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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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décembre 1919
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  • Revues
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La bonne parole /, 1919, Collections de BAnQ.

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LA BONNE PAROLE ABONNEMENT (payable en Janvier) 'Canada et Etats-Unis, 50 cts Etranger, - 80 cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Vol.VII Décembre 1919 No 10.t - ABONNEMENT ET REDACTION : ! Chambre» 3, Monument National { Bout.Saint-Laurent, Montréal.Tél.Mi*" 7122.Heure* 4e Bureau de 9 h.a.m., à 1 h.p.m.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES Mbnsuellb Les dames patronnesses des oeuvres suivantes: Inst.des Sourdes-Muetteâ Crèche de la Miséricorde Nazareth Hôpital Notre-Dame Hôpital Ste-Justine Hôpital Saint-Joseph La Providence et Les Incurables Fédération paroissiale de: l'Enfant-Jésus T.S.Nom de Jésus, , [ Maison ne u\ e Saint-Henri Saint-Vincent de Paul La Nativité d'Hocheiaga Saint-Arsène Immaculée Conception Saint Pierre St-J.-Baptistc de la SaJle Saint-Anselme Ste-Philomène de Rose-Sacré-Cœur [mont Sainte-Hélène Saint-Eusèbe Sainte Clotildc N.-D.du Perpétuel Secours, Ville Emard Saint-Stanislas de Le Foyer [Kostka Les Ecoles ménagères Cercle d'études N.-Dame " des Fermières de la Province de Québec Association des: Institutrices catholiques emp.de manufacture cmp.de magasins emp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle SOMMAIRE Entre nous.Georgette Lcmoyne Chronique des œuvres § .Notre programme d'enseignement primaire § Abbé Dttpms La Ligue des Ménagères de Québec Nouvelle Année .Jenny Romay Carillon de Noël .André Thcttrict Conte de Noël .Paulina Pour le Foyer: La première éducation au Foyer Alb.Leclere L'Enseignement social en Suisse Les Cercles d'étude: Rapport du Cercle N.-D.du Cap.iU.-L.Rochclcau Notre Courrier Livres à lire.ENTRE NOUS Le mouvement très séreux qui se produit depuis une dizane d'années en vue de grouper les énergres féminines, s'accentue "tous les jours, et jamais plus qu'en ce moment Ton a semblé comprendre quelle intensité prennent les forces qu'on unit.Lors d'une aud ence donnée en octobre aux congressistes de l'Union féminine catholique de l'Italie, notre Saint-Père a lui-même appuyé sur ce caractère que doivent prendre les œuvres des leinmes qui travaillent à un but commun."Nous ne voulons pas omettre de confirmer par notre parole, dit-il, les devo'rs auxquels sont tenues les femmes catholiques en Italie, parce que leur action devra être un forme en toutes les régions du pays.Il est bien vrai que le tout récent congrès des représentantes de la double forme de l'Union catholique fémin ne, a visé précisément à obtenir cette uniformité.Il est bien vrai que ce sera Tun des principaux objectifs des Semaines Soc aies qui doivent se tenir ensuite.Mais notre parole ne pourra que contribuer à accentuer toujours davantage la nécessaire uniformité dans l'action féminine, parce qu'elle se montrera inspirée par la sollicitude du père plus encore que par l'autorité du maître." Les femmes catholiques de France avaient eu déjà la v s ion bien nette, de l'invinsible puissance qu'elles acquerraient pour la défense des intérêts religieux et sociaux qu'elles a va en t tant 6 cœur, si elles s'unissa;ent à leurs sœurs du monde entier.L'Union internationale des Ligues catholiques féminines fondée vers 1910 par les soins de la Ligue patriotique des Françaises, et dont les statuts furent approuvés par sa Sainteté Pie X, créa bientôt des Liens de sympath'e entre les énergies féminines catholiques de tous les pays; elle fut l'occasion d'un continuel échange de vues et de services entre les organ eat ions similaires de l'Europe et des deux Amériques; elle vit se fondre, puis grandir, 1rs aspirations communes de milliers de femmes de toutes les nationalités ; elle senDit profondément se décupler les forces, les moyens d'action dont elle disposait pour servir Dieu, la famille, la société.i Nous savons tout ce que cette ligue a fait durant la-guerre ; nous attendons beaucoup d'elle dans la grand'.! reconstruction à laquelle chacun veut s'employer.C'est su van t ce principe d'uniformité d'action, lans une cause commune, que les présidentes dr-s grandes œuvres frança ses catholiques convoquées le printemps der-n;er par l'Action Soc aie de la Femme, étudiaient ensemble à la lumière du catholicisme, les sujets proposés pour la conférence de Washington ; pus invitaient leur corelig'onnaires de tous les pays à participer au mouvement.Pour "réaliser leur idéal de paix universelle et d'or-"dre social basé sur la justice, elles réclament: "Que nul ne soit désormais inquiété pour ses croyances rel gieuses."Que les lois et "nstitutions soc:ales s'inspTant du "principe que la famille est la base de la socété.en assurent le développement et la stabilité, et défendent "la morale.'.'Qu'une organisation professionnelle véritablement "corporative réalise la collaborat'on de toutes les ac-"t'vités, et assure à tous ceux qui travaillent, le bien-"être et la d:gnité de vie nécessaires à l'homme pour "remplir ses devoirs."Que les femmes partVpent au suffrage universel, "et s'efforcent de le réformer dans le sens d'une plus "large représentation familiale et profe^onnelle." En Angleterre la conférence des nations provonua également une vaste union des asnirations féminines.Le quatre septembre, sept des organisations femmes les plus importantes, réunient sous le nom de Women's League of Nations," tenaient une assemblée dans le but d'étuder la question de la renrésentation féminine à la Ligue des Nations, suivant la déclaration qu'avait faite celle-ci, que: "toutes charges, dépondant directement ou indirectement de la Igue, y comprs le secrétariat, seront également accessibles aux hommes et aux femmes." .L'assemblée émit le vœu que des comités nationaux fussent fondés dans tous les paya, afin de faire accep- Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 Vol.VII.No 10.ter pani^nrq nc^o* \^^.reusemont exploitée.Onnnt ft moi.d:t P«HM TmnivV plus l'étudié chacune des 150 narres de es "vad^mmnn'1 de l'instituteur, plus j'y trouve des aniens nonv^nnx.Tl est; évident nue ceux oui crtinuent rornraTviQot;cn rv*-datroGf^uefl de nos écoles, avec le phns le vio'enc*.n'ont j-ama.is été en contact sérieux avec notiv* rv^orrrnmme d'études, ses d'Vfiions annuelles, surtout av*»c l*s ''ustruo-1 tions pédagogiques qui donnent une sage direction, tout Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 Vol.VII, No 10.en lassant une latitude suffisante au bon sens et à l'esprit pratique de l'instituteur et de l'institutrice."Sans doute il y a des améliorations nouvelles à apporter: L'on v travaille depuis plusieurs mois, avec le plus vif espo r de plein succès.Mais sous prétexte de réformes, il ne faut pas détériorer.Les démolisseurs de tout acabit, et il s'en rencontre même dans notre jeune pays, excellent dans leur triste besogne/ et sont d'une pauvreté désespérante quand il s'agit de rebâtir, d'édifier un monument solide.