La bonne parole /, 1 janvier 1914, octobre 1914
LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis.SO cts Etranger, .so cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-J EAN-BAPTlSTE.OCTOBRE 1914.No.8.Vol.II ABONNEMENTS ET REDACTION : Chambre H, Monument National, Boni.St-Uurent, Montréal.Tél.Main 7122.Heure» de Bureau de 9 b a.m.à 1 h p.m.80CI ET E Q FEDEREE8 Mensuelle Les dames patronnesses des oeuvres suivantes : Institution des Sourdes-Muettes, Ci echo de la Miséricorde, Nazareth, Hôpital Notre-Dame, Hospice St-Vincent de Paul, Hôpital Ste-Justinc, La Providence et Les Incurables.réilé ration paroissiale de l'Enfant Jésus.Fédération paroissiale du Très Saint Nom de Jésus de Maisonneuve.Fédération paroissiale de Saint Henri.Fédération paroissiale de St- Fcan-IJaptisic.Fédération paroissiale de S t- Viuccnt-dc-Paul.Cercle des demoiselles de St-Pierrc.Cour de l'Immaculée Conception.Le 1' oyer.Patronage d'YouvilIc.Les Ecoles ménagères.Cercle d'Etudes Notre-Dame.Association des Institutrices catholiques.Association des employées de manufacture.Association des employées de magasin.Association des employées de bureau.Association des femmes d'af- fai res.L'Assistance Maternelle.SOMMAIRE Entre nous.Mme Huguenin.La Croix-Rouge.Lady Drummond.La Femme doit-elle travailler./.Zaman ski.La Fête du Travail.Un ami des ouvriers.Une œuvre de paix.Justine Hardel.Lettre à mon amie.Marie-Claire Davcluy.Paysage algérien.Jules Lemaître.L'Isolée.Jacqueline.Chronique des œuvres.— Notre Courrier.La Ligue Patriotique des Françaises.Berthe Daly s.Choses d'âmes./.Laurco.Œuvre de secours.ENTRE En face do la.détresse épouvantable dont l'univers entier semble envahi, la Federation Nationale ne pouvait rester indifférente et inactive.Sitôt la déclaration de guerre proclamée, elle eut un grand élan vers tous ceux qui allaient souffrir, et nous savons combien ceux-là sont nombreux.Des projets furent élaborés que la situation ne permit pas de réaliser tout de suite, .mais lorsque la.saison nous ramena nos membres les plus dévoués, la-besogne toute préparée se distribua., et deux comités de prime importance, furent les premiers institués: celui du Fonds patriotique dont notre Présidente générale, Madame Gérin-Lajoie, prit la présidence active, et celui de la Croix-Rouge, dont Ton me confia l'organisation.Jamais, je*dois l'avouer, depuis quinze ans que je m'occupe d'œuvres; dans Montréal, je n'ai trouvé, même chez les plus ferventes de la.charité, un tel besoin d'être à la tâche, et de faire sa.part, si petite soit-elle, dans l'immense travail confié à la.bonté des femmes.D'ailleurs, il semble bien que dans ce comité de la Croix-Rouge, toutes les parts se taillent larges, magnifiques et généreuses.11 ne s'agit pas d'en faire le moins possible; il s'agit d'en faire le plus )>ossiblc, et je sais des femmes qui, depuis l'institution de nos comités de couture, n'ont pas perdu une seule minute de leur temps, anxieuses tie calmer les grandes souffrances dont l'écho nous parvient semblable à un râle, à une supplication, à un appel ! L'historique de notre comité se résume en quelques mots.Déjà un comité de la.Croix-Rouge s'était formé ici, chez nos compatriotes anglais; on nous offrit de former un comité à part qui serait régi par l'autorité d'un comité de finances commun.Naturellement la part, de cette façon nous aurait été faite plus belle et plus consolante.Seulement nous avons fait le sacrifice momentané de cette organisation, quitte à y revenir plus tard, parce (pie nous avons compris que les formalités à remplir auraient entravé "une action que nous voulions vive et efficaces.Et alors nous avons offert tout humblement notre aide, sentant qu'en ces heures critiques, nous devions oublier nos justes prétentions, pour servir le plus rapidement possible la cause de l'humanité qui souffre, et nous .avons dit aux dames anglaises, que nous travaillerions avec elles, et que notre intention dépassait les limites longues à franchir de la fondation d'un chapitre dans la NOUS «() cent ins et donnent droit au tirage d'un $5.00 en or.On pout s'en procurer dès maintenant au Monument National, chambre 14, ou l'on peut aussi s'inscrire pour les cours, tous les jours, de 0 heures du .matin à I heure P.M.Téléphone: Main 712*2.Association professionnelle des employées de bureau.