La bonne parole /, 1 janvier 1916, juin 1916
LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis, SO cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Etranger, 80 cts ( Vol.IV.JUIN 191(5.No 4.SOCIETES RED E R EES ABONNEMENTS ET REDACTION : Chambre 14, Monument National, Bod.St-Laorent, Montréal.Tél.Mais 7122.Hearei de Bureau de 9 h a.m.à 1 h p.m.Revue Mensuelle Les dames palronnetses de» oenyres suivante* : Institution des Sourdes* Muettes, Ciécho de la Miséricorde, Nazareth, Hôpital Notre-Dame, Hospice St-Vincent de Paul, Hôpital Ste-Jilf>tine, I.a Providence et Les Incurables.Federation paroissial*! de : I' Enfant Jésus, Très Saint Nom de Jésus de Maisonneuve, Saint Henri, St- Jean-Baptiste, St-Vincent-de-Paul, La Nativité d'HochelaR.St-Arsène, Immaculée Conception, St-Anselme, Ste-Catherine, Ste-Philomène de Rose- Ste-Hé'èuc, fmont, Sacré-Cœur, StrEusêbe Cercle des demoiselles deSt- Pierre.Le Foyer Patronage d'Youville.Les Ecoles ménagères.Cercle d'Etudes Notre-Dame.Association des Institutrices catholiques.Association des employées de manufacture.Association des employées de magasin.Association des employées de bureau.Association des femmes d'affaires.L'Assistance Maternelle, SOMMAIRE Entre nous.Maric-J, Gérin-Lajuie Chronique des teuvres Le dévouement .J.-A.M.Bros seau, pire L'organisation professionnelle.0.Jean Etude.Ilerthr Daly* Kn vacances.tbbê A.-.l.Groulx Pages de guerre.Mint D.Brodeur Celle qui ne savait pas.Unit1 Bazin Notre courrier.A travers les livres.—4P* ENTRE NOUS La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste a l'honneur, en cette séance solennelle de ses œuvres économiques, de vous présenter le rapport1 de ses travaux depuis janvier dernier, rapport1 qui atteste éloquemment, de la vaillance de nos comités, du zèle et de l'activité de tous les membres de notre grande et prospère association.Dans le domaine patriotique, la Fédération s'est affirmée lors de cette assemblée magnifique qui, dans la bibliothèque Saint Sulpice, réunit l'élite de nos classes féminines, pour affirmer la sympathie des Canadiennes-françaises envers les sœurs si courageuses, si énergiques et si patriotes qui, dans l'Ontario, soutiennent hautement les droits de la langue française, protègent leurs écoles, et défendent bravement les droits méconnus de notre chère et belle langue française.Madame Landry, la compagne éloquente et dévouée du président de l'association d'éducation de l'Ontario, assistait à cette réunion, où elle adressa la parole.Ces remarques si dignes et si senties, provoquèrent de l'émotion et de l'enthousiasme, et rendirent plus chère encore la cause franco-ontarienne au cœur des Canadiennes-françaises du Québec.A cette séance, présidée par madame Gérin-Lajoie, madame Hu-guenin, l'organisatrice de ce mouvement patriotique, adressa aussi la parole ainsi que mademoiselle Daveluy, toutes surent parfaitement exposer la tristesse de cette question des écoles de l'Ontario, question navrante et inquiétante dont ne saurait se désintéresser la Canadien ne-française du Québec, commise à la garde de la langue française sur la terre d'Amérique.A cette séance, nous avons aussi entendu la plainte si juste et combien digne d'une Manitobainc, d'une femme qui avait assisté à la lutte terrible de là-bas, et en savait toute l'injustice et toutes les tristesses.Aussi les paroles de madame de la Mot he Girard, firent-elles monter des larmes dans tous les yeux, et madame Gérin-Lajoie traduisait l'émotion générale en disant que maintenant d'un bout à l'autre du pays les Canadiennes-françaises sauraient toujours se rejoindre, se comprendre et se protéger.La souscription versée aux écoles de l'Ontario, lors de cette assemblée atteignit le chiffre de $216, que notre secrétaire adressa à madame Lanlry, en la priant de l'ap- pliquer à adoucirVtpielque peut le sort des institutrices et madame Landry dans sa réponse, ainsi que monsieur Gre-non, le secrétaire de l'association de l'Ontario, assurèrent à madame Huguenin, que l'argent serait dépensé, conformément au vœu ainsi exprimé.Cette manifestation en appelait une autre qui eut lieu dans le grand théâtre Kussell d'Ottawa, le G avril dernier, en présence d'au delà douze cents femmes'accourues de tous les coins de la Capitale pour entendre la parole sympathique de leurs sœurs du Québec.Madame Huguenin et mademoiselle Daveluy se firent, en cette circonstance, les interprètes de notre sentiment patriotique, et la réception ehaleu reuse qu'elles reçurent, prouvent qu'elles ont rempli leur mission en vraies Canadiennes-françaises du vieux et beau Québec.La Fédération ayant décidé d'appuyer le vote Cannon proposant l'admission des femmtfts au barreau, notre présidente, madame Henri Gérin-Lajoie, fut déléguée auprès de la Commission des bills privés de la Législature, et y prononça un fort éloquent plaidoyer, le bill fut rejeté, mais l'éducation ainsi faite ne se perdra pas, et il est presque certain que dans un avenir prochain la province de Québec accordera aux femmes un droit qui leur est acquis dans d'autres provinces.La commission centrale des gouttes de lait qui, dans la Fédération dirige tout un mouvement pour enrayer la terrible mortalité infantile, a provoqué une campagne active de presse pour gagner l'opinion publique aux questions d'hygiène, et à fait signer une promesse à un grand nombre de candidats aux charges municipales, promesse par laquelle, ils s'engageaient à assister efficacement la "goutte de lait" dans toutes les mesures administratives qui intéressaient l'œuvre des tout petits.Cette action (levait avoir comme complément des démarches à l'Hôtel de ville, afin de faire augmenter l'octroi aux gouttes de lait.Une délégation se rendit donc ces jours derniers, auprès des commissaires de la cité, pour obtenir ceft subsides, et de bons résultats sont espérés de cette de-1 marche, puisqu'un comité nommé pour étudier la question, suggérera certainement d'importantes améliorations, et perfectionnera le système actuel. Montréal — LA BONNE PAEOLB — Juin 1916.Vol.IV.No 4 La plupart des associations professionnelles clôturent leurs séances ce mois ci.L'activité a été grande chez nos femmes laborieuses.Mlles ont soutenu trente-trois cours fréquentés par un millier d'élevés et ont adressé à la Commission scolaire de Montréal, une requête pour les aider dans leur œuvre éducatrice.La réponse reçue de la Commission permet d'entretenir les meilleures espérances sur le résultat pratique de cette démarche.lie cours de droit commercial qui s'est donné pour l'Association des femmes d'affaires, avec pour professeur, la toute dévouée présidente de la Fédérai ion nationale Saint-Jean-Baptiste, a réuni cent quarante-sept inscriptions, oi une assistance totale de trois cent deux personnes.Le nombre de leçons a été de dix, el des prix vont être décernés ce soir aux élèves qui ont assidûment, et avec suc-ces, suivi ces cours.Mademoiselle Phaneuf la très active présidente de l'Association va elle même offrir les prix aux heureuses lauréates dont voici les noms: Piece d'or de $2.50, offerte par l'Association des femmes d'affaires, et mérité par mademoiselle Simoneau, 357, rue Saint-Denis.Autre prix, du même montant offert également par cette Association, décerné à mademoiselle Ta/a, 207a, rue Amherst."La Vierge dans les arts," volume artistique offert par mademoiselle Pbancuf, mérité par madame L.