— non pas dans les airs, mais sur le roc." Ce que demande le visiteur des écoles, c'est que le programme sot encore plus scruté et mieux approfondi, * qu'on ne s'arrête pas à la lettre "qui tue" qu'on aille jusqu'à l'esprit "qui vivifie".Une interprétation intelligente, large, s'adaptant aux différents milteux, s'impose d'elle-même.C'est 'ici que le discernement trouve sa place toute marquée.Le jugement dot être la première qualité de l'éducateur.Et quand l'horaire et l'emploi du temps auront été fixés — c'est de suivre alors le programme tracé, avec ponctualité, fidélité, enthousiasme.M.l'abbé Dupuis repasse une à une toutes les matières du programme et en montre l'opportunité: La religion est à la base.C'est ce que fit Napoléon quand il fonda l'Université d'Etat, en France.Il rendait ains^ hommage à la- grande loi historique qui fait que, chez tous les peuples, c'c6t la religion qui donne l'éducation, ense'gnc la morale et forme les consciences.Et nous aussi gardons, avec un soin jaloux, le trésor de nos libertés religieuses.Donnons aux enfants l'enseignement qui en fera des citoyens justes et honnêtes, des chrétiens convaincus et sincères.Donnons-leur la seule chose qui puisse les consoler complètement ici-bas au milieu,des tristesses de la vie, la seule qui puisse les réconforter surtout en cette minute supreme, qui un jour, sonnera pour chacun d'eux, à leur entrée dans l'éternité.Mas, dit-on, que vient donc faire ici l'Histoire Sainte?D'abord, l'enfant aime las histoires.Il en faut à sa jeune imagination.La Bible bien expliquée, mise à la portée des tout-petits, présente des récits autrement, dramatiques que les contes de fée, les histoires de revenants, et -les horreurs des "magazines" américains et canadiens.Ce n'est là qu'un point de vue très secondaire.L'Histoire Sainte fait connaître aux enfants, les grands faits de la Révélation qui sont les fondements de la religion.Ce qui manque le plus dans l'enseignement de cette matière, c'est la coordination, l'enchaînement des fuite.L'Histoire Santé doit être étudiée en vue du Messie qu'elle prépare, qui sera la réalisation vivante des promesses, des figures, et des prophéties de tout l'Ancien Testament.La figure qui domine le monde, c'est le Christ.Il est, Lui, le point central de l'histoire.Quelle magnifique synthèse, qui commence au premier homme, qui s'élève par les Patriarches et les Prophètes jusqu'à Jésus-Christ, et de là descend par les a-pôtres et les martyres, les Grands Docteurs et le6 Grands Papes jusqu'à Léon XIII, Pie X et Benoit XV! Et c'est pourquoi en 7° et en 8° année, le programme nous invite à étudier l'Histoire de l'Eglise qui n'est quo la viie continuée du Christ, à travers tous les pays et tous les siècles.' Puis vient la langue maternelle.Pourquoi ?Afin d'apprendre à l'enfant à penser et à exprimer ses pensées correctement.On lui fait acquérir le plus de mots possible.On lui en montre la valeur.Pourquoi?Afin de lui apprendre à bien dire ses pensées par la parole, et à les bien exprimer par la plume .C'est encore ce qu'on oublie trop facilement.Savoir sa langue ce n'est pas seulement savoir les règles quelques fois si bizarres de la grammaire, ce n'est pas même pouvoir transcrire dans une dictée sans faute, les idées de son vokiin, mais c'est pouvoir d'abord penser par soi-même, puis exprimer, par ses propres termes, les résultats des opérations des facultés de l'âme.Et «l'on exige l'étude d'une langue seconde.Les Anglais doivent apprendre le français, et les Français l'anglais.Savoir deux langues, trois langues, c'est doubler, c'est tripler sa valeur.Ici une autre raison milite en faveur de cette connaissance: deux nationalités s'entremêlent sans cesse en notre pays, sans négliger la langue maternelle, la courtoisie, et la nécessté (dans bien des cas) demandent que l'on parle les deux langues, dans une ville comme Montréal surtout.Les mathématiques occupent une place d'honneur au programme, sans doute afin de manipuler toutes les opérations de nombres et de chiffres, qui se présentent dans le cours ordinaire de la vie, mais aussi pour former chez l'enfant l'esprit de reflexion, le jugement, le raisonnement suivi.On enseigne la comptabilité afin de montrer à tenir s*es comptes personnels et ceux de toute admin'stration ; mais en même temps, on développe l'amour de l'ordre et de l'économie.Le grand principe qui doit émerger — ce que plusieurs de nos compatriotes oublient avec une légèreté désespérante, c'est d'équilibrer son budget, de mesurer ses dépenses sur ses revenus.lia géographie fait connaître et aimer son pays.Elle montre les relations entretenues avec les autres pays.Jamais l'on ne dira assez haut les avantages de cette attrayante élude.Au point de vue éducatif, elle dé-\>2lop|>e puissamment l'intelligence, en faisant observer des faits, en montrant le lien naturel qui les un't les uns aux autres; et, dans les classes supérieures, en remontant de ces observations aux lois générales qui régissent ces phénomènes.Au point de vue patriotique on s'attache à son pays, en étudiant le sol défriché et fertilisé par nos ancêtres au travail incessant et à l'héroïque dévouement.Au point de vue utilitaire, l'on apprécie les ressources illimitées de notre immense et si riche pays et les avantages incomparables qu'il offre à la colonisation, à la culture, à l'exploitation minière et forestière, à toutes les grandes industries, au commerce d'importation et d'exportation.Au point de vue morale, quelle leçon se dégage de la géographie des différents pays! Le monde appartient aux peuples intelligents, actiifs, vigoureux qui savent surmonter les obstacles de la nature, les vaincre, en exploiter les ressources, les faire tourner au véritable progrès de l'humanité.Souhaitons que l'Histoire du Canada, grâce aux dernières conférences universitaires et aux récents manuels, soit enseignée d'une manière plus profitable à nos chers enfants: leur fa'rc comprendre le rôle joué par notre race sur le continent américain; faire ressortir les traits distinctifs du caractère national ; tirer des actions et des Vol.VII, No 10.Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 événements du passé, les leçons qui éclairent l'avenir et gu dent le patriotisme de nos petits compatriotes, force œt espoir de demain.Notre mère-patrie, c'est la France.En 17G3, nous avons été cédés à l'Angleterre, c'est pourquoi au cours Académique l'Histoire de France et l'Histoire d'Angleterre sont au programme.Les Irlandais eux, apprennent l'Histoire d'Irlande.Il faut aussi connaître ses voisins, l'Histoire des Etats-Unis sera l'objet de quelques leçons.L'Eoole doit former le bon citoyen, lui indiquer ses droits et aussi ses devoirs.L'Instruction Civique apprend à l'élève l'organisation politique et administrative du Canada et plus spécialement de la province de Québec.Le dessin sera aussi enseigné à chaque année du cours: enseignement à la fois éducatif et pratique.Quoi de plus propre h éveiller l'esprit d'observation et d'initiative, à donner la justesse du coup d'œil, la souplesse et la fermeté de la main ! C'est aussi une préparation initiale h la plupart des carrières techniques et industrielles.Et que dire des leçons de choses?Grâce à elles, l'enfant peut rendre compte de tout ce qui l'entoure.Ce sont les rudiments des -sciences naturelles mises à la portée de l'enfant.Les trois règnes — minéral — végétal — anima) — sont successivement passés en revue.Puis au cours supérieur, l'on étudie la physique et la cosmographie.A la campagne surtout Von s'occupe des premières notions d'agriculture.Partout l'hygiène trouve la place qui lui est due, et c'est une place de tout premier choix.Le programme mentionne renseignement facultatif de quelques matières.Cela ne veut pas dire que ces matières sont frappées de discrédit, mais qu'elles occupent une place plus restreinte.Le Droit usuel, le chant, la gymnastique, la sténographie, la dactylographie, la télégraphie — sont des matières facultatives.Ajoutez dans les écoles de garçons — les exercices militaires — et dans les écoles de filles — l'économie domestique.Disons tout de su'te que l'enseignement ménager (art culinaire et tenue de la maison) a un programme très élaboré que nous étudierons à loisir, à notre prochaine conférence.Ce cou]) d'œil bien que rapide et superficiel, doit convaincre les esprits les plus exigeants, que les études prima res, dans notre Province, peuvent être comparées à celles des pays les plus avancés et les mieux civilisés.Encore une fois le grand point, c'est d'interpréter sagement ce programme, suivant les milieux et les circonstances, puis le mettre en vigueur fidèlement et constamment.L'ion est sûr d'en obtenir les plus heureux résultats.Après avoir parlé des différentes branches de l'enseignement, le conférencier a traité plus spécialement de "l'éducation féminine".Nous sommes heureux de donner quelques extraits de cette remarquable étude : Voici le grand principe conducteur : La tâche édu-catrice consiste, non pas uniquement, mais surtout, à élever, à former, à façonner — à donner à la jeune fille, ou mieux, à l'amener à se donner elle-même, une haute et solide valeur morale."Dans la manière de concevoir, d'organiser et de conduire l'éducation, il ne faudrait jamais oublier que l'éducation n'est pas une fin en soi, ni la recherche de réalisation immédiate, mais qu'elle est une préparation, une introduction à 'la vie.Son ambition n'est pas tant d'obtenir un bon résultat présent, que d'agir sur le présent pour ménager de bons résultats à venir."C'est la manière dont se comporte dans la vie "le produit" de l'éducation qui