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Titre :
Amérique française
Publiée principalement de 1941 à 1955, la revue Amérique française est la première grande publication vouée essentiellement à la diffusion de la création littéraire québécoise. [...]

Publiée principalement de 1941 à 1955, la revue Amérique française est la première grande publication vouée essentiellement à la diffusion de la création littéraire québécoise. D'abord mensuelle, Amérique française se fait plus tard bimestrielle puis trimestrielle. Sa publication est suspendue de 1956 à 1962.

Fondée à Montréal par Pierre Baillargeon et Roger Rolland en 1941, Amérique française est dirigée par Baillargeon jusqu'en 1944. Durant cette période, elle constitue une rampe de lancement originale et moderne qui permettra à plusieurs nouveaux talents de se faire connaître.

Anne Hébert, Yves Thériault, Rina Lasnier, Pierre Vadeboncoeur, Jacques Ferron, Roger Lemelin, Adrienne Choquette, mais aussi des collaborateurs plus établis comme Léo-Paul Desrosiers, Alfred Desrochers, François Hertel et Guy Frégault participent alors à la revue. Ces collaborations prennent principalement la forme de brèves oeuvres de fiction et de poésie, mais aussi d'essais et de critiques littéraires.

De novembre 1944 à janvier 1946, Amérique française est dirigée par Gérard Dagenais, des Éditions Pascal, qui en profite pour mettre en avant les auteurs qu'il publie, dont Gabrielle Roy et Carl Dubuc. La littérature inédite cède un peu de place à l'essai sur l'art et aux questions sociopolitiques, à la chronique de livres et à la publicité. Chaque numéro de la revue contient maintenant 80 pages plutôt que 56.

Le polémiste François Hertel prend la barre d'Amérique française en 1946 et donne à la revue un ton spirituel qu'on trouve plus communément dans les revues d'idées à cette époque. La portion littéraire est toutefois toujours présente; on y publie des contes, des nouvelles et de nombreux courts poèmes. Les jeunes auteurs Félix Leclerc, Yves Thériault et Andrée Maillet y contribuent.

La publication d'Amérique française est interrompue à l'été 1947 lorsque François Hertel en quitte la direction. Elle reprend en 1948 grâce au rachat de Corinne Dupuis-Maillet, qui lui donne une facture matérielle remarquable.

Une ligne plutôt traditionnelle est donnée dans les essais qui y sont publiés sur l'art, mais Corinne Dupuis-Maillet permet à quelques jeunes auteurs, dont plusieurs femmes, de collaborer à Amérique française. De nouvelles collaboratrices comme Judith Jasmin, Solange Chaput-Rolland et Françoise Loranger ajoutent à la participation féminine à la revue.

En janvier 1952, Andrée Maillet publie son premier numéro comme directrice d'Amérique française; une aventure qui se poursuit jusqu'en 1955. C'est la période la plus prolifique pour la revue qui s'impose comme un terreau de création et de liberté primordial pour la littérature québécoise moderne.

On y trouve entre autres des poésies de Roland Giguère, de Gaston Miron, de Fernand Ouellette, de Cécile Cloutier et d'Anthony Phelps ainsi que des textes d'Andrée Maillet, de Jacques Ferron et de Jean-Jules Richard. Durant cette période, Amérique française donne aussi un nouvel élan à la critique littéraire.

En 1956, Amérique française laisse la place libre à Écrits du Canada français, principale revue littéraire concurrente. Sa publication est suspendue jusqu'à de nouvelles tentatives de la raviver qui s'avéreront infructueuses en 1963 et en 1964.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. VII, p. 228-229.

GIGUÈRE, Richard, « Amérique française (1941-1955) - Notre première revue de création littéraire », Revue d'histoire littéraire du Québec et du Canada français, nº 6, été-automne 1983, p. 53-63.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1941-
Contenu spécifique :
juin 1954
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Amérique française, 1954, Collections de BAnQ.

