La bonne parole /, 1 janvier 1916, octobre 1916
LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis, 50 cts Etranger, - 80 cts ( ORGANE Vol IV.DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-J EAN-BAPTISTE.OCTOBRE 1916.No.8 SOCIETES REDEREE8 .Lti «Une* patronnent! des oeuvres iuivmi» : Institution des Sourdes- Muettes Ciéch* de la Miséricorde Nazareth Hôpital Notre- Dame Hospice S.-Vincent de Paul Hôpital S.-Jitutine La Providence et Les Incurables Fédération paroissial*! de : l'Enfant Jésus Très Saint Nom de Jésus de Maisonneuve Saint Henri S.- lean-Haptiste S.-Vjncent-de-l'aul La Nativité d'Hochelagn S.-Arsène Immaculée Conception S.-Anselme S.-Catherine S.- Philomène de Rose- S.-HjHétic fmont Sacrc-Ocur ^ S.-Kusèbe Cercle desdemoiselles deS.- Pierrc Le Foyer Patronage d'Youville Les Ecoles meulières Cercle d'études Notre-Dame Association des Institutrices catholiques Association des employées de manufacture Association des employées de magasin Association des employées de bureau Association des femmes d'affaires L'Assistance maternelle.ABONNEMENTS ET REDACTION : Chtmbre 14, Monument National, Boni.St-Lanrent, Montréal.Tél.Main 7122.Heures de Bureau de 9 h a.m.à 1 h p.m.SOMMAIRE Entre nous.Georgette Le Moynè Chroniques des œuvres.Un cours d'apologétique .Justine Ilurdvl L'Action Sociale et ses relations avec la santé publique, Marie Gérin-Lajoie Journée d'étude: Les œuvres.Aline Campbell Princesse de science et princesse de patriotisme.Madeleine.La vieille.Michelle Le Normand Une entrée royale.Communiqué Notre courrier.Chronique internationale.A travers les livres.ENTRE NOUS Tandis que s'endort sous les premières gelées d'automne, la (erre féconde qui ne travaille qu'au grand sole'l, les œuvres des homines partout surgissent, se développent, se multiplient sous 1: s dures nécessités du moment.Œuvres religieuses ou sociales, inivres militaires ou de charité, toutes naissent environnées de mille difficultés, toutes comportent de lourdes responsabilités.Combien pourtant sont (Mitreprises négligemment ou sans la préparation voulut?! Encore ne parlons-nous pas des œuvres qui pourraient servir à masquer certains intérêts mondains, financiers, voire même politiques!.Les œuvres sociales plus que les autres peut-être demandent une formation spéciale de l'esprit, du cieur et de la volonté, puisque tout spécialement elles sont des œuvres de prévoyance, de rénovation, et que rarement elles portent des fruits immédiats.C'est pourquoi, sans doute, elles ne nous attirent guère, nous qui désirons être sans re tard consolés de nos moindres peines et qui aimons à escompter des récompenses à brève échéance.L'abbé de Poncheville n fort justement dit, parlant du rôle social de la femme, "Ii8 devoir social ne tient pas plus dans les ans a nécessité de leur part de très grands sacrifices, et elles ont fait preuve d'un courage peu ordinaire.Non seulement celles qui ont suivi les cours, ont pris pour étudier, sur leurs loisirs, après de rudes journées de labeur, mais les associations ont soutenu de leurs seuls deniers cette œuvre immense.L'étendue de cette entreprise semblait cette aimée avoir épuisé leurs ressources, quand les autorités publiques vinrent à leur secours, et la Commission scolaire de Montréal leur octroyé cette année un subside de $1,500 qui leur permettra de consolider et d'étendre une œuvre appelée à rendre de si grands services aux classes populaires.Lutte contre l'alcoolisme.