en tait connaître la véritable qualité.Ce qui doit donc trouver place dans l'éducation de la jeune fille, c'est ce qui est appelé à lui servir, plus tard, sa vie durant — c'est ce qui la rend capable de remplir ses devoirs, d'être à 'la hauteur de sa tâche et de son.rôle, comme caractère, comme instruction, comme jutesscs de goûts et de vues."Quand l'éducation est-elle achevée?Assurément pas au sortir de l'école.Le temps trop court consacré exclusivement à ce travail, étant fini, la jeune fille doit a-voir été rendue désireuse de travailler plus à fond, de 6'entreten'r et de se perfectionner, de poursuivre par elle -même, l'œuvre simplement commencée, trop souvent à peine ébauchée." De nos jours, et dans notre pays, où la "jeune fille" est "moins encadrée" qu'autrefois et qu'a H leurs, il faut tenir compte de l'adaptation aux besoins de la vie."Il est donc essentiel de prévoir autant que faire ee peut — pour régler là-dessus 'l'éducation — ce qui attend au juste, les jeunes filles d'aujourd'hui, dans les différentes classes de la société : quelles ressources, quelles difficultés, quelles luttes, quelles nécessités, quelles condition d'existence, quels modes de subsistance peut-^ être, quelle atmosphère, quels moyens d'activité seront les leurs." "D'sons bien franchement qu'elles ont davantage à se suffire à elles-mêmes — que les jeunes filles d'il y a 10, '20 et ']() ans: d'où, raison de plus soigner leur instruction au point de vue pratique et utilitaire.Sous le rapport moral, la conclusion s'impose: renforcer leur formation, les pousser et les aider à se faire des convictions plus personnelles et plus éclairées."Et quand l'heure de choisir un -état de vie sera arrivée — il faudra (pie la jeune fille.où "l'ancienne" jeune fille .ail une idée vraie et par conséquent très haute — une idée pas humiliée et pourtant exempte de tout faux amour-propre — de la mission spéciale de la femme "aide et compagne".A l'abri de l'ambition, décevante et dangereuse, de conquérir une part au droit divin et humain "des Rois", qu'elle soit satisfaite et fière d'exercer ce droit divin des "Reines qui lui demeure assuré tant qu'elle se garde de l'abdiquer.Tout cela indique dans quel sens doit s'orienter l'é-ducat'on des jeunes filles catholiques: elle ne sera pas masculine, pas même hybride, mais résolument féminine, ce qui ne l'empêchera pas, le moins du monde, d'être généreusement humaine, au meilleur et au plus large sens du terme." Toutes nos félicitations à notre dévoué Visiteur des Eco!e6, M.l'abbé Dupuis, qui par sa parole et par ses écrits, contribue si noblement à répandre et à faire goûter des idées excellentes dont gagneront à 6e pénétrer de plus en plus, toutes celles, mères et maîtresses, qui ont le redoutable honneur d'élever la jeunesse féminine de notre cher Canada. Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 Vol; VII, No 10.La ligua des onénaytres DE QUÉBEC Nous aimons à revenir aujourd'hui sur le souvenir du Congrès des Cercles de Fermières dont LA BONNE PAROLE entretenait ses lecteurs le mois dernier, afin de leur faire connaître la Ligue des Ménagères de Québec.J'extrais les passages suivants d'un travail qui fut présenté au congrès par M»« J.-B.Hamel, gérante générale de l'œuvre.Nous constaterons que la Ligue des Ménagères comme son nom l'indique s'occupe surtout des questions familiales à un point de vue économique, mais qu'elle aspire aussi à remplir un rôle moral dans la société.Je laisse la parole à Mnic Hamel."C'est le 5 mars 1917 que fut fondée "La Ligue des ménagères de Québec", à une assemblée qui réunit au-delà de 600 dames et demoiselles.Chaque paroisse de la ville se constitua en sections, et chacune de ces sections choisit des Oïlicières, et nomma six délégués qui composent le Conseil suprême de la Ligue, lequel Conseil, à l'exemple des sections, siège deux fois par mois.Ave une énergie inlassable et un entrain irrésistible, la Ligue fit des dénonciations indignées auprès des pouvoirs : Fédéral, Provincial et Civique : démasqua les honteux procédés des exploiteurs et des profiteurs qui se moquent du consommateur qu'ils volent impunément depuis le commencement de la guerre : elle demanda le redressement de certains griefs, la disparition de ces procédés qui causent des torts incalculables au commerce honnête et des déficits de plus en plus sérieux dans le budget familial.Malgré tons ces efforts soutenus, il fut impossible à la Ligue d'obtenir tout ce qu'elle réclamait, tant était forte la puissance de l'argent et l'influence de ceux qu'elle combattait si énrgiquement.Cependant je m'empresse d'ajouter que le travail de la Ligue a été fructueux, puisqu'il a mis fin à certaines pratiques, qu'il a éveillé l'attention du public, et celle des exploiteurs qui sont devenus plus prudents et moins ouverts dans leur exploitation du consommateur.Cette lutte si vigoureuse qui n'eut pas tout le résultat attendu, pour plusieurs raisons qui échappaient au contrôle de la Ligue a cependant beaucoup aidé; et c'est pourquoi, dans le but d'en arriver à diminuer quelque peu le coût de la vie, elle entreprit la grande tâche de grouper les commandes des sociétaires, pour ce qui est du charbon, du bois, des légumes et des épiceries, les résultats obtenus de ce chef durant les années 1917 et 1918 sont merveilleux et il fallait le dévouement, l'abnégation et la charité des officières du Conseil Suprême et des Sections, pour en arriver là.Je suis heureuse, au nom de la Ligue, de vous faire part de ces résultats obtenus durant ces deux années, et je regrette de ne pouvoir vous le donner pour 1919, les achats d'automne n'étant pas encore faits.Le montant des achats durant l'année 1917 a été de $33,982.50 et de $41,487.17 durant l'année 1918, reparti comme suit, pour les deux années: Achats Profits réalisés Charbon $49,795.00 .$2,173.75 Patates 16.693.75 425.00 Farine 2,253.75 87.00 Epiceries 6,717.17 1,949.50 $75,459.67 $4,635.25 Je tiens à faire remarquer que ces achats furent faits par chaque sociétaire au comptant, et que la Ligue, comme association, n'a retiré aucun bénifice pécuniaire, si ce n'est celui de faire épargner l'argent de ses sociétaires.A part ces avantages pécuniaires, il existe une foule d'autres œuvres de bienfaisance au crédit de la Ligue, ce qui constitue le côté religieux et moral de cette association.Pèlerinages 1° — Justement alarmées des désastres épouvantables causés par la guerre; effrayées à la pensée que leurs fils devaient participer à cette tuerie mondiale, et'par conviction religieuse, les sociétaires de la Ligue répondirent, avec un empressement admirable à l'invitation du Conseil Suprême; par deux fois, elles se rendirent au sanctuaire vénérable de Notre-Dame de la Victoire, en pèlerinage, pour obtenir de la Mère du Christ Sauveur la lin de la guerre, et la conservation de leurs chers enfants, si brusquement arachés du foyer familial, pour être envoyés en face de l'ennemi cruel et barbare que le Sacré-Cœur a réduit â l'impuissance par son si fidèle serviteur, le Maréchal Focli.Soin des malades 2° — Chacun se rappelle les ravages terribles, les deuils cruels et les séparations anières causées par l'épidémie de Finfluenza, durant l'automne de 1918.En cette occurence pénible, la Ligue s'offrit à aider le Bureau de Santé de notre ville, à seconder les efforts des médecins.Toute une armée d'infirmières volontaires fut organisée parmi les dames de la Ligue; les familles les plus abandonnées el dans le besoin furent visitées par ces bonnes Dames qui se firent garde-malades, l'ange consolateur et protecteur de braves mères de familles couchées sur un lit de douleur, et entourées d'enfants aussi malades qu'elles; elles se faisaient garde-malades, femmes de peine, lavaient le linge et les planchers, faisaient la toilette des malades, le ménage dans les logis ou souvent l'hygiène était totalement inconnue, distribuaient du bouillon et autres douceurs en y mêlant de bons conseils et des consolations.Soin des pauvres 3° — Cette charité des Dames de la Ligue s'est aussi manifestée en secourant les pauvres durant la saison rigoureuse de l'hiver.Ces visites et ces attentions pour les pauvres, ces secours, parfois arrivés bien à temps, firent encore un bien considérable et donnèrent naisance à des amitiés que rien ne brisera jamais.Des euchres furent aussi organisés pour les pauvres et les œuvres paroissiales.Les conférences 4° — Grâce à leurs démarches, les Officières obtinrent du Gouvernement de Québec, et plus particulièrement de VHonorable ministre Caron, du département de l'Agriculture, des Conférences sur l'enseignement ménager, lesquelles firent un bien immense.Les théâtres 5° — A la demande de la Ligue, un règlement a été passé à l'Hôtel-de-Ville, défendant aux enfants de moins de quize ans de fréquenter les théâtres de vues animées, et imposant une forte amende, d'assister à ces vues, s'ils ne sont accompagnés de leurs parents, ou d'une personne autorisée.Tout le monde connaît les affreuses conséquences que la fréquentation à ces vues produisent dans le cœur et dans l'âme des enfants, et la Ligue doit être félicitée de ses démarches, dans ce but.Le couvre-feu 6° — La Ligue a aussi demandé de faire revivre la loi du couvre-feu, obligeant tous les enfants à réintégrer le foyer familial à neuf heures du soir, et Vol.VII, No 10.Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 imposant une amende aux parents des enfants fréquentant les rues après cette heure assez tardive.Nous n'avons pas obtenu cette loi, mais nous reviendrons à la charge.La cigarette 7° — Une autre loi à l'actif de la Ligue est celle interdisant la cigarette aux enfants.Tout le monde admettra, avec moi, que sur cent cas de dégénérescence juvénile, soixante et quinze sont dus à l'abus de la cigarette, et les exemples sont trop nombreux, hélas! pour ne pas comprendre que la cigarette enflamme le système nerveux, paralyse l'esprit et l'intelligence, enlève la mémoire, et fait un vieillard d'un enfant.Prix maximum 8° — La Ligue, ayant pour principal but de faire diminuer le coût de la vie, et améliorer les conditions de la vie, a demandé dès sa formation, la fixation d'un prix maximum pour la vente des denrées alimentaires, ce qui n'aurait pas été plus difficile pour nos gouvernants que l'ordre en Conseil fixant un prix maximum pour la vente du papier.Rien na été fait dans ce sens, et nous ne cesserons de répéter cette demande que quand nous l'aurons obtenue.Les inspecteurs 9° — C'est aussi à la demande de la Ligue que des inspecteurs pour le lait, le beurre, la crème, le charbon ont été nommés, et ces mesures s'imposaient grandement.Vente libre 10° — Demande a aussi été faite de permettre aux cultivateurs la vente des produits de la ferme dans les rues de la ville, sans payer de licence, ainsi que la diminution de la taxe imposée aux cultivateurs qui exposent leurs produits sur les marchés publics, ce qui permettrait à ces Messieurs de vendre quelques sous moins cher.Marchés publics 11° — Nous avons remarqué, et le public est à même de le constater, que quelques commerçants, ne se contentant pas de glaner tous les effets sur les marchés, prennent la liberté de s'installer sur ces marchés, et de vendre, au consommateur, à des prix exhor-bitants ces produits qu'ils viennent d'acheter en bloc du cultivateur; nous trouvons qu'il est injuste de permettre à ses commerçants, de détailler leurs marchandises sur un marché créé pour la commodité du cultivateur de la campagne, et non pour l'avantage du commerçant qui ne se gène pas pour s'emparer d'autant d'espace qu'il le peut, c'est dans ce but que nous avons demandé la passation d'une loi défendant ce trafic pour le commerçant qui a ainsi l'avantage de contrôler les prix.Nous avons aussi demandé de passer une loi défendant aux commerçants d'acheter les produits du marché, le vendredi soir, ni le samedi avant dix heures du matin, ainsi qu'à l'arrivée des bateaux.Nous n'avons pas obtenu, il est vrai, tout ce que nous avons demandé c'eut été trop, mais nous reviendrons à la charge, et nous travaillerons tant que ces réformes sages et utiles n'auront pas été opérées.Nous avons encore un foule de demandes à faire, et nous ne cesserons de réclamer qu'après avoir obtenu ce qui nous semble juste.Québec 6 octobre 1919.C'est au sein de l'indigence et parmi les animaux que le Verbe vient chercher l'humanité déchue; c'est là qu'il établit, en y plaçant son berceau, le premier degré de cette échelle divine qui doit faire remonter tous les hommes à la gloire et au bonheur.7 -li?» «^O c*.u'jv* *-tj* «v»Z-ù,J c-ty2> «j>3 S53 v^hT La nouvelle Année approche: Elle approche d'un pas mesuré, sans hâte et sans arrêt, régulier et sûr comme le pas même du Temps.Une femme la regarde.venir : elle a le regard profond des êtres habitués à sonder la nuit, la pâleur des fleurs de glaciers, la bouche grave des filles du Destin.Elle parle.Sa voix tombe, sourde et frémissante, dans le silence de la dernière heure.— "Nouvelle Année, arrête ton pas: je n'ai de toi aucun désir, "je n'ai devant loi que de l'effroi! Tes sœurs en partant m'ont laissé trop de larmes, elles m'ont emporté trop d'espoir.Elles furent cependant impatiamment attendues, vivement désirées.Douces émotions des attentes d'autrefois!.Attente des années de l'enfance qui portaient dans leurs songes merveilleux, les plus pures tendresses, les gâteries maternelles: aubes dorées douces et joyeuses.Attente des années de jeunesse qui accouraient escortées du bonheur, de l'enthousiasme, de l'espérance et du rêve : heures exquises et légères, printemps fleuris de roses.Attente des années de fécondité qui versaient royalement la joie, la vie, le grand soleil : étés splendides, lourds de fruits d'extase et d'agonie.Car l'agonie est au bout des voies triomphales, les plus beaux couchants sont les plus empourprés et les grappes gonflées de vie versent sous le pressoir leur sang vermeil.Ainsi la douleur moissonne dans les âmes, et fauche l'espérance.Et celle qui n'espère pas n'attend plus: l'attente c'est un peu d'espoir.Pourquoi donc te présenter à moi nouvelle Année?Loin de te désirer, je voudrais te fuir.Arrête-toi! Que le temps suspende ta marche! J'ai tant souffert hier que demain m'épouvante.Tu est voilée, mais je connais ton visage.Tu es innommée, mais je sais que ton nom est douleur.Je sais ce que tu portes dans les plis de ta robe; je sais l'amertume de chaque peine enfermé dans ta main; je sais le poids de chaque croix ; je sais la place des épines dont tu me couronneras : elle est encore sanglante sur mon front.Arrête!." L'inflexible Temps a fait le dernier^ pas.La nouvelle Année est debout devant la femme douloureuse et la regarde de ses yeux impassibles, sans colère et sans pitié.^— "Année, impitoyable Année, tu es entrée dans ma vie! Te voilà qui marche avec moi et ta main déjà me tend la croix, celle que j'ai nommée tout bas avec effroi et dont mon cœur s'est épouvanté.Années nouvelle Année, porteuse de larmes, je ne prendrai pas ton joug: j'implorerai ta sombre compagne qui délivre les mortels et elle entendra ma voix.Mais la croix que tu m'apportes brille dans l'ombre et l'éclair lumineux fait resplendir ce mot: "Credo!" Je crois! Je crois en la fécondité de la douleur.Je crois en la Miséricorde.Je crois en l'Amour.Tout est pour 8 l'Amour; tout est don de Dieu: les croix et les années.Accueille donc la croix.Accueille Tannée nouvelle.Parce que tu viens de Dieu, parce que tu retournes à Dieu; parce que tu tiens de Lui les biens et les maux que tu portes en tes mains insensibles; parce que tu es la messagère inconsciente de l'Amour divin et parce que tu m'achemines avec toi vers l'Eternité: "Nouvelle Année, sois bénie." Jenny Romay.Carillon de Noël Le vieux sonneur monte au clocher, Jusqu'aux meurtrières béantes Où les corneilles vont niieher, Et, chétif, il vient se percher Au m lieu de ces poutres géantes.Dans les ténèbres où ne luit Qu'un falot pendant aux solives, Il s'agite et mène grand bruit Pour mettre en danse cette nuit Les battants des cloches massives.Joyeuses, avec un son clair, Les vo x des cloches, par le faîte Des lucarnes, s'en vont dans l'air Sur les ailes du vent d'hiver, Comme des messages de fête.Noel,! NoeU.Sur les hameaux Où les gens rentrent à la brune ; Sur les bo's noirs et sur les eaux Où tout un peuple de roseaux Frisonne au lever de la lune ; # Noel ! .Sur la ferme là-bas, Dont la vitre rouge -étincelle, Sur la grand'route, où, seul et la9, Le voyageur double le pas, Partout court la bonne nouvelle.Oh ! ces carillons argentins Dans les campagnes assombries, Quels souvenirs doux et lointains, Quels beaux soirs et quels doux matins Ressuscitent leurs sonnerie^! Jadis ils me versaient au cœur Une allégresse chaude et tendre ; J'ai beau vieillir et passer fleur, Je retrouve joie et vigueur, Aujourd'hui, rien qu'à les entendre.Et cette musique de l'air, Cette gaieté sonore et pleine, Ce chœur mélod eux et clair Qui s'en va dans la nuit d'hiver Ensoleiller toute la plaine, C'est l'œuvre de ce vieux sonneur Qui, dans son clocher solita're,, Fait tomber, ainsi qu'un vanneur, Celte semence de* bonheur Sur tous les enfants de la terre.André Theurict.Vol.VII, No 10.