein Air — Edition, etc.Publications : Deux Sangs conjointement avec Olivier Marchand.Et voilà, ça continue ! » * * * 7'.' So AMÉRIQUE FRANÇAISE Olivier Marchand est montréalais.11 est ne en 1928.Après des études faites chez les Soeurs de la Providence et chez les Ecoles Chrétiennes, il a « rempli divers emplois, surtout dans le journalisme.En ce moment, il est au service de l'agence de nouvelles de La Presse canadienne en qualité de traducteur.Il s'est intéressé au Scoutisme et à l'Ordre de Bon Temps et vient de se marier avec Mathildc Ganzini.Il est avec Gaston Miron le co-autcur de Deux Sangs, * * * Georges Guy est né en 1926 — Il a étudié au Séminaire de Gaspé — Il est employé des Postes à St-Octavc de l'Avenir II a publié plus de quarante contes et nouvelles, ainsi que des articles dans divers périodiques dont Photo-Journal et Amérique Française.* * * Carmen Lavoie est institutrice à Jonquièrc.Elle a publié ses poèmes surtout dans Amérique Française.* * * L'an prochain, les lecteurs retrouveront les jeunes poètes suivants : Roland Giguèrc, Sylvia Giroux, Fernand Oucllettc, Gaston Miron, Janine Lajoic, Lysc Nantais, Olivier Marchand, Claude Mathieu, Carmen Lavoie, Aima de Chantai - et ils auront la joie de découvrir d'autres jeunes c-crivains encore inconnus.* * * En 1934, Jean Dujrcsne donnait une conférence sur Proust, au Ritz.Il a fait paraître depuis plusieurs articles sur le même sujet.Amérique Française publie ce texte sur Proust, de Jean Dujrcsne, à l'occasion du 49e anniversaire de la publication de A la recherche du temps perdu.* * * Les Pères Oblats d'Ottawa feront paraître bientôt dans leur collection Prie avec l'Eglise un « Petit Office du Temps de l'Avcnt et de Noel.» L'auteur de ce Petit Office, un chef d'oeuvre à ce que nous a dit q\ ciqu'un qui a vu le manuscrit, est notre collaborateur, le père Hyacinthe-Marie Robillard, o.p. Afin d" éviter toute confusion To avoid confusion in orders, dans les commandes, nous reve- we are returning to the original nons à la tomaison originale.system of volume numbering.Afin de permettre aux archi To enable University and other vistes et aux amateurs de com- collections to complete their files, pléter-leurs collections, nous te- we hold at their disposition odd tons à leur disposition quelqes numbers from Vols.I.II and III: numéros isolés tirés des volumes complete series of Vols.IV to I.II et III : des séries complètes IX.des volumes IV à X.Prix par numéro : Price per number : Vols.I à VI : 33*.Vols.I to VI : 35f • Vols.VII et VIII : 75f- Vols.VII and VIII : 75(*.INDEX Vol.I 1-7 .1941-43 Vol.II 1-8 .1Q.J2-4J Vol.Ill 16-21 .I943-44 Vol.IV 1-6 .1944-415 Vol.V 1-10 .1946 Vol.VI 1-6 .1947 Vol.VII (Nouvelle série vol.I) 1-4.1948-49 Vol.VIII (Nouvelle série vol.II) 1-4.1949-50 Vol.IX (Nouvelle série vol.Ill) 1-6.1951 Vol.X 1-6 .193a Vol.XI 1-6 .1953 Les numéros suivants manquent à certaines bibliothèques, certains môme aux archives de la revue.Nous rachèterons aux prix de liste un nombre limité de ces numéros.Volume I.No 1 (Nov.1941) au No 7 (Août 194a).Volume II.No 1 (Sep.4a).No a (Oct.ja).No ^ (Nov.ja) No ï (Fév.43).Volume III.No iq (Fév.44), No ao (Mars 44). LE SERVICE DE CINE-PROTOIiRlPRIE de la province de Québec Le centre de distribution de films d'information et d'enseignement en 16mm.le plus actif et le pjus efficace au Canada UN ORGANISME DE L'OFFICE PROVINCIAL DE PURLICITÉ DE OIIÉREC
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