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1954 VOLUME XII — No 2 — MONTREAL 500 AMÉRIQUE FRANÇAISE Revue bimestrielle C R Ê A T I 0 N S L I T T Ê R A I R E S MARCEL DUBE.Lettre à mon petit frère ANDRÉE MAILLET.A la mémoire du Prince ROLAND GIGUÈRE.La vie dévisagée JEAN-GUY PILON .Poème JACQUES FERRON.Mélie et le bœuf (II) Ê T U D E S HYACINTHE-M.ROBILLARD, O.P.Jacques Lavigne et l inquiétude humaine ROBERT DE ROQUEBRUNE .Une époque héroïque ANGELE DUPUIS.Présence de Sylvain Garneau LUCIEN COLLIN .Lettre Cil1U).\ 101 'ES ET TÉMOIGNAGES Ce que fut la rue Dorchester par E.Fabre-Surveyer de la Société Royale.Notre passé musical par C.-O.Lamontagne.— Souvenirs par Henriette Tassé.^ Elzéar Soucy : le Classique de la rue Sanquinct par Léon-Martin 1 arcl.I .a revue des livres.Notes. du nouveau cAey MONTREAL est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque cl de placement Actif, plus de $150,000,000 561 bureaux au Canada De chez ËUrhn Ces trois mots ont une grande signification pour le récipiendaire d'un cadeau offert dans la fameuse lioite jiirks.Depuis des générations, c'est le gage assuré de la beauté et de la qualité traditionnelle d*un article signé Birks.B I R K S BIJOUTIERS LA BIERE QUE VOTRE ARRIÈRE-GRAND-PÉRE BUVAIT Au service des assures de la province de Québec par ses succursales à Montréal, Québec, Trois-Rivicres, Sherbrooke, Ottawa et North Bay.Sur Life du Canada AMERIQUE FRANÇAISE REVUE BIMESTRIELLE Directrice : Andrée Maillet Bureau : 28, avenue Arlington, Wcstmount, Montreal, P.Q.VOLUME XII ~ No 2 - JUIN .954 SOMMAIRE 83 88 90 .Jean-Guy Pilon 94 Mélie et le bœuf (II) .95 Jacques Lavigne et l'inquiétude humaine .H.-M.Robillard, o.p.• 105 Une époque héroïque : «689-/690 , , 115 124 Lettre .Lucien Collin ijï Ce que (ut la rue Dorchester.133 142 Souvenirs (/Vj .146 Elzéar Soucy : le Classique de la rue Sanguinef .L.-Marlin lard 130 .Andrée Maillet 154 Notas .159 Les manucrits sont soumis à un comité de lecture.La direction ne reçoit que sur rendez-vous, et n'est pas responsable des manuscrits.Les manuscrits ne sont pas retournés.Les manuscrits doivent être inédits et porter la mention inédit.Seuls les textes inédits publiés seront rémunérés.Autorisé comme eiwoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. -AMERIQUE FRANÇAISE vous recommande de lire- Gabrielle Roy ALEXANDRE CHENEVERT Roman Un roman beau et humain comme le plus beau film de Chaplin.Yves Thériault AARON Roman Un livre excellent qui s'adresse aux gens capables de penser par eux-mêmes.Jacques Lavigne L'INQUIÉTUDE HUMAINE Une synthèse des grands problèmes de l'humanité, par le plus brillant des jeunes philosophes canadiens.Andrée Maillet PROFIL DE L'ORIGNAL Roman « L'histoire d'amour la plus mystérieuse de notre littérature.> L_EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES»! LETTRE A MON PETIT FRÈRE Dané le payd que j'ai quitté, Quand revenait l'automne, Tu bridait) ded branched nuca, Aux arbudled ded parlcrrcd, El avec un couteau, lu liraid la fine écorce, Qui voilait leur blancheur.Tu prenaid la plud longue et la plud forte, Que tu courbaid comme un croiddant de lune El tu la retcnaid avec une ficelle Que lu volaid dand le tiroir ded petitd riend.Puid, lu trandjormaid en carquoid La couverture de ton cahier brouillon Où lu gliddaid led jlèchcd et ted edpoird : Et, l'arc en bandoulière, led cheveux dur le front, Tu parlaid pour la chadde du rêve.Tu monlaid dur ta butte de terre Au milieu du terrain vague El vidant d'invidibled ennemid Comme led Indiend le font dand led Uvrcd d'imaged 83 AMÉRIQUE FRANÇAISE Tu lirait, dana le soleil couchant, tea traité empoiaonnéa Mata jatnaié, lu ne bleaoaa L'oiaeau qui volait dana Ion champ de mire ni le chai de la voiaine ni le chien du propriétaire Ni Ida /leur.) aauvagea qui pouaaent danô lea roncea ; Lea aeula êtrea qui moururent aoua lea coupa Furent lea voleura, lea méchante el lea bandita Qui te voulaient du mal Dana tea jeunea inaomniea.Ton ami le paaaeur de journaux, A chaque aoir, entrait chez noua Par la porte d'en arrière : Celle dea colporleura, du boulanger et du laiiier, Celle par oà l'on rentre au retour de l'ouvrage Celle par oà l'on aort, l'été Pour a'aaaeoir au jardin.Quand arrivait l'hiver, Il avait jroid aux maina et aux pieda, Ton ami, le paaaeur ; Il portail contre aon flanc, Comme le facteur aon aac de lettres, Comme le aoidal aon attirail Comme le chaaaeur aa gibecière Et le quêleux aon baluchon Un aac en toile blanche Tout plein de groa journaux.Jlaia c'était un ai petit garçon Ton ami, le paaaeur, Que le ballot trop lourd Pendait aur aea chevillea. LETTRE À MON PETIT FRÈRE 85 Maman lui dUail : « Tu veux un bol de soupe?)) (( Non )), qu'il répondait, gêné, Kl avant de éorlir, il le regardait avec de Il n'en a pas fait l'expérience, car il est mort en 1895 en pleine possession de ses facultés.La mort a pris Berthelot dans la force de l'âge, à cinquante-trois ans, lorsqu'il n'avait pas