¦ Want Ac IJeurl Là porte s'ouvrit doucement, et dans l'obscurité une main de jeune fille chercha quelques instants le bouton électrique.Aussitôt, la lumière se dispersa dans toute la chambre, faisant surgir des coins d'ombre derrière le petit lit blanc, la commode et la table de travail.Marcelle entra chez elle, enleva sans hâte sa mante fourrée et son chapeau de deuil, les suspendit aux patères de la garde-robe, et, attirant une chaise sous la lampe, prit pour la terminer une broderie inachevée.Ces mouvements étaient devenus pour la jeune fille presque automatiques : depuis de si longs mois qu'elle les répétait chaque soir, à la môme heure! Pourtant aujourd'hui l'aiguille se faisait moins alerte entre les doigts délicats et Marcelle sentait une grande lassitude l'envahir.Après un souper écourté, pris en silence à une table de restaurant quelconque ne voulant plus rien voir, rien entendre autour d'elle, elle s'était hâtée de se réfugier dans sa chambrette, et voilà que maintenant le silence et la solitude lui faisaient mal.Non jamais, même au lendemain de la mort de son père, même lorsqu'elle avait appris sa pauvreté et l'obligation où elle se trouvait désormais de gagner sa vie, l'orpheline ne s'était senti si malheureuse, si complètement seule.Oh! c'avait été un grand coup pour elle qui n'avait même pas connu les tendresses maternelles! Dans cette veillée de Noël, Marcelle s'en rappelait toutes les circonstances : l'agonie de son père; l'invasion des hommes de loi, l'inventaire, la vente de la maison et des meubles, et enfin, son arrivée à Montréal.Comme elle avait pleurée! Pourtant elle avait réorganisé sa petite vie.Recommandée par un vieil abbé, ami de son père, elle avait trouvé dans une riche famille une excellente position d'institutrice.Elle s'était alors loué une petite chambre qu'elle avait arrangée avec soin.C'est là qu'elle passait l'avant-midi et la soirée à faire des broderies que lui confiait une maison de commerce.L'après-midi elle se rendait auprès de ses deux petits élèves pour la leçon journalière.Et Marcelle s'était dès lors trouvée presque heureuse, la monotonie des jours s9égayant pour elle de l'affection démonstrative des enfants, de leur rire frais et de la sympathie des parents.^ Oui elle s'était persuadée que cela lui suffisait : c'était si nouveau cette compagnie enfantine et la mission qu'on lui confiait, si délicate! Ce serait désormais le but de toute sa vie: orner de petites âmes, former de jeunes esprits et de jeunes cœurs.Puis, elle s'était attachée fortement aux deux enfants, si bien que parfois lorsqu'elle se trouvait seule avec eux dans la salle d'étude, faisant un reproche à l'un ou caressant l'autre, la jeune fille en venait à croire qu'ils étaient à elle.Mais à la fin de la leçon, la mère entrait souriante, s'in-formant de la conduite et des progrès; les enfants courraient se blottir contre elle qui les embrassait avec passion et Marcelle sentait quelque chose d'amer lui monter du cœur jusqu'aux lèvres.Non ces enfants-là ne lui étaient rien, ils lui échappaient, ils étaient à leur mère, la petite institutrice n'avait aucun droit sur leurs sentiments, bientôt d'ailleurs elle savait bien qu'on les lui enlèverait pour les remettre entre les mains d'autres maîtres.Et peu à peu, sans qu'elle en eût conscience, par la voie la plus belle, le sentiment maternel, l'amour était entré .Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 Vol.Vu, No 10.Montreal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 dans le cœur de Marcelle.Oui elle voulait des enfants sortis d'elle-même pour les façonner de sa main, leur donner ce qu'il y avait de meilleur en elle et les garder jalousement, exclusivement à elle toute seule.Oh! se pencher sur un berceau, sentir autour de son cou des petits bras de velours, entendre une petite bouche chérie qui dit: Maman! Cet après-midi, veille de Noël, Marcelle avait ccourtc la leçon.Le visage épanoui des enfants, leurs confidences naïves sur les espoirs du lendemain, les airs heureux et entendus de la mère, tout cela la faisait trop souffrir.Comme elle sortait, elle avait rencontré dans le vestibule le jeune docteur Jacques D., ami de la famille, qui lavait saluée d'un amical: Bonjour Mademoiselle! Et maintenant, la tête dans ses mains, Marcelle se disait :Non, il ne m'aime pas, il ne peut pas m'aimer, d'autres sont plus dignes de lui.et pourtant, comme il m'a regardée cet après-midi quand je l'ai rencontré! Mais non, je me suis illusionnée encore, je voudrais tant que cela soit! C'est fou : je l'ai aimé sans rien savoir de lui, après l'avoir vu deux ou trois fois; mais ensuite, tout le monde parlait de lui devant moi jusqu'aux enfants qui raffolent du grand ami Jacques tandis que le père et la mère louent sans cesse ses qualités, son intelligence, sa conduite irréprochable et lui prédisent un brillant avenir." "Il me semble que je saurais si bien le comprendre.Oui je pourrais le rendre heureux.La vie serait si belle!., oh! je l'aime, je l'aime! de deuil.Il se rappelait en même temps tout ce que ses amis lui avaient dit de la jeune fille, ses qualité d'esprit et de cœur, sa distinction parfaite, son courage dans répreuve.Et chose curieuse, il lui semblait qu'avec elle il jouissait mieux de tout : comme tout à l'heure elle avait bien senti la poésie de la nuit sainte, comme elle avait trouvé les mots qu'il fallait pour l'exprimer et comme elle avait bien su lui parler de sa profession et de ses malades! Et soudain, Marcelle apparut à Jacques comme la femme idéale qu'il avait toujours rêvée.Ils arrivaient à la porte de Marcelle: "Je irons remercie dit-elle d'une voix émue, d'avoir pensé à moi; grâce à vons j'ai passé une si belle nuit de Noël; n'est-ce pas que l'on priait bien à la Messe?Et Jacques élevant vers elle son regard loyal: "Si vous voulez, Marcelle, nous irons encore en entendre beaucoup, beaucoup de Messes de Minuit ensemble".Paulina.POUR L'AN NOUVEAU Ses clients congédiés, assis devant son bureau, Jacques, s'enveloppait d'un triple nuage de fumée "Tout de même, pensait-il c'est embêtant d'être sans famille la veille de Noël.Cette fêle est sans poésie pour un vieux garçon, tout seul comme moi." et le jeune homme se prit à marcher de long en large dans la pièce; puis soudain se rasseyant il saisit une plume et •commença d'écrire.Quelqu'un avait bien heurté à la porte.Marcelle essuya ses yeux rougis, rajusta sa coiffure et vint ouvrir.Un petit commissionnaire lui tendit un pli cacheté.Tremblante, la jeune fille déchira l'enveloppe et lut tandis que sa main se portait à son cœnr comme pour en comprimer les battements : "C'est bien dit-elle enfin au garçon qui attendait, dites que je serai prête?' Etait-ce bien vrai?Jacques, son Jacques, songeant qu'il était triste pour elle et pour lui de passer la Noël seuls l'invitait d'aller avec lui à la messe de Minuit.Alors, il pensait donc à elle?Il l'aimait peut-être?Marcelle aurait voulu crier à l'univers son grand bonheur.Oh! c'était le bon Dieu qui le lui envoyait, c'était un miracle de Noël.Perdue au milieu de la foule, Marcelle transfigurée prie à côté de son Jacques: "Mon Dieu, je vous suis toute soumise, si vous m'avez créée pour lui, faites que je le rendre heureux, mais si dans votre sagesse vous avez voulu qu'une autre lui donne le bonheur, quoiqu'il m'en coûte je serai forte.Oh! mais faites qu'il m'aime, nous vous servirons si bien; tous les deux! bénissez-nous, mon Dieu!" Jacques et Marcelle, sortait de l'église.II la regardait à la dérobée et la trouvait délicieuse avec son frais visage et ses cheveux blonds qu'encadraient si bien ses vêtements Nous réservons pour la nouvelle année une surprise î\ nos abonnés.lis verront la Bonne Parole sous une parure toute neuve qui leur plaira nous en sommes sûres et qui exprimera en son joli dessin de premiere page nos meilleures aspirations de dévouement familial et social.A cette occasion nous céderons à l'avis de nos amies j qui nous conseillent, pour