— Dans une enquête que nous faisions en 1007 auprès des œuvres de bienfaisance de la.ville, afin de connaître les causes les plus ordinaires de la misère, et de pouvoir ensuite les enrayer, l'alcoolisme fut unanimement désignée comme engendrant tous les maux.Il nous semblait donc rationnel d'attirer l'attention de toutes nos femmes d'œuvres sur ce fait, et de leur demander un effort commun pour tarir la source des infirmités et des malheurs innombrables qu'elles s'efforçaient avec tant d'ardeur de soulager.Un comité fut en conséquence constitué qui se donna comme objet de combat t re l'intempérance.L'observation nous fit bientôt comprendre que l'action individuelle auprès des alcooliques et de la génération qui grandissait serait infructueuse si nous ne supprimions pas l'occasion qui entretient le vice.Or, la buvette était là, debout, avec son attrait fascinateur sur les foules et c'était elle, la grande coupable, qui incitait à boire.C'était donc à elle qu'il fallait s'en prendre, elle qu'il fallait renverser.Mais pour cela, il fallait une législation qui fit brèche dans la forteresse du vice.Nous entreprîmes de l'obtenir, et, malgré les sourires sarcastiques de ceux qui nous virent partir en guerre, nous présentâmes en 11)08 un projet de loi à la législature, tendant à obtenir une diminution dans le nombre des licences.Notre demande était accompagnée de 00,000 signatures recueilies à la hâte en dix jours de temps, car la fin de la session appiochait.Or, malgré la perspective d'une élection et le discrédit que les hôtelliers chercheraient à jeter sur le gouvernement, nous trouvâmes un député assez hardi pour se faire le parrain du bill et bien plus, le texte que nous avions rédigé fut subitement intercalé dans le bill du gouvernement, et la mesure passa.Le triomphe était complet et inespiré.C'est ainsi (pie s'exprimait, en chambre, le trésorire provincial, lors de la passation du bill."Je désire remercier mon honorable ami, le député de "Gaspé, pour l'étude et l'attention données par lui dans "Ja préparation du bill No 181) (ce bill était le nôtre), "soumis à l'attention de cette chambre avec son éloquence "et sa perspicacité bien connues.Nous avons profité de "son étude et incorporé plusieurs de ses suggestions dans "le bill du gouvernement ".Je suis également heureux de pouvoir louer les efforts "qu'ont faits plusieurs citoyens marquants pour cultiver "l'opinion publique en rapport avec le mouvement de la "tempérance.Parmi ceux-ci, nuls ne sont plus dignes "d'éloges et de louanges, que ces daines éclairées et amenées d'esprit public qui ont donné beaucoup de leur "temps et de leur énergie à favoriser le mouvement.Je "n'exagère nullement quand je dis qu'un principe approuvé par les femmes du pays devra assurer la réforme "morale et le progrès." Heureuses des résultats obtenus, mais sachant combien il serait difficile de faire l'application immédiate de cette loi, nous formâmes un comité de vigilance, qui pendant plusieurs années surveilla l'octroi des licences et leur transport, et chercha par tous les moyens légaux à en diminuer le nombre, notamment, à apprendre aux électeurs le pouvoir qu'ils possèdent de s'opposer à l'établissement de buvettes dans leur arrondissement.La conférence fut aussi employée pour faire l'éducation populaire.Enfin, la grande vague de tempérance qui se répand dans le pays, et qui ruine l'influence des hôtelliers a donné quelque répit à notre comité.Cependant il se tient toujours aux aguets et est prêt â intervenir chaque fois qu'il peut contribuer au succès de la cause qui lui est chère.Ainsi l'hiver dernier, il est- intervenu avec les différentes sociétés de tempérance pour démasquer la disposition perfide que contenait un bill ayant pour objot dt 6 substituer le vote provincial au vote municipal dans les questions de tempérance, afin de faire disparaître de la liste électorale toutes les femmes qui y étaient inscrites.Le coup s'il eût réussit eût fait perdre i\ la cause de la tempérance ses meilleurs adeptes.Messieurs, je sens le besoin de m'excuser ici d'avoir retenu aussi longtemps votre attention.Ai-je répondu à votre programme et ai-je suffisamment fait ressortir la relation qui existe entre l'action sociale et la santé publique ?Ne pensez-vous pas que les institutions diverses d'un pays, qu'elles s'appellent sociétés savantes ou œuvres philanthropiques, sont, dans la vie nationale, comme les organes d'un même corps; que des relations étroites les unissent entre elles, malgré la diversité de leurs fonctions ; qu'elles sont dans un état de dépendance, les