-A, Beau-chesne, 450, Parc La font aine.Volume offert par madame (iérin-Pajoie, décerné également à madame Pcauchesnc.Volume offert par madame de la Haie, mérité par madame Comtois, 904, rue Ontario.Nous félicitons chaleureusement l'Association des femmes d'affaires, sa présidente, el toutes les élevés, des très bons résultats des études légales poursuivies à l'uni versité sous la haute direction de madame Gérin-Lajoie.Dans nos œuvres de charité, l'action a été suivie» et dévouée», et nous sommes fières de signaler le progrès du comité de la Croix Ponge, dont le dernier rapport atteste une augmentation de 22,000 articles sur le travail accompli l'an dernier, dans le même laps de temps.L'œuvre des blessés sollicite d'ailleurs toutes les sympathies, et madame Huguenin, la présidente de la section canadienne-française dans la Croix Rouge, vaillamment secondée par ses officieres : mesdames Deserres, Dupuis, Désaul-niers, et mademoiselle Belcourt, a institué jusque dans nos lointaines campagnes, des cercles qui se dévouent, de tout leur cœur pitoyable, au soulagement de la grande souffrance qui des champs de bataille, appelle sans cesse à l'aide.Nous insistons sur le devoir de toute femme de contribuer à cette action de charité, et toutes les Canadiennes-françaises seront les bienvenues au comité cen tral de la Croix Ponge canadienne-française, à la chambre 12 de la Pairie, comprenant qu'en ces temps de martyre sans nom.elles ont le strict devoir de faire leur part pour apaiser la grande douleur qui pèse sur l'humanité et l'opprime atrocement.Mentionnons aussi le beau travail opéré par l'Assistance par le travail, cette œuvre de secours aux plus bumbles et aux plus abandonnées dVntre-nous, et qui durant ces derniers mois a donné 1 ,S00 journées de travail, a soutenu régulièrement cinquante-quatre ouvrières et placé soixante-trois autres femmes.Deux mille cent quarante morceaux de lingerie ont été exécutés sous la direction d'une habile contre-maîtresse; ces articles ont été distri- bués aux pauvres, et différents travaux de couture ont aussi élé confectionnés pour la "Croix Ponge", "l'Assistance maternelle", et l'Hôpital Sainte-Justine".Ce comité présidé par madame Gérin-Lajoie avait pour secrétaire dévouée madame Israël Tarte, et pour trésorière, aussi fort active, madame Z.Hébert, et servi par de nombreux et zélés dévouements à remplir une large part de bien dont il convient de le louer hautement.Laissez-moi maintenant, mesdames, vous parler de la revue si intéressante et si attachante de notre Fédération, la Bonne Parole, qui tous les mois vous apporte sa large pari d'enseigenment, de distractions et de joies, et permettez-moi de réclamer en sa faveur toute l'attention à laquelle elle a largement droit.Cette publication est assez onéreuse, et malheureusement plusieurs de nos abonnés oublient avec une régularité désespérante de nous remettre le petit montant de l'abonnement.II faut alors percevoir ce montant par l'office des agents, et payer de ce fait un percentage qui diminue» la somme déjà trop minime du cinquante sous annuel.Nous prions donc, et instamment les amies si nombreuses et si sincères de notre» journal de ne pas négliger le paiement de cette somme si petite, grâce à laquelle, nous pouvons leur dispenser la Bonne Parole si nécessaire à l'enseignement sans cesse propagé par notre Fédération nationale Saint-Jean-Papt iste.Nous aurons bientôt, le MO mai.la fête du Denier national, et c'est le moment, mesdames, d'affirmer, et brillamment, la fraternité étroite de toutes nos œuvres, et de nous unir autour du drapeau que la Fédération nous offre, afin de faire triompher nos œuvres de charité, et leur apporter le BCCOlirs dont elles ont l'impérieux besoin, pour mener à boum* fin leur action philanthropique.Il s'agira donc, le 30 mai prochain, en se groupant autour «le madame Germain, d'assurer le triomphe de la cause» charitable que défend la Fédération national»», et nous serons toutes à notre poste, ardentes et fidèles, prêtes au sacrifice et au dévouement pour faire de notre» Denier national, un très beau et 1res glorieux succès.Nous aurons l'honneur d'entendre tout à l'heure le prêtre distingué et aimable qui a toujours manifesté envers notn» cause une si parfaite sympathie, M.l'abbé Brosseau, et nous savons que l'enseignement qu'il nous versera avec son éloquence coutuinière aura les plus heu reux effets.Aussi sommes-nous fières de l'accueillir en notre Fédération, et de lui offrir notre hommage de sincère et profond»» gratitude.Notre reconnaissance s'en va aussi vers monsieur le curé Gauthier, qui.par son éloquente prédication de ce matin, nous a rendues pins attachées à la cause qui nous est précieuse, et plus fidèle à notre fière devise.Madame Desmarais à laquelle nous sommes redevables du ebant si doux et si pieux de la messe de ce matin, ainsi (pie madame Beauregard qui a composé l'attrayant programme-musical que nous applaudirons tout à l'heure, voudront bien accepter les très sincères remerciements de la Fédération nationale».Et.continuons, mesdames, notre mission, dans la famille et dans la société, travaillons sans cesse à rendre le peuple meilleur, en observant la devise sublime, "Vers la Justice, par la charité".Ma rie -J.Ci crin - La joie. Vol.TV.Xo 4.Montréal — LA BONNE PAROLE — Juin IDIfi.9 Chronique des Oeuvres Associai ions professionnelles.— Dne delegation dos diverses associai ions professionnelles de la Fédération s'est présentée durant le mois de va ni la Commission scolaire de Montréal, el a sollicite de l'aide pour le maintien des cours que ces associations font donner à leurs membres.Trente el un cours comportant : le français, l'anglais, la comptabilité, la dactylographie, le dessin, l'hygiène, la coupe el la couture, l'art culinaire, les soins aux blessés, ont été fidèlement suivis par nos ouvrières et nos femmes laborieuses.[In millier d'élèves se son! inscrites.En présence de l'immense travail accompli par nos associations professionnelles pour faire l'éducation populaire, la commission scolaire de Montréal a généreusement souscrit un subside de $1,500.Grâce à cette allocation, les cours du soir, pour les femmes, prendront une grande exttension l'automne prochain.Corde d'études Notre-Dame.— Le cercle d'études Noire-Dame avait l'honneur de recevoir, mardi dernier, 23 mai.dans les salles mises à sa disposition par les religieuses de l'Ecole d'enseignement supérieur, les membres de 10 cercles d'études.Encouragées comme on l'a vu ailleurs par les représentants les plus autorisés du clergé, les jeunes filles surent répondre avec intelligence et un charmant entrain à ce qu'on attendait d'elles.Et le public leur témoigna une sympathique non équivoque.L'adoption «l'une résolution à l'effet d'établir une fé dération des cercles fut le résultat le plus pal nabi e de cette "journée d'étude", fédération qui a pour objet d'aider au dévelonnement des cercles et à leur nronngande, aussi bien qu'à lour bonne orientation.Oui n'en voit l'imnortaneo à «m moment où tout idéal doit ramasser les énergies nui v tendent sous peine d'être anéanti.Pin-sieurs noints de la constitution de ce groupement national, rappellent celle de l'A.C.T.C.Cependant il faut y voir de notables divergences, surtout en ce oui concerne l'indépendance des cercles et l'orientation qui sera préconisée pour leur act ion.La fédération C.E.C.P.reflétera l'esprit des cercles qui la forment : dont l'objet se résume en peu de mots: nréparer la jeune fille à l'accomplissement intégral de son devoir d'état.dévcloppci\en elle un grand esnrit de charité el l'initier aux moyens de le rendre aussi efficace que possible soit dans la famille, soit dans les œuvres auxquelles plusieurs seront appelées à collaborer.Voici le programme de la journée : "JOURNEE D'ÉTUDE" des cercles de jeunes filles canadiennes-françaises, préiidée par M.E.