eu le temps de donner toute la mesure de son esprit, et elle laisse les crétins.Le sens de la vie et de la mort, en dehors de la foi, est impénétrable.Il faut s'incliner devant son mystère ! Si on représente la Justice avec un bandeau, on devrait représenter la Mort aveugle et sourde.Elle oublie ceux qui l'implorent et fauche impitoyablement au hasard.Elle prendra dans son berceau, malgré les supplications de la mère éplorée, un bel enfant à qui l'avenir sourit et laissera dans un autre berceau l'enfant difforme ; à l'autre, elle prendra la mère.Elle sépare les amants, les époux qui s'aiment.Elle laisse les époux malheureux, les malades incurables, les vieillards dont la vie est un fardeau pour eux-mêmes et pour les autres.Ce n'est pas la mort qui est triste, c'est de vieillir, d'assister à sa propre déchéance.Les mondes au-dessus de nous sont silencieux et les tombeaux au-dessous de nous gardent leur secret.« Notre dernière douleur reste aussi notre dernière curiosité )), a dit Goyau.Le 27 juin, le 1er, le 4, le 9 et le 13 juillet 1931.dans une série d'articles, parus dans La Presse, intitulés : « Hector Berthelot, l'ineffable humoriste ou le témoin goguenard et avisé d'un siècle qui s'en va.» Gilles Rcynald dit : « Berthelot était un fin type qui vous fait du reportage et de l'ironie aux dépens du Montréal fin de siècle, qu'il représente mieux que quiconque, avec son tempérament complexe, sa curiosité éveillée, sa gaieté sonore et communicative.» Berthelot ne flagellait pas seulement les fautes et les travers des politiciens mais aussi leurs injustices, sans craindre le tort que cela pouvait lui causer.Il avait l'hypocrisie, la lâcheté et la bêtise en horreur.Renan voyait de l'infini dans la bêtise humaine.C'est évidemment un sujet inépuisable pour l'humoriste.Messieurs Edouard Montpetit et Alfred Bienvenu m'ont dit que Berthelot n'a jamais été remplacé.L'Hon.Honoré Mercier, parlant de Berthelot, m'a dit : « Il est malheureux que tant d'esprit soit perdu.» Morgan Powell a écrit : « He was the most spiritual man of his time.» Heureusement qu'une partie de ses petits journaux sont à la collection Gagnon, à la Bibliothèque Municipale. 148 AMÉRIQUE FRANÇAISE L'hommage rendu à sa dépouille mortelle fut grandiose ; toute l'élite de l'époque suivit son cortège et tous les journaux s'y firent représenter.Un soleil radieux éclairait ce cercueil qui renfermait un esprit qui avait tant rayonné.* Je fis mon début à l'âge de 17 ans, accompagnée de mon frère Charles, chez le juge Sicotte.A cette époque, la robe de satin blanc était de rigueur.La mienne était recouverte de tulle piqué de marguerites artificielles ; de longs gants en suède blanc, des souliers de satin blanc et un éventail en dentelle blanche complétaient la toilette.Maman ayant conservé la soie lilas de sa robe de mariée, je l'employai pour une autre robe de bal ; la couturière la couvrit de tulle blanc piqué de pois en chenille ; deux plumes d'autruche lilas entouraient l'encolure.Les jeunes filles portaient rarement des bijoux, en 1887 ; on ne vendait pas alors de camelote.Une des jeunes filles de M.Arthur Danscreau fit son début dans une robe qui avait coûté cent dollars, prix exorbitant pour l'époque, ce qui lui attira une foule d'épigrammes.Hélas, tous les jeunes gens avec qui j'ai dansé sont morts.J'allai ensuite aux bals chez Lady Lacoste, chez Lady Tas- chereau, rue St-Hubert ; chez le juge Ouimet, qui demeurait au coin de la rue Sherbrooke et St-Urbain, côté nord, et chez M.Arthur Dansereau dans la même rue au coin de St-Urbain, côté sud.Sa grande maison a été remplacée par une maison de rapport.Comme M.Arthur Dansereau était veuf, c'étaient ses filles qui recevaient les invités.Parmi ces dames, plusieurs a-vaient un jour de réception où l'on se rendait sans autre invitation.Tous les ans, je faisais des visites avec maman, entre autres chez Mme Honoré Mercier, épouse du premier ministre de la province de Québec ; chez Lady Lacoste, chez Lady Taschercau, chez Mme Fabre, mère de Mgr Fabre, où demeurait aussi Mme Surveyor, mère de l'hon.juge Surveyor ; chez l'hon.juge Ber-thelot, chez les Prévost, qui demeuraient alors où est maintenant le magasin Ogilvie ; une des jeunes filles avait épousé en premières noces le docteur Elzéar Berthelot, fils du juge, une autre avait épousé le docteur Brodeur, qui fut le premier étudiant canadien-français qui alla perfectionner son cours de médecine à Paris.L'usage du téléphone a changé bien des coutumes et les visites de cérémonie ne se font plus.Les relations sociales d'aujourd'hui ne sont plus celles d'autrefois. SOUVENIRS (iv) 149 Pour les soirées et les bals, n'étaient invités que les jeunes gens qui faisaient des visites du Jour de l'An et des Rois.Comme je recevais seule, n'ayant pas de sœur, cela m'ennuyait de toujours entendre parler de la température et je dis à une amie : « Cette année nous allons compter ceux qui ne nous parleront pas du beau ou du