unes envers les autres, et que leur jeu harmonieux, leur bon fonctionnement dépend souvent de l'intelligence que l'on donne à cette conception des choses.De là, l'opportunité de ces études faites en commun par les œuvres réunies, et la détermination de mouvements d'ensemble qui introduisent dans l'activité générale une économie d'énergies et acheminent vers de grands et merveilleux résultats.Marie Gérin-Lajoic.JOURNEE D'ETUDE Des cercles de jeunes filles canadiennes françaises 23 mai 1916 tenue n l'Ecole d'Enseignement Supérieure, 1010, Sherbrooke, ouest.Les Œuvres auxquelles les cercles d'études peuvent corroborer.En sociologie, nous n'avons fait encore que lire les livres grands ou petits qu'on nous a mis dans les mains.Cependant nous nous sommes rendues compte que l'apostolat social s'impose à nous comme un devoir : nous sommes disposées au cercle Marguerite Bourgeoys à recevoir une formation sociale de même qu'à chercher activement les travaux pratiques et plus adaptés aux nécessités et au caractère de chaque localité.Œuvres dans les paroisses rurales.—Cercles de fer-mitres.— Dans les paroisses rurales, nous suggérons comme œuvre sociale, les cercles de fermières.— Il faut que la femme maîtresse fermière ait aussi sa littérature.— J'insisterai plus fortement sur les cercles de fermières car il me semble que si l'on veut enrayer le mal social dans sa racine, si l'on veut parvenir à répondre aux besoins qui se font de plus en plus impérieux autour de nous dans nos villes, il faut, dis-je par les cercles de fermières travailler à faire aimer la ferme par l'étude de l'agriculture ou autrement dit, l'étude de la nature.Combien de jeunes filles finiront par comprendre qu'elles sont infiniment mieux maîtresses d'elles-mêmes sur une ferme, que prisonnières de manufacture.— Cette étude de la nature ne consisterait pas en un cours suivi de Botanique, d'Entomologie, de Géologie, etc., etc.— Elle prend les choses qui nous environnent, exerce l'œil et l'esprit à voir et h comprendre les choses ordinaires de la vie, elle a pour résultat direct non pas tant l'acqui- Vol.IV, No 8.sition du savoir que l'établissement d'une sympathie vivace, d'un amour réel pour tout ce qui nous entoure.— Aujourd'hui, une pierre, demain un rameau, un oiseau, un insecte, une fleur.— Les objets à étudier dans la nature se présentent à nous sous mille formes diverses.— Ces exercices seront courts, mais auront pour effets de faire aimer la nature et faire comprendre aux jeunes gens de la campagne le grand rôle que joue l'agriculteur dans la société au point de vue des desseins de la Providence et inculqueront facilement aux intéressés le respect pour l'agriculture et les notions de cette grande science.— Dans l'étude de l'avenir nous voyons chaque ferme du voisinage transformée en une leçon de choses de réussite ou d'insuccès.— Pourquoi tel cultivateur réussit dans la culture des fruits, tel autre dans la production du lait, etc., etc.— Chaque membre ferait profiter de son expérience personnelle les autres membres.Au cercle on leur donnerait aussi des cours de comptabilité aussi simple que possible, mais pratique, ce qui est indispensable à la fermière soucieuse de ses intérêts.Enfin, l'enseignement ménager qui est aussi utile pour les jeunes filles de la campagne que pour celles de la ville.— Leçons d'hygiène infantile, soins de propreté, petites industries de la maison.— Dans les villages éloignés des grands centres où les personnes n'ont pas toujours l'occasion de savoir ce que leurs voisins font en fait de travaux manuels.— Pour résoudre cette difficulté, le Journal d'Agriculture engage nos canadiennes à faire partie de l'association appelée "Corporation Canadienne des Métiers domestiques." — Le journal publié par le Ministère de l'Agriculture de la Province de Québec dit dans son numéro du 15 avril dernier, "que cette société a pour but de protéger nos métiers domestiques et à l'occasion de restaurer ou faire revivre certaines industries des pays, son organisation lui permet de prendre contact avec l'artisan isolé, de découvrir et d'utiliser les talents des personnes capables de conduire et de maintenir à un haut degré de qualité, ce genre de travaux dans le pays.