-E.Oonin, p.s.s., directeur du cercle rrétuden Notre-Dame.— 23 mai 1916.Officierez du comité de la "journée d'étude" — Présidente d'ho-nciir: la Rév.Mère Assistante cénérale do 1» Cou«mvit»lion do Notre-dame.— Présidente: Mademoiselle M.-.T.Gérin-Lajoie.— Secrétaires : mesdemoiselles T.Lcsaçe, M.-G.LoMoine.h.Bélanger, E.Zappa.S.fiirard.— Rapporteuse : mademoiselle .T.Baril.Stance du matin, t) ili.r heure*.— Réunion à la clnp»lle — Veni.Creator Spirit us.— Allocution d'ouverture : Mlle J.Baril, secrétaire du comité inter-eercles.T—Les méthodes d'étude — livres — observation — enquête.Mlle M.Bureau, secrétaire du cercle Marguerite Bourgeoys, Québec.Mlle M.-A.Madore, du cercle Jeanne d'Arc.II—Causerie: préparation et elocution — Moyens de vaincre la timidité et de rendre la diction vivante.Mlle Y.Charettc du cercla Notre-Dame.Mlle I.Robitaille, vice-présidente du cercle Jeanne Mance.III—Quelles œuvres entreprendre (a) dons les petites villes — (I») dans Ic:t paroisses (c) dans les cercles indépendants.— ICxpéricn ces et conseils pratiques.— (a) Mlle A.Campbell, secrétaire du cercle Marguerite Bourgeoys, Sherbrooke, (h et c) Mlle A.Lesngc, présidente du cercle de la paroisse de l'Enfant-Jésus.I\—Discussion du projet de Fédération des cercles présenté par Mlle M.J.Gérin-Lajoie, présidente du cercle Notre-Dame.Séance publique de Vaprès-midit à deux heures, — Allocution d'ouverture: Mlle A.Cousiucau.du cercle Notre Daine, présidente de la Bcction des élèves de l'Ecole.Itap/htrts dis cercles du comité intcr-cercles.1—Société d'économie domsetique, Québec, Mlle A.Normand, prés.I F—Cercle Marguerite Bourgeoys, Sherbrooke, Mme L.Codcrre, présidente.II T—Cercle des jeunes filles de Saint-Henri.Montréal.Mlle A.Aipiin.présidente.IV—Cercle Jeanne Mance, Montréal.Mlle R.Cléroux.V—Cercle Jeanne d'Arc.Montréal.Mlle S.fiirard.VI—Cercle de la paroisse de l'Enfant-Jésus.Monterai.Mlle A.M.I hiinont.secrétaire; VII—Cercle d'études Notre Dame.Montréal.Mlle (î.Lomoync, secrétaire du comité d'œuvres.Tfapporfs tien r> rclcs adhérents n In "Journée, d'étude".I—Cercle d'études des o'uvres économiques de la F.N.S.J.Rte.Mlle M.C.Davcluy, présidente.II—Cercle Saint-Pierre, Montréal.Mlle L.Bélanger, secrétaire.II—Cercle d'études "les Hirondelles".Mlle H.Lord, secrétaire.IV—Cercle littéraire du couvent de Bcllcvtie, Congrégation de Not re-Dame.Québec.Etudes didactiques : I—L'étude sociale adaptée aux divers milieux: du lis le cercle scolaire — rural — paroissial — mondain — universitaire — philanthropique.Mlle 1.LesagC, vice-présidente du cercle Notre-Dame.II—Valeur des diverses œuvres pouvant concourir à la formation des membres de cercles d'études.Mlle E.Faille, secrétaire du cercle Jeanne Maine.III—La propagande «lu cercle: une péanec type.Mlle E.Zappa, assistante-secrétaire du cercle Not re Daine.IV—Le cercle d'études et la question de la Inilglic française.Mn-daine A.S.-Pierre, présidente du cercle Jeanne «l'Arc.V—La constitution de la Fédération des cercles.Mile Mnrie-J.( îérin Lajoie.présidente du cercle Not re Dame.VI — Discours de clôture: M, E.-E.Gouin, p.s.s.Bénédiction «In Très Saint Sacrement à cinq heures et quart.Voyage d'études pour'DAMES et DEMOISELLES à l'exposition international San Diego, CALIFORNIE.Sous In direction (le Mlle Hélène Biéler Professeur de Français el de Littérature au Collège MacDonald, Sainte-Annc-dc-Bel le vue.1\ (.).Seront visités: Chicago, Denver, Colorado S privas, l?s Grands Canyons de VArizona, Iticcrsidc, Californie, Angeles, Santa Har bar a, Del Monte, les Arbres Géants, l'Observatoire Lick à Sun José, Sun Francisco, Portland, Seattle, Victoria, Vancouver, Glacier, Lue Louise, Banff, les Grands Lacs, les Chiites Niagara et Toronto.DEPART DE MONTREAL, LE VENDREDI 30 JUIN Durée du voyage : 17 jours.— $f»98.00 toutes dépensés payées.Pour /dus amples renseignements, s'adresser nux organisateurs Les AGENCES de VOYAGES JULES HONE 9 Boulevard S.-Laurent.Montréal.— Tél.Main 2605 — 4097.8894 4 Montréal — LA BONNE PAROLE — Juin 1916.Vol.IV.No 4.Conférence sur le dévouement î Mesdames, Ne soyez pas intriguées de m* en tendre dire "mesdames" sans ajouter "mesdemoiselles" : ce n'est pas seulement pour l'avantage de me servir d'un terme plus générique et plus court, c'est aussi parce qu'en appelant "mesdames" les demoiselles qui m'écoutent, je réponds assurément au désir secret qu'elles ont toutes de devenir dames un jour — si Dieu le veut et si un aittrr aussi le veut ! — El je réponds en même temps au souhait que je forme pour elles de voir réaliser bientôt leur désir, et surtout d'égaler et même de surpasser, si c'est possible, en distinction et en générosité leurs aînées.je n'ose pas dire leurs cadettes, vous croiriez que je vise les vielles filles! or, je suis sûr qu'il ne peut y avoir parmi vous de vieilles filles, puisque votre présence ici ce soir et le rôle admirable que vous remplissez toute l'année témoignent de la perpétuelle jeunesse de votre grand cœur : d'ailleurs on dit avec raison que le cœur ne vieillit pas, et ceci est surtout vrai quand le cœur sépanouit si bien et qu'il ressemble par là au cœur de Celui qui est éternellement jeune.On est toujours au printemps quand on est toujours à la saison des fleurs et des semailles, des fleurs de bonté et des semailles de sacrifices5! Mesdames, ce n'est pas sans un certain effort de courage que j'ai accepté de venir vous parler ce soir.Si nous étions à l'église, je me sentirais moins timide, me rappelant le précepte de saint Paul: "Que la femme se taise à l'église": c'est donc à l'homme d'y parler et je serais sûr alors de n'y pas prendre votre place! Mais l'apôtre a omis de nous dire si la femme doit se taire en dehors de l'église, et cette omission, au dire des malins, laisse à la femme une latitude dont elle profite immensément ! J'ai entendu raconter qu'on demandait un jour à un monsieur: "Kst-il vrai que vous n'avez pas "parlé à votre femme depuis quatorze ans?— Oui, c'est vrai.— VA pourquoi donc?— Je n'ai pas pu avoir mon tour!" Et j'ai lu quelque part qu'une femme qui venait de voir les chutes Niagara écrivait à une amie: "Quelle puissance que ces chutes! en les regardant je n'ai pu parler pendant trois minutes!" Inutile de vous dire (pie je ne crois pas à toutes ces malices, ce sont des calomnies.ou au moins .des médisances! Je ne crois pas que vous parliez beaucoup — du moins pas tant que cela ! — mais ce (pie je crois, parce que je le vois, c'est que vous parlez très bien et que vous écrivez non moins bien : j'en ai eu une preuve récente en lisant dans le dernier numéro de la "Bonne Parole" les éloquents discours que quelques-unes d'entre vous ont prononcés lors de la superbe assemblée féminine tenue à la bibliothèque Saint-Sulpice, pour protes ter contre l'odieuse persécution de notre langue dans l'Ontario, et aussi les rapports de si haute tenue signés par quelques demoiselles des vôtres.Imaginez maintenant s'il faut de l'audace à un homme pour parler où il y a tant de femmes, et tant de femmes à bonne et belle parole ! Si j'ai accepté, mesdames, c'est que je voulais remplir un devoir en même temps qu'une promesse.Ce devoir, c'est de vous dire combien j'ai été touché, lors de la céle- < « hration récente de mon jubilé sacerdotal, de recevoir le message de félicitations et de bons souhaits que votre Fédération a bien voulu m'adresser par la plume si élégante de sa secrétaire.J'ai reçu alors d'autres messages très précieux, par exemple la photographie et la béné- ' diction autographe de S.S.Benoit XV ainsi (pie celles de S.