le bien de l'œuvre, d'élever i le prix de l'abonnement de notre journal à $1.00.Mais afin que cette souscription ne devienne onéreuse pour i personne, les membres de nos associations professionnelles el de nos fédérations paroissiales qui le désirent pourront se prévaloir d'une .réduction de 50 pour cent sur présentation de leur carte de membre.Qu'on veuille bien se le dire et contribuer par notre empressement à verser le montant de l'abonnement pour 1920 et par la propagande individuelle à soutenir notre associations nationale et son organe indispensable, la Bonne Parole.AVIS AUX 1)1)0*NES Avec le mois de décembre, nous sommes obligés de rayer de nos livres les abonnés qui ne sont pas en règle avec LA DONNE PAROLE.Nous espérons que ceux qui parmi nos lecteurs sont en retard paieront leur cotisation au plus tôt et apporteront ainsi leur collaboration à nos œuvres.De tous ceux qui sont sympathiques à notre action et croient en l'efficacité de nos travaux, nous osons solliciter, à l'occasion du nouvel an, l'inscription à notre revue d'un nouvel abonné.On pourra à cet effet remplir la formule ci-jointe: Je soussigné ai le plaisir de vous annoncer que M.m'autorise à vous donner son nom comme abonné de LA BONNE PAROLE et vous prie de lui faire parvenir le journal pour l'année 1920. 10 Montréal — LA BOÎs'NÉ PAROLE — Décembre 1919 Vol.VII, No 10.La première éducation au foyer {suite) A'insi donc, il y a tout un dressage psychologique de l'intelligence, de l'émotivilté et de la volonté qui, sans présenter un caractère proprement moral, constitue une .indispensable, et excel.ente préparation à la moralisa (ton, mais voici mantenant quelque chose qui correspond, dans Tordre psychique à ce que non avons appelle le régime dans l'ordre physique; ielt cela aussi est de Vhygiène "tout comme ce régime.De même qu'i; y a cÎ3s habitudes qu'il faut imposer à l'organisme et dont, le cerveau avec toutes ses fonctions bénéficiera pour le plus grand bien de toulte ia v'fte de l'âme, de même «il y a un certain pli mental qu'il faut imposer directement à l'enfant pour disposer sa pansée et son cœur h no pouvoir vivre à l'aise que dans une certaine a«l-mospjhère morale.En d'autres termes, il faut lui inspirer en quelque sorte mécaniquement certains goûts et certaines et certaines repu sons.Comment s:ra-se possible avant qu'il soiten ùtat -d'entendre des dicours quelque peu virile?On lu - racontera des histoires exhalant un parfum de net efc cependant discret; Mais surtout on s'appliquera à vivre avec lui et devant lui, comme on désire qu'il »lv»3 plus tard; il faut que sans s'en douter il arrive k trouver incompréhensible qu'on parle, qu'on agisse, qu'on sente autrement que n|3 font ses parents, et en moeine «temps qaf 1 trouvle une grande félicité à se mettre à l'unisson avec eux, à les imiter en tout point.L'exemple est plus Eopt que toutes les paroles; les paroles ne valent que comme commentaire des exemples; \ 6i l'on est aisément tenté, parfois de contredire les pa-5 roles, les exemples an contraire tendent à agir sans 1 susciter de réactions antagoniste.La plus grande puissance de l'éducation .reçue au foyer réside dans le rayon-nement de, l'exemple, dans le régime psycholoque et moral qui résulte spontanément, pour l'enfant, de la manière d'être et d'agir de ceux qui l'entourent, prévenir le mal est plus sûr que de mettre en œuvre les plus habiles moyens de le guérir s'il a éclaté; mais le bon régime moral résultant d'une vie familiale irréprochable est plus qu'un préventif, il réalise une moralité très haute et très 6olide bien avant qu'il soit possible et opportun de parler à l'enfant du bien et du mal.Au reste ou le répète souvent aviee raison f les idées ne sont puissantes sur nous que dan la mesure ou elles trou-des auxliaires dans nos habitudes, dans nos tendances préexistantes.Les époques où lêtre humain est le plus vulnérable sont les éppquès de crise, c-t celles-ci.sont les époques de gjraindies 'transformations, à/toutes celles-ci, durant la première enfance autant quau moment dis l'adolescence, on a noté d'étranges ressemblances de lenfant le plus sa n avec l'hystérique déclaré.L'extrême suggestibility, disposition constante à l'instabilité mentale etc.Même en l'absence des causes héréditaires, on ne sait jamais le détail d'un héritage apporté par un enfant, la moindre idée fixe qui n'installera dans un jeune esprit par suite d'un hasard quelconque pourra produirp, soit par elle-même, soit par d'autres idées qu'elle éveillera, une déviation notable de sa mentalité; malgré lui son émotivité en est faussée ou simplement, troublée de façon considérable ; nombre de psychonévroses et d'anomalies morales ont une origine de ce genre.Cest pourquoi les parents doivent faire causer souvent l'enfant, se rndre compte le plus complètement de ce que se passe en lui, et, à la plus légère trace de bizarerrie qu'il peut montre, lo faire interroger et examiner par un médecin psychologue; 'tous les malades mentaux et à peu près tous les hommes vicieux ont présenté des bizarreries de caractère, de jugement, de sensibilité, pendant leur première jeunesse.Jamais l'on ne sera trop persuadés de- la facilité avec laquelle se créent, par des causes d'ordre purement psychique et sociologique, des anomalies de toute sorte danss la mentalité enfantine ; celles-ci sont le plus aisément curable si l'on s'y prend à temps et si l'enfant est né sain, mas l'enfant le plus sain est encore très vulnérable, les moins tarés des hommes apportant tous en naissant une tare au moins, à savoir cette "infirmité humaine" dont parlaient les moralistes bien avant qu'on soupçonnât ce que nous appelons la psychologie scientifique.Un des plus grands serv ces qu'on pourrait rendre à la société serait de faire pénétrer dans les familles, par la parole et pa;- la plume, des idées comme celles qui viennent d'être exposées.Serai-ce donc impossible de vulgariser cette proposition qui les résume toutes et .qu'on peut formuler ainsi : la formation morale d'un enfant ne peut s'effectueir dns de bonnes conditions si* l'on a travaillé d'abord à le rendre fort et sain au point de vue physique et à lui faire un esprit, un cœur, une volonté aussi normaux que possible.?III.Education morale proprement dite.Nous serons d'accord avec renseignement le plus constant de la théologie chrétienne et avec les récentes recherches de l'école de Freud, dont l'écho s'est fait entendre en dehors même du monde savant, si nous mettons au premier plan de la formation morale ce qui concerne la chasteté.Ce sujet est délicat, mais il est trop urgent de l'aborder pour qu'on hésite à- le faire.Ce n'est pas seulement l'enfant taré de naissance ou tout au moins le mieux soigné qui manifeste de très bonne heure une tendance à certaines habitudes funestes.Or ces habitudes, qui par elles-mêmes constituent déjà un vice dégradant, sont le principe d'un très grand nombre d'autres vices, comme la paresse invétérée, l'hypocrisie, l'cgoïsme, sans parler de l'obnubilation intellectuelle qu'elles amènent et dont l'effet sur la moralité est désastreux.Une grande partie du mal qui est dans le monde vient d'elles directement ou indirectement: les pervertis, les alcooliques, un grand nombre de criminels de toute sorte, et, ne l'oublions pas, un grand nombre aussi de pauvres qui le sont parce qu'ils ont manqué d'énergie, la plupart des ratés de toute catégorie, sont des êtres dont les muscles et dont les nerfs, dont le cerveau jusque dans ses parties les plus nobles ont été affaiblis par des excès prématurés de cette catégorie.L'éducation de la chasteté doit être d'abord physique, et il est aussi mille précautions d'ordre psychique que l'on peut prendre pour y travailler Vol.VII, No 10.avant qu'il soit possible de faire envisager cette vertu comme l'acccomplissment d'un devoir.On doit tenir l'enfant dans une grande propreté et ne jamais le couvrir de façon à ce qu'il ait trop chaud ou soit trop serré; il faut le surveiller dans ses jeux et jusque dans son sommeil, lorsqu'il est- seul et lorsqu'il est avec d'autres lui épargner certains spectacles et dériver son attention vers tout ce qui peut l'enlever à un périlleux repliement sur soi; on peut lui faire considérer de bonne heure la déence comme faisant partie de la bonne tenue, de la politesse, de cette correction d'attitude qu'il est habitué d'ordinaire à s'entendre recommander.Et surtout, si l'on a lieu de supposer quelque cause morbide à tel geste, à telle attitude, à tel mouvement suspect qu'on aura remarqués, il faut sans rtard faire appel au médecin.C'est à dessein que nous plaçons ici ces considérations, au lieu de les avoir réparties dans les deux sections précédentes de ce travail, car dans la section présente nous devons dire non seulement ce qu'il faut faire en matière d'éducation morale proprement dite, mais aussi ce qu'il ne faut point faire.Or il serait dangereux au plus haut point, à l'âge dont nous occupons, de faire intervenir des raisonnements trop techniques dans le programme a suivre pour promouvoir la vertu de chasteté.D'abord on ne le pourrait de façon à se faire bien comprendre, et la précision qu'il faudrait avoir ne manquerait guère de salir l'esprit de l'enfant, de créer en lui des obsessions fatales.Quand le mal n'origine pas dans des causes postnatales, l'expérience en est faite journellement dans les établissements de l'éducation.