Œuvres sociales appropriées aux petites villes.— Nous suggérons un cercle d'études générales pour les jeunes filles de la classe instruite.— Ils favorisent celles qui aiment spécialement l'étude et qui désirent étendre leurs connaissance.Elles y reçoivent d'une part ,une direction, des conseils, un enseignement spécial, d'autre part, elles donnent leur collaboration personnelle à l'éducation de leurs amies par des lectures sérieuses et choisies, des travaux, des expériences et réflexions sur les sujets indiqués; cette formation n'a pas seulement pour but de les rendre meilleures ou plus instruites, mais de les préparer a remplir leur rôle social avec autant d'intelligence que de cœur, afin de leur faire acquérir une saine, durable et chrétienne influence.— Beaucoup de personnes n'ont pas le bonheur de recevoir ce complément d'éducation, beaucoup d'autres placées dans de modeste situations n'ont pas le temps, ni les lumières nécessaires pour rayonner autour d'elles; c'est pour toutes celles-là que les jeunes filles qui en ont le loisir doivent s'instruire, afin de faire bénéficier les autres de leur formation.Les cercles paroissiaux pour les jeunes filles de la classe ouvrière.— Il faut voir les promenades qui se font sur les grandes rues, les beaux dimanches après-midi.— Les rues commerciales sont plus fréquentées qu'en un jour do marché,on sent que les manufactures sont vides ces jourB- Montréal — LA BONNE PAEOLE.— Octobre 1916. Vil.IV, No 8.Montréal — LA BONNE PAROLE.— Octobre 1910.là.— Combien de jeunes ouvrières profiteraient des bonnes leçons qu'elles recevraient du cercle paroissial.— Elles apprendraient qu'il y a quelque chose de plus grand, de plus beau, de plus noble qu'un beau chapeau et une robe de soie.L'enseignement ménager leur apprendrait qu'un salaire ne doit pas tout passer en toilette, que l'économie est une vertu sociale, vertu de famille, mais aussi et surtout une vertu individuelle ,car celui qui épargne se prive, en se privant il se retient, sur la pente des plaisirs immodérés; il faut donc en cela acte de tempérance, de prudence et de fermeté, enfin elles apprendraient au cercle que l'épargne seule fail l'honneur sûr de son lendemain.Les patronages pour les jeunes filles de familles pauvres — A l'heure actuelle, les patronages pour les jeunes filles de familles pauvres, doivent être non seulement des patronages de préservation, mais aussi des patronages de formation, car il faut savoir que si nous avons à prémunir moralement et matériellement ces jeunes filles, nous devons aussi pourvoir à leur formation intellectuelle, rendue insuffisante par la trop brève fréquentation de l'école ou du couvent.— Tout en réunissant ces jeunes filles, en les distrayant d'une manière saine et honnête, ces patronages pourraient tendre en un mot à développer leur foi et leur raison, à renforcir leur convictions religieuses et morales, en même temps contribuer à leur formation intellectuelle, même sociale par des exercices et par un enseignement pratique et d'actualité.Le foyer.— Le nombre toujours croissant des jeunes employées de magasin, de bureau, de téléphone, etc., demande un foyer; le besoin en est si urgent, que les religieuses du Précieux Sang ont disposé à cet effet une de leur maison près du monastère, à Sherbrooke.— Outre un abri toujours sûr, ces jeunes employées trouveront là un logement convenable, confortable.Dans l'atmosphère de fraternité, de quiétude qui règne généralement dans ces institutions, grâce à la communauté de vie et d'intérêts qui les rive les unes aux autres, elles pourraient s'y faire presque un second chez-elle.Une caisse de dotation telle qu'il vient d'en naître une à Lévis.semble être une excellente initiative féminine: elle habitue les jeunes filles à l'épargne et leur fait prendre conscience des responsabilités qui les attendent et auxquelles elles doivent se préparer.Le but de cette société est donc de faire en sorte qu'une jeune fille laborieuse, honnête, économe possède au moment de son établissement dans le mariage ou dans la vie religieuse de quoi se préparer un trousseau convenable et.aux heures critiques, de pouvoir faire face aux éventualités de la vie.L'assistance par le travail, c'est-à-dire l'ouvroir.