Ë.le cardinal Begin.— mais veuillez croire (pie le vôtre n'en était pas moins bienvenu pour être en si bonne compagnie, et c'est à dessein (pie j'ai voulu attendre l'occasion de ce soir pour vous dire de vive voix et de grand cœur tous mes remerciements.Quant à cette promesse que j'ai donnée de vous apporter ma petite pari à votre grande fête, je l'ai donnée parce «pie depuis longtemps mon coeur de prêtre et de patriote désirait vous crier son admiration, non seulement pour tant d'oeuvres qui sont les vôtres, mais surtout pour ce (pii fait le fond de ces œuvres, et qui est l'âme de votre Fédération, et qui explique votre belle devise: "Vers la Justice par la Charité." Vos œuvres sont multiples, mesdames, j'y compte quatorze fédérations paroissiales et dix-neuf groupes variés djeuvres de charité matérielle et de charité morale, d'œuvres de développe ment et de progrès intellectuel, d'œuvres de protection et d'assistance mutuelle.Mais toutes ces œuvres s'abreuvent à une source unique à cette source (pli jaillit du plus profond et du plus pur de votre cœur et qui s'appelle le dévouement, le dévouement dans sa forme la plus haute, la plus difficile cl la plus nécessaire aujourd'hui qui s'appelle le dévouement social.Car vous auriez pu vous contenter de votre travail et de votre progrés personnels, vous auriez pu borner votre dévouement aux besoins ou aux souffrances de ce cercle étroit qui est la famille on les amis.Mais non.vous avez voulu porter vos regards plus haut et plus loin: contrairement à tant de filles ou de femmes mondaines qui ne vivent (pie pour elles-mêmes et pour les frivolités de la vie quotidienne, vous donnez une part de votre temps, de vos travaux et de vos âmes à îles œuvres sociales de soulagement, de lumière et d'appui.Kl vous vous dépensez avec le désin-léressenient le plus absolu, en cherchant d'autre réeom pense ici-bas (pu» la jouissance supérieure trouvée dans le don de soi-même.Vous méritez qu'on vous acclame, et c'est surtout pour le faire (pie je suis ici ce soir.ESI si je vous parle de dévouement, ce n'est pas pour le créer ni l'éveiller chez vous, puisqu'il existe déjà si entier et si actif: c'est plutôt pour vous stimuler à la persévérance, au milieu des obstacles, des moqueries et peut-être même des revers que vous rencontrez parfois sur votre chemin.Quand le soldat s'en va risquer sa vie pour une cause sacrée, il seul son cœur battre» plus fort et son courage s'enflammer s'il entend sur son passage des voix amies que l'acclament, et qui caressent son âme comme le premier frôlement des grandes ailes de la victoire! C'est donc pour vous aider à remplir votre rôle que je remplis ce soir ma promesse et mon devoir.El si en les remplissant je crois vous donner une preuve de dévouement, je crois avoir droit de compter sur votre indulgente bienveillance.D'ailleurs la partie artistique du programme compensera amplement la pauvreté de la causerie.Et, pour être moins exigeantes, vous vous souviendrez combien peu il vous en a coûté pour entrer ici ce soir.Une troupe médiocre de théâtre donnait une représentation dans une petite ville, au beau milieu du drame, un acteur tombait dans un donjon en criant: Vol.IV.No 4."je suis fou ! fou !" Et un spectateur de répondre : "Tu n'est pas plus fou que nous qui avons payé 50 sous pour entrer ici !" — Puisqu'il ne vous en coûte rien pour en trer ici.mesdames ,vous ne pouvez vous plaindre car vous êtes sûres d'en avoir pour votre argent ! ( II Mesdames, il y a à peine quelques années (pie les physiologies ont découvert que dans l'organisme humain il se livre une guerre acharnée et incessante contre l'armée des microbes «le la santé et l'armée des microbes de la maladie, et que du résultat de cette guerre dépend la vie ou la mort de l'individu.Mais il y a bientôt 1600 ans (pie l'un des plus grands génies de l'humanité — génie baptisé dans les larmes de sa mère sainte Monique autant (pie dans l'eau du Saereinenl — a découvert dans l'organisme de l'humanité entière une guerre plus acharnée encore (pie se livrent les deux plus grandes forces du monde: "Deux amours, écrit saint Augustin, ont fondé "deux cités: l'amour de Dieu poussé jusqu'à la haine de "soi-même a fondé la cité* du bien, l'amour de soi-même "poussé jusqu'à la haine de Dieu a fondé la cité du mal." El le grand Docteur laisse son esprit planer sur les siècles de l'histoire universelle, et découvre les deux forces morales qui expliquent toute cette histoire et qui déterminent la santé ou la maladie, la vie ou la mort des nations comme des familles et des individus: d'un côté le dévouement, de l'autre l'égoïsme, — le dévouement fécond et vivificateur.l'égoïsme stérile et destructeur.Ces deux grandes forces se disputeront le inonde tant qu'il vivra, comme elles se le sont disputé' depuis son berceau même; ci quand vous étudie/, l'histoire humaine, mesdames, VOUS constate/ les victoires ou les défaites alternatives de ces deux forces par le degré d'élévation ou d'abaissement de la race humaine.Durant les quarante premiers siècles, ce fui la puissance du mal.ce fui l'égoïsme qui fut vainqueur: les sociétés antiques, les nations païennes furent la proie de l'égoïsme, car le fond du paganisme, c'est le plus fort écrasant le plus faible dans la famille et dans la nation, cl dans les nations se dévorant les mus les autres: e'esl l'enfant et la femme soumis absolument à la puissance arbitraire et tyrannique de l'homme; c'est surtout l'esclave, c'est-à-dire la grande masse du genre humain, traité et vendu et tué connue une bête de somme.Et au sommet de cette socité, c'est le petit nombre des puissants (pli se repaissent de la sueur et du sang des autres.Il est à croire (pie si l'égoïsme eût prolongé son règne, la terre fût devenue l'enfer anticipé.Heureusement, quelques siècles avant (pie le plus colossal empire de l'histoire fût rendu au fond de son orgie, de sa décadence et de sa poiirirture, et avant (pie les Barbares se fussent mis en branle au fond de leurs forêts du Nord pour descendre comme les vagues de la mer et noyer dans le sang le monstre de rapines, d'oppression et de luxure, — des voix avaient chanté dans la nuit : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté," et s'étaient arrêtées au dessus du plus pauvre des berceaux.Ce berceau, c'était la foi du monde ancien, c'était le berceau du monde nouveau car c'est lui qui partage à jamais les siècles de l'histoire Et après trente-trois années, ce berceau s'était transformé en une croix, cl sur cette croix, entre la terre et le ciel, la grande Victime du dévouement divin et infini avait rendu son âme avec sa dernière goutte de 5 sang et son dernier cri, — la grande Victime qui couronnait sur le Calvaire sa doctrine d'amour, Elle qui avait crié à l'humanité : ."Aimez-vous les uns les autres." "Celui qui aime son âme la perdra." "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.".qu'il me suive jusqu'ici, jusqu'à la mort à soi-même, jusqu'à l'immolation suprême du dévouement.Désormais, mesdames, la lutte s'engage entre les deux grandes forces, lutte si longue (pie pendant trois siècles dix millions de martyrs donnent leur sang pour le triomphe du dévouement sur l'égoïsme.Et après trois siècles, le vieux monde pourri d'égoïsme se réveille chrétien, et la croix, symbole de dévouement et de sacrifice, prend sa place sur le diadème des rois comme sur les autels de Dieu: l'enfant et la femme reprennent leur place au foyer, l'enfant, citoyen futur du ciel encore plus que citoyen actuel de la terre; la