— il suffit d'entreprendre de défaire le mal qui a été fait par des procédés de même nature que les causes dont le mal est sorti : en d'autres termes, il suffit d'entreprendre de défaire le mal qui a été fait par des procédés de même nature que les causes dont le mal est sorti; en d'autres termes, il suffit d'employer un régime psychologique, de faire agir une ambiance nouvelle, d'initier à la moralité jusqu'alors inconnue.Et, chose digne de remarque en éveillant l'intérêt de l'enfant pour quelque occupation saine, en stimulant son affectivité, en faisant sourdre en lui le bon amour-propre et ce sentiment de la responsabilité qui suit le bon amour-propre comme l'ombre suit le corps, bref, en faisant en somme, mais avec plus de suite et de zèle, ce que fait le bon éducateur avec des enfants sains, on rééduque avec grand succès le mal élevé, et le non-élcvé toutes les fois que le mal à guérir n'est point une histoire anténatalc.De là cette règle dès qu'il se présente une difficulté dans l'éducation d'un enfant, et il s'en présente toujours: il faut s'inspirer de ce qui se fait à l'égard de ceux qui doivent être rééduqués: on voit alors, comme à travers un verre grosissant, quels procédés il faut employer.Il est nécessaire souvent, d'un temps assez long pour apercevoir le point faible, ainsi que pour le relier, quand on le connaît, à telle condition, à tel incident de la vie de l'enfant: on doit s'appliquer héroïquement à acquérir des lumières sur ces deux points, puis chercher quelle transformation des sentiments de l'enfant, à l'une ou l'autre de ses tendances pourront bien enrayer le mal.Si l'on échoue, il en sera de lui, hélas! à peu près comme si le mal avait une source organique, comme s'il était un héritage, une tare congénitale.Dans tous les cas, il est capital de saisir le premier moment de l'existence de l'être humain où celui-ci semble en état de pouvoir comprendre un appel direct à la conscience ; il en est en effet du sentiment proprement moral 11 comme de la pudeur.D'abord, absence complète de toute manifestation de ce sentiment, mais, dès qu'il point en l'âme, sa force s'accroît d'ordinaire pour peu qu'on y aide, avec une rapidité surprenante, d'où vient qu'il est fréquemment plus intense chez le jeune enfant — ainsi que Renouvier l'a remarqué — que chez l'homme fait, trop souvent, hélas! démoralisé pour avoir assidûment composé avec sa conscience.Combien aisément l'enfant comprend le "tu dois" et le "il a droit"! Son intérêt et jusqu'à son égoïsme l'aident en ceci : quoi de plus agréable de se dire (les droits sur eux?Et que d'histoires on lui peut raconter où il exercera son jugement sur les questions de justice et d'équité qui sont à sa portée, en même temps qu'on lui inspirera le goût de tous les sentiments qui se résument dans la bonté.11 y aurait bien des restrictions à faire sur cette moralisation par le moyen de l'esthétique autour de laquelle on a fait trop de bruit, mais il est du moins certain que la beauté des contes dont on peut enchanter l'enfant et que celle de la nature au sein de laquelle il doit vivre le plus possible, peuvent agir très favorablement sur sa mentalité, l'oricn-ler vers ce qui est élevé, surtout si l'on a soin de l'enthousiasmer de préférence pour la beauté du bien.Mais comme il faut savoir observer la mesure! Il est une sentimentalité excessive qui dispose à de multiples faiblesses, et une certaine raideur dans le sentiment de la justice qui peut conduire à la dureté, voire au manque d'équité, comme il est une sociabilité qui mène à la vanité et à la fausseté, une pudeur trop farouche qui est pruderie et favorise la maladie du scrupule: autant d'écueils à éviter! En ce qui concerne les mobiles moraux, dès que l'esprit de l'enfant est susceptible de se déterminer en vertu d'une autre raison que la joie résultant pour ceux qu'il aime 'le son obéissance, il est opportun de lui parler fréquemment, sans dialectique subtile d'ailleurs, en véritable moraliste Ce qu'il faut surtout éviter, toujours c'est de lui pJSniettre la joie comme récompense de ses bonnes actions: il s'apercevrait vile que ses parents le trompent ou se dirait sans délai qu'ils se trompent, deux dangers d'importance.Il ne faut pas de déception à l'enfant dans la pratique du bien: notre morale le désorienterait aussitôt : il doit apprendre â faire le bien pour s'approuver de l'avoir fait, le plus tôt qu'il se peut.Aussi les récompenses qui flattent la sensualité d'une façon quelconque doivent-elles être rejetées, absolument; le monde où vivra l'enfant ne lui offrira rien de tel, ce qui d'ailleurs serait mortel à sa moralité.Des sanctions morales plutôt que des sanctions physiques, telle doit être la règle, et dans le cas où ces dernières sont opportunes, qu'il y ait toujours une justice évidente dans la peine imposée! "Tu as battu un petit camarade, il ne jouera pas aujourd'hui avec toi, tu as brisé son jouet, tu lui donneras le tien." Il est possible d'en user pareillement clans les cas ou il peut être opportun de récompenser matériellement l'enfant."Tu as été bon, tu mérites qu'on le soit aussi pour toi, voici quelque chose, que tu désirais, je te* le donne comme tu as donné ce que tu aimais pourtant." Mais il est clair que.s'il faut toujours, dans le cas d'une mauvaise action, réprimander ou punir — au moyen d'une punition qui soit une réparation — il ne faut pas toujours récompenser, nous avons dit pourquoi tout â l'heure.Cependant il est assez sage de compter avec la faiblesse de la nature humaine, aussi faut-il récompenser de temps en temps: d'ailleurs on peut toujours accompagner la récompense d'un enseignement, faire qu'elle soit elle-même un enseignement et qu'il soit un encourage- Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919. 12 Montréal — LA BONNE PAROLE Décembre 1910 Vol.VII, No 10.ment à préserver dans la bonne voie.Un des torts les plus constants des parents, c'est de borner leurs devoirs éducatifs à la répression des défauts; ils se donnent ainsi l'apparence d'êtres uniquement préposés à la correction et à la punition des petits et ils ne feront en ce cas que la moitié de leur tâche; il laissent échapper toutes les occasions d'exercer sur leurs enfants une influence positive.Beaucoup aiment à jouer avec eux à se donner le spectacle de leurs joies, mais ceci aussi est insuffisant; il faut que dans ses parents l'enfant sente des guides, des entraîneurs moraux.Quant aux parents soucieux de l'âme de leurs enfants, ils sont souvent bien maladroits.L'adulte se rappelle difficilement son enfance, et les enfants sont souvent mieux compris les uns par les autres que par leurs parents.Un moyen un peu détourné, mais assez sûr, de réapercevoir ce qu'est une âme déniant, c"cst selon nous, de s'analyser soi-même avec la préoccupation de chercher les éléments simples des impressions et des tendances très compliquées que l'on trouve en soi.On découvrira alors, sous le masque dont l'adulte ne manque pas de recouvrir son visage avant de le regarder, on verra, pêle-mêle, des besoins ingénus d'affection, des sentiments de justice, de la vanité très naïve et très sotte de la sensualité très vive et très grossière, des tendances â mille façons bizarres de penser, par-dessous les complications que la vie a introduites en nous, par derrière les illusions volontaires et les sophismes intéressés au moyen desquels nous nous composons, à nos propres yeux, une image fantaisiste de nous-même?