— Nous sommes à déplorer chez nous comme ailleurs, le nombre trop grand de mendiants parasites, et certains abus commis par la classe pauvre.L'ouvroir pourrait combattre ces abus d'une façon pratique en procurant à ces pauvres du travail, et même en les formant à des travaux utiles.— C'est donc une initiative qui devrait être favorisée par la classe aisée, en y donnant des commandes d'ouvrages et les fonds nécessaires à son succès.Une organisation analogue aux conferences Saint-Vincent de Paul pour la visite à domicile des femmes et des enfants pauvres, afin, non seulement de leur procurer de la nourriture et des vêtements, mais surtout de les consoler, de les encourager, de les engager au bon ordre qui doit régner dans toute famille, et de leur inculquer les principes religieux et moraux qui leur manquent parfois.Les syndicats ou associations des employées de manufactures.— D'autres genres d'abus ont été récemment aperçus dans certaines manufactures de notre ville.— Par des enquêtes on a trop malheureusement constaté l'insuffisance du salaire féminin et l'exploitation de la jeune fille par des intermédiaires.— Le seul remède à cette situation se trouve dans l'organisation professionnelle, car l'ouvrière isolée est impuissante ; si l'on veut d'ailleurs que la jeune ouvrière devienne un jour une femme vaillante, une véritable mère de famille, il faut aujourd'hui la protéger, la défendre contre les dangers multiples auxquels l'exposent sa faiblesse et son inexpérience.— Seuls les syndicats peuvent solutionner l'angoissante question du travail féminin.— J)ar un règlement, une entente avec les patrons qui leur garantirait l'amélioration de leur condition en même temps qu'un salaire fixe raisonnable, leur permettant de suffire au moins à leurs besoins essentiels, on commencerait à réagir contre ces abus analogues à ceux du sweating system, tout en jetant dans la classe laborieuse des bases de prospérité.Enfin, les œuvres ordinaires déjà établies de,charité, elles ne manquent pas dans Sherbrooke et toutes se dépensent pour le soutien des hôpitaux, de la Croix-Bouge, de la Crèche, l'Œuvre des Tabernacles et d'autres encore.Au cercle Marguerite Bourgeoys.— Nous avons crée un comité spécial d'olée, dès son entrée dans le monde, â s'en préoccuper, â se familiariser avec les problèmes qu'elle soulève, et à contribuer sa part de solution."Et comme son rôle de demain est de guider, d'élever et de préserver; et que guider, élever et préserver, c'est savoir," il faut donc que, dès maintenant, elle sache et elle comprenne ce qu'il y a de réalités vivantes dans ces mots qui forment, â eux seuls, tout un programme.Or, ce programme, il est tout élaboré dans les cercles d'études féminins; ces réalités vivantes, la jeune fille du cercle s'applique à les regarder bien en face, à s'en faire une idée juste au moyen d'observations réfléchies.Et, à celui qui ne voudrait voir dans ce travail que les manifestations extérieures d'un snobisme nouveau genre tendant â faire de nos jeunes filles des prétentieuses qui posent à la sociale, nous répondrions: en quoi ce snobisme serait-il plus ridicule que les autres?.h moins qu'il y ait un charme insoupçonné à les entendre parler de pneus, de carburateurs, de "dernier chic" dans la toilette, ou encore —ce qui plus souvent est — de la température et du potin le plus récent.Ne nous abusons pas: l'idéal chrétien consiste à faire progresser de concert l'homme et la femme, selon leurs aptitudes et selon leur rôle.Or, "le rôle de la femme," pour nous servir d'une distinction fort juste du R.P.Ser-tillanges, "n'est