femme, l'égale de l'homme et la reine de la famille.Et graduellement aussi, les chaînes de l'esclave tombent, et le maître finit par se pencher sur lui et l'embrasser comme un frère.Mais, mesdames, tant (pie l'humanité durera, la lutte ne sera jamais finie entre le dévouement et l'égoïsme.Je n'ai pas l'intention de vous retracer les péripéties de cette lutte depuis la victoire du christianisme jusqu'à nos jours, bien qu'il serait fort intéressant, par exemple, de vous montrer les nations chrétiennes s'ébranlant tant de fois pour la complote du tombeau de Jésus, dans un élan de dévouement (pli dure plusieurs siècles et qui semblerait aujourd'hui, un autre âge pratique, le rêve d'un fou.Il serait non inoins intéressant de voir Té goïsme triomphant au XVle siècle par cette Renaissance qui n'était en définitive qu'un recul vers le paganisme cl l'égoïsme.et par cette prétendue Réforme religieuse, (pli ne fut (pie la rébellion de l'individu et du moi contre l'autorité doctrinale pourtant si nécessaire.Mais ce qui m'importe le plus de vous démontrer, c'est qu'aujourd'hui plus que jamais les nations autrefois chrétiennes se sont laissées gangrener peu à peu par le microbe de l'égoïsme, et que la plus grande nécessité de notre temps c'est celle du microbe vital du dévouement, c'est celle du retour de toutes, les nations à l'idéal qui seul peut les sauver.La guerre qui écrase l'Europe, — la plus épouvantable de tous les siècles, projette des lueurs sinistres qui nous permettent de voir la profondeur et la source des plaies modernes, et la profondeur de la vérité proclamée par le Pape actuel, quand au début de cette guerre il déclarait (pie la grande cause du cataclysme c'est le retour des nations au paganisme, c'est-à-dire à l'égoïsme (pli en est le fond.Les causes de ce retour sont multiples, qu'il me suffise de vous en indiquer deux.La première,'c'est l'émancipation politique des classes populaires, c'est le renversement des barrières sociales qui jusqu'au siècle dernier partageaient hiérarchiquement toutes les nations: aujourd'hui toutes les classes se confondent, le dernier des enfants du peuple peut aspirer et atteindre au plus haut sommet, et de là vient le déchaînement de l'ambition au cœur de tant de millions d'êtres humains.La seconde cause, c'est l'augmentation dé la richesse et du bien-être par suite des découvertes et des applications innombrables des sciences naturelles: les sources de production ont été centuplées, la richesse est à la Montréal — LA PAROLE — Juin 1916.592734 Montréal — LA BONNE PAROLE — Juin 1916.Vol.IV.No 4.portée de tous les bras, et de là naît la cupidité sans bor nés et sans freins.II est une autre cause qui nous est personnelle, je veux dire le voisinage et la fréquentation d'une race qui possède assurément de grandes qualités, et des qualités qui nous manquent parfois, mais qui est foncièrement matérialiste, en ce sens qu'au lieu de chercher surtout les jouissances supérieures de l'esprit et du cœur, elle cherche presque exclusivement les jouissances du confort.Quel est le rêve de tout bon Anglais et de toute bonne Anglaise?— Travailler sans doute, et honnêtement, niais surtout pour posséder un home confortable quoiqu'un peu énorme parfois, une table plutôt garnie que raffinée, des habits plutôt solides qu'élégants, de beaux chiens et de beaux chevaux, ou une belle limousine, et surtout un bon capital placé en toute sûreté.Je parle des anglo-saxons d'ici, car pour ceux de la république voisine le rêve s'agrandit et devient une véritable frénésie.Ce voisinage se déteint fatalement sur nous, et l'atmosphère où nous vivons en ast alourdie.Aussi, mesdames, chez nous comme chez les vieilles nations, le grand dieu du jour, le dieu rival du Dieu du Calvaire, c'est ce même dieu rival autrefois de Jébovah et qui nous faisait sourire aux jours où nous étudiions l'histoire sainte, c'est le veau d'or; et l'aristocratie nouvelle dans tous les pays, c'est celle de la richesse: et le veau d'or compte tant d'adorateurs non pas parce qu'il est un veau mais parce qu'il est d'or, et que l'or c'est la source de tous les conforts et de toutes les jouissances, c'est la grande puissance du jour (pli contrôle la politique, et la paix et la guerre, et la presse, et la littérature, et les beaux arts, et parfois jusqu'à la justice de nos jours.El ce culte du veau d'or divise déjà l'humanité en deux camps, le camp des riches et des patrons, le camp des pauvres et des travailleurs, le premier camp dominé par l'égoïsme, et le second par la cupidité.El les deux camps se jettent des regards de mépris et de haine.El le camp du travail s'accroît chaque jour, cl le socialisme envahit toutes les nations.Qu'est-ce qui se prépare?Tous les penseurs nous le disent, c'est le plus effroyable cataclysme de l'histoire, ce ne sera plus la guerre pourtant si effroyable de nations contre nations, ce sera la guerre civile et sociale au sein de chaque nation, la guerre de citoyens et de frères de même langue et de même sang s'entre dévorant sans pitié, et si le nombre triomphe, ce sera l'aurore de la plus épouvantable tyrannie.Mesdames, ce tableau n'est ni nouveau ni changé.11 est temps (pie les nations se réveillent et que, pour prévenir les ruines qui s'annoncent, elles reviennent au Christianisme, c'est-à-dire au dévouement qui en est le fond.Il faut (pie la famille soit à base de dévouement, (•online son Auteur l'a voulue en la fondant non pas sur l'instinct brutal et aveugle, mais sur ce sentiment si noble qui s'appelle l'amour, e'ets-à-dire le désir de transmettre avec la vie tout le bonheur de la vie.Est-ce ainsi (pie les jeunes le comprennent?Le gaspillage de leur jeunesse et ensuite leur rêve d'égoïsme et n'expliquent-ils pas souvent tout ce mirage malheureux?Ecoutez ce que disait récemment à des femmes un évêque de France : '!.Voyons, sans réticences et sans voiles, ce que cher-"chc lu plupart du temps le jeune homme qui maintenant veut faire une sage fin, après avoir promené souvent sur tant de cœurs vulgaires ses caresses, après « « avoir usé peut-être sur des visages flétris ses regards "ardents, lorsqu'il s'en va demander la main d'une pieu-"se jeune fille qui mériterait mieux que des restes, si "ee n'est une âme plus stable qui ne le trahira pas,' et "qu'on ne lui prendra plus; si ce n'est un cœur fidèle "qui lui servira désormais d'asile et de refuge; si ce "n'est line main plus douce qui le servira sans salaire; "c'est-à-dire en somme ce qu'il cherche c'est toujours "lui-même et presque lui seul.Il donnera sans doute "aussi ce qu'il faudra de monnaie d'amour pour obtenir "tout cela.Mais son dessein profond, l'âme de sa pensée, je les soupçonne de n'être pas d'abord de rendre "l'autre heureux, mais de se faire, lui, plus heureux et "plus tranquille qu'il n'était."El d'un autre côté la jeune fille aussi pense instinctivement plus à elle qu'au fiancé.Elle ne fait pas d'elle-même peut-être des réserves aussi expresses.Mlle est "prête à se donner toute.Mais à la condition d'en recevoir le prix, qui sera sa toilette, sa maison et sa liberté, c'est-à-dire qu'elle achète cela avec de l'amour.Mais elle l'achète, et c'esl en cela même (pie je vois son égoïs-"me car l'amour vrai se donne sans marchandage et sans "escompte, de crois qu'il y avait ces années passées "beaucoup d'unions où s'infiltrait un peu de ces calculs "personnels.Ils ne tuent pas tout l'amour: mais ils "l'amoindrissent, le dessèchent, l'étiolent et le déploient.Ils laissent dans les foyers les plus clos des fissures par où s'écoule ailleurs toujours un peu des