— La réunion de septembre, la première de Tannée, a eu lieu dimanche, le vingt-sept courant.L'assistance était nombreuse, attentive et bien disposée à tous égards.Après la lecture des minutes de l'assemblée du trente et un mai dernier, la secrétaire de l'Association résuma brièvement les événements graves qui avaient motivé la démission de M.l'abbé Gauthier, le dévoué chapelain de l'Association, et de la plupart des membres du conseil.Le résultat des nouvelles élections par le conseil, fut ensuite soumis pour ratification à l'assemblée générale, le voici : * Préidente : Mlle Marie-Claire Daveluy.1ère Vice-Présidente: Mlle B.Maillé.2ème Vice-Présidente: Mlle Bouthillier.Secrétaire : Mlle Marie Germain.Trésorière : Mlle Laura Auclair.Assist.-Seerét.-Trés.Mlle Blanche Auclair.Nouvelles Conseillères: Mlles Ricndcau, Charest et Dumont.Après les félicitations d'usage, le nouveau chapelain de l'Association, M.l'abbé Ouellet, Sulpicien, nommé à cette charge, par Monseigneur l'Archevêque, au mois d'aiit dernier, fit son entrée, acclamé par l'assemblée tout entière.Ses bonnes paroles furent appréciées par Tau- Vol.II No 8.Montréal ditoire, et la nouvelle présidente de l'Association, Mlle Daveluy l'en remercia vivement.La liste des cours annoncés par la présidente, cours d'anglais, de cuisine, d'hygiène et de chirurgie élémentaire, fut couverte de nombreuses inscriptions.Nous en espérons les plus beaux résultats.Mlle Berthe Marcotte, la sympathique artiste, récita ensuite des vers patriotiques et recueillit des applaudissements enthousiastes.Le prix de présence, une statuette de la Jeanne d'Are, de Chapu, fut gagné par Mlle E.Lcclair.Cercle d'études Notre-Dame.— De Cercbc d'Etudes commencera, vers la.fin d'octobre la série de ses dix réunions annuelles avec causeries sur les questions sociales.A cause drs événements européens, « § t ¦ ï mit nécessité môme chez nous des mesures extraordinaires de charité, le comité des œuvres s'est réuni dés le mois de septembre, pour décider quelle part il prendra aux œuvres de secours (pii se Tondent dans notre ville.L'œuvre de la Croix-Bouge obtint tous les suffrages.Mais au lieu de former entre •elles un seul comité de couture, les jeunes filles ont résolu d'organiser chacune un groupe parmi leurs amies, ce qui permet d'intéresser un bien plus grand grand nombre de personnes au soulagement des blessés.Il fut aussi résolu que le Cercle aide autant que possible à la multiplicatie.ii de ces petits groupes de jeunes filles, même parmi celles qui ne font pas partie de l'association.I ne première asse;v»b '¦ .(o».|.c aux iv« ! s Ménagères, réunit au delà dune vingtaine de directrices de groupes.Plus de 450 morceaux de coutlire y furent distribués.Puis, afin de mieux remplir le rôle de propagande sociale qu'il s'est assigné, le Cercle distribua- à chacune des jeunes Filles, pour être lues à leurs réunions respectives, des petites feuilles do causerie et de conseils pratiques sur les soins aux blessés.NOTRE COURRIER (Des œuvres sociales cl féminines à Montréal.) Œuvres militaires.— Toutes les organisations féminines de Mintréal s'occupent avec entrain à p.éparcr le nécessaire pour la.société de la Croix Rouge.Parmi elles aussi se forment, des comités dont les membres sont employées à la visite des familles des militaires qui sont partis pour la guerre, travaillant ainsi avec le "Patriotic Fund." Plus tard les œuvres féminines verront aux besoins des familles qui seront atteintes par le chômage.Le prix des denrées alimentaires.— La Housewives League s'«est fait un devoir d'étudier les causes de la hausse qui majore actuellement le prix des denrées alimentaires.Certains prix en effet ont monté sans qu'une cause pn>|>ortionnée ait pu être vérifiée .La.Ligue refusera sa clientèle aux marchands qui commettent cette injustice, suivant en ceci l'exemple donné por J'"American Housewives' League." Le conseil des Métiers et du Travail a récemment pris la résolution de présenter une requête aux autorités gouvernementales, pour solliciter une action sévère contre les accapareurs et les haussiers.Caisse de secours.