(hic de bévues pédagogiques on ferait éviter aux parents en leur enseignant, sans inutile pédantrie, un peu de psychologie infantile exacte.La plupart ignorent l'enfant au point de méconnaître en lui cet inlassable observateur et cet inlassable juge de tout ce qu'il voit et entend, que tout ce que nous sommes en sa présence forme ou déforme au moins un peu.(à suivre) Albert Leclèrc (Prof, agrégé, Univ.de Bcsnc.) Chronique internationale UNE ECOLE CATHOLIQUE DE FORMATION AUX Œ UVBES SOCIALES Les religieuses dominicaines de Vhistitul des Hautes Eludes, Villa des Fougères à Fribourq, Su'ssc, viennent de fonder une êeo'e d: formation aux œuvres soc aies.Nos lectrices qui s*intéressent, à un mouvement wm~ blablc elicz nous, liront avec plaisir ees lignzs qvA expliquent le but de eet enseignement, "L'Eco!e de formai ion aux œuvres sociales, fondée à Fribourg par VAssoohhùon catholique suisse des œuvres die protection à: la jeune file, a pour but do pré" parer la femme à remplir dans la société un rôle utile et bienfa'sané.Elle &s propose aussi bien d'initier toute fctmme de cœur à l'organisation et à la pratique des œuvres char".tablas, que de former à leur profession des employées d'organisation socia'cs : secrétaire cVœuvres; directrices de patronage, d'offices d'assistance de bureau de reivseignements ou de placement, de dispensaires; surveillantes de fabriques assistantes de conse'ls de tutelle, de tribunaux d'enfante, -etc.L'Ecole sociale* s'adresse donc à toutes les personnes qui désirant travailler au bien de leur prochain, dans l'une ou l'autre des sphères do l'activité sociale et de la charité, soit en y consacrant leurs loisirs, soit en gagnant leur vie dans une carrière utile et intéressante.Religieuses et laïques auront ai.nsi la faculter de s'initier aux grands principes de l'action sociale catholique, dû si* familiariser avec les meilleures méthodes de travail, et, par là même, les unes et les autres augmenteront dans une large mesure la portée de leur apostolat.Connaître rt comprendre les diverses cuivres ou instaurons destinées à soulager la misère, à prévenir le mal ou à y remédier est indispensable a tout apostolat qui wut être fécond.La coordination des efforts et la répartition du travail entre tous ceux qui se dévouent aux tâches sociales sunt uno neces lé et la condition du sucées.Que de fois n'avons nous pas vu, par suite du manque do liaison des œuvres entre elles, les efforts s'éparpiller et sl* dépenser en de fâcheux doubles emplois! Au contraire en se comprenant mutuellement et en coordonnant leur act vite.Ids personnes d'œuvres travailleraient chacune dans son domaine, d'une manière beaucoup plus utile et beaucoup plus fructueuse.[nitëer aux exigenecs de l'apostolat les personnes qui: veulent &s vouer à l'action sociale; leur faire connaître !es diverses œuvres et leur mécanisme; les exercer à la pratique de l'apostolat, voilà le but de l'Ecole de formai ion aux œuvres sociales.Le programme de l'Ecole montre que rien n'a été négligé pour atteindre ce but.Ce programme sera parcouru en dix mois de cours, répartis en deux semestres.Religion, morale, économie soc'aîe, la réforme sociale et les couvres, droit, hygiène sociale, secrétariat d'œu-vres, comptabilité, sténographie, dactylographie, économie domestique et tenue de la maison, tels sont les cours qui contribueront, à côté d'exercices pratiques au siège des diverses œuvres ou institutions sociales de Fribourg et des environs, à former les femmes catholiques, religieuses, dames et jeunes files, qui se destinent à une activité sociale.L'n ami est un être qui ne doute jamais de vous, c'est un être qui ne vous demande rien et qui est prêt à tout vous donner; c'est un être clairvoyant qui a le courage de vous dire: Tu fais mal: c'est un cœur large qui oublie et qui pardonne.Un ami, c'est un être qui se compromet pour vous servir.Un ami c'est la perle au fond des mers.J'en co.nnais un.moi, je pourrais dire et je dis: il me suffit!.O Christ ami tu ne trahis pas.toi!.Tu es sévère et doux.Tu est bon à l'infini.Tu corriges et tu relèves.Tu ne blesses pas, toi, tu n'as pas de rancune.(f.e Père Did on).BANQUE D'HOCHEI/AGA Capital autorisé: $10,000,000 — Capital versé et Total de l'actif,$12,500,000 Fonds de réserve: $7,700,000 CONSEIL DE DIRECTION: J.A.Vaillanconrt, Président; Hon.F.-L.Uéïquc, Vicr-Prffiidmt; ,\.Turcotte; E.-II.Lemny ; Hon.J.-M.Wilson: A.-A.Larocquc : A.-W.P.^nntr.— Bcaudry Léman.Cirant génital; F.-G.Leduc, Cirant du bureau principal; Y von Lamarre, Inspecteur; J.-C.Thivierge, Contrôleur.Toute personne peut ouvrir un compte à notro département d'épargne, avec un dépôt de $ 1.Nou» accordons l'intérfit au plus haut taui courant à tous Ici dépôt* d'épargne. Vol.VII, No 10.Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1919 13 LES CERCLES D'ETUDES Devise : Mon devoir, pour Dieu.Rapport du Cercle Notre-Dame du Cap.S'il est un rapport qui ait besoin de votre indulgence, c'est bien celui de noire petite société.Bien humbles furent ses débuts; aussi modestes en sont les aspirations et les résultats acquis.• I Ses débuts.Fondé en 1917.notre cercle ne comprenait d'abord que quelques élèves, des plus exemplaires du pensionnat.Nos Religieuses, Filles de Jésus, invitèrent quelques jeunes filles de la paroisse à se joindre aux premières et c'est ainsi que se forma ce petit groupe d'une vingtaine de membres qui se réunit maintenant à quatre heures, le lundi de chaque semaine.II Sou organisation.Voici le programme des séances du Cercle: 1° La prière.2° La lecture du compte-rendu de la réunion précédente.3° La lecture de l'Evangile du dimanche précédent et de quelques explications.4° Causerie sur le sujet choisi d'avance.5° Questions résolues.(Ces questions ont dû être posées à la réunion précédente).6" Choix d'un sujet pour la prochaine causerie.7° Prière.En réalité, il n'y a pas un grand travail intellectuel chez nous, car nous ne sommes parvenues jusqu'ici, qu'à fournir un simple compte-rendu du travail fait en commun.et combien difficilement encore nous nous décidons à prendre la plume! Après plusieurs essais infructueux, la directrice a abandonné, du moins pour l'instant l'idée de nous faire rédiger un travail personnel, car beaucoup ne comprennent pas encore la nécessité du travail intellectuel «et de l'effort.Peut-être en effet, qu'en exigeant davantage, n'arriverait-on qu'à faire déserter complètement notre Cercle d'Etudes.A ce cercle s'est adjoint un patronage qui compte environ trente jeunes filles.Une réunion a lieu aussi le lundi de chaque semaine de 2 heures à 4 heures.Après avoir prié elles s'occupent à un travail manuel quelconque, en écoutant la lecture de l'Evangile ou encore des explications de catéchisme.Les unes s'exercent à la couture, d'autres à la broderie, au raccommodage ou aux travaux de crochet: plusieurs se rendent ensuite à la cuisine pour y recevoir quelques notions d'art culinaire.La plupart des jeunes filles qui font partie du patronage se rendent à la réunion du Cercle qui n'est séparée de la première que par la bénédiction du Très Saint Sacrement.De cette manière elles profitent des avantages que leurs présentent ces deux réunions successives.Comme ces leçons nous sont offertes gratuitement, il semble qu'un grand nombre de jeunes filles devraient en faire partie.Cependant trop peu nombreuses sont encore celles qui savent en apprécier les avantages.J11 Le but île la Société.Le but que l'on s'est proposé en fondant cette petite société divisée en deux groupes est d'abord de procurer aux jeunes filles qui en font partie, toutes les connaissances qui peuvent leur être utiles dans la vie, et de les soustraire par là même, à tant d'occasion de péché auxquelles l'oisiveté les expose ordinairement.En- suite et surtout, de donner aux jeunes filles qui ont abandonné les classes, l'occasion de compléter leur instruction religieuse, de développer leurs petites connaissances et de former ou de développer l'esprit de dévouement paroissial en les disposant à se dévouer à toutes les œuvres catholiques dans lesquelles elles peuvent se rendre utiles.IV Sujets traités.Dans nos causeries familières nous nous sommes attachées, depuis un an environ: 1° à examiner autour de nous comment Dieu et sa loi n'ont pas la place qui leur revient: (
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