coeurs." (Mgr Tissier, "La Femme au foyer," p.236).Kl ensuite, même si l'époux et l'épouse se dévouent absolument l'un à l'autre, il faut qu'ils combattent l'égoïsme (pie j'appellerais familial.Cet égoïsme se traduit de deux manières.D'abord par la restriction volontaire du nombre d'enfants, — doctrine qui devient de plus en plus à la mode aujourd'hui, mais qui est simplement criminelle: car c'esl un crime de vivre dans la luxure, même et surtout l\ l'abri d'un sacrement et du respect social, cl la luxure c'est le plaisir sans le fardeau: c'est un crime de priver l'Eglise et Dieu d'enfants qui un jour peupleraient le ciel: c'est un crime de priver sa patrie de bras pour la secourir et des poitrines pour la défendre: comme le disait une femme de France en parlant de son malheureux pays: "Les femmes qui doivent "pleurer aujourd'hui ne sont pas celles dont les fils tom-••bent au champ l'honneur, ce sont celles (pu n'ont pas "de fils à donner pour défendre la patrie." Pauvre France, si admirable et si héroïque dans l'épreuve, comme elle comprend cruellement qu'en diminuant ses enfants elle diminuerait ses soldats, alors (pie son ennemi se van- tait de se multiplier quatorze fois plus vite quelle! L'égoïsme familial se traduit d'une autre manière, et cette fois ce n'est plus la stérilité conjugale, c'est la stérilité sociale qui en est le fruit.Combien de bons pères rt de bonnes mères qui se dévouent exclusivement pour leur propre famille et ensuite dorment en paix, sans entendre monter la rumeur de la rue, comme si à côté de leur famille il n'y avait pas d'autres familles; comme si toutes les familles n'étaient pas soudées et rivées les unes aux autres pour former cet organisme qui s'appelle la nation?Mesdames, combien y a-t-il parmi nous de familles pour qui la charité et le dévouement consistent îi jeter un morceau de pain ou quelques sous au mendiant de la rue?Combien de familles qui ne soupçonnent même pas l'existence ou la gravité du devoir social! 4 90 Vol.IV.No 4.Montréal — LA BONNE PAROLE — Juin 1910.7 Dites-leur que des milliers de petits enfants meurent chaque année chez nous par suite de l'ignorance des pa rents ou de l'insalubrité du logement, et que notre race perd ainsi une grande part des avantages de sa fécondité.Cela ne les intéresse point, leur famille a eux est belle et robuste.Dites-leur «pie l'alcool est un monstre qui dévore le meilleur fruit de notre travail, puisque chaque année dans notre seule province de Québec 25 millions de dollars sont gaspilles pour la boisson.— et (pie ce monstre ruine les corps, ei les cœurs, et les âmes, et qu'il dévaste les loyers, et qu'il peuple les hôpitaux, les asiles personnel ou de carrière, quand ce n'est pas une affaire de manie ou d'emballement, ou une affaire d'ambition *ou de cupidité.L'éducation de notre peuple est encore à faire sur ce point.11 faut le convaincre, puisqu'il est encore profon dément ebrétien, qu'on ne peut être chrétien sans être patriote, et que plus on est ebrétien plus on aime sa race et l'humanité, et que le patriotisme ebrétien est l'efflo-raison la plus complète de la charité, c'est-à-dire du dévouement.Il faut lui montrer que même sous la Loi ancienne l'amour de sa race était déjà porté bien haut, et lui faire d'aliénés et les |»risons.Cela ne les émeut point, eux entendre la voix de Moïse luttant avec Dieu en faveur de ne sont pas des ivrognes.son peuple coupable, et lui jetant ce cri sublime: "Si vous ne voulez pas pardonner à mon peuple, effacez-moi du livre de viel" — Jl faut surtout lui montrer l'Hoinine-Dieu lui-même, qui a aimé l'humanité entière puisqu'il s'est livré à la mort pour la racheter, mais qui a aimé particulièrement ceux de sa race et de son sang, puisqu'il n'a pas voulu évangéliser par Lui-même d'autre race.que la sienne, et puisqu'un jour, lorsque sur le versant du Mont des Oliviers II s'est arrêté pour regarder Jérusalem, la ville royale, dont les monuments et les temples de mar bre laissaient scintiller leurs toits dorés sous les rayons du soleil d'Orient, — Jl a senti son cœur immense se gonfler tout à coup et éclater en des accents qui nous émeuvent encore connue des sanglots: "Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne l'as pas voulu !" Oui, mesdames, il faut faire l'éducation sociale de notre peuple, et c'est ce que fait déjà votre Fédération par ses œuvres et par ses exemples de dévouement social.Déjà, ce matin, vous vous êtes empressées autour de l'autel tlu Dévoûmenl divin, et un grand nombre d'entre vous se sont approchées, et s'approebent souvent, de la table où vous nourrissez vos âmes et vos vies de la Victime infinie; vous vous alimentez donc à la source première du dévouement ebrétien et social, et vous indiquez en même temps à notre peuple que le christianisme connu et vécu, c'est la doctrine vitale et la force vitale qui ont arraché les âmes à l'étreinte de l'égoïsme païen d'autrefois, et qui seules peuvent régénérer les familles et les sociétés d'aujourd'hui : vous prêchez que c'est par la charité chrétienne et sociale que le monde arrivera à la justice sociale, à la paix et au bonheur.Dites-leur que la hideuse prostitution étend ses ravages parmi nous, et accumule ses ruines physiques et morales, et qu'elle se glisse partout, cl que dans les usines., les magasins et les bureaux, des milliers de jeunes filles deviennent la proie de quelques vieux Faust, qui ne prennent pas même la peine de se rajeunir pour séduire les naïves Marguerite, mais se contentent encore d'un collier de perles, si ce n'est d'un succulent dîner.Tout cela ne les affecte point, leurs enfants n'ont pas à travailler pour vivre.Dites-leur qui* mis braves ouvriers catholiques sont souvent victimes des meneurs qui les éloignent «le la justice et de la charité, et que la question ouvrière devient une menace grandissante.Que leur importe, eux ne sont pas des ouvriers.Dites-leur que la politique devient de plus en plus un métier, et qui* la corruption envahit tous les champs de la vie publique, et que les homines sérieux se dégoûtent d'une carrière si avilie.Ils restent indifférents, ei au jour «les élections ils votent machinalement pour leur parti.Et combien d'autres domaines, mesdames, je pourrais vous indiquer, qui n'éveillent pas plus d'intérêt chez ces ramilles, égoïstes sans s'en clouter.Kt pourtant, ces familles sont foncièrement honnêtes, et elles ne voient pas que si toutes les familles se cantonnaient comme elles dans leur égoïsme, ce serait la ruine de la société, et la ruine de la société serait la ruine des familles qui la composent.El pourtant, ces familles sont foncièrement chrétien-nés, et elles ne réfléchissent jamais que le fond du christianisme CC n'est pas seulement l'amour de la famille, mais (pie c'est l'amour de tous les hommes, et surtout Avais-je raison de dire que vous méritez qu'on vous l'amour de la grande famille qui est la nation: et que | acclame?eel amour, qui consist.' à vouloir le bien et le bonheur des autres, ce n'est pas une chose de conseil, c'est l'objet d'un précepte formel, c'est donc un devoir de conscience.Pour un grand nombre d'entre nous, le dévouement a sa race et à la chose publique, c'est une affaire de gout BANQUE D'HOCHELAGÀ Capital autorité: $4,00l,00i - Capital payé: 4,000,001 Food, de réserve: $3,700.000 - Total de l'actif, au delà de $34.000.000 BURFAU DE DIRECTION: j.-A.Vaillancourt, Président; Hon.F.5?bKS;,A.Turcotte; E.-H.£-9^ Wil.on; Là.Larocquc; A.-W.Bonner.- Jbnûp ^T^£S Général; F.