— L'Union Saint-Pierre a décidé d'accorder aux membres du sexe féminin les avantages d'une caisse spéciale de bénéfices en maladie.Octobre 1914.11 Depuis quelques années, les sociétés de bienfaisance ouvrent leurs portes aux femmes, venant ainsi au devant des exigences créées par les conditions économiques modernes.Chronique International LA Lien* PATRIOTIQUE DES FRANÇAISES (L'action de la Ligueuse.) Avec M.l'abbé Gustave Dolattre, aumônier des œuvres à Tureoing, et chargé de présenter un rapport au Congrès catholique de Lille en L908, je cite comme "la premiere œuvre qui doit fixer l'attention et bénéficier des sympathies d'une Ligueuse: "la Retraite." La retraite fermée où en face à face avec Dieu, en pleine conscience de ses responsabilités, l'Ame se décide à mieux s'orienter vers sa fin.Heureuses de se faire valoir à elles-mêmes, l'incomparable bienfait de la retraite fermée, les Ligueuses considèrent comme un apostolat des mieux placés, d'y entraîner leurs amies et celles de leurs ouvrières et domestiques qu'elles jugent capables d'en tirer profit.Mlles s'attachent à rappeler à leurs pères, à leurs maris, à leur fils, à leurs frères qu'eux aussi ont toril intérêt à pratiquer dans la solitude, le "Ycnite Seorsum" de l'Evangile.Kt monsieur l'abbé Delattre continue "Ainsi éclairée, fortifiée, aguerrie par les dons du Cénacle, la-Ligueuse est prête à se répandre dans le monde pour le gagner à Dieu.Elle va- prendre contact avec un indigent pitoyable.Le monde est pauvre.de tout, pauvre de Foi, de Sagesse chrétienne, de Justice, d'Amour vrai, de Dévouement sincère, pauvre de grâce et pauvre de vertu.Il lui faudra, beaucoup donner, voilà pourquoi elle s'est abondamment pourvue.Comprenons bien que nous ne donnons que de notre plénitude.Comment éclairer si nous vivons dans les ténèbres?Comment fortifier les autres si nous sommes languissants dans le devoir?Comment échauffer si nous sommes tièdes?Comment sanctifier, si nous ne sommes des saints?Nous voulons renouveler la face de la terre ; emplissons-nous d'abord de l'esprit de Dieu et commençons par nous transformer nous-mêmes." Le premier champ d'action qui s'offre l\ la Ligueuse, c'est sa propre famille.Le terrain est d'une inépuisable fécondité, il faut le cultiver avec tact et mesure, lia Ligueuse s'applique à donner à Dieu, dans cet intérieur, la place qui lui revient en rendant aimable la Religion, en l'étant toujours elle-même.Des plus petits ennuis exigent souvent un certain héroïsme pour qu'on les supporte, tant ils sont fréquents et s'introduisent dans nos vies, d'une manière inéluctable.Le Sauveur a promis: "Les doux possédront la terre" et la Ligueuse s'en souvient.Victorieuse e nec premier apostolat, elle se sent gagnée à des désirs de conquête plus vastes et ainsi elle se répand dans sa paroisse.La Ligue patriotique des Françaises a compris la formule de l'Ecriture (pie "personne ne doit se désintéresser de ses frères" et elle a mis entre les mains do messieurs les curés de France, ses 350,000 chrétiennes comme» autant de missionnaires dévouées, prêtes h seconder et h renforcer leur action.Elle comprend que la vie de paroisse est une vie de famille et elle s'applique à la développer autant qu'elle le peut.Elle veille sur les enfants et ses efforts tendent à les arracher à l'emprise — LA BONNE PAROLE — — LA BONNE PAEOLE — Octobre 1914.Vol.II No 8.12 Montréal meurtrière de l'Ecole sans Dieu en les atteignant à l'école dominicale, au patronage et surtout par l'Ecole Catholique.Avec tact, elle fait l'éducation des parents, leur démontrant bien qu'en matière d'éducation, ils ont des droits imprescriptibles sur leurs enfants.Est-il besoin de mentionner les bienfaits qu'à pleines mains, la Ligueuse verse parmi les pauvres?Non seulement, elle leur donne le bon exemple, de salutaires conseils, mais encore profondément convaincue que le peuple ne croit qu'à ceux qui raiment, toute son ambition c'est de se faire aimer d'eux.Dieu impose à ceux qu'il comble des dons de la fortune, des devoirs d'apostolat social d'autant plus rigoureux qu'il les décharge du soin de pourvoir à leur avenir et fait affluer en leurs mains des ressources considérables de temps, d'influence et d'argent.Elle est remplie de la compassion que Notre-Seigneur lui-même eut pour les souffrances humaines et elle se livre à une vigoureuse action sociale.Une brave ouvrière se désole-t-eLle de ses insuccès culinaires, elle lui révèle l'école ménagère, lui donne rendez-vous à la prochaine leçon.Elle