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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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septembre 1914
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  • Revues
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Références

La bonne parole /, 1914, Collections de BAnQ.

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LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis, 50 cts Etranger, 80 cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Vol.II.SEPTEMBRE 1914.No 7.ABONNEMENTS ET REDACTION : Chambre 14, Monument National, Boni.St-Laurent, Montréal.Tél.Main 7122.Heures de Bureau de 9 h a.m.à 1 h p.m.SOCIETES F" EE D EE R E E8 Lr\ damei pitronnciiei dei oeuvres'suivantes : Institution de* Sounl's- M nettes, Ciéchc «le la Miséricorde, Nazareth.Hôpital Notre Dame, Hospice Si-Vincent de Paul, Hôpital Stc-Jiistinc, l.a Providence et Lea Incurable!.Fédération paroissiale de I* Enfant Jésus.Fédération paroissiale du Tiès Saint Nom «le Jésus de Mnisonnetive, Fédération paroitsia'e de Saint Henri.I'édération paroissiale de St- Jenn-Haptiste.Féoération paroissiale de St-Vinccnt-uc-l'aul.Cercle des demoiselles «I.>i-Pierre.Cour de l'Immaculée Conception.Le Foyer.Patronage d* You ville.Les Ecoles ménagères, Cercle d'Etudes Notre-Dame.Association des Institutrices catholiques.Association des employées de manufacture.Association îles employe's de magasin, Association des employées de bureau, Association «les femmes d'affaires.L'Assistance Maternelle, SOMMAIRE Entre nous.M'ii'u J.Ocriii.Lu femme doit-elle travailler.J.Zamuiinki.Le rôle de In femme dans l'exode rural.r.M.li.!>iaml.Lettre à mon amie.Mnric-Cbiire, Simple Bon Sena.Dunielh Aubry.Sont/, savante.Juttim' Ihmhl.Soir d'été.\farienlob.Le Lampe du Sanctuaire.I*.il/, li* L'Isolée.Jacqueline.La Ligue patriotique dea Françaises.Iltitln Duly*, Notre Courrier.— Chronique des œuvres.Bibliographie.— Revue des revues.—•» ENTRE NOUS La mort île notre vénéré pape Pie X a été pour nous un deuil particulièrement profond.Vous savez toutes.Mesdames, combien le Très Saint Tore a encouragé, béni 1rs œuvres sociales, les œuvres féminines et la nôtre en particulier.Il y voyait les instruments (l'une grande régénération, lui dont le règne se résume dans cette seule pensée de tout restaurer dans le Christ;.Aussi à l'approche des effroyables mêlées qui sont comme un défi à toutes les prédications chrétiennes son cœur s'est brisé____ En nous agenouillant auprès de cette sainte Figure dont l'ardent désir fut le règne pacifique du Christ-roi.nous comprenons bien lu vérité de cette phrase qui semble avoir été* écrite «avec l'acier d'une épéc: "La guerre c'est l'enfer." Oui, au delà de toutes les horreurs physiques et sociales, ce mot prend une signification littérale ^i l'on considère les luttes presque déicides qui mettent en présence des chrétiens, des membres d'un même Christ, des temples de Mien.Aux temps reculé de l'antiquité, quand l'idolâtrie impuissante à défendre les humains contre les puissances de l'enter ne pouvaient opposer aucune barrière à la brutalité des peuples, nous ne sommes pas surpris de constater les ravages du fléau infernal.Mais qu'il apparaisse après vingt siècles de Christianisme, voilà ce qui peut nous étonner.Il y a quelque temps, un journal quelconque publiait cyniquement le passage ou Jules César rend hommage-à la- bravoure des I3eltfes contre les Germains.Or, les termes du texte peuvent si bien s'appliquer à nos luttes actuelles que c'est à se demander si nous sommes moins barbares qu'autrefois.Un fait cependant doit nous rassurer, fait auquel nous sommes si bien préparés, qu'il nous paraît banal, mais que l'antiquité n'eut pas même soupçonné, c'est la- levée de dévouement qui accompagne la sombre catastrophe d'aujourd'hui.Aussitôt la guerre déclarée, des femmes s'en vont sur les champs de batailles recueillir les malheureux blessés, des hôpitaux se fondent et le pays tout entier travaille directement ou indirectement au soulagement des souffrances sans nombre qui vont gormer.On He préoccupe encore des familles sans soutien* des foyers désolés.Nous sommes loin de "Vie victis i;omain" ; ço n'est pas en vain que le Christ a soufflé sur le monde.Si les institutions et les mœurs ne sont pas encore complètement transformées, néanmoins les couches profondes de notre humanité sont atteintes: elles renferment un levain nouveau.Et comme sainte Catherine de Sienne, au milieu des sanglantes épopées de son siècle, nous devons croire et espérer quo "Le Fils de Dieu prit notre humanité pour l'aire une grande paix." Quel que soit le temps où triomphera cette paix entrevue, nous avons à n'en pas douter le devoir d'en avancer le jour.Et il semble, mesdames, que ce devoir nous soit tout particulièrement dévolu.Les hommes doivent par loyauté, pour obéir à l'autorité établie, pour défendre la- patrie menacée s'enrôler sous les drapeaux.Mais notre mission à nous est toute de douceur ci d'apaisement.C'est noire privilège de |x)uvoîr peut être compenser sur une surabondance de charité les méfaits de la.haine.Mais pallier le mal ne suffit pas, il nous incombe aussi d'en prévenir Péclosion.Car si la- guerre à l'instant où elle éclate est fatale, inévitable à cause des événements qui l'ont nécessitée, nous pouvons en agissant sur ces événements orienter la vie d'une nation vers la- paix, ('cite ambition vous lait peut-être sourire, mais dites-moi, est-ce (pie les peuples ne passent pas tous sur nos genoux?C'est nous qui moulons entre nos mains les jeunes âmes qui seront demain les forces vives de la- nation.Oh ! il ne s'agit pas de mettre entre elles la crainte de la mort et le désir d'une paix identique à la torpeur.Il s'agit d'y allumer l'amour divin qui seul éclaire la.valeur de tous nos intérêts terrestres et nous permet d'user des biens de ce monde selon la justice, il faut y attiser la- véritable charité chrétienne envers la- prochain, y déposer l.a source intarissable des vertus (pii font les héros, et qui entretiennent la.vitalité d'une race.C'est encore nous acheminer vers la- paix que d'aider au rétablissement de la justice.Car la.justice satisfaite entraîne un état d'équilibre et d'harmonie inaccessible aux dissensions.Tour accomplir cette justice, tant désirée et si peu souvent atteinte, nous ne saurions trouver de meilleure règle que celle-là même renfermée dans noire devise : "Vers la justice par la charité." 