-G.Leduc, Gérant du * septembre 1015.Voilà ce rpii se passe pour soutenir le moral et pour que les temps s'accomplissent dans la sérénité de l'esprit.Je me permets rie transcrire pour les lecteurs de la Bonne l'amie quelques passages de lettres reçues de l'une de ces vaillantes et douces femmes de France, rpie j'ai le plaisir délical de compter parmi mes plus chères amies.Ces lignes vous prouveront et vous convaincront rie la noblesse de sentiment qui anime ce cœur de parisienne.Paris, 3 décembre 1914.Ma bien chère amie.Votre lettre «lu ls novembre me rejoint à Taris où nous sommes rentrées — retour de notre propriété de la Sar-ihe — depuis trois semâmes, mais notre cœur, comme le vôtre, reste accroché à la frontière ù se joue le destin de notre chère France.Mon gendre s'est battu avec acharnement en Belgique et il considère comme un miracle d'être encore là! J'ai ferme espoir que le miracle se poursuivra jusqu'au bout.Suzanne est courageuse, étant donné l'amour infini qui a présidé de part et d'autre.Pour l'instant, son mari est en repos à Saint-Omer et l'on lit en haut lieu que la cavalerie (il est dragon) prend ses quartiers d'hiver et ne donnera que si l'ennemi a un retour offensif.A travers le voile d'angoisse qui plane sur notre cher grand Paris si calme, si désert, on aperçoit le drapeau de la Victoire et notre cœur bat doublement en apprenant le succès de nos troupes en Alsace et en Lorraine.Oh! les braves cœurs et que notre tâche est petite à nous autres femmes à côté de la leur! Comme vrais et en union avec vous nous prions, nous travaillons et si ma plume est paresseuse, mon aiguille ne Test pas! C'est la grande école de l'oubli de soi — penser aux autres — à cette légion qui souffre et meure! Malgré mon silence je vous reste fidèle, ma très chère, et vous embrasse avec ma vieille tendresse toujours jeune.Frêdcdique J.13 Paris, 4 mars 1915.Ma chère et fidèle amie, Depuis ma dernière lettre que de choses se sont passées! Que de tristesse, rpie d'angoisses qui atteignent à l'heure actuelle leur miximum.Même si on n'est pas directement touché, comment ne pas frémir en présence rie cette jeunesse faucher», rie ces mères, de ces femmes qui dissimulent leurs larmes!.Malgré tout, la française reste solide au poste; courageuse dans le présent, confiante dans-l'avenir et, sous la coiffe de la Croix Rouge rpii a remplacé les paradis et les aigrettes, elle garde son sourire, mais combien transformé! Aucun courage ne la rebute et de ses mains autrefois baguées, aujourd'hui ru gueuses, elle panse les plaies, lave le linge, balaye cl surtout, surtout relève les creurs meurtris et jette partout la divine espérance de lendemain vainqueur! Levée à l'aurore elle s'en va au pied rie l'autel puiser le réconfort rie sa journée et puis prestement, à travers toutes les intempéries elle se rend là ou son devoir de charité l'appelle! Oh! le bel, le grand exemple! Je fournis ma toute petite part à la ruche nationale, ma santé ne me permettant pas de donner plus! Je suis attachée à la lingerie d'une ambulance et, du matin au soir, je raccommode le linge rpie des mains plus expertes que les miennes, glissent sous les membres souffrants.ha visite ries zeppelins, loin rie nous effrayer a été la bienvenue.Sans elle, nous n'aurions jamais osé levé les veux sur nos vaillants, au grand jour du retour.Maintenant, nous savons distinguer entre le grondement du canon, le sifflement d'une balle, le chant d'une mitrailleuse.A vrai dire à la première alerte, nous ne comprenions pas très bien : pour un peu nous aurions pris les premières notes du "garde à vous" pour les premières noies de la Victoire.Et puis, on travaille dur pour les petits qui se battent là-bas, et pour les mutilés rie nos ambulances et le soir venu, on dort ferme.Les pompiers ont beau s'essouffler on ne les entend pas toujours.Quand cela arrive le lendemain matin, on n'est pas très fière d'avouer rpie l'on n'a rien entendu et d'avoir manqué le "tic-tac" des creurs qui nous met en communication avec notre zone héroïque, ("est un petit acte d'humilité qui ajoute son grain de sable au monticule de nos sacrifices journaliers.Et pendant que le drame mondial se déroule, je suis grand'mère d'un pet it.fils! la maman courageuse et brave est une nourrice attentive, dévouée, intelligente, élevant son bébé, non avec une fausse sensibilité mais avec tendresse et fermeté.Le pauvre papa, bien à plaindre de ne pas savourer les joies d'une première paternité, est en ce moment dans l'Aube ! Que Dieu nous le garde, nous le protège, nous le rende.Que rlit on dans votre Canada de l'invasion des Bar- bares?Ma fille est retournée dans notre château ou il lui semble s'être rapprochée de l'absent, et où elle voit grandir son fils au milieu des objets familiers qui ont vu son jeune et si court bonheur ! Je vous reste fidèle, ma très chère, et vous embrasse comme une sœur tendrement aimée.Frcdcrique.Je me demande si cette lettre vous parviendra?Montréal — LA BONNE PAROLE — Juin 1910. 14 Montréal Paris, 17 décembre 1015.Ma bien chère amie, Au milieu du cauchemar que nous vivons, bien souvent, j'évoque comme une douceur votre souvenir, votre silhouette.Si vous étiez près de moi, la solitude me pèserait moins.Pourtant, je ne veux pas être une ingrate vis-à-vis de la Providence et je la remercie de me donner quand même l'énergie de vivre et de me dévouer, autant que faire se peut, aux souffrants.Et vous, que devenez-vous?Vous si profondément française vous devez suivre avec un intérêt angoissé les phases de l'etffroyable lutte.La Victoire! nous l'espérons, nous l'attendons, nous savons qu'elle est pour nous, mais comment n'avoir pas le cœur déchiré par les douleurs sans nom et sans nombre qui le creuse chaque jour! Nos héros sont splendides; mutilés et combattants ray onnent de la satisfaction du devoir accompli: nos femmes donnent sans compter leur or, leur dévoûnient et qui plus est, leur jeunesse.Sous la coiffe de la Croix Bouge elles ont abdiqué tous privileges, hoymi celui de la charité.Comment résistent-elles aux journées sans repos, aux nuits sans sommeil?Mystère.ou plutôt, pour comprendre il faut lever les yeux vers le ciel.C'est de là (pie leur viennent forcée! courage, que pensc-t-on de nous au Canada?Pendant (pie courageusement, mon gendre défend la France, ma fille ne se lasse pas de travailler pour elle — au mois de mars, Guy aura une petite sœur— deux en treize mois, vous avouerez (pie c'est bien.Malgré les préoccupations, les angoisses, les tourments, les heures courent rapidement.Tous les mutins, je vais à l'hôpital où je suis chargée du service de la stérilisation ; pour ces jours-ci on nous annonce double travail.In ordre venant du ministère de la guern demandant à ce que les blessés soient évacués pour laisser la place à d'autres.Lorsque les besoins de la cause le veulent, je retourne l'après midi.Mon cœur toujours jeune vous conserve, ma toujours aimée, une grande part de son affection.Frcdériquc.Ces lettres si éloquentes, si nobles, disent en résumé ce qui se passe en France dans tous les foyers, châteaux ou chaumières, et ce courage consenti, de tous 1er instants est merveilleux.Un peuple magnifié par de telles femmes ne sera jamais vaincu.Madame /).Brodeur.Le français et les marques de fabrique La déteinte de l'anglais sur le français se manifeste surtout dans les noms que Ton donne aux produits fabriqués au Canada.Si un industriel désire se trouver une marque de commerce pour un objet qu'il fabrique lui-môme, je ne sais pourquoi il aura infailliblement recours à la langue anglaise.C'est ainsi que, par une humiliation que nous méritons peut-être à cause de notre esprit