ne s'en tient pas là, depuis qu'elle a su les inaigres ressources du ménage, elle y intéresse quelque œuvre de couchage et a.mène la pauvre femme à accepter la culture d'un jardin ouvrier et le visite elle-même de temps en temps.De l'air à pleins poumons quelques heures par semaine, des légumes à bon compte sur la table de famille, des fleurs qui embaument dans cette intérieur, jusque là si minable, c'est peu encore au gré de notre infatigable apôtre.Elle parvient à mettre cette famille sur la voie qui la conduit à posséder un jour sa.maisonnette, contribuant ainsi à l'œuvre des habitations ouvrières.Elle n'est pas étrangère, non, plus à l'œuvre des 'mutualités et fait accepter à ses adhérentes, dans le besoin, les types qui conviennent le mieux à leur situation: à celle-ci, une mutualité maternelle, à celle-là, une mutualité familiale.En procurant ces adoucissements, elle ne sacrifie jamais le principal à l'accessoire et le but de ses efforts c'est de communiquer sa foi autour d'elle, de christianiser à fond les {unes avec lesquelles la ligue la met en contact.Le reste, tout le reste, n'est qu'un ensemble de moyens qui, jamais dans son appréciation, ne prendront la place de cette sublime fin, ni ne risqueront de se confondre avec elle.Or, l'adversaire le plus terrible à cette fin, c'est, à cause des armes dont elle dispose, la presse impie qui, sous forme de journaux, de livres, de chansons peut détruire en quelques heures, les résultats de longues semaines d'efforts, la ligueuse lui livre une guerre sans merci par les journaux, les images, etc., qu'elle distribue elle-même.En un mol, rien n'échappe à l'attention de la ligueuse quand il s'agit de faire œuvre de bien, et même dans les actes les plus courants de sa vie sociale, elk ne perd pas occasion d'exercer son apostolat.On peut tellement plus qu'on ne le croit faire acte d'apostolat, par exemple en ne précipitant pas la livraison d'une toilette, en encourageant le pet il commerce, etc.Pout preparer Vavcnir.La Ligue a apporté une attention particulière aux cercles d'étude de jeunes filles.Mme Willemain, dans son rapport au congrès de 1909, traduit l'espérance qu'on a.fondé sur eux: "Oh la bonne femme du 20e siècle que les cercles d'étude vont nous former.Je lui vois l'allure vive, indépendante, énergique: la multitude des idées qu'elle remue en fait, une humanitaire et une édu- catrice ; elle en fora en même temps une femme de charme; si les salons du 18e siècle ont disparu, elle en formera d'autres ou l'on débitera moins de jolis propos mais où l'on causera avec plus de savoir, plus d'intelligence, plus de sens moral, plus de respect de soi-même et des autres.Et ces chrétiennes fortes et convaincues au catholicisme intégral et éclairé, feront de leur foyer un centre rayonnant d'apostolat, qui atteindra et réchauffera tous ceux qui s'en approcheront." Et il y aurait ainsi à citer et à citer encore.Tout cela c'est l'action qu'exercent les membres de la ligue patriotique des Françaises, car non seulement elle est une école d'apostolat, comme le dit M.l'abbé G.De-lattre, mais encore elle est un foyer d'où rayonne une douce et forte influence, une forteresse d'énergies féminines, une pépinière d'œuvres, un arsenal de munitions pour tous les bons combats; elle est surtout un lien, "sur le vaste champ d'action catholique, sont éparpillées une foule d'œuvres, très diverses de but, d'impor-tance, d'organisation.Elles font penser aux épis d'or fauchés par des mains laborieuses sous un soleil de feu, à l'éjHique des moissons.Ils sont là, opandus à terre attendant d'être assemblés en lourdes gerbes, qui enrichiront le grenier du père de famille et bientôt broyés sous la meule, deviendront le pain blanc dont nous nous nourrissons.Nos œuvres, elles aussi sont destinées à nourrir notre vie sociale catholique en même temps qu'elles témoignent de noire foi, mais cet aliment sera d'autant plus substantiel que plus compact, plus aggloméré.Il faut pour cela que nos œuvres soient fortement unies entre elles, en un faisceau insaisissable à la division et à l'endettement." Et M.l'abbé Delattrc termine en disant qu'il appartiendrait à la Ligue d'être le lien groupant en une puissante fédération, toutes les œuvres féminines.Le rapprochement s'impose pour apprécier notre Ligue à