mauvais temps ».Sur une vingtaine de visites, je n'en comptai que trois.Je dis alors à maman : « Dorénavant je ne recevrai plus ; je sais le temps qu'il fait sans qu'on me le dise, je préfère lire un bon livre.» Je n'aimais pas recevoir un jeune homme seul, je trouvais plus agréable de recevoir un groupe de jeunes gens et de jeunes filles.Parmi nos amis, quelques-uns avaient formé un orchestre d'instruments à cordes.Ils apportaient leurs instruments lorsqu'ils venaient veiller chez nous.La musique et le chant rendaient nos soirées plus intéressantes.Quoique maman permît les danses vives, je refusais de jouer du piano pour les faire danser, puisque ces danses étaient défendues ; et mon frère Charles disait : « Tu prives une autre jeune fille ou un jeune homme de danser.» Maman pensait avec raison qu'il valait mieux permettre ces danses chez soi que de voir mes frères aller danser dans des endroits où il n'y a pas de surveillance.C'était un grand sacrifice pour moi de ne pas danser la valse et autres danses à deux.A cette époque, les jeunes gens ne tutoyaient pas les jeunes filles et lorsque j'épousai mon mari j'eus de la difficulté à m'ha-bituer à le tutoyer.Les jeunes filles ne mettaient ni poudre ni rouge, il n'y avait que les femmes de mauvaise vie qui se maquillaient.(A suivre) T E N T A T 10 N Appuie ton sein droit sur mon je in gauche Kl perce ma solitude De celle lance de jeu.- .liais ce jeu ne donnera que cendre Ta solitude en ocra plus grande Et tu ne la souffriras pas mieux.Antenor. ELZÉAR SOUCY Le Classique de la rue Sauguinet par Louis-Martin Tard Tout le monde, à Montréal, a vu des œuvres d'Elzéar Soucy ; les grandes guirlandes de feuillages sur certains édifices de la rue Craig, les cariatides des bâtiments de la Sun Life, Place d'Armes, les décorations de la façade de chez Birks, entre autres, sont dues à son ciseau.— Quand je travaillai à toutes ces sculptures, explique-t-il, j'avais vingt ans.A présent, j'aime à passer dans les rues du bas de la ville et à regarder ces vieilles œuvres.Je leur adresse un petit coup de main discret.C'est ma jeunesse que je salue.C'est un grand vieillard qui nous parle, sec et droit, dont l'effigie pourrait faire le sujet d'une œuvre allégorique, sous le titre de « La Généreuse Vieillesse triomphant du Temps ».Elzéar Soucy tourne vers nous son visage coloré, marqué surtout des rides du sourire, et répète.— J'avais vingt ans !.Il revient vers son chevalet et reprend le travail qu'il a interrompu à notre arrivée : un médaillon d'argile sur lequel il sculpte, grandeur nature, le portrait de Mgr Forget, de Saint-Jean.— Je l'ai commencé ce matin, explique-t-il.Cette semaine, j'ai terminé une commande qui m'a donné beaucoup de satisfactions ; quelques statuettes destinées à l'église du Saint-Esprit de Limoilou.Ces statuettes taillées dans l'acajou sont tout de même vingt-huit 150 ELZÉAR SOUCY et mesurent vingt-quatre pouces de haut.Il a fallu que cet homme, âgé de 78 ans, pour réaliser ce travail, donne des milliers de coups de maillet pour enfoncer sa gouge dans le bois dur.Je lui fait remarquer t >ut cela.Il hausse les épaules, et affirme : — C'est le métier, que voulez-vous.Il nous montre les ébauches de terre de ces statues : alors, s'avancent vers nous, tous les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les grands fondateurs d'ordre.Elzéar Soucy reprend l'ébauchoir et le serre dans sa main longue et bien musclée, une main faite pour étreindre le ciseau, douée aussi de doigts aux pulpes douces et spatulées, habituées à polir la glaise et à lui donner doucement la texture de la peau humaine.Par une petite verrière, le jour gris de Montréal tombe sur le profil inachevé de Mgr Forget.A l'entour, l'atelier est plutôt sombre ; la centaine de bustes, de médaillons, de figurines, rangée sur les étagères est habillée de grisaille.Mais, ce qui étonne surtout ici, c'est un silence rural ; nous sommes pourtant au cœur de la ville, entre les rues Sainte-Catherine et Ontario.— Vous regardez mon domaine, c'est une ancienne forge que j'ai arrangée en atelier.Je regrette un peu l'ancien, au 38 de la rue Bleury.J'y ai travaillé trente ans.Il était haut de plafond, c'est là où j'ai modelé la maquette du monument à Mgr Laflèchc qu'on peut voir aux Trois-Rivières.Ce groupe fait 14 pieds de haut, la statue proprement dite et son sujet annexe : « La Vérité éloquente ».Elzéar Soucy hoche la tête, il reprend : — Vraiment, quand il prêchait, il était vraiment la vérité éloquente et pour moi, ça a été un plaisir que d'exprimer un sentiment avec mes mains, de rendre sensible un idéal par des formes créées.Et entre nous deux, le vieux sculpteur modèle dans le vide une argile invisible. 152 AMÉRIQUE FRANÇAISE A présent, je lui parle de ses lébuts, de sa vocation.Je lui demande d'évoquer sa vie d'autrefois, ses années d'apprentissage.