4 7616 o Montréal— DA IIONXK PAROLE — Septembre 1914.Vol.Il No 7 An contraire des fausses maximes qui spéculent sur des réactions économiques et cherchent à définir Itv justice par des formules mathématiques, la charité veut coi ma îlre le prochain, elle nous fail prendre conscience de ses besoins, nous le l'ail aimer el nous rend ingénieuses pour lui procurer Ions les biens matériels, intellectuels ou moraux dont il |mmiI jouir.N'est-ce pas là, mesdames, tout le programma «le nos œuvres sociales dont le but -est de rapproche!* les individus el les classes afin (pie se connaissant mieux, elles s'aiment davantage el s'unissent dans la recherche des biens qui nous aident à atteindre notre fin?Ces œuvres sont donc éminemment ouvrières de paix, je dirais même en ces temps de gucri'c qu'elles en sont les plus puissants engins.Taudis «pie des vies humaines s'offrent en sacrifiée sanglant ;'i la patrie, notre devoir à nous, mesdames, est done de nous enrôler généreusement dans la grande air- '4* niée de la paix qui réclame plus que jamais nos dévouements.Nous prêterons largemenl notre concours aux œuvres militaires qui se fondent partout, soit pour le soulagement des soldats ou des familles abandonnées.Non nous efforcerons «le remplir plus scrupuleusement nota tâche si délicate d'éduca trices.Nous n'hésiterons pas à promouvoir les œuvres sociales qui mais sollicitent et ainsi nous pourrons avoir la certitude de travailler cf-fieaeemcnl à la réalisation du désir exprimé pair notre regretté Pontigc, que Dieu "lasse disparaître les causes de la.guerre." I3t le même sentiment qui faisait dire à la sainte de Sienne "Pour la paix, si je le pouvais, je donnerais mille fois ma- vie" nous la- fora vivre dans tonte la plénitude de de l'amour de Dieu qui embrasse buréminomment celui des créatures el constitue lu vie sociale.Maric-J.G crin: La Femme doit-elle Travailler ?Le développement industriel du dernier siècle a- provoqué un accroissement considérable de la main d'œuvre feminine.Les dernières statistiques nous révèlent qu'il existe en Rrance trois million-; de femmes recevant un salaire.Si nous comptons encore celles qui sont à la tête d'un commerce; les formières, les femmes de lettres, les femmes artistes, mais arrivons à un chiffre de sept millions et demi de femmes adonnées au travail, contre treize millions de travailleurs, soit -V.)".',, un tiers de l'armée du travail est constitué par la femme.Tous les genres de travaux, en dehors même dos travaux proprement féminins, ont été abordés par elle, depuis 1rs professions libérales, les services publics et les emplois de bureau jusqu'aux labeurs réputés les inoins féminins, forges, métallurgie, briqueterie, poterie, sciage de bois, verrerie, plâteric, voire terrassement et maçonnerie.Le travail industriel retient à l'usine, à l'atelier ou à domicile deux millions et demi d'ouvrières.Cet afflux sans discernement vers le travail industrialisé,les exigences de la concurrence aidant.ne pouvait s'effectuer sans répercussions sur l'état physique, moral et social de lu femme.De nombreux et graves abus furent relevés, les uns qui affectaient la santé ou offensaient la moralité, les autres qui compromettaient la fonction normale de la femme dans la société.La législation a commencé d'y mettre un frein.D'aucuns ont pensé qu'il convenait soit d'interdire à la fem- me toute occupation autre que le travail domestique, soit seulement de fermer à toute femme mariée l'usine, l'atelier, le magasin.Une législation, soit prohibitive, soit simplement protectrice, met en jeu les principes de l'activité féminine.Kssayons quelques considérations sur la.situation de la femme au regard du travail.Lorsque le Créateur en suite du péché infligea au travail le ea.racteiv.d'un châtiment, il n'en changea pas la nature essentielle qui est d'être un moyen de subsistance, et par là, la loi du travail, inhérente à la nature humaine, demeure subordonnée à la loi de la vie.Le travail, nécessité par la constitution physique et les exigences morales de l'individu, doit entretenir la vie de celui-ci, lui permettre de développer son être presque à l'obtention de sa fin dernière.Le devoir de fonder une famille n'a pas été imposé à chaque homme, au même titre que celui de conserver son existence et de développer son être.Le précepte: Crcs-rilr et m nil iplicaniini, a été adressé à la collectivité.Mais, lorsqu'une créature humaine se l'applique, son existence désormais s'entretient et se refait à un foyer et sa faculté de travail doit s'exercer en fonction de la nouvelle circonstance qui conditionne sa vie.Le travail pourra recevoir de l'état social de celui qui l'exerce certaines modalités.La femme, comme l'homme, a reçu la loi du travail.Mais par suite de la conformité parfaite de cette loi à la nature humaine et de son adaptation nécessaire à la- condition sociale, s'il existe des différences entre la nature de la créature masculine et celle de la créature féminine d'une part, entre leurs fonctions sociales d'autre part, ces différences se retrouveront dans l'application de la loi du travail à l'homme et à la femme.Premièrement, la nature de la femme est plus faible.Elle ne pourra- doue s'appliquer ;'i des travaux de force égale ;'i ceux qui sollicitent l'homme.De plus, la'femme a reçu de la nature des fonctions spéciales que le travail ne devra pas compromettre ni pour le présent ni pour l'avenir.Jamais, en aucun cas, cos distinctions no.devront être oubliées: elles sont essentielles.I teuxicmiement.sauf un vocation part iculicre, la femme a été- placée près de l'homme.La Genèse nous dit que Dieu regarda l'homme et ne trouva pas bon qu'il fût seul."Faisons-lui, dit-il, une aide semblable à lui." Lorsque l'homme el la femme obéissant au précepte: "froisse/, et multipliez-vous" auront fondé la société domestique, ils seront au même litre fondamental.