ultra-condescendant, notre marché compte des quantités de produits canadiens baptisés de noms shakespeariens.De grâce, francisons nos marques de commerce, nous, surtout Canadiens-français ! Vol.TV.No 4.L'esprit goguenard français peut se manifester même jusque-là.Il y a en France la bicyclette Safilc (pour Ça file), le tire-houchon Satyr (pour Ça tire).En cela, l'Anglais peut rendre des points au Français.Un fabricant de salopettes a pris pour marque de commerce ces mots: / crow over all (overall).Certains noms historiques, mythologiques ou légendaires se prêtent très bien à l'adaptation commerciale.Les noms célèbres de notre histoire tels que : Cham-plain, Dollard, Maisonneuve, Frontenac, Salaberry, Jacques Cartier font aussi un excellent effet sur des produits canadiens.Cela, tout en signifiant la même chose, vaudrait infiniment mieux (pie le "made in Canada" (pie l'on étiquette partout et à outrance depuis le commencement de la guerre.Il y a encore les noms d'actualité.Une maison à appartements du Nord de Montréal s'appelle Le Joffre.Cela vaut bien le "The Kl.Catherine", en plein centre c;ina-dien-français.Ces jours derniers, un ingénieux tailleurs montréalais s'y prenait de» cette façon pour se faire de la réclame.Dans la montre de son magasin, il avait écrit en gros caractères : •1 offre un complet valant $25 pour $15.Tl y a aussi les noms de ville: Le cigare Boston, l'eau Riga (ville de la "Russie), etc., l'eau de Vichy.La clientèle anglaise ne sera aucunement offusquée des appellations françaises données à nos produits.On n'a qu'à feuilleter les catalogues de mode pour constater (pie les mots français ou à l'allure française» y foisonnent : Negligee shirlvoile, erepe, ratine, satinette, messalinc, foulard, erefn- de shine (sic), silk chiffon, serge, linon, batiste, moire, coronet braid.Pompadour ware, coulil.bassinette, miqnonnotte, etc.(Cf.Tarif-album de» Montgomery Ward and Co., Chicago).Les fabricants anglais créent à plaisir des mots français pour la bonne raison qu'ils les trouvent élégants et expressifs.Ce (pie nous appelons popeorn se dit en anglais Crispctte; ce que nous appelons "fixtures à gaz" se dit en bon anglais fiazelier, et fixtures électriques.Electrolier.Et dire (pie les Français ne connaissent pas encore ces trois mots que les Anglais finiront bien par nous imposer.Un académicien ne pourrait pourtant pas trouver mieux, peut-être pas même aussi bien.Ri, malgré tout, les Ames délicates et timorées craignent de porter ombrage à nos compatriotes hétérogènes, ils peuvent faire montre d'habileté en choisissant des mots qui s'écrivent de la même façon dans les deux langues, tels que: Capital, union, royal, ou des mots latins ou a suffixe latine, faciles à comprendre: Lux, Faeilis, Simpler, Junior, Casloria, Rcstoria, Omnia, Radium, Soyons aussi malins que les Anglais eux-mêmes.Les fabricants de la bière "REGAT; ont été très habiles en ehoisssant ce mot.Les Anglais lisent "Regal, qui, dans leur langue, signifie "royal".Les Français croient que cette bière est un REGAL, et les Juifs commençant à lire par la fin, comprennent LAGER, de sorte que ce seul mot satisfait tout le monde.C'est tout comme le marchand LEON NOEL dont le nom à l'affiche, qu'il soit lu par un Juif, de droite à gauche, ou par un Canadien-français, de gauche à droite, demeure toujours le même : LEON NOEL.Abbé Etienne Blanchard.(Extrait en partie du Bulletin du Parler français.) — LA BONNE PAROLE — Juin 1910. Vol.IV.No 4.HENRY BIRKS & SON, Limited Philips Square Fabrication, réparation d'ARTIci.ks d'ÊcusKs Insignes db société, Croix,etc.Une spécialité île dorure et placage.Commandes respectueusement sollicitées.Mlle C.TRA.HA.N Ouvrages neufs et réparations en fourrures de toutes sortes.161, RUE ST-MARTIN L'ORPHELINAT de MONTEBELLO, P.Q.dirigé'par les Srs Dominicaine de Trois Rivières, Site admirable au pied des Montagnes, sur les bords enchanteurs de l'Ottawa.S'adresser: Rdo Mkre Stpérieurk.Melle TRACEY FLEURISTE Spécialité de Gerbes de Noces, Tributs Floraux, Naturel et Artificiels.TEL.EST 1949.409 STE CATHERINE EST MONTREAL A LOUKR Banque Provinciale DU CANADA Nombre de déposants, plus de 54,000.Siège social à Montréal et 75 succursales dans les provinces de Québec, Ontario et Non veau-Brunswick.La seule banque, en Canada, ayant un bureau de contrôle pour son département d'épargne M.H.LA PORTE, président de la banque Sir ALEXANDRE LACOSTE, président du bureau de contrôle, de l'épargne M.Tancrèdo BIENVENU, vice-president et gérant général SCCCVPSALKS à MONTREAL: Rue S.Catherine, angle S.-Hubert.— — — — Dorion.• — — — à Maisonneuve.— Noire-Dame, angle Richmond.— — — —Vinct (S.-Cunégondc) _ — _ (S.-IIenri).— Beatibien — Huntly.— Ontario — Panel, — Rachel — S.-Hubert.— Roy — Egl.S.-Ls-de-France.— Bélanger — Boyer (S.Arsène).NOTRE COURRIER Immigration féminine.— IJn demande qui subsiste toujours pour les gens de maison a été remarquée lors de l'arrivée récente d'un groupe de femmes el jeunes filles immigrantes venues sous les auspices du Protestant Dircclorcta of Female Immigration, quarante demandes ont été faites pour les dix-huit employées offertes.Ce groupe comptait quarante personnes mais plusieurs ont été dirigées vers Toronto.Cette association formée par les églises protestantes du Canada, possède un siège à Montréal où des cours de formation sont donnés aux immigrantes sans frais pour celles-ci (jui, une fois placées, jouissent de ce centre social pour se récréer.Cet le association est subventionnée par le gouvernement fédéral.Pour le monenl le Directorate a l'intention de faire venir un certain nombre de veuves et enfants de soldats, il paraît «pie dans les campagnes on demande souvent de telles personnes pour les fermes.Les sans travail.— D'après le rapport du Refuge Meurling pour les premiers trois mois de 1915 cl 1916, le nombre des sans travail a diminué à Montréal.En IDlô, soixante mille cent soixante-sept bouillies sans foyer ont été hébergés.Cette année le chiffre n'est que vingt-lin mille trente-deux, une diminution de 00%.De mémo au bureau de placement municipal, il y a eu deux mille quarante quatre demandes pour les premiers trois mois de 1916, contre trois mille neuf cent quatre-vingt-seize, en 1915.Œuvres sociales.— Le mois dernier a paru le premier rapport du Confidential Exchange (Bureau de renseignement), dont le fonctionnement a été expliqué dans ces colonnes en janvier ci qui a été établi depuis par la Charity organization society comme office central des œuvres de charité de Montréal.Pour le mois écoulé le 15 avril, le bureau a répondu à 1,107 demandes de renseignements et a signalé 1,268 familles nécessiteuses.L'enrôlement des femmes (Women's war register) lors de l'assemblée annuelle du Women's Canadian Club une décision unanime a été prise au sujet de l'enregistrement des femmes en prévision de leur utilité comme remplaçantes d'employés partis avec l'armée.Ce projet sera présenté aux femmes de Montréal lors d'une assemblée qui sera convoquée prochainement.Des cadres se ront ainsi formés selon les aptitudes des personnes voulant s'inscrire.Pour faire suite à ceci des cours de formation seront inaugurés où les femmes pourront recevoir les connaissances nécessaires pour tel ou tel emploi en attendant que leurs services soient requis.A TRAVERS LES LIVRES "Lettre de l'cpiscopat belge." aux cardinaux et aux évôqèuei d*Allemagne, d Bavière «-t d'Autriche.(Blond et Gay, éditeurs, Paris.) Tout entrecoupé des sanglots île la douleur nationale, c'est un acte d'accusation implacable
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