— Pendant un an, dit-il, j'ai travaillé sans recevoir de salaire, c'était le lot des apprentis.Puis, après une année, j'ai touché un dollar et demi par semaine ; ensuite, au bout de deux ans, deux dollars et demi.Il est vrai que c'était en 1893- Aujourd'hui, on ne trouve plus d'apprentis ; les jeunes veulent tout de suite être des maîtres et gagner de l'argent.Alors ce métier se perd.Tenez, moi, je cherche un élève, un garçon à qui j'apprendrai tout ce que je sais ; je n'en trouve pas.A la façon dont il dit : « Je cherche un élève », on sent qu'il veut dire : « Je cherche un disciple », quelqu'un avec qui, épaule contre épaule, il modèlera l'argile, sculptera le bois ou la pierre, coulera le plâtre ou le bronze.— Avant la dépression, explique encore M.Soucy, il y avait trente-cinq sculpteurs en activité à Montréal.À présent, je suis peut-être le seul à faire ce que je fais ! Il colle sur la joue du prélat une petite boulette de terre, qu'il étale d'un pouce rapide.— Oui, dit-il, nos jeunes sculpteurs croient pouvoir se passer des disciplines de l'atelier ; dès leur cours fini, ils veulent voyager ; ils passent en coup de vent dans les musées étrangers, n'ont pas le temps de tout voir et de bien voir.Cela leur tient lieu de pratique.Alors ils reviennent au pays et se mettent au travail, à moins qu'ils ne deviennent tout de suite professeurs, et comme ils ne savent rien encore, ils forment des médiocres qui seront professeurs à leur tour.Je lui parle de ses voyages.Il raconte la France, la Belgique, l'Italie, puis, reprenant son idée, affirme : — Un artiste devrait attendre l'âge de vingt-cinq ou de trente pour entreprendre ces visites à l'étranger, lorsqu'il a atteint sa maturité artistique.k Notre conversation dévie sur l'art moderne et ses stupéfiantes défor- ELZÉ/IR SOUCY 153 mations.Elzéar Soucy ne condamne pas, il lance une phrase qui indique son optimisme et sa bienveillance : — « Ils » ne sont pas encore arrive à quelque chose.En attendant qu' « ils » réussissent, lui, reste fidèle au classicisme.— Les anciens, dit-il, ont résisté à l'épreuve de vingt ou quarante siècles, alors ! Cet homme ne parle pas de ses succès qui furent nombreux, des honneurs d'une carrière bien remplies, mais seulement de son travail.Il conclut, avec un petit sourire amer : — Je crois que les gens n'aiment pas la sculpture ici ; tenez, les jardiniers cachent toutes les statues avec leurs arbres ; Aux Trois-Ri-vières, ils ont mis un mur d'épinettes autour de mon Mgr Laflèche, cela gâche la perspective et personne ne leur dit rien.Ça ne gêne personne.Puis il retourne à son chevalet, dans cet atelier où il travaille encore dix heures par jour.LE BEL ATOME La Science perça la matière rebelle, El la joi IreMaillil à l'oeil méditatif ; Hélas, te bel atome alourdi d'explosif Fit naître le malheur au feu de l'étincelle.Dernier né du progrès sauveur, le grain fidèle Poursuivit son destin, malgré le cri plaintif De la gorge ignorante et du sein primitif ; L'univerà s'embrasa dans la haine mortelle.Les merveilles de l'homme en sa création Lui font croire souvent à ta rédemption lit la matière s enfle, oubliant la traîtrise ! Mais le rachat est pur et s'opère en plein coeur : La gerbe mécanique appelle une âpre crise, Puisque c'est par amour que l'âme naît et meurt ! Lucien Collin LA REVUE DES LIVRES LA NUIT NE DORT PAS — nouvelles — Adrienne Choquette.Institut Littéraire du Québec, 1954.Dans un style resserré, aussi dur et précis que les « cas » qu'elle présente, Adrienne Choquette décrit des vies qui n'en sont pas ou plutôt qui sont déjà moribondes.Des personnages condamnés à l'horreur, au désespoir, à l'apathie, enfermés par l'auteur dans une existence exiguë où n'entreront jamais la foi ni l'amour, ni le désir d'évasion.Un monstre, une folle, une oie blanche, un assassin, une famille de brutes et d'abruties : voilà ce qu'on nous montre, et sauf peut-être, pour la folle, on ne s'identifiera pas avec leurs malheurs.Dans Le voyageur, la meilleure de ces nouvelles, et dans Les étrangers, par contre, les petits garçons, victimes innocentes qui de ses illusions, qui de l'incompréhension cruelle de ses parents, nous émeuvent.Ils sont tellement vrais ! On a envie d'inventer pour eux, après ce qu'en a dit l'auteur, un destin où le bonheur aura sa part.Adrienne Choquette excelle à reconstituer les atmosphères irrespirables.Elle sait voir très bien le pire côté des choses, et lorsqu'elle se penche avec sympathie sur ses créatures, c'est comme pour souligner son impuissance à les sauver.Y a-t-il vraiment des êtres irrécupérables?Elle en a peut-être rencontrés.En tout cas, elle o une manière bien à elle de prendre le lecteur à la gorge et de le tenir dans l'angoisse jusqu'à la dernière ligne.CLAUDINE ET LES ÉCUEILS — comédie — François Hertel de l'Académie Canadienne-française — Editions de l'Ermite — Paris, 1954.Comme s'il était sûr que sa pièce n'aurait aucun succès, François Hertel dit, dans son avant-propos : « Cette pièce n'a jamais été jouée et ne le sera probablement jamais.Elle