(Adjulorium simile sibi) les deux compagnons du même labeur, lequel est l'entretien du foyer et l'éducation des enfants.Mais ici interviennent de nouveau les différences de nature.Cette collaboration de l'homme et de la femme réserve à chacun un rôle moral particulier.Dans le même temps qu'il infligea au travail le caractère d'une peine, Dieu confirma cette distinction.A l'homme il dit "Tin terre sera maudite à cause de loi; c'est par le travail pénible que tu en tireras ta nourriture": ;%i la femme: "Tu enfanteras drs fils dans la douleur/' A l'homme, le travail extérieur et la production.A la femme, l'enfantement et ses conséquences: les soins domestiques, h» travail intérieur."Par sa nature même, nous dit Léon XIII, elle est destinée aux ouvrages domestiques, ouvrages d'ailleurs qui sauvegardent admirablement l'honneur de son sexe, et répondent mieux de leur nature à ce que demandent la bonne éducation des enfants et la prospérité de la famille." 81 0299 903839 Vol.If No 7.Montréal — LA HOXXE PAROLE — Septembre 10! 1.3 Toi est donc, -sans conteste possible, le partage normal et par conséquent le partage désirable des travaux entre l'homme et la femme.Remarquons l'expression employée ici.Tout à l'heure, se trouvaient absolument exclues des travaux féminins certaines taches incompatibles avec la nature de la femme.13n ce moment, nous disons que le partage des tâches au point de vue domestique ewccr>, il v a quelques années, de l'introduire dans notre pays en l'adaptant à la mentalité des milieux ruraux.L'Etat les a suivies peu après, et a pris en main la direction d'un mouvement analogue en faveur duquel il a.lait inscrire au budget un crédit importa-ut.De leur côté, les Tuions de Syndicats agricoles ont également pris des initiatives, et, sous leurs auspices, des sections régionales de daines ont été fondées, d'autres sont en formation.Toutes les bonnes volontés, de la chaumière au château, peuvent y collaborer.Mes cours volants, des cercles de fermières s'organisent.C'est une véritable croisade qui se prépare.Mlle fait battre de joie et d'espérance le cœur dis amis des champs.Et, lorsque dans les villgaes éparpillés le long des routes, les jeunes paysans verront arriver les institutrices nouvelles, lorsqu'aux veillées d'hiver ils feront leurs rêves d'avenir, leur front s'illuminera., ils se sentiront enveloppés de la tendre sollicitude de» femmes «pii, ayant compris leurs peines, travaillent à rendre des épouses et des mères à la- terre de France.M, Il.Picard (Le Mutualiste français.) MAGNIFIQUES VOYAGES D'ETE par bateau ou chemin do for.Route des touristes entro Montréal, Quél>ee, Gaspc, Percé, Baie dos Chaleurs, Ile du Prince Edouard, Nouvelle-Ecosse, Saint-Jean, Terreneuve, Halifax, New York, et les ports intermédiaires.Pour billets, cabines, horaire: IIONE & RIVET, Amenée Générale de voyages, 9, Boulevard Saint-Laurent, Montréal.LETTRE A MON AMIE Ma chère amie, • Tes taquineries au sujet de mes lectures me rendent de précieux services! Mlles éveillent chez, moi le sens combatif et m'entraînent à la défense.Afin de te confondre, je cherche de foudroyants arguments, j'oppose à les sarcasmes, des connaissances précisées par l'étude.Je profite de tout cela-, ma- chère amie, et t'en rends de justes actions de grâces.Ta.perfidie s'attaque cette fois au livre de M.Lainv."Que devient, me dis-tu, cet adorable volume de chevet, La femme de demain; en fais-tu toujours ton bréviaire, ô femme d'aujourd'hui?"—Ton bréviaire! Le mot est merveilleux! Cette irrévérence, à l'égard d'un l'ère de 1' ISglise féministe, t u oses appeler ainsi M .I /amy, est comme un trait de lumière.Ce devrait être, en effet, le bréviaire par excellence des femmes que cet ouvrage.N'est-il pas le résumé de notre histoire à travers les âges, le recueil de nos actes bienfaisants ou malfaisants.l'Iivin-ne célébrant les vertus de notre sexe?Ne forme-t-il pas enfin un magnifique concert de louanges, à l'adresse de l'Kglise catholique, qui seule a servi pleinement, la cause de la- femme, et lui a- fait, à côté de L'homme, une place digne de ses mérites?Ma chère amie, je tiens miissï ma vengeance, car t « -1 un jeune et fervent diacre en quête de sermon, je vais puiser dans ce bréviaire, la substance de ma lettre.Je t'épargne, il est vrai, la division classique du sermon, mais je me munis en revanche d'un texte de circonstance.J'ouvre au hasard le volume.Le procédé est excellent avec certains livres précieux.L'on rencontre à chaque page, de ces petites phrases nettes, d'allure synthétiques, et ipii prennent, isolées, un relief saisissant.J'y lis, ce témoignage élogieux pour l'Eglise et pour nous: "Plus on médite, plus apparaît la collaboration de In femme, à l'établissement et à la puissance du christianisme.Aussi pas plus que la reconnaissance, l'Eglise ne marchande l'autorité de la femme." Si tu le veux, ma chère amie, nous allons graviter au- tour de ces quelques lignes de M, Lainy, en faisant appel à l'histoire.Nous savons un peu ce «pie fut cette collaboration féminine aux premiers siècles de l'Eglise.ISn un défilé lumineux, les