nous, la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste.N'avons-nous pas à notre disposition, tous les moyens pour être des apôtres de l'apostolat social, et ne devrions-nous pas y répondre dans la mesure de notre capaeité?Ne devrions-nous pas chacune, poser, si humble soit-elle, notre pierre à l'édifice du bonheur social?Au fond, si tant d'existences sont désolées et ternes, sans cause apparente, puisque tout semble leur sourire, c'est qu'aucun effort généreux n'est à la base, qu'aucune impulsion noble ne vient soulever un égoïsme, ou combien' un vide qui tue, c'est qu'on se sent inutile et médiocre.Ah! la grande souffrance n'est-elle pas de passer sans laisser une trace bénie, sans jeter l'humble grain que la bonté de Dieu fait lever et l'une des pires malédictions de ce monde n'est-elle pas de vivre pour soi?Certes, les circonstances n'exigent pas de nous, l'apostolat des membres de la Ligue patriotique des Françaises, mais ne vaut-il pas mieux prévoir afin de prévenir?Le temps est difficile, au loin l'orage gronde Et je ne sais quel souffle a passé sur le monde.Tl est des ennemis cachés dans les buissons Qui des qu'un cœur s'éveille, y jette leurs poisons Ils ont fui la lumière, et, perfides apôtres Ou leurs pas sont tombés veulent traîner les autres.Gardons le souvenir de la parfaite ligueuse.Comme elle, essayons de bien comprendre notre devoir et surtout, n'hésitons pas à l'accomplir.Soyons prévenues contre les ennemis qui pourraient surgir "le long des buissons" et, toutes remplies de l'esprit social catholique, soyons, nous aussi, à l'Eglise et h la Patrie une "garde qui ne se rend pas." Bcrthc Dalys. Vol.II No 8.Montreal — LA BONNE PAROLE — Octobre 1914.CHOSES D'AME On vient d'ouvrir pour le public les cahiers intimes de Mme Lucie Félix-Faure-Goyau et d'en extraire un volume de méditations, de réflexions et de prières où se résument vingt années de sa vie intérieure (1).Avec les notes rapides de son Journal, qui sont si importantes pour la connaissance de son âme, il y a là des pages achevées, destinées sans doute à l'impression prochaine, 011 l'on goûte toute la délicatesse et la grâce ailée de son talent.Elle n'a rien écrit, peut-être, de plus exquis que le chapitre de ce volume sur "les parfums spirituels de l'Ombrie", ou les méditations sur les peupliers et l'étang, les jeux de lumière et les fontaines.On y découvre bien un des rythmes essentiels de son âme, ce rythme ascendant dont elle aimait à voir le sym-bolc dans le Saint Jean au doigt levé de Léonard de Vinci.Dans toute réalité matérielle, Mme Goyau percevait les réalités spirituelles dont elle est la figure et de toute beauté créée son cœur remontait invinciblement à la Beauté in créée dont elle n'est que le reflet.Si elle rencontre sur sa route un étang paisible fermé par un rideau d'arbres, elle n'a garde de s'arrêter au pittoresque de ce spectacle.Les peupliers qui se tendent hauts et droits vers le ciel malgré le frémissement de leurs mille feuilles légères lui font songer aux âmes qui montent en frémissant dans la lumière, et l'étang calme qui s'expose tout entier â la clarté du jour est pour elle une image de l'âme en oraison qui s'expose â la lumière divine pour la refléter.Un jour elle s'amuse à suivre dans son salon le cours d'un rayon de soleil nui fait en souriant l'inventaire de ses meubles et bibelots.Se posant tour h tour sur chacun d'eux comme un doigt de lumière, il vient soudain illuminer un tableau, mettant, une gloire d'auréole autour d'une Madone et de son Bambino."Ce fut l'instant précis d'une exaltation" pour la pièce qui se transforma, en sanctuaire et aussi pour la pensée de Mme Goyau qui conclut magnifiquement: "Comme le jet de lumière qui les auréola marqua l'heure de la joie pour la paix silencieuse et recueillie, l'heure du bonheur pour nos âmes est celle ou le doigt de Dieu fait resplendir en nous une idée éternelle." La méditation sur les fontaines, d'une charmante sinuosité de ligne, est pleine de ces coups d'ailes.Après avoir dit combien elle les aime pour elles-mêmes et parce qu'elles symbolisent les grandes et pures vérités du monde moral et spirituel, Mme.Goyau nous mène devant les abreuvoirs de pierre que l'on rencontre le long de la Voie triomphale dans la ca.mpagne
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