n'est en effet ni tragique, ni comique et ne saurait intéresser le public ».Il a tort.Facile à monter, très courte bien que divisée en trois 154 LA REVUE DES LIVRES actes, originale dans son dialogue et dans sa pensée, au demeurant légère et spirituelle, Claudine et les Ecueils est sans doute la meilleure chose qui nous soit venue d'Hertel, depuis Le Naufrage.En l'accouplant avec une des pièces de Jacques Ferron, par exemple, un metteur en scène tant soit peu judicieux nous présenterait là un bon spectacle.François Hertel devient donc dramaturge, et sa première comédie augure bien de cette nouvelle forme qu'il a prise pour s'exprimer.Dans le trop maigre théâtre canadien, Claudine et les Ecueils s'installe au premier rang, place qu'il ne lui était guère difficile d'accès, d'ailleurs.* * * AARON — roman — Yves Tbé-riault — Institut Littéraire du Québec, 1954.Aaron est un jeune Juif moralement écartelé entre son grand-père orthodoxe et une jeune affranchie qui pense qu'on se transforme comme ça, de Viedna en Cécile, et que seul l'argent peut sauver les Juifs.Jethro, le grand-père, noble figure pour qui la condition misérable du Peuple choisi est voulue du Père, croit aussi que les Hébreux doivent leur force et leur survivance à « l'observance rigide du code des Lévites », à la puissance des tra- 155 ditions transmises pieusement et gardées farouchement de père en fils, au point qu'il n'admettra pas que son petit-fils puisse sour haiter meilleur sort que celui de tailleur à la pièce.Le roman est court ; plus long, il n'aurait pas plus dit.Il découpe en tranches nettes un sujet qui touche beaucoup de monde — l'intégration des Juifs dans nos sociétés — et dont peu de gens connaissent le premier mot ; mais le sujet ayant été présenté, ne s'épuise pas.Il y a ici un problème fort habilement posé, que l'auteur ne se mêle pas de régler, car la solution de Viedna n'en est pas une.Les antisémites du roman sont des brutes, des ignorants ; Jethro et son ami, le boucher Malak, restent dignes dans leur misère.Aaron est-il un lâche de vouloir vivre comme un homme plutôt que comme ce que nous avons fait des Juifs : des êtres traqués?Thériault ne répond pas.Il n'élabore point de thèse.Son roman s'adresse à des adultes capables de penser par eux-mêmes.Yves Thériault, dans Aaron du moins (je n'ai pas lu ses autres romans) n'est ni raseur, ni phraseur.Il sait écrire ; il décrit bien après s'être intelligemment documenté ; ses personnages sont profondément humains. 156 TOTEMS — Gilles Hénault -Editions Erta — Montreal, 1953- Les Editions Erta sortent de l'ordinaire.Elles publient des poèmes, (jusqu'à présent les plaquettes de Roland Giguèrc) tout ce qu'il y a de plus gratuit, et permettront à une Pléiade de jeunes écrivains doués de voir le jour.Gilles Hénault est un excellent poète.Il a le sens de la langue, l'audace de l'image, l'œil qui recrée, la mémoire auditive laquelle est importante en poésie, et une conscience aiguë de la valeur de la vie.On reconnaîtra ces qualités dans le poème Gas-pesie, et, ma foi, tout autant ailleurs, par exemple dans Feu sur la betc-angoisse, Défense de toucher, et dans L'enfant prodigue : « L'enfant prodigue L'enfant prodige, le voilà devenu homme l'homme de time is money et l'homme du bel canto l'homme rivé à son travail qui est de river toute la journée.» — où l'on rencontre en outre cette générosité intense, mais hélas, impuissante parce que non-personnaliséc que l'on trouve chez les jeunes intellectuels dits « de gauche ».Enfance est aussi un bien charmant poème : « Il fait clair de neige dans ma tête.AMÉRIQUE FRANÇAISE Les loups sont à la piste des Noëls anciens.Douceur du feu aux doigts de chanvre Chandelles et mirlitons faussés.)) Parlant de mirlitons, je trouve que Gilles Hénault a gâté son affaire dans sa Petite genèse apocryphe, en s'adonnant à de faux bons mots.La poésie pamphlétaire sonne rarement juste.* * * HYMNES - ISABELLE — Georges Cartier — Editions du Muy - Montréal, 1954.Tandis que Roland Giguère et Gilles Hénault, Gaston Miron et quelques autres tapent à tour de bras sur la grosse caisse afin d'ouvrir les yeux aux dormeurs et de faire entendre les morts, et d'attirer l'attention sur les hommes aux mêmes visages, enchaînés dans leur condition, affolés par tout ce qui les menace et auquel ils n'échapperont pas (voir Totems, Armes Blanches, Deux Sangs, par les poètes ci-haut nommés), Georges Cartier plane.Il est béat ; amoureux transi et poète délicat pour tout ce qui est « fraîcheur des chairs et du sable et de l'eau fraîcheur du soir et du vent.» LA REVUE DES LIVRES 157 La bombe H, l'homme-sand-wicb, la division du monde, le racisme, l'absurde, il ne connaît pas ça ; il l'a peut-être vu de loin.Mais enfin, on croirait que pour lui la terre est un immense canapé.Il est heureux et le dit joliment.Rendons-lui mille grâces ; c'est si rare ! Nous ne lui en voudrons pas d'avoir chanté ses amours tendres, et dans une charmante pastorale, les flûtiaux, les pastouraux et les troupeaux, et Isabelle, la bergère, qui « .flattait ses agneaux sur son sein ».