grandes chrétiennes de ces temps repassent sous nos yeux.Voici les missionnaires, compagnes et soutiens des apôtres dans leurs courses à travel's le monde.Voici les martyres qui opposent victorieusement à la force brutale des tyrans, toutes les énergies de la force morale.Le collège des veuves s'avance ensuite, ces Marthes besogneuses, pénétrées de reconnaissance envers l'Eglise à laquelle elles doivent, une considération inconnue jusque-là.Quelques nobles figures se détachent au passage.Nous reconnaissons sainte Thècle, l'auxiliaire de saint Paul dans plusieurs de ses voyages apostoliques, et la première femme martyre.Tahithe.cette ancêtre de toutes nos dames de charité, dont les pauvres pleuraient la mort, montrant à saint Pierre les vêtements qu'elle leur avail faits."Un peu plus loin apparaissent Kabiola, la riche patricienne qui fonde à Rome, le.premier hôpital, sainte Mêla nie, rude adversaire d< Pelage et de Nestoritis, vainqueur de cet hérétique subtil que fut Valusien." Dieu, dit Baroniifs, "avait réservé à une femme, cette complète où le plus grand génie de l'Eglise, saint Augustin, avait échoué." C-D 8892 6 Montréal — LA BONNE PAROLE — Septembre 1914.Vol.Il No 7.Le zèle ardent de ces femmes cache mal la profondeur de leur gratitude: elles savent ce qu'elles doivent à l'Eglise."Dès que l'Eglise commence, nous dit M.Lamy, elle honore la femme, apprécie les vertus particulières de son sexe, ne lui marchande ni sa.part d'activité, ni l'autorité." L'Autorité! C'est en relisant les Epîtres de saint Paul que nous pouvons retracer les premières charges dont lurent investies les femmes.Il y est l'ait mention de l'ordre des diaconesses.Postérieurement à celte date, nous le retrouvons indiqué dans les Constitutions apostoliques, et dans une lettre de Pline le Jeune à Trajan.Qu'était-ce que cette diaeonie conférée aux femmes?Quelle en était les attributions?L'histoire conserve-t-elle le nom de quelques-unes des diaconesses?Tu te doutes bien, ma chère amie, que voilà le point culminant de ma lettre.La curiosité aidant, je me suis attardé autour de cette institution.Les vieux livres ont été pillés c| fouillés.Force leur a été de me livrer quelques-uns de leurs secrets.1511 toute justice, je t'en dois une parti»-.Tes réflexions narquoises ne sont-elles pas la cause de ces recherches?Le Ministère des diaconesses est d'origine apostolique.Il fut probablement créé à la même époque que celui des diacres primitifs et correspondait aux mêmes besoins."Le nombre des fidèles s*étant accru", disent les actes, "les apôtres résolurent de se réserver la prière; et le ministère de la parole, et de confier à sept hommes, élus par l'assemblée, le soin des tables, c'est-à-dire des agapes, et l'assistance des pauvres.M Le diaconat, comme on le sait, n'échut à des prêtres et ne devint une période dans le stage du sacerdoce que vers le IXe et Ne siècle.Les diaconesses exercèrent vis-à-vis des femmes, un même service d'hospitalité, de charité cl d'enseignement que les diacres primitifs.Les fonctions de diaconesses étaient importantes et multiples.Mlles étaient chargées de l'instruction religieuse des femmes catéchumènes, qu'elles préparaient à la réception des sacrements de Baptême et d'Eucharistie.Le baptême se faisant alors par immersion, la cérémonie avait lieu sous leur surveillance.Les diaconesses visitaient les malades, veillaient à ce que les derniers sacrements leur Fussent administrées.Elles faisaient elles-mêmes sous la conduite du prêtre les onctions saintes aux mourantes.Au décès, elles s'occupaient de l'ensevelissement et des obsèques.Vis-à-vis «les pauvres, des orphelins et (les veuves, ces pieuses matrones remplissaient de nombreux devoirs de charité.La pratique de l'hospitalité la plus large leur était aussi prescrite.Enfin à l'Eglise, l'entretien des linges d'autel leur était confié, et durant les cynoxes publiques, elles devaient se tenir aux portes, les ouvrir aux femmes fidèles et les refermer au temps voulu sur les femmes catéchumènes.Da charge était déjà considérable.Elle s'étendit dans la suite de plus en plus.C'est ainsi qu'au Vie siècle, d'après la législation de Sévère d'Antioehe et de Jean Tel la, les abbesses-diaconosscs obtinrent des privilèges qui nous étonnent aujourd'hui, par exemple: pénétrer dans le sanctuaire, faire la.prière publique, distribuer la communion aux nonnes de leur monastère, en cas de nécessité, en se servant du sacrement de la réserve, faire la lecture de l'Epitre et même celle'de l'Evangile.En l'absence des prêtres et des diacres, elles offrent l'encens, ( 1 ) (Constit.Apost.lih.8, chap.19 el 20.) à condition de ne pas réciter les prières de la Thurifica-tion.La législature conciliaire se voit obligée souvent d'intervenir et de prononcer, en face de certains empiétements, les interdictions nécessaires.Hiérarchiquement, les diaconesses relevaient de l'évoque.Elles étaient aussi soumises au prêtre et au diacre, mais non au sous-diacre.Des supérieurs ecclésiastiques surveillaient la gestion de leurs biens.Un curieux abus de législation se voit à leur égard ,en Orient, au I Ve siècle.En vertu do la loi, les diaconesses, ne possédaient que l'usufruit de leurs biens, qui appartenaient de droit aux héritiers naturels; les donations et legs testamentaires des diaconesses en faveur des pauvres ou des églises étaient de plein droit annulés.Cette mesure disparu! d'ailleurs aussitôt.Leur mariage cependant, s'il était célébré après l'ordination, demeurait sans effets légaux.L'élection des diaconesses était confiée aux évêques, ou à la partie féminine de l'assemblée, aux femmes d'un certain ûge, aux vierges, et de préférence aux veuves qui n'avaient été mariées qu'une lois.A la réception des nouvelles élues, l'Evéque leur impo ait solennellement les mains en disant : (1) "Dieu éternel, l'ère de Notre-Seigneur Jésus-Christ "(pu* êtes Créateur de l'homme et de la femme, qui avez "rempli de votre Saint-Esprit Marie, Débora, Anne et "Olda, qui n'avez eu à dédain que votre fils unique na-"quît d'une femme, et qui ave/, établi des femmes portières des saintes portes de votre Tabernacle et de votre "Temple, jetez les yeux sur cette très humble servante "que nous avons élevée au ministère de diaconesse, et la "purger de toute impureté de corps et d'esprit, afin "qu'elle s'acquitte dignement de la charge que nous lui "imposons, à l'honneur cl .i la louange de votre Christ "auquel comme à vous et au Saint-Esprit, gloire soit et "adoration par tous les siècles des siècles.