pas seulement un rôle féminin, je veux dire d'être épouse et mère, mais il est aussi un rôle humain," en ce sens que l'être humain ne pouvant être une valeur isolée, si nous voulons l'amener à rendre son maximum de valeur, nous devons faire aussi son éducation (1) Nous regrettons de ne pouvoir publier que des extraits de cette intéressante étude parue dans la Revue Dominicaine. Vil.IV, Xo 8.HENRY B1RKS & SON, Limited Philips Square Fabrication, réparation d'ARTici.ks d'ég lises Insignes de société, Croix, etc.Une spécialité de dorure et placage.Commandes respectueusement sollicitées.L'ORPHELINAT de MONTEBELLO, P.Q.dirigé par Us Srs Dominicaine de Trois Jxix-iirts.Site admirable au pied des Montagnes, sur les bords enchanteurs de l'Ottawa.S'adresser: Kde Mkrk Sutérieure.A LOUER, sociale.Et n'est-ce pas pour avoir oublié cette distinction essentielle que nos éducateurs et nos éducatrices de naguère, s'at tachant à donner aux jeunes filles une éducation trop individuelle et nullement sociale, ont fait de notre génération féminine une armée papillonnante, aimant mieux s'attarder dans les boudoirs, aux étroits horizons et à l'atmosphère amolissante, que d'acquérir cette ampleur de vie, cette science des réalités, cette virilité du caractère, qui seules opèrent les profondes conquêtes.La.femme a droit aux joies hautes de l'intelligence, et vouloir prétendre qu'entre le pédantisme qui croit tout savoir et l'ignorance qui ne sait rien, il n'y a pas de place pour une culture intellectuelle assortie à l'esprit d'une femme, c'est vouloir enlever a cette dernière l'une des meilleures formations de sa vie.Nous ne pouvons pas nous défendre de citer une page du livre de M.Etienne Lamy : "La femme de demain," où l'auteur démontre clairement que la.culture intellectuelle est en effet l'une des meilleures formations de la vie d'une femme.Il dit : "La femme habituée par un enseignement digne de ce nom à regarder jusqu'aux grands horizons les étendues de la vérité, est de toutes les femmes la moins exposée à se méprendre sur le peu de place occupe dans le monde par chaque être, et sur l'insignifiance des succès mondains.Dans une tète que des pensées sérieuses occupent, s'il passe quelque caprice de coquetterie banale, il y est gêné, combattu, traité de haut par ces activités supérieures et qui se sentiraient avilies de lui obéir." Plus loin, M.Lamy ajoute: "Cette aptitude à discerner par elle-même la valeur des choses ne lui fera pas défaut quand il s'agira des personnes.Une femme pour laquelle les joies sérieuses de l'intelligence seront devenues une habitude et un besoin, se défendra mieux contre la banalité des relations.Comme il faudra, pour l'attirer, des natures à la hauteur de la sienne, elle se liera moins et s'attachera mieux.Et cette habitude de ne pas jeter son cœur au hasard, mais de choisir, la préparera à moins se tromper quand il s'agira- pour elle du lien indissoluble, du choix où est engagé le sort de sa vie.".Mais passons a une autre considération.Lit où le cercle aura surtout de l'influence, ce sera sur les croyances de la jeune fille.15 Banque Provinciale DU CANADA Nombre do déposants, plus do 54,000.I Siège social i\ Montréal et 75 succursales dans les provinces de Québec, Ontario et Nouveau-Brunswick.La seulo banque, en Canada, ayant un bureau de contrôle pour | son département d'épargne j M.H.LA PORTE, président do la banque Sir Alexandre LACOSTE, président || du bureau de contrôle, de l'épargne [ M.Tancrède MENVENU, vice-président et gérant général i si! CCI] Its ALES à MONTREAL: Rue S.-Catberine, angle S.-IIubcrt — — — — Dorion I — — — à Maisonnenve — Notre-Dame, angle Ricbmond — — — —Vinet (S.-Cunégonde) — — — (S.-IIenri) — Boaubien — Huntly — Ontario — Panet — Rachel — S.-Hubert — Roy — Egl.S.