* * SUITE MARINE - Poème — Robert Choquette — Paul Pé-ladcau éditeur — Montréal, 1954.On raconte que pendant vingt ans, Robert Choquette a usé de ses vacances pour écrire ce long poème, trois cent trente pages, sur la mer.Robert Choquette, écrivain de carrière, a publié en outre trois volumes de vers, deux romans et deux pièces.Il apparaît, après lecture de Suite Marine, qu'en dépit de son travail quotidien qui consiste à écrire des romans-savons pour la radio, Robert Choquette est toujours poète, et qu'il a gagné en ampleur ce qu'il a pu perdre en spontanéité.Il me semble que le temps que l'on met à faire une oeuvre importe peu, si l'œuvre se tient ; Suite Marine a, je pense, une valeur indéniable.Suite Marine est, avant tout, un poème descriptif.Ni l'érudition ni le riche vocabulaire n'alourdissent les meilleurs vers de cette Suite dont le chant intitulé La nuit millénaire est, pour moi, le plus beau.Ce que des savants ont raconté de leurs explorations dans les abîmes marins, ce qu'ils ont su lui communiquer de leur ébahis-sement, ont impressionné et inspiré le poète à tel point qu'il se dépasse de beaucoup, en lyrisme et en imagination, au cours de ce passage.Combien terne et pâlotte, et à mon avis, inutile, cette trame sentimentale qui montre le bout du nez à travers des évocations pleines de force et de fantasmagorie ! * * PHILTRES ET POISONS — Philippe LaFcrrière — Editions du Cerbère — Montréal, 1954- Ce ne sont pas des philtres d'amour ni des poisons violents.Philippe LaFcrrière distille l'humour et l'ironie.Personne ne se prendra pour le prototype d'un de ses héros ; on croira plutôt reconnaître son voisin, aussi suis-jc bien certaine que tout le monde rira.Le comique de Philippe LaFcrrière procède autant des situations cocasses que du ridicule 158 AMÉRIQUE FRANÇAISE des personnages dont les noms ravissent — Dame Gracieuse Bardacier, mégère ; Félix le Mauricien qui a le tempérament espagnol et l'âme d'un conquistador et pour ce, voyage sans escorte ; Gérard Panthois, à genoux devant la femme imprenable de son meilleur ami, le forgeron Ncrce Pingouin, noceur faussement repenti ; et les autres.Et ce vocabulaire somptueux, ces tours de phrases, on ne peut plus recherchés avec lesquels l'auteur se permet de dire clairement des choses qui ne se disent pas avec les mots de tous les jours.Ces grosses blagues sont d'autant plus drôles qu'elles sont racontées avec les circonlocutions les plus distinguées.Les illustrations de style Belle Epoque très amusantes aussi, les accompagnent parfaitement.* * * AUTOUR DE LA MAISON — Michelle Le Normand — réédité par Fides — Montréal, 1954- Lors de sa parution, Autour de la maison a été couronné par l'Académie Française.Il se compose de charmants récits : impressions de jeunesse, jeux d'enfants, pieuses coutumes, et cœ-tera.L'auteur s'est souvenue de son enfance heureuse et l'a rappelée avec beaucoup de verve et de fraîcheur.* * JE SUIS MARIE OU CELLE QUI VIENT — poèmes — Germaine Desjardins-Versailles — Centre Mariai Canadien.Les quelques soixante-dix poèmes de ce recueil sont autant de prières où maintes âmes ferventes trouveront leur nourriture.Elles les liront avec la même « fraîche candeur », selon l'expression du père Hilairc de la Pcrade, qui s'en exhale.L'auteur, vraie chrétienne, voit en Marie, la Mère du Fils de Dieu, avant tout.Chez madame Versailles, la dévotion en la Mère de Jésus, ne remplace pas l'adoration que l'on doit au seul Dieu.La créature choisie n'est pas dissociée d'avec son Créateur ni d'avec cette fonction sublime pour laquelle elle a été créée.Cette intelligence de la véritable nature de Marie est beaucoup moins générale qu'on ne le croirait.La pure orthodoxie de madame Versailles, la sincérité et la douceur de ses invocations, charmerait le croyant le plus tiède, lequel, à la lumière de ce cœur mystique, verrait peut-être Notre-Dame de la Vérité : « Comme une lame nue entre les mains de Dieu.» * + LA REVUE DES LIVRES 159 UN HIVERNAGE A STADA-CONÉ — G.Cerbelaud-Sala-gnac — Fides, Montréal, 1953.Jacques Cartier est le héros de ce récit pour les jeunes, où l'auteur s'est efforcé d'une manière agréable et habile de raconter le second voyage au Canada du grand navigateur.Les faits historiques se mêlent heureusement à une intrigue romanesque où il est question de traîtres et de mutins.Du même auteur, chez le même éditeur, LE CANON TONNE A STE-EUSTACHE, roman d'aventure pour les enfants de dix à douze ans, basé sur la Révolte de 1837.On y fera connaissance avec plusieurs patriotes authentiques dont les manuels d'histoire ne font pas mention.NOTES Jean-Guy Pilon, dont nous publions un poème dans le présenl numéro, fera paraître une plaquette de poésie aux Editions de l'Hexagone, dans la collection Les Matinaux que dirige Gaston Miron.