—Ainsi soit-il." (A suivre.) Marie-Claire.SIMPLE BON SENS C'est une qualité aux allures modestes que l'on signale sinon avec dédain, du moins sans appuyer, comme l'on parle d'une personne sans conséquence.cette petite personne passe sans panache et sans dentelles, elle n'attire pas l'attention: on la reconnaît, on la salue et on n'y pense plus ! C'est le simple Bon Sens, cette claire vue de ce qui est réel et raisonnable, et sans lequel la Fantaisie, cette folle, s'empare d'une vie pour la faire tour h tour planer, voguer, tourbillonner, vaguer et trop souvent s'effondrer dans les abîmes insoupçonnés et côtoyés avec tant d'aveuglement .On exalte avec raison la sensibilité, la tendresse et le dévouement des femmes, mais dites-moi, ce que résulte de ces qualités, si le Bon Sens ne préside à leur développement et à leur exercice: il est comme un phare indiquant la route ci aussi le frein nécessaire empêchant les exagérât ions nuisibles.Quand nous cherchons autour de nous, pour les admirer, les femmes qui ont le mieux compris leur mission et qui l'ont remplie le plus parfaitement, nous voyons que le Bon Sens accompagne toutes les autres qualités et en assure la mise en œuvre et le succès.Vous verre/, aussi qu'une vie paisible et heureuse semble être le partage des personnes qui se laissent gouverner 99 4041 6240 Vol.II No 7.par It; bon sens, et rien n'est plus naturel.Pourquoi sommes-nous malheureux, le plus souvent?Parce que nous nous croyons malheureux, parer que nous nous révoltons contre l'inévitable; parce que nous désirons l'impossible, parce que nous collectionnons avec soin nos soucis, nos fatigues, nos petits chagrins pour en faire une montagne qui menace de nous écraser.Certes, le Bon Sens n'empêche pas la souffrance tie nous atteindre: il n'arrête pas la mort, n'empêche pas les séparations cruelles, ne prévient pas le brisement des (Meurs qui ont cessé tic se comprendre, mais il ne nous quitte pas dans nos épreuves, il sait calmer et retenir les désespoirs va ins et les découragements lâches, il l'ait naître une lueur d'espoir, car il empêche l'affolement et il voit toutes les possibilités; il prêche l'inutilité des révoltes et la folie dos désespérances.Loin de se laisser dominer par les événements et de lâcher le gouvernail, la lei nine de bon sens reste à la barre l'œil ouvert, affrontant bravement la tempête: attentive, courageuse et calme, elle ne perd aucune de ses chances de salut.J'ai vu aussi que le bon sens est un bon gardien de la santé.Cela vous fait sourire?Réfléchissez pourtant, et vous admettre/, avec moi qu'un grand nombre de femmes compromettent leur santé par leur manque de bon sens.V a dans la vie d'une femme des devoirs essentiels et des devoirs secondaires.Les premiers ne peuvent être omis ou négligés sans conséquences sérieuses; quant aux seconds, il n'y a souvent pas d'inconvénients réels à en retarder l'exécution ou même à les mettre de côté.ISt c'est le role du bon sens d'établir la relativité des choses et leur valeur et (Vindiquer à une remme que certaines fatigues sont imprudentes, certains travaux au delà de ses forces et certaines obligations chimériques et créées par son imagination seule.Knlin, mes amies, le Bon Sens a une mission plus noble encore.Je suis convaincue qu'il nous prend par la main pour nous conduire directement à Dieu par le chemin le plus droit.Il méprise les détours de la subtilité qui s'insinue dans les âmes pour les troubler et il écarte délibérément les doutes de nos pauvres petits esprits bornés qui voudraient discuter là où des esprits supérieurs se sont inclinés.A chaque instant le Bon Sens nous fait voir notre dépendance vis-à-vis de Dieu qui entraîne logiquement notre soumission à sa loi.de pense que dans le travail de l'éducation, il faut s'appliquer à faire croître le Bon Sens.D'instinct, les' petits enfants comprennent son langage, et rien ne s'illustre mieux, d'ailleurs, «pie ses leçons.On l'oublie trop quand on leur l'ait de longs sermons et dis lectures ennuyeuses sur la morale.Réservons cette littérature pour plus tard et exerçons-les à voir juste, â se rendre compte des conséquences de leurs actes, de l'inutilité des pleurs et des grincements de dents devant ce qui csl et que nous ne pouvons empêcher.Ne craignez pas, petites mères tendres, d'affaiblir le sentiment en augmentant le bon sens: le sentiment ne saurait avoir de meilleur directeur que lui, et nous savons bien «pie les plus grandes folies ont toujours été faites en dépit du Hon Sens.Danielle A ubry.ENCOrilau1z nos annontkijks 7 SOYEZ SAVANTE "Si j'avais en ce moment, près de moi, dit René Bazin, une jeune fille vraiment jeune, neuve, une de ces bonnes volontés (pii ne sont pas nombreuses, mais dans la.jeunesse, je lui dirais: Quelle que soit votre vocation, que vous deviez être religieuse, vieille fille OU mère de famille, soyez savante en religion.Vous aurez tant de conseils à donner, surtout si vous vous mariez! Tant de sottises à relever, d'ignorances â suppléer, de faiblesses â soutenir! Je jouis souvent du spectacle, d'un homme important et sectaire, très décoré, renommé par