-Ls-de-Franco — Bélanger — Boyer (S.Arsène) En effet, dans une âme tout se tient: c'est ainsi que pour sauver la pureté de la vie morale, il faut sauver l'intégrité de la foi, et pour sauver l'intégrité de la foi, il faut aider les intelligences à devenir robustes et saines.Or, nous savons fort bien qu'au lendemain de leur vie de pensionnat, l'éducation religieuse et morale de nos jeunes filles est loin d'être terminée.Tl leur reste à développer leurs aptitudes, à éveiller, soutenir et satisfaire leurs aspirations, de manière que chacune ait l'intelligence assez développée pour connaître son devoir sans se laisser séduire par des sophismes, la volonté assez ferme pour l'accomplir malgré les difficultés, malgré les luttes à subir.Voila bien tout un programme d'action ! Pour l'accomplir, que possède notre jeunesse féminine! Une âme de plus en plus rebelle aux sages directions qui lui sont données; une conscience obscurcie par des lectures de prétendus romans d'observation qui ne font que provoquer une curiosité désauivrcc en quête d'émotions — la constation est de M.Lamy — une volonté affaiblie par l'énervemcnl d'une vie frivole et sans but; enfin, une foi fortement ébranlée par les rires moqueurs et le persiflage constant de nos hommes et de nos jeunes gens au savoir balbutiant et orgueilleux.II faut donc fortifier plus que jamais l'organisme religieux de la jeune fille, et c'est le cercle d'études qui le fortifiera en remédiant h l'infériorité intellectuelle de sa foi.Oui, c'est dans l'ignorance, non dans la science, qu'est aujourd'hui le danger de tous.Aussi le cercle d'études, prudemment dirigé par un prêtre à l'infléchissable sûreté de doctrine, devient-il un des meilleurs moyens d'apologétique pratique.Les jeunes filles canadiennes-françaises ont donc droit aux encouragements de tous ceux qu'intéresse le mouvement social en ce pays.Qu'elles continuent aux cercles d'études leur assistance régulière.Elles y apprendront à se connaître et à s'estimer davantage — et ce sera le premier pas — puis, h bien saisir les éléments complexes et les besoins variés de cette société canadienne dont elles deviendront par le fait même, et plus tôt qu'elles ne le pensent, des membres considérés et influents.Fr.L.-E.Trudeau, 0.P., La Revue Dominicaine.Montréal — LA BONNE PAROLE.— Octobre 191G.A LOUER. 0,S Hf* *^ Montréal — LA BONNE PAROLE.— Octobre 1910.^SP^i-l** .- ® ^qCX -»» commis, jeunes filles Vol.IV, No 8.10 OUVfUMT AUKX/O0BUI La aeulo banque constitués en vertu do la *'loi des Banques d'Epargnes" faisant affaires dans la cité de Montréal.Sa charte (différente de celle de toutes les autres banques) donne toute la protection possible aux déposants.Elle a pour but spécial de recevoir les épargnes quelques- petites qu'elles soient, des veuves, commis, des apprentis et des classes ouvrières, industrielles et agricoles et d'en faire un placement sûr.Nous vous réservons le meilleur accueil.Le Gérant-Général, A.-P.LESPERANCE, J.-A.-D.GODBOUT PHARMACIEN Angle Craig et Itansecours, Main 3379.— Craig et côte de la place d'Armes, Main 1853 — S.-Catherine et Darling, Lnsalle 1667.€xpo$itlon des nouvelles modes de chapeaux d'automne 1916.madame €.Boutonner, prop.2S2, rue S.-DeaiS, bâtisse Théâtre S -Denis Pour votre santé et celle de vos enfants Servez-vous des produits de la maison J.-J.JOUBERT, LIMITÉE Ils sont de qualité SUPERIEURE.Maison PILIATRAULT lapis, Prclarts, Nouveautés Chapeaux de Dames, etc.429-433, BOUL.S.-LAURENT MONTRFAL, P.0 ATTENTION "1 Placez vos ^épargnes à la campagne sur des bonnes terres Garantie de première classe, hors des fluctuations du commerce.JOS.GiTOUarci, notaire Naillt-lICllOit (Deux Montagnes).Faiteo vos achats à nos magasins et épargnez do l'argent.LAIT CLARIFIE ET PASTEURISE CREME, BEURRE OEUFS CREME A LA GLACE J.-J.Joubert LIMITEE 975 rue S,ANDRE ••Le Magasin du Peupfc".Rue S.-CATHERINE, angle S.-ANDRE ALBUM VENNAT Contenant superbes desseins cl'ou vraies de broderie dentelles, pyrogravures, peintures, broderies religieuses, etc., pour la modique somme de 25 cent.RAOUL YEN NAT 042, S.-Denis.— Tél.Boll Est 3065 Lamontagne limitée Bloc Balmoral, N-Dame Ouest, HARKAJS, lALTSJiS sa es nu ro ta a /
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