* * * Alan Horic est un jeune Néo-Canadien d'origine croate.Après avoir servi dans la Légion, en Indochine, il est venu au Canada où il s'est établi et marié.Ses premiers poèmes écrits en français ornaient les bas de page du premier numéro (/'Amérique Française de cette année.* * * Lors de l'assemblée annuelle de la Société des Ecrivains Canadiens, monsieur Jean Bruchési distribueia les prix du concours littéraire d'Amérique Française. i6o AMÉRIQUE FRANÇAISE Afin de permellre aux archivistes et aux amateurs de compléter leurs collections, nous tenons à leur disposition quelques numéros isolés tirés des volumes 1, II el III ; des séries complètes des volumes IV et XI.Prix par numéro : Vols.I à VI : 35?-Vols.VII et VIII : 75?-Vols.IX.X et XI : 50?.To enable University and oilier collections to complete their files, we hold at their disposition odd numbers from Vols.I.II and III ; complete series of Vols.IV to XI.Price per number : Vols.I lo VI : 35*-Vols.VII and VIII : 75?-Vols.IX.X and XI : 50?.INDEX Vol.I 1-7 .1941-42 Vol.II l-S .«942-43 Vol.Ill 16-21 .«943-44 Vol.IV 1-6 .1944-45 Vol.V 1-10 .1946 Vol.VI 1-6 .1947 Vol.VII (Nouvelle série vol.I) 1-4 .1948-49 Vol.VIII (Nouvelle série vol.II) 1-4 .1949-50 Vol.IX (Nouvelle série vol.Ill) 1-6 .1951 Vol.X 1-6 .1952 Vol.XI 1-6 .1953 Vol.XII En cours .1954 L'ENSEIGN EM ENT dispensé sous l'égide du ministère du.Bien-Etre social et de la Jeunesse, dans le but de préparer la génération montante à participer au développement économique et industriel de la province, met plus d'une soixantaine d'institutions à la disposition des jeunes : plusieurs écoles spéciales enseignant dos disciplines propres à des domaines particuliers (meuble, arts graphiques, métiers commerciaux, textiles, marine, papeterie, métiers féminins, automobile, etc.), huit écoles techniques situées dans les principales régions de la province et une quarantaine d'écoles d'arts et métiers.Les écoles techniques — équivalentes à ce que nos compatriote; d'expression anglaise désignent sous l'appellation de « technical institutes » — ont pour mission d'entraîner les jeunes en regard des fonctions supérieures de l'industrie.Kllcs sont situées à Montréal, Québec, T rois-Rivières, Hull, Shawinigan-Falls, Rimouski, Sherbrooke et Chicoutimi.Celle de Montréal est reconnue comme la plus importante de tout le Commonwealth des nations britanniques, tant par l'outillage que renferment ses ateliers que par le nombre île ses élèves.Les spécialités enseignées dans les écoles techniques varient selon les besoins de chaque région ; rémunération suivante, bien qu'incomplète, démontre la grande diversité des matières : mécanique d'ajustage, menuiserie, charpenteric, modèlerie, forge, fonderie, électricité, électronique, outillage, soudure, cordonnerie, coiffure, imprimerie, réfrigération, mécanique d'automobile, brique-tage, horlogerie, photographie, débosselagc et peinture, radio, plomberie, chimie industrielle, métal en feuilles, céramique, diesel, etc., etc.Autour de chaque école technique gravitent quelques écoles d'arts et métiers où se donnent également les trois premières années du cours technique.Cet enseignement constitue un cours supérieur de technique industrielle, et il tend moins à donner une spécialisation exclusive qu'à offrir une formation orientée vers l'industrie.Chaque école d'arts et métiers constitue un splendide tremplin vers l'école technique régionale, décentralisant ainsi l'enseignement spécialisé pour le mettre à la portée de toute la population.La province de Québec peut s'enorgueillir à juste titre de posséder le système d'enseignement spécialisé le plus complet au monde.MINISTERE DU BIEN-ETRE SOCIAL ET DE LA JEUNESSE Hon.Paul Sauve, c.r., Gustavk Poisson, c.r., ministre.sous-ministre.44225541 Profitez du NOUVEAU TARIF AÉROPOSTAL POUR OUTRE-MER POUR N'IMPORTE OÙ DANS LES PAYS SUIVANTS L'AFFRANCHISSEMENT COMPREND LES FRAIS DE TOUS LES SERVICES AÉROPOSTAUX DISPONIBLES 1 Bermudes, Mexique, Amérique centrale et Amérique du Sud et Antilles.10j* par demi-once 2 Grande-Bretagne et Irlande du Nord, République d'Irlande et Europe (y compris les Açorcs, la Corse, la Crète, les îles du Dodecanese, Gibraltar, l'Islande, Malle, les îles Canaries, les îles du Cap-Vert et Madère).15f| par demi-once 3 Guam, Philippines, Afrique, Asie et Oceanic.25f! par demi-once Canada, Ktals-Unis, Hawaï ou n'importe quel endroit en Amérique du Nord non mentionné sous le no 1 ci-dessus.1 f.la première once et 5f! chaque once au delà Le droit de recommandation s ajoute au tarif lusindiquc, aux endroit» oà existe ce service ,] AEROGRAMMES En plus des services aéropostaux réguliers ci-dessus, il y a le service supplémentaire des aérogrammes, qui peuvent être expédiés à tous les pays à raison de 10^ chacun.Les aérogrammes ne s'envoient pas sous recommandation.POSTES-CANADA LE MINISTRE DES POSTES, HON.ALCint: CÔTÉ".C.R.M.P.LE SOUS-MINISTRE DCS POSTES, W.J.TURNBUU
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