une certaine science, nulle en tout le reste, et que devine, démarque, réfute, confond, empêche de nuire, d'un seul mot, une petite femme dont il ne se défiait pas, et qui sait son catéchisme.Si vous avez le goût du latin, devenez bachelière; tout «au moins sachez comprendre l'office, suivre un entant dans ses premières classes d'humanités.'1 M.Bazin n'est pas un féministe, je l'ai entendu s'en défendre, (les réclamations suffragettes ont peut-être souillé (•»• nom à ses yeux), mais il demande pour nous ce qui est à la base de toutes nos aspirations de relèvement féminin, l'instruction supérieure: "Soyez bachelières", dit-il.Combien de nos Canadiennes s'effraient à ce mot et combien se contentent de sourire! Il V «'ii a même qui voit dans l'instruction supérieure l'ennemi de l'âme féminine.De plus modérés la trouvent tout simplement inutile.Or, il me semble que cette exhortation du plus fin analyste de la délicatesse féminine, de ce père aimant dont les filles sont dVsquises fleurs de la haute culture française, de ce chrétien fervent et doux est propre â nous faire réfléchir.I3n effet au seul point de vue religieux, (terrain commun sur lequel nous nous rencontrons toutes), renseignement supérieur s'impose d'emblée.Il arrache la femme, représentante de la ferveur religieuse, au mépris intellectuel, plus ou inoins poli dont elle est l'objet et (pli annihile bien souvent la bonne influence qu'elle pourrait avoir.Le mère est instruite—et dés lors elle sait insuffler à ses enfants des notions exactes et justes des phénomènes scientifiques et des faits historiques de telle sorte que les fausses interprétations n'aient pas prise sur leurs esprits.Kt quand l'enfant est devenu adolescent, elle ne peril pas soudain tout son prestige auprès de lui.La maîtresse de maison est instruite—aussi les livres sérieux et religieux circulent au foyer, les conversations sont fortement orientées selon la vérité, les relations amicales sont choisies avec diceruement, les rapports avec les inférieurs se font pleins d'aménité et de bienfaisance tout en conservant cette dignité (pli vient de la supériorité reconnue.L'épouse est instruite—et son affection peut toucher non seulement le cœur dont trop souvent on fait fi ! mais la raison à la-quel le on ne résiste pas sans honte.La femme du inonde est instruite—et nous savons combien sont puissantes pour le mal ou pour le bien ces conversations en apparence légères qui sont des luttes d'idées beaucoup plus importantes qu'on ne se l'imagine souvent.La femme d'œuvres est instruite—et si elle a fail tant de bien aujourd'hui avec de médiocres moyens d'action, croyez-vous que possédant l'antidote de nos maux modernes elle ne saura- pas l'administrer avec la même délicatesse et la.même sollicitude qui guérissent les mourants?Montréal —LA BONNE PAROLE — Septembre L914.5686 1442 8 Montréal — LA BONNE PAEOLE — Septembre 1014.Vol.Il No 7, Cost donc un devoir à toutes celles qui le neuveut et qui rêvent d'un apostolat discret et irrésistible d'acquérir l'instruction supérieure, si utile dans toutes les circonstances de la.vie.Nous devons être heureuses de voir le nombre toujours grandissant des jeunes filles qui s'inscrivent chaque année, à l'un ou à l'autre des cours de notre institution canadienne et catholique d'enseignement supérieur pour les jeunes filles, ou qui en suivent même le cours complet en lettres et en science.A ces jeunes Tilles qui comprennent déjà les charmes de l'étude et les devoirs de la vie, nous n'avons qu'à répéter l'encouragement du grand écrivain qu'elles connaissent : "Soyez, savantes" et elles seront les premières à le suivre lorsqu'il dit plus loin: "Soyez joyeuses!" Justine II uni cl.?» » SOIR D' ("est l'heure splendîde entre toutes, ( h'i vers le sol énamouré Le ciel semble pencher ses voûtes, Répandre un effluve empourpré.Le parfum des gerbes encloses Monte au soleil évocateur : L'universel baiser des choses Célèbre leur commun Auteur.La- paix absorbe le cantique Des bois, des étangs, des sillons, Kt peint le décor extatique I idéales Assompl ions.Ilcinrich Maricnlob La Lampe du Sanctuaire A Vheure où toute lu chrétienté, dans un soudain réveil île ses instincts biulau.r, fail entendre lu sombre clameur il une guerre fratricide, celle méditation mystique semble l'écho plaintif île la voix du Maître qui, après avoir prédit la désolation de lu fin îles temps, fui! à ses disciples celle question qui csl phUôl une supplique: "Quand le Fils île l'homme reviendra, croyez-vous qu'il trouve encore lu Foi dans les âmes !" QUAND le Fils de l'Homme reviendra., pensez-vous qu'il trouve encore la Foi dans les aines?.* * LAMPE sacrée, je t'aime.—Quelle âme chrétienne ne t'aime pas—et surtout à l'heure paisible où j'apporte au Maître l'hommage d'une journée de labeur.De l'agitation de ce siècle, je passe à la quiétude des choses durables, éternelles.lia nuit dans la nef assombrie, tombe des voûtes, sort des murs, monte et flotte au ras du sol.Les dernières lueurs du couchant découpent en écrans de lumière stérile, les vitraux géminés.Pareille à notre foi qui s'exalte durant l'épreuve, c'est le moment de ta splendeur et de ta joie: modestement, sur les bosselnges de ton bassin d'argent, ton reflet danse: et toute la clarté s'élève, diffuse, jusqu'aux ogives lointaines.Oh ! dans l'ombre et dans la paix, que de douces récollections oil tu liens la place»! Los finies saintes, te prêtant sans effori leur désir de se consumer aux pieds du Maître dans l'humilité, le calme et la ferveur, envient ton rôle, 6 Lampe du sanctuaire, et te délèguent à la garde d'amour qu'il ne leur permet pas do monter plus —Quand le Fils de l'Homme reviendra, pensez-vous qu'il trouve encore la Foi dans les âmes?.* LAMPE du sanctuaire, intime habitude de notre piété, tu es le signe et le symbole de la Présence réelle, comme autrefois, sur l'Arche d'Alliance la colonne lumineuse dénotait la mejesté redoutable du Dieu vivant, mais humble et douce, ainsi qu'il convient sous la loi d'amour, ta lueur nous attire vers le divin Prisonnier.Combien de fois, enfants guidés par nos mères, jusqu'au pied de l'autel, nos regards ne se sont-ils pas fixés sur le mystère de ton inextinguible vigilance?Nous ne savions pas encore quel mystère plus suave d'indéfectible tendresse ,tu nous «lisais être caché derrière le Voile de soie.Combien de fois, provoquant notre amour dès le seuil de nos églises, ta flamme vacillante, sentinelle rougissante et timide, ne nous a-t-ellc pas murmuré depuis: .il racqi I \"0 II.I JI ' I I , .\ .—Quand le Fils de l'Homme reviendra, pensez-vous qu'il trouve encore la Foi dans les âmes?.* Lue fois l'an, impatiente de clore les Trois jours de sun veuvage sacramentel, la Femme forte allume sa lampe, qu'elle ne laisse pas éteindre durant la nuit.Elle prend avec soi I huile, douce et pure, et prolonge sa.veille, attendant son Fiancé.Quand viendra-t-il?Elle lie sait ni le jour ni l'heure: nul esprit créé ne les connaît.Mais Elle attend.Que ce soit à la mi-nuit, au chant du coq, à l'aube émue et purpurine, Mlle.sera prête.Si parfois Elle s'assoupit, si Elle dort, son cœur veille et si lampe ne s'éteint pas.Elle rêve, la Vierge sage, elle rêve au festin nuptial: "Alors il n'y aura- plus de plaintes, plus de sanglots et non plus aucune douleur, parce que les choses premières seront passées,—le inonde et sa- concupiscence.— Alors Elle n'aura- plus besoin de la lumière du soleil pendant le jour, ni de flambeau durant la nuit, parce «pie VAgneau lui-même sera sa lampe, sa clarté, sa splendeur." Elle dort, mais son cœur veille, elle épie la grande clameur: ECCE SPONSUS VENIT : Voici ton Epoux, ô ma Sœur fiancée, mon Eglise unique et immaculée, voici ton Epoux qui vient.—Quand le-Fils de l'Homme reviendra, pensez-vous nu'il trouve encore la Foi dans les âmes?.Venez, Seigneur Jésus.F.-iW.B.Pères et mures do famille lir, sachez qu'en plaçant $2.30 par mois dans LA 31TTU ALITE FONCIERE, vous devenez PROPRIETAIRES d'une MAISON do votre choix.LA SECTION FEMININE lient ses assemblées le 2ème mardi de chaque mois, à 0 lira p.m.dans la Salle des Artisans, coin Vitré et St-Denis.L'entrée est gratuite.Pour informations, s'adresser à Mme Bouthijlier, Chambre 306, Edifice Power, 83 Craig Ouest.Tel.Main 41, ou Victoria 754.2243 98 17 9740 Vol.II No 7.Montréal — LA BONNK l'AHOLE — K.-ptembre 1014.D • i "liîi douleur est semblable à "amande amèro qu|on jette au boni "du chemin; elle y tombe, on l'ou-"blie, elle y germe ;quanil ou repasse au môme endroit vingl ans après, un trouve un amandier fleuri".( Il rue Bazin).L'auto du juge Clièvrefils s'arrêta devant le Queen's I Intel et une jeune personne très élégante en descendit.Ci ru ml c et d'allure Hère, elle gravi! lestement l'avenue.Les longues attaches de son voile voltigeaient en échar- pes à la- cadence de ses pas.Camélia Julien était jolie, mais d'une beauté toute particulière et changeante qui se renouvelle avec les impressions.Lorsque sa.ligure s'animait, ses yeux noirs s'humectaient, s«»n sourire s'éclairait d'une double rangée «le dents très blanches; son nez émucié dessinait un profil minée et frêle; sa bouche petite cachait un pli légèrement audacieux au coin des lèvres.Au repos, sa- pâleur contrastait avec les cheveux noirs qui encadraient son iront.Moulée dins sun 'costume tailleur, elle était gracieuse et élancée comme une grande rieur «pie le moindre vent peut briser.C'était un contraste frappant avec son compagnon.Aurèle Clièvrefils, tie taille moyenne, comptait une quarantaine d'années.Il avait la tournure aristocratique et cachait sous une apparence de Clubman un caractère enjoué et un bon naturel.Sans avoir embrassé le célibat par principe, il se laissait vivre au fil «les jours.Il avait lait son droit avec la nonchalance d'un mauvais écolier bien doué.Finement spirituel, à la repartie vive et au jugement sûr, il gagnait ses causes sans se donner trop «le | eine à fouiller les codes de loi.Il avait la confiance des gens; il savait imposer et s'émouvoir à force d'éloquence.Il s'était dniiné à la- politique pour s'amuser.Il avait appuyé la candidature de ses amis pour s'y frayer ainsi une voir: mais on m- le prit jamais au sérieux et quand, l'année précédente, il fut nommé juge, il se crut amplement récompensé de sis services.Mademoiselle Julien lui tendit gracieusement la- main.—"Vous êtes bon co m me un grand ami.dit-elle, avec abandon.Nous nous reverrons jeudi soir chez 1rs de anney, n est-ce pas t —"Certainement, à condition toutefois, que vous soyez bonne à votre tour, et que vous nie promettiez gentiment au moins une valse et un bout de causerie.Est-ce entendu?" —"Je lr jure sur Votre Honneur", reprit-elle enjouée.Kt elle eut une luoiir délicieuse en lui jetant ce défi de soumission.II v répondit en s'inclinant profondément et tout heu-peux, il regagna son auto, ht ronfler sa- machine, qui huma rageusement la |ioussièrc et disparut au tournant de la rue.En rentrant à l'hôtel, le garçon de bureau remit à Mademoiselle Julien deux lettres qui l'avaient devancée, dont l'une était venue par commissionnaire spécial.1311e l'ouvrit la première, un peu intriguée.C'était de Richard Gcnest, un jeune architecte, qu'elle avait rencontré en soirée la veille, et qui lui avait fait un brin de cour.Elle lut :— "Me feriez-vous la plaisir de m'accompagner au "théâtre ce soir.Impossible de vous rejoindre par téléphone,—vous êtes toujours sortie—ce qui n'est » •.* uere rassurant pour "Votre admirateur "Richard G-knbbt." "Il est- amusant CŒUR DE LION, pensa-t-elle.C'est le seul soir, depuis mon arrivée à Winnipeg, où je comptais me reposer; mais, après tout, une chambre d'hôtel, c'est si peu hospitalier.J'irai donc au théâtre." "C'est étrange comme je suis jolie ce soir!" La grande glace, en face d'elle, lui renvoya son image que la flambée du soleil couchant inonda de lumière.Les yeux pétillants, elle se sourit amoureusement.I ne douzaine de roses émergeant d'un vase japonais, sur son secrétaire d'acajou, lui rappela le jeune rédacteur du "Courrier de l'Ouest" qui lui avait envoyé ce tribut d'hommage, comme à une collègue journaliste.Liait-ce bien à elle, Lia, qu'arrivaient tous ces succès à la fois?"Ce parfum grise comme une gloire littéraire, murmurait-elle.Mon Dieu, vous êtes bon de m'avoir aidée à faire ma trouée dans la mêlée.Que scrais-je devenue sans ma plume, moi, pauvre enfant?.Mais, j'oubliais «pie j'ai une lettre de chez moi.Je n'ose l'ouvrir.les lettres de ces pauvres chers sont si troublantes.Elles semblent me reprocher ma personnalité, mon succès où ils ne sont pour rien, mon espoir en l'avenir, indépen-dcmmenl du leur.Pourtant, «pie tut ma vie, sinon un sacrifice continu, un martyre filial?.Son pressentiment ne la trompait point.Sa mère lui annonçait le mariage de sa petite sœur Lumina avec un bon garçon des environs.1311e ajoutait qu'elle se faisait vieille et comme Didacc et Anselme, ses deux frères, avaient fait l'acquisition d'un homestead à une centaine de milles plus haut que la Saskatchewan, elle lui demandait de se rendre au mariage de Mina- pour aviser ensemble à ce qu'ils feraient après son départ de la maison.—car elle allait demeurer loin d'eux, etc.Camélia n'en lut pas davantage.Elle se raidit, puis, devint très pâle, se révolta contre la fatalité qui la poursuivait jusqu'ici, et, comme un pauvre être toujours traqué et livré .elle tomba dans un abattement profond.La lettre lui échappa des mains, ses deux bras retombèrent inertes le long de son corps dans une attitude de morne désespoir.Elle se sentit encore une fois si seule, si impuissante devant l'énorme sacrifice de son bonheur, de sa liberté, au moment où elle commençait à peine de s'affranchir, d'oublier ses luttes pour vivre, srs souffrances intimes refoulées en elle-même, sa fierté tant de fois blessée, sa jeunesse étiolée, incomprise et si profondément malheureuse.Quoi ! sa tâche n'était pas encore finie ! C'était vraiment trop exiger d'elle.Bile n'aurait jamais le courage H.JULIEN M le O.JULIEN H.JULIEN & ClE.t (Autrefois avec Chs Dcsjnnlîns cv (*ic) MANUFACTURIER de FOURRURES Spécialité : VISION et MOUTON DE PERSE .-.RÉPARATIONS A PRIX MODÉRÉS .\ 96, STE-CATHERINE OUEST - TÉL.BELL MAIN 7819 01 90 10 (Taller s'ensevelir avec eux sur un homestead de la Saskatchewan dans cet intérieur, où on l'admire sans la comprendre, et oti an l'escompte par habitude, sans soupçonner le prix de son dévouement.Immobile, les yeux fixes, elle assistait à l'effondrement de ses rêves, comme insensibilisée sous le choc.Que faire?Le temps presse.d'ailleurs, elle ne revenu personne axant de partir—pas même l'ami Alirèle, à «pli elle laissera un mot lui expliquant brièvement son départ subit.Sa gorge se serra en prenant cette décision héroïque.C'était l'heure du dîner, et elle avait oublié qu'elle devait une réponse à Richard.Mlle sonna- pour demander une tasse de thé, annonça qu'elle avait la migraine, s'excusa, en ces termes auprès de Richard et prépara fiévreusement ses malles sans s'arrêter sur sa- résolution.Mlle partirait le lendemain matin La nuit l'ut lente à venir, le sommeil tarda plus encore.Elle ne pleura pas—elle en avait perdu l'habitude.Assise près de la fenêtre pour veiller le jour qui meurt, elle regarde à travers la- dentelle des rideaux les passants tpii se succèdent sur la- rue, et avec cet instinct maladif d'aviver sa- souffrance, elle se repaît de réminiscences douloureuses et lait consciencieusement le Bilan de sa Vie.Les premières années, inconscientes pour l'enfant qui a tout à souhait, sont pleines de chagrins brutaux pour l'en fan I misérable, surtout s'il est précoce et prend de bonne heure la manie de jongler.—Ce fut le cas de Camélia.' Son père, Jacques, était un homme profondément ignorant et qui attribuait aux livres tous les malheurs de l'humanité.Par principe, il détestait les ^i-ns instruits, [Mirée qu'ils émettaient des idées fantasques en termes qu'il ne comprenait pas.(-'étaient des chimériques qui n'avaient pas sa manière de voir les choses.Naturellement paresseux, il ne travaillait que quand il était las «le ne rien faire ou que les provisions diminuaient à la maison.Il était un chasseur heureux.Très brave à la.nuit venue, il montait la.garde en temps de danger, en cas de feu, de voleurs ou autrement ; il aidait l'huissier à faire les saisies difficiles et remplissait les fonctions de Hergenl de police quand il s'agissait de faire des arrestations.Très bavard cl flâneur, il était toujours matinal et se faisait fort d'être le premier debout pour flairer les éventualités du jour.Marie-Anne, sa femme, était une personne lourde, à la tenue négligée, qui se rendait à la- messe le dimanche les lacets de ses hot tines hat tant le pavé.D'un naturel doux, résignée à sa pauvreté, elle se disait (pie Jacques était comme tous les hommes et qu'elle vivait misérablement comme toutes les pauvres femmes.Pourtant, elle avait hérité des siens d'un goût, prononcé pour la- lecture.Sans en parler à Jaeipies, elle allait souvent chez le Notaire Jactance qui lui gardait les feuilletons du "Samedi" e l a q *j k r r l e r e, paris vann1ni, (florence) l'OSK m: voix.i:i:ii;ktoiki:.35 rue Bishop Tel.Uptown 5679 Reçoit mardi, mercredi, vendredi.T.(Î.LEMAIRE, assurance contre le feu IJâtisscs, Stocks, Mobilier, Automobiles.48 Adam, Maisonneuvc — Tél.Lasallo